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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 19.09.2015 à 19h17
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une histoire qui m'est venue à l'esprit alors que j'écoutais la chanson "The Scientist de Coldplay"... » Minefuji
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Chapitre quarante et un
Kate ramassa les affaires qu'Alexis et Castle avaient laissées dans la précipitation de leur départ, puis héla un taxi.
Pendant ce temps, l'ambulance était arrivée à destination et les médecins avaient pris en charge Alexis pour lui faire passer des examens.
- Où est Kate? Demanda Castle en réalisant soudain que la jeune femme n'était pas avec eux.
- Je lui ai demandé de partir, répondit Meredith comme si elle annonçait la météo du jour.
- Tu as fait quoi?! S'énerva aussitôt Castle. Mais de quel droit lui as-tu demandé ça?
- Elle n'avait rien à faire ici, fit la rouquine sans prêter attention à l'énervement de Castle.
- Sa place est ici! Rétorqua Castle avec véhémence. Tu n'avais pas à lui dire un truc pareil!
- Notre fille est à l'hôpital à cause de son idée saugrenue de faire du patinage! Et tu trouves qu'elle a sa place à nos côtés? Demanda Meredith d'un ton glacial.
- C'est moi qui l'ai fait tomber! Et ça parce que tu m'as surpris en débarquant à la patinoire! Kate n'est en aucun cas fautive! Tonna Castle en s'éloignant.
- Attends! Où est-ce que tu vas?!
- Je vais appeler Kate! grogna-t-il en sortant son téléphone.
- Elle doit être repartie et à l'heure qu'il est, elle est loin d'ici!
- Pourquoi serait-elle repartie? Demanda Castle suspicieux.
- ...
- Qu'est-ce que tu lui as dit Meredith? Gronda Castle.
- Ce que tu aurais dû lui dire, chaton, qu’elle n’est pas la mère d’Alexis, ni ta femme. C’est une gamine ! Elle n’est pas la personne qu’il te faut !
- Elle a plus de maturité que tu n’en auras jamais, Meredith ! Tu es peut-être la mère d’Alexis, mais tu n’es plus ma femme ! Tu n’as plus rien à dire en ce qui me concerne ! Tonna Castle en revenant vers elle d'un air menaçant. J’espère pour toi, que…
- M. et Mme Castle ? Appela un médecin en entrant dans la pièce.
- Oui ? S’empressa de répondre Meredith en se remettant aussitôt dans le rôle de la mère inquiète.
- Je suis monsieur Castle, voici la mère d’Alexis, mon ex-femme, rectifia Castle agacé par l'attitude de la rouquine.
- On va garder votre fille en observation cette nuit…
- Quelque chose ne va pas ? S’inquiéta Castle tandis que Meredith, les deux mains sur la bouche, feignait la syncope.
- Non ! Non ! Rassurez-vous, les examens n’ont rien montré d’alarmant, elle va avoir une belle bosse, mais elle s’en remettra. Nous préférons juste la garder cette nuit afin d’être certains que tout va bien.
- On peut rester auprès d’elle ? Demanda l’écrivain.
- Bien sûr ! Je vais vous conduire auprès d’elle…
Une fois auprès de sa fille, Rick fut rassuré. La fillette l’accueillit avec le sourire.
- Hey ! Comment ça va Pumpkin ?
- Oh chérie, tu dois avoir horriblement mal ! Intervint Meredith aussitôt. Ne t’en fais pas Trésor, tu ne mettras plus jamais les pieds sur une patinoire…
- Mais… J’aimais bien la patinoire, moi !
- Et tu pourras y retourner ! Répondit Castle. On t’achètera un casque, voilà tout !
- Où est Kate ? Demanda soudain la fillette.
- Oui, ça, on aimerait bien le savoir, grinça Rick en fusillant Meredith du regard.
- Oh ! Voyons ! S’agaça cette dernière, on n’a pas besoin d’elle ! On est bien tous les trois !
- Maman ! On n’est plus tous les trois maintenant, soupira Alexis. Papa est amoureux de Kate, maintenant !
- Mais non, tu dis des bêtises !
- Meredith, c’est toi qui dis des bêtises, soupira Castle.
- Mais nous…
- Il n’y a plus de nous, Meredith ! On a divorcé, c’est terminé !
- On pourrait essayer…
- Non, on n’essayera pas ! Alexis l’a très bien compris, elle! Et il est temps que toi aussi, tu le comprennes ! Rétorqua Castle.
- … Que je comprenne ?
- C’est fini, Meredith, soupira Castle, définitivement fini…
- …
Meredith le dévisagea comme s'il venait de lui annoncer que les extra-terrestres venaient de débarquer. Rick soupira et reporta son attention sur Alexis.
- Tu n'as qu'à l'appeler, papa!
- Mhm?
- Kate! Précisa la fillette. Je suis sûre que si tu l'appelles, elle reviendra!
Encouragé par Alexis, Rick sortit de l'hôpital pour appeler Kate. Malheureusement, son téléphone était fermé et il tomba instantannément sur sa messagerie. Il lui laissa un message, puis retourna auprès de sa fille. Le soir tombait. Où pouvait être Kate? Que pouvait-elle faire? Et surtout à quoi pensait-elle? Meredith avait été très dure, mais connaissant Kate, cela n'aurait pas suffi pour la décourager. A moins que Meredith ne lui ait pas tout avoué...
La nuit avait été longue. Alexis endormie, Rick et Meredith étaient restés dans la chambre de leur fille, sans échanger une parole. Lui, ignorait complètement son ex-femme. Il lui en voulait tellement. Comment avait-elle eut le culot de parler ainsi à Kate? Kate... Il ne cessait de penser à elle. La pauvre, elle devait être inquiète pour Alexis. Où était-elle? Était-elle retournée à son appartement où était-elle repartie dans sa chambre d'étudiant? Dans le premier cas, il espérait que sa mère ait été présente pour l'accueillir et la rassurer. Dans le second, il espérait que ses amies n'auraient pas été trop dures avec lui... Elles pouvaient se montrer si intransigeantes, quand il s'agissait de leur amie...
Peut-être avait-elle essayé d'appeler ses parents... Jim n'allait pas lui pardonner un truc pareil! Fatigué de se perdre en conjonctures, il se leva, attrapa son portable et sortit. Il allait une nouvelle fois tenter d'appeler Kate.
Meredith le regarda partir. Jamais il n'avait été aussi froid et distant avec elle. Elle avait poussé le bouchon trop loin cette fois. Elle aurait dû accepter sa proposition de tenter de sauver leur mariage quand il la lui avait faite... Il avait été prêt à passer outre le fait qu'elle l'ait trompé à l'époque. Il voulait sauver leur mariage, mais elle voulait autre chose. Elle ne supportait plus le fait qu'il l'a connaissait aussi bien, alors qu'elle ne connaissait pratiquement rien de lui. Elle avait eu besoin de sortir de cette relation à sens unique. Elle pensait que pour sa fille, il serait capable de l'attendre indéfiniment. Elle pensait qu'il serait toujours là à attendre, surtout si elle avait la garde d'Alexis. Elle s'était bien trompée. Il était trop tard à présent. Devant cette évidence, elle se sentit anéantie, perdue et s'effondra en larmes.
Elle ne sut combien de temps elle pleura. Quelques minutes... Beaucoup plus? Quelqu'un entra finalement dans la pièce et la sortit de son désespoir.
- Elle va s'en remettre.
Elle leva les yeux vers le nouveau venu et lui adressa un regard interrogateur.
- Votre fille, précisa-t-il, elle va s'en remettre! Les enfants sont plus solides qu'on ne le croit.
- ...
Le médecin se méprenait sur la cause de ses larmes. Elle ne le détrompa pas. Elle l'observa un moment, il était plutôt bel homme.
- Vous verrez, demain, elle courra comme un cabri!
- Merci, murmura-t-elle en séchant ses larmes.
- Vous avez mangé?
- Quoi?
- En général, les parents inquiets oublient de manger, répondit-il avec un sourire charmeur.
- Oh... Euh... Non... Je n'ai pas mangé... Soupira Meredith.
- Je peux vous emmener à la cafétéria de l'hôpital... Ce n'est pas un trois étoiles, mais c'est correct, proposa-t-il. A moins que votre mari ne voie cela d'un mauvais oeil! Je ne voudrais pas être la cause d'une dispute...
- C'est mon ex-mari! Vous n'avez pas à vous inquiéter pour ça! répondit-elle en se levant.
- Dans ce cas, c'est parfait, sourit-il en l'invitant à le suivre.
Pendant ce temps, à l'extérieur du bâtiment, Castle appelait pour la troisième fois sur le portable de Beckett et pour la troisième fois, tombait sur le répondeur de Kate.
- C'est bien ma veine, marmonna-t-il, il fallait que son téléphone soit éteint!
Il jeta un œil à sa montre, il était presque trois heures du matin, ça n'était pas le moment d'appeler le numéro de sa chambre d'étudiante. Il appela celui de son appartement, avec un peu de chance, elle y serait avec sa mère...
Personne là-bas non plus. Il donna un bon coup de pied dans un caillou, puis rentra dans le bâtiment. Il la chercherait le lendemain. En espérant que cette fois, il mettrait moins de temps à la retrouver! Bon sang! Pourquoi n'avait-il pas fait plus attention à elle? D'accord, il était inquiet pour sa fille, mais il aurait quand même dû être plus attentif à elle! La pauvre, après les horreurs que Meredith lui avait dites, elle devait être au trente-sixième dessous!
Il allait reprendre le chemin de la chambre d'Alexis, quand une discussion entre deux membres du personnel de l'hôpital attira son attention.
- C'est une SDF? Il faut l'envoyer au dispensaire, il y a des locaux pour l'accueillir...
- Mais non, tu n'as pas remarqué comment elle est habillée? Elle n'a rien d'une SDF.
- Qu'est-ce qu'elle fait là, alors?
- D'après Mary, elle est arrivée il y a plusieurs heures, elle voulait des nouvelles d'une patiente, mais comme elle n'est pas un membre de sa famille, on n'a rien pu lui dire.
- Elle n'est pas repartie?
- Non, elle a refusé de partir. Et puis, elle avait l'air tellement inquiet, que Mary l'a autorisée à attendre là.
- Où est-elle? Demanda Castle en s'incrustant dans la conversation.
- Qui?
- La personne dont vous parlez! Où est-elle?!
- Euh... Là-bas, sur l'un des bancs près des distributeurs de café...
Rick n'attendit pas la suite et se précipita dans la direction indiquée par l'aide-soignante.
Il arriva près des distributeurs, tourna la tête dans tous les sens avant de se figer. Elle était là, recroquevillée et endormie sur un banc.
- Kate, murmura-t-il en s'approchant doucement d'elle.
Elle remua légèrement, poussa un léger soupir, puis ouvrit doucement les yeux.
Il venait de s’agenouiller devant elle, n’en revenant toujours pas de la trouver là.
- Comment va Alexis ? Murmura-t-elle encore à moitié endormie.
- Elle va bien, sourit Castle en lui caressant tendrement la joue. C’est juste une bosse.
- Je suis désolée…
- Tu n’as pas à l’être, ça n’était pas ta faute.
- Mais si je n’avais pas eu l’idée d’aller à la patinoire…
- Ça n’était pas de ta faute ! Répéta-t-il. Elle aurait aussi bien pu tomber de sa chaise pendant le petit déjeuner !
- … Le petit déjeuner aussi… C’était mon idée…
- Alexis prend un petit déjeuner chaque matin… Que tu sois là ou pas !
Elle baissa la tête et sourit.
- Tu étais là tout le temps ?
- Mhm ?
- Quand est-ce que tu es arrivée ici ?
- … Euh… Le… L’ambulancier m’a dit où il vous emmenait… Alors… J’ai pris un taxi et je suis arrivée ici.
- Tu as passé toute ta journée et toute la nuit ici ?
- Je… Euh… Oui… Je ne voulais pas partir sans avoir des nouvelles d’Alexis et de toi… Mais apparemment ils ne donnent des informations qu'aux membres de la famille... Oh ! Et tiens, dit-elle en lui tendant le sac sur lequel elle s’était endormie, j’ai récupéré tes affaires et celles d’Alexis à la patinoire.
- Tu es adorable, sourit-il en lui prenant la main.
Tendrement, il déposa un baiser sur ses lèvres, puis la serra dans ses bras. Soudain, toute la tension cumulée durant ces heures d’angoisse retomba et elle laissa quelques larmes lui échapper. Il lui caressa délicatement le dos et la berça doucement.
Au bout de quelques minutes, elle était parvenue à se reprendre et essuyait ses larmes d'un revers de la main. Castle se leva et lui prit la main.
- On va rejoindre Alexis, expliqua-t-il devant son air interrogateur.
Il l’emmena jusqu'à la chambre d’Alexis, qui dormait toujours paisiblement.
- Meredith n’est pas là ? S’étonna Kate en entrant dans la chambre.
- Bah… Elle a dû en avoir assez d’attendre, répondit Castle dans un haussement d’épaules. Elle trouve Alexis barbante quand elle dort…
Soulagée de ne pas se retrouver face à Meredith et ses reproches, Kate se détendit légèrement. Elle s’approcha du lit d’Alexis et fut rassurée de constater qu’elle dormait tranquillement.
- Elle va bien, chuchota Rick comme s’il lisait dans ses pensées.
Kate releva la tête vers lui et lui adressa un sourire contrit.
- Elle aura encore des bobos, tu sais ? Il va falloir t’y habituer ! Ajouta-t-il.
- …
- Relax, dit-il alors qu’elle était à deux doigts de paniquer. Elle n’est pas trop casse-cou, elle est même du genre hyper raisonnable !
Chapitre quarante deux
- Viens par-là, murmura-t-il en prenant la main de Kate pour la mener dans ses bras.
Elle se blottit contre lui, heureuse et soulagée qu'Alexis aille bien et que Rick ne la tienne par pour responsable de l'accident.
- Tu devrais te reposer, finit-il par énoncer au bout d'un long moment de tendresse. Tu as cours dans quelques heures...
- Ne t'en fais pas pour ça, murmura-t-elle, mon prof est tellement pris par sa passion pour sa matière, qu'il ne remarque pas que ses étudiants piquent du nez.
- Oui, mais là, on parle de sa meilleure étudiante, répliqua-t-il. Tu penses vraiment qu'il ne le remarquerait pas si Hermione Granger dormait pendant son cours?
- Je ne suis pas Hermione Granger, pouffa-t-elle.
- Tu es la meilleure...
- Je ne passe pas mon temps la main levée pour répondre à toutes les questions des profs. Je suis plutôt discrète, comme étudiante.
- Tu sais... Parfois il faut savoir prendre la parole et se faire entendre...
- On ne parle plus de mes cours là... Répliqua-t-elle en fronçant les sourcils.
- En effet... Meredith n'avait aucun droit de te parler de la sorte.
Elle baissa la tête comme une enfant prise en faute, il mît un doigt sous son menton et la força à la relever.
- Tu es celle que j'ai choisie, Kate. Ta place est à mes côtés. Tu ne dois laisser personne te dire le contraire.
- ...
- Et tu n'as pas à ménager Meredith, ajouta-t-il comme s'il lisait dans ses pensées. Ça n'est pas parce qu'elle est la mère d'Alexis que tu n'as pas le droit de la remettre à sa place. Alexis le comprend très bien.
- C'est sa maman tout de même! Protesta Kate
- Là encore, Meredith n'est pas Johanna! Ne compare pas ta relation avec ta mère avec celle d'Alexis et la sienne...
- ...
- Je t'assure! Meredith arrive à exaspérer Alexis tellement elle est cinglée!
Rick faisait de telles mimiques en parlant de son ex-femme, que Kate éclata de rire.
- J'aime t'entendre rire, énonça Rick tandis qu'elle se blottissait contre lui.
Ils finirent par s'endormir l'un contre l'autre dans le fauteuil de la chambre d'Alexis. La journée avait été chargée en émotions, aussi quand la pression retomba, ils tombèrent comme des mouches.
Au petit matin, Rick fut le premier réveillé. Meredith n'était pas revenue dans la chambre. Il supposa qu'elle avait fini par retourner dans sa chambre d'hôtel pour dormir confortablement quand elle avait compris que son cinéma ne servait à rien.
Il déposa une couverture sur les épaules de Kate, vérifia qu'Alexis dormait paisiblement, puis quitta la chambre en quête d'un petit déjeuner digne de ce nom.
Moins d'une demi-heure plus tard, il était de retour les bras chargés de paquets.
- Hey! Dit-il en remarquant que Kate se réveillait doucement.
- Hey! Répondit-elle avec un sourire.
- Bien dormi? Demanda-t-il en s'approchant d'elle après avoir déposé ses paquets sur la table.
- Mhm! Très! Affirma-t-elle en s'étirant.
- Tu devrais peut-être rester ici aujourd'hui. Je pourrais te faire un mot d'excuse pour l'université.
- Mes cours ne commencent qu'en fin de matinée... Ça va aller, ne te donne pas cette peine.
- Dommage, j'aurais pu te faire un super mot... Comme un accident de trapèze, par exemple...
- Qu'est-ce que j'aurais fait sur un trapèze?
- Tu aurais préféré un accident de monocycle?
Ils discutaient gaiement, quand Meredith arriva. Elle se stoppa dans l'entrebâillement de la porte et observa Rick et sa petite amie. Il l'admirait, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Il avait l'air tellement bien là avec elle. Jamais il n'avait été comme ça avec elle. Soudain, elle réalisa que jamais il ne reviendrait vers elle. Il était heureux avec cette jeune femme. Ils avaient l'air tellement bien tous les deux, que rien ne semblait pouvoir ternir leur bonheur.
- Vous n'entrez pas? Demanda le médecin qui lui avait tenu compagnie la veille.
Sans bruit, Meredith recula et s'éloigna de la chambre pour se diriger vers lui. Il fallait qu'elle tourne la page.
- Tout va bien? Demanda le médecin.
- Oh... Euh... Oui... C'est juste que mon ex-mari et ma fille sont avec quelqu'un... Répondit-elle évasive.
- Ils ne peuvent pas vous interdire l'accès à la chambre de votre enfant! S'indigna-t-il.
- Oh non! Ce n'est pas ça! C'est... Enfin, je préfère ne pas les déranger... Ils ont l'air si bien tous les trois...
- Quel altruisme, admira-t-il, c'est tout à votre honneur!
- Oh... Vous savez... On ne va pas contre sa nature... sourit-elle flattée.
- Puis-je vous emmener prendre le petit déjeuner dans ce cas?
- Oh! Volontiers!
Lorsqu'Alexis fut réveillée et que l'infirmier leur ait affirmé qu'elle pouvait manger ce qu'elle voulait sans crainte, Rick installa ce qu'il avait acheté sur la table.
- Tiens Kate, je t'ai servi un chocolat chaud! Annonça Alexis.
- Oh merci chérie! Tu es adorable! Sourit Kate.
- C'est le fameux chocolat chaud? Demanda Rick.
- Oui!
- Le fameux chocolat chaud? S'étonna Kate.
- Goûte-le, suggéra Rick, tu comprendras!
- Wah! S'exclama Kate après l'avoir goûté. Je crois que c'est le meilleur chocolat chaud que j'aie jamais goûté!
- Le secret, expliqua Alexis, c'est une double dose de chocolat et une double dose de marshmallow! J'en prépare parfois pour papa.
- Bravo! Ton chocolat chaud est excellent!
- Hey! Je peux en avoir un moi aussi? Réclama Rick en venant s'installer près de sa fille.
Ils passèrent un très agréable moment, Rick n'arrêtant pas de plaisanter avec tout et n'importe quoi.
- Ça va? Demanda Rick trouvant que Kate était silencieuse depuis un bon moment.
- ... Ça va, oui! Répondit Kate en sortant de ses pensées, pourquoi?
- Tu as l'air soucieux, constata Rick. Tu as peur d'être en tard en cours?
- Non, non! Tout va bien.
- Tu es sûre? Demanda-t-il peu convaincu.
- ...
- Tu as une veine sur le front qui est toute gonflée! Ajouta Alexis.
- Alors? Quel est le souci? Insista Rick.
- Il n'y a pas de souci! Assura Kate.
- C'est pas beau de mentir! La taquina Castle.
- Je ne mens pas! Tout va bien!
- Alors quoi?!
- Tout de même... Finit par dire Kate, vous ne trouvez pas bizarre que Meredith ne soit pas là?
Rick et Alexis se regardèrent une minute, puis éclatèrent de rire.
- Quoi?! Demanda Kate agacée de ne pas comprendre pourquoi ils riaient.
- Maman a du partir faire du shopping...
- Ou partir à la recherche d'une nouvelle proie.
- ... Mais... Alexis est...
- Alexis va mieux, expliqua Rick. Meredith n'est pas du genre à perdre plus de temps coincée dans cet hôpital.
- En plus, papa a été très clair, je crois qu'elle a compris, ajouta Alexis.
- ... Sérieux?
- Malheureusement oui, soupira Castle. Je t'assure que je n'exagère pas quand je parle de Meredith.
- Maman m'aime, dit Alexis devant l'air atterré de Kate, mais elle s'aime encore plus!
- ... Wah... Souffla Kate un peu perdue.
- Ne t'en fais pas pour ça, on a l'habitude, n'est-ce pas Pumpkin?
- Oh oui! Depuis le temps, on la connaît, sourit Alexis.
- Allez, tiens, prends un beignet!
Kate accepta le beignet et ne posa plus de question sur Meredith. Castle avait raison quand il lui disait qu'elle ne pouvait pas comparer la relation qu'elle avait avec sa mère et celle d'Alexis et Meredith. Heureusement pour elle, Alexis avait un père très attentionné, ça compensait le manque d'attention de Meredith... Enfin, elle l'espérait.
Une heure plus tard, Alexis sortait de l'hôpital et Kate reprenait le chemin de Palo Alto.
Ils avaient déjà convenu d'un autre week-end qu’ils passeraient tous les trois, quelques semaines plus tard.
Trois jours plus tard, Kate, d’ordinaire la plus matinale de son petit groupe d’amie, fut réveillée encore plus tôt et en fanfare par Carly.
- Allez ! Debout toi ! C’est le grand jour !
Kate répondit par un grognement et se cacha sous son oreiller.
- Ce n’est pas le moment de jouer les marmottes ! Insista Carly en faisant encore plus de bruit. Debout ! C’est le grand jour !
La main de Kate émergea de sous la couette, attrapa le réveil qui trônait sur la table de chevet pour le ramener sous l’oreiller où la jeune femme se cachait toujours. Au bout d’une minute, la jeune femme se redressa brusquement.
- QUATRE HEURES DU MATIN !!!!!????? C’EST QUOI TON PROBLEME, CARLY ?
- Rohhhh !!! Ne fais pas comme si tu ne le savais pas ! C’est le grand jour !
- Le grand jour ? Répéta Beckett un air d'incompréhension totale sur le visage.
- Le concours de Mathilda King ! Tu as promis de nous accompagner !
- J’ai fait ça moi ?
- Ne fais pas celle qui ne se souvient pas ! Allez ! Remue-toi !
- Pourquoi si tôt ?
- On a deux heures de route pour arriver à l’hôtel où sont attendues les concurrentes ! On n’a pas de temps à perdre !
Kate soupira bruyamment avant de se lever. Les séances photos et concours de beauté n’étaient vraiment pas sa tasse de thé. Elle trouvait ce milieu tellement superficiel, que ça lui filait la nausée rien que d’y penser…
Une demi-heure plus tard, elle était fin prête et attendait avec un agacement certain que ses amies la rejoignent. Il faisait beau dehors, le temps idéal pour courir. Elle soupira une nouvelle fois, cette journée allait lui paraître longue !
- C’est pas trop tôt ! Bougonna-t-elle quand ses amies arrivèrent enfin auprès d’elle.
- Ouh là ! Beck’s est en mode bouledogue, constata Lizzie.
- On s’arrêtera au Starbuck, répliqua Ann, elle est toujours grincheuse quand elle est en manque de caféine.
- Tiens ! Dit Carly en lançant un jeu de clés à Beckett.
- Qu’est-ce que c’est ? S’étonna celle-ci.
- Les clés de notre voiture de location !
- Ah ? Parce que c’est moi qui conduit ?! Grogna Kate.
- On ne peut pas se permettre de prendre le risque de se casser un ongle, rétorqua Lizzie. Allez, grouille-toi, Mathilda ne supporte pas les retardataires !
Kate roula des yeux agacée et secoua la tête. Elle aurait de la chance, si elle ne finissait pas la journée en étripant une de ses amies. Elles se dirigèrent vers la voiture de location et prirent la route. Dans la voiture, les filles piaillaient sans arrêt, ce qui énervait Beckett, qui n’arrêtait pas de pousser de longs soupirs. Mais pourquoi avait-elle accepté de se laisser embarquer dans cette histoire déjà ?
Elles firent une pause au bout d’une heure et demi de route. Alors qu’elle attendait encore ses amies près de la voiture, le téléphone de Kate sonna. Elle se saisit de l’appareil et sourit en découvrant qui l’appelait.
- Salut toi, dit la voix chaleureuse de Rick.
- Salut, répondit-elle alors que sa mauvaise humeur s’envolait.
- Tu vas bien ? La route est bonne ?
- Ça va, oui. Mais j’ai hâte de revenir, cette journée va être horriblement longue, soupira-t-elle.
- Si tu veux, ce soir je passerai te chercher. Je te ferai un massage qui t’enlèvera toutes les tensions cumulées dans la journée. Ça te dit ?
- Oh que oui ! Sourit-elle de plus belle.
- Alors tu n’auras qu’à m’envoyer un message quand tu reprendras la route et je serai là à ton retour.
Lorsque les filles la rejoignirent, c’est une Beckett rayonnante qui les accueillit.
- Allez ! En route les filles ! C’est reparti, chantonna-t-elle.
- Wah ! T’avais raison Ann, ce café fait des merveilles ! Constata Lizzie devant la métamorphose de son amie.
- Oh ça ! Ce n’est pas le café ! Intervint Carly.
- Comment ça ? S’étonnèrent les deux autres.
- Ce café est excellent, certes, mais il ne fait pas des miracles de cet acabit ! expliqua Carly.
- C’est quoi alors ?
- Il n’y a qu’une personne, qui est capable de faire fleurir un tel sourire sur le visage de notre Rebel Beck’s !
- Oh ! Firent les deux autres dans une parfaite synchronisation en remerciant intérieurement l’écrivain.
- Et ouais ! Approuva Carly. Il vient de nous faciliter la journée !
Chapitre quarante-trois
Les filles étaient parties rejoindre les autres concurrentes et les organisateurs du concours pour se préparer et apprendre les modalités des épreuves. Kate, que cette ambiance exaspérait, avait décidé de prendre l'air. Malgré son réveil un peu brutal et leur départ un peu précipité, elle avait eu la présence d'esprit d'emmener avec elle un de ses livres et un carnet. Ses amies étant maintenant très occupées, elle avait devant elle plusieurs heures de tranquillité, qu'elle comptait bien mettre à profit pour travailler! Avant de s’installer, elle décida cependant de se mettre en quête d’une boutique de café digne de ce nom. Castle lui offrait toujours d’excellents cafés, aussi était-elle devenue exigeante, plus question de boire de café banal!
Une demi-heure plus tard, elle était de retour avec son précieux breuvage et allait s’installer dans l’un des fauteuils du coin salon, quand un branlebas de combat retentit derrière elle. Elle se retourna et vit entrer dans le grand salon de l’hôtel Mathilda King, suivie d’une horde d’assistants les bras chargés de vêtements pour les uns, de dossiers pour les autres et de sacs pour d’autres encore. Tout en marchant au rythme de la Diva, ses esclaves tentaient de retenir tout ce qu’elle leur dictait. Kate assistait à ce spectacle bouche bée. Comment pouvait-on accepter d’être traité de la sorte ? Décidément, le monde de la mode n’était pas fait pour elle, elle en avait une nouvelle preuve sous les yeux.
Mathilda arriva à sa hauteur et s’arrêta. Elle détailla la jeune femme de la tête aux pieds. Elle était vraiment impressionnante. Kate se sentait de plus en plus mal à l’aise, un peu comme quand sa prof de littérature au collège s’arrêtait devant elle au moment de lui rendre son dernier devoir en date. Elle regarda autour d’elle, peut-être qu’elle n’avait pas le droit de s’installer là…
- Euh… Je… bafouilla-t-elle prête à s’excuser.
- ANTON ! Aboya Mathilda sans quitter Kate des yeux.
Kate se sentit rapetisser sous le regard glacial de Mathilda. Bon sang, c’est juste un fauteuil, pensa-t-elle, pourquoi faire toute une histoire pour un fauteuil ?
- Oui, Mme King ? Demanda ledit Anton en accourant à ses côtés.
- Les candidates ne devaient-elles pas être installées dans les chambres ?
- Si ! Bien sûr ! Assura Anton.
- Alors que fait-elle ici ?
- Euh ! Non ! Je… Intervint Kate comprenant la méprise de Mathilda.
- Je vais la conduire immédiatement à sa chambre ! Fit Anton en prenant Kate par la main.
- Il y a erreur… Protesta Kate alors qu’il l’entrainait à sa suite.
Mais Anton ne s’arrêta qu’une fois au pied de l’escalier et se tourna enfin vers Kate. Il avait l’air totalement paniqué et ne laissa même pas à la jeune femme le temps d’ouvrir la bouche.
- PITIE ! ACCEPTEZ DE JOUER LE JEU ! MATHILDA EST CAPABLE DE ME VIRER DANS LE CAS CONTRAIRE !!!!
- Mais enfin, je ne suis pas candidate !
- POUR MATHILDA SI !
- Elle m’a à peine vue une minute, il y a des dizaines de filles, elle ne s’en souviendra pas.
- Détrompez-vous, Mathilda n’oublie jamais un visage ! Elle vous a repérée, si vous ne participez pas au concours, elle piquera une crise !
- N’exagérez pas, elle est adulte, elle sait se contenir, rétorqua Kate en roulant des yeux.
- Vous ne connaissez pas Mathilda, geignit Anton. Elle est capable d’annuler ce concours et de virer tout le monde pour lui avoir fait perdre son précieux temps ! Je vous en prie, il faut que vous participiez à ce concours !
- Mais je n’ai rien à me mettre ! Je suis venue en jean et en baskets ! Protesta Kate.
- Vous savez à qui vous parlez là ? Rigola Anton. S’il y a bien une chose qui ne posera pas de problème, c’est de vous trouver une tenue !
Le plaidoyer d’Anton fut si convainquant, que Kate finit par se retrouver vingt minutes plus tard les bras chargés de vêtements à la pointe de la mode devant la porte d’une des chambres de l’hôtel. Elle poussa la porte timidement et se retrouva face à une candidate en pleurs sur le lit. Allons bon, se dit Kate, il fallait en plus que je me retrouve avec une fille désespérée.
- Salut, dit-elle timidement.
- Bouh !!! Hou !!! Sa… lut... Snif…
Kate posa ses affaires sur le deuxième lit puis s’approcha d’elle en lui tendant un mouchoir.
- BERCCIII... Snirf… Snirf… répondit la jeune femme en acceptant le mouchoir.
- Qu’est ce qui ne va pas ? Demanda Kate compatissante.
La jeune femme se moucha bruyamment, puis répondit en reniflant :
- LESZOMSONTTOUSLESMÊMES !!!
« Allons bon, pensa Kate, il ne manquait plus que ça pour compléter ma journée ! Une fille trompée par son mec ! »
- Tu t’es disputée avec ton petit ami ? demanda Kate.
- ZET IMBEZILE A OUBLIE D’EBBEDER BA VALIZZZZZZZEEEE!
- Ta valise? Tu te mets dans un état pareil pour une valise?!
- DOUDES BES ZAFFAIRES EDAIENT DEDANS ! Z’N’AI RIEN A BE BETTRE ! BA VIE EST FOUDUE !
- N’exagérons rien, c’est juste un petit concours… Ta vie n’en dépend pas, soupira Kate.
- JUZTE UN BEDIT GONGOURS ?!!!! Z’EST DE BATHILDA KING DONT ON BARLE ! ELLE BEUT VAIRE OU DEDRUIRE UNE GARRIERE D’UN GLAGUEBENT DE DOIGTS !
- Oui et bien ça n’est pas en pleurant comme une madeleine que tu vas conserver tes chances de gagner ce concours, soupira Kate.
- … Bes janzes ?
- Bah oui, ce n’est pas avec des yeux rougis et le nez comme une patate, que tu attireras l’attention de Mathilda King. Allez, tiens, sèche tes larmes, on va voir comment on peut arranger ça, la consola Kate en sortant une petite mallette de son sac à dos.
L’autre fille la regarda étaler sur le lit tout un arsenal de crèmes et ustensiles de maquillage.
- Installe-toi confortablement et laisse-toi faire, dit Kate, on va commencer par cette crème, elle fait des miracles les lendemains de nuits blanches, ça devrait faire l’affaire.
- Du es équibée, dis-donc !
- Il le faut bien, j’ai trois amies, qui participent à ce concours et qui feraient de ma vie un enfer sur terre si tout venait à foirer à cause d’un imprévu !
- Bais… Ze de combrends bas, du bartizibe au gongours doi auzzi, du de devrais bas aider la congurrenze…
- Alors là, détrompe toi, je n’en ai absolument rien à faire de ce concours, je n’ai qu’une seule envie rentrer chez moi et potasser mes partiels à côté de mon petit ami!
- Bourguoi du es là alors ?
- C’est une longue histoire, soupira Kate… Un concours de circonstances on va dire… Là ! C’est déjà mieux. Je vais te refaire ton maquillage, maintenant.
- Merci… Snirf.
- Au fait, je m’appelle Kate !
- Berzi Kade, boi, z’est Ebba!
- J’espère que tu ne devras pas faire de discours, pouffa Kate.
Emma esquissa un sourire, puis éclata de rire à son tour.
- De doude vazon, ze d’ai rien à be bettre…
- A première vue, on fait la même taille, tu n’auras qu’à te servir dans ce tas de vêtements… J’en ai dix fois trop.
- Du verai za bour boi ? Bourguoi ?
- Disons que je n’aime pas voir les gens pleurer, répondit Kate dans un haussement d’épaules.
Elles discutèrent un bon moment toutes les deux tout en se préparant pour la première séance photos.
- Wah ! Fit Emma admirative alors que Kate sortait de la salle de bain.
- Tu trouves ? Ce n’est pas un peu too much ? demanda Kate.
- Tu rigoles ? C’est parfait ! Regarde-toi dans le miroir !
Devant le miroir, Kate dut admettre qu’Anton avait l’œil pour choisir les vêtements. La robe qu’il avait choisie lui allait parfaitement et mettait admirablement en valeur sa silhouette, même si elle se serait bien passée du décolleté très très plongeant !
- Tu es sublime ! Dit Emma en se plaçant derrière elle. Tu vas être une concurrente de taille !
- Ouais… Et bien tu n’as qu’un mot à dire et je prends la poudre d’escampette ! On est au deuxième étage, je devrais m’en sortir sans trop de soucis en passant par la fenêtre…
- Ne dis pas de bêtises ! Ça va être marrant ! Ne me dis pas que tu n’apprécierais de gagner ce concours, toutes les filles aiment qu’on leur dise qu’elles sont les plus belles…
- Mhm... En fait, ce que je n’aime pas dans ce milieu, c’est que tout y est tellement superficiel !
- Bah… C’est sans doute vrai, mais ça n’empêche qu’on peut y passer un bon moment, non ?
- Mouais… De toute façon, je n’ai pas trop le choix, si je me fais la malle, Anton risque d’avoir de gros ennuis, soupira Kate.
- Dis, tu ne trouves pas… commença Emma en remontant sa chevelure en un chignon négligé comme celui de Kate. … qu’on se ressemble beaucoup ?
- Mhmm… C’est vrai… On pourrait nous prendre pour des cousines…
- Génial ! Se réjouit Emma.
- Pourquoi ?
- J’ai quand même une petite chance de gagner ce concours !
- Bien sûr que tu as tes chances ! A t’entendre on pourrait croire que j’ai déjà gagné !
- Bah, il faut dire que tu es sublime !
Le téléphone de Kate sonna, elle se précipita pour répondre.
- Salut, je te dérange ?
- Bien sûr que non, sourit Kate heureuse d’entendre la voix de Castle.
- Tu révises bien ?
- Pfff, tu parles, je me prépare pour le défilé…
- Sérieux ?! Tu m’avais dit que tu n’y allais que pour accompagner tes amies !
- Apparemment on ne dit pas non à Mathilda King, soupira Kate. Et toi, qu’est-ce que tu fais ?
- Je me mets en route pour L.A., je pense m’arrêter en chemin pour t’embrasser… En fait, maintenant j’en suis sûr, j’ai hâte de te voir défiler !
- A L.A. ? S’inquiéta Beckett. Un problème avec Alexis ?
- Aucun ! Meredith a jeté son dévolu sur quelqu’un, elle a besoin de quelqu’un pour garder Alexis durant les deux prochaines semaines ! Elle part en vacances avec son nouvel amoureux ! Tu penses bien que j’ai sauté sur l’occasion!
- Wah… C’est… Euh… génial… répliqua Kate qui se demandait si elle devait se réjouir pour Rick ou être triste pour Alexis dont la maman cherchait à s’en débarrasser.
- Ne t’inquiète pas pour Alexis, dit Castle qui devinait les pensées de sa petite amie. C’est elle qui m’a appelé, elle est hyper contente !
- Ah ! Souffla Kate soulagée. Tant mieux alors !
- Mais, dis-moi, tu avais emporté autre chose que des bouquins ? Je sais que tu les adores, mais ils ne te seront d’aucune utilité dans un concours de beauté…
- Ne t’en fais pas pour ça, il y a tout ce qu’il faut ici ! Mathilda n’est pas du genre à voyager léger… Ils m’ont trouvé des tenues pour le défilé.
- Tu portes une des tenues qu’on trouve dans les revues de Mathilda ? S’intéressa aussitôt Castle.
- Apparemment tous les couturiers qui veulent se faire un nom lui envoient leurs créations, ça n’a pas été un problème de trouver de quoi m’habiller pour le défilé…
- J’aimerais voir ça. Tu m’envoies une photo ?
- Tu seras là avant que le facteur ait pu t’apporter la photo, tu sais ?
- Avec ton téléphone ! Prends une photo avec ton téléphone et envoie la moi !
- Je suis étudiante, Castle ! J’ai un téléphone, qui téléphone, c’est tout !
- Oh ! Il va falloir que je remédie à ça ! Tu auras ton nouveau téléphone dès lundi !
- Garde ton argent Castle ! Mon téléphone me convient parfaitement !
- Oui, mais il ne me convient pas à moi, j’aimerais bien que tu puisses m’envoyer des photos de toi à n’importe quel moment ! Quand tu sors de la douche, par exemple…
- Ça fait un peu pervers, non ?
- Non ! Pas du tout ! Ça fait amoureux ! Ça ferait pervers si je demandais ça à toutes les femmes ! En tous les cas, je serai là en fin d’après-midi, j’ai hâte de voir ça !
- Ne te fais pas trop de films, Castle, c’est super ennuyeux d’être ici !
- Rien n’est ennuyeux quand je suis près de toi, sourit Rick.
- Kate ! Il faut y aller ! Lança Emma.
- Je dois y aller ! A tout à l’heure ! Dit Kate.
- A tout à l’heure ! Ne fais pas trop d’ombre aux autres, surtout !
- Ça ne risque pas, puisque je vais me cacher derrière elles !
Kate raccrocha et suivit Emma jusqu’au lieu de rassemblement des concurrentes.
- Hey ! Beck’s ! Tu t’es décidée à participer finalement ? Se réjouit Ann en posant sa main sur l’épaule d’une concurrente.
Emma se retourna et dévisagea un instant Ann, qui en fit autant.
- Oh…Euh… Désolée… Je vous ai confondue avec une amie…
- C’est vrai ! Je lui avais bien dit qu’on se ressemblait beaucoup ! Hey ! Kate ! J’ai retrouvé tes amies ! S’écria Emma en lui faisant un signe de la main.
- Waow ! Beck ! Tu es sublime ! Fit Carly admirative, ce qui fit aussitôt rougir la jeune femme.
- Nan mais Beck’s ! Avec un physique pareil, ça ne sert à rien d’être modeste ! lança Lizzie.
- Là tu exagères, intervint Ann, tu sais bien que Kate n'est pas comme ça.
- Bon... Souffla Kate. En piste avant que je ne change d'avis.
Les séances photos s'enchainèrent les unes après les autres et Kate finit même par apprécier l'exercice. Oh bien sûr les tentatives de certaines concurrentes pour attirer l'attention sur elles ou évincer certaines rivales l'exaspéraient, mais elle faisait avec et maîtrisait ses nerfs du mieux qu'elle le pouvait.
De son côté, Rick avait bouclé son sac et s’était mis en route avec la rapidité de l’éclair. Il avait hâte de retrouver Kate et sa fille. Il avait même prévu de leur faire une belle surprise pour l’occasion. Il venait d’arriver dans la salle de réception de l’hôtel qui pullulait de jeunes filles toutes plus jolies les unes que les autres. Oh, bien sûr, aucune d’elles n’égalaient Kate à ses yeux, mais il devait reconnaître que l’endroit était un ravissement pour les yeux !
- Range tes yeux, Ricky, se morigéna-t-il, si Kate te surprend apprécier le spectacle, elle risque de te le faire payer très cher…
Il s’avança donc dans la salle, cherchant sa petite amie du regard, en faisant bien attention à avoir l’air détaché. Enfin, il aperçut sa silhouette. Elle était de dos et discutait avec l’une de ses amies. Elle portait une robe qui moulait parfaitement son corps divin. Quoiqu’elle en dise, elle avait
Il sourit et s’avança vers elle, bien décidé à la surprendre.
- Si j’étais toi, j’éviterais de l’embrasser dans le cou, fit une voix familière derrière lui.
Il se retourna et se figea, puis se retourna de nouveau et recommença l’opération plusieurs fois de suite, en bafouillant. Kate explosa de rire.
- Laisse-moi te présenter ma nouvelle amie, dit-elle en le prenant par le bras pour l’emmener auprès de ses amies.
- Hey Beckett ! Tu as retrouvé ton écrivain et ta bonne humeur par la même occasion, la taquina Carly.
- Rick, tu connais déjà Carly, laisse-moi te présenter Emma, dit Kate en ignorant la remarque de son amie. Emma, je te présente Rick, mon petit ami.
- … Wah… Votre ressemblance est troublante, fit Rick troublé.
- Ouais et en plus elle est de New-York, on va pouvoir faire tourner nos parents en bourrique, pendant les vacances ! Se réjouit Kate.
- Tu ferais ça ?! Toi qui te rends malade dès que tu n’as pas au moins une semaine d’avance sur ton programme de révisions ? S’étonna Castle.
- Les filles sérieuses sont celles qui en font voir le plus à leurs parents ! Sourit Kate.
Ils restèrent sur place jusqu’à ce que l’assistant de Mathilda leur annonce les noms des heureuses élues, qui auront la chance de figurer dans le carnet de celle-ci. Sans surprise, Kate en faisait partie. Rick en était très fier, mais Kate remarqua très vite que quelque chose l’ennuyait.
- Tu sais, si ça se trouve mon nom ne restera qu’un nom dans son carnet et jamais elle ne m’appellera, dit-elle finalement.
- Ton nom figurait en tête de liste, elle t’appellera, assura-t-il.
- Dans ce cas, je refuserai, répondit-elle.
- Pourquoi tu ferais ça ? S’étonna-t-il. C’est une belle opportunité !
- Oui, mais ça t’embête !
- Quoi ?! Non ! Non ! Ça ne m’embête pas ! Qu’est ce qui te fait penser ça ?
- Ben… T’as l’air ennuyé…
- Oh !...
- Qu’est-ce qui t’ennuie ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- … J’ai cru que c’était toi… Ton amie Emma… J’ai cru que c’était toi…
- Elle était de dos, Castle ! Même Carly, Lizzie et Ann se sont fait avoir !
- Oui, mais je suis ton petit ami ! J’aurais dû te reconnaître !
- T’en fais pas, je ne t’en veux pas, répondit-elle avec assurance.
- Vraiment ? Même pas un petit peu ? S’étonna-t-il.
- Absolument ! Et j’espère bien, que tu ne m’en voudras pas non plus le jour où je rencontrerai ton sosie ! Sourit-elle.
- Tu ne perds pas le Nord, toi ! Répondit-il amusé.
- Exactement ! Allez viens, allons chercher Alexis ! Dit-elle en lui prenant la main, heureuse de quitter cette ambiance de miss.
Chapitre quarante-quatre.
Kate récupéra ses affaires et dit au revoir à ses amis. Elle rendit également les vêtements qu'Anton lui avait prêtés et ce dernier insista pour lui offrir un petit cadeau.
- Mais... C'est beaucoup trop! Dit Kate gênée devant l'énorme sac qu'il lui tendait.
- Sans vous, je n'aurais plus de travail et il y a des pièces remplies de vêtements et accessoires à la pointe de la mode au siège du magazine de Mathilda. Croyez-moi, ce cadeau, c'est trois fois rien au regard de ce que vous avez fait pour moi.
- Mais...
- Accepte, intervint Castle, puisqu'il te dit que tu l'as bien mérité.
- Mais...
- Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour moi, moins cette conversation durera, plus vite nous serons dans la voiture, insista Castle.
Cet argument fit mouche, elle accepta le cadeau, remercia Anton et moins de dix minutes plus tard, ils étaient dans dans la voiture de Rick, filant vers L.A.
- Qu'est-ce que tu fais? Demanda Rick alors que Kate s'agitait sur son siège.
- Je me mets à mon aise, répondit Kate en enlevant ses chaussures. J'ai passé la journée engoncée dans des tenues et des chaussures certes très jolies, mais sacrément inconfortables!
- Dans ce cas, fais comme chez toi, sourit Castle en se concentrant sur la route du mieux qu'il le pouvait.
Elle ôta sa veste, qu'elle envoya valser sur le siège arrière, farfouilla dans le sac offert par Anton, dont elle sortit un foulard blanc, ainsi qu'une paire de lunettes de soleil. Elle enroula le foulard autour de sa tête et de son cou, puis chaussa la paire de lunettes.
- Tu es magnifique, ne pût s'empêcher de dire Rick.
Elle sourit et se pencha vers l'autoradio qu'elle alluma. Après quelques minutes passées à changer de stations, son choix s'arrêta sur l'une d'elle, qui déversait un son infernal.
- Oh pitié! Qu'est-ce que c'est que ce truc? Demanda Castle.
- De la musique, Babe.
- Ah non! Ce truc est tout sauf de la musique! S'écria l'écrivain.
- Arrête, on croirait entendre mon père, se moqua-t-elle.
- Eh bien ton père est un vrai mélomane, rétorqua Rick. Il sait distinguer la musique du bruit et ça, je peux t'assurer, que ce n'est pas de la musique!
- Wah! Je ne te savais pas si réac en matière de musique! S’étonna-t-elle.
- J'ai les oreilles qui saignent, marmonna-t-il. Par pitié choisis autre chose!
- Roh la! La! Soupira Kate en tournant malgré tout le bouton des fréquences. J'espère que tu t'en souviendras quand je te demanderai de changer de chaîne à la télé.
- Ça n'arrivera pas, je ne regarde que des trucs super cool à la télé!
- Tu parles! Tu as oublié le navet que tu m'as imposé l'autre soir? rétorqua-t-elle en grimaçant au souvenir de cette soirée télé qui avait été un calvaire pour elle.
- Quel navet?
- Le film avec des clones de Stallone et Schwarzenegger! Franchement, c'était totalement improbable!
- Hard Kill? Mais ce film est un véritable bijou! Et il n'y a rien d'improbable là-dedans!
- Ah oui? Tu as vu les filles qui étaient au défilé? Elles hurlent à la mort dès qu'elles se cassent un ongle et passent des heures pour se préparer et se coiffer. Il est impossible qu'une nana de ce genre utilise un énorme flingue ou garde un brushing impeccable après une scène de bataille. Et ton héros là, Lance Delorca... Il est impossible de tirer avec précision avec un flingue dans chaque main ou encore de tirer aussi longtemps avec une mitraillette. Ça se décharge hyper vite ces machins-là!
- Je reconnais que c’est un chouia exagéré, mais reconnais que ces types sont hyper cools.
- Ah oui ? Depuis quand on grimace à peine quand on se prend une balle dans l’épaule ? C’est un coup à avoir de telles séquelles qu’on perd au moins partiellement l’usage de son bras ! Et puis sérieusement ? Tu crois vraiment qu’on peut s’extraire une balle, s’enrouler un bout de sa chemise, qui a traîné dans la boue, soit dit en passant, et qu’on peut recommencer à sauter comme un cabri juste après ? Normalement on se chopperait une belle infection si on faisait ça.
- C’est pour ça qu’ils versent du whisky sur la plaie ! Contra aussitôt Castle ravi de trouver un contre-argument de taille.
- A moins d’être un alcoolique invétéré, personne ne se balade avec une bouteille de whisky, encore moins dans la jungle ! Il n’avait même plus son paquetage avec lui !
- PFFF!!!… Tu n'étais pas obligée de ruiner mes films préférés avec ta logique! Bougonna-t-il.
Elle éclata de rire, ce qui chassa aussitôt son envie de bouder. Il était incapable de lui en vouloir lorsqu'elle riait. Il esquissa d'abord un sourire puis se mît à rire à son tour.
Le reste du voyage se passa fort agréablement. Ils étaient toujours si bien quand ils étaient tous les deux, que le temps filait sans qu'ils s'en aperçoivent.
Dans la soirée, Alexis fut ravie de retrouver son père et Kate. Le plus surprenant, ce fut la réaction de Meredith. Jamais Rick ne l'avait vue aussi heureuse de lui confier leur fille, mais il n'osa pas lui demander la raison de ce joyeux revirement de situation. Il avait appris à ne pas poser de questions quand il s'agissait de son ex-femme.
Il attrapa la valise de sa fille et souhaita de bonnes vacances à Meredith.
- On aurait peut-être dû prendre l'avion, fit remarquer Kate. On aurait été de retour à la maison plus vite.
- Ça aurait été judicieux, oui. Enfin, si on avait voulu rentrer, répondit Rick avec un petit sourire.
- On ne rentre pas? S'étonna Kate.
- Non!
- On va où? Demanda Alexis.
- Voir notre cher ami aux grandes oreilles, répondit Rick.
- Disneyland! S'écria la fillette avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Disneyland! S'écria à son tour Rick en levant les bras.
- Disneyland ? Répéta Kate.
- Je nous ai réservé une suite là-bas, on y passe les deux prochains jours !
- Et mes cours ? Tu as pensé à mes cours ?
- Oui madame ! J’ai appelé Stanford pour vérifier ton emploi du temps et il se trouve que tu n’as pas cours lundi. On peut donc passer les journées de demain et lundi là-bas. On prendra l’avion lundi soir pour rentrer, tu seras en cours mardi matin.
- … Et…
- J’ai glissé un mot à Carly, elle va s’occuper du chat en ton absence, ajouta-t-il avant qu’elle n’ait eu le temps d’en placer une. Tu vois ? J’ai pensé à tout !
- Mais…
- Ton pyjama et des tenues de rechange complètes sont dans ma valise !
Devant la redoutable efficacité de Rick en matière d’organisation, Kate ne put que s’incliner et se laisser entraîner dans ce charmant week-end improvisé. Le lendemain à la première heure, ils étaient au milieu de Main-Street et planifiaient l'enchaînement des attractions qu'ils allaient suivre.
Comme Kate s’y attendait, Alexis ne fut pas celle qui trépignait le plus devant toutes les attractions et animations que proposait le parc. Rick leur fit enchaîner les manèges les uns après les autres à tel point qu’elle dût lui rappeler qu’il devait penser à nourrir sa fille au moins trois fois dans la journée.
- Et si on allait voir un spectacle pour digérer ? Suggéra-t-elle après la pause déjeuner.
- Mais j’en ai vu des tas des spectacles ! Geignit Castle. Aurais-tu oublié que ma mère est actrice ? Alors des gars déguisés qui jouent la comédie, j’en ai vu des centaines, crois-moi ! Allons plutôt faire un tour sur le charriot de la mine !
- Tu pourrais penser à ta fille, soupira Kate.
- Bah quoi ? Sa mère aussi est une actrice, elle n’est pas là pour les spectacles !
- Elle vient d’engloutir un hot dog, une portion de frites et une énorme part de tarte au citron ! Si on fait des manèges à sensations maintenant, elle risque d’être malade et de tout vomir ! Rétorqua-t-elle agacée d’être la seule adulte des trois. Et là, tu ne pourras plus du tout en faire de l’après-midi !
- Mhm, bougonna-t-il devant la voix de la raison.
- Pardon ? Je n’ai pas bien entendu ! Insista-t-elle en réprimant un fou rire devant son air de gamin boudeur.
- Tu as raison souffla-t-il à contrecœur.
- J’aime mieux ça, sourit-elle. Tu viens Alex ? On va voir un spectacle !
- Ouais ! Se réjouit la fillette. On peut aller voir celui de la belle au bois dormant ?
- C’est toi qui choisis ! Acquiesça Beckett. Mais dis-moi, je croyais que tu n’aimais pas trop les spectacles…
- Mais si ! Je les adore, même ! Et celui avec Cendrillon, c’est mon préféré !
Beckett tourna la tête vers Castle en affichant un petit air de vainqueur.
- Roh ! Ça va ! Marmonna-t-il en leur emboîtant le pas d’un air renfrogné.
Le reste de la journée se passa agréablement, une fois le spectacle terminé, ils repartirent à l’assaut des manèges à sensations pour la plus grande joie de Castle.
**********
Installée dans le canapé de la suite que Rick avait réservée, Kate lisait un de ses livres de cours tout en prenant des notes. Elle avait les pieds en marmelade d’avoir piétiné toute la journée dans les files d’attentes et avait bien du mal à garder les yeux ouverts, mais elle luttait vaillamment, bien décidée à ne pas prendre de retard sur son programme de révisions.
Non loin de là, Rick l'admirait. Il venait de sortir de la chambre de sa fille et s'était adossé contre le mur quand il l'avait vue, là, à demi allongée dans ce canapé, un crayon fiché dans sa chevelure, suçottant le bouchon de son stylo, tandis qu'elle notait sérieusement ce qu'elle estimait essentiel. Sans bruit, il s'approcha d'elle et vint s'agenouiller derrière le bras du canapé surlequel elle était appuyée.
- Hey, murmurat-il à son oreille ce qui la fit bondir et rayer au passage d’un énorme trait toute la largeur de sa page.
- Wah ! Tu m’as surprise ! S’écria-t-elle. Pourquoi t’as fait ça ?!
- Fait quoi ? S’étonna-t-il.
- Arriver sur la pointe des pieds pour me surprendre ! Regarde l’état de mes notes à cause de toi !
- Je n’ai absolument pas cherché à te surprendre, se défendit-il. Je me suis même pris les pieds dans le tapis et cogné contre le guéridon que j’ai rattrapé in-extrémis !
- Quoi ? Je n’ai rien entendu ! S'étonna-t-elle.
- Tu étais tellement concentrée sur ton livre, qu’une bande de stripteaseurs auraient pu faire un show devant toi, que tu n’aurais rien remarqué !
- …
- Je plaisante, rigola-t-il devant la mine défaite de sa petite amie, j’ai effectivement veillé à faire le moins de bruit possible, Alexis s’est endormie.
- Crétin, marmonna-t-elle soulagée.
- Oui, mais je suis ton crétin, rétorqua-t-il avec une petite moue enfantine.
Elle posa ses livres sur la table basse, puis vint enrouler ses bras autour de son cou.
- Ouais, tu es mon merveilleux crétin, sourit-elle avant de l’embrasser tendrement.
- Et… Tu as… Beaucoup de travail… à faire ? Demanda-t-il sans cesser de l’embrasser alors que ses mains partaient en vadrouille sous son tee-shirt.
- Ben… J’ai des partiels… dans moins… d’une semaine… Répondit-elle en glissant ses mains dans la chevelure de son petit ami.
- … Et tu es très sérieuse… Souligna-t-il alors qu’il venait habilement de dégrafer son soutien-gorge.
- Sérieuse… au point de déjà … connaître par cœur… Oohh… le contenu de ce… bouquin… Mhmmm Cassstle… Soupira-t-elle de manière si sensuelle que Rick en oublia de respirer.
- … Je suis toute à toi… sourit-elle contre ses lèvres.
Sans attendre plus longtemps, il se redressa et la souleva dans ses bras, pour l’emporter dans la chambre bien décidé à lui montrer à quel point lui aussi, était tout à elle.
Chapitre quarante-cinq
- PAC?! Cria Kate en regardant sous son lit. Allez viens! Regarde comme tu vas être bien là-dedans!
- Miawwww!
- Allez, viens! Regarde, tu vas y être comme un pacha!
- Un pacha?! Tu parles, il n'est pas idiot ton chat, il a bien vu que c'était une vulgaire cage! Dit Carly en levant le nez de son livre.
- ... Tu crois? blêmit Kate.
- J'en suis sûre! Depuis que tu l'as recueilli, il mène une vraie vie de pacha! Tu l'as tellement gâté, qu'il a des goûts de luxe, maintenant.
- J'aurais dû prendre l'autre cage... Il y en avait une qui avait l'air vraiment confortable...
- Celle à deux cents dollars?!! À ce prix-là, elle peut être confortable, s'écria Carly. Non, tu as bien fait de choisir celle-là.
- Oui, mais il va passer des heures là-dedans, quand on sera dans l'avion...
- Ah parce que tu crois que tu seras mieux lotie, toi?! Avec ton billet en classe économique?
- Je ne roule pas sur l'or...
- Toi non...
- Ah non! Pas question que je demande à Rick de me surclasser! Je ne veux pas être une femme entretenue!
- Mais il ferait n'importe quoi pour toi!
- Justement! J'ai déjà eu du mal à lui faire accepter l'idée de ne pas dépenser une fortune pour mon cadeau de Noël...
- Tu as finalement accepté qu'il t'en fasse un? S'étonna Carly. Tu disais que ça mettait trop de pression la première année...
- Je sais, mais il m'a fait ses yeux de chien battu, soupira Kate.
Carly éclata de rire, ce qui agaça un peu son amie.
- Quoi?!
- ... Rien... Articula difficilement Carly entre deux éclats de rire,
- C'est ça! Tu ris pour rien... Arrête de te moquer de moi!
- ... Tu lui manges dans la main! Explosa de rire une nouvelle fois Carly. Beck la rebelle, qui ne peut rien refuser à son petit ami... C'est trop marrant.
- Hin! Hin! C'est hilarant, grinça Kate. Retourne à tes révisions plutôt.
- Mais dis-moi ? Tu es donc tellement accro que si tu ne le vois pas pendant trois jours tu perds ton sens de l’humour ?
- C’est toi, qui n’es pas drôle, ne mets pas le flop de tes vannes sur le compte de l’absence de Rick.
- Tout de même, il aurait pu attendre la fin de tes partiels pour rentrer à New-York, non ?
- Sa mère jouait la première de sa pièce de théâtre hier soir. Ne pas y assister aurait donné le parfait argument pour souligner son ingratitude.
- Les mères ! Fit Carly en roulant des yeux.
- Ouais et si j’en crois Rick, la sienne est un sacré spécimen ! BON PAC! VIENS ICI! TU VAS FINIR PAR ME FAIRE LOUPER MON AVION ET MAMAN VA ETRE INGÉRABLE!
Le téléphone sonna au même instant.
- Quand on parle du loup, soupira Kate en voyant le numéro affiché sur le cadran.
- L'instinct maternel... Sourit Carly. Et ta mère en a reçu une double dose!
- Allô?! Oui maman, c'est moi.
- Qu'est-ce que tu fais encore là? Demanda Johanna sans préambule. Tu devrais être en route pour l'aéroport, là!
- C'est toi, qui me retarde en m'appelant au moment où je m'apprêtais à partir!
- Arrête un peu, je suis sûre que ton sac est encore ouvert sur ton lit!
Touchée. Comment faisait-elle pour savoir?
- Mais non! Mon sac est fermé! Mentit Kate avec aplomb.
- Bien, alors je ne vais pas te retarder, ton taxi doit t'attendre devant chez toi, répondit Johanna avant de raccrocher.
Kate rangea son téléphone dans sa poche et regarda autour d'elle, ses vêtements étaient encore dans son armoire et sa valise ne contenait pour le moment que sa mallette de maquillage et le roman policier qu’elle avait commencé la veille. Elle jeta un coup d'œil par la fenêtre, son taxi venait d’arriver. Elle ne s’était pas rendu compte qu’elle avait pris autant de retard…
- Un coup de main ? Proposa Carly avec un petit sourire moqueur.
- Ça serait bien, oui, soupira Kate.
- Attrape ton chat, je m’occupe de tes vêtements, lança Carly.
- Merci.
Les affaires de Kate étaient tellement bien organisées et rangées qu’il ne fallut pas plus de dix minutes à Carly pour boucler sa valise. Kate attrapa Pièce à Conviction au prix d’une bonne dizaine de friandises au saumon. Ainsi, grâce à Carly et à l’efficacité du chauffeur de son taxi, elle fut à l’aéroport en temps et en heure pour prendre son avion.
Un peu plus de cinq heures plus tard, elle atterrissait à l’aéroport New York-LaGuardia, elle récupéra rapidement son bagage et la cage de Pièce à Conviction, qui dormait tranquillement et s’étonna de trouver Rick qui l’attendait à la sortie.
- Cache ta joie, dit ce dernier alors qu’elle fronçait les sourcils.
- Oh, excuse-moi, Babe ! C’est juste que… Enfin… C’est ma mère qui devait venir me chercher…
- Elle a eu un empêchement, elle m’a appelé pour me demander de passer te prendre, elle s’est dit que tu serais moins déçue si c’était moi qui la remplaçait.
- Ouais… Grommela Kate.
- Quoi ? Tu n’es pas contente de me voir ? S’étonna-t-il devant sa réaction.
Elle releva la tête, esquissa un sourire et l’embrassa.
- Je suis ravie de te voir, Babe, ces trois jours sans te voir ont été très pénibles pour moi.
- Qu’est-ce qui te chagrine alors ?
- C’est ma mère, soupira-t-elle.
- Ta mère ? S’étonna-t-il. Elle a eu un empêchement, il n’y a aucune raison de lui en vouloir…
- Ça n’était pas un empêchement !
- Quoi ?
- Ma mère est repartie en croisade, voilà tout, souffla Kate en prenant le chemin de la sortie.
Rick la suivit du regard en fronçant les sourcils. Il n’avait jamais décelé cette tristesse chez Kate et pourtant, là, elle venait de le frapper de plein fouet. Tout semblait pourtant aller pour le mieux entre Kate et sa mère, alors pourquoi avait-il l’impression que ça n’était pas cet empêchement de dernière minute qui ennuyait Kate ?
Dans le taxi, qui les ramenait au domicile des parents de Kate, il tenta d’en savoir un peu plus, mais Kate s’entêta à changer de sujet.
- Où est Alexis ?
- Avec ma mère, elles rattrapent le temps perdu.
- Et tu n’avais pas envie toi aussi de rattraper le temps perdu ? S’étonna Kate. J’aurais pu prendre un taxi, tu sais.
- Alors là, il n’en est pas question ! Te laisser seule en plant à l’aéroport…
- Tu es le seul que ça ennuie, grommela-t-elle en tournant son regard vers la fenêtre.
- Mais qu’est-ce qu’il te prend tout d’un coup ? S’énerva Castle. Ta mère est quelqu’un de formidable ! Elle aurait donné n’importe quoi pour pouvoir venir te chercher à l’aéroport !
- Pas n’importe quoi, non ! Rétorqua Kate.
- De quoi tu parles ? Pourquoi en veux-tu autant à ta mère ?
- Ce sont les vacances de Noël, Rick ! J’adore les fêtes de Noël ! C’est l’occasion de se retrouver en famille ! Elle avait promis ! Et là, elle me plante à la première occasion pour une de ses croisades !
- T’en fais pas un peu trop ? C’est juste un empêchement, elle a promis qu’elle serait là pour le dîner.
- Le dîner ?
- J’ai invité tes parents à dîner avec nous ce soir, sourit-il. Ils seront au loft vers vingt heures. J’aurais bien besoin d’une assistante pour tout préparer…
- Ouhhh! Tu as la pression, n’est-ce pas ? Sourit-elle.
- Et pas qu’un peu ! Ton père a fini par me tolérer, mais je ne suis pas certain de ce qu’il pense réellement de moi…
- Et tu ne le sauras probablement jamais, répondit-elle. Mon père n’est pas quelqu’un qui se livre facilement…
- Me voilà bien avancé, soupira-t-il. Moi qui cherche à faire bonne impression…
- Tu es l’ennemi, Castle, tu lui as pris sa fille unique. Pour ce qui est de faire bonne impression, ça risque de te prendre du temps.
- Génial !
- Il ne hurle pas des noms d’oiseaux quand je prononce ton nom, c’est déjà bon signe !
- Bon, quels plats dois-je éviter, si je ne veux pas redescendre dans les bas-fonds de son estime ? J’avais pensé lui faire goûter un de mes fameux plats expérimentaux !
- Tes plats expérimentaux ? Répéta Beckett incrédule.
- Je viens d’inventer une nouvelle recette de cheeseburger : le cheeseburger aux marshmallows.
- Le cheeseburger aux marshmallows ? Grimaça Kate.
- Un cheeseburger classique, avec entre le steak et le fromage, quelques marshmallows grillés, qui fondent doucement. Je sers ça avec des frites au caramel salé et une sauce au chocolat, un régal !
- … Euh… Mon cœur, tu devrais peut-être rester classique pour une première… Suggéra Kate écœurée.
- Tu crois ?
- J’en suis persuadée. On devrait faire des linguines, j’ai une recette de sauce à tomber pour les accompagner !
- Bon, d’accord, soupira Castle. Restons classiques alors.
Aussitôt, Kate se mit à énumérer toutes les choses dont ils auraient besoin pour le repas, indiquant au passage au chauffeur de taxi les endroits où il devait les emmener afin de les trouver. Rick l’écoutait attentivement, heureux d’avoir réussi à chasser la mélancolie que l’empêchement de Johanna avait fait naître chez Kate.
De son côté, Johanna terminait d’encoder ses notes. Cette affaire prenait des proportions énormes, elle devait les consigner avec prudence, il ne fallait surtout pas qu’elles tombent entre de mauvaises mains. Le lendemain, elle retournerait voir Pulgatti, pour lui montrer des photos. Son enquête avançait bien, si elle arrivait à convaincre de parler les policiers qu'elle soupçonnait impliqués dans son enlèvement, elle pourrait faire tomber la personne derrière toute cette affaire. Elle releva la tête et observa la photo de Kate. Sa fille allait lui reprocher sa trop grande implication. Elle comprenait l’importance de la vérité, mais n’acceptait pas de passer au second plan... Son téléphone sonna.
- Allô ?
- Jo, c’est Jim.
- Oui, j’ai bientôt fini, je serai de retour dans une petite heure.
- Si tu fais ça, on aura droit à un sermon dont on se souviendra encore dans dix ans !
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Parce qu’il est déjà dix-neuf heures trente et que dans une demi-heure on sera officiellement en retard au dîner auquel notre fille et son petit ami nous ont invités.
- Oh bon sang ! Jim ! Mais je ne serais jamais prête ! S’affola Johanna effarée en constatant que sa pendule affichait bien dix-neuf heures trente.
- Range tes papiers, je suis en bas avec une tenue pour toi. Tu n’auras qu’à te changer dans ton bureau.
- Oh Jim, tu es le meilleur !
- Je t’aime et j’aime notre fille, alors…
Rapidement, Jo rangea ses dossiers et ouvrit la porte à son mari, qui la connaissait par cœur et avait parfaitement tout prévu.
Chapitre quarante-six
Kate terminait de dresser les assiettes des entrées. Tout était parfait, Rick pourrait se détendre, le dîner avec ses parents seraient une réussite. Enfin... si Johanna n'avait pas d'empêchement... Elle roula des yeux à cette pensée. Elle adorait sa mère, mais quand elle se lançait dans une affaire importante, elle ne faisait plus attention au temps qu'elle y passait. Kate admirait cette passion et cette droiture chez sa mère. Elle cherchait la vérité et uniquement la vérité. Pour elle, peu importait l'identité de son client, riche ou pauvre, citoyen exemplaire ou repris de justice, tous avaient droit à la même défense, seule la vérité comptait. Sa mère était incorruptible et quel que soit le coupable, elle le poursuivrait sans relâche.
Oui, Kate admirait cette force de caractère chez sa mère et elle espérait devenir comme elle, quand elle se lancerait dans la carrière à son tour. Mais comme souvent, ce que vous admiriez le plus chez quelqu'un finissait toujours par devenir ce qui vous exaspérait le plus. Sa mère finissait toujours par ne penser qu'à son affaire et en oubliait sa priorité : sa famille.
Kate poussa un long soupir.
- Tu as besoin d'aide?
Rick s'approcha d'elle. Il venait de prendre sa douche et ne portait qu'un caleçon. Kate en profita pour admirer son torse puissant. Il sourit devant son regard brillant d'envie.
- Le spectacle te plait?
- Beaucoup, sourit-elle en enroulant ses bras autour de sa nuque.
Il la souleva avec facilité comme si elle ne pesait rien et vint l'asseoir sur le plan de travail pour l'embrasser tendrement.
- Alors? Ce sont les crevettes, qui te causent du souci? Demanda-t-il en posant son front contre celui de sa bien-aimée.
- Non, elles sont très sages et se sont laissées décortiquer sans protester.
- Bien. Alors? Qu'est-ce qu'il se passe? C'est le chat, qui est venu réclamer?
- Non, non. J'ai trouvé une super nounou pour Pièce à Conviction! D'ailleurs, ta mère va avoir du mal à lui faire comprendre qu'il ne peut pas dormir avec elle.
- Alexis est redoutable, dix dollars que ma mère la laisse dormir avec le chat! Ça t'ennuie de le laisser ici pour la nuit?
- Mhmmm, faut voir... Répondit Kate avec un petit sourire. Il faudrait me convaincre de le laisser là...
- Oh! Je sais me montrer très convainquant! Assura-t-il en s'emparant de ses lèvres.
Le baiser était si bon qu'il chassa instantanément les idées sombres de Kate. Rien d'autre ne comptait plus que lui et le bien-être qu'il lui procurait quand elle était dans ses bras. Il quitta sa bouche pour embrasser sa joue puis le lobe de son oreille avant de descendre dans son cou. Elle pencha la tête pour lui faciliter l'accès.
- Rick… gémit-elle la voix rendue rauque par le désir.
Oh bon sang, l'entendre prononcer son nom de cette façon... Il n'était jamais rassasié avec elle, il en voulait toujours plus. S'enivrant de son parfum, il poursuivit sa délicieuse torture tout en glissant sa main sous son pull pour caresser sa peau nue.
- Rick... Si tu veux... Faire bonne... Impression...à mon père... Il vaudrait mieux... Éviter... De lui ... Offrir... Ce genre de spectacle.
Rick se raidit instantanément et s'écarta d'elle comme brûlé.
- Tu as raison! Dit-il en s'éloignant pour filer s'habiller.
Au passage, il attrapa un petit four qu'il engloutit rapidement, avant de se tortiller la bouche ouverte, soufflant et agitant les mains.
- Je viens de les sortir du four, rigola Kate, ils sont brûlants.
- Ouh! Ouh! Ouh! Geignit-il les larmes aux yeux.
Martha fit son apparition en descendant les escaliers.
- Alexis était épuisée. Elle dort déjà! Eh bien! L'ambiance est bonne ici! Constata-t-elle en découvrant son fils dansant en caleçon devant l’îlot de la cuisine.
Kate, assise sur le plan de travail, riait aux éclats.
- Je n'ai plus de bouche! J'ai perdu l'ensemble de mes papilles gustatives! Fit l'écrivain en se redressant lorsque la douleur eut légèrement reflué.
- La gourmandise est un vilain défaut, rétorqua Kate.
- Tu n'as pas pu t'empêcher de piocher dans les plats?! Tu es incorrigible Kiddo!
- Je tiens ça de ma mère, grinça Rick. Alexis est endormie?
- Comme je l'ai dit, elle était épuisée, répondit Martha. Sa journée l’a tellement fatiguée qu’elle dormait déjà quand sa tête a touché l’oreiller.
- Il faut dire qu’avec tout le temps que tu veux rattraper, tu ne lui laisses pas une minute de répit, souligna Rick.
- Que veux-tu ? Elle m’a tellement manqué.
- Et le chat ? Demanda Rick.
- Il dort au pied de son lit, elle avait très envie qu’il reste avec elle.
- Quand je te disais que ma mère faisait tout ce qu’elle voulait, fit Rick en se tournant vers Kate.
- Oh ! Je suis sa grand-mère, protesta Martha, ce n’est pas mon rôle de jouer les rabat-joie ! Non, ça c’est ton rôle !
- Mais tu sais si bien jouer les rabat-joie, rétorqua Rick taquin.
- Dis-donc Cowboy, intervint Kate, tu devrais peut-être aller enfiler des vêtements décents, si tu ne veux pas que mon père t'accuse d'attentat à la pudeur...
A l’évocation de Jim, Rick perdit toute envie de plaisanter et fila dans sa chambre.
- Il est nerveux, constata Martha. Il tient à vous, Trésor.
- Je sais, sourit Kate, et mes parents l’adorent, je devrais le lui dire et le rassurer, mais je le trouve tellement craquant quand il est nerveux…
- Ne vous en faites pas, Chérie, je ne lui dirais rien, ça sera notre petit secret.
La sonnette retentit, Kate descendit de son perchoir et Martha ouvrit la porte pour se retrouver face aux parents de Kate.
- Bonsoir ! Vous devez être Jim et Johanna, dit-elle en leur tendant la main, je suis Martha, la mère de Richard.
- Et la fameuse actrice, répondit Johanna en lui serrant la main, j’ai adoré votre interprétation de Lady MacBeth, je suis une grande fan de tout ce que vous faites !
- Oh ! Vous êtes adorable, je vous en prie, entrez ! Dit Martha en leur cédant le passage.
Kate s’approcha et embrassa son père avant de se tourner vers sa mère.
- Ta mère est une femme de goût, lui chuchota Martha en passant près d’elle.
Kate pouffa puis s’avança vers sa mère pour la serrer dans ses bras.
- Bonsoir maman.
- Je suis désolée, Katie, murmura Johanna alors qu’elle embrassait sa fille.
- Ça va, souffla Kate. Ne t’en fais pas pour ça.
Sans ajouter un mot, Kate prit les manteaux de ses parents et alla les déposer dans le placard de l’entrée. Johanna la suivit du regard en fronçant les sourcils. Elle connaissait bien sa fille, ça n’allait pas et elle connaissait la cause de sa colère. Jim, qui n’avait rien manqué de la scène, caressa le dos de sa femme pour la réconforter.
Rick arriva dans le salon élégamment vêtu d’une chemise en soie bleue et d’un jean foncé. En parfait hôte, il convia les parents de Kate dans le salon et leur proposa des boissons.
- Tout va bien ? Demanda-t-il lorsque Kate vint s’assoir en face de sa mère en la dévisageant d’un regard noir.
- J’ai des places pour le prochain match des Yankees, samedi soir, annonça Jim à sa fille. Tu m’accompagnes ?
- Katie m’en veux parce que je ne suis pas allée la chercher à l’aéroport alors que je le lui avais promis. Tu ne crois pas que tu as passé l’âge de faire des caprices ? Reprocha Johanna à sa fille.
- Un caprice ? Moi je fais un caprice ?! Je suis sûre que si papa n’était pas venu te chercher au bureau ce soir, tu serais arrivée en retard d’une bonne heure au dîner de ce soir ! S’énerva Kate.
- Le dîner ! Vous ne trouvez pas que ça sent un peu le brûlé ? Demanda Jim en se levant.
- Quoi ?! Mais je suis certain d’avoir arrêté le gaz sous la sauce ! Paniqua Rick en se précipitant vers la cuisine suivi de Jim et Martha.
- Ah ! Ouf ! Tout va bien, constata-t-il devant la gazinière. Jim ? Mère ? Pourquoi m’avoir suivi ? J’aurais pu me débrouiller comme un grand, vous savez ?
- On fuit la tempête, répondit Jim.
- La tempête ?
- Trésor, Kate et sa mère ont besoin de s’expliquer, dit Martha.
- Vous les avez laissées seules ? Mais…
- Du calme, Richard. Je les connais bien, elles ont besoin de crever l’abcès, répliqua Jim en l’empêchant de passer.
- Vous croyez ?... Vu d’ici, on a l’impression qu’elles vont se sauter à la gorge…
- Elles doivent parler, chéri, expliqua Martha, quand elles auront fini, tout sera arrangé.
- Et nous ? Qu’est-ce qu’on fait en attendant ? Demanda Rick incrédule.
- On patiente, Rétorqua la rouquine. Un petit four Jim ?
Une demi-heure plus tard, Rick, assis sur l’un des tabourets de l’îlot central, se demandait comment la situation avait pu dégénérer à ce point. Dans le salon, Kate et sa mère se disputaient au sujet de la trop grande implication de cette dernière dans son travail, tandis que dans la cuisine sa mère et Jim se querellaient au sujet de baseball et de théâtre.
- Ennuyeux ? Le baseball ? Répétait Jim incrédule. C’est sûr que ça n’est pas à la portée de tout le monde, ça requiert une certaine... Patience ! Aussi, je suppose que ça attire les gens les plus sérieux...les plus exigeants.
Martha, offensée, se figea. Castle se prit la tête entre les mains, cette soirée virait au fiasco total.
- Jim! ... Qu'est-ce que ça veut dire exactement? Demanda Martha les poings aux côtés.
- Oh... Juste que les acteurs, par leur nature, ne sont pas les gens les plus sérieux du monde... Pas vrai? Dit Jim avec un petit sourire triomphal.
- Vraiment? Donc vous pensez que je ne suis pas une femme sérieuse? S'indigna Martha.
Dans le salon, les éclats de voix de Kate et Johanna étaient aussi retentissants.
- Ce que je veux dire, c’est que tu t’impliques beaucoup trop dans tes affaires ! Tu en oublies qu’on existe papa et moi !
- Ah je m’implique trop ?! La famille de cet homme assassiné a le droit de connaître la vérité ! Et cet homme injustement incarcéré a le droit à la justice !
- Je ne dis pas le contraire ! Je dis juste que tu ne dois pas oublier ta propre vie ! C’est un job ! Pas un sacerdoce !
- Mais la vérité est primordiale !
- J'en suis consciente, maman ! Je dis juste que tu ne dois pas oublier que nous aussi, nous sommes importants !
La lumière s’éteignit soudain.
- Les fusibles ont sauté ? S’étonna Martha.
- Si vous avez une lampe de poche, je peux y jeter un œil, suggéra Jim.
Un rayon lumineux apparut dans un coin de la pièce. Tous se tournèrent dans sa direction.
- Castle ? S’étonna Kate en le découvrant vêtu d’une armure lumineuse et debout sur le piano.
- Je suis Voltar ! Le bras de la justice ! Répliqua Castle d’une voix caverneuse.
- Allons bon ! Fit Martha en roulant des yeux !
- Rick a passé l’après-midi derrière les fourneaux…
- Et Kate ! L’interrompit la jeune femme.
- Oui, heu… Rick et Kate ont passé l’après-midi derrière les fourneaux, reprit Voltar, pour préparer ce dîner. Alors par respect pour eux et pour leur travail, vous allez cesser immédiatement de vous quereller et vous comporter de façon civilisée !
Jim et Martha se regardèrent un peu honteux, tout comme Kate et sa mère.
- Le baseball est un passe-temps tout à fait honorable, tout comme le métier d’acteur, dit Voltar en se tournant vers Jim et Martha.
- Je suis désolé Martha, je ne voulais pas vous offenser, fit Jim d’un air contrit.
- Oh non, Jim, c’est moi, rétorqua l’actrice la main sur le cœur.
- Et ce que vous faites est primordial, ajouta Voltar en s’adressant à Johanna. Votre fille en est parfaitement consciente, elle vous admire. Mais vous lui manquez terriblement et elle se faisait une telle joie de ces vacances en famille…
- Je te promets de faire attention à l’heure, Katie, dit Johanna. Tu as raison, ces vacances sont nos vacances et toi aussi, tu me manques terriblement quand tu es à Stanford.
- Si tu es d’accord, je passerai te prendre au bureau tous les soirs, comme ça, tu ne seras pas obligée d’avoir le nez sur la pendule à tout bout de champ.
- D’accord, tu seras mon garde-fou, répondit Johanna en prenant sa fille dans ses bras. Et samedi, on passera la journée ensemble : Patinoire et shoping au programme.
- Et dimanche on se fera un marathon temptation lane, approuva Kate.
- Deal !
~~~~~~~~~~~~~~
A la fin de la soirée, ils terminaient de dîner dans la bonne humeur.
- Pour célébrer le fait que nous soyons enfin réunis tous les cinq, autour de ce dîner, j'ai préparé un dessert spécial! Lança Martha en sortant le plat du four, pour venir le déposer sur la table.
- Martha! C'est tout simplement magnifique! S'exclama Johanna.
- Il est à mourir, littéralement. Je l'ai appelé la douce mort chocolatée, expliqua l'actrice.
- … Mmmm, grogna Castle qui venait de changer de position.
- Tu devrais peut-être aller t’allonger, suggéra Kate, tu as fait une sacrée chute.
- Quelle idée aussi de grimper sur le piano pour nous faire ton numéro, soupira Martha. Je me demande s’il grandira un jour !
Rick manqua de s’étouffer à la remarque de sa mère.
- Sans son numéro, on n’aurait pas passé une aussi délicieuse soirée, fit remarquer Johanna.
- Je vais rester ici ce soir, annonça Kate à ses parents.
- Tu es sûre ? Demanda Rick devant le regard sombre de Jim.
- Mais oui, ne t’en fais pas, il fait cette tête-là pour la forme, sourit Kate. Et puis, je crois que tu as bien besoin d’un bon massage pour te remettre sur pieds.
- Mhmmm, je savais bien que je prenais la bonne décision quand je me suis dans la peau de Voltar, se réjouit l’écrivain tandis que Kate lui déposait un doux baiser sur les lèvres.
Chapitre quarante-sept
16 janvier 1999 - Manhattan
Le loft était encore plongé dans la pénombre. Seul le tic-tac monotone de l’horloge en perturbait le silence. Dehors, le jour commençait à peine à se lever. Le ciel grisâtre était rempli de neige.
Seul, debout devant la fenêtre, Rick était silencieux, comme figé devant le paysage hivernal qui se dessinait derrière sa fenêtre. Quelques flocons venaient de faire leur apparition. Dans quelques heures, la ville toute entière serait recouverte d'un manteau neigeux et glacial. Il avait l'impression que le froid qui régnait dehors faisait écho à celui qu'il ressentait au plus profond de lui.
Cela faisait une semaine que leurs vies avaient basculé. Une semaine, qu'il se demandait s'ils pourraient être de nouveau heureux un jour. Une boule d'angoisse se forma dans sa gorge. Tout allait pourtant si bien… Pourquoi fallait-il que tout devienne subitement aussi difficile ? Ne pouvaient-ils pas repartir en arrière et tout recommencer ? Son cœur se serrait tellement, qu’il suffoquait. Il ferma les yeux et tenta d'inspirer calmement. Il devait tenir le coup. Un pas après l'autre, une journée après l'autre, se répéta-t-il comme s'il s'agissait d’une sorte d'incantation qui lui permettrait d'aller mieux.
Une image se forma dans son esprit. Celle d'un sourire, son merveilleux sourire qui illuminait son existence et lui réchauffait le cœur à chaque fois qu'il le voyait. Il donnerait tout pour le revoir. Il se laissa entraîner par ce souvenir dans un voyage temporel, retournant suffisamment en arrière pour retrouver l'époque bénie du bonheur. Ce n'était pas si loin et pourtant cela lui semblait faire une éternité...
C'était au lendemain de Noël... Il venait de recevoir un appel de Meredith. Jamais il n'avait été aussi heureux de l'entendre que ce matin-là. Quand le téléphone avait sonné, il avait râlé en découvrant de nom de son ex-femme sur l'écran. Kate avait souri et comme à chaque fois, sa mauvaise humeur s'était envolée. Il avait pris l'appel et avait bien fait, car il avait eu l'heureuse surprise d'apprendre par son ex-femme qu'elle ne demanderait plus à avoir la garde de leur fille. Sa carrière l'accaparait tellement, qu'elle estimait que le mieux pour Alexis serait de vivre à New-York chez son père et de ne venir à L.A. que pour les vacances, la carrière d'un écrivain étant plus compatible avec le besoin de calme et de stabilité nécessaire à l'épanouissement d'un enfant.
Il s’était empressé d’annoncer la nouvelle à Kate. Il était si heureux et excité à l’idée d’avoir sa fille auprès de lui qu’il prévoyait déjà tout ce qu’il devrait faire pour être fin prêt quand elle viendrait s’installer définitivement chez lui.
- Heureusement que je connais déjà la plupart des meilleurs établissements scolaires de Manhattan. Avec ma réputation, je ne devrais pas avoir trop de mal à l’y inscrire rapidement.
- Ta réputation ? Je croyais que tu t’étais fait renvoyer de presque tous les établissements scolaires de la ville…
- Je parlais de ma réputation d’écrivain à succès, pas de celle d’élève à problèmes ! Avec une jolie dédicace et un gros chèque, Alexis devrait avoir sa place pour la rentrée de janvier.
- C'est drôlement chouette, avait dit Kate en le prenant en photo. Tourne un peu la tête... Oui! C'est parfait.
- Qu'est-ce que tu fais? Avait-il demandé en fronçant les sourcils.
- J'immortalise cet instant, avait-elle répondu tandis qu'un clic indiquait qu'elle venait de prendre une autre photo.
- Quelle idée tes parents ont eu de t'offrir un appareil photo...
- Une super idée, en plus, c'est un numérique, plus besoin de se ruiner en pellicules! Se réjouit-elle en le mitraillant sous tous les angles.
- Je pensais qu’on n’avait pas le droit de dépenser une fortune pour Noël, avait bougonné Rick en tentant d’éviter l’objectif qu’elle focalisait sur lui. Ces appareils valent une fortune, tu sais ça ? Ça vaut bien plus que le petit bracelet qui orne désormais ton poignet !
- D’abord, sache que ce bracelet a plus de valeur à mes yeux, que tout l’or du monde, puisque c’est toi qui me l’as offert. Et ensuite, je ne suis pas dupe, je sais bien que tu as explosé le budget pour me l’offrir !
- … Un tout petit peu, avait-il avoué devant le regard inquisiteur qu’elle lui avait lancé. Mais je ne suis pas le seul, si j’en crois le dernier numéro du « monde du numérique »… Avait-il objecté.
- Ce sont mes parents, ce n'est pas pareil. Et puis je ne voudrais pas que tu crois que je suis avec toi pour tes cadeaux... Avait-elle répondu en venant se placer devant lui pour lui piquer un baiser sur les lèvres. Moi, je suis avec toi, pour tes beaux yeux!
- Rien que pour ça, tu mériterais que j’aille te décrocher la lune, avait-il déclaré en l’attirant à lui pour l’embrasser à son tour. Ça te dirait d’avoir un cratère rien que pour toi ?
- Mhm, tu sais que tu es un grand romantique, dans ton genre ?
- Ouais…On me le dit souvent.
- Ah oui ? Et qui donc ? Avait-elle demandé en fronçant les sourcils.
- Oh… Tu sais bien… des fans, des groupies…
- Celles qui te demandent de signer sur leur poitrine ? Avait-elle ronchonné.
- Je ne fais plus ça, la seule personne dont j’ai envie de m’occuper de la poitrine, se trouve dans mes bras, avait-il affirmé en soulevant son tee-shirt pour joindre le geste à la parole.
- J’aime tes mains baladeuses, avait-elle murmuré tout en répondant à ses baisers… Mais…
- Mais ? Avait-il demandé le nez contre son cou pour s’enivrer de son parfum.
- Ça ne t’étonne pas ce brusque revirement de la part de Meredith ? Elle qui ne voulait surtout pas te laisser la garde d’Alexis…
- Oh ! A mon avis, elle a jeté son dévolu sur un autre et donc Alexis est devenue un peu gênante…
- Un autre?...Non, elle n’est aussi cruelle !
- Elle est folle ! Elle adore Alexis, mais elle s’adore encore plus ! A mon avis, elle a eu un éclair de lucidité, quand elle a pris cette décision… Et puis, ce n’est pas comme si elle abandonnait sa fille, puisque je lui ai promis qu’elle pourrait voir Alexis aussi souvent qu’elle le désirerait.
- Eh bien ! On peut dire que tu n’es pas rancunier, toi ! Après tout ce qu’elle t’a fait subir…
- J’aime Alexis. Quand il en va du bien être de votre enfant, il n’y a pas de place pour la rancune.
- Wah, avait-elle sourit, tu es un homme merveilleux !
Elle avait fondu sur ses lèvres et la fièvre s’était rapidement emparée d’eux…
Tout était si parfait à ce moment-là. Ils étaient heureux. Et tout avait brusquement basculé. Un léger bruissement derrière lui, lui indiqua qu'il n'était plus seul. Il ne se retourna pas, connaissant parfaitement l'identité de la nouvelle venue.
- Tu as dormi un peu? Demanda Martha en posant une main aimante sur son bras.
- Pas vraiment...
Évidemment. Comment aurait-il pu en être autrement? Elle ne répondit rien. Il n'y avait rien à dire. Une telle tragédie ne pouvait être minimisée. Injuste était le seul mot qui venait à l'esprit. Avec les années, on devenait plus sage, disait-on, on acceptait mieux les choses de la vie... À part celles-ci, ces tragédies étaient si injustes qu’elles étaient impossibles à accepter.
- Je vais préparer du café, tu en veux?
- ...
- Richard?
- Mhm? Oh pardon, tu disais? Demanda-t-il en sortant brutalement de ses pensées.
- Je disais que j'allais faire du café. Tu en veux?
- Un café... Oui, un café ce serait parfait.
Elle esquissa un petit sourire pour tenter de lui donner du baume au cœur et se dirigea vers la cafetière. Comme un automate, il la suivit et s'assit sur un tabouret devant l'îlot de la cuisine.
- Si tu veux, j'amènerai Alexis à l'école ce matin, proposa-t-elle.
- Non, ça ira, je vais la conduire, par contre, si tu pouvais aller la chercher après la classe. Je ne sais pas si je serai rentré.
- Bien sûr ! Tu sais bien que tu peux compter sur moi.
- Merci Mère.
- Les pauvres... Soupira Martha au bout de quelques minutes de silence. Je ne sais pas comment ils font...
- Ils sont anéantis... Jim est... Je ne sais pas s'il réussira à s'en remettre un jour...
- Et...
- Elle ressasse les évènements... Elle cherche ce qu'elle aurait dû faire pour éviter ça... Elle oscille entre l'abattement complet et l’extrême agitation... Elle se débat comme elle peut.
- C'est horrible, soupira Martha qui peinait à retenir ses larmes.
- …
Son café eut du mal à passer. Son estomac était si noué, qu'il devait se forcer pour avaler quelque chose. Alexis se leva et vint se blottir contre lui pour prendre son petit déjeuner. Heureusement qu'elle était là. S'occuper d'elle lui permettait de ne plus penser au drame qui venait de les frapper.
Il l'emmena à l'école à pieds. En moins de deux heures, une couche de neige de près de quinze centimètres avait recouvert les trottoirs. Les sableuses se démenaient pour limiter le phénomène sur la chaussée, mais étant donné la quantité de neige qui tombait et la température glaciale, le combat était perdu d’avance. La fillette gambadait dans la neige fraîche, se réjouissant du crissement produit à chacun de ses pas. De temps en temps, elle se tournait vers lui, pour lui expliquer ce qu'elle avait aperçu ou découvert sur le chemin. Il lui souriait tendrement et elle repartait à l'aventure sur la banquise qu'elle était en train d'explorer. Devant la porte de l'école, ils se séparèrent après un long câlin père-fille.
- Ta grand-mère viendra te chercher tout à l’heure, expliqua-t-il, je serai rentré pour le dîner.
- D’accord, tiens, répondit la fillette en sortant un petit paquet de sa poche. C’est pour Kate.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Une fleur en perles, que j’ai faite avec grand-mère. Elle ne fânera jamais!
- C’est adorable, Trésor. Je suis sûr qu’elle va adorer.
Il la regarda rejoindre ses nouvelles amies dans la cour de récréation, se réjouissant de sa capacité à se lier avec de nouvelles personnes, puis il reprit son chemin d’une démarche traînante dans le froid et sous la neige. Remontant le col de sa veste, il jeta un regard dans la vitrine du magasin devant lequel il était en train de passer. Il avait une tête à faire peur ! Ses traits tirés, sa barbe de plusieurs jours et surtout son regard empli de tristesse, le faisaient ressembler à un des personnages des films de zombies qu’il aimait regarder.
Les taxis se faisaient rares par ce temps… Quoi de plus normal, les gens évitaient de sortir avec un temps pareil.
Il arriva finalement chez les Beckett. Comme il s’y attendait, les volets étaient restés clos. Il prit le courrier dans la boîte aux lettres et entra dans le logement, dont il avait la clé désormais. Il tria rapidement le courrier, écartant les publicités et repérant le plus urgent, dont il s’occuperait dans la journée. Il pénétra dans le salon, ouvrit les volets et jeta un œil dans la pièce. Jim dormait avachi dans le canapé. Les restes du repas qu’il leur avait préparé la veille jonchaient la table basse. Ils n’avaient pas mangé grand-chose… Sans bruit, Rick débarrassa la table et fit la vaisselle. S’occuper lui donnait l’impression de servir à quelque chose. Un grognement lui signifia que Jim s’était réveillé. Il sortit une tasse du placard et lui servit un café bien serré.
- Richard… Marmonna Jim en le rejoignant dans la cuisine.
- Je vous ai servi un café et j’ai fait un peu de rangement… Le traiteur devrait arriver dans une heure. Vous devriez aller vous changer…
- Pourquoi ? Soupira Jim qui semblait avoir pris dix ans en une semaine.
- Les… L’en… Enfin… C’est…
Sa gorge se serrait, lui d’ordinaire si bavard, n’arrivait pas à parler. Pourquoi n’arrivait-il pas à prononcer le mot ? … Sans doute parce que le prononcer rendrait les choses trop réelles. Il essuya les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux.
- C’est pour aujourd’hui… articula-t-il difficilement.
- Déjà ? Souffla Jim.
Rick hocha la tête. Lui non plus n'arrivait pas à y croire.
- … Où est-elle… ? Demanda l'écrivain.
- Sans doute dans sa chambre… Elle y passe tout son temps…
- Je vais la voir…
- Faites donc ça…Soupira Jim avant de se traîner vers la salle de bain.
Rick poussa à son tour un long soupir, puis se dirigea vers la chambre de Kate. Doucement, il en ouvrit la porte et s’avança à l’intérieur. Les rideaux étaient ouverts, signe qu’elle s’était levée avant de retourner se coucher. Il jeta un œil circulaire dans la pièce. Sa chambre d’adolescente. Ses parents n’y avaient pas touché quand elle avait quitté le nid pour se rendre à l’Université. La décoration était soignée et correspondait parfaitement à l’image de l’adolescente qu’elle avait dû être. Rebel Beck… Aucun acteur à la mode chez les adolescentes parmi les posters. Des tas de livres sur les étagères, des affiches de pièces de théâtre et des meubles probablement chinés çà et là.
Il s’approcha de la silhouette recroquevillée en boule sur le lit. Devoir la réveiller lui fendait le cœur étant donné le manque de sommeil qu'elle avait cumulé, mais aujourd’hui, il fallait se faire violence et affronter la journée.
- Johanna, murmura-t-il en posant sa main sur son épaule.
Chapitre quarante-huit
- Johanna, répéta-t-il désolé de la tirer du sommeil pour la ramener à la cruelle réalité.
Elle remua légèrement, puis tourna vers lui un regard ensommeillé et interrogateur.
- Il faut vous préparer, expliqua-t-il. J’ai préparé du café, vous en voulez ?
Elle refusa d’un mouvement de tête, tandis qu’elle s’asseyait doucement dans le lit de Kate.
- Un thé alors ? Ou un chocolat chaud…
- Non… Je ne pourrai rien avaler…
- Vous devez prendre des forces, vous en aurez besoin, déclara-t-il avec douceur.
- Je tiendrai le coup, ne vous en faites pas… Soupira-t-elle en se frottant le visage pour se réveiller. Où est Jim ?
- Dans la salle de bain. Il se prépare pour…
Sa phrase mourut dans sa gorge. Incapable de la terminer, il changea de sujet.
- Je dois me rendre à San Francisco en fin de semaine prochaine pour régler les derniers détails de mon déménagement. Je me rendrai à Stanford et je ferai ramener ses affaires…
Elle ne répondit pas. Sa douleur et sa détresse étaient si grandes, qu’il se sentit mal. Comment pouvait-il tenter de la réconforter alors que lui-même tenait à peine debout ? Le regard embué, il se leva pour quitter la pièce. C’était trop dur, il n’y arriverait pas. Comment lui dire que ça finirait par aller mieux, alors que lui même n'y croyait pas?
Le traiteur arriva peu après. Rick l’accueillit et lui indiqua où ranger les canapés et petits fours prévus pour l’après cérémonie. Comment en étaient-ils arrivés là ? Il n’arrivait toujours pas à y croire. Il ne pouvait accepter l’idée que plus jamais il ne l’entendrait rire, que plus jamais il ne verrait son sourire, que plus jamais elle ne se moquerait de ses films d’action et de leur manque de crédibilité. Suffoquant, il se précipita à l’extérieur et hurla son désespoir au milieu du trottoir. Pourquoi avait-il lâché sa main ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle prenne la voiture ce soir-là ? Pourquoi sa voiture avait-elle fini sa course dans l’Hudson River ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle prenne autant de place dans son cœur pour n’y laisser désormais qu’un immense trou béant et une douleur sans fin ? Fou de rage et de souffrance, à l’agonie, il se laissa tomber à genoux dans la neige, les bras ouverts et le regard implorant tourné vers le ciel.
Le froid était si intense, qu’il sentait ses membres s’engourdir. Si seulement cela pouvait anesthésier son cœur…
- Vous ne devriez pas rester comme ça dans le froid…
Il tourna la tête et croisa un regard émeraude semblable à celui de Kate. Il resta un instant hébété.
- Kate ?
- J’aurais préféré que ça soit moi, murmura Johanna la voix remplie de trémolos. Ça aurait dû être moi… Les parents doivent partir avant leurs enfants…
- Elle me manque tellement, gémit-il accablé de douleur.
Johanna passa ses bras autour de ses épaules sans rien dire, tandis qu’il pleurait en silence. Elle était incapable de lui promettre que ça allait aller, car elle en était persuadée, plus rien n’irait bien pour elle désormais. Sa fille unique n’était plus… Elle se trompait lorsqu’elle disait que la vie ne vous donnait rien que vous ne puissiez surmonter. Elle savait qu’elle ne surmonterait jamais cette épreuve. Sa vie s’était terminée ce 9 janvier 1999…
Elle le prit par la main et le ramena à l’intérieur. Jim leur servit une boisson chaude, qu’ils tentèrent d’avaler docilement. Lorsque le moment de se rendre au cimetière, Johanna prit le bras de Jim, puis se tourna vers Rick et lui prit également le bras. Malgré l’incommensurable peine qu’elle éprouvait, elle trouvait encore la force de penser à lui et à sa douleur. Cette attention lui réchauffa le cœur.
La neige avait cessé de tomber. Le ciel demeurait gris et maussade. Une épaisse couche de neige recouvrait toujours le sol, mais il ne neigeait plus. Nombreux étaient ceux qui étaient venus lui rendre un dernier hommage. Des amis du lycée, des voisins, des professeurs, même ses amies de Stanford étaient là. Tous pleuraient une merveilleuse jeune femme, qui avait traversé leurs vies comme un éclair et les avait marqués à tout jamais. Rick était assis devant le cercueil près de Johanna et Jim. Comment croire qu'elle se tenait là, immobile, dans cette boîte et qu'elle y demeurerait à tout jamais? Et pourtant, il devait se rendre à l'évidence, elle ne rirait plus jamais, elle ne chanterait plus jamais, elle ne s'élèverait plus jamais contre l'injustice.
Il n'entendit rien des discours de ses amies, ni du prêtre. Il demeurait là, le regard perdu dans la contemplation du cercueil qui contenait le corps de celle qui resterait à tout jamais l'amour de sa vie. Secouée de sanglot, Johanna lui prit la main à la recherche d'un appui dans cette épreuve.
Tout comme Jim et Johanna, il crut mourir de chagrin lorsque le cercueil fut descendu dans la fosse. Chaque personne présente s'avança pour y jeter une fleur, avant de s'approcher d'eux pour leur présenter leurs condoléances.
- Elle vous aimait plus que tout, dit Carly la voix tremblante en s'adressant à Rick. Son visage s'illuminait à chaque fois qu'elle pensait à vous.
- Merci Carly...
- Elle était tellement contente de passer ses vacances avec vous, ajouta-t-elle en se tournant vers Johanna et Jim. On la taquinait souvent à ce sujet... Elle jouait la fille forte et indépendante, mais au fond, elle avait un peu de mal à couper le cordon et vous lui manquiez énormément.
Johanna la serra dans ses bras, incapable de dire un mot. Sa fille... Sa chère petite fille ne reviendrait plus...
Avant de partir, Rick s’approcha de la tombe et déposa la petite fleur en perles qu’Alexis lui avait confiée.
- Je n’arrive pas à me faire à l’idée que je ne te reverrai plus jamais, murmura-t-il les yeux remplis de larmes. Tu ne sais pas à quel point je t’aime… Je donnerais tout ce que j’ai pour que nous puissions tout recommencer…
De retour chez les Beckett, il tenta de faire bonne figure, il n'avait aucune envie d'être là, parmi ces gens qu'il ne connaissait pas. Mais les parents de Kate avaient besoin de soutien et il se devait de les aider. Il décida de s’occuper, pour ne plus penser à sa douleur. Filant dans la cuisine, il attrapa un plateau de petits fours et en proposa à chaque personne présente. Agir, ne pas penser, être fort. Ce soir, sa mère et sa fille lui apporteraient du réconfort, tandis que Jim et Johanna se retrouveraient seuls avec leur peine. Il jeta un regard circulaire dans la pièce à leur recherche. Jim s’était enfermé dans son mutisme. Une vieille dame à l’air sévère et au chignon trop serré n’arrêtait pas de lui parler en faisant de grands gestes, tandis qu’une autre qui lui faisait face approuvait en hochant la tête toutes les cinq secondes. Il ne vit pas Johanna et se demanda où elle avait bien pu passer.
Il demanda à plusieurs personnes si elles avaient vu Johanna et finit par la retrouver dehors, assise sur les marches du perron. Délicatement, il déposa sa veste sur ses épaules. Elle tourna la tête vers lui et esquissa un petit sourire de remerciement.
- J’étouffais au milieu de tous ces gens, souffla-t-elle en retournant à la contemplation de la rue devant elle.
Il s’assit à côté d’elle sans un mot. Parfois les mots sont inutiles…
- Katie a fait ses débuts à vélo sur ce trottoir, expliqua Johanna au bout d’un long moment de silence. Elle était très douée ! Elle avait installé une sonnette avec l’aide de Jim, elle en était très fière.
- Elle devait être très mignonne, sourit Rick.
- C’était une petite fille adorable. Elle ne nous a jamais causé aucun souci lorsqu’elle était petite. Elle était très proche de Jim, ils n’avaient pas besoin de se parler ces deux-là, ils se comprenaient sans un mot. Quand ils étaient dans leur bulle, je me sentais un peu à l’écart…
- Elle vous aimait, assura Castle.
- Je sais, sourit Johanna. Jim était son complice, moi, j’étais son modèle… Petite, elle s’amusait à enfiler mes escarpins et complétait sa tenue en piochant dans mes foulards, chapeaux et lunettes de soleil. Elle avait un goût très sûr et n’avait pas son pareil pour assortir parfaitement les différents éléments. C’est à l’adolescence, que ça s’est compliqué. Elle rêvait d’indépendance et Jim ne la voyait pas grandir…
- C’est à ce moment-là, que vous êtes devenue sa complice ?
- Le médiateur, plutôt et la confidente également. Je lui faisais confiance et j’acceptais de la voir grandir, ce que Jim ne parvenait pas à accepter…
Quelques flocons se remirent à tomber. Ils les contemplèrent un moment.
- Qu’est-ce que je vais devenir ? Comment je suis sensée continuer sans ma petite fille ? Demanda-t-elle en éclatant en sanglots.
Rick la prit dans ses bras et la serra contre lui sans un mot. Parfois les mots ne sont pas assez forts pour exprimer ce qu’on ressent. Parfois les mots sont impuissants pour soulager une aussi grande douleur et un tel désarroi…
La journée se termina comme elle avait commencé : dans la tristesse. Lorsque tout le monde fut reparti, Rick décida qu’il était temps pour lui aussi de rentrer chez lui. Il avait préparé deux assiettes dans le réfrigérateur, faisant promettre aux parents de Kate de les manger dans la soirée. Il leur promit de revenir le lendemain. Il n’était pas question de les laisser tomber. Kate aurait voulu que quelqu’un les aide à surmonter cette épreuve.
De retour au loft, il continua à faire bonne figure, pour Alexis tout du moins, car Martha, elle n’était pas dupe. Mais lorsqu’Alexis fut endormie, que Martha eut enfin accepté d’aller se coucher, lorsqu’il se retrouva seul dans son bureau face à sa peine et à son désespoir… A ce moment-là, il laissa sa colère s’exprimer. Il envoya valser tout ce qui était sur son bureau. Dans un accès de rage, il retourna celui-ci et fit tomber tous les livres qui étaient soigneusement disposés sur les étagères de sa bibliothèque. Il arracha même les rideaux des fenêtres, mais rien de tout ça ne suffit à l’apaiser. Seul au milieu du capharnaüm dont il était l’auteur, il regrettait de n’avoir plus rien à détruire.
- Tiens, murmura Martha en lui tendant un verre.
Il la regarda en fronçant les sourcils, ne comprenant pas ce qu’elle voulait ni depuis quand elle était là.
- Il y en a des dizaines à ta disposition, expliqua-t-elle en montrant le carton rempli de verres qu’elle avait amené. Vas-y ! Lâche-toi ! Je ne les ai jamais aimés de toute façon.
Un peu hésitant, il se saisit du verre, l’observa pendant quelques secondes, puis le projeta de toutes ses forces contre le mur où il explosa en mille morceaux. Martha lui en tendit un autre, à qui il réserva le même sort, puis un autre et encore un autre… Jusqu’à ce que le carton fut vide. Là, à bout de nerfs et de forces, il se laissa tomber à genoux sur le sol et se mit à pleurer comme un enfant. Sa mère l’entoura de ses bras, lui répétant qu’il devait laisser sortir toute sa tristesse et son mal-être, qu’elle était là pour lui.
**************
A quelques kilomètres de là, un vieil homme revenait discrètement vers une petite cabane de pêcheurs. Il prit soin d’effacer toutes ses traces et camoufla minutieusement son véhicule ainsi que l'accès à cet endroit. Lorsqu’il fut certain que personne ne pouvait découvrir sa présence en ces lieux, il attrapa un paquet en papier et entra dans la cabane. Il alluma une petite lampe, qui éclaira légèrement la pièce, déposa son paquet, puis s’approcha du lit placé dans un coin. Un grognement l’accueillit.
- Tout doux ! Tout doux ! Ne t’agite pas ! Tu as une fièvre de cheval… Tiens, je t’ai rapporté de quoi te soulager…
Chapitre quarante-neuf
Le jour s'obstinait à se lever. Pourquoi le jour s'entêtait-il à se lever encore et encore alors qu'elle n'était plus là? Étendu au milieu de son lit, Rick se sentait vidé. Vidé de toute envie de se lever, vidé de toute envie de continuer... d'écrire... de faire des projets... d'être heureux sans elle...
- Papa! S'écria Alexis en entrant en trombe dans sa chambre pour se glisser dans son lit.
- Salut ma citrouille, sourit-il.
Alexis... Heureusement que Meredith avait fini par changer d'avis au sujet de sa garde! Son petit rayon de soleil lui donnait la force de continuer.
- Tu pleures?
- J'ai mal, chérie...
- Kate me manque à moi aussi... Dit-elle en se blottissant contre son père.
- Je sais chérie...
- On devait aller ensemble à la mer au printemps... soupira Alexis.
- On ira Trésor... Promit Castle. On ira... Et Kate sera avec nous...
Ils restèrent un long moment tendrement blottis l'un contre l'autre. La présence de sa petite citrouille lui faisait du bien. Sa précieuse petite fille. Il ferma les yeux alors que la détresse des parents de Kate lui revenait à l'esprit. Ils avaient perdu leur petite fille eux.
Comment pouvait-on se remettre d'une perte pareille?
- Je ne voudrais pas jouer les rabats joie, mais le petit déjeuner est servi, annonça Martha en entrant dans la chambre.
- Ne me dis pas que c'est toi qui l'a préparé? Grimaça Castle.
- J'ai fait une omelette, fils ingrat! Rétorqua Martha. C'est impossible à rater.
- Eh bien... Commença Castle prêt à partir dans une énumération de tout ce qu'une omelette réussie impliquait.
- J'aime beaucoup tes omelettes! Grand-mère! Le coupa Alexis en sautant en bas du lit.
- Ah! Ah! Fit Martha en adressant un pied de nez à son fils.
- Elle ne sait pas ce que c'est que la vraie cuisine, siffla Rick. Elle a vécu trop longtemps chez Meredith!
- Nous serons dans la cuisine, annonça Martha heureuse que son fils trouve encore la force de la taquiner. Ne tarde pas trop !
Ragaillardi par cette petite joute matinale avec sa mère, il se leva et fila sous la douche.
Il en sortit rapidement, s'habilla et prit la photo qui trônait sur sa table de chevet. Kate lui souriait amoureusement.
- Ne t'en fais pas, je prends soin de tes parents, lui dit-il avant d'embrasser sa photo.
Son petit déjeuner avalé, il embrassa sa mère et emmena Alexis à l'école. La neige recouvrait encore les rues, mais le temps était moins maussade. Aujourd'hui le soleil faisait son apparition. Il faisait toujours très froid, mais il était là et ça changeait tout.
- Tu viendras me chercher tout à l'heure? Demanda Alexis.
- Oui, c'est promis.
- On pourrait aller au parc tous les deux... On achèterait des graines pour les oiseaux...
- C'est une excellente idée, Trésor.
Heureuse, la fillette se mît à sautiller gaiement. Alexis était sa priorité. Il continuerait pour elle. Il ne serait plus le même désormais, la perte subie était trop grande. Mais il serait fort comme elle l'avait été tout au long de sa courte vie.
******************
Johanna avait passé la nuit avec ses albums photos, souriant aux souvenirs des premières fois de sa petite fille. Tremblante, elle tentait de contenir les larmes qui s’accumulaient dans ses yeux. Sur toutes les photos, sa petite Katie souriait. Elle était une petite fille joyeuse et pleine de vie et ça n’avait pas changé avec le temps. Comment accepter que c’était terminé et que plus jamais elle ne l’entendrait rire ? Elle se mordit le poing pour étouffer les sanglots qu’elle ne pouvait plus contenir.
Jamais elle n’avait été aussi malheureuse, aussi anéantie que depuis ce terrible soir de janvier où Katie n’était pas rentrée.
- Je peux prendre ta voiture aujourd’hui ? Avait demandé Kate à la table du petit déjeuner. Je dois aller retrouver une copine, elle habite en banlieue…
- Si tu veux… Je prendrai un taxi pour rentrer…
- Ce soir on dîne au restaurant, était intervenu Jim, vous n’avez pas oublié, j’espère ?
- Mais non, papa, rassure-toi, Rick passera la prendre au bureau en venant et je vous rejoindrai directement au restaurant !
- Ne dérange pas Richard pour ça ! Je peux prendre un taxi ! Avait protesté Johanna.
- Pas question ! On a un accord, tu ne rentres pas seule du bureau ! Tu n’as plus aucune notion de l’heure quand tu es plongée dans ton travail ! Avait protesté Kate. Rick passera te prendre, en plus il est ravi de le faire !
- Mon bébé, pleura Johanna en se recroquevillant. Tu me manques tellement…Tellement…
Elle ne sut pas combien de temps elle resta ainsi à pleurer anéantie par la douleur. Ce furent quelques petits coups frappés contre la porte, qui la ramenèrent à la réalité. Elle essuya rapidement ses joues humides et alla ouvrir. Rick se tenait derrière la porte.
- Je vous ai apporté un café, dit-il d’une voix douce en lui tendant un gobelet « Starbuck ».
- Je…
- Et un beignet aussi ! La coupa-t-il. Il est interdit de refuser, vous devez manger !
- … Merci… Articula-t-elle difficilement la gorge nouée.
- Pas de quoi… Alors ? Je vous emmène en balade ?
- Non… Je…
- Dix minutes ! Juste le temps de prendre l’air ! Jim et vous avez besoin de prendre l’air !
- Mais…
- Je sais que c’est difficile ! Rien ne nous la ramènera, j’en suis bien conscient, mais elle ne voudrait pas nous voir dépérir !
- Elle ne se laissait jamais abattre… Sourit Johanna.
- Je dois me faire violence chaque matin pour sortir de mon lit, ajouta-t-il, chaque respiration me coûte, tellement son absence me pèse, mais je lutte pour continuer ! Je lutte parce que si je me laisse aller, je peux l’entendre me menacer de me mettre un bon coup de pied au derrière ! Elle me manque terriblement. J’ai l’impression d’avoir perdu mon oxygène, mais si je me laisse engloutir dans les ténèbres, alors je crois que je l’aurai perdue totalement. Kate, c’était la vie. Si je veux la retrouver, c’est dans tous les petits détails merveilleux de la vie que je dois la chercher: le chant joyeux des oiseaux le matin, la beauté d’un arc-en-ciel après la pluie ou encore le spectacle merveilleux d’un ciel rempli d’étoiles !
- Katie aura au moins eu la chance de vous connaître, Rick, sourit Johanna en le prenant dans ses bras. Vous êtes un homme merveilleux.
- Venez, dit Rick après quelques instants de réconfort mutuel. Allons retrouver Jim, vous devez prendre un petit déjeuner…
- Il est anéanti… Soupira Johanna la gorge serrée.
- Il a besoin de vous, dit Castle. Vous ne devez pas vivre votre deuil chacun dans votre coin… Vous devez vous soutenir mutuellement ! C’est ensemble, que vous surmonterez cette épreuve.
- Peut-être qu’on n’a pas envie de la surmonter…
- Ne dites pas des choses pareilles…
- Comment voulez-vous que je surmonte cette épreuve ?! Ma petite fille est morte ! Morte, vous entendez ? Je n’ai plus de raison de m’accrocher à la vie !
- Ne dites pas ça ! Vous avez Jim !
- … Vous avez raison… Souffla-t-elle honteuse de ses propos.
Ils eurent du mal à convaincre Jim de prendre son petit déjeuner, mais il finit par accepter un café à contrecœur. Rick les entraîna ensuite dans une balade dans le parc, histoire de prendre un peu l’air.
Johanna avait pris la main de Jim. Il ne parlait toujours pas, mais les regards qu’il adressait à sa femme montraient qu’il s’accrochait ou tout du moins essayait.
Ne pouvant s’installer sur un banc, puisqu’ils étaient tous givrés et recouverts de neige, ils restèrent debout devant l’étang gelé à contempler la beauté de la glace que le soleil faisait scintiller de mille feux.
- Et dire que je maudissais sa moto… Lâcha soudain Jim.
Rick et Johanna tournèrent leurs regards vers lui étonnés de cette brusque prise de parole.
- Quand elle montait dessus, j’en attrapais des sueurs froides, expliqua-t-il sans quitter le lac des yeux. J’attendais son retour en craignant de recevoir un appel des urgences qui m’annonceraient qu’elle avait eu un accident…
- …
- Et c’est en voiture, qu’elle s’est tuée… Explosa-t-il en sanglots.
Johanna posa une main dans son dos pour le caresser doucement.
- Elle me manque affreusement, gémit-il, pourquoi ça n’était pas moi dans cette fichue voiture !
Comme en écho à la tristesse de Jim, d’épais nuages s’amoncelèrent et le ciel s’assombrit. La neige tombait de nouveau sur la ville quand ils rentrèrent chez les Beckett.
Vers midi, Rick décida de faire le repas et de manger avec eux, histoire d'être certain qu'ils se nourrissent au moins un peu. Il avait réussi à trouver tout ce dont il avait besoin et s’était mis à la tâche, quand Johanna arriva dans la cuisine à son tour.
- Laissez, je vais m'en occuper, dit-elle.
- Trop tard, j'ai déjà enfilé mon tablier, annonça-t-il en désignant le tablier orné d'un énorme poussin qu'il portait, mais je veux bien un peu d'aide!
- En ce cas, je serai votre assistante, sourit Johanna.
- D'accord, mais votre tablier sera moins classe que le mien, il n'y en avait qu'un en stock!
- C'est Katie, qui me l'avait fait quand elle était à l'école primaire, expliqua Johanna.
- C'était déjà une grande artiste, sourit Castle. Comment va Jim ?
- Comme nous tous… soupira-t-elle. Il se repose un peu dans le canapé… Alors, quelle est ma tâche?
- Vous n'avez qu'à éplucher les carottes, je vous épargne les oignons.
- N'ayez crainte, je peux m'en occuper aussi, sourit-elle amusée par sa galanterie.
- C'est que les oignons... Ça...
- Ça fait pleurer, je sais, mais je vous promets de ne pas m'effondrer en larmes, rassurez-vous, répondit-elle touchée par son attention.
- Vous avez le droit de pleurer! Déclara-t-il paniqué à l’idée de l’avoir froissée par maladresse. C'est normal ! ... Enfin... Je veux dire... Ne vous croyez pas obligée de les retenir parce que je suis là... Pas que j'ai envie de vous voir pleurer...non! Enfin... Oh je vous en prie arrêtez-moi! Je dis n'importe quoi!
Le rire léger de Johanna l'empêcha de continuer. Kate avait le même. Sans qu'il puisse les retenir, ses larmes ruisselèrent sur ses joues silencieusement. Johanna le prit dans ses bras.
- Merci, chuchota-t-elle contre son oreille. Merci d'être là.
- J'aimerais tellement faire plus...
- Vous faites déjà beaucoup ! Et n’allez pas penser que votre souffrance est moindre que la mienne ou celle de Jim. Vous aimiez Katie…
- Je l’aime, corrigea-t-il incapable de songer à elle au passé.
*********
Quelque part dans une petite cabane dissimulée dans les bois, la jeune femme s'éveillait doucement en grimaçant. Où était-elle? Cet endroit ne lui était pas du tout familier… Elle se redressa difficilement pour mieux observer le lieu où elle se trouvait. La tête lui tournait et lui faisait affreusement mal. Elle porta machinalement sa main à son front et découvrit qu'elle était bandée. Que lui était-il arrivé? L’effort qu’elle fit pour tenter de se rappeler ce qui lui était arrivé lui coûta un violent mal de tête, à la limite de la nausée.
Estimant qu’elle pourrait chercher la réponse à cette question lorsqu’elle se sentirait un peu mieux, elle rouvrit les yeux et regarda autour d’elle. Elle était dans une cabane meublée de façon rudimentaire. Une table, deux bancs autour, un vieux lit, un fauteuil qui devait dater de la guerre de Sécession et un poêle archaïque. Curieusement, il ne faisait pas froid, pourtant elle pouvait entendre le vent qui soufflait au dehors et cherchait à s’engouffrer à l’intérieur par le moindre interstice.
Elle voulut se lever, mais ses jambes n'ayant pas la force de la soutenir, elle s'étala de tout son long sur le sol poussiéreux. Le nuage soulevé par sa chute provoqua chez elle une violente quinte de toux. Ses poumons lui brûlaient, ses yeux lui piquaient et sa tête lui faisait tellement mal, qu'elle crût qu'elle allait exploser.
La porte s'ouvrit et un homme se précipita vers elle.
- Tu n'es pas en état de te lever! Marmonna-t-il en l'aidant à se remettre au lit. Tu devrais rester tranquille.
Il avait le ton bourru et semblait plus vieux qu’il ne devait l’être en réalité. Malgré sa barbe broussailleuse et son air plutôt revêche, elle n’eut pas le sentiment d’être en danger. Bizarrement, il lui inspirait confiance.
- Qui...?
- T'occupe pas de ça... T'as encore pas mal de fièvre, constata-t-il la main sur son front. Et tu es trempée...
Par réflexe pudique, elle tira la couverture sur elle. Il se leva quitta la pièce et revint quelques minutes plus tard avec un tas de chiffons dans les bras.
- Tiens... C'est pas du luxe, mais c'est propre et sec... Il y a du pain sur la table. Je serai de retour dans la soirée.
Elle le regarda quitter la cabane et entendit plusieurs cliquetis de serrures qu’on ferme. Ouais… Finalement il ne lui inspirait plus autant confiance que ça…
Chapitre cinquante
Il fallait qu'elle sorte de là tout de suite! Pas question de rester piégée dans la cabane de ce type, qui était soit un psychopathe, soit un grand malade! Qui irait mettre autant de verrous sur la porte d'une cabane? Le grand méchant loup des trois petits cochons pourrait la faire s'envoler rien qu'en soufflant dessus!
Elle commença par se débarrasser de ses vêtements trempés de sueur et enfila ceux qu'il lui avait donnés.
- Au moins... Ce n’est pas un malade sexuel... Constata-t-elle, pas moyen de trouver quoique ce soit de sexy à ces vieilles fripes...
Elle se leva et fit quelques pas prudemment. La tête lui tournait terriblement, elle dût s'accrocher à la table pour ne pas tomber. Elle avait chaud, sa respiration était saccadée et son cœur battait à un rythme infernal… Comment s’était-elle retrouvée dans une situation pareille ? Tentant de se remémorer les événements qui avaient précédé, elle fut frappée d’horreur : c’était le noir total ! Pire, elle ne se souvenait de rien du tout !
- Okay, calme-toi ma vieille, inspira-t-elle en s’asseyant sur un banc. Fais un effort…
Elle ferma les yeux et malgré ses maux de tête, elle se concentra, mais rien ne lui vint, à part une fulgurante douleur.
- Il faut que je sorte d’ici, grogna-t-elle en se relevant.
Une violente quinte de toux la prit de nouveau, il lui fallut quelques minutes pour la calmer.
- C'est pas le moment de flancher, s'encouragea-t-elle en cherchant du regard un moyen de sortir de là. Bon… la porte, ce n’est pas la peine d’essayer… Voyons la fenêtre…
Elle s’avança et constata que la fenêtre, ainsi que le volet étaient fermés par d’énormes cadenas.
- Sérieusement ? Marmonna-t-elle. Mais chez quel malade je suis tombée ?
Elle se retourna et aperçut la seule issue qu’il lui restait : une lucarne plutôt petite, mais par laquelle elle devrait parvenir à se faufiler… Enfin, si elle parvenait à l’atteindre !
Bien décidée à ne pas perdre une seconde, elle poussa la table contre le mur et hissa l’un des bancs dessus. L’exercice lui coûta une bonne partie des quelques forces dont elle disposait, mais elle était têtue et ne se laissa pas abattre.
Lorsqu’elle passa la tête par la lucarne, un vent glacé lui fouetta le visage. Frissonnante, elle regarda en dessous d’elle et fut ravie de constater qu’un abri pour les bûches lui éviterait le grand saut. Au prix d’un nouvel effort colossal, elle s’extirpa de la cabane par la lucarne, atterrit sur le toit de l’appentis et sauta dans les vingt bons centimètres de neige fraîche. S’enroulant dans la couverture qu’elle avait eu la présence d’esprit d’emmener, elle se mit en chemin. Ne sachant où elle se trouvait, elle se dit que le plus simple était de rejoindre l’habitation la plus proche et d’appeler les secours.
Malheureusement, elle avait présumé de ses forces. Elle était malade et très faible et le froid l’engourdissait rapidement. Elle rejoignit un chemin moins enneigé que son hôte devait avoir dégagé pour son véhicule et continua à avancer vaillamment, de toute façon, il lui était impossible de faire demi-tour et de retourner à la cabane. Resserrant la couverture autour d’elle, elle prit son courage à deux mains, jusqu’à ce qu’une plaque verglacée l’envoie traitreusement et douloureusement au sol.
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Combien de temps demeura-t-elle ainsi sonnée et étendue sur le sol ? Difficile à dire… Elle avait froid et se sentait mal. Elle n’avait pas su se relever après sa chute. Elle était à bout de forces et d’espoir. Son dos la faisait souffrir, lui et l’arrière de sa tête avaient heurté le sol en premier et le choc avait été rude. Si rude, qu’elle en avait eu le souffle coupé. Doucement, le froid faisait son œuvre et engourdissait chacun de ses muscles. Allait-elle mourir ici ? Elle se sentait si lasse, qu’elle ne tarderait pas à glisser dans un sommeil dont elle ne se réveillerait probablement jamais. Elle ne sentait déjà plus ses extrémités. Petit à petit, la douleur refluait, anesthésiée par la température glaciale. Elle ne voulait pas mourir, mais incapable de se relever, elle perdait peu à peu espoir. Le ciel au-dessus d’elle était chargé de nuages. Etait-ce la dernière chose qu’elle verrait ? Un ciel d’un gris sombre et morne ? Quelques larmes perlaient au coin de ses yeux tandis qu’elle les fermait.
Alors qu’elle allait baisser les bras et laisser le sommeil l’emporter, un prénom s’imposa à son esprit. Rick. Une petite voix lui disait de s’accrocher, que quelqu’un l’attendait quelque part, qu’il fallait qu’elle reste en vie. Incapable de bouger, elle tenta de se focaliser sur ce nom pour ne pas sombrer. Rick… Qui était-ce ? Un ami ? Un petit ami ? Ce devait être quelqu’un d’important pour que son nom émergeât du brouillard dans lequel elle se débattait. Un bruit de moteur attira son attention. Elle ouvrit faiblement les yeux et aperçut une silhouette trapue accourir vers elle.
- T’es une sacrée bourrique, toi ! Grogna la voix de son geôlier. Tu aurais pu y rester !
- Rick… murmura-t-elle d’une voix faible.
- Il doit être sacrément important ton Rick pour que tu te mettes dans une telle galère ! Marmonna-t-il en la soulevant dans ses bras.
- Rick… Répéta-t-elle encore une fois avant de perdre connaissance.
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20 janvier 1999 – Palo Alto- Université Stanford
Etendue sur son lit, Carly se perdait dans la contemplation du plafond. La chambre était calme. Trop calme. Lizzie et Ann n’y venaient plus, elles n’y arrivaient pas. L’absence de Kate y était trop forte. Comment accepter l’idée que plus jamais elles ne l’entendraient râler sur la futilité de leurs conversations alors qu’elles devaient réviser ou jouer sur sa guitare des morceaux expérimentaux qu’elle aurait entendus dans le parc du campus. Elle s’attendait toujours à la voir sortir de la salle de bain comme une tornade parce que son écrivain serait bientôt là et qu’elle n’avait toujours pas choisi quelle tenue conviendrait le mieux pour l’occasion. Oui, la chambre était bien trop calme désormais. Plus de rires, de cris, de musique écoutée à fond, ni de grands projets pour le prochain week-end… Plus personne ne la réveillerait aux aurores pour aller courir… Elle n’était plus là…
On frappa à la porte. Elle essuya rapidement les larmes sur ses joues et alla ouvrir.
- Monsieur Castle ? S’étonna-t-elle.
- Bonjour Carly. Je… Comment ça va ? Demanda-t-il en remarquant ses yeux rougis.
- Oh… Euh… On fait aller, soupira-t-elle. Vous venez pour ses affaires ?
- Oui… Je me réinstalle à New-York, j’ai fait le voyage pour finaliser les détails avec l’entreprise de déménagement, alors j’ai proposé à ses parents de venir m’occuper des affaires de Kate…
- Je n’ai pas encore eu le courage de les emballer, le prévint-elle en le laissant entrer dans la chambre.
- Je comprends… Eh bien ! Il va en falloir des cartons pour emballer tous ses livres ! Remarqua-t-il en jetant un œil à sa bibliothèque.
- Elle lisait beaucoup. Elle a dévoré vos livres en un rien de temps quand elle les a découverts.
- J’aurais aimé lui en écrire encore beaucoup d’autres…
- Vous l’avez rendue heureuse… Vraiment très heureuse !
- Merci Carly, lui sourit-il.
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Après avoir passé une bonne partie de l’après-midi à emballer les affaires de Kate avec Carly, Rick se rendit dans le parc du campus pour voir l’avancée des travaux. La pelleteuse avait terminé de déplanter l’arbre de leur rencontre et les ouvriers étaient occupés à en protéger les racines en vue du transport.
Rick les observait silencieusement en se remémorant cette journée magique où Kate avait surgit du feuillage de cet arbre, bouleversant à jamais le cours de sa vie.
- Hey ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Lança derrière lui une voix un peu trop familière à son goût. Oh ! Mais qui voilà ? Bijoux de famille !
- Salut Rogan, marmonna Rick.
- Fais pas cette tête-là, rigola O’Leary. On peut dire que je vous ai bien fichu la paix ces derniers temps !
- Et j’apprécierais que tu continues, siffla Rick.
- Qu’est-ce qu’il t’arrive, mon vieux ? T’es tout tendu ! Tu devrais demander à KittyKat de te faire un massage ! Elle fais les meilleurs massssssssaaaaaaaahhhhh
- TU VAS ETRE GENTIL ET DEGAGER DE LÀ ! Hurla Rick en l’empoignant par le col.
- Mais qu’est-ce qu’il te prend ? Demanda Rogan en cherchant à desserrer la poigne de Rick pour pouvoir respirer normalement. Kitty Kat t’a quitté ?
Se rendant compte de la violence de son geste, Rick le laissa retomber au sol brutalement.
- AIIIEEEEUUUH ! Qu’est-ce qu’il te prend ? C’est KitKat ? C’est ça ? Où elle d’ailleurs ?
Castle préféra ignorer l’importun et se retourna vers les ouvriers.
- Qu’est-ce que tu fais avec cet arbre ? Insista Rogan en s’approchant de nouveau de lui.
- Je l’emmène chez moi, répondit Castle en espérant que cette confidence suffirait à assouvir sa curiosité et qu’il s’en irait.
- Pourquoi tu fais ça ? Il est beau, d’accord, mais ça serait pas plus simple de t’en acheter un près de chez toi ? Ça te coûterait certainement moins cher…
- Et combien ça me coûterait pour que tu te taises ? Grinça Rick.
- … Où est KitKat, vieux ? S’inquiéta Rogan devant l’air désespéré de l’écrivain.
- Elle est morte, lâcha Rick exaspéré.
- … Quoi ? Blêmit Rogan… Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Rick se tourna vers lui. Il avait l’air sincèrement choqué par la nouvelle. Il s’était comporté comme le dernier des abrutis quelques mois auparavant, mais la mort de Kate semblait vraiment le toucher.
- Un accident de voiture, expliqua Rick la gorge serrée.
- C’est pas possible…
- Elle a perdu le contrôle de son véhicule et a fini au fond de l’Hudson… Elle est morte sur le coup.
- Nan ! J’achète pas ! S’opposa Rogan.
- Comment ça vous n’achetez pas ? C’est pourtant ce qu’il s’est passé !
- KitKat est super douée au volant ! Elle n’aurait jamais perdu le contrôle de son véhicule comme ça !
- Il faisait froid, elle a dû se faire surprendre par une plaque de verglas !
- Tu rigoles ? On a fait une course de Kart sur une patinoire ! Elle nous a mis une de ces claques ! C'était la meilleure! Pas moyen qu’elle ait bêtement glissé sur une plaque de glace !
- … Qu’est-ce que tu veux dire ? Demanda Rick soupçonneux.
- J’en dis qu’elle n’a pas dû se planter toute seule dans la flotte ! Pas la KittyKat que je connais !
- Peut-être, mais elle n’avait pas d’ennemi non plus…
- Eh ! Tout doux Sherlock ! Ce que je disais, c’est que c’était peut-être un délit de fuite ! Peut-être qu’un débile a provoqué l’accident et s’est enfui pour ne pas avoir d’ennui !
- Ouais… C’est vrai que tu t’y connais en fuite, toi…
- KitKat est une chic fille… Je regrette ce que je lui ai fait, soupira Rogan désolé. Elle aurait mérité de ne jamais me rencontrer…
- Ne dis pas ça, répondit Castle ce qui étonna O’Leary.
- T’es sérieux ?
- Je vais mener mon enquête sur cet accident et si grâce à toi, je découvre qui a fait ça à Kate, alors on pourra dire que sa rencontre avec un gugusse dans ton genre n’aura pas été un fiasco total !
- … Ah… Cool… Bredouilla Rogan tandis que Rick s’avançait vers les ouvriers pour leur donner ses instructions avant de se dépêcher de rentrer à New-York.
Rogan avait éveillé sa curiosité. Et s’il avait raison ? Et si quelqu’un était responsable de son malheur ? Il devait faire la lumière sur ce mystère. Il devait trouver ce que les policiers n’avaient pas découvert. Et pour cela, il allait devoir faire jouer ses relations. Depuis le temps que ce bon vieux Bob n’arrêtait pas de lui répéter qu’il était son plus grand fan… Il allait pouvoir le lui prouver.