HypnoFanfics

Seconde manche

Série : Castle
Création : 21.02.2015 à 15h40
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« suite de : "où que tu sois, je te retrouverai..." » judy1 

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Chapitre 11 :

 

Merlin avait disparu depuis plus de 6 jours maintenant. Sa photo ne faisait plus la Une des quotidiens et se faisait de plus en plus rare à télévision. La famille Castle-Beckett au grand complet était dans le désarroi le plus complet. L’enquête des services des personnes disparues ne donnait rien et ils étaient à cours de pistes sérieuses à exploiter.

-« Dites-moi qu’il y a du nouveau ? » supplia presque Beckett en s’adressant à ses inspecteurs préférés.

-« Désolé Beckett. » soupira Esposito.

-« J’ai suivi la trace de sa voiture aussi longtemps que j’ai pu, mais elle a dû, soit changer les plaques, soit en voler une. Quoi qu’il en soit, j’ai perdu sa trace sur Railroad Avenue. »

-« Où ? »

-« C’est sur Staten Island. » répliqua Ryan.

-« Mais qu’est-ce qu’elle fait là-bas ? »

-« C’est hors de notre juridiction, elle veut être sûre de te faire courir. » tenta Esposito pour détendre l’atmosphère.

-« Ce n’est qu’à une heure d’ici… Quand bien même elle serait partie à l’autre bout du monde, ça ne m’empêchera pas d’aller chercher mon fils. » assura-t-elle. « Des voitures volées dans la région ? »

-« 3. L’une a été retrouvée intacte. Le numéro de série d’une autre a été retrouvé sur une carcasse démonté. Volée pour revendre des pièces détachées je suppose. » expliqua Ryan. « Pour la troisième, toujours aucune trace, mais la police de la région continue de chercher. »

-« Merci Ryan. Espo ? »

-« Rien à signaler sur les comptes bancaire de France Bellano, ni sur ceux des victimes de l’Oregon. Ses dernières transactions de son compte datent de la semaine dernière et pour ce qui est de ceux de ces victimes, elle a tout vidé les jours qui ont suivi leur mort… Elle a une réserve d’argent liquide très conséquente et rien ne dit qu’elle n’a pas d’autres comptes sous un autre nom. »

-« Merci quand même les gars. » soupira-t-elle. « Bon, puisque visiblement elle est quelque part sur Staten Island, ou que du moins elle y est passé, vérifier toutes les déclarations d’appel à témoins venant de cette région. On aura peut-être un peu de chance. »

Les gars se remirent au travail et Beckett continua ses allées et venues entre les différentes équipes et son bureau. Elle se sentait tellement coupable et tellement impuissante à la fois.

 

Quelques jours avaient passés depuis la tentative d’évasion de Merlin. Depuis, il se tenait à carreaux. France faisait, elle aussi, d’énormes efforts pour paraitre de bonne volonté, mais elle continuait tout de même à le surveiller en permanence.

Ce matin-là, France semblait des plus détendue. Merlin en ignorait la raison, mais il s’en fichait complètement. Il avait eu droit à un petit déjeuner de roi et ils avaient même passé un bon moment en jouant aux cartes. Mais malgré toute la bonne volonté qu’il y mettait, il ne pouvait pas oublier les premiers jours, les paroles blessantes de France et cette rancœur vis-à-vis de sa mère. Il se laissait dorloter avec l’espoir de la tromper et qu’à nouveau il se retrouverait seul dans la maison.

Merlin était un petit garçon futé. Il avait suffisamment espionné France pour se rendre compte que les chiens n’étaient jamais correctement nourris et qu’ils démarraient au quart de tour dès qu’on leur lançait à manger. Il pourrait les duper en leur lançant une pomme de terre ou même quelques macaronis, ou simplement ce qu’il trouverait dans l’armoire à provisions. Il n’avait besoin que de quelques secondes pour arriver jusqu’à la grille et, même s’il n’avait pas le temps de la refermer, il pourrait toujours se réfugier chez un voisin. Il y avait cette dame âgée, deux maisons plus loin, qui ne quittait jamais sa maison.

Oui, il quitterait cette maison. Il attendait juste le bon moment, celui où il serait seul.

Il réfléchissait toujours à son plan d’évasion, le visage collé contre la fenêtre du salon, quand il sentit que quelqu’un l’observait. Il leva les yeux et sursauta en se rendant compte qu’un jogger s’était arrêté et le fixait avec attention.

Merlin sentit l’espoir le submerger.

« Et s’il m’avait reconnu ? » pensa-t-il.

Il jeta un coup d’œil vers la porte de la pièce. France était toujours au téléphone et ne se préoccupait pas de ce qu’il faisait. Il ouvrit la fenêtre doucement, pour éviter de la faire grincer.

Intrigué, l’homme dans la rue traversa la route et s’approcha tout en se méfiant des deux chiens qui commençaient déjà à montrer les dents.

-« Aidez-moi… » supplia Merlin à voix basse.

N’étant pas certain de bien comprendre, l’homme approcha encore.

-« Je m’appelle Merlin Castle… S’il vous plait… » continua-t-il alors que des larmes couler de ses yeux.

L’homme s’approcha encore, comme hypnotisé par la voix et la détresse de l’enfant.

Les chiens se mirent alors à aboyer, ce qui alerta la maîtresse de maison qui arriva en courant dans la pièce.

En voyant une véritable furie arriver derrière l’enfant, l’homme détourna le regard et reprit son chemin.

Pendant ce temps-là Merlin avait ouvert la fenêtre en grand et c’était mis à hurler.

-« Elle m’a enlevé. Elle me retient de force. Aidez-moi… Aidez-moi ! »

Il criait toujours quand il se rendit compte que France avait refermé la fenêtre. Il se retourna alors vers elle, le visage ravagé par les larmes. Elle le gifla. Personne ne l’avait jamais giflé et malgré la violence du coup, la peur et la tristesse lui firent oublier la douleur.

Comme par réflexe, il passa sa main sur sa joue tandis que Bellano le regardait avec fureur.

-« Ça, tu vas me le payer. »

Elle monta à l’étage et réapparut quelques secondes plus tard, le sac de l’enfant en main. Elle l’empoigna par le bras et le traîna jusqu’au bout du terrain, vers ce qui auparavant devait être le garage, mais qui tenait encore debout par miracle. Elle y poussa Merlin et lui lança son précieux sac et siffla un coup. Droopy accouru aussitôt.

-« Personne d’autre que moi n’entre, personne ne sort. » expliqua-t-elle au chien en tenant sa gueule et le regardant droit dans les yeux. « Monte la garde. » ordonna-t-elle avant de refermer la porte, laissant un enfant de 7 ans, terrorisé, avec un chien affamé et dressé pour obéir au moindre claquement de doigts de sa maîtresse.

 

Le joggeur s’était arrêté 4 maisons plus loin. Il était à bout de souffle, appuyé contre la palissade d’un jardin il remettait de l’ordre dans ses idées. Comme par instinct, juste pour s’assurer que tout ce qu’il venait de voir n’était qu’un rêve, il prit son portable et lança une recherche rapide « Merlin Castle. »

Il ne fallut que 2 seconde à Google pour lui trouver une centaine d’articles de presse et les photos diffusées massivement la semaine précédente.

-« Et merde… » jura-t-il en composant le 911.

 


judy1  (07.03.2015 à 17:49)

Chapitre 12 :

 

-« J’appelle au sujet du petit Merlin Castle, il est porté disparu et… »

-« Un instant s’il vous plaît, je vous transfère… » annonça une voix monocorde.

-« Mais ce n’est pas vrai ! » hurla le jogger en raccrochant, furieux.

Par 4 services déjà il était passé. 4 musiques d’attente aussi horripilantes les unes que les autres. Furieux et encore un peu sous le choc de sa rencontre matinale, il repartit chez lui au pas de course. Il se changea en quatrième vitesse, monta dans sa voiture et démarra en trombe.

 

-« Oh non… » soupira l’agent Wesson en voyant déjà une catastrophe ambulante pousser la porte de son bureau de police.

-« Et Jack, t’as de la visite. » se moqua gentiment son collègue avec un sourire qui en disait long sur sa joie. « Qu’est-ce qu’il a vu aujourd’hui tu crois ? Un grand-père se faire pousser sur la chaussée ? Ou peut-être juste un …. »

-« La ferme Max. Ce n’est pas l’heure de ta pause ? » l’envoya-t-il balader afin d’être tranquille pour sermonner son frère. »

-« Jack, Jack… Il faut que tu m’aides. » dit-il en haletant, ne prenant pas la peine de s’asseoir. 

-« Écoute Will, j’adore tes visites, mais tu ne pourrais juste m’apporter des Donuts ? »

-« C’est mauvais pour ton cholestérol. » répondit-il du tac au tac. « Je suis sérieux… J’ai vu Merlin Castle. Tu sais, le môme à la télé, l’avis de recherche. »

En bon agent de police, ou peut-être juste en grand frère attentionné, Jack tapa le nom dans le programme des personne disparues et fixa son frère avec un regard de lassitude.

-« Oui, c’était lui… » fit Will, le jogger, tout excité.

-« William. » sermonna son frère. « Si ce gamin se promenait dans nos rues, je pense que quelqu’un d’un peu plus crédible que toi serait déjà venu nous en informer. »

-« Je sais que j’ai un peu déconné. OK, je m’excuse pour l’autre jour… Comment j’aurais pu savoir que Maggie avait changé de Baby-sitter. J’ai un peu abusé. »

-« Et avec la grand-mère qui distribue des bonbons dans le pars. Ce pauvre Monsieur Jenkins qui a vu son jardin retourné, tout ça pour un chien ! »

-« Cette fois je suis sûr de ce que je te dis. J’ai vu ce gamin. Je te le jure, il m’a supplié de l’aider. »

-« Bien… Alors pourquoi tu viens me voir ? Compose le numéro d’appel d’urgence. » répondit-il en lui recopiant le numéro sous l’avis de recherche.

-« Ils me baladent de services en services. »

-« On se demanderait presque pourquoi. » se moqua ironiquement le grand frère.

-« C’est une urgence. Tu ne pourrais pas juste aller vérifier ? » supplia-t-il en élevant la voix.

-« Alllez Jack, sois sympa avec ton frère. » se moqua à nouveau son collègue avant que le Jack en question ne l’envoi s’occuper de la paperasse sur un autre bureau.

Il attrapa son frère par le col et approcha sa tête de son écran.

-« Tu sais qui est ce gamin ? »

-« Celui que j’ai vu ce matin. » assura Will.

-« Son père est connu. Il a sûrement des tas de relations haut placées. Sa mère est Capitaine de Police. »

-« Alors imagine que lui ramène son fils, elle t’aidera à avoir une promotion. »

-« Ce qui m’aiderais à avoir une promotion, c’est que tu arrêtes de me rendre visite ! » assura-t-il avec force. « Si tu es convaincu que tu as vu Merlin Castle, très bien. Je prends ta déposition et la transmettrait aux personnes disparues qui la consultera quand ils en auront le temps et qui en fera ce que bon leur semblera. » prévint-il en sortant une page vierge et un stylo bille.

-« Mais ça va prendre des siècles… Elle sera partie avant que quelqu’un se décide à agir… Jack… Ce gamin a … » il jeta un œil sur l’écran. « Il n’a que 7 ans… Et même si ce n’était pas Merlin Castle, il m’a supplié de l’aider. »

-« Génial… » soupira l’inspecteur de police, plus pressé de se débarrasser de son frère que de vérifier ses propos.

William Wesson rédigea consciencieusement sa déposition. Il rapporta quasiment mots pour mots la plainte de l’enfant, nota l’adresse en faisant un effort d’écriture afin qu’elle soit parfaitement lisible et la souligna à deux reprises.

Une fois qu’il eut terminé, il la tendit à son frère.

-« Tu vas y aller hein ? » s’assure-t-il. « Je te jure que cette fois, c’est vrai. Je l’ai vraiment vu. »

-« Mais bien sûûûr. »

-« Jack… »

-« C’est bon. » hurla l’agent Wesson en s’adressant à son frère. « J’irai jeter un œil... Ça te va ? Maintenant, tu oublies cette histoire, tu rentres chez toi et tu…. Tu fais ce que tu veux mais je ne veux plus rien savoir. » ordonna-t-il sous le regard amusé de ses collègues.

-« Qu’est-ce qu’il voulait ? Tu vas vraiment y aller ? » demanda Max, le collègue de Jack, d’un air taquin.

-« Mêle-toi de tes affaires. » grogna-t-il en ne faisant qu’une boule de la déclaration de son frère et la jetant dans la corbeille à papier.

 

Prit de remords, alors qu’il rentrait tranquillement chez lui après une longue journée de travail, l’agent Jack Wesson fit un petit détour par le quartier de son frère. Il se souvenait de l’adresse parce qu’un de ses confrère avait déjà été appelé sur place. Pas à cause de l’hypothétique présence d’une enfant disparu, mais parce que les deux chiens qui gardaient la maison effrayaient les voisins.


judy1  (08.03.2015 à 18:59)

Chapitre 13 :

 

-« Agent Wesson, je peux entrer une minute ? » demanda Jack dès que la porte s’ouvrit.

-« Mais bien sûr. » assura France Bellano en affichant un air faussement outré. « Que puis-je faire pour vous aider monsieur l’agent ?  Est-ce encore à propos de mes chiens ? »

-« Non Madame. » assura Jack, légèrement mal à l’aise malgré l’assurance que pouvait lui donner son uniforme. « Pourrais-je voir vos papiers s’il vous plait ? »

-« Bien entendu… Une seconde, ils sont dans mon sac. »

France fut déstabilisée un moment par les manières de ce policier. Mais elle avait l’avantage de connaitre le mobile de sa visite. Maintenant, sa principale préoccupation était qu’il reparte au plus vite, sans incident. Elle invita donc l’homme à entrer et le fit patienter quelques secondes, le temps de fouiller dans un sac à mains très chic.

-« Ashley Brown… » lut-il en comparent la photo de la carte avec le visage de la femme en face de lui. Il devait reconnaître que la photo n’était pas de très bonne qualité et que mise à part la forme général du visage, la couleur des yeux et des cheveux, la ressemblance n’était pas des plus flagrante.

-« J’ai fait quelques petites opérations de chirurgie ? » se défendit-elle en devinant son inquiétude. « Le temps n’a pas été très favorable avec moi. » se força-t-elle à sourire.

-« Je vous trouve très jolie moi. Mais vous devriez faire changer cette photo. »

-« C’est grâce à mes papiers que je dois votre charmante visite ? »

-« Non madame… » il ne savait pas trop comment s’y prendre. « Vous vivez seule ici ? »

-« Oui. »

-« Voyez-vous… Une personne est venue au poste en affirmant avoir vu un enfant appeler au secours. Et pour ne rien vous cacher, il s’agirait du petit Merlin Castle. »

-« Oh non Dieu… Le petit à la TV ? Quelle histoire affreuse ! Pauvres parents… »

-« Oui, tout à fait. Permettez-vous que je fasse le tour de votre maison. »

-« Je suis seule Monsieur l’agent. Je n’ai absolument rien à cacher… Mais la personne en question avait raison. »

-« Vous avouez l’enlèvement du petit Castle ? » demanda-t-il, ébahi, une main sur son arme, l’autre cherchant déjà les menottes.

-« Non… Non, non… Mon Dieu non. » se mit-elle à rire. « Mon neveu était malade la semaine dernière. La varicelle… Il n’était pas bien et est monté à 40 de température. Ma sœur vient d’avoir un nouveau-né et n’était pas en état de s’en occuper, alors il est venu ici. Passer une semaine sans sortir. N’ayant pas d’autre distraction que la télévision,  je comprends qu’il ait eu cette réaction. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’ai ramené chez lui dans l’après-midi. » se força-t-elle à expliquer avec le sourire.

-« Vous permettez tout de même que je jette un œil ? Et que je vérifie tout ça. »

-« Je comprends, je vous assure… » dit-elle en griffonnant un numéro de téléphone sur un papier. « Les coordonnées de ma sœur. Elle vous confirmera que son fils était ici. » assura-t-elle en lui tendant le papier

Elle le laissa faire le tour de la maison à son rythme, priant intérieurement pour qu’il n’inspecte pas la pièce qui sert de grenier de trop près car même si elle avait relevé le lit en acier et le vieux matelas contre le mur (comme on ferait dans un grenier pour gagner de la place), une inspection un peu plus poussée révélerait l’absence de poussière sur ceux-ci ainsi que dans une bonne partie de la pièce.

Heureusement pour elle, l’agent Wesson commençait à se demander ce qu’il faisait là, à importuner cette jeune femme.

-« Désolé de vous importuner ainsi Madame, je vous souhaite une bonne fin de soirée. » assura-t-il avec respect en quittant la maison.

France Bellano l’accompagna jusqu’à la barrière, pour s’assurer que le chien reste loin (soi-disant). Il n’avait pas encore quitté la propriété quand il remarqua le vieux hangar, plus loin sur le terrain. Son instinct de flic se mit alors en alerte.

-« Et là-bas ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

-« Oh… C’est juste un vieux taudis… Je ne m’en sers que comme débarras. Vous voulez aller vérifier ? » demanda-t-elle avec malice.

-« Je ne fais que mon job. » se défendit-il en avançant.

Il était à deux mettre de la porte, environ, quand des grognements de chiens se firent entendre.

-« Qu’est-ce qui se passe là-dedans ? » demanda-t-il à la femme, restée en retrait.

-« C’est Droopy, mon berger allemand. Il s’est bêtement blessé à la patte en jouant. Je l’ai mis là en attendant le vétérinaire qui doit venir demain. Être blessé le rend encore plus hargneux, au moins, là il ne risque pas d’attaquer un voisin. »

Puisqu’il était allé jusqu’au hangar, Jack se sentit trop bête de faire demi-tour sans même vérifier ces dernières affirmations. De quoi aurait-il l’air si rien que l’idée de se retrouver nez à nez avec un chien pouvait lui faire faire demi-tour. Il s’approcha d’avantage, faisant fi des grognements et aboiements de l’animal. Quand il ouvrit la porte, il faisait tellement sombre, qu’il ne distingua qu’un tas de poils se diriger vers lui. Il s’empressa de refermer la porte et recula de trois pas tout en reprenant sa respiration, comme s’il venait de courir un 100 M.

-« Ok, tout est en ordre. Cette fois je vous laisse. » assura-t-il, un peu honteux pour le dérangement.

 

La compagne de Droopy n’était guère des plus rassurantes pour Merlin. Plus tôt dans la journée, il avait bien pensé lui fausser compagnie : profitant d’un moment où le chien dormait, il s’était levé sans bruit. Il s’avançait sur la pointe des pieds vers la porte lorsqu’il sentit quelque chose lui retenir la jambe. Il tourna la tête et ouvrit de grands yeux en voyant son mollet dans la gueule du chien.

Droopy ne serait pas la mâchoire, ce n’était qu’un avertissement. Mais comme l’enfant ne semblait pas comprendre, il se mit à grogner, sans lâcher sa prise. Toujours sans réellement mordre, il serra la mâchoire un peu plus et attira l’enfant vers le fond du garage, là où il était quelques minutes plus tôt. Merlin n’eut pas d’autre choix que de faire marche arrière et retourner s’asseoir bien sagement.

Quand le chien avait senti l’étranger s’approcher, il s’était levé d’un bond et était venu se placer devant Merlin. Les grognements étaient pour lui, l’avertissant qu’il n’était pas dans son intérêt de bouger.

Merlin était donc resté le plus silencieux possible. Quand la porte s’était ouverte, il avait espéré être vu, mais le chien avait été rapide. La porte se referma aussi vite et les pas s’éloignèrent. Merlin se coucha à même le sol et se mit alors à pleurer.

Merlin resta une grosse heure, couché à sangloter. Il ne cessait de penser à sa maman et à toutes les choses horribles qu’il avait pu lui faire ces derniers temps. Il pensa au match de base-ball qu’il avait loupé, mais surtout au moment avec son grand-père Jim qu’il ferait n’importe quoi pour revivre. A son papa, à Alexis… Grand-mère Martha et même la bave de Lily fini par lui manquer horriblement. Il tendit la main vers son sac et en ressortit sa tablette. Il l’alluma et se frotta les yeux. Non, il ne rêvait pas… C’était peut-être grâce à la proximité avec la maison des voisins, mais il avait un réseau.

-« Mais quel abrutit peut habiter en ville et ne pas verrouiller sa connexion. » se dit-il en se ressayent.

Ses gestes devaient avoir été trop brusques au goût de Droopy, car le chien se mit aussitôt en alerte.

-« T’es un bon chien toi… T’inquiète, je vais attendre bien sagement qu’on vienne me chercher. Tu peux te recoucher. »

Cinq minutes plus tôt encore il se croyait perdu à jamais et il avait fallu 3 petites barres de réseau pour lui redonner confiance.

-« Comment on fait… ? »

Merlin avait déjà vu ses parents envoyer et lire des mails des centaines de fois. Tout leur semblait si simple qu’il se sentait complètement idiot de ne pas savoir comment s’y prendre. Il entendait encore la dispute de ses parents à propos de la tablette.

-« Il n’a que 6 ans ! Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse d’une tablette ? Il sait à peine lire et écrire. » s’était écrié sa mère.

-« Mais c’est un grand garçon… On lui installera un système de contrôle parental très sûr. Il pourra s’en servir pour ses recherches scolaires… »

-« Mouais, c’est ça… Tu as besoins d’un partenaire pour quel jeu vidéo ? » s’était moqué Kate.

-« Mais oui, c’est ça…. Les jeux vidéo ! » s’écria Merlin en en cherchant un bien particulier. « Le voilà. » fit-il, victorieux.

En deux mots de passe, le gamin se connecta à « Seigneur des anneaux ». So père était dingue de ce jeu, il en était tellement accro qu’il avait synchronisé sa partie avec son portable, si bien que dès qu’il se faisait attaqué il recevait immédiatement un avertissement sur son téléphone.

 

 


judy1  (10.03.2015 à 17:49)

Chapitre 14 :

 

Il était presque 20 heures quand Tory arriva au 12th. Il n’y avait rien de nouveau dans l’enquête, et s’il y en avait eu, elle aurait été rappelée bien plus tôt par la Capitaine, mais la responsable de la scientifique passait tous les soirs, après ses journées de travail. Elle venait en amie, donner un petit coup de mains.

-« Qu’est-ce que tu cherches ? » demanda-t-elle à Ryan qui inspectait presque son écran avec une loupe.

-« Je ne comprends pas… Comment sa voiture a pu disparaître des écrans… Elle est forcément quelque part. »

-« Tu la cherches depuis deux jours. Fait une pause. » assura Tory en éloignant le fauteuil de l’inspecteur de l’écran. « Elle a très bien plus changer de voiture, changer les plaque, utiliser des petits chemins… Et si elle et Merlin avaient continué à pieds. »

-« Dans ce cas quelqu’un les aurait vu. Leurs photos passaient en boucle à la TV. » fit remarquer Esposito en arrivant avec sa tasse de café.

-« Et à part ça, comment ils vont ? » demanda-t-elle en regardant vers le bureau de Beckett.

-« Pas la grande forme… Ils font de leur mieux. Lanie a embarqué Kate pour dîner, pour qu’elle sorte un peu du bureau. Castle est avec Lily et Alexis. »

Beckett arriva peu de temps après, en courant. Visiblement le dîner en compagnie de Lanie avait été productif au niveau des théories et pistes encore à suivre.

-« L’argent… Il faut suivre l’argent. »

Ryan, Esposito et Tory se tournèrent vers elle.

-« Elle a vidé son compte, ceux de ses victimes de l’Oregon aussi. Qu’est-ce qu’elle a bien pu faire d’une telle somme ? »

-« Ce n’est pas assez pour acheter une maison, si c’est à ça que tu penses. » assura Ryan.

-« Où a-t-elle fait les retraits ? Le nom de l’agence, l’endroit… Pour de si gros retraits, tu vas là où l’on te connaît. Tu ne peux pas débarquer là où personne ne te connais et réclamer qu’on te donne plusieurs milliers de Dollars, soit l’économie de toute une vie. Elle choisissait ses victimes en fonction de l’argent : des personnes âgées et sans famille, des personnes avec une bonne situation professionnelle… »

-« Beckett. » temporisa Esposito. « On l’a déjà fait. » assure-t-il. « Ça n’a rien donné. On a recommencé sans obtenir plus d’information. On peut le refaire encore et autant de fois que tu voudras, mais on perd notre temps avec cette piste. »

Désespérée, Beckett ferma les yeux. Merlin avait disparu depuis une semaine et elle n’avait aucune piste pour le retrouver. Bellano avait préparé son coup avec une incroyable prévoyance.

-« Tory, Tory… » arriva Castle en courant dès sa sortie de l’ascenseur.

Le téléphone de Rick sonna une fois de plus. Il regarda l’écran alors que Tory et l’ensemble du poste s’était précipité vers lui.

-« Oh non Merlin… Pas ça… »

-« Merlin ? » sursauta Kate.

-« Ma partie a été piraté… Je suis certain que c’est lui. »

-« C’est peut-être juste un barge qui t’en veux. » ironisa Esposito alors que Tory, Beckett et Ryan était déjà dans le local des ordinateurs.

-« Merlin connais tous mes trucs, tous mes points faibles… Il est en train de bousiller mon jeu. »

Kate roula les yeux au ciel, un brin exaspéré par cette attitude enfantine.

-« Oui, je sais, c’est Merlin qu’on cherche. » se reprit-il aussitôt.

-« Sa tablette... Pourquoi je n’y ai pas pensé ? » se reprocha Kate.

-« Parce que tu ne voulais pas qu’il en ai une. »

-« Moi aussi je refuserai que ma fille en ai une si elle n’avait que 7 ans ! » assura Tory tout en recherchant l’adresse IP de celui qui détruisait la partie de Castle.

-« Si on le retrouve grâce à cette tablette, je te jure que vous aurez droit à autant d’heure de jeu vidéo que vous voudrez. » marmonna Kate que l’espoir regagnait peu à peu.

-« Tu pourrais me mettre ça par écrit ? »

Kate le foudroya du regard.

« Merlin ne voudra jamais me croire que tu ais dit ça. » se défendit-il avec son air de gamin.

Les yeux remplis de larmes, Kate se contenta de déposer un baiser sur sa joue.

-« Oh non, non, non, nonnnnn…. » pesta Tory en s’énervant sur son clavier.

Le sérieux réapparu aussitôt sur le visage de l’écrivain.

-« Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? » demandèrent Castle et Beckett d’une même voix.

-« J’ai perdu le signal… » fit Tory en se retournant lentement vers le couple. « Je suis désolée. »

-« Mais tu l’as ? Hein ? Tu sais où il est ? » supplia Kate.

-« Je n’avais pas terminé… La région est vaste. » expliqua-t-elle en entourant une région de près de 2 km de diamètre au sud du parc Latourette, sur Staten Island.

-« Oh mon Dieu… » s’effondra Kate dans les bras de son mari.

Après une petite lueur d’espoir, le retour à la case départ était une terrible défaire. Esposito, Ryan et Tory se sentirent tellement impuissant face à cette détresse que la seule chose à faire était de retourner à leur bureau et recommencer tout à zéro.

 

Assis, les jambes en tailleurs, Merlin s’était subitement relevé.

-« NON… Pas maintenant… Allez. » suppliait-il en secouant sa tablette.

Il ne pouvait rien faire contre la technologie… Il avait épuisé son stock de batterie et le chargeur, lui, était posé sur la table de nuit, dans sa chambre, à l’autre bout de la ville.

La seule réponse fut les grognements de Droppy est ses canines bien visibles qui ordonnaient à l’enfant de rester tranquille.

-« Tu n’abandonnes jamais toi, hein … » fit-il en se rasseyant.

Sur le moment, il n’en avait plus rien à faire de Droopy. Quand bien même le chien lui aurait foncé dessus, il n’aurait pas cherché à se défendre. Son dernier espoir venait de s’éteindre.

-« Pourquoi il n’a pas répondu… » se mit-il à pleurnicher. « J’ai détruit son stock de provisions, j’ai attaqué notre meilleur allié… J’ai détruit des semaines de jeu… Pourquoi il s’est pas connecté ? Pourquoi il m’a pas vu ? »

 

Lorsque le couple Castle sortit de la salle de conférence, qui servait accessoirement de bureau à Tory, ils retrouvèrent immédiatement le soutien de ses fidèles inspecteurs.

-« On ne va pas abandonner. On va le retrouver. » assura Esposito en se montrant le plus convainquant qu’il pouvait.

-« Bien sûr qu’on va le retrouver… C’est ce qu’elle veut. » fit Kate d’une voix lasse et fatiguée.

Rick, Tory, Ryan et Esposito se tournèrent vers elle, essayant de comprendre sa logique.

« Merlin a disparu depuis une semaine. S’il a sa tablette, pourquoi ne s’en est-il pas servi plus tôt ? Pourquoi maintenant ? Si ça se trouve, c’est elle qui a bousillé ton jeu, c’est elle qui nous manipule. Elle veut qu’on la retrouve. »

-« Ça ne pouvait pas être elle. » affirma Castle, plus sérieux et plus convaincu que jamais. « C’était Merlin. Il a attaqué MON territoire. Comment elle aurait pu le savoir ? Et mon mot de passe ? »

-« Elle a peut-être su lui soutirer les informations ? »

-« Non… Il a utilisé MES techniques de combat, c’était Merlin ! »

-« Et on va le retrouver… » continua Ryan en reprenant une pile de déclarations.

-« On a isolé les réponses de l’appel à témoin en ne sélectionnant que celles venant de Staten Island. »

-« Il y en a qui provienne des alentours du parc Latourette ? »

-« On n’a pas encore trouvé. » répondit Esposito avec inquiétude. « Mais il y en a… Il y en a forcément. On continue à creuser. »

-« Merci les gars… » soupira Kate, les yeux larmoyants.

-« Ça ne pouvait-être que merlin, c’était un appel à l’aide. » assura Rick en serrant son épouse contre lui.

L’équipe au grand complet se remit au travail : relire des dizaines de déclarations, vérifier les rapports des enquêteurs ayant été vérifié les plus convaincantes… Réétudier les comptes de Bellano, refaire les plans du secteur en isolant les maisons vides, les entrepôts abandonnés, tous les lieux désertiques qui auraient offert une certaine tranquillité.

Il devait être 2 heures du matin quand Beckett renvoya Ryan et Esposito. Castle resta une petite demi-heure encore à ses côtés avant de rentrer au loft, pile à l’heure pour le biberon de Mademoiselle Lily. Déterminée à retrouver son fils, coûte que coûte, Beckett resta au bureau et continua, seule.


judy1  (11.03.2015 à 18:47)

Chapitre 15 :

 

2heures 30 du matin :

-« Pourquoi maintenant ? » continuait de se répéter Kate qui ne pensait toujours pas que ce soit Merlin qui se soit amusé à détruire la partie de son père. « Elle perd patience ? On était sensés la retrouver plus tôt ? Qu’est-ce qu’on a loupé ? » continuait-elle de fulminer en passant d’un rapport à un autre.

Ayant déjà passé plusieurs fois tous les éléments de l’enquête à la loupe, Beckett se pencha vers les dossiers des victimes de l’Oregon.

-« On est forcément passé à côté de quelques chose… » se motiva-t-elle en se servant une tasse de café.

Elle passa une heure à lire, relire et tout réexaminer. C’est en analysant les comptes d’Ashley Brown que Beckett sursauta. L’effet de ce qu’elle venait de lire eut sur elle l’effet d’une vingtaine de cafés. Quelques semaines avant sa mort, cette jeune femme d’une trentaine d’année venait de faire un emprunt pour une maison à New-York. Elle se souvenait que les parents de la jeune femme avaient évoqué une promotion qui l’aurait forcé à déménager à l’autre bout du pays. Elle était tellement épuisée que son esprit allait dans tous les sens. C’est d’ailleurs grâce à ça qu’elle se souvient d’une conversation :

« Et qu’est-ce qu’elle va devenir cette maison ? Elle n’était même pas certaine d’avoir cette promotion. Elle n’aurait pas obtenu de prêt si rapidement, en trois jours tout était réglé. Je suis sûr que c’est cette femme qui l’a influencé. »

Personne n’avait cherché à savoir comment Ashley Brown avait pu acheter cette maison. Personne n’avait recherché une quelconque jeune femme… ça n’avait rien avoir avec sa mort, aucun agent n’avait fouillé aussi loin. Mais non, ce n’était pas une coïncidence, et de toute façon, Beckett ne croyait pas aux coïncidences : Et si Ashley n’avait pas été choisie au hasard ? Si Bellano avait choisi de tuer dans l’Oregon parce qu’elle avait déjà été en contact avec Mademoiselle Brown et que tuer plusieurs personnes sans rapport les unes avec les autres ne servaient qu’à brouiller les pistes ?

Elle avait passé les 20 minutes suivantes à fouiller les extraits de comptes pour découvrir par quelle agence immobilière elle était passée. Elle avait ensuite fouillé l’historique de leurs dernières ventes pour trouver une maison à New-York correspondant au montant versé par la victime.

-« Bingos… » s’écria-t-elle en découvrant l’adresse au cœur de Staten Island, en plein milieu de la zone définie quelques heures plus tôt par Tory.

En pleine journée, avec une circulation plus ou moins fluide, il fallait une bonne heure entre le poste du 12th et l’adresse que Beckett avait griffonnée sur un bout de papier. Mais à 5 heures moins le quart du matin, et avec plusieurs excès de vitesses, il ne fallut qu’une demi-heure à Beckett pour atteindre sa destination.

Le quartier était désert et la plupart des maisons, complètement plongées dans l’obscurité, ne semblaient même pas habité.

Beckett s’était garé deux maisons plus haut. De là où elle était, elle voyait la maison de profil et avait une large vue d’ensemble sur le terrain.

Vers 6 heures, une lumière s’alluma au 264 Lamoka Avenue, suivit d’une autre. Une dizaine de minutes plus tard, une lampe extérieur s’alluma et la porte de derrière s’ouvrit. La femme qui sortit de la maison ne ressemblait en rien au portrait de France Bellano, elle avait les cheveux bien plus courts et malgré l’obscurité, ils paraissaient bien plus clairs.

En voyant la porte s’ouvrir, Kate s’était aplatie dans le fond de son siège. Son côté flic raisonnable commençait à se dire qu’elle n’avait rien à faire ici et qu’elle ferait mieux de rentrer au loft. Mais son côté maman désespérée et morte d’inquiétude prenait le dessus.

-« C’est elle. Ça ne peut être qu’elle… Mais qu’est-ce qu’elle a fait de Merlin ? » se demanda-t-elle en la voyant se diriger vers le fond de la propriété.

La réponse ne se fit pas attendre bien longtemps. Quand Bellano réapparu, elle trainait un garçon par le col, le forçant à avancer et entrer à l’intérieur de la maison.

-« Oh mon Dieu… Merlin ! » souffla Kate, émue de voir son fils et à la fois furieuse de la manière dont il était traité.

 

Quelques minutes plus tôt :

La porte du garage s’ouvrit d’un coup sec. Merlin sursauta alors que Droopy n’ouvrit qu’un œil avant de s’asseoir, comme pour se mettre au garde à vous devant sa maitresse.

-« Merci Droopy, tu es un bon chien. » fit France en récompensant le chien d’une caresse. « Tu comptes passer la journée ici, ou tu viens à l’intérieur. J’ai préparé le petit déjeuner. » assura-t-elle un plus sèchement qu’elle l’aurait voulu.

-« Il restait des croquettes ? » la nargua-t-il.

-« Fait le malin et je range les céréales. » se moqua-t-elle en l’attrapant par le bras pour le forcer à se lever.

-« Il fait encore noir ! » fit-il remarquer en sortant à l’air libre. « Quelle heure il est ? »

-« Un peu plus de 6 heures… » se contenta-t-elle de répondre « Dépêche-toi. » ordonna-t-elle en l’attrapant par la chemise. « Je n’ai pas envie que quelqu’un retourne voir la Police. »

-« C’était un Policier hier ? »

-« Et oui Mon petit Merlin. » assura-t-elle avec un grand sourire. « Tu vois, la police est venue, l’agent est reparti et toi… Tu es toujours là. » se moqua-t-elle avec un grand sourire en refermant la porte de la maison.

-« Ma maman va venir me chercher, elle sait que je suis là, elle va te donner une bonne raclée. » s’emporta la gamin, espérant l’impressionner.

-« C’est moi qui vais te foutre une raclée si tu ne t’arrête pas. » s’emporta France en le forçant à l’asseoir en le molestant légèrement. « Tu sais, j’ai tout essayé, j’ai même été gentille avec toi et qu’est-ce que tu fais pour me remercier ? Tu trouves le moyen de faire venir la police… »

-« Tu croyais vraiment que j’allais rester sage, ici, alors que MA  MAMAN me cherche et qu’elle va venir jusqu’ici ? » affirma Merlin en haussant le ton et insistant bien sur « ma maman » pour la provoquer d’avantage.

-« Tu voulais savoir pourquoi je t’ai enlevé ? D’accord, je vais être honnête. Après tout, tu n’as pas l’air si bête, tu pourrais peut-être même comprendre ce qui t’attend. » lui répondit-elle, avec rage.

Elle prit une chaise, s’assit juste en face de lui et le regarda droit dans les yeux.

« Ta mère n’est qu’une petite conne… »

Merlin se leva d’un bond, prêt à affronter cette femme en duel s’il le fallait. Mais Bellano le repoussa violemment et il retomba assis sur sa chaise.

« Ta mère a ruiné ma vie. Elle a tué mon amour. Tout ça est de SA faute. Elle ne mérite pas d’être heureuse. Elle ne mérite pas tout ce bonheur. Je vais détruire sa vie, lui enlever tout ce à quoi elle tient et j’ai commencé avec toi. »

Merlin n’osait plus bouger. Ses yeux étaient remplis de larmes, pour sa mère, et de haine, envers cette femme.

« On va attendre que ton visage soit oublié et on retournera à Manhattan. » jubila France.

-« Je m’enfuirais encore. Je ne resterais pas avec toi. » assura Merlin avec haine.

-« Mais je ne te demande pas ton avis… Je vais faire de toi un petit garçon très obéissant. Bientôt tu ne seras plus capable de penser par toi-même. Tu n’en n’auras plus besoin, tu feras tout ce que je te demande. »

-« Je ne ferais jamais ce que tu me demande. Tu peux toujours courir. »

-« Ohhhh Merlin. Que tu peux être naïf par moment. » ricana-t-elle en sortant une seringue et un flacon d’une armoire. « Bientôt, tu seras un gentil petit garçon. » se moqua-t-elle. «  En attendant que les choses se calme, on va rester ici et tu vas te tenir tranquille. » assura-t-elle.

-« Tu peux toujours rêver… » protesta Merlin en se levant.

Bellano l’attrapa par le bras. Elle sera le plus fort qu’elle pouvait et l’emmena à l’étage où elle le jeta sur son lit.

 

Dehors, dans la voiture, Kate avait envie de lui bondir dessus, lui coller une balle entre les deux yeux. Mais il s’agissait de Merlin, il ne fallait pas se précipiter au risque de le mettre encore un peu plus en danger. Elle le retenait depuis 8 jours, il était vivant et Bellano n’avait aucune raison de se douter que Beckett l’espionnait en ce moment même.

-« Reste calme… Réfléchit. » s’ordonna Kate pour s’obliger à garder la tête froide.


judy1  (12.03.2015 à 18:43)

Chapitre 16 :

 

Le premier obstacle de Kate était les chiens. Comment pénétrer à l’intérieur de la propriété sans servir de petit déjeuner ?

-« En leur en fournissant un. » réfléchit Kate en parlant toute seule.

Machinalement, elle ouvrit la boite à gant. Castle adorait grignoter ces petits sachets de viande séchée qu’on trouve un peu partout dans les commerces. Beckett trouvait ça dégoutant, mais depuis que ce petit en-cas leur avait sauvé la vie lors de leur face à face avec un tigre, Castle en gardait toujours quelques part. Juste au cas où. Beckett c’était souvent moqué de lui en lui affirmant que quelque soit l’animal affamé qu’il trouverait sur son chemin, il préférerait certainement le dévorer plutôt que de patienter, le temps que Monsieur Castle retrouve son petit en-cas.

-« J’espère que tu sais à quel point je t’aime…. » souffla Kate, triomphante, en sortant l’emballage de chez « JACK LINK'S » « Mais je déteste que tu ais raison ! »

Ensuite elle se souvint de Lanie. En tant que médecin et amie, la jeune femme s’inquiétait toujours à son sujet et quand Alexis avait laissé échapper que Beckett n’avait pas passé plus de 2 heures de suite à dormir depuis plusieurs jours, la métisse avait quitté l’appartement et était revenue un peu plus tard en plaquant une poignée de gélules dans la main de Kate.

« Il y en a suffisamment pour endormir un éléphant alors vas-y mollo tout de même, mais pour l’amour de Dieu, repose toi ! »

-« Et bien, c’est le moment de tester tes affirmations. » continua-t-elle en sortant 5 gélules de son sac.

Elle ouvrit les gélules et versa la poudre dans le sachet de bœuf séché. La graisse aidant la poudre à se coller aux morceaux de viandes, elle prit soin de mélanger grossièrement le tout afin qu’il ne reste pas trop de somnifère dans l’emballage.

Toujours dans ses pensées,  Kate se répétait mentalement le déroulement des évènements, elle ne se rendit pas compte tout de suite que ses réflexes de flics la rattrapaient au galop. Ce n’est qu’au moment d’appuyer sur la touche « appel » qu’elle se rendit compte qu’elle était à deux doigts de composer le numéro d’Esposito.

-« Non. » fit-elle sûre d’elle-même en annulant l’appel. « La dernière fois, lui et Ryan se sont retrouvés à l’hosto. La dernière fois, j’ai laissé la police s’en mêler. Résultat : mes coéquipiers se sont retrouvés en incapacité de travail pendant un long moment. Rick a failli mourir et le petit ami de Bellano n’a pas eu la chance de s’en sortir… Je ne ferais pas la même erreur. » se résolut-elle. « Pardon Rick… » fit-elle, la gorge nouée en regardant la photo de famille en fond d’écran. « Prends soin d’eux… » termina-t-elle en sachant pertinemment ce qu’elle faisait.

Kate n’avait jamais pu oublier les évènements de son dernier tête à tête avec France Bellano. Beckett ignorait pour quelle raison c’était elle que Bellano avait choisie pour faire libérer son petit ami de prison. Et bien que France, elle, s’en soit sortie indemne, elle avait assisté à la mort de son compagnon. Kate n’excusait pas son geste, s’en prendre à un enfant lui était insupportable, mais elle pouvait néanmoins comprendre la raison pour laquelle France Bellano voulait se venger. Elle savait qu’en se rendant dans cette maison elle signait probablement son arrêt de mort. Sa seule consolation était de se répéter qu’elle le faisait pour sauver son fils et qu’en refusant l’aide de renforts, elle ne mettait la vie de personne d’autre en danger.

-« Gentille les chiens… » murmura-t-elle en s’approchant doucement de la grille de la propriété. Elle agitait le sachet de viande séchée en espérant que la perspective d’une petite collation puisse les calmer.

« Bon appétit. » dit-elle malicieusement en lançant le sachet dans la pelouse, priant pour que les somnifère de Lanie soit enfin utiles.

Kate ne dut pas attendre longtemps. Lanie avait dit vrai : il ne fallut que quelques minutes aux chiens pour se mettre à tituber. Ils tentèrent de protester, mais leur aboiement ressembla plus à un couinement.

-« Merci Lanie. » sourit-elle à l’idée que pour l’instant, tout se passait pour un mieux.

 

Pendant ce temps, à l’intérieur de la maison :

Merlin n’était toujours pas décidé à se laisser faire. Il tentait de se redresser sur le lit quand Bellano le repoussa, pour se donne un peu plus de temps. Elle trouva enfin la petite malle en fer qu’elle cherchait, au fond du placard. Elle s’approcha du lit et la posa juste à coté du garçon. Terrifié, Merlin n’osait pas bouger.

Triomphante, elle l’ouvrit lentement, savourant ce moment : sa vengeance.

-« Tout ça pour une ceinture ? » fit Merlin, soulagé. « Elle est vraiment moche. C’est quoi cette grosse boulle là ? Et les petites bosses, elles servent à quoi ? »

Sa surprise fut telle que quand Bellano l’attrapa et la lui passa à la taille, il se laissa faire. Une fois la tâche accomplie, elle explosa de rire.

-« Maintenant, je sais que tu resteras sage. »

-« Parce que tu crois que ta ceinture va me faire tenir tranquille. » assura-t-il en avançant ses mains vers le ceinturon pour l’enlever.

-« Je serais toi, je ne ferais pas ça. A moins que tu veille vraiment en finir tout de suite. » se mit-elle à rire à nouveau.

Merlin la regarda avec méfiance.

Fière d’elle France s’avança de Merlin.

-« La grosse boule, elle sert de détonateur. Elle est bourrée d’explosifs. Les petits bosses comme tu dis, sont reliées aux explosifs. Si ça saute, chaque petite poche s’ouvre et libère des centaines de clous. Juste pour s’assurer que te ne puisse pas t’en sortir. »

-« Tu vas me faire exploser ? » fit Merlin avec une grimace de dégout.

-« Oh Merlin… Je ne suis pas si méchante. » assura-t-elle. « Si tu restes tranquille, tu ne risques rien. Quand tu auras compris la leçon, je la désamorcerais. En attendant, si tu l’enlève, fait en sorte de ne pas relâcher la pression, là. » elle lui montra le centre du ceinture. « Le capteur est plutôt sensible… » se moqua-t-elle.

Elle tira sur la ceinture, la pression se relâcha et au même moment un petit « bip » se déclencha.

-« Arête, arrête… Je resterai là. » paniqua-t-elle.

« 5 secondes Merlin. » affirma-t-elle, sérieuse en montrant le chiffre qui illuminait la boucle de la ceinture.  « Si la pression se relâches, tu as 5 secondes pour t’éloigner de ce machin. Et quand bien même tu y arriverais, les petit clous, eux, te rattraperont. »

Merlin était pétrifié. En larmes au milieu de la chambre, il osait à peine respirer.

-« T’es malade… Si je l’enlève, toi aussi tu exploses… »

-« Oserais-tu prendre le risque ? » se moqua-t-elle en affichant un air sévère. « J’oubliais, ne quittes pas la propriété. La barrière autour du terrain n’est pas QUE décorative. Tu t’en approche, tu explose. »

-« Tes chiens me boufferont avant… Mais eux aussi vont sauter. »

-« Je déteste ces chiens Merlin. Ils ne sont là que parce que j’ai besoin d’eux. Tu veux t’en aller ? Vas-y, je ne te retiens plus. »


judy1  (13.03.2015 à 19:13)

Chapitre 17 :

 

7 heures du matin, au poste du 12th.

-« Excusez-moi, on m’a dit que le Capitaine Beckett était à cet étage. » fit un homme en accostant Ryan et Esposito qui sortaient de la salle de repos avec leur tasse de café.

-« Elle n’est pas là pour l’instant. » assura Ryan. « On peut vous aider ? »

-« Salut les gars. » interrompit Castle, ne se rendant même pas compte qu’il interrompait quelque chose. « Où est Beckett ? » demanda-t-il, inquiet, en regardant autour de lui.

-« C’est toi son mari. Pas nous. » répondit Esposito du tac au tac.

-« Je suis rentré au loft avant elle… Mais quand je me suis réveillé ce matin, elle n’était toujours pas là. » fit-il, nerveux, pensant déjà à tout ce dont elle était capable de faire.

-« J’lais vu ! » annonça l’homme  avec exaspération pour attirer l’attention.

-« Qui ça ? »

-« Beckett. »

-« Lui. » annonça-t-il en pointant le tableau de Ryan et Esposito où trônait la photo de Merlin. « Le gamin… C’est lui que j’ai vu. » assura-t-il.

Ryan, Esposito et Castle se regardèrent. Il fallut environ deux secondes à Rick pour réagir. Il décrocha la photo de son fils et l’approcha de cet homme.

-« Vous êtes sûr que c’était lui ? »

-« Oui. Il m’a dit qu’il s’appelait Merlin Castle. Il m’a supplié d’appeler la police. »

-« Où ? Quand ? » demanda Esposito avec force.

-« Hier matin… »

-« Et vous attendiez quoi pour venir ?? » l’interrompit Castle. « C’était où ? »

-« J’ai été voir la police. Mon frère est inspecteur. Il y a été mais m’a encore engueulé parce que cette Ashley Brown n’avait rien à se reprocher et que… »

-« Répétez ça ! » ordonna Castle.

-« Elle n’avait rien à se reprocher et … »

-« Castle ? Ça va ? » demanda Ryan, inquiet par la soudaine pâleur de son ami.

-« Ashley Brown… C’était l’une des victimes de l’Oregon… » répondit Castle, sous le choc.

-« Et merde… » soupira Esposito en faisant signe à un autre inspecteur de les rejoindre.

-« Où était-ce ? Où avez-vous vu Merlin ? » interrogea Ryan.

Castle avait déjà composé le numéro de Beckett, mais il était tout de suite dirigé vers la boite vocale.

-« Où que ce soit… Beckett l’a trouvé avant nous. » assura Castle en avançant vers l’homme d’un pas grave. « Si vous faites partie de ça et que Bellano vous envoi, sachez que ma femme la retrouvée et qu’elle va lui botter les fesses… »

-« Qui ? » marmonna l’homme en se demandant ce qui allait lui tomber dessus.

-« Castle. » sermonna Esposito.

-« Si vous êtes qui vous prétendez être …. Merci. »

-« Karpowsi, ce type dit avoir vu Merlin… Prend sa déposition. Beckett est déjà sur place, on va essayer de limiter les dégâts. »

-« C’est près de chez moi… Sur Lamoka Avenue, je ne suis plus sûr du numéro. » bafouilla l’homme devant le regard sévère de Karpowsi.

-« Vérifie son identité, et prends ses empruntes aussi. » demanda Esposito à mi-chemin vers l’ascenseur. « Si ce type nous mène en bateau… Beckett va lui faire la peau. »

-« Je le garderai au frais jusqu’à e que vous reveniez. » assura l’inspectrice avec un sourire peu rassurant pour ce témoin dont tout le monde doutait.

 

Pendant que William Wesson entrait dans les bureaux du 12th, Katherine Beckett passait devant les deux chiens endormis. Elle fit le tour de la maison en regardant à l’intérieur à chaque fenêtre. Les lumières étaient allumées, mais le rez-de-chaussée semblait désert. Elle se faufila par une fenêtre entre-ouverte et se retrouva dans une pièce qui servait de cave ou de réserve.

En entendant des pas dans les escaliers, elle passa la tête par la porte en espérant voir Merlin. Mais en apercevant une silhouette bien trop grande pour être celle d’un enfant, elle se plaqua contre le mur.

-« Pourvu qu’elle soit seule. » pria-t-elle. « C’est trop tard pour faire demi-tour. Bellano n’est pas du genre à faire confiance à qui que ce soit, bien sûr qu’elle est seule. » se résonnait-elle.

Elle sortit son arme de son étui et avança doucement vers la cuisine, là où France se préparait son petit déjeuner.

Absorbée par la préparation de son sandwich, et heureuse d’avoir enfin cloué le bec au petit morveux, elle n’entendit pas les pas se rapprocher doucement dans son dos. Ce n’est que lorsqu’elle sentit le canon se coller contre son crane qu’elle soupira en lâchant son couteau.

-« Lieutenant Beckett je suppose. Je vous sers un café ? »

-« Je me passerais de petit déjeuner. Où est Merlin ? »

« OU EST MON FILS ? » hurla Kate en appuyant son canon un peu plus fort sur la tête de Bellano.

-« Maman ? Maman… » criait Merlin en descendant les escaliers.

Il avait tellement peur que la bombe ne lui explose à la figure qu’il n’osait pas courir. Submergée par l’émotion, Kate relâcha la pression un moment, si bien que France cru pouvoir en profiter et reprendre l’avantage.

-« N’y pense même pas. » lui lança Kate en la giflant.

Les pas de Merlin dans les escaliers se rapprochèrent. Kate, elle, ne pouvait plus quitter son ennemi du regard, sachant que son prochain écart de concentration risquait de coûter la vie à son fils.

-« Mais tire… Je t’en prie… » se moqua France. « Si tu me tues, tu peux dire adieu à ton fils. » continua-t-elle de rire.

Merlin apparu enfin dans l’entrée de la cuisine. Le visage ravagé de larmes et les yeux suppliants, mais il était sain et sauf. Kate remercie le ciel intérieurement.

-« Sors d’ici Merlin…C’est moi qu’elle voulait, tu n’as rien avoir là-dedans. »

-« Mais vas-y Merlin, vas-t-en. » ricana encore France. « J’espère que tu aimes les puzzles. »

-« J’peux pas sortir. Une bombe. » pleurnicha l’enfant en montrant sa ceinture.

France, remise de la gifle qui l’avait envoyée à terre, était en train de se redresser quand Kate l’attrapa par le haut de son chemisier et qu’elle lui plaqua la tête contre une armoire.

-« Tu vas regretter de t’en être pris à lui. Désamorce cette bombe, ou c’est moi qui t’explose. »

-« Si tu me tues, ton fils meurt. » elle se mit à rire aux éclats. « Je suis la seule à savoir où est la télécommande, la saule à connaître le code… »

-« Qu’est-ce que tu veux ? »

-« Rien. » affirma France avec un sérieux déconcertant. « Tu as ruiné ma vie… Je fais de même : tu as fait exploser l’homme que j’aimais sous mes yeux, dis adieu à ton fils. »

-« Maman ? » pleurnichait merlin en laissant échapper les larmes qu’il retenait depuis des jours.

-« Ne pense pas aux démineurs. » prévins France, bien décidée à jouir de ce moment. « Le mécanisme est tellement sensible qu’il explosera dès qu’un de vos hommes tentera de l’ouvrir… »

Excédée par les rires de Bellano, frustrée de ne pas pouvoir prendre son fils dans ses bras et terrifiée à l’idée de le voir exploser sous ses yeux, Kate perdit son sang froid.

Elle brisa l’épaule de Bellano en forçant sa prise, de manière à atteindre la plaque électrique et l’alluma. Beckett lâcha sa proie, libérant un bras douloureux et sans aucune utilité pour Bellano.

Kate la menaçait toujours de son arme. Elle la fixait droit dans les yeux et parla en articulant bien chaque mot.

-« Désamorce cette bombe. » ordonna-t-elle.

-« Cours toujours… » nargua Bellano.

-« D’un geste brusque, Kate attrapa la main intacte de son adversaire et la plaqua sur le métal déjà brûlant.

France hurlait de douleur mais Beckett continuait d’appuyer.

-« Relâche mon fils. »

-« Tue- moi si tu veux, mais je ne le ferais pas. »

Kate baissa son arme de quelques centimètres et tira dans sa cuisse gauche.

-« Vous ne quitterez pas cette maison. » fulminait France Bellano.

-« Toi non plus… » assura Kate.

D’un geste brusque, une prise de karaté très habile, elle l’envoya valser à l’autre bout de la pièce. France Bellano tomba inerte sur le sol.

Resté planté au milieu de la pièce, Merlin avait les yeux écarquillés. Souvent il avait entendu son père parler des exploits de sa mère, mais jamais il ne l’avait vu dans une telle colère. Il n’avait jamais entendu le ton de sa voix aussi dur, ce regard menaçant à vous glacer le sang. Jamais il n’aurait imaginé une telle chose.

Elle s’approcha enfin de son fils et lui pris les mains. Elle aurait aimé le prendre dans ses bras, mais savais qu’elle risquait de faire exploser la ceinture prématurément.

-« Elle est m… » il n’osait même pas terminer sa phrase.

-« Non, juste un peu assommée… » lui sourit-elle, les yeux remplis de larmes.

-« Pardon maman…Pardon. »

-« On réglera ça à la maison mon trésor. » répondit-elle en lui caressant le joue, effaçant ses larmes au passage. « On va sortir d’ici, je te le promets. »


judy1  (14.03.2015 à 18:49)

Ames sensibles, préparez vos mouchoirs 

 

Chapitre 18 :

 

L’équipe d’Esposito était en route, il aurait aimé conduire comme un dingue et arriver au plus vite, mais à cette heure les rues étaient bondées et même si les sirènes et le gyrophare les aidaient à se frayer un chemin, la circulation était trop dense. A l’arrière du véhicule Castle se rongeait les ongles tout en essayant encore et encore de joindre sa femme. Sur le siège passager, Ryan était au téléphone avec un Capitaine d’un poste de Staten Island : il lui résumait la situation en précisant les coordonnées de la maison où Merlin avait été vu, donnait le signalement de Beckett ainsi que le numéro de plaque de sa voiture.

 

-« J’aurais pas dû partir, j’aurais pas dû la croire. » sanglotait toujours Merlin dans l’espoir d’entendre sa maman le réconforter, même s’il ne pensait pas en être digne.

-« Merlin… » fit Kate en lui prenant le visage entre les mains. « Je ne suis pas en colère…Enfin, pas contre toi. » assura-t-elle. « Rien de tout ça n’est ta faute. Tu n’as rien à te reprocher mon chéri. C’est à moi de m’excuser. »

Après une semaine de séparation, entendre la voix rassurante de sa maman avait un pouvoir hypnotique sur Merlin. Il ne pouvait plus détacher son regard du sien, ses larmes coulaient sans qu’il ne puisse les contrôler.

Dans un premier temps, Beckett avait caressé les joues de son fils et ne pensait qu’à le serrer dans ses bras. Mais la présence de la bombe la fit redescendre sur terre, alors elle reprit son rôle de Capitaine de Police et fixa son attention sur la ceinture.

-« Elle a dit que le ceinturon devait rester bien appuyé sur mon ventre… »

-« Génial.. » répondit-elle d’une voix qui aurait pu sembler détacher. « Et qu’est-ce qu’elle a dit d’autre ? »

-« Il y a plein de clou là, dans les poches… »

-« Wah… »

-« Le 5. » il montra le chiffre sur le ceinturon. « Elle a dit que la bombe exploserait dans 5 secondes si je l’enlevais… »

-« Regarde-moi Merlin. » demanda Kate avec une voix pleine de tendresse. « Tu n’as rien fait de mal. »

Ces paroles, réconfortantes pour Merlin, servaient de diversion pour Kate. Tout en parlant, ses doigts habiles desserraient lentement la ceinture.

-« Qu’est-ce que tu fais. » paniqua Merlin en sentant la ceinture glissée.

Kate tenait le ceinturon serré entre ses mains. Mère et fils échangèrent un regard terrifié. Elle écarta lentement les doigts pour apercevoir le chiffre. Combien de seconde avait-elle perdu.

-« Les 5 secondes sont passées. » fit une Kate triomphante en admirant le 3 figé sur le petit cadran.

-« Maman… » supplia Merlin, ne comprenant pas tout à fait le geste de sa mère.

Les larmes commencèrent à envahir les yeux de Beckett.

-« Je fais ce que je suis venue faire…Je vais te sortir d’ici. »

Merlin fronça les sourcils.

-« Merlin… Tu n’es pas responsable et rien de tout ceci n’est ta faute. C’est à moi qu’elle en veut et elle n’avait pas le droit de se servir de toi. » assura Kate pour la seconde fois. « N’oublie jamais que je t’aime. Je t’aimerais toujours et je serais toujours là pour veiller sur toi, parce que je suis ta maman et que je t’aime plus que tout. »

Elle aurait aimé pouvoir essuyer les larmes sur ses joues, le serrer dans ses bras une dernière fois.  Mais elle ne pouvait pas. En entrant dans cette maison elle savait qu’elle n’en ressortirait peut-être pas, elle s’était presque préparée à l’éventualité de devoir donner sa vie contre celle de son fils. Elle acceptait le sacrifice, sachant qu’il aurait la vie sauve.

-« Sauve-toi Merlin. Sors d’ici. » ordonna-t-elle d’une voix douce.

-« Mamannnn…. »

Dehors,on pouvait entendre des sirènes de police, mais elle était encore loin et mettrait probablement plusieurs minutes à arriver.

-« Papa arrive. » lui sourit Kate, confiante. « Sors de cette maison mon trésor… » répéta-t-elle d’une voix un peu plus autoritaire.

-« Ça aurait presque pu être mignon. » se moqua France Bellano qui se relevait avec peine. « Si ce n’était pas aussi pathétique. »

-« Merlin est dehors… Vous avez perdu. » répondit simplement Beckett en admirant les grimaces qui trahissaient l’étendue des douleurs.

-« Tu te crois maline parce que ton fils est dehors, mais toi, tu ne t’échappera pas. Et quand il réalisera que sa maman chérie est morte en le délivrant, que va penser ton petit Merlin ? Juste que tout est de sa faute, que c’est Lui qui t’a tué. » assura-t-elle, triomphante en se dirigeant vers l’arrière de la maison, espérant certainement sortir par là avant que la police n’envahisse le quartier.

D’une manière très rapide, Beckett évalua la situation : Bellano avait une épaule déboîtée, une main brûlée et une jambe blessée par balle. Avec la dose d’adrénaline et sa débrouillardise, elle était capable de s’enfuir. Si elle arrivait à quitter cette maison, le temps que les policiers lancent l’avis de recherche, elle aurait probablement déjà quitté la ville.

Katherine Beckett savait qu’elle allait mourir, mais elle ne comptait pas s’avouer vaincue pour autant.

-« France… » appela-t-elle en reculant de deux pas avant de prendre son élan.

Surprise, Bellano se retourna.

Le temps qu’elle comprenne que Beckett, plantée à l’autre bout de la maison, à une dizaine de mettre de mètres d’elle, venait de lui lancer la ceinture de Merlin, c’était trop tard, les 3 secondes étaient passées.

Kate aurait pu utiliser ces 3 secondes pour s’éloigner ou se mettre à l’abri derrière un mur, mais non. Elle voulait être certaine que cette fois ci, France Bellano ne puisse plus fuir. Cependant, au dernier moment son corps eut un mouvement de reflex et Beckett se retourna, bien malgré elle, comme si ce simple geste pouvait lui éviter le pire.

 

Dehors, Merlin était sur le pas de la porte quand il entendit le prénom de son ravisseur, il se retourna vers la maison comme pour s’assurer que tout irait bien pour sa maman.

Les premiers véhicules de police arrivèrent au moment de l’explosion. France avait raison, les charges d’explosifs ne devaient pas être énormes, car mis à part une forte détonation et quelques carreaux qui volèrent en éclats, il ne semblait pas y avoir de dégâts.

Ce n’est qu’en s’approchant de l’enfant en état de choc, debout sur le perron, que les policiers remarquèrent les clous sur le sol. En voulant le réconforter, l’un deux remarqua que quelques-uns s’étaient plantés dans ses bras et supposèrent que les réflexes de l’enfant avaient protégé son visage au détriment d’autres parties de son corps.

Une dizaine de minutes plus tard, la voiture d’Esposito arriva enfin au bout de la rue. En voyant les 3 ambulances et la multitude de voitures de police garées à proximité, le cœur de Castle manqua de s’arrêter.

C’est presque machinalement que Rick sortit du véhicule. Il ne remarqua pas les agents venant à sa rencontre, ni ceux qui tentaient de l’arrêter et encore moins les interventions de Ryan et Esposito faisant signe à leur collègues de le laisser passer.

Il passa à côté d’une ambulance sans remarquer le médecin apportant les premiers soins à son fils, toujours sans réaction. Il voulut entrer dans la maison mais un agent lui conseilla de ne pas aller plus loin.

De là où il était, il ne pouvait voir qu’un corps recouvert d’un drap et 3 urgentistes s ’activer autour d’une autre silhouette.

-« Oh mon Dieu… » laissa-t-il échapper, en larmes.

En se retournant pour tenter d’appercevoir ses collègues, il le vit enfin : son fils. Assis dans une ambulance, le regard absent et le visage remplis de larmes.

-« Merlin… Merlin… »

Le médecin le laissa passer et l’invita même à prendre son fils dans ses bras. Il lui donna un bref récapitulatif des blessures de l’enfant tout en l’assurant que mise à part quelques cicatrices aux bras, il n’en garderait aucune séquelle. Mais Rick n’écoutait déjà plus. Son regard suivait celui de son fils, vers la maison, osant à peine imaginer l’état dans lequel devait être sa femme.

-« Papa… » murmura soudain Merlin, faisant sursauté son père qui était perdu dans ses pensées.

Rick ne répondit pas, mais tourna la tête pour croiser le regard de son fils.

-« Maman est venue me chercher… »

-« Je sais. » fit simplement Castle, sentant une énorme boule au travers de sa gorge. « Ta maman a passé la semaine à te chercher. » continua-t-il avant de le serrer dans ses bras pour lui éviter la scène qui se déroulaient sous ses yeux :

Kate étaient allongée sur une civière. Elle était sur le ventre car son dos présentait une multitude de petites plaies. Aux premiers abords, ça ne semblait pas si grave, et Rick ne se serait pas inquiété outre mesure si les médecins autour d’elle ne semblaient pas aussi pressés de rejoindre l’hôpital le plus proche.

-« Monsieur Castle ? » demanda un médecin, sans entrer dans l’ambulance. « Votre fils est entre de bonnes mains, je pense que vous devriez venir avec nous. »

-« Mais… » il regarda vers Merlin. Il ne pouvait pas le laisser seul, pas après cette semaine. Pas après ce qu’il venait de vivre.

-« Je ne vais pas le quitter des yeux une seconde. » assura Esposito en s’asseyant à côté de Merlin. « Tu devrais les suivre. »

 


judy1  (15.03.2015 à 18:02)

Chapitre 19 :

 

Dans l’ambulance, Castle avait suivi un moment les conversations des médecins, mais ne comprenant rien au charabia médical, il laissa vite tomber et se mit à prier silencieusement.

Rick attendait depuis une heure maintenant. Il s’était habitué au vas et viens des médecins et infirmières. Personne n’osait encore se prononcer, la seule infirmière qui s’était arrêtée avait juste dit qu’elle ne pouvait rien lui dire et que l’un des médecins viendrait lui parler quand ils en sauraient un peu plus.

Jim arriva à son tour et s’inquiéta de l’état de sa fille, mais comme Castle n’en savait pas plus que lui, les deux hommes se mirent à parler de Merlin.

-« Martha et Alexis sont auprès de lui. » assura-t-il pour rassurer son gendre.

-« Dans l’ambulance, les médecins parlaient d’hémorragie… » marmonna Rick, le regard fixé vers la porte du bloc opératoire.

Ils durent encore attendre une demi-heure avant que l’un des chirurgiens ne s’adresse enfin à eux.

-« On a fini par trouvé d’où venait l’hémorragie et on a réussi à la stopper. » assura-t-il en s’abstenant d’entrer dans des détails trop complexes. « Le plus difficile maintenant va-t-être de retirer chaque clou sans causer plus de dégâts. Une fois qu’on se sera assuré qu’il n’en reste plus un seul, nous lui feront passer un scanner pour s’assurer de ne pas passer à côté d’une autre hémorragie. »

-« Des clous ? » fit Jim en se demandant comment sa fille pouvait se retrouver dans un état aussi critique à cause de quelques clous.

-« Bombe artisanale… C’est tout ce que je sais pour l’instant. » souffla Rick en s’asseyant. « Mère emmène Merlin au poste. Esposito aimerait avoir son témoignage tant que tout est bien gravé dans sa mémoire. » affirma-t-il après lecture du texto qu’il venait de recevoir.

-« Pauvre petit… Ils ne pouvaient pas le laisser tranquille ! » S’insurgea le grand père.

-« Non… Ça va être difficile pour Merlin, mais ça sera encore pire s’il doit le raconter demain ou après-demain, alors que son esprit cherchera à tout prix un moyen de refouler ce souvenir. »

-« Vous devriez y aller. » insista Jim. « Il va avoir besoin de son père. De toute façon, il n’y a rien que l’on puisse faire de plus ici. Je ne bougerais pas et je vous appel au moindre changement.

En arrivant au poste, Rick croisa sa mère qui l’assaillit de question sur l’état de Kate et qui le rassura sur celui de Merlin. Il souffrait d’une légère déshydratation, de quelques ecchymoses et ses avant-bras garderaient des cicatrices, mais le plus inquiétant restait son état d’esprit.

-« Il est terrifiée. » assura Martha, inquiète pour son petit-fils autant que pour sa belle-fille. « Il a peur de perdre sa maman, peur que tu le grondes, peur… »

-« La dernière chose que j’ai envie de la faire, c’est bien le gronder. » l’interrompit Rick en la remerciant d’avoir pris soin de Merlin.

Esposito et Ryan étaient tous les deux occupés avec les témoignages des voisins de Bellano s’étant manifestés et la déposition de l’inspecteur Wesson. En le voyant approcher d’eux, l’agent qui gardait Merlin lui céda la place.

-« C’était le bureau de ta maman quand elle était Lieutenant. » dit-il simplement en s’asseyant sur le fauteuil qui était autre fois le sien, et qui était toujours là.

Honteux, terrifié et ne sachant pas quoi dire, Merlin baissa les yeux.

-« Comment va maman ? Tu es fâché ? »

-« Les médecins s’occupent toujours d’elle, et ils ne sont pas très bavards. Et oui, je suis en colère… » Il releva le menton de son fils pour le regarder droit dans les yeux. « Je suis en colère… Parce que j’aurais dû intervenir entre ta mère et toi. Je suis en colère parce qu’hier soir, je suis rentré à la maison et que je me suis endormi en berçant Lily… Je suis en colère parce que ta maman était seule pour te sortir de là. » sous l’effet de ses ressentiments, Castle n’avait pas conscience qu’il élevait peu à peu la voix. « J’aurais dû être là-bas, avec elle. J’aurais dû… Oui, oui Merlin je suis furieux. Mais pas contre toi. » assura-t-il en le serrant dans ses bras.

« Viens avec moi. » demanda-t-il en le prenant par la main.

-« j’aime pas ce bureau ! » pleurnicha-t-il en s’asseyant, un peu forcé, sur la chaise de sa maman.

-« Pourquoi ? » fit Castle, surpris de cette révélation.

-« Parce qu’à chaque fois que maman y est, elle crie sur quelqu’un. Ou alors, elle a plein de travail et pas le temps pour moi. »

-« Ce n’est pas faux. » soupira Rick après une seconde de réflexion. « Ouvre le tiroir de gauche. »

Merlin s’exécuta, sans poser de questions.

-« Moi aussi je dois faire une déposition ? » demanda-t-il, presque déçu en découvrant plusieurs piles de documents.

Malgré les circonstances, cette remarque fit sourire Rick.

-« Ta mère s’énerve déjà assez comme ça en relisant les pattes de mouches de Ryan. » sourit-il avec tendresse. « Non, je pense que parrain Espo écrira pour toi. Tu vois le petit rebord en bois ? »

Merlin acquiesça.

-« Alors pousse le plateau. »

Merlin suivit les ordres et fonça les yeux en découvrant un compartiment secret rempli de photos et gadget en tout genre.

-« J’ignore combien de génération de Capitaines ce bureau a vu défiler, mais je pense que ce tiroir n’avait jamais autant été ouvert avant que ta maman n’en hérite. »

-« C’est quoi tout ça ? Hé, mais c’est à toi que je l’avais fait ce dessin ! »

-« Ta maman l’aimait bien ! » se contenta-t-il de répondre, d’un air résolu. « Tu avais raison sur une chose Merlin : ta maman a son petit préféré à la maison ! »

Il laissa à son fils le temps d’admirer quelques photos avant de continuer.

« S’il n’y a aucune photos de toi à la maison, c’est parce qu’elles sont toutes ici. Tes bricolages disparaissent, mais ce n’est pas la poubelle qu’ils remplissent. Le préféré de ta maman. » affirma-t-il en parlant du cadre en bois décoré à la main que son fils venait de saisir.

Merlin se mit à pleurer devant un portrait de lui et sa maman.

« Elle sait que tu t’es fait gronder pour avoir dessiné des éléphants au lieux des fleurs prévues. »

-« Ça ressemble pas vraiment à des éléphants… Maman aurait trouvé ça cucu, des fleurs ! »

-« Oui. » sourit Rick, en imaginant déjà la tête qu’aurait fait sa femme. « Mais elle l’aurait quand même gardé. Et elle les trouve très jolis tes éléphants ! »

-« Si elle les aime bien, pourquoi elle les a pas mis sur son bureau ? »

-« Parce qu’il n’y a pas que des gens biens qui entre dans son bureau. » commença Castle en se mettant à genoux devant son fils. « Ta maman garde tout ça ici parce qu’elle en a besoin, le soir quand elle reste tard. Quand elle sait qu’elle loupe un des matchs. Quand elle a besoin de se souvenir que si elle travail autant, c’est pour que Lily et toi puissiez sortir de la maison sans vous faire agresser. »

Il essuya les larmes de son fils en devinant ses pensées « Sur ce coup là, c’était complètement raté. »

« Elle va s’en vouloir tu sais. Cette femme s’en est prise à toi justement parce que ta maman t’aime et qu’elle voulait lui faire du mal. Tu n’as rien à te reprocher et personne ne t’en veux. »

-« Mais maman… » se mit-il à pleurer.

Rick l’arrêta aussi vite.

-« Ta maman a passé des nuits entières à te chercher, et elle t’a retrouvé. Elle a fait ce que n’importe quelle maman aurait fait, elle a été te chercher. »

-« Elle va s’en sortir, hein ? Elle va rentrer à la maison ? » il fit d’incroyables efforts pour ne pas fondre en larmes, mais en vain.

Rick réfléchit quelques secondes avant de répondre. Lui et Kate avaient pour principe de ne jamais mentir à leurs enfants, sous aucun prétexte. Lui aussi était inquiet pour elle, mais ne valait-il pas mieux rassurer Merlin ?

-« Ta maman a déjà survécu à beaucoup de choses : une explosions, quelques tueurs en série, et même à une balle dans le cœur… Ce ne sont pas quelques petits clous qui vont lui faire peur ? »

Merlin le regarda droit dans les yeux et s’élança dans ses bras.

-« Tu sais pas mentir quand tu parles de maman… » sanglota-t-il.

Rick le serra fort et se laissa aller à verser quelques larmes lui aussi.

-« C’est vrai… J’en suis incapable. Alors je vais te dire la vérité. »

Rick était toujours à genoux, devant son fils qui se tenait droit comme un « i ».

-« Je ne sais pas Merlin… Je crois que pour l’instant, personne ne peux le dire.

 

Deux jours plus tard :

-« Richard, il est quatre heures du matin ! Tu ne dors donc jamais ? » fit Martha en redescendant de la chambre de Lily avec un biberon vide.

Castle était assis à la table de la salle à manger. Il s’était servi des photos du tiroir de Kate pour faire refaire des doubles chez un photographe et il de s’appliquait à remplacer les albums que Merlin avait déchiré avant de partir avec Bellano. 

-« Merlin n’était pas censé t’aider ? »

-« On a choisi les photos ensemble. Je l’ai envoyé se coucher… Je vais les coller et demain il n’aura plus qu’à décorer les pages. » il soupira. « Les albums de Kate étaient magnifiques… Je ne m’étais jamais rendu compte du travail que ça lui avait donné ! »

-« Katherine n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié quand il s’agit de ses enfants. »

Martha posa la main sur celle de son fils.

-« Elle va s’en sortir Richard… Elle va s’en sortir. »

-« J’aurais dû être avec elle. Pourquoi elle ne m’a pas appelé ? Je dormais bien tranquillement pendant qu’elle, elle courrait à l’autre bout de la ville pour sauver NOTRE fils… Pourquoi ?… »

-« Richard ! Stop… » ordonna Martha. « Tu sais ce qu’elle est la première chose que je ferai quand Katherine se réveillera ? »

Rick regarda sa mère, mi exaspéré par cette certitude dont lui-même doutait, mi inquiet.

« Parce qu’avec un caractère comme le sien, crois-moi, elle ne peut que se réveiller. » assura Martha.

Cette phrase aurait pu paraître bien déplacée, mais Rick connaissait suffisamment sa mère pour savoir que ce n’était probablement que sa manière de se rassurer elle-même.

« Je la remercierai bien sûr d’avoir ramené Merlin sain et sauf. Mais je la remercierai de t’avoir laissé dormir. »

-« Mère… »

-« Si tu avais été avec elle, dans cette maison, qu’est-ce que tu aurais pu faire de plus ? »

-« Je ne sais pas. Mais on forme une équipe. On est toujours plus fort à deux et … »

-« Et au mieux, tu serais dans un lit à côté du sien… Au pire, tu tiendrais compagnie au Docteur Parish. Tu aurais fait comme elle : tu aurais mis Merlin à l’abri et tu aurais voulu en finir avec cette femme. Ose me dire que j’ai tort ! » nargua-t-elle.

Étant donné qu’elle n’avait pas de réponse, elle se leva.

-« Merlin a besoin de toi pour traverser cette épreuve. Lui et Lily ont besoin de ton soutien et de tout ton amour. C’est probablement en pensant à eux qu’elle y est allé seule. »

Sur ses dernières paroles, elle repartit vers  la chambre d’amis pour laisser son fils réfléchir.

-« Qu’est-ce que tu fais là toi ? » demanda-t-elle en ébouriffant les cheveux de Merlin qui était aux pieds des escaliers.

-« J’arrivais pas à dormir. »

-« Castle… » fit Rick en décrochant son téléphone. « J’arrive tout de suite. » fit-il en se relevant d’un bond.

« Kate… » bafouilla-t-il devant le regard ahuri de sa mère et de son fils. « Elle vient de se réveiller. » sourit-il, les yeux remplis de larmes.

-« J’peux v’nir ? » demanda Merlin en suivant son père.

-« Il est 4 heures du matin… »

-« S’il te plaît papa… » insista-t-il, les yeux brillants. « S’il te plaît… J’veux voir maman ! » se mit-il à pleurer.

Rick regarda sa mère, dont le regard répondit à ses questions. Il prit son fils dans ses bras et se dirigea vers la porte de loft.

-« Prend ta veste… » fit Castle à son fils en passant à côté du porte mentaux.

-« Je suis pieds-nus ! »

-« Ta mère va me tuer : je te laisse sortir au milieu de la nuit, pieds-nus et… »

-« T’as de la chance, son arme est sur le bureau de tonton Ryan… » plaisanta-t-il en revoyant encore le pistolet de sa mère, emballé dans un sachet plastique et posé sur le bureau de Ryan, au milieu de tout un tas d’autres pièces à convictions.


judy1  (16.03.2015 à 18:34)

Chapitre 20 :

 

-« Monsieur Castle… »  fit l’infirmière en chef qui l’avait appelé. « Le médecin vient juste de partir, mais il viendra vous voir dès demain matin. Votre femme est un peu déboussolée mais tous les signes vitaux sont excellents. On peut dire qu’elle a eu de la chance. » sourit-elle. « Hé, tu dois être Merlin toi ? »

Impressionné par cette femme qu’il ne connaissait pas et qui parlait à son père comme s’ils étaient les meilleurs amis du monde, Merlin enfuit sa tête dans le cou de son père.

-« On est parti un peu précipitamment… » se justifia Castle en voyant le regard de l’infirmière se poser sur les pieds de son fils.

Elle se contenta de sourire, retenant manifestement son fou-rire.

-« Ses premiers mots ont été pour toi. » affirma-t-elle en passant la main dans le dos du petit garçon. « Si le médecin n’avait pas pu la convaincre que tu étais en sécurité, elle aurait été capable de se lever et d’aller te chercher. Désolée… » se reprit-elle devant le regard émerveillé du mari. « C’était une façon, un peu trop maladroite de ma part, de vous expliquer ses motivations. »

Incrédule, Merlin leva les yeux vers son père qui se retenait de rire malgré son regard brillant de larmes.

« Par contre, je vous demanderais de ne pas rester trop longtemps. Elle a besoin de calme…Et de repos. »

-« Maman… Se reposer ? » fit-il d’un regard moqueur lorsqu’ils furent éloignés de quelques pas de l’infirmière.

-« Attend qu’elle soit complètement remise, ils vont supplier pour qu’on la reprenne à la maison. » répondit Rick avec malice.

L’amélioration de l’état de santé de Kate avait tellement soulagé les deux hommes de sa vie que l’angoisse des derniers jours retomba d’un coup et les plaisanteries fusaient. Mais en la voyant allongée sur son lit d’hôpital, branchée au moniteur qui surveillait son rythme cardiaque et dépendant de diverses perfusions et pompe à morphine, Merlin paniqua.

-« Ça va aller tu sais… Elle va bien. » assura Rick qui avait senti son fils se raidir.

-« Hey… » gémit Kate. « Qu’est-ce que vous faites là ? » peina-t-elle à articuler, d’une voix pâteuse.

-« Hey. » répondit Rick en s’approchant du lit. « Alors, il parait que tu rends déjà le médecin complètement dingue ! » plaisanta-t-il.

-« Il avait promis de rien dire. » murmura-t-elle en faisant de gros effort pour ouvrir les yeux.

Père et fils échangèrent un regard avant de pouffer de rire.

-« Merlin ? » soupira-t-elle dans un souffle.

-« Tu fais attention hein ? » s’adressa-t-il à son fils avant de le déposer doucement sur le lit de Kate.

-« Merlin… » continua Kate en laissant échapper quelques larmes et bougeant son bras pour essayer de le serrer contre elle.

-« Tu as mal ? » demanda l’enfant en voyant sa maman pleurer, se méprenant sur le motif des larmes.

-« C’est supportable. » mentit-elle.

-« Toi non plus tu sais pas mentir ! » affirma Merlin en déposant délicatement un baiser sur sa joue.

Malgré la température correcte de la chambre, le pyjama de Merlin n’était pas assez chaud et c’est bien malgré lui qu’il gigota jusqu’à ce que ses pieds gelés cognent les jambes nues de sa mère.

L’effet de surprise et le choc contre son mollet firent grimacer Kate.

-« Pardon. » fit Merlin, tout penaud.

-« Pieds nus ? » s’étonna Kate en fixant le haut de la tenue de son fils. « Pyjama… » soupira-t-elle

-« On a accouru dès que l’infirmière a appelé. » se défendit Rick « Il est à peine 5 heures du matin. » se défendit-il en espérant qu’elle ne se mette pas en colère.

-« Vous n’étiez pas obligés… Je ne risquais pas d’aller bien loin. » grimaça-t-elle, sentant bien qu’elle n’était pas en état de protester d’avantage.

-« Excusez-moi de vous déranger. » intervint l’infirmière qui avait accueilli les deux garçons un peu plus tôt. « Madame Castle a besoin de se reposer. Le médecin passera vers 9 heures, vous pourriez revenir à ce moment-là. »

-« Encore un moment. » gémit Kate en passant son bras autour de son fils.

Ce simple petit geste devait lui demander d’énormes efforts et une souffrance au-delà du tolérable dont l’infirmière, surprise, avait tout à fait conscience.

-« Si je m’en vais tout de suite, Merlin pourrait-il passer le reste de la nuit auprès d’elle ? » chuchota Rick à l’oreille de l’infirmière.

-« Certainement pas ! » répondit-elle à voix haute.

Rick entraîna l’infirmière hors de la chambre pour ne pas attirer plus l’attention de Kate, ni celle de Merlin.

« C’est pour sauver la vie de notre fils qu’elle a risqué la sienne. Elle pensait ne plus jamais le revoir, Merlin était présent lors de l’explosion… Laissez leur quelques heures, ils en ont besoins. »insista-t-il, la voix suppliante.

Elle hésita. Regarda tour à tour vers la chambre, puis Castle.

-« Ok… » lâcha-t-elle très brièvement. « Je vais m’arranger avec mes collègues. Mais soyez-là avant que le médecin n’arrive, sinon, vous n’aurez plus qu’à me trouver un nouveau job. »

L’infirmière poursuivit sa ronde et Rick entra, tout sourire, dans la chambre de sa femme.

-« Je compte sur toi pour veiller sur maman. » dit-il en faisant un clin d’œil à son fils tout en déposant un baiser sur le front de Kate.

-« Il peut rester ? » demanda Kate alors que Merlin regardait son père avec une certaine excitation.

-« J’ai promis à l’infirmière que tu serais sage s’il restait avec toi… Ne me faites pas mentir ! » ajouta-t-il avec malice avant de quitter la pièce.

Merlin resta un long moment sans rien dire, osant à peine bouger de peur de faire mal à sa maman. Tout était tellement calme qu’il était persuadé qu’elle s’était rendormie.

-« Pardon maman… » répéta-t-il effleurant son bras.

-« Arrête mon chéri. C’était ma faute, pas la tienne. »

-« Tout le monde me dit que ce n’est pas ma faute, mais tu es à l’hôpital… Je m’en veux ! »

-« Tu as passé toute une semaine avec une tueuse en série. » fit-elle remarquer, même si sa voix ressemblait plus à un souffle. « Tu crois que je ne m’en veux pas pour ça ? »

-« Mais… »

-« Merlin… Mon trésor… Je suis trop fatiguée pour me disputer. » marmonna Kate tout en gardant les yeux fermés et resserrant l’étreinte autour de son fils, malgré la douleur. « Je t’aime et je suis juste heureuse de pouvoir te serrer contre moi. S’il te plaît… Dors. »

Il resta un long moment à la regarder, sans rien dire. Attendant simplement qu’elle trouve le sommeil.

-« Repose toi ma petite maman… » souffla-t-il à son oreille dès qu’il entendit un faible ronflement.

Merlin s’endormit à son tour et ne se réveilla en sursaut que deux heures plus tard, quand la porte de la chambre se referma un peu trop bruyamment.

-« Qu’est-ce que vous faites ? » protesta-t-il en maintenant le bras d’une infirmière qui s’apprêtait à injecter le contenu d’une seringue dans la perfusion.

-« Mon travail… » assura-t-elle en essayant de se dégager.

-« Merlin…S’il te plaît…. » gémit Kate.

-« C’est pas la même infirmière que tout à l’heure. » se défendit-il. « C’est peut-être même pas une infirmière… Et il y a quoi dans cette seringue, hein ? »

Kate ouvrit péniblement les yeux et fit une mine navrée vers l’infirmière.

-« Le téléphone… S’il vous plait. » demanda-t-elle.

L’infirmière ouvrit de grands yeux, mais devant le bras tendu de la patiente qui attendait toujours le téléphone et le regard insistant de Merlin, elle n’eut pas le choix.

-« Appelle Marraine. » demanda Kate, sachant qu’elle n’était pas en état de raisonner son fils et qu’une seule personne pouvait le faire à sa place.

Merlin composa le numéro sous le regard assassin de la femme, plus intriguée qu’outragée.

-« Marraine ? »

-« Merlin ? » sursauta Lanie en se mettant tout de suite assise dans son lit. « Qu’est-ce qui se passe ? Où es-tu ? »

-« A l’hôpital, avec maman. » dit-il comme une évidence. « Une dame qui se dit infirmière veut lui injecter un truc et j’veux pas qu’on lui fasse du mal et … »

-« Merlin Castle ! » interrompit Lanie, excédée. « Passe la moi. » ordonna-t-elle.

Fier, le regard sur de lui, il passa le combiné à l’infirmière. Les deux femmes discutèrent quelques minutes, et elle tendit à nouveau le téléphone vers le petit garçon.

-« Merlin chéri… » commença Lanie. « Si tu ne laisses pas cette infirmière faire son travail, tu expliqueras à ton papa pourquoi ta maman se tord de douleurs quand il viendra te chercher. »

Sur ces dernières paroles, Lanie raccrocha brusquement et tenta de se rendormir. Une seconde plus tard, elle explosa de rire en imaginant ce petit garçon, avec un regard aussi assassin que celui de sa mère, donnant des ordres à une parfaite inconnue.

Merlin, se pinça les lèvres en raccrochant et baissa les yeux.

-« Désolé ! »

-« Aucun problème. » fit l’infirmière en approchant de la perfusion.

Elle fixa un instant la mère et l’enfant et sourit avec tendresse.

« Ta maman a de la chance d’avoir un petit garçon aussi génial que toi. » assura-t-elle  avec envie avant de quitter la chambre.

Ce petit incident dû faire le tour de la salle des infirmières et se propager dans tous l’étage, car pendant l’heure qui suivit, chaque personne qui entra se présenta et montra le badge officiel fourni par l’hôpital pour prouver leur appartenance au service.

Rick arriva vers 8 heures 30 avec des vêtements propres pour son fils ainsi que sa paire de chaussures. Lorsque le médecin entra dans la chambre, vers 9 heures, chacun fit comme si les deux Castle venaient juste d’arriver.

 

Epilogue :

 

 

Vingt ans et quelques années plus tard….

Merlin était assis sur le sol du bureau de sa mère, l’esprit perdu dans ses pensées et le regard vide, fixant un dessin d’enfant. Le son de la canne de Kate dans les escaliers le ramena sur terre, avec un petit sourire aux lèvres.

-« Merlin ? Tout va bien ? » S’inquiéta-t-elle, comme à chaque fois qu’elle le retrouvait dans cette pièce.

-« Je n’arrive même pas à croire que tu l’ais encore… Ça t’arrive de jeter des trucs ? »

-« Pas quand ce sont des cadeaux de mes enfants. » lui sourit-elle en s’asseyant sur la chaise. « Alors, c’est quoi cette fois ? » lança-t-elle d’un coup, sachant que son travail était sa principale source de stress.

-« Une petite fille enlevée par un serial Killer… » affirma Merlin de but en blanc.

-« Oh mon chéri… Tu sais que tu as le droit de passer ton tour ! Demande à l’un de tes collègues de te remplacer. »

-« Ce n’est pas comme ça que ça marche maman. On travail en équipe et chacun à son rôle… »

-« Je ne comprends pas pourquoi tu as choisi ce travail. » soupira Kate en pensant à tout le mal qu’il s’infligeait en ressassant l’affaire Bellano. « Tu aurais pu faire tellement de choses… »

-« J’aurais pu être démineur… Ou dresseur de chiens. » se moqua-t-il

-« Merlin ! » commença-t-elle à le sermonner avant de se rendre compte qu’il se moquait d’elle. « Tu n’as pas approché un chien à moins de 5 mètres depuis plus de 20 ans ! »

Merlin sourit, tout en posant le dessin sur le sol et s’approchant du fauteuil.

-« En fait, cette histoire ne me pose pas vraiment de problème. Ça fait remonter des tonnes de souvenirs, pas toujours des plus agréables… Mais ce n’est pas pour ça que je suis venu…Ce matin, j’étais dans cette maison à étudier le peu d’indices laissés par le ravisseur et je me suis retrouvé, bien malgré moi, à entendre une conversation entre les parents… »

-« Merlin… »

-« Ne m’interrompt pas s’il te plait ; c’est vraiment important pour moi de te dire tout ça. » il inspira un bon coup, cherchant ses mots et hésitant sur la manière de commencer.

« Je crois que… Je ne me suis jamais rendu compte de ce que ça a dû être pour vous, à quel point vous avez souffert pendant cette semaine. » il fit une courte pause, réfléchi à nouveau avant de se lancer. « Ce n’est pas la première fois que tu me demande la raison qui m’a poussé à choisir cette carrière, mais au fond, tu la connais aussi bien que moi : France Bellano. »

-« Merlin… » soupira Kate, pleine de compassion.

-« Non Maman… Elle ne m’a pas détruit. Elle aurait pu, mais j’avais une telle confiance et papa et toi que je savais que je m’en sortirais. Quand tu es venue me chercher… Je me souviens de tout. » les larmes lui montèrent aux yeux.

«  Je me souviens de cette lueur dans tes yeux, la manière dont tu l’a envoyée valser à l’autre bout de la pièce, tes paroles… »

Cette fois, c’est Kate qui restait sans voix, les larmes aux yeux.

« J’aurais pu choisir un millier d’autre métiers, mais c’est celui-là que j’ai décidé de faire : entrer dans la tête des criminels, apprendre à les connaitre, anticiper et finir par avoir un coup d’avance. Comme tu l’as fait. »

-« Promets-moi d’être prudent… De ne rien faire de stupide. »

-« Comme aller sauver cette fillette sans appeler de renforts ? »

Kate le fusilla du regard.

« Rassure toi, je n’ai pas hérité de ton côté Kamikaze. » la rassura-t-il.

Un moment de silence gênant s’installa entre eux. Kate était sans voix. Elle ne s’attendait pas à ce genre de confidence.

« Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est comment elle a réussi à faire croire que tu ne m’aimais plus ? Comment j’ai pu être aussi aveugle et… »

-« Tu n’as rien à te reprocher, ce n’était pas ta faute. Tu n’étais qu’un petit garçon de 7 ans. »

-« Je sais. » assura-t-il en se mettant à genoux devant elle.

Il arrivait au bout de son discours. S’il ne se dégonflait pas, il arriverait à lui dire ce qu’il fardait en lui depuis des années.

« Les années de thérapies n’ont pas été totalement inutiles. « se moqua-t-il en repensant aux psys qu’il s’amusait à faire tourner en rond. « Je connais toute l’histoire. Je sais qu’elle s’est servie de moi et que rien de tout ça n’était ma faute. Même si parfois, j’ai du mal à m’en convaincre, je sais… » dit-il en regardant la jambe droite de sa mère.

La bombe artisanale de Bellano avait été redoutable. Si Merlin n’en gardait que quelques cicatrices aux bras, Beckett, elle, avait été touchée à la moelle épinière. Et malgré la succession d’opération et les années de rééducation, elle était incapable de marcher sans canne.

Elle releva la tête de son fils pour le regarder droit dans les yeux.

-« Les médecins disaient que je ne remarcherais jamais ! » se souvient-elle « Une jambe contre la vie de mon fils. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde : je referais exactement la même chose. »

Merlin sourit, se releva doucement et la pris dans ses bras.

-« Vous avez passé des années à me répéter que je n’y étais pour rien… » continua-t-il, hésitant. « Ce que j’ai réalisé ce matin, c’est que personne ne vous a jamais dit, à toi et à papa, que ce n’était pas VOTRE faute non plus. Je sais que tu t’en veux toujours, mais toi aussi tu devrais arrêter. »

-« Oh Mon trèsor… » souffla Kate, émue.

-« En parlant de ton trésor, où est papa ? »

Devant le regard assassin de sa mère, il se mit à rire aux éclats.

« Quoi ? Ne me dit pas que c’est un terrible secret… » se moqua-t-il. « Tu sais, tu peux continuer à raconter à tout le monde que son côté gamin t’agasse et qu’il a le don de te taper sur les nerfs, personne n’y crois. Et tant qu’on y es… Je sais aussi que tu es dingue de lui depuis votre rencontre. »

-« Ok… Alors en fait c’est ton père qui t’envoi… hein ? »

Merlin éclata de rire à nouveau.

-« Vous êtes incroyables. Vous êtes mariés depuis 30 ans et vous vous chamaillez encore comme des enfants. Je suis profiler, tu te souviens ? Je suis entrainé à reconnaitre les mensonges et celui-là est le plus gros que j’ai jamais entendu… » se moqua-t-il encore. « Alors ? Où est-il ? » demanda-t-il pour revenir à des sujets de conversations classiques et terminer ce moment de confidences sans que ce ne soit gênant, pour aucun des deux.

-« Dans le bureau du proviseur. Enfin, c’est là qu’il est censé être du moins. »

-« Finn va encore se faire renvoyer… »

-« Ton frère ressemble vraiment trop à ton père. »

Ils échangèrent un regard et élatèrent de rire.

-« Papa devrait lui acheter son diplôme, ça serait moins difficile que de lui trouver un lycée. »

-« Je lui ai interdit de le faire. » s’empressa de répondre Kate avec un regard sévère.

Lily arriva comme une tornade dans la pièce, posa toutes une série de questions à sa mère qui avait à peine le temps de répondre, reprit son souffle pour saluer son frère et confia sa petite Molly à garder, le temps d’une visite chez le pédiatre avec Théo.

-« Wahhh… » S’extasia Merlin une fois que la tornade Lily soit repartie. « Ça lui arrive de se calmer deux secondes ? »

Kate prit une grande inspiration et fit semblant de réfléchir.

-« Je ne crois pas… Et les jumeaux ne font pas grand choses pour arranger les choses. »

Ils eurent juste le temps de descendre les escaliers que Rick et Finn entrèrent à leur tour. Le père continuant sa liste de reproches tandis que le fils faisait de son mieux pour se trouver des excuses.

-« Il ne manque plus qu’Alexis… » soupira Merlin en regardant sa mère d’un air amusé.

-« Ta sœur est plus maline. Elle vient le matin, quand la maison est encore clame. » lui répondit-elle avec malice.

Bref… Une soirée des plus ordinaires commençait pour la famille Castle.

 

Fin


judy1  (17.03.2015 à 18:16)

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