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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 13.08.2015 à 22h09
Auteur : billy
Statut : Terminée
« Suite de " Et si...l'amour ne suffisait pas". Plus d'un an s'est passé depuis le départ de Kate. Elle doit revenir à New-York pour le procès de son bourreau. » billy
Cette fanfic compte déjà 28 paragraphes
CHAPITRE 11
POV Beckett
Debout devant l'écran de télévison, j'écoutais en boucle la présentatrice de CNN commentée les images qui défilaient sous mes yeux. Rick n'arrêtait pas de répéter :
- Comment est-ce possible?
Nous étions tous les deux abasourdis et sous le choc de ce que devait impliquer ses images.
Prenant mon téléphone, j'appelais Jordan en courant vers la chambre pour m'habiller, laissant Rick seul.
- Shaw
- Jordan, comment est-ce possible? demandais-je essoufflés par ma course à l'habillage
-Kate, les photos viennent juste d'arriver en direct, ils les auraient reçu, il y a une demi-heure par coursier. Nous essayons de localiser la société de transports, en parallèle, j'allais t'appeler la scientifique est en route pour le Loft pour passer aux peignes fins l'appartement.
-Et le poste? on me voit au poste !
-Le poste est déjà inspecté à l'heure où je te parle. Il a dû venir installer des micros ou des caméras de surveillance à notre insu.
-Je vais passer pourquoi maintenant? Je ne suis même plus crédible !
-Détends-toi, habilles-toi et rejoins-moi avec Castle au poste, on t'attend.
-Détends-toi ! Je me suis détendu hier et on voit où ça m'a mené ! criais-je en raccrochant
Je vis Rick s'approcher de moi.
-Je viens de descendre voir le concierge, un flic est venu, il y a deux jours, demandant l'accès au Loft. Le concierge a ouvert car il lui avait dit, qu'avec l'affaire en cours, il devait inspecter le Loft pour notre sécurité.
-Va t'habiller, on va au poste, la scientifique va débarquer d'en peu de temps.
-Très bien, me dit-il, et Kate je suis désolé
-Tu n'y es pour rien , Castle, lui répondis-je en l'embrassant.
Attendant que Rick se change, je montais le son de la télévison ou des images de moi et Castle tournaient en boucle. On nous voyait nous embrasser dans la salle de pause du poste, moi à califourchon sur Rick au Loft ou Castle allonger sur moi. Ces photos dataient d'hier soir. En fond sonore , j'entendais.
« Comme vous pouvez le voir, la police de New-York a, à coeur , d'arrêter ce tueur en série qui sévit depuis quatre jours sur Manhattan, sur ses photos qui datent seulement d'hier, on y voit très clairement l'agent Beckett, prendre clairement du bon temps avec son écrivain. L'agent Beckett est en charge de l'affaire du copy-cat, alors quand cette dernière aura fini de batifoler, New-York pourra peut-être dormir à nouveau sur ses deux oreilles »
-Je suis prêt , me dit Rick qui venait juste de me rejoindre
-très bien, allons-y et au moment où nous nous dirigions vers la porte. Je recevais un nouvel appel.
-Beckett!
-Bonjour…..Kathie….
-A qui ai-je l'honneur? demandais-je en connaissant pertinemment la réponse.
-Aujourd'hui on s'amuse, Kathie...enfin JE m'amuse…..tu aurais dû écouter mon avertissement, rigolait-il…..peut-être prendras-tu le suivant, plus au sérieux.
Je murmurais « Jones » a Castle, pour qu'il prévienne les gars de pister mon appel.
-Ils n'arriveront pas à me pister….
-pardon? demandais-je
-Tu oublies que je te vois….dis à Castle de poser son téléphone….
-Dans vos rêves ! criais-je excéder
-551 Houston Street , appartement 7, continua-t-il d'une voix trop calme
-Qui a-t-il là-bas ?
-La victime N°4, elle t'attend, me dit-il avant de raccrocher.
-Merde, pestais-je, tu as eu les gars? demandais-je à Castle
-Oui, Tory est sur le coup, que te voulait-il?
-Me donner l'adresse de la prochaine victime.
Rentrant dans l'ascenseur pour rejoindre au plus vite un Taxi, j'appelais Jordan.
-Shaw!
-C'est Kate, il faut le localiser Jordan, il a dix longueurs d'avances sur nous.
-On est sur le coup Kate, que te voulait-il?
-Il m'a donné l'adresse de la nouvelle victime
-Et merde! On te rejoint là-bas, Bells, Esposito , Ryan en route ont à une nouvelle victime ! l'entendais-je crier.
-Je t'envoie l'adresse par SMS.
-OK.
Je raccrochais alors que Rick avait déjà hélé un Taxi, prenant place dans la voiture, le conducteur me dit :
-Hey, je vous connais vous! vous passez en boucle aux infos!
-Vous voulez un autographe, dis-je d'un ton hargneux
-hop! hop! doucement ma jolie, vous êtes bien sûr les nerfs pour quelqu'un qui a pris du bon temps, ajouta-t-il
-Vous pouvez répéter, pesta Castle
-Du calme, où voulez-vous aller ?
-551 Houston street, répliquais-je
-Pa..pardon? bégaya Rick
Face à sa réaction, je me retournais pour confronter son regard. La vison que j'avais de lui, me déchira le coeur, il était devenu complètement livide, son regard était au bord des larmes et un sentiment d'angoisse monta en moi. Il connaissait la victime et à en croire sa réaction, plutôt bien.
Avant même que j'ai pu dire quoi que ce soit, Castle commença à taper sur le siège avant comme un fou en injuriant le monde entier.
-Non, mais c'est pas vrai ! Tu vas te calmer , oui ! hurla le conducteur du Taxi.
-Merde ! merde! merde! continuais de crier Castle
-Rick, Rick, l'appelais-je en vain en essayant de le calmer en mettant ma main dans son dos .
-Castle ! hurlais-je, ce qui eut le don de le calmer.
Il tourna alors son regard dans le mien, les yeux baignés de larmes et me murmura :
-C'est de me faute
-Rick, rien n'est de tout ça est ta faute, le rassurais-je
Nous venions tout juste d'arriver... payant la course, je vis Castle sortir du taxi sous les flashs des journalistes. Il me regarda et dit :
-Comment sont-ils au courant? demanda-t-il complètement perdu
-A t-on-avis ! répondis-je énervé par cette situation. Viens rentrons à l'intérieur, lui suggérais-je.
Arriver dans le hall d'entrée, fermer au public par de nombreux officiers qui venaient d'arriver, je vis Castle scruter l'ascenseur. M'approchant tout doucement, je lui susurrais-je :
-Qui habite ici, Rick?
-C'est ma faute, Kate, je n'aurais jamais dû la laisser seule….
Sa peine me retournait le ventre, je n'avais jamais vu Castle aussi abattu de toute ma vie, le désespoir dans sa voix et la douleur dans ses yeux accentuaient ma peur.
-Qui habite ici? réitérais-je avec crainte.
-C'est Jess…..c'est Jess qui habite ici, murmura Castle en montant dans l'ascenseur comme un automate.
POV Castle
Arriver devant son appartement un sentiment honteux envers moi m'envahit. Je l'avais laissé seul…pour pouvoir être avec Kate.
Jessica n'avait rien demandé, elle n'avait rien à faire, dans cette histoire. Elle était seulement sortie avec la mauvaise personne…moi en l'occurrence.
Je n'arrivais pas à chasser de ma tête, la souffrance qu'elle avait dû endurer à cause de moi, de ma négligence.
J'étais révolté contre moi-même, je n'osais pas ouvrir cette porte et découvrir son corps sans vie. Kate dû sentir mon hésitation, car elle me dit en chuchotant.
-Reste là, Rick….j'y vais , tu n'as pas besoin de…
-C'est ma faute, dis-je en réprimant un sanglot
-Tu n'y es pour rien, tu…
-Je l'ai laissé Kate, je l'ai abandonné. La dernière fois qu'on s'est vu…mon Dieu…, pleurais-je cette fois-ci en me plaquant le front contre le mur près de la porte.
-Tu ne pouvais pas deviner, essayais de me rassurer Kate.
-Je n'aurais jamais dû la laisser, continuais-je sans l'écouter. Elle avait fait à manger…..elle m'attendait et…moi…..je l'ai laissé pour…..
Je ne voulais pas terminer ma phrase pour ne pas blesser Kate, mais elle devina la fin de ma conversation.
-pour moi…tu l'as laissé pour moi…et maintenant tu regrettes, soupira-t-elle
Elle se recula de moi et ouvrit la porte en me demandant de rester ici. Quelques minutes plus tard , Lanie et les autres arrivèrent. Il m'avait fait tous part de leurs condoléances mais je n'en avais cure.
Penchant la tête sur le côté pour voir l'intérieur de l'appartement, je vis qu'elle gisait à même le sol, je ne pouvais apercevoir que ses jambes, j'entendais Kate demander à Lanie, s'il y avait un mot et c'est sa réponse qui me fit entrer dans l'appartement.
-Il y a un mot…mais cette fois-ci…il est destiné à Castle.
- Que dit ce mot? demandais-je en avançant.
Mes yeux ne pouvaient se détacher du corps sans vie de Jess. Elle avait les yeux ouverts et la bouche ensanglantée, des marques de coups sur ses cuisses et des morsures sur sa clavicule étaient présentes. Elle n'était pas nue…..elle portait le déshabiller bleu nuit qu'elle avait sur elle, le soir où j'ai rompu. Je n'arrivais pas à contenir mes larmes, face à sa vision, ses poignets et ses chevilles indiquaient qu'elle avait été électrocuté.
Elle avait vécu en enfer.
-Castle, ne regarde pas, me dit Kate.
-Lanie, que dit le mot? arrivais-je à peine à articuler
-Castle, écoute-tu devrais peut-être…
J-e veux savoir ! criais-je
Face à ma réaction, Lanie sursauta, Kate se plaça devant moi ainsi qu'Espo.
-J'ai besoin de savoir…., implorais-je
-Lanie, dit-lui, repris Kate en me toisant du regard.
-ça dit :
« J'ai fait honneur à ce déshabiller…..ton ex était… »
Elle s'arrêta de lire, relevant la tête vers elle, je m'approchais et lus à voix basse par-dessus son épaule :
« ton ex était chaude comme de la braise…l'actuelle est-elle comme ça? J'en ai l'eau à la bouche »
POV Beckett
Castle s'était muré dans un mutisme depuis qu'il avait lu le mot. Nous étions retournés au poste, où il s'était assis sur sa chaise, il ne bougeait pas et ne parlait pas. La scientifique avait trouver les caméras et les micros dans son loft et dans le poste, qui avait permis à Jones de diffuser les images aux médias. Tory n'avait pas réussi à remonter le signal vidéo car il l'avait coupé. La société qui avait envoyé les photos à CNN, nous avait rien appris de plus, il s'agissait d'un homme avec casquette et lunette, de grande taille qui avait payé en liquide.
Je ne savais plus comment faire pour attraper ce gars. Jordan avait réuni l'équipe pour une réunion de crise. Les écoutants à peine, je restais focaliser le défilement de cette matinée cauchemardesque. Castle regrettait. Tournant ma tête, je vis Rick ,toujours assis sur sa chaise , anéantit. Me retournant de nouveau, je lançais :
-Les photos comment a-t-il pu les avoir?
-Des caméras ..il a dû éditer les photos à partir….
-Non, coupais-je Andrew, MES photos….celles de ma détention. Comment Abbott a pu les donner a Jones….Comment pouvait-il les avoir sur lui à Rikers?
-Il les avait peut-être gardé en lieu sûr, en dehors de la prison et , en a fait par à Jones.
-Ce qui expliquerait pourquoi il se balade en sifflotant en taule ! continuais-je
-Attendez, je vous arrête, repris Ryan, j'ai moi-même passé ton lieu de détention au crible Kate, il n'y avait pas de photos ou même d'appareil.
-Il doit avoir une autre planque, dit Castle calmement en entrant dans la salle. A son intervention nous nous retournions tous vers lui.
-Et avec un peu de chance, c'est là que Jones se planque, continua-t-il
-Ca se tient, dit Shaw, je veux qu'on revérifie tout sur l'affaire Abbott, je veux connaître tous ses pieds à terre.
-Attendez! criais-je, en voyant l'équipe s'éparpiller dans la pièce
-Qui nous dit, qu'il n'a pas piégé nos ordinateurs aussi….il a toujours une longueur d'avance sur nous, sur nos recherches et c'est un pro d'informatique, insistais-je
-d'accord, on ne va pas prendre le risque, comment veux-tu procéder? demanda Jordan.
-Je veux des nouveaux ordinateurs qu'on installera dans la salle des archives, ce lieu est sécurisé. En parallèle, je veux que vous effectuiez des recherches bidons sur nos ordinateurs actuels, pour le laisser croire qu'on se plante, affirmais-je
-Très bien, on refait deux équipes..L'équipe A chargé d'Esposito, Bells et Ryan feront les recherches bidons. Beckett, Castle et moi traquerons ce malade depuis les archives.
Au moment, où nous allions franchir les portes, je recevais un nouveau message de Jones:
« relâche les filles…..ou la prochaine sera une rouquine… »
A la lecture, je me stoppais net et face à mon immobilisation, tout le monde me demanda le problème.
CHAPITRE 12
POV Castle
A la suite du message que Kate venait de recevoir, je sortis de ma léthargie pour essayer de contacter ma mère ou ma fille. Je tombais à chaque fois sur leurs messageries après quelques sonneries.
J'étais comme enragé au poste, n'arrivant pas à regagner mon calme, Kate m'attrapa à l'abri des regards indiscrets dans la pièce d'interrogatoire de l'autre côté du miroir.
-Castle, respire, me demanda-t-elle
Au regard que je lui lançais, elle répliqua :
-Il est 13 heures, ce qui signifie qu'à Paris, il est 1 heure du matin, elles doivent dormir et..
-Tu veux que je me calme sur des suppositions ! la coupais-je fou de rage
-non, reprit-elle doucement, Esposito est en train de joindre l'hôtel pour vérifier qu'elles sont bien dans leur chambre et je pense que Jones cible quelqu'un d'autre.
-Qui? m'énervais-je
-Je ne sais pas, mais il est impossible qu'il tue…Jess, murmura-t-elle, et qu'il soit à Paris à cet instant.
-Vérifie les départs de JFK!
-C'est fait, Ryan est sûr le coup.
-Je me sens pas bien , Kate, dis-je les mains tremblantes, je ….s'il arrive quelque chose à…Mon Dieu…Tu as vu ce qu'il a fait à Jess, pleurais-je, s'il….
-Hey, me coupa-t-elle en me prenant dans ses bras, il souhaite juste nous déstabiliser afin de ralentir l'enquête.
Esposito rentra à ce moment-là, ce qui l'obligea à relâcher son étreinte.
-Castle, c'est ta fille au téléphone, elles vont bien , elles dormaient. Elles seront prises en charge par la police française à la fin de ton appel, bro.
-Merci, tremblais-je en prenant le téléphone.
-Hey pumpkin, tu vas bien ? dis-je d'une voix tremblante
-ça va papa, qu'est-ce qui se passe?
Au moment, où j'allais répondre je vis Kate et Javier sortir de la salle pour me donner plus d'intimité.
-Alexis, tu vas suivre la police avec ta grand-mère, ils vous mettront en sécurité.
-en sécurité?
-J'ai reçu des menaces à votre encontre, elle venait de ce tueur qui sévit à Manhattan.
-Oh mon Dieu, et , tu ne risques rien?
-Non, pumpkin, ne t'inquiète pas.
-Papa, je..
-tout va bien se passer, je te le promets mon ange
-promis?s'inquiéta Alexis
-promis !
- ok...Je...Je te passe grand-mère, elle souhaite te parler, dit-elle d'une voix rongé par l'angoisse
-D'accord, Alexis….chérie!
-oui?
-je t'aime
-je t'aime , aussi.
-….
-Richard? mais que ce passe-t-il?
-Mère, éloignes-toi d'Alexis
-Très bien.
Après quelques secondes, elle reprit la conversation :
-je t'écoute, Richard
-Ce tueur qui…
-Oui, je sais, il reproduit les drames affreux de Kyle Abbott, nous avons CNN, d'ailleurs, Alexis vient d'allumer la télévison et
-PAPA ET BECKETT, OH MON DIEU,ILS SONT ENSEMBLE ! criait Alexis
-Mère, j'ai peu de temps, écoute-moi, tu vas suivre la patrouille française et vous resterez à l'abri le temps que cette affaire s'arrête.
-Que c'est-il passé?
-Jessica a été assassiné, lâchais-je d'un coup
-oh mon Dieu, pauvre petite, répliqua la voix tremblante de ma mère
-Ne dis rien à Alexis et suit la police
-Très bien, Richard , mais je souhaiterais que tu en face autant.
-Je ne peux pas laisser Kate, mère
-Richard, me supplia ma mère.
-A bientôt, mère, dis-je en raccrochant le téléphone.
Rassurer de savoir ma mère et ma fille à l'abri, je me demandais de quelle rousse , il pouvait parler quand une lumière se fit dans mon cerveau, sortant en trombe de la salle, je demandais à Ryan :
-Ou est Beckett
-A la salle des archives et….
Ne l'écoutant pas, je courais à toute vitesse vers la dîtes salle, arriver en bas, un officier gardait la porte.
-Désolé, cette salle est sécurisée, me dit-il
-Je sais, Beckett m'attend, m'énervais-je
-J'ai des ordres Monsieur Castle.
-Beckett, hurlais-je, Beckett !
-Arrêter où je vous mets en isolement !
-Beckett !, continuais-je
-Je vous ai dit de…
-Qui a-t-il ? me dit Beckett qui ouvrait la porte
-l'officier Capis, me refuse l'accès
-C'est bon, il peut rentrer, je suis désolé, c'est de ma fautent dit-elle à l'officier.
A peine étais-je rentré que je me retrouvais subjugué par l'aménagement de la pièce. Un grand écran était positionné au milieu, sur son côté droit trônait deux ordinateurs et sur le gauche, le tableau blanc de Beckett avec toutes les victimes affichées, toutes…. y compris Jessica. A sa vue, mon corps se raidit à nouveau, voyant certainement ma réaction, Kate enleva les photos rapidement.
-Pourquoi hurlais-tu comme ça? demanda Kate
-La rousse…je pense que c'est Mérédith, lui avouais-je
-ton ex-femme ?
-La brioche aux beurres? demanda Jordan qui s'était retournée
A cette expression, mon regard passa de Kate à Jordan en signe de stupéfaction.
-Désolée, s'excusa-t-elle.
-J'y ai pensé, repris Kate, une patrouille est en route à Los Angeles et nous vérifions tous les vols internes.
Me retournant pour constater ses dires, je vis qu'en effet l'écran central, relayait à une vitesse phénoménale tous les vols internes.
-merci, murmurais-je reconnaissant.
-De rien.
Elle se tourna et s'installa à l'un des ordinateurs pendant que Jordan utilisait l'autre.
-Que faites-vous?
-Nous cherchons toutes les planques que Kyle Abbott avait sur New-York, continua Jordan,
-Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, souffla Beckett.
-Une aiguille dans une botte de foin, réfléchissais-je
-tu as une idée? m'interrogea Kate
-Vous devriez regrouper vos recherches dans le rayon de 6 km, que j'avais donné à Espo après l'envoi de tes photos, leur recommandais-je
-Ok, je vais essayer, me dit Jordan.
Fatiguer et lessiver de ce début de mâtiner, je m'asseyais à table, je n'arrivais pas à me chasser la vue du corps de Jess, tournant le regard, je vis un dossier à son nom, pris de curiosité, je le saisis et avant de l'ouvrir, Kate me dit :
-Castle, pose ça.
-qu'est-ce-que c'est? demandais-je surpris par son empressement, elle s'était levée pour venir à mon encontre.
-Le début du résultat d'autopsie de Lanie
A sa phrase, mon regard se reporta sur le dossier, mes mains tremblaient à présent, d'une voix paniqué , je lui demandais :
-Est-ce qu'elle a souffert?
-Rick, continua-t-elle, en s'asseyant près de moi, la main sur mon bras. Pose ce dossier et vient boire un café.
-J'ai besoin de te l'entendre dire, Kate, s'il te plaît.
-oui, murmura-t-elle
-o..k, bégayais-je, je….je…..il l'a violé
-oui, continua-t-elle sur le même ton
Devant mon regard, elle continua :
-plusieurs fois
-Les bleus sur ses cuisses s'étaient à cause de..
-oui, me coupa-t-elle
-elle est morte comment? pleurais-je
-son coeur a lâcher
-comment Kate?
-suite à de fortes décharges, je….je suis désolée, Rick, sanglotait-elle
-j'ai…je…
-ça va aller. Je voudrais que tu te reposes et que tu rassembles tes idées. On a besoin de toi sur cette affaire. J'ai besoin de toi, m'avouait-elle.
-Très bien,Ok...laisse-moi juste quelques minutes.
A ma phrase, elle me souriait et se relevait pour retourner travailler.
- Eh Kate, l'interpellais-je
-Oui?
-Tu sais tout à l'heure, je me suis mal exprimé, m'expliquais-je…je ne regrette rien de ce qui a pu se passer entre nous depuis que..
-je sais, me coupa-t-elle dans un sourire.
POV Beckett
Cela faisait une heure, que nous recherchions n'importe quels lieux pouvant servir de planque à Jones. Nous pataugions complètement devant nos ordinateurs. Castle n'avait pas bougé de sa chaise, regardant sans l'ouvrir le dossier recueillant les informations sur le meurtre de Jessica. Ryan nous avait averti qu'il avait retrouvé la trace de Méredith et qu'il l'avait placé en lieu sûr. Toute cette affaire devenait de plus en plus trouble et n'avait ni queue ni tête. Me sortant de mes réflexions, Rick me dit derrière moi :
-Tu sais , plus j'y pense et plus je me dis qu'on fait fausse route.
-C'est-à-dire, répliquais-je en me retournant pour lui faire face.
-Jones….il est décrit comme un geek …OK, ça peut expliquer les messages intraçables, les vidéosurveillances, les photos mais….on dirait que dans cette histoire ce n'est pas tant le fait de reproduire ses meurtres horribles qui lui plaisent, c'est plutôt de…
-Nous tourmentés, terminais-je
-Oui, et ça ne colle pas au profil, repris songeur Castle
-A quoi pensez-vous Castle? demanda Jordan qui s'était retourné.
-Comment a-t-il pu avoir accès au commissariat, aux ordinateurs, a la salle de videosurveillance, comment sait-il toutes ses choses sur toi, sur nous? C'est comme s'il évoluait dans…
-notre sphère intime? continuais-je
-oui, exactement et si c'était le cas, le profil ne tiendrait pas
-ok, Rick , je veux bien qu'on se remette en question, mais je t'assure qu'en ce qui concerne les meurtres, le..
-profil, tiens, continua-t-il , je sais, c'est pour ça que j'avance la théorie qu'ils
-seraient deux ! m'exclamais-je devant lui.
Depuis notre joute verbale, nous nous étions rapprochés l'un de l'autre comme aimantés.
-Très bien, tous les deux, nous dit Jordan, premièrement votre supposition pourrait tenir la route et deuxièmement , vous êtes vraiment flippant quand vous faîtes cette chose, dit-elle en nous pointant du doigt tous les deux.
-Je pense que Jones n'ait que le subalterne dans cette histoire, je pense que le deuxième type est le cerveau. Si on retrouve ce type, on retrouve Jones, constata Castle.
-Ok, reprenons, fit Jordan, si ce type existe, il a accès au poste, à toutes les informations et ils vous observent régulièrement. Il fait partie du commissariat.
-Et il nous cible, Castle et moi, affirmais-je
-mais qui ?
-Ces mots envers toi, Kate, étaient tous dirigés vers ta situation amoureuse…continua Jordan, lequel vas-tu choisir? le baiser ? ce qui suggère qu'il fait une fixette sur toi. Un prétendant déchu ?
-je ne suis sortie avec personne du 12 ème….à part Castle mais il ne fait pas partie de…
-Demming? proposa Rick
-Qui est Demming? demanda Jordan
-Son ex petit-ami, ils se sont séparés , il y a quoi ? trois ans?
-Demming ne fait pas partie du 12 ème, soufflais-je, et Tom ne correspond pas au profil.
-On va quand même vérifier, dit Shaw, un autre Jules? où quelqu'un à qui tu aurais refusé un dîner?
-Je ne vois personne, et j'ai refusé des dîners ,oui, mais je ne me rappelle pas à qui, grimaçais-je
-Il montre clairement une hostilité à ta relation avec Castle, s'il menace son entourage, c'est qu'il y a une raison. Alors réfléchis, Kate, un officier qui aurait pu te proposer un rendez-vous ? je dirais après l'affaire Abbott et avant ton départ à DC. C'est ton refus et ton départ, qui lui ont fait voir rouge et pousser à monter cette histoire d'imitateur avec Jones en première ligne.
-Ok….alors laisse-moi y réfléchir, pensais-je
-Mais comment a-t-il poussé Jones à commettre ses meurtres pour lui ? demanda Rick pendant ma réflexion.
-Jones a toujours été ce tueur-né, il fait simplement partie des gens qui on besoin d'un dominant pour les pousser à l'acte. Le fait de côtoyer Abbott à Rikers, devait attiser les pulsions meurtrières de Jones. Ce type, le cerveau qui est derrière ça, devait connaître Jones, ils ont un lien tous les deux. Il a donc profité de son ascendant pour lui suggérer ces meurtres.
-Mais que gagne-t-il dans l'affaire à part torturer Beckett?
-Il gagne , Kate, avoua Jordan, il souhaite se charger d'elle à la fin.
-Et avoir son dû, son rendez-vous, continua Kate. Je pense savoir qui c'est.
-Ah bon? s'interrogea Rick
-Oui, je n'ai pas eu beaucoup de propositions de rendez-vous après l'affaire Abbott, susurrais-je mal-alaise, et mon refus plutôt virulent je dois dire , ainsi que le fait qu'il savait que toi et moi , on…
-Qui ? me demanda Castle
-L'agent Daniel Potter.
-Tu rigoles là ! s'insurgea Rick, ce type bosse à quoi , trois bureaux du tien…depuis tout ce temps, il..
-Je lance une recherche sur ce Potter, le coupa Jordan, il faut qu'on découvre le lien qu'il a avec Jones.
-Et moi, continuais-je, je vais vérifier ses comptes bancaires et ses biens immobiliers, qui nous permettraient de retrouver la trace de Jones.
-Et vérifie aussi ses relevés téléphoniques, me suggéra Jordan
-Attendez ! s'emporta Castle, CE TYPE est juste au-dessus de nous! en train de bosser sur l'affaire..pourquoi vous ne l'arrêtez pas!
-Parce que cette fois, répliquais-je sournoisement c'est nous qui auront dix longueurs d'avance !
CHAPITRE 13
POV CASTLE
Il était désormais 17 heures, Beckett et Shaw avaient passé l'après-midi à enquêter sur ce Potter.
Daniel Potter était flic à la criminelle depuis six ans, son dossier indiquait qu'il était passé détective en 2011 suite à certains changements d'effectif induit par le décès de Montgomery. Il avait déjà eu cinq nouveaux partenaires, ces derniers demandaient leur transfert tous pour sensiblement la même raison : Daniel Potter était décrit comme impulsif, caractériel et agressif.
Il avait déjà reçu un blâme, il y a deux ans. Mais depuis près d'un an, aucune frasque, aucun comportement suspect n'avait été noté.
Beckett n'avait cependant trouvé aucun lien pouvant démontrer que Jones et Potter se connaissaient, ses comptes bancaires et relevés téléphoniques étaient « clean ».
Faisant les cent pas aux archives, je bouillonnais d'impatience :
-Si on ne l'arrête pas maintenant, il pourrait nous échapper ! ça se trouve, il est delà au courant de notre avancée.
-Comment Castle ? La salle est sécurisé toi, Jordan et moi y avons pénétré. Nous n'avons rien dit aux gars, qui continuent de s'affairer en haut avec des pistes non plausibles.
-Tu comptes l'arrêter quand ? demain matin, quand on aura découvert la cinquième victime ? ou quand..
-Rick, me coupa Kate, laisse-nous encore du temps, on a besoin de finir les recherches des biens immobiliers qui ne devraient pas tarder, ensuite on avisera. Tu devrais t'assoir et te reposer un peu.
-m'assoir et me reposer, sifflais-je en me retournant pour regarder Jordan terminé sa recherche. Alors? lui demandais-je
-Il a un appartement qui est son habitation principale depuis quatre ans, en dehors de ça c'est tout.
-Super ! m'agaçais-je, retour à la case départ !
-Non, je n'ai pas fini, Castle repris Jordan, depuis environ trois semaines, sa mère loue un studio près de Central Park, s'exclama en souriant Shaw
-ok, ça pourrait être ça mais rien indique que…
-Sa mère est en maison de retraite depuis plus de deux ans, me coupa de nouveau Jordan.
-D'accord, répondit Kate, cette fois-ci, on le tien.
-Comment comptes-tu procéder? demandais-je excéder
-On va monter et arrêter Potter, lui retirer tout moyen de communication et l'isoler en cellule. Ensuite, nous montons une équipe et allons interpeller Jones au…..57 Madison avenue ! dit Kate en regardant l'adresse par-dessus l'épaule de Jordan.
POV BECKETT
Nous étions remontés à l'étage de la criminelle, nous nous dirigions tous les trois vers le bureau de Daniel Potter qui était désert, faisant un tour circulaire du poste, je ne l'apercevais pas.
-Ou est-il ? s'agaça Rick derrière moi
-Je ne sais pas
-Je te l'avais dit ! Il doit être loin maintenant, me répliqua Castle en haussant le ton de la voix, on aurait pu faire ses recherches après l'avoir arrêté !
-Ah oui ! criais-je agacé, tu me demandes d'arrêter un détective du 12 ème pour meurtre sans preuves, juste des suppositions ! je n'allais pas foutre en l'air une carrière sur..
-Arrêter ! nous coupa Jordan, on est tous sur les nerfs, il faut se calmer, je vais parler à Gates.
Castle était remonté contre moi, son regard était colérique et je en savais pas d'où pouvait venir cette rage à mon encontre. Face à moi, il me jaugeait du retournant je pus m'apercevoir que tout le poste avait profité de notre altercation, tout le monde... même Potter qui était sortie des toilettes. En une fraction de seconde, il se mit à courir en direction des escaliers de secours.
-Potter, STOP ! crias-je, arrêtez-le ! hurlais-je aux officiers près de lui mais en vain , il avait déjà atteint les escaliers.
Courant le plus vite possible pour le rattraper, je m'élançais dans une course dans la cage d'escalier suivi de Castle. Je n'entendais que ses pieds claqués sur les marches, je n'avais aucun aperçu de sa silhouette. Arriver au bas de l'immeuble, je perdis sa trace dans la foule New-Yorkaise.
-Ou est-il? demanda Rick essoufflé
-Je ne sais pas, répondis-je en prenant mon téléphone pour appeler Jordan.
-Shaw!
-Je t'attends en bas avec les gars et Bells, on va faire une descente au 57 Madison avenue, je ne veux pas perdre Jones ! grinçais-je
-On arrive ! me répondit-elle en raccrochant
-C'est trop tard ! s'énerva Castle, il doit surement prévenir Jones de notre arrivée, je le l'avais dit !
-Son téléphone portable est sur son bureau, si on est rapide , on pourrait …
-on y arrivera pas !cria-t-il
A sa phrase, je me stoppais et le regardais, face à face nous étions tous les deux sur les nerfs, cette enquête nous poussait dans nos derniers retranchements.
-Me crier dessus, ne fera pas revenir Jessica ! lu affirmais-je, je suis désolé pour ta perte, mais tu ne peux pas continuer….
-On y va ! cria Bells derrière nous, me stoppant dans ma phrase
-Très bien, je monte avec Andrew et Jordan, va avec les gars, lui dis-je sans un regard.
Le trajet en voiture se fit rapidement, arriver au bas de l'immeuble, nous nous apercevions qu'il s'agissait d'un studio excentré sur la droite au troisième étage.
-Esposito et Ryan , ordonna Shaw, je veux que vous vous postiez devant la cage d'escalier, Bells devant l'entrée de l'immeuble, Beckett et moi nous montons.
A la fin de son ordre, tout le monde partie aux directions demandées, partant avec Shaw à l'intérieur de l'immeuble, je vis Rick nous suivre :
-Castle, tu restes dans la voiture !
-Il en est..
-J'ai dit dans la voiture ! tu n'es pas flic et tu n'as pas ton gilet
-Mais..
-Castle ! écoutez Beckett, repris Jordan, en se retournant pour repartir.
Rick me regarda, baissa la tête et partit en direction de la voiture des gars en fulminant. Jordan et moi montions les trois étages à pied évitant l'ascenseur. Arriver devant sa porte, je frappais en criant :
-FBI ! Ouvrez la porte Jones !
A mon appel, un bruit de fenêtre et de pas , nous parvenaient , d'un geste autoritaire de la jambe, j'ouvrais la porte, pour voir apparaître notre suspect devant la fenêtre. Il prenait la fuite par la cage d'escalier décidément c'était un rituel aujourd'hui
-Jones ! arrêtez-vous! criais Jordan, alors que je m'élançais de nouveau dans les escaliers de secours pour la deuxième fois de la journée, seulement cette fois, Espo et Ryan l'attendaient au bout du chemin, se voyant fait comme un rat, il essaya de remonter pour me faire face mais Javier, l'intercepta et le plaqua contre la barrière.
-Allan Jones, vous êtes en état d'arrestation pour enlèvements, séquestrations, viols et meurtres. Vous pouvez garder le silence, tout ce que vous direz, pourra être ….
Je laissais Esposito , lui dire ses droits et m'approchai très lentement vers lui, il se retourna pour rencontrer mon regard et me souriait :
-je t'ai eu ! lui affirmais-je
-Non, beauté, me répondit-il , c'est loin d'être fini, rigola-t-il
Sondant son regard, je n'arrivais pas à comprendre la teneur de sa phrase, Jordan qui nous avait rejoints demanda à Kevin de l'embraquer pour le poste. De peur de le voir, de nouveau nous échapper, j'accompagnai les gars vers leur voiture. Arriver aux coins de la rue, j'entendis Javier me dire :
-Tu as fait déplacer la voiture ?
-non, pourquoi?
-Parce qu'elle était garée juste là ! s'énerva Ryan
-Je vais demander à Bells, s'il n'a rien vu, continuais-je en cherchant Andrew du regard.
Il se trouvait avec Jordan près de la voiture du FBI.
-Ou est Castle? demandais-je en me retournant pour essayer d'apercevoir Rick.
-Il était avec toi, répliqua Espo
-Non, je lui ai demandé de retourner à la voiture
Un sentiment d'angoisse commença alors à monter tout doucement en moi.
-Bells! criais-je
Andrew se retourna et me regarda :
-Ou est la voiture d'esposito et Ryan ? Et où est Castle ? demandais-je paniquer
-Je n'en sais rien, j'ai vu Castle sortir du bâtiment après votre refus et moi, je suis rentré dans le hall, reprit-il en haussant les épaules.
-Castle! criais-je en pleine Avenue. Castle!
Soudain la phrase de Jones me revint comme un boomerang dans la tête :
« C'est loin d'être fini… »
Me jetant sur Allan Jones, qui était à côté de Kévin et menotté, je lui criais en l'attrapant par le col pendant que celui-ci riait à pleins poumons :
-Où est-il ! Où est Castle!
-Entre de bonnes mains
-Ou est-il! répétais-je en serrant sur le col de son cou
-Je ne sais pas…..certainement menotté près d'une borne…..
A sa phrase, je relâchais l'emprise que j'avais sur lui pour me tourner vers Jordan qui s'était rapprochée :
-Un autre lieu! il me faut un autre lieu Jordan, dis-je d'une voix tremblante
-on va l'interroger….allez-y les gars!
-Tu ne sais pas où il pourrait être ? l'implorais-je
-Non, je n'ai trouvé que cet appartement pendant nos recherches, je vais tout de même envoyer une équipe et la scientifique à l'appartement de Potter, m'affirma-t-elle pendant que les gars embraquaient Jones dans la voiture de Jordan.
Baissant les yeux par terre, je vis près de la chaussée, le portable de Castle au sol. Le ramassant, j'entendis Jordan me dire :
-On va le trouver Kate, on a Jones et…
-il le tien, c'est fini, murmurais-je, j'aurais dû écouter Rick, j'aurais..
-Kate, me coupa Jordan, il a besoin de toi maintenant, ce n'est pas avec des si, qu'on avancera, on va rejoindre les gars et interroger Jones.
-Il ne nous dira rien, sanglotais-je
-Kate, je..
-j'ai besoin d'être seul un moment, répondis-je en partant en pleurs.
Je ne savais plus comment calmer la douleur que j'avais au coeur qui m'empêchait de réfléchir, de respirer. Mon monde s'écroulait autour de moi.
POV Castle
Je me réveillais avec une douleur vive dans le dos, m'asseyant je vis que je n'étais pas libre de mes mouvements , j'étais enchaîné par les poignets et les chevilles. Aussitôt mes souvenirs refirent surface, j'étais à l'avant dans la voiture des gars, la portière ouverte attendant la fin de l'assaut. Tout ensuite était noir. Faisant un tour d'horizon du lieu où je me trouvais, je vis que j'étais plongé dans le noir, assis à même le sol. Voulant essayer de me mouvoir, ma douleur dans le dos me rappela à l'ordre.
Je ne comprenais pas comment j'avais pu arriver ici. Ici? d'ailleurs où étais-je ? Perdu dans mes songes, je n'étendis pas tout de suite la porte s'ouvrir pour se refermer ensuite, laissant derrière elle une silhouette :
-Beckett était mon premier choix, mais comme les événements se sont bousculés , je suis passé au plan B. Quel bonheur, ça a été pour moi, de te voir seul dans cette voiture à attendre.
-Potter, grinçais-je
-Castle! se mit-il à rire, tu sais c'est plutôt bien que ce soit toi, on va pouvoir discuter entre hommes…..de Kate…..de Jess
-Va te faire foutre ! répondais-je
-Non, non, non, tu dois savoir une chose ou deux choses, la première ne me manque pas de respect , la deuxième répond à mes questions, Writer-boy….tu dois savoir comment ça marche, pourtant ?
-Va te faire foutre ! réitérais-je
-Très bien, comme tu veux.
Et là une douleur me foudroya tout le corps, mes muscles se raidirent, j'avais le sentiment qu'on me brisait les os de l'intérieur, tout en me brûlant. J'avais l'impression d'être sur un bûcher . Je hurlais de douleur, puis tout s'arrêta .
La lumière se fit et je pus voir ses pas s'avancer vers moi, à bout de forces, je n'osais pas bouger de peur de me briser.
-Je crois qu'on va l'avoir cette discussion entre hommes, finalement, continua-t-il
Relevant difficilement la tête, je pus apercevoir mon lieu de détention. Lieu qui ne m'était pas inconnu, il s'agissait du repère où nous avions trouvé Abbott et Beckett. Comprenant le cheminement de ma réflexion, il rajouta :
-La boucle est bouclée, tu vas pouvoir savoir ce qu'a vécu ta belle
-pourquoi? demandais-je avec difficulté tant ma mâchoire me faisait mal
-Pourquoi quoi l'écrivain?
-Pourquoi….fais-tu…tout ça ?
-Pour le plaisir, voyons ! J'ai passé plus de six ans de ma vie à boucler des personnes comme moi ! Mais quand l'affaire Abbott a fait surface, j'étais en admiration face à ce type….quand il a été arrêté, j'étais déçu , je voulais faire comme lui, je voulais être comme lui…..connaître cette sensation d'avoir la vie d'un être humain entre ses mains, d'avoir toute-puissance sur quelqu'un. Mais je suis flic…..alors j'ai mis cette pulsion de côté encore….et encore….mais quand j'ai vu Beckett….j'ai su que pour faire taire ce besoin, il me suffirait juste de me la faire, j'aurais fini le boulot d'Abbott. Mais elle m'a envoyé baladé, LA SALOPE! Et là, elle a appuyé sur ce bouton au fond de ma tête qui m'empêchait d'être libre, d'être moi.
-Tu es complètement tordu !
Une décharge plus vive que la précédente me parcourut toute l'échine du corps, je n'arrivais plus à contrôler mes hurlements.
- Je t'ai dit quoi sur le respect ! hurlait-il avant que je m'évanouisse de douleur.
CHAPITRE 14
POV BECKETT
Cela faisait désormais une heure que Castle avait disparu, je déambulais malgré tout dans les rues New-Yorkaise, complètement ailleurs, je ne faisais attention à rien, mon téléphone n’avait pas arrêté de sonner.
C’était essentiellement Lanie, elle s’inquiétait pour moi. Les gars avaient tenté eux aussi quelques appels sans succès, Javier m’avait laissé un message pour m’indiquer que Jordan et Andrew se chargeaient de l’interrogatoire de Jones.
Je ne sais pas ce qu’ils espéraient, Jones était tellement euphorique de la situation qu’il ne lâcherait rien.
Je n’arrivais pas à m’enlever de la tête les derniers mots de Castle, il avait raison, j’aurais dû l’arrêter quand j’en avais l’opportunité, mais non, je voulais épingler Potter et Jones en même temps.
J’étais tellement paniqué à l’idée de perdre Rick que je n’arrivais pas à respirer correctement, j’avais cette boule qui faisait obstacle à mon diaphragme en continu. Je revivais les images de ma propre détention, attachée à des maillons à même le sol, électrocutée à chaque parole condescendante, mes hurlements face à la douleur……
À cause de moi, Rick était surement en train de vivre ce cauchemar et je ne savais pas où le chercher pour l’aider.
Cela faisait plusieurs jours, que Potter avait une avance sur nous, nous avions tout vérifié : comptes bancaires, biens immobiliers, relevés téléphoniques et tout ceci ne nous avait strictement rien appris.
Mon téléphone se remit à sonner, regardant mon écran, je vis que c’était Andrew, soufflant un bon coup, je répondis :
Arrivée au poste, je me dirigeais en premier lieu vers la salle d’interrogatoire, j’y retrouvais Jordan et Esposito en grande conversation :
Décidant, qu’il était temps de couper ce moment de tension, je toussai pour montrer ma présence, dès lors leur regard se fixa au mien, j’y vis beaucoup de tristesse, ce qui augmenta mon angoisse.
Je ne lui laissais pas finir la fin de sa phrase et rentrais en trombe dans la salle d’interrogatoire en refermant derrière moi. Allan Jones était tranquillement assis à sa chaise, menotté au niveau des poignets.
Au son de sa voix, une rage élut domicile en moi, je le regardai avec une haine dont je ne me savais pas capable et m’assis en face de lui.
Poussant à nouveau la table, je le renversais à l’arrière avec sa chaise :
Son regard me sonda, puis il reprit :
À sa phrase, je me mis à rire tant la situation était loufoque :
Face à son silence qui commençait à perdurer, je me retournais pour partir :
Ne bougeant pas d’un millimètre, il continua :
Sourire vite réprimé par mon talon sur son ventre.
Descendant mon talon vers ses parties intimes, je lui notifiai :
Je vis de la peur dans son regard, il était terrifié, complètement focalisé sur ses bijoux de famille. Appuyant légèrement, il hurla de douleur.
Après un dernier regard, il rebroussa chemin jusqu’à fermer la porte.
POV Castle
Je reprenais lentement mes esprits, cette décharge m’avait complètement séché. Je n’arrivais plus à bouger sans me provoquer d’infinies douleurs qui me fit gémir. A l’idée que Kate ait pu vivre ce calvaire pendant plus de 24 heures avec des attouchements en prime, me détruisait intérieurement. J’avais toujours été certain, que je comprenais sa peur, ses douleurs mais j’étais dix mille fois en dessous de la réalité. M’asseyant dos au mur, je constatais les dégâts des décharges sur mes poignets, mes chevilles étant hors d’atteinte pour moi. Il m’était impossible de relever mon pantalon ou de bouger les pieds, tant je me retenais de ne pas hurler face à cette douleur.
Mes poignets étaient rouges sur tout le contour des menottes et sentaient le poulet ! Je me fis la réflexion que le « Castle à la casserole »n’était vraiment pas pour moi.
Regardant à nouveau autour de moi, je revis cette salle où tous nos malheurs à Kate et moi avaient commencé.
Le lit où je l’avais découverte siégeait toujours au milieu de la salle comme pour me narguer, la vision de Kate nue menotté mains et pieds m’apparut. Un sentiment de tristesse et de rage prenait place en moi, tout comme les derniers échos de la conversation qu’on avait eue. J’avais été injuste avec elle, je savais qu’elle faisait pour le mieux, mais la peur qu’il s’en prenne à elle, m’avait poussé à avoir des paroles odieuses.
Je lui avais promis d’être là et de l’aider, je n’avais encore une fois pas tenu promesse. Perdu dans mes pensées, je pensais à ma fille, qu’adviendrait-il d’elle ? bien sûr j’avais ma mère mais j’espérais que Kate ne serait pas comme moi, et qu’elle tiendrait parole, qu’elle veillerait sur mon bébé. Je me savais condamné, je savais qu’il allait s’amuser, prendre plaisir à me torturer mais je connaissais aussi l’issue finale.
La porte s’ouvrit de nouveau pour laisser apparaître Daniel Potter.
Au nom de Jess, je relevais la tête pour le toiser du regard, j’avais une telle rage en moi que je lui dis :
Face à sa phrase, j’essayais tant bien que mal de remonter mes mains afin de me boucher les oreilles, je savais ce qu’il essayait de faire et ça fonctionnait à merveille.
Il se releva rapidement s’avança vers moi, et me décolla un coup de pied en plein visage qui me brisa certainement le nez. Réprimant un cri, je lui dis:
Il se baissa et me dit :
Suite à mon acte d’insubordination, je reçus une nouvelle décharge qui me fit crier de douleur à pleins poumons. J’avais l’impression que mes jambes allaient se briser et mon cœur lâcher. Quand il eut fini, je vomis mon dernier repas avant de perdre une nouvelle fois connaissance.
CHAPITRE 15
POV Beckett
-Où est Castle? demandais-je à Jones, le talon en appui sur ses parties intimes
-Arrête !
-Veux-tu réellement me faire répéter, le menaçais-je en appuyant fortement sur ma jambe
-Aaaïïïïee !s'il te plaît ! arrête!
-C'est ce que tu as fait ? tu t'es arrêté quand tes victimes te suppliaient de t'arrêter ! criais-je
-Je ne sais pas où il est ! je te l'ai dit ! hurlait-il
-Très bien, dis-je en haussant les épaules, Esposito, Ryan ! criais-je
-Oui? me demandant aussitôt les gars que je soupçonnais d'être derrière la porte
-Relevez-le ! ordonnais-je
M'éloignant de Jones, je laissais Javier et Kévin le réinstaller face au bureau. Je réfléchissais à tout à allure, je repassais tous les propos de Jones, cherchant un indice pouvant m'indiquer ou chercher Rick. Il avait disparu depuis plus de trois heures maintenant.
Jones me tira de mes réflexions:
-Dans quelle prison allez-vous m'envoyer ? demanda-t-il inquiet
-Rickers ! lui répondais-je, aux droits communs
-Vous ne pouvez pas ! On a passé un accord!
-Un accord? dis-je interloquée, quel accord? vous lui avez fait signer quelque chose les gars ?
-Non, nada, répondit Javier
-Vous ne pouvez pas! criait-il
Je me penchais face à lui pour que nos visages soient à quelques centimètres l'un de l'autre :
-À vous désormais de servir de « joujou », murmurais-je dans un sourire avant de repartir en l'entendant m'injurier.
Retournant à mon bureau, je vis Jordan sur la chaise de Castle. M'asseyant pour ouvrir mon ordinateur, je demandais :
-Les ordis sont sécurisés ?
-Oui, ils ont tous été vérifiés, le tien ainsi que celui de Ryan étaient pucés.
-Ok, répondis-je
-Tu y es allée fort, là-bas, me dit-elle en faisant un signe de tête en direction de la salle d'interrogatoire
-Tu crois ? moi, je regrette de ne pas avoir appuyé plus fort ! repris-je, Potter veut boucler la boucle…..
-La boucle, c'est toi, constata Jordan
-Oui, mais son plan initial est tombé à l'eau, Castle doit être le plan B. Alors comment boucler la boucle avec Rick ?
-Je ne…
-Beckett, regarde les infos ! m'interpella Ryan qui montait le son.
« Le copy-cat qui sévit sur Manhattan depuis cinq jours maintenant a été interpellé dans un appartement près de Central Park ce matin. Allan Jones aura fait quatre victimes, la dernière en date est l'ex petite-amie du romancier Richard Castle. D'après nos sources, le dît écrivain serait en ce moment porté disparu…..Allan Jones est-il derrière tout ceci, ou la police fait-elle fausse route ? »
-Kévin éteint moi ça, demandais-je agacée
-Et si nous allions parler à Abott ? demanda Andrew qui nous avait rejoints
-Impossible, Kate et moi devons témoigner dans 9 jours pour son procès, si nous nous approchons de lui…
-Je peux y aller, moi?
-Abott ne te dira rien, Andrew, continuais-je, la clé c'est la fin de cette boucle
-Ok, on reprend tout, comment boucle-t-on une boucle, en repartant par le commencement…, commença Jordan
-Et si, on part du principe que je suis le commencement…, répliquais-je
-…..
-Le lieu ! s'écria-t-on ensemble
-Le lieu ? s'étonna Bells
-Il voulait boucler la boucle avec moi dans le même lieu de détention d'Abott, il l'idolâtre tellement qu'il veut terminer son travail.
-D'accord, donc si je vous suis, il s'est rabattu sur Castle et… l'a ramené là-bas?
-Il l'a ramené là où son fantasme a pris naissance, il nous faut une équipe d'intervention ! concluais-je
-On y va ! s'écria Jordan, on appellera le SWAT en chemin.
POV Castle
Quand j'ouvris de nouveau les yeux, je constatais que j'étais allongé sur le lit, les bras et pieds écartés en étoiles et fixés aux barreaux du lit. J'avais un mal de tête qui me donnait l'impression qu'elle allait exploser. Il m'avait retiré mes vêtements pour me laisser seulement en caleçon. J'avais le gout du sang dans la bouche, certainement dû à mon nez.
Fermant les yeux, je repensais à Kate, à nos conversations, nos baisers, nos câlins…..elle me manquait, sentir son odeur, écouter son cœur battre près de moi, me rassurait plus que tout au monde. Ses paroles me revenaient en tête :
« Je veux que tu saches, que tu es la personne la plus essentielle dans ma vie, tu l'as toujours été, je te fais confiance comme jamais je n'ai fait confiance à quelqu'un. »
« Je t'aime, Castle »
-Tu as fini de roupiller !
-…
-Bon, tu vois, je me suis dit que j'allais corser un peu le jeu…..j'ai donc augmenté l'intensité des décharges, souriait-il
-…..
-Histoire que tu sois un peu plus éloquent l'écrivain, alors commençons doucement….Quel est ton nom?
-…
-Ok, je crois que tu n'as pas tout compris, si tu ne me réponds pas, je te fais griller, rigola-t-il
-Richard Castle, répondis-je difficilement, mon élocution se faisait difficile
-Une autre notification, au moindre mensonge tu brules, alors donne-moi ton nom complet, me menaça-t-il
-Richard… Edgar… Alex…..andre Ro…dgers Cas…tle
-Bien, ton âge ?
-45 ans
-Parle-moi de Kate…
-…..
-j'ai dit PARLE MOI DE KATE !
-Va ... te… faire… f… AAAAIIIIIIIEEEEE! hurlais-je face à l'intensité de cette décharge, je sentais mon corps trémulé, ma tête s'était révulsé à l'arrière, ce fut ensuite le trou noir, je ne ressentais plus aucune douleur.
POV Beckett
Installée face au bâtiment qui avait nourri mes cauchemars ces quinze derniers mois, j'écoutais les recommandations du SWAT et de Jordan.
Nous avions établi qu'il y avait deux personnes dans le local, grâce à une caméra thermique. Le commandant nous ajoutait en nous notifiant l'écran devant nous:
-Vous voyez là, se trouve le premier suspect debout avec une main en l'air, le deuxième que je pense être Mr Castle est semble-t-il allongé en étoile de mer.
-D'accord, comment procède-t-on, m'impatientais-je
-Doucement, nous ne savons pas s'il est armé, si le bâtiment n'est pas piégé, n'oubliez pas que ce type connaît notre fonctionnement lors d'assauts.
-Castle est allongé sur ce lit, si Potter est dans la même pièce cela signifie qu'il le torture, vous savez ce que ça fait de sentir son corps se briser? demandais-je -hargneuse, moi oui ! Alors on se bouge, on rentre et on le sort de là !
-Elle a raison, m'appuya Jordan.
-Et moi je n'envoie pas mes hommes à l'aveuglette! il nous faut plus de renseignements !
-On y va seul, alors, rétorquais-je
-Vous ne comprenez….
-C'est vous qui ne comprenez pas, cet homme a fait tuer quatre femmes avec pour mode opératoire l'électrocution, si c'était votre femme, votre fils, allongé en étoile de mer, vous…
-Très bien, l'équipe du SWAT rentrera par la porte principale, votre équipe assurera l'arrière du bâtiment, me coupa-t-il Deux snipers seront installés en hauteur au cas où.
-Je veux venir à l'avant ! ordonnais-je
-Vous n'êtes pas qualifiés !
-On se tiendra derrière vous, repris Andrew d'une voix plus calme.
-Très bien, continua Jordan, Esposito, Ryan et moi seront à l'arrière.
-Tout le monde met des gilets et des oreillettes, je veux qu'on puisse tous communiquer, repris le commandant, c'est Parker qui nous tiendra informé des déplacements du tueur grâce à la caméra thermique, alors écoutez-le bien et soyez sur vos gardes, on part vraiment à l'aveuglette.
Acquiesçant de la tête, je mettais mon gilet et mon oreillette, Andrew me dit tout bas :
-Pas de risques inconsidérés, Kate
-Tu me connais, rétorquais-je
-Justement, soufflait-il
Nous étions tous en position, le commandant nous mima de ses doigts le compte à rebours :
1…..2…3
-POLICE DE NEW-YORK, hurla-t-il , en défonçant à trois la porte.
Nous avancions tous d'un même pas, dans la direction du sous-sol, là où devait se trouver Rick et Potter. La voix de Parker arriva à nos oreillettes :
-Le suspect va droit sur vous avec semble-t-il des choses en mains !
-Tout le monde sur vos gardes ! reprit le commandement, Daniel POTTER, Police de New-York rendez-vous !
À la fin de sa phrase, une détonation nous parvint suivie d'un nuage gris, il nous lançait des fumigènes ! Nous ne voyons plus à un mètre.
-Repliez-vous ! nous ordonna le chef.
-Non, on ne laisse pas Castle
-Repliez-vous, hurla-t-il, alors que j'avançais droit devant sans aucune visibilité, avec seul but à atteindre sortir Rick d'ici.
Parker rajouta :
-Il est armé et fonce droit sur vous ! À TERRE !
À partir de ce moment, tout s'accéléra, je n'entendis pas les premières détonations d'armes à feu. Il nous tirait comme des lapins ! Andrew cria :
-À terre !
Et je me suis vu projeter à même le sol par Bells qui ne bougeait plus au-dessus moi. Les gars postés à l'arrière du bâtiment entrèrent en trombe semblait-il, pour nous apporter du renfort. J'étais bloquée par le corps d'Andrew, j'avais l'impression que le temps s'était figé, les détonations n'en finissaient pas, je me rendais compte qu'un liquide chaud me coulait sur le cou, je criais :
-Andrew! Andrew! tu m'entends
-Le suspect a été touché, entendis-je Parker
-Envoyez une ambulance ! hurlais-je dans l'oreillette
-Kate, gémissait Bells
-Tout va bien, lui dis-je, en essayant de ne pas bouger pour ne pas plus le blesser.
Le fumigène commençait à se dissiper tout doucement.
-J'ai froid, murmura Andrew
-Je… je … suis là, pleurais-je, voyant enfin apparaitre le visage d'Andrew au-dessus de moi, il avait été touché vers la clavicule et au bas du ventre.
Tournant mon visage je vis l'équipe du SWATT se relever pour certains, Esposito et Ryan arrivèrent à ma hauteur pour m'aider :
-Castle ! Allez voir Castle ! criais-je
À ma demande, ils partirent tous les deux rejoindre Rick. Parker continua son compte rendu :
-Les ambulances arrivent dans le bâtiment, le suspect a été descendu… je n'ai aucun visuel thermique de la victime.
À sa phrase, je hurlais complètement paniquer :
-CASTLE ! RICK! RIIICCKK!
-Kate, murmurait Andrew
-Oui, pleurais-je au-dessus de lui, pendant que les sauveteurs arrivaient
-Dit à ma mère que…
-Non, tu lui diras, sanglotais-je
-Je ne ressens plus rien
-Accroches-toi Bells ! suppliais-je
-Je t'aime, déclara-t-il avant de perdre connaissance.
-Andrew ? Andrew ? l'appelais-je pendant que deux bras musclés le surélevaient.
-Kate ? demanda Jordan.
Son regard était empli de tristesse et de compassion, essayant de me relever, elle m'en empêcha
-Ne bouge pas, tu es blessée, me dit-elle d'une voix douce, il me faut quelqu'un ici ! appelait-elle
-Blessée? baissant mon regard, je pouvais voir l'impact qu'avait dû faire une balle dans ma jambe, l'adrénaline devait m'empêcher d'avoir mal, relevant mes yeux, je lui demandais :
-Comment va Rick?
-Les secouristes sont près de lui, répondit-elle en baissant la tête et faisant pression sur ma plaie.
-Jordan ! Comment va-t-il? m'angoissais-je
-Kate, répondit-elle d'une voix tremblante cette fois-ci, ils essaient de le réanimer.
-Non, non, non, pleurais-je en essayant de me relever
-Kate, ne bouge pas.
-Laisse-moi, Jordan, m'agaçais-je en la repoussant de la main.
Malheureusement je n'arrivais pas à me servir de ma jambe droite pour prendre appui dessus, je vis les ambulanciers courir vers le sous-sol et dans un cri de désespoir, je criais :
-CASTLE! CASTLE!
CHAPITRE 16
POV Beckett
Castle avait été transféré au Presbyterian dans un état plus que critique. Les secouristes l'avaient massé pendant plus de vingt minutes avant d'avoir à nouveau un pouls.
Deux agents du SWAT avaient été touchés par balle et transférés avec Andrew et moi.
Le médecin m'avait expliqué que par chance la balle que j'avais reçue n'avait touché aucun tissu et qu'elle était ressortie ce qui m'évitait une chirurgie. Jordan était restée à mes côtés avec Lanie, pendant que les gars s'occupaient à rendre des comptes à Gates et à la presse.
Cela faisait maintenant une heure et demie que nous patientons dans ma chambre, et je n'en pouvais plus d'attendre.
J'avais vu brièvement Castle sur une civière au moment de son transfert, il avait le visage en sang et ses marques sur ses poignets et chevilles m'avaient données la nausée au point de vomir. N'arrivant pas à calmer mon angoisse, je demandais à Jordan d'aller récupérer mon sac à main dans sa voiture.
-Tu as besoin de quelque chose, Kate ? me demanda Lanie, pendant que Jordan sortait de ma chambre.
-Je voudrais récupérer le téléphone de Castle
-Girl, écoute…
-Il faut que je prévienne Alexis et Martha, Lanie, continuais-je
-Tu ne préfères pas attendre les nouvelles du médecin ?
-J'ai vu ses poignets et chevilles, même après 24h avec Abott, je n'avais pas autant de brûlure, pleurais-je, son cœur a lâché suite à de trop fortes décharges, s'il ne sans sort pas, je…
-On parle de Castle, me dit confiante Lanie dans un sourire, je suis sûre que...
-Si jamais ça se passe mal, sa fille et sa mère ont le droit d'être là ou au moins d'être au courant.
-Ok, honey, capitula-t-elle
-La presse est au courant ? m'inquiétais-je
-Je ne sais pas.
Je me sentais totalement perdue, qu'allais-je dire à Alexis, comment lui dire que son père était entre la vie et la mort par ma faute. Totalement impuissante, je vis Jordan revenir avec mon sac et son téléphone en main.
-Tiens, me dit-elle
-Tu as prévenu Edouard ?
-Oui, il arrive avec Lily, elle veut absolument te voir, me souria-t-elle
-Il faudrait prévenir la mère d'Andrew, ajoutais-je
-Je le ferais d'un que j'aurais des nouvelles à lui communiquer.
-Jordan, … Andrew, il était au-dessus de moi et…
-Il va s'en sortir, Kate, m'assura-t-elle
-Je…
-Bonjour, dit la voix d'un médecin qui venait de rentrer dans ma chambre, je suis le docteur Jefferson, la personne qui s'est occupée de Mr Castle à son entrée.
-Bonjour ! m'exclamais- je impatiente d'avoir enfin des nouvelles.
-Qui est Katherine Beckett ?
-C'est moi-même, continuais-je en essayant de me redresser dans le lit.
-Melle Beckett, reprit-il, tout d'abord je souhaiterais savoir si Monsieur Castle a de la famille ?
-Oui, répondis-je, celle-ci se trouve à Paris, actuellement.
-Très bien, ajouta-t-il embarrassé.
-Docteur, il y a un souci ? m'angoissais-je
Il encra son regard dans le mien, puis fit un tour circulaire de la chambre afin de bien regarder Lanie et Jordan.
-Melle Beckett, je ne vais pas vous mentir, Mr Castle est dans un état extrêmement grave, je pense qu'il faudrait faire le nécessaire pour faire venir sa famille, me dit-il d'une voix grave.
-Je… J'étais sur le point… de le faire, bégayais-je
-Docteur Jefferson, je me présente Lanie Parish, je suis médecin légiste, pourrait-on savoir comment va Mr Castle ?
-Docteur Parish, bonjour, reprit-il comme rassuré d'avoir une consœur avec lui, ce qui ne faisait qu'augmenter mon angoisse.
-Nous l'avons placé dans un coma artificiel afin de réduire ou d'éviter des dommages cérébraux.
-Dommages cérébraux ? questionna Lanie
-Oui, outre le fait que Mr Castle soit resté plus de vingt minutes sans aucune activité cardiaque lui permettant d'irriguer son cerveau, les décharges électriques dont il a été victime peuvent aussi avoir de très graves répercussions cérébrales.
-De quels genres ? demandais-je alors que je voyais déjà le changement d'attitude de Lanie.
-Dans le meilleur des cas, il pourrait se réveiller sans aucune séquelle dès que nous aurons levé les sédations que nous lui administrons mais il se peut aussi… qu'il ne se réveille jamais, conclut-il d'une voix trop compatissante pour me rassurer. C'est pourquoi, je souhaiterais que sa famille revienne, si vous souhaitez que je les prévienne moi-même, tenta-t-il
Face à son constat, je suffoquais intérieurement, j'avais l'impression de tomber dans un gouffre sans fond. Des larmes coulaient silencieusement sur mes joues.
-Non, merci, nous allons nous en occuper, fit la voix de Jordan.
-Très bien, je n'y vois aucun inconvénient, continua-t-il en me regardant comme une bête blessée.
-Dans le cas, où il se réveille, ajouta de nouveau Jordan, va-t-il se rétablir entièrement ?
À sa question, je pus voir le visage du médecin se décomposer de gêne et celui de Lanie ravagé par les larmes. Je me demandais encore, comment j'arrivais à respirer tant la douleur que j'éprouvais m'empêchais d'inspirer.
-Il se peut qu'il se réveille avec des séquelles motrices, cérébrales, de mémoires ou d'élocution. Je suis désolé, d'être si pessimiste mais je préfère vous préparer au pire.
-Je… Je… je
Complètement perdue, je n'arrivais pas à aligner deux mots, voyant ma détresse Jordan et Lanie s'étaient rapprochées pour me tenir la main de chaque côté. Le médecin ajouta :
-Mr Castle était déjà venu dans notre établissement et avait rempli une fiche de renseignement stipulant qu'il vous mettait vous, Mme Beckett, décisionnaire final de son état médical.
-Ce qui signifie ? demanda Jordan
-Si jamais, il ne se réveillerait pas ou que son état s'aggraverait pendant son coma, vous seriez la seule à pouvoir décider d'arrêter les traitements.
-Je vais vomir, pleurais-je
-Tiens, honey, me dit Lanie en me donnant un haricot.
-Bon, je vais vous laisser, si vous avez d'autres questions n'hésitez pas.
-Combien de temps, allez-vous le maintenir dans ce coma ? reprit Lanie
-Une semaine à peu près, le temps de mettre suffisamment son cœur et son cerveau au repos, nous aviserons ensuite de sa prise en charge.
-Quand pourra-t-elle le voir? demanda Jordan
-Nous l'installons et terminons ses soins en service de réanimation, une infirmière viendra vous voir le moment venue.
Le médecin sorti de la chambre, pendant que moi, je ne bougeai plus, j'étais comme figée dans le temps, me remémorant ces cinq dernières années avec Rick.
-Kate, tu veux que je prévienne Alexis et Martha ? demanda Lanie
-…..
Mon Dieu, comment tout ceci avait-il pu arriver.
-Castle, murmurais-je en pleurs.
-Kate, je…
-Je voudrais être seule maintenant, dis-je d'une voix tremblante
-Kate, repris Jordan, écoute…
-Laissez-moi seule ! criais-je
Les faisant sursauter toutes les deux, elles me dévisagèrent puis d'un comme un accord quittèrent la pièce devenue tellement étroite pour mes états d'âme.
-Castle…
N'arrêtais-je pas de susurrer en pleurs.
-Mon Dieu, Rick…
Des flashs de nous deux m'apparut entre deux sanglots :
« -A très bientôt, j'espère…
-Bonne nuit, ça suffit
-Pour un écrivain, c'est banal de dire bonne nuit. »
« - Oups, tirer trop tôt !
-C'est pas grave, on peut juste se faire un câlin »
« - Souvent lorsque les gens se retrouvent face à un mur, ils abandonnent, pas vous, vous vous continuez, vous ne voulez pas renoncer, c'est ce qui fait que vous êtes extraordinaire. »
« - En fin de compte je me suis habituée à vos pitreries, j'ai un boulot difficile et quand vous êtes dans mes pattes, c'est plus marrant. »
« - C'était quoi ce qu'a dit Penny à propos d'Alexandre ?
-Oh rien que des bêtises, qui n'avaient vraiment aucun sens, pourquoi?
-Parce que mon deuxième prénom est Alexandre
-Votre deuxième prénom c'est pas Edgar
-Madame est allée faire un petit tour sur le site de Richard Castle pour fouiner à ce que je vois! J'ai changé Alexandre par Edgar en hommage à Edgar Allan POE au moment où j'ai pris comme nom Castle, mais mon vrai nom c'est Richard Alexandre Rodgers. Quelle coïncidence ? »
« -Merci… de m'avoir protégé
-Always »
« -Kate ! Oh non, Kate je t'en prie reste avec moi, Kate, ne me laisse pas, je t'en supplie, reste avec moi, tu ne peux pas me laisser, je t'aime Kate, Je t'aime. »
-Castle, ne me laisse pas je t'en supplie, ne me laisse pas, implorais-je sur mon lit totalement dévastée par le chagrin et terrorisée à l'idée de perdre l'homme de ma vie.
Lanie était revenue une heure après pour me prévenir qu'elle avait prévenu Alexis et Martha ainsi que mon père. Elle m'aida par la suite avec l'aide d'une infirmière à m'installer sur un fauteuil roulant pour que je puisse aller voir Castle. Au moment où nous sortions de la chambre, je vis Lily au bout du couloir avec son père. Au moment, où elle m'aperçut, la petite se mit à courir dans ma direction en lâchant la main de son père, Jordan se trouvait plus loin avec un médecin.
-Kate ! cria Lily
-Hey princesse! souriais-je pour ne pas l'effrayer
-Tu as mal?
-Non, non poussin, tout va bien, la rassurais-je
-Il est où Andrew?
-Les médecins sont en train de le soigner, chérie, il va falloir attendre un petit peu encore avant d'aller le voir.
-Kate, me salua Edouard
-Bonjour Edouard
-Comment te sens-tu?
-Bien, mentis-je, je m'apprêtais à aller voir Rick.
-On va te laisser alors.
-Mais papa, s'offusqua Lily
-On reviendra Chérie.
-Tu le promets? s'inquiéta-t-elle
-Promis, dit Edouard dans un sourire à sa fille unique.
-On se voit plus tard poussin, continuais-je
-D'accord, dit-elle la tête baissée
-A tout à l'heure, repris-je en faisant signe à Lanie d'avancer mon fauteuil.
Nous arrivions au bout du couloir, où je vis Jordan serrer la main du médecin, elle se retourna les larmes aux yeux.
-Jordan? demandais-je à sa hauteur
-Hey …Tu vas voir Castle?
-Qui a-t-il?
-C'est Andrew, Kate.
-Ne me dit pas que…
-Je suis désolée, les blessures étaient trop importantes, m'avoua-t-elle la tête baissée par le chagrin.
-Non, tu m'as dit qu'il s'en sortirait, sanglotais-je à nouveau
-Je suis désolée.
- Tout ceci est de ma faute, si je ne m'étais pas précipitée, sanglotais-je, si Andrew n'avait pas servi de bouclier humain, si…
Jordan s'agenouilla pour se mettre à ma hauteur.
-Écoute-moi bien, me coupa-t-elle, tout ceci est de la faute de Potter, j'aurais agi exactement pareil si ça avait été Edouard, alors maintenant, il faut que tu sois forte pour Castle, insista-t-elle en se relevant pour partir.
-Où vas-tu ? pleurais-je
-Je vais appeler sa mère qui doit être en chemin, toi, tu vas voir Castle, je te verrais plus tard.
J'avais l'impression d'être dans un véritable cauchemar.
-Je peux voir Andrew? je veux dire, où l'ont-ils installé ?
-Kate …
-J'en ai besoin, Jordan.
-Va voir Castle, on ira ensuite, abdiqua-t-elle
-Très bien.
Arrivée dans la chambre de Castle, je ne savais plus comment agir, j'étais entourée de machines toutes reliées à Rick. Un respirateur avait pris le relais de ses poumons, son rythme cardiaque bipait en continu dans la chambre ce qui avait sur moi un effet rassurant. Au Centre de la pièce, relié à de nombreuses perfusions, Castle dormait.
Il avait l'air serein, Lanie rapprocha mon fauteuil, jusqu'à sa hauteur et me laissa pour nous donner de l'intimité.
Son visage était tuméfié par les coups, et avait comme un pansement sur le nez, délicatement je mis sa main dans la mienne, elle était gelée. L'infirmière m'avait expliqué qu'ils étaient obligés, de le garder à une température basse pour essayer de garder son activité cérébrale intacte.
Caressant de mon pouce, la paume de sa main, je regardais dans un silence du juste, la cage thoracique de Rick se lever à intervalles réguliers.
Délicatement, je me penchais pour poser mon front sur son bras, et je me mis à pleurer.
-Castle, Castle, je suis désolée, m'excusais-je en larmes, je ne sais pas si tu peux m'entendre, mais si jamais c'était le cas… ne me laisse pas, Rick, j'ai tellement besoin de toi, dans ma vie, tu es mon monde Castle, alors je t'en supplie bats-toi pour moi, pour nous. Je… Lanie a prévenu ta famille, elles arrivent par le premier vol. Je t'aime Castle, je t'aime, dis-je en éclatant en sanglots.
Je ne m'aperçus pas du temps passé, c'est une infirmière qui me fit sortir une heure après pour pouvoir lui faire des soins, Lanie m'attendait assise dans le couloir auprès des gars. M'apercevant, elle se leva pour prendre le relais de l'infirmière. Les gars s'approchèrent de nous.
-Comment va-t-il ? demanda inquiet Javier
-Mal, répondis-je en essuyant les larmes sur mon visage.
-Kate, si tu as besoin de quoi que ce soit, commença Kévin
-Je sais, le coupais-je.
-Jordan t'attend, Honey, me dit calmement ma meilleure amie.
-Allons-y, chuchotais-je
-Si tu as besoin de plus de temps
-Allons-y, Lanie.
Andrew avait été placé dans une chambre, le délai légal allait bientôt arriver à échéance, et il devait le transférer à la morgue, mais Jordan, avait négocié qu'ils attendent l'arrivée de sa mère avant. La chambre était vide hormis ce lit où siégeait le corps de mon partenaire, de mon ami. Devant sa dépouille, je restais figée devant l'image qu'il me renvoyait.
Jordan avait pris sa main et lui parlait, j'étais incapable de bouger, de parler. Je n'arrivais pas à chasser de mon esprit nos derniers instants à tous les deux.
« - Andrew! Andrew! tu m'entends
-Le suspect a été touché, entendis-je Parker
-Envoyez une ambulance ! hurlais-je dans l'oreillette
-Kate, gémissait Bells
-Tout va bien, lui dis-je, en essayant de ne pas bouger pour ne pas plus le blesser.
-J'ai froid, murmura Andrew
-Je… je … suis là, pleurais-je, voyant enfin apparaitre le visage d'Andrew au-dessus de moi, il avait été touché vers la clavicule et au bas du ventre.
-Kate, murmurait Andrew
-Oui, pleurais-je au-dessus de lui, pendant que les sauveteurs arrivaient
-Dit à ma mère que…
-Non, tu lui diras, sanglotais-je
-Je ne ressens plus rien
-Accroche-toi Bells ! suppliais-je
-Je t'aime, déclara-t-il avant de perdre connaissance.
-Andrew ? Andrew ? l'appelais-je pendant que deux bras musclés le surélevaient. »
-Je vais te laisser quelques minutes, me dit Jordan
Acquiesçant de la tête, je la vis sortir de la pièce, m'approchant de lui du mieux que je pouvais avec ce fauteuil, je lui pris la main.
-Je suis tellement désolée Andrew, tout ceci est de ma faute… si seulement… j'avais écouté le commandement… je suis vraiment désolée, éclatais-je en sanglots.
Pleurant au-dessus du corps de mon ami, je n'entendis pas la porte s'ouvrir derrière moi.
-Oh mon Dieu, Andrew ! hurla une femme âgée, que je reconnus de suite, il s'agissait de sa mère.
Andrew me l'avait présentée au cours des derniers mois, plaisantant sur le fait que j'étais la seule femme que sa mère avait eu la chance de connaître.
« - Comment devrais-je le prendre? Lui avais-je demandé
-Sois en fière Miss Beckett, m'avait-il répondu de son plus beau sourire. »
-Madame Bells, toutes mes condoléances, murmurais-je en me reculant
-Kate, pleura-t-elle en s'approchant de son fils pour s'agripper à son corps en hurlant de douleur.
N'arrivant plus à faire face à toute cette tristesse me ramenant à la nuit du décès de ma mère, je repartis de la chambre en poussant sur les roues de mon fauteuil, mais au moment où j'ouvris la porte, sa mère ajouta :
-Il vous aimait…
-Je tenais aussi énormément à lui.
-Comment est-ce arrivé? sanglota-t-elle
Retournant ma tête pour encrer mon regard dans ses yeux dévastés par le chagrin.
-Il est mort en héros, il s'est interposé entre les balles. Il m'a sauvé la vie, je suis vraiment désolée, je donnerais tout pour être à sa place actuellement.
Et à la fin de ma tirade, je sortis totalement dévastée de la chambre.
CHAPITRE 17
POV BECKETT
Alexis et Martha arrivèrent le lendemain matin, Lanie avait été les chercher à l'aéroport pour leur donner des nouvelles plus précises sur l'état de santé de Rick.
J'avais passé la nuit au chevet de Castle, je ne voulais pas le laisser seul une seule seconde. La presse titrait dans ses journaux du matin :
« ARRESTATION DU COPY-CAT, DEUX TUEURS ! »
« L'ECRIVAIN RICHARD CASTLE DERNIERE VICTIME DU COPY-CAT, ENTRE LE VIE ET LA MORT »
« LES TUEURS DE MANHATTAN ÉTAIENT DES FLICS! »
Jordan m'avait rapporté des affaires de toilette du Loft, j'avais donc pu faire un petit brin de toilette et me changer. Mon fauteuil roulant avait été remplacé par une canne, ce qui me facilitait grandement la vie. Assise au côté de Castle, ma main dans la sienne, je m'assoupis.
POV ALEXIS
Depuis que Lanie nous avait prévenus pour mon père, j'étais dans un état totalement second, terrorisée à l'idée de le perdre. Au téléphone, Lanie, avait été vague, nous disant simplement que mon père avait été hospitalisé suite à un arrêt cardiaque et qu'il fallait que grand-mère et moi revenions au plus vite.
Arrivées à l'aéroport, nous étions passées devant un kiosque à journaux, qui faisait la Une avec mon père en civière, à cette image mon cœur se serra davantage.
-Alexis, m'interpella ma grand-mère, Lanie nous attend Chérie.
-Comment tout ceci a-t-il pu arriver, murmurais-je consternée devant les journaux.
-Tu connais ton père, il a toujours eu le don pour chercher les ennuis.
-Ennuis qui se succèdent depuis que Beckett est dans sa vie, constatais-je
-Alexis, chérie, reprit-elle, tu sais très bien au fond de toi que tu as tort.
-Tout ce que je sais, c'est qu'il a été kidnappé par un tordu qui en avait après Beckett et qu'il se trouve désormais à l'hôpital.
-Allez viens, j'aperçois Lanie, elle pourra certainement nous éclairer sur la situation.
Regardant droit devant moi, je vis Lanie me sourire près d'un taxi. Doucement nous nous approchions de cette dernière, elle enlaça tout d'abord ma grand-mère puis m'étreignit par la suite.
-Vous avez fait bon voyage? demanda-t-elle
-Comment va mon père?
-Rentrons dans le taxi, je vous en dirais plus.
Ouvrant le coffre, elle se saisit de nos deux bagages et s'introduit dans la voiture pour donner l'adresse de l'hôpital, ne perdant pas de temps, je réitérais ma question.
-Castle est actuellement dans le service de réanimation, les médecins l'ont plongé dans le coma pour pouvoir reposer son cœur et son cerveau. Tout doucement, ils baisseront les drogues pour le réveiller, dit-elle calmement.
-Comment tout ceci est arrivé? demanda grand-mère qui me coupa l'herbe sous le pied.
-Il se rendait avec l'équipe du FBI et du 12ème dans un appartement de Central Park qui était suspecté d'abriter l'un des deux tueurs.
-Comment avec une équipe du FBI, a-t-il pu être kidnappé ! m'énervais-je
-Arrivée sur les lieux, Kate s'est aperçu que ton père n'avait pas emmené son gilet par balle, pour ne pas prendre de risques , elle lui a demandé de rester dans la voiture de Javier et Kévin.
-Seul !
-Alexis, reprit ma grand-mère, son attention était louable, continuez je vous prie Lanie.
-Pendant l'arrestation, le deuxième tueur, celui qui a organisé tous ces meurtres est arrivé à l'appartement, voyant qu'il était pris d'assaut, il est reparti … c'est à ce moment-là, qu'il a dû voir ton père.
-Que lui a-t-il fait, ajoutais-je en pleurs.
-Alexis, dit doucement Lanie
-Ne me mens pas, Lanie !
-Ton père a été électrocuté à fortes doses, honey, son cœur a lâché, chuchota-t-elle à la fin.
-Il a été captif combien de temps ! criais-je
-Kate a retourné ciel et terre pour le retrouver, et …
-Tu parles, c'est de sa faute !
-Alexis ! rien de tout ça n'est de la faute de Katherine !
-Ta grand-mère a raison, elle a essayé de l'éloigner de l'enquête mais ton père est une vraie bourrique, elle n'aurait pas pu prévoir ce qui s'est passé par la suite. De plus, honey, elle s'est battue pour le retrouver, mettant sa carrière en jeu. Elle a poussé toute une équipe de SWAT à donner un assaut pour sauver Castle, alors que ceux-ci étaient contre.
-Dans les journaux, continua grand-mère, ils disent qu'il y a eu deux morts ?
-Oui, un agent du SWAT et Andrew le partenaire de Kate.
-Oh mon Dieu, pauvre chérie.
-Est-ce qu'il va s'en sortir? demandais-je en pleurs
-Ton père a été pris en charge rapidement, seulement son cœur s'est arrêté pendant plus de vingt minutes…
-Oh mon Dieu, Richard, murmura ma grand-mère
-Il faut attendre qu'il se réveille pour voir s'il y a des séquelles.
-Des séquelles? repris-je
-Oui, l'arrêt cardiaque en plus des décharges électriques peut provoquer des séquelles plus ou moins importantes.
-De quels genres? demanda grand-mère
-Cérébrale, motrice, mémorielle, continua mal à l'aise Lanie. Mais avant de nous prononcer, continua-t-elle, attendons qu'il se réveille.
Arrivées devant sa chambre d'hôpital, Lanie nous refit un petit résumé des équipements, matériels qui étaient branchés sur mon père, à l'ouverture de la porte, je me figeais devant l'état de celui-ci. Il était allongé dans ce lit, aider par un respirateur et perfuser de partout. Je ne contrôlais plus mes larmes, ma grand-mère s'était approchée en pleurs et lui tenait la main droite pendant que du côté gauche , Kate dormait près de lui. Doucement, elle s'éveilla surement à cause des sanglots répètes de ma grand-mère.
-Martha, je suis vraiment désolée, dit-elle d'une voix brisée.
Ma grand-mère leva la tête, essuya ses larmes et fit le tour du lit pour prendre Kate dans ses bras. Quand elle s'était approchée d'elle, j'avais aperçus Beckett se lever avec l'aide d'une canne.
-Vous n'y êtes pour rien très chère.
Dans les bras l'une de l'autre, Kate releva la tête pour rencontrer mon regard. Celui-ci devait surement ne refléter que peur, angoisse, et rage. Beckett desserra l'étreinte de ma grand-mère pour s'approcher de moi en boitant. Les paroles de Lanie se bousculaient dans ma tête, Kate avait fait tout son possible pour le ramener, elle a remué ciel et terre. La toisant du regard je pouvais voir à quel point, elle s'en voulait. Avant même qu'elle ouvre la bouche, je me précipitais dans ses bras en pleurs. Elle me serra très fort en embrassant ma tête.
-Je suis tellement désolée, chuchotait-elle à mes oreilles
-Je… je… ne peux pas le perdre
-Je sais.
-Je peux pas le perdre, m'effondrais-je dans ses bras, ou je pouvais sentir ses larmes couler sur mon front.
-Moi, non plus, murmura-t-elle.
POV Beckett
Pendant les trois jours suivants, Alexis, Martha et moi, nous nous succédions à son chevet jour et nuit, refusant de le laisser seul. Je ne passais au Loft que pour me doucher et me changer. Allan Jones avait été transféré à Rikers aux droits communs dans l'attente d'un procès.
Le quatrième jour, j'avais quitté le chevet de Rick pour assister auprès de Jordan et d'Edouard aux funérailles d'Andrew à Chicago. Il avait été enterré avec tous les hommages. La cérémonie avait été très belle, sa mère avait insisté pour que je fasse un discours. Je me sentais mal à l'aise de par le fait que je me sentais coupable de sa mort, et qu'un discours à un enterrement réveillait de vieilles blessures. Malgré ça, je me suis quand même tenue face à l'assemblée pour donner un dernier hommage à mon partenaire.
-Andrew Bells était mon ami, mon partenaire depuis mon entrée au FBI. Andrew était une personne bien, sur qui nous pouvions tous compter, il est mort en héros. Aujourd'hui nous sommes tous réunis pour dire au revoir à une personne bien trop jeune, déclarais-je les larmes aux yeux. Mais je veux que tu saches, Andrew, qu'où que tu sois, je te remercie pour tout l'amour et le soutien que tu m'as apporté. Tu me manques, terminais-je en chuchotant et quittant l'estrade.
À la fin de la cérémonie, je restais seule quelques instants pour pleurer sur la tombe de mon ami. En fin de journée, je redécollais seule pour New-York. Jordan, Edouard et Lily rentraient sur DC. Jordan ne reviendrait sur Manhattan que dans quatre jours, pour l'ouverture du procès.
Les deux jours suivants, je les avais passés en alternant mes visites pour Castle et mes rendez-vous auprès de mon avocat pour l'affaire Abbott.
A la veille du procès, l'état de Rick étant stable, les médecins décidèrent de baisser les sédations, ils nous avaient expliqué que le réveil, si réveil il y avait, se ferait progressivement. En fonction des personnes, cela variait. J'étais donc resté toute la journée auprès de lui, à lui faire la lecture sur son dernier roman. Arrivée au milieu du livre, Martha m'avait demandé de rentrer au Loft me reposer pour l'ouverture du procès. Devant mon obstination à rester, elle abdiqua et partit rejoindre Alexis qui était rentrée seulement une heure plus tôt.
Fatiguée de lire, j'avais allumé la télévision et découvrais l'ampleur qu'avait pris le procès Kyle Abbott, tous les médias retranscrivaient son histoire, ses meurtres, ses victimes et chaque reportage se terminait de la même manière : avec mon portrait. Lassée d'autant de médiatisation, j'éteignis le poste, pour me placer près de Rick.
- Tu sais, tes pitreries me manquent, alors n'hésite pas à te réveiller, Castle, soufflais-je. Tu me manques, j'ai besoin de toi alors ne me laisse pas, tu me l'as promis, always.
Le lendemain je quittais l'hôpital à 6h, pour retourner prendre une douche et m'habiller pour le procès qui débutait à 10 heures. Arrivée au Loft, je passais devant la chambre d'Alexis pour prendre ma douche quand je l'entendis pleurer. M'arrêtant, je frappais à sa porte et entrais :
-Hey, c'est moi, dis-je doucement
-Hey, sanglotait-elle, comment va-t-il?
-Toujours pareil, répondis-je, en m'allongeant près d'elle.
-Elle me tournait le dos et pleurait désormais en silence.
-Je ne sais pas, ce que je vais devenir s'il ne se réveille pas, Kate
-Il va se réveiller, assurais-je, il est obligé, je le lui répète depuis une semaine, il va finir par m'écouter.
-Son avocat a appelé hier soir.
-Au sujet de l'affaire Abbott ? c'est pas vrai, je lui avait dit que…
-Non, c'est pas ça.
-Alors pourquoi Lex?
-Pour me dire que toutes ses affaires étaient en ordre et comme j'avais atteint ma majorité, dit-elle en s'effondrant en larmes dans mes bras.
-…..
Je n'arrivais plus à parler tant j'étais estomaqué de l'aplomb de ce foutu avocat.
-Grand-mère l'a viré, continua-t-elle
-Alexis, je te promets que tout va bien se passer
-Et si… et si…, bégaya-t-elle
-Je serais là, lui assurais-je
À ma phrase, elle se releva et me toisa du regard dans la pénombre de sa chambre.
-Lex? demandais-je interloquée par son comportement
-Après le procès et le mariage de Lanie, tu …
-Lanie a repoussé le mariage, il ne se fera pas tout de suite, la coupais-je
-Ça ne changera rien, tu vas repartir… à DC.
-Je ne partirais nulle part, affirmais-je
-Et ton boulot?
-Ton père et toi êtes plus importants que mon boulot, ajoutais-je en me levant face à elle
-Tu restes?
-Oui
-Promis?
-Promis.
-Merci ! s'écria-t-elle en m'enserrant dans ses bras.
-Je te promets que ça va aller
-J'ai tellement peur, m'avoua-t-elle
-Je sais, moi aussi.
-…..
-Je vais aller me préparer pour le procès et toi, tu iras auprès de ton père, au moindre changement tu m'appelles.
-Mais tu ne seras pas joignable.
-Laisse-moi un message, je consulterais mon portable à chaque pause.
-D'accord, acquiesça-t-elle.
Le procès débuta à 10H30, Kyle Abott était arrivé menottes aux pieds et aux poignets ce que je trouvais ironique. Après avoir fait un tour de salle, son regard se posa sur le mien, et il me souriait. Son attitude me glaça le sang, il était comme heureux d'être là, et à chaque regard j'avais l'impression qu'il me déshabillait du regard.
Je me trouvais au premier rang avec Javier, Kévin, Lanie et Jordan. Le procès se déroulait à huit clos. Le premier début de matinée relatait toutes les charges dont il était accusé :
-Kidnappings
-Coups et blessures
-Tortures
-Viols
-Meurtres
-Et tentative de viol et meurtre à mon encontre.
À la fin de cet énoncé, il m'avait de nouveau regardé en se mordant la lèvre inférieure, ce qui eut pour résultat de me déstabiliser et de ressentir de nouveau ce sentiment d'être sale.
Le début d'après-midi, avait été consacré à l'accusation relatant l'historique de ses sept victimes puis la défense avait clos la journée en émettant un profil psychiatrique d'Abbott proche de la confusion mentale et plaidant l'irresponsabilité pour démence, ce qui termina de me faire enrager.
Nous étions ainsi sortis complètement furieux contre cet avis psychiatrique. À chaque pause, j'avais consulté mon téléphone, où j'avais découvert deux messages d'Alexis, me disant qu'il n'y avait aucun changement. Le dernier datait d'il y a trois heures. Embrassant tout le monde, je me dirigeais de nouveau vers l'hôpital pour voir Castle. À mon arrivée, je vis Martha et Alexis devant la chambre en train de parler avec le médecin, Alexis pleurait. À ce constat, mon corps refusa d'avancer, j'étais comme bloquée dans ce couloir. Tout ce que mon cerveau arrivait à faire était de me faire murmurer :
-Non, non, non, pitié.
Après quelques minutes, le médecin partit et Alexis me vit alors dans son champ de vision, avançant vers moi, elle me prit dans ses bras en pleurs et avant même qu'elle puisse parler, je l'implorais:
-Non, non, non, s'il te plaît, ne dit rien.
À ma demande, elle se recula pour encrer ses yeux dans les miens et me dit ;
-Il est en phase de réveil… ils l'ont extubé et il respire par lui-même à l'aide d'un masque à oxygène.
-Il… il…, je n'arrivais plus à parler tant j'étais soulagée et heureuse.
-Il n'a pas encore ouvert les yeux, ni même parler mais d'après les médecins, il n'en est pas loin.
-Merci, merci, merci, répétais-je en la serrant dans mes bras.
CHAPITRE 18
POV Beckett
Le deuxième jour du procès attaquait. La veille, j'avais passé ma soirée auprès de Castle, Martha et Alexis attendant patiemment qu'il ouvre les yeux, mais le médecin nous avait expliqué qu'il fallait attendre plusieurs heures, voire un ou deux jours pour que les patients soient totalement conscients. Il nous avait alors encore énoncé les risques de séquelles qu'il pouvait avoir.
La nuit avait été longue, j'avais fini le livre de Rick quand mon père entra dans la chambre à 7 heures du matin avec une tasse de café qu'il me tendit.
-Katie, il faut que tu te ménages.
-Je vais bien papa
-Ce n'est pas vrai, tu ne quittes pas son chevet et lorsque tu le fais c'est pour retourner au procès.
-Je veux être là quand il se réveille
Il me regarda puis s'installa près de moi, pendant quelques minutes nous gardions le silence, puis il le rompit:
-Tu as fini son dernier livre? me demanda-t-il.
-Depuis que mon père savait que Rick m'avait prise pour muse, il s'était mis à la lecture de romans policiers et possédait tous les Nikki Heat.
-Oui, soufflais-je
-Il paraît que c'est le dernier
-C'est exact, il avait prévu de faire une nouvelle saga.
-Oh ! fit-il déçu
-Le prochain devrait traiter d'un profiler du nom de Johanna, continuais-je
-Cet homme est vraiment amoureux de toi, constata mon père
Voyant que je ne lui répondais pas, il poursuivit :
-Comment est la fin du livre?
-Tu sais, répondis-je en le regardant dans les yeux, quand il me l'a donné, il m'a dit qu'il avait prévu une fin heureuse pour Nikki Heat, une fin qu'il aimerait pour moi.
-Le bouquin va me plaire alors, me sourit-il
-Nikki est heureuse à la fin, mariée et attend un enfant, répliquais-je ennuyée.
-Et ? ce n'est pas bien ?
-Elle n'est pas mariée à Jameson.
-Il s'agit seulement d'un roman Katie.
-C'est la fin qu'il aimerait pour moi.
-Quand il a écrit la fin, vous n'étiez plus ensemble et lui était en couple, alors…
-Je sais c'est stupide, je suis juste fatiguée, je pense.
-Tu devrais te préparer, le procès démarre dans une heure.
-Tu restes près de lui? quémandais-je
-Kate, je souhaitais venir avec toi pour…
-Non, s'il te plaît, l'implorais-je, je dois passer à la barre aujourd'hui et…
-Justement, Katie, me coupa-t-il, tu auras besoin de…
-Je ne veux pas que tu sois présent, quand j'énoncerais les choses qu'il m'a fait subir.
-Mais…
-Ce sera déjà bien assez difficile comme ça, s'il te plaît.
-D'accord, si c'est vraiment ce que tu souhaites.
-C'est vraiment ce que je souhaite, papa.
-D'accord, répondit-il résigné
-Merci, lui murmurais-je en l'embrassant sur la joue. Ça ne t'embête pas de me laisser une minute avec Rick.
-Non, bien sûr, dit-il en se levant et sortant de la chambre.
À son départ, je me penchais pour embrasser Castle. Puis je lui chuchotais à l'oreille :
-Je vais devoir te laisser mais Alexis et ta mère arriveront bientôt. Je t'aime Castle. À ce soir.
Après un dernier baiser, je repartais pour le tribunal. Aujourd'hui, je serais interrogée à la barre, mon angoisse ne faisait que monter. J'avais demandé aux gars de ne pas venir, j'étais bien assez gênée comme ça. Seules Lanie et Jordan étaient présentes.
Arrivée devant la barre, le greffier me dit :
-Jurez-vous de dire toute la vérité et seulement la vérité?
-Oui, je le jure, répondis-je en regardant Kyle Abbott droit dans les yeux, celui-ci me regardait comme un loup affamé.
M'installant, je vis mon avocat se lever et s'avancer près de moi:
-Bonjour
-Bonjour
-Pourriez-vous décliner votre identité mademoiselle
-Je m'appelle Katherine Hougton Beckett.
-Que faites-vous dans la vie Melle Beckett
-Je suis profiler au sein du FBI.
-Au moment des faits, qu'exerciez-vous?
-J'étais lieutenant à la criminelle de New-York.
-Très bien, reconnaissez-vous cet homme, me demanda mon avocat en pointant du doigt Abbott.
-Oui, il s'agit Kyle Abbott.
-Melle Beckett, pourriez-vous nous nous dire dans quelles circonstances avez-vous rencontré cet homme?
-Mon commissariat ainsi que le FBI étaient à la recherche d'un tueur en série qui avait déjà assassiné et violé six jeunes femmes, nous avions découvert qu'il les sélectionnait lors de « speed dating ». Le FBI a donc voulu monter une mission sous couverture qui consistait à placer deux agents féminins dont moi-même à ce « speed-dating ». À la fin de notre soirée, je suis rentrée chez moi et me suis assoupie sur mon canapé, terminais-je la voix tremblante.
-Voulez-vous faire une pause?
-Non, non, merci, dis-je les larmes aux yeux et la tête baissée. Un bruit m'a réveillé et j'ai vu une ombre en face de moi, nous nous sommes battus et puis il m'a donné un coup de taser. Quand je me suis éveillée de nouveau, je me trouvais dans un local enchainée, pieds et poignets à une borne d'électricité, c'est là que j'ai vu Mr Abbott pour la première fois.
-Que s'est-il passé par la suite ?
-Il m'a posé des…
-Mr Abbott? me coupa-t-il
-Oui. Mr Abbott m'a énoncé les règles de son petit jeu, m'exclamais-je
-Qui étaient?
-Je devais répondre à chacune de ses questions avec la plus grande sincérité sinon il m'envoyait des décharges électriques dans les membres à l'aide de chaînes reliés à la borne. À chaque insubordination de ma part, j'en recevais une.
-Combien de décharges vous a-t-il infligées?
-Six, murmurais-je, à chaque décharge mon corps se raidissait et j'avais l'impression de me briser de l'intérieur.
-Combien de temps êtes-vous restée captive?
-Deux jours, répondis-je en relevant la tête pour voir le sourire d'Abbott.
-Que s'est-il passé lors de votre nuit de détention?
Face à cette question, je me figeai pour observer l'assemblée, qu'il y avait devant moi. La salle était remplie des familles des victimes qui me scrutaient toutes. Lanie et Jordan me souriaient pour me donner du courage. Tournant la tête, j'apercevais le jury composé de 21 personnes.
-Melle Beckett ?
Reprenant contenance, je répondis la voix hésitante par la gêne et la honte:
-La première nuit… j'avais reçu ma quatrième décharge et m'étais évanouie. Lorsque je me suis réveillée, j'étais allongée dans un lit toujours attachée à mes chaines et complètement… nue, terminais-je en rabaissant ma tête pour ne pas voir l'expression des visages des parties civiles.
-Très bien, j'imagine le choc que cela a dû être pour vu, surtout que vous connaissiez son mode opératoire.
-Oui.
-Que s'est-il passé ensuite, il vous a laissé dormir, vous a parlé?
-Non, il… il…, bégayais-je les larmes aux yeux.
-Prenez votre temps.
-Il m'a caressé tout le corps en ayant des attouchements, ajoutais-je complètement humiliée.
Fermant les yeux, j'essayais de reprendre contenance pour finir cet interrogatoire au plus vite, le seul soulagement que j'avais, était dans le fait que mon père, Alexis, Martha et les gars n'étaient pas présents. L'image de Castle souriant m'apparut. Soufflant un bon coup, j'entendis mon avocat me demander :
-Je suis désolé mais je vais vous demander de décrire ses attouchements. Si vous avez besoin d'une pause, on peut…
-Non, le coupais-je en regardant droit dans les yeux Abbott, il m'a … embrassé, caressé,… léché chaque partie de mon corps incluant …, hésitais-je, mes seins et mon vagin.
-Vous êtes-vous débattue pour lui manifester votre désaccord.
-Je ne pouvais pas, les décharges que j'avais reçues m'avaient complètement atrophié les muscles, chaque mouvement me procurait une sensation d'écartèlement. Je l'ai supplié de s'arrêter, je lui ai hurlé mais il a continué.
J'entendais l'assemblée murmurer : la pauvre, mon dieu. Cependant Abbott n'avait toujours pas perdu son sourire, il continuait de me dévisager comme s'il pouvait me revoir nue dans ses bras.
-Et ensuite, Melle Beckett ?
-Ensuite il m'a mise sur le côté gauche, c'est déshabillé et c'est collé à moi, en frottant son sexe sur mes fesses, répondis-je en pleurs.
-Vous a-t-il violé?
Sa question me retourna l'estomac, j'étais comme enragée quand je lui répondis :
-J'ai vécu ceci comme un viol !
-Excusez-moi, je me suis mal exprimé…, a-t-il été plus loin?
-Non, il… il a continué à se frotter jusqu'à finir son affaire puis il s'est endormi, répondis-je au comble de l'humiliation.
-Et le lendemain ?
-Il a recommencé son jeu de questions en me laissant nue, j'ai reçu deux décharges supplémentaires, il a continué à me caresser et… les secours sont arrivés.
-Merci, Melle Beckett, je sais à quel point cela doit être dur pour vous, je demande une pause pour ma cliente, dit-il à l'attention du juge.
-Accordé.
Et c'est dans un silence de mort que je quittais la salle du tribunal pour une petite heure. Il était déjà 12H30, Lanie m'avait proposé d'aller manger un peu mais j'avais refusé. Elle était donc allée nous chercher des sandwichs. Assise dans le parc, juste devant le tribunal, je pris mon portable pour appeler Alexis.
-Hey, comment ça va ? me demanda-t-elle au bout d'une sonnerie.
-Bien et ton père?
-Toujours pareil, il ne réagit pas, c'est pas faute de le remuer, me dit-elle désespérée.
-Laisse-lui le temps.
-Et si….
-Laisse-lui le temps, Lex, il va se réveiller.
-D'accord, capitula-t-elle, comment c'est passé ta matinée?
-Très bien, mentis-je, il faut que je te laisse, je dois y retourner.
-Ok, à plus tard?
-À plus tard, terminais-je
-Tu dois y retourner? demanda Jordan assise à côté de moi.
-Je ne voulais pas m'éterniser sur ce matin.
Après quelques minutes de silence, elle me dit :
-Tu m'as épaté !
-Tu parles, réfutais-je
-Je t'assure Kate, tu as été formidable, continua-t-elle en me serrant la main.
-Castle me manque, murmurais-je
-Je sais.
-Il faut qu'il se réveille, je ne sais pas ce que je deviendrais sans lui.
-…
-J'ai quelque chose à t'annoncer, dis-je en la regardant
-Je sais, me répondit-elle droit dans les yeux avec tristesse.
-Tu sais?
-Tu m'insultes de nouveau ! Je suis une excellente profiler, répliqua-t-elle dans un sourire qui ne chassait cependant pas sa peine
-Je suis désolée, je ne peux pas laisser Castle ou même Alexis, si jamais il ne se…
-Il va se réveiller, me coupa-t-elle et je comprends ta décision.
-Tu vas me manquer, Lily aussi, ajoutais-je
-Tu vas me manquer aussi, me dit-elle en me prenant dans ses bras, où j'éclatais en sanglots en la serrant le plus fort possible.
-J'en ai marre de pleurer !
À ma phrase, Jordan éclata de rire et me chuchota :
-On ne se perd pas de vue.
-Non, on ne se perd pas de vue.
Lanie nous avait ensuite rejointes avec le casse-croûte de midi puis nous étions retournées à l'intérieur. L'après-midi, avait été dédié à l'analyse de son mode opératoire pour ses victimes. Les familles des victimes étaient en pleurs pendant que Kyle Abbott continuait à me fixer sans s'arrêter.
À la fin de cette journée, plus qu'éprouvante j'étais retournée à l'hôpital, où voir Rick était mon seul réconfort. Dans sa chambre, se trouvait simplement Martha, mon père et Alexis mais pas Castle.
-Où est-il? demandais-je paniquée en entrant.
-Ils l'ont emmené faire un scanner, me dit la voix rassurante de mon père.
-Pourquoi?
-Juste pour un petit contrôle, rien de grave, il ne devrait pas tarder à le remonter, continua Martha.
-Toujours aucun signe d'éveil ?
-Il a gémi à plusieurs reprises mais sans parler, ni ouvrir les yeux, me répondit Alexis
-C'est bon signe, non?
-Oui, très bon signe Katherine, cela signifie qu'il se réveille.
Soulagée, je m'assis sur l'un des quatre fauteuils de la pièce sous le regard de tout le monde.
-Quoi ? demandais-je
-Comment ça s'est passé, Katie?
-Bien, mentis-je
-Ne nous mens pas Katherine.
Quand Martha me parlait sur ce ton, j'avais l'impression de voir ma mère me parler.
-Ça a été éprouvant, mais je vais bien, je vous assure.
-Que se passe-t-il demain? demanda Alexis
-L'avocat commis d'office à Kyle Abbott va m'interroger sur le matin.
-Tu veux qu'on...
-Non, merci. Je préférerais qu'on fasse comme aujourd'hui.
-Comme tu veux mon ange, abdiqua mon père.
Le bruit des scopes me fit tourner la tête, deux brancardiers, une infirmière et un médecin arrivèrent dans la chambre en poussant le lit de Castle.
-Je vais vous demander de sortir, le temps de le réinstaller, nous demanda l'infirmière.
Nous sortions donc tous les quatre dans le couloir en compagnie du médecin.
-Alors qu'a donné l'examen? demandais-je impatiente
-Rien de particulier, tout ce révèle être normal au niveau cérébral, mais cela n'écarte pas les problèmes d'élocution, de mémoire ou de motricité.
-Cela indique quoi, alors? répliqua Alexis
-Cela indique que votre père est en phase d'éveil, et qu'il ne va pas tarder à se réveiller dans les prochaines heures, ensuite nous aviserons.
-Très bien, ajouta Martha, merci beaucoup.
Le médecin partit ainsi que mon père qui m'avait dit qu'il repasserait demain. Martha, Alexis et moi étions restées à son chevet, puis Martha avait forcé Alexis a rentré au Loft. Assise à ses côtés, j'avais posé la tête sur son bras gauche tout en caressant sa main, j'étais épuisée.
-Tu sais, c'était horrible aujourd'hui, tous ces gens me regardaient pendant que moi j'expliquais mon calvaire, j'étais tellement démunie et honteuse, pleurais-je, tu me manques Castle, j'ai besoin de toi, j'ai besoin que tu te réveilles, que ce cauchemar s'arrête, je ne vais pas tenir longtemps. Demain, ça va être affreux, l'avocat va tout faire pour que je perde mes moyens, sanglotais-je. J'ai juste besoin… d'un peu de répit, je t'aime tellement.
Je n'arrivais plus à calmer mes pleurs, l'angoisse de ces derniers jours, la santé de Rick, la perte d'Andrew, le procès, tout refaisait surface comme un boomerang.
-Je t'aime, entendis-je d'une voix grave.
-Castle? demandais-je en relevant la tête rapidement sur lui.
-Hey, me dit-il dans un sourire
-Oh mon Dieu, Castle! criais-je en le serrant de toutes mes forces
-Mal…, me dit-il dans un rictus de souffrance
-Désolée, m'excusais-je aussitôt, comment te sens-tu?
-J'ai l'impression… d'avoir les os brisés, murmura-t-il difficilement
-Je sais, souris-je de bonheur à le voir réveillé, je vais appeler les infirmières.
-Non, attend une seconde, me supplia-t-il
-Oui?
-Que m'est-il arrivé? Je ne comprends pas, dit-il difficilement.
-Quelle est la dernière chose, dont tu te souviens ?
CHAPITRE 19
POV CASTLE
Depuis que Kate connaissait mes derniers souvenirs, elle n'arrêtait pas de sourire comme soulagée. J'avais du mal à m'exprimer, je cherchais mes mots. Les douleurs exercées sur ma mâchoire ne rendaient pas les choses faciles, et j'avais l'impression que mon corps entier allait se briser.
Kate avait été chercher les infirmières et le médecin qui s'occupait de moi, l'heure située en face de moi, au-dessus de la porte, indiquait 23h30. Après qu'il est eu fini de m'examiner, une heure s'était déjà écoulée, il m'avait donné de la morphine pour la douleur, ce qui me faisait réellement du bien. Le médecin m'avait alors expliqué mon motif d'entrée, la durée de mon séjour, et les séquelles auxquelles je pourrais être sujet. Après un examen approfondi, seules mes jambes avaient perdu de la sensibilité, mais il m'avait garanti qu'avec de la kiné tout irait pour le mieux.
Je n'arrivais pas à me mobiliser ou à lever mes membres à cause des douleurs. Je ne m'en inquiétais pas car le souvenir de Kate après sa détention était comparable à ça.
- Vous avez une amie extraordinaire, me dit le médecin avant de partir
- Pardon? Demandais-je groggy par la morphine
- Elle ne vous a pas quitté d'une semelle depuis votre entrée, elle tient énormément à vous, termina-t-il en sortant.
À peine était-il sorti que je vis la silhouette de ma nymphe avancer, Kate n'arrêtait pas de me sourire en avançant mais je pouvais ressentir toute sa fatigue, sa peine, sa joie, et son amour en même temps. Elle s'installa sur sa chaise près de moi, et me caressa la main délicatement.
- Les infirmières m'ont expliqué ton état de santé, je suis si soulagée Rick.
- Moi aussi.
- J'ai appelé Alexis et ta mère, elles ne devraient pas tarder.
- Elles sont à New-York? M'étonnais-je
- Potter a été abattu lors de l'assaut organisé pour ta libération, je les ai fait revenir sur Manhattan tout de suite après.
- Tu as bien fait, acquiesçais-je, Kate?
- Hum?
- Merci
- De quoi?
- D'être venue me chercher, lui soufflais-je
- Merci à toi, me répliqua-t-elle
- De?
- De t'être réveillé, dit-elle les larmes aux yeux
- Always
- Always
- Tu sais, ajoutais-je l'air espiègle, il paraît que les baisers sont les meilleurs traitements de la terre.
- Tu crois? Rigola-t-elle en se penchant pour m'embrasser délicatement.
- Papa! s'écria Alexis qui rentrait comme une fusée dans la chambre
- Richard, je suis tellement soulagée
- Doucement, doucement, implorais-je ma fille qui me serrait de toutes ses forces
- Désolée, comment tu vas ? Qu'a dit le médecin?
- Tout va bien, Alexis, répondit Kate qui s'était éloignée pour laisser ma mère et ma fille m'enlacer. Ton père a perdu de la sensibilité aux jambes, mais devrait récupérer avec de la kiné.
- Et pour les douleurs? demanda ma mère
- Elles sont dues aux décharges électriques, j'avais les mêmes dans moins d'un mois tout aura disparu, en attendant le médecin l'a mis sous morphine.
- J'ai tellement eu peur de te perdre, sanglotait ma fille
- Jamais, lui souriais-je.
- Bon, l'infirmière nous a demandé de te laisser te reposer, on va rentrer et revenir demain, me dit ma mère en m'embrassant sur le front.
- Déjà, se plaignit Alexis
- Ta grand-mère a raison vous devriez toutes rentrer et vous reposer un peu, je dois dire que je suis éreinté, concluais-je un poil déçu de voir mes trois femmes me quitter.
Alexis et ma mère m'embrassèrent pour me dire au revoir, puis voyant Kate ne pas bouger, je lui dis :
- Tu ne me dis pas au revoir?
- Castle, je ne t'ai pas quitté une minute depuis ton arrivée, je ne vais certainement pas partir maintenant, répondit-elle en embrassant ma mère et ma fille qui partirent ensuite.
Seuls tous les deux, nous nous regardions comme si c'était la première fois, les antidouleurs faisaient effet et je ne ressentais plus aucune douleur. Au bout de quelques minutes, je décidais de briser ce moment de quiétude :
- Le médecin m'a dit que j'étais resté dans le coma huit jours.
- C'est exact.
- Le procès a démarré, m'inquiétais-je
- Oui, murmura-t-elle mal à l'aise
- Comment tu vas ?
- Tu m'as manqué, me dit-elle en se levant pour venir s'allonger près de moi.
- Je suis désolé, tu as dû gérer tellement de choses, mon coma, le procès, la sortie du livre.
- La sortie du livre a été repoussée, m'annonça-t-elle, en calant sa tête aux creux de mon épaule, tout en humant mon odeur.
- Pourquoi? Demandais-je le nez enfoui dans ses cheveux senteur cerise
- Apparemment Gina souhaitait attendre de voir comment se déroulaient les choses pour toi avant, pour une fois, elle a un cœur.
- Tu parles, riais-je à sa remarque, un auteur mort vend plus de livres post-mortem, qu'un auteur dans le coma.
- Tu crois? me répondit-elle en relevant la tête et en me fixant de ses jolis yeux.
- Tu as l'air épuisé, constatais-je
- C'est la formule de politesse, pour tu as une sale tête, répliqua-t-elle dans un sourire
Levant mon bras dans un effort colossal pour pouvoir caresser sa joue :
- Depuis combien de temps, n'as-tu pas réellement dormi? M'inquiétais-je
- Joker, me souria-t-elle
Fatigué de garder ma main en hauteur, je rabattais à contrecœur cette dernière, pour la laisser choir sur mon abdomen.
- J'ai eu tellement peur, chuchota-telle
- Je vais bien
- Si tu… je ne sais pas ce que je serais devenue, sanglota-t-elle
- Kate, ne pleures pas, la suppliais-je, je ne peux même pas tes serrer dans mes bras
- Tu es là, près de moi, c'est tout ce dont j'ai besoin, continua-t-elle en pleurs
- Je suis là, chuchotais-je pour la rassurer alors que je la sentais trembler dans mes bras
- Tu es là, dit-elle comme pour s'en convaincre.
Couchés l'un contre l'autre, je la sentais se calmer contre moi, épuisé, je fermais doucement mes yeux et calais ma respiration sur celle de Kate qui commençait à s'endormir.
- Rick, chuchota-t-elle
- Hum
- Comme la sortie du livre est repoussée, tu pourrais faire en sorte de changer la fin.
- Changer la fin?
- Oui, c'est le dernier Nikki Heat, et j'aimerais qu'il finisse autrement.
- Autrement? Mais elle est heureuse à la fin… comment veux-tu que ça se termine, m'inquiétais-je
- Comme nous, chuchota-t-elle
- Je ne comprends pas Kate.
- J'aimerais qu'elle soit heureuse, répondit-elle en me caressant le torse de son doigt, mariée avec des enfants mais… avec Jameson.
- …
- Rick? demanda-t-elle anxieuse en relevant sa tête
- Tu as raison, cette fin est bien mieux, lui souriais-je
- J'aurais droit à des droits d'auteur, me taquina-t-elle en m'embrassant
- Je t'aime, chuchotais-je entre deux baisers
- Moi aussi.
Et c'est sur cet instant de tendresse empli de caresses et de baisers de ma belle, que nous nous endormions tous les deux.
POV Beckett
Quand je me réveillais ce matin-là, je découvrais mon père tout sourire avec mon café habituel dans les mains, doucement je sortis de l'étreinte de Castle pour aller embrasser mon père.
- Bonjour, papa, chuchotais-je
- Bonjour mon ange.
Voyant que Castle remuait dans le lit, je fis signe à mon père de continuer la discussion dans le couloir pour éviter de réveiller Rick.
- Quelle heure est-il?
- 7 heures, je suis si heureux pour toi Katie.
- Et moi tellement soulagée, m'exclamais-je en prenant mon père dans les bras.
- Comment va-t-il?
- Bien, souriais-je, la douleur s'est calmé grâce à de la morphine en continu, le médecin pense qu'il va sans sortir sans séquelles, souriais-je
- Tu m'en vois heureux chérie. Tu devrais aller te préparer, je veille sur lui.
- Je n'ai pas envie de le laisser
- Katie…,
- Je sais, je dois aller au procès, repris-je d'une voix contrariée, je vais aller l'embrasser et je pars.
- D'accord, je vais t'attendre ici dans ce cas.
Après une dernière étreinte à mon père, je rentrais de nouveau dans la chambre de Rick. Il dormait tellement bien, que je me penchais juste pour reprendre mes affaires et repartait sans faire de bruit. Arrivée au loft, je vis juste Martha et Alexis en coup de vent qui partaient pour l'hôpital. Après mettre douchée, habillée, je rejoignais Jordan et Lanie près du tribunal.
- Hey, sweety, comment ça va? me demanda Lanie en me prenant dans les bras
- Bien, vraiment bien, souriais-je
A ma réponse, elle relâcha son étreinte pour mieux me contempler, Jordan qui se trouvait sur ma gauche m'embrassa et ajouta :
- Il s'est réveillé cette nuit?
- Oui, vers minuit, à part quelques douleurs dues aux décharges et calmées par la morphine, il va bien. Il devra aussi faire de la kiné, pour récupérer de la sensibilité sur les jambes.
- Tu m'en vois soulagée, me répondit-elle dans un sourire rassurant.
- Et au niveau du langage, de la mémoire? S'enquit Lanie
- Tout va bien, il a du mal à articuler par moments mais c'est sa mâchoire qui lui fait mal.
- Oh honey, je suis heureuse pour toi, murmura Lanie qui m'avait de nouveau repris dans ses bras.
- Allez, il va être l'heure, continua Jordan, tu te sens prête
- À rentrer dans la fosse aux lions? Plaisantais-je pour me détendre
- N'oublie pas que cet avocat va essayer de te faire perdre tes moyens et qu'il…
- Faut que j'agisse avec l'étiquette du profiler et non de la victime, je sais, la coupais-je
- Bon, ben si tout est ok, on va y aller.
C'est sur ses bonnes paroles, que nous nous entrions dans le hall du tribunal, qui était bondée de journalistes quémandant comme la veille des informations. J'étais stressée par la confrontation qui s'annonçait, je ne savais pas ce qui m'attendait et cet inconnu m'angoissait au plus haut point. Prenant mon courage à deux mains, je me dirigeais tout droit en direction de la salle d'audience sous des flashs ininterrompus.
POV Castle
C'est un rayon de soleil qui me sortit de mon sommeil, en ouvrant mes yeux je vis ma mère et le père de Kate discuter en murmurant certainement pour ne pas me réveiller.
- Comment va-t-elle Jim?
- Vous commencez à la connaître, elle garde tout pour elle. Je ne sais pas comment elle a fait face à ses derniers jours.
- Votre fille est une battante
- Je suis heureux que votre fils se soit réveillé, ça donnera à Katie la force de se battre pour le procès.
- Elle a témoigné hier et aujourd'hui c'est la défense qui l'interroge, n'est-ce pas?
- Oui, c'est exactement ça, l'interrogatoire d'hier l'a chamboulée mais elle ne se confie pas à moi, j'espère qu'elle se confiera plus à Richard.
- J'en suis certaine, ces deux-là sont très proches.
Ils se sourirent d'un même accord et furent interrompus par Alexis qui ramenait des cafés.
- Hey, papa, tu es réveillé?
- Oui, comment vas-tu? Demandais-je pendant que Jim et ma mère se retournèrent pour me voir
- C'est à toi qu'il faut le demander, me sourit mon ange roux, le médecin nous a dit que si jamais tu avais mal, il ne fallait pas hésiter à le dire.
- Tout va très bien, Pumpkin, la rassurais-je, où est Kate?
- Elle est à l'audience pour le procès, elle ne voulait pas vous réveiller ce matin, ajouta son père qui devait voir ma déception.
- La connaissant, Richard, continua ma mère, elle t'appellera entre deux pauses.
- Très bien, dis-je en essayant de me mettre en position assise dans le lit, ce qui fut peine perdu, je n'avais aucune force et aucun contrôle sur mes membres.
- Vas-y doucement, s'inquiéta Alexis
- Tout va bien, pourquoi êtes-vous tous là et pas près d'elle? Repris-je en regardant bien Jim dans les yeux
- Katie, ne souhaite pas que nous venions pendant son témoignage, répondit déçu son père
- Oh, fis-je surpris mais en même temps je comprenais son geste, j'étais juste inquiet à l'idée qu'elle soit seule pour gérer tout ceci.
- Lanie et Jordan sont près d'elle, expliqua ma mère
- Et les gars et Bells?
À ma question, mes trois visiteurs se figèrent sur place et n'eurent aucune réaction, on aurait dit que j'avais posé une bombe. Recherchant dans ma mémoire qu'elle faute j'aurais pu avoir commise, je ne vis rien. Commençant à angoisser pour Javier et Kévin, je demandais :
- Il est arrivé quelque chose aux Bros?
- Non, non, Richard, me rassura ma mère
- Alors quel est le problème?
- Andrew Bells est mort.
- Comment? M'enquis-je sous le choc de la nouvelle
- Lors de l'assaut donné pour te sauver, Mr Bells s'est interposé entre Potter et Katherine, il est pratiquement mort dans ses bras, répondit ma mère d'une voix tremblante.
Baissant les yeux, plusieurs sentiments m'envahissaient, tout d'abord de la reconnaissance pour avoir sauvé la vie de Kate, ensuite de la culpabilité qu'il soit mort en venant me sauver et de la tristesse, oui, une profonde peine, pour Kate. Je savais à quel point, elle tenait à Andrew, au fur et à mesure des mois, il était devenu son partenaire, son ami. Ces derniers jours, avaient vraiment dus être horribles pour elle, et je ne pouvais même pas l'aider car j'étais cloué à ce lit. Perdu dans mes réflexions, je ne vis pas l'infirmier faire sortir mon petit monde pour pouvoir me prodiguer des soins et faire ma toilette.
POV Beckett
J'étais de nouveau assise à la barre attendant patiemment que l'avocat commis d'office à Kyle Abbott daigne se lever pour m'interroger. La salle n'avait pas désempli depuis la veille, les familles des victimes me souriaient tout comme Abbott en face de moi, assis derrière son bureau. Après avoir glissé un mot à l'oreille de son avocat, celui-ci se leva et s'avança près de moi.
-Melle Beckett, bonjour, permettez-moi de me présenter je suis maître Connors.
-Bonjour
-En tout premier lieu, Melle Beckett, j'aimerais savoir comment allez-vous?
-Bien, répondis-je méfiante
-Si je vous demande cela, c'est parce que j'ai fait de petites recherches sur les problèmes qui peuvent survenir lors de décharges électriques, dit-il, en lisant son dossier devant lui.
-Je vais bien
-D'accord, parce qu'il est dit dans ce dossier, que de fortes décharges répétées peuvent induire une perte de la mémoire, une confusion mentale pouvant entrainer certains délires.
-Comme je l'ai dit précédemment, je vais bien, répondis-je en le fixant du regard.
-D'accord, alors pourquoi avoir suivi une thérapie pendant plus d'un an et demi?
-….
Je restais littéralement scotché, face à sa réplique, j'avais l'impression d'être l'accusée dans cette histoire et non la victime, je tournais la tête pour voir le sourire bienveillant de Jordan qui me disait : « pense comme un profiler. »
-Melle Beckett ? demanda cet idiot d'avocat
-Si j'ai suivi une thérapie, ce n'est pas pour confusion mentale mais pour pouvoir me reconstruire après cette épreuve, votre client m'a torturée, tripotée, et électrocutée pendant deux jours, j'estime être en droit à demander une thérapie, affirmais-je sûre de moi.
-Thérapie suivie par le Dr Burke, spécialiste en santé mentale et le Dr Holtz, spécialiste des chocs post- traumatiques.
-Je…
-Si tout allait bien, me coupa-t-il, pourquoi avoir quitté New-York du jour au lendemain?
-J'ai reçu une offre d'emploi à DC que je ne pouvais pas refuser
-Oui, au FBI, comme profiler, c'est bien ça?
-C'est exact
-Mr Abbott a été diagnostiqué comme perturbé mentalement et schizophrène dernièrement, en tant que professionnel du profilage pourriez-vous me dire si vous êtes d'accord avec ceci.
-Mr Abbott est un homme d'une grande intelligence qui s'est très bien berné son monde, il ne souffre d'aucun désordre mental, il était complètement conscient de ses actes, m'exclamais-je folle de rage
-C'est le profiler ou la victime qui parle?
-Objection, votre honneur ! fit mon avocat, Maître Connors n'a pas à demander un profil de Mr Abbott auprès de Melle Beckett
-Objection retenue.
-Bien, Melle Beckett, pourriez-vous me dire si Mr Abbott, ici présent avait un comportement étrange avec vous?
-Pourriez-vous me qualifier le terme étrange ? plaisantais-je face à cette question totalement hors de propos.
-Et bien étrange comme étrange, rigola-t-il, il y a des paliers à l'étrange?
-Mr Abbott m'a fait subir un interrogatoire sur toute ma vie, quand les réponses ne lui plaisaient pas ou que je refusais de répondre, il actionnait une manette qui m'envoyait dans le corps plus de 150 volts, alors, oui je dirais qu'il avait un comportement étrange ! m'énervais-je. C'est un psychopathe!
-Nous sommes donc d'accord, qu'aucun être humain en bonne santé mentale ne ferait ça ! Il faut être déséquilibré mentalement.
-Je…
-Merci, me coupa-t-il, je n'ai plus de questions.
POV Castle
L'infirmier m'avait administré un second calmant en plus de la morphine pour les douleurs musculaires. Au bout de quelques minutes, je pus en ressentir les premiers effets, j'arrivais désormais à bouger correctement les bras et mon buste, en revanche le bas de mon corps ne répondait toujours pas à ma volonté. On m'avait expliqué de ne pas m'inquiéter, que tout rentrerait dans la normale, mais j'avais une légère crainte. J'avais envoyé ma mère et Alexis me faire quelques courses afin de souffler un peu. Jim était resté quelques minutes avec moi puis s'était éclipsé en fin de matinée, pour me laisser un peu d'intimité.
Seul dans ma chambre, j'avais suivi depuis ce matin les informations sur CNN qui relatait sans cesse le procès, la mort de Potter et de Bells ainsi que l'agent du SWAT, la mise en accusation de Jones. Sur les images du procès, on y apercevait juste les entrées et sorties du tribunal, où les journalistes se bousculaient sur les avocats et sur Kate pour avoir la moindre information. Il était 12H10, quand en direct à la télévision, je la vis sortir du tribunal accompagnée de Jordan et Lanie.
« Melle Beckett, comment s'est déroulée cette troisième matinée? »
« Melle Beckett, un commentaire! »
Tous ses vautours tournaient autour de Kate pour une information, elle avait la tête baissée et avançait droit devant elle, les poings serrés, je la vis ensuite monter dans une voiture du FBI. Ne perdant pas de temps, je pris mon téléphone situé près de moi, et lui envoya un message, pour lui rendre le sourire. Message qui fut plus long à écrire que je ne le pensais, ma douleur avait disparu mais mes muscles étaient raides.
« Hey, KB….Tu me manques. RC »
Ce message m'avait pris plus de trois minutes à être écrit, à peine avait-il été envoyé que Kate m'appelait.
-Hey, répondis-je
-Hey! Je suis contente de t'avoir au téléphone, comment fais-tu d'ailleurs?
-On m'a changé mon traitement, et mes doigts sont de nouveau opérationnels !
-J'en suis heureuse.
-Comment vas-tu? Nous avions posé cette question dans une synchronisation parfaite qui me fit sourire.
-Kate?
-Je vais bien, souffla-t-elle, je dois y retourner cette après-midi, Kyle Abbott sera interrogé par son avocat.
-Comment c'est passé ce matin?
-Bien, je te l'ai dit, reprit-elle d'une voix qu'elle se voulait rassurante
-On avait dit plus de mensonge, lui indiquais-je pour la pousser à s'ouvrir.
-….
-Kate, je suis là
-Je sais.
-Je t'aime
-Je t'aime aussi Rick, écoute je dois te laisser on doit aller manger un bout avec les filles et on est arrivé.
-Très bien, dis-je dépité
-Je te promets de te parler, mais pas maintenant, me rassura-t-elle
-À ce soir
-À ce soir, je t'aime, répondit-elle en raccrochant.
J'étais inquiet pour elle, les paroles de Jim et ma mère tournaient en boucle depuis ce matin, plus les flashs infos qui avaient comblé les blancs de ma mémoire, me faisaient prendre conscience qu'elle avait tout surmontée à bout de bras et je ne voulais pas qu'elle s'écroule. Je voulais être présent pour elle. Sortant de mes pensées par l'arrivée de mes deux tornades rousses, je souris en voyant qu'Alexis m'avait apporté mon ordinateur portable, suivant mon regard elle me dit :
-Tu ne comptes pas écrire au moins?
-Non, il m'a fallu trois minutes pour envoyer un message de quatre mots, dis-je dépité, mais peut-être que tu pourrais être mes mains ma chérie? demandais-je excité
-Tes mains?
-Il faut que je modifie certains points dans le dernier Nikki Heat avant la publication officielle et j'aurais besoin de tes dix doigts pour mettre ceci en forme, souriais-je par l'idée
-Quels points? demanda ma mère
-Premièrement Nikki ne peut pas terminer avec cet avocat, remarquais-je, elle ne peut finir qu'au bras de Jameson! m'exclamais-je
-Enfin !dit soulagée Alexis, j'ai vraiment cru que cette fin plus que douteuse terminerait cette saga.
-Allez jeune fille! reprit ma mère, ouvre cet ordinateur et donne une fin heureuse à ton père.
Et c'est dans un sourire et une complicité commune, que je dictais les derniers chapitres de Nikki Heat à ma fille, qui ne se privait pas avec ma mère pour y rajouter leur grain de sel !
CHAPITRE 20
POV Beckett
Jordan nous avait abandonné le temps du déjeuner, pour profiter de ce temps-là pour prendre des nouvelles de sa petite famille. Seule avec Lanie dans un petit restaurant, nous avions commandé des salades.
- Je suis désolée que tu aies dû repousser ton mariage, expliquais-je
- Un mariage sans Castle n'aurait pas été un mariage, me souria-t-elle, donc on verra dans trois ou quatre mois.
- Comment va Javier?
- Il est débordé de travail avec Kévin, et ne rentre qu'à point d'heures, il râle qu'il leur faudrait une paire de main de plus.
- Je suis d'accord avec lui, Gates devrait remplacer mon poste.
- Tu vas repartir à DC à la fin du procès? demanda-t-elle inquiète
- Non, je vais rester auprès de Rick
- Tu as autant de jours de congés que ça! S'exclama-t-elle
- Je vais démissionner, Lanie, lui avouais-je
- Oh! fit-elle surprise, heureusement alors que Gates ne t'ait pas remplacée !
- Je ne souhaite pas reprendre au 12ème, répondis-je en triturant mon assiette
- Pourquoi?
M'adossant à mon siège, je lâchais ma fourchette pour regarder ensuite ma meilleure amie dans les yeux.
- Ce poste à DC, c'est tout ce que j'ai toujours voulu, avouais-je, les responsabilités, le travail, je m'éclatais vraiment dans ce que je faisais, j'étais loin du spectre de l'enquête de ma mère et finalement ça me réussissait. J'étais douée dans ce que je faisais, ajoutais-je d'une voix peinée.
- Pourquoi démissionner alors? Tu pourrais demander un congé et rester près de Castle pour sa convalescence
- Et après ?
- Après, vous trouveriez une solution tous les deux pour que ça marche, dit-elle rassurante
- Ce n'est pas possible, Lanie, les déplacements, les heures de bureau, je ne passe pas 6 jours entiers sur DC, et pas plus d'une semaine dans chaque ville, je sillonne les états d'Amérique, c'est une vie de célibataire.
- Tu devrais tout de même en parler avec Rick avant de dire au revoir à ton rêve, s'enquit-elle soucieuse de mon bien-être.
- Castle est mon rêve, murmurais-je, j'ai pris le temps de m'en rendre compte mais ces seize derniers mois, ne m'ont appris qu'une seule chose.
- Quoi? demanda-t-elle piquer aux vifs.
- Que Castle est mon « one and done », qu'il est essentiel dans ma vie.
- Whaou! Katherine Beckett tu m'épateras toujours ! S'exclama-t-elle
- Toujours, répétais en souriant et en recommençant à manger ma salade.
Quand le serveur nous apporta notre dessert gourmand à toutes les deux, Lanie me dit :
- Je déteste ce Connors.
- Il a réussi à me déstabiliser et à retourner la situation à mon encontre, soufflais-je devant ma crème brûlée.
- Il n'a rien retourné du tout ! S'offusqua-t-elle, comment veux-tu qu'un juré croit une seule seconde que ce taré n'était pas maître de ces actes.
- Je l'espère.
- C'est la dernière ligne droite, Honey, il ne reste plus que le témoignage de ce tordu cette après-midi et demain avec ton avocat, ensuite ce sera autour de nous et demain soir, tout sera fini.
- Tu oublies les plaidoiries le surlendemain et l'attente du verdict, rétorquais-je en buvant mon café.
- D'accord, acquiesça Lanie, dans deux jours ce cauchemar sera terminé !
- Deux jours… j'ai l'impression que c'est le bout du monde, concédais-je les mains tremblantes.
- Kate, me dit Lanie en prenant mes mains dans ses mains, dans deux jours, tout ceci sera fini, et tu pourras craquer, hurler, pleurer mais en attendant…
- Il faut que j'y retourne, la coupais-je, je sais, c'est juste que j'aimerais un peu de repos, seulement un peu de repos.
- Et tu l'auras promis, me souria-t-elle.
Après avoir payé l'addition, nous reprenions le chemin du tribunal, en chemin j'avais reçu un message de Castle qui m'avait fait sourire et auquel je mettais empresser de répondre;
« Dans cinq heures, j'aurais de nouveau le plaisir de te serrer dans mes bras, de humer ton doux parfum, de gouter tes délicieuses lèvres, plus que cinq heures… et tu es à moi... RC »
« Je vois que tes doigts vont beaucoup mieux ! Il me tarde aussi de plonger mon regard dans cet océan bleu, de respirer ton odeur tout en me délectant d'être dans tes bras… plus que cinq heures pour toucher mon saint Graal... KB ».
Éteignant ensuite mon portable, je sortis du véhicule sous les flashs des journalistes, qui n'arrêtaient pas de me poser des questions, auxquelles je ne répondais pas et m'élançais de nouveau dans le tribunal. Cette après-midi, j'étais enfin assise dans l'assemblée entre Jordan et Lanie. Plusieurs familles s'étaient approchées de moi pour me remercier d'avoir témoigné, répondant par un sourire gêné, je fus soulager quand j'entendis le juge proclamé que l'audience était ouverte à la barre siégeait Kyle Abbott, il était libre de ses menottes et portait un costume gris clair, il posa une main sur la bible, et jura de dire la vérité et seulement la vérité. Installée à la place qui fut la mienne, quelques heures auparavant, il surplombait la salle de toute sa carrure imposante avec cette fois-ci une certaine… gêne? N'aimant guère son changement d'attitude, je me retournais pour voir si Jordan avait aperçu ceci, et c'est dans une moue perplexe de celle-ci que le procès démarra.
- Mr Abbott, bonjour, commença son avocat.
- Bonjour, Maître
- Savez-vous pourquoi vous êtes ici?
- Oui, dit-il d'une voix sûre
- Êtes-vous d'accord, avec tous les chefs d'accusation?
- Non.
- Avec lesquels n'êtes-vous pas d'accord?
- Tous, répondit-il en me regardant droit dans les yeux
- Êtes-vous en train de me dire que vous êtes innocents?
- Non
- Que voulez-vous dire alors?
- On m'a poussé à faire toutes ses choses horribles à ces femmes, répondit-il cette fois d'une voix tremblante, on m'a obligé, et je suis tellement désolé d'avoir écouté cette personne. Je ne voulais pas leur faire du mal, je voulais qu'on me laisse tranquille, continua-t-il en larmoyant.
Stupéfaite par son audace, je me raidis à même ma chaise, en le dévisageant du regard, son expression avait changé, on aurait dit un pauvre petit animal blessé par la vie et ça m'écœurait, les jurées étaient à l'écoute de ses propos !
- Qui vous a obligé ?
- Cette voix dans ma tête qui ne s'arrête pas, murmura-t-il
- Et que vous dit-elle?
- Elle me demande de tuer et torturer ces pauvres jeunes filles, elle hurle tellement fort dans ma tête et ne s'arrête que lorsque je l'ai écouté.
- Mr Abbott, vous voudriez nous faire croire qu'une voix dans votre tête vous pousse aux meurtres ?
- Oui
- Pouvez-vous nous expliquer comment c'est dérouler la détention de Melle Beckett?
- Je suis désolé, Katie, me dit-il en me regardant ce qui me glaça le sang.
- Objection, votre honneur, l'accusé n'a pas à s'adresser à ma cliente.
- Objection, retenue.
- Mr Abbott, pouvez-vous continuer ?
- La voix dans ma tête n'arrêtait pas de me dire, qu'il fallait que je fasse du mal à Katie, alors je l'ai kidnappée et enchaînée comme les autres. Mais je voulais pas lui faire du mal, alors j'ai beaucoup discuté avec elle.
- Reconnaissez-vous lui avoir fait subir des décharges électriques et des attouchements.
- Oui, je… j'ai essayé de combattre cette voix mais en vain.
Son témoignage me donnait la nausée, il se positionnait en pauvre petite victime seulement pour avoir la clémence du jury. Lanie m'avait pris la main droite dans ses mains, comme pour me montrer son soutien quant à Jordan, elle n'arrêtait pas de fixer Abbott comme si elle le profilait.
- Mr Abbott entendez-vous toujours cette voix?
- Non, plus depuis que je suis un traitement
- Un traitement? Et pour quel motif?
- Schizophrénie avec tendance meurtrière.
- Que pense le médecin qui vous suit?
- Qu'avec le traitement, je pourrais vivre normalement sans cette voix dans ma tête
- Vous êtes donc guéri?
- Oui, mais il n'empêche que j'ai dû faire subir des atrocités à toutes ces femmes, se mit-il à pleurer, et je m'en veux tellement.
- Merci sera tout, conclut cette raclure d'avocat.
L'assemblée s'étaient révoltée des derniers propos d'Abbott, lui continuait de garder la tête baissé comme pour mieux paraitre vulnérable. J'étais enragée, survoltée, et tellement haineuse que je sortis de la salle sans attendre mes amies et retenais mes larmes face aux journalistes que j'étais obligée de bousculer pour passer.
« Melle Beckett, un commentaire ! » s'écriaient tous.
Fonçant droit devant, je pris le premier taxi que je trouvais.
POV Castle
J'avais passé mon après-midi à dicter à Alexis quelques lignes de mes futurs chapitres, puis le médecin nous avait interrompus pour me dire que si tout allait bien, un retour à domicile avec une aide médicale pouvait être envisagé dans deux jours. J'étais fou de joie à l'idée de rentrer chez moi. Le Kiné était ensuite passé, et nous avions réalisé ensemble quelques exercices afin de faire travailler mes muscles. Je m'étais ensuite disputé avec Paula au sujet des changements que je souhaitais apporter à mon livre, elle m'avait indiqué que tous les livres avaient été mis sous presse et envoyés à toutes les librairies du pays ! Je lui avais alors indiqué que je prenais à mes frais tous les rapatriements et la mise sous presse des prochains! Elle était restée campée sur sa position, en me disant que le délai pour finir le livre serait trop court pour Black Pawn. J'avais alors réfuté, que je souhaitais quitter la maison d'édition, s'il ne se pliait pas à mes exigences et avait raccroché en espérant avoir fait mon effet.
Effet vite vérifié, une heure plus tard par un appel de Gina qui hurlait dans le combiné, je lui avais alors rappelé que j'étais la poule aux œufs d'or ! Après qu'elle m'ait raccroché au nez, Paula m'avait envoyé un message.
« Tu as une semaine, pour finir toutes tes modifications et les envoyer à Gina, passé ce délai c'est l'autre version qui sera vendue ! »
Satisfait de sa réponse, j'avais de nouveau repris l'écriture avec Jim cette fois-ci, qui était revenu pour libérer ma mère et ma fille quelque temps. Dictant mes mots, je m'aperçus que Kate quittait le tribunal, j'avais gardé la télévision en fond d'écran pour suivre les derniers rebondissements, allumant le son, j'entendis l'avocat de Kate déclaré :
« Nous avons assisté à un véritable show cette après-midi, Mr Abbott pense nous berner et nous faire oublier ses meurtres horribles en utilisant le désordre mental ! Laissez-moi rire! »
Prenant mon téléphone, j'essayais vainement de joindre Kate qui était sur répondeur.
- Je suis sur quelle est en chemin, m'assura son père
- Je m'inquiète pour elle, vous savez, elle a dû gérer tellement de choses dernièrement, soufflais-je
- Katie est forte, et avec vous près d'elle tout ira bien
Plusieurs heures se passèrent sans que nous avions des nouvelles de Kate, j'étais désormais fou d'inquiétude, elle ne répondait pas à mes appels depuis plus de trois heures. J'avais demandé à Javier et Kévin de la rechercher, ils m'avaient expliqué qu'elle avait surement besoin de temps pour elle, que je devais lui laisser un peu d'espace, mais arrivé 20 heures, ils se décidèrent à la rechercher.
POV Beckett
Agenouillée depuis maintenant quelques heures en pleurs, je n'arrivais pas à me calmer, toutes mes angoisses, mes peurs refaisaient surfacent j'avais gardé trop de choses pour moi ces derniers temps. Face à la tombe de ma mère, je ressassais sans cesse ces derniers jours, la mort d'Andrew, le coma de Rick, et Abbott… son témoignage avait été la goutte d'eau qui a tout fait déborder.
- J'ai tellement besoin de toi, maman, pleurais-je. J'ai l'impression d'avoir un poids sur les épaules et ce poids est en train de m'enterrer. Maman, aide-moi, s'il te plaît, implorais-je, aide-moi….
Mes larmes coulaient sur mon visage pour venir s'écraser sur le sol où ma mère avait été enterrée, je me sentais démunie et seule, pleurant plus que je ne pouvais l'imaginer, j'entendis des pas derrière moi, me retournant vivement je vis Javier s'avancer près de moi et Kévin restant en retrait près de la voiture.
- Hey! me dit-il en s'asseyant près de moi.
- Je vais bien Javier, dis-je en essuyant mes larmes
- Tu as le droit de craquer, personne ne peut te blâmer pour ça et ce n'est pas une faiblesse.
- Pourquoi êtes-vous ici?
- Ca va faire quatre heures, que tu as quitté le tribunal et …
- Castle, le coupais-je, j'ai perdu la notion du temps, je vais y retourner, ajoutais-je en me relevant
- Kate, si tu as besoin de temps, on peut veiller sur Rick ce soir
- C'est gentil, mais j'ai besoin de le voir, d'ailleurs pourquoi ne pas avoir appelé? Demandais-je en essayant de cacher mes yeux rougis.
- Ton portable est éteint
- Oh, c'est vrai, j'ai oublié de le rallumer en sortant du tribunal. Comment m'avez-vous retrouvé?
- Castle, me souria-t-il.
Rick, c'est dingue comme cet homme pouvait me connaître il y a des moments où cette réflexion me faisait peur et le reste du temps, c'est plutôt un sentiment de sécurité qui m'envahissait. Les gars me ramenèrent à l'hôpital et après un merci, je les laissai pour rentrer dans la chambre de Castle.
Chambre qui était trop peuplée à mon gout, autour de Rick se trouvait : mon père, Martha, Alexis, Jordan, Lanie et même Gates, à mon entrée ils se retournèrent tous en même temps.
- Katie ! Enfin, s'exclama mon père qui m'enlaça.
- Katherine pour l'amour du ciel, ne nous faites plus peur de la sorte, me supplia la voix de Martha.
- Kate ! s'écria Alexis en prenant dans ses bras.
Relevant la tête, je m'aperçus que Castle n'avait pas dit un seul mot depuis mon entrée, Jordan m'avait souri, Lanie m'avait menacé de me mettre une puce aux bras, mais Rick ne disait rien, il se contentait de me regarder sans ciller, n'osant pas m'approcher de lui sous les yeux de tout le monde, je leur demandai un peu d'intimité. Après nous avoir tous embrassés, ils nous laissèrent seuls tous les deux.
- Je suis désolée, tu as dû t'inquiéter, je n'ai pas vu le temps passer, dépistais-je d'un seul coup
- Tu n'as pas être désolé, j'étais seulement inquiet pour toi.
-Je vais bien, lui dis-je en m'asseyant près de lui.
- Kate, je sais quand tu me mens, souffla-t-il, je suis là, tu sais, même si je suis coincé sur ce lit, je suis là.
- Je sais.
- Écoute, reprit-il en me prenant les mains, je te demande pas de grand discours ou même de t'étaler sur tes sentiments si tu ne le souhaites pas, je veux simplement qu'on soit franc l'un envers l'autre.
- Je suis désolée, chuchotais-je pleine de remords
- Tu n'as pas à l'être, avec tous ce que tu as dû affronter ces derniers temps, je me demande encore comment tu tiens debout, me fit remarquer Castle en me caressant la joue.
Yeux dans les yeux, je pouvais lire en lui tout l'amour qu'il avait pour moi et aussi son inquiétude. Sa main me caressait la joue délicatement pendant que l'autre me prenait la main droite. Une puis deux, puis plusieurs larmes arrivèrent sans que je ne puisse les arrêter. J'étais épuisée d'être seule, épuisée de me battre. Je ne savais pas par où commencer et je ne savais même pas si en parler me ferait du bien. Voyant mon dilemme, Rick, reprit la parole.
- Viens près de moi, allonges-toi.
L'écoutant, je me levais pour retirer ma veste et mes chaussures, puis je m'allongeais près de son corps en veillant à ne pas lui faire mal, la tête calée sur son torse, il m'encercla de ses bras dans un rictus de douleur. Sentir les bras de Rick autour de moi et son odeur m'apaisait, je n'arrivais cependant pas à arrêter ce flot de larmes.
- Tu repars quand ? me demanda inquiet Castle, relevant la tête pour le voir, il sécha mes larmes avec sa main dans un sourire que je savais triste.
- Je ne repars pas, lui répondis-je
- Kate, je vais bien, avec de la Kiné
- Je reste avec toi, lui assurais-je
- Je ne veux pas que tu te sacrifies pour moi, je ne suis pas handicapé, tu as tant perdu ces derniers temps, il est temps que tu penses un peu à toi.
- Tu ne veux pas de moi? Demandais-je la voix tremblante
- Bien sûr que je veux de toi, je t'aime, mais...
- Castle, la seule chose qui me fait tenir c'est d'être là près de toi, si tu m'éloignes de toi, je vais m'effondrer, avouais-je en pleurs.
- Je ne m'éloigne pas, je viendrais avec toi a DC, on peut faire en sorte que ça marche.
- DC, soufflais-je, c'est une ville où je dors que cinq ou six fois dans un mois, je suis sans arrêt en déplacement, on ne pourrait pas avoir une vie de couple, la vie de couple que je souhaite qu'on ait.
- Kate, je ne veux pas que tu te retournes en te disant que ta carrière n'est pas celle que tu désirais.
- Et moi, je ne veux pas me retourner en me disant qu'on s'est oublié. Rick, ne m'oblige pas à partir.
- Je ne t'oblige en rien, je te dis juste, que quelle que soit ta décision, je serais avec toi.
- Très bien, dis-je en me recouchant sur son torse, on sera bien à New-York.
- Tu as assez de place? S'inquiéta-t-il
- Je suis très bien, pour une fois dans cette fichu journée, je suis bien, j'aurais dû accourir dans tes bras plutôt qu'au cimetière, le taquinais-je
- Tu veux en parler?
- J'ai passé l'après-midi d'hier et le matin d'aujourd'hui à raconter à de parfaits inconnus mon enfer dans les moindres détails, chuchotais-je, je n'ai jamais été aussi humiliée de toute ma vie et je ne sais par quelle entourloupe ce foutu avocat a détourné mes propos pour faire croire aux jurés, que je reconnaissais que Kyle Abbott souffrait de démence mentale.
-Kate, je...
- Et le pire, m'énervais-je en me levant sans l'écouter, c'est cette après-midi avec Abbott à la barre, il s'est excusé ! Criais-je, tu y crois!
- Kate, tenta-t-il de nouveau
- Il m'a appelé Katie ! Hurlais-je cette fois-ci folle de rage, Katie ! Et il a fait croire, qu'il entendait une voix dans sa tête l'obligeant à nous torturer, nous violer, nous … tuer à petits feu, reconnus-je en pleurs.
Castle, il m'a regardé droit dans les yeux comme s'il me voyait nue et il m'a appelé Katie, sanglotais-je.
- Viens par-là, me dit-il en ouvrant ses bras.
Me rallongeant près de lui, il referma de nouveau ses bras musclés sur moi, et m'embrassa les cheveux.
- Ca va aller, murmurait-il
- …..
- Dans deux jours, tout sera fini.
- …..
- Tu sais, je me disais, chuchotait-il à mon oreille, qu'on aurait pu aller dans les Hamptons après le procès.
- Castle, tu es l'hôpital
- Oui, mais le médecin m'a donné son feu vert pour sortir dans deux jours.
- Son feu vert, comme ça? Demandais-je soupçonneuse en relevant ma tête.
- Ok, sous condition que j'ai une aide médicale, pour les gestes de la vie quotidienne et des séances de Kiné. Mais que je les fasse en pleine ville ou au bord de l'océan c'est pareil, ajouta-t-il dans un sourire.
- Je dois dire qu'un peu de répit dans les Hamptons me ferait du bien.
- Ah, tu vois ! S'exclama-t-il
- Mais à une condition
- Laquelle?
- Cette aide médical dont tu fais mention sera masculine, souriais-je
- Jalouse? Se moqua-t-il
- Il est hors de question qu'une femme te donne la douche ! Alors oui, je suis jalouse.
- Adjugé, me dit-il et de toute manière la seule femme que je souhaite sous ma douche est dans mes bras.
- C'est vrai, qu'on est plutôt doué sous une douche, le taquinais-je
- M'en parles pas, souffla-t-il en riant.