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Souviens-toi, Castle.

Série : Castle
Création : 04.05.2015 à 19h42
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« Histoire plutôt tordue (comme d'habitude en fait )  » judy1 

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Chapitre 15 :

 

-« Mon père va beaucoup mieux mais il n’est pas encore rentré. Vous n’aviez pas besoin de vous déplacer pour si peu, un simple appel aurait suffi. » fit Alexis, peu accueillante en ouvrant la porte et découvrant Beckett.

-« Heureuse qu’il aille bien. Mais ce n’est pas pour lui que je suis là. Je peux entrer ? » demanda-t-elle en forçant un peu le passage, espérant que Martha se souvienne de leur rendez-vous.

-« Ah Katherine… Tu es là. » fit l’actrice en l’accueillant avec un grand sourire.

-« Du thé, une tasse de café peut-être ? » proposa-t-elle poliment.

-« C’est très gentil à vous Martha, mais je pense qu’il va nous falloir quelque chose d’un peu plus corsé. » répondit-elle avec un petit sourire crispé.

-« Ce n’est donc pas une visite de courtoisie. » en conclu l’actrice en l’invitant à s’asseoir autour de la table de la salle à manger.

Remarquant l’épaisseur du classeur que Beckett avait sous le bras, elle en conclu que la présence d’une table, pour éventuellement déposer des documents, serait probablement utile à un moment ou à un autre.

-« Vous savez pourquoi ce type s’en est pris à mon père ? » demanda Alexis en se joignant aux deux femmes.

-« Oui… » soupira Kate, se demandant par où commencer.

Les deux rouquines attendaient que Kate se lance, tandis que l’inspectrice cherchait toujours ses mots.

« Euh… Par où commencer ? »

-« Le début. » suggéra Alexis, avec malice.

-« Vous vous souvenez de mon enquête ? Cet homme poignardé à quelques rues d’ici. »

-« Vous avez arrêté papa ! » continua de reprocher Alexis. « Comment l’oublier. »

-« Je ne l’ai pas arrêté… Juste interrogé. »

-« Mais il n’avait rien fait. »

-« Non… Il n’avait rien fait. L’homme qui l’a agressé était l’assassin. Il s’en est pris à Rick parce qu’il pensait qu’il l’avait vu. »

-« Mais… »

-« Je sais Alexis… Mais mon job était de vérifier et je l’ai fait : Un témoin affirmait avoir vu ton père sur les lieux du crime alors j’ai demandé à mes gars de chercher un lien entre ma victime et Castle, en précisant de remonter aussi loin qu’il le faudrait. »

-« Et vous avez trouvé ? » fit Martha, se demandant où l’inspectrice voulait en venir.

-« Non… Mais ils ont trouvé ceci. » dit-elle d’une voix faible tout en sortant une copie de l’article de presse de son classeur.

Dès qu’elle vit le titre en gros caractère, Martha pâlit. Elle regarda brièvement Kate avant de baisser les yeux, cachant ainsi les larmes déjà apparues.

Pendant que Kate surveillait les réactions de Martha, Alexis avait déjà commencé la lecture.

-« Grand-mère ? » fit-elle, incrédule.

-« Je suis sincèrement désolée Martha. Je m’excuse de vous infliger un telle torture et croyez-moi, si je pouvais faire autrement, je le ferais. »

-« Vous savez ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? » balbutia Martha en faisant de son mieux pour garder sa fierté.

-« Oui. » admit l’inspectrice. « Mais il me reste encore pas mal de questions. »

-« C’est ce qui hante Richard ? C’est le passé qui refait surface, après toutes ces années ? Je pensais vraiment qu’il avait oublié. » soupirait-elle en pensant au désarroi dans lequel devait son trouver son fils.

-« D’une certaine manière… Mais vous ? Vous n’avez pas pu oublier ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment se fait-il que Rick ait pu oublier avoir eu un frère ? »

Alexis regardait sa grand-mère comme si elle la voyait pour la première fois : de manière totalement incrédule. Elle ne savait plus quoi dire, quoi penser. Elle était en colère à la fois contre Beckett, qui une fois de plus mettait les pieds dans le plat en faisant souffrir sa famille sans se soucier des conséquences. Contre sa grand-mère aussi, pour avoir enfui un tel secret qui visiblement avait fini par rendre son père complètement fou.

-« Je ne sais pas. » fini par articuler péniblement Martha. « Je n’ai aucune idée de ce qui a pu se passer. »

Kate et Alexis échangèrent un regard. De toute évidence, aucune des deux n’étaient très à l’aise. Mais Kate devait continuer. Martha était sa seule chance de connaitre Henry, de savoir quel petit garçon il avait été et quel souvenir il pouvait avoir gardé.

« J’étais en tournage à Las Vegas. J’étais en pause ce jour-là, je paressais à l’hôtel. J’attendais un ami dans le hall et je me suis mise à lire pour patienter. J’ai vu un New-York Times trainer, je l’ai pris machinalement et j’ai commencé à le feuilleter. Le titre de l’article m’a accroché alors je l’ai lu en entier. Quand j’ai vu le nom de la victime, j’ai tout de suite pensé que ça ne pouvait pas être mon fils. Qu’il devait s’agir d’un autre petit Henry. Prise de panique, incapable de penser à autre chose, je me suis précipitée vers les téléphones et j’ai tout de suite appelé à la maison. Julia était là. Elle m’a expliqué qu’Henry s’était noyé, que la police avait essayé de me joindre. Elle-même avait laissé plusieurs messages mais qu’à chaque fois on lui répondait que je n’étais pas disponible et que je rappellerais plus tard. »

Matha s’interrompit. Le temps de rassembler ses idées et de sécher ses larmes.

« Personne ne m’a jamais fait parvenir le moindre message… Le journal datait de la semaine précédente. J’ai été trouver le producteur qui m’a avouer être au courant. Je l’ai traité de tous les noms, je l’ai frappé… Il s’est contenté de me regarder droit dans les yeux en me disant que je pouvais faire tout ce que je voudrais, ça ne me ramènerais pas mon fils. Que le mieux que je puisse faire était de terminer son film. »

-« Et qu’est-ce que tu as fait ? » demanda Alexis, complètement absorbée par l’histoire.

-« J’ai tout plaqué. Je me suis renseigné auprès de toutes les compagnies aériennes et j’ai pris le premier avion pour rentrer. »

Elle prit une grande inspiration, rassemblant son courage pour ne pas s’effondrer en larmes.

« Lorsque je suis rentrée à New-York, l’enterrement avait déjà eu lieu. Je n’ai même pas pu lui dire adieu. » sanglota-t-elle.

-« Et Rick ? »

-« Oh… Pauvre Richard. Il n’arrêtait pas de s’excuser. Il passait des heures, assis sur le lit d’Henry, à répéter qu’il allait revenir, qu’il n’était pas mort, que ce n’était pas lui. »

-« C’est pour ces raisons que vous ne lui avez plus parlé de son frère ? »

-« Je n’aurais pas dû… J’avais moi-même du mal à accepter la mort d’Henry, je ne savais pas comment m’y prendre avec Richard. »

-« Je ne vous juge pas Martha. Et je ne pense pas qu’il y avait de bon ou de mauvais choix. »

-« Les psychologue disaient que ça passerait, qu’il finirait par l’accepter. Mais c’était de pire en pire : il s’asseyait devant le miroir et restait là, à attendre que son reflet vienne jouer avec lui. »

-« Qu’est-ce que vous avez fait ? »

-« J’ai fait nos valises. J’ai abandonné tout ce qui pouvait lui faire penser à son frère, j’ai accepté le premier job, loin de New-York. J’ai emmené Richard avec moi et je ne lui ai plus jamais parlé d’Henry. »

-« Et ça a suffi pour que papa oubli ? »

-« Non… Au début il en parlait sans cesse. Il croyait même qu’on était partis pour le rejoindre. Mais au fils du temps, il s’était mis à en parler comme d’un ami éloigné. Par la suite, c’est devenu une sorte d’ami imaginaire… A ce moment-là nous sommes revenus à New-York, mais dans un tout autre quartier, loin de tous les souvenirs de cette autre vie. En grandissant, il a fini par oublier cet ami invisible… Et je pensais que tout était loin derrière nous. »

-« Je m’excuse Martha. »

L’actrice releva la tête.

« Je suis désolée du mal que je vais vous faire… »

-« Parce que vous croyez que vous n’en avez pas déjà fait assez ? » s’indigna Alexis avec force.

-« Non Alexis. En fait, je n’ai pas encore commencé. »


judy1  (17.06.2015 à 19:19)

Chapitre 16 :

 

-« Pardon Matha… Mais j’ai besoin de votre aide. » dis Kate en sortant une photo de son classeur.

L’inspectrice la retourna lentement, craignant la réaction de l’actrice.

-« Reconnaissez-vous quelqu’un sur cette photo ? »

Martha pris sur elle, fixa l’image avec attention, tourna la tête vers une photo de Rick, exposée dans l’appartement et fit de son mieux pour retenir ses larmes.

-« Julia. La nounou qui gardait les garçons. Et…. Henry. » murmura-t-elle.

-« Vous êtes sûr que ça ne peut pas être Richard ? » s’assura Kate.

-« Et vous, vous ne pensez pas que vous allez un peu trop loin ? » fit Alexis, outrée, en répondant du tac au tac alors que Martha s’était levée et se dirigeait vers sa chambre. « Papa arrive à vous pardonner tout le mal que vous lui faite, mais il ne vous laissera probablement même pas le temps de vous expliquer quand il saura ce que vous faites à ma grand-mère. » lança-t-elle d’un ton sec et très ferme.

-« Alexis… »

-« Est-ce qu’au moins vous avez conscience de la torture que ça doit-être pour elle ? Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? »

-« Si ce n’était pas le cas, je ne serais pas là. Et comme je sais que ça te tracasse : mon enquête est terminée. Je n’ai pas besoin des réponses de ta grand- mère pour mon rapport et si je ne tenais pas autant à votre famille, non, je ne perdrais certainement pas mon temps à remuer le passé. » se fâcha Kate, excédée par les reproches d’Alexis.

-« Vous avez de drôle de façons de montrer aux gens qu’ils comptent pour vous ? » articula sèchement Alexis à voix basse pour que ce soit suffisamment clair pour Beckett mais inaudible pour sa grand-mère qui revenait avec une vielle boite à chaussures.

Sous le regard assassin d’Alexis, Kate laissa le temps à Martha de fouiller parmi ses souvenirs. Au bout d’une minute, qui parut une éternité à Kate, elle en ressortit une photo où deux petits garçons quasiment identiques souriaient à l’objectif.

-« Regardez, si vous faites bien attention vous pouvez voir que les yeux d’Henry étaient légèrement plus foncés que ceux de son frère… Sans compter sur l’horrible épi de Richard…. Les cheveux d’Henry étaient un peu ondulés, pas bouclés mais pas tout à fait lisses et sans épis. » affirma-t-elle, nostalgique. « Je suis certaine que c’est Henry sur cette photo. » conclu-t-elle en mettant les deux clichés l’un à côté de l’autre.

-« Vous avez ce que vous voulez ? » fulminait Alexis, déjà prête à claquer la porte derière l’inspectrice.

-« Encore un détail… » soupira Kate en retournant la photo où une date avait été écrite à la main.

-« La date du développement. » supposa Martha.

-« Ça pourrait être le cas. » fit Kate en déposant une autre photo sur la table.

Il s’agissait cette fois d’une photo de famille lors d’un mariage : les parents et deux adorables enfants. En regardant de plus près, on remarquait facilement que les habits des personnes et le décor étaient identiques. Elles avaient été prises le même jour.

-« Je suis heureux pour eux. » fit Martha, ne comprenant pas grand-chose à la situation. « J’ignorais que Julia était mariée et encore plus que mes enfants y avaient été invités. »

-« C’est là que les choses se compliques. » Kate était de plus en plus mal à l’aise. Elle craignait la réaction de Martha et encore plus celle d’Alexis. « Cette photo a été prise il y a plus de 30 ans… Cette petite fille est maintenant une femme. C’est elle qui m’a confié ces photos. »

-« Wahhh …. Tout ça pour nous dire que vous vous êtes fait une amie. » ironisa Alexis.

-« Tout ça pour que je retrouve son frère… » rétorqua Kate en pointant le garçon de la photo.

-« Ce n’était pas son frère et Henry est mort. »

-« En Mai 1976, Paul Jones épousait Mademoiselle Juliette Andrew et quelques semaines plus tard, adoptait son fils, Sam. » expliqua Kate avec précaution en posant le doigt sur chaque personne tout en parlant.

-« Tout ça est absurde… » commença à s’énerver Martha, confuse. « Elle ne s’appelait pas Juliette Andrew et c’était MON fils. Il est mort. »

-« Non Martha. »

Kate posa l’album photo confié par Moly sur la table et tourna les pages. Martha se rassit, Tandis qu’Alexis fixait Beckett, le visage livide. L’inspectrice venait de leur montrer toute une vie résumée en une vingtaine de pages photos où l’on voyait la métamorphose d’un petit garçon en jeune homme plutôt séduisant.

-« Elle les adorait… Pourquoi elle aurait fait une chose pareille. » balbutia Martha tout en tournant les pages de l’album, à son rythme cette fois.

-« Elle a fait une fausse couche pendant qu’elle travaillait pour vous, vous le saviez ? »

-« Non… Bien sûr que non. J’ignorais tout de sa vie… » répondit l’actrice machinalement, regardant son fils grandir sous ses yeux.

-« Mais grand-mère n’était pas responsable… »

-« Je n’ai pas dit qu’elle l’était. Mais si Julia, elle, le pensait, ça expliquerait son geste. »

-« Un enfant ne peut pas en remplacer un autre. » s’opposa Alexis. « Vous êtes certaine de ce que vous avancer ? On dit qu’on a tous un jumeau quelque part… »

-« Et celui de ton père est quelque part dans cette ville. » conclu Kate. « Et oui, je suis certaine. »

Martha releva les yeux, rougis par les larmes qu’elle tentait de retenir par fierté. Les deux rouquines la regardaient attendant des explications.

-« Rick ne délirait pas : il n’a pas retiré les 75 000 $ de son compte. Il n’est jamais venu vous chercher pour déjeuner et même en imaginant un petit jeu cruel, il n’aurait pas confondu sa fille avec une autre… »

-« Henry est vraiment en vie… » fit Martha comme si elle venait subitement de comprendre ce que Kate lui expliquait depuis plus de 10 minutes maintenant.

-« Oui. » affirma-t-elle. « Quand j’ai appelé l’autre jour, pendant que Rick préparait le petit déjeuner à coté de vous, son sosie était au poste. Buvant tranquillement un café dans la salle de repos, juste sous mes yeux. Quand j’ai compris que ce n’était pas Castle, j’ai fait faire un test ADN en me servant de la tasse qu’il avait utilisé. »

-« ça pourrait être un caprice de génétique ou un demi-frère… » supposa Alexis, refusant de faire confiance à l’inspectrice. « Après tout, grand-mère a toujours dit qu’elle ignorait… »

-« Alexis ! » interrompit Kate. « Si cet ADN avait été retrouvé sur la scène de crime, même le super avocat de ton père à 10 000 $ la séance n’aurait pas pu le faire sortir de prison. »

-« Si proche que ça… L’ADN ? »

-« Lanie affirme qu’il existe des tests spécifiques pour comparer les ADN des jumeaux, mais il n’est utilisé que lors d’affaires criminelles très complexes. Mais je suis certaine de ce que dis. »

Beckett laissa Martha regarder les photos quelques secondes avant de poursuivre.

« Sam… Ou Henry, on lui à faire croire toute sa vie qu’il était malade. Que les souvenirs qui lui revenaient en tête n’étaient pas réels. Il a passé des années a se faire soigner pour une maladie qu’il n’avait pas. Moly, sa sœur, m’a fait transmettre la liste de ses différents traitements. D’après le spécialiste de la scientifique, il va falloir du temps pour le désintoxiquer mais c’est possible. »

De nouveau elle patienta un instant, le temps pour les deux femmes de comprendre l’importance de ce qu’elle venait demander.

« Il était censé poursuivre son traitement, mais aucune pharmacie des environs n’a reçu d’ordonnance pour les médicaments qu’il devait prendre. »

-« Il n’est peut-être pas si près d’ici… Ou alors il n’avait un stock de réserve. » proposa Alexis.

-« Pour copier ton père aussi bien, il a dû le suivre un bon bout de temps. Je doute qu’il se soit éloigné depuis et non, son médecin affirme qu’il aurait dû se procurer ses médicaments depuis plus de 4 jours. Ryan et Esposito ont contacté toutes les pharmacies de Manhattan, il ne l’a visiblement pas fait, ce qui indique qu’il doit être dans un état de manque très préoccupant. Martha ? »

Beckett attendit que le regard de l’actrice quitte les photos de l’album et croise le sien avant de poursuivre. Kate inspira un bon coup et rassembla tout ce qui lui restait de courage pour ignorer les yeux rougis de Martha et continuer comme si de rien n’était.

« J’ai besoin de votre aide parce qu’il faut qu’on le retrouve. »

-« Pour votre enquête… » commença Alexis.

-« Pour lui-même. » répliqua Kate sans laisser le temps à la jeune fille de l’assommer d’autres reproches, certes justifiés. « Parce que cet homme est complètement perdu, dans l’une des villes les plus dangereuses qui soit, et comme si ça ne suffisait pas, son état de santé nécessite des soins médicaux de toute urgence. »

-« Je ne vois pas comment je pourrais vous aider. Il y a à peine une demi-heure, j’étais persuadée qu’Henry reposait au cimetière Trinity. »

-« Je sais que ce que je vous demande est pénible, mais j’aimerais savoir quel genre de petit garçon il était, quel… »

-« Mais qu’est-ce que ça peut vous faire ? » s’indigna Alexis.

-« Parce que pour le retrouver, j’ai besoin de savoir quel genre de souvenir il pourrait avoir gardé de cette vie avec vous. »

Un blanc s’installa. Trouvant une bonne réponse à chacune des interventions d’Alexis, l’inspectrice avait enfin réussit à lui clouer le bec. Martha, luttant toujours pour ne pas s’effondrer devant Beckett, ne savait pas exactement ce qu’elle devait répondre.

-« Où habitiez-vous ? » repris Kate d’une voix douce.

-« Sur la 3ème Avenue…Tout près de la station de Metro de Lexington. » répondit-t-elle machinalement, toujours hypnotisé par les yeux bleus de son fils.

-« Vous souvenez-vous de certains de ses camarades ? De l’endroit où vous les emmeniez jouer ? »

-« Julia savait toutes ces choses… C’est elle qui les emmenait jouer dehors, elle qui les récupérait après l’école, elle qui… »

-« Et vos voisins ? » écourta Kate, refusant d’entendre Martha dénigrer son rôle de mère.

-« Richard et Henry étaient absolument insupportables… Je doute qu’aucun voisin ne puisse en garder un bon souvenir de nous. »

-« J’ai déjà bien du mal avec un Castle, je n’imagine même pas devoir en supporter un deuxième. » laissa échapper Kate. « Pardon Martha, je… »

-« Vous n’avez pas à vous excuser. Je pense qu’en fait vous vous seriez mieux entendu avec Henry. »

Kate s’en voulait pour sa remarque, mais la réponse de Martha l’intrigua. L’actrice dû lire dans les pensées de l’inspectrice car elle continua son monologue.

« Richard a toujours été le plus casse-cou et le plus téméraire aussi. Quand Henry ne se laissait pas entrainer par les bêtises de son frère, c’était un petit garçon fort câlin, un peu timide, très sensible et bien plus terre-à-terre que Richard. Mais une fois ensemble, plus rien ne pouvait les arrêter … Les laisser tous les deux dans une pièce revenait à faire naître un véritable ouragan chez vous. Leur petit jeu préféré était de se faire passer l’un pour l’autre. C’était juste un jeu pour eux et leur ressemblance était telle qu’ils n’avaient même pas à se forcer, ils me rendaient dingues des fois… Non, ils rendaient tout le monde complètement dingue. Mais je crois que je ferais n’importe quoi pour revivre ces moments. »

Martha resta encore plus d’une heure à parler des deux garçons et des souvenirs qu’elle gardait de ces 5 années de bonheur, malgré leur quotidien difficile. Kate remercia Martha pour tous les renseignements et s’excusa discrètement auprès d’Alexis pour son intrusion dans leur passé. Alexis la fusilla du regard et fut soulagée une fois qu’elle put refermer la porte derrière Beckett.


judy1  (18.06.2015 à 19:23)

Chapitre 17 :

 

Le lendemain, en milieu d’après-midi, alors que l’équipe de Beckett était toujours à la recherche des anciennes connaissances de la famille Rodgers, Kate eut la mauvaise surprise de recevoir la visite de deux inspecteurs des services internes. Elle passa plus de deux heures à répondre à leurs questions, dû justifier ses agissements : elle était partie sur un coup de tête, sans prendre le temps de vérifier ses informations ni avertir sa supérieur, mettant sa ainsi sa vie et celle de Monsieur Castle en danger. Beckett lui répliqua aussitôt que la vie de Castle était DÉJÀ en danger et ce qu’elle faisait de la sienne ne le regardait en rien. L’inspecteur la sonda d’un regard sévère avant d’en venir au coup de feu. Cette fois, c’est Gates, elle-même, qui vient au secours de Beckett en déboulant dans la pièce. Elle posa une copie de l’enregistrement de Castle su la table.

-« Vous n’avez pas le droit de vous présenter ici sans en avoir reçu d’autorisation et encore moins celui d’interroger l’un de mes hommes sans m’en informer au préalable. Vous trouverez de quoi répondre à vos questions en écoutant cet enregistrement qui, à lui seul, prouve que le Lieutenant Beckett à agit selon le protocole et en ce qui concerne sa petite expédition en solitaire comme vous dites, sachez que j’en ai été avertie avant même qu’elle ne quitte le commissariat. Si vous en voulez la preuve, tendez l’oreille à la 37ème minutes :on entend les très distinctement les renforts arriver. Vous pensez vraiment qu’ils auraient pu la rejoindre aussi rapidement si personne ne savait où elle était exactement ? Si vous avez d’autres questions, merci de venir m’en faire part avant d’interrompre le travail de mes inspecteurs. »

Sur cette dernière phrase, elle se leva, invita Beckett à en faire autant et l’entraina à l’extérieur de la salle de conférence que les inspecteurs des services interne s’étaient autorisés à squatter.

-« Merci Capitaine. » fit Kate, un peu troublée par l’intervention de sa supérieure.

-« Ne me refaite JAMAIS un coup pareil, c’est clair ? » répondit Gates d’un ton sec en reprenant l’inspection des différentes équipes de la criminelle et l’avancement de leurs enquêtes.

-« Bien chef… » soupira Kate en la regardant s’éloigner, se demandant si elle parlait du fait d’avoir porté secours à Castle en agissant comme un bleu ou d’avoir suivi l’ordre des inspecteurs en acceptant de répondre à leurs questions.

 

Beckett et les Bros passèrent encore quelques heures à chercher les anciens voisins de Martha, elle tenta de contacter plusieurs anciennes amies. Les gars avaient patrouillé aux alentours de l’ancienne adresse des Rodgers, sans aucun résultat : Sam, ou Henry, restait introuvable.

Il était plus de 20 heures quand elle ordonna aux gars de rentrer chez eux. Elle s’apprêtait à en faire autant quand la sonnerie de son portable la rappela à l’ordre. L’espace d’un instant, le sourire refit surface sur son visage.

-« Castle ? Encore un problème avec les infirmières ou vous n’avez toujours pas compris le… »

-« Kate ? C’est Alexis. »

-« Alexis ? » fit Kate avec surprise, craignant d’un coup que Castle se soit attiré d’autres ennuis. « Qu’est-ce qui ne va pas ? Où est ton père ? »

-« A l’hôpital, il va bien. Je lui ai juste emprunté son portable pour vous appeler en cas de besoins. Je ne connaissais pas votre numéro privé et je ne savais pas comment … »

-« Alexis, qu’est-ce qui se passe ? »

-« C’est grand-mère… Je sais qu’il est tard, mais s’il vous plait, je ne sais plus quoi faire…. »

-« J’arrive. »

20 minutes plus tard Beckett toquait à la porte du loft.

-« Wah… Encore plus rapide que le livreur de pizzas. » fit Alexis, soulagée de voir que l’inspectrice se souciait réellement de leur bien-être, comme elle le prétendait la veille au soir.

-« Hein ? » fit l’inspectrice en fronçant les sourcils.

-« Je l’ai appelé une dizaine de minutes avant vous. »

-« oh… Alors il ne devrait plus tarder. » ironisa Beckett en s’invitant d’elle-même à entrer. « Qu’est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle en regardant pourtant dans la pièce, à la recherche de Martha.

-« Après votre départ, Grand-mère s’est réfugiée dans sa chambre. Elle n’en est pas ressortie depuis. A chaque fois qu’elle m’a permis d’entrer, elle était assise dans son fauteuil, une pile de vieilles photos devant elle… Elle n’a ni mangé ni bu depuis hier, elle ne fait que pleurer et je ne sais plus quoi répondre à papa qui appelle toutes les heures pour savoir pourquoi elle n’est pas venue le voir comme elle l’avait promis… »

-« OK… » soupira Alexis en posant sa main sur l’épaule de la jeune fille, espérant que ça puisse la détendre un peu.

-« C’est encore lui… » fit elle en regardant le numéro s’afficher. « Qu’est-ce que je fais ? »

-« Tu devrais peut-être répondre avant qu’il ne signe lui-même la décharge pour rentrer. »

Kate laissa Alexis se débrouiller avec son père et se permis d’avancer vers la chambre de Martha. Elle frappa doucement à la porte et attendit la réponse avant d’entrer.

-« Vous l’avez retrouvé ? » demanda Martha, pleine d’espoir en dévisageant l’inspectrice.

-« Non Martha, c’est Alexis qui m’a appelé » expliqua-t-elle en s’asseyant sur le bord du lit, juste en face de l’actrice.

-« Oh… » laissa-t-elle échapper en se replongeant dans ses souvenirs, comme si Beckett était devenue invisible.

-« Martha ? » fit Kate en se mettant à genoux devant l’actrice. « Je n’ai pas de machine à remonter le temps, je ne peux pas vous ramener ce petit garçon… »

-« Je l’ai abandonné. Richard a raison, je suis vraiment la pire des mères. »

-« Rick vous aime énormément et même s’il lui est arrivé de prononcer ces mots, il n’en pensait rien. Vous êtes une femme remarquable et une mère adorable. »

-« Je l’ai laissé… Je l’ai effacé de nos vies et lui… »

-« Vous le croyiez mort Martha. » repris Kate en parlant franchement espérant que ce manque de tact la secoue un peu. « Vous l’avez laissé partir, mais vous n’aviez pas d’autre choix. Vous avez effacé son souvenir pour protéger Richard, pour l’empêcher de devenir fou. Vous avez fait preuve d’un courage inouï ces 35 dernières années et je comprends que vous soyez bouleversée… Mais vos fils ont besoin de vous. Rick est sur un lit d’hôpital et il va bien falloir qu’une personne réponde à ses questions. Quand à Henry… »

-« Il ne doit même plus se souvenir de nous… » sanglota-t-elle en reprenant pieds avec la réalité.

-« Vous avez déjeuné en sa compagnie il n’y a pas si longtemps que ça. Je suis certaine que quelque part, tout au fond de lui, il s’en souvient. » se voulut-elle rassurante en se demandant s’il était possible qu’une personne garde des souvenirs d’aussi loin.

Martha releva les yeux et se sentit honteuse en affrontant le regard de Beckett.

-« Martha, je suis désolée. Je m’excuse de vous avoir causé autant de mal. »

-« Mais ce n’est pas vous qui m’avez volé mon fils… Vous n’êtes pas responsable. »

-« Vous aviez tiré un trait sur une triste histoire et je n’avais pas le droit de rouvrir vos plaies. Je n’ai pas besoin de Sam… Henry pour mon rapport. Je pourrais simplement dire que Castle est légèrement perturbé en ce moment et qu’il ne se souvient pas de cette soirée. Avec un peu de chance je pourrais même l’en convaincre, lui aussi. » sourit-elle malgré le contexte. « Je lui ai déjà fait croire à des trucs bien plus dingue ! » se moqua-t-elle avec douceur.

-« Je ne comprends pas… »

-« Votre petit Henry s’appelle Sam Jones aujourd’hui. Il a plus de 40 ans et peut-être qu’il ne se souvient plus de vous. Peut-être que sa présence à New-York n’est qu’un hasard. »

Kate faisait de son mieux pour se vouloir convainquant. Elle avait passé de longs moments avec Moly Jones, elle savait très bien que Sam se souvenait de beaucoup de choses : jusqu’à maintenant, ses souvenirs étaient pris pour des délires que les médecins avaient associés à sa double personnalité.

Beckett ne croyait pas une seconde en ce qu’elle disait, mais ne pensait qu’à soulager Martha en lui proposant une échappatoire.

« Je n’ai pas besoin de continuer à le chercher. Je n’ai pas besoin de bouleverser sa vie, ni celle de Rick. Si vous préférez, je pourrais très bien vous aider à ranger toutes ces photos, ressortir d’ici comme si de rien n’était et me décharger du dossier de Sam Jones en le reléguant au service des personnes disparues. »

Cette proposition du faire l’effet d’un électrochoc dans la tête de Martha. Elle se releva d’un bond et regarda Kate avec un mélange d’angoisse et de colère.

-« Je ne dirais rien à Castle. Je ne trahirais pas votre secret. Si ça peut vous rassurer, je ferais en sorte que votre fils ne revienne plus au 12th et vous n’entendrez plus jamais parler de moi. »

-« Richard ne me le pardonnerais jamais… » marmonna-t-elle

-« Je mettrais son enlèvement sur le compte de mon incompétence, mon incapacité à résoudre l’affaire… Il n’en saura jamais rien. »

-« Vous pouvez peut-être lui faire croire beaucoup de chose, mais votre « incompétence » ? Il n’y croira jamais. » sourit Martha, reprenant un peu de sa vitalité.

 « J’ai retardé ce moment bien trop longtemps déjà. Imaginez que Richard et Henry se retrouvent face à face. Qu’il découvre ces photos par hasard. Qu’un souvenir refasse surface. Il comprendrait que je lui ai menti pendant toute sa vie et me détesterait pour ça, il ne pourrait pas me le pardonner. Il a le droit de connaitre son histoire. »

 

Derrière la porte, Alexis écoutait, une boulle dans la gorge. Elle avait détesté Beckett pour avoir fait souffrir son père, pour le manipuler aussi facilement. Pour avoir fait souffrir sa grand-mère en remuant une histoire aussi vieille que douloureuse. Mais ce soir, elle se rendait compte que malgré tout l’amour qu’elle portait à sa grand-mère, elle n’avait pas su trouver les mots pour la faire sortir de cet état de léthargie dans lequel elle s’était réfugiée. Peut-être que son père avait raison après tout : peut-être qu’elle était trop jeune pour comprendre certaines choses.

-« Alexis ? » sursauta Martha en se rendant compte de sa présence.

-« Papa au téléphone… » balbutia la jeune fille, émue par la conversation des deux femmes.

-« Qu’est-ce que je vais lui dire… Je ne pourrais jamais. Kate ? Ne nous abandonnez pas ! »

-« Dis à ton père qu’on sera là dès demain matin. » affirma Kate, bien fort pour être certaine que son partenaire entende.

 

 


judy1  (19.06.2015 à 19:52)

Chapitre 18 :

 

Seul dans sa chambre d’hôpital, allongé sur ce lit inconfortable, Rick n’avait pas encore trouvé le sommeil. Il ne comprenait pas ce que Beckett pouvait bien faire chez lui aussi tard. Enquêtait-elle sur son enlèvement ? Bien sûr que oui, il ne pouvait pas penser une seconde qu’elle laisserait ce type s’en sortir aussi facilement. Il savait même qu’il passerait un sacré mauvais quart d’heure s’ils se retrouvaient dans la même pièce.

Une fraction de seconde plus tard il se souvint du coup de feu, des gyrophares, des ambulances… Beckett avait tiré ? Si oui, ce type était déjà entre les mains de la police. Dans ce cas, qu’est-ce que Kate pouvait bien vouloir à sa mère ?

Ses idées n’étaient pas très claires et il tournait en rond. Il en était même venu à penser que Kate avait probablement raison en affirmant qu’il devenait fou et ne se souvenait plus de ce qu’il faisait. Peu à peu, cette idée prit le dessus et devenait de plus en plus cohérente : peut-être que sa mère était venue… Peut-être qu’il ne s’ne souvenait pas ! Ça serait logique, sa mère n’avait jamais rompue une promesse, même lorsqu’il était enfant, pourquoi le ferait-elle maintenant ? Et s’il avait vraiment commis ce meurtre ? Non….

-« Tout va bien Monsieur Castle ? » fit une infirmière en passant faire sa ronde.

Il était 3 heures du matin et ce patient aurait dû dormir depuis bien longtemps. Elle prit sa tension, vérifia sa température son rythme cardiaque et lui demanda une fois de plus s’il avait besoin de quelque chose.

-« Vous croyez qu’il est possible de devenir fou du jour au lendemain ? » demanda Castle sans retenue.

-« Si c’est votre cas, vous n’êtes pas dans le bon service. » se moqua-t-elle gentiment.

-« Mon amie le pense… Elle a peut-être raison. »

Constatant que son patient semblait sincère et réellement préoccupé par l’idée de perdre la raison, elle ravala son petit sourire et tenta une approche plus rassurante.

-« Si elle a raison, elle sera là pour vous soutenir. Si elle se trompe, changez d’amie. »

-« J’ai d’énorme trous de mémoire. Mes amis et ma famille me racontent des choses que je suis pourtant certain ne pas avoir faits… » expliqua-t-il, tellement il avait besoin de se confier à une personne neutre.

-« Dans ce cas, vos amis seront là pour vous aider. » lui sourit-elle en pensant qu’il était dommage qu’un auteur aussi prestigieux perde peu à peu la raison. « Vous devriez peut-être en parler au docteur demain. En attendant, si vous avez besoin d’un petit coup de pouce pour dormir, je peux toujours vous apporter un léger somnifère. » proposa-t-elle avec attendrissement.

-« Merci Mademoiselle. »

L’infirmière revient 5 minutes plus tard avec un verre d’eau et un comprimé qu’elle posa sur la table de chevet avant de se rendre compte que le malade s’était endormi. Elle sourit, reprit le somnifère mais laissa le verre d’eau.

-« Vous ne me semblez pas plus dingue que n’importe qui… Et j’adore votre Nikki Hard. » murmura-t-elle avant de quitter la chambre.

 

Il était 10 heures un peu passé lorsque Martha et Kate entrèrent dans la chambre de Castle.

-« Ça doit être vraiment grave pour que vous vous soyez déplacées toutes les deux. » se moqua-t-il avant de voir les yeux rougis de sa mère et l’état de fatigue des deux femmes. « Qu’est-ce qui se passe ? Alexis ? »

-« Alexis va bien. Elle est dans le couloir. » rassura aussitôt Martha. « Ce n’est pas pour elle que Katherine a accepté de m’aider. »

-« Alors je suis vraiment en train de dérailler ? »

-« Non plus. » assura Kate, mal à l’aise en sentant que c’était la discussion qui risquait de dérailler.

-« Richard, mon chéri… Te souviens-tu de ton ami Henry ? » demanda-t-elle avec précaution, la voix tremblante.

-« Tu parles de mon ami imaginaire ? »

Kate et Martha soupirèrent et échangèrent un regard d’incertitude.

-« Vous vous souvenez de ce témoin qui affirmait vous avoir vu sur les lieux du crime ? »

-« Oui… Et quel est le rapport avec mon ami imaginaire ? Ne me dites pas que c’était lui. » plaisanta-t-il.

-« En fait… Si. » lâcha Kate en se rendant compte que ce qu’elle disait n’avait aucun sens.

-« Ce n’est pas très gentille de vous moquer de moi Beckett. Si vous me disiez plutôt pourquoi j’ai servi de punchingball à un type que je n’ai jamais vu. »

Sentant le malaise qui régnait dans la pièce et le temps que prenait Kate pour lui répondre, il tenta une nouvelle note d’ironie.

« Laissez-moi deviner : mon agresseur pensait tabasser mon ami Henry ? Celui que personne d’autre que moi peu voir et qui sort tout droit de mon imagination trop fertile ? »

-« Oui…. » souffla Beckett alors que Martha, blanche comme un longe s’asseyait sur le bord du lit.

-« Je crois que c’est vous qui êtes dingue Beckett… Et vous avez le culot d’entrainer ma mère. »

-« Vous n’êtes pas le seul à voir Henry et il ne sort pas tout droit de votre imagination. Il est bel et bien réel. » balança-t-elle d’un coup, pensant qu’à force de tourner autour du pot ne ferait que rendre les choses encore plus compliqués.

-« Mais qu’est-ce que vous racontez… Mère ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire. »

Pour toute réponse Martha sortit de son sac une vieille peluche dans un état proche de la décomposition et une photo.

-« Tu te souviens ? » demanda-t-elle en lui donnant la peluche et insistant sur la jeune femme de la photo.

-« Je n’ai jamais vu ce truc et je ne reconnais pas cette femme. » dit-il en peinant à se reconnaitre aux côtés de cette jolie brune. « Je devais avoir quoi ? 3, 4 ans ? Comment veux-tu que je m’en souvienne ? »

-« Ce n’était pas ton doudou, c’était celui d’Henry et tu passais ton temps à le lui cacher. Et ce n’est pas toi non plus sur cette photo… »

Rick resta bouche bée. L’expression de son visage passa de la surprise à la colère avant le déni.

-« Non…. Non, c’est impossible. »

-« Richard ? »

-« Castle… »

-« Vous voulez me rendre dingue, c’est ça… ? »

L’émotion était trop forte pour Martha. Elle se sentait de plus en plus mal et dû sortir avant de faire un malaise. Elle rejoignit Alexis qui attendait dans le couloir et s’assit à ses côtés le temps de reprendre ses esprits.

-« Qu’est-ce que vous avez fait ? » demanda Castle, la voix dure.

-« Je ne comprenais pas votre entêtement à refuser d’admettre votre lien avec mon affaire, je ne… »

-« Parce qu’il n’y en a AUCUN ! » répondit-il en haussant le ton.

Voir sa mère dans une telle détresse, sans qu’il n’en comprenne la raison, lui faisait perdre tout contrôle.

-« Je sais… J’ai enquêté sur vous, sur votre mère. Je voulais comprendre. »

Castle la regarda avec froideur.

-« Bravo… Visiblement vous avez trouvé ce que vous cherchiez. Vous oubliez juste un PETIT détail : Henry est Mort ! » hurla-t-il.

-« Vous… Sous saviez ? »

-« Vous pensiez que je n’avais jamais remarqué l’immense boite en carton dans le fond de son placard. Elle y était déjà quand j’étais enfant, du plus loin que je puisse m’en souvenir. Mais je ne l’ai jamais vu l’ouvrir. Alors je l’ai fait, je l’ai ouverte. Petit, je ne comprenais pas pourquoi j’avais l’impression qu’il manquait toujours quelqu’un sur les photos de famille. Je ne comprenais pas pourquoi chacun de mes cadeaux de fête des mères n’était pas assez bien, pourquoi chaque anniversaire était une telle torture pour elle. Je ne comprenais pas, jusqu’à ce que me décide à ouvrir cette putain de boite. » continua-t-il de hurler sur Beckett, laissant échapper toute la colère qu’il renfermait depuis des dizaines d’années. «  Il m’a fallu des mois pour découvrir son prénom et me rendre compte qu’il était mort. C’est moi qui l’ai découvert… Et si ça trouve, tout était de ma faute. »

-« Non… Vous n’y étiez pour rien. Vous… »

-« Vous étiez là ? Non. Moi si ! »

-« Vous ne vous en souvenez même pas ! » se mit à crier Kate, essayant d’atteindre autant de décibel que son partenaire pour se faire entendre.

-« Henry est MORT ! » hurla-t-il en haussant encore le ton. (Prouesse que Beckett n’imaginait même pas capable de réaliser) « Il est mort… Enterré… Et vous n’aviez pas le droit de fouiller de MA VIE ; dans celle de ma mère. Vous n’aviez pas le droit de lui parler d’Henry et certainement pas celui de lui faire croire qu’il était en vie. »

-« Mais il l’est, je … »

-« C’était moi. » Avoua-t-il, fou de rage. « J’ai retiré cet argent de mon compte. Je vous ai insulté dans ce club. J’ai tué ce pauvre type. Collez-moi ce que vous voulez sur le dos. Enfermez-moi si ça vous fait plaisir… Mais ne vous approchez plus jamais de ma mère. »

Le ton de sa voix était dur. Et même si Alexis et Martha se trouvaient au fond du couloir, elles l’entendaient aussi clairement que si elles étaient dans la même pièce.

-« Je n’ai jamais entendu papa parler comme ça à qui que ce soit. » balbutia Alexis.

-« Moi mon plus… Et pourtant j’ai assisté à un grand nombre de disputes. »

 

Kate cherchait ses mots pour apaiser la colère de Castle. Elle ouvrit la bouche, mais paralysée par la colère de Rick, aucun son n’arriva à sortir.

-« Sortez. » ordonna-t-il froidement. « Je ne veux plus vous voir. »

Après le départ de Beckett, Martha entra dans la chambre de son fils. La discussion qui suivit fut longue et difficile, mais moins houleuse que la précédente.

 

 


judy1  (21.06.2015 à 20:34)

Chapitre 19 :

 

Il fallut plusieurs discussions entre Martha et son fils, ainsi qu’une visite au poste (où Castle apprit par Gates que son sosie était juste en face d’elle, dans la salle de repos, pendant que lui et Beckett discutaient au téléphone.) pour qu’il admette la possibilité qu’il y ait une explication logique à cette histoire et que Katherine n’avait pas forcément tous les torts : Etais-ce possible que son frère soit vivant ? Pour le savoir, il devait laisser sa colère de côté et aider Beckett a retrouver celui qui se faisait passer pour Henry.

-« Salut. » balbutia Beckett lorsque Castle s’assit sur sa chaise, à côté d’elle.

-« Salut. » répondit-il sèchement.

Il resta là, de longues minutes, sans rien dire. Beckett faisait de son mieux pour masquer son trouble et continua à taper son rapport comme si de rien n’était, attendant qu’il se décide à parler.

-« J’espère que vous êtes certaine de votre coup parce que si je vois ma mère passer une nuit de plus à pleurer, je ne vous le pardonnerais jamais. »

-« Je l’ai vu Castle. Je lui ai parlé. J’ai vu des dizaines de photos de lui et j’ai même interrogé sa sœur adoptive. Je vous jure que je n’ai jamais voulu vous faire souffrir. »

-« Raté ! » reprocha-t-il. « Vous l’avez trouvé ? »

-« Pas encore… » répondit-elle avec le peu d’assurance qu’elle pouvait montrer. « On n’a aucune idée de où il peut bien être… Si quelques souvenirs de votre petite enfance vous revenaient, n’hésitez pas à les partager. »

-« C’est pour ça que je suis là. »

Sans qu’elle puisse le contrôler, un petit sourire apparut sur le visage de Kate. Quand elle s’en rendit compte, elle reprit son visage neutre. Mais c’était trop tard, Castle l’avait vue.

-« Je suis désolée Castle… Je n’aurais pas dû enquêter sur vous. J’aurais dû vous en parler dès que… »

-« Je croyais que vous vouliez retrouver Henry avant qu’il ne s’attire d’autres ennuis ! Maintenant, si vous préférez perdre votre temps à bavarder… »

-« Ok. » fit-elle en fermant la fenêtre du PC. «  Je vous écoute. »

 

 

-« Mère vous a déjà dit que nous vivions dans des conditions plutôt difficiles, n’est-ce pas ? »

-« Oui. C’est même surprenant qu’elle ait consacré une grande partie de ses revenus pour vous faire garder. »

-« La baby-sitter ne venait pas si souvent que ça. Juste quand mère avait des représentations, tard le soir ou quand elle devait quitter la ville. »

-« Et vous vous souvenez de ça ? »

-« Non, c’est ce que j’en ai déduit. » fit-il, fier de son raisonnement. « Ma mère n’était pas une grande actrice. Elle enchainait les petits rôles sans grande importance… »

-« Vous ne devriez pas… »

-« Et vous, vous ne devriez pas m’interrompre. » dit-il un peu plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu. « Je disais donc que les petits rôles qu’elle obtenait n’étaient pas suffisants pour nous faire vivre tous les 3. Le reste du temps, elle travaillait dans une sorte de petite pâtisserie, une sorte de tea-room. »

-« Vous vous en souvenez ? » s’étonna Kate.

-« Je me souviens avoir passé beaucoup de temps à quatre pattes, à jouer entre les tables. »

Beckett le regarda amusée, imaginant les deux petits Castle rendre les clients complètement fous.

« Je me souviens de l’odeur du café… Ça sentait bon les pâtisseries et le chocolat. » fit-il, nostalgique.

-« Henry était avec vous ? Vous vous souvenez de lui ? »

-« Je me souviens de cet ami imaginaire. Je me souviens de l’époque où je jouais avec mon reflet devant le miroir… Mais non, je ne me souviens pas de lui. » avoua-t-il avec tristesse.

-« Vous avez demandé à votre mère si elle était serveuse avant la mort d’Henry ? Le nom de ce restaurant ? »

-« J’ai du mal à imaginer qu’Henry puisse être en vie, je ne me souviens même plus de lui.  J’en ai assez de voir ma mère en larmes et l’entendre pleurer tous les soirs est abominable. Je ne veux pas lui donner de faux espoirs. Alors non, je ne lui ai rien demandé, je ne compte pas le faire et si vous oser l’approcher à nouveau, je vous jure que vous le regretterez. » menaça-t-il sur un ton qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.

« Et non, je ne me souviens plus du nom de ce petit resto. Mais il y avait un petit parc animalier entre la maison et son travail. Je me souviens de l’odeur répugnante des moutons et des petits lapins. » avoua-t-il d’un air enfantin. « Ne me regardez pas comme ça. On s’y arrêtait à chaque fois qu’on rentrait à pieds… »

-« Les gars ? » appela-t-elle en sachant très bien que les deux inspecteurs revenaient justement de leur pose déjeuner. « Dites-moi où j’aurais pu trouvez des moutons et des lapins en plein New-York, il y a 40 ans. » leur demanda-t-elle aussi simplement que si elle demandait le menu de la cantine.

-« Quoi ? » fit Ryan.

-« Tu déconnes là, hein ? » répliqua Esposito.

-« Ma mère travaillait dans un resto, pas dans un zoo. » glissa doucement Castle pour ne pas décourager les deux inspecteurs qui s’étaient mis au travail sous le regard assassin de Beckett.

-« Chercher un resto près d’un parcanimalier est certainement plus facile que de choisir au pif une seule pâtisserie parmi les centaines que devaient compter la ville. »

-« Bien vu… » capitula Rick.

-« Autre chose ? » demanda-t-elle en faisant un effort pour ne pas paraitre trop heureuse d’avoir retrouvé son partenaire, même si elle était consciente qu’il lui en voulait encore beaucoup.

-« Je n’aurais pas dû vous parler comme je l’ai fait, à l’hôpital. »

Ses excuses avaient l’air sincères. Pourtant, sa voix était loin d’être convaincante. C’était un peu comme si il se forçait à prononcer ces mots en sachant que de toute façon il finirait par les penser.

-« Je m’excuse d’avoir remué le passé et de ne pas vous avoir consulté avant de parler à votre mère… Mais je suis certaine de ma théorie. »

-« Vous ne lui ramènerez pas son petit garçon de 5 ans. » reprocha-t-il.

-« Je sais… C’est un homme aujourd’hui. Mais je ne peux pas le laisser errer dans les rue de New-York. »

-« Si, vous pourriez. » plaisanta-t-il malgré lui.

-« Je pourrais. » affirma-t-elle avec un petit sourire diabolique au coin des lèvres. « Et la prochaine fois qu’il m’agressera à nouveau en boite de nuit, c’est à vous colle une balle entre les deux yeux. »

-« Vous avez gagné, vous ne pouvez pas ! » s’inclina-t-il avec sa tête de gamin boudeur. « Ou vous pourriez arrêter de passer vos nuits à faire la tournée de Clubs. »

Après quelques secondes de silence, il ouvrit sa veste, en sortit une peluche et la posa sur le bureau de Beckett qui haussa les sourcils, attendant des explications.

-« Il s’appelle Mortimer. »

Beckett se pinça les lèvres pour se retenir d’exploser de rire.

« C’est le nom qu’aurait dû porter Mickey Mouse… Madame Disney ne trouvait pas ça très accrocheur alors ils ont changé d’avis. »

-« Comme quoi les femmes sont toujours d’excellent conseil ! » nargua-t-elle.

-« C’était le doudou d’Henry… » expliqua-t-il avec mélancolie. « Même quand je le cachais juste sous son oreiller, il mettait la journée à le retrouver. »

-« Pas très futé le petit frère… Et vous vous êtes souvenu de tout ça cette nuit ? »

-« Un ami à vous m’a un peu aidé : le Docteur Burke. »

-« Quoi ? Vous… Comment vous? Quoi ? Hein ?.... » balbutia Kate comme une enfant prise au piège.

-« Je voulais savoir qui était ce Roger… Je vous ai suivi. » admit-il, fier d’avait fait mouche. «  Et pendant qu’on y est, il ne s’appelle pas Roger, vous savez ? »

-« Merci Castle… Je savais. » souffla-t-elle.

-« J’ignorais que vous suiviez une thérapie. »

-« C’est parce que vous ignorez beaucoup de choses, Monsieur Castle. »

-« Vous lui parlez de mou de temps en temps ? »

-« Si je ne vous connaissais pas, je n’aurais pas besoin de thérapie ! » répondit-elle du tac au tac. « Et si vous alliez me chercher un café pendant que je termine ce rapport. Après, je pourrais peut-être vous parler de l’enquête. »

-« Vais-je enfin savoir comment vous avez su que j’avais besoin d’aide ? Et où me retrouver ? »

Kate explosa de rire.

-« Je crois que vous devriez prendre un café vous aussi. »

Castle était dans la salle de repos, préparant de quoi leur donner un supplément d’énergie. Beckett regardait les gars se débattre avec l’énigme qu’elle leur avait collée un peu plus tôt.

-« Vous êtes le Lieutenant Beckett ? » demanda un agent en uniforme.

-« Euh… Oui. »

-« Je suis l’agent Jeffrey. La nuit dernière on a fait une descente dans un taudis, dans le sud de Manhattan. Un quartier à l’abandon… Un indic nous avait donné des infos sur un squat où l’on trouverait Martinez, un dealer bien connus des stups… »

-« Et… » S’impatientait Kate, ne voyant pas le rapport avec elle. Elle ne connaissait aucune personne susceptible d’avoir été arrêtée dans ces conditions.

-« Enfin bref… » fit le jeune officier qui ne savait pas comment annoncer cette nouvelle au célèbre Lieutenant Beckett.

-« Excusez-moi. » interrompit poliment Castle pour poser la tasse sur le bureau de son lieutenant préféré avant de se brûler les mains.

-« Non. Rien » fit l’agent après avoir dévisagé Castle. « Je crois que mes collègues m’ont fait une blague. » s’expliqua-t-il maladroitement. « Je suis encore nouveau et… »

-« Et si vous me disiez pourquoi vous êtes là ? Même si c’est stupide, j’ai au moins le droit de savoir pourquoi vos collègues me mêlent à leur plaisanterie. » tenta Beckett avec un sourire de politesse.

-« Je devais vous dire qu’on a retrouvé votre…. Votre partenaire. Dans le squat. »

-« Quoi ? » sursauta-t-elle. Son visage était devenu des plus sérieux et, de toute évidence, elle ne trouvait pas cette blague très amusante.

-« Je vous avais dit que c’était stupide. »

-« Où ? »

-« Au croisement de … »

-« Où est-il ? » coupa-t-elle en le brusquant un peu.

-« Il faisait partie des types en état de manque. Il a été transféré au Mémorial… »

-« Merci. » le coupa à nouveau Beckett en quittant le service au pas de course.

Ryan et Esposito se regardèrent une fraction de seconde avant de comprendre que des heures de recherches venaient de leur être épargnées.

-« Mais… Mais il était juste à côté d’elle… » balbutia l’agent Jeffrey qui n’avait rien compris de l’importance de son rôle.

-« C’est toujours comme ça avec Beckett … » le rassura Esposito. « Cette femme est une vraie tornade. Ne cherche surtout pas à comprendre et remercie tes collègues de notre part. »


judy1  (22.06.2015 à 19:08)

Chapitre 20 :

 

Beckett dû passer par le responsable du service où avaient été admis les toxicos amenés la veille par les officiers de police.

-« Je ne comprends pas ce que vous voulez… Ce sont vos collègues qui l’on amené ici. » justifiait le médecin pour défendre son patient. « Vous n’obtiendrez rien de cet homme : il est conscient. A première vue il s’exprime tout à fait clairement, sauf que ce qu’il raconte n’a aucun sens. Il n’a même pas pu nous donner son identité. On n’a pas encore réussit à comprendre à quoi il se défonçait… Vous ne pensez pas que vous pourriez au moins attendre qu’il retrouve sa lucidité ? »

-« Je ne vous demande pas de comprendre, je vous demande le numéro de sa chambre. » lança Beckett, excédée de devoir encore se justifier.

-« Je dois appeler le responsable de l’enquête et… »

-« Mais je ne vous l’interdit pas. Faites et dites-lui que le Lieutenant Beckett est en mesure de fournir non seulement son identité mais également son dossier médical, ce qui devrait vous faciliter la tâche… Au fait, ce n’est pas un toxico et vous ne devriez peut-être pas utiliser ce terme pour vos patients. » elle jubilait devant le médecin qui resta une seconde la bouche entre ouverte, outré par son toupet. « Le numéro de sa chambre, s’il vous plait. » se força-t-elle à être poli pour bien montrer qu’elle ne comptait pas lâcher prise.

-« 1087… Continuez tout droit et prenez ensuite à droite… La 3ème porte à gauche. »

-« Merci. »

Le médecin regarda cette inspectrice du genre tenace, s’éloigner en soupirant.

« Ces flics finiront par me rendre fou… » souffla-t-il à nouveau en composant le numéro de l’inspecteur des stups responsable de ces patients.

 

Du couloir, Beckett et Castle observaient l’homme qui regardait la télévision.

-« Tu trouves qu’il me ressemble ? On a dû se tromper de chambre… »

-« Reste là… » demanda-t-elle fortement en ouvrant la porte. « Et oui, vous avez le même profil ! »

 

« Bonjour. » se contenta-t-elle de dire en entrant ?

L’homme tourna la tête, l’inspecta des pieds à la tête et lui fit un petit sourire.

-« Vous, vous n’êtes pas infirmière. »

-« Non… Je suis flic. » sourit-elle en montrant son insigne.

-« Oh… » laissa-t-il échapper. « Comment voulez-vous que je réponde à vos questions, je ne sais même pas qui je suis. »

-« Sam Jones. Vous habitez en Caroline du sud, vous vous souvenez ? »

Le petit sourire sur le visage de l’homme donna la réponse à Beckett.

« D’après votre médecin, vous… »

-« Le professeur Kilman n’est qu’un pauvre type qui ne sait pas de quoi il parle. »

-« Visiblement vous n’avez pas perdu la mémoire et vous n’avez pas tout à fait tort. » répondit-elle en pensant à l’image de l’homme totalement détruit qu’elle pensait trouver.

-« Je ne suis pas fou. Je ne suis pas un drogué non plus. Foutez-moi la paix. »

-« Je sais… Je sais qui vous êtes et je sais ce que vous êtes venu chercher à New-York. » tenta-t-elle.

Beckett regretta aussitôt son audace. Le visage de son interlocuteur se durci d’un coup et son regard se chargea d’une aine indescriptible.

-« Vous n’êtes pas flic. Vous êtes psy et vous me testez. » ricana-t-il. « Vous êtes tous les mêmes et vous ne savez rien. » se mit-il à crier. « Vous ne comprenez rien. » s’emporta-t-il en poussant Beckett contre le mur.

Du couloir, Castle n’en revenait pas de cette brutalité. Il ne connaissait pas cet homme et ne savait pas de quoi il était capable. Il venait de pousser sa partenaire et ne s’arrêterait peut-être pas à ce simple geste. Il voulut demander l’aide d’une infirmière, mais il n’y avait personne dans le couloir tandis que l’homme s’approchait à nouveau de Kate.

-« Ne la touche pas ! » cria-t-il en entrant.

L’homme retira sa main de la blouse de Beckett et dévisagea son nouveau visiteur, les yeux exorbités.

-« Je ne suis pas fou… Je ne suis pas fou… » répétait-il en reculant, comme s’il venait de faire face à son pire cauchemar. « Tu n’existes pas… Tu n’es pas réel… »

Il titubait en reculant. Heurta le mur opposé à la porte de la chambre et alors que Beckett pensait qu’il allait s’écrouler sur le sol, il sembla rebondir contre le mur et s’élança sur Castle.

-« TU N’EST PAS REEL… » hurla-t-il en plaquant violemment Rick contre le mur.

Kate écarquilla les yeux et finit par grimacer en imaginant la douleur de son partenaire,  sachant que ses côtes devaient toujours être très douloureuses.

-« Ça suffit… » se releva Kate.

Deux infirmiers, probablement alertés par les cris, venaient d’entrer en courant et s’apprêtaient à empoigner le patient.

-« Non… Non, non… Laissez-le. » ordonna Beckett en montrant son insigne, comme si le simple fait d’être flic lui donnait subitement tous les droits.

Les infirmiers ressortirent en s’indignant et laçant des regards inquiets vers les deux hommes, dont l’un était toujours en fâcheuse posture.

-« Laissez-le… Sam Jones ! Stop. »

Les ordres de Beckett ne semblaient avoir aucun impact sur lui.

-« HENRY ! » hurla-t-elle.

Le malade s’arrêta net, comme si quelqu’un venait de le « mettre » sur pause. Castle et Beckett échangèrent un regard de soulagement.

-« Dehors Castle. » se reprit Kate.

Rick ouvrit la bouche pour protester.

-« J’ai dit dehors ! » ordonna-t-elle en élevant la voix. « Tout ira bien Castle. » le rassura-t-elle alors qu’il hésitait à sortir.

-« Je ne suis pas fou… Je sais ce que vous pensez, je ne… » balbutia l’homme en se retournant.

L’espace d’une seconde, Beckett se fit la réflexion qu’il était assez troublant de mettre un Castle à la porte et de se retrouver, à nouveau, face à lui. « Ce n’est pas Castle ! » se dit-elle à elle-même pour se convaincre.

-« Je sais que vous n’êtes pas fou… » dit-elle avec douceur tout en s’approchant doucement de lui. « Vous vous souvenez ? N’est-ce pas ? »

Il la regarda sans trop comprendre, acceptant malgré lui qu’elle le raccompagne vers le lit.

-« Vous vous appeler Henry ; Vous vous rappelez de ça ? » demanda-t-elle tout en l’aidant à se recoucher.

-« Vous m’avez appelé Sam ! » se souvient-il, se redressant sur le lit et restant en position assise, la fixant droit dans les yeux.

-« C’est une très longue histoire… Mais j’ai besoin que vous me fassiez confiance. »

-« Pourquoi je vous croirais ? » se méfia-t-il.

-« Parce que je sais que vous vous appelé Henry. Parce que je vous crois… Parce que je pense que je peux répondre à pas mal de vos questions… »

-« Qu’est-ce que vous voulez… » demanda-t-il d’un ton brutal.

-« Restez ici… Laissez les médecins vous soi… »

-« Je ne suis pas fou ! Je n’ai pas besoin de votre aide et allez-vous faire foutre. » se remit-il à crier.

-« Vous avez passé votre vie en hôpital psychiatrique, bourré de médocs pour une maladie que vous n’avez jamais eu. »

Il sembla se calmer et la dévisagea, la bouche ouverte comme s’il voulait protester mais qu’aucun son ne put sortir. Comment pouvait-elle savoir ?

« On vous a fait croire que vos souvenirs n’étaient pas réel et même si j’ignore comment vous pouvez avoir des souvenirs aussi anciens, je vous promets que tout est vrai. » affirma-t-elle. « Votre organisme a besoin d’être nettoyé de tous les médicaments qu’on vous a fait prendre pendant des années. Laissez les médecins faire leur travail et je viendrai, moi-même, vous raconter votre histoire. Je vous le promets. »

-« Pourquoi est-ce que vous m’aidez ? Je ne vous connais pas. »

-« Parce que je connais votre famille. A moi, ça me suffit comme raison. »

-« Je ne vous ai jamais vu chez Moly, comment vous la connaissez ? »

-« Je ne parlais pas de votre sœur et je vous l’ai dit : c’est une longue histoire. »

-« Je déteste les hôpitaux… » se plaignit-il avec une grimace ressemblant à celle de son frère, ce qui fit littéralement fondre Beckett.

-« Je vais essayer de vous trouver une place dans une maison de repos, si vous voulez. »

Elle allait sortir lorsque sa voix lui fit rebrousser chemin.

-« Vous allez vraiment revenir ? » demanda-t-il, comme un enfant qui attend depuis si longtemps qu’il n’y croit même plus.

Beckett lui fit un sourire rassurant, sortit une carte de la poche intérieure de sa veste, y griffonna quelque chose  et la lui tendit.

-« Ma carte. J’y ai ajouté mon numéro personnel. Si je tarde un peu trop à votre gout, appelez-moi, et je viendrais. »

Elle lui sourit une dernière fois avant de sortir de la chambre.


judy1  (23.06.2015 à 19:53)

Chapitre 21 :

 

Trois jours déjà que l’enquête était bouclée et que l’histoire de Sam Jones étaient déjà bien loin… Enfin, son côté flic aurait pu dire ça. En réalité, il suffisait de regarder Castle pour se rendre compte que c’était loin d’être de l’histoire ancienne : il paraissait fatigué de tout.  Parfois triste, parfois complètement à cran, prêt à exploser pour n’importe quoi. Il venait pour aider à résoudre les enquêtes et basta…Après s’être très fortement fait remettre à sa place, c’est-à-dire celle de la coéquipière qui devrait se mêler de ses affaires, elle avait finalement renoncé à demander des nouvelles de Martha et essayait de ne jamais prononcer le nom de Henry en sa présence.

Elle avait fait son possible pour qu’il puisse quitter l’hôpital et obtenir une place dans un bon établissement de remise en forme. Une sorte de maison de repos accueillant des gens trop abîmés par la vie, ceux qui avaient besoins de faire un petit break le temps de remettre les choses en place.

Par contre, elle n’avait aucune nouvelle des Services Internes. Elle se disait que Gates avait peut-être fini par les décourager. Dans le cas contraire, elle n’était pas pressée d’entendre sa sanction. En attendant l’inévitable, elle restait fidèle à son poste et continuait à mener ses enquêtes comme si de rien n’était.

Sa nouvelle affaire ne semblait pas très difficile. Elle était persuadée que l’assassin était un jeune homme qui avait mal tourné après que son employeur (la victime) l’eut surprit à se servir un peu trop dans la caisse et ait fini par le renvoyer. Elle venait juste d’ordonner au Bros de fouiller dans la vie de ce jeune homme pour savoir qu’elle genre d’enfance il avait eu et de retracer son parcours après le licenciement et l’affaire serait réglée.

-« Ça vous plait en fait, hein ? »

-« Quoi ? » fit Beckett en bafouillant. Non seulement elle ne l’avait pas entendu arriver, mais en plus elle ne comprenait pas le pourquoi de sa remarque.

-« Fouiller dans la vie des gens. Découvrir leurs petits secrets et remonter tout ça à la surface pour l’exposer sous les feux des projecteurs. » reprocha-t-il durement.

-« Mais de quoi vous parlez ? Enfin Castle… »

-« De vous… » explosa-t-il. « Et de votre manie à vous mêler de tout. »

-« Castle, ce type à tuer un homme un homme et … »

-« Quand vous aurez fini de démonter sa vie, d’y mettre votre petit grain de sel et qu’il ne lui restera plus qu’à tout reconstruire, vous serez satisfaite ? » continua-t-il, toujours sous le ton de la colère.

-« Si vous avez un problème avec mes méthodes de travail, peut-être que … » se défendit Kate en haussant le ton à son tour.

-« Que je devrais prendre l’air. » termina-t-il, toujours furieux. « Pas la peine de me rappeler. »

Castle prit la direction de la sortie mais s’arrêta après quelques pas et se retourna vers Beckett.

« Au fait, quand vous aurez terminé de ruiner la vie de ce gamin, vous devriez interroger la secrétaire. Je partirais volontiers ma Ferrari qu’elle ne tiendra pas 10 minutes avant d’avouer son crime. Mais je suppose que vous étiez trop occupée à remuer le passé pour vous remarquer les indices ! »

Tout le precinct avait pu profiter de cette dispute, si bien que personne n’osa adresser la parole à Beckett du reste de la journée.

Le dernier jour de cette semaine-là, comme si le l’éloignement de Castle ne suffisait pas encore à la punir, le verdict tomba : 3 semaines de suspensions… Les bros étaient encore plus dégoutés qu’elle. Gates était furieuse, elle aussi, mais donna l’ordre à Beckett de ne pas faire de vague… Après tout, même si la punition était exagérée, Kate trouverait peut-être le temps de se reposer et de mettre les choses au clair avec Castle durant ces trois semaines…

 

Deux semaines déjà qu’elle tournait en rond dans son appartement. Elle avait épuisé son abonnement de 30 séances à la salle de sport du quartier, les derniers films à l’affiche cette semaine n’avaient plus de secret pour elle sans parler que les deux derniers livres qu’elle s’était offert (il y avait plus de 6 mois) en se demandant quand elle pourrait les lire, étaient enfin lus. Bref, elle ne savait plus comment occuper son temps libre et il lui restait encore une semaine à tenir. Elle venait de repenser à sa guitare et improvisa un petit morceau. Comme elle ne pouvait s’empêcher de penser à sa dispute avec Castle, elle parvint à se faire pleurer toute seule en moins de 10 minutes.

-« Et merde… » jura-t-elle à voix basse alors que les coups reprirent contre la porte d’entrée.

Elle pensait pouvoir les ignorer, prétendant plus tard à Lanie ou son père (elle ne voyait pas qui d’autre lui rendrait visite en pleine semaine, au beau milieu de l’après-midi) qu’elle n’avait rien entendu. Mais étant donné l’acharnement de son visiteur, elle en déduit que Lanie s’inquiétait après le lapin qu’elle lui avait posé la veille.

-« Lanie, je n’ai pas envie de … » Commença-t-elle tout en ouvrant la porte. « Alexis ? » s’interrompit-elle, prise de court. Alexis Castle était bien la dernière personne qu’elle s’attendait à recevoir chez elle.

-« Je te dérange ? » demanda-t-elle en remarquant les yeux brillants de larmes de Beckett.

-« Euh… Non, non. » Elle se rendit compte de la présence d’une larme sur sa joue et de ses yeux un peu trop humides. « Entre. » invita-t-elle, gênée de son moment de faiblesse. Elle passa sa main sur sa joue, fit de son mieux pour chasser Castle de ses pensées et pria pour que ça suffise à sécher les larmes. « Qu’est ce qui se passe ? Quoi ? Ne me dis pas que tu passais dans le quartier… »

-« Non. Sourit l’adolescente en admirant la décoration de la pièce. « Wah… C’était toi qui jouais de la guitare ? J’ignorais que tu connaissais la musique. »

-« Euh… Juste un peu. Ce n’était pas grand-chose. »

-« C’était très beau. »

-« Tu venais parler musique ? » demanda Kate, mal à l’aise par la présence de la jeune femme.

-« Lanie était inquiète hier soir. Elle était furieuse. Non contrariée… Non en fait elle était juste vraiment très inquiète après ton SMS d’hier. »

-« Et elle t’envoi pour s’assurer que je suis encore vivante. » ironisa Beckett.

-« Non. » cette fois c’était Alexis qui était mal à l’aise. Elle se rendait compte que même si elle n’était ni agressive ni même impolie, sa visite ne paraissait pas très normale à l’inspectrice. « Je suis venue pour m’excuser… » lança-t-elle alors que Beckett venait d’ouvrir le frigidaire et inspectait une bouteille de jus pour s’assurer de ce qu’elle pouvait proposer à son invitée.

-« Elle s’inquiétait vraiment beaucoup. » se défendant Alexis en regardant Beckett vider le reste de jus dans l’évier.

-« Je n’ai rien d’autre… » fit Kate en montrant la bouteille d’eau plate.

-« J’ignorais que vous aviez eu autant de problème pour nous avoir aidé. »

Kate ne répondit rien et se contenta de servir deux verres.

« Alors vous êtes prête à perdre votre job pour sauver mon père ? »

-« Pourquoi est-ce que Lanie t’a raconté tout ça ? » lança-t-elle, se demandant ce qui avait pu passer par la tête de la légiste pour entrer dans les détails de sa mission sauvetage.

-« Elle prenait votre défense. Je pensais que papa s’était retrouvé face au tueur par votre faute, mais c’était tout le contraire. Je m’excuse sincèrement pour tout ce que je vous ai dit. J’ai été odieuse avec vous. »

-« Je peux comprendre Alexis. » sourit Kate, soulagée que la fille Castle, au moins, ne lui en veuille plus. « Je sais que ton père prend parfois beaucoup de risques pour me suivre sur mes enquêtes mais je t’assure que j’ai essayé de l’en écarter. »

-« Vous avez vraiment essayé ? » demanda la rouquine, perplexe et un brin amusée.

-« La première enquête, je l’ai menotté dans la voiture. »

-« Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a menacé de se couper la main ? »

-« Il a réussi à se délivrer comme un grand. Je l’ai retrouvé avec une arme sur la tempe. Il avait retrouvé l’assassin. Après ça, je me suis dit que le moins dangereux était encore de le savoir derrière moi. »

-« Comment vous l’avez retrouvé cette fois ? Lanie a refusé de me répondre en me disant que si je voulais savoir, je n’avais qu’à venir vous poser la question. »

-« Ton père m’a appelé juste avant de se faire agresser. Peut-être qu’il avait vu un truc louche, ou juste me lire le menu de son resto préféré… Mais… » elle hésita, se souvint de la voix menaçante de son agresseur, des coups qu’elle entendait et se demandait si c’était une bonne idée de tout raconter. « Disons que j’ai entendu qu’il était en danger. J’ai demandé une localisation de son portable et j’ai foncé. » se contenta-t-elle de résumer.

-« Sans réfléchir ! Wahhh. » admira Alexis en reposant son verre vide sur l’ilot de la cuisine, un petit sourire enfantin aux lèvres. « En fait vous tenez beaucoup à lui, n’est-ce pas ? »

-« Quoi ? Non mais… » essaya-t-elle de se défendre en se sentant rougir.

Alexis explosa de rire.

-« Lanie avait raison : il suffit de toucher un point sensible et on peut lire sur votre visage comme dans un livre ouvert. » expliqua-t-elle entre deux fous rires. « Allez… ce n’est pas si grave tu sais… » continua-t-elle de rire en voyant Beckett rougir de plus belle.

-« Si on parlait d’autre chose. » voulut-elle changer de sujet. « Comment va ta grand-mère ? »

-« Grand-mère va bien. » assura-t-elle. « Et même si vous n’avez pas posé la question, papa aussi. »

-« Alexis… »

-« Je sais que vous vous êtes disputés. Je sais qu’il est en colère. Mais je ne crois pas que cette colère soit réellement dirigée contre vous. »

-« Ah ouais… Ses propos étaient pourtant très clairs sur ce sujet. » répondit-elle en sentant sa voix se charger d’émotion.

-« Il est colère contre lui, parce qu’il n’a jamais osé poser les questions comme vous l’avez fait. Il n’a jamais osé chercher la vérité par crainte de ce qu’il pourrait découvrir. Vous, vous y êtes arrivé. »

-« C’est plus facile de chercher la vérité quand on a rien à y perdre, et là ton père avait raison : je n’aurais pas dû continuer mon enquête dans son dos. »

Alexis resta encore un moment à discuter avec Kate, le temps pour la jeune fille de se rendre compte que décidemment, elle avait tout faux à propos du Lieutenant Beckett. Non seulement cette femme tenait à son partenaire beaucoup plus qu’elle ne voulait bien admettre, mais ne plus elle devenait même très sensible dès qu’on parlait de lui.

 


judy1  (24.06.2015 à 18:32)

Chapitre 22 :

 

Enfin… Les trois semaines étaient terminées et Beckett était de retour au poste. L’affaire dont les Bros avaient héritée était des plus complexes. Trois jours déjà que les inspecteurs se cassaient la tête pour y comprendre quoi que ce soit, autant dire que, pour eux aussi, le retour de Beckett était une bénédiction.

Bref, Katherine Beckett était à son poste depuis quelques heures à peine et déjà elle aurait aimé appeler son partenaire une bonne dizaine de fois. Elle aurait accepté n’importe quoi : le complot gouvernemental, une invasion d’aliens, le majordome coupable à tous les coups, n’importe quoi pour la stimuler  un peu : Pouvoir prouver à son partenaire qu’il a tout faut et lui en mettre plein la vue en trouvant la solution avant lui.

 

16 heures, Ryan se repassait en boucle les vidéos surveillances avoisinant le parc ‘Carl Schurz’. Esposito vérifiait les extraits de comptes de la victime et tentait de retracer les dernières heures avant sa mort. Kate, elle, devait contacter toutes les personnes du répertoire de la victime. Cette tâche avait déjà été faite quelques jours plus tôt par Ryan et Esposito, mais comme cette démarche n’avait rien donné, Beckett devait s’assurer qu’ils n’étaient pas passé à côté de quoi que ce soit.

La sonnerie de son portable la fit presque sursauter.

-« Becket. » répondit-elle en faisant se don mieux pour masquer l’ennui.

-« Je vous dérange ? »

-« Castle ? » elle se rassit de manière un peu plus civilisée, comme s’il pouvait la voir de là où il était. « Euh… Non. Pas du tout. »

-« Je crois qu’on a des choses à se dire… »

-« … » Beckett ne savait pas trop quoi répondre. Devait-elle s’attendre à une autre séance de reproches ou à des excuses ?

-« Je pourrais passer chez vous ce soir ? »

-« Oui… » balbutia-t-elle en se demandant si elle pourrait se libérer à 18 heures comme le prévois son contrat de travail.

-« Alors à ce soir 20 heures ? »

Elle n’eut pas le temps de répondre, Castle avait déjà raccroché.

A 18 heures Kate renvoya les garçons chez eux. Cette affaire n’avait pas beaucoup progressée de la journée, et de toute évidence, quelques heures supplémentaires n’y changeraient rien. Le mieux était de se reposer pour tout recommencer le lendemain, avec une nouvelle approche. Elle s’apprêtait à rentrer, elle aussi, mais un texto de Lanie l’informa que la légiste avait du nouveau pour elle.

Lanie, toujours inquiète pour son amie, l’avait gardée plus d’une heure et il fallut que Beckett lui explique que si elle ne se dépêchait pas de rentrer, les choses ne s’arrangeraient certainement pas avec Castle s’il se mettait en tête qu’elle lui avait posé un lapin.

Il était 20 heures un peu passé quand Kate se retrouva dans le couloir menant à son appartement. A peine était-elle sortie de l’ascenseur que le spectacle qui s’offrait à elle lui donna la nausée : sa voisine de palier (le style de femme horripilante, sans aucunes manières  et qu’elle n’avait jamais vue deux soirs de suite avec le même homme) discutait d’un peu trop prêt, à son gout, avec Castle.

Il avait un style un peu plus négligé que d’ordinaire : une légère barbe datant de 3 ou 4 jours peut-être. Le style « mal-rasé » qu’il avait lors de leur rencontre, 4 ans plus tôt. Il portait des lunettes aussi. Elle ignorait même qu’il devait en porter… Mais elle devait bien admettre que ça lui donnait encore plus de charme.

-« Je ne vous dérange pas de trop j’espère ? » demanda-t-elle d’un ton sec en lançant un regard incendiaire à sa voisine.

-« Le pauvre petit chou semblait tout tristounet … Je lui tenais juste compagnie. » fit la femme avec un regard langoureux et caressant le bras de Castle.

-« Et bah maintenant, je suis là. » dit-elle tout en écartant la main de la fille du bras de SON écrivain.

-« Papa et Maman ne vous ont pas appris le sens du mot partage, visiblement. » se moqua-t-elle.

-« Je suis fille unique ! » lança Beckett du tac au tac sans réfléchir au sous-entendu. « Vous devriez peut-être rentrer. » fit-elle remarquer sur le ton d’un ordre. « Votre petit ami à la veste en cuir ne devrait plus tarder, à moins que ce soit celui à la barbe ce soir, je ne sais plus trop… Il y en a tellement que je m’y perds un peu des fois. »

Furieuse, l’autre femme claqua la porte en lançant des jurons que Castle ne connaissait même pas.

-« Wahhh… » rit-il. « J’ignorais que ça te rendrais aussi jalouse que je papote un peu avec ta voisine. »

-« C’est une garce… Vous Auriez pu trouver mieux en m’attendant ! Et non, je ne suis PAS jalouse. »

-« Ça se voit. » se moqua-t-il.

Beckett venait de déverrouiller la porte de son appartement, mais la réponse de Castle la fit se retourner.

-« Quoi ? » demanda-t-elle assez sèchement en remarquant qu’il se retenait de rire.

-« Je me demandais juste si tu es jalouse parce qu’elle, elle sait s’amuser ou juste… »

-« Avec un mec différent tous les soirs ? Merci, ce n’est pas mon genre ! » se vexa-t-elle.

-« Ou juste parce que j’avais l’air d’apprécier qu’elle s’intéresse à moi ? » continuait-il de la narguer avec son petit sourire hypocrite.

-« Ne vous méprenez pas, elle ne s’intéressait qu’à votre entre-jambe, pas à vous. »

-« Oh… » soupira-t-il, comme s’il s’agissait d’une grande déception. « Ça veut dire que toi, tu n’y as jamais pensé ? »

-« Vous voulez me rendre dingue, c’est ça ? Je croyais que vous vouliez me parler, pour régler nos problèmes ? »

-« Et si tu commençais par être honnête : admets que tu es jalouse, admets que tu as tort, ensuite on pourra penser à régler nos différents. »

Lui-même ne savait pas à quoi il jouait. Il avait conscience de la confusion, mais sa réaction avait été tellement inattendue que la faire tourner en rond était bien plus drôle que d’éclaircir la situation.

-« Ok… » soupira Kate en s’approchant dangereusement de lui.

Elle n’en revenait pas de ce qu’elle était en train de faire. Allait-elle réellement aller jusqu’au bout ou se dégonflerait-elle au dernier moment ? Elle avait repoussé ce moment tellement de fois, de peur de ce qu’ils deviendraient après… Mais il n’y avait déjà plus de « eux », elle n’avait plus rien à perdre.

 « Je vais être honnête. » elle s’approcha encore un peu. « J’admets que ça m’est peut-être arrivé d’y penser… »

Il ouvrit de grands yeux. Était-il vraiment en train de faire avouer ses sentiments à cette femme ?

« C’est vrai que ça fait un bout de temps que j’ai envie de le faire… »

Elle approcha ses lèvres des siennes. Il écarquilla les yeux, se demandant s’il devait la repousser ? Non, trop tard, il fallait jouer le jeu maintenant.

Le baiser était très doux et ne dura pas plus de quelques secondes. Juste le temps pour lui de se rendre compte de la douceur de ses lèvres.

Le visage de Kate s’éloigna et cette fois, ce sont ses yeux à elle qui s’écarquillèrent.

-« Castle…. » marmonna-t-elle.

Son regard passait au-dessus de l’épaule de son compagnon d’un soir et fixait l’homme qui venait d’apparaitre, à quelques mètres d’elle.

Castle était un peu en retard. Au dernier moment il avait renoncé à se présenter chez Kate les mains vides. Il avait fait un détour pour acheter sa bouteille de vin préférée. Avec un peu de chance, si tout se passait bien, ils pourraient la déguster ensemble.

Elle voulut s’avancer vers Rick pour lui expliquer, mais les portes de l’ascenseur s’étaient déjà refermées sur lui.

-« Et merde ! » jura-t-elle.

Le temps qu’elle se retourne, Henry avait disparu. Elle entendit la porte des escaliers de secours claquer et décida de le suivre. Elle aurait au moins une discussion avec l’un des deux.


judy1  (25.06.2015 à 19:05)

Chapitre 23 :

 

Elle le rejoignit sur le toit de l’immeuble et en le voyant s’approcher aussi dangereusement du bord, elle frissonna.

-« Henry… » appela-t-elle.

-« Je voulais te le dire… Je ne voulais pas bousiller ta soirée… Je suis désolé. »

-« Si tu sautes, il n’y a pas que MA soirée qui sera bousillée. Ne fais pas ça… »

-« Et pourquoi pas ? Qu’est-ce qui m’en empêcherait ? Je ne suis personne… »

Il regardait le vide sans aucune crainte. Kate avait vraiment peur qu’il ne commette l’irréparable. S’il sautait, elle ne se le pardonnerait jamais.

-« Sam… Tu t’appelle Sam Jones et tu viens d’un petit village en Caroline du sud où tu habites avec ta sœur et ton neveu. Tu te  souviens ? »

-« Alors pourquoi je me souviens de cette ville ? Comment je peux me souvenir d’un quartier qui ne ressemble plus à rien aujourd’hui ? Comment c’est possible ? Tu avais dit que tu pourrais m’aider, mais tu n’es pas venue ! »

-« Tu m’as devancé. » admit-elle. « Maintenant calmes-toi. Viens t’ asseoir et je t’expliquerai. »

Il ne bougea pas.

-« Parce que ces souvenirs sont réels. » tenta Kate, espérant que ce « Castle » là soit aussi passionné par les histoires que son frère et qu’il sera suffisamment intrigué pour connaître la suite. « Tu es né à New-York et la femme qui t’a mise au monde t’a appelé Henry. »

Bingo ! Il se retourna, fixa Beckett quelques secondes, regarda une dernière fois vers le bas de la rue et choisit finalement de s’asseoir à côté de Kate.

-« Tu ne parles pas d’une vie antérieur ou d’un truc comme ça hein ? » demanda-t-il, tout penaud.

Sa remarque et son air de gamin lui fit penser à Rick. Elle explosa de rire, malgré elle.

-« Non… » se rattrapa-t-elle en prenant la main d’Henry qui s’était déjà relevé. «  Je parle bien de cette vie-ci. « Quand je pense que ta mère te disait plus raisonnable que ton frère. »

-« Ma mère ? Elle est morte et … »

-« Je parle de la femme qui t’a mise au monde. » rectifia-t-elle.

-« Elle m’a abandonné, elle n’a jamais voulu de moi. Qu’est-ce qu’elle en sait ? » commença-t-il a s’énerver.

-« C’est ce qu’on t’ a dit ? » demanda Kate qui ignorait tout de ce qu’on avait pu lui faire croire pendant toutes ces années.

-« C’est ce que j’en ai déduit. » il déglutit et sa voix devint moins sûre. « L’autre jour, tu as dit que tu connaissais ma famille mais tu ne parlais pas de Moly. Puis il y a ce type, celui qui m’a piqué mon visage. C’est Ricky ? »

-« Wah… » souffla Beckett, ne sachant plus ce qu’elle pouvait penser. Décidément, ce typé était une énigme à lui tout seul. Elle décida de jouer franc jeu, après tout, elle n’avait rien à perdre. Elle inspira un grand coup avant de se lancer. « Et moi qui pensais que les médocs t’auraient ramolli le cerveau. » ne put-elle s’empêcher de penser à haute voix.

-« J’ai passé ma vie dans ces hôpitaux, tu pensais vraiment que j’avalais toutes leurs cochonneries ? »

Elle explosa de rire.

-« Tu es bien le même que ton frère. »

-« Alors c’est mon frère ? » demanda-t-il avec une note d’espoir. « Celui qui m’a volé mon visage. Le type à la bouteille de vin ? Celui que tu appelle Castle et à qui tu fais toute une scène parce qu’il discute avec ta voisine et … »

-« Oui… C’est lui. » coupa-t-elle avant qu’il n’ait fini sa litanie. « Bon, commençons par le début. »

-« Je suis né ici, à New-York ! Jusque-là, j’ai suivi… » lança-t-il avec une petite note d’ironie.

-« Oui. Vous êtes né le premier Avril… »

-« Le 1 Avril ? Sérieusement ? C’est une blague ? »

Beckett leva les yeux au ciel et le regarda avec un regard agacé.

« Visiblement tu ne plaisantes pas souvent ! » marmonna-t-il en baissant les yeux.

Kate ne put s’empêcher de sourire en pensant qu’il était exactement comme son frère et que les différencier allait être très difficile.

-« Effectivement, je suis très sérieuse. Tu es né 3 minutes après Richard, ce qui signifie, en fait, que c’est TOI qui lui as piqué son visage, et non l’inverse ! » se moqua-t-elle avec un sourire.

-« Tu es dingue de lui…. Hein ? » Il la regarda et attendit qu’elle le contredise ou qu’elle trouve au moins de quoi répondre, mais rien ne vint. « Même pour ça j’ai tort à tes yeux ! Je suis sûre que de toute façon, avec toi, il a toujours raison. »

-« Non… C’est MOI qui ai toujours raison ! »

Il éclata de rire.

-« Ouais… J’ai failli oublier, tu es une femme ! » il rigola à nouveau, ce qui allégea l’ambiance de ce début de soirée. « Donc j’ai 3 minutes de retard sur Richard… Et après ? »

-« Votre mère était… Euh, elle l’est toujours d’ailleurs ! Mère célibataire. Elle travaillait comme serveuse dans une sorte de café-boulangerie tout en passant des auditions pour obtenir un rôle. »

-« Elle est actrice ? »

-« Oui. Quand elle jouait sur scène ou tournait un film, c’est une baby-sitter qui vous gardait. »

-« Je ne comprends pas où tu veux en venir. Elle ne m’a pas abandonné ? »

-« Non. » assura Kate. « Votre mère vous aimait énormément. Avec ton frère, vous étiez de vrais petits monstres, mais je suppose qu’une mère oublie ce genre de ‘détail’ »

Un instant de silence. Henry semblait réfléchir. Les questions semblaient se bousculer dans sa tête, et pour la première fois, une personne était en mesure d’y répondre. Ils restèrent longtemps sur ce toit. Kate lui expliqua toute l’histoire : son enlèvement, l’absence de Martha (sa mère) et les débuts de la famille Jones. Le reste, il s’en souvenait. Cependant, il restait de nombreuses inconnues : Pourquoi lui ? L’enlèvement avait-il été planifié ou la baby-sitter avait profité de la découverte de Rick pour enlever son frère ? Comment avait-elle fait pour changer de nom et disparaitre aussi facilement ? …

Il était probable qu’il n’en sache pas plus, mais ce que Kate lui révéla était déjà très précieux à ses yeux.

Il commençait à faire froid. Kate proposa à Henry de le ramener à la maison de repos.

-« Et tu ne crois pas qu’ils ne vont pas se poser des questions en me voyant rentrer ? »

-« Ils ne savent pas que tu es sorti ? » demanda-t-elle. Sachant de quoi Rick était capable et se rendant compte que les deux frères étaient pareils à tous points de vue (enfin presque), elle craignant le pire.

-« Je ne savais même pas que je pouvais sortir ! » fit-il avec sa tête de gamin pris sur le fait.

-« Je ne veux même pas savoir ! » explosa de rire Kate en servant à boire à son invité.

-« Ça ne répond pas à la question initiale : qui suis-je ? Sam ou Henry ? » demanda-t-il d’un air sérieux.

Kate réfléchit avant de répondre.

-« Martha, ta mère, a accepté d’exhumer le corps du petit garçon enterré sous ton nom. Lui aussi a le droit de récupérer son histoire. Lorsque les résultats des analyses seront revenus, on aura la preuve que ce n’est pas Henry Rodgers. Tu pourras alors réclamer ton vrai nom si tu le souhaites… Je suppose que tu devras, toi aussi, faire des tests ADN pour prouver ton lien à la famille Rodgers, mais c’est possible. Ça risque juste d’être un peu long. Par contre, si tu préfères rester Sam Jones, ça pourrait se comprendre aussi et … »

-« J’ai passé ma vie à chercher mon nom. Toute une vie à se faire passer pour fou ou névrosé, tu sais ce que c’est ? Non… Je veux MON nom. Je m’appelle Henry Rogers et je veux pouvoir en mettre plein la vue à ces soi-disant Docteur-Professeur qui me regardaient de haut. »

-« Je comprends. » fit Kate avec un large sourire de satisfaction. « Tu récupèreras ton nom et tu rentreras chez toi la tête haute. En attendant, je dois te ramener … »

-« Je sais… » soupira-t-il. « Je peux te poser une dernière question ? »

-« Mmm Mmmm »

-« C’est sérieux avec mon frère ? »

Beckett le foudroya du regard.

« Quoi ? Ne me dis pas qu’ici, à New-York, tous les hommes se baladent le soir avec une bouteille de vin à la main ? » se moqua-t-il.

-« Il n’y a rien du tout… » soupira-t-elle.

-« Oh… Le prix Nobel de littérature n’aurait-il pas encore trouvé les mots pour atteindre ton cœur ? »

-« Ce n’est pas mon cœur le problème… » 

-« Tu fais partie de ces femmes qui réfléchissent toujours un peu trop… Pauvre Ricky… »

Kate leva les yeux au ciel et soupira d’exaspération.

« Etant donné la scène de jalousie à laquelle j’ai eu droit, je dirais que tu devrais arrêter de réfléchir et passer à l’action… Essayes juste de ne pas te tromper de jumeau la prochaine fois. »

Beckett l’empoigna par le bras pour l’entrainer hors de l’appartement.

« Quoi que… C’était plutôt agréable, le baiser. Si ça ne marche pas avec mon frère… »

-« Je tire un trait sur les hommes, alors arrêtes de rêver. » lança-t-elle sèchement pour bien lui faire comprendre qu’il n’avait aucune chance.

 


judy1  (29.06.2015 à 13:48)

Chapitre 24 :

 

-« Papa ? » fit Alexis en ouvrant la porte du loft. « Je te croyais dans ton bureau ? Tu as perdu tes clés ? » demanda la jeune rouquine en fixant son père qui n’avait pas l’air dans son assiette.

-« Richard ? » s’inquiéta à son tour Martha, voyant qu’il ne répondait pas et ne bougeait pas. « Un problème avec Katherine ? Tu es bien allez la voir, hein ? »

-« Il y es allé… Mais il n’est pas resté. » répondit-il enfin, le regard suppliant.

Les deux femmes se regardèrent, ne comprenant pas, ou craignant de comprendre. Les deux femmes lui avaient rendu visite à l’hôpital et, par la suite, dans sa maison de repos. Henry n’en était pas encore à appeler Martha « maman », mais il l’avait écouté. Il voyait sa détresse mais ne savait s’il pouvait lui faire confiance. Jusqu’à maintenant, seule cette femme flic avait réussi à lui inspirer un sentiment de sécurité qu’il n’avait jamais connu auparavant.

« Je suis Henry… Pas Richard. » se décida-t-il, craignant de se faire mettre dehors.

Ne sachant pas s’il pouvait entrer, il resta sur le pas de la porte et attendit que l’une des deux se décide à  e faire entrer.

-« Je savais bien que je n’avais pas rêver. Nikki se fait dévorer par tout un troupeau de dinosaures. » expliqua Alexis en parlant à sa grand-mère.

-« Qu’est-ce qui s’est passé ? » demanda Martha en faisant asseoir Henry sur un tabouret de la cuisine.

Il déglutit…

-« Elle m’a embrassé… Il nous a vus. »

-« Quoi ? » firent-elles d’une même voix.

-« Papa rame depuis 4 ans et toi, tu l’as vu quoi, 4-5 fois ! »

-« Katherine t’a embrassé ? »

-« Je ne l’ai vue que 2 fois… enfin, 3 avec ce soir, mais ce n’est pas ce que vous croyez. »

Les deux rouquinnes le dévisageaient d’un regard sévère.

« Elle m’a pris pour Rick. Elle m’a fait toute une scène de jalousie et comme je ne me suis pas laissé traiter comme un pantin, elle s’est jetée sur moi… Richard était juste derrière nous. »

-« Elle s’est jeté sur toi ? » pouffa Alexis.

-« Elle pensait se jeter sur son ‘Castle’ » se défendit-il.

Alexis était morte de rire. Elle avait vu Kate au bord des larmes dès qu’elle parlait de son père, et elle imaginant la scène, ce qui n’arrangea rien à son fou-rire. Le regard de Martha s’adouci, comprenant qu’Henry se sentait vraiment mal et qu’il cherchait une solution.

« Je sais que c’est à cause de moi qu’ils se sont disputés. Et là… Ils risquent de ne jamais enterrer la hache de guerre. »

-« Richard devient complètement irrationnel dès qu’il est question de Katherine Beckett… Mais si tu veux arranger les choses entre eux, c’est avec lui que tu vas devoir t’expliquer » lança Martha, pratiquement sur le ton d’un ordre. « Alexis ? Ça te dit une sortie entre femmes ? Je crois qu’on ferait mieux de les laisser régler ça entre eux. »

-« Je ne sais pas où on peut aller à cette heure-ci, mais je ne veux pas voir ce carnage. »

-« Le bureau de Richard est pas là. » indiqua Martha en prenant son sac, sa veste et entrainant Alexis hors de l’appartement.

 

Henry attendit que Martha et Alexis soient parties. Il savait qu’il avait été trop loin. Prendre l’apparence de cet homme pour retirer de l’argent à la banque, se faire passer pour lui auprès des femmes, tout ça étaient bien amusant il l’admettait. Mais avant de voir la détresse dans les yeux de Kate, il n’avait pas conscience que ses actes avaient autant de répercussions dans la vie de cet homme. Enfin si, il n’était pas totalement idiot, il savait qu’il y en avait forcément. Mais maintenant qu’il savait que c’était son frère, son jumeau, il s’en voulait de l’avoir trahi.

Il inspira un grand coup avant de pousser doucement la porte du bureau.

-« T’as pas passé l’âge de jouer avec les poupées ? » demanda Henry en observant Barbie, dont la jambe servait de repas à T-Rex.

Castle lâcha la Barbie et le dinosaure avant de s’avancer vers son frère, déterminé et furieux comme jamais. Sans aucune parole il lui lança un coup de poing en pleine figure.

-« C’est mérité. » fit Henry en constatant qu’un fin filet de sang s’échappait de sa narine gauche. « C’est pour l’argent… Ou pour avoir osé approcher ta petite amie ? »

-« Pour le passage à tabac, pour mes côtes ! Et ce n’est pas ma petite amie. » répondit-il, toujours furieux. « Qu’est-ce que tu fous ici ? Qu’est-ce que tu me veux à la fin ? »

-« Je voulais m’expliquer… »

-« Je ne veux rien savoir. » s’emporta Rick. « Pour ce qui est de MON argent, je me suis déjà mis d’accord avec Moly Jones. Pour le reste, vas te faire foutre… » continua-t-il, toujours furax. « Et bravo pour Beckett… De toute évidence, tu sais y faire ! »

-« Ce n’est pas ce que tu crois… Elle… »

-« Sors d’ici. » hurla Castle, ne voulant surtout pas entendre la suite.

Henry soupira… pensa qu’il était peut-être venu trop tôt. Qu’il aurait mieux fait d’écouter Kate et de rentrer se reposer bien sagement. Il devrait attendre que son frère se calme avant de retenter sa chance. La tête basse, il sortit du bureau et rejoignit la porte du loft à pas lents.

La porte du bureau était restée ouverte et Rick voyait son frère se trainer jusqu’à la sortie.

-« T’es vraiment misérable ! »

Ces mots étaient sortis tous seuls, et il mit plusieurs secondes avant de se rendre compte qu’il parlait de lui-même. Depuis plusieurs jours déjà il se comportait comme ‘un gamin capricieux’, c’étaient les termes utilisés par sa mère, la veille. Il avait été odieux avec Kate et venait de se rendre compte qu’il l’avait perdue. Tout était de sa faute… Il avait passé des années à se reprocher la mort d’Henry et se souvient encore avoir passé des nuits entières à prier sous les étoiles pour qu’un Dieu, peu importe lequel, le fasse revenir. Il avait fallu près de 40 ans pour qu’il revienne et moins d’une semaine pour qu’il le mette à la porte.

-« ATTENDS…. » se décida-t-il enfin lorsqu’il entendit la porte du loft s’ouvrir. « Je suis désolé… » il claqua la porte pour s’assurer qu’Henry reste encore un peu. « Je suis furieux, c’est vrai… Je suis furieux contre moi. »

-« Ricky… »

-« Non… » se mit-il à pleurer. « C’est toi qui écoute. Je te demande pardon. » il le regarda dans les yeux, les yeux ruisselants de larmes. « Je savais que ce n’était pas toi, et personne ne voulait me croire. Je ne savais pas quoi faire… Mère m’a conduit chez tous les psy de la ville et personne ne bougeait pour te retrouver. Alors je les ai laissé gagner : je t’ai laissé partir, je t’ai abandonné… Je suis désolé… »

-« Richard. » fit Henry, ému aux larmes lui aussi. « J’ai passé 35 ans à crier haut et fort que je n’étais pas Sam Jones, que je n’étais pas chez moi. Et regarde où ça m’a amené ? Je n’ai rien du tout. Il y a deux moins encore j’étais enfermé dans un hôpital psychiatrique. Martha a pris la bonne décision… Toi aussi. » lui sourit-il.

-« Pour Beckett… »

-« Ce n’est pas ce que tu crois… Je t’assure que tu te trompes sur elle, sur ce que tu as vu. »

-« Tu n’étais pas en train de l’embrasser ? »

-« Non… C’est elle qui m’embrassait. Mais c’était une erreur et je n’aurais pas dû la laisser faire. »

-« Je n’ai plus 5 ans… C’est OK. Je me suis comporté comme un vrai con avec elle alors si elle te plait … »

-« Est-ce que tu écoutes des fois ? » s’énerva Henry avant de se souvenir des paroles de Martha : dès qu’il était question de Katharine Beckett, il devient complètement abruti (bon elle n’avait pas employé les mêmes mots, mais c’était pareil). « Bon, crois ce que tu veux après tout, ce n’est pas mon problème… »

Rick invita son frère à prendre place à la cuisine et lui fit gouter à ses fameuses pâtes carbonaras. Il devait bien admettre que c’était excellent. Henry proposa ensuite de lui rembourser l’argent volé à la place de Moly, chose à laquelle Rick répondit qu’il n’y avait rien à rembourser et qu’il avait fortement insisté pour que toutes les factures relatives aux soins de santé du petit Tobias Gring arrivent chez lui. Henry n’avait pas su quoi répondre à cet aveu… Lui et sa sœur n’auraient jamais eu assez d’une seule vie pour réunir l’argent nécessaire. Les deux frères parlèrent ensuite de leurs loisirs, des choses qu’ils ne supportaient pas et finirent par se trouver pas mal de différence.

Richard dévia toutes les tentatives d’Henry pour reparler de Kate, mais peu importe, il savait déjà comment il allait s’y prendre pour les réunir. Qu’ils le veuillent ou non, ces deux-là finiraient par s’expliquer.


judy1  (30.06.2015 à 20:33)

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