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Série : Castle
Création : 30.05.2015 à 15h46
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Coucou! Me voilà de retour avec une nouvelle histoire, qui vous plaira, j'espère. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
Chapitre vingt
- Vous ne pouvez pas aller plus vite? Grogna Rick à l'arrière du taxi.
Le chauffeur se contenta de désigner la file de voitures devant son taxi en haussant les épaules. Les embouteillages. Tous les Newyorkais devaient en prendre leur parti et en tenir compte lors de leurs déplacements.
Rick se renfonça nerveusement dans son siège. Ses pensées s'étaient déjà envolées loin, bien plus loin que ce taxi. Les paroles d'Esposito résonnaient encore dans sa tête, réveillant son angoisse. Il ne les avait quittés que depuis très peu de temps! Une heure, deux tout au plus!
Derrière eux, une voiture estampillée NYPD se frayait un chemin entre les véhicules grâce à sa sirène et à son gyrophare. Que n'aurait-il donné pour pouvoir y monter! Il se tourna pour tenta d'apercevoir les policiers à l'intérieur, avec un peu de chance, il les connaîtrait... Bingo! Karpowski! Sans réfléchir, il ouvrit la portière du taxi et sortit du véhicule en faisant de grands signes à la policière. Le chauffeur jura et le traita de tous les noms.
- Castle?! S'étonnait Karpowski en baissant la vitre côté passager de sa voiture.
- Peux-tu m'emmener à l'hôpital Saint Vincent?
- Beckett?! Comprit la policière en voyant le visage décomposé de l'écrivain.
Celui-ci, incapable d'ajouter un mot, se contenta de hocher la tête.
- Monte!
Castle paya la course au taxi et le dédommagea d'un si généreux pourboire que le chauffeur cessa aussitôt ses remontrances et passa du sosie de l'incroyable Hulk à celui du gentil docteur Robert Bruce Banner en moins d'une seconde.
Castle s'engouffra dans la voiture de police, qui redémarra dès que le clic de sa ceinture de sécurité eut retenti.
Grâce à Karpowski, il arriva rapidement à l'hôpital et se précipita jusqu’à l’accueil où il trouva une grosse dame à l’air revêche occupée à pianoter sur les touches de son ordinateur.
- Bonsoir, dit-il affolé.
- Bonsoir…
- Je cherche ma muse, euh ma partenaire ! La coupa-t-il en bafouillant. Elle vient d’être admise ! Comment va-t-elle ?
- Qui ?
- Beckett ! Elle s’appelle Beckett ! Kate ! Enfin Katherine ! Mais tout le monde l’appelle Kate ou Beckett ! Sauf son père, lui, il l’appelle Katie ! Mais il est le seul à avoir le droit de l'appeler comme ça ! Elle préfère Kate. Enfin…
- Monsieur calmez-vous, s’il vous plait !
- Euh… D’accord… Alors ? Elle va bien ? Où est-elle ? Je peux la voir ?
- Vous êtes de la famille ?
- Bien sûr ! C’est ma femme ! Enfin, elle le sera un jour !
- Vous voulez dire que vous êtes son fiancé ?
- En quelque sorte…
- Il faudrait savoir ! Rétorqua l’infirmière d’un air sévère.
- Euh… Techniquement…
- Il est avec nous ! Annonça Esposito qui venait à la rencontre de Castle.
- Dans ce cas… Vous vous chargez de l’emmener ? Vous connaissez le chemin.
- Oui, bien sûr ! Merci ! Viens Castle, c’est par là.
- Comment vont-ils ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Demanda Castle fou d’inquiétude.
- Le petit va bien, il n’a pas été touché.
- PAS ÉTÉ TOUCHÉ ?! ON LEUR A TIRÉ DESSUS ?! s'étrangla Castle.
- Des tirs de sniper depuis l’immeuble en face, vraisemblablement. Mais ça n’était pas un pro, heureusement. Il visait le gosse, mais Beckett a eu le temps de s’interposer.
- Elle a été touchée ?
- Euh… oui, les médecins s’occupent d’elle pour le moment, mais…
Des cris interrompirent leur conversation, Castle reconnut la voix de Flynn et se précipita dans la salle d’où ils provenaient.
- LAISSEZ-MOI ! JE VEUX MA MAMAN !
- Le docteur s’occupe d’elle, tu la verras plus tard, calme-toi !
- Il n’arrête pas de donner des coups de pieds ! Il faudrait lui donner un calmant !
- Aïe ! Il m’a mordu !
- MÉCHANT ! T’AVAIS QU’À ME LÂCHER !
- Il vient ce calmant ?
- VOUS NE LUI DONNEREZ RIEN DU TOUT ! VOUS NE VOYEZ PAS QU’IL EST INQUIET ! Tonna Castle en arrivant dans l’encadrement de la porte.
- PAPA !
- Je suis là bonhomme, ça va aller, répondit Castle en s’approchant pour prendre l’enfant dans ses bras.
- Je veux seulement voir ma maman ! Pleura le petit garçon dans le cou de Rick.
- Je sais, je sais. On va attendre tous les deux qu’on nous donne de ses nouvelles, chuchota Castle en tâchant de paraître le plus serein possible.
- Je vais aller aux nouvelles, dit l’une des infirmières rassurée de voir que le petit garçon se calmait un peu.
- Merci, souffla Castle sans cesser de frotter doucement le dos de Flynn, qui tremblait dans ses bras.
- Madame ! Ce n’est pas raisonnable ! s’écria une voix dans le couloir.
- Ce qui n’est pas raisonnable, c’est de laisser ce petit garçon hurler sa détresse sans réagir ! Claqua une voix qu’ils reconnurent aussitôt.
- Beckett ?!
- Maman ! S’écria Flynn en se précipitant vers elle.
- Hey ! Rassurez-vous ! Je vais bien, sourit difficilement la détective.
- ça saute aux yeux, ironisa l’écrivain en remarquant le sang qui maculait son visage et sa chemise.
- Vous allez nous laisser vous soigner, maintenant ? Grogna l’infirmière.
- Je vais devoir y aller, soupira Kate, mais je serai vite revenue, d’accord ?
- D’accord, répondit timidement Flynn.
Rassurés, ils se rendirent au distributeur et achetèrent des sodas et des barres chocolatées, puis revinrent dans la salle d’attentent où ils patientèrent sagement tous les deux. Montgomery ordonna aux gars de monter la garde auprès d’eux, il était hors de question de les laisser seuls tant qu’ils n’auraient pas mis la main sur le taré qui s’en était pris à eux.
Beckett, touchée au cuir chevelu, devait rester en observation une nuit, mais pourrait sortir le lendemain, étant donné qu’elle n’avait pas perdu connaissance. Elle fut donc installée dans une chambre, où Flynn et Castle la rejoignirent, escortés par les gars.
- Comment a-t-il fait pour savoir que Flynn était chez moi? Demanda Kate lorsque l'enfant fut endormi.
- Personne ne le savait à part nous, répondit Esposito. Il a dû vous filer.
- Impossible, grogna Beckett somnolente.
- Ou alors il a eu accès au dossier de l'affaire, suggéra Ryan.
- Une taupe? S'étonna Castle.
- Ouais, ça m'étonnerait aussi, mais on ne peut pas ignorer cette possibilité, soupira Esposito.
- Alors qu'est-ce qu'on fait? demanda Ryan.
- On les planque, répondit Castle comme une évidence. On les emmène demain dans un endroit que nous seuls connaîtrons.
- D'accord, mais où demanda Ryan.
- Il y a la cabane de mon père... Proposa Beckett à moitié endormie.
- Non, il fouillera les endroits en rapport avec vous, c'est trop évident, contra Castle.
- Où alors?
- Chez moi! Dans les Hamptons!
Chapitre vingt et un
Le lendemain matin, Rick emmena Flynn prendre un bon petit déjeuner dans un café proche de l'hôpital, tandis que Beckett attendait le passage du médecin pour avoir sa feuille de sortie. Ryan et Esposito les escortaient. Ils s’installèrent à une table loin de la fenêtre, le serveur vint prendre leurs commandes.
- Qu’est-ce que tu vas prendre ? demanda Castle en se tournant vers Flynn.
- Un chocolat chaud, des pancakes au sirop d’érable et un jus d’orange, s’il vous plait ! Oh et une paille aussi !
- Toi, tu sais ce que tu veux ! Sourit le serveur. Et pour vous messieurs ?
- Trois cafés et trois beignets, annonça Castle après avoir consulté ses amis.
Le serveur s’éclipsa et revint avec leurs commandes quelques instants plus tard. Flynn se rua sur ses pancakes avec appétit. Kate l’avait rassuré sur son état de santé, il avait retrouvé son insouciance toute enfantine, contrairement aux gars, qui sursautaient prêts à dégainer leurs armes au moindre bruit.
- Détendez-vous les gars, lança Castle. Il ne peut rien nous arriver au milieu de tout ce monde.
- Facile à dire, mon vieux, grommela Ryan. Ce n’est pas toi qui devras affronter la réaction de Beckett s'il vous arrive quelque chose.
- S'il arrive quelque chose à Flynn, tu veux dire, rectifia Castle.
- Non, non, s'il vous arrive quelque chose à tous les deux! Confirma Ryan. Ou même seulement à toi! Une seule personne est autorisée à te coller une balle ou à te briser les deux jambes!
- Qui?
- Beckett, Bro, sourit Esposito, ne fait pas comme si tu ne le savais pas !
- Comme si je ne savais pas quoi ? S’étonna Castle.
- Ne me dis pas que tu ne l’as pas encore compris ?!
- Pas compris quoi ?
- Sérieux, Bro ? Pouffa Ryan.
- Mais quoi ?! Insista l’écrivain.
- Il n’a vraiment pas comprit, dit Ryan hilare en se tournant vers Esposito.
- Et dire qu’il se vante d’être un esprit supérieurement intelligent ! Répondit ce dernier en rejoignant son partenaire dans l’hilarité.
- Mais allez ! Quoi ? Les gars ! Qu’est-ce que vous ne me dites pas ? Insista encore Castle agacé de ne pas tout comprendre.
- Réfléchis Castle, peut-être que la lumière se fera dans ton esprit, se contenta de répondre mystérieusement Esposito.
- Ah non ! Tu ne crois pas qu’il est assez allumé comme ça ? Intervint Ryan entre deux crises de rire.
Castle soupira devant le spectacle des gars riant de leurs plaisanteries à ses dépens. Qu’avait-il manqué ? Il fronça les sourcils.
- Où est Demming ? Demanda-t-il soudain en repensant au petit ami de Beckett.
Le fou rire des gars s’intensifia un peu plus. Les gens présents dans le café allaient les prendre pour des fous.
- C’est qui Demming ? Demanda alors Flynn intrigué.
- Un seigneur Sith, marmonna Castle de plus en plus agacé par le rire des bros.
- C’est vrai ? Comme Dark Vador ?
- Pire encore, bougonna l’écrivain, il vient vers toi en souriant, il joue les types sympas et tout et avant que tu t’en rendes compte, il t’a piqué ta copine.
- A l’école, Martin aussi a essayé de me piquer ma copine, répondit l’enfant, mais je ne me suis pas laissé faire !
- Ah oui ? Qu’est-ce que tu as fait ? Tu lui as donné un bon coup de poing dans la figure pour lui abimer la lèvre ?
- Mais non ! Je suis allé trouver la fille qui me plaisait, elle s’appelle Lysa, et je lui ai dit que je l’aimais et maintenant, c’est mon amoureuse !
- ça parait si simple, quand on a cinq ans, soupira Castle.
- C’est toi, qui ne sais pas y faire, vieux ! S’esclaffa Esposito les larmes aux yeux tellement il riait.
- Et si vous arrêtiez de vous payer ma tête et que vous me disiez ce que vous savez ! grogna Castle le regard noir.
Les Bros se regardèrent un instant, tentant difficilement de retrouver leur sérieux, puis finalement, Ryan craqua.
- Beckett et Demming ont rompu !
- … Quoi ?! Comment ? Quand ?
- D’habitude, t’es plus rapide à la détente, vieux ! se moqua Esposito.
- Ouais, d’habitude, il remarque les petits détails, approuva Ryan.
- Et il sait lire en Beckett comme dans un livre ouvert ! ajouta Esposito.
- Sauf quand il s’agit de Demming ! Là il perd tous ses superpouvoirs ! Répliqua Ryan.
- Bon ! Dupond et Dupont, quand vous aurez fini de vous payer ma tête, vous vous déciderez peut-être à éclairer ma lanterne !
- Mais tu sais tout, Castle ! Répondit Esposito.
- Tu n’as plus qu’à assembler les morceaux du puzzle.
Castle fronça de nouveau les sourcils et repensa aux évènements des derniers jours. Beckett avait été furieuse contre lui à son retour, alors que lors de son départ, elle n’avait pas eu l’air de lui en vouloir, au contraire, elle lui avait dit avoir apprécié cette année passée avec lui et lui avait souhaité de passer de bonnes vacances…
Maintenant qu’il y repensait, il l’avait trouvée étrange cette conversation entre eux… Pourquoi l’avait-elle pris à part ? Pour lui souhaiter de bonnes vacances ? Cela semblait tellement bizarre, elle aurait pu le faire en même temps que les gars et Lanie… Avec le recul, il en venait à se dire qu’elle avait voulu lui dire autre chose, mais qu’elle en avait été empêchée… Gina ! Mais oui ! Elle était arrivée et avait interrompu leur conversation ! Qu’avait-elle bien pu vouloir lui dire de si personnel, qu’il eut fallu qu’ils soient en tête pour ça ? Pourquoi avait-elle changé d’attitude en voyant arriver Gina ? Pourquoi son magnifique sourire s’était-il effacé soudainement ?
- Oh bon sang ! s’écria-t-il soudain les yeux écarquillés.
- T’en as mis du temps, vieux ! Constata Esposito. Et après ça, c’est moi qui ai le quotient émotionnel d’une cannette de soda ?
- Elle avait rompu ce jour-là ? Demanda Castle qui voulait avoir la confirmation de ce qu’il venait de comprendre.
- Apparemment ! C’est ce que Demming a dit à Espo, en tout cas ! Répondit Ryan.
- Elle voulait venir passer le week-end avec moi ?!
- C’est ce que Lanie en a déduit, confirma Esposito.
- Mais quel imbécile je fais ! Se lamenta l’écrivain.
- On n’osait pas te le dire, vieux !
- Alors... Ça veut dire qu'elle m'aime? Dit Castle un sourire idiot se dessinant sur son visage.
- Ça veut dire qu'elle était prête à te laisser une chance, corrigea Esposito. Rien ne dit qu’elle ne t’aurait pas laissé tomber après t’avoir supporté pendant un week-end.
- Ouais, il y a plus d'un mois, avant que tu ne décides de partir dans les Hamptons avec ton ex-femme! Ajouta Ryan.
- ...
Le silence qui s'en suivit fut finalement interrompu par le bruit que fit Flynn en aspirant les dernières gouttes de son jus d'orange à la paille.
- Tu en veux un autre? Demanda Rick.
- Non merci, répondit le garçonnet tout sourire.
- Pourquoi tu souris comme ça toi?
- Tu vas dire à maman que tu l'aimes?
- Euh... Peut-être... Enfin, quand j'aurai trouvé le bon moment...
- Chouette!
- Pourquoi ça te réjouit autant, toi?
- J'ai toujours voulu avoir un grand frère!
- Et?
- Bah si tu perds moins de temps avec maman, vous vous marierez plus vite et vous aurez un bébé avant moi, donc j'aurai un grand frère!
- Logique, reconnut Esposito amusé.
- C'est Beckett qui va être ravie d'apprendre ce nouveau projet! Rigola Ryan en imaginant la tête de sa chef lorsque le petit lui ferait part de cette conversation.
- Je croyais qu'on ne devait pas modifier l'avenir, rappela Castle.
- Si tu te maries avec maman je ne risque pas de disparaître, parce que tu dis toujours qu'elle est la femme de ta vie.
- La vérité sort de la bouche des enfants, énonça Esposito.
- Allons la retrouver, lança Castle, on reparlera plus tard de cette histoire de grand frère.
- On pourra l’appeler Anakin ? demanda Flynn.
- Jamais Beckett n’acceptera de nommer son fils Anakin, répondit Castle, même si je reconnais que c’est un prénom super cool !
- Elle a bien accepté Cosmo ! Après un coup pareil, tu peux lui faire choisir n’importe quel prénom !
- Je croyais que tu t’appelais Flynn.
- En fait c’est Cosmo, mon prénom.
- Cosmo ? Tu t’appelles Cosmo ? Sérieux ?! C’est un super prénom ! C’est comme ça que je voulais appeler Alexis, si elle avait été un garçon !
- Ça c’est toi qui le dis ! Mais de toute façon, j’ai changé, je préfère Flynn !
- On n’a pas le droit de changer de prénom comme ça !
- Tu as bien changé de nom, toi !
- C’est pas pareil, moi c’est un nom de plume…
- Pourquoi c’est pas pareil ? Tu te fais appeler Castle même quand tu n’écris pas !
- Mhm… Touché. Bon, allons chercher Beckett, on continuera cette discussion au sujet du prénom de ton grand frère plus tard.
- C’est moi ou cette conversation était vraiment surréaliste ? Demanda Ryan à son partenaire alors que Flynn et Castle se dirigeaient vers le comptoir pour régler la note.
- C’est Castle, vieux, répondit le latino, c’est toujours surréaliste avec lui.
- Ouais… C’est à se demander comment il a réussi à faire tomber Beckett la terre à terre dans ses filets !
- Il ne l’a pas encore ferrée, vieux ! Il a encore pas mal de chemin à faire pour arriver à ses fins !
Pendant ce temps, Beckett trépignait en attendant le passage du médecin. Elle était prête depuis un bon moment déjà et soupira de soulagement lorsqu’on frappa à la porte de sa chambre. Un médecin en blouse blanche apparut.
- Bonjour, je suis le docteur… Oh !
- Bonjour, répondit Beckett. Vous vous êtes trompé de chambre ? Demanda-t-elle ne reconnaissant pas le médecin qui l’avait soigné la veille.
- Non… Euh… Mon collègue m’a demandé de faire ses sorties, il a été appelé en urgence… Mais, nous nous sommes déjà vus, non ?
- Euh… Vous êtes le charmant jeune homme, qui a partagé son taxi avec moi l’autre soir !
- C’est ça ! Josh Davidson, se présenta de nouveau le médecin. Quel plaisir de vous revoir ! Enfin, même si j’aurais préféré que ce soit en d’autres circonstances…
- Ne vous en faites pas, c’est juste un bobo ! Rien de grave, sourit Beckett.
- Qui vous a valu plusieurs points de suture et une nuit en observation, ça n’est pas rien tout de même !
- Je suis une dure à cuire, sourit Beckett. Alors, je peux sortir ?
- Personne ne vous accompagne ?
- Si ! Bien sûr ! Ils sont allés déjeuner.
- Parce que je ne peux pas vous laisser sortir seule, répliqua le médecin. On ne sait jamais ce qui peut se passer après un choc à la tête…
- Je serai bien entourée, rassurez-vous ! Sourit la jeune femme.
- Quel dommage.
- Je vous demande pardon ?
- Je me serais bien porté volontaire, moi, pour jouer le garde-malade, répondit le médecin avec un sourire charmeur.
- Désolé, mais la place est déjà prise ! Fit la voix de Castle derrière eux.
Chapitre vingt-deux
A l’arrière de la voiture que conduisaient les gars, le silence régnait. Cosmo s’était endormi et Beckett le regard tourné vers l’extérieur ne pipait mot.
Castle, dans ses petits souliers, tenta de briser ce silence pesant, dont il était la cause.
- Ecoutez, je suis désolé, si je vous ai dérangée tout à l’heure avec le docteur Mamour…
Beckett leva les yeux au ciel, agacée.
- Il fallait le dire, si vous vouliez accepter sa proposition de jouer le garde-malade!Ajouta-t-il sa voix grimpant dans les aigus signe qu'il était contrarié lui aussi.
- Je n’avais aucune intention d’accepter sa proposition, siffla-t-elle, je le connais à peine !
- Alors pourquoi êtes-vous fâchée ?
- Pourquoi je suis fâchée ? Pourquoi je suis fâchée ?!
- C’est ce que je viens de demander, chuchota Castle, et si vous pouviez éviter de crier… Le petit s’est endormi…
- Nan mais vous vous êtes rendu compte du cinéma que vous avez fait dans la chambre tout à l’heure ?! Fulmina Beckett entre ses dents.
- Bah… Je le trouvais un peu lourd avec ses gros sabots… Sérieusement, c’est quoi cette technique de drague ?
- Ah parce que vous, vous vous êtes montré discret ?!
- Euh… Je ne vois pas…
- Vous auriez pu tout aussi bien faire pipi sur mes chaussures pour marquer votre territoire ! L’effet aurait été le même !
- Je pense que si j’avais fait un truc pareil, je serai en ce moment même allongé sur la table de Lanie avec une balle entre les deux yeux !
- C’est pas l’envie qui m’a manquée ! Vous avez eu de la chance que je n’ai pas eu mon arme sur moi !
- Quoi ? Il vous plait tant que ça le docteur Mamour ?
- C’est pas ça la question ! Râla Beckett. Et puis pourquoi avez-vous agi de la sorte ? Vous êtes avec votre ex-femme, non ? En quoi le fait que je parle avec mon médecin peut vous déranger ?
- Parce que… Euh… Bah… C’est que…
- Ah ! Vous voyez ! Votre crise de jalousie n’était pas légitime !
- ça n’était pas une crise de jalousie ! S'offusqua l'écrivain.
- Qu’est-ce que c’était alors ?
- Il voulait me piquer ma malade ! ça ne se fait pas ce genre de trucs !
- Votre malade ? Depuis quand vous êtes docteur ?
- Depuis hier soir ! Enfin ! Non, je ne suis pas docteur, mais j’étais là le premier ! C’est moi qui ai proposé de vous surveiller en premier ! Il est arrivé trop tard ! Geignit-il à la manière d'un petit garçon à qui on vient de piquer son jouet préféré.
- Je ne suis pas un trophée !
- Je le sais bien !
- Dans ce cas, tant mieux !
- Bon ! On est d’accord !
- Parfait !
- Parfait !
D’un même mouvement, Castle et Beckett se renfoncèrent chacun contre le dossier de la banquette en croisant les bras.
A l’avant, Ryan et Esposito n’avaient rien manqué de leur prise de bec.
- Tu crois qu’ils se rendent compte qu’on est dans la voiture et qu’on a tout entendu ? Chuchota Ryan à l’intention de son partenaire.
- Papa et maman oublient tous ceux qui sont autour d’eux dans ces cas-là, rétorqua Esposito en haussant les épaules.
- Alors ? Qui c’est qui gagne cette manche ?
- Un partout, la balle au centre, je dirais…
- Oh fermez-la ! Marmonna Beckett.
- Eh ben ! C’est pas comme ça que je vais l’avoir mon grand frère… soupira Cosmo en baillant.
- …
*****************
Vingt minutes plus tard, ils arrivèrent à destination. Castle descendit et fit le tour de la voiture, pour venir ouvrir la portière du côté de Beckett, en parfait gentleman. Elle sortit de la voiture et fut impressionnée par la magnifique maison de l’écrivain. Grandiose fut le seul mot qui lui vint à l’esprit.
- Et voilà, nous y sommes, dit Castle.
- Oh mon Dieu, Castle ! S’exclama-t-elle. Wow. Alors euh… vous êtes riche ou quelque chose comme ça?
- Eh bien, je ne suis pas aussi riche que James Patterson, mais je me défends... sourit-il.
- Oh!
- Venez, je vais vous faire faire le tour du propriétaire, sourit l’écrivain en la prenant par la main.
- On pourra aller dans la piscine ? demanda Cosmo en leur emboîtant le pas.
- Bien sûr ! La température de l’eau doit être idéale.
- Génial ! Se réjouit Beckett.
- Pas vous Beckett, avec vos points de suture, c’est déconseillé !
- Roh ! Vous n’allez pas jouer les rabat-joie !
- C’est mon rôle de garde-malade !
- Je suis pas malade, bougonna Kate.
- Vous m’avez parfaitement compris !... Allez, faites pas cette tête-là, je vous prêterai mon canapé flottant.
Elle esquissa un sourire à cette idée.
- Et je vous préparerai mon Virgin-mojito spécial !
- Castle, vous êtes l’hôte parfait ! Le complimenta-t-elle un large sourire illuminant son visage cette fois.
- Ah bah ! Tu vois ? Quand tu veux… dit Cosmo tout sourire.
Rick forma un O avec son pouce et son index et adressa un clin d’œil complice au petit garçon.
- Qu’est-ce que vous manigancez tous les deux ? Demanda Kate suspicieuse.
- Rien ! Rien ! Répondirent Rick et Cosmo en chœur en affichant un air qu’ils espéraient innocent.
Ils s’éloignèrent tous les trois, laissant les gars en plan.
- Bah et nous ? Demanda Ryan dépité.
- Sérieux ? Il nous prend pour ses chauffeurs, ma parole ? Bougonna Esposito.
- Moi je suis le chauffeur ! Toi, tu fais le larbin! Rétorqua Ryan en désignant les sacs dans le coffre.
- Ah! Ah! Petit comique! Railla Esposito.
- ...
- RYAN! REVIENS ICI! RYAN!!!!!
- Richard? C’est toi? Cria Gina depuis le salon lorsqu’elle entendit la porte s’ouvrir.
- Oui, répondit ce-dernier en grimaçant.
- Où étais-tu passé ? Je me faisais un sang d’…
Gina, qui venait le rejoindre, s’arrêta net en découvrant qu’il n’était pas seul.
- Bonjour ! Lancèrent Kate et Flynn de concert en faisant un petit signe de la main.
- Euh…Bonjour, répondit Gina en tournant la tête vers Castle d’un air interrogateur.
- J’ai amené des invités, expliqua Castle tout sourire, tu connais déjà le lieutenant Beckett…
- Euh oui…
- Et voici Cosmo, son petit protégé !
- Bonjour madame ! Sourit l’enfant.
- Euh… Appelle-moi Gina, répondit celle-ci avec un petit sourire crispé.
- D’accord, madame Gina ! Répondit poliment le petit garçon.
- Où est-ce qu’on pose les sacs ? Demanda Esposito en arrivant derrière eux.
Un cri strident retentit derrière lui et quelque chose le bouscula soudainement. Il percuta Castle, qui bouscula Gina, qui se retrouva les quatre fers en l’air.
- Aïeuuuhhhh ! Bon sang Ryan, tu peux pas faire attention ? Râla le latino.
- Désolé… Euh… Je… Il y a une bête qui s’est faufilée sournoisement dans ce buisson !
- Sournoisement ? T’es sérieux Mec ?
- Bah… Elle était au moins grande comme ça et elle avait des petits yeux pervers! Bafouilla Ryan en écartant les mains.
- Et voici Heckle et Jeckle, euh je veux dire les lieutenants Ryan et Esposito, les présenta Castle en aidant Gina à se relever.
- M’Dame ! Saluèrent en chœur les gars d’un air un peu gêné.
- Ils vont passer quelques jours avec nous, le temps que les affaires se calment à New-York, expliqua Castle. Tu n’y vois pas d’inconvénient ?
- … Pas du tout, Richard, tu es chez toi, répondit Gina avec un sourire crispé.
- Parfait ! Je vais leur montrer leurs chambres ! Tu pourras passer commande auprès du traiteur ? Je doute qu’il y ait suffisamment de nourriture dans le frigo.
- Je… Commença Beckett.
- Pas de discussion Beckett ! Vous êtes mes invités, il n’est pas question que vous refusiez quoi que ce soit ! Les chambres sont par-là, suivez-moi !
- Je peux prendre la chambre bleue ? Demanda aussitôt Flynn.
- Tout ce que tu voudras, mon petit Cosmo ! Tu es ici chez toi ! Sourit Castle en montant les escaliers.
- Pourquoi vous l’appelez Cosmo ? Demanda Beckett intriguée.
- C’est son vrai nom ! Trop cool, non ? J’avais pensé à ce prénom pour Alexis, si elle avait été un garçon !
- Tu ne t’appelles pas Flynn ? S’indigna Beckett en regardant le petit garçon d’un air sévère.
- J’ai changé ! Je pense sérieusement que vous avez fait une erreur en m’appelant comme ça !
- Voilà pourquoi on n’a pas retrouvé ses parents ! marmonna Beckett en sortant son téléphone, il ne nous a pas donné sa véritable identité !
- Laissez ce téléphone éteint ! L’arrêta Castle, le tueur doit vous rechercher et tracer votre portable, c’est la première chose qu’il fera !
- Mais… !
- Vous utiliserez la ligne fixe tout à l’heure, elle est sécurisée ! Auparavant, on va vous installer dans une chambre et vous allez vous reposer comme le docteur vous l’a recommandé !
Beckett poussa un long soupir, mais le suivit docilement dans les escaliers, Cosmo sur ses talons.
- Je le crois pas, marmonna Esposito toujours en bas des escaliers. Ils nous prennent vraiment pour les larbins !
- Qu’est-ce que tu veux ? C’est comme ça quand t’es en bas de l’échelle au travail, rétorqua Ryan. Tu sers de chauffeur et tu portes les sacs, c’est comme ça, t’y peux rien !
Ils ramassèrent les sacs et montèrent les escaliers à leur tour, laissant Gina seule en bas. Son sourire crispé s’effaça dès qu’ils eurent disparu de son champ de vision. Adieu les vacances de rêve dans les Hamptons !
Chapitre vingt-trois
Le soleil se levait doucement sur la grosse pomme et ses rayons passaient à travers la fenêtre de la chambre de Cosmo pour arriver sur un petit objet qui traînait au milieu des peluches du petit garçon. Sa surface métallique parfaitement réfléchissante renvoya le rayon sur le visage endormi de Castle, qui, ébloui, grogna son mécontentement. Il tenta de l'éviter en plaçant sa main sur ses yeux, mais le mal était fait, son rêve s'était envolé.
Il n’avait pas quitté la chambre de son fils depuis qu’il y était entré la veille, il était resté là, au milieu des affaires de son fils, perdu dans ses pensées, incapable de trouver la force de se relever et de continuer. Finalement, vaincu par la fatigue, il avait fini par sombrer dans le sommeil. Ses rêves l’avaient alors ramené à l’époque où il avait été le plus heureux, entouré de sa femme et de son fils.
Après avoir encore vainement tenté d’échapper à la lumière agaçante et de retrouver son doux rêve, il finit par émerger. Il s’assit sur le lit de son fils, dans lequel il avait passé la nuit, se frotta le visage en soupirant, puis posa son regard sur l’objet qui avait causé son réveil. Il s’approcha du tas de peluches, les déplaça et tomba sur…
- … Le bidule de Doyle ? marmonna-t-il en fronçant les sourcils. Qu’est-ce que… Oh bon sang ! ALEXIS !
La rouquine se précipita dans la chambre de son petit frère en entendant le cri de son père.
- PAPA ? QU’EST-CE QU’IL SE PASSE ?
- JE SAIS OÙ EST COSMO !
- OÙ ?
- IL A BIDOUILLÉ LE BIDULE DE DOYLE !
- Et alors?
- ALORS, IL A DÛ ÊTRE ENVOYÉ DANS LE PASSÉ ! OU LE PRÉSENT ! C’EST POUR ÇA QU’ON A AUCUNE TRACE DE LUI ! IL A DISPARU DANS LE TEMPS !
- Papa, souffla Alexis, il est à peine six heures du matin… Il va falloir que tu sois plus clair, parce que je ne te suis pas du tout là !
- Viens dans la cuisine, je vais tout t’expliquer devant une tasse de café, répondit Rick excité comme une puce.
- Bien noir alors, le café, marmonna Alexis la voix encore ensomeillée.
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- … Donc, ce truc est une machine à voyager dans le temps ? Résuma Alexis les sourcils froncés après avoir écouté le récit de son père, mais elle ne fonctionne pas.
- Elle ne fonctionnait pas ! Rectifia Castle. Ton petit frère s’est amusé à la bidouiller.
- Il a seulement cinq ans papa ! D’accord, il est très éveillé pour son âge, mais de là à inventer une machine à voyager dans le temps…
- Réparer, chérie, elle était en panne, il s’est contenté de la réparer, corrigea l’écrivain. En fait, je pense que c’est par hasard, qu’il a accompli cet exploit… Enfin, toujours est-il, qu’il l’a fait et que…
- Sérieusement papa ? Tu crois vraiment que Cosmo est perdu quelque part dans le temps ?
- … C’est une piste comme une autre… C’est la seule piste qu’on ait en fin de compte…
- Tu parles d’une piste ! C’est impossible ! On ne voyage pas dans le temps !
- On croirait entendre Kate !
- Et elle avait bien raison ! Papa, soupira Alexis, je sais que tu es fou d’inquiétude pour Cosmo, mais…
- Mais quoi ? Imagine une seconde que ça soit possible ! Geignit Castle, imagine que Cosmo soit bel et bien prisonnier du temps ! Ce Doyle, dont je t’ai parlé, il s’est volatilisé après notre enquête, pratiquement sous mes yeux !
Alexis ferma les yeux et poussa un soupir. Son père se raccrochait à cette théorie comme un naufrager à une bouée de sauvetage, comment pourrait-elle trouver la force de le ramener sur terre alors qu’elle-même se sentait perdue dans cette affaire.
- Ok, souffla-t-elle. En admettant que ce bidule fonctionne, comment comptes-tu le retrouver ? Il pourrait être n’importe quand dans le passé ou le futur…
- Mhm… Je sais pas… Je vais essayer de l’allumer pour commencer…
*****************
Après avoir fait le tour de la maison et des installations de sécurité, les gars installaient leur espace de travail dans le salon.
- Eh ben ! Il ne s’embête pas Castle, t’as vu cette baraque ? Dit Esposito admiratif.
- Ah ça, ça paye bien, auteur de Bestseller, approuva Ryan. Je n’aurais pas dû me lancer dans la carrière de flic…
- Parce que tu crois que tu aurais pu faire carrière dans l’écriture ? Laisse-moi rire ! J’ai lu le poème que tu as écris à Jenny pour son anniversaire, excuse-moi, vieux, mais c’est loin d’être du James Patterson !
- Evidemment ! C’était un poème, pas un polar ! Et puis qu’est-ce que tu y connais-toi d’abord ?
- « Jenny, tu es la femme de ma vie, quand je te vois, je n’ai plus froid… » Récita le latino en riant, franchement j’ai lu bien mieux !
- Depuis quand tu lis autre chose que des B.D. ? Marmonna Ryan vexé. Tu n’avais pas le droit de le lire, d’abord ! C’est personnel !
- En tout cas, ça a l’air sérieux avec Jenny…
- Ouais et alors ?
- Tout doux, vieux ! Je ne faisais qu’un constat, je ne voulais pas me moquer !
- Ouais, et bah t’as pas intérêt ! Et plutôt que de te mêler de ma vie sentimentale, tu ferais mieux de t’occuper de la tienne !
- Ma vie sentimentale se porte très bien, merci !
- Ah oui ? Quelqu’un en vue ?
- Mhm ! Joker ! En parlant de vie sentimentale... Tu sais où est Beckett ?
- Aux dernières nouvelles, elle était dans le bureau de Castle pour appeler le capitaine…
Beckett raccrocha le téléphone et se passa une main dans les cheveux, après une rapide recherche auprès des services sociaux, le capitaine Montgomery lui avait affirmé qu’aucun enfant du nom de Cosmo Rodgers n’avait été signalé disparu.
Cette histoire l’énervait. Bien sûr, elle trouvait le petit garçon adorable et appréciait le temps passé en sa compagnie, mais cette situation ne pourrait pas durer indéfiniment… Même si cela ne semblait pas le perturber. Comment se faisait-il d’ailleurs qu’il se sente si à l’aise en leur compagnie ? Pourquoi sa famille ne lui manquait pas ? D’accord, elle lui rappelait sa maman, mais elle ne pouvait pas la remplacer !
Et puis cette histoire d’enfant du futur… Castle lui avait déjà sorti des théories tordues, mais à ce point-là ! Et le comble, c’était qu’elle n’arrivait pas à contrer ses arguments et cela l’énervait au plus haut point.
Il fallait qu’elle retrouve sa famille, elle devait prouver à Castle que Cosmo n’était pas leur futur enfant, car c’était tout bonnement impossible. Les voyages dans le temps n’existaient pas !
Elle fouilla dans sa poche et en sortit l’objet qu’elle avait trouvé dans les buissons. Comment pouvait-elle expliquer ça ? Peut-être que… Non, impossible… Ou alors…
- ARRRRRRGGGGHHHH ! S’écria-t-elle soudain au comble de la frustration en passant la porte qui donnait sur le jardin.
- Beckett ? Vous allez bien ? Demanda Castle en se retournant.
Il se tenait debout sur le bord de la piscine, avec un short de bain pour seul vêtement. Elle pouvait admirer tout à loisir son dos large et musclé. Et ce short, qui moulait parfaitement ses fesses… à croquer…
Elle sortit subitement de sa rêverie en rougissant violemment, non mais qu’est-ce qu’il lui prenait tout à coup !
- Beckett ? Répéta Castle inquiet devant le comportement étrange de sa muse. Tout va bien ?
- Euh… Oui… Euh…
- Le capitaine a pu vous renseigner ?
- Non… Pas du tout… Euh… Mais il va continuer à chercher de ce côté-là, alors…Euh…
- Vous lui faites perdre son temps, vous savez ? dit-il en se tournant de nouveau vers la piscine dans laquelle Cosmo barbotait joyeusement.
- Et pourquoi ça ?
- C’est évident, non ? C’est notre fils ! répliqua-t-il tout sourire.
- Capitaine ! Cria Cosmo en lui faisant signe. J’ai trouvé le trésor ! Il est dans l’épave qui se trouve là au fond !
- J’arrive ! Cria Castle en enfilant son masque et son tuba avant de se tourner vers elle. Désolé lieutenant, nous avons repéré le trésor du capitaine Kidd ! Le devoir m’appelle !
Il prit une grande inspiration, puis se jeta à l’eau en un parfait plongeon que Kate admira sans recevoir la moindre éclaboussure.
Elle resta là à les admirer un moment, ils semblaient déjà tellement complices tous les deux…
Ce qui était certain, c’était que cette histoire lui donnait une de ces migraines !
Elle entendit la porte s’ouvrir derrière elle, ainsi qu’un grand bruit métallique et un cri suraigu.
Chapitre vingt-quatre
Elle se retourna et découvrit Gina devant la porte de la cuisine, trempée, un seau en métal gisant à ses pieds.
- RICHARD CASTLE ! Hurla-t-elle, JE SUPPOSE QUE C’EST UNE DE TES FACÉTIES !
- OUAIS ! SE RÉJOUIT COSMO, LE PIÈGE A PARFAITEMENT FONCTIONNÉ !
- Bien joué matelot ! Sourit l’écrivain en levant une main dans laquelle l’enfant tapa.
Kate d’abord abasourdie, éclata de rire.
- Ah parce que ça vous fait rire ? Siffla Gina.
- Non ! Euh… Enfin… Se reprit difficilement Kate tandis que Rick et Cosmo accrochés au bord de la piscine rigolaient comme des baleines.
- Laissez tomber, grinça la blonde en venant se poster devant Castle avec les poings sur les hanches.
- Ouh là ! Tu vois fiston, quand elles ont les narines qui enflent comme ça, c’est le signe qu’il faut prendre ses jambes à son cou ! Attention, immersion dans 3,2,1… Go !
Ils plongèrent en une parfaite synchronisation, tandis que Kate repartait dans un fou rire incontrôlé, ce qui eut pour effet de mettre Gina dans une rage noire.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? demandèrent les gars en arrivant à leur tour.
- RICHARD ! JE VAIS ME CHANGER, TU AS INTÉRÊT À VENIR T’EXPLIQUER ! Cria la blonde dégoulinante en passant devant eux.
- Beckett ? Tu nous expliques ? demanda Esposito en se tournant vers sa collègue, qui se tordait encore de rire.
- Oh moi je n’y suis pour rien ! répondit-elle en levant les mains, il faut demander ça aux deux garnements qui se planquent dans l’épave du bateau du capitaine Kidd !
- De quoi ?
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Marmonna Esposito.
Rick et Cosmo émergèrent à cet instant.
- C’est bon moussaillon, Barbe blonde est partie, dit Castle en se hissant sur le bord de la piscine.
Le rire de Beckett redoubla à l’entente de cette réplique, elle était à deux doigts de se rouler par terre.
- Barbe blonde ! Gloussa-t-elle, c’est bon ça !
Les gars la regardaient comme s’ils voyaient un OVNI.
- Castle ? Qu’est-ce que tu as fait à Beckett ? Demanda Ryan avec un haussement de sourcils caractéristique de son incompréhension.
- ça doit être les médocs, le docteur la trouvait un peu trop tendue… Expliqua l’écrivain.
- Ah ça pour être détendue… constata Esposito.
- Elle va finir par faire pipi dans sa culotte à ce train-là, ajouta Ryan.
Esposito lui fila une tape derrière la tête en grognant quelque chose qui ressemblait un peu à « un peu de respect ! ».
A moitié ettouffée par sa crise de rire, Kate s’allongea sur un des transats pour tenter de retrouver un peu de calme.
- Alors ? Demanda Esposito en dévisageant Castle qui se séchait les cheveux avec une serviette, exposant ainsi son torse à la vue de tous.
- Hou hou hou !!!! siffla Beckett toujours hilare en applaudissant.
Les bros tournèrent la tête vers elle en une parfaite synchronisation, un air de totale incompréhension affiché sur leurs visages, tandis que Castle, bien que flatté, se dépêchait d’enfiler un tee-shirt.
- Le doc a dû se gourer dans son dosage, supposa Ryan.
- Hé ! Maman ! T’as vu comme je nage bien ? S’écria Cosmo en se précipitant vers elle.
- J’ai vu ça, oui, sourit Beckett en attrapant une serviette pour l’aider à se sécher, un vrai dauphin ! Qui t’a appris ça ?
- Papa ! Il m’a appris quand on est venu ici aux vacances de printemps !
- Ok, c’est surréaliste ! Résuma Esposito. Alors Castle ? Tu nous expliques ?
- Expliquer quoi ?
- Pourquoi ton ex-femme, qui est aujourd’hui ta petite amie est retournée dans sa chambre hystérique et trempée jusqu’aux os et que Beckett, mon amie et la fille la plus sérieuse dans son travail que je connaisse est écroulée de rire sur ton transat, alors qu’elle est sensée assurer la protection du gamin et trouver un meurtrier ?
- Euh… Bah… Pour Beckett, je ne sais pas, d’habitude elle ne montre pas aussi ouvertement à quel point elle apprécie mon humour… Mais…Euh…Pour Gina…
- Barbe Blonde ! S’écria Cosmo en levant le poing.
- Barbe blonde ! Ouais ! répéta Beckett en repartant de plus belle dans son fou rire.
- … Ouais… Euh… En ce qui la concerne, euh…c’est un malencontreux accident.
- Un malencontreux accident ? Répéta Esposito circonspect.
- Absolument ! Elle est tout bêtement tombée dans un piège…
- Un piège ?
- Oui… Cosmo était un peu inquiet, quoi de plus normal après ce qui leur est arrivé ? Bref ! Il était inquiet, alors pour le rassurer, on a décidé de sécuriser un peu plus les lieux…
- Tu as fait quoi ? Répéta Esposito surpris.
- On a mis un seau plein d’eau au-dessus de la porte du salon qui donne sur la piscine, expliqua Cosmo ! C’est moi qui ai eu l’idée ! Comme ça, si Voldemort venait, il était ralenti et nous, on avait le temps de nous sauver !
- Brillante idée, Fiston ! Dit fièrement Castle en lui tapant dans la main.
- Je vais finir par croire que ce gosse est bien un petit Castle, fit Ryan pensif.
- Wah, en tout cas, ta blonde est furax, vieux, rappela Esposito, tu devrais aller lui parler avant qu’elle ne verse du poison dans ton prochain repas…
- Elle ne ferait jamais ça ! Pouffa l’écrivain. Elle ne fait pas la cuisine !
Beckett explosa une nouvelle fois de rire en mimant un empoisonnement.
- T’en es certain ? Demanda Esposito en tentant d'ignorer les rires bruyants de Beckett.
- Euh… Je reviens ! lança l’écrivain en se précipitant à l’intérieur.
- Capitaine ! Fais attention au piège dans la coursive ! cria Cosmo.
- C’est vrai ! Merci Moussaillon ! répondit la voix de Castle au loin.
Arrivé devant la chambre de Gina, Castle frappa trois petits coups discrets.
- Tu peux entrer, dit la voix de Gina d’un ton sec.
Ouh là ! Elle avait sa voix des très mauvais jours… Ça n’était pas le moment idéal pour la petite discussion qu’il comptait avoir avec elle.
- Je suis désolé, commença-t-il d’une petite voix en passant sa tête par la porte.
- J’espère bien ! Claqua-t-elle, bon sang mais tu pensais à quoi ?
- A rassurer un petit garçon… On ne pensait pas que tu en ferais les frais.
- COMME TOUJOURS ! TU NE PENSES JAMAIS AUX CONSÉQUENCES !
- Hé ! Oh ! Tempéra-t-il les souvenirs de leurs disputes lui revenant soudain en mémoire.
- QUE JE ME CALME ?! MAIS J’AI TOUS LES DROITS D’ÊTRE ÉNERVÉE !
- Ce n’était qu’un peu d’eau…Pas de quoi en faire tout un plat…
- TU TE FICHES DE MOI ? TU M’AS PROMIS UN BEL ÉTÉ EN AMOUREUX ET UN NOUVEAU ROMAN À PUBLIER POUR L’AUTOMNE ! ET AU LIEU DE ÇA, TU FUGUES PENDANT DEUX JOURS ET TU REVIENS AVEC LA MOITIÉ DU POSTE DE POLICE ICI !
- Alors c’est ça le problème ? Tu n’apprécies pas le fait que j’aide mes amis ?
- TU N'ES PAS POLICIER? RICHARD! TU N'AS PAS A T'IMPLIQUER DANS LEURS AFFAIRES ! Cracha-t-elle furieuse.
- Quoi? Mais ce sont mes amis! protesta-t-il piqué au vif. Quelqu’un a tiré sur le petit ! Beckett a été touchée et j’aurais dû les laisser là-bas, face au danger ?
- Bien sûr ! Ils se seraient débrouillés autrement ! Mais non ! Il a fallu que tu t’en mêles ! C’est toujours comme ça avec elle ! Rétorqua-t-elle en agitant les bras en signe d'énervement.
- Elle ? C’est pour ça que tu piques une crise ? Tu es jalouse de Beckett ?
- Ose me dire qu’il n’y a rien entre vous !
- Mais il n’y a rien entre nous ! Se défendit Castle. Je ne te trompe pas avec Beckett !
- Mais ça n’est pas l’envie qui t’en manque !
- Non…Euh… Enfin… Je n’ai pas envie de te tromper, bafouilla Castle.
- Mais tu as envie d’être avec elle, n’est-ce pas ?
Elle ne criait plus. Son ton était devenu froid, glacial même, comme à l'époque de leur divorce.
- Gina…
- J’ai compris… soupira-t-elle.
- Je ne voulais pas te blesser…
- Je sais… Tu ne veux jamais me blesser… Mais je ne suis pas celle qu’il te faut, apparemment, répondit-elle amère.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il en la voyant sortir sa valise du placard.
- Je rentre à New-York, je crois que ça vaut mieux, rétorqua-t-elle en jetant ses vêtements dans la valise d’un geste rageur.
- Gina…
- PAS LA PEINE ! l’avertit-elle en levant la main, J’ESPÈRE SEULEMENT QUE TU SAIS CE QUE TU FAIS !
Elle attrapa la poignée de la valise et s’éloigna de lui, avant de s’arrêter devant la porte et de se retourner vers lui.
- JE VEUX TON MANUSCRIT SUR MON BUREAU AVANT LA FIN DU MOIS D’AOÛT, ALORS NE PERDS PAS TROP DE TEMPS À T’AMUSER ! L’avertit-elle avant de quitter la pièce.
Rick se contenta de hocher la tête comme un gamin honteux et ne s’autorisa à lâcher le soupir qu’il retenait que lorsqu’il fut certain qu’elle ne pouvait plus l’entendre.
Moins d'une minute plus tard, il sursauta lorsqu’un grand vacarme retentit depuis les escaliers.
- RICHARD CASTLE !!!!!!!!
- Oups ! Le piège dans la coursive ! murmura-t-il en plaquant une main sur sa bouche.
Chapitre vingt-quatre
Cosmo se tenait debout devant la porte d'entrée, il était resté silencieux depuis la chute de Gina dans les escaliers. Il n'avait voulu blesser personne, enfin si, mais uniquement le méchant qui s'en était pris à sa maman!
Il s'en voulait. Rick avait eu beau lui dire qu'il était l'unique responsable de ce désastre, car il était l'adulte, Cosmo ne s'en sentait pas moins coupable. C'était son idée.
Ryan, qui était resté avec lui dans la maison, avait tenté à plusieurs reprises de lui parler pour le sortir de son mutisme, en vain. Il lui avait aussi proposé de venir prendre un goûter dans la cuisine, mais l’enfant n’avait pas voulu bouger de l’entrée.
La porte s’ouvrit enfin.
- Hey! Fit Beckett qui venait de passer la porte d'entrée.
- ...
- Il n’a pas voulu bouger de là, expliqua Ryan.
L'enfant se jeta dans ses bras, elle le réceptionna et il nicha aussitôt son visage dans son cou.
- Hey! Qu'est-ce que tu as? Demanda Beckett.
- Je voulais pas lui faire mal, pleura le petit garçon.
Elle le reposa par terre et l'écarta un peu d'elle pour lui parler. Honteux, il gardait la tête baissée.
- Hey! Ne t'en fais pas pour ça! Ça n'était pas de ta faute.
- Mais c'était mon idée!
- Castle t'a bien aidé! C'est lui l'adulte! Enfin c'est comme ça, qu'il aurait dû se comporter, quand tu as eu cette idée.
- Il voulait seulement me rassurer...
- Il aurait dû te rassurer autrement...
- Elle va mourir?
- Gina? Non! Ne t'en fais pas pour ça.
- Mais... Elle criait et pleurait tellement fort...
- À croire que les ex-femmes de Castle ont toutes un don pour la comédie... Rassure-toi, elle s'est seulement cassé la clavicule, ça fait mal, mais les médecins vont bien la soigner. Elle s’en remettra.
- Pourquoi papa est parti avec eux dans l'ambulance alors, si c'est pas grave?
- Parce qu'il se sent responsable de ce qui lui est arrivé, expliqua Kate, mais ne t'en fais pas, il a promis de très vite revenir.
L'enfant se contenta de hocher la tête et se nicha à nouveau dans les bras de Kate.
- Qu’est-ce que tu regardes ? Demanda Esposito en arrivant près de son collègue.
- Maman Beckett ! Elle se débrouille drôlement bien avec Castle junior, c’est mignon, sourit Ryan.
Beckett lui lança un regard noir.
- Alors, euh… Ta crise de fou rire est terminée, constata Esposito.
- Je crois... Répondit Beckett, même si j'ai eu du mal à garder mon sérieux en voyant la tête de Castle, quand il essayait de s'excuser et de calmer Gina. En tout cas, je ne prendrai plus ce truc, que le docteur m'a prescrit pour m'aider à me détendre.
- Dommage, je te trouvais rigolote près de la piscine, moi, la taquina Ryan.
- On ne reparlera plus de ça, rétorqua Kate d'un air sévère. Des nouvelles du poste ?
- Euh, non. Le capitaine préfère qu’on n’appelle pas le poste trop souvent, il ne voudrait pas alerter le tueur …
- Bien, dans ce cas, prenez votre voiture et allez aux nouvelles !
- Quoi ? Mais… On aurait voulu piquer une tête dans la piscine ! Protesta Esposito.
- Tu feras ça pendant tes congés ! Pour le moment, on a une enquête à boucler !
- Et toi ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Demanda Ryan.
- Mon boulot ! Je vous rappelle que le capitaine m’a nommée baby-sitter ! Tu viens Cosmo ? On va faire un tour sur la plage !
- Génial ! On pourra faire un château ?
- On est chez Castle, répondit la détective, je pense qu’on doit trouver le matériel utile pour ça. Il suffit de trouver où c’est rangé.
- ça doit être dans la remise dehors !
- Allons voir, dit Beckett en l’emmenant avec elle à l’extérieur.
- Elle y prend du plaisir, ma parole ! S’étonna Esposito.
- Ouais, j’aurais peut-être dû accepter de m’occuper du gosse, soupira Ryan.
- Eh bah tu n’as qu’à t’en prendre à toi-même, rétorqua Esposito. Et puis, je doute que tu aurais pu faire aussi bien que Beckett avec le p'tit Castle! Allez viens ! Il est temps de se mettre en route ! On en a au moins pour deux heures aller-retour et j’ai vraiment envie de tester la piscine de Castle.
**********
- Wah ! Il est extra ! S’extasia Cosmo en admirant le château qu’il venait de terminer avec Kate.
- On a fait du bon boulot, approuva Beckett en déposant un petit galet devant le pont-levis.
- Oh ! Où est-ce que tu as trouvé ça ? Demanda Cosmo.
- Euh, là-bas, répondit-elle.
L’enfant se leva et se précipita à l’endroit qu’elle avait indiqué. Il prit son temps et choisit soigneusement un galet, puis se déplaça encore plusieurs fois pour ramasser quelques trucs, avant de revenir s’installer près d’elle.
- Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle intriguée.
- Attends… Une minute… J’ai presque terminé… Encore un petit… Oh, c’est pas facile… Mais… Voilà ! Triompha-t-il finalement en brandissant un petit bonhomme que Kate reconnut aussitôt.
- Qu’est-ce… ?
- C’est le seigneur du château ! Répondit-il en plaçant le bonhomme dans la forteresse.
- Qui t’a appris à faire ça ?
- Bah c’est toi !
- Non, je…
- Tu vas le faire ! Rectifia le petit garçon. Quand je serai né !
- Cosmo… Soupira Kate.
- Je sais, c’est difficile à croire, mais c’est vrai ! Tu m’as dit que tu en avais fabriqué un avec ton papa, la première fois…
- …
- Désolé, souffla tristement le petit garçon devant le regard perdu de Kate.
- Non ! Ne sois pas triste ! dit Kate. Ecoute… Euh… Ne le répète surtout pas à Castle, mais je veux bien croire ce que tu dis.
- C’est vrai ? Se réjoui le petit garçon.
- Vrai. Je veux bien essayer, en tout cas! Mais si tu viens bien du futur…
Kate n’en revenait pas qu’elle venait de prononcer ces paroles, elle inspira un grand coup et continua cependant pour le petit garçon, auquel elle commençait à être vraiment très attachée.
- … Comment es-tu arrivé ici ?
- Oh… Je ne sais pas trop… A cause du bidule que papa et toi avez trouvé pendant une enquête, c’était à un type qui venait du futur !
- Pourquoi ça ne m’étonne même pas ? murmura Kate avant de demander où était ce fameux bidule.
- Je sais pas. Il est sans doute resté dans ma chambre, parce que je ne l’ai pas retrouvé dans le parc où je suis arrivé.
- Dans le futur ? Tu veux dire qu’il est resté dans le futur ?
- Euh… Oui.
- Mais comment tu vas pouvoir y retourner alors ?
- C’est pas grave, je veux rester ici avec toi, de toute façon !
- …
Kate se rappela soudain que Cosmo avait perdu sa maman. Evidemment, qu’il ne voulait pas repartir, elle non plus, ne voudrait pas repartir, si elle pouvait retrouver sa mère…
- Cosmo, dit-elle doucement. Tu ne peux pas rester ici…
- Pourquoi ? Je suis bien ici ! Et je suis sûr que papa n’y verra pas d’inconvénient !
- Parlons-en de ton papa ! Celui qui te cherche chez toi ! Dans le futur ! Tu ne crois pas qu’il est triste sans toi ? Il est seul !
Le visage de Cosmo se figea. Son père… Il n’avait pas pensé à lui… Evidemment, qu’il devait être triste !
- … Mais je ne sais pas comment rentrer, moi ! Pleura l’enfant.
- … On en parlera à Castle, dit Kate. Il aura bien une idée…
- Tu crois ?
- S’il y a bien une personne capable de trouver une solution à cette histoire, c’est bien lui, affirma Kate.
Cosmo sourit, sa maman avait raison, son papa était un champion des histoires et s’il y avait une solution, il la trouverait, c’était certain.
- Et si on allait se balader ? Proposa Kate, on pourrait faire les boutiques et manger une bonne glace ?
- Ouais ! Se réjouit Cosmo en se précipitant sur le chemin qui menait à la maison.
- Il faut absolument que je me réveille, marmonna Kate, qui commençait à avoir un sacré mal de tête.
Chapitre vingt-cinq
Le silence régnait dans la chambre où Gina avait été installée. Sa fracture à la clavicule était légère, elle s’en remettrait assez vite, mais les médecins avaient tout de même préféré la garder une nuit en observation à cause de sa chute.
Rick n’osait pas parler, Gina avait la tête rentrée dans les épaules et les narines gonflées, signe qu’un cataclysme était imminent. Il attendait donc patiemment que sa colère retombe et qu’elle se décide à entamer la conversation.
Il tourna la tête vers la fenêtre et laissa son esprit vagabonder vers les deux personnes avec lesquelles il mourait d'envie d’être à ce moment précis.
Beckett d’abord, parce qu’il avait toujours envie d’être avec elle. Il n’avait jamais ressenti cela auparavant à part peut-être avec Kyra et encore ! Kyra avait été sa petite amie, leur amour s’était concrétisé, il était donc normal qu’il ait ressenti cette envie d’être avec elle. Mais avec Beckett, c’était différent. Il avait besoin de la voir, de savoir qu’elle allait bien, de discuter avec elle, d’élaborer des théories avec elle et ce même si son amour n’était pas réciproque. Il avait besoin de faire partie de sa vie, peu importait la place qu’elle voulait bien lui laisser dans sa vie. Bien sûr il ne pouvait s’empêcher de désirer plus, avec elle il désirerait toujours plus ! Mais il se sentait capable de se contenter du peu qu’elle voudrait bien lui donner. Il avait eu si peur quand il avait appris qu’elle avait été touchée ! Heureusement qu’elle n’avait été que légèrement blessée…
Et Cosmo ! Ce petit bonhomme avait débarqué soudainement dans leurs vies et s’y était si facilement adapté, que c’en était déconcertant ! Venait-il vraiment du futur ? Il aimait le croire et si ça n’était pas le cas, il ne trouvait aucun argument pour expliquer cette connexion qu’il y avait entre eux et tous ces petits détails si intimes qu’il connaissait sur eux.
Et puis il y avait cette ressemblance… Il avait les yeux de Beckett ! Et son sourire… Celui qui suffisait à illuminer la plus triste de ses journées. Cosmo était leur futur fils, il en était de plus en plus persuadé. Le problème étant désormais de trouver le moyen de le renvoyer dans son époque, là où était sa vraie place… Quel genre de fracture du continuum espace-temps cela pourrait produire s’il restait là ? Quelles en seraient les conséquences ? S’il en croyait le doc de retour vers le futur, ça serait catastrophique… Qu’est-ce qu’il se passerait quand quelques années plus tard Beckett le mettrait au monde alors qu’il serait déjà là à féliciter sa mère de l’avoir mis au monde… Il deviendrait son propre grand frère ! Wah ! Cette histoire commençait à avoir des ressemblances avec Terminator !
- Richard ! Tu m’écoutes ? répéta Gina pour la troisième fois.
- Mhm ? Oh pardon ! J’étais ailleurs ! Tu voulais quelque chose ? Un antidouleur ?
- Non merci ! Je te demandais combien de temps tu allais rester planté là à regarder dehors…
- Oh… Euh… J’attendais que ta colère s’apaise un peu. Alors ?
- … Alors quoi ?
- Tu es toujours furieuse ?
- Disons qu’une séance de SPA avec massage et une virée shoping devraient arranger ça, soupira-t-elle.
- ça marche, sourit-il… Tu sais, je ne voulais pas que ça se passe comme ça…
- Quoi donc ? Nos vacances ou ma chute ?
- Les deux.
- Tu vas retourner auprès d’eux ?
- Oui. Ils ont besoin de moi… J’aime à le penser du moins…
- Et nous ?
- Nous ?
- Tu sais bien de quoi je parle.
- Gina… Je…
- Tu as fait une erreur ? C'est ça?
- Je… Je me sentais vulnérable et tu as appelé… On a discuté et… Mais…
- On ne retrouvera pas ce qu’on a perdu, n’est-ce pas ?
- … Non. Je suis désolé…
- Ne le sois pas ! C’est sans doute mieux ainsi, on ne perd pas de temps à se faire des idées au moins… Nous deux c’est fini depuis longtemps, n’est-ce pas ?
- Oui, avoua-t-il.
- Tu l’aimes ?
Il leva les yeux vers elle, elle y lut sa réponse si facilement, qu’elle se demanda comment elle avait pu ignorer l’évidence. Lorsqu’il avait commencé à la suivre, elle avait d’abord pensé qu’il faisait un nouveau « caprice de star », mais aucun de ses caprices n’avaient duré aussi longtemps.
- Elle te rend heureux ?
- Oui, je peux dire que je suis heureux de faire partie de sa vie.
- Et elle ? Elle t’aime ?
- Je ne sais pas… Ma présence à ses côtés ne l’insupporte plus, en tout cas, sourit-il.
- Et ça te suffit ? S’étonna-t-elle.
- Pour le moment oui.
- Va la rejoindre, souffla-t-elle après un petit temps de silence.
- Quoi ? Mais…
- Va la rejoindre, répéta-t-elle. Je te remercie d’être venu ici avec moi, mais je vais bien maintenant, tu peux retourner auprès d’elle, je ne te retiens plus.
Cela lui coûtait de lui dire ça, il l'avait remarqué facilement. Elle avait espéré plus que lui de la renaissance de leur relation et il s’en sentit coupable. Cependant, elle restait digne, comme toujours. Il s’approcha et déposa un baiser sur son front avant de quitter la chambre. Il se rendit ensuite à l’accueil, s’occupa de régler tous les détails pour sa sortie le lendemain, puis prit un taxi en direction des Hamptons.
*****************
Les gars venaient d’arriver au poste, quand le capitaine Montgomery les aperçut et se précipita vers eux.
- Un souci avec Beckett ? Demanda-t-il.
- Non ! Non ! Chef ! Elle nous a demandé de venir aux nouvelles, c’est tout ! Répondit aussitôt Ryan. Vous avez du nouveau?
- Pas grand-chose, on continue de fouiller l’emploi du temps de notre victimes dans les jours qui ont précédé son exécution, mais on ne sait rien sur son mystérieux complice, c’est quelqu’un de diaboliquement prudent ! Téléphone prépayé avec puce désactivée, rencontres dans des lieux très discrets… Bref, on n’a rien, déplora le capitaine.
- Et pour les parents du petit ?
- Rien. Aucune disparition d’enfant répondant au nom de Cosmo Rodgers ou répondant à sa description n’a été signalée. D’ailleurs ce nom n’existe même pas dans les registres de l’état civil ! C’est comme s’il surgissait de nulle part. Ce gamin n’existe pas !
- Ou pas encore, ajouta Ryan.
- Sérieusement vieux ? Tu vas croire à cette histoire de gamin du futur ? Marmonna Esposito.
- Tu as une autre explication ? Demanda l’irlandais.
- … Pas pour le moment, rétorqua Esposito après réflexion, mais je trouverai !
Le téléphone du capitaine sonna dans son bureau, il s'excusa et s'éclipsa quelques instants.
- Hey ! Les gars ! Vous êtes de retour ? Lança le lieutenant Stevens qui passait près d’eux.
- Salut Stevens, on bosse ici, t’es pas au courant ? marmonna Esposito en se tournant vers lui.
- Si évidemment ! c’est juste que j’ai appris que Beckett et son témoin avaient été pris pour cible… Je pensais que… Comment vont-ils ?
- Secret défense, répliqua Ryan un peu sèchement.
- Wow ! Les gars ! C’est moi, voyons !
- On sait qui tu es Stevens, dit Esposito et d’habitude tu ne te mêles pas de nos enquêtes.
- Je prenais juste des nouvelles de Beckett, c’est tout, se défendit le détective.
- Ouais et bah retourne à ton boulot, on n’a pas le droit de parler de Beckett et de notre témoin.
- Ok, ok ! Répondit Stevens en s’éloignant vers son bureau.
Esposito se tourna de nouveau vers le tableau où étaient affichés les éléments de l’enquête.
- Bon, comme dirait Beckett, on va refaire le point et regarder cette affaire comme si on la découvrait pour la première fois… On a dû louper quelque chose… Ryan ?
Il se tourna vers son coéquipier, qui n’avait pas bougé d’un pouce et regardait toujours dans la direction de Stevens.
- Ryan, ça va? Demanda-t-il en reconnaissant l’air que son coéquipier prenait quand il réfléchissait intensément à un détail.
- Chouette tatouage, chuchota l’irlandais.
- Quoi ?
- Stevens porte un tee-shirt, on voit son tatouage…
- Et alors ?
- Une langue de serpent, des petits yeux rouges…
- … Et pas de nez, continua le latino en comprenant ce à quoi pensait son partenaire.
- Voldemort ! dirent-ils en même temps.
- Oh non ! Pas vous ! fit la voix du capitaine derrière eux.
- Capitaine ?
- J’ai déjà assez de Castle et Beckett, qui se font de la transmission de pensée ! Ne vous y mettez pas vous aussi!
Chapitre vingt-sept
Les gars se regardèrent, puis se tournèrent de nouveau vers le capitaine.
- Alors ? Demanda le capitaine, qu’est-ce qu’il se passe ?
- On devrait peut-être aller dans votre bureau, suggéra Esposito.
Le capitaine hocha la tête et se dirigea vers son bureau, suivi par ses deux lieutenants.
- Alors ? Que se passe-t-il ? Demanda Montgomery en fermant la porte derrière eux.
- Vous vous rappelez de ce que le gamin a dit au sujet du tueur ? Commença Ryan.
- Qu’il s’agissait de Voldemort, oui je me souviens, en quoi ça nous avance ? Son imaginaire d’enfant a dû faire un transfert pour parvenir à supporter ce qu’il a vu.
- Peut-être pas tant que ça, répliqua Ryan.
- Ne me dites pas que vous croyez vraiment que le tueur est Voldemort, s’inquiéta Montgomery, c’est bon pour Castle ce genre de loufoqueries !
- Le petit a dit qu’il avait des petits yeux rouges, une langue de serpent et pas de nez, ce qu’il a interprété comme étant Voldemort, mais si on s’en tient à sa description… ça correspond à la description de Stevens !
- Stevens a un nez et ses yeux ne sont pas rouges ! Le coupa le capitaine. Et même si certains le qualifient de langue de vipère, il n’en a pas moins une langue tout à fait normale pour un être humain !
- Je me suis mal exprimé, s’expliqua Ryan. En fait cette description correspond au tatouage de Stevens !
- Celui qu’il a sur le haut du bras, renchérit Esposito.
- Vous êtes en train de me dire que vous soupçonnez Stevens parce qu’il a un tatouage sur le haut du bras ?
- Et parce qu’il s’intéresse un peu trop à Beckett, argumenta aussitôt Esposito.
- Beaucoup d’hommes s’intéressent à Beckett, contra le capitaine en haussant les épaules, ça n’en fait pas un suspect.
- Dans ce cas pourquoi s’intéresse-t-il à elle justement aujourd’hui ? Demanda Esposito.
- Ouais ! Et il ne nous pose jamais de questions sur nos enquêtes d’habitude ! insista Ryan.
- … D’accord, soupira le capitaine, faites quelques recherches sur lui, mais restez discrets ! Si Stevens n’est pas notre tueur, il ne doit jamais savoir que nous l’avons soupçonné !
- Bien chef ! ça restera entre nous ! Assura Esposito.
Les deux lieutenants quittèrent le bureau du capitaine et s’isolèrent dans une salle de réunion afin de discuter loin des oreilles indiscrètes.
***************
Le jeune lieutenant Alexis Castle poussa la porte du loft et retrouva son père à l’exacte place où elle l’avait laissé lorsqu’elle était partie pour se rendre au travail ce matin-là. Il réfléchissait tout en tournant dans ses mains le petit objet qu’il avait trouvé dans la chambre de son fils.
- Tu as quand même pris le temps de manger un morceau, j’espère, lança-t-elle pour annoncer sa présence.
- Oh ! Salut chérie ! Je ne me laisse pas dépérir, si ça peut te rassurer, répondit-il avec un petit sourire peu convaincant. Du nouveau ?
- Non… désolée, souffla-t-elle.
- Ne le sois pas, je m’en doutais, vous ne le retrouverez pas, à moins d’avoir une machine à voyager dans le temps…
- Papa…
- Je sais, cette perspective n’est pas réjouissante, étant donné qu’on ne sait pas « quand » il se trouve. Pourvu qu’il ne soit pas retourné à l’époque des dinosaures ! Il n'a pas encore eu le droit de regarder Jurassik Park, il n'aura pas toutes les astuces pour se débrouiller face à ces bestioles!
- Papa, ce truc ne fonctionne pas ! Ça va faire des heures que tu le manipules !
- ça doit fonctionner ! Il n’y a pas moyen que ça ne fonctionne pas ! Persista-t-il enrageant face à son impuissance.
Alexis prit l’objet dans ses mains et l’observa à son tour. Elle repensa à son petit frère, le connaissant, il avait dû commencer par toucher à tous les boutons…
- Tu as essayé cette touche là ? Demanda-t-elle.
- J’ai essayé toutes les touches, répondit Rick en se laissant retomber en arrière pour s’enfoncer dans les coussins du canapé.
- Flynn a dû en faire autant, supposa-t-elle. Qu’est-ce qu’il aurait fait après ?
- Tu me crois ? S’étonna Castle en redressant la tête.
- Je pense que tu as eu raison suffisamment souvent pour que je n’écarte pas cette solution sans l’explorer, sourit-elle.
- T’es bien ma fille ! Se réjouit l’écrivain en la prenant dans ses bras.
- Bon alors ? Qu’est-ce qu’il aurait fait ensuite ? Redemanda la rouquine heureuse de voir son père un peu plus enjoué.
- Il l’aurait démonté, répondit-il en songeant à son téléphone qu’il avait retrouvé en morceau comme sa première machine à écrire, la cafetière et son arme de laser-Game.
- S’il l’avait complètement démonté, on ne l’aurait pas retrouvé en un seul morceau, répondit Alexis.
- Mhm... Tu as sans doute raison, c'est un expert en démontage, mais pour ce qui est de remonter...
Elle tourna l’objet et l’observa sous tous les angles.
- Là ! S’exclama-t-elle soudain.
- Quoi ?
- Il y a une sorte de petite trappe ! Je vais essayer de l’ouvrir…
- Sois prudente ! l’avertit Castle en posant une main sur son bras.
Alexis le dévisagea un instant, ne comprenant pas en quoi l’ouverture d’une petite trappe pouvait représenter un véritable danger.
- Elle m’a déjà coûté un enfant ! se justifia-t-il.
Elle lui sourit et tira sur la petite trappe.
- Qu’est-ce que c’est ? Demanda Rick.
- Un petit écran, répondit Alexis. Et il y a un petit bouton aussi… Il y a un « R » dessus…
- R ? qu’est-ce que ça peut signifier ? Reboot ?
- ou Retour !
- ça serait pratique si ton frère avait la machine, marmonna Rick Perplexe.
- Ca pourrait signifier Rappel aussi.
- ça rappellerait qui ? Doyle ?
- Qui sait ?
- Ou alors ça signifie Recherche ! ou Relancer !
- … Possible, répondit Alexis perplexe.
- Répertoire, Requête, Réseau, Restauration, Retouche, Révision, continua Rick.
- Tu vas me faire l’inventaire de tous les mots liés à l’informatique, qui commencent par la lettre R ?
- Le plus simple, c’est d’essayer pour savoir ! Conclut Rick en appuyant sur la touche avant d’avoir le temps de changer d’avis.
************
La nuit tombait, lorsque Castle arriva dans sa maison des Hamptons. Il passa la porte d’entrée, le calme régnait, à croire que tout le monde dormait. Il remarqua qu’il y avait de la lumière qui provenait du salon. Il s’y rendit et découvrit Beckett plongée dans la lecture de l’un de ses romans.
- Je savais que vous étiez fan, sourit-il en s’approchant d’elle.
- Ne vous emballez pas Castle, répondit-elle aussitôt, c’est uniquement parce que votre bibliothèque est remplie de vos bouquins. Je vais finir par croire que vous êtes narcissique…
- N’exagérez pas, il y a des dizaines d’autres bouquins dans ma bibliothèque ! Marmonna-t-il en s’asseyant à ses côtés sur le canapé.
- Et Gina ?
- Une légère fracture de la clavicule, mais elle s’en remettra, la rassura-t-il.
- Elle est toujours fâchée ?
- On s’est expliqué et ça s’est arrangé... en quelque sorte… Et Cosmo ? Où est-il ?
- La journée a été riche en émotions, il a dîné et je l’ai couché tôt.
- Tant mieux, sourit l’écrivain.
- On verra si ça vous réjouit autant quand il se lèvera aux aurores demain matin, répondit-elle en lui rendant son sourire.
- J’avais oublié ce genre de réjouissances qu’on a avec les enfants de cet âge! Je vous sers un verre de vin ? Proposa-t-il.
- Euh… Pourquoi pas ? accepta-t-elle en posant son livre se réjouissant d’avoir un petit moment en tête à tête avec lui.
Chapitre vingt-huit
- Alors ? Et vous ? Comment ça va ? Demanda-t-il en s’asseyant à ses côtés dans le canapé.
- Je vais bien.
- Plus de douleur ?
- Non.
- Les effets du décontractant se sont estompés ?
- Oui, vous pouvez être rassuré, je ne vais pas m’écrouler de rire sur votre canapé.
- Qu’en savez-vous ? Je suis quelqu’un de très drôle !
- On ne peut pas dire que vous m’ayez beaucoup fait rire ces derniers temps, rétorqua-t-elle avec une honnêteté qui la surprenait.
- … oui… Euh… j’ai cru comprendre que votre humeur n’était pas des meilleures… répondit-il en se souvenant des paroles des gars.
Elle ne répondit pas, se contentant de prendre une gorgée de son verre de vin pour éviter ce sujet épineux.
- Je peux vous poser une question ? Demanda-t-il après réflexion.
- Allez-y, mais je ne vous garantis pas que je vais y répondre ! Le taquina-t-elle.
- … C’est votre droit, accepta-t-il un brin déçu. Voilà, c’est à propos du jour où j’ai fait ma petite fête de départ au poste…
- Oh ! Se contenta-t-elle de répondre peu désireuse de repenser à ce soir-là et à l’immense déception qu’elle avait ressentie.
- Voilà... Euh, ça fait plusieurs fois que j’y repense et j’ai à chaque fois un peu plus l’impression que vous ne n’aviez pas demandé à me parler en privé uniquement pour me souhaiter de bonnes vacances… Est-ce que je me trompe ?
- Oh…Euh… Bafouilla-t-elle en rougissant et en se pinçant les lèvres… ça n’était pas important !
- J’avais raison donc, conclut-il face à sa réaction. Qu’est-ce que vous aviez l’intention de me dire ?
- Euh… Rien ! … ça n’a plus d’importance !
- Laissez-moi en juger, insista-t-il d’une voix douce. Vous disiez que vous n’étiez pas le genre de personne qu’on cerne facilement parce que, vous aviez tendance à garder ce que vous ressentiez pour vous.
- Vous vous souvenez de ça ? S’étonna-t-elle.
- Je n’oublie rien de ce que vous me dites, sourit-il avec cet air charmeur auquel elle ne restait jamais insensible. Vous vouliez que je sache que l’année que nous venions de passer à travailler côte à côte, avait vraiment été très agréable… D’ailleurs, j’ai moi-aussi particulièrement apprécié cette année ! Alors, Beckett, qu’est-ce que vous essayiez de me dire ?
- Rien ! Ça n’a plus d’importance maintenant ! Souffla-t-elle en plongeant son regard dans la contemplation de son verre de vin.
- Pourquoi mentez-vous ? Se fâcha-t-il légèrement.
- Pourquoi vous voulez savoir ça ? Pourquoi êtes-vous revenu ici, s’énerva-t-elle à son tour.
- Je suis chez moi ici ! Où voudriez-vous que je sois ? rétorqua-t-il en haussant la voix à son tour.
- Avec Gina ! Elle est blessée ! Votre place est à ses côtés !
- Ma place est ici ! S’emporta-t-il.
- POURQUOI? Cria-t-elle en se levant du canapé.
- J’ai rompu avec Gina ! Eclata-t-il en se dressant face à elle.
- Oh ! dit-elle alors que sa colère retombait aussitôt comme un soufflé raté. Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Elle a rompu à cause de l’accident ? Ou alors c’est parce qu’on vous a dérangé ? … Je pourrais peut-être lui parler, réfléchit-elle à voix haute, lui dire que ça n’était pas de votre faute, qu’on va trouver une autre planque…
- Non mais ce n’est pas bientôt fini ? S’agaça-t-il en l’attrapant par le poignet, vous le faites exprès ou quoi ?
- Pardon ?
- J’ai rompu avec Gina ! Répéta-t-il en accentuant les premiers mots.
- Vous… ? Pourquoi ?
- J’ai commis une erreur en proposant à Gina de partir en vacances avec moi pour essayer de recoller des morceaux qui ne vont même plus ensemble, expliqua-t-il en plongeant son regard dans le sien.
Elle resta un instant silencieuse, noyant son regard dans l’océan de celui de l’écrivain.
- Pourquoi ? Murmura-t-elle.
- Quoi ?
- Pourquoi l’avez-vous invitée ?
- Par dépit. Je venais de vous entendre accepter l’invitation de Demming pour le week-end, alors que vous aviez décliné la mienne. J’étais déçu, énervé même ! Alors j’ai fait n’importe quoi, avoua-t-il.
- Oh ! Se contenta-t-elle de dire en baissant la tête.
Elle n’avait décidément à s’en prendre qu’à elle-même pour ce fiasco.
- Vous ne m’avez toujours pas dit ce que vous vouliez me dire ce soir-là ! Lui rappela-t-il en prenant délicatement son menton pour lui faire relever la tête.
- Je…
Elle déglutit pour se donner le courage qui lui manquait.
- Je voulais vous dire que j’avais changé d’avis…
- Pour le week-end ? Ou…
- Pour les deux, avoua-t-elle. Je voulais accepter votre invitation pour le week-end et…
- Et ? Répéta-t-il plein d’espoir.
- Et nous donner une chance, souffla-t-elle. Je venais de rompre avec Demming pour nous laisser une chance…
- BON SANG ! S’écria-t-il si fort qu’elle sursauta.
- Oubliez ! S’empressa-t-elle de dire craignant l’avoir mis en colère. Je n’aurais jamais dü vous…
- SURTOUT PAS ! La coupa-t-il avant qu’elle ne dise quelque chose qu’ils regretteraient tous les deux.
- Mais vous…
- J’allais me traiter d’idiot ! J’ai réagi comme le dernier des idiots, expliqua-t-il en la regardant droit dans les yeux.
Elle sourit.
- On est deux idiots… Demming… c’était le choix de la raison, avoua-t-elle. Mon cœur me criait un tout autre choix.
- Je peux savoir lequel ? Demanda-t-il avec un petit sourire.
- Toi, répondit-elle en approchant ses lèvres des siennes.
Lentement, délicatement, savourant les quelques secondes qui les séparaient du moment où leurs lèvres se rencontreraient, lisant chacun dans le regard de l’autre le désir qu’il ressentait, ils comblèrent la distance entre eux.
Leur baiser fut d'abord doux, tendre, délicat, sucré, un peu timide. Ils se séparèrent et échangèrent un regard, un sourire, puis reprirent leur baiser, plus fougueusement, cette fois. Leurs langues se joignant à la danse, puis leurs mains. Elle enroula ses bras autour du cou de Rick, pressant son corps contre le sien autant que possible. Il posa ses mains sur ses hanches, les laissant dériver vers son joli postérieur. Leurs gémissements démontraient parfaitement le désir qu’ils avaient jusque-là refoulé et qui refaisait maintenant surface.
- Maman ! J’ai soif ! Fit la voix endormie de Cosmo derrière eux.
Beckett se décolla aussitôt de Castle et se précipita vers les escaliers au bas desquels se tenait le petit garçon.
- Viens dans la cuisine, je vais te servir un verre d’eau, dit-elle en le prenant par la main.
Il avait l’air complètement endormi. Elle s’en réjouit intérieurement. Quelques minutes plus tard et ils se seraient retrouvés dans une situation plutôt embarrassante.
- Vous alliez faire quoi ? Demanda alors Cosmo sans détour comme à son habitude.
Oups, finalement la situation était déjà embarrassante.
- Rien, rien ! On discutait, c’est tout, répondit-elle rougissante.
- Ah, se réjouit-il en se tournant vers Rick. Tu vois papa, j'avais raison: il suffisait de lui dire que tu l’aimais !
Rick lui sourit en hochant légèrement la tête, avant de murmurer dans un soupir :
- Pfff ! Notre relation commence à peine et on est déjà interrompu par notre gosse...
*******************
Alexis et son père retenaient leur souffle depuis plusieurs minutes, les yeux fixés sur le bidule de Doyle. Rick avait rapidement appuyé sur le bouton « R » avant d’avoir le temps de réfléchir et de se dire qu’il s’agissait là d’une mauvaise idée.
Mais il ne s’était rien passé. Ils étaient restés silencieux, espérant que le machin finisse par se mettre en route, cependant, les minutes passaient et ils devaient se rendre à l’évidence, ça n’avait pas fonctionné.
Rick lâcha le souffle qu’il retenait et ses épaules s’affaissèrent. Alexis lui frotta doucement le dos. Elle retenait difficilement ses larmes. Son père avait été tellement persuadé que ça fonctionnerait…
- On va le retrouver, murmura-t-elle. Je te promets qu’on va le retrouver.
Il se contenta de hocher la tête, le regard perdu.
- On va reprendre tout depuis le début, continua Alexis. On a dû louper quelque chose. Tu veux m’accompagner au poste demain ?
- Chérie, souffla-t-il, je te remercie pour ce que tu essayes de faire, mais…
- Pas de ça papa ! Le coupa-t-elle. On va le retrouver ! Il suffit de trouver tous les morceaux de l’histoire et de les réassembler !
- Tu as raison, répondit-il en esquissant un début de sourire. C’était une mauvaise piste, c’est tout ! Ce Doyle avait tout du charlatan, quand j’y repense.
- Bien ! J’aime mieux ça, se réjouit-elle. Au travail !
Elle avait à peine prononcé cette phrase, que trois coups frappés contre la porte d’entrée se firent entendre.
- Tu attendais quelqu’un ? S’étonna-t-elle.
- Non. Pas que je me souvienne… C’est peut-être ta grand-mère…
- Grand-mère habite ici, elle ne frapperait pas, elle a les clés, répondit-elle en se dirigeant vers la porte pour l’ouvrir.
- Euh, tu devrais peut-être sortir ton arme ! Conseilla-t-il en lui emboitant le pas.
Elle hocha la tête, sortit son arme et posa la main sur la poignée de la porte. Ils échangèrent un regard pour se mettre d’accord et elle ouvrit.
Rick se figea en découvrant l’identité de leur mystérieux visiteur.
Chapitre vingt-neuf
- OH! OH! S'écria l'homme en levant les mains face au canon de l'arme d'Alexis braqué sur lui. DU CALME! JE NE SUIS PAS ARMÉ!
- Doyle?! S'étonna Castle en reconnaissant le suspect de l'une de ses enquêtes avec Beckett.
- Il semblerait que vous m'ayez appelé, répondit l'homme en hésitant à baisser les mains devant l’air déterminé et intimidant de la rouquine.
- Quoi?... Alors il fonctionne ce bidule finalement? Dit Castle en haussant les sourcils.
- Papa? Tu connais cet homme? Demanda Alexis en baissant son arme, ce qui soulagea Doyle.
- C'est le propriétaire du bidule, expliqua Rick.
- Un terminal de distorsion spatio-temporelle, précisa Doyle. Un modèle XPZ3810 plus exactement. Quelle surprise quand j'ai reçu son signal, je pensais qu'il était hors service depuis des années!
- Ouais, moi aussi, marmonna Castle. Je devrais vous casser la figure d'ailleurs, à cause de vous, mon fils a disparu!
- Euh... La violence ne résoudrait rien... Bafouilla nerveusement Doyle... Attendez.... Votre fils a disparu à cause de moi?
- Il a joué avec votre terminal-machin un soir et le lendemain matin, il avait disparu, ça n'est pas une coïncidence!
- Ouais... Euh... Je peux entrer? On sera mieux à l'intérieur que sur le palier pour en discuter, suggéra Doyle.
Alexis et son père échangèrent un regard, puis Castle s'écarta du passage pour le laisser entrer.
Ils s'installèrent dans le salon et Alexis lui posa immédiatement la question qui lui brûlait les lèvres:
- Alors c'est vrai? Vous venez du futur?
- Oui, mais je n'ai pas le droit de vous en dire plus... Déjà que vous ne devriez pas être au courant...
- Oui, et bien il faudrait peut-être éviter de laisser traîner vos bidules, dans ce cas! Reprocha Castle.
- Il ne fonctionnait pas! C'est un prototype qu'on a très vite abandonné quand le télétransporteur temporel WZG9712 a été mis au point. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai été si surpris de voir sa balise de réception s'allumer! Comment avez-vous fait pour le remettre en marche?
- Alors ça... C'est à mon fils qu'il faudra le demander quand on le retrouvera, répondit Castle. Si tant est qu'il s'agit bien d'une machine pour voyager dans le temps et non une de vos arnaques!
- Comment ça une de mes arnaques? Vous n'étiez pas si obtus la dernière fois qu'on s'est rencontrés, se rappela Doyle.
- Malheureusement j'ai pu entre-temps réaliser que vos soi-disant connaissances du futur étaient erronées, rétorqua l'écrivain un peu froidement.
- Mes connaissances du futur? De quoi parlez-vous?
- Ma femme, le sénateur Beckett et nos trois enfants!
- Je ne vous ai pas menti, elle fera de grandes choses d'ailleurs à ce poste, elle a un peu de mal à garder l'esprit ouvert sur certaines choses, mais...
- Ma femme est morte, gronda Castle. Elle a été assassinée alors qu'elle devait faire une conférence sur la lutte contre la corruption! Elle a été piégée avec la complicité de ceux qui étaient censés la protéger ! Nous n’avons eu qu’un seul enfant et sa carrière de sénatrice a à peine eu le temps de commencer !
- Ah? Tiens c'est étrange ça...Pourtant ce matin encore, elle donnait une interview à propos de votre prix Pulitzer... Ou alors il s'agit de votre quatrième femme... Une autre Katherine Beckett…
- Papa, ce type est fou, murmura Alexis en retenant le bras de son père.
- Écoutez, Doyle, je n'ai pas de temps à perdre à écouter vos délires, mon fils de cinq ans a disparu!
- Cinq ans?! Comment un gamin de cinq ans a pu faire marcher ce truc?
- Ce que je me demande, c'est comment des scientifiques d’envergure ont pu décider d'utiliser un zigoto pareil pour un projet aussi important que le voyage dans le temps, s'étonna Alexis.
- Eh! J'ai un doctorat en physique quantique! S'offusqua Doyle.
- La belle affaire! Alors, vous allez vous décider à l'utiliser pour m'aider à retrouver mon fils? S'impatiente Castle.
- On pourrait peut-être prendre un café avant de commencer, non? Suggéra Doyle avant de reprendre son sérieux devant le regard glacial que Castle lui adressait. Ok... Pas de café... Pffffiou il n'est pas commode...
- Son petit garçon a disparu depuis cinq jours, personne ne serait commode dans une situation pareille, grinça Alexis en lui adressant un regard sévère.
- Ouais... Bon, dit Doyle en prenant l'objet, la touche que vous avez utilisée sert à envoyer un signal à l'unité centrale, c'est ce qui m'a permis de vous retrouver.
- Ça vous envoie les coordonnées de ce truc? Demanda Castle qui ne pouvait s’empêcher de se montrer curieux.
- Oui, ça fonctionne comme un GPS, mais en quatre dimensions, répondit Doyle comme si c’était évident.
- Et pour mon fils? S'il n'a pas ce bidule avec lui, on ne peut pas le localiser alors?
- Non, mais ne vous en faites pas, il suffit de consulter l'historique... Expliqua Doyle en pianotant sur une série de boutons.
- C'est un ordinateur? S'étonna l'écrivain.
- Non, mais c'est bourré de composants électroniques, comme la plupart des trucs de nos jours, enfin de « mes jours » !
- Ah oui?
- Oui! On téléphone avec nos brosses à dents, ce qui n’est pas aussi pratique et formidable que ce que la pub laissait entendre, nos montres nous font un Check up chaque matin au réveil et on reçoit directement les médicaments prescrits en cas de maladie en moins d'une heure!
- Wah! C'est... Incroyable !
- N’est-ce pas ? Regardez, ce matin ma montre m’a détecté un début de sinusite, j’ai reçu mes gouttes juste avant de recevoir votre appel…
- C’est un peu effrayant, non ? Dit Alexis.
- Bof, on s’habitue… Non, ce qui est effrayant, c’est votre maison qui vous dit bonjour le matin et vous choisit votre programme télé pour la soirée. La mienne m’a conseillé la 1254ème rediffusion de « la petite maison dans la prairie », hier soir ! J’ai une tête à regarder « la petite maison dans la prairie » ? Non mais franchement!
- …
- Ouais, de toute façon, cette invention est stupide, dit Doyle en se reconcentrant sur le bidule satio-temporel. Ah ! Voilà !
- Vous savez où il est ? demanda Castle plein d’espoir.
- Apparemment il a été envoyé dans le passé… à Central Parc en juillet 2010, plus exactement !
- En 2010 ? répéta Castle.
- Au moins il n’est pas retourné au temps des dinosaures, dit Alexis.
- Ouais… soupira Castle. Mais des prédateurs, il y en a encore de nos jours !
- Il faut qu’on le récupère et vite ! Approuva Alexis.
- Oui et il va encore falloir chercher, parce que grâce à ce truc on sait qu’il a atterrit dans Central Parc en juillet 2010, mais il n’a pas dû y rester, il s’est sans doute déplacé…Supposa castle.
- Allons-y tout de suite, dit la rouquine.
- Wow ! wow ! wow ! Les stoppa Doyle. Il n’est pas question que je vous emmène dans le passé ! Un voyageur clandestin c’est déjà beaucoup trop ! Je vais me faire passer un de ces savons ! Je vais y aller et je récupèrerai le gamin moi-même !
- Flynn n’acceptera jamais de suivre quelqu’un qu’il ne connait pas, rétorqua Castle.
- C’est un gosse, je saurai me débrouiller !
- Ne le sous-estimez pas, il est très malin et débrouillard, dit Castle.
- … Bon d’accord, je vous emmène, mais seulement vous Castle ! Et vous devrez faire ce que je vous dis et ne parler à personne, c’est clair ?
- Très clair ! Dit Castle en se levant.
- Sois prudent papa…
- Ne t’en fais pas mon ange, je serai vite de retour avec ton petit frère, promit Rick en embrassant sa fille sur le front.