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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 19.09.2015 à 19h17
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une histoire qui m'est venue à l'esprit alors que j'écoutais la chanson "The Scientist de Coldplay"... » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 68 paragraphes
Chapitre onze
En revenant dans leur chambre ce midi-là, Carly s’étonna de voir son amie se préparer devant le miroir en pied. Cela faisait plus d’une semaine qu’elle n’était plus sortie pour s'amuser. Ce qui correspondait à peu près au jour où elle avait pris cette nouvelle habitude de prendre son petit déjeuner à l’extérieur du campus.
- Tu sors? Demanda-t-elle.
- Ouaip!
- C'est qui? Ton drôle de gugusse ou le mystérieux ami du petit dej?
Kate se retourna et dévisagea Carly.
- Rogan n'est pas un drôle de gugusse!
- Je l’ai vu traverser le campus en courant avec un slip sur la tête l'autre jour !
- Je sais. Cet idiot a essayé de rentrer dans une fraternité, c’était un bizutage…
- Je pensais que tu ne le voyais plus.
- Ah ?
- Ça faisait plus d’une semaine que tu n’étais pas sortie avec lui…
- J’avais du travail…
- Et ton mystérieux ami du p'tit dej?
- Mon mystérieux ami du p'tit dej? Répéta Beckett.
- Tu as pris ton petit déjeuner avec lui chaque matin de la semaine, on ne sait rien de lui, c'est un mystérieux ami du petit dej’.
Kate se contenta d'hausser les épaules et se retourna vers le miroir pour terminer de mettre son mascara.
- Il ne trouve rien à redire au fait que tu sortes avec l’autre ? Insista Carly.
- Ce n’est qu’un ami, rien de plus, dit Kate.
- Pourquoi prendrait-il son petit déjeuner avec toi chaque matin, s’il ne voulait pas aller plus loin ?
- J’en sais rien, soupira Kate. Peut-être que c’est tout ce qu’il recherche.
- Oh ! Je vois ! Fit Carly.
- Tu vois quoi ? Demanda Kate sans se retourner.
- Je vois pourquoi le gugusse revient dans le paysage !
- Il ne revient pas dans le paysage, soupira Kate. J’ai besoin de me changer les idées et il est marrant.
- Tu es sûre que ça va ?
- Mhm... Mais oui, ça va. Ne t’en fais pas pour ça.
- Tu ne m'en diras pas plus, n'est-ce pas?
- Tu as tout compris!
- Bon... Comme tu veux, soupira Carly. Et ton gugusse alors? Il a prévu quoi pour aujourd'hui?
- Il m'emmène à Vegas, sourit Beckett. Réjouis-toi, demain, pas d'entraînement! Après une telle soirée et la longueur du chemin du retour je ne pense pas être en état de faire du sport demain soir...
- Une telle soirée?
- On va à Vegas! On va s’éclater ! Cette soirée ne peut être que mémorable!
- Si tu le dis... Répondit Carly un peu inquiète.
- Allez! À demain Carly! Lança Beckett en attrapant son sac et sa veste.
- À demain! Ne fais pas de bêtise quand même! Pense à ton père!
Beckett quitta la chambre en secouant la tête. S'il y avait bien une personne à laquelle elle se refusait de penser quand elle était avec un petit ami, c'était bien son père. Surtout quand il s’agissait d’un gars comme Rogan ! Non, ce soir, elle ne penserait à rien ni personne ! Elle allait s’amuser !
Le Pick-up de Rogan l'attendait sur le parking. Elle s'empressa de le rejoindre.
- Salut Kitkat! Tu m'as manqué cette semaine!
- Oui... J'avais énormément de travail...
- Sérieuse. C'est bien!
- Et toi, dis-moi?
- Quoi moi?
- Comment s'est passé ta semaine? Ton stage commence bientôt?
- Mon stage?
- Bah oui, ton stage, tu m'as dit que tu avais trouvé l'affectation de ton prochain stage...
- Quelle mémoire! Wah! Pas étonnant que tu fasses des études de droit Kit Kat!
- ...
- Quoi?
Kate le regardait fixement. Elle était vraiment flippante quand elle faisait ça! Il allait falloir qu'il soit vraiment très prudent avec elle. Cela faisait à peine quelques semaines qu'il la connaissait et il avait déjà l'impression qu'elle lisait en lui comme dans un livre ouvert...
- Mon stage ne démarrera que dans deux semaines, expliqua-t-il. Cette semaine, j'ai été tellement accaparé par mes cours, que je n'y pensais plus. C'est qu'ils nous bourrent le crâne dans cette branche!
- Les profs ou ces crétins de la fraternité dans laquelle tu essayes d’entrer ?
- Euh…
Elle sourit. Pensait-il vraiment qu’elle ne remarquait pas qu’il n’était pas très à l’aise avec ce qu’il lui racontait ? Elle choisit de ne pas l’ennuyer plus longtemps avec ses questions. Ce soir, elle ne voulait surtout pas se prendre la tête.
- T’en fais pas ! Je me fiche pas mal de tes petits mensonges ! Profitons de cette soirée pour nous vider la tête! Lança-t-elle soudain. Attention Vegas! Nous voilà!
- Nous voilà! Cria à son tour Rogan tout sourire en appuyant sur le champignon.
Kate mît une cassette dans le vieil autoradio de Rogan, huit heures de route jusqu'à Vegas, il allait falloir tuer le temps...
********
Assis sur un tabouret devant le bar, Castle fixait le contenu de son verre sans y toucher.
- Ça va Ricky ? Demanda le barman de l’autre côté du comptoir.
- …
- Ricky ?
- Hm ? Oh pardon, tu disais ?
- Je me demandais comment tu allais, ça va faire une heure que tu fixes ton verre sans y toucher.
- Ça va… Je réfléchissais.
- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? La dernière fois que je t’ai vu comme ça, tu venais de te faire plaquer ! Alors ? Qui tourmente ton cœur ?
- Personne… C’est moi le fautif cette fois, soupira Castle.
Il repensa à ce qu’il s’était produit la veille...
Le soleil inondait déjà la terrasse malgré l’heure matinale. Comme chaque matin, il l’avait retrouvée là, plongée dans un livre de droit. Comme chaque matin, il lui avait apporté son café et comme chaque matin, elle l’avait remercié avec un magnifique sourire. Il avait choisi une assiette de fruits frais pour accompagner le café cette fois-là. Ils les avaient dégustés en discutant comme chaque matin. Tout se passait pour le mieux, comme chaque jour. Jusqu’à ce qu’elle parlât du week-end qui arrivait.
- On pourrait se faire un bowling samedi soir, qu’est-ce que tu en dis ?
- …
- Ou un cinéma ! avait-elle proposé aussitôt devant son regard étonné et son manque de réaction.
- Ce week-end? ... Tu voudrais sortir ?
- Oui… Euh… Je pensais que comme tu n’auras pas ta fille avec toi… Enfin… Je me suis dit que…
Elle s’était emmêlée dans ses mots, gênée à l’idée de s’être montrée trop entreprenante.
- C’est que…
- Ça va, j’ai compris, avait-elle dit en se levant de sa chaise.
- Kate !
Il s’était levé à son tour et lui avait attrapé le poignet pour la retenir.
- Il faut que j’aille en cours, avait-elle répondu en se défaisant de son emprise.
- Ton cours ne commence que dans une heure !
- Je dois passer à la bibliothèque avant !
- Kate ! Je t’en prie, écoute-moi !
- Pas la peine, j’ai compris. Ne t’en fais pas, je ne suis pas fâchée !
- Mais…
- On se voit lundi matin ! Salut !
Et elle était partie. Il l’avait laissée partir. La rattraper n’était pas raisonnable. L’aimer n’était pas raisonnable. Un enseignant ne devait pas avoir de relation avec une étudiante. Même s’il se fichait pas mal de perdre ce job, il ne faisait aucun doute que ce genre d’histoire ne jouerait pas en sa faveur pour la garde d’Alexis. L’avocat de Meredith ne se gênerait pas pour s’emparer d’une telle information.
Il revoyait encore son magnifique sourire s’effacer et son regard se voiler de déception quand il n’avait pas réagi comme elle l’espérait à sa proposition. Evidemment qu’elle avait pensé qu’il souhaitait que leur relation évolue. On ne prenait pas son petit déjeuner chaque matin avec une personne sans espérer voir naître une relation plus intime. Il avait été idiot d’imaginer que ce petit rituel serait sans conséquences.
************
Las Vegas , Cesar's Palace, aux environs de 21 heures...
Légèrement mal à l'aise, Kate observait la salle grouillante de monde. Elle n'était jamais venue dans un casino et pour une première, le César's Palace était vraiment impressionnant! Elle resserra sa poigne sur la pochette qu'elle tenait dans les mains, comme si ce simple geste pouvait la rassurer. Elle chercha Rogan du regard, apparemment, lui, était un habitué de ce genre d'endroit. Maudit Rogan! Il aurait pu éviter de la planter là alors qu'ils venaient tout juste d'arriver!
- Relax Kitkat! Tu es merveilleuse!
Elle sursauta et se retourna pour se retrouver face à lui, il tenait deux flûtes de champagne dans les mains.
- Rogan!
- Tiens, bois ça, ça va te détendre, dit-il avec un sourire charmeur.
Elle se saisit de la flûte qu'il lui tendait et l'avala d'un trait.
- Une femme comme je les aime, se réjouit Rogan.
- Si mon père savait où je suis, il pêterait les plombs et montrait dans le premier avion pour venir me chercher...
- Heureusement il n'en sait rien!
- Heureusement, oui, car dans le cas contraire, je finirais au couvent, répliqua-t-elle en lui prenant la seconde flûte des mains, pour la boire aussi vite que la première. Allez viens Rogan!
- Où vas-tu?
- À l'assaut des machines à sous!
- Les machines à sous? Tu ne veux pas plutôt essayer le black Jack ou la roulette?
- Y a pas écrit friquée là! Rétorqua-t-elle en désignant son front.
- Allez... Sois pas p'tite joueuse! La provoqua-t-il.
- T'as qu'à y aller toi!
- Mais j'y vais!
- Bien! Je te rejoindrai quand j'en aurai fini avec ces machines à sous.
- C'est à dire?
- Quand j'aurai vidé mon gobelet! Expliqua-t-elle en attrapant un gobelet et en y jetant quelques pièces.
Elle s'éloigna de lui et s'installa sur un tabouret devant une machine. Elle inséra une pièce et actionna le levier. Les rouleaux firent défiler les images rapidement, puis s'arrêtèrent tour à tour. Un signe dollar, puis un autre et enfin un troisième. Les lumières clignotèrent et la machine s'emballa bruyamment avant de faire tomber une jolie quantité de pièces dans le gobelet de Kate.
- Ah ben là, ça va être plus long de finir le gobelet... Constata Rogan.
- Tiens, dit-elle en lui mettant une poignée de pièces dans la main, soit mignon, va me chercher un cocktail... Des litres de cocktail!
- Bien madame, sourit-il.
Deux heures plus tard, Rogan euphorique, misait une nouvelle fois à la roulette.
- Alors dis-moi, Kitkat, quel numéro?!
- Le 17 noir, affirma-t-elle tout sourire.
- Vous avez entendu la dame? Dit-il au croupier.
- Le 17 noir, confirma le croupier en actionnant la roue. Mesdames messieurs, les jeux sont faits!
La bille zigzagua quelques instants à travers les cases de la roue, qui tournait toujours, puis s'immobilisa dans une case sous le regard intrigué des clients qui s'étaient attroupés autour de la table. Kate avala son verre de cocktail d'un air distrait et le croupier annonça le 17 noir.
- Incroyable...
- Elle a encore gagné...
Rogan exulta et attrapa Kate par la taille pour venir l'embrasser.
- Fiston, ne la lâche pas! Dit un client derrière eux. Cette jeune femme est une perle rare!
Kate éclata de rire et applaudit des deux mains tandis que le croupier poussait plusieurs piles de jetons vers eux.
- Il a raison, approuva Rogan plus qu'éméché. Je ne vais plus te lâcher...
- Ah oui? Fit Kate complètement partie.
- Viens, on va se marier! Il y a une chapelle là-bas...
- Ça pou......rrait être drôôôôllllllle! Approuva-t-elle... J'en ai un peu marre des jeux...
Il l'entraîna par la main, sous les applaudissements des autres clients. Titubant dangereusement, Kate se rattrapa à la manche du veston d'un client.
- Exc... Usez...Mmm-moi... Bredouilla-t-elle hilare... Tennn... Tenez... C'esss... Pppooour vvvvous... Jjjj'ennn ai torr euh... trrrrrop... Deee ttttoutt ffffffassssssssoooonnn...
Elle lui plaça quelques jetons dans la main et la lui tapota amicalement le bras.
Chapitre douze
- Kate?!!! S'écria Castle tandis qu'elle lui refermait la main sur les jetons.
- Ooh Cassstle! Sssalllut!
- Ma parole, mais tu es saoule!
- Jjjjaiunpeubu... Cccc'est vrai...
- Un peu?! Tu rigoles? Ton haleine pourrait désinfecter une plaie à elle toute seule!
- Hey! Laisse ma femme tranquille! Avertit Rogan.
- Votre femme?
- On vasss s'amarrer! Eeuuhhhh ssssmarrrrrier Rigola Kate.
- Vous marier?! S'étrangla-t-il.
- Ouais ! C'est marrant nan?!! Sourit-elle en levant mollement les bras.
Il fronça les sourcils. Combien de litres d'alcool avait-elle ingurgité pour être dans cet état?
- Euh... Pas vraiment non... Kate, tu devrais rentrer avant de faire une bêtise!
- RELAXXXX! On nétavegasss... Dit-elle en désignant vaguement les alentours d'un geste de la main.
- Ecoute Kate... Je...
- Toiossi tu veux tmmmmarier? Bahhh viens.... Plus on nédefous..
- AAAAAAHHHHHHH! Kate ne fais pas ça!!!! S'écria-t-il alors qu'elle venait de se coller à lui et commençait à le peloter dans des endroits stratégiques.
- Wah! Tu l'as entendu crier? Tu devrais vérifier ses bijoux de famille, rigola Rogan avec son air ahuri.
- Mes bijoux vont très bien! Rétorqua Castle agacé par cet énergumène. Non mais qu'est-ce que je raconte moi? Allez viens Kate, je te ramène.
- Hey! Laisse-la on va s'marier! Protesta Rogan en posant une main sur l'épaule de Rick.
- Tu le lui redemanderas quand elle sera lucide! C'est tout juste si elle n'est pas dans le coma là!
- C'est pas toi qui dois décider pour elle! S'énerva Rogan en la prenant par le bras.
- Lâchez-la! S’énerva Castle en la tirant par l’autre bras.
- Héééé ! Vous battez pas… bredouilla Kate écartelée entre eux d’une voix pâteuse.
- Lâche-la toi! Rétorqua Rogan.
- Vous l'aurez voulu! Gronda Rick en le repoussant vigoureusement.
- Wahhhh ! Fit Kate mi admirative, mi comateuse.
Rick fit signe à l'un des videurs du casino, qui vint aussitôt attraper Rogan.
- Attenssssssion ! Le cassez pas !!! Avertit Kate.
- T’as entendu la dame ? Demanda Rogan en tournant la tête vers le videur qui l’avait empoigné par le col de la chemise.
- Ne vous en faites pas, répondit le videur en s’adressant à Kate, ce genre de mariole a la tête dure !
- Allez viens, dit Rick en prenant Kate par le bras pour l'entraîner vers la sortie.
Elle fit à peine trois pas et chancela dangereusement. Il la rattrapa juste avant qu'elle ne tombe.
- Je vais te porter, dit-il.
- J’peux marchhhh… marmonna-t-elle.
- Bien sûr, c’est flagrant, ironisa-t-il en la faisant grimper sur son dos. Elle enroula ses bras autour de son cou et cala sa tête contre son épaule. Elle adressa un petit signe de la main d’un air désolé à son compagnon de beuverie lorsqu'ils passèrent devant Rogan.
- Byyyyeee Rog...an... Chuchota-t-elle dans un état second.
Il l’entraîna à l’extérieur. La fraîcheur de l’air eut le mérite de lui faire légèrement reprendre ses esprits.
- Mais… Et Rogan… ?
- T’en fais pas, le videur est un ami, il va seulement l’aider à dégriser. Tu retrouveras ton prince charmant dans quelques heures…
Elle pouffa.
- Rogan n’est pas un prin…ce charm…mant…
- Ah oui ? Tu allais l’épouser pourtant !
- C’était juste pour rire…
- Tu es certaine que ta mère est avocate ?
- …
Elle semblait assoupie. Il secoua légèrement la tête et se dirigea vers son hôtel. Il n’était pas très loin, il était inutile de prendre un taxi. Non loin de là, au coin de la rue, plusieurs cliquetis légers, à peine audibles, retentirent.
- Je ne suis pas trop lourde ? murmura-t-elle en chemin à moitié endormie.
- Disons que je me demande comment tu fais pour être aussi fine et peser le poids d’un bébé éléphant…
- Hey ! Râla-t-elle en lui tirant l’oreille.
- AHHHHHH !!!! POMME ! POMME ! POMME !
- Pomme ?
- C’est mon mot de secours ! Ça veut dire que tu vas trop loin !
- Sado maso ? Sourit-elle. Dominant ou soumis ?
- Et toi ?
- …
- Ouais, c’est pratique de piquer du nez quand on ne veut pas répondre…. En tout cas, ton père a des soucis à se faire !
Il arriva à son hôtel, récupéra la carte de sa suite à l’accueil, puis se dirigea vers l’ascenseur.
- Vous voulez de l’aide ? Demanda le groom en le voyant arriver avec Beckett sur le dos.
- Non, je vous remercie, ça va bien.
- Laissez-moi au moins vous accompagner pour appuyer sur les boutons de l’ascenseur et ouvrir la porte de votre chambre…
- Ca serait pratique, en effet. Merci !
Une fois dans sa chambre, Castle déposa Kate sur son lit, mais alors qu’il s’apprêtait à se redresser, elle l’agrippa par le cou et l’attira contre elle.
- Un bisouuuuuu !!!!! Réclama-t-elle.
- Kate ! Marmonna-t-il.
Il tenta de s’extraire de son emprise, mais elle avait une sacrée poigne, même dans cet état ! Il lui déposa un petit baiser sur la joue, espérant qu’elle s’en satisferait.
- Naaannnn ! Pas commmçççça… Un vraaiiii !!!!
- Kate, tu as trop bu !
- Et twatépasmarrant…
- Kate! Il est grand temps que tu dormes, dit-il en lui écartant les bras pour se dégager de son emprise.
- Jveux un bisouuuuu!!!!!
- On verra ça demain, quand tu seras consciente de tes actes...
- Promis ?
Il la regarda un instant intrigué. Était-ce l'alcool qui parlait ou était-elle sérieuse?
- ... Promis, chuchota-t-il en lui enlevant ses chaussures, pour l'installer plus confortablement dans le lit.
Elle sourit, puis enfouit sa tête dans l'oreiller dans un soupir de satisfaction. Elle était tellement jolie, même ivre morte, qu'il n'avait qu'une envie : la prendre dans ses bras. Depuis le premier jour, quand il l'avait aperçue perchée dans cet arbre, il ne pensait qu'à une chose chaque fois qu'il la voyait: l'enlacer tendrement et l'aimer. Mais elle était étudiante et lui enseignait. Même si elle n'était pas inscrite dans ses cours, il trouvait ça déplacé. Et puis elle était si jeune! Que ferait-elle avec un homme de dix ans son aîné et père d'une petite fille d'à peine cinq ans?
- Je t'aimmm Casssstle... Marmonna-t-elle dans son sommeil avant de se mettre à ronfler comme un sonneur.
Il se figea et resta un moment à l'admirer. Délicatement, il replaça correctement les quelques mèches de cheveux qu'elle avait devant le visage, puis il remonta doucement la couverture sur ses épaules.
- ... Demain, je vais me mettre des baffes, marmonna-t-il tandis que Kate lâchait un nouveau soupir vraiment trop sensuel.
Il se rendit dans le salon de la suite à pas feutré et ferma discrètement la porte de la chambre. Puis il se servit un whisky et s'installa dans le canapé pour le savourer en regardant la télé. Et dire qu'il était venu à Vegas pour se changer les idées... Il avait prévu de jouer au poker et au black Jack durant toute la nuit pour éviter de penser à sa petite fille, qui lui manquait atrocement et au mal qu'il avait fait à Kate. Au lieu de ça, il allait la terminer sur le canapé de sa suite, à veiller sur le sommeil de sa jeune amie. En y repensant, il en vint à se réjouir du fait que Meredith lui ai refusé un échange de leurs week-ends de garde pour emmener Alexis voir son idole en concert, car sans cela, Kate serait mariée avec l'énergumène, qui l'avait accompagnée à Vegas!
Que pouvait-elle bien lui trouver? Elle était belle, intelligente et d'excellente compagnie, elle pouvait très facilement se trouver un bien meilleur petit ami! Décidément, elle était un véritable mystère! Son esprit vagabonda jusque dans la chambre où elle dormait bruyamment. Diable! Même ses ronflements étaient sexy!
Il était irrésistiblement attiré par elle. Et il avait beau se sermonner en se disant qu'elle était trop jeune, qu'elle devrait avoir un petit ami de son âge, il ne pouvait s'empêcher de penser à elle. Les images de la télé défilaient devant ses yeux sans qu'il y prête attention et c'est ainsi que le sommeil vint le surprendre peu de temps après...
***********
Quelques heures plus tard, lorsqu'il se réveilla, Rick commença par éteindre la télé, avant d'aller jeter un œil dans la chambre. Kate y dormait encore d'un sommeil de plomb. Il remonta la couverture sur ses épaules, puis retourna dans le salon, où il passa commande d'un copieux petit déjeuner au service d'étage.
Une heure plus tard, une délicieuse odeur de café tira Kate de son sommeil. Elle ouvrit doucement un œil, avant de le refermer aussitôt, éblouie par le soleil. Elle avait l'impression qu'un orchestre de percussions avait élu domicile sous son crâne. Difficilement, elle réessaya d'ouvrir à nouveau un œil. Où était-elle? Elle ne reconnaissait pas l'endroit. Elle ouvrit son autre œil et balaya du regard, la pièce dans laquelle elle se trouvait. Il était clair qu'elle ne l'a reconnaissait pas. Elle se redressa brusquement. Trop brusquement, un tsunami nauséeux s'empara d'elle, elle n'eut que le temps de se précipiter vers la porte la plus proche, qui heureusement pour elle se trouvait être celle de la salle de bain et de s'agenouiller devant la cuvette des toilettes pour y vider le contenu de son estomac.
Au bout de quelques minutes, elle se redressa et s'avança vers le miroir au-dessus du lavabo. Elle avait une tête à faire peur... Heureusement, elle avait toujours ses vêtements sur elle, ce qui signifiait que l'alcool ne lui avait pas fait faire une trop grosse bêtise... Elle se rinça la bouche et se passa de l'eau sur le visage, avant de se décider à visiter les lieux, histoire de remplir l'énorme vide dans ses souvenirs de la veille.
Rick était en train de siroter sa deuxième tasse de café, lorsqu'il entendit du bruit dans la chambre, puis dans la salle de bain. Il grimaça en imaginant la gueule de bois carabinée de son amie.
Quelques minutes plus tard, la porte de la chambre s'ouvrit et elle apparut.
- Salut jolie zombie, lança-t-il en souriant à la vue de l'allure de mort vivant de Kate.
Chapitre treize
Elle grimaça.
- Castle?
- Lui-même! Sourit-il. Bien dormi?
- Pas trop fort! Chuchota-t-elle en portant une main à son front.
- Ah ça! Ça doit faire du bruit là-dedans, dit-il en désignant son front. J'imagine la réaction de ta maman si elle venait à apprendre que sa fille a bu en une soirée une quantité d'alcool qui aurait pu la faire tomber dans le coma!
- Mhmmm... Grogna-t-elle difficilement. Ça serait pire si c'était mon père.
- Pauvre papa Beckett ! Je le plains !
- … De quoi parles-tu ? Demanda-t-elle la voix pâteuse.
- Si un jour j’apprenais que ma fille a fait une virée à Vegas, bu comme un trou et manqué d’épouser un sombre idiot, je crois que je l’enfermerais dans un couvent !
Elle le regarda d’un air effaré.
- Quoi ? S’étonna-t-il.
- Mon dieu Castle, tu ressembles à mon père !!!
- Oh ! Ça doit être un type bien ! Et incroyablement beau également ! Sourit-il.
- Oh bon sang ! Continua-t-elle en se laissant tomber sur le canapé sans prêter attention à ce qu’il disait. Mon père ?! Non, mais qu’est ce qui ne va pas chez moi ?!!
- Tu es sûre que ça va ? Demanda Rick alors qu’elle se prenait la tête entre les mains.
- … Nan! ça va pas! J'ai la gueule de bois et ... Oh bon sang! Mon père!!! C'est pas vrai! Freud aidez moi!
- Relax! Je ne lui dirai rien!
Elle releva la tête vers lui et le regarda sans rien dire. Elle devait avoir l’air d’une allumée.
- Café? Proposa-t-il dans un murmure en lui présentant une tasse. Je l'ai demandé hyper serré, il réveillerait un mort!
A sa vue, elle devint blanche, puis verte, et finalement grise. Elle repartit en courant en direction de la salle de bain.
- Pas de café, donc, constata-t-il en reposant la tasse sur la table du petit déjeuner.
Elle réapparut quelques instants plus tard. Il lui proposa un grand verre d'eau et deux aspirines.
- Tiens. Ça devrait te soulager.
- ... Merci.
Elle avala rapidement les comprimés et son verre d'eau, puis s'installa dans le fond du canapé en attendant que ça agisse.
Il lui amena une serviette, qu'elle plaça sur ses yeux pour se retrouver totalement dans le noir. Il la laissa tranquille et ne fit aucun bruit pour ne pas empirer son malaise.
On frappa à la porte, une vingtaine de minutes plus tard, il se leva et alla ouvrir. Lorsqu'il revint près d'elle, il tenait un sac en papier et le lui tendit.
- Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle en grimaçant à l'entente de sa propre voix.
- Quelques vêtements et des affaires de toilette. Je me suis dit que tu aimerais changer de vêtements après une bonne douche...
- ... C'est gentil... Merci, murmura-t-elle en prenant le sac.
- J'espère que c'est la bonne taille...
- Ah... Euh... Ça devrait aller, je pense... En jetant un œil aux étiquettes, troublée en constatant qu'il avait vu juste.
- Tant mieux... Pour le gel douche, je suis désolé, mais il n'y avait plus que cerise ou pistache... Ça doit être pour enfant... J'ai choisi cerise...
- Ça ira! Ne t'en fais pas! J'aime beaucoup la cerise.
- Tant mieux!
- ... Bon... Euh... Je vais me doucher alors...
- Oh! Euh... Oui! Vas-y! Je t'attends!
Elle se rendit dans la salle de bain et n'en ressortit qu'une vingtaine de minutes plus tard.
- Ça va mieux? Demanda-t-il avec un sourire.
- Ça va mieux. Cette douche fait des miracles.
- L'aspirine aussi.
- L'aspirine aussi, reconnut-elle.
Il se contenta de sourire. Elle avait fait fort la veille, mais il était inutile de l'accabler davantage avec ça, son mal de crâne la punissait déjà suffisamment.
- Je peux garder le gel douche? Demanda-t-elle après un temps de silence. Il sent drôlement bon!
- Sans problème, je doute que la cerise corresponde à mon image...
- Ton image de Playboy?
- Quoi?!
- J'ai lu pas mal de choses sur toi, Richard Castle. Tu fais souvent la une de la presse people...
- Tout ça... C'est pour amuser la galerie... se contenta-t-il de répondre avec un haussement d’épaules.
- Toutes ces femmes avec qui tu aimes t'amuser, ne me dis pas que tu te contentes de quelques photos pour les journaux !
- Non... C'est vrai... Mais...
- Alors pourquoi?
- C'est compliqué... Ma vie privée est une succession de revers et de complications, alors je fais n'importe quoi...
- Non! Pourquoi tu n'as pas voulu de moi? Demanda-t-elle en mettant les pieds dans le plat. Je ne suis pas assez bien?
- Quoi? Non! Bien sûr que non! Tu es parfaite! Même ivre morte!
- Alors pourquoi?
- Mais parce que tu étais ivre morte! Tu aurais voulu que je profite de ta vulnérabilité?! Kate! Je ne suis pas ce genre de gars! Contrairement à ton gugusse, là...
- Mon gugusse?
- Celui qui t'accompagnait dans ta soirée de beuverie!
- Rogan?
- Bien sûr lui ! Ce type voulait profiter de ton état d'ébriété pour t'épouser à Vegas!
- C'était pas sérieux, on rigolait c'est tout! Tout le monde sait que les mariages à Vegas sont bidons!
- Tu es certaine que ta mère est avocate? Demanda-t-il en fronçant les sourcils et en haussant un peu le ton. Bien sûr que les mariages à Vegas sont légaux! Encore un peu et tu te serais retrouvée mariée à cet énergumène!
- ... T'en es sûr?
- Sûr et certain!
- …
Elle ouvrit la bouche comme si elle voulait parler, la referma ensuite, semblant se raviser, puis se laissa retomber dans le canapé.
- … Si mon père apprend ça, il va ... Oh... Je vais être malade, soupira-t-elle...
- Ouais... Enfin, on a évité la catastrophe... Heureusement que j'étais là!
- ... Merci, chuchota-t-elle en se prenant la tête dans les mains.
- Tu pourras toujours compter sur moi, sourit-il.
Elle réfléchit un instant. Cet exercice semblait être extrêmement difficile dans son état.
- Qu'est-ce ce que tu faisais là d'ailleurs? Demanda-t-elle finalement.
- J'avais besoin de me changer les idées.
- Ah oui? Je croyais que tu ne pouvais pas sortir, que tu devais rester tranquillement chez toi!
- Kate...
- Ne prends pas ce ton là avec moi! Je ne suis plus une petite fille!
- Oh non! C'est vrai que tu t'es comportée en adulte hier soir! Siffla-t-il.
Elle le fusilla du regard, apparemment, elle lui en voulait.
- Ecoute... Je suis désolé si je t'ai fait de la peine, soupira-t-il.
- Te fatigues pas, j’ai compris, je suis une grande fille...
- ... Compris quoi ?
- C’est juste que… Je pensais que tu... C'est pas grave après tout... Soupira-t-elle. Je me suis fait des idées.
Il baissa la tête, conscient de sa responsabilité dans les tourments de sa jeune amie. Elle esquissa un petit sourire crispé et attrapa sa veste prête à partir.
- Attends! L'arrêta-t-il. Viens prendre ton petit déjeuner, tu te sentiras mieux après.
- Je n'en suis pas certaine... Grimaça-t-elle à cause de son état nauséeux.
- Il est hors de question que tu quittes cette chambre l'estomac vide! Mange au moins un petit peu !
Elle le défia du regard, il ne cilla pas.
- Bon... Soupira-t-elle comprenant qu’il ne cèderait pas.
Elle s'assit à la table et grignota en silence quelques fruits et un toast. Il l'observait discrètement. Il lui devait des explications. Son comportement avec elle était ambigu, elle avait toutes les raisons d'être fâchée contre lui. Il n'aimait pas cette idée. Étrangement, le fait de la savoir fâchée contre lui l'ennuyait au plus haut point. Il n'avait jamais ressenti cela pour une femme.
- Je ne voulais pas te blesser, lâcha-t-il après avoir longuement cherché comment aborder le sujet.
- Ouais. Eh ben c'est raté, rétorqua-t-elle amère.
- Je peux t'expliquer?
Elle ne répondit pas et se contenta de se tourner vers lui dans une position d’attente.
- Tu es quelqu'un d'extraordinaire, commença-t-il.
Elle leva les yeux au ciel, pas certaine de comprendre ou d'apprécier le début de ses explications.
- Mais? Grimaça-t-elle.
- Mais je suis prof et tu es une élève...
- La belle affaire! Je demande mon changement pour une autre fac et le problème est réglé! Rétorqua-t-elle du tac au tac démontrant ainsi qu’elle avait déjà réfléchi à la question.
- ... Tu ...? Bafouilla-t-il impressionné par ce qu'elle se sentait capable de faire pour lui.
- Il y a plein d'autres universités excellentes, dit-elle dans un haussement d'épaules.
- Je ne veux pas que tu changes d'université, répondit-il. De toute façon tu es trop jeune.
- Tu sais bien que cet argument est bidon, souffla-t-elle.
- Ecoute... Je me bats pour la garde de ma fille... Mon ex-femme... Enfin son avocat se frotterait les mains s'il venait à apprendre que j'ai une relation avec une étudiante de mon université...
- Je peux...
- Tu ne changeras pas de fac! La coupa-t-il. Cette affaire de divorce et de garde est assez sordide, je ne veux pas que tu sois mêlée à ça.
- ... Ok... Soupira-t-elle... Je comprends.
- ... Vraiment?
- Qu’est-ce que ça peut faire de toute façon ?
- A t’entendre on dirait que je me fiche pas mal de toi !
- …
- Je ne me fiche pas de toi ! S’écria-t-il. Je t’apprécie beaucoup ! Si ça n’était pas le cas, j’aurais pu me résoudre à ne plus te revoir !
Elle le fixait, sidérée par ce qu’il venait de lui avouer.
Chapitre quatorze
- Tu ne peux pas te passer de moi? Murmura-t-elle enfin.
Il ne répondit pas. Lui aussi était atterré par ce qu'il avait avoué sans le vouloir.
- Mais tu ne peux pas être avec moi, continua-t-elle en fronçant les sourcils.
- Euh... C'est ça, acquiesça-t-il penaud.
- ... Donc, si je comprends bien, tu me fais souffrir parce que tu ne peux pas te résoudre à ne plus me voir?! Résuma-t-elle.
- ...
- T'es sacrément gonflé, tu sais ça?! S'énerva-t-elle soudain en se levant de sa chaise.
Il se leva à son tour, sans savoir vraiment ce qu’il devait dire ou faire. Ils se firent face un long moment, chacun réalisant la portée du problème.
- Je comprendrais que tu ne veuilles plus me voir, dit-il dans un souffle.
- Manquerait plus que ça, répliqua-t-elle sarcastique.
- … Que je ne comprenne pas ou que tu ne veuilles plus me voir? Demanda-t-il pointant l'ambivalence de sa répartie.
Elle ne répondit qu'avec un petit sourire énigmatique, le laisser mariner un peu serait sa vengeance.
- Il est temps de rentrer, lança-t-elle en commençant à rassembler ses quelques affaires. La route est longue et j'ai cours demain.
- Tu... Tu veux que je te ramène? Demanda-t-il incertain.
- Oh... Je pourrais demander à Rogan de me ramener avec son pick-up, le provoqua-t-elle.
- Je réserve deux billets d'avion! Rétorqua-t-il aussitôt. Il est hors de question que tu repartes avec lui!
Elle sourit et disparut dans la chambre satisfaite.
- Non, mais elle se paie ma tête ma parole! Constata-t-il dans un murmure.
- C'est de bonne guerre Castle, lança-t-elle depuis la chambre.
Wah! Et en plus elle avait une ouïe surdéveloppée! Ce petit bout de femme serait redoutable avec quelques années de plus!
Un peu plus tard, ils quittaient l'hôtel pour se rendre à l'aéroport, Rick ayant réussi à réserver des billets sur le prochain vol. Ils attendaient leur taxi sur le trottoir.
- Et Rogan? Demanda soudain Kate.
- Ne me dis pas que tu t'inquiètes pour lui! Grinça-t-il agacé qu'elle songeât encore à lui.
- Bah... Quand même... Il n'a rien fait de mal... Et puis, il doit me chercher partout...
- Je vais appeler mon ami et lui dire de le prévenir que je te ramène, comme ça il ne te cherchera pas. Ça te va? Soupira-t-il visiblement mécontent de parler de lui.
- Mhm-Mhm !
- Je n’en reviens pas que tu penses encore à le ménager après ce qu’il t’a fait ! Maronna-t-il.
- Oh ça va… J’étais au moins aussi coupable que lui ! Je n’aurais jamais dû boire autant d’alcool !
- Ça c’est certain ! Grinça-t-il. Mais rassure-moi, tu ne comptes pas recommencer ce genre de soirée avec cet énergumène ?
- Mais non ! J’ai compris la leçon, rassure-toi !
- Tant mieux ! Parce que la prochaine fois, je ne serai peut-être pas au bon endroit au bon moment ! Et puis, entre nous, ce type n’est pas fait pour toi !
- Merci, sourit-elle satisfaite de la pointe de jalousie qu'il montrait.
- Arrête de faire ça!
- Quoi donc?
- Ton sourire!
- Bah quoi? J'ai bien le droit de sourire, non?
- Oui, mais là, ce n’est pas n'importe quel sourire!
- Qu'est-ce qu'il a mon sourire?
- Ne joue pas les innocentes! Tu le sais très bien!
- Pas du tout! S’offensa-t-elle. Je ne sais pas ce que tu lui reproches!
- Tu sais très bien qu'avec ce sourire tu peux faire craquer n'importe qui!
- Quoi?!
- C'est ton sourire aguicheur! Une arme de destruction massive! Tu veux me faire craquer avec ton joli minois !
Elle leva les yeux au ciel. Non mais qu'est-ce qu'il lui prenait tout à coup?!
- Vas-y! Reproche-moi d'exister pendant que tu y es!
- Mais c'est toi qui m'aguiche! Se défendit-il.
- Et alors? Si j'ai envie de m'ajouter à la liste de tes conquêtes? Provoqua-t-elle agacée. Où est le problème?
- Kate, soupira-t-il.
- Quoi? Je ne suis plus ivre morte là! Je sais parfaitement ce que je fais. Et puis on est loin du campus et de ton ex! Personne n'en saurait rien!
- Je te l’ai déjà dit ! C'est compliqué...
- Ça n'a rien de compliqué!
- Ah oui ? Je te rappelle qu’hier soir encore, tu faisais la fête avec un autre gars! Lança-t-il exaspéré.
- C’est bas ça ! Il n'y a rien entre Rogan et moi! C'est un mythomane!
- Tu es sortie avec!
- On s'amusait bien oui! On est allé voir un concert, un match de baseball et même un spectacle de comiques, mais ça s'arrête là! Il n'y a rien entre nous.
- Rien? Ne pût-il s'empêcher de répéter avec un petit sourire satisfait.
- C'est à peine si on s'est embrassés!
- Ça n'empêche que tu es trop jeune pour moi!
- Je suis majeure! Légalement et sexuellement!
- Sex... Kate! S'offusqua-t-il.
- Rohhhh ! Fais pas ton prude avec moi! J'ai lu la presse!
- Oui eh bien ne m'envoie pas mes erreurs passées à la figure pour me pousser à en commettre une nouvelle! S'énerva-t-il.
Elle se figea à l'entente de sa réplique. Elle avait l'impression d'avoir reçu une sacrée gifle.
- ... Parce que je suis une erreur... S'étrangla-t-elle les yeux brillants des larmes qui montaient et qu'elle tentait de contenir.
- ... C'est... Excuse-moi... Je ne voulais pas dire ça... Bafouilla-t-il réalisant le mal qu'il venait de lui faire.
- Mais tu l'as dit, siffla-t-elle avant de tourner les talons pour s'éloigner de lui.
- Kate... Tenta-t-il en la rattrapant par la main.
- Non! Cria-t-elle en se dégageant vivement de son emprise. Je te demandais juste de m'aimer! Ce n’était pas si compliqué! Mais apparemment c'est trop pour toi!
- Kate !
- Fiche-moi la paix !
Elle ne lui laissa pas le temps de réagir et s'enfuit en courant. Il se lança à sa poursuite, mais elle était bien trop rapide pour lui. À bout de souffle, il finit par s'arrêter de courir et la regarda disparaître au loin.
- Bon sang! Rugit-il en se prenant la tête entre ses mains. Richard Castle tu es vraiment le dernier des crétins!
On klaxonna derrière lui. Il se retourna, un taxi l'attendait.
- Vous avez demandé un taxi pour l'aéroport?
- Euh... Oui.
Il soupira, ramassa son sac de voyage et le tendit au chauffeur, qui avait déjà ouvert le coffre.
- On peut faire un petit détour avant? demanda-t-il.
- Tant que vous payez, je vous emmène où vous voulez, répondit le chauffeur.
- Merci!
Rick monta à l'arrière du véhicule et le chauffeur reprit sa place derrière le volant. Pensant qu'elle avait peut être choisi de rejoindre le guignol, Rick demanda à retourner au casino.
**********
- Eh! Mais c'est bijoux de famille! S'écria Rogan en le voyant entrer dans la pièce où le videur l'avait enfermé pour le laisser dégriser.
Rick tourna la tête vers son ami et lui adressa un regard interrogateur.
- Me regarde pas comme ça! Il n'a pas eu une goutte d'alcool depuis... Euh... Il vérifia sa montre, une dizaine d'heures, il est sobre!
- Ouais, eh ben on ne voit pas la différence, constata Castle.
- Où est KitKat? Demanda Rogan en se levant de sa chaise.
- Qui?
- Ma petite amie! Eh! T'es sûr que c'est pas toi qui as trop bu hier soir?
- Elle m'a dit qu'il n'y avait rien entre vous!
- Les femmes... Tu sais ce que c'est, rigola Rogan. Elles ne sont pas à un petit mensonge près!
- Je vois... Dit Rick d'une voix blanche avant de se retourner pour quitter les lieux.
- Hé! Attends! Où est KitKat?! Cria Rogan.
- Vous n'avez qu'à la chercher vous-même, répondit Rick, c'est votre petite amie après tout. Moi, j’en ai fini avec cette histoire !
********
Au même moment, à l'autre bout de la ville, Kate venait de prendre un billet et s'installait dans l'autocar qui devait la ramener à Stanford. Elle chassa d'un geste rapide de la main les larmes traîtresses qui envahissaient une nouvelle fois ses yeux. Son voyage durerait plusieurs heures, elle en profiterait pour se remettre les idées en place.
********
- Hééééé !!!! Ka.... t... Arr... Fff... !!!!
- Tu... Vaaaaas... Nouuuuus... Tu...
- Hééééééé!!!!! BECK!!!!!! Hurla Carly en s'arrêtant.
- AAAAAAAHHHHHH!!!!!
Lizzie, qui la suivait de près, dû changer de direction brusquement pour éviter de la percuter et trébucha.
- Ça.... Va... Lizzie? Demanda Carly en venant au secours de son amie qui venait de s'aplatir lamentablement de tout son long sur l'asphalte.
- Nan ça va paaaaaas! Je me suis écorché le genou! Gémit Lizzie en se redressant en position assise. Et mes mains! Ahhhh! Des heures de manucure ruinées!
- Fais voir... Bon... Ça va. C'est superficiel!
- Mais non ça ne va pas! Je vais avoir des cicatrices! Mathilda King ne me prendra jamais comme mannequin!
- On passera à la pharmacie, ils font de très bonnes crèmes cicatrisantes, la consola Carly.
Ann, qui avait plusieurs longueurs de retard sur elles, les rejoignit à bout de souffle en traînant les pieds.
- Mais ... qu'est ce ... qu'elle... a ... Beck's ....aujourd'...hui? Demanda-t-elle en reprenant son souffle entre chaque mot.
- Elle était censée être fatiguée après son week-end en plus, gémit Lizzie. Ahhhhh! Je saigne super fort en plus!
- N'exagère pas non plus... Soupira Carly.
- Moi j'exagère?! Mes genoux sont défigurés!!!!! Ahhhh!!!! Mes mains aussi!!!! Bouhhhh !
- Rangoon a dû faire une bêtise... Supposa Ann en ignorant les gémissements de son amie.
- Je ne pense pas que ce soit lui le responsable... Répondit Carly.
- Ah non? S'étonnèrent les deux autres.
- Il n'y a rien de sérieux entre Beck et ce type, je ne suis même pas certaine qu'ils se soient embrassés ailleurs que sur la joue.
- Ah bon? Mais je croyais que...
- C'est exactement ce que Beck cherchait! Si on la croyait en couple avec Reagan, on lui fichait la paix sur sa vie sentimentale...
- Il y aurait quelqu'un d'autre alors? s'étonna Ann.
- Oui et visiblement, ça ne s'est pas passé comme elle l'espérait, dit Carly.
- Ohhhh, soupirèrent les deux autres en penchant la tête sur le côté et en lâchant les épaules.
- Faites ça devant Beck et elle vous casse les bras! Les avertit Carly.
- Qu'est-ce qu'on fait alors? Demanda Ann, on essaie de la rattraper?
- Tu rigoles? S'écria Lizzie. Je ne vais pas faire un pas de plus derrière elle! On va plutôt retourner l'attendre dans votre chambre. Elle y reviendra quand elle sera calmée... Ou quand elle aura faim.
Les deux autres approuvèrent et l'aidèrent à se relever et à regagner le dortoir du campus.
Chapitre quinze
Ann replaça correctement le rideau de la fenêtre et se tourna en soupirant.
- Personne en vue…
- Beck est une grande fille, pas la peine de t'inquiéter... Répéta Carly pour la trentième fois au moins.
- Je sais, mais elle n'était pas comme d'habitude... Dit Ann. C'est tout juste si elle nous a adressé la parole ce matin !
- C'est pas comme si elle était la reine des bavardes non plus! Fit remarquer Lizzie en grimaçant à la vue de l’état de ses genoux.
- Oui, mais d'habitude elle nous écoute! Là, elle avait l'air complètement ailleurs, protesta Ann.
- Elle a peut-être abusé de l'alcool tout simplement, supposa Carly dans un haussement d’épaules.
- Et ses cours?! Insista Ann. Elle n'est pas du genre à sécher.
- Son premier cours est dans une heure, techniquement, elle n'a pas encore séché, fit remarquer Lizzie.
La porte de la chambre s'ouvrit et Kate entra dans la pièce. Elle était trempée de sueur et avait l'air d'avoir couru jusqu'à l'épuisement.
- Kate! Où étais-tu Passée? Demanda Carly.
- Je courais, répondit-elle évasive.
- Pendant deux heures?! S'écria Ann.
- J'avais besoin de me défouler, répondit-elle en enlevant ses chaussures.
- Miaaaawwww!
Pièce à conviction vint se frotter contre ses jambes, réclamant sa dose de câlins. Elle sourit et le prit dans ses bras. Puis elle vint s'asseoir sur son lit et le cajola un moment. Il ronronnait de bien-être. Elle esquissa un sourire et savoura le réconfort qu'il lui apportait.
- Ça ne va pas? Demanda Ann.
- Ça va très bien, marmonna-t-elle d'un ton qui signifiait qu'elle n'avait pas envie de parler d'avantage.
- Tu es sûre?
Sans répondre, elle déposa le chaton sur son lit et se releva.
- Je vais prendre une douche, annonça-t-elle.
Elle disparut dans la salle de bain, laissant ses amies interdites.
- Il a dû se passer quelque chose, dit Ann.
- C'est sûr, mais elle ne nous en parlera pas, rétorqua Carly.
- Le mieux à faire, c'est d'agir comme si de rien était, dit Lizzie. Elle finira par se calmer!
- Ouais, tu as sans doute raison, soupira Carly. Mais si d'ici quelques jours, elle ne remonte pas la pente, on appellera la cavalerie!
- La cavalerie? Répétèrent les deux autres.
- Maman Beckett bien sûr!
- Ah! Okay!
La sonnerie du téléphone retentit. Carly décrocha.
- Allô?
- Bonjour Carly! C'est Johanna. Comment vas-tu?
- Oh! Bonjour Johanna! Euh... Je vais plutôt bien.
- Wah! S'étonna Ann à voix basse. Elle a des antennes ou quoi?
- C'est la mère de Beck, répondit Lizzie blasée. Ça doit être dans les gènes.
- Et les cours, continua Johanna au téléphone, pas trop difficile de suivre le rythme?
- Ça n'est pas toujours facile, mais vos cookies faits maison sont un véritable réconfort!
- Ah! Je vais vous renvoyer un colis bientôt alors! se réjouit Johanna.
- Merci! Vous êtes adorable!
- Répète ça à Katie s'il te plait, j'ai parfois l'impression qu'elle me trouve un peu trop envahissante!
- Je ne l'ai jamais entendue dire autre chose que du bien de vous, elle vous adore, vous savez!
- Oh! Ce que tu dis me fait plaisir, Carly.
- C'est la vérité. Votre fille n'est pas une grande bavarde, mais soyez sûre qu'elle vous adore.
- Elle n'est pas là pour que tu oses me dire ça? S'étonna Johanna.
- Si, mais elle est sous la douche. Elle est allée courir ce matin avant les cours.
- Ah! Je vois! Tu ne trouves pas qu'elle en fait un peu trop?
- Ne vous en faites pas, sous ses airs hyperactifs, Kate sait se montrer pantouflarde!
- Ah! Tu me rassures!
- Oh! La voilà qui sort de la salle de bain! Je vous la passe.
- Merci Carly !
Devant le regard interrogateur de Kate, Carly murmura qu'il s'agissait de sa mère. Kate se saisit alors du combiné.
- Salut maman!
- Oh toi, tu as un souci! Lança aussitôt Johanna.
Non mais elle avait des pouvoirs de jedi ? se demanda Kate. Comment faisait-elle pour systématiquement deviner comment elle allait au son de sa voix ?
- Non! Je t'assure, tout va bien! Mentit Kate se maudissant d’être aussi transparente pour sa mère.
- Je connais ce ton Katie! Alors? Un souci avec les cours?
- Je t'assure que tout va bien avec mes cours! Affirma Kate.
- Un garçon alors? Tu sors avec quelqu'un?
- Mais non! Il n'y a rien de sérieux, répondit Kate.
- Mmh! Tu me caches quelque chose, dit Johanna sceptique.
- Et si tu me disais plutôt pourquoi tu appelais? Soupira Kate qui ne voulait pas supporter l'interrogatoire de sa mère plus longtemps.
- Depuis quand il me faut une raison pour t'appeler?
- Maman! J'ai cours dans une demi-heure!
- D'accord, je te laisse tranquille, capitula gentiment Johanna. Je voulais te remercier pour le colis! Tu remercieras Richard Castle chaleureusement! Et promis, je ne laisserai filtrer aucune information sur son nouveau livre!
- Ne me dis pas que tu l'as déjà lu! Tu as dû le recevoir il y a à peine deux jours!
- J'ai pris ma journée pour le lire hier, je n'ai pas réussi à le lâcher.
- Eh ben! C'est du propre maître Beckett!
- On ne vit qu'une fois ma fille, rit Johanna, tu devrais en prendre de la graine! Oh! Dans mon prochain colis, je mettrai un petit cadeau pour lui!
- Ne te donne pas cette peine, rien ne dit que je le croiserai de nouveau...
- Oh... Katie...
- Quoi?
- Ne me dis pas que tu es tombée amoureuse de lui...
- Mais non! Se défendit un peu trop Kate pour paraître crédible.
- Chérie...
- Il faut que j'y aille, je vais être en retard! Bisou à plus!
- Katie! Attends !
- ...
Johanna resta bouche bée devant son téléphone. Jim arriva dans la pièce au même moment.
- Ils annoncent un temps magnifique à Cosney Island ce week-end, ça te dirait une virée en amoureux...? Chérie? Tout va bien?
- Notre fille vient de me raccrocher au nez...
- Quand je te disais qu'elle avait ton fichu caractère...
- Non, Jim... Je crois que quelque chose ne va pas avec elle...
- Tu te fais des idées. Elle devait sans doute se dépêcher pour ne pas être en retard en cours. L'appeler le matin n'est pas le meilleur horaire!
- Mhmmm... Tu as peut-être raison, dit Johanna peu convaincue.
- J'ai sûrement raison! Notre fille va très bien! Sa mère poule envahissante l'agace un peu, voilà tout...
- Je ne suis pas envahissante! Bouda Johanna.
- Wah! Je t'ai déjà dit que tu étais le portrait de ta fille quand tu boudais comme ça?
- …
- Allez, viens ! Je suis sûr que notre fille va très bien !
- Tu disais ça aussi quand je la trouvais bizarre pendant son séjour à Kiev…
- Et elle s’était fait voler son portefeuille en quittant l’aéroport, termina Jim sachant très bien où elle voulait en venir.
- Elle était seule dans un pays étranger et sans argent, Jim ! Là aussi, elle m’avait dit qu’elle allait bien !
- Oui, mais là c’est différent ! Elle est à Stanford, entourée de ses amies ! Je suis sûr que tu te fais des idées, tout va bien pour elle !
- Jim ! Tu es donc insensible aux problèmes de notre fille ? S’indigna Johanna.
- Non, je suis au moins aussi inquiet que toi à son sujet ! Répondit-il. Mais je n’ai pas envie de me faire démolir par notre cher petit ange parce que je n’aurais pas su calmer sa chère maman si on débarque sur le campus demain matin !
- Juste un aller-retour vite fait ! Supplia Johanna.
- Tu es marrante toi ! Ce n’est pas toi que Katie va incendier !
- Je lui dirai que c’est entièrement de ma faute et que je ne t’ai pas laissé le choix !
- Et elle me dira encore une fois que je cède à tous tes caprices et que mon rôle de père est de couper le cordon entre elle et toi !
- Jimmy…
- Ne me fais pas ses yeux là !
- …
- J’ai dit non !
- …
- Arrête de me regarder comme ça ou j’appelle Katie pour lui dire ce que tu veux faire !
- Tu ne ferais pas ça ! S’offusqua Johanna.
- Je vais me gêner ! On voit que tu n’as jamais eu à affronter le regard de tueuse de notre fille !
- Tu exagères, je vais finir par croire qu’elle te fait peur !
- Elle ferait peur à un ours brun de deux mètres cinquante quand elle est en colère !
- Bon… Tu as gagné, soupira Johanna.
- Sérieusement ? S’étonna Jim.
- Oui, mais si une de ses amies appelle pour me dire qu’elle ne va pas bien, on saute dans le premier avion !
- D’accord, accepta Jim. C’est un bon compromis.
**********
Sa tasse de café à la main, Castle se tenait devant la fenêtre de son appartement de San Francisco, le regard perdu dans la contemplation du Golden Gate Bridge et de la baie qu’il enjambait. La veille, il était rentré directement et avait passé une bonne partie de la nuit avec une bouteille de whisky pour seule compagne. Il en payait désormais le prix avec un horrible mal de tête. Comment avait-il pu se faire avoir comme ça ? Sa mère l’avait pourtant prévenu des risques auxquels il s’exposait en prenant ce job d’enseignant à la fac. Les étudiantes n’en restaient pas moins des gamines de dix-huit / vingt ans, avec la frivolité et l’insouciance liées à leur jeune âge. Encore un peu et il ruinait tous ses efforts pour avoir la garde de sa fille pour une gamine qui courait deux lièvres à la fois ! Ah ça, elle l’avait bien eu !
Chapitre seize
À bout de souffle, Kate avait stoppé sa course, elle avait rattrapé son retard, elle pouvait continuer en marchant sans risquer d'être en retard.
Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas immédiatement la silhouette qui se tenait contre un des lampadaires de l'allée.
- Hey! Kitkat!
- ... Salut Rogan, soupira-t-elle.
- Cache ta joie! marmonna-t-il.
- Excuse-moi, souffla-t-elle, je ne suis pas en super forme. Tu vas bien?
- Ouais, t'en fais pas, j'ai l'habitude des lendemains de soirées un peu trop arrosées. Tu veux que je te donne un petit remontant?
- Non merci, je préfère gérer mon mal de crâne. Ça me servira de leçon.
- On croirait entendre un vieux!
- Mon père n'est pas si vieux que ça et je trouve que là-dessus, il n'a pas tort.
- Pourquoi avoir mal quand on peut se soulager rapidement?
- Pour éviter de recommencer les mêmes bêtises! Encore un peu et je me retrouvais mariée avec toi! Tu savais que les mariages à Vegas étaient légaux?
- Ah oui? Non, je l'ignorais, mentit-il avec aplomb. Mais ça ne m'aurait pas déplu d'avoir une jolie petite femme comme toi!
- T'es pas sérieux! C'est à peine si on se connaît et puis on a nos études!
- Et alors?
- Et alors?! Pour épouser quelqu'un il faut de vrais sentiments profonds! Avoir la certitude d'avoir trouvé la bonne personne!
- Wah! Comme tu y vas! De nos jours le mariage, c'est...
- Pas une blague! Le coupa-t-elle.
- Okay, okay, dit-il en levant les mains. Alors, dis-moi? On se fait une petite virée ce soir?
- Non, répondit-elle d'un air désolé. ... Pas envie... Ecoute, il faut que j'y aille là, je vais être en retard et mon prof est une vraie peau de vache avec les retardataires! Allez salut!
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et partit en courant, le laissant seul au milieu de l'allée.
*********
Les jours passèrent, les uns après les autres, sans que Kate eût de nouvelles de Rick.
Elle regrettait ce qu'il s'était passé entre eux. Il était dans une situation compliquée, elle n'aurait pas dû le brusquer ainsi. Elle aurait pu se contenter de leur amitié après tout. Au lieu de ça, elle l'avait brusqué. Elle lui avait demandé plus que ce qu'il était prêt à lui donner et l'avait perdu.
Elle avait cherché à le revoir, elle était retournée prendre son petit déjeuner à la terrasse de leur café chaque matin. Elle s'installait pour lire à l'ombre de leur arbre dès qu'elle avait du temps libre, espérant secrètement qu'il aurait des regrets lui aussi et chercherait à la revoir. Mais il n'était pas revenu. C'était bien ce qu'elle craignait, elle l'avait perdu. Elle s’était renseignée et était allée l’attendre à la sortie de ses cours, mais il n'avait même pas assuré ses cours de littérature cette semaine là!
Elle regrettait amèrement cette virée à Vegas. Elle s'était comportée comme une idiote et avait perdu leur amitié. Elle aurait tellement préféré que rien ne se soit passé, qu'il soit toujours son ami. Si seulement elle pouvait le revoir juste une fois pour lui dire à quel point elle était désolée et qu'elle donnerait tout pour avoir une chance de tout recommencer à zéro...
*************
Une semaine! Cela faisait une semaine qu'elle errait comme un zombie entre sa chambre, la terrasse du café, leur arbre et les salles de cours. Elle malmenait tellement ses amies lors de leurs séances de remise en forme, qu'elles avaient vivement protesté et l'avaient menacée d'utiliser de la kryptonite contre elle, si elle ne faisait pas plus attention à elles et à leurs capacités. Au début, elle leur avait ri au nez, mais quand Lizzie avait précisé que leur kryptonite se trouvait à New York et s'appelait Johanna, elle avait capitulé et ralenti le rythme. Depuis, elle les entraînait pendant une heure, puis disparaissait pour se défouler seule pendant encore une heure.
Le week-end arrivait. Étendue sur son lit, les bras en croix, Kate observait le plafond en réfléchissant à ce qu'elle allait faire de tout ce temps libre. Ses devoirs étaient à jour, ses amies avaient des projets avec leurs petits amis respectifs et pas question de voir Rogan O’ Leary pour se changer les idées! Cet imbécile serait bien capable de l’entraîner une nouvelle fois dans une virée désastreuse.
- Miawwww!
Pièce à Conviction grimpa sur son visage comme pour lui rappeler qu'il était là et qu'il offrait des câlins gratuits. Elle sourit et le caressa tendrement.
- Qu'est-ce qu'on fait ce week-end? T'as une idée?
Il se roula en boule dans ses bras et se mît à ronronner comme un bienheureux.
- Jamais je ne réussirai à dormir un week-end entier! Soupira-t-elle.
Le téléphone sonna. Elle tendit le bras et attrapa le combiné.
- Allô!
- Katie! C'est maman! Comment vas-tu chérie?
- Salut maman ! Je vais bien.
- Et tes peines de cœur ?
- Je vais bien maman, répéta-t-elle en roulant des yeux.
- Je vais faire comme si je n'avais pas entendu ce gros soupir.
- Maman! Râla Kate.
- Ah! On proteste! C'est bien ma chérie, tu ne te laisses pas abattre! Sourit Johanna.
- Je suis une grande fille, maman. Je ne me laisse pas abattre aussi facilement.
- Je sais. Je suis tellement fière de toi, tu sais?
- Mhmm, fit Kate avec un sourire.
- J'ai réservé ton billet d'avion pour le week-end prochain. J'ai tout prévu : SPA, séance de massage, virée shopping et un mois d'enregistrement de Temptation Lane!
- Wah! C'est papa, qui va être ravi!
- Oh ne t'en fais pas pour lui! J'ai appelé son copain Al! Ils vont aller voir un match de base-ball vendredi soir et passer le week-end à la cabane pour pêcher sur le lac! Il ne se rendra même pas compte qu'on fait un peu trop chauffer la carte bleue!
- Quelle organisation! Tu es diabolique, tu sais ça?
- Un petit peu seulement, rit Johanna.
- Et ton travail? Tu vas réussir à ne pas y penser de tout le week-end?
- Ne t'en fais pas pour ça! Ça me fera un bien fou de ne pas y penser pendant deux jours!
- Tu es sur une affaire difficile?
- Si tu savais... C'est au sujet de ce prisonnier, Joe Pulgatti...
- Tu le crois innocent?
- Je vérifie encore son histoire, mais oui, tout n'est pas très clair dans cette affaire...
- Je pourrais peut-être t'aider...
- Non chérie. C'est notre week-end! Pas question que le travail en face partie! On a toutes les deux besoin de se changer les idées et de se ressourcer!
- Merci maman, murmura Kate.
- Tu ne veux toujours pas me dire ce qu'il s'est passé?
- Ça n'a pas d'importance de toute façon...
- Katie...
- Ne t'en fais pas, maman. Ça va!
Elles discutèrent un long moment. Johanna avait bien compris qu'il s'était passé quelque chose entre sa fille et l'écrivain et regrettait de l'avoir encouragée à le revoir. Kate avait beau lui assurer qu'elle n'avait rien à se reprocher, que Castle n'avait rien fait de mal et qu'elle seule était responsable de son mal être, rien n'y faisait.
- Maman, je vais bien, ce n'est pas la peine de prendre l'avion pour me voir ce week-end! Répéta Kate.
- Tu es sûre?
- Mais oui!
- Parce que je peux être là demain matin!
- Je le sais très bien, sourit Kate. Mais crois-moi, ça va. Tu ferais mieux de passer du temps avec papa, il va finir par être jaloux sinon!
- Tu manges correctement au moins?
- Je ne me laisse pas dépérir, si c'est ta question!
- Ça n'est pas ma question! Je demandais si tu te nourrissais correctement, pas si tu grignotais un biscuit de temps en temps!
- Je fais trois repas par jour!
- Promis?
- Tu crois que je te mentirais alors que je sais très bien que tu as chargé Carly et Ann de me surveiller?
- Elles te l'ont dit?!
- Pas la peine, j'avais deviné et tu viens de confirmer mes soupçons!
- ... Tu deviens redoutable, chérie! Tu sais ça?
- J'ai eu un bon modèle.
************
Martha venait d'entrer dans l'appartement de San Francisco de Rick. Après avoir appelé son fils plusieurs fois sans succès, elle dût se rendre à l'évidence, il n'était pas encore rentré. Elle déposa sa veste dans la penderie de l'entrée et son sac à main sur le guéridon, puis se servit un cocktail. Elle s'installa sur la terrasse avec une revue de mode pour attendre le retour de son fils.
- Grand-mère! S'écria Alexis en arrivant une demi-heure plus tard avec des oreilles de Mickey sur la tête.
- Trésor! Répondit Martha en la prenant dans ses bras. Tu t'es bien amusée?
- Oui! On est allés se faire maquiller en princesses! J'étais Cendrillon et papa, la belle au bois dormant!
- Ton père a réussi à se faire maquiller lui aussi?
- La maquilleuse était une de ses fans.
- Ah, d'accord.
- Le plus dur, ça a été de trouver une robe à sa taille! Dit Alexis en éclatant de rire.
- J'aurais aimé voir ça!
- Oh mais tu peux! On a emporté nos déguisements! Annonça Alexis en soulevant le sac en papier qu'elle tenait dans les mains. Je vais le ranger dans ma chambre!
Alexis s'en alla en sautillant, tandis que Rick arrivait sur la terrasse.
- J'aime te voir avec le sourire, dit Martha.
- Quand je suis avec ma fille, j'oublie tous mes soucis.
- Tu parles de tes soucis avec Meredith ou de tes soucis avec Stanford?
- Je n'ai pas de souci avec Stanford! Se défendit-il.
- Ah non? Alors pourquoi n'y es-tu pas retourné depuis une semaine?
- Comment es-tu...?
- Je me suis liée avec la concierge de l'immeuble. Une femme charmante, qui suit ma carrière depuis mes débuts. Elle m'a dit que tu étais resté ici cette semaine.
- J'avais des chapitres à terminer pour mon nouveau roman, expliqua-t-il.
- À d'autre Richard! Tu as ce regard!
- Quel regard?
- Celui que tu as quand ton cœur te tourmente. Alors?
- Je suis un grand garçon, ne t'en fais pas.
- Ça se voit! La politique de l'autruche a toujours été la preuve d'une grande maturité!
Il ne répondit pas et se contenta de la fusiller du regard. Il détestait sa capacité à mettre le doigt sur ses erreurs.
- Alors? Demanda Martha au bout d'un moment.
- Alors quoi?
- Raconte! Qu'est ce qu'il s'est passé à Stanford? Une histoire avec une de tes étudiantes?
- Ce n'est pas une de mes étudiantes, soupira-t-il. Mais c'est une étudiante...
- Oh! Je vois! Et?
- Et rien du tout! Je me suis fait avoir en beauté !
- Raconte! Je pourrais peut être te donner un ou deux conseils non sollicités.
- C'est sûr que tu es une experte! Grinça-t-il.
- Et c'est pour cela que tu ne sollicites pas mes conseils, mais ils peuvent se révéler utiles parfois!
Connaissant sa mère et son entêtement lorsqu'il s'agissait de se mêler de sa vie privée, Rick lui raconta sa rencontre avec Kate, son attirance pour elle, ses tergiversations à cause de son âge, de son statut de prof, de la garde d'Alexis et finalement le week-end à Vegas. Leur dispute et la petite phrase assassine de Rogan.
Lorsqu'il eut terminé, Martha resta un instant silencieuse puis explosa:
- Richard Castle! Je ne t'ai donc rien appris?!
- Oh si! Grâce à toi, je savais parfaitement soigner la pire des gueules de bois avant onze ans! J'ai aussi appris à...
- Je parlais de savoir à qui accorder ta confiance!
- ...
- Tu viens de m'expliquer pendant vingt minutes à quel point cette jeune femme était extraordinaire, qu'elle était intelligente, prévenante et qu'elle avait la tête sur les épaules!
- Je me suis trompé.
- Trompé au point de croire un bon à rien jaloux plutôt qu'elle?
Il se figea, réalisant la stupidité de sa réaction. Sa mère avait raison, il n'avait même pas laissé à Kate le bénéfice du doute et avait cru l'autre andouille, qui s'était moqué de lui ouvertement!
- ...
- Ah ah! Mon fils, excuse-moi du terme, mais quand tu es amoureux, tu deviens un gros balourd!
- Amoureux?
- Comme un gamin! Je ne t'avais pas vu comme ça depuis Kyra!
- ...
- Eh oui! Te voilà dans de beaux draps! s'amusa Martha.
Chapitre dix-sept
Encore une belle journée malgré le fait qu'octobre touchait à sa fin. Le climat californien était décidément à part.
Kate s'était installée à l'ombre de son arbre pour travailler, comme à chaque fois qu'elle avait une plage de temps libre dans son emploi du temps. Elle avait un peu de mal à se concentrer sur sa lecture, son corps réclamait une dose de sommeil qu'elle lui refusait depuis des jours. Elle travaillait jusque tard dans la nuit et se levait tôt tous les matins, préférant ne pas laisser trop de place à ses rêves ces derniers temps. Elle arrêta un instant sa lecture, le temps de noter les quelques questions qu'elle se posait à son sujet. À ce rythme-là, elle aurait son diplôme en un temps record !
- Hey! Kitkat!
Elle leva les yeux vers celui qui venait de troubler son havre de paix.
- Rogan? Qu'est-ce que tu viens faire ici? Marmonna-t-elle.
Il sourit sans prêter attention à son manque d'enthousiasme et vint s'asseoir à côté d'elle. Elle se replongea dans sa lecture espérant secrètement qu'il comprendrait le message: elle voulait qu'on lui fiche la paix! Surtout lui d'ailleurs.
- Je te cherchais, annonça-t-il, on m'a dit que tu passais ton temps libre à travailler tes cours sous cet arbre.
- On t'a dit ça? Mais qui donc? Que je l'étripe? Demanda-t-elle aussitôt.
- Kitkat, Kitkat, sourit-il, tu es super mignonne! Tous les mecs du campus savent qui tu es! Ils te reluquent tous les jours!
- Ils me...? S'offusqua-t-elle.
- C'est la croix des jolies filles, elles sont reluquées en permanence. Et pas que par des beaux gosses, rigola-t-il.
- Je devrais peut-être en choper un et lui refaire le portrait... Ça ferait un exemple...
- Tu sais que la réaction normale des filles à qui on dit ce genre de choses, c'est d'être flattée?
- Et alors? Je réagis comme je veux! bougonna-t-elle.
- Choisis-en un maigrichon alors, ce serait dommage que tu te blesses dans la manœuvre!
- Je ne suis pas en sucre! Qui te dit que je me blesserais? Demanda-t-elle en le fusillant du regard.
- Ma chérie, tu es ce qu'on appelle un poids plume, rétorqua-t-il. Et malgré tes airs de tigresse, tu n'impressionnes pas grand monde!
- Et si tu me disais pourquoi tu me cherchais! Soupira-t-elle en espérant qu'il s'en aille vite.
- Est-ce qu'il faut une raison?
Elle leva les yeux au ciel, agacée qu’il n’ait pas encore compris que sa présence l’ennuyait.
- Les premiers partiels ont lieu bientôt, fit-elle remarquer. Tu n'as pas des cours à réviser?
- Toi, tu es bien trop sérieuse!
- Étant donné que je suis ici grâce à l'argent de mes parents, j'ai plutôt intérêt à être sérieuse.
- Ah ! Moi, je suis boursier, je n'ai pas ce genre de dilemme!
- Tu es boursier, toi? Comment tu as fait pour obtenir une bourse? S’étonna-t-elle.
- Pourquoi ça te paraît si improbable? S'indigna-t-il.
- On donne des bourses aux étudiants méritants ou aux grands sportifs! Excuse-moi, mais... Je ne te placerais dans aucune de ces deux catégories!
- Quoi?!!!!
- Tu es nul en sport! À part peut-être la course à pieds, quand il s'agit de te barrer après un de tes coups tordus! Et encore! La fois où tu as balancé des pétards dans les toilettes du dortoir des filles, c'est Ann, qui t'a attrapé! Et elle est loin d'être la meilleure sprinteuse du campus!
- J'avais oublié de faire mon lacet. Je m'étais déjà vautré dans l'escalier quand elle m'a eue.
- Et tu n'es pas non plus ce qu'on appelle un étudiant méritant, ajouta-t-elle.
- Mon génie ne s'exprime pas de façon traditionnelle, c'est tout.
- Non! T'as pas fait ça!
- Fait quoi?
- Ne me dis pas que tu as obtenu ta bourse en trichant!
- Euh... D’accord… Je ne te le dis pas!
- C'est officiel, tu es un cas désespéré! Soupira-t-elle avant de se remettre à sa lecture.
- Laisse tomber les cours, Kitkat, j'ai de meilleurs projets!
- Allons bon! Tu as encore un super plan en tête?
- Un plan qui va nous rapporter un max de blé!
- Nous? Il n'y a pas de nous qui tienne Rogan! Je ne peux pas me permettre d'avoir un casier judiciaire!
- Relax! C'est un super plan sans danger!
- Comme la fois où tu as essayé de piquer les sujets du partiel de bio? Tu as bien failli te faire renvoyer sur ce coup-là!
- Il fallait que je m'assure d'avoir une bonne note!
- Il y a une nouvelle tendance sur le campus, ça s'appelle le travail, tu devrais essayer pour une fois.
- Tu sais qu'il y a des fois où tu es nettement moins drôle?
- Je grandis, moi!
- Tu as tout le temps pour ça! Allez! Tu as quoi? Dix-huit ans?
- Bientôt dix-neuf!
- Ouais et ben à dix-neuf ans, il faut s'amuser! On deviendra sérieux quand on sera des vieux!
- Sois gentil, arrête de m'inclure dans tes projets de vie, soupira Kate.
- Si seulement on était allé au bout à Vegas... Aouutchhh! Eh pourquoi tu m'as tapé?!
- Pour que tu arrêtes de dire des âneries!
- D'abord, c'est super intelligent un âne! Le bonnet d'âne, c'était justement pour que son intelligence pénètre dans l'esprit du gamin à qui on le faisait porter...
- Tu as l’air drôlement calé sur le sujet, dis-moi ? Aurait-on essayé de faire pénétrer l’intelligence de l’âne dans ton esprit ?
- A chaque remise de bulletin !
- Ouais et bien ça ne marche pas !
- Wah t'es dure là!
- Tu ferais mieux d'apprendre des choses utiles, comme tes cours, par exemple...
- Oh non! Ça c’est pour les moutons ! J'ai trouvé bien mieux à faire! Se réjouit-il.
- Et c'est reparti, marmonna Kate en roulant des yeux.
- Attends, je t'explique! J'ai fait quelques recherches...
- Des recherches? Toi?
- Oui, moi! Quand c'est utile, je sais faire quelques recherches. Alors voilà: tu te souviens de bijoux de famille?
- Ne l’appelle pas comme ça! Se crispa-t-elle aussitôt.
- Ouais et ben en fait, ce gars-là est plein aux asssss!!!Héééééé!!!!!
Kate s'était brusquement précipitée sur lui et l'avait attrapé par le col de sa chemise.
- Qu'est-ce qu'il te prend? S'étonna-t-il devant son coup de sang.
- Quelle que soit l'idée saugrenue qui ait pu germer à son sujet dans ta cervelle tordue, oublie!
- Wah! Tu en pinces pour bijoux de famille, ma parole?!
- Laisse-le tranquille! Grogna-t-elle en le secouant légèrement.
- Kitkat... Sourit-il, je t'aime beaucoup, mais je ne vais pas renoncer à un paquet de blé pour tes beaux yeux!
- Ah non?
- Non. Alors, soit tu es avec moi et je t’en donnerai… disons vingt pour cent… Soit tu ne participes pas et c’est cent pour cent pour moi !
- Ouais, eh bien tu devrais y réfléchir à deux fois!
- Sinon?
- Sinon je te promets que tes bijoux de famille ne seront plus qu'un souvenir pour toi.
- Wah! Tu ferais presque peur, rit-il.
- Rogan! Grogna-t-elle.
- Quoi?! Mais c'est que j'ai besoin de ce fric moi!
- Eh bah t'as qu'à bosser pour changer! Lança-t-elle en le relâchant brusquement.
- Impossible, j'suis allergique... Annonça-t-il en redonnant forme à son col de chemise. Mais ça, tu le sais déjà, n'est-ce pas?
- J'avais compris que tu étais un menteur... Là, je découvre qu’en plus tu es un abruti fini. Alors, qu'est-ce que tu as fait?
- J'ai quelques photos...
- Des photos?
- De toi et Bijoux de famille... À Vegas...
- Comment tu pourrais avoir ça? Tu étais coincé avec le videur!
- J'ai... Disons rencontré un paparazzi qui le suivait... Le pauv' gars, il ne s'est rendu de rien quand je lui ai piqué sa sacoche! J'ai pu tirer un beau petit paquet de fric en mettant son appareil au clou!
- Rogan... Grogna-t-elle exaspérée.
- Ce n’est pas très bien vu pour un prof de flirter avec une élève...
- Il ne s'est rien passé !
- Peut-être... Mais vous êtes suffisamment proches sur ces clichés pour semer le doute...
Elle eut une nouvelle pulsion de colère et le plaqua au sol, son bras appuyant sur sa trachée.
- ARRRRRGGGGHHHH!!!!
- Donne-moi ces clichés!
- Arggghhh!!!
Il tentait de se débattre, mais son visage prenait une dangereuse couleur pourpre. Elle desserra légèrement sa prise.
- ... Tu… es… folle ? Bredouilla-t-il le souffle coupé.
Elle appuya un peu fort de nouveau.
- ARRRRGHHH !!!
- Donne-moi ces photos ! Gronda-t-elle.
- Tu ... rigoles...? Dit-il en cherchant sa respiration. J'peux... en tirer ... un bon prix!
- Ah ouais? Que dis-tu de cette offre? Tu me donnes les photos et les négatifs et en échange, je ne te tue pas!
Elle avait vraiment l'air furax et dangereux.
- Tu plaisantes? Tu ne...
- J'ai l'air de plaisanter? demanda-t-elle en serrant de nouveau sa prise.
- Wah! Kof! Kof! ARRRGGGHHHH!!!! Ecoute... Si tu laissais...Kof! Kof! Un peu d'air pénétrer dans mes... Kof! Kof! Pou...mons...?
- Les photos d'abord.
- Il ouvrit les deux mains pour signifier qu'il se rendait.
Elle le relâcha mais le gardait à l'œil.
- Alors? J'attends!
- Kof! Kof!... Kof! Kof!... C'est que... Ecoute ... Kitkat...Kof! Kof! Je voudrais bien t'aider... Mais...
- Mais quoi?!
- ... J'ai ... genre...des petits ennuis...Kof! Kof!
- C'est sûr, tu as des ennuis! C'est moi, ton principal problème.
- Sans vouloir t'offenser... J'aimerais bien que ça soit le cas... Mais j'ai d'autres ennuis bien plus gros!
- Quel genre d'ennuis? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
Avec Rogan, il fallait s’attendre au pire. Il était capable d’avoir emprunté de l’argent à une bande de bikers armés jusqu’aux dents, ou encore d’avoir tenté de faire chanter le plus dangereux des mafieux du coin !
- Genre super baraqués, armés et dénués de tous sens moral...J'dois du fric à des types pas nets... Et à d'autres aussi, plus nets, mais aussi beaucoup plus puissants.
Wah ! Il avait énervé les bikers et les mafieux ! Mais ce type était une calamité ambulante ! Se dit Kate.
- Et alors? Demanda-t-elle. Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ?
- Alors... Si tu veux que je laisse ton copain tranquille... Il faudrait que tu m'aides...
Elle le relâcha et s'écarta un peu de lui.
- ... Combien?
- Dix mille...
- Dix mille dollars!!! Mais t'es malade?! Comment voudrais tu que j'aie autant de fric? Même en bossant comme serveuse ou en donnant des cours, ça me prendrait un temps fou pour amasser autant d'argent!
- Bah... Il y aurait bien une autre solution...
Elle soupira bruyamment. La suite n'allait sûrement pas lui plaire.
- Laquelle?
- ...
Il sourit. Cette nana était vraiment épatante. Qu'il était dommage qu’elle préfère Bijoux de famille…
Chapitre dix-huit
- J'aurais mieux fait de me casser une jambe, le jour où je t'ai rencontré! Marmonna Kate les yeux rivés sur l'immeuble aux allures de poulailler miteux en face d'eux.
- J'fais cet effet-là à beaucoup de gens, sourit Rogan.
- Et tu en es fier? Grinça-t-elle.
- Bah, il faut de tout pour faire un monde... Des filles super sérieuses pour devenir juges et des types dans mon genre pour qu'elles aient quelques affaires à juger...
- Ouais et ben si un jour je deviens juge, prie pour ne pas te retrouver dans mon tribunal, maugréa-t-elle.
- Quoi? Tu ne serais pas indulgente avec ton ex fiancé?
- On n'a jamais été fiancés! S'emporta-t-elle. Et je peux te dire que tu m'as vaccinée contre les soirées trop alcoolisées!
- Dommage... T'es rigolote, quand tu as un petit coup dans le nez.
Elle lui lança un regard mauvais avant de se tourner de nouveau vers l'immeuble pour analyser la situation.
- Tu es certain qu'il n'y a personne? Demanda-t-elle.
- À cette heure-ci, ils écoulent leur stock de marchandise. Ils ne seront pas de retour avant des heures.
- Et rappelle-moi pourquoi tu ne peux pas y aller toi-même?
- Euh... Au rez-de-chaussée, il y a l'appartement d'une nana, qui manie hyper bien la carabine et qui a juré de me faire sauter la cervelle si elle venait à me croiser de nouveau dans le coin...
- C'est pas vrai? S'écria Kate. Et qu'est-ce que tu lui as fait à elle?
- Euh... Trois fois rien... Je sortais avec elle l'an dernier et... J'aurais comme qui dirait euh... Vendu ses affaires.
- Ses affaires? Quelles affaires? On ne menace pas de faire sauter la cervelle de quelqu'un pour quelques objets!
- Ben... Elle avait créé une petite entreprise d'informatique, quand on était ensemble... Ça marchait pas mal... Et je l'ai comme qui dirait...vendue.
- Tu as vendu son entreprise?! Non, mais tu es un grand malade! Tu le sais ça?
- On était ensemble... C'est le régime de la communauté...
- Ne me dis pas que tu l'as épousée à Vegas après une soirée bien arrosée!
- Nan! Qu'est-ce que tu vas chercher là?
- Le régime de la communauté, c'est pour des couples mariés! Abruti! Tu n'avais aucun droit de vendre son affaire!
- En tout cas, le gars à qui je l'ai vendue n'a pas rechigné avec tes histoires de légal ou pas...
- C'est du vol, Rogan! Pas étonnant qu'elle soit prête à t'éclater la cervelle!
- Elle est intelligente, elle s'en remettra...
- Ouais... En attendant, elle vit dans un immeuble minable à cause de toi!
- ... Mhmm... Tu as raison... Ecoute, si ça peut te faire plaisir, je la rembourserai dès que je trouverai cent mille dollars.
- Cent mille dollars?! S'étrangla Kate. Tu as vendu son affaire cent mille dollars?! Mais qu'est-ce que tu as fait de tout cet argent?
- Euh... J'ai fait quelques mauvais placements...
Kate ferma les yeux un instant en secouant la tête. Et dire qu'à un moment, elle trouvait Rogan marrant et sympa...
- Bon alors? Qu'est-ce que je dois trouver? Soupira-t-elle.
- Une montre.
- Une montre? répéta-t-elle incrédule.
- C'est la montre ou dix mille dollars.
- Elle est en or cette montre?
- C'est une Nautilus 3800... Elle vaut son pesant de cacahuètes! C'est celle du président de la fraternité. Je l'ai perdue en jouant au poker... Soit je la lui rends, soit je la lui rembourse. Elle vaut dix mille dollars.
- Tu pourrais essayer de discuter avec lui... Ce n’est pas comme si c’était le fils d’un mafieux. Il pourrait échelonner les remboursements...
- J'ai essayé, mais il ne me fait pas confiance!
- Ouais… Qui l'en blâmerait?
- En attendant, son père est plein aux as... Et super puissant aussi! Il a promis de m'envoyer en taule pour trente ans, si je ne la récupère pas.
- On ne va pas en taule aussi longtemps pour un vol de montre... dit-t-elle en roulant les yeux.
- Si... Si c'est ta troisième condamnation...
- Troisième?!! Mais quel genre de type es-tu?
- Euh... Ben... Euh...
- Laisse tomber... Soupira Kate. Comment tu as pu te faire avoir par ces types?
- J'perds un peu la notion de la réalité, quand je m'amuse...
- Quand tu picoles, tu veux dire!
- C'est pareil, non?
- Pas dans mon monde. Franchement il faut être débile pour se faire plumer au poker et jouer la montre que le président de la fraternité t'avait confiée...
- Je la lui avais plutôt empruntée sans qu'il le sache...
- Tu la lui as volée?!!!! S'étrangla-t-elle. Il t'arrive de faire des trucs légaux parfois?!
- Dit celle qui a emprunté le blouson d'Eddie Vedder...
- Et je le lui ai rendu aussitôt! Se défendit-elle. Et excuse-moi, mais ce blouson ne valait pas dix-mille dollars!
- Voler un œuf ou un bœuf...
- Ce n’est pas pareil! Ne t'avise pas de dire le contraire! Alors, cette montre, où est-elle? Demanda Kate espérant se débarrasser de lui au plus vite.
- Je sais pas trop... Dans un tiroir ou une armoire... Va falloir que tu fouilles un peu...
- Ok. Bon ! On est bien d'accord? Je récupère la montre et tu détruis ces photos et les négatifs que tu as piqués à ce paparazzi?
- Oui! Promis! Dit-il en dessinant une croix sur son cœur.
- Et tu oublies jusqu'à l'existence de Castle!
- Et j'oublie l'existence de bijoux de famAOUTCHHH!
- Je t'ai déjà dit de ne pas l'appeler comme ça! Bon fais le guêt. S'ils se pointent, mets la musique à fond.
- Ouais... Mais… Euh tu es sûre pour le choix du morceau?...
Elle se contenta de lui jeter son regard le plus noir.
- À fond! C'est compris ? Précisa-t-elle. Il faut que j'aie le temps de sortir!
- Ça va je ne suis pas si débile! Protesta-t-il.
- ...
- C'est pas vrai tu penses que je suis aussi débile que ça?!!!
Le regard qu'elle lui lança était éloquent. Pendant une fraction de seconde, il se sentit minable.
- Oh! J'allais oublier! Dit-elle en rouvrant la portière du pick-up. Après ça, tu oublies aussi mon existence! C'est clair?
- ... Très clair, murmura-t-il en s'enfonçant dans son siège.
Elle quitta le pick-up et se rendit discrètement jusqu'à l'appartement des dealers avec qui Rogan avait joué au Poker. Elle parvint sans difficulté à y pénétrer grâce à une de ses pinces à cheveux et commença à fouiller méthodiquement. Une montre à dix mille dollars, ça ne devait pas être trop difficile à reconnaître...
************
Kate fouillait l'appartement depuis vingt minutes, quand elle mît enfin la main sur ce qu'elle cherchait. Elle la fourra aussitôt dans sa poche et se dirigea vers la porte. Inutile de rester là plus longtemps. Elle allait poser la main sur la poignée, quand celle-ci s'ouvrit de l'extérieur. Elle se retrouva nez à nez avec deux types aux allures peu commodes.
- Tiens, tiens... Qu'est-ce qu'on a là? Lança le premier.
Elle recula de quelques pas en maudissant intérieurement Rogan. Décidément, ce type ne valait pas grand-chose... Même faire le gué en restant planqué, il en était incapable!
- Alors ma jolie? C’n’est pas bien d'entrer chez les gens comme ça...
- Ouais, t'es une très vilaine fille, ajouta l'autre en fermant la porte derrière lui. Et tu sais ce qu'on fait aux vilaines filles?
Plus elle reculait, plus ils s'approchaient avec leurs airs menaçants. Elle était piégée. Bientôt, le mur derrière elle allait l'empêcher de reculer davantage et elle serait à leur merci! La porte de l'appartement n’était à quelques mètres devant elle, derrière les deux malabars. Comprenant qu'elle n'avait aucune autre échappatoire, elle cessa de reculer. Autant tenter le tout pour le tout. Elle se lança tête baissée et leur asséna un coup de pied dans le bas ventre pour l'un et un violent coup de poing dans le nez pour l'autre et se précipita vers la porte.
Elle allait poser la main sur la poignée de la porte. Elle se croyait sauvée, à la course à pied elle était imbattable, mais celui dont elle avait sans doute cassé le nez était un dur à cuire. Il l'attrapa par le bras et la réexpédia brutalement à l'autre bout de la pièce. Sa tête et son dos percutèrent le mur si violemment qu'elle en fut sonnée. Elle ne bougeait plus. Le colosse s'approcha d'elle avec un petit sourire mauvais.
Lorsqu'il fut suffisamment proche d'elle, elle réagit vivement en lui fracassant la première chose qui lui tomba sous la main dans la figure et retenta de gagner la sortie.
Elle fut arrêtée par le deuxième gars, qui la gifla si violemment qu'elle en tomba au sol.
Deux contre une, c'était beaucoup trop. Elle n'était pas de taille...
**********
Rogan de son côté, faisait nerveusement les cents pas sur le trottoir en se prenant la tête dans les mains. Il avait paniqué. Lorsqu'il avait aperçu la voiture des deux gars au bout de la rue, il n'avait pas réfléchi, il avait enclenché la première et avait fui dans la direction opposée. Ils connaissaient son pick-up, ils ne seraient pas passés devant sans le remarquer et n'auraient pas manqué une occasion de lui démolir le portrait. Alors il avait cédé à la panique et avait fui.
Il avait bien parcouru quatre ou cinq pâtés de maisons avant de se sentir hors de danger et de se garer. Et maintenant, il regrettait sa couardise.
Il avait abandonné son amie. Elle avait de la ressource, mais ne ferait pas le poids face à eux! Pourquoi était-il aussi couard et si peu fiable?
Pourquoi fallait-il toujours qu'il choisisse les coups foireux et l'argent "facile" au lieu de l'honnêteté et du travail? Kitkat avait raison de vouloir l'éloigner d'elle. Elle avait raison quand elle disait que quelque chose n'allait pas chez lui... Elle était une chic fille, le genre de personne, qui n'hésite pas à aider ses amis au risque de se prendre un mauvais coup.
Elle n'avait pas mérité ça. Elle n'avait pas mérité d'être abandonnée par lui. Elle avait raison, elle aurait mieux fait de ne jamais le rencontrer. À cause de lui, elle était dans les ennuis jusqu'au cou et en grand danger. Il fallait qu'il la sorte de là!
Il regarda autour de lui et aperçut une cabine téléphonique. Il n'aimait pas ça, mais c'était la seule solution...
Chapitre dix-neuf
Lorsqu'elle termina son vol plané sur la table basse du salon, qui se brisa sous l'impact, Kate comprit que c'était fini. Elle s'était défendue vaillamment, mais là, elle n'en pouvait plus, ils étaient trop fort. Chaque parcelle de son corps lui faisait mal. Elle était à bout de force.
Elle eut une pensée pour sa mère et son père, à qui elle allait causer une peine immense. Elle espérait seulement qu'ils seraient suffisamment forts à deux pour s'en remettre.
Elle songea à Castle. Elle aurait aimé le revoir une dernière fois... Elle espérait que Rogan aurait la décence de ne pas mettre son plan tordu à exécution et qu'il le laisserait tranquille...
Ses bourreaux s'avancèrent vers elle en boitant. Au moins, elle les avait bien amochés. Elle les regarda droit dans les yeux, sans ciller, elle ne leur laisserait pas le plaisir lire de la peur dans ses yeux.
La porte de l'appartement vola à ce moment-là.
- POLICE DE PALO ALTO! LES MAINS EN L'AIR! Hurlèrent des policiers en braquant leurs armes sur les occupants de l’appartement.
Elle eut un soupir de soulagement. Sa dernière heure n'était pas venue finalement. Les policiers arrêtèrent les deux trafiquants manu militari. Elle tentait de se remettre debout, quand un policier braqua son arme vers elle et lui ordonna de se mettre à terre avec les mains sur la tête.
Lorsqu'elle se retrouva face contre le sol avec un policier lui menottant les mains dans le dos, elle ferma les yeux en se disant que finalement ça seraient ses parents, qui allaient la tuer.
***********
Quelqu'un frappa à la porte de la chambre, tirant Carly du sommeil. Celle-ci jeta un œil à son réveil et fut étonnée de constater qu'il était plus de huit heures. Elle se redressa et se tourna vers le lit de Kate. Il ne semblait même pas avoir été défait.
Nouveaux coups frappés contre la porte.
- Voilà! Voilà! J'arrive...
Elle enfila un peignoir et alla ouvrir. Lizzie et Ann se tenaient sur le palier.
- Ben alors? Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda Lizzie sans préambule.
- Euh... Apparemment, notre bourreau a découché, annonça Carly en baillant.
- Beck? S'étonna Ann. Mais ça ne lui est jamais arrivé de ne pas rentrer sans sous prévenir!
- Elle n'est même pas rentrée après ses cours hier, dit Carly. Je pensais qu'elle était allée boire un verre avec des amis...
- Nous sommes ses amies! Rappela Ann.
- Elle a sans doute d'autres amis... Ou alors elle a rencontré un garçon...
- En tous cas, c'est cool! Ça laissera à mes courbatures le temps de disparaître, se réjouit Lizzie. Elle a fait fort cette semaine quand même!
- Ouais, j'espère seulement qu'il ne s'agit pas encore de son drôle de gugusse, répliqua Ann.
- Je ne pense pas, répondit Carly, il a essayé de l'appeler toute la semaine, elle me demandait toujours de répondre qu'elle n'était pas là. Elle a tiré un trait dessus.
- Qu'est-ce qu'on fait alors? Demanda Lizzie. On va courir quand même?
- Tu rigoles? Café crème et beignets! Le chat n'est pas là, les souris vont danser!
- Miaaaww!
- Toi, ne t'avise pas de lui raconter! Menaça Ann en donnant une caresse à Pièce à Conviction.
*********
Les murs de la pièce étaient jaunâtres. La peinture s'écaillait par endroit. Le regard de Kate était posé sur la fissure dans le mur en face d'elle depuis si longtemps, qu'elle en connaissait chaque sinuosité. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était assise dans cette salle d'interrogatoire. Après avoir passé une nuit difficile et une bonne partie de la matinée sur une banquette plus qu’inconfortable dans une cellule, elle avait été conduite là par un policier, qui était ressorti presqu'aussi vite, la laissant seule dans cette pièce sans fenêtre, meublée d'une simple table et de quatre chaises.
Elle se sentait nauséeuse. Elle avait un mal de crâne épouvantable et chaque mouvement lui faisait mal à hurler !
Maudit Rogan. Elle avait toujours su au fond d'elle qu'il n'était qu'un beau parleur et qu'il ne fallait pas lui faire confiance. Elle n'aurait jamais dû baisser sa garde et le laisser entrer dans sa vie... À cause de cette soirée calamiteuse à Vegas, Castle risquait d'avoir des ennuis avec l'université ainsi que pour la garde de sa fille. Tout ça à cause d'elle. Il l'avait aidée et allait se retrouver avec un maître chanteur sur le dos.
Quant à elle... Son père allait la tuer! Et sa mère... Lire la déception dans son regard serait la pire chose que Kate subirait. Johanna avait toujours été si fière d'elle! Elle n'avait de cesse de lui répéter qu'elle pourrait devenir tout ce qu'elle voudrait, qu'elle pourrait changer les choses... Quand elle apprendrait cette histoire, Kate descendrait certainement du piédestal sur lequel Johanna l'avait placée depuis sa naissance...
Elle soupira et se leva en grimaçant pour faire quelques pas dans la pièce. La bagarre n’avait pas été sans conséquences ! Elle s'arrêta devant le miroir sans tain et observa son reflet. Elle avait un coquard au niveau de l'œil gauche, il restait des traces de sang séché sous son nez et sa lèvre inférieure était gonflée. Lizzie grimacerait en la voyant ainsi... Ils auraient pu la laisser se nettoyer un peu !
Y avait-il quelqu'un là derrière? Sans doute, oui.
- Hey! Vous allez me laisser là longtemps? Cria-t-elle en tapant du poing sur la vitre.
Mal lui en prit, crier lui fit tellement mal qu’elle en eut la respiration coupée et la douleur qui irradia dans son poignet aussitôt, lui indiqua qu’il avait dû prendre un mauvais coup dans l'appartement.
Elle tourna le dos au miroir et se laissa glisser doucement jusqu'au sol. Dans quel bourbier s'était-elle fourrée?
Elle avait bien évidemment réclamé l'aide d'un avocat dès qu'on lui avait passé les menottes, mais le policier qui s'était occupé d'elle avait rigolé en la traitant de junkie et en disant qu'elle ferait mieux de se taire, que tout ce qu'elle pourrait dire pourrait être retenu contre elle, bla bla bla...
Un autre avait rigolé en disant qu'ils allaient la mettre en cellule jusqu'à ce qu'elle cesse de planer.
Elle avait eu envie de protester, bien entendu, mais la bagarre avec les dealers lui avait laissé un tel mal de crâne, qu'elle avait préféré se taire.
Elle avait encore mal d'ailleurs et chaque inspiration était douloureuse. Elle observa son poignet. Il était légèrement enflé... Ils auraient pu lui envoyer un médecin...
Mais que faisaient-ils donc? Combien de temps allaient-ils la laisser attendre?
Un policier entra enfin dans la pièce et lui intima de retourner s'asseoir sur sa chaise. Elle obtempéra en silence. Il déposa un dossier sur la table avant de s'asseoir en face d'elle.
- Inculpez-moi ou laissez-moi sortir, lança-t-elle sans préambule.
- T'en fais pas pour ça, rétorqua-t-il, on a de quoi faire.
- Je veux appeler mon avocat, annonça-t-elle alors clairement en le regardant droit dans les yeux.
- C'est ça. Nom et prénom?
- Je veux mon avocat, s'entêta Kate. Je ne parlerai qu’en sa présence !
- Ecoute ma p'tite, on verra ça après. Nom et prénom?
Elle croisa les bras et le défia du regard. Elle connaissait ses droits et ne se laisserait pas intimider.
- ...
- Ecoute, je n’ai pas de temps à perdre, alors tu ferais bien de répondre.
- Je sais que j'ai droit à l’aide d’un avocat et à un coup de fil ! rétorqua-t-elle butée.
- Ouais, ouais.
- Vous êtes sûr que vous êtes flic? Le provoqua-t-elle.
- Non mais dis donc sale gamine!
- Vous êtes en train de violer mes droits, le coupa Kate. Continuez comme ça et je n'aurais même pas besoin d'un avocat!
- Ne fais pas la maligne! L’avertit le policier piqué au vif.
- Je ne fais que souligner le fait que j'ai demandé un avocat à plusieurs reprises déjà.
- Ah oui? Pas entendu.
Elle le défia du regard, se pencha vers le micro au milieu de la table et s'écria:
- Et là? Vous entendez? Enregistrez bien surtout! JE VEUX UN AVOCAT!
Le flic soupira bruyamment, se leva et quitta la pièce. Kate tourna la tête vers le miroir sans tain et sourit à la personne qu'elle devinait derrière avec un air de défi.
Le flic revint avec un téléphone qu'il posa sur la table.
- Une minute, annonça-t-il. Appel local uniquement.
Kate lui adressa son regard le plus noir et se saisit du combiné.
Elle composa un numéro et attendit qu'on décroche.
- Mhmmm... Ouais... Allô...?
- Carly! C'est Kate! Il faut que tu m'aides!
- Mhmmm ! Kate?... Où tu … étais passée?... On commençait à s'inquiéter!
- Tu manges les cookies de ma mère !?
- Mhm ! Non… Pas du tout ! répondit Carly en avalant ce qu’elle avait dans la bouche. Alors ? Qu’est-ce que tu fais ?
- Pas le temps de t'expliquer! Il faut que tu appelles ma mère!
- ... T'as des ennuis?
- Ouais et pas qu'un peu! Tu as de quoi noter?
- Euh... Ouais!
- Bien! Alors prends des notes!
Kate expliqua rapidement à son amie ce qu’elle attendait d’elle et raccrocha. Le policier récupéra le téléphone et le rapporta là où il l’avait pris. Puis il revint s’installer en face d’elle.
Il se saisit de son stylo et la regarda, attendant qu’elle se mette à parler.
- Je parlerai lorsque mon avocat sera là, dit-elle en s’appuyant contre le dossier de sa chaise.
Le policier soupira, récupéra son carnet et son stylo, puis quitta la pièce. Cette gamine était plus buttée que le plus coriace des suspects qu’il avait rencontré dans sa carrière!
Chapitre vingt
Rick avançait sur le parvis de l'université. Il se sentait un peu anxieux, mais sa mère avait raison, la politique de l'autruche n'était jamais la bonne solution. Et puis Kate méritait sa confiance bien plus que l'autre bon à rien!
Elle lui manquait. Il fallait qu'il lui parle, qu'il s'excuse pour son comportement. Elle n'avait pas mérité ce qu'il lui avait infligé. Il espérait qu'elle lui pardonnerait.
Il tourna la tête vers le bord du chemin alors qu'il approchait de leur arbre. Il espérait secrètement qu'elle serait là. Mais il n'y trouva personne.
Il regarda sa montre, il n'était pas encore midi, elle était sûrement encore en cours.
- Fais un effort Ricky, marmonna-t-il en se creusant la cervelle, elle a bien dû mentionner son emploi du temps pendant nos discussions...
Quels cours avait-elle le lundi? Soudain il eut une illumination! Droit Fédéral! Salle 47 bâtiment D! Comment oublier? Il se précipita vers le bâtiment, s'installa sur un banc en face de lui et attendit que les étudiants sortent. Ce qu'ils firent moins de vingt minutes plus tard. Il se leva et guetta la sortie de sa jeune amie. Étirant son cou au maximum et hissé sur la pointe des pieds, il passa en revue chaque visage. Il ne fallait pas qu'il la manque!
Malheureusement elle n'était pas là. Il attendit encore un moment après que le dernier étudiant soit sorti. Elle avait peut-être des questions à poser au professeur... Se souvenant de la tête de son collègue de droit fédéral, il se rassura en se disant qu'elle ne pouvait pas avoir le béguin pour lui. Il était vieux, revêche et vraiment pas marrant!
Lorsque le professeur quitta le bâtiment à son tour, il dût se rendre à l'évidence, elle n'était pas venue en cours.
Voulait-elle seulement le revoir? Il comprendrait que non. Mais si elle l'aimait comme elle l'avait laissé entendre, elle avait dû essayer de le revoir!
Cela faisait une semaine... Elle l'avait peut-être fait... Et s'était simplement lassée de l'attendre...
Il regarda sa montre. Il devait donner un cours moins de dix minutes plus tard. Il allait être en retard. Il se dirigea vers sa salle de classe, pour y donner son cours, déçu de ne pas l'avoir revue aussi vite qu'il l'espérait.
Deux heures plus tard, il revint sous leur arbre et s'y installa. Il sortit son carnet de notes et commença à noter les idées qui lui venaient à l'esprit pour son prochain roman.
Il levait la tête à chaque bruit de pas approchant de lui, mais à chaque fois, il constatait déçu que ce n'était pas Kate.
Lorsque la lumière du soleil ne fut plus suffisante, il se résigna à quitter les lieux. Le lendemain, il se rendrait à leur café. Peut-être y serait-elle.
Il se releva en grimaçant. Ses jambes étaient totalement engourdies à force d'être resté dans la même position pendant des heures.
Il repartit vers le parking où il avait garé sa voiture en boitillant et en se promettant de s'installer plus confortablement le lendemain.
Avant de rentrer chez lui, il s'arrêta devant le dortoir où il l'avait déjà déposée un soir et attendit une bonne heure dans l'espoir de la voir rentrer. En vain.
*************
Johanna ouvrit la porte de chez elle. Encore une longue journée, qui prenait fin. Elle jeta ses clés dans le vide-poche, accrocha son manteau dans la penderie et se déchaussa. Jim n’était pas encore rentré. Il lui avait dit de ne pas l’attendre, il avait une réunion importante et rentrerait tard.
Elle ouvrit son frigo, choisit le reste de tarte aux poireaux, qu’elle se fit réchauffer au micro-onde. Son dîner avalé, elle se prépara une tisane et sortit ses dossiers. Jim n’étant pas là, autant travailler !
Elle venait à peine de se mettre au travail, quand son téléphone sonna. Elle sourit en reconnaissant le numéro, Katie pensait à elle.
- Allô?
- Madame Beckett! C'est Carly!
- Hey! Bonjour Carly! Ça me fait plaisir de t'entendre ma grande! Comment vas-tu?
- Moi je vais bien, c'est Kate, qui a des ennuis!
- Katie? Qu'est-ce qu'il se passe?
- Je ne sais pas trop dans quoi elle s'est fourrée, mais ça a l’air grave. Ça fait un moment que j'essaye de vous appeler!
- J'étais en rendez-vous avec un client, répondit Johanna... Qu'est- ce qu'il se passe avec Katie?
- Elle m'a appelée ce midi... Elle est au commissariat, elle a été arrêtée hier soir!
- Arrêtée? Mais pourquoi?
- Je ne sais pas, elle n'a pas pu me parler longtemps... Apparemment, elle s'est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment...
- J'arrive! Répondit aussitôt Johanna.
- Euh... Vous ne devriez pas plutôt appeler un avocat que vous connaîtriez par ici?
- Je saute dans le premier avion et j'arrive. Dis à Katie que j'arrive!
- Euh... D'accord...
- Merci Carly !
Johanna avait raccroché. Carly resta un instant silencieuse.
- La mère de Beck arrive annonça-t-elle à ses amies.
- Wah, telle mère, telle fille, remarqua Carly.
- Elle ne sera pas là avant demain matin au mieux, dit Ann en regardant sa montre.
- On devrait aller voir comment va Beck... Suggéra Carly.
- Tu crois qu'ils nous laisseront la voir?
- J'en sais rien, mais il faut essayer...
- Dépêchons nous, il est presque dix-sept heures!
De son côté, Johanna s’était précipitée dans sa chambre. Elle avait appelé l’aéroport pour réserver une place sur le prochain vol pour Palo Alto. Elle avait ensuite préparé un sac de voyage et avait écrit un mot pour Jim, lui promettant de l’appeler dès son arrivée là-bas.
***********
- Alors? Tu vas parler? Demanda le policier une nouvelle fois en arrivant dans la salle d'interrogatoire.
- J'attends mon avocat, répliqua Beckett en le regardant droit dans les yeux.
- Il est plutôt du genre lent!
- Normal, son cabinet est à Manhattan...
- ... Manhattan?! T'as pas trouvé plus près?!
- Si vous m'aviez laissée téléphoner tout de suite aussi... Elle serait déjà là depuis longtemps!
- Ne sois pas insolente! Rétorqua sèchement le policier. Ecoute, je n'ai pas de temps à perdre, alors il va falloir que tu te décides à parler.
Kate se renfonça dans le dossier de sa chaise et croisa les bras en évitant de malmener son poignet, sans rien dire de plus. Le policier, qui commençait à comprendre à quel genre de tête de mule il avait affaire, secoua la tête, prit son dossier et quitta la pièce.
Peu de temps après, elle fut ramenée en cellule. Elle se cala dans un coin de la banquette, dans la position la moins inconfortable qu'elle pût trouver et s'autorisa à somnoler un peu. Sa mère ne serait pas là avant le lendemain matin au mieux, autant essayer de se reposer un peu!
*********
- Dites-nous au moins ce qu'il se passe! Insista Carly devant le policier qui tenait l'accueil.
- Votre amie est en garde à vue, je ne peux rien vous dire de plus et vous ne pouvez pas la voir à moins d'être son avocat, répéta patiemment le policier.
- Mais... Protesta Carly.
- Vous feriez mieux de rentrer chez vous, la coupa-t-il, le poste va bientôt fermer ses portes.
Les trois amies de Kate soupirèrent et quittèrent le poste de police.
- Quand est-ce que Johanna va arriver? Demanda Ann.
- Vers 6 heures demain matin, expliqua Carly.
- Je le savais que ce Ragin était un bon à rien.
- Qui dit qu'elle était avec lui?
- Qui d'autre pourrait lui causer autant d'ennuis? Demanda Ann.
- Mhmm... Approuva Carly. Mais qu'est-ce qu'elle faisait encore avec lui?
- Elle allait mal, il était là... Répondit Ann en haussant les épaules.
- Je pensais qu’elle était plus maligne que ça, soupira Lizzie.
- Ouais… On devrait peut-être essayer de le trouver, suggéra Carly. Il doit savoir quelque chose.
- En tout cas, s’il est mêlé à cette histoire et qu’il a laissé Beck se faire embarquer par les flics sans rien faire, je lui refais le portrait ! S’énerva Lizzie.
- Pff ! Tu n’oserais même pas ! Pouffa Ann. Tu aurais bien trop peur de te casser un ongle !
- Je me casserais chacun de mes ongles pour Beck ! J’adore cette fille.
- Ouais, moi aussi je l’adore, dit Ann.
- Bon ! Par où on commence ? Demanda Carly.
- On n’a qu’à retourner dans ce bar où on l’a rencontré, suggéra Lizzie. Ce genre de gars traîne toujours aux mêmes endroits.
**********
Lorsqu’elles arrivèrent dans le bar, il était bondé. Elles tentèrent de se frayer un chemin jusqu’au comptoir.
- Tu le vois ? Demanda Ann à Lizzie.
- Pourquoi je le verrais mieux que toi ?
- Tu es grande et tu as un grand cou. Tu peux regarder par-dessus la foule !
- Oui et bien je ne suis quand même pas une girafe !
- Là ! S’écria Carly en désignant l’endroit où se trouvait la cible du jeu de fléchettes.
- Hey ! Rangoon ! Cria Ann.
- Il s’appelle Rogan ! Rectifia Carly.
- Hey Rogan ! Lança Ann.
Celui-ci se tourna puis se précipita aussitôt vers la sortie à l’arrière du bar.
- Non ! Attends ! On voudrait te parler ! Cria Ann.
Elles se frayèrent un chemin tant bien que mal vers l’endroit par où il avait fui. Quand elles arrivèrent sur le parking, elles ne purent qu’apercevoir les feux-arrières du Pick-up de Rogan, qui s’éloignait du bar.
- NON MAIS QUEL GROS NUL !!!! S’écria Carly en tapant du pied.
- Ouais, celui-là, il mérite la médaille d’or dans la catégorie des enfoirés ! Approuva Lizzie.
- En tous cas, si on doutait de son implication dans les ennuis de Beckett, là on a la preuve qu’il est mouillé jusqu’au cou ! Dit Ann.
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Demanda Carly.
- On rentre, soupira Ann. Il n’y a rien d’autre que nous puissions faire pour le moment.
Elles regagnèrent leurs chambres d’étudiantes et se mirent au lit rapidement. Le lendemain, elles se lèveraient tôt pour aller chercher Johanna à l’aéroport. Si une personne pouvait aider Kate, c’était bien sa mère.
Une fois dans son lit, Carly s’endormit en pensant à son amie. Elle espérait qu’elle réussirait à dormir un peu dans sa cellule.
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Johanna venait d’embarquer. Elle s’installa près du hublot et boucla sa ceinture. Elle tenta de trouver une position suffisamment confortable pour s’endormir. Katie avait besoin d’elle, il fallait qu’elle soit en forme. Katie... Qu’avait-elle encore bien pu inventer ? Elle pensait que sa période rebelle s’était terminée avec son entrée dans l’âge adulte, qu’elle avait pris du plomb dans la tête. Apparemment ce n’était pas le cas ! Pour une avocate, devoir sortir de prison sa fille étudiante en droit, c’était un comble ! Elle avait peut-être été trop compréhensive avec elle… Quand Jim apprendrait ça, il allait avoir une attaque !
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Seul dans son appartement de San Francisco, Rick n’arrivait pas à trouver le sommeil. Il pensait à Kate. Il avait cru qu’il la trouverait rapidement, il avait été trop optimiste. La retrouver ne serait pas aussi facile qu’il l’avait prévu, mais il persévèrerait. Il fallait qu’il s’explique avec elle !
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Lorsqu’il rentra chez lui, tard ce soir-là, Jim découvrit le message de sa femme. Sa fille avait été arrêtée par la police ! In n'en revenait pas. Elle lui en avait déjà fait voir, mais jamais encore il n’avait dû aller la chercher en prison ! Cette fois c’était décidé, il allait la ramener à New-York et la garder à l’œil jour et nuit !
Il appela l’aéroport et apprit que le vol pour Palo Alto était déjà bouclé et allait bientôt décoller. Il se coucha inquiet et furieux en pensant à sa fille. Qu’avait-elle bien pu faire pour se retrouver en garde à vue ? Décidément, elle le ferait mourir avant l’heure ! Qu’il était loin le temps où les seules inquiétudes qu’elle lui causait étaient dues à une forte fièvre ou à une chute à vélo !