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Série : Castle
Création : 04.05.2015 à 19h42
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Histoire plutôt tordue (comme d'habitude en fait ) » judy1
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
Chapitre 25 :
-« Allez Katherine… De toute façon, ce n’était pas une question, et une invitation, ça ne se refuse pas. » insista Martha qui avait déboulé 5 minutes plus tôt au 12th.
-« Qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda Esposito.
-« Matha invite Beckett à diner… Mais comme elle et Castle sont toujours en froid… »
-« Merci Ryan, on se passera de tes commentaires ! » fit sèchement Kate qui détestait toujours autant qu’on se mêle de ses affaires.
-« Mais vous êtes invités vous aussi… Ainsi que Madame Ryan. Alexis se charge du docteur Parish. »
Kate soupira et leva les yeux au ciel tandis que Ryan s’empressait déjà de demander en quel honneur était donnée cette petite fête.
-« Pour vous remercier d’avoir réuni notre famille. Sans vous tous, Henry serait toujours perdu. Dans tous les sens du terme. » fit l’actrice avec ses grands gestes théâtraux qui la caractérisaient.
-« Mais je suis toujours OK pour les fêtes… Surtout si c’est Castle qui invite. » se réjouit déjà le latino. « Quand ? »
-« Et qu’est-ce qu’on peut apporter ? » demanda Ryan en gentil petit garçon bien poli, ce qui lui valut un regard moqueur de son partenaire.
-« Demain soir… Et si vous voulez vraiment apporter quelque chose, amenez donc Beckett. » répondit l’actrice avec un grand sourire.
-« Sérieux mec ? » s’esclaffa Esposito une fois que l’actrice fut partie. « Qu’est-ce qu’on peut apporter ? » singea-t-il. « Qu’est-ce que tu es censé apporter quand un millionnaire t’invite à diner ? Ton salaire ne suffirait probablement pas à payer le repas. »
-« Marie toi et tu comprendras… » soupira Ryan en pensant à la scène que Jenny ferait s’il ne faisait qu’évoquer la possibilité d’arriver les mains vides. « Beckett ? Tu ne comptes pas manquer ça ? »
-« C’est un peu compliqué avec Castle, c’est probablement mieux que je ne me montre pas. »
-« C’est compliqué depuis 4 ans entre Castle et toi. » affirma Lanie que personne n’avait entendu arriver. « Alexis vient de m’inviter et je venais m’assurez que tu ne comptais pas faire comme si tu n’avais pas reçu d’invitation. Et pour ta gouverne, sache que c’est Martha et Henry qui organisent cette soirée, la dernière avant son départ. Il retourne chez lui. » mit-t-elle les choses au clair.
-« Bon débarras ! » souffla Kate en vacant à ses occupations, comme si de rien n’était.
Tous les invités étaient là. Moly avait accepté de venir mais ne se sentait pas à l’aise. Son frère, même si elle ne savait plus si elle devait l’appeler Sam ou Henry (ce qui fait qu’elle utilisait les deux prénoms en alternance), avait beaucoup insisté pour lui présenter sa famille et ses amis, ou plutôt ceux de son frère. Elle avait accepté, un peu à contrecœur, en se disant qu’elle devait énormément à ces gens et que devant la générosité de Richard Castle, elle ne pouvait pas refuser quoi que ce soit.
Lanie, Ryan et Esposito se regardaient avec malaise, se demandant à quel moment Beckett daignerait se montrer.
Martha et Alexis faisaient de leur mieux pour ne pas laisser paraitre leur inquiétude à mesure que l’heure passait.
Richard, que sa mère et sa fille avaient obligé d’être présent, tirait une tête jusque par terre. Il savait qu’il devait des excuses à ses amis, mais aurait préféré s’entretenir en privé avec eux avant. Il avait tardé à les revoir car ne savait pas comment s’y prendre pour s’excuser correctement et n’était au courant de la soirée que depuis quelques heures. Quand il avait dû signer le chèque au traiteur.
Henry était le plus anxieux. Il ne connaissait pas assez bien Kate pour savoir s’il aurait dû insister en personne pour qu’elle vienne, ou s’il avait bien fait de laisser Martha gérer la situation.
On frappa à la porte. Rick se leva pour aller ouvrir.
-« J’espère que c’est elle, parce qu’avec la tête qu’il fait, on se croirait à une veillé funaibre! » soupira Henry.
-« Tu devrais voir celle de Beckett au travail, ça ne donne pas envie d’être là non plus. » rétorqua Ryan. Jenny lui donna un coup de pied dans le mollet, ce qui fit bien rire le petit Tobias.
-« . Ça suffit… Déjà qu’elle ne voulait pas venir, continuer comme ça et elle fera demi-tour. » somma Lanie.
-« Si je dois supporter les humeurs de papa un jour de plus, je vous jure que je vous l’envoi au 12th. » riposta Alexis.
-« Comme ça ils feront la tête ensemble. » se moqua Esposito.
-« Ils en profiteraient peut-être pour se parler. » suggéra Moly.
-« Si ces deux-là avaient pour habitude de se parler, il y aurait déjà une ribambelle de petit Castle pour nous casser les pieds ce soir. » sourit la légiste.
-« Mais ça suffit maintenant vos commérages… » les interrompis Martha, de peur que Beckett ne les entendent.
-« Hey… » fit Castle en ouvrant la porte. « On croyait que vous ne viendriez plus. »
-« Si vous voulez, je peux repartir. » dit-elle d’un ton fâchée.
-« Mais non… Soyez la bienvenue. » dit-il galamment en la laissant entrer.
Beckett fit quelques pas à l’intérieur du loft et soupira en constatant la liste des invités. Elle ne s’attendait pas à un tête à tête avec Castle, mais de là à ce que tous leurs amis communs soient présents. Elle chercha Henry des yeux, et lorsque son regard se posa sur lui, elle se retourna instantanément vers Rick.
-« Mais à quoi vous jouez ? »
Les deux hommes étaient habillés de la même façon, chaussures y compris. Henry s’était rasé de près, comme son frère et de toute évidence les deux hommes avaient passé l’après-midi chez le même coiffeur. Ils étaient identiques et seules les lunettes d’Henry le trahissaient.
-« A rien… On n’en peut rien si on se ressemble un peu. » nargua-t-il avec un sourire enfantin.
Kate leva les yeux au ciel et entra pour saluer le reste de l’assemblée. Elle s’attarda un moment près de Tobias et Moly, le temps de prendre de leurs nouvelles pendant que les frères Castle, réunis dans la cuisines préparaient les verres d’appétitifs. Tous les invités étaient trop occupés à bavarder pour remarquer la paire de lunettes passer d’une main à l’autre.
-« Je ne suis pas certain qu’Henry puisse prendre le reste des verres, tu veux bien l’aider mère ? »
-« Ne vous dérangez pas, j’y vais. » proposa instantanément Kate qui discutait avec l’actrice à ce moment-là.
Henry sourit. Visiblement Richard la connaissait à la perfection.
-« Il parait que tu n’as pas assez de deux mains, à moins que ce soit deux mains gauches que tu ais ? » se moqua-t-elle en essuyant le champagne qu’il venait de reverser.
Rick avait accepté de jouer au petit jeu d’Henry. Ils avaient parié 150 $ que personne ne remarquerait la supercherie s’ils passaient la soirée à s’échanger les rôles. Richard lui avait rétorqué aussitôt que la moitié des invités étaient flics et qu’ils se feraient démasquer avant le dessert. C’est sur ça qu’Henry avait joué pour convaincre son frère : se venter devant ses amis d’avoir réussi l’exploit de tromper les meilleurs policiers de la ville.
En entendant la voix de Kate derrière lui, l’espace d’une seconde il se sentit déjà en faute.
-« C’est une impression ou quelque chose te contrarie ? » demanda-t-il comme si de rien n’était, bien qu’il s’inquiétait réellement pour elle. Il n’y avait pas besoin d’être devin pour remarquer que quelque chose n’allait pas.
-« Voyons voir… Mise à part que ton frère m’ignore ou me parle comme à un chien ? »
Castle renversa un verre de plus.
-« L’homme que j’aime ne supporte plus de se retrouver dans la même pièce que moi, mise à part ça, non, je ne vois pas ce qui pourrait me contrarier. » lança-t-elle avant de se rendre compte qu’il était devenu blanc comme un linge.
Elle resta une seconde à le fixer en se rendant compte de sa dernière phrase. Les idées se bousculèrent dans sa tête. Elle avait dit « l’homme que j’aime » ; Henry connaissait ses sentiments envers son frère, pourquoi semblait-il soudain si troublé. Etais-ce bien Henry devant elle ? Les lunettes, bien sûr que c’était lui.
Elle se contenta de prendre le plateau et de l’emmener vers le salon.
« Non… » pensa-t-elle. « C’est la soirée d’Henry… Ils ont plus de 40 ans… Non, ils ont passé l’âge de faire ce genre de blague stupide ! Tu deviens complètement folle ma vieille, il est vraiment temps que tu te changes les idées. » tenta-t-elle de se convaincre
Chapitre 26 :
Puisque tout le monde était enfin là, la soirée pouvait commencer. Martha, Henry et Rick passaient de la cuisine au salon avec les plats.
-« Dis donc toi… » Apostropha Moly en attirant son frère un peu à l’écart.
Rick, qui portait les lunettes de son frère, la suivit sans faire d’histoire.
« Tu te rend compte de ce que tu as fait ? »
-« Euh… Quoi ? » répondit-il avec innocence.
-« Martha m’a raconté pour le Lieutenant….Pour Kate. Tu aurais dû l’arrêter, tu n’avais pas le droit d’aller aussi loin. » sermonna-t-elle, le regard furieux tout en faisant des efforts pour ne pas trop hausser le ton.
-« Ça aurait été moins drôle ! » plaisanta-t-il en affichant son plus beau sourire.
Le regard de Moly se durcit aussi vite, rivalisant avec celui de Beckett lorsqu’elle se met en colère, ce qui effaça le sourire idiot de Castle. Elle lui prit le visage entre les mains et le dirigea en direction de Kate et Alexis.
-« Regarde-la et ose me dire que tu trouves toujours ça drôle ! » menaça-t-elle. « Quand je l’ai vue la première fois, je t’assure que si j’avais eu quoi que ce soit à me reprocher, j’aurais avoué. Je n’avais jamais vu une femme aussi sûre d’elle, aussi impressionnante. Et regarde ce que tu as fait ? »
Castle ne savait pas exactement de quoi Moly parlait, mais il déglutit en se rendant compte qu’elle avait plus l’air d’une femme épuisée, au bout du rouleau, que de la meilleure inspectrice de la ville. Il ouvrit la bouche pour protester, mais Moly lui cloua le bec aussitôt.
-« Je sais que Richard à sa part de responsabilité. Seulement, à toi, je peux te passer un savon. Et si tu n’avais pas commencé, rien de tout cela ne serait arrivé. Alors tu te débrouilles comme tu veux, mais tu as intérêt à arranger les choses. » menaça-t-elle avant de le laisser en plan pour rejoindre Alexis de Beckett.
-« Bien Madame… » marmonna Rick en regardant les trois femmes papoter comme si de rien n’était.
Rick soupira et accéléra le pas vers le fond du salon. Il poussa son frère jusqu’à la porte du bureau, le fit entrer tout en veillant à ce que personne ne s’inquiète pour ce « léger mouvement d’humeur. »
-« Reprend les. » fit-il en lui plaquant les lunettes entre les mains. « Je viens de me faire engueuler par ta sœur. Oh non… C’était toi. » reprocha-t-il. « Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Qu’est-ce que tu as fait à Beckett ? »
-« Je croyais que tu te fichais de Kate. » se moqua-t-il avec le sourire.
-« Qu’est-ce que tu lui as fait ? » répéta-t-il en haussant le ton.
-« Je ne lui ai rien fait… Rien du tout. Si tu tiens vraiment à savoir ce qui s’est passé, va le lui demander. » lança-t-il en quittant la pièce.
Rick grinça des dents, soupira et ressortit du bureau à son tour. Il regarda autour de lui. Kate discutait avec Lanie et Jenny maintenant. Il voulut s’approcher mais surpris une conversation entre Ryan et Esposito : les deux compères parlaient du retour de Beckett après les 3 semaines de mise à pieds.
-« Beckett a été suspendue ? Pourquoi ? » demanda-t-il sans détour en s’incrustant à la conversation.
Les deux inspecteurs se regardèrent. Ryan lança un regard vers Kate, dans l’espoir de capter son attention, mais en vain.
-« 3 semaines… » répondit Esposito. « C’est maintenant que tu poses la question ? » reprocha-t-il.
-« Pourquoi vous ne m’avez rien dit ? »
-« Parce que ça fait un bout de temps qu’on ne t’a pas vu. » rétorqua Ryan.
-« Je prenais mes distances avec Beckett. Pourquoi a-t-elle été suspendue ? »
Ryan et Esposito sourirent. Pour une fois qu’ils avaient le privilège de se vanter de leurs exploits.
-« Pour t’avoir sauvé. »
-« Je sais que Gates ne m’aime pas, mais de là à punir Beckett pour si peu. »
La remarque ne plut pas du tout à Esposito, de toute évidence, Castle ne se rendait même pas compte qu’elle avait risqué à la fois sa vie et sa carrière pour lui.
-« Ça ne venait pas de Gates, mais de plus haut. Est-ce que tu sais que pour te retrouver elle a mobilisé toute une équipe ? Que deux agents du service de localisation ont dû mettre leur travail en attente juste parce qu’elle t’a fait passer comme priorité ? »
-« Je… euh…. »
-« Une fois qu’ils t’ont localisé, Tory est arrivé pour prendre le relais et mener Beckett jusqu’à toi pendant que Ryan et moi on ramait comme des fous pour assurer les arrières de Beckett et faire en sorte qu’elle n’ait pas de plus gros ennuis encore. »
Bouche bée, honteux de lui et incapable de savoir quoi répondre, Castle se contentait d’écouter.
-« Je t’adore Mec, tu fais partie de l’équipe, tu le sais. » fit Ryan pour prendre le relais d’Esposito qui était trop furieux pour continuer à parler de manière civilisé. « On s’est débrouillé pour avoir accès, nous aussi, à l’appel de Beckett. Et … Ne le prend pas mal et ne m’en veux pas, mais quand on a entendu la voix de Beckett et qu’on a été certains à 100% que tu avais réellement de gros problèmes on était soulagés. »
-« Sympa… » soupira Rick.
Ryan le retint par le bras.
« Quand elle a reçu cet appel, elle est partie sans qu’on ait pu vérifier quoi que ce soit. On n’était même pas certain que ce soit bien toi. N’importe quel idiot aurait pu pirater ton portable et l’attirer jusqu’à lui en se servant de toi. Castle? » Ryan voulait s’assurer que sa dernière phrase soit bien comprise par l’écrivain. « Si ça avait été un piège, Beckett était seule et droit dedans ! On ne serait jamais arrivé à temps pour l’aider et il n’y avait aucune patrouille dans le coin. »
Rick le regardait, incrédule, sans trouver les mots pour riposter.
« Gates n’était au courant de rien du tout mais à couvert toute l’affaire. Les 3 semaines, c’était pour avoir continué à enquêter sur ton frère alors que l’affaire était close et qu’elle était censée s’en tenir à la paperasse le temps que les affaires internes fassent leur job. »
Ryan et Castle restèrent un long moment sans plus rien dire.
-« Je suis désolé. » articula-t-il finalement.
-« J’espère bien… Mais c’est à elle que tu devrais le dire, c’est elle qui a pris tous les risques. »
-« Je me suis vraiment planté sur ce coup-là… Le roi des imbéciles. » dit-il en la regardant avec tristesse.
-« Les femmes… » soupira Ryan en lui donnant une tape amicale dans le dos pour l’encourager.
Castle la regarda. Elle discutait avec le petit Tobias qui ne semblait pas s’amuser beaucoup lui non plus.
-« Ça ne va pas ? » demanda Kate en se mettant à genoux à côté du petit garçon de 7 ans.
-« C’est Rick qui me l’a prêté. » dit-il en montrant un pistolet à fléchettes. « J’arrive pas à toucher la cible. Ce jouet est complètement naze… Ou alors c’est moi qui suis trop nul. » soupira l’enfant.
-« Je peux ? »
L’enfant lui prêta le jouet sans remord.
-« Je pense qu’on peut passer à table. » annonça Henry qui avait enlevé ses lunettes et venait de les déposer discrètement dans la main de son frère.
Beckett pointa l’arme vers lui et tira, sans hésitation. La flèche toucha l’épaulé, sous le regard amusé des autres.
-« Wahhh en plein dans le mil. » s’extasia le gamin.
-« Je visais la tête…. » répondit Kate avec un grand sourire. « Tu as raison, ce jouet est juste bon pour la poubelle. » sourit-elle en le rendant à Tobias.
Elle se releva et défia Henry du regard. Juste avant de discuter avec l’enfant, elle avait aperçu Ryan et Castle en grande discussion et étant donné qu’Esposito les avait quittés, contrarié, peu de temps avant, elle était certaine qu’il s’agissait bien de Rick essayant de s’expliquer avec les gars. Il ne pouvait donc pas être dans la cuisine à surveiller les préparatifs du repas. Elle se retourna discrètement et aperçu Rick ajuster les lunettes. Elle sourit tout en levant les yeux au ciel.
-« Tout va bien Katherine ? » s’inquiétera Martha en la voyant soupirer.
-« Tout est parfait Martha… » sourit-elle en passant à côté d’Henry.
-« Et moi qui croyais que tu m’aimais ! » dit-il à voix haute pour être certain que tout le monde entende, sur le ton du reproche.
Craignant de s’être trompé, le sourire de Kate disparu aussi vite.
-« Tu viens de me tirer dessus ! »
-« Ce n’est qu’un jouet… » justifia-t-elle tout en scrutant son visage.
Elle en était certaine. C’était Henry se faisant passer pour Rick. Castle, le vrai, avait deux petites cicatrices sur le haut du visage : Une entre les deux yeux et une autre un peu plus haut. Elles étaient minimes, presque invisibles, mais ressortaient lorsqu’il était contrarié. Le front de l’homme en face d’elle était net et bien lisse. C’était donc Henry. Elle ne savait pas ce qu’il voulait, mais elle n’allait pas entrer dans son jeu.
-« Je croyais que tu m’aimais, qu’il y avait un truc entre nous et toi tu … »
-« Il n’y a rien du tout entre nous…Et il n’y aura jamais rien. » répondit-elle sèchement en articulant chaque mot.
Ce dont elle ne se rendit pas compte, c’est que tout le monde autour d’eux les écoutait et que sa phrase venait de choquer l’assemblée.
-« C’est à cause de mon frère ? Avoue que tu l’aimes… » continua Henry, certain de ce qu’il avançait.
Beckett compris alors qu’elle venait de se faire avoir. Peu importer ce qu’elle aurait pu répondre, elle s’était mise toute seule dans le pétrin en tirant sur lui.
« Si ça se trouve, tu l’as aimé ce baiser… Hein ? Avoues. »
Autour d’eux, personne n’osait bouger, tous les regardait et attendait la réponse de Kate.
Beckett l’affronta du regard, se demandant où il voulait en venir… Il parlait du baiser de l’autre soir ? Pourtant il savait que ce n’était qu’une méprise. « Il est censé être Castle. » pensa-t-elle. « Est-ce que Castle pensait que le baiser était réel ? »
-« Tu as raison. » se décida-t-elle.
Elle s’avança, tout en continuant à le regarder droit dans les yeux. Il voulait des aveux ? Il allait être servi.
« C’est vrai. » avoua-t-elle. « Je suis amoureuse de ton frère… J’ai adoré notre premier baiser et je suis certaine que j’en ai profité autant que lui. » s’amusa-t-elle en repensant encore à celui échangé avec Richard, l’année précédente.
Chacun se mit à table en silence. Tobias fut le seul à oser s’asseoir à côté de Kate. Les autres se contentant de la regarder avec mépris, crainte ou colère.
-« Non mais est-ce que tu es devenue dingue ? A quoi tu joues ? » explosa Lanie lorsque les deux frères furent repartis vers la cuisine. « Tu baves devant Castle depuis 4 ans et maintenant tu lui balances que tu es amoureuse de son frère ? »
-« Premièrement. » répondit Kate avec calme et fermeté. « Je ne bave pas devant Castle. »
-« Non, tu attends qu’il ait le dos tourné. » fit Ryan avec malice.
Beckett le foudroya du regard, ce qui amplifia les petits rires moqueurs d’Alexis et de Lanie.
-« Deuxièmement, je ne sais pas le nom de ce jeu et pour tout te dire, je n’en connais même pas les règles. Mais dis-moi, tu es sûre que c’était Castle ? » fit-elle avec un regard qui en disait long sur la réponse.
La question laissa Lanie perplexe alors que Martha et Moly s’étaient retournés pour regarder les deux hommes dans la cuisine.
-« Tu crois que…. » commença Jenny, osant à peine terminer sa phrase de peur d’insulter le maitre des lieux.
-« J’en suis certaine. » affirma Kate en regardant à regret Castle s’asseoir au bout de la table, la place la plus lointaine d’elle.
Henry, dans son propre rôle cette fois, posa la main sur l’épaule de Kate.
-« Ma chérie, est-ce …. »
-« Tu as jusqu’à le fin de ma phrase pour retirer ta main si tu veux encore pouvoir te servir de tes dix doigts. » lâcha-t-elle d’un ton sec, sans même adresser un regard pour l’homme derrière elle.
Moly ouvrit de grands yeux tandis que Martha manqua de s’étouffer avec une gorgée d’eau. Lanie se cacha derrière sa serviette pour rire alors que le regard de Ryan et Esposito passaient de Richard à Henry afin de trouver une différence entre eux.
Henry enleva sa main avec précaution et ravala sa fierté.
-« Je voulais juste savoir si je pouvais m’asseoir à tes côtés. »
-« Si tu n’as pas peur que mon couteau glisse ‘accidentellement’ de mon assiette. »
Cette fois, même Jenny ne put s’empêcher de sourire.
Henry s’assit avec précaution, osant à peine effleurer Kate, ce qui la fit sourire malgré elle. Elle se mordit l’intérieure de la joue pour ne pas exploser de rire.
Pendant les premières minutes de ce repas, Henry aurait donné n’importe quoi pour changer de place avec son frère. Non seulement il osait à peine bouger sur sa chaise, mais lorsqu’il avait eu le malheur de demander le sel, Kate avait saupoudré plus que généreusement son assiette avant de demander :
-« Encore un peu ? »
-« Non merci… » répondit-il poliment.
Il se rua sur le premier plat vide et, attrapa le bras de son frère en passant à côté de lui.
-« Qu’est-ce qui se passe ? Tu as besoin de poivre maintenant ? » se moqua-t-il avec un grand sourire.
-« Très drôle… Prend mas place. J’aimerais bien manger moi aussi. Je suis sûr qu’avec toi elle sera adorable. »
Sans attendre la réponse, il posa les lunettes sur le meuble devant lui, ne laissant pas le choix à son frère.
Rick traina presque les pieds jusqu’à la salle à manger et s’assit avec angoisse à la place de son frère.
Il ne fallut que deux secondes à Kate pour apercevoir les cicatrices sur le front de son voisin de table et un léger sourire illumina aussitôt son visage. Sans rien lui demander, elle changea son assiette avec la sienne, histoire que Castle (le vrai) n’ai pas à supporter la surdose de sel destinée à son frère.
-« Désolée pour le sel. Je me suis un peu emportée. » s’excusa-t-elle après avoir jeté un regard accusateur à Henry, assit à l’autre bout de la table.
-« Pas de problème. » répondit Rick en effleurant la main de Kate.
Le visage de Kate passa instantanément pas plusieurs teintes de couleurs allant du blanc ou rouge avant de reprendre une teinte normale. Personne ne comprit comment Beckett pouvait les différencier aussi vite, mais visiblement le « Henry » qui venait de s’asseoir à côté d’elle n’était pas le même que le précédent.
Le repas se poursuivit aussi normalement que possible, jusqu’à ce qu’Henry décide qui était temps de provoquer un second accident. Il reprit ses lunettes et revint près d’elle. Kate venait de se porter volontaire pour aller rechercher quelques glaçons et très galamment il se leva alors qu’elle approchait avec le sceau à vin remplis de glaçons.
-« Tu es un amour tu sais… » lui glissa-t-il à l’oreille en essayant de l’embrasser.
-« Mais à quoi tu joues ? » le remit-elle en place sur un ton outré.
-« Tu as avoué que tu m’aimais, j’ai bien droit à un baiser… »
-« Dans tes rêves seulement… » répondit-elle en lui vidant le sceau sur la tête, histoire de lui rafraîchir les idées.
La seule chose qu’il n’avait pas prévue, c’était qu’au lieu de se rasseoir elle avait pris la direction opposée et s’apprêtait à quitter le loft. Rick se leva à son tour.
-« Je m’en occupe. » assura-t-il à Lanie en l’invitant à se rassoir à table.
Il s’arrêta devant son frère et lui envoya un coup de poing dans le nez.
-« Ne t’approche plus jamais d’elle. » ordonna-t-il.
-« Putain… Tu m’as cassé le nez. »
-« C’est bien ce que tu cherchais, non ? » lança-t-il furieux, en quittant le loft à son tour.
-« Pas tout à fait… » marmonna-t-il en reprenant sa place sous le regard furieux des invités.
Tout le monde resta silencieux, espérant que Rick arrive à rattraper les bêtises de son frère.
Chapitre 27 :
-« Beckett… » cria-t-il pour la retenir en espérant que l’ascenseur n’arrive pas avant lui. « Beckett… » la retient-il par la main avant qu’elle ne s’en aille.
-« Je suis désolée Castle… Je savais que c’était une erreur, je n’aurais pas dû venir. Je comprends que vous soyez en colère. Je suis désolée. »
-«Quoi ? Je ne vous en veux pas, c’est moi qui ai des excuses à vous faire, et pas qu’un peu. L’erreur était de laisser Henry mener le jeu. » bafouilla-t-il.
-« Mener le jeu ? Je ne sais pas à quoi au juste vous jouiez tous les deux, mais je ne pense pas être la seule à ne pas avoir trouvé ça drôle. »
-« Je sais… » il s’excusa brièvement auprès d’un voisin voulant prendre l’ascenseur, tenant la main de Kate fermement et faisant de son mieux pour qu’elle ne l’imite pas. « Beckett… Je suis désolé. Laissez-moi au moins m’excuser et je vous laisserais partir si c’est ce que vous voulez vraiment. »
-« Vous venez de le faire. » répondit-elle sèchement en rappelant l’ascenseur.
-« Pas pour cette soirée. Pour tout le reste. Pour ces derniers jours… Non, pour tout le mois dernier en fait. » réalisa-t-il en fin de compte.
Beckett se retourna vers lui, incrédule, retenant les larmes qu’elle ne voulait pas verser devant lui.
« Je n’avais même pas réalisé tout ce que vous aviez fait pour moi, pour ma famille. Je me suis comporté comme un abruti et je regrette sincèrement. »
-« Je n’ai fait que mon job. » dit-elle froidement.
-« Retrouver les personne disparue ne font pas partie de vos attribution. Pas plus que de réquisitionner toute une armée pour me retrouver et vous lancer à mon secours. » assura-t-il en l’affrontant du regard.
Beckett soupira.
-« Qui vous l’a dit ? »
-« Ça n’a pas d’importance. Kate, je regrette tout ce que vous je vous ai dit. Je ne le pensais pas. J’étais en colère contre moi-même. J’étais furieux que vous ayez pu réussir là où j’avais abandonné. Je regrette de vous avoir blessée, je n’ai jamais voulu vous faire de mal. En fait, j’ignorais que je pouvais vous en faire autant. C’est plus facile de s’en ^rendre aux autres que d’affronter ses propres erreurs. »
-« J’aurais dû vous prévenir… »
-« Vous ne pouviez pas. J’étais suspect et c’était votre boulot d’enquêter… Et vous le faites drôlement bien. » la charma-t-il en espérant que son sourire parvienne à l’atteindre.
-« A partir du moment où on a su qu’il y avait un deuxième… un deuxième Castle, j’aurais dû venir vous parler, vous auriez pu tout m’expliquer et… »
-« Qu’est-ce que j’aurais bien pu vous expliquer ? Je ne me souvenais de rien ! »
-« Vous saviez pour Henry. Vous saviez que vous aviez un frère. »
-« Un frère que je croyais mort. Si vous étiez venu me parler de ce deuxième moi-même, j’aurais fait comme vous : j’aurais pensé que je devenais complètement fou… Beckett. Vous m’avez rendu mon frère, vous nous avez rendu notre histoire… Et je ne pourrais jamais vous remercier assez pour tout ça. »
-« … »
-« Vous n’avez pas à vous cacher… Peu importe ce qui s’est passé avec mon frère, si vous avez envie d’être avec lui, très bien… »
-« Castle… »
-« Je suis heureux si vous l’êtes aussi, c’est tout ce qui m’importe. »
-« Je ne suis pas amoureuse de votre frère Castle. Il ne s’est rien passé. »
-« Je vous ai vu l’embrasser… On vous a tous entendu me dire que vous l’aimer. »
Beckett soupira, leva les yeux au ciel et chercha comment se sortir de ce pétrin.
-« Pour le baiser. » elle choisit de commencer par le début. « Ce n’est pas ce que vous croyez et ne m’interrompez pas. » devança-t-elle alors qu’il avait déjà commencé sa phrase. « Vous m’aviez donné rendez-vous à 20 heures mais j’étais en retard. »
-« Moi aussi. »
Beckett le fusilla du regard pour lui rappeler qu’il ne devait pas l’interrompre.
-« Quand je suis arrivée devant chez moi, je vous ai vu draguer ma voisine. »
-« Celle de 80 ans ? »
-« Castle ! »
-« Ce n’étais pas moi Beckett, j’étais en retard parce que j’ai fait un détour pour vous acheter votre bouteille de vin préférer. »
-« Je l’ignorais. Tous ce que j’ai vu c’est vous, vous laissant caresser par cette…. » elle leva à nouveau les yeux au ciel pour éviter un langage grossier. « Je vous ai fait tout une scène… Enfin, je l’ai faite à Henry. Mais il n’est pas vous. Il s’est mis à me provoquer et je l’ai embrassé pour le faire taire, pour lui prouver qu’il avait tort. Je croyais que c’était vous. »
Rick se mordit la lèvre pour éviter d’exploser de rire mais ne put masquer son sourire.
-« Vous êtes en train de me dire que vous vous êtes trompé de jumeau ! »
-« Je ne trouve pas ça drôle. » fusilla-t-elle du regard en faisant demi-tour vers l’ascenseur dont les portes venaient de s’ouvrir.
Rick ne lâcha pas sa main et refusa qu’elle parte aussi-vite. Il avait envie de finir leur conversation, pour une fois.
-« Alors le baiser était pour moi ? » demanda-t-il avec une certaine fierté.
-« La scène de jalousie aussi. » avoua-t-elle.
-« Alors si vous aviez su que c’était Henry…. Vous auriez fait quoi ? »
-« Je lui aurais souhaité une bonne soirée. » répondit-elle froidement, exaspérée. « Votre frère est un idiot. »
-« Oui… Particulièrement ce soir. » dit-il d’un air navré. « Je suis vraiment désolé d’avoir accepté ce jeu stupide. Je ne savais pas ce qu’il allait faire. J’ignorais qu’il allait s’en prendre à vous comme ça. Je sais que ce n’est pas une excuse… Mais, pour ça aussi je suis désolé. Pour ma part, je ne pensais qu’à vous surprendre en réussissant à vous duper. » s’excusa-t-il sincèrement.
-« Raté. Je vous avais démasqué avant qu’on ne passe à table ! »
Un blanc s’installa avant que Castle n’ose poser des questions plus directes.
-« Si vous n’êtes pas amoureuse d’Henry, pourquoi m’avoir dit le contraire ? »
-« Quoi ? Quand est-ce que je vous ai dit ça ? »
-« Après m’avoir tiré une fléchette… »
-« Parce que je savais que ce n’étais pas vous. C’est à Henry que je parlais et vous êtes bien placé pour le savoir. »
Un large sourire se dessina sur le visage de Rick quand il comprit ce qu’elle venait de sous-entendre.
« Je peux savoir ce qu’il y a de drôle ? » demanda-t-elle, furieuse.
-« Henry savait ? Il savait que… » il hésita à finir sa phrase, se disant qu’il avait peut-être mal interprété les propos de Kate et qu’il n’avait pas besoin de provoquer de nouvelles disputes.
-« Je lui ai fait toute un scène de jalousie en l’appelant Castle ! Alors à moins d’être complètement stupide… Attendez… Vous croyez que… »
-« Que j’ai compris pourquoi il voulait qu’on échange nos rôle. Il n’est peut-être pas si bête que ça. » voulu-t-il le défendre, ne serait-ce que pour le remercier pour ce moment d’intimité.
-« C’était cruel. » reprocha Kate.
-« Il vous a fait avouer… » dit-il avec malice.
Kate sourit enfin. Le premier sourire qu’il voyait sur son visage depuis bien longtemps.
« Je pourrais le récupérer ? » demanda-t-il en levant les sourcils.
-« Quoi ? » se méfia-t-elle.
-« Le baiser. »
Kate rougit et explosa de rire.
-« Vous faites ce que vous voulez avec votre frère Castle, je ne veux pas savoir ce genre de détail ! » s’amusa-t-elle.
-« Très drôle… »
Rick tira légèrement sur la main de Kate. Elle se laissa faire, s’approchant dangereusement de lui. Henry l’avait fait avouer, et puis, elle le lui devait ce baiser… Elle se laissa faire, juste le temps pour Rick de poser ses lèvres sur les siennes avant de le repousser doucement.
-« Il n’a pas eu plus. » dit-elle pour expliquer cet éloignement.
-« C’était déjà bien assez. » conclut-il, sérieusement, avant de l’embrasser à nouveau.
Le second baiser était beaucoup plus intense, très doux et vrai. Une fois de plus, c’est Beckett qui le rompit. Cette fois, elle réfugia son visage dans le cou de l’auteur. Rick pouvait sentir les larmes couler.
-« Il embrasse mieux que ça, c’est ça ? » plaisanta-t-il pour ne pas la mettre mal à l’aise.
-« Je suis désolée… » lui glissa-t-elle à l’oreille en faisant de son mieux pour ne pas pleurer.
Ils étaient blottis l’un dans les bras de l’autre. Rick passa sa main dans le dos de Kate pour l’apaiser.
« Je t’ai mentit… » avoua-t-elle.
-« Tu préfères Henry ? »
-« Je ne parle pas d’e lui… Je t’ai menti il y a des mois. Je t’ai entendu. » avoua-t-elle malgré sa peur de le faire souffrir. « Je me souviens de la fusillade, de ce que tu m’as dit. »
Cette foi c’est Castle qui écarta Kate.
« Je ne savais pas comment réagir. » se justifia-t-elle. Elle avait peur qu’il le prenne mal et n’écoute pas tout ce qu’elle avait à lui dire. « Je ne savais pas où j’en étais. Ma vie sentimentale à toujours été un désastre et j’avais peur que tu finisses par partir toi aussi. Je n’arrivais déjà pas à assumer mes sentiments, j’ai eu peur d’affronter les tiens. »
Elle le regarda, attendit qu’il dise quelques chose, mais pour une fois il resta silencieux.
« L’autre jour tu m’as demandé si je parlais de toi en thérapie. »
-« Je plaisantais. » sourit Rick.
-« Je ne parle QUE de toi. De nous. C’est pour ça, la thérapie. » explique-t-elle maladroitement.
Castle avait beau la regarder, il se rendit compte qu’il ne l’avait jamais imaginé si fragile. Il avait beau la connaitre et la désirer depuis 4 ans, il ne connaissait que la femme flic, mais il ne demandait pas mieux que de la connaitre telle qu’elle est.
-« Excusez-moi ? » interrompit un voisin de Rick. « Vous le prenez cet ascenseur ? »
Kate regarda Castle, cherchant la réponse dans ses yeux.
-« Non… Allez-y. » répondit Kate en adressant un léger sourire à Rick, espérant que cette réponse était bien la bonne.
-« Et si allait voir si le nez d’Henry a fini de saigner ? »
-« Quoi ? »fit Kate, surprise. « Tu ne m’en veux pas de… ? »
-« C’est moi qui ai eu tous les tort dans cette histoire. Je suis heureux d’avoir enfin pu discuter avec toi et encore plus pour ce que j’ai appris. »
Kate sourit en rougissant.
« J’attendrais… » murmura-t-il à son oreille tout en déposant un baiser dans son cou. « J’attendrais que tu sois prête. Je suis très patient… » assura-t-il avec un sourire charmeur.
Elle l’accompagna jusqu’au loft, mais se sentit mal à l’aise au moment de retrouver les autres.
-« Ahhh enfin… » soupira Martha, les mains sur la poitrine, comme pour remercier Dieu d’avoir ramené Katherine.
-« Qu’est-ce qui s’est passé ? » demanda Kate en regardant le linge imbibé de sang sous le nez d’Henry.
-« Debande à ton p’tit copain. » répondit le principal intéressé avec une voix de canard.
Kate se retourna et regarda Castle avec surprise.
-« Tu as frappé ton frère ? »
-« Tu comptes le défendre maintenant ? »
-« Non. » assura Kate avec un léger sourire. « C’était mérité. »
-« Maintenant on n’aura plus de problème pour les reconnaitre… » lança Moly avec ironie, ce qui fit grimacer son frère et pouffer de rire Ryan et Esposito.
Kate se rassit à sa place et jeta un œil malicieux au petit Tobias. (le pistolet et 3 fléchettes remplaçaient l’assiette. )
-« Au cas où tonton Henry exagérerait encore un peu. » expliqua l’enfant avec un sourire radieux.
-« Merci… Mais je crois qu’il va nous falloir plus de fléchettes. » assura-t-elle avec humour.
-« Beckett a retrouvé son humour… C’est que tout est parfait. » jubila Lanie à voix haute.
Chapitre 28 :
Kate se sentait vraiment bête de revenir après la scène avec Henry, mais remercia discrètement le garçon pour le cadeau.
-« Qui sait, j’en aurais peut-être besoin. » dit-elle en lui adressant un clin d’œil complice.
Personne n’osa poser la moindre question, et ça tombait bien puisque Kate n’avait pas du tout envie de répondre. Un silence pesant s’installa peu à peu et le malaise de Kate, se sentant coupable, s’accentua.
-« Castle ? La bouteille est vide. » affirma Lanie en remplissant son verre et servant Esposito plus que de raison.
-« J’y vais. » se précipita-t-il, heureux de pouvoir quitter la table deux secondes.
-« Dis donc toi… » s’empressa Lanie une fois que l’auteur fut hors de portée. « Tu savais que c’était Henry, quand tu as tiré la flèche ? » demanda-t-elle avec empressement, tant la question lui brûlait les lèvres depuis un moment déjà.
-« Mmm Mmm » se contenta de répondre l’inspectrice alors que Rick revenait déjà avec une bouteille pleine.
-« Alors tu peux m’expliquer de quel baiser tu parlais ? » demanda-t-elle bien fort cette fois.
Kate se pinça les lèvres pour ne pas rire et jeta un regard amusée vers Castle.
-« Je crois que… » bafouilla-t-il. « Je vais aller rechercher un verre pour Espo ; vu l’allure à laquelle tu le lui remplis, il en aura besoin. »
Kate explosa de rire alors que les regards étaient alors tournés vers elle.
-« Nannnn… » soupira Alexis, mi surprise, mi choquée de cette révélation.
-« Tu as DÉJÀ embrassé Castle ? »
-« Et tu ne m’as rien dit ! » reprocha Lanie.
-« Ce n’était pas ce que vous pensez…. »
-« Décidemment… Encore une histoire de jumeaux ? » s’amusa Henry, ce qui lui valut sa seconde fléchette, au plein milieu du front cette fois.
-« Les gars étaient retenus prisonniers dans un entrepôt. Le baiser, c’était juste pour tromper la vigilance du garde. »
-« Oh… » fit Lanie, déçue. « Et vous n’avez rien fait d’autre pour tromper la vigilance du garde ? »
-« Lanie ! » fusilla Kate en montrant Alexis du regard.
-« Maintenant je comprends pourquoi papa aime vous suivre partout… » se moqua la jeune femme, amusée.
-« Et c’était comment ? » demanda Henry.
-« Epoustouflant ! » répondit Castle en posant plusieurs verres propres sur la table.
-« CASTLE ! »
Tout le monde explosa de rire, y compris Martha et Alexis.
-« La manière dont tu as assumé le type… » se reprit Rick, comme un gamin que l’on vient de gronder. « C’était …Epoustouflant. » termina-t-il à voix basse tout en remplissant son verre.
La discussion dévia légèrement sur les risques du métier, sur le rôle de chacun et passa ensuite à tout autre chose.
Kate, apaisée par l’entourage de ses amis et par ses explications avec Castle, sentit la pression de ses dernières semaines retomber d’un coup. Elle se sentait mal, les larmes au bord des yeux, elle quitta la table en prétextant avoir vu une mouche dans la carafe d’eau.
Lanie, qui la connaissait mieux que quiconque, su tout de suite qu’il y avait un souci et quitta, elle aussi la table sans donner aucune raison.
-« Qu’est-ce qui se passe ma chérie ? » demanda Lanie avec empathie.
-« Rien… Tout va bien. » voulu affirmer Kate, mais sa voix étranglée la trahissait.
-« Répète moi ça sans pleurer et je te croirais peut-être. » réprimanda la légiste. « Henry a encore dit un truc idiot ? Si tu veux que Castle lui casse autre chose, je suis certaine que tu n’as qu’à demander. » se moqua-t-elle.
-« Non… » soupira Kate en essuyant sa joue avec la paume de sa main. « Je t’assure que ce n’est rien. »
Lanie la fusilla du regard.
« Tout va bien… C’est cette histoire. » elle respira un bon coup et soupira, maudissant son amie pour être aussi perspicace. « Je lutte depuis des semaines pour ne pas craquer… Mais là, ce diner, ma discussion avec Castle. »
-« Je croyais que la guerre était finie avec Castle ? Ça avait l’air d’aller mieux, tous les deux. »
-« C’est le cas… Justement. » avoua-t-elle, honteuse de ne pas avoir pu attendre quelques heures de plus avant de se laisser aller.
-« Oh… Alors qu’est-ce que tu fais ici ? C’est dans ses bras que tu devrais te réfugier, pas dans la cuisine. »
-« Très drôle Lanie… » fit Kate en levant les yeux au ciel.
Lanie connaissait suffisamment bien Kate et Castle pour savoir qu’ils avaient le don pour compliquer les choses. Elle reprit la carafe des mains de Kate, vida le contenu dans l’évier, ouvrit deux bouteilles d’eau minérale pour remplir la cruche et la rapporta à table, juste devant Rick à qui elle en profita pour murmurer :
-« Ne pose pas la moindre question. Prend la dans tes bras et ramène là. » ordonna-t-elle.
Castle ne se le fit pas dire deux fois, pendant que Lanie se faisait arrêter par Martha, il retrouva Kate dans la cuisine, se passant un peu d’eau sur le visage pour atténuer le ravage des larmes. Il s’approcha doucement, caressa sa joue en emportant une dernière larme et l’attira dans ses bras.
Kate ne résista pas. Elle ferma les yeux et profita du moment. Tout en se serrant contre lui.
-« J’ai promis de ne pas poser de question, mais… C’est à cause de moi ? Ou de … »
-« Non… » murmura-t-elle sans se détacher de lui. « Non, c’est juste… » elle soupira, se sentit encore plus idiote qu’une gamine. « Une dure semaine. » résuma-t-elle.
Rick attendit patiemment qu’elle se calme, se contentant de passer ses mains dans son dos.
-« J’ai le droit de faire ça ? » demanda-t-il en se rendant compte qu’il l’embrassait dans les cheveux.
-« Et moi, j’ai vraiment le droit de me blottir contre toi ? »
Elle se détacha de lui à contre cœur.
-« Un problème avec Katherine ? » s’inquiéta Martha en voyant la légiste revenir seule.
-« Non…. » mentit-elle en s’efforçant de sourire.
-« Lanie ? » insista Esposito, toujours inquiet vis-à-vis de celle qu’il protégeait comme sa petite sœur.
-« Accumulations de moments pénibles…. » elle jeta un regard vers le couple tendrement entrelace. « Castle à l’air de s’en sortir. Ça devrait aller. » sourit-elle, plus sincèrement cette fois.
Le petit Tobias, qui avait remarqué les larmes de Kate, se retourna, soulagé.
-« Alors même les super Héros pleurent ? » demanda-t-il en regardant sa mère.
-« Kate n’est pas un super héros, c’est juste une femme comme toute les autres. » répondit-elle, en prenant soin de ne rien dire de fâcheux.
-« Elle a arrêté le méchant qui a fait du mal à papa. Elle a retrouvé tonton Henry… »
-« Elle est de la police, c’est son travail. » tenta Alexis
-« Elle vous a trouvé, vous aussi. Maintenant, tonton Henry, il n’est plus tout seul. » souligna-t-il sans remarquer le visage de sa mère qui blanchit d’un coup.
-« Tobias… » souffla Moly, gênée.
-« Il a raison. » rétorqua Alexis en pensant qu’au final il n’avait pas tout à fait trot, même si la comparaison lui semblait un peu excessive, Beckett n’était pas loin de mériter ce nouveau grade. « On est une grande famille maintenant. »
-« Excusez moi… » fit Kate en revenant prendre sa place.
Le regard d’Alexis fut tout de suite plus attirée par la main de son père, serrant celle de Kate, que par les yeux rougis de l’inspectrice.
-« Vous n’avez pas à vous inquiéter Katherine. Je pense qu’on peut tous comprendre. Alors les garçons, il vient se dessert ? »
-« Il faudrait peut-être débarrasser la table. » souligna Henry, espérant un peu d’aide.
-« Il me semble vous avoir fait des bras. » rétorqua-t-elle, résolue à ne plus bouger le petit doigt de la soirée.
Sa remarque fit rire toutes les femmes autour de la table. Aucune d’elles ne bougea pour les aider. Au fur et à mesure des allers et venues des frères Castle, Kate perdit le fils des discussions et resta, le regard braquée vers Rick.
Tellement habituer à le regarder à son insu, elle ne se rendit pas compte de son geste. Ni de la manière dont elle le regardait.
-« Katherine ? » appela Martha, décidée, elle aussi à la taquiner un peu. « Qu’est-ce que vous en penser ? »
-« Euh…. » elle regarda les autres. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle était censée répondre et personne ne lui venait en aide. « De quoi parliez-vous ? »
-« On parlait de théâtre… Mais grand-mère te faisait marcher. » sourit Alexis.
-« Rassurez-moi, c’est Richard que vous regardez comme ça ? » demanda Martha, hilare.
-« …. »
-« Grillée par Martha et Alexis ! » fit Esposito, lui aussi d’humeur taquine. « Tu ne pourras plus prétendre que tu ne baves pas devant lui ! »
-« La ferme Espo ! »
-« On dit pas de gros mot… » fit remarquer Tobias en la regardant sévèrement.
-« Pardon. » s’excusa Kate en tentant de garder son sérieux.
Tout le monde éclate de rire.
-« Qu’est-ce qu’on a loupé de drôle ? » demanda Rick en apportant les verrines de desserts.
-« Rien. » s’empressa de répondre Kate, ce qui ne fit qu’augmenter les rires.
-« Vous savez qu’on est que 10 à table ? Il y en a pour tout un régiment. » dit Moly, en extase depuis le début de la soirée sur tous les efforts des Castle pour les recevoir.
-« Bienvenue chez les Castle. » sourit Rick en l’invitant à se servir et se re-servir.
-« Je peux t’appeler tonton Rick ? » demanda Tobias
-« TOBIAS ! » faillit s’étrangler Moly.
-« Bien sûr mon grand. » répondit Rick en lui ébouriffant les cheveux. « Avec grand plaisir. »
-« Pour Noel. » chuchota Alexis qui était juste en face de lui. « N’hésite pas sur la longueur de la liste au père Noël, papa le connait bien. » dit elle avec un petit clin d’œil.
-« N’oublie surtout pas d’y joindre le carnet de notes. » prévint Rick avec un regard qui se voulait sévère mais qui ne faisait peur à personne. « Le père Noël aime bien aussi vérifier que tu ne passes pas ton temps à jouer. »
-« Et c’est toi qui dit ça bros ! » lança Esposito, mort de rire.
-« Et si j’ai pas de bonnes notes ? » fit Tobias, tristounet.
-« Ecris ton nom sur le carnet du premier de classe… Le père Noël n’y verra que du feu. » répondit Henry, machinalement, en savourant sa crème brulée.
-« Henry… Fais-moi plaisir. » dit Kate, impressionnée (dans le mauvais sens), pour ce genre de conseil prodigué à un enfant de 7 ans.
-« Me taire ? »
-« Ne te reproduit JAMAIS ! »
-« T’inquiète… Je laisse ce plaisir à Ricky… A moins que tu n’aies envie de te tromper de jumeau pour ça aussi ! » ne put-il s’empêcher de la narguer.
Personne n’eut le temps de faire la moindre remarque que les fléchettes pleuvaient déjà sur lui.
-« Tu as de la chance qu’elle n’ait pas son arme de service. » glissa gentiment Lanie en passant derrière lui.
La soirée continua sur ce ton bon enfant. Il était plus de une heure du matin quand Moly profita que Tobias soit presqu’endormit sur sa chaise pour l’envoyer coucher.
-« Non… Pas déjà. Je suis pas fatigué. »
-« Tu dors debout. » somma-t-elle.
-« Je suis assis ! »
Sa logique fit sourire Kate.
-« Tu me lis une histoire ? » demanda l’enfant à sa maman.
-« Tobias ! On prend l’avion dans moins de 10 heures… Si tu allais te reposer un peu. »
-« Si moi je te lis une histoire, tu vas te coucher ? » intervint Kate, sentant que capituler serait plus efficace que de mettre Moly en colère.
-« Wouahhhhh. »
-« Je ne voulais pas m’imposer. Ça ira plus vite et ce n’est pas vous qui capitulez. » se justifia-t-elle.
-« Merci… Mais vous n’êtes pas obligé. »
Moly avait à peine fini sa phrase que l’enfant était déjà de retour en pyjama et son livre préféré en main.
-« Plus vite que l’éclair… » souffla Kate en s’isolant dans le salon pour lire l’histoire.
Une demi-heure plus tard, Kate n’était toujours pas de retour. Rick demanda doucement le silence. Et non, plus aucun bruit. Il se leva doucement et, sans faire de bruit s’avança pour avoir une vue plus dégagée sur l’autre bout de la pièce.
Kate, assise dans un fauteuil, dormait paisiblement. Tobias, assis sur les genoux de Kate, dormait lui aussi, le livre grand ouvert, posé sur son ventre.
-« Je crois qu’on devrait y aller. Ils ont raison : il est tard ! » fit Lanie à voix basse.
Henry récupéra Tobias et le monta dans la chambre d’ami, là où un lit d’appoint avait été installé pour lui.
Rick prit délicatement Kate dans ses bras et la porta jusqu’à sa chambre. Il la déposa sur son lit, caressa son visage avant d’y déposer un baiser, remonta le drap pour ne pas qu’elle prenne froid et s’éclipsa sur la pointe des pieds.
-« Quoi ? Je n’allais pas la laisser dormir sur le fauteuil quand même ! » se justifia-t-il auprès des autres. « Je dormirais dur le canapé ! » ajouta-t-il, de peur que de faire incendier par Esposito et Alexis.
Les Ryan furent les premiers à quitter le loft. Suivit d’assez près par Esposito raccompagnant Lanie chez elle. Moly monta se coucher, imité par son frère, après que Martha leur ait assuré qu’ils auraient toute la matinée pour faire le ménage.
Rick remercia sa mère pour la soirée et lui ordonna d’aller, elle aussi, se reposer.
Une fois qu’elle eut quitté la pièce, il commença à ranger.
-« Tu ne vas pas dormir ? » demanda-t-il à Alexis qui vint de suite lui porter main forte.
-« Et te laisser passer la nuit à tout ranger tout seul ? »
Père et fille rangeaient et nettoyaient bien tranquillement lorsqu’un cri strident les fit sursauter.
Chapitre 29 :
-« Nonnnnn…. Non, non, non ! »
Castle se précipita dans la chambre. Kate était débout, au milieu de la pièce, le regard perdu et le visage en larmes.
-« Castle… » murmura-t-elle en se jetant dans ses bras. « Castle… Je suis désolée, je te demande pardon. » pleurait-elle tout en lui caressant délicatement le visage.
-« Ce n’est rien Kate. Calmes toi, tout va bien. »
Beckett ne l’écoutait pas. Elle continuait de trembler en regardant autour d’elle. Lorsque son regard croisa celui de Rick elle se remit à pleurer tout en l’embrassant.
-« Pardon… Pardon, pardon. Je ne voulais pas. »
-« Kate. » fit Castle en la repoussant doucement. « C’est fini. Ce n’était qu’un cauchemar. »
-« Je suis désolée. » continuait-elle de pleurer.
-« De quoi es-tu si désolée. » demanda Castle, se rendant compte qu’elle était terrorisée et qu’il était impossible de la calmer sans comprendre de quoi elle avait aussi peur.
-« J’étais en retard. » expliqua-t-elle tout e continuant à l’embrasser. « Je te demande Pardon Castle. Je t’aime, je t’aime… »
-« Je sais Kate. » assura-t-il. « Moi aussi je t’aime et je ne t’en veux pas. »
Rick ne savait pas quoi faire. Kate parlait-elle de ce baiser stupide avec Henry ? Comment ce banal accident pouvait la perturber à ce point ? Il aurait aimé profiter des baisers, il la désirait, mais pas comme ça.
-« Kate. » la repoussa-t-il à nouveau. « Racontes moi. »
-« Non… » fondit elle en larmes dans ses bras.
-« Je suis là et je ne t’en veux pas. Explique-moi de quoi tu as si peur. » suppliait-il.
-« Tu étais à genoux devant lui. Tu tenais à peine. » elle sanglota encore. « Je l’ai vu tirer Castle. »
Les larmes montèrent aux yeux de Rick quand il réalisa qu’elle parlait de son agression.
-« Je suis arrivée trop tard. Il m’a entendu, il m’a vu. Il a tiré et … Je t’ai vu t’écrouler. Le sang…» elle passa sa main sur le visage de Rick pour s’assurer qu’il était bien réel, juste devant elle.
-« Je suis là Kate. » la rassura-t-il en prenant sa tête entre ses mains et la forçant à la regarder droit dans les yeux. « Je vais bien. Tu étais là. Tu es arrivée à temps. Il ne t’a pas vue, pas avant que tu n’ l’ais décidée. »
-« J’étais en retard, je te demande pardon. » continua-t-elle, ne comprenant plus rien.
-« Non Kate, tu étais là. C’est toi qui as tiré la première, pas lui. Ce n’était qu’un cauchemar, je vais bien. Je vais bien Kate…»
Rick l’attira dans ses bras et la serra contre lui. Les larmes coulaient sur ses joues à lui aussi. En calmant les angoisses de Kate, il se retrouva un an en arrière et se souvint des mois d’insomnie après la fusillade à l’enterrement de Montgomery. Que ce serait-il passé s’il n’avait pas vu le reflet du viseur ? S’il n’avait pas plongé sur elle pour l’écarter de la trajectoire ? Pendant des semaines il avait eu peur de s’endormir en sachant que le cauchemar deviendrait, encore et encore. Il avait eu tellement peur de la perdre que la perdre qu’il n’arrivait plus à dormir. Il n’avait jamais imaginé que ce sentiment puisse être réciproque, pourtant, s’il lui fallait une preuve de la sincérité de ceux de Kate, c’était désormais chose faite.
Il l’aida à se recoucher sur le lit et resta auprès d’elle jusqu’à ce qu’elle se rendorme.
Alexis, qui avait suivi son père en entendant Beckett hurler, devait se tenir à la porte pour ne pas s’effondrer. L’état de Kate et sa description était suffisante à la jeune femme pour imaginer la scène. Ayant travaillé avec Lanie à la morgue, elle avait vu assez de blessure par balle pour imaginer les visions de l’inspectrices. Chancelante, elle ferma doucement la porte de la chambre de son père et retourna à la cuisine.
Une fois à l’écart, Alexis inspira un bon coup avant de soupirer.
-« Super Héros ! » dit-elle à voix basse. « Finalement, tu le mérites largement ce titre. » soupira-t-elle en pensant qu’il fallait énormément de courage pour faire face à ce genre de situation.
-« Alexis ? » Rick posa sa main sur celle de sa fille
-« Je vais bien papa. » sourit Alexis en essayant de calmer les tremblements. « Et Beckett ? »
-« Elle s’est rendormie. » assura-t-il.
-« Va la retrouver papa. » supplia la jeune fille en lui reprenant la lavette des mains.
-« Elle dort Alexis, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »
-« Je n’ai plus 5 ans tu sais. » affirma-t-elle en le regardant dans les yeux. « Tu as remarqué ses yeux pendants la soirée ? Tu crois que ce cauchemar était le premier ? Si ça trouve, elle n’a pas passé une nuit complète depuis… Depuis que tu t’es fait… »
-« Il y a de grande chance. » admit Rick en se disant que sa petite citrouille avait bien grandit depuis l’époque où il chassait les monstres sous son lit.
-« Elle a besoin de toi papa, alors va la retrouver. Si elle dort, tant mieux. Si elle se réveille encore en hurlant, elle ne réveillera pas tout l’immeuble cette fois. »
-« Merci Pumpkin. Mais va te reposer toi aussi, on rangera tout à l’heure. »
Kate s’éveillait doucement. Elle ne se souvenait pas encore de sa nuit agitée ni même de l’endroit où elle était. Elle sursauta en sentant une main dans ses cheveux et se tourna un peu brusquement vers Rick, manquant de le faire tomber du lit.
-« Je ne voulais te réveiller. » sourit-il, espérant qu’elle ne se mette pas en colère.
Les évènements de la nuit lui revinrent en mémoire. Elle afficha alors un sourire gêné.
-« Pour cette nuit… »
-« Henry doit-être le seul que tu n’as pas réveillé… Mais ne t’inquiète pas, on n’est pas rancunier dans la famille.
-« Tant mieux. » sourit-elle en se blottissant contre lui.
-« Au cas où tu te poserais la question, j’ai dormis AU-DESSUS des couvertures. Et je n’ai pas les mains baladeuses, contrairement à quelqu’un qui me ressemble beaucoup. »
-« Ça ne me tracassait pas. Et tu aurais pu dormir SOUS les couvertures. Si tu tombes malade, ta fille va me faire la tête. »
-« Alexis ne risque pas de te faire la tête avant un bon moment. » rit Castle en se glissant avec précaution sous les couvertures, au cas ou elle changerait d’avis.
-« Quelle heure est-il ? » demanda-t-elle soudain en se souvenant que les Jones avaient un avion à prendre en fin de matinée.
-« 10h35. » répondit Castle après avoir jeté un coup d’œil au réveil.
-« L’avion de… » s’assit-elle sur le lit, paniquée.
-« Ils sont partis il y a une heure déjà. »
-« Quoi ? Et vous tu m’as laissé dormir ? »
-« 3 cauchemars en une nuits… On s’est dit que tu méritais bien une grasse matinée. » se défendit-t-il. « Ne t’inquiéta pas, ils reviendront. Et puis j’ai promis à Tobias de lui rendre visite quand il serait à l’hôpital, et tu es obligé de venir avec moi parce qu’il t’adore et te considère comme son Héros. »
Kate ne protesta pas mais leva les yeux au ciel pour faire comprendre à son écrivain ce qu’elle en pensait.
-« J’avais tort hier soir. » lança-t-elle après l’avoir observé quelques secondes.
-« A propos de quoi ? » s’inquiéta-t-il, de peur qu’elle ne rentre chez elle en courant.
Sauf que cette fois, se sauvez était probablement la dernière chose que voulait Kate. Elle le poussa légèrement pour qu’il se retrouve sur le dos et se mit sur lui.
Perplexe, Castle n’osait plus bouger, c’est à peine s’il osait respirer à dire vrai.
-« J’avais tort. » dit-elle en approchant son visage de celui de Rick. « Je n’ai aucune envie d’attendre plus longtemps. » avoua-t-elle avant de l’embrasser.
-« Kate… Tu… J’attendrais… » protesta-t-il à peine, partager entre l’envie et la raison.
Elle s’allongea tout contre lui, son visage à quelques centimètres du sien.
-« Je pensais ce que j’ai dit cette nuit. Je t’aime Rick et je sais que c’est réciproque. J’ai eu peur de te perdre et je ne veux plus attendre. » dit-elle avant de l’embrasser à nouveau.
Deux heures plus tard, Rick et Kate découvraient un message d’Alexis dans la cuisine.
« Henry était bien dans l’avion. Grand-mère s’en est assuré après lui avoir fait promettre de revenir bientôt. Vous aviez l’air un peu occupés, alors on est parties déjeuner sans vous. Profiter bien de votre après-midi (on ira au cinéma pour ne pas revenir trop tôt) et soyez sages !
Alexis. »
Epilogue :
Environ 3 mois plus tard…
-« Lieutenant Beckett ? » demanda un homme d’une quarantaine d’année que Beckett ne connaissait pas.
-« Oui. » assura-t-elle en remarquant la dame âgée à ses côtés et se demandant qui elle devrait assassiner pour avoir laissé la famille de la victime monter sans l’en avertir. « Madame Martinez ? » demanda-t-elle, en déglutissant, alors que la femme regardait un le tableau blanc.
-« Non… Non. Mon nom est Denise Tilbo. » reprit-elle en détournant le regard vers Kate.
-« Vous ne savez pas qui nous sommes, je me trompe ? » demanda l’homme.
Kate fouilla dans sa mémoire. Tilbo… Tilbo… Elle avait vu ce nom quelques part mais sur le moment, elle n’arrivait plus à se souvenir.
« Ce n’est pas grave. Nous savons qui vous êtes, vous. » assura l’homme avec un sourire sincère. « Ma mère et moi tenions à venir, en personnes, vous remercier. »
La dame âgée posa un cadre sur le bureau de Kate. Il s’agissait de la photo d’un petit garçon de 5 ans que Beckett n’avait jamais vu. Elle ferma les yeux une seconde, pour se maudire de sa maladresse.
-« Je vous présente toutes mes excuses Madame… Monsieur. Je suis sincèrement désolée pour votre petit garçon. »
-« Vous n’avez pas à vous excuser Mademoiselle. »
L’homme fit un signe discret à Beckett lui demandant de ne pas l’interrompre. De toute évidence cette visite était très importante pour Madame Tilbo.
« Non Mademoiselle, vous n’avez pas à vous excuser. La seule chose que je regrette, moi, c’est de ne pas avoir au affaire un inspecteur aussi qualifié et que notre histoire n’ai pas été assez intéressante à son gout. »
Kate ne savait pas quoi répondre. Devait-elle se sentir flattée ou juste gênée pour ses compatriotes ?
-« Maman… » appela doucement le fils. « Je doute que le Lieutenant ait toute la journée. » rappela-t-il, probablement pressé d’en finir.
-« Oui. Je voulais vous dire ‘merci’. Du fond du cœur… ‘Merci.’ »
Kate sourit.
-« Je n’ai fait que mon travail. » assura-t-elle. « Et c’est un travail d’équipe. Les inspecteurs Ryan et Esposito. » elle désigna les deux hommes « Méritent vos remerciement tout autant que moi. » refusa-t-elle de s’octroyer tous le mérite.
La dame s’était déjà éloignée pour rejoindre les deux inspecteurs en questions.
-« Je crois que vous ne comprenez pas. » intervint l’homme « Ce que vous et votre équipe avait fait, ce n’est pas ‘Rien’. » expliqua-t-il sans qu’aucune trace de reproche ne soit perceptible dans sa voix. « Pour ma mère, ma famille, c’est inestimable. »
Il regarda la photo laissé sur le bureau à l’attention de Kate.
« Il s’appelait Tim… Il allait avoir 6 ans. Notre famille avait un chalet à 5 kilomètres du lac où il a été retrouvé. Notre père lui avait promis de l’emmener à la pèche, mais quand on est arrivé, il y avait de gros travaux à faire. Il disait que les poissons devraient attendre, le toit était plus important. »
Kate se sentait mal à l’aise de l’écouter raconter ses souvenirs pénibles, mais il avait raison : elle ne comprenait pas ce qu’elle avait fait d’aussi extraordinaire.
« Tim n’arrêtait pas de râler et de dire qu’il irait tout seul, qu’il était bien assez grand. Maman le surveillait du matin au soir et Papa lui promettait que dès que le toit serait fini, ils iraient pêcher. J’étais trop petit pour aller avec eux, mais je me souviens de cette nuit-là. J’ai entendu mon frère se lever. Je l’ai vu s’habiller et quitter le chalet. Je n’ai rien dit et je me suis rendormi. »
-« Ce n’était pas votre faute. » intervint Kate.
-« Je sais. » assura-t-il en tentant de rester digne. « Quand bien même j’aurais prévenu nos parents, il aurait trouvé un autre moyen d’y aller. Je sais que ce n’était pas ma faute. Mais Tim n’est jamais rentré. Sa canne à pêche a été retrouvée le long de la route mais personne n’a jamais pu nous dire ce qui lui était arrivé. Et personne, a part nous, ne s’en souciait avant que VOUS ne fassiez ré ouvrir l’enquête. »
Kate, qui commençait à comprendre, baissa le regard pour ne pas montrer les larmes qu’il avait fait naitre au fond de ses yeux.
« 40 ans, c’est très long vous savez. Mais il aura fallu 40 ans avant qu’on ne puisse savoir. Mon Père est mort en imaginant son fils entre les mains de tuants, en l’imaginant torturé, mutilé. Aujourd’hui, on sait que ce n’était qu’un accident : Tim à simplement glissé sur le bord de la route. Sa tête a heurté un arbre, ou un caillou et il a perdu connaissance. Son corps a dû rouler jusqu’à la rivière et le courant l’aura transporté jusqu’au lac, 5 kilomètres plus loin. »
-« Je suis désolée pour votre frère, pour votre père… Pour ce que votre famille a traversé. » S’excusa Kate, profondément touchée par ce récit.
-« Tout ça aurait pu être découvert 40 ans plus tôt si l’inspecteur chargé de l’affaire s’était donné la peine de bouger ses fesses de son fauteuil. Ma mère a passé ces 40 dernières années à attendre… Oh, rassurez-vous, elle savait qu’il ne reviendrait plus. Elle voulait juste savoir ce qui lui était arrivé. La semaine dernière, son corps a été enterré dans un cimetière près de chez nous. »
Kate le savait. Richard, Henry et Martha s’étaient rendus aux funérailles pour rendre un dernier hommage à cet enfant.
« Aujourd’hui, mon frère repose en paix. Ma mère va enfin pouvoir faire le deuil de son fils et je vais pouvoir m’arrêter de dévisager tous les étrangers que je rencontrerai. Tout ça Madame, c’est grâce à vous et à vos inspecteurs. Je ne connais pas vos motivations, ni la raison pour laquelle vous avez fait ouvrir la tombe sous laquelle il reposait, et ne sais pas non plus comment vous avait fait pour que l’enquête ne tombe pas dans l’oubli cette fois, mais Merci. »
Après le départ des Tilbo, Kate eut du mal à se remettre au travail. Elle savait bien que les résultats de ses enquêtes apportaient souvent beaucoup de réconforts aux familles des victimes, mais jamais elle n’avait reçu de remerciements aussi touchants. Elle était assise à son bureau, les yeux rivés sur la photo du petit Tim, mais le regard absent.
Un gobelet de café se posa devant son nez tandis que Castle s’asseyait.
-« C’est la visite d’Henry qui te tracasse ou le bébé qui t’ennuis déjà ? »
Kate le dévisagea avant de sourire.
-« Henry ne me fait pas peur, ce n’est qu’un idiot. Le bébé, lui, est très sage. » se retient-elle de rire.
-« Sérieux ! » éleva-t-il la voix. « Je vais être tonton et c’est comme ça que tu me le dis ! »
Kate explosa e rire alors que Moly donna une claque derrière la tête de son frère.
-« Elle à raison, tu n’es vraiment qu’un idiot. » sermonna-t-elle. « Je t’avais dit que ça ne marcherait pas. »
-« Tu t’es fait avoir. Kate, c’est la meilleure ! » se moqua Tobias.
Le regard d’Henry passa de Kate à Moly.
-« Je ne vais pas être tonton ? Mais comment elle… Mon nez est parfait. Elle ne savait pas pour l’opération. J’ai dit à Ricky de ne pas te le dire. Il te l’a dit ? »
Les rires de Kate redoublèrent.
-« Non. Il ne m’a rien dit. » assura-t-elle. « Mais tu aurais dû prévenir Martha et Alexis que c’était un secret. J’avoue que le chirurgien a fait du beau travail. » dit-elle en examinant le nez d’Henry. « Celui de ton frère est quand même plus joli… Et même sans ton nez… Je sais comment vous différencier. » rappela-t-elle.
-« Ton petit secret… Tu me le diras un jour ? »
-« Même pas en rêve. » répondit-elle en s’approchant de Tobias.
-« Comment tu vas ? » beaucoup mieux. « Les docteurs disent que tout est rentré dans l’ordre. »
-« Génial. »
-« Où est Rick ? » demanda Moly en regardant partout autour d’elle.
-« Il occupe Martha. Votre visite est une surprise. Mais je ne vous attendais pas avant deux bonnes heures. »
-« Henry avait peur qu’on soit en retard. Résultat on est arrivé tellement tôt à l’aéroport qu’on a pris le vol précédent. »
-« Au fait toi… » dit-elle en regardant Tobias d’un œil un peu plus sévère. « Tu te souviens de notre discussion sur les armes ? »
Beckett s’en était voulu d’avoir autant joué avec le pistolet à flèches lors du diner au loft. Après coup, elle avait eu l’impression de minimiser le danger des armes et s’en était voulu vis-à-vis de l’enfant. En tant que flic, elle avait déjà vu et entendu tellement de choses affreuses avec les enfants qui trouvent des armes, qu’elle s’en serait voulu s’il était arrivé quoi que ce soit à Tobias. Elle avait profité d’une visite au Jones pour lui faire la leçon.
-« Ohhh Oui… Je te promets de jamais, jamais, jamais, jamais toucher une armes et de ne jamais jouer à la guerre ni aux voleurs avec une vraie arme. »
-« Bien. Soupira Kate. Alors on est d’accord. » dit-elle en ouvrant le tiroir de son bureau.
Tobias déglutit à la vision de son arme de service mais se détendit lorsqu’elle posa sur le bureau deux pistolets en plastiques tous neufs (genre nerf Rebel) et une réserve impressionnante de fléchettes en mousse.
Le gamin ouvrit de grands yeux.
-« Wahhhhh… Mais ça fait mal ces fléchettes, avec le bout en plastique. » dit-il en se massant l’épaule.
-« Je sais ! » assura Kate avec un regard narquois à Henry.
-« Ohhh j’en connais un qui a intérêt à être sage ce week-end. » se moqua Moly.
Fin.