Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic ne convient pas aux lecteurs de moins de 16 ans. Elle peut contenir des passages où la violence est suggérée, utiliser un langage susceptible de choquer ou comporter des scènes de sexe non explicites.
Ce pop-up te demande, lors de ta première connexion sur cette fanfic, de certifier que tu es âgé de plus de 16 ans pour pouvoir la lire. Si tu valides, ce pop-up n'apparaîtra plus. Si tu annules, ce pop-up réapparaîtra lors de ta prochaine visite.
Nous comptons sur ta franchise pour cliquer sur le bouton approprié :
Série : Castle
Création : 19.09.2015 à 19h17
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une histoire qui m'est venue à l'esprit alors que j'écoutais la chanson "The Scientist de Coldplay"... » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 68 paragraphes
Chapitre vingt et un
Malgré l'inconfort de sa cellule, Kate avait quand même réussi à dormir un peu. Difficilement, mais ça n’était pas le pire. Elle redoutait le moment où elle se retrouverait face à sa mère. Et si son père l’accompagnait, la confrontation serait pire encore ! Aurait-elle la force d’affronter leurs regards ? Ils avaient toujours été si fiers d’elle, même quand elle avait fait quelques bêtises pendant sa période rebelle, qu'elle n'avait pas encore quitté d'ailleurs! Mais jamais encore elle n’avait été arrêtée par la police. Là, elle avait franchi un palier dans le degré de gravité de ses bêtises ! Ils allaient être furieux, mais pire que tout, ils seraient déçus et ça, ça serait le plus difficile à supporter pour elle. A cette pensée, elle sentit la nausée l’envahir.
- Beckett! Ton avocate est arrivée! Annonça un policier d'une voix forte.
Elle sursauta, mît quelques secondes à réaliser ce qu'il se passait et se leva pour suivre docilement le policier qui était venu la chercher. Elle était épuisée et ses douleurs n'avaient pas disparu, au contraire. Il la fit entrer dans une pièce sans fenêtre, où sa mère l'attendait, le nez dans un dossier.
En entendant la porte s'ouvrir, Johanna leva la tête et retira ses lunettes. Elle avait l’air en colère. Ça s’annonçait mal ! Machinalement, Kate baissa la tête comme une petite fille qui s'attend à se faire gronder. Le policier les laissa seules et ferma la porte derrière lui. Le silence s’installa dans la pièce. Un silence pesant et glacial. Kate aurait préféré une explosion de colère et de reproches. Tout sauf ce silence !
- Alors ? Demanda Johanna au bout d’un long moment. Tu peux m’expliquer, Katherine ?
Katherine, pas Katie. Et le ton qu’elle avait employé ! Jamais sa mère ne lui avait parlé avec ce ton froid et distant. Une boule d’angoisse se forma dans la gorge de Kate.
- Ne rien dire ne t’aidera pas, au contraire ! Ajouta Johanna toujours aussi sévère.
- …
Kate ne répondit pas, se contentant de fixer le bout de ses chaussures comme si elle pouvait y trouver la solution à ses ennuis. Sa boule d’angoisse grossissait encore, elle sentait que si elle parlait, elle éclaterait en sanglots et rien ne pourrait les arrêter. Une fois les vannes ouvertes, ça serait le déluge !
Cette attitude de sa fille intrigua Johanna. Jamais elle ne l’avait vue ainsi. D’ordinaire, elle se serait défendue, elle serait montée sur ses grands chevaux et lui reprocherait de l’infantiliser. Elle ne se serait jamais contentée de baisser les yeux en attendant que l’orage passe. Quelque chose n’allait pas.
Lentement, Johanna s'approcha de sa fille, qui ne bougeait toujours pas, honteuse de se retrouver dans une telle situation.
- Katie... Murmura Johanna en lui relevant délicatement la tête pour l'obliger à la regarder dans les yeux.
Elle ne semblait plus fâchée, au contraire. Elle avait l'air triste et inquiet. Ce constat augmenta le mal-être de Kate. Sa plus grande crainte avait toujours été de décevoir sa mère ou de lui causer du souci et là, elle faisait un double strike !
- Qui t'a fait ça Katie? Demanda Johanna en désignant l'énorme coquard autour de son œil et sa lèvre gonflée.
- ... Deux types... Ils m'ont surprise dans leur planque... Ils m'ont fait passer un sale quart d'heure...
- Quelqu'un t'a examinée?
Kate hocha la tête négativement. Johanna s'éloigna brusquement et tambourina à la porte. Le policier chargé de garder la pièce ouvrit et se fit littéralement incendier par maman Beckett.
- Si vous ne voulez pas vous retrouver mis à pied dans l'heure pour maltraitance, vous allez me faire venir un médecin ici illico presto afin d'examiner ma cliente! Et je vous conseille de prier pour qu'elle n'ait rien de grave!
- Euh… Il faut que j’en parle à mon supérieur… Bafouilla le policier.
- Faites donc ça ! Mais je vous préviens, vous n’avez pas plus de de dix minutes avant que je ne m’occupe personnellement de votre cas !
Elle referma la porte et se tourna de nouveau vers sa fille.
- Merci… dit Kate d’une toute petite voix.
- Ne te réjouis pas trop vite, jeune fille ! Je compte bien régler ton compte dès que je serai sûre que tu vas bien !
À bout de force et les nerfs à fleur de peau, Kate enfouit sa tête contre l'épaule de sa mère et éclata en sanglots.
- Je suis désolée maman, chuchota-t-elle la voix chevrotante.
La détresse de sa fille désarçonna Johanna. Jamais elle ne l’avait vue aussi désemparée. Etait-ce sa garde à vue qui l'avait autant mise à mal?
- Shhhh... Ça va aller, la réconforta sa mère en lui caressant délicatement le dos. Ça va aller... Je suis là...
- J... J'voulais... J'voulais juste...
- Calme-toi d'abord. Tu me raconteras tout ensuite.
Toute la tension qu'elle avait accumulée au cours des dernières heures se relâcha et les pleurs de Kate redoublèrent. Johanna lui murmurait des paroles rassurantes, tout en la berçant, la calmant comme seule une maman savait faire avec son enfant.
Au bout d'un long moment, les larmes se tarirent et le silence revint dans la pièce. Seuls quelques hoquets le perturbaient encore de temps en temps. Johanna relâcha son étreinte. Kate, reprenait ses esprits doucement. Johanna lui écarta délicatement les quelques mèches de cheveux, qui lui barraient le visage, grimaçant devant l'étendue des dégâts.
- Tu vas tout me raconter, dit-elle en la regardant droit dans les yeux.
Qu’elle était impressionnante, quand elle la regardait ainsi ! Kate avait du mal à soutenir son regard.
- ... C'est compliqué, souffla Kate d'une petite voix.
- C'est ta situation, qui est compliquée, ma fille! Rétorqua Johanna. Alors, tu vas tout me raconter dans les moindres détails!
Kate poussa un long soupire, qui la fit grimacer.
- Je peux tout entendre, Katie, je suis ta mère et ton avocate ! C'est encore mieux que le confessionnal.
Kate prit une inspiration aussi profonde que son état le lui permettait et se lança :
- … Il y a une semaine... J'ai fait une virée à Vegas...
- À Vegas? L’interrompit sa mère. Katie, ne me dis pas que tu as joué au casino!
Ça commençait bien, si rien que l’idée qu’elle soit allée jouer au casino la faisait bondir... Elle aurait peut-être dû prendre un avocat commis d’office après tout. Au moins, elle s’en serait sortie en vie…
- Seulement aux machines à sous! Tempéra-t-elle. Et j'ai gagné deux cents dollars!
- Peu importe, Katie! Les jeux d'argents n'apportent jamais rien de bon! La sermonna Johanna. C'est un engrenage! Tu mets un doigt dedans et tu y perds un bras au minimum!
- Maman! Je n'ai pas le vice du jeu! La coupa Kate en se retenant de rouler des yeux, ce qui aurait signé son arrêt de mort à coup sûr !
- ... D'accord. Je t'écoute. Continue. Mais ne rêve pas, tu auras droit au sermon contre les jeux d'argent en long en large et en travers, quand cette histoire sera terminée. Et compte sur ton père pour en rajouter une couche! L'avertit Johanna.
- Papa? Il est au courant ?! Il vient aussi? Blêmit Kate.
- Tu t'attendais à quoi ma fille? Là, tu as sérieusement dérapé!
- Je vais être malade, gémit Kate.
- Après m'avoir tout raconté, s'il te plait! Alors? Qu'est-ce qu'il s'est passé à Vegas?
- ... J'ai un peu trop bu... Dit Kate en se sentant rapetisser à mesure que sa mère enregistrait les informations qu'elle lui donnait. Et je sais, j'aurais aussi droit au sermon sur les méfaits de l'alcool... Donc... J'avais trop bu et j'ai failli faire un de ces mariages bidons...
- Mais enfin ! Katie! Les mariages à Vegas sont légaux! S'écria Johanna.
- Je t'en prie, grimaça Kate. J'ai super mal à la tête!
- Ça, il fallait y penser avant, jeune fille! Gronda Johanna si fort, que Kate porta les mains à sa tête.
- Katie? L’appela Johanna d’une voix beaucoup plus douce et surtout inquiète.
- ... Mhm ?...
- Qu'est-ce que tu as au poignet? S'affola Johanna en découvrant le gonflement anormal de celui-ci.
- ... C'est rien... Grogna Kate.
- Ah! Non, ça, c'est tout sauf rien!
On frappa à la porte au même instant et un policier entra pour annoncer l'arrivée du médecin.
- Ce n’est pas trop tôt! Soupira Johanna en sortant pour laisser le médecin s'occuper de Kate. Surtout ne l'écoutez pas et n'hésitez pas à m'appeler, si elle ne se laisse pas faire!
- Votre avocate est... Redoutable! Dit le médecin en déposant sa sacoche sur la table. Je n'ai jamais vu quelqu'un faire plier le lieutenant Phelps aussi rapidement! Je ne me fais pas de souci pour votre défense!
- Vous avez raison, marmonna Kate. Je m'en fais plutôt pour le moment où elle passera du côté de l'accusation...
- ...?
**************
Rick arriva au café de bonne heure, ce matin-là, pour attendre Kate.Pas question de risquer de la manquer. Il se dirigea vers la terrasse et fut déçu de constater qu'elle n'y était pas.
- Elle est venue tous les jours, dit une voix derrière lui.
- Quoi? Demanda-t-il un peu perdu en se tournant pour faire face au serveur, qui s'était souvent occupé de leurs commandes.
- Votre amie! Elle est venue tous les jours. Elle attendait là pendant une heure, parfois un peu plus, en sirotant un latté à la vanille...
Rick esquissa un petit sourire. Elle était venue tous les jours pour l'attendre. Elle voulait le revoir!
- Je vais l'attendre, annonça-t-il en montrant leur table à la terrasse.
- Mais hier, elle n'est pas venue! Ajouta le serveur.
- Elle n'est pas venue? Répéta-t-il inquiet qu'elle se soit lassée de l'attendre finalement.
- Elle a peut-être eu un empêchement... Un autre type la cherchait cette semaine.
- Un autre type?
- Brun, mal rasé, les cheveux en bataille... Plutôt beau gosse, mais l'air un peu débile...
- ... Je vois, soupira Rick en reconnaissant tout à fait le portrait de Rogan.
- Je vous apporte votre petit déjeuner?
- Un café ça sera suffisant pour le moment, merci.
- Ça marche!
Il s'installa à leur table et attendit. Ainsi Rogan la cherchait... Était-ce une bonne nouvelle? Il ne saurait le dire. Soit elle le voyait toujours et là, il n'y avait plus rien à espérer, elle ne méritait pas sa confiance. Soit elle avait coupé les ponts avec lui et sa mère aurait raison: elle n'avait vraiment pas mérité ce qu'il venait de lui faire.
Il attendit une heure et même un peu plus... Elle ne vint pas. Soudain, il eut une idée et se précipita vers le téléphone mural du café et composa un numéro.
- Allô?
- Salut Peter, c'est Rick!
- Salut Ricky, tu veux organiser la soirée poker que tu nous as promise en salle des profs?
- Heu... Non... Pas ce soir... Ecoute je voulais te demander quelque chose...
- Oui? Qu'est-ce que tu veux?
- Heu... Voilà, l'autre jour, tu me parlais d'une brillante étudiante qui suit tes cours...
- Katherine Beckett, oui. Elle ira loin cette petite!
- Est ce que tu l'as en cours aujourd'hui? J'ai un livre dédicacé à lui donner, mais je ne parviens pas à la trouver...
- Elle doit suivre mon cours dans une heure, mais si c'est comme hier, elle ne viendra pas. Elle doit être malade, elle n'avait pas l'air en forme cette semaine.
- Elle est malade?
- Elle avait les traits tirés et semblait ailleurs, elle devait couver quelque chose...
-Oh ! Il a lieu dans quelle salle ton cours ?
- Salle 205, dans le bâtiment A.
- Merci Peter, répondit Rick avant de raccrocher.
Rick se sentait mal. Kate avait passé une mauvaise semaine à cause de lui. Elle avait espéré qu'il reviendrait et s'était finalement lassée de l'attendre. Il irait l’attendre à la sortie du cours donné par Peter. En espérant qu’elle ne soit pas retournée à New-York, car là-bas, autant chercher une aiguille dans une botte de foin!
Il soupira, paya ses consommations et sortit. Si seulement il pouvait revenir en arrière...
Chapitre vingt-deux
Pendant que le médecin examinait sa fille, Johanna avait quitté le mode maman et était repassée en mode avocate. Elle examinait le dossier qu'on lui avait remis et n’en revenait pas de ce qu’elle lisait. Comment sa fille pouvait se retrouver mêlée à une affaire de trafic de drogue?
Elle se leva et se dirigea vers le lieutenant Phelps, qui était chargé de l'affaire.
- Comment se fait-il que ma cliente ait attendu tout ce temps pour demander l'aide d'un avocat? Demanda-t-elle en lui mettant sous le nez le document mentionnant la demande de sa fille.
- Comment voulez-vous que je le sache? Je ne suis pas dans sa tête!
- Vous lui avez bien dit ses droits, n'est-ce pas?
- Mais pour qui nous prenez-vous? Bien sûr!
- Je dois vous avouer que j’hésite entre deux catégories, celle des incompétents et celle des ripoux, je vous ferai signe quand je me serai décidée ! Siffla l'avocate.
- NON MAIS VOUS SAVEZ A QUI VOUS VOUS ADRESSEZ ?! S’énerva le lieutenant.
- Tout doux ! Colombo ! Si je ne me trompe pas et je me trompe rarement, mon mari et ma fille en savent quelque chose, je vais avoir de quoi vous faire renvoyer de votre job ! Menaça Johanna d’un ton sec et froid.
- Je vous assure qu’on lui a dit ses droits, bafouilla le policier d’un ton beaucoup plus posé.
- Dans ce cas, je m'étonne qu'elle n'ait pas demandé l'aide d'un avocat dès son arrestation!
- Vous savez ce que c'est les junkies! Il faut le temps qu'ils arrêtent de planer pour qu'ils retrouvent leurs esprits.
- Vous voulez dire qu'elle était droguée?! Blêmit Johanna.
- Elle était chez des dealers! À part des junkies, aucune personne sensée n'y mettrait les pieds.
- Avez-vous fait des analyses pour vérifier votre théorie?
- Je ne gaspille pas l'argent du contribuable!
- C'est à se demander comment vous êtes devenu policier! S'énerva-t-elle. Je pense plutôt que vous avez ignoré sa demande, comme elle le laissait entendre quand elle a demandé l'aide d'un avocat pendant son interrogatoire. Oui, j'ai pris la liberté d'écouter les enregistrements!
- ...
- En tous cas, je vous remercie, grâce à votre incompétence, je n'aurais aucun mal à la faire libérer! Claqua-t-elle en se dirigeant vers la pièce où le médecin examinait sa fille. Préparez-vos cartons ! Vous serez au minimum muté dans le bled le plus paumé de tout l’ouest des Etats Unis !
Le lieutenant Phelps déglutit difficilement en la regardant avancer d’un pas déterminé vers la salle d’interrogatoire. Il aurait peut-être dû se montrer plus conciliant avec la gamine, la colère de sa mère ne se serait pas tournée vers lui… Si seulement il pouvait revenir en arrière…
Johanna frappa et ouvrit la porte de la salle d’interrogatoire. Kate était allongée sur le sol, le médecin lui bandait le poignet.
- Que se passe-t-il demanda-t-elle en remarquant la pâleur de sa fille.
- Hypoglycémie. Cette jeune fille n'a rien mangé depuis hier matin. Ajoutez à cela un manque évident de sommeil et une séance de catch avec deux malabars... C'est à se demander comment elle tenait encore debout.
- Ça va ! Râla Kate. C’est juste un léger étourdissement ! On ne va pas en faire une affaire d’Etat !
Johanna s'approcha d'eux. Elle ne quittait pas Kate des yeux. Celle-ci comprit aussitôt que sa mère était fâchée. Qu'avaient bien pu lui raconter ces flics pour la mettre aussi en colère? Car il était évident qu'elle était vraiment furieuse, plus encore que quand elle avait quitté la pièce.
- Tu te drogues? Demanda sans détours Johanna à sa fille.
Celle-ci écarquilla les yeux.
- Non! Bien sûr que non !
- Alors que faisais-tu chez des dealers?
- ... C'est... Compliqué... Souffla-t-elle.
- Tu venais leur acheter de la drogue?
- Ils sont peut-être débiles, mais ce n'est pas dans leur intérêt de tabasser leurs clients, siffla-t-elle.
- Évite ce ton là avec moi jeune fille.
- C'est toi qui as commencé! Se défendit Kate
- Avez-vous remarqué quelques traces qui laissent à penser que cette jeune fille se drogue? Demanda Johanna au médecin.
- Non, mais je peux faire une prise de sang et quelques analyses...
- Faites-les, dit l'avocate.
Kate abasourdie, se redressa vivement pour protester et grimaça sous la douleur.
- COMMENT PEUX-TU CROIRE UN SEUL INSTANT...?!
- Ne crie pas Katherine, rétorqua sèchement Johanna. Je ne te reconnais pas ! Tu as fait plus de bêtises en une semaine que depuis ta venue au monde !
- JE NE ME DROGUE PAS! S'indigna Kate en se levant pour lui faire face.
Cet effort lui causa une vive douleur dans l'abdomen, qui la fit se plier en deux.
- Katie! S'inquiéta aussitôt Johanna.
- Mademoiselle Beckett, veuillez rester tranquille, demanda le médecin. Il faudrait l'emmener à l'hôpital pour faire quelques examens complémentaires...
- À l'hôpital?! Répéta Johanna dont l'inquiétude venait de prendre le pas sur sa colère.
- Elle doit passer des radios et un scanner. Elle a un vilain hématome au niveau de l'abdomen.
- C'est grave?
- Ça va, grogna Kate agacée que sa mère et le médecin parle d'elle comme si elle n'était pas là. Ce sont juste quelques bleus...
- C'est plus que de simples bleus! Et puis, il y a toujours un risque important lors de traumatismes à l'abdomen, expliqua le médecin à Johanna. Nous devons vérifier que la rate n'a pas été touchée.
- Rohhh! Ça va! Si j'avais dû faire une hémorragie, je serai morte depuis longtemps! Bougonna Kate. Ça fait plus de vingt-quatre heures que je suis ici!
- Détrompez-vous! Parfois la rate a un hématome sous capsulaire, qui peut rompre à tout moment dans un laps de temps pouvant aller jusqu'à dix jours! Ce qui peut être fatal!
- Quoi?!! Qu'est-ce que vous attendez pour la faire transférer à l'hôpital alors?! S'écria Johanna.
- Vous avez gagné, soupira Kate, vous me l'avez mise en mode panique!
La pièce se mît à tourner autour d'elle et un bourdonnement de plus en plus fort résonna dans ses oreilles.
- Katie, allonge-toi, lui ordonna Johanna. Je vais aller chercher un jus de fruits.
- Non, il ne faut pas qu'elle mange ni boive, intervint le médecin.
- Mais elle fait une grosse hypoglycémie! Protesta Johanna.
- Et si on doit l'opérer elle devra être à jeun!
- Ça va je vous dis! Marmonna Kate exaspérée d'être traitée comme une enfant.
- Katie allonge-toi! Lui ordonna Johanna.
Le ton était sans appel. Kate obéit de mauvaise grâce, mais sans protester. Quand sa mère était dans cet état, elle savait par expérience qu'il valait mieux être docile. Et puis, de toute façon, elle ne se sentait pas la force de se rebeller. Elle soupira en fermant les yeux. Dans quel pétrin elle s'était fourrée? Ah si seulement, elle pouvait revenir en arrière et tout recommencer...
Lorsque les ambulanciers passèrent devant le lieutenant Phelps et ses collègues en poussant le brancard sur lequel ils avaient allongée Kate, ceux-ci n’avaient pas l’air très rassuré. Johanna, qui les suivait avec le médecin, s’arrêta devant eux :
- Il ne vous reste plus qu’à espérer qu’il ne lui arrive rien, car dans le cas contraire, ce ne sont pas uniquement vos carrières que je mettrai en pièces !
************
Rick vint s’assit sur un banc en soupirant. Son dernier espoir venait de partir en fumée.
- Je suis désolé Rick, elle n'est pas venue en cours ce matin non plus, lui annonça Peter en le rejoignant sur le banc.
- Et personne ne s'inquiète de savoir où elle est ni comment elle va? S'énerva Rick.
- Ça arrive que les étudiants soient malades et manquent les cours pendant quelques jours, on ne déclenche pas un avis de recherche pour une ou deux absences!
- Et si c'était grave?!
- Mais qu'est-ce que tu as Ricky? S'étonna Peter. Ne me dis pas que tu as d'autres rapports avec cette jeune fille que ceux induits par ton job!
- Non! Bien sûr que non! J'ai seulement promis à ses parents de veiller sur elle! Mentit-il.
- Oh! C'est vrai. Vous êtes tous les deux des New-yorkais, se rappela Peter au grand soulagement de Rick. Ecoute, si ça peut te rassurer, je vais appeler le responsable de son dortoir pour prendre de ses nouvelles.
- Tu peux faire ça?
- Bien sûr! Je suis son prof ! Ça fait partie de mes missions ! Et puis, je l'aime bien moi aussi cette petite!
- Merci Pete, répondit Rick un peu jaloux à l'idée que son ami trouvât lui aussi que Kate était une fille épatante.
- Je t’appelle dès que j’ai de ses nouvelles ! Dit Peter en lui tapant sur l’épaule avant de se lever.
- Merci Peter, sourit Rick. Je te revaudrais ça.
- Tu n’auras qu’à éviter de trop me plumer pendant notre partie de poker !
- Promis !
Le cœur un peu plus léger, Rick se leva, réajusta sa veste et quitta le campus. Toutes ses pensées étaient tournées vers Kate. Etait-elle malade ? Etait-elle avec Rogan ? Il ne voulait pas croire qu’elle ait pu retourner avec cet imbécile, même par dépit !
Une fois sur le trottoir devant l’entrée de l’université, le regard de Castle fut attiré par un vieux pick-up de l'autre côté de la rue. Il scruta les alentours et finalement aperçut une silhouette malheureusement familière.
- Hey! Cria-t-il à Rogan, qui s'avançait de l'autre côté de la rue vers le pick-up.
Ce dernier eut un léger sursaut, le dévisagea une fraction de seconde et partit en courant dans l'autre sens.
- Hey! Attends! Non mais prendre la fuite, c'est le sport national à Stanford? Maugréa l'écrivain avant de se lancer à sa poursuite.
Rogan courait comme un dératé, jetant de temps en temps un coup d'œil en arrière pour vérifier si Rick le suivait toujours.
Attraper Rogan étant sa seule chance de trouver Kate, Rick courait lui aussi comme si sa vie en dépendait.
Soudain, Rogan jaillit sur la chaussée pour traverser. L'automobiliste, qui arrivait freina, mais trop tard. Percuté par la voiture, Rogan roula sur le capot et atterrit sur le sol, inconscient.
Rick, qui avait vu toute la scène se prit la tête entre les mains.
- C’est pas vrai! Mais qu'est-ce qu'il lui a pris à cet andouille?!
Le chauffeur de la voiture sortit du véhicule, il était blanc comme un linge.
- Il... Il... Je ne l'ai pas vu arriver... Il a jaillit devant ma voiture... Je n'ai pas eu le temps...
- Je sais! J'ai tout vu, dit Rick en se précipitant auprès de Rogan. Il faut appeler les secours!
Il reposa son regard sur Rogan, toujours inconscient, qui émettait quelques grognements, tandis que le chauffeur de la voiture appelait les secours.
- Tu as intérêt à t'accrocher, toi, marmonna Rick.
Les secours arrivèrent sur place moins de cinq minutes plus tard. Ils donnèrent les premiers soins à Rogan avant de l'emmener dans l'ambulance. Se sentant responsable, Rick monta avec lui dans l'ambulance.
**********
L'avion de Jim venait d'atterrir. Il s'étirait en attendant son bagage. Diable que son voisin dans l'avion prenait de la place! Il avait des courbatures partout. Si Johanna avait occupé le siège près du sien comme elle le faisait d'habitude, il n'aurait pas eu ce genre de désagrément! Encore un reproche à faire à sa fille. Ah ça! Elle allait l'entendre! Et dire qu'il pensait qu'elle avait mûri et que ce genre de mésaventure faisait maintenant partie du passé! Il devait y avoir un garçon là-dessous! Il en aurait mis sa main à couper! Elle perdait tout son bon sens dès qu’elle avait le béguin pour quelqu’un. Pourquoi ne pouvait-elle pas tomber amoureuse d’un garçon raisonnable ? Un de ses amis lui avait dit un jour que les filles tombaient souvent amoureuse d’un homme ressemblant à leur père. Il avait eu tout faux !
Il regardait passer devant lui les bagages des passagers depuis un bon moment déjà. La plupart des autres voyageurs avaient déjà récupéré le leur. Il ne manquerait plus que sa valise soit perdue, tiens! La journée serait complète!
Toujours la même valise noire... Et pas de trace de la sienne... D'ailleurs elle lui ressemblait beaucoup... C'était la même marque. Si la sienne n'avait pas un petit bonhomme en perles fabriqué par sa fille quand elle était enfant, il aurait pu les confondre...
- C'est pas vrai! Jura-t-il en attrapant la valise pour se diriger vers le service des réclamations. Comme si j'avais le temps de m'amuser avec eux pour déclarer une perte de bagage!
C'est donc plus qu'agacé et énervé, que Jim décrocha son téléphone sans faire attention à l'identité de celui qui l'appelait.
- Beckett!
- Jim!?
- Jo!? Ça va? Se calma-t-il aussitôt en devinant l'angoisse de sa femme.
- C'est Katie...
- Je sais, j'ai lu ton message. J'arrive, je suis à l'aéroport.
- On n’est pas au commissariat, on est à l’hôpital !
- A l’hôpital ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- C’est Katie, elle est blessée !
- Je croyais qu’elle avait été arrêtée par la police, dit Jim en fronçant les sourcils.
- Ne me parle pas de cette bande d’incompétents, pesta-t-elle.
- Elle a été victime de violences policières ?
- Il ne manquerait plus que ça !
- Attends, explique-moi calmement ce qu’il se passe !
Johanna lui expliqué les derniers évènements de la journée, il avait un peu de mal à suivre, tant elle était agitée.
- Je saute dans un taxi et j’arrive! Annonça-t-il quand elle eut fini.
- Merci mon chéri.
- Ça va aller, tenta-t-il de la rassurer. Elle est solide.
- Elle a été frappée par deux colosses, Jim!
- Tu l'as vue, tu lui as parlé, lui rappela-t-il. Et puis tu m'as dit qu'elle ne voulait pas aller à l'hôpital. Si elle râle, c'est que ça va!
- Le médecin a dit que son hématome à l'abdomen pouvait être grave! Chéri! Je me suis fâchée contre elle!
- Et j'en aurais fait autant! Rétorqua Jim. Elle a sérieusement dérapé là!
- Elle était à bout, épuisée et blessée! Je n'aurais jamais dû la sermonner. J'aurais dû attendre qu'elle aille mieux!
- Tu es humaine, Jo. Ta réaction est humaine. Je m’occupe des réservations d’hôtel et j’arrive.
- Merci Jim.
- Essaye de te reposer un peu.
- Tu en as de bonnes, toi! Soupira-t-elle.
Chapitre vingt-trois
Après avoir raccroché, Johanna retourna s'asseoir dans la salle d'attente. Elle avait emporté la copie du dossier de Kate, que lui avaient donné les policiers. Elle ne comprenait pas ce qu'il avait pris à sa fille. Elle avait été une adolescente un peu agitée, mais jamais elle n'avait touché à la drogue, ni fréquenté ce genre d'individus. De plus, depuis qu'elle avait décidé qu'elle deviendrait la première femme à présider la cour suprême, elle s'était bien calmée. Elle savait qu'avoir un casier judiciaire l'empêcherait de réaliser son objectif. Non, la drogue n'était certainement pas l'explication. Elle connaissait sa fille, c'était impossible. D'ailleurs, elle s'en voulait d'avoir laissé entendre qu'elle en doutait. Mais ces tests étaient la seule façon de la laver de tout soupçon... Son coeur se serra au souvenir du regard de Kate quand elle avait feint de ne pas la croire. Elle faisait son travail d'avocate, Katie avait d'abord besoin d'être défendue.
Alors pourquoi? Se demanda-t-elle une fois de plus. Un chagrin d'amour aussi dévastateur soit-il, ne l'aurait jamais amenée à saboter tous ses efforts. Elle était ambitieuse. Même dévastée par un échec amoureux, elle aurait continué à poursuivre son rêve. Non, décidément elle ne s'expliquait pas l'attitude de sa fille.
- Madame Beckett?
Elle se retourna et se retrouva face à un médecin.
- Oui?
- Nous avons fini d'examiner votre fille.
- Et? Comment va-t-elle?
- Elle a plusieurs côtes cassées ainsi qu'une fracture au poignet gauche.
- Des fractures ?! Mais… Elle avait mal, mais…
- Oui, on a été étonné nous aussi. Votre fille est une sacrée dure à cuire !
- … Comment ai-je pu manquer ça ? murmura Johanna.
- Tout le monde ne réagit pas de la même façon face à la douleur… Elle a également beaucoup d'hématomes un peu partout sur le corps... Pour la plupart, ils ne révèlent rien de grave.
- Pour la plupart ?! Répéta Johanna blêmissant encore un peu plus.
- Oui... Celui qu'elle a à l'abdomen est préoccupant, expliqua le médecin. Sa rate a un hématome sous capsulaire, qui peut rompre à tout moment.
- Vous allez devoir l'opérer? S'inquiéta Johanna.
- Non. Pas pour le moment et peut-être même pas du tout, si tout se passe bien, répondit le médecin. Nous allons la garder sous surveillance et lui imposer un repos strict au lit, jusqu'à ce qu'il se résorbe.
- Combien de temps ?
- Une dizaine de jours…
- Tant que ça ? Ça va la rendre insupportable, soupira Johanna.
- Avec trois côtes cassées, je doute qu’elle puisse trop nous en faire voir, rit le médecin.
- Vous feriez- bien de ne pas la sous-estimer ! lui conseilla-t-elle. Quand pourrais-je la voir?
- Tout de suite, si vous le voulez, une infirmière va vous conduire jusqu’à sa chambre.
- Merci docteur.
Lorsqu'elle arriva dans la chambre, Johanna trouva sa fille endormie et menottée au lit.
- Vous croyez vraiment que les menottes étaient nécessaires? Demanda-t-elle sèchement.
- Demandez ça aux policiers, répondit l'infirmière. Nous avons protesté, mais ils n'ont rien voulu entendre.
- Eux, ils ne perdent rien pour attendre… Grommela-t-elle.
Johanna s'approcha de sa fille et lui caressa doucement la joue. Elle avait une perfusion le bras. Et une machine prenait sa tension régulièrement.
- Elle va dormir pendant un moment, nous lui avons une bonne dose d’antidouleurs, pour qu’elle puisse se reposer. Elle était épuisée, dit l'infirmière.
Johanna acquiesça doucement et essuya une larme. Elle aurait dû venir dès qu'elle avait décelé le mal-être de sa fille. Elle s'installa dans le fauteuil près du lit. Si seulement elle pouvait revenir en arrière...
****************
De son côté, Rick faisait les cent pas dans la salle d'attente des urgences de l'hôpital. Une équipe de médecins et d'infirmiers avaient emmené Rogan dans un box et s'occupaient de lui depuis plus de deux heures maintenant.
Quel abruti ce Rogan! Il allait vraiment l'ennuyer jusqu'au bout celui-là! Son seul lien avec Kate était en soins intensifs et ne se réveillerait peut-être pas.
Kate... Où pouvait-elle être? Il l'avait attendue sous leur arbre, à la terrasse de leur café, à la sortie des cours… Il avait même passé quelques heures dans sa voiture garée devant l'immeuble des chambres universitaires et il ne l'avait vue nulle part.
Il attendit encore une demi-heure dans la salle d'attente, puis une infirmière vint lui annoncer que son "ami" allait s'en sortir.
- Dieu merci, soupira-t-il.
- On l'a installé dans une chambre, il va devoir rester un peu en observation. Si tout va bien, il pourra sortir dans quelques jours.
- Est-ce que je peux le voir? Demanda l'écrivain.
- Oui, bien sûr, mais il est endormi pour le moment. Il est revenu à lui pendant qu'on lui faisait passer des radios et a aussitôt essayé de s'en aller. Nous avons dû lui donner un sédatif pour qu'il reste tranquille!
- Ouais, ça n’a rien d’étonnant, soupira-t-il, prendre la fuite est son seul talent…
L'infirmière le conduisit jusqu'à la chambre de Rogan. Malgré la violence du choc, il n'avait rien de grave et s'en sortait avec seulement quelques blessures légères : une côte fêlée et un bras cassé pour les plus importantes. Décidément, se dit Rick, cette andouille avait non seulement la tête dure, mais aussi une chance phénoménale!
Il s'installa dans le fauteuil près du lit où Rogan dormait comme un bébé. Pas question de le laisser filer une fois de plus! Non, cette fois, il allait rester là, jusqu’à ce qu’il se réveille et lui demanderait des explications.
***********
Jim arriva dans la chambre de Kate une heure plus tard.
- Je nous ai pris une chambre dans l’hôtel le plus proche, chuchota-t-il. On pourra faire l’aller-retour en moins de dix minutes.
Johanna lui sourit doucement, puis reposa son regard sur leur fille.
- Comment va-t-elle ? Demanda-t-il à voix basse.
- Elle a plusieurs fractures, chuchota Johanna. Le poignet et quelques côtes…
- Ce n’est pas trop grave alors ! Se réjouit-il.
- …
- Qu’est-ce que tu ne me dis pas Jo ?
- Elle a un hématome sur la rate… Ça peut être grave ! Le médecin a prescrit un repos strict au lit pendant une dizaine de jours…
- Wow ! Et c’est pour ça les menottes ? Tu l’as briffé ou il l’a déjà bien cernée ?
- Non, ça ce sont ces imbéciles de flics, soupira-t-elle.
- En parlant d’eux… Tu as eu le temps d’examiner son dossier ?
- Oui, ne t’en fais pas, demain, j’aurais réglé cette histoire.
- Tu l’as dit à Katie ?
- Bien sûr que non, je vais la laisser mariner un peu. Il faut que ça lui serve de leçon…
- Elle aura un casier ?
- Ça… Il va falloir qu’elle ait une bonne explication au sujet de sa présence dans ce taudis…
- Il doit y avoir un garçon dans l’affaire. Je ne vois qu’une histoire de cœur pour lui faire perdre tout bon sens !
- Tu crois ?
- J’en mettrais ma main à couper ! Elle ne t’a rien dit ?
- Non, tu la connais… Soupira Johanna en repensant à la peine de cœur qu’elle avait devinée quand elle l’avait appelée quelques jours avant.
- Elle va s’en remettre, dit-il pour la rassurer. Elle va rester au lit comme l’a prescrit le médecin et elle s’en remettra. Elle est entre de bonnes mains, de toute façon !
- Tu connais le docteur Pratt ?
- Non, mais toi, je te connais, sourit-il. Tu vas rester auprès d’elle jusqu’à ce que tout risque soit écarté.
- Mhm ! Tu as raison, sourit-elle à son tour.
- De toute façon, tu es la seule personne que je connaisse, qui soit capable de réussir l’exploit de lui faire garder le lit pendant dix jours !
**********
C'est courbaturé et ankylosé à cause de l'inconfort du fauteuil sur lequel il avait passé la nuit, que Rick se réveilla le lendemain matin. Rogan dormait toujours.
Une infirmière passa vérifier l'état du patient. L'écrivain se leva, s'étira en grimaçant et lui demanda de ne surtout pas quitter la chambre le temps qu'il aille se passer un peu d'eau sur le visage dans la salle de bains.
- Que craignez-vous? Demanda-t-elle. Il dort!
- C'est le champion, quand il s'agit de prendre la poudre d'escampette. Je vous en prie ne le quittez pas des yeux!
- C'est que j'ai ma tournée à faire, moi! Protesta-t-elle.
- Je n'en ai que pour deux minutes! Imaginez que votre malade s'en aille sans autorisation de sortie! Ou pire, sans passer par le service comptabilité pour payer les frais de son hospitalisation!
- ... D'accord, mais faites vite, soupira l'infirmière.
Rick lui fit son sourire charmeur et se dirigea vers la salle de bain.
- Oh! Tout bien réfléchi... Vous ne pourriez pas l'attacher au lit? Je vous promets que vous n'aurez aucun ennui! Suggéra-t-il en repassant sa tête par l'entrebâillement de la porte.
Elle éclata de rire puis s'arrêta voyant qu'il ne plaisantait pas.
- Vous êtes sérieux?
- On ne peut plus sérieux! Ne lui faites surtout pas confiance! Répondit-il. Et puis, j'aimerais bien aller me chercher un café au distributeur, alors...
- ... Je n'aurais pas d'ennui?
- J'en prends l'entière responsabilité! Assura-t-il.
- Dans ce cas... Oh ! … Euh… Je pourrais avoir un roman dédicacé? Demanda-t-elle en rougissant. Je suis fan!
- Bien entendu, sourit-il charmeur.
- Merci monsieur Patterson ! Jubila-t-elle en sautillant. Oh ! Quand mes copines vont savoir ça !
- … Non… Mais… Euh… Bafouilla-t-il en se décomposant.
- Je plaisantais monsieur Castle ! Rit l’infirmière. Cet article dans la presse disait vrai, vous avez un côté très naïf !
- Quoi ?! … Quel article ?! … Hey ! Arrêtez de rigoler !
***********
Dans la salle d'attente, où se trouvaient les machines à café, plusieurs personnes somnolaient sur des chaises ou des banquettes, dans des positions plus ou moins confortables. Rick s'approcha des machines à café et se figea devant la silhouette de la personne qui se tenait devant l'une d'elle.
- Kate?! Souffla-t-il trop doucement pour qu'elle puisse l'entendre.
Elle se tenait de dos et se débattait visiblement avec la machine à café.
- Fichue machine! S'écria-t-elle en la frappant du plat de la main. Rends-moi ma pièce!
Sa voix était légèrement différente et à bien y regarder, ses cheveux étaient plus foncés. Il s'approcha doucement. Elle avait quelques cheveux blancs. Non, ce n'était pas Kate.
Elle frappa de nouveau la machine, puis à bout de nerfs, posa son front contre la machine en poussant un profond soupir.
Il alla à l'autre machine, inséra une pièce et poussa quelques boutons. Lorsque le gobelet fut prêt, il le lui tendit.
- Tenez, dit-il gentiment.
Elle tourna la tête vers le gobelet qu'elle observa un instant, puis leva les yeux vers lui. Ils se figèrent instantanément. Elle reconnaissant son écrivain favori, lui devant ses yeux à mi-chemin entre le vert et le marron, tellement semblables à ceux de Kate que ça ne pouvait être une coïncidence.
- Ces machines sont souvent capricieuses, dit-il au bout d'un moment. Tenez, c'est pour vous.
- Merci, murmura-t-elle en prenant le gobelet.
Il se tourna et se commanda un autre café, quand il se tourna de nouveau vers elle, elle n'avait pas bougé d'un pouce et le dévisageait avec des yeux ronds.
- ...
- Tout va bien? Demanda-t-il.
- Richard Castle... Murmura-t-elle.
- Lui-même! Et vous? Vous êtes la maman de Kate? Johanna? Demanda-t-il persuadé qu'il ne pouvait en être autrement, tant la ressemblance était frappante.
- ... Euh... Oui… Et je dois vous remercier pour vos livres...
- Oh, vous savez, c'est trois fois rien, sourit-il avant de s'inquiéter et de froncer les sourcils. Kate va bien?
La figure fatiguée de Johanna et ses yeux humides l'inquiétèrent.
- Elle est malade? Demanda-t-il alors que son cœur venait de rater quelques battements.
- Elle a eu des ennuis. De gros ennuis même, répondit Johanna. Des voyous l'ont battue.
- ... battue?... Comment?... C'est grave?
- Les médecins disent qu'elle s'en remettra. Elle est au repos strict au lit.
- Ouh... Ça va être difficile, dit-il. Elle est plutôt du genre hyperactif...
- Vous la connaissez bien, on dirait, sourit Johanna.
- Oui... Euh... Je la cherche partout depuis hier, avoua-t-il.
- Ça n'a pas dû être facile.
- Je ne m'imaginais pas une seule seconde qu'elle puisse être à l'hôpital...
- Pour tout vous dire, hier elle était en garde à vue. Ces imbéciles de flics ont consenti à la faire admettre aux urgences, quand je les ai menacés de mettre leurs carrières en pièces!
- Et ils vous ont crue?! Rit-il.
- ...
- Vous... Vous êtes sérieuse?
- Je vais me gêner, après tout ce qu'ils ont fait à mon bébé!
- Eh bien! Je vois d'où vient le regard de tueuse de Kate...
- Pourquoi êtes-vous ici? Demanda soudain Johanna.
- Oh! Euh... Quelqu'un que je connais a eu un accident...
- Un de vos amis? S'enquit Johanna.
Son inquiétude le toucha. Sa fille était hospitalisée et elle parvenait encore à se soucier des autres.
- Pas vraiment... Et les médecins ont dit qu’il allait s’en sortir. Et Kate ? Est-ce que je peux la voir?
- Bien sûr!
Chapitre vingt-quatre
Rick suivit Johanna jusqu'à la chambre de Kate. Celle-ci était encore plongée dans la pénombre. Johanna ouvrit légèrement le volet roulant afin de laisser rentrer un peu de lumière extérieure.
Le cœur de Rick se serra lorsqu'il vit Kate. Son poignet était plâtré et son magnifique visage portait les stigmates de sa bagarre avec les voyous. Il valait mieux qu'il ne se retrouve jamais face à eux, parce qu'il ressentait une telle rage envers eux qu'il les massacrerait certainement.
- Menottée au lit?! S'indigna-t-il à voix basse.
- Oui, grinça Johanna. Je vais aller m'occuper de cette histoire avec la police dès que mon mari prendra le relais auprès d'elle.
- Votre mari est là aussi?
- Oui, il est allé se reposer un peu à l'hôtel.
- Comment va-t-elle? Demanda-t-il en prenant délicatement la main de Kate.
- Elle a un hématome sur la rate, qui peut se rompre à tout moment. C'est pourquoi, elle doit rester strictement alitée pendant une dizaine de jours, expliqua Johanna.
Castle resta un instant silencieux, encaissant la nouvelle.
- ... Que s'est-il passé? Demanda-t-il.
- Elle était en train de se battre avec deux dealers dans un appartement miteux quand les policiers sont arrivés.
- Des dealers? Mais qu'est-ce qu'elle faisait avec des dealers?
- Je ne sais pas... Elle ne m'a pas encore tout expliqué... Elle a parlé d'une soirée un peu trop arrosée à Vegas...
- À Vegas!? Blêmit Rick en repensant à la façon désastreuse dont elle l'avait quitté là-bas.
- Ah ça, elle va nous entendre là-dessus. Elle a même failli s'y marier!
- Oui, soupira-t-il, avec un parfait imbécile...
- Vous... Vous êtes au courant?
- J'étais là-bas... Je l'y ai croisée... Je l'ai empêchée... Bafouilla-t-il, peu sûr de lui.
- Vous l'avez empêchée de se marier?
- Je l'ai ramenée jusqu'à mon hôtel... Elle a dormi comme une souche... Le lendemain matin, elle est repartie... Je ne l'avais pas revue depuis. J'aurais dû la ramener sur le campus, m'assurer qu'elle allait bien…
- Rien de tout cela n'est votre faute, le rassura Johanna. Sans vous, elle aurait fait une bêtise encore plus grosse ! Mais, ce que je ne comprends pas, c'est en quoi cette histoire l'a conduite à un repaire de dealers!
- Moi non plus… Mais je pense savoir qui est derrière tout ça! Répondit Rick en s'éloignant vers la porte.
- Où allez-vous? Demanda Johanna.
- Faire la lumière sur cette histoire! Ne vous en faites pas, je reviendrai avec des réponses!
Un peu surprise par la réaction de l'écrivain, Johanna resta d'abord sans voix, puis sourit. Décidément, Richard Castle était charmant. Il semblait très attaché à sa fille et cette certitude lui réchauffa le cœur. Elle avait deviné les sentiments de sa fille pour lui et se réjouissait à l'idée qu'ils soient partagés.
Elle se rapprocha du lit et caressa doucement les cheveux de sa fille. Elle avait passé une bonne nuit, ce qui la rassurait un peu.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé Katie? Murmura-t-elle.
- Mhmm... Grogna légèrement Kate en se réveillant.
- Hey! Sourit-elle. Comment tu te sens?
Kate fronça les sourcils en balayant la pièce du regard.
- Mal... Grogna-t-elle au bout de quelques secondes.
- Tu as mal?! J'appelle une infirmière.
- Non!... Je n'ai pas mal... Je me sens mal...
- Ah ça, tu l'as bien cherché! Rétorqua Johanna reprenant un ton de reproche.
- Je le sais bien! Souffla-t-elle.
Elle leva le bras gauche et fronça les sourcils en le découvrant plâtré.
- Ton poignet est cassé, expliqua Johanna. Tu as eu de la chance, c'est une simple fracture sans déplacement.
Kate tenta de lever le bras droit et ouvrit de grands yeux en découvrant qu'il était menotté au lit.
- Oui, grogna Johanna, je vais m'occuper de ça, dès que ton père sera là.
- Papa est venu lui aussi?! Blêmit Kate.
- Tu croyais peut-être qu'il resterait à New-York ? Désolée de te l'annoncer chérie, mais tu vas avoir droit à un tête à tête avec lui!
Kate poussa un long soupir ennuyé. Affronter sa mère était une chose, mais son père... Il allait en faire une affaire d'état et remettrait ses menaces de l'enfermer au couvent sur le tapis!
- Et si tu me disais ce qu'il t'a pris? Se radoucit Johanna ne voulant pas augmenter le mal-être de sa fille.
- ...
- Ça a un lien avec un certain écrivain?
- Comment...?! Demanda Kate en écarquillant les yeux.
- Katie, sourit Johanna. Je te connais.
- Ah oui ? Et tu crois toujours que je me drogue? Reprocha Kate. Tu as eu les résultats de tes tests?
- ... Pas encore, mais je doute qu'ils soient positifs, je te demande pardon, chérie. Je me suis emportée... souffla Johanna au bord des larmes.
- Ça va, soupira Kate. J'ai sérieusement déconné là...
- Alors? Tu m'expliques? Ça a un rapport ta rencontre avec Richard Castle à Vegas.
- Comment... Comment tu sais que je l'ai rencontré à Vegas? Demanda Kate en se redressant.
- Reste tranquille, tu n'as peut-être plus mal grâce aux antidouleurs, mais tu dois rester strictement allongée.
- Tu ne m'as pas répondu...
- Il était ici il y a quelques minutes
- Qui? Rick était ici?
- Calme-toi, il va revenir.
- Je dois lui parler! Dit Kate en tentant de se lever. Je dois le prévenir! Rogan... Il...
- Calme-toi, tu vas aggraver tes blessures!
- Mais, il faut que je le prévienne! Protesta Kate.
- Qu'est ce qui t'inquiète autant demanda Johanna? C'est à cause de lui cette histoire?
- Non! Il n'y est pour rien! Tout est de ma faute!
- Katie, arrête de t'agiter et raconte-moi tout.
- ... À Vegas, Rick m'a empêchée de faire une bêtise...
- A part celle que tu avais déjà faite en buvant de l'alcool ?
- Oui... J'avais beaucoup trop bu, j'allais épouser le roi des abrutis et des menteurs, reprit-elle, je pensais que c'était bidon...
- Katie...
- C'est bon, j'ai bien compris! Au lieu de me fier à ce qui se dit, dorénavant je vérifierai tout par moi-même, dit-elle pour faire comprendre à sa mère qu'on ne l'y reprendrait plus.
- Et donc, tu as croisé Richard Castle, qui t'a empêchée de le faire et t'a emmenée jusqu'à son hôtel pour que tu puisses te reposer, compléta Johanna.
- ...?
- Il me l'a raconté, expliqua l'avocate.
- C'est ça. Le lendemain, je suis rentrée à Stanford. J'ai essayé de revoir Rick, pour euh... Le remercier, mentit-elle. Mais il n'est pas revenu.
- Et comment cette soirée à Vegas a pu te conduire à ces deux dealers?
- ... J'y viens... Ce soir-là, un paparazzi nous avait pris en photo, Rick et moi... Ces photos pouvaient laisser supposer qu'on avait une liaison... L'abruti que j'avais failli épouser est venu me voir... Il avait besoin d'argent et avait récupéré les photos du paparazzi. Il voulait faire chanter Rick...
- Oh... Katie...
- Je ne pouvais pas le laisser faire ! Se justifia Kate. A cause de moi, Rick perdrait son emploi de prof et peut-être même la garde de sa fille !
- Et pour cela, tu as accepté d'aller chercher de la drogue chez des dealers ?
- Je te l'ai déjà dit, ça n'a rien à voir avec de la drogue… Je ne savais même pas qu'ils en vendaient…
Johanna ne répondit pas, écoutant le récit de sa fille. Elle comprenait ses motivations, elle aussi se sentait capable de déplacer des montagnes par amour.
Un vacarme fracassant d'objets métalliques s'écrasant au sol réveilla Rogan O'Leary en sursaut.
- Oups! Pardon vieux, je t'ai réveillé? Demanda Rick d'un air faussement ennuyé.
- ... Bijoux de famille... Soupira Rogan.
- Déplaisir partagé, répliqua l'écrivain.
- Qu'est-ce que tu fous là alors? Grogna Rogan.
- Notre amie commune est dans les ennuis jusqu'au cou, expliqua Rick. Et je ne connais qu'un seul crétin capable de l'avoir mise dans un tel pétrin.
- Notre amie commune ? Kitkat? Elle va bien?!
- A part le fait qu'elle a subi un passage à tabac par deux dealers violents tu veux dire? Gronda Rick.
- Les flics sont arrivés à temps?
- Parlons-en de ceux-là! Ils l'ont enfoncée au lieu de l'aider. Donc, tu es bien dans l'affaire, conclut Rick.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit Rogan avec un sourire provocateur.
- Okay, gronda Rick, alors maintenant, tu vas arrêter ton cinéma et tout me raconter, sinon...!
- Sinon?
- Tu le sauras bien assez vite, éluda Rick. Alors? Dis-moi tout sur cette affaire!
- L'affaire... Tout de suite les grands moAAAAAAHHHHH! AAAAARRRRGGGHHHH!
- Oups! Pardon! Je n'avais pas vu ton bras! C'est douloureux!
-ÇA VA PAS? T'ES COMPLÈTEMENT MALADE! BIEN SÛR QUE C'EST DOULOUREUX! ILS NE L'ONT PAS PLÂTRÉ POUR RIEN! ARRRRGGGHHHH!
- Reoups! Pas fait exprès!
- MAIS QU'EST CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI, BIJOUX DE FAMILLE?
- Je vais te dire, ce qui ne va pas, dit Castle avec une colère froide dans la voix. Ce qui ne va pas, c'est qu'une fille adorable soit clouée sur un lit d'hôpital par ta faute!
- ... Kitkat? Mais si elle en est là, c'est par ta faute, pas la mienne! Ricana Rogan.
- Ma faute? C'est toi qui l'a fichue dans cette situation!
- Nan! Cette nana est intelligente! Jamais elle n'aurait suivi un plan aussi foireux pour moi!
- Qu'est ce que tu veux dire?
- Mais parce qu'elle a fait tout ça pour toi! Lâcha Rogan en le pointant du doigt.
- Pour moi?Répéta Rick incrédule.
- Eh ouais, elle en pince sacrément pour toi! Bien que je ne vois pas ce qu'elle te trouve, je suis bien plus beau gosse que toi!
- Mais de quoi tu parles?
- Si tu veux tout savoir, il va falloir payer, vieux...
- Payer?
- La vérité a un prix, sourit Rogan. Alors, combien tu es prêt à mettrrrraaaaaahhhhhh!
- Écoute moi bien espèce de déchet de l'humanité, menaça Rick, tu vas tout me dire, si tu ne veux pas avoir plus de problèmes...
- Quel problèmmmmmaaaaaahhhhhhrrrrgggghhhh!
- Pour l'instant, ton seul problème, c'est moi, rétorqua Rick le regard haineux en appuyant sur les blessures de Rogan. Alors? Tu vas parler?
Chapitre vingt-cinq
Les larmes aux yeux à cause de la douleur et incapable de parler, Rogan hocha la tête en signe d'accord.
Rick relâcha sa prise et s'écarta très légèrement pour le laisser parler. Il lui laissa le temps de se remettre un peu, il n'y était pas allé de main morte après tout.
- D'accord, je vais tout te dire... Bredouilla Rogan.
Rick écouta Rogan lui déballer toute l'histoire. Les photos, son plan pour le faire chanter dont il s'était finalement servi pour la faire chanter elle, la montre qu'elle avait dû aller récupérer chez les dealers et finalement l'arrivée de ces derniers, alors qu'elle n'était pas encore sortie de leur planque. Au fur et à mesure de son récit, Rick sentit son cœur se serrer, ému par tout ce que Kate avait fait pour lui.
- Et j'ai appelé les flics pour la sortir de là, termina Rogan. Tu vois? Quand je te disais que tout était de ta fauttttttAAAAAAHHHHH! Non, mais t'es un grand malade! Ça fait hyper mal!
- C'était pour l'avoir envoyée là-dedans toute seule! Gronda Rick.
- Tu rigoles? Elle est plus forte que mouaaaaaaahhhhrrrrgggg!
- Maintenant, tu vas arrêter de faire l'imbécile et tu vas réparer tes conneries.
- Réparer?
- Par ta faute, Kate risque d'avoir un casier judiciaire, ce qui ruinerait ses espoirs de devenir juge à la cour suprême, alors, tu vas aller voir les flics et endosser tes responsabilités. Si elle a fait tout ça, c'est parce que tu l'as fait chanter!
- Rêve pas, vieux. Tu peux continuer à me bousiller les côtes, si tu veux, je n'irais pas voir les flics...
- Ouais... Je m'attendais à ce genre de réaction de ta part, c'est pourquoi j'ai pris la liberté d'enregistrer ton récit, dit Rick en sortant un dictaphone de sa poche.
- Quoi?! Hey! C'est pas légal ton truc! Protesta Rogan.
- Je connais une avocate, qui t'affirmera le contraire, sourit l'écrivain. D'ailleurs, je m'en vais de ce pas lui apporter l'enregistrement!
- C'est ça, vas-y. J'en profiterai pour me faire la malle! Grommela Rogan.
- Ça aussi, je l'ai prévu, dit Rick en ouvrant la porte à un policier en uniforme. Laisse-moi te présenter l'officier Portman, qui va se faire un devoir de te garder à l'œil, jusqu'à ce qu'on vienne officiellement t'arrêter.
- Sale petit... Marmonna Rogan.
- Oh! Une dernière chose, ajouta Rick en lui adressant un regard si noir que Rogan eut l'impression qu'il allait se prendre un direct en pleine figure, si tu t'approches encore une fois d'elle, je te le ferai amèrement regretter!
- Les photos vont être envoyées à la presse...
- Tu fais ce que tu veux, je m'en moque totalement!
- Tu vas perdre ton boulot!
- Ça aussi, je m'en moque totalement… D'ailleurs, j'ai déjà démissionné! Rétorqua Castle avant de partir en claquant la porte derrière lui.
Rogan soupira, soulagé qu'il soit parti. L'officier Portman s'était installé sur le fauteuil en face de son lit.
- Hey vieux ! Portman, c'est ça ? Lança Rogan en prenant un air sûr de lui.
- …
- Si tu me laisses filer, je te donne cent dollars ! Dit Rogan d'un air complice.
- Monsieur ! Vous insultez mon intégrité ! S'offusqua Portman.
- D'accord, je veux bien aller jusqu'à cinq cents dollars, sourit Rogan. Ça arrondirait pas mal ta fin de mois !
- Essayez encore une fois de m'acheter et je demande à monsieur Castle le numéro de téléphone de cette avocate, répondit Froidement l'officier.
- PFFFFFFF!
****************
Carly ouvrit la porte de sa chambre à ses deux amies.
- Eh bien ! Vous êtes matinales aujourd'hui ! Constata-t-elle.
- Des nouvelles de Kate ? Demanda Ann en entrant dans la chambre sans se préoccuper de la réaction de Carly.
- Mais je vous en prie les filles, entrez ! Dit Carly faussement outrée.
- Rohhh ! Ça va ! Dit Lizzie. Alors ? Madame Beckett a réussi à la sortir de là ?
- Elle vient d'appeler justement, répondit Carly renonçant à torturer ses amies plus longtemps.
- Et ? Demandèrent ses amies de concert.
- Elle n'est plus en prison…
- Cool ! s'écrièrent-elles soulagées.
- … Elle est à l'hôpital ! Compléta Carly.
- Quoi ?! Coassèrent Lizzie et Ann.
- Vous devriez faire un duo comique, dit Carly. Vous auriez votre petit succès.
- Ne te moque pas de nous! Répliqua Lizzie. Qu'est-ce que Beck fait à l'hôpital?
- C'est grave? S'inquiéta Ann.
- Suffisamment pour qu'ils la gardent dix jours, expliqua Carly. Mais Johanna a dit qu'avec du repos elle devrait se rétablir sans souci.
- Tant mieux, soupira Ann.
- On peut aller la voir? Demanda Lizzie.
- Oui, mais pas avant ce soir. Elle doit se reposer.
- Vous croyez que ce sont les flics qui lui ont fait ça?
- Si c'est le cas, ils peuvent déjà aller pointer au chômage! Maman Beckett va les détruire! Dit Carly.
- Ils peuvent plutôt prier pour que l'orange leur aille au teint ! Corrigea Lizzie. Ils vont prendre plusieurs années !
- Et Beck aussi, rigola Ann.
- Oui, au couvent! Approuvèrent les deux autres mortes de rire.
**************
Kate, assommée par ses blessures et par les antidouleurs s'était rendormie. Jim était arrivé dans la chambre pour prendre le relais dans le rôle du garde-malade et Johanna partait pour le commissariat après avoir pris une bonne douche réparatrice.
En quittant la chambre de sa fille, elle avait croisé Rick, qui revenait de son entrevue avec Rogan O'Leary.
- Vous vous rendez au commissariat? Demanda-t-il.
- Oui, Katie m'a tout raconté, il est temps d'aller régler cette affaire. Même si ce ne sera pas facile sans preuve.
- Ne vous en faites pas pour ça, sourit-il en sortant le petit dictaphone de sa poche.
- Qu'est-ce que c'est?
- La preuve qu'il vous manque!
Elle fronça les sourcils, pas sûre de comprendre.
- Il se trouve que le type, que j'ai accompagné ici, est celui qui a poussé votre fille à agir comme elle l'a fait. Il a tout avoué et j'ai ses aveux là-dessus! Répondit-il avec un air triomphal.
- C'est pas vrai?! S'écria Johanna estomaquée.
- Pourquoi mentirais-je?
- Oh! Richard vous êtes un amour! S'écria-t-elle en se jetant à son cou.
- ...
- Oui... Euh... Excusez-moi, bafouilla-t-elle en lâchant son cou, je m'emporte...
- Attendez d'avoir écouté cet enregistrement, au moins... répondit-il. Je ne suis pas sûr que ce soit suffisant.
- Vous avez raison...Euh... Katie s'est rendormie. Vous voulez m'accompagner? Proposa-t-elle ravie à l'idée de faire un peu plus ample connaissance avec son auteur favori.
- Je ne peux rien refuser à la maman de Kate, répondit-il charmeur.
- Il faudra qu'on parle de ça aussi! Annonça Johanna en lui prenant le bras pour l'entraîner sur le chemin de la sortie.
- ... De quoi? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- De vous et Katie!
- ... Kate et moi?... Mais... Euh... Bafouilla-t-il en déglutissant difficilement, se sentant soudain dans la peau d'un collégien.
- Voyons Richard! Katie est peut-être spontanée et du genre à foncer tête baissée dans les problèmes, mais elle n'est pas stupide. Si elle a fait ça, c'est par amour!
- ... Par amour? Répéta-t-il un sourire idiot fleurissant sur son visage.
- Oui, et je dois vous avertir! En tant que maman, je vais avoir deux ou trois petites choses à mettre au clair avec vous!
Rick avala sa salive gêné, cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas eu à affronter ce genre de situation, qu'il ne savait pas s'il serait à la hauteur. Johanna éclata de rire devant la mine décomposée qu'il affichait.
- Rassurez-vous, affronter Jim sera bien pire que notre petite discussion!
- Ça y est, je vais me sentir mal...
Le rire de Johanna redoubla d'intensité. Un rire aussi pur et cristallin que celui de Kate. Décidément, la mère et la fille se ressemblaient énormément.
*************
Jim regardait sa fille partagé entre son inquiétude de père et un sentiment de colère. Sa petite fille allongée là, sur ce lit, blessée et menottée... Cette vision lui était insupportable.
Comment avait-elle pu être assez stupide pour approcher ce genre de voyous?! Il croyait pourtant avoir élevé quelqu'un de raisonnable et qui avait plus qu'un pois chiche à la place du cerveau!
Cela faisait plus d'une heure maintenant qu'il attendait son réveil pour pouvoir la confronter, mais elle s'entêtait à garder les yeux fermés. Johanna lui avait fait promettre avant de partir de ne pas la réveiller pour l'accabler de reproches. Il avait d'abord protesté, affirmant qu'elle avait bien mérité les reproches qu'il allait lui faire, mais Johanna lui avait expliqué à quel point elle regrettait d'avoir été aussi dure avec leur fille alors qu'elle souffrait énormément de ses blessures. Elle ne voulait pas qu'il se sente lui aussi coupable. Katie se ferait bien remonter les bretelles, mais seulement quand elle aurait suffisamment récupéré!
Il soupira, Jo avait raison, comme toujours.
Kate dormant à poings fermés, il s'autorisa à quitter sa chambre pour se rendre à la machine à café. Il s'était dépêché de quitter l'hôtel ce matin-là et n'avait pas pris le temps de prendre un petit déjeuner digne de ce nom. Il n'en aurait que pour dix minutes tout au plus, que pourrait-il se passer en aussi peu de temps?
Il prit quelques pièces dans son portefeuille et quitta la chambre.
Il avait à peine refermé la porte derrière lui, que Kate ouvrait les yeux et se redressait dans son lit. Ce n'était pas trop tôt! Elle commençait à se demander si elle allait pouvoir mettre son plan à exécution! Elle attrapa une des pinces à cheveux de sa mère, qu'elle avait repérée sur la table près de son lit.
Elle examina la paire de menottes qui l'entravait, il s'agissait d'un vieux modèle. Elle remercia secrètement la mairie de Palo Alto de ne pas avoir investi dans du matériel dernier cri pour équiper ses policiers et entreprit de se libérer de ses chaînes. Il fallait qu'elle fasse vite, son père ne tarderait pas à revenir et les membres de l'équipe médicale passaient régulièrement vérifier ses constantes.
Une fois libérée, elle débrancha sa perfusion, puis fouilla le sac de vêtements de sa mère et en sortit un pantalon léger et une tunique. Ne trouvant pas de chaussures, elle sortit de sa chambre à pieds nus.
Lorsqu'il revint un quart d'heure plus tard, Jim en lâcha sa tasse de café, dont le contenu se rependit sur le sol, éclaboussant au passage le bas de son pantalon et ses chaussures. Reprenant ses esprits, il jeta un œil dans la salle de bains, espérant que ce ne soit qu'une envie pressante, qui ait tiré sa fille du lit, mais non. Il fut obligé de se rendre à l'évidence: l'oiseau s'était envolé.
- KATHERINE HOUGHTON BECKETT TU VAS ME RENDRE CHÈVRE! Grommela-t-il exaspéré.
Chapitre vingt-six
- ELLE A QUOI?! S'écria Johanna le téléphone portable collé à son oreille au milieu de la salle de repos que les policiers avaient mise à sa disposition le temps qu'ils fassent leur paperasse. MAIS QU'EST-CE QUE TU AS FICHU? TU ÉTAIS CENSÉ RESTER AUPRÈS D'ELLE!
- Je suis allé me chercher un café! Elle dormait! Se défendit Jim. Et puis je te rappelle qu'elle était menottée au lit avec un poignet et trois côtés cassées!
- Tu as raison, se radoucit Johanna. Elle ne doit pas être bien loin. Elle est en pyjama et pieds nus.
- Comment a-t-elle pu enlever ses menottes?
- Certainement de la même façon qu'elle est entrée chez ces dealers...
- On a été beaucoup trop cool avec elle! Je t'avais dit qu'on aurait dû la mettre dans une école privée catholique! Grogna-t-il.
- Parce que tu crois que ça aurait changé quelque chose? Notre fille est débrouillarde est têtue, ce n'est pas une école privée qui aurait changé ça!
- Mouais...
- Écoute, cherche la, je te rejoins au plus vite.
- D'accord, mais fais vite, grogna Jim excédé de s'être fait avoir par sa fille, parce que là, elle va m'entendre!
- Ne sois pas trop dur tout de même, elle est convalescente! Lui rappela Johanna avant de raccrocher.
- Un problème avec Kate? Demanda Rick qui revenait avec deux cafés.
- À part le fait qu'elle se soit sauvée de l'hôpital? Souffla Johanna en réfléchissant déjà à la façon dont elle étriperait elle-même sa fille. Et dire que les filles sont censées être plus sages que les garçons...
- Je ne comprends pas, elle ne devrait pas être clouée au lit à cause de ses blessures?
- Si et menottée aussi! Mais qu'est ce qu'il lui a pris encore?! souffla Johanna.
- ... Elle ne sait pas que nous avons eu les aveux de Rogan, rappela Rick. Elle essaye peut être d'aller chercher les photos chez Rogan...
- Elle est en pyjama d'hôpital! Celui qui est ouvert dans le dos! Rétorqua Johanna. Et sans chaussures! Elle n'a pas dû pouvoir quitter l'hôpital.
- Elle n'était pas censée pouvoir se défaire de ses menottes non plus!
- En tout cas, la voilà fugitive, maintenant... Soupira Johanna. Elle a décidé de me compliquer la tâche ou quoi?
- Elle ne sera fugitive, que lorsque les policiers se seront rendus compte de son évasion...
- Espérons que Jim la retrouvera avant qu'ils ne s'en rendent compte, soupira Johanna en désignant les policiers. Heureusement que c'est une bande d'incompétents!
Rick sourit, amusé de voir qu'elle gardait son sens de l'humour.
- Elle est futée, ne vous en faites pas pour elle, la rassura-t-il.
- Elle est blessée et en pyjama d'hôpital!
- Vous avez raison! Elle va avoir besoin d'aide. Je vous laisse le Dictaphone, je vais à sa recherche! Répondit Castle en s'éloignant vers la sortie.
Johanna acquiesça et soupira en le regardant s'éloigner.
- Katherine Beckett, quand vas-tu apprendre à obéir?! Grogna-t-elle en se retournant vers ses dossiers.
****************
Carly finissait de s'habiller dans la salle de bain pour partir en cours, quand un bruit la fit se figer. Quelqu'un venait d'entrer dans la chambre. Sans bruit, elle termina d'enfiler son pull et attrapa le premier objet qui lui tomba sous la main, avant d'ouvrir la porte.
- QUI VOUS A PERMIS D'ENTRER ICI?! Cria-t-elle en brandissant son arme haut et fort... BECK?!
Kate, qui terminait de lasser ses baskets, la regardait en se retenant de rire.
- Salut Carly!
- Beck! Mais qu'est-ce que tu fiches ici?!
- Je mets mes chaussures.
- Je te croyais à l'hôpital! Ta mère...
- Si tu vends la mèche, je te le ferai regretter! L'avertit Kate.
- Mais c'est de la folie! Est ce que tu te rends compte de ce qui aurait pu arriver?!
- Quoi? Tu m'aurais envoyé de l'air chaud?! Demanda Kate en désignant le sèche-cheveux que son amie brandissait toujours.
- Fais la maligne! Grogna Carly. Qu'est ce qu'il t'a pris?
- C'est un peu long à expliquer, soupira Kate en se levant pour repartir.
Carly lui barra le passage.
- Laisse-moi passer, soupira Kate.
- Pas question! Tu es censée être allongée sur ton lit d'hôpital, il n'est pas question que je te laisse partir d'ici sauf pour retourner là-bas!
- Bien! Dans ce cas, laisse-moi passer, j'y retourne! mentit Kate du tac au tac.
- Tu me prends pour une andouille? Je te raccompagne là-bas!
- Carly, soupira Kate.
- Regarde-toi! C'est tout juste si tu tiens debout! Tu n'es pas raisonnable!
- Mais...! Protesta Kate au bord des larmes.
- Qu'est ce que tu veux faire de si important? Se radoucit Carly devant l'émotion qui submergeait son amie.
- ... Réparer mes erreurs.
- Tu les répareras quand tu seras rétablie.
- Il sera trop tard, le mal sera fait.
- Okay, raconte-moi tout!
Trop fatiguée pour lutter, Kate rendit les armes. Sur les conseils appuyés de son amie, elle consentit à s'allonger sur son lit et déballa toute l'histoire.
- Richard Castle?! L'écrivain?! S'écria Carly admirative dès que Kate mentionna son nom.
- Ça n'a pas d'importance, mais oui, c'est bien lui.
- Tu parles, bien sûr que c'est important! Il est riche, célèbre et beau gosse!
Kate leva les yeux au ciel, ce genre de remarques lui paraissaient d'une affligeante futilité.
- Excuse-moi, rétorqua Carly, mais pour moi ce genre de détails ...
Kate poursuivit son récit sans prêter attention aux excuses de son amie.
- Et là, qu'est ce que tu comptais faire? Demanda Carly.
- Il faut que j'aille récupérer les photos chez Rogan. Tout ça, c'est de ma faute, je ne peux pas laisser Castle payer pour mes erreurs.
- Beck... Soupira Carly. Tu es blessée, tu dois te reposer!
- Il m'a aidée, Carly! Et à cause de ça, il risque d'avoir de gros ennuis!
- Tu exagères! Qu'est ce qui pourrait lui arriver de grave?
- Perdre son job...
- C'est un écrivain à succès! Il n'a pas besoin de ce boulot!
Kate ne répondit rien. Carly se réjouit, pensant qu'elle avait réussi à convaincre son amie qu'elle n'avait pas besoin de prendre autant de risques. De son côté, Kate n'avait qu'une seule personne en tête, Richard Caste. Elle s'en voulait énormément depuis qu'elle avait eu connaissance de l'existence de ces photos. Elle avait agi comme une gamine, persuadée que la seule personne qui devrait subir les conséquences de son insouciance, serait elle et seulement elle. Mais voilà, Rick avait voulu l'aider et maintenant, il allait avoir des ennuis.
Évidemment perdre sa place de professeur ne devait pas avoir de réelle importance pour lui, par contre si l'avocat de son ex-femme l'apprenait, Rick perdrait la bataille pour la garde de sa fille et ça, Kate savait qu'il ne le supporterait pas. Non, il fallait absolument qu'elle répare sa bêtise!
Elle se releva soudain et grimaça. Les effets des antidouleurs commençaient à s'estomper.
- Beck! Ça ne va pas? S'inquiéta Carly.
- Si... Grogna Kate.
- C'est ça! Allez viens, je te ramène, dit son amie en l'entraînant par le bras.
- D'accord, mais on s'arrête chez Rogan avant, marmonna Kate un peu vaseuse.
- Mais oui, répondit Carly pour ne pas la contrarier.
Elles quittèrent la chambre et arrivèrent à l'extérieur où quelqu'un les attendait déjà.
- Eh bien! On pourra dire que tu m'auras fait courir, lança Castle avec un petit sourire sur les lèvres.
- Castle?! Qu'est ce que tu fais là? S'étonna Kate.
- Je te cherche. Ça fait deux jours que je ne fais que ça! Tu devais être super forte à cache-cache!
- ... Comment...?
- Je suis tombé sur le boulet et j'ai réussi à le convaincre de tout me raconter, expliqua-t-il. Ensuite, je n'ai plus eut qu'à suivre ton histoire...
- Mon histoire...?
- Celle de la jeune femme, qui s'en veut énormément d'avoir causé des ennuis à une personne qu'elle ai.. Qui compte beaucoup pour elle, se rattrapa-t-il et qui veut réparer sa faute... Je me suis donc dit que tu chercherais à récupérer les photos.
- ...
Il s'approcha d'elle et posa délicatement une main sur sa joue. Ce simple contact fit un bien fou à Kate. Si elle osait, elle se blottirait contre lui.
- Allez viens, je te ramène à l'hôpital, dit-il d'une voix douce.
- Les photos... Il faut que je les récupère, protesta-t-elle.
- Ne t'en fais pas pour ça, tu en as assez fait, il est temps de te reposer.
Elle hocha la tête et accepta de le suivre docilement.
- Wah! Fit Carly, va falloir me dire comment vous faites ça! Personne n'a jamais réussi à la faire changer d'avis quand elle avait une idée en tête, à part sa mère! Vous aussi vous venez de Krypton?
- Quoi?
- Laissez tomber, sourit Carly, c'est une blague avec une de nos amies!
*****************
Rick ramena Kate à l'hôpital, où le médecin et le père de Kate l'attendaient de pied ferme. Après un sermon du médecin, qui, tout en l'examinant, souligna l'inconscience de ses actes en lui rappelant la gravité de son état, elle eut droit à celui de son père. Jim ne la ménagea pas, il était au moins aussi furieux qu'il avait été inquiet pour elle.
Elle ne se souvenait pas l'avoir jamais vu aussi énervé. Lui, qui d'ordinaire était tout en retenue et contrôle de ses émotions, piquait une véritable crise de nerfs.
- ET NE FAIS PAS SEMBLANT DE DORMIR, S'IL TE PLAIT! JE SAIS TRÈS BIEN QUE TU ESSAYE DE M'AMADOUER, MAIS ÇA NE MARCHE PAS! Hurla-t-il alors que Kate fermait les yeux.
- Pfffff! Soupira Kate.
- AH TU EN AS ASSEZ?! ET BIEN PEUT-ÊTRE QUE LA PROCHAINE FOIS QU'IL TE PRENDRA L'ENVIE DE FAIRE N'IMPORTE QUOI, TU REPENSERAS À CE MOMENT ET QUE ÇA T'EN DISSUADERAS!
- Papa...
- TU N'AS PAS ENVIE D'EN PARLER, J'AI BIEN COMPRIS, MAIS MOI, MOI! J'AI ENVIE D'EN PARLER! J'AIMERAIS SAVOIR POURQUOI DÈS QU'UN GARÇON TE CHAMBOULE, TU PERDS TOUT TON BON SENS!?
- ... Pardon?!
- OH NE FAIS PAS L'ÉTONNÉE, KATIE! JE TE CONNAIS! Il N'Y A QUE LORSQUE QUE TU ES ENTICHÉE D'UN GARÇON QUE TU TE COMPORTES COMME UNE IDIOTE! ALORS?
- ... Alors quoi?
- QUI EST-CE?
- Qui ça?
- NE ME DIS PAS QUE C'EST L'ANDOUILLE QUI EST DANS LA CHAMBRE DU BOUT? PITIÉ! JE PENSAIS QUE CELUI QUI PUAIT LE CHIEN MOUILLÉ T'AVAIT VACCINÉE CONTRE CE GENRE DE LASCARS!
- Je ne suis pas amoureuse de Rogan, soupira Kate.
- J'ESPÈRE BIEN! ALORS? QUI EST-CE?
La porte de la chambre s'ouvrit et Kate bénit intérieurement la personne qui venait la délivrer de ce supplice.
- Jimmy!
- ... Jo! Bredouilla-t-il en voyant l'air fâché de sa femme.
- On t'entend de puis les ascenseurs! Reprocha-t-elle. Tu vas réussir à te faire mettre dehors!
- Elle m'a énervé! Se défendit-il.
- On peut se parler? Demanda-t-elle. En privé?
- Quelqu'un doit surveiller Katie...
- Ne t'en fais pas pour ça, rétorqua Johanna. Quelqu'un va rester avec elle pendant que nous discuterons.
- ... D'accord, soupira Jim en la suivant. Quant à toi, ne te crois pas sortie d'affaire!
Kate regarda ses parents quitter la chambre. Elle se doutait bien qu'ils n'en avaient pas fini avec elle... Elle soupira et ferma les yeux. Son mal de tête était revenu, quand à ses côtes... Pourquoi les antidouleurs mettaient-ils autant de temps à agir.
- Hum! Hum!
Elle rouvrit les yeux et sourit en voyant qui avait été chargé par sa mère de la surveiller.
- Hey!
- Comment tu te sens? Demanda Rick.
- Mal...mais je l'ai bien cherché...
Il s'approcha du lit, tira une chaise près de celui-ci et s'y installa.
- À propos de ce que tu as fait... Commença-t-il.
- Pitié... Tu ne pourrais pas attendre demain pour me faire tes reproches, supplia-t-elle. Je crois que j'ai eu ma dose là...
- Ton père ne t'a pas ratée... Constata-t-il.
- Et je l'ai bien mérité...
- ...
Il ne dit rien. Se contentant de la regarder. Elle fut étonnée de ce qu'elle lut dans son regard. Il n'était pas fâché, non, il semblait plutôt... Fier... Fier et heureux aussi.
- Tu n'es pas fâché? S'étonna-t-elle.
- Fâché?! Pourquoi serais-je fâché?
- Parce que je t'ai attiré des ennuis...
- Kate... Ce que tu as fait pour moi... Commença-t-il... Personne n'a jamais fait ça pour moi!
- ...
- Tu es quelqu'un d'extraordinaire, Kate Beckett. Je n'avais jamais encore rencontré quelqu'un comme toi.
- Alors? ... Hésita-t-elle... Ça veut dire... Que je vais l'avoir mon bisou finalement?
Chapitre vingt-sept
- Alors? ... Hésita-t-elle... Ça veut dire... Que je vais l'avoir mon bisou finalement?
Il sourit, amusé par son audace et lentement approcha son visage du sien. Il avait eu envie de le faire depuis tellement longtemps, peut-être même depuis l'instant où il l'avait rencontrée. La jeune fille perchée dans son arbre, la tête à l'envers… Il avait deviné, à cet instant-là, que cette rencontre faisait partie de celles qui marquent une vie. Il n'avait pas été déçu.
Elle ferma les yeux tandis que leurs souffles se mêlaient. Cette pudeur soudaine le surprit un peu. Il était vrai, que ses exploits de ces derniers jours avaient fini par lui faire oublier que sous ses airs de fille… euh… femme rebelle et sûre d'elle, se cachait une toute jeune femme qui n'avait sans doute pas énormément d'expérience. Il ferma les yeux à son tour, tandis que leurs lèvres se caressaient pour s'unir dans un baiser timide, mais d'une tendresse infinie.
Il savoura cet instant magique qui les unissait, puis il releva la tête, mettant fin à leur premier baiser. Elle rouvrit les yeux, l'air un peu surpris.
- ...
- Quoi? Demanda-t-il sentant l'inquiétude l'envahir.
- Rien!
- Oh ! Non, non ! Je m'y connais en « rien », je suis un spécialiste de ces « riens » et ça, c'était tout sauf rien ! Alors ? Qu'est-ce qu'il y a? Ce n'était pas bien? S'enquit-il un étrange sentiment, vestige de son adolescence qu'il croyait ne plus jamais ressentir, s'emparant de lui.
- Si! Si! C'était très bien! S'empressa-t-elle de répondre pour le rassurer.
- Mais?
- Mais rien! ... C'est juste que je pensais qu'un homme tel que toi... Enfin... Je ne pensais pas que tu serais aussi … euh… timide...
- Tu as trouvé mon baiser timide!? Répéta-t-il abasourdi.
- Bah... Disons que...Ça manquait un peu de...
- De quoi? Ça manquait de quoi?!
- De ça...
Elle se pencha vers lui, sa bouche effleurant la sienne d'abord, puis elle s'empara de ses lèvres pour l'entraîner dans un baiser plus ardent. Beaucoup plus ardent ! Entrouvrant les lèvres, sa langue vint titiller celle de l'écrivain, pour l'entraîner dans un ballet sensuel et passionné.
Lorsqu'elle rompit le baiser, Rick restait immobile, l'esprit encore tout entier baigné dans cet instant de félicité.
- ...
- Castle, ça va? Demanda-t-elle devant son manque de réactivité.
- Wahh... Où tu as appris à faire ça? Murmura-t-il relâchant un souffle qu'il avait retenu sans s'en rendre compte.
- Mhmm, fit-elle coquine, j'ai eu un bon professeur...
- C'était qui ?! Je le déteste, grogna-t-il.
Elle rit, enroula ses bras autour du cou de Rick pour l'embrasser de nouveau. Cette fois, il n'hésita pas sur l'intensité à donner à leur baiser, il l'embrassa avec fougue et passion, provoquant chez elle des gémissements de satisfaction.
- Wahhh...murmura-t-elle.
- Je n'étais pas trop timide là?
- Mhmmm... Je ne suis pas sûre... Il m'en faudrait un autre pour en être certaine...
- Oh!
Il l'embrassa de nouveau et très vite le baiser s'embrasa.
- P'tite gourmande va, sourit-il contre ses lèvres.
- Tu n'as pas idée, souffla-t-elle contre son oreille.
Il en resta sans voix, oubliant de nouveau jusqu'au réflexe inconscient de la respiration. Elle sourit triomphante et se recala contre son oreiller.
************
- Je t'avais demandé de ne pas y aller trop fort avec elle! Dit Johanna en se tournant vers son mari dès qu'ils furent arrivés dans un coin à l'écart de la salle d'attente.
- Arrête de la protéger, veux-tu? Grogna Jim sentant la colère remonter en lui.
- Tu es furieux et c'est normal, je le suis moi aussi, elle a pris des risques insensés. Et cette histoire aurait pu bien plus mal finir, mais Jim... Elle est blessée!
- Elle va bien! Contra-t-il. Elle a même réussi à s'échapper de l'hôpital!
- Elle risque de faire une hémorragie à tout moment! Elle est loin d'aller bien!
Mince ! Il l'avait oublié ça ! Katie avait l'air d'aller bien et cette information lui était sortie de la tête.
- ... Tu as raison, soupira-t-il.
- Comme toujours, sourit-elle en l'enlaçant tendrement.
Grâce à ce geste simple et tendre, il se sentit apaisé, Johanna avait toujours eu le don de le calmer.
- Merci, murmura-t-il.
- De rien, sourit-elle. Tu veux un café avant de retourner auprès de notre terreur?
- Non... Il vaut mieux, y retourner, avant qu'elle ne rende ton garde-malade chèvre.
- Aucun risque, dit-elle. Je suis certaine qu'elle est installée sagement dans son lit. Elle ne lui causera aucun problème !
- Comment peux-tu en être si sûre? S'étonna Jim.
- Je le sais, c'est tout, sourit-elle.
Jim fronça les sourcils ne comprenant pas le sens caché des paroles de sa femme, avant d'avoir une révélation.
- Non! Ne me dis pas que... C'est lui le mystérieux type pour qui elle a fait tout ça?!
- Mhm-mhm! Et tu devrais être content, il sent très bon!
- Mais… Il est si vieux!
- Là, tu exagères, il n'a pas encore trente ans!
- Et elle n'en a même pas vingt! C'est un bébé!
- Jimmy, désolée de te l'annoncer, mais ta fille est loin d'être encore un bébé! Elle a grandi.
- Je vais le tuer!
- Ah non! C'est mon auteur favori!
- Ah, c'est pour ça que tu approuves cette relation?! Parce qu'il écrit bien?
- Bien sûr que non, si j'approuve cette relation, c'est parce que Katie l'aime et qu'il l'a rend heureuse...
- Elle a été battue, s'est retrouvée en prison et, pour finir, à l'hôpital à cause de lui, et tu trouves qu'il la rend heureuse?
- Il n'y est pour rien, tout ce qu'il a fait, c'est l'empêcher de faire une énorme bêtise. Tu devrais être content!
- N'empêche qu'il est trop vieux pour elle... Bougonna-t-il.
- Non, mais tu vas arrêter, oui? Et puis, tu connais ta fille, si tu interviens dans leur histoire, elle s'y plongera encore plus!
- Mhm, bougonna-t-il.
- Et puis... J'ai bien l'intention d'avoir une petite discussion avec lui de toute façon, dit-elle pour le rassurer.
- Ouais... On peut toujours lui parler, mais… Je doute qu'à son âge il soit impressionné par mes menaces...
- Ne t'en fais pas pour ça, le rassura-t-elle. Il est peut-être trop âgé pour le coup du papa sociopathe, mais j'ai d'autres menaces dans mes manches... le rassura Johanna.
*****************
Lorsqu'ils revinrent dans la chambre de Kate, celle-ci dormait paisiblement.
- Tu vois, dit Johanna à son mari. Je t'avais dit qu'elle serait sage avec lui !
- Elle dort vraiment ? demanda Jim en s'approchant du lit pour vérifier.
- Ne la réveille pas ! Le stoppa Johanna. Elle a besoin de repos !
- La faute à qui ? Marronna Jim.
- Excusez-le, dit-elle en se tournant vers Castle. Il est grognon quand il n'a pas eu son quota de sommeil !
- C'est un papa inquiet pour sa fille, l'excusa Rick en se disant que si Alexis se retrouvait dans la même situation que Kate, il ferait bien pire.
- C'est vrai, vous aussi vous avez une fille, se rappela Johanna toute joyeuse.
- Pardon ?! S'écria Jim sentant une fois de plus que son self contrôle se faisait la malle. Parce qu'en plus il a une fille !
- Oui ! Une toute petite fille qui doit avoir quoi ?... Quatre ans ? dit Johanna trop contente d'être en compagnie de Richard Castle pour se rendre compte que cette nouvelle ne plaisait pas, mais alors pas du tout à son mari.
- Euh… Cinq ans ! Rectifia Castle d'une voix incertaine, car lui avait remarqué le changement de couleur du visage de Jim.
- Oh ! C'est un âge merveilleux ! Sourit Johanna. Quand Katie avait cinq ans, elle me suivait partout et voulait absolument tout faire comme moi ! Elle s'amusait même à mettre mes chaussures. Ses préférées étaient celles qui avaient les talons les plus hauts.
- IL A UNE FILLE !? S'écria Jim. ET QU'EST-CE QUE TU VAS M'ANNONCER APRÈS ÇA ? QU'IL EST MARIÉ PEUT-ÊTRE ?!
- Euh… Divorcé… dit Castle d'une petite voix hésitante.
- DE MIEUX EN MIEUX ! Tonna Jim.
- Mais arrête de crier comme ça, tu vas la réveiller ! rétorqua Johanna sur un ton de reproche.
- QU'ELLE SE RÉVEILLE ! J'AURAIS DEUX OU TROIS MOTS A LUI DIRE !
- Ça attendra qu'elle aille mieux ! Compris? Répliqua-t-elle d'un ton autoritaire.
- ÇA VA ! S'énerva-t-il, ELLE N'EST PAS EN SUCRE !
- NON MAIS TU VAS TE CALMER ? Explosa-t-elle à son tour libérant toutes les tensions accumulées depuis deux jours.
- TU ES TOUJOURS DE SON CÔTÉ DE TOUTE FAÇON !
- N'IMPORTE QUOI ! C'EST TOI QUI RÉAGI TOUJOURS COMME UN GAMIN, QUAND KATIE FAIT DES BÊTISES !
La situation s'envenimait, Castle ne savait plus où se mettre. Les Beckett étaient en train d'avoir une scène de ménage devant lui ! Pour une première rencontre avec les parents de sa petite amie, c'était réussi ! Sa petite amie… un sourire idiot fleurit sur son visage à cette pensée.
- NON MAIS REGARDE-LE ! IL SOURIT TOUT SEUL ! IL EST IDIOT OU QUOI ? Lança Jim en le remarquant.
- PEUT ÊTRE QU'IL SE MOQUE DE TOI, IL FAUT DIRE QU'IL Y A DE QUOI ! TU ES RIDICULE, MON PAUVRE AMI ! Siffla Johanna.
- MOI ? JE SUIS RIDICULE ? MOI ? JE SUIS RIDICULE ?! C'EST LA MEILLEURE !
- BIEN SÛR, TU ES RIDICULE ! LA PREUVE, TU NE TROUVE AUCUN ARGUMENT !
Okay, là, ça devenait grave ! Les parents de Kate pétaient un plomb au milieu de la chambre d'hôpital de leur fille. Castle avait beau se creuser les méninges, il ne voyait pas comment apaiser la situation. Comment Kate pouvait-elle continuer à dormir alors que ses parents hurlaient à un mètre à peine de son lit?
Soudain, un bruit strident mit fin à leur dispute. Chacun cherchant d'où provenait ce son infernal.
- C'est la machine qui surveille l'état de Katie ! Paniqua Johanna.
- Quoi ?
- Elle va mal ! Il faut appeler le médecin ! cria-t-elle en cherchant le bouton d'appel. Bon sang ! Pourquoi il ne marche pas ce truc ?!
- Je vais le chercher moi-même, lança-t-il en se précipitant vers la porte.
- Je viens avec toi ! dit Johanna en le suivant.
Rick, resté seul dans la chambre de Kate ne savait pas quoi faire. Sentant la panique l'envahir, il fit le seul geste qui lui vint à l'esprit et lui prit la main.
- Ils sont partis ? Demanda soudain la voix de Kate.
- Kate ? … Mais ?... Comment… ?
- J'ai débranché la prise de la machine, expliqua-t-elle en brandissant la fiche.
- Tu… ?
- Ils sont insupportables, quand ils manquent de sommeil, dit-elle. Quand ils partent en vrille comme ça, faire en sorte qu'ils s'inquiètent pour moi, permet de leur remettre rapidement les idées en place.
- Mais... Tu es diabolique ! Constata Rick soulagé tout de même qu'elle n'ait rien.
- Je sais, répondit-elle d'un air coquin.
- Wah !
- Rohhhh, ça va… Ils vont s'en remettre.
- Tu ne trouves pas que tu as assez de problèmes comme ça avec eux ?
- Bah… Un peu de plus ou un peu de moins… Au moins, comme ça, on a cinq minutes de tranquillité, répondit-elle en l'attirant contre elle pour l'embrasser.
Chapitre vingt-huit
Les bruits de pas précipités dans le couloir firent sursauter Rick, qui mît fin maladroitement à leur baiser en se redressant brusquement. Un peu surprise par sa réaction, Kate regarda bouche bée le spectacle qu'il lui offrait.
Se cognant d'abord contre la table de chevet, il grimaça en s'en écartant, recula de quelques pas jusqu'à ce que ses mollets ne rencontrent le bras du fauteuil. Emporté par l'élan, il bascula en arrière et se retrouva les quatre fers en l'air, lorsque Jim et Johanna entrèrent dans la pièce avec le médecin.
Kate eut bien du mal à se retenir de rire devant le tableau : Rick bafouillant de vagues explications quant à sa chute, Johanna tentant de calmer Jim, qui frisait l'asphyxie.
- Je peux savoir ce qu'il se passe ici? Demanda le médecin. Je croyais que votre fille était au plus mal!
- ...Mais... La machine s'est emballée, dit Jim...
- Katherine Hougton Beckett! S'écria Johanna les poings sur les hanches. Ne me dis pas que tu l'as fait exprès?!
- Bien sûr que non! Mentit Kate avec aplomb.
- Ah oui? Alors explique-moi pourquoi tu sembles te porter si bien, alors qu'il y a à peine cinq minutes on croyait que tu faisais une hémorragie interne?!
- J'ai reçu le baiser du prince charmant, dit Kate tout naturellement.
- Tu?...
- Quoi?! Réagit aussitôt Jim sortant de sa léthargie.
Les parents Beckett se tournèrent d'un même mouvement vers Castle, toujours par terre, qui se relevait doucement en se massant le derrière.
Devant leurs regards réprobateurs des parents de Kate, Rick déglutit difficilement et tenta un petit signe de la main avec un sourire contrit.
- Bon! Je crois que je n'ai pas grand chose à faire ici, dit le médecin gêné par l'ambiance un peu lourde dans la chambre.
Il vérifia l'installation, rebrancha la prise et s'adressa à Kate:
- Pour cette fois, je ne dis rien, mais la prochaine fois que vous débranchez mes installations, je me fâcherai!
- Oh, mais allez-y fâchez vous, intervint Johanna. Elle a déjà débranché sa perfusion ce matin!
- Vous êtes une sacrée rebelle dans votre genre! Constata le médecin en adressant un sourire charmeur à Kate.
- Hé! Oh! S'écrirèrent Jim et Castle de concert ce qui fit beaucoup rire Kate et sa mère.
Surpris, les deux hommes se tournèrent l'un vers l'autre se jaugeant mutuellement.
- Je m'en vais! Déclara le médecin en levant les mains.
- Quand est ce que tu vas te calmer? Soupira Johanna en se tournant vers sa fille lorsqu'il fut sorti.
Contre toute attente, Kate baissa la tête honteuse.
- Je suis désolée, dit-elle. Je vous ai causé beaucoup de soucis à tous les trois...
- Ça on peut dire que tu ne nous as pas épargnés! Siffla Jim.
- Jimmy... Le tempéra Johanna.
- Non! Il a raison! Intervint Kate soudain envahie par l'émotion. J'en ai fait de belles... J'aurais dû être plus réfléchie...
- On sait pourquoi tu as fait ça, dit Castle pour la déculpabiliser un peu.
- Tu as été très courageuse, ajouta Johanna en venant la prendre dans ses bras. Et même si je suis fâchée à cause des risques inconsidérés que tu as pris, je suis également extrêmement fière de toi.
- ...
Johanna se tourna vers Jim, qui ne pipait mot.
- Quoi?! Lâcha-t-il soudain agacé par ce silence pesant.
Elle désigna leur fille d'un léger coup d'œil, lui signifiant discrètement qu'il pourrait faire un geste envers elle.
- Il faut que je prenne l'air! Annonça-t-il en prenant la porte.
- ...
Il s'en voulait de réagir ainsi, mais il n'avait pas réussi à passer outre sa colère. Il avait eu tellement peur pour elle. Ces derniers jours, il les avait passés sur les nerfs. Il n'avait pas la capacité de Johanna à pardonner aussi facilement. Il lui fallait du temps.
- Il va finir par se calmer, murmura Johanna.
- Je sais, souffla Kate... Je l'ai bien mérité... Je ne vous ai pas ménagés ces derniers jours.
- Tu as agi selon ton cœur... L'excusa Johanna. D'ailleurs, à ce propos, il faut que nous aillons une petite discussion monsieur Castle.
- Maman! Fit Kate gênée que sa mère se permit de parler à Castle de sa relation avec elle.
- Laisse Kate, ta maman s'inquiète pour toi, c'est normal!
- Tu vois? Rick comprend! Dit Johanna à sa fille.
- C'est pas une raison pour jouer les mamans hyper protectrices! Reprocha Kate. Je suis majeure!
- Il n'y a pas d'âge pour les chagrins d'amour et je ne veux pas qu'il te brise le cœur!
- Maman! On n'en est pas là! On n'a même pas encore évoqué le sujet de notre relation! Rougit Kate.
Johanna éclata de rire.
- Oh! Katie! Tu tiens tête à des policiers qui t'ont mise en garde à vue sans sourciller et voilà que tu rougis jusqu'aux oreilles quand je parle avec ton petit ami!
- C'est super gênant!
- Oui, et bien c'est mon devoir de maman de vérifier que monsieur Castle ne jouera pas avec toi!
- Ne vous en faites pas, la rassura Castle. Je ne prends pas cette relation à la légère.
- J'espère bien, car je dois vous prévenir que dans le cas contraire je m'occuperai personnellement de votre cas!
- Je sais me défendre! Bougonna Kate.
- Ça oui, j'ai remarqué, dit Johanna. Les dealers avec qui tu t'es battue ont été bien amochés eux aussi.
- Ah oui?! S'étonna Rick.
- J'ai eu une entrevue avec leur avocat. L'un a le nez en compote et l'autre ne pourra peut-être jamais avoir d'enfant, expliqua Johanna.
- Impressionnant, dit Rick admiratif.
- Tu devrais dormir, conseilla Johanna en remarquant que sa fille baillait pour la troisième fois en peu de temps.
Kate ne se fit pas prier et s'endormit rapidement.
- Vous pouvez rejoindre votre mari, dit Rick. Je vais rester avec elle cette nuit...
- Merci Richard, sourit Johanna. Il est grincheux quand il manque de sommeil et on peut dire que Katie a fait fort sur ce coup-là.
- Votre fille est extraordinaire, vous savez. Ce qu'elle a fait...
- Oh je sais! C'est d'ailleurs pour ça que Jim est aussi fâché!
- Parce qu'elle a voulu me protéger? S'étonna Castle.
- Parce qu'elle ne s'est pas protégée, corrigea Johanna. Jim connaît bien sa fille, elle est bornée et prête à tout pour ceux qu'elle aime, au point de s'oublier elle-même. C'est ce qui effraie Jim. S'il s'est montré aussi dur, c'est parce qu'il a peur qu'un jour ce tempérament de feu qui l'anime, finisse par la conduire à sa perte...
- ... Comme je le comprends, murmura Castle tandis que Kate poussait un soupir d'aise dans son sommeil. Mais vous pouvez être rassurée, je ne joue pas avec elle! Et j'ai bien conscience de son jeune âge.
- Vous êtes quelqu'un de bien, monsieur Castle, sourit Johanna.
Elle lui souhaita bonne nuit et quitta la chambre. Rick s'installa dans le fauteuil après avoir appelé sa fille pour leur petit rituel du soir. Ils vivaient difficilement cette séparation et ce coup de fil du soir, durant lequel elle lui racontait sa journée et il lui inventait une nouvelle histoire, était devenu primordial pour chacun d'eux.
Le fauteuil était tellement vieux et cabossé, qu'il ne pensait pas pouvoir s'y assoupir ne serait-ce qu'une demi-heure.
L'infirmière de nuit entra dans la chambre et s'étonna de le trouver là.
- Monsieur Castle! Vous avez décidé de garder tous les patients de cet hôpital?
- Ravi de vous revoir, sourit-il. J'espère que le mariole ne vous en fait pas trop voir.
- Oh! Non! Il est sous étroite surveillance policière. D'ailleurs, quand on lui a annoncé qu'il serait emmené au poste de police dès demain matin, il est soudainement devenu très malade. Il feint un coma.
- Wah... Décidément, il cherche à fuir ses responsabilités par tous les moyens!
- Et cette jeune femme? C'est votre amie?
- Oui et mon ange gardien aussi, répondit Castle. Sans elle, je serai dans les ennuis jusqu'au cou!
- Et à votre tour vous gardez ses nuits?
- Elle a un peu de mal à lever le pied.
Il bougea légèrement dans le fauteuil et grimaça.
- Ce fauteuil est bon à jeter, soupira l'infirmière. Attendez, je vais vous trouver quelque chose.
Elle quitta la chambre et y revint une dizaine de minutes plus tard avec un lit de camp, un oreiller et une couverture.
- Tenez! Dit-elle. C'est un peu spartiate, mais ce sera toujours mieux que ce vieux fauteuil!
- Ce sera parfait! Assura-t-il. Je crois bien que vous venez de sauver la vie de mon dos!
Grâce à cette charmante infirmière, il pût enfin s'allonger correctement et trouver le sommeil.
***************
Le lendemain matin, Jim et Johanna revenaient à l'hôpital à la première heure. Étant donnés les "exploits" de leur fille en matière d'évasion, ils étaient autorisés à y venir en dehors des heures de visite.
Jim traînait les pieds. Bien sûr, il voulait prendre des nouvelles de sa fille, mais il se sentait un peu honteux de son attitude de la veille. Johanna y avait veillé.
- Je n'en reviens pas que tu l'aies laissé passer la nuit dans la chambre de notre fille, marmonna-t-il alors qu'ils sortaient de l'ascenseur.
- Arrête un peu, soupira Johanna. Ils sont dans un hôpital! Que veux-tu qu'ils fassent dans un hôpital?
- Tu veux que je te fasse un dessin? Maugréa-t-il. Elle est à l'âge où les hormones sont en ébullition et lui... Eh bah! Il n'y à qu'à lire tes magazines pour avoir une idée de ce qu'il a dans la tête.
- Ces magazines racontent n'importe quoi, rétorqua-t-elle en roulant des yeux. Ils veulent vendre alors ils montent le moindre truc en épingle.
- Pourquoi tu les achètes alors?
- J'adore leurs idées recettes!
- La page des recettes? Ce ne serait pas plus simple d'acheter un livre de cuisine?
- Jimmy, rit-elle, n'essaye pas de comprendre, ça vaudra mieux.
Ils arrivèrent devant la chambre de Kate. Johanna se tourna vers lui, posa les mains sur ses épaules, pour lui rappeler une dernière fois ce qu’ils avaient prévu.
- Bon ! Alors on est bien d’accord ? J’emmène monsieur Castle prendre un café et toi tu restes avec Katie pour lui parler.
- Oui… Oui… Soupira Jim.
- C’est ta fille, tu dois être plus souple avec elle, si tu ne veux pas la perdre…
- …
- Jim ?
- Je vais être plus souple, promit-il avant de se retourner vers la porte pour y frapper.
Il s'arrêta soudain en entendant les bruits qui en provenaient.
- Oh! Zut! Ça a craqué! Fit la voix de Castle.
- Tu veux aller trop vite aussi, répondit celle de Kate.
- Tu en as une autre?
- Oui, mais c’est la dernière. Il va falloir être plus délicat…
- J'irai en racheter tout à l'heure… Et en attendant, je vais te montrer à quel point je peux être délicat…
- Des promesses, toujours des promesses, rigola Kate.
- Là ! Tu es prête ? C’est parti !
- Vas-y doucement!
- Ça va, c'est pas comme si c'était ma première fois...
Jim, les yeux écarquillés de stupeur, se tourna vers Johanna, qui lui répondit avec une moue dubitative.
- Mais qu’est-ce qu’ils font là-dedans ? Chuchota-t-il. Et tu voulais que je sois plus souple avec elle ?!!!
- Ne t’emballe pas ! Répondit Johanna. Ce n’est pas ce que tu crois !
- Qu’est-ce que tu en sais ?
- Je te connais Jimmy…
- Shhhhh ! La coupa-t-il en désignant la porte de la chambre.
- Là! Tu vois? dit la voix de Castle.
- Mhhmmm, ouais, c’est pas mal…
- L'important, c'est le coup de poignet! Expliqua Rick.
- C'est que le début, ne te vante pas tout de suite! Rétorqua Kate.
- Attends... J'y suis...
- C'est pas trop tôt! Làààà! Ahhhhh!!!!
- Ouhhhh!! J'ai bien cru que ça y était...
- Ahhhhh!!!!! Castle!!!!!
Jim blêmit. Johanna déglutit difficilement, ne sachant que penser. Elle n’eut que le temps de l’arrêter quand il posa la main sur la poignée de la porte, prêt à piquer un scandal.
- Ça ne va pas ! Tu ne vas pas entrer comme ça ! le gronda-t-elle à voix basse.
- Je vais me gêner !
- Jim ! Ne fais pas ça ! Dit-elle avec son regard le plus noir.
- …
Il se ravisa et lâcha la poignée.
- C'est bon! Tout est sous contrôle! Assura la voix de Castle.
- Tu parles! Tu as bien failli déraper! Répondit celle de Kate.
- Meuh non!!! Je suis un expert...
- Allez, monsieur l'expert, montre-moi de quoi tu es capable...
- Tu vas voir...
- Ahhh! Oui! Là! Oui! Oui!
- C’est pas mal, hein ?
- Surtout ne t’arrête pas !
- Là ! Ça vient ! s’écria la voix de Rick !
- Oh oui ! C’est bien !!!!!
- J'y suis! J'y suis!
- Ouiiiii!!!!!
- Ah ! Ahhhhhh!!!!!
- Bon ça suffit ! Grogna Jim, qui incapable d’en entendre davantage ouvrit la porte en criant:
- NON MAIS OÙ VOUS CROYEZ-VOUS?!
Il se stoppa net. Kate assise sur son lit applaudissait Castle, qui debout à côté et les bras largement ouverts, tenait dans chaque main l'extrémité d'une immense pelure de pomme.
- Qu'est-ce que...? Bafouilla Jim.
- Hey! Papa! Maman! Vous voulez de la pomme? Proposa Kate en montrant un bol rempli de pommes épluchées sur sa table de chevet.
- On peut savoir à quoi vous jouez? Demanda Johanna alors que Jim n'avait toujours pas retrouvé la parole.
- Rick s'est vanté d'arriver à éplucher une pomme en un seul coup de couteau. Mais il a dû s'y reprendre à plusieurs fois pour le prouver, expliqua Kate.
- Vous... Vous épluchiez ... Une pomme? Bredouilla Jim.
- Bah oui... Pourquoi? Tu croyais quoi? S'étonna Kate.
- Euh... Bah... Rien...
- … Oh ! La vache ! C’est pas possible ! s’écria soudain Kate. Vous pensiez vraiment qu’on pourrait faire ça ici ?!
- Euh… Non… Non… euh… On pensait… bafouillèrent les parents Beckett.
Kate explosa de rire sous les regards gênés de ses parents et celui circonspect de Castle.
Son fou rire s’arrêta dans une grimace de douleur.
- Bravo ! Lança Johanna en l’aidant à se rallonger. On n’arrête pas de te dire de rester tranquille ! Tu as des côtes cassées, je te rappelle !
- Mais… Les antidouleurs faisaient effet plus longtemps hier… s’étonna Kate.
- Ça, c’était avant que tu te fasses la malle, chérie. Le médecin a réduit la dose, expliqua Johanna.
- Mais c’est pas normal ! Grogna Kate.
- Ah ça, tu y réfléchiras à deux fois la prochaine fois ! dit Johanna en l’embrassant sur le front.
- Mhmm… Grommela-t-elle.
- Monsieur Castle, lança Johanna en se tournant vers Rick. On va prendre un café ?
- Euh… Oui… Accepta Rick alors que Johanna désignait discrètement Jim et Kate du regard.
- Parfait ! On y va, se réjouit Johanna. Soyez sages !
Jim et Kate restèrent seuls dans la chambre, se regardant en silence.
Chapitre vingt-neuf
- Vous pensez que ça va aller? Demanda Castle à Johanna, qui se ne se dirigeait apparemment pas vers la salle d'attente. Euh... Les machines à café sont par là...
- Non merci! J'ai envie d'un vrai bon café! Répliqua-t-elle en désignant par la fenêtre le Starbucks de l'autre côté de la rue.
- Ça va nous prendre plus que dix minutes... Dit-il en remarquant le monde qui s'y agglutinait.
- Ne vous en faites pas, ça va bien se passer, sourit-elle.
- Vous parlez de notre attente ou de...
- Jim peut paraître un peu bourru parfois, mais il adore Katie, ça va leur faire du bien de discuter un peu en tête à tête.
- S'ils se parlent, oui! Rétorqua Castle en songeant à ce que sa petite amie devait endurer.
- Est-ce que vous avez déjà quelques idées pour votre prochain roman? Demanda Johanna pour changer de sujet.
- Oh!... Disons que j'ai en tête un personnage un peu idiot, qui aurait un don inné pour s'attirer des ennuis...
- Oh! Je vois le genre. Vous allez faire de cet énergumène votre victime?
- Je n'en suis pas encore certain... Mais ce qui l'est, en revanche, c'est que Ronan O'Gleery souffrira beaucoup.
- Seriez-vous le vengeur masqué? Monsieur Castle? Rit Johanna.
- Je dirais plutôt le vengeur plumé... Ce... Qui... Avait l'air beaucoup plus cool avant que je ne l'énonce...
Johanna éclata de rire et le prit par le bras pour l'emmener hors de l'hôpital.
- Venez, monsieur le vengeur, je vous offre un café.
- Dites, je peux vous poser une question?
- Oui, mais je ne vous promets pas une réponse!
- Où en êtes-vous avec le dossier de Kate?
- Grâce à votre enregistrement, elle n'a plus d'ennuis. Elle n'aura pas de casier. Affaire réglée!
- Tant mieux, répondit-il soulagé.
- Quant aux photos de vous et Katie, elles devraient disparaître dans une pièce poussiéreuse pleine d'archives de la justice.
- Elles ont été retrouvées ?
- Oui, la police a perquisitionné au domicile de monsieur O’Leary. Tout a été retrouvé, les clichés et les négatifs. Mais rassurez-vous, elles ne seront jamais diffusées, j’y ai veillé.
- De toute façon, ça n'a pas d'importance, dit Castle en haussant les épaules.
- Comment ça? S'étonna Johanna. Et votre travail d'enseignant? Et votre fille?
- Cette histoire m’a fait comprendre une chose : j'aime Kate. Notre relation ne peut pas être un argument contre moi pour la garde d'Alexis. Quant à ce travail... J'ai déjà démissionné.
- Oh... Richard, il ne fallait pas...
- Kate est plus importante pour moi que cet emploi de professeur. Et puis, j’ai déjà un travail, dois-je vous le rappeler?
- Vous compter repartir à New-York?
- Non, pas du tout! Je vais rester ici, avec Kate et avec ma fille. Nous verrons bien où tout cela nous mènera.
- Je vous croyais sûr de vous !
- Je le suis ! Mais, Kate est très jeune et j’ai une enfant…
- Vous pensez que cela pourrait l’effrayer ?
- C’est une possibilité… Après tout cette situation a effrayé des femmes plus âgées qu’elle.
- Elle a de la ressource, sourit Johanna. Je connais bien ma fille et je peux vous assurer qu’elle restera là où est son cœur !
***********
Les minutes s'égrenaient dans un silence pesant. Jim s'entêtait à regarder ses souliers comme s'ils avaient eu soudain un regain d'intérêt à ses yeux. Kate, quant à elle tournait en boucle tous les mots qu'elle pourrait utiliser pour adoucir l'humeur de son père et se faire pardonner tout le mal qu'elle lui avait fait. Elle ne regrettait pas ses actes, mais elle savait que tout cela faisait beaucoup pour lui et que sa patience avait été mise à rude épreuve.
- Je te demande pardon papa... Lâcha-t-elle finalement choisissant la simplicité plutôt que des grands discours.
Il leva la tête vers elle, surpris qu'elle ne cherchât même pas à justifier sa conduite.
- ...
- Je sais que tu t'es beaucoup inquiété... Je te demande pardon, ajouta-t-elle en triturant le drap de son lit.
Il prit une grande inspiration, qu’il relâcha finalement dans un long soupir. Elle ne le quittait pas des yeux, espérant qu’il aurait la force de lui pardonner. Il s'approcha doucement d'elle et vint s'asseoir sur le lit pour la prendre dans ses bras.
- Je t'aime Katie, murmura-t-il tendrement.
Jim n'avait jamais été un très grand bavard, mais il avait toujours su trouver les mots qui suffisaient à effacer les angoisses de sa fille. Elle se blottit contre lui et pleura doucement, déversant le trop plein d'émotions qu'elle gardait encore vaillamment en elle. Il la serra dans ses bras en lui caressant le dos, sans un mot. Ils n’avaient jamais eu besoin de beaucoup se parler. C’était Johanna la grande bavarde de la famille.
Lorsqu'elle fut apaisée, Kate s'écarta doucement de lui en séchant ses larmes. Il ne disait rien, mais le silence dans la chambre était différent. Il n'avait plus rien de pesant. C'était un silence agréable que le père et la fille aimaient partager ensemble.
Jim se sentit tout de même obligé de le rompre pour poser la question qui le taraudait.
- Ce Richard...
- Ça va aller, papa, le coupa-t-elle. C'est quelqu'un de très bien. Il ne me fera pas souffrir.
- Comment peux-tu en être certaine?
- Comme toi tu as su, quand tu as rencontré maman... Je l'aime.
- A ce point-là?
- Ne vas pas lui répéter surtout! Je dois pouvoir le torturer si besoin est!
- Digne fille de ta mère, sourit-il. Ne t'en fais pas, ton secret est bien gardé avec moi.
- Merci papa, répondit-elle en lui rendant son sourire avant de revenir se blottir de nouveau dans ses bras.
- J'aurais toujours droit à mes câlins? Tu ne vas pas tous les lui réserver?
- Papa, tu sais bien que tu resteras toujours mon papa. J'aurais toujours besoin de tes câlins.
- Tu me rassures, sourit Jim.
**********
Lorsque Rick et Johanna revinrent un peu plus tard, ils trouvèrent Jim et Kate endormis dans le lit de Kate tendrement blottis l'un contre l'autre.
- Et bien voilà, le père et la fille sont réconciliés, constata Johanna. Quand je vous disais qu'il n'y avait pas à s'en faire pour eux.
- Oui, vous aviez raison. Vous les connaissez bien!
- Ils sont terribles, mais ils s'adorent, sourit Johanna.
- Ma fille vient aussi s'endormir contre moi. J'espère encore avoir ce genre de relation avec elle quand elle sera plus grande, murmura Castle.
- Les enfants s’éloignent de leurs parents en grandissant, mais ils savent qu’ils peuvent toujours revenir et c’est le plus important.
**********
Quelques jours plus tard, Kate allait beaucoup mieux et donc supportait de moins en moins le fait d’être clouée au lit. Bien entendu, ses parents et ses amies en subissaient les conséquences. Le seul à être épargné était Castle. Lors de ses visites à sa belle, celle-ci retrouvait sa bonne humeur.
Malheureusement, ce week-end-là, Rick avait dû s’absenter pour retrouver sa fille. Meredith lui avait même fait la surprise de le laisser la prendre le vendredi à la sortie de l’école. Il avait bien entendu sauté sur l’occasion.
- Ne me dis pas que tu vas bougonner comme ça pendant encore deux jours, soupira Jim.
- Je ne bougonne pas ! Je dis juste qu’il n’y a plus aucune raison de me garder ici.
- On en a déjà discuté avec le médecin, ton hématome n’est pas encore totalement résorbé, tu dois rester alitée encore trois jours ! Et puis de toute façon, avec tes côtes et ton poignet cassé, tu ne pourrais pas faire grand-chose…
- Je pourrais prendre l’air, me promener, voir autre chose que ces quatre murs !
- Rejoindre Richard…
- … Non…Euh…
- Ne fais pas cette tête-là, sourit Jim. Je sais ce que c’est que d’être amoureux.
- Tu approuves ma relation avec Rick ? S’étonna-t-elle.
- Je t’aime Katie, dit-il. Si cette relation te rend heureuse, alors je l’approuve.
- Merci papa, sourit Kate.
- Par contre, s’il te fait souffrir, je le tue de mes propres mains ! Ajouta-t-il.
- Ne t’en fais pas pour ça, rit-elle, je l’aurais tué avant !
**************
De son côté, Rick arrivait près de l’école de sa fille. Il était heureux à l’idée de passer plus de temps avec sa fille. D’ordinaire Meredith ne le laissait récupérer Alexis que le samedi matin, alors quand elle lui avait téléphoné pour lui annoncer qu’il pouvait venir la chercher à la sortie de l’école, il ne s’était pas fait prier et avait sauté sur l’occasion. Il avait tout prévu : ce soir, il l’emmènerait manger un bon cheeseburger, puis ils se feraient un cinéma. Le lendemain, ils prépareraient leurs costumes pour Halloween ainsi que leur parcours pour récupérer des bonbons. Meredith n’aimant pas cette fête, elle le laisserait sans doute encore prendre Alexis pour l’occasion.
- Chaton ! Je suis là ! Cria une voix qu’il ne connaissait que trop.
- Meredith ?! Qu’est-ce que tu fais ici ? S’étonna-t-il.
- Je viens chercher notre fille bien sûr !
- Quoi ? Mais… tu m’avais dit que je pouvais la prendre ce soir !
- Oui ! C’est une surprise pour Alexis ! Nous allons passer le week-end ensemble !
- QUOI ? Coassa-t-il.
- C’est une merveilleuse idée, n’est-ce pas ? J’y ai bien réfléchi et je trouve que nous nous sommes emballés avec cette histoire de divorce.
- Emballés ?! Tu m’as trompé avec ton producteur ! Protesta-t-il. Et dois-je te rappeler que c’est toi, qui as demandé le divorce ?!
- Chaton, ne ressassons pas le passé, minauda Meredith. Et si on repartait du début nous deux ? Alexis serait tellement contente de voir son papa et sa maman de nouveau ensemble.
- Mais…
- Oui, je sais, je t’ai fait du mal, mais c’est du passé tout ça, argumenta Meredith. Pense à Alexis, tu lui manques beaucoup !
- Et elle me manque énormément aussi, marmonna Rick. Mais Meredith…
- Je sais, le coupa-t-elle. Mais tu es un homme merveilleusement compréhensif !
- Meredith…
- Papa ! Chouette ! Tu es venu me chercher ! S’écria Alexis en lui sautant dans les bras.
- Hey ! Comment va ma citrouille préférée ? Demanda-t-il en ravalant sa colère pour faire bonne figure devant sa fille.
- Maman ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Demanda la petite en remarquant la présence de Meredith.
- Je suis venue te chercher avec papa. On va passer le week-end ensemble, comme avant! Ce n’est pas une merveilleuse idée ? Dit Meredith d’une voix mielleuse.
- … Euh… Si…
- Comme ça, on pourra préparer nos costumes pour Halloween ! Ajouta l’actrice sous le regard atterré de Castle.
Il la savait sans gêne, mais là, elle dépassait les bornes ! Il décida d’utiliser son arme anti Meredith.
- Euh… Meredith… Ma mère a décidé de passer le week-end avec Alexis et moi… Elle doit arriver ce soir chez moi.
- Oh… Fit Meredith son sourire perdant un peu de son éclat. Tant pis ! Je ferai avec ! Comme on dit « plus on est de fous, plus on rit » !
- Oui, euh… ça aussi, c’est faux… Bafouilla Castle, les fous ne sont pas forcément heureux et ce n’est pas le fait d’en ajouter un, qui augmentera l’amusement des autres…
- Chaton ! Toujours aussi drôle ! Rit Meredith. Promis, je ne dirai pas à ta mère que sa présence nous gêne. Peux-tu me dire où est ta voiture, que je puisse dire au chauffeur de mon taxi où amener nos bagages ? Oh ! Je la vois ! Tu aurais peut-être dû prendre l’autre, on risque d’être un peu serrés dans ta Ferrari…
Castle la regarda s’éloigner, estomaqué par tant de sans-gêne. Sa mère allait pousser de grands cris quand elle découvrirait la nouvelle lubie de son ex belle-fille. Et Kate ? Bon sang ! Elle n’allait pas être très joyeuse en apprenant la nouvelle ! Et Johanna ?! Et Jim ?!
Si cette histoire venait aux oreilles des Beckett, il était bon pour un procès en bonne et due forme !
Il tourna la tête vers Alexis, toujours dans ses bras.
- Tu étais au courant de ça ? Demanda-t-il.
Elle secoua négativement la tête, incapable elle aussi de trouver quoique ce soit à dire.
- Je me disais aussi… Marmonna-t-il.
Chapitre trente
Assise sur son lit, le nez dans son bouquin, Kate prenait son mal en patience. Elle dévorait les livres de Rick à un rythme plus que soutenu. Lire ses romans lui donnait un peu l'impression d'être auprès de lui, ce qui apaisait son impatience, pour le plus grand soulagement de ses parents.
Les examens que le médecin lui avait faits passer le matin même étaient très encourageants. Son hématome se résorbait bien et si tout allait bien, elle pourrait sortir de l'hôpital deux jours plus tard. Bien sûr, ses côtes et son poignet mettraient encore quelques semaines à guérir, mais au moins elle ne serait plus clouée dans ce lit. Ses parents et ses amies se relayaient à son chevet pour lui rendre l'attente plus supportable, mais elle avait déjà tellement dormi, qu'elle ne tenait plus en place.
Alors chacun tentait de l'occuper un maximum. Ses amies lui apportaient ses cours et son travail personnel, Jim venait lui parler des résultats des matchs de base-ball, ainsi que des perspectives de leur équipe favorite, et Johanna se faisait un plaisir de compléter sa collection des œuvres de Richard Castle, qu'elle dévorait.
Son roman terminé, Kate le déposa sur sa table de chevet, déjà bien encombrée pas tous ceux qu'elle avait lus. Elle tourna la tête vers sa mère, qui était plongée dans ses dossiers. Bientôt, elle retournerait à New-York et aurait beaucoup de travail à rattraper, aussi préparait-elle soigneusement sa reprise.
N'ayant plus rien à lire, Kate attrapa l'un des dossiers de sa mère et commença à le feuilleter.
- Ce type est un mafieux au casier judiciaire bien rempli, énonça-t-elle au bout d'un moment. Pourquoi perds-tu ton temps avec son cas? Il doit y avoir beaucoup d'autres personnes qui auraient bien besoin de ton aide et qui la mériteraient plus, non?
Johanna releva la tête de son dossier, pour se tourner vers sa fille.
- Katie... Soupira-t-elle. Tu n'es pas censée lire mes dossiers.
- Je m'ennuyais, se justifia Kate. Et puis, c'est instructif!
- Et confidentiel!
- Ça va, tu sais très bien que je n'en parlerai pas... Alors? Pourquoi tu perds ton temps à défendre un mafieux?
- Parce qu'il est innocent, expliqua Johanna en déchaussant ses lunettes.
- Tu parles! Il a un dossier plus épais qu'un roman de Castle! S'il n'a pas tué cet agent du FBI, il a certainement dû tuer d'autres personnes...
- Katie... Ce n'est pas la personne, qui est importante, mais la vérité! Elle seule compte! Joe Pulgatti n'a pas tué Bob Armen, il n'a pas à payer pour ce crime. Et Bob Armen mérite que son véritable assassin soit mis en prison...
- Mhm... Fit Kate dubitative.
- Chérie, pense à la famille de Bob, reprit Johanna. Est-ce que tu penses sincèrement que la condamnation d'un bouc émissaire peut les satisfaire? Bob Armen et ses proches méritent d'obtenir la vérité et la justice. Ce serait les trahir que de condamner un innocent. Alors, oui, Joe Pulgatti est loin d'être un enfant de cœur, il mérite d'être condamné pour ses crimes, mais seulement pour eux et pas ceux d'un autre. Est-ce que tu comprends?
- ... Oui. Tu as raison.
- J'ai toujours raison, sourit Johanna.
- N'exagère pas tout de même, répondit Kate.
- Mhm… La plupart du temps alors, concéda Johanna.
- …
- Quelque chose ne va pas ? Demanda Johanna devant le silence soudain de sa fille. C’est ton bel écrivain, qui te manque ?
- Je suis capable de me passer de lui pendant un week-end, tu sais.
- Alors qu’est-ce qui te turlupine ? Insista Johanna qui avait remarqué que quelque chose troublait sa fille.
- C’est… cette enquête, dit-elle en désignant le dossier.
- Tu ne dois pas t’occuper de ça, énonça Johanna. C’est confidentiel et tu es bien trop jeune pour te mêler de ça…
- C’est pas ça… C’est… Si le véritable assassin de Bob Armen a réussi à piéger un mafieux, il ne va certainement pas apprécier d’apprendre que tu essayes d’innocenter Pulgatti…
- Il ne va rien m’arriver, dit Johanna pour la rassurer.
- Qu’est-ce que tu en sais ? La famille de Pulgatti est très puissante et pourtant il s’est fait piéger…
- Dans ce cas, tu m’apporteras des oranges, répliqua Johanna en haussant les épaules.
- Maman ! Je ne plaisante pas ! Soupira Kate.
- Je sais chérie. Ne t’en fais pas, je suis très prudente, moi. Je ne suis pas du genre à foncer tête baissée dans la planque d’une bande de dealers !
- Mhm… Touchée…
Johanna sourit et prit sa fille dans ses bras en lui murmurant :
- Ne t’en fais pas pour moi, ce n’est pas le rôle des enfants de s’inquiéter pour leurs parents.
************
Alexis venait de terminer de réciter la fable qu’elle avait apprise à l’école et saluait son public, comme le lui avait appris sa mère.
- Fantastique, chérie ! Tu as vraiment beaucoup de talent ! Applaudit Meredith avec un enthousiasme mille fois exagéré. Chaton, tu ne trouves pas qu’elle est fantastique ?
- Si ! Répondit Castle en se forçant à sourire.
Bien sûr, il avait adoré la prestation de sa fille, il était son premier admirateur. Mais la présence de Meredith le mettait mal à l’aise. Qu’est-ce qu’il lui prenait tout à coup ? Pourquoi diable était-elle là ? Elle se fichait pas mal de la peine que leur séparation faisait à Alexis jusque-là, alors ?
- Cette petite a les gênes d’une grande actrice, se réjouit Martha.
- Oh ! Merci Martha, c’est très gentil à vous de dire ça, minauda Meredith.
- Je parlais de sa grand-mère, bien évidemment ! Rétorqua Martha. Avec le talent qu’elle a, elle pourra exercer son talent dans la cours des vrais acteurs : au théâtre !
- Mfffmm ! Le théâtre, c’est pour ceux qui ne sont pas assez bien pour la haute résolution ! Siffla Meredith.
- Wow ! Et si nous allions préparer le dîner ? Intervint Castle en attrapant sa mère par le bras pour l’empêcher d’étriper Meredith. Mexicain ça vous va ?
- D’accord, mais pas trop relevé pour moi, chaton ! Répondit Meredith en prenant ses aises dans le canapé. Tiens ! Et si tu remplaçais le piment par autre chose ?
- Du cyanure ! Suggéra Martha.
- Mère ! Allons dans la cuisine, dit Rick en l’entrainant avec lui.
- Richard ! Je peux savoir ce qu’il te prend ? Demanda Martha lorsqu’ils furent dans l’autre pièce.
- Meredith est la mère d’Alexis ! Tu ne l’apprécies peut-être pas, mais je te saurai gré de ne pas être méchante avec elle devant la petite !
- Elle n’a qu’à pas être là ! Vous êtes divorcés à ce que je sache ! Protesta Martha.
- Je sais bien, accorda Castle. Mais elle est là, alors je t’en prie, fais un effort ! … Pour Alexis !
- Mhmm… D’accord, je te promets de ne pas l’empoisonner, mais il ne faudra pas m’en vouloir, si je lui dis le fond de ma pensée !
- Merci, mère !
- Qu’est-ce qu’elle fait là, d’ailleurs ? C’est ton week-end de garde !
- Je ne sais pas trop… Elle a dit qu’elle voulait faire plaisir à Alexis…
- Elle veut te remettre le grappin dessus, oui !
- Mais non ! Qu’est-ce que tu vas chercher là ?...
- Elle a toujours une idée derrière la tête et crois-moi, ce qui passe en premier chez ton ex-femme, ce n’est pas le bien être d’Alexis, mais le sien !
- C’est elle, qui a demandé le divorce, pourquoi voudrait-elle se remettre avec moi ?
- Tu as du succès et tu es riche, ça me parait être deux bonnes raisons…
- Merci de t’inquiéter pour moi, mère, mais je suis assez grand pour me débrouiller tout seul. Et si ça peut te rassurer, je n’ai absolument pas l’intention de me remettre avec Meredith !
- Pas même pour Alexis ?
- J’aime Alexis de tout mon cœur. Ça ne changera jamais. Mais je ne me remettrai pas avec sa mère pour lui faire plaisir.
- Même pas un petit peu ? S’enquit Martha. Comment dis-tu déjà ?... Euh… Même pas une petite brioche au beurre de temps en temps ?
- Pas de brioche au beurre ! Assura Rick. Cette époque-là est révolue !
- Oh ! Voilà qui est nouveau ! Comment s’appelle-t-elle ?
- Qui donc ?
- Celle qui est la nouvelle propriétaire de ton cœur, Trésor !
Un sourire fleurit sur son visage à cette évocation. La nouvelle propriétaire de son cœur ?
- Tu nous la présenteras bientôt j’espère, sourit Martha.
- C’est très récent, alors…Laisse-nous un peu le temps de garder ça pour nous.
- D’accord ! D’autant qu’avant de l’amener ici, il va falloir que tu fasses place nette, rappela Martha en désignant la porte qui menait au salon.
- Ouais… soupira Castle, qui n’avait jamais été capable de dire non à son ex-femme.
- Montre-toi ferme pour une fois ! Conseilla Martha le poing serré. Il faut qu’elle comprenne que non, c’est non !
- Ouais…
***************
La nuit était tombée depuis plusieurs heures. Allongée sur le dos, son poignet plâtré posé sur son ventre, son autre bras au-dessus de sa tête, Kate dormait profondément. La chaleur dans cette chambre d’hôpital était telle, qu’elle avait envoyé sa couverture à l’autre bout du lit.
Elle commença à remuer légèrement et poussa quelques gémissements. Marmonnant quelques paroles incompréhensibles, son sommeil devint de plus en plus agité. La sueur perlant sur son front, sa respiration s’accéléra. Les silhouettes de sa mère et de Castle poursuivies par des mafieux hantaient ses rêves.
Soudain, elle se réveilla en sursaut. Il lui fallut quelques minutes pour se rendre compte de l’endroit où elle se trouvait et qu’elle avait fait un mauvais rêve.
Bon sang, ce rêve lui avait fait froid dans le dos ! Elle se rallongea rassurée et tenta de retrouver le sommeil.
Au bout d’une dizaine de minutes, qui lui avaient paru une éternité, elle se redressa et attrapa son téléphone.
- … Castlemmm… Marmonna Castle à l’autre bout du fil.
- …
- Qui est-ce ? Demanda Rick intrigué.
- … Pardon, je te réveille, dit Kate d’une toute petite voix.
- Kate !? Tout va bien ? S’inquiéta-t-il aussitôt ?
- J’ai fait un cauchemar…
- Ah ! Tu me rassures ! Soupira-t-il soulagé.
- Te moque pas ! C’était hyper flippant ! Protesta Kate.
- Non ! Je ne me moque pas ! C’est… Je suis seulement soulagé que tu ailles bien !
- Je suis désolée de t’avoir réveillé, je… J’avais besoin d’entendre ta voix.
- Je suis content que tu m’aies appelé ! J’avais envie de t’entendre, moi aussi, sourit Rick. Tu me manquais.
- Tu veux que je vienne te rejoindre ? Proposa-t-elle.
- Dites donc jeune fille, vous n’avez pas eu suffisamment d’ennuis comme ça ?! rétorqua Castle n'en revenant pas de ce qu'elle osait proposer.
- M’en fiche, marmonna-t-elle boudeuse.
- Je serai là lundi, ça va passer vite.
- Oh ! Le médecin a dit que je pourrai sortir lundi !
- C’est une excellente nouvelle ! Se réjouit Castle. Je serai là pour venir te chercher.
- Cool! Merci! Au fait, comment ça se passe avec Alexis?
- Bien! Bien! ça se passe très bien!
" Chaton! Je n'arrive pas à trouver les aspirines! Tu veux bien être mignon et venir m'aider à les trouver? J'ai un mal de tête horrible!"
- ...
- C'était quoi ça? demanda Kate d'un ton beaucoup moins joyeux.