HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

L'imitateur

Série : Castle
Création : 13.08.2015 à 22h09
Auteur : billy 
Statut : Terminée

« Suite de " Et si...l'amour ne suffisait pas". Plus d'un an s'est passé depuis le départ de Kate. Elle doit revenir à New-York pour le procès de son bourreau.  » billy 

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CHAPITRE 21


 


 

POV CASTLE


 

J'avais Kate dans les bras depuis plus d'heure maintenant, nous ne nous parlions pas, nous profitions juste de ce moment à deux, où seul nos regards, nos respirations et nos gestes de tendresse suffisaient à nous apaiser. Kate avait commencé à s'ouvrir à moi, mais je savais qu'il y avait encore des choses enfouies au plus profond d'elle-même, quelle ne m'avait pas exposées. Mais je ne souhaitais en aucun cas la brusquer, je voulais qu'elle se sente à l'aise et en confiance pour pouvoir se confier.

- Tu sais, je pourrais rester comme ceci toute ma vie, me déclara-t-elle

- Moi aussi, avouais-je, mais j'aimerais tout autant avoir l'usage de mon corps.

- Et que ferais-tu de plus? Me taquina-t-elle

- Tellement de choses, lui chuchotais-je

- J'ai hâte

- Tu as hâte, de quoi? Dis-je interloqué par le double sens que pouvait avoir cette constatation

- Que tu ailles mieux, que j'aille mieux, qu'on arrive à reconstruire ce « nous »

- Nous sommes déjà un « nous », affirmais-je en resserrant mon étreinte

- Je sais, reprit-elle en me regardant, mais je dois bien avouer que le « nous » de la douche où le « nous » sur le sol de ma cuisine, me manquent, me souria-t-elle un brin gêné par cet aveu la tête baissée

- Moi c'est le « nous » dans ton lit qui me manque, continuais-je rêveur

-Ah bon ? S'étonna-t-elle, Mr Castle préfère la douceur, me taquina-t-elle

Kate et moi avions seulement eu droit à quatre rounds, le premier et le troisième se firent dans son lit, le deuxième à même le sol de sa cuisine avec une certaine impatience et le dernier sous sa douche, avait été torride.

- La douceur, la rudesse, les câlins, dans un lit, contre un mur, sur le sol, je suis preneur avec toi, souriais-je, mais si je devais choisir,… je prendrais notre première fois dans ton lit, là où nous sommes réellement devenu un « nous », là où j'ai découvert Kate et non Beckett, là où je t'ai dit je t'aime en te faisant l'amour, là où j'ai découvert ton tatouage, la douceur de tes caresses, le sucré de ta peau, et ton corps magnifique, ajoutais-je en tressautant les sourcils.

- …

- Mais je ne renie pas, la fois où tu as fait cette chose absolument délicieuse sur le sol avec le ….

-Je t'aime, coupa-t-elle, et j'ai aussi adoré cette première fois avec toi. J'ai adoré tous tes mots, toutes tes caresses, tous tes baisers, et toute ton imagination, ria-t-elle.

- Tu crois que la prochaine fois, ce sera pareil, aussi…

- Merveilleux, spectaculaire, magique? demanda-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

- Ce le sera forcément, ajoutais-je noir de désir

- Ah bon? tu ne penses pas qu'on risque d'être gauche, par peur de me pousser trop loin, avoua-t-elle

- C'est ce que tu penses ?

- …..

- Kate ?

- Je ne sais pas Castle, j'ai envie de toi, j'ai envie qu'on aille plus loin, de gouter à nouveau à ce moment magique, mais je suis terrorisée en même temps par tout ce que ce moment implique… je sais c'est stupide

- Non, humain, répondis-je en lui caressant le visage. On ira au rythme que tu souhaiteras, je m'arrêterais au moment que tu le voudras, alors non je ne pense pas qu'on sera gauche, on sera peut-être même plus attentionné.

À ma phrase, elle me souria et se pencha vers moi pour m'embrasser en me murmurant merci. Notre baiser était doux et sans précipitation. Nous restions ainsi quelques minutes, l'un contre l'autre, nous embrassant comme deux adolescents, elle happait mes lèvres dans un doux baiser, qui commençait à faire monter d'un cran supérieur mon désir. Voyant que mini-Rick prenait de la vigueur, je mis un terme à ce moment d'allégresse. Front contre front, je lui murmurais :

- Tu devrais te reposer

- Tu as certainement raison, me fit-elle en se calant sur mon torse, mais je suis bien avec toi.

- Je suis bien aussi, répondis-je heureux

- Pour ton retour à domicile, comment vont-ils gérer la douleur? demanda-t-elle inquiète

- Ils vont passer mes médicaments en gélules, comme toi, grimaçais-je cette idée.

- Tout va bien se passer, me susurrât-elle pour me rassurer

- Je l'espère

- Rick, si ça t'angoisse, tu peux très bien rester à l'hôpital le temps de ta convalescence pour mieux gérer ta douleur.

- Non, je veux sortir de cet endroit, rentrer chez moi et partir avec toi dans les Hamptons

- Les Hamptons seront toujours là, même après…

- Je veux retrouver ma vie, Kate, la coupais-je, je veux pouvoir remarcher, écrire seul, pouvoir me déplacer ou me doucher seul.

- Il te faudra t'armer de patience

- Patience, c'est mon deuxième nom, rétorquais-je

- Laisse-moi rire, rigola-t-elle


 

POV Beckett


 

Nous nous étions endormis très tard dans la nuit, on avait énormément discuté de sujets sérieux comme de sujets totalement loufoques ce moment avec Castle, m'avait fait énormément de bien. Assise au tribunal, j'attendais désormais l'interrogatoire d'Abbott par mon avocat. Mon père avait insisté pour venir, me rappelant que j'étais sa petite fille et qu'il ne pouvait plus rester à l'écart. Comprenant son angoisse, j'avais donc accepté qu'il vienne, assise à côté de lui, je vis mon avocat commencer son interrogatoire :

- Bonjour, Mr Abbott

- Bonjour, répondit-il avec un regard limite triste !

- Hier, vous avez certifié sous serment, que vous n'étiez pas responsable des meurtres que vous avez commis, que c'était dû à une maladie du nom de schizophrénie. Gardez-vous toujours ce témoignage?

- Oui

- Excusez-moi d'insister, certifiez-vous qu'à aucun moment vous ne saviez ce que vous faisiez à ces jeunes femmes, que c'est cette voix dans votre tête qui vous dictait votre conduite?

- Oui, et j'en suis tellement désolé, j'ai fait énormément de mal à toutes ces jeunes femmes. Je me répète, je suis désolé Katie, dit-il en me ragréant dans les yeux.

Au moment où il prononça mon prénom, mon père se raidit en me serrant la main, surprise par son emprise sur moi, je détournais le regard d'Abbott pour rencontrer le regard noir de mon père.

- Très bien, reprit mon avocat, ce sera tout.

Et sur cette phrase, il retourna à son bureau sous les regards totalement surpris de l'assemblée, moi, j'étais comme liquéfier sur phrase. « Ce sera tout » ! Non mais c'était une blague, c'est ça qu'il appelle un contre -interrogatoire, j'étais folle de rage, je n'avais qu'une envie, me lever et lui expliquer ma façon de penser. Abbott se leva certainement aussi surpris que les autres et rejoignit son avocat, la foule commença à faire du bruit pour montrer son mécontentement, le juge décida d'intervenir.

- Du calme ! Je demande du calme ! Maître, continua-t-il en s'adressant à mon avocat, êtes-vous sûr d'avoir terminé?

- Oui, et je souhaiterais continuer la matinée par l'interrogatoire des experts et témoins.

- Très bien, je n'y vois aucun inconvénient. Nous gagnerons du temps sur cette après-midi.

- Bien, dit mon avocat en se levant, je souhaiterais appeler à la barre le Dr Burke.

À l'énonciation de Burke, qui n'avait aucun lien avec l'affaire à part moi, je baissais la tête. Mon Dieu, il allait surement parler de moi, de mes peurs, de mes avancées et tout ceci devant mon père. Voyant ma détresse, Lanie qui se trouvait de mon autre côté, me prit la seconde main pour me caresse du bout des doigts.

- Dr Burke, bonjour

- Bonjour

-Docteur, pourriez-vous me donner votre domaine d'expertise?

- Je suis expert dans le désordre mental et la folie.

- Est-ce pour ceci que vous aviez suivi Melle Beckett?

- Ceci relève du secret professionnel, dit-il bienveillant

- Melle Beckett nous a donné son accord pour révéler juste le motif de ses visites?

À cette répartie, je relevais la tête stupéfaite par cet énorme mensonge, ne voyant pas où tout ceci pouvait nous amener, je commençais sérieusement à avoir des doutes sur les qualifications de cet avocat.

- Dans ce cas, j'ai suivi Melle Beckett pour dépression et thérapie de couple. Un tel évènement ne peut que bouleverser la dynamique d'un couple, et détruire n'importe quelle personne.

- Donc, aucunement pour folie ou désordre mental?

- Non, souriait Burke, je suis expert dans ce domaine mais je suis avant tout psychologue.

- Parfait, vous pourriez alors sans doute me dire, si vous êtes d'accord avec le résultat de votre confrère, reprit-il en regardant dans son dossier, le Dr Holtz, expert en choc post-traumatique, disant que Mr Abbott souffre de schizophrénie.

- Si je n'avais pas assisté au témoignage de Mr Abbott, je n'aurais sans doute pas pu vous donner un avis, mais après écoute de ses propos, je peux vous certifier qu'il vous ment.

- Obstruction, votre honneur, fit Maître Connors, le Docteur Burke ne peut pas émettre d'avis médical sans au préalable avoir discuter avec mon client.

- Le Docteur Burke est expert dans cette pathologie, ce qui n'est pas le cas, du psychologue ayant fait le diagnostic, commenta mon avocat, il pourrait certainement mieux nous éclairer sur cette maladie.

- Objection rejetée, annonça le juge, ce qui eut le don de me faire sourire et me détendre légèrement.

- Très bien, Docteur Burke en quoi vous référez vous pour annoncer que Mr Abbott ment?

- Laissez-moi vous donner quelques indications sur la schizophrénie, il s'agit d'un trouble mental sévère et chronique. Ce trouble apparaît généralement au début de l'âge adulte et affecte environ 0.5 % de la population. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie, à tout le moins pendant les périodes aiguës. La personne atteinte de schizophrénie entend des voix qui la critiquent ou commentent ses actions. Typiquement, la personne schizophrène a l'impression d'être contrôlée par une force extérieure, de ne plus être maître de sa pensée ou d'être la cible d'un complot à la finalité mal circonscrite. Cependant en dehors de ses phases paranoïaques, le patient se retrouve à nouveau dans la réalité, totalement conscient de ses actes. C'est un trouble chronique, présentant des phases de délires et des phases de consciences. Quand Mr Abbott certifie qu'à aucun moment durant la détention de ces jeunes filles, il n'avait conscience de ses actes, il ment. En dehors de ses crises, quand il revenait dans la réalité rien ne l'empêchait de libérer ses femmes.

- Non au lieu, de ça, il a continué ses tortures! Repris mon avocat

- Objection, les propos de Maîtres Philips sont calomnieux!

- Objection accordé

- Docteur Burke, pensez-vous que Mr Abbott souffre de schizophrénie?

- Il faudrait que je l'examine, mais je pense que Mr Abbott est simplement doté d'une grande intelligence, un schizophrène ne prémédite pas, il agit sous le coup d'une pulsion or, kidnapper, torturer, violer et tuer toutes ses jeunes femmes, toujours avec le même mode opératoire, toujours avec le même type de jeune femme relèvent de la préméditation. Donc, non, pour moi, il n'est en aucun cas schizophrène.

- Merci, Dr Burke.

J'étais plus que soulagée de la tournure des évènements, tout le long du témoignage de Burke, Abbott avait gardé la tête fixé sur celui-ci, il bouillonnait de l'intérieur ce qui me ravissait au plus haut point. Quittant la barre, après que la défense ait refusé un contre-interrogatoire, mon avocat appela son deuxième témoin :

- J'appelle à la barre l'agent Jordan Shaw.


 

POV Castle


 

La matinée s'était écoulée calmement, l'infirmière m'avait fait ma toilette et m'avait arrêté la pompe à morphine, me rappelant qu'à partir d'aujourd'hui, les médicaments se prendraient en comprimé, pour voir comment mes douleurs évoluaient. Elle m'avait ensuite refait mes pansements aux poignets et chevilles. Le Kiné était ensuite venu me faire quelques exercices. Je ne sentais toujours pas mes jambes, il m'avait expliqué qu'avec l'arrêt de la morphine, je devrais bientôt commencer à les ressentir. Alexis m'avait aidé dans l'écriture de mon livre. Mais je ne souhaitais qu'une chose, voir Kate, être là pour elle, je me sentais tellement inutile, alors qu'en ce moment même elle fait besoin moi. Je fixais régulièrement les infos, pour ne pas rater sa sortie du tribunal.


 

POV Jordan


 

Assise à la barre, je fixais Abbott pour lui montrer qu'il ne me faisait pas peur, que j'avais pleinement conscience de ma supériorité et de mon emprise sur lui. Je voulais jouer le même jeu, qu'il infligeait à Kate depuis le début de ce procès.

- Agent Shaw, bonjour, me dit l'avocat

- Bonjour

- Pouvez-vous me décliner votre profession

- Je suis profiler pour le FBI

- Que fait un profiler?

-Le profilage criminel est une méthode permettant à des enquêteurs spécialistes de la psychologie de déterminer le profil psychologique d'un individu a posteriori, c'est-à-dire après que des faits aient été commis. Il peut s'agir d'un criminel ou d'une victime. Mon travail consiste à établir un profil criminel de suspect permettant son arrestation. Je peux déterminer plusieurs choses, à sa façon d'agir, de parler, de se tenir, de sa gestuelle.

- Si j'en crois ce dossier, continua-t-il, en regardant mes états de service, vous êtes plus que qualifiée! Reconnue comme être dans les trois meilleurs profileurs des États-Unis.

- J'ai aidé dans beaucoup d'affaire, reconnus-je

- Permettez-moi, tout d'abord, de vous demander si nous pouvions tout d'abord, essayer un exercice?

- Un exercice?

- Oui, pour prouver, votre domaine expertise. Je souhaiterais que vous profiler quelqu'un dans la salle.

- Objection votre honneur, ceci nous éloigne du sujet !

- Je souhaite, simplement démontrer son excellence pour revenir ensuite sur la raison de notre présence ici.

- Objection rejetée.

- Bien, Agent Shaw êtes-vous d'accord? Je choisis quelqu'un au hasard et vous nous en faites un profilage.

- Très bien, répondis-je

- Je vais choisir, quelqu'un du jury.

J'étais plus qu'heureuse, qu'il choisisse un membre du jury, car depuis trois jours, je n'avais fait que ça, analyser leurs gestuels, leurs réactions. C'était du pur gâteau pour moi. L'avocat me désigna une jeune femme, la quarantaine, blonde. Je m'étais ensuite retournée pour rencontrer en premier lieu, le regard de Kate qui me souriait puis celui d'Abbott qui me dévisageait.

- Que pouvez-vous nous dire sur cette jeune femme? demanda-t-il

- Il s'agit d'une jeune femme à l'aise socialement, elle exerce un métier où les horaires ne sont pas faciles, elle est dans le domaine du médical.

À voir sa réaction, je vis que j'avais touché dans le mille, la voyant triturer son annulaire où ne siégeait aucune alliance, je continuais :

- Elle est séparée avec deux enfants, des filles.

- Impressionnant, dit l'avocat, et tout ceci juste en l'observant ?

- Oui, souriais-je

- Permettez-moi de confirmer vos dires, me dit-il en se tournant vers la principale intéressée.

- Oh, et j'oubliais, rajoutais-je, elle est en instance de divorce pour adultère.

À ma réplique, les chuchotements dans la salle s'amplifièrent à tel point que le juge dut une nouvelle fois demander le silence.

- Melle, demanda l'avocat, pourriez-vous me dire votre métier?

- Je suis médecin.

- Avez-vous des enfants?

- Deux filles, dit-elle en me regardant comme un ovni.

- Et excusez-moi de demander, reprit l'avocat gêné, êtes-vous mariée?

- Je suis actuellement en instance de divorce, ajouta-t-elle, pour adultère.

- Bien, bien, répondit tout joyeux l'avocat, vous êtes impressionnante!

- Merci.

- Agent Shaw, pourriez-vous m'établir le profil de Mr Abbott?

À sa question, Kyle Abbott se raidit dans sa chaise et le sourire de Beckett s'amplifia.

- Mr Abbott est une personne d'une très grande intelligence, il tire un certain de degré de plaisir du fait de tuer ses victimes. Le fait de les électrocuter, prouve qu'il a un sentiment de toute puissance à assouvir, il n'a aucun remord. C'est un psychopathe. Il aime et adore ce côté dominant que lui donne cette position avec ses victimes. C'est un tueur en série qui ne rêve que de recommencer pour connaitre de nouveau cette jouissance, d'avoir dans ses mains tout pouvoir, la vie et la mort.

- Vous réfutez alors vous aussi l'hypothèse de schizophrénie?

- Objection, votre honneur, l'agent Shaw n'est pas qualifié dans ce domaine !

- Objection accordée

- Très bien, Agent Shaw, une dernière question pouvez-vous nous faire un profil de Melle Beckett ici présente?

- Je ne peux pas, assurais-je dans un sourire bienveillant sur Kate.

- Pourquoi? S'étonna-t-il

- Katherine Beckett est ma collègue de travail, mon amie, mon profilage serait simplement pas un profilage mais une certitude.

- Très bien, pourriez-vous nous dire si vous pensez que Melle Beckett souffre de désordre mental?

- Si j'avais eu le moindre doute, je ne l'aurais pas embauché au sein de mon équipe, Katherine Beckett est la personne la plus équilibrée que je connaisse, c'est une force de la nature, qui s'est battue et est revenue de l'enfer. C'est simplement une victime dans cette affaire, tout comme les six autres.

- Agent Shaw, merci, ce sera tout, conclut l'avocat en partant.

- Maître Connors, avez-vous des questions? demanda le juge

- Oui, répondit-il en se levant, Agent Shaw, bonjour.

- Bonjour

- Depuis combien de temps exercez-vous ce métier?

- 15 ans

- Et en 15 ans, vous ne vous êtes jamais trompée?

- Si bien, sûr à mes débuts, répondis-je sans me démonter

- Et plus maintenant, incita-t-il

- Je ne serais pas dans le top 3 sinon, répondis-je pour le provoquer

- Pourtant, avec l'affaire de l'imitateur, vous avez plus que pataugé

- Objection, cette affaire n'a aucun lien avec la nôtre

- Je fais juste un constat de ses états de service.

- Objection rejetée.

- Agent Shaw?

- Nous avons appréhendé deux tueurs en l'espace de cinq jours, vous pensez faire mieux? Demandais-je hargneuse

- Deux criminels, qui l'un d'entre eux bossaient au sein de votre équipe...

- Au sein du poste de police, pas de mon équipe, je n'ai jamais croisé Mr Potter avant sa découverte d'identité, affirmais-je

- Permettez-moi cependant de douter de votre excellence

Voyant que je ne répondais pas à son tacle, il me regarda comme pour attendre que je lui lance une balle sur quoi rebondir, balle qu'il pouvait attendre un moment. Après un duel de regard, il annonça la fin de l'interrogatoire, et de la fin de la matinée.


billy  (09.09.2015 à 14:03)

CHAPITRE 22


POV Castle


Alexis et moi avions décidé de faire une pause dans l'écriture, elle avait été cherchée à manger pour midi. Seul dans mon lit, j'avais mis le son de la télévision, histoire de connaître un peu les derniers rebondissements du procès.

« Une source sûre nous a informé que le témoignage de Mr Abbott n'a duré que cinq minutes, l'avocat des parties civiles a préféré faire témoigner deux experts ce matin. Le docteur Burke et l'agent Shaw »

Cette nouvelle me surpris, tout d'abord pour le temps de témoignage accordé à Kyle Abbott et pour le fait d'entendre que le docteur Burke avait été appelé à témoigner. Perdu dans mes songes, je n'avais pas vu Beckett sortir du tribunal, c'est mon téléphone qui me rappela à l'ordre.

- Castle

- Hey, mon ange, comment vas-tu? Me demanda la voix de ma chère et tendre

- Comment tu m'as appelé? Demandais-je euphorique

- Mon ange… Tu préfères Castle, peut-être ou Rick ? Non attend… Chaton?

- Tu es bien d'humeur taquine, toi, rigolais-je à sa répartie, la matinée c'est bien passé?

- Très bien, à vrai dire. Le docteur Burke a témoigné, m'informa-t-elle

- Je sais, les infos en parlent. J'ai été surpris d'ailleurs, tu ne m'en avais pas parlé.

- Je l'ignorais, je suis tombée des nues en le voyant, mais il a clairement remis les choses en place sur la soit disant maladie d'Abbott.

- Tu m'en vois ravi, et Jordan?

- Jordan est fabuleuse, son témoignage était surprenant, elle nous a même fait un profilage de jurée qui était à couper le souffle.

- Une vraie magicienne, constatais-je

- C'est vrai, et toi, tes douleurs?

- Je vais bien, ils n'ont arrêté les perfusions que ce matin, alors pour le moment ça va. La Kiné c'est bien passé, et Alexis est allée me chercher chinois pour ce midi.

- Parfait, je dois te laisser, je suis avec Jordan, on va manger rapidement dans Central Park avec Édouard et Lilly.

- Édouard et Lily ? Ils sont à New-York? Demandais-je surpris

- Oui, Jordan ne m'en a parlé que ce matin. Édouard souhaitait être présent pour le verdict et avec Lily ils voulaient me dire au revoir, apparemment Jordan les a informé que je ne revenais pas à DC.

- Oh… Tu sais, Kate, rien ne t'oblige

- On a déjà eu cette conversation chaton, et puis je sais que je les reverrais, ils sont devenus comme une famille pour moi.

- Je sais, répondis-je attristé par le fait qu'elle abandonne tout pour moi

- Je dois te laisser.

- Profite de ce moment de détente

- À ce soir, je t'aime, me répondit-elle

- À ce soir mon ange.

- Castle, trouve un notre mot doux, tu es écrivain, tu sais ce qu'est le plagiat.

- Je vais y réfléchir pour ce soir, alors, riais-je à sa contestation, tu ne seras pas déçue.

- Tu m'effraie là, se moqua-t-elle

- À ce soir

Je raccrochais à la fin de ma phrase, amusée par notre joute verbale et rassuré de la savoir bien, et que la matinée de procès se soit déroulée comme elle le désirait m'ôtait un poids sur l'estomac. Alexis était revenue avec le déjeuner et nous discutions de ces derniers jours ensemble.

- Grand-mère a viré ton avocat après ça, me dit-elle après m'avoir raconté sa mésaventure avec mon avocat qui ne saura pas sourd à ma sortie d'hôpital.

- Elle a très bien fait, la rassurais-je, je suis désolé, je sais que tu as dû être morte d'inquiétude, ce qui me rassure c'est que ta grand-mère ait été là pour toi.

- Oui, grand-mère et Kate, reprit-elle

- Kate?

- Elle ne m'a pas laissé une seconde papa, bien sûr elle ne quittait pas ton chevet, mais quand je venais te voir elle était présente pour moi, ainsi que les matins avant chaque audience.

- Comment ça?

- Je crois que c'est un peu un rituel, quand elle quitte l'hôpital, elle rentre au loft pour se doucher ensuite elle me rejoint dans ma chambre et nous discutons entre filles, m'avoua-t-elle en souriant.

- Je suis heureux que vous vous entendiez aussi bien, Pumpkin, dis-je ému par cette révélation.

- Tu sais, je ne sais pas comment elle a fait pendant une semaine, ajouta-t-elle

- Je sais entre mon coma; la mort de son ami et le procès, je t'avoue que je me le demande aussi.

- Elle est allé à Chicago, elle te l'a dit ?

- Non, pourquoi Chicago?

- Pour les funérailles d'Andrew Bells, mais arrivée là-bas, sa mère a tenu à ce qu'elle fasse un discours.

Face à cette nouvelle, j'étais scotché, imaginant Kate devoir revivre la fusillade de l'enterrement de Montgomery. En plus de tout ce qu'elle avait géré, il se greffait aussi cette tâche.

- Ça n'a pas dû être facile pour elle mais je ne connais personne aussi fort que Kate, elle est pleine de ressources et après le procès, on sera aux petits soins pour elle, continuais-je

Alexis me regarda puis acquiesça par un hochement de tête. Après avoir terminé mon repas, nous nous remettions tous les deux au travail. J'appréciais vraiment ce moment de complicité avec ma fille.


POV Beckett


Après avoir raccroché avec Castle, je rejoignais Jordan et sa petite famille à Central Park. Arrivée sur place, je constatais qu'Édouard nous avait préparé un pique-nique digne de ce nom, une couverture était par terre et dessus je pouvais voir qu'il y avait assez de nourriture pour nourrir un régiment. Lily était sur le sol, assise face à sa mère qui semble-t-il essayait de discuter avec elle.

- Bonjour la compagnie, les saluais-je en arrivant près d'eux.

- Bonjour Kate, me répondit Édouard en m'enlaçant, comment vas-tu?

- Bien à vrai dire, et toi?

- Très bien.

Jordan s'était levée mais Lily restait toujours sur le sol sans relever la tête.

- Elle est triste que tu ne repartes pas avec nous, me chuchota Jordan.

- Vous pourriez nous laisser seules quelques minutes ? Demandais-je

- Bien sûr, rétorqua Édouard en prenant sa femme par la main et en s'éloignant.

M'agenouillant face à elle, je vis que la petite pleurait silencieusement, ce constat m'attrista. Je comprenais Lily, moi-même j'avais énormément de peine à devoir dire adieu à mes amis et à mon travail.

- Lily ?

-…..

- Hey…, continuais-je en relevant sa jolie petite tête pleine de larmes, ne pleure pas princesse

- …

- Ça ne changera rien, on continuera toujours à se voir, princesse et on s'appellera.

- Ça ne sera pas pareil, sanglotait-elle

- Si, je …

- Non, me coupa-t-elle, tu as ton amoureux ici, et bientôt un nouveau travail, alors tu n'auras plus de temps pour nous.

- J'aurais toujours du temps pour vous, princesse

- Tu vas nous oublier, continua-t-elle en pleurs

- Je ne vous oublierais jamais, chérie, vous êtes ma famille désormais, on n'oublie pas sa famille, lui souriais-je en essuyant ses larmes.

- Tonton Andrew me manque, lâcha-t-elle

- Il me manque, aussi, dis-je avec des trémolos dans la voix.

- Vous étiez important tous les deux pour moi et…

- Tu ne me perdras, la coupais-je, je te le promets, je viendrais te voir à DC et toi à New-York.

- Et on s'appellera?

- Oui, bien sûr qu'on s'appellera, princesse.

- Tu vas me manquer, Kate, me répondit-elle en me prenant dans les bras, tu vas tellement me manquer.

- Je n'aurais pas le temps de te manquer, lui rétorquais-je en resserrant son étreinte.

- Je t'aime, me chuchota-t-elle dans l'oreille

- Je t'aime aussi mon cœur, répondis-je le cœur lourd.

Jordan et Édouard, nous avaient ensuite rejoints pour déjeuner, l'ambiance était redevenue joviale. Édouard n'arrêtait pas de faire le pitre pour amuser la galerie, et Lily nous racontait ses histoires d'école. Scrutant les personnes qui m'entouraient, ces personnes qui étaient devenues ma famille ces quinze derniers mois, un sentiment de nostalgie m'envahit. Lily était devenue comme une petite sœur, pour moi, Édouard avec sa réserve, m'avait touché par son amitié et son soutien et Jordan, je crois que je n'aurais jamais pu imaginer avoir une amie comme ceci, un jour. Avec Lanie, j'étais proche, vraiment proche mais Jordan arrivait à lire en moi, et dans les moments les plus sombres, elle avait été ma lumière, sans elle, je ne serais pas ici. Ma famille allait énormément ma manquer.

- Hey, me dit Édouard pour me sortir de mes songes, tu vas bien?

- Oui, très bien, souriais-je

- On doit y aller, Kate, continua Jordan qui était déjà debout.

- Très bien, répondis-je, vous repartez quand?

- Demain soir ou le lendemain, je veux être présent pour le verdict, me dit Édouard avec toute sa bienveillance.

- D'accord, alors, on se revoit demain?

- Oui, on se revoit demain.

Après avoir embrassé Lily et Édouard, nous retournions au tribunal en chemin assises à l'arrière du taxi, Jordan me dit :

- C'est gentil, d'avoir pris le temps avec Lily

- Elle va me manquer, tu sais, soufflais-je, vous allez me manquer.

- Tu vas me manquer aussi, me dit-elle en me prenant la main.

- Je ne te l'ai jamais dit mais, cette relation que nous avons construite toutes les deux, est très importante pour moi et …

- Pourquoi j'ai l'impression que tu me fais tes adieux?

- J'ai peur, tu sais, avouais-je

- De quoi?

- De l'inconnu… Je me suis habituée à t'avoir à mes côtés, tu lis en moi comme dans un livre ouvert, je crois que tu es la personne avec Castle qui en sait autant sur moi, et partir sans toi, dans l'inconnu me fait peur.

- Tu ne seras pas seule, tu seras avec Castle, et l'inconnu que tu décries est la ville où tu as passé toute ta vie.

- Je sais, mais tellement de choses, ont changé… J'ai changé. Et si…

-…

- Et si…

- Dis-moi Kate ?

- Et si ça ne fonctionnait pas ? Et si nous avions trop changé tous les deux? Après tout, on est resté réellement en couple que deux jours, dis-je dépitée

- C'est la peur qui parle, pas tes sentiments.

- Les médecins ont changé son traitement, ils arrêtent les perfusions pour qu'il puisse rentrer à domicile.

- C'est une bonne nouvelle, non ?

- Oui.

- Kate ?

- Il va avoir tellement mal, Jordan, ces douleurs je les connais et ça va être insupportable, il va devoir endurer tout ceci en plus de la rééducation de ses jambes.

- Tu seras là, me dit-elle rassurante

- Oui, mais j'ai peur que de le voir souffrir me ramènent en pleine figure mes douleurs à moi.

- Et c'est tout ce qui te fait peur?

- Oui, mentis-je

- D'accord, me sourit-elle, dois-je te rappeler que ce matin j'ai profilé une parfaite inconnue et que j'ai mis dans le mille ? Alors dit moi la vérité?

- Je te dis la vérité, souriais-je pour la titiller

- Ok, miss Beckett, rigola-t-elle, je vois où tu veux en venir.

Nous approchions tout doucement du tribunal, je regardais par la fenêtre, quand Jordan reprit :

- Tu sais, rien ne garantit à personne, que ça va marcher. Je ne sais pas si demain, je serais toujours avec Édouard. Si tu vis ta vie avec des si, tu ne fais rien Kate, me souffla-t-elle. Castle et toi, vous vous aimez comme rarement je l'ai vu. Ce qui t'effraie le plus n'est pas sa rééducation, c'est l'après !

- Tu m'effraies à lire comme ça en moi.

- Je te rappelle que tu y arrives très bien avec moi !

- C'est vrai, souriais-je.

- Kate, tu dois simplement lui faire confiance, tu es prête.

- Je ne sais pas si je suis prête

- A t'écouter, tu vas finir bonne sœur !

- Et si…

- Pas de « Et si », quand Castle aura récupéré l'usage de ses jambes et que ces douleurs auront cessé, tu vas me faire le plaisir de remonter en selle.

- En selle? Riais-je

- Oh oui, en selle ! Rigola-t-elle

- Ça fera, 20 dollars, nous interrompus le chauffeur de taxi, ce qui eut le don de nous ramener tout de suite dans la réalité.

Arrivée au tribunal, j'avais envoyé un message à Rick avant d'éteindre mon téléphone.

« Hey, mon ange, j'espère que le chinois t'a plu, essaie de te reposer. À ce soir, je t'aime. KB »

J'étais ensuite allée m'installer, près de Jordan, mon père nous avait rejoints.

- Tu aurais dû venir déjeuner avec nous papa.

- J'avais une chose importante à faire, me dit-il en prenant ma main dans la sienne et regardant droit devant lui, en direction de Kyle Abbott.

- Papa, si c'est trop dur, tu peux rentrer, ne t'inquiète pas.

- Je vais bien, Ka… Kate, se reprit-il

Il ne m'avait pas appelé Katie, je crois que je n'avais jamais entendu mon père m'appeler autrement que Katie. Avant que j'aie eu le temps de dire quoi que ce soit, le juge demanda le silence pour commencer l'audience. Mon avocat appela Lanie à la barre.

- Bonjour, Melle Parish

- Bonjour

- Pourriez-vous me dire votre métier?

- Je suis médecin légiste.

- Vous avez travaillé sur l'affaire Kyle Abbott?

- Oui, j'ai fait moi-même l'autopsie d'Ellie Jackson

- Très bien, au cours de ces derniers jours, nous avons expliqué à l'assemblée ce que ces jeunes filles avaient enduré, les viols, la torture, les coups … mais j'aimerais que vous nous expliquiez avec des mots simples, ce que peut ressentir une personne face à une électrocution de plus de 150 volts?

- Les victimes étaient toutes liées par les poignets et les chevilles, une électrocution de plus de 150 volts, comme elles l'ont subie, a entrainé de très fortes douleurs. Tous leurs muscles se sont raidis pour entrainer des crampes en continu de la tête jusqu'au pied, elles avaient l'impression qu'ont les écartelaient sous la force de la douleur, dit-elle en faisant une pause le temps que tout le monde assimile ses propos. -Quand l'électrocution a cessé, reprit-elle, elles ont sûrement du avoir l'impression que tous leurs os se brisaient, elles étaient incapables de bouger pendant plusieurs heures et si vous les touchiez c'est comme si vous marchiez sur une fracture ouverte.

À son rapport, je vis le visage de mon père blêmir, il avait relâché ma main et j'avais pu apercevoir une larme se faufiler sur sa joue. Le voir ainsi me brisa le cœur, il avait mal.

- Docteur Parish, pouvez-vous nous dire ce que faisait Mr Abbott après les avoir électrocutées, les laissaient-elles tranquilles pour qu'elles puissent se reprendre?

- Non, soit il les bombardait de questions auxquelles elles ne pouvaient pas répondre, car la douleur qu'elles ressentaient s'étendait jusque dans leurs têtes, et à ce moment-là, pour les punir de ne pas répondre, il recommençait à les électrocuter, soit il les violait.

- Pensez-vous que ces femmes criaient de douleur?

- Non, elles devaient hurler de douleur.

- En plus d'être médecin légiste, vous êtes l'amie de Melle Beckett?

- Oui, répondit-elle en me regardant

- Pouvez-vous nous dire, comment Mlle Beckett a vécu le premier mois après sa détention?

- Elle avait besoin d'aide constamment pour les gestes de la vie quotidienne, manger, se doucher, se coucher, s'habiller.

- Pourquoi?

- Kate a reçu six décharges, ce qui lui a raidi les muscles, elle a eu des crampes pendant plus d'un mois. Le fait de se baisser, lui donnait l'impression de se briser.

- Je vous remercie, Docteur Parish, dit mon avocat en repartant.

- Maître Connors, des questions? demanda le juge

- Oui, répondit cette ordure en se dirigeant vers Lanie.

- Docteur Parish, Bonjour

- Bonjour

- Le fait que Mlle Beckett soit votre amie n'influe pas votre témoignage?

- Non, répondit Lanie outrée

- Non, parce qu'on peut tout afin concevoir que vous aimeriez rendre justice pour votre amie?

- J'ai dit non.

- Vous allez bientôt vous marriez?

- Oui

- Qui est votre témoin?

- Kate

- Kate ? Son nom s'il vous plaît

- Katherine Beckett

- D'accord, vous avez raison, vous n'êtes pas de partie prise, ce sera tout. Termina-t-il en retournant s'assoir.

Lanie se releva pour venir s'assoir près de nous, mon père ne bougeait toujours pas et n'osait plus me toucher.

- Bien, dit le juge, je vois que vous n'avez plus de témoins sur votre liste demain matin nous assisterons aux plaidoiries. Mais avant de clôturer cette audience, Mr Abbott avez-vous quelque chose à dire à la cour ?

- Oui, dit-il en se levant.

- On vous écoute

- Tout d'abord, dit-il en se retournant vers nous, je voudrais dire que je ne contrôlais pas mes actes, ils étaient induits par cette voix et ensuite je voudrais dit pardon à toutes les victimes et à leurs familles pour le mal que j'ai pu causer.

Il se retourna bien pour être face à moi et continua en me regardant comme s'il me voyait nue :

- Désolé Katie, dit-il en souriant alors qu'il était dos aux jurées, je ne voulais pas te faire de mal. J'espère que tu comprends, continua-t-il en se mordant la lèvre inférieure avant de se rassoir.

À sa dernière phrase mon père bondi à côté de moi, pour aller enjamber la barrière de sécurité et attraper par le col Abbott. Deux agents de sécurité empoignèrent mon père qui avait eu le temps de décrocher une droite à Abbott. Son avocat criait au scandale pendant qu'Abbott se léchait la lèvre ensanglantée en me souriant. Le juge intima à tout le monde le silence, et reprit :

- Mr Beckett est désormais interdit de salle d'audience et sera mis en cellule pour coups et blessures.

- Non mais…

La main de Jordan se plaqua sur mes lèvres pour faire taire mon mécontentement pendant que Lanie essayait de me maintenir assise.

- L'audience est levée !


billy  (10.09.2015 à 18:16)

CHAPITRE 23

POV CASTLE

Mon après-midi ne s’était pas déroulée comme ma matinée, la douleur était venue doucement mais avait fini par s’installer malgré les médicaments. Il m’était désormais impossible de me mouvoir s’en m’arracher un cri de douleur. J’avais l’impression que mes os se brisaient à chacun de mes mouvements. Le médecin était venu pour me convaincre de reprendre les perfusions, mais j’avais été catégorique sur le fait, que je souhaitais rentrer chez moi, j’avais aussi honte de ne pas pouvoir endurer cette douleur pour une après-midi alors que Kate l’avait fait pendant des semaines. C’est sur cette note d’orgueil que je souffrais.

Ma mère avait passé l’après-midi avec moi, devançant chacun de mes besoins afin de me faciliter la vie, j’avais stoppé l’écriture avec Alexis ne pouvant presque plus articuler tant ma mâchoire se crispait. Les larmes m’étaient très souvent montées aux yeux, mais je me retenais devant ma fille et ma mère, et ne pouvant plus tenir vers 17 heures, je leur demandais de rentrer car je souhaitais me reposer et dormir ; croyant à mes dires, elles m’avaient laissé seule.

Face à face avec ma douleur, je sanglotais tant cette dernière irradiât chacun de mes muscles, chaque partie de mon corps. Le Kiné avait raison, je ressentais désormais mes jambes mais de la pire des manières. En partant, Alexis avait laissé en fond sonore la chaine d’info afin que je sois informé de la fin de la séance. L’infirmière était venue dix minutes plus tard pour me donner de la morphine sous forme de gélule, elle dû me la donner elle-même, j’étais incapable de lever les bras. Après quelques minutes, la douleur s’estompa simplement. La chaîne info attira ensuite mon attention :

« Retournement de situation, cette après-midi, au procès de Kyle Abbott. Le père de la Mlle Beckett, victime de Mr Abbott, s’en est pris à ce dernier assez violemment, causant sa mise en détention immédiate ! »

- Ce n’est pas vrai ! m’exclamais-je abasourdi par cette information.

« -Mlle Beckett ! Un commentaire sur la mise en détention de votre père ? Criaient les journalistes à la sortie du tribunal de Kate »

Au regard qu’elle leur envoya, je compris que Jim était toujours sous les verrous. Au moment où je la vis entrer dans sa voiture, mon téléphone sonna, c’était elle. J’essayais tant bien que mal de m’approcher du combiné mais avec mes douleurs, je n’arrivais plus à étendre le bras suffisamment, laissant échapper plusieurs cris de douleur, l’infirmière rentra :

​- Mr Castle, je vous ai dit de rester tranquille si vous souhaitez que les médicaments fassent effet !
​- Je sais, je veux juste mon téléphone, quémandais-je
​- Reposez-vous, votre santé passe avant votre téléphone, rétorqua-t-elle en sortant.

J’étais fou de rage contre cette dernière, elle était repartie sans me laisser m’expliquer, mon téléphone toujours sur l’adaptable à côté de moi sonnait sans arrêter, j’en étais au troisième appel en absence. Je me sentais tellement impuissant, Kate avait besoin de moi et j’étais incapable de répondre à un simple coup de fil !
Après plusieurs essais, je laissais tomber car la douleur commençait réellement à me clouer sur place, des larmes coulaient sur mon visage sans que je ne puisse les arrêter. Une trentaine de minutes plus tard, Kate rentra dans ma chambre :

​- Hey, tu filtres tes appels ? dit-elle en m’interrogeant du regard
​- Désolé, je n’arrivais pas à attraper mon téléphone, soufflais-je dépité
​- Castle, tu vas bien? demanda-t-elle inquiète en s’approchant
​- Oui, mentis-je, voulant passer ses problèmes avant les miens
​- Rick ? Insista-t-elle
​- Comment ton père a pu être arrêté? Gémissais-je
​- Castle, tu as mal?
​- Kate, ton père? Insistais-je alors que des larmes de douleur apparaissaient de nouveau.

Rien que le fait de parler m’irradiât toute la mâchoire, je ne savais pas combien de temps je pouvais tenir comme ça. Kate me regardait, essayant de me percer à jour, mais quand elle vit mes larmes, son visage blêmit, elle se retourna puis partie.
Je m’en voulais tellement de lui avoir renvoyé ma souffrance qui devait certainement lui rappeler la sienne et en plus du procès, je ne pouvais pas lui reprocher de partir pour ne pas craquer.

POV Beckett

Quand j’avais croisé le regard de Rick baigné de larmes, je compris pourquoi il n’avait pas répondu au téléphone, il était tout simplement terrassé par la douleur, douleur que je connaissais, ne pouvant pas supporter de le voir ainsi je partis de sa chambre pour aller chercher une infirmière.

​- Excusez-moi de vous déranger, mais mon petit ami est vraiment très douloureux, dis-je
​- Qui est votre petit-ami?
​- Richard Castle.
​- Je suis désolée, Mlle, mais je lui ai administré de la morphine en gélule en lui intimant de rester calme, mais il n’a fait que se contorsionner pour attraper son téléphone, je ne peux plus rien lui donner avant deux heures.
​- Vous plaisantez?
​- Non, je suis désolée, mais s’il était resté tranquille…
​- Il voulait simplement répondre au téléphone ! M’énervais-je, vous n’auriez pas pu le lui donner !
​- Je ne suis pas secrétaire !
​- Non mais je rêve, vous savez ce qu’il a vécu ! Vous savez ce que c’est que d’endurer cette douleur, criais-je en plein milieu du service.
​- Mlle, calmez-vous
​- Calmez-le ! Donnez-lui quelque chose !
​- Je ne peux pas, il refuse tout médicament sous perfusions.

Lui lançant un regard qui aurait pétrifié sur place Castle, je retournais dans la chambre de celui-ci :

​- Castle ! Tu vas prendre les perfusions ! Lui rétorquais-je en rentrant
​- Tu es là, me dit-il surpris
​- Où veux-tu que je sois ?
​- Je croyais que tu étais partie, m’avoua-t-il
​- Rick, continuais-je, il faut que tu prennes les perfusions
​- Non, je veux rentrer demain
​- Tu veux rentrer dans cet état ? Tu ne peux pas bouger et je sais que rien que de me parler te foudroie de douleur.
​- Je veux rentrer
​- Castle, pourquoi veux-tu absolument rentrer, cette douleur va te poursuive pour au moins deux semaines encore, profite de l’hôpital pour la calmer.
​- Je ne suis pas fait en sucre !
​- Je le sais ça mais …
​- Non, me coupa-t-il, j’y arriverais, tu y es bien arrivée toi ! M’asséna-t-il
​ - Je ne savais pas ce qui m’attendait et si c’était à refaire je serais restée à l’hôpital ! M’énervais-je
​-Je veux rentrer !
​- Et bien très bien ! rentre donc! Lui dis-je énervée en faisant les cent pas dans la chambre.
​- Kate, je …
​- Non, c’est bon Castle ! La journée a été suffisamment longue et dure comme ça, lui répondis-je

Face à ma réplique, il me regarda et baissa automatiquement le regard, je m’en voulais énormément pour ma remarque. Il m’avait aidé tout au long de ma convalescente, sans jamais hausser le ton et moi, à la première difficulté, je l’envoyais sur les roses. Le regardant pleurer silencieusement, je m’asseyais près de lui en évitant de le toucher afin de ne pas lui faire plus de mal.
​- Je suis désolée, chuchotais-je, je n’aurais pas dû crier
​- Je comprends, me dit-il d’une voix blessée
​- Non, Rick, je suis vraiment désolée… mais je ne comprends pas pourquoi tu t’entêtes à refuser les perfusions. Si tu t’inquiètes pour ton égo parce que moi je suis rentrée, dis-toi que c’est stupide. Tu as reçu plus de décharge que moi et d’intensité beaucoup plus forte, la douleur que tu ressens est beaucoup plus amplifiée que la mienne. Alors s’il te plaît, prend soin de toi, tu rentreras plus tard.
​- Je ne veux pas repousser les Hamptons, tu as besoin de vacances.
​- J’ai surtout besoin que tu ailles mieux, Rick. Je ne supporte pas de te voir souffrir ainsi. Les Hamptons seront toujours là dans un mois… et moi aussi, dis-je calmement.
​- D’accord, souffla-t-il
​- D’accord? Répétais-je contente
​- D’accord.

L’embrassant délicatement sur la joue, je repartis informer l’infirmière qu’il souhaitait être perfusé.

POV Castle

La douleur avait cessé quelques minutes après que les perfusions avaient été installées. J’étais soulagé de ne plus ressentir cet écartèlement constant dans mes membres. Kate était sortie pour répondre à un coup de fil, à son retour, elle me sourit en voyant mon changement de fasciés.

​- Ça a l’air d’aller mieux, me souria-t-elle
​- Beaucoup mieux merci, lui répondis-je pendant qu’elle s’installait près de moi, maintenant tu vas m’expliquer cette histoire de détention ?
​- Mon père a mis une droite à Abbott à la fin du procès, me déclara-t-elle
​- Ça c’est génial ! M’exclamais-je
​- Je te demande pardon?
​- J’en rêve la nuit, et ton père la fait, dis-je en haussant les épaules, rappelle-moi de le féliciter
​- Je te rappelle qu’il est en cellule !
​- Et alors, il a foutu une droite à Abbott ! Répétais-je, et pourquoi d’ailleurs? Non pas qu’il faut une raison !
​- Il s’est excusé en me regardant droit dans les yeux en souriant et en ce mordant la lèvre inférieure.
​- Je vais le tuer ! M’énervais-je
​- Hola! J’ai déjà un des deux hommes de ma vie en cellule, alors on va se calmer, me dit-elle précipitamment
​- Je suis l’homme de ta vie alors? Souriais-je à sa déclaration
​- Pardon? me dit-elle en relevant un sourcil
​- Tu as dit que…
​-Je sais ce que j’ai dit Castle, me coupa-t-elle en souriant.
​- Alors ? Je suis l’homme de ta vie ?
​- ………………….

Elle baissa la tête comme gênée par ma question, voyant que je l’effrayais certainement, je changeais aussitôt de conversation, pour ne pas la faire fuir :

​- Bon et pour ton père pourquoi est-il encore en cellule?
​- J’ai essayé de faire jouer mes relations mais avec l’ampleur médiatique du procès, je n’ai rien pu faire, répondit-elle en évitant mon regard
​- Il doit bien y avoir une caution?
​- Oui, souffla-t-elle, mais elle n’est vraiment pas dans mes moyens, grimaça-t-elle, il doit rester incarcéré le temps du procès, c’est à dire jusqu’à demain, voir le lendemain.
​- Kate, de combien est la caution?
​- C’est bon, me dit-elle, ne t’inquiète pas.
​- Kate,
​- Rick, je ne veux pas te ton argent, me coupa-t-elle
​- Autrement dit, tu ne veux pas de mon aide, répondis-je blessé par son refus
​- Castle, je ne veux pas d’aide financière.
​- Kate, je ne peux pas t’aider autrement, continuais-je, je ne peux pas être avec toi pendant les audiences, je ne peux même pas assister à ce satané verdict, alors laisse-moi t’aider. De toute manière, ce n’est pas toi que j’aide mais Jim, et autant dire qu’il a toute mon admiration.
​- Ton admiration? s’interrogea-t-elle
​- Oui, lui a été incarcéré pour avoir mis une volée au bourreau de sa fille, moi j’ai été incarcéré pour être monté sur un cheval nu !
​- Dis comme ça, ria-t-elle, mon père est un héros
​- Ton père est un héros, Kate, répétais-je pour qu’elle en prenne conscience
​- Je le sais, m’avoua-t-elle
​- Alors combien pour sauver un héros? Demandais-je en souriant
​- 30 000 euros
​- Tu devrais appeler ma banque alors, c’est la New Amsterdam
​- Castle, la banque ne va jamais autoriser un virement de ma part.
​- Kate, je t’ai mis désignataire de mes comptes, le temps de ma convalescence, lui confiais-je
​- Tu as quoi! s’indigna-t-elle
​- Alors avant de hurler, tu devrais d’abord sortir Jim de prison, l’amadouais-je
​- Castle, tu…
​- Kate, ton père avant, lui intimais-je

Elle me foudroya du regard comme rarement elle ne l’avait fait puis repartie de la chambre pour aller à la banque.


POV Beckett

J’étais folle de rage face à cette nouvelle révélation, en fait j’étais surtout mal à l’aise face à ça, il aurait pu mettre sa mère ou même Alexis plutôt que moi. Non mais, je n’en revenais pas, il m’avait laissé la gestion de ces comptes ; rien que de penser à tout cette argent, ça me rendait malade d’angoisse.
Arrivée à la banque, j’avais décliné mon identité et après quelques vérifications, le virement avait pu être effectué, j’étais alors retournée au tribunal où siégeaient quelques cellules pour demander la libération de mon père.
Quand il fut sorti, il me prit dans ces bras en me murmurant désolé.

​- Ce n’est pas grave, chuchotais-je dans son étreinte
​- Comment as-tu fait pour me sortir de là?
​- C’est Rick
​- Castle est vraiment un type bien, me souria-t-il
​- C’est vrai, reconnus-je, tu viens? Lui demandais-je en le tirant hors de ce tribunal
​- J’arrive.

Assis dans le taxi côte à côte, j’entamais la conversation tout en raccompagnât mon père :

​- Tu sais, tu n’avais pas à défendre mon honneur, le taquinais-je
​- Tu es ma fille, Kate, je défendrais toujours ton honneur, s’indigna-t-il
​- Pourquoi tu m’appelles Kate ? Osais-je demander redoutant la réponse
​- C’est ton prénom, non? répondit-il en évitant la question
​- Tu ne m’appelles jamais Kate, papa, rétorquais-je
​-……………..
​- Papa?
​- Il t’a appelé Katie, murmura-t-il, dans sa bouche, ce surnom paraît sale, m’avoua-t-il
​- Pas dans la tienne, lui chuchotais-je en prenant sa main
​-……………..
​- Papa?
​- Il t’a appelé Katie, pendant ta détention?
​- Oui
​- Pendant qu’il te faisait …
​- Oui, le coupais-je gênée par le tournant de la conversation
​- Je suis tellement désolé
​- Tu n’y es pour rien, papa
​- J’aurais dû être là pour te protéger, j’aurais…
​- Ce n’est pas ta faute, insistais-je
​- Comment fais-tu pour te lever tous les matins avec ce qu’il t’a fait subir, me dit mon père les larmes aux yeux.
​- Castle, murmurais-je, je me lève tous les matins pour Rick, lui avouais-je
​- Je suis content que vous vous soyez trouvé tous les deux.
​- Moi aussi, lui répondais-je alors que le taxi arrivait à destination.
​- On se voit demain ?
​- Tu ne pourras pas rentrer au tribunal, lui rétorquais-je
​- Non, je sais, mais je suivrais les informations avec Castle
​- À demain, alors papa.
​- À demain, Kate.
​- Papa?
​- Oui
​- Pas Kate, s’il te plaît.
​- À demain, Katie, me souriait mon père.

Cette discussion avec mon père m’avait fait réellement du bien, je comprenais son désarroi face à cette situation et étais heureuse au fond de moi qu’il ait mis une bonne droite à Abbott. C’est donc tout sourire que je rentrais dans la chambre de Rick, ce dernier dormait paisiblement. Ne souhaitant pas le réveiller, je partis prendre une douche dans la salle de bain. L’eau me faisait énormément de bien, me servant du gel douche de l’hôpital, je me prélassais sous la douche.

POV Castle

Le bruit de l’eau me réveilla, scrutant autour de moi, je vis les affaires de Kate au sol, elle avait dû rentrer et m’ayant vu dormir était partie se doucher.
Mon esprit partit aussitôt dans de lointaines contrées, je nous revoyais tous les deux sous la douche heureux et amoureux profitant simplement du moment.
Cette douche avait été sensationnelle, chaude, torride et sauvage. J’avais l’impression qu’il s’était passé des siècles depuis ce moment-là. J’avais hâte de pouvoir remarcher et de reprendre ma vie avec Kate. J’avais cependant peur, de cette intimité, je n’avais pas peur de la brusquer mais qu’elle ne prenne pas de plaisir, j’avais peur d’être gauche dans mes actes. Je lui avais menti ce matin, en lui certifiant qu’on ne serait pas gêné, en fait j’avais l’impression de revivre une première fois. Je voulais tellement qu’elle prenne du plaisir, qu’elle soit comblée, parce que si cette expérience ne la satisfaisait pas, qu’adviendrait-il de nous?

​- Hey, tu rêves debout ? me demanda Kate qui était sortie de la salle de bain en leggings débardeur.
​- Tu es venue avec ton pyjama? Souriais-je
​- J’en avais marre de dormir habillé, répondit-elle, alors j’ai pris une tenue pouvant rentrer dans mon sac pour ce soir, et je te signale que je ne dors pas avec ce genre de pyjama d’habitude, dit-elle en se mordant sensuellement la lèvre inférieure.
​- Comment le saurais-je, je n’ai jamais eu l’honneur de découvrir cette facette?
​- C’est une requête ? Me taquina-t-elle
​- Oh que oui! M’exclamais-je

Elle se mit à rire et s’approcha de moi, tout doucement elle approcha ses lèvres de moi, et dans un baiser qui était doux et délicat, elle me chuchota un merci.

​- Pour quoi?
​- Mon père
​- Comment va-t-il?
​- Bien, il viendra te voir demain
​- Génial, je pourrais le féliciter en personne, souriais-je
​- Tu as mal?
​- Non, je vais bien, lui répondis-je en ouvrant mes bras pour qu’elle s’y installe.

Allongés l’un contre l’autre, nous ne bougions plus, Kate dessinait des formes abstraites sur mon corps, je me sentais si bien près d’elle.

​- Au sujet de la banque, dit-elle
​- Kate, tu es la personne en qui j’ai le plus confiance, je ne vois pas pourquoi ça te choque
​- Castle, je me sens mal à l’aise avec tout ça, je préférerais que tu laisses ta mère gérer ceci.
​- Kate, je te considère comme…
​- S’il te plaît, Castle, me coupa-t-elle en m’intimant de répondre positivement à sa requête.
​- Quand nous serons mariés, tu laisseras ma mère gérer? Demandais-je
​- Quand nous serons… mariés? Déglutit-elle la tête relevée et … surprise.


billy  (12.09.2015 à 11:03)

CHAPITRE 24


POV Beckett


La bombe que Castle venait de lancer nous avait laissé tous les deux sans voix. Rick pensait se marier avec moi, voilà la phrase qui tournait en rond depuis plus de deux minutes dans ma tête, lui me regardait d'un œil inquiet comme s'il avait peur de dire autre chose. Je ne savais plus quoi penser, d'un côté j'étais flattée qui nous voit ainsi … comme couple et d'un autre j'étais terrorisée.

Se marier ? Mais on ne se marie pas comme ça au bout de …? D'ailleurs depuis combien de temps étions-nous ensemble? Comment pouvait-il même envisager le mariage. Rien d'étonnant qu'il ait divorcé deux fois, si à chaque fois, c'était aussi bien réfléchit.

- Kate ? Me fit la voix de Castle empreinte d'inquiétude, je ne voulais pas t'effrayer.

Raté, pensais-je, effrayée ? Non mais j'étais paralysée par l'angoisse, on ne savait même pas si ça allait marcher, si j'étais prête à avoir ce genre de relation, si…

- Kate, me coupa Rick de mes songes, s'il te plaît respire

- Je… je, bégayais-je

- Kate, ce n'était pas une demande, les mots ont dépassé ma pensée.

- Castle, je...

-Non, sérieusement, me coupa-t-il anxieux, écoute si ça te gêne de gérer mes comptes le temps de mon rétablissement, j'en parlerais à ma mère, ajouta-t-il

- D'accord, réussis-je à dire.

- Très bien, quand doit repartir Jordan ? demanda-t-il pour changer de conversation

- Je ne sais pas, murmurais-je toujours perdue dans ma réflexion.

- Bien, tu penses que les délibérations pour le procès vont-être longues, enchaîna-t-il.

Mon Dieu, il avait vraiment envisagé un mariage avec moi! Je le voyais bien, il me regardait apeuré d'avoir été trop vite, ces gestes me démontraient qu'il était mal à l'aise et pas sûr de lui. Il avait réellement envisagé le mariage !

Je n'arrivais plus à le comprendre. D'un côté, il me disait qu'on irait doucement et d'un autre il me sortait le grand jeu !

Il était face à moi, j'étais toujours allongée près de lui, et tout ce que j'arrivais à me dire, c'était qu'on allait trop vite ! Que lui était sur une autoroute pendant que moi j'empruntais la départementale, à ce jeu, on allait y perdre des plumes.

- Kate, les délibérations ? me rappela Rick

- Je ne sais pas, dis-je en me relevant pour m'avancer vers la fenêtre.

J'avais besoin de prendre l'air, besoin de m'éloigner de cette pièce mais si je faisais un pas vers la sortie, j'allais le blesser. Respire, respire, me disais-je à moi-même, il faut juste en parler. Il faut que je me retourne et lui dire qu'on va trop vite, que je veux être avec lui, être sa petite-amie mais que je ne veux pas plus pour le moment.

- Kate, tu vas bien ? me demanda-t-il alors que je lui avais tourné le dos.

À sa phrase, je pouvais sentir toute son angoisse, sa peur de me faire fuir.

- Tu vas trop vite Rick, murmurais-je en regardant les passants passés en dessous de moi.

La nuit était tombée. D'habitude j'adorais regarder New-York de nuit, cette ville était magnifique à voir dans la pénombre, son paysage avait le don de m'apaiser, ses lumières de me rassurer… mais là, ce soir, j'étais juste angoissée par le reste de la conversation. Peur que mes paroles dépassent mes pensées. Respire, Kate, me dis-je intérieurement.

- Kate, s'il te plaît, parle-moi, m'intima la voix de Castle, si c'est pour ce que j'ai dit, je…

- Tu vas trop vite, le coupais-je en me retournant, on ne parle pas mariage alors qu'on est avec une personne depuis une semaine.

- Kate, c'était une façon de parler.

-…

- Kate ?

- Une façon de parler ? Articulais-je difficilement à sa remarque. Tu veux que je gère ton argent, Castle, tu veux….

- Kate, je ne veux pas me marier, me dit-il, enfin pas maintenant. Tu as raison c'est beaucoup trop tôt, on commence à peine à construire quelque chose ensemble tous les deux, mais si on me demandait où j'en serais dans cinq ans, je répondrais sans aucune hésitation… je ne me vois nulle part sans toi, je me vois marié et heureux.

- Rick, je ne suis pas comme toi, il m'a fallu quatre ans pour envisager un « nous », et là, tu me demandes en une semaine de…

- Je ne te demande rien, me répliqua-t-il, viens par là.

Il me faisait signe de me rapprocher de lui, mais je n'arrivais pas à bouger, j'étais paralysée.

- Kate, viens s'il te plaît.

Soufflant un bon coup, je m'avançais près de lui pour m'assoir sur le lit.

- Je te dis juste que je me vois dans un futur marié avec toi, je ne vois pas pourquoi tu prends peur, dit-il d'une voix sûre, tu m'as bien confié que tu me considérais comme l'homme de ta vie.

- Castle, si je me marie c'est...

- Une fois pour toute, je sais. Et ma prochaine fois, ce sera de même pour moi.

- Comment peux-tu en être aussi sûr?

- Pardon? demanda-t-il ne comprenant pas le sens de ma question

- Tu t'es marié deux fois, Rick, comment peux-tu être sûr que la troisième sera la bonne, soufflais-je

- Tu ne me pends pas au sérieux?

- Rick, j'essaie juste de te dire que...

- J'ai épousé Mérédith par ce qu'elle était enceinte d'Alexis, je reconnais qu'on ne se marie pas pour ça, mais je voulais que ma file connaisse le bonheur d'avoir des parents vivants sous le même toit. Bonheur, que je n'ai pas connu. J'ai divorcé parce que Mérédith ne s'occupait pas de sa fille, parce qu'elle ne pensait qu'à sa carrière et parce qu'un matin je l'ai trouvé dans le lit conjugal avec son metteur en scène !

- Rick, je...

- Pour Gina, je voulais simplement que ma fille ait un modèle féminin dans sa vie, Gina est une personne bien et je pensais l'aimer suffisamment, seulement le temps a eu raison de notre mariage et nous passions plus de temps à crier qu'à être heureux. Après ce second, échec, j'ai réalisé que ma fille avait simplement besoin de voir son père heureux pour être épanouie.

- Castle, tentais-je

- Laisse-moi finir, Kate, je t'aime comme il n'est pas permis, je t'aime à en avoir mal. Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme toi, je suis heureux rien qu'en pouvant te contempler, alors oui, je sais que si un jour, tu me fais l'honneur de m'épouser, rien ne me fera renoncer à toi, parce que pour la première fois, j'aurai épousé la femme que j'aime et non pas une image pour Alexis.

J'étais sous le choc de ses aveux et surtout de sa déclaration.

-Écoute, pour le moment, reprit-il, je souhaite juste remarcher, pouvoir reprendre ma vie là où je l'avais laissé, j'aimerais qu'on passe du temps ensemble tous les deux, voilà ou je me vois cette année. Près de toi. Ne t'éloigne pas.

- Je ne m'éloigne pas, c'est juste que… je ne suis pas prête à envisager le mariage pour le moment.

- Et moi non plus. Je suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer, je voulais juste te dire que … quand notre relation sera plus sérieuse, il faudra bien envisager un jour à faire compte commun.

- Ce que je gagne en un an, c'est ce que tu gagnes en deux mois ! Rétorquais-je

- Et alors, sourit-il, je ne suis pas avec toi pour ce que tu gagnes ou ce que tu ne gagnes pas.

-Je sais mais...

- Alors, faits-en autant pour moi.

- …..

- Et si, on arrêtait de se prendre la tête pour un sujet qui n'est pas d'actualité avant quelque temps.

- Ok, soufflais-je.

Il avait réussi à me calmer avec ses mots. Caste avait toujours eu ce don de m'apaiser par de simples gestes, de simples mots. Il avait raison, on avait le temps pour tout ça, c'est juste que lorsque j'ai entendu le mot mariage, j'avais été prise d'angoisse.

- Tu sais, reprit-il d'un ton espiègle en me regardant droit dans les yeux, j'ai trouvé le petit nom d'amour dont je voulais t'affubler.

- Ah oui? Répondis-je en souriant essayant de me concentrer sur autre chose.

- Oui parce qu'apparemment, je ne peux pas te plagier. C'est ça mon ange? Me taquina-t-il

- C'est exactement ça, souriais-je

- Humm, alors j'ai choisi autre chose, quelque chose qui te représente assez bien, dit-il pour laisser certainement du suspense.

- Qui me représente assez bien? M'interloquais-je, parce que mon ange te ressemble peut-être, riais-je

- C'est toi qui l'as choisi, se défendit-il

- Oh alors, je vais certainement changer, car s'il faut que ton petit surnom te ressemble, ce ne peut pas être mon ange ! Le taquinais-je

- C'est vrai, tu devrais plutôt choisir … Mon… trésor ou non mon… étalon !

- Tout doux, Writer-boy, rigolais-je

- Ça m'avait manqué, dit-il en me caressant la joue

- Quoi donc? Nos taquineries ? Parce que ça ne fait que...

- Non, me coupa-t-il, toi… m'appelant Writer-boy, ajouta-t-il en m'embrassant du bout des lèvres.

- Je t'écoute, alors, continuais-je à voix basse tout en savourant cet instant

- Tu m'écoutes?

- Mon surnom, Rick, souriais-je

- Non, je te le dirais à un moment propice

- À un moment propice ?

- Oui, tu sais, à un moment où je te dirais que je t'aime, répondit-il en haussant les épaules

J'étais touchée par son attention, lui caressant le visage ému, je vis qu'il grimaçait.

- Tu as mal ? M'inquiétais-je

- Non, c'est juste de légères crampes, ça va passer.

- Castle, si tu veux que j'aille chercher…

- Embrasse-moi, me coupa-t-il, c'est un bien meilleur remède.

- Vous n'essayerez pas de profiter de la situation Mr Castle, dis-je sur le ton de la taquinerie

- Pour goûter à vos lèvres, je serais prêt à tout Mlle Beckett, susurra-t-il.

Me penchant vers lui, je déposais un baiser sur ses lèvres avant de m'éloigner légèrement.

- Encore, gémissait-il

- Encore qui ? Souriais-je

Il ouvrit ses yeux pour les plonger dans les miens, caressant ma joue, il me murmura amoureusement :

- Encore mon cœur

- Mon cœur? Répétais-je

- C'est ce que tu es, Kate, tu es mon cœur, sans toi à mes côtés, je cesserais d'exister.

Le regardant droit dans les yeux, je pouvais y lire toute sa sincérité. Me penchant de nouveau sur ses lèvres, je pouvais le sentir sourire sous mes baisers qui se faisaient de plus en plus insistants. Je happais ses lèvres amoureusement et lorsque je me mis à mordiller sa lèvre inférieure, il gémit. Ses mains me caressaient le bas du dos, ses gestes me donnaient la chair de poule.

- Qu'est que je ne donnerais pas pour être ailleurs, murmura Rick en me mordillant le lobe d'oreille

- Ah oui, réussis-je à articuler la respiration saccadée.

J'avais envie de Castle, tout mon corps était électrisé par ses caresses, ses mots tendres. Une de ses mains se faufila sous mon tee-shirt, pour y caresser mon ventre. C'était la première vraie caresse audacieuse de Rick, il s'appliquait à me faire un suçon à la base du cou, sa succion se faisait de plus en plus entreprenante, me faisant gémir, j'étais littéralement en feu, plus d'un an et demi s'était écoulé depuis notre dernier rapport sexuel.

- Castle, gémissais-je en passant moi aussi mes mains sous son tee-shirt pour y caresser son torse.

La pression qu'il exerçait sur la base de mon cou, commençait réellement à faire son effet sur moi, une boule de plaisir se formait dans mon bas-ventre. Sa deuxième main remonta avec la première pour venir se poser délicatement sur mes seins.

- Humm, Kate, gémissait Rick

Ses mains s'amusaient à me taquiner les tétons tout en me pétrissant sur l'étole de mon soutien-gorge, j'avais alors fermé les yeux, pour mieux en apprécier le moment, je souhaitais me laisser aller dans ses bras. Mais au moment, où Rick déplaça une de ses mains sous mon soutien-gorge pour être en contact direct avec mon sein, un flash-back fit surface dans ma tête.

J'étais allongée, nue, sur le lit, Abbott me caressait les seins en les mordillant, je pouvais sentir son odeur, sa respiration sur moi, son haleine et j'entendais ses gémissements:

- Katie…

La panique m'envahit, ouvrant les yeux je repoussais brusquement Rick, pour me relever dos à lui et rajuster ma tenue. J'avais les mains qui tremblaient, mes jambes qui flageolaient en un instant j'avais rebasculé dans cet entrepôt avec mon bourreau.

- Aie! Gémissait Rick de douleur

Sortant de ma phase d'angoisse, je me retournais pour le voir, il grimaçait, je l'avais repoussé violemment sans le vouloir. Mon dieu, j'étais irrécupérable ! On venait de partager … le premier vrai moment d'intimité tous les deux depuis des mois, et je l'avais repoussé de toutes mes forces, lorsque j'avais senti ses mains sous mon soutien-gorge. Je ne me comprenais pas, j'étais bien avec lui, j'avais envie de lui et tout d'un coup je l'avais repoussé!

- Je suis désolée, lui murmurais-je sans oser m'avancer

- C'est rien, haletait-il sous la douleur

- Je vais chercher l'infirmière

- Non, attend, me dit-il

- Castle, je t'ai blessé, dis-je ennuyée, j'ai appuyé sur tes côtes cassées. Je vais chercher l'infirmière, ajoutais-je en sortant de sa chambre honteuse.


POV CASTLE


- Et merde ! Criais-je contre moi-même

Pris dans mon étreinte, je l'avais poussé trop loin, je m'étais tellement déconnecté du mon monde réel, sous ses caresses que j'en avais oublié ses peurs.

Pourquoi, avait-il fallu que j'ai les mains aussi baladeuses, à cause de moi, elle devait se sentir… je ne savais même pas comment elle devait se sentir : apeurée ? Sale ? En colère?

Je lui avais promis qu'on irait doucement, et à la première caresse de Kate sur mon torse, il avait fallu que je faufile mes mains baladeuses sur ses seins ! Mais quel con, j'étais!

Elle devait surement m'en vouloir à cet instant, j'avais cru apercevoir sa peur et sa panique dans son regard quand elle m'avait repoussé, je crois que ce fut plus douloureux que mes côtes. Je l'avais blessée, elle s'était laissé aller en toute confiance dans mes bras et j'avais abusé de la situation.

L'infirmière était revenue pour m'administrer un calmant puis elle était repartie. J'attendais Kate depuis plus de vingt minutes déjà quand je reçu un message sur mon portable.

« Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser. J'espère que ce n'est pas trop grave et que tu vas mieux. Tu devrais te reposer, on se voit demain. KB »

Elle était partie. Je l'avais poussé trop loin, d'abord avec cette histoire de comptes, puis de mariage et enfin avec mon comportement de mufle. Je m'étais tellement comporté comme un imbécile qu'elle était partie.

Face à mon portable, je ne savais pas quoi répondre, « je suis désolé » non, « reviens, il faut qu'on parle », non plus, je ne voulais pas de nouveau la brusquer, les minutes s'enchaînèrent et moi j'étais perdu. Je l'avais fait fuir… Prenant mon courage à deux mains, je lui répondis :

« J'ai vraiment eu un comportement de mufle, je n'aurais jamais dû te toucher de la sorte, je suis vraiment désolé. Je comprends tout à fait ta décision de partir ce soir. Je suis vraiment désolé, ça ne se reproduira plus. RC »

Une heure, puis deux heures s'étaient écoulées et Kate ne m'avait toujours pas répondu. Les médicaments avaient agi, même un peu trop car je m'étais endormi avec cette boule au ventre de l'avoir trahi et blessé.


billy  (14.09.2015 à 11:07)

CHAPITRE 25


POV BECKETT


Je m'étais enfuie comme une voleuse, j'avais tellement honte de ma réaction, de l'avoir si violemment repoussé. Après avoir averti l'infirmière, j'étais partie, seule et en pyjama dans les rues de New-York. Le temps ne se prêtait pas à une longue balade, tout comme ma tenue d'ailleurs. Après avoir arpenté plusieurs ruelles en ressassant sans cesse ce début de soirée catastrophique, j'envoyai un message d'excuse à Rick, espérant qu'il ne m'en veuille pas trop pour mon comportement. Éteignant mon iPhone, j'arrêtai un taxi pour lui donner l'adresse de Lanie. Je ne savais plus trop ou aller, je n'avais plus d'appartement dans cette ville et je ne voulais pas déranger Jordan avec sa famille.

Arrivée en bas de chez mon amie, je m'aperçus honteuse, que j'avais oublié que j'étais en pyjama et que par conséquent, je n'avais pas d'argent sur moi.

- Vous plaisantez ! me dit le chauffeur

- Bouger pas, je vais sonner à l'appartement juste ici, lui répondis-je en lui montrant la porte de Lanie, et récupérer de quoi vous payer.

- Qui me dit que vous ne partirez pas en courant ! S'insurgea-t-il

- Je suis me nomme Kate Beckett, je travaille pour le FBI, je vous jure que je ne partirais pas.

À ma présentation, il se retourna pour mieux me jauger certainement après quelques secondes, il ouvrit sa boite à gant pour en sortir un journal, qu'il regarda de plus près.

- Je peux y aller? Demandais-je surprise par sa réaction

- Vous pouvez y aller, murmura-t-il, la course est pour moi, reprit-il en se retournant de nouveau.

- Pardon?

- La course est pour moi, Mlle Beckett, m'assura-t-il

- Pourquoi?

Il me montra la première page du journal qu'il lisait. Le Ledger titrait :

« Encore, une dure journée pour l'agent Beckett et les familles des victimes »

- Je n'ai pas besoin de votre pitié, répondis-je, énervée que cette affaire me poursuive jusqu'à l'intérieur d'un taxi.

- Ce n'est pas de la pitié, Mlle, je pense juste que cette semaine a été suffisamment dure pour vous, on ne va pas rajouter une course dans un taxi, ajouta-t-il dans un sourire

- Merci

- De rien, bonne soirée Mlle

- Bonne soirée, à vous aussi, ajoutais-je en sortant du taxi.

- Hey !, continua-t-il en baissant la vitre, j'espère que cette ordure pourrira en prison

- Je l'espère aussi

Sur cette dernière phrase, le taxi démarra et partit. Je sonnais donc à la porte.

- Oui ? demanda Lanie à l'interphone

- C'est Kate

La porte s'ouvrit, et je pus monter les deux étages à pied qui me séparaient de ma meilleure amie. Lanie m'attendait devant sa porte.

- Tu sais que j'ai un ascenseur, me taquina-t-elle

- Je ne fais pas assez d'exercices en ce moment, répondis-je en l'embrassant

- Tu devrais en faire avec Castle, plaisanta-t-elle

À sa réplique, je me figeais, Castle et la galipette, c'est bien pour cette raison que j'étais chez elle et non dans les bras de mon homme. Soupirant, je rentrais dans l'appartement pour m'assoir sur son canapé.

- Je ne te dérange pas ? Demandais-je

- Non, répondit-elle en refermant la porte et en s'approchant de moi.

- Il est tard, j'espère que je ne te sortais pas du lit, repris-je en m'apercevant de la tenue de Lanie.

Elle portait un déshabillé rouge avec un peignoir noir qui était mal refermé. Lanie était splendide.

- Non, Girl, me rassura-t-elle en s'asseyant près de moi. Comment va ton père?

- Il va bien, je l'ai raccompagné chez lui en début de soirée.

- Le procureur t'a enfin écouté, me dit-elle soulagée

- Non, Rick a payé la caution, murmurais-je la tête baissée.

- Il a bien fait ! S'exclama-t-elle, et de toute manière il va reprendre son dû, ton père ne s'approchera plus d'Abbott.

- Oui

- Kate, qu'y-a-t-il?

- Je ne suis pas normale, Lanie, lui confiais-je

- Pas normal, rit-elle

- Ce n'est pas drôle, repris-je les larmes aux yeux

- Kate? demanda-t-elle inquiète désormais

- On s'est disputé

- À quel propos?

- Les comptes communs, le mariage et le sexe, enfin pour le sexe on s'est pas vraiment disputé,… je lui ai juste blessé les côtes, pleurais-je

-Attends tout doux… comptes communs? Mariage? Tu l'as blessé? Je ne comprends rien

- Tout a commencé quand Rick m'a mise désignataire de ses comptes communs ! Non mais tu te rends comptes!

- Ça ne me choque pas, il a confiance en toi

- Oui et bien ce n'est pas comme s'il était seul, il a Alexis et Martha.

- Kate tu sais ce que tu représentes pour Castle.

- Lanie, il m'a dit que dans cinq ans, il nous voyait mariés, continuais-je debout

- Pas toi?

- Moi ? Je ne sais même pas ou on sera dans une semaine, soufflais-je

- Kate, tu l'aimes non ?

- Bien sûr, plus que ma vie

-Alors où est le problème?

-C'est moi le problème! Je l'ai blessé.

- Comment?

- On était, tu vois…, dis-je embarrassé

-En pleine session dans une chambre d'hôpital ! S'exclama-t-elle, petite coquine !

- Lanie!

- Bon ensuite ? Tu as occulté ses blessures et tu t'es mise en mode tigresse?

-Non, je l'ai repoussé si violemment qu'il était terrassé par la douleur!

- Honey…

- Je ne suis pas normale

- Tu es tout à fait normale, girl, tu as vécu un traumatisme, il faut juste que vous soyez patient

Je faisais les cent pas dans son appartement, écoutant les conseils de Lanie tout en me remémorant la soirée avec Rick.

- Kate, tu me donnes le tournis ! m'interrompit-elle

- J'étais tellement bien dans ses bras, avouais-je en pleurs, je t'assure Lanie, j'avais envie de lui et puis j'ai fermé les yeux pour me laisser aller à cet instant.

- Et ?

- Rick a mis les mains sur ma poitrine, et je me suis vue dans cet entrepôt avec Abbott, j'arrivais à sentir son odeur, sa salive sur moi, j'ai rouvert les yeux paniqués et j'ai poussé Castle sur le lit de toutes mes forces.

- Kate, tout ce que tu me dis est normale, dit-elle d'une voix rassurante et douce.

-Je lui ai fait mal! Et puis je me suis enfuie

-Ok, alors la fuite, tu aurais pu éviter, il va falloir arrêter et vous parler.

-Lanie…

-Il n'y a pas de Lanie qui tienne, girl, Castle doit être sens dessus dessous à l'heure qu'il est. D'ailleurs c'est bizarre, qu'il ne t'appelle pas.

- J'ai éteint mon portable, après lui avoir envoyé un message d'excuse

- Kate ! cria Lanie, Castle sait par quoi tu es passé, il doit penser que tu le fuis, que tu ne veux plus rien à faire avec lui, il doit se sentir coupable d'avoir posé ses mains sur toi.

- Mais non, réfutais-je, il doit m'en vouloir à mort de l'avoir repoussé.

- Rallume ton téléphone!

La toisant du regard, je savais qu'elle ne lâcherait pas l'affaire tant que je n'aurais pas rallumé ce maudit téléphone. Prenant mon iPhone, je découvris le message de Rick. Il s'était écoulé deux heures.

- Oh non, murmurais-je

-Qu'y-a-t-il? Un problème?

- Tu as raison, Castle se sent fautif, répondis-je en essuyant mes larmes

- Va lui parler

-Lanie, il est plus de 23Heures, il doit dormir

-Dormir, tu rigoles là?

- Je vais lui dire quoi? Je suis désolée de penser à un autre homme quand tu me touches !

- Kate

-Non, je veux simplement dormir, je suis crevée, je lui parlerais demain. J'ai juste besoin de tranquillité. Je peux toujours utiliser la chambre d'amis ?

- Oui, mais je crois que...

-Merci, Lanie, la coupais-je en l'embrassant sur la joue et en partant me coucher.

Allongée dans la pénombre de la chambre, je fis tourner mon téléphone dans ma main, en pensant à Castle. Je me sentais désormais coupable en plus d'être honteuse, il pensait avoir des tords dans cette affaire, il pensait qu'il avait été trop loin. Je soufflais d'exaspération face à cette situation, qui j'en étais sûre ne serait pas la dernière. Kyle Abbott m'avait brisée, il m'avait retirée cette part de moi qui était sûre d'elle. Fermant les yeux, je pleurais silencieusement.

-Katie, Katie, tu es si belle et si …chaude !

Rouvrant les yeux, je me relevais pour aller vomir. Cette vision d'Abbott sur moi, me donnait des frissons. Je voulais vraiment tourner la page mais y arriverais-je un jour.

- Tu vas bien ? me demanda Lanie derrière la porte des toilettes

- Oui ne t'inquiète pas, retournes te coucher.

- Tu es sûre?

- Oui.

Rinçant ma bouche, j'attendis que la porte de la chambre de Lanie se referme pour retourner me coucher. Prenant mon téléphone, j'envoyais un message à Castle.

« Désolée, je viens juste de voir ton message. Je suis chez Lanie. Pour ce soir tout est de ma faute. Tu n'y es pour rien. Je te vois en sortant du tribunal. À demain. KB »

J'attendais sa réponse qui ne venait pas, il devait certainement dormir. Ou peut-être avait-il encore mal, et il n'arrivait pas à répondre? Dans le doute, j'appelai l'hôpital pour leur demander des nouvelles, l'infirmière m'avait rassurée en m'expliquant qu'il s'était endormi.

La nuit avait été vraiment longue, mes cauchemars m'avaient tenu éveillée toute la nuit. Au petit matin, je m'étais résolue à me lever pour me laver. J'avais ensuite demandé une tenue à Lanie pour m'habiller et nous avions déjeuné ensemble. Il était 9 heures du matin et Rick ne m'avait toujours pas répondu.

- Tu devrais l'appeler, me dit Lanie en me voyant regarder toutes les deux secondes mon téléphone

- Je le ferais en chemin pour le tribunal

-Pourquoi pas maintenant?

- Je ne veux pas le réveiller, répondis-je pour clore la discussion.

- Je m'habille et on y va, ajouta-t-elle en s'éloignant exaspérée par mon attitude.


POV CASTLE


J'avais dormi toute la nuit, l'infirmière en plus de mes antidouleurs m'avait administré un anxiolytique qui m'avait couché. Il était désormais 8 heures du matin, j'avais lu le message de Kate, je ne savais pas ce que je devais en penser, elle passerait après le tribunal, pourquoi pas avant?

J'étais aussi frustré de ne pas pouvoir assister aux plaidoiries, m'énervant contre moi-même, une idée lumineuse m'apparut.

J'avais appelé l'infirmière, lui disant que je souhaitais voir le médecin de toute urgence, j'avais aussi appelé Alexis et ma mère pour qu'elles viennent à l'hôpital. Réunis tous les quatre, le médecin répétait mes dires :

- Si je vous suis bien, Mr Castle, vous me demandez une autorisation de sortie pour aller au tribunal ?

- Oui, avec mes calmants, je peux très bien y aller, je veux être là-bas pour la fin du procès.

- Mais...

-Vous aviez autorisé ma sortie pour demain! le coupais-je, alors une demi-journée, ce n'est pas si terrible comme requête

- Et si la douleur réapparaît, papa? demanda Alexis

- Je ferais face, écouter ce tordu à …

- Je sais ce que Mr Abbott a fait endurer à votre femme, Mr Castle, le procès tourne en boucle depuis une semaine.

- C'est d'accord? Demandais-je

- Avec un fauteuil roulant et quelqu'un pour vous accompagner

- Mère? Demandais-je

- Très bien, Richard, acquiesça-t-elle

- Il va vous falloir une ambulance pour vous transporter, continua le médecin, et vous signerez une décharge.

- Très bien, répondis-je tout sourire.

- Bon, je m'occupe de votre permission dans ce cas

- Merci

- De rien, répondit-il en sortant

- Tu as pris mon costume? Demandais-je à ma fille excité à l'idée de sortir

- Oui, comment veux-tu que je l'oublie alors que tu me la réclamé une dizaine de fois

- Richard, repris ma mère, le procès est médiatisé, quand les journalistes vont te voir et fauteuil…

-Je sais, la coupais-je, mais Kate a besoin de moi et moi j'ai besoin d'y être

- Très bien, chéri, si tu sais ce que tu fais

- Je le sais, souriais-je, allez hop! M'exclamais-je, trouvez-moi une infirmière pour m'aider à m'habiller!

Plus nous nous approchions du tribunal, plus j'étais nerveux, les journalistes, la plaidoirie et Kate…tout me préoccupait. Elle avait essayé de m'appeler mais je n'avais pas répondu. Je voulais la surprendre en venant. Arrivé devant le tribunal, l'ambulancier m'installa sur mon fauteuil, devant le flash incessant des journalistes.

« Mr Castle ! Comment allez-vous? »

« Mr Castle, un commentaire? »

« Mr Castle! Êtes-vous paralysé »

Ne répondant à aucune question, ma fille poussait mon fauteuil, jusqu'à l'entrée du tribunal.

- Tu sais où se trouve la salle d'audience? Demandais-je à mère

- Je le sais, répondit Alexis

Me retournant pour la voir, je n'arrivais pas à comprendre comment Alexis avait eu cette information.

- Kate me l'a dit un matin, me dit-elle en haussant les épaule et en me poussant vers la dite salle.

À l'intérieur je pus voir de nombreuses personnes, certainement les familles des victimes, au premier rang se trouvait Kate, Jordan, Edouard et Lanie. Je m'aperçus aussi, qu'il n'y avait aucun endroit où poser mon fauteuil près d'elle sans bloquer la circulation.

- Papa? me demanda Alexis

- Je vais rester au fond pour ne gêner personne, dis-je déçu

- Je vais prévenir Katherine

- Non mère, laisse, elle a besoin d'être au premier rang.

- Mais...

- Tout va bien, lui assurais-je

Après quelques minutes, je vis les Bros rentrés eux aussi dans la salle, ils m'avaient aperçu et s'étaient arrêtés me saluer, Alexis leur avait expliqué la raison de mon retrait dans la salle.

- Allez, Castle, tu vas venir, avec nous et tu vas t'assoir près de Beckett.

- C'est gentil, Javier mais avec mon fauteuil

- On va te porter Bro, et t'installer, continua Kévin

- Je ne sens pas mes jambes, vous ne réussirez pas à me supporter, je suis un poids mort.

- On te supporte depuis cinq ans! Rit Javier

- Très drôle ! Dis-je

- Allez c'est parti, me dit Ryan en se mettant derrière le fauteuil pour le pousser jusqu'à la première rangée.


POV BECKETT


J'étais entourée de mes amis au tribunal, nous étions en avance assise entre Lanie et Jordan, je m'inquiétais pour Rick, il n'avait pas répondu à mon appel ce matin et n'avait pas essayé de me recontacter.

- Je vais tuer Javier et Kévin, grinça Lanie

- Pourquoi? demanda Jordan

- Ils sont à la bourre !

- C'est nous qui sommes en avance, continua Edouard pour calmer Lanie

- Ils ne devraient plus tarder, ajouta Jordan

- Kate ?

- Hum? Répondis-je à Lanie

- Tu vas bien Honey ?

- Oui, oui, mentis-je

- Hey! Regardez qui nous vous amenons! s'écria Javier

Tournant la tête, je vis Castle dans un fauteuil roulant. Il me souriait et était vêtu d'un joli costume gris et d'une chemise bleue.

- Castle ? Dis-je surprise

- Hey

- Bonjour, Kate, me dit Alexis

- Bonjour, Alexis, Martha, répondis-je en allant les embrasser

Tout le monde s'était levé et se disait bonjour, m'agenouillant près de Rick :

- Que fais-tu là?

- J'ai une permission, je voulais assister à la fin du procès

- Et tes douleurs?

- Je vais bien, je t'assure et toi? demanda-t-il inquiet

- Je suis désolée pour hier, avouais-je

- Moi aussi

- Tu n'y es absolument pour rien, continuais-je en lui caressant le visage et en souriant

- Allez mon pote, on va t'installer, fit la voix Espo

Avec Ryan, ils le soulevèrent un sous chaque aisselle et l'installèrent sur une chaise. Martha alla ranger le fauteuil plus loin, et nous nous installions côte à côte. Le juge rentra alors, suivi des avocats puis d'Abbott. À la vue de ce dernier, Castle m'avait pris la main et le fusillait du regard. Abbott s'installa et nous sourit.

- Je vais le tuer, grinça Rick

- Vous ne pensez pas, toi et mon père, que je vais vous sortir au fur et à mesure de cellules, lui souriais-je dans l'oreille.

- Silence dans la salle, dit le juge, ce matin nous allons entendre les plaidoiries des deux parties, puis nous attendrons la décision du jury qui pourra mettre jusqu'à 48 heures. Maîtres êtes-vous prêts?

- Oui, répondit l'avocat d'Abbott

-Si vous le permettez Mr le Juge, continua mon avocat, j'aimerais soumettre à la cour une nouvelle pièce à conviction que je présenterais pour ma plaidoirie.

- Objection, votre honneur, cria Maître Connors

- Vous plaisantez Maître Phillips ? fit le juge

- Non, votre honneur, je viens de recevoir une pièce montrant bien en évidence la preuve que Mr Abbott est coupable. J'aimerais que vous l'examiniez.

Le juge toisa les deux avocats puis Abbott.

- Dans mon bureau, Maître Phillips

- Bien, votre honneur.

Ils repartirent tous les deux pendant que l'agitation se faisait dans la salle, les familles s'étaient levées et discutaient ensemble.

- Mais de quoi parle-t-il ? me demanda Castle

- Je n'en ai aucune idée.

- C'est nous, répondit Kévin, c'est pour ça qu'on était en retard avec Javier.

Me retournant pour leur faire face, je les regardais à tour de rôle pour les inciter à parler. C'est Espo qui continua :

- Disons que Jones ne supporte pas bien la détention aux droits communs, sourit-il, on a réussi à le faire parler contre accord de notre part

- Vous auriez dû le laisser pourrir en enfer ! M'énervais-je

- Écoute-nous, on l'a fait mettre à l'isolement juste pour les nuits.

- De quelle pièce à conviction s'agit-il? demanda Rick

- Jones nous a donné le nom d'un serveur sécurisé où Abbott avait stocké des photos et des films, reprit Kévin, Tory nous les a fait parvenir et nous les avons donnés à Phillips.

- Il y a quoi sur ces photos et ses films, m'angoissais-je

- C'est Gates, qui les a vus, on ne voulait pas voler ton intimité Beckett, annonça penaud Espo, mais elle nous a exigés de les faire parvenir.

- Avec le doute que laissait planer son ordure d'avocat, enchaîna Ryan, on ne voulait pas laisser passer cette preuve.

- Il doit y avoir des photos comme celle qu'il nous avait envoyé, celle où j'étais nue et ligotée, chuchotais-je plus pour moi-même

- Ça va aller, m'assura Castle

Me remettant en place, je revis toute ma détention : les décharges, les attouchements, les cris, les pleurs, mon Dieu, tout le monde risquait de me voir. Des films? Mais je n'avais pas vu de caméra.

- D'où provenaient les caméras?

- Apparemment de ta salle de détention, il ne les utilisait que par à-coups.

- Je ne les ai pas vues

- Comme on ne les avait pas vues pour le speed dating, il devait les installer quand tu étais entre deux eaux.

À sa dernière phrase, je vis le juge et l'avocat rentrer de nouveau dans la salle, tout le monde se remit en place. Le juge prit la parole :

- À la lumière des faits qui m'ont été exposé, j'autorise Maître Phillips a utilisé la preuve à conviction enregistrée au numéro : 944 566 C, dans cette affaire.

Suite à sa déclaration, je m'affaissais de plus en plus dans mon siège, redoutant le contenu de cette clé USB.


billy  (15.09.2015 à 11:51)

CHAPITRE 26


POV CASTLE


Kate était tendue sur sa chaise, elle avait la respiration saccadée et regardait le sol. J'étais attristé de la voir si démunie mais je pouvais comprendre sa réaction, on allait encore la mettre à nu devant toute l'assemblée. Prenant de nouveau sa main dans la mienne, je traçais de léger cercle sous sa paume qui eut le don de la détendre un peu, je la sentis souffler un bon coup comme pour se donner du courage, puis elle tourna le regard vers le mien et m'embrassa la joue en chuchotant à mon oreille :

- Merci...

Acquiesçant de la tête, je vis l'avocat du diable faire son entrée dans l'arène, il avait chuchoté quelque chose à Kyle Abbott qui avait hoché de la tête.

- Bonjour, Messieurs, Dames, commença-t-il en s'adressant au jury, je ne vais pas commencer ma plaidoirie pour dire, cet homme est innocent, mais pour vous dire la vérité, simplement la vérité. Kyle Abbott a admis devant vous avoir bien été l'auteur de tous ses meurtres, il a admis être désolé, se rendant compte de ses atrocités.

Il laissa un temps d'attente pour que les jurées prennent conscience de ses propos, il continua :

- Cet homme assis derrière ce bureau, n'a pas eu de chance dans sa vie, ceci n'explique pas ses meurtres ou ne les justifie pas, mais cela pourrait vous aider à les comprendre. Depuis sa naissance jusqu'à ses huit ans, Kyle Abbott a été battu et a subi des sévices sexuels de la part de son père. Il a été enfermé des jours dans un placard. C'est un homme qui souffre d'un violent traumatisme. Il n'a pas eu la chance comme certain de se sentir choyé ou en sécurité au sein d'un foyer empli d'amour. Il est rentré ensuite très jeune dans le système, allant de foyer en foyer. Cet homme s'est battu pour survivre, il a trouvé un emploi et s'est sociabilisé. Son employeur le décrit comme quelqu'un de gentil et respectueux.

Nouvel arrêt de la part de l'avocat.

- Je vais vomir, grinçais-je furieux du profil qu'il nous donnait

Je sentis juste la main de Kate me caresser l'intérieur de la paume comme je l'avais fait précédemment. Par ce geste anodin et empli de tendresse, elle me signifiait qu'elle était là.

- Mais cet homme est malade. Il est atteint de schizophrénie, ce diagnostic a été émis par un psychiatre. Il ne pouvait pas contrôler ses gestes pendant ses crises, il ne pouvait pas se faire soigner car il n'en avait pas conscience. Est-ce sur ceci qu'on condamne un homme ? Sur une maladie ?

- Ton père aurait dû frapper cet avocat aussi, hier ! lança Jordan à Kate, ce qui me fit sourire

- Sa maladie parlons-en, on vous l'a expliqué puis les parties adverses, nous ont réfuté son mal-être. À deux reprises par deux personnes différentes : le Dr Burke et l'agent Shaw. L'un était le psy de la dernière victime depuis deux ans et l'autre est son patron, son amie…. on y voit aucun intérêt conflictuel ? Je vous le demande, si une de vos amies avait subi ces atrocités, que vous sachiez que l'homme qui les a perpétrées est malade… plaideriez-vous la maladie ou seriez-vous dans le déni ? Ce ne serait qu'humain après tout, dit-il en haussant les épaules.

- C'est homme assis devant vous, reprit-il en le montrant Abbott du doigt, n'a pas eu de chance dans la vie, avec un traitement adapté il peut redevenir cet homme gentil, serviable et doux décrit par son employeur, mais pour ça, il a besoin de vous, vous tous, continua-t-il en montrant cette fois-ci chaque membre du jury. Allez-vous lui tourner le dos comme son père, comme le système, comme les soi-disant expert venus témoigné ici, où seriez-vous plus humain… laissez-lui une chance de se soigner, de se réadapter à la société, cet homme suit actuellement son traitement, il a pris conscience de ses actes non volontaires, il est déjà empli de regrets, ne le brisez pas.

Nouvelle pause. Il commençait réellement à me gonfler avec ses pauses.

- Et si c'était vous ? Si vous étiez malade, qu'aimeriez-vous qu'on fasse ? Posez-vous la bonne question et la réponse sera forcément la bonne à son sujet. Merci pour votre attention.

Terminant son discours, il retourna s'assoir derrière son bureau au côté d'Abbott. Je dois dire que ce pourri savait plaider. L'avocat des victimes se leva, réajusta son costume, fit un signe au greffier, qui se leva et ramena un écran géant, tourné de sorte à ce que le jury le voit ainsi que l'assemblée.

- Maître Philips, êtes-vous prêt? demanda le juge

- Oui, votre honneur, acquiesça-t-il.

Il toussota puis se mit face au jury et démarra :

- Maître Connors a raison ; posez-vous le bonne question, et si c'était vous, dit-il en désignant les femmes du jury , ou vos femmes et filles, reprit-il en désignant les hommes, qui avaient subi de telles atrocités que feriez-vous ? Ces femmes l'ont supplié d'arrêter pendant des jours, elles ont hurlé leurs douleurs quand chaque centimètre de leur corps se tendaient, se brisaient… mais oui, c'est vrai il est malade, ajouta-t-il sur le ton de l'ironie. Qu'on emmène le mannequin, demanda-t-il à un officier.

Beckett avait lâché ma main pour les croiser sur son corps comme pour se protéger de ce qui allait suivre. Un agent apporta un mannequin qui était relié à une borne d'électricité.

- Pour que tout ceci soit un peu plus concret pour vous, pour prendre la bonne décision, regardez attentivement ce mannequin pesant 60 kilos le poids approximatif de toutes les victimes, nous l'avons branché à un voltage allant de 150 volts à 200. Comme pour ses victimes, reprit-il en désignant Abbott du doigt.

Il s'approcha de la borne et actionna le mécanisme, le mannequin faisait des bons et trémulait. J'avais les larmes aux yeux, me rappelant ma détention. J'entendis ma mère murmurer :

- Mon Dieu

Alexis, elle pleurait silencieusement près de moi, prenant sa main dans la mienne, j'essayais de réconforter mon petit ange. Kate ne bougeait pas comme paralysée devant la scène sous ses yeux. Il monta le voltage au maximum, et on put voir la tête du mannequin taper sans relâche le sol. Après quelques minutes, l'avocat stoppa sa démonstration. Les jurés étaient choqués devant la scène.

- Voici ce qu'ont subi ses victimes, reprit-il en désignant un tableau où trônaient toutes les victimes, il faut en plus de ceci rajouter les coups et les viols. Mais il est malade, ironisa-t-il, c'est vrai, ce n'était pas prémédité et non voulu. Mr Abbott a sévi dans trois villes, dans chacune de ses villes, il avait un entrepôt pour exécuter ses atrocités. Ces locaux étaient loués deux semaines avant chaque meurtre, donc pas prémédité ? Oh et avant que j'oublie, toutes ses victimes sont trentenaires et châtain.

Il fit une pause lui aussi pour marquer le coup. Sa pause à lui me paraissait essentielle.

- Voici, reprit-il en affichant cinq photos au tableau, cinq personnalités que nous connaissons, l'un a eu le prix Nobel de la paix, un est sénateur, ces ceux-ci sont dans la recherche et le dernier c'est un journaliste. Vous les connaissez tous, qu'ont-ils en commun ? Ils ont tous eu une enfance difficile, tous ont subi les mêmes atrocités que Mr Abbott. Et ils ne sont pas connus pour être de dangereux criminels ! Je vais demander maintenant aux personnes se trouvant dans la salle, de bien m'écouter. Je vais présenter aux jurés, plusieurs vidéos où l'on retrouve chacune des victimes, elles sont très dures à voir, j'irais même dire… traumatisantes. Ce n'est pas des images que vous souhaitez garder en mémoire. Alors je vais vous laisser une minute, pour quitter la salle. Un officier viendra vous chercher à la fin du visionnage.

À la fin de sa tirade, la moitié de la salle se vida, je me tournais vers ma mère et Alexis :

- Sortez toutes les deux

- Mais, protesta Alexis

- Sors d'ici Pumpkin

Elle me regarda puis hocha la tête après un dernier baiser, elles sortirent toutes les deux, tout comme Javier, Kévin et Edouard. Kate sortie de sa léthargie et se tourna vers moi :

- Je vais rappeler les gars pour qu'il t'amène

- Il en hors de question

- Rick,

- Je ne partirais pas Kate, je suis là et j'y reste

- Castle, ce que tu vas voir…

- Je reste, la coupais-je en prenant sa main

Elle capitula en se tournant vers Jordan et Lanie qui eurent la même réponse que moi.

- Bien, commença l'avocat. Nous allons voir sur ces images, Jeanne Monroe, Nina Lawrence, Emma Jackson, Michelle Percy, Alicia Bennett, Ellie Jackson et enfin Katherine Beckett.


POV BECKETT


À l'énonciation de mon nom, mon estomac fit un bond. On allait me voir, j'allais me voir… Je priais pour que ce ne soit pas des images avec Abbott sur moi, je priais pour ne pas être nue, je priais que je ne hurle pas sur cette vidéo, je priai en somme d'arrêter ce visionnage. Mon cœur battait à toute allure, j'étais complètement repliée sur moi-même relâchant une nouvelle fois la main de Rick. Je voulais me protéger, je voulais fuir, partir, j'aurais dû quitter la salle.

La vidéo démarra sur Jeanne Monroe assise dans un coin, en pleurs et répondant aux questions d'Abbott.

- Laissez-moi tranquille, s'il vous plaît, implora-t-elle.

- Chut… si je te laisse tranquille ce ne sera plus drôle, ricana Abbott qui se leva et actionna le mécanisme.

La scène qui suivit me retourna le ventre, Jeanne Monroe hurlait sous l'intensité de la décharge tout son corps s'était tendu à l'extrême. J'entendis au fond de la salle quelqu'un pleurer et dire :

- Mon bébé...

Les vidéos suivantes étaient du même niveau, à partir de Michelle Percy, on pouvait y voir les coups portés aux victimes après une décharge et les hurlements de ces dernières.

-Pitié, pitié, hurlait-elle avant de s'évanouir.

Lanie, Jordan et Castle pleuraient devant ces scènes, moi je ne bougeais pas de peur de vomir à même le sol. Arriva la vidéo d'Ellie Jackson, qui le suppliait de la laisser tranquille pendant qu'il la forçait à avoir des relations sexuelles. Ils avaient flouté les parties intimes, mais rien ne changeait la vision à laquelle on assistait impuissant

- S'il vous plaît non, non, les décharges mais pas ça, implorait-elle.

Sa plainte finit de m'achever me ramenant à ma propre détention. Me levant je décidais de sortir de cette salle, je ne pouvais pas en voir plus, pas me voir, Castle essaya de capter mon regard mais je le laissais seul, au moment où j'allais sortir, j'entendis le son de ma voix, tremblante devant la porte, j'écoutais sans regarder:

- STOOOPPP, hurlais-je

- Allez Katie, on va jouer à autre chose, que les décharges

- Non, pas ça, pas ça, pleurais-je

- Tu es tellement sublime….

À sa phrase, je me retournais en pleurs pour le voir sur moi, nous étions tous les deux nus, Abbott me caressait le corps sans tenir compte de mes protestations, on le voyait embrasser ma cicatrice puis ma poitrine qui était floutée, la bande se coupa pour montrer une autre scène, cette fois, il était derrière mon dos se frottait contre moi jusqu'à la jouissance.

- Hummm Katie… tu es si chaude

C'est la même scène qui m'avait hanté toute la nuit. Avant que la bande ne s'arrête, on put m'entendre appeler Rick.

- Castle, pleurais-je dans les bras de mon bourreau.

À son nom, je le vis baisser la tête et pleurer, je voyais que ses épaules montaient et descendaient, tout comme Lanie. Jordan, elle, se retourna en pleurs pour rencontrer mon visage. Elle se leva sous le regard de Castle et Lanie, et me rejoignit pour me prendre dans ses bras. Je m'accrochais à elle ; comme on se raccroche à une bouée, j'avais entraperçu le regard de Rick, mais j'avais préféré baisser les yeux.

- Je suis là, me chuchota Jordan

L'avocat continua :

- Voici le vrai visage de Kyle Abbott, voici ce dont il est capable. Maître Connors a raison, posez-vous la bonne question et vous aurez la bonne réponse. Merci de votre attention.

Il termina sa plaidoirie et retourna s'assoir. La porte derrière s'ouvra pour laisser rentrer les familles, je relâchai Jordan pour prendre Alexis dans les bras, qui pleurait.

- Ça va aller ma puce, lui dis-je en lui caressant les cheveux

- Je t'aime, me chuchota-t-elle en resserrant son étreinte sur moi.

- Je t'aime, aussi, lui répondis-je en la prenant par la main, pour retourner nous s'assoir.

Castle ne bougeait plus, ne me regardait pas, il avait toujours la tête baissée et sanglotait. Prenant sa main dans la mienne, pour le voir réagir, il resta immobile.

- L'audience est levée, jusqu'à décision du jury, proclama le juge.

Tout le monde se releva et quitta la salle. Espo et Ryan aidèrent Castle à rejoindre son fauteuil, il n'avait toujours pas ouvert la bouche ou même rencontrer mon regard. Agglutinés dans le hall d'entrée, nous regardions les journalistes se hâter devant les familles.

- J'appelle l'ambulance, Richard, dit Martha en s'éloignant

- Kate, tu montes avec nous ? me demanda Lanie

- Non, allez-y, je vais rentrer avec Rick

- Tu veux qu'on attende avec vous demanda Jordan

- Non, c'est gentil, pourriez-vous ramener Alexis et Martha

- Katherine, c'est gentil mais...

- J'ai besoin de me retrouver seule avec Castle, Martha, la coupais-je gentiment

Elle hocha de la tête et suivit Jordan vers la sortie. Seul à seul avec Castle, je poussai le fauteuil pour me retrouver dans un coin du tribunal à l'abri des regards indiscrets. Rick avait toujours la tête baissée.

- Castle, regarde-moi, lui demandais-je

Il releva la tête, et son regard était empli de tristesse, il pleurait et je n'en menais pas large non plus.

- Je suis désolé, me dit-il

- Pourquoi? Pleurais-je à mon tour.

- De ne pas avoir été là, de ne pas...

- Tu n'y es pour rien.

- Je...

- Castle, je n'ai jamais été seule pendant qu'il me touchait, lui confiais-je en pleurs, la seule chose qui me donnait la force de ne pas lâcher prise, c'était de penser à toi, à notre avenir, tu étais avec moi durant toute cette épreuve.

- Je suis désolé, pour hier, continua-t-il

- Rick, c'était de ma faute

- Non, je n'aurais jamais dû te toucher, je le savais, je te promets que ça ne se reproduira plus, m'affirma-t-il

- Je pense qu'on devrait continuer cette conversation, dans un endroit plus intime, lui rétorquais-je en essuyant ses larmes.

Avec sa main, il fit de même et chassa tout pleur de mon visage, il me sourit, mais derrière son sourire, je pouvais y voir toute sa peine et son chagrin. Ces vidéos avaient été atroces, nous aurions dû nous lever et sortir. Ces images avaient fini de nous démolir. Il s'avança de moi et m'embrassa chastement.

- Je t'aime, chuchota-t-il

- Je t'aime, aussi mon ange, lui répondis-je en lui embrassant tendrement la joue et en me relevant pour pousser son fauteuil dehors. L'ambulancier nous attendait dans le hall, mais avant de sortir sous les flashs des journalistes, je lui demandais :

- Prêt ?

- Oui, répondit-il en me souriant et en me caressant la main.


POV CASTLE


Nous étions retournés à l'hôpital, l'infirmière m'avait réinstallé dans mon lit et apporté mon repas de midi, que je n'avais pas touché. Kate en avait profité pour prendre une douche et se mettre à l'aise, sortant de la salle de bain, elle me vit devant mon plateau et me demanda :

- Tu ne manges pas ?

- Pas faim, lui répondis-je fatigué par cette matinée

- Tu devrais te reposer et dormir un peu, me dit-elle en s'asseyant sur un fauteuil

- Tu veux mon plateau ?

- Non, merci, me sourit-elle, en prenant une enveloppe kraft, qu'est-ce que c'est ?

- C'est arrivé ce matin, c'est le nouveau contrat que je dois signer pour lancer les impressions du dernier Nikki Heat, tu peux me les faire passer, je n'ai pas eu le temps de signer.

- Tu n'as pas pu le modifier, me dit-elle déçue en me donnant les papiers

- Si, si, c'est pour ça que la date de parution s'est éloignée. Il paraîtra dans un mois.

- Comment as-tu fait ? me demanda-t-elle

- Alexis et ton père ont tapé les derniers chapitres que je leur ai dictés.

Elle me regarda surprise par ma révélation.

- Mon père ?

- Oui, Jim m'a beaucoup aider, avouais-je

- Je suis contente que vous vous entendiez bien tous les deux.

- Moi aussi, lui répondis-je en signant les documents.

- À propos, de la conversation de tout à l'heure, dit-elle gênée en s'asseyant près du lit, pour hier…

- Je te promets que ça ne se reproduira pas, la coupais-je

- Justement, j'aimerais clarifier ce point, tu parles de mon excès de panique ou de toi et moi dans l'intimité?

- Je parle de moi agissant comme un mufle, avouais-je

- Castle, tu n'as rien fait, tu …

- Je n'aurais pas dû te toucher, la coupais-je

À ma phrase, elle se releva et souffla en faisant les cent pas, je ne savais pas si c'était un bon signe ou pas. En même temps, je ne voyais pas où j'avais fauté.

- Rick, je suis ta copine, c'est normal de vouloir me toucher

- Je...

- Laisse-moi, finir,… j'en avais envie hier, tu sais, continua-t-elle en me regardant droit dans les yeux, j'étais bien dans tes bras, je me sentais en sécurité, mais quand tu as mis tes mains sur ma poitrine, j'ai paniqué parce que…

- Je suis désolé, la coupais-je

- Castle ! Tu vas me laisser finir

- Non, toi, laisse-moi finir, je savais par quoi tu es passée et je n'ai pas été patient, tu étais bien dans mes bras et moi aussi, je n'ai pas besoin de plus, affirmais-je en la regardant

- Qu'est-ce que tu essaies de me dire? demanda-t-elle

- Plein de couples fonctionnent sans sexe, et ça marche, je n'ai pas besoin de sexe pour être heureux à tes côtés.

-Je…

- Bonjour vous deux, nous coupa Jim qui entrait dans la chambre, je dérange peut-être ?

- Non, répondis-je pendant que Kate répondait en même temps

- Oui.


billy  (16.09.2015 à 09:19)

CHAPITRE 27


POV BECKETT


Mon père me regardait comme pour me demander silencieusement ce qu'il devait faire, moi, j'étais scotchée littéralement par la révélation de Castle… une relation sans sexe… je m'attendais à tout sauf à ça !

- Je vais repasser, dit mon père voyant que je ne bougeais pas

- Non Jim, restez, insista Castle qui reçut un regard noir de ma part.

- Je ne voudrais pas déranger, continua mon père mal à l'aise

- Papa, tu pourrais nous laisser quelques minutes, j'ai besoin de parler à Rick

- Bien sûr, répondit mon père, je repasserai plus tard.

À la sortie de mon père, je me retournais face à la fenêtre pour remettre mes idées en place… une relation sans sexe… venant de Castle ! Je soufflais un bon coup, soit il avait subi un traumatisme crânien, soit la vidéo projetée à l'audience l'avait refroidi.

- C'est très mal élevé de mettre son père dehors, me taquina Rick pour me sortir de mes pensées.

- Pourquoi? Lui demandais-je en me retournant pour le voir

- Pourquoi ? Rit-il, parce qu'il doit être hyper gêné et parce qu'il doit…

- Au sujet du sexe Castle ! M'énervais-je devant sa mauvaise foi

- Kate, je t'assure que ça ne me dérange pas, je préfère vivre une vie près de toi sans sexe qu'une vie sans toi.

Je le toisai du regard, une vie sans moi ? Il pensait qu'on ne surmonterait pas le cap de l'intimité, il pensait que j'étais trop détruite.

- C'est à cause de la vidéo? Demandais-je

- Kate, je n'ai pas besoin de cette vidéo pour connaître ton angoisse face au toucher. Je te rappelle que j'étais là après ta détention et…

- Après ma détention, tu ne pouvais pas m'approcher maintenant c'est différent… je reconnais qu'il m'a fallu plus d'un an, mais je pourrais aller plus vite si…

- Je ne veux pas, me coupa-t-il en baissant la tête

- Pourquoi?

- Je suis désolé pour hier, murmura-t-il

- Castle, tu vas arrêter de t'excuser de m'avoir tripotée ! Je t'ai caressé moi aussi et je ne me suis pas excusée ! Je te l'ai dit, j'en avais envie. C'est juste que…

- Oui ? demanda-t-il face à mon hésitation

- J'étais vraiment bien, me lançais-je, j'en avais même oublié l'hôpital, souriais-je, c'est juste lorsque j'ai fermé les yeux pour m'abandonner totalement à tes caresses… j'ai baissé ma garde.

- Baissé ta garde?

- Oui, je … au moment où tu as posé tes mains sur ma poitrine, je me suis revue dans cet entrepôt, reconnus-je

- Ça ne se reproduira plus, m'assura-t-il

- Rick, on peut passer ce cap, tentais-je

- Kate, tu veux la vérité, je savais par quoi tu es passée, mais entre le savoir et le voir, il y a une différence… je veux que tu te sentes en sécurité désormais, que plus jamais tu ne revives ce calvaire. Je ne veux pas te revoir paniquer parce que j'aurais eu des gestes déplacés. Te voir à mes côtés, heureuse, me suffit largement.

- Tu ne penses pas ce que tu dis !

- Si !

- Castle, tu te plaignais que ta relation avec Gina était la relation la moins sexuelle que tu n'avais jamais eue et…

- Ce n'était pas pareil, tenta-t-il

- Et, repris-je, tu es Richard Castle, le bourreau des cœurs, l'homme aux conquêtes d'une nuit. Tu adores le sexe Castle, je ne te le reproche pas, j'adorais ça aussi avant, tu…

- Kate, je t'assure que je n'ai pas besoin de sexe, me coupa-t-il, et comme tu l'as toi-même signifié, tu parles d'adorer le sexe au passé.

Le regardant droit dans les yeux, j'essayais d'analyser ses propos, ses non-dits… Il réfutait toutes mes paroles. Après quelques minutes, je lui demandais :

- Je te dégoûte tellement que tu refuses de me toucher?

- Tu ne me dégoute pas! S'énerva-t-il, je veux juste te protéger

- Et si je veux du sexe ! Oui des tonnes et des tonnes de sexe ! Criais-je pour le faire réagir

À ma phrase, il me regarda surpris puis… gêné… il me fit un signe de la tête pour m'indiquer la porte qui se trouvait derrière moi, faisant demi-tour, je me trouvais face à Jordan et sa famille.

- Tu m'en vois ravie, sourit Jordan, j'ai vraiment cru que tu finirais bonne sœur.

Je me décomposais à sa phrase et ce qui suivit fini de me clouer sur place

- C'est quoi le sexe maman ? demanda Lily

À la question de Lily, nous ne bougions plus. Mon Dieu, cette journée ne s'arrêterait pas ! C'est Castle qui répondit à la petite :

- Des câlins, c'est un autre mot pour les câlins princesse.

- Oh, d'accord, acquiesça la petite, viens Kate, me dit-elle en me tendant les bras.

- Pourquoi? Lui demandais-je en m'agenouillant devant elle

- Pour que je te donne des tonnes et des tonnes de sexe, répondit-elle naturellement en me serrant dans ses bras, ce qui eut le don de détendre l'atmosphère et de faire rire ses parents.

- Moi aussi, j'adore les câlins, me confia Lily dans mes bras ce qui me fit sourire.

- Vas-y chérie, continua Jordan, elle a du retard en la matière !

- Jordan ! M'offusquais-je

- Bon et si nous changions de sujet, reprit Édouard, j'en ai plus appris que je ne le désirais. Comment allez-vous Castle?

- Bien je vous remercie, j'espère que le verdict tombera rapidement

- J'en suis certaine, répondit Jordan en ôtant son manteau

- Et votre rééducation se passe bien? Continua Édouard

- Oh, plus lentement que j'espérais, les calmants m'empêchent de sentir mes jambes ce qui retarde ma rééduc, avoua Rick déçu

- Oui, mais au moins tu n'as pas mal, rétorquais-je en relâchant Lily.

- C'est vrai, vous restez à New York encore longtemps?

- On repart après le verdict pour DC. Je dois reprendre le travail lundi, dit Jordan.

- Oh, avant que j'oublie, ajoutais-je en prenant une enveloppe dans mon sac, tu pourras le donner au chef.

- Qu'est-ce-que c'est ? me demanda-t-elle

- Ma démission.

- Kate, tenta Castle, prend le temps de …

- De quoi? Le coupais-je énervée, d'avoir une relation à distance, remarque ça réglerait les problèmes de câlins !

Devant ma répartie plus personne ne bougeait, je me sentais idiote d'avoir lancé une telle bombe devant tout le monde et en même temps, j'étais tellement énervée au sujet ce Castle.

- Je suis désolée, murmurais-je, je vais aller prendre l'air

- Kate, m'appela Castle

- Pas maintenant, lui répondais-je en sortant de la pièce avec Jordan sur mes talons.

- Tu vas m'attendre, oui ! criait-elle derrière moi

- J'ai besoin d'être seule, lui dis-je

- Tu as besoin de parler, d'extérioriser toute cette colère.

Essuyant les quelques larmes qui avaient fait surface sur mon visage, nous sortions de l'hôpital pour aller nous promener dans le parc d'en face. Jordan marchait en silence à mes côtés, je savais qu'elle attendait que je me confie à elle, mais je ne savais pas par où démarrer. Nous marchions depuis quelques minutes déjà, quand je reçus un message.

« Je suis désolé, revient s'il te plaît. Je t'aime. RC »

Verrouillant mon téléphone, j'entamais la conversation :

- On passe notre temps à s'excuser, ça devient un rituel entre nous, soufflais-je

- Vous construisez un couple sur un champ de ruines, c'est normal les faux-pas

- J'ai repoussé Castle hier, plutôt violemment suite à une étreinte

- Pourquoi? me demanda-t-elle doucement

- J'étais bien, j'ai fermé les yeux et Rick m'a caressé la poitrine, je ne sais pas, j'ai paniqué, je me suis revue avec Abbott, j'ai rouvert les yeux et je l'ai poussé de toutes mes forces je l'ai blessé Jordan, physiquement mais aussi psychologiquement.

- Et maintenant, il refuse les câlins, sourit-elle

- Il souhaite une relation sans sexe… On parle de Castle ! L'homme qui fait la une des magazines people pour le nombre de ses conquêtes, m'énervais-je

- Kate, tu sais pourquoi il t'a dit ça, continua-t-elle

- Je… je ne sais pas, soufflais-je en croisant les bras

- Il ne veut pas te brusquer, il souhaite juste être près de toi, et avec la vidéo de ce matin, je ne peux pas l'en blâmer.

Je réfléchissais à ces dires, mais j'avais peur… peur que Rick n'ose pas me toucher pour une toute autre raison que l'amour. Peur que m'avoir vu nue dans les bras d'un autre puisse changer son regard sur moi, qu'il ne souhaite plus poser ses mains sur moi, parce qu'il ne veut pas passer derrière Abbott. Je ressassais sans cesse ses pensées, quand Jordan reprit:

- Tu sais que tu as tort.

- Pardon?

- Si c'était arrivé à Castle, ta vision de lui changerait-elle ? Ou passerais-tu son bien-être avant le tien ?

- Je… tu as raison, acquiesçais-je

- Kate, qu'est-ce qui te dérange ?

- Et si je le poussais à reconnaître qu'il veut avoir ce genre d'intimité avec moi, mais que je ne sois jamais prête pour ça.

- Tu ne pensais pas qu'à la première tentative tous tes cauchemars disparaîtraient?

- Non, c'est juste que…

- Que?

- C'est tellement difficile, j'ai l'impression de devoir me battre à chaque fois, je ne demande pas grand-chose, je veux juste être normale, pleurais-je

- Tu es normale, m'assura Jordan, en me prenant la main, laissez-vous du temps et surtout discutez de vos peurs, de vos craintes.

- Tu vas me manquer, lui avouais-je en la prenant dans les bras

- Toi aussi. Tu sais tu devrais peut-être envisager la thérapie du toucher pour couple.

- Il n'y a que mon psy à DC qui faisait ce genre de thérapie, lui répondis-je en continuant de marcher, c'était au stade expérimental.

- Vous devriez peut-être envisager de venir sur DC alors.

- Jordan, sa vie est ici

- Et la tienne, là-bas, me rétorqua-t-elle, et en plus le psy aussi.

- Si je veux nous donner une chance, je...

- Pour vous donner une chance, il faudrait vous reconstruire ensemble

- Je vais parler de cette thérapie avec le Dr Burke.

- Comme tu veux, souffla-t-elle, mais si jamais un jour tu veux reprendre ton poste, il sera là.

- Merci, mais retourner là-bas, faire ce boulot, que j'adore ne te méprend pas, mais sans Andrew…

- Je sais

- C'est de ma faute, s'il est mort

- Tu n'y es pour rien, je te l'ai déjà dit.

Jordan pouvait me dire ce qu'elle voulait à ce sujet, ma culpabilité face à la mort de mon ami ne disparaîtrait pas.

- Tu devrais rentrer et parler avec Castle

- La chambre est bondée de monde

- Ne t'inquiète pas pour ça, nous irons faire un tour

- Je suis vraiment malpolie aujourd'hui, constatais-je

- Pardon?

- Non, rien, souriais-je à ma remarque.


POV CASTLE


Kate était partie depuis une heure maintenant, je m'inquiétais vraiment, elle avait l'air tellement furieuse en sortant que je redoutais le pire. Je pensais qu'elle serait soulagée d'apprendre que je n'attendais rien de sa part, je pensais l'aider à se sentir en sécurité. Je n'y comprenais plus rien, elle avait hurlé vouloir du sexe. Cette pensée me fit sourire, Kate Beckett voulait du sexe, avec moi !

- Castle ? me demanda Édouard

- Oui

- Vous souriez bêtement

- Pardon, je pensais… non à rien.

- Elle va revenir, Jordan arrive toujours à la calmer

- Je l'espère, admis-je, je peux vous poser une question ?

- Allez-y, dit-il en donnant des crayons supplémentaire à Lily qui dessinait sur mon adaptable

- Ce boulot à DC, comment elle était ?

- Je l'ai toujours entendu dire que du bien, elle était heureuse et épanouie dans ce qu'elle faisait.

- Oh ! Fis-je déçu qu'elle doive abandonner son rêve pour moi

- Mais elle passait toutes ses soirées à vous pleurer, enfin votre relation, reprit-il en haussant les épaules.

- Vous en êtes sûr ?

- Lily, chérie, tu peux raconter à Castle, l'histoire que Kate te racontait pour te coucher ?

À sa demande, sa fille se tourna avec son crayon en bouche, elle me sourit en déposant son stylo et s'approcha de moi pour monter sur le lit aidée de son père.

- Tu veux que je te raconte une histoire?

- Heu….

- Raconte-lui l'histoire que Kate te racontait, insista son père.

- Il était une fois, une princesse et un prince qui était très très heureux, mais un vilain sorcier avait jeté un sort sur la princesse. Elle ne pouvait plus s'approcher de son prince, alors pour qu'elle soit de nouveau heureuse, le beau prince avait sacrifié son amour pour elle. Il envoya sa jolie princesse dans un autre royaume, loin du vilain sorcier. La princesse s'était fait de nouveaux amis et avait un nouveau royaume qu'elle adorait, il était plus beau et meilleur que celui qu'elle avait quitté.

- Et après ? Demandais-je curieux

- Après, reprit la petite, la princesse était malheureuse dans ce nouveau et magnifique château, parce qu'il lui manquait l'essentiel … son prince.

- Et ?

- Je ne sais pas, répondit-elle en haussant les épaules, Kate disait qu'elle espérait qu'un jour le prince viendrait la chercher pour la ramener dans son royaume. Parce que même le plus beau des royaumes ne remplacerait l'amour qu'elle avait pour son prince, il fallait juste qu'à eux deux, il détruise le sorcier.

J'étais ému par cette histoire, elle m'attendait, elle était heureuse mais elle m'attendait. Relevant les yeux, je croisai le regard de Kate qui était revenue avec Jordan. À son expression, je pus voir qu'elle avait entendu notre conversation.

- Tu crois que le prince ira la chercher? me demanda Lily avec ses yeux pleins d'innocence, reportant mon attention sur elle, je lui dis :

- Je suis sûr qu'il irait se jeter dans les flammes de l'enfer pour elle, il reviendra la chercher.

- J'espère que tu as raison, parce qu'elle mérite d'être heureuse cette princesse.

Je souris à sa réplique, et relevant les yeux vers Kate pour la voir aussi émue que moi, je rajoutais en ancrant mon regard dans le sien :

- Tu as raison Lily, elle mérite d'être heureuse.

- Désolée, de vous déranger tous les trois, reprit Jordan, mais nous devons y aller

- Ah bon ? demanda Lily

- Oui chérie, allez dit au revoir à tout le monde, ajouta Édouard.

Embrassant tout notre petit monde, nous nous retrouvions de nouveau seul à seul.

- Kate, commençais-je

- Attend, me coupa-t-elle.

Elle se retourna et referma la porte à clef pour ensuite venir s'assoir près de moi :

- J'en ai marre d'être interrompue, me sourit-elle

- Je dois dire que moi aussi, acquiesçais-je, écoute je ne veux pas que tu penses que je ne veux pas de toi, que je n'ai pas envie de toi, c'est juste que je ferais ce que tu veux pour que tu te sentes en sécurité dans mes bras.

- Je me sens déjà en sécurité dans tes bras, m'avoua-t-elle, je t'assure qu'hier, j'étais vraiment, vraiment, bien avec toi.

- D'accord.

- Rick, je ne veux pas d'une relation sans sexe, et je suis sûre que toi non plus.

- Comment veux-tu procéder alors ? Demandais-je confus

- On devrait y aller document, en acceptant qu'il y ait des ratés, grimaça-t-elle à cette idée

- D'accord

- Et j'aimerais assez qu'on arrête de s'excuser. J'aimerais que TU arrêtes de t'excuser d'avoir envie de plus avec moi, me dit-elle en me caressant la joue

- D'accord.

- Tu ne sais dire que d'accord ? Sourit-elle

- Je t'aime, chuchotais-je en l'embrassant chastement

- J'ai une autre condition, ajouta-t-elle en s'éloignant de mes lèvres

- Je t'écoute

- J'aimerais qu'on suive une thérapie tous les deux, une thérapie du toucher pour être exact, je souhaitais demander au Dr Burke, si tu es d'accord ?

- Je suis tout à fait pour. Ça ne pourra que nous faire du bien à tous les deux.

- Très bien, on est donc d'accord pour qu'il y ait plus d'intimité entre nous?

- Oui, ne t'inquiète pas, je t'ai compris tout à l'heure des tonnes et des tonnes de sexe ! Rit-il

- Tu es insupportable, me répondit-elle d'une voix suave en m'embrassant.

- Hum, gémissais-je à son assaut

Une sonnerie de téléphone, nous coupa dans notre début d'étreinte, exaspéré je lâchais :

- Ce n'est pas vrai, on ne va pas nous lâcher aujourd'hui.

- Et non, mon ange, à croire que fermer la porte ne suffit pas, me répondit amuser Kate en prenant son portable.

- Beckett ?

- …..

- J'arrive, dit-elle en raccrochant

- Où vas-tu ?

- Au tribunal, m'informa-t-elle en se relevant à la hâte, le verdict va être rendu.

- Déjà ? Demandais-je en me redressant, c'est plutôt bon ou mauvais ?

- Je ne sais pas, répondit-elle angoissée, je t'appelle dès que je peux

- Kate, appelle Jordan et les autres, lui suggérais-je.

Je ne souhaitais pas qu'elle soit seule à ce moment-là, elle se rapprocha de moi, m'embrassa et me dit en sortant:

- Je les appelle de suite. À tout à l'heure.

-À tout à l'heure mon cœur, répondis-je alors que sa silhouette s'en allait.


billy  (17.09.2015 à 06:08)

CHAPITRE 28


POV BECKETT


Depuis que j'avais reçu l'appel de mon avocat, ma tête réfléchissait à cent à l'heure, je ressassais sans cesse chaque moment du procès, il n'était pas possible que le verdict soit en la faveur d'Abbott. J'étais totalement angoissée à l'idée de la décision finale qu'avait dû prendre le jury.

Comme promis, j'avais prévenu Jordan et Lanie qui se chargeaient de prévenir les autres, mon père m'avait dit qu'il attendrait avec Castle mon retour.

J'étais morte d'inquiétude, et s'ils avaient délibéré aussi rapidement parce qu'ils croyaient en la schizophrénie d'Abbott… non, me dis-je en secouant la tête, impossible pas après la plaidoirie de mon avocat.

Arrivée devant le palais de justice, j'entendis les journalistes m'interpeller:

« Mlle Beckett, est ce bon signe pour vous? «

« Mlle Beckett, un commentaire? »

Me hâtant à l'intérieur, je fus la première à arriver près de mon avocat.

- Maître, dis-je essoufflée

- Mlle Beckett, respirez, me sourit-il

- Comment se fait-il que c'est été aussi rapide ? C'est bon signe ou non?

- Si après la plaidoirie que j'ai faite, les jurés votent pour le meurtre sans préméditation, je change de boulot ! S'exclama-t-il.

- Je vous remercie pour tout, lui répondis-je en lui serrant la main

- Remercier moi quand cette ordure sera en prison, ajouta-t-il en saluant les familles des victimes qui se pressaient autour de nous.

Me mettant dans un coin, je m'aperçus que j'avais un message de Castle :

« Tout se passera bien, j'en suis certain. RC.»

« J'ai peur. K.B »

« Ferme les yeux. Souffle un bon coup. Pense à nous et tout ira bien. R.C »

« Merci. KB »

« Je t'aime Kate, plus que ma propre vie, j'aimerais tant pouvoir te serrer dans mes bras à cet instant, te réconforter…. »

« Tu le fais déjà… avec tes mots. Je t'aime aussi. »

Relevant la tête, je m'aperçus que Jordan et le reste de la bande m'attendait devant les portes.

« Je dois te laisser. A tout à l'heure mon ange »

M'approchant d'eux, Lanie me prit dans ses bras :

- Tu vas bien? Me chuchota-t-elle

- Redemande à la fin du verdict, lui répondis-je en desserrant notre étreinte, pour apercevoir qu'Alexis et Martha arrivaient.

- Kate, on devrait y aller, m'intima Javier en m'ouvrant la porte.

D'un hochement de tête, nous primes tous place à l'intérieur. Alexis s'était assise sur ma gauche et Lanie à ma droite. Le juge s'installa, puis Abbott entra dans la salle, il me scruta du regard en souriant puis s'assit.

- Monsieur, le premier juré avez-vous rendu votre verdict ? demanda le juge

- Oui, votre honneur, fit un homme d'une cinquantaine d'année, chauve et en surpoids dans le jury. Il se leva pour donner un papier au greffier qui le transmit au juge.

- Très bien, fit ce dernier en prenant note du verdict, nous vous écoutons.

Je pris la main de Lanie dans la mienne et souffla un bon coup. Mon cœur palpitait tellement que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma cage thoracique. Fermant les yeux, pour me calmer, j'écoutais le juré.

- Aux chefs d'accusation, concernant le kidnapping, la séquestration, les coups et blessures sur les personnes de Jeanne Monroe, Nina Lawrence, Emma Jackson, Michelle Percy, Alicia Bennett, Ellie Jackson et Katherine Beckett, nous avons reconnu l'accusé… Coupable.

À l'énonciation de ce premier verdict, un soulagement commun se fit entendre dans la salle. Alexis m'avait pris la main gauche et la serrait.

- Je vous demande le silence, quémanda le juge.

- Aux chefs d'accusation de viols et tentative de viol sur les personnes de Jeanne Monroe, Nina Lawrence, Emma Jackson, Michelle Percy, Alicia Bennett, Ellie Jackson et Katherine Beckett, nous avons reconnu l'accusé… Coupable.

Des larmes coulaient désormais sur mon visage, je ne savais pas si c'était des larmes de délivrance ou de soulagement. On nous reconnaissait enfin en tant que victimes. Les doigts de Lanie resserrèrent les miens, à l'énonciation de la suite. Je n'osais plus respirer. Je sentais la douce caresse d'Alexis sous ma paume gauche, qui t'attentait de m'apaiser.

- Au chef d'accusation de meurtres au premier degré avec préméditation sur les personnes de Jeanne Monroe, Nina Lawrence, Emma Jackson, Michelle Percy, Alicia Bennett et Ellie Jackson, nous avons reconnu l'accusé… Coupable.

Au verdict final, je laissais enfin mes poumons expirer l'air que je m'efforçais de contenir. Les familles s'étaient levées et se seraient dans les bras, en pleurs. Lanie m'avait enlacé en chuchotant :

- C'est fini, Sweety.

- Je… je, bégayais-je n'arrivant plus à avoir une idée cohérente.

Quinze mois, il avait fallu quinze mois pour que ce cauchemar prenne une fin juridique. Quinze mois que j'avais mis ma vie en suspens. Je me sentais délivrée d'un poids mais pas complètement libre. Je m'étais relevée, je m'étais battue contre moi-même pour être de nouveau debout.

Je n'arrivais pas à réaliser que cette ordure allait payer pour le mal qu'il m'avait fait, qu'ils nous avaient fait. Je ne m'étais pas rendu compte que j'étais désormais debout, je passais de bras en bras, pour finir dans ceux de Martha.

- Justice a enfin été rendu, Katherine.

- Oui, répondis-je déconnectée.

- Je suis fière de vous

-Merci, Martha, répondis-je émue par cet échange avec elle.

Martha avait toujours été bienveillante à mon égard, elle avait des gestes maternels envers moi qui me troublaient toujours énormément. La serrant dans mes bras, pour avoir plus de réconfort de sa part, je vis un homme s'avancer près de moi :

- J'étais le mari d'Emma Jackson, je voulais simplement vous remercier d'avoir été là, d'avoir témoigné et de vous êtes battue pour que justice soit rendue à ma femme, avoua-t-il en larmes en me tendant la main, merci infiniment. Les familles affluèrent vers moi, toutes avec un mot de gentillesse à mon égard. J'étais mal à l'aise qu'il me considère comme un porte-parole.

Après quelques minutes, le juge réclama de nouveau le silence et reprit la parole :

- Mr Abbott levez-vous,… à la lumière des chefs d'accusations et du verdict rendu, Mr Kyle Abbott vous avez été reconnu coupable pour séquestrations, coup et blessures, viols et tentative de viol sur les personnes de Jeanne Monroe, Nina Lawrence, Emma Jackson, Michelle Percy, Alicia Bennett, Ellie Jackson et Katherine Beckett, ainsi que meurtres avec préméditations sur Jeanne Monroe, Nina Lawrence, Emma Jackson, Michelle Percy, Alicia Bennett et Ellie Jackson. Vous êtes condamnés à la peine capitale, la prison à perpétuité. Vous serez dès à présent transféré à la prison de Riker's.

Après deux frappements de marteau sur sa table, les avocats se levèrent. Deux agents de sécurité s'avancèrent vers Abbott pour lui mettre les menottes. Me levant, je me faufilais jusqu'au premier rang derrière lui pour lui dire :

- J'ai gagné…

Il se retourna et me dévisagea en souriant, en hochant la tête sur le côté comme pour mieux me déshabiller du regard et me répliqua :

- À chaque fois, qu'on te touchera tu penseras à moi, Katie… à mes mains sur moi, à ma langue… Es-tu sûre d'avoir gagné ? Ricana-t-il en se mordant la lèvre.

- Suivez-nous, ordonna un des deux agents

- Tu ne pourras jamais oublier, Katie…, ajouta-t-il en partant me laissant totalement désarmée face à cette réplique, haute en vérité.

- Kate, tu viens? Me fit la voix d'Alexis qui s'était rapprochée.

- Je…je, bégayais sous l'effet du choc de la révélation d'Abbott.

- Si papa était là, et je suis sûre qu'il est là par la pensée, il te dirait de ne pas le laisser entrer dans ta tête…. aujourd'hui tu as gagné, vous avez toutes les sept gagnées, me déclara-t-elle en me prenant dans les bras

- Merci, Lex, murmurais-je, merci pour tout.

-Merci à toi, Kate pour tout ce que tu as fait pour papa et pour moi s

ces derniers jours. Je ne te l'ai jamais dit pas, mais je suis heureuse que tu fasses partie de la famille.

- ...

- Allez viens, papa, doit nous attendre, reprit-elle

- Allons-y, acquiesçais-je en lui souriant émue par ses mots.

Alexis et moi, nous nous étions énormément rapprochées depuis le coma de Castle, j'avais découvert une autre facette de l'adolescente que je connaissais comme mature et discrète. L'état de santé de Castle, m'avait permis de découvrir une Alexis forte, câline et à l'écoute envers moi.

Elle s'était confiée à moi, sur ses peurs, ses craintes de perdre son père, de le voir diminué, mais depuis que Rick avait ouvert les yeux, elle m'avait simplement confié qu'elle ne voulait pas perdre ce qu'on avait construit toutes les deux, et moi non plus d'ailleurs.

Quittant le palais de justice, sous les flashs des journalistes, j'entendis mon avocat proclamer :

- Aujourd'hui justice a été rendue. Mr Abbott a été condamné à la perpétuité pour les atrocités et les meurtres qu'il a commis. Aujourd'hui, je suis fier d'être New-Yorkais.

Je partis rejoindre la voiture de Jordan, avec Alexis et Martha sous les cris des journalistes :

« Mlle Beckett, un commentaire? »

« Mlle Beckett, êtes-vous satisfaite du verdict? »

Entrant dans la voiture, je soufflais un coup. Depuis l'entrée dans ce tribunal, tout avait été très vite, j'avais l'impression d'être dans un état second où je ne réalisais pas ce qu'il se passait. Jordan m'annonça qu'elle repartait avec Édouard et Lily dès demain matin. Je lui répondis que je les emmènerais à l'aéroport. Martha m'avait suggéré de fêter comme il se doit cette victoire, mais je déclinais cette invitation pour cause de fatigue. J'avais juste envie de rentrer et de me retrouver dans les bras de Castle au calme. Arrivée devant l'hôpital, je descendis seule de la voiture. Alexis et Martha avait compris que Rick et moi avions maintenant besoin d'intimité, pour parler, pour avancer. Devant la porte de Castle, je surpris une conversation entre Rick et mon père.


Château de POV


J'étais rassuré du verdict qui avait été rendu. Jim était venu près de moi, et avait soufflé un merci mon Dieu. En tête à tête, tous les deux, nous discutions :

- Je dois dire que je suis en admiration devant vous, Jim.

- Pour ? demanda-t-il gêné

- Pour avoir eu le temps de mettre une droite à Abbott, m'exclamais-je

- Je dois dire que j'en suis fier aussi, sourit-il. Je peux vous posez une question, Richard?

- Je vous écoute

- Si c'est trop personnel, vous pouvez...

- Allez-y, Jim, insistais-je

- Commentaire va Katie?

- A vrai dire, je dirais qu'elle s'en sort admirablement bien mais, j'ai peur, avouais-je

- Peur ?

- Peur que ce soit les nerfs qui l'a font tenir. Entre le procès, la mort de son équipier et moi, elle n'a pas eu le temps pour se poser réellement.

- Vous avez peur du contrecoup.

- Oui, dis-je penaud

- Moi aussi, m'avoua-t-il, Katie a toujours été une personne forte et indépendante, elle ne montre jamais ses faiblesses. J'espère qu'avec vous à ses côtés, elle puisse avoir le soutien qu'elle désirera.

- Je serais toujours là pour elle, mais j'ai l'impression d'être un poids supplémentaire pour elle en ce moment.

- Vous savez très bien que non

- J'aurais dû être avec elle cette après-midi et non pas allongé dans un lit

- Votre état de santé ne le permet pas et croyez-moi, rien que le fait que vous vous soyez réveillé de votre coma est le plus important à ses yeux.

- J'aimerais tellement faire plus, ajoutais-je

- Vous êtes là pour ma fille au quotidien, elle le sait. Katie sait qu'elle peut compter sur vous et je vous en remercie… Richard, à quel point, est-elle brisée ? demanda-t-il la voix hésitante

- Je ne comprends pas

- J'ai entendu le récit de sa détention, j'ai entendu le docteur Parish exposer ses douleurs… Son récit m'a détruit, ma fille a tellement souffert, il lui a fait tellement d'atrocités. Je… j'espère juste qu'elle puisse retourner à une vie normale. C'est important pour un père, ajouta-t-il, de savoir sa petite fille heureuse, cet homme lui a volé une part d'elle-même, j'espère juste qu'elle arrivera à se relever, qu'elle pourra de nouveau avoir une vie intime de femme épanouie, sans crainte.

- Je l'espère aussi, avouais-je toucher par les mots du père de Kate.

- S'il vous plaît ne l'abandonnez pas, me supplia-t-il

- Je n'ai pas l'attention de laisser Kate, n'ayez crainte. Je veux construire ma vie auprès d'elle, vieillir auprès d'elle.

Après cet aveu, nous nous regardions sans rien dire, plus aucun mot ne fut sorti. C'est l'arrivée de Kate qui nous sorite de notre bulle.

- Hey, nous fit-elle émue

- Hey, répondis-je en la voyant aller dans les bras de son père

- Comment vas-tu, Katie ? murmura-t-il

- Bien, papa

- Je t'aime ma fille

À sa déclaration, je pus voir Kate relever le visage baigné de larmes, elle lui répondit en sanglotant :

- Je t'aime aussi papa.

Son père relâcha son étreinte, l'embrassa sur la tempe, puis Kate se dirigea vers moi, pour me donner un chaste baiser.

- Hey

- Hey, souriais-je en la contemplant

- Je vais vous laisser, nous dit Jim

- Vous pouvez rester Jim, assurais-je ne voulant pas remettre une nouvelle fois son père dehors.

- Non, vous avez besoin d'un peu de calme, je repasserais demain, proclama-t-il en me serrant la main et en embrassant une nouvelle fois Kate.

Une fois son père partit, Kate ôta son manteau qu'elle n'avait toujours pas retiré, et se cala dans mes bras. Allongés l'un à côté de l'autre, j'attendais qu'elle se confie.

- Je t'ai entendu avec mon père, commença-t-elle doucement

- Oh, fis-je surpris, et qu'as-tu entendu ?

- Tout.

Je resserrais l'étreinte de mes bras sur elle, en embrassant ses cheveux et chuchotais :

- Kate, si ça n'allait pas tu me le dirais ? Je veux dire, je ne suis pas fait en sucre. J'ai besoin que tu saches que…

- Je ne sais pas comment je vais Rick, me coupa-t-elle, je ne sais pas si je dois être heureuse ou triste, je suis comme déconnectée.

- Comment t'es-tu sentis à l'énonciation du verdict, demandais-je pour l'aider à extérioriser ses sentiments

- Soulagée, je crois, souffla-t-elle, et ensuite cet homme m'a remercié pour sa femme, pour Emma Jackson… je ne suis pas un porte-parole.

- Il voulait simplement….

- Abbott m'a dit quelque chose, m'avoua-t-elle en resserrant son emprise sur mon torse comme si elle souhaitait être protégée.

- Que t'a-t-il dit?

- Je … je lui ai dit que j'avais gagné après le verdict, avant qu'il ne l'envoie à Rickers. Il m'a dit que j'avais tort, que chaque fois qu'un homme poserait les mains sur moi, je penserais à lui.

- Kate ...

- Il a raison, Rick et mon père aussi, se mit-elle à pleurer, je suis brisée.

- Tu n'es pas brisée, tu es … juste comme moi, en convalescence

- En convalescence? dit-elle surprise en me regardant en pleurs.

- Oui, répondis-je en séchant ses larmes d'une main. Après beaucoup de soins, de temps pour toi, tu verras tu te relèveras.

- Tu en es tellement sûr, dit-elle résignée.

- Tu es Katherine Beckett, la femme la plus forte que je connaisse, tu ne recules pas, tu te bats contre vents et marées. C'est juste une nouvelle bataille.

- J'en ai marre de ce champ de bataille, j'aimerais juste pouvoir vivre ma vie au calme sans combat.

- On va y arriver ensemble, Kate, je te le promets.

- Je t'aime

- Moi aussi, mon cœur.

Les trois semaines suivantes avaient été éprouvantes pour moi, les médecins avaient diminué les doses de médicaments progressivement, puis mon kinésithérapeute avait réellement attaqué avec moi la phase rééducation. Les douleurs engendrées à chaque exercice me tordaient de douleur. Plusieurs fois, j'ai voulu tout stopper. C'est le soutien de Kate, d'Alexis et de ma mère qui m'avait fait tenir.

Après trois semaines, je marchais enfin avec l'aide d'une canne. J'étais retourné au loft.

Kate était retournée à DC pour poser officiellement sa démission qui avait été refusé par le bureau, elle avait aussi rencontré son psy là-bas, pour lui demander de transférer son dossier et ses notes au Dr Burke. Nous souhaitions entamer notre thérapie au plus vite, afin de retrouver notre vie.

Alexis était retourné à Stanford dès que j'ai pu me déplacer seul.

Mère avait trouvé une excuse pour partir loin du loft, afin de nous laisser plus d'intimité à Kate et moi. Elle n'arrêtait pas de dire que les oiseaux devaient refaire leur nid, ce qui avait pour finalité de faire rougir Kate à chaque évocation.

Un mois plus tard, nous étions dans le bureau du Docteur Burke pour notre première séance, avec l'espoir de nous retrouver en tant que couple.

FIN

Je souhaitais remercier Nero 94 pour son aide et sa disponibilité. J'espère que cette vic vous a plus. Attendant vos commentaires pour pouvoir écrire la suite, à très bientôt.

PS: n'hésitez pas à me suggérer quelques idées que vous aimeriez voir apparaître pour la suite. La thérapie du toucher sera bien sûr présente !

 

 

*** Une suite intitulée «Reconstruction» a été écrite pour cet EV.***


billy  (20.09.2015 à 16:56)
Message édité : 22.07.2020 à 10:37

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