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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 04.11.2015 à 22h01
Auteur : Javier424
Statut : Abandonnée
« Une suite au 8x03,ce qui pourrait se passer » Javier424
Cette fanfic compte déjà 81 paragraphes
- Darryl ? vous savez pourquoi vous êtes ici, n'est-ce pas ?
Les choses sérieuses commençaient. Sans surprise, l'initiative de Kate avait suscité un vif intérêt de la part du chef du département.
Elle avait préparé cet entretien de la plus sérieuse des manières, de ce fait, elle avait su trouver les arguments nécessaires pour le convaincre du bien fondé de cette enquête.
Dès le début de ce rendez-vous, elle avait capté son attention en lui exposant les dommages et les conséquences, parfois très graves, que le trafic de drogue produisait dans sa ville.
Et comme prévu, elle ne doutait d'être passée pour une ambitieuse, sûre d'elle et orgueilleuse… néanmoins, elle savait aussi que ces traits de caractères parleraient pour elle.
Ces états de service appuyant son statut de femme droite et incorruptible, elle n'avait eu qu'à prononcer les arguments de l'image et du devoir de flic pour imposer son idée dans l'esprit de son supérieur.
La mention de la justice à rendre et des prochaines élections, avait entériné la décision de lui laissait le champ libre pour enquêter.
La vraie difficulté avait été de démontrer l'intérêt de la Criminelle pour mener cette enquête, en lieu et place de la Brigade des Stupéfiants. Là encore, elle avait joué de son combat publiquement connu de tous, contre la corruption et le trafic de drogue, pour faire pencher la balance de son côté et amené ainsi son chef à lui accorder sa chance.
Dès lors, elle n'avait eu qu'à « manœuvrer » pour justifier la nécessité de la présence d'Esposito et de Ryan dans son équipe, pour remplir la première partie de son plan.
Deux flics sérieux, bosseurs et surtout, en qui elle vouait une pleine confiance, et le tour était joué.
Après étude du dossier des deux drogués accusés d'avoir tué ce couple, Kate et les garçons avaient lu avec attention les profils psychologiques des deux protagonistes.
Si pour l'instant, tout se déroulait comme prévu, elle ne pouvait pas se permettre d'erreur et du choix de l'homme qu'ils interrogeraient, pouvait dépendre beaucoup de choses.
D'un commun accord, ils avaient décidé qu'ils provoqueraient le transfert de Darryl Kane, le plus jeune de deux accusés.
Il était étudiant en médecine et dans sa déposition, avait expliqué aux enquêteurs chargés de l'affaire qu'il avait commençait à se droguer pour se maintenir en éveil et travailler jour et nuit.
Après deux ans d'abus, son prêt ne suffisait plus à rembourser ses études et à payer ses doses, et il s'était laissé convaincre de braquer cette épicerie, avec un autre ami, étudiant lui-aussi.
Lui avait paniqué, et étourdi par la drogue embrumant son esprit, le coup était parti. Puis dans la panique, l'autre gars avait provoqué le second tir, après que le petit ami ait voulu les empêcher de fuir.
Pour lui, un avocat commis d'office, pour son ami, un grand nom payé par des parents fortunés.
Il s'agissait de sa seule et unique arrestation et Kate pensait que la pression sur ses épaules n'en serait que plus lourde. Et donc, qu'il pouvait être celui qui parlerait plus facilement.
Première arrestation, première condamnation à venir, et quelle condamnation !...
Triste histoire pensa-t-elle…
Mais pour autant, désormais, il était son meilleur atout.
Elle éprouvait une sorte de compassion pour lui, mais égoïstement, elle voyait surtout en lui le moyen d'obtenir un nom, ou au moins des informations sur un réseau.
A présent, il était assis face à Kate et à Esposito, Ryan observant et écoutant derrière le miroir sans tain.
- Darryl, vous êtes là parce que vous avez tué deux innocents la semaine dernière. Steve Lerner et Helen Meyers. Vous les connaissiez ?
Dès qu'il avait pris place dans la salle d'interrogatoire, Kate avait ressenti un soulagement. Ils ne s'étaient pas trompé, Darryl était apeuré et désormais sobre, il était pleinement conscience de ce qu'il encourait.
- Non madame, je les connaissais pas…lui répondit-il dans un murmure à peine audible.
- C'est Capitaine pour toi Darryl, lui dit Esposito d'un ton sec et autoritaire.
- Ils allaient se marier l'année prochaine, lui était employé de banque et elle, elle était institutrice…
- Mauvais point ça Darryl, c'est très mauvais …
Ils étaient parfaitement rôdés, Ryan les regardait mener le début de l'interrogatoire, avec l'œil du flic aguerri à ces techniques. Kate exposait les faits, lentement, d'une voix ferme mais compatissante, pour qu'il les ait bien en image et en mémoire, Javier, lui, intervenait pour l'enfoncer un peu plus dans la culpabilité, en appuyant là où cela faisait mal.
Le bon flic et le méchant. Classique.
C'était peut-être psychologiquement cruel comme façon de faire, mais cette technique avait fait ses preuves depuis toujours, et telles que se présentaient les choses, Darryl y était sensible.
- Helen avait confié à sa meilleure amie qu'elle adorait son job et qu'elle espérait fonder rapidement sa propre famille avec Steve…ils étaient très heureux…
- Pourquoi vous me dites tout ça !
Il craquait déjà, excellent… Il était tétanisé, il n'était plus qu'un jeune homme qui avait fait les mauvais choix et qui dorénavant, devrait en assumer les conséquences.
- Je vous dis ça parce que le juge n'aura aucune clémence pour vous…
- C'est la perpet' assurée mon vieux…
- C'était un accident ! je voulais pas ! j'ai … j'ai paniqué… c'était un accident …
- On a lu vos déclarations Darryl … mais votre avocat va avoir beaucoup de mal à vous éviter la prison à vie…
- Deux innocents, aucun casier, un petit couple tranquille, tout le monde les adorait… c'est du tout cuit pour le procureur…
- Qu'est-ce que vous voulez ? Pourquoi je suis là ? Arrêtez s'il vous plait…
Il pleurait à présent. Kate baissa les yeux un instant, le bousculer était une chose, mais elle ne pouvait pas oublier à qui ils avaient à faire. Ce gamin n'était pas destiné à devenir un criminel, il était en face d'eux à cause d'un terrible concours de circonstances.
« Garde ton sang froid… n'oublie pas pourquoi tu fais ça… »
- En fait… il y a quelque chose que vous pouvez faire pour nous… et nous, on pourra dire un mot en votre faveur au juge…
- Si tu nous parles, ça peut te faire gagner quelques années…
- Le tout pour vous est de savoir combien de temps vous êtes prêt à sacrifier à cause de vos erreurs…
Il sanglotait, tel un enfant anéanti de douleur. Il faisait réellement peine à voir… et Kate s'en voulu un instant d'y aller aussi fort avec lui. Pourtant, c'était nécessaire et leur « marché » serait réel s'il leur parlait. Elle comptait bien parler de lui au juge. Elle était une femme d'honneur, compatissante envers les victimes, mais savait aussi reconnaître les regrets d'un coupable qui n'aurait jamais du en être un.
- Qu'est-ce… qu'est-ce que vous voulez ? …
- La drogue… qui vous fournit ?
La réaction du jeune homme la surprit. Il releva vivement la tête et ses yeux exprimaient clairement la panique… et la peur.
Esposito croisa le regard de Beckett, et son instinct le mit en alerte.
- Je .. je ne sais pas … je ne connais pas son nom … je voudrais retourner en cellule maintenant… ramenez moi à la prison…
- Hey Darryl ! … regarde-moi !
Peine perdue, il était déjà en train de tirer sur ses mains, enchaînées à la table par des menottes, dans une vaine tentative d'échappatoire.
- REGARDE-MOI !
Accompagnant le geste à la parole,Esposito avait lourdement frappé la table de sa main. Il savait qu'en élevant la voix, Darryl reviendrait à lui. Mais le jeune homme semblait absent et finalement, se dit Kate, cet échange allait être bien moins facile que prévu.
- Ok Darryl … Vous voyez ça ?
Elle pointa du doigt l'interrupteur de l'enregistreur rendu obligatoire dans cette pièce. Le regardant dans les yeux, elle le pressa et le mit en position OFF. Sans se concerter, mais se connaissant parfaitement, Esposito se leva, et avança vers la caméra nichée dans le coin de la pièce. A son tour, il l'éteignit.
Sans un mot, Kate se tourna vers Esposito et sortit de la pièce.
Ryan vint à sa rencontre.
- Kévin, enferme toi la dedans … que personne n'entre. On va le faire parler. Il sait quelque chose, c'est évident.
Elle avait murmuré ces quelques mots, elle était tendue et mais ne voulait pas attirer l'attention autours d'eux.
Alors qu'elle repartait pour rejoindre Esposito et Darryl, Ryan la rappela :
- Beckett ?
- Oui ?
- J'ai lu dans son dossier qu'il était catholique pratiquant … tuer est un péché extrêmement grave pour lui … ça peut vous servir pour le faire parler…
- Merci Kévin…enferme toi… lui dit-elle en désignant la poignée de la porte.
Emportée par la détermination et l'importance de ce qu'elle pourrait tirer de Darryl, Kate s'en retourna vers son collègue.
Darryl ne pleurait plus. Mais il était terrorisé.
Esposito le regardait, ne le lâchant pas un seul instant du regard.
Quand elle entra à nouveau dans la pièce, Kate reprit place à côté de Javier, et laissa s'écouler quelques secondes, avant de s'adresser à nouveau à lui.
- Il n'y aura aucun enregistrement … rien de ce que vous nous direz ne sortira d'ici. Ca reste entre vous et nous.
- Vous n'comprenez pas …
- Darryl, ce qu'on sait c'est que tu vas finir ta vie en taule… alors je te conseille de nous parler… on est ce qui se rapproche le plus pour toi d'une opportunité de finir ta vie libre…
Il secouait rapidement la tête, comme en transe, refusant d'écouter les deux flics.
- Qu'est-ce qui vous fait peur ? Parlez-nous !
- Je ne peux pas … laissez-moi tranquille … Je … je veux mon avocat !
La phrase tant redoutée. En se référant à son droit de demander son avocat, Kate et Javier savaient qu'ils n'avaient d'autres choix que de l'appeler.
Mais la présence d'un avocat était absolument impossible.
Pour la première fois de sa carrière, Kate trahit ses devoirs d'officier de police.
- Non …
- Kate…
Esposito, conscient de ce qu'elle encourait en lui refusant un droit fondamental, tenta de la ramener à la raison. Peut-être était-ce trop risqué d'avancer ainsi ? … Si Darryl informait son avocat de cette entrevue et du refus des policiers à l'appeler, c'en était finit de sa carrière.
- Javier, c'est bon… mais toi, tu peux partir si tu veux … pareil pour toi Ryan, lança-t-elle à l'attention des deux hommes.
Accepter de risquer sa carrière était une chose, mais elle ne pouvait entraîner Esposito et Ryan dans sa chute.
Pourtant, d'un signe de tête entendu, Esposito lui accorda sa confiance.
Un véritable ami … un frère…
- Darryl, on a une idée de ce qui se passe dehors…
- Non … non … non … vous ne savez pas …
- Mec… écoute nous … tout ce qu'on veut savoir, c'est qui te fournit ta came …
- Je ne sais pas …
- Darryl … pour l'amour de Dieu … dis-nous ce que tu sais…
Kate se décida à jouer de psychologie en utilisant le tutoiement et la référence biblique. Elle voulait créer un lien avec lui, le mettre en confiance, lui montrait qu'elle était à sa portée… à présent, il ne fallait plus le bousculer fermement, mais bien le conduire à leur faire confiance, et pour ça, il devait les voir comme des personnes en qui il pouvait pleinement se fier… lui faire comprendre que la menace était dehors … pas ici.
- Qui te fournit ?
Question directe, Esposito ne le lâcherait pas. D'instinct, il savait que de ses réponses, une nouvelle piste s'ouvrirait à eux.
Darryl semblait acculé. Sa vie avait tourné au cauchemar et maintenant, il était harcelé par un lieutenant et un capitaine de police, qui ne lui laissaient aucun répit.
Lentement, il releva les yeux vers eux.
- Je … je ne connais pas son nom …
« Gagné ! » … Kate regarda son équipier, tâchant de ne pas laisser s'échapper un signe de victoire. Darryl allait parler.
- Comment tu fais pour le joindre alors ?
- Il y a un numéro … mais il change toutes les semaines… ils sont très prudents …
- Ils ?
Le lien avec lui était tenu, mais progressivement, ils le voyaient prêt à coopérer.
- C'est jamais le même gars… j'appelle, je demande une livraison pour du chinois … et on me répond que c'est une erreur…moins d'1/2 heure après, on me rappelle … c'est toujours un numéro masqué…
En quelques instants, Kate et Esposito avaient fait un pas énorme en avant.
Ces quelques mots confirmaient l'importance du réseau et son organisation aussi précise qu'efficace.
- D'accord … on te donne un rendez-vous ou on vient à toi ?
Pas à pas, doucement, le mener vers des réponses à leurs questions. Sans le brusquer mais sans lui laisser d'autres choix que de répondre.
- Le gars vient… on me donne une adresse et ça se passe comme ça… je donne le fric et je récupère la drogue…s'il vous plait... arrêtez...
- Pourquoi tu as peur de ces hommes ?
Kate voulait savoir, elle le tenait… elle avait besoin d'en savoir le maximum sur eux … et surtout, voulait savoir pourquoi des intermédiaires instauraient à ce point la peur chez Darryl.
- Parce que … parce que … ils sont dangereux… ce sont pas des dealers comme les autres…
- En quoi sont-ils différents ?
Javier avait soif de savoir, autant que Kate. Par amitié et par loyauté, il avait accepté de prendre sa part de risque, et en tant que flic, voulait autant que Kate enrayer ce réseau et trouver Loksat.
Darryl respira profondément. Il sentait la peur.
- C'est pas le genre de gars chez qui on peut laisser des ardoises … si vous voyez ce que je veux dire … j'ai vu des trucs…
- Qu'est-ce qui se passe si j'en laisse une ?
Kate le regardait intensément. Et instinctivement, connaissait la réponse.
- Ils vous tuent… c'est pour ça que j'ai accepté de braquer l'épicerie …j'avais plus assez d'argent… quel crétin …
Il pleurait à nouveau. Kate avait déjà vu nombres de témoins craquer en ces murs, mais lui, était véritablement mort de peur.
- Comment je fais pour me procurer le numéro à appeler ?
- Je ne peux pas … ils vont me tuer …
- Darryl … personne ne saura, c'est une promesse.
Kate était sincère, le forcer à leur répondre n'incluait pas de risquer sa vie.
Aucun enregistrement, aucun avocat, en total irrespect des règles élémentaires.
Ils étaient hors la loi, ils le savaient, et ce sentiment les touchaient bien plus qu'ils ne voulaient l'admettre à cet instant.
Seulement, faire cette guerre impliquait d'utiliser des armes extrêmes.
Et bafouer la loi leur permettrait de tirer un profit non négligeable dans leur quête de la vérité.
- Il y a … il y a une publication … dans un journal à l'université … une annonce pour un restaurant chinois… ils vont me tuer …
Il se lamentait, pleurnichant, tétanisé et Kate ne put trouver les mots pour le rassurer. Ils venaient de remporter une bataille importante, mais pour rien au monde, elle ne voudrait compter Darryl parmi les victimes.
- Quel journal Darryl ? …
La dernière question. L'essentielle. Celle dont la réponse allait leur permettre de débusquer un très gros gibier.
Un pas gigantesque en avant. Enfin une vraie piste tangible et vérifiable.
Darryl avait finit par craquer et leur avait donné le nom du journal incriminé.
Rien de plus simple et de plus passe-partout qu'un petit journal local destiné aux étudiants.
Après vérifications, il s'était avéré qu'il était distribué dans tous les campus de l'état, et mis à disposition gratuitement dans toutes les bibliothèques universitaires.
Ainsi, le trafic s'étendait grâce au bouche-à-oreille et personne ne se s'était jamais intéressé à un magazine de ce genre.
Un réseau efficace, une organisation simple, une population jeune et nombreuse.
Après avoir orchestré le retour de Darryl dans sa cellule, Kate, Esposito et Ryan avaient fait mine de ne pas trop se réjouir.
Kate lui avait promis de parler pour lui, mais avait bien insisté sur la nécessité de se taire, y compris lorsqu'il reverrait son avocat. Le jeune homme, se sentant exposé, n'avait opposé aucune réticence à sa demande.
Désormais, ils devraient décider de la prochaine étape, et le faire rapidement.
Aller vite pour en finir et retrouver une vie normale, en rendant justice à son ancienne équipe… et en brisant le cou de cette entreprise criminelle.
Cependant, la discrétion ne leur permettait pas d'avoir totalement les mains libres et s'ils voulaient encore pouvoir faire illusion au maximum, ils devaient continuer leur comédie.
Et en cela, ne pas se dévoiler. Faire semblant de piétiner, de n'avoir rien pu tirer du jeune homme, d'avoir fait choux blanc.
Donc, impossible d'en parler maintenant. Pas ici, pas au poste où n'importe qui pouvait supposer que, s'ils se réunissaient tous les trois après avoir passer près d'1h à interroger Darryl Kane, la raison en serait forcément que celui-ci leur avait lâché des informations.
« Je deviens parano… » se dit Kate, et en soi, cela devenait stressant et perturbant.
Enquêter sur Bracken lui avait déjà donné cette impression. A l'époque, elle ne se doutait pas encore de l'importance des hommes à qui elle avait affaire.
Mais aujourd'hui, elle savait, et cela ne la rendait que plus attentive à ce qui l'entourait.
Etourdit et comme vidée de son énergie, elle porta la main à son front, épuisée émotionnellement par ce qu'elle venait de vivre.
- Ca va Beckett ?
- Oui Espo, ça va … je n'ai pas … déjeuné ce matin c'est tout…
Pur mensonge, mais inutile d'attirer l'attention avec un coup de fatigue lié à son état.
- Faut vous rattraper ce midi alors… vous voulez qu'on commande un truc ?
- Non… je déjeune avec Castle en fait…
Pour asseoir la surprise et accréditer les réactions, ils avaient décidé que Beckett et Castle avanceraient dans leur rapprochement, sans prévenir leurs amis… ainsi, les rendez-vous et autres dîners ou déjeuners, ne se décidaient pas ensemble, pour le coup, il s'agissait réellement de leur vie intime et Esposito, Ryan ou même Lanie n'en étaient que plus crédibles en les apprenant au travers d'un commentaire ou d'une discussion.
- Cool… alors euh … vous deux… c'est reparti ?
La réaction première de Kate fut l'étonnement. Mais très vite se reprit, Ryan se montrait curieux pour donner le change.
- Non … enfin … pour l'instant, je ne ferme pas la porte et on voit où ça nous mène…
« Kate … sérieusement ? « je ne ferme pas la porte » ? »
Parfois, elle avait l'impression d'évoluer dans un jeu de rôle grandeur nature. En d'autres circonstances, Castle aurait adoré s'inventer une vie parallèle mais elle, en l'occurrence, ne voulait que sa propre vie.
Mentir, faire semblant, se cacher … tout ça dans quel but ? Que savait-il réellement de ces hommes de l'ombre ? Y-avait-il vraiment une possibilité qu'ils soient surveillés ?
Comme l'avait dit Lanie, personne ne savait et personne n'était sûr.
Supporter ces mises en scène devenait de plus en plus difficile. Mais elle savait aussi que dès qu'officiellement, elle rentrerait chez elle, une partie de cette mascarade prendrait fin, et ça, aujourd'hui, ça l'aidait énormément à assumer cette supercherie.
Assis à la terrasse d'un petit restaurant tout près de Central Parc, les Castle appréciaient à sa juste valeur cet instant passé ensemble, légèrement à l'écart des autres tables.
Rick tenait parfaitement son rôle pour l'instant, et Kate s'en félicita.
Il était drôle, il était tendre, il la courtisait, sans se montrer trop intime.
Exactement ce qu'elle attendait de lui. Enfin, en public et pour l'instant. Dans l'intimité, elle le voulait pleinement comme son mari.
Mais pour l'instant, ils devaient encore jouer le jeu des apparences.
Et bien que ce ne soit pas l'idéal, ils y trouvaient malgré tout un certain avantage.
Ce jeu de séduction instaurait une atmosphère des plus romantiques, et Rick savait y faire pour la séduire.
Finalement, c'était excitant et enivrant de se retrouver à l'époque où ils se tournaient autours.
Au moins, se disaient-ils, ils éprouvaient une consolation à la privation de l'autre au quotidien.
- Merci pour ce déjeuner Castle …
Kate savourait réellement de pouvoir manger à l'extérieur, qui plus est avec son mari, loin du quotidien du poste. Prendre l'air et se nourrir des yeux évocateurs de Rick, étaient ce dont elle avait eu besoin et lui, comme d'habitude, lui offrait ce sentiment de bienveillance.
- Merci à toi d'avoir accepté… je n'étais pas sûr que tu le ferais…
- Rick… tu sais on n'est pas obligé de faire sembl...
- Tsss … Kate… j'aime faire comme si c'était un rendez-vous pour te reconquérir …
Kate était étonnée de la réaction de son mari. Elle voyait bien dans ses yeux qu'il en voulait plus, mais malgré tout, elle percevait également ce certain plaisir qu'il éprouvait à agir ainsi.
- Tu sais, après tout, on a été séparé trop longtemps à mon goût… alors on peut utiliser ces petits rendez-vous pour nous retrouver en douceur…
-Tu me parles de douceur Castle, hein ? sourit-elle, taquine, en sachant pertinemment qu'il penserait à leur dernière fois au bureau, où faire l'amour avait été particulièrement torride.
Un sourire carnassier se dessina sur son visage … oh oui il se souvenait… il reprit pourtant.
- C'est excitant de te faire la cour… te séduire et te voir essayer de ne pas craquer devant tout ces gens …. dit-il en désignant la foule de part et d'autres, son sourire se voulant charmant et extrêmement attirant.
- Tu me séduis par la torture en quelques sortes ?
Elle lui souriait à présent à pleines dents, le menton en appui sur sa main gauche, le dévorant des yeux.
Nul doute que pour n'importe qui, elle commençait à succomber à nouveau à son mari.
- Nous sommes en public, et tu ne peux pas craquer… et moi je peux continuer à te murmurer des mots d'amour et même te décrire en détail ce que j'aimerai faire avec ton corps … et j'aime te deviner envahie par le désir…
- Et toi ? … tu n'éprouves rien ? Un homme avec ton imagination, tu ne souffres pas un tout petit peu de ne pas pouvoir me toucher alors que tu nous excites tous les deux ?
Elle murmurait à son tour, cet homme la faisait fondre et ce jeu allait rapidement devenir dangereux s'ils allaient trop loin. Mais depuis des semaines qu'ils se refusaient une certaine liberté, la tentation de trouver un aspect positif à leur situation, commençait à s'installer dans l'esprit de Kate.
- Moi… je suis un homme patient… je peux te faire l'amour dans ma tête… ça ne me satisfera pas, mais la sensation que je ressens quand je sais que tu réagis… c'est … terriblement …
- Excitant … le coupa-t-elle… tu sais que je pourrais moi aussi avoir envie de jouer Rick ? …
- Mais je ne suis pas contre Mme Castle …
Elle le sentait amoureux et heureux… il l'était à coup sûr, mais son aura trahissait son émoi et Kate se surprit à se dire que cette mise en scène allait être pleine de surprises.
Leur relation amoureuse n'avait pas besoin d'un tel piquant mais les circonstances les obligeaient à se comporter ainsi. Et à cet instant, eu une pensée pour Alexis, qui, lorsqu'elle avait découvert leur « liaison secrète », les avait presque supplié de la rassurer quant à un éventuel jeu auquel ils se livraient pour alimenter leur vie sexuelle.
A l'époque, ils avaient nié, mais force était de constater, qu'à présent, c'était ce qu'ils faisaient. Certes contraints, mais ils allaient se tourner autours, se séduire, se chercher… et le soir venu, ils feraient l'amour passionnément.
« J'ai contracté le mariage le plus hallucinant qui soit avec toi mon cœur… »
- Tu crois que tu vas pouvoir résister à l'envie de m'embrasser si je te susurre des mots doux dès que j'en ai la possibilité ?
- Je crois que je pourrais y arriver …après tout, tu m'as dragué pendant des mois avant que je ne craque…
- Quoi Castle ? … tu rêves mon cœur… tu veux vraiment qu'on reprenne cette conversation ?
Kate ne pouvait le nier, elle était sous le charme. Depuis bien longtemps maintenant elle avait admis son amour pour lui, mais le sujet du premier des deux à avoir ressenti un trouble revenait souvent sur le tapis, depuis ce jour où elle avait posé le pied sur ce mécanisme piégé.
Ce jour là, aucun des deux n'avait abdiqué, et dès lors, lorsque le moment s'y prêtait, l'un ou l'autre revenait à la charge, et se taquinait amoureusement.
- En fait … je suis sûr de moi…j'aime ton corps, ça tu le sais… mais j'aime aussi faire l'amour à ton esprit…
- Voyez-vous cela … et comment tu vas t'y prendre babe ? …
- Je vais saisir chaque opportunité pour te faire craquer …
- Je craque déjà …
- Tu pourrais presque me supplier de te faire l'amour après cela …
- Tu ne doutes de rien hein ? … son visage trahissait son amusement, Rick savait la séduire, ça elle en avait la certitude.
- Tu m'as épousé… tu devais être folle de moi pour accepter… alors oui, je ne doute absolument pas du pouvoir que j'ai sur la mère de mon enfant…
- Ton pouvoir ? …
Lorsque Castle partait dans des délires, en général, Kate le ramenait rapidement sur Terre. Mais là, elle savourait cet instant où son mari se perdait dans son regard et où elle-même se laissait aller à l'insinuation de ces douces pensées dans son esprit.
- Le pouvoir de savoir que si je te dis que j'ai envie de toi, ton corps va réagir immédiatement …
Elle déglutit. Il avait raison et il le savait. Mais Kate ne voulait pas s'avouer vaincu si facilement en lui donnant confirmation.
- Et si moi je te dis que j'ai envie de passer mes mains sous ta chemise pour te caresser… tu ne vas pas frissonner babe ?
Il porta son verre à ses lèvres, complètement absorbé par ces propos et par sa beauté, le regard focalisé sur elle, d'un air mi-sérieux, mi-séducteur.
Il se noya en elle, dès lors qu'il la vit se mordiller la lèvre inférieure, de façon assez provocatrice.
- Doucement avec moi, Mme Castle… vous êtes redoutable… mais je pourrais avoir envie de me venger…
- Des paroles Castle, des paroles …je suis une femme d'action, vous devriez le savoir…
Ils étaient revenus des années en arrière. En apparence en tout cas. Et le charme était toujours là. Le piquant de l'existence de leur relation en plus. Beckett sagement assise en face de lui, les yeux rieurs et la voix mélodieuse, le regardait fièrement se décomposer devant elle.
- Beckett… si vous voulez de l'action, je suis votre homme …
- Vous allez devoir attendre pour ça M Castle… pour l'instant, mon dessert se trouve dans mon assiette…
- J'adore ce jeu Mme Castle… lui dit-il dans un souffle, la bouche légèrement entrouverte, les yeux fixés sur la cuillère qu'elle portait à sa bouche.
Elle s'amusa de sa réaction, consciente de se montrer extrêmement aguicheuse.
Elle se décida malgré tout à calmer les ardeurs de son mari, tant le jeu risquait de déraper.
- Alors Rick … tu assumes ta défaite ? tu es pris à ton propre piège ? …
- Des pièges comme ça, je veux bien que tu m'en tendes tous les jours Kate…
Enchantée et clairement éveillée par les émotions qui s'installaient dans son cœur et dans son corps, elle finit son dessert, bien plus chastement, puis l'heure passant, lui proposa de l'accompagner au poste.
- Avec plaisir Mme Castle…
Il paya l'addition et naturellement, Rick apposa sa main dans le bas de son dos. Kate réagit de suite à la pression sur ses reins, dans un sourire à peine dissimulé.
- Tu me touches là, Castle…
- Un geste sans aucune arrière-pensée Kate… dit-il avec la plus grande des mauvaise fois.
- Aucune … répéta-t-elle, amusée et absolument pas dupe.
Ils marchèrent ensemble tranquillement jusqu'à la voiture garée un peu plus loin. Etourdis d'être ensemble, et ressemblant à deux adolescents en pleine découverte des sens.
- Rick …ce soir, il faut qu'on se voit … tous, on a du nouveau avec les gars, précisa-t-elle, avant que l'enthousiasme de son mari ne se propage.
Son propre changement d'attitude l'ennuyait, mais elle devait le lui dire, ce rendez-vous était très important pour eux.
- Je préviens Alexis, tu t'occupes de Lanie ?
- A vos ordres M Castle … prolongeant juste un instant encore leur jeu.
- Comme j'aimerais que tu le sois vraiment à cet instant…répondit-il tendrement.
Lorsqu'ils avaient atteint le poste, la déposer et partir avait été très difficile. Avec son accord, se persuadant surtout qu'il était préférable qu'ils se montrent aux autres, Castle l'accompagna jusqu'à son bureau, avant de se stopper net, l'un en face de l'autre, dévorés par l'envie de s'étreindre.
- Kate … j'ai terriblement envie de t'embrasser…
- Je sais … moi aussi…
A nouveau au sein de leur bulle emplie d'amour, ils se regardèrent, se noyèrent l'un en l'autre, avant que Kate ne lui tende la main.
- Tu te souviens ? … lui dit-elle dans un doux sourire.
- Et comment …
Il lui saisit la main, mais cette fois, d'un geste léger et tendre, la porta à ses lèvres pour y déposer un baiser respectueux, mais éloquent.
- A très vite Mme Castle…
L'intermède du déjeuner lui avait fait le plus grand bien.
Depuis plusieurs jours, Kate se sentait mieux. Sa vie avait presque repris un rythme normal, entre l'enquête qui donnait de bonnes raisons d'espérer une fin rapide, et sa vie privée qui pour les uns, donnait l'impression que la seconde chance qu'elle offrait à Rick portait ses fruits, et pour les autres, suscitait toutes les raisons pour elle d'être heureuse.
Et au plus profond d'elle, Kate se satisfaisait d'avoir trouvé un aspect romantique à leur situation.
Ce petit jeu auquel l'avait initié Castle, inspirait en elle de douces sensations de romance, et lui rappelait les premiers jours où ils avaient gardé pour eux leur relation.
Cette expérience les avait emporté, tant il était excitant de faire semblant de n'être que des partenaires, tout en crevant d'envie de se toucher.
Pour autant, Kate, comme Castle, se languissait de retrouver son foyer pour enfin profiter l'un de l'autre comme un couple normal. Comme ce qu'ils avaient vécu jusque là.
Sa grossesse en plus.
L'impatience rendait le jeu encore plus excitant, tout en le subissant.
Mais pour l'instant, l'heure n'était plus aux amours cachés.
Une nouvelle fois, ils étaient réunis, et une nouvelle fois, ils allaient débattre de la marche à suivre.
Au fond d'elle, Kate aurait voulu fonctionner différemment, parce qu'au-delà du temps qu'ils perdaient à orchestrer leurs réunions, les décisions prises ne correspondait pas forcément à ce qu'elle aurait fait si elle avait été seule à en découdre.
Mais elle acceptait pourtant de se prêter aux avis communs. Elle l'acceptait parce que ses amis lui avaient maintes fois prouvés leur courage et leur sang froid, et surtout, leurs intuitions, leurs sagesses et leurs volontés d'atteindre le même objectif qu'elle.
Dès lors, alliés comme toujours, Esposito, Ryan et elle-même venaient d'expliquer au reste du groupe, les dernières informations fournies par Darryl.
- C'est très astucieux comme procédé… personne ne penserait à ça…commença Castle, parlant avec le ton concerné d'un père ayant une fille fréquentant elle-même une université.
- Oui et ça, c'est leur façon de faire pour aborder les étudiants…l'université de l'Etat de New York comptent plus de 40000 étudiants… autant de cible potentielle… imaginez un peu… le réseau auquel on a affaire… un journal gratuit pour les étudiants et quoi d'autres ? un magazine de mode pour les femmes ? pourquoi pas le Times ? le Wall Street Journal ? Là on parle d'une annonce pour un chinois, mais quoi d'autres ? Une pub pour un garage ou une petite annonce immobilière ?
Ryan s'enflammait mais tous le savaient, Locksat existait depuis longtemps, des années entières. Un temps amplement suffisant pour asseoir leur trafic et faire de nombreuses victimes dépendantes à leur drogue. Et ce, dans la plus grande des discrétions.
- On ne peut pas perdre de temps à vérifier tout et n'importe quoi… on reste aveugle sur leurs différentes façons de communiquer… alors il faut se concentrer sur ce qu'on sait…
Beckett savait d'expérience que pour atteindre un but, il ne fallait pas se disperser. Se concentrer sur un indice, l'un après l'autre, fermer des portes avant d'en ouvrir d'autres.
Tout comme Ryan, elle méprisait l'existence de ce trafic, mais s'ils avaient une chance de l'anéantir, cela passait par se focaliser uniquement sur ce qu'ils savaient déjà.
- On a le nom du journal et on sait qu'ils transmettent le numéro via une annonce pour un restaurant chinois… commençons par là.
Kate prenait les choses en main. Ils avaient un avantage et elle comptait bien en tirer profit.
- Dès demain, je peux le récupérer à la bibliothèque… je n'attirerais pas l'attention, je ne serais qu'une étudiante comme les autres !
- J'allais te le demander Alexis, je doute que l'un de nous puisse passer inaperçu si on essaye de jouer aux étudiants, dit Kate, pleine de confiance, en regardant sa belle-fille.
- Il y en a qui ont pourtant essayé …
- C'est bon Castle… on n'était pas plus ridicule que toi en prof franchement …
- Pas plus Kévin, sérieux ? …
Castle se moquait gentiment, il se remémorait ses deux amis dans leurs accoutrements de jeunes étudiants qui se la jouaient cools et décontractés.
- C'était à mourir de rire et franchement, vous n'avez pas fait illusion 2 secondes !
- Parce que toi, tu crois que tu as été pris au sérieux, Castle ?!
- Oh oh… c'est bon les gars, on n'est pas là pour débattre duquel de vous trois est le plus crédible dans le ridicule…
L'interruption de Castle avait certes contribuée à détendre l'atmosphère, mais Kate ne pouvait simplement pas les laisser en roue libre : il s'agissait de Castle et des Bros. Autant dire que la discussion pouvait s'éterniser et la surenchère risquait de devenir sans fin.
- On reprend s'il vous plait ok ? …
- Tu vas pouvoir obtenir un mandat pour le fichier de l'éditeur? on retrouve qui a commandé la publication et on a un nom.
- Non Lanie, pas de mandat, ce serait trop officiel, et justement, officiellement on en sait rien, on a rien obtenu de Darryl …en revanche…
- On a Vikram, coupa Castle.
Kate le fixa, perdus les yeux dans les yeux, comme avant… comme lors de chacune de leurs connexions qui avait tant fait jasé à l'époque où ils n'étaient même pas un couple.
Elle lui sourit, heureuse de retrouver ce lien si intime avec lui.
- S'il arrive à pirater le fichier, on aura quelque chose…
- Oui mais pour ça, il va falloir lui en dire plus…
- Kate…on en a déjà parlé…
- Oui je sais Espo, mais là, si je lui demande ça, il va se montrer curieux… et si on veut qu'il trouve rapidement, je dois lui dire exactement quoi chercher…et comment je le sais…
Loin d'être convaincu, Esposito tentait de garder l'esprit ouvert, mais bien conscient des dangers, avait bien du mal à accepter qu'un inconnu ne rentre dans leur groupe.
- Il a l'air sympa comme ça, mais je ne sais pas ma belle… de là à lui confier nos vies ?...moi, c'est comme ça que je le vois, on se confie tous nos vies en venant à nos petites réunions, un seul d'entres nous flanche et on peut se retrouver face à des assassins… j'ai confiance en chacun de vous, mais lui… je le connais pas…
- Lanie… en quelques sortes, je lui confie déjà ma propre vie… si je continue à lui mentir, il va finir par se poser des questions … il doit déjà s'en poser d'ailleurs, puisqu'il sait pour Castle et moi… enfin il sait qu'on a déjeuné ensemble et pour le verre qu'on a prit l'autre soir… pendant des semaines, je lui ai dit que je ne voulais pas que tu sois impliqué, et là, je me montre avec toi …
- Et vous faites clairement très bonne illusion, s'exclama Ryan. Ca discute autours de vous, les gens se demandent ce qui se passe…
- Tant mieux… dit Kate en replaçant nerveusement une mèche derrière ses cheveux, tout en lançant un regard timide mais complice à Castle.
Elle repensa à leur déjeuner, au jeu et rougit légèrement au souvenir des émois qu'elle avait ressenti.
- Ouais … et beaucoup se demande bien pourquoi vous lui laissez une autre chance d'ailleurs !
- Quoi ?
La réaction de Castle fit sursauter Lanie, assise sur le bras du canapé, juste à côté de lui.
- Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils disent ? Enfin quoi ?! ils ne se souviennent déjà plus à quel point ma femme était heureuse avec moi ?!
Espostio le regardait, un sourire espiègle sur le visage, les yeux rieurs et le goût de la victoire dans la bouche.
- Il se moque de toi mon cœur…
- Quoi ? …
A présent, il fixait Ryan et Esposito qui de leur côté savouraient leur effet en un check, fiers et ravis de voir la mine déconfite de Castle.
- Bon quand vous aurez fini de jouer tous les trois, on pourra reprendre pour de bon cette fois ?
Alexis s'était levée pour se positionner aux côtés de Beckett, les bras croisés et décidés à profiter de ce temps ensemble pour le mettre efficacement à profit.
- Bon … qu'est-ce qu'on fait pour Vikram ?
Beckett attendit la réponse patiemment, Alexis l'impressionnait vraiment dans sa maîtrise d'elle-même et par sa maturité, matérialisés de plus en plus souvent dans ses réactions et ses propos.
Voyant que personne ne semblait décidé à répondre, elle reprit la parole :
- Moi je fais confiance à Kate… si elle dit qu'on doit le mettre dans la confidence, alors on devrait peut-être bien le faire.
- Kate… tu es sûre de lui ? demanda Lanie.
Kate connaissait très bien son amie, si elle lui posait cette question, sa réponse influencerait la sienne.
- Oui Lanie… je lui fais confiance, il n'a rien à gagner dans cette histoire… on a essayé de le tuer lui aussi et je serais morte s'il n'avait pas tiré quand nous étions dans l'aérodrome… et jusqu'ici, il m'a fournit beaucoup de pistes concrètes… pourquoi m'en fournir s'il voulait me faire taire ?
La question tournait dans leurs esprits. En effet, Vikram les avait beaucoup aidé à son insu jusque là.
Etait-ce la prudence ou la peur de voir son monde s'envoler en éclats, mais Castle ne parvenait pas à se soumettre à l'idée qu'inclure l'analyste à leur secret était la bonne chose à faire.
- Kate … si tu te trompes, on peut peut-être dévoiler à un potentiel ennemi toutes nos cartes… il n'aurait plus qu'à sortir une arme et nous descendre un à un…
- Babe … dit-elle en s'approchant de lui. Il a eu beaucoup d'occasion de me tuer et je suis encore là, avec toi… s'il avait quoique ce soit à voir avec ça, il me laisserait pas avancer… crois-moi...
- Bon … admettons qu'on lui fasse confiance, commença Esposito, jusqu'où on va avec lui ? on lui dit tout, ou on le cantonne à l'essentiel ?
Bien qu'elle répondait à Esposito et s'adressait à tous, Kate ne lâcha pas le regard de Castle.
- Je dois lui dire pour le bébé sinon il ne comprendra pas pourquoi je veux rentrer… il ne doit penser que je le tiens à l'écart… il est trop important…
- J'étais sensé être important pour toi, et pourtant, tu m'as mis à l'écart Kate…
Beckett accusa le choc. Il avait raison bien sûr, mais ses motivations de l'époque étaient fondées… elle ne doutait pas que Castle le comprenait désormais, mais la douleur qu'il avait ressenti quand elle était partie, se lisait toujours dans ses yeux.
- Babe… je pensais que c'était mieux… je ne voulais pas qu'il t'arrive quelque chose…je ne l'aurais pas supporté…
- Je sais Kate…je le sais... c'est juste que..
Kate le fit taire d'un baiser, doux et tendre, comme pour le rassurer et lui transmettre son amour par ce simple contact.
Lanie et Alexis se regardèrent, complices et attendries par le couple duquel se dégageait amour et passion. Même dans la douleur.
- Kate, je pense qu'on devrait l'attirer ici pour lui parler tous ensemble…
- Je ne sais pas Ryan…
Beckett n'avait pas réfléchi à cet aspect, et dans l'instant, était incapable de cerner la nécessité d'amener Vikram ici.
- Il faudra être discret, alors lui parler au poste, faut oublier Kate…lui dit Esposito.
Elle réfléchit un court instant, en tentant d'analyser les risques et les inconvénients à faire venir Vikram ici.
Puis fut séduite par les avantages qui en prendraient forme, le gain de temps, le poids toujours moins lourd du mensonge et la certitude que leur enquête avancerait plus vite si tout le monde travaillait de paire.
- D'accord, on le fera venir…
Une fois tout le monde parti, Kate se retrouva seule avec Castle. Il avait attendu impatiemment cet instant privilégié depuis le déjeuner, et bien qu'ils se rapprochaient de jours en jours aux yeux du monde, Castle ne pouvait pas encore embrasser sa femme ou la prendre dans ses bras amoureusement lorsqu'ils étaient en public.
Ce qui du coup, le frustrait énormément … tout en le réjouissant de bientôt pouvoir reprendre leur petit jeu.
Il se surprit à presque apprécier la comédie qu'ils se livraient au quotidien et demain, à nouveau, il endosserait le costume de cet homme amoureux, en reconquête de son épouse.
Désireuse de sentir son mari, Kate était venue se blottir dans ses bras et s'imprégnait désormais de son odeur et de son aura.
Elle se sentait en sécurité ainsi enlacée, et pria pour que le temps s'arrête un instant. Le temps de se redécouvrir à nouveau, le temps de s'aimer et de s'échapper de cette vie parallèle qu'ils menaient dehors. Mais au fond d'elle, son humeur était grise, et Rick le sentit.
- A quoi tu penses, lui demanda Castle, brisant le silence de sa femme.
- A Darryl Kane… si tu avais vu comment on l'a bousculé avec Javier…
- C'était nécessaire Kate… vous aviez besoin de ce qu'il savait et regarde aujourd'hui où nous en sommes, on avance ! …
Kate ne dit rien, perturbée par les souvenirs qu'elle avait de cet interrogatoire.
- Je lui ai refusé ses droits Castle …
- Comment ça ?
- Il a demandé à voir son avocat, et j'ai dit non… j'ai violé les règles…
- …tu as fais ce que tu avais à faire… avec un avocat, tu n'aurais pas pu le faire parler … ne te culpabilise pas Kate…
- J'ai dépassé cette ligne … je me suis défendue de le faire devant la commission, au cours de cet entretien concernant la candidature pour le poste de sénateur… je leur ai dit que je ne la dépassais jamais, seulement que je me mettais dessus… mais là Castle, je l'ai fait… je suis derrière la ligne…
Réfléchissant un instant, Rick tenta de trouver les mots pour exprimer au mieux ses pensées.
- Kate … tu n'as pas bafoué ta profession en faisant ça… tu n'as corrompu personne, ni même tiré un profit personnel en faisant ça…
- Je l'ai obligé à me parler pour avoir des réponses… mes questions pour assouvir une vengeance et en finir avec un enquête qui me touche au plus profond de moi-même Castle … ma quête… si ça ce n'est pas en tirer un profit personnel…
- Non, ça n'en est pas un, lui dit-il, d'un ton ferme et doux à la fois.
- Ce qu'il t'a dit, tu voulais le savoir pour avoir la chance de faire tomber une organisation qui tue probablement des centaines, peut-être, des milliers de personnes tous les ans… ce n'est pas un profit personnel, c'est de l'intérêt général…
- Dans ce cas, autant accorder du crédit au temps des arrestations brutales et des suspects maltraités … faire mon métier de flic ne veut pas dire que je dois m'autoriser à utiliser la force psychologique ou physique, pour obtenir ce que je veux… même si c'est dans l'intérêt de tous…
- Ce n'est pas la même chose Kate … là, celui ou ceux qui sont derrière tout ça n'ont aucun scrupule à détourner la loi et la bafouer allégrement... toi, tu es un flic qui agit avec tes propres moyens dans le seul but de les empêcher de nuire…
Elle resserra son étreinte, le laissant la rassurer. Elle avait subi cet entretien, peut-être même autant que Darryl et jusque là, ne s'était pas autorisée à s'arrêter sur ses sentiments.
- Il était terrorisé Castle … je ne veux plus avoir à me conduire comme ça … je ne veux pas ressembler à ces gens que je poursuis…
- Je te connais Beckett… tu respectes trop ta profession pour sombrer dans la noirceur. Tu l'as bousculé d'accord… mais tu vas respecter ton engagement envers lui, et c'est ça qui te sauvera … tu es toujours sur cette ligne Kate, parce que même si tu lui as refusé le droit de voir son avocat, tu l'as fait pour les bonnes raisons…
Il respira l'odeur de ses cheveux et ferma les yeux, la tête posée sur le haut de son crâne.
- Castle ? …
- Hum...
- Promets moi de ne plus me laisser aveugler par la vengeance et la soif de justice … l'essentiel est là maintenant…dans tes bras et …
Elle desserra son étreinte pour venir chercher sa main, qu'elle posa sur son ventre. Front contre front, elle conclut :
- Ici … bien au chaud… notre bébé…
Elle se sentait un peu mieux, réconfortée par son mari et bercée par la force de leur étreinte. Tout n'allait pas au mieux, mais ils avaient su sauver l'essentiel, en n'abîmant qu'un minimum ses convictions et ses devoirs.
Avec ça, elle était mal à l'aise mais grâce à ça, elle était plus proche que jamais de la vérité.
Ce matin, comme tous les autres, Kate attendait Rick. Elle savait qu'il débarquerait au poste, son café en guise de déclaration d'amour, de par le contenu, et sur le contenant.
Depuis leur dernière réunion, les choses avaient quelque peu avancé, Alexis avait pu récupérer un des journaux de la bibliothèque de son université, et Vikram s'était mis au travail.
Beckett avait du user de stratégie pour l'enjoindre de se rendre dan le bureau de Castle, prétextant de vouloir être sûre que Rick ne savait rien à propos de Loksat, elle lui avait demandé de jeter un œil sur son ordinateur.
Une fois sur place, elle l'avait entraîné dans le sas et comprenant à quel point, elle s'était jouée de lui, il avait écouté leurs explications. Les réunions secrètes, leurs enquêtes parallèles, leur intention de suivre la piste du journal, et enfin, son retour au loft.
D'abord vexé et surpris, il avait compris leurs motivations et finalement, s'était réjouis de voir leur équipe s'agrandir.
Désormais Kate se savait entourée d'une équipe complète, regroupant des compétences et du courage, pour atteindre leur but.
La science de Lanie, la technologie de Vikram, les instincts d'enquêteurs de Ryan et d'Esposito, l'intuition de Castle et la perspicacité d'Alexis. Sans oublier les talents d'actrice de Martha, qui sans être impliquée dans l'enquête, tenait sa langue et ajustait chacune de ses réactions aux pas qu'ils faisaient l'un vers l'autre, Castle et elle.
Et leur mise en scène pour se retrouver en se donnant toute légitimité, commençait à porter ses fruits.
Depuis quelques jours maintenant, le jeu prenait une ampleur particulièrement difficile à gérer.
Castle usait et abusait d'approches romantiques et tendances tactiles de plus en plus intimes, mais sans jamais craquer. Elle en salivait toujours plus, mais en restait tout autant frustrée et désireuse de sentir, une nouvelle fois, son odeur et son charme agir sur elle.
Comme cet après-midi, où après l'avoir invité une nouvelle fois à déjeuner, il lui avait prit la main, mêlant leurs doigts, tout en la caressant de son pouce, de façon très suggestive.
Ou lorsqu'ils étaient revenus au poste, quand elle lui avait proposé de finir cette pause en buant un café ensemble, et que sans crier gare, lui avait déposé un baiser sur la joue, mais extrêmement près de ses lèvres.
Hier encore, quand faisant mine de s'intéresser à l'enquête en cours, il s'était rapproché d'elle, et lui avait naturellement replacé une mèche de cheveux derrière l'oreille, laissant courir ses doigts le long de son cou dans un geste lent et sensuel.
Aucun doute, il excellait dans l'art de la séduction et comme à chaque fois, qu'ils s'efforçaient d'espacer leurs petits rendez-vous coquins, cela devenait une torture de ne pas céder.
Mais aujourd'hui, le temps commençait à presser. D'une part, Castle lui manquait et la frustration de l'abstinence atteignait à nouveau son point culminant, et d'autres parts, sa grossesse leur intimait de progresser enfin dans leur retour à la normale.
Après avoir découvert qu'elle était enceinte, elle avait demandé à Lanie de lui faire une prise de sang pour la confirmation de principe, et surtout, pour avoir une idée du stade de sa grossesse.
Elle en était désormais à 9 semaines et il était plus que temps de passer une première nuit chez elle.
Chronologiquement parlant, elle savait qu'il serait déjà bien difficile de faire croire qu'elle était tombé enceinte lors de cette première nuit. Plus le fœtus se développerait, plus son ventre s'arrondirait et dès lors après, qu'elle aurait annoncé officiellement sa grossesse, n'importe qui se poserait des questions quand une femme supposée être enceinte de quelques semaines, afficherait déjà un ventre bien rond.
Et lorsqu'elle serait à terme, nécessairement, tout le monde se poseraient des questions : accoucher après 7 mois de grossesse officielle, ne laissera planer que peu de doute.
Pour l'heure, l'importance était de pouvoir l'annoncer. Pour le reste, elle gérerait les rumeurs, quitte à laisser courir celles qui immanquablement raconteront qu'ils avaient sûrement couché ensembles avant qu'elle ne commence à le voir à nouveau.
Au fond d'elle, malgré tout, elle était habitée de cet espoir que tout soit fini, bien avant qu'elle n'accouche. Non sans oublier que cette affaire était compliquée, complexe tant par la nécessité de la discrétion et de la prudence, que par sa dangerosité.
Pour autant, l'idée même de mettre au monde son enfant, avec une telle menace dans sa vie, l'effrayait au point de parfois, ne pas en dormir la nuit.
Bien qu'elle n'en parlait jamais avec lui, elle savait que Castle était hanté par les mêmes peurs.
Elle savait que leurs craintes ne les quitteraient plus jusqu'à ce qu'ils aient tordu le cou à leurs ennemis, et l'ampleur de la tâche ne facilitait pas la réjouissance d'un futur bonheur parental.
Mais ils étaient unis, et elle savait leur amour capable de faire face au plus terrible à vivre, et pour l'instant, ils allaient s'en nourrir pour affronter les prochains mois.
Ce soir donc, d'une façon ou d'une autre, elle dormirait enfin dans leur lit, dans leur chambre, dans les bras de son mari, et ce pour la première fois depuis plus de 3 mois.
Cette pensée la mit en émoi, et la réconforta de ses craintes pour laissait place au bonheur de bientôt vivre cet avenir proche.
Quand enfin il arriva, Kate ne put réprimer un sourire surexcité. Qu'allait-il encore lui proposer aujourd'hui ? Une autre de ses déclarations d'amour ? poétique et douce comme chacune de ses caresses ? … A moins qu'il ne la provoque… qu'un sous-entendu érotique prenne possession de ses désirs à en ressentir les frissons de l'envie ?
Tendresse ou passion ? … Objectivement, elle ne pouvait choisir une préférence, mais ce dont elle était certaine, c'était que ce soir, les deux facettes de leurs personnalités sexuelles prendraient vie, et leur nuit d'amour allait les porter tous deux vers d'autres cieux.-
- Capitaine … de plus en plus belle chaque jour et …de vous, de plus en plus amoureux je suis …
La tendresse pour son entrée en matière, mais la passion dans ses yeux. Kate le connaissait, il était rongé par le désir et de la façon dont il la regardait, elle devinait des pensées délicieuses.
- Castle … dois-je comprendre que finalement, tu m'as épousé sans être fou amoureux de moi ? …
Elle se sentait d'humeur taquine, et prête à repousser les limites de leur jeu. Elle savait qu'ainsi, elle s'exposerait elle-même à la frustration et à l'impatience, mais elle avait tellement envie de le retrouver, que ne serait-ce que par les mots, ce matin, elle lui ferait l'amour.
- Non … je veux simplement dire que jamais un homme n'a repoussé les limites de l'amour autant que moi… je redéfinis l'essence même de ce sentiment en le vivant chaque jour, un peu plus près de toi…
Rick avait senti que ce matin, Kate allait le pousser au bord du précipice et loin de s'en plaindre, s'appliquerait à l'entraîner avec lui dans la séduction des âmes.
- Cela fait de moi … une muse, encore, M. Castle ?
- Cela fait de vous… ma muse, pour toujours, Mme Castle…
Charmée, Kate se pencha en avant pour se saisir de son café, impatiente de découvrir ce que Rick lui avait réservé.
Le regard que Castle lui lança, tandis qu'il lorgnait avec insistance sur son décolleté, lui assura qu'elle avait bien fait de défaire un bouton de plus à sa chemise, juste avant qu'il n'arrive.
- Mme Castle … vous êtes une tentatrice diaboliquement séduisante … murmura-t-il dans un souffle.
- Le Diable n'a rien à faire au paradis, M. Castle … à moins que vous ne pensiez que mon âme appartienne à quelqu'un d'autre ? …
- Oh non … votre âme et toutes les autres parties de votre corps m'appartiennent… je défierais quiconque tentait de s'interposer entre vous et moi … pauvre homme, il ne saurait pas à qui il a affaire…
- Vous défieriez l'Enfer M. Castle ? Sans sabre laser ou autre blaster klingon ?
Elle mêlait habilement la séduction à la plaisanterie, et lui, se noyait de son esprit taquin.
- Avec mon cœur seul comme arme, oui… et savez-vous pourquoi je sortirais vainqueur de ce combat à priori déséquilibré ?
- Je suis tout ouïe …
- Parce que le Paradis a élu domicile dans mon cœur… un seul de vos baisers, et rien ne peut me détruire… je suis l'homme le plus fort qui soit…
Il était fort oui, si fort … cet homme qui maniait les mots pour la faire chavirer et le faisait aussi bien que lorsqu'il le faisait de ses mains. Kate se perdait dans son regard et temporisa un moment leur joute amoureuse, pour mémoriser son visage, ses expressions, et le bleu de ses yeux, noircis par ce qu'elle réveillait en lui.
Elle porta son gobelet à ses lèvres, souriant comme la femme amoureuse qu'elle était, séduite par un homme qui avait bouleversé sa vie, et l'avait rendue heureuse comme jamais.
Ses yeux se posèrent sur la note écrite sur le réceptacle. Son âme se livrait à elle, et son cœur battait pour lui.
« Accorde moi cette nuit…accorde moi ton corps… je rêve de toi dans notre lit…mes mains se languissent de toi…Kate … je veux me réveiller demain dans la chaleur de notre étreinte. Always…Rick »
La tendresse encore… mais la promesse de la passion…une nuit avec son mari, magique et solennelle.
- tu es romantique babe...lui dit-elle, ses yeux parlant pour elle.
Un instant, elle repensa à toutes ces nuits passées à ses côtés, insouciantes et habituelles. Outre le fait qu'il était tout naturel à l'époque de dormir près de lui, qu'elle se sentait à sa place et paisible, aujourd'hui, elle regrettait parfois de ne pas avoir profité de chaque instant, chaque nuit à abuser de son corps au lieu de dormir.
Combien de nuits avait-elle passé sans le toucher, sans l'embrasser, dos à lui, plongée dans le sommeil ?
Leur situation actuelle l'amenait à se maudire de ne pas avoir plus souvent posé la tête sur son torse, son bras autours de sa taille, la jambe glissée entre les siennes… de là, elle aurait eu envie de baiser son torse, en commençant de lentes caresses le long de ses côtes… elle l'aurait entendu gémir son prénom, et elle aurait senti ses mains prendre possession de sa propre taille pour l'inciter à continuer.
Elle aurait alors laissé traîner sa bouche, l'embrassant sensuellement, jouant de sa langue, prenant appui sur son coude en se lovant un peu plus entre ses cuisses… et naturellement aurait entrepris une douce pression de son bassin contre le sien…
De là, sa main aurait suivi le chemin de sa hanche et se serait glissée, audacieuse, sous l'élastique de son boxer.
Il aurait alors commencé à l'attirer à lui, pour l'embrasser, mais féline, se serait refusée pour le soumettre encore un peu… il s'en serait faussement plaint et lorsqu'elle aurait amorcé un premier mouvement à l'encontre de son sexe contre son ventre, ondulant sur lui et brûlant du feu du désir, il aurait posé ses mains sur son dos, l'incitant cette fois à revenir à ses lèvres.
Le baiser aurait été passionné, doux et lent, si bien que chacun d'eux aurait gémit dans la bouche de l'autre.
Alors, elle aurait basculé son corps complètement sur lui, ses jambes de chaque côté des siennes, ses seins sur son torse, ses mains dessinant amoureusement son corps.
Castle aurait raffermis son étreinte et Beckett aurait happé sa lèvre inférieure, la capturant des siennes. Elle aurait senti son érection et se serait enflammée d'envie de le sentir en elle.
Pourtant, d'un geste décidé et presque autoritaire, elle lui aurait capturé les mains en se relevant, et là, à califourchon sur lui, aurait pressé son bassin contre son sexe.
Ainsi offerte à lui, elle lui aurait relâché les mains et lui, se serait empressé de se saisir de ses seins qu'il aurait caressés, subjugué par la beauté de sa femme.
Il lui aurait sans doute murmurait un « je t'aime », auquel elle aurait répondu d'un nouveau baiser, profond, où sa langue aurait retrouvé la sienne, se livrant une bataille érotique.
Puis, l'excitation et la magnificence du moment portaient à leurs combles, elle l'aurait guidé en elle, se délectant de le sentir si dur et si désireux de la satisfaire.
Ensembles, ils auraient fait l'amour pendant des heures, la jouissance en appelant d'autres.
Oui, Kate se rappelait de ses nuits, simplement passées à dormir près de lui.
Et oui, elle se promit de profiter de leur amour pleinement quand ils en auraient l'occasion.
- Je ne sais pas à quoi tu penses Kate… mais tu es belle quand tu rougis…
Elle se surprit à avoir laissé ses fantasmes prendre le dessus ici, au poste, non loin de ses collègues et amis qui ne devaient pas perdre une miette de ce qui se passait entre les Castle… et finalement, n'en éprouva aucune gêne. Et se laissa aller à repousser à nouveau les limites.
- Tu ne t'en doutes pas ? … à ton avis Rick, à quoi je pensais ?
- Tu as envie de moi… autant que moi…
- Oui … j'ai envie de toi, murmura-t-elle, perdue dans son regard, ne se souciant désormais plus de l'image qu'elle risquait de donner.
- Si fort …
- Tellement fort …
L'un et l'autre se perdaient. Le jeu qu'ils s'appliquaient à offrir aux yeux du monde, les rendaient fous de désirs et de passion.
Castle avait le don de lui faire oublier ses soucis, par ses mots, et surtout par sa présence, réconfortante et protectrice. Cet homme, fou d'amour, mesurait la chance qu'était la sienne de partager la vie d'une femme comme Kate Beckett.
Et elle-même, remerciait sa bonne étoile d'avoir croisé le chemin de cet écrivain, un peu lourd et terriblement agaçant, qui était devenu son mari, un homme courageux et bon, qui avait su lui rendre le sourire et une chance de réapprendre à aimer. Il déglutit difficilement, porté par l'émotion et le désir.
Kate … accepterais-tu de venir au loft ce so…
Un bruit sec contre la porte, et celle-ci qui s'ouvre dans la foulée, sans attendre de réponse.
Surpris, les deux tournèrent la tête en direction de l'homme qui venait d'entrer.
- Désolé de vous interrompre … Kate… on a un problème…
D'instinct, elle sut que le problème concernait Loksat.
D'instinct, elle sut que si Ryan arborait ce visage si fermé et si sérieux, le problème était d'ampleur catastrophique.
D'instinct, elle sut que ce qu'il allait lui annoncer, changerait la donne. Et pas en bien.
Elle baissa les yeux, et essaya de se projeter très loin, dans une bulle protectrice et bienheureuse où rien ne pouvait la toucher.
Puis, elle releva les yeux pour croiser le regard de son mari, apeuré, l'inquiétude peinte sur son visage.
Elle était Kate Beckett. Elle livrait une guerre. Elle allait faire face.
Après une profonde respiration, elle regarda Ryan et demanda :
- Qu'y-a-t-il Kévin ?
Livide, lui-même semblait incertain et bouleversé.
- Darryl Kane est mort… et son avocat est là…
Darryl était mort. Kate l'avait interrogé et maintenant, il était mort.
Elle était sonnée, abasourdie et totalement figée dans l'espace temps.
En face, Castle s'était terré dans un mutisme inhabituel, tête baissée, les yeux fermés, les deux mains posées sur ses cuisses.
Ryan n'avait pas bougé, soutenu par l'encadrement de la porte, comme s'il aurait pu s'effondrer.
Kate ferma les yeux à son tour, en basculant en arrière, s'adossant lourdement contre le dossier de son fauteuil.
Une mort de plus. A cause d'elle, une nouvelle personne venait de perdre la vie.
Elle se sentait vide, et complètement absente, ses oreilles bourdonnaient, son cerveau ne fonctionnait plus. Elle était ko.
Darryl était mort et elle ne croyait pas aux coïncidences. Elle l'avait fait venir ici, l'avait quasiment torturé pendant 1 heure pour obtenir des informations capitales, et quelques jours plus tard, il n'était plus de ce monde.
Pour elle, aucun doute, il n'y avait qu'une explication à tout cela : Loksat.
Esposito se joignit à eux, posant une main sur l'épaule de Ryan, en signe de soutien.
- L'avocat nous attend dans la salle de repos… je lui ai demandais de patienter un peu…Kate ?
Incapable de répondre, et pour la première fois de sa vie de flic, elle aurait souhaité fuir et se terrer n'importe où, mais ailleurs.
Elle refusait d'ouvrir les yeux, comme si elle refusait la vérité.
Et quelle vérité… si Darryl était mort, et que Loksat était responsable de sa mort, cela ne pouvait signifier qu'une chose : ils savaient.
D'une façon ou d'une autre, Loksat savait qu'elle enquêtait, ils savaient qu'elle avait obtenu des informations de ce pauvre Darryl et dieu sait ce qu'ils savaient d'autre.
Après toutes ces mises en scène pour protéger leur secret, après la séparation d'avec Castle, les rencontres secrètes, la prudence de chaque instant, les voitures garées au plus loin du bureau de Rick, les téléphones laissés chez eux ou dans les voitures, tout ce qu'ils avaient pu faire pour éviter de se faire repérer … ils s'étaient contraints à toute méfiance, et pourtant, Loksat avait été plus fort.
Jusqu'où pouvait aller un fiasco ? Jusqu'où pouvait-on le mesurer ?
Et si Darryl n'était plus, Michael Smith était-il à nouveau en danger ? Peut-être déjà mort lui aussi ?
Pendant qu'ils pensaient avancer des pions, prêts à mettre en échec le roi, il avait suffit d'un coup à ces hommes pour reprendre le jeu à leur compte.
Et par la même, signifier très clairement que toute la volonté et le courage de Kate et de ses amis, ne suffiraient jamais à les inquiéter.
Si quelques minutes auparavant, l'atmosphère flirtait sur un doux nuage d'amour, de passion et de tendresse, désormais, l'orage grondait.
Castle, Beckett, Ryan et Esposito, tous semblaient être totalement étouffés par la triste réalité, écrasés par le poids de la culpabilité d'une part, et de la stupeur de l'autre.
Rien jusque là n'avait permis le doute sur un quelconque faux pas, tout se déroulait au mieux, indice après indice… alors pourquoi ? Et comment ?
Kate n'arrivait plus à réfléchir, n'arrivait plus à respirer.
Pourquoi ne pas être venu pour elle ? Pourquoi ne pas l'avoir fait taire elle, plutôt que de s'en prendre aux autres ?
- Kate ?
Esposito… « ne dis rien, tais-toi, je ne veux rien savoir… je veux rentrer… je veux rentrer… tais-toi »…
- Comment est-il … est-ce qu'on sait…
Elle n'y arrivait pas… elle ne pouvait pas.
Impossible de formuler une pensée, une question, une idée… quoi dire ? Comment le dire ? Et attendre quelle réponse ?
L'avocat était là… alors quoi ? Darryl avait-il demandé à lui parler malgré leurs recommandations ? Avait-il été bavard ? Le jeune homme terrorisé qu'ils avaient interrogé ne semblait pas prêt à crier sur les toits qu'ils avaient parlé aux flics, donc quoi ?
Il y avait bien une taupe au poste ? Son poste ? L'un de ces visages qu'elle croisait chaque jour ? A qui elle disait bonjour et parfois, discutait autours d'un café ?
Et sa carrière… était-il décent de penser que peut-être, à cet instant même, si Darryl avait parlé à son avocat, elle était sur le point d'être suspendue le temps d'une enquête interne ? Enquête qui se solderait probablement, inévitablement en fait, par son éviction des forces de police, et l'exposerait sans doute à des sanctions disciplinaires beaucoup plus sérieuses.
Et Esposito … et Ryan … tous deux étaient restés avec elle pendant l'interrogatoire. Tous deux avaient entendu clairement Darryl demander son avocat… tous deux avaient choisir de suivre et de couvrir Kate dans son choix de ne pas accéder à sa demande.
Tous deux pouvaient également perdre leur job…
Et ce serait sa faute…
Tout se mélangeait… tout se bousculait… d'une décision pouvait venir la fin de tout.
- L'avocat… il nous a rien dit de plus… juste … pour Darryl… il voulait vous parler personnellement…
Kate regarda Esposito et Ryan, côte à côte, puis Castle, toujours aussi perdu dans ses pensées.
Elle ne voulait pas faire face à cette réalité… pas alors qu'elle était responsable d'un tel échec…
Darryl était mort par sa faute, ses amis et elle-même risquaient une suspension, voir une éviction de la police de New York, elle avait blessé son mari en le quittant, en lui mentant, contraint ses amis à bousculer et risquer leur vie… et Loksat n'avait sans doute même pas perdu ne serait-ce qu'une once de stabilité dans ce gigantesque trafic. Le Dragon était toujours seigneur en son antre.
- Il est seul Kate… peut-être que Darryl n'a rien dit… tenta Ryan
- Alors pourquoi serait-il là ? … murmura Kate…. Il sait qu'il était là, c'était officiel … j'ai rendu ça officiel…
- Kate… tu as fait ce que tu devais faire… coupa Castle, en reprenant quelque peu ses esprits.
- Castle… je suis allée trop loin…
- On ne sait rien encore … restons calme…
Castle essayait de la rassurer, mais sa voix ne le suivait pas. Il avait peur, et pour lui aussi, le doute n'était pas permis quant à la venue au poste de cet avocat. Ni même quant aux commanditaires du meurtre de Darryl.
Mais pour autant, il ne devait pas céder à la panique. Pour Kate, il ne pouvait pas.
Il connaissait suffisamment sa femme pour savoir qu'à cet instant, elle crevait de désespoir et de culpabilité.
Il savait pertinemment que dans sa tête, dansaient le spectre de la mort de Kane et les conséquences directes d'une telle nouvelle.
Il pensait à Loksat, il pensait à leur sécurité à tous, il pensait à sa femme et à leur enfant à naître.
Pour elle, pour leur bébé, il ne pouvait pas simplement baisser les bras et accepter l'inacceptable.
- Kate… il faut parler à ce type pour savoir ce qu'il sait… mais on ne doit pas paniquer… chérie … on ne sait rien encore d'accord ?
Kate le regardait, mais était toujours aussi incapable de se dépêtrer de ses tourments… son esprit était embrumé et soudain, elle se sentait faible.
Un poids énorme sur les épaules. Celui de la culpabilité. Celui de la rage. Celui de l'impuissance.
- Rick… ils savent… ça ne peut vouloir dire que ça… et lui, là bas, il vient nous dire que j'ai volontairement refusé un droit fondamental à son client… que si je ne l'avais pas fait, il serait probablement encore en vie, et tu sais quoi, Castle ? … il a raison. J'ai forcé Darryl à me parler… il ne voulait pas, il a dit qu'ils allaient le tuer… et je ne l'ai pas entendu… pire… je lui ai dit qu'il pouvait me faire confiance…
- Ils n'ont pas gagné Kate…. S'il te plait, ne cède pas à la panique…
- Il a raison Beckett… s'il savait quelque chose, on n'aurait pas déjà eu des nouvelles par la direction de la police ?... on ne serait pas déjà venu nous demander nos plaques ?
Ryan tentait de soutenir Castle, mais lui aussi, n'était guère convaincu. Pour autant, il connaissait Beckett, et savait que son devoir était de l'empêcher d'abandonner. Coûte que coûte. Et bien que sa situation personnelle ne lui permettait absolument pas de se retrouver du jour au lendemain sans boulot, sa loyauté allait à Beckett. Toujours.
- Il a raison Kate… j'ai flippé aussi quand il nous a dit pour Darryl…mais je ne vois personne du Central pour l'instant… c'est un avocat commis d'office… il ne connait peut-être pas la procédure…
- Et quoi Espo ? On va lui demander de ne rien dire ? S'il refuse, on le bâillonne et on l'enferme quelque part? On le fait taire ?… nous ne sommes pas nos ennemis… s'il sait, on est foutu…
- Kate…
- Rick, je refuse de franchir cette ligne dont je t'ai parlé… s'il sait, il y aura des conséquences… et tu sais comme moi, que s'il est là, ce n'est pas par hasard…
A nouveau, le silence. La tension et la crainte. L'effroi même. En cause, les actes déjà commis, et ceux suspendus au dessus de leurs têtes.
- Je peux peut-être tout assumer… je peux dire que je vous ai obligé, que je …
- Hors de question ! … j'étais là, vous m'avez dit clairement que je pouvais quitter la pièce et je suis resté, j'assume moi aussi mes actes… j'ai entendu et je n'ai rien fait, alors je suis dans le même bateau que vous Kate…
- Javier… on parle de ta carrière là…
- oui Beckett, c'est vrai … mais à ce moment là, on a choisi tous les deux de rester, on ne peut pas revenir dessus maintenant qu'on a peut-être de sérieux ennuis… Kate… vous êtes le meilleur flic avec qui j'ai travaillé… j'ai foi en vous… Espo et moi, on ne vous laissera pas vous jeter dans la gueule du loup toute seule…vous n'avez pas à nous couvrir…
- Les gars … Kate …il faut aller voir ce type… et on verra ensuite ce qui se passera…
A cet instant, Castle aurait pourtant voulu enlever sa femme, l'emmener loin ailleurs pour la protéger de l'absurdité du monde. Mais il la connaissait, et il savait. Il avait peur… peur que cette infime stabilité qu'ils avaient enfin retrouvé tous les deux, ne soit en train de s'effondrer sous leurs pieds.
Il savait qu'elle s'en voudrait toute sa vie pour la mort de Darryl… et tout autant, si, par ses décisions, Esposito et Ryan perdaient leur emploi.
Au-delà de ça, égoïstement, il était terrorisé à l'idée que ce drame ne brise sa femme… et par conséquent, qu'elle rebâtisse ce mur derrière lequel elle se protégeait à l'époque.
Qu'ainsi tout ce qu'ils avaient construit, ne s'effondre, frappé de plein fouet par une force bien trop puissante pour eux.
Kate était forte oui… mais son cœur était profondément bon et honnête… et de tels qualités, venait aussi une grande faiblesse. Celle de ne pas être suffisamment armée pour se prémunir contre la fatalité et l'ignominie cette réalité.
Darryl était mort. Loksat les avait contrés et probablement contrôlés depuis tout ce temps. L'enquête ne donnerait plus rien. Et ils avaient probablement tous perdus leur travail à la Criminelle.
L'impuissance. La culpabilité. La rage.
Rien qui n'augure du bon pour la suite. Cœurs blessés et convictions anéanties.
Castle se leva et sans plus aucune prudence, s'approcha de Kate. Il s'agenouilla près d'elle et lui prit les mains.
- Kate … je sais ce qu'il se passe dans ta tête en ce moment… je te demande de ne pas oublier pour quoi tu as agis comme ça … la justice, la vérité, le dévouement … Kate, tes raisons sont les plus justes qui soient … par pitié… ne te laisse pas absorber par le mauvais… je t'en prie…
Serrant au plus fort ses mains, Beckett posa les yeux sur lui. Vides et absents, Castle se rendit compte que Kate était déjà beaucoup trop près du précipice. Dans un dernier espoir, il souffla quelques mots qu'il voulait maîtrisés… lui qui pourtant, en avait l'estomac noué.
- Kate … regarde moi… reste avec moi…pense à nous … quoiqu'il arrive … je suis derrière toi … Always …
Elle posa l'une de ses mains sur sa joue, le caressant du bout des doigts, dans un geste lent et presque éteint.
- Rick …
Leurs téléphones les firent sursauter. Dépitée, très lentement, Kate porta son regard sur l'écran, s'apprêtant à définitivement voir leurs dernières cartes s'abattre.
Mais releva très vite les yeux vers Castle, lui-même désorienté et apeuré.
Devant la mine stupéfaite et soudain réanimée de sa femme, il se saisit de son portable.
Un message. Reçu en même temps. Provenant du même numéro. Les enjoignant de ne pas réagir et de rejoindre leur interlocuteur.
Une méthode déjà utilisée auparavant.
« Batman* … » fut la première pensée de Castle…
* pour mémoire, la discussion entre Rick et Kate, dans un chapitre précédent
Habitée par une décharge d'adrénaline, Kate se leva d'un bond de son fauteuil.
Castle, près d'elle, se releva à son tour, les yeux fixés sur son téléphone.
- Kate ? Tu vois ça ? demanda-t-il d'une voix sourde et étonnée.
- Hé ? qu'est-ce qui se passe vous deux ?
Le changement soudain d'attitudes de Beckett et Castle avait surpris leurs deux amis.
La seconde avant, Ryan avait craint pour l'équilibre psychique de son amie, tant son regard était vide et son teint blanchâtre.
Et là, aussi rapide qu'un clignement de paupière, ils étaient là, tous les deux, leurs téléphones en main et les yeux ahuris.
- A quoi il ressemble cet avocat Espo ?
- Un gars dans la soixantaine, assez grand, élégant … pourquoi ?
A nouveau, Kate capta le regard de son mari. Javier était en train de leur décrire un homme qu'eux seuls connaissaient. Jackson Hunt. Le père de Castle. Le mari de Rita. Esposito et Ryan ne l'avaient pas reconnu, puisqu'eux, ne l'avaient vu que sur portrait robot.
Bien que traumatisante, la mort de Darryl passa au second plan en une fraction de seconde.
- Les gars, quoiqu'il arrive, vous ne réagissez pas, d'accord ?
- Quoi mais attendez ? Beckett, expliquez nous ! lui intima Ryan, qui, s'il avait bien compris que ce sms reçu par ses amis avait un lien direct avec leur affaire, était impatient de savoir ce qui se passait exactement.
Castle se déplaça jusqu'à la vitre du bureau de sa femme, en tentant d'apercevoir ce soit disant avocat.
- Ryan, Espo … ce type n'est pas l'avocat de Darryl… mais on va sûrement devoir faire comme si nous le pensions… je sais c'est compliqué… tenta d'expliquer Beckett, devant les mines stupéfaites de ses amis.
- Le type qui est là bas les gars…c'est mon père…
- Jackson Hunt ?!
- Shhhh … moins fort Ryan… souffla Castle.
A présent, ils se regardèrent tous à tour de rôle. Kate soutenait le regard de son mari, tandis que lui, serrait les mâchoires en essayant de reprendre ses esprits.
Ce revirement de situation, aucun d'eux ne l'avait prédit. Et surtout ne s'y attendait.
Jackson Hunt était dans leurs locaux et visiblement, venait pour les aider, ou au moins pour leur porter un message.
Intimement, Kate était persuadée que jamais un homme comme lui ne serait venu dans le rôle d'un simple messager. Trop risqué certainement, trop exposé.
Allons-y, somma Kate, décidée et revigorée à présent d'un sentiment de compréhension, et secrètement, d'un espoir que tout n'était peut-être pas aussi évident que lorsqu'ils avaient appris la mort de Darryl.
Dans la salle de repos où il s'était installé en attendant que ce lieutenant n'informe son fils et sa belle-fille de sa présence, Jackson sirotait un café, décontracté, posé, serein.
Un coup d'œil dans le bureau du Capitaine Beckett lui fit constatait le contraste évident entre l'atmosphère régnant dans ce bureau et sa propre attitude.
Des années à faire semblant, à s'entraîner à paraître, endosser des identités secrètes et vivre des vies imaginaires, devaient certainement l'avoir forgé à ce genre d'exercice.
Cependant, quand au bout de quelques minutes, il devint évident que la tension et les questions qu'ils se posaient immanquablement, retardaient le moment où ils se présenteraient à lui.
Et pour lui, comme eux, il était hors de question que la situation ne perdure trop longtemps.
Il sortit son téléphone portable de sa poche, et composa tranquillement un message court, à l'attention de ses deux destinataires.
Dès lors, il savait qu'il ne se passerait pas longtemps avant leur venue. Il avait déjà vu Kate à l'œuvre, cette femme était obstinée et pas du genre à tourner le dos à une piste.
Quant à son fils… ce garçon était étonnant. Son intuition et sa détermination à poursuivre chaque indice le menant à une vérité, étaient parfois du pur suicide. Mais pourtant, il était là et visiblement, ces deux là s'étaient bien trouvés.
Tout aussi calmement qu'auparavant, il rangea son téléphone et attendit.
Lorsqu'ils sortirent du bureau, il vit dans les yeux de Kate Beckett ce qu'il était venu chercher.
- Capitaine Beckett… ravi de vous rencontrer… Leroy Pratt… je suis … j'étais l'avocat de Darryl Kane…
Kate tenta de refréner ses pulsions qui lui martelaient la tête. Trop de questions, besoin de trop de réponses, pourquoi était-il là ? Darryl était-il vraiment mort ? Qu'avait-il à leur dire ? Et connaissait-il Rita ?... trop de questions … bien trop de questions …
Pourtant, elle respira profondément, et lui tendit la main, d'un geste cordial et professionnel.
« Maîtrise-toi Kate… »
- Maître Pratt… que pouvons-nous pour vous ?
- Peut-être nous pourrions-nous en discuter dans un lieu un peu plus approprié que la salle de repos dans laquelle votre lieutenant m'a assigné pour vous attendre ?
Il avait parlé d'un ton presque hautain, à la limite de la désinvolture. Et bizarrement, Kate se dit que si cet homme avait réellement était l'avocat de Darryl, cela aurait été ainsi qu'il lui aurait parlé. Comme un homme en position de force, sûr de lui et ayant d'excellentes cartes dans sa main.
Si bien que de l'extérieur, n'importe qui aurait pu penser que cet homme avait de très bonnes raisons de vouloir discuter dans un endroit moins exposé.
Kate en fut presque admirative et une pensée complètement extérieure à tout cela lui vint en mémoire.
La façon dont Castle avait réussi à la surprendre le lendemain de leur premier soir ensemble, après leur retrouvaille, alors qu'elle lui avait demandé de ne pas venir au poste, pour ne pas faire trop d'écart en public… et que lui-même avait malgré tout débarqué au bureau pour la surprendre. L'effet était le même, de potentiels témoins penseraient que Kate ne maîtrisait rien. Avec Castle, elle avait semblait furieuse. Avec Hunt, elle devait paraître déstabilisée et sans doute méfiante.
Tel père, tel fils.
- Bien sûr M Pratt, nous allons aller dans une de nos salles de réunions…
- Je pensais plutôt à un endroit un peu plus … discret… je suis sûr que vous voyez de quoi je parle…
Il savait. Bon sang, comment était-ce possible ?! Il venait de les intimer de le rejoindre dans le sas du bureau de Castle, alors même que cette pièce était sensée être secrète, en tout cas, pour le commun des mortels.
Mais pour l'instant, je vous propose de continuer à échanger quelques mots encore, histoire de faire illusion…
- Illusion ? … quoi ? tu penses partir là ?
Castle avait parlé d'une voix plus dure qu'il ne l'aurait voulu, mais force était de constater, que depuis des semaines, la tension montait crescendo et toucher du bout des doigts une possible explication, et se voir demander de patienter encore, était au dessus de ses forces.
- Il va bien falloir pourtant… calme toi Richard… ici c'est trop risqué… pour tout vous dire, je ne devrais même pas être ici … mais ce pauvre Darryl m'a contraint à venir à vous …dit-il d'une voix neutre, le faciès parfaitement contrôlé.
Kate accusa le coup. Darryl était vraiment mort. Si tout ne semblait pas noir finalement, cette triste fatalité elle, était bien réelle. Un mort de plus.
- Quand ? demanda simplement Kate, l'œil sévère qu'elle réservait habituellement aux personnes qui la contrariaient … et à Castle parfois.
- Ne changeons pas vos habitudes… mais soyez aimable de continuer à suivre vos petites précautions d'usage… permettez moi d'insister…maintenant Kate, je vais vous tendre une lettre et vous allez la prendre, la lire et vous semblerez très soucieuse… Lorsque je partirais, Richard, tu te rapprocheras de ta femme et tu voudras la réconforter… ne sois pas trop démonstratif malgré tout… et vous messieurs, vous vous comporterez comme si vous étiez perturbés par ma visite.
Jackson avait exposé son scénario dans un long monologue, déversé d'une traite, d'un ton monocorde et posé.
- A quoi on joue là ? demanda calmement Castle
- On fait illusion … je ne fais que rentrer dans ce jeu auquel vous vous adonnez depuis des semaines maintenant…maintenant, soyez prête à jouer Capitaine …
Elle se saisit du papier et en entreprit sa lecture. Une série de chiffre et données. Des latitudes et des longitudes. Des données GPS.
Camouflant au mieux ses émotions et ses réactions, elle releva les yeux vers lui et accepta la poignée de main qu'il lui proposait.
- Ce soir, 20h… et n'oubliez pas la prudence… c'est essentiel…
- On y sera…
De toutes les journées qu'ils avaient du affronter depuis le début de cette histoire, celle-ci fut la plus éprouvante.
Autant, pour Kate et Castle, elle avait débuté magistralement, pleine de promesses et sentiments à partager à nouveau, ensembles, chez eux… autant le soir même leur avait effectivement promis des avancées essentielles, mais loin d'être de nature amoureuse.
Etonnement et fort heureusement, Rick avait joué le jeu. Après le départ de Hunt, il avait suivi à la lettre les instructions données par son père, non sans mal pourtant.
De leurs côtés, Esposito et Ryan n'avaient eu aucun mal à simuler l'incompréhension et l'inquiétude. Après tout, ils avaient les deux pieds dans une sombre affaire et maintenant le père de Castle débarquait et les intimait posément leur façon d'agir.
Pour Kate, elle, les choses étaient encore différentes. Comme une lionne en cage, elle se forçait à ne pas reprendre à chaque instant la feuille de données de Jackson, même si de prime abord, elle ne pourrait rien en tirer par elle-même.
Et quand enfin le soir arriva, plus personne ne cachait son impatience, mais aussi ses doutes et ses craintes.
Si bien que lorsque Jackson fit son entrée, l'atmosphère se chargea instantanément d'une tension insupportable.
Lui pourtant, ne semblait pas particulièrement tendu. Il avait troqué son costume d'avocat sobre et approprié au rôle, pour un pantalon et une veste sombre.
« Un espion plus vrai que nature » pensa Castle.
Pour Lanie, il ressemblait quelque peu à Rick, elle le trouvait bel homme, et bien conservé pour son âge. Mais quelque chose en lui la dérangeait, sans trop savoir pourquoi.
Alexis, elle, voyait son grand-père pour la seconde fois seulement, et la première avait déjà été épique en la matière, et elle se demanda si un jour, elle le verrait autrement qu'en homme de l'ombre. Sans doute jamais, se dit-elle aussitôt.
- Bien … vous êtes tous là… commença-t-il
- Je ne crois pas que qui que ce soit n'aurait voulu manquer la fête, lui répondit aussitôt Esposito, ne cachant plus son impatience.
- Je peux comprendre … Alexis, tu es devenue une belle jeune femme… je suis content de te revoir… Dr Parish, enchantée de faire votre connaissance…
- Euh … moi aussi… enfin je crois, murmura Lanie, peu sûre et comme les autres, pressée de savoir ce qui se passait.
- Salut.. glissa doucement Alexis, en lui faisant un petit geste de la main, preque timide.
- Je crois qu'on peut sauter les salutations et en venir à l'essentiel papa …
- La politesse est l'une des meilleures façons d'obtenir des informations Richard… crois-en mon expérience…
- Oui ben là, je ne vois à quoi ça nous avance … avec toute mon amitié Lanie, pareil ma chérie …le coupa Castle
- Oui et bien, Jackson, il va falloir nous parler maintenant… on a tous joué votre petit jeu, on a fait ce que vous vouliez qu'on fasse, mais maintenant, vous allez nous parler.
Beckett était impressionnante, elle incarnait la détermination et la force de caractère. Mais surtout, la volonté de comprendre pour les bonnes raisons. Jackson félicita intérieurement son fils de l'avoir épousé.
- Ma chère Kate … je vais tout vous dire … mais avant, vous allez me dire ce que vous savez…
Ryan bondit à ces mots, cet homme, lui, il ne le connaissait pas. Il n'avait aucun raison de lui faire confiance et ils avaient déjà tous fait preuve de beaucoup de patience.
- Non, vous allez nous dire ce que vous savez… on n'est plus dans un jeu là, on se bat contre des forces invisibles, et si vous avez de quoi les mettre en lumière, c'est le moment…
Esposito regarda son ami et collègue d'un œil fier et surpris. Ryan était souvent celui qui modérait, qui temporisait et qui abordait chaque problème de façon pragmatique. Là, il libérait sa colère et son obstination à suivre quoiqu'il arrive toutes les pistes qui les mèneraient vers Loksat.
- Lieutenant Ryan… je vais vous dire… vous tous, vous m'impressionnez… vraiment… vous ne savez absolument pas dans quel pétrin vous vous êtes fourrés, mais vous marchez dedans sans vous soucier d'en avoir plein les chaussures… mais là, on parle de choses qui vous dépassent, alors laissez moi mener la danse, vous voulez bien ?
En temps normal, peut-être que Ryan aurait été embarrassé par les propos de Hunt, mais pas aujourd'hui. Rien de ce qu'il lui disait n'était nouveau après tout. Ils en avaient tous conscience, lui comme les autres.
Kate vint poser sa main sur l'épaule de Kévin, en se rapprochant de lui. Leurs regards se croisèrent et dans la seconde, il accepta sa demande silencieuse.
- D'accord on va vous dire ce qu'on sait… mais après, il est hors de question que vous nous faussiez compagnie à la Houdini, vous nous direz exactement ce qu'on veut savoir… on est d'accord ?
« Cette femme est la preuve vivante qu'on ne pouvait pas moins bien qualifier les femmes qu'en utilisant le terme « sexe faible ».. » pensa-t-il.
- On est d'accord Kate… dites moi ce que vous savez.
Après un dernier regard à l'ensemble de ses amis, elle leva les yeux vers lui, et entreprit de lui dire exactement tout ce qu'ils savaient.
Elle en attendrait des réponses, elle en attendrait des confirmations, elle en attendrait des pistes à suivre. Peut-être même des noms et des lieux.
Elle affichait le visage des jours les plus sombres, et cette fois encore, elle ne lâcherait rien.
- Très bien … voilà ce qu'on sait…
Viendrait le temps des réponses et Kate n'était pas certaine qu'elle pouvait entièrement faire confiance à Jackson Hunt, tout père qu'il soit de Castle.
Cependant, elle ne se sentait à entamer un bras de fer avec lui, en sachant pertinemment que s'il ne souhaitait pas répondre, rien ne l'y obligerait. Donc pour l'instant, elle allait faire à sa convenance et espérait qu'il leur parle en retour.
- Il y a maintenant un peu plus de 3 mois de cela, j'ai reçu un appel chez moi, sur mon portable. Un homme dont je n'ai pas reconnu la voix m'a signifié un code d'urgence, un de ceux qu'utilise le FBI, pour les questions de vie ou de mort. Mon ancienne équipe au FBI s'est faite décimée à cause d'un mémo qui a été déclassifié par erreur, et cet analyste a miraculeusement pu échappé à sa propre tentative de meurtre, et m'appelé pour me prévenir. J'ai rencontré Vikram et nous nous sommes faits attaqués par des hommes armés...Alors nous avons fuis, et avons prit connaissance plus tard du contenu de ce mémo...Il était question du sénateur Bracken, il était partiellement censuré mais un mot était écrit en marge, LOKSAT... J'ai interrogé Bracken et il est mort ensuite.
Kate prit une pause avant de continuer à raconter son histoire. Tout cela lui semblait si lointain, et en même temps, si familier. Elle vivait avec ça depuis plus de 3 mois, et devoir à nouveau reprendre du début, lui coûtait, tant ce qu'elle désirait aujourd'hui, était d'avancer.
Et pourtant, prenant son mal en patience, elle continua.
- Nous avons ensuite été attaqué par un autre groupe d'hommes armés, et une femme qui disait s'appelait Rita nous est venue en aide… elle m'a dit plus tard être votre femme et…
- D'ailleurs à ce propos… coupa Castle, saisissant l'occasion d'avoir enfin des réponses à ses soupçons.
- Non attends Rick … finissons en d'abord … répondit Kate, en lui prenant la main, comme pour canaliser son impatience.
- Donc, cette femme nous a sauvé, et nous a priés de fuir pour nous protéger, Vikram et moi. Elle nous a parlé d'une taupe au sein de la CIA qui travaillait en secret avec Bracken et Vulcan Simmons, et qui les protégeait de toute enquête.
Le mémo nous a mené à un aérodrome et nous avons retrouvé l'avion grâce à son numéro de série. Nous savions déjà qu'une branche secrète de la CIA l'utilisait pour des transports illégaux de drogues.
Plus tard, il s'est avéré qu'un agent de la CIA qui s'appelait Allison Hyde était la taupe. Officiellement, elle s'est suicidée pour échapper aux poursuites. Voilà ce qu'on sait.
Volontairement, Kate avait choisit de lui faire un résumé succinct, et de ne pas parler de sa rencontre avec Michael Smith. Elle ne voulait pas mentionner ni son nom, ni le fait qu'il l'avait mise sur la piste du trafic de drogue.
De même, elle décida qu'il n'était pas encore l'heure de lui parler de leur enquête pour remonter à la source du trafic.
Face à eux, Jackson semblait assimiler les informations que lui avait données Kate.
- Que vient faire Darryl Kane là dedans ? demanda-t-il doucement.
- Vous d'abord Jackson… elle vous a dit ce qu'on savait de Loksat maintenant, à vous de nous dire ce que vous savez…
Esposito le fixait calmement, mais affichait une fermeté sans faille.
- Détrompez-vous lieutenant Esposito. Je dois savoir tout ce que vous savez… Il en va de votre sécurité… et maintenant, de la mienne… donc, Kate, finissez votre histoire s'il vous plait…
Beckett réfléchit un instant. Devait-elle lui faire confiance ? Que savait-elle de cet homme ? Elle regarda son mari, qui semblait partagé par le doute et la volonté d'en savoir plus.
Chacun de ses amis semblaient incertains, et Jackson s'en aperçut.
- Kate … nous ne nous connaissons pas c'est vrai … mais je vous l'ai déjà dit, nous sommes dans la même équipe … vous avez fait confiance à Rita sans même la connaître, et aujourd'hui, vous hésitez avec moi ? …
« Le contexte était différent ! Je n'ai eu que quelques secondes pour décider de la suivre ou non ! »… oui c'était différent, mais au fond, le peu qu'elle savait de cet homme était déjà plus que ce qu'elle savait de Rita. Et cette dernière pensée lui fit peur.
- Ok… commença-t-elle en regardant sas amis, essayant de capter un regard, une impression, un geste qui lui intimeraient de se taire. Elle poursuivit.
Pour pouvoir enquêter de mon côté, il me fallait une piste, j'ai donc demandé à Vikram de localiser une vieille connaissance. Après l'avoir rencontré, il m'a suggérer de suivre la piste de la drogue, et Vikram est parvenu à isoler une empreinte, une signature… et à partir de là, il m'a sorti toutes les affaires qui avaient plus ou moins un lien avec cette drogue. Celle concernant Darryl m'a semblait être celle qui pouvait nous mener à quelque part...La suite, vous la connaissez… nous avons fait venir Darryl au poste et quelques jours après, il était mort… et nous en sommes là, vous êtes là et maintenant, c'est à vous de nous parler…
Jackson la regardait et avait toute les peines du monde à cacher son admiration pour cette femme. Elle était intelligente, incorruptible, droite, déterminée et extrêmement douée pour trouver des pistes, et pour ne rien gâcher, elle était splendide.
« Richard, tu as beaucoup de chance mon garçon… »
- Je suis impressionné Kate… à partir de rien, vous êtes remontée à un l'une des plus dangereuses organisations qui soit…
- Tu connais Loksat ? demanda Castle, sous le regard intimidant de Beckett, le priant de se taire pour laisser parler Hunt.
- Oui… mais peu importe pour l'instant, je dois une histoire à ta femme, ou je sens que je ne sortirais pas indemne de ce bureau…
Lentement, il se déplaça vers le tableau blanc sur lequel, ils écrivaient leurs idées, leurs pistes, tout ce qu'ils parvenaient à déduire de leurs maigres indices.
Il se tourna face à eux, Lanie et Alexis, assises sur le canapé, Esposito et Ryan debout près d'elles, et enfin Castle et Beckett, les plus proches de lui.
- Tout d'abord… je dois vous dire que je suis étonné que vous soyez encore tous en vie… vous vous êtes mis à dos des gens dont on ne souhaite pas faire partis de leurs ennemis...Rita avait raison lorsqu'elle vous a dit qu'il y avait une taupe au sein de la CIA. Quelqu'un qui avait suffisamment de souplesse au sein de l'organisation pour ne pas attirer l'attention, et dans le même temps, bénéficiant d'une liberté de mouvements et d'actions. Cette personne appartient à la CIA et pourtant, est hors contrôle de l'agence...Il a de l'influence, sans être au sommet. Il est libre et n'a aucune limite...Il se protège lui-même parce qu'il s'est crée un camouflage idéal...Personne n'a jamais su qui était derrière tout ça, mais vous, Kate, vous pensez pouvoir trouver et le mener devant la justice…
- Personne ne se doutait que Bracken était corrompu et personne n'aurait cru que je pourrais un jour l'arrêter. Et je l'ai fait. Cela m'a prit près de 15 ans, mais je l'ai fait. Alors oui, je peux vous affirmer que Loksat finira comme lui…dans une prison d'Etat.
- Techniquement, il n'y est plus, mais peu importe, passons… vous m'impressionnez beaucoup… je vous ai promis de vous dire ce que je sais, je vais le faire…
- Je prends beaucoup de risque en venant vous voir, et sachez par ailleurs, que dans ce genres de circonstances, je n'ai pas l'habitude de me retrouver dans une pièce n'ayant qu'une seule issue…Et si le pauvre Darryl n'avait pas été tué, je ne serais pas là...Vous savez comment il est mort officiellement ?
Kate craignait la réponse, tout comme elle craignait la culpabilité qui ne la quittait plus depuis l'annonce de sa mort.
- Non…
- Officiellement, il est mort au cours d'une bagarre dans la cour de la prison. Il aurait cherché les ennuis auprès des membres d'un gang pro nazis… vous l'avez vu Kate, vous aussi lieutenants Ryan et Esposito… entre nous, Kane vous donnait-il l'impression d'être un tel dur à cuire ?
Evidemment que non. Kate se remémorait encore ses tremblements et ses pleurs étouffés. Comment un tel homme apeuré aurait-il eu envie de se mettre à dos des extrémistes ?
- Inutile de répondre, pur rhétorique… je vous dis cela pour que vous compreniez bien quelque chose … vous êtes face à une organisation qui peut se permettre de monter un bateau aussi énorme, sans avoir la moindre peur qu'il prenne l'eau… Kate… ces gens-là n'ont peur de rien… et vous, vous avez tout à perdre… voilà la vérité…
Instinctivement, Castle se rapprocha d'elle, et posa une main sur sa taille. Comme tous les autres, il entendait les mots sortir de la bouche de son père et un instant, lui, ne se sentit pas de taille à affronter ce dragon là. Puis, il pensa à Kate et à son enfant. Il ne pouvait pas abandonner, parce qu'abandonner, reviendrait à abandonner Kate.
- Ce qu'elle a à perdre, c'est sa volonté de voir ces hommes ne pas s'en sortir comme ça… le reste, elle ne le perdra pas. Nous t'entendons papa, mais nous avons déjà eu cette discussion à propos des risques et de ce qu'il y avait à perdre… nous avons tous décidé de rester aux côtés de Kate… je ne crois que ce que tu nous dis, changera quelque chose.
Beckett se tourna vers Rick et soudain, elle ressentit un élan de tendresse et d'amour à son égard. Il était là, « always », et il serait là pour toujours.
Il savait comment la soutenir, et pour elle, il n'y avait pas plus belle preuve d'amour.
Elle se promit de toujours lui rendre cet amour, au double de ce qu'il lui donnait. Quoi qu'il arriverait par la suite.
- Personne ne va abandonner M Hunt, on est là pour quelque chose de précis, on ne s'enfuira pas dès qu'une menace ou une difficulté se présente à nous…
- Richard, lieutenant Ryan… vous tous… êtes complètement fous… mais je vous admire…
Jackson baissa les yeux un instant sur ses mains, jointes devant lui.
- Des gens meurent autours de vous, vous ne le voyez pas ? Cela ne vous fait-il rien ?
- Comment vous pouvez dire ça ? lui cria Kate, enragée… mon équipe à Washington est morte, Darryl est mort ! Je vais devoir vivre avec ça, leurs morts m'affectent Jackson ! Pour vous, ils ne sont peut-être que des dommages collatéraux, mais pour moi, ce sont des vies humaines innocentes, mortes à cause d'un groupe d'hommes qui se croient au dessus des lois !
Castle désormais soutenait sa femme de ses deux mains posaient sur ses épaules. Elle avait crié sa rage, crié sa colère et sa frustration. Il la savait meurtrie de ces derniers événements et Jackson avait commis une erreur en parlant ainsi.
- Papa, tu ne connais pas Kate… en fait, tu ne connais vraiment aucun de nous…
- Crois-moi mon fils, j'en sais bien plus que tu ne le crois… tout comme je sais que vous, Kate, vous allez pleurer la mort de ces personnes … quant à moi… d'une certaine façon, vous avez raison… mes années d'errance, mes missions, mes identités secrètes … tout cela m'a forgé un caractère et je vois les choses différemment de vous… et c'est pour cela que je suis encore en vie… je suis entraîné à ne prendre aucun risque… à gérer ma vie comme si elle n'existait pas… les gens que je rencontre ne sont que des personnes de passage … comme l'a été Martha, Richard… je vois la mort sous un autre angle et oui, Kate… je ne suis pas autant affecté que vous tous par la disparition de toutes ces personnes … cependant … vous vous trompez sur une chose… je respecte la vie et en ce sens, je déplore les dommages collatéraux comme vous dîtes…
Tous l'écoutaient attentivement désormais. Lanie, mal à l'aise au milieu de ses amis, se racla la gorge, demandant l'attention générale.
- Ecoutez… je sais que personnellement, je ne suis pas d'une grande aide pour votre enquête et vos recherches… mais ce que je sais M Hunt, c'est que mon amie est une femme qui ira jusqu'au bout de ses principes … je suis touchée par la mort de ces gens, tout comme je le suis à chaque fois que j'ai un corps sur ma table… et je peux aussi vous comprendre, je ne pourrais jamais adopter votre style de vie, mais je comprends que vous êtes en permanence dans une sorte d'univers parallèle … et pour le coup, je me dis que vous ne pouviez être que le père de Castle ! Votre vie… c'est trop digne d'une histoire qu'il pourrait écrire ! … bref … tout ça pour vous dire que nous sommes tous là pour la même raison, et que ces personnes qui sont mortes, ne doivent pas l'être pour rien…
Le discours de Lanie céda sa place au silence. Tout était dit. Et tous étaient liés.
- Vous n'abandonnerez pas … je devais en être sûre et maintenant, je suis donc obligé de vous raconter la suite de mon histoire…
Sa voix se fit glaçée et une soudaine tension s'empara de chacun d'eux. Comme un éclair, une pensée vint s'infiltrer dans l'esprit de Castle. Et le rempli d'effroi. Il regarda autours de lui et comprit que lui seul semblait être en alerte.
Comble de tout, il se rendait compte à présent qu'ils étaient tous au fond de la pièce, cette fameuse pièce sans autre issue que celle qui se trouvait… derrière Jackson Hunt. Cet homme qu'ils ne connaissaient finalement pas si bien que ça.
D'un geste, il se plaça devant Beckett, sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Il avait peur, il ne voulait pas y croire… et pourtant…
- Castle, qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda sa femme, étonnée de le voir si blanc.
- Tu es un agent de la CIA papa … commença-t-il … tu travailles pour une branche secrète de cette agence … tu as de l'influence puisque tu as pu me faire accéder à certains services pour mon premier roman…tu es un électron libre…
Au fur et à mesure qu'il parlait d'une voix claire et craintive, les autres commençaient à comprendre où Castle voulait en venir… Lanie et Alexis s'étaient levées du canapé, et instinctivement, Esposito et Ryan s'étaient rapprochaient d'elles.
« Mon dieu non … » fut la première pensée de Kate.
- Tu as déjà tué de sang froid, je t'ai vu faire… tu es un homme de l'ombre … invisible … tu pourrais être …
Il s'interrompit, refusant de prononcer le fond de sa pensée. Cela ne se pouvait pas… il ne pouvait pas être impliqué … pas lui …
- Jackson ? … êtes-vous Loksat ?
En prononçant la terrible accusation que ne pouvait faire son époux, Kate lui avait attrapé la main, qu'elle serrait à présent fort dans la sienne.
Milles pensées se bousculèrent dans sa tête, l'enfant qu'elle portait, ses amis qui étaient là, juste derrière, Lanie, Alexis… si pures et innocentes. Castle… son mari, qui à coup sûr risquerait sa vie pour sauver la sienne… Ryan qui allait bientôt être papa pour la seconde fois… Esposito, son frère d'arme, son fidèle ami…
Qui aurait pensé à fouillé Jackson ? Qui aurait songé que cet homme pouvait leur avoir tendu un tel piège ? Qui aurait imaginé qu'il puisse être le Dragon qu'ils recherchaient tous ?
Lentement, Jackson se positionna près de la porte du sas.
- Vous comprenez pourquoi je n'aime pas me retrouver dans une pièce sans issue de secours ? …
Etait-ce un aveu ? Allaient-ils tous mourir ce soir, vaincu par un ennemi qui avait été bien plus fort qu'eux ?
- Kate, Rick … je ne suis pas Loksat…
Une minute de répit, une respiration libérée, des corps qui se détendent. Une minute. Un instant, trop bref.
- …mais je travaille avec et je vais vous expliquer ce que c'est exactement…
La stupeur, la peur, le froid et l'impuissance.
Les dernières paroles de Jackson résonnaient encore dans leurs têtes, quand il reprit son récit.
Vous semblez tous apeurés… vous pensez savoir qui je suis ... vous m'avez laissé pénétrer votre petit quartier général, sans la moindre crainte, sans la moindre arrière-pensée…
Les visages étaient blêmes et l'atmosphère étouffante. En chacun d'eux, quelque chose s'était brisé : l'espoir. Et autre chose avait prit forme : la menace.
Ils venaient de se faire prendre comme des amateurs, enfermés dans un bureau sans issue, probablement avec un tueur sans état d'âme, armé et à la solde d'une organisation puissante et inébranlable.
- Jackson… qui êtes-vous exactement ? demanda Kate, transi d'effroi.
- Je suis celui que vous ai dit être… regardez-vous tous … j'ai l'impression de voir des lapins pris dans les phares d'une voiture… vous vous attendez à ce que je sorte une arme et que je commence à vous abattre, les uns après les autres…
- Tu travailles pour Loksat… alors je crois qu'on a des raisons de nous méfier… commença Castle
- Je travaille avec, Richard… pas pour … je vais vous expliquer mais d'abord …
Il déploya ses mains devant eux.
- Arrêtez de penser que je vais vous tuer… je ne suis pas là pour ça… disons que c'était une petite expérience…
- Une expérience ? Quoi ? cria Alexis, laissant libre court à sa stupeur.
- Oui, c'est cela… une expérience jeune fille … je voulais vous faire peur, ça je l'admets volontiers… mais dans un but unique et bien différent de celui que vous avez en tête…
Ne sachant pas trop s'il pouvait ou non se détendre, Castle serra un peu plus sa femme contre lui, et prit la main de sa fille, pour la sentir elle-aussi.
- Je voulais vous faire comprendre les dangers que vous prenez… je sais, je vous ai entendu, vous les assumez tous… ça n'empêche que si j'avais été le méchant de l'histoire, à cette heure ci, vous seriez tous morts…
- Jackson, expliquez-vous maintenant, le somma Kate
Se sentant davantage en sécurité, mais toujours sous le coup de la panique, Beckett voulait tout savoir, et surtout, se promit de ne plus jamais laisser quoique ce soit au hasard ou à la confiance de quelqu'un qu'ils ne connaissaient qu'à peine.
- Je vais le faire Kate, mais je pense que vous devriez vous asseoir … la panique et le stress, ce n'est pas bon dans votre état…
Il savait cela aussi. Le monde de Kate commençait à partir en vrille et elle ne savait comment le maintenir à flot.
S'ils savaient, Loksat savait. Et si Loksat savait… elle avait perdu presque 3 mois de sa vie auprès de son mari.
- Comment … balbutia Castle, lui aussi comprenant l'implication de ce qu'ils venaient d'entendre.
- Je sais beaucoup de choses, je vous l'ai dit … écoutez… dit-il en se rapprochant d'eux…je ne suis pas votre ennemi, LOKSAT n'est pas votre ennemi… LOKSAT n'est même pas un homme ou une organisation…
Il prit une pause et Kate le maudit pour ça. Après des mois de recherches et tant de bouleversements, il voulait donner à ses révélations un côté dramatique ?
- Jackson… je suis à bout de patience là… j'ai quitté mon mari à cause de votre femme, je me rends compte que tout ce que je pensais savoir à propos de ce … Loksat est probablement faux et qu'en plus, tous les sacrifices qu'on a tous fait, n'étaient peut-être pas nécessaires… et comme vous semblez le savoir, je suis enceinte et je commence déjà à ressentir les effets de la grossesse sur mes nerfs, alors je vous conseille d'accoucher et vite… et ce n'est pas un mauvais jeu de mot Castle…
- Rick fit une grimace de gamin innocent, injustement accusé de vouloir faire une bêtise. Elle le regarda un instant faire ses pitreries, mais ne dit rien… lui sourit même… tant elle avait encore le sang glacé par la démonstration que leur avait faite Jackson. Dans une autre situation, ils auraient pu frôler la mort, peut-être seraient-ils morts, alors elle pouvait s'accorder le droit d'aimer l'enfant qu'était Castle.
L'interaction entre les deux était évidente. Beckett avait beau parfois faire semblant d'être exaspérée, bien souvent, comme maintenant, elle savourait les réactions de son époux.
Jackson l'observa un moment, puis se lança dans ses explications.
- Dans votre quête de la vérité, vous avez oublié de prendre en considération toutes les informations que vous possédiez… la note du mémo mentionnait effectivement ce mot, Loksat. Mais pas seulement. Précisément, il était écrit LOKSAT 2011BD.
- Ça nous le savons, 2011BD était un numéro de série, dîtes nous quelque chose qu'on ne sait pas déjà, coupa Beckett… comme par exemple, Loksat, qu'est-ce que c'est, si ce n'est pas un homme ou même une organisation ?
- LOKSAT, Kate… est un logiciel de géo-localisation… rien de plus. Vous aviez raison pour la note, mais vous êtes passée à côté de l'essentiel… depuis le début, vous vous êtes focalisée sur ce mot… alors que la véritable bombe, c'était le numéro de série...LOKSAT 2011BD n'était rien de plus qu'une demande de localisation de l'avion, via ce logiciel.
- J'ai vu le mémo… et vous nous avez confirmé qu'il y avait bien une taupe… alors pourquoi tout tourne autours de Loksat, si ça n'a rien à voir avec ce complot ?
- Kate, vous l'avez dit vous-même, le mémo était partiellement censuré… et comme n'importe quoi d'autres, quand on a les moyens de le faire, on peut faire dire exactement ce qu'on veut à tout ce que l'on veut…
Kate se sentit prit d'un vertige. Quel était l'étendu de ce mensonge qui avait fractionné leurs vies et engendré tant de malheurs ? LOKSAT n'était rien de plus qu'un système de localisation ? Combien de temps avait-elle perdu ?...
- Le mémo provenait bien d'une branche de la CIA ultra secrète… mais pas pour commanditer des transports de drogue, c'était tout l'inverse… les manigances autours de Bracken et Simmons ayant été découvertes, toutes les agences du pays savaient qu'il devait y avoir plus. Un homme comme Bracken ne pouvait avoir gérer seul cette entreprise, pas avec la fonction publique qu'il envisageait. Ca aurait été trop risqué pour lui… donc tout le monde savait qu'il devait y avoir une autre personne, invisible et suffisamment influente pour protéger ce business…
La CIA a rapidement compris que la taupe faisait partie de ses rangs… mais c'est une agence bien trop borderline pour enquêter dans le cadre du système… elle ne pouvait pas rendre tout cela officiel… et ce mémo, Kate… jamais vous n'auriez du le voir… jamais il n'aurait du être déclassifié… il est à un niveau Top Secret dont seuls quelques personnes triées sur le volet ont connaissance.
« Conspiration, CIA, secret défense…Castle, tu dois être dans tous tes états… » pensa Lanie.
Pourtant, en le regardant de plus près, elle vit que cet homme, adepte des théories les plus folles, affichait un air sérieux et attentif.
Elle le voyait également protecteur envers Kate et sa fille. Comme s'il craignait que ces révélations à venir ne soient trop difficiles à accepter.
- LOKSAT est géré par une entreprise qui a pour clients des compagnies d'assurance, des sociétés de transports ou de sécurité… et aussi le gouvernement. Il les utilise pour des solutions de localisation de personne ou de matériel de toutes sortes. Dont les avions. Les données GPS que je vous ai transmis tout à l'heure au poste… c'est le travail de plusieurs mois de localisation de cet avion. Avec ça, la CIA peut démanteler ce réseau… mais pour autant, il n'y aucune donnée sur la taupe… et c'est pour cela, que le trafic de drogue perdure. Tant que cette taupe n'est pas clairement identifiée, l'agence ne fera rien pour le stopper.
Kate en était abasourdie, Jackson en savait effectivement beaucoup… énormément en fait. Peut-être tout. Un silence de plomb régnait dans la pièce et nul ne voulait interrompre Hunt, tant ce qu'il leur dévoilait était important.
Pourtant Kate devait y voir plus clair, elle voulait avoir absolument tout compris, pour mieux s'armer face à leurs ennemis.
- Donc… si j'ai bien compris… LOKSAT n'est pas ce que nous recherchons. La CIA, peu importe quelle branche, est à l'origine du mémo et son but était d'appréhender la taupe qui travaille dans l'agence. Et pour une raison inconnue, en étant déclassifié, le mémo a permit à la personne derrière tout d'en prendre connaissance et a commandité les meurtres de tout ceux qui avaient pu y avoir accès…donc mon ancienne équipe à Washington, puisque le mémo est apparu dans leur service… à cause de ma recherche…
Sur cette dernière pensée, la culpabilité la saisit à nouveau. Ils étaient bien morts par sa faute.
- C'est bien cela… le hic dans l'histoire, c'est que cet analyste, ce Vikram, ait pu s'en sortir et vous ai averti. Et bien sûr, vous connaissant, vous ne pouviez qu'enquêter.
Et c'est ainsi que mon histoire, rattrape la votre Kate…
Trop de choses à assimiler, trop de questions encore, mais déjà des éclaircissements. Ainsi donc, ils s'étaient trompés, en tout cas pour LOKSAT. Elle avait tant d'autres questions à poser à Jackson, et bien sûr, Castle et les autres en auraient tout autant.
La nuit allait être longue. Elle eut une pensée pour la nuit qu'elle aurait du passer dans les bras de son mari… encore une fois, ils étaient contrariés dans leur projet, mais cette fois, elle était certaine que les réponses qu'ils allaient obtenir, compenseraient, en tout cas pour l'instant, le besoin de se toucher et de s'aimer.
- Si j'ai pensé que LOKSAT était ce que nous recherchions, c'est à cause de Rita…
La bombe était amorcée… Kate ne se faisait aucune illusion quant à la réponse que donnerait Jackson, mais elle devait l'entendre, c'était essentiel.
- Rita … elle vous a dit être ma femme… Kate, les gens comme Rita et moi, ne fonctionnons pas comme vous tous ici … Rita vous a dit ce que vous vouliez entendre, cette histoire allait vous maintenir à l'écart pendant quelques temps, elle vous a donné de quoi rongé un os, mais sans vraiment vous dire quel os vous rongiez…
- Elle n'est pas ta femme alors…
Jackson avait bien conscience que ce qu'il leur disait, les perturbait au plus haut point. Aussi, il décida de ne pas retarder l'échéance.
- Non … les agents comme Rita et moi, avons des codes de langages… « être marié avec » signifie en quelque sorte être en conflit… Elle travaille pour une autre section de la CIA, et j'imagine que vous abordez de la sorte lui permettait de m'atteindre… vous êtes douée dans votre travail Kate, mais vous n'aviez pas toutes les données et parmi celles que vous aviez, certaines étaient erronées… vous alliez faire une erreur à un moment donné, c'était irrémédiable. Et Rita comptait dessus.
- Elle m'a trompé… et je n'ai rien vu… murmura Kate, désemparée.
- Kate, vous êtes une femme exceptionnelle … mais vous avez quelque chose que Rita n'a pas… et peut-être que cela me manque aussi parfois … vous avez une conscience et des valeurs… elle savait que vous n'abandonneriez pas… quoiqu'il arrive…
- Pourquoi m'a-t-elle suggéré de quitter Castle ? Quel est le rapport ?
- Il est simple Kate… pour accélérer l'erreur que vous deviez commettre… c'est écrit dans chacun des romans de Richard… Nikki travaille toujours mieux avec Rook, que sans lui. Seule et sans utiliser les moyens d'enquêtes officiels, vous étiez en sursis. C'était inévitable.
- Et quelle a été mon erreur ? demanda-t-elle, hébétée et hagard.
- Darryl…
- Mon dieu…
- Kate… lorsque vous avez convoqué Darryl Kane, personne n'a fait de rapprochement... vous faisiez votre boulot… mais ensuite, vous avez parlé en sa faveur auprès du procureur… alors qu'officiellement, il ne vous avez rien dit…
Je ne suis pas certain que les personnes impliquées dans le trafic de drogue aient été vraiment sûrs que vous aviez quelque chose… mais eux, n'ont pas de scrupule… et dans le doute, l'ont fait exécuté…
- Donc c'est bien ma faute si ce gamin est mort…
- Ce que je sais… c'est que vous avez respecté votre engagement vis-à-vis de lui… et aucune fuite n'a percé… je vous l'ai dit, personne ne sait ce qu'il vous a dit… vous avez été prudente et soucieuse de lui et de sa sécurité… seulement eux, peuvent tuer sans la moindre hésitation… ce que je veux dire Kate, c'est que quoiqu'il se serait passé, même si vous n'aviez pas parlé pour lui, ils l'auraient fait tué. Par précaution et parce que pour eux, une mort de plus n'est rien…
Kate fut prise d'une nausée qui l'a força à s'asseoir. Submergée par le dégoût, elle se passa une main sur le visage, anéantie et remplie de haine à l'égard de ces hommes sans vergogne.
Soucieux, Castle ouvrit le mini bar et se saisit d'une bouteille d'eau.
- Tiens Kate… il s'agenouilla près d'elle.
- Non ça va… merci Castle…
- Non… ça ne va pas, dit-il doucement… je le vois ma chérie…
Docile, Kate prit la bouteille et but à petites gorgées. En signe de remerciement, elle lui passa lentement la main sur la joue, dans un geste tendre, trahissant tout l'amour qu'elle ressentait pour lui.
Jackson, spectateur de cette complicité, reprit la parole.
- C'est de cela dont je veux parler Kate… Richard et vous êtes une équipe … il vous apaise… comme vous, vous avez su apaiser le lieutenant Ryan tout à l'heure… tous ensembles, vous avez quelque chose qui vous lient… soit de l'amitié, soit de la loyauté, soit de l'amour… ensembles, vous êtes plus fort, et Rita le savait… n'importe qui croise votre chemin, le sait.
- Donc … tu penses que Rita pourrait être la taupe ? demanda Castle, se relevant mais gardant le contact avec sa femme, une main doucement posée sur son épaule.
- Non … vous vous imaginez bien que j'ai réfléchi à la question… j'ai fait ma petite enquête, et je suis arrivé à la conclusion qu'elle n'est pas la taupe… je ne sais pas trop quel est son rôle la dedans, si elle bosse pour eux, si elle sait qui est impliqué, ou si elle a des intérêts parallèles à tout ça… je sais juste qu'elle s'efforce de brouiller les pistes et quel que soit son but, Rita n'est pas une personne en qui on peut avoir confiance…
Kate se sentait mal, et la nausée ressentit plus tôt n'en était pas la cause, elle comprenait simplement que depuis tout ce temps, malgré son expérience de flic, elle n'avait su se méfier et son discernement en avait été altéré.
- Comment vous savez tout ça Jackson ?... Pour Rita…LOKSAT… toute cette histoire… comment vous savez ?
- Vous n'êtes pas la seule à avoir été manipulée par elle … moi-même, je me suis trompé sur elle.
Il prit une profonde inspiration, il savait qu'en parlant, il les mettait en danger, mais il avait également eu la preuve que ces femmes et ces hommes ne reculeraient jamais, unis par la soif de comprendre, de rendre justice et l'amour qu'ils se portaient.
- Je vous ai dit que nous étions en quelque sorte en conflit elle et moi…nous appartenons à des branches différentes de la CIA, nous agissons dans des intérêts parfois contraires et parfois nous pourrions même être amené à utiliser la force l'un contre l'autre… mais dans le monde dans lequel nous vivons, les connexions entre agents de notre type, sont parfois complexes… l'adrénaline, le danger, les missions, les identités secrètes… tout cela crées des interactions parfois primaires… et je l'avoue… j'ai eu une aventure avec elle, il y a quelques années… et j'ai fait une erreur Kate … moi aussi… sans doute bien plus terrible en terme de conséquence que la votre…
A son regard, on devinait qu'il regrettait et par ces quelques secondes, Kate comprit que cet homme était différent de Rita. S'ils ne voyaient pas les choses tout à fait à l'identique de Kate, elle percevait une sensibilité qu'elle connaissait bien. Elle l'avait ressenti en Rick, bien souvent auparavant.
- J'ai fait l'erreur de lui dire que j'avais un fils… et que j'avais influencé une décision pour lui obtenir un accès à la CIA, pour son bouquin. J'imagine qu'elle a fait le rapprochement entre la publication de ton livre Rick et la confidence que je lui avais faite…
- En quoi savoir que tu avais un fils lui a servi ? Je ne comprends pas papa…
- N'importe quelle information personnelle devient une faiblesse pour les gens comme nous…je ne sais pas si Rita était déjà en mission à l'époque, mais en tout cas, elle a gardait ça en mémoire et s'en ai servi quand elle en a eu besoin…
- Jackson, je ne comprends pas, pourquoi le fait de faire en sorte que Kate fasse une erreur était important ? S'ils avaient voulu la tuer, pourquoi ne pas lui avoir tendu un autre piège ? Ils sont partout et nulle par ailleurs, alors pourquoi ne pas l'avoir simplement réduit au silence en empoisonnant une bouteille d'eau ou en trafiquant les freins de sa voiture ? Pourquoi la pousser à faire une erreur ?
Lanie touchait un point sensible, et tous en prirent conscience. C'était vrai, finalement, tuer quelqu'un, pour des gens comme ces mercenaires, devait être on ne peut plus simple, alors pourquoi tant se compliquer la tâche ?
- Et bien Dr Parish… je pense que c'était pour me faire sortir de mon terrier… et la preuve, c'est que ça a marché…
Devant l'incompréhension générale, il reprit.
- Depuis le moment où j'ai su que j'avais un fils, j'ai toujours gardé un œil sur lui… et sur Martha. Puis, sur Alexis… et bien sûr, sur vous, Kate… Elle savait que je viendrais à vous, ce n'était qu'une question de temps…
- Pourquoi était-ce important Jackson ? Pourquoi voulait-elle que vous vous montriez ? demanda Ryan
- Parce que je suis du côté de ceux qui sont à l'origine du mémo… et comme vous le voyez, je sais beaucoup de choses… et c'est pour cela aussi que je possède ces données GPS… je cherche la taupe et Rita le savait…
Tout commençait à prendre forme, mais pour autant, restait une question en suspens et taraudait l'esprit de Castle.
- Ca ne peut pas être une coïncidence… toi, mon père, travaillant sur une affaire qui touche au plus près Kate… tu as choisi de prendre en charge cette mission n'est-ce pas ?
Jackson regarda son fils, puis l'ensemble de son auditoire.
- Je te l'ai dit Richard… je garde un œil sur ma famille… et Kate en fait partie.
Celle-ci releva les yeux vers lui, consternée par toute cette histoire. Elle eut une pensée pour Bracken… dire que toute cette histoire avait commencé à cause de corruption… aujourd'hui, il était mort, tout comme Vulcan Simmons… mais leurs méfaits perduraient et tous les jours, des victimes payées le prix d'un empire basé sur la soif du pouvoir, de l'argent et de la puissance.
- Si tout cela est vrai Jackson, doit-on s'attendre à ce que Rita nous attende derrière cette porte ? Prête à nous sacrifier nous aussi ?
- Non… Et je doute qu'un jour, nous entendions à nouveau parler d'elle…
- Pourquoi ? demanda Esposito, bien qu'il sentait qu'il connaissait la réponse.
- Parce que j'ai du la tuer…dit-il d'une voix neutre.
- Parce que j'ai dû la tuer, dit-il d'une voix neutre.
Kate le regardait fixement, absente, étrangement déconnectée de la réalité.
Rita était morte et Hunt l'avait tué. Elle laissa les mots de son beau-père pénétraient son esprit. Ce n'était certes pas la première fois qu'elle entendait une confession de meurtre, mais là, tout était différent.
Jackson avait avoué son crime comme s'il leur avait dit qu'il l'avait invité à dîner.
Un ton neutre et sans une once de culpabilité dans la voix.
Et se surprenant elle-même, Kate n'en éprouva aucune gêne.
- Je vais faire comme si je n'avais pas entendu ce que vous venez de dire…
Elle était froide, elle gérait sa fureur à l'encontre de cette femme, elle lui en voulait tellement pour ces 3 mois loin des siens, que finalement qu'elle soit morte ne la touchait pas.
Personne autours d'elle ne semblait vouloir la contredire, mais Kate savait aussi que ses amis la suivrait quoiqu'il arrive et que même si sa mort dérangeaient Esposito et Ryan, ils n'en diraient rien.
Lentement, Hunt s'approcha de Beckett et de Castle, certain que l'équipe qu'ils formaient tous était plus que jamais soudée.
- Vous me faites confiance Kate ?
Son regard le défiait, elle n'arrivait pas à déterminer si cet homme mériter ou non sa confiance, mais elle était certaine d'une chose, ils n'avaient personne d'autre à l'extérieur capable de leur en dire plus sur la taupe et sur sa localisation.
- Je vais être honnête Jackson, je ne sais pas… je ne vous connais pas assez et je ne sais pas jusqu'où vous êtes capable d'aller pour parvenir à vos fins… mais je peux vous promettre une chose, personne ici ne vous doublera. On travaille ensemble, et si vous voulez ma confiance, il va falloir continuer à nous dire tout ce que vous pourrez trouver sur ces hommes.
A lui de la fixer. Il sourit en se demandant comment une femme aussi déterminée et obstinée pouvait encore être en vie à l'heure qu'il était.
- Vous êtes fascinante Kate… je n'aurais espéré meilleure belle-fille…murmura-t-il, réellement admiratif.
Les deux se faisaient face, dans un duel de regards respectueux et prudents malgré tout.
Castle, près de sa femme, tenta une approche pour faire redescendre la tension.
- Euh … papa … peut-être que tu pourrais nous expliquer comment tu as su pour cet endroit… et pour le bébé… et aussi… peut-être que tu pourrais arrêter de regarder ma femme comme ça…
Kate se retourna face à lui en l'entendant. Comment son mari pouvait-il se montrer jaloux face à son père ?! …
Elle tenta, tant bien que mal, de le foudroyer du regard, mais devant son air de petit garçon vraiment peiné, elle ne put que réprimer un sourire tendre.
Elle posa sa main sur son bras délicatement, puis glissa en une caresse jusqu'à sa main, qu'elle captura à nouveau.
Cependant, les interrogations qu'avait soulevées Castle, méritaient réponses, elle se tourna à nouveau face à Jackson.
- Je vous ai observé… pas directement… disons, en filigrane…
- Vous surveilliez ceux qui auraient pu nous surveiller… vous ne regardez pas le centre du tableau, mais plutôt les détails…
- Vous étiez dans les forces spéciales auparavant lieutenant Esposito… vous connaissez cette technique de surveillance… vous étiez prudent, d'ailleurs je dois vous avouer que laisser vos portables en dehors de ce bureau, était plutôt malin… cependant, je devais être sûr que personne ne vous tende de piège… et pour le reste, mon petit-fils ou petite-fille, je dirais que c'est du bon sens… je savais que vous n'étiez pas réellement séparés, et quand le Dr Parish a envoyé cette analyse de sang au labo, j'en ai conclu que la famille allait s'agrandir…
- Ça aurait pu être MON analyse de sang… déclara Lanie, vexée d'être mentionnée dans ce qui avait amené Hunt à ses conclusions.
- Oui bien sûr… mais vous n'avez eu aucune relation amoureuse depuis que vous avez rompu avec le lieutenant Esposito…
- Hey ! Comment vous savez ça ? Lanie criait presque, tant cet homme en savait sur elle.
- Je dois dire que vous m'avez tous donné beaucoup de travail ces dernières semaines …
Lanie regarda Javier, qui désormais, arborait un petit sourire empli de fierté.
« Les hommes ! … tous les mêmes » pensa-t-elle.
- Javier, retire tout de suite ce sourire de ton visage, ou je vais te le faire regretter !
- Hey ! mais j'ai rien fait moi … enfin, toi aussi apparemment !
Ryan étouffa un rire moqueur, tandis que Lanie, les deux mains sur les hanches, fusillait Esposito du regard.
Hunt les observait : Beckett tenait fermement le bras de Rick, la main ancrée dans la sienne, le visage contre son épaule, épousant du regard ses deux amis. Il pouvait sentir toute l'affection qu'elle leur portait, et au travers de son geste, tout l'amour pour son mari.
Rick, lui, penchait légèrement la tête pour qu'elle repose sur celle de Kate, un petit sourire en coin, spectateur des joutes verbales deux ex.
Ryan, prêt à en découdre de taquineries, les deux mains dans les poches, presque décontracté.
Et enfin, Alexis, tout sourire, semblait s'amuser de la situation.
Jackson se dit qu'il ne les comprendrait probablement jamais réellement : ils venaient tous d'être soumis à des mois de stress, et un peu plus tôt, au spectre d'un piège qui aurait pu se traduire par un clap de fin définitif pour eux, et pourtant, ils savouraient ensemble ces instant de vie.
Celle que lui avait choisi de suivre ne ressemblait en rien à la leur, et bien qu'il ne l'admettrait jamais, il en fut envieux.
Après des semaines, des mois d'attente et de recherches, ils avaient enfin le fin mot de l'histoire. Enfin, l'essentiel.
Il n'y avait pas de Loksat, il n'y avait plus de Rita.
Les monstres existaient bel et bien, et les combattre relevait toujours du suicide, mais avoir des armes pour se battre, était un atout non négligeable.
Désormais, avec les révélations de Hunt, ils en savaient un peu plus. L'origine de la fuite du mémo, qui l'avait envoyé et pourquoi… les données GPS et le sentiment que maintenant, ils pouvaient faire face, un peu plus sereinement.
Les choses prenaient leurs places et la guerre ferait rage, mais pour l'instant, Kate respirait enfin.
Ce soir, elle était au loft, auprès de son mari, seuls et pour rien au monde, n'en repartirait. En tout cas, cette nuit, pour le reste, ils devraient en discuter.
Un étrange sentiment de bonheur et de confusion s'était malgré tout insinuait en elle.
Depuis des semaines qu'ils jouaient, se retrouver ici était presque inapproprié. Comme si le simple fait d'être assis sur ce canapé confortable et accueillant, lui semblait insensé.
Comme si le fait d'être là, faisant les yeux doux à Castle, constituait encore un manquement à leur plan initial.
Le bébé avait changé la donne bien sûr, mais parfois, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que sans sa grossesse, ils n'en seraient certainement pas là.
Heureusement, et pour une fois, la vie lui avait offert une belle opportunité d'ouvrir grand la porte à sa vie rêvée, qu'elle avait dû quittée pourtant.
Et là, ce soir, elle était dans les bras de son époux, son corps près du sien, s'accaparant sa chaleur et sa force.
Les deux jambes repliées sur le canapé, elle s'était laissé aller contre Rick, se délectant de son odeur et de sa peau.
- Hey babe…
- Hum…
Castle avait fermé les yeux, la tête posée contre celle de sa femme, son bras autours de ses épaules, s'imprégnant d'elle à chaque seconde.
- Tu te rends compte… nous somme à la maison… tous les deux …
- Tous les trois … sourit-il, heureux de pouvoir enfin profiter de la présence de Kate, chez eux.
- Oui… tous les trois…
Elle posa une main sur son ventre, comme si ce geste lui était naturel. Depuis qu'elle se savait enceinte, elle avait tenu à prendre le temps d'assimiler son état et ses conséquences, mais finalement, avait très peu pensé à leur futur. Comment serait leur enfant ? Comment seraient-ils avec lui ? Allait-elle savoir être mère ? Et leur bébé, lui ressemblerait-il ? Ou à Castle ?
D'être ici, chez elle, la faisait réfléchir sur l'avenir et quand Castle joignit sa main à la sienne, elle se dit que cet enfant allait grandir au sein d'une famille heureuse où régnaient amour et harmonie.
- A quoi tu penses ? lui dit-il doucement.
Elle prit le temps de chercher ses mots, Castle était son meilleur ami et son confident le plus proche, et lui parler lui avait manqué.
- Je pense à tout ça, à Loksat, à Darryl, à Rita, à ton père… mais je pense surtout au temps perdu babe… 3 mois loin de toi, loin d'ici … à cause d'une femme que j'ai choisi de croire…
A son tour, Castle réfléchit aux mots qu'ils utiliseraient, il sentait sa femme beaucoup moins vindicative que tout à l'heure, mais la savait encore déstabilisée par les dernières révélations.
- Rien n'arrive par hasard, Kate…je veux dire, je ne suis pas heureux qu'on doive en passer par là, mais on ne maîtrise jamais tout dans la vie… et peut-être que sans tout ça, on ne serait pas sur le point d'être parents…peut-être qu'on aurait encore laissé passer du temps pour que ce soit le bon moment… et si le bon moment n'existait pas ?
Les paroles de Castle faisaient écho à celles qu'elle avait prononcées lors de sa petite soirée entre filles avec Lanie. Bien sûr, il avait raison, en dépit de la douleur des jours qui avaient suivis son départ du loft, et celle qui les empoignait de ne pas être libre de pouvoir simplement vivre ensembles comme un couple normal, ce petit miracle qu'elle portait en elle apportait une lumière dans leurs vies.
- Maintenant, je suis convaincue qu'il n'existe pas Rick… il a fallu que je manque de mourir pour t'avouer mes sentiments, que tu fasses un rêve complètement dingue pour qu'on se marie, qu'on se sépare pour faire un enfant et quoi d'autres encore ? … parfois je voudrais pouvoir vivre une vie simple, mais je me rends compte aussi qu'entre toi et moi, rien n'a jamais été simple… et paradoxalement, quand on est ensemble, tout l'est…
- Tu sais ce que je sais moi… c'est que toi et moi, et Junior maintenant, on a la vie qu'on veut avoir… regarde… tu veux une vie simple ? Facile ! On quitte New York et le poste, on s'installe dans une petite banlieue, avec un jardin et des voisins sympas qu'on inviterait parfois pour faire un barbecue… mais crois-tu qu'on serait heureux en faisant ça ? Si on lâchait tout… Si on abandonnait tout, sans avoir trouvé le fin mot de l'histoire… Une vie simple est à notre portée… mais tu sais comme moi, qu'on n'en serait jamais totalement satisfait… alors oui, notre vie est compliquée parfois, mais grâce à toi, je vis des instants magiques et émotionnellement, plus fort que tout…
- Notre vie compliquée entraîne des conséquences tragiques Rick … je pense à McCord, aux autres agents, à Darryl … sans parler de toutes les victimes sans nom…tu as raison… je ne serais pas vraiment heureuse avec des œillères… mais si ça empêchait les gens de mourir autours de moi… tu sais, j'ai du mal à accepter que la mort frappe encore et encore… c'est comme si je provoquais les choses, comme si tout était ma faute…
Castle l'écoutait attentivement. Ce soir, Kate avait besoin de se confier et son rôle était de la soutenir et de la rassurer. Il la comprenait parfaitement, mais ne pouvait la laisser penser ainsi.
- Non Kate…rien de ce qui arrive n'est ta faute… tu as soif de justice… tu veux faire de ta ville, un endroit où les enfants ne risquent pas leurs vies en croisant un junkie ou un assassin… les vrais responsables sont ces gens, dehors, ceux qui se permettent de prendre une vie pour conserver le pouvoir et l'argent… je vais te dire quelque chose chérie… je suis convaincu qu'un jour, tu feras de la politique…
Interloquée, Beckett le regardait en lui prêtant la plus grande attention.
- Tu accepteras de te présenter comme candidate au Sénat. Tu le feras parce qu'à un moment, quand tu seras prête, tu prendras conscience que nos concitoyens ont besoin d'une femme comme toi… quelqu'un d'incorruptible, de droit, de sincère… et au lieu de rechercher et punir les criminels, tu anticiperas sur les crimes et tu en trouveras tout autant de satisfactions…
- C'est à peu près ce qu'ils m'ont dit pendant mon audition… dit-elle, pensive.
- Pour l'instant, tu n'es pas prête, mais je te connais et j'ai l'intime conviction que tu le feras un jour…
- Faire de la politique signifie faire des concessions Castle … je ne suis pas sûre de savoir dire oui à quelque chose qui me déplaît …
- Non… tu ne sais pas faire… pour l'instant… un jour, tu seras à même d'assumer et je suis persuadée que même dans les concessions, tu sauras mettre en avant quelque chose en quoi, toi, tu croiras …
- Tu penses ?
- Oh oui …
- Tu sais ce à quoi je pense moi Rick… lui dit-elle d'une voix suave et amoureuse… je pense à notre lit et à l'envie que j'ai de toi quand tu sais si bien me réconforter et me comprendre…
Accueillant ses douces envies avec le sourire d'un homme fou d'amour, Rick s'abandonna dans les yeux de sa femme.
- Oh et …
D'un geste lent et faussement innocent, il déplaça une mèche de cheveux pour atteindre son cou.
- Notre lit t'a peut-être manqué… il l'embrassa tendrement, déposant des frissons sur sa peau.
- Je peux dire que oui… il m'a manqué…tu me manques...
- Donc… il commença à caresser son dos, faisant courir ses mains de son épaule à son bras… si je te disais que je meurs d'envie de te faire l'amour… à nouveau des baisers, à nouveau des caresses… tu m'accompagnerais dans notre chambre…
- Hum… elle gémit sous ses offrandes tout en commençant à s'attaquer aux boutons de sa chemise… je crois bien que je ne te refuserais rien ce soir …
- Hum… rien ? …
- Rick … murmura-t-elle, le désir prenant forme dans son ventre…
- Mme Castle… vous m'avez manqué…
Lentement, comme pour savourer l'instant, Beckett et Castle se dirigeaient en direction de leur chambre, main dans la main, même sourire annonciateur de milles douceurs.
Ils avaient attendu cet instant depuis trop longtemps, ce retour à la normal, le simple de fait de pouvoir profiter de leur lit pour se caresser, s'embrasser, s'embraser.
Se faire l'amour, entre soupirs et gémissements. Entre caresses et baisers.
Comme des années auparavant, leur première nuit ensemble, Kate les guida à la chambre.
Ses pensées vagabondaient, se rappelaient à elle.
La chaleur de la main de Castle dans la sienne, ses gestes presque timides, n'osant pas, hésitant… comme s'il ne pouvait croire que son rêve prenne forme.
Cette nuit là avait été magique, chargée d'émotions, de passion et de pudeur. Au moins, aux premiers instants partagés.
Castle la dévorait déjà des yeux et ses mains se voulaient possessives, mais elle se souvenait parfaitement qu'à aucun moment, il ne lui avait imposé de continuer. Elle s'était sentie en sécurité et bien que ardemment désirée, libre d'interrompre cette nouvelle intimité qui se créée entre eux.
Cette liberté, combinée à ce sentiment de sécurité si cher à son cœur, l'avait séduite depuis longtemps déjà, mais ce soir là, même dans la passion de leur étreinte, il avait réussi à l'envelopper de cette certitude que jamais, il ne ferait quoique ce soit qui ne serait consenti.
« Ce soir comme cette nuit, tu as entièrement mon consentement mon cœur… »
Sur le seuil de la porte, Rick s'arrêta pour l'attira à lui. Il plongea dans ses yeux, lui confiant ses pensées intimes.
- J'ai presque l'impression que c'est notre première fois Kate…
- Toi aussi tu y pensesais alors… sourit-elle en retour
- J'étais fou de toi et je n'osais pas te toucher…
- Pourtant contre la porte, tu avais osé… je me souviens encore de tes lèvres qui me possédaient et de tes mains partout sur mon corps.
Elle passa ses mains autours de sa taille pour se rapprocher encore de lui. Lorsqu'elle glissa ses mains sous sa chemise, elle le sentit réagir et le désir s'empara d'elle un peu plus.
- C'était… sur l'instant… la frustration… le désir à l'état brut… tu devais être à moi à ce moment là… et après …
- Après tu étais un petit garçon qui attendait d'avoir l'autorisation… c'était émouvant mon cœur…
Confidences sur le seuil de la chambre, pas d'hésitation, juste un sentiment, une nécessité de graver cet instant dans leurs mémoires. Un besoin de prendre son temps.
Passé ce seuil, qui pourtant les avait vu maintes fois se hâter ou non, pour s'enfermer et laisser libre court à leurs désirs, semblait cette fois, être comme ouvrir la boite de Pandore. Interdit et excitant.
Sauf que là, ils savaient tous deux que dès qu'ils l'auraient ouverte, leurs corps n'auraient de repos qu'au petit matin.
- Je n'ai jamais été aussi ému par une femme… à part peut-être par la Princesse Leïa dans Star Wars…
- Babe… tu veux parler sabre laser maintenant ?
- Non… à moins que ce ne soit une métaphore pour parler d'autre chose ? … demanda-t-il en souriant.
- Si c'était une métaphore, je ne voudrais pas en parler, mais l'utiliser… tu me comprends ? demanda-t-elle à son tour, aguicheuse et coquine.
Il raffermit son emprise autours de sa taille et l'embrassa tendrement. Un baiser chaste, mais prometteur de bien d'autres.
- Sérieusement Kate … cette nuit là, tu m'as renversé… avant toi, je ne savais pas… je ne savais rien…
- Avant toi… je ne savais pas ce qu'aimer voulait dire… et depuis toi, je sais ce que c'est que de vivre…
Touché par les mots de sa femme, Rick se pencha pour capturer ses lèvres et l'entraîner lentement dans leur chambre.
Douceur, tendresse, amour… le silence autours d'eux les enivrait, et laissait planer une atmosphère romantique accentuée par la lenteur de leurs gestes.
Aucune précipitation, juste savourer. Juste se délecter de l'autre jusqu'à se repaître de la sensation de l'avoir en soi.
- Je t'aime Kate… murmura-t-il contre ses lèvres, envoûté par l'instant.
- Si tu savais à quel point, lui répondit-elle, presque douloureusement tant la force du sentiment l'envahissait.
Tandis qu'ils se rapprochaient du lit, tels deux corps soudés l'un à l'autre, mués par le désir naissant, Rick la retint une dernière fois contre lui.
Beckett se perdit dans son regard, désirant presque s'y noyer.
- Je veux te faire un bébé Kate…
- Oui babe … fais-moi un bébé…
Bien sûr, leur enfant était là, se développant dans le ventre de sa future maman, mais pour les autres, l'extérieur, ceux pour qui ils mettaient chaque jour en scène cette mascarade, cette nuit serait celle qui aura vu Beckett tomber enceinte.
Dans l'esprit général, cette nuit, marquerait la première nuit du couple à nouveau réuni, et l'ironie du sort voudra qu'un enfant naisse de ces retrouvailles.
L'illusion ne perdurerait pas, mais cette nuit, d'une façon ou d'une autre, allait être spéciale.
Tout comme elle l'avait été, quatre ans auparavant.
Castle glissa ses mains le long du dos de Kate, dans une caresse lente mais précise. Ses yeux, noirs de désir, lui promettaient une nuit inoubliable.
Ensembles, ils effacèrent les quelques pas qui les séparaient de leur lit, lèvres contre lèvres, mains désespérées, cœurs en émoi.
Avant de franchir les derniers centimètres, Rick les fit pivoter, et s'assis sur le bord du lit.
Entre ses jambes, il rapprocha Kate encore un peu plus, et enfouis son visage contre son ventre.
Beckett, émue, passa ses mains dans ses cheveux, l'attirant à elle amoureusement, dans un profond soupir de contentement.
Bercés d'impatience et de volonté d'arrêter le temps, tous deux s'enivraient du corps de l'autre, de ces douces sensations que chacun se procuraient et qui seconde après seconde, augmentaient leur faim.
Kate sentait les mains de Rick s'attardaient sur ses reins, et son souffle chaud au travers de son t-shirt. Les yeux fermés, elle profitait. Elle ressentait. Elle se languissait. Elle voulait encore, plus, toujours.
Depuis Rick, elle s'abandonnait pleinement, sans crainte, libre et libérée. Elle laissait parler son corps, son cœur et s'imprégnait de celui de son mari.
Castle, comme hypnotisé par la grâce de son épouse, tira doucement sur les pans de son haut, découvrant la peau de son dos. Ses mains se frayèrent rapidement un chemin et parcouraient déjà son épiderme.
Kate gémit, lascive, les mains fermement installées dans les cheveux de Castle.
Progressant rapidement dans ses caresses, les mains de Rick s'étaient à présent ancrées sur ses hanches, délivrant complètement au passage son t-shirt de son jean.
Il leva les yeux vers elle et sans un mot, lui demanda un baiser que Kate lui offrit sans se faire désirer.
Elle goûta sa bouche sensuellement, prise par l'urgence de satisfaire son désir et par la soif de partager leur union.
Castle souleva alors légèrement le vêtement et abandonnant les lèvres de Kate, déposa les siennes sur la peau nue de son ventre.
Ce contact l'électrisa, elle ne put retenir un autre gémissement, profond, érotique, incontrôlé.
Il l'embrassait tendrement mais la force de ses baisers se voulait animal. Elle ressentait son besoin, son envie, et sa sensibilité, lorsque, d'un mouvement lent, sa joue remplaça ses lèvres, et qu'elle se posa contre son ventre.
Elle sentait la douceur de sa peau au travers de la douceur de son geste.
Elle était tombée amoureuse de sa tendresse, de son cœur, de sa force… et désormais, elle portait son enfant, et elle en ressentit une profonde fierté.
Désirant à son tour lui prouver son amour, elle esquissa un léger mouvement de recul, pour lui signifier de la regarder.
- Mon cœur …
Sans répondre, il quitta la chaleur de sa peau, pour lever les yeux vers elle.
- Tu me rends heureuse… lui dit-elle, tendrement, dans un souffle, en lui caressant les cheveux.
- Je te promets de faire ressentir ça toute la nuit … et toute la vie… murmura-t-il
- Always … lui répondit-elle, aveuglée par son désir accru.
Rick l'attira fermement à lui, en amorçant une position à l'horizontal.
Kate se laissa aller dans ses bras, et s'allongea complètement sur son corps, partageant des baisers possessifs.
Elle s'ajusta sur lui, s'emparant de ses lèvres, le dévorant, en les capturant de ses dents. Elle se sentait prête à s'abandonner à ses pulsions, de plus en plus profondes.
Ses mains sur ses reins, la pressant contre son bassin, Rick la désirait et sa femme lui montrait clairement que toutes ses émotions étaient partagées.
Il savoura un instant de la sentir sur lui, tandis que les cuisses de Kate enfermèrent les siennes, rendant la sensation des sens encore plus excitante.
Dans cette position, bassin contre bassin, elle pouvait déjà sentir l'érection de son mari, et elle en perdit la tête. Elle prit appui sur ses mains pour se surélever, accentuant la pression de son sexe sur son bas ventre.
Il gémit profondément, les yeux fermés, les mains sur ses hanches, la guidant dans son mouvement.
Lorsqu'elle commença à mouvoir son bassin, ondulant contre lui, presque inconsciemment, Castle gémit de plus belle en sentant son corps lui faire presque l'amour, alors qu'ils étaient encore habillés.
Le regard que Kate lui lançait était empli de désir …et de défi… et il adorait ça. Elle lui ferait l'amour cette nuit, mais lui, la posséderait.
Il se releva légèrement à son tour pour se saisir plus fermement de sa taille, et lentement, la fit basculer d'abord sur le côté, puis sur le dos.
Chaque seconde, chaque mouvement offrait une tentation de plus pour baiser son corps, et Rick ne voulait se refuser à aucune de ses offrandes.
A présent sur elle, il s'empara de ses lèvres et entreprit de lui retirer son t-shirt. L'accompagnant dans son entreprise, Kate se retrouva bientôt en sous-vêtement mais s'en crier gare, s'attaqua immédiatement aux boutons de la chemise de Castle.
Combien de fois s'étaient-ils déshabillés de la sorte ? Tendrement, amoureusement, parfois animal… mais toujours respectueux de leurs corps et de leurs envies.
Les pantalons suivirent et bientôt, Kate gisait sur le lit, en simple culotte alors que Castle luttait encore pour ne pas aller trop vite. Son érection lui faisait mal et le pressait de se débarrasser de son boxer, mais pourtant, comme pour éterniser ce moment intime, il continuait à prodiguer de douces caresses à sa femme.
Bouche contre bouche, leurs langues se parlaient, se racontaient milles désirs de se retrouver, milles promesses à venir.
Kate caressait son dos, de ses épaules à ses côtes, son visage enfoui dans son cou, lui murmurant des « je t'aime » entre deux gémissements.
Ses caresses se prolongèrent jusqu'au creux de ses reins, pour franchir la barrière de l'élastique du sous-vêtement de Castle.
A présent, Kate tentait d'instaurer un rythme que Rick semblait encore vouloir lui refuser. Elle le pressait contre elle, tandis que lui ne quittait plus son sein.
Lorsqu'elle abaissa complètement le vêtement, il la regarda en souriant, s'avouant vaincu et heureux de l'empressement évident de sa femme.
Il se releva un instant pour se mettre à nu et alors que Kate allait en faire de même, il lui bloqua les mains, maîtrisant son mouvement.
Elle le regarda surprise, puis sans amorcer le moindre geste, elle le laissa prendre l'initiative de leurs ébats.
Amoureusement, il l'allongea à nouveau, sans la quitter du regard. D'une main, il lui maintint les siennes au dessus de la tête, et dès lors, Kate sut qu'elle allait mourir de plaisir.
De son autre main, il entreprit de simplement la frôler du bout des doigts… de son épaule, à son sein … de ce galbe à son ventre…puis jusqu'à l'aine, où il glissa très lentement un doigt sous son dernier vêtement.
Elle retint son souffle, en fermant les yeux, son mari observant chacune de ses réactions.
- Oh mon dieu Castle …
Muet, il lui répondit en décrivant de son doigt le pourtour de son sexe, sans jamais vraiment la toucher intimement, mais très proche de l'objet de son désir.
Il pouvait la sentir se tordre de plaisir sous son corps, gémissant son nom, et réclamant davantage de lui.
Sans s'y attendre, elle sentit soudain son souffle chaud contre son sexe, et son impatience atteignit son paroxysme.
Elle n'en pouvait plus, elle le désirait, elle le voulait si fort qu'elle luttait à présent pour retrouver sa liberté de mouvement
Mais ce n'est que lorsqu'il apposa sa bouche contre le fin tissu constituant le dernier rempart du corps de Kate, qu'il libéra ses mains, pour la maintenir tout contre lui.
Une main sur ses reins, une autre sa taille, épousant son ventre.
Kate s'agrippa à lui désespérément et en tentant de maîtriser le peu d'elle-même qu'il lui restait.
Castle la faisait languir, il la faisait le supplier de lui retirer son dernier vêtement, et loin de se sentir soumise, elle l'implora pourtant de lui faire l'amour.
Alors tendrement, il lui enleva son sous-vêtement, et remonta à elle pour capturer ses lèvres.
Elle sentit son sexe tendu contre son ventre, et sans en avoir conscience, elle releva ses jambes pour le maintenir encore plus près d'elle.
Dans un dernier regard échangé, elle le sentit s'introduire en elle, les délivrant tous deux d'une tension diablement excitante.
Sur le ventre, Kate reprenait son souffle et ses esprits. Encore une fois, il l'avait transporté ailleurs, et encore une fois, elle avait atteint des sommets dans son orgasme.
Rick lui, reposait sur elle, entre ses jambes, la tête sur ses reins, un bras protecteur autours de sa taille, l'autre le long du corps de sa femme, la main posée sur son sein.
Il fermait les yeux et tâchait de savourer cet instant où les corps, épuisés, se reposaient après l'amour.
Un tableau idyllique que rien ne venait perturber. Et pour le couple enfin réunis dans leur chambre, chez eux, dans leur cocon, ce moment était hypnotisant.
- Rick…
- Hum…
- Tu sais que je vais vouloir me venger, lui dit-elle dans un sourire, à bout de force, mais loin d'être à bout de désir.
Il sourit, respirant l'odeur du désir de sa femme.
- Kate … tu crois que j'ai réussi…
- Réussi quoi mon cœur ? lui demanda-t-elle, immobile, encore perdue dans son émoi.
- A te faire un bébé…
Elle sourit franchement… cet homme était incroyable…et pour ces moments là, où il savait la surprendre, la faire rire, la faire vivre, elle l'aimait encore plus… si cela était possible.
- Oui babe… je crois que tu as réussi … mais … je crois seulement …
- C'est un appel au crime ça Mme Castle …
- Quel crime ? … au pire, je suis flic, au besoin, je pourrais te menotter …
- Et m'empêcher de faire ça ? … pas ce soir Kate …
Sa main abandonna son sein pour venir se poser sur sa fesse, dans une lente mais succulente caresse. Surprise, Kate eut un sursaut, puis tenta de se retourner, avant que Castle ne prenne trop de pouvoir sur elle.
En vain, Rick s'appuya sur ses coudes, et se suréleva légèrement, en embrassant le bas de son dos, tandis que de son autre main, il écarta doucement sa cuisse, lui donnant accès à son intimité.
- C'est mon tour Rick… dit-elle dans une plainte loin d'être convaincante.
- Oui … bien sûr mon amour … murmura-t-il contre la peau de ses fesses.
Anticipant les caresses de son mari, Kate ferma les yeux et accepta de passer à nouveau son tour.
Rick, amoureux, transi de tendresse et de sensualité, parcouru de sa langue le court chemin qui menait du bas de son dos, à son sexe.
Kate gémit, abandonnée aux douceurs prodiguaient par son mari. Loin des tabous et des convenances, elle savoura la langue de son époux sur les plus intimes parties de son corps.
Entreprenant le chemin inverse, Castle remontait à présent le long de son corps, traçant de sa langue, un parcours délicieux qui faisait frissonner Kate.
A présent complètement sur elle, torse contre dos, il l'embrassa tendrement d'abord sur la nuque, puis dans le cou, pour s'échouer sur ses lèvres.
Kate se laissait faire et son corps habité par le désir, réclamait encore et encore de son mari.
Elle le regarda de ses yeux débordant d'amour.
- Babe … murmura-t-elle … recommence…