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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 03.10.2015 à 17h26
Auteur : caskett71
Statut : Terminée
« cette fic avait commencé à être publiée sous un titre différent par une autre personne qui n'avait l'autorisation donc vu qu'on me l'a demandé je vous la poste. » caskett71
Cette fanfic compte déjà 44 paragraphes
CHAPITRE 31 : Rencontre
Inquiet, je me redressais dans le canapé et me mettais face à elle. Je la sentais hésitante,
- Vas-y je suis tout ouïe.
- Tu sais que j’ai encore mon appartement, et qu’il est toujours inoccupé ?
Ca y est, mon cœur s’emballait, mon cerveau tournait à plein régime cherchant ce que j’aurais pu faire de mal. S’était-elle déjà lassée de moi pour qu’elle veuille rentrer dans son appartement ? Suis-je si invivable ? Je sentis la tristesse m’envahir, j’en avais presque les larmes aux yeux. Pourquoi ? Après tous ce que nous avions traversés cela ne pouvait pas finir ainsi. Non, ce n’était pas possible, avec sa déclaration de tout à l’heure, elle voulait profiter de mon corps partout dans la maison, ça ne pouvait pas être ça. Je relevais mon visage et plongeais mon regard perdu dans le sien décidé.
KATE
Nous venions de passer un agréable moment à nous prélasser devant un épisode de Temptation Lane et le générique de fin m’avait ramené à la réalité. Depuis quelques jours j’avais une idée en tête et je devais en parler avec Rick. Assis sur le canapé l’un en face de l’autre, je le vis changer de couleur lorsque je lui avais parlé de mon appartement qui m’appartenait toujours mais qui était libre depuis que j’avais emménagée chez lui. Soudain je réalisai qu’il devait s’être trompé sur mes paroles, il devait penser que je voulais retourner vivre chez moi. Devant ses yeux devenus brillants, je m’empressais de préciser mes pensées.
- Hey, ne fait pas cette tête, je ne vais pas retourner chez moi.
Un large sourire irradia son visage qui reprit par la même occasion des couleurs. Il soupira de soulagement en me prenant dans ses bras fort.
- Tu m’as fait peur tu sais, je te voyais repartir chez toi et m’abandonner.
Il relâcha son étreinte, ses yeux brillaient et cette petite étincelle dans son regard, celle qui m’avait fait craquer à maintes reprises, refit son apparition. Je pris son visage entre mes mains et tentais de le rassurer.
- Désolée, ce n’était pas mon intention. Rick je t’aime et je n’ai aucune envie de t’abandonner. Je me sens bien avec toi, tu m’as redonné le sourire. Depuis que je te connais, je me découvre différente, mieux dans mes baskets, mieux dans ma tête et surtout le plus important, mieux dans mon cœur. Alors non, je ne vais pas te quitter, je te l’ai dit, nous deux c’est pour la vie. Always.
- Kate, je………..je suis désolé d’avoir douté de toi. Je sais que tes sentiments sont vrais, sincères mais je ne peux m’empêcher de douter de moi. Souvent je me demande comment je fais pour mériter une femme comme toi. Je t’aime comme un fou tu sais.
- Oui je sais, tous les jours tu me prouve ton amour, toutes ces petites attentions à mon égard, le café que tu m’amène tous les matins, quand tu restes tard le soir avec moi alors que je fais la paperasse. Tu me comble de bonheur au quotidien, et ça tu vois, c’est ce qui fait que je t’aime et que notre amour est si vrai.
Un silence s’installa, pas un de ces silence lourd, gênant, non un silence qui nous permis d’assimiler tous les mots, les sentiments qui venaient d’être affirmés. Je rompis ce silence à contre cœur, je devais lui exposer mon idée avant que nos hôtes arrivent.
- Et pour en revenir à mon appartement, il est libre, je ne l’ai toujours pas loué alors je voulais savoir si tu pensais que proposer à ta mère d’y habiter était une bonne idée ?
Sans que je m’y attende, il se leva, me prit par la main et me fit virevolter dans ses bras. Je pense qu’à voir sa réaction, il était ravi de cette idée. Lorsque mes pieds reprirent contact avec le doux tapis du salon, et que nos éclats de rire cessèrent, il m’embrassa fougueusement.
- Wah Castle je ne pensais pas que cette idée t’enthousiasmerait à ce point.
- Tu plaisante, c’est génial comme idée, ça mettra quelqu’un dans ton appartement pour s’en occuper, ce n’est pas trop loin et ça nous permettra de retrouver notre intimité.
J’éclatais de rire alors qu’il me faisait tourner dans ses bras au milieu du salon. Lorsqu’il s’arrêta, nous nous trouvâmes face à deux paires d’yeux qui nous dévisageaient depuis l’entrée du loft. Nous ne les avions pas entendus entrer tellement nous étions pris dans notre tourbillon de bonheur. Rick me tenais toujours dans ses bras et repartit dans un fou rire devant la mine de nos deux nouveaux arrivants, je ne pus me retenir et finis par le rejoindre dans son délire.
- Hében, je vois qu’il y a de l’ambiance ici. Fit Alexis alors qu’il me reposait à terre.
- Bonjour ma chérie, on ne vous avait pas entendu arriver.
- J’avais compris papa.
Elle s’approcha et nous embrassa tendrement. Puis comme son petit ami ne l’avait pas suivie, elle alla le chercher dans l’entrée d’où il n’avait toujours pas bougé et le prit par la main pour nous présenter.
- Nathan, je te présent mon père Richard Castle et sa copine, Kate Beckett.
Il s’avança galamment pour me serrer la main puis se tourna vers Rick.
- Ravi de faire votre connaissance Monsieur Castle.
Rick avait l’air surprit en bien, ni plaisanteries douteuses ni tentatives de le déstabiliser, étonnant connaissant le caractère de mon petit ami.
- Moi de même Nathan. Répondit-il. Et lui tendant la main gauche, la droite étant dans un plâtre.
Alexis vit enfin le poignet immobilisé de son père et s’en inquiéta. Il évita le sujet, expliqua que ce n’était rien de grave et que dans deux semaines il pourra le faire enlever. Etant un peu rassurée, elle ne posa pas plus de question.
- Papa. On va aller poser nos affaires dans ma chambre et on redescend vous aider, à tout de suite.
Sans attendre de réponse, ils montèrent à l’étage et lorsque le bruit d’une porte se fit entendre, il me regarda étrangement.
- Est-ce que j’ai bien entendu ? Ils vont dormir…….. dans la même chambre, et dans le même lit ?
- Rick, elle a vingt ans, laisse-là vivre sa vie.
- Oui mais…
- Y a pas de mais, je parie que tu as été beaucoup plus précoce qu’elle a ce sujet ?
- Heu, on a encore du boulot, tu me suis à la cuisine ?
Je reconnaissais bien là mon écrivain préféré, faites ce que je dis, pas ce que je fais. Comment pouvait-il être aussi borné avec sa fille de vingt ans alors que lui avait fait endurer à sa mère bien pire. Vous me direz Alexis n’est pas ma fille, je ne raisonne pas comme une mère, peut-être que si c’était mon enfant je réagirais autrement mais là il s’agissait d’Alexis et il m’arrivait parfois de me demander lequel des Castle avait élevé l’autre tellement elle était mure pour son âge.
Des bruits de pas dans les escaliers nous firent nous retourner en parfaite synchronisation pour voir descendre le jeune couple. Nous venions de finir les derniers préparatifs, je mettrais le gratin au four, les jeunes s’affairaient à mettre la table et Rick vérifiait la température des bouteilles de vin.
C’est ce moment que choisi Marta pour faire son apparition au loft. Elle était toujours aussi gaie et joviale, le premier contact avec Nathan se fit très naturellement, elle le pria de l’appeler Martha et pas Madame Rodgers. Quelques mots échangés plus tard, elle se retira dans sa chambre pour se préparer pour la soirée. Tout était en place, nous n’attendions plus que mon père qui devait arriver d’ici une demi-heure.
- Rick, as-tu encore besoin de moi ? Ou est-ce que je peux aller me préparer.
- Non c’est bon, tout est sous contrôle mais attend moi je viens aussi. Hey les jeunes pas de folie pendant notre absence hein. Lança-t-il à l’attention d’Alexis et de Nathan.
- Vous non plus, pas de folie papa. Lui rétorqua sa fille sans se démonter et en rajoutant un clin d’œil à mon attention.
Une fois seul dans notre chambre, Rick se colla à mon dos croisant ses mains sur mon ventre et m’embrassa dans le cou, ses lèvres remontèrent vers mon oreille, vers cet endroit si sensible, si…..
- Stop Rick ou sinon je ne réponds plus de mon corps et de mes actes. Répondis-je en m’éloignant de lui l’entendant grogner lorsque j’entrais dans la salle de bain.
Je ne refermais pas complètement la porte, je savais qu’il voulait aussi prendre une douche. Je voulais le taquiner un peu mais sans que cela ne franchisse les limites de l’indécence. En entrant dans la grande douche italienne, je lui lançais :
- Si tu sais être sage, tu peux me rejoindre !
J’eus à peine fini ma phrase que la porte s’ouvrit sur mon petit ami déjà en tenue d’Adam.
- Wah, quelle rapidité mon cher.
- Je savais que tu n’allais pas pouvoir te passer de mon corps. Mais je vais être sage, promis. Mais toi pourra tu te retenir ?
Je lui tournais le dos pour pas qu’il ne voit mon sourire, je dû me mordre la lèvre pour ne pas lui sauter au cou. Je le sentis s’approcher et se plaquer à mon dos, il prit mon produit de douche en commença un doux et sensuel massage. Tout mon corps fut saisi d’un frisson, pas un frisson de froid non, un de ses frisson que seul lui pouvait faire naître chez moi. Je sentais qu’il essayait de se maitriser mais sans vraiment y parvenir, son sexe durci contre mes fesses en était la preuve. Ses mains sur mes épaules glissèrent le long de mes bras puis dévièrent sur mon ventre pour enfin remonter sur ma poitrine. Son souffle dans mon cou ne me facilitait pas la tâche, je me sentais perdre le contrôle, mon excitation prenait de l’ampleur et je n’allais pas résister bien longtemps.
Je me retournais dans ses bras et m’emparais de ses lèvres fougueusement laissant mes mains se perdre dans ses cheveux. À bout de souffle nous dûmes nous séparer restant les yeux dans les yeux. Il se reculât prit son produit de douche et se lava comme si de rien n’était. Puis devant ma mine décontenancée il me lança dans un sourire :
- Alors, qui c’est qui ne peut pas résister ?
Je n’arrivais pas à y croire, il avait fait tout ça juste pour me tester, il allait voir de quel bois je me chauffe. Je me tournais, saisi le pommeau de la douche, réglais l’eau sur plus que froid et l’en aspergeais abondamment. Un cri de fillette retentit dans la salle d’eau tandis qu’il essayait de se protéger tant bien que mal.
- Ca c’est pour refroidir tes ardeurs car tu en avais grandement besoin.
Puis je coupais l’eau et lâchais tout pour sortir rapidement de la douche avant qu’il se décide de se venger. Tout en me séchant je riais de bon cœur en l’entendant jurer qu’il se vengerait. L’eau recommença à couler et j’entendis un soupir, il devait s’être remis sous l’eau chaude pour se réchauffer.
Je m’habillais d’une jupe fendue noire et d’une blouse violette. Je séchais rapidement mes cheveux les laissant tomber sur mes épaules avant d’aller retrouver Alexis et Nathan au salon. Ils avaient terminé de mettre la table et s’étaient installés sur le canapé, tendrement enlacés. Ils s’écartèrent l’un de l’autre en me voyant sortir de la chambre. Je souris en les voyant faire, cela me rappelais ma jeunesse et mes petits copains lorsque nous étions pris en flagrant délit de bécotage par mon père.
Nathan était un beau jeune homme, grand, brun aux yeux bleus et très bien élevé. Ils formaient avec Alexis un couple très bien assorti.
- Ce n’est que moi, vous n’avez pas besoin de vous séparer.
Ils sourirent et Nathan passa son bras sur épaule de sa petite amie.
- Merci pour l’invitation Kate !
Je la regardais étonné, ce n’était pas moi mais son père qui les avait invités alors pourquoi me remerciait-elle ?
- C’est ton père qu’il faut remercier, je ni suis pour rien.
- Voyons Kate je connais bien mon père et je sais qu’il ne l’aurait pas fait si quelqu’un ne lui avait pas soufflé l’idée.
Me sachant démasquée je souris en me disant que cette fille me surprendrait toujours.
- Bon OK, mais ne lui dis rien, laisse lui penser que tu es contente d’être là.
Nathan prit la parole pour la première fois.
- Mais ne vous y trompez pas, nous sommes très heureux d’être là ce soir, je suis vraiment content de faire votre connaissance.
Des bruits de pas se firent entendre dans l’escalier et une Martha resplendissante de couleur fit son apparition. Elle vint s’assoir sur le canapé à côté de sa petite fille. Rick nous rejoignit enfin au moment où l’on sonna à la porte. Je laissais mon homme aller ouvrir car je savais que c’était mon père. Il l’invita à entrer, le débarrassa de sa veste et fit les présentations. Nous nous installâmes tous au salon pour un apéro, la prise de contact fût timide, Rick et moi faisions les tampons essayant de trouver des discussions en commun mais nos invités étaient encore gênés.
Puis Alexis prit le relais et fit parler de basket à son petit ami ce qui éveilla l’intérêt de mon père, ils discutèrent de la saison passée refaisant les matchs comme si cela pouvait changer quelque chose au résultat. Martha nous narra les préparatifs de sa nouvelle pièces que ses élèves allaient présenter dans quelques semaines et qui allait faire un tabac d’après elle. La timidité et la gêne due à cette première rencontre fût totalement oubliée au bout de quinze minutes. Puis Martha posa la question :
- Richard, dans quel pétrin t’es-tu encore fourré pour hériter de ce magnifique plâtre bleu.
Il éluda encore une fois la question ce qui m’étonna. Je voulais clarifier le sujet car cette fois il nous avait été d’une aide précieuse. Je leur expliquais donc l’arrestation de nos trois suspects et le rôle important qu’avait joué Rick. Tous le regardèrent admirant son courage et le plaignant pour son poignet.
Nous étions tous regroupés autour de la table partageant ce délicieux repas, évoquant nos souvenirs personnels. Nathan parla de sa famille, ils vivent encore dans la maison familiale à Paterson au nord de New-York, il est le cadet et a un frère et une sœur. Il ne rentre pas souvent les voir car ses weekend sont bien rempli avec les études et les matches de basket mais parfois se sont eux qui viennent 2 jours lui rendre visite. Martha nous parla de son école de théâtre ce qui intéressa mon père. C’était sa soirée, un basketteur et une comédienne, il était fan de sport et de théâtre. J’avais peur qu’il s’ennuie lors de cette soirée mais ce fût tout le contraire, je me disais que tant qu’il écoutait les théories de nos invités, il ne parlerait pas de moi, de ma jeunesse, de mes coups de folies. Mais il commença à s’ouvrir et à parler plus librement. Il narra ses dernières vacances, de la pêche. Il expliqua que si l’on pêche quand il pleut ça mord mieux car les poissons ne voient pas l’hameçon, ce qui fit rire toute la tablée. Ouf, en attendant il ne parlait pas de moi, mais c’était sans compter sur la curiosité de mon écrivain.
- Et elle était comment Kate quand elle était jeune ?
Mon sourire fondit comme neige au soleil et même plus vite encore. Je vis mon père sourire, il savait que je n’aimais pas que ma jeunesse soit étalée, il y avait des choses dont j’étais fière et d’autres……………..moins. Il me regarda…………..
- Enfant Kate était adorable, elle était curieuse de tout, il fallait toujours tout lui expliquer, pourquoi ci, pourquoi ça. Elle m’accompagnait au bureau, elle adorait classer mes papiers, tout était rangé, trié, classé pico bello.
- Ha je vois d’où viens son habitude de toujours tout finir elle-même sa paperasse et la classer, il n’y a jamais un papier qui traine. Fit remarquer Rick
- Si tout est bien classé, on gagne du temps et on ne perd rien. Fis-je remarquer.
Nathan approuva et raconta qu’un jour il avait trié ses papiers à jeter et à conserver mais qu’il avait tellement été consciencieux qu’il avait tout reclassé, même les papiers pour la poubelle.
Et un rire général s’empara de l’assemblée. Papa pris encore une fois la parole, je m’attendais à ce qu’il raconte encore une anecdote à mon sujet mais non :
- Rick, je voulais vous remercier pour cette invitation, je suis vraiment très heureux d’avoir fait la connaissance de votre famille. Et le repas était délicieux.
- Merci Jim, nous sommes contents que vous soyez des nôtres ce soir. Et pour le repas je n’aurais rien pu faire sans l’aide de Kate, elle a presque tout fait seule.
- Ce n’est pas vrai Rick, on l’a fait à deux ce repas.
- Oui ma chérie, c’est vrai…………je donnais les ordres et tu les exécutais.
Nous étions tous tellement pris dans nos discussions et nos fous rires que le temps passa très vite. Papa nous quitta en premier tout en promettant de m’appeler quand il serait arrivé chez lui. Puis Martha se retira nous laissant seul avec Alexis et Nathan et la vaisselle.
Les jeunes débarrassèrent la table, remplirent la machine à laver et en un rien de temps tout fût propre en ordre.
Mon IPhone vibra annonçant l’arrivée d’un SMS. Je le consultais rapidement, mon père était bien rentré et nous remerciait encore pour cette soirée. Je reposais mon téléphone rassurée et retournais vers mon petit ami.
Je voyais que Rick devenait de plus en plus crispé, son visage devint tendu, plus sérieux. Je m’assis au salon à côté de lui cherchant à savoir pourquoi.
- Rick, quelque chose ne va pas ?
Il n’eut pas le temps de répondre qu’Alexis nous rejoint avec Nathan.
- Merci pour cette invitation monsieur Castle (il me fit un clin d’œil discret) J’ai vraiment passé un très bon moment. Et lieutenant Beckett votre père est très aimable.
- Merci Nathan moi aussi je suis heureux d’avoir fait ta connaissance. Heu Alexis, je peux te parler. Dit-il en se levant.
CHAPITRE 32 : Visite
RICK
- Papa, je sais de quoi tu veux me parler. Alors oui nous allons dormir ensemble, dans ma chambre. Bonne nuit vous deux.
Ils tournèrent les talons me laissant médusé au milieu du living, je ne pus réagir à l’audace ma fille tellement elle me prit par surprise. Je me laissais tomber dans le fauteuil poussant un soupir de désespoir.
- ça va trop vite, elle grandit trop vite.
Kate s’approcha de moi et me pris dans ses bras, elle tenta de me réconforter ce qui me mit du baume au cœur, ma fille s’éloignait de moi mais d’un autre côté, je me sentais si bien avec Kate que la douleur de voir grandir Alexis se faisait moins présente de jour en jour. Nous étions toujours dans les bras l’un de l’autre, ses mains caressaient mon dos, son souffle dans mon cou attisait un brasier que je sentais naitre en moi. Elle exerçait un tel pouvoir sur mon corps, ses caresses, ses baisers, tout en elle évoquait la beauté, la sensualité. Mu par un besoin vital, je l’embrassais tendrement, ses lèvres m’avaient manquées. D’un geste souple, je la fis basculer sur le canapé et continuais à l’embrasser, ses mains se firent baladeuses, curieuses, pressées tandis que moi avec mon plâtre je n’arrivais pas à grand-chose.
- Oh Hmmmm ! Gémit-elle lorsque j’aventurais ma bouche dans son décolleté provocateur.
- Kate, tu es si belle !
- Rick, pas ici !
Comprenant sa gêne, je me relevais mais en voulant la prendre dans mes bras mais mon poignet me fit pousser un petit cri de douleur pas très viril. Elle s’enquerra de l’état de mon poignet, après avoir été rassurée, elle se leva, prit tendrement ma main valide et m’entraina vers notre chambre. Arrivés au pied du lit elle me sourit, ses dents mordillèrent sa lèvre inférieure ce qui eut pour effet d’augmenter encore plus ma température, elle allait avoir ma peau à force de m’allumer de la sorte. Ses mains s’accrochèrent ma chemise et elle commença à la déboutonner lascivement laissant ses doigts effleurer chaque parcelle de peau au fur et à mesure qu’elle en découvrait une partie. Lorsqu’enfin le dernier bouton céda, elle ouvrit la chemise et posa ses lèvres sur mon torse, Dieu qu’elles étaient douces et chaudes. Elle me poussa à la renverse sur le lit. Je sentais son regard sur moi et ne pus m’empêcher de sourie.
- Vous appréciez la vue détective ?
Comme réponse je sentis ses lèvres parcourir mon torse puis descendre sur mon ventre et sa langue joua autour de mon nombril. En défaisant la boucle de ma ceinture, elle effleura ma masculinité et put constater l’étendue de mon désir pour elle. Sans que je m’en rende compte, mon pantalon fût évincé. Je rouvris les yeux pour admirer ma muse, elle se tenait là, debout, ses jambes entre les miennes qui pendaient au bord du lit et son pied caressait mon mollet. De ses mains habiles, elle commença à ouvrir sa blouse, mon cœur s’accéléra, elle m’offrait un striptease privé (heureusement). Sa chemise écartée du jeu laissa apparaitre un bustier affriolant en dentelle rouge. J’avais de la peine à me contenir, je voulais la caresser, laisser mes mains lui donner autant de plaisir qu’elle m’en donnait mais elle me força à me recoucher et reprit l’effeuillage de son corps par sa jupe qui glissa sur ses longues jambes fines.
Elle se retourna et s’assis sur mes cuisses se frottant vertigineusement contre mon enfant terrible déjà bien gonflé d’envie. Puis ses mains dans son dos dégrafèrent son bustier qu’elle me balança sur le visage. Les femmes m’étonneront toujours, comment faisaient t’elles pour mettre ou ôter ce vêtement aussi facilement, ça doit être inné. Puis elle se leva et fit tomber son dernier bout de tissus avant de faire disparaitre mon boxer devenu trop étroit. A califourchon sur mes cuisses, elle s’allongea sur moi, sa poitrine caressant mon torse, sa bouche retrouvant sa jumelle. Nos langues se cherchèrent, se saluèrent avant de se mêler pour une danse endiablée qui nous laissa essoufflés. Son bassin se mouvait sur mon sexe ainsi que sa main qui le caressait langoureusement.
Je n’en pouvais plus, mes mains ne tenaient plus en place, d’un coup de rein je la fis basculer sous moi et ma bouche captura son seins droit sans aucune retenue ce qui lui extirpa un gémissement qui retenti à mes oreilles comme une invitation à continuer cette douce torture, l’autre sein accapara ma main gauche un moment puis elle s’aventura plus au sud ou la température était plus chaude et aussi plus humide. Mes doigts trouvèrent ce petit coin de paradis et s’appliquèrent à la faire frémir, gémir, trembler et lorsque l’orgasme la secoua, elle cria mon nom et me supplia d’enfin prendre possession de ce quartier tant désiré. Je ne me fis pas prier et la pénétra lentement mais les mouvements accentués de son bassins me firent comprendre son empressement et en quelques coups de reins bien appuyés nous nous envolâmes pour le nirvana ensemble dans un gémissement que j’étouffais dans ses cheveux. Ses jambes encerclaient toujours ma taille comme si elle ne voulait pas que cette cession se termine. Au bout de je sais combien de temps, elle desserra son emprise, je me relevais sur mes bras pour la contempler, elle avait toujours les yeux fermés et avait retrouvé une respiration plus calme. Je me laissais tomber à côté d’elle et relevais la couette pour nous protéger de la fraicheur des nuits de novembre. Elle vint se blottir contre mon torse sa tête sur ma poitrine, nos cœurs battant à l’unisson finirent par se calmer et la nuit nous emporta éreintés mais heureux.
Un doux parfum de café me sortit de mon sommeil, j’ouvrais un œil, inspirais à plein poumon, oui, c’était bien la délicieuse odeur du café qui m’avait tiré de mes délicieux songes. Tournant la tête, je vis un tableau magnifique, ma muse encore au pays des rêves me faisait face, quelques mèches de cheveux recouvraient son magnifique visage encore endormi, je les écartais délicatement et découvris un sourire sur ses lèvres, qu’elle était belle et désirable, le plaid juste remonté sur ses hanches, sa poitrine à l’air était un appel à la luxure.
Un bruit provenant de la cuisine me reconnecta à la réalité et à ce doux parfum de café. Je remontais le drap sur ses épaules et me levais en prenant soin de ne pas la réveiller. J’enfilais prestement boxer, tee-shirt et peignoir pour aller découvrir notre mystérieux barista. Je fus surpris de voir derrière le comptoir Nathan qui s’affairait autour de la machine à café d’où provenait cette délicieuse senteur d’arabica. Il sursauta en me voyant accoudé au bar.
- Désolé Nathan je ne voulais pas te faire peur.
- Ho bonjour Monsieur Castle, je ne vous avais pas entendu arriver. Ce n’est pas moi qui vous ai réveillé j’espère ?
- Non ne t’en fais pas. Et oublie le Monsieur, appelle moi Rick.
Un sourire discret se dessina sur ses lèvres, il devait être soulagé de ne pas avoir eu un interrogatoire en règle de la part du père de sa petite amie. Alexis avait surement du le préparer à avoir une discussion avec moi mais il me semblait bien ce petit, enfin quand je dis petit bien sûr c’est au sens figuré car il était plutôt bien bâti et devait faire au moins un mètre quatre-vingt dix.
Il préparait un plateau pour un petit déjeuner au lit, des viennoiseries de la boulangerie du coin, du jus d’orange, et du café. Quelle gentille attention me dis-je. Et cela me donna une idée.
- Voilà tout est prêt, je remonte voir si Alexis est réveillée.
Il prit le plateau bien garni puis devant l’escalier se retourna et me dit :
- Rick, il reste des viennoiseries dans le sachet si vous voulez surprendre Kate !
Il me plait de plus en plus ce petit.
- Nathan attend.
Je coupais une rose du bouquet que mère avait ramené du théâtre la veille et la mettais dans un petit vase et le posais sur son plateau
Je continuais sur ma lancée sortant un deuxième plateau, y posant les brioches et autres croissants, du jus de craneberries que Kate adorait sans oublier bien sûr deux tasses de café et pour compléter le tout, comme pour Alexis, une rose dans un petit vase. Fière de moi, je m’avançais vers notre chambre en faisant attention de ne pas le renverser car avec mon plâtre j’étais devenu maladroit. La belle au bois dormant commençait à se réveiller, étirant ses bras et ses jambes qui sortaient de dessous la couette. Elle s’adossa à la tête de lit et enfila sa nuisette qu’elle n’avait pas eu le temps de remettre la veille. Le sourire qui se peint sur son visage lorsque je posais le plateau sur ses genoux me combla de bonheur. J’avais l’impression que rien ne pouvait nous arriver, j’étais le plus heureux des hommes et cela grâce à cette femme, Kate Beckett, ma muse, ma confidente, ma petite amie.
- Hey ! bien dormi ? Demandais-je en l’embrassant tendrement.
- Bonjour writer man, oui j’ai bien dormi. Et toi, y a longtemps que tu es levé ?
- ….
- Rick ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Je contournais le lit et m’asseyait comme elle contre la tête de lit.
- Heu oui, heu c’est juste ce….
- Quoi ? Ce petit surnom ?
- Oui, tu le sort d’où celui-là ?
- Je ne sais pas, surement de mon rêve de cette nuit.
- Ho lieutenant, vous rêvez de moi ?
Elle se rapprocha et me susurra à l’oreille.
- Tu n’as pas idée……
Puis elle déposa ses lèvres sur les miennes, ce doux baiser m’électrisa. Je vous l’avais dit, cette femme faisait de moi un homme comblé et heureux.
- Merci pour cette gentille attention, on n’a pas souvent le temps de prendre le petit déjeuner au lit mais j’adore ça.
- Que ne ferais-je pas pour la femme de ma vie.
Elle planta son regard dans le mien, une étincelle de joie y brillait comme si ce que je venais de lui dire semblait fou.
- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?
-……….
Cette fois c’était elle qui se retrouvait sans voix. Elle captura mes lèvres pour un baiser plus appuyé, plus tendre, plus amoureux.
- Merci.
- Pourquoi ?
- Pour tout, pour ça, elle montra le plateau, pour ce que tu m’apporte au quotidien, pour être toi tout simplement. Depuis qu’on s’est rencontrés, ma vie est devenue extraordinaire, je me lève le matin avec le sourire en pensant à la journée qui m’attend avec toi. Si on ne travaille pas ensemble, je suis heureuse de rentrer le soir pour te retrouver, pour passer une soirée en tête à tête avec toi. Avant de te connaitre j’avais ma routine, j’allais bosser j’arrêtais des criminels, je rentrais le soir souvent très tard car personne ne m’attendais, je ne voulais personne chez moi et ça m’allais bien comme ça mais un jour tout a été chamboulé. Tu as tout chamboulé, dans le bon sens du terme évidemment et maintenant je ne peux plus me passer de toi.
Cette déclaration me laissa sans voix, rien ne sortait de ma bouche, mon cerveau s’était mis en veille alors je fis ce qui me sembla le plus évident à ce moment-là. Je posais sur ses lèvres un baiser d’une douceur qui aurait pu faire fondre un iceberg au pôle nord. Le baiser s’intensifia et en voulant se rapprocher de moi, elle faillit renverser le plateau ce qui nous sorti de notre bulle de coton.
- Je crois qu’on devrait déjeuner avant que ça ne refroidisse.
- D’accord.
- Et tu as eu le temps d’aller chercher tout ça ce matin ?
- Non, c’est Nathan, je l’ai croisé à la cuisine ce matin et….
- Et ?
- Et je dois t’avouer que c’est lui qui m’a donné l’idée du plateau, il était en train d’en préparer un pour Alexis quand je me suis levé. Mais l’idée de la fleur elle est de moi !!!! Dis-je fière comme un paon.
- C’est une très jolie attention, je trouve ça mignon de sa part. Je trouve qu’il est bien ce Nathan, pas toi ?
- Si. Et en plus ils forment un très joli couple.
- Quoi ? C’est toi qui dis ça, aucun reproche, aucune remarque à lui faire ?
- C’est vrai que ça me fais quelque chose de la voir comme ça avec lui, jusqu’à maintenant j’étais le seul qui faisait son bonheur mais je dois me rendre à l’évidence, ma fille a grandi elle est devenue une femme et hier soir j’en ai vraiment pris conscience alors je dois me faire à l’idée que je ne suis plus le centre du monde pour elle.
- Wah, quel amendement. Toi aussi tu grandis.
Kate posa le plateau parterre et vint s’assoir à califourchon sur mes cuisses. Elle prit mon visage entre ses douces mains, son regard scintilla d’une de ces lueurs que j’aimais voir chez elle.
- Tu n’es plus le centre de son monde à elle mais tu es devenu le mien, le centre de mon monde. Je ne peux plus me passer de toi Rick. Always.
À cet instant je réalisais l’ampleur de mon amour pour cette femme, avec ces quelques mots elle avait réussi à alléger ma peine de voir Alexis construire sa vie ailleurs, et m’avait avoué son attachement, son addiction et ce sentiment était valable pour moi aussi.
- Moi non plus je ne peux plus me passer de toi, de te toucher, de te sentir contre moi tout le temps. Alors merci ! Merci d’être là, de me supporter, de m’aimer, tout simplement.
Un baiser empreint de tendresse mit fin à cet épanchement de sentiments.
Un bruit de verre cassé se fit entendre à la cuisine. Je me levais et sortais de la chambre pour voir ce qui s’était passé suivi de près par Kate avec le plateau. Je sursautais en voyant mère qui se relevait de derrière le bar. Elle poussa un cri de diva, autant surprise que moi et laissa tomber les débris de verre qu’elle venait de ramasser.
- Désolé mère je ne voulais pas te faire peur.
- Ben c’est raté, tu vois ce que tu m’as fait faire ? Bonjour Catherine.
- Laisse je vais le faire.
- Bonjour Martha, bien dormi ?
- Ho oui comme un loir. Je ne vous ai pas réveillés j’espère ?
- Non ne t’en fait pas, Rick nous avait préparé un petit déj au lit…..
- Ho quelle charmante attention, je vois que tout n’est pas perdu ! Dit-elle en regardant Rick.
- Ha ha ha très drôle mère. Et après tout, où en es-tu de ta recherche d’appartement ? As-tu trouvé quelque chose ?
Son sourire disparut aussitôt. Elle s’assit au bar à côté de ma muse.
- Tu es pressé de me voir partir ? Demanda-t-elle tristement.
- Mais non, tu sais bien que je t’aime et comme dit le proverbe, qui aime bien châtie bien.
- Alors là Martha vu comme il vous taquine à ce sujet…..
- Je sais Katherine…..
Je m’installais au bout du bar à côté de ma mère. Lui pris la main et fixais mon regard dans le sien devenu brillant d’émotion.
- Mère, que dirais-tu si je t’annonçais qu’on t’avait trouvé un appartement ?
- Je dirais que vous voulez vraiment me voir partir……………et je vous comprends.
Elle regarda Kate.
- Non Martha ce n’est pas …..
- Ta ta ta je sais très bien que vous avez besoin d’intimité alors Kate si tu me promets de prendre soin de mon petit garçon, je suis prête à vous laisser.
- Hey mais tu sais que je t’entends là ?
- Tu peux compter sur moi Martha. Mais Ricky à bien grandit déjà.
Elle me couva de son regard amoureux et une discussion silencieuse s’installa entre nous. Mère nous ramena sur terre d’un raclement de gorge.
- Alors qu’avez-vous trouvé comme idée d’appartement ?
- Ben à vrai dire, c’est Kate qui en a eu l’idée alors si tu es d’accord, je ne t’en dis pas plus et on va le voir ce matin.
- Quoi ? Ce matin ? Mais vous êtes sûr que le propriétaire sera là ? Enfin je veux dire qu’on pourra le visiter ?
- Ne t’en fais pas Matha, je le connais bien, il n’y a pas de problème. Et je pense qu’il te plaira !
- Qui ? L’appartement ou le propriétaire ? Répliqua mère ajoutant un clin d’œil.
- Bon alors c’est réglé, départ dans une demi-heure. Aller aller tout le monde, on se prépare en vitesse. Dis-je pour accélérer les choses.
Kate et moi étions prêts depuis cinq minutes et attendions dans le salon devant un bon café chaud. Mère descendit au même moment qu’Alexis et Nathan qui nous dévisagèrent tour à tour.
- Vous êtes déjà prêts à sortir de bon matin ?
- Eh oui ! Grand-mère est toute excitée à l’idée d’aller visiter son peut-être futur appartement. expliquais-je à ma fille.
- Quoi, grand-mère déménage?
- Oui, elle m’en avait déjà parlé il y a quelques temps mais ça n’avait pas pu se faire et là on a l’opportunité d’avoir un bel appart pas trop loin dans un chouette quartier alors on va le visiter maintenant.
- Et si vous veniez le visiter avec nous ? demanda Kate.
Les jeunes se regardèrent, discutèrent de la suite de leur journée puis acceptèrent la proposition.
Pour l’occasion, j’avais sorti la Mercedes, en ce dimanche matin, la circulation était fluide et en quinze minutes nous étions arrivés dans le quartier de Murray hill ou se situais l’ancien appartement de Kate. Je pu me parquer facilement devant l’immeuble. Ma mère sorti et observa minutieusement les alentours.
- Le quartier me plait beaucoup.
Je m’approchais de Kate et la saisi par la taille, elle en fit de même, passant sa main dans ma poche arrière. Je lui chuchotais à l’oreille :
- Déjà un bon point.
Elle rit en me pinça amicalement la fesse. Dans l’ascenseur Kate indiqua que l’on devait monter au deuxième étage et elle laissa ma mère diriger la manœuvre. Les portes s’ouvrirent sur un couloir bleu pâle, une couleur qui devrait lui plaire.
- Hmmm lumineux ce couloir.
- Deux bons points. Me souffla ma belle.
Kate me lâcha et prit ses clés dans son sac. Mère la regarda surprise.
- Comment ça ce fait que ce soit toi qui ai les clés ? Tu connais si bien le propriétaire ?
- Tu n’as pas idée à quel point je le connais.
Kate ouvrit la porte et laissa ma mère entrer la première dans ce loft qu’elle avait acheté il y a quelques années. Elle se retrouva dans le living ou trônais un magnifique poêle à pellets qui pourrait s’avérer agréable certaines soirées d’hiver. À côté du salon, la cuisine s’ouvrait sur une belle salle à Manger largement baignée de soleil puisque exposée plein sud.
- Wah, c’est………..
- Ben ça alors, mère qui ne trouve pas ses mots.
La propriétaire fit visiter le reste de l’appartement qui comprenait une grande chambre avec salle de bain attenante et son dressing, important pour ma mère, une autre petite chambre et une deuxième salle d’eau plus petite. Elles nous rejoignirent enfin dans le salon, toutes les deux avaient le sourire. J’étais impatient d’avoir son verdict.
À la fin de la visite, Alexis et son petit ami étaient partis retrouver des amis pour la journée et nous confirmèrent qu’ils seraient des nôtre pour diner. Impatient, je ne pouvais plus attendre la réponse de ma mère.
- Alors, qu’est-ce que tu en pense ?
Elle me fixa d’un air sérieux que je n’avais pas souvent vu sur son visage et cela ne me rassurait guère.
- J’en pense que cet appartement est magnifique, je m’imagine très bien vivre ici. En plus le propriétaire à très bon goût pour la déco.
Je laissais éclater ma joie et la pris dans mes bras la faisant tourner tellement j’étais soulagé que cela lui plaise.
- Mais Richard, il y a un petit souci tout de même. Je pense que le prix doit être bien au-dessus de mes moyens, même si mon école de théâtre tourne à plein régime, je doute pouvoir me payer un appartement dans ce quartier.!!!!!!
CHAPITRE 33 : L’AVENIR NOUS LE DIRA
J’avais senti arriver le malaise, et me devais de désamorcer la situation.
- Ne t’en fait pas pour ça, mère, je connais la propriétaire et je pense que si tu le veux vraiment, elle sera conciliante. Plaisantais-je me tournant vers Kate. Et s’il le faut, je louerais mon corps au maître des lieux, je pense que je pourrais en tirer un bon prix. Rajoutais-je pour détendre l’atmosphère.
Lorsque je vis le visage déconfit de ma mère, je ne pus plus me retenir d’éclater de rire imité aussitôt par ma belle. Une fois remis de notre fou rire, il fallait clarifier la situation pour mère. Alors je m’approchais de Kate, la pris dans mes bras et l’embrassai tendrement.
- Alors Madame la propriétaire, combien es-tu prête à payer pour profiter de ce corps d’Apollon ?
Nous regardâmes mère qui ouvrir la bouche d’étonnement et la referma sans qu’aucun son ne sorte.
- Kate, je crois que nous avons perdus ma mère !
- Ha ha, très drôle Richard.
- Enfin, tu reviens parmi nous !
-Kate, c’est ton appartement ?
- Oui Martha et comme je n’y vis plus, j’ai pensé qu’il pourrait te convenir. Et pour le prix, ne t’en fais pas, Rick payera de sa personne.
- Non, non, non, je ne veux pas vous devoir quoi que ce soit, ni à Richard ni à toi. Si je le prends je veux payer un loyer et faire les choses en ordre.
Nous nous étions entendus sur les premières lignes d’un accord pour qu’elle devienne propriétaire de cet appartement et nous nous apprêtions à rentrer au loft lorsqu’elle nous informa qu’elle avait d’autres projets..
- Oh tu ne rentres pas avec nous ?
- Non mon chéri, j’ai quelqu’un à aller voir alors ne m’attendez pas de sitôt.
De son air théâtral qui la caractérise si bien elle quitta l’appartement, toute à sa joie d’avoir enfin bientôt un chez elle.
Deux semaines plus tard, mon plâtre m’avait été enlevé, Kate avait dû me tenir la main pour me rassurer car en voyant approcher l'infirmier avec sa scie je me serais vu dans Freddy Kruger et j'avais eu comme un léger malaise, mais ma belle avait su me calmer et finalement tout s’était bien passé, j’avais même eu droit à une sucette pour avoir été fort dans cette épreuve.
Je ne ressentais aucunes douleurs et pouvais employer ma main réparée comme avant. En ce dernier samedi de novembre, nous avions commencé avec l’aide des gars, de Lanie et de Jenny à emballer les affaires de Kate pour en amener une partie à notre loft et le reste dans un garde meuble, nous verrons plus tard ce que nous en ferons. A part la table et les chaises de la salle à manger que mère avait demandé à garder, l’appartement était complètement vide. Éreintés par cette journée de déménagement, nous les avions tous invités chez nous pour partager un repas bien mérité, mère s’était proposé de nous concocter une de ses recette mais nous avions lourdement, mais poliment, insistés pour commander du chinois chez notre traiteur favori.
Vers 19 heures, la sonnette du loft retentit et avant que je n’aie le temps de me lever, Kate s’était déjà élancée vers la porte et réceptionna notre commande. J’allais me lever pour aider ma belle mais Lanie se proposa de le faire, je laissais donc ma place. Elles devaient avoir de choses à se dire car elles mirent un certain temps pour tout préparer et de nous appeler pour le repas.
L’ambiance détendue qui régnait au loft me remplissait de joie. Nous discutions de tout autour d’un excellent repas, les plaisanteries fusaient de part et d’autre de la table. Espo nous narra sa rencontre avec Kate. Il était arrivé au bureau pour son premier jour et s’adressa à Kate en pensant qu’elle était une bleue et demanda ou il pouvait trouver le détective Beckett, Kate verte de rage posa ses main sur ses hanches, l’hispanique blêmit et s’excusa platement en découvrant son badge clipsé à sa taille ainsi que sa plaque nominative sur son bureau. Ils se mirent au travail et l’entente fut bien plus aisée qu’il ne l’aurait pensé, vu leur premier contact. Jenny nous en apprit un peu plus sur la sensibilité de Ryan qui nous avait ouvert son cœur ce soir. Ma mère raconta ses débuts et mit mon cœur en émoi lorsqu’elle avoua que le plus beau métier qui lui avait été donné d’exercer était celui de mère avant de sortir quelques anecdotes bien salaces à mon sujet. Lanie en plaça même une ou deux sur des autopsies quelque peu insolites. Heureusement que nous avions tous fini de manger.
Les sourires sur les visages de mes hôtes me remplissaient le cœur d’une émotion jamais ressentie, je n’avais ni frère ni sœur mais nous étions comme une famille, je me sentais tellement bien en leur compagnie que s’en devenait presque touchant. Ému par cette amitié je me levais et proposais un toast.
- Mes chers amis, je voudrais profiter de cette occasion pour tous et toutes vous remercier. Vous m’avez accueilli au sein de votre équipe…………
- On ne nous a pas laissé le choix. Ne put s’empêcher de rétorquer l’hispanique.
Les sourires fleurirent sur les visages, je fis mine d’être froissé mais mon sourire revint au grand galop.
- Je disais donc, vous m’avez accueilli au sein de votre équipe…. Espo fit semblant de vouloir dire quelque chose mais ce n’était que du bluff………sans aucune retenue, sans me juger. On s’est apprivoisé, on a appris à se connaitre et au fil du temps, on est devenus des amis, et même plus. Pour moi vous êtes comme une deuxième famille, une famille de travail, je sais Espo ce n’est pas mon travail mais j’aime à croire que je vous aide un peu. Alors je lève mon verre à vous, à nous, à notre amitié, qu’elle dure toujours…… santé.
Tous en chœur « Santé ». Ryan se le va contourna la table et vint me serrer la main puis la posa spontanément sur mon épaule.
- Tu sais Rick depuis que tu es entré dans nos bureaux et nos vies, par l’intermédiaire de notre chère amie Kate,
De 1, tu lui as redonné le sourire, ce qui n’était pas évident mais tellement plus agréable.
Kate lui fit son fameux regard qui tue mais ne put retenir son sourire plus longtemps.
De 2, quand elle s’énerve c’est toi qui ramasse et pas nous……….enfin…… moins qu’avant.
Et de 3, notre boulot n’est pas facile tous les jours et depuis que tu es avec nous, tu rends notre quotidien plus facile à vivre. Alors je lève mon verre à toi mon frère.
J’étais ému par cette déclaration, je savais Ryan sentimental mais pas à ce point-là… je lui fis une accolade lui frappant l’épaule comme le ferait de potes de toujours.
Tous crièrent un « Santé » et les tintements de verres retentirent parmi les éclats de rire et les commentaires complaisants.
Vers vingt-deux heures mère s’excusa et se retira dans sa chambre pour profiter d’une bonne nuit de sommeil. J’invitais mes amis à s’installer au salon pour boire un dernier verre, les discussions s’orientèrent vers les fêtes de fin d’année qui approchaient à grand pas chacun parlait de ses projets pour Noël ou pour la nouvelle année. Le calme reprenait peu à peu place dans ce loft si animé en début de soirée. La fatigue gagnait nos invités et ils décidèrent de rentrer dans leur foyer respectif pour profiter eux aussi d’une bonne nuit de repos et du dimanche de congé que nous avions tous bien mérité tant les enquêtes s’étaient succédées à un rythme d’enfer. Bien qu’elles aient toutes étés résolues, cela n’empêchait pas nos organismes d’avoir besoin de repos.
Lorsque la porte de la cage métallique se referma sur nos amis, je verrouillais celle du loft et m’appuyais contre elle. Je ne savais si c’était l’approche des fêtes de Noël ou le déménagement imminent de ma mère qui me mettait dans cet état mais une tristesse s’empara de mon cœur. Un nouveau départ pour elle, je l’avais tellement charriée à propos de son installation provisoire, qui dure depuis 5 ans, que maintenant qu’elle allait partir je ressentais un vide. Kate vint se blottir dans mes bras, sa chaleur réconfortante me fit retrouver le sourire. Je la pris par la main l’entrainant dans notre tanière.
- Viens, je crois qu’on mérité une bonne nuit de sommeil.
La semaine suivante mère avait pris possession de son nouveau chez elle, nous avions passé un weekend à emmener ses cartons, ses malles et tout son tralala. Tout avait été déballé, les livreurs avaient montés tous les meubles et au final cet appartement lui ressemblait totalement. Kate ne s’en revenait pas du changement, tout était décoré à son image, féminin, coloré, lumineux.
- Martha c’est vraiment magnifique, on dirait que ce n’est plus le même appartement qu’avant.
- Merci Kate, tout est une question de gout. Heu pas que tu n’aies pas de gout mais heuuu.
- Arrête mère, tu t’enfonces…..
- Ce n’est pas grave Martha, heureusement qu’il y a des gouts différents. Mais j’aime beaucoup ce que vous en avez fait.
- Merci très chère. Et pour vous remercier, je voudrais vous garder pour diner. Si vous n’avez rien de prévu ce soir ?
- C’est gentil mère mais nous voudrions profiter de notre première soirée seule chez nous, une autre fois promis ! Si ce n’est pas toi qui cuisine.
- Rick voyons ce n’est pas gentil. Martha je te promets que nous viendrons volontiers à un autre moment.
Nous quittâmes l’appartement bras dessus bras dessous imaginant ce qu’allait être notre soirée en tête à tête au loft. Dans le taxi qui nous ramenait au loft, elle vint se caler contre mon torse laissant poser sa tête sur mon épaule, je la sentais fatiguée par cette journée d’emménagement.
- Alors lieutenant Beckett prête à partager vos jours et vos nuits avec votre écrivain préféré ? Et uniquement lui ?
Elle releva la tête et chuchota près de mon oreille.
- Maintenant va falloir assure writer-man. Tout ce que tu m’as promis.
Un sourire se dessina sur mes lèvres, elle savait comment attiser mon désir, ses mots et surtout son souffle dans mon cou. Si nous étions ailleurs que dans un taxi, je l’aurai déjà embrassée à lui faire perdre la tête mais les coups d’œil répétés du chauffeur réfrénait mes pulsions alors je me concentrais sur les lumières de la ville qui défilaient derrière la vitre du taxi. Une fois à destination, je payais le chauffeur et ouvris la portière aidant ma belle à quitter l’habitacle. Elle prit ma main et enlaça nos doigts, m’emmenant prestement vers l’ascenseur, elle aussi devait avoir hâte de découvrir les différentes pièces du loft.
Kate
Arrivé devant l’immeuble de notre appartement, j’emmenais Castle par la main, le pressant pour retrouver notre chez nous, je voulais profiter pleinement de cette première soirée en amoureux au loft. Il ouvrit avec peine la porte, je sentais que lui aussi était pressé et nerveux. À peine le seuil franchi, je me retrouvais plaquée contre celle-ci, la refermant par la même occasion. Les lèvres de Rick se pressèrent sur les miennes déjà rougies d’envie, je ne résistais pas plus longtemps et le prenais par le col de sa veste pour le rapprocher d’avantage, puis mes mains remontèrent dans ses cheveux si doux. En manque d’air, il rompit le contact de nos lèvres mais garda nos fronts collés, il était essoufflé, je cherchais aussi l’air qui m’avait fait défaut pendant ce fougueux baiser. Mes mains habiles le délestèrent de sa veste et sa chemise suivit le mouvement peu après découvrant son torse si attirant, mes lèvres se posèrent là ou son cœur battait. Ses mains sur ma taille rapprochant nos corps chauffés d’envie remontèrent sous ma blouse. La sonnerie de l’phone de mon écrivaine se fit entendre, il arrêta ses mouvements et me fixa intensément.
- Ils rappelleront !
La sonnerie se stoppa et il revint à son occupation première.
Ses mains repartirent à l’aventure sous mon chemisier déjà bien ouvert, elles remontèrent dans mon dos pour atteindre l’agrafe de mon soutien-gorge qu’il ouvrit de ses doigts experts. Ses lèvres parcouraient mon cou, mon menton mais en manque de leur douceur, je capturais sa bouche et approfondis le baiser laissant nos langues se caresser sensuellement, amoureusement. La sonnerie de son téléphone interrompit à nouveau nos préliminaires. Il me dévisagea, cette fois son regard était désolé.
- Répond sinon ils vont insister mais promis on se rattrapera après. Dis-je pour le consoler de cette interruption.
Il se saisi de son téléphone dans la poche arrière de son jeans et décrocha sans regarder l’identité de l’appelant
- Castle.
-………..
- Oh bonjour Nathan, comment vas-tu ?
- ………...
Au fur et à mesure de la conversation, je voyais le visage de Rick se décomposer, il devint même si pâle que je dû le prendre par le bras et le faire assoir sur le canapé. Mon inquiétude grandissait aussi, il n’avait toujours rien répondu à son interlocuteur, ses yeux devenu brillant, une larme coula le long de sa joue.
- Rick, qu’est-ce qu’il y a ?
Il finit par se reconnecter à la réalité.
- NOOONNNNN, pas elle, NOOONNN !!!!!
Il laissa tomber son téléphone et cacha son visage entre ses mains. Je ramassais l’appareil et répondis à sa place.
- Nathan, ici le lieutenant Beckett, que se passe-t-il ?
Il m’expliqua ce qu’il venait de dire à Rick, que Alexis avait été enlevée il y a une demie heure devant l’université. Ils avaient rendez-vous à l’entrée et il est arrivé juste pour voir sa petite amie se faire emmener de force dans un van. Rick était anéanti, sa tête entre ses mains balançait de gauche à droite, il ne croyait pas ce qui lui arrivait.
- On arrive tout de suite, ou es-tu ?
Je mis fin à l’appel après avoir pris connaissance de l’endroit où avait eu lieu le rapt et me retournais vers mon écrivain, il était dévasté. Je m’approchais de lui et l’enlaçais tendrement, lui faisant sentir ma présence. Je lui parlais tendrement, ma main dans ses cheveux.
- Je suis là Rick.
J’essayais de le calmer mais comment pouvais-je calmer quelqu’un quand moi-même j’étais effrayée comme jamais je ne l’avais été. Même lors de la mort de ma mère je n’avais pas ressentis cette douleur au fond du cœur qui m’oppressait au point de laisser ma peine rejoindre celle de Castle. Une larme s’écrasa sur son épaule, une deuxième suivie par un torrent de perles salées qui finirent par créer une belle tâche foncée sur sa chemise.
Il fallait que je me ressaisisse, Kate devait laisser sa place au lieutenant Beckett, je devais être forte pour lui, pour nous deux. Je pris son visage entre mes mains et le forçait à me regarder, ses yeux rougis trouvèrent enfin du réconfort, en plongeant dans mon regard il pouvait y voir toute ma peine mais aussi toute ma détermination à retrouver sa fille saine et sauve.
- Rick, on doit aller retrouver Nathan près du campus.
Il calma sa respiration et renifla un bon cou.
- Non Kate je ne peux pas, c’est plus fort que moi, je ne peux pas.
- Pas question que tu restes seul au loft, tu te prépares et tu me suis et c’est un ordre.
Ma voix se fit plus autoritaire que voulu mais eu l’effet escompter, il se leva sans grande conviction, enfila sa veste et me rejoignit devant la porte.
En chemin j’appelais Espo pour qu’ils nous rejoignent avec Ryan au campus, il fallait agir vite, dans les cas d’enlèvement, c’est dans les premières vingt-quatre heures que on a le plus de chance de retrouver les ravisseurs ou tout du moins des indices.
Le trajet fut très silencieux, quelque fois interrompu par un sanglot qui s’échappait de sa gorge. Je posais ma main sur son genou tentant de l’apaiser, il la recouvra de sa grande main et la serra comme si sa vie en dépendait, il me faisait presque mal mais je ne disais rien, il avait besoin de ça alors je resserrais aussi mon emprise lui faisant comprendre que je ne l’abandonnerais pas, jamais.
Le campus fourmillait de centaines d’agents de police et du FBI, Nathan répondait déjà à l’un d’entre eux lorsque nous arrivâmes. Nous approchant, Nathan nous vit et vint dans notre direction sans se préoccuper du flic qui l’interrogeait. Ses yeux encore humides en disaient long sur son état.
- Monsieur Castle je suis tellement désolé, je n’ai rien pu faire. S'excusa Nathan la mine décomposée.
CHAPITRE 34 : RECHERCHE
Rick qui était encore tout à sa tristesse se dirigea vers lui d’un pas rapide, mon cœur s’affola, il n’allait quand même pas frapper le jeune homme, il n’y était pour rien. C’est alors que mon écrivain fit une chose qui me bouleversa et empli mon cœur de tendresse. Il le prit dans ses bras, une étreinte tendre, qui se voulait rassurante, comme un père qui consolerait son fils qui venait de faire un cauchemar.
- Ce n’est pas de ta faute voyons, si tu avais tenté quelque chose tu aurais pu être blessé ou pire.
Je laissais les hommes parler entre eux et me dirigeais vers l’agent du FBI qui interrogeait Nathan à notre arrivée pour en savoir d’avantage.
- Bonsoir, je suis le lieutenant Beckett de la criminelle du 12ème.
- Bonsoir lieutenant, agent Harris, FBI. Vous n’avez rien à faire là, c’est un enquête pour kidnapping, pas pour meurtre.
- Je sais agent Harris mais c’est la fille de mon équipier qui a été enlevée.
- Ils ont enlevé la fille d’un officier de police ?
- Non, Monsieur Castle est consultant pour la police de New York, il n’est pas à proprement parler policier mais il faire partie de la famille.
- Dans ce cas je dois en référer à mes supérieurs, je ne pense pas qu’ils accepteront qu’un civil soit sur l’enquête. Et qui plus est le père de la victime.
- Monsieur je…..
- Je vous tiens informé. Au revoir lieutenant.
Non mais quel toupet, de quel droit se permettait-il d’évincer mon équipier de la sorte, je devais rentrer en discuter avec le capitaine Montgomery, je ne le laisserais pas faire et si je devais enquêter en douce avec Rick je le ferais sans hésiter. Il était tout pour moi, sa famille devenait la mienne et je me battrais bec et ongles pour ceux que j’aime. C’est remontée à bloque et avec mon fidèle acolyte, Nathan étant rentré avec Ryan et Espo, que je regagnais le poste de 12ème. Lorsque la porte de l’ascenseur s’ouvrit, je me précipitais dans le bureau du capitaine, entrant sans y avoir été invitée afin de lui exposer mon point de vue sur la situation. Je me retrouvais donc devant le bureau, mon chef me dévisageant comme s’il venait de voir un fantôme.
- Mais je vous en prie lieutenant, entrez donc.
- Désolée capitaine mais c’est un cas de force majeur, je dois vous parler et c’est urgent. Je….
- Je suis au courant, je viens de parler avec un certain Anthony Frieedman, directeur adjoint du FBI. Il m’a parlé de ce qui est arrivé à la fille de Rick et du problème qui le préoccupait.
- Monsieur laissez-moi vous expliquer……….
- Lieutenant, vous savez que Rick et moi sommes amis depuis de nombreuses années alors qu’importe ce qu’un gratte papier de Washington puisse me dire, je ferais tout pour qu’on retrouve sa fille et si cela implique d’enquêter de notre côté, avec Rick, sans dévoiler nos cartes au FBI alors on le fera à notre manière.
Je poussais un soupir de soulagement, Montgomery était de notre côté, son soutien me rassurais, je pourrais compter sur lui, nous pourrions compter sur lui en cas de besoin. Alors que j’allais quitter son bureau, il m’interpella.
- Kate, comment va-t-il ?
L’utilisation de mon prénom de surpris mais à son ton je senti qu’il était vraiment inquiet. Je regardais à travers la fenêtre, là où était assis Castle depuis que nous étions rentrés.
- Vous le connaissez, il est mal, ne réagit pas. Il faut que je le secoue un peu, j’ai besoin de lui pour retrouver Alexis.
- Je vais lui parler, pouvez-vous lui demander de venir dans mon bureau.
- Oui, j’y vais tout de suite. Heu capitaine.
- ???
- Merci.
Je sortis rejoindre mon écrivain qui broyait du noir le coude posé sur mon bureau, sa main soutenant sa tête. Il avait l’air abattu, épuisé. Je m’approchais et posais doucement ma main sur son épaule le sortant de sa léthargie.
- Rick, ça va ?
- Non ça va pas, que t’as dit Roy ? On ne pourra pas enquêter?
- Tu veux bien aller le voir dans son bureau, il voudrait te parler.
- Pourquoi ? Pour me dire de rentrer chez moi ?
Déçu il se leva et se présenta devant son ami s’asseyant dans le canapé qui garnissait la pièce. Je vis mon capitaine le rejoindre et entamer la discussion.
J’en profitais pour faire le point avec mes deux fidèles lieutenants. Nathan, qui attendait dans la salle de repos, avait vu le van gris un peu cabossé sur le côté gauche et deux ravisseurs descendre pour emmener Alexis à qui ils avaient mis un sac en tissu sur la tête et lorsque le van a redémarré il a vu le chauffeur jeter une cigarette par la fenêtre. Ils portaient tous les trois des cagoules noires. La scientifique avait retrouvé la cigarette et s’occupait de récolter de l’ADN, s’il avait déjà eu à faire à la police il était fiché donc plus facile à identifier et à retrouver. Par contre le jeune homme n’avait pas pu lire la plaque car elle était illisible en partie masquée par de la boue rouge. Je leur demandais ensuite de trouver toutes les caméras de surveillance qui couvraient la zone du rapt et d’étendre les recherches sur cinq pâtés de maison autour du lieu du délit. Peut-être que l’une d’elle avait filmé ce van et ses occupants.
Je m’affairais autour de notre tableau blanc, j’y affichais la photo d’Alexis, ce n’étais pas un meurtre mais nous allions procéder de la même manière, recueillir les témoignages, les indices, les vidéos s’il y en avait d’exploitables et je retournerais la ville entière s’il le fallait mais je la trouverais, nous la retrouverons, ensemble.
Du coin de l’œil je vis Rick se lever, Roy lui serra chaleureusement la main y ajoutant une tape amicale sur l’épaule. Ils sortirent du bureau et vinrent vers moi. Rick semblait avoir repris du poil de la bête, Roy devait avoir eu des paroles réconfortantes, lui assurant le soutien de tout le poste.
- Ça va ? Demandais-je à mon homme.
- Ca va mieux merci, Roy est très bon ami, il a su trouver les mots pour me rassurer.
Il s’assit à sa place habituelle et pris le dossier avec le témoignage de Nathan et parcouru les quelques lignes que nous avions pour le moment.
- Lieutenant, vous avez carte blanche pour retrouver Alexis j’en prends l’entière responsabilité et si quelqu’un vous met les bâtons dans les roues, avertissez moi immédiatement. M’informa mon chef.
Puis il tourna les talons et s’enferma dans son bureau. C’était la première fois que je le voyais s’impliquer personnellement dans une affaire, l’amitié qui liait ces deux hommes devait être particulièrement forte pour qu’il agisse ainsi. Soudain une peine m’envahit.
- Mon Dieu Rick. ???
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?
- As-tu pensé à avertir ta mère ?
- Oh merde, non. Je vais l’appeler tout de suite. Il s’éloigna dans la salle de pose, il faisait les cent pas en travers de la pièce, je supposais qu’il essayait de la calmer mais comment être convaincant quand on est aussi envahi par le doute et la culpabilité. Il revint s’assoir à sa place habituelle et chercha dans mon regard un soutien qu’il trouva sans peine.
- Alors, comment va-t-elle ?
- Elle est sous le choc mais elle tient à venir ici.
- D’accord mais je ne pense pas que ce soit l’endroit idéal pour elle en ce moment.
- Je sais mais elle y tient.
Nathan ayant fini sa déposition nous rejoignit et s’excusa encore auprès de mon coéquipier.
- Nathan tu veux bien cesser de t’excuser. Et je t’ai dit de m’appeler Rick.
- Merci Rick, mais je ne peux pas m’empêcher de m’en vouloir. Si j’avais pu….
Je le coupais avant qu’il ne s’accable d’avantage
- Arrête, tu as fait ta déposition, tu as dit tout ce que tu avais vu et grâce à toi on a un indice pour commencer l’enquête.
La nuit était tombée sur la ville qui s’illuminait pour laisser place à la vie des noctambules. Le poste était en émoi, tout le monde s’affairait à trouver le moindre indice, une piste pour commencer à enquêter. Mais je savais que certain de ces flics avaient une famille, des enfants. Je frappais dans mes mains pour attirer leur attention et ils se regroupèrent autour de mon bureau.
- Ecoutez tous, je sais que si vous êtes encore tous là ce soir c’est que vous tenez à nous aider à retrouver Alexis.
Rick leva son visage vers moi, son regard triste me serra le cœur, une larme menaçait de s’échapper mais je voyais sur lui qu’il faisait un effort immense pour ne pas se laisser envahir par sa peine.
- Mais je voudrais que tous ceux qui ont une famille, des enfants, rentrent les retrouver. Nous ne pourrons pas tous tenir vingt-quatre heures sur vingt-quatre éveillés alors rentrez chez vous vous reposer et revenez ici demain matin six heures tapante pour une dure journée.
Quelques chuchotements, des dossiers changèrent de mains et le poste se vida de quelques officiers. C’est à ce moment qu’une tornade rousse débarqua dans l’enceinte, elle se précipita vers son fils qui la serra dans ses bras, tentant de la calmer.
- Mon Dieu Richard, qui a pu faire ça à Alexis ?
- Je ne sais pas mère, c’est pour ça qu’on est ici, Nathan était avec elle, il a pu nous donner des indices alors on a une piste pour commencer l’enquête.
Elle se tourna vers moi sans lâcher les bras de son fils me questionnant de son regard, elle cherchait la vérité.
- C’est vrai, on a un début de piste, on sait par où commencer.
Mère et fils discutaient ensemble alors j’en profitais pour m’éloigner avec Nathan et lui parler en privé.
- Nathan j’aurais un grand service à te demander.
- Tout ce que vous voulez lieutenant.
- Ce soir nous allons travailler tard ici et je sais que Rick ne voudra pas rentrer alors est-ce que tu pourrais rentrer avec Martha et rester avec elle. En plus elle vient d’emménager dans son nouvel appartement et je ne voudrais pas qu’elle soit seule ce soir.
- Oui mais à une condition. Vous me tenez au courant, même au milieu de la nuit s’il y a du nouveau vous m’appelez.
- Promis, je t’appelle si l’enquête avance.
Nous retournâmes vers eux, ils discutaient et n’avaient pas l’air d’accord. Ils s’interrompirent à notre arrivée.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Demandais-je.
- Kate, je ne veux pas que ma mère reste ici mais pas moyen de lui faire entendre raison, elle est plus têtue qu’une mule.
- Martha, Rick a raison, vous ne pouvez pas rester au poste mais Nathan a gentiment proposé de vous tenir compagnie ce soir. Alors vous allez rentrer tous les deux à ton appartement et je te promets d’appeler s’il y a du nouveau. Rick remercia l’étudiant d’une poignée de main chaleureuse.
Martha fit la moue mais se résigna à rentrer. Rick les accompagna jusqu’à l’ascenseur, il embrassa sa mère, salua Nathan puis ils quittèrent l’enceinte. Je m’étais assise à mon bureau établissant les priorités pour les cas d’enlèvements. J’avais déjà eu à enquêter avec le FBI sur un enlèvement d’enfant, c’est là que j’avais rencontré Soerenson, nous avions fini par arrêter les ravisseurs mais pour l’enfant nous étions arrivé trop tard, à cette pensée mon cœur se serra, et si………. Je fus tirée de mes pensées par mon écrivain qui revint s’assoir et commença à lire le dossier que j’avais à peine commencé à remplir. Il le regardait mais je voyais bien qu’il était à mille lieues du bureau. Je devais lui trouver du travail, il fallait qu’il s’occupe l’esprit avec quelque chose de constructif.
- Rick, viens avec moi.
- Ou va-t-on ?
- Tu verras.
Il se leva et m’emboita le pas. J’appelais l’ascenseur pour nous rendre au sous-sol. Lors de la descente il me questionna du regard puis soudain la lumière se fit dans son esprit.
- On va aux archives, tu penses que ça peut avoir un rapport avec des enquêtes que nous avons résolus ?
- En attendant le rapport de la scientifique, qui ne va pas arriver avant demain matin, on va éplucher les dossiers des enquêtes qu’on a résolues depuis que tu es avec nous au poste, peut-être qu’on va trouver quelque chose.
Dans la pièce réservée à cet effet, je pris le répertoire des affaires résolues et classées depuis que Rick nous avait rejoints. Il y en avait en tout 54, je pris un carton vide et il m’aida à remonter le tout au bureau. Il me suivait d’un pas décidé, les paroles de Roy avaient fait mouche, j’avais retrouvé mon Rick, décidé, volontaire, avec son coup d’œil et sa rapidité de lecture il sera un atout indéniable pour récupérer Alexis.
- Viens on va s’installer dans la salle de réunion, on sera tranquille pour éplucher les dossiers.
- Ok.
Je posais le carton sur la table et contemplais mon homme qui s’affairait à sortir les dossiers. Son visage était fermé, sérieux comme je ne l’avais jamais vu. Son regard rieur avait disparu pour laisser place à des yeux ternes, sombres qui auraient pu faire peur à n’importe qui. J’allais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour leur rendre ce magnifique éclat océan et pour cela je devais lui ramener sa fille. Il s’assit en bout de table tenant devant lui la moitié des dossiers que nous avions récupérer aux archives. Je m’installais à ses côté, prête à éplucher les pages et à le soutenir dans cette mésaventure.
- Castle écoute moi…………
- Ne fais pas ça…….ne me promet pas que tu vas la retrouver sauf si tu le peux parce que si tu ne la retrouve pas, je ne te le pardonnerais jamais, pas plus que je me pardonnerais.
Un doute m’envahit soudainement, comment pourrais-je l’aider s’il arrivait malheur à l’amour de sa vie. J’avais beau être la femme qu’il aimait, Alexis était la chair de sa chair, de son sang. Je ne sais combien de fois il m’avait expliqué que sa plus belle réussite avait été sa fille, qu’il l’avait élevée tout seul et qu’il était fière de ce qu’elle était devenue. Non je ne devais pas être négative, nous retrouverons Alexis et elle rentrera saine et sauve à la maison.
- Alors on va passer en revue les dossiers et voir s’il y a quelqu’un qui pourrait organiser un enlèvement
- Ok, tiens voilà ta pile.
- Merci.
Nous étions plongés dans l’étude des rapports lorsque la porte s’ouvrit laissant apparaitre Ryan et Esposito qui nous apportaient deux cafés et deux sandwiches. Avec toutes ces émotions, nous ne nous étions pas ravitaillés depuis midi et cette collation fut la bienvenue. Ils nous informèrent que le visionnage des vidéos de surveillance des cinq pâtés de maisons autour du campus avait été prolifique et que Torry avait pu suivre le van un certain temps, mais l’avait perdu faute de caméra dans certains quartiers. Il se dirigeait vers le nord avant de disparaitre des écrans. Nous ne pouvions pas partir ainsi explorer le coin, la zone à couvrir était bien trop importante.
- Les gars, rentrez, reposez-vous et revenez demain matin, malheureusement ce soir on ne plus faire grand-chose.
Ils regardèrent Castle l’air désolé de ne pouvoir faire plus.
- Merci les gars. À demain. Répondit Rick leur faisant comprendre qu’ils n’y étaient pour rien.
- Bonsoir vous deux, et appelez nous s’il y a du nouveau. Ajouta Ryan qui apparemment se faisait beaucoup de soucis pour notre ami et surtout pour sa fille.
Nous nous reconcentrâmes sur les dossiers qui couvraient la table. Nous n’avions pas pu trier grand-chose, la majorité des criminels que nous avions arrêtés croupissaient toujours en prisons, deux d’entre eux étaient mort et certains auraient été incapables de ce genre de rébellion.
Rick découragé jeta rageusement un dossier sur l’une des pile, croisa ses bras sur la table et y posa sa tête. Avec la fatigue, la tristesse et l’angoisse, nos idées s’embrouillaient et il était de plus en plus difficile de se concentrer sur les papiers remplit de mots qui devenaient flou au fur et à mesure que la nuit avançait. Je passais ma main dans ses cheveux, lui montrant ma présence, il fallait qu’on se repose aussi un peu mais je savais très bien qu’il ne voudrait jamais rentrer au loft.
- Rick, viens, il faut qu’on se repose un peu.
Il releva ses yeux rougis vers moi, il avait pleuré silencieusement comme s’il ne voulait pas me transmettre sa peine.
- Non, je ne veux pas rentrer.
Sa voix était éraillé mais forte, peut-être plus qu’il ne l’aurait voulu, d’ailleurs il s’en excusa immédiatement.
- Tu n’as pas à t’excuser, je comprends ton désappointement. On ne va pas rentre mais le canapé de la salle de pause est assez confortable pour s’y reposer un moment.
Je refermais je dossier que j’épluchais précédemment, me levais et le pris par la main. Il n’opposa aucune résistance et pour le court trajet, il me saisit par la taille, j’en fis de même en calant ma tête contre son épaule. Sa carrure imposante me rassurait, même si aujourd’hui c’était lui que je devais rassurer, sa présence m’apaisait.
Il se laissa tomber lourdement dans le confortable canapé et enfouit son visage dans ses mains. J’entrepris de nous faire deux cafés, décaféinés, comme nous voulions nous reposer mais la machine ne m’aimait toujours pas et un juron pas très féminin s’échappa de ma bouche ce qui fit se redresser mon écrivain.
- Laisse je vais les faire.
- Des décas, ce serait mieux.
Il s’y affaira autour de l’appareil et en deux temps trois mouvements, le breuvage chaud m’était servi.
- Merci.
Il se rassit à mes côtés et déposa un doux baiser sur ma tempe.
- Merci à toi d’être là.
Nos regards s’accrochèrent, ma tendresse rencontra sa peine et tenta de l’alléger. Il nous enveloppa de la couverture, je me blottis contre son torse.
- Je sais que ce ne sera pas facile mais essaye de dormir un peu. Articulais-je dans un bâillement.
- Je vais essayer, mais toi aussi.
Deux corps enlacés, deux êtres abattus sombrèrent dans l’abysse d’une nuit triste et froide.
CHAPITRE 35 : ALEXIS
ALEXIS
Ce soir j’avais rendez-vous avec un beau jeune homme brun, Nathan devait me rejoindre devant le campus pour une soirée au cinéma et un petit resto en amoureux, elle était si attentionné envers moi, je me demandais ce que j’avais fait pour mériter un si adorable petit ami. Je sortais de ma chambre impatiente de le retrouver. Arrivée à notre habituel lieu de rendez-vous, il n’était pas encore là, je regardais ma montre, j’avais cinq minutes d’avance, il n’allait pas tarder, je sortais mon IPhone pour voir s’il ne m’avait pas envoyé de message mais constatant que ce n’était pas le cas, je le remettais dans mon sac à main. Au loin je devinais sa grande silhouette, il était grand, beau, bien bâti…..mes yeux glissèrent sur son corps parfait et mes mains étaient impatientes de serrer ce corps chaud et rassurant. Je levais le bras pour lui faire signe mais tout à coup tout bascula.
Je n’avais rien vu venir, alors que je saluais au loin Nathan avec qui j’avais rendez-vous, des hommes m’avaient attrapée et mis un truc sur la tête me plongeant dans le noir total, ils m’avaient soulevée et jetée assez brutalement à l’arrière de ce que j’avais deviné être un bus de livraison ou un van. J’avais crié, je m’étais débattue comme une diablesse dans une vaine tentative de me libérer, tout s’était déroulé si vite que personne n’avait pu m’aider. La dernière chose que j’avais vu c’était Nathan, son regard pétrifié lorsque ces hommes m’avaient emmenée, il courait dans notre direction mais en vain, il n’avait pu nous rattraper. J’entends encore ses appels, il hurlait mon nom la peur au fond de la gorge étranglait sa belle voix. Moi aussi je mourais de peur en ce moment, j’étais seule, assise au fond du van, sur ce qui me semblait une bâche, j’avais les mains attachées dans le dos et ne pouvais rien voir. Affolée, je les questionnais sans cesse.
- Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
Mais comme à chaque fois, aucune réponse. Aucun mot n’avait été échangé entre les ravisseurs, deux d’entre eux étaient toujours à l’arrière avec moi, un à côté de moi et l’autre en face, comme nous roulions assez vite, je les sentais me télescoper lorsque le chauffeur abordait les virages un peu trop vite.
Je réussi enfin à calmer mon pouls, je ne devais pas paniquer, essayer de mémoriser les bruits, les carrefours étaient trop nombreux pour que je m’en souvienne alors je me concentrais sur les sons. Des voitures, des cloches, peut-être une église. Soudain un des ravisseurs ordonna au chauffeur de s’arrêter sur la droite. La peur de mourir envahit tout mon être et silencieusement je laissais échapper quelques larmes qui se métamorphosèrent en torrent salé dévalant mes joues, finissant leur course au bout de mon menton avant de tremper le sac qui couvrait mon visage. J’allais mourir dans peu de temps, je sentais ma dernière heure approcher.
Le van sauta en franchissant ce que je supposais être une bordure ou un trottoir et dérapa avant de s’immobiliser, le chauffeur et un occupant descendirent, j’entendis du bruit de ferraille, de la tôle qui plie et qui grince les unes contre les autres. La porte arrière du van se referma dans un claquement et des voix énervées arrivèrent à mes oreilles. Un des homme était contrarié, je ne comprenais pas tout ce qu’ils se disaient mais il était question de la cigarette que le chauffeur avait jeté sur place. Avec les moyens de recherche actuels, un simple mégot pouvait leur être fatal, le chauffeur avait été négligeant en la balançant par la fenêtre ce qui avait rendu l’autre homme furieux. Soudain de cris de supplique, il criait qu’il ne l’avait pas fait exprès et que cela ne se reproduirait plus « Non pitié ne me tue pas » et un coup de feu retentit dans la nuit. Je sursautais en attendant la détonation et me recroquevillais sur moi-même, me faisant aussi petite que possible. L’angoisse qu’ils puissent me tuer ici maintenant s’immisça au plus profond de mes entrailles et mes larmes ruisselèrent de plus belle.
Le van redémarra, dans un crissement de pneus. L’homme qui se tenait toujours derrière avec moi questionna le chauffeur.
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
- On suit le plan initial, on va à la planque.
Le véhicule roula encore environ 10 minutes, la circulation devenait moins importante et les sons me parvenant étaient moins fort, plus lointain mais un nouveau bruit captiva mon ouïe, une corne de brume, celle que l’on trouve sur les bateau, nous devions être proche de l’East river ou de Harlem river nous nous dirigions vers le nord et c’était les plus proches étendue d’eau ou naviguaient des navires de fret. Mes jambes commençaient à me faire souffrir, j’étais à genoux appuyée contre la paroi du van, il fallait que j’étire mes jambes. Je bougeais lentement essayant de passer inaperçu mais en vain, le ravisseur m’attrapa le bras en m’ordonnant de rester tranquille.
- J’ai mal aux jambes, il faut que je les déplie.
Il lâcha mon bras et poussa la bâche pour que je puisse m’étendre.
Je ne savais plus depuis combien de temps nous roulions, j’avais perdu toute notion du temps à l’arrière de ce van. Mes pensées allèrent vers mon père que j’aimais tant, je l’avais vu souffrir de mon emménagement sur le campus mais il l’avait accepté, il avait été génial. J’angoissais pour lui, qu’allait-il devenir, nous avions une relation quasi fusionnelle sachant quand l’autre n’allait pas bien, il devinait lorsque j’avais un chagrin d’amour ou au contraire lorsque j’avais un nouveau petit ami. Il avait eu l’air d’apprécier Nathan, notre repas s’était super bien passé et il n’avait même pas fait de blagues douteuses. Je pense que Kate devait y être pour quelque chose car depuis qu’ils étaient en couple, il avait changé. Je repris un peu espoir en pensant à Kate, elle était le meilleur flic de New-York, si quelqu’un pouvait me sortir de ce mauvais pas c’était bien elle, je devais donc m’accrocher, ne pas me laisser abattre. Alors que nous ralentissions, un sifflement strident résonna au loin, un train, c’était un train qui freinait, nous étions proche d’une voie de chemin de fer, peut-être même d’une gare. Le van s’arrêta et ils me firent sortir sans trop me maltraiter, j’avais un homme de chaque côté et ils m’emmenèrent dans ce qui sembla un entrepôt d’après le bruit de nos pas qui résonnait. Un grincement de porte métallique, un des ravisseur me détacha les mains et me poussa à l’intérieur, j’ôtais ma cagoule et découvrais mon lieu de détention.
J’étais dans une petite pièce très sombre, pas de fenêtre mais un filet de lumière filtrait à travers les murs de briques anciennes dont les joints n’étaient plus tout jeunes. Mes yeux s’habituèrent à la pénombre et je pouvais distinguer un vieux lit en métal couvert d’un tout aussi vieux matelas en paille, au plafond une ampoule pendait simplement reliée aux fils électrique mais elle n’était pas allumée. Bien sûr ils m’avaient délesté de mon sac et vidé mes poches, donc pas moyen d’appeler à l’aide, je refermais mon manteau et mettais le capuchon essayant de me protéger du froid au maximum. Je faisais le tour de la pièce, qui ne devait pas faire plus de trois mètre sur deux, en passant mes mains sur les murs cherchant…………je ne savais pas ce que je cherchais mais je devais découvrir ma prison, peut-être que je trouverais quelque chose qui pourrait m’aider.
Ayant fait plusieurs fois le tour de la pièce, et n’ayant rien trouvé à part un bidon en métal, je fini par me laisser tomber assise sur le lit qui grinça bruyamment. Je m’adossais à la tête de lit et repliais mes jambes, posant le menton sur mes genoux. Le sentiment de peur refit son apparition au fond de mon cœur, des images de gens que j’aimaient dansèrent devant mes yeux, mon père et ses fous rire lors de nos balades au parc, nos soirées pyjamas devant un film Star Wars, grand-mère euphorique à la fin d’une de ses pièce de théâtre et Kate, nos discussions entre filles, je me surpris à penser à elle plus tôt qu’à ma mère. Ma mère avec qui je m’entendais bien mais qui n’avait jamais été là pour moi, les seul fois ou je la voyais c’était lorsqu’elle tournait un film dans les environs ou qu’elle faisait escale à New-York dans ses tournée de promotion. Kate, depuis qu’elle fréquentait mon père, avait été plus souvent présente pour moi que ne l’avait jamais été Meredith. Et Nathan, dans quel état était-il ? Nous nous fréquentions depuis deux mois et il avait déjà subit la rencontre avec mon père et maintenant ça, il m’avait vu me faire enlever sans pouvoir intervenir, il devait culpabiliser un max. Un frisson parcouru mon corps de la tête aux pieds ce qui me sorti de mes pensées, nous étions en décembre et cette pièce était, avec ses trous dans les murs, très froide. Je me levais et tapais contre la porte pour me faire entendre.
- Hé, vous m’entendez, j’ai froid, et faim.
Aucune réponse, même pas un bruit. Alors je réitérais mes appels espérant que quelqu’un m’entende. J’avais appris lors d’une conférence d’un ancien des force d’intervention à l’université que d’établir un contact avec les ravisseur permettait de savoir s’ils voulaient vraiment faire du mal aux victimes, ou s’ils avaient besoin de les garder en vie. J’espérais être dans la deuxième catégorie alors je retentais le coup et criais de nouveau à mes ravisseurs. Il m’avait semblé entendre un bruit mais cinq minutes plus tard toujours aucune visite. Je repris ma position initiale essayant de garder ma chaleur sous mon manteau mais la fraicheur des murs commençait à traverser mes différentes couches d’habits, je soufflais sur mes mains pour tenter de les réchauffer mais le froid reprenait le dessus très rapidement. Soudain, alors que ne m’y attendais plus, la porte s’ouvrit brusquement sur un de mes ravisseurs toujours cagoulés. De peur, je m’étais levée du lit, croisant mes bras sur ma poitrine. Il alluma la lumière, ce qui me fit plisser les yeux devant cette soudaine luminosité.
- Recule contre le mur.
- D’accord mais ne me faites pas de mal.
J’obéis aussitôt, il déposa deux vielles couvertures militaire ainsi qu’un sandwich et une bouteille d’eau puis ressortis tout aussi vite qu’il était entré en éteignant la lumière. Je n’avais pas osé le regarder dans les yeux, j’avais détaillé ses habits, bottes en cuir, pantalon noir, sa veste militaire était entre-ouverte et j’avais aperçut un tatouage dans son cou, il m’avait semblé voir un animal à corne entouré d’une lettre, peut-être un O ou un D je ne l’avais pas bien vu. Je me saisis des couvertures et m’emmitouflais du mieux que je pouvais. Installée sur ce vieux matelas, je savourais ce simple sandwich, ne gaspillant aucune miette. Ces couvertures n’était pas de prime jeunesse mais elles avaient l’avantage d’être grandes ce qui me permit de me camoufler jusqu’aux pieds. Couchée en boule je repensais aux parole du flic de la conférence, « s’ils vous nourrissent, prennent soin de vous c’est qu’ils veulent vous garder en vie, alors ne brusquez pas les choses, soyez patients.» Je sentais mes paupières se faire de plus en plus lourdes, je ne savais pas depuis combien de temps j’étais là mais la lueur qui filtrait à travers les murs avait disparu plongeant la pièce dans le noir. Je m’installais le mieux possible resserrant les couvertures laissant mon esprit voyager auprès des personnes que j’aimais. La fatigue prit le dessus et je fini par m’endormir.
Ma nuit fût peuplée de cauchemar, de rêve ou plutôt de souvenirs heureux, les Noël passés avec papa et grand-mère, quand j’étais petite, il tenait le rôle de maman, de papa et de grand frère. J’adorais mon père, vous me direz qu’avec sa fortune c’était facile d’être un bon papa mais non, l’argent ne fait pas tout, il m’avait inculqué la valeur de l’argent, si je voulais quelque chose je devais le mériter ou le gagner. Il n’avait pas toujours roulé sur l’or, avec grand-mère ils avaient aussi eu des périodes de vaches maigres sans vraiment être démunis mais devant tout de même faire attention. Il tenait aussi le rôle de maman, il me soignait lorsque j’étais malade, me dorlotait, me câlinait, je sentais qu’il essayait de me faire oublier que ma mère ne se souciait aucunement de moi et il y parvenait très bien, je n’ai jamais ressentis le manque d’une présence féminine à la maison, grand-mère y était peut-être pour quelque chose. Et le rôle de frère lorsque nous empoignons nos sabres laser pour un duel à la Dark vador ou au parc quand il ne pouvait s’empêcher de se rouler dans l’herbe cherchant par tous les moyens à me faire rire, et il y réussissait superbement. J’adore mon père. C’est mon meilleur ami.
Je sursautais en entendant le grincement de la porte en métal de ma cellule et me levais prestement. Le même ravisseur cagoulé que la veille mit la lumière et s’avança d’un pas.
- Recule.
J’obéis sans broncher.
- Bien dormi ? me demanda-t-il ?
- Pas trop, j’aurais mieux aimé être dans mon lit.
Il déposa parterre un plateau.
Je levais les yeux vers lui pour la première fois.
- Merci.
Il sortit, claqua la porte mais n’éteignit pas la lumière. Je me jetais sur le plateau garni d’un gros morceau de pain, d’une pomme et d’une tasse de café bon chaud, j’en appréciais la chaleur me brulant la langue au premier contact mais ça faisait tellement de bien. Le pain fût aussi le bienvenu car à part le sandwich la veille je n’avais rien mangé. Je tenais encore la tasse vide profitant de sa chaleur pour me réchauffer les mains et gardais la pomme pour plus tard, on ne sait jamais. Cet homme n’avait pas l’air si cruel, enfin si puisqu’il m’avait enlevé, mais il prenait soin de moi, deux couvertures, un sandwich, le plateau de ce matin et il m’avait même demandé si j’avais bien dormi. Deux coups frappé contre la porte de firent tressaillir et l’homme cria de derrière la porte.
- Si tu as fini de manger pose le plateau devant la porte tape un coup contre et recule jusqu’au mur.
Je m’exécutais rapidement, il été « gentil » avec moi, ce n’était pas le moment de l’énerver. Je frappais un coup contre la porte et reculais comme il me l’avait demandé. Il ouvrit la porte me fixa, baissa les yeux sur le plateau vide et les releva de nouveau dans ma direction.
- C’est bien.
- Vous pouvez laisser la lumière ?
Il ne répondit pas et referma violemment la porte, au moins j’avais essayé, mais je fus surprise de voir la lumière rester allumée.
- Merci. Dis-je assez fort pour que peut-être il m’entende.
Quelques minutes plus tard, un bruit de moteur résonna dans l’entrepôt. L’angoisse crispa mon estomac, je mis une main sur ma bouche pour étouffer un sanglot ou était-ce un cri mais rien ne sortis. Tout à coup la porte s’ouvrit et cette fois trois hommes dont les visages étaient toujours couverts par des cagoules entrèrent dans ma cellule.
- Alors c’est elle Alexis Castle ? demanda le plus grand des trois.
- Oui c’est moi, que me voulez-vous ?
- Oh de vous rien mademoiselle, mais de votre père plein de chose.
Ils quittèrent la pièce en rigolant comme des saoulards me laissant encore seule, abandonnée à mon triste sort. Je m’approchais de la porte, ils discutaient de l’autre côté, leur chef devait passer un coup de fil, mais à qui ? À mon père ? Une demande de rançon ? Je les entendis se rapprocher de la porte alors je m’empressais de reculer comme d’habitude. Ils entrèrent les trois, celui que je supposais être le chef me tendit un téléphone alors que les deux autres me tenaient en joue avec leur armes.
- Fait attention à ce que tu dis.
Je pris le téléphone priant pour que ce soit papa. Je devais vite trouver comment lui faire passer un indice sur ma position.
- Allo !
- Mon Dieu Alexis que je suis content de t’entendre. Comment tu vas ?
- Oh moi aussi papa. Je vais bien mais tu me manque. Qu’es ce que je donnerais pour pouvoir jouer avec toi au crocodile sous le sapin de Noël et pouvoir le décorer avec l’ange que j’avais fait lorsque j’avais six ans.
- Moi aussi chérie, ne t’en ….
- Ça suffit maintenant. Cria l’homme en m’arrachant l’appareil des mains.
Ils quittèrent la pièce faisant claquer la porte. La discussion avait été brève mais m’avait redonné du courage. Restais plus qu’à espérer qu’il ait compris le message et qu’il puisse indiquer à Kate ou me chercher. La théorie de la rançon devenait plus que sérieuse.
CHAPITRE 36 : LE BRONX ?
RICK
Une douleur dans la nuque me sortit de mon cauchemar, j’ouvris timidement les yeux et essayais de bouger pour détendre ma nuque mais un poids contre mon épaule me bloqua, tournant mon visage, je découvris Kate endormie contre mon torse et soudain les évènements de la veille ressurgirent. Ce n’était pas un cauchemar, Alexis avait bel et bien été enlevée, nous étions venus nous reposer ici et la fatigue avait finalement eu raison de nos corps. Ma montre indiquait six heures trente, trois heures de sommeil, nous devions nous remettre au travail. Je poussais légèrement Kate qui émergea rapidement de ses songes. Elle se redressa et m’embrassa tendrement.
- Bonjour toi, as-tu pu dormir un peu ? demanda-t-elle, sa voix encore endormie.
- Oui. Mais il faut qu’on se remette au boulot, j’ai peur pour Alexis. Quand je me suis réveillé, j’ai cru que ce n’était qu’un mauvais rêve mais lorsque j’ai vu ou nous étions, la réalité m’est revenue et…. J’ai peur Kate, et si on ne la retrouvait pas ?
Soudain vers les ascenseurs, une agitation inhabituelle de si bonne heure attira notre attention. Je lui emboitais le pas alors qu’elle sortait précipitamment de la salle pour voir ce qui se passait et elle faillit bousculer Montgomery qui lui aussi avait aperçu les nouveaux arrivants. Des agents du FBI firent leur apparition amenant avec eux du matériel hyper sophistiqué. Le capitaine vit le visage de ma coéquipière se crisper et amorça la discussion au moment où Esposito et Ryan arrivèrent.
- Lieutenant Beckett, le bureau du FBI est d’accord de collaborer avec le 12ème sur cette enquête et j’ai accepté…
Elle dévisageait son chef, son regard en disait long sur son irritation ….
- ……..à condition que monsieur Castle reste sur le coup. Compléta Roy.
Soulagée mais à la fois énervée d’avoir perdu un temps précieux pour régler ce petit différent, elle sera la main de l’agent spécial responsable de de l’équipe. Il leur indiqua la salle de réunion pour qu’ils puissent établir leur QG. Kate rassembla nos dossiers et les ramena sur son bureau. Une fois tout le monde installé et le matériel en fonction, l’agent Jordan Shaw se présenta ainsi que son équipe, l’agent Avry, Richmond le génie de l’informatique ainsi que d’autres agents de terrain. Ils avaient installé tout leur matériel, des ordinateurs, des traceurs, mais le plus intéressant était l’énorme tableau tactile d’un mètre sur trois, s’il cela avait été pour une autre enquête je me serais extasié devant ces super joujoux comme un gamin la veille de Noël mais l’image d’Alexis terrifiée me remis les idées en place.
Un uniforme tendit un dossier à Kate qui l’étudia rapidement.
- C’est l’analyse ADN de la cigarette, il s’agit d’un certain Donald Sault, 32 ans, condamné pour homicide involontaire et mis en liberté conditionnelle en 2005 et il vit dans le Bronx. Espo et Ryan allez le chercher.
Je regardais Shaw qui acquiesça et proposa qu’un de ses homme les accompagne.
Alors que les trois flics filaient arrêter Donald, le technicien mis mes téléphones sur écoute en cas de demande de rançon et m’indiqua d’attendre son ordre avant de décrocher en cas d’appel même s’il s’agissait d’appels avec l’identifiant affiché. Ils nous exposèrent ensuite leur plan, Kate leur fournis le peu d’information que nous avions, les bandes des vidéos de surveillance ou l’on y voyait le van et ils lancèrent la recherche du van gris sur toutes les caméras de la ville à l’heure du rapt. Il y avait du bon à travailler avec le FBI, même si les relations étaient souvent très tendues entre ces bureaux, leur aide et surtout leur matériel ultra perfectionné pouvait être d’une grande utilité. Nous étions tous concentrés sur les écrans lorsque je vis le van sur un écran et le fit remarquer bruyamment. En effet, on y voyait le véhicule emprunter le boulevard Broadway puis tourner sur la 123ème rue, la caméra suivante le repéra sur le boulevard Malcolm X alors qu’il bifurquait sur la 128ème rue.
- Richmond ne le perd pas de vue et reconstitue leur parcours. Ordonna Shaw
Soudain mon téléphone sonna ce qui stoppa tout le monde dans leur tâche, heureusement que j’avais changé la sonnerie, celle-ci était plus discrète que Sex bomb. Je pris mon IPhone et montrais le nom affiché, Bob, le maire avait dû avoir vent de l’enlèvement. Richmond me fit signe de décrocher et lorsque j’eu confirmé que c’était bien lui au bout du fil, je sortis pour lui parler plus au calme mais je ne voulais pas m’étendre car le FBI était sur le point de partir à la recherche du van. Après avoir discuté brièvement avec Bob, je le remerciais de son appel et lui promettais de le tenir au courant de l’affaire, bien qu’étant le maire, il était au courant de tout avant tout le monde mais là c’était en tant qu’ami qu’il s’intéressait à l’enquête. Je mis fin à l’appel et rejoignis les gars dans la salle alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le poste.
L’agent Shaw fini son explication puis elle se retourna vers moi.
- Vous venez avec nous Mr Castle mais vous obéirez à mes ordres? Et à la moindre entourloupe vous rentrez au poste. Me suis-je bien fait comprendre ?
J’acquiesçais d’un signe de tête, Shaw avait été si catégorique que je n’essayais même pas de rouspéter.
Deux voitures du FBI se faufilaient toutes sirènes hurlantes dans les rues de la grande pomme. Avec Kate, nous avions pris place dans un des SUV noirs avec l’agent Jordan Shaw. Ce petit bout de femme menait son équipe d’une main de fer, elle savait être ferme et se faire respecter pas ses hommes, elle me rappelait un peu Kate et ses équipiers. De la place arrière j’entendis Richmond indiquer que le van avait fait un arrêt de quelques minutes sous un pont d’autoroute mais que la caméra était positionnée de l’autre côté du carrefour et qu’on ne on ne pouvait pas voir ce qui s’était passé, elle nous conduit vers l’emplacement indiqué. Le téléphone de Beckett sonna, elle s’empressa de répondre.
- Beckett.
-……..
- Ok Espo, restez en planque au cas où il reviendrait chez lui….
Elle raccrocha dépitée.
- C’était Espo, l’appartement de Donald est vide, aucun signe de lui. Un voisin l’a vu sortir hier après-midi et depuis plus rien.
- Nous on va continuer à suivre le trajet du van et voir ou cela nous mène. On arrive à l’endroit où il a fait un arrêt de 5 minutes, là-bas, dessous le pont.
Shaw gara son véhicule sur le bas-côté. À peine sorti de l’habitacle, le doute sur la raison de leur arrêt s’envola, un corps d’homme gisait derrière un container. Alors que Shaw appelait la scientifique, je m’approchais du corps avec Kate. Le visage de la victime nous était familier.
- C’est Donald Sault, le chauffeur. Annonça ma partenaire.
- Kate, j’ai peur, s’ils sont capable de tuer leur complice, je n’ose imaginer ce qui pourrait advenir d’Alexis, en plus la connaissant elle doit leur mener la vie dure.
- Non Rick, ne pense pas au pire, ils se sont débarrassé de lui à cause de la cigarette, ils savaient qu’on allait remonter jusqu’à lui.
- D’accord, tu as sans doute raison.
- Comme toujours !
Elle s’approcha et pris ma main dans la sienne imprimant une légère pression qui ressembla à une caresse tant elle était douce et tendre.
- Je vais appeler Espoito, plus besoin de surveiller son appartement.
Elle s’éloigna pour passer son coup de fil et alors que j’allais remonter en voiture, des traces attirèrent mon attention. Je m’accroupis et découvrais de magnifique empreintes de bottes. Je fis signe à Shaw qui s’avança précautionneusement, essayant de ne rien contaminer.
- Bien joué Castle, de belles empreintes bien nettes. La scientifique arrive, elle va pouvoir en faire un moulage.
À peine eu-t-elle fini sa phrase que le fourgon arriva. Elle donna les ordres aux flics et retourna vers la voiture. Nous continuâmes notre route sous les directives de Richmond qui réussissait superbement à tracer le van à travers les rues, ils se dirigeaient vers le Willis Bridge.
- Ils ont pris la direction du Bronx. Précisa Beckett.
- Kate, il n’y a pas beaucoup de caméras dans le Bronx, comment on va faire pour les retrouver ?
Mon inquiétude grandissait sérieusement, un nœud de la taille du Texas se noua dans mes viscères et une nausée serra ma gorge. Je mis ma main devant ma bouche pour étouffer mon envie de vomir et surtout pour me retenir de crier ma peine.
- Monsieur Castle s’il n’y a plus de caméra on trouvera un autre moyen, le FBI a d’autres dispositifs de recherches.
Un peu rassuré, je me calais confortablement dans le siège, appuyant mon front contre la vitre froide du SUV. Les images de la ville défilaient devant mes yeux mais je ne les voyais pas, mon esprit errait, j’essayais d’imaginer ma petite fille toute seule aux mains de ses ravisseurs. Qui étaient-ils, que voulaient-ils ? Je n’avais pas eu d’appel de leur part, pas de demande de rançon. Je m’inquiétais aussi pour ma mère et pour Nathan.
- Kate, je dois appeler ma mère, que vais-je lui dire ?
- Dis-lui la vérité, tu sais très bien qu’elle sent quand tu mens.
Je pris mon téléphone et appuyais sur la touche 3 du raccourci. Elle répondit à la première sonnerie, son inquiétude s’entendait dans sa voix.
- Richard, enfin, nous étions morts d’inquiétude. Vous l’avez retrouvée ?
- Non mère, pas encore. Nous suivons son parcours sur les caméras de surveillance et pour l’instant ça nous conduit dans le Bronx.
- Oh mon Dieu le Bronx, ce n’est pas bon signe.
- Mère, le FBI est sur l’enquête, on va la retrouver.
- Je prie pour qu’elle rentre saine et sauve.
- Est-ce que Nathan est toujours avec toi ?
- Oui, il est là, tu veux lui parler.
- Oui, passe le moi.
Je me faisais du souci pour ce jeune homme, nous venions juste de faire connaissance quelques semaines plus tôt et déjà il se retrouvait dans l’action de la famille Castle. Il avait vu Alexis se faire enlever et il se sentait coupable de ne rien avoir pu faire. Je voulais m’assurer qu’il allait bien.
- Bonjour Rick.
- Bonjour Nathan, comment te sent-tu ?
- Ca va mais je me sens tellement inutile, je ne peux rien faire pour vous aider ?
- Tu nous as bien aidés avec les détails que tu as pu donner à la police. Et là ce que tu fais pour moi n’as pas de prix.
- Mais je ne fais rien.
- Si, tu es présent pour ma mère, et pour moi ça compte plus que des actes aussi héroïques sont-ils.
- ……….
Pas de réponse.
- Tu es toujours là ?
- Oui, désolé.
- Nathan, pourrais-je encore te demander de rester avec ma mère ?
- Oui bien sûr, pas de problème. Mais tenez nous au courant.
- D’accord. Merci.
Je raccrochais soulagé de savoir que mère n’était pas seule. Elle aussi se faisait du mouron, elle avait élevé son fils toute seule, avait vu grandir sa petite fille depuis le premier jour et elles entretenaient une relation fusionnelle, à certaine période j’en étais presque jaloux.
- Alors, comment vont-ils ? demanda ma petite amie inquiète.
- Bien, enfin….s’il est possible qu’on aille bien dans ces cas-là.
Jetant un œil sur le paysage, je vis les immeubles délabrés et les maisons abandonnées. Nous étions arrivés dans les quartiers les moins accueillants du Bronx. Cette vision me donna la chair de poule, tout était gris, terne, si triste.
- On est où ?
- On est sur la 149ème rue, on va arriver dans la zone des dépôts, des usines.
- Une zone qui n’est pas couverte par les caméras.
- Je vous l’ai déjà dit, on a d’autres moyens à disposition si les vidéos ne suffisent plus.
C’est alors que le grésillement de la radio de l’agent Shaw se fit entendre.
- Désolé Agent Shaw, la piste s’arrête à l’angle de la 149ème et d’Austin, on les voit aller tout droit sur environ cent mètres et après plus rien, il n’y a plus de caméra.
- Ok, on fait un tour du quartier ensuite on rentre.
- Quoi, comment ça on rentre ? Il n’en est pas question. M’affolais-je.
Kate se tourna vers moi essayant de me calmer de ses paroles rassurantes. Bien sûr je savais qu’elle avait raison mais en faisant demi-tour j’avais l’impression d’abandonner ma petite fille. Kate senti aussitôt le malaise.
- Rick on ne l’abandonne pas. On rentre au poste et on reviendra encore plus fort.
Je le savais, elle a toujours raison.
Au poste les hommes fouillaient toujours les dossiers de nos enquêtes pour éventuellement trouver une piste. Quelque chose pour nous mettre sur la piste des ravisseurs. Je m’appuyais contre le bureau de Kate détaillant le tableau blanc ou de nouvelles photos étaient venues combler les espaces. Kate me rejoignit, me prit tendrement la main, caressant de son pouce le dos de celle-ci apaisant quelque peu mon angoisse.
- On va la retrouver.
Soudain mon téléphone sonna dans la poche de mon jeans. Je me précipitais dans la salle de réunion ou le technicien était déjà à l’œuvre pour essayer de tracer l’appel. Il me fit signe de la tête me permettant de décrocher. Mes doigts tremblants trouvèrent enfin la bonne touche et d’une voix mal assurée je répondais.
- Castle.
Une voix déformée, certainement par un brouilleur devant le combiné, commença à parler.
- Monsieur Castle, j’ai votre fille, si vous voulez la revoir vivante préparez dix millions de dollars en billet usagés, c’est compris ?
- Oui oui c’est compris mais je veux être sûr qu’elle va bien.
- Vous croyez être en position de marchander ?
- Non, mais si vous voulez votre argent, faites-moi entendre sa voix. Mon cœur s’emballa à l’idée qu’il puisse raccrocher.
Seul le silence me répondit, je commençais à croire qu’il n’avait pas aimé ma requête mais un bruit de tôle résonna dans l’écouteur. Richmond me fit signe de continuer à parler le plus longtemps possible.
- Allo !
La voix d’Alexis parvint à mes oreilles comme une délivrance.
- Mon Dieu Alexis que je suis content de t’entendre. Comment tu vas ?
- Oh moi aussi papa. Je vais bien mais tu me manque.
- Ils te traitent bien ?
- Oui, ils ne m’ont pas fait de mal mais qu’est-ce que je donnerais pour pouvoir jouer avec toi au crocodile sous le sapin de Noël et pouvoir le décorer avec l’ange que j’avais fait lorsque j’avais six ans.
- Moi aussi chérie, ne t’en ………
- Ca suffit comme ça. Vous avez la preuve qu’elle est en vie alors maintenant à vous de jouer. Je vous recontacte dans trois heures pour le lieu de l’échange.
Puis il raccrocha. Je regardais le technicien qui ne souriait pas.
- Alors ? Demandais-je inquiet.
- On l’a eu assez longtemps mais il a utilisé un brouilleur de fréquence.
- Et ? Questionna Kate.
- Et ça veut dire que je peux juste réduire le champ de recherche. L’appel à transité par ces deux antennes, ça veut dire qu’il a été passé depuis cette zone, il nous montra un large cercle d’une dizaine de quartier, si j’avais eu une troisième antenne j’aurai pu être plus précis. Désolé.
Shaw posa sa main sur son épaule et l’incita à continuer ses recherches dans les quartiers cités. Puis elle vint vers moi.
- Monsieur Castle, pouvez-vous rassembler la somme ?
- Oui, pas de problème, je vais contacter mon banquier.
Je m’éloignais dans la salle de repos et respirais un bon coup, mes mains tremblaient, ma tête tournait. Je m’assis sur le canapé ou nous nous étions reposé quelques heures plus tôt avec ma détective et sortit mon téléphone pour passer mon coup de fil. Le financier ne me posa pas trop de question et m’affirma que tout serait prêt dans deux heures. Kate entra à son tour et ferma la porte derrière elle. Elle prit une chaise et s’assis en face de moi me caressant tendrement la main.
- Ça va ?
- Oui ça va, mais ………..
- Mais ?
- Je repense à ce qu’Alexis m’a dit au téléphone tout à l’heure.
- Quoi, qu’est-ce qu’elle a dit ?
- Elle a dit « Qu’est-ce que je donnerais pour pouvoir jouer avec toi au crocodile sous le sapin de Noël et pouvoir le décorer avec l’ange que j’avais fait lorsque j’avais six ans. » c’est un indice j’en suis sûr.
- Comment peux-tu en être sûr ?
- Pourquoi me parlerait-elle d’un crocodile sous l’arbre ?
- C’est vrai que c’est étrange !
- Non tu ne comprends pas, le crocodile c’est le nom d’une locomotive, un train.
- Elle est près d’une voie de chemin de fer !
- Elle est près d’une voie de chemin de fer !
Nous avions exprimé cette trouvaille en même temps ce qui nous fit sourire. Je me précipitais vers Shaw pour lui faire part de notre découverte.
- Dans cette Zone de recherche y a-t-il une gare ou des voies de chemin de fer ?
Toutes les têtes se tournèrent, nous questionnant du regard. Sans attendre les questions je précisais notre réflexion.
- Au téléphone elle a parlé de « crocodile sous le sapin », c’est comme ça que s’appelaient les anciennes locomotives, et je mets toujours un train autour du sapin de Noël.
Richmond tapa sur son clavier et le cercle de recherche diminua.
- Oui. Il y a une gare marchandise, pas très loin de l’endroit où vous étiez ce matin.
- Et elle a aussi parlé de « l’ange » est-ce qu’il y a un truc avec un ange comme logo ou dans le nom ? demanda Kate
Il chercha mais rien en rapport avec un ange. L’agent Shaw s’approcha de l’écran géant ou était projeté les informations.
- Il y a des magasins et d’autres commerces sur Oak point Avenue, renseignez-vous s’ils ont des systèmes de surveillance vidéo qui filment l’extérieur.
L’informaticien se mit tout de suite au boulot. Il sortit la liste des commerces de cette rue puis chacun prit son téléphone et appela les enseignes les unes après les autres.
Je sortis de la salle de réunion un moment, ma tête tournait toujours, je m’assis à la place de Kate, croisais mes bras sur le bureau et posais ma tête, la sensation de vertige se calma alors qu’une douce odeur de café chatouilla mes narines. Je relevais la tête pour découvrir une tasse brulante que me tendait ma petite amie. Un léger sourire sur ses lèvres, juste un encouragement, une façon de dire qu’on va y arriver. Sur son bureau était posé la déposition de Nathan, je la réétudiais cherchant ce qui avait pu m’échapper, une phrase m’interpella « la plaque cachée par de la boue rouge ». Je retournais précipitamment dans la salle de réunion suivie de près par Kate.
- Rick, qu’est-ce qu’il y a ?
- Richmond, y a-t-il une usine qui emploie de l’argile dans cette zone ?
Il pianota sur son clavier et un point rouge apparut. Au même moment l’agent Avry confirma mon idée.
- Agent Shaw, l’entreprise de distribution Frito Lay a installé de caméra extérieure il y a un mois et ils nous ont envoyés les vidéos. Ils sont au 1101 sur Oak Street et on y voit passer le van gris hier cinquante minutes après l’enlèvement. Il a tourné à droite dans ce qui semble être une ancienne fabrique artisanale et ce matin peu avant la demande de rançon, une voiture noir est arrivée et aucun des deux n’a bougé depuis.
- On les tient, c’est la fabrique d’objets en argile. C’est là qu’ils se cachent.
Kate se retourna vers moi, un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres. Son soutiens était primordial à mes yeux, je voulais faire ma vie avec cette femme et la voir me réconforter, pas seulement par son travail, me chamboulait. Mais aussi son implication envers Alexis, elle m’avait même apprit qu’elles s’étaient vue pour boire un verre à plusieurs occasions pour discuter entre filles. Je poussais un soupir de soulagement lui rendant son sourire.
Les agents du FBI organisèrent l’opération de récupération et tout le monde se mit en route, moi y comprit, après avoir promis à Shaw que j’obéirais aux ordres quels qu’ils soient. Une heure plus tard tout le monde était en position. Les caméras thermiques montraient bien une personne isolée au fond du hangar, certainement Alexis, deux hommes gardaient la porte d’entrée et deux autres individus à l’intérieur à une dizaine de mètres de la personne seule. Shaw me fixa sévèrement.
- Je pense que ça ne sert à rien que je vous dise de rester dans la voiture.
- ?!?!?!
- Alors vous collez aux basques de l’agent Avry et du lieutenant Beckett et pas d’imprudence. OK ?
- OK !
Une minute plus tard, les hommes montant la garde étaient maitrisés et étaient emmenés menottés sans que les individus de l’intérieur ne soupçonnent quoi que ce soit. Je me tenais derrière Kate qui s’occupait de la porte latérale, celle qui était la plus proche de la cellule d’Alexis. Le Go fut donné par Shaw et Avry défonça la porte, Kate tira et blessa un des ravisseurs qui tirait dans notre direction alors que l’autre ripostait et se faisait toucher par l’autre groupe d’intervention. Aussitôt les hommes entravés et le calme revenu, je tendais l’oreille et me précipitais vers la pièce ou était retenue prisonnière ma fille imité par Kate. Mes mains tremblaient tellement qu’elle dû prendre le relais pour déverrouiller le verrou. La porte s’ouvrit à la volée et là le plus beau cadeau de Noël se tenait debout contre le mur enroulé dans une épaisse couverture. Son visage effrayé laissa la place à une mine réjouie qui devait refléter ma propre image. Elle se jeta dans mes bras lâchant des larmes de joie, de soulagement. Je la serais très fort contre mon cœur trop heureux du dénouement de cette journée. Elle sortit sa tête de mon cou et par-dessus mon épaule vit Kate qui attendait toujours sur le seuil de la porte. Elle quitta mon étreinte et se réfugia dans ses bras. Kate enlaça tendrement ma fille, dans ses yeux pouvaient se lire son soulagement et une larme roula sur sa joue, signe qu’une forte amitié liait ces deux jeunes femmes ce qui faisait de moi l’homme le plus heureux du monde.
CHAPITRE 37 : Comment va-t-elle ?
KATE
J’avais avertis Martha et Nathan qui décidèrent de venir au loft pour accueillir Alexis, je les savais impatients de la revoir alors je ne perdis pas de temps.
Nous étions rentrés au poste, Alexis avait accepté de faire sa déposition immédiatement pour pouvoir ensuite rentrer chez nous en tenter de se remettre de sa mésaventure. L’agent Shaw m’avait accompagnée alors que Rick soutenait sa fille lors de son récit. Elle se souvenait de tout : Le chef du gang des Démons avait voulu se venger de Rick et de l’arrestation de ses meneurs lors du meurtre du jeune Jérémy, il avait planifié cet enlèvement avec ses sbires en espérant ramasser un paquet d’argent, ce qui aurait pu aboutir si leur chauffeur n’avait pas été si négligeant. A la fin de sa déposition, Alexis remercia chaleureusement Jordan et alla s’assoir sur la chaise qu’occupait habituellement mon équipier à côté de mon bureau. Son père la regarda sortir de la pièce, son soulagement se lisait sur son visage, dans ses yeux, il avait retrouvé sa petite fille, son bonheur me réchauffa le cœur. Tout s’était bien terminé, pas de grabuge, seulement deux ravisseurs blessés mais ils seront en état de répondre de leurs actes devant le juge.
- Agent Shaw, je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour nous.
- Monsieur Castle je n’ai fait que mon boulot et je suis heureuse d’avoir pu vous rendre votre fille saine et sauve.
Elle lui tendit la main qu’il s’empressa de serrer chaleureusement allant même jusqu’à lui déposer un baiser sur la joue ce qui surpris l’agent mais elle ne recula pas et accepta cette marque de reconnaissance. Ils sourirent tous les deux puis il alla rejoindre sa fille à mon bureau.
- Lieutenant Beckett, j’ai été très heureuse de vous rencontrer ainsi que votre équipe. Monsieur Castle est un cas mais ne le laissez pas partir, il vous sera toujours utile et dévoué.
Je souris timidement et sentis mes joues s’empourprer.
- Ne rougissez pas, vous faites un duo d’enfer et je plains quiconque voudra se mettre en travers de votre chemin.
- Merci agent Shaw, j’espère que la prochaine fois nous nous reverrons dans des circonstances plus heureuses.
La porte de la salle de repos s’ouvrit et la tête d’Avry y apparut. Il annonça à Shaw qu’ils avaient fini de remballer le matériel et qu’ils n’attendaient plus qu’elle. Je lui tendis la main, son sourire fit écho au mien.
- Moi aussi j’ai été heureuse de faire votre connaissance. Au revoir agent Shaw.
- Au revoir lieutenant Beckett.
Je la suivis du regard jusqu’au moment où la porte de l’ascenseur se referma sur elle et son équipe.
Je m’approchais de Rick et d’Alexis, il lui caressait la main essayant de la rassurer comme il pouvait. Il releva la tête en m’entendant arriver vers eux.
- Kate si tu n’as plus besoin de nous, je ramène Alexis au loft…..si ça ne te dérange pas.
- Mais non bien sûr que ça ne me dérange pas. Je finis le rapport et vous rejoint dès que j’ai fini.
Alexis se leva, me pris dans ses bras, je lui rendis son étreinte lui promettant de rentrer le plus vite possible. Ils partirent bras dessus bras dessous, se soutenant l’un et l’autre. Autant Alexis avait besoin d’être assurée que tout était fini autant son père avait besoin de la savoir près de lui en vie et qu’elle allait bien.
Je m’affalais sur ma chaise les coudes sur le bureau, je cachais mon visage au creux de mes mains et poussais un soupir de soulagement. Je ne l’avais pas montré à mon partenaire mais j’avais eu si peur, peur de ne pas y arriver ou bien d’y arriver trop tard. Imaginer Rick retrouver sa petite fille morte avait à plusieurs reprise retourné mes entrailles, mon cœur n’avait jamais battu aussi vite et fort qu’au moment d’ouvrir la porte de cette cellule ne sachant pas ce que nous allions y découvrir. Le radar thermique nous avait bien montré une légère source de chaleur représentant une personne isolée mais rien ne nous prouvait qu’elle fût encore en vie. Lorsque la porte s’était ouverte, la pression et les émotions refoulées tout au long des recherches ressurgirent et mes yeux s’humidifièrent devant le tableau qui s’offrait à mes yeux. Elle s’était jetée au cou de son père s’y accrochant comme un naufragé à son radeau de fortune. Je n’avais pas bougé du seuil, les laissant profiter de leurs retrouvailles, après un gros câlin à son père elle ouvrit les yeux et m’aperçut, elle embrassa son père et vint se jeter dans mes bras, aucun mot échangé, juste un soupir, ses sanglots et une larme qui dévala ma joue. Rick s’était approché et de ses grands bras nous enlaça toutes les deux.
- Kate ?
Je sortis de mes pensées lorsque Ryan m’apporta le rapport d’interrogatoire des kidnappeurs.
- Oui ?
- Tu vas bien ?
- Oui, ça va bien maintenant qu’Alexis est rentrée.
- Tu devrais aussi toi aussi rentrer, va les retrouver.
- Je dois encore lire le rapport d’interrogatoire.
- Il ne va pas s’envoler. De toute façon ils ont tout avoué, on a plus qu’à les transférer à la prison d’état.
À ce moment-là, le capitaine sortit de son bureau et s’approcha de nous.
- Beckett que faites-vous encore là ?
- Ben heu, je finis de remplir le rapport.
- Ryan et Espo s’en chargeront. Rentrez chez vous.
Espo arriva à son tour.
- Oui boss on s’occupe de la paperasse.
Je lui tendis mon rapport et me levais pour rentrer chez moi retrouver ma famille.
- Et tant que vous y êtes Beckett, prenez votre journée demain, Alexis va avoir besoin vous et de Castle.
J’accueilli avec plaisir cette nouvelle.
- Merci capitaine, merci les gars.
Puis je me dirigeais vers l’ascenseur d’un pas rapide, un uniforme me voyant arriver retint la porte avant qu’elle ne referme complètement et je quittais le poste pressée de retrouver mon homme et sa fille.
En entrant dans le loft je découvris une énorme banderole avec écrit « Bienvenue Alexis ». Il y avait Martha, Nathan, Rick et Alexis, ils étaient tous installés au salon savourant les retrouvailles. Lorsqu’elle me vit entrer, Alexis se leva et se jeta dans mes bras, son accueil me fit fondre et je dû retenir les larmes qui menaçaient de me monter aux yeux. Je resserrais mon étreinte autour de ce corps frêle et lui caressais tendrement le dos. Une fois l’émotion passée, elle me chuchota à l’oreille.
- Merci Kate.
Comme simple réponse j’accentuais mon câlin comme si j’avais besoin de la sentir en vie pour me rassurer. Elle s’écarta de moi, m’aida à enlever ma veste et me prit par la main pour me guider vers le salon ou tout le monde nous avait observé. Alexis s’installa sur le canapé à côté de son père et me fit signe de m’assoir à côté d’elle, je regardais Nathan qui me fit comprendre avec son sourire qu’il avait eu droit à des retrouvailles en bonne et due forme et que c’était à mon tour maintenant donc je ne me fis pas prier et rejoignais le canapé. Une fois assise, elle vint se blottir contre mon épaule mais gardant toujours la main de son père dans la sienne.
Le silence était présent dans ce loft. Mais pas un silence pesant, triste ou gênant non, un silence apaisant mais qui voulait dire tellement. Alexis était toujours calée contre mon épaule, la pression sur mon bras se fît plus forte signe que sa fatigue prenait le dessus sur l’envie de rester parmi nous, ma joue appuyée contre le sommet de sa tête, je déposais un baiser dans ses cheveux.
Nous étions tous perdu dans nos pensées lorsqu’un grognement se fît entendre, tous les regards se tournèrent vers la jeune fille qui ouvrit subitement les yeux et un éclat de rire général résonna dans l’appartement pourtant si paisible auparavant. La nervosité et la tension engrangée ces derniers jours s’envola comme par magie dans ce concert de rire.
- Bon, je crois qu’il est l’heure de me mettre derrière les fourneaux. Dit Rick en se levant.
Lorsqu’il eut calmé son fou rire, Nathan se leva et se dirigea aussi vers la cuisine.
- Je peux vous aider Rick ?
Mon homme se tourna étonné de cette proposition.
- Heu…
- J’aime bien cuisiner alors je voudrais bien vous aider.
- Ok, avec plaisir. On va voir ce qu’on a au frigo.
Ils se consultèrent devant les ingrédients qui s’offraient à eux et nous proposèrent un émincé de volaille au paprika, un riz pilaf et une salade verte. Ce qui fut approuvé par l’ensemble des convives, c’est-à-dire nous les femmes du loft.
Martha toute débordante d’énergie comme à son habitude se leva en tapant dans les mains.
- Et nous les femmes de la maison, nous allons faire une table de fête pour mettre un peu de couleur et fêter la vie.
Je me levais à mon tour en entrainant Alexis avec moi, elle secouait la tête de droite à gauche mais un sourire se dessina sur son visage signe que sa fatigue était déjà un lointain souvenir.
Je laissais la jeune fille et sa grand-mère choisir les couleurs de la fête et me dirigeais vers la stéréo cherchant un CD qui complèterait cette ambiance festive. Sur l’étagère, les discs étaient parfaitement rangé et mon choix fût rapidement fait, nous étions à une semaine de Noël alors quoi de mieux pour égayer cette soirée que des chants de Noël. Je lançais la lecture et une mélodie entrainante de WHAM, Last Christmas répandit ses notes dans ce foyer qui ne demandait qu’à célébrer la vie comme le disait si bien Martha.
La vision qui s’offrait à mes yeux quand je me retournais me réchauffa le cœur. Les hommes en cuisine qui bougeaient au rythme de la musique tout en se démenant pour nous concocter un délicieux repas et les deux rouquines qui fredonnaient en recouvrant la table d’une magnifique nappe violette. L’image d’une famille heureuse comme je l’avais souvent rêvée. Je me joignis à elles pour dresser une belle table colorée, festive.
- Kate si tu as fini avec la table, pourrais-tu t’occuper de la salade ?
- Mais bien sûr mon cœur.
Son visage se figea à l’entente de ce petit nom. Je lui souris et en lui passant derrière, lui mis la main aux fesses ce qui le surpris davantage que le petit surnom.
- Détective Beckett, quelle audace ! Et en publique en plus !
Je m’étonnais moi-même d’oser ces gestes en présence de sa famille ce qui me fit monter le rouge aux joues. Heureusement que je leurs tournais le dos et qu’ils ne pouvaient voir ma réaction. J’étais devant l‘évier pour laver la salade lorsque je sentis deux grands bras m’encercler et des mains se glisser sous mon pull pour caresser mon ventre. Son souffle chaud dans mon cou me fit frissonner et quand il m’embrassa derrière l’oreille, juste à l’endroit qui habituellement me faisait perdre mes moyen, je dû me tenir à l’évier pour ne pas flancher et perdre mon self contrôle.
- Rick, arrête ou je….
- Tu ????
Oh mon Dieu, ses mains chaudes s’aventuraient un peu plus haut et allaient atteindre ma poitrine lorsque la voix de la plus jeune des rouquine nous fit sursauter et nous retourner.
- Non mais vous savez qu’il y a des chambres pour ça.
Rick avait encore une de ses main sur ma peau, mal à l’aise, je la lui ôtais vivement. Nous nous retrouvâmes face à trois visages devenus écarlates à force de se retenir de rire devant l’air bougon de Rick. Finalement tout le monde éclata de rire devant le comique de la situation, un père prit en flagrant délit de flirt par sa fille, et pas l’inverse.
Une fois qu’on eût tous reprit notre souffle, le repas fut servi et apprécié à sa juste valeur tellement nous avions faim, ces derniers jours nous avions juste grignoté sur le pouce. Rick servit le vin et les sodas puis porta un toast :
- A notre Famille, puissions-nous toujours être unis comme ce soir. Merci mère de nous avoir soutenus dans cette épreuve, merci Nathan d’avoir chaperonné ma mère pendant ces deux jours.
- Richard !…. Fit Martha offusquée de cette remarque.
Il prit tendrement ma main dessinant des cercles sur le dessus, ces caresses m’apaisèrent, je me sentais si bien dans ce foyer, je n’avais plus ressentis ça depuis des années, en fait, depuis que j’avais tragiquement perdu ma mère, je ne fêtais plus Noël. Mon père se retirait dans son chalet et moi je travaillais, ainsi je permettais aux officiers qui avaient des familles de passer de bon moments avec les leur alors que moi je faisais ce que je savais faire de mieux, être flic.
- ……..Merci Kate d’avoir tout mis en œuvre pour retrouver ma princesse. Je t’aime Alexis.
La jeune fille se leva et vint enlacer son père par derrière l’embrassant bruyamment sur la joue.
- Moi aussi je t’aime papa.
Ce moment d’émotion passé, le calme reprit ses droits dans le loft juste bercé par les discussions animées et les mélodies de Noël que la chaine hifi diffusait encore, et c’est sur les notes de Let it snow par Lena Horne que le repas s’acheva. Tout le monde se leva pour débarrasser et en un temps trois mouvements tout fût rangé. Rick prépara quatre cafés et un thé pour Martha puis il nous rejoint.
Nous étions tous installés au salon discutant des fêtes de Noël qui approchaient à grand pas. Alexis avait été autorisée à sécher les deux derniers jours de cours, Nathan s’était proposer de passer voir son professeur et de lui ramener ses cours pour qu’elle ne soit pas trop à la traine à la rentrée. Elle était courageuse, si l’on n’avait pas vécu son enlèvement de l’intérieur, jamais on ne se serait douté de ce qui lui était arrivé tant elle ne laissait rien paraitre. Mais était-ce la solution ? Allait-elle vraiment bien ? Je profitais qu’elle aille ramener les tasses vides pour la rejoindre à la cuisine.
- Alexis est-ce que ça va ?
- Oui ça va, ne t’inquiète pas Kate.
- Je me fais du souci pour toi Alexis, ce que tu viens de vivre ne s’oublie pas comme ça.
- C’est gentil de t’inquiéter mais je te promets que ça va.
- Ok, mais si tu as besoin de parler ou autre chose, promets-moi de venir me voir, je serais toujours là, à n’importe quelle heure.
- D’accord. Merci Kate.
Elle retourna s’assoir sur les genoux de son petit ami. J’en fis de même, mais sur les genoux de Rick, ce qui fit sourire les hommes et la plus âgée des rouquine.
Le CD tournait encore dans la chaine hifi, elle diffusait un air entrainant que tous ensemble nous commencions à fredonner, We wish you a Merry Christmas……..gentiment le volume augmenta et ce qui commença comme un fredonnement fini comme un déchainement de notes, de paroles joyeuses et de gestes désordonnés. We wish you a Merry Christmas and a Happy new year. Un fou rire général emplit le loft ce qui détendit l’atmosphère pourtant déjà bien guillerette.
Martha sonna l’heure du coucher, elle nous embrassa tous et monta pour la nuit. Suivirent Alexis et Nathan sous le regard inquiet de son père. Il se leva, prit ma main.
- Et nous, a-t-on aussi mérité une bonne nuit de sommeil ?
- Oh que oui.
Il m’emmena dans notre chambre et après un rapide passage par la salle de bain, nous nous étions couchés, ma tête au creux de sa poitrine juste ou son cœur battait. Sa main se promenait dans mon dos remontant le long de ma colonne me prodiguant d’exquises caresses qui me firent frémir.
- Tu crois qu’elle va s’en remettre ?
Son inquiétude s’entendait dans sa voix. Comment pouvais-je lui répondre alors que quelques minutes plus tôt j’avais posé la question à Alexis et que je n’étais pas plus avancé que lui, alors j’essayais de le rassurer du mieux que je pouvais.
- Tout ce que je peux te dire c’est qu’elle a de la chance d’être entourée, d’avoir une famille qui l’aime et cela a son importance. Mais il ne faut pas la pousser à parler à tout prix, fait lui savoir que quand elle en ressentira le besoin tu seras là.
- D’accord. Et j’ai vu que tu lui as parlé ce soir dans la cuisine ?
- Oui, je lui ai dit que je serais là aussi si elle voulait parler ou avait besoin de conseil !
Il resserra son étreinte autour de mes épaules, remonta le drap sur nos corps fatigués et puis après un dernier baiser……..le noir total, la noirceur m’emporta pour une nuit parsemée de rêves tous aussi étranges et douloureux les uns que les autres. Je me sentis tirée dans mon sommeil, quelqu’un me tirait par le bras, ou voulait-on m’emmener, tout était flou autour de moi, je ne voyais que du blanc cotonneux, doux. Soudain je sentis qu’on me secouait encore par le bras, ça ne me faisait pas mal, c’était même plutôt doux comme sensation, une voix qui m’était familière accompagnait cette caresse et soudain je me réveillais repensant aux derniers évènements. Ouvrant les yeux, je découvris Alexis à genoux à côté de lit, sa main sur mon bras. M’appelant pour me réveiller.
- Alexis qu’est-ce qu’il y a ?
- Kate, désolée de……. Mais…je………
- Attends, je me lève, on sera mieux au salon pour parler.
J’enfilais mon peignoir et suivis la jeune fille, elle s’installa sur le canapé, sa tête posée sur ses genoux replié devant-elle. Ses yeux étaient rougis, elle avait pleuré. Elle n’avait plus rien dit et avait l’air ailleurs. Je m’assis près d’elle et pris sa main dans la mienne, elle était gelée. Je dépliais une couverture et l’emmitouflais de mon mieux. Ses yeux fixaient un point invisible. Je lui parlais mais rien, pas de réponse, comme si elle était déconnectée de la réalité. Je la pris dans mes bras, lui caressais les cheveux et continuais à lui parler essayant de la ramener à la réalité. Elle se mit à trembler, ses yeux toujours dans le vague fixant je ne s ais quoi. Voyant ses tremblements augmenter, je m’accroupis devant elle toujours en lui parlant mais j’avais saisis son visage entre mes mains et la forçais à me regarder. Je tentais d’accrocher son regard mais elle était absente, son regard était vide, sans larmes, sans émotions. Je me sentais impuissante devant cette jeune fille à qui j’avais promis d’être toujours là. L’angoisse, la peur, dans mon boulot j’étais blindée et pouvais mettre de côté ces sentiments mais là, avec Alexis dans cet état, je ne savais plus quoi faire.
hello,
merci pour les commentaires toujours très appréciés.
ce chapitre est différent des autres, je l'avais écris d'une traite et c'était la première fois que ça m'arrivait, je suis peut-être plus inspirée pas Alexis ??? je ne sais pas mais j'espère qu'il vous plaira....
bonne lecture.
CHAPITRE 38 : ………….cœur
ALEXIS
Quatre murs en pierres, une porte métallique et le froid, j’avais froid, ce froid qui vous transperce et vous glace le corps comme si vous n’étiez qu’un simple bout de chair sans vie.
Le noir, la noirceur de la pièce. L’obscurité dans laquelle j’étais plongée depuis mon arrivée. Ce n’était pas le noir total mais mélangée avec mon angoisse grandissante, cette noirceur ne me laissait espérer autre chose qu’un sombre destin.
Des tremblements. Mes tremblements que je ne pouvais contrôler. Était-ce le froid, l’adrénaline ? Je n’aurais su le dire mais je tremblais intérieurement comme extérieurement.
J’avais peur. Peur de tout, d’un bruit, de mon ombre, même s’il n’y avait que très peu de lumière. Peur des voix que j’entendais de l’autre côté de la porte, peur de mourir sans avoir revu les gens que j’aime. Alors je fermais les yeux très forts en pensant à eux.
Ceux que j’aime, ceux que j’aime tant. Non. Je ne pouvais pas me laisser aller. Je voulais les revoir, les serrer dans mes bras, leur dire que je les aime. Non. Je ne pouvais décemment pas les laisser.
Une chaleur, une douce chaleur comme si on m’avait couverte. Ça me faisait du bien, j’avais l’impression que l’on s’occupait de moi. Je sentis mes yeux s’humidifier.
Une voix, une voix que je connaissais. Un timbre doux, chaleureux, rassurant, je me sentais mieux. J’étais en vie.
Des mots, des mots prononcés par cette voix. Des mots que j’entendais à peine comme s’ils venaient d’un autre monde, de très loin. Venait-on me chercher ? M’avait-on retrouvée ? J’allais enfin être libérée de ce cauchemar, de cette cellule froide, glauque, lugubre.
Des bras, des bras prodiguant des caresses. Des bras qui me dorlotaient tendrement, comme une mère le ferait avec sa fille. Ça ne pouvait pas être ma mère car elle n’était pas capable de gestes tendres comme ça, elle n’avait jamais su. Ces bras se resserrèrent autour de moi, me protégeant, me réchauffant.
Des mains, des mains attentives, elles glissaient dans mon dos dans d’agréables effleurements. Des mains qui frôlèrent mon visage, qui glissèrent lentement dans mes cheveux.
Une peau, une peau soyeuse. Une peau émouvante contre ma joue et un parfum, son parfum. Papa m’avait souvent parlé de son parfum de cerise qui l’avait fait succomber lors de leur rencontre.
Ses mots sensibles prononcés pour moi, pour me sortir de ma torpeur, de ma fragilité. En ouvrant lentement les yeux, je constatais que j’étais dans le salon du loft, recroquevillée sur le canapé dans les bras de Kate qui me parlait doucement. Depuis combien de temps étions-nous là ? Je ne me souvenais même pas être sortie de ma chambre. Comment suis-je arrivée là ?
C’était elle, tout ce que j’avais ressentis, ces gestes, ces paroles, ces sentiments, son amour. Elle m’avait permis de laisser derrière moi cette horreur et de retrouver le calme, la paix. Alors gentiment je passais mes bras autour de ce corps rassurant qui avait su me faire revenir de mon enfer et la serrais contre moi. Un soupir de soulagement, puis elle s’écarta gentiment de moi en prenant mon visage en coupe dans ses mains. Ses yeux brillaient, l’émotion sans doute, et une larme coula sur sa joue, je l’interceptais en cour de route. Ma voix éraillée ne me permit pas un grand discours.
- Merci Kate.
Elle me reprit dans ses bras cajoleurs.
- Oh Alexis j’ai eu si peur !
- Je suis désolée, je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais même pas comment je suis arrivé au salon.
- Tu ne te souviens pas être venue me réveiller, dans ma chambre ?
- Non. Je suis désolée de t’avoir réveillée.
- Arrête de t’excuser, je t’avais dit que tu pouvais venir me voir à n’importe qu’elle heure.
Un long frisson me parcourut de la tête au pied ce qui me fit trembler.
- Tu as froid ? Je vais te faire un thé.
- Heu……
- Oui, quoi ?
- Est-ce que ça t’embêterais de me faire un chocolat chaud s’il te plait ?
- Va pour deux chocolats chauds.
Je resserrais la couverture sur mes épaules et la suivais à la cuisine m’installant au bar.
Elle s’affairait à préparer nos boissons, son aisance à évoluer dans la cuisine me fit sourire. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour prendre ses marques au loft, elle évoluait comme si elle avait toujours vécu ici, parfaitement à l’aise. Kate me tendit une tasse de chocolat chaud et mon sourire s’agrandit encore en voyant les deux marchmalows qui flottaient à la surface.
- C’est comme ça que ma mère me le préparait quand j’étais malade.
- Papa me le faisait aussi quand j’étais petite.
Un silence envahit la pièce, une sensation bizarre noua mon estomac. Je voulais savoir ce qui s’était passé ce soir mais n’osais aborder le sujet. Sentant le malaise, Kate écourta le silence.
- Qu’elle est ton dernier souvenir de cette soirée ?
Je bu une gorgée du délicieux cacao et cherchais à me rappeler.
- Heum….. Avec Nathan on est monté se coucher, je me suis endormie comme une masse assez rapidement et je me vois descendre les escaliers m’ais c’est assez flou….
- Après tu es venue dans la chambre me réveiller, je t’ai proposé d’aller au salon pour discuter. Quand je t’ai rejoint tu étais en boule sur le canapé, ton corps était là mais ton esprit lui était ailleurs. Je ne sais pas où ?
Elle me raconta dans quel état elle m’avait trouvée, que pendant une demi-heure elle m’avait parlé pour essayer de me faire réagir, plus elle racontait, plus je reconnaissais les sensations que j’avais eues pendant mon absence. C’était elle, la couverture, sa voix, ses mots, ses bras, ses mains, ce n’était pas juste des sensations. C’était ses gestes, ses paroles qui m’avaient sortis de ma transe.
- Je me souviens, j’ai fait un cauchemar, j’étais dans la cellule, j’avais froid et peur. Je pense que c’est à ce moment-là que je suis descendue car à partir de là je me suis sentie mieux.
- Oui, tu tremblais quand je t’ai rejoint au salon alors je t’ai couverte.
Je tentais de retenir un bâillement car j’avais peur de remonter dans ma chambre, même si je savais qu’il y avait Nathan, je ne voulais pas y retourner. Kate s’aperçut que la fatigue me gagnait et m’incita à retourner me coucher.
- Tu tombes de sommeil, tu devrais remonter te coucher.
- Non. Je n’ai pas envie.
- D’accord alors viens.
Elle finit sa tasse et m’indiqua le canapé pendant qu’elle se dirigeait vers sa chambre. En attendant je m’assis resserrant la couverture sur mes épaules. Elle avait certainement senti ma peur de retourner dans ma chambre, je pensais qu’elle allait allumer la télé et qu’on se regarderait un film ou autre chose. Kate se démenait pour moi depuis tout à l’heure et je me sentis gênée de l’empêcher d’aller se coucher auprès de mon père. Ils avaient passés les deux derniers jours à me rechercher activement et connaissant ces deux zigotos, ils n’avaient pas dû beaucoup dormir ou peut-être quelques heures au bureau.
Kate réapparut quelques secondes plus tard avec un oreiller, une couette et un petit truc étrange qu’elle alla mettre chauffer dans le four micro-onde.
- Kate, tu devrais aller te recoucher, tu dois aussi être fatiguée.
Je la suivais du regard intriguée par son petit manège.
- Ne t’en fait pas, je ne travaille pas demain, on pourra faire la grasse matinée et se reposer toute la journée.
J’étais soulagée de savoir qu’elle n’irait pas travailler demain, elle aussi avait besoin de se retaper. La cloche du micro-onde tinta et elle revint vers moi me tendant un petit coussin brun de la forme d’un nounours et je fus étonnée de sentir une agréable chaleur s’en dégager.
- Qu’est-ce que c’est ? Demandais-je intriguée.
- C’est un coussin de noyaux de cerises, c’est idéale comme bouillotte. Une minute au micro-onde et il te tient chaud pour deux heures environ.
- C’est génial, ça te viens d’où ?
- De ma mère, elle les fabriquait elle-même. Elle récupérait les noyaux dans une distillerie, les lavait, les séchait et ensuite elle cousait des petits coussins comme celui-ci ou avec des formes différentes, des ronds, des allongés. Celui-là c’est le mien, regarde derrière.
Je tournais le nounours et découvris le nom Katie brodé de fils jaune.
- Katie ?
- Oui, c’est comme ça que mes parents aimaient m’appeler et il n’y a qu’eux qui m’appelaient ainsi.
Kate alluma la petite lampe posée sur la table basse et s’installa dans l’angle du canapé, elle posa l’oreiller sur ses jambes et me fit signe de me coucher contre elle. Je lui tendis la couverture, qu’elle étala sur elle, tandis que je prenais la couette et me couchais confortablement contre sa cuisse serrant ma bouillotte sur mon ventre, cette douce chaleur se rependit lentement et je commençais à m’apaiser. Je la sentis s’installer plus confortablement et éteindre la lumière. Sa main recouvrit mon épaule et je ne pus m’abstenir de prendre sa main dans la mienne.
- Merci Kate.
- Je serais toujours là pour toi ma puce.
- Kate ?
- Tu veux bien me raconter vos recherches pour me retrouver ?
Après un moment de réflexion, elle se lança.
- Tout a commencé ici, au loft. Ton père et moi nous étions….. heu comment dire heumm…
- Oui ?
- Heu, nous…..heu…. étions ici au loft et.
- Oui, ça tu l’as déjà dit et ???……………… oh non, vous alliez profiter de votre soirée en amoureux et ………..
- Non, heuu oui enfin bref, nous étions ici………contre la porte d’entrée, (dit tout doucement mais Alexis rigola quand même) lorsque Nathan a appelé ton père. On est allé sur les lieux et l’agent du FBI chargé de l’enquête voulait nous évincé de l’enquête lorsqu’il a appris que tu étais sa fille.
- Ben, il connaissant mal papa.
- Oui et il l’a appris à ses dépens, il a été remplacé. On est rentré au poste et Torry a visionné les caméras de surveillance. On a pu suivre le van un temps mais ensuite on l’a perdu. Et c’est là que, officiellement, le FBI est intervenu avec l’agent Shaw, Rick a pu se joindre à l’enquête tout en promettant à Jordan d’obéir à ses ordres et ça jeune fille, vu le regard qu’elle lui lança…
- Pire que ton regard qui tue ?
Kate éclata de rire.
- Oh oui, pire que le mien et il valait mieux qu’il obéisse. Bref avec la déposition de Nathan, les caméras de surveillance, le mégot de cigarette du chauffeur.
- Ah, c’est pour ça qu’ils se sont débarrassés de lui ?
Kate, tout au long de son récit, ne m’avait pas lâché la main, elle la caressait de son pouce. Ce geste bien qu’anodin pour certain me faisait le plus grand bien, il fît disparaitre les dernières tensions qui colonisait mon corps meurtri.
- Oui, avec son ADN et l’aide du FBI, on a pu remonter jusqu’à lui mais on l’a trouvé trop tard. Et puis entretemps, Martha et Nathan ont cohabités.
- Hein ?
- Oui, ton père a demandé s’il était d’accord de rester avec elle, il ne voulait pas qu’elle soit seule et ton petit ami a accepté sans hésiter. Bon heu, j’en étais où ?
- L’aide du FBI pour retrouver le chauffeur.
- Ah oui. Et ils avaient amené plein de nouvelles technologies ce qui facilita grandement les recherches mais le plus important. Ce qui nous a été le plus utiles tu sais ce que c’est ?
- Non.
- Le coup de fil que tu as eu avec ton père. C’est ça qui a tout déclenché, Rick regroupait ses souvenirs, le crocodile donc un train à proximité, l’ange en argile et en plus une caméra avait repéré le van dans le Bronx donc à partir de là tout s’est enchainé très vite.
La voix si douce de Kate m’avait tranquillisée, ses mains m’avaient rassurées, comme lors de mon absence mais les mots, le son de sa voix devenaient de plus en plus lointains. Je sentais mon esprit se voiler et mes paupières devenir lourdes. Je voyageais à présent dans les voutes célestes telle une nymphe flottant sur des nuages cotonneux. Je me sentais si bien blottie contre ma maman de cœur. Maman de cœur ? Ça lui va si bien et c’est ce qu’elle représente, une mère….pour mon cœur, pour moi.
Ma fin de nuit fût bien plus calme que la première partie. Je m’étais endormie d’un sommeil sain et profond si bien que quand le soleil filtra à travers le rideau, je me sentis sereine, apaisée. C’était comme si Kate avait su, avec ses paroles, vider mon corps et mon esprit de mes tourments.
Je me retournais précautionneusement à plat ventre, me rappelant que nous nous étions installées sur le canapé et qu’elle devait probablement encore dormir. Je pris appuis sur mes coudes, posant mon visage entre mes mains constatant que pour finir elle s’était complètement allongée et que nous avions partagé le même oreiller. Je contemplais ce visage angélique qui me faisait face. Le soleil qui se reflétait dans ses cheveux ébouriffés l’entourait d’un halo de lumière, on aurait dit un ange. Prudemment, je m’avançais pour déposer un baiser sur sa joue. Je ne voulais pas la réveiller, je voulais juste…
- Merci Kate. Chuchotais-je.
Elle soupira et étira ses bras au-dessus de sa tête. Un sourire, déjà, c’était agréable. Se réveiller à côté de quelqu’un qui souriait avant même d’avoir ouvert les yeux promettait une magnifique journée.
- Tu n’as pas à me remercier Alexis, je te l’avais promis, quand tu veux, où tu veux, je serais là. Ok ?
- Ok !
Je m’assis sur le canapé pour regarder l’heure sur la chaine Hifi.
- 9 heures ?
Kate s’installa aussi plus confortablement rejetant sa couverture.
- Je t’avais dit qu’on ferait la grasse mat.
- Ouai mais franchement je ne pensais pas arriver à dormir et encore moins jusqu’à 9 heures.
Je sentis un truc bizarre dans mon dos, je levais la couette et sortis le coussin aux noyaux de cerise qui m’avait réchauffé cette nuit.
- Tiens, je te le rends, merci de me l’avoir prêté, ça m’a vraiment fait du bien.
- Alors tu peux le garder, je te le donne.
- Quoi, non, je ne peux pas, il te vient de ta mère.
- Ca me fait plaisir Alexis, gardes-le.
L’émotion s’empara de mon cœur en repensant à la dernière pensée que j’avais eue avant de m’endormir. Une MAMAN DE CŒUR. Je levais mes yeux devenus humides vers Kate. Son sourire s’estompa et fit place à un visage inquiet. Elle s’approcha de moi et me prit la main comme la veille.
- Hey, qu’est-ce qui ne va pas ?
- C’est juste que ce coussin représente tellement pour toi et……...
- Et je veux te l’offrir, il pourra te réchauffer ou juste te réconforter quand tu en auras besoin.
Je me jetais dans ses bras laissant glisser quelques larmes. Ce n’était pas des larmes de tristesses non, des larmes de soulagement, de joie.
- Tu es une mère pour moi !
Elle se recula et son regard changea, il s’adoucit, se teinta de la couleur de l’affection, ou de l’amour qu’une mère porte à son enfant.
- Hier soir avant de m’endormir j’ai eu des sensations étranges. Tu n’as pas d’enfant mais tu te comportes avec moi comme si j’étais ta fille, tu me parles, me conseille, me soigne….
- Alexis, je………..
- Je t’aime Kate et je voudrais te demander si… heu…
Je triturais mes doigts ne sachant pas trop comment aborder le sujet. J’avais baissé les yeux, cette gêne ne me ressemblait pas, d’habitude je savais exprimer mes sentiments, je disais ce que j’avais à dire sans retenue mais là, je me sentais « petite ». J’avais peur qu’elle ne comprenne pas ma requête ou pire, qu’elle refuse. Elle sentit le malaise, prit ma main dans la sienne et de l’autre releva mon visage vers elle. Ses yeux si inquiet, si compréhensif me mirent en confiance.
- Alexis tu sais que tu peux tout me dire. La seule chose que je te demande c’est de ne pas me forcer à mentir à ton père et ce pour n’importe quel sujet. Ça je ne pourrais pas.
- Je ne te demanderais jamais une chose pareille. Non, là c’est juste que ce que je vais te demander n’est pas très ordinaire. Alors je me lance. KatevoudraistudevenirmamamandeCœur ?
J’avais dit cette phrase d’une traite en retenant ma respiration et maintenant j’étais suspendue à ses lèvres guettant sa réponse. Elle mit sa main devant sa bouche cherchant à cacher son trouble.
- Que…..qu’est-ce que tu as dit ?
Vu sa réaction je voyais très bien qu’elle avait compris ma demande mais je répétais plus lentement cette fois.
- Je t’ai demandé si tu voulais devenir ma maman de Cœur ?
Laissant enfin couler une larme qui dansait au coin de l’œil, elle me prit dans ses bras.
- Oh bien sûr que je le veux Alexis.
Après quelques secondes ou peut-être quelques minutes, je ne saurais dire, je l’embrassais sur la joue et me reculais légèrement, soulagée d’avoir osé, heureuse qu’elle ait acceptée. Nous éclatâmes de rire voyant nos yeux rougis, mais cette fois ils n’étaient pas rouges de tristesse mais bien rouge de bonheur.
- Bon maintenant que le quart d’heure sentimental est fini, si on allait réveiller nos hommes ? Demanda Kate.
- D’accord. Allons-y !
On se levait simultanément et ce qui se profila devant nos yeux nous laissa bouche bée.
CHAPITRE 39 : Retour à la normal
RICK
Je n’avais pas aussi bien dormis depuis longtemps. Une nuit sans cauchemar, auprès de la femme de ma vie, que demander de mieux. Des souvenirs de notre soirée me firent sourire, toute la famille était réunie au salon, racontant des anecdotes, chantant des chants de Noël ou appréciant simplement le silence. Ensuite dans notre lit, Kate m’avait rassuré, c’est vrai qu’Alexis est bien entourée et que si elle ressent le besoin de parler, je serais là, et Kate aussi. C’est sur ses paroles apaisantes que je m’étais endormi serein, heureux.
Je me retournais dans le lit pensant trouver ma belle au bois dormant mais je déchantais vite fait en me retrouvant face à une place vide et froide. Je consultais l’heure, 9h20. Depuis quelle heure était-elle levée ? Je n’avais rien entendu, mais ça c’était normal, j’avais un sommeil plus tôt lourd. Je me levais et enfilais mon peignoir en me dirigeant vers le salon.
Des bribes de conversations parvenaient à mes oreilles, je reconnu les voix de Kate et d’Alexis, je m’approchais doucement, je ne voulais pas les espionner mais j’avais peur de déranger (mais oui c’est ça). Je les observais à travers ma bibliothèque qui constituait le mur de mon bureau et souris en entendant les deux femmes de ma vie parler à cœur ouvert, de ma position j’entendais clairement ce qu’elles se disaient. J’hésitais à les laisser seules dans ce moment d’intimité mais je vis ma fille tortiller ses doigts, signe de gêne chez elle ce qui est très rare. Elle murmura quelque chose que je n’entendis pas alors je me rapprochais et tendis l’oreille. Et là mon cœur gonfla de fierté, oh oui j’étais fière de ma fille, ce qu’elle venait de demander à Kate me laissa sur le cul (façon de parler). Elle avait tout bonnement demandé à Kate d’être sa maman de Cœur. Je m’avançais sur le seuil de mon bureau pour contempler un tableau digne du plus grand peintre que j’ai nommé « l’amour ». Mon regard fut attiré par un mouvement discret sur la gauche du loft, Nathan me fit signe de la main. Il était assis au milieu de l’escalier tout souriant. Il avait certainement assisté à la scène entre nos deux femmes comme moi. Notre contemplation prit fin quand elles se levèrent et s’aperçurent que nous avions partagé ce tendre moment avec elles.
Elles nous dévisagèrent l’un après l’autre, cherchant comment rompre le silence. Kate prit l’initiative et posa LA question.
- Vous êtes là depuis longtemps ?
Nathan me regarda haussant les épaules mais ne répondit rien.
- Si tu veux mon avis, d’après leurs sourires, ça fait assez longtemps. Répondit ma fille.
Je ne pus m’empêcher de sourire d’avantage en m’avançant vers elles. Alexis m’embrassa avant de se jeter dans les bras de son petit ami, j’en fis de même avec ma douce goutant ses lèvres exquises. Le baiser se prolongea et s’approfondis ce nous valut une nouvelle taquinerie de la part d’Alexis.
- Non mais vous savez qu’il y a des chambres pour faire ce genre de choses ?
Nos regards se braquèrent vers le jeune couple que s’esclaffa de rire au même instant. Alexis prit la main de son petit copain et ils grimpèrent à l’étage au pas de course. Je ne voulais pas savoir ce qui allait se passer ensuite alors je me reconcentrais sur la beauté que je tenais toujours entre mes bras.
- Et nous ? Où allons-nous ? Demandais-je, ayant une idée de comment nous allions passer la matinée.
- Toi je ne sais pas mais moi j’ai besoin d’une bonne douche pour dénouer mes muscles endoloris car ton canapé a beau être confortable pour se délasser le soir devant la télé mais pour dormir c’est une autre histoire.
- Quoi ? Parce que tu as dormis au salon ? Ai-je ronflé si fort que ça ?
Elle sourit, me prit la main et m’emmena dans notre chambre, elle s’assit sur le lit et me fit signe de m’assoir auprès d’elle. Oh oh ça ne me disait rien qui vaille, je m’exécutais anxieux de ce qui allait suivre. Elle me raconta sa nuit dans les moindres détails. J’angoissais au fur et à mesure que l’histoire avançait mais Kate avait le don de m’apaiser par ses petits gestes, ses regards. Et là je compris le pourquoi de la demande d’Alexis. Ce qu’avait fait Kate cette nuit était remarquable, non, extraordinaire ! Elle était extra et je ne pouvais qu’approuver le choix de ma fille.
- Kate je heu…. Merci, si tu n’avais pas été là, je ne sais pas si j’aurais été capable de la faire revenir parmi nous.
- Rick, je n’ai rien fait d’extraordinaire, il fallait juste lui parler, lui faire sentir qu’elle était en lieux sûr, la réconforter et ça je suis certaine que tu aurais pu le faire.
Elle m’embrassa puis se dirigea vers la salle de bain ne refermant pas complètement la porte.
Je songeais à tout ce que cette femme avait chamboulé dans ma vie et je me mis à sourire à la vie. En entendant couler l’eau de la douche je me dis qu’avec la nuit qu’elle venait de passer elle méritait un bon massage. Je me déshabillais donc rapidement, entrais discrètement dans la salle de bain.
Sa silhouette élancée se dessinait floue dans la buée que produisait l’eau chaude. Je devinais qu’elle me tournait le dos, une main appuyée contre le carrelage, laissant son corps se délasser au contact de ce liquide si précieux. La douche italienne n’ayant pas de porte à ouvrir, je pu m’y glisser subrepticement. Une fois derrière elle, je réchauffais mes mains quelques peu froides avant de les déposer à la base de sa nuque. Elle ne fût même pas surprise et n’esquissa aucun geste, se laissant aller aux massages que je prodiguais à ses épaules. Je dégageais ses cheveux et embrassais son cou y abandonnant mes lèvres plus que nécessaire. Je me collais à son dos laissant mes doigts cheminer le long de ses bras fins avant d’attraper un flacon. Quelques gouttes de shampooing dans le creux de mes mains et elles débutèrent un massage shiatsu qui avait pour but de détendre ma muse, ce qu’elle sembla apprécier. Je pris la fleur de douche et y versais son gel douche à la cerise. Je débutais la session par ses épaules frêles mais qui certains jours portaient toute la misère du monde. Me décollant légèrement d’elle, je lui massais délicatement le dos descendant jusqu’à ses fesses et remontant devant sur son ventre sculpté puis sur sa poitrine, pour ne pas faire de jaloux, je mis ma deuxième mains à contribution, malaxant délicatement cette partie si attirante de son anatomie. Je délaissais pour un temps cette partie du corps et m’agenouillais, ses cuisses, ses longues jambes fines eurent aussi droit à leur traitement de faveur. Ayant fini ma tâche, je me relevais et me retrouvais face à deux magnifiques yeux gris-vert, leurs éclat semblait me crier un vibrant merci tellement elle avait chérit l’action de mes mains sur son corps. Aucun mots n’avaient été échangé, nous n’avions pas besoin de ça pour communiquer, nos mains, nos corps, nos yeux parlaient pour nous. Elle se déplaça et me poussa gentiment sous le jet. Elle me rendit la pareil, son massage du cuir chevelu fût tout aussi prodigieux que le mien. Puis elle mit mon gel douche sur son éponge et à ce moment-là commença pour moi un délicieux supplice. L’éponge voyageait partout sur mon corps mais le meilleur était que sa deuxième main prenait le même chemin que l’éponge et ça eu pour effet de me tendre de plaisir. Alors lorsqu’elle arriva à cette partie sensible de mon anatomie, elle ne put retenir un gémissement qui fût vite suivit par mes supplique.
- Ne t’attarde pas trop à cet endroit sinon je ne réponds plus de rien.
Comme pour tenter le diable, elle s’appliqua à passer et repasser sa main sur ma virilité qui tolérait de moins de moins cette douce torture. Sans qu’elle n’ait eu le temps de réagir, elle se trouva plaquée contre le carrelage de la douche ce qui lui tira un cri de surprise lorsque son dos rencontra la froideur du mur carrelé.
- Impatiente Mademoiselle Beckett.
Pour toute réponse, elle m'embrassa fougueusement collant nos bassins et se déhanchant outrageusement me faisant grogner de plus belle. Je coupais l'eau de la douche et la soulevais telle une jeune épousée. En chemin, elle attrapa une serviette et s'épongea les cheveux comme elle put avant de faire subir le même sort à ma tignasse. Arrivés dans la chambre je la lâchais sans ménagement sur le lit ce qui la fit rire aux éclats puis me jetais sur elle amortissant la chute avec mes bras pour ne pas l'écraser de mon corps d'athlète. (Je vois vos sourires d'ici, c'est moi qui pense alors je pense ce que je veux)i. Nos lèvres se câlinèrent, nos langues se tournèrent autour. S'en suivit une danse sensuelle, des caresses, des gémissements. Mes mains parcouraient son corps alors que ma bouche glissait gentiment sur son menton, elle pencha la tête m'offrant un meilleur accès à son cou que je couvris de baiser brûlant avant de continuer ma descente vers ses monts et merveilles. Ma langue titilla ses pointes dressées de désirs. Mes caresses se concentrèrent sur une partie érogène qui la fit se cambrer et ainsi rapprocher nos bassins impatients de s'unir. Elle me ceintura de ses longues jambes et me fît basculer sous elle, je ne lui dirais jamais mais j'aimais quand elle prenait les reines de nos ébats. Quand elle me dominait de la sorte, ma vue sur ce corps de déesse fit grandir mon impatience, mes mains empaumèrent sa poitrine alors qu'elle se souleva me guidant en elle. Elle coulissa sur ma longueur d'abord lentement, ma main quitta sa poitrine pour venir trouver son bouton de nerf ce qui lui fit basculer la tête en arrière. Mes doigts s'appliquèrent à lui prodiguer ce plaisir jouissif qui la saisit aussitôt. Elle accéléra la cadence ce qui décupla mon plaisir et entraina ma libération en elle, nous emmenant au porte de l'extase. La jouissance de deux corps fait l'un pour l'autre clôtura cette magnifique matinée. À bout de souffle, je m'allongeais à côté de ma dulcinée qui redescendait gentiment de son altitude de croisière et cherchait a dissiper les brumes de la passion. Notre respiration retrouva un rythme normal, nos cœurs battaient à l'unisson, nos corps enlacés s'alanguirent.
Du bruit me sortit de ma somnolence. Je jetais un œil à mon réveil, midi, la douche avait été délassante, bienfaisante mais longue. Mes yeux se posèrent sur le sublime corps allongé près de moi, couchée sur le dos, elle avait les paupières closes, un léger sourire sur ses lèvres. Mon Dieu qu’elle était belle. Monsieur et Madame Beckett ont vraiment créé une œuvre d’art. Je m’avançais lentement et goutais à la douceur de ses lèvres encore une fois avant que la réalité ne nous rattrape.
- Kate ?
- Hmmm ?
Elle ouvrit ses magnifiques yeux. Absorbé par son regard envoutant j’en avais oublié ce que je voulais lui dire.
- Heu on se lève ?
Quel comble pour un écrivain, perdre ses mots. Elle me dévisagea étonnée de ma réplique.
- D’accord. Je pense que le reste de la maisonnée est réveillé !
- En tout cas il y a quelqu’un à la cuisine, j’ai entendu du bruit.
Pendant qu’elle s’habillait à la salle de bain, j’en fis de même, ouvrant mon dressing, je pris un jeans, un t-shirt noir et un polo à longues manches. En ouvrant les rideaux, j’écarquillais les yeux devant le paysage féérique qui s’offrait à moi.
- Kate viens voir, vite !
Elle déboula de la salle d’eau en courant.
- Qu’est-ce qu’il….
Elle se stoppa net en arrivant à mes côtés. Découvrant la ville de New York recouvert d’un joli manteau blanc. La neige avait enfin fait son apparition et cela me réjouissait tel un gamin qui imagine ses descentes en luge dans les rues pentues de la ville.
- Wah, c’est enfin l’hiver ! M’exclamais-je.
- Ouai ! J’adore l’hiver, je trouve que lorsque la ville est tapissée de blanc, le bruit est amortis, tout est plus calme, sauf les gens, eux c’est le contraire ils sont plus excités.
- En effet tu verras la folie dans les rues, dans les magasins.
- Et au poste ! Et pour rouler en ville, ça va être galère.
Je la pris dans mes bras et l’embrassais tendrement.
- Mais cette année je serais là pour te faire passer de bonnes fêtes.
Elle passa ses bras derrière ma nuque rapprochant nos visages me rendant mon précédent baiser.
C’est bras dessus bras dessous que nous fîmes notre apparition au salon. Ils étaient tous les trois assis autour du bar de la cuisine, mère gesticulait théâtralement comme à son habitue en buvant son thé, Alexis était assise sur les genoux de son petit ami, ils avaient préparé le café et le dégustaient en discutant dans la bonne humeur. Alexis semblait avoir repris le dessus, son sourire et les yeux doux qu’elle lançait à Nathan faisaient plaisir à voir. Oui oui, moi, Richard Castle était heureux de voir ma fille dans les bras d’un jeune homme. Il y a une loi universelle qui dit que tout change donc je peux aussi changer. Ce tableau me réjouissait car nous approchons de Noël et cette période on aime la passer en famille. Alexis nous vit arriver elle me donna un bisou rapide puis et se pressa dans les bras de Kate. Je ne pus retenir mon étonnement.
- Non mais dit donc jeune fille, moi j’ai juste droit à un bisou et Kate elle c’est un câlin,
Elle relâcha immédiatement son étreinte autour des épaules de ma fille et je vis ses yeux se voiler de tristesse. Oh non, quel idiot je fais. Elle avait pris ça au sérieux, je me baffais mentalement d’avoir encore mis le doute dans son esprit. Je les pris toutes les deux dans mes bras rectifiant le tir.
- Je plaisantais Kate, j’adore vous voir comme ça toute les deux.
Son sourire revint, d’abord timide puis plus franc, ce qui me rassura, un peu. Je dois vraiment faire gaffe à ce que je dis car un jour je risque bien de me prendre une balle entre les deux yeux.
Nous étions tous attablé autour d’un délicieux repas chinois que nous avions fait livrer. Discutant de tout et de rien, du retour de Nathan à la fac. Pour les fêtes il rentrera chez lui, ce qui désola Alexis mais elle savait qu’il n’avait pas beaucoup l’occasion de voir ses parents alors elle ne pouvait pas lui en vouloir mais il lui promit de passer la voir avant de repartir dans trois jours et de toute façon il allait venir tous les soirs lui amener ses cours à rattraper.
Après diner, Alexis proposa de le raccompagner au campus. Nathan s’inquiétait de la savoir seule pour rentrer mais elle lui promit de rentrer en taxi directement au loft et de nous appeler si ça n’allait pas. Mère rentra aussi à son appartement se reposer, il lui restait deux jours de répétions avec ses élèves avant de fermer pour les fêtes.
Dans la cuisine, savourant leur boisson favorite, deux amoureux abordaient une de leur discussion silencieuse.
Le regard envoutant de ma bien-aimée m’avait plongé dans une contemplation sans fin, ses yeux m’hypnotisaient, je ne voyais rien d’autre que l’amour qu’elle portait à notre famille. Les évènements de la nuit me revinrent à l’esprit, je sentis la chaleur me monter aux yeux. La peur ? Non, l’émotion emplit mon cœur d’une sensation de bien-être. Une douce caresse sur mon bras me fit redescendre sur terre. Sa main si douce, si compatissante.
- Je t’aime !
Ces mots sortirent du fond du mon cœur, comme un cri de délivrance. Trois petits mots mais qui voulaient dire tellement.
Elle s’avança, posa ses lèvres délicates sur les miennes, juste un doux contact dans lequel elle mit tout son amour, elle n’avait pas besoin de le dire, je le ressentais dans tous ses gestes, toutes ses attentions, tout en elle était amour et bienveillance. Après ce doux baiser, sa main caressa ma joue nous sortant de notre nuage de tendresse.
- Bon, et nous ? Que faisons-nous après-midi. Serais-tu partante pour une balade au parc avec ce temps ?
- Très bonne idée. Musarder au bras de l’homme de ma vie, un programme alléchant.
Mon cœur se gonfla de bonheur, c’était moi, l’homme de sa vie. Moi, le coureur de jupons avait trouvé l’amour, le vrai.
Elle me donna une fessée et partit en courant dans la chambre pour se préparer. J’en fis de-même enfilant un pull plus épais et sortant une veste bien chaude, un bonnet et des gants en laine.
Non loin du loft, dans un parc, un couple d’amoureux flânait bras dessus bras dessous, observait des enfants faisant une bataille de boule de neige, une famille construisait un bonhomme de neige. Un jeune couple enlacé nous salua poliment en nous croisant. Un papa tirant une luge ou avaient pris place ses deux garçons, il fit brusquement un quart de tour et tira sur la corde ce qui envoya les enfants hilares rouler dans les vingt centimètres de neige fraiche. Kate éclata de rire devant cette scène cocasse. Pensait-elle comme moi ? Les flocons tombaient toujours abondamment et ça n’avait pas l’air de vouloir se calmer. En regardant ma petite amie, je ne pus retenir un éclat de rire.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a de drôle ? demanda elle en se tournant.
- Toi, c’est toi qui es drôle.
Devant son air stupéfait je voulais lui dire mais une idée me vint à l’esprit.
- Attend, bouge pas, on va faire un selfie.
Je sortis mon IPhone et mis nos visages côte à côte pour un souvenir impérissable. Une fois le cliché pris, je l’enregistrais et le lui montrais. Elle rigola aussi et épousseta les 5 centimètres de neige qui s’était amoncelé sur son bonnet et formait une petite montagne marrante.
- Ta tête est pas mal non plus.
En effet, je n’y avais pas échappé mais mon tas penchait dangereusement vers la droite et lorsque je voulu le faire tomber, un grand partie de la neige tomba dans ma nuque me faisant crier de surprise. Kate m’aida à enlever le plus gros et ensuite me tapa dans le dos précisant que comme ça ce serait froid moins longtemps ce qui ne me fit pas rire, du moins pas immédiatement. La promenade repris, elle se colla à moi comme nous l’étions avant cet intermède comique. Une musique résonna dans cette belle fin de journée, j’attrapais mon téléphone dans ma poche, le visage souriant d’Alexis apparut, une petite angoisse pinça mon cœur.
- Alexis tout va bien ? Demandais-je sans autre préavis.
CHAPITRE 40 : Couleur et Gaité
RICK
- Oui papa, je voulais justement t’avertir que j’étais rentrée au loft. Et vous, vous êtes où ?
- On se promène au parc.
- Au parc, par ce temps ?
- Oui, on avait envie de se balader mais là il commence à faire froid alors on ne va pas tarder à rentrer.
Kate acquiesça de la tête me faisant comprendre que nous étions déjà à la sortie du parc.
- D’accord, je prépare de bon chocolats chaud pour quand vous arrivez.
- OK, on sera là dans vingt minutes….
Deux amoureux insouciant marchaient dans la rue, regardant les vitrines bien décorées qui annonçaient l’arrivée imminente du père Noël.
En passant devant le stand des sapins de Noël, je ralentis le pas et attirais Kate dans les allées.
- Viens, on va choisir notre sapin.
Elle me sourit tendrement prenant la main que je lui tendais. On avait fait plusieurs allées lorsque nos regards furent attirés dans la même direction.
- Celui-là !
Nous avions prononcés ces mots simultanément, ce qui nous fit sourire. Je l’embrassais tendrement puis hélais le vendeur qui ficela notre acquisition, ce qui facilita notre retour.
Arrivés au loft, une délicieuse note sucrée attira notre odorat. Alexis versait nos boissons chaudes dans de grandes tasses. Une fois débarrassés de nos affaires et de notre sapin, nous nous accoudâmes au bar pour savourer ce chocolat tant attendu. Reposant la tasse je poussais un soupir de plaisir.
- Hm ça fait vraiment du bien après cette balade.
- Qu’est-ce qui vous a pris de sortir par un temps pareil ? Questionna Alexis.
- Ben, on ne voulait pas rester enfermés toute la journée et puis c’est agréable de se balader sous la neige, il ne faisait pas si froid que ça. Répondit ma petite amie.
- Pas si froid, parle pour toi, avec la neige que j’ai pris dans le dos. D’ailleurs en parlant de ça, excusez-moi mesdames, je vais passer des habits secs.
- Pourquoi ? Qu’est-ce que tu as encore fait ? Demanda-t-elle le regard sévère.
- Hey ce n’est pas ma faute, pour une fois j’ai été sage, tiens regarde.
Je sortis mon téléphone et montrais la photo que nous avions faite avec Kate, lui expliquant la fin de l’histoire et le pourquoi de mon dos mouillé.
- Alors maintenant je vais me changer avant d’attraper la mort.
Je repris mon portable et partis dans ma chambre me sécher et passer un pull sec. J’en profitais pour passer un coup de fil important, je voulais surprendre ma petite amie et je ne devais pas attendre trop longtemps au risque que cela tombe à l’eau. quelques minutes plus tard, je raccrochais heureux de la réponse qui venait de m’être donnée.
En revenant au salon, mes deux amours discutaient des fêtes de Noël et de leurs projets respectifs.
- A propos de Noël, il faudrait vraiment qu’on pense à décorer le loft sinon le Père-Noël ne passera pas. Fis-je remarquer en souriant.
- Voyons Rick, à ton âge tu crois encore au père-noël ?
- Kate, tu oublies qu’il n’est pas encore sorti de l’adolescence…. Me taquina ma fille adorée.
- Hey mais vous savez que je suis là ?
Elles éclatèrent de rire, un rire qui devint contagieux et nous laissa tous les trois essoufflés.
- Bon, trêve de plaisanterie, on pourrait commencer maintenant ?
- Mais on n’a pas de sapin ?
Le regard de ma muse croisa le mien et un sourire orna nos visages en repensant au moment du choix du sapin. Nos têtes se tournèrent vers l’entrée ou il était posé. Alexis orienta son regard dans la même direction que nous et le vit à côté de la porte.
- Oh mais vous l’avez déjà acheté !
- Oui, en rentrant de la promenade on a passé devant un stand et on en a profité pour en trouver un. Mais il ne faut pas le laisser trop longtemps dans le filet sinon il n’aura pas une jolie forme. Alors je propose que vous les filles vous déballiez le sapin pendant que je vais chercher les décos.
- Tu n’as pas besoin d’aide pour porter les cartons ?
- Non, ça va aller mon cœur, je vais m’en sortir.
Je déposais un petit baiser sur ses lèvres chocolatées et montais à l’étage. Je dus faire plusieurs voyages pour aller chercher tout ce qui nous fallait pour donner à ce loft les couleurs et la gaité qu’il devait dégager en cette période de fêtes.
À trois le travail avait avancé bien vite, le sapin était posé et décoré de toutes les couleurs sans oublier l’ange en argile d’Alexis, des sourires ses dessinèrent sur nos visages lorsqu’elle l’accrocha à une branche bien en évidence. Le fameux train électrique tiré par sa locomotive crocodile dont les rails sinuaient entre le pied du sapin et les divers bâtiments qui constituaient mon village féérique. Des guirlandes colorées, des couronnes garnies ornaient les murs et la porte d’entrée. Une guirlande de lumières clignotantes faisait tout le tour de l’appartement.
Une fois les cartons rangés, je mis la prise de courant et tout s’illumina, le train entama sa longue cavalcade dans ce petit bruit si significatif en sifflant trois fois et les ampoules scintillèrent de leurs éclats multicolores. Je saisis les deux femmes de ma vie par la taille et admirais notre œuvre déposant un baiser sur leur têtes.
- C’est magnifique, bravo les filles.
Elles se regardèrent et d’un même mouvement m’embrassèrent bruyamment sur la joue. Alexis nous entraina vers la cuisine et nous servis une tasse de chocolat chaud qu’elle avait mis dans le thermos puis elle s’éclipsa dans sa chambre se reposer. Je vis le visage de Kate se voiler. De tristesse ? De fatigue ? Je n’aurais pas su dire. Je pris sa main dans la mienne.
- Quelque chose ne va pas ?
- HMM non non, rien, ça va ne t’en fait pas.
- Kate regarde-moi.
Elle garda son visage baissé sur sa tasse. Mon index sous son menton l’obligea à relever ses yeux vers moi, c’était de la tristesse que je pouvais lire au fond de ses yeux.
- Tu sais que tu peux tout me dire, je vois bien que quelque chose te préoccupe.
- Ben en fait oui, c’est à cause des fêtes.
Je croyais que tout allais bien pour elle à l’approche de Noël mais sa remarque me noua l’estomac. Qu’est-ce qui pouvait bien la chambouler à ce point ? Ça devait être important puisqu’elle hésitait même à m’en parler. D’un geste de tête je l’incitais à poursuivre sa réflexion.
- C’est que d’habitude………
La conversation fût interrompue par la sonnerie de son téléphone, elle me montra l’image de Ryan qui s’affichait sur l’écran.
- Je dois répondre, c’est surement pour le boulot.
Elle s’isola dans le bureau alors que j’étais toujours perdu dans l’énigme de son changement d’attitude envers les fêtes. Elle ressortit du bureau et se dirigea vers le porte manteau pour prendre sa veste et revint vers moi.
- Je suis désolée, je dois aller au bureau…
- Un meurtre ?
- Non, le capitaine veut me voir ce soir, je ne sais pas ce qu’il me veut mais je vais essayer de ne pas faire long, promis.
- OK. On reprendra notre discussion plus tard.
Elle m’embrassa amoureusement puis se dirigea vers la sortie me laissant seul avec mes interrogations. Pourquoi ce changement ? Elle avait l’air impatiente de fêter Noël avec nous. Alors pourquoi ce revirement ? Alexis me sortit de ma réflexion en passant ses bras autour de mon cou.
- Kate est sortie ?
- Oui, elle a dû aller au poste voir son chef.
- Ah bon. En tout cas, je suis heureuse qu’elle passe les fêtes avec nous. On ressemble de plus en plus à une vraie famille.
Soudain la lumière se fit dans mon esprit. Par cette simple observation, ma fille venait de répondre à mes questions. Kate ne savait certainement pas comment me dire que d’habitude elle passait Noël avec son père et qu’elle ne voulait pas le laisser seul.
Alexis était remontée à l’étage, j’étais donc seul en bas. Je pris mon téléphone et recomposait le numéro de Jim. Il décrocha après seulement deux sonneries.
- Jim Beckett.
- Oui Jim, c’est encore Richard……………………
Cinq minutes après je raccrochais fière de mon coup. Je mis un peu de musique et commençais à préparer le repas lorsqu’Alexis arriva à la cuisine. Elle m’aida dans la réalisation du diner. Des pâtes avec une sauce tomates relevée et une salade. Mon IPhone émis un bip annonçant un message. Je m’essuyais les mains et déverrouillais l’écran, le sourire de ma belle apparut. Le message disait qu’elle partait du poste et qu’elle serait là dans un quart d’heure. Alexis regarda par-dessus mon épaule.
- C’est ta chérie, elle s’ennuie de toi ?
- HA HA HA…
J’écrivis que nous l’attendions pour manger et envoyais le message accompagné d’un cœur. Au même moment le téléphone d’Alexis fît entendre une petite mélodie. Elle s’en saisit et souris lorsqu’elle vit l’identifiant. Je me penchais sur son épaule et lui rendit sa taquinerie.
- C’est ton amoureux, il s’ennuie déjà de toi ?
- Très drôle.
Elle s’assit au bar et lui répondit immédiatement puis reposa son téléphone. Je m’installais à ses côtés, elle été pensive, certainement perdue dans les bras d’un beau brun mais elle me surprit par une question inattendue.
- Papa, que penses-tu de Nathan ?
- Heummm, il est sympa.
- Papa, tu te souviens lorsque tu nous as demandé à grand-mère et à moi ce qu’on pensait réellement de Kate, tu voulais une réponse franche et honnête. Alors que penses-tu vraiment de lui ?
Je poussais un long soupir tout en réfléchissant à la réponse.
- Tu sais ma puce, tu es la prunelle de mes yeux, la chair de ma chair. Je t’ai vu naître, je t’ai élevée, vu grandir, un peu trop vite à mon goût, tu es devenus une femme, une belle femme. Tu es partie pour le campus et je mentirais si je disais que cela m’a réjoui, surtout après ce qui t’es arrivé ces jours.
- Papa, je…….
- Laisse-moi finir s’il te plait ma puce. Mais je sais que je ne pourrais pas te garder indéfiniment avec moi, qu’il y a une loi universelle qui fait que tout change. Alors j’ai commencé à changer, j’ai appris à vivre avec, ou devrais-je dire sans toi. Je fais la connaissance de tes petits amis avant de les juger. Et pour parler de Nathan, franchement, je ne sais pas si tu aurais pu tomber sur un meilleur petit ami. Il est amoureux de toi et ça se voit. Il a tout fait pour nous aider lors de tes recherches, il a épaulé ta grand-mère mieux que je n’aurais pu le faire. Alors je te le dis jeune fille, ne le laisse pas partir.
Ses yeux s’embuèrent devant les aveux que je venais de lui faire, elle savait très bien que pour moi son départ avait été un déchirement. Alors m’entendre avouer qu’elle pouvait être heureuse avec Nathan la laissa sans voix. Elle se leva et un méga câlin ajouta une touche supplémentaire d’émotion à ce partage entre un père et sa fille.
Lorsqu’elle s’éloigna de moi séchant ses yeux, un reniflement nous fit tourner la tête simultanément vers l’entrée. Kate se tenait là, debout dans l’entrée, la main devant la bouche cherchant à camoufler son émotion et les yeux humides. Elle avait certainement assisté à cette scène sentimentale et ses émotions avaient pris le dessus. Alexis fût plus prompte que moi et se leva pour l’accueillir d’une tendre étreinte. Elle lui prit la main et l’amena vers moi qui n’avais encore pas bougé de mon siège. Alexis contourna le bar tandis que Kate pris mon visage en coupe entre ses mains et posa ses lèvres sur les miennes. La fraicheur de ses lèvres contrastait bigrement avec la chaleur de mon corps.
- Tu es frigorifiée !
Nos fronts toujours collés. Les yeux dans les yeux.
- Rick, je te rappelle qu’on est en hiver, alors c’est normal vu que j’arrive de dehors.
J’essuyais une larme qui coulait lentement sur sa joue. Je la pris par la taille et la rapprochais vivement de moi lui frottant énergiquement le dos pour la réchauffer. Elle ne se fit pas prier et plongea son visage dans mon cou, son nez gelé me fît grimacer. Je pris ses mains dans les miennes les frictionnant vigoureusement puis sentant qu’elles se réchauffaient demandais :
Ça va mieux ?
Elle me fit une moue sceptique, le froid l’engourdissait encore par endroit.
- Où as-tu encore froid ?
- Là. Dit-elle en pointant de son doigt ses lèvres.
- Oh alors il faut que l’on remédie à cela au plus vite.
Et sans attendre je m’emparais de ses lèvres, les caressant de ma bouche, les happant pour leur donner de ma chaleur. Malheureusement mon opération réchauffage fût interrompue par Alexis qui s’affairait à mettre le couvert bruyamment…..
- Vous êtes trop minions vous deux !!! Taquina Alexis.
Kate rougit et s’éloigna pour l’aider pendant que je mettais le repas sur la table.
Nous étions tous les trois attablé discutant de tout et de rien, profitant de ce moment de détente. Kate avait toujours son air soucieux mais cela ne devait pas durer. Son téléphone sonna de nouveau, elle le récupéra sur le bar.
- Désolée, je dois répondre, c’est mon père.
- Oui oui Vas-y, pas de problème.
Je ne pus m’empêcher de sourire, ce que releva mon observatrice de fille.
- Pourquoi tu souris comme ça ?
- Oh rien, je repensais juste à un truc.
- Mouai c’est ça, à d’autres, te connaissant, tu auras bien encore fait un truc louche.
- Mais non.
Je mettais la dernière assiette au lave-vaisselle et allais rejoindre ma fille au salon avec les cafés et un thé pour ma puce.
Kate ressortis à ce moment-là du bureau, je scrutais son visage cherchant à apercevoir une différence dans son humeur et je ne fus pas surpris de voir un sourire sur ses lèvres.
- Alors, comment va Jim ? Demanda Alexis me devançant.
- Il va bien, merci Alexis. Il m’a appelé pour me dire que cette année il ne pourrait pas passer Noël avec moi car il est invité chez de très bons amis et il a accepté car il savait que j’allais passer les fêtes avec vous.
- Ha zuuuttt !
Mon intervention fit se retourner les deux jeunes femmes.
- Oui, zut, je voulais l’inviter à venir fêter avec nous. Zut alors, trop tard. Dis-je déçu.
- Ce sera pour l’année prochaine. Intervint Kate.
Nous dégustions nos cafés lorsque le départ de Kate pour le poste me revint à l’esprit.
- Et au fait, que te voulait Montgomery ?
Un magnifique sourire prit forme sur son visage et j’allais en connaitre la raison incessamment.
- Ben, heu…..comme j’ai fait pas mal d’heures sup, j’avais demandé une semaine de congé mais il devait d’abord voir si le reste de l’effectif était suffisant, s’il y avait d’autres officiers en congé.
- Et ??????
Un sourire égaya son visage ce qui me laissa présager une bonne nouvelle.
- Et……….. je suis en vacances à partir de demain midi. Je dois juste aller boucler mes rapports demain matin et comme je suis presque à jours dans ma paperasse, ça devrait être fini assez vite.
- C’est génial, et jusqu’à quand ?
- Je reprends le lundi 4 janvier.
Je la rapprochais de moi et déposais un chaste baiser sur ses lèvres et m’éloignais avant que ma fille nous charrie encore.
- Ça va bien alors, moi demain matin je dois passer chez mon éditeur régler quelques détails à propos de la couverture du premier Nikki Hard et après je suis tranquille jusqu’à la soirée de promotion qui devait avoir lieu mi-janvier.
- Ah, j’espère que la couverture fera honneur à Nikki Hard !
- Oh, tu n’as pas idée, ma chérie.
- Est-ce que tu en as déjà reçu une ébauche comme pour les Derrick Storm ? Ne put s’empêcher de questionner Alexis.
Je déglutis difficilement, sentent l’étau se refermer sur moi. Je n’avais pas encore discuté de la couverture avec la principale intéressée et je sentais que la tension allait monter d’ici peu mais autant que se soit maintenant plus tôt qu’à un autre moment qui pourrait être pire. Alors je me jetais dans la gueule du loup. Raclement de gorge.
- Oui, je les ai dans mon bureau, je dois juste encore choisir la couleur.
- Alors fais nous voir papa !
Je me levais, pas rassuré du tout, suivi de près par deux jeunes femmes curieuses mais je me faisais surtout du souci pour l’une d’entre elle. Je m’assis à mon bureau, ouvris un tiroir et en sortais deux plaques que je leur tendais, mes oreilles sifflaient déjà. Ma fille les prit alors que Kate se rapprochait d’elle pour mieux voir. Alexis me regarda arquant un sourcil mais ne pipa mot. Elle les tendit à Kate puis tourna les talons pour quitter la pièce. Sur le seuil elle lâcha.
- Moi j’aime bien la rouge.
Puis je la vis monter à l’étage fuyant l’orage qu’elle avait pressentit et qui n’allait pas tarder à s’abattre sur moi. Notre scène à propos du nom de mon héroïne me revint en mémoire et je baissais les yeux attendant que la foudre me frappe, j’espérais pas trop fort. Je l’entendis soupirer mais toujours aucun mot n’était sorti de sa bouche. Je l’entendis bouger, elle contourna le bureau, je m’accrochais aux accoudoirs sentant un goutte salée dévaler mon front. D’une main elle fit pivoter mon fauteuil tandis que de l’autre elle agitait les plaques sous mon nez ce qui me fit lever la tête. Son visage ne laissait rien paraître, ni colère, ni joie, c’était juste…………elle, sérieuse, belle, attirante. Elle s’assit sur mes genoux passant un bras derrière ma nuque et posant une des images sur le bureau. Elle me montra la plaque rouge.
- Elle est nue ?
- Heu, inexact, elle a un révolver placé là où il faut.
- Rick, je ne rigole pas.
- Mais moi non plus. Ce n’est pas toi sur la couverture, c’est Nikki, c’est sa silhouette. Une détective remarquable, mystérieuse, sexy, mais un peu garce sur les bords.
Un coup sur mon épaule me signifia son agacement.
- Hey mais je parle de Nikki.
- Mais si tu t’inspires de moi pour ton héroïne c’est qu’elle me ressemble un peu non ?
Elle avait élevé la voix, je devais me sortir de se pétrin et vite.
- Oui. (je levais les mains pour me protéger) mais seulement un peu, pour la partie mystérieuse et sexy, le reste n’est que le fruit de mon imagination.
Son ton s’adoucit, son visage se rapprocha du mien. Son souffle sur mes lèvres réveilla de petits picotements dans mon bas-ventre.
- Ah parce que tu me trouve sexy ?
Ses lèvres survolaient maintenant les miennes, sa langue traça le contour de ma bouche. Je fermais les yeux pour me repaître de ce moment. Elle s’agrippa soudain à mes épaules, les mains hésitantes, tantôt dans mes cheveux, tantôt sur ma nuque tenant nos bouches aussi proche qu’il était possible. Mes mains avaient glissés sur sa taille, remontant doucement le dos en de petits mouvements désorganisés après un séjour délicieux au creux de ses reins. Les mots semblaient soudain dérisoires, nos gestes s’exprimaient pour nous. Sa main sur ma joue, mon souffle dans son cou, une langue divinement insinuée ou ses doigts décidés sur ma nuque exprimaient silencieusement notre amour. A bout de souffle elle se recula mais garda nos front en contacte.
- Je préfère la rouge.
Elle se mordit la lèvre inférieure provoquant un émoi conséquent au plus profond de mon être. Elle se leva laissant glisser sensuellement son index sur mon torse, mon ventre, effleura ma masculinité qui se manifestait outrageusement et dévia sur ma jambe.
- Voudrais-tu éclaircir une partie du mystère ?
Elle me tendit la main que je m’empressais de saisir et la suivis jusqu’à notre chambre. Elle passa ses mains sous mon pull le faisant remonter sur mon ventre puis plus haut m’incitant à lever les bras pour m’en débarrasser. Mes mains se posèrent sur sa taille rapprochant nos corps chauffés de désirs. Je l’admirais, ses lèvres entrouvertes étaient un appel à la débauche. Elle les posa avec une tendresse infinie sur mon torse, à l’endroit où mon cœur battait passionnément pour elle. J’embrassais sa tempe, sa joue, elle releva la tête et nos bouches s’assemblèrent telles les pièces d’un puzzle, elles étaient faites l’une pour l’autre. Nos mains jusque-là sages, se mirent en action et s’agitèrent frénétiquement nous délestant de nos vêtements devenus tout à coup superflu. Je laissais mes mains parcourir sa peau laiteuse redécouvrant les contours de son corps si parfaitement sculpté. Je la fis basculer doucement sur le lit et me couchais à ses côtés appuyé sur mon coude, ma main dessinait des cercles sur son ventre. Ses doigts ne tenaient pas en place, sans brusquerie mais sans aucune hésitation ils me parcouraient, ses ongles grattant et griffant tendrement par endroit, allant partout sans jamais s’arrêter. Jusqu’à ce que finalement, modérant leur expédition, ils viennent délicatement s’enrouler autour de ma virilité. À ce doux contact, je laissais échapper un gémissement qui effleura le visage de mon amante. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
- Tu vas me rendre fou.
Elle me lâcha et prit mon visage entre ses mains avant de m’embrasser. Elle me fit chavirer et là débuta une danse.
Une danse de mains et de doigts divinement placés.
Une danse de bouche attirée par sa poitrine envoutante.
Une danse de sa bouche emballant mon envie fièrement dressée.
Une danse ou deux corps en parfaite harmonie se moulaient tel le yin et le yang.
Une succession de danses autant enivrantes les unes que les autres.
Elle me glissa en elle imposant sa lente cadence, mes mains sur sa poitrine titillaient ses pointes durcies. J’adorais ça mais pas trop longtemps. Brusquement je la fis basculer sur le dos et me coulais en elle, enlaçant nos doigts que je maintins au-dessus de sa tête. J’avais pris la maitrise du navire et imposais ma cadence, plus rapide, plus profonde, elle ne s’en formalisa pas et ses hanches suivirent le mouvement. Elle enroula ses jambes autour de ma taille et d’une main agrippa le dessus de lit. Un dernier coup de rein lui arracha un cri qu’elle étouffa dans mon cou. Tout aussi épanoui, je me répandais en elle dans un râle très masculin enfouissant mon visage dans ses cheveux.
Cherchant à retrouver un rythme cardiaque raisonnable, je voulu me retirer mais elle resserra son emprise de ses jambes.
- Non, reste. J’aime te sentir en moi.
Je nous retournais, elle remonta ses genoux à auteur de ma taille, croisa ses mains sur mon torse et y posa son menton. Je remontais les couvertures sur nos corps luisant de bonheur souriant à ces yeux qui me contemplaient. Quelques minutes s’écoulèrent sans qu’aucun mot ne soit prononcé. L’azur et l’émeraude passèrent en mode silencieux pour un de leur échange confidentiel. Des secondes ou peut-être des minutes passèrent ainsi.
- Kate ?
- Hmm.
- Chérie on ne peut pas rester comme ça, on risque de…………
- Je sais.
Elle se laissa glisser sur le côté calant sa tête au creux de mon épaule et remontant sa jambe sur ma hanche. C’est dans cette position que s’endormirent deux corps épuisés par une danse, que dis-je, une myriade de danses, une soirée dansante.