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Interdit aux moins de 16 ans

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Série : Castle
Création : 19.09.2015 à 19h17
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui m'est venue à l'esprit alors que j'écoutais la chanson "The Scientist de Coldplay"... » Minefuji 

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Chapitre un

 Université de Stanford septembre 1998.

 Jim posa le dernier carton sur le bureau de la chambre de sa fille avant de se relever en posant ses mains dans son dos. 

 - Bon sang Katie! Qu'est-ce que tu as mis dans ce carton?!

 - Fais voir? Oh, ce sont mes livres!

 - Tu es au courant qu'ils ont une bibliothèque ici?! Je suis sûr que tu n'aurais pas le temps de lire tous les livres qu'ils ont même si tu y restais encore cinq ans!

 - J'avais besoin de ces livres, répondit Kate avec un haussement d'épaules.

  - Et tes étagères sont déjà pleines! Où vas-tu mettre tout ça? Sur celles de ton amie?

 - Rahhh! Tu ne vas pas râler pour quelques bouquins, soupira la jeune fille. Et puis Carly n'utilise pas toutes ses étagères...

- Quelques bouquins?! Il pèse une tonne ce carton! Et dire que je pensais que tu avais déjà ramené tous tes livres l'an dernier! Je me suis certainement fait un tour de reins en le portant jusqu'ici! 

- Arrête donc de te plaindre Jimmy, lança une douce voix derrière lui. Katie a besoin de ses livres, ça la rassure, c'est normal.

- Elle n'avait pas besoin de se rassurer autant quand elle est allée à Kiev pendant un semestre!

 - Mais si voyons, répondit Johanna, seulement cette fois-là, ça n'était pas toi, qui portait les cartons pour la conduire à l'aéroport, mais Paul.

 En entendant le prénom de son ex petit copain, Kate se figea, pourvu que la discussion "Paul" ne revienne pas sur le tapis!

 - De toute façon, tu es toujours de son côté, marmonna-t-il.

 - Ah, ça y est, voilà que ton père joue les victimes, rigola Johanna. Mais au fait, tu as des nouvelles de Paul? Je l'aime bien ce garçon!

 Loupé! Revoilà Paul! Kate roula des yeux.

 - Tu parles, ce garçon ne valait pas un clou! Marmonna Jim.

 - Ne dis pas n'importe quoi, Jim, de toute façon avec toi, personne n'est assez bien pour ta petite fille chérie! Paul est un noble français, tout de même! Il vaut cent fois mieux que le grunge qui sentait le chien mouillé.

 - Ah c'est sûr que celui-là, il méritait la palme! Étant donné la médiocrité de ses goûts en matière de garçons, je renouvelle ma proposition de l'enfermer dans un couvent! 

 - Encore cette histoire de couvent ? Combien de fois faudra-t-il que je t’explique que notre fille a grandi et qu’on ne peut pas la mettre sous cloche !

 - J’ai besoin de la savoir en sécurité !

 - Et moi, j’ai besoin de la savoir heureuse ! Le monde est plein de dangers, mon chéri, c’est comme ça ! Mais rassure-toi elle est suffisamment bien armée pour affronter la vie !

 Kate secoua la tête, exaspérée. Se rendaient-ils compte qu’elle se trouvait dans la même pièce qu’eux ? Ils ne rataient jamais une occasion de se chamailler et elle était leur détonateur préféré. Ah… Si seulement elle avait eu un frère ou une sœur…

 - Non mais ce n’est pas bientôt fini, vous deux? Râla Kate. Maman, désolée de te l'annoncer, mais j'ai définitivement tourné la page avec Paul!

- Excellente nouvelle! Se réjouit Jim.

- Quant à toi papa, je te rappelle que je suis une grande fille, tu n'as plus ton mot à dire sur le choix de mes petits amis! 

 - Tu es bien trop jeune! Protesta Jim.

 - Peut-être, mais d'après la loi je suis majeure! Rétorqua la jeune fille en croisant les bras.

 - Pas au Nebraska et encore moins dans le Mississipi!

 - Eh bah heureusement pour moi, Stanford est en Californie! Siffla la jeune fille.

 - Alors ça, parlons-en! rétorqua-t-il en sautant sur l'occasion de remettre ce sujet sur le tapis. Pourquoi as-tu choisi une université aussi loin de New York! J'aimais bien Columbia, moi!  

- Papa, soupira Kate, tu m'as déjà fait ce cinéma l'an dernier!

- Mais Stanford est si loin de New York… geignit-il.

 - Jim, on en a déjà discuté, intervint Johanna, et puis Stanford, c'est quand même plus près que Kiev!

 Kate remercia sa mère intérieurement. Elle savait combien il lui coûtait de voir sa fille unique faire ses études aussi loin de la maison, mais elle faisait bonne figure et tempérait la réaction de son père, qui lui, était désespéré de voir sa petite fille chérie s'installer loin de lui. Qui allait pouvoir surveiller les garçons qui ne manqueraient pas de lui tourner autour?

 - Tu as tout ce qu'il te faut? Demanda Johanna pour changer de conversation. Ton réfrigérateur est rempli?

 - Maman! Tu l'as rempli toi même! Soupira Kate. J'ai là-dedans de quoi nourrir tout l'étage pendant une semaine!

 - Ne dis pas n'importe quoi Katie! Et puis je sais bien que si je ne m'en mêle pas, tu nous reviendras squelettique à Noël!

 - Maman! Je ne suis pas comme Lizzie! Je ne m'affame pas pour faire une carrière dans le mannequinat!

 - Il n'empêche que si je ne suis pas là pour veiller à ce que tu te nourrisses convenablement...

- Je te promets faire attention et de manger trois fois par jour! Répliqua Kate pour rassurer sa mère.

 Johanna sourit et prit sa fille dans ses bras.

 - Oh! Mon trésor! Tu me manques tellement quand tu n'es pas à la maison!

 - Toi aussi tu me manques, reconnut Kate. 

 - Katie! Qu'est-ce que je suis contente que tu me dises ça! Se réjouit Johanna en la serrant un peu plus dans ses bras.

 - Dans ce cas, arrange-toi pour avoir deux semaines de vacances quand je reviendrai à Noël! Et quand je dis vacances, je veux dire pas de dossier à la maison, pas d'enquête pour préparer la défense d'un client et pas de rendez-vous avec qui que ce soit!

 - Katie... N'exagère pas, je ne passe pas mon temps à travailler!

 - Moi j'exagère?! Et qui a préparé sa plaidoirie pendant notre dernière virée à Cosney Island?! Et ne dis pas le contraire! Tu as fait des tâches de crème solaire sur une de tes fiches!

 - Mhmm...touchée. Tu as gagné Katie, je te promets de ne rien prévoir pour le travail au moment où tu seras à la maison.

 Kate sourit.

 - Rien que des virées shopping entre filles et des ateliers cuisine?

 - Et un marathon Temptation Lane!

 - Et un marathon Temptation Lane, approuva Kate en riant.

 - Oh non! Pas ce soap ridicule! Geignit Jim.

 - Elle n'est pas si ringarde que ça, je trouve... marmonna Johann. Enfin si, elle est ringarde, mais elle reflète un peu la société dans laquelle on vit, par certains côtés...

 - Tu veux rire? Il n'y a pas un brin d'authenticité dans ce truc! 

 - Bon d'accord, on est loin de la réalité, c'est vrai... Mais... C'est l'ambiance, qui est géniale! Se pelotonner dans le canapé avec tout un tas de trucs à grignoter!

 - Génial! Grinça Jim. Cette série va nous rendre stupides et obèses!

 - On ne t'oblige pas à participer, Papa, répondit Kate toujours blottie contre sa mère.

 - Ta fille a raison, approuva Johanna, tu n'auras qu'à t'occuper de tout ce qu'il y aura à faire pour le réveillon : les courses...

 - ... La cuisine... Ajouta Kate en redressant la tête.

 - ... La décoration de la maison...

 - ... Et le sapin! Tu pourrais même aller le couper en forêt pour que ça soit plus authentique! 

 - Et je viens encore une fois de me faire avoir, soupira Jim. Vous êtes trop fortes pour moi les filles.

 Ils partirent dans un fou rire général, qui leur fit oublier un instant la séparation à venir. Ça n'était pas la première année de Kate à Stanford, ça n'était pas non plus la première fois qu'elle quittait la maison, mais chaque été, elle redevenait la petite fille chérie de ses parents et ils ne se quittaient pratiquement plus pendant trois mois, ce qui faisait qu'à chaque rentrée, ils avaient l'impression de se quitter pour la première fois.

 - Ne fais pas de bêtises, dit Jim en étreignant sa fille avant de partir.

 - Papa... Souffla-t-elle.

 - Je sais, tu es majeure! Répondit Jim en levant les mains. Mais si tu pouvais éviter de me ramener un énième zigoto...

 - Elle s'amuse, Jim, elle est jeune, c'est normal.

 - Elle peut s'amuser sans tous ses énergumènes! Et puis, elle est à l'université pour étudier!

 - Alors ça, s'il y a bien un reproche que tu ne peux pas lui faire, c'est bien celui-là! Elle va finir major de sa promotion au train où elle va! Promets-moi de ne pas passer tout ton temps à travailler, dit Johanna en chuchotant la dernière phrase à l'oreille de sa fille.

 Kate secoua la tête, ses parents étaient incorrigibles… Et adorables aussi. Ils étaient amoureux comme au premier jour et il y avait une telle complicité entre eux. Elle espérait trouver ce qu’ils avaient un jour...

Mais pour le moment, elle avait un objectif bien précis en tête et elle allait s’y consacrer pleinement !

 

 


Minefuji  (19.09.2015 à 19:35)
Message édité : 09.04.2017 à 18:38

Chapitre deux.

Ses parents partis, Kate s'installa à son bureau, bien décidée à mettre à profit le calme qui régnait dans la pièce avant le retour de sa compagne de chambre pour étudier un peu.

Mais ce moment studieux ne dura pas, il fut en effet perturbé environ une demi-heure par le retour de vacances de Carly.

- Hey! Salut ma grande! Je suis contente de te revoir! Oh là là! Ne me dis pas que tu as déjà remis le nez dans tes bouquins?! Ou plutôt dis-moi que tu n'as pas passé trois mois à lire et à étudier?! Non parce que je pensais t'avoir fait comprendre que les vacances ne servaient pas à ça! C'est le moment idéal pour sortir, faire bronzette et draguer des tas de beaux mecs!

Moulin à paroles, voilà les mots qui venaient à l'esprit de Kate à chaque fois qu'elle se trouvait à proximité de sa compagne de chambre. À croire que cette fille avait peur du silence et qu'elle passait son temps à combler les vides... Kate s'apprêtait à lui répondre, mais apparemment sa réponse ne venait pas assez vite pour Carly, qui reprenait déjà son monologue.

- Alors? Comment ce sont passées tes vacances?! Tu as fait des rencontres? Moi, j'ai rencontré un type extra! Il s'appelle John et il est en dernière année de fac de médecine. Il compte devenir neuro-chirurgien!

Et voilà, deuxième caractéristique de Carly, sa perpétuelle quête de la réussite sociale ou plutôt sa perpétuelle recherche de l'homme à la plus belle réussite sociale. À quoi bon travailler et réussir par soi-même, quand on peut se contenter de trouver un type brillant et profiter de son aura lumineuse?

- J'ai croisé Lizzie et Ann en arrivant, continua Carly devant le manque de réactivité de son amie, on a décidé d'aller à l'Alembic pour fêter notre retour! J'ai dit que tu viendrais aussi, bien évidemment! On a rendez-vous en bas dans une heure, comme ça j'ai le temps de m'installer et de me faire une beauté.

- Mais c'est à vingt minutes d'ici en taxi! Protesta Kate.

- Roh! Fais pas ta rabat-joie! On est jeunes, il faut en profiter et puis, il y aura sûrement des gars!

Kate roula des yeux et fit une croix sur sa soirée studieuse. Elle s'étira longuement et se décida à se préparer, après tout, s'amuser un peu ne lui ferait pas de mal.

Une heure plus tard, elles entraient toutes les quatre dans le bar bondé de monde. Elles parvinrent tout de même à se frayer un chemin jusqu'à une table et passèrent commande. Lizzie et Ann étaient au moins aussi bavardes que Carly. Cela ne dérangeait pas Kate, qui n'était pas la plus grande des bavardes, surtout à propos de sa vie privée. Elle aimait garder pour elle ce qu'elle ressentait, aussi tant que ses amies se racontaient leurs vacances, elles ne s'intéressaient pas aux siennes, ce qui l'arrangeait. Elle les écoutait donc distraitement en sirotant son cocktail sans alcool à la paille.

Lizzie ne tarissait pas d'éloges sur son nouveau petit ami, Tom. Tom suivait les mêmes cours qu'elle. Ils s'étaient rencontrés en septembre de l'année précédente. Leur amitié s'était développée au fur et à mesure de leur première année universitaire et c'est ensemble, qu'ils étaient partis en vacances. Apparemment ils s'étaient encore plus rapprochés sous la tente.

Ann, quant à elle, elle était en couple avec son petit ami Stuart depuis le lycée. Ils avaient déjà projeté de se marier à la fin de leurs études. Kate était donc la seule célibataire du groupe et s'en réjouissait. Elle était ambitieuse et comptait bien devenir un jour la première femme à présider la cour Suprême. Autant dire que ses études étaient sa priorité et qu'elle n'avait nullement l'intention de s'embarrasser avec une histoire sérieuse.

- Alors, Beck, et ces vacances? Demanda soudain Ann.

Les trois paires d'yeux de ses amies se tournèrent vers elle. Kate leva un regard étonné vers elles et cessa de siroter son cocktail sans pour autant lâcher sa paille.

- …

- Raconte-nous ! Appuya Lizzie. Tu as voyagé ? Tu as rencontré quelqu'un ?

Nouveau silence rompu par le bruit d'aspiration de la paille de Kate, indiquant qu'elle était arrivée à la fin de son cocktail.

- Alors ? Insistèrent ses trois amies. Qu'est-ce que tu as fait ?

- J'ai bricolé ma moto et j'ai bossé au cabinet de ma mère…

- Tu as travaillé ?! Fit Ann d'un air effaré.

- J'avais besoin de gagner de l'argent et puis ça m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sur le métier d'avocat.

- … C'est tout ? Tu n'es pas partie en vacances ?

- Oh si ! On a passé deux semaines dans la cabane de mes parents. Je suis allée à la pêche avec mon père, on a fait quelques randonnées…

- Ma parole, tu décris mes vacances d'été quand j'avais dix ans ! Soupira Carly.

- Je venais de passer un semestre à Kiev ! J'avais envie de passer du temps avec mes parents !

- Tu es une grande fille, Kate, répliqua Carly. Tu devrais avoir envie de rencontrer un garçon et de faire des projets d'avenir !

- J'ai des projets ! Se défendit Kate. Je vais devenir la première …

- … femme à présider la Cour Suprême ! Continuèrent les trois autres d'une même voix.

- Exactement ! Vous comprenez pourquoi je n'ai pas envie de m'encombrer d'un petit ami!

- T'encombrer?! Répéta Ann qui n'en croyait pas ses oreilles. Mais c'est important d'avoir quelqu'un avec qui parler, faire des projets de vie... Quelqu'un qui te soutienne, qui t'aime... Fonder une famille...

- Ça, c'est un discours digne de l'oncle Sam, rétorqua Beckett. Écoutez les filles, je suis jeune et le célibat me convient parfaitement. Quant à fonder une famille, ça n'est vraiment pas dans mes priorités!

- Mais...

- Laisse tomber Ann, intervint Lizzie. Rebel Beck n'écoute personne.

- Rebel Beck?

- Rebel Beck est trop cool pour agir comme nous autres moutons, expliqua Carly en secouant la tête. Fais comme tu veux, miss la rebelle, mais statistiquement, on a le plus de chance de rencontrer l'âme sœur pendant nos études. Et quoi que tu en dises, ton horloge biologique a déjà commencé à tourner.

Kate manqua de s'étouffer en entendant son amie.

- Mon horloge biologique?! J'ai dix-huit ans! J'ai encore largement le temps de vivre ma vie avant d'avoir ce genre de préoccupations! Je laisse ça aux vieilles!

- Hé! Protesta Lizzie, c'est pas parce que tu es la plus jeune ici, que tu as le droit de nous traiter de vieilles!

- Ok, je m'excuse les filles, mais par pitié, fichez-moi la paix avec ma vie privée!

Cette mise au point terminée, la conversation reprit entre les quatre amies, ou pour être plus exact entre les trois, la quatrième se contentant de nouveau d'écouter d'une oreille distraite. Elle s'interrompit cependant quelques minutes plus tard, quand un serveur vint déposer un autre cocktail devant Beckett.

- Mais je n'ai pas commandé de... S'étonna la jeune fille.

- Je sais, répondit le serveur, c'est de la part du jeune homme là bas au comptoir.

Kate tourna la tête dans la direction indiquée par le serveur et aperçut un jeune homme, qui lui fit un petit signe charmeur en souriant.

- Qui est ce? Demanda Carly intriguée.

- Aucune idée, répondit Kate.

- En tout cas, tu lui as tapé dans l'œil, remarqua Lizzie.

- Et si on allait sur la piste de danse, suggéra Ann, histoire de laisser la miss remercier son admirateur...

- Quoi?! Non! Protesta Kate, tandis que ses amies se levaient déjà.

- T'en fais pas, c'est juste pour quelques minutes, la rassura Carly avant de quitter la table.

- Salut! Dit le jeune homme en s'asseyant à ses côtés.

- Euh... Salut... Marmonna Kate mal à l'aise.

- J'm'appelle Rogan! Rogan O'Leary!

- Salut Rogan-Rogan...

- Quoi?!... Non, c'est juste Rogan!

Devant la mine décomposée du jeune homme, Kate éclata de rire.

- ... Ah d'accord... Tu me fais marcher.

- Beckett! Répondit-elle. Je m'appelle Kate Beckett.

- Enchanté, sourit-il.

- Alors, Rogan. Qu'est-ce que tu fais dans la vie? A part offrir des verres aux filles dans les bars, je veux dire!

- Oh! Eh bien, je roule ma bosse de ci de là...

- Un aventurier, mhm?

- On peut dire ça comme ça...

Un peu plus loin, Carly, Ann et Lizzie observaient leur amie et son nouvel admirateur. Sa conversation devait être plus intéressante que la leur, car elle semblait plus attentive. Et cerise sur le gâteau, il la faisait rire!

- Eh bah tu vois, Ann! Toi qui avais peur que Kate finisse seule et triste...

- Ne crie pas victoire trop vite, Liz... Beck est... Du genre compliquée.

- Ouais, l'an dernier, elle est sortie avec trois types, approuva Ann, et pas un n'a réussi l'exploit d'être avec elle plus de deux mois!


Minefuji  (20.09.2015 à 16:47)

Chapitre trois

Rick posa le dernier carton dans le bureau de son nouvel appartement puis se tourna vers la fenêtre en posant ses mains dans son dos. Il n'aurait peut-être pas dû amener autant de livres... Après tout, cet emménagement n'était que temporaire. Il observa la vue qui s'offrait à lui. Le ciel était dégagé et la baie de San Francisco s'étendait devant lui. Son nouveau logement se trouvait au sommet d'une colline, qui la surplombait. Magistral, le golden Gate Bridge enjambait le détroit, qui reliait la baie à l'océan Pacifique. Au loin, il parvenait même à apercevoir la prison d'Alcatraz en cherchant bien. Au moins la vue était agréable!

- Tu es sûr que tu veux t'installer ici? Demanda Martha qui venait de terminer sa visite des lieux. Je croyais que tu aimais New York!

- J'aime New York et mon loft là-bas! Mais Meredith est ici et Alexis aussi, par la force des choses. Si je veux voir Alexis plus souvent, il faut que je vive ici.

- Meredith est à Los Angeles! Rétorqua Martha. Ça fait plus de cinq heures de route! Tu aurais pu trouver plus près!

- À peine une heure en avion! Et puis... Ce n'est qu'une location, en attendant de trouver l'endroit idéal pour moi. Si j'ai envie de voir Alexis plus souvent, ça ne signifie pas que j'ai envie de voir sa mère plus souvent, répondit-il aigri.

- Mais... Et ton travail?

- Je peux écrire n'importe où. Et si je dois voir mon éditeur, je n'ai qu'à prendre l'avion.

- Je ne comprends pas pourquoi tu fais tant d'efforts, après tout, c'est elle qui t'a trompé.

- Si je fais tout ça, c'est pour Alexis! Je ne veux pas la perturber d'avantage avec cette histoire de divorce...

- Parlons-en du divorce! Quand vas-tu signer les papiers et les lui envoyer?

- Je réfléchis...

- Mouais... Si tu veux mon avis...

- Dois-je te signaler que je ne l'ai pas sollicité? Grinça-t-il.

- Tu peux... Mais je vais te le donner quand même! Répondit Martha avec un grand geste comme pour balayer ce qu'il venait de dire. Je trouve étrange que Meredith ait demandé la garde de sa fille, elle n'est pas du genre maternelle...

- Meredith aime Alexis.

- Je sais... Mais tu reconnaîtras quand même que celle qu'elle préfère, c'est elle-même et que rien ne passe avant sa carrière.

- ... De toute façon... Avec mes antécédents, elle n'a eu aucun mal à obtenir la garde temporaire le temps de la séparation... Et puis je ne souhaite pas entraîner Alexis dans nos querelles.

- Je sais, c'est ce qui fait de toi un bon père, Kiddo, sourit Martha en lui caressant la joue.

Il se contenta de répondre par un petit sourire crispé. Un bon père ferait tout fait pour garder leur famille unie.

- Et tes amis?

- Quoi mes amis?

- Ils sont à New York! Tu ne vas pas t'ennuyer sans eux? Tu as toujours vécu à Manhattan, j'ai peur que le changement soit trop... Radical...

- Je suis parfaitement capable de me faire des amis n'importe où! Et puis sache que j'ai trouvé un moyen de m'occuper agréablement ici!

- Allons bon! Qu'est-ce que tu as trouvé encore?

- J'ai postulé auprès des universités du coin pour donner des cours d'écriture!

- Tu vas...? Oh non!

- Quoi "oh non"?

- Richard! Tu as 27 ans! Tu as passé l'âge de jouer avec des gamins de 20 ans ou pire encore, des gamines de 20 ans!

- Je ne fais pas ça pour faire les quatre cents coups avec des gamins de 20 ans et encore moins pour draguer les filles!

- Et elles? Que crois-tu qu'elles feront?!

- Euh... Bah comme toutes les autres, je présume, elle succomberont à mon charme ravageur... sourit-il en jouant des sourcils.

- C'est ça, ris-en! Et ça risque de t'attirer des ennuis! Tu riras moins quand l'une d'entre elle te piègera!

- Qu'est-ce que tu vas chercher là, mère? Ce sont des étudiantes! Des filles très sérieuses!

- Mouais ça c'est ce que tu crois... On en reparlera, Kiddo! En attendant, je vais faire un petit tour! Tu m'accompagnes?

- Euh non merci! Je préfère continuer de m'installer tranquillement et écrire un peu...

- Comme tu voudras! A tout à l'heure! Chantonna-t-elle.

Rick secoua la tête, sa mère avait parfois de ces idées... Il avait hâte qu'elle décroche un nouveau rôle! ... Ou un nouveau mari! Quand elle n'avait pas de rôle, elle se rappelait soudainement qu'elle avait un fils et passait son temps à s'immiscer dans sa vie privée. Alors que quand elle était occupée ailleurs, il pouvait faire les pires bêtises, elle ne le remarquait même pas! Pas étonnant qu'il ait été renvoyé de tous les établissements scolaires de New York ou presque!

Sa mère partie faire du shopping sur Union Square, il en profita pour s'installer sur l'immense terrasse de son nouveau chez lui et travailler sur son roman. Il écrivit pendant quelques heures profitant du climat agréable.

Dans la soirée, il fit livrer un repas et dîna en tête à tête avec sa mère. Martha avait décidé de rester avec lui quelques temps, histoire de s'assurer qu'il s'adaptait bien à sa nouvelle vie.

Ils s'installèrent ensuite dans le canapé, devant un bon vieux film. Et tandis que devant lui les images défilaient, son esprit vagabonda vers sa chère petite citrouille. Encore une semaine et il pourrait aller la chercher et passer du temps avec elle. La garde partagée, ce n'était pas l'idéal pour lui, il aurait tellement préféré l'avoir toujours auprès de lui, mais c'était mieux que de rester à New York et ne la voir que pendant la moitié des vacances scolaires!

************

Jim ferma la porte de la maison et déposa la clé dans le vide poche. Johanna n'avait plus dit un mot depuis qu'ils étaient descendus de l'avion. Pendant le vol déjà, elle avait passé un certain temps perdue dans ses pensées. Il la rejoignit dans le salon et la trouva comme il s'y attendait devant l'une des nombreuses photos de leur fille, qui trônait sur la cheminée. Il s'approcha d'elle, se colla dans son dos et l'enlaça tendrement.

- Quatre mois c'est si long, soupira-t-elle.

- Je sais... Tu te moquais de moi quand nous étions là-bas, mais toi non plus, tu ne supportes pas de la savoir loin de nous. Pourquoi tu ne le lui dis pas?

- Parce que je ne veux pas qu'elle reste ici pour moi. Je ne veux pas qu'elle s'interdise de faire ce qu'elle veut à cause de moi.

- En attendant, c'est moi, qui dois supporter ta mélancolie et tes yeux de chien battu comme à chaque fois..

- Ça passera... Comme toujours... La vie ne...

- ... Nous donne rien que nous ne puissions supporter, termina-t-il, je sais, tu me le dis souvent...

- Et c'est vrai.

- Mhm...

- Tu n'es pas convaincu?

- Il y a tellement de drames chaque jour... Je me dis que s'il devait vous arriver malheur, à toi ou à Katie, je ne le supporterai pas...

- Tu ferais comme tous ceux qui sont touchés par le malheur, répondit-elle doucement, tu pleurerais beaucoup... Tu serais en colère contre le monde entier, sans doute... Et puis un jour, tu trouverais la force de te relever et de continuer.

- Oh non, je ne pense pas, dit-il en l'embrassant sur le front...

- Jimmy... Tu devrais commencer à comprendre que j'ai toujours raison, sourit-elle.

- Même quand tu es certaine que notre nouveau sommier passe facilement dans les escaliers?

- Mhm... C'était l'exception, qui confirmait la règle... répondit-elle en faisant la moue.

- Tu devrais l'appeler, Sourit-il, ça te ferait du bien.

- Il est deux heures du matin pour elle! Je ne voudrais pas la réveiller.

- Bon, alors dans ce cas, viens te reposer quelques heures et ensuite tu l'appelleras.

- Mhm...

Elle le suivit jusque dans leur chambre et se glissa sous les draps après un rapide passage par la salle de bain.

- Tu ne trouves pas ça bizarre, toi? Commença-t-elle en se blottissant contre lui.

- Quoi donc?

- Katie... Elle ne reste jamais très longtemps avec ses petits amis...

- A part le grunge qui puait le chien mouillé, tu veux dire? Elle est restée drôlement longtemps avec celui-là!

- Oui, mais là, c'était de ta faute! Elle l'aurait quitté bien avant, si tu ne t'en étais pas mêlé.

- Dis plutôt que ta fille est plus têtue qu'une mule! Marmonna Jim.

- Ah ça ! Dès qu'il s'agit de son caractère, elle devient ma fille !

- Que veux-tu, le fruit ne tombe jamais très loin de l'arbre…

- Je ne suis pas têtue ! Bougonna Johanna en se tournant d'un mouvement vif ce qui fit beaucoup rire son mari.

- Ne te moque pas de moi ! Reprit-elle fâchée.

- Je ne me le permettrais p.. Outch !

- Tu l'as cherché! Arrête de te moquer!

- D'accord, d'accord! Mais reconnais que tu es rigolote quand...

- Jim chéri… l'interrompit-elle en se tournant de nouveau doucement vers lui.

- Oui ?

- Il y a des fois où il faut savoir se taire, chuchota-t-elle en posant délicatement ses lèvres contre sa jugulaire.

- … D'a… D'accord… Hmmm…

Quelques heures plus tard, la première chose que Johanna fit en se levant, fut de téléphoner à sa fille.

- Hey ! Salut maman ! Dit Kate en entendant la voix de sa mère. Vous avez fait bon voyage ?

- Oui, c'était très bien ! Tes amies sont arrivées ?

- Oui, oui, peu après votre départ.

- Tu as pris un petit déjeuner ?

- Maman ! Soupira Kate, ne me dis pas que tu m'appelles juste pour savoir si j'ai pris mon petit déjeuner…

- Non !… Enfin … Si ! ... Entre autres choses...

- Maman… Et si tu me disais ce que tu voulais ?

- Alors ta petite fille chérie va bien? Demanda Jim en s'approchant.

- Oui, elle va bien, répondit Johanna.

- Passe le bonjour à papa, dit Kate à l'autre bout du fil.

- Ta fille te dit bonjOuuhhh! Jimmy!

- Maman?

- C'est ton père, il m'a mis la main aux fesses en passant.

- Eh ben! Il est de meilleure humeur qu'hier soir!

- Oh! Oui, tu sais, une folle nuit d'amour et ça repart!

- Maman! Râla Kate gênée.

- Quoi?! C'est vrai! Et puis c'était vraiment mémorable! Il m'a...

- MAMANNNNN! Ne me donne pas de détails, s'il te plait maman! S'écria Kate dont la voix grimpait dans les aigus.

- Roh Katie! Tu dois bien te douter qu'avec ton père, on ne fait pas du tricot quand on se retrouve seuls tous les deux.

- Oui et bien moi, je préfère vous imaginer faisant une partie de scrabble, donc s'il te plait, ne ruine pas mes images mentales!

- On joue au Scrabble parfois, avoua Johanna, mais on a un peu modifié les règles...pour disons... Pimenter un peu le jeu...

- Mamaaannn! Je te préviens, je vais raccrocher, si tu n'arrêtes pas!

Johanna éclata de rire, elle adorait taquiner sa fille et faire quelques sous-entendus au sujet de sa vie sexuelle avec son père, était un moyen imparable pour la gêner. Elles discutèrent encore quelques instants, jusqu'à ce que Kate doive partir pour ses cours.


Minefuji  (21.09.2015 à 18:29)

Chapitre quatre

 

- Wah! Quelle élégance! S'écria Martha en voyant son fils entrer dans la cuisine.

 - C'est mon premier jour! Il faut que je fasse bonne impression!

 - Qui aurait cru qu'un jour tu donnerais des cours, dit Martha. En tout cas, j'espère que tes élèves ne t'en feront pas autant voir ce que tu as toi-même fait quand tu étais élève.

 - C'est une université, mère. À cet âge, les étudiants sont plus évolués que les lycéens.

 - Tu as vingt-neuf ans et j'ai encore souvent l'impression d'avoir devant moi un collégien, alors je serais toi, je ne compterais pas trop là-dessus! Rétorqua Martha.

 - Je doute qu'à Stanford les étudiants soient des gamins attardés, mais ne t'en fais pas, je saurai me montrer tolérant si j'en rencontre un.

 - Tu parles, je suis certaine que tu l'aideras à mettre au point ses coups tordus!

 - Je veux la garde de ma fille, rétorqua Castle, et pour cela, il faut que je sois sérieux. Alors ne t'en fais pas, je ne ferai pas de bêtises.

 Il l'embrassa sur la joue et attrapa son cartable et les clés de sa voiture.

 

*************

 

- Debout les filles! S'écria Ann en entrant dans la chambre de ses amies.

 - Rahhhhhh! Grogna Carly en s'enfonçant sous les couvertures.

 - Bah? Qu'est ce qu'il t'arrive? S'étonna Ann.

 - Fais pas attention, dit Kate en sortant de la salle de bain. Elle est grincheuse ce matin.

 - La faute à qui?! Grogna Carly.

 - A qui?

 - Figure-toi ma chère Ann, que la mère de Becks a appelé à six heures ce matin!

 - Il était neuf heures chez elle! la défendit Kate. Et puis on a cours ce matin!

 - Je n'ai pas cours avant onze heures et demie! S'écria Carly. Non, ma vieille, il serait temps que ta mère coupe le cordon!

 - Moi je trouve ça mignon, dit Kate en haussant les épaules.

 - Moi aussi, je trouve ça mignon, renchérit Ann. Enfin, pas si c'était ma mère, elle a la sale manie de vouloir contrôler ma vie, mais la mère de Becks est super sympa!

 - C'est vrai qu'elle est cool, se radoucit Carly en repensant au super week end à New York qu'elles avaient passé l'année précédente grâce à la mère de leur amie.

 - Bon, les filles, il est temps pour moi de filer en cours, dit Kate en mettant la bandoulière de son sac sur son épaule.

 - Eh! Attends! Tu ne vas pas t'en sortir comme ça! S'écria Ann.

 - Pardon?

 - On veut tout savoir! Approuva Carly, qui paraissait parfaitement réveillée et semblait lire dans les pensées d'Ann.

 - Ah? ça vous intéresse ? S'étonna Kate. C'est un cours de droit fédéral. Je ne connais pas le prof, il vient d'être engagé cette année, mais il paraît que c'est une pointure!

 - C'est pas de ça dont on te parle, andouille! S'écria Carly. On se fiche pas mal de tes cours!

 - De quoi vous parliez alors?

 - Du beau gosse d'hier soir, avec qui tu as discuté toute la soirée!

 - Passez une bonne journée les filles! Répondit Kate en quittant la pièce avec son sac sur l'épaule.

 - Rohhhh! Elle est vraiment pas causante! Souffla Anna.

 - Mouais... Approuva Carly en se laissant retomber sur son oreiller... Mais c'est aussi ce qui fait d'elle une super confidente!

 - Mhm! C'est vrai...

°°°°°°°

Kate sortit du bâtiment et s'étira longuement. Il faisait un temps superbe, rien de tel pour vous mettre de bonne humeur!

- Hey! Kitkat! Salut!

- Salut Rogan! Sourit-elle en apercevant le jeune homme avec qui elle avait passé une bonne soirée la veille.

 Rogan courut pour arriver près d'elle.

 - Tu as passé une bonne nuit?

 - Excellente oui. Ma copine de chambrée n'a presque pas ronflé.

 - Tant mieux! Je suis content de te revoir! Je te paye un café? Proposa-t-il.

 - Non merci, j'ai cours dans moins de quinze minutes. Une autre fois peut être.

 - D'accord, je t'emmènerai déjeuner dans ce cas. Tu termines à quelle heure?

 - Midi.

 - Dans ce cas, je t'attendrai près de la fontaine à midi. À tout à l'heure, dit-il en lui piquant un baiser sur la joue.

 - ... À tout à l'heure,,, bafouilla-t-elle un peu gênée.

 

Elle le regarda s'éloigner vers son vieux pick up en faisant le pitre et ne pût s'empêcher de sourire. Il était amusant et sympa. Il lui fit signe, elle lui répondit et se mit en chemin.

Nul doute que son père n'aimerait pas la savoir avec ce garçon, qui avait tout l'air de celui qui a arrêté le lycée avant de l'avoir terminé... Sa mère le trouverait sans doute mignon et plaiderait sa cause en disant que la longueur des études ne faisait pas la valeur d'une personne...

Elle secoua la tête en souriant, imaginant ses parents se disputer au sujet de ce garçon... Si seulement elle avait eu un frère ou une sœur... Elle ne serait pas leur unique centre d'attention!

Perdue dans ses pensées, elle avait parcouru une bonne partie du chemin et se trouvait désormais au milieu d' autres étudiants, qui comme elle se rendaient à leurs cours. Elle s'arrangea pour se mettre en retrait pour pouvoir continuer à rêvasser tranquillement.

 Soudain un miaulement la sortit de ses pensées. Elle tourna la tête plusieurs fois pour en découvrir la source et finit par apercevoir un jeune chaton perché dans un grand arbre.

- Et bien alors?! Qu'est ce qu'il t'arrive à toi?

Le chaton miaula de plus belle, ses griffes profondément enfoncées dans la branche sur laquelle il était perché.

 - Bouge pas! J'arrive! Dit-elle en posant son sac au pied de l'arbre.

 Elle grimpa dans l'arbre et rapidement, avec une agilité toute féline, se retrouva auprès du chaton.

 - Qu'est-ce que tu es mignon, toi! Dit-elle en le prenant dans ses bras. Ma parole, tu es mort de trouille! Rassure-toi, je vais te faire descendre de là.

 Elle tourna la tête dans tous les sens, analysant la situation. S'il lui avait été aisé de grimper jusque-là, il n'en serait pas de même pour redescendre avec un chaton dans les bras.

 - Ah bah bravo ma grande! Marmonna-t-elle. Te voilà bien avancé maintenant!

 Il n'y avait plus personne sur le chemin désormais, aucun étudiant ne traînait dans les parages, ils étaient tous déjà assis dans leurs salles de cours à attendre leur professeur. Normal pour un jour de rentrée...

Elle s'imaginait déjà passer une bonne partie de la matinée là, perchée dans son arbre à attendre la sortie des étudiants, lorsqu'un bruit de pas lui parvint aux oreilles. Elle posa le chaton sur une branche solide et se laissa pendre par les jarrets pour apercevoir le retardataire.

 Un jeune homme, approchant la trentaine, courrait comme un dératé, un cartable en cuir sous le bras et la cravate lui fouettant le visage.

 - Hey! Lanca-t-elle.

 Il s'arrêta et se retourna, cherchant qui venait de l'appeler.

 - Ici! Appela-t-elle. Dans l'arbre!

 Il se tourna et l'aperçut, qui lui faisait signe, la tête en bas. Il s'avança doucement vers elle, inclinant la tête pour tenter de la regarder dans les yeux.

 - Vous avez besoin d'aide? Vous êtes coincée? Demanda-t-il.

 - Pas moi, non, répondit-elle en remontant sur sa branche.

 - Pourquoi m'appeler dans ce cas? Demanda-t-il en admirant son agilité.

 Délicatement, elle se pendit une nouvelle fois par les jarrets et reparut devant lui, la tête en bas.

 - C'est lui, qui a besoin d'aide, dit-elle en montrant la boule de poils, qu'elle tenait précieusement dans ses bras. Vous voulez bien le prendre?

 - Euh... Oui! Bien sûr!

 Il prit le chaton et elle descendit de l'arbre prestement.

 - Ah! Merci! Sourit-elle une fois de retour au sol. J'ai bien cru que j'allais y passer ma matinée!

 Il lui rendit le chaton et son sourire.

 - Mais de rien!

 - À une prochaine fois peut-être, dit-elle avec un joli sourire avant de s'en aller.

 - ... Mhm... En voilà une, qui est sûre de ses atouts... Murmura-t-il pour lui même avant de jeter un œil à sa montre. Oh bon sang! Je vais être en retard!

Il vérifia le papier sur lequel il avait griffonné le numéro de sa salle de cours, observa les environs, puis haussa les épaules avant de se décider à aller droit devant lui.

 


Minefuji  (23.09.2015 à 17:11)

Chapitre cinq

 

- Il paraît que le prof de droit fédéral est un fou furieux, il accable ses élèves de boulot...

 - Je sais, il paraît qu'il a envoyé bon nombre de ses élèves en dépression dans son ancienne fac...

 - Pfff.... C'est pas possible ces profs qui croient qu'on étudie une seule et unique matière!

 - Et attends! Le prof d'économie est du même acabit!

 - À croire qu'ils n'ont jamais été jeunes...

 - Si ils ont dû l'être, mais c'était le genre binoclard tellement pas cool, qu'ils n'avaient rien d'autre à faire, que de rester le nez dans leurs bouquins!

 - Ah ! Ah ! Ah! Je les plains... Euh non, en fait... Ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient.

 - On fait une petite fête ce soir, histoire de reprendre les bonnes vieilles habitudes, ça nous permettra de jauger les petits nouveaux...

 - Tetra Kapa Bêta recrute!

 - Ouais, cette année, on ne sera plus les bizuts, ça va être chouette.

 Installée non loin de là, Kate roula des yeux et soupira bruyamment.

 - Quoi? Demandèrent les deux types en se tournant vers elle.

 - Rien... Je viens juste de comprendre pourquoi vous vous plaigniez du rythme de travail à Stanford depuis dix minutes...

 - De quoi...?

 - Quand on perd son temps dans une fraternité, ça n'a rien d'étonnant.

 - Dis-donc, princesse, et si tu nous accompagnais à cette soirée, au lieu de jouer les rabat-joie? Proposa l'un en passant en mode "drague".

 - C'est un immense privilège, ajouta le second.

 Kate sourit et se pencha vers eux d’un air aguicheur. Ils répondirent à son sourire persuadés d’avoir réussi leur coup. C’est alors qu’elle changea d’attitude et prit un air sévère.

 - Premièrement : appelle-moi encore princesse et je te casse les deux jambes! Et deuxièmement, je n'ai pas de temps à perdre avec ces idioties de fraternité, je ne suis pas un mouton, moi!

 - Hé! Commença à protester le premier.

 - Gaffe! Vla le prof! Alerta le second en le tirant par la manche.

 - Tu perds rien pour attendre ma jolie! Grinça le premier en s'asseyant.

 - C'est ça! Rétorqua Kate.

 - Bonjour à tous! Lança le prof. Wah! Un amphi! Diable, si je m'attendais… ! Je pensais qu’ils me donneraient un cours en T.D. pour commencer... Mon C.V. a dû les impressionner…

 

Kate fronça les sourcils en entendant la voix du professeur, qui venait d'entrer et tourna la tête vers l'estrade. Elle resta sans voix en découvrant le charmant jeune homme, qui l'avait aidée un peu plus tôt. Plein de confiance en lui, il lança négligemment son cartable en cuir sur le bureau et fit quelques pas en roulant des mécaniques avant de commencer son show. Oui, son show, il n'y avait pas d'autre mot pour décrire la situation.

 - Bonjour à tous, je me présente, Richard Castle! Mais peut être m'aviez-vous déjà reconnu... Sans vouloir me vanter, je suis assez célèbre...

Il se tourna vers le tableau, se saisit d'une craie et inscrivit fièrement son nom. Peu satisfait de la qualité de son « s », il attrapa la brosse pour l’effacer. Ce faisant, il la laissa échapper et la rattrapa maladroitement en la plaquant contre le tableau. Le nuage de poussière de craie qui résulta de l’opération lui arriva en plein visage et lui déclencha une quinte de toux.

Les étudiants restaient sans voix devant le spectacle. Kate se retint de rire. Elle le trouvait amusant.

Célèbre avait-il dit? Bizarre, elle n'en avait jamais entendu parler... Elle prit note de son nom dans un coin de son cahier et se promit d’en parler à sa mère la prochaine fois qu’elle lui téléphonerait. Elle devait certainement le connaître, s'il était une sommité dans le domaine du droit...

 - Kof ! Kof ! L'écriture est un art, reprit Rick peu après, je vous en enseignerai les bases, mais le plus dur à faire, sera pour vous: trouver votre style! Ce n'est pas le tout de mettre des mots sur une feuille, il faut savoir envoûter votre lecteur... Faire en sorte qu'il reste avec vous jusqu'au bout de la nuit...

 De quoi parlait-il? Des lecteurs? Mais qui était ce type? Les autres étudiants se regardaient avec des yeux ronds, personne n'osant intervenir. Kate vérifia son emploi du temps... Non, elle ne s'était pas trompée de salle...

 - Qu'est-ce que c'est que ce gugusse, rigola l'un des étudiants devant elle.

 - Il s'est trompé de salle...

 - Laissons-le dans l'ignorance, on va bien rigoler.

 - Bande de guignols, siffla Kate en se levant bien décidée à venir en aide à son charmant sauveur.

 Un autre homme entra à ce moment là dans la pièce. Plus âgé et d'un air strict, il avait l'air beaucoup moins sympathique.

 - Puis-je savoir ce que vous faites sur mon estrade?

 - Richard Castle, se présenta le jeune homme. Je donne mon premier cours d'écriture et de littérature !

 L’autre homme regarda la main qu’il lui tendait sans la prendre. Castle la regarda à son tour, puis la frotta contre sa chemise pour enlever la craie dont elle était recouverte.

 - Et si vous alliez le faire dans votre salle de cours?

 - Ma salle? Pourquoi dites-vous cela? Je...

 - Ici vous êtes dans ma salle de cours! Droit fédéral!

 - Pourtant je suis bien dans la salle 47, bâtiment B...

 - Vous êtes dans la salle 47 du bâtiment D! Le bâtiment B est là-bas derrière, indiqua le professeur par la fenêtre.

 - Oh bon sang!

 Le charmant jeune homme ramassa ses affaires en quatrième vitesse et quitta la salle sous les rires et les moqueries des étudiants.

 - Quel naze! Rit une fille en se tournant vers Kate. Il s'est planté de salle!

 - Ça peut arriver à tout le monde, répondit Kate dans un haussement d'épaules.

 - Il avait l’air si sûr et fier de lui qu’il en était ridicule! Rajouta la fille. Tu ne trouves pas ?

 - Non… Moi je l’ai plutôt trouvé amusant, répondit Kate en haussant les épaules.

 Le professeur s'installa à son bureau et ramena rapidement le silence dans la salle. Il commença alors son cours d’un ton monocorde et l'ambiance redevint bien vite mortellement ennuyeuse.

**********

A la fin de sa matinée de cours, Kate alla retrouver Rogan comme convenu, près de la fontaine. En chemin, elle aperçut le chaton qu’elle avait aidé quelques heures plus tôt. Il s’empressa de la rejoindre, quand elle s’accroupit.

 - T’es encore là toi ?

- Miawwww !!!! fit-il en venant se frotter contre sa jambe.

- Mhm ! Toi, tu sais t’y prendre pour te faire apprécier… Désolée, mais je ne peux pas m’occuper de toi ! J’ai un rendez-vous et puis les animaux ne sont pas autorisés dans mon dortoir…

- Miaawwww !

- …

 *********

 - Hey! Lança Rogan en la voyant arriver. Comment se sont passés tes cours?

- Bien! On a déjà été assommé de travail par les profs, mais c'était très intéressant.

- Miaaawww !

- Je rêve ou ton sac est en train de miauler ?

- Euh… ça dépend… Tu as bu de l’alcool ou consommé quelques substances louches?

- … ?

- Tire pas cette tête! Je blague ! C’est un chaton que j’ai aidé ce matin, expliqua-t-elle en désignant la boule de poils dont la tête sortait de son sac. Je l’avais laissé près du bâtiment où j’avais cours et quand j’en suis sortie, il était toujours là.

- Qu’est-ce que tu vas en faire ?

- Je ne sais pas… Il a l’air abandonné et affamé…

- Tu es au courant que les animaux ne sont pas admis dans les dortoirs ?

- Je me débrouillerai, répondit-elle dans un haussement d’épaules.

- Si tu le dis… Tu as faim?

- En tous cas, j’en connais un qui meurt de faim !

- Il y a une camionnette qui vend des tacos à la sortie du campus. C'est un de mes amis qui le tient, il fait les meilleurs tacos du monde. Alors, ça te dit?

- Va pour des tacos alors, sourit-elle.

 

Il lui proposa son bras et l'entraîna avec galanterie à l'extérieur du campus. Ils passèrent commande auprès de l'ami de Rogan, qui ne manqua pas de la complimenter. Une fois servis, ils s'installèrent à l'ombre d'un arbre pour déguster leur repas.

 - Alors et toi, Rogan? Ta matinée s'est bien passée?

 - Oh oui, ça baigne!

 - Et si tu me disais ce que tu fais dans la vie?

 - Je suis en fac de médecine.

 - ... Nan! Tu rigoles?

 - J'en a l'air? Tiens regarde, dit-il en lui tendant une carte d'étudiant.

 - Tu fais une drôle de tête sur cette photo...

 - Je sais... J'avais fait la fête la veille!

 - Ça, j'ai moins de mal à le croire, répondit-elle en lui rendant sa carte.

 - Je suis quelqu’un de sérieux !

 - C’est ça ! Et moi, je suis une greluche complètement naïve !

 - Bon d’accord, je reconnais que je ne suis pas le plus sérieux des étudiants de la fac de médecine, mais je t’assure que j’en suis un.

 - Je pensais que les étudiants en médecine étaient tellement pris par leurs études, qu’ils n’avaient pas le temps de sortir…

 - Je pensais que les étudiantes en droit étaient tellement prises par leurs études qu’elles n’avaient pas le temps de sortir !

 - Mhm ! Touchée !

 Ils passèrent un agréable moment tous les deux, puis se séparèrent en se promettant de se revoir.

 

**********

 

- Tu as croisé Richard Castle!!!! S'écria Johanna si fort que Kate dut éloigner le combiné de son oreille.

 

- Qui est ce? Demanda Kate quand sa mère se fut calmée.

 - C'est un auteur de romans policiers! J'adore ses bouquins! Il a un réel talent pour décrire la mort...

 - Il est célèbre?

 - C'est l'auteur en vogue du moment! J'ai lu tous ses livres! Dis, tu crois que tu pourras m'avoir une dédicace?

 - Je l'ai seulement croisé hier matin, je ne le connais pas et puis rien ne dit que je le croiserai de nouveau.

 - Ahhh... Dommage... J'aurais adoré frimer auprès de mes collègues avec une belle dédicace... Tu veux que je t'envoie un de ses livres?

 - Mhmm... Pourquoi pas...

 - Miaaaawww!!

 - Qu'est-ce que c'est?

 - C'est le chaton que j'ai trouvé dans l'arbre hier matin... Il a passé la journée à traîner sur le campus, il avait l'air abandonné et avait faim...

 - Alors tu l'as recueilli, termina Johanna, qui connaissait bien sa fille.

 - Il est si mignon!

 - Je n'en doute pas... Mais tu as le droit de le garder avec toi?

 - Pas vraiment, mais... Le responsable du bâtiment est un ami...

 - Encore un qui te mange dans la main, rit Johanna.

 - Maman!!!

 - C'est la vérité, tu es très mignonne et tous les hommes tombent sous ton charme, au grand désespoir de ton père...

 - Maman!!!! Bougonna de nouveau Kate en levant les yeux au ciel.

 - Et sinon? Comment s'est passée ta journée?

 - Bien... On a déjà pas mal de travail, mais c'est intéressant.

 - Tant mieux. Tu as assez mangé? Quand reviens-tu à la maison?

 - Tu es impossible, tu le sais ça?

 - Katie...

 - Je mange à tous les repas et je reviendrai passer le week-end à New York dans trois semaines, ça te va?

 - C'est parfait, répondit Johanna avec un sourire dans la voix.

 - Et toi alors? Quoi de neuf?

 - Ton père m’a emmenée dîner au restaurant "Chez Daniel" hier soir!

 - Wah! Mais il faut des mois pour y avoir une table!

 - Je sais, il est adorable! D’ailleurs, la nuit a été torride après ça !

 - Maman!!!!!!!!!

 Johanna éclata de rire, un rire si pur et cristallin, qu'il apaisait aussitôt tous ceux qui l'entendaient. Kate n'échappait pas à cette règle.

- Et sinon? Euh … Niveau boulot? Demanda Kate qui voulait absolument changer de sujet.

- Oh! Euh... Rien de transcendant... La routine et sa paperasse... Oh! Si! J'oubliais, j'ai reçu une demande d'aide d'un prisonnier... Un certain...euh... Attends... Ah oui! Voilà! Joe Pulgatti! Il est en prison depuis 1992... Il dit qu'il est innocent.

- Tu vas encore défendre la veuve et l'orphelin? Comprit Kate.

- Tout le monde a le droit d'être défendu, Katie, une seule chose importe...

- La vérité, termina Kate en même temps que sa mère.

 - Je dois le rencontrer bientôt, expliqua Johanna.

 - Tu me raconteras.

 - Katie...

 - Allez maman! J'ai adoré travailler avec toi cet été! J'aimerais savoir ce que tu fais....

 - D'accord, mais je veux une séance de Spa entre filles et une virée shopping!

 - A t'entendre je ne fais jamais rien avec toi!

 - Tu as beaucoup d'amis...

- On a passé l’été ensemble, je te rappelle !

- Et j’ai adoré ! Mais nos bons moments ensemble me manquent déjà !

- A moi aussi, avoua Kate. Je te promets que nous passerons ce weekend toutes les deux! Répondit Kate avant d'embrasser sa mère et de raccrocher.

Puis elle s'étira, en souriant. Sa mère avait vraiment un don pour lui remonter le moral après une journée de cours longue et barbante. Elle se dirigea vers le petit placard près de son lit, en extirpa un paquet de ses cookies préférés, enfila ses écouteurs et s'installa à son bureau pour une longue soirée studieuse. Carly passait la soirée avec son futur neurochirurgien, autant profiter du calme pour avancer dans ses devoirs.


Minefuji  (25.09.2015 à 19:04)

Chapitre six

 

Debout devant son miroir en pied, Kate terminait d'ajuster sa tenue pour la soirée, quand Carly sortit de la salle de bain, une serviette vissée sur la tête.

- Tu sors encore!? S'écria cette dernière.

- Ouep!

- Encore avec ce type-là? Rangoon?

- Il s'appelle Rogan! Rectifia Kate. Il y a un concert de Pearl Jam en ville ce soir. Rogan a pu avoir des places.

- Mais on a cours demain!

- C'est juste une soirée...

- KATHERINE BECKETT! OÙ SONT PASSÉS VOS GRANDS DISCOURS SUR LE SERIEUX NECESSAIRE POUR RÉUSSIR À STANFORD!!! S'écria Carly.

- Il y a toujours des exceptions pour confirmer la règle. Et puis, je commence avec un cours d'histoire du droit des affaires, si je suis trop fatiguée, je pourrai piquer un roupillon, le prof ne s'en apercevra jamais, il reste assis à son bureau, à débiter son cours laconiquement. Je suis presque sûre que c'est un prototype de cyborg!

 - Un cyborg?

 - Tu devrais faire un peu plus attention et tu remarquerais qu'ils sont déjà parmi nous! Tu verras, un jour, nous serons cernés, ils surveilleront le moindre de nos faits et gestes! Expliqua Kate d'un air mystérieux.

- Pffff! Toi et tes histoires farfelues! Tu lis trop de comics!

 - On croirait entendre mon père!

 - Tu ferais bien de m'écouter! Je te signale qu'on a un devoir à rendre demain!

 - Déjà fait.

 - Et un premier test vendredi!

 - Déjà révisé!

 - Quoi?! Quand? Tu es sortie tous les soirs cette semaine!

- Je ne suis pas rentrée très tard à chaque fois, j'ai eu le temps de faire mon travail. Bon! J'y vais! Passe une bonne soirée!

 - C'est ça, toi aussi, répondit Carly.

- Ah... Au fait! Ne laisse pas sortir Pièce à conviction! dit Kate en rouvrant la porte. Il se fait tard, il ne rentrera plus sinon!

 - T'es sérieuse? Tu as vraiment appelé ton chat "pièce à conviction"?

 - Bah oui, pourquoi?

 - C'est pas un nom! Un chat on l'appelle noirou ou Patoche ou Tigrou ou Simba ou encore Minou...

 - Et pourquoi je devrais lui donner un de ces noms enfantins que tout le monde donne à son chat?

 - Parce que tout le monde fait ça, répondit Carly comme si c'était évident.

- Rebel Beck's ne fait rien comme tout le monde! Sache le! Allez à plus tard!

 - À plus tard, soupira Carly. Mince et moi qui comptait sur elle pour m'expliquer le cour de Masterson... J'espère qu'Ann a compris...

 

Kate sortait du bâtiment, lorsqu'elle fut interpellée.

 - Hey! KitKat! Par ici!

 Elle sourit et se précipita vers la voiture de Rogan, dans laquelle elle s'engouffra.

- Comment vas-tu? Demanda Rogan.

 - Aussi bien qu'hier. Et toi?

 - J'ai pas à me plaindre... Les affaires sont florissantes...

 - Les affaires? Je croyais que tu faisais des études de médecine...

 - Euh... C'est le cas! Bien sûr! Quand je dis les affaires, je veux dire que j'ai trouvé le lieu de mon prochain stage et... Bref, tout ce passe bien!

 - Ah...

 

Elle l'observa un moment, cherchant à percer le mystère de ce garçon si charmant de prime abord, mais dont elle n'arrivait pas à cerner la véritable personnalité.

 - C'est flippant! Lâcha-t-il.

 - Quoi donc?

 - Quand tu m'observes comme ça... J'ai l'impression que tu me passes aux rayons X...

 - C'est le cas.

 - Pardon?

 - J'essaye de lire en toi, comme les profilers.

 - Tu déconnes?

 - Pas du tout! C'est un super pouvoir qu'il faut que je développe, si je veux un jour présider la cour suprême.

 - Wah! On peut dire que tu as de l'ambition, toi! Et alors? Qu'est ce que ça donne?

 - Mhmmm... Il faut encore que j'étudie le sujet...

 - Ah! Je vois! Rigola-t-il soulagé. En tout cas, tu maîtrises déjà le regard flippant!

 - Tant mieux!

 - Alors? C'est lequel ton préféré chez Pearl Jam?

 - Eddie Vedder.

 - Evidemment… Ça te dirait qu’on essaye d’avoir un autographe après le concert ?

 - Mhmm… Bof… Un autographe, c’est banal…

 - Ah ! J’oubliais ! Rebel Beck déteste la banalité…

 - Exactement ! Je ne suis pas un mouton !

 - Qu’est-ce que tu proposes alors ?

 - Un truc beaucoup plus cool, répondit-elle mystérieusement avec un petit sourire!

 

                                                **************

 

- Kitkat… On t’a déjà dit que tu étais géniale comme nana ? répéta une nouvelle fois Rogan en garant sa voiture devant le bâtiment des chambres d’étudiants.

- Oui, toi ! Une bonne vingtaine de fois depuis que nous sommes remontés dans ton pick up !

- Il faut dire que je n’avais jamais vu quelqu’un crocheter aussi facilement une serrure ! A croire que tu as fait ça toute ta vie !

- N’exagérons rien !

- Sérieusement, pour quelqu’un qui veut présider un jour la cour suprême, piquer la veste en jeans d’Eddie Vedder…

- C’est juste un emprunt, je le lui rendrai dans quelques jours…

 - T’es sérieuse ? Et comment tu vas faire ? Tu vas aller le retrouver et lui dire « hey ! Salut ! C’est moi, qui ait piqué votre veste, c’était une bonne blague, tenez la voilà, je vous le rends » ?

 - Je vais la lui renvoyer, la poste ça existe…

 - Et s’il appelle les flics, ils remonteront jusqu’à toi !

- Ma mère est avocate, je connais les procédures des flics et je sais aussi envoyer un colis sans laisser de trace …

- ...

- Quoi?

- Incroyable... La femme parfaite… Dit Rogan rêveur. Tu sais que je pourrais t’épouser ?

 - C’est ça, rit Kate en descendant du pick-up.

 - Je suis sérieux !

 - S’il y a bien une conclusion à laquelle mon profilage m’amenée, c’est que le qualificatif sérieux ne te convient pas, rit-elle. D'ailleurs, je ne comprends pas comment un type dans ton genre a pu flipper autant pendant que je crochetais la serrure du bus de tournée de Peal Jam! Allez bye Rogan !

 - Et perspicace en plus… Je passe te prendre demain soir ?

 - Je vais bosser demain soir.

- J'ai des places pour le match des Giants!

 - Mais comment fais-tu pour avoir tous ces billets? le tournage d'Urgences, Pearl Jam, les Giants, le théâtre...énuméra Kate.

- J'ai beaucoup de relations.

- On va dire ça, répondit Kate en refermant la portière.

Elle lui adressa un dernier signe de la main, puis rentra discrètement dans le bâtiment. Tout aussi discrètement, elle pénétra dans sa chambre. Carly dormait à poings fermés. Elle jeta un œil à son réveil, qui affichait 4h12 du matin. Ouille, la nuit serait vraiment courte ! Elle alla se changer dans la salle de bains, puis s'installa confortablement dans son lit avec le livre que sa mère lui avait envoyé. Elle observa un moment la photo de son auteur et sourit. Comme elle le pensait, elle ne l'avait pas recroisé sur le campus. Dommage, il était plutôt sympathique...

 


Minefuji  (27.09.2015 à 11:19)

                                                Chapitre sept

 

Le fond de l’air était doux et la chaleur enfin agréable. En ce début du mois d’octobre, il était désormais possible de flâner dans les espaces verts de Stanford sans avoir la sensation d’étouffer.

Comme d'autres étudiants, Kate s’était installée à l’ombre d’un arbre pour lire tranquillement.

Pièce à conviction dormait paisiblement sur ses genoux. Rien ne semblait devoir troubler ce moment studieux.

Ce fut alors, qu’un bruit de course tira Kate de sa lecture. Elle leva la tête et aperçut la silhouette d'un homme entrer dans le bosquet près de l'arbre sous lequel elle s'était installée.

 - Je vous en prie, faites comme si je n'étais pas là, chuchota l'homme sans sortir de sa cachette.

 Bien qu'étonnée, elle retourna à sa lecture. Elle n'avait pas lu plus d'une page, quand elle fut de nouveau dérangée, par une bande de filles cette fois.

 - Hey! Tu n'aurais pas vu un homme passer en courant?

 - Bonjour, répondit Kate en les dévisageant d'un air sévère.

 Elles étaient trois et tenaient chacune un carnet entre leurs mains. Trois victimes de la mode apparemment, certainement des filles qui aspiraient à devenir mannequins professionnels. Le genre de filles que Rebel Beck n'appréciait pas beaucoup.

 - Oui... Bonjour... Marmonnèrent-elles un peu confuses qu'on leur fasse remarquer leur impolitesse.

 - Je peux vous aider? Proposa Kate ravie de les avoir intimidées.

 - Tu n'aurais pas vu un homme passer en courant il y a moins de cinq minutes?

 - Si...euh... Il se dirigeait vers le stade, répondit-elle en indiquant la direction avec le bras.

 - Merci! Cet homme est merveilleux!

- Oh! Qu'il est mignon! S'écria l'une des trois en apercevant le chaton. Il est à toi?

 - Euh... Oui, je l'ai trouvé il y a deux semaines... Il avait l'air abandonné... Je l'ai recueilli.

 - Comment s'appelle-t-il?

 - Pièce à conviction.

 - Pièce à...? Mais ce n’est pas un nom ça!

 - C'est son nom, rétorqua Kate en rattrapant le chaton, qui s'approchait dangereusement du buisson.

 - Qu'est-ce qu'il lui prend? S'étonnait l'une des filles tandis que pièce à conviction miaulait en signe de protestation.

- Il a dû apercevoir une souris.

- Quelle horreur!

- C'est la nature, répliqua Kate en haussant les épaules. Non Pièce à Conviction! C'est un être vivant... Elle a le droit de vivre, elle aussi!

 - Beaaaahhhh, grimacèrent les filles.

 - Vous devriez peut être vous dépêcher, si vous voulez rattraper votre type, suggéra Kate. Il va peut-être prendre le bus, il y a un arrêt près du stade.

- Oh non! Elle a raison! S'écria la plus blonde des trois.

- Dépêchons nous!

 - Merci pour le renseignement!

 

Kate répondit d'un vague signe de la main alors que les trois filles s'éloignaient en courant.

 - Vous pouvez sortir, annonça-t-elle après quelques minutes. Le danger est écarté.

 - Ouf! Merci beaucoup! Dit Rick en sortant la tête du buisson.

 - De rien.

 - ... On se connaît? Non? Dit Rick en détaillant sa sauveuse.

 - On s'est vu en cours, dit Kate en reconnaissant facilement Richard Castle.

 - En cours? Je pensais connaître tous mes étudiants, pourtant...

 - Droit fédéral.

 - Droit F… Je n'ai jamais donné de cours de droit...

 - Oh non, vous y avez seulement fait une apparition à la rentrée, rit Kate.

 - ... Ah! Oui... Un grand moment de solitude...

 - J'ai trouvé ça marrant...

 - Vous peut-être, mais...

 - Miaaaawwww!

 - Toi! Tu as bien failli dénoncer ma cachette! Dit-il en posant son regard sur le chaton. Hey! Mais je te connais toi aussi! Ça y est je me souviens! C'était vous dans l'arbre!

 - Je venais en aide à ce coquin, sourit Kate. Et vous m'êtes venu en aide...

- Ce fut un plaisir! Alors comme ça tu t'appelles Pièce à conviction...

- Pitié! Pas de commentaire sur son nom, s'il vous plait! Tout le monde m'en fait!

- Non... Pièce à conviction c'est original... Je me serais plus attendu à Tarzan ou Cheetah étant donné l'endroit où il a été trouvé, mais... Pièce à conviction c'est mignon...

Kate lui sourit.

- Et la mystérieuse jeune femme dans l'arbre a-t-elle un nom?

- Kate. Je m'appelle Kate Beckett.

- Enchanté! Moi je suis R...

- Richard Castle! Le coupa-t-elle. Je sais, vous vous êtes présenté au cours de droit fédéral.

- C'est ça...

 - Alors monsieur Castle, vous êtes une sorte de bourreau des cœurs que vous ayez besoin de vous cacher pour échapper à vos groupies?

 - Je suis écrivain. Et beau gosse aussi ! C'est ma croix. J'attire les femmes comme le miel attire les abeilles...

 - C'est ça! Je vais vous plaindre, rit Kate.

 - Vous devriez! Ces filles sont de vraies sangsues!

 - Il vous suffirait d'être ferme et d'imposer des limites à vos groupies.

 - Facile à dire...

 - Je vois!

 - Quoi? Vous voyez quoi? Demanda-t-il un peu inquiet devant le ton employé.

 - Vous êtes ce genre d'homme...

 - QUOI?! S'exclama-t-il la voix partant dans les aigus. Quel genre d'homme?

 - Le genre qui a peur des femmes...

 - AH! Double AH! Je n'ai pas peur des femmes!

 - Non, bien sûr! Et vous n'avez pas non plus besoin de vous enfuir en courant et de vous cacher dans un buisson parce que vous ne savez pas leur dire non.

 - ... Touché...mais pour ma défense, elles étaient plus nombreuses que moi!

 - Et qu'est-ce qu'elles vous auraient fait?

 - Bah... Euh...

 - Vous voyez? Il suffisait de dire non.

 - ... C'est pas faux... Marmonna-t-il après une courte réflexion. Vous avez raison! Je vais tâcher d'apprendre à dire non aux jolies filles.

 - C'est une bonne résolution. Mais seulement les jolies?

 - Toutes les filles sont jolies.

 - Et beau parleur en plus! Rit-elle encore.

 - Si c'est ce qu'il faut faire pour admirer ce magnifique sourire, alors oui je suis un beau parleur.

 - ...

 Cette fois, Kate fut troublée et en perdit ses mots.

 - Là, c'est moi qui ai touché dans le mille! Alors mademoiselle? Comme ça on ne sait pas comment réagir quand on vous fait un compliment?

 - Oh fermez-la! Bougonna-t-elle.

 Castle sourit. Elle était vraiment très mignonne, même quand elle boudait.

 - Arrêtez de vous moquer!

 - D'accord, d'accord! En tout cas, je vous remercie! Vous m'avez sauvé de ces groupies! Ça vous dirait d'aller prendre un verre? Je vous invite!

 - Ça serait chouette...

 - Mais? Rassurez-vous, il n'y a aucun piège! C'est juste un verre!

 - Non! C'est pas ça!... Qu'est-ce qu'on fait de pièce à conviction? Je ne peux pas le ramener dans ma chambre, ma colloc’... Enfin... Je lui ai promis de ne pas revenir avant deux heures!

 - Oh! Pas de soucis, on commandera une tasse de lait aussi! Répondit Rick comprenant le sous-entendu.

 Il se releva et lui tendit la main. Elle le regarda un instant, semblant considérer sa proposition, puis la prit et se leva à son tour. Il lui sourit caressa le museau du chaton qu'elle tenait dans ses bras et l'entraîna avec lui.

Il l’emmena dans un bar branché de Palo Alto, où ils s’installèrent en terrasse pour profiter de la douceur du climat et où Pièce à conviction était admis.

- Alors ? Vous semblez en savoir beaucoup sur moi, commença Castle.

 - Non, pas vraiment ! Ma mère en sait beaucoup sur vous, pas moi… Je n’avais jamais entendu parler de vous avant que nos chemins se croisent !

 - Ah ? Vous n’aimez pas les romans policiers ?

 - Disons que ces derniers temps, je lis surtout des pavés sur le droit…

 - Vous voulez être avocate ?

 - Je voudrais devenir la première femme à présider la cour suprême.

 - Wah ! Ambitieuse ! C’est bien ! Mais il ne faudrait pas oublier de vivre et de profiter de votre jeunesse.

 - Ne vous en faites pas pour ça, je sais m’amuser, sourit-elle.

 


Minefuji  (28.09.2015 à 18:54)

Chapitre huit

 - Ma mère adore vos bouquins.

 - Oh! C'est une femme de goût alors! Sourit Castle.

 - Vous me dédicaceriez un de vos livres pour elle? Demanda Kate. Elle serait folle de joie.

 - Non.

 -Non?

 - J'apprends à dire non aux femmes, je suis votre conseil!

 - Je ne parlais pas des autographes!

 - Ah non?

 - Bien sûr que non! Vous voulez vous mettre vos fans à dos?

 - Non, vous avez raison! Je vous apporterai votre exemplaire demain, on n’aura qu’à se retrouver sous notre arbre !

 - Notre arbre ?

 - Celui de notre rencontre, c’est le même que celui où vous vous étiez installée tout à l’heure.

 - Ah oui ? Vous êtes sûr ?

 - Sûr et certain ! A chaque fois que je passe devant lui, je regarde dans ses branches pour voir si vous n’y êtes pas perchée !

 - Je ne passe pas mon temps dans les arbres, vous savez ?

 - Malheureusement. On se serait revu plus tôt dans le cas contraire.

- …

- Alors ? Dites-moi, comment s’appelle votre mère ? Demanda-t-il en sortant un petit carnet en molesquine de sa poche.

- Elle s'appelle Johanna. Johanna Beckett.

 - C'est noté. Et vous?

 - Moi? Je vous ai déjà dit mon nom!

 - Oui, mais je parlais de l'autographe! Vous ne voulez pas un livre dédicacé pour vous?

 - Je ne connais même pas vos bouquins! Mentit-elle en repensant au livre qu'elle avait sur sa table de chevet.

 - Ce serait l'occasion de les découvrir...

 - Pourquoi pas, sourit-elle.

 - Alors je vous en ramènerai un également.

- Merci, sourit-elle.

Ils terminèrent leurs boissons, puis quittèrent le bar. Castle la raccompagna jusqu'à son dortoir.

 

- J'ai passé une excellente après-midi, dit-il en stoppant la voiture.

 - C'était sympa, oui, sourit-elle.

 - A demain midi sous notre arbre ?

 - A demain, approuva-t-elle.

 - Miaaaawww !

 - Ne te fais pas d'illusion, je ne te paierai pas une tasse de lait à chaque fois!

 - A bientôt Castle.

 - À bientôt Beckett.

 Elle quitta la voiture et s'avança vers son bâtiment, puis se retourna et regarda la voiture de Castle s'éloigner. Elle avait passé un excellent moment en sa compagnie et se réjouissait déjà à l'idée de le revoir le lendemain.

 

- Miaaaaawwww!!!

 - Je l'aime bien moi aussi. Allez, viens, j'ai du travail à rattraper, moi.

 *******

- Salut Kate! Lança Carly lorsque son amie rentra dans la chambre. Et encore merci pour ta discrétion!

 - Mais de rien! Comment va John?

- Il va très bien! Sourit Carly. Il est merveilleux!

Kate l'écouta d'une oreille très distraite raconter les mille et une qualités de ce cher John, tout en enfilant une tenue décontractée et en s'occupant de pièce à conviction. Puis elle se dirigea vers son lit, sur lequel elle découvrit un colis.

 - C'est arrivé en début d'après-midi, précisa Carly en cessant un instant son apologie de ce cher John. Encore un colis de ta mère! Tu n'en avais pas déjà reçu un en début de semaine?

- Si, mais elle sait à quel point ma compagne de chambre est gourmande!

- Oh t'es dure là! Je n'ai pas mangé tous tes cookies! Dis-moi qu'elle en a remis une boîte!

 Kate examina le paquet et sourit. Il venait de sa mère. Elle attrapa un coupe papier et l'ouvrit.

 - Les fameux cookies de ma mère! Annonça Kate en sortant une boîte remplie des plus merveilleux cookies du monde.

 - J'adore ta mère! Dit Carly en attrapant un cookie dans la boîte que Kate lui tendait.

 

Kate examina le contenu du colis tout en grignotant un gâteau. Il était plein à craquer. Son père n'avait encore une fois pas pu tempérer sa mère. Elle imaginait aisément la scène. Jim lui rappelant qu'il y avait de la nourriture à Palo Alto et Johanna lui expliquant combien leur fille devait être prise par ses études et qu'il fallait bien qu'elle lui envoie de quoi se réconforter.

Au fond du carton, elle découvrit un autre roman de Richard Castle et une lettre de sa mère.

Elle s'installa confortablement sur son lit pour la lire et n'entendit que très vaguement Carly lui dire qu'elle allait chercher Ann et Lizzie pour une soirée entre filles.

 ***************

 - Tu viens quand papa?

 - Très bientôt ma chérie, répondit Rick en masquant difficilement son émotion.

 - Tu me manques...

 - Je sais ma puce, mais tu verras, samedi arrivera très vite et je viendrai te chercher. On passera le weekend ensemble, je t'emmènerai à Disney World. On ira voir Mickey et la belle au bois dormant...

 - Vrai?

 - Vrai de vrai!

 - Youpiiiii!

 Il entendit vaguement une conversation entre sa fille et Meredith, qui finalement prit le combiné.

 - Richard, chaton!

 - Meredith...

 - Richard, je suis désolée, mais tu ne pourras pas venir prendre Alexis samedi...

 - Quoi?! Mais pourquoi?! Il s'agit de mon week-end!

 - Je sais, chaton! J'allais t'appeler à ce sujet justement! Tu m'en vois désolée, mais...

- Mais quoi?! Alexis est ma fille, j'ai le droit de la voir!

 - Bien sûr chaton! Mais... Ne pourrait-on pas échanger nos weekends pour une fois?! J'ai l'occasion de l'emmener sur le tournage de son émission préférée! Elle va rencontrer Monky Bonky en vrai!

 - Monkey Bonky est une peluche! Tout ce qu'elle rencontrera, c'est un gars avec un déguisement de peluche géante!

 - Elle a tout juste cinq ans... C'est son idole! Je t'en prie chaton...

 - Je voulais l'emmener voir Mickey!

 - Et il sera encore là dans une semaine... Par contre, je ne pourrais plus l'emmener sur le tournage des amis de Monkey la semaine prochaine!

 **********

Lorsque Martha appela son fils quelques heures plus tard, elle le trouva fort déprimé. Sa fille lui manquait atrocement et devoir attendre une semaine de plus pour la voir était une véritable torture.

- Elle le fait exprès! S'énerva Martha lorsqu'il lui eût expliqué la situation.

 - Mère... Elle veut seulement faire plaisir à Alexis...

 - Elle peut le faire à un autre moment que lors de tes jours de garde!

 - C'était une opportunité incroyable...

 - À d'autres! Ce gars déguisé en peluche passe à la télévision tous les jours, il doit être sur les plateaux de tournage régulièrement!

 - Mère... 

- Tu es trop gentil avec elle! Tu sais quel est ton problème? Tu ne sais pas dire non aux femmes!

 - Je sais... On me l'a déjà fait remarquer aujourd'hui...

 - Et qui donc?

 - Une étudiante... Elle s'entraîne à établir le portrait des gens qu'elle rencontre pour devenir profiler...

 - Eh bien elle est douée! Alors comme ça, une étudiante s'amuse à te profiler? Demanda Martha intéressée.

- Oui... Euh... Je l'ai rencontrée un peu par hasard, on a discuté... J'ai passé un bon moment avec elle...

 - Oh! Et dis-moi, elle est jolie?

 - Très, euh... mais là n'est pas le sujet...

 - Et pourquoi pas?

 - C'est à peine si elle est majeure!

 - Ah ça... Tu devais t'y attendre en acceptant de travailler sur un campus. C'est une de tes élèves?

 - Non.

 - Alors il n'y a aucun problème...

 - On a dix ans de différence d'âge...

 - Et dans dix ans ça ne choquera plus personne, alors...

 - Mère...

 - D'accord! Ecoute trésor, je ne te demande pas de coucher avec elle, juste de te changer les idées... Tu as l'air d'avoir passé un bon moment avec elle...

 - En effet, c'était très agréable...

- Alors où est le problème?

********

Lorsqu'il arriva près de leur arbre, elle n'était pas seule. Elle discutait avec un autre étudiant tout en lui adressant un sourire magnifique. Bizarrement, il ressentit aussitôt une aversion pour ce jeune homme, qu'il ne connaissait pas. Mais pourquoi diable avait-il envie de se précipiter vers eux et de le bousculer pour prendre sa place? Elle rit et posa sa main sur le bras du jeune homme. Qu'elle était magnifique! Sa tunique fluide à fleurs et son bandeau fin dans les cheveux lui donnaient un air petit air baba cool. Diable, il adorerait la prendre par la main pour aller courir avec elle dans les prairies.

Le jeune homme se pencha vers elle et lui fit la bise. Un sentiment de colère rugit en lui.

- Mais qu'est ce qu'il te prend Castle? Se morigéna-t-il. C'est à peine si tu la connais! Et puis elle est trop jeune pour toi.

 Soudain un projectile arriva vers eux et les trempa en explosant. Une bombe à eau. Visiblement, elle avait d'autres admirateurs secrets qui ne supportaient pas de la voir flirter avec ce bellâtre.

Elle releva la tête et regarda en direction d'une fenêtre ouverte au troisième étage. Deux garçons y riaient et se congratulaient d'avoir fait mouche.

Elle fit deux pas dans leur direction, mais fut arrêtée par le jeune homme avec qui elle parlait peu avant. Il tentait de la calmer, mais n'y arrivait pas visiblement. Elle se dégagea de son emprise facilement et se précipita vers le bâtiment.

Wah! Qu'elle était mignonne quand elle était en colère! Enfin, c'était amusant parce qu'elle était en colère contre quelqu'un d'autre bien sûr! Il n'était pas sûr que cela l'amuserait autant si cette colère était dirigée contre lui!

Il se passa un petit moment durant lequel il se demanda s'il ne ferait pas mieux d'aller voir ce qu'il se passait dans cette salle du troisième étage, d'autant qu'elle avait l'air vraiment furax!

Le jeune homme sembla avoir la même idée, puisqu'il s'avança vers le bâtiment en même temps que lui. Ce fut alors que les deux attardés qui s'amusaient encore à lancer des bombes à eau à vingt ans sortirent du bâtiment trempés jusqu'aux os et l'air piteux. Castle réprima un fou rire en imaginant ces deux colosses se prendre une raclée par ce petit bout de femme, qui devait à peine faire la moitié de leur poids.

Elle sortit à son tour du bâtiment comme si de rien était, dit quelques mots au jeune homme avant de le quitter, puis tomba nez à nez avec Castle.


Minefuji  (30.09.2015 à 14:18)

Chapitre neuf

- Hey! Lança-t-il avec un petit signe de la main.

- Hey!

- Tout va bien? Demanda-t-il pour engager la conversation.

- Oh oui! C'est juste un peu d'eau, dit-elle en désignant l'état de sa tunique.

- J'ai aperçu ces gars...

- Ne vous en faites pas, ce sont seulement des crétins d'une fraternité, ils ne devraient pas recommencer...

- J'en suis persuadé, étant donné la leçon que vous venez de leur donner...

- Ils roulent des mécaniques, mais dès qu'on leur fait les gros yeux et qu'on lève un peu la voix, ils redeviennent comme des gamins de six ans, rit-elle.

- En tout cas, je ne me fais aucun souci pour votre carrière de juge à la cour suprême! Vous les materez tous!

- Je l'espère en tous cas, rit-elle.

- Je vous ai apporté le livre pour votre maman! Dit-il en lui tendant un paquet.

- Wah! Merci! Elle va être ravie!

- Je l'espère! Je ne voudrais pas décevoir une de mes fans!

- J'ai préparé un petit pique-nique, dit-elle en montrant le sac isotherme qu'elle transportait en plus de sa besace de cours. Ça vous dit?

- Volontiers!

Ils s'installèrent à l'ombre de leur arbre. Elle avait tout prévu, jusqu'à la nappe à installer par terre.

 - J'espère que vous aimez les sandwiches au pastrami, dit-elle en lui en tendant un.

- Comme tous les New yorkais! New yorkaise?

 - J'y ai grandi, en effet. Je dois d'ailleurs y retourner bientôt, mes parents ont un peu de mal à supporter la séparation.

- Je les comprends, soupira Castle.

- Vous dites ça à cause de votre divorce, demanda Kate devant son air triste.

- ...?

- La presse people, expliqua-t-elle. Ma colocataire en est très friande.

- Ah... Oui et non... C'est... Ma fille est avec sa mère, je ne la vois pas souvent...

- Oh...

- Je n'ai pas été si étonné que ça par la demande de divorce, mais quand Meredith a demandé la garde de notre fille... Je pensais qu'elle serait ravie que je m'occupe d'Alexis... Qu'elle pourrait ainsi se consacrer à sa carrière...

- Les mamans sont comme ça... Leurs enfants passent avant tout...

- Les actrices ne sont pas des mères ordinaires, expliqua-t-il. Je suis bien placé pour le savoir, ma mère en est une!

- ...

Elle resta quelques secondes silencieuse, ne sachant pas très bien s'il plaisantait ou non.

- Pensez à votre fille, elle est sans doute contente de vivre auprès de sa maman...

- Meredith tient plus de la tante cinglée que de la mère exemplaire! Si seulement mon casier judiciaire n'était pas aussi rempli...

- '...'

- Des bêtises sans importance, la rassura-t-il, vous savez ce que c'est que les mecs!

- Ah ça, on peut dire qu'ils ne savent pas être discrets, rit-elle.

- Quoi?

- Les filles non plus ne sont pas des anges, mais au lieu de fanfaronner sur leurs bêtises, elles font en sorte qu'on ne l’apprenne pas.

- Vous voulez dire que la future présidente de la Cour Suprême a déjà fait des bêtises répréhensibles par la justice?

- Mhm-mhm, mais moi, je ne me suis pas fait prendre!

Ce fut à son tour de la regarder un instant sans rien dire. On lisait dans ses yeux un mélange de curiosité et d'admiration. Du haut de ses dix-huit ans, elle le fascinait. Ah, si seulement elle n'était pas si jeune, si seulement il n'était pas un prof et elle une étudiante, si seulement il avait la garde de sa fille... Si seulement...

 - Hey! Ça va? Demanda-t-elle en agitant sa main devant lui.

- Hein?! Ah euh...oui! Je pensais, c'est tout...

- Une idée pour vos livres?

- Euh... Oui... Enfin non...bafouilla-t-il.

- Faudrait savoir!

- Ça en sera peut-être une un jour, répondit-il évasif.

 Elle sourit. Elle le trouvait amusant et attachant avec son côté maladroit et rêveur. Il lui faisait penser à un petit garçon un peu perdu. Elle avait envie de le prendre dans ses bras et de le réconforter.

Ils discutèrent encore pendant un bon moment tout en terminant leur pique-nique improvisé, puis leurs chemins se séparèrent de nouveau.

 ***********

Une semaine plus tard, dans la chambre de Kate et Carly

 - C'est pas vrai?!

- Siiiiii!!!!!!

- La vraie?

- En chair et en os!

- Oh la la!!!!! Les filles, vous savez ce que ça veut dire?

Beckett regardait ses amies, qui sautaient en rond en se tenant les mains. Et dire qu'elle avait eu la naïveté de croire qu'en venant à Stanford, elle n'assisterait plus jamais à ce genre de scène... Apparemment cette sorte d'hystérie collective n'avait rien à voir avec le niveau d'études... Ça devait être ancré dans les gènes... Si elle avait choisi les sciences, elle en aurait peut-être fait une thèse.

Ce fut alors que ce qu'elle redoutait depuis quelques minutes arriva: ses trois amies se tournèrent vers elle d'un même mouvement. Elle les regarda avec une certaine appréhension, jusqu'à ce que Carly énonçât la phrase fatidique:

- On a exactement trois mois pour être prêtes! Beck, on a besoin de toi!

Kate ferma les yeux.

- Je t'en prie Beck! Mathilda King va venir faire passer des essais ici à Palo Alto dans trois mois! C'est une occasion unique!!!!

- Mais... Tenta de répondre Kate.

- Je te promets qu'on sera sage! La coupa Carly.

- Oui! On fera tout ce que tu nous diras! Ajouta Lizzie.

- Sans râler! Précisa Ann.

- Même sur les horaires?

- Euh...

- Je ne fais ça que le matin! Rappela Kate. Pas question de me faire changer mon emploi du temps!

- D'accord... On ne râlera pas sur les horaires...

- Dans ce cas... Lever demain matin à cinq heures, dit Kate.

- Cinq heures?! S'étrangla Carly.

- C'est à prendre ou à laisser. J'ai cours à huit heures.

- Oui mais quand même... Cinq heures!

- J'ai rendez-vous pour le petit déjeuner à sept heures.

- Avec qui? Encore ce Reagan?

- Rogan! Et non, ce n'est pas lui.

- Katherine Beckett! S'offusqua Lizzie. On court deux lièvres à la fois?!

- Je ne cours pas deux lièvres à la fois. Je ne sors qu'avec Rogan.

- Tu devrais le plaquer, si tu veux mon avis, dit Lizzie. Il a une mauvaise influence sur toi.

- On croirait entendre mon père! Il n'a pas de mauvaise influence sur moi!

- Ah oui? Et le blouson volé d'Eddie Vedder?! S'indigna Lizzie.

- Un emprunt! Je le lui ai rendu. Et l'idée venait de moi!

- Et le fait que tu sortes même la semaine? Demanda Ann. Toi le bourreau de travail!

- Je ne le fais que quand je suis à jour dans mon travail! Quand je ne peux pas, je ne sors pas et Rogan le comprend parfaitement!

- Et la partie de paintball improvisée dans le labo de chimie?

- Ah... Ça c'était son idée... Mais reconnais que c'est super marrant! Et je l'ai aidé à améliorer son arme. Les œufs pourris sont plus redoutables que les bouchons en liège.

- Et...

- Lizzie... Soupira Kate. Cesse de t'inquiéter! Je ne vais pas épouser Rogan! Je ne sais même pas si nous serons encore ensemble le mois prochain!

- Alors qu'est-ce que tu fais avec lui? Demanda Ann dont le côté fleur bleu ne comprenait pas que l'on puisse sortir avec quelqu’un en songeant que ça ne durerait pas.

 - Il est marrant et mignon. Avec lui je passe de bons moment, pour l'instant c'est de ça, dont j'ai besoin. Je songerai peut être à me caser dans quelques années, quand les hommes se retourneront moins sur mon passage et que je n'aurais plus que cette solution pour avoir quelqu'un avec qui m'envoyer en l'air... Outch!!!!

À la fin de sa tirade, Beckett avait reçu un oreiller en pleine figure. Elle réalisa alors qu'elle était en présence de filles, qui avaient toutes quelques années de plus qu'elle.

- Sois pas insolente! S'écria Carly, qui avait lancé l'oreiller.

- Non mais écoutez-moi cette sale gamine! Ajouta Lizzie. Ça n'est pas parce que nous sommes un peu plus âgées que nous avons moins de succès que toi auprès des garçons!

- Et si on rêve du grand amour ça n'est pas parce qu'on est trop vieilles pour draguer tout ce qui bouge! S'offusqua Ann.

- D'accord, d'accord, répondit Kate en levant les mains en signe de reddition. Je ne critiquerai plus votre recherche du grand amour... Mais vous, vous arrêterez de critiquer ma façon de vivre ma vie sentimentale!

- ... D'accord... Ça me paraît honnête... Accorda Ann, qui était de loin la plus raisonnable des trois.

- Ok, dit Lizzie à son tour, mais parle-nous de ton rendez-vous pour le petit déjeuner...


Minefuji  (01.10.2015 à 21:03)

                             Chapitre dix

- Il n'y a rien à dire... Je le connais à peine...

- A d'autres! On ne prend pas le petit déjeuner avec un type quelconque!

- Qui a dit que c'était un type?

- ...

- Ok, c'est un type! Avoua Kate devant les regards de ses trois amies.

L’image de Richard Castle lui vint à l’esprit. Après leur pique-nique, ils ne s’étaient pas donné de nouveau rendez-vous et ne s’étaient pas revus pendant des jours. Elle avait amèrement regretté de ne pas avoir été plus entreprenante en lui proposant de se revoir. D’ailleurs sa mère l’avait pratiquement sermonnée quand elle lui avait avoué qu’elle ne le reverrait certainement pas.

                                                  ~~~~~~~

- Alors ? Comment ça se passe avec ton écrivain ? avait demandé Johanna lorsqu’elle l’avait appelée trois jours plus tôt.

- Quel écrivain ?

- Ne joue pas à ça avec moi Katie !

- Mais je ne joue à rien ! Je ne vois absolument pas de quoi tu parles !

- Arrête ! Ne me dis pas qu’il ne se passe rien entre Richard Castle et toi ! Je ne te crois pas ! Pas après une telle dédicace !

- Qu’est-ce qu’elle a cette dédicace ?

- Ne me dis pas que tu ne l’as lue !

- Elle ne m’était pas destinée…

- Mais qui t’a élevée toi ? Tu n’es pas curieuse ?!

- Je respecte ta vie privée, répondit Kate comme une évidence. Certaines personnes devraient en prendre de la graine !

- Ne remets pas ce sujet sur le tapis, s’il te plait ! C’était un accident !

- Bon ! Et si tu me disais ce qu’elle a de particulier cette dédicace ? Demanda Kate, pour changer de sujet.

Ça n’était pas parce qu’elle était d’humeur maussade que sa mère devait en faire les frais.

- Attends, je vais te la lire : « Pour Johanna Beckett, ma plus grande fans d’après sa merveilleuse fille, qui illumine la plus triste des journées d’un simple sourire. Richard Castle »

- …

- D’où ma question : Comment as-tu pu ne rien tenter avec cet homme merveilleux ? Demanda Johanna presque sur un ton de reproche.

- Je…

- Ne me dis pas qu’il ne te plait pas !

- Je n’ai pas dit ça…

- Alors?!

                                         ~~~~~~~

- Et...? Sourit Carly d'un air coquin.

- Elle a bugué ! Constata Lizzie.

- Katherine Beckett n’est peut-être pas si hermétique que ça aux histoires d’amour, plaisanta Ann.

- Oh ça va ! Répondit Kate, en sortant de sa rêverie. On s’est vu deux ou trois fois… Je ne l’avais pas revu depuis plusieurs jours quand on s’est croisés en chemin hier, il m’a proposé un petit déjeuner, c’est tout !

Ce que Kate ne leur avoua pas, c’était qu’elle avait passé son après-midi de la veille à lire sous un arbre bien particulier jusqu’à ce qu’il passe devant elle en sortant de son cours. Il s’était arrêté près d’elle et l'avait saluée, ravi de constater qu’elle lisait un de ses livres. Il s’était installé près d’elle et le lui avait gentiment dédicacé. Ils avaient encore passé un excellent moment ensemble. Et cette fois, elle avait osé lui proposer de se revoir. Elle ne voulait pas se retrouver une nouvelle fois à se demander si elle le reverrait ou non.

- Ne me dis pas que vous allez juste discuter en vous regardant dans le blanc des yeux! Dit Carly sidérée.

- Etant donné la façon dont elle bugue toutes les trois secondes, je dirais que si, énonça Lizzie.

- Ils pourraient même juste se regarder dans le blanc des yeux sans discuter, se moqua gentiment Ann devant l'air rêveur de son amie.

- Quoi ? Demanda Kate comme si on venait de la réveiller.

- Je disais : « Ne me dis pas que vous allez juste discuter en vous regardant dans le blanc des yeux! » répéta Carly.

- Eh bah si! On discute, c'est tout.

- Il est moche? C'est ça? Intervint Lizzie.

- Arrête, tu sais bien que ce genre de détail n'arrête pas notre Beck! Rappelle-toi le rat de bibliothèque de l'an dernier! Rétorqua Ann.

- Beuahhhh...!!!!

- Hé! S'offusqua Kate. Shermann n'est pas moche!

- Sérieusement Kate? Il aurait un troisième œil au milieu du front que l'on ne s'en rendrait même pas compte!

- Wah t'es dure là! Dit Ann.

- C'est juste une image, expliqua Carly. C'était pour démontrer que notre Beckett est complètement sur son petit nuage quand elle est amoureuse...

- Oui et le retour sur Terre est plutôt douloureux! Approuva Lizzie.

- Oh ça va! Marmonna Kate.

- Ne le prend pas mal Beck! On s'inquiète pour toi, c'est tout...

- Vous feriez mieux de vous inquiéter pour vous! Demain matin lever cinq heures! Préparez-vous à en baver!

- QUOI?!!!! T'ES DURE!

- Vous voulez être en pleine forme quand vous rencontrerez Mathilda King?

- On veut surtout être en vie...

Kate sourit devant l'argument d'Ann. Si elle savait... Leurs concurrentes tueraient père et mère pour s'assurer d'être choisie par Mathilda. Si elles ne pouvaient pas survivre à ses petites séances de remise en forme, autant ne pas aller dans la fosse aux tigresses!

                                                ***********

Le lendemain matin, Beckett réveilla ses amies aux aurores et les entraîna dans un footing matinal, suivi d'une bonne séance de Yoga. Elle savoura les grognements de ses dernières comme autant de petites vengeances personnelles pour l'avoir ennuyée au sujet de sa vie sentimentale. Puis elle prit une bonne douche, prépara ses affaires de cours et quitta sa chambre, pour se rendre sur le lieu de son rendez-vous.

Elle était la première. Elle s'installa à une table près de la fenêtre, commanda un jus d'orange et sortit un livre de son sac pour s'occuper en attendant. Elle releva la tête quelques temps plus tard, quand on déposa un beignet et un café devant elle.

- J'espère que Vous aimez les beignets, dit Castle en prenant place sur la banquette en face.

- J'adore les beignets!

- Tant mieux alors, parce que nous sommes dans le restaurant qui sert les meilleurs beignets du coin!!

- Merci... Répondit-elle avec un sourire. Alors? Comment allez-vous?

- On pourrait se tutoyer, non ?

- D’accord. Alors ? Comment vas-tu ?

- Depuis hier tu veux dire ?

- C’est ça !

- Je vais bien...

- Mhm.

- Tu n'as pas l'air satisfaite de ma réponse...

- Parce qu'elle n'a pas l’air sincère.

- Si! Je suis sincère! J'aime discuter avec toi! Alors comme je suis en ta compagnie, je me sens bien! D’ailleurs la semaine dernière fut bien terne sans toi !

- Beau rattrapage, rit-elle en touillant machinalement son café.

- Et toi? Dis-moi? Comment vas-tu?

- Bien. Je suis à jour dans mon travail, j'arrive à suivre le rythme sans trop de soucis...

- Et pièce à conviction?

- Il va bien. Je lui ai acheté un joli panier très confortable, mais il continue de préférer mon lit.

- Comment le blâmer?

- ...

- N'importe qui sain d'esprit préfèrerait ton lit!

- ...

- On dirait que je viens de te clouer le bec! Rit-il.

Elle lui jeta sa serviette à la figure en signe de protestation.

- Ça va, je te taquinais! ... Tiens, je t'ai apporté ça pour ta maman, dit-il en sortant un exemplaire de son dernier roman. Je l'ai dédicacé.

- Wah! Un autre roman dédicacé !

- C'est le tout dernier en date! Il ne sortira officiellement que dans deux semaines!

- Merci... C'est vraiment très gentil. Mais tu la gâtes trop, elle va être hystérique. Déjà l’autre jour, quand elle a reçu celui que je t’ai envoyé…

- Tant mieux. J'aime faire plaisir à mes fans. Et puis rien n'est trop beau pour ta maman.

- Tu ne la connais même pas!

- Mais avec une fille telle que toi, elle ne peut être qu'extraordinaire.

Kate rougit jusqu'aux oreilles, ce qui le fit bien rire.

Ils discutèrent agréablement encore pendant une heure, tout en savourant leur petit déjeuner. Puis ils retournèrent sur le campus où ils se quittèrent pour chacun vaquer à leurs occupations, non sans se souhaiter une bonne journée et se donner rendez-vous le lendemain, pour un nouveau petit déjeuner en tête à tête.

Ils en firent un rituel. Leur rituel. Chaque matin, ils se retrouvaient là, dans ce petit café, leur petit café, à la même table et à la même heure. Ils parlaient musique, littérature et s'amusaient à refaire le monde.

Il aimait sa fraîcheur et son intelligence, il la trouvait magnifique et solaire. Elle avait un côté mystérieux également. Chaque jour, elle trouvait le moyen de l'étonner. Arriverait-il un jour à percer ce mystère? Il en doutait, mais aimait l'idée d'essayer.

Elle savait écouter. Il se sentait bien en sa compagnie. Il lui confiait ses problèmes avec son ex-femme et son besoin d'être avec sa fille. Lui parler lui faisait un bien fou. Elle avait ce don d'apaiser les tourments de l'âme. Il était heureux de la connaître, simplement.

Elle aimait sa vision du monde, sa façon de raconter les histoires et cette part d'ombre qu'elle décelait chez lui malgré son côté rigolo. Elle aimait se perdre dans l'océan de ses yeux et reprendre courage dans la chaleur de ses sourires. Pour la première fois, elle avait l’impression d’être sur la même longueur d’ondes que quelqu’un et ne se sentait pas comme une extra-terrestre perdu au milieu d’humains tous plus bizarres les uns que les autres à ses yeux.


Minefuji  (03.10.2015 à 12:40)
Message édité : 03.10.2015 à 10:49

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