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Série : Castle
Création : 30.05.2015 à 15h46
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Coucou! Me voilà de retour avec une nouvelle histoire, qui vous plaira, j'espère. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
Chapitre trente
La lumière inondait la pièce, perturbant le sommeil de ses occupants ou plutôt de l’un de ses occupants, les deux autres dormant encore comme des bienheureux. Grognon, Rick tenta de rester un peu plus longtemps dans la douceur ouatée de l’univers de ses songes en remontant le drap sur son visage. Pourquoi s’était-il contenté de tirer les rideaux avant de se mettre au lit ?
Un mouvement à côté de lui attira son attention, une main s’éleva pour écarter le drap, puis vint se poser délicatement sur son torse. Intrigué, il garda cependant les yeux fermés, son esprit était encore un peu embrumé, il préférait le laisser émerger tranquillement et ne pas affronter directement une réalité qui pourrait s’avérer difficile. Doucement, il déplaça sa main pour venir tâtonner le bras étranger. Il apprécia d’abord la douceur de sa peau, qu’il prit le temps de caresser. Une délicieuse odeur de cerise vint ensuite lui chatouiller les narines. Etait-ce possible ? Il n’osait y croire, par réflexe et pour en avoir le cœur net, il le pinça, ce qui lui valut une tape sur la main et un léger râle de protestation.
- Aïe ! Qu’est-ce qu’il te prend ?
- Beckett ? Wah… Si c’est un rêve, je ne veux plus me réveiller, murmura-t-il avec un sourire niais.
- Mhm… SHHH… Protesta-t-elle.
- Si c’est réel, c’est encore mieux, parce que rien ne vaut un rêve qui devient réalité ! continua-t-il en ouvrant les yeux pour s’assurer qu’il s’agissait bien là de sa muse.
- Castle, ferme-la… Marmonna Beckett en venant nicher son nez contre son épaule.
- Wah ! Alors comme ça tu es aussi grincheuse au réveil, constata-t-il.
- C’est ta faute aussi, marmonna-t-elle, qu’est-ce que c’est que ce vin que tu m’as fait goûter ?
- La belle excuse ! ça va être la faute de mon vin, mainten… Outch!
Un pied vint s’écraser contre sa figure. Un tout petit pied.
- Je n’avais jamais remarqué que tu avais des pieds aussi petits ! S’étonna l’écrivain en l’écartant délicatement de son visage pour l'admirer.
- Toi aussi le vin te perturbe, sourit-elle en levant la tête. C’est pas mon pied !
- Comment ça c’est pas ton pied ? C’est pas le mien non plus !
- Je ne suis pas aussi souple que ça Castle, réfléchis !
- Alors à qui il est ce pied ? Demanda-t-il en le chatouillant délicatement du bout des doigts.
Un rire enfantin fusa aussitôt et le pied se mit aussitôt à gigoter dans tous les sens pour tenter d’échapper à l’emprise de Rick. Il fut bientôt rejoint par son jumeau, que Castle évita de justesse.
- Ah ! Ah ! Ah ! Papa ! Arrête ! Parvint difficilement à articuler Cosmo mort de rire.
- ça t’apprendra à envahir mon lit ! Ricana Castle en augmentant le rythme de ses chatouilles.
- C’est toi qui est dans mon lit ! Rétorqua Cosmo en envoyant ce qu’il tenait dans la main dans sa direction.
Rick reçut un bon coup sur le visage de quelque chose qui ressemblait à un petit oreiller ou une peluche. Il lâcha prise pour attraper le projectile.
- Un lapin ? S’étonna-t-il qu’est-ce que ce truc fait dans mon lit, s’étonna-t-il.
- C’est mon lapin ! dit Cosmo en s’asseyant, et c’est mon lit aussi !
- T’es sûr ?
- Bah oui ! Regarde ! On est dans la chambre bleue !
Rick prit le temps de regarder autour de lui. Pas de doute, il n’était pas dans sa chambre.
- Ah oui, tiens ? Qu’est-ce que je fais là ?
- Flynn a fait un cauchemar cette nuit, répondit Kate en se redressant à son tour, tirant un trait sur sa grasse matinée.
- … Oh !... C’est vrai, je me rappelle, marmonna Rick en se remémorant les évènements de la nuit précédente.
Beckett et lui s’étaient enfin décidés à se laisser une chance, ils s’étaient embrassés et Flynn s’était réveillé et avait réclamé un verre d’eau. Beckett s’était occupée de lui et pendant qu’elle le reconduisait dans sa chambre, il avait choisi une musique d’ambiance et était allé chercher sa meilleure bouteille de vin dans sa cave. Elle était revenue, ils avaient discuté, dansé et flirté en dégustant le vin rouge que Kate avait semblé particulièrement apprécier. Tout se passait parfaitement bien, jusqu’aux cris du petit. Il avait été terrorisé par son cauchemar et ils avaient mis du temps à le calmer. Beckett l’avait rassuré, il lui avait raconté ses meilleures histoires pour enfant, celles dont Alexis raffolait quand elle était petite…
- On s’est endormis, constata Castle un peu dépité.
- C’est pas grave Castle, un câlin, c’est bien aussi, le taquina Beckett.
- Deux fois ! bougonna Castle en regardant l’enfant avec un air plein de reproches.
- C’était pas sa faute, le défendit Kate.
- Ah bravo ! Tu n’es pas encore sa mère et tu prends déjà parti pour lui ! Marmonna Castle boudeur.
Elle déposa un tendre baiser sur les lèvres de son écrivain.
- Fais pas cette tête-là Castle, sourit-elle, ce n’est que partie remise.
Cette petite marque de tendresse et cette promesse eurent un effet immédiat sur lui et le visage de Castle se radoucit. Il la prit dans ses bras et la fit s’asseoir sur ses genoux. Elle sourit à son tour et enroula ses bras autour de son cou avant de venir picorer son visage de petits baisers.
Cosmo récupéra son lapin pour le blottir contre lui et les regarda avec un immense sourire sur les lèvres.
- Qu’est-ce que tu as à sourire comme ça ? Demanda Castle.
- Je suis content, répondit-il toujours souriant, je vais l’avoir mon grand frère !
- Quoi ? Réagit aussitôt Beckett alors que Rick faisait signe à son fils de se taire.
- Rien ! Répondit aussitôt Castle avec son air de gamin qui vient de faire une bêtise.
- Qu’est-ce que vous manigancez tous les deux ? Demanda-t-elle suspicieuse.
- C’est un secret entre mecs ! Répondit Cosmo avec le même air que celui de Castle ce qui eut pour effet de troubler Beckett au point de lui clouer le bec.
Le père et le fils échangèrent un sourire complice, Beckett roula des yeux et se dirigea vers la sortie.
- Je vais mettre le café en route !
- Elle est agacée, constata Cosmo en se retenant de rire.
- Ouais, elle est rigolote dans ces cas-là, répondit Rick. Hé, mais dis-moi, qu’est ce que c’est que cette peluche ? Je ne l’avais jamais vue jusque-là.
- C’est maman qui me l’a achetée hier quand on est allé se balader en ville, expliqua le petit garçon en lui tendant le lapin. Il s’appelle Bunny ! Et tu sais ce qui est marrant ?
- Non. Qu’est ce qui est marrant ?
- C’est la même peluche que celle que j’ai à la maison… Celle du futur, précisa l’enfant.
- C’est toi qui l’a choisie ?
- Non, c’est maman, elle m’a fait la surprise ! Celle du futur aussi, c’est elle qui me l’a offerte !
- Effectivement, approuva Castle, c’est une drôle de coïncidence ! Allez viens, allons prendre notre petit déjeuner ! On a une longue journée devant nous. Il faut que nous trouvions un moyen de te ramener chez toi.
- Dis ?
- Oui ?
- Si on n’arrive pas à me renvoyer dans le futur… Je pourrais rester avec maman et toi ?
- Eh bien, on n’en est pas là, mais je te promets qu’on ne te laissera pas tomber, promit Castle.
Rassuré, l’enfant sourit, l’embrassa et l’accompagna jusque dans la cuisine.
**************
Castle ressentit d’abord une secousse, ce qui le fit légèrement émerger des limbes dans lesquels il était plongé. Le chant des oiseaux, le bruissement des feuillages et l’odeur de la terre, qui envahissait ses narines, lui indiquèrent qu’il ne se trouvait pas dans son lit. Et son corps endolori lui rappela ses pires souvenirs de camping. Pas de doute, non seulement il n’était pas dans son lit, mais en plus, il était dehors, étendu sur le sol, dans l’herbe, plus précisément.
Il ressentit une nouvelle secousse, plus forte que la précédente et se décida à ouvrir les yeux.
- Enfin ! On peut dire que vous avez le sommeil plutôt lourd, vous !
- Doyle ?
- Bah oui ! Qui croyiez-vous que j’étais ?
Rick se redressa doucement en position assise, il était assez désorienté et cherchait à se remémorer les circonstances qui l’avaient amené là.
- Où… Où sommes-nous ? Bredouilla-t-il l’air perdu.
- A Central Parc, répondit Doyle. Là où votre fils a été envoyé.
- … On a vraiment voyagé dans le temps ? Demanda Castle en se frottant les tempes pour tenter de faire disparaître le mal de crâne qu’il ressentait.
- Bien sûr ! Tenez, prenez ça, ça vous soulagera, dit Doyle en lui tendant une pilule.
- Qu’est-ce que c’est ?
- De quoi atténuer votre mal de transport, ça fait souvent ça la première fois.
Castle se souvint alors de la sensation plus que désagréable qu’il avait ressentie lorsque son compagnon avait lancé la procédure pour remonter le temps. Il avait eu l’impression d’être compressé pour être réduit à la taille d’une minuscule molécule puis secoué comme si on l’avait fait passer dans une centrifugeuse. Il redoutait déjà le moment où ils devraient prendre le chemin du retour ! Il avala la pilule sans se poser de question, puis se leva.
- Allez venez, on n’a pas de temps à perdre, si on veut trouver votre fils.
- où est-il ?
- Il a dû atterrir quelque part par-là, vers ce bosquet !
- Il n’est pas très précis votre GPS, observa l’écrivain.
- C’était l’un des premiers prototypes, il est loin d’être aussi performant que le dernier modèle !
- Vous avez toujours une bonne excuse, n’est-ce pas ? Marmonna Castle en suivant Doyle.
- Oh, mais c’est que vous êtes plutôt grognon au réveil, vous !
Ils fouillèrent les environs, puis étendirent leurs recherches, mais au bout de plusieurs heures, ils furent obligés de se rendre à l’évidence, ils avaient raté le petit garçon.
- Eh ben ! On peut dire que vous êtes drôlement efficace, vous, râla Castle en se laissant tomber sur un banc, épuisé et perdant espoir.
- Mais c’est de votre faute, aussi ! Se défendit Doyle, si je n’avais pas dû passer plus d’une demi-heure à vous sortir des vapes, le gosse n’aurait pas eu le temps de s’éloigner de là !
- Qu’est-ce qu’on fait alors ? Demanda Castle. On n’arrive déjà pas à le trouver dans Central parc !
- Attendez, je vais vérifier quelque chose, répondit Doyle en pianotant sur sa montre. Ah !
- Ah quoi ?
- Je viens de consulter les archives de 2010 et j’ai trouvé le signalement d’un enfant trouvé, qui correspond à votre fils !
- C’est une base de données ?
- Non, mais c’est relié à notre base de données dans le futur. On y a répertorié toutes les archives des journaux locaux, du NYPD et même celles du FBI !
- C’est super cool ! Et vous avez aussi répertorié les résultats des tirages de la loterie et des rencontres sportives ?
- Non ! C’est interdit voyons ! Nous faisons ça pour la Science ! Pas pour notre profit personnel !
- On croirait entendre ma femme… Elle avait aussi ce petit côté rabat-joie parfois… Alors, où est mon fils ?
- Disons que je sais où il sera dans cinq jours…
- Oh non !
- Et si ! Prêt pour un petit saut dans le temps de cinq jours ? Sourit Doyle.
- Heureusement que je n’ai pas encore pris mon petit déjeuner, marmonna Castle, qui se sentait déjà nauséeux.
- Allez, vous verrez, on finit par s'y habituer, le consola Doyle.
- Je n'aurais pas à m'y habituer, si vous aviez pris le temps de réfléchir avant d'agir!
- Comment ça?
- Vous auriez peut-être dû commencer par consulter votre super base de données, avant de partir à l'aveuglette!
- Arrêtez donc de râler un peu, vous devriez être content, vous avez eu droit à un tour gratis!
- Ouais, enfin, c'est pas comme si on parlait du grand huit de Conney Island! Votre truc est beaucoup moins marrant!
Chapitre trente et un
- Ça va mieux? Demanda Doyle en tendant à Castle la cannette de jus de fruit qu'il venait d'acheter.
- Ne vous en faites pas pour moi, marmonna Rick en prenant la cannette.
- Vous êtes sûr? Vous êtes encore très vert...
- Ça finira par passer, répondit Rick. Le plus important, c'est de trouver mon fils. Alors, où est-il?
- Eh bien d'après les archives, il a été retrouvé et pris en charge par la police de New-York. La brigade du douzième district, pour être plus précis.
- Il est... A la douzième? Répéta Castle la voix étranglée par l'émotion.
- Euh... Oui... Mais attendez! Vous ne pouvez pas y aller comme ça! Le stoppa Doyle alors que Castle s'était déjà levé et mis en marche.
- Et pourquoi?!
- Vous êtes en deux exemplaires ici! Vous imaginez un peu le bazar si vous vous pointez là-bas et que vous tombez nez à nez avec vous-même?
- Euh... Ça serait si terrible que ça?
- Pire encore! Ça pourrait créer un conflit spatio-temporel, ce qui déchirerait le Continuum espace-temps, expliqua Doyle en prenant des intonation démentes, ce qui nous bloquerait ici pour le reste de nos vies! ou alors ça... Euh...
- En fait vous n'en savez rien du tout, hein? Devina Castle.
- Euh... Non, rien du tout... Mais il vaut mieux ne pas prendre de risque.
- Qu'est-ce qu'on fait alors?
- Je vais y aller tout seul, vous n'aurez qu'à m'attendre ici...
- Flynn ne suivra jamais un inconnu et Beckett ne vous le confiera jamais s'il refuse de vous suivre! Rétorqua Castle avant de s'arrêter brusquement. Oh bon sang!
- Quoi?
- Beckett! Elle est ici! Elle est en vie! Dit-il en s'élançant dans la direction du douzième prescinct.
- Attendez! Vous ne pouvez pas y aller! Cria Doyle en lui courant après.
- Alors ça! Je m'en moque comme de ma première paire de chaussettes! Rétorqua Castle sans s'arrêter. Elle est en vie! C'est tout ce qui compte!
- Ah oui? Et bien imaginez qu'elle soit déjà avec vous enfin votre autre vous et qu'elle ait une crise cardiaque en vous voyant sortir de l'ascenseur!
Rick s'arrêta, il semblait prendre les arguments de Doyle en compte.
- Elle n'est pas cardiaque!
- Peut-être, mais elle est trop rationnelle pour pouvoir intégrer une telle histoire! Le choc serait trop grand!
- Elle est plus solide que vous ne semblez l'imaginer, s'entêta Castle en reprenant sa marche.
- Prenez au moins le temps de vous rendre méconnaissable! Suggéra Doyle.
- ... Vous voyez que quand vous y mettez du votre, vous réussissez à avoir de bonnes idées, sourit Castle. Attendez-moi là, je serai de retour dans vingt minutes!
- D'accord, mais ne faites pas de bêtise! L'avertit Doyle.
- Vous me connaissez, répondit Castle.
- Oui et bien justement!
Castle se contenta de faire un O avec ses doigts, pour lui signifier que tout était sous contrôle, ce qui inquiéta Doyle et partit.
Il revint comme il l’avait annoncé vingt minutes plus tard.
- Salut !
- Euh salut… répondit Doyle méfiant face à l’énergumène qui venait de se planter devant lui.
- On y va ? Se contenta de dire l’homme en face de lui.
- Euh… Désolé, mais j’attends… Oh ! Non, c’est pas vrai ! Qu'est-ce que c'est que cette tenue? Demanda Doyle qui venait de reconnaître Rick.
- Ma tenue de camouflage, bien sûr ! Répondit Castle. Comme vous me l’avez si bien fait remarquer, je suis en deux exemplaires ici! Il ne faudrait pas qu'on me reconnaisse! Le monde ne peut compter qu'un seul Richard Castle à la fois...
- Oui, mais là…
- Quoi ?
- Comment dire ? … Vous n’auriez pas pu trouver plus euh… passe-partout ?
- Bah qu’est-ce qu’elle a ma tenue ?
- On dirait un gangster !
- Elle est parfaite ! La preuve, vous ne m’avez pas reconnu !
- Oui, mais… Déjà que le costume et le borsalino, ça faisait penser à remake du parrain… Mais la perruque blonde…
- Je sais, c’est génial ! C’est la même que celle que portait Bruce Willis dans l’armée des 12 singes, répondit Castle avec un large sourire.
- Et les lunettes ? C’était indispensable ?
- C’est le meilleur déguisement au monde ! Demandez à Clark Kent !
- On n’est pas dans un film ni dans une Bande Dessinée là, Castle. Ils vous reconnaîtront !
- Ok, et comme ça ? Demanda Castle après avoir échangé ses lunettes contre une autre paire, solaire cette fois.
- Là, ça fait très men in black, à part pour la perruque…
- Alors c’est parfait, sourit Castle.
- Personne n’acceptera de vous confier un gamin avec une dégaine pareille !
- Flynn me reconnaitra, assura Castle. Il leur confirmera que je suis bien son père.
- Ouais… Je l’espère… Soupira Doyle. En attendant, j’ai préparé des papiers d’identité pour votre fils et vous. Tenez !
- Wah ! C’est super rapide ! répondit Castle admiratif.
- C’est ce qu’il y a de bien avec les voyages dans le temps ! On n’a plus besoin d’attendre, il suffit de demander les documents pour hier !
- …?
- J’ai remonté le temps jusqu’à hier et j’ai demandé les papiers, expliqua Doyle, je les ai reçu aujourd’hui !
- J’ai l’impression d’être Marty Mac Fly quand le doc lui explique ses plans, souffla Castle. Enfin, l’important, c’est qu’on ait les faux papiers pour Flynn, j’espère qu’ils n’y verront que du feu.
- Pffou ! Pensez-vous ! Ils se font tous avoir tout le temps, répondit Doyle en agitant la main comme s’il chassait cette idée saugrenue.
- Ne les sous-estimez pas, on parle de flics là ! D’une sacrément bonne équipe, même ! rétorqua Castle en lui emboîtant le pas.
Peu de temps après, Castle et Doyle sortaient de l’ascenseur à l’étage de la criminelle de la douzième brigade. Ils s’avancèrent vers les bureaux et Castle eut un premier pincement au cœur en reconnaissant le bureau de Kate. Il était impeccablement rangé, comme à son habitude. Sa chaise trônait juste à côté. Il se souvint des heures qu'il avait passées là, installé dessus à ne rien faire d’autre que la regarder. Elle trouvait ça flippant, il aurait juste voulu que ça ne s’arrête jamais. Il passa deux doigts sous ses lunettes pour tenter de contenir l’émotion qui l’envahissait.
Lorsqu’il se fut repris, il reporta son regard sur les éléphants posés sur le bureau. S’ils avaient su qu’ils cachaient la preuve qu’ils avaient toujours cherché… Délicatement, il les prit dans ses mains. Il pourrait peut-être… Cela semblait si facile. Ils arrêteraient Bracken et éviteraient ainsi la mort de plusieurs personnes… Kate ne serait pas grièvement blessée dans ce cimetière, elle s’ouvrirait plus vite à lui… Ou elle resterait avec Josh… Il avait failli l’oublier lui ! Satané docteur mobylette… Cette idée lui fit froid dans le dos.Le doc Brown avait raison, modifier le passé pouvait être très dangereux...
Etait-elle déjà avec Josh ? Elle l’avait rencontré cet été-là, quand il était parti dans les Hamptons avec Gina… Encore une belle erreur… Peut-être qu’il pouvait réparer ça ? Il suffisait de… Il repensa à la date à laquelle il se trouvait. Non, il était trop tard, il se prélassait déjà dans sa piscine avec sa seconde ex-femme à cette époque…
- Je reposerais ce truc, si j’étais vous, dit une voix qu’il connaissait bien derrière-lui.
- Esposito ! Se réjouit Castle en se tournant vers lui.
- C’est lieutenant Esposito pour toi le chevelu, rétorqua l’hispanique en fronçant les sourcils.
- Oh ! Euh ! Oui, lieutenant, bafouilla Castle, je ne faisais que jeter un œil, ils sont très jolis !
- Et ils ne vous appartiennent pas, alors reposez-les délicatement, leur propriétaire a la gâchette facile, quand on touche à ses affaires !
- Ok ! répondit Castle en obtempérant. Justement, j’aimerais voir la voir, elle est là ?
- Non, elle n’est pas là, répondit froidement Esposito. Pourquoi ? Qu’est-ce que vous lui voulez ? Et puis c’est quoi cette dégaine ?
- Euh… C’est ma dégaine… C’est tout… Bégaya Castle alors que le latino le dévisageait d’un air méfiant et intimidant.
- Pourquoi vous voulez voir Beckett ?
- C’est… Euh… Je cherche mon fils…
- Votre fils ? Répéta Esposito incrédule.
- Oui mon fils ! Il a cinq ans, châtain, les yeux brun-vert, il fait cette taille environ, expliqua Rick en montrant avec la main la hauteur approximative de son fils. Il s’appelle Cosmo…
- Cosmo ? Sérieusement ? Qui choisirait d’appeler son fils Cosmo ?
- Euh… Moi… Mais il se fait appeler Flynn !
- Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Demanda le capitaine Montgomery en sortant de son bureau.
Castle se figea en l’apercevant, il avait l’impression de voir un fantôme, ce qui n’était pas très éloigné de la réalité après tout.
- Bah c’est ce type, chef, répondit Esposito en montrant Castle du doigt, il dit qu’il cherche son fils…
- Son fils ?
- Cosmo Rodgers ! dit Castle en hochant la tête, mais il préfère qu’on l’appelle Flynn !
- Tu m’étonnes, railla Esposito, il n’a pas envie de se faire botter les fesses à la récré !
- Ce n’est pas le service des enfants disparus ici, répondit Montgomery.
- Je sais, mais on m’a dit qu’un enfant correspondant à sa description avait été amené chez vous, répliqua Castle.
- Ah bon ? Et qui ça ?
- Oh… Euh… C’est lui, répondit Castle en désignant Doyle, qui restait un peu trop silencieux à son goût.
- Tiens donc ? Et vous êtes ?
- Euh… Simon Jenkins, des services sociaux, répondit Doyle en sortant une carte.
Visiblement il avait tout prévu, ce qui impressionna Castle. Montgomery examina consciencieusement la carte.
- Vous nous avez appelés pour nous signalé un enfant perdu, expliqua Doyle, et quand monsieur Rodgers est venu nous signaler la disparition de son fils, j’ai fait le rapprochement…
- Depuis quand votre fils a-t-il disparu, monsieur Rodgers ? Demanda Montgomery suspicieux.
- Euh… Plusieurs jours, répondit Castle mal à l’aise.
- Et c’est maintenant que vous vous décidez à le chercher ?
Oh là là ! Alerte rouge ! Terrain glissant ! il fallait absolument trouver une histoire crédible, parce que là le capitaine Montgomery avait mis en route son radar à mauvais parents.
- Ce n’est pas ce que vous croyez ! Dit rapidement Castle. Je… j’étais en voyage d’affaires et Cosmo était gardé par une baby-sitter… Elle a pris peur lorsqu’elle l’a perdu, alors elle a essayé de le retrouver par elle-même… Elle n’a avoué sa faute que lorsque je suis rentré ce matin…
- Eh bien, vous feriez mieux de changer de baby-sitter, conseilla Montgomery ! Votre fils a été retrouvé dans une ruelle où il se planquait après avoir été témoin d’un meurtre !
- Vous plaisantez ?
- J’ai une tête à plaisanter ?
- Euh… Non… Où est-il ?
- En sécurité sous la protection de mon meilleur lieutenant, répondit Montgomery. Je le ferai venir ici quand je serai absolument certain que vous êtes son père.
- Ce qui est normal ! Approuva Castle. J’ai amené des papiers qui le prou…
Castle venait de se figer.
- Qu’est-ce que vous avez ? Demanda le capitaine Montgomery avant de se faire bousculer par Castle, qui se précipitait vers Stevens en hurlant.
- ESPECE D’ORDURE ! JE VAIS TE FAIRE LA PEAU !
Chapitre trente-deux
- Oh bon sang ! Soupira Doyle en secouant la tête. Je savais que c’était une mauvaise idée d’emmener un civil… Je vais me prendre un de ces savons en rentrant…
Arrivé à la hauteur de Stevens, Castle lui balança un violent coup de poing en plein visage. Stevens retomba lourdement en arrière et s’écrasa sur le sol à moitié sonné. L'écrivain n'en resta pas là, la vue de son pire ennemi pissant le sang par le nez ne le soulageait pas. Il voulait le faire souffrir autant que lui avait souffert. Il voulait sentir ses os se briser sous ses coups un à un. Il se mit à le frapper encore et encore, chaque coup porté réveillant sa douleur et son désespoir.
Esposito et Montgomery se précipitèrent pour empêcher Castle de s’acharner sur leur collègue. Mais l’écrivain était comme possédé, il frappait Stevens encore et encore, il fallut le renfort de Ryan et de deux autres hommes pour réussir à l’arrêter. Esposito se prit d’ailleurs un bon coup de coude dans le nez dans la manœuvre.
***********
Le capitaine Montgomery fit coulisser la porte de la cellule dans laquelle il venait d’amener Rick. Dès lors qu'ils l'avaient immobilisé, l'homme avait cessé de s'agiter. Il avait regardé les secourites se précipiter vers Stevens et s'était laissé passé les menottes sans un mot.
Quelque chose l’interpelait chez cet homme, il avait vraiment l’air de souffrir. Il ne savait pas ce que Stevens lui avait fait, mais il se doutait que c’était quelque chose de très grave.
Castle se laissa tomber sur la banquette derrière lui. Il était complètement abattu, anéanti par la rage qui venait de le consumer.
- Vous ne voulez toujours pas m’expliquer ce qu’il vous a pris ? Demanda le capitaine.
- …
- Frapper un lieutenant de police, c’est très grave, vous encourez une peine assez lourde, continua-t-il.
- …
- Ecoutez, soupira Montgomery, vous murer dans le silence ne vous aidera pas…
- …
- Comme vous voudrez, soupira le capitaine en retournant vers les bureaux.
Pendant ce temps, dans les Hamptons, Castle, Beckett et Cosmo revenaient de leur balade en bateau. Cosmo gambadait joyeusement devant eux en dégustant une énorme glace à la fraise. Délicatement, Castle effleura la main de Beckett, elle tourna la tête, lui sourit tendrement, lui prit la main et posa sa tête sur son épaule. Le visage de l’écrivain s’illumina, qui aurait cru que la grande détective Kate Beckett se transformait en marshmallow tout tendre lorsqu’elle quittait son uniforme ?
La sonnerie du téléphone de Kate mit fin à leur petite bulle de félicité.
- Beckett ! Dit-elle en décrochant.
- …
- Salut Espo ! T’as du nouveau ?
- ...
- Quoi ? Quand ça ?
- …
- Il a fait quoi ?!!!
- …
- On arrive ! Répondit-elle avant de raccrocher.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda Rick remarquant l’énervement soudain de sa muse.
- Le père de Flynn est au poste, répondit-elle ne sachant pas vraiment s’il s’agissait là d’une bonne nouvelle.
- Je croyais que c’était moi son père, s’étonna Rick, ou plutôt que j’allais le devenir dans quelques années…
- Ouais, eh bien soit tu trouveras le moyen de voyager dans le temps, ce qui te connaissant ne m’étonnerait qu’à moitié, soit tu ressembles à son père et Flynn a simplement tout mélangé.
- Je ne pense pas qu’il se tromperait au point de confondre son père avec une autre personne…
- Qui sait ? Il parait qu’on a tous un sosie dans le monde, tu dois être celui du père de Flynn…
- Ouais, je préfère l’histoire de voyage dans le temps… Marmonna-t-il peu convaincu.
- Tu préfères te voir avec quelques années de plus ? Sourit-elle un brin taquine. Avec quelques rides et des cheveux gris ?
- Je ne serai pas si vieux en 2022… bougonna-t-il.
- Douze ans, Castle ! Ça vous change un homme, rigola-t-elle, je me demande si tu auras de la brioche… Ou pire, un début de calvitie !
- Pourquoi aurai-je de la calvitie ? Et de la brioche ?
- Les cheeseburger, la guimauvelette… C’est pas recommandé si on veut garder la ligne, le taquina-t-elle. Quant à la calvitie... ça arrive à beaucoup d'hommes...
- Ouais... Heureusement que tu me trouveras toujours aussi séduisant malgré tout !
- …
- Quoi ?! Tu ne me trouveras plus séduisant ? Paniqua-t-il.
- J’ai pas dit ça Castle !
- Mais tu n’as pas nié !
- Arrête de te faire des films ! On doit se dépêcher de retourner au poste !
- C’est ça, change de sujet ! Marmonna-t-il. C’est pas si urgent, on peut prendre le temps de finir notre conversation.
- Le soi-disant père de Flynn a passé Stevens à tabac en le traitant d’ordure, il est en cellule.
- Pourquoi est-ce que je frapperais Stevens ? Se demanda Castle.
- On parle du père de Flynn, pas de toi, rétorqua Beckett.
- Bah ça revient au même, puisque je serai lui dans quelques années !
- Castle...! soupira Beckett.
*************
- Est-ce que je peux le voir ? Demanda Doyle.
- Pourquoi faire ? Vous n’êtes qu’un agent des services sociaux, répondit Montgomery suspicieux.
- Oui, mais en l’aidant, j’aide le petit, il est ma priorité, dit Doyle en tentant d’être crédible.
- Ecoutez, votre ami a frappé un flic, au point de l’envoyer à l’hôpital, alors non, vous n’êtes pas là de le voir.
- Mais vous ne pouvez pas le garder en cellule, voyons ! Il doit récupérer son fils au plus vite et rentrer chez lui avant que cette histoire ne tourne à la catastrophe ! Insista Doyle.
- La catastrophe, il l’a déjà commise, alors si vous êtes son ami, trouvez lui un bon avocat ! Rétorqua Montgomery. Maintenant, excusez-moi, mais j’ai du travail !
- Oh bravo ! Soupira Doyle. Comment je vais faire pour tout remettre en ordre moi maintenant ?
Beckett sortit de l’ascenseur en compagnie de Castle et de Cosmo, ils passèrent devant Doyle sans lui prêter attention.
- Vous avez attrapé le méchant, capitaine Montgomery ? Demanda le garçonnet.
- Euh… C’est en cours, répondit le capitaine pour ne pas l’inquiéter.
- Hey bonhomme, et si tu allais avec Castle en salle de repos ? Je suis sûre qu’il a plein de jeux super cool sur son téléphone, suggéra Beckett.
- D’accord !
Une fois que Castle et Cosmo se furent éloignés, Beckett mit les pieds dans le plat.
- Alors ? Pourquoi s’en est-il pris à Stevens ?
- Aucune idée, il reste muré dans son silence.
- On est sûr que ce soit le père du petit ?
- Il nous a présenté des papiers qui l’attestent en tous cas.
- Ouais, on va vérifier quand même… Hey Espo !
- Ouais ? Oh salut Beckett ! Alors, c’était comment le tête à tête avec Castle ?
- Tu parleras cancans avec Ryan plus tard, le coupa-t-elle. Va porter une tasse de chocolat chaud à Flynn et envoie sa tasse au labo pour une recherche d’ADN. Pendant ce temps, je vais parler avec son soi-disant père…
- Bonne chance pour le faire parler, ce gars-là n’a plus décroché un mot depuis qu’il a cassé la figure de Stevens…
- Ouais et bah ça fait un moment que je meurs d’envie d’en faire autant, alors ça nous fera un bon prétexte pour engager la conversation…
- Sérieux, toi aussi tu te méfies de Stevens ?
- Disons que je n’aime pas sa façon de parler à certains témoins fragiles, répondit Beckett. Pourquoi ?
- Bah… Ryan a remarqué son tatouage…
- Qu’est ce qu’il a son tatouage ?
- Des petits yeux rouges, une langue de serpent et pas de nez !
- Voldemort… Murmura-t-elle en comprenant où il voulait en venir. Dis à Ryan de ne pas le quitter des yeux !
- C’est déjà fait ! Il l’a accompagné à l’hôpital avec Karpowski. Ils ne le quitteront pas.
- Bien !
Esposito s’en alla vers la cuisine pour préparer le chocolat du petit et Beckett se dirigea vers les cellules.
Castle se leva de sa banquette dès qu’il l’aperçut. Il s’approcha des barreaux sans la quitter des yeux. Elle resta un instant immobile, ne comprenant pas sa réaction. Elle prit le temps de le détailler des pieds à la tête, il ne faisait aucun doute qu’il cherchait à cacher son identité.
De son côté, Castle tentait difficilement de contenir son émotion. Elle était là, aussi merveilleuse que dans son souvenir. Il posa ses mains tremblantes sur les barreaux et murmura dans un souffle :
- Kate…
Chapitre trente-trois
Il avait murmuré son prénom, mais elle l'avait parfaitement entendu. Il l'avait prononcé avec une telle tendresse, qu'elle en fut troublée.
- On se connaît? Demanda-t-elle.
- Euh... En quelque sorte... bafouilla-t-il la voix étranglée par l'émotion.
Elle sourit et leva la tête d'un air entendu.
- Ne me dites pas que vous lisez les bouquins de Castle et que vous me prenez pour son héroïne.
- Si ça avait été le cas, je vous aurais appelée Nikki, répliqua-t-il en lui rendant son sourire.
Elle ne répondit pas, se contentant de l'observer. Elle était troublée. Il la troublait. Il y avait quelque chose dans son allure... Dans sa voix... Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes.
- Vous avez une drôle de voix...
- Oui... Euh... Hem... Je suis un peu enroué, répondit-il en priant pour que le petit dispositif que le costumier de sa mère lui avait donné soit suffisamment efficace pour la tromper elle.
- Vous êtes dans un sacré pétrin, continua-t-elle en faisant quelques pas pour venir se placer face à lui.
Il se contenta de hausser les épaules. À croire qu'il se fichait pas mal de ce qui pourrait bien lui arriver.
- Je peux savoir ce qu'il vous a pris?
- C'est... Compliqué... Soupira-t-il.
- Je ne suis pas quelqu'un de facile, je peux comprendre.
- Il a embouti ma Ferrari et a refusé de faire un constat, mentit-il en espérant que cette explication lui suffirait.
- Stevens est un sale con, dit-elle de but en blanc, mais même si j'en ai eu envie plusieurs fois, je ne l'ai pas envoyé à l'hôpital, alors soit vous êtes totalement stupide, soit ce qu'il vous a fait est bien plus grave qu'une griffe sur votre voiture
Il se contenta de baisser les yeux comme un enfant pris en faute. Elle lâcha un soupir, puis s'en alla. Il releva aussitôt la tête, il voulait la rappeler, il voulait qu’elle reste là, il voulait… Il voulait juste être près d’elle, la voir respirer, parler, sourire… Il pourrait vivre sa vie ainsi.Il voulait juste être à ses côtés et savoir qu'elle allait bien.
Un bruit de pas le ramena à la réalité. Elle revenait, il aurait pu reconnaître le bruit de ses talons entre mille. Il sourit et tourna son visage vers elle. Elle tenait dans ses mains une boîte de premiers secours.
- Asseyez-vous sur la banquette, je vais soigner votre main, annonça-t-elle en sortant ses clés.
Il jeta un œil à sa main. Elle était dans un sale état. Il n’y avait pas prêté attention. Docilement, il recula et s’assit sans la quitter du regard.
- Je suis désolée, mais je n’ai pas le droit de vous enlever les menottes, s’excusa-t-elle en venant s’asseoir près de lui. Donnez-moi votre main.
Il obtempéra et la regarda tandis qu’elle le soignait avec douceur. Sans qu’il puisse y faire quoique ce soit, des larmes silencieuses dévalèrent le long de ses joues.
- Et voilà ! Je ne pense pas que ça soit cassé, mais je vais faire venir un médecin pour en être sûre. En attendant, ce bandage devrait vous soulager, dit-elle en relevant le visage vers lui. Vous allez bien ?
- Oui ! Euh ! Ça va ! répondit-il en s’empressant d’essuyer ses larmes.
- Excusez-moi, mais vous n’êtes pas très crédible…
- ça va ! C’est juste… une allergie à la poussière, mentit-il.
- …
Elle ne fut pas dupe, mais ne releva pas. Il n'était pas prêt à se confier, elle lui laisserait le temps... Enfin, autant qu'elle le pourrait. Il portait des lunettes de vue, mais quelque chose l'intriguait dans son regard. Elle n'aurait su dire quoi...
- Je voudrais faire un test ADN, si vous m’y autorisez… Dit-elle pour changer de sujet.
- Un test ADN ?
- Pour le comparer à celui du petit garçon que vous êtes venu chercher… Je ne peux pas vous le confier sans la preuve formelle que vous êtes son père!
- Flynn ! Comment va-t-il ?
- Bien, je pense.
- Il était avec vous ?
- Oui, euh, le capitaine a préféré que je le garde avec moi, étant données les circonstances…
- Les circonstances ?
- Le meurtre ! Comme il s’agit vraisemblablement d’un règlement de comptes, il a préféré le mettre sous protection policière. Mais rassurez-vous, tout c’est bien passé !
- Je n’en suis pas étonné. Il… Il vous a dit quelque chose ?
- A quel propos ?
- Euh… de moi… de l’endroit d’où il vient… de vous, peut-être…
- Oh ! Ça ! On peut dire qu’il ne manque pas d’imagination, sourit-elle. Il m’a prise pour sa mère ! Et m'a parlé de lui comme s'il était le fils que j'aurai dans le futur !
- Et vous ne l’avez pas cru ?
- Pourquoi je l’aurais cru ? Mentit-elle. On ne voyage pas dans le temps !
- Oui, répondit-il avec un léger sourire crispé.
- Bon ! Je vais envoyer un échantillon de votre salive à la scientifique, dit-elle en changeant de sujet et je vais aller prendre des nouvelles de Stevens, histoire de voir le niveau des ennuis dans lesquels vous vous êtes fourré…
- Laissez tomber ! Il n’en vaut pas la peine ! s’écria Castle en la retenant par le bras.
Elle le dévisagea, d’ordinaire, elle aurait remis à sa place manu-militari tout suspect qui l’aurait ne serait-ce qu’effleurée, mais là, quelque chose l’en empêchait. Une sorte de pressentiment, qui lui assurait que jamais il ne lui ferait de mal.
- Mais enfin, qu’est-ce qu’il vous prend ? Demanda-t-elle en reprenant son bras.
- Rien… Euh… S’il vous plait, promettez-moi de ne surtout jamais vous approcher de ce type !
- Qui ? Stevens ? Mais qu’est-ce qu’il vous a fait ?
- ça… Je ne peux pas vous le dire… Ecoutez, je sais que ça paraît fou, mais je vous en supplie ! Ne vous approchez jamais de lui !
- Il est flic ! On travaille dans le même Prescinct, alors ça me paraît difficile…
- Alors ne restez jamais seule avec lui et ne lui faites surtout jamais confiance !
- … Vous avez raison ! Ça paraît fou, répondit-elle en quittant la cellule.
Castle la regarda s’éloigner avant de se laisser de nouveau tomber sur la banquette en se prenant la tête dans les mains. Elle était là, vivante et il n’y avait rien qu’il pouvait faire pour empêcher l’irréparable… Comment lui faire comprendre qu’elle devait se méfier d’un homme qui allait l’assassiner dans dix ans ?
- Hey ! Papa ! C’est toi ? Chuchota une petite voix.
Il releva aussitôt la tête et trouva son fils derrière les barreaux. L’enfant penchait la tête sur le côté, comme s’il cherchait à le reconnaître. Il enleva aussitôt ses lunettes et sourit.
- Flynn ! Oui c’est bien moi, bonhomme !
L’enfant sourit.
- Je le savais que tu trouverais le moyen de me retrouver ! Mais qu’est-ce que c’est que ce déguisement ? On dirait un bandit !
- Mais non !
- Mais si ! D’ailleurs regarde ! Ils t’ont mis en prison !
- Euh… Fit Castle en regardant autour de lui. T’as raison… Mais ne t’en fais pas, je trouverai le moyen de sortir d’ici.
- D’accord, sourit Cosmo. Merci papa !...
- De quoi ?
- D’être venu me chercher !
- Toujours, répondit l’écrivain. Alors, dis-moi, tu vas bien ? Comment as-tu fait pour venir ici ? Tu n’es pas censé être avec un policier ?
- C’est toi qui me surveille, répondit l’enfant. Tu es très occupé à essayer de battre mon record à Angry birds, j’ai simplement dit que j’allais aux toilettes !
- C’est vrai que mon autre moi ne sais pas encore de quoi tu es capable, sourit Castle. Attends… Mon autre moi… Mais oui ! C’est ça !
- Quoi ?
- Ecoute chéri, il faudrait que tu me dises, enfin que tu dises à mon autre moi, qu’il faut que je lui parle !
- Tu veux te parler ?
- C’est ça !
- D’accord, je vais te chercher, répondit l’enfant en s’éloignant avant de s’arrêter et de se retourner vers lui. Dis papa, on va devoir rentrer à la maison ?
- Oui chéri, notre place n’est pas ici, tu le sais bien.
- Et maman ? On pourrait l’emmener avec nous ?
- Malheureusement non, sa place est ici. Si on l’emmenait, elle ne se sentirait pas chez elle et puis surtout, ça empêcherait ta naissance.
- Mais… Protesta l’enfant les larmes aux yeux.
- Je sais mon bonhomme, c’est très injuste, mais dis-toi que tu auras eu la chance de la revoir, de lui dire combien tu l’aimes…
Le petit garçon hocha courageusement la tête et sécha ses larmes avant de repartir. Castle sentit son cœur se serrer, cela lui faisait mal de voir la tristesse de son enfant, mais il ne voulait pas lui laisser espérer quelque chose qui ne fonctionnerait peut-être pas. Son seul espoir résidait dans son double, mais serait-il capable de croire cela ? D’autant qu’à cette époque, il était avec son ex-femme et même s’il était très attiré par Beckett, il ne voyait pas encore en elle la femme de sa vie, ou du moins il ne se l’avouait pas encore…
- Où est Cosmo ? Demanda Kate en arrivant dans la salle de repos et en découvrant l’écrivain concentré sur sa partie d’Angry Birds.
- RRRRAAAAHHHHH ! S’écria-t-il en faisant de grands gestes. Il me manque encore mille deux cents points ! C’est pas possible que je n’arrive pas à battre un môme de cinq ans !
- Castle !
- Oui ?! Oh Beckett ! Qu’est-ce qu’il y a ?
- Où est Cosmo ? Répéta-t-elle.
- Euh… Aux toilettes, je crois… Répondit-il après un petit temps de réflexion.
- MAIS ENFIN ! S’ENERVA-T-ELLE, JE T’AVAIS DIT DE LE SURVEILLER !
- Relax ! Il est parti il y a à peine deux minutes ! Il va revenir !
- TU AS OUBLIÉ QU’ON AVAIT TENTÉ DE LE TUER ?!
- Voldemort est à l’hosto, répondit-il calmement, et puis on est au poste, le petit ne craint rien du tout.
- D’abord on n’est pas certain que Stevens soit le fameux Voldemort, râla-t-elle, et ensuite je t’avais dit de le surveiller, donc tu ne devais pas le quitter des yeux !
- Je suis revenu ! Chantonna Cosmo en arrivant derrière elle.
- …
- Vous vous êtes disputés ? Demanda le petit garçon.
- Non ! Où vas-tu chercher une idée pareille ? Rit exagérément Castle.
- Quand vous croisez les bras comme ça et que vous ne dites rien, c’est que vous vous êtes disputés…
- On ne s’est pas disputé, répondit doucement Kate, on a juste eu un petit désaccord.
- Ah ! ça va bien, donc ?
- Oui, ça va bien !
- Dis maman, tu veux bien aller me chercher une canette de soda ? Je meurs de soif !
- D’accord, soupira Beckett, mais ne t’éloigne pas de Castle ! C’est bien compris ?
- Compris !
Cosmo attendit que Beckett soit sortie, pour se tourner vers Castle.
- Papa ! Tu voudrais te parler, chuchota-t-il à son oreille en mettant sa main près de sa bouche pour que personne d’autre ne puisse l’entendre.
- Quoi ? Demanda Rick sans comprendre.
- Le toi du futur, celui qui est en prison ! Expliqua Cosmo. Il veut te parler.
- Oh ! D’accord ! Je vais aller le voir dès que Beckett sera revenue.
- Oui, mais il faudra être discret ! Personne ne doit savoir ! C’est un secret !
- Pas de problème, je suis le roi de la discrétion, assura l’écrivain avec un petit sourire entendu.
- Ouais… Je crois quand même que je vais devoir te donner un coup de main, répondit Cosmo.
- Comment ça un coup de main ?
- Une diversion ! Je vais faire une diversion !
- Oh ! Tu crois être capable de faire ça toi ?
- Ne t’en fais pas, j’ai un plan ! Répondit Cosmo avec un clin d’œil.
Chapitre trente-quatre
- Wah ! C’est… Incroyable ! Tu es sûr que tu n’as que cinq ans ? Demanda Castle admiratif devant l’œuvre de Cosmo.
- Bah oui, pourquoi ?
- Où tu as appris à faire ça ?
- C’est toi, qui m’a appris ! Répondit Cosmo. Enfin… On a vu ça un jour à la télé et on avait refait dans la cuisine du loft ! On avait drôlement rigolé !
- Ah oui ? Tout le monde a rigolé ? Demanda Castle certain que lui aurait trouvé ça drôle, mais que d’autres auraient beaucoup moins rigolé.
- Bah... Maman a fait les gros yeux, mais c’était du bluff !
- Du bluff ?
- Oui, tu sais ? Il y a des fois où elle est vraiment fâchée, mais il y a d’autres fois où elle fait seulement semblant d’être fâchée, parce qu’elle veut passer pour une grande personne, mais en fait, ça la fait vraiment bien rigoler.
- Et tu arrives à savoir quand elle bluffe ? Demanda l’écrivain intéressé.
- Mhm-Mhm ! C’est une question d’habitude !
- Oh ! Alors ça veut dire que moi aussi je vais finir par savoir faire la différence ! Se réjouit Castle.
- Mhm... Nan! Y a pas moyen ! Répondit Cosmo catégorique. Tu te fais encore souvent avoir quand elle bluffe.
- C’est quoi son tic ?
- J’ai pas le droit de te le dire ! C’est un secret entre maman et moi !
- S’il te plait ! Je suis ton papa ! Enfin… je le serai bientôt !
- Et maman, c’est ma maman ! J’ai pas le droit de trahir son secret !
- Mais c’est moi ! S’offusqua Castle !
- Va te mettre en place ! Je vais lancer la diversion, annonça Cosmo sans prêter attention aux protestations de son futur père.
- On en reparlera plus tard, grommela Castle. J’ai combien de temps ?
- Il fait plutôt chaud, alors je dirais deux ou trois minutes, pas plus !
- Dis-moi, à la télé… C’était quelle émission ? Demanda Castle en jetant un dernier regard à l’installation.
- Mac Gyver, pourquoi ?
- … Pour rien, sourit Castle en sortant de la pièce.
Cosmo en fit autant, mais en passant par l’autre porte. Sans le savoir, le père et le fils se déplaçaient de la même façon chacun dans leur couloir respectif. Ils faisaient quelques pas, se tournaient face au mur, s'assuraient que la voie était libre, puis reprenaient leur progression pour quelques pas, se cachaient derrière une porte et ainsi de suite, comme les supers espions de leurs films préférés… Enfin, les gadgets en moins !
Arrivé à son poste, Castle se cacha dans un placard, prêt à bondir dès que la diversion de Cosmo se mettrait en marche. Cosmo, quant à lui, pénétra dans les toilettes et sourit.
- Bien ! Il est temps de lancer la phase deux ! lança-t-il de façon théâtrale après s’être assuré qu’il était seul.
****************
Pendant ce temps, Beckett, qui revenait avec une canette de Soda, s’étonna de ne pas trouver Castle et Cosmo à l’endroit où elle les avait laissés.
- Castle ? Appela-t-elle en sortant dans le couloir. Cosmo ?!
- Un problème Beckett ? Demanda le capitaine Montgomery qui sortait de son bureau au même moment.
- Je ne trouve pas Castle et Cosmo, répondit-elle, je leur avais dit de ne pas bouger de là !
- Au moins cette fois, Castle est resté avec le petit, plaisanta le capitaine qui avait entendu le coup d’éclat de Beckett quelques instants auparavant.
- Chef ! C’est sérieux là ! Râla Beckett.
- Du calme, ils ne doivent pas être l…
Un immense vacarme provenant du coin cuisine retentit, tous les policiers, Beckett et le capitaine y compris, s’y précipitèrent, laissant à Castle le champ libre.
Cosmo l’aperçut alors qu’il entrait dans la salle des cellules et abaissa fièrement son poing en signe de contentement.
- Ouais ! Phase un réussie ! Chuchota-t-il pour quelques spectateurs imaginaires.
Dans sa cellule, Castle avait entendu le vacarme et le grabuge qui s’en suivit au sein du poste.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? lança-t-il en s’approchant des barreaux.
- Salut ! Répondit l’autre Castle en arrivant devant lui. Ne vous en faites pas ! C’est trois fois rien… Une pile de vaisselle en équilibre sur quelques glaçons… Il a de la ressource le petit !
- …
- … Wah !... Euh… C’est un peu surréaliste… Vous… Euh… On se vouvoie ou on se tutoie ?...
- Tu… Euh…
- Ouais, le tutoiement c’est bien, après tout, on ne peut pas être plus proche que nous le sommes…
- Je parle toujours autant quand je suis nerveux ? On m'en avait déjà fait la remarque, mais... je ne m'imaginais pas à quel point !
- C’est un automatisme ! Enfin, je n’ai pas besoin de te l’expliquer, hein ? Tu nous connais aussi bien que moi ! Oh bon sang, cette conversation va mettre à mal toutes les règles de grammaire ! Chouette déguisement au fait !
- Oui, c’est le costumier de mère ! Il est extra !
- Dispositif de modification vocale ! Génial ! Et cette perruque ! C’est celle de…
- Bruce Willis dans l’armée des douze singes !
- Bien vu ! C’était parfaitement de circonstances ! Et les lunettes ! Génial ! Tout simple, mais imparable !
- Oui, Clark Kent est un génie, approuva le Castle du futur.
- Alors, qu’est-ce que tu fais là ? Je pensais que tu te contenterais de récupérer Cosmo et que tu repartirais, à cause des répercutions de tes actions à cette époque…
- Je sais, ça n’était pas malin, mais je n’ai pas pu m’en empêcher, quand j’ai vu cette ordure, mon sang n’a fait qu’un tour…
- Pourquoi ? Qu’est- ce qu’il a fait ?
- C’est une longue histoire…
- On devrait avoir un peu plus de temps avec la phase deux !
- La phase deux ?
- Notre fils est un petit génie !
- Je sais, et il va t’en faire voir, crois-moi !
****************
- Mais qu’est-ce que c’est que ce bazar ?! Pesta le capitaine Montgomery devant la pagaille qui régnait dans la cuisine.
Un seul mot vint à l’esprit de Beckett lorsqu’elle remarqua les quelques glaçons presque totalement fondus sur le plan de travail. Castle ! Il n’y avait que lui pour avoir une idée aussi tordue que de faire une pyramide avec tout ce qu’il avait pu trouver dans les placards et de la faire reposer sur des glaçons pour savoir au bout de combien de temps tout finirait par s’effondrer.
- Hey Stegner ! Lança-t-elle à l’intention de l’une de ses collègues en uniforme.
- Oui Beckett ?
- Tu pourras me faire la liste de tout ce qui a été cassé ?
- Oui pourquoi ?
- Je compte bien trouver le responsable de tout ce fatras et lui envoyer la note ! Répondit la détective.
- En attendant, nettoyez-moi tout ça, ordonna Montgomery en se retournant pour quitter la pièce, quand un cri retentit du côté des toilettes. Allons bon, qu’est-ce qu’il se passe encore ?
- Chef ! Il y a de l’eau partout ! Cria un officier en uniforme.
- Comment ça de l’eau partout ?
- On dirait que ça vient des toilettes !
Le capitaine se précipita vers les toilettes, en ouvrit la porte et reçu un puissant jet d’eau en pleine figure !
- Oh bon sang ! Hurla-t-il, une canalisation vient d’exploser !
Tandis que les policiers courraient dans tous les sens pour contenir la catastrophe, certains s’armant de seaux et de serpillères, d’autres cherchant la vanne d’arrêt de l’eau dans un joyeux vacarme, Cosmo se réjouissait du spectacle depuis sa cachette.
- Phase deux, réussie ! murmura-t-il en se retenant d’exploser de rire devant les grands gestes du capitaine Montgomery trempé jusqu’aux os. En route pour la phase trois !
***********
- Ah… La phase deux est en marche, constata Castle en entendant les cris des policiers.
- Vous avez prévu beaucoup de phases comme ça ?
- Euh… Non, seulement trois, on n’a eu que deux minutes pour mettre ce plan en place !
- Bon, alors ne perdons pas de temps ! Ecoute… Euh… Je sais que ça va te paraître totalement impossible, mais il faut que tu m’écoutes et que tu gardes bien en mémoire tout ce que je vais te raconter !
- Tu rigoles ? Cette histoire est complètement surréaliste, alors crois-moi, rien de ce que tu pourras me dire après ça ne me semblera totalement impossible !
- Je savais que je pouvais compter sur toi ! Enfin sur moi ! Se réjouit le Castle du futur ! Je savais bien que mon côté rêveur me servirait un jour !
- Tu crois ? Je ne me suis jamais dit ça !
- Peu importe, tu te le diras un jour, éluda le Castle du futur. Bon… Alors normalement je ne devrais pas te révéler ton avenir, mais c’est un cas de force majeure… Alors, voilà… Dans quelques années, tu te mettras en couple avec Beckett…
- Désolé, vieux, mais ton spoiler est périmé! Beckett et moi, on est déjà ensemble !
- Sérieux ? S’étonna l’autre Castle. C’est bizarre, normalement on ne se mettra ensemble que dans deux ans… ça voudrait dire que j’aurais remonté le temps dans une autre dimension ?
- C’est grâce à Cosmo ! Sans lui, je serais encore coincé dans les Hamptons avec Gina !
- Mais alors… Il aurait déjà modifié l’avenir ? Sourit Castle.
- Bah… de toute façon on se serait mis ensemble dans deux ans, alors ce n’est pas trop grave… répliqua l’autre dans un haussement d’épaules.
- Oh ! Non, c’est super ! Se réjouit le Castle du futur en se remémorant les délires de Doyle, qui prétendait qu’à son époque Kate était en vie et parfaitement heureuse.
- Pourquoi es-tu aussi content ? Ça ne change rien pour toi ! Dit le jeune Castle en fronçant les sourcils.
- Au contraire mon frère ! répliqua théâtralement Castle dans la langue de Molière.
*************
- Vous avez entendu ça ? Demanda le capitaine torse nu, qui essorait sa chemise au milieu du couloir.
- Entendu quoi ? Demanda l’officier L.T. en cessant un instant d’éponger le sol.
- Je sais pas… On dirait un bruit sourd… comme… si un troupeau chargeait…
- Un troupeau ?! Rigola L.T. Voyons Capitaine, on est à New-York ! Pas dans l’… Oh ! oh…
- Oh !oh ! Quoi ? répéta le capitaine en se tournant avant de se figer devant le spectacle qui se déroulait devant ses yeux.
Chapitre trente-cinq
Ils entendirent d’abord plusieurs feulements, puis des aboiements, une multitude d’aboiements provenant d’une bonne vingtaine de chiens et un cri ressemblant à celui d’un … singe ?
- C’est… un cauchemar ! Articula difficilement le capitaine Montgomery en voyant débarquer à pleine vitesse dans son prescinct trois chats tous poils hérissés, poursuivis par une horde de bergers allemands aboyant à tout va et renversant tout sur leur passage.
Le capitaine resta quelques instants sans voix à assister au ravage de ses locaux. Les chats sautaient sur les bureaux, pour échapper aux chiens, qui les imitaient, mais avec beaucoup moins de grâce, projetant au sol plusieurs milliers de dollars de matériel informatique de la ville de New-York. Un chimpanzé à la démarche claudicante passa devant lui en criant pour aller s’accrocher aux néons, dont les fixations cédèrent sous son poids. Apocalipse, capharnaum, furent les seuls mots qui lui vinrent à l'esprit.
- C’est … Je vais me réveiller ! Marmonna le capitaine.
- Chef ! Cria un officier essoufflé qui venait d’arriver à l’étage. Quelqu’un a ouvert les portes du chenil !
- Sans blague… Et pour les chats et le singe ?
- Les chats je ne sais pas, mais le singe, on l’a ramassé hier dans central parc ! On le gardait en attendant que son propriétaire se manifeste…
- Faites venir vos collègues maîtres-chiens et dépêchez-vous de récupérer tous les chiens ! C’est un poste de police ici ! Pas l’arche de Noé ! Gronda Montgomery qui se demandait comment il allait pouvoir justifier tout ce remue-ménage auprès du chef de la police.
************
- Wah ! Apparemment la phase trois fonctionne bien ! Se réjouit Castle.
- Si Beckett apprend que ça vient de nous et crois-moi, elle l’apprendra, répliqua le Castle du futur, cette histoire va nous coûter un sacré paquet d’argent !
- Ouais, soupira l’autre Castle, heureusement qu’on est riche !
- Ecoute, se lança son double du futur, peut-être que Cosmo a déjà changé l’avenir et que ce que je m’apprête à te dire ne servira à rien, mais si ça n’est pas le cas, il faut que je te révèle quelque chose d’important.
Castle observa son alter ego, il avait l’air grave et désespéré. Il avait déjà remarqué une douleur semblable dans le regard de Cosmo durant leur petit séjour dans les Hamptons. L’enfant avait tenté de cacher cette douleur, mais il n’en avait pas été dupe. Quelque chose de grave allait se produire dans son avenir, quelque chose qui allait les bouleverser pour le reste de leurs vies.
Il comprit. Une seule chose pourrait les bouleverser autant, il allait arriver quelque chose à un de leurs proches.
- Beckett ? Devina-t-il. Il va lui arriver quelque chose ?
L’autre hocha doucement la tête.
- Quand ? Quoi ? Elle va avoir un accident ? Elle va tomber malade ? S’inquiéta aussitôt Rick en s’accrochant aux barreaux.
- Elle va être assassinée, avoua Castle.
Rick lâcha les barreaux, choqué. Assassinée ? Qui pourrait lui en vouloir à ce point ?
- Le commanditaire du meurtre de sa mère ? Demanda-t-il la voix étranglée par l’émotion.
- Non… Répondit l’autre en retenant difficilement ses larmes. … ça prendra du temps, mais… Vous réussirez à l’envoyer derrière les barreaux… Il est inutile que je te donne des renseignements sur lui…
- On va l’avoir alors… Se réjouit-il en pensant au bien que ça ferait à Kate d’enfin résoudre cette enquête et d’obtenir la justice pour sa mère.
- Oui, ça sera difficile… Très difficile même parfois, dit Castle en se souvenant des heures d’angoisse qu’il avait vécues quand elle avait été touchée par le sniper au cimetière… Mais… Vous y parviendrez.
- Qui alors ?
- On était mariés, heureux… Ma carrière, enfin notre carrière était à son apogée! On avait eu Cosmo… Elle était devenue capitaine, puis sénatrice !
- Wah ! Sénatrice !
- Ouais, je sais, elle était extraordinaire !
- Et c’est… Ce Stevens va l’assassiner ? Pourtant c’est un flic ! Son collègue !
- Ce type est une ordure. Son boulot de flic, c’est juste une couverture. En réalité, c’est un malfrat de la pire espèce, il est à la tête d’un réseau de trafics en tous genres. C’est lui qui a assassiné votre victime, le jeune cambrioleur, « pattes de velours », mais il ne sera jamais inquiété pour ça.
- L’affaire a été classée ? ça m’étonne que Beckett accepte ça.
- Oh non ! Il est plus malin que ça ! Il va vous fournir un coupable idéal, un crétin violent, qu’il va manipuler pour lui faire avouer le meurtre… Et tu… enfin je...
- Et je n’étais pas là pour remarquer ce qui clochait dans cette histoire, termina Rick en repensant à ses vacances prévues au départ pour tout l’été avec Gina.
- Oui, confirma le Castle du futur. Il va pouvoir continuer ses trafics pendant des années, sans être inquiété. Jusqu’au jour où Kate sera nommée sénatrice et qu’elle s’engagera dans une bataille sans merci contre le crime et la corruption. Elle va menacer sans le savoir son petit royaume et il aura d’énormes ressources à ce moment-là.
- Il va mettre un contrat sur sa tête ?
- Il va lui tendre un piège, il va utiliser sa place dans la police, il sera devenu capitaine, vous imaginez ?
- Comment un type avec des mains aussi sales pourra devenir capitaine ?
- Ne sois pas naïf, tu le sais, la corruption est un fléau en ce bas monde. Bref, il va devoir assurer sa protection lors de l’un de ses déplacements et en profitera pour l’approcher avec de faux policiers. Ils l’emmèneront tout droit dans une embuscade. Ils ne lui laisseront aucune chance.
- Stevens… Je vais lui faire la peau ! gronda Rick en sentant la rage monter en lui.
- Contente-toi de l’empêcher de nuire. Garde-le à l’œil et surtout ne laisse jamais Beckett seule sous sa garde ou celle de ses hommes ! Fais confiance à Ryan et Esposito, dis-lui d’exiger que ça soit eux, qui soient chargés de sa protection. Elle ne l'a pas fait, elle ne voulait pas avoir des exigences de diva. Et fais tomber Stevens dès que tu trouveras suffisamment de preuves contre lui !
- Je veillerai sur elle, promit le jeune Castle.
************
Après son passage par le chenil du poste, Cosmo était revenu à l’étage de la douzième en passant discrètement par l’autre escalier. Il s’était trouvé un petit coin tranquille, d’où il pouvait à loisir admirer les dégâts posés par sa diversion magistrale et prévenir son papa du passé, au cas où quelqu’un viendrait dans sa direction.
Il se demanda si son père accepterait qu’ils adoptent le singe, parce qu’un singe à la maison, ça serait vraiment super cool ! Il l’appellerait Shubaka ! Non, Cheeta ! César plutôt! Mais oui, ça c’était un nom parfait pour son singe ! Et puis ils installeraient son lit dans sa chambre ! Oh oui, ça serait vraiment super cool ! Son papa aussi trouverait ça vraiment super cool. Ils lui apprendraient à jouer au laser-game et feraient des remakes du film « la planète des singes » !
- Tout va comme tu veux ? Demanda une voix qu’il connaissait parfaitement derrière lui.
- Maman ! Sourit-il en se retournant. Tu as vu tout ce bazar ?!
- Oui, j’ai vu et j’ai ma petite idée sur l’identité des coupables !
- Ah oui ? Qui ? Demanda l’enfant innocemment.
Elle s’agenouilla pour se mettre à sa hauteur et le regarda dans les yeux. Mince, elle avait déjà son regard aux rayons X ! Avec son papa, ils s’étaient toujours demandé comment elle arrivait à faire ça, ils avaient l’impression que dans ces moments-là, elle lisait dans leurs esprits comme un Jedi. Il s’efforça de penser à autre chose.
- Cosmo ! Dit simplement Beckett.
- Oui ?
- Où est Castle ?
- Je ne sais pas, il doit essayer d’attraper les chiens…
- Ça, ça m’étonnerait ! Répondit Beckett en se rappelant la dernière fois où Castle avait croisé des bergers allemands et l’état dans lequel avait fini son pantalon.
- Pourquoi ?
- Mauvais souvenir. Alors ?
- Euh…
- Cosmo, je sais tout !
- Tout quoi ?
- J’ai remarqué les traces de tes mains dans la cuisine ! J’ai relevé les empreintes, mentit-elle avec aplomb.
- Il fallait faire une diversion ! Avoua l’enfant sans s’en rendre compte. C’était hyper important !
- On règlera ça plus tard. Dis-moi où est Castle.
- Près des cellules, répondit Cosmo tout penaud. Mais ne le gronde pas ! Il a fait ça pour …
- Te fatigue pas, le coupa Beckett en se relevant, il a toujours une excellente raison pour faire n’importe quoi !
****************
Castle et son double étaient en grande conversation, quand Beckett arriva avec Cosmo sur ses talons.
- Castle ! Qu’est-ce qu’il se passe ici ? S’écria-t-elle sans préambule.
- Beckett ! S’écrièrent les deux Castle en sursautant dans une parfaite synchronisation.
- C’est pas ma faute ! Elle m’a eu avec ses pouvoirs de Jedi ! Se défendit aussitôt Cosmo.
Beckett se précipita sur le jeune Castle et lui frappa le torse du bout de l’index.
- Qu’est-ce qu’il t’a pris ? Tu as vu dans quel état tu as mis le poste ?
- C’était l’idée de Cosmo… Bafouilla l’écrivain en reculant sous les assauts de sa muse.
- Ne mets pas ça sur le dos de cet enfant Castle ! C’est très bas ! Même pour toi !
- Comment ça même pour moi ? Protesta l’écrivain.
- Une idée aussi farfelue ne peut venir que de toi ! Qu’est-ce qu’il t’a pris ?
- Euh… Je devais parler en tête à tête avec… Euh… Eh ben… moi… Bredouilla Castle en plaçant son avant-bras devant lui pour se protéger.
- … ? Tu te fiches de moi ?
- Pas du tout ! Je devais parler avec le papa de Cosmo, expliqua-t-il en jetant un regard vers son double du futur.
Beckett arrêta de le frapper et suivit son regard. Le père de Flynn lui fit un petit signe de la main avec un petit sourire crispé.
- … Et comme Cosmo te l’a déjà dit… Je suis son père… Continua-t-il prudemment.
Beckett roula des yeux puis ferma les paupières ne sachant pas très bien comment elle devait réagir face à cette nouvelle excentricité de son écrivain.
- Castle… Soupira-t-elle.
- Je sais, je sais ! C’est très difficile à accepter pour un esprit tel que le tien, mais…
- Salut ! Lança une voix essoufflée derrière eux. Oh ! le gosse est déjà là ! Super ! Bon, il va falloir faire vite !
- Doyle ! S’écria le Castle du futur. Je peux savoir où vous étiez passé ?
- En fait, ce serait plutôt quand, rectifia Doyle excité comme une pile électrique.
- Et je peux savoir quand vous étiez, alors ?
- Mes chefs m’ont rappelé à mon époque, la date exacte est sans importance… Toujours est-il qu’ils m’ont passé un de ces savons ! Ils ont appris pour votre retour dans le passé, ne me demandez pas comment, mais ils savent, et ils étaient furax ! Débita Doyle à toute vitesse. Je dois donc vous ramener vous et le gosse à votre époque et m’assurer qu’un tel bazar ne se reproduira plus !
- Comment ça un tel bazar ?
- Vous avez modifié le futur, Castle ! New-York est dominé par des singes mutants à cause de vous !
- Sérieux !? S’écrièrent Cosmo et les deux Castle en même temps, tandis que Beckett roulait des yeux exaspérée.
- Nan ! C’était une blague, répliqua Doyle qui avait de plus en plus l’air dément. C’est seulement le capitaine de ce poste, qui a été muté, ce qui a amené un nouveau capitaine, ce qui a modifié certaines affaires qu’il devrait avoir supervisées, ce qui a eu des conséquences politiques ! D’assez graves conséquences, pour mes patrons en tout cas ! Leurs crédits pour leurs recherches ont été divisés par deux.
- Qu’est-ce qu’on va faire alors ?
- Ne vous en faites pas, j’ai déjà fait le nécessaire! Tout est en place, on peut rentrer!
Chapitre trente-six
- C'est dans votre asile d'aliénés, que vous allez rentrer! Rétorqua Beckett excédée
- Wah, qu'est-ce qu'elle est obtuse! remarqua Doyle.
- Je ne suis pas obtuse ! Contra Beckett. Cet homme a frappé un policier, il ne partira pas d’ici tant que cette affaire ne sera pas réglée !
- Oh ça ! Rassurez-vous, son avocat va bientôt arriver, il est avec le juge pour fixer le montant de la caution, répondit tout naturellement Doyle.
- Ah bon ? S’étonna le Castle du futur.
- Ne soyez pas si étonné, voyons ! J’ai des relations !
- De toute façon, je ne laisserai pas Cosmo partir avec ce hors la loi !
- C’est son père, vous n’avez rien à dire, lieutenant !
- Alors ça, ça reste à prouver ! Répondit Beckett. Tant que je n’aurais pas les résultats des tests ADN, je ne le croirai pas !
- Tu as songé à y mettre le tien dans l’analyse, demanda le jeune Castle voyant là l’occasion de mettre cette bourrique face à un fait scientifique qu’elle ne pourrait nier.
Elle se contenta de le fusiller du regard. Il leva les mains en marmonnant qu’il n’avait rien dit.
- Allez viens Cosmo, je t’emmène manger un morceau.
- Ouais ! Je pourrais avoir une glace ?
- En dessert, mais avant ça, tu devras manger toute ton assiette !
- Et moi ? Je peux venir ? Demanda le jeune Castle.
- Il me semble que tu as quelques démarches à faire, pour remettre le poste en état, répondit-elle en prenant le petit garçon par la main.
- Mais c’était son idée ! Protesta Castle.
- Il est petit, Castle ! Tu étais sensé être l’adulte !
Cosmo le regarda avec un grand sourire innocent et se laissa entraîner par sa chère maman.
- Petit…GRngnggnoufff ! Grinça Castle en serrant les poings de rage.
- Va falloir t’habituer, vieux ! Conseilla l’autre Castle. Ce gosse est trop fort pour nous !
- Et ce lieutenant ! Soupira Doyle. Elle est toujours comme ça ? C'est à se demander pourquoi vous l'avez épousée!
- C'est un automatisme de défense, expliqua le Castle du futur, mais quand on a gratté les multiples couches, on découvre un véritable diamant!
- Hey ! Ne parlez pas de moi ! Vous ne me connaissez pas ! Râla Beckett qui s’était arrêtée en les entendant.
- Tu as entendu ça, lui lança le jeune Castle avec un sourire niais sur le visage. On va se marier!
- Méfiez-vous de ses prédictions tout de même tempéra le vieux Castle, à l'entendre, je devais me mettre à écrire de la littérature sérieuse et on devait avoir trois enfants!
- Trois enfants?!
- Ouais, mais on n’a eu que Cosmo, qui même s’il en vaut au moins trois, il est notre seul enfant!
- Du calme Cowboy! s'écria Beckett. Personne ne va se marier et encore moins avoir des enfants!
- Quoi ? Tu ne veux pas avoir d’enfant ? Demanda Rick.
- Je n’y ai pas encore vraiment réfléchi et je te rappelle, que nous deux ça ne fait que deux jours, alors ne me mets pas la pression, si tu ne veux pas me faire fuir ! Rétorqua Beckett.
- Je sais bien ! Relax ! C’est juste une idée comme ça ! Imagine…
- J’ai autre chose à faire que de rêvasser, moi, monsieur l’écrivain !
- T’en fais pas, chuchota Castle à son alter ego du passé, tu la feras changer d’avis ! … En la travaillant …au corps!
- Vous êtes toujours comme ça ? Demanda Doyle.
- Oui ! répondirent les Castle et Beckett d’une même voix.
- Il y a même des fois, où ils sont encore plus marrants ! Ajouta Cosmo qui ne manquait rien du spectacle. Mais là, c’est déjà pas mal !
- Et toi tu comptes les points ?
- Parfois, oui…
- Bon assez bavarder, dit Beckett, nous, on va manger un bon cheeseburger !
- Ouais !
- Mais j’adore les cheeseburger ! Gémit Castle.
- Remets le poste en état et peut-être que je t’en ramènerai un, lança Beckett depuis le couloir.
- Eh ben ! Elle est redoutable, constata Doyle, à cause d’elle, notre départ est retardé…
- Ne vous en faites pas, dit Rick en sortant son téléphone, moi aussi, j’ai des relations ! Je vais faire en sorte que ces résultats d’analyse arrivent vite !
- Le maire est un ami, expliqua l’autre Castle devant le regard interrogateur de Doyle.
***************
Assis sur sa chaise, Cosmo ne disait rien. Il n’avait pas encore touché à son cheeseburger et se contentait de regarder Kate.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda celle-ci au bout d’un moment.
- Tu vas me manquer…
- Ne t’en fais pas, tu pourras toujours me téléphoner…
- On ne téléphone pas du futur… Soupira-t-il d’un air triste.
Elle leva les yeux au ciel, encore cette histoire de voyage dans le temps. Pourtant là, son père était venu le chercher et ce n’était pas Rick ! Bon d’accord, il lui ressemblait un peu… beaucoup, même, mais Rick et lui étaient bel et bien deux personnes différentes !
- Tu n’auras qu’à m’appeler dans le futur, suggéra Beckett pour le consoler.
Il poussa un profond soupir.
- Tu ne comprends rien !
- Hey ! S’offusqua-t-elle.
- TU NE SERAS PLUS LÀ ! Cria-t-il. ET MOI JE VAIS ME RETROUVER TOUT SEUL AVEC PAPA !
- …
Beckett baissa les yeux. Cette histoire la troublait beaucoup trop. Il y avait trop de coïncidences dans tout ce que Cosmo lui avait dit depuis qu’il avait débarqué dans sa vie, pour qu’elle continuât à s’entêter dans son refus de voir l’évidence : il était possible, voire même très probable que Cosmo soit son futur enfant. Et si c’était bien le cas, elle allait lui faire vivre le même calvaire que celui qu’elle avait vécu lorsque sa mère avait été assassinée, à la différence près, que lui serait bien plus jeune… Bien trop jeune…
- Tu sais… Commença-t-elle doucement, même si je ne suis plus auprès de toi, je serai toujours là et là…
Elle avait posé son index sur le cœur du petit garçon et sur son front.
- Mais c’est pas pareil !
- Je sais… Et il n’y a rien qu’une maman ne désire plus au monde, que d’être présente auprès de son enfant pour le voir grandir et devenir une grande personne !
- Tu sais… Même si tu n’y crois pas vraiment… Ou si tu n’es pas sûre… Tu pourrais essayer de…
- Je te promets d’être très prudente, sourit Kate.
Le visage de Cosmo s’éclaira.
- Et on pourra aller faire du patin à glace quand j’aurai six ans ?!
- Je ferai tout mon possible pour être là ce jour-là !
- Merci maman !
- Dis-moi … Est-ce que tu sais ce que c’est ? Demanda-t-elle en sortant de sa poche le petit objet qu’elle avait trouvé dans le buisson où Cosmo avait dit s’être réveillé à son arrivée.
Il baissa aussitôt la tête.
- Hey ! Je ne vais pas te gronder ! le rassura-t-elle.
- Oui, c’est un médaillon… Il y a ta photo avec ta maman dedans ! Je l’ai pris dans ta chambre, expliqua l’enfant, chez grand-père Jim… Je voulais…
- Ne t’en fais pas, tu n’as rien fait de mal, sourit-elle. Ma mère me l’avait offert quand je suis allée passer un semestre à Kiev. C’était sa façon à elle de me dire qu’elle serait toujours près de moi… Ton papa a dû la rendre à mon père quand… Enfin pour qu’il ait un souvenir de ma mère et moi…
- J’aime bien ce médaillon, sourit Cosmo.
- Oui, moi aussi… Tiens ! Je te le donne !
- C’est vrai ?
- Oui, comme ça, je serai toujours près de toi !
- Merci maman ! Se réjouit Cosmo.
Il prit le médaillon et l’admira un instant.
- On pourrait y mettre ta photo aussi, suggéra-t-elle.
Il hocha la tête sans quitter le petit objet des yeux, puis la redressa étonné.
- Mais alors ? Tu me crois ?!
- Ne va surtout pas le répéter à ton père, parce qu’il n’arrêterait pas de m’ennuyer avec ça, mais oui, je te crois !
- Ton secret sera bien gardé avec moi, sourit Cosmo.
- Allez, mange ton cheeseburger, si tu veux qu’on aille faire une photo de toi et moi à ajouter dans ce médaillon !
*************
Castle, le jeune, sortait du bureau du capitaine après s’être excusé pendant un long moment et avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour que tout soit remis en état avant la fin de la semaine suivante, quand Simon Doyle apparut devant lui et lui offrit un café, qu’il ne refusa pas. D’ailleurs, il offrit généreusement une tournée générale à tout le monde dans le poste!
Ils discutèrent de voyages dans le temps, bien évidemment ! L’écrivain ne cessait de lui poser des questions sur les répercussions d’une légère modification dans l’histoire originelle… Ce que Doyle balaya d’un revers de la main en disant que ce n'était que des vaguelettes et que tout se remettait en place très naturellement.
Lorsque Beckett arriva à son tour avec Cosmo, elle eut droit elle aussi à un « café de l’amitié », ainsi qu’à de plates excuses, qu’elle accepta gentiment.
Lorsqu’un officier lui apporta les résultats des analyses qu’elle avait demandées, elle les lut rapidement et se précipita vers les cellules.
Castle se leva et lui sourit. Elle s’approcha de lui et lui ôta délicatement ses lunettes, ainsi que sa perruque.
Il n’avait pas vraiment changé. Quelques petites rides en plus… Quelques cheveux blancs par-ci par-là…mais il restait le même...
- Surprise ! Se contenta-t-il de lui dire.
- Wah…
- Je sais… C’est surprenant, dit-il.
- Le mot est faible, soupira-t-elle avec un léger sourire.
- Comment tu as su ? Demanda-t-il.
- J’ai demandé une comparaison avec le dossier de Castle… Enfin, l’autre Castle. Mais ne lui dis rien, surtout ! J’aime trop le contredire !
- Je serai muet comme une carpe !
- Alors… ça va marcher… Nous deux ?
- Nous allons vivre une vraie grande histoire d’amour, assura-t-il le regard plongé dans le sien.
- … Cosmo, hein ?
- Ouais… Je crois que je t’ai eu à l’usure, sur ce coup-là, sourit-il.
- Je trouve que ça lui va drôlement bien, même s’il préfèrera qu’on l’appelle Flynn.
- Ça lui a pris quand il a vu Raiponce, le gars s’appelle en fait Eugène… Et puis comme moi, j’ai un nom de plume…
- Il va beaucoup me manquer, avoua-t-elle.
- Tu le retrouveras, promit-il et tu assisteras à chacune de ses premières fois !
Ils entendirent des pas dans le couloir, il s’empressa de remettre son déguisement, elle s’éloigna de lui.
- Promets-moi d’être prudente, Kate.
- Je te le promets !
Doyle arriva avec le capitaine Montgomery, Rick et Cosmo.
- Vous pouvez partir ! Annonça le capitaine, votre caution a été payée !
- Et pour mon fils ? Demanda-t-il.
- Il peut vous accompagner, répondit Kate. Les analyses ont prouvé que vous êtes bien son père.
Cosmo se précipita vers elle et lui fit un énorme câlin, avant de quitter le poste avec Doyle et son père. Beckett eut bien du mal à contenir ses larmes.
- Alors ? C’est bien son père… Dit Castle.
- Mhm-mhm…
- J’aurais peut-être dû donner un échantillon de salive, moi aussi… On aurait eu une preuve !
- Une preuve que cette histoire de voyage dans le temps était bidon ?
- Non… Une preuve du contraire !
- Ah Castle, sourit-elle, quel naïf tu fais, sourit-elle.
- Je ne suis pas naïf ! Bougonna-t-il. Oh et pour nos vacances ? On retourne bien dans les Hamptons ?
- Bien sûr ! J’ai hâte d’enfin pouvoir essayer ta piscine !
- Génial ! Bon, alors, je vais aller faire quelques courses, histoire de nous préparer un petit dîner romantique et puis je reviendrai te chercher, ça te va ?
- J’ai hâte d’être à ce soir !
***********
- Eh bien ! Soupira Castle en suivant Doyle jusque dans un endroit discret pour retourner à son époque. Ça va faire de sacrées vagues à résorber toute cette histoire !
- Pas de soucis ! Demain matin, ils auront tout oublié ! Répondit Doyle.
- Comment ça tout oublié ?!
- Ah il va y avoir de l’orage ! remarqua Doyle en observant le ciel.
- Hey ! Je vous ai posé une question !
- Je leur ai fait boire une substance qui modifiera leurs souvenirs. Demain, ils vous auront oubliés, expliqua Doyle.
- NON !!!! Hurla Castle.
- Qu’est-ce qu’il y a papa ? Demanda Cosmo inquiet devant la réaction de son père.
- Ne vous en faites pas, vous aussi, vous aurez tout oublié ! Promit Doyle en sortant un autre bidule ressemblant à un crayon de sa poche et en appuyant sur le bouton.
Un éclair déchira le ciel et tout devint noir.
Chapitre trente-sept
- AAAAAAAAHHHHHHHH!!!!!!
Le cœur battant la chamade et trempé de sueur, Castle venait de se réveiller en sursaut. Il était désorienté et mît du temps à se rendre compte qu'il était dans son lit, dans son loft de Manhattan. Son esprit était encore très embrumé, mais il se souvenait par bribes de ... Un rêve? Il avait rêvé? Étrange, tout lui avait semblé si réel que ça en était très perturbant.
Des choses lui revinrent en tête. Certaines douloureuses, d'autres tellement heureuses... Il ne savait plus où était la limite entre rêve et réalité...
Il tourna la tête et jeta un œil au réveil. Deux heures de l'après-midi ... Étant donnée l'heure tardive et le mal de crâne qu'il ressentait, sa soirée avait dû être très agitée...et très arrosée aussi... Il ne savait même plus ce qui était réel et ce qui ne l'était pas.
Il se leva difficilement, son corps était rempli de courbatures. Y avait-il une seule partie de son corps qui n'était pas douloureuse? Il n’en avait pas la moindre idée… Il avait l’impression d’avoir même mal aux cheveux ! En tout cas, ça ne pouvait pas être pire... Il se traîna en direction de la salle de bain, son petit orteil heurta le pied du lit et la douleur irradia aussitôt dans tout son pied. Il lâcha une série de jurons et se laissa retomber sur son lit.
Rectification: deux minutes auparavant, il n'avait pas mal au pied et oui, ça pouvait être pire!
Au bout de quelques minutes, lorsque la douleur de son pied reflua, il se releva et avança prudemment jusqu'à la salle de bain.
L'image que lui renvoya le miroir lui fit peur. Les cheveux en bataille, le visage à moitié mangé par une barbe de plusieurs jours et d'énormes cernes, qui lui donnaient une allure de mort-vivant, ce qui aurait pu le réjouir si Halloween approchait, mais pas en plein été !
- Pffou! Marmonna-t-il, mon vieux Ricky, c'est l'une des pires gueules de bois de ta vie!
Il se prit la tête à deux mains sous l'effet d'une vive douleur qui venait de fuser sous son crâne. Avait-il usé de substances illicites?
- Ouhhh... Je deviens trop vieux pour ses conneries... Souffla-t-il.
Il se traîna jusque dans la cuisine, il n'y avait personne. Au moins, il n'avait pas ramené de fille, c'était déjà ça!
Il mît sa cafetière en marche, rien de tel qu'un double expresso pour se donner le coup de fouet nécessaire pour affronter le reste de la journée. L'esprit encore nébuleux, il regarda le café s'écouler dans sa tasse en tentant de mettre de l'ordre dans ses pensées.
Il tenta de se rappeler son rêve. Tout était très confus, mais Kate en faisait partie. Il y avait un enfant également. Son fils... Leur fils! Un merveilleux petit garçon plein de ressources et d'énergie.
Mais leur bonheur était partie en fumée quand elle avait été lâchement assassinée. Cela lui avait semblé tellement réel!
Les larmes coulaient le long de ses joues. Il se rappelait sa douleur et sa tristesse. Était-ce réel? Était-ce seulement un cauchemar? Il ne savait plus.
Un cri d'enfant retentit à l'étage. Ignorant la douleur, il s'y précipita et entra dans la chambre de l'enfant.
Assis sur son lit, en sueur et complètement désorienté, le petit garçon pleurait.
- Cosmo... Murmura-t-il en s'approchant pour le prendre dans ses bras.
Son fils. Évidemment qu'il était réel! Il le serra dans ses bras et lui murmura des paroles réconfortantes. Il avait la respiration rapide et saccadée.
- Hey ! Ça va aller, je suis là mon bonhomme.
- Elle était là, papa ! Maman était là ! murmura-t-il entre deux sanglots.
- Toi aussi tu as rêvé d’elle ? S’étonna Castle.
- Je l’avais retrouvée papa ! J’étais parti dans le passé et je l’avais retrouvée ! Tu étais là toi aussi !
- Attends ?! Dit Castle en redressant la tête. Toi aussi tu as fait ce rêve ?
- Tu étais en prison et on avait fait une diversion pour que mon autre papa vienne te parler ! Il y avait des chiens et même un singe !
Pas de doute, ils avaient fait le même rêve ! Etait-ce possible ?
- Et le monsieur nous a ramené, il nous a tout fait oublier, continua encore Cosmo la voix pleine de trémolos.
Non, ça ne pouvait pas être une coïncidence… Leurs rêves ne pouvaient pas être aussi semblables !
- Alors… Ce n’était pas un rêve ?
- Papa, si c’était pas un rêve, on ne serait pas en pyjama et dans notre lit ! Dit Cosmo en séchant ses larmes.
- C’est vrai que c’est bizarre… Alors on a tous les deux fait le même mauvais rêve ?
- Peut-être que maman est toujours là…
Cosmo venait d’énoncer à voix haute ce qu’il n’osait même pas espérer. Peut-être que sa mort n’avait eu lieu que dans cet affreux cauchemar ?
Sans se concerter et dans un même mouvement, ils se levèrent et dévalèrent les escaliers. Ils fouillèrent chaque pièce, dans l’espoir de la trouver occupée à bouquiner en musique, un casque vissé sur les oreilles.
Mais au bout de plusieurs minutes, ils durent se rendre à l’évidence, elle n’était pas là…
La porte du loft s’ouvrit, ils tournèrent la tête et virent entrer un garçon et une fille un peu plus âgés que Cosmo.
- Non ! C’est mon tee-shirt Avengers ! Il n’est pas question que tu le gardes ! S’écriait le garçon.
- Mais il te va moins bien qu’à moi ! C’est un crime de te le laisser ! Protestait la fillette.
- Maman !!! Cria le garçon, Riley ne veut pas me rendre mon tee-shirt !
- Maman !!! Cria à son tour la fillette, Luke est un imbécile !!!
- Arrêtez de vous disputer ! Votre père et votre frère ont besoin de repos ! Rouspéta la voix de Kate depuis le couloir.
Rick et Cosmo restèrent plantés au milieu du salon, complètement ébahis.
Kate entra à son tour et remarqua aussitôt leur présence. Son sourire illumina son visage.
- Hey ! Regardez qui est enfin sur pied !
Rick et Cosmo se précipitèrent vers elle et la serrèrent dans leurs bras.
Kate répondit à leur étreinte.
- Hey ! Qu’est-ce qu’il vous arrive ? S’étonna-t-elle, on dirait que vous ne m’avez pas vue depuis des mois !
- C’est le cas ! Répondit Rick, qui n’avait pas assez de ses deux yeux pour l’admirer.
- Tu m’as tellement manqué maman ! Chuchota Cosmo en se blottissant contre elle.
- C’est la fièvre, qui les fait délirer ! Dit le garçon.
- Eh bah ! C’est un sacré virus qu’ils ont attrapé tous les deux ! Enchérit la fillette. Ça attaque le cerveau !
- Et si vous alliez faire vos devoirs vous deux, au lieu de dire n’importe-quoi, rétorqua Kate.
- Oui maman ! Répondirent-ils en soupirant.
- C’est de ta faute ! Lança Riley tandis qu’ils montaient les escaliers.
- P’tite peste ! C’est entièrement de ta faute ! Bougonna Luke en lui donnant un coup de coude.
- Maman ! Luke m’a tapée ! Cria Riley.
- C’n’est pas bientôt fini ?! Dans vos chambres ! Répondit sèchement Kate avant de se tourner de nouveau vers Rick et Cosmo.
- Les jumeaux… se rappela soudainement l’écrivain.
- J’ai un grand frère et une grande sœur ! Sourit soudain Cosmo.
- C’est pas encore la grande forme, vous deux ! Constata Kate.
- On t’a cherchée partout ! Mais tu n’étais pas là ! Chouina Cosmo en se collant à elle.
- J’étais partie chercher les jumeaux à l’école ! répondit Kate. Vous dormiez profondément, je n’ai pas voulu vous réveiller !
- Tu es là, c’est le principal, répondit Rick en la serrant dans ses bras.
Ils restèrent un moment blottis contre elle, puis elle s’écarta d’eux doucement et posa délicatement une main sur le front de Rick d’abord, puis sur celui de Cosmo.
- Vous avez encore un peu de fièvre, constata-t-elle. Je vais vous préparer vos médicaments.
- Qu’est-ce qu’il se passe papa ? Demanda Cosmo quand elle fut dans la cuisine.
- Je crois qu’on est tous les deux tombés malades…
- Alors… C’était vrai ou pas tout ça ?
- Je ne sais pas… On a peut-être déliré à cause de la fièvre… Peut-être qu’on a regardé un film tous les deux et que la fièvre nous a embrouillé…
- Ah oui ! On a regardé retour vers le futur l’autre jour, se rappela Cosmo !
- Ça doit être ça !
- On peut dire que vous m’avez fait drôlement peur tous les deux, dit Kate en revenant avec deux verres contenant leurs médicaments. Vous êtes montés à plus de 40 de fièvre pendant quatre jours !
- Tant que ça !? S’étonna Rick.
- Tu n’as qu’à demander au docteur Peterson ! Je l’ai appelé tellement souvent qu’il a dû avoir envie de prendre sa retraite anticipée !
- Dis- moi Kate… Hésita Castle en s’installant dans le canapé avec elle.
- Oui ?
- Cet été-là… en 2010… Tu étais venue avec moi dans les Hamptons ?
- Encore cette histoire ?! Répondit-elle en roulant des yeux.
- Quelle histoire ?
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Rick venait de se réveiller, pourtant, il gardait les yeux fermés. Il se sentait dans un état vaseux. Rien n'était clair dans sa tête. A part le bruit des vagues au loin, ce qui lui indiqua qu’il se trouvait dans sa maison des Hamptons.
Il sentit qu’une légère brise vint caresser son visage. Il tourna la tête et ouvrit les yeux. La fenêtre était ouverte et les légers rideaux qui l’entouraient flottaient doucement.
Prenant peu à peu conscience de ce qui l’entourait, il sentit qu’il n’était pas seul dans son lit. Il réfléchit à toute vitesse, se causant au passage une vive douleur à la tête, essayant de se souvenir des récents événements.
- Gina !? Chuchota-t-il en réalisant avec effroi qu’il avait invité son ex-femme à passer ses vacances avec lui dans les Hamptons, quand Kate avait décliné son invitation.
Il n’eut pas le temps de réaliser ce qu’il lui arrivait, qu’il se retrouva projeté en bas du lit sans ménagement.
- Hé ! Qu’est-ce qu’il t’a pris ?! S’écria-t-il en se frottant l’arrière de son crâne qui n’avait pas apprécié sa rencontre brutale avec le pied de la table de chevet.
- Ça ? C’était pour m’avoir confondue avec ton ex-femme ! Et ça… dit Kate en lui balançant son oreiller qu’il évita de justesse… C’est pour me calmer les nerfs!
- Kate ?!!!
- Fiche-moi la paix ! Râla-t-elle en quittant la pièce enroulée dans les draps du lit.
- Attends ! Excuse-moi ! Je ne voulais pas ! S’écria-t-il en se précipitant à sa suite avant de se rendre compte, qu’il était nu comme un ver.
Il s’empressa d’enfiler le premier truc qu’il trouva et quitta la chambre précipitamment.
Il la retrouva dans la cuisine, toujours enroulée dans les draps du lit, elle picorait quelques framboises qu’elle avait trouvées dans le réfrigérateur. Elle éclata de rire, lorsqu’elle se retourna et le découvrit dans l’encadrement de la porte.
- Quoi ? S’étonna-t-il alors qu’elle se tenait le ventre tellement elle riait.
- J’ignorais que tu étais de ce genre ! parvint-elle à articuler entre deux éclats de rire.
- De quel genre ? De quoi parles-tu ?
- … Du genre de ceux… Qui piquent… les sous-vêtements de leur femme, expliqua-t-elle avant de repartir dans un énorme fou rire.
Rick baissa le regard et réalisa qu’il portait le tanga en dentelle de Beckett.
- Euh… C’est super confortable ! bafouilla-t-il avec un petit sourire.
Chapitre trente-huit
Etendus sur le lit, leurs têtes l’une contre l’autre, main dans la main, les jambes entremêlées, Rick et Kate reprenaient doucement leurs esprits.
- Wah… Souffla l’écrivain.
- Si tu te trompes de prénom, je te colle une balle entre les deux yeux, l’avertit Kate.
- Tu n’as pas ton arme avec toi, pouffa-t-il.
Elle se contenta de tracer du bout des doigts quelques arabesques sur son torse. Il se redressa et prit appui sur son coude pour la regarder droit dans les yeux :
- C’est pas vrai ! Tu dors vraiment avec ton arme sous ton oreiller ?
Elle éclata de rire devant son air surpris.
- On est dans ton lit, Castle, se contenta-t-elle de répondre, elle est dans mon sac, mais si tu me cherches, je peux toujours aller la chercher !
- Non, ça ne sera pas la peine ! répliqua-t-il aussitôt. Je suis vraiment désolé pour tout à l’heure… Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’étais complètement déboussolé…
- Je sais, répondit-elle tendrement en posant délicatement la main sur sa joue.
Il ferma les yeux une seconde, savourant ce geste d’une infinie douceur. Comment avait-il pu oublier cette merveilleuse soirée passée avec sa muse ? Pourquoi avait-il l’impression d’avoir la tête prise dans un étau ?
- Tu sais ? S’étonna-t-il après un petit temps de silence.
- Quand je me suis réveillée, j’avais l’esprit embrouillé et je ne savais plus où j’étais, ni comment j’étais arrivée ici…
- C’est vrai ?!
- Oui… Je ne sais pas ce qu’on a fait hier soir, mais je ne me souviens pas d’avoir déjà eu une pareille gueule de bois !
- Ça veut dire que… Tu regrettes ? S’inquiéta-t-il aussitôt.
- Tu crois que si j’avais des regrets je me serai laissée embarquer dans un deuxième round ? Demanda-t-elle en l’embrassant.
- Techniquement, tu cherchais à récupérer ton tanga, quand ta main a dérapé ! nuança-t-il
- Tu ne t’en es pas plaint, que je sache.
- Oh non ! Alors ? C’est du sérieux ?
- Euh… Oui, répondit-elle en fronçant les sourcils, inquiète que ça ne soit pas le cas pour lui. Pas toi ?
- Oh si ! Répondit-il avec un magnifique sourire.
- Cool, sourit-elle à son tour.
- Cool.
- Alors… qu’est-ce que tu veux faire aujourd’hui ?
- On pourrait faire quelques longueurs dans la piscine, proposa-t-il. Ou faire une balade sur la plage, ou lire…
- Ça serait génial, oui, sourit-elle…
- Mais tu préfèrerais comprendre ce qu’il nous est arrivé… Continua-t-il en suivant parfaitement le fil de ses pensées comme souvent.
- Oui, répondit-elle avec une moue enfantine. Ça t’embête ?
- Pas si je t’accompagne, répondit-il, à partir du moment où on est ensemble, je me sens bien.
- Merci, tu es adorable ! Mais pas un mot sur nous deux à qui que ce soit!
- Tu as honte de nous?
- Bien sûr que non, mais il y a des règles dans la police de New-York et je ne voudrais pas qu'on ne puisse plus travailler ensemble si ça se savait!
- Euh... Techniquement, on ne travaille pas ensemble... Je te suis partout pour mes recherches, c'est tout!
- Castle...
- J'ai compris, je ne dirai rien, promit-il.
Elle sourit, lui piqua un bisou sur les lèvres et se leva prestement, il soupira, le moment câlin était terminé, sa petite amie venait de revêtir son costume de super-héros et le lieutenant Beckett venait de passer en mode « action » !
************
- Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? Demanda Castle en arrivant au poste.
- On pensait que vous le sauriez Castle, répondit Esposito pendu au téléphone et affichant sa tête des mauvais jours.
- Pourquoi je le saurais ? S’étonna l’écrivain.
- Peut-être parce que les factures des réparations sont à votre nom, rétorqua Ryan en levant la tête du dossier qu’il étudiait. Vous avez dû faire une sacrée fiesta, on n’a plus une seule tasse en un seul morceau et les toilettes sont hors-service pour la journée !
- Ouais, ils ont installé des toilettes de chantier dans le couloir qui mène aux archives, on doit y réserver son créneau d’utilisation pour éviter de perdre trop de temps à faire la queue ! grommela Esposito.
- En tout cas, je serai vous, j’éviterais de croiser le chemin du capitaine aujourd’hui, conseilla Ryan. Il est d’une humeur massacrante !
- Ce qui se comprend, étant donné que sans les ordinateurs, on met dix fois plus de temps à vérifier les différents éléments de nos affaires en cours ! Marmonna Esposito. Oui ! Le type s’appelle … Non ! Ne me mettez pas encore en attente !
- Faites pas attention, il est un peu grincheux parce que ça fait une demi-heure qu’il est au téléphone avec la banque de la victime de notre affaire et qu'ils n'arrêtent pas de le mettre sur attente, expliqua Ryan. Ça irait plus vite, si on pouvait utiliser le logiciel de la police, mais…
- … Les ordinateurs sont HS, termina Castle.
- Où est Beckett ? Demanda Castle.
- Elle est passée il y a vingt minutes et Lanie l’a appelée…
- Je vois, je vais la rejoindre, dit Castle, qui n’avait pas envie de croiser le capitaine.
Kate était arrivée seule au poste pour éviter d’éveiller les soupçons de ses collègues, sa relation avec Castle était récente, elle ne voulait pas la rendre publique, du moins pour le moment et puis même si le capitaine se montrerait certainement compréhensif, il y avait des règles dans la police de New-York…
*************
- Alors Lanie ? Quoi de neuf ? Demanda Kate en arrivant à la morgue.
- J’allais te poser la même question, sourit la légiste.
- Quoi ?
- Tu rayonnes, ma belle ! Alors ? Dis-moi tout !
- Euh… Il n’y a rien à dire !
- C’est ça ! Et moi je suis la reine d’Angleterre !
- Lanie, souffla Kate.
- Il n’y a pas de Lanie qui tienne ! Alors ? Je le connais ?
- Qui ?
- Tu le fais exprès ? Celui qui a épinglé ce sourire idiot sur tes lèvres, pardi !
Kate se plaqua aussitôt une main sur la bouche, effarée de se comporter comme une adolescente qui vit son premier amour.
- Au moins ça c’est clair ! Sourit la légiste fière d’avoir piégé sa meilleure amie. Alors ? Où l’as-tu rencontré ?
- On ne pourrait pas en reparler plus tard ? Eluda Kate. Je voudrais résoudre cette enquête…
- Mouais… Mais ne te crois pas tirée d’affaire, la prévint la légiste.
- Pas besoin de le préciser, je le sais bien, répondit Kate en roulant des yeux. Bon alors ? Tu disais qu’on avait du nouveau…
- Oui, on a retrouvé une veste dans un container près de la scène de crime. Il y avait des traces de sang dessus et après analyse, je peux te dire qu’il s’agit du sang de notre victime !
- Elle appartiendrait au tueur ?
- Sans doute, en tout cas, j’ai retrouvé des empreintes sur les boutons, ce sont celles d’un très vilain gars !
- Ah oui ?
- Oui, Chuck Zalvinski, fiché pour des faits de vol avec violence, incivilités et tout un tas de larcins plus ou moins gros.
- Ouais, il a une belle tête de vainqueur, quoi…
- Bonjour mesdames ! Lança Castle en arrivant dans la pièce.
- …
Lanie et Beckett s’étaient tournées vers lui, l’une se demandant la raison de sa présence en ces lieux, l’autre priant pour qu’il ne fasse pas de gaffe.
-OOOOOOOHHHHHHHH ! MY GOD !!!! S’écria Lanie en les pointant tour à tour du doigt.
- Qu’est-ce qu’il te prend ? Demanda Beckett en jetant un regard lourd de reproche à Castle, qui leva les mains pour prouver son innocence.
- TOI ! ET TOI !!!!! S’écria la légiste au bord de l’hystérie.
- De quoi tu parles ? Demanda Beckett avec un air qu’elle voulait innocent.
- NE ME PRENDS PAS POUR UNE IDIOTE ! IL A LE MEME SOURIRE IDIOT QUE TOI SUR LE VISAGE !
- Et alors ? Il est avec son ex-femme, rétorqua Beckett.
- Oh oui ! S’empressa d’approuver Castle.
- Qu’est-ce qu’il ferait ici dans ce cas ? Vous… !!! Petits cachotiers !!!!
- Ok, ok, capitula Kate, je te raconterai tout, mais je t’en supplie, garde ton calme et n’en parle surtout à personne !!!!
- De toute façon, je perdrai beaucoup d’argent si je le disais, avec le retour de son ex, j’ai changé mon fusil d’épaule…
- Merci Lanie, soupira Kate.
- Ouais, ne te réjouis pas trop vite, marmonna la légiste, je veux une soirée entre filles et un rapport détaillé !
- …
**************
- C’est quand même bizarre, toute cette histoire, tu ne trouves pas ? Demanda Castle en s’asseyant sur son siège près du bureau de Beckett quelques heures plus tard.
- Mhm… En tout cas, cette affaire semble réglée, répondit Kate en remplissant son rapport. On a notre gars, il est passé aux aveux… On va pouvoir penser à prendre quelques jours de congé…
- C’est ça ! Tu as mis le doigt dessus !
- Sur quoi ?
- Cette affaire semble réglée !
- Toi aussi, tu trouves ça un peu trop facile ?
- Un peu trop facile ! C’est beaucoup trop facile ! D’abord on se réveille avec la cervelle en passoire et maintenant on trouve comme par magie le coupable idéal, un crétin notoire, qui plus est, qui en plus signe des aveux complets sans sourciller ?! Dois-je te rappeler qu’on a apparemment piétiné pendant plusieurs jours sur cette affaire sans rien trouver ?
- Et Stevens qui se fait refaire le portrait par un mystérieux individu, dont on n’a plus aucune trace…
- Ouais, ça sent la conspiration et les services secrets tout ça !
- Ou alors, c’est un coup de la mafia, rétorqua Kate.
- Ouais, une histoire de familles rivales, qui… Commença Castle avant de remarquer l’air qu’affichait sa petite amie… Tu te moques de moi, c’est ça ?
- Evidemment que je me moque de toi, Castle ! Rit Kate. A mon avis, le vrai tueur a pris peur parce qu’on s’approchait un peu trop de lui et il nous a envoyé le parfait bouc-émissaire !
- Mhm… ça se tient, approuva-t-il avec une légère moue, même si j’ai une préférence pour la CIA…
Kate se contenta de rouler des yeux.
- Bon, souffla-t-il, comment on fait ?
- Comment on fait quoi ?
- Pour trouver le vrai tueur ? Si tout le monde au poste est frappé par une sorte d’amnésie collective ?
- Bah, je suppose qu’on fait venir la scientifique pour trouver la cause de cette amnésie et on reprend l’enquête depuis le début… énonça-t-elle en décrochant son téléphone.
Chapitre trente-neuf
- Est-ce que j’ai éclairé ta lanterne ? Demanda Kate en caressant tendrement la joue de son mari.
- Euh… Oui, ça me revient, répondit-il en grimaçant sous l’effet d’une douleur aigue à la tête.
- Tu devrais te reposer, suggéra-t-elle tu es encore un peu fiévreux…
- Et pour l’enquête ? On a trouvé ce qui a causé cette amnésie ? Demanda-t-il impatient de retrouver ses esprits.
- Repose-toi d’abord, conseilla-t-elle, je vais vous faire un bon bouillon à tous les deux et dîner avec les jumeaux.
- Et après tu continueras ton histoire ? Demanda Cosmo, devançant ainsi la question de son père.
- Si tu n’as pas sombré dans le sommeil d’ici là, oui, sourit Kate en l’embrassant tendrement sur le front.
Elle s’en alla dans la cuisine. Tandis qu’elle s’affairait à la préparation du bouillon et du repas, Cosmo vint se blottir contre son père et murmura :
- Alors ils ont vraiment tout oublié comme l’a dit monsieur Doyle ?
Castle tourna la tête vers lui étonné :
- Toi aussi tu as rêvé de ça ?
- Oui ! Quand le monsieur Doyle nous a emmenés, il a dit que tout le monde allait oublier.
- C’est… Non, c’est surréaliste… On ne voyage pas dans le temps !
- Mais imagine que loin dans le futur on invente une machine…
- Oui, mais on le saurait si des gens du futur venaient dans le passé…
- Pas si ils nous font tout oublier pour qu’on ne le sache pas…
- Mhm… Peut-être… Ta théorie se tient, sourit fièrement Rick.
- Quand je serai grand, j’inventerai la machine à voyager dans le temps, dit Cosmo en clignant des yeux et en baillant.
- Ouais… Moi aussi… répondit Castle somnolant.
Lorsque Kate revint avec deux bols de bouillon pour ses deux malades, elle les trouva profondément endormis. Cosmo était allongé sur le torse de son père, lui-même allongé de tout son long sur le canapé.
Elle sourit devant le tableau attendrissant qu'ils lui offraient et repartit dans la cuisine avec ses bols pour les garder au chaud.
Riley et Luke vinrent l'aider à mettre la table et ils s'installèrent pour dîner tous les trois.
- Papa et Flynn sont encore malades? demanda Riley.
- Pourquoi tu l'appelles Flynn? Demanda Luke. Son prénom c'est Cosmo!
- Mais il a changé de prénom!
- On ne peut pas changer de prénom!
- Et pourquoi pas? Papa l'a bien fait, lui.
- C'est juste pour ses livres! Il s'appelle toujours Rodgers en fait!
- C'est pareil pour Flynn! À l'école, il s'appelle toujours Cosmo!
- Non, ce n’est pas pareil! Il n'est pas écrivain, lui!
- Vous voulez bien arrêter de vous chamailler cinq minutes? Soupira Kate.
- Mais c'est lui qui a commencé! Protesta Riley.
- Nan, c'est elle!
Kate leva les yeux au ciel. Les jumeaux n'arrêtaient pas de se chamailler pour tout, c'était comme un jeu entre eux. Luke était le portrait craché de son père et Riley, celui de sa mère. Cela faisait bien rire Lanie, qui disait qu'elle voyait en eux les clones de leurs parents, version miniaturisée bien sûr et comme leurs parents, ils adoraient eux aussi se taquiner à longueur de temps.
- Dis maman, pourquoi il n'y a que Cosmo et Papa qui sont tombés malades? Demanda soudain Luke tirant ainsi sa mère de ses pensées.
- C'est vrai ça, approuva Riley, si c'était un virus, on l'aurait attrapé nous aussi!
- Je ne sais pas... Ils ont peut être mangé quelque chose qui les a rendu malade...
- Pourtant Cosmo se méfie des inventions de papa depuis que sa guimauvelette l'a rendu malade...
- C'était pas la faute de la guimauvelette! Protesta Luke, c'est une excellente recette, qui ne rend personne malade !
- C'est pas bientôt fini? Râla Kate. Dépêchez-vous de finir vos assiettes et montez-vous coucher, vous avez école demain! Je viendrais vous border dès que j’aurai rangé la cuisine.
Tout en mettant la vaisselle sale dans le lave-vaisselle, Kate ne cessait de repenser à cette étrange maladie, qui avait frappé Castle et leur plus jeune fils. Le médecin, n’ayant pu poser un diagnostic précis, avait énoncé qu’il s’agissait là d’un syndrome viral. Poussé, ou plutôt harcelé par Kate, il avait consenti à faire des analyses plus poussées, qui n’avaient révélé aucune présence d’un quelconque virus, ni même d’une bactérie. La fièvre qui avait frappé Rick et Cosmo depuis plusieurs jours était inexpliquée…
Le médecin avait alors évoqué un surmenage, assurant qu’ils seraient sur pied lorsqu’ils se seraient suffisamment reposés. Oui, mais il s’agissait de Castle ! Il passait son temps à faire ce que bon lui semblait, quand ça le chantait, il était difficile d’imaginer qu’il puisse être surmené… Ou alors c’était à cause d’un abus de jeux vidéo … Et puis que dire de Cosmo ? Couché à 20h tous les soirs et debout à 8h chaque matin… Il avait largement son quota de sommeil…
Non, il devait y avoir une autre explication ! Une explication qu’elle se refusait d’imaginer… Mais qui lui trottait pourtant dans la tête. Elle termina son rangement, monta embrasser les jumeaux pour leur souhaiter une bonne nuit, puis se rendit dans sa chambre. Dans le fond de la penderie, elle retrouva sa boîte à trésors secrets là où elle l’avait rangée lorsqu’elle avait emménagé au loft quelques années auparavant.
Dans cette boite, elle avait rangé des tas d’objets ayant chacun une signification particulière pour elle. Cela allait de la bague de fiançailles de sa mère à la première dent de lait perdue par chacun de ses enfants, en passant par des tickets de cinéma du film « la planète interdite ».
Elle farfouilla quelques minutes dans sa boîte à trésors et finit par mettre la main sur ce qu’elle cherchait : un petit médaillon, que sa mère lui avait offert bien des années auparavant et qu’elle avait retrouvé dans d’étranges circonstances ce fameux été 2010…
*************
La reprise de l’enquête depuis le début avait éclairé l’affaire sous un autre angle, essentiellement grâce à la présence de Castle et à sa connaissance de gars, qui connaissaient d’autres gars… Ainsi, ils avaient réussi à entrer en contact avec un ami très proche de patte de velours, qui n’aimait pas trop avoir affaire avec la police. Cependant, contre la promesse que son anonymat serait garanti et qu’il n’aurait aucun problème avec la police, il accepta de dresser le portrait-robot de l’homme qui avait proposé à son ami un travail en or. Ainsi, Castle et un de ses amis dessinateur allèrent le retrouver dans un coin discret, tandis que Beckett, qui ne pouvait venir car elle était de la police, les attendait un peu plus loin sur un banc de Central Parc, prête à intervenir à tout moment.
Assise sur son banc, Kate attendait depuis quelques temps déjà, quand elle mit machinalement la main dans la poche de sa veste en toile légère et fut étonnée d’y trouver un petit objet qu’elle pensait avoir rangé chez elle au fond de son placard.
- Le médaillon de ma mère ? S’étonna-t-elle. Qu’est-ce qu’il fait là ?
Elle l’ouvrit et fut encore plus surprise de découvrir que désormais, en face de la photo qu’elle avait prise avec sa mère plus de dix ans auparavant, se tenait une photo plus récente d’elle et d’un petit garçon qui souriait de toutes ses dents.
Intriguée, elle détacha la photo et lut ce qui était écrit au dos de celle-ci, d’une écriture enfantine un peu maladroite « Je t’aime maman, je t’attends ». Qu’est-ce que c’était encore que cette histoire ?
Apercevant Castle et son ami revenir, elle s’empressa de ranger le médaillon. Ils avaient un meurtrier à arrêter, cette histoire attendrait.
- Je le crois pas ! S’écria Beckett en jetant un œil au portrait-robot que Castle venait de lui tendre.
- Ouais ! C’est inattendu ! Approuva Castle en s’installant à ses côtés sur le banc.
- Stevens ! Un ripou ! Il a bien caché son jeu !
- Oui et il va falloir avoir plus qu’un portrait-robot dicté par un petit voleur à la tire qui ne veut pas venir témoigner pour le faire tomber ! Approuva Castle.
- Tu as raison… On va devoir agir discrètement pour ne pas éveiller ses soupçons et surtout profiter de son séjour à l’hôpital pour mener notre petite enquête, approuva Beckett.
- Il ne devait pas être à son coup d’essai, dit Castle, ce qui signifie qu’il doit avoir bien plus d’argent qu’un simple flic ! On devrait jeter un œil à ses comptes et quand je dis ses comptes, je veux dire ceux qu’il doit cacher dans un quelconque paradis fiscal…
Le téléphone de Kate sonna, elle s’empressa de décrocher.
- Hey Lanie ! Du nouveau ?
- Oui, j’ai les résultats des analyses de la scientifique…
- Qu’est-ce que ça donne ? Ils peuvent expliquer cette amnésie ?
- Peut-être… Ils ont retrouvé la trace d’une substance dans nos analyses de sang…
- Donc on a été drogué ! De quelle substance s’agit-il ?
- C’est là qu’est le problème, cette substance est un produit de synthèse complètement inconnu !
- Comment ça complètement inconnu ? Répéta Beckett incrédule.
- C’est quelque chose qu’on est incapable de fabriquer, à ma connaissance en tous cas! Je n’ai jamais vu un truc pareil, répondit Lanie d’une voix angoissée.
Beckett tourna la tête vers Castle, qui semblait aussi incrédule qu'elle. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire?