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Seconde manche

Série : Castle
Création : 21.02.2015 à 15h40
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« suite de : "où que tu sois, je te retrouverai..." » judy1 

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Seconde manche. 

Chapitre 1 :

 

Une longue journée venait de se terminer. Non, une longue semaine plus exactement. La Capitaine Beckett, promue à ce poste depuis quelques mois, s’apprêtait à se faire descendre en flamme par la presse et ce, pour la seconde fois depuis qu’elle occupait ce poste. Elle comprenait maintenant pourquoi Gates détestait autant ces vautours, comme elle le disait à l’époque en parlant des journalistes.

-« Ahhh Capitaine Gates… » soupira-t-elle en se remémorant certaines de leurs prises de bec. « J’espère que vous savourez votre retraite… Vous l’avez bien méritée ! »

Kate soupira à nouveau en passant en vue les éléments du dossier : Non, ses enquêteurs n’avaient rien laissé passer. Les pistes ne menaient nul part, les témoignages les faisaient tourner en rond. Cette enquête était une impasse et le tueur courait toujours.

Elle ne pouvait s’empêcher de penser à France Bellano, comme elle le faisait à chaque fois qu’elle se trouvait face à une affaire non résolue. Huit années étaient passées, mais cette femme se cachait toujours quelque part en attendant le moment de se venger et Beckett ne risquait pas de l’oublier.

-« Non Kate… Elle est Dans l’Oregon…Pourquoi serait-elle revenue ? » se raisonna-t-elle.

Deux mois plus tôt, une série de 5 homicides avaient été commis dans la ville de Burns dans l’Oregon. Les inspecteurs chargés de l’affaire avaient tournés en rond jusqu’à ce que le meurtrier laisse un message sur le dernier corps retrouvé.

« Pour le Lieutenant Kate Beckett, de New-York.
Avec tous mes remerciements pour ma liberté. 
France Bellano. »

-« Mais cette fois le mode opératoire n’a rien avoir avec ceux de Bellano… Allez Beckett. Ça n’a rien avoir avec cette folle, pas cette fois en tout cas. » se motiva-t-elle.

Pour se donner un peu de courage, elle ouvrit le second tiroir de son bureau, fit coulisser le petit plateau sur lequel des formulaires étaient posés, accédant ainsi à son petit jardin secret, au beau milieu de son bureau : Une bouffée d’air frais.

Le double fond du tiroir était rempli de photos de famille et de petits cadeaux offerts par son fils. Petits objets sans aucune valeur qu’elle gardait précieusement, cachés, comme de véritables trésors.

Au bout de 10 minutes, elle dût refermer son tiroir et affronter la foule… Difficile de garder son calme et faire comprendre au New-yorkais qu’aucun serial killer ne sévissait dans leur ville. Que deux affaires, largement médiatisées, et non résolues ne devaient pas leur faire perdre confiance en leur police. Kate avait terminé l’interview en assurant que les affaires ne seraient pas classées sans suite et que tôt ou tard, les meurtriers devraient affronter la justice.

-« Et ils t’ont vraiment crus ? » demanda Castle une fois que sa femme réapparut dans les locaux du 12th.

-« Mais je peux être très convaincante quand je veux. » assura-t-elle avec un sourire taquin. « Hey… Salut toi. » fit-elle à son fils en lui ébouriffant les cheveux. 

Le garçon, âgé d’à peu près 7 ans, fit un mouvement de recul et reposa les images que Ryan lui avait tendues quelques minutes plus tôt.

-« Ça y est… Elle est de retour. On peut partir ! » dit-il à son père avec un ton froid et sans un regard pour sa mère.

Kate ferma les yeux et digéra comme elle pouvait cette nouvelle marque de désintérêt. Rick préféra ne pas relever et emmena son fils hors du poste avant de lui passer un sermon pour cette manière d’ignorer sa mère.

 

-« Qu’est-ce qui se passe avec Merlin ? Il se révolte enfin pour le prénom stupide que vous lui avez donné ? » S’inquiéta Esposito avec une petite nuance d’humour.

-« Non, il n’y a qu’à moi qu’il en veut… Et je ne sais toujours pas ce que je lui ai fait. »

-« Une fois je me suis servi d’un habit de cette super-poupée-hyper-géniale comme d’une loque. Sarah Grace m’a fait la tête pendant 6 mois avant que je ne comprenne. » assura Ryan avant de répondre au téléphone.

-« Génial !!! » soupira Kate. « Encore 5 mois à tirer. Qu’est-ce que vous avez ? » changea-t-elle de sujet en le regardant partir sur le terrain.

-« Un corps dans Morningside Park. » répondit Kevin en quittant le 12th.

 

En rentrant ce soir-là, Kate avait toujours le cœur lourd. Elle n’avait cessé de penser à son fils et avait passé ses dernières semaines en revue. Avait-elle loupé une réunion de parents importante ? Un match de base-ball peut-être ? Oui, c’était fort probable. Mais Merlin ne lui en voulait jamais d’ordinaire. Qu’est-ce qui avait changé ?

-« Bonsoir tout le monde. » dit-elle en entrant, se forçant à sourire.

Elle s’attendait à voir Rick préparer le repas, aidé par leur fils, sous la haute surveillance de la petite Lily. Mais le rôti cuisait doucement dans le four pendant que Rick et sa fille jouaient sur le tapis du salon.

-« Où est Merlin ? » demanda-t-elle ne prenant sa fille dans ses bras et la serrant contre elle.

-« Je l’ai puni pour ce qui s’est passé tout à l’heure, au poste. Je sais que tu détestes quand je prends parti et que j’interviens dans vos petites guerres, mais il va trop loin. »

-« Je sais… Le pire, c’est que je ne comprends toujours pas ce que j’ai fait. » soupira-t-elle en reposant la petite, après un baiser et un rapide câlin.

Kate se blottit dans les bras de son mari, certainement pour y trouver suffisamment de courage, puis monta à l’étage.

Elle savait que son fils était rancunier et très en colère, mais elle ne s’attendait pas à découvrir un tel carnage : Ses albums photos étaient ouverts et des morceaux de photos déchiquetées tapissaient le sol. Sans parler de la guitare qu’il avait lancée contre le mur et qui étaient retombée, en morceaux. (Merlin adorait la musique et depuis qu’il était tout petit. Un morceau joué et parfois chanté par Kate remplaçait le rituel des histoires, au grand désespoir de Castle.)

Elle serra les dents et retint ses larmes comme elle put. Elle s’approcha du lit en faisant attention de ne pas piétiner ce qu’il restait des photos et s’assit sur le bord du lit. Comme le ferait n’importe quelle maman, elle remonta la couverture pour ne pas que son « bébé » ait froid et passa sa main sur sa joue.

-« Qu’est-ce que j’ai fait Merlin ? Si au moins je pouvais savoir ce qui se passe ? »

Elle sentit une larme s’échapper et préféra sortir plutôt que de fondre en larmes devant lui.

 

 

 


judy1  (21.02.2015 à 15:40)

Chapitre 2 :

 

Comme tous les jours, Kate lus les dossiers déposés sur son bureau avant de s’intéresser de près aux nouvelles enquêtes. Il était donc presque 10 heures quand elle sortit de son bureau. Elle s’avança directectement vers Esposito et Ryan.

-« Alors, ça avance ? »

-« Lanie situe la mort à 4 semaines environ. Elle doit encore faire des tests pour être plus précise. Mais une chose dont elle est sûre, c’est que cette femme a beaucoup souffert avant de mourir. Elle a été torturée avant que son assassin ne lui plante un coup de couteau dans l’estomac. Elle s’est vidée de son sang dans d’atroce souffrance. »

L’évocation du mode opératoire donna des frissons à Kate. Non seulement la scène avait dû être horrible à supporter, mais ça ressemblait beaucoup à la vague de meurtre commis dans l’Oregon, les meurtres que s’attribuaient France Bellano, une ancienne rivale.

-« Je n’ai pas tout compris, c’est quoi le problème avec l’identification du de la victime ? » demanda-t-elle pour chasser Bellano de sa tête.

-« C’est simple… On a un corps dont la mort remonte à au moins 3 semaines et un frère sans nouvelle de sa sœur depuis… aussi longtemps… »

Kate fronça les sourcils. Elle détestait que les gars s’amuse à ce petit jeu du chat et la souri, mais les laissa faire en se souvenant que c’était sur ses anciennes habitudes qu’ils prenaient exemple.

-« Mais d’un autre côté, son patron assure bien l’avoir engagée depuis plus de deux mois et prétend qu’en se moment même elle est à son poste. » termina Ryan, fièrement.

-« Ok. » fit Kate en levant les yeux au ciel. « La version longue ! » ordonna-t-elle en croisant les bras.

-« Les empruntes n’avait rien donné, ni le service des personnes disparues. Alors on a pensé aux empreintes dentaires et… »

-« Les gars ! » sermonna-t-elle. « J’adore vos petites histoires, mais je n’ai pas toute la journée. »

-« C’est pour te prouver qu’on bosse. »

-« Si ce n’était pas le cas, vous seriez déjà à la circulation. » répondit-elle du tac au tac. « Bon, alors, qui c’est ? »

-« On attend encore les photos de la famille pour être certains. » trancha Ryan, sachant qu’ils ne pourraient plus jouer bien longtemps avec les nerfs de la Capitaine.

Kate plissa les yeux, signe que sa patience venait d’atteindre ses limites.

-« Natacha Sinclair. » affirma enfin Esposito.

Rien qu’au nom, Kate fronça les sourcils. Ce nom lui était familier, ou du moins, elle l’avait déjà entendu suffisamment pour s’en souvenir. Mais sur le moment, elle était incapable de dire où et quand elle l’avait entendu. Elle refoula cette pensé pour se concentrer sur le récit des Bros.

« Originaire d’un petit bled paumé dans l’état d’à côté, elle est venu à New-York pour un travail. Son frère est sa seule famille. La dernière fois qu’il a eu de ses nouvelles, ça remonte à 4 semaines, mais comme ils n’étaient pas vraiment proches, ça ne l’a pas inquiété. » résuma-t-il. « Il nous envoi tout de même des photos pour qu’on puisse comparer avec le corps de la morgue. Il a prévu de venir mais ne pourra pas être là avant deux jours. »

-« Tu lui annonce que sa sœur est morte et lui il ne peut venir que dans deux jours ? Wah, super l’esprit de famille ! »

-« Bah… On n’est pas vraiment sûr que c’est elle étant donné que le directeur de l’école dans … »

Kate ouvrit de grands yeux.

-« Le directeur de l’école ? » répéta-t-elle pour être certaine d’avoir bien compris.

-« Oui, elle devait assurer un remplacement. »

-« Dans la classe de Madame Thompson, en CE1 ! »

Ça y était. Kate se souvenait de l’endroit où elle avait entendu parler de Mademoiselle Sinclair, ou de Mademoiselle Natacha… Elle l’avait entendu de la bouche de son fils. C’était SON institutrice.

-« Tu la connais ? » demanda Esposito, complètement perdu.

Kate ne prit pas le temps de lui répondre, elle avait déjà composé le numéro du loft et attendait nerveusement que Castle réponde.

-« Décroche, décroche… » Répéta-t-elle, comme si ça allait faire réagir Rick plus vite.

-« Oui ma chérie. Je te …. »

-« Dis-moi que tu as gardé Merlin avec toi ce matin et que je vous dérange en pleine attaque de Jupitérien-machin-truc… Dis-moi juste qu’il est à la maison et que tout va bien. » coupa-t-elle, en pleine panique.

-« La dernière fois que j’ai fait ça, tu nous a privé de … »

-« Castle. » somma-t-elle. « Où est merlin ? »

-« A l’école. Il était toujours furieux contre nous, mais il y a été de sans broncher… Qu’est-ce qui se passe ? »

-« Rejoins-moi là-bas. »

Kate sortit du 12th à toute vitesse, suivie tant bien que mal par Ryan et Esposito qui ne voulait surtout pas la perdre de vue. Quand il était question de sa famille, Beckett était capable de tout et n’importe quoi.

-« Calme-toi Kate… »

-« Que je me calme ? » hurla-t-elle. « Une dingue se fait passer pour une institutrice dans la classe de mon fils et tu veux que je reste calme ? Le mode opératoire, le choix de la victime, tu sais à qui ça me fait penser ? Bellano est de retour, je suis sûr que c’est elle… » s’emporta-t-elle en grillant un feu rouge et manquant de peu de les tuer tous les 3 dans un accident.

-« Kate… S’il te plait… Cette folle à disparue depuis des années. On en a entendu vaguement parler dans l’Oregon, mais c’est à l’autre bout du pays. »

-« Tu connais les avions ? Tu vas et viens comme tu veux. »

-« Ça photo circule dans tout le pays… Respire. Je suis certain qu’il y a une explication logique. »

-« Oui il y en a une : France Bellano a tué cette pauvre Natacha Sinclair pour prendre sa place et s’approcher de mon fils. Je ne vais pas la laisser faire, je vais la tuer. »

-« Mais rien ne prouve que c’est elle, enfin calme toi, c’est nous que tu vas tuer. » fit Ryan en s’accrochant à la poignée de la portière.

-« Le mode opératoire est le même que celui de l’Oregon. Ça s’est passé il y a deux mois, juste avant que l’instit de Merlin ne parte en congé de maternité, juste avant que Merlin ne change… Je suis sûre que tout ça est lié. Ça ne peut-être qu’elle. Elle est venue se venger ! »

Les deux inspecteurs soupirèrent en échangeant un regard mêlé d’incertitude et de désespoir. Les « chances » que Beckett ait raison étaient infimes, mais allez faire comprendre ça à une mère de famille hyper protectrice, un Capitaine de Police ayant déjà vu tellement d’atrocité. Le mieux pour eux étaient encore d’attendre qu’elle se rende compte elle-même de son erreur et de supporter ses sautes d’humeur une fois que son amour propre en aura prix un coup.

 


judy1  (22.02.2015 à 18:56)

Chapitre 3

Quelques mois plus tôt :

 

France Bellano avait suivi Kate jusque devant l’école de son fils. Apparemment il y avait une réunion de parents, puisque plusieurs enfants accompagnés d'adultes entraient dans l’établissement, bien que la sonnerie annonçant la fin des cours ait déjà retenti. France était patiente. Elle observait la famille Castle depuis si longtemps qu’elle en connaissait chaque membre, elle avait déjà abordé Alexis et Jim à plusieurs reprises et c’est d’ailleurs grâce à eux qu’elle savait à présent que le meilleur moyen de détruire Kate était de s’en prendre à son fils. 

Après une petite heure de réunion, les enfants ressortirent, accompagnés de leurs parents. 

-« Alors Madame Thompson va nous quitter ? » pleurnichait Merlin en cherchant les bras de sa mère pour se faire cajoler.

-« Mais non mon trésor. » rassurais Kate se mettant à genoux pour être à sa hauteur. « Elle ne part pas pour toujours. Elle va avoir son bébé. Elle reviendra dans quelques mois, quand elle sera moins fatiguée. » 

-« Mais ça va être long... » gémit-il.

-« Je sais mon cœur. Mais là, elle a besoin de repos. Et puis elle a assuré qu’une remplaçante était déjà prévue et que c’était quelqu’un de très bien. Elle sera là dans deux semaines.  » 

-« Si elle est si géniale, comment ça se fait qu’elle n'ait pas déjà un travail ? »

-« Ne cherche pas la petite bête s’il te plaît. Elle était disponible car elle revient d’un long congé. »

-« Elle aussi a eu un bébé ? »

-« Non mon chéri. Elle a mis sa carrière de côté pour s’occuper de son père qui était très malade. »

-« Oh… » fit-il en comprenant que si elle retravaillait, c’était forcément que le « papa » en question était décédé.

-« Écoute Merlin, je sais que tu aimes beaucoup Madame Thompson, mais ça va aller. Monsieur Parker, le Directeur a assuré que c’était une bonne institutrice et que tout se passerait bien. »

-« Il l’a vue ? Elle est déjà là ? »

-« Non… Il lui a parlé au téléphone, ils ont beaucoup discuté par mails, mais non il ne l’a pas encore vu. » répondit-elle.

Les questions à répétition son fils commençait à l’agacer alors qu’elle aurait aimé l’apaiser.

« Et si on allait manger une glace ? »

Méfiant, le garçon regarda sa montre.

-« On dîne dans une heure ! » s’exclama-t-il.

-« Depuis quand tu refuses une glace toi ? » fit Kate avec un grand sourire.

-« Tu ne sais plus quoi répondre, hein ? » répondit Merlin, fier de lui. « Et on pourra avoir de la pizza pour dîner ? »

-« Tu pousses le bouchon un peu loin, jeune homme ! »

-« Oh allezzzzz…. J’ai tout manger hier, sans rouspéter. Pourtant c’était grand-mère qui avait cuisiné. »

-« Tu as gagné. » capitula-t-elle en se remémorant le goût de carbonisé des légumes. « Tu l’as bien mérité. »

France était toujours écœurée de voir Kate et Merlin ensemble, si heureux. Comment pouvait-elle profiter de ce bonheur après tout le mal qu’elle avait fait.

-« Savoure ces instants, Kate Beckett… Les choses vont bientôt changer ! » menaça-t-elle à voix basse en les regardant monter en voiture.

Néanmoins, la curiosité de l’enfant et ce besoin maladif qu’avait Kate de vouloir tout savoir, et donc d’avoir elle-même harcelé le directeur de l’établissement en posant le même genre de questions, permit à France de connaître l’identité de la remplaçante, d’apprendre qu’elle n’était pas de la région et que personne ne l’avait jamais vue.

 Prendre sa place allait être un jeu d’enfant...Les semaines passèrent et comme France l’avait imaginé, personne ne se rendit compte de la supercherie. France avait provoqué leur rencontre en invoquant une erreur de livraison. Elle s’était immiscée dans la vie de sa proie facilement, se prétendant être une amie dans cette ville où Natacha ne connaissait personne. Elle l’avait invité passer chez elle avant d’aller voir une pièce de théâtre. Malheureusement pour Natacha Sinclair, elle venait de perdre sa liberté.

Ce remplacement était un calvaire, autant pour les enfants que pour France. Ils étaient bruyants, ne comprenaient rien à rien, posaient des questions plus stupides les unes que les autres… Bref, si elle n’avait pas été si près du but, elle aurait presque eu envie de relâcher cette pauvre Natacha, rien que pour pouvoir disparaître.

Pour les enfants, munis naturellement d’un 6ème sens pour juger les gens, ils avaient vite compris qu’il était de leur intérêt de ne pas jouer au plus malin avec cette remplaçante. Elle n’était là que depuis une semaine que déjà les punitions étaient distribuées avec abondance. Quant aux devoirs, il n’était pas rare que certains enfants n’aient pas eu assez de toute une soirée pour les terminer. Plusieurs parents étaient déjà venus s’en plaindre, mais les choses n’avaient pas vraiment changées pour autant. Le directeur essayait tant bien que mal d’arrondir les angles en assurant que du coup, les élèves rattraperaient le retard accumulé l’année précédente. Le seul à ne pas trop s’en plaindre était le petit Merlin Castle. Se rendait-il compte qu’il bénéficiait d’un traitement de faveur ?

 

Les premières semaines de remplacement, Bellano s’amusait à raconter ses journées et l’avancement de ses projets à sa captive. Mais elle s’en était vite lassée. Natacha ne cherchait qu’à s’enfuir : France n’avait pas eu le choix, elle l’avait tué. Même après sa mort Natacha Sinclair était restée 3 semaines dans le hangar, son corps emballé dans un grand sac en plastique pour ne pas que l’odeur attire trop de curieux.

 

Bellano était déjà dans la classe de Merlin depuis plusieurs semaines quand elle entendit le gamin raconter que sa mère avait repris le travail, alors qu’il aurait préféré qu’elle reste à la maison s’occuper de lui. Pour Bellano, c’était une bénédiction. Le garçon se sentait déjà délaissé ? Il n’avait encore rien vu. Elle avait profité de la semaine de congé, en novembre, pour se rendre à l’autre bout du pays et y semer la terreur. Elle avait tué 5 personnes, en 5 jours seulement. Elle les avait choisis complètement au hasard, les avait torturé jusqu’à obtenir suffisamment de renseignement pour se servir de leur carte bancaire. Puis les avait achevé avec un coup de poignard dans l’estomac et les avait regardé se vider de leur sang. Pour être certaine que Beckett s’intéresse à cette vague de crime, elle lui avait dédié le dernier corps. Et comme elle l’avait imaginé, Beckett accumulait les heures supplémentaires afin de trouver une piste et aider les inspecteurs de l’Oregon à la retrouver.

Un soir, juste après la reprise des cours, Merlin était assis sur les marches de l’établissement, attendant qu’une personne vienne le chercher.

-« Tu es sûr que tu ne devais pas prendre le bus ? » demanda France en s’asseyant à ses côtés. « Il est déjà tard, je crois que tout le monde est partis. »

-« Maman a repris le travail… Mais elle va venir. » assura-t-il en regardant chaque voiture qui semblait ralentir.

-« Les mamans qui aiment leurs enfants devraient rester à la maison et s’occuper d’eux. » lança l’institutrice avec reproche.

Merlin monta sur ses grands chevaux, prêt à défendre l’honneur de sa maman.

-« Moi aussi, à ton âge, je croyais que mes parents m’aimaient. Jusqu’à ce que je comprenne que s’ils m’avaient fait une petite sœur, c’était juste parce qu’ils ne m’aimaient plus. »

-« Tu dis n’importe quoi. » cria Merlin en se levant et lui faisant face. « Ma maman et mon papa, ils m’aiment. Et ma petite sœur aussi. »

-« Bah visiblement, elle t’a quand même oublié. » se moqua-t-elle. « Et je te parie que quand quelqu’un se rendra enfin compte que tu les attends encore, ta petite sœur sera chez toi, avec ta maman et ton papa. »

Furieux, Merlin était parti attendre plus loin.

10 minutes plus tard, c’est Alexis qui s’arrêta.

-« Je croyais que ça serait maman. » souffla-t-il en prenant place.

-« Mais moi aussi je suis ravie de te voir Moustique. » le taquina-t-elle. « Allez, ne râle pas. Papa se charge de Lily et Kate est … »

-« Pas encore au bureau ? » soupira-t-il.

-« Elle a promis de ne plus tarder. » ajouta Alexis, le cœur brisé de voir son petit frère aussi triste.

Les commentaires de son institutrice refirent surface pendant le trajet. Comment une série de crimes, commis à l’autre bout du pays, pouvait la retenir au bureau ? Il ne comprenait pas pourquoi elle avait besoin de s’en occuper, il y avait déjà assez de travail ici, à New-York. Mais quand il entra au loft et qu’il vit ses parents s’extasier sur les prouesses de Lily, le doute s’installa en lui.

« Et si Madame Sinclair avait raison ? Si Lily n’était là que pour le remplacer ? »

Il prétexta avoir beaucoup de devoirs et monta directement dans sa chambre. En passant devant la porte entrouverte du bureau de sa maman, il jeta un coup d’œil et là, se fut comme une révélation : Les photos de sa sœur, éparpillées sur l’ensemble du meuble avait recouvert tous ses dessins. Les seuls clichés de lui dataient de plusieurs années et étaient en partie recouverts par ceux de sa sœur.

Il referma la porte du bureau en soupirant, entra dans sa chambre et se mit au travail pour ne pas pleureur.

 


judy1  (24.02.2015 à 18:42)

Chapitre 4 :

 

Natacha Sinclair était morte depuis un peu plus de 3 semaines maintenant. N’étant pas très proche de son frère et n’ayant pas d’autre famille, personne ne s’était inquiété de ne plus avoir de ses nouvelles et France Bellano était libre de poursuivre son petit jeu malsain.

Dès les premières semaines elle avait réussi à installer un sentiment de doute chez le petit Merlin Castle. Au fil des semaines le gamin se mit à tout comparer, à tout comptabiliser : du nombre de photos de lui présentes dans le salon au nombre de fois que sa mère le laissait en plan pour s’occuper de sa petite sœur. S’en trop s’en rendre compte, le temps que Kate et Rick accordaient à leur fille de 4 mois jouait en leur défaveur. Merlin supportait de moins en moins la petite Lily et passait de plus en plus de temps, seul, dans sa chambre. Ni Alexis, ni son grand-père n’arrivèrent à le faire sortir de sa tanière et quand Martha annonça qu’elle quittait le loft pour s’installer dans un appartement bien à elle, à quelques rues seulement de chez eux, là aussi Merlin imagina que cette décision n’était qu’une manipulation de plus de sa mère.

Contrairement à tous les enfants de sa classe, le seul endroit où il se sentait bien, c’était auprès de celle qu’il appelait Madame Sinclair. Il passait ses récréations en sa compagnie, se coupant ainsi de ses amis et en vint même à apprécier le retard de sa mère, après 16 heures. Madame Sinclair, elle, avait tout son temps pour rester à attendre avec lui. Évidemment, elle profitait de ces moments pour lui bourrer le crâne. Progressivement, le garçon s’était coupé de toute sa famille. Il ne supportait plus que sa mère l’approche, qu’Alexis le surnomme ‘Moustique’, que son grand-père l’emmène au match de base-ball mais par-dessus tout, il détestait que son père prenne la défense de sa mère et que sa petite sœur monopolise toute l’attention.

-« Ce que je voudrais, c’est partir loin, très loin et ne plus jamais les revoir. » avait avoier Merlin à sa nouvelle confidente.

France dissimula son sourire et se contenta de prendre l’enfant dans ses bras en pensant : « ça va venir, rassure-toi… »

Elle était au comble du bonheur : Tout se passait à merveille. C’était si facile de manipuler un enfant de 7 ans en lui soufflant la moindre de ses pensées.

 

Le soir même elle avait récupéré le corps de la vraie Natacha Sinclair dans le hangar et l’avait abandonné au milieu d’un parc. Kate Beckett remarquerait-elle les similitudes avec les meurtres de l’Oregon ? Se souviendrait-elle que c’était dans ce même parc qu’elle lui avait livré le corps de l’un de ses ‘partenaires’ 8 ans auparavant ?

Bellano espérait bien qu’elle s’en rende compte. Elle souriait rien qu’en imaginant la tête de l’inspectrice au moment où elle comprendrait ce qui se passait autour d’elle. Seulement, à ce moment précis, elle serait déjà partie.

Comme elle l’avait prévue, Kate additionna très vite les indices et la démasqua si vite que ses collègues n’avaient rien compris, mais comme toujours ils suivirent sans poser de questions.

 

C’est donc toutes sirènes hurlantes que la voiture de Beckett, suivie de deux autres véhicules voulant leur prêter main forte, se garèrent devant l’établissement scolaire. Sans accorder la moindre attention aux autres officiers, Kate monta les escaliers, traversa les couloirs comme si elle connaissait les lieux. Elle ouvrit une porte sans la moindre hésitation et resta figée sur place, regardant les enfants assis ainsi que la personne assise face à eux. Il s’agissait d’un jeune homme d’une vingtaine d’années tout au plus.

-« Madame Castle ? » cria un homme bien plus âgé, habillé d’un costume et tentant tant bien que mal de se frayer un passage parmi les policiers. « Madame Castle, vous n’êtes pas autorisée à… »

-« Où est Merlin ? Où est-il ? » demanda-t-elle en regardant partout autour d’elle.

-« Mais… » le directeur de l’école regarda le jeune homme assurant le cours avec angoisse.

-« Il se sentait mal. » affirma-t-il en se présentant. « Je suis Michael Fells, le nouveau concierge. Le petit Merlin Castle ne se sentait pas bien. » reprit-il avec assurance. « Mademoiselle Sinclair s’est proposée pour le raccompagner chez lui, mais elle devrait déjà être revenue. » expliqua-t-il avec un peu plus d’embarras.

-« Oh mon Dieu… » soupira Kate en entendant de loin la voix de Castle (qui parlait certainement avec l’un des agents resté en retrait)

-« Elle a dû se perdre en chemin. Elle n’est pas de la région. » fit le Directeur, embarrassé à son tour.

-« C’est elle ? Celle que vous appelez Sinclair ? » demanda-t-elle en montrant un portrait-robot via son portable.

-« Oui…. Oui, mais… »

-« Elle ne s’est pas perdue en chemin. Elle connaît la ville aussi bien que vous et moi. » assura Kate en prenant appuie contre le mur pour ne pas s’écrouler.

-« Kate… Qu’est-ce qu’il se passe ? Où est Merlin ? » demanda Richard, perdant sa confiance naturelle en voyant le désarroi de sa femme.

Kate tourna son portable de manière à ce que Castle voie l’écran sur lequel elle venait de réappuyer pour l’éclairer à nouveau.

-« Elle était là… Elle a enlevé Merlin. »

-« Capitaine ? » les interrompit un agent en uniforme. « Qu’est-ce qu’on fait ? »

Kate regarda ses inspecteurs, le regard vide. Par où commencer ?

-« Je veux voir la photo de Merlin et ce portrait-robot sur toutes les chaines de télévision. » ordonna-t-elle en montrant l’écran de son portable.

-« Mais… Elle va savoir qu’on est après elle… »

-« Elle le sait déjà. » assura Kate en mettant ses sentiments de mère de côté pour faire face à la situation. « Alors plus tôt leur visage sera diffusés, plus on aura de chance de les retrouver. »

L’officier ne broncha pas. Rick lui tendit une photo se son fils et lui assura qu’il recevrait le portrait-robot sur son portable d’ici quelques minutes.

-« Mais qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda-t-il en croisant les Lieutenant Esposito et Ryan en quittant la pièce.

-« Le fils de la Capitaine a disparu. Alors peu importe ce qu’elle te demande, tu obéis aux ordres. »

-« Bien… » soupira-t-il en regardant son portable lui annonçant l’arrivé d’un message.

-« Ryan, Espo ? Interrogez, avec douceur, les enfants de cette classe et voyer si Merlin leur a parlé de quelque chose, d’un endroit… De n’importe quoi qui pourrait nous donner une piste. Monsieur Parker ? Je peux vous parler ? Dans votre bureau ? »

Sentant bien que refuser ne faisait pas partie des options disponibles, il inspira un grand coup avant d’inviter les parents Castle dans son bureau.

-« Monsieur Parker. » commença Kate d’un ton solennel. « Le corps de Natacha Sinclair a été retrouvé hier soir dans Morningside Park. Notre légiste à situé la mort à plus de 4 semaines. »

-« Mais enfin, ce n’est pas possible puisque…. »

-« La personne que vous avez engagée, et que vous avez reconnue, s’appelle France Bellano et est recherchée depuis plus de 8 ans. On pense qu’elle a enlevée mademoiselle Sinclair dès son arrivée dans cette ville afin de prendre sa place. »

-« Mais dans quel but ? Pourquoi faire une telle chose ? »

-« Elle me reproche la mort de son fiancé. M’enlever mon fils est une façon de me punir je suppose. »

-« Une manière bien cruelle… Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

-« Donnez-moi tout ce que vous avez sur France Bellano. Son numéro de compte bancaire, son adresse, son numéro de portable… »

-« La marque de sa voiture, son numéro d’immatriculation. » compléta Castle.

-« Je vous donne ça tout de suite. » dit-il en se dirigeant vers sa secrétaire qui devait garder tout ça, quelque part, dans un dossier.

 


judy1  (25.02.2015 à 19:16)

Chapitre 5 :

 

-« Tu es sûr qu’on peut louper l’école aujourd’hui ? »

-« C’est moi l’institutrice, non ? » affirma-t-elle avec le sourire. « Si je dis que c’est congé, c’est congé. » continua-t-elle en se forçant à sourire.

« Qu’est-ce qu’il m’énerve avec ses questions ! » pensait-elle au plus profond d’elle.

-« Papa aussi des fois il disait que c’est congé… Ça mettait toujours maman en colère quand il faisait ça. »

-« C’est parce que ta maman n’aime pas que tu passes du temps avec ton papa. Elle le veut pour elle toute seule. »

-« En tout cas, il l’a plus jamais fait… » soupira-t-il en repensant aux journées « laser-game » auxquelles il n’avait plus droit.

-« Et si on rentrait… J’ai des jeux vidéo chez moi, ça t’intéresse ? »

-« Tu m’emmène chez toi ? Wah. »

-« A moi que tu ne préfères que je te reconduise chez toi. » nargua-t-elle, sachant que peut importer sa réponse, il n’y retournerait jamais.

-« Nonnn. » s’exclama le petit en la tirant par la main.

Bien évidemment, France l’emmena dans un petit motel, le genre de ceux où personne ne remarque rien et où le gardien préfère rester devant sa TV plutôt que d’inspecter les allées et venues des clients.

-« Et c’est là que tu vie ? » demanda-t-il avec un pointe de déception.

France détourna l’attention du gamin avec des biscuits à volonté et des jeux vidéo derniers cri.

-« Enfin, il s’arrête de causer de temps en temps. » soupira-t-elle en le regardant, de loin, gagner une course de voiture. « Bon… C’est pas tout ça, mais va falloir passer à la suite. Oh non. » soupira-t-elle rien qu’en imaginant la nouvelle vagues de questions qui l’attendait. Ce gosse était une vraie pipelette et à lui seul, il suffisait à lui filer la migraine. « Merlin ? »

Le garçon se retourna.

-« J’ai une amie qui a une petite maison à Staten Island, ça te plairait d’y passer quelques jours ? On partirait ce soir et… »

-« Je devais aller à un match avec grand-père Jim. Puis, faut que je demande à papa et maman et que je prenne des habits. »

-« Pas de problème pour les habits. » elle ouvrit un sac de voyage et lui montra déjà plusieurs vêtements de rechange qu’elle avait achetés pour lui. « Je pense que c’est ta taille. » dit-elle, avec un grand sourire en plaçant un tee-shirt devant lui.

-« Mais maman ne voudra jamais… Puis Grand-père va être déçu. »

-« Il y aura encore d’autres match. Puis, ta maman, il suffit de l’appeler. » insista-t-elle en lui tendant son portable. « Tu connais le numéro ? »

-« Oui, oui. Je ne suis pas bête tu sais. »

Elle retint son sourire. Bien sûr qu’il devait connaitre le numéro. En tant que flic, Beckett avait déjà dû le driller à tout un tas de recommandations. Mais elles ne serviraient à rien, il se sentait en sécurité là, avec elle.

 

Au 12th, tout le monde était sur les nerfs. Les agents couraient dans tous les sens pour tout vérifier de la vie de celle qui s’était fait passer pour Natacha Sinclair depuis 4 mois. Sa voiture avait été retrouvée devant un parc, l’adresse donnée par le directeur les avait menés à un terrain vague et son portable était éteint. Ils n’avaient rien. France Bellano avait pensé à tout.

-« J’ai un signal. Elle vient d’allumer son portable. » fit Tory en passant la tête par la porte de la salle de briefing.

Les années avaient passées, Tory elle aussi avait gravis les échelons à la scientifique et quand le Capitaine Beckett appela pour demander de l’aide, elle avait accepté sans poser de questions.

Quelques secondes plus tard, avant même qu’elle arrive près des inspecteurs rassemblés auprès de Tory, le portable de Beckett sonna.

-« Maman… »

-« Merlin ? » souffla Kate en se précipitant vers la salle de briefing et mettant le haut-parleur pour que tous les inspecteurs entendent la conversation. « Où est tu mon chéri… ? »

Kate cherchait son mari du regard.

-« Chez Madame Sinclair. » fit-il avec évidence. « Je pourrais pas aller avec grand-père au match. »

-« Ne t’inquiète pas pour ça trésor, je vais venir te chercher. Dis-moi où tu es. »

Rick était juste à côté de sa femme à présent, une main dans son dos pour lui assurer son soutien.

-« Non, je veux pas rentrer. Et je sais que je ne suis plus ton trésor parce que tu préfères Lily, mais c’est pas grave. Je pars avec Natacha, chez une amie…  Elle, elle s’occupe de moi. Tu vois, tout s’arrange. »

-« Quoi ? »

Rick et Kate échangèrent un regard d’incompréhension. Abasourdie par ce qu’elle entendait, elle arrivait à peine à aligner deux pensées cohérentes.

-« Merlin, Merlin ? » appelait Rick.

-« Oh désolée Monsieur Castle. » fit la voix triomphante de France. « Votre fils a repris sa partie… C’est fou ce qu’il aime les jeux vidéo. » se moqua-t-elle.

-« Qu’est-ce que vous lui avez fait ? » hurla Kate.

-« Mais rien. Comme vous venez de l’entendre, votre fils va venir avec moi… » elle se mit à ricaner. « Venez le rechercher, si vous êtes aussi maline que ce que vous prétendez l’être. »

La conversation fut coupée et il fallut quelques secondes à Kate pour réaliser qu’il n’y avait plus personne à l’autre bout du fil.

-« Dis-moi que tu l’as ! » arriva-t-elle tout de même à articuler en reprenant ses esprits.

-« Au coin de la 8ème Avenue et de la 46ème Rue. » affirma Tory en cherchant déjà un visuel.

-« On y va. » ordonna Kate aux enquêteurs présents.

 

-« Tu étais obligé de prendre ton sac ? » reprocha France en se moquant gentiment du garçon.

-« Bah … Je n’ai pas eu le temps de finir mon devoir hier. Je me suis endormi. Et puis, dedans il y a le livre du ‘petit prince’, je l’aime bien cette histoire. Alexis l’avait étudié à l’école, c’est d’un auteur français et.... »

-« Génial. Si tu te contentais de te dépêcher un peu. » répondit France machinalement en se demandant quelle genre de famille pouvait avec ce style de lecture.

Merlin avait bien évidemment omis, volontairement, de dire que son sac contenait surtout sa tablette, et donc une mine inépuisable de jeux vidéo.

Ce n’était pas un modèle haut de gamme, loin de là. Mais ces parents la lui avaient offerte, comme récompense pour ses excellents résultats de l’année précédente. Il avait dû beaucoup travailler pour la gagner, il en était fier.

Ils venaient juste de quitter l’appartement et se trouvaient bloqué à un feu rouge quand plusieurs véhicules de la police, gyrophare allumés et sirènes hurlantes passèrent juste à côté d’eux, dans le sens inverse.

-« Ils ont l’air pressés ! » constata Merlin en comptant les voitures.

-« Ouais… » se contenta de répondre France avec un grand sourire.

« Trop tard Beckett… » pensait-elle, triomphante.


judy1  (27.02.2015 à 17:36)

Chapitre 6 :

 

-« Pourquoi on prend pas le bateau ? Ça serait chouette. »

-« La voiture va plus vite. » répondit France d’un ton assez sec.

-« Mais tu as dit qu’on était en vacances… On a tout notre temps. » continua Merlin.

France Bellano soupira un grand coup. Pensant que si un jour elle avait pensé avoir des enfants, une après-midi avec ce marmot venait de lui en ôter toute envie.

« Ecoute bien Merlin, parce que je n’aime pas me répéter. » prévint-elle.

Rien qu’à l’intonation de sa voix le jeune garçon devina qu’elle n’était pas d’humeur à parlementer et qu’il valait mieux pour lui se plier à ses ordres.

« Le bateau, c’est peut-être chouette, mais j’aimerais être rapidement chez mon ‘amie’. Alors on va continuer en voiture, que ça te plaise ou non. D’autres remarques ? »

Il était évident que la seule raison pour laquelle ils ne pouvaient pas prendre la voie maritime était simplement que son visage et celui de Merlin devaient déjà être diffusés sur toutes les chaines. Elle ne pouvait pas prendre ce risque. La route était plus sûre.

-« Elle a des enfants ton amie ? »

Là il dépassait les bornes, elle n’avait qu’une envie : le bâillonner et le mettre dans le coffre pour le reste du trajet. Mais non, elle ne pouvait pas. Il fallait qu’elle garde son calme. Elle avait besoin de sa confiance jusqu’au bout.

-« Non. Juste deux chiens. »

-« Trop super. J’ai toujours voulu un chien. Mais maman, elle dit qu’elle n’a pas le temps. Comment ils s’appellent ? »

-« Droopy et Cubitus. » répondit-elle sans le moindre intérêt à poursuivre la conversation.

-« Je pourrais aller les promener ? »

-« Et si tu lisais quelques pages de ton livre là, comment c’est déjà ? » fit-elle en regardant le sac d’école que le gamin gardait sur ses genoux, comme si sa vie en dépendait.

Le Gamin ouvrit son sac et en sortit son livre, qui de toute évidence devait déjà avoir été lu un bon nombre de fois.

-« Tes parents auraient pu t’en acheter un neuf au moins ? »

-« C’était à Alexis… Pourquoi on n’avance plus ? »

-« Je ne sais pas. Il y a peut-être un accident un plus loin. »

Elle essayait de ne rien laisser paraitre, mais espérait que ce ne soit qu’un simple bouchon et qu’elle ne se retrouve pas en face d’un barrage de police ayant reçu l’ordre de fouiller chaque véhicule…

Il fallut attendre une vingtaine de minutes, roulant au pas, avant que la circulation ne reprenne un rythme normal. Elle n’avait aucune idée de l’origine de ce ralentissement, mais ça lui était égal, elle avait repris sa route, Merlin était silencieux : tout allait bien.

Elle détourna les yeux de la route quand elle le vit refermer son livre d’un coup sec.

-« Je crois que je vais vomir ! » gémit-il.

-« Tu plaisante ! » cria France.

Au vu du teint pâle de son visage, non, il ne plaisantait pas et il devenait même urgent de faire une pause.

A la première pompe à essence, France dévia de son itinéraire. Elle en profita pour faire le plein et laissa le petit Merlin se diriger vers les sanitaires. Elle n’avait aucune crainte, il avait confiance à 100% et ne se doutait de rien. Elle avait fini de remplir le réservoir avant qu’il ne revienne, elle gara sa voiture hors du champs de vision de l’unique caméra de surveillance et changea discrètement les plaques de la voiture en utilisant celles qu’elle avait subtilisées sur la voiture de l’une de ses victimes. Une fois sa tâche finie, elle entra à son tour dans la station afin de payer.

Là, juste au-dessus de l’employé qui lui indiquait la somme à payer, elle se retrouva nez à nez avec son propre partirait. Heureusement pour elle, aucun client ne regardait le flash spécial. Elle répondit à un sourire de politesse de l’employé tout en reprenant sa monnaie et se précipita vers les WC. Quand Merlin en sortit, elle l’attrapa par le bras et l’entraina dehors, prétextant être attendue et déjà fort en retard.

-« Mais les bonbons ? Papa m’achète toujours des bonbons quand je l’accom… »

-« Tu viens d’être malade et tu penses aux bonbons ? »

-« On croirait entendre maman… » rouspéta-t-il.

France le regarda remonter dans la voiture avec un petit sourire diabolique aux lèvres.

-« Ohh… Mais c’est que Miss Beckett est une maman attentive… » marmonna-t-elle pour elle-même, savourant la victoire qu’elle venait de remporter en éloignant le fils de la mère.

Il restait 20 minutes de voiture environ. France Bellano priait de toutes ses forces pour que le gamin se taise encore un moment et qu’ils arrivent vite à destination.

En garant finalement la voiture devant le 264 Lamoka Avenue, elle poussa un soupir de soulagement.

-« Tout va bien ? » s’inquiéta Merlin.

-« Oh que oui… Tout va très bien. » lui sourit-elle. « Allez viens, je vais te faire visiter ta nouvelle maison. »

-« Je croyais que c’était celle de ton ami ? »

-« Ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas y rester un petit moment. »

Innocemment, l’enfant s’avança de la barrière blanche qui entourait la maison. Mais deux gros chiens, un Boxer et un Berger Allemand, plutôt agressifs lui barrèrent le chemin, il recula de 3 pas et se cogna contre les jambes de France.

-« Tu as peur ? » se moqua-t-elle.

-« Non… Non. » mentit Merlin pour ne pas avoir l’air d’un froussard. « J’ai juste été surpris. »

-« Dommage. Tu devrais. » affirma-t-elle en sortant une pogné de viande séchée et la lançant à l’autre bout de la pelouse. « Tu devrais te dépêcher d’entrer avant qu’ils ne reviennent. »

Merlin poussa la porte à toute vitesse, de peur de se faire rattraper par les deux molosses. France referma la porte derrière eux et fixa le garçon. Elle rit aux éclats et changea de sujet en proposant de déjeuner.

Merlin se mit à rire lui aussi, pensant que c’était cette petite course contre les chiens qui venait de mettre son amie de bonne humeur. Il était à mil lieux de la vérité et ne se doutait absolument pas de ce qui l’attendait.


judy1  (28.02.2015 à 18:44)

Chapitre 7 :

 

La journée avait passé très vite au 12th. Dans un premier temps, toute la vie de Natacha Sinclair et celle de France Bellano avaient été passées à la loupe. Cherchant à savoir où quand et comment les deux femmes avaient pu se rencontrer et dans l’espoir aussi de trouver une piste sur l’endroit où France aurait pu emmener Merlin. Ensuite, les inspecteurs avaient dû gérer le surplus d’appel et d’informations apporté par la diffusion de l’appel à témoin. Comme souvent, la majeure partie des témoignages étaient bidons et ne donnaient rien, mais avec un peu de chance, France laisserait passer un indice, elle ne pouvait pas se cacher indéfiniment.

Il était plus de 22 heures quand le couple Castle poussa la porte du loft. La petite Lily buvait son dernier biberon de la journée dans les bras de sa grande sœur pendant que Martha téléphonait une fois de plus au 12th afin de savoir si Katherine et Richard pensaient rentrer. Jim, lui, regardait par la fenêtre. Il semblait calme, presque détendu même, mais rien que penser à Merlin et l’état dans lequel il reviendrait, s’il revenait, lui était insupportable.

« Pourquoi n’ai-je rien fait ? » se reprochait-il silencieusement. « Je savais que ça n’allait pas. J’aurais dû intervenir, le forcer à me parler… Passer plus de temps avec lui. »

Sans vraiment s’en rendre compte, il était en train de regarder le reflet de l’appartement dans les vitres. Revoyant sa Katie chahuter avec le petit Merlin et faire tourner Castle en bourrique. Mère et fils étaient très complices et leur ressemblance d’esprit était indéniable.

« Non… Ils n’ont rien à se reprocher ! Ce sont des parents géniaux. » se dit-il a lui-même. « Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

Martha et Alexis s’étaient brusquement retournées vers lui. Sans le vouloir il avait prononcé ces dernières pensées à voix haute. Un peu trop haute même.

-« Excusez-moi. » fit-il, mal à l’aise en voyant l’expression des deux femmes. « Je devrais peut-être rentrer chez moi. » balbutia-t-il. « Je me sens tellement inutile ! »

Le couple était monté à l’étage, peut-être dans l’espoir de trouver un indice dans les affaires de leur fils. Où peut-être juste avec l’espoir complètement improbable de le retrouver assoupi sur son lit. Toujours est-il que Castle redescendit juste à temps pour raccompagner son beau-père.

-« Merlin est débrouillard il trouvera le moyen de se faire repérer… Vous allez le retrouver. »

-« Si seulement je pouvais être aussi optimiste que vous. » se contenta de répondre un Richard aussi dévasté que résigné.

-« Et Katherine, comment va-t-elle ? » s’inquiéta-t-il aussitôt pour son bébé à lui.

-« Elle se sent coupable… Qu’elle que soit l’issue de cette épreuve, elle ne s’en remettra jamais. »

Les larmes montèrent immédiatement aux yeux de Jim. Il connaissait suffisamment bien sa fille pour savoir à quel point elle était meurtrie et que personne, mise à part Merlin, ne pourrait y changer quoi que ce soit.

Les deux hommes se saluèrent une dernière fois avant que Rick ne referme la porte derrière lui.

-« Coupable ? Mais de quoi peut-être bien se sentir coupable ? » demanda Alexis, choquée par la disparition de son frère.

-« Elle doit s’en vouloir d’avoir laissé filer cette femme, il y a des années. » intervint Martha en s’asseyant sur l’appui tête du fauteuil.

-« Mais elle n’avait pas le choix… Elle devait sauver Papa… Prendre les décisions dans l’urgence… Elle ne pouvait pas prévoir. »

-« Non, elle ne le pouvait pas. » assura Rick pour calmer Alexis. « Mais ça ne l’empêche pas de se le reprocher. » soupira-t-il en déposant un baiser sur le front de la petite Lily.

-« J’allais la monter au lit. Elle sera certainement mieux au calme. » dit Alexis tristement en se levant.

Elle déposa sa petite sœur dans son lit tout en lui marmonnant des paroles rassurantes à l’oreille. La jeune fille allait redescendre quand elle remarqua Kate, sanglotant contre le chambranle de la porte de la chambre de Merlin. Bien que probablement aussi triste que sa belle-mère, Alexis s’approcha et lui passa la main dans le dos pour le réconforter.

-« Tout est de ma faute Alexis. Comment j’ai pu la laisser faire ça… S’en prendre à mon petit garçon. »

-« Kate… Ce n’est pas … »

-« Si » se résigna Kate, les larmes continuant de couler silencieusement. « Il pense que je ne l’aime plus. Qu’on s’en fiche que cette dingue l’éloigne de nous. Comment j’ai pu ne pas m’ne rendre compte plus tôt ? Comment peut-il penser une telle chose. »

Alexis baissa les yeux, inspira un grand coup tout en regardant la porte voisine de la chambre de Merlin.

-« Kate… » murmura Alexis.

Kate la dévisagea et fut surprise et intriguée par le soudain malaise de la jeune fille.

-« Toi aussi tu vas me reprocher de passer trop au travail, que je manque trop de… » commença-elle à s’emporte.

-« Non Kate. « rassura tout de suite Alexis. « Je ne me permettrais jamais de te faire ce genre de reproches. Tu es une mère géniale et j’aurais adorée que papa se marie avec toi une vingtaine d’années plus tôt. »

Kate ne savait plus quoi lui répondre, ni où elle voulait en venir. Elle avait pourtant sentit une vague de reproches arriver. A sa grande surprise, Alexis lui prit doucement la main et l’emmena vers la porte voisine, celle de son bureau, en permanence entrouverte.

-« Qu’est-ce que tu vois ? » demanda la jeune fille avec une pointe de désolation.

-« Mon refuge. » voulut assumer Kate avec une certaine fierté qu’elle dû ravaler devant le regard insistant d’Alexis. « Ok… La pièce la plus désordonnée de la maison ! Je n’ai même pas encore fini l’album de Lily et toutes les photos sont toujours éparpillées un peu partout… » machinalement Kate poussa un peu plus la porte et entra. « Oh non… » se remit-elle à pleurer de plus belle. « Merlin m’avait fait cette tasse l’année dernière. Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? » s’emporta-t-elle contre elle-même en ramassant les morceaux de la tasse qui avait dû glisser du bureau.

-« La dernière fois que je suis entrée dans cette pièce c’était avant la naissance de Lily. Papa et moi vous cherchions partout. C’est moi qui vous ai retrouvé en pleine concentration. » se souvint Alexis avec nostalgie. « Elle est où la partition que vous écriviez tous les deux ? » demanda-t-elle en regardant partout autour d’elle.

-« Euhh… » réfléchit Kate. « Là, je crois. » fit elle, incertaine, en déterrant une feuille de sous un paquet de photos. « Euh non, c’est pas ça. Je l’avais oublié ce dessin. » fit la maman admirative devant un chevalier combattant ce qui devait être un dragon, dessiné assez grossièrement avec des pastels de couleur. « Tu essayes de me dire que j’ai un peu négligé Merlin ? » souffla Kate avec tristesse, sans aucune note de ressentiments vis-à-vis d’Alexis.

-« Pas le moins de monde. » assura Alexis en enlevant le dessin des mains de Kate et le plaçant en évidence contre l’écran du PC. (Seule place disponible dans ce capharnaüm.)

Alexis semblait ennuyée, voire honteuse, mais continua tout de même.

-« J’ai presque 30 ans ! » assura-t-elle. « Je ne suis pas très fière de ce que je vais t’avouer, mais c’est pourtant la vérité. » elle inspira un grand coup avant de se lancer. « Je t’ai détesté que vous m’avez annoncé que tu étais enceinte. J’ai toujours été la petite Princesse de papa et il m’a déjà fallu du temps pour accepter de le partager avec toi. Mais dès que j’ai vu Merlin, je l’ai adoré, et je t’ai pardonné… » Alexis lança un regard vers Kate qui s’était remise à pleurer en entendant sa belle-fille se livrer ainsi devant elle. « Pourtant, la première fois que je suis entrée dans le bureau de papa et que j’ai vu la frimousse de Merlin remplacer la photo de ma remise de diplôme, je vous en ai voulu : à Merlin, à toi, à papa… Je n’étais plus vraiment certaine de faire partie de la famille. »

Kate voulu répondre, mais resta la bouche ouverte, cherchant par où commencer.

-« Je sais que c’est ridicule. » assura Alexis en prenant les mains de Kate. « Je sais que tu n’as jamais voulu me prendre mon père. Que tu n’as jamais cherché à prendre la place de ma mère (même si tu en fais bien plus qu’elle pour moi.). Je sais que papa m’aime toujours autant et j’adore mon petit frère et ma petite sœur. J’ai passé l’âge de ce genre de petite crise, et pourtant, il m’a fallu du temps pour accepter MA nouvelle famille. »

-« Oh… Alexis. » souffla Kate.

-« Tu es une mère fantastique. J’aurais aimé en avoir une comme ça. J’aimerais être à ta hauteur quand je serais maman à mon tour, parce que quoi que peux en dire et en penser papa, ça arrivera. » assura-t-elle avec un brin d’humour. « Mais Merlin passe devant cette pièce à chaque fois qu’il va dans sa chambre. A chaque fois qu’il passe, il doit affronter le sourire de sa petite sœur envahissant ses dessins… » au fur et à mesure qu’elle parlait, elle poussait les photos pour remettre à jour tous les vestiges du temps passé entre mère et fils : dessins, croquis rigolos, bricolages des plus sommaires…

 -« Oh mon Dieu… Qu’est-ce que j’ai fait ? »

-« Rien Kate. » assura Alexis. « Ne pas avoir le temps de terminer un, ou plutôt toute une série, d’albums photos n’est pas un crime. Tu n’as rien à te reprocher. C’est cette folle qui devrait s’en vouloir, et je sais que quand tu vas la retrouver, que tu vas la réduire en miettes pour avoir osé toucher à Merlin ! »

Alexis reposa un avion en pinces à linges sur les photos de Lily et prit Kate par la main pour la guider vers le salon. Une fois en bas, elle inspecta les cadres à photos qui l’entouraient, cherchant le regard de son frère.

-« Comment ça se fait que tu sois toujours en train de prendre des photos et que la seule de Merlin date de plus de 3 ans ? » fit Alexis à voix basse en passant à côté de son père.

-« Parce que c’est Kate qui les récupère chez le photographe et qu’en général, elles n’arrivent pas jusqu’au loft ! » assura-t-il avec un air désespéré.


judy1  (01.03.2015 à 20:17)

Chapitre 8 :

 

Il était deux heures du matin, Rick s’était assoupi dans un fauteuil et venait de se réveiller en sursaut.

-« Ce n’est que moi. » se défendit aussi vite Martha. « Je vais avoir besoin de mes cachets pour dormir cette nuit je pense. » se défendit-elle en reposant la bouteille d’eau.

Castle ne répondit pas. Il faisait encore nuit noir dehors et il n’y voyait rien dans cette grande pièce, mais rien qu’au son de la voix de sa mère il se sentit presque coupable d’avoir eu la chance de pouvoir fermer les yeux quelques heures. Il connaissait suffisamment bien sa femme pour savoir que ça ne servait à rien d’aller la chercher dans la chambre : au mieux elle cherchait ce qui aurait pu servir de journal intime à leur fils, au pire elle était retourné au poste éplucher les dernières informations données par l’appel à témoins. Mais une faible lueur venant de l’étage lui assurait une présence :

-« Et si elle était simplement en train de nourrir Lily ? » pensa-t-il en montant doucement pour n’effrayer aucune des deux.

Suivant le faible jet de lumière comme un chien flaire la trace de son maitre, il se retrouva devant la porte du bureau de Kate. La seule pièce dans laquelle il avait mis un point d’honneur à n’entrer sous aucun prétexte.

-« Tu ne crois pas qu’il est un peu tard, ou trop tôt, pour une opération rangement ? »

-« J’aurais dû finir ses albums depuis des mois déjà… »

-« Kate ? »

-« Il faut absolument que… »

-« Kate ! » reprit Rick en élevant légèrement la voix.

-« Il va me falloir de nouveaux cadres pour … »

-« Katherine. » hurla Rick sans le vouloir.

Kate se retourna enfin et resta figée quelques secondes à le regarder. Les yeux rougis par la peine et la fatigue.

N’ayant pas assisté aux confidences d’Alexis, un peu plus tôt dans la soirée, il ne pouvait pas comprendre l’urgence et la nécessité de ce rangement.

-« C’est ma faute Rick… Tout est de ma faute ! » admit-elle en se laissant tomber à genoux au milieu de tonne de papiers divers.

-« Ce n’est pas TA faute Kate. » assura Castle en la prenant dans ses bras. « Rien de tout ça n’est ta faute. France Bellano est la seule coupable. On va la retrouver, Merlin va revenir à la maison sain et sauf et elle va regretter d’avoir osé s’en prendre à nous. »

-« Ce bureau était autant le mien que celui de Merlin. Il dessinait, assis juste côté de moi pendant que je relisais les rapports des inspecteurs. » Kate regarda la chaise haute (dernier vestige d’une petite enfance trop vite passé), relégué à l’autre bout du bureau et sur laquelle les albums photos vierges attendaient sagement.

-« Je sais tout ça. » assure-t-il en séchant une larme. « Parfois on vous entendait rire jusque dans le salon et Merlin ne quittait cette pièce que pour diner ou pour me montrer son dernier chef d’œuvre. Je sais que tu l’aime et… »

-« Mais lui ne le sais pas. » assura Kate en plongeant son regard dans celui de son mari. « En quelques mois j’ai transformé cet endroit en galerie photos de Lily. Il n’y a plus rien de Merlin ici. »

-« Ni dans le reste de l’appartement d’ailleurs ! » souffla Rick avec une pointe de reproche. « Tout est à ton bureau… » se justifia-t-il en voyant le regard de Kate changer.

-« Katherine Beckett. » reprit-il en prenant son air des plus sérieux. « JE sais que tu vénère ton fils comme un véritable Dieu. Martha et Jim doivent presque se disputer avec toi pour l’avoir une nuit chez eux. Alexis n’ose même plus te demander la permission d’emmener son petit frère en vacances loin de tes yeux. Tout le monde sait à quel point tu l’aimes et ce n’est pas quelques … » il passa la pièce en revue. « Quelques centaine de photos de Lily qui vont y changer quoi que ce soit. » il la prit par le bras et la força à se relever. « Alors maintenant nous allons sortir de cette pièce et aller nous coucher quelques heures, parce que je doute que ce soit dans cet état qu’on puisse le retrouver. »

Devant l’assurance de son mari, Kate n’osa même pas penser à broncher et le suivit en silence jusqu’à leur chambre.

-« Comment tu fais ? » demanda-t-elle au moment où il remontait la couverture sur elle. « Comment tu fais pour ne pas t’effondrer ? »

-« Je le suis. » affirme-t-il en laissant une larme s’échapper. « Mais je sais que tu es la seule à pouvoir me le ramener à la maison. Alors peu importer le nombre de sermons que je vais devoir te faire, je n’abandonnerais pas. » assura-t-il en se couchant à ses côtés et la serrant dans ses bras.

« Merlin, lui aussi, sait que tu l’aime. Je ne sais pas comment elle a fait pour l’en dissuader, mais j’ai confiance en lui autant qu’en toi : il va s’en rendre compte et trouver le moyen de nous dire où il est. »

 

5 heures plus tard, à l’autre bout de la ville :

-« Ya rien à manger ? » demanda Merlin en sautant sur le lit de sa nouvelle colocataire.

-« Quoi ? » gémit-elle. « Mais quelle heure il est ? »

-« Déjà plus de 7 heures… » fit-il en lui collant le réveil devant les yeux. « Allez dépêche-toi… Je veux de Pancakes et du jus et… »

-« Fait le toi-même. » répondit France en se retournant sous la couette.

-« Pffff…. » soupira Merlin en sautant du lit. « On dirait Alexis de mauvaise humeur ! »

-« On se demanderait presque pourquoi ! » fit la femme, de très méchante humeur.

Après avoir entendu plusieurs choses se briser en atterrissant sur le sol, Bellano se résigna à se lever. Elle s’attendait à beaucoup de choses, mais certainement pas à la vision d’apocalypse qu’elle découvrit en entrant dans la cuisine : les portes des armoires étaient ouvertes, une bouteille de lait cassée sur le sol, au milieu de plusieurs bols, et une autre se vidant petit à petit, juste renversée sur le plan de travail que Merlin avait escaladé pour atteindre la dernière étagère de l’armoire.

-« Tu comptes démolir la maison ? » lança-t-elle d’une voix à vous glacer le sang.

-« Il y a rien à manger ? » fit Merlin, en se retournant, toujours debout sur l’armoire.

-« Je vais m’habiller… » continua-t-elle toujours aussi froidement. « Tu as 10 minutes pour me ranger ce bordel, sinon c’est TOI qui servira de petit déjeuner ! » menaça-t-elle en regardant vers le jardin où les deux molosses aboyaient contre un jogger.

Le gamin mis ce saut d’humeur sur le compte du manque d’heures de sommeil et s’activa à ranger la pièce. Quand France réapparue, Merlin était sagement assis à table, attendant son petit déjeuner.

France le regarda d’un air dédaigneux.

-« Quel petit crétin ce môme ! » soupira-t-elle à voix basse tout en sortant un bol qui avait échappé au massacre et une petite cuillère à la propreté douteuse.

-« Qu’est-ce que tu vas me préparer ? » demanda-t-il avec excitation.

Bellano ne répondit pas, se contentant d’un petit sourire narquois. Elle posa le bol et la cuillère devant l’enfant, sortit de la pièce et revint quelques secondes plus tard avec un énorme sac et remplit le bol de Merlin.

-« J’peux avoir du lait ? » demanda-t-il avec dégout tout en remuant ses « céréales »

-« Je ne crois pas que ça se mange avec du lait ! » se moqua-t-elle.

Merlin, toujours dégouté, se pinça le nez et mis une cuillère en bouche tout en observant son institutrice préférée (jusqu’à la veille au soir, probablement). Cette dernière avait été chercher les gamelles des chiens à l’extérieur. Elle en remplit une d’eau bien fraiche et se tourna vers l’enfant avant de remplir la seconde. Elle explosa de rire en le voyant manger et servit une grande ration de croquettes en vidant le contenu du sac.

Ecœuré, Merlin recracha ce qu’il venait de mettre en bouche et courut vers la salle de bain, sous les éclats de rire de France Bellano qui avait bien du mal de retrouver son sérieux.


judy1  (03.03.2015 à 18:16)

Chapitre 9 :

 

Le lendemain de la disparition de Merlin, une inspectrice en chef des services des personnes disparues déboula et 12th et commença à s’en prendre à Ryan et Esposito, exigeant de voir leur responsable.

-« Que puis-je faire pour vous aider ? » intervint Beckett sans même connaître l’identité de la femme en face d’elle. « Capitaine Beckett, si vous avez des reproches à faire à mes inspecteurs, merci de venir m’en informer. JE prendrais les mesures nécessaires. » assura-t-elle en jetant un regard glacial à cette femme.

-« Vos hommes interfèrent dans notre enquête sur l’enlèvement du petit Merlin Castle. »

A l’annonce du nom de son fils, les yeux de Kate se chargèrent de larmes. Elle tenta de rester professionnel, mais en vain. Ryan et Esposito préférèrent tourner le regard et vaquer à leurs occupations.

-« Euh… » balbutia la femme, se souvenant soudain du nom de la mère de sa petite victime. « Je suis profondément désolée. » se confondit-elle en excuses. « Euhhh… Mes inspecteurs ont tenté d’interroger les camarades de classe de Merlin, mais le proviseur et les parents s’y sont opposés, assurant que vos hommes avaient déjà recueilli tous les témoignages et qu’il n’était pas nécessaire de traumatiser d’avantage les enfants. »

-« Je comprends. » assura Kate en reprenant son rôle de Capitaine.

-« Je ne fais que mon travail Madame. Et sans vous manquer de respect, je ne peux pas le faire si vos hommes marchent sur nos plates-bandes. »

Kate ferma les yeux une seconde, rassemblant ses esprits et s’efforçant de garder son sang-froid.

-« Sans vouloir vous manquer de respect. » reprit Kate en évitant d’exploser à la figure de cette bonne femme. « Mes enquêteurs recherchent cette femme. » elle décrocha la photo de France Bellano du tableau et la colla sous le nez de son interlocutrice. « Cette femme a assassiné, de sang-froid, pas moins de 6 personnes. On s’efforce juste de faire en sorte que mon fils ne figure pas dans la liste de ses trophées. Mais je vous assure que mes inspecteurs sont tout disposés à collaborer avec vos services. Notre but est le même que le vôtre : ramener Merlin. Je ne pensais pas que c’était une compétition ! »

-« Vous êtes bien trop impliquée de cette affaire, vous devriez laisser votre poste à l’un de vos confrère. Nos sentiments sont souvent nos plus mauvais…. »

Kate n’écoutait plus. Elle se concentrait sur le volcan qui bouillonnait en elle et chassait tant bien que mal de sa tête l’idée de la balancer par la fenêtre. De leur bureau, Ryan et Esposito étaient bouche-bée. Cette femme avait un sacré toupet de venir ici et parler à Beckett de cette façon. Si la vie de Merlin n’avait pas été en jeu, les paris sur l’espérance de vie de l’autre enquêtrice auraient déjà commencé.

-« Faites-vous remplacer, sinon c’est moi qui l’exigerais. » voulut-elle menacer Kate.

-« Vous avez des enfants ? » demanda Kate, coupant court à toutes les recommandations bienveillantes.

-« Euh… Non … Mais… »

-« Alors voir qui vous voudrez, parce que je ne compte pas bouger d’ici. MON fils a disparu… Et peut-être que le jour où vous aurez des enfants vous pouvez comprendre qu’il n’est pas questions que je reste bien sagement assis derrière mon bureau, attendant que le téléphone sonne. »

-« Je ne voulais pas… »

-« Mes hommes vous feront parvenir absolument tout ce que vous voulez. » assura Kate. « Si votre service retrouve Merlin avec nous, c’est évident que je vous en serai éternellement reconnaissante. En attendant, vous devriez peut-être vous remettre au travail, parce que je doute que vous le trouviez en venant harceler vos confrères. »

Sur ces mots, Kate la laissa en plan et se réfugia dans son bureau en faisant claquer la porte. Après avoir passé ses nerfs sur la paperasse, une perforatrice récalcitrante et le stock d’agrafes qui finit par voler dans tous les sens, elle ouvrit son tiroir à trésors en laissa les larmes l’envahir en contemplant le sourire de son fils.

-« Où es-tu Merlin ? Où es-tu ? »

 

Pour Merlin, le calvaire avait commencé avec le bol de croquettes. Plus tard dans la journée, il avait allumé la TV dans l’espoir de regarder son programme préféré mais, entre deux pubs, c’est avec son propre visage qu’il se retrouva.

-« Mais qu’est-ce que tu fou ? » hurla France en déboulant dans la pièce avec tout un tas de chaussures à cirer (encore une fois)

-« Pourquoi il y a nos tête à la TV ? »

-« Parce qu’il n’y avait rien d’intéressant à y mettre ! » se moqua-t-elle.

-« Je croyais qu’on était en vacances, que tu… »

-« Que j’étais gentille et tout et tout. » se moqua-t-elle en élevant la voix de manière menaçante. « Et bien non Merlin… Ou peut-être bien que si après tout. Rien de tout cela ne serait arrivé si ta mère n’était pas aussi conne. »

-« Hey. » protesta le gamin en se mettant debout.

France Bellano, d’abord surprise par cet élan de rébellion resta quelques secondes à le fixer de la tête aux pieds avant d’exploser de rire.

-« C’est parce qu’elle s’occupe pas de moi que tu m’as enlevé ? » demanda-t-il, peut-être dans l’espoir que la situation ne soit pas aussi grave qu’elle n’apparaissait.

La femme se mit à rire de plus belle en lui rallumant le poste.

-« Tu as raison, continue de t’abrutir. » lança-t-elle avec ironie. « Avec un peu de chance, je n’aurais même pas besoin de te droguer pour m’amuser. » elle se mit à rire de plus belle, sous le regard perdu de Merlin.

Elle s’avança de l’enfant, un sourire malsain sur le visage.

-« Ça n’a rien avoir avec toi Merlin. Ça n’a jamais rien eu avoir avec toi. » affirma-t-elle d’un ton glaciale avant de disparaître de la pièce.

En début de soirée, quand son estomac se mit à gronder de plus en plus fort, Merlin trouva le courage d’aller réclamer un dîner.

-« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » demanda –t-il timidement en passant la tête par l’entrée de la porte de la salle à manger.

-« J’en sais rien ! » fit Bellano en reposant ses extraits de compte sur la table. « T’as foutu la charcuterie par la fenêtre. Les chiens se sont régalés. »

-« Mais ça puait, c’était presque tout vert… »

-« Continue à faire ton gosse de riche et c’est toi que je balance aux chien. » menaça-t-elle en se levant d’un bond. « Ce qu’on va manger ce soir ? Il doit me rester un peu de Thaï de ce midi… Toi, j’en sais rien… Achève les croquettes ! » se moqua-t-elle en rangeant ses papiers.

-« Pourquoi ton amie n’a pas fait les courses ? Pourquoi on n’y va pas, nous ? »

France Bellano le regarda en pouffant de rire.

-« Mon « amie » n’a pas vraiment eu le temps de faire les courses et bien essayé, mais tu ne sortiras pas d’ici. Pas tant que JE ne l’ai pas décidé. » prévint-elle fermement avec une intonation de voix qui fit déglutir le garçon. « En attendant, si tu ne gaspillais pas la nourriture, tu aurais de quoi manger ce soir, alors débrouille toi ! »

Cette nuit-là, Merlin eu du mal à s’endormir. Il grelottait car il n’avait qu’une fine couverture pour se couvrir et que la pièce qui lui servait de chambre n’avait pas de chauffage central. Pour se réconforter, il sortit sa tablette de son sac et l’alluma. Il savait qu’il n’y avait pas de réseau et qu’il ne pourrait ni appeler les secours ni joindre ses parents, mais il aimait tellement faire des photos que ça lui arrivait souvent de se promener dans l’appartement et de prendre des photos de tout et de tout le monde. Ça allait de Lily, surprise à baver sur la chemise de papa aux petits bisous de papa et maman, en passant bien entendu par une vidéo où le petit ami d’Alexis exagérait un peu avec ses mains baladeuses. Merlin adorait se servir de cette vidéo pour faire du chantage à sa grande sœur et obtenir ce qu’il voulait. Sauf que là, dans l’immédiat, ça ne lui était pas d’une grande aide.

20 minutes plus tard, il la rangea précieusement dans son sac. N’ayant pas le chargeur avec lui, il préférait ne pas la laisser allumer trop longtemps. Il ne savait pas combien de temps il devrait rester dans cette maison avec cette femme, qu’il aimait de moins en moins, mais il savait que la batterie ne tiendrait pas éternellement.

Le lendemain matin, Merlin voulut paraisse un peu au lit. Après tout, ce n’est pas comme si il y avait beaucoup de choses à faire pour l’occuper une journée entière. Cependant, sentant le froid transpercer la couverture et son estomac grogner de plus belle, il se résigna à se lever.

En passant devant la chambre de France, il jeta un coup d’œil discret et vit rapidement que la pièce était déserte. Il descendit, inspecta le salon, le cuisine, la remise.. Non, elle n’était pas là. La maison était déserte. Pour s’en assurer, il resta immobile plusieurs minutes, ne respirant que faiblement pour être certain d’entendre le moindre craquement, le moindre bruit trahissant la présence de son kidnappeur.

Se rendant enfin compte qu’il était bel et bien seul, livré à lui-même, il se précipita vers la porte d’entrée, bien décidé à fausser compagnie à cette femme.


judy1  (04.03.2015 à 18:23)

Chapitre 10 :

 

Malheureusement pour Merlin, dans sa précipitation il n’avait pas tenu compte des deux molosses qui gardaient fièrement l’entrée de la maison. Il avait à peine fait deux pas dans le jardin que Droopy et Cubitus accouraient, les crocs menaçants. Il eut juste le temps de rebrousser chemin et eu du mal à refermer la porte au nez des chiens.

-« Vous ne pourriez pas faire taire vos satanés clebs ! » se plaignit un homme en voyant sa voisine rentrer à pieds.

-« Ils font leur devoir. Ils gardent ma maison. » répondit-elle sèchement à l’homme, sans se préoccuper d’avantage de ses protestations et continuant son chemin dans l’indifférence totale.

Elle siffla et les chiens arrêtèrent immédiatement, s’asseyant sur le pas de la porte, prêts à recevoir leur récompense pour leurs services.

-«Merci… » fit-elle en les gratifiant d’une caresse. Elle sortit quelques morceaux de viande séchée de sa poche et les lança dans le jardin.

Entrant dans la maison, elle chercha l’enfant des yeux et le trouva aplatit contre le mur à l’autre bout de la pièce. Il avait tellement peur qu’elle pouvait presque voir sa sueur.

-« Ça ne sert à rien… Tu ne sortiras pas d’ici tant que je ne l’aurais pas décidé. » affirma-t-elle avec un petit sourire. « Alors ? Comment tu me trouves ? » demanda-t-elle, fièrement.

Merlin avait bien remarqué que ses cheveux étaient plus courts et avaient changé de couleur, mais il n’en voyait pas vraiment l’intérêt vu qu’ils passaient leur journée à l’intérieur de la maison.

-« Tu avais peur que quelqu’un te dénonce hein ??? » nargua-t-il en espérant que sa peur ne se remarque pas trop.

-« Nonnnn…. » se mit elle à rire. « Quand les voisins passent devant la maison, ils font bien plus attention aux chiens qu’à moi. Maintenant que je suis de retour, tiens toi tranquille si tu ne veux pas que Cubitus ne partage ta chambre. »

Rien qu’à l’idée de se retrouver encore une fois aussi près de l’un de ces chiens lui donna des frissons dans le dos. Il regagna le salon et alluma la TV.

Bien sûr, France ne pouvait donner raison à ce morveu. Elle lui en voulait presque de ne pas être totalement idiot et de voir les choses bien plus clairement qu’elle ne l’imaginait. Bien sûr qu’elle avait changé de coupe et de couleur de cheveux pour tromper le voisinage. Elle ne pouvait pas rester enfermée dans cette maison sans que ça ne paraisse trop suspect. Il fallait bien se « montrer » pour ne pas éveiller la curiosité et attirer encore plus l’attention.

France Bellano resta toute la journée à réfléchir. La tentative d’évasion de Merlin remettait tout en question. Son plan était de le garder dans cette maison jusqu’à ce que les médias cessent de diffuser leurs photos et que la pression retombe, mais elle n’avait pas imaginé qu’il puisse être aussi insolent. Elle avait passé des mois à se faire passer pour une institutrice modèle et sa patience avait été mise à rude épreuve. Pour que Merlin se calme et n’attire pas l’attention, il fallait qu’elle prenne sur elle et redevienne son « amie ».

-« Pfff… Il m’agace ! » soupira-t-elle. « Et si je le droguais ? Si je le gardais endormi ? »

Non, elle ne pouvait pas. Son plan était d’attendre que les médias, et donc le monde entier, oublie le visage de Merlin Castle. Ça ne prendrait que quelques semaines, voire quelques mois tout au plus. Les journalistes se lassent vite de ces histoires d’enlèvements, surtout quand il n’y a aucun espoir de retrouver l’enfant. Elle avait encore besoin de lui pour la seconde partie de son plan. Il fallait qu’il soit en bonne santé, ou du moins, qu’il y paraisse. Pour l’instant, il fallait qu’il coopère et qu’il retrouve confiance en elle. Il n’y avait pas 36 solutions pour ça, elle devait redevenir gentille avec lui.

Il était 18 heures à peine quand France Bellano appela son petit protégé. C’est en traînant les pieds que Merlin arriva dans la cuisine.

-« Encore des trucs à récurer, astiquer, faire briller ? »

-« C’est l’heure de manger. » fit-elle en se forçant à sourire et l’invitant à table.

-« Et qu’est-ce qu’on mange ? » demanda-t-il avec méfiance, en s’asseyant. « Des lasagnes ? » s’exclama-t-il, heureux de manger un vrai repas. « Sérieux ? Moi aussi je peux en avoir ? » demanda-t-il tout excité.

-« Mais bien sûr que tu peux. » fit-elle en déposant une assiette devant lui. « Je suis désolée pour hier et ce matin. » mentit France en essayant d’être convaincante.

Le repas commença en silence. Merlin se méfiant des premières bouchées, se régalait à présent.

-« Comme tu l’auras deviné, je ne m’appelle pas Natacha… »

-« France Bellano. » continua Merlin à sa place. « C’est ce qu’ils disent à la TV. »

-« Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte à la TV, mais effectivement, je m’appelle France Bellano. On pourrait recommencer à zéro, et tu pourrais simplement m’appeler France. »

Merlin la dévisagea avec crainte. Avait-il vraiment bien compris ?

-« Je peux t’appeler France si tu veux, mais ça ne changera rien tu sais, ma maman va venir me chercher. »

France ferma les yeux un instant. Elle ne devait rester calme, éviter de lui hurler dessus, se contenter de jouer, mentalement, aux fléchettes avec le portrait de Katherine Beckett.

-« Parce que tu crois qu'elle te cherche vraiment ? » demanda-t-elle d’une voix calme et posée, tout en remettant sa fourchette en bouche.

-« Il y a nos photos à la TV, non ? »

-« Tu n’as pas remarqué qu’elles passent un peu moins souvent ? Et puis… Ta maman sait que tu es avec moi. Tu lui as même dit qu’on allait chez une de mes amies. C’est une bonne inspectrice, non ? »

-« La meilleure. » affirma Merlin avec une certaine crainte.

-« Alors si elle voulait vraiment te retrouver, ça serait déjà fait. »

Merlin baissa les yeux dans son assiette, réfléchissant à ce que France venait de lui dire.

-« Écoute mon bonhomme, je ne voudrais pas te faire de peine, mais pense à peu aux dernières semaines. Ta maman s’est-elle vraiment beaucoup occupée de toi ? As-tu vraiment été un petit garçon modèle qu’on a envie de récupérer ? »

France prit son assiette, la posa dans l’évier et revient près de Merlin. Elle posa la main sur son épaule et sembla sincèrement désolée pour lui.

-« Tu vois, je crois que tu vas devoir rester avec moi un bon moment. »

-« Mais pourquoi tu me laisses pas sortir ? Pourquoi tu m’as pris ? » demanda-t-il avec une certaine agitation.

-« Parce que je t’aime bien mon petit Merlin. Je voulais juste m’occuper de toi, et rien que de toi. » assura-t-elle avant de quitter la pièce pour le laisser seul avec ces dernières paroles.

Tard le soir, alors qu’il était censé dormir mais qu’il grelottait sous sa fine couverture, il regarda le ciel par la fenêtre (visible de son lit). Il ferma les yeux et sentit une larme couler.

-« J’te demande pardon maman…. » sanglota-t-il en regardant fixement l’une des étoiles qui brillait très fort. « J’te promets d’être sage, de plus faire de bêtise. S’il te plaît maman, viens me chercher … »

Pour la seconde fois, Merlin s’endormit en pleurant.

 

Quatre jours déjà que plus personne n’avait de nouvelles du petit Merlin. Kate passait ses journées au poste à suivre Ryan et Esposito pas à pas, et ses nuits à relire et relire toutes les informations venant encore de l’appel à témoins que le service des personnes disparues lui laissait consulter. Castle faisait son possible pour « garder la tête hors de l’eau », mais le naufrage n’était pas loin : il ne savait plus quoi faire pour canaliser Kate et se sentait impuissant devant tous les indices qui partaient dans tous les sens. Pour le reste de la famille, le pire était de s’habituer à l’absence de Merlin tout en assistant à la dérive du couple Castle.


judy1  (05.03.2015 à 19:29)

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