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Série : Castle
Création : 04.05.2015 à 19h42
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Histoire plutôt tordue (comme d'habitude en fait ) » judy1
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
Souviens-toi, Castle.
Histoire à situer vers le début de la saison 4…. Avant que Castle et Beckett ne soit ensemble, avant que les choses ne s’enveniment entre eux, mais au moment où Kate peut aisément se laisser troubler par son petit écrivain.
Chapitre 1 :
Après une longue journée de paperasse, Beckett était sur le point de quitter le bureau lorsqu’elle se heurta à une visite inattendue.
-« Excusez-moi, c’est de ma faute. Je… » commença Kate qui ne regardait pas où elle mettait les pieds. « Martha ? » s’étonna-t-elle en découvrant le visage de la personne qu’elle venait de bousculer. « Euh… Castle n’est pas là… » bafouilla-t-elle.
-« Je sais. C’est à propos de lui que je venais vous parler. » annonça la comédienne, un peu gênée. « Mais je vous dérange. Je reviendrais demain. Ce n’est pas si urgent. »
-« Attendez. » la retint Beckett en la saisissant pas le bras. « Qu’est-ce qu’il y a ? » insista-t-elle en l’entraînant vers son bureau et reposant sa veste sur le dossier de sa chaise.
-« Euh… Comment se comporte Richard avec vous ? »
La question déconcerta Kate. Pouvait-elle répondre comme un abruti ?
« Je veux dire : ne remarquez-vous pas qu’il agit un peu… Bizarrement ces derniers temps ? » Précisa-t-elle devant la moue indécise du Lieutenant Beckett.
Face à l’angoisse de Martha, Kate résista à l’envie de lui dire que « agir bizarrement » étaient des termes décrivant à la perfection l’attitude de son fils depuis plus de 4 ans.
-« Non… Pas plus que d’ordinaire… » laissa-t-elle échapper, incertaine. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » ajouta-t-elle, curieuse.
-«. Ça a commencé avec cette histoire d’argent. » se lança Martha, décidée à vider son sac. « Quoi qu’ait pu vous dire Richard, je vous assure que je ne me suis JAMAIS servi sur son compte en banque… Du moins, pas sans l’en avoir informé au préalable. »
Kate se contenta d’esquisser un petit sourire de gêne.
« La semaine dernière, il est arrivé devant l’école d’Alexis et à confondu sa fille avec une autre. »
-« Castle est très blagueur. Ce n’était peut-être qu’une farce vis-à-vis d’Alexis… Ou un nouveau jeu entre eux. » proposa Kate, essayant de trouver un peu de logique dans cette attitude.
-« Si c’est le cas, Alexis n’a pas dû en saisir toutes les règles ! Mais pire encore… Ce midi, il est a assisté à mon cours. A la fin de celui-ci il m’a invitée à déjeuner. Je pensais que c’était encore un traquenard pour me reparler encore de ces 75 000 $, mais non. Il n’y a même pas fait allusion. Il a commandé un steak saignant, alors qu’il ne le mange que bien cuit. Il a adoré le vin qu’on nous a servi alors que c’était le plus mauvais que je n’ai jamais bu et… Après avoir payé l’addition, il… »
Kate, impatiente, attendait la suite.
-« Il m’a prise dans ses bras. » avoua Martha avec embarra. « J’adore mon fils, mais… Jamais au grand jamais il ne m’a prise dans ses bras devant autant de monde. En tout cas, pas sans y être obligé. »
Kate explosa de rire, bien malgré elle.
-« Excusez-moi Martha… Mais… » Elle cherchait ses mots tout en refoulant son fou-rire. « Castle ne vous le dira peut-être pas souvent de vive voix, mais votre fils vous aime, ça c’est certain. Pour ce qui est du déjeuner… Il a peut-être juste voulu essayer un autre style de cuisson… Pour le vin, j’imagine qu’il n’a voulu mettre personne dans l’embarras… et… »
-« Il ne m’invite pas souvent à dîner et ne s’invite pas comme ça sur mon lieu de travail. »
-« Vous avez de la chance. » soupira-t-elle.
-« Vous ne trouvez pas que son comportement est préoccupant ? »
-« Non. » assura Kate. « Il a peut-être eu envie de se faire pardonner pour… Pour l’une de vos querelles. Il est possible qu’il se soit rendu-compte qu’il vous avait manqué de respect et que c’était sa manière de vous demander pardon. »
Martha la regarda incrédule.
-« Vous avez réponse à tout hein ? »
-« Ou peut-être juste qu’il était en panne d’inspiration et qu’il avait besoin de s’aérer un peu. Ou alors, il s’est fait peur tout seul en imaginant un méchant vraiment cruel : il voulait juste un peu de réconfort. » se moqua l’inspectrice.
-« Ça, ça lui ressemblerait plus… » admit Martha. « Et pour l’argent qui a disparu de son compte en banque, vous avez aussi une explication ? »
Le sourire de Kate disparu. Elle se raidit sur sa chaise et prit un air un peu plus sérieux.
-« Oui. » soupira-t-elle avec appréhension. « Pour ça aussi j’ai une explication. Mais sans vouloir vous offenser, c’est avec votre fils que j’aimerais en parler en premier. »
-« Je vois… » fit Martha, dépitée en se levant. « Donc, je ne dois pas m’inquiéter… » se parla-t-elle à elle-même. « En tout cas, rien que le fait que vous ayez mené votre petit enquête sur ce qui préoccupait mon fils ses deniers jours prouve tout l’intérêt que vous lui portez. » fit-elle remarquer à l’inspectrice qui ne put s’empêcher de rougir légèrement.
-« Je n’avais rien d’autre à faire… » bafouilla-t-elle.
« Martha ? » appela-t-elle alors que l’actrice avait déjà appuyé sur le bouton de l’ascenseur.
Elle lui laissa le temps de se retourner avant de poursuivre.
-« Il y aurait-il quelque chose sur votre famille que vous cachez à votre fils ? » demanda Kate avec un naturel presque déconcertant.
-« Euh… » balbutia Martha, mal à l’aise.
Kate fronça les yeux. Elle ne s’était pas attendu à ce genre d’hésitation.
-« Je pensais à une maladie dégénérative … » précisa Beckett.
-« Non… Pas de mon côté en tout cas. » souligna l’actrice, soulagée que l’ascenseur ouvre ses portes.
-« Lanie ? » sursauta Beckett en se retournant.
-« Je sais que Castle n’est plus tout jeune, mais Alzheimer ? Tu n’y vas pas de mains mortes. »
-« Qu’est-ce que tu fiches là ? Tu veux me faire mourir de peur ou quoi ? »
-« J’ai déjà assez de travail comme ça. » répondit la médecin légiste avec un sourire ironique. « Notre soirée entre filles, tu te souviens ??? A moins que Alzheimer soit devenu contagieux peut-être ? » se moqua-t-elle.
Beckett leva les yeux au ciel et soupira en pensant à cette soirée qui s’annonçait.
Chapitre 2 :
Lanie avait choisi elle-même la tenue de Kate pour la soirée. Et ayant perdu un pari stupide avec son amie, Beckett avait beau la foudroyer du regard, elle n’était pas en position de refuser quoi que ce soit : cette soirée ne prendrait fin que quand Lanie serait satisfaite.
-« Non mais tu te fous de moi ? » hurla Kate en prenant Lanie par le bras. « Il est hors de question que j’entre là-dedans ! »
-« Ah oui ?? » nargua Lanie avec son regard vicieux.
-« Dans cette tenue ? Je vais me faire violer en moins de deux secondes. »
-« Mais non… Tu es superbe. Arrête un peu. » sermonna la métisse en gardant pour elle qu’elle aurait peut-être pu choisir un décolleté moins provoquant.
Lanie passa la sécurité en parlant au gardien qu’elle semblait plutôt bien connaitre. En un rien de temps, les deux filles se retrouvèrent à l’intérieur de la boite la plus branchée de la ville.
-« Lanie Parish… Je te jure que tu vas me le payer. » soupira Kate en claquant mentalement le type qui la déshabillait littéralement du regard.
-« Hey. » fit Lanie en tirant sur le bras de Beckett pour attirer son attention. « Regarde qui est là-bas ! » continua-t-elle en montrant un groupe de harpies autour d’un type paradant en costume et lunette noire.
-« Non, non, non, … Non, non. »
Kate avait beau protester, au dernier « non » elle se retrouvait déjà face à son écrivain préféré.
-« Hey. » balbutia-t-elle, visiblement mal à l’aise mais faisant face, malgré tout, à cette situation gênante.
-« Wah… » laissa-t-il échapper de manière peu galante tout en la regardant des pieds à la tête, s’attardant une seconde sur sa poitrine. « Un autographe ? » proposa-t-il en sortant un marqueur de la poche intérieure de sa veste s’approchant déjà du décolleté de Beckett.
Se sentant ridiculisée au plus haut point, Kate fulminait mais attendit néanmoins que leurs regards se croisent. Rien qu’à la lueur de folie meurtrière, très distinctement visible dans les yeux de Beckett, Rick rangea son marqueur.
-« Salut ma beauté. » fit-il en délaissant les deux filles qui le monopolisaient. « Tu sais que tu es vraiment canon toi ? »
-« Et toi, tu te souviens que j’ai toujours mon arme à portée de mains ? » le menaça-t-elle avec un regard assassin.
-« Moi non plus je ne sors jamais sans mon arme ! » fit-il remarquer en baissant les yeux vers son entre-jambe. « On pourrait se faufiler dans un coin et faire une petite séance de tirs. »
Devant le culot et le manque de respect auquel elle n’était pas habitée de la part de son coéquipier, Kate écarquilla les yeux et resta bouche-bée tandis que les deux harpies revenaient à la charge et emmenaient Castle vers le bar.
-« Non mais… »
Kate se tourna vers Lanie qui n’en pouvait plus tellement elle riait.
« T’as vu ça ? » explosa-t-elle. « Mais qu’est-ce qu’il lui prend ? »
-« Allez… Ne fait pas cette tête. Avoue que c’est plus drôle que le petit Castle qui passe ses journées à ramper devant toi ! » lança Lanie, toujours hilare, en entrainant Kate vers un autre bars.
-« Tout compte fait, je préfère quand il rampe devant moi. » maugréa-t-elle en acceptant le verre que Lanie lui avait commandé et surveillant son petit écrivain du coin de l’œil.
-« Si tu le laissais un peu tranquille… » suggéra-t-elle avec malice. « Tu verrais qu’il y a deux types là-bas qui n’arrêtent pas de nous fixer. »
-« Si l’un deux s’attarde sur mon décolleté, je lui colle une balle entre les deux yeux. » prévient-elle, de mauvaise humeur, en se levant pour suivre son amie.
Une heure plus tard, Lanie et Kate se faisaient lâchement abandonnées par ces deux gentlemen.
-« J’espère que tu es contente. » reprocha Lanie. « Jimmy n’était pas si nul, tu aurais au moins pu lui montrer un minimum d’intérêt. »
-« Si j’avais voulu parler sport avec un certain Jimmy, j’aurais passé la soirée avec mon père ! » dit-elle d’un ton détaché en pestant sur la jeune femme qui dansait un peu trop langoureusement avec son Richard Castle.
-« S’il te plait tant que ça, tu n’as qu’à le rejoindre sur la piste de danse ! » bouda Lanie en buvant une gorgée de son cocktail.
-« Je m’en fiche ! » rétorqua Kate en se levant d’un bond et s’avançant de la piste de dance.
Hallucinée, Lanie la laissa faire. Il faut dire que ce n’était pas tous les soirs que Katherine Beckett se donnait en spectacle. Elle commença par s’incruster dans un couple, sa robe l’aidant à monopoliser l’attention d’un homme bien trop jeune pour elle. En deux temps trois mouvements, la jeune rivales était mise hors course et Kate passa les trois danses à se pavaner avec son nouveau « copain » juste sous le nez de Castle.
-« Pfff… » soupira Kate en revenant s’asseoir sur le siège à côté de Lanie, faisant fuir un séduisant jeune homme.
-« Tu t’es bien amusée ? »
-« Comment il peut m’ignorer alors que quelques heures auparavant ses avances étaient à peine dissimilées ? »
-« Et si tu commençais par te demander POURQUOI ça te dérange autant qu’il s’amuse avec d’autres filles, alors que TU passes TOUTES tes journées à l’ignorer ? » rétorqua Lanie, furieuse que son amie ait fini par gâcher la soirée. « T’as gagné. On rentre. »
En quittant les lieux, Kate jeta un dernier coup d’œil vers un Rick Castle qui emmenait l’une de ses admiratrices dans un coin un peu plus tranquille.
Il devait être un peu plus de 5 heures du matin lorsque la sonnerie du téléphone finit par réveiller l’inspectrice.
-« Mmmmm… » gémit-elle en collant le portable près de son oreille. « Moins fort Ryan… Beaucoup moins fort… » supplia-t-elle, la voix pâteuse.
-« Un corps à l’intersection de Varick et Spring street. Castle habite à deux pas… Dis-moi que je peux le réveiller. »
-« Mmmm…. Non… Je ne crois pas qu’il soit chez lui de toute façon… J’arrive. » parvint-elle à articuler péniblement tout en se demandant comment elle allait affronter la journée avec tous ces marteaux piqueurs dans la tête.
Chapitre 3 :
-« T’es sérieuse là ? Venir sur une scène de crime sans Castle alors qu’il habite à deux pâtés de maisons ? Tu lui en veux à ce point ? » commença la légiste en la voyant arriver, seule.
Beckett ne répondit pas. Elle salua Ryan et Esposito et s’avança du corps, étendu sur le sol, baignant dans une mare de sang.
-« Ce n’est pas sympa… Je suis presque sûre qu’il peut nous voir de chez lui. » nargua-t-elle.
-« Etant donné l’état dans lequel il était il y quelques heures, je doute qu’il puisse voir quoi que ce soit. » somma Kate. « Suis-je la seule à avoir la gueule de bois ? » marmonna-t-elle à la légiste, sous le regard intrigué de Ryan et Esposito.
-« Tu n’aurais pas dû noyer ton chagrin dans les cocktails… » s’amusa Lanie en continuant d’examiner le corps. « Je l’ai trainé au Greenhouse hier soir. » expliqua-t-elle pour répondre aux regards soupçonneux des inspecteurs.
Les deux compères se regardèrent avant de détourner les yeux vers l’un des bâtiments visibles au loin avant de se retourner, d’un même geste, vers les filles.
-« Et vous inviter Castle à vos sorties entre filles ? »
-« Et nous ? »
-« Il n’était pas invité ! » rétorqua froidement Kate avant d’envoyer un regard assassin à son amie. « Tu comptes m’apprendre des choses intéressantes ou je retourne dormir toute suite ? »
-« Vous étiez ici quelques heures plus tôt ? Vous avez vu quelque chose ou … »
-« Il n’y avait pas de cadavre qu’on est montées dans le taxi. » répondit Kate, assez sèchement. « On peut reprendre le travail. » ordonna-t-elle en envoyant un regard glacial à ses coéquipiers.
-« Pourquoi continuer à parler de la soirée, ce n’est pas comme si tu avais fait fuir les seuls types potables qui s’intéressaient à nous ! » lança Lanie tout en examinant les blessures de la victime.
-« Ils n’étaient pas intéressés par nous, mais par mon décolleté… Et certainement ce que cette robe ne cachait pas suffisamment bien… C’est quoi ces marques-là ? »
-« Et pourquoi Castle est le seul à être toujours là quand il faut ? » se moqua Esposito. Mais étant donné le regard que lui lança Beckett, il préféra reporter son attention sur le corps. « On dirait que quelqu’un a voulu le retenir un peu trop fermement ! »
-« C’est tout à fait ça ! » affirma Lanie. « Mais ça n’a rien avoir avec la cause de la mort… »
-« Et si tu me disais comment cet homme a pu se vider de son sang ? »
La légiste se contenta de se retourner et de fixer un couteau ensanglanté au beau milieu du trottoir.
« T’es sérieuse là ? L’assassin a laissé l’arme du crime ? » s’exclama Beckett, osant à peine y croire.
-« Et si on en croit le type là-bas. » intervint Ryan, presque heureux. « On aura un portrait-robot dès qu’un dessinateur daignera se lever pour nous rejoindre au poste. »
-« Et bien finalement, on n’aura pas besoin de Castle… Entre l’arme du crime et le témoin, l’affaire sera bouclée avant midi ! »
-« Alors tu ne comptes pas l’appeler ? » demanda Lanie tout en faisant signe aux employés de la morgue pour emmener le corps.
-« Si. » affirma Kate, d’un ton très sec. « Mais pour une toute autre affaire ! »
Deux heures plus tard, Esposito et le témoin attendait toujours qu’un dessinateur se décide à les rejoindre.
-« C’est déjà la 10ème fois que je vous raconte… » se plaignit l’homme tout en croquant dans un beignet. (petit déjeuner offert en échange d’un témoignage) « Je sortais de chez Max… Le match de basket était terminé depuis belle lurette mais ça ne nous empêchait pas de commenter encore et encore l’arbitrage… Bref… On discutait sur le trottoir d’en face. Aucune de nous ne faisait vraiment attention à eux. »
-« A eux ? » releva Esposito. « Ils étaient donc plusieurs ? »
-« Au moins deux ! » affirma le témoin avec un brin d’ironie. « Ecoutez, je ne sais pas… Deux, peut-être trois… On a entendu des éclats de voix. Ça avait l’air de chauffer alors on s’est retournés pour voir d’où ça venait et c’est là que le type s’est écroulé sur le sol. L’autre était juste devant lui. Je me suis approché. »
-« Courageux… »
-« Ou complètement stupide se moqua Ryan en apportant un café. »
-« Je l’ai vu. Il tenait le couteau et quand il a remarqué que je le fixais, il a détalé comme un lapin. »
Pendant que le témoin racontait encore et encore sa version des faits, Castle arriva. Tout frais et ravi que son inspectrice préférée ait besoin de son aide.
-« Alors comme ça vous ne m’invitez plus sur les scènes de crime ! » fit Castle en boudant tout en regardant le tableau où la photo de la victime était affichée.
-« L’affaire est déjà réglée, ce n’est pas pour ça que je vous ai fait venir. » assura Beckett d’un ton ferme en le regardant des pieds à la tête.
-« Un problème ? » demanda Rick en examinant ses chaussures, son pantalon et enfin sa chemise. « Qu’est-ce qui ne va pas ? »
-« C’est désagréable, hein ?? » le nargua-t-elle avec un sourire sournois.
-« De quoi vous parlez ? »
-« De se faire déshabiller du regard… »
-« Vous pourriez me déshabiller tout court que ça ne me dérangerait pas. » se moqua-t-il à son tour en arquant un sourcil et faisant son regard de gamin attardé.
-« Et c’est repartit… Vous allez encore me proposer un coup vite fait dans un coin calme. » reprocha-t-elle durement.
-« Quoi ? » s’offusqua Castle. « Qui que ce soit qui vous ait rapporté mes propos, vous avez dû mal interpréter. »
-« C’était vous-même, et je suis certaine d’en avoir compris chaque parole ! »
Mal à l’aise, Rick ne put échapper un petit rire.
-« C’est une blague, c’est ça ? »
-« ça dépend… Cette nuit, c’était une de vos blague également ? »
Castle et Beckett étaient toujours occupés à se chamailler quand le témoin écarquilla les yeux.
-« Tous va bien Monsieur Tomkins ? » s’inquiéta Ryan en voyant le témoin blêmir d’un coup.
-« Vous vous moquez de moi, c’est ça ? »
-« De quoi vous parlez ? » demanda Esposito en se retournant pour suivre le regard de l’homme en face de lui.
-« Le dessinateur ne viendra pas… C’est un piège… Vous allez me faire disparaitre… J’en sais trop, c’est ça. »
L’homme se leva d’un bond et se précipita vers la porte. Il ne pensait plus qu’à une seule chose : s’enfuir.
-« Monsieur Tomkins, attendez ! » cria Ryan pour essayer de le retenir.
Alertée par les cris de son collègue, Beckett planta Castle et fit le tour des bureaux pour rattraper le témoin avant qu’il ne disparaisse dans l’ascenseur.
-« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Beckett en se plantant devant l’homme, visiblement terrifié.
-« Vous n’avez pas besoin de dessinateur… Je vais mourir ? » articula-t-il avec peine.
-« Mais de quoi vous parler ? » fit Beckett, complètement perdue.
-« C’est lui. » affirma-t-il en pointant Castle. « L’homme au couteau… C’était lui ! »
-« OK… » déglutit Kate en rassemblant ses esprits.
Elle entraina Monsieur Tomkins vers le reste de l’équipe.
-« Rassurez-vous, personne ne va mourir. » le rassura-t-elle. « Sauf lui peut-être ! » ajoute-t-elle en passant devant un Castle qui n’en croyait pas ses oreilles.
-« Beck… » voulut-il commencer avant que Kate, d’un seul regard, lui fasse comprendre qu’il avait intérêt à se taire.
-« Je suis le Lieutenant Kate Beckett. » affirma-t-elle en se rendant compte qu’elle ne s’était même pas présentée à lui. « Je sais qu’on ne se connait pas et je ne m’attend pas à ce que mon nom vous dise quoi que ce soit, mais je peux vous assurer que vous ne risquez rien. »
Malgré toutes les paroles rassurantes qu’elle pouvait lui dire, l’homme ne semblait pas se calmer.
-« Emmenez-le. » ordonna-t-elle à Ryan et Esposito.
-« Quoi ? » firent les deux hommes en se regardant.
-« Notre témoin à formellement identifié Monsieur Castle. » résuma-t-elle. « Alors emmenez-le. Salle 2. » précisa-t-elle en regardant son collègue avec froideur.
Les Bros s’exécutèrent. C’est à contrecœur qu’ils passèrent les menottes à leur ami et l’emmenèrent en salle d’interrogatoire.
Pendant que Ryan et Esposito faisait un bref résumé de la situation à Castle, Beckett recueillait le témoignage de Lionel Tomkins.
Chapitre 4 :
-« Je vois. » fit Castle avec assurance dès que Beckett entra dans la pièce. « Je vous promets de ne plus dire à qui que ce soit que je vous trouve canon… Que certaines de vos tenues vous rendent encore plus sexy… Je m’excuse que vous vous soyez sentie offensée… »
Kate entra et s’assit sans prêter attention à toutes ces paroles. Elle se contenta d’attendre qu’il reprenne sa respiration pour intervenir.
-« Vous avez fini ? Je peux parler ? » soupira-t-elle en laissant tomber un dossier sur la table. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et enchaina. « Pouvez-vous me dire ce que vous avez fait de votre soirée ? » demanda-t-elle d’un ton formel, tout en le regardant droit dans les yeux.
-« Bah… J’ai conduit Alexis chez son amie vers 20 heures. »
-« Après ça. Bien après ? »
-« J’étais chez moi. »
-« Je vois. » fit Kate en refermant le dossier qu’elle avait devant elle et qui ne servait qu’à lui donner un peu d’assurance. « Vers 3 heures. » précisa-t-elle en surveillant ses réactions.
-« Dans mon lit. En train de dormir. »
-« Des témoins ? » demanda Kate très sèchement.
-« Mon oreiller, ça compte ? » plaisanta-t-il.
Kate soupira. Baissa les yeux et se retint de lui exploser en pleine figure.
-« Bon, ok. Si vous voulez jouer à ce petit jeu, c’est comme vous voulez : je sais que vous étiez au Greenhouse. On s’est croisés dans ce club, c’est là que vous m’avez humiliée, vous vous souvenez ? » de nouveau elle ne lui laissa pas le temps de répondre, juste quelques secondes pour assimiler ses paroles. « Lanie et moi avons quittées le club vers 1 heure 30, mais vous étiez occupé. Je crois que vous accompagniez cette petite rousse vers un coin tranquille, à moins que ce ne soit la blonde… »
-« Vous êtes jalouse ? » nargua-t-il avec un air d’enfant gâté. « Je vous dirais bien que je préfère les brunes, mais vous risqueriez de penser que je vous harcèle, encore. »
-« Dites-moi juste ce que vous avez fait après 1h30 et où vous étiez à 3 heures. Ça me suffira. »
-« J’étais chez moi. » assura-t-il, d’un ton des plus sérieux. « Je ne sais pas de quoi vous parlez parce que ça fait des mois que je n’ai pas mis les pieds au Greenhouse. »
-« Sauf que JE vous ai vu. Que JE vous ai parlé. »
-« Et que je vous ai insulté. » termina Castle « Vous me l’avez déjà dit. » ajouta-t-il devant le regard furieux de Kate qui détestait qu’on lui coupe la parole. « Sauf que j’étais chez moi. »
-« Alexis était chez une amie, mais je suppose que votre mère peut le confirmer ? »
Il réfléchit un moment et fit une moue.
-« Non… Elle assistait au suicide de ses élèves. » plaisanta-t-il. « Suicide théâtrale, bien sûr. Personne n’est mort. Enfin, pas pour de vrai… Quoi que... » balbutia-t-il.
Kate chassa de sa tête l’image de Martha, furieuse contre ses élèves, les menaçant de toutes sortes de choses en signe de vengeance. Elle se concentra sur l’histoire de Castle, qui du coup, ne lui fit passer son envie de rire.
-« Je ne suis pas la seule à vous avoir vu. Notre témoin aussi, et lui affirme que vous vous teniez devant ma victime, l’arme du crime entre les mains. »
-« Si je voulais commettre un crime, et je dis bien SI, vous pensiez que je serais assez bête pour le faire en pleine rue ? Que je resterais à attendre que quelqu’un puisse m’identifier, avec l’arme du crime ? »
-« Qui sait, vous êtes bien assez bête pour me mentir. »
-« Sauf que je dis la vérité. »
-« Mais vous n’avez pas d’alibi et MOI je suis certaine que vous ne pouviez pas être chez vous, puisque vous étiez au Greenhouse. »
-« Mais puisque je vous dit que j’étais chez moi. » hurla Castle, vexé que Kate puisse douter de lui. « J’ai passé la soirée à écrire ce putain de chapitre que Gina me réclame depuis des mois. »
-« Et vous avez choisi ce soir pour vous y mettre? » taquina Beckett avec insolence.
-« Elle a menacé de me réclamer mon avance et croyez-moi, c’est plus facile d’écrire un chapitre que de demander à ma mère de se calmer avec ma carte de crédit. »
Kate ne put s’empêcher de sourire.
« Je sais que vous mourrez d’envie de vous débarrasser de moi, mais il va falloir trouver autre chose que me coller un meurtre sur le dos. Je veux mon avocat. » demanda-t-il très fermement. « Je ne parlerais plus sans sa présence. »
-« Bien. » se contenta de répondre Beckett en se levant. « On vous apporte un téléphone. » soupira-t-elle avant de quitter la pièce.
Une fois hors de la salle d’interrogatoire, elle se plaque contre le mur et soupira. En voyant déjà Ryan et Esposito venir aux nouvelles, elle les renvoya sagement à leur travail.
-« Espo ? Trouve-moi un lien, n’importe lequel entre Castle et la victime. Ryan ? Passe la vie de Thomas Gring au peigne fin. »
-« Tu te rends compte que… D’une manière ou d’une autre… On va faire exactement la même chose ! » hésita Esposito, comprenant que ce tête à tête avec Castle avait dû être plutôt déroutant.
Pour toute réponse, elle se contenta d’un sourire de lassitude.
-« Richard Castle a demandé un avocat. Donnez-lui un téléphone et prévenez-moi dès qu’il sera arrivé… » ordonna-t-elle en prenant sa veste. « Oh, j’allais oublier. Je vous interdis d’aller lui parler avant mon retour. »
-« Et tu vas où ? » demanda Ryan, tout penaud, comme s’il était censé connaitre la réponse et l’avoir oublié.
-« Faire mon job. Vous devriez faire le vôtre, de temps en temps. » lâcha-t-elle en regardant leurs bureaux crouler sous la paperasse.
Une heure et demie plus tard, Ryan ne savait plus comment expliquer l’absence du Lieutenant Beckett et usait de tous les subterfuges possibles pour retenir Castle et son avocat.
-« Mais où étais-tu ? » glissa Esposito en bondissant sur Beckett dès sa sortie de l’ascenseur. « Tu sais qui est l’avocat de Castle ? Tu vas te faire dévorer… »
-« C’est Castle… Tu t’attendais à un commis d’office ! » rétorqua-t-elle en lui plaquant un ordinateur portable dans les mains. « Dis à Ryan que je m’excuse pour le contre temps… Mais tu connais Martha, impossible de l’arrêter. » s’expliqua-t-elle en fouillant dans ses papiers.
Ravie de sa « trouvaille », elle se dirigea vers la salle d’interrogatoire.
-« Oh, Espo ? Castle dit qu’il a passé la soirée à écrire sur ce portable. Prouve-le ! » ordonna-t-elle avant de refermer la porte derrière elle.
Chapitre 5 :
-« Lieutenant Beckett je suppose. » fit l’avocat avec un large sourire en la voyant passer la porte d’entrée. « C’est très gentille à vous de nous rejoindre. » ironisa-t-il.
-« Maître. » le saluant-elle très poliment. « Désolée de vous avoir fait attendre. » sourit-elle en posant plusieurs feuilles, face cachée, sur la table.
-« Puis-je connaitre les charges qui pèsent sur mon client. »
-« Il n’y en a pas. » répondit-elle du tac au tac avec assurance.
Castle émit un petit rire nerveux et regarda avec incertitude son avocat qui le fusillait du regard.
« En tout cas, rien qui n’ai nécessité votre intervention. » continua Kate, toujours avec son sourire diabolique.
-« Alors pour qu’elle raison retenez-vous mon client ? »
-« Je ne lui ait pas interdit de partir. Et je ne pense pas que qui que ce soit lui ait ordonné de rester ici. C’est lui qui a insisté pour que vous vous joigniez à nous. » se moqua-t-elle de manière très évidente.
L’avocat soupira, chercha ses mots et s’apprêtait à se lever, mais Kate le devança en retournant la première feuille.
Castle et Maitre Lowe l’examinèrent.
-« C’est moi. Et alors ? »
-« Vous avouez donc que c’est vous ? » vérifia Kate, essayant de garder un ton neutre.
-« En tout cas ça à l’air. C’est moi, à ma banque. » affirma-t-il. « Suis-je également suspecté de l’avoir braquée ? » plaisanta-t-il.
-« Juste votre compte. Cette photo a été prise le jour où 75 000$ ont soi-disant disparus de votre compte. Mais d’après l’employée du guichet et le responsable de l’agence, Monsieur Castle à lui-même fait le retrait sur son propre compte. Il s’avère qu’il s’est montré assez insistant, voire carrément menaçant. »
Perdu, l’avocat regarda son client et chercha sur son visage des réponses qu’il ne trouva pas.
-« Mais ce n’était pas moi… » marmonna Rick en regardant le cliché d’un peu plus près.
-« Est-ce que ça à un rapport avec ma présence ici ? » s’informa-t-il auprès de Beckett, cherchant une échappatoire pour sortir son client d’affaire le plus vite possible.
-« J’ignore pour qu’elle raison vous êtes ici, Maitre. Et vous venez de vous reconnaitre vous-même Castle. »
Elle retourna la seconde page. Il s’agissait cette fois d’une photo venant des caméras de sécurité du Greenhouse. On y voyait très clairement Castle, entrer dans le Club, deux ravissantes femmes pendues à ses bras.
-« Vous disiez ne pas y avoir mis les pieds depuis des mois… Ce cliché a été pris cette nuit. » assura l’inspectrice en montrant la date et l’heure affichées en bas de la photo.
Elle en retourna encore deux autres. Sur l’une il fallait regarder attentivement, mais à l’arrière-plan, on voyait Richard Castle, un verre à la main, discutant d’assez près avec Kate Beckett.
-« Vous n’allez plus être très crédible en prétendant qu’on ne s’est pas rencontrés cette nuit ! » se contenta-t-elle de reprocher. « Sur cette photos, on vous voit quitter le Club. Vous remarquerez qu’il était plus de 2 heures 30. »
-« Et pile dans le créneau horaire ! » soupira Castle en se laissant tomber sur sa chaise. Foudroyant Beckett d’un regard noir.
-« Puis-je savoir de quoi vous parlez maintenant ? » s’énerva l’avocat qui avait juste l’impression d’être le dindon de la farce.
-« Un témoin affirme avoir vu Monsieur Castle sur les lieux d’un crime, un couteau à la main. Il était à peu près 3 heures du matin quand un homme a été poignardé à deux blocs du Grennhouse. » expliqua Beckett, avec une pointe de regret et une boule dans la gorge.
-« Vous auriez peut-être pu commencer par là. On ‘aurait gagné un peu de temps. »
-« Je n’y était pas Michaël… Je t’assure, ce n’est pas moi. » protesta Castle, malgré les photos où, pourtant, il se reconnaissait.
-« Et mise à part le témoignage de ce témoin, vous avez autre chose ? Des empruntes ? Une trace ADN ? D’autres photos prouvant que Monsieur Castle se trouvaient à deux blocs du Grennhouse à 3 heures ? » insista-t-il avec détermination.
-« Non. » assura Kate.
-« Bien… Dans ce cas, vous nous avez fait perdre assez de temps. » fit-il en se levant, s’assurant que Castle fasse de même.
-« Castle… » appela Kate pour tenter de le retenir un moment.
-« Tu n’es pas obligé de répondre Richard ! »
Mais Castle resta figé face à Beckett.
-« En tant qu’amie… Je pense que vous avez de gros problèmes et que… »
-« En tant qu’amie ? » reprit-il, sérieusement, avec reproche. « Je pense qu’effectivement j’ai de gros problèmes pour choisir mes amis. » fit il en quittant la salle d’interrogation, suivit de très près par son avocat.
Rick passa juste devant Ryan et Esposito. Sans un regard, sans le moindre petit signe. Il resta impassible et résista à la tentation de jeter un œil vers le bureau de Gates. Trop blessé dans son amour propre, il n’avait plus qu’une envie : quitter le poste la tête haute.
-« Il y a un problème avec Monsieur Castle ? » demanda sèchement le Capitaine Gates en se plantant devant une Kate Beckett abasourdie.
-« Non… Tout va bien. » dit-elle en tentant de donner le change.
-« Ne me prenez pas pour une idiote Lieutenant ! »
Gates détestait que ses inspecteurs lui cachent de choses et son humeur changeait très vite quand elle sentait que c’était le cas.
« D’abord vous laissez vos coéquipiers se charger d’un témoin pendant que vous réglez vos comptes avec Monsieur Castle, et ce au plein milieu de mon commissariat. Et oui, tout le monde en a profité. Ensuite, vous le trainer en salle d’interrogatoire avec son avocat et maintenant, ça… » s’emporta-t-elle en montrant l’ascenseur où l’écrivain avait disparu quelques minutes plus tôt. « Pas que je sois fâché d’être ENFIN débarrassée de ce … Gribouillard, j’aimerais au moins être informée des faits. » continua-t-elle en croisant les bras, attendant visiblement le complément d’informations qui lui manquait.
Esposito et Ryan se planquèrent derrière leur PC alors que Katherine Beckett inspira un grand coup avant de se lancer.
-« Notre témoins a vu l’assassin et l’a formellement identifié. »
-« Parfait… L’affaire est donc réglée. Et Castle dans tout ça ? »
-« Justement… » hésita Kate, suppliant ses coéquipiers de venir à son secours. « C’est Castle qu’il a identifié. »
-« Je vous demande pardon ? » explosa Gates, regardant les trois inspecteurs à tour de rôle. « Vous venez de me dire que vous avez un témoin qui a vu Richard Castle, un couteau à la main, se tenir debout devant un cadavre, et il quitte MON poste en homme libre ? »
-« On n’a rien d’autre contre lui et lui, à un très bon avocat. » se défendit Kate, à mi-voix. « Une photo prouve qu’il a quitté le Greenhouse aux alentours de 2 heures 30, mais rien ne prouve que c’est l’assassin. »
-« Hormis votre témoin ! » rectifia Gates, furieuse.
-« Il prétend être resté chez lui toute la soirée et ne pas avoir été dans ce Club depuis des mois. »
-« Heu… » intervint Ryan, se levant, un peu comme un élève bien discipliné qui hésite à interrompre ses professeurs. « Et si je vous disais que Castle a passé 4 heures à écrire un chapitre vraiment chaud et que ses mails avec une certaine Gina Cowell prouve qu’il n’a pas pu tuer notre homme… A moins qu’il puisse écrire ses mails tout en poignardant un type. »
-« Quoi ? » se retourna Kate, surprise. « C’est impossible ! Je l’ai vu ! »
-« A moins qu’il ait pu écrire tout en profitant de la soirée au Greenhouse, c’est impossible que ça ait été lui. »
-« Il n’avait pas de portable ! » soupira-t-elle en levant les yeux au ciel, imaginant à peine quel abrutit sortirait en boite pour passer la soirée sur son PC.
-« Sa mère et sa fille peuvent peut-être nous dire si oui ou non Monsieur Castle était chez lui. »
-« Alexis était chez une amie et Martha assurait la représentation de son spectacle. Il était seul… » affirma Kate. « J’ai déjà vérifié. »
-« Bien. » se calma Gates tout en réfléchissant à la procédure à suivre. « Résolvez ce meurtre. Trouvez ce qui cloche avec Castle et arrangez-moi ce foutoir. » ordonna-t-elle. « En attendant d’y voir un peu plus clair, il est hors de question que Richard Castle ne remette les pieds dans MON commissariat. Ais-je bien été claire ? »
-« Après ce que je viens de lui faire, je doute qu’il revienne avant un moment. » marmonna Kate en retournant vers son bureau.
-« Parfait… » tonna Gates tout en retournant vers le sien.
Chapitre 6 :
Cette nuit-là, Kat eut dû mal à s’endormir. Elle n’aimait pas se disputer avec Castle et ses derniers mots l’avaient touchés profondément, bien qu’elle prétende le contraire. Elle resta allongée un long moment, repassant les différents éléments en revue. Elle finit pas s’endormir sans s’en rendre compte et se réveilla en sursaut quelques heures plus tard.
-« Non… Non… » haletait-elle, essuyant sa transpiration et chassant de son esprit ces images de Castle et de son double diabolique lui ressemblant comme deux gouttes d’eau. « C’est impossible… Espo à raison, ce n’est qu’un imposteur, c’est la seule solution. » se raisonnait-elle.
Les propos de son coéquipier auraient pu réussir à la calmer, si Martha n’était pas venue la hanter elle aussi.
« Mais si c’était un imposteur, comment s’y serait-il prit pour embobiner Martha ? » se parla-t-elle à elle-même tout en se servant un thé. « OK… » se reprit-elle pendant l’infusion. « Je ne m’attendais pas à me trouver nez-à-nez avec lui. Encore moins à ce qu’il me traite de cette façon… Je me suis faite avoir. » conclut-elle avec logique. « Mais Martha ? Comment une mère peut-elle se laisser tromper de cette façon ? Il doit être vraiment très doué ! »
Malgré le thé, qui se voulait pourtant apaisant, Kate Beckett ne parvint pas à retrouver le sommeil et passa le reste de la nuit, allongée sur son lit, les yeux grands ouverts, attendant que le réveil sonne.
En arrivant au poste, Beckett devait avoir l’air d’un zombie. C’est dû moins ce qu’elle pensa lorsque la Capitaine l’accompagna dans son bureau, dès son arrivée dans le service.
-« Je croyais avoir été claire ! »
-« A quel sujet ? » demanda Kate complètement dans le brouillard.
-« Monsieur Castle ne devait plus remettre les pieds dans ce service. » s’emporta Gates.
-« Je ne pense pas qu’il revienne de sitôt. » soupira-t-elle, avec regret.
-« Alors comment se fait-il qu’il se serve une tasse de café, en ce moment même. » fit-elle remarquer sèchement.
Beckett bafouilla quelques paroles incompréhensibles tout en se retournant vers la salle de repos où l’écrivain avait l’air de se sentir à son aise.
Sans répondre à sa supérieure, Kate quitta le bureau et se dirigea vers la salle de repose, sans prendre le temps de saluer Ryan et Esposito au passage.
-« Castle ? » appela-t-elle, mi surprise, mi furieuse.
-« Hey. » lui sourit-il. « Le Capitaine doit avoir des amis haut placés pour avoir réussi à obtenir une machine qui fait du si bon café. » dit-il en buvant une gorgée de plus.
-« On peut dire ça. » se contenta de répondre Beckett en fronçant les sourcils.
-« Oh, excuse-moi, je ne suis pas très galant. » fit-il en prenant une tasse propre et servant un second café.
Médusée, essayant de savoir lequel de Castle ou de son imposteur se tenait devant elle, Kate resta sans réaction et se contenta d’accepter la tasse quand il la lui présenta. Toujours l’esprit un peu ailleurs, elle regarda le café noir qui remplissait sa tasse.
-« Du sucre ? » demanda Rick en lui présentant le sucrier.
-« Merci… J’avais oublié que le Capitaine voulait me parler. » se décida-t-elle enfin en posant la tasse sur l’évier et quittant la salle de repos comme si un début d’incendie la menaçait.
En la voyant passer devant eux à cette vitesse, Ryan et Esposito se demandèrent ce qui allait encore leur tomber dessus. Elle entra dans le bureau de Gates sans frapper.
-« Lieutenant Beckett, quelle mouche vous… »
-« Passez-moi un savon ! »
-« J’ai certainement de bonnes raisons de le faire, mais j’aimerais autant en connaitre la raison. » s’amusa la Capitaine en la regardant de travers.
-« Ne regardez pas vers la salle de repos. » prévint-elle tout de suite. « Mais je vous assure que le type qui y est, en ce moment même, n’est pas Richard Castle ! »
-« Il en tout l’air pourtant. »
Sachant pertinemment que le vrai Castle ne lui aurait pas proposé le sucrier, puisqu’elle ne prend pas de sucre dans son café et qu’en plus il lui prépare lui-même son Latte depuis plus de 4 ans, elle sentait que celui qui venait de lui proposer un café noir ne pouvait pas être celui qu’il prétendait être, d’autant plus qu’il était bien placé pour connaitre la provenance de cette machine hors de prix. Mais ne sachant pas comment s’y prendre pour convaincre sa supérieur sans perdre de temps, elle sortit son portable de sa poche et composa le numéro de Castle à une vitesse impressionnante.
-« Répond, répond… » s’impatientait-elle sous le regard excédé de Gates.
-« Lieutenant Beckett… Un autre meurtre dont je serais le coupable ? » s’amusa-t-elle.
Gates ouvrit de grands yeux tout en restant une seconde la bouche ouverte. Machinalement, elle jeta un regard vers la salle de repos où la réplique de l’écrivain draguait l’agent Larson.
-« Où êtes-vous ? » demanda Kate d’un ton sec.
-« J’aurais apprécié un ‘je suis désolée’ ou ‘pardon d’avoir douté de vous’ ou… »
-« Castle ! » tonna-t-elle.
-« Chez moi. Je fais une petite sieste. Vous voulez me rejoindre ? » taquina-t-il.
-« Je suis dans le bureau de Gates et vous êtes sur hautparleur. » s’amusa Kate, un grand sourire sur le visage.
-« Monsieur Castle, est-ce que ça vous arrive d’être sérieux ? »
Dans sa cuisine, Rick faillit s’étouffer avec le bout de pain qu’il venait de mettre en bouche. Il toussa quelques fois et pris un ton plus sérieux.
-« Dans ma cuisine. Je déjeune… Ma mère peut témoigner. »
-« Bonjour Katherine. » fit Martha en passant à côté de son fils. « Rassurez-vous, Richard ne vous en veux pas pour hier. » s’amusa-t-elle.
-« Mère ! »
Kate se pinça les lèvres pour ne pas éclater de rire et baissa les yeux devant le regard accusateur de Gates. Elle se contenta de raccrocher au nez de Castle sans rien ajouter, refusant ainsi d’entrer dans son petit jeu.
-« Bien… » soupira Gates. « Alors qui boit notre café ? »
-« Je ne sais pas… Mais je suppose qu’il n’y a pas 50 façons de le découvrir ! » affirma-t-elle en quittant le pièce d’un pas décidé.
En arrivant devant la porte de la salle de repos, elle eut beau chercher du regard, aucune trace de l’imposteur. Elle se tourna donc vers ses deux inspecteurs.
-« Où est-il ? » demanda-t-elle, plus fermement qu’elle ne l’aurait voulu.
-« Si tu parles de Castle, il vient juste de partir. » fit Ryan, avec évidence.
-« Ce n’était pas Castle. »
Beckett s’approcha de la machine à café, prit la tasse que celui qu’elle avait pris pour Castle avait prise en mains, la mit dans un sachet de preuves a convictions et la tendis à Ryan qui la regardait sans comprendre ce qu’elle lui voulait.
-« Ce type se fait passer pour mon partenaire. Je veux savoir qui il est et pourquoi. »
-« Je doute qu’on trouve le pourquoi avec la tasse. » se moqua Esposito.
Beckett le foudroya du regard et il ravala son petit sourire en coin.
-« Je continue mes recherche sur Thomas Gring. »
-« Et tu veux quoi au juste ? » demanda Ryan en regardant la tasse au travers du sachet.
-« Empruntes, ADN… Et si ta grand-mère lit dans les marres de café, fais la venir. » assura-t-elle, visiblement très contrariée et de mauvaise humeur.
Les deux inspecteurs échangèrent un regard tandis que Beckett retournait vers son bureau.
-« Aïe, aïe aïe…. Tu as intérêt de te dépêcher. Elle n’a pas l’air d’apprécier que quelqu’un s’en prenne à son partenaire. » chuchota Esposito à son collègue qui tardait à bouger.
Chapitre 7 :
-« Kate ? » l’interrompit Esposito. « L’ex-femme de Thomas Gring vient de l’identifier à la morgue. Un agent l’accompagne, elle sera là dans une dizaine de minutes. »
-« Merci Espo. » fit-elle en délaissant la paperasse qu’elle remplissait.
Elle n’eut pas longtemps à attendre qu’un officier lui présentait déjà la jeune femme en question.
-« Madame Gring ? Merci d’être venue. » fit Kate, poliment en invitant la jeune femme à la suivre.
-« Je ne suis plus Madame Gring depuis près d’un an. Appelez-moi Moly. Moly Jones, ça sera parfait. » dit la femme en se forçant à sourire, en acceptant le tête à tête privé avec l’inspectrice et s’asseyant dans l’un des fauteuil du petit salon.
-« Merci d’avoir fait aussi vite. » sourit Kate avec sympathie.
-« Tom n’était plus mon mari, mais nous étions restés amis. »
-« Vous savez pour quelle raison il était à New-York ? Il habitait en Caroline du sud si je ne me trompe pas. »
-« C’est bien ça. Et s’il était à New-York, c’était pour me rendre service. Oh nom Dieu… Il est mort à cause de moi… Qu’est-ce que je vais dire à Tobias… » se mit-elle à sangloter en pensant à son fils et à la manière dont elle allait devoir lui dire les choses.
-« Pour vous rendre service ? Vous avez des problèmes ? » soupçonna Beckett tout en proposant une boites de mouchoirs en papier.
-« On peut dire ça. » avoua-t-elle en se reprenant et séchant ses larmes. « Thomas devait retrouver mon frère et le ramener chez nous. »
-« Votre frère ? Vous croyez qu’il pourrait avoir… »
-« Oh non. Pas Sam, il est adorable. Complètement à l’ouest, mais adorable. »
-« Ok… » fit Kate, essayant d’y voir clair et de trouver un mobil au meurtre. « Que fait votre frère exactement, ici, à New-York ? »
-« Je n’en ai pas la moindre idée. » soupira-t-elle.
Beckett fronça les sourcils. Visiblement l’inspectrice attendait un surplus d’informations.
-« Oh… Vous voulez toute l’histoire je suppose ? »
-« Je pense que ça pourrait m’aider. » acquiesça Beckett, s’enfonçant confortablement dans le fauteuil, signe pour Moly qu’elle avait toute son attention.
-« Mon frère Sam n’est pas… Du genre comme tout le monde. » commença-t-elle en cherchant ses mots. « Il est un peu … »
-« Ecoutez Moly, j’imagine bien que ça ne doit pas être facile pour vous, mais je ne suis pas là pour vous juger, et je ne me le permettrez pas. Je suis Lieutenant de police et mon but est de vous aider… » expliqua-t-elle patiemment, espérant que ça aide la jeune femme à se mettre à l’aise.
-« Mon frère souffre de dédoublement de personnalité. Jusqu’il y a peu il était dans un établissement spécialisé mais il en est sorti, il y a quelques mois. Une sorte de période d’ « essais », comme disent les médecins. »
Beckett baissa les yeux, comprenant mieux l’embarras de la jeune femme d’avouer ce genre de chose à une parfaite inconnue.
-« Les soins de Sam coutent chers, très chers et à la mort de nos parents, se sont sur Thomas et moi que les frais sont retombés. Sam est devenu l’un de nos sujets de dispute préférée » se força-t-elle à plaisanter. « … Enfin bref, quand on a appris que notre fils Tobias avait besoin de soins et que Sam avait engloutit toutes nos économies, notre couple a explosé. Il y a environ deux mois, Sam a surpris une de nos disputes et il a promis de trouver le moyen de nous rembourser. »
En tant qu’inspecteur, des tas de plans louches et de pièges dans lesquels un type comme Sam pourrait facilement tomber vinrent tout de suite à l’esprit de Kate.
-« J’ignorais où il était parti. En fait, j’étais soulagée de ne plus l’avoir à charge. » avoua-t-elle honteusement. « Mais la semaine dernière Sam est rentré à la maison avec 68 000 Dollars. Il a simplement déposé les billets sur la table en demandant si ça suffisait pour nous rembourser. »
Beckett écarquilla les yeux.
-« Il n’a aucune notion de l’argent et quand il a dit qu’il pouvait en ramener encore plus, j’ai pris peur et j’ai appelé Thomas. Quand Sam n’est pas en pleine crise, c’est un type formidable et lui et Thomas s’entendent bien… Du moins, il arrive à avoir de l’autorité sur lui et lui faire ouvrir les yeux. Thomas est doué pour ça… Enfin, il l’était…. »
-« Vous savez comment votre frère à pu se procurer une telle somme aussi rapidement ? »
-« Je l’ignore. » affirma-t-elle avec regret. « Il m’avait téléphoné pour me dire qu’il avait trouvé du travail et je ne m’étais pas inquiété avant qu’il ne rentre. »
-« Ça fait beaucoup d’argent, pour un petit travail. » reprocha Kate, espérant soutirer plus d’informations.
-« Et je vous assure que j’ignore d’où venaient tous ces billets. Je me doute bien que la manière dont Sam s’est procuré tout cet argent n’est pas très légale et c’est pour cette raison que Thomas devait absolument lui faire entendre raison et le ramener à la maison. Nous avions besoin d’argent, mais nous ne sommes pas des voleurs ni des arnaqueurs ni quoi que ce soit qu’ait pu faire Sam. »
-« On va avoir besoin d’une description de votre frère. Ou une photo ? Ça serait encore mieux. Si on le retrouve, on obtiendra peut-être quelques réponses en ce qui concerne Monsieur Gring. »
Kate détestait ce genre de moment : se retrouver seule à seule avec la famille de la victime et être obligé de s’incruster dans leur vie et de poser toutes ces questions dérangeantes. Mais dans cette affaire, la priorité allait être de retrouver ce Sam Jones avant qu’ils ne se retrouvent avec une seconde victime.
Kate sortit du petit salon, le temps d’aller chercher un café à l’ex Madame Gring, histoire de la mettre un peu plus à l’aise et lui laisser quelques minutes pour se reprendre émotionnellement parlant. Quand Kate sortit, la porte resta entrebâillée.
-« Hey… » fit Castle en rejoignant Beckett qu’il venait d’apercevoir dans la salle de repos. « C’était quoi ? »
-« De quoi vous parlez ? » demanda-t-elle négligemment, l’inspectant des pieds à la tête afin de s’assurer qu’elle se trouvait bel et bien en face du « bon » Castle cette fois.
-« L’appel de ce matin… Avouez que je vous manquais déjà. » nargua-t-il en arquant les sourcils et faisant son plus beau sourire.
Elle se contenta de lever les yeux au ciel et lui conseilla de déguerpir avant que Gates ne revienne, sauf s’il voulait vraiment avoir une bonne raison de rappeler son avocat.
Dans une tentative de se décontracter, Moly jeta un coup d’œil par l’entrebâillement de la porte afin de s’assurer que tout était calme hors de la pièce. En une fraction de seconde, elle bondit de son fauteuil et se précipita hors de la pièce.
-« Oh mon Dieu Sam… Non… Ce n’est pas possible, regarde toi. Dans quel état tu t’es mis encore ! » fit-elle, assez durement, en s’adressant à Castle.
Rick et Kate échangèrent un regard d’incertitude pour Castle, alors que pour Beckett, au contraire, les choses prenaient une tournure particulière.
-« Sam ? Qui est Sam ? » balbutia Rick en regardant tour à tour Moly et Kate. « C’est moi, Castle. Je vous jure… Vous voulez que je dise un truc stupide pour le prouver ? »
-« Pas la peine Castle… » soupira Beckett, d’un air blasé, en lui marchant presque sur les pieds. « Vous faites ça naturellement. »
Chapitre 8 :
-« Moly, je vous présente Richard Castle. Notre consultant… Et mon partenaire, tant qu’il n’y a pas de paperasse . » lâcha-t-elle, ironiquement, invitant ainsi Castle à les suivre dans le petit salon où elle raccompagnait son invitée.
Elle l’invité à se rasseoir et lui présenta la tasse de café fumante.
Moly accepta la tasse sans réagir. La bouche entrouverte, son regard ne quittait pas Rick des yeux. Devant le malaise de Castle et l’ambigüité de la situation, Beckett retint un fou-rire nerveux et se força à rester professionnelle.
-« Madame Jones. » appela-t-elle doucement afin de capter son attention.
Le regard de Moly changea doucement de trajectoire pour finir par se poser sur Beckett.
« Est-ce que tout va bien ? » s’inquiéta l’inspectrice.
-« Je n’arrive pas à y croire. » marmonna Moly Jones en reportant son regard sur Castle. « C’est vous ? C’est vraiment vous ? C’est incroyable, vous lui ressemblez tellement. »
-« Euh… » se contenta Castle, a cours de mots. « Vous pouvez m’expliquer ? » glissa-t-il, peu discrètement, à l’oreille de Kate.
-« Votre mère va pouvoir arrêter de s’inquiéter… Il n’y a rien qui cloque chez vous, pas plus que d’ordinaire… » se moqua-t-elle avant de reprendre un air sérieux. « Castle, je vous présente l’ex-femme de Thomas Gring. »
Castle dévisagea Beckett avec une certaine crainte. Pensait-elle toujours qu’il avait tué cet homme ? Pourquoi l’avait-elle fait venir au juste ? En se posant cette dernière question il se rendit compte qu’il était venu de son plein gré, sans invitation de sa part.
-« Monsieur Gring était à la recherche de son beau-frère. Un certain Sam Jones qui, d’après sa sœur, souffre de trouble du comportement. » résuma Beckett.
-« Et… Le rapport avec moi ? »
-« Il se prend pour vous. » affirma Moly, sortant soudainement de son silence. « Je m’excuse de vous fixer de cette manière, j’ai conscience que ce ne soit pas très agréable pour vous, mais… C’est tellement … Dingue. »
-« Comment ça il se prend pour moi ? » demanda Castle, mi exaspéré, mi inquiet. « Je le connais ? On s’est déjà rencontrés ? »
-« Je ne crois pas. » répondit Moly, toujours fascinée par le visage de l’écrivain. « Il a toujours été très bizarre. Mais c’est à la fin de l’adolescence que son trouble s’est aggravé, après vous avoir vu en couverture d’un magazine. »
-« Il a toujours été malade ? » demanda Beckett.
-« Du plus loin que je me souvienne… »
Beckett fronça les yeux, presque simultanément avec Monsieur Castle, ce qui, en d’autres circonstances, aurait pu amuser la jeune femme.
-« Sam est mon demi-frere. » expliqua-t-il. « Mon père à épouser sa mère quand nous étions enfants. Il n’avait que 7 ans quand il est venu vivre avec nous, mais il était déjà comme ça. »
-« Etait-il dangereux ? Violent ? » demanda Beckett, essayant toujours de savoir si ce Sam pouvait-être l’assassin ou si c’était les problèmes qu’il s’était attirés qui étaient responsable de la mort de Thomas Gring.
-« Non… Il n’est pas violent. Juste complètement paumé. » soupira-t-elle. « C’est vrai qu’il me faisait peur, j’étais plus jeune que lui et j’avais du mal à comprendre, mais il ne m’a jamais fait de mal. Enfant, quand il faisait une crise, il fallait l’appeler Henry. Il ne reconnaissait rien ni personne et passait des heures à pleurer en appelant sa maman, quand bien même c’était elle qui le berçait pour le calmer. » expliqua-t-elle avec tendresse. « Vous croyez qu’il s’est attiré de gros ennuis ? »
-« J’en ai bien peur. » répondit Beckett à regret. « Je pense que d’une manière ou d’une autre, votre frère est impliqué dans la mort de votre ex-mari et que la seule manière d’élucider son meurtre est de le retrouver. » expliqua-t-elle en faisant attention aux mots qu’elle employait pour ne mas paraitre trop brusque.
-« Ne lui faite pas da mal… C’est mon frère. » articula-t-elle avec peine, retenant ses larmes comme elle pouvait.
Kate ne répondit pas. Elle ne pouvait pas faire ce genre de promesse et avait conscience qu’elle ne pouvait pas mentir à cette femme. Elle la remercia encore de s’être déplacée et d’voir répondu à toutes leurs questions.
-« Vous croyez que ce Sam a tué son beau-frère ? » demanda Castle, après s’être assuré que Moly Jones avait quitté l’étage.
-« Je l’ignore… » fit Beckett, en ajoutant quelques données sur son tableau.
-« Je déteste me vanter… »
Beckett tourna la tête et l’observa, incrédule.
« Mais vous remarquerez que j’avais raison : je n’y suis pour rien. Et je ne vous ai pas croisé dans ce Club l’autre soir. Mais j’aurais aimé. »
Kate leva les yeux au ciel et soupira.
« J’accepte vos excuses. »
Kate posa la marqueur effaçable et foudroya Castle du regard.
-« Je ne comptais pas m’excuser. » lança-t-elle, avec reproche. « Je suis flic et j’ai fait mon job. Vous étiez suspect, je vous ai interrogé. Et si vous étiez coupable, je n’aurais pas hésité à vous mettre derrière les barreaux. »
-« Mon avocat me réclame 1000 dollars pour la visite de vos locaux ! » reprocha-t-il à son tour.
-« Wahhh… Il est du genre rapide, pour faire ses comptes. »
-« Il n’a pas trop aimé que vous le preniez pour un idiot et vous me devez 1000 $. »
-« J’ai retrouvé vos 68 000 $ et vous me facturer vos frais d’avocat ? Vous devriez m’inviter au resto plutôt, ça serait la moindre des choses. » le provoqua-t-elle tout en commençant son rapport.
-« Premièrement, tout ça est de votre faute : si vous m’aviez écouté, je n’aurais pas eu besoin d’appeler Michaël et deuxièmement ce sont 75 000 $ qui ont disparu de mon compte. »
-« Vous réclamerez la différence à Sam Jones quand on l’aura retrouvé. » se moqua-t-elle avec ironie.
-« Beckett. » les interrompit Ryan. « Je peux te parler une seconde ? »
-« Mmm… »
-« Juste… Toi. » bafouilla-t-il devant Castle.
-« J’ai compris. » se vexa aussitôt Castle. « Je dérange. Je vous laisse… » insista-t-il en parlant très près du visage de Ryan pour marquer son mécontentement. « Si vous avez d’autres crimes à me coller sur le dos, appelez d’abord mon avocat et assurez-vous que ce n’est pas un coup de mon double maléfique. »
Kate pouffa de rire en le regardant s’éloigner de manière aussi théâtrale.
-« Qu’est-ce que Castle a encore fait ? »
-« Rien… Mais je crois qu’on a trouvé un truc vraiment dingue ! »
Chapitre 9 :
-« Qu’est-ce qu’il y a de si confidentiel ? » demanda-t-elle en entrant dans la salle de conférence où Esposito l’attendait, lui aussi, pour quelques mises au point.
-« La bonne nouvelle, c’est que les empreintes digitales sur la tasse de café ne sont pas celles de Castle. » commença Ryan, certainement pour la mettre de bonne humeur.
-« Et la mauvaise nouvelle ? »
-« 95 % de l’a ADN récolté correspond au sien. »
-« Quoi ? C’est impossible. Il doit y avoir une erreur… Ce n’était pas Castle puisqu’il était au téléphone pendant que… »
-« On s’est dit que Castle avait utilisé la tasse la veille et qu’elle avait dû être mal lavée… On n’a rien dit parce que, nous aussi, nous pensions à une erreur. » se défendit Ryan, un peu penaud.
-« Il n’y a pas d’erreur… Et ce n’était pas Castle. » affirma Esposito en prenant une coupure de journal. « Comme tu me l’as gentiment demandé, j’ai fouillé dans la vie de Rick. Je suis remonté aussi loin que possible pour trouver le lien avec Thomas Gring. »
-« Et tu l’as trouvé ? »
-« Non… Mais ce que j’ai découvert risque de changer beaucoup de choses. »
Il lui montra la coupure du journal qui datait de plus de 35 ans.
-« Un Gamin s’est noyé… C’est triste, mais je ne vois pas le rapport ? »
-« Regarde le nom. »
Le visage de Kate se crispa d’un coup.
-« Mais comment c’est possible ? Il nous l’aurait dit, c’est impossible… »
-« On a vérifié avec l’état civil. » intervint Esposito aussi sec. « Le 1 avril 1969 Martha Rodgers a donné naissance à deux garçons : Richard et Henry Rodgers, nés de pères inconnus. »
-« Henry s’est noyé dans ce lac alors que les deux garçons étaient en week-end avec leur nounou. C’est Castle qui a découvert son frère. Il n’avait que 5 ans. »
-« Ce n’est pas possible… Il doit y avoir une explication… » se répéta Beckett en s’asseyant, sous le choc de cette révélation.
-« Il y en une… » interrompit Ryan.
-« Je la trouve tordu… Même pour Castle. » se défendit Esposito aussi vite.
-« Si le petit Henry n’était pas mort… Si Sam Jones était en fait Henry… ça expliquerait pas mal de choses. »
Kate inspira un bon coup. Relu une seconde fois l’article de presse, inspecta le rapport de la scientifique et inspira un bon coup.
-« Admettons qu’Henry soit vivant. Admettons que Sam soit complètement perdu et qu’une partie de lui se souvienne de sa vraie identité… J’ai bien dit : admettons ; c’est vrai que ça expliquerait pas mal de choses… Mais ça ne résoudrait pas le meurtre de Thomas Gring ! »
-« On sait, ça rend juste les choses encore plus compliquées. » soupira Ryan.
-« Qu’il soit Henry Rodgers ou non, il est lié, d’une manière ou d’une autre à ce meurtre et il faut qu’on le retrouve. » insista Beckett en quittant la pièce.
Deux heures plus tard, Kate était toujours assise à son bureau. Elle avait fait demander l’extrait d’acte de naissance d’Henry, ainsi que son acte de décès. Elle avait également appelé l’inspecteur qui s’était occupé de l’affaire et, mise à part que c’était un terrible accident, il n’y avait rien à en dire : il n’y avait pas vraiment eu d’enquête.
-« ça va ? » demanda Esposito en lui apportant une tasse de café.
Il loucha légèrement sur les papiers qui trainaient.
-« Je ne doute pas de vous. » assura l’inspectrice avec fermeté. « Je crois que… J’avais besoin de le voir de mes propres yeux. »
-« Tu n’as pas à te justifier. C’est toi le boss. » plaisanta-t-il.
-« Je n’arrive pas à croire qu’il ne m’en ai jamais parlé. Il ne m’a jamais dit qu’il avait un frère, il n’y a même jamais fait allusion. »
-« Son subconscient à peut-être effacé ce souvenir trop traumatisant. »
-« ça se pourrait… Il est bien possible que sa mémoire se soit effacée pour le protéger, mais Martha ? Je doute qu’une mère puisse oublier. »
-« Elle avait peut-être ses raisons de ne pas en parler. C’est peut-être moins douloureux si on n’en parle pas ? »
-« Je n’ai pas d’enfant, je n’ose même pas imaginer la peine qu’elle a dû endurer. Mais je doute que le fait de ne pas en parler suffise à la faire disparaitre. »
Le portable de Beckett se mit à sonner. Dans un premier temps, l’inspectrice se contenta de regarder l’écran, perdu.
-« Castle. » répondit-elle au regard d’Esposito.
-« Tu vas le lui dire ? »
-« Je crois qu’il vaudrait mieux en savoir un peu plus avant de lui annoncer une chose pareille. » répondit-elle en appuyant sue le téléphone vert.
-« ça suffit… » fit une voix masculine très menaçante. « Je vous avais dit de ne rien raconter à personne. »
-« Mais je… Je ne sais même pas qui …. »
-« Ne joue pas au con avec moi. Je t’ai suivi, tu as été voir les flics…Je vais devoir te tuer. »
-« Tout va bien ? » s’inquiéta Esposito en voyant sa collègue devenir blanche.
-« C’est Castle, faut localiser son portable, il a de gros problèmes. » bafouilla-t-elle tandis qu’elle entendait Castle assimiler les coups, qu’elle devinait d’une grande violence.
Esposito réagit au quart de tour et appela le service de géolocalisation.
Chapitre 10 :
Allongé dans une ruelle, Castle reprenait peu à peu une respiration normale. Les coups ne pleuvaient plus, son agresseur avait peut-être déjà filé ? D’une grimace, il vérifia que sa mâchoire n’était pas cassée. Il essuya un filet de sang qui coulait de son nez et entreprit de se relever. Il sentit alors qu’une force incroyable venait de le saisir par le col, il sut alors que son calvaire n’était pas encore terminé.
Il n’avait plus la force de se débattre, il n’était pas de taille. Son agresseur était bien plus fort, bien plus jeune et très motivé à le réduire au silence. Il se fit bousculer jusqu’au coffre d’une voiture dans lequel on l’invita à entrer, ne sachant pas ce qui l’attendait, il tenta de s’enfuir, ce qui força son assaillant à l’assommer avant de le porter jusqu’à la voiture.
Dans le coffre de la voiture en mouvement, Castle émergeait doucement. Il n’avait rien compris à ce que ce type lui voulait. Il ne savait pas pour qu’elle raison il s’était fait battre et encore moins ce qu’il attendait de lui. Il tenta ensuite d’évaluer ses blessures, mais étant donné qu’il avait mal partout, difficile de savoir ce qu’il en était. Il essaya alors de se rappeler des évènements, peut-être trouverait-il un indice : il était sorti du ‘coffee shop’ et il avait vu ce type agresser une vieille dame et s’enfuir. Il s’en voulait d’avoir joué au héro… Quel idiot de l’avoir suivi, bien sûr que c’était un piège. Le gars l’avait alors plaqué contre le mur et s’était mis à lui hurler dessus. Comme il n’obtenait pas les réponses qu’il souhaitait entendre, il s’était alors mis à le frapper, de plus en plus fort.
Le petit détail que Castle avait oublié, c’est que juste avant qu’il n’entre dans la ruelle, il était en train d’appeler Beckett. Lorsque le type avait saisi Castle pour le plaquer contre le mur, le portable était simplement retombé au fond de sa poche et par chance, le doigt de l’écrivain était resté suffisamment longtemps sur la touche 3 ( touche d’appel rapide pour Beckett) pour que le portable compose tout seul le numéro de l’inspectrice.
Dans sa voiture, Beckett priait pour que la batterie du portable de Castle ne flanche pas maintenant, ni que la présence du téléphone soit découverte. Elle était en ligne avec le service de localisation qui lui donnait au fur et à mesure la direction de Castle. Elle n’entendait plus de voix, plus d’impact de coups, juste des coups de clacson ainsi que le vrombissement d’un véhicule. Elle se mordait l’intérieur de la joue pour résister à l’envie d’appeler son partenaire, mais ne sachant pas exactement dans quelle situation Castle se trouvait, ses appel pouvaient très bien anéantir ses chances de le retrouver en vie.
Au 12th, Ryan et Esposito n’attendait que le feu vert de Gates pour foncer. Pour l’instant, seule Beckett partie avant l’intervention de la Capitaine, était autorisé à poursuivre cette mission sauvetage. De toute manière, Gates connaissait suffisamment bien son Lieutenant pour savoir que peu importe l’ordre qu’elle aurait pu donner, celui-là était le seul qu’elle aurait suivi.
Lorsque le service de localisation annonça à Beckett que le portable de Castle s’était immobilisé entre Lexington Avenue et la 106ème rue, Elle fit 3 fois le tour du quartier avant d’apercevoir la fenêtre cassée du sous-sol d’un immeuble portant bien entretenu.
Elle n’avait aucune preuve que le ravisseur de Castle ait choisi cet immeuble, mais son instinct de flic lui disait que dans ce quartier, laisser une vitre brisée revenait au même que de donner les clés à tous les passants.
A peine Kate s’était-elle approchée de la fenêtre cassée que déjà les éclats de voix se faisaient entendre :
-« J’aurais dû te tuer toi aussi… Si ces connards n’étaient pas sortis, ton compte serait déjà réglé. »
-« Je ne sais pas de quoi vous parlez… Je ne comprends pas. » supplia Rick.
-« Ne me prend pas pour un con. » hurla l’autre en donnant un grand coup de pied derrière le genou de Castle. « Jack a tué mon père, il méritait de mourir. Tu n’aurais pas dû t’en mêler. »
Rick avait le visage en sang, sa chemise était déchirée et l’homme se tenait maintenant debout, face à lui, braquant une arme sur son front.
-« NYPD, lâchez votre arme. » ordonna Kate, la voix claire malgré l’angoisse.
-« Je savais que t’avais prévenu les flics… T’es un homme mort. »
-« Lâchez votre arme. » répéta Kate en haussant le ton.
Au loin, on entendait les sirènes annonçant les renforts. Kate aurait pu se sentir soulagée, sauf que ça pouvait très bien faire paniquer le ravisseur et donner une tournure dramatique à cette situation déjà compliquée.
Castle tournait le dos à Kate. Il était à genoux, faisant de son mieux pour ne pas s’écrouler sur le sol. Rassurée par la présence de Beckett, il se demandait combien de temps il pourrait encore tenir dans cette position avant de s’écrouler.
Beckett était face au ravisseur de Castle. Elle était à moins de 5 mètres de lui, alors quand elle vit ses doigts se resserrer autour de l’arme, elle devina que le coup de feu allait partir. Elle tira la première.
Prise dans la panique de perdre son coéquipier et dans l’urgence d’agir, elle n’avait pas vraiment ajusté son tir ni réfléchi à l’endroit le plus stratégique de viser. Elle s’était contentée de tirer avant qu’il ne le fasse. Sa balle l’avait touché en pleine poitrine et l’homme s’écroula juste après avoir pressé la détente, dans un ultime geste. Castle s’écroula à son tour et Beckett se précipita vers lui, ne se préoccupant même pas de vérifier l’état de l’autre victime.
-« Castle… Castle. » appela-t-elle en prenant doucement sa tête entre ses mains. « Je suis désolée. Je vous demande pardon… J’aurais dû vous croire, j’aurais dû vous faire confiance. Je suis désolée, je vous-en prie… »
-« Ce n’est pas tout à fait les excuses que j’attendais… » marmonna Castle, de manière à peine audible. « Mais je les accepte. » continua-t-il avec ce qui aurait pu ressembler un petit sourire narquois sur les lèvres.
-« Castle… » soupira Kate, soulagée, en lui caressant la joue. « Où êtes-vous blessé ? » demanda-t-elle en pensant à l’impact de balle.
-« Je n’en sais rien. »
-« Où avez-vous mal ? »
-« Partout… »
Beckett ferma les yeux et repensa alors au passage à tabac qu’il venait de subir et s’ne voulut pour cette question des plus stupide.
Heureusement pour elle, Ryan et Esposito arrivèrent enfin. En voyant les deux hommes au sol et Beckett en larmes au-dessus de Castle, Ryan appela les secours sans même réfléchir au reste.
3 heures plus tard, la balle avait été retirée de l’épaule de Castle. L’écrivain était toujours sous les effets de l’anesthésie, mais ses jours n’étaient pas en danger.
-« Comment va-t-il ? » s’empressa de demander Kate lorsque Martha sortit de la chambre.
-« La balle n’avait rien touché de sérieux. Il récupèrera son épaule. Il a également deux côté cassées, des hématomes un peu partout sur le corps et une légère commotion. Avec beaucoup de repos et quelques séances de Kiné, il s’en sortira. »
-« Je suis désolée Martha…. » soupira Kate qui avait du mal à interpréter le regard que lui lançait la comédienne. Était-ce juste le contre coup de la peur qu’elle avait eu pour son fils ou de la colère vis-à-vis d’elle ?
-« Vous n’avez pas à être désolée. » intervient Gates avec son ton, naturellement autoritaire. « Monsieur Castle a eu plus de chance que le type sur lequel vous avez tiré. » lorsque la Capitaine se rendit compte que sa voix était bien plus dure que ce qu’elle voulait, elle essaya de se radoucir un peu. « Je savais que je trouverais ici et c’est ce que j’étais venue vous dire : il ne s’en sortira pas. » Elle se tourna vers Martha. « Néanmoins, je suis heureuse de savoir que Monsieur Castle sera vite rétabli. »
-« Je n’avais pas le choix Capitaine, c’était lui ou Castle. » tenta-t-elle s’expliquer avant que Gates ne s’en aille.
-« Je ne voulais pas régler ce genre de détail devant la famille de Monsieur Castle… Mais je m’en doute. » fit-elle en esquissant un sourire qui se voulait rassurant. «Vous avez 3 heures pour me faire un rapport des évènements de cette après-midi. » ordonna-t-elle. « Je vais faire mon possible pour ralentir les services internes aussi longtemps que je pourrais, mais je doute pouvoir les retenir plus de 2 jours. Vous devriez mettre ce temps à profit pour découvrir l’identité de l’homme dont Lanie prend les empreintes en ce moment même. »
Bien qu’ayant gardé un ton autoritaire, elle avait ce regard qui laissait sous-entendre que ce qui allait suivre devrait rester confidentiel, du moins pour l’instant.
« Trouvez le lien entre cet homme et Thomas Gring. Je veux savoir pour quelle raison l’un de mes hommes se retrouve à l’hôpital et … Et tant que vous y êtes, retrouvez ce Sam Jones et expliquez-moi ce que Monsieur Castle vient faire dans toute cette histoire, parce que j’avoue ne plus rien comprendre. »
-« Vous n’êtes pas la seule. » soupira Beckett, oubliant pour un instant la présence de Martha.
-« Alors aidez-moi. Donnez-moi les bonnes réponses et on arrivera peut-être à sauver votre job. Au boulot… Je pense que vous avez du pain sur la planche. » ordonna-t-elle, sur le ton d’une simple demande, avant de saluer Martha et quitter le couloir.
-« Merci Capitaine. » fit Kate avec gratitude. « Excusez-moi Martha, mais je dois y aller. » dit-elle, avec une certaine honte de ne pouvoir faire plus pour elle et Alexis.
-« Je dois y aller… » reprit Alexis en fermant la porte de la chambre de son père. « C’est tout ce qu’elle trouve à dire ? Je suppose que la paperasse que l’état de papa nécessite passe avant tout le reste. » s’emportait la jeune fille.
Alexis était sortie de la chambre au moment où Gates s’éloignait déjà de Kate et sa grand-mère. Elle n’avait donc aucune idée de ce qu’elle était venue faire exactement.
« Gates venait lui rappeler que le travail est plus important que prendre des nouvelles d’un simple consultant, je suppose…. Je me demande pourquoi papa… »
-« Alexis. » stoppa Martha, encore sous le coup de ce qu’elle venait de réaliser. « Et si tu lui laissais le bénéfice du doute pour une fois ? »
-« Pourquoi ? Parce qu’une fois de plus elle est désolée qu’il se soit retrouvé dans une situation impossible, parce qu’elle… »
-« Alexis ! » reprit Martha avec un peu plus de fermeté. « Le lieutenant Beckett a tué un homme pour sauver ton père. » annonça abruptement Martha, tout en tenant les mains de sa petite fille pour s’assurer qu’elle comprenne l’importance de ce qu’elle lui disait. « C’est pour ça que Gates était là : pour annoncer à Katherine que l’homme sur lequel elle avait tiré ne s’en sortirait pas. Quoi qu’il se soit passé aujourd’hui, elle mérite au moins notre reconnaissance pour avoir fait passer la vie de ton père avant sa carrière. »
Chapitre 11 :
-« Comment va Castle ? » demanda tout de suite Esposito en voyant Beckett revenir aussi tard au 12th.
-« On pensait que tu resterais avec lui et que tu rentrerais directement chez toi après. »
-« Gates attend mon rapport… »
-« Elle aurait pu te laisser un peu de temps pour… »
-« Elle me laisse 2 jours pour sauver ma peau. » intervint-elle en coupant tout de suite cours à toutes les critiques vis-à-vis de Gates. « Elle se charge de retenir l’enquête des services interne le temps que je trouve des réponses. » répondit-elle aux regards inquiets de ses deux coéquipiers.
-« Qu’est-ce qu’on peut faire pour t’aider ? »
L’empressement de la question de Ryan eut au moins le mérite de faire apparaitre un petit sourire de soulagement sur le visage de Kate.
-« Dites-moi que vous savez qui était cette homme, qui est ce ‘Jack’ dont il parlait et pourquoi il s’en est pris à Castle ? »
-« On n’est pas magicien… » fit remarquer Esposito.
-« Mais ça ne nous empêche pas d’avoir les réponses. » acheva Ryan avec le sourire. « Lucas Frasel. Son père était le gérant d’une petite horlogerie, il a été tué lors d’un braquage, il y a 19 ans. »
-« Et … Jack a été reconnu coupable je présume. »
-« Bien vu… » poursuivit Esposito. « Tu sais, on a été tellement préoccupé par Castle et son double, qu’on en a un peu oublié notre victime. J’ai eu du mal avec ce Thomas Gring. Je ne comprenais pas pourquoi je ne trouvais rien, c’est Lucas qui nous a donné la solution. »
-« Il n’était pas obligé de s’en prendre à Castle pour nous venir en aide. » ironisa Beckett, soulagée qu’une fois de plus les Bros assurent ses arrières.
-« Accroche toi, c’est un peu compliqué. » prévient Ryan.
-« Le contraire m’aurait étonné. » soupira Beckett, craignant déjà le pire.
-« Il y a 19 ans, deux garçons braquent l’horlogerie de Milan Frasel. Le plus âgé des deux avait une arme et quand l’homme a refusé de céder sa plus belle pièce, il a tiré avant de partir avec la caisse et plusieurs montres valant une petite fortune. L’autre, certainement paniqué, est resté et a appelé les secours avec le téléphone du magasin. 4 heures plus tard il était accusé de complicité de vol et d’homicide involontaire. »
-« Je suppose que son avocat était un débutant ? »
-« Jack Duncan a passé un marché avec le procureur. Il ne prenait que 2 années en maison de correction contre le nom de son coéquipier. »
-« Super… » commença à s’impatienter Beckett. « Un rapport avec Thomas Gring ou vous me laisser deviner ? »
-« Au terme de ces 2 années, Jack Duncan s’est mystérieusement évaporé de l’établissement tendis que Thomas Gring en sortait avec un allé simple pour la Caroline. » expliqua fièrement Esposito, fier de sa trouvaille.
-« Quoi ? » fit Beckett en écarquillant les yeux.
-« Apparemment, une clause de l’accord passé avec le procureur prévoyait une nouvelle identité pour le garçon et l’opportunité de commencer une nouvelle vie. »
-« Existe-t-il une personne qui puisse nous assurer que Jack Duncan et Thomas Gring ne sont qu’une seule et même personne ? » souffla Becket.
-« Les parents de Jack ont renié leur fils dès que celui-ci a avoué sa participation au braquage. Mais ils habitent toujours à la même adresse.
-« Allez y. » ordonna-t-elle en soupirant.
-« Tu ne viens pas ? » s’inquiéta Esposito.
-« Si Thomas Gring était bien Jack Duncan, on a le mobile du crime. Son assassin étant mort, notre affaire est bouclée. » récapitula Ryan.
-« Je sais, mais entre une victime qui n’est pas celle qu’on croit et Castle qui n’est pas tout à fait Castle, j’ai mal au crâne. Sans compter qu’on a toujours une personne à retrouver : Sam Jones. »
-« Tu ne comptes pas aller voir Martha Rodgers, pour avoir quelques explications ? »
-« Si... J’irais, mais en dernier. » soupira-t-elle à nouveau en mettant une aspirine dans un verre. « Je me vois mal lui balancer que l’enfant qu’elle pleure depuis plus de 30 ans n’est peut-être pas mort mais qu’il à, lui aussi, le super pouvoir de se mettre dans des situations impossibles. »
-« C’est sûr que dis comme ça… »
-« J’aimerais pouvoir lui apporter au moins une preuve qu’il est toujours en vie. J’aimerais avoir un début d’explication à lui fournir et pas juste… l’assommer de questions. » se justifia-t-elle en pensant à la souffrance qu’elle allait provoquer chez l’actrice.
En attendant que les gars reviennent, Beckett pensait fouiller un peu du côté de Sam Jones, histoire d’en apprendre un peu plus sur celui qui se faisait passer pour son partenaire. Mais rien que d’y penser, un besoin de caféine se fit soudain sentir. En sortant de la salle de repos elle resta figée sur place. Une femme, qu’elle ne pouvait voir que de dos, était assise sur le fauteuil de Castle et admirait le tableau récapitulatif de l’enquête.
-« Je peux vous aider ? » demanda-t-elle avec une pointe d’agacement dans la voix.
-« Vous êtes le Lieutenant Beckett ? » demanda la jeune femme en la dévisageant.
Kate eut beau fouiller dans sa mémoire, ce visage ne lui disait rien. Cette femme, un peu plus jeune qu’elle, se retourna vers le tableau blanc.
-« Vous avez fait une erreur. » lança-t-elle d’un ton détaché.
-« Quoi ? » émergea Beckett, toujours en train de chercher un nom à donner à cette femme.
-« Il ne s’appelait pas Thomas Gring, c’était Jack… Jack Duncan. »
Beckett regarda tour à tour le tableau et la femme avant de se décider à s’asseoir.
-« Et vous êtes ? » finit-elle par se décider.
La femme sembla hésiter un moment avant de répondre. Elle fixa le sol un instant avant de reporter son regard vers les pieds de Beckett, remontant lentement jusqu’à ses yeux.
-« Sonia Frasel. »
Kate blêmit d’un coup et renversa son café.
« Lucas était mon frère. »
Chapitre 12 :
Prise de court, Beckett ne savait pas trop comment réagir. Elle lançait des regards de désespoir vers le bureau de la Capitaine, mais celle-ci étant déjà fort occupée à passer un savon à un autre Lieutenant, elle ne remarqua pas l’appel à l’aide de Kate.
-« Je ne suis pas venu faire un scandale. Je voulais juste voir à quoi vous ressembliez. » tenta Sonia, un peu craintive de s’attirer des ennuis avec cette démarche quelque peu inhabituelle.
-« Euh… »
-« Pourquoi vous avez tiré ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »
-« Je suis sincèrement désolée Mademoiselle Milan… Je n’ai pas le droit de répondre à vos questions. Une enquête est en court et… »
-« Je me fiche de l’enquête. » annonça-t-elle de but en blanc. « Répondez à mes questions, et je répondrai aux vôtres. » proposa-t-elle. « Il n’y a aucun piège, je vous assure. »
Kate resta méfiante. Ne sachant pas exactement ce que cette femme était venue chercher, elle préféra rester prudente et de ne pas en dire de choses qu’elle pourrait regretter.
-« Je comprends que vous ne souhaitiez pas jouer le jeu. » dit Sonia avec une pointe de regret dans la voix. « Je commence. » se lança-t-elle. « Lucas l’a tué n’est-ce pas ? » demanda-t-elle en pointant la photo de Thomas sur le tableau blanc.
Sonia attendit quelques secondes et voyant que l’inspectrice ne comptait pas répondre, elle continua son petit monologue.
« Vous n’êtes pas obligé de répondre. De toute façon, je connais la réponse. » Elle soupira, réfléchit et se lança à nouveau. « Quand il est venu chez nous, je savais que ça finirait forcément mal… Mais je dois avouer que je n’avais pas imaginé que cette affaire pourrait les tuer tous les deux. »
-« Pourquoi est-il venu vous voir ? » demanda aussitôt Kate, oubliant un instant qu’elle venait de se promettre de ne pas dire un mot.
-« Cette histoire a commencé il y a 19 ans, si vous voulez comprendre, il va falloir reprendre depuis le début… »
-« Vous parlez du braquage et de … » Kate s’arrêta net, comme si la fin de sa phrase pouvait lui porter malheur.
-« De la mort de mon père. » termina Sonia. « Oui. »
« J’étais petite quand il est mort. Je ne me souviens pas vraiment de lui. Mais Lucas l’adorait, c’était presqu’un Dieu pour lui. Quand il est mort, il a eu du mal à s’en remettre… Non, en fait il ne s’en est jamais remis. Il haïssait Jack Duncan et passait son temps à imaginer sa vengeance. Avant la mort de mon père, je n’avais jamais entendu le nom de Duncan, pourtant nous habitions le même quartier. »
-« Votre frère et le fils Duncan se connaissaient ? »
-« Vous plaisantez ? Avec un nom comme le nôtre ? Non… Nous étions des étrangers dans un coin de la ville un peu trop ‘chic’ pour nous. Non, nous ne fréquentions personne. »
-« Et après le braquage ? »
-« Après… Les voisins avaient pitié de nous. Les parents Duncan ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour que les gens nous acceptent et qu’on ne manque de rien. S’ils avaient pu faire revenir mon père d’entre les morts, je suis certaine qu’ils l’auraient fait. »
-« Les Duncan vous aidaient ? »
-« Oui. » avoua-t-elle sans la moindre hésitation. « Dès que Jack a avoué avoir participé au braquage qui a couté la vie à mon père, ses parents l’ont renié. D’après Jimmy, ils ne voulaient même plus entendre parler de lui et ont tout fait pour que notre vie soit moins pénible. »
-« Qui est Jimmy ? »
-« Le frère de Jack. Mon mari. »
-« Vous avez épousé le frère de Jack Duncan ? »
-« Oui. C’est pour cette raison que Jack est venu chez nous. Il voulait parler à son frère. Il avait besoin d’aide pour retrouver quelqu’un. »
-« Et son frère l’a envoyé balader je suppose. »
-« Non. Si Jimmy avait été là ils seraient partis tous les deux. Mes beaux-parents sont des gens très orgueilleux, très fiers et très sévères. Ils ont renié Jack et ne supportaient même plus d’entendre son prénom, mais je savais que Jimmy avait gardé le contact avec son frère. On n’en a jamais vraiment parlé, mais je savais qu’il recevait des lettres venant d’une petite ville de Caroline du Sud, je savais que c’était Jack. »
-« Et vous ne lui avez jamais posé de question ? »
-« Non… Je n’avais pas vraiment envie de savoir. Comme je vous l’ai dit, j’étais trop petite pour me souvenir de mon père, et c’est vrai que j’ai souffert de son absence, mais je n’ai jamais cherché à vouloir me venger. Ma mère à réussit à me convaincre que la justice s’en était chargé et que c’est à Dieu qu’il devrait rendre des comptes, le temps venu. »
-« Et comment Lucas a-t-il su que Jack était à New-York ? C’est vous qui lui avez dit ? »
-« Je n’aurais jamais fait une chose une pareil. Lucas était à la maison le soir où il est venu. J’ai supplié Jack de partir, je l’ai mis à la porte de chez moi et je lui ai ordonné de remonter dans sa voiture et de ne pas revenir. Lucas était dans la pièce d’à côté. Dès qu’il a réalisé qui était l’homme devant ma porte, il est monté dans sa voiture et s’est lancé à sa poursuite. »
-« Et vous n’avez pas appelé la police ? »
-« Pour leur dire quoi ? Mon frère était complètement fou, mais je n’allais quand même pas le dénoncer. J’ai essayé de joindre Jimmy, mais il était sur répondeur. Le temps qu’il me rappelle et que je lui explique tout, Lucas était déjà hors contrôle. On ne les a plus revus après ce soir-là. Ni Jack, ni Lucas. »
-« Pourquoi êtes-vous venu me raconter tout ça ? » demanda Beckett dans un souffle, comprenant que les explications de cette femme venaient de résoudre toute son affaire.
-« Parce que Lucas n’était pas un assassin. C’était juste un pauvre type meurtri par la mort de son père. »
-« Ce n’était pas à lui d’appliquer sa propre loi. Il a tué un homme. » tenta de justifier Kate.
-« Maintenant que j’ai répondu à vos questions, c’est à votre tour. »
Elle Fixa Beckett droit dans les yeux, comme pour la défier.
« Si vous pouviez revenir en arrière, si vous vous retrouviez à nouveau face à Lucas, vous tireriez ? »
Kate soupira et prit le temps de réfléchir.
-« Si je pouvais revenir en arrière. » lança-t-elle dans un souffle. « Je prendrais cette affaire de manière complètement différente. Je ferais confiance à mon partenaire et on aurait peut-être pu arrêter votre frère bien plus tôt. »
-« Vous ne pouvez pas remonter aussi loin. » affirma Sonia, consciente des remords de l’inspectrice. « Si vous vous retrouviez à nouveau face à mon frère, dans les mêmes conditions. Tireriez-vous ? »
-« J’ignore ce que vous savez, mais votre frère avait une arme pointée sur la tête de mon partenaire. » elle laissa une seconde à Sonia pour assimiler ce fait. « Je me suis identifiée, j’ai demandé à votre frère de baisser son arme. Je n’ai pas eu le choix. Alors oui… Si c’était à refaire, je tirerai. » avoua-t-elle à regret, gardant pour elle que la seconde fois, elle prendrait peut-être le temps de viser l’épaule.
-« Merci Lieutenant. » dit-elle en se levant et lui tendant la main. « Merci de votre franchise. »
Sonia Milan quitta le 12th tout aussi calmement qu’elle y était entrée. Beckett s’enfonça dans son siège en soupirant, espérant que sa sincérité ne lui coute pas trop chère.
-« Hey Beckett, ça va ? » demanda Esposito en revenant Ryan.
-« Vous n’allez jamais croire ce qui vient de se passer. »
-« Nous, on vient de se faire hurler dessus et insulter… Avant que Madame Duncan nous accorde deux minutes pour, finalement, reconnaitre son fils. »
-« Plus qu’à trouver le mobil, bien que la vengeance soit très probable. Mais comment Lucas Milan a su que l’assassin de son père était de retour en ville. »
-« Asseyez-vous, je vous raconte…. »
Chapitre 13 :
-« Si j’avais su, je serais resté avec vous pour papoter. » soupira Ryan en repensant encore à la manière dont il s’était fait traiter par Monsieur Duncan
-« Au moins, cette fois, l’affaire est bel et bien réglée. » fit Esposito, déterminé à voir le bon côté des choses.
-« Vous oubliez un détail. » fit remarquer Beckett à ses deux inspecteurs, déjà prêts à déboucher le champagne. « Sam Jones ! »
-« Castle numéro 2 ? »
-« On peut toujours refiler son dossier aux personnes disparues ! » suggéra Ryan.
-« C’est notre témoin. Même si on a un excellent mobil, on a besoin qu’il identifie le gars qui a tiré sur Thomas Gring, ou peu importe qui il était… » soupira Beckett.
-« C’est moi ou cette enquête est vraiment compliqué ? »
-« Je n’aimerais pas être celui qui va devoir rédiger les rapports. » se moqua Esposito avec un petit air moqueur.
-« Ne m’en parle pas… » répondit Kate en se laissant retomber sur le dossier de son fauteuil. « Mais ça ne change rien au fait qu’on ait BESOIN du sosie de Castle. »
-« C’est Gates qui va être contente. Imaginez la tête qu’elle ferait si, lui aussi, décidait de s’incruster au poste. »
-« Imagine la tête que tu feras quand je serais derrière les bareaux. » répliqua Beckett du tac au tac. « On a 2 jours maximum pour le retrouver, classer cette affaire une fois pour toute avant que les services internes ne décident de nous rendre visite. »
Les deux inspecteurs échangèrent un regard d’inquiétude.
-« Tu n’iras pas derrière les barreaux. » rassura Esposito en posant sa main dans le dos de Beckett pour la réconforter. « L’appel de Castle à été enregistré. »
-« On l’a écouter avant de transmettre à Gates : On t’entend clairement t’identifier et demander à Lucas Milan de baisser son arme. » affirma Ryan.
-« Au pire, tu sera muté à la circulation pour ne pas avoir attendu les renforts ou ne pas avoir … »
-« Merci les gars, mais si on ne trouve pas une preuve irréfutable que Lucas Milan est l’homme qui a tiré sur Thomas Gring, ma carrière est fichu. » rappela-t-elle avec fermeté.
-« Hé Beckett… Tu as fait ce qu’il fallait. » voulu rassurer le latino, comprenant que ce n’était pas uniquement la menace de se retrouver à la circulation qui tracassait leur amie.
-« J’ai tué un homme Espo… »
-« Si tu n’avais pas tiré, c’est Castle qui ne serait plus là… » répliqua Ryan à son tour, voulant ainsi assurer à leur coéquipière qu’elle avait pris la bonne décision.
-« Les empreintes ? » se rappela Ryan. « On a l’arme du crime… »
-« Et tu crois que je n’y ai pas déjà pensé ? Je ne sais pas d’où venait ce couteau, mais il y avait tellement d’empreintes dessus qu’il serait impossible pour la scientifique de déterminer qui l’a tenu en dernier. Retour à la case départ. »
-« Si Castle numéro 2 se prend… »
-« Tu peux arrêter de l’appeler comme ça. Il s’appelle Sam. » répliqua Beckett, visiblement pas d’humeur à plaisanter.
-« Ou Henry. » reprit Esposito, juste pour ne pas lui laisser le dernier mot.
Beckett soupira et se contenta de lever les yeux au ciel.
-« Je disais donc que si Henry s’amuse à jouer au grand écrivain, on a qu’à visiter tous les lieux préférer de Castle. On finira bien par trouver ce jumeau diabolique. »
Peu convaincue, Beckett se contenta de faire « non » de la tête.
-« Ce gars est complètement paumé depuis ses 5 ans. Il a passé ces 30 dernières années à se faire bourrer de médocs. Je doute qu’il soit en assez bonne forme pour draguer les filles et passer ses nuits en boite de nuit. » rappela-t-elle.
-« Tu as une idée ? » demanda Ryan.
Le plus simple étant encore de demander la marche à suivre plutôt que de la mettre davantage en colère.
-« Je vais aller voir Martha. »
-« Je croyais que.. »
-« Que je ne voulais pas arriver les mains vides. » continua-t-elle. « Non. Avant d’aller lui demander son aide pour retrouver son fils, présumé mort depuis des décennies, j’aimerais savoir comment Henry Rodgers a pu devenir Sam Jones. »
-« Tu veux qu’on reprenne une affaire vieille de 35 ans ? » s’estomaqua Ryan.
-« Tu as dit toi-même qu’il n’y avait pas vraiment eu d’enquête et qu’aucune autopsie n’avait été faite. »
-« Oui Ryan et oui, c’est ce que j’ai dit. » annonça-t-elle en reprenant un dossier au nom de Henry Rodgers. « Le légiste a classé la mort dans les noyades accidentelles et n’a pas pratiqué d’autopsie parce qu’une certaine Julia Brown a affirmée que la victime était le petit garçon qu’elle avait laissé sans surveillance quelques heures avant la découverte du corps. » raconta-t-elle très brièvement. « Qui aurait pu mettre sa parole en doute ? »
-« Richard ? » proposa Ryan, avec toute logique.
-« Sauf que personne ne l’a jamais interrogé. » avoua Kate. « Le lieutenant chargé de l’affaire a fait une petite note à ce sujet : ‘Etant donné l’état d’inquiétude et d’énervement du petit Richard Rodgers qui ne fait que répéter que ce n’est pas son frère et qu’Henry dort au chalet, j’ai préféré stopper l’interrogatoire et le laisser repartir avec sa nounou, Julia Brown. Je les recontacterai ultérieurement si besoin. »
-« Mais il ne l’a jamais fait. » suppose Esposito.
-« Bien sûr que non. 3 jours plus tard, l’affaire était classée et le corps du petit Henry était enterré. »
-« Ça c’est du rapide. Martha n’a peut-être pas voulu traumatiser d’avantage le petit Rick. »
-« Sauf que son nom m’apparait nulle part. » fit remarquer Kate, que ce détail avait déjà intriguée dès le premier instant.
Les deux inspecteurs se regardèrent sans comprendre où elle voulait en venir.
-« Les deux garçons faisaient du camping avec leur nounou. »rappela Kate, prenant le même timbre de voix que celui qu’utilise Castle quand il commence à raconter une histoire. « L’un deux se noie. On a la déposition de la nounou, on sait que l’interrogatoire de Rick à été écourté. Les résidents de la villa voisine n’ont rien vu … Je me demande juste comment ça se fait que le nom de Martha n’apparaisse nulle part. »
-« Pourtant, elle a bien dû être mise au courant. »
-« Je sais que Castle à souvent reproché à sa mère de ne pas être une maman modèle, mais je doute fort qu’elle ait pu … » Beckett s’arrêta, cherchant ses mots. « Pourquoi ce n’est pas elle qui à identifier le corps ? Pourquoi ce n’est pas elle qui a repris Richard après le début d’interrogatoire ? Pourquoi la Police ne l’a pas interrogée ? »
-« Elle n’était peut-être pas là ? » suggéra Ryan.
-« Alors où était-elle ? Et pourquoi n’est-elle pas revenue ? »
-« Bonne question Espo. Tu n’as plus qu’à trouver la réponse. »
-« Quoi ? » fit-il, incrédule.
-« Martha Rodgers est actrice, et la seule chose qui pouvait l’éloigner de ses fils était certainement lié à son travail. Contacte son agent, fouille dans l’histoire du cinéma, fait comme tu veux, mais dis-moi où elle pouvait être ce 28 Octobre 1974. »
-« Bien chef. » soupira-t-il en pensant qu’une fois de plus il aurait mieux fait de se taire.
-« Ryan ? Je veux tout savoir sur cette Julia Brown. Je veux savoir quand Martha l’a engagé, je veux savoir où elle habitait et surtout, ce qu’elle a fait APRES la noyade du petit Henry. »
-« Je suppose que je n’ai pas le droit de demander à Martha. »
Beckett se contenta de l’assassiner du regard et le jeune inspecteur battit en retraite comme un chiot qu’on venait de gronder.
-« Famille Jones… A nous deux maintenant. » soupira Beckett, bien décider à résoudre ce mystère.
Chapitre 14 :
Le lendemain matin, Esposito n’arriva au poste que bien après 10 heures.
-« On peut savoir où tu étais ? » fit Kate d’un ton plus autoritaire que d’ordinaire.
-« Au théâtre. » fit l’inspecteur, fière de lui. « Tu m’as interdit de parler à Martha, pas de boycotter tous les acteurs. »
-« Donne-moi une raison de ne pas m’énerver… » somma Beckett
-« J’ai passé le soirée à éplucher la carrière de Martha et je n’ai trouvé aucun film sorti en 75 ou tourné fin 74. Alors Lanie a eu une super idée. »
-« Tu as parlé de l’enquête à Lanie ? »
-« Comme si tu ne le faisais jamais ! Bref, on a passé la nuit à faire les petits théâtres et à discuter avec des artistes avoisinant les 70 ans… »
-« Dis-moi que tu plaisantes ? Je n’avais pas dit ‘discrétion’ ? »
-« Non, tu ne l’as pas dit ! » affirme-t-il d’un ton certain avec un petit sourire aux lèvres. « En me couchant, très tard, ou très tôt… Je pensais que c’était vraiment la pire idée que Lanie n’ait jamais eu. Jusqu’à ce qu’un type me réveille à 7 heures en me disant qu’il se souvenait d’un tournage à Los Angeles, avec Martha Rodgers. Mais personne ne l’a jamais cru parce que le film a été relégué aux oubliettes. »
-« Et ? »
-« Le type m’avait pas un grand rôle. Par contre, Martha était la vedette du film. Le producteur était à cran parce que Madame Rodgers avait fait décaler le tournage à deux reprises déjà. »
-« Décaler le tournage ? Tu crois vraiment que ce sont les acteurs qui décident de quand ils veulent tourner ? »
-« Visiblement oui. » se moqua-t-il. « Il parait qu’elle avait eu une aventure avec ce producteur et qu’elle le menait par le bout du nez. »
-« Qu’est-ce qui s’est passé pendant ce tournage ? Martha a été prévenue de la noyade de son fils ? »
-« Oui, c’est pour ça qu’il s’en souvenait aussi bien, même 35 ans après. L’usage des GSM n’était pas telle qu’elle est maintenant. Ce n’était pas aussi facile de joindre les acteurs en plein tournage. Celui qui prenait le message le faisait juste passer… Enfin bref, une personne a intercepté celui de Martha et elle n’a été prévenue qu’une semaine plus tard. »
-« Quoi ? » hurla Kate. « Ils ont continué le tournage comme si de rien n’était ? »
-« C’est exactement ça. »
-« Et personne ne lui a rien dit ? »
-« A part le producteur et celui qui a réceptionné le message, personne n’était au courant. D’après le type qui m’a parlé, Martha aurait vu un article dans un journal… Il parait qu’elle a littéralement explosée. »
-« Mais il y a de quoi, C’est horrible, comment ils ont pu lui faire ça ? »
Kate essayait de balayer ce sentiment d’injustice et de colère…
-« Martha a quitté le plateau et est rentré à New-York le plus rapidement qu’elle pouvait. »
-« .ça explique qu’elle n’apparaisse dans aucun compte rendu de la police… Pauvre Martha. C’est inhumain ce qu’ils lui ont fait. Tu es sûr que ce type ne t’a pas mené en bateau ? »
-« Il m’a montré de vieille photo qu’il avait faites pendant le tournage. En plus, je ne lui ai pas parlé d’Henry, c’est lui qui a évoqué une noyade. Rien ne prouve que son histoire soit vraie, mais ça explique la raison pour laquelle c’est la nounou qui a du tout assumer. »
Kate était abasourdie et pensait à la souffrance de l’actrice tandis qu’Esposito expliquait à Ryan que le producteur avait essayé de terminer le film en utilisant la doublure de Martha, mais comme le résultat était atroce, le film n’était jamais sorti des studios.
-« Merci Espo… Après tout, je suppose que Martha m’en dira plus, j’ai rendez-vous avec elle en fin de journée. Ryan ? »
-« Bon, tu veux la bonne ou la mauvaise nouvelle ? »
-« Commence par la bonne…. »
-« Il n’y en a pas ! » nargua-t-il. « J’ai dû contacter plusieurs agence bancaire avant de trouver un compte encore ouvert au nom de Julia Brown. Mais il ni a eu ni retrait ni dépôt depuis plus de 30. Mais grâce à ce compte, je peux t’affirmer qu’elle travaillait pour Martha Rodgers depuis plus d’un an et qu’elle était plutôt mal payée, quand on connait un peu le caractère de Castle. »
-« Ryan ! »
-« Trop tôt pour la note d’humour ! » se fit-il a lui-même, sous le regard menaçant de Beckett. « Toujours d’après ce relevé de compte, le dernier virement de Martha date du mois suivant la…. La disparition d’Henry. »
-« Autre chose ? »
-« J’ai perdu sa trace… C’est comme si elle s’était évaporée, je t’assure. J’ai vérifié les permis de conduire, son numéro de sécurité social… Elle a simplement disparue. »
-« Ou changé de nom… » sifflota Beckett.
Ryan soupira.
-« Je n’ai pas complètement travaillé pour rien. En cherchant si elle avait toujours de la famille, j’ai retrouvé son frère, ils n’ont jamais été très proches mais il m’a parlé d’un accident que sa sœur aurait eu en gardant les deux petits monstres. Je cite cette fois. » se justifia-t-il alors que Beckett le foudroyait déjà du regard. « L’un des deux garçons aurait provoqué une chute assez spectaculaire. Julia a eu la jambe cassée et aurait fait une fausse couche. »
-« Si elle reproche la perte de son bébé à Martha et à ses fils, on peut comprendre la raison pour laquelle elle aurait voulu se venger. Mais, Beckett, ça ne nous dis pas om retrouver ce Sam ou Henry. On ne sait même pas où est cette Julia à l’heure qu’il est. »
-« Elle est morte. Et non, ça ne nous dis pas où est Henry. Mais je me vois mal arriver chez Martha et lui dire : ‘Si Henry était toujours ne vie, tu sais où je pourrais le trouver ?’ » ironisa-t-elle.
-« Elle est morte ? Tu es sûr ? » demanda Ryan, frustré de ne pas avoir pu arriver à cette conclusion.
-« Pendant que vous couriez un peu partout, j’ai fouillé dans le passé de la famille Jones. Molly m’a dit que son père avait épousé la mère de Sam quand il avait 7 ans. J’ai donc cherché son nom de jeune fille. Juliette Andrew a épousé Paul Jones en 1976. Un mois plus tard l’homme adoptait le petit Sam Andrew et lui donnait son nom. »
-« Et comment tu relie Juliette Andrew et Julia Brown ? » demanda Ryan.
-« Avec ceci. » fit-elle, triomphante en montrant un album photos. « J’ai demandé à Molly de m’envoyer quelques photos de son frère et de sa belle-mère. Elle m’a carrément fait parvenir cet album en me demandant juste de lui rendre dès que possible. »
--« Et tu vas en faire quoi ? »
-« Demander à Martha. » se moqua-t-elle. « Je sais que Sam Jones est Henry Rodgers. J’en ai la preuve avec son ADN ; je connais son histoire. Pour le retrouver, j’ai besoin de connaitre les habitudes du petit garçon de 5 ans. Je dois savoir quel genre de souvenirs le hantent, les choses auxquelles il pourrait se raccrocher… Je crois qu’il n’y a que Martha qui puisse m’aider.