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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 07.07.2014 à 19h49
Auteur : JAusten
Statut : Terminée
« Au cours de la saison 6 (avant le season final qui m'a laissé quelque peu pantoise), pour le reste je vous laisse découvrir » JAusten
Cette fanfic compte déjà 48 paragraphes
Chapitre Quarante
Poste de Police du 12th
Kate avait laissé Alice, son père et Benjamin. Alice était totalement perdue et elle n'arrivait pas à reprendre pieds. Adam avait été arrêté et bientôt, justice serait rendue mais Alice n'arrivait toujours pas à envisager un monde sans Anna. Kate comptait beaucoup sur l'aide de son père pour qu'elle s'en sorte. Il fallait qu'il lui redonne espoir, une raison de vivre. Parfois, la plus infime des choses est capable de vous tenir en vie. Elle le savait mieux que quiconque. Il fallait qu'Alice trouve cette chose. Tout l'amour qu'elle ressentait pour Benjamin ne suffirait pas à la tenir en vie. Cet amour n'était pas aussi profond que cela puisque tout récent. Rares sont ceux qui trouvent l'amour de leur vie à dix-neuf ans. Kate était persuadée qu'Alice en était consciente. Il fallait toujours s'accrocher à des choses qui resteraient toute votre vie à vos côtés. Elle avait choisi de s'accrocher à sa petite sœur. Mais Kate devait avouer qu'elle ne savait pas comment on faisait quand la personne qui vous gardait en vie venait à mourir à son tour.
Elle retourna dans la salle d’interrogatoire. Elle espérait tirer ce qu'elle souhaitait d'Adam maintenant qu'il avait eu ce qu'il voulait.
« -Comment va Alice ? Demanda-t-il quand elle entra.
-Mal, mais tu le sais déjà, n'est-ce pas ? C'était bien ce que tu voulais ?
-Je la voulais, elle.
-Mais tu ne l'auras pas.
-Elle est à moi, grogna-t-il.
-Elle n'est à personne, Adam. »
Il ne répondit pas mais son regard aurait fait frissonner n'importe qui. Lèvres serrées, poings serrés, regard noir, il la fit frémir sans qu'elle ne puisse le réprimer.
« -Revenons-en à Karen Bennett, si tu veux bien, reprit-elle.
-Et si je ne veux pas ? Provoqua-t-il.
-Il est temps d'arrêter ton petit jeu, Adam. Tu es fichu alors autant tout nous dire. Pourquoi tu avais des photos de Karen Bennett dans tes affaires ? »
Le lieutenant le fixait sans ciller. Il était presque intimidé. Mais il ne pouvait réellement l'être puisque son regard était perdu dans le vague. Le visage d'Alice flottait devant ses yeux. Il n'arrivait pas à effacer la déception mais surtout la douleur profonde qui peuplaient ses prunelles. Il n'avait jamais vu autant de détresse dans son regard. Elle le haïssait. Il n'était même pas sûr que le mot fut assez fort. La provocation n'était plus d'aucune utilité mais il ne pouvait s'en empêcher. Cela ne pouvait pas être fini. Il avait besoin de temps. Il avait besoin de plus de temps avec Alice. Mais la flic avait raison, il était fichu.
« -Parce que je l'aimais beaucoup, céda-t-il enfin.
-Tu avais une liaison avec elle ?
-Qu...quoi ? Fit-il réellement surpris, non ! Non ! Bien sûr que non !
-Alors comment tu la connaissais ?
-Quand j'étais en troisième année de collège, la psychologue scolaire m'a conseillé une association où je pourrai parler de ma mère.
-C'est là que tu as rencontré Karen ?
-Oui. Elle était membre, elle m'a beaucoup aidé. Mais un jour, elle a arrêté de venir et quand j'ai demandé aux autres où elle était, on m'a dit qu'elle avait dû quitter l'association pour raisons personnelles. Mais j'avais besoin d'elle, moi, dit-il de sa voix de petit garçon.
-Alors tu l'as cherchée, continua Beckett.
-Ouais et j'ai fini par trouver son adresse. Je l'ai un peu observéeet j'ai attendu que ses filles et son mari ne soient pas à la maison pour aller la voir. Elle a dit qu'elle était heureuse de me voir.
-Que s'est-il passé ensuite ?
-Je suis venu chaque fois que je pouvais et qu'elle était seule. Elle m'accueillait toujours à bras ouverts.
-Que faisiez-vous ?
-On parlait simplement. Elle s'intéressait vraiment à moi. Ce que je faisais avait de l'intérêt pour elle. Je pouvais tout lui dire comme... comme à une mère. Mon père ne m'écoutait pas et je n'ai jamais vraiment été proche d'Amanda.
-Combien de temps cela a-t-il duré ?
-Je ne sais pas... Quelques mois. J'ai découvert que son mari la battait et j'ai voulu la pousser à porter plainte mais elle a toujours refusé. Elle m'a dit qu'elle avait porté plainte une fois mais qu'elle l'avait retirée. Elle disait qu'elle l'aimait et qu'il allait changer. Elle n'aimait pas en parler. Elle se mettait en colère quand j'abordais le sujet.
-De quoi parliez-vous alors ?
-Je lui parlais de tout et de rien. Elle me parlait de ses filles. J'aimais qu'elle me parle d'Alice. J'ai voulu la rencontrer un jour mais elle n'a pas voulu.
-Pourquoi ?
-Elle disait qu'elle ne voulait pas que sa fille soit au courant de ça. Elle disait que c'était notre secret.
-Et tu aimais ça hein ? Constata Beckett.
-Ouais. Elle était vraiment cool avec moi. Elle me laissait prendre des photos d'elle pendant qu'elle cuisinait. Elle trouvait ça bizarre et mignon à la fois.
-Pourquoi tu prenais des photos d'elle ?
-Elle faisait des choses que n'importe qu'elle mère faisait. Que ma mère aurait pu faire... j'avais besoin de cette normalité dans ma vie.
-Comment en es-tu venue à la tuer alors ?
-Quand je suis entré au lycée, je croisaisAlice dans les couloirs et j'en suis tombé amoureux. Je lui en ai parlé mais elle a refusé que je l'approche. On s'est disputé.
-Et tu l'as tuée, finit Beckett.
-Non... Je suis revenu le lendemain pour m'excuser. Elle a dit que ce n'était pas grave mais j'ai continué à lui parler d'Alice et elle m'a mis à la porte en disant que si c'était pour parler de sa fille que j'étais là, on n'avait plus besoin de se voir. Je suis revenu les jours suivants mais elle n'ouvrait plus. Elle disait qu'il était temps que j'apprenne à m'intégrer au lycée et qu'il fallait que je la laisse tranquille. Elle disait que c'était mieux pour moi.
-Alors tu as fini par entrer de force.
-Ouais, c'était un soir et j'avais besoin de parler. J'ai vu son mari partir avec la petite alors j'ai pas vraiment réfléchi. Je suis passé par la petite rue derrière l'appartement. Le loquet de la fenêtre fermait mal et personne ne l'avait jamais réparé, c'était facile de l'ouvrir. Je suis entré par là et j'ai entendu du bruit à l'étage alors je suis monté...
-Karen a mal réagi n'est-ce pas ?
-Ouais. Elle a crié. Elle disait que je n'avais rien à faire là. Elle a paniqué je crois. Ce n'est que plus tard que j'ai appris qu'Alice était présente ce soir-là. Elle s'est mise à s'agiter, elle a descendu les escaliers avant de les remonter. Je l'ai saisi par les épaules pour qu'elle arrête de bouger, je voulais seulement que tout redevienne comme avant.
-Mais pas elle, continua Beckett.
-Non. Alors pour l'énerver, je lui ai dit que j'avais parlé à Alice. Alors elle m'a poussé pour que je la lâche mais elle était au bord des marches des escaliers et elle est tombée. Elle a crié si fort... J'ai rien pu faire, se défendit-il, je voulais pas qu'elle tombe.
-Mais tu es parti, tu n'as pas appelé les secours.
-Et j'ai bien fait, dit-il calmement, un léger sourire sur le coin de ses lèvres, un mois plus tard, Alice se jetait dans mes bras. Et quelques jours plus tard, je lui faisais l'amour pour la première fois, dit-il, un sourire satisfait plaqué sur les lèvres.
-C'est tout ce que tu retiens de ton entrevueavec Alice ? Demanda Kate, que tu lui as fait l'amour ?
-Euh... je... balbutia-t-il.
-T'es-tu seulement intéressé à Alice en tant que personne ?
-Vous ne comprenez rien ! S'emporta-t-il, je suis tombé amoureux d'elle à travers les mots de sa mère et quand je l'ai vue,j'ai su. J'ai su que c'était elle. Que ce serait elle et personne d'autre. Vous ne comprenez rien.
-Non, je ne comprends pas, Adam, tu as raison. Je ne comprends pas comment tu as pu faire tout cela.
-Je l'ai fait par amour.
-Non, Adam. C'était égoïste. Si tu l'aimais vraiment, tu l'aurais laissé vivre sa vie. Elle te déteste à présent.
-Vous mentez, dit-il, catégorique.
-Tu crois ? Dit-elle en se levant. »
Il ne répondit pas. Il était fini et il le savait. Mais il n'arrivait pas à regretter. Il ne le pouvait pas. Il aimait Alice. C'était la seule chose dont il était sûr. En dehors de son attirance sexuelle évidente, elle était la seule à illuminer la pièce dans laquelle elle entrait. Elle était la seule à avoir cicatrisé son cœur qui ne cessait de saigner depuis la mort de sa mère. Quand il la regardait, il se sentait vivre de nouveau. Elle avait été un nouveau souffle dans sa vie. Une raison de se lever le matin. Une raison de continuer à mettre un pied devant l'autre. Elle était l'amour de sa vie et il le savait depuis toujours. Il ne voulait pas tout gâcher mais... c'était la seule façon qu'elle revienne. Il n'était pas idiot, il savait qu'Alice ne l'avait jamais aimé comme il l'aimait.
Salle de pause
Colin Bennett était resté silencieux suite à la question de sa fille. Il ne savait pas quoi lui répondre. Comment expliquer à sa fille de seulement dix-neuf ans que la vie est un perpétuel combat. Qu'il faut encaisser pour mieux se relever. Elle était encore si jeune. Il voyait encore sur son visage les traces de la petite fille qu'elle avait été. Comment lui dire... ? Comment lui dire que la vie ne serait jamais simple ?
« -Alice, je...
-Je sais, Papa. Ne dis rien, je sais qu'il faut que je me batte. Mais je n'ai plus de force. J'ai... j'ai couché avec l'assassin de ma sœur, Papa.
-Et je l'ai laissé tuer ma petite fille alors que j'étais dans la pièce d'à côté.
-Je suis désolée. Je suis tellement désolée, s'excusait-elle alors qu'elle fondait en larmes.
-Ne pleure pas, chérie, dit-il en s'agenouillant devant elle. »
Il lui prit les mains alors qu'elle avait enfoui sa tête dans le cou de Benjamin.
« -Ce n'est pas de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir. Ne te rends pas responsable de ça, je t'en supplie, Alice.
-Je suis désolée, Papa, sanglota-t-elle, je suis désolée de t'avoir tenu responsable de tout ça. C'est autant ma faute que la tienne. J'ai besoin d'Anna.
-Ça va aller, Alice, dit-il en la délogeant des bras de Benjamin pour l'attirer contre lui. »
Elle se laissa faire et alla même jusqu'à serrer ses bras autour du cou de son père. Benjamin sourit doucement à Monsieur Bennett. Ce dernier caressa doucement les longs cheveux de sa fille. Plus jamais il ne l'abandonnerait. Elle était la seule qu'on lui avait laissée alors il en prendrait soin comme le trésor de sa vie qu'elle était désormais. Plus rien, pas même l'alcool, ne le détournerait de son rôle de père. Il voulait être là pour elle. Il voulait assister à sa remise de diplôme. Il voulait assister à son mariage (même si elle jurait par les grands dieux qu'elle ne le ferait jamais). Il voulait être là quand elle aurait son premier enfant (même si là encore, elle se montrait réticente). Il voulait être là le jour où elle publierait son premier roman. Il savait qu'elle écrivait depuis des années. Karen lui avait montré les histoires qu'elle écrivait petite fille puis adolescente. Karen, dans ses bras, lui lisant les histoires de leur fille aînée, faisait partie des bons souvenirs qu'il gardait de la fin de leur mariage. Quand il rentrait plus ou moins sobre, elle était toujours ravie de partager avec lui, les œuvres de leurs enfants. Elle lui montrait les dessins tous plus fantasques les uns que les autres de leur petite dernière et quand ils étaient sûrs qu'Alice dormait, elle lui lisait les histoires de leur aînée. Il voulait être là quand elle deviendrait une adulte accomplie. Il voulait être là pour elle. Tout simplement. Alors il serra un peu plus l'étreinte de ses bras autour d'elle avant de déposer un baiser sur le haut de sa têtecomme quand elle était petite.
« -Je t'aime, Alice. »
Chapitre Quarante-et-un
Poste de Police du 12th
Castle était revenu depuis quelques minutes au poste et les regardait de loin... le spectacle d'un père et d'une fille enfin réunis. Alice, dans les bras de son père, montrait un visage serein malgré les larmes qui baignaient ses joues. Elle allait se battre. Il ne serait plus question d'abandonner aussi dure soit la vie qui l'attendait. Sa tête posée tout contre l'épaule de son père, elle relâchait le poids de sa douleur, de sa colère trop longtemps refoulée.
Il les laissa à leur moment d'intimité pour aller s'asseoir sur sa chaise attitrée à côté du bureau de Beckett.
« -Alors, Castle, tu nous caches des choses, paraît-il ? Lança Ryan de façon anodine.
-Quoi ? S'exclama-t-il, c'est Beckett qui vous a dit ça ?
-Elle nous a dit que tu étais parti manigancer elle ne savait quoi, enchaîna Espo.
-Elle ne sait rien alors ?
-Elle sait qu'il se trame quelque chose mais elle ne sait pas quoi. Elle avait l'air agacé, ajouta Ryan.
-On y est presque, souffla-t-il, il faut seulement que je la canalise jusqu'à demain.
-On te souhaite bien du courage, dit Espo, taquin.
-Pourquoi ?
-Ben tu sais... Beckett en colère... glissa Ryan, évasif.
-Pas avec moi les gars... Elle ne me fera rien, c'est moi ! Essayait-il de se convaincre. »
Les gars haussèrent les épaules presque simultanément.
« -On n'en serait pas aussi sûr à ta place... dit Espo.
-Vraiment ? S'étonna Castle, mais elle m'aime !
-Parfois... Tu sais... L'amour ne suffit pas... Les femmes n'aiment pas qu'on leur mente. Une fois, Jenny a...
-Ouais, ouais, on a compris le topo, Bro, le coupa Espo, Beckett te fera cracher le morceau. Elle a des atouts.
-Ah ouais ? Et lesquels ? Parce qu'hier soir, elle a... non, je peux pas vous raconter ça, se reprit-il. »
Ils firent une grimace, mi-intéressés, mi-dégoûtés des sous-entendus de leur ami.
« -Enfin, je n'ai rien dit. Je lui ai demandé de se laisser surprendre, continua Castle.
-Se laisser surprendre ? Dit Ryan, un sourcil levé.
-Beckett ? On parle bien de la même Beckett ? Celle qui est adepte du contrôle ? Continua Espo.
-Ben...euh... Je...
-C'est bien ce qu'il me semblait, dit Espo, un sourire en coin. »
Ryan et Esposito adoraient se jouer de leur ami. Castle était si facile à berner que cela en devenait risible. Ils voulaient lui faire peur parce que cela les amusait mais ils espéraient sincèrement que la surprise soit parfaite. Castle le méritait. Beckett le méritait. Ils étaient heureux que Castle soit entré dans sa vie pour la bousculer. Kate était beaucoup plus épanouie et heureuse depuis son arrivée au poste. Castle avait rendu le sourire à Beckett et rien que pour ça, ils leur en seraient éternellement reconnaissant. Mais cela ne les empêchait pas de se délecter de la mine paniquée de Castle en cet instant précis.
Salle d'interrogatoire, poste du 12th
Adam était toujours assis, les mains liées dans son dos. Alice le détestait. Ces mots tournaient incessamment dans sa tête depuis qu'elle était sortie de la salle. La nuit devait être en train de tomber sur la ville effervescente et il était seul. Seul à en crever, terrassé par des tourments insolubles. Mais il n'arrivait pas à regretter. Il avait la folie au cœur et cela était tellement grisant. Mais il était seul. Dès qu'elle était entrée dans la pièce, cela avait été comme une exquise caresse vaporeuse à l'éphémère splendeur, une oasis salvatrice. Cette fille possédait la grâce éthérée des songes inachevés. Elle scintillait toujours autant malgré son âme meurtrie. Mais dès qu'elle était sortie, il avait replongé dans le nauséabond et l'abjecte de sa misérable existence. Il était maintenant seul. Désespéremment seul.
Quand la porte s'ouvrit, il avait toujours les yeux dans le vague, ses pensées figées sur Alice, si bien qu'il ne regarda même pas qui entra dans la pièce. Il ne vit pas Amanda tapoter ses yeux de son mouchoir et son père, le dos courbé, se laisser tomber sur la chaise en face de lui.
« -Adam, souffla son père d'un ton désespéré qu'il ne lui connaissait pas, mais qu'est-ce qui t'as pris ? »
Il posa enfin son regard sur son père. Il avait les traits tirés, deux poches violacées s'étaient glissées sous yeux.
« -Je l'aime, répondit-il enfin, aussi simplement que cela paraissait évident pour lui. »
Son père cligna des yeux, surpris de la sincérité dont venait de faire preuve son fils.
« -Ce n'est pas comme ça qu'on aime quelqu'un, Adam.
-Tu ne m'as pas appris comment bien aimer.
-Ne rejette pas la faute sur moi, s'il te plaît.
-Je ne rejette la faute sur personne. C'était un simple constat.
-Tu sais que tu nous t'aimons avec Amanda.
-Vraiment ? Dit-il, sacarstique.
-Tu crois vraiment que nous ne t'aimons pas ?
-C'est ton travail que tu aimes, Papa. Et Amanda, sa salle de bains.
-C'est comme ça que tu le prends ?
-Maman était la seule à m'aimer réellement.
-Ta mère t'aimait beaucoup, c'est vrai. Mais quand elle est morte, c'est moi qui suis resté près de toi.
-Si ta définition de rester près de moi est de m'avoir laissé dans les bras de gouvernantes, d'accord.
-Ne sois pas comme ça, Adam. Je ne suis pas venu pour ça.
-Alors pourquoi es-tu venu ? Hein ? Dis-moi Papa !
-Pour essayer de comprendre. Cette petite fille.. Tu...
-Je l'ai tuée, oui, dit-il aussi froidement que calmement. »
Amanda hoqueta de surprise alors que son père se crispa un peu plus.
« -Pourquoi ?
-Parce que c'était le seul moyen d'atteindre, Alice, répondit-il toujours aussi stoïque.
-Il y a d'autres moyens d'atteindre les gens.
-Tu ne me les as pas appris, continua-t-il dans l'unique but de le piquer dans l'échec de l'éducation de son propre fils.
-Ne me donne pas de leçons, pas après ce que tu as fait.
-Je ne donne de leçons à personne. Je ne suis pas comme toi.
-Je t'ai donné, tout ce que j'avais, Adam, s'écria-t-il hors de lui. »
Adam sourit, sastifait de son propre manège.
« -Que dirait ta mère si elle voyait ça ? Reprit M.Green.
-Ne mêle pas Maman à ça. Si elle avait été là, rien de tout ça ne se serait produit.
-Tu insinues que c'est de ma faute ?
-Oui. Il a fallu que tu je tue une gamine pour que tu t'intéresses enfin à moi. C'est pathétique, tu ne crois pas ?
-Tu te rends compte de ce que tu dis ?
-Oui, Papa.
-Arrête !
-Arrêter quoi ?
-De faire comme si ce n'était rien.
-Alors, Papa, qu'est-ce que ça fait d'être le père d'un assassin ?
-Je ne t'ai jamais enseigné le meurtre.
-Non, tu ne m'as jamais rien enseigné. C'est triste, n'est-ce pas ?
-Ne crois pas que tu réussiras à me faire culpabiliser.
-Tu culpabilises déjà.
-Tu n'es pas mon fils. Tu es un monstre.
-Je suis l'enfant que as façonné. Tu n'aimes pas le résultat ?
-Arrête, Adam, ne dépasse pas les limites.
-Je les ai déjà dépassées, je crois, continua-t-il, toujours plus loin dans la provocation.
-Oui, tu as raison. Tu les as largement dépassées. Je ne comprends même pas ce que je fais là.
-Tu cherches une excuse à mon comportement pour atténuer ta culpabilité, peut-être ?
-Tu sais quoi ? Tu as raison, dit-il en se levant, je ne vais pas te chercher d'excuses. Tu ne mérites pas d'être excusé. Tu n'as plus qu'à assumer tes actes.
-Tu me laisses tomber, Papa ? Encore une fois ?
-Tu ne veux pas de mon aide, Adam. J'ai peut-être été un mauvais père mais je ne te laisserai pas faire de moi le coupable de cette histoire. Tu ne veux pas de mon aide ? Très bien. Amanda, tu viens ?
-Ouais, c'est ça ! Casse-toi avec ta poufiasse et soyez heureux ! Laisse-moi crever ! De toute façon, tu n'attendais que ça !
-Arrête maintenant, Adam. Je t'ai entendu, tu as craché ta haine mais... tu te sens mieux ? »
Adam ne répondit rien. Dents et lèvres et serrées, il fusillait son père du regard.
« -C'est toi qui te sens coupable, Adam, parce que tu as perdu la seule personne que tu aimais vraiment.
-Non, Papa, tu te trompes. Je ne regrette absolument rien.
-On en reparlera quand tu sortiras de prison. Si tu en sors un jour, ajouta-t-il, plus doucement. »
Monsieur Green se dirigea vers la sortie. Il ne jeta pas un seul regard à son fils. Il se demandait même si c'était encore son fils. Adam ne disait rien. Il avait le regard vrillé sur le dos vouté de son père et il ne pouvait qu'en ressentir une grande satisfaction. Il avait blessé cette ordure qui se faisait appeler son père. Il se demandait encore, après toutes ces années, comment sa mère avait pu épouser un homme comme lui.
Chapitre Quarante-Deux
Poste de Police du 12th
Quand Beckett sortit du bureau de Gates, elle trouva Castle sur la chaise à côté de son bureau, les yeux dans le vague. Il fixait un point sans vraiment le fixer. Il avait presque l'air apeuré et cela la fit sourire. Elle savait qu'il craignait sa réaction face à son énième mensonge. Il avait l'air d'un petit garçon prit sur le fait et Kate trouvait cela tellement craquant. Elle avait envie de le prendre dans ses bras mais elle préférait nettement le voir se torturer et essayer de se faire pardonner. Elle n'aimait pas les surprises, non, mais il lui avait demandé sur un ton presque suppliant de se laisser aller hier alors elle avait décidé de l'écouter. Elle lui faisait pleinement confiance et elle savait que Castle ne voulait que son bonheur alors elle ne risquait rien. Elle aimait cette façon qu'il avait de toujours la surprendre. Elle avait eu un moment de doute, elle avait eu peur qu'ils s'ennuient dans leur couple mais comment pouvait-elle s'ennuyer alors qu'elle s'apprêtait à se marier avec Castle. Cet homme qui n'avait jamais réellement grandi. Chaque jour était une surprise avec lui. Il trouvait toujours une manière de la surprendre chaque jour un peu plus. Cela passait par des détails tout simples comme les cœurs qu'il prenait soin de dessiner dans la mousse de son café ou encore les bains parfumés qu'il lui faisait couler quand il sentait qu'elle avait besoin de ce moment de solitude. C'était les détails qui faisaient la différence. Et Dieu sait qu'ils comptaient pour elle. Elle avait fait semblant de ne pas remarquer le cœur qu'il avait dessiné dans son café ce matin parce qu'elle était en colère de ses cachotteries mais cela ne l'avait pas empêché d'en être touchée. Alors elle savait qu'elle ne s'ennuierait jamais avec lui. Parce qu'en plus d'être l'amour de sa vie, il était avant tout son partenaire. Son partenaire farfelu aux théories rocambolesques avec qui la vie était une perpétuelle aventure. Elle savait que sa vie avec lui serait faite de surprises au quotidien alors autant s'y habituer tout de suite. Mais, cela ne l'empêcherait pas, en attendant, de lui faire croire qu'elle lui en voulait.
« -Alors Castle ? La maquette de ton livre est parfaite maintenant ? Lança-t-elle en lâchant une pile de dossiers sur son bureau ce qui ne manqua pas de le faire sursauter.
-Oui, très bien, dit-il d'une voix mal assurée, une histoire de coupe de cheveux, rien de très grave.
-De coupe de cheveux ?
-Oui, je voulais que Nikki ait les cheveux longs. Lubie d'écrivain.
-Qu'est-ce que ça change qu'elle ait les cheveux longs ou non ? Demanda Kate.
-Tu as les cheveux longs et j'adore y passer mes doigts quand on...
-Chut ! Le coupa-t-elle, je sais.
-Nikki est ton alter-égo. Je sais qu'elle n'est pas toi mais je voulais qu'elle ait cet aspect-là de ton physique. J'adore l'auréole que forme tes cheveux sur l'oreiller le soir quand tu te couches parce que quand je m'allonge à tes côtés, ils me chatouillent le nez et cette douce effluve de cerise qui te caractérise m'envahit les narines et je me sens bien. Juste heureux. Alors c'est peut-être un stupide caprice mais j'y tenais.
-Ce n'est pas stupide, dit-elle dans un sourire, c'est mignon.
-Tu trouves ? Demanda-t-il naïvement.
-Oui, sourit-elle, vraiment. Mais cela n'empêche pas que tu me caches des choses et que je n'apprécie pas cela.
-Je te promets que bientôt tout sera fini et je suis sûr que tu seras heureuse de la surprise.
-Vraiment ? Dit-elle, en haussant un sourcil, et comment le sais-tu ?
-Parce que je te connais, répondit-il simplement.
-Mh... Jusqu'à quel point ? Le taquina-t-elle.
-Jusqu'au plus profond de ton cœur. Je sais que tu n'aimes pas les surprises mais je tiens absolument à te faire celle-là. Tu as dit que me faisais confiance alors ferme les yeux et laisse-moi faire.
-Tu veux te comporter comme l'homme de notre couple ? Rétorqua-t-elle, souriante, alors qu'elle était touchée de ce qu'il venait de lui dire.
-Aha ! Vraiment hilarant ! »
Elle riait encore quand un agent sortit de la salle d'interrogatoire avec Adam, les menottes aux poignets. Il regardait le sol, ses épaules étaient affaissées. Il n'était plus question du garçon provocateur que Beckett avait connu en salle d'interrogatoire. Il avait été terrassé par la dure loi de la réalité. L'agent le tirait par le bras pour le guider vers l’ascenseur quand Alice sortit de la salle d'interrogatoire avec son père. Elle s'arrêta net et plongea son regard dans celui d'Adam. Son regard était glacial. Elle était droite, un bras enroulé sur celui de son père et sa main libre dans celle de Benjamin. C'est cela que fixait Adam. Ses doigts entrelacés dans ceux de ce garçon qu'il savait son nouveau petit copain. Elle ne fléchit pas un seul instant. Elle était presque provocatrice. Elle voulait lui faire du mal. Elle songea à embrasser Benjamin mais ce n'était pas elle. Elle ne pouvait pas se rabaisser à cela. Elle ne pouvait pas renoncer à tous ses principes de rester discrète sur ses relations pour un mec qui n'en valait pas la peine. Elle songea également à lui cracher à la figure. Mais là encore, cela n'aurait pas été elle. L'agent tira un peu plus fort sur le bras d'Adam et celui-ci se vit forcer d'avancer. C'était la dernière fois qu'il voyait Alice. Et il était temps pour Alice d'avancer. Alors elle fit un signe de tête à Beckett pour lui signifier sa profonde reconnaissance et s'en alla. Elle ne reviendrait jamais dans ce commissariat. Beckett l'apercevrait plus tard à l'enterrement d'Anna mais elle n'ira jamais lui signaler sa présence. Alice avait besoin de tourner la page et Beckett ne pouvait l'en empêcher. Alice fera un discours morne à cet enterrement parce qu'elle ne pouvait dire ce qu'elle ressentait vraiment. Les enterrements ne sont pas faits pour ceux qui meurent mais pour ceux qui restent. La note d'espoir de son discours était alors essentielle. Et c'est ce qui lui permettra de définitivement tourner la page. Alice retourna à Stanford avec Benjamin le lendemain de l'enterrement en promettant à son père de lui écrire, de lui téléphoner et lui jurant d'être de retour pour Noël.
« -On dirait que cette affaire est bouclée, dit Ryan, en s'asseyant à son bureau.
-On dirait bien oui, sourit Beckett. »
Castle se rassit près de sa muse pendant qu'elle commença à rédiger des rapports jusqu'à ce qu'Esposito, sortant du bureau de Gates, les interrompe.
« -Beckett ? Gates te veut dans son bureau, annonça-t-il.
-Je n'ai pas fini les rapports, marmonna-t-elle.
-Je sais mais elle tient à te voir maintenant.
-Qu'est-ce que tu as fait, Castle ? Demanda-t-elle alors.
-Quoi ? Moi ? Mais rien !
-Il n'y a aucune raison pour que Gates veuille me voir à moins que tu n'aies encore fait une bêtise.
-Je te jure sur la tête d'Alexis que je n'ai rien fait.
-Tu n'as pas fait de photos de scène de crime ou voler des preuves ou...
-Je ne vole jamais de preuve ! Je les emprunte, nuance, rectifia-t-il.
-Si je me fais rabrouer par ta faute...
-Quoi ? Tu vas me priver de... s'interrompit-il.
-Castle !
-De toute manière, tu n'en es pas capable...
-Ne me sous-estime pas, Castle, ce serait une grave erreur !
-De toute manière, la question ne se pose pas puisque je n'ai rien fait !
-Mh... »
Elle disparut dans le bureau de Gates alors que les gars pouffaient de rire.
« -Riez, riez ! Vous rigolerez moins quand elle sortira du bureau, bougonna-t-il, vexé.
-Pourquoi ? Qu'est-ce que t'as demandé à Gates de dire à Beckett ? S'étonna Ryan.
-Il bluffe, lâcha Espo.
-C'est ce qu'on verra, répliqua Castle.
-Tu ne peux rien nous faire, Bro, renchérit alors Espo.
-Moi, non, effectivement. Mais Beckett si.
-Tu te caches derrière ta fiancée pour arriver à tes fins, c'est petit, lâcha Espo.
-Tout est bon pour arriver à ses fins, dit Castle dans un sourire tordu.
-Esposito ! Ryan ! S'écria Beckett en sortant à peine du bureau de Gates.
-Qu'est-ce que je disais, chuchota en riant Castle.
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Cria-t-elle arrivée en face des deux compères.
-Qu... Quelle histoire ? Demanda Ryan.
-Ce que vous avez raconter à Gates ! Je n'ai pas du tout besoin de congés ! ».
Ryan regarda Espo, paniqué, à la recherche d'une aide tandis que ce dernier fusillait du regard un Castle, fier de lui.
« -Je n'ai plus besoin que vous preniez soin de moi, les gars, finit-elle par soupirer, radoucie.
-On voulait être sympa, osa Ryan.
-Ouais, ajouta Espo, on trouvait que tu étais fatiguée ces derniers temps.
-Vous savez, Castle est là pour veiller à ce que je ne fasse plus d'impairs. Il est capable de m'enfiler des chaussettes de force s'il trouve qu'il fait trop froid pour marcher pieds nus, leur assura-t-elle.
-On voit l'genre, se moqua Espo.
-C'est gentil de votre part mais ne prenez plus ce genre d’initiative à ma place à l'avenir, leur conseilla-t-elle.
-C'est promis, s'empressa de dire Ryan.
-Voit le bon côté des choses, Beckett, intervint Castle, des vacances ne pourront que te faire du bien. »
Elle plisse légèrement les yeux, tout à coup, suspicieuse.
« -Tu n'es quand même pas derrière tout ça ?
-Moi ? Non mais qu'est-ce que tu vas chercher ?! Dîtes-lui les gars que je n'y suis pour rien !
-Pas vraiment, répondit Ryan, tout en prenant le soin de rester vague.
-Il nous l'a pas vraiment dit comme ça, continua Espo, ravi de pouvoir se venger.
-En fait, il nous a simplement dit que tu étais fatiguée, renchérit Ryan.
-Oui. Que cette affaire t'avait retournée et comme on savait que tu n'avais pas pris tous tes congés... finit Espo.
-Je le savais ! S'exclama-t-elle en se tournant vers Castle.
-Ils extrapolent ! J'ai seulement dit que tu étais fatiguée...
-Seulement ? Répéta-t-elle.
-Oui, bon, j'ai peut-être laissé échappé que tu avais besoin d'un peu de repos ! Mais je ne leur ai jamais dit d'aller solliciter des vacances auprès de Gates donc je ne suis pas coupable.
-Je saurai ce que tu manigances quoi que tu fasses pour essayer de me le cacher. »
Castle se tassa sur sa chaise. Il aurait aimé s'y fondre tant le regard de Kate le fit frissonner. Il lui avait dit, un jour, la trouver mignonne quand elle était en colère mais décidément pas, mais alors pas du tout, quand c'était contre lui.
« -Je te jure que j'y suis pour rien sur ce coup-là, dit Castle sur un ton suppliant, trop aigu pour être naturel. »
Les gars pouffaient de rire face à la mine apeurée de Castle.
« -Si vous êtes dans le coup, vous ne valez pas mieux que lui, dit-elle en se tournant à nouveau vers les gars et en pointant Castle du doigt.
-On y est pour rien, on a seulement voulu être gentil, se défendit Espo.
-Okay... Je ne saurai pas le fin mot de l'histoire aujourd'hui, soupira Kate, mais vous deux, ne vous avisez plus de prendre ce genre de décision à ma place.
-Juré ! Dit Espo.
-Craché ! Ajouta Ryan. »
Kate soupira avant de se rasseoir à son bureau pour finir so.n rapport. Elle se devait au moins de finir cela avant de partir en vacances. Caste n'avait pas bougé d'un cil, toujours tassé dans sa chaise, comme un petit garçon venant de se faire gronder par sa maman. Elle eut envie de sourire mais elle se retint. Elle gardait ses dernières vacances de l'année pour une occasion spéciale et elle était déçue que Castle ne s'en soit pas souvenu avant d'aller raconter aux gars qu'elle se sentait fatiguée.
Chapitre Quarante-Trois
Loft de Castle
En entrant dans le loft, Kate se dirigea directement vers la salle de bains. Elle était épuisée. Elle avait besoin de se prélasser dans un bain parfumé avec un bon verre de vin. Elle n'avait pas dit un seul mot depuis leur conversation au poste. Elle avait laissé échapper un « merci » quand les gars lui avait souhaité de bonnes vacances. Mais là, encore, ce n'était qu'un bref mot. Elle n'était pas aussi joyeuse qu'elle aurait dû l'être en une première soirée de vacances. Castle se sentit coupable quand il vit la porte de la salle de bain se refermer sans qu'elle ne lui adresse un regard. Elle n'était pas vraiment en colère, bien sûr, qu'elle était heureuse d'être en vacances, qui ne le serait pas ? Kate adorait son travail mais parfois, pouvoir se prélasser au lit, rester en pyjama toute la journée, faire l'amour avec Castle ou partager un repas de famille sans qu'un coup de téléphone ne risque de les interrompre était vraiment agréable. Elle était seulement déçue que Castle ne se soit pas souvenu qu'elle gardait ses trois dernières semaines de vacances de l'année pour partir en lune de miel. Ils en avaient parlé tous les deux quand Castle parlait de l'emmener sur île paradisiaque, rien que tous les deux. Et là, plus rien, ces semaines à se prélasser sur une plage de sable blanc dans les bras de Castle partait en fumée. Elle adossa sa tête sur le bord de l'immense baignoire avant de fermer les yeux. Elle laissa les douces effluves des différents parfums de sels de bain qu'elle avait dispersé dans l'eau détendre un à un ses muscles. Elle se concentra d'abord sur le haut de son dos avant de descendre jusqu'à la plante de ses pieds. Quand elle sortit de la salle de bains, elle se sentait plus détendue. Castle était dans la chambre sur le lit comme s'il l'attendait. Il avait le visage fermé, il avait du ressentir sa peine. Comme toujours. Il la comprenait mieux que n'importe qui, ils étaient tellement en connivence qu'il était impossible pour eux de se cacher quoi que ce soit.
« -Kate ? Quelque chose ne va pas ?
-Non, rien du tout, répondit-elle. »
Elle n'avait pas envie de se disputer avec lui. Il avait oublié et alors ? Elle n'avait pas envie de gâcher leurs vacances.
« -Kate, soupira-t-il, on a déjà eu cette conversation. Nous sommes des spécialistes du rien et...
-Ce n'est pas rien, l'interrompit-elle en s'asseyant près de lui, tu as raison. »
Elle ne s'était pas encore habillée. Son peignoir s'ouvrit légèrement quand elle s'assit ce qui laissa apparaître la naissance de ses seins. Il ne voyait presque rien pourtant il ne pouvait s'empêcher d'en être émoustillé. C'est le sourire de Kate qui le tira de sa contemplation.
« -On peut avoir une conversation sérieuse, Castle ?
-Euh...oui...
-Plus haut les yeux, Castle. »
Il leva les yeux et s'arrêta sur sa clavicule.
« -Encore plus haut. »
Il planta son regard dans le sien et ils ne purent s'empêcher de sourire. Mais son sourire s'effaça et elle prit sa main dans la sienne. Elle jouait avec ses doigts mais n'osait pas aborder le sujet.
« -Dis-moi ce qui ne va pas, Kate.
-Je... C'est bête...
-Ce n'est pas bête puisque cela te touche. Dis-moi, répéta-t-il.
-C'est à propos des vacances...
-Je suis désolé, je ne voulais pas prendre de décision à ta place...
-Ce n'est pas ça, Rick. Je les gardais pour notre lune de miel.
-Oh, dit-il, réellement surpris. »
Il n'avait pas pensé à cela dans son plan. Il n'avait pas pensé qu'elle gardait précieusement ses dernières semaines de vacances pour leur lune de miel. Ils en avaient parlé il y a quelques temps déjà. Elle avait semblé tellement excitée quand il avait déclaré qu'il pouvait aller sur une île paradisiaque rien que pour eux si elle le désirait. Elle avait ri, trouvé cela tellement loufoque mais tellement Castle. Elle avait pensé que c'était peut-être trop mais s'imaginer trois semaines sur une île rien qu'avec Castle l'avait rapidement séduite. Mais comme tout s'était accéléré ces dernières semaines, il n'avait plus pensé aux semaines de vacances que gardait Kate pour leur lune de miel.
« -Je sais qu'on pourrait y aller l'année prochaine mais je n'ai plus envie d'attendre, Rick. Je ne veux plus attendre notre mariage et je ne veux pas attendre non plus notre lune de miel.
-Oh Kate...
-Tu sais c'est pas grave, on pourra y aller l'année prochaine, relativisa-t-elle.
-Veux-tu m'épouser ? »
La surprise ne tenait plus. Il ne voulait pas qu'elle croit qu'il avait oublié leur lune de miel. Il ne pouvait pas lui faire croire cela alors qu'il n'attendait que cela lui aussi. Il ne voulait pas que cela la fasse souffrir et pourtant, il avait vu dans son regard cette pointe de déception. Elle allait devenir sa femme et il ne voulait pas qu'elle croit qu'il avait oublié.
Kate, elle, était complètement éberluée, il lui fallut quelques secondes pour réagir à ce que son fiancé venait de lui demander. Elle secoua la tête et sourit :
« -J'ai déjà dit oui, sourit-elle.
-Veux-tu m'épouser tout de suite ?
-Tout de suite ? Répéta-t-elle, son sourire s'élargissant un peu plus.
-Oui.
-En peignoir de bain ? Les cheveux mouillés ? Rit-elle.
-Non... Pas tout de suite, tout de suite, mais que dis-tu de te marier demain ?
-Tu es fou, dit-elle en se levant, le mariage est prévu pour mai.
-Je l'ai annulé, dit-il en retenant sa main.
-Qu... quoi ?
-Je l'ai annulé, répéta-t-il. »
Elle ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Il mit alors un genou à terre et réitéra sa demande :
« -Katherine Beckett, veux-tu m'épouser ?
-Mais... Mais à quoi tu joues ?
-Réponds-moi simplement.
-Oui. Bien sûr que oui !
-Alors marions-nous demain.
-Tu es fou, répéta-t-elle le sourire aux lèvres.
-Ce n'est pas une blague, Kate. Ce n'est pas toi qui m'a dit que tu ne voulais plus attendre ? Tu as changé d'avis ? Demanda-t-il en se relevant.
-Non, non, souffla-t-elle.
-Alors épouse-moi demain.
-Mais c'est impossible ! S'exclama-t-elle.
-Veux-tu cesser d'être rationnelle ? Laisse-toi surprendre.
-Me laisser surprendre ? Mais oui..., comprit-elle enfin.
-Je ne voulais pas que tu crois que j'avais oublié notre lune de miel, se justifia-t-il.
-On va partir en lune de miel ?
-Pas de mariage sans lune de miel, chérie, sourit-il. »
Elle se rassit sur le lit. Elle n'arrivait pas y croire. Il avait encore une fois devancé un de ses désirs. Son désir le plus profond. Du jour où elle avait compris qu'elle l'aimait plus que sa propre vie, elle n'avait plus voulu attendre. Elle voulait être sa femme parce qu'avec lui sa vie était extraordinaire et il lui prouvait une fois de plus aujourd'hui. Son grain de folie rendait sa vie merveilleuse chaque jour un peu plus.
« -Tu... tu..., elle ne savait plus quoi dire.
-C'est ça que j'organise depuis quelques temps... avec l'aide de quelques personnes, ajouta-t-il.
-Je ne sais pas quoi dire, sourit-elle.
-Je voulais te le dire seulement demain matin mais je ne voulais pas que tu crois que j'ai oublié notre lune de miel. J'ai commis une erreur en oubliant qu'on en avait déjà parlé. Je suis désolé.
-Désolé ? Rit-elle, abasourdie.
-Oui. Tu ne m'en veux pas ?
-De quoi ? D'avoir organiser mon mariage dans mon dos ? »
Il se tut. Il y était. Sa réaction. Il la redoutait depuis qu'il avait commencé à organiser ce mariage impromptu. Il baissa son regard sur leurs mains liées. Il ne désirait que lui faire plaisir. C'est pour elle et seulement elle qui l'avait fait tout ça. Il voulait que tout soit parfait. Peut-être un peu trop. Il n'avait pas été aussi nerveux depuis la première fois où l'avait demandé en mariage.
« -Tu viens de devancer l'un de mes désirs les plus chers, murmura-t-elle, souriante.
-Tu ne m'en veux pas ?
-T'en vouloir ? Mais pourquoi ?
-Je sais que tu n'aimes pas les surprises.
-C'est la plus belle chose que l'on n'ait jamais faite pour moi.
-Tu n'es pas trop déçue de n'avoir rien organisé ?
-On a déjà tout organisé sans vraiment rien organiser. Je te fais confiance, chéri. Et la seule personne que je veux réellement voir le jour de mon mariage, c'est toi. Alors c'est dingue, oui, mais c'est tellement... toi, sourit-elle. »
Il se pencha alors pour l'embrasser tout heureux qu'il était.
« -Je t'aime, souffla-t-elle contre ses lèvres avant d'approfondir le baiser. »
Beckett finit par se séparer de lui quand elle sentit une de ses mains sur son épaule, essayant d'ouvrir le peignoir. Il fit alors une mise boudeuse alors qu'elle riait. Mais son rire chassa vite sa morosité, il déclencha en Castle une vague de bonheur intense. Il adorait ce rire qu'elle ne réservait qu'à lui. Ce rire qui lui disait « je t'aime » bien mieux que les mots.
« -Raconte-moi, dit-elle, je veux tout savoir ! Depuis quand tu organises tout cela ? »
Il sourit alors et s'allongea sur le lit. Elle vint aussitôt se blottir contre lui. Elle adorait quand il lui racontait des histoires mais elle savait d'avance que celle-ci lui plairait plus que n'importe quelle autre puisqu'elle racontait son mariage.
Chapitre Quarante-Quatre
Loft de Castle
Il lui raconta alors comment son idée lui était venue lors d'un rêve. Après qu'elle lui ait confié qu'elle voulait se marier très vite, il avait rêvé de lui faire la surprise du mariage et à son réveil, l'idée avait continué à faire son chemin. Elle avait souri sur son torse alors qu'il lui détaillait comme un gamin une idée née d'un rêve. Ne te moque pas ! Lui avait-il reproché mais elle avait secoué la tête en signe d'innocence et il avait continué. Il en avait alors parlé à sa mère et à Alexis qui l'avaient tout de suite soutenu. Il en avait ensuite parlé à son père. Il ne voulait faire d'impair avec Kate, il avait alors préféré demander son avis. Jim l'avait alors également soutenu, ravi que sa fille rebelle trouve enfin quelqu'un qui l'aimait profondément et qu'elle aimait tout autant en retour. Il lui raconta ensuite la réaction de Lanie quand il l'avait mise dans la confidence. Elle avait presque crié tellement l'idée lui paraissait géniale. Elle lui avait débité tout un tas de choses qu'il ne devait absolument pas oublier le jour du mariage. Les gars avaient été mis dans la confidence peu de temps après. Eux-aussi avaient aidé même si Espo trouvait l'idée folle.
« -Tu as mis dans la confidence tous nos invités ? Mais comment as-tu fait pour que pas un seul ne vende la mèche ?
-Euh...
-Quoi ? Tu ne leur as quand même pas donner de l'argent ?
-Quoi ? Non ! Non ! Mais...
-Mais quoi ?
-Je n'ai pas prévenu tout le monde. On avait trop d'invités, même après avoir un fait un tri, alors je n'ai invité que notre famille et nos amis proches.
-Comment as-tu su qui inviter dans ma famille ? Rit-elle.
-J'ai laissé ce soin à ton père.
-Et qui a-t-il invité ?
-Personne.
-Vraiment ? Pas même tante Teresa ?
-Non, pas même ta tante. Ce sera juste ton père, ma mère et ma fille, Lanie et les gars. »
Elle reposa sa tête sur son cœur en souriant.
« -Nous n'avons besoin pas de tous ces gens pour fêter notre union. J'ai juste besoin de toi, lui confia-t-il.
-Et moi, de toi.
-Alors tout est parfait ?
-Oui, souffla-t-elle, tout est absolument parfait, Rick.
-Vraiment ? S'étonna-t-il, une fois de plus. »
Il n'arrivait pas à croire qu'elle prenne la nouvelle avec autant d'enthousiasme. Il n'arrivait pas à croire qu'elle soit aussi rayonnante depuis qu'il l'avait de nouveau demandé en mariage. Il ne pensait pas la voir aussi heureuse un jour... Il était fier d'en être l'acteur. Il était heureux parce qu'elle était heureuse.
« -Bien sûr que oui, sourit-elle.
-Je suis l'homme le plus heureux du monde, déclara-t-il.
-Ah oui ? Dit-elle dans un sourire.
-Et c'est grâce à toi. Je n'ai même pas les mots pour te dire à quel point je t'aime.
-Tu n'as pas besoin des mots, Rick, tu me le prouves chaque jour, dit-elle doucement comme pour ne pas briser la magie de cet étrange moment, c'est au travers des gestes du quotidien que tu me le prouves. Chacune de tes intentions est une preuve d'amour. Comme à l'instant quand tu m'as laissé ce moment dans la salle de bain. Je n'ai pas besoin de plus.
-Tu es extraordinaire, dit-il en l'embrassant. »
Kate ferma alors les yeux et se laissa porter par la douceur de son baiser. Il se colla d'avantage à elle et caressa doucement ses cheveux avant de descendre sur sa clavicule. Kate sourit contre sa bouche et se plongea alors dans l'océan de ses yeux. Elle put y lire une immense vague d'amour et de désir. Il glissa alors enfin sa main sous son peignoir pour venir poser sa main sur son sein. Il en traça si doucement les contours qu'elle en frissonna. Il joua ensuite avec son téton alors que ses lèvres étaient descendues le long de son cou. Il sentait que sa respiration devenait plus saccadée et il ne pouvait en être que satisfait. Kate avait mis une main dans ses cheveux et plus le plaisir montait, plus la caresse de ses doigts se faisait rude. Elle enfouit ses mains dans ses cheveux et les tira quand sa langue se posa enfin sur son sein. Elle laissa échapper un soupir de contentement quand...
« -Les enfants ! Le repas vient d'être livré ! Cria Martha du salon. »
Castle leva la tête et se souvint qu'il avait commandé thaï pendant que Kate était dans son bain. Il grogna avant de laissa sa tête retomber sur la poitrine de Kate. Elle caressa alors doucement ses cheveux comme pour lui redonner contenance.
« -Le repas est servi, chéri, dit alors Kate, reprenant doucement ses esprits.
-Ce n'est pas de nourriture dont j'ai faim, répondit-il, morose. »
Son souffle chaud sur sa peau nue déclencha en elle une série de frissons qu'il ne manqua pas de remarquer.
« -Et je ne suis pas le seul, n'est-ce pas ? Demanda-t-il, taquin.
-Ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont, dit-elle en soupirant, frustrée. »
Il déposa un dernier baiser juste au creux de ses seins avant de se lever et de lui tendre la main. Elle soupira, une fois encore, avant de saisir la main tendue. Kate farfouilla dans ses tiroirs pour trouver une tenue décente alors que Castle la dévorait du regard.
« -Tu crois que ça va aider à te calmer ? Dit-elle, mutine, en se trémoussant légèrement.
-Mh... bougonna-t-il. »
Elle lui tendit la main, une fois habillée, et c'est main dans la main qu'ils arrivèrent dans le salon. Martha avait posé sur le comptoir les multiples boîtes mais plus aucune traces d'elle.
« -Où est ta mère ? Demanda Kate en prenant les boîtes pour les apporter sur la table basse.
-Sûrement deux ou trois problèmes à régler, dit-il, évasif.
-Je n'en saurai pas plus, hein ?
-Non. Tu dois te laisser surprendre, n'oublie pas, sourit-il.
-Je n'oublie pas, dit-elle dans un sourire aussi rayonnant que le sien, et où est ta fille ? »
Il se renfrogna tout à coup et elle comprit sans qu'il ne dise un seul mot. Il était si protecteur envers elle. Quand comprendrait-il enfin que les enfants doivent grandir un jour où l'autre ?
« -Elle est sortie ? Demanda-t-elle alors.
-Ouais. Elle avait dit qu'elle ne rentrerait pas tard mais il est déjà 22h...
-Castle, soupira-t-elle, 22h n'est que le début d'une soirée.
-Mais je ne sais pas où elle est et ni avec qui, se justifia-t-il.
-Et quand elle sera mariée et mère de deux enfants, tu lui demanderas toujours où elle est, avec qui, et pour combien de temps ? Se moqua-t-elle.
-Ce n'est pas drôle !
-Castle, soupira-t-il, comment faut-il te dire que ta fille est une adulte ?
-Elle sera toujours mon bébé.
-Ton bébé a grandi. Et tu l'as bien élevée non ? Donc tu devrais avoir confiance en elle.
-C'est dur de la voir s'éloigner de moi...
-Je sais, dit-elle en se blottissant contre lui, mais c'est le juste déroulement des choses et cela ne veut pas dire qu'elle ne t'aime pas.
-J'ai l'impression que c'était hier le temps où elle me confiait tous ses secrets.
-Oui mais aujourd'hui, il ne vaut mieux pas qu'elle te les confie, rit-elle.
-Kate ! S'exclama-t-il avec une mine choquée.
-Quoi ? J'ai tort?
-Mais... ! Ma fille !
-Tu ne crois quand même pas que ta fille allait dormir dans les bras de son doudou toute sa vie ? Continuait-elle toujours moqueuse.
-Non mais...
-Pas de mais, Castle, il faut que tu laisses ta fille grandir et voler de ses propres ailes.
-On verra comment tu réagiras quand ce sera ton tour, se défendit-il, vainement.
-On n'en est pas là, sourit-elle, et puis, je serai tellement occupée à te consoler que je n'aurai même pas le temps de les retenir...
-Moqueuse ! »
Il s'était relevé et avait commencé de la chatouiller quand la porte d'entrée s'ouvrit pour laisser passer une Alexis souriante. Elle rayonnait et son père ne put s'empêcher d'être suspicieux.
« -Tu as passé une bonne soirée ? Demanda-t-il l'air de rien.
-Merveilleuse, souffla-t-elle, encore rêveuse. »
Il marmonna quelque chose d'incompréhensible. Alexis s'approcha alors de lui et enroula ses bras autour de son cou.
« -T'inquiète pas, Papa, tu resteras toujours le premier homme de ma vie, lui dit-elle à l'oreille.
-Homme ? Tu étais avec un homme ?
-Papa, soupira-t-elle exaspérée, ne gâche pas cette soirée, tu veux.
-Oui, oui. Mais dis-moi... qui c'est ce garçon ? Tu vas emménager avec lui ?
-Sérieusement ? S'exclama-t-elle en retirant ses bras.
-Je vais vous laisser, dit Kate discrètement en se dirigeant vers la cuisine avec les boîtes vides. »
Alexis prit sur elle et s'assit à côté de son père.
« -Papa, j'ai peut-être fait une erreur avec Pi mais je crois que je suis assez intelligente pour ne pas la reproduire deux fois. Aie un peu confiance en moi.
-Mais j'ai confiance en toi, se justifia-t-il.
-Alors laisse-moi faire mes propres erreurs. On n'apprend jamais mieux que de ses erreurs, c'est toi qui me l'a appris.
-C'est vrai...
-Je sais que j'ai foncé tête baissé avec Pi mais je ne recommencerai plus, d'accord ?
-D'accord, marmonna-t-il. »
Elle posa sa tête sur son épaule.
« -Il s'appelle Neil et je l'aime bien, Papa. Mais rassure-toi, je ne compte pas me marier tout de suite avec lui.
-Tu me rassures, dit-il le plus sérieusement du monde.
-Papa, soupira-t-elle en se redressant, tu ne changeras jamais.
-Que veux-tu, je resterai ton père quoi que tu en dises.
-J'espère bien, sourit-elle en déposant un baiser sur sa joue, bonne nuit.
-Bonne nuit, ma chérie, répondit-il.
-Bonne nuit, Kate, lança-t-elle en montant les escaliers.
-Bonne nuit, Alexis ! »
Kate revint dans le salon avec deux tasses de café fumantes.
« -Tiens, bois et arrête de penser à ce que ta fille a bien pu faire ce soir.
-Facile à dire, marmotta-t-il.
-Ta fille est géniale, Castle alors laisse-la s'envoler. »
Il but une gorgée, songeur.
« -Heureusement que tu es là, dit-il en se tournant vers elle, merci de me faire redescendre sur terre.
-Toujours, murmura-t-elle avant de fondre sur ses lèvres. »
Chapitre Quarante-Cinq
Loft de Castle
Depuis qu'elle était levée ce matin, le loft était un véritable courant d'air. C'était un défilé permanent. Elle avait à peine vu Castle. Il était parti très tôt en lui promettant de revenir très vite mais cela faisait plus de deux heures et toujours pas de nouvelles. Elle venait de recevoir un SMS de Lanie qui lui disait qu'elle serait bientôt là avec sa robe. Elle trépignait. Elle n'arrivait toujours pas à réaliser qu'elle allait se marier. Comment le pouvait-elle ? Hier encore, elle pensait qu'aujourd'hui serait un jour comme un autre. Mais, dans quelques heures, elle allait devenir Madame Castle. Madame Castle... Elle se leva brusquement de la chaise pour continuer de tourner dangereusement en rond dans le bureau de Castle quand on frappa à la porte.
« -Oui ? Dit-elle d'une voix un peu trop aiguë.
-Je peux entrer ? Fit la voix d'Alexis.
-Bien sûr. »
Elle entra et s'assit dans un fauteuil en invitant Kate à la rejoindre.
« -Nerveuse ? Demanda-t-elle dans un sourire.
-Un peu.
-Ça va être génial, la rassura Alexis.
-Je crois que je dois te remercier.
-Pourquoi ? Répliqua Alexis, réellement étonnée.
-Pour le mariage. Ton père m'a dit que tu l'avais beaucoup aidé.
-Tu n'as pas à me remercier. Je l'ai fait parce que ça me faisait plaisir et si Papa est heureux, je suis heureuse.
-Il a de la chance de t'avoir, tu sais.
-C'est moi qui suis chanceuse même s'il peut être envahissant, c'est un super Papa. Et il est chanceux de t'avoir dans sa vie, rajouta-t-elle après un moment d'hésitation.
-Et j'ai de la chance de l'avoir dans la mienne.
-Je suis heureuse que ce soit toi, Kate. Je sais que je n'ai pas toujours été conciliante avec toi mais tout est allé si vite entre vous. Enfin, je parle une fois que vous avez été en couple parce qu'avant... Bref ! C'est comme si vous étiez une même entité et c'est peut-être ce qui m'a fait peur... parce qu'avant, c'était moi...
-Oh Alexis... Tu sais bien que tu tiendras toujours la plus belle place dans le cœur de ton père.
-Je sais. Et je suis désolée de l'avoir compris trop tard. C'est juste que... Il ne m'a pas dit quand il t'a demandé en mariage et...
-Il l'a fait sur un coup de tête.
-Je sais mais là encore, je l'ai compris trop tard... J'ai été prise de cours, j'aurais aimé l'apprendre de sa bouche et pas d'un coup de téléphone de ma grand-mère. Je suis désolée d'avoir réagi comme je l'ai fait.
-Tu n'as pas à t'excuser, je comprends que cela ait pu te perturber. Et je suis sûre que ton père ne voulait pas cela.
-Je sais mais j'ai réagi comme une enfant de huit ans et j'en suis désolée, je voulais que tu le saches.
-Merci, sourit doucement Kate. »
Alexis se leva et planta son regard perçant dans le sien.
« -Ne sois pas si nerveuse, vous serez merveilleux. Vous l'êtes toujours.
-Merci, répéta-t-elle, toujours souriante.
-Soyez heureux, dit Alexis un peu plus bas en sortant du bureau.
-On le sera. Et je te promets de l'empêcher de trop s’immiscer dans tes relations.
-Défi accepté, rit-elle. »
Elle entendit la voix de Lanie au moment où Alexis sortait du bureau. Elle entendit des rires mais elle n'en su pas la cause. Lanie entra dans le bureau avec sa discrétion légendaire. Elle était essoufflée et se prenait tous les obstacles se trouvant sur son passage. Kate se précipita pour l'aider mais elle lui intima de se rasseoir.
« -Lanie, soupira-t-elle, tu sais que je vais devenir folle à ne rien faire toute la journée.
-Tiens-toi tranquille pour une fois, c'est ta journée.
-Ma journée, ma journée, rumina-t-elle, mon interminable journée oui !
-Non mais je rêve !
-Quoi ? Répliqua Kate.
-Tu ne veux pas arrêter de te plaindre ? C'est le plus beau jour de ta vie, tu t'en rends compte ?
-Et bien non, justement ! Personne ne me laisse rien faire ! S'exclama-t-elle en se levant.
-C'est une surprise, ma chérie, peut-être devrais-je te réexpliquer le concept ?
-Non mais je déteste ne rien faire. Si ça se trouve, Castle a organisé notre mariage dans l'espace et je suis en train de le laisser faire...
-Tu le crois vraiment capable de te faire ça ? Dit-elle dans un sourire.
-Oui enfin non, pas contre mon gré, concéda-t-elle, mais je vais devenir folle !
-C'est moi que tu vas rendre folle, rassieds-toi ! »
Kate s'affala dans le fauteuil de son futur mari d'écrivain en soupirant pour la énième fois de la journée.
« -Je vais te montrer ta robe... annonça Lanie sur un ton peu sûr.
-Je l'ai déjà vue, tu sais ? Sourit Kate.
-Et bien, en fait, non...
-Comment ça non ? Qu'est-ce que tu as fait à ma robe ?!
-Moi ? Absolument rien, je te le jure !
-Où est ma robe, Lanie ? Dit-elle en appuyant chaque mot.
-Et bien, justement, je ne sais pas ! Tu l'as tellement bien cachée que je ne l'ai pas trouvée ! Castle m'avait chargée de passer la prendre parce qu'il savait que j'avais les clés de ton appartement mais impossible de mettre la main dessus.
-Je l'ai caché dans le faux fond de mon armoire, je ne voulais pas que Castle la voit. Il cherchait toujours à la voir quand on passait des soirées chez moi.
-Tu aurais pu me mettre au courant !
-Je n'étais pas censée savoir que tu allais venir me voler ma robe, rétorqua Kate.
-Pas faux mais tu aurais pu me mettre dans la confidence, je suis ta meilleure amie après tout.
-Il y a des choses que je ne peux pas te dire, Lanie, et tu le sais très bien.
-Ouais, je sais. Pas de détails croustillants... laissa-t-elle échapper, faussement vexée.
-Lanie, soupira Kate, revenons-en à la robe, tu veux. Je vais me marier comment sans robe ?
-Pas besoin de robe, il suffit que toi et Castle soyez réunis pour que la magie opère.
-Je n'aurai pas de robe ? Demanda Kate, légèrement déçue.
-Si mais pas celle que tu avais choisie, désolée, Kate.
-Castle a dépensé combien pour cette nouvelle robe ? Demanda Kate, déjà agacée.
-Rien du tout. Je ne voulais pas qu'il sache quoi que ce soit sur cette robe. Je lui ai dit que je m'occupais de tout. Alors j'ai téléphoné à ton père.
-Mon père ? S'étonna Kate, c'est mon père qui m'a payé ma robe de mariée ?
-Non, souffla Lanie, il m'a proposé celle de ta mère.
-Celle de ma mère ? Répéta Kate, émue.
-Oui. Et j'ai pensé que c'était une bonne idée. Je sais que tu souffres plus que tu ne l'avoues qu'elle ne soit pas avec toi aujourd'hui. C'est une manière de la faire participer. Elle aurait aimé que tu la portes, j'en suis sûre. »
Kate s'était calmée instantanément. Quand elle était petite, elle avait imaginé son mariage mais pas une seconde, elle n'avait pensé que sa mère ne serait pas là. Elle avait toujours imaginé que sa mère serait présente à ses côtés. Elle n'avait jamais douté sur le fait que ce serait elle qui la coifferait, qui la rassurerait avant d'entrer en scène et de sentir tous ces regards rivés sur elle alors qu'elle s'avancerait vers son promis et c'est encore elle qu'elle voyait lui sourire, les larmes aux yeux derrière elle, quand elle dirait « oui ». Et c'était toujours elle qu'elle imaginait faire un discours embarrassant sur ses rêves de petite fille, et qui lui arracherait les énièmes larmes de la journée. Jamais elle n'avait envisagé la possibilité qu'elle ne soit pas là... Elle se tourna alors vers Lanie et sourit, les larmes aux yeux.
« -Merci, Lanie, souffla-t-elle. »
Lanie retourna dans le salon et revint, la robe dans les bras.
« -Je ne l'avais jamais vue en vrai, confia Kate, je ne l'avais vue que sur les photos.
-Elle est magnifique, ta mère avait bon goût, dit Lanie.
-Oui, magnifique, répéta Kate.
-Tu l'essayes ? Demanda Lanie, soudain enthousiaste.
-Oui, sourit Kate, radieuse. »
Quelques minutes de galère plus tard, Kate et Lanie regardaient le résultat dans le miroir. Elle étaient sans voix.
« -Tu es vraiment superbe, ma chérie, déclara Lanie.
-Tu crois que ça plaira à Castle ? Voulut-elle se rassurer.
-Il serait fou de ne pas aimer ! S'exclama-t-elle. »
Kate tourna sur elle-même, regardant la robe sous toutes les coutures.
« -Elle est vraiment magnifique, dit Kate dans un sourire.
-Je ne peux qu'être d'accord, répondit Lanie. »
Elles admirèrent la robe en silence encore quelques secondes avant que Lanie n'ajoute :
« -Il ne reste plus qu'à te coiffer et te maquiller et tu seras la plus belle mariée que l'on n'ait jamais connue.
-Quoi ? Mais je ne veux pas que Castle me voit comme ça !
-Il ne te verra pas.
- Mais... il m'a dit qu'il reviendrait me voir vite.
-C'était pour te faire patienter gentiment. La prochaine fois que tu verras Castle, ce sera pour la cérémonie, chérie.
-Alors ça y est ? Dit-elle comme si elle réalisait vraiment seulement maintenant.
-Oui, ma chérie. Vous allez vous marier.
-Je vais me marier, souffla Kate dans un rire.
-Tu vas te marier, répéta Lanie. »
Kate rit de plus belle alors qu'elle prenait sa meilleure amie dans ses bras.
« -N'allons pas abîmer ta robe. Viens avec moi, future Madame Castle, je dois te faire belle. »
Chapitre Quarante-Six
Loft de Castle
Kate était prête. Lanie venait de la laisser en lui disant que son père devait venir la voir avant la cérémonie. Elle ne se lassait pas de se regarder dans le miroir. La robe était vraiment magnifique. Elle n'aurait pas pu rêver mieux. Elle la trouvait encore plus belle que celle que Mathilda King lui avait donnée. Et puis, Lanie avait raison, c'était une manière de faire participer sa mère au plus beau jour de sa vie. Elle aurait donné n'importe quoi pour qu'en cet instant, elle soit avec elle pour trouver les mots justes qui la rassureraient.
« -Tu lui ressembles plus que jamais, fit une voix derrière elle.
-Papa, dit-elle en souriant.
-Je n'ose pas te prendre dans mes bras, j'aurais peur de froisser la robe. »
Elle s'approcha et mit ses mains dans les siennes.
« -Merci, Papa. C'est un merveilleux cadeau que tu m'as fait.
-C'est ce qu'elle aurait voulu, Katy.
-J'aurai aimé qu'elle soit là.
-Elle aurait beaucoup pleuré parce que sa petite fille n'en serait plus vraiment une, sourit-il.
-Cela fait longtemps que je ne suis plus une petite fille, Papa, rit-elle.
-Tu seras toujours ma petite fille, Katy, quoi qu'il arrive.
-C'est rassurant d'un côté, répondit-elle.
-Je t'aime, Katy. Et ta mère, où qu'elle soit, est avec toi aujourd'hui.
-Je t'aime aussi, Papa, merci, souffla-t-elle. »
Elle prit une grande inspiration. Elle n'arrivait pas à croire ce qui lui arrivait, cela lui semblait si irréel.
« -Tu es nerveuse ? Demanda son père.
-Un peu, sourit-elle, nerveuse mais heureuse.
-Alors je suis heureux pour toi. »
Elle souriait encore quand trois petits coups furent frappés à la porte.
« -Je crois que ton futur mari veut te parler, dit-il.
-Castle ?
-Il m'a dit qu'il voulait te parler avant que tout ne commence. Je vais t'attendre dans la voiture.
-D'accord. »
Il déposa un léger baiser sur sa joue avant de laisser place à Castle. Ce dernier était à peine entré qu'il se stoppa net. La vue de Kate l'éblouit. Il ne savait que dire devant sa future femme plus belle que jamais. Kate n'était pas en reste non plus face à un Castle très élégant dans son costume.
« -Tu es... Ouah... Vraiment... Ouah...
-Alors Monsieur l'écrivain, on perd ses mots ? Le taquina-t-elle. »
Il s'approcha d'elle et déposa un baiser à la commissure de ses lèvres.
« -Il n'y a pas de mots assez fort pour exprimer ce que je ressens. Je pourrai te dire que tu es magnifique mais ça ne serait pas te rendre honneur.
-Tu es un flatteur. Et puis... Tu n'es pas mal non plus, tu sais, dit-elle dans un sourire.
-Merci. Mais tu es... Tu es vraiment au-delà de toutes mes espérances, Kate.
-C'est la robe de ma mère, confia-t-elle.
-Lanie m'a expliqué. Elle avait très bon goût, elle est vraiment sublime.
-Merci, souffla-t-elle émue.
-Elle te manque, n'est-ce pas ?
-J'aurai aimé qu'elle soit là, sourit-elle alors que des larmes perlaient au coin de ses yeux.
-Elle est là, tu sais. Dans ton cœur. Dans celui de ton père. Et dans le mien. Elle est avec nous, aujourd'hui. Et elle est fière de toi, Kate.
-Tu crois ?
-J'en suis sûr. Tu es la plus belle mariée que j'aie jamais vu.
-Tu dis ça parce que c'est moi que tu vas épouser, rit-elle.
-Non, rétorqua-t-il sérieux, je le dis parce que je le pense vraiment. »
Elle sourit réellement émue par ces mots. Castle était peut-être un éternel gamin mais il savait toujours trouver les mots justes. Il savait comment la faire craquer. Il savait quel mot employer pour la toucher et elle ne pouvait l'en aimer que d'autant plus.
« -Merci, Rick.
-J'ai quelque chose pour toi , dit-il soudainement.
-Encore ? Mais tu en as déjà assez fait !
-Ce n'est pas de ma part, en fait. Mais de celle de ma mère. Elle ne peut pas être là avec toi parce qu'elle est en plein préparatifs mais elle m'a demandé de te donner quelque chose. »
Il fouilla dans sa poche et en sortit un écrin de velours rouge qu'il tendit à Kate. Deux boucles d'oreilles bleues s'y trouvaient.
« -Ouah...
-Quelques chose de bleu, c'est la seule chose qui te manquait, ajouta Castle.
-Elles sont parfaites.
-Sa mère, qui les avait reçues de sa propre mère, lui avait données le jour de son mariage. Elle voulait qu'elles t'appartiennent. Elle a ajouté que seules des femmes biens avaient porté ces boucles.
-Ouah... Je ne sais pas quoi dire. »
Elle sortit les boucles de l'écrin et découvrit un papier glissé entre celles-ci. Martha avait écrit un mot de sa plume « Merci de rendre mon fils si heureux ». Kate sourit pour la énième fois de cette journée magique.
« -Vous m'étonnerez toujours les Castle, dit-elle en mettant les boucles d'oreilles.
-C'est le but. Je veux t'étonner pour le restant de nos jours.
-Merci, Castle. Merci pour tout ça.
-Tu n'as encore rien vu, rit-il.
-Le mariage n'a pas encore commencé mais je suis déjà passée par tellement d'émotions.
-Et ce n'est pas fini !
-Tu veux me faire succomber à mes émotions ? Se moqua-t-elle gentiment.
-Non, je vais avoir besoin de toi dans les semaines qui vont suivre.
-Vraiment ? Dit-elle, aguicheuse.
-Oh oui ! Crois-moi chérie ! »
Elle éclata de rire et une fois de plus, Rick fut submergé par le son cristallin de son rire. Il ne se rendait pas vraiment compte que ce rire allait ravir ses journées pendant de longues années. Il avait préparé ce mariage mais maintenant qu'ils y étaient, c'est comme s'il n'arrivait pas à réaliser ce qui était en train de se passer. Il allait épouser la femme qui l'avait fait passer par toutes les émotions possibles. Il allait épouser la femme qu'il aimait plus que sa propre vie.
« -Pourquoi tu me regardes comme ça ? Demanda-t-elle.
-J'étais juste en train de mesurer la chance que j'avais de t'avoir dans ma vie.
-Garde tes belles phrases pour tes vœux.
-Et pour les prononcer, il faudrait qu'on y aille, dit-il en jetant un coup d’œil à sa montre.
-Et où va-t-on ? Demanda-t-elle.
-Sur le lieu de notre mariage, répondit-il naturellement.
-Très drôle. Où est le lieu de notre mariage ?
-Tu ne veux pas la surprise ?
-Je crois que j'ai eu assez de surprise pour les dix ans à venir, rit-elle.
-Essaye de deviner alors !
-Vraiment Castle ? Je ne suis pas d'humeur à jouer.
-Bon d'accord, concéda-t-il. »
Il prit une inspiration et redevint sérieux.
« -Je voulais que cet endroit soit spécial. Je voulais qu'il nous ressemble, qu'il représente quelque chose pour nous. Cela me laissait plusieurs possibilités. J'ai d'abord pensé aux Hamptons mais je crois que cela aurait fait un peu cliché. Je ne crois pas que l'idée du mariage à l'eau de rose t'aurait plus. J'ai alors pensé au commissariat parce que c'est quand même l'endroit où notre amour est né. Mais Gates n'était pas vraiment d'accord avec l'idée... »
Kate laissa échapper un rire.
« -J'ai, ensuite, pensé au loft puisque c'est ici que tu m'as rejoint pour notre première nuit d'amour. Mais j'avais envie de quelque chose de plus extraordinaire pour toi. J'ai donc pensé aux balançoires... »
Il se mit à sourire, rêveur.
« -C'est la première fois où tu as laissé échapper la possibilité que tu puisses réellement aimer de nouveau. Tu n'a pas directement précisé que c'est moi dont tu parlais mais je n'avais pas pu m'empêcher d'espérer que si. Mais c'était l'endroit où je t'ai demandé en mariage et j'avais envie que ça le reste. »
Il s'arrêta alors dans son monologue. Son sourire s'élargit alors qu'il plongeait l'océan de ses yeux dans ceux de Kate.
« -J'ai alors encore réfléchi et je me suis dit que tous ces moments magiques n'auraient pas eu lieu si tu n'avais pas croisé ma route dans cet hôtel cette fameuse nuit.
-Le Four Seasons ? Tu n'es pas sérieux ?
-Bien sûr que si, sourit-il, si tu n'étais pas venue dans cet hôtel, rien de tout ce qui s'est passé ensuite n'aurait eu lieu. Cet hôtel représente la nuit où tout a commencé alors je crois que c'était le meilleur endroit pour se dire « oui ».
-Le Four Seasons, répéta-t-elle éberluée.
-Le Four Seasons, affirma-t-il.
-Tu es complètement fou.
-Fou de toi, oui, répondit-il.
-Merci, dit-elle la voix tremblante.
-Ne pleure pas, chérie, tu n'as pas encore dit « oui ». »
Elle rit en clignant des yeux pour chasser les quelques larmes qui essayaient de percer la barrière de ses yeux.
« -Tu es prête ? Demanda-t-il. »
Elle prit une grande inspiration.
« -Allons-y. Allons-nous marier ! Dit-elle en nouant ses doigts aux siens ».
Chapitre Quarante-Sept
(attention pour ceux qui n'ont pas vu la saison 7, je me suis (beaucoup) inspirée de certaines répliques, risque de spoiler)
Comme promis, Jim avait attendu sa fille dans la voiture. Il tint sa main tout le long du voyage. Castle était parti dans une voiture devant celle de sa fiancée pour rejoindre le Four Seasons avant Kate. Ce fut, quand elle vit Castle se tenir au loin près du juge qui allait les marier, qu'elle sut que sa vie allait changer pour de bon. Martha et Alexis avaient décoré l'endroit à la perfection. C'était sobre et magnifique. Elles avaient tracé un chemin de pétales de fleurs qui menait droit à Castle. Elle frissonna. L'idée de se marier au dessus de New-York, sur le toit d'un des hôtels les plus chers de la ville était incroyable mais elle ne put s'empêcher de frissonner sous la légère brise. Ou alors était-ce toutes ces émotions qu'elle n'arrivait pas à gérer ? Sûrement un peu des deux. Les quelques invités se tenaient debout face à Castle même si en l'instant présent, ils étaient tous tournés vers elle, le sourire aux lèvres. Elle ne s'avança pas tout de suite vers son promis. Elle avait envie d'imprimer les moindres détails de cet instant précis dans sa mémoire. Le regard de Castle, le sourire impatient de Lanie, le regard rassurant d'Espo, la main de son père sur son bras, le sourire encourageant de Ryan et les sourires chaleureux de Martha et Alexis. Mais surtout le regard de Castle. Elle voulait se souvenir pour le reste de ses jours de toutes les émotions qu'elle ressentait en le regardant l'attendre, elle. Elle avait encore du mal à y croire. Tout ça était si... magique ! Son père resserra sa prise autour de son bras comme pour la rassurer et lui donner le courage nécessaire.
« -Ça va, Katy ? Lui demanda son père pour qu'elle seule l'entende.
-On ne peut mieux, souffla-t-elle, toujours aussi émue.
-On y va ? »
Elle hocha seulement la tête. Elle venait de se plonger dans le regard de Castle et elle ne voulait plus s'en détacher. Elle se mit à avancer instinctivement comme si elle était irrémédiablement attirée par lui. Il lui sourit et elle lui rendit immédiatement son sourire, le monde avait disparu. Lui seul comptait. Quand ils arrivèrent près de Castle et du juge, son père mit la main de sa fille dans celle de Castle.
« -Prenez soin d'elle, lui dit-il.
-Je n'y manquerai pas, répondit-il, rassurant. »
Les yeux dans le yeux, les mains dans les mains, ils n'entendirent pas le juge commencer son discours. Seul l'autre comptait et leur bonheur sous-jacent. C'est comme si le monde avait arrêté de tourner pour quelques minutes. Ce n'est que quand il leur intima de prononcer leurs vœux qu'ils réagirent. C'est Kate qui commença. Elle lui passa son alliance au doigt non sans légèrement trembler.
« -Dès l'instant où l'on s'est rencontré, commença-t-elle non sans une grande émotion dans sa voix, ma vie est devenue extraordinaire. Tu m'as appris à être meilleure, à regarder devant, vers de nouvelles aventures. Et quand j'ai été vulnérable, tu as été fort. Je t'aime, Richard Castle, continua-t-elle dans un sourire qui illumina encore plus son visage si c'était possible. Et je veux vivre ma vie dans la chaleur de tes sourires et la force de tes étreintes. Je te promets de t'aimer, d'être ton amie et ta partenaire dans le crime et dans la vie. Toujours, ajouta-t-elle pour sceller cette promesse.
Un sourire sur le visage, Richard Castle prit un instant pour mémoriser la moindre des expressions que venait d'avoir Kate en cet instant précis. Et c'est encore ému par les mots qu'elle venait de prononcer qu'il lui passa, à son tour, son alliance au doigt.
« -Dès l'instant où l'on s'est rencontré, ma vie est devenue extraordinaire, déclara-t-il en reprenant ses mots à elle avec la même intensité dans la voix. Tu m'en appris plus sur moi-même que ce je ne pensais possible. Tu es la joie dans mon cœur. Je veux chaque jour me réveiller à l'aube de tes sourires. Je t'aime, Katherine Beckett, dit-il avec une profonde émotion. Et ton mystère est celui que je veux passer le restant de mes jours à explorer. Je promets de t'aimer, d'être ton ami et ton partenaire dans le crime et dans la vie jusqu'à ce que la mort nous sépare. »
Kate laissa échapper un rire nerveux alors que le juge les déclarait enfin mari et femme. Et elle n'attendit pas le fameux et pompeux « vous pouvez embrasser la mariée » pour entourer ses bras autour de Castle et poser ses lèvres sur les siennes. Castle la serra dans ses bras alors que les applaudissements de leurs familles et amis fusaient. Lanie cria un beau « enfin ! » alors que les jeunes mariés se séparaient et se tournaient vers leur public un immense sourire plaqué sur leurs lèvres. Ils y étaient. Ils étaient mariés. Et cette sensation était juste indescriptible. Castle glissa ses doigts dans ceux de Kate avant de s'avancer vers leurs invités. Jim vint prendre sa fille dans ses bras alors que Castle étreignait sa mère et sa fille.
« -Merci toutes les deux, leur souffla-t-il à l'oreille, merci beaucoup.
-C'était avec plaisir, Richard, répondit aussi doucement sa mère, soyez heureux.
-Oui, rajouta Alexis, soyez heureux. »
Il les serra un peu plus fort avant de les relâcher et de se tourner vers les gars. Ils s'étreignirent brièvement pendant que Lanie serrait sa meilleure amie dans ses bras.
« -Bon, commença Ryan, pas de besoin de te dire que...
-Si tu fais du mal à Beckett, on te tue, finit Espo.
-Sérieusement ? Fit Castle d'une voix un peu trop aiguë. »
Le regard d'Esposito lui fit comprendre le sérieux de ses paroles.
« -Okay, les gars, vous savez que je ne ferai jamais de mal à Beckett. »
Les bros se regardèrent et se sourirent avant de se tourner de nouveau vers Castle.
« -Soyez heureux, dit Ryan.
-Ouais, vous le méritez, rajouta Espo avant de laisser leur place à Lanie.
-Félicitations Caste, tu as fini par épouser l'indomptable Katherine Beckett, sourit Lanie avant de le prendre dans ses bras.
-Merci Lanie. Pour tout ce que tu as fait.
-Le plaisir était pour moi mais pour ce que les garçons viennent de te dire...
-Oh non pas toi... Tu sais très bien que je ne ferai aucun mal à Kate.
-Hum sait-on jamais... En tout cas, sache que je ferai disparaître ton cadavre, dit-elle dans un rire. »
Castle eut envie de répliquer mais Jim Beckett venait d'apparaître devant lui pour lui serrer la main.
« -Merci de rendre ma fille si heureuse, lui dit-il avec une grande sincérité.
-C'est la plus belle chose qu'il m'ait été donné de faire, lui sourit-il en retour. »
Jim Beckett hocha la tête dans un sourire et c'est Kate qui revint auprès de son mari.
« -Comment allez-vous Madame Castle ? Lui dit-il alors qu'elle entremêlait ses doigts aux siens.
-On ne peut mieux ! Et vous monsieur Beckett ?
-Mh étrange cette appellation...
-Tu n'as pas répondu à ma question, sourit-elle.
-J'ai une très belle femme à mon bras et figure-toi que c'est ma femme alors... Rien ne pourrait aller mieux, lui dit-il en déposant un baiser sur sa joue. »
Son sourire s'élargit encore un peu plus si c'était possible. Elle rayonnait comme elle ne l'avait jamais fait avant. Son sourire et ses yeux faisait chavirer le cœur de Castle à chaque fois qu'il la regardait.
« -Alors ma surprise t'a plu ? Lui demanda-t-il juste pour être sûr.
-Tu en doutes ? Rit-elle.
-Juste une vérification. Prend ça pour un questionnaire de satisfaction, répondit-il.
-Bien sûr que ta surprise m'a plu. Tu... Tu as dépassé toutes mes espérances. Je n'aurais pas pu rêver mieux, Rick.
-Vraiment ? Ça veut dire que j'aurai le droit de te faire d'autres surprises ? Demanda-t-il tout heureux.
-Mh... Bien que ce que tu viennes de m'offrir soit magique, ne t'avise plus jamais de me cacher quoi que ce soit, lui dit-elle dans un sourire.
-T'es pas drôle, bougonna-t-il.
-Vraiment ? Sourit-elle.
-Quoi ? S'étonna-t-il.
-Tu trouves le moyen de râler le jour de notre mariage ?
-C'est parce que tu es méchante, se défendit-il.
-Tu sais quoi ? Dit-elle, on va faire un deal.
-Quel genre de deal ?
-Je t'interdis de me cacher des choses mais je te donne le droit de me surprendre jusqu'à la fin de mes jours.
-Comment veux-tu que je te surprenne si tu m'interdis de te cacher des choses, rétorqua-t-il.
-Sois inventif, dit-elle en haussant les épaules.
-Mh d'accord mais ça marche dans les deux sens, n'est-ce pas ? S'assura-t-il.
-Bien entendu, sourit-elle. »
Castle se pencha alors légèrement pour sceller cette nouvelle promesse d'un baiser. Et c'est alors que ce simple baiser dérapait quelque peu qu'on entendit Lanie hurler un « vive les mariés » !
« -On ne vous dérange pas trop les amoureux, lança Espo.
-Vous savez, on est dans un hôtel, il y a des chambres... continua Ryan.
-Tu ne sais pas si bien dire, rétorqua alors Castle en se séparant de Beckett.
-Aller Kate ! Lance ton bouquet ! S'exclama Lanie impatiente. »
Kate sourit et se tourna dos à ses invités avant de s’exécuter. Elle laisse passer quelques secondes pour faire durer le suspens mais surtout pour embêter Lanie. Elle lança le bouquet légèrement sur la droite pour que Lanie l’attrape et qu'Alexis sur la gauche non. Elle ne voulait pas déclencher un scandale le jour de son mariage. Si le « bébé » de Castle attrapait le bouquet, il serait inconsolable pendant toute la soirée. Et Kate avait d'autres projets pour ce soir. Elle entendit Lanie hurler « à moi !! » alors qu'elle se retournait.
« -Je crois qu'il va falloir que tu investisses dans une bague, Bro, dit Ryan en donnant un coup de coude à Espo.
-Aha, se contenta de répondre Espo. »
Lanie ne s'était même pas aperçue de leur échange tant elle était occupée à remercier Kate qui riait aux éclats.
« -Mes chers, et si nous nous dirigions vers la salle de réception ? dit alors Martha.
-Bonne idée, il fait un peu froid, répondit Castle alors qu'il voyait sa femme frissonner depuis quelques minutes. »
Castle tendit son bras à sa femme puis à sa fille avant de suivre sa mère. Quand ils arrivèrent dans la salle, il riva ses yeux sur sa femme pour ne louper aucune de ses réactions. Elle entrouvrit légèrement la bouche sans ne savoir quoi dire. Tout était simple et magnifique à la fois.
« -Ça te plaît ? Lui souffla-t-il.
-Comment ça ne pourrait pas me plaire ? Réussit-elle à articuler. »
Il l'attira alors vers le buffet et la soirée pu commencer. Les quelques invités se regroupèrent autour du buffet et des jeunes mariés. La soirée ne fut que rires et joie. Ryan taquinait Espo sur le bouquet que Lanie avait attrapé et qu'elle n'avait presque pas lâché de la soirée. Lanie virevoltait dans sa robe de Kate à Espo. Martha et Jim observaient de loin le bonheur de leurs enfants. Alexis riait, discutait avec tout le monde et échangeait beaucoup de sms avec son amoureux tandis que Castle et Beckett savouraient leur bonheur tout récent. Ils se volaient des baisers entre quelques sourires. Tout n'était que légèreté en cette belle soirée.
Ce n'est que quand Kate entendit résonner les premières notes de In my veins qu'elle s'autorisa enfin à laisser quelques larmes passer la barrière de ses yeux.
« -M'accorderais-tu cette danse ?
-Avec plaisir, dit-elle, une larme glissant le long de joue. »
Il l'attira à lui et elle nicha la tête dans cou alors qu'ils virevoltaient sur leur chanson.
« -Tout était parfait, lui glissa-t-elle à l'oreille.
-Alors ne pleure pas, chérie, répondit-il, néanmoins tout sourire qu'elle soit comblée.
-Si je pleure, c'est parce que je suis chanceuse.
-C'est moi qui suis chanceux. La femme la plus extraordinaire que je connaisse danse avec moi. »
Elle rit et se tut. Ils profitèrent du silence provisoire pour se laisser guider par la musique. Ils étaient dans leur bulle. Ils n'était plus à cette belle réception mais juste tous les deux, savourant le bonheur d'être ensemble et d'avoir scellé leur union.
« -Merci Rick, souffla-t-elle après un léger silence. »
Il la serra encore plus contre lui si c'était possible et c'est sur les dernières notes de musique qu'il posa enfin ses lèvres sur les siennes. Suite à cette danse, beaucoup d'autres s'enchaînèrent. Castle fit danser sa mère puis sa fille tandis que Kate dansait avec son père. C'est alors que Beckett et Casle se retrouvaient de nouveau pris au milieu d'une danse tous les deux que Kate glissa à l'oreille de Rick :
« -Je crois que c'est à moi de te faire une surprise, dit-elle, mutine.
-Mh vraiment ?
-Oui, affirma-t-elle.
-Et tu as des idées ? Continua-t-il sur le même ton malicieux.
-J'en ai une qui me vient à l'esprit, oui, dit-elle, évasive.
-Et tu pourrais partager ? Demanda-t-il alors qu'ils dansaient toujours au milieu de leurs amis.
-Que dirais-tu de t'enfuir de notre mariage ?
-Tu es sérieuse ? Rit-il.
-Bien sûr, il nous suffit de danser jusqu'à l'extérieure de cette salle...
-Et que ferions-nous une fois hors de la salle ?
-On pourrait aller dans la belle chambre que, je suis sûre, tu nous as réservée.
-Et que ferions-nous dans cette chambre ? Demanda-t-il en poussant toujours le jeu plus loin.
-Des tas de choses, souffla-t-elle d'une voix sensuelle qui lui donna des frissons »
Alors sans attendre, ils virevoltèrent jusqu'à l'extérieur de la salle sans que personne ne s'en aperçoive et éclatèrent de rire une fois à l'abri des regards. Castle plaqua Beckett contre le mur alors qu'elle riait encore.
« -Fais-moi une promesse, lui intima-t-il.
-Laquelle ? Demanda-t-elle alors qu'elle riait encore à quelques centimètres de sa bouche.
-Ne t'arrête jamais de rire comme ça, c'est ce qui fait battre mon cœur.
-Jamais, souffla-t-elle alors qu'elle enroula ses bras autour de son cou pour l'embrasser. »
Ils s'embrassèrent pendant de longues minutes dans le couloir avant que quelqu'un ne passe et ne les fasse se séparer. Ils s'échangèrent un regard brûlant avant que Castle ne prenne sa main et l'entraîne dans une course folle jusqu'à leur chambre. Une fois à l'intérieur, il n'y eut plus de mots mais seulement des soupirs de plaisir. Bientôt, ils se retrouvèrent nus et leurs corps parlèrent pour eux et firent l'amour jusqu'à l'heure du jour suivant. Ce n'est que plusieurs heures plus tard que le silence fut brisé par Castle alors que sa femme nue était entre ses bras. Elle somnolait légèrement mais luttait contre le sommeil. Elle ne voulait pas que cette journée magique s'achève. Ce sont les baisers de Castle sur sa peau nue qui lui permettait de rester éveillée et de se délecter encore et encore de la douceur de cette journée qu'elle voulait sans fin.
« -Tu es prête ? Chuchota-t-il pour ne la faire sursauter.
-À quoi ? Répondit-elle sur le même ton.
-À passer le reste de ma vie avec moi ?
-C'est une question qui mérite réflexion, dit-elle en fronçant les sourcils, tout à coup sérieuse.
-Tu te fiches encore de moi, n'est-ce pas ? S'assura-t-il.
-Oui, rit-elle, idiot ! Bien sûr que je suis prête à passer le reste de ma vie à tes côtés mais avant... »
Elle se pencha sensuellement sur lui tout d'un coup bien réveillée et caressa ses lèvres de son souffle chaud.
« -Fais-moi l'amour comme au premier jour, souffla-t-elle.
-Tes désirs sont des ordres, répondit-il en posant fougueusement ses lèvres sur les siennes. »