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Série : Castle
Création : 30.05.2015 à 15h46
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Coucou! Me voilà de retour avec une nouvelle histoire, qui vous plaira, j'espère. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
Chapitre dix
Beckett fixait le petit garçon en fronçant les sourcils. Flynn la regardait d’un air étonné. Pourquoi avait-elle l’air aussi fâchée tout à coup ?
- Bon, allez, crache le morceau ! Ordonna Beckett. C’est un canular, c’est ça ? C’est lui, qui t’a demandé de dire que j’étais ta mère ?
- Qui ça? Papa ?
- Castle n’a pas de fils ! Il ne m’a jamais parlé que d’Alexis et c’est un tel papa poule, qu’il est inimaginable qu’il ait un fils caché.
- Mais si papa est bien mon papa ! Protesta Flynn.
- Pas la peine d’insister mon grand, je sais qu’il s’agit d’une blague au goût douteux ! C’est Castle, qui a mis ça au point, n’est-ce pas ? Qui sont tes parents ? Des amis à lui ? Le capitaine est dans le coup? Lanie et les gars aussi? Qu'est ce qu'ils t'ont promis? Une console? Un séjour à Disney world?
- Je ne mens pas et c’est pas une blague ! se fâcha Flynn. J’aime pas quand tu dis que je suis un menteur !
- Et moi je n’aime pas qu’on se paie ma tête ! Explosa Kate en attrapant son téléphone. File dans la chambre d’amis !
- T’étais plus marrante avant ! cria Flynn en se précipitant dans le canapé pour bouder.
Le silence qui suivit eut pour effet de faire retomber la colère de Kate aussi brusquement qu’elle était venue. Elle se sentait tellement ridicule ! Elle venait de se disputer avec un gamin d’à peine cinq ans ! Il n’y était pour rien dans cette histoire. Les responsables de cette mauvaise blague s'étaient servis de lui.
Doucement, elle s’approcha du canapé et s'accroupit devant l'enfant.
- Je suis désolée, murmura-t-elle, je n’aurais pas dû crier…
- Je ne voulais pas te faire crier, marmonna le petit garçon. J’aime pas quand tu te fâches contre moi… Contre les autres c’est rigolo, mais pas contre moi...
- Tu n’as rien fait de mal, répondit-elle d’une voix douce, rien n’est de ta faute.
- Alors tu n’es pas fâchée ? Dit l’enfant soulagé.
- Si je suis fâchée ! Mais pas contre toi, sourit Beckett.
- Contre qui ? Contre papa ? demanda Flynn alors que Kate prenait son téléphone.
- C’est ça, je suis fâchée contre « papa » !
- Tu vas l’appeler ? Il va venir ? Sourit l’enfant en s’agitant sur le canapé.
- Oh que oui, je vais l’appeler et pas plus tard que maintenant!
*************
Confortablement installé sur un matelas gonflable dérivant doucement au milieu de sa piscine privée, Richard Castle prenait un agréable bain de soleil.
Sa tranquillité fut cependant perturbée par l’arrivée au bord du bassin de son ex-femme et actuelle petite amie.
- Richard !
- Ah, ma charmante petite amie s’est décidée à me rejoindre ?
- Tu devais boucler ton chapitre aujourd’hui !
- Raté ! C’est mon éditrice vampiresque, qui s’immisce dans mes vacances, rectifia Castle sans esquisser le moindre mouvement pour se relever.
- Tu as promis, rappelle-toi ! Alors remue-toi ! Il est grand temps de te remettre au travail !
- Ooooouuuuu... Tu pourrais me rejoindre pour une bataille en règles dans la piscine, sourit l’écrivain d’un air coquin.
- Pas question que je te détourne du droit chemin, rétorqua Gina. Allez au boulot ! La pause est finie !
- Je suis un artiste, moi ! Il ne suffit pas que je retourne dans mon bureau pour que l’inspiration surgisse !
- Dis plutôt que tu te complais dans la procrastination ! Contra la blonde. Sois gentil et sors de cette piscine, j’aimerais que tu écrives un peu avant le dîner.
- J’ai bien le droit de prendre un peu de vacances !
- Ça fait plus d’un mois que tu les prends, tes vacances ! Alors tu vas me faire le plaisir de te remettre au travail avant que je…
La sonnerie du téléphone de Rick l’interrompit.
- Ah ! Sauvé par le gong ! Sourit l’écrivain en attrapant son téléphone posé sur un plateau gonflable accroché à son matelas. Lieutenant Beckett ! Je vous manque tant que ça ?
- …
- Arghhh ! La vérité crue et sans détour ! Vous pourriez au moins mettre des gants !
- …
- Wow Wow Wow ! Doucement ! Je ne comprends rien du tout à ce que vous me racontez ! Et si vous recommenciez plus calmement ?
- …
- Si je me moque de vous ? Mais non !
- …
- Mon fils ? Quel fils?
- …
- Non, je n'en ai pas plusieurs, je n'en ...
- ...
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
- …
- Quoi ? Mais... Qui es-tu, toi ?
- …
- Et tu es chez Beckett ?
- …
- Comment ça tu vas dormir dans son lit! Non mais...
- ...
- Ta mam…
- …
- Wow ! Beckett attendez ! Je vous jure que je n’y suis pour rien! ... Même si je trouve ça super drôle !
- …
- J’adorerais voir votre tête en ce moment !
- …
- Ouais, je la trouve aussi super mignonne quand elle fait ça !
- …
- Oh ben mince alors !
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Gina.
- C’est Beckett, elle a raccroché ! répondit Castle d’un air étonné.
- Qu’est-ce qu’elle voulait ?
- … Bah en fait j’en sais rien… J’ai pas vraiment compris… Je crois que je viens de me faire passer un savon…
- Elle t’a passé un savon ? Pourquoi ? Qu’est-ce que tu as encore fait ? Demanda Gina les poings sur les hanches.
- Euh… Bah… Rien ! J’ai rien fait du tout !
- Pourquoi le lieutenant Beckett t’enguirlanderait alors ?
- Parce qu’elle aime ça… répondit-il d’un air rêveur.
- C’est ça ! Comme si elle n’avait rien de mieux à faire ! rétorqua Gina en repartant vers la maison. En tous les cas, tu as intérêt à filer te mettre au travail, si tu ne veux pas que je trouve moi aussi une raison de te passer un savon !
- Oh non, ça serait beaucoup moins drôle ! murmura-t-il.
- Tu disais ? Lança Gina en se retournant alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans la maison.
- Rien ! Je m’encourageais à me mettre au travail !
- Ah.
Semblant satisfaite, Gina disparut dans la maison.
- On lui a greffé des oreilles bioniques ou quoi ? Se dit-il en se calant de nouveau sur son matelas. Et Beckett ? Pourquoi elle m’en veut ? Je n’ai rien fait ! A moins qu’avec ses pouvoirs de Jedi, elle soit parvenue à lire dans mes pensées… Oh ! J’aurais peut-être dû lui mettre un petit maillot de bain ! … Ouais, mais quand même, j’ai bien le droit de faire ce que je veux dans ma tête !
Il réajusta ses lunettes de soleil et tenta de reprendre ses rêveries, avant de se relever subitement moins d’une minute plus tard.
- Mais au fait ? C’était qui ce gamin qui compte dormir dans son lit?
Son mouvement avait été si brusque, que son embarcation prit l’eau.
- Ahhhhh ! Bon sang qu’elle est fraîche ! Couina-t-il.
*****************
Beckett venait de raccrocher excédée. Castle avait décidément le don de la mettre dans tous ses états.
- Il était bizarre papa, dit soudain Flynn.
- Quoi ?
- J’aime pas quand il fait des blagues comme ça, je le trouve pas drôle du tout.
- Ouais, moi non plus, marmonna Kate.
- Pourquoi il ne me l’a pas dit ?
- Pourquoi il ne t’a pas dit quoi ?
- Bah qu’il t’avait retrouvée…
- Flynn… Ecoute, commença Kate.
- Hé ! Ça sent bizarre !
- … Bon sang ma poêlée ! S’écria Kate en se précipitant vers la cuisine. Oh non ! C’est fichu !
Chapitre onze :
Beckett ouvrit le robinet et passa la poêle sous le jet d’eau froide en soupirant. La vapeur envahit aussitôt la cuisine. Elle se tourna alors vers Flynn, qui se tenait non loin de là et l’observait en silence.
- Pizza ? Proposa-t-elle d’un air désolé.
- Ouaiiiiisssss !!!! Se réjouit l’enfant en bondissant spontanément.
- Ouais ! Sourit-elle attendrie en prenant son téléphone. Trois fromages, ça te va ? Ou tu préfères la Margarita ?
- Il y en a pas une à l’ananas et au jambon ?
- Si. Tu aimes ça ?
- C’est ma préférée !
- C’est marrant, moi aussi !
- Je sais, répondit l’enfant machinalement en prenant le livre qu’elle lui avait prêté un peu plus tôt.
Beckett fronça les sourcils, en se disant que Flynn n’était décidément pas banal comme enfant. Elle ne releva cependant pas sa réplique et passa la commande auprès de la pizzeria.
Le livreur arriva une bonne demi-heure plus tard et ils purent passer à table.
Lorsqu’ils eurent terminé, Kate prépara le lit pour son petit protégé dans la chambre d'amis et après un rapide passage par la salle de bain, Flynn s’y installa sans faire d’histoire.
- Comme il fait vraiment très chaud, je ne t’ai mis qu’un drap, mais si tu as froid, je t’ai préparé une couverture au bout de ton lit, expliqua Kate.
- Merci Mam… euh Kate.
- On retrouvera ta famille, dit Kate d’une voix rassurante alors que le petit garçon semblait un peu triste.
Flynn se contenta de hocher la tête. Comment lui expliquer qu’elle était sa maman et qu’elle l’avait simplement oublié en se réincarnant ? Son papa lui avait dit qu’elle n’était pas le genre de personne qui croit en la magie et au surnaturel, ce qu’il comprenait aisément, il y avait souvent des explications plus logiques aux mystères qui les entouraient.
Mais là, il était sûr d’avoir retrouvé sa maman et ne voyait pas d’autre explication à son amnésie.
Il se rappela le coup de fil à son père. Normalement, il aurait dû être fou de joie de l’entendre après avoir passé toute la journée à le chercher, alors pourquoi avait-il fait comme s'il ne le connaissait pas? Flynn savait que son père avait un côté blagueur, mais là, il trouvait sa blague vraiment déplacée et il ne se gênerait pas pour le lui faire remarquer !
Et puis il aurait pu lui dire qu’il avait retrouvé sa maman ! Il n’aurait pas dû garder ça secret ! Depuis combien de temps lui cachait-il ce secret ? Croyait-il qu’il ne pouvait pas comprendre son amnésie ? Pensait-il que ça lui aurait fait de la peine ? Pourtant il savait à quel point elle lui manquait et que rien ne pouvait être pire pour lui que son absence !
Oui, son père avait abusé là ! Il se fit donc la promesse de rappeler son papa le lendemain et de lui dire sa façon de penser !
- Tu devrais arrêter de réfléchir autant, dit soudain Kate, tu as une veine qui ressort là !
Il se plaqua aussitôt la main sur le front à l’endroit qu’elle désignait, ce qui la fit rire.
- J’adore entendre ton rire, dit-il simplement.
- … Tu devrais dormir, répondit-elle gênée avant de quitter la pièce.
Flynn soupira et se tourna dans son lit. Il demanderait aussi à son papa de rentrer vite à New-York, avec lui, il trouverait sans doute un moyen de rendre la mémoire à sa maman.
Épuisé par sa journée, Flynn s'endormit rapidement.
Kate fit le tour des portes et fenêtres de son appartement, elle remarqua rapidement les policiers en planque dans la rue sur ordre de Montgomery et se promit de leur faire remarquer leur manque de discrétion le lendemain. Elle alla ensuite dans son bureau, ouvrit les volets qui cachaient son secret et se remit à son travail de fourmi, compulsant méthodiquement chaque élément à sa connaissance à propos du meurtre de sa mère.
Au bout d'un bon moment, gagnée à son tour par le sommeil, elle décida d'aller se coucher. En passant, elle vérifia que l'enfant dormait bien, regagna sa chambre et se glissa entre ses draps.
Pendant la nuit, elle se réveilla en sursaut. Elle se rendit dans la chambre de Flynn et le découvrit en pleurs. Elle s’approcha de lui et le serra dans ses bras pour le consoler.
- Hey ! Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu as fait un cauchemar ?
- Maman … se contenta-t-il de murmurer entre deux sanglots. Me laisse pas !
- Ça va aller, chuchota Beckett, tu as fait un mauvais rêve.
Il se blottit contre elle, son petit corps secoué de soubresauts. Elle se mit à lui fredonner la berceuse que sa mère lui chantait quand elle était enfant. L’effet fut presque instantané, Flynn se calma et se rendormit rapidement. La tristesse du petit toucha Kate bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Elle avait toujours eu beaucoup d’empathie, elle n’avait pas son pareil pour trouver les mots justes à dire aux familles des victimes, elle comprenait leur douleur mieux que personne. Mais avec Flynn, ce sentiment était beaucoup plus fort. Il lui semblait qu’un lien invisible les reliait.
Tandis qu’elle caressait tendrement les cheveux du petit garçon, elle se fit la promesse de prendre soin de lui jusqu’à ce qu’il retrouve ses parents. Elle se fit également la promesse de faire passer à Castle l’envie de mettre sur pied des blagues aussi débiles que celle-ci !
Le lendemain matin, elle émergeait doucement du sommeil en se réjouissant du fait que pour une fois aucun appel de l’un de ses collègues ne l’avait réveillée à une heure indécente.
Soudain, elle réalisa qu’elle se sentait un peu oppressée, comme s'il y avait un poids sur sa poitrine. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle découvrit que Flynn dormait avec la tête posée sur elle. Ils étaient dans la chambre d’amis, elle s’était endormie là, avec l’enfant dans les bras.
Elle se surprit à aimer cette proximité avec lui. Elle savoura ce sentiment un instant, puis s’écarta délicatement de l’enfant.
Elle fila dans la salle de bain, prit une bonne douche, puis descendit dans la cuisine pour s’occuper du petit déjeuner. Elle terminait de préparer des gaufres, quand de petits pas se firent entendre dans l’escalier.
- Hey ! Bonjour ! Tu as bien dormi ? Demanda-t-elle.
- Je crois, oui.
- Tant mieux ! Sourit Beckett.
- Oh génial ! Tu as fait des gaufres !
- Oui, tu aimes ça ?
- J’adore ! Et tu as fait des œufs et du bacon aussi, comme le brunch du dimanche matin?
- Euh… Oui… Mais comment tu sais ce qu’il y a dans le brunch du dimanche matin des Beckett ?
- Ben parce que j’en ai déjà mangé !
Beckett ne releva pas, se disant que beaucoup de brunch devaient ressembler au sien. Elle sourit en regardant Flynn se régaler avec sa gaufre et ses œufs au bacon.
- Eh bien, au moins, tu retrouves l’appétit ! Se réjouit-elle.
- Si tu savais combien de fois j’en ai rêvé !
Kate l’observa un instant. Elle se reconnaissait en lui. Il avait une tristesse en lui et vivait avec, comme elle vivait avec la douleur que lui avait causée la mort de sa mère. Elle reconnaissait cette douleur, qu’elle ne connaissait que trop bien.
- Qu’est ce qui est arrivé à ta maman, Flynn ? Demanda Beckett lorsqu’il eut terminé son assiette.
- Pourquoi tu demandes ça ?
- Parce que … J’ai l’impression que tu ne me dis pas tout à propos d’elle…
- … Elle est morte un peu avant mes quatre ans, confia alors l’enfant.
- Oh… Chéri… Je suis désolée !
- Ne t’en fais pas ! Je vais mieux maintenant, parce que je l’ai retrouvée !
- Tu l’as retrouvée ?
- Oui, elle s’est réincarnée ! Et comme je suis bouddhiste j’ai réussi à la retrouver !
- Flynn…
- Ne t’en fais pas, c’est pas grave si tu as perdu la mémoire, je ne t’en veux pas ! Je sais que tu finiras par te souvenir de moi, sourit l’enfant.
- Ecoute, je…
- Je sais que tu as du mal à y croire, mais c’est pas grave ! Je suis très patient et si tu veux, on peut faire semblant que tu cherches ma maman.
- Les gens ne se réincarnent pas, Flynn.
- Si tu veux, on va chercher ta maman aussi!
- Flynn, ma mère est morte ! Elle ne reviendra jamais !
- Tu n’y crois pas, je le sais ! Papa m’a expliqué, mais imagine que ça soit possible !
- Flynn… Soupira Beckett.
- Imagine ! Insista l’enfant. Elle est peut-être là, quelque part et elle vous cherche, toi et grand-père Jim, parce qu’elle vous a aimés tellement fort qu’elle ne peut pas imaginer sa vie sans vous ! Tu n’aimerais pas que ça soit possible ?
- … Si… ça serait génial, murmura-t-elle en esquissant un sourire.
- Bien ! Alors c’est décidé, je vais chercher ta maman !
- Tu es gentil, mais je préfère que tu restes sagement avec moi, répondit gentiment Beckett. Maintenant, va t’habiller, s’il te plait, on va passer au poste.
- D’accord !
Le garçonnet fila aussitôt à l’étage. Kate le suivit du regard en se disant qu’il était décidément plein de ressources et qu’il avait trouvé une manière très originale de supporter tous les événements difficiles auxquels la vie l’avait déjà confronté.
*************
Gina quittait le bureau de Castle excédée. Elle venait de passer en revue chacune des pièces de la maison, ainsi que le jardin. Rick n’était nulle part. Elle revenait vers le salon, quand une ombre se faufila dans la cuisine. Elle s’en approcha à pas de loup.
- Richard Castle ! S’écria-t-elle en le découvrant alors qu’il fouillait l’un des placards. Je peux savoir ce que tu fais ?
- Euh… Oui. Des provisions.
- Des provisions ? Répéta-t-elle.
- J’accumule des choses nécessaires en vue d'un usage ultérieur, en l’occurrence, je remplis mon sac de biscuits et de canettes de soda.
- Merci, je sais parfaitement ce que sont des provisions !
- Alors pourquoi tu poses la question ?
- Ce que je demande, c’est pourquoi tu remplis un sac de boissons et de biscuits, alors que tu m’as fait la promesse de te mettre sérieusement au travail ?!
- Parce que je suis dans l’incapacité médicale de le faire !
- Qu’est-ce que c’est encore que cette excentricité ? S’étouffa la blonde.
- ça n’est pas une excentricité ! Je suis tout à fait sérieux !
- Et qu’est ce qui t’empêche d’aller t’asseoir à ton bureau et d’ouvrir ton logiciel de traitement de texte ?
- Une fracture !
- Une fracture ? Tu… ? C’est à cause de ta chute de quad ? Tu es allé voir le médecin ?
- Quoi ? Oh non ! Rassure-toi, mon coxis va très bien !
- Bien ! Alors, dis-moi qu’est-ce que tu t’es encore fait ?
- Je m’suis fracturé l’inspiration !
- Tu t’es fracturé l’inspiration ?!
- Mais ne t’inquiète pas, je vais réparer ça ! Rien de tel qu’une bonne balade en solitaire pour soigner ça, dit-il en l’embrassant sur la joue. Oh ! Euh ! Je risque de rentrer tard, ne m’attends pas pour dîner.
Il attrapa son sac, sa veste, ses clés et quitta sa maison des Hamptons en trottinant.
- Richard ! S’écria vainement Gina agacée.
Chapitre douze
Lorsqu’Esposito arriva au poste ce matin-là, il ne semblait pas de très bonne humeur. Il avait passé des heures la veille dans les bureaux du FBI et avait dû supporter en silence l’arrogance de certains de leurs agents.
- Hey! On dirait que ton après-midi chez les fédéraux s'est bien passé, le taquina Ryan.
Esposito se laissa tomber lourdement sur le siège près du bureau de son partenaire.
- M'en parle pas, ces gars sont vraiment pénibles, quand il s'agit de partager des infos, ils m'ont fait poireauter un bon moment, puis m'ont demandé de décrire le gosse, avant de me laisser de nouveau attendre pendant des heures! Tout ça soit disant, Parce que leurs dossiers sont " classés confidentiel" Ils avaient peur de quoi? Que je me moque de leur façon de remplir la paperasse?
- Les flics et les fédéraux ne se sont jamais beaucoup entendus, rétorqua Ryan comme une évidence.
- Merci, tout ce dont j'avais besoin, c'était une de tes phrases toutes faites, Bro! Siffla Esposito. En tout cas, si quelqu’un doit y retourner aujourd’hui ou un autre jour, c’est toi qui t’y colles !
- Tu n'as pas demandé à parler à Sorenson? Il est fou de Beckett, il t'aurait bien accueilli, lui.
- Tu parles, il a quitté New-York quand il a compris qu'il n'avait plus aucune chance avec elle.
- Bon et sinon? Tu as trouvé quelque chose au sujet du gosse?
- Rien, nada, que dalle! Personne n'a signalé la disparition d'un enfant de cet âge, correspondant à sa signalisation. Et ça leur a pris l'après-midi entière, pour me dire ça !
- C'est étrange... Il a pourtant l'air d'être un enfant choyé, pas le genre de gosse qui traine dans la rue, jusqu'à ce que ses junkies de parents se souviennent de son existence...
- Peut-être que ses parents ne sont pas dans la capacité de signaler sa disparition...
- Tu penses à quoi? Un accident?
- Accident, enlèvement, menaces... Et j'en passe, il y a tellement de tordus dans cette ville!
- Salut vous deux!
- Hey Lanie! Du nouveau sur la victime? Tu aurais pu nous appeler, ça n’était pas la peine de te déplacer, tu sais!
- Non, je suis seulement passée pour prendre des nouvelles de Kate, répondit Lanie. Je n’ai rien trouvé de bien intéressant du côté de la victime, à part son casier, mais cette information, je vous l'ai déjà envoyée.
- Ah bon? S'étonna Esposito en se tournant vers son partenaire.
- J'allais t'en parler quand tu aurais eu fini de te plaindre de ton séjour d’hier après-midi chez les fédéraux, se justifia Ryan. Il s'appelait Todd Carson, mais était plus connu sous le pseudo de "patte de velours".
- " Patte de velours" ? Comme le voleur qui fait tourner en bourrique l'équipe de Demming? demanda Esposito.
- Exactement. Il était jeune, mais avait déjà une belle petite carrière de voleur sur son C.V. On suppose qu'il a dû se lier avec des gens moins gentlemen que lui pour un coup et qu'ils se sont débarrassés de lui quand ils n'ont plus eu besoin de ses services.
- On suppose? Répéta Esposito.
- Ok, ok! Je suppose, rectifia Ryan.
- Ça y est? Tu te mets à nous sortir des théories à la Castle maintenant?
- SSSSSHHHHHHH! Intervint Lanie en tournant la tête de tous les côtés pour s’assurer que Beckett n’était pas là, vous oubliez que ce nom est tabou désormais!
- Oups, c'est vrai, fit Esposito en se rappelant la scène à laquelle ils avaient tous assisté dans ces locaux quelques semaines auparavant, alors que Castle allait les quitter pour passer l'été dans les Hamptons, histoire de finir son bouquin tranquillement.
Il avait organisé un petit pot de départ pour l'occasion. Beckett, qui avait semblé soucieuse les jours qui avaient précédés était plus sereine. Ils avaient été ravis de la voir ainsi et lorsqu'elle avait demandé à parler seule à seul avec Castle, ils avaient pensé qu'elle s'était peut-être enfin décidée et n'avaient pu s'empêcher d’écouter d’une oreille discrète avant de s'agglutiner derrière la vitre de la salle de conférence pour les espionner en toute indiscrétion.
- Qu’est-ce qui se passe ? Avait demandé l'écrivain une fois dans le couloir.
- Je … commença Beckett légèrement hésitante en triturant la bouteille d’eau qu’elle tenait dans les mains, je sais que je ne suis pas le genre de personne qu’on cerne facilement parce que... j’ai tendance à garder ce que je ressens pour moi... Mais je voulais que vous sachiez que l’année qu’on vient de passer à travailler côte à côte, a vraiment été très agréable !
- Oui pour moi aussi ! Avait-il sourit.
- Alors en fait ce que j’essaie de vous dire, c’est que…
Et puis Gina était arrivée et Beckett s'était troublée.
- Richard, t’es prêt ?
- Oh, salut Gina ! Euh Beckett, vous vous souvenez de mon ex-femme, Gina?
- Ex-femme et éditrice ! Précisa la blonde.
- Oui ! approuva Castle.
- Oui, on s’est eu au téléphone l’autre jour ! S'était aussitôt reprise Beckett. Vous avez enfin réussi à l’attraper ?
- Oh oui parfois c’est un vrai petit garnement et je n’ai pas compris pourquoi il m’évitait, je ne mors pas ! Enfin pas beaucoup ! Répondit Gina déclenchant un petit rire de Castle. Bon on devrait peut-être y aller sinon on risque d’avoir des embouteillages !
Castle avait alors regardé sa montre.
- Aller où ? Avait demandé Beckett.
- Dans les Hamptons ! Avait répondu Castle.
- Pour le week-end ?
- Non en fait, on va y passer l’été comme ça je serai là pour m’assurer qu’il finisse son bouquin ! Avait répondu Gina.
Le sourire de Beckett s'était alors complètement effacé, mais elle s'était rapidement cachée derrière le masque de l'insondable détective Beckett et avait répondu:
- Oh pardon, je croyais que vous ne vous entendiez pas tous les deux ?
- On pouvait dire ça mais hier soir, au téléphone, on a discuté ! Avait expliqué Castle.
- Oui, on a discuté pendant des heures ! Avait confirmé Gina avec un sourire éclaboussant.
- Oui ! Avait souri Castle.
- Comme au bon vieux temps ! Avait ajouté la blonde.
- Oh oui ! Avait continué Castle, tandis que Gina lui prenait le bras et que Beckett priait pour que cela s'arrête et qu'elle puisse rentrer chez elle. Alors désolé, on vous a coupé. Vous vouliez me dire quelque chose ?
- Euh, oui… je voulais vous dire de passer de bonnes vacances ! Avait menti Beckett.
- Vous aussi ! Et comme vous l’avez dit tout à l’heure, c’était vraiment très agréable, c’était super ! Dit Castle tout sourire.
- Oui, c’est vrai ! Reconnut la détective.
- Bon … dit-il en se dégageant de Gina. Euh, au revoir Kate !
Il lui avait serré la main, puis avait fait un signe à l’équipe et était parti au bras de Gina.
- On se voit à la rentrée ? N'avait pu s'empêcher de demander Beckett.
Il s'était tourné vers elle et avait repris sa question à l'affirmative.
- On se voit à la rentrée !
Ils avaient regardé Beckett tristement. Elle avait refoulé ses sentiments et était retournée à ses papiers. Dès lors, elle s'était renfermée dans sa coquille et noyée dans le travail. Elle n'avait plus vraiment sourit depuis. Elle avait repris ses automatismes. Elle était toujours excellente dans son travail et on ne pouvait pas dire qu'elle était devenue insupportable, non, elle avait juste perdu cette petite étincelle dans le regard et ne les gratifiait plus de ses merveilleux sourires... Au début, ils avaient continué à parler de Castle, étant donné que son départ n'était pas définitif, mais le temps passant, il n'appelait jamais et l'humeur de Beckett s'en était ressentie. Elle en était au point où la simple évocation du nom de l'écrivain la mettait en pétard. Ils prenaient soin désormais d'éviter d'en parler.
- Relax, dit Ryan en remarquant les têtes qu’affichaient ses deux amis, Beckett n’est pas encore arrivée.
- … Beckett n’est pas encore là ?! S’étonna Esposito en regardant sa montre. Mais il est presque dix heures !
- ça ne lui ressemble pas ! Ajouta Lanie en fronçant les sourcils.
- Elle a accumulé un nombre d’heures supplémentaires hallucinant en un mois, elle a sans doute besoin de récupérer, suggéra Ryan.
- J’en doute, souffla Lanie qui connaissait Beckett par cœur.
Le ding de l’ascenseur retentit aisni qu'un rire qu’ils n’avaient plus entendu depuis des semaines.
- Tu as fabriqué un hôtel pour les abeilles ?
- Oui ! oui ! Le vieux monsieur Hobs était apiculteur avant d’être à la retraite et il m’a appris beaucoup de choses sur les abeilles. Tu savais que pour fabriquer un kilo de miel, elles parcourent quarante mille kilomètres ?
- Non ! Wah ! Ça fait beaucoup de kilomètres !
- Oui, parce qu’elles ont besoin de visiter plus de cinq cent mille fleurs pour ça. Alors je me suis dit qu'elles devaient être très fatiguées . Alors Mr Hobs m’a donné une de ses vieilles ruches, je l’ai transformée en hôtel pour que les abeilles puissent se reposer pendant leur voyage. J’ai mis du miel dedans pour qu’elles se nourrissent et j’ai fait des petits coussins avec des pétales de fleurs pour qu’elles dorment.
- Et tu as eu beaucoup de de clientes dans ton hôtel ?
- Oh oui beaucoup, mais elles ne sont jamais restées dormir. Peut-être que ça ne dort pas une abeille…
Non loin de là, Lanie et les gars les observaient intrigués.
- Non mais regarde-moi ça, voilà plus d’un mois qu’on essaye de la dérider sans succès et là, après seulement une soirée passée avec ce gamin, la voilà qui rit aux éclats, chuchota Esposito.
- Te plains pas et apprécie, répliqua Ryan.
- Oh ! Lanie ! Bonjour ! S'écria l'enfant en les apercevant.
Flynn se précipita vers Lanie et lui sauta dans les bras, sous les yeux étonnés des bros.
- Tu connais le petit ? Demanda Ryan.
- … Non… Euh…
- C’est ma marraine ! Annonça l’enfant. Oh bonjour capitaine Ryan !
- Capitaine ? Répéta Ryan.
- Flynn, dit Beckett d’une voix douce, et si tu allais jusqu’au distributeur pour prendre une boisson ?
- Je peux choisir celle que je veux ?
- Oui, tu peux même prendre une barre chocolatée si tu en as envie, répondit Kate en lui tendant quelques pièces.
- Youpi ! Merci !
- Tu nous expliques ? Demanda Esposito lorsque Flynn se fut éloigné.
- Arrête ton cinéma Espo, je sais que vous êtes de mèche avec Castle.
- Castle ? Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ?
- Qui d’autre pourrait avoir l’idée saugrenue de demander à un gamin de prétendre que je suis sa mère et que Castle est son père ?
- Il dit que Castle est son père ? rigola Lanie. C’est vrai qu’il lui ressemble un peu.
- A part les yeux, ce sont ceux de Beckett, rajouta Ryan en riant.
- Non mais vous n’avez pas bientôt fini ? Je ne trouve pas ça drôle du tout ! S'agaça Beckett.
- Ah bon ? S’étonna Esposito, c’est pourtant une excellente blague !
- Attendez que je mette la main sur Castle…
- Tout de même, intervint Ryan, j’imagine difficilement Castle laisser un gamin trainer seul dans les rues de New-York en pleine nuit pour faire une blague !
- Je sais, soupira Beckett en se passant une main dans les cheveux.
- Alors, pourquoi penses-tu qu’il s’agit d’une blague ?
- … Parce que je ne trouve pas d’autre explication…
Le ding de l’ascenseur retentit.
- T’en fais pas, tu vas en avoir à la pelle des explications, dit Esposito en désignant le nouvel arrivant.
- Salut tout le monde ! Chantonna Castle. Alors ? Quoi de neuf ?
Chapitre treize :
- Castle ?
- Soyez pas si étonnée lieutenant Beckett, vous deviez bien vous douter qu’après votre coup de fil d’hier soir, je n’allais pas rester sagement dans les Hamptons à faire mes devoirs !
- Tu as appelé Castle hier soir ? Demanda Lanie avec un petit sourire qui en disait long sur ce qu’elle pensait.
- Pour lui passer un savon ! Précisa Beckett.
- Ouais, elle est marrante quand elle s’énerve, sourit Castle, mais bon, je préfère quand ça n’est pas contre moi. Alors, qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
- Bah en fait, on aurait bien besoin d’une de vos théories, Castle, commença Ryan…
- Rien du tout ! Le coupa Beckett. Nous n’avons pas besoin de vous Castle ! On se débrouille parfaitement sans vous !
- Dit celle qui m’a appelé hier soir… Rétorqua Castle avant de se faire fusiller du regard.
- JE VOUS AI APPELÉ PARCE QUE JE CROYAIS QUE VOUS AVIEZ MANIGANCÉ UNE DE VOS BLAGUES TORDUES POUR ME RENDRE CHÈVRE !
- Je vois… Et vous ne le pensez plus maintenant ? Demanda prudemment Castle.
- NON ! FINALEMENT JE NE PENSE PAS QUE VOUS SOYEZ SUFFISAMMENT STUPIDE ET CRUEL POUR FAIRE VIVRE ÇA À UN ENFANT !
- Euh ? Wah… Bizarrement je ne sais pas si je dois trouver ça flatteur ou pas…
- LOIN DE MOI L’IDÉE DE VOULOIR VOUS FLATTER, CASTLE ! JE VOULAIS JUSTE VOUS DIRE QUE VOUS POUVEZ RETOURNER À VOS HAMPTONS ET À VOTRE EX-FEMME ! NOUS NOUS PASSONS PARFAITEMENT DE VOUS !
- Wah ! Vous êtes fâchée, constata Castle.
- BIEN SÛR QUE JE SUIS FÂCHÉE !
- Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
- …
Elle se calma aussitôt. Effectivement, qu’avait-il fait de mal ? Rien. A part s’être remis avec son ex-femme alors qu’elle envisageait d’accepter sa proposition. Mais pour ça, elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même…
- VOUS N’AVEZ PAS APPELÉ ! S’écria-t-elle soudain.
- Arf… Touché ! C’est vrai ! Je vous demande pardon !
- Hé Mam… Kate ! Pourquoi tu cries ? Demanda Flynn qui revenait avec ses achats. … Papa !
Flynn laissa tomber son jus de fruits et sa barre chocolatée et se précipita vers Castle, qui n’eut que le temps que de le réceptionner.
- Wah ! Euh ! Qui est ce petit bonhomme ? Demanda l’écrivain étonné à ses amis.
- Castle, je vous présente Flynn Rodgers, votre fils, annonça Beckett.
- Mon fils ?
- Papa ! Elle est pas drôle ta blague ! Se fâcha l’enfant en s’écartant légèrement de son père.
- Désolé, mais… Je ne vois pas de quoi tu parles…
- Arrête je te dis ! râla l’enfant les larmes aux yeux en lui tapant l’épaule.
- Mais !... Je ne fais pas de blague ! se défendit Castle. Euh… Qui est ta maman déjà ?
- Bah ! C’est maman ! marmonna Flynn.
- Et comment elle s’appelle ? Demanda Castle paniqué en passant mentalement en revue les femmes avec qui il avait eu une aventure quelques années auparavant.
- MAMAN S’APPELLE KATE ET TU LE SAIS BIEN ! Cria Flynn.
L’écrivain tourna la tête vers Beckett, qui sentit ses joues rougir.
- Euh…
- L’embête pas avec ça, elle a perdu la mémoire en se réincarnant, chuchota le petit garçon.
- Ok… Euh… Flynn, c’est ça ? Euh… Je suis désolé, mais je n’ai pas jamais eu d’enfant avec le lieutenant Beckett… Enfin pas encore !
- T’ES VRAIMENT PAS GENTIL ! Cria Flynn en se dégageant des bras de Castle.
- Flynn, tenta doucement Beckett.
Mais l’enfant n’écoutait plus personne, il s’enfuit vers l’ascenseur et appuya si vite sur le bouton, que les portes s’étaient déjà refermées quand Beckett arriva devant elles. Elle se précipita alors vers les escaliers, qu’elle dévala à toute vitesse.
- Flynn ! Cria-t-elle en arrivant en bas.
L’enfant s’arrêta net devant la porte qui donnait sur la rue. Beckett s’approcha de lui et découvrit qu’il pleurait.
- Oh, Flynn…
- Pourquoi il fait ça ? Pourquoi ils font comme s’ils ne me connaissaient pas ?
- Ecoute, Flynn… Je ne vais pas te mentir… Je ne comprends rien à cette histoire…
- Toi c'est normal, tu peux pas savoir... Mais eux!
- Flynn... On ne t'avait jamais vu jusqu'à hier...
- Tu me crois pas ?
- … Je pense que tu crois vraiment à ce que tu dis.
- Je suis fou ?
- Non, tu n’es pas fou ! Mais tu as vécu quelque chose de traumatisant et tu es perturbé, c’est normal…
- Je comprends plus rien ! pleura Flynn en se blottissant dans les bras de Kate.
- ça va aller, chuchota Kate en l’étreignant tendrement.
- Me laisse pas !
- Non, je ne vais pas te laisser. Pas tant que tu ne seras pas retourné auprès de ta famille, c’est promis !
- Chante-moi la berceuse de ta maman, s’il te plait.
Kate fredonna la berceuse et l’enfant se calma.
Un peu plus haut dans les escaliers, Castle, Lanie et les bros assistaient à la scène, émus.
- Il y a un truc entre ces deux-là, dit Lanie à voix basse.
- Ouais. Déjà hier, elle a été la seule à pouvoir lui parler tranquillement, répondit Ryan.
- D’où vient ce petit ? Demanda Castle.
- On l’a trouvé sur notre scène de crime, il se cachait sous des cartons derrière des poubelles.
- C’est un témoin ?
- C’est ce qu’on pense, mais il était tellement perturbé hier, qu’on n’a rien pu lui demander. Montgomery l’a placé sous la protection de Beckett, expliqua Esposito.
- Et ses parents ?
- Personne n’a signalé sa disparition, on ne sait pas d’où il vient ni qui il est, répondit Ryan.
- Selon lui, Beckett serait sa mère et vous Castle, vous seriez son père, ajouta Esposito.
- Vous rigolez ?
- Non ! Bien sûr que non ! Beckett n’est pas à prendre avec des pincettes en ce moment, alors croyez-moi, inventer un bobard pareil pour rigoler, ça ne nous serait pas passé par la tête.
- On a plutôt cru que ça venait de vous ! Dit Ryan.
- C’est une super blague, mais non, ça ne vient pas de moi !
- Oui et bien pour ce petit garçon, ça n’en est pas une ! dit Lanie, alors ça serait bien, si vous pouviez éviter de le faire fuir de nouveau, Castle.
- Ne vous en faites pas, sourit Castle. Je vais m’en faire un copain !
- Comment ? En lui prêtant vos jouets ? Rigola Ryan.
- Ou en faisant un tour de manège avec lui ? Se moqua à son tour Esposito.
- Soyez pas jaloux les gars, répliqua Castle. Je prendrai un ticket pour vous aussi !
Une fois Flynn calmé, Beckett le prit par la main et fit demi-tour. Castle s’approcha d’eux et s’agenouilla pour se mettre à la hauteur du petit garçon.
- Je suis désolé bonhomme, je ne voulais pas te faire de la peine.
Flynn se contenta de le regarder fixement.
- On va remonter et s’installer dans la salle de repos, dit Kate. Il faut que je lui parle de ce qu’il s’est passé dans cette ruelle.
- Je peux… ?
- Je crois qu’il vaut mieux que je lui parle seule.
- … Ok… Répondit Castle un peu déçu.
Le téléphone de Kate sonna alors qu’ils arrivaient près de son bureau.
- Beckett ! Dit-elle en décrochant.
- …
- Gina ?
- …
- Castle ? Euh …
En entendant le prénom de son ex-femme et son nom, l’écrivain, se précipita devant Beckett en faisant de grands gestes. Beckett mit sa main sur le combiné et demanda :
- Qu’est-ce qu’il vous arrive ?
- Elle ne sait pas que je suis ici ! Je vous en supplie, ne lui dites pas que je suis là !
- Et pourquoi mentirais-je ?
- Pour avoir un poney !
- … Castle !
- S’il vous plait ! Elle n’arrête pas de me mettre la pression pour que j’écrive ! Je n’écris rien de bon quand on me met la pression !
- C’est vous, qui vouliez vous retirer dans votre maison des Hamptons pour écrire tout l’été ! Rappela Kate.
- Ça c’était avant que notre mystérieux fils ne fasse son apparition sur votre scène de crime !
- Castle !
- Je vous en prie, termina-t-il avec un air de chien battu auquel elle ne résista pas.
Elle soupira et enleva sa main du combiné et dit à son interlocutrice :
- Allo Gina ? Désolée, mais personne n’a vu Castle ici.
- …
Beckett se mit à rire, ce qui inquiéta Castle.
- Oui, d’accord ! C’est promis ! Je n’y manquerai pas !
Elle raccrocha.
- Quoi ? Qu’est-ce que vous lui avez promis ? Demanda Castle avec une légère panique dans la voix.
Elle se contenta de le regarder en souriant mystérieusement, avant de se tourner vers son petit protégé.
- Allez viens, Flynn. Il faut qu’on discute tous les deux.
- Beckett ? Hé ! Oh ! Qu’est-ce que vous lui avez promis ? Demanda de nouveau Castle alors qu’elle entrait dans la salle de repos avec l’enfant.
- Je sais pas vous, dit Ryan tout sourire, mais moi, cette histoire me plait de plus en plus.
- Ouais, t’as raison bro, je sens qu’on n’a pas fini de rigoler.
Chapitre quatorze:
- Bon! Je sais que ça n'est pas facile, mais il va falloir que je te pose quelques questions, dit Beckett en refermant la porte de la salle de repos. Mais ne t'inquiète pas, si tu trouves ça trop difficile tu... Flynn?
L'enfant s'était assis dans un fauteuil en silence et ne semblait pas l'écouter. Il était plutôt en proie à une intense réflexion. D'ailleurs, il n'avait plus dit un mot depuis qu'elle l'avait rattrapé au rez de chaussée du bâtiment.
- Flynn... Est-ce que ça va? Demanda Beckett.
- ... Euh oui... Je réfléchissais.
- Ah... Tu veux qu'on en parle?
- Pas vraiment... Je me disais juste que Papa avait une drôle de tête.
- Castle? Une drôle de tête? Mais il fait toujours une drôle de tête, non?
Flynn sourit.
- Tu as raison. Ma préférée, c'est quand il joue avec ses sourcils comme ça!
L'imitation de Castle par Flynn était saisissante et Beckett en fut troublée. Comment pouvait-il connaître aussi bien les mimiques de l'écrivain?
- Wah... C'est très réussi! Moi aussi je l'aime bien cette drôle de tête là! Et euh... Tu veux bien répondre à mes questions?
- Oui, bien sûr!
Elle sourit. Elle le trouvait vraiment très attachant cet enfant et puis docile aussi. Elle avait du mal à reconnaître la terreur que le capitaine et le psy lui avaient décrite.
Elle espérait qu'on retrouverait rapidement ses parents, mais pour d'autres raisons désormais. Plus le temps passerait, plus il lui serait difficile de le voir partir.
- Bien! Alors... Te souviens-tu de ce que tu faisais dans cette ruelle?
- ... Je prenais un raccourci pour rentrer!
- Tu rentrais chez toi? Tu connais ton adresse?
- Je rentrais chez ma sœur et ma grand-mère. On n'habite plus là avec papa. On vient seulement de temps en temps.
- Comment s'appellent-elles, on pourrait les appeler...
- J'ai essayé ce matin, pendant que tu étais sous la douche, mais il n'y a personne qui répond!
- On va réessayer alors, elles étaient peut-être sorties pour te chercher, elles doivent beaucoup s’inquiéter, supposa Beckett malgré la petite voix dans sa tête qui lui disait que si tel était le cas le FBI en aurait entendu parler.
- Je ne crois pas. De toute façon, elles ne se souviendront pas de moi non plus, soupira l'enfant.
- Pourquoi dis-tu ça?
- Parce que personne ne se souvient de moi. C'est comme si on m'avait effacé.
- Flynn, sourit Beckett, je ne pense pas que quelqu'un t'ait effacé.
- Qu'est- ce qu'il m'arrive alors?
- Je ne sais pas... Mais je vais trouver.
- ...
Le petit garçon baissa la tête. Sa détresse touchait Kate. Cette histoire était une vraie histoire de fous!
- Alors que faisais-tu dehors tout seul? reprit-elle au bout d'une minute.
- Je sais pas.
- Comment ça tu ne sais pas?
- C'est vrai! J'étais dans ma chambre, il y avait de l'orage et puis « pfuitt ! », je me suis réveillé près des balançoires dans le parc.
- ... Tu es somnambule?
- Non, je ne crois pas...
- Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes avant ça?
- Euh… J’étais dans ma chambre… Il y avait de l’orage ! Ça faisait beaucoup de bruit !
- Que faisais-tu ?
- Je bricolais le bidule que papa m’avait donné !
- Le bidule ?
- C’était un souvenir d’une enquête avec toi, il disait qu’un des suspects venait du futur avec ce bidule, mais qu’en fait il était fou et que le bidule ne marchait pas.
- Tu m’étonnes, répliqua Beckett en levant les yeux au ciel.
- Tu crois que je suis devenu fou à cause du bidule ? Papa a dit qu’à force de tout démonter pour voir comment ça marche, je finirai par me faire mal…
- Tu n’es pas fou, Flynn, le rassura Beckett, et je t’assure qu’aucun bidule ne peut rendre les gens dingues… à part peut-être la télé…
- La télé ça ne rend pas dingue, rigola l’enfant, stupide peut-être, mais pas dingue !
- En tous cas, toi, tu as oublié d’être idiot, rit Kate. Bon reprenons… Donc tu as bricolé un … euh… Bidule et… ?
- Après j’ai éteins la lumière et je me suis couché.
- Et c’est tout ? Tu t’es endormi tout de suite ?
- Bah presque… L’orage est devenu plus fort et je me suis caché la tête sous l’oreiller et après je me suis endormi.
- Ouais, dit-elle en se passant une main dans les cheveux en songeant que cette affaire était de plus en plus bizarre. Donc après t’être retrouvé dans ce parc, tu as essayé de rentrer chez toi et tu es passé par la ruelle…
- Et il y a eu du bruit, continua l’enfant. Je me suis caché et le monsieur qui est mort est arrivé. Il s'est caché lui aussi. Mais il ne devait pas être bon à cache-cache, parce qu'il est sorti de sa cachette à un moment et c'est là que le méchant est arrivé et il l'a tué.
- Tu l'as vu ce méchant? Demanda aussitôt Beckett.
- Un peu. Il était comme Voldemort, avec des petits yeux rouges méchants et pas de nez.
- ... Des petits yeux rouges méchant et pas de nez? Répéta Kate tombant des nues.
- C'est ça! Dis, je peux aller faire pipi?
- ... Oui... C'est près de l'ascenseur.
L'enfant sauta en bas du fauteuil et quitta la pièce.
Beckett rejoignit ses collègues près du tableau blanc.
- Alors, du nouveau sur le tueur? Demanda Ryan.
- Oui! Je sais qui est le tueur! Annonça Beckett en jetant ses feuilles sur son bureau.
- Et?
- Qui c'est? Demanda Esposito.
- Voldemort!
- Voldemort ? répéta Ryan. Comme dans Harry Potter ?
- Avec des yeux rouges et sans nez, acquiesça Beckett.
- Eh bah dis-donc, il a de l’imagination ce gamin !
- Ouais, je vais finir par croire que Castle est vraiment son père, soupira-t-elle.
- Tu es sûre de ne l’avoir jamais rencontré avant cette enquête il y a deux ans ? demanda Esposito.
- Pourquoi tu demandes ça ? S’étonna Beckett.
- Bah, il n’arrête pas de répéter que tu es sa maman…
- Espo ! Si j’avais mis au monde un enfant, je m’en souviendrai, rétorqua sèchement Beckett.
- Pas sûr, quelqu’un pourrait t’avoir droguée pour te faire oublier toute une partie de ta vie, supposa Ryan. Ça s’est déjà vu…
- Ryan, aucune drogue n’aurait pu me faire oublier mon enfant ! S'énerva-t-elle.
- Okay, okay, calme-toi, tempéra Esposito comprenant que cette affaire touchait la jeune femme bien plus qu’il n’y paraissait, Ryan plaisantait, c’est tout ! N’est-ce pas, vieux ?
- … Euh oui ! Se dépêcha de répondre Ryan devant le regard lourd de reproches que lui lançait le latino.
La jeune femme se détendit, un peu honteuse. Elle se trouvait ridicule et ne comprenait pas pourquoi elle s’emportait aussi facilement quand il s’agissait du petit garçon.
- Qu’est-ce qu’on fait alors ? Demanda Esposito. On dresse le portrait-robot de Voldemort et on le diffuse partout ?
- Ouh! Voldemort ! C'est un vraiment très grand méchant celui-là! S'il est dans le coup, il vaut mieux ne pas trop l'approcher!
- Castle, soupira Beckett en se retournant vers l’écrivain qui revenait avec deux gobelets qu’il était allé acheter au coin de la rue.
- Tenez ! Votre carburant ! annonça-t-il en lui tendant un gobelet.
Elle lui sourit et se saisit de son précieux breuvage. Il lui sourit en retour, heureux de pouvoir admirer son si joli sourire.
- Les gars, vous allez vous intéresser à notre victime, annonça –t-elle après avoir pris une gorgée. Je veux savoir ce qu’il faisait, qui il voyait et surtout dans quoi il trempait.
- Et pour le petit ? Demanda Ryan.
- Il a besoin de calme et de repos, répondit-elle. Inutile de l’interroger davantage sur le meurtre, il doit faire un blocage ou un truc du genre.
Les gars hochèrent la tête et s’éloignèrent. Beckett se retrouva seule avec Castle.
- Et nous, lieutenant ? Que fait-on ? Demanda alors l’écrivain avec prudence.
Chapitre quinze
- Nous? Répéta-t-elle incrédule. Il n'y a pas de nous Castle!
- Roh! Soyez pas si catégorique lieutenant.
- J'ai un petit garçon à protéger et une enquête à résoudre, moi. Vous n'avez qu'à retourner à votre bouquin, répliqua-t-elle sèchement.
Ok, elle était toujours en pétard contre lui. Il sourit, il ne l'en trouvait que plus mignonne encore. Alors qu'il aurait dû tout faire pour tenter de l'amadouer, une force supérieure et irrésistible l'invita à la pousser à bout.
- Madame n'aime pas partager ses jouets, rétorqua-t-il avec un petit sourire suffisant.
- Mes jouets? S'étrangla-t-elle. Mes jouets? Je ne joue pas Castle! Je sers la justice!
- Comme si ça ne vous amusait pas! Vous avez sous la main un adorable bambin pour jouer à la maman et un tueur qui ressemble à Voldemort à retrouver! Admettez qu'il y a de quoi mêler l'utile à l'agréable!
- Continuez comme ça et j'appelle Gina pour lui dire que je vous ai retrouvé.
- Vous n'oseriez pas faire ça!
- J'vais m'gêner!
- Pitié! Je serai sage! S’écria-t-il en joignant les mains en prière.
- Il s’agit de votre ex-femme, pas du croque-mitaine !
- Bah euh… En fait… Elle est plus jolie, je vous l’accorde, mais…
- N’exagérez pas, Castle, elle n’est pas si horrible que ça !
- Pas si horrible ? Elle ne me parle que de mon livre et de sa future tournée de promotion ! Je suis fatigué rien qu’en l’entendant planifier mon emploi du temps pour les trois prochains mois !
- Pourquoi êtes-vous parti avec elle si c'est si difficile pour vous de vivre avec elle?
- A cause de vous!
- Ben tiens, ça va être ma faute maintenant ! Railla-t-elle.
- Bien sûr ! Si je suis parti avec elle, c’est parce que… Oh et puis zut... Laissez tomber, soupira l’écrivain.
- Parce que quoi Castle ? Je veux savoir ce que vous me reprocher, insista Beckett en s’approchant de lui et en pointant son index vers son torse.
- Parce que j'étais en colère contre vous! s’écria-t-il alors poussé dans ses retranchements.
- …
Troublée par cet aveu, Beckett en resta sans voix. Qu’avait-elle fait ? Ainsi elle était responsable de cette tristesse qu’elle ressentait depuis qu’il était parti dans les Hamptons avec Gina ?
- Quand je suis jaloux, je fais n'importe quoi! Expliqua-t-il lorsqu’il eut retrouvé un semblant de calme.
- Jaloux? Répéta-t-elle intriguée. De qui ?
- De Demming! Bien sûr ! Je savais que vous aviez accepté de l’accompagner en week-end, alors que vous m’aviez dit que vous ne pouviez pas quitter New-York !
Les lèvres de la détective formaient un O parfait.
- … Oh…
- Ecoutez, si ma présence vous gêne, vous et Demming je veux dire… Je repartirai, souffla-t-il.
- Je suis désolée, murmura-t-elle en baissant la tête.
- Pourquoi ? Pour m’avoir menti à propos de votre week-end ? Je crois que je sais pourquoi vous avez fait ça.
- Pourquoi ?
- Vous ne vouliez pas me faire de la peine, mais ça va ! Je suis un grand garçon, je peux comprendre !
- Non, je… Commença Beckett avant de s’arrêter brusquement.
- Quoi ?
- Flynn…
- Quoi Flynn ?
- Ça fait longtemps qu’il est parti aux toilettes…
- Il est peut-être constipé, supposa-t-il, je me souviens d’une fois où…
- Sérieusement Castle ? Le coupa Beckett. Vous comptez me parler de vos problèmes de transit ?
- Euh… Non… ça serait déplacé…
- On est bien d’accord ! Conclut-elle avant de s’éloigner de lui.
- Où allez-vous ?
- Chercher Flynn !
- Tout de suite ? Mais on n’a même pas fini de se disputer !
- Eh bah vous n’avez qu’à continuer tout seul !
- … Euh non ! Ça serait beaucoup moins marrant ! marmonna-t-il avant de la suivre.
Ils retrouvèrent Flynn près des toilettes. L’enfant parlait avec le lieutenant Stevens, qui lui souriait gentiment.
- Flynn ? L’appela Beckett.
- Oui ?
- Tu ne dois pas rester loin de moi trop longtemps, expliqua-t-elle, c’est important.
- Mais je ne me suis pas éloigné ! Et puis j’étais avec le lieutenant Stevens ! Je ne craignais rien !
- Bonjour lieutenant ! Sourit Stevens en se redressant pour lui serrer la main.
- Euh oui, bonjour, répondit Beckett.
- Je demandais à ce bonhomme qui il était ! J’ignorais que vous aviez un enfant !
- Ouais, moi aussi, souffla Beckett en regardant l’enfant. Flynn, j’ai besoin de toujours savoir où tu es.
- Ne le grondez pas, Beckett, ce n’est pas si grave, dit Stevens.
- Il est sous ma protection, Stevens ! C’est moi qui décide si c’est grave ou pas, rétorqua froidement Beckett.
- Sous protection ? C’est un témoin ? S’étonna Stevens.
- Peut-être bien ! Maintenant, excusez-moi, Stevens, mais j’ai du boulot, termina Beckett en prenant Flynn par la main pour retourner vers son bureau.
- Eh bah ! Sacré tempérament ! Chuchota Stevens à Castle.
- C’est rien de le dire ! répondit l’écrivain.
- Dites, vous savez si elle a quelqu'un?
- Chasse gardée! Grogna Castle en lançant un regard noir à Stevens.
- Ah... Ok... J'ai compris! répondit Stevens en levant les mains en signe de reddition. Pas de problème!
Stevens s'en alla. Castle soupira. Si seulement il avait agi de la même façon avec Demming! PFF!
- T’es fâchée ? Demanda Flynn en s’asseyant sur la chaise de Castle près du bureau de Kate.
- Non, je ne suis pas fâchée.
- Alors pourquoi tu as l’air fâchée ?
- J’étais inquiète parce que je ne te voyais pas revenir, c’est tout.
- Ah ! Pardon.
- C’est rien, ne t’en fais pas, sourit-elle. Tu as faim ?
- Oh oui !
- Dans ce cas… dit-elle en se relevant. Il est temps de partir d’ici !
- On va où ?
- Manger un bon hot-dog et se balader dans Central Parc.
- Je pourrais avoir une gaufre en dessert ?
- Tout ce que tu voudras !
- Alors papa peut venir avec nous ?
- Papa ?... Ah oui… Castle ! D’accord ! De toute façon, il n’en fait toujours qu’à sa tête…
- Grand-mère dit qu’en réalité il ferait n’importe quoi pour toi !
- Ah oui ? Grand-mère dit ça ? S’étonna Beckett.
- Mhm-mhm ! Et Alexis, elle dit qu’il n’est jamais aussi heureux que quand il est à tes côtés !
- Alexis ?
- Ma grande sœur ! La fille de papa !
- …
Là, Beckett en resta bouche bée. Cet enfant en savait trop sur Castle et sa famille pour ne pas être son fils. Mais dans ce cas, pourquoi niait-il le connaître ? Ou alors quelqu’un espérait mettre la main sur la fortune de l’écrivain en utilisant le petit garçon... C'était tordu, mais plausible... Elle avait déjà entendu des histoires plus glauques que ça! En ce cas, elle devait être vigilante et les protéger tous les deux !
Ah… Si seulement Flynn pouvait être vraiment son enfant… Non ! Elle ne venait pas vraiment de penser ça ! Quoique, l’idée était loin d’être déplaisante… Il était si mignon! Et puis son papa serait vraiment Castle…
Reviens sur terre ma vieille ! Tu dérailles, c’est complètement impossible ! Se morigéna-t-elle.
- Eh ! Où vous allez ? Demanda Castle lorsqu’il les vit passer devant lui.
- Manger un hot-dog ! Vous n’avez qu’à venir, si ça vous dit, lança Kate l’air de rien.
- Et je pourrais avoir une gaufre en dessert ?
- …
- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ? S’étonna-t-il alors que Kate le dévisageait.
- Euh… Rien… Rien ! Bafouilla Kate.
Chapitre seize :
Beckett gara sa Crown Victoria sur un parking près d’une entrée de Central Parc. Flynn et Castle en descendirent en une parfaite synchronisation. Kate les rejoignit sur le trottoir et tous les trois se dirigèrent vers le stand d’un marchand de hot-dog.
- Alors, quelle sauce sur vos hot-dog ? Demanda-t-elle en se tournant vers eux. Moutarde ? Ketchup ?
- Laissez ! Je vais m’occuper de la commande, répondit Castle.
- Pas question ! Je vous dois une bonne centaine de cafés au moins, rétorqua Beckett. Laissez-moi vous offrir le repas de ce midi !
- Dans ce cas… ça sera moutarde pour moi, sourit-il.
- Moi, j’en voudrais un au chili plutôt, répondit Flynn.
- Au chili ? Ça existe ça ? Demanda Kate.
- Bah oui, c’est leur nouveauté ! J’en ai mangé un avec papa, quand on est revenu pour Noël !
Kate leva le regard vers Castle, qui semblait aussi étonné qu’elle. Il se contenta de hausser les épaules. Elle ne releva pas. Après tout cela faisait des années, qu’elle n’était pas venue là pour prendre un hot-dog.
Elle sortit quelques billets de son porte-monnaie et se dirigea vers le marchand.
- Bonjour ma p’tite dame ! dit-il. Que puis-je pour vous ?
- Alors, nous prendrons deux hot-dog à la moutarde, un au chili et trois sodas, s’il vous plait.
- Au chili ? Qu’est-ce que c’est que ça ?
- Vous n’en faites plus ou… ça ne fait pas partie de votre carte ? demanda Beckett.
- Jamais entendu parler de ça, répondit le marchand d’un air désolé.
Kate se tourna vers Flynn.
- Mais si ! J’en ai mangé à Noël ! Insista le petit garçon. C’est du pain, une saucisse, du fromage et du chili ! C’est nouveau !
- Désolé mon bonhomme, mais je n’ai pas de chili sous la main, sourit gentiment le marchand. J’ai du fromage, par contre ! Et quelques oignons aussi.
- C’est pas grave, j’aime bien aussi avec du ketchup.
Le vendeur lui adressa un clin d’œil et prépara leur commande à laquelle il ajouta un jeton de manège pour le gentil petit bonhomme, qui venait de lui donner une excellente idée pour renouveler sa carte. Un mois plus tard, ses nouveaux hot-dogs au chili lui permettaient de doubler sa clientèle quotidienne et ainsi son chiffre d’affaire.
Beckett, Castle et Flynn s’installèrent sur la pelouse et dégustèrent leur repas en regardant des enfants qui jouaient au base-ball.
- Fais attention ! Tu as fait une tache de sauce sur ta chemise ! Dit Beckett.
Flynn observa sa chemise immaculée sans comprendre.
- Mais non ! Protesta-t-il.
- Pas toi bonhomme, je parlais de Castle, répondit Beckett.
- Oups ! Dit l’écrivain en constatant les dégâts sur sa chemise.
Il tenta vainement d’essuyer la moutarde avec sa serviette en papier.
- Attendez, je dois avoir ce qu’il faut dans mon sac, sourit Kate...
Elle mouilla sa serviette avec sa petite bouteille d’eau et commença à tamponner la chemise de son écrivain avec application. Au bout d’une minute, elle triomphait de la tache rebelle.
- Et voilà ! Sourit-elle en relevant le regard vers Castle constatant au passage combien leurs visages étaient proches.
Elle rougit aussitôt gênée. Rick n’en menait pas large non plus. Il était en apnée. Respire ! Tu vas tomber dans les pommes sinon ! s’ordonna-t-il mentalement.
- M… Merci, bafouilla-t-il en laissant enfin l’oxygène revenir dans ses poumons.
- … De… De rien ! Bredouilla Kate en se remettant à sa place.
Un bruit balle frappée les sortit de leur contemplation mutuelle.
- Bravo ! cria Flynn en applaudissant un enfant qui venait de faire un coup de circuit.
- Tu devrais leur demander si tu peux jouer avec eux, suggéra Kate.
- Je sais pas, répondit Flynn en haussant les épaules.
- Tu es timide ? Tu n’as pourtant rien à craindre, dit Rick. Ils ne vont pas te manger.
- Non, je sais pas jouer. Papa ne sait pas y jouer, donc il ne m’a pas appris et grand-père Jim est trop vieux, il dit que ses genoux sont rouillés.
- Je le crois pas ! S’exclama Rick un grand sourire se dessinant sur son visage.
Beckett, qui venait de prendre une gorgée de son soda, le recracha aussitôt. Manquant de s’étouffer, elle était désormais en proie à une quinte de toux carabinée.
- Ouais, je trouve ça louche moi aussi, dit l’enfant. Ils ne sont pas en fer, ses genoux, ils ne peuvent pas rouiller.
- ça va Kate ? Demanda Rick en constatant que je visage de la jeune femme prenait une teinte cramoisie.
- … ça va, parvint-elle à articuler au bout d’un instant en retrouvant son souffle.
- On peut aller faire ce tour de manège ? Demanda Flynn
- Tu ne voulais pas une gaufre aussi ? Demanda Rick.
- On la prendra après, j’ai envie d’aller au manège !
- D’accord, d’accord, répondit Rick. On va d’abord jeter nos emballages et ensuite on se mettra en route.
Ils se dirigèrent vers le manège, Flynn les laissa en plant sur le côté, il était suffisamment grand pour choisir son véhicule et donner son ticket seul.
Kate ne disait rien, comme toujours elle gardait tout pour elle. Il remarqua que la veine sur son front était beaucoup plus saillante que d’ordinaire. Il sourit. Ça devait tourner à plein régime dans sa tête. Elle n’arriverait sans doute jamais à accepter l’évidence, elle tenait trop à la logique. Cette histoire était bien trop surnaturelle pour elle.
- Drôle d’histoire, n’est-ce pas, dit Rick pour lancer le sujet.
- Mhm.
- On s’est plutôt bien débrouillés, non ?
- Pardon ?
- Notre fils ! Je le trouve extra ! Il me ressemble, vous ne trouvez pas ? A part les yeux, il a vos yeux… Et votre sourire, aussi.
- C’est impossible, Castle, soupira-t-elle.
- Les preuves sont là, de toute façon ! Il nous ressemble…
- Vous voyez ce que vous voulez voir, c’est tout.
- Son grand-père s’appelle Jim !
- Beaucoup d’enfants sont dans le même cas…
- Peut-être, mais les autres ne vous appellent pas maman et moi papa !
- Il a été témoin d’un meurtre, il est perturbé !
- Perturbé sans doute, mais ça ne l’a pas rendu idiot au point de se tromper de parents ! D’ailleurs, je le trouve très intelligent ! Il a votre logique implacable et votre côté terre à terre.
- Mhm, c’est vrai qu’il est perspicace, il a dit que vous aviez une drôle de tête, sourit Beckett.
- Sérieux ? Ma tête ?
- Votre tête !
- Drôle ? C’est le seul adjectif qu’il a trouvé ?
- Bah oui, pourquoi ? Vous en espériez d’autres ?
- Cette tête, lieutenant, expliqua-t-il en pointant son index vers son visage, a déjà été qualifiée par de nombreux adjectifs : magnifique, charmante, irrésistible, merveilleuse et j’en passe, mais pas drôle ! Non, ça jamais !
- Soyez pas vaniteux Castle ! Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?
- Ah ! Ah ! Ah ! Non mais sérieusement ! Pourquoi aurais-je une drôle de tête ? Je ne suis pas un clown et encore moins difforme !
Elle pouffa.
- Quoi ? Vous me trouvez difforme ? Paniqua-t-il.
- Mais non, Castle, rit-elle, elle est très bien votre tête.
Un sourire satisfait fleurit sur le visage de l’écrivain. Beckett rougit une fois de plus se rendant compte de la portée de ses paroles.
- Soyez pas gênée, lieutenant. C’est normal de tomber sous mon charme !
Elle se contenta de le bousculer légèrement, agacée.
- En tout cas, je le trouve mignon ce petit, dit-il.
- Ouais moi aussi.
- J’aimerais bien être son papa.
- c’est impossible.
- Meuh non ! Je peux vous trouver une bonne explication très facilement.
- Ah oui ? J’aimerais bien l’entendre, rétorqua-t-elle, parce que moi, je n’y comprends rien !
- Bah… Euh… Oh ! J’y suis ! On a été enlevés par des Extra-terrestres, ils ont fait des expériences sur nous et vous ont fécondée avec mes petits soldats !
- … Des extra-terrestres ? Non mais vous n’êtes pas sérieux ?
- Ils nous effacent la mémoire après leurs expériences !
- Je n’ai jamais eu d’enfant, Castle !
- Vous ne vous en souvenez pas, nuance !
Beckett leva les yeux au ciel, agacée.
- Trouvez une meilleure explication, si vous êtes si maline !
- … Je pense, dit-elle après réflexion, que quelqu’un a bourré le crâne de ce petit, dans le but de vous escroquer !
- Pourquoi moi ?
- C’est vous, qui êtes plein aux as, pas moi !
- Pourquoi vous alors ?
- J’en sais rien, moi ! C’est peut-être un de vos fans tordus qui fantasme sur Nikki Heat, qui a fait le coup !
- Il faut toujours que vous ayez réponse à tout, n’est-ce pas ?
- Il faut bien que quelqu’un vous remette les pieds sur terre !
- Et je ne voudrais personne d'autre que vous pour remplir ce rôle, répondit-il charmeur.
Et un nouveau piquage de fard réglementaire pour le lieutenant Beckett!
Chapitre dix-sept
Flynn était descendu du manège et observait ses parents. Ils avaient l'air de bien s'entendre, mais leur relation semblait différente de celle qu'ils avaient dans ses souvenirs. Ils ne se donnaient pas la main, ils ne se prenaient pas dans les bras l'un de l'autre et ne se faisaient pas de petits bisous. Pourtant les regards qu'ils échangeaient étaient les mêmes, sa maman levait toujours les yeux au ciel en cachant difficilement son sourire quand son papa disait des bêtises. Il les trouvait amusants.
- Hey! C'était bien? Demanda Beckett en remarquant qu'il n'était plus sur le manège.
- Oui, sourit l'enfant.
- Tu veux faire un autre tour? Demanda Castle.
- Une prochaine fois, répondit Flynn. J'aime mieux me promener avec vous.
- Ah bon? C'est gentil ça, sourit Castle un peu étonné.
- Et si tu nous montrais l'endroit où tu étais après l'orage, proposa Kate.
- Pourquoi? On s'amusait bien, répliqua Flynn en fronçant les sourcils.
- Et on va continuer, je te le promets, mais j'aimerais juste savoir...
- C'est par là, indiqua l'enfant.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Demanda Castle alors que Flynn sautillait quelques mètres devant eux.
- Il jouait tranquillement dans sa chambre, il y a eu de l'orage, il s'est endormi et quand il s'est réveillé, il était dans Central Parc, résuma Beckett.
- Et vous pensez qu'il a été frappé par la foudre et s'est téléporté dans le parc?
- Je pense qu'une personne l'a sans doute kidnappé et pour je ne sais quelle raison l'a abandonné ce parc, corrigea Beckett.
- Mouais, c'est possible, mais tellement moins marrant que la téléportation! marmonna Castle.
- La téléportation n'a rien de marrant, Castle! On se désintègre à un endroit et un clone de soi se crée à l'arrivée, c'est plutôt écoeurant!
- Vu comme ça, en effet... Mais ça vous ennuierait d'envisager la possibilité que la magie existe, ne serait-ce qu'une fois! Râla Castle.
- ça vous ferait trop plaisir! sourit-elle.
- C'est ici! Lança Flynn en désignant un bosquet.
Beckett s'approcha et sortit sa lampe de poche pour passer en revue l'endroit. Elle demanda à l'enfant d'aller sagement l'attendre près de Castle.
- Ne t'en fais pas, bonhomme, on ira chercher nos gaufres après, dit Castle.
- Qu'est-ce qu'elle cherche?
- Des indices.
- Des indices? Mais il n'y a pas eu de mort ici et j'ai tué personne.
- Ça on le sait, sourit Castle. Elle veut seulement comprendre comment tu es passé de ton lit à ici.
- Ah! Il n’est pas là, de toute façon.
- Qui ça il?
- Le bidule que tu m'as donné.
- Quel bidule?
- Celui du doc Brown! Il a dû rester dans mon lit, parce que je ne l'ai pas retrouvé...
- Le bidule du doc Brown? Comme dans Retour vers le futur?
- Il ne s’appelait pas vraiment comme ça, mais il t'avait dit qu'il venait du futur.
- Génial! J'ai rencontré un homme qui venait du futur? Certainement mon affaire préférée, répondit Castle amusé par l'imagination débordante de l'enfant.
- Pas tant que ça, son bidule, il marchait pas et le type était fou!
- Fou comment? C'était un tueur?
- Non, mais il racontait n'importe quoi, il disait qu'il venait du futur pour empêcher quelqu'un de tuer des personnes...
- Flynn, quelle est ta date de naissance? Demanda Castle piqué par la curiosité.
- Tu es mon papa, tu devrais la connaître ! reprocha l’enfant.
- Oui, mais je ne sais pas si tu as remarqué, mais nous avons été frappé d’amnésie collective en ce qui te concerne !
- Oui, on dirait que j’ai été effacé.
- Alors, tu veux bien me rafraîchir la mémoire ? Demanda gentiment Castle.
- Le 8 janvier. J'ai déjà cinq ans et demi!
- Le 8 janvier de quelle année?
- Le huit janvier 2017, pourquoi? Tu ne sais plus compter?
- Oh! Oh! Oh! C'est trop fort! Rit l'écrivain.
- Qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi tu ris? Bougonna l’enfant qui croyait que son père se moquait de lui.
- Fiston, commença Castle, je sais pourquoi tu penses que les gens t'ont effacé.
- Pourquoi?
- Parce qu'ils ne te connaissent pas encore!
- Quoi?
- Tu as fait un saut dans le temps! Tu es revenu dans le passé, avant ta naissance!
- Quoi? Il marchait ce bidule alors? Répliqua Flynn étonné.
- En tous cas, nous sommes le 10 juillet 2010!
- Ah! C'est pour ça que tu as une drôle de tête! Comprit l'enfant. Tu es moins vieux!
- Eh oh! Un peu de respect!
L'enfant se tourna vers sa mère, qui rampait sous les branchages.
- Et donc Beckett est ta maman? Demanda Castle en la regardant à son tour.
- Mhm-mhm !
- On est mariés?
- Mhm-mhm !
- Et tu sais quand on s'est mariés?
- Mhm-mhm !
- tu vas mhm-mhmer toutes tes réponses?
- Le dix novembre 2014, c'est écrit sur une photo dans votre chambre, rigola l’enfant.
- 2014!? Wah! Fit Rick rêveur. Je la rencontre un jour et vlan ! Six ans plus tard, elle tombe amoureuse! On peut dire qu'elle m'aura fait ramer! J’aurais dû hisser la grand-voile ! Ou alors j'ai perdu la main... Elle va sortir longtemps avec Demming?
- Le doc dit qu'on ne doit pas dévoiler aux gens leur avenir...
- Oui, mais je suis ton papa!
- Marty aussi, il était avec ses parents. Il a failli disparaître en se mêlant de leurs histoires!
- S'il te plait! Geignit Castle. Après je ne te demanderai plus rien!
- Moi aussi je te promets ça, quand je te demande un nouveau jouet et tu me réponds que c'est pas vrai et qu'après j'aurais envie d'un autre super jouet.
- Pffff! Mais pourquoi je suis un papa aussi sérieux et raisonnable?
- J’n’aime pas non plus cette réponse, sourit l'enfant. J’espère que tu te souviendras de ce que ça fait !
- Tu vas me répondre alors pour Demming? Demanda Castle plein d'espoir.
- Nan! Je ne veux pas être effacé !
- Et je ne voudrais pas te faire disparaître! Assura Castle. Je te promets d'être le plus charmant possible pour que ta maman tombe amoureuse de moi.
- Ah Kate! S'écria l'enfant en voyant sa mère ressortir du bosquet. On peut aller chercher des gaufres maintenant?
- Arf! Bon d'accord, je ne te demanderai plus rien, soupira Castle en se relevant pour le suivre.
Beckett prit la main de l'enfant, lui sourit et ensemble, ils reprirent leur balade. Flynn ne cessait de s'agiter autour d'eux, découvrant çà et là divers éléments dignes d'intérêt : un écureuil, un bâton en forme de fusil, quelques graines d'érable, qu'il faisait tournoyer avec application...
- Vous avez trouvé quelque chose? Demanda Castle alors que l'enfant ne semblait pas les écouter.
- Non, il n'y avait rien, mentit-elle.
- Ah. Tant pis... Vous allez bien? Vous êtes un peu pâlotte ...
- Oui... Euh... Ça va, se reprit-elle. Et vous, vous avez discuté avec lui?
- Oh oui! Et vous n'allez pas aimer ma nouvelle théorie!
- Le contraire m'aurait étonnée, rit-elle en le bousculant amicalement de l'épaule.
- Me prendrez-vous seulement un jour au sérieux? Soupira-t-il.
- Allons, Castle, vous savez bien que j'aime votre petit côté farfelu!
- ...
Castle venait de stopper net sa marche et la dévisageait, Beckett rougit instantanément et bafouilla quelque chose qui ressemblait à: « Menfincequejevoulaisdireroheuhj'aimebieneuhplutôtjemesuishabituéeàvospetitesthéories... »
- Vous êtes mignonne, quand vous ne savez plus où vous mettre.
- Et si vous me disiez votre nouvelle théorie? S'agaça-t-elle.
- Flynn est le fils que nous aurons dans sept ans.
- Pardon?
- Je sais, c'est un peu surprenant, mais il est venu à notre époque grâce au bidule d'un de nos futurs suspects.
- C'est une nouvelle technique de drague?
- Voyons lieutenant! Je ne me permettrais pas! D'ailleurs je suis persuadé que c'est vous qui allez me draguer et finir par me faire craquer dans quatre ans!
- Vous venez de dire que nous allions avoir Flynn dans sept ans!
- Tout à fait, mais nous allons profiter de nous deux pendant trois ans, avant de devenir ses parents!
- Un bidule du futur trouvé lors d'une de nos enquêtes?
- Ouais, je pense que ça sera mon affaire préférée!
- N'importe quoi! Les gens ne voyagent pas dans le temps!
- Pour l'instant, mais dans le futur, on aura la technologie pour!
- S'ils découvraient cette technologie même dans un millier d'années, on le saurait, parce qu'ils seraient déjà revenus dans le passé! le contra Beckett
- Ne ruinez pas mon histoire avec votre logique! râla Castle.
- J'y peux rien, si elle ne tient pas debout!
- Mais cette fois, j'ai une preuve!
- Ah oui?
- Oui! Flynn!
- Pourquoi enverraient-ils un enfant? Ça n'est pas raisonnable!
- Puisque je vous dis qu'il jouait avec le bidule!
- Il ne devait pas fonctionner, parce qu'avec un tel bidule entre les mains, je suis sûre que vous vous amuseriez tous les jours à remonter le temps ou à aller voir à quoi ressemblera le futur!
- ... Touché... Il l'a peut être réparé...
- Il a à peine cinq ans!
- C’est un petit génie ! Avec des parents tels que nous, il doit être très débrouillard ! Assura-t-il.
- Vous avez décidé de vous lancer dans la Science-fiction? Cette histoire ne tient pas debout! Allez venez, nous allons offrir sa gaufre à Flynn et ensuite nous rentrerons.
- Quand même! Notre futur enfant qui débarque subitement dans nos vies! C'est génial, non?
- Dans vos rêves, Castle! Nous n'aurons pas d'enfant ensemble!
- Rabat-joie, marmonna l'écrivain.
Beckett se détourna pour reprendre son chemin en réprimant difficilement le sourire qui fleurissait sur ses lèvres.
Chapitre dix-huit :
- Alors, la balade en famille fut bonne ? demanda Esposito le sourire aux lèvres en les voyant rentrer au poste.
- J’ai eu une gaufre au chocolat et à la chantilly ! s’exclama Flynn le visage barbouillé de chocolat.
- Ouais, je vois ça ! Sourit le latino.
- Et j'ai fait un tour de manège! Et puis papa euh Rick m'a fait faire l'avion!
- Et c'est qui le plus rigolo? Beckett ou Castle? Demanda Ryan un brin moqueur.
- Du nouveau ? demanda Beckett qui voulait éviter que les gars continuent de plaisanter à leurs dépens.
- Pas grand-chose, en fait, répondit Ryan. Il était bien sur un coup, mais aucun de ses partenaires habituels n’a été mis dans la confidence.
- On connait ses partenaires habituels ? S’étonna Beckett.
- Ils se sont fait pincer plusieurs fois, pour des petits larcins, la plupart alors qu’ils étaient encore mineurs…
- Alors il n’était pas si bon que ça, remarqua Castle, difficile de croire que son surnom était pattes de velours !
- Détrompez-vous ! Pattes de velours était vraiment un as ! C’est uniquement parce qu’il ne savait pas s’entourer des bonnes personnes, qu’il n’est pas resté dans l’anonymat ! Dit Esposito.
- Jusqu’à ces derniers temps, murmura pensivement Beckett, cette fois, il a trouvé un partenaire aussi compétent que lui, étant donné qu’on ignore qui il est…
- Ouais, et sans aucun scrupule, ajouta Ryan. Il n’a pas hésité à refroidir son partenaire pour être certain qu’il ne le dénonce pas !
- Continuez de fouiller dans la vie de notre victime, ordonna Kate aux gars, je veux connaître son emploi du temps complet !
- On remonte jusque quand ? Demanda Esposito, qui aurait préféré entendre sa chef dire qu’il était grand temps pour eux de rentrer se reposer.
- Aussi loin qu’il le faudra pour comprendre ce qu’il trafiquait et avec qui il le faisait !
- Et nous ? Que fait-on ? demanda Castle.
- Flynn et moi, nous rentrons chez moi, il est temps pour lui de passer une soirée tranquille avant d’aller se coucher, répondit Beckett.
- Et moi ?
- Quoi vous ?
- Bah, je peux venir ?
- Dois-je vous rappeler que vous avez votre propre logement ?
- Je pourrais peut-être vous donner un coup de main pour vous occuper du petit ! Vous savez, faire quelques courses, préparer le repas, pendant que vous lui feriez prendre son bain…
- Il a pris son bain seul hier soir ! Répliqua la détective, ce n’est plus un bébé !
- ça c'est vrai! Approuva Flynn.
- Dans ce cas, vous pourrez vous assurer que votre appartement est parfaitement sécurisé, pendant que je cuisinerai par exemple !
- Pourquoi êtes-vous obsédé par le repas tout à coup ? S’étonna la détective.
- Je connais vos habitudes alimentaires, lieutenant, vous n’allez pas lui faire manger des plats à emporter à tous les repas, tout de même ?
- Je sais cuisiner !
- Allez ! Ça va être marrant ! Insista l’écrivain.
- Oh s’il te plait Kate ! Il peut venir avec nous ? demanda Flynn à son tour en se plaçant à côté de Castle.
Beckett les observa un instant, ils avaient les mêmes mimiques suppliantes et se ressemblaient étonnamment. Elle leva les yeux au ciel, en se disant qu’elle n’était pas sortie de l’auberge, avec ces deux-là, elle avait déjà du mal à résister à l’écrivain quand il la suppliait avec cet air là…
- Mais ensuite, vous rentrerez dormir chez vous, n’est-ce pas ? Posa-t-elle comme condition.
- Parole de scout !
- Vous n’avez jamais été scout ! Trouvez autre chose !
- Je vous promets que je rentrerai me coucher chez moi bien sagement ! répondit-il avec un petit sourire en se disant que passer la soirée avec eux était déjà bien et qu’il ne devait pas trop la brusquer.
- Bien ! Souffla Beckett. Allez appeler un taxi, je préviens le capitaine que nous partons. Je vous rejoindrai avec Flynn dans cinq minutes.
Castle ne se le fit pas dire deux fois et fila vers l’ascenseur en sautillant à la manière de Flynn.
- Ils en font ce qu’ils veulent ! Murmura Ryan à son coéquipier lorsqu’il fut certain que Beckett ne les entendait plus.
- Ouais ! Elle leur mange carrément dans la main ! approuva Esposito.
- T’en penses quoi, toi, de cette histoire ?
- Quelle histoire ?
- Bah le gamin ! Tu crois qu’il est vraiment leur fils ?
- Comment veux-tu que ça soit possible ?
- Je sais pas, moi… Peut-être que le gosse a voyagé dans le temps, comme Marty Mc Fly…
- Bro, tu fréquentes trop Castle ! Rétorqua Esposito en secouant la tête désespéré que son collègue puisse énoncer une telle théorie aussi sérieusement.
- Mais imagine ! Peut-être que dans quelques années, on aura inventé la technologie pour remonter le temps…
- T’es sérieux là ? Et tu crois que la première personne qui fera le voyage ça sera le fils de Castle et Beckett à l’âge de cinq ans ?
- Bah…
Esposito donna une tape à Ryan sur l’arrière de son crâne pour lui remettre les idées en place et retourna vers son bureau pour reprendre son travail.
Beckett et Flynn repassèrent devant eux quelques instants plus tard et les saluèrent avant de quitter le poste. Peu après, Montgomery vint leur dire qu’ils pouvaient rentrer chez eux également.
Soulagés, ils ne se le firent pas dire deux fois et quittèrent le poste à leur tour.
Quelques heures plus tard, dans la pénombre du poste quasiment désert, une ombre se faufila près de leurs bureaux et du tableau blanc des enquêteurs. Un sourire machiavélique se dessina sur son visage alors qu'elle sortit son téléphone pour photographier quelques documents affichés ainsi que quelques pages contenues dans un dossier.
Chapitre dix-neuf
Le soir tombait. Debout devant la fenêtre de son bureau, le regard perdu dans la contemplation de la rue, Rick Castle se demandait comment il tenait encore debout. Il pensait à son petit garçon, seul, perdu dans les rues de New-York depuis maintenant deux jours. Les agents du FBI continuaient d’interroger tout le voisinage et de passer au peigne fin chaque recoin du loft, ils avaient même utilisé le luminol pour trouver d’éventuelles traces de sang, heureusement en vain.
Il tourna la tête et son regard se posa sur son voilier. La coque portait encore les stigmates du jour où Cosmo avait eu l’idée de le mettre à l’eau dans la baignoire l’année précédente. Chaque objet de cette pièce ou presque avait été victime de l’imagination débordante du petit garçon. Que ne donnerait-il pas pour le voir encore tenter de démonter sa vieille machine à écrire pour en comprendre le fonctionnement… Il lui semblait avoir vieilli de vingt ans en deux jours ! Sans Cosmo, il ne saurait continuer, il le savait.
Quelques coups légers frappés contre la bibliothèque le sortirent de ses pensées. Il se tourna et découvrit Alexis. La jeune femme avait l’air exténuée, elle passait tout son temps au poste à enquêter sur la disparition de son petit frère et ne revenait au loft que lorsque Ryan lui en donnait l’ordre.
- Tu devrais te reposer, murmura l’écrivain en l’enlaçant affectueusement.
- Toi, aussi, répondit la jeune femme.
- Je n’arrive pas à fermer l’œil, à chaque fois je vois sa frimousse qui me sourit et la réalité me revient en pleine figure : mon petit garçon a disparu, avoua Castle la voix étranglée par l’émotion.
- Tu as réussi à aller dans sa chambre aujourd’hui? Demanda Alexis.
- Non, à quoi bon ?
- Tu pourrais peut-être trouver quelque chose…
- Le FBI a déjà passé en revue sa chambre…
- Mais toi, tu es son père, tu le connais mieux que personne ! Et puis… Tu vois des détails que ne voient pas les autres…
Poussé par sa fille, Rick accepta finalement de se rendre dans la chambre de son fils. Le carton de souvenirs qu’il avait de ses enquêtes avec Kate était encore à côté de son lit, son doudou Bunny était posé sur son oreiller et son précieux sac à dos était près de la table de chevet.
Les yeux pleins de larmes, Rick s’assit sur le lit de son fils.
- Où es-tu Cosmo ? Souffla-t-il en prenant la peluche dans son lit.
**************
- Qu’est-ce que c’est ? demanda Beckett en observant ce que Castle déposait délicatement dans son assiette.
- Ça, lieutenant, c’est ma spécialité ! Vous allez voir, c’est divin !
- Euh… J’ai quelques doutes…
- Voyons lieutenant ! Vous ai-je jamais déçu ?
- Eh bien il y a eu la fois où vous avez amené des filles à moitié nues au poste pour faire la promotion de votre bouquin… Celle où vous avez choisi un nom de stripteaseuse pour votre héroïne basée sur moi… Celle où vous avez pris rendez-vous avec une prostituée soit disant pour l’enquête… Sans oublier celle où vous avez touché au dossier de ma mère sans ma permission !
- … Ok ! Je reconnais que je ne suis pas toujours digne de confiance, admit l’écrivain, mais là, je vous assure que c’est délicieux !
Flynn arriva à son tour dans la cuisine et se hissa sur un tabouret près de Kate.
- Oh non ! Pas la guimauvelette ! S’écria-t-il.
- La guimauvelette ? répéta Beckett intriguée.
- Tu connais ça, toi ? S’étonna Castle.
- Tu m’en as déjà préparé, j’ai été malade toute la nuit et maman t’a fait promettre de ne plus jamais m’en faire manger !
- Impossible ! Ça ne peut pas être à cause de ma guimauvelette ! Tu avais sans doute pris froid, rétorqua Rick dubitatif, la guimauvelette devrait même être prescrite par les médecins, tellement elle est bénéfique pour la santé !
- Il met de la guimauve dans son omelette ! s’exclama Flynn d’un air outré en regardant Beckett. Et du chocolat !
- Ne me dites pas que cette recette existe vraiment… S’inquiéta Beckett.
- C’est ma grande spécialité ! Je l’ai inventée moi-même ! Se défendit Castle.
- Je me disais aussi, dit-elle en secouant la tête d’un air désabusé. Et dire que vous avez tenté de me culpabiliser en m’expliquant que trop de plats à emporter risquaient de rendre Flynn malade…
- Mais elle est très bonne cette guimauvelette ! Protesta Castle. Il suffit seulement de passer la première impression répugnante…
Beckett leva les yeux au ciel avant de se tourner vers Flynn et de proposer :
- Je fais cuire des pâtes ?
- Oh oui ! S’il te plait ! S’écria l’enfant.
- Elle est pourtant bonne, cette guimauvelette, bougonna tristement Castle. J’y ai mis tout mon cœur…
- Tu sais ce que tu fais très bien et qui me ferait très plaisir ? Dit Flynn en caressant tendrement l’épaule de son futur papa pour le consoler.
- Non, quoi ?
- Ta fameuse sauce carbonara !
- Oh ça c’est une excellente idée, se réjouit Beckett, j’adore les pâtes à la carbonara !
- Dans ce cas, sourit Castle, c’est parti pour mes fameuses pâtes à la carbonara !
- Bon ! Dans ce cas, je vais nous préparer une petite entrée, dit Beckett. Que diriez-vous de verrines de grosses crevettes et mousse d'avocat ?
- Je me régale d’avance, répondit Castle tout sourire.
- Et moi je fais quoi ? Demanda Flynn.
- Tu n’as qu’à préparer le dessert, suggéra Kate, il y a des fruits dans le frigo !
- Je peux utiliser la chantilly aussi ?
- S’il n’y en avait pas dans ton dessert, je serais déçu, répondit Castle en lui faisant un clin d’œil.
Ils préparèrent le repas en discutant joyeusement, chacun se réjouissant intérieurement de la situation. Beckett appréciait le temps passé avec Castle. Elle se doutait qu’il retournerait probablement avec son ex-femme lorsque cette affaire serait bouclée, mais elle ne voulait pas gâcher ces instants en songeant à Gina. Elle se sentirait bien seule, lorsque Castle et Flynn repartiraient.
Castle, lui, profitait de l’étonnante absence de Demming dans les parages, pour profiter de sa muse et l’idée qu’un jour il aurait Flynn avec elle le réjouissait au plus haut point. Car il ne faisait aucun doute pour lui, que le petit garçon était bel et bien son fils, tout droit débarqué du futur grâce à un étrange concours de circonstances. Il allait devoir s’occuper du cas de Gina lorsque cette affaire serait bouclée. La perspective de la dispute qui suivrait ne le réjouissait guère, mais il devrait affronter l’orage.
Flynn, quant à lui, remerciait ce type du futur, qui avait laissé son bidule pour voyager dans le temps à son père. Grâce à lui, il avait retrouvé sa maman et pouvait savourer le bonheur de retrouver sa famille, même s’il n’était pas encore sensé exister. Il ne voulait surtout pas revenir à son époque ! Ah si seulement il pouvait se rappeler le nom de ce policier qui avait piégé sa maman… Il pourrait lui sauver la vie.
Ils dinèrent tous les trois comme s’ils l’avaient toujours fait, Castle ne tarissant pas d’histoires à raconter pour le plus grand plaisir de Flynn et Beckett.
- Bon ! Eh bien, il est temps pour moi de rentrer ! Dit enfin Castle en regardant sa montre.
- Déjà ? Tu pourrais dormir ici ! Proposa Flynn tandis que Beckett ratait plusieurs battements de cœur.
- Non, mon bonhomme, sourit Castle, il faut que je rentre chez moi car j’ai quelques affaires à régler et puis, je n’ai ni ma brosse à dents, ni mon pyjama !
- S’il te plait ! Insista l’enfant alors que les joues de Kate devenaient de plus en plus rouges.
- Je viendrai vous chercher demain à la première heure, promit Castle en souriant. En attendant, tu vas être bien sage et aller te coucher sans faire d’histoire !
- D’accord, soupira Flynn déçu.
Beckett remercia Castle et lui souhaita une bonne nuit, puis l’écrivain quitta son appartement non sans lui avoir rappelé de fermer sa porte à double tours.
De retour au loft, il prit son téléphone et composa le numéro de sa maison des Hamptons.
- Bon sang Rick ! Où es-tu ? s’écria Gina sans préambule.
- Bonsoir à toi aussi, grinça Castle.
- Oh ! Tu ne vas pas me reprocher mon énervement, siffla Gina, je te rappelle que tu m’as laissée en plan sans prévenir !
- Oui, désolé, c’était un cas de force majeure.
- Où es-tu ?
- Là où l’inspiration m’a appelé.
- Tu es pénible quand tu réponds de façon énigmatique ! Râla-t-elle. Tu comptes rentrer bientôt ? Tu m’as promis de terminer ton roman cet été !
- Je sais, je sais ! Et je reviendrai dès que j’aurais fini de me ressourcer.
- Tu devais te ressourcer dans les Hamptons !
- C’est pas bientôt fini les reproches ? Je tiendrai ma promesse quant à mon roman, tu devrais être contente !
- J’en suis ravie ! Mais j’aimerais aussi passer du temps avec toi, se radoucit-elle.
- Je sais, soupira Castle se sentant un peu coupable, écoute, je te rappellerai demain… J’aurais peut-être avancé dans mes recherches…
Lorsqu’il raccrocha, Gina semblait apaisée. Quelle idée avait-il eue de l’emmener avec lui passer l’été dans les Hamptons ! Comme si sa présence à ses côtés pouvait le consoler ! C’était avec Beckett, qu’il avait voulu passer ses vacances, pas avec Gina !
Il repensa à sa journée avec Kate et le petit Flynn… Il n’aurait jamais pu imaginer une telle histoire ! Quoique… Un avenir tout tracé avec Beckett, sa muse, celle qui illuminait chaque jour de son existence depuis deux ans et un merveilleux petit garçon, parfaite combinaison d’eux deux ! S’il s’agissait là d’un rêve, il ne voulait plus se réveiller !
Le téléphone sonna, il décrocha et son rêve bascula au cauchemar.