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Interdit aux moins de 16 ans

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Série : Castle
Création : 19.09.2015 à 19h17
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui m'est venue à l'esprit alors que j'écoutais la chanson "The Scientist de Coldplay"... » Minefuji 

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Chapitre soixante et un

Instinctivement, Kate attrapa le bras de son agresseur pour le bloquer et lui assena un violent coup de coude dans le ventre. L’individu devait mesurer près de deux mètres et peser le double de son poids, aussi lorsqu’elle tenta de l’envoyer à terre avec une prise de self défense, elle bascula à son tour et atterrit sur la table basse au milieu des banquettes.

Alerté par le vacarme, Esposito se précipita vers la salle d’attente, suivi par les membres du service de nuit présents à l’étage. Lorsqu’ils arrivèrent sur place, ils trouvèrent Kate, qui assommait un homme à terre à coups de canette de jus de fruits. Le policier accourut pour les séparer avant qu’elle ne l’achève.

- Calmez-vous bon sang ! Vous allez le tuer ! Grogna-t-il en la maîtrisant tant bien que mal.

- Que je me calme ?! S’écria-t-elle. Il a voulu me tuer !

- Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

- Je ne sais pas, siffla Beckett en cessant de s’agiter pour qu’il la lâche, peut-être parce qu’il avait un couteau !

- Un couteau ? répéta-t-il en la relâchant.

- Il l’a laissé tomber quand je lui ai mordu la main, marmonna-t-elle en se massant le poignet.

- Là ! Indiqua un infirmier, sous le fauteuil !

- N’y touchez pas ! S’écria Esposito tandis que l’infirmier s’apprêtait à le ramasser. C’est une pièce à conviction ! J’appelle mon supérieur !

Tandis qu’il prenait son téléphone pour passer son appel, Kate assenait un coup de pied à son agresseur qui venait de grogner.

- Mais qu’est-ce qu’il vous a pris ? Râla Esposito en s’interposant.

- Vous ne lui avez pas passé les menottes ! Il aurait pu se faire la malle !

- Le tuer n’est pas une solution !

- Roh, ça va, ce n’est pas une petite tape de rien du tout qui va le tuer !

- Vous pourriez vous occuper d’elle pendant que je passe les menottes à cet individu ? Soupira Esposito en s’adressant à une infirmière.

- Euh oui… Venez avec moi mademoiselle…

- Passez-lui les menottes ! Lui cria Kate tandis que l’infirmière l’emmenait plus loin.

- Oui, oui ! Soupira Esposito.

- Ne le laissez pas s’enfuir ! Il ne doit pas s’enfuir ! Cria-t-elle encore.

- Je connais mon boulot ! Vous n’allez pas m’apprendre mon boulot ! Râla Esposito.

- Laissez-le filer et je vous promets la leçon de votre vie !

- Mademoiselle, allons, calmez-vous, l’interrompit l’infirmière, venez par ici, nous devons soigner vos blessures…

- Je vais bien ! Râla Kate.

- Vous avez l’intention de m’apprendre mon métier également ? demanda l’infirmière en haussant un sourcil.

- … Non… Soupira Kate, mais… Excusez-moi…

- Il vous a agressée. Vous avez le droit d’être énervée…

 

                                                             ***********

Lorsque Rick se réveilla peu après, il trouva Kate à ses côtés.

- Hey, murmura-t-il.

- Hey…

- Tu devrais te reposer.

- Ne t’en fais pas pour moi, je vais bien. Concentre-toi sur ton rétablissement.

- Si je ne dois pas m’en faire pour toi, alors tu ne dois pas t’en… Qu’est-ce que c'est que ça? demanda-t-il en se redressant soudain.

- Quoi ?

- Ta joue ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Oh ça ? C’est rien, répondit-elle en la cachant avec sa main.

- Katie ! Katie ! Tu vas bien ?! S’écria Johanna en entrant en trombe dans la chambre.

- Maman ?! Qu’est-ce que…

- L’officier Esposito nous a prévenus, répondit Johanna en examinant sa fille sous toutes les coutures avant de la serrer dans ses bras. Oh ! Ma chérie, j’ai eu si peur !

- Est-ce que quelqu’un va se décider à me dire ce qu’il se passe ? S’énerva Rick.

- Tu ne lui as rien dit ?

- Il dormait, je n’allais pas le réveiller pour ça, répondit Kate en levant les yeux au ciel.

- Qu’est-ce qu’on ne me dit pas ? C’est pour ça qu’elle a un hématome sur la pommette ?

- Votre petite amie a mis K.O. un tueur à gages, expliqua Esposito en arrivant à son tour dans la pièce.

- Un tueur ? … Il s’en est pris à toi ? Paniqua Rick en dévisageant Kate.

- J’étais juste allée chercher des magazines et un soda ! Se défendit Kate. Je n’ai rien fait de stupide !

- Nous le savons bien Katie, dit Johanna en la prenant dans ses bras. Excuse-moi, mais j’ai eu si peur.

- C’est rien, souffla Kate. Alors, il s’agit bien du tueur qui était à nos trousses ?

- Il avait un couteau des commandos que tout soldat aimerait avoir, c’est un pro, ça ne fait aucun doute, répondit Esposito. Ce qu’il faut trouver, c’est qui l’a engagé.

- On sait qui l’a engagé, rétorqua Kate.

- Reste à faire le lien entre eux, dit Esposito.

- Et à l’arrêter avant qu’il n’envoie quelqu’un d’autre, ajouta Castle.

 

Au bout d’une heure d’interrogatoire au sujet de l’agression de Kate, le calme revint dans la chambre de Rick. Après d’âpres négociations, Johanna avait finalement accepté de laisser Kate auprès de Rick contre la promesse de cette dernière de ne quitter la pièce sous aucun prétexte.

La nuit était déjà bien entamée et seul le bruit de pages qu’on tourne perturbait le silence de la pièce.

- Qu’est-ce que tu lis ? Demanda Rick.

- Un des magazines qui trainaient dans la salle d’attente… C’est fascinant, il date de 1990 ! A croire qu’ils ne prennent jamais le temps de faire le tri.

- Ils ont d’autres chats à fouetter, sourit l’écrivain.

- Sans doute… Ou alors la salle d’attente sert de débarras au personnel de l’hôpital…

- Ça va ? demanda finalement Rick au bout d’un long silence.

- Oui, c’est juste un cocard, ça passera vite, plus vite que ses blessures à lui, je crois bien que je lui ai cassé le nez à cette ordure, sourit-elle.

- Tu sais bien que je ne parle pas que du bleu sur ta joue…

- …

- Kate, tu ne dors pas, je sais très bien ce qu’il se passe dans ta jolie petite tête !

- Ah oui ? Et qu’est-ce qu’il se passe dans ma tête ? Demanda-t-elle sans lever les yeux de son magazine.

- Tu te sens coupable de ce qu’il m’est arrivé, tu ne veux pas dormir parce que tu crains qu’un autre tueur ne sois envoyé pour s’en prendre à l’un de nous !

- … Mhm… Touché, reconnut-elle.

- Personne ne viendra cette nuit, ce sénateur a peut-être beaucoup d’influence, mais ça prend du temps de recruter un tueur à gage…

- Qu’est-ce que tu en sais ? Tu as déjà engagé un tueur à gages ? Demanda-t-elle en se levant et en s’énervant brusquement. Il y a des centaines de voyous dans les rues de New-York ! Des milliers d’armes à feu que n’importe qui peut se procurer pour moins de quarante dollars !

- Chérie… Ça n’est pas à toi de me protéger, l’officier Esposito est devant la porte pour ça,  dit doucement Castle en lui prenant la main pour l’attirer à lui.

Elle le regarda dans les yeux, fronçant les sourcils et mordillant sa lèvre inférieure tellement fort, qu’il s’en inquiéta. Finalement, elle se détendit et accepta son invitation en s’installa contre lui dans son lit.

- Détends-toi chérie, dit-il en la serrant dans ses bras. Tu n’as pas à porter tout le poids du monde sur tes épaules, tu sais ?

- Mhm…

Il lui parla doucement et tendrement, s’évertuant à trouver des mots suffisamment rassurants pour l’apaiser. Ils finirent par trouver le sommeil pour quelques heures.

Quand il se réveilla, Rick ne fut pas étonné de constater que sa petite amie ne dormait déjà plus. Il ignorait seulement si cela faisait déjà plusieurs heures ou seulement quelques minutes.

- Tu sais, il y a une nouvelle tendance dont on parle sur Internet, ça s’appelle le sommeil. Ça ne peut pas être mal pour toi, plaisanta-t-il.  

- Je le crois pas !

- Tu devrais, parce que si on en croit les médecins, le manque de sommeil serait à…

- Non, non, non ! Le coupa-t-elle en lui montrant une photo dans le magazine qu’elle lisait. Là ! Regarde !

- C’est ton type d’homme ? S’étonna-t-il. Il n’est pas mal, mais je trouve quand même que je suis mieux ! D’ailleurs, d'après le Cosmopolitan, je suis plutôt beau gosse !

- Mais non, rit-elle, tu ne le reconnais pas ?

- … Non, pourquoi, je devrais ? demanda-t-il en observant plus attentivement la photo du jeune médecin.

- C’est Fletcher ! Le bon samaritain qui m’a recueillie, expliqua-t-elle. Je comprends mieux pourquoi j’ai été si bien soignée ! Ils disent là-dedans qu’il était une star dans le domaine de la chirurgie !

- Tu es sûre ? Il date de quand ton magazine ?

- 1994. C’est une revue médicale. A l’époque, il était en pleine gloire dans le monde médical…

- Qu’est-ce qui a pu se passer pour qu’un type aussi doué laisse tout tomber ? Il a perdu un patient ?

- D’après ce qu’il m’a raconté, il s’apprêtait à opérer un ouvrier qui avait été grièvement blessé, quand son chef lui a dit d’aller s’occuper d’un sénateur qui venait d’arriver. Il a sauvé le sénateur, mais l’ouvrier est mort…

- Et après ce drame, il a décidé de tout laisser tomber, termina Castle.

- Ouais… Quel gâchis.

- Décidément, je vais finir par croire que les sénateurs sont tous pourris…

- Oui, à moins que…

- A moins que le sénateur sauvé par Fletcher et celui qui en a après ta mère ne soient qu’une seule et même personne, répondit Castle qui suivait parfaitement la pensée de sa petite amie.

- Il faut vraiment qu’on le mette derrière les barreaux, marmonna Kate.

- On y arrivera, chérie, je te le promets, mais en attendant… Dit-il en l’embrassant sur la chevelure, tu devrais te reposer...

- C’est toi qui es hospitalisé, rétorqua-t-elle, c’est toi qui as besoin de repos.

- Si ta mère apprend que tu as passé une nuit blanche, je vais me prendre un de ces savons, alors si vraiment tu tiens à moi, je t’en prie, repose-toi, soupira-t-il.

- Tu n’as pas honte de me culpabiliser avec ma mère ? Bougonna-t-elle.

- Absolument pas, si ça me permet de t’obliger à dormir, affirma-t-il avec un léger sourire en coin.

Elle poussa un long soupir avant de poser son magazine et de se blottir dans ses bras.

 

Quelques jours plus tard, Rick fut autorisé à quitter l’hôpital et Kate vint s’installer chez lui, officiellement  pour pouvoir l’aider étant donné qu'il devait garder le bras en écharpe.

L’enquête se poursuivait, le lieutenant Anderson méritait amplement la confiance de Johanna et l’officier Esposito s’avérait être plutôt doué dans la chasse aux indices. L’analyse de la voiture de Johanna qu’il avait demandée avait permis d’identifier le type et la couleur de la voiture utilisée par le tueur. Il s’avéra que Dick Coonan avait loué une voiture correspondant à ce signalement et malheureusement pour lui, son jeune frère,  Jack Coonan, était loin d’être d’une efficacité exemplaire quand il s’agissait de se débarrasser d’un véhicule compromettant. L’équipe d’Anderson mit la main sur le véhicule et ainsi sur la preuve le reliant au meurtre de d’Emma. Les éléments du dossier de Montgomery leur permirent de découvrir des transactions entre Coonan et Bracken. Acculé, Coonan n’eut pas d’autre solution que de livrer Bracken. Ainsi, en moins d’une semaine, Bracken fut arrêté et l’officier Esposito eut le plaisir de venir annoncer l’heureuse nouvelle aux Beckett et aux Castle.

- Alors… c’est terminé ? Murmura Kate émue.

- C’est terminé, confirma Esposito. Vous allez être débarrassés de ma présence.

Kate lui sauta au cou tandis que Jim, Johanna, Martha, Rick et Alexis se prenaient dans les bras les uns les autres soulagés.

- Une telle nouvelle, ça se fête ! Lança Rick. Champagne !

- Minute cow-boy ! L’arrêta Kate en lâchant Esposito. Tu prends encore des médicaments, donc on fêtera ça au jus de fruits !

- Roh ! T’es dure ! Marmonna Rick.

- De toute façon, je suis en service, dit Esposito, alors le jus de fruits, ça me va !

- Moi aussi, je préfère le jus de fruits, annonça sérieusement Alexis ce qui fit rire tous les adultes présents.

- Nous allons enfin pouvoir reprendre le cours de nos vies, se réjouit Johanna lorsque Martha eut servi les boissons.

- Eh oui, alors, chéri, pas trop triste ? Demanda Martha en regardant son fils.

- Pourquoi serai-je triste ?

- Eh bien, Katherine va reprendre ses études… C’est loin Stanford… A moins bien sûr que tu ne décides de repartir pour la Californie avec elle…

Rick se tourna vers Kate, puis vers Alexis. Il n’avait pas songé à ça. Pourtant Kate devrait repartir pour Stanford, c’était évident. Quant à Alexis… Elle venait à peine d’intégrer sa nouvelle école à New-York, la changer une nouvelle fois d’établissement ne serait pas l’idéal pour elle.

 


Minefuji  (11.04.2016 à 16:59)

Chapitre soixante-deux 

 

Rick avait passé une mauvaise nuit, torturé par ce dilemme, il s'était réveillé plusieurs fois dans la nuit. Kate ne semblait pas s'en faire, elle avait si bien dormi, qu'il n'avait pas eu le cœur de la réveiller pour lui en parler. Il devait être évident pour elle, qu'elle allait retourner sous peu à Stanford. Il s'agissait de son avenir. Cette triste affaire n'allait pas le remettre en cause.

Comment lui annoncer que pour lui tout avait changé? La vie d'Alexis avait été suffisamment perturbée ces derniers temps, elle avait besoin de stabilité. Kate le comprendrait-elle? Et si elle le comprenait, serait-elle prête à vivre une relation longue distance?  Peu de couples parvenaient à y survivre. Seraient-ils différents des autres? Il l'aimait profondément, il ne doutait absolument pas de ses sentiments pour elle, ni de ceux de Kate, d'ailleurs. Mais leur amour serait-il suffisant?

Toutes ses questions lui donnaient mal à la tête. Il se leva de mauvaise grâce et quitta sa chambre en traînant des pieds.

Dans la cuisine, Kate et Alexis discutaient joyeusement autour du plan de travail.

- Je casse les oeufs maintenant? Demanda la fillette.

- Oui. Fais bien attention avec les coquilles!

- Comme ça? 

- Parfait! Tu te débrouilles très bien!

- Papa va adorer!

- Je pense bien, c'est la recette spéciale de ma mère. Les "gaufres de Johanna" sont les meilleures du monde. Impossible de ne pas les aimer.

- Dis Kate?

- Oui?

- C'est vrai ce que grand-mère a dit? Tu vas retourner à Stanford?

- ...

Les enfants, pensa Rick, ne jamais sous-estimer leur capacité naturelle à mettre les pieds dans le plat. Il tendit l'oreille avide d'entendre la réponse de Kate.

- ... Il va bien falloir que j'y retourne, en effet, répondit Kate. Pourquoi cette question? Ça t'inquiète?

- Ben... Oui. Papa est super triste quand tu n'es pas là et il n'a plus son appartement là-bas. On vit à New-York maintenant.

- Je ne serai pas tout le temps partie et je reviendrai aussi souvent que possible. Peut être même que vous pourrez venir me rendre visite vous aussi...

- Tu ne nous oublieras pas là-bas?

- Bien sûr que non, je vous aime trop pour ça, répondit Kate avec un sourire rassurant auquel Alexis répondit aussitôt en la serrant dans ses bras.

Rick n'avait rien manqué de leur échange. Kate prévoyait de repartir, mais ne semblait pas s'en inquiéter. Légèrement soulagé, il s'avança vers elles.

 - Bonjour vous deux! Vous êtes bien matinales!

- Matinales? Il est presque onze heures, répliqua Kate en désignant la pendule.

- Quoi?! Mais pourquoi personne ne m'a réveillé?

- Le docteur a dit que tu devais te reposer, rétorqua Alexis.

- Et tu t'es tellement agité cette nuit, que je n'ai pas eu le cœur de te réveiller, expliqua Kate.

- Oh...

- On prépare un brunch! Dit Alexis tout sourire. Il y a des gaufres, des oeufs, des fruits frais...

- Et du bacon! Se réjouit Rick en piochant dans une assiette.

Kate lui donna aussitôt un coup de spatule sur la main. 

- Aïeuuhhh! Tu n'as pas honte de frapper un infirme?

- Pas si l'infirme en question est un pique-assiette! 

- C'est la seule main qu'il me reste!

- Bonjour les enfants! Lança Martha en entrant dans le loft.

- Mère? Tu es bien matinale!

- Je dirais plutôt que je suis vespérale, rectifia Martha.

- Tu as découché?

- Roh ça va! Ne joue pas les fils indignés! Je suis majeure et vaccinée! Rétorqua Martha.

 -Tu brunches avec nous grand-mère?

- Oh non, merci Chérie. J'ai déjà pris mon petit déjeuner, je vais aller me reposer. À tout à l'heure!

- À lundi plutôt, rectifia Castle. 

- Vous partez? 

- Oui, nous avons décidé de passer le week-end dans les Hamptons...répondit-il.

- Oui! Même que nos bagages sont déjà prêts, ajouta Alexis et en désignant les valises qui trônaient dans le salon.

- Le taxi sera là dans une heure, termina Kate. 

- Bien sûr, si tu en as envie, il y a de la place pour toi, dit Rick.

- Oh non! Vous avez besoin de temps pour vous trois et puis j'ai mes répétitions pour ma prochaine pièce de théâtre!

- Tu es sûre?

- Absolument certaine, amusez-vous bien les enfants!

 

En fin d'après-midi, ils arrivaient dans la maison des Hamptons. 

- Wah! Castle! Fit Kate admirative en sortant du taxi. Alors comme ça, tu es riche?

- Pas autant que Patterson, répondit Rick, mais je me débrouille. 

- Je peux laisser sortir Pièce à Conviction ? Demanda Alexis. Je crois qu’il en a assez d’être dans sa caisse.

- Il vaut mieux attendre d’être dans la maison pour le laisser sortir, chérie. Il pourrait s’égarer si on le laisse gambader dehors tout de suite.

-  D’accord ! Tu viens Kate? Lança Alexis en prenant la main de la jeune femme, on va te faire visiter!

- Je vous suis !

Alexis lui présenta chaque pièce de la maison, dont Rick commenta la décoration, puis ils sortirent dans le jardin. Là, Kate s’arrêta.

- Par-là, il y a la piscine, expliqua Alexis, elle est chauffée, on pourra se baigner demain !

- Tu viens ? Demanda Rick en remarquant que Kate ne suivait plus. Est-ce que tout va bien ?

- C’est…

- Notre arbre, continua-t-il en suivant son regard. Quand je t’ai crue... morte..., je l’ai fait transporter ici. Je voulais pouvoir l’admirer à chaque fois que j’en aurais envie et me rappeler de ce jour merveilleux où tu m’es apparue pour la première fois jusqu’à la fin de mes jours.

- Oh Castle, sourit-elle émue, c’est tellement… adorable !

- Je suis quelqu’un d’adorable, approuva-t-il avec un air fier de lui.

Elle secoua la tête, amusée et enroula ses bras autour de son cou pour l’embrasser tendrement d’abord, puis plus langoureusement.

- Hé ! On n’a pas fini la visite ! Vous vous ferez des bisous plus tard ! s’écria Alexis en revenant vers eux.

Ils se séparèrent en riant et suivirent la fillette pour la fin de la visite.

A la fin du dîner, Kate fit une surprise à Alexis.

- Tiens, je t’ai apporté un petit cadeau, dit-elle en lui tendant un paquet.

- Wah ! Un jeu de Uno ! Se réjouit la fillette. Merci Kate ! On peut faire une partie tout de suite ?

- Je veux bien, mais ensuite, il faudra aller te coucher sans protester, l’avertit Castle.

- Papa, c’est toi qui fais des histoires d’habitude, pas moi, contra Alexis.

- Ne t’en fais pas chérie, rit Kate, je m’occupe de le mettre au lit à une heure raisonnable.

- Méfie-toi, parce qu’il est très fort pour trouver des excuses, l’avertit Alexis.

- Ah oui ? Merci du conseil alors, je ne me laisserai pas embobiner !

- Non mais oh ! Bougonna Castle, c’est une conspiration ?

Trois parties de Uno plus tard, il était évident qu’Alexis avait une chance insolente au jeu et que Castle était un très mauvais perdant. Sans doute lassée de leurs chamailleries, Kate déclara leur souhaita bonne nuit et quitta la pièce.

- Tu crois qu’elle est fâchée ? Demanda Alexis ennuyée.

- Bah… Je ne sais pas trop… Il faut reconnaître que ça ne devait pas être très amusant pour elle…

Alexis baissa la tête, elle semblait réellement triste d’avoir pu causer du souci à Kate.

- Ne t’en fais pas va, je suis certain qu’elle ne t’en veut pas, la rassura Rick. C’est moi qui ai fait des histoires avec ce jeu, pas toi.

- Ça c’est vrai ! Approuva la fillette. Tu es trop mauvais perdant !

- Mais je n'avais qu'une main! C'est normal que je n'arrive pas à jouer correctement!

- Papa! Râla Alexis en levant les yeux au ciel.

- Et je tâcherai de m’améliorer de ce côté-là ! En attendant, viens, il est temps d’aller dormir.

Lorsqu’Alexis fut endormie, Rick partit à la recherche de Kate. Ne la trouvant ni dans la chambre, ni dans la cuisine ou le salon, il se rendit à l’extérieur et la trouva assise, face à l’océan.

- Hey, lança-t-il.

- Hey…

- Je croyais que tu étais partie te coucher…

- Non… Je n’avais pas sommeil.

- Je suis désolé, murmura-t-il.

Elle se tourna vers lui et fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Bah… Pour mon comportement pendant le jeu ! Je suis désolé de t’avoir ennuyée avec mes réactions de gamin !

- Ah ça ? Non, rassure-toi, mon père est encore plus mauvais perdant que toi, même quand il a ses deux bras valides,  j’ai l’habitude de ce genre de scènes, sourit-elle.

- Ah oui ? S’étonna-t-il.

- Absolument ! D’ailleurs, il faudra que tu évites de jouer avec lui lors des réunions de famille, si tu ne veux pas que ça tourne au pugilat !

- Alors… Tu n’es pas partie parce que tu étais fâchée ?

- Non, rit-elle, j’avais besoin de prendre un peu l’air et de réfléchir, c’est tout ! Tu t’installes avec moi ?

Soulagé, Rick s’installa derrière elle et l'entoura de son bras valide. Elle s’adossa contre son torse, savourant le bonheur d’être contre lui.

- Alors… Dit-il au bout de quelques instants de silence et de contemplation de l’océan. Qu’est-ce qui te tracasse ?

- La même chose que toi, je pense…

- Quelque chose me tracasse ?

- Tu crois que je ne me suis pas rendue compte de ton changement de couleur quand ta mère a parlé de mon retour à Stanford ?

- Touché… Avoua-t-il d’une petite voix. Mais ne t'en fais pas pour moi, je suis un grand garçon et je comprends tout à fait que tes études t’éloignent de moi, géographiquement parlant bien entendu ! Je serai patient et étant donné que tu es la plus brillante étudiante qui soit, je sais que ça ne sera pas trop long !

- En fait… Hésita-t-elle avant de lui livrer ce qu’elle avait sur le cœur, ça pourrait être encore moins long que tu ne le penses.

- Ah bon ? Et pourquoi ça ? Ne me dis pas que tu envisages d’arrêter tes études, demanda-t-il surpris. Je reconnais que l’idée de te voir repartir à Stanford me tracasse un peu, mais on trouvera une solution, tout ce que je souhaite, moi, c’est être auprès de toi et si cela signifie retourner là-bas pendant quelques années, je le ferai, après tout, je peux écrire n’importe où et Alexis est une enfant tellement sociable, qu’elle se fera des amis n’importe où…

- Je dois reconnaître que j’ai eu un petit coup de blues tout à l’heure quand tu te chamaillais avec ta fille. L’idée de repartir bientôt loin de vous me peine un peu, mais ce n’est pas pour ça, que j’envisage de ne pas retourner à Stanford… Et je ne pense pas abandonner mes études, non… Je pense à les réorienter plutôt.

- Comment ça ?

- Eh bien… Toute cette affaire a un peu changé ma vision des choses… Le meurtre d’Emma, ce politicien pourri, la détresse de la famille d’Emma, la tienne et celle de mes parents quand vous m’avez crue morte… J’ai fini par me dire que ma place n’était peut-être pas dans un tribunal, mais dans les rues à traquer les meurtriers.

- Tu veux devenir flic ? Demanda-t-il en haussant les sourcils.

- Oui, je veux être utile aux familles des victimes et mettre les meurtriers derrière les barreaux.

- Wah…

- Tu trouves ça stupide ?

- Non, pas stupide, non… C’est juste que… Tu voulais tellement présider la cour suprême…

- C’était dans une autre vie, soupira-t-elle. Une vie dans laquelle je n’avais pas été confrontée à tous ces drames… Une vie dans laquelle seule mon ambition guidait mes choix…

- Si tu es sûre de toi, alors lance-toi.

- Tu le penses sincèrement ?

- Je ne dis jamais rien que je ne pense pas sincèrement. Je comprends que tout ce que tu as traversé ces derniers temps t’ait bouleversée et ait changé ta vision des choses. Et je suis certain que tu feras un excellent flic. Les criminels n’ont qu’à bien se tenir !

- Merci Rick, sourit-elle.

- Pour quoi ?

- Pour être toi, pour me soutenir comme tu le fais quels que soient mes choix…

- Always, sourit-il avant de l’embrasser tendrement. Maintenant, il va falloir affronter une nouvelle difficulté…

- Laquelle ?

- Tes parents ! Il va falloir que tu leur annonces ta décision, je ne suis pas certain que l’idée de te voir rejoindre l’académie de police les emballe tant que ça. Ils sont plutôt compréhensifs, mais ils n’en restent pas moins des parents qui tremblent à l’idée qu’il arrive quelque chose à leur enfant…

- C'est sûr que mon père va se faire des cheveux blancs rien qu'à cette idée...


Minefuji  (15.04.2016 à 16:32)

Chapitre soixante-trois

- ...

- C’est une blague ? S’écria Jim.

 Comme Kate s’y attendait, la réaction de son père à l’annonce de son projet de commencer une carrière dans la police était loin d’être enthousiaste. La veine saillante sur son front, signe de colère chez lui, était réapparue et déjà il arpentait la pièce de long en large en énumérant toutes les raisons qui faisaient de cette idée, la lubie la plus stupide du siècle.

Rick, qui l’avait accompagnée pour la soutenir dans ce moment difficile n’en revenait pas qu’une personne aussi calme et posée que l’était Jim Beckett ait pu se transformer aussi rapidement en un être aussi furieux que celui qui s’agitait devant lui. Peut-être avait-il été exposé à des rayons gamma lors d’une expérience atomique…

 - Mais c’est un métier tellement dangereux, Katie, commença Johanna d’un ton plus tempéré que celui de Jim.

- Je le sais bien, soupira Kate, mais sans vouloir te faire de la peine, Maman, je te rappelle qu’il y a encore à peine quelques jours, un tueur à gages en avait après toi parce que tu es avocate !

- Ne te sers pas de cette histoire pour minimiser la folie de ton nouveau caprice! Rugit Jim.

- Ça n’est pas un caprice ! S’emporta à son tour Kate. C’est un choix mûrement réfléchi !

- Tant que j’aurais mon mot à dire, jeune fille, tempêta Jim, tu ne postuleras pas à l’académie de police !

- Eh bien désolée de te l’apprendre, mais ça fait bien longtemps que tu n’as plus ton mot à dire en ce qui concerne ma vie ! Protesta Kate avec d’autant plus de virulence qu’elle ne supportait pas d’être traitée comme une enfant. Je deviendrai flic, que ça te plaise ou non !

Les cris entre le père et la fille fusaient de part et d’autre, Johanna tentait tant bien que mal de les calmer, mais rien n’y faisait. Seul Rick, toujours sidéré par la situation,  demeurait silencieux et perdu dans ses pensées.

 - Et vous, là ! L’apostropha Jim. Pourquoi vous ne faites rien pour ramener cette bourrique à la raison ?

- Moi ? Demanda Rick revenant soudainement à la réalité.

- Bien sûr vous ! Vous êtes son petit ami oui ou non ?

- Ah oui ! Absolument ! Répondit fièrement Rick.

- Vous devriez être la première personne à vous inquiéter de ce qui pourrait lui arriver ! Fulmina Jim.

- Papa ! Laisse-le tranquille ! L’interrompit Kate. Lui au moins il me soutient, pas comme certains !

- Oh bien sûr ! Il te soutient ! Ça lui sera d’un grand réconfort quand tu te seras pris une balle par un coupe-jarret ! Tonna Jim.

- JIM! s'écria Johanna choquée.

- Un coupe-jarret ? Se moqua la jeune femme, mais plus personne n’utilise ce mot depuis au moins deux siècles !

- Ne change pas de sujet s’il te plait, grogna-t-il.

- Jim, si c’est son choix, tu ne la feras pas changer d’avis, dit Johannaretrouvant une voix plus calme.

- Ne te mets pas de son côté, s’il te plait, Jo ! Aurais-tu déjà oublié dans quel état tu étais quand on a cru qu’elle était morte dans cet accident ! Fulmina Jim.

- Rohhh ! Ça va bien avec ça ! J’ai décidé d’entrer dans la police ! Pas de me taillader les veines ! S’écria Kate excédée.

- Non, mais ce n’est pas bientôt fini vous deux ? S’agaça Johanna.

- C’est lui qui a commencé ! Protesta Kate en pointant son père du doigt.

- Katie, je t'en prie, n'envenime pas les choses, soupira Johanna.

- Mais... Mais... Ça n'est tout de même pas de ma faute, si Papa se croit encore autorisé à décider à ma place comme quand j'avais cinq ans! Je suis une adulte bordel!

- Non, mais tu entends ça, Jo? Elle n'est même pas encore dans la police, qu'elle jure déjà comme un charretier! Fit remarquer Jim.

- Toi aussi, ça suffit! Gronda Johanna.

Kate croisa les bras d'un air butté, campant sur ses positions, tandis que Jim, que le haussement de ton de Johanna avait réussi à faire taire également, marmonnait dans sa barbe.

- Et vous, vous pourriez m'aider! Ajouta-t-elle à l'intention de Rick.

- Moi? Mais c'est que je tiens à la vie, se défendit-il. Dites, vous êtes certaine que votre mari n'a jamais été exposé aux rayons gamma lors d'une explosion atomique?

- …

Kate explosa de rire, tandis que Jim et Johanna le dévisageaient d'un air perplexe.

L'hilarité de sa petite amie étant communicative et ses nerfs mis à rude épreuve depuis près d'une heure, Rick l'accompagna dans son fou rire.

- Ma parole, ces gamins ne prennent rien au sérieux! Siffla Jim agacé.

Ce fut au tour de Johanna de céder à la crise de rire générale, tandis que Jim, vexé partait s'enfermer dans son bureau en claquant la porte en criant que puisqu'ils le prenaient comme ça, il n'avait plus rien à faire en ces lieux.

Le calme revint aussitôt dans la pièce.

- Il finira par se calmer, dit Johanna d'un air désolé.

-Bah... Soupira Kate, ça ne s'est pas trop mal passé en fin de compte...

- Ah non? Fit Rick étonné. Je ne sais pas ce qu'il te faut! On voyait presque la fumée sortir de ses oreilles! J'ai réellement cru qu'il allait devenir vert et craquer tous ses vêtements!

- Il s'inquiète pour sa fille, expliqua Johanna en réprimant un sourire devant les plaisanterie du jeune homme. Vous verrez! Un jour Alexis volera de ses propres ailes et vous aurez du mal à conserver votre calme vous aussi!

- Je ne voulais pas vous causer du souci, souffla Kate en se passant une main nerveuse dans les cheveux.

- Je le sais bien, Katie, répondit sa mère en la prenant dans ses bras. Et à ce propos, je voudrais que tu me promettes qu'à chaque fois que tu endosseras ton uniforme et ta plaque, tu te souviendras de nos angoisses et que tu agiras aussi prudemment que possible.

- ... Alors... Tu es d'accord avec mon choix de carrière?

- Katie... Il y a bien longtemps que j'ai compris qu'il valait mieux t'accompagner dans tes choix, plutôt que de s'y opposer et risquer de te voir t'y lancer tête baissée et sans aucun discernement.

- Ta maman est vraiment quelqu'un d'exceptionnel, sourit Rick.

- Tachez de le lui rappeler le plus souvent possible! Répondit-elle.

 

Peu après, Rick et Kate s'en allèrent. La jeune femme refusa de prendre un taxi, prétextant qu'il serait criminel de ne pas profiter du beau temps.

Sur le chemin du retour, malgré le fait qu'elle faisait tout pour avoir l'air détaché, Rick voyait bien que sa petite amie était contrariée par l'attitude de son père. Malgré toutes les tentatives de Johanna, il n'avait pas prétendu sortir de son bureau et s'était muré dans un silence glacial.

- Il va finir par se calmer, dit-il en lui prenant la main.

- Qui ça? Mon père?

- Bah à part toi, il est le seul à s'être vraiment énervé...

- Hé! Minute! Si je me suis énervée, c'est parce qu'il s'est conduit comme un père de l'époque préhistorique! Je suis une adulte! Je prends mes propres décisions, il n'a pas son mot à dire là-dessus!

- Ne te fâche pas!

- Je ne me fâche pas!

- Ah non?

- Non. Là, je dirais même que je m'en fiche totalement! Assura-t-elle boudeuse en accélérant le pas soudainement. Oh! Regarde! Il y a un jongleur de rue là-bas, quel dommage qu'Alexis ne soit pas là, elle aurait adoré!

Rick la regarda s'éloigner pensif. Johanna avait raison, les disputes entre Kate et son père étaient terribles et risquaient de durer des jours tant ces deux-là étaient butés.

- Tu viens, Castle? Demanda-t-elle en se retournant.

- J'arrive! Dit-il en trottinant vers elle.

 

En fin de journée, Rick reçut un appel de Johanna, qui venait aux nouvelles.

 - Comment va-t-elle?

- Bien, en apparence, mais je vois bien que cette histoire la tracasse...

- Vous lui en avez parlé?

- J'ai bien essayé, oui, mais j'ai finalement renoncé. Dès que j'évoque le sujet, elle se met immédiatement en pétard... Je n'ai pas vraiment envie d'avoir mon autre bras en écharpe...

- Non, vous avez raison et puis je ne voudrais pas qu'elle s'emporte de nouveau et quitte votre loft. Là au moins, je sais où elle est.

- Comment va Jim?

- Vous connaissez le dicton? Tel père, telle fille. Le nom de Katie est tabou ici...

- Ouais... Bref, il n'est pas prêt de faire le premier pas, déplora-t-il.

- Pour le moment... Mais ne vous en faites pas, je finirai par l'avoir à l'usure. Je gagne toujours!

 

Malheureusement plusieurs semaines plus tard, alors que Kate se préparait à entrer à l’école de police, Jim n’avait toujours pas changé d’avis et refusait encore d’entendre parler de cette histoire. Cela minait la jeune femme. Rick faisait de son mieux pour la réconforter, mais il savait que seul Jim avait le pouvoir de la tranquilliser à ce sujet.

Lorsqu’il ouvrit les yeux ce matin-là, il la découvrit en pleine réflexion, adossée contre la tête de lit.

- Ça va ? Demanda-t-il alors qu’il connaissait parfaitement la réponse à cette question.

- Oui, pourquoi ça n’irait pas ?

- Voyons voir… Parce qu’il est cinq heures du matin et que tu ne dors pas ?

Elle tourna la tête vers lui et esquissa un petit sourire pour le rassurer.

- Tu es nerveuse ?

- Un peu, oui… Tu crois que je fais une erreur ?

- Tu as des doutes ? Je pensais que tu voulais rendre justice aux victimes, protéger les civils…

- Oui ! C’est ce que je veux, bien sûr !

- Alors… C’est à cause de… ton père ?

- Non… Enfin oui ! Comment je peux m’épanouir dans ce que je fais, s’il réprouve mon choix ? Comment je peux me lancer dans cette carrière, si ça signifie le perdre lui ?

- Kate… souffla-t-il en se redressant à son tour. Il t’aime ! Tu es sa fille unique ! Tu ne le perdras pas, même s’il n’approuve pas forcément tes choix…

- Qu’est-ce que tu en sais ? Ça fait trois semaines qu’il est fâché ! Jamais encore il n’était resté aussi longtemps sans me parler ! Même ma mère n’a pas réussi à lui faire entendre raison !

- Il a peur pour toi ! Et je dois reconnaître que ça n’est pas facile de t’imaginer chaque jour confrontée aux pires truands de ce monde…Mais… Crois-moi, il t’aime, il reviendra vers toi…

- Tu es adorable, sourit-elle en se penchant vers lui pour l’embrasser.

- Je sais… répliqua-t-il en glissant les mains sous son tee-shirt… Et tu sais ce qu’il y a de bien avec tes  inquiétudes matinales ?

- Non, quoi ? Demanda-t-elle en s’installant à califourchon sur lui.

- Oh, je crois que tu le sais, mais je vais te répondre quand même, sourit-il en l’embrassant dans le cou. Ça nous laisse le temps de faire l’amour avant que le réveil ne nous oblige à nous lever…

- Tu as raison… Approuva-t-elle en se débarrassant de son tee-shirt d’un mouvement souple. Je le savais… Mais tu crois que tu peux ? Avec ta blessure, je veux dire…

- Ma blessure va beaucoup mieux, je ne suis plus assommé par les antalgiques, il est grand temps de passer outre le cap des petits câlins bien sages ! Faisons trembler les murs !

- Wah ! Monsieur Castle, tu as intérêt à être à la hauteur de cette promesse, l’avertit Kate d’un ton sensuel.

 Il sourit, les yeux pétillants de malice et empauma ses seins avec gourmandise, bien décidé à l’emmener au septième ciel. Malheureusement pour eux, la porte s’ouvrit moins de dix minutes plus tard et Rick eut à peine le temps de tirer la couette sur eux pour les cacher.

 

- Oups ! Fit Martha un brin confuse. Je n’ai plus de fil dentaire, je venais voir s’il y en avait dans ta salle de bain…

- A cinq heures du matin ? Grinça Rick.

- Oui, d’ailleurs à ce propos, il vous arrive de dormir ?

- Mère ! Râla Rick.

- Oh ! Ne vous en faites pas les enfants, il ne s’est rien passé ici que je n’ai déjà fait moi-même, rit Martha.

- D’abord tes parents, maintenant ma mère, grommela Rick, l’univers est contre nous !

Kate éclata de rire et se leva après avoir réussi à remettre discrètement son tee-shirt.

- Je vais faire du café ! Annonça-t-elle en quittant la pièce.

- Dans le premier tiroir sous le lavabo… Soupira-t-il.

- Quoi donc ?

- Le fil dentaire, grogna-t-il. Ne me dis pas que tu as oublié la raison de ton intrusion dans ma chambre ?

- Oh ça !

 

Quelques minutes plus tard, il rejoignait Kate dans la cuisine.

- Difficile de croire qu’elle a son propre appartement, soupira-t-il.

- Je commence l’académie aujourd’hui, elle est venue t’aider pour Alexis, l’excusa Kate en lui tendant une tasse de café. Après tout, tu es encore convalescent…

- Tu ne disais pas ça il y a un quart d’heure…

- Mhm… Je reconnais que tu m’as l’air d’avoir retrouvé toutes tes capacités, sourit-elle en enroulant ses bras autour de son cou pour l’embrasser.

 Cette fois, ils furent interrompus par quelques coups frappés contre la porte...

 


Minefuji  (17.04.2016 à 14:05)

Chapitre soixante-quatre

 

- Non mais c’'est pas vrai! Grogna Rick. Qu’est-ce que j’ai fait au ciel ?

- T'en fais pas Babe, on se rattrapera ce soir, dit Kate pour le consoler.

- Erreur! Une occasion de perdue, ça reste une occasion de perdue! Ça ne se rattrape pas! Bougonna-t-il tandis qu'elle se dirigeait vers la porte.

- Tant pis! Dans ce cas, ne manquons pas l'occasion de...

Elle se figea en ouvrant la porte, découvrant leur mystérieux visiteur matinal.

- ... ce soir... Papa?

- ...

- Papa? Ça va ? S'inquiéta-t-elle aussitôt en voyant son air grave. C'est maman? Il est arrivé quelque chose à maman?

- Non! Ta mère va bien! S'empressa-t-il de la rassurer. C'est... Enfin, je voulais te dire que...

- Que...?

- Je suis désolé Katie... Parvint-il difficilement à dire la voix étranglée par l'émotion. J'ai agi...

Elle ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase, et se précipita sans attendre dans ses bras en éclatant en sanglots. Elle avait tellement refoulé ses angoisses et ses larmes depuis leur dispute et face à son silence, que la pression se relâcha d'un coup et ses pleurs fusèrent.

- Que se passe-t-il? Demanda Martha en arrivant près de son fils.

- Réconciliation père-fille, il me semble. Johanna avait raison, leurs réconciliations sont aussi soudaines que leurs disputes, répondit Rick touché par le tableau que lui offraient Kate et son père. Je vais refaire du café! Mais dis-moi, pourquoi on n'a jamais connu des scènes de réconciliation aussi touchantes, nous deux?

- Sans doute parce qu'on ne s'est jamais disputés de la sorte, répliqua Martha comme une évidence. Tu as la chance d'avoir une mère qui est un ange de compréhension! Et ce n'est pas peu dire étant données toutes les frasques dont tu t'es montré un grand spécialiste!

- Et toi, tu es la spécialiste quand il s'agit de te couvrir d'éloges tout en me rendant responsable de tout ce qui tourne mal, grinça-t-il.

- Je suis désolé, chérie, répéta Jim en caressant le dos de sa fille. Je n'aurais pas dû réagir aussi durement.

- Je suis contente que tu sois là, sanglota-t-elle blottie dans ses bras.

- Je sais bien que tu es une adulte, que tu fais tes propres choix, murmura-t-il. C'est seulement que j'ai tellement peur de te perdre...

- Tu ne me perdras pas, papa. Je serai prudente.

- Tu as intérêt à ne jamais rien faire de stupide pour ce job, l'avertit-il.

Après de longues minutes passées dans les bras l'un de l'autre, le père et la fille séchèrent leurs yeux humides et rejoignirent Martha et Rick dans la cuisine.

- Jim, un café? Proposa l'écrivain en levant une tasse.

- Volontiers!

- Vous prenez le petit déjeuner avec nous? Demanda Martha.

- Oh, non, merci. Johanna va se demander où je suis passé, si je ne rentre pas rapidement.

- Je crois plutôt qu'elle sait parfaitement où vous vous trouvez, sourit Rick.

- C'est Maman, qui t'a obligé à venir? Blêmit Kate.

- Oh, je ne vais pas te mentir en niant le fait qu'elle m'ait harcelé pour que je cesse de me comporter et je la cite en " grand cornichon de père incapable de soutenir son enfant dès que celle-ci le contrarie en faisant ses propres choix"... Mais non, Katie, personne ne m'a obligé à venir. D'ailleurs, je n'ai pas cédé à son ultimatum d'il y a une semaine!

- Elle t'a posé un ultimatum?

- Oui, tel que tu me vois là, ça fait une semaine que je suis privé de... Enfin tu vois!

- RAHHHH! Mais combien de fois devrais-je vous dire que je ne veux rien savoir de ce que vous faites tous les deux! S'écria Kate.

- Mère, et si tu nous parlais de... De ce que tu veux, pourvu que tu nous sortes de cette conversation, suggéra Rick mal à l'aise.

 - Oh! Bien sûr! T'ai-je déjà raconté la fois où je jouais au Carnegie Hall?

- Tu as joué au Carnegie Hall?

- J'ai joué partout où les plus grands acteurs ont joué! À l'époque, je faisais partie des figurants dans la comédie musicale " L'homme de la Mancha". Eh bien, figurez-vous que celui qui incarnait Don Quichotte ne sut résister à mon charme! Et je peux vous assurer qu'il fut l'un de mes meilleurs amants!

- Mère! L'interrompit Rick. Quand je disais "sortir de cette conversation" je parlais du sujet dont n'importe quel enfant refuse d'entendre parler, à savoir la vie sexuelle de ses parents!

- Roh! Vous les jeunes! Ce que vous pouvez être vieux jeu! Se désola l'actrice. C'était vraiment une histoire fantastique!

Moins de deux heures plus tard, Kate arrivait aux abords de l'académie de police, bien décidée à rapidement faire ses preuves. Elle était partagée entre excitation et anxiété à l'idée de ne pas être à la hauteur. Rick lui avait proposé de l'accompagner, mais elle avait refusé. Il fallait qu'elle fasse ce premier pas dans sa nouvelle vie seule et lui devait se mettre à l'écriture s'il voulait rendre les trois chapitres qu'il devait à son éditeur avant la fin du mois, lui avait-elle rappelé.

Mais en cet instant, elle commençait à regretter de s'être montrée aussi sérieuse. Elle aurait apprécié un bon petit câlin réconfortant avant de se lancer dans l’arène pour la première fois. Pourquoi avait-il fallu qu'elle joue les femmes fortes et sûres d'elles, alors qu'il aurait été si simple de profiter des bras rassurants de son petit ami pour s'assurer que tout allait bien se passer?

Elle s'en voulut presqu'aussitôt d'avoir songé à cela ne serait-ce qu'une seconde. Elle voulait devenir le meilleur flic de New York, celle qui protège les civils, rend justice aux victimes et apporte la paix à leurs familles, pour cela, elle devait être forte et sûre d'elle. Elle ne devrait pas chercher du réconfort dans les bras de son amant à la première petite difficulté venue. Et puis, elle allait faire ce boulot sans lui à ses côtés alors autant s’y habituer dès maintenant !

- Tu vas y arriver, dit une voix familière derrière elle.

Elle se retourna aussitôt ravie à l’idée de revoir son ami.

- Fletcher! Qu'est-ce que tu fais ici?

- Je viens voir ma protégée prendre son envol, sourit-il.

Elle se précipita vers lui et le serra dans ses bras.

- Je suis si contente de te revoir! Comment as-tu su?

- Je veille sur toi, pardi! Ça n'est pas parce que tu as retrouvé ta famille, que je ne m'inquiète plus pour toi, fillette.

- Ah oui ? Tu veilles sur moi?

- Bien sûr ! Je t’ai sortie de cette eau glacée, je suis responsable de toi maintenant ! Mais je n'ai rien pu faire, quand ce tueur a tiré sur ton ami... Ni quand il t'a agressée à l'hôpital... Je suis arrivé trop tard. Je fais un bien piètre garde du corps, désolé.

- C'est parce que toi, tu es fait pour sauver des vies d'une autre façon, répliqua-t-elle d’un air entendu.

- Non, ça, c'était dans une autre vie!

- Et pourquoi? Parce qu'un sénateur a usé d'un passe-droit ? S’indigna-t-elle. Tu ne devrais pas enlever aux autres patients la chance d'être soigné par un aussi grand talent que le tien à cause de ça! Tu devrais au contraire te battre pour que ça n'arrive plus!

- Mhmmm... Tu devrais être avocate, tu sais? Tu es très convaincante.

- Dans une autre vie, sourit-elle. Alors? Tu vas te décider à sortir de ton ermitage?

- Mhm… Je retournerai à l'hôpital, si c'est ta question, mais j'aime trop ma cabane pour vouloir revenir en ville.

- T'es sérieux là? C'est à peine si tu as l'eau chaude dans ce taudis! Se rappela-t-elle en frissonnant.

- Hé! C'est mon taudis et je m'y sens bien! Enfin quand je ne me retrouve pas à recueillir des petits chats blessés, qui perturbent ensuite ma petite routine pépère!

- C'est de moi que tu parles-là?

- Exactement chaton! On pourra dire que tu me l’auras bien perturbée ma petite retraite tranquille! La preuve, à cause de toi, je vais reprendre le boulot !

- D'abord, rétorqua-t-elle en pointant son index sur son torse, tu es trop jeune pour être à la retraite et ensuite, l'Univers t'a doté du don de soigner les gens, tu dois le faire! Ça serait du gâchis sinon!

- Et toi? Tu ne devrais pas suivre ton talent et défendre les gens?

- Non, moi je suis faite pour les protéger et pour chasser les meurtriers! Assura-t-elle.

- Mhmm... Ouais... Une amazone… C’est vrai que ça te va bien, dit-il en se souvenant de tout ce dont elle avait été capable alors qu'elle était très affaiblie et malade. Mais je te préviens! Il est hors de question que tu arrives dans mon bloc! Tu te casses un ongle en mettant les menottes à un criminel, passe encore, mais pas question que tu te prennes une balle ou tout autre fantaisie de ce genre!

- J'ai déjà été briefée à ce sujet par mes parents et par mon petit ami. Promis, s'il doit m'arriver un truc en service, ce sera me retrouver coincée dans un conteneur réfrigérant ou encore attaquée par un tigre affamé!

- Ah ah! P'tite maligne, méfie-toi des bombes aussi, il y a pas mal d'allumés dans cette ville, dit-il en la prenant dans ses bras pour lui dire au revoir. Allez, il faut que je te laisse. Et ne te laisse pas impressionner par tous ces bleus à l'académie de police, tu es la meilleure!

- Pas encore, mais je le deviendrai, promit-elle.

Il la salua et s'éloigna.

- Fletcher! Le rappela-t-elle.

- Ouais?

- Ton sénateur... C'était Bracken? S’enquit-elle curieuse.

- Non, c’était un vieux, qui abusait un peu trop des cocktails et de la nourriture trop riche pour espérer pouvoir faire centenaire, pourquoi?

- Pour savoir s'il y a d'autres sénateurs pourris en liberté.

- Ne chasse pas trop vite le gros gibier, il finira par venir dans ton cercle tout seul. Conseil de chasseur.

- Ce n'était pas plutôt une réplique de Zorro? Tiqua-t-elle.

- Ah? Oui... Peut-être bien...Mais Zorro, c’est un chasseur de méchants après tout ! Allez, à bientôt Chaton !

- Ah ! Au fait, Fletcher!

- Tu vas finir par être en retard pour ton premier jour!

- Tu devrais utiliser ton vrai prénom! Conseilla-t-elle. C'est très joli Simon.

- D'où tu sors ça toi?

- Quand tu retourneras à l'hôpital, si tu ne veux pas que ça se sache, dis leur de renouveler les magazines de la salle d'attente!

- Ouais... À plus tard... Chaton! Dit-il en s'en allant pour de bon cette fois.

- Chaton, marmonna-t-elle... J'espère que personne n'a entendu, parce que sinon je suis bonne pour me faire chambrer dès le premier jour!

- Allons ! Reste pas plantée là, chaton, fit une voix amusée derrière elle.

Elle se retourna et fusilla du regard le jeune homme qui venait d'arriver.

- Woaw! Je croyais que le port d'arme ne nous était pas  autorisé les premiers jours, dit-il en levant les mains.

- Appelle-moi encore une fois chaton et c'est à mains nues que je te ferais ravaler ton petit sourire de minet! Grogna-t-elle.

- Oh! Oh! Oh! Rit-il, mais c'est qu'elle grifferait!

Le nouvel arrivant était un jeune homme à l’air plutôt sympathique, charmeur et visiblement un brin moqueur.

- Tu ferais bien de te méfier! L’avertit-elle.

- J'ai trois sœurs, tu ne m'impressionnes pas du tout!

- Ouais, eh bien on verra si tu diras la même chose ce soir.

- Kevin Ryan, se présenta-t-il pour apaiser la conversation. Tu peux m'appeler Kevin.

- Beckett, et t'as intérêt à m'appeler Beckett! Répondit-elle en se dirigeant vers l’entrée du batiment. 


Minefuji  (20.04.2016 à 16:54)

Chapitre soixante-cinq

 

L'été approchait peu à peu enfin. Après un hiver difficile, le printemps était calme et agréable. Rick avait terminé son nouveau livre et pouvait enfin reprendre un rythme normal selon ses dires, à savoir procrastiner et faire absolument tout ce qui lui passait par la tête. Kate avait pris ses marques à l'académie de police et était déjà citée en exemple par ses formateurs. Elle ne s'était pas officiellement installée au loft avec Rick et Alexis, mais y passait la plupart de son temps et ensemble, ils avaient très rapidement trouvé leurs marques. 

Ce matin là, cependant, ils s'apprêtaient à franchir une étape importante. En effet, après en avoir repoussé l'échéance autant que possible, Rick avait finalement dû accepter de partir en tournée promotionnelle pour deux semaines. Pour la première fois, Kate et Alexis resteraient seules toutes les deux et la jeune femme allait devoir s'organiser pour s'occuper au mieux de la fillette. Martha et Johanna avaient bien entendu promis d'être là pour l'aider, il n'était pas question qu'elle soit pénalisée dans sa formation.

- Surtout, commença Rick en déposant sa valise dans l'entrée, s'il y a la moindre chose, promets-moi de...

- T'appeler même en pleine nuit s'il le faut, termina Kate, qui connaissait cette phrase par cœur tant il la lui avait répétée souvent depuis la veille.

- Exactement! Si je saute dans le premier avion, je pourrais être là en moins de deux heures, trois maximum!

- Et il n'arrivera rien! Alexis est une enfant raisonnable et je suis tout à fait capable de lui faire ses repas et de l'emmener à l'école.

- Il peut se passer tellement de choses dans cette ville! Elle pourrait être victime d'une intoxication alimentaire... Ne laisse pas ma mère s'occuper des pancakes.

- N'exagère pas, ta mère cuisine bien, répondit-elle amusée.

- Ce qu'elle nomme pancake est une insulte au créateur du pancake! Je devrais peut être annuler cette tournée... Tu es déjà tellement accaparée par ta formation... Te demander de t'occuper d'Alexis, ce n'est pas raisonnable.

- Ce qui n'est pas raisonnable, ce sont tes tentatives de dérobade! Si tu ne fais pas cette tournée maintenant, ton éditrice insistera pour que tu la fasses, que tu finiras par la faire pendant les quelques jours de congé que j'aurais cet été!

- Mhmm, grogna-t-il en prenant sa valise à contre cœur. 

- On t'appellera tous les jours, promit-elle devant son air triste.

- Matin et soir? 

- Matin et soir!

- Le midi aussi?

- Oui! 

- J'aurais peut être dû la réveiller...

- C'est toi, qui ne voulais pas... Tu disais que tu ne voulais pas la perturber en la réveillant d'aussi bonne heure!

- Oui, mais...

- Ne me regarde pas comme ça, je ne fais que répéter tes paroles! Tu es son père, si tu veux aller l'embrasser, vas-y!

- Non, tu as raison, mieux vaut la laisser dormir, elle ne sera pas en forme à l'école sinon, répliqua-t-il alors qu'elle levait les yeux au ciel amusée.

 Il l'embrassa encore une bonne dizaine de fois, tout comme il changea de décision quant à Alexis une bonne dizaine de fois. Finalement, il quitta le loft, après que le chauffeur de taxi l'ait appelé trois fois pour lui dire que s'il ne voulait pas rater son avion, il ferait bien de descendre au plus vite, car il n'avait pas l'intention de risquer sa licence avec des excès de vitesse pour lui, même s'il était l'auteur préféré de sa femme.

 Kate, quant à elle, fit un peu de yoga pour se réveiller, puis prépara consciencieusement un copieux petit déjeuner pour Alexis. Elle déposa la fillette à son école, avant de se rendre à l'académie de police, où elle retrouva Ryan. Finalement, malgré ses airs taquins, le jeune homme se révélait être un gars très sympathique et si elle avait eu la chance d'avoir un petit frère, Kate se disait qu'elle aurait bien aimé qu'il lui ressemblât.

- Salut Beckett! Tu n'es pas très matinale ce matin, constata-t-il alors qu'elle s'installait près de lui dans la salle de classe.

- Tiens, il est tout frais de ce matin, répondit-elle en lui tendant un paquet.

- Qu'est ce que c'est?

- Ton goûter.

- Wah et en quel honneur?

- Quand tu as la bouche pleine, tu te tais, plaisanta-t-elle.

- Dis plutôt que tu crains de ne pas finir première de la promo si tu ne me désavantage pas en me faisant prendre quelques kilos...

Elle se tourna vers lui et planta son regard dans le sien.

- Je finirai première de cette promo même avec une jambe en mousse et une main attachée dans le dos.

Il éclata de rire.

- Une jambe en mousse? Non mais tu es sérieuse là? C'est le fait de vivre avec un écrivain à succès, qui te rend comme ça ou tu avais déjà une imagination délirante avant de le rencontrer?

- Pause déjeuner, sur les tatamis de la salle de sport. Je te montrerai que même sur une jambe, je peux t'envoyer au tapis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire!

- Oh non, pas la pause déjeuner! Disons plutôt en fin d'après midi, juste après les cours.

- Impossible, je dois partir dès la fin des cours.

- Pourquoi? Tu as un rencard secret?

- Ça mon vieux, ça ne te regarde pas.

- Oh allez! Tu peux bien me le dire!

- Dire quoi? Demanda Kemp en venant s'asseoir auprès d'eux.

- Beckett a un rencard secret!

- N'importe quoi! Bougonna-t-elle.

- Alors, dis-nous! Ça ne va plus avec ton écrivain? Tu lui as trouvé un remplaçant où tu profites de sa tournée pour t'amuser un peu?

Kate roula des yeux et préféra ne pas répondre.

- Pourquoi est-ce qu'elle se gênerait? Tous les gens célèbres ont une vie privée dissolue. Je suis certain que son écrivain prend du bon temps en tournée. D'ailleurs, c'est pas lui, qui signe sur les poitrines de ses groupies?

- Signait! Corrigea Kate agacée. Il ne le fait plus.

- Comment pourrais-tu le savoir? Tu es ici, coincée à l'académie et lui, il est là-bas, entouré de femmes qui n'attendent qu'un signe de sa part pour se jeter à ses pieds ou même carrément dans son lit!

Énervée, Kate se leva et alla s'asseoir à une table loin d'eux.

- T'y es allé un peu fort, dit Ryan. Qu'est ce qu'il t'a pris?

- Roh! ça va, c'est pas méchant. J'ai sauté sur l'occasion de la déstabiliser un peu, elle nous bat à plat de couture à chaque fois, j'aimerais bien de temps en temps avoir l'occasion de briller un peu devant les formateurs! Répondit Kemp en s'adossant dans son siège d'un air satisfait.

- Quand elle nous bat, c'est toujours à la loyale! Grogna Ryan. Tu crois que ta victoire aura une grande valeur si tu la bats alors qu'elle n'est pas au mieux de sa forme.

- Hey, si cette gonzesse ne sait pas contenir ses émotions, c'est pas de ma faute, rétorqua Kemp. Pas le temps de faire du sentimentalisme dans ce boulot. C'est l'académie de police, pas une de ces facs où on vous dorlote comme des coqs en pâte!

Malheureusement pour Kemp, la jeune femme ne perdit pas sa concentration et l'envoya ainsi que tous ses autres adversaires au tapis en un temps record durant leur séance d'entraînement au corps à corps.

Le jeune homme gémissait de douleur étendu sur le tatami, lorsqu'elle se posta au-dessus de lui et lança:

- Tu avais raison, dans ce boulot, pas le temps de faire du sentimentalisme ou de pleurnicher au moindre bobo, alors relève-toi !

- C’est bon, Beckett, dit l’instructeur Ortiz. Il a eu son compte.

La jeune femme lança un dernier regard noir vers Kemp, puis alla prendre ses affaires pour quitter les lieux.

- Cette nana est incontrôlable, marmonna Kemp en se relevant.

- Tu ferais mieux d’aller faire des pompes et quelques tours de stade, au lieu de te chercher des excuses bidons !

- Hey ! Beckett ! Ça va ? Demanda Ryan qui l’avait suivie.

- Pourquoi ça n’irait pas ? Demanda-t-elle sans se retourner.

- Bah… Tu n’y es pas allée de main morte avec Kemp…

- Cet abruti l’a bien cherché.

- Je ne dis pas le contraire… Je… Tu veux de la glace pour ta main ?

Elle fronça les sourcils, puis jeta un œil à sa main. Elle était légèrement gonflée.

- Erreur du débutant. C’est le métier qui rentre, comme on dit, sourit-il en lui prenant la main pour l’examiner. Elle n’a pas l’air cassée, du froid et du repos et ça ira vite mieux.

- Je comprends mieux pourquoi l’idée que ton mec se tape ses groupies  ne te dérange pas, lança Kemp qui sortait à son tour de la salle de gym. Vous êtes un couple libéré !

Beckett allait réagir, mais Ryan l’en empêcha en lui retenant le bras.

- Mais tu pourrais choisir un peu mieux, sérieusement, l’irlandais ! C’est un nab…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, le poing de Ryan que Beckett n’eut pas le temps de retenir lui arriva en plein dans le nez dans un sinistre craquement.

 

**********

 

- J’y crois pas ! Râlait Ryan en sortant de l’académie deux heures plus tard.

- C’est le règlement, soupira Kate, tu devais bien te douter que tu écoperais d’une mise à pieds !

- Moi oui, je lui ai mis mon poing dans la figure ! Kemp aussi, il l’a bien cherché ! Mais toi ! Tu n’as rien fait !

- Ce n’était pas l’envie qui manquait, crois-moi, répondit-elle en enfonçant ses mains dans les poches de son jean.

- Mais tu n’as rien fait ! Ce n’est franchement pas juste !

- C’est comme ça… Ne t’en fais pas, je m’en remettrai.

- Qu’est-ce que tu vas faire ? Demanda l’irlandais.

- Là, tout de suite, je vais aller à l’école.

- Tu as un enfant ?

- Mais non ! Je sors à peine de la fac ! Et puis je ne suis pas encore prête à devenir maman ! Non, je vais chercher Alexis.

- La fille de ton copain ? Il te la confie pendant ses tournées ? Mais dis-moi, c’est du sérieux !

- Très sérieux ! Sourit la jeune femme.

- Eh bah dis-donc ! Alors ? A part du babysitting pour la fille de ton cher écrivain, qu’est-ce que tu vas faire de tes journées ?

- Potasser mes examens.

- Tu es déjà la meilleure ! Tu vas sortir major de notre promo !

- Et alors ? Ce n’est pas une raison pour me reposer sur mes lauriers. Si tu veux, tu peux venir réviser avec moi. Mieux on est classé, plus on a de chance d’avoir l’affectation de notre choix.

- Pourquoi pas, de toute façon, je vais avoir du temps à tuer et si je reste à la maison, ma mère va me harceler pour savoir pourquoi je ne suis pas à l’académie.

- Alors on se retrouve demain à 9h au café habituel, rit-elle en imaginant son ami dans ses petits souliers face à sa mère.

 

Après avoir quitté Ryan, Kate se rendit devant l’école d’Alexis et attendit la fillette au milieu des parents et des baby-sitters. Peu après, les enfants commencèrent à quitter l’établissement et le trottoir se vida rapidement. La jeune femme se retrouva bientôt seule devant la grille. Etonnée, elle entra dans le bâtiment à la recherche de la fillette.

- Kate ! Je suis là ! Appela Alexis.

Soulagée, Kate tourna la tête en direction des escaliers et découvrit la petite fille en compagnie d’une dame qui devait être son enseignante.

- Alexis ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

- Vous êtes la baby-sitter ? Demanda la dame sans laisser le temps à la petite de répondre.

- Euh… Je viens chercher Alexis,  si c’est ce que vous demandez, répondit Kate ne souhaitant pas étaler sa vie privée.

- Je pensais que monsieur Castle viendrait chercher sa fille, répliqua la dame sans prêter plus d’attention à la réponse de Kate.

- C’est qu’il est en tournée… Alexis ne vous l’a pas dit ?

- Je n’arrête pas de lui dire ! Intervint la fillette en levant les yeux au ciel.

- C’est ennuyeux, il faudrait que je lui parle… commenta l’enseignante tandis que Kate interrogeait Alexis du regard et que cette dernière lui répondait d’un haussement d’épaules.

 


Minefuji  (01.05.2016 à 21:50)

Chapitre soixante-six

 - Si vous me disiez de quoi il retourne, je pourrais peut-être faire quelque chose, proposa Kate.

- Oh non, je ne crois pas, je dois en parler au père d’Alexis.

- Si c'est d'un tuteur légal dont vous avez besoin, je peux appeler sa maman, si je ne me trompe pas, elle n’est pas en tournage en ce moment, n’est-ce pas Alexis ?

- Oui, elle a même dit qu’elle pouvait m’emmener faire les boutiques cette semaine, approuva la fillette. J’ai dit non parce que j’ai classe, mais si on l’appelle elle viendra.

- Oh… euh… Non… Je préfère rencontrer celui qui a la garde de la petite la plupart du temps…

- Dans ce cas, il faudra que vous attendiez, rétorqua Kate fatiguée par cette conversation en prenant la main d’Alexis. Je ne dois le déranger qu’en cas de problème, donc à moins que ça ne soit urgent, je ne peux rien faire pour vous. S’agirait-il d’une urgence qui nécessite que je le dérange en pleine tournée ?

- … Non…Ça peut attendre, répondit l’enseignante d’un air pincé.

- Bien ! Dans ce cas… Au revoir madame! Conclut Kate.

- Dites, euh... La rappela l'enseignante. Vous allez bien lui transmettre le message, n’est-ce pas ?

 

Après avoir assuré à l'enseignante qu'elle avait bien compris qu'il fallait absolument que Rick la rencontrât et qu'elle lui transmettrait le message dans les plus brefs délais, Kate emmena Alexis.

En chemin, elle essaya d'en savoir un peu plus auprès de la fillette.

- Tu as eu des ennuis à l'école? Une dispute avec un autre enfant?

- Non, répondit Alexis. Je m'entends très bien avec mes amis. On a joué à la corde à sauter aujourd'hui. Betty est super forte à ce jeu! Elle sait même sauter en arrière! Moi je m'emmêle les pieds dans la corde en même pas trois sauts!

- Et ça t'ennuie ?

- Un peu... fit Alexis en haussant les épaules. Betty n'arrête pas de frimer...

- Tu sais, c'est normal de ne pas être le meilleur en tout.

- Oui, mais c'est normal aussi que Betty soit si forte, elle a une grande sœur qui lui apprend un tas de choses!

- Toi, tu as un super papa, qui t'apprend plein de choses lui aussi.

- Je sais, mais on ne joue pas au laser game dans la cour de récréation et je ne peux même pas montrer à mes copines comment on crochète une serrure avec une pince à cheveux...

- Ton papa a bien dû t'apprendre un truc de cour de récréation...

- Non... Il ne sait ni jouer à la corde à sauter, ni à l'élastique... Mais c'est normal, c'est un garçon. Les garçons font les idiots, jouent au foot ou au basket, mais ils ne jouent pas avec les filles...

- Et les billes? Les garçons et les filles jouent aux billes et je suis sûre que ton père doit être super fort à ce jeu.

- Mhmm, fit Alexis d'un air peu convaincu.

- Et puis... Pour la corde à sauter... Je peux t'apprendre, si tu veux...

- C'est vrai? Tu sais en faire?

- J'en fais tous les jours à l'académie.

- Youpi! Se réjouit la fillette.

- Donc... Tu t'es disputée avec Betty? C'est pour cela que ta maîtresse veut voir ton papa?

- Non, je ne me suis pas disputée avec elle, assura Alexis. Elle m'a agacée, mais je ne me suis pas fâchée.

- Tu n'as pas réussi ton travail alors? Demanda Kate dubitative car elle savait la fillette plutôt précoce.

- Non, j'ai même fini en premier et la maîtresse m'a dit que c'était très bien.

- Tu es certaine de ne pas avoir fait de bêtise? Tu sais, ça arrive à tout le monde de faire des bêtises. Moi la première.

- Toi? Tu fais des bêtises? 

- Eh oui... Parfois j'agis un peu trop rapidement, soupira Kate. Je me laisse emporter par mes émotions et ça tourne en catastrophe.

- Ce n’est pas vraiment une bêtise, si on le fait pour une bonne raison...

- Bonne raison ou pas... Agir trop spontanément, ça peut blesser les gens... Alors? Tu as déclenché une catastrophe? C'est pour ça que ta maîtresse veut voir ton père?

- Ben non... Je n'ai rien fait du tout... Je mettais mon manteau quand elle m'a demandé de rester avec elle, Parce qu'elle voulait voir papa. Je lui ai dit que papa était en tournée pour son nouveau livre, mais je ne suis pas certaine qu'elle a écouté ma réponse...

- Bah, elle attendra, sourit Kate. Si tu n'as pas de souci à l'école, c'est le principal. Allez viens, allons prendre un bon goûter!

- Yeahhhh ! 

- Tiens ! Allons le prendre dans Central parc, comme ça, je te donnerai un cours de corde à sauter !

- Kate ! T’es trop géniale ! s’écria Alexis folle de joie.

************

- On a fait de la corde à sauter dans le parc, expliquait Alexis euphorique au téléphone. Je sais sauter en arrière maintenant !

- Eh ! Mais je vais avoir l’air ridicule moi maintenant ! se plaignit aussitôt Castle.

- Tu ne fais jamais de corde à sauter avec moi, tu n’auras pas l’air ridicule. Et puis si tu veux, je t’expliquerai, Kate explique super bien !

- Je n’en doute pas. Donc tu as passé une bonne journée ?

- Très bonne ! On a acheté des cookies à un marchand pour le goûter et on a pris des jus de fruits aussi.

- Tu as fait tes devoirs ?

- Oui, Kate m’a aidé à terminer mon dessin.

- Je croyais que les grands n'avaient pas le droit de dessiner à la place des enfants...

- Ils ont le droit de donner des idées et Kate a des idées géniales…

- C'est vrai, approuva-t-il. Et que fait-elle là ?

- Elle coupe les tomates pour le dîner. Tu veux que je te la passe ?

- Si tu m’as raconté tout ce que tu voulais me dire, je veux bien, oui.

- Tiens Kate ! C’est papa !

Kate s’approcha et prit le combiné.

- Salut Babe, comment vas-tu ?

- Exténué. J’ai signé des tas d’autographes au point d’avoir des tas d’ampoules !

- Ne te tue pas à la tâche, rit-elle.

- Ne t’en fais pas pour ça ! Alors, comment s’est passée ta journée ?

- Oh… Euh… ça a été…

- Toi, tu as eu des ennuis. Quelque chose ne va pas avec Alexis ?

- Non, tout va bien. Sa maîtresse voulait te rencontrer, mais apparemment, ça peut attendre ton retour.

- Bizarre… Tu es certaine qu’il n’y a rien de grave ?

- Certaine. Je lui ai proposé d’appeler Meredith, mais c’est à toi qu’elle veut parler. Et puis j’ai  questionné Alexis, il ne s’est rien passé de particulier à l’école aujourd’hui.

- Bon ! Dans ce cas, ça attendra ! Et toi alors ? Tu me dis ce qui te tracasse ?

- Rien… Des histoires d’égos à l’académie… Soupira-t-elle. Je me suis retrouvée suspendue trois jours à cause d’un crétin…

- Tu l’as frappé ? S’inquiéta-t-il aussitôt connaissant parfaitement le tempérament de feu de sa petite amie.

- Même pas ! Tu vois ? Je fais des progrès ! Répondit-elle fièrement.

- Et ils t’ont quand même suspendue ? Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez  eux ?

- Qu’est-ce que tu veux, j’ai pas mal de pain sur la planche pour rendre ce monde plus juste, plaisanta-t-elle.

- Au moins tu le prends bien, répondit-il rassuré.

Ils discutèrent encore un bon moment, jusqu’à ce qu’ils soient obligés de se séparer pour le dîner qu’Alexis et Kate partagèrent avec Martha lorsqu’elle arriva au loft.

Les jours passèrent. Alexis et Kate se débrouillaient parfaitement bien toutes les deux et appréciaient ces moments privilégiés passés ensemble. Kate et Kévin avaient mis à profit leur suspension pour travailler et s’entraîner ensemble, si bien qu’ils continuèrent de faire équipe à leur retour à l’académie. A leur grande surprise, Kemp avait reconnu être le seul responsable de ce qu’il s’était passé et la mesure disciplinaire dont ils avaient fait l’objet fut effacée de leur dossier.  En fin de compte, Kemp n'était pas si mauvais que ça.

L’enseignante d’Alexis demandait quotidiennement si Rick serait bientôt de retour, ce qui agaçait sérieusement Kate.

- Lorsque Castle sera de retour, il viendra vous rencontrer, dit-elle un soir d’un ton un peu rude. Ce n’est pas en me posant la question tous les jours, que ça le fera rentrer plus vite !

- Excusez-moi de prendre mon rôle d’enseignante à cœur, se vexa l’enseignante.

- Dans ce cas, pourquoi n’harcelez-vous pas les parents de vos autres élèves ?

- Et si vous restiez à votre place de baby-sitter ?

- Eh ! Kate n’est pas ma baby-sitter ! Intervint Alexis.

- Ah non ? Et qui est-elle alors ? Ta cousine ?

- Allez viens Alexis, dit Kate pour couper court à cette conversation, elle n’avait pas envie de débattre de son statut dans la famille Castle devant l’enseignante. On n’aura pas le temps de faire cette partie de catch Ball avant le dîner si on ne se dépêche pas.

Elles quittèrent rapidement l’école main dans la main. Alexis demeura un long moment silencieuse. Tout comme Kate d’ailleurs. Cette bonne femme commençait à lui sortir par les yeux.

- Dis Kate, je peux te poser une question ? demanda finalement la fillette.

- Tu sais bien que oui.

- Tu vas te marier avec Papa ?

- …

 Kate s’arrêta net et dévisagea la rouquine.

- Pourquoi me demandes-tu ça ? Parvint-elle à articuler au bout d’un moment.

- Tu es la copine de papa, pas vrai ?

- Euh… Oui…

- Le papa de mon amie Laura a une copine, lui aussi.

- Ah !

- Et ben il va se marier avec elle !

- Oh !

- Laura dit que ça se passe souvent comme ça ! Les parents divorcent, le papa a une nouvelle copine et après, il se marie avec. La copine devient un peu comme une autre maman…

- Je vois, répondit Kate en s’accroupissant pour se mettre à la hauteur de la petite fille. Et tu en penses quoi, toi ?

- Ben… Je t’aime beaucoup, mais… J’ai déjà une maman !

Kate sourit.

- Ecoute… Avec ton papa, on n’a jamais encore parlé de se marier. Je suis encore en formation et pour le moment, on est très bien comme ça.

- Mais vous êtes amoureux et quand on est amoureux, on se marie.

- Oui, ça arrive, c’est vrai, mais pas toujours… Certaines personnes ne se marient jamais. Et puis peut-être que ton papa ne veut pas se remarier…

- Mais si ça arrive ?

- Si ça arrive… Je n’ai pas l’intention de prendre la place de ta maman. Ta maman sera toujours ta maman, moi, je serai toujours Kate. Ça te va comme ça ?

La fillette hocha la tête, visiblement soulagée.

- Tu n’es pas fâchée ? Demanda-t-elle timidement.

- Absolument pas. Une maman, c’est sacré, personne ne peut prendre sa place, tout comme les papas.

- T’es géniale Kate, se réjouit Alexis en lui sautant au cou.

- Et pas un mot de cette histoire à ton papa, okay ?

- Pourquoi ? Tu ne veux pas te marier avec lui ?

- C’est pas ça…

- C’est quoi alors ?

- Disons que… Je ne voudrais pas qu’il pense que je veux qu’il me demande en mariage s’il n’en a pas envie…

- Ce que vous êtes compliqués les grands ! Soupira la fillette.

- Mhm… C’est bien possible…

*************

Finalement, les deux semaines de tournée de Rick se terminèrent et l’écrivain s’empressa d’aller chercher Alexis à l’école pour le plus grand soulagement de Kate, qui ne supportait plus les demandes de l'enseignante.

- Bonsoir ! Dit-il en serrant la main de la professeur. Alors, qu’y a-t-il de si important au sujet de ma fille ?

***********

- Noooonnnn ! Je ne le crois pas s’écria Kate lorsque Rick eut terminé ses explications. Sérieux ?

- On ne peut plus sérieux ! Elle a commencé par me dire qu’Alexis était une élève adorable, particulièrement éveillée et douée. Elle a continué ses éloges en disant qu’elle tenait certainement tous ces incroyables talents de son papa… Elle a lu tous mes bouquins ! Et elle a terminé en me demandant ce que je faisais vendredi soir.

- Elle t’a proposé un rencart ?! Eh ben ! Elle ne manque pas de toupet celle-là !

- Elle a même ajouté qu’elle connaissait une jeune fille adorable qui accepterait de garder Alexis pour la soirée, parce que, et je la cite : « la baby-sitter à qui j’ai confié Alexis durant ces deux semaines, n’est pas la personne idéale pour un travail aussi important ! »

- Je vais me la faire ! Grogna Kate.

- Calme-toi ! Rit-il, je lui ai répondu que ma fiancée serait enchantée de connaître son opinion à son sujet.

- …

- Hé ! Oh ! ça va ? Demanda-t-il en agitant la main devant Kate qui s'était figée.

- … Ta quoi ?

- Ma fiancée ! Quoi ? Je ne t’ai pas demandé ? Bon sang ! Où avais-je la tête ? Ajouta-t-il en fouillant dans sa poche pour en sortir une bague qu’il tendit aussitôt devant elle. Katherine Houghton Beckett, veux-tu m’épouser ?

- …


Minefuji  (08.05.2016 à 11:51)

Chapitre soixante-sept

- ...

Kate fixait la bague bouche bée. Elle ne s'attendait vraiment pas à ça, mais alors pas du tout! De son côté, Rick commençait à s'inquiéter devant le mutisme de sa petite amie. N'aurait-elle pas dû sauter au plafond, crier sa joie et tomber en admiration devant sa bague? Et si elle n'était pas prête? Et si elle ne voulait pas l'épouser? Et s'il venait de faire la plus grosse bêtise de sa vie en l'effrayant?

- Kate... Je t'en prie dit quelque chose, supplia-t-il.

- ... Attends... T'es sérieux là? Demanda-t-elle en sautant sur ses pieds.

- Euh... Je n'ai jamais été aussi sérieux... Répondit-il incertain en se levant à son tour.

- Wah... C'est si soudain! Je... Je ne savais pas que tu pensais au mariage, surtout après ce que tu as vécu avec Meredith...

- Oui, mais tu n'es pas Meredith, fit-il remarquer tandis qu'elle commençait un va et vient devant lui sans cesser de parler.

- Ça, je le sais. Ben mince alors! Quand est-ce que tu as acheté la bague? Je n'ai rien vu venir! En tournée! Évidemment, tu as eu tout le temps de planifier ça là-bas! 

Rick la regardait monologuer, médusé. Qu'est-ce qu'il venait de déclencher?

- Et tu en as parlé à quelqu'un? Martha et Alexis? Elles doivent être au courant! Et mes parents?! Bon sang! J'espère que tu es passé les voir avant! Mon père peut être assez vieux jeu quand il s'y met! 

- ... Euh... Tenta Rick incertain, tu es surprise…Je comprends, mais…

- Et l'académie? Il y a quelque chose là-dessus dans le règlement? Il va falloir que je me renseigne! Rahhh! Si ça vient aux oreilles de Kemp, il va encore me faire des remarques sexistes! 

- Tu sais que normalement on est censé donner une réponse ? Demanda l'écrivain.

- Évidemment! Dit-elle comme une évidence sans cesser ses allers et retours. C'est certain, je vais me faire charrier pendant des semaines. Toutes les occasions vont être bonnes! Un léger manque de forme et BAM! J'aurais droit à un "c'est ton fiancé qui t'épuise?" Un score légèrement en dessous du maximum et VLAN! Ce sera parce que je batifole au lieu de potasser mes cours... Et mon père... Le connaissant je vais avoir droit à tout un sermon... Euh... Nan, à la réflexion, c'est toi qui y auras droit... Oh! Bon sang! Ma mère va devenir hystérique! Elle va me traîner dans toutes les boutiques et tu peux être certain que dans moins d'une semaine, on aura plus d'une centaine d'invités rien que pour elle!

Elle marqua une pause et tourna la tête vers lui et le découvrit toujours planté au même endroit, les yeux ronds comme des soucoupes, tenant toujours la bague devant lui.

- ...

- Quoi? Demanda-t-elle enfin.

- Tu as décidé de me torturer? J'attends toujours ta réponse...

Elle se mît à rire et lui sauta au cou pour l'embrasser passionnément.

- Donc... C'est un oui? Demanda-t-il en mettant fin à leur baiser à contre cœur.

- Évidement que c'est un oui, rit-elle, tu crois que je t'aurais embrassé comme ça si je n'avais pas envie de dire oui.

- Mhmmm... Un point pour toi, approuva-t-il en lui prenant la main pour lui passer la bague au doigt.

- Wah! Elle est... Énorme!

- C'est que tu as les doigts vraiment très fins! Remarqua-t-il en les regardant de plus près.

- C'est pas un peu trop tôt?

- Quoi donc? 

- Ben... Se marier alors que ça ne fait pas si longtemps que ça qu'on se connaît...

- J'aurais pu t'épouser le jour où je t'ai rencontrée perchée sur ton arbre, sourit-il.

- Ah oui? Tu es du genre à épouser une femme que tu viens à peine de rencontrer? 

- Oui, s'il s'agit de l'amour de ma vie! Approuva-t-il en l'embrassant tendrement.

Elle répondit à son baiser, passionnément. Il la souleva, elle enroula ses jambes autour de sa taille et il l’emmena jusqu’à leur chambre sans cesser leur baiser.

Des étreintes passionnées et bien des baisers brûlants plus tard, ils savouraient ces instants de bonheur parfait. Kate dessinait du bout du doigt des arabesques sur le torse de son fiancé, qui lui caressait doucement le dos.

- A quoi penses-tu ? Demanda-t-il se décidant finalement à rompre le silence béat qui régnait dans la chambre.

- Je me demande comment Alexis réagira quand on lui annoncera la nouvelle, chuchota-t-elle.

- Alexis t’adore, elle réagira très bien, répondit-il confiant.

- J’aimerais en être aussi sûre, soupira-t-elle.

Il se redressa en prenant appui sur ses coudes et la regarda intrigué.

- Il s’est passé quelque chose quand j’étais parti ?

- Une de ses amies lui a dit que quand les parents divorçaient, le papa finissait par avoir une nouvelle copine, qu’il se mariait avec et qu’elle devenait une nouvelle maman… Elle se demandait si j’allais prendre la place de sa maman…

- Oh ! Je vois, dit-il. Mais quand on connait sa mère, ça ne devrait pas lui poser de problème.

- C’est sérieux Castle ! Sa mère a beau être un peu excentrique, Alexis l’aime et je comprends que l’idée puisse lui faire peur.

- Te connaissant, je suis sûr que tu as su trouver les mots pour la rassurer.

- Mhm… Je lui ai dit que si on en arrivait là, je resterais Kate et que je ne prendrais jamais la place de sa maman, même si je serais toujours là pour elle, mais je ne sais pas si ça a suffi.

- Moi je trouve cette réponse parfaite, sourit-il.

- … Tu crois ?

- J’en suis certain ! Alexis voulait simplement savoir si tu avais l’intention de remplacer sa mère et tu as su la rassurer.

- Je l’espère, soupira-t-elle.

- Tu n’as pas à t’en faire, tout se passera bien… Pour toi en tous cas…

Kate fronça les sourcils, que sous-entendait-il ?

- Pourquoi ça n’irait pas pour toi ?

- Tes parents…

- Tu n’es pas allé les voir ?

- Ben non… Je me suis dit que tu étais la première concernée et la seule à qui je devais poser la question… Mais depuis ton numéro de tout à l’heure, je dois t’avouer que la réaction de tes parents m’inquiète…

- Pour ma mère, tu n’as pas à t’en faire, elle est cool et elle t’adore, alors…

- Et ton père ?

- Bah… Etant donné qu’il te parle normalement… Comme à un être humain, je veux dire, je pense qu’il ne devrait pas être contre non plus.

- Comme à un être humain ?

- Il était plutôt glacial avec mes anciens petits amis. En général, il parlait d’eux comme s’ils n’étaient pas là. Les chiens du quartier avaient droit à plus de considération de sa part qu’eux.

- Wah ! Il va falloir que je prenne conseil auprès de lui, quand Alexis sera grande.

- Dans ce cas, il faudra que je prenne conseil auprès de ma mère, parce que sans elle, je serais au couvent et mon père serait en prison pour le meurtre d’un de mes prétendants !

- A ce point-là ?

- Un grunge qui puait le chien mouillé... On peut dire que le torchon a brûlé entre mon père et moi à cause de ce gars… Le pire, c’est que je ne l’aimais même pas !

- Pourquoi es-tu sortie avec lui alors ? Demanda Rick surpris.

- Parce que mon père me l’interdisait.

- … Pourvu qu’Alexis ne grandisse jamais !

Kate éclata de rire devant la mine effarée de son fiancé.

- Mais elle va grandir mon chéri et tu auras droit, toi aussi, aux petits amis plus ou moins acceptables pour un papa, c’est la vie !

- Dans ce cas, tuez-moi tout de suite ! S’écria-t-il en se laissant retomber sur le matelas.

- Pas question que tu meures, dit-elle en posant ses lèvres sur les siennes. Je tiens trop à toi !

- Tu sais que ça arrivera un jour, n’est-ce pas ?

- Ouais, mais pas avant une bonne cinquantaine d’années !

- Seulement cinquante ? T’es un peu dure, non ?

- C’est à peu près l’espérance de vie d’un homme, non ?

- Parfois, j’aimerais bien que tu ne sois pas aussi rationnelle, ça fiche les jetons, marmonna-t-il.

 

***********

 

L’annonce de leurs fiançailles fut bien accueillie. Alexis, que Kate avec bien rassurée quant à la place de sa maman dans sa vie, sauta de joie à l’idée de voir entrer Kate dans sa famille. Martha se réjouit  de voir son fils enfin « entre de bonnes mains ». Johanna, quant à elle, les embrassa chaleureusement, heureuse pour eux après toutes les épreuves qu’ils avaient traversées.

Assis côte à côte dans le canapé du salon des Beckett, ils attendaient désormais que Jim prenne enfin la parole. Il n’avait en effet pas décroché un mot depuis leur annonce. Johanna, qui n’avait cessé de crier et de sautiller en frappant dans les mains, était allée chercher un calepin afin d’y noter tout ce qu’il y avait à faire avant le grand jour et depuis les minutes s'égrennaient dans le plus grand des silences.

- Papa, je t’en prie, dis quelque chose ! Râla finalement Kate. Rick va finir par me broyer tous les os de la main tellement il stresse !

- Il n’avait qu’à suivre la tradition, siffla Jim.

- Sérieusement ? On n’est plus au Moyen Age ! Je suis la seule personne qui soit en droit d’accorder ma main ! Rétorqua-t-elle piquée au vif.

- Ta fille a raison, Jimmy, dit Johanna en revenant avec son précieux calepin. Il ne va pas falloir tarder à appeler pour la salle, les plus jolies sont très demandées.

- Maman ! On n’a même pas encore choisi de date !

- En plus, c’est beaucoup trop tôt, ajouta Jim. Cela ne fait pas un an qu’ils sont ensemble !

- Tu m’as toujours dit que tu aurais pu m’épouser le jour de notre rencontre, répondit Johanna. Ce n’était donc que des paroles en l’air ?

- Bien sûr que non ! Se défendit Jim.

- Donc ton argument est rejeté par la cour ! Sourit Johanna. Le traiteur ! Les meilleurs ont des mariages programmés très longtemps à l’avance.

- De toute façon, Katie est bien trop jeune pour se marier ! Argumenta Jim. Dix-neuf ans ! Elle n’a encore rien vu de la vie !

- J’en ai assez vu pour savoir que je l’aime et que c’est avec lui que je veux passer le reste de ma vie !

- Et elle aura vingt ans le jour du mariage, tenta Castle avant de se ratatiner dans le canapé sous le regard noir que Jim venait de lui lancer.

- Papa ! Arrête d’intimider Rick ! Râla Kate.

- J’ai bien le droit de le torturer un peu, non ? répondit  Jim en se calant contre le dossier de son fauteuil d’un air satisfait. J’aime savoir qu’il craint ma réaction, c’est le signe que mon futur gendre est quelqu’un de lucide et qu’il ne te fera pas souffrir.

- Ton futur gendre ? Sourit Kate. Alors… Tu es d’accord ?

- Tu sais bien que je n’ai jamais su te dire… Ahhh ! Attention ! Tu m’étouffes !

- Je t’aime papa !

 Rick sourit, amusé par la réaction de sa fiancée qui bien que criant haut et fort que personne n’avait son mot à dire quant à ses décisions, se réjouissait de la bénédiction donnée par son père.

- Si vous dites que Katie aura vingt ans le jour de votre mariage, c’est que vous avez une idée de la date, non ? Demanda Johanna en levant le nez de son calepin.

- Maman !

- Je pensais à son anniversaire, répondit Castle.

Kate se tourna brusquement vers lui étonnée.

- Quoi ? Et tu pensais m’en parler quand ?

- Bah…euh… Maintenant…

- Ah, ce sera plutôt le 20, annonça Johanna, sauf si vous souhaitez vous marier un mercredi…

- Qu’est-ce que tu en dis ? Demanda Castle en plongeant son regard dans celui de sa muse.

- Il vaut mieux choisir le samedi, répondit Kate. Je n’aurais pas fini ma formation…

- Alors ce sera le 20 novembre ! Déclara Castle.

- Oui, enfin si on trouve une salle, répondit Johanna.


Minefuji  (16.05.2016 à 21:00)

Chapitre soixante-huit

 

Les flashs crépitaient dans la foule compacte, qui attendait impatiente la star de la soirée. Une femme blonde au sourire quelque peu guindé s'installa au pupitre pour y faire son discours.

Meurtre, mystère, macabre... Comment un policier au sang-froid  implacable, une femme fatale, et le canon glacé d'un revolver nous tiennent tant en haleine et réussissent à nous maintenir éveillés jusqu'aux premières heures du matin ? Encore une fois, l'alchimie est là, et ce soir nous célébrons le maître du roman policier en fêtant la sortie de son dernier livre, "Tempête d'automne". Le dernier chapitre est la sensationnelle conclusion de la série policière du héros Derrick Storm que nous adorons tous. J'ai l'honneur de vous présenter le maître incontesté du macabre, Rick Castle !

Castle s'avança sur la scène sous les applaudissements, profitant pleinement d'avoir les projecteurs braqués sur lui  avant de s'avancer dans la foule pour signer des autographes.

A quelques kilomètres de là, Beckett s'avançait lentement sur une scène de crime, prenant le temps de tout observer soigneusement afin d'être certaine de ne rien laisser passer.

Qui es-tu ? Demanda-t-elle en regardant la victime déposée sur une table, le corps recouvert de pétales de roses et des tournesols sur les yeux.

- Allison Tisdale, 34 ans, annonça Esposito, diplômée de la Fac de New York, elle travaillait dans le social.

Sympa pour une assistante sociale ! Dit Beckett en désignant le logement de la victime.

Une fille à papa ! Rétorqua Ryan.

Les voisins se sont plaints de la musique, et comme elle ne répondait pas... Ils ont envoyé le gardien pour vérifier, expliqua Esposito.

Aucune trace de lutte, constata Beckett. il la connaissait.

Il lui a même acheté des fleurs, plaisanta Lanie. Qui a dit que le romantisme était mort?

- Moi, à chaque fois que je me retrouve devant le résultat d'une soirée qui tourne mal, soupira Beckett.

- Commence par mettre du rouge à lèvres, murmura Lanie. C'est juste un conseil...

- Mon dernier bâton a servi à faire de l'art rupestre... Marmonna Kate. Qu'est-ce qu'il lui a offert à part les roses ? 

Deux balles dans la poitrine, provenant d'un petit calibre, expliqua la légiste en écartant des pétales pour montrer deux orifices d'entrée sanguinolents.

- Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Demanda Kate en tournant autour du cadavre.

- Euh nan, dit Esposito. Mais, c'est pas vraiment mon truc les allumés. Je suis plutôt classique, un gars tue sa femme adultère, je boucle le gars et je rentre !

Oui, mais les allumés sont plus compliqués. Et ils nous en apprennent plus, regardez comment il l'a laissée. Il l'a couverte pudiquement, répondit Beckett avec un petit sourire.

- Et alors ? Demanda Ryan.

Et alors malgré tous ses efforts et toute sa préparation, vous ne trouverez aucune trace d'abus sexuel, affirma Kate.

Ah oui, et comment tu le sais? Demanda Esposito surpris.

Simplement parce que j'ai déjà vu ça quelque part.

- Tu as déjà vu ça ? Et où ? Demanda Ryan.

Les roses sur son corps, les tournesols sur ses yeux... Ça vous arrive de lire? S'exaspéra-t-elle devant les airs de totale incompréhension de ses collègues.

Pendant ce temps-là, la soirée  pour le lancement du dernier roman de Rick battait son plein.

- Quel espèce d'idiot tue le personnage principal de ses best sellers ? Demanda discrètement Gina en posant près de Rick pour les journalistes.

- Oh! Mon  éditrice vampiresque s'inquiète pour son compte en banque? Ricana Rick.

C'est ça ta façon de te venger de nos dernières négociations? Tu me punis en tuant la poule aux œufs d'or ?

Oh je t'en prie, je sais bien que je suis mesquin et inconscient mais pas à ce point-là, ce serait exagéré ! 

- Vraiment, alors pourquoi ? S’agaça Gina.

Derrick Storm était devenu ennuyeux, j'avais l'impression de bosser.

Oh ! Pauvre biquet, il avait l'impression de bosser. Il y avait d'autres solutions ! T'aurais pu le mettre à la retraite ou l'estropier ou le faire engager dans un cirque. Ah mais non, bien sûr, t'as pas pu t'empêcher de lui mettre une balle dans la tête !

Eh oui, une vraie boucherie, la balle l'a défiguré. Mais t'inquiète pas ce n’est pas Derrick Storm la poule aux œufs d'or, c'est Rick Castle. J'ai écrit une demi-douzaine de best sellers avant lui, tu penses peut-être que je n'en suis plus capable ? Demanda l’écrivain fatigué d’entendre son éditrice se plaindre.

Oh je n'en sais rien, tu ne devais pas me rendre un manuscrit il y a déjà deux mois ?

Ça ne se commande pas le génie ! Rétorqua Rick.

- Ah oui vraiment ?! Et la page blanche Richard, ça fait quel effet ? Provoqua l’éditrice. Je sais que t'as rien écrit depuis deux mois !

- C'est ridicule, siffla-t-il.

- Mes sources sont extrêmement fiables.

- Et bien elles ont tort !

- Ça  vaudrait mieux pour toi parce que sans aucun manuscrit sur mon bureau d'ici trois petites semaines Rick, Blackpawn demandera le remboursement de l'avance qu'on t'a accordé.

- Trois semaines?! Mais c'est le printemps! 

- Tu feras le guignol dans Central Parc quand tu auras fini ton travail! Asséna Gina avant de s'éloigner.

- Sorcière... Grommela Castle en lui faisant une grimace.

Non loin de là...

- Chérie, sérieusement, personne ne fait ses devoirs pendant une fête! S'écria Martha en voyant Alexis faire ses devoirs au bar.

- J'ai un examen la semaine prochaine ! Répondit Alexis sans lever les yeux de son livre.

- Et alors, moi aussi, j'ai un examen du foie ! Pourtant je ne suis pas en train de réviser, dit Martha en haussant les épaules avant d’interpeler le barman. Servez-moi une coupe de champagne !

Mettez en deux ! Lança Rick en arrivant à son tour.

Bonsoir trésor, comment se fait-il qu'ils ne servent que de l'alcool bon marché ? Les ventes de tes bouquins ont chuté ou quoi ?!

- Salut papa.

Ca va chérie ?! 

- Oh toi, fit Martha, on dirait que le père Noel vient de t'annoncer qu'il ne passerait pas cette année. 

- C'est tout comme... Gina veut mon prochain manuscrit dans trois semaines! Pfff... J'écris des romans! Pas des notices de montage de meubles! Marmonna-t-il.

- Elle ne fait que son travail, répondit Martha. Et puis, il est normal qu’elle s’inquiète, puisque tu viens de tuer Derick Storm !

- Je lancerai une nouvelle saga quand j’aurais profité de mes vacances !

- Tu es toujours en vacances !

- Pas du tout ! J’écris parfois !

- Ah oui, entre deux jeux !

- A part ça Mère ? Tu…

Chut, chut, chut, chut, Richard pas si fort, j'ai peut-être encore une chance ! Le coupa Martha.

Tu es venu draguer ?! S’offusqua Rick. Moi qui pensais que tu venais pour me soutenir !

- Aussi ! Mais autant lier l’utile à l’agréable, non ? Une seconde chéri, mon détecteur de cheveux gris s'est mis en alerte !

- Oh...

- Bingo, pas d'alliance ! Poussez-vous les enfants, maman va à la pêche ! Annonça Martha en s’éloignant.

- Ne prends pas exemple sur elle pour ta vie sentimentale, conseilla Rick en tendant une coupe de champagne à sa fille.

T'as oublié que j'avais que 15 ans ? Reprocha cette dernière.

Non mais t'es précoce !

Même si je suis précoce, je préfère quand même attendre, assura Alexis en repoussant le verre qu'il lui proposait.

Quand j'avais ton âge moi... Nan, je ne peux pas te raconter ça, ça serait extrêmement déplacé. Même si justement c'est le but. T'as pas envie d'avoir plein d'histoires glauques que tu pourras raconter à tes enfants ?

- Je crois que t'en as largement assez pour nous deux.

- La vie doit être une aventure. Maintenant, tu veux que je te dise pourquoi j'ai tué Derrick ? Y avait plus de surprises, je savais exactement ce qui allait se passer dans mes bouquins avant même de les écrire. C'est un peu comme ces soirées, tout est si prévisible : "Je suis votre plus grand fan", "Où allez-vous chercher toutes ces histoires?!"

- Change de métier... Suggéra Alexis. Ça fera des mécontentes, mais...

Mhm... Non… J’aime ma liberté ! Mais je reconnais que j'ai besoin d'un vent de nouveauté, je voudrais qu'on vienne me voir pour me dire un truc nouveau !

Monsieur Castle ?

- A quel nom la dédicace ? Demanda avec un sourire commercial Rick en se tournant et en sortant son stylo.

- Lieutenant Karpowski, police de New York. Nous voudrions vous poser quelques questions à propos d'un meurtre commis plus tôt dans la soirée.

- Ca c'est nouveau ! Dit Alexis en lui reprenant le stylo des mains.

Rick attendait dans la salle d’interrogatoire depuis quelques minutes partagé entre la curiosité et l’inquiétude. Il avait déjà entendu tellement d’histoires de bavures policières qu’il n’était pas totalement confiant. La porte s’ouvrit tout à coup.

Monsieur Castle ! Vous avez un casier bien rempli pour un auteur de best sellers. Conduite contraire aux bonnes mœurs, refus d'obtempérer...

Vous savez ce que c'est que les mecs ! Sourit Castle en reconnaissant le lieutenant qui venait de l’interpeler. 

- Je vois que vous avez aussi volé le cheval d'un policier !

Emprunté ! Corrigea-t-il.

- Ah... Et vous étiez tout nu sur le cheval !

C'était le printemps.

Et à chaque fois toutes les charges ont été abandonnées.

- J'ai un super avocat!

- Sauf que là, elle ne pourra pas venir, elle est de garde. Elle ne prend aucune affaire quand ses petits enfants dorment chez elle…

- Ah oui, c'est vrai... J'appellerais le maire, dans ce cas, c'est un de mes plus grands fans, mais si ça peut vous faire plaisir, donnez moi la fessée pour me punir, je l'ai bien mérité !

- Ça, tu vas voir en rentrant à la maison, mon cher petit mari! Finit-elle en s'asseyant devant lui avec un grand sourire. Alors? Ça t'a plu de te faire arrêter dans le cadre d'une enquête pour meurtre?

- C'était super! J’y ai cru jusqu'à ce que tu entres dans cette pièce! Dis donc cette Karpowski, là je ne la connais pas! Elle est redoutable! Pas tant que toi, mais...

- C'est une nouvelle, elle est arrivée il y a deux semaines. J'espère que ça va pour Alexis, ça a dû lui faire drôle de voir son père se faire embarquer par les flics...

- Elle est grande, ne t'en fais pas pour ça. Mais dis-moi, depuis quand tu dépenses l'argent public pour faire une blague à ton mari?

- J'ai seulement sauté sur une occasion en or. On a vraiment un meurtre, dont je veux te parler! Tiens, regarde! Allison Tisdale, fille du magnat de l'immobilier Jonathan Tisdale.

Elle est mignonne.

- Elle est morte, tu l'as déjà rencontrée ? Pendant une dédicace, un gala de charité ?

C'est possible. Mais je vois tellement de monde à ces soirées... J'ai dû y voir presque tous les new-yorkais... À part ma femme, bien entendu! 

- Tu sais que je n'aime pas ça... Soupira Beckett. Et ce type, Marvin Fisk petit avocat spécialisé en droit fiscal.

Désolé mais mon avocate est du genre exclusive...

- Il ne fallait pas épouser sa fille aussi... Tu es devenu son fiston maintenant! 

- Elle est rigolote... Presque autant que toi. Alors... Je peux savoir quel est le rapport avec moi?

On l'a retrouvé mort, assassiné il y a deux semaines. Je n'avais pas fait le rapprochement avant de voir la scène de crime d'Allison Tisdale ce soir, expliqua-t-elle en lui montrant la photo de la scène de crime.

"Des fleurs pour ta tombe", énonça-t-il en reconnaissant parfaitement la mise en scène qu’il avait utilisée dans son roman.

- Et voilà comment on a retrouvé Marvin Fisk, copie conforme de "Pas de Furie en Enfer".

- Ah! Quelle super fan! 

- Tu trouves? C'est un vrai taré, oui!

- Mais non, tu n'es absolument pas tarée!  

- Quoi? 

"Pas de Furie en Enfer", une bande de sataniques assoiffés de sang. Je t'en prie, il n'y a que les irréductibles groupies qui l'ont lu celui-là ! ... Et ma tendre épouse! S'empressa-t-il d'ajouter devant son regard noir.

- Est-ce que par hasard l'une de tes groupies t'a déjà envoyé des lettres ? Des lettres bizarres que tu m'aurais cachées? Expliqua-t-elle devant son regard interrogateur.

Malheureusement elles le sont toutes, ce sont les risques du métier... Soupira-t-il.

Parce que, parfois dans des cas comme celui-là, on découvre que le...

- … le tueur tente d'entrer en contact avec l'objet de son obsession, termina-t-il en même temps qu’elle. Je sais, je me suis beaucoup intéressé au comportement des psychopathes et à leur méthodologie. J'écris des romans policiers, alors je fais des recherches. Je t'ai déjà dit que tu avais des yeux magnifiques ?!

- Ne change pas de sujet! Grogna Kate. Des tarés t'envoient des tas de lettres bizarres et tu ne m'en parles pas?

- Pour que tu ailles leur refaire le portrait ? Je te rappelle qu'on a quatre enfants à la maison! 

- On va devoir vérifier ton courrier.

- D'accord, mais promets-moi de ne pas jouer les Zorro!

- Mhm... Promis.

Le lendemain, Kate eut la surprise de trouver Rick avec deux cafés au poste de police. Le meurtrier se servant de ses livres pour tuer, il tenait à aider la police à l’arrêter. Au début, Kate fut furieuse, elle avait toujours tenu à tenir sa famille éloignée de son métier, mais comme l’avait souligné le capitaine, elle n’avait pas son mot à dire à ce sujet, étant donné qu’il s’agissait d’une demande du maire.  Cependant, elle dut reconnaître que faire équipe avec Rick était amusant et très efficace ! Ils se complétaient parfaitement et bouclèrent cette affaire rapidement sous les regards amusés de ses collègues.

- A quoi tu penses ? Demanda Kate en trouvant Rick étendu sur leur lit perdu dans ses pensées.

- A mon prochain roman…

- Ne me dis pas que tu regrettes d’avoir tué Derrick Storm, soupira Kate en venant s’asseoir à ses côtés. On t’avait dit de bien y réfléchir !

- Non ! Les aventures de Storm, c’est fini ! J’en ai fait le tour !

- Tu as une idée pour ton futur personnage ?

- Oui ! Une super idée !

- Tu vas écrire sur qui ? Un agent du FBI ? Un privé ?

- Non et non, sourit Castle, c’est encore mieux !

- Ne me dis pas que tu vas vraiment écrire cette histoire d’Alien vivant incognito sur Terre ? Demanda-t-elle horrifiée à cette idée.

- Non… J’ai en tête un personnage bien plus intéressant… Une femme lieutenant de police particulièrement  têtue, un peu froide, mais super efficace !

- …

- Elle enquêterait avec un consultant, un super journaliste particulièrement beau gosse…

- … et plutôt vantard ! Compléta-t-elle avec un petit sourire entendu.

- Bien entendu, il faudrait que je fasse des recherches…

- Oh ! Non ! S’écria-t-elle aussitôt.

- Oh allez ! Reece et Jake vont entrer à la maternelle bientôt ! Je vais m’ennuyer ici tout seul, moi !

- Rick ! Tu n’es pas formé ! C’est dangereux !

- Mais je serai avec la meilleure flic de New-York ! Et puis je serais sage ! Parole de scout !

- Tu n’as jamais été scout ! Bougonna-t-elle les bras croisés.

- S’te plaaiitt !!! Insista-t-il. Reconnais que c’était plutôt chouette cette enquête tous les deux !

- Je ne dis pas le contraire, je dis juste que c’est trop dangereux !

- C’est ça ou on refait un bébé !

- Et puis quoi encore ? Bougonna-t-elle en lui donnant une tape sur l’épaule.

- Bon, alors, c’est tout vu ! J’appelle Bob !

- Tu es insupportable, râla-t-elle.

- Allez, on va se marrer !

- On va enquêter sur la mort de gens et toi, tu penses qu’on va se marrer ?

- Non, tu as raison, on va leur rendre justice et aider leurs familles ! A deux, on sera tellement plus efficaces pour traquer les tueurs ! Tu ne voudrais pas que des tueurs s’en sortent parce que tu n’utiliserais pas tous tes atouts ?

Kate soupira et Rick sut qu’il avait gagné. Tendrement, il l’embrassa sur les lèvres. La situation commençait à s’embraser, quand la porte du loft s’ouvrit et les rires envahirent le loft.

- Qu’est-ce que vous faites ? Demanda Jake suspicieux alors que Rick et Kate réajustaient leurs tenues.

- Vous êtes seuls ? Demanda Kate pour changer de sujet.

- Non, mais mamie Johanna a perdu la course ! Expliqua Reece.

- C’est bizarre, ça, répondit Kate. Vous n’auriez pas truqué un peu la course ?

- Non ! Répondirent les jumeaux d’un air angélique.

- Lily ? Demanda Kate en se tournant vers sa fille.

- Ah non ! Je ne dois pas trahir ma famille ! C’est Papa qui l’a dit !

- Tiens donc ? Et à quelle occasion demanda Kate suspicieuse en se tournant vers Rick.

- Je disais ça pour qu’elle ne révèle pas ton cadeau d’anniversaire ! Se défendit l’écrivain les mains levées.

- Vous me le paierez, petits chenapans ! Lança Johanna en passant la porte à son tour.

- Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Demandèrent leurs parents.

- Ils ont organisé un faux départ ! C’est de la triche, jeunes gens ! Les sermonna-t-elle.

- Mais tu cours trop vite !

- Ce n’est pas une raison pour tricher et oui, renvoyer l’ascenseur au rez de chaussée  alors que je suis encore dedans, c’est de la triche !

- On est désolés Mamie, on le fera plus, répondirent les garçons avec une mine contrite.

- C’est bon, je vous pardonne, dit Johanna en les embrassant tendrement.

- Dire que moi j’aurais eu droit à tout un sermon sur le fairplay et les bienfaits de l’honnêteté, soupira Kate, tu te ramollis avec les années Maman !

- Non, je ne me ramollis pas, je suis une mamie, c’est tout, sourit Johanna. C’est ton rôle de sermonner ! Moi, je suis là pour les bons gâteaux et les câlins !

- Tu les pourris, oui, comme leur père, mais c’est pas grave, ça ne me dérange pas d’être la rabat-joie ! Marmonna Kate.

- C’est dingue, ce que tu ressembles à ton père, rit Johanna. Alors, Richard, tu lui as parlé de ton projet ?

- Quoi ? Tu es au courant ?

- Oui ! Un livre dont tu serais l’héroïne ! Se réjouit Johanna en applaudissant d’excitation. N’est-ce pas une merveilleuse idée ?

- Il t’a parlé de ses recherches en tant que consultant aussi ?

- Une autre grande idée ! Je serais rassurée de le savoir auprès de toi !

- Il me gênerait, oui ! Ce serait plus dangereux !

- Moi, je dirais plutôt que ça t’obligerait à être plus prudente, rétorqua Johanna.

- …

- Ah ! Maman Beckett a marqué le point décisif ! Constata Rick.

Kate le fusilla du regard, agacée de s’être fait avoir comme une débutante. Elle avait déjà du mal à dire non à son mari en temps normal, mais quand il faisait équipe avec sa mère, ça relevait de l’impossible.

- Vous êtes insupportables, marmonna Kate en se rendant dans la cuisine pour faire du thé.

- Allons, chérie, tu verras, cette Nikki Heat va faire un malheur !

- Nikki… Heat ? Répéta Kate les sourcils froncés.

- Tu ne lui avais pas encore dit ? Demanda Johanna en se tournant vers Rick.

- Euh… Non… J’avais déjà du mal à lui faire accepter l’idée de la suivre dans ses enquêtes…

- Nikki Heat ? Répéta Kate irritée.

- Une sacrée flic à la dent dure ! Assura Rick.

- C’est un nom de stripteaseuse, oui ! Contra Kate.

- Ah ! Jim non plus ne le trouvait pas terrible ce nom, c’est fou ce que tu peux lui ressembler chérie !

- Change le nom, Castle !

- Ah désolé, mais je ne peux pas, se défendit Rick.

- Lily, Reece, Jake ! Venez les poussins, je vous emmène au cinéma ! Cria Johanna.

- Au cinéma ? Pourquoi ? S’étonna Lily en revenant dans la pièce.

- Tes parents ont des négociations à faire, expliqua Johanna.

- Maman ! Râla Kate.

- Oh ça va, chérie, je n’ai pas dit dans quelle tenue vous alliez les faire !

- Ils vont se déguiser ? Demanda la fillette.

- Mettez vos manteaux les chéris, rit Johanna, on y va !

Lorsque la porte du loft se referma derrière Johanna et les enfants, les regards de Kate et Rick se croisèrent.

- Tu es craquante quand tu es en pétard, sourit l’écrivain.

- C’est tout ce que tu as trouvé pour essayer de me convaincre ?

Il sourit et vint la prendre dans ses bras.

- Madame Castle, en route pour deux bonnes heures de négociations ! Annonça-t-il en se dirigeant vers leur chambre.

- Vantard !

- Tu vas voir, si je me vante ! répondit-il en la déposant sur le lit.

                                                                            **********

- Pourquoi t’inspirer de moi pour ton nouveau personnage ? Demanda Kate en se laissant retomber sur le matelas épuisée et satisfaite.

- Parce que tu es la personne la plus merveilleuse et extraordinaire au monde, dit-il en se mettant sur le côté pour mieux l’admirer.

- Tu dis ça, parce que je suis ta femme, rit-elle.

- Absolument pas ! Je dis ça parce que c’est vrai. Tu me motives chaque jour, grâce à toi je suis un homme meilleur et parce que…

- Quoi ? demanda-t-elle surprise de le voir aussi ému.

- Tu es un mystère que je n’arriverais jamais à résoudre, avoua-t-il! Et même aujourd’hui, après toutes ces années passées à tes côtés, je suis toujours aussi impressionné par ta force de caractère, ton courage et … ton sex-appeal!

- Et cette Nikki Heat…

- Elle sera la plus extraordinaire des flics, assura-t-il, elle sera brillante, forte…

Elle sourit et l’embrassa tendrement. Elle ne lui avouerait sans doute jamais, mais l’idée de l’avoir avec elle sur ses enquêtes l’enchantait. Elle savait qu’avec lui, elle ferait de grandes choses, qu’ensemble, ils résoudraient les enquêtes les plus difficiles, car il la rendait meilleure. Oui, avec lui, elle était toujours prête à relever de nouveaux défis et elle savait qu’il en serait toujours ainsi.

                                                                                                Fin

 


Minefuji  (05.06.2016 à 23:01)

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