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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 19.09.2015 à 19h17
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une histoire qui m'est venue à l'esprit alors que j'écoutais la chanson "The Scientist de Coldplay"... » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 68 paragraphes
Chapitre trente et un
- '...'
- Castle?
- … ouii ?
- C’était qui ?
- C'était ma mère! Il faut que j'y aille! Bye! Répondit-il à toute vitesse avant de raccrocher.
...
- Sérieux?! Fit Kate en regardant le combiné. Sa mère l'appelle encore chaton?!
Elle eut une moue dubitative, mais après tout… Certains parents avaient tendance à s’obstiner à affubler leurs enfants de surnoms affectueux, même quand ceux-ci avaient atteint l’âge adulte. Et après tout ce que Castle lui avait dit sur sa mère, il n’était pas impossible que cela fasse partie de ses excentricités.
Un peu déçue de n’avoir pas pu lui parler plus longtemps, mais rassurée et apaisée tout de même, elle se recoucha et s’endormit rapidement.
********************
- Chaton?! Insista la voix de Meredith.
- J'arrive! Marmonna Rick en soupirant.
Il n'en revenait pas, il avait menti à Kate. Leur relation commençait à peine et il lui mentait déjà! Un cauchemar! Il nageait en plein cauchemar!
Il se leva et sortit de sa chambre en traînant les pieds. Pourquoi diable Meredith avait-elle choisi ce week-end pour lui faire un coup pareil?
Lorsqu’il arriva dans la cuisine, il ouvrit un placard sans dire un mot et tendit la boîte d'aspirine à Meredith.
- Tiens.
- Ah! Merci chaton, sourit Meredith. J'ai une de ces migraines! J'espère que je ne t'ai pas réveillé...
- Non! Bien sûr que non! Je ne dors jamais à trois heures du matin! Grinça-t-il.
- Tant mieux! Je m'en serais voulu de t'avoir réveillé!
Elle le faisait exprès ou quoi ? Rassemblant tout son courage, il décida de mettre les pieds dans le plat :
- ... Meredith... Il faut qu'on parle, annonça-t-il d'un air déterminé.
- Plus tard chaton, veux-tu? Là, j’ai la tête comme une pastèque!
- Mais...
- Merci! Le coupa-t-elle en venant lui claquer un baiser sur la joue. Je savais que tu comprendrais!
Elle quitta rapidement la pièce, le laissant seul, au milieu de la cuisine.
- Demain, je la mets dehors! Se promit Rick.
Il attrapa le pot de glace aux chips et au caramel dans le congélateur, il avait grand besoin d’une petite douceur pour se calmer !
*****************
Quelques heures plus tard, Rick se leva bien déterminé à parler à son ex-femme. Malheureusement, toute sa détermination fut rapidement balayée.
- Papa! Dépêche-toi de te préparer! On prépare le pique-nique! S'écria Alexis tout sourire dès qu'il eut passé le seuil de la cuisine.
- Le pique-nique?
- C'est une merveilleuse idée, que j'ai eue cette nuit, chaton! Dit Meredith de façon théâtrale. Un pique-nique tous les trois sur la plage ! Oh chérie, j'y pense! Tu devrais aller chercher tes jouets de plage!
- Ils sont dans le placard de ma chambre! J'y vais! Lança Alexis en se précipitant hors de la cuisine.
- C'est fantastique! Se réjouit Meredith. C'est comme au bon vieux temps!
- Le bon vieux temps?... Répéta Castle en panique, Meredith... Il faut qu'on p...
- Je sais! Je nous ai fait du mal! Le coupa-t-elle. J'en ai conscience! Et je tiens à réparer mes erreurs.
- Mais...
- Alexis est si contente à l'idée de ce pique-nique tous les trois! Dit-elle sans lui laisser le temps d’en placer une.
- Tous les trois?! Et ma mère?
- Elle ne vient pas! Elle avait rendez-vous avec des amies, se réjouit Meredith. N'est-ce pas merveilleux? Rien que tous les trois, en famille, comme avant!
- Euh... Meredith...
- Je sais, je sais, tout ça est très soudain pour toi et il te faudra sans doute du temps pour que tout redevienne comme avant, mais notre famille en vaut la peine!
- Notre famille? Meredith, tu as détruit notre famille! Protesta Castle.
- Comme tu y vas ! Rien n’est définitif !
- Tu m’as trompé avec ton producteur ! Argumenta Castle. Et dois-je te rappeler que c’est toi, qui as demandé le divorce ?!
- Oui, je sais, mais je me suis rendu compte que notre famille me manquait, qu’elle manquait à notre fille…
Diable, qu’elle actrice, elle le convaincrait presque s’il ne la connaissait pas aussi bien.
- Tu… Tu veux dire que ce brusque revirement d’attitude de ta part est dû à la tristesse de notre fille ?
- La pauvre petite, elle te réclame tous les soirs… Avoua Meredith. Et je dois reconnaitre que dans ces cas-là, elle est un peu barbante…
- Meredith… soupira Castle. On ne peut pas se remettre ensemble pour faire plaisir à Alexis…
- On en reparlera plus tard, tu veux ? Allons passer une bonne journée tous les trois, répondit-elle en quittant la pièce. Alexis ! Tu es prête chérie ?
Castle soupira. Cette discussion avec son ex-femme ne s’annonçait pas facile…
**************
L’enfer ! Cette journée pique-nique était un véritable enfer pour l’écrivain. Meredith le saoulait à un point ! Comment avait-il fait pour supporter sa voix pendant toutes ces années passées ensemble ? Et encore, s’il n’y avait que sa voix… Elle était complètement folle par-dessus le marché ! Comment avait-elle pu songer un seul instant que leur pique-nique sur la plage pouvait se faire sur la Croisette ? Il avait eu du mal à lui faire renoncer à ce projet démentiel, mais il avait su se montrer ferme. Si elle voulait une journée en famille, elle ne devait pas la transformer en virée shopping de luxe.
Rassuré par cette petite victoire, il s’était promis de discuter avec Meredith à la fin de cette journée. En attendant, il s’était focalisé sur sa fille, bien décidé à ne gâcher aucune minute passée en sa compagnie.
Vers midi, il reçut un message, qui lui redonna le sourire, Kate lui avait envoyé une photo de plats thaïlandais à emporter, qu’elle avait légendée ainsi : « Un avant-goût de ma sortie de lundi : de la nourriture goûteuse ! KB »
Il lui avait répondu aussitôt :
« Je t’emmènerai dans un restaurant étoilé pour fêter ta sortie. RC»
« J’aimerais mieux un bon cheeseburger. KB »
« Une femme de goût. ;) Va pour le meilleur Cheeseburger de la côte ouest. RC »
« Miam ! Tu t’amuses bien avec ta fille ? »
« On passe la journée à la plage. »
« Chouette. Amusez-vous bien. KB »
Il rangea son téléphone dans sa poche avec un petit nœud à l’estomac. Il se fit la promesse de tout lui dire sur la présence de Meredith chez lui durant ce week-end. En espérant qu’elle comprendrait…
- Hey papa ! Tu viens m’aider à faire un château de sable ? Demanda Alexis qui arrivait près de lui.
- Euh… Oui ! Bien sûr ! … Où est ta mère ? répondit-il en cherchant la tornade rousse du regard.
- Elle a repéré un sac dans une vitrine en venant.
- Oh ! Je vois ! Elle n’a pas pu résister à son appel, comprit-il.
- Elle en a au moins pour deux heures, il va lui falloir les chaussures qui vont avec ! expliqua Alexis.
- Elle a une drôle de notion des journées en famille… Soupira-t-il. Ça va ? Tu n’es pas trop triste ?
- Non, pourquoi je serais triste ? J’aime être avec toi.
- Je croyais que tu voulais passer une journée en famille…
- Papa, je sais que maman et toi, vous ne vous aimez plus !
- Ah bon ?
- Tu as une vilaine ride là, quand maman est avec nous, dit-elle en posant son petit index sur le front de son père. Je ne l’aime pas du tout cette ride…
- Mais ta maman a dit que tu étais triste…
- …
- Alexis, tu peux tout me dire, tu sais ?
- J’aime maman, mais…
- Mais quoi ?
- Mais je préfèrerais habiter chez toi… Lâcha la petite fille d’un air ennuyé.
- Ça ne se passe pas bien avec ta maman ?
- Si, mais elle est souvent partie pour son travail… Et tu me manques beaucoup papa !
- Toi aussi, tu me manques, chérie, dit-il en la prenant dans ses bras pour lui faire un câlin. Je parlerai à ta maman, on peut peut-être trouver une solution…
- Merci papa !
- Allez, viens, on va le faire ce château de sable.
- Avec un pont-levis ?
- Avec un pont-levis, un donjon, des douves et un chemin de ronde !
- Ouais !!
Le reste de la journée se passa agréablement, Meredith ne revenant que trois bonnes heures plus tard, les bras chargés de paquets, qu’elle s’empressa de confier à Rick pour qu’il les porte jusqu’à la voiture.
Lorsqu’Alexis fut couchée, Castle se lança enfin :
- Meredith, il faut que nous ayons une discussion…
- Oh, Chaton, on a passé une merveilleuse journée, tu ne trouves pas ?
- Tu as été absente la moitié du temps !
- Je sais, mais vous détestez le shopping !
- De toute façon, ça n’a pas d’importance, répliqua-t-il. On ne peut pas se remettre ensemble.
- Pourquoi pas ? Alexis serait tellement contente !
- C’est fini entre nous Meredith, on ne va pas se remettre ensemble sous prétexte que ça ferait plaisir à Alexis. D’ailleurs j’en ai discuté avec elle, elle est tout à fait consciente qu’on ne se remettra pas ensemble !
- Chaton, tu verrais ta fille plus souvent, elle ne serait plus seule quand je suis sur un tournage …
- Pour ça, il te suffit de me la confier. Ça sera beaucoup mieux pour elle d’être avec son père, qu’avec des nourrices qu’elle connait à peine.
- On pourrait essayer de recoller les morceaux, suggéra Meredith.
- Je suis désolé Meredith, souffla-t-il, c’est impossible.
- Je vois, tu as besoin de temps… Pas de problème, je vais t’en laisser. Autant que tu voudras !
- Meredith… Je ne t’aime plus, c’est fini…
- D’accord, sourit-elle tristement, je comprends.
- Je peux te poser une question ?
- Bien sûr.
- Pourquoi ce revirement tout d’un coup ? C’est toi, qui m’as trompé, c’est toi, qui as demandé le divorce, alors pourquoi vouloir soudainement recoller les morceaux ?
- Sans doute parce que je me suis rendue compte que tu étais un homme extraordinaire et que j’avais fait une erreur en te quittant… Allez, bonne nuit chaton, dit-elle en l’embrassant avant de regagner sa chambre.
Il resta seul dans le salon, songeur. Ça avait été plus facile qu’il ne l’avait imaginé. Fier de lui et de sa fermeté face à son ex-femme, il regagna sa chambre en songeant à sa chère petite brunette, qu’il retrouverait le surlendemain.
Le dimanche se passa agréablement, entre discussions légères, fous-rires et jeux. Meredith avait cessé ses allusions à la possibilité qu’ils se remettent ensemble et ne semblait pas lui en tenir rigueur. C’était d’ailleurs une de ses qualités, elle n’était pas rancunière pour deux sous !
Elles étaient reparties en début de soirée laissant un grand vide dans l’appartement de Rick, qui ne supportait toujours pas l’idée de ne pas revoir sa fille avant deux semaines.
- Tiens bon, elle finira par laisser tomber, dit Martha qui avait remarqué le voile de tristesse dans le regard de son fils.
- De quoi parles-tu ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Franchement, tu n’as toujours pas compris ? S’exclama Martha. Elle veut la garde d’Alexis pour avoir une emprise sur toi ! Quand elle comprendra que tu ne reviendras pas avec elle, elle te laissera la garde, crois-moi !
- Tu exagères là, elle aime Alexis…
- Bien sûr qu’elle l’aime ! Mais elle s’aime encore plus ! Et avoir une enfant de cet âge dans les pattes, quand on a son ambition, ça n’est pas du tout pratique !
- … C’est elle qui m’a quitté, je ne vois pas pourquoi elle voudrait me récupérer…
- Mhm ? Voyons voir ? Ton Derrick Storm rencontre un grand succès, il risque d’intéresser le cinéma… Oh tiens ! C’est justement son grand espoir, jouer un rôle principal dans un grand film !
- Oui, à ce détail près, que Derrick Storm est un homme ! fit remarquer Castle.
- Tu oublies que les producteurs ont plusieurs projets de films dans leurs cartons et un éventuel rôle pour ta femme pourrait faire partie des négociations...
Chapitre trente deux
- Regardez-moi ça! Quel magnifique sourire! Constata le médecin en entrant dans la chambre de Kate.
- Ça, c'est parce que vous venez lui signer ses papiers de sortie, indiqua Johanna. Le lion sort de sa cage, alors il est joyeux!
- Comme je la comprends, j'ai ce sentiment tous les soirs en quittant cet hôpital, approuva le médecin. Alors, comment vous sentez-vous?
- Bien! Très bien! Aucune douleur! Tout va parfaitement bien! Dit Kate avec un enthousiasme exagéré.
Le médecin éclata de rire.
- Vous pouvez dire que vous avez encore des douleurs, avec des côtes cassées, c'est normal! Cela ne m'empêchera pas de signer votre feuille de sortie!
- C'est vrai?
- Bien sûr! Votre hématome est complètement résorbé, il n'y a plus de risque d'hémorragie, vous êtes libre!
- Tant mieux! Parce que je ne tiendrais pas une minute de plus dans ce lit! Répondit Kate en enfilant ses chaussures.
- Vous êtes sûr qu'il n'y a plus aucun risque? Demanda Johanna.
- Non, c'est bon, vous pouvez être tranquille.
- Bien! On y va? Lança Kate, qui ne tenait déjà plus en place.
- Tu ne veux pas attendre Richard? Il avait dit qu'il viendrait te chercher ici.
- Oui, eh bien il avait qu'à être à l'heure! Rétorqua Kate. Moi, je sors!
- J'en connais un qui va devoir faire profil bas, murmura Jim à l’oreille de sa femme.
- C'est étonnant qu'il ne soit pas encore arrivé, chuchota Johanna.
- Tu sais ce que c'est que les stars... répondit Jim en levant les sourcils.
- Tu avais dit que tu lui laisserais une chance !
- Une chance, oui ! Mais s’il fait souffrir ma fille, il entendra parler de moi ! Pff ! Ces célébrités ! Toutes les mêmes ! Elles pensent qu’elles peuvent piétiner le commun des mortels sans conséquences !
- Arrête, il n'est pas comme ça et tu le sais...
- Mhm… ça reste à voir ! Marmonna Jim en suivant Johanna hors de la chambre.
Lorsque Kate passa la porte de sortie, elle s'arrêta net et sourit. Il était là, appuyé contre la carrosserie de sa Ferrari. Vêtu d'un pantalon de lin couleur crème et d'une veste assortie, une chemise noire pour le contraste. Une brise légère faisant voler quelques mèches de ses cheveux et ses lunettes de soleil lui donnant un petit air inaccessible, il était vraiment trop craquant.
Il sourit en la voyant sortir et se retourna pour attraper quelque chose dans sa voiture. Elle s’avança de quelques pas et tendit le cou pour mieux voir ce qu’il avait amené.
Du café. Celui de leur troquet. Celui qu'elle préférait.
- Il y avait du monde, expliqua-t-il. Ça m'a pris plus de temps que prévu.
Elle se contenta de lui répondre par un magnifique sourire et se précipita vers lui pour sauter dans ses bras. Il n’eut que le temps de poser les cafés sur le capot de sa voiture, pour la réceptionner. Diable ! Qu’il aimait sa fraîcheur et sa spontanéité !
- Wah... C'est moi ou le café, qui te fait cet effet-là? Demanda-t-il alors qu'elle parsemait son visage de baisers passionnés.
- Castle, ferme la et embrasse-moi, répondit-elle impatiente.
Il resserra légèrement son étreinte pour ne pas réveiller ses douleurs costales, leurs bouches se rencontrèrent, leurs souffles se mélangèrent et le monde autour d'eux cessa d'exister tandis que leurs langues se retrouvaient pour un ballet sensuel et passionné.
- Apparemment, il a su se faire pardonner son retard, constata Johanna en sortant du bâtiment.
- Déjà ?! Mais elle lui mange dans la main ! S’étonna Jim déçu que sa fille ne lui ait même pas fait un peu la tête.
- Regarde, au lieu de bougonner ! Rétorqua Johanna, il était allé chercher du café !
- Quelle marque le café? Demanda Jim. Il va falloir que je m’en procure pour les fois où je rentrerai un peu en retard !
- Oui, tu devrais en prendre de la graine, rétorqua Johanna. C’est un gentleman !
- Oui, et bien le cœur du gentleman est déjà pris, très chère. Tu vas devoir te contenter de ton vieux mari ! Bougonna Jim.
Remarquant l’arrivée de papa et maman Beckett, les tourtereaux mirent fin à leur baiser. Castle les salua chaleureusement et leur offrit à chacun un gobelet de café.
- Un latte macchiato pour Johanna, annonça-t-il en commençant la distribution, un espresso sans sucre pour Jim… Un latte à la vanille pour Kate…
- … Et un capuccino pour Rick ! Termina Kate en lui tendant son gobelet.
Ils trinquèrent, puis Rick mit les affaires de Kate dans son coffre et emmena tout ce petit monde loin de l’hôpital.
Jim et Johanna ayant prévu de repartir le lendemain, ils décidèrent de passer la journée ensemble.
Comme promis, ils déjeunèrent dans un restaurant réputé pour ses cheeseburgers. Johanna ne manquait pas une occasion pour taquiner son mari en vantant les qualités de Castle, qui ne savait plus où se mettre.
- Ne t’en fais pas, lui avait dit Kate en remarquant sa gêne, elle fait ça pour taquiner mon père.
- Oh ! Ne lui dis pas, chérie, j’adore voir sa mine ennuyée ! Avait protesté Johanna.
- Oui, presqu’autant que me taquiner, avait ajouté Jim.
- Vous ne savez pas vous tenir franchement ! Vous êtes pires que des gamins ! S’était exclamée Kate.
- Oh ! Katie ! On ne vit qu’une fois, il faut savoir s’amuser, n’est-ce pas Rick ? avait répondu Johanna.
- Euh… Avait hésité Castle peu certain de la réaction de Kate, s’il avouait être d’accord avec Johanna.
- Oh ! Comme c’est mignon ! Il n’ose pas te contredire, Katie !
- Non, mais tu vas arrêter ? Marmonna Kate en désignant les autres clients autour d’eux, qui les écoutaient plus ou moins discrètement.
- Je dois reconnaitre que ça a du bon, que vous soyez le petit ami de Katie, dit soudain Jim. Comme ça, je ne suis plus le seul à me faire mettre en boîte par ma chère épouse.
Après le déjeuner, ils passèrent l’après-midi dans un parc, profitant du climat plus qu’agréable pour la saison. Kate, encore convalescente, avait sommeillé contre le torse de Rick, qui avait discuté de ses romans avec Johanna, tandis que Jim s’était plongé dans la lecture de journaux.
N’ayant pas été seuls une seule minute, Rick n’avait pas encore pu avouer à Kate qu’il avait passé le week-end avec son ex-femme en plus de sa fille. Cela l’ennuyait fortement, mais il ne se voyait pas lui annoncer ça devant ses parents. Si la confiance de Johanna lui était totalement acquise, celle de Jim était encore en conditionnelle, une bombe de cet acabit risquait de la faire voler en éclats.
En fin de journée, les parents Beckett, désireux de faire plaisir à leur fille, proposèrent à Rick de passer la nuit dans leur suite à l’hôtel.
- C’est que… Je ne voudrais pas vous déranger, avait répondu l’écrivain.
- Vous ne nous dérangez pas, avait répondu Johanna, et puis, c’est normal, étant donné tout ce que vous avez fait pour nous aujourd’hui.
- Le canapé est confortable, avait ajouté Jim pour éviter tout malentendu.
- Papa ! Avait protesté Kate en rougissant jusqu’aux oreilles.
- Excuse-moi chérie, mais je préfère être clair !
C’est ainsi, que Rick se retrouva seul, plongé dans le noir et dans ses pensées, sur le canapé du salon de la suite. Le canapé... Les parents dans la pièce d'à côté... Décidément sa relation avec Kate, lui rappelait beaucoup trop son adolescence! Si seulement Kate avait quelques années de plus... Il repensa à son week-end. Il n'avait pas encore trouvé le moment pour en parler à Kate et craignait que ce mensonge lui explose en pleine figure s'il attendait d'avantage. Il fallait qu'il en parle à Kate, mais il avait une peur bleue de sa réaction. Elle était tellement impulsive et entière! Pour elle, tout était blanc ou noir, il n'y avait pas de nuance de gris. Il aimait cet aspect de sa personnalité, mais craignait que cela ne l'empêche de comprendre pourquoi il lui avait menti. Bon d'accord, il aurait dû tout lui avouer tout de suite, mais il avait été entrainé par le tourbillon Meredith et n'avait pas su faire machine arrière. Pouvait-on comprendre cela à dix-neuf ans à peine?
Elle était trop jeune pour lui... Cette réalité le frappa de plein fouet. Elle commençait à peine sa vie d'adulte, alors que lui avait déjà vécu tellement de... De quoi? D'expériences? Il s'était marié, avait eu une enfant, avait connu ses premiers succès professionnels... Mais sa vie n'était pas finie, loin de là, il allait en vivre beaucoup d'autres choses, pourquoi s'interdire de les vivre avec Kate? Ses premières expériences de sa vie d'adulte pouvaient très bien coïncider avec celles que lui allait vivre désormais!
Elle l'aimait, elle le lui avait prouvé. Jamais personne n'avait fait pour lui ce qu'elle avait fait. Personne ne l'avait jamais fait passer avant tout. La valeur n'attendait pas le nombre des années. Elle en était la preuve vivante. Il ne pouvait pas renoncer par couardise, elle méritait qu'il donne une chance à leur histoire.
Elle avait pris tellement de risques pour lui... En y repensant, ça lui faisait froid dans le dos! Peut-être qu'il n'était pas bon pour elle... Peut-être que Jim avait raison de ne pas voir cette relation d'un bon œil... Peut-être qu'il ferait mieux de s'éloigner d'elle avant de la faire souffrir... Il attrapa son oreiller, se l'écrasa sur le visage en grognant sa frustration. Il était perdu!
- Castle?! Murmura la voix de Kate.
Il écarta légèrement l'oreiller de son visage pour la regarder d'un œil étonné.
- Ça va? Chuchota-t-elle.
- ... Euh... Oui... Tu ne dors pas?
- J’n’y arrive pas... Je peux dormir avec toi?
- Euh... Tu crois?... Tes parents sont juste à côté, alors… Enfin j'veux dire...
- Ne me dis pas qu'ils te font peur... rit Kate. Ils sont doux comme des agneaux...
- Avec toi sans doute... Moi, je suis le vil séducteur qui veut leur voler leur petite fille.
- T'es bête! Pouffa-t-elle. Et puis... Je t'ai juste demandé de me laisser dormir avec toi!
- Euh... Oui... Évidemment!
- À moins que tu... Enfin...
- Non! Non! Non! Viens! Tu peux dormir avec moi! Assura-t-il en soulevant la couverture pour qu'elle vienne se blottir contre lui.
Elle sourit et se coula sous les draps tout contre lui.
Wow! Tourne ton bassin! S'ordonna Castle tandis qu'elle venait se nicher dans ses bras.
- Ça va? Demanda-t-elle.
- Hein ?
- J’ai l’impression que tu as des soucis…
Non, mais elle avait des pouvoirs de Jedi ou quoi?
- Euh... Non, ça va, pourquoi ça n'irait pas?
- Bah... Tu as une ride là, dit-elle en désignant son front... Tout va bien avec ta fille?
- Oh oui! Tout va bien!
- Alors quoi? C'est moi? J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas?
- Non! Bien sûr que non!
- Tu aurais peut-être préféré qu'on passe la journée rien que tous les deux... Mais mes parents repartent demain, alors...
- J'ai été ravi de passer cette journée avec tes parents et toi.
- Tant mieux, souffla-t-elle soulagée. J'ai eu peur que tu sois déçu, tu avais l'air tellement ennuyé...
- J'ai revu Meredith, ce week-end, avoua-t-il sans entrer dans les détails.
- Et ça t’ennuie ?
- Pas toi ?
- C’est la maman de ta fille, c’est normal que tu la voies de temps en temps !
- Ah… ? Oui… Tu as raison, c’est normal…
- Bien sûr que j’ai raison ! Allez ! Bonne nuit Castle !
Elle se pelotonna contre lui et se laissa bercer par les battements du cœur de son écrivain. Après réflexion, Rick se dit qu’elle avait entièrement raison, il n’y avait rien de mal à ce qu’il voie la mère de sa fille. Il s’était mis martel en tête pour rien ! Rassuré, il ferma les yeux à son tour et se laissa tomber dans les bras de Morphée.
Chapitre trente-trois
Au petit matin, Rick fut le premier réveillé. Sentant un poids sur sa poitrine et un doux parfum de cerise flotter dans l'air, il sourit. Kate... Qu'il était agréable de se réveiller à ses côtés. Il lui caressa doucement le dos, elle soupira d'aise et se lova un peu plus contre lui. Il appuya un peu plus ses caresses, mais elle s'obstinait à garder les yeux fermés, aussi, décida-t-il de changer de méthode.
- Salut p'tite marmotte!
- Mhmm, grogna-t-elle. Il est trop tôt...
- C'est fait exprès, tu devrais retourner dans ton lit avant que tes parents ne se lèvent.
Elle pouffa sans pour autant daigner ouvrir les yeux.
- Quoi? S'étonna-t-il.
- Tu crois vraiment que mes parents vont croire que j'ai sagement dormi dans la chambre à côté?
- Bah oui... Enfin, pas si tu t'obstines à jouer les marmottes, mais si tu retournes dans ta chambre, oui.
- Castle, répondit-elle en relevant la tête pour le regarder dans les yeux, ils me connaissent, ils se doutent bien de l'endroit où j'ai passé la nuit!
- Ton père va être furax...
- On n'a fait que dormir tous les deux, il n'a aucune raison d'être furax.
- Je n'ai pas l'impression qu'il sera très cool...
- Tu t'inquiètes beaucoup trop, il faut te détendre! Qu'est-ce que tu veux qu'il te fasse?
- Euh... Bah... Si tu savais tout ce que je projette de faire si un jour je trouve ma fille dans les bras d'un homme...
- Elle a cinq ans Castle! Tu as encore le temps avant de te retrouver dans cette situation!
- Détrompe-toi, ça passe très vite! Il faut que je me prépare psychologiquement!
- C'est en t'inquiétant d'éventuels futurs problèmes que tu gâches un temps précieux! Vis l'instant présent sans t'inquiéter du lendemain!
- Voilà des paroles bien sensées de la part de quelqu'un d'aussi jeune que toi!
- En quoi c'est surprenant?
- À ton âge, on a des rêves plein la tête, on se projette dans l'avenir, on est impatient...
- Dis-donc Freud, c'est pas bien d'avoir des idées reçues comme ça sur les jeunes!
- C'est vrai, admit-il. Alors? Qu'est-ce qui t'a amenée à faire de cette maxime ton credo?
- J'ai regardé le cercle des poètes disparus!
- Évidemment... Oh capitaine mon capitaine...
- Un grand film! Mais assez bavardé, déclara-t-elle sérieusement.
- Ah ? Et que veux-tu qu’on fasse ?
Elle posa ses lèvres contre les siennes et donna le top départ d'un baiser passionné, sensuel. Délicatement et sans lâcher ses lèvres, il la fit rouler sur le matelas et se retrouva sur elle. Il releva un instant la tête pour l'admirer. Il la trouvait magnifique.
- Qu’est-ce que tu as ? Demanda-t-elle alors qu’il ne bougeait pas.
- Tu es magnifique, répondit-il simplement.
Elle sourit et tout s'illumina. Quel sourire ! Il se sentait capable d’affronter une journée entière de dédicaces sans boire une seule goutte de café, de gravir le mont Everest sans préparation, de traverser le Mordor ou même de décrocher la lune juste pour pouvoir admirer ce sourire !
Elle fit glisser sa main derrière sa nuque pour le rapprocher d'elle et reprendre possession de ses lèvres. Leur baiser était doux, sucré, merveilleux. Leurs langues se caressèrent et se mêlèrent tendrement. Leurs cœurs se mirent à battre plus rapidement, leurs respirations devinrent plus rapides. Kate déclenchait en lui une telle émotion que cela faisait presque mal. Irrésistiblement, ses mains partirent à la découverte de son corps si parfait, déclenchant chez elle des gémissements de plaisir. Tentant de garder le contrôle, il prit soin de rester au-dessus du tissu.
Leur baiser semblait ne jamais devoir s'arrêter, elle le dévorait avec passion. Il n'en pouvait plus, son cœur cognait si fort dans sa poitrine, qu'il eut l'impression qu'il cherchait à en sortir.
Délicatement, il fit glisser le tissu de son tee-shirt pour découvrir la peau de son épaule qu'il embrassa tendrement, s'enivrant de son merveilleux parfum fruité. Elle se lova contre lui, heureuse de pouvoir le sentir et le toucher. Elle aussi adorait son odeur.
Il revint vers son visage, déposant çà et là des baisers d'une tendresse infinie. Il déposa sur ses lèvres un autre baiser délicat et sensuel. Elle entrouvrit les lèvres et lui rendit son baiser avec passion. Leurs cœurs battant de plus en plus vite, la chaleur du brasier qu'ils venaient d'allumer, les envahit. Incapable de se maîtriser plus longtemps, il laissa sa main se faufiler sous son tee-shirt pour venir caresser son ventre plat et musclé.
- Reste au lit, je commande le café, dit la voix de Jim alors que la porte de la chambre s'ouvrit.
Kate lâcha un petit cri tandis que d'un geste brusque et rapide, Rick mettait fin à leur moment câlin en tirant la couverture sur eux.
- Katie? S'écria Jim choqué, gêné et en colère.
- ... Salut papa… Murmura-t-elle de sous la couverture.
- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda Johanna qui s'était précipitée hors de la chambre en entendant le cri de son mari.
- CE QU'IL SE PASSE? IL SE PASSE QUE TA FILLE ÉTAIT EN TRAIN DE... DE... DE... DANS LE CANAPÉ DU SALON!!!!! Explosa Jim.
- Jimmy... Le tempera Johanna, à t’entendre, on pourrait croire que tu n'as jamais été amoureux...
- C'EST PAS LE PROBLÈME! IL FAUT SAVOIR SE TENIR! NON, MAIS TU TE RENDS COMPTE QU'ON ÉTAIT DANS LA CHAMBRE JUSTE À CÔTÉ!! DEUX MINUTES PLUS TARD ET J'ÉTAIS BON POUR UN TRAUMATISME PARENTAL !
- Faut-il mon cher mari que je te rappelle ce qu'on a fait à Noël dernier chez ma mère, alors qu’elle dormait dans la pièce à côté? Ou ce que l'on fait régulièrement depuis près de dix-neuf ans avec notre fille dormant dans la pièce à côté?!
- Là, c'est moi, qui suis bonne pour un bon vieux traumatisme de l’enfance... Grogna Kate en tirant légèrement la couverture
- Allez ! Vous deux ! Levez-vous, sourit Johanna.
- Euh... Bonjour... Johanna... Jim..., hasarda Rick en sortant la tête de sous la couverture.
- Bonjour Richard, rigola la mère de Kate devant son air enfantin. Allez levez-vous, Jim s'est calmé.
- Mouais...approuva Jim de mauvaise grâce. Mais quand même… Vous auriez pu attendre qu’on soit repartis !
- Mon cher papa, sache pour ta gouverne, que j’ai encore mon pyjama, rétorqua Kate en se levant.
- Plus pour très longtemps, si j’en crois ce que je vois, siffla Jim en désignant la tenue débraillée de sa fille.
Kate réajusta rapidement sa tenue en rougissant.
- Tu devrais faire attention ! Ajouta-t-il, tu as des fractures !
- Et Rick s’est montré extrêmement doux, le taquina-t-elle.
- Et très correct ! S’empressa d’ajouter Rick qui ne voulait absolument pas énerver Jim.
- Je vais commander le petit déjeuner ! Annonça Johanna pour changer de sujet. Katie, tu devrais aller prendre ta douche !
- D’accord ! Tu viens Castle ? Lança cette dernière.
- Non mais oh ! Tu ne vas pas en plus l’emmener sous la douche avec toi ! Intervint Jim.
- J’ai besoin d’aide ! Signifia Kate en agitant son poignet plâtré.
- Bien ! Je vais t’aider ! Rétorqua Jim.
- Non mais ça ne va pas ? S’étrangla Kate. La dernière fois que tu m’as vue nue je ne devais pas avoir plus de huit ans ! Il n’est pas question que tu m’accompagnes sous la douche ! Tu n’en as plus le droit !
- Parce que lui il en a le droit !?
- Oui ! Lui il en a le droit ! Allez viens Castle ! On va se doucher !
- Euh… Hésita ce dernier.
- Allez-y les enfants ! Dit Johanna en enroulant son bras autour de la taille de son époux. On va faire venir le service d’étage. Il est toujours un peu grincheux quand il n’a pas eu son café !
******
- Wah ! Je ne risque pas de fêter Thanksgiving chez les Beckett ! Souffla Castle en entrant dans la salle de bain.
- Pourquoi pas ?
- Ton père me déteste !
- Ne te formalise pas de son attitude, le rassura Kate, ce n’est pas personnel. Mon père déteste tous les gars avec qui je suis sortie !
- Tous les ? Répéta-t-il.
- Quoi ?
- Tu as dit que ton père détestait « tous les gars avec qui tu es sortie ! » ça sous-entend un nombre conséquent de gars ça !
- Dis-donc Casanova ! Tu signes tes autographes sur les poitrines de tes fans ! Tu ne vas pas être vexé de ne pas être mon premier petit ami !
- On parle de combien d’ex-petits amis là exactement ?
- Attends... T'es en train de me demander mon score?! Coassa-t-elle.
- Donne-moi le tien et je te donnerai le mien, essaya-t-il.
Elle le regarda droit dans les yeux, semblant prendre en considération sa proposition, puis grimaça légèrement.
- Mhm…Non… désolée ! Mon score restera top secret ! décida-t-elle finalement.
- Sérieux ? Tu as commencé à quel âge ? S’inquiéta-t-il légèrement.
- Castle ! Le coupa-t-elle en posant un doigt sur sa bouche. Tu préfères te prendre la tête avec mes ex-petits copains ou profiter du moment présent?
- Carpe diem ! Approuva-t-il en se jetant sur ses lèvres.
- J’aime mieux ça, sourit-elle entre deux baisers.
**********
- Tu crois qu’il se contente de l’aider à se doucher ? Demanda Jim le regard tourné vers la porte de la salle de bain.
- Quand bien même ils feraient autre chose, en quoi ça te regarde ? Notre fille est majeure, je te rappelle ! Dit Johanna en l’obligeant à tourner la tête vers elle.
- Comment peux-tu être aussi calme avec un sujet aussi sensible ?
- Je fais confiance à notre fille, répondit simplement Johanna. Elle est intelligente et a un jugement sûr !
- Elle est sortie avec un grunge qui puait le chien mouillé et son dernier petit ami en date l’a envoyée en prison ! Rétorqua-t-il. Ce n’est pas ce que j’appelle avoir un jugement sûr !
- Elle est sortie avec ce grunge pour te faire enrager parce que tu ne lui fais pas confiance ! Quant à ce Rogan, ses amies m’ont dit que c’était uniquement pour qu’elles lui fichent la paix avec leurs plans pour justement lui trouver un petit ami !
- Bravo ! Marmonna-t-il. Par esprit de contradiction, elle est capable de se fourvoyer avec les plus sombres crétins de ce monde !
- C’est pourquoi tu devrais te réjouir qu’elle soit sous le charme de Richard, dit Johanna avec compassion. Il est charmant et complètement séduit par notre fille !
- Mhm… Tu as sans doute raison, soupira-t-il.
On frappa à la porte de la chambre.
- J’ai raison et tu le sais ! Ah ! Voilà le petit déjeuner !
- Qu’est-ce qu’on fait ? On va leur jeter un seau d’eau froide ?
- Ça ira papa ! dit Kate en sortant de la salle de bain. Au risque de te surprendre, on n’a fait que se laver dans cette salle de bain !
- Là, elle t’a bien eu mon chéri ! Rigola Johanna. Café ?
- Merci, marmonna-t-il gêné.
- Et si tu me faisais un peu confiance ? suggéra Kate en embrassant son père.
- D’accord, souffla-t-il en la serrant dans ses bras. Je t’aime Katie.
- Je t’aime papa.
- Ils sont terribles, chuchota Johanna en prenant Rick en aparté.
- Mais ils s’adorent, termina-t-il avec un sourire.
Ils prirent leur petit déjeuner dans une ambiance plus légère en riant de leur début de journée plutôt animé. Puis ils prirent tous les quatre la direction de l’aéroport.
Là, Kate dû promettre à ses parents de ne plus prendre autant de risques et de revenir les voir une dizaine de jours plus tard. Après quoi, ces derniers demandèrent à Rick de veiller sur elle, ce que Rick promit aussitôt, ravi de cette marque de confiance.
- On dirait que tu as su faire bonne impression, dit finalement Kate devant la vitre d'où ils pouvaient voir les avions prendre leur envol.
- Et tu es contente? Demanda-t-il en l'entourant de ses bras.
- Mhm-mhm.
- Et pourquoi donc?
- Parce que j'ai bien l'intention de ne pas lacher ta main avant un très long moment, avoua-t-elle après avoir pris une grande inspiration.
- Cool! Parce que moi non plus, je n'ai pas l'intention de lacher ta main, sourit-il.
Chapitre trente quatre
Après le retour des Beckett à New-York, la vie avait repris un cours normal. Kate se remettait bien de ses blessures et avait repris les cours. Rick, quant à lui, avait démissionné de son job d'enseignant à la fac et se consacrait à l'écriture de son futur roman "Derreck Storm".
- Tu sors encore avec ton bel écrivain ce soir? Demanda Carly alors que Kate préparait son sac pour aller en cours.
- Non, répondit cette dernière, il doit écrire. Il a pris pas mal de retard avec cette histoire et son éditrice va faire de sa vie un véritable enfer s'il ne lui rend pas ses chapitres avant la fin de la semaine.
- Eh bah dis-donc, pour un romancier, je ne le trouve pas très romantique...
- De quoi tu parles? Demanda Kate en fronçant les sourcils.
- Tu as risqué ta vie pour lui, Kate! Et lui, il préfère faire ses devoirs au lieu de passer la soirée avec toi! Excuse-moi, mais il lui manque une case!
- N'exagère pas tout de même....
- Je n'exagère pas! Je trouve qu'il devrait être plus impatient de te retrouver! John ne peut pas passer une journée sans me voir et pourtant il est débordé avec ses études de...
- Neurochirurgie! Termina Kate agacée. Je sais, je sais! Mais Castle n'est pas John et je ne suis pas toi! On est très bien comme ça!
- Tu es sûre? S’étonna Carly. Ça te convient vraiment?
- Oui! Affirma Kate sûre d’elle. Ça me laisse du temps pour travailler et puis...
- Et puis quoi?
- Rien du tout, souffla Kate en plaçant la bandoulière de son sac sur son épaule.
- Ah non! Non! Non! Tu ne vas pas me faire le coup de la fille qui n'a pas le temps de parler! Protesta Carly.
- Je n'ai pas le temps de parler! Affirma Kate. Mon cours commence dans moins de vingt minutes et le prof est très strict sur les horaires! Il ne laisse pas entrer les retardataires!
- Tu peux être là-bas en dix minutes chrono, contra Carly. Alors accouche!
- J’ai des côtes cassées, je te rappelle !
- Excuse bidon ! Tes côtes sont cassées quand ça t’arrange, opposa Carly. Elles ne t’ont pas empêchée de nous faire faire une séance de yoga hier matin !
- Ce n’étaient que des positions statiques ! Se défendit Kate.
- Taratata ! Objection rejetée maître Beckett ! S’exclama Carly en levant un doigt. Alors ? Qu’est-ce qu’il se passe ?
- Je n'ai rien à dire! Répéta Kate en levant les yeux au ciel.
- Pourquoi ça ne te dérange pas de ne pas passer la soirée avec lui?! Insista Carly. Avec John on a toujours envie d'être l'un avec l'autre!
- Mais j'ai envie de passer la soirée avec lui! Se défendit Kate. Mais il a du travail et s'il ne le termine pas rapidement, il ne pourra pas profiter de son week-end avec Alexis!
- Donc il renonce à profiter de ses soirées avec toi pour passer ses week-ends avec sa fille? Résuma Carly outrée. Tu passes en second?!
- C'est sa fille!
- Et tu es sa petite amie! Il devrait avoir envie de profiter du temps qu'il passe avec chacune de vous! Non mais quel gros nul!
- Ce n'est pas un gros nul!
- Arrête de le défendre, Kate! Protesta Carly. Tu mérites quelqu'un qui t'aime vraiment!
- Mais il m'aime vraiment! Le défendit Kate. C'est moi, qui lui ai dit de travailler ce soir!
- ...
Les yeux ronds et la bouche grande ouverte, Carly, ne comprenant pas du tout l'attitude de son amie, s'était figée. Kate s'apprêtait à profiter de son mutisme soudain pour quitter la chambre, quand Carly l'arrêta.
- Pourquoi t'as fait ça?
- Bah... Fit Kate ennuyée.
- Katherine Beckett! Insista Carly. Qu'est-ce que tu as? Ça ne va pas avec lui?
- Si! Si! Ça va très bien! On est super bien tous les deux! Je l'adore et on passe des super moments tous les deux!
- Mais?
Kate hésita un peu, mais connaissant son amie, elle savait que si elle voulait avoir une chance d'arriver à l'heure pour son cours, elle avait plutôt intérêt à lâcher le morceau.
- … Mais avec mes côtes et mon poignet cassés, il vaut mieux que je reste ici de temps en temps pour travailler... C'est vrai quoi? On n'est pas obligés de passer toutes nos soirées à se regarder dans le blanc des yeux ou à jouer au Scrabble!
- Quoi?! Coassa Carly les yeux tellement exorbités qu'on avait l'impression qu’ils allaient tomber par terre.
- J’n’aurais jamais dû dire ça! Dit Kate en rougissant jusqu'aux oreilles prête fuir.
- Attends! Attends! S'agita Carly. T'es en train de me dire que...
Elle se laissa retomber sur son lit et partit dans un énorme fou rire.
- Carly, soupira Kate vexée qui mourrait d'envie de se transformer en petite souris pour disparaître.
- Miaawww!
Ce chat est télépathe ma parole ! pensa Kate alors que Pièce à conviction venait se frotter contre ses jambes.
- Eh bien! L'ambiance est bonne ici! Lança Lizzie en entrant dans la chambre.
- J'avais oublié que cette chambre était un hall de gare, marmonna Kate impatiente de se sortir de ce guêpier.
- Salut Lizz' ! Lança Carly entre deux éclats de rire, figure-toi que notre chère Kate ici présente, qui sort avec le plus grand des tombeurs et soit dit en passant le plus joli petit cul de New-York du moment, passe ses soirées à jouer au Scrabble avec lui!
- … Wahhh! C'est pas vrai!!? S'écria Lizzie incrédule.
- Qu'est ce qui n'est pas vrai? Demanda Ann en arrivant à son tour.
- Non mais c'est un moulin ici! Râla Kate qui ne savait plus où se mettre.
- Figure-toi ma chère Ann, expliqua Lizzie alors que la crise de rire de Carly reprenait de plus belle, que la grande Rebel Beck passe ses soirées à jouer au Scrabble au lieu de s'envoyer en l'air avec le bel écrivain!
- Je ne passe pas mes soirées à jouer au Scrabble avec lui! Contesta Kate en se remémorant la crise de Rick quand elle l'avait battu au Scrabble deux soirs de suite. On n'a fait ça que deux fois!
- Ah oui? Et vous avez joué à quoi les autres soirs? Au Cluédo? Rigola Lizzie.
- Normal avec un auteur de polars, explosa Carly en roulant sur son lit.
- Fermez-la! Siffla Kate.
- Sérieusement Kate! Pourquoi vous n'avez rien fait? Demanda Carly lorsqu'elle eut réussi à calmer son fou rire.
- C'est vrai ça, tu n'es pas si prude d'ordinaire! Ajouta Lizzie.
- C’est vrai ça ! Approuva Carly.
- Je ne suis pas une Marie Couche-toi là! S'étrangla Kate choquée.
- Ce n’est pas ce qu'elles voulaient dire... Tempéra Ann.
- Non! Bien sûr que non! Approuvèrent Carly et Lizzie craignant d'avoir froissé leur amie.
- Mhm... Fit Kate toujours fâchée.
- Chérie... Se radoucit Carly, je ne voulais pas te blesser... C'est juste que… Enfin, j'ai du mal à t'imaginer jouant sagement au Scrabble avec celui qui te fait craquer...
- Exactement, approuva Lizzie. Autant avec l'autre abruti de Rogan, on comprend que tu n'aies pas eu envie de faire quoique ce soit... Mais là...
- Mais j'ai envie de... Enfin... J'en ai très envie avec Rick!
- Alors quoi? Demandèrent les trois autres de concert. C'est lui qui...?
- Mes blessures ne sont pas encore guéries... Expliqua Kate. Je crois qu'il a peur de me faire mal... Alors il dévoile des trésors d'imagination pour occuper les soirées qu'on passe ensemble sans... Enfin vous voyez quoi...
- Wah... Quel gentleman! Dit Ann admirative.
- Sauf qu'il y a des moments où on attend de son petit copain qu'il ne soit pas « gentle », mais plutôt « Man » ! Viril, fougueux, voire sauvage! Rétorqua Lizzie.
- Ouais, ou au moins entreprenant, modéra Carly.
- Ouais, approuva Kate. Et c'est pourquoi je lui ai suggéré de passer sa soirée à écrire. Au moins comme ça il n'accumulera pas plus de retard et moi, je n’aurai pas à embarquer mes devoirs dans ma valise pour mon week-end chez mes parents !
- T'es nouille! Balança Lizzie.
- Pardon?! Demanda Kate, qui ne s’attendait pas à se faire traiter de nouille.
- Fais lui des avances au lieu de lui donner sa soirée!
- Lizzie a raison, dit Carly. Saute lui dessus et montre lui que tu es apte pour le service!
- Apte pour le service? Répéta Kate incrédule.
- Il a peur de te faire mal, expliqua Ann, montre lui que tu n'as plus mal et qu'il n'y a aucune contre-indication! Tu n'as bien plus mal, n'est-ce pas?
- Non... Enfin... Je ne suis pas prête pour le self défense, mais...
- Bien! Alors n'hésite pas et fonce! Sourit Ann.
- Que je fonce?
- Tu vas répéter tout ce qu’on te dit pendant encore longtemps ? Demanda Lizzie agacée.
- Non… Enfin…
- Alors prends la direction des opérations et montre-lui ce que tu veux! Intervint vivement Carly.
- Qu'est-ce que tu en dis? Demanda Lizzie tout excitée.
- Wah... Si mon père vous entendait, il écrirait au doyen pour que vous soyez expédiées dans un autre bâtiment! Mais...
- Mais ton père n'es pas là et tu vas prendre les choses en main, se réjouit Carly devant le sourire qu'esquissait son amie.
************
Confortablement installé à son bureau, devant son ordinateur, Castle écrivait depuis plusieurs heures déjà. L’inspiration et la motivation étaient au rendez-vous et il avait déjà bien avancé dans son travail, quand son téléphone sonna. Il décrocha en soupirant, agacé qu’on le dérangeât alors qu’il était en pleine transe d'écriture.
- Castle !
- Cache ta joie Trésor !
- Mère ! Excuse-moi… Tu sais que je n’aime pas être dérangé quand j’écris !
- Excuse-moi Kiddo, mais d’ordinaire, tu n’écris pas avant dix heures du matin ! Se défendit Martha. Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu es malade ?
- Gina va faire une attaque si elle n’a pas mon manuscrit sur son bureau avant la fin de la semaine. Il fallait bien que je m’y mette, expliqua-t-il en soupirant.
- Ne me dis pas que tu as des vues sur ta nouvelle éditrice…
- Non ! Bien sûr que non ! Qu’est-ce que tu vas chercher là ?
- Je ne vois pas pourquoi tu te plierais à ses désirs dans le cas contraire, expliqua Martha. Tu ne l’as jamais fait jusqu’à présent.
- … Tu as raison, reconnut-il après réflexion. Je dois avoir Alexis avec moi ce week-end, on passe tellement peu de temps ensemble, qu’il n’est pas question que je travaille ce week-end.
- Richard, tu sais très bien que je ne te juge pas, alors pourquoi perdre ton temps à m’inventer des excuses ridicules ? Demanda Martha. Alors ? Qu’est-ce qu’il se passe ? C’est ta petite amie ? Un problème avec elle ?
- Non ! Non ! Il n’y a aucun problème ! Tout va très bien entre nous ! Se défendit-il un peu trop pour être crédible.
- Richard… Raconte-moi tout !
- Elle a refusé qu’on se voie ce soir, soupira-t-il.
- … Pourquoi ? Qu’est-ce que tu as fait ?
- Rien ! Je n’ai absolument rien fait ! Je suis un parfait gentleman avec elle ! Je suis prévenant, charmant, le parfait petit ami !
- Tu es sûr que tu n’as rien fait ? Demanda Martha, qui connaissait parfaitement son rejeton. Réfléchis bien !
- … J’ai peut-être été mauvais joueur quand elle m’a battu au scrabble… avoua-t-il penaud.
- …
- C’n’est quand même pas une raison pour ne pas vouloir me voir ce soir ! Protesta vivement Castle.
Martha éclata de rire.
- Quoi ? Demanda-t-il un peu vexé que ses problèmes fissent autant rire sa mère.
- Trésor, tu es un idiot !
- Pardon ?
- Tu joueras au scrabble avec ta petite amie quand tu n’auras rien de mieux à faire avec elle !
- Quoi ?
- Fais attention, tu vas finir par te changer en crapaud à force de coasser comme ça sans arrêt, l’avertit Martha.
- Mère, s’agaça Rick, arrête de te moquer de moi et dis-moi ce que tu as en tête.
- Tu sais très bien ce que j’ai en tête, du moins je l’espère, parce que tu devrais l’avoir en tête toi aussi !
- Tu parles de… Hésita Castle pas sûr de comprendre.
- Bien sûr que je parle de… Chéri, fais la grimper au rideau ! Lâcha Martha avec sa franchise légendaire.
Chapitre trente-cinq
Sa journée de cours venait de se terminer. Une très longue journée à rester assise sur sa chaise à prendre des notes alors que dehors le soleil brillait. En Californie, l'automne ressemblait encore à l'été. Le genre de journée, qui vous rappelait ce sentiment que vous aviez étant enfant, lorsque le nez tourné vers la fenêtre, vous rêviez d'être un oiseau et de pouvoir vous envoler loin du discours ennuyeux de votre maître d'école. Peut-être bien que lui aussi rêvait de ça, après tout, il n'y avait pas que les enfants, qui rêvaient de faire l'école buissonnière...
Contrairement à ce que ses amies lui avaient suggéré, un peu lourdement il fallait bien le reconnaître, Kate n'avait pas rappelé Castle pour lui proposer un changement de plan. Il devait écrire plusieurs chapitres sous peine de voir débarquer son éditrice en mode dragon, elle ne voulait pas qu'il sefasse incendier par sa faute. Non, elle avait décidé d'attendre son appel, pour faire des projets pour leur prochaine soirée en tête à tête. Et puis, ça lui permettrait de se pomponner pour l'occasion, non pas que le chantier soit conséquent, comme aurait dit Lizzie, qui dès qu'elle ne voyait pas son esthéticienne deux semaines de suite frisait la syncope, mais avec son poignet encore plâtré, cela lui prenait plus de temps.
- Eh Beckett! Lança la voix de Jack un étudiant, qui suivait le même cours qu'elle et avec lequel elle avait sympathisé.
- Oui? Fit-elle en se retournant.
- On a décidé d'aller prendre un café, tu viens avec nous? Demanda Jack tout sourire.
- Euh... C'est que j'ai...
- Allez, laisse-toi un peu aller, insista Alyson derrière Jack.
Alyson avait clairement le béguin pour Jack et Kate devinait aisément que son amie voulait surtout se servir d'elle pour avoir l'occasion de passer un petit moment avec lui. Elle aurait bien voulu rendre service à son amie, mais elle avait horreur de ce genre de plan. Non, vraiment, c’était au-delà de ses forces !
- On ne rentrera pas tard, promit Jack la sortant de ses pensées.
Lui, par contre, il ne voyait pas du tout qu'il avait à ses côtés une super fille complètement sous son charme. Il était peut-être gay...
Kate était en train de chercher une excuse pour décliner poliment leur invitation, quand Alyson, le regard fixé sur un point au loin s'exclama:
- Wahh! Qu'est-ce que j'aimerais avoir quelqu'un comme lui qui vienne me chercher à la fin des cours!
Kate se retourna pour regarder dans la même direction que son amie et sourit. Rick. Il était venu. Appuyé sur le capot de sa luxueuse voiture de sport, le regard caché par ses lunettes de soleil, il était magnifique.
- Quoi ? Ce gars-là ? Qu’est-ce que tu lui trouves? Demanda Jack.
- Il est canon ! Répondit Alyson.
- C’est un vieux ! Protesta Jack !
- N’exagère pas ! Il a à peine la trentaine ! Non, mais regarde-le ! Il a vraiment la classe !
- Il essaye d’avoir l’air cool et jeune, mais ça ne marche pas ! Il a plutôt l’air naze ! Rétorqua Jack un peu vexé de se faire voler la vedette. T’es pas d’accord, Beck ?
- …
- Beck ?
- Laisse tomber, vieux, elle est sous le charme, rigola Alyson devant le mutisme de son amie, qui ne quittait pas des yeux Castle.
Rick ota ses lunettes, fit un petit signe de la main et s'approcha du petit groupe pour tous les saluer, avant de se tourner vers Kate.
- Comment s'est passée ta journée?
Un peu déçue qu'il ne l'embrassât pas devant ses amis, mais se rappelant parfaitement les conséquences qu'une telle marque d'affection en public pouvait avoir pour quelqu'un comme lui, sans cesse épié par les paparazzi, Kate se contenta de lui sourire.
- Interminable ! Et la tienne ?
- Très productive! Annonça-t-il fièrement. J'ai terminé quatre chapitres! J'ai donc toute ma soirée de libre!
- Génial ! Se réjouit-elle en se retenant difficilement de lui sauter au cou.
Tendrement, il se pencha vers elle et déposa ses lèvres sur les siennes, sous les yeux ébahis d'Alyson et de Jack.
Enroulant ses bras autour du cou de son écrivain, Kate lui rendit son baiser, heureuse qu'il ne s'inquiétât pas que l'on découvre leur relation.
- On rentre ? Demanda-t-il en mettant fin à leur baiser. J'ai bien travaillé toute la journée et j'ai bien l'intention de profiter de toi pendant toute la soirée.
Elle secoua la tête amusée. Quelle idée de dire un truc pareil devant ses amis. Elle lui attrapa le bras et partit avec lui après avoir adressé un petit signe de la main à ses amis.
- C'est qui ce type? S'étonna Jack lorsque Kate et Rick furent suffisamment loin pour ne plus les entendre.
- Je ne sais pas, répondit Alyson, mais ton rival a une sacrée avance sur toi!
- C’n’est pas mon rival, marmonna Jack en enfonçant ses mains dans ses poches.
- Tant mieux! Tu viens?
- Où ça?
- Prendre un verre! Je croyais que cette idée te plaisait bien!
- Allons-y, sourit-il finalement en acceptant la main qu'il lui tendait.
********
- Je peux savoir pourquoi tu as fait ça? Demanda Kate le sourire aux lèvres.
- Fait quoi?
- Marquer ton territoire!
- Je te disais bonjour, c'est tout!
- Un bisou claqué rapidement sur mes lèvres suffisait pour dire bonjour! Là, c'était clairement un message qui disait que j'étais à toi!
- C'était ça pour toi? Tant mieux! J'espère que ton copain a compris la même chose!
- Mon copain? Jack? Rigola-t-elle, c'est juste un copain...
- Il est sous ton charme!
- Absolument pas!
- Si ! si! Crois-moi! Il espérait avoir sa chance avec toi! Je t'assure, les mecs sentent ce genre de chose.
- Les mecs?
- Bah oui, les mecs! Ne va pas croire que les filles ont l'apanage du sixième sens! Et ce Jack, là, il te convoitait, c'est sûr!
- De toute façon, c'est toi que j'aime, répondit-elle comme une évidence.
Il sourit, tout était si simple avec elle. Il ouvrit galamment la portière de sa voiture pour la laisser monter, puis s'installa au volant.
- Il faudrait qu'on passe par ma chambre pour que je prenne quelques affaires, dit-elle alors qu’il venait de démarrer.
- Quelques affaires ?
- A moins que tu n’aies l’intention de me ramener en fin de soirée…
- Non, je veux te garder toute la nuit, répondit-il heureux qu’elle ait envie de rester avec lui.
Il se gara devant la résidence universitaire.
- Attends-moi là. Je n’en ai pas pour longtemps, annonça-t-elle en quittant la voiture.
-Tes désirs sont mes ordres !
- Garde cet état d’esprit, dit-elle coquine.
Il la regarda rejoindre le bâtiment et se cala confortablement dans le fond de son siège.
********
- Ah Kate ! Tu tombes bien ! Lança Carly alors que celle-ci passait la porte.
- Pourquoi ?
- Avec les filles, on a prévu de se faire une soirée cinéma ce soir, mais on n’arrive pas à se décider sur le film qu’on va voir. Lizzie veut aller voir «The Truman show », Ann veut aller voir « l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », alors que moi, je voulais aller voir « L’arme fatale 4 »… C’est donc toi qui va trancher ! Lequel veux-tu voir ?
- Aucun des trois, je n’ai pas envie d’aller au cinéma ce soir !
- Oh allez ! Ne me dis pas que tu vas passer ta soirée à travailler ! Tu es jeune, il faut t’amuser !
- Je n’ai pas non plus l’intention de passer ma soirée à travailler, si ça peut te rassurer, annonça Kate en ouvrant le placard pour en sortir un petit sac de voyage.
- Sérieux ? Quels sont tes projets ? S’étonna Carly.
- Rick est venu me chercher. Il a terminé ses chapitres en retard !
- Oh ! Et vous allez jouer à quoi cette fois-ci ? Othello ? La bonne paye ? Se moqua Carly.
- Ne t’en fais pas pour ça, j’ai tout prévu, sourit Kate en brandissant un jeu de cartes.
- … T’es pas sérieuse ? Blêmit Carly. Ne me dis pas que vous allez vous faire une partie de belotte !
- Quoi ?! Non ! Non ! Répondit Kate qui fronçait les sourcils en se demandant comment son amie avait pu avoir une idée pareille. Non ! Je pensais lui proposer un strip-poker, histoire de le mettre dans l’ambiance…
- Tu pourrais aussi mettre carrément les pieds dans le plat…
- Carly ! Rougit violemment Kate.
- Quoi ? Ne me dis pas que tu es gênée !
- Bah… Euh… Non… Pas gênée… Bafouilla Kate. C’est que…
- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu n’es pas aussi coincée d’habitude, fit remarquer Carly.
- D’habitude je ne sors pas avec un auteur de bestseller adulé de tous !
- Et le plus joli petit cul de New-York ! Compléta Carly.
Kate roula des yeux, relâcha les épaules et tourna la tête vers son amie.
- Tu ne m’aides pas là !
- Kate, commença Carly en s’approchant de son amie pour la prendre par les épaules. Tu es superbe, tu es géniale et par-dessus tout, tu lui as largement prouvé à quel point tu tenais à lui ! Tu n'as pas à t'inquiéter!
- … Mhm…
- Alors, tu vas mettre ta nuisette la plus sexy dans ton sac et rejoindre ton écrivain le cœur léger. Tu laisses tes doutes et tes craintes ici ! C’est compris ?
- Mhm-mhm…
- A la bonne heure ! Allez file !
***********
Dans la voiture qui les emmenait chez Rick, Kate réfléchissait à ce que son amie lui avait dit. Carly avait raison, elle n’arrêtait pas de se le répéter. Si Castle n’en avait pas envie, il ne passerait pas autant de temps avec elle... Ou alors, il se sentait redevable et restait avec elle par loyauté… Un frisson lui parcourut l’échine à cette idée. Non, ça ne pouvait pas être ça ! S’il ne l’aimait pas comme elle l’espérait, il ne la laisserait pas se faire de fausses idées. Elle avait mérité qu’il soit honnête avec elle !
Mais alors ? Pourquoi n’avait-il rien tenté ? Pourquoi chacune de leurs soirées en tête à tête s’étaient résumées à des jeux de société et des films au cinéma ou à la télé ?
- Ça va ? Demanda Rick inquiet qu’elle ne dise pas un mot.
- Oui ! Oui ! S’empressa-t-elle de répondre. Je réfléchissais…c’est tout.
- Ah !
Le silence s’abattit de nouveau dans l’habitacle.
- Un souci ? Demanda-t-il inquiet.
- Non ! Tout va bien !
- C’est que… Je te trouve bien silencieuse ce soir…
- Je ne suis pas une grande bavarde. C’est toi le plus prolixe de nous deux !
- C’est vrai, reconnut-il. Donc… Tout va bien ?
- Oui ! Tout va bien ! … N’est-ce pas ?
- Oh oui ! Oui ! Tout va bien !
- Tant mieux ! Souffla-t-elle avant de reporter son regard sur la route.
Elle s’inquiétait. C’était certain, elle s’inquiétait. Elle doutait peut-être… Non, elle était inquiète, c’était ça ! Elle était jeune, elle ne devait pas avoir beaucoup d’expérience et devait s’inquiéter parce que lui en avait beaucoup plus… Il devait la rassurer !
Ils arrivèrent à proximité d’un excellent restaurant. La solution était là ! Dans un lieu public, elle serait à l’aise !
- Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle alors qu’il se garait sur le parking du restaurant.
- Je t’invite à dîner. Tu vas voir, ils ont des recettes de fruits de mer à tomber !
- Ah… Merci, se réjouit-elle faussement.
Non mais qu’est-ce qu’il lui prenait tout à coup ? Un restaurant ? Encore une fois il cherchait une échappatoire ? Il avait donc si peur que ça de franchir le pas avec elle ? Songea-t-elle alors qu’il demandait au maître d’hôtel sa meilleure table.
Ça ne pouvait pas continuer comme ça, il fallait qu’elle mette les pieds dans le plat, comme le lui avait conseillé Carly.
Le nez dans le menu, elle jetait de temps en temps un œil vers lui, guettant le meilleur moment pour se lancer.
De son côté, Rick cherchait ses mots. Il voulait la rassurer, lui dire qu’il patienterait jusqu’à ce qu’elle soit prête. Elle n’avait pas à se mettre la pression. Il savait qu’elle était jeune et comprenait qu’elle avait besoin de temps. De temps en temps, il jetait des petits coups d’œil furtifs dans sa direction, guettant le bon moment pour lancer la conversation.
- Alors… Tu as envie de faire quelque chose ce soir ? Demanda-t-elle mine de rien pour sonder son état d’esprit.
- Bien sûr ? Qu’est-ce que tu veux faire ? On pourrait aller au cinéma ?
- Euh… Oui, on pourrait… Hésita-t-elle…
- Oui, si tu veux, bien sûr !
- Mais pas si tu n’en as pas envie !
- Evidemment, si tu n’en as pas envie…
- Tu sais quoi ? On a vu beaucoup de films, ces derniers temps… Dit-elle pour se débarasser de l'opion cinéma dont elle n'avait absolument pas envie.
- Ouais.
- Alors… Euh… On pourrait… Enfin, tu sais… Si tu voulais…
- Si je voulais quoi ?
- On pourrait essayer de faire autre chose… ce soir…
- Autre chose comme …? Demanda-t-il intrigué.
- … J’ai déjà vu le loup ! Lâcha-t-elle sans ambages.
- Quoi ? Fit-il si surpris qu’il laissa tomber son menu.
- Je suis majeure ! J’ai passé l’âge des petits bisous et des sorties d’adolescents, expliqua-t-elle.
- Wah… Souffla-t-il abasourdi, je pensais que tu n’étais pas prête !
- Je suis prête ! S’écria-t-elle. Je suis même super prête !
- Okay, alors qu’est-ce qu’on attend ?
- C’est ce que je me demandais ! Rétorqua-t-elle.
- Vous avez fait votre choix ? Demanda le serveur en s’approchant de leur table.
- Oui ! S’écrièrent-ils en même temps ce qui fit sursauter le serveur.
- On va prendre votre meilleure chambre ! répondit Rick en se réjouissant du fait d’être dans le restaurant d’un grand hôtel.
- Pardon ? S’étonna le serveur.
- On va louer votre meilleure chambre, on est trop fatigué pour manger pour l’instant. Vous n’aurez qu’à nous faire parvenir un peu de chaque plat de votre carte dans notre chambre dans … disons … une heure !
- Deux heures ! Intervint Kate.
- Deux heures, corrigea Rick avec un petit sourire. C’est compris ?
- Euh… Oui… Euh… Demandez au maître d’hôtel, il vous donnera la clé de votre chambre… Bafouilla le serveur.
*********
Ils riaient comme des fous en sortant de l’ascenseur à l’étage de leur chambre.
- Non mais tu as vu la tête du serveur? Riait Kate. Il ne va pas s'en remettre!
- C'est certain! Alors ? Comme ça tu es prête ? Demanda-t-il en glissant la clé dans la serrure.
- Tu n’as pas idée, sourit-elle en le plaquant contre la porte pour l’embrasser fougueusement.
- … Si… Je … Te crois, bafouilla-t-il entre deux baisers, incapable d’ouvrir la porte tant elle le troublait.
- Laisse-moi faire, répondit-elle en posant la main sur la clé sans cesser de l’embrasser.
La porte s’ouvrit derrière eux, il eut un peu de mal à garder son équilibre, mais se récupéra et l’entraina dans la chambre, tandis qu’elle avait entrepris de déboutonner sa chemise.
Son souffle contre ses lèvres, ses mains délicates sur son torse, lui firent fermer les yeux. Il tentait de se contenir un peu. Il n’en pouvait plus, s’il se laissait aller, il lui ferait l’amour, là sur le parquet de la chambre. Elle posa sa main sur sa mâchoire et caressa sa joue avec son pouce.
- Rick… murmura-t-elle.
Il attrapa le bas de son tee-shirt, elle leva les bras pour qu’il puisse lui enlever. Elle portait un très joli soutien-gorge de satin noir, qui lui donnait un délicieux décolleté. Comme hypnotisé, il ne pouvait détacher son regard de cette merveilleuse vision. Elle ne portait plus de bande de maintien, ce qui le rassura sur son état de santé.
- Rick…
Elle avait une façon tellement enchanteresse de prononcer son prénom, qu’il fondit sur ses lèvres avidement. Elle lui rendit son baiser si ardemment qu’il en oublia tout. Haletant, il la débarrassa de son pantalon, qui vint mourir à ses pieds. Sans quitter sa bouche, elle fit glisser sa chemise le long de ses épaules, se délectant du contact de sa peau contre la sienne, de sa chaleur… Plaquant ses mains dans le bas de ses reins, il la pressa contre lui, heureuse de constater que son désir et son impatience étaient partagés, elle avança de quelques pas pour le faire reculer et finalement le basculer sur le lit. Elle en profita au passage pour le débarrasser de son pantalon, avant de venir s’asseoir à califourchon sur lui. Elle était si belle, ainsi au-dessus de lui. Délicatement, il fit sauter les agrafes de son soutien-gorge, qu’il fit glisser délicatement le long de ses bras.
- La vue te plait ? Demanda-t-elle avec un sourire coquin.
Il ne put que déglutir, incapable de parler.
Ondulant doucement du bassin, elle finit de le rendre fou d’impatience et de désir. Ne tenant plus, il l’entraîna avec lui, tandis qu’il roulait sur le lit, pour se retrouver au-dessus d’elle.Elle en profita pour glisser sa main valide sous son caleçon et venir caresser ses fesses en riant.
- Mon fessier te fait rire ? S’étonna-t-il en arquant un sourcil.
- C’est pas ça… rit-elle… Je pensais à un truc que m’ont dit les filles…
- On est à moitié nus dans ce lit, chauds comme la braise et toi, tu penses à une conversation avec tes amies ? S’inquiéta-t-il.
- Il parait que tu as le plus beau petit cul de tout New-York… Rit-elle de plus belle.
- Je vois… Et alors ? Qu’est-ce que tu en penses ?
- Eh bien… Il faudrait que je puisse admirer tous les concurrents pour être vraiment objective, mais…
- Je t’interdis d’être totalement objective, répliqua-t-il aussitôt.
- Bon, rigola-t-elle, alors, pour ce que j’en sais…
Elle lui piqua un baiser sur les lèvres.
- Ton postérieur est le plus joli des postérieurs que je connaisse…Avoua-t-elle sans cesser de déposer des baisers le long de sa mâchoire.
Tendrement, il lui caressa la hanche, avant de glisser sa ma main sur la fine dentelle de sa culotte. Il plongea son regard dans le sien, alors que sa main jouait avec son sous-vêtement. Elle laissa échapper un petit cri de surprise lorsqu’un de ses doigts se glissa sous le tissu et entra en elle. Il commença à faire de lents va-et-vient, puis accéléra la cadence pour l’entrainer dans la jouissance. Il profita de son état second pour la débarrasser de son dernier vêtement. Il resta un instant immobile, la cajolant du regard. Elle était magnifique. Cette nuit, elle serait sienne, il lui ferait l’amour et pas qu’une fois ! Il posa de nouveau ses lèvres contre les siennes, mordillant sa lèvre inférieure. Elle ouvrit bouche en gémissant de plaisir, il approfondit leur baiser, mêlant leurs langues avec passion. Elle frémit d’impatience.
Tendrement, il suçota la peau de son cou, puis couvrit sa poitrine de baisers, savourant chacun de ses gémissements.
- Rick… Murmura-t-elle d’une voix étranglée par le plaisir.
Incapable de tenir plus longtemps, il attrapa une protection. Elle le surprit en la lui prenant des mains pour la lui enfiler elle-même avec un geste d’une infinie douceur.
Il se rallongea sur elle et tendrement plongea en elle en grognant de bien-être.
- Kate… murmura-t-il.
Elle enroula ses bras autour de son cou et l’embrassa. Lentement, il commença à se mouvoir en elle, mais rapidement, elle se fit plus exigeante et intensifia le rythme de leurs ébats.
Son souffle dans son cou et ses gémissements le rendaient fou. Sans cesser de l’embrasser, il l’entraîna au sommet du plaisir, qu’ils atteignirent en même temps dans un râle commun. Couverts de sueur et épuisés par cette fulgurante jouissante, ils restèrent blottis l’un contre l’autre , se câlinant tout en reprenant leur souffle.
Chapitre trente-six
- A quoi penses-tu ? demanda Castle alors que Kate demeurait silencieuse.
- A rien… murmura-t-elle tout en dessinant nonchalamment du bout du doigt des arabesques sur le torse de l’écrivain.
- ça va ? Demanda-t-il en percevant l’émotion de la jeune femme.
- Mhm-mhm…
- Tu es sûre ?
- Mhm-mhm…
- Donc… Tu as aimé ?
- Mhm-mhm…
- Okay, là, je m’inquiète, dit-il en se redressant. J’ai fait quelque chose de mal ?
- Quoi ? Mais non ! Bien sûr que non ! répondit-elle en se relevant à son tour.
- Tu es au bord des larmes ! Ne me dis pas que tout va bien ! Protesta-t-il nerveusement.
- Hey ! Du calme ! C’est juste parce que je suis émue ! Le rassura-t-elle.
- Emue ? Tu es émue ?
- Sois pas si étonné, je n’ai pas un cœur de pierre ! Se vexa-t-elle.
- Je n’ai pas voulu dire ça ! C’est juste que… Oh bon sang ! Ne me dis pas que… Blêmit-il.
- Que quoi ?
- C’était ta première fois ?! Tu aurais pu me le dire ! Ça se dit ce genre de choses ! Ronchonna Castle.
- Non, ce n’était pas ma première fois ! Qu’est-ce que tu vas chercher ?
- Non ?
- Non ! … Enfin… Si … Enfin…
- Il va falloir être plus claire, soupira-t-il un peu perdu. C’était ta première fois ou pas ?
- En quelque sorte…
- Okay, je suis perdu ! Dire que je me vantais de comprendre les femmes ! Marmonna-t-il. Tu m’expliques ?
- C’était la première fois que…
- Que ?... L’encouragea-t-il en remarquant son air gêné.
- Que je ressentais ça ! Lâcha-t-elle enfin. C’était si intense !
- Oui, sourit-il, je sais, je suis un amant … plutôt intense…
- Sois sérieux un peu ! Râla-t-elle en lui adressant une légère tape sur le bras.
- Aïeuh ! Quelle violence !
- C’est de ta faute ! Tu tournes tout à la dérision, alors que moi je te parle sérieusement ! Bouda-t-elle.
- Excuse-moi, c’est un automatisme… Alors ? Tu voulais dire…
- Que je n’ai jamais ressenti ça pour quelqu’un avant et ça me fiche la trouille tellement c’est fort ! Avoua-t-elle excédée.
- …
- …
Ils se regardaient sans un mot, atterrés par ce qu’elle venait de dire.
Elle était effrayée à l’idée d’en avoir trop dit trop vite, de lui avoir fait peur. Lui, était estomaqué par la force de caractère de cette jeune femme. Il savait à quel point elle tenait à lui, ses actes le lui avaient admirablement montré. Mais il savait aussi à quel point elle était secrète au sujet d’elle-même, à quel point elle avait du mal à parler de ce qu’elle ressentait.
- Wah… Articula-t-il finalement.
- Je suis désolée ! s’écria-t-elle affolée. Je ne…
- Ne le sois pas, sourit-il en l’embrassant tendrement sur les lèvres.
Lorsqu’il mit fin à leur baiser, il colla son front contre le sien et délicatement, vint lui caresser la joue du bout des doigts.
- Ne t’excuse jamais de m’aimer, susurra-t-il en déposant délicatement un baiser à la commissure de ses lèvres.
- Alors… Je ne t’ai … pas … fait … flipper ?... Demanda-t-elle en penchant la tête pour lui faciliter l’accès à son cou et mieux succomber aux baisers enfiévrés qu’il y parsemait.
- Ce qui … me fait … flipper, répondit-il en embrassant son épaule délicate, … c’est l’idée… que j’aurais… pu… ne jamais… te rencontrer… Ou pire… ne pas … me rendre compte… de la chance… que j’avais eue… en te rencontrant…
Soulagée, elle sourit. Ce merveilleux sourire, celui qui lui réchauffait instantanément le cœur, comme un coup de baguette magique, celui qu’il ne se lasserait jamais d’admirer et qu’il s’évertuerait de faire fleurir sur son visage jour après jour. Empoignant ses hanches délicatement, il la fit basculer et elle se retrouva à califourchon sur lui. Elle ferma les yeux tandis qu’il plongeait dans son cou et se laissa succomber à la douceur de ses baisers et à la passion de ses caresses.
*************
La sonnerie de son téléphone tira Rick du sommeil. Il s’empressa de décrocher tout en quittant précipitamment la chambre pour ne pas réveiller Kate, qui dormait encore à poings fermés.
- Castle… s’annonça-t-il en se débattant avec son pantalon.
- Papa ? Qu’est-ce que tu as ? Ta voix est toute bizarre !
- Oh ! … Euh... J’enfile mon pantalon… Avec une seule main, ce n’est pas évident ! Comment vas-tu ma chéééééééhhhhhh ! Ahhhh !
Un gros boum retentit, suivit des grognements de douleur de Rick.
- Papa ? Ça va ? S’inquiéta Alexis.
- Oui… Euh… Je me suis pris les pieds dans mon pantalon… grogna l’écrivain.
- Qu’est-ce que tu faisais sans ton pantalon ?
- Comment ça qu’est-ce que je faisais sans mon pantalon ? Je sortais de mon lit, pardi !
- Papa ! Tu avais promis ! Soupira Alexis avec un ton plein de reproches.
- J’avais promis ? Paniqua Rick en faisant tourner sa mémoire à plein régime dans l’espoir de retrouver ce qu’il avait bien pu promettre à sa fille et qu’il avait apparemment oublié.
- Tu avais promis d’arrêter de te morfondre dans ton lit tout le week-end quand je suis chez maman !
- Oh ! Ça ! Ne t’en fais pas, je ne me morfondais pas ! Sourit Rick soulagé.
- Alors qu’est-ce que tu faisais encore au lit à 14h ?
- Il est 14 h ? Wah ! Euh… Bah… Je me suis couché tard hier soir, bafouilla-t-il.
- Tu t’es couché tard ?
- Exactement ! Et c’est pour ça que je n’étais pas encore levé !
- Alors tu vas bien ?
- Je vais très bien chérie ! Et toi dis-moi ? Comment ça se passe chez maman ?
- Ça va. Elle m’attend pour aller faire les magasins…
- Oh !... Je vois, grimaça-t-il compatissant de tout cœur avec sa fille.
- Je préfèrerais aller voir la mer mais… c’est déjà bien d’être avec elle…
- On ira voir la mer la semaine prochaine.
- Tu me manques papa…
- Toi aussi chérie, murmura Rick.
- Dis… Pourquoi tu t’es couché tard ?
- Euh… Eh ben… J’ai travaillé sur mon prochain roman ! J’ai écrit plein de chapitres ! Tu peux être fière de ton papa ! On sera tranquille avec ça, quand tu viendras la semaine prochaine. Je serai tout à toi !
- Je t’aime papa ! Rit-elle.
- Moi aussi je t’aime chérie, répondit Castle touché. Tu devrais aller rejoindre ta maman, elle va devenir invivable si elle n’a pas le temps de faire toutes les boutiques qu’elle veut.
Alexis l’embrassa encore plusieurs fois avant de raccrocher, lui laissant un immense sentiment de vide, comme à chaque fois. Il resta ainsi un bon moment, assis sur le canapé et le regard dans le vide, jusqu’à ce qu’une personne se faufilât derrière lui et que deux mains d’une extrême douceur vinssent se poser sur son torse.
- Hey… Fit Kate d’une voix douce.
- Salut marmotte, sourit-il en tournant la tête pour venir l’embrasser.
- Un souci ?
- Non… Tout va bien…
- C’était Alexis ?
Il la regarda d’un air interrogateur.
- Au téléphone ! C’était Alexis ? Précisa Kate.
- Je croyais que tu dormais…
- Je dormais, assura-t-elle.
- Alors comment sais-tu qu’elle m’a appelé ?
- Je te trouve assis sur le canapé, à moitié habillé, les yeux dans le vague et ton téléphone posé devant toi. Ce n’est pas difficile à deviner.
- Tu devrais devenir détective, tu es douée !
- Dans une autre vie peut-être, répondit-elle après réflexion. Allez viens, je vais te changer les idées!
- Un quatrième round?! Mais tu n'en as jamais assez!
- Plus tard, monsieur le pervers! Je pensais plutôt à aller prendre un bon bol d'air!
- Dis-donc! Tu ne me trouvais pas si pervers que ça cette nuit...
Ils se préparèrent rapidement, puis quittèrent l'hôtel pour se rendre dans la baie de San Francisco où ils louèrent des vélos après avoir déjeuner dans un petit restaurant français.
- Des vélos?! Tu es sérieuse? Bougonna Castle en enfilant son casque.
- C'est bien le vélo! Surtout après toutes les pâtisseries que tu as prises en dessert.
- Je n'en ai pas pris tant que ça... C'était un assortiment « découverte »!
- Tu n'étais pas obligé de tout prendre, quand même, tu es un sacré gourmand.
- Tu n'as pas idée! Mais pour en revenir au vélo... Tu es sûre? Avec ton poignet?
- Mais oui! J'ai une attelle! Et puis, il suffit de ne pas tomber! Allez! En selle cowboy!
- Il faut être inconscient pour faire du vélo à San Francisco! Marmonna Castle. Il n'y a que des collines!
- Dis-toi que derrière chaque montée, il y a une descente Castle! Le nargua Beckett en donnant un premier coup de pédale pour démarrer.
- Hey! Attends-moi! S'écria-t-il en se lançant à sa poursuite.
C'était à croire que faire du vélo était une seconde nature chez elle, elle enchaînait les côtes avec une aisance déconcertante et Castle avait bien du mal à suivre parfois, enfin souvent ! Dans ces cas-là, elle ralentissait mine de rien, s'attardant dans la contemplation du paysage, pour ne pas lui faire remarquer qu'elle levait le pied pour lui permettre de suivre. Ils décidèrent de passer par le Golden Gate Bridge. La vue y était à couper le souffle. Puis ils s'arrêtèrent dans un parc pour se reposer un peu.
- Des gaufres?! S'étonna-t-elle en le voyant revenir près d'elle avec deux assiettes débordantes de chantilly.
- Je n'ai plus de sucre, il faut bien que je recharge mes batteries!
- Tu as toujours une bonne excuse pour succomber aux tentations! Sourit-elle.
- C'est ma devise! Tiens!
- Merci Castle.
Il grimaça en s'asseyant à ses côtés. Et un peu plus en songeant qu'ils devraient refaire le chemin inverse pour aller rendre les vélos. Elle posa son assiette en carton et vint lui prendre le mollet.
- Qu'est-ce que tu fais?
- Un massage, ça devrait te soulager et surtout te permettre de faire le chemin retour.
- ... J'ignorais que tu avais des talents de kinésithérapeute, dit-il au bout d'un moment alors que ses crampes avaient presque totalement disparu.
- Je cours beaucoup, alors je m'y connais en crampes.
- Je vois ça. Tu as appris à faire ça toute seule?
- Non, on m'a appris, répondit-elle amusée en voyant sa mine se renfrogner aussitôt.
- Je vois... Une de tes nombreuses conquêtes... Bougonna-t-il.
- Oui. Il est fou de moi, expliqua-t-elle. C'est une grande histoire entre lui et moi.
- C'est? Tiqua-t-il aussitôt.
- Je ne pourrais jamais en parler au passer, répondit-elle amusée à l'idée de le torturer un peu.
- Okay, là il faut que je te prévienne, dit-il en fronçant les sourcils. Je ne suis pas très partageur! Alors tu vas bien devoir te résoudre à parler de ton super masseur au passé, parce que sinon...
- Sinon quoi?
- Sinon, eh bah… euh... Je vais retenir ma respiration tiens ! Comme ça ! Jusqu'à ce que tu arrêtes de parler de ce bellâtre au présent!
- C'est mon père Castle! Pouffa-t-elle.
- Ton père?
- C'est lui, qui m'a donné le virus de la course à pieds. Quand je rentre à New York, on se fait encore des longs parcours dans Central Parc tous les deux.
- Ton père?
- Ne le regarde pas avec cet air incrédule le jour où il te parlera de ses exploits de joggeur si tu tiens toujours à lui faire bonne impression, parce que sinon, il va se vexer!
- Tu ne pouvais pas le dire tout de suite, que tu parlais de ton père?
- Oh non, ça m'aurait enlevé une bonne occasion de te torturer, rit-elle en venant l'embrasser.
- Sorcière! Soupira-t-il en la laissant le dévorer de baisers passionnés.
Chapitre trente-sept
Installées à leur table préférée dans un petit bar près du campus, les trois amies de Kate organisaient leur projet en sirotant des cocktails. Elles devaient fignoler les derniers détails afin que tout se passe au mieux.
- Je n’y crois pas ! Tu es sûre que tu as bien entendu ? Redemanda Ann pour la troisième fois.
- Mais oui ! J’ai parfaitement bien entendu ! Elle a dit qu’elle viendrait avec nous ! Répondit Carly pour la troisième fois également.
- C’est que… C’est vraiment incroyable ! Souffla Ann.
- Ça c’est sûr ! Approuva Lizzie. Déjà pour lui faire accepter de nous faire retrouver la forme en vue de ce concours, ça avait été dur ! Jamais je n’aurais pensé qu’elle accepterait de nous y accompagner !
- Elle est sur un petit nuage, expliqua Carly. Elle rayonne et est toujours de bonne humeur. Quand je lui ai demandé si elle accepterait de nous accompagner, elle a répondu que c'était une excellente idée et qu'elle en serait ravie!
- Wah ! Et c’est grâce à son écrivain, tu dis ? Demanda Lizzie.
- Oui ! Ça va faire un mois qu’ils filent le parfait amour ! Ils se voient tous les jours ! Raconta Carly. Il n’y a que les week-ends où il a sa fille qu’elle ne le voit pas… D’ailleurs, elle organise son travail et ses visites chez ses parents en fonction de lui ! Elle est rigolote !
- Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, elle nous disait qu’elle était trop jeune et trop occupée avec ses études pour penser au grand amour ! Rigola Lizzie.
- Eh oui, mais l’amour, ça ne se programme pas, sourit Ann, ça vous tombe dessus sans crier gare !
- En tout cas, elle est bien accrochée ! J’espère qu’il est sérieux, parce que si ça casse, on va la ramasser à la petite cuillère, notre Beck’s, ajouta Carly.
- Oh ça va, Beck est solide, rétorqua Lizzie en haussant les épaules. Elle a déjà connu des ruptures.
- Détrompe-toi, c’est la première fois qu’elle est amoureuse comme ça, répondit Ann.
- En tout cas, elle a accepté de venir avec nous, c’est super, j’aime beaucoup les virées entre filles.
- Attention ! Elle nous accompagne, mais elle ne concourt pas, dit Carly, elle me l’a bien spécifié ! Elle vient nous soutenir, surveiller nos sacs, mais il est hors de question qu’elle participe !
- Oui, et bah, ce n’est pas plus mal ! répliqua Lizzie, avec le physique qu’elle a…
- C’est bien vrai, approuva Ann. D’ailleurs c’est étonnant qu’elle n’essaye pas de devenir mannequin.
- Elle l’a déjà fait, je crois, il y a quelques années, se souvint Carly. Je crois qu’elle n’aime pas l’ambiance de ce milieu…
- Elle préfère poser pour les artistes, rit Lizzie. Vous vous souvenez de son photographe l’an dernier ?
- Oh oui ! J’ai eu du mal à y croire quand elle nous avait raconté qu’elle avait posé nue pour son projet.
- C’est un phénomène, tout de même cette fille !
- Ça vous étonne que son père ait déjà autant de cheveux blancs ?
- En parlant de Beck’s, pourquoi elle n’est pas avec nous ? Demanda Lizzie.
- Elle tourne en rond dans la chambre comme un lion en cage, rigola Carly. Je me suis enfuie tellement elle me stressait !
- Comment ça, elle tourne en rond ? S’étonnèrent les deux autres.
- Elle doit rencontrer la fille de son écrivain ce week-end, expliqua Carly. Elle veut tellement faire bonne impression, qu’elle stresse comme c’est pas permis !
- Wahhh ! Firent Ann et Lizzie dans une synchronisation parfaite.
- Quand je suis partie, elle appelait sa mère pour avoir des conseils.
***********
- Tu as toutes tes affaires?
- Oui maman! Je n'ai rien oublié! Répondit Alexis avec son petit sac sur le dos.
- Sois bien sage avec ton papa, surtout! Recommanda Meredith. Il n'est pas très en forme ces derniers temps...
- Oh non, il va très bien, je t'assure.
- Ah bon? S'étonna l'adulte. Je croyais que tu lui manquais énormément.
- Je lui manque toujours beaucoup, mais il va mieux maintenant. Il ne traîne plus toute la journée en pyjama quand je ne suis pas là.
- Tiens donc? C'est nouveau ça!
- Oui, se réjouit Alexis. C'est chouette, il est redevenu mon super papa toujours content.
- Tu trouves ça chouette, toi? Il nous oublie!
- Moi, il ne m'oubliera jamais. Il voudrait que je sois toujours avec lui, il me le dit à chaque fois.
- Qu'est-ce que tu sous-entends? Qu'il ne veut plus de moi?!
- C'est toi, qui a demandé le divorce... Répondit Alexis en haussant les épaules.
- ...
- Allez maman! Amuse-toi bien, on se voit dimanche soir! Dit Alexis en lui claquant un baiser sur la joue avant de filer vers l'hôtesse qui l'attendait pour l'emmener dans l'avion.
Derrière elle, Meredith restait figée et fronçait les sourcils. Comment Richard pouvait-il l'oublier?! Elle n'avait pas eu l'intention de mettre fin à leur relation, pas définitivement en tous cas. Elle avait eu besoin d'une pause, d'aller voir ailleurs pendant quelques temps, mais elle avait pensé qu'il lui pardonnerait dès qu'elle le lui demanderait. Elle avait pensé qu'il s'empresserait de reprendre la vie commune, ne serait-ce que pour leur fille. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait tenu à avoir la garde d'Alexis. Oh bien sûr, elle aimait sa fille, mais avoir la garde d'une enfant de cet âge, représentait un fardeau et une gêne pour sa carrière.
Non, il fallait qu'elle prenne les choses en main. Richard lui appartenait et il était grand temps qu'elle le récupère !
**********
- Calme-toi, voyons ! Ce n’est pas grave, dit Johanna d’une voix apaisante.
- Mais… Et si elle ne m’aimait pas ?
- Impossible, tu es trop adorable !
- Maman ! Tu ne m’aides pas là ! Souffla Kate.
- Je ne fais que dire la vérité, ma chérie, sourit Johanna. Crois-moi, je suis sûre que ça se passera bien avec la petite Alexis.
- Je suis la petite amie de son père ! Celle qui l’empêche d’être avec sa mère, marmonna Kate. Ça ne fait pas de moi la personne qu’elle meurt d’envie de rencontrer…
- Si ses parents ne sont plus ensemble, ça n’est absolument pas de ta faute, rappela Johanna. Ils étaient séparés avant votre rencontre !
- Oui, mais peut-être qu’elle espérait qu’ils se remettent ensemble… Soupira Kate. Dans ce cas, je vais être celle qui ruinera ses espoirs…
- Katie… Tu te fais une montagne de cette rencontre ! Tu ne sais même pas comment ça se passait quand ses parents étaient ensemble… S’ils se disputaient sans arrêt, ce qui est souvent le cas quand les couples se séparent, je doute qu’elle ait envie de se retrouver de nouveau dans cette situation ! Crois-moi, les enfants sont loin d’être idiots et ils s’accommodent souvent très bien de leur nouvelle vie avec des parents séparés.
- … Tu crois ?
- Mais oui ! J’en suis même certaine ! Tu verras, tout se passera très bien, tu n’as qu’à être naturelle !
- Merci maman, souffla Kate rassurée.
- De rien ma chérie. Au fait, tu as toujours l’intention de venir passer tes vacances de Noël à la maison ?
- Mais oui, rassure-toi !
- Je ne suis pas inquiète, je suis raisonnable, moi ! Je sais que tu as ta vie là-bas… Non, c’est que tu manquerais trop à ton père, il serait invivable !
- C’est ça ! Rigola Kate. J’ai déjà réservé mon billet d’avion, je serai à la maison le vingt-trois décembre !
- Et tu resteras combien de temps ?
- Je ne sais pas… Deux ou trois jours…
- QUOI ?!!!! SI PEU DE TEMPS ?!!!! Ne put s’empêcher de crier Johanna.
- Wah ! Quelle maîtrise de soi, rigola Kate. Je plaisantais, je passerai toutes mes vacances à la maison. Je ne repartirai que le dix janvier, mes cours reprennent le onze.
- Toutes tes vacances ? répéta Johanna en contenant difficilement son euphorie. Tu ne dois pas voir Rick ?
- Je le verrai, il va revenir à New-York, sa mère a des représentations et puis il a des choses à faire là-bas ! New-York lui manque.
- C’est bizarre, New-York ne lui manque pas tant que ça en ce moment… Sourit Johanna.
************
- Papa ! S’écria Alexis en sautant directement dans les bras de son père.
- Ma chérie ! Comment s’est passé ton vol ?
- Très bien, l’hôtesse avait des crayons de couleur et des coloriages !
- Ah ben s’il y avait des coloriages, alors ! Tu as faim ? Il y a un petit café là-bas.
- On devrait aller chercher ma valise d’abord, rappela la fillette.
- C’est vrai ! Où avais-je la tête ?
Après avoir récupéré la valise d’Alexis, Rick l’emmena prendre un copieux goûter avant de prendre le chemin de son logement. Il regardait sa fille se régaler avec son beignet et son chocolat chaud en songeant au meilleur moyen d’aborder avec elle le sujet qui lui brûlait les lèvres, quand Alexis lui demanda :
- Dis papa, tu vas bientôt me la présenter ?
- Qui ça ?
- Ta nouvelle petite amie !
Sous la surprise, Rick avala de travers son morceau de beignet et toussa si fort, qu’il crut bien qu’il allait en cracher ses poumons. Alexis lui tapota doucement le dos, jusqu’à ce qu’il se calmât.
- Comment… Comment tu es au courant ? Parvint-il finalement à articuler les yeux encore pleins de larmes à cause de sa mésaventure.
- Je suis une fille, les filles sentent ce genre de choses, expliqua Alexis avec un sérieux qui détonnait avec son jeune âge.
- …
- Alors ? Tu vas bientôt me la présenter ?
- Tu aimerais que je te la présente ?
- Bien sûr ! Si elle est importante pour toi, c’est normal que je la rencontre !
- Logique, sourit Rick encore une fois étonné par la maturité de sa petite fille. En fait… Elle aussi aimerait beaucoup te rencontrer et si tu es d’accord, demain, on pourrait passer l’après-midi avec elle.
- Bien sûr que je suis d’accord ! Se réjouit aussitôt Alexis. Parle-moi d’elle ! Elle est jolie ?
- Elle est très jolie ! Elle s’appelle Kate !
- Et qu’est-ce qu’elle fait ?
- Elle étudie le droit à Stanford.
- C’est là que tu l’as rencontrée ?
- Oui, elle était perchée dans un arbre pour sauver un chaton !
- Wah ! C’est une super héroïne, alors !
- On peut dire ça, répondit Rick en repensant à tout ce que Kate avait fait pour lui. Je pourrais même la prendre comme modèle pour un nouveau roman…
- Elle pourrait être la nouvelle équipière de Derreck Storm !
- Oh non, elle mériterait de devenir une héroïne à part entière, elle aurait sa propre saga ! Répondit Rick en songeant que cette idée ne resterait sans doute pas une idée en l’air.
- Et elle veut devenir avocate ?
- Mieux, elle veut devenir la première femme à présider la cour suprême !
- Wah ! J’ai vraiment hâte de la connaître !
- Demain, Trésor, je te la présenterai demain, sourit Rick heureux que sa fille soit aussi contente à cette idée.
Chapitre trente-huit
À peine éveillé, l'esprit encore brumeux et entre deux mondes, Rick se retourna dans son lit. En souriant, il enfonça son nez dans l'oreiller près du sien, l'odeur de Kate y était encore imprégnée. Il n'en revenait pas de la place qu'elle avait prise dans son cœur en si peu de temps. Il se laissait doucement glisser de nouveau dans le sommeil, quand une mini tornade rousse surgit dans sa chambre et sauta sur son lit.
- C'est samedi Papa! S'écria Alexis euphorique. Elle va arriver!
- Mmffff! Il est... Grogna Rick en jetant un œil à son réveil. Six heures et demie?! Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure?
- C'est le matin papa! S'écria de nouveau la fillette. Il faut se lever pour se préparer pour recevoir Kate!
- Chérie... Elle ne va pas arriver tout de suite... Il est encore très tôt... Marmonna-t-il en se disant que sa fille devait confondre Kate et le père Noël.
- Ohhhh, fit Alexis avec une moue déçue.
- Hey ! Ne fais pas cette tête-là, la consola-t-il, elle sera là dans quelques heures, c’est tout.
- Ah…
- Je vois, et si je te proposais de faire des pancakes en attendant ?
- Avec du sirop d’érable ?
- Avec des litres de sirop d’érable ! Approuva-t-il. On peut même se faire des beignets aux marshmallows et aux chips !
- Eurkkkkk ! Tu as de drôles d’idées papa !
- Bah quoi ? Les marshmallows, c’est bon, les chips, c’est bon et les beignets, c’est bon ! Alors le mélange des trois devrait être…
- Ecœurant, termina Alexis à sa place. Je t’en prie, papa, je n’ai pas envie de gâcher notre week-end avec une crise de foie !
- Mhm… Tu as raison… Allez ! A la douche ma citrouille, je prépare la pâte à pancakes !
- Ouais !!!
Moins d’une heure plus tard, ils dégustaient leurs pancakes en tête à tête. Alexis racontait à son père tout ce qu’elle avait fait durant leurs deux semaines de séparation. Bien sûr, il savait déjà tout, puisqu’elle l’appelait tous les soirs, mais il tenait à l’entendre une nouvelle fois, ainsi, il avait l’impression d’avoir été avec elle chaque jour.
Trois coups discrets furent frappés à la porte d’entrée.
- C’est elle ! S’écria Alexis.
- Déjà ?! J’en doute, elle est plutôt du genre marmotte d’habitude… S’étonna Castle. Ça doit plutôt être le facteur…
- Lui non plus, il ne passe pas très tôt d’habitude, répliqua Alexis en sautant en bas de son tabouret. Je vais ouvrir !
La fillette se précipita vers la porte d’entrée, qu’elle ouvrit avec un grand sourire en criant :
- Bonjour !
Kate, qui ne s’attendait pas à se retrouver face à face avec Alexis, étant donné qu’il n’était pas encore huit heures, fut surprise et répondit timidement :
- Euh… Bonjour… Tu dois être Alexis ?
- Oui ! Et toi, tu es Kate ?
- C’est ça, sourit Kate en se baissant pour se mettre à la hauteur de la fillette. Je suis enchantée de faire ta connaissance !
- Moi aussi ! Tu es aussi jolie que papa me l’avait dit ! La complimenta la petite fille, ce qui fit rougir instantanément Kate. Entre ! On a fait des pancakes !
Kate suivit la petite fille à l’intérieur, où elle fut accueillie par Rick.
- Hey ! Salut toi !
- Hey, répondit-elle en déposant son casque de moto sur le guéridon de l’entrée.
- Tu as une moto ! S’émerveilla Alexis.
- Oui, une softail, sourit Kate, tu aimes les motos ?
- Je ne sais pas, mais le cousin de mon copain Matt en a une et il l’emmène parfois faire un tour…
- Je ne m’attendais pas à ce que tu arrives aussi tôt ! Intervint Rick, qui n’aimait pas trop la tournure de cette conversation.
- Ah… Euh… hésita Kate surprise par l’intervention de son petit ami. On n’avait pas vraiment convenu d’une heure… Alors je suis venue dès que j’ai été prête…
- Tu as bien fait, sourit-il ce qui la rassura aussitôt. Mais dis-moi ? Tu es tombée du lit ?
- En quelque sorte, soupira-t-elle. Pièce à Conviction est venu ronronner près de mon oreiller, on aurait dit une tondeuse à gazon!
- Pièce à conviction ? Répéta Alexis d’un air interrogateur.
- Un chaton, que j’ai recueilli, expliqua Kate.
- Celui qui était dans l’arbre ?
- … Oui…euh… S’étonna Kate en jetant un regard à son écrivain.
- Je lui ai raconté notre rencontre, expliqua Rick.
- C’est rigolo comme nom ! J’adorerais avoir un chat ! Dit Alexis.
- Je te le présenterai si tu veux, proposa Kate.
- Oh oui ! J’aimerais beaucoup !
- Alors la prochaine fois, je l’emmènerai avec moi !
- Chouette ! Tu veux un pancake ? J’ai empêché papa d’y mettre son coulis marshmallow-caramel !
- Marshmallow-caramel ? Grimaça Kate.
- Il adore faire des expériences en cuisine, il se prend pour un chimiste, mais ce n’est pas toujours très bon, expliqua Alexis.
- Comment ça ? Ce n’est pas toujours très bon ? S’indigna Castle.
- Mais c’est vrai !
- Un pancake, c’est très bien ! Accepta Kate en s’installant sur la chaise proposée par ses hôtes.
- Excellent choix ! Se réjouit Castle. Je suis le maître des pancakes !
- Là, c’est vrai, il fait les meilleurs pancakes du monde, approuva Alexis en s’asseyant aux côtés de Kate.
- Tiens, dit cette dernière en sortant un paquet de son sac à dos.
- Qu’est-ce que c’est ? Interrogea Alexis.
- Un petit cadeau…
- Un cadeau ? S’étonna la fillette.
- Ce n’est pas grand-chose, ouvre-le !
Alexis ouvrit le paquet et découvrit un livre de contes magnifiquement illustré.
- Wah ! S’émerveilla la fillette.
- Il n’est pas neuf, ma mère me l’a offert quand j’avais à peu près ton âge… C’était mon livre préféré et comme ton papa m’a dit que tu adorais les livres, j’ai pensé que ça te ferait plaisir…
- C’est super ! Se réjouit Alexis en sautant au cou de la jeune femme. Merci Kate !
- Eh un pancake pour la dame ! Lança Castle en tendant une assiette à Kate.
- Merci, lui sourit Kate.
Rick lui rendit son sourire, heureux de voir que le contact se faisait bien entre Kate et sa fille.
- Alors ? Vous avez prévu quelque chose pour aujourd’hui? Demanda Kate.
- J’avais pensé à une balade, commença Rick.
- Oh oui ! On pourrait aller au zoo ! Se réjouit Alexis.
- Tu es partante ? demanda Castle en se tournant vers Kate.
- Pourquoi pas, sourit Kate heureuse à la simple idée de passer du temps avec eux.
- Alors va pour le zoo ! Mais dépêchons-nous, parce qu’à cette époque de l’année, il ferme ses portes tôt, lança l’écrivain.
Ils finirent donc leur petit déjeuner et se préparèrent pour leur sortie.
Le sac pour le pique-nique rempli de sandwichs, de boissons et de friandises en tous genres, ils partirent tous les trois pour le zoo. Alexis trépignait d'impatience au fur et à mesure qu'ils s'approchaient du zoo et que les images d'animaux fleurissaient sur les panneaux indicateurs. Ils arrivèrent enfin et se dépêchèrent d’aller acheter leurs tickets d’entrée, car comme la fillette ne cessait de le répéter : chaque seconde était précieuse !
La caissière reconnut l'écrivain dès qu'elle l'aperçut et lui adressa des flatteries toutes plus lourdes les unes que les autres. Rick lui répondit poliment et lui signa même un autographe. Kate roula des yeux agacée, comment pouvait-on se comporter avec un tel sans-gêne? Elle aurait bien attrapé Rick par le col, pour lui claquer un baiser si langoureux que ça en aurait été une atteinte à la pudeur, mais décida que ce n'était pas une attitude à adopter en présence d'enfants. Elle rongea donc son frein, non sans jeter quelques regards bien noirs à cette femme sans gêne.
Cela suffit à la mettre mal à l'aise, puisqu'elle coupa court à ses flatteries et reprit une attitude plus professionnelle.
- Eh bien ! J’ai cru que tu allais lui faire avaler son bulletin de naissance, rigola Rick alors qu’ils s’éloignaient des caisses. Je suis sûr qu’elle en tremble encore !
- C’est de ta faute aussi ! Tu n’avais pas besoin de lui faire du charme ! L’apostropha-t-elle.
- Je ne lui faisais pas du charme ! Se défendit-il.
- Oh ! Oh ! Je crois que cela fait de vous ma plus grande fan! Rétorqua-t-elle en forçant sa voix et ses mimiques dans une imitation si convaincante qu’Alexis éclata de rire.
- Elle t’imite drôlement bien papa !
- Tu trouves que c’est moi ça ?! Je ne prends jamais une telle posture ! Et puis ma voix n’est pas comme ça !
- Tu devrais regarder les films de tes séances de dédicaces, Castle, ricana Kate.
- En tout cas, je ne lui faisais pas du charme ! Ça fait partie de mon job ! Il faut que je bichonne mes fans !
- Et puis quoi encore ?! S’écria Beckett ! Tu leur écris des bons bouquins et tu leur signes des autographes ! C’est à ça que se limite ton job ! Tu n’es absolument pas obligé de faire plus !
- Jalouse va ! Rigola Castle les yeux pétillants de malice. Tu sais que tu es drôlement mignonne quand tu te mets en pétard ?
- Andouille ! Marmonna-t-elle en s’éloignant pour rejoindre Alexis, qui s’était assise sur un banc pour étudier le plan du zoo.
La fillette insista pour organiser leur visite, au grand dam de Castle, qui lui voulait démarrer la visite sans attendre.
- Il y a des panneaux ! On n’a qu’à les suivre au gré de nos envies ! Pas la peine de tout organiser ! Marmonna-t-il.
- Non ! Il faut établir un itinéraire, insista Alexis en cherchant un repaire sur la carte.
- Dis plutôt que ça t’amuse de jouer aux explorateurs avec la carte, bougonna l’écrivain.
- Mais non ! Rétorqua Alexis. C’est parce qu’il faut bien s’organiser !
- Elle n’a pas tort, souligna Kate, partir à l’aveuglette, c’est être sûr de louper quelque chose.
- Pourquoi tu es de son côté ? S’offusqua l’écrivain. C’est à cause de cette histoire à la caisse ?
- Je ne savais pas qu’il y avait des camps, répondit Kate du tac au tac.
- Mhmmm…Touché… Bon ! Faites votre plan de bataille, soupira Rick, pendant ce temps, je vais acheter un stock de friandises pour les singes.
- Merci Kate, dit Alexis quand Castle se fut éloigné.
- De quoi ?
- Papa ne me laisse jamais choisir le chemin et on loupe toujours quelque chose d’habitude.
- De rien, sourit Kate. Alors, par où commence-t-on ?
- Il y a dans l’ordre : la zone des animaux d’Afrique, celle de la montagne asiatique, de l’Inde et de l’Asie du Sud, de l’Australie, et enfin de l’Amérique du Sud … On devrait passer par là, en commençant pas les suricates, les gazelles, les phacochères… Les girafes, les buffles, les rhinocéros et on finirait par les éléphants !
- Oh ! J’adore les éléphants ! Se réjouit Kate.
- Ah oui ?
- Oui ! J’ai un grand poster d’éléphant dans ma chambre. Quand je le regarde, j’ai l’impression qu’il me donne sa force et sa sagesse.
- Papa, lui, il a un lion ! Il dit que ça lui permet de rester toujours en alerte, expliqua Alexis. Moi, je trouve qu'il fait un peu peur...
Alors qu’elle écoutait Alexis, Beckett chercha Castle du regard. Il revenait vers elles les bras chargés de friandises pour les animaux, sous les regards insistants de plusieurs femmes de tous âges en visite au zoo elles aussi, mais visiblement intéressées par une toute autre sorte de spécimen rare… Et Castle, qui leur souriait, fier comme un paon d’avoir un tel succès ! Kate lâcha un gros soupir. Garder son calme ne serait visiblement pas une mince affaire.
- Alors ? Vous avez décidé de notre itinéraire ? Demanda Rick en arrivant près d’elles.
- Oui ! C’est par là ! Annonça Alexis en sautant du banc pour entraîner son père dans la direction qu’elle indiquait.
Kate ne put s’empêcher de sourire devant la complicité du père et de la fille. Décidant de mettre de côté sa colère vis-à-vis de toutes ces dindes, qui regardaient son petit ami avec convoitise, elle leur emboîta le pas. Sans en avoir l’air, Rick avait ralenti la cadence et lorsqu’elle fut à sa hauteur, posa une main sur sa hanche pour la rapprocher de lui.
Tendrement, il déposa un baiser sur ses lèvres en lui murmurant :
- Tu es la seule à mes yeux.
Elle rougit aussitôt, gênée qu’il lise en elle aussi facilement.
- Papa ! Kate ! Regardez les suricates, comme ils sont mignons ! s’écria Alexis.
Ils rejoignirent la fillette et s’admirèrent avec elle les adorables petits mammifères avant de continuer leur visite.
- Wahhh! Vous avez vu la longueur de sa langue! S’extasia Castle devant l’enclos des girafes.
- Les girafes mangent des bonbons ? Demanda Alexis.
- Euh… Non, pourquoi demandes-tu ça, s’étonna son père.
- Ben regarde ! Sa langue est bleue ! Comme quand je mange des sucettes bleues !
- C’est vrai ça… C’est bizarre…
- Pourquoi ça serait bizarre ? Demanda Kate.
- Quelle question ?! Elle a la langue bleue ! Insista Castle.
- Je ne vois pas pourquoi ça serait bizarre, répéta Kate, ça n’est pas parce que la langue de la plupart des mammifère est rose que les girafes doivent forcément en avoir une rose !
- … Mhm… C’est vrai… reconnut l’écrivain. Ça aurait été marrant d’avoir une langue violette, verte ou jaune…
Ils passèrent une excellente journée, ensemble. Kate et Alexis s’entendaient à merveille, ce qui réjouissait Castle au plus haut point.
- Dis-moi, qu’est-ce qui te ferait plaisir pour Noël ? Demanda Rick pendant qu’ils pique-niquaient.
Cette simple question suffit à faire blêmir Kate.
- Relax ! C’est une simple question ! S’empressa de la rassurer Rick.
- Non… Euh… Ecoute Rick… On ne pourrait pas ne pas s’offrir de cadeau cette année ? … Je trouve que ça fait trop de pression pour notre première année… Répondit Kate en bafouillant de peur de le froisser.
- Notre première année, sourit-il heureux de ce que cela sous-entendait.
- Tu n’es pas déçu ?
- Déçu ?! Pourquoi serais-je déçu ? Kate ! Tu illumines ma vie depuis que je t’ai rencontrée ! Et tu viens encore de me procurer une immense joie en laissant entendre que nous passerons d’autres Noëls ensemble !
Il la serra dans ses bras et l’embrassa tendrement.
- Pas de cadeau ? Redemanda-t-il en relâchant légèrement son étreinte.
- C’est toi mon cadeau, répondit-elle en l’embrassant de nouveau.
Leur pique-nique terminé, ils reprirent leur visite jusqu’à l’heure de la fermeture, puis regagnèrent l’appartement de l’écrivain.
Alexis, épuisée par sa journée, tomba rapidement dans les bras de Morphée, des rêves plein la tête.
- Tu restes ? Demanda Rick en revenant de la chambre d’Alexis.
- Euh… Je ne sais pas…
- Ce sera plus pratique ! Alexis tient à ce que tu passes tout le week-end avec nous !
- Ah oui ?
- Elle est sous ton charme, expliqua-t-il. Normal, après tout, on dit bien tel père, tel fille !
- C’est que… Je n’ai pas d’affaires de rechange…
- Je te prêterai un tee-shirt pour la nuit, mais si tu y tiens, tu peux dormir en tenue d’Eve, ça ne me dérange pas, dit-il en jouant des sourcils.
- C’est si gentiment proposé, que je ne peux qu’accepter, sourit-elle.
Chapitre trente-neuf
L’appartement de Castle était encore silencieux, seuls des bruits de cuisson et de poêles qu’on manipule provenaient de la cuisine. Kate était levée depuis une demi-heure et depuis s’activait pour préparer un énorme brunch.
Elle sursauta lorsqu’elle entendit un bruit de clés dans l’entrée et que la porte s’ouvrit en grand. Une femme rousse vêtue d’une tenue tellement colorée qu’il lui était impossible de passer inaperçue où qu’elle fut, entra dans la pièce.
- …
- Oh ! Quelle surprise ! lança Martha ! Bonjour ! Je suis la mère de Richard !
- Euh… Bonjour… Euh, je… je suis Katherine Beckett…
- Enchantée Katherine ! C’est un plaisir de vous rencontrer ! Mon fils m’a parlé de vous et je dois reconnaître qu’il ne m’a pas menti.
- Ah bon ?s'étonna la jeune femme.
- Absolument! Je ne vous ai pas fait peur, j'espère, je ne pensais pas qu'il y aurait quelqu'un debout à cette heure! C'est grasse matinée le dimanche matin ici d'habitude!
- Euh… Je préparais un brunch… Je…
- Vous n’avez aucun compte à me rendre, trésor, faites comme chez vous ! Sourit Martha.
- Puis-je vous proposer un café ? J’ai également fait chauffer de l’eau pour le thé !
- Un thé serait parfait ! Merci, répondit Martha en venant s’installer en face de Beckett.
Kate attrapa une tasse et servit Martha.
- Alors, dites-moi ? Vous êtes étudiante ?
- Oui, mais rassurez-vous, cette situation ne causera aucun souci à votre fils !
- Je sais chérie, sourit Martha. Et ne vous en faites pas, je vois votre relation avec mon fils d’un très bon œil !
- Ah oui ?
- Vraiment ! Depuis que Richard vous connaît, il est métamorphosé ! Je ne l’avais pas vu aussi heureux depuis bien longtemps !
Kate sourit à son tour, heureuse à cette idée. Castle sortit de sa chambre en se frottant les yeux.
- Tu es bien matinale ! Moi qui espérais un câlin au réveil !
- Castle ! L’interrompit Kate. Ta maman est là !
- Bonjour Trésor ! Fit Martha en agitant la main.
- Oh ! Mère ! Quelle surprise ! Plaisanta Rick en l’embrassant. Ça devait bien faire deux jours que tu n’étais pas venue ici !
- Ne sois pas ingrat ! Râla Martha en lui donnant une tape sur l’épaule.
- Je suis ravi que tu sois passée mère, sourit Castle. Je vois que tu as rencontré Kate !
- Et elle est adorable ! Répliqua Martha. Oh ! Et tu as vu ? Elle cuisine !
- Mhm-mhm ! Et ça sent drôlement bon ! Woaw ! Du bacon !
- Tu veux du café ? Proposa Kate en lui tapant sur la main pour l’empêcher de piocher dans l’assiette de bacon.
- Volontiers ! Accepta Castle. Mais dis-donc, tu n’as pas chômé !
- Je tiens ça de ma mère, c’est un vrai cordon bleu et quand je suis à la maison, j’ai droit à un brunch tous les dimanches ! C’est toujours le même cérémonial, des pancakes, une omelette, une montagne de gaufres...
- Wah ! Je vais venir passer mes dimanches chez tes parents ! Moi tous les dimanches matins, ma mère me demandait une poche de glace et de l’aspirine, dit Castle un peu moqueur.
Martha lui tapa de nouveau le bras.
- Ne l’écoutez surtout pas, ça a dû se produire deux fois, grand maximum ! Se défendit Martha ce qui les fit rire.
- Grand-mère ! s’écria Alexis en se jetant dans les bras de sa grand-mère.
- Et voilà la plus jolie ! S’exclama Martha. Oh chérie, tu m’as manqué !
- Toi aussi tu m’as manqué, Grand-mère, répondit la fillette. Bonjour Papa ! Bonjour Kate !
- Bonjour Alexis !
- Bonjour citrouille ! Regarde toutes ces bonnes choses que Kate nous a préparées !
- Wahou ! Je peux avoir de l’omelette ?
- Bien sûr, sourit Kate, tu peux avoir tout ce que tu veux ! Prends une assiette !
- Et moi ? Lança Castle en enlaçant Kate par derrière pour venir déposer un baiser dans son cou. Moi aussi je peux avoir tout ce que je veux ?
Kate rougit instantanément, ce qui fit rire Martha.
- Et si on passait à table ! Suggéra Castle pour venir en aide à sa petite amie.
- Oh oui ! S’écria Alexis.
Ils s’installèrent tous les quatre autour de la table pour savourer ensemble ce délicieux repas.
- Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? demanda Alexis.
- On pourrait rester ici tranquillement, suggéra Castle. On a des tonnes de films et de jeux vidéo ! Et puis je pourrais préparer d’énormes saladiers de popcorn !
- Oh non ! Je préfère sortir, répondit la fillette.
- On pourrait aller à la patinoire, proposa Kate.
- Oh ! Oui ! S’écria Alexis. On y va dis papa ?!
- … Je ne sais pas… C’est un peu dangereux… Hésita Castle.
- T’avais promis qu’on irait ! Protesta Alexis.
- Quand tu serais plus grande ! Rétorqua Rick.
- Kate pourrait m’apprendre ! Je suis sûre qu’elle patine très bien ! N’est-ce pas Kate ?
- Euh… Tu sais, si ton père te trouve trop jeune, on peut trouver autre chose à faire…
- Tu parles ! Il a juste peur ! J’ai des tas de copines qui y sont déjà allées !
- Alexis ! Soupira Castle.
- Allez papa ! Ça sera marrant ! Insista la fillette.
- … Bon… Mais tu me promets de ne pas faire d’imprudence !
- Promis ! Dit Alexis en embrassant son père.
- Eh bien ça sera sans moi ! Déclara Martha. Pas question que je mette un orteil sur la glace !
- Oh ! On va trouver autre chose ! Bafouilla Kate gênée.
- Ne vous en faites pas Trésor, sourit Martha, j’avais déjà des projets !
- Vous êtes sûre ?
- Ne t’en fais pas, Kate, intervint Rick. Ma mère a toujours des tas de projets ! C’est un véritable courant d’air !
Le petit déjeuner se passait à merveille, quand il fut troublé par quelques coups de sonnette insistants.
- Qui peut bien venir nous déranger un dimanche matin ? S’étonna Castle.
- Un pique assiette ou un oiseau de mauvais augure, répondit Martha, en tout cas, il n’y a qu’un moyen de le savoir !
- Mhmm… J’y vais… J’espère que c’est important ! Bougonna Castle en se levant pour aller ouvrir la porte.
Il eut à peine tourné la poignée, que la porte s’ouvrit en grand et qu’une tornade rousse fit son entrée dans l’appartement.
- Bonjour Chaton !
- Me…Me… Meredith ?! Bafouilla Castle.
- Ah bah finalement c’est les deux ! Souffla Martha.
Kate fut si surprise qu’elle en lâcha sa cuillère, bouche bée.
- Qu’est-ce… Qu’est-ce que tu fais ici ? Demanda Castle.
- J’avais envie de passer du temps en famille, comme l’autre fois ! Bonjour chérie ! Lança-t-elle en faisant un petit signe de la main en direction d’Alexis.
- L’autre fois ? Tiqua Beckett.
- C’était merveilleux ! Continua Meredith en déposant son manteau dans la penderie et sa valise devant l’escalier comme si elle était chez elle. Je me suis rappelé à quel point nous étions bien tous les trois, chaton !
- Meredith ! Tenta Castle.
- Oui, je sais, nous avons beaucoup de problèmes, mais avec de la bonne volonté et de la patience, on peut tout surmonter ! Le coupa-t-elle en lui caressant la joue.
Kate jeta un regard en direction de Martha, qui levait les yeux au ciel et d’Alexis, qui semblait bien ennuyée.
- Meredith ! Dit Castle plus fermement.
- Je sais, je sais! Chaton! Le coupa de nouveau Meredith en se dirigeant vers la table où se trouvaient Alexis, Martha et Kate, qui était pétrifiée. On aura le temps de parler de nous plus tard... Et si on s'organisait une journée jeux de société et DVD?
- Maman! On a décidé de sortir aujourd'hui! La stoppa Alexis.
- Ah oui? Et où allons-nous alors?
- Nous... Rétorqua Castle. Et par nous, j'entends Alexis, Kate et moi, allons passer un très bon moment à la patinoire et non, tu ne peux pas venir avec nous!
- Pourtant on pourrait profiter de la présence de ta baby-sitter pour discuter en tête à tête, minauda Meredith.
- Baby-sitter?! S'étrangla Kate devant un tel sans-gêne.
- Kate n'est pas la baby-sitter, grinça Castle. Elle est ma petite amie! Et ne joue pas les étonnées, tu le sais très bien!
- Mais nous...
- Il n'y a plus de nous, Meredith!
Soulagée par ce qu'elle venait d'entendre, Kate relâcha ses épaules et la respiration qu'elle retenait depuis l'irruption de Meredith dans l'appartement.
- Alors, tu vas me faire le plaisir de repartir vaquer à tes occupations ! Ajouta Rick en lui tendant son manteau et sa valise. Il y a un très bel hôtel dans le centre-ville. Attrape un taxi et vas-y, je me charge de les appeler pour t’y réserver une chambre !
Il termina son petit discours en la poussant hors de l’appartement dont il referma la porte avant qu’elle n’ait eu le temps de protester.
- Alors là ! Bravo Kiddo ! Je suis extrêmement fière de toi ! Lança Martha en applaudissant.
- Euh… Mère… Fit Castle en désignant sa fille d’un bref coup d’œil.
- Ne t’en fais pas Papa, maman n’avait qu’à attendre son tour, le rassura Alexis.
- Euh... Alexis... Tu es sûre? C'est ta maman...hésita Kate, tu as peut-être envie de passer du temps avec elle...
- Elle doit attendre son tour! Aujourd'hui, je passe la journée avec Papa et toi!
- Elle a raison chérie! Chacun son tour, approuva Martha, après tout, s'ils sont dans cette situation, c'est entièrement de sa faute!
Tout de même un peu gênée, Kate entreprit de débarrasser la table.
- Ne compare pas ta relation avec ta maman et celle d'Alexis avec Meredith, murmura Rick à l'oreille de Kate en venant la rejoindre.
Elle lui adressa un regard interrogateur.
- Meredith tient plus de la tante cinglée que de la maman attentionnée! Argumenta-t-il.
- …
- Je sais, dit-il devant son air étonné, ça parait cruel, mais c’est la stricte vérité !
Deux heures plus tard, Rick, Kate et Alexis se trouvaient sur la glace. Rick se cramponnait à la barrière, tandis que Kate aidait Alexis à faire ses premiers pas sur la glace.
- Euh… Attention ! Ça glisse ! répétait Rick.
- Ne t’en fais pas Castle ! Elle se débrouille très bien !
- Oui, mais… Une chute est si vite arrivée !
- C’est pour ça que je la tiens par les mains !
- D’accord, mais toi ? Qui est-ce qui te tient toi ?
Kate lui adressa un regard amusé. Elle le savait protecteur envers sa fille, mais là…
- Attention ! Cria Rick alors qu’un ado passait à pleine vitesse un peu trop près d’elles.
- Relax, Castle ! Tout va bien !
- Je peux essayer un peu toute seule ? Demanda Alexis.
- Euh… Disons que si tu veux que ton père ait une attaque, c’est le meilleur moyen…
- S’il te plait ! Insista la fillette.
- D’accord, mais je reste près de toi !
- D’accord !
Une demi-heure plus tard, Rick était toujours cramponné à la barrière, les pieds de part et d’autre de son corps, luttant contre la force de glisse de la glace et la gravité en même temps. De son côté, Alexis enchaînait les tours de piste de plus en plus rapidement, sous la surveillance étroite de Kate.
- Tu viens Castle ? Lança celle-ci en s’arrêtant à quelques mètres devant lui.
- Bah… Euh… Non… Je suis bien là…
- C’est ça ! Allez viens ! Je vais t’aider !
- Non ! Toi, tu te charges d’aider Alexis !
- Elle se débrouille déjà aussi bien que moi ! Allez viens !
Après quelques minutes passées à peser le pour et le contre, il finit par prendre la main qu’elle lui tendait et fit quelques pas hésitants dans sa direction.
Chapitre quarante
Kate lui sourit pour l'encourager, il s'avança, mais tomba presqu'aussitôt, elle eut tout juste le temps de se rattraper pour ne pas être entraînée dans sa chute.
- Rick ça va? S'inquiéta-t-elle.
- Arrrrggghhhh... Gémit-il étendu sur la glace, tu vois bien que c'est hyper dangereux!
- Mais non, je vais t'apprendre, dit-elle en l'aidant à se relever.
- Allez papa! Tu peux le faire l'encouragea Alexis.
- Mouais... Marmonna-il peu convaincu. N’empêche que ça fait mal…
- Wah ! Je ne te savais pas aussi douillet ! Rigola Kate.
- Quand je suis tombée et que je me suis écorché le genou l'été dernier, c'est papa qui a le plus pleuré, rigola Alexis.
- Je ne suis pas douillet ! Protesta Castle. C’est juste que la glace, c’est froid et super dur ! Ça fait hyper mal !
- Pauvre biquet, je te soignerai tout à l’heure, promit Kate.
- J’aurai droit au bisou qui guérit tout ?
- Celui-là et beaucoup d’autres ! chuchota-t-elle à son oreille.
- Wah… Je devrais tomber plus souvent, dit-il rêveur.
- Allez ! En selle cowboy ! On y retourne !
- On pourrait aussi aller boire un chocolat chaud, non ? Qu'est-ce que tu en dis?
- Plus tard, allez viens, tu vas voir, c’est marrant !
- Permets-moi d’être sceptique… Marmonna-t-il.
Il accepta cependant de faire une nouvelle tentative avec l’aide de Kate et sous les encouragements d’Alexis.
- Là! Doucement! C'est pas mal! L'encourageait Kate tandis qu'il se laissait glisser tracté par elle.
- Oh! Là! Là ! Je vais tomber! S’écria-t-il les jambes flageolantes.
- Mais non! Tout va bien!
- Si je dis que je vais tomber, c'est que je sens que je vais tomber!
- Pour tomber, il faudrait que tu avances! Rétorqua Kate en levant les yeux au ciel. Tu fais du surplace là!
- Je ne fais pas du surplace, puisque tu me tires!... J'aimais bien le surplace, moi ! Marmonna Rick. On pourrait se mettre là dans un coin et apprécier les bienfaits du surplace… ça ne va pas trop vite... On ne risque pas de tomber et de se faire mal... On a le temps d'apprécier le paysage... Et surtout, on ne risque pas de tomber et de se faire mal!
- Ouais, tu l'as déjà dit! Allez, détends-toi, tu vas y arriver, l’encouragea Kate en se retenant de rire.
- Facile à dire...
- C'est dingue, quand même, fit remarquer Kate, tu as grandi à New York et tu n'as jamais appris à patiner?
- Ma mère était trop occupée pour m'emmener à la patinoire, grogna-t-il. Et là, je dois reconnaître que je ne lui en veux plus pour ça!
- Quand Grand-mère était petite, elle s'est cassé le bras en faisant du patin à glace, expliqua Alexis. Elle s'est promis ce jour-là de ne plus jamais mettre un pied sur une patinoire.
- Comment tu sais ça toi? S'étonna Castle en se tournant vers sa fille, sans lâcher les mains de Kate.
- Grand-mère me raconte tout, sourit la fillette avant de s'élancer sur la glace.
- J'le crois pas! S'écria Castle.
- Elle apprend vite, sourit Kate.
- Non, pas ça.
- Quoi donc alors?
- Ma fille sait des choses sur ma mère que je ne sais pas.
- Et alors?
- Pourquoi ma mère ne m'a jamais parlé de ça?
- Peut-être parce que tu ne lui as jamais demandé tout simplement.
- ... Mhm... Ouais, tu as peut être raison... Reconnut-il après réflexion.
- J'ai certainement raison, répondit Kate. Allez, on reprend!
Petit à petit, il finit par s'habituer à ce nouveau mode de déplacement. Si bien, que Kate finit par lui suggérer d'essayer de patiner un peu seul.
- Woaw! C'est hyper dangereux! S’écria-t-il alors que Kate venait de lui lâcher la main pour s’éloigner de lui.
- Castle tu es tout juste à un mètre cinquante de la barrière!
- C'est hyper loin! Je ne vais pas pouvoir me rattraper!
- Roh! T'exagères! Allez! Viens jusqu'à moi! Lança Kate en reculant de quelques mètres.
Il avança son pied droit sur la glace avec hésitation, puis ramena son pied gauche aussi prudemment.
- Là! Voilà! Tu vois? Tu n'es pas tombé!
- La chance du débutant, marmonna-t-il.
- Mais non, rit-elle en ouvrant les bras. Allez! Viens!
Rick recommença l'opération et lentement, mais sûrement se rapprocha d'elle.
- J'y arrive! Se réjouit-il comme un petit garçon.
- Génial!
- Bravo papa! S'écria Alexis en les rejoignant.
- Donne-moi la main, on va avancer un peu comme ça, proposa Kate.
Il accepta la main qu'elle lui tendait, Alexis lui prit l'autre et tous les trois firent quelques mètres sur la glace.
Peu à peu, Rick prit de l'assurance et commençait même à apprécier l'exercice. Ce week-end était parfait à ses yeux. Kate et Alexis s'entendaient à merveille. Il espérait que cela continuerait ainsi et qu'ils passeraient encore de très nombreux week-ends tous les trois. Il jeta un regard en direction de sa petite amie. Elle semblait détendue et heureuse. Visiblement, l'intervention de Meredith le matin même, ne l'avait pas perturbée.
Mais comment en être sûr? Elle n'était pas une grande bavarde quand il s'agissait de ce qu'elle ressentait, il l'avait bien compris. Et si elle doutait? Après le sketch que Meredith leur avait fait, beaucoup de femmes lui auraient fait une scène, ou tout du moins lui aurait demandé des explications, mais pas Kate... Non, Kate encaissait sans broncher comme souvent. Il fallait qu'il en ait le cœur net.
- Regarde Papa comme je patine bien ! Lança Alexis en s’élançant sur la patinoire.
- Oh oui ! Tu es vraiment douée ! Sourit-il.
- Bravo Alexis ! Tu apprends vraiment très vite ! Ajouta Kate.
Profitant du fait qu'Alexis avait lâché sa main pour patiner joyeusement devant eux, Rick se lança:
- Tu sais, pour ce matin... Commença-t-il avec hésitation.
Kate tourna la tête vers lui, le regard interrogateur.
- Meredith, précisa-t-il pour lui signifier ce qu'il avait en tête.
- Elle veut que tu te remettes avec elle, c'est ça?
- ... Co... Comment tu sais ça?
- On ne peut pas dire que la discrétion soit le fort de ton ex-femme, ses sous-entendus ce matin étaient très clairs... Et le fait qu'elle passe des week-ends avec Alexis et toi...
- Ça ne s'est produit qu'une seule fois, se défendit Castle qui commençait à paniquer devant la perspicacité de sa petite amie. Et ça ne se reproduira plus!
- Ah oui? Comment peux-tu en être aussi sûr? Demanda Kate. Meredith est quelqu'un à qui il est difficile de dire non et puis il y a Alexis, tu penses sans doute que ça serait mieux pour elle si ses parents se remettaient ensemble...
Kate avait dit ça comme si elle annonçait la météo des jours à venir. Il n’y avait aucun reproche dans le ton qu’elle employait. Rick était un peu décontenancé par le calme de sa petite amie. Etait-elle si indifférente que ça au sujet de leur relation ? Pourtant il était sûr qu’elle tenait à lui au moins autant que lui tenait à elle ! Alors… ? Peut-être que c’était un test… Ses ex avaient souvent usé de ce genre de subterfuges pour savoir à quel point il tenait à elles…
- Ça n'arrivera pas, je peux te l'assurer! Annonça-t-il sûr de lui persuadé que c’était la réponse qu’elle attendait de lui.
- Je sais, répondit-elle comme une évidence.
- Tu sais? S'étonna-t-il un peu perdu par la tournure de cette conversation.
- Tu le lui as dit très clairement ce matin.
- Donc... Tout va bien? Demanda-t-il pour se rassurer complètement.
- Castle... Dit-elle en s'arrêtant pour lui faire face... Je t'aime.
Il sourit à l'entente de ces trois petits mots. Kate n'était pas très loquace quand il s'agissait de dévoiler ses sentiments. Elle les montrait par ses gestes et ses actes, mais n'en parlait pas souvent.
- Je suis heureuse avec toi, mais je ne veux pas que tu te sentes piégé, expliqua-t-elle. Si tu penses que ta place est avec Meredith, dis le moi tout de suite. Ça me fera mal, c'est certain, mais si tu dois m'arracher le cœur, fais le vite et d'un coup sec...
Il ne la laissa pas terminer sa phrase et l'embrassa avec passion. Elle répondit à son baiser avec la même passion et resta pantelante, lorsqu'il y mît fin. Il lui prit la main et leva leurs deux mains réunies.
- Il n'est pas question que je lâche ta main, assura-t-il. Meredith, c'est mon passé. Mon avenir, je ne le vois qu'avec toi.
Émue et le regard plongé dans celui de Rick, Kate lui sourit, heureuse et rassurée. Elle était loin d'être sûre d'elle pendant son petit discours. Rick avait pris une telle place dans son cœur, qu'elle ne savait pas comment elle aurait survécu sans lui.
- Papa! Kate! Vous ne patinez plus?! Demanda Alexis en revenant vers eux.
- Si bien sûr chérie, répondit Castle en se tournant vers sa fille. On discutait entre grandes personnes, c'est tout.
- Oui et bien, vous vous ferez des bisous plus tard, là, c'est un moment en famille, alors venez patiner!
- Tu sais que je réutiliserai cette phrase quand tu auras un petit ami?
- Papa! Protesta Alexis.
Il éclata de rire devant la moue exaspérée de sa fille. Il allait s’élancer sur la glace, lorsqu’un évènement inattendu se produisit :
- Chaton ! S’écria une voix mielleuse derrière eux.
Rick, qui ne connaissait cette voix que trop bien, pivota brusquement dans la direction d’où elle provenait. Dans la manœuvre, il perdit bien entendu l’équilibre et malheureusement entraîna Alexis dans sa chute. Lorsque la fillette termina son vol plané, sa tête heurta violemment la glace.
Kate se précipita auprès d’elle. La petite était inconsciente.
- Oh bon sang ! Rick ! Il faut appeler les secours !
- Alexis ! S’écria Castle en découvrant l’état de sa fille.
Kate laissa Castle avec Alexis et se précipita vers un téléphone pour appeler les secours.
- Oh mon bébé ! Réponds-moi, supplia Castle.
- Chaton ! Elle est blessée ? S’inquiéta Meredith en s’approchant de la rambarde.
- … Papa…
- Oh ! Bébé ! Ne bouge pas, soupira Castle.
- Alexis ! S’écria Meredith en s’avançant sur la patinoire pour les rejoindre.
- Elle est consciente, annonça Castle pour la rassurer.
- Une ambulance arrive ! Dit Kate en revenant vers eux. Ils ont dit qu’elle ne devait pas bouger !
- J’ai froid… Murmura Alexis.
- Je sais chérie, tu es allongée sur la glace, mais tu as entendu ce qu'a dit Kate ? Tu ne dois pas bouger…
Le temps que les secours arrivent, Rick s’évertuait à rassurer Alexis en lui parlant le plus calmement qu’il pouvait, tandis que Meredith jouait à la perfection le rôle de la maman inquiète à grand renfort de larmes et de répliques probablement tirées de ses films. Kate, quant à elle, ne savait pas vraiment quoi faire pour les aider. Elle avait alors cherché à savoir s’il y avait un médecin parmi les badauds et avait fini par en trouver un et l’avait amené auprès de la fillette.
Peu après, l’ambulance arriva et Alexis fut prise en charge. Beckett, ne sachant toujours pas où était sa place, les suivit, jusqu’à ce que Meredith la bloquât à quelques mètres de l’ambulance dans laquelle Alexis était déjà montée avec son père.
- Pas la peine d’aller plus loin ! Annonça Meredith. Il n’y a pas de place pour vous dans l’ambulance.
- Mais je…
- Je suis la mère d’Alexis, c’est à moi de les accompagner, la coupa Meredith.
- Laissez-moi leur demander à quel hôpital ils l’emmènent ! rétorqua Kate en tentant de passer devant la rouquine.
- Vous ne comprenez pas apparemment, soupira Meredith en lui bloquant de nouveau le passage. Votre place n’est pas là-bas.
- Je m’inquiète pour Alexis et Castle a besoin de soutien ! Protesta la jeune femme.
- C’est mon rôle ! La coupa encore une fois Meredith. Je suis la mère d’Alexis ! La femme de Rick ! Vous n’êtes rien du tout ! Alors laissez-nous !
Après ces quelques phrases assassines, la rouquine se retourna et se dirigea vers l’ambulance, laissant derrière elle une jeune femme choquée et incapable de répondre quoique ce soit.
- General Hospital! Dit l'un des ambulanciers en passant devant elle.
- Pardon? Demanda Kate en sortant de sa stupeur.
- On l'emmène au General Hospital, précisa l'ambulancier qui ne semblait pas apprécier l'attitude de Meredith envers la jeune femme.
- ... Merci, murmura Kate avec un léger sourire.
- De rien.
Il monta dans l'ambulance, qui démarra presqu'aussitôt et disparut dans le flot de la circulation.