HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

La douleur de l'après

Série : Castle
Création : 04.11.2015 à 22h01
Auteur : Javier424 
Statut : Abandonnée

«  Une suite au 8x03,ce qui pourrait se passer » Javier424 

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Les premiers rayons du soleil réchauffaient la pièce et baignaient sur le corps nu et à moitié recouvert de Kate.

Allongée sur le ventre, les cheveux éparpillés sur l'oreiller, elle dormait encore profondément quand Rick ouvrit des yeux, encore pleins de sommeil.

La nuit avait été courte, accusant à peine quelques heures de sommeil, son esprit se réveillait, bercé par la lumière du jour et la chaleur du corps de Beckett.

Etouffant un bâillement incontrôlé, il posa ses yeux sur sa femme, à ses côtés, allongée dans leur lit.

Elle était là, pour la première fois depuis 3 mois, elle dormait près de lui.

Savourant cet instant comme s'il avait été le tout premier matin, il s'accorda les quelques minutes qui lui restaient avant que le réveil ne sonne et n'arrache sa femme à son sommeil.

Il la regardait, amoureux et apaisé, allongé sur son côté droit, il pouvait enrichir sa mémoire de chaque détail de son visage.

Il souriait, heureux, d'un sourire tendre et admiratif. Il la trouvait belle… magnifique même, dans l'abandon total au sommeil.

Elle semblait reposée, apaisée elle-aussi, complètement libérée.

Sans tenir davantage, il posa délicatement sa main sur son épaule, d'un geste précis, pour ne pas la réveiller. Il entreprit alors de la caresser du bout des doigts, de son épaule jusqu'à sa main, négligemment échouée près de lui.

Puis, vint la poser doucement dans le creux de ses reins, attendant que son esprit ne la rappelle à la réalité.

Défiant sa patience, Kate ne semblait pas prête à s'éveillée et un instant, il se demanda s'il ne devait simplement pas annuler la programmation du réveil sur son téléphone. Il était encore tôt mais la garder encore plus longtemps, était diablement tentant.

Puis comme communiant avec ses pensées, il sentit Beckett bougeait légèrement, puis la vit froncer les yeux.

Alors qu'il la fixait émerveillé, elle croisa enfin son regard, et naturellement, un sourire naquit sur ses lèvres.

- Hey …

- Hey …

- Tu me regardes… lui dit-elle d'une voix encore endormie, en lui prenant la main.

- Tu es belle…

Elle sourit à nouveau, séduite dès le petit matin et en quelques mots seulement… il savait la mettre à son avantage en toute circonstance et elle en éprouvait une certaine fierté. Après tout, son mari la désirait toujours autant après plusieurs années de passion, cela était très flatteur.

Et par ailleurs, qu'elle-même éprouve toujours autant de sentiments si forts pour un homme, ne lui était jamais arrivée.

Mais tous les hommes qu'elle avait connu, n'était pas Castle. Elle avait épousé un homme particulier et tous les jours, elle remerciait peu importe qui, de l'avoir placé sur son chemin.

- Tu n'es pas mal non plus … avec les cheveux ébouriffés et cette façon que tu as de me regarder… c'est ainsi que vous faîtes craquer les filles M Castle ? … demanda-t-elle sur un ton de défi et de jeu, son sourire toujours ancré sur son visage.

- Mme Castle… vous devriez savoir qu'il n'y a qu'une fille que je désire plus que tout faire craquer… et c'est elle que je regarde en ce moment…

- J'ai craqué depuis longtemps babe … lui dit-elle en se levant légèrement et s'approchant.

Elle s'ajusta sur son corps et vint capturer ses lèvres.

- Merci pour cette nuit …

- Cette nuit, je t'ai fait un bébé tu sais ? … lui dit-il, fier de lui.

Cette histoire de lui faire un bébé semblait lui tenir à cœur et elle éprouva un élan de tendresse à son égard. Son enfant de mari était obsédé et donnait l'impression d'avoir réellement eu une mission à accomplir cette nuit.

- Oui … mais ne va pas le crier sur tous les toits mon cœur … il va falloir que tu tiennes encore quelques semaines…

- D'ailleurs… je me demandais …

- Oui ?

- Tu crois que Lanie pourrait te faire une échographie ? j'aimerais tant voir notre bébé ….

Elle réfléchit un instant : en effet, avec tous ces événements, le stress, les stratagèmes et les rebondissements de cette enquête, elle n'avait pas songé un seul instant à son suivi médical.

Bien sûr, Lanie avait des compétences et les connaissances pour lui prodiguer des conseils et probablement pour assurer une partie de son suivi, mais elle était légiste, pas sage-femme ni gynécologue.

- Tu sais … ses patients sont pas vraiment du genre à découvrir qu'elles sont enceintes et ce n'est pas vraiment son domaine de compétences… alors je ne sais pas, mais je peux toujours lui demander si elle peut…

- Tu crois qu'il est trop tôt pour entendre son cœur ? lui demanda-t-elle, comme s'il ne l'avait pas écouté.

Elle le regarda, attendrie par sa mine de futur papa, pleins de questions et d'impatience.

- Je crois qu'à 9 semaines, on l'entendra Rick …

- J'ai hâte… lui dit-il en l'embrassant.

Alors que le baiser prenait son envol, le réveil sonna et Kate s'amusa d'entendre le râle de mécontentement de son époux tout contre ses lèvres.

Se séparant, elle tenta de le réconforter.

- Babe… c'est aussi ça notre quotidien…

- Pour une fois que tu n'étais pas appelée pour aller sur une scène de crime… bouda-t-il

- J'aurais quand même dû me lever tu sais… allez, viens, on va faire comme tous les couples normaux, on se lève, on déjeune et… je te promets une douche inoubliable juste après … lui dit-elle en l'embrassant sensuellement …

- Tu ne veux pas commencer par la douche ?!

 


Quitter le loft ce matin là avait été une torture. Pour Castle, cela avait été difficile de la laisser partir, elle le savait. Pour elle, cela avait été comme une blessure qui ne cicatrisait jamais.

Pourtant, elle savait, tout comme lui, que toute cette mascarade prendrait bientôt fin, mais les quelques jours qui allaient précéder son retour public au loft, allait être difficile à gérer émotionnellement.

Le poste se présentait à elle comme un matin habituel, le brouhaha du quotidien, les téléphones qui sonnent, les salutations polies et respectueuses échangées avec ses collègues, les rapports de la nuit posés sur son bureau… et les Bros qui comme d'habitude semblaient se taquiner à propos d'on ne savait quel sujet.

Elle, au milieu de tout cela, avait l'esprit ailleurs. Au loft, avec son mari, leur dîner de la veille, puis leurs étreintes, dans leur lit, sous leur douche, dans ses bras …

Elle n'en perdait pas pour autant de vue tout ce que Jackson leur avait dit la veille. Et surtout, ce qu'ils avaient convenu ensemble de faire.

Elle repensa aux révélations qu'il leur avait avoué et un instant, eut un frisson d'effroi en imaginant Rita, morte quelque part, peut-être au fond de l'océan, ou enterrée au fin fond d'une forêt à des kilomètres de là… comment se débarrassait-on d'un corps lorsqu'on travaillait dans l'ombre, pour une agence aussi à part que pouvait l'être la CIA ?

Etait-il normal qu'elle en éprouve un tel détachement ? Parce que, si elle pensait à ce qui avait pu arriver à Rita, foncièrement, elle n'en ressentait aucun besoin de s'y attarder davantage.

Cette femme l'avait bernée et par sa faute, elle avait blessé Castle.

Non, elle ne pourrait jamais dire que sa mort la touchait. Tout juste son dévouement à sa profession, lui faisait avoir une pensée pour elle.

Mais pas une seule once de compassion. Pas pour cette femme. Pas après ce qu'elle avait fait.

Hier, quand Jackson leur avait dit qu'il avait tué Rita, il les avait aussi mis en garde contre les oreilles indiscrètes.

Pour lui, rien ne laissait à penser que quelqu'un ici, au poste, ne soit impliqué d'une façon ou d'une autre, mais son expérience lui faisait n'accorder aucun crédit aux suppositions.

Il était en vie d'avoir suivi à la lettre cette façon de vivre, et Kate voulait vivre. Plus que tout, elle voulait vivre.

De plus Jackson avait levé toutes les interrogations quant aux soupçons éventuels que la mort de Rita pouvait susciter, après tout, une femme comme elle comptait beaucoup d'ennemis. Difficile de savoir qui et pourquoi elle avait été tuée.

Elle se remémora les derniers conseils qu'il leur avait prodigués, à leurs attentions à tous.

- Continuez d'agir comme vous le faites depuis le début, je reste dans l'ombre, je continue de tracer les données et j'essaye d'en savoir plus… je saurais vous contacter… et je vous surveille…jusque là, je n'ai rien remarqué d'étrange, mais je ne doute pas que cela changera quand ils comprendront que vous enquêtez sur le trafic de drogue. Rendre cela officiel était risqué Kate, mais vous avez bien fait… vous n'êtes une cible facile que si vous travaillez dans l'ombre. Là, vos supérieurs et les politiques savent dans quoi vous vous êtes lancée, vous tuer maintenant, ce serait stupide et bien trop médiatique.

Par contre, le jour où vous serez trop près, s'ils l'apprennent, là, vous serez dans leurs lignes de mire… d'où l'importance de continuer à être discret. Vous avancez, mais officiellement, vous piétinez … vous avez compris ?

Pour le reste, outre le fait qu'il en était admiratif de les voir être si ingénieux, il espérait que jouer cette comédie de la sérénade des deux époux serait suffisamment convaincante pour ne pas éveiller de soupçon.

Pour lui, la décision qu'avait prise Kate de quitter Castle était fort honorable, mais avait aussi suscité d'incompréhensibles interrogations.

Et forcément, les hommes de l'ombre avaient eu vent de ce passage à vide entre le couple.

Lanie avait objecté en arguant qu'un couple pouvait souvent se perdre et que donc, elle ne comprenait pas trop pourquoi cette séparation pourrait paraître suspecte.

- Vous ne comprenez pas… Dr Parish, ils connaissent Kate, ils savent comment elle réagit, comment elle vit et comment elle aime … c'est d'ailleurs pour cela que Rita lui a suggéré habilement que rester avec Richard, le mettait en danger… Kate, elle savait que vous feriez tout pour le protéger…mais surtout, ce qu'ils savent, et ce que vous savez tous probablement, c'est que Kate n'aime pas de la sorte tous les hommes. Il n'y a que Richard qui a suscité cette force et pour n'importe qui, c'était suspect qu'elle le quitte.

C'est donc très important de rétablir cet équilibre dans la même optique parce que vous ne pourrez pas faire comme si rien ne s'était passé… Kate, vous avez un rôle à endosser… celui d'une femme forte qui a été peut-être blessé, peut-être trahie par son mari, d'une façon ou d'une autre, et en tant que telle, vous avez réagi en femme qui se préserve… cela ne peut pas être une histoire de sentiments, parce que ça, personne ne le croira. Vous aimez Richard, tout le monde en a été témoin à un moment donné.

L'histoire est la suivante, quel qu'ait été le problème que vous avez rencontré tous les deux, Kate en a été blessée et s'est posé des questions. Toi, Richard, tu es déterminé à la reconquérir et pour ce faire, tu agis comme tu l'as toujours fait. Tu marches sur ses plates-bandes et tu te montres. Après quelques jours, Kate, vous avez accordé une seconde chance à votre mari et d'ici quelques temps, tout rentrera dans l'ordre. Les désaccords auront été dissipés et vous pourrez reprendre le court de votre vie commune.

C'est l'histoire que chacun devra comprendre, et pour l'instant, tout le monde semble tomber dans le panneau.

Mais attention … pour que ça marche, vous ne devez pas aller trop vite… une nuit ok, mais pour l'instant, je ne pense pas que vous ne devriez vous réinstaller chez vous…laissez passer quelques jours, histoire de masquer les apparences…

Ainsi, si Castle avait d'abord fait la moue en comprenant que Kate ne reviendrait pas de suite, elle, en revanche, avait bien compris le sens des conseils de Jackson.

Si elle avait réellement quitté Rick, il aurait fallu une véritable bombe pour qu'elle en arrive à cette extrémité et par conséquent, il aurait certainement ramé un bon moment avant qu'elle accepte de revenir auprès de lui. Et même si elle ne pouvait envisager un tel scénario, elle supposait que Jackson avait raison.

La nuit dernière, elle avait réussi à convaincre Castle du bien fondé de ce procédé, plaisant ni pour l'un, ni pour l'autre.

Cependant, connaissant son mari, elle ne doutait pas que dans une hypothétique réalité où un tel scénario avait bouleversé leur vie, d'avoir passé la nuit avec lui, lui aurait donné des ailes et dès lors, elle s'attendait à tout de lui ce matin.

A cette pensée, elle en eut un frisson de désir. Qu'allait-il faire ? Qu'allait-il lui écrire ? Allait-il la toucher ? L'embrasser ?

Allait-elle réussir à masquer son trouble et son désir ?

Ne le voyant, pour l'instant pas, encore venir, elle se décida à aller se chercher un café. Elle était épuisée par la nuit formidable qu'elle avait passé dans ses bras, mais les quelques heures de sommeil qu'ils s'étaient accordés, ne suffisaient pas à la maintenir en forme.

Arrivée à la salle de repos, elle tomba nez à nez avec les Bros, visiblement d'humeur taquine, penchés tous deux sur un calepin qui apparemment captait toute leur attention. En voyant Kate, Ryan le fourra dans sa poche avant de jeter un œil à Javier.

- Hey Beckett ! Tout va bien ? lança-t-il, tout sourire.

- Ouais … ça va… merci…

- T'es sûre que ça va ? Non parce que… t'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi cette nuit, genre quoi ? 1h ou 2 ? … continua Esposito, le visage détendu et la mine des bons jours.

- T'avais pas un rendez-vous hier soir ? dit Ryan, sous le regard complice de Javier.

- Tu nous racontes ?

- Quoi ? Sérieusement les gars ? Vous n'avez pas autre chose à faire que me poser des questions comme ça ?

- Quelles questions ?

Castle. Elle ne l'avait pas vu arriver et elle rougit instantanément, perturbée par les souvenirs de leur nuit et par l'émoi qu'il provoquait en elle dès qu'elle le voyait. Ni lui, ni les Bros ne manquèrent l'apparition du rose sur ses joues.

- Alors ce rendez-vous Castle ? C'était comment ? demanda Ryan, sans laisser à Beckett le temps de se reprendre.

- Et bien mes amis, c'était …

- Privé ! … Allez les gars, au boulot …

Conscients d'avoir suffisamment bien joué leurs rôles, Esposito et Ryan quittèrent la pièce, en masquant tant bien que mal leur amusement et leur plaisir à la taquiner de la sorte.

- Mme Castle … je vous surprends à vous vantez de vos exploits auprès de vos collègues ?

- Castle … dit-elle, d'un ton où perçait l'exaspération.

Finalement, rien ne pouvait être surjoué avec lui. Elle devait se montrer encore sur ses gardes, en théorie, et peu de temps auparavant, elle s'était demandée comment y parvenir, et là-dessus, arrivait Castle, et d'une petite phrase anodine, lui donnait la réplique à merveille.

Mon dieu qu'elle aimait cet homme si … agaçant !

- Je ne me vantais de rien figure toi …apparemment, on lit sur mon visage que j'ai très peu dormi cette nuit …

- Hum … quoiqu'on y lise, moi, je vois une merveille …

- Rick … souffla-t-elle, charmée et à nouveau troublée par ses déclarations

Il s'approcha d'elle, tout en maintenant une distance acceptable entre eux. Il lui offrit son café, en l'observant rougir et lutter contre ses sentiments.

- Merci de m'avoir offert un réveil merveilleux Kate…

- Ca ne change rien … tu le sais Rick, n'est-ce pas ? Tout ne rentre pas dans l'ordre juste parce que … il y a eu cette nuit…

« Je vais bientôt pouvoir demander à Martha de jouer avec elle sur scène… »

- Je le sais … mais je sais aussi que cette nuit, tu étais ma femme, tu m'as aimé comme ton mari… et j'espère que bientôt, il y aura d'autres nuits pour toi et moi…

« Si tu savais à quel point je t'ai aimé… et à quel point j'ai envie de t'aimer là maintenant… »

- Il faut que tu sois encore patient avec moi … avec tout ça, j'ai besoin d'être rassurée… de me sentir en sécurité à nouveau…

- Tu peux compter sur moi … j'ai appris de mes erreurs, je te veux alors prends ton temps, moi, je serais là… lui dit-il en accompagnant le geste aux paroles, d'un subtile mouvement du menton en direction de son gobelet de café.

« Kate… cette nuit, ce matin, tu m'as offert la plus belles de façons de fêter notre petit miracle…je t'aime, Always. Rick »

Elle sourit en se perdant dans ses mots. Oui ils avaient fêté leur futur enfant, ils s'étaient retrouvés, enivrés l'un de l'autre, épuisés mais heureux.

Sur cette dernière remarque, il se rapprocha encore un peu d'elle, la frôlant de quelques centimètres.

Elle en eut le souffle coupé tant il était trop tentant de le prendre dans ses bras pour se repaître encore une fois de sa chaleur.

Lentement, il se pencha vers elle, alors qu'elle n'amorça aucun geste, aucun mouvement pour esquiver le baiser qu'il s'apprêtait à lui donner.

Mais, gentleman, et véritable tortionnaire en même temps, il déposa un chaste baiser sur sa joue, avant de s'éloigner doucement d'elle, et de quitter la pièce.

Elle le regarda partir, pantoise et à bout de souffle. Il était parti, et avait laissé en elle et sur elle, une sensation de brûlure passionnelle.

Demain serait différent encore, mais leur avenir prenait enfin une direction bien plus heureuse qu'il y a près de 3 mois.

 


Javier424  (07.11.2015 à 23:08)

Ce soir, elle ne dormirait pas avec Castle. Outre le fait qu'elle avait réellement besoin de sommeil, passer deux soirs de suite au loft, était trop en dehors du scénario prévu.

Elle n'avait pas eu de nouvelle de Jackson aujourd'hui, mais se doutait qu'il devait être bien trop tôt pour en avoir. En revanche, elle en avait eu de Vikram, qui bien que désormais mit dans la confidence de la supercherie qu'ils livraient au monde extérieur, n'était pas encore au courant pour Jackson et les derniers rebondissements de l'enquête.

Kate savait qu'elle allait devoir lui parler de cela, mais son rythme de vie était tel aujourd'hui, que tout allait soit trop vite, soit pas assez. En tous les cas, elle était perturbée et essayait de faire au mieux, sans trop se perdre. Aller aux priorités, sans oublier les détails importants.

Vikram avait effectué les recherches pour le numéro que leur avait remis Rita, et sans surprise, de prime abord, il s'agissait du numéro d'une blanchisserie classique, tenue par un couple d'origine hispanique, sans aucun casier, ni aucun problème apparent.

En cherchant un peu plus en détail, il s'était rendu compte que parfois plusieurs numéros apparaissaient dans le listing téléphonique de la boutique.

Il avait ainsi pu isoler 4 numéros différents, tous des appels entrants ne dépassant pas 2 ou 3 minutes, appelant sur des périodes régulières, le 15 de chaque mois.

En comparant avec le journal récupéré à la fac par Alexis, il en avait retrouvé un figurant dans une annonce pour un restaurant chinois.

Ce qui confirmait ce que leur avait dit Darryl.

Et donc qui confirmait également que d'une façon encore indéterminée, Rita avait eu son rôle à jouer dans ce trafic, ou en tout cas, dans cette entreprise criminelle.

Pour le moment, elle ne savait que faire de cette nouvelle information.

Jackson avait été clair, ils ne devaient en aucun cas essayer de le contacter, mais lui en revanche, avait promis de ne pas laisser passer plus de 3 jours sans donner signe de vie.

Leur accord tenait jusqu'au moment hypothétique où il ne viendrait pas à eux avant la fin des 3 jours. Dès lors, ils devraient considérer qu'il était mort ou porté disparu. Quoiqu'il en serait, ils devraient continuer seul.

Kate se souvint de l'expression du visage de Castle à l'énoncé des conditions de Jackson.

Cet homme avait un côté sombre, marqué par des années à vivre sous diverses identités, divers vies, sans jamais avoir à se soucier des autres. Alors dire de façon abrupte à son fils et à sa petite-fille que, sans nouvelle, ils devraient le considérer comme mort, ne l'avait pas choqué.

Elle redoutait un tel moment … mais pas pour une potentielle fin tragique de son beau-père, plutôt pour les conséquences pour Rick et Alexis.

Que Jackson meurt, étrangement, Kate pouvait l'accepter. Elle avait pris la mesure de ce contre quoi et qui elle se battait, et Hunt évoluait en première ligne, et même si sa mort serait difficile à gérer, au fond d'elle, elle se sentait apte à l'accepter.

Peut-être avait-elle plus de points communs avec son beau-père qu'elle ne l'aurait cru…

Le détachement d'abord perçut à l'annonce de la mort de Rita, puis celui qu'elle pensait avoir par rapport à celle de Jackson, lui faisait peur d'une certaine façon.

Peut-être aussi était-ce dû au fait qu'elle savait que cette fois, si Jackson venait à rendre son dernier souffle, elle-même n'en serait pas réellement responsable.

Pour autant, jamais elle n'aurait voulu qu'il en soit ainsi, elle espérait même qu'un jour, Rick et elle recevraient la visite d'un grand-père fier et heureux de tenir son petit fils, ou petite fille dans ses bras.

Mais ils en étaient loin, et pour l'instant, elle se préparait à passer la soirée avec Lanie, qui elle n'en doutait pas, se montrerait certainement indiscrète.

- Alors ? La douche t'a fait du bien Kate ?

- Kate, cheveux encore humide, s'installa confortablement sur le canapé, aux côtés de son amie.

- Oui, c'était plutôt … relaxant, lui dit-elle en cherchant ses mots.

Surtout ne pas lui dire qu'elle avait eu besoin du jet d'eau chaude pour effaçait les traces de manque de sommeil de la nuit dernière.

- J'imagine … tu avais l'air épuisée quand tu es rentrée tout à l'heure.

« Attention, danger … » pensa Kate.

- J'ai eu une longue journée… j'ai vu Vikram aujourd'hui… il avait du nouveau.

« Parler d'autres choses que de Castle et de cette nuit… bien Kate, reste concentrée ».

- Hum … on avance alors, ça te rassure ?

- Oui… j'ai besoin de savoir que les choses ne sont pas statiques même si depuis des jour, j'ai l'impression d'avoir à assimiler tout un tas de trucs qui partent dans tous les sens … je vais pas m'en plaindre, c'est juste déroutant… pendant des semaines, je n'ai aucune piste et maintenant, on en est là !

- Tu ne te dis pas que c'est parce qu'on est tous ensemble qu'on avance aussi vite ? lui demanda Lanie, d'un ton sans appel, sûre d'elle et un rien réprobateur envers Kate.

Elle la toisait, en sirotant un verre de vin. Au fond d'elle, elle ne reprochait rien à Beckett, elle avait compris ses raisons et quelque part, admirait sa force de caractère, d'avoir opté pour l'option qui ferait basculer sa vie, uniquement par amour.

- Je sais la chance que j'ai de vous avoir Lanie … c'est juste que j'ai vécu assez de drames dans ma vie… je ne voulais pas revivre ça…j'avais besoin que les choses soient sous contrôle, crois-moi, je n'avais absolument pas envie de me priver de l'amour de mes proches…

- Comme hier soir ?

« Et voilà… première salve ! … ». Kate porta son verre de jus de fruits à ses lèvres, se donnant quelques secondes de répit pour trouver une parade à la question de son amie.

Un silence, puis un sourire. Non elle ne craquerait pas.

- Je veux juste que tout rentre dans l'ordre… et qu'on en finisse avec tout ça.

Un autre silence, celui de Lanie, un autre sourire, celui qui ne s'avouerait pas vaincu si facilement.

- Tu dois y croire… tu l'as dis toi-même, en seulement quelques jours, tu as rassemblé plus de preuves et de pistes qu'en plusieurs semaines… et avec Jackson avec nous, on réussira bien à démanteler tout ça.

- Il le faut … j'ai besoin de leur couper l'herbe sous le pied, c'est viscérale… presque autant que l'avait été de trouver un moyen d'arrêter Bracken… et en plus, la situation est grotesque, faire semblant c'est pathétique…

- Il parait que ce matin, c'était de faire semblant d'être parfaitement reposée qui était pathétique… lui dit-elle, moqueuse et coquine.

« La deuxième … tu t'es encore fait avoir … »

- Lanie … ce n'est pas drôle tu sais …tenta-t-elle.

La culpabilité pouvait bien marcher après tout ?!

- Oh si c'est drôle ma chérie… j'ai cru que tu t'étais endormie sous la douche tout à l'heure ! pouffa-t-elle

Kate ne put réprimer un sourire complice, oui, elle avait eu du mal toute la journée, et cette douche, elle l'avait patiemment attendu en espérant que les bienfaits de l'eau atténueraient la fatigue.

- Je vois que les gars savent tenir leurs langues …

A quoi bon se battre contre Lanie ? Elle abandonna, elle n'avait ni la force, ni l'envie de se creuser la tête pour trouver des parades, que, de toutes façons, Lanie contournerait.

Elle se sentait fatiguée à force de jouer de ruses et de stratagèmes, son énergie lui faisait défaut. Sa grossesse peut-être, ou simplement la perspective de bientôt pouvoir retrouver sa vie.

- A première vue, je dirais que ton mari et toi, vous ne savez pas faire non plus ! Alors ? Je vais devoir continuer à te poser des questions ou tu vas agir comme une copine prête à se confier à sa meilleure amie ?

Kate la regarda, amusée par la curiosité qui habitait la légiste. Elle trépignait d'impatience et peinait à le cacher.

- Ce soir, tu ne peux pas me faire boire pour que je parle…

- On traverse des épreuves terribles ensemble… se confier, c'est bon pour le moral tu sais …

Non, elle ne tentait quand même pas de la jouer sur cette façon là ? Lanie semblait bien décidée à obtenir ses confidences et son sourire plein de malice lui prédisait des arguments dignes de Castle pour la faire parler.

- Sérieux Lanie ? « C'est bon pour le moral » ? C'est bon pour ta libido oui ! plaisanta Kate.

- Ça c'est sur ! lui répondit la légiste dans la foulée.

Toutes deux rirent de bon cœur tant Lanie avait mis de la vigueur dans sa réponse. Puis reprenant leurs esprits, Lanie enchaîna.

- Bon … trêve de plaisanterie, c'était comment hier soir ?

- C'était bien … c'était très bien … et c'est tout ce que tu obtiendras de moi ce soir, lui répondit Kate, dans un sourire affectueux.

- Ouais c'est ça … à d'autres ma chérie …

- Toi, tu ne me racontes jamais rien … parles moi de Javier et toi … vous en êtes où aujourd'hui ? demanda Kate, intéressée.

« Un peu de temps de gagné, avant les prochaines questions… »

Lanie prit une inspiration profonde avant de répondre.

- Je ne suis pas dupe tu sais Kate ? Tu cherches à gagner du temps… cependant, pour te montrer que moi je joue le jeu, je vais te répondre.

Beckett but une gorgée de son verre, convaincue qu'elle avait échoué dans sa tentative de détournement de la conversation. Cependant, elle écouta son amie, attentive et sincère.

- En fait… il n'y a pas grand-chose à dire à propos de Javier et moi… il y a toujours une alchimie, ce petit truc… mais rien de concret… tu sais que pour moi, il est comme Castle pour toi… enfin pour le côté sexuel je veux dire…

Kate se surprit à prêter une attention toute nouvelle à son amie.

- Il est indiscutablement mon meilleur amant... oh bien sûr, je ne lui dirais jamais, il serait trop fier … mais je ne sais pas … il manque un truc… tu lui as dit toi ?

Surprise, Kate prit un air interrogateur.

- Qu'il était ton meilleur amant ?

- Je parle de Castle … tu lu as dit qu'il était ton meilleur coup ?

« Lanie … décidemment, tu es bien trop forte pour moi… »

- Je ne lui ai pas dit ça comme ça non … sourit-elle, se prêtant finalement au jeu.

- S'il avait des doutes, il n'en a plus… vu ta tête, vous avez dû vous envoyer en l'air toute la nuit !

- Lanie !

- C'est pas vrai ma chérie ? l'interrogea la légiste, fière d'avoir pu coincer à nouveau son amie.

- …

« Tais toi, ne dis rien… »

- Kate ?

- … pas toute la nuit… mais une bonne partie… et Lanie, cette fois, c'est vraiment tout ce que je te dirais, ok ?

Lanie était dans son élément, et force était de constaté que Kate se confiait, bien malgré elle.

Elle sourit de voir son amie sujette au trouble et se rappela alors les sombres années pendant lesquelles un simple sourire était difficile à obtenir d'elle.

Kate vit le changement d'humeur sur le visage de son amie.

- A quoi tu penses tout à coup ?

- J'étais en train de me faire une rétrospective dans ma tête … tu te rends du chemin que tu as parcouru ma chérie ?

Le chemin … oui et quel chemin… elle si distante, si fermée jadis, était désormais mariée, amoureuse de son époux comme au premier jour et bientôt maman.

Un sacré chemin.

- Parfois je me dis que c'est un rêve … lui confia-t-elle

- Tu te souviens quand tu as rencontré Castle, tu t'imaginais en être là 8 ans plus tard ?

- Oh non ! Je le trouvais agaçant, exaspérant, toujours à fourrer son nez partout, et en plus il était si … arrogant... et crétin parfois !

- Pourtant tu as vite craqué pour lui… lui signifia Lanie

- Pas si vite… j'ai attendu 4 ans avant de coucher avec lui, se défendit Kate

- Tu peux coucher sans avoir craqué pour un mec… par contre, l'inverse est possible aussi, tu en es la preuve vivante, tu en es tombée amoureuse et tu te refusais à lui… en fait, tu es plutôt bizarre comme fille !

Kate souriait à présent sans retenu, Lanie la faisait rire et elle en avait besoin.

- Tu oublies qu'il m'a fallu un bon bout de temps pour comprendre que j'étais amoureuse de lui…

- Sérieusement, tu ne te voyais pas, vous n'avez pas arrêté de vous tourner autours… tu m'étonnes que tu te sois jetée sur lui, à ta place je n'aurais pas attendu si longtemps avant de savoir ce que ça faisait de l'embrasser !

« Je le savais déjà… ». Kate ne dit rien, préférant laisser Lanie s'emballait en vivant par procuration, lui décrivant ce qu'elle imaginait être sa vie avec Rick.

Malheureusement pour elle, quand il s'agissait de lui, elle éprouvait toutes les peines du monde à camoufler ses pensées, et Lanie perçut un trouble en elle.

Devant son silence qui s'éternisait, elle se mit à analyser son petit sourire en coin, son regard fuyant, sa main qui caressait son anneau de mariage autours de son cou…

« Tu es … nerveuse ? »

- Oh mon dieu …

- Quoi ? s'alarma Kate, soudain inquiète.

- Kate Beckett ? … ce n'était pas le premier baiser n'est-ce pas ?!

« Prise au piège… comment elle fait bon sang ?! »

- Lanie …

- Oh non ! Alors là ma vieille, tu m'as déjà eu une fois quand tu ne m'as pas dit que tu avais couché avec Castle, et là, tu crois vraiment que je vais te laisser garder tes petits secrets pour toi ?

Si Kate ne la connaissait pas si bien, elle aurait parié qu'elle était furieuse. La réalité était tout autre, Lanie était une curieuse compulsive et là, elle venait de tomber sur un scoop énorme, presque autant qu'apprendre qu'elle avait fait le premier pas avec Rick.

- Justement… normalement un secret est un secret…

- Kate !

- D'accord … d'accord … il y a eu un autre baiser… mais c'est pas ce que tu crois… et j'étais avec Josh à l'époque, alors vraiment y'a rien de plus à dire…tenta-t-elle.

- Tu crois que tu vas désamorcer une telle bombe comme ça ?... Avec moi ? Raconte-moi, et tout de suite!

Devant l'entêtement évident dont faisait preuve Lanie, Kate en conclut que si elle voulait pouvoir se coucher tôt et récupérer de ses frasques de la veille, il lui faudrait lui raconter cet épisode.

- Ce n'était qu'un baiser sous couverture… pour faire diversion… rien à voir avec les sentiments…

« C'est complètement faux, j'ai aimé ce baiser… »

Lanie l'examina en détail et dès lors, Kate pria pour que son trouble ne la trahisse pas. A l'époque, ce baiser l'avait chamboulé, et elle avait bien vu que Castle en avait été lui-même perturbé. Cela avait tout avoir avec les sentiments, mais pour l'heure, elle tentait encore de conserver cette vérité pour eux.

- Tu mens…

- Euh … non … j't'assure … c'était …rien…

- Tu bafouilles et je te connais…c'était pas rien !

- Écoutes, crois-moi, c'était vraiment un baiser de diversion…

- Quelle intensité ?

- Quoi ?

- Le baiser, quelle intensité ? Le genre baiser chaste ou plutôt celui qui te retourne la tête et auquel tu n'arrêtes pas de penser même des jours après ?

- …

« Je suis foutue cette fois… »

- La deuxième option … j'n'y crois pas … Kate ! Tu ne m'as rien dit ? je devrais être furieuse après toi tu sais ?!

- Ce baiser était assez intense, ok… mais c'est juste qu'il fallait qu'on soit convaincant… après je ne dis pas que je n'y ai pas repensé après, mais j'en étais pas encore là Lanie…

Semblant se calmer un peu, son amie regarda Kate avec compassion, et un brin de quelque chose d'autre que Beckett ne parvenait pas à identifier.

- Ça je le sais … mais tu aurais pu m'en parler… grâce à moi, tu aurais pu gagner au moins 1 an avec Castle ! lui dit-elle en s'imaginant déjà mille scénarios.

- Tu sais … notre histoire est parfaite comme elle est… on en a parlé une fois tous les deux, et pour lui, tout ce qui a pu se passer de bien, de mal dans sa vie, l'amenait à moi, à cet instant… et je crois qu'il a raison …on s'est construit ensemble et si on s'aime à ce point aujourd'hui, c'est à cause et grâce à tout ce qu'on a traversé ensemble… je ne regrette pas… ou alors juste quelques secondes de plus pour la diversion, conclut-elle en souriant, pleinement consciente qu'elle livrait là à son amie exactement le genre de petits trucs croustillants dont elle raffolait.

- En tout cas… je suis fière de toi ma belle… et je suis sûre que depuis, tu les as rattrapé ces fameuses quelques secondes !

Kate sourit franchement à son amie. Cette femme était sincère et aimante, même si elle était parfois un peu trop perspicace, mais elle savait qu'elle pouvait compter sur elle, et que son intérêt n'était pas feint. Elle se souciait réellement d'elle et de son bien-être, même si cela voulait dire être cuisiner comme elle l'avait encore fait ce soir.

- Il est heureux Lanie… elle sourit à cette pensée, son mari lui manqua encore un peu plus à cet instant… hier, c'était comme s'il était persuadé qu'il allait me faire un enfant dans la nuit… il me fait vraiment craquer quand il part dans ses idées loufoques…

- Tu m'étonnes que tu craques, la vie ne doit pas être triste avec lui !

- Ça oui, il me fait rire…mais il sait aussi être adulte parfois… et je ne parle pas qu'à propos du sexe, sourit-elle à nouveau, il vous surprendrait tous quand on parle tous les deux, quand il est sérieux et raisonnable… c'est un enfant et un homme responsable à la fois… il est …

- Parfait pour toi ma belle, coupa Lanie, se délectant du visage détendu de son amie, amoureuse et clairement fière de son mari.

Kate accorda ce point à Lanie. Oui il était parfait pour elle, fidèle à ses vœux de mariage, fort et humble, sa vie ne ressemblait en rien à ce qu'elle avait connu avant lui.

- C'est quoi la suite du programme alors ? Quand rentres-tu chez toi ?

- Probablement pas avant 1 bonne semaine… tu as entendu Jackson, il faut que ça ait l'air vrai.

- Alors autre question…

L'air coquin de Lanie lui fit craindre le pire.

- Quand est-ce que tu passes une autre nuit blanche avec Castle ?

- Tu es curieuse…

- Je suis en manque d'histoires cochonnes puisque tu me rationnes ! lui rétorqua-t-elle

- Je ne te raconterais pas plus la prochaine fois tu sais ?

Kate s'amusait franchement de la tournure que prenait la conversation, elle avait trouvé un équilibre entre en dire assez pour calmer les questions de Lanie, et ne pas trop en dire, pour en éviter d'autres beaucoup plus intimes.

- Accorde moi une dernière question alors… sur une échelle de 1 à 10, tu le situes où ?

- Quoi ? Par rapport à quoi ?

- Le sexe, suis un peu Kate ! se moqua Lanie.

Elle prit quelques secondes pour répondre, laissant patienter et s'impatienter son amie.

- Il crève le plafond… sourit-elle

- J'envie ta vie… pesta Lanie, affichant un air de convoitise qui fit rire de plus belle Kate.

 


Javier424  (09.11.2015 à 17:54)

Au matin du deuxième jour, elle n'avait toujours aucune nouvelle de Jackson.

Rien d'alarmant, bien sûr, mais terriblement frustrant et stressant.

Pour Kate, chaque heure qui passait sans nouvelle piste, ou sans signe de vie, mettait sa patience à rude épreuve.

Elle pensa un instant à se ménager un peu, prendre le temps de respirer et de relâcher la pression quelques minutes.

Probablement devrait-elle le faire, vivre un début de grossesse dans ces conditions n'était vraiment pas l'idéal.

Seulement, le temps était ce qui leur manquait et Kate luttait pour le rattraper.

D'ici quelques jours, Rick et elle se seraient mis dans une position plausible pour un retour au loft mais pour une raison qui lui échappait encore, quelques jours étaient déjà trop loin.

Elle n'était d'ordinaire pas du genre impatient, mais peut-être son enfant qu'elle portait à l'insu du monde extérieur, la rage qu'elle tentait de canaliser à l'encontre de ces hommes, et le besoin de renouer avec sa vie d'antan, lui faisaient regarder les heures avec un sentiment d'urgence.

Elle changeait, elle le sentait. La vie la marquait et sans Rick, elle se demanda comment elle serait aujourd'hui.

Serait-elle ne serait-ce qu'encore en vie ? Objectivement, elle en doutait, mais quelle qu'aurait été son présent s'il n'avait pas débarqué dans sa vie, elle était persuadée que tout aurait bien moins de saveurs.

Mais qu'allait être son futur ? Si elle ne parvenait pas à arrêter les responsables de ce trafic, cette taupe de la CIA, l'associé de Bracken ? Pourrait-elle élever son enfant en toute quiétude, aux côtés de son mari ?

Pourraient-ils le déposer à l'école sans la moindre crainte pour lui ? Arriveraient-ils à sortir un soir au restaurant ou au cinéma, en laissant Martha ou Alexis s'occupait de leur enfant sans avoir peur de rentrer pour découvrir que des assassins leur avaient arraché la moitié de leur famille ?

Ces idées la hantaient, mais elle ne pouvait vivre sans. Elle la nourrissait tout en l'effrayant.

Elle n'avait d'autres choix que de couper des têtes, si elle voulait vivre le cœur léger.

Bientôt viendrait l'heure de se réunir à nouveau, ce soir probablement car les choses avançaient malgré tout.

Elle devait leur parler de Vikram et de sa découverte quant au numéro de la blanchisserie. Rita ne faisait plus partie du tableau, mais ce couple de gérants à priori sans histoire, étaient certainement étroitement lié à ce trafic. Comment ? Cela restait encore à déterminer, mais ils en savaient sans doute suffisamment pour qu'elle s'intéresse à eux.

Jackson lui avait demandé de ne rien faire de cette liste de données GPS qu'il lui avait fourni. Pour le moment, il était inutile de se faire surprendre et d'attirer l'attention en ayant accès à des nouvelles normalement ultra secrètes.

Il lui avait promis de revenir à eux avec des explications, il avait parlé de plans de vol, de dates recoupées et de lieux à étudier.

Lui demander de ne rien faire alors qu'elle tenait entre les mains, une piste particulièrement brûlante, jouait avec ses nerfs. Mais faire confiance à Jackson impliquait de suivre ses instructions. Quitte à mourir d'impatience. Elle savait qu'il n'avait pas encore tout dit, elle espérait juste le revoir avant que ses secrets ne disparaissent avec lui.

Mais, ce soir aussi, elle désirait voir Castle. La nuit qu'ils avaient passé ensemble était encore sur sa peau, et elle se languissait de pouvoir à nouveau s'imprégner de lui.

Elle avait lu quelque part qu'une femme enceinte pouvait voir sa libido s'accroître... déjà qu'elle avait du mal à gérer ses désirs à cause de toutes ces nouvelles contraintes, comment allait-elle faire si elle faisait partie de ce cercle de futures mamans enclines à provoquer des tempêtes sous la couette ?

Castle allait vraiment adorer cette partie de sa grossesse … elle aussi d'ailleurs !

Son odeur, sa peau, ses bras et leur façon si particulière de se faire l'amour, en toute fusion des corps et des âmes.

Elle se surprenait encore parfois de ressentir une telle harmonie entre eux. L'alchimie la plus parfaite qu'elle n'ait jamais vécue, à coup sûr !

Son esprit la menait vers des pensées pas très appropriées et elle tenta de se concentrer à nouveau.

Pour l'heure, elle était dans la salle de preuves à conviction, au fond d'une allée, occupée à

répertorier ce dont elle avait besoin pour préparer une convocation au Central.

Une nouvelle routine à laquelle elle devrait s'habituer.

Avant d'être en charge de la supervision du poste, elle n'avait pas idée du temps qu'il fallait à Gates et à Montgomery pour chaque affaire qui prenait parfois une tournure un peu rude.

Pour elle, il s'agissait d'aller expliquer à ses supérieurs comment et pourquoi un petit malfrat bien connu des services de police, avait vu son arrestation lui causer un bleu sur l'un de ses poignets.

Il s'était plaint du traitement infligé par les agents en charge de son arrestation, ceux-ci avait du s'y reprendre à plusieurs fois pour le menotter, et bien sûr, pas de la façon la plus calme qui soit.

Habitué des gardes à vue, il avait dit à son avocat qu'il porterait plainte, et même si tout cela n'était pas allé plus loin, Kate devait quand même rendre des comptes.

Simple formalité, mais cela signifiait perdre un temps précieux à expliquer ce que tous savaient déjà, mais qui ne pouvait n'être fait qu'officiellement.

Elle entendit au loin l'officier de garde en charge de la surveillance de la salle, saluer et plaisanter avec quelqu'un. Pas quelqu'un. Castle. Elle ne pouvait entendre ce qu'ils se disaient mais ne doutaient pas des talents persuasifs de son époux pour le convaincre de le laisser la rejoindre.

Et sans surprise, au bout de quelques secondes, il apparut souriant et l'air détendu des jours où son humeur taquine prenait le pas sur les autres. Elle lui sourit en retour, incapable de résister à son côté séducteur.

- Mme Castle… vous voilà seule ici, dans la pénombre d'une allée froide et triste à souhait… heureusement pour vous, je suis là…

- Hey Castle … qu'est-ce que tu fais là ?

- Je viens vous porter secours… lui dit-il en s'approchant dangereusement d'elle.

- Castle ! tu fais quoi ?

- Je viens de te le dire… répondit-il alors qu'il n'était désormais plus qu'à quelques centimètres d'elle.

Elle suffoquait déjà ! Sans la toucher, il parvenait à la déstabiliser. La tension entre eux était lourde et partagée entre la tentation de céder à son envie irrésistible de l'embrasser, et l'incompréhension face à son attitude si directe ici, au poste, elle en était nerveuse et mal à l'aise.

- Il y a un officier à quelques mètres de nous ! chuchota-t-elle, tu ne peux pas me faire ça ici !

- Je te fais quoi ? lui demanda-t-il d'une voix qui la rendait folle de désir

- Ça… tu ne peux pas faire ça…

Il effaça les derniers centimètres entre eux, et prit son visage en coupe. Lorsqu'il déposa sur es lèvres un tendre baiser, elle cessa de respirer, les yeux grands ouverts de surprise.

Il avait perdu la tête ! Il oubliait les mises en garde et la discrétion !

- Castle ! elle le repoussa à contre cœur. Arrête, pas ici…

- Il ne dira rien…

Il replongea sur ses lèvres avec la ferme intention de les savourer délicatement cette fois.

- Arrête ! A quoi tu joues Rick ?

« Sauve les apparences… », Kate luttait désespérément pour ne pas donner l'impression d'en vouloir plus. Un autre baiser, une caresse, une envie à assouvir…

Elle pencha la tête légèrement pour regarder entre les cartons les surplombant, en direction de l'officier de garde. Visiblement, pour le moment, il n'avait rien remarqué, mais elle ne pouvait pas prendre le risque de se laisser aller.

Elle porta les mains sur les avant-bras de Castle pour le maintenir à bonne distance d'elle, le temps de se reprendre.

- Il ne dira rien, fais-moi confiance… murmura-t-il

- Pourquoi ? Parce que tu l'as payé ou tu lui as promis des places pour le Madison Square Garden ?

- En fait, c'est pour le Yankee Stadium, mais ce n'est pas pour ça qu'il ne dira rien… lui répondit-il, en tentant de se rapprocher à nouveau d'elle.

Étonnée et intriguée, Kate se demanda vraiment si elle voulait connaître la raison de tant de certitudes de la part de Castle. En général, ce n'était pas très bon signe.

- Attends… le repoussant à nouveau… je sens que je vais regretter de te poser la question mais … pourquoi tu en es si sûre ?

- Parce qu'il prend une sacrée avance sur les autres ! rétorqua Castle, comme s'il s'agissait d'une évidence.

Il profita de l'errance de son esprit pour capturer ses lèvres amoureusement. Mais sentant qu'elle était totalement absente, il recula pour la regarder.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Une avance sur les autres ? Ca veut dire quoi Castle ?

- Ben … les autres en sont encore aux suppositions, alors que lui, il peut parier en toute confiance, il va se faire un bon pactole !

Il était fier et heureux. Il arborait son air malin et innocent qui soit l'agaçait, soit la faisait fondre. Pour l'instant, elle comprenait que son mari était au courant de quelque chose qui pour lui était un jeu, pour elle, était une intrusion dans son intimité.

- Tu veux dire qu'ils font des paris ? Sur nous ?

A présent, elle cachait difficilement la colère qui montait en elle tout en s'efforçant de ne pas trop hausser le ton.

- Euh… t'étais pas au courant ?

Castle redevint ce petit garçon prit en faute, les yeux fuyant son regard et les mains sagement de retour dans ses poches.

- Non ! Bien sûr que non ! Sérieux Castle ? Ils font des paris ?

- Ben c'est plutôt bien pour nous tu sais… ça veut dire qu'ils voient bien qu'on se rapproche et donc, personne ne sera surpris que tu rentres à la maison bientôt…

Elle le regarda, partagée entre son ressentiment et l'analyse qu'elle faisait de la situation.

En effet, il avait raison d'une certaine façon, si on s'intéressait à eux de la sorte, personne ne serait étonné qu'elle rentre chez elle. Mais quand même, des paris ?

- Admettons que ce soit une bonne chose…

- Ça l'est ! coupa Castle, subitement beaucoup plus serein, se rapprochant à nouveau d'elle.

- Admettons …reprit-elle le ton encore un peu dur… qui tient les paris ?

- …

- Castle ? Qui est l'indiscret qui risque de se prendre une balle si jamais je tombe sur lui ?

Elle le trouva tendu et nerveux. Parce qu'elle le connaissait, elle craignait le pire. Et pourtant, et même si elle ne lui dirait certainement pas maintenant, elle le trouvait craquant, ainsi terrorisé. Puis, soudain, elle repensa au carnet sur lequel étaient penchés Esposito et Ryan la veille.

- C'est pas vrai Castle ! C'est Ryan et Espo ? Et tu le savais ?

- Euh… en fait … disons que … je leur ai peut-être suggéré de lancer un pari… comme ça, tu sais, pour faire plus vrai … tu comprends ?

Elle allait exploser. Elle allait le torturer. Elle allait lui arracher les yeux. Il la rendait folle.

- Non mais sérieusement Castle ? Pour faire plus vrai ? Tu trouves normal que les gars qui sont sous mon commandement se mettent à parier à propos de ma vie privée ?

- Dis comme ça, c'est moins marrant …

Elle le foudroya du regard. Elle l'aimait mais elle allait le tuer. Elle referma le carton de pièces à conviction sur l'étagère, puis sans un mot, lui attrapa la main en prenant la direction de la sortie.

A hauteur de l'officier de garde, elle lui lança un regard noir.

- Combien vous avez parié jusque là ? demanda-t-elle sans préambule.

Il rougit et semblait à son tour prêt à creuser un trou pour s'y terrer et y rester caché jusqu'à ce qu'elle ne soit plus dans sa ligne de vision. Surpris, il en resta muet.

Il chercha le soutien et une aide bienvenue dans les yeux de Castle, qui connaissant sa femme, se gardait bien de le lui donner.

- Euh … 50 dollars Capitaine…

Elle le toisa, le fusillant du regard. Elle lui faisait peur et elle le savait.

- Je vous donne ½ heure pour doubler la mise, après ça, les jeux seront faits, c'est bien compris ?

N'attendant aucune réponse, tenant fermement la main de Castle dans la sienne, le pauvre officier, médusé, les vit disparaître à l'angle d'un couloir, avant d'entendre une porte se refermer.

 


Javier424  (10.11.2015 à 16:15)

- Le placard à balais ? Sérieusement Kate ? se plaignit Rick, tandis que Kate lui dévorait les lèvres, bourdonnant d'envies.

- Je suis furieuse après toi Castle ! Alors ouais, le placard à balais…

Elle acheva sa phrase en s'attaquant aux boutons de sa chemise, elle était réellement en colère mais bizarrement, alors qu'elle devrait le foudroyer, elle le désirait passionnément.

- Si seulement tu pouvais réagir tout le temps comme ça quand tu es furieuse, sourit bêtement Castle… avant d'effacer toutes traces d'amusement et de plaisanterie, quand le regard de sa femme se posa sur lui.

Ils se débattaient avec sa chemise, avec véhémence dans un espace restreint et parfaitement inapproprié, mais pour l'instant, Kate ne semblait pas s'en soucier le moins du monde.

Quand le dernier bouton céda, elle passa immédiatement ses mains autours de sa taille pour l'attirer à elle. Elle se sentait aspirer par la fougue, hors d'elle, poussée plus par le désir que par l'agacement suscité par les idées loufoques de son mari.

Dans l'empressement, elle avait plaqué Rick contre la porte, à peine l'avaient-ils franchi.

Et dès lors, la danse de leurs langues ne cessait de les emmener très haut, au point que Kate ne pouvait réprimer des gémissements dans sa bouche et des pulsions de plus en plus osées.

- Tu me rends dingue Castle… lui dit-elle tandis que d'une main, elle entreprit de le caresser intimement, et de l'autre, s'agrippa à son épaule.

- Oh … c'est pas comme ça que je vais arrêter de le faire tu sais …

- Si tu arrêtes un jour, je te mets une balle entre les deux yeux…

Il sourit contre ses lèvres en l'entendant avouer ses faiblesses, il savait depuis longtemps bien sûr que ses plaisanteries, théories et autres idées saugrenues, la faisaient craquer, mais jamais encore, elle ne lui avait dit clairement.

La passion prenait le pas sur la prudence, la discrétion et tout ce qui devait encore être fait pendant les quelques jours à venir, et pour la première fois depuis qu'ils avaient commencé à jouer ce jeu, Kate s'autorisa à céder et à lâcher prise ailleurs que dans un cadre sécurisé.

Plus de prudence, plus maîtrise. Juste ressentir le corps de son mari contre elle et quoi ? Faire l'amour dans un placard à balais au sein même du poste ?

« Si jamais Lanie apprend ça… »

Dehors, un officier sous son commandement, à moins qu'il soit idiot, savait qu'ils étaient ici, enfermés dans un placard, en train de faire l'amour.

« Tu perds la tête… arrête… »

La passion sur la raison désormais. Elle ne pouvait plus se contrôler et Castle ne faisait rien pour l'y aider.

Elle caresser toujours son sexe quand d'un mouvement lent, il échangea leur position, la planquant dos à la porte.

- Tu as mis un tailleur … tu savais que tu m'emmènerais ici, avoue…

- La ferme Castle… où je te promets que tu vas finir tout seul dans ce placard…

- Tu ne pourrais pas…

- Tu veux vraiment que j'essaye ? lui demanda-t-elle, en le repoussant suffisamment pour voir ses yeux, ronds et surpris.

Elle avait l'impression de voir les engrenages de son cerveau se remettre en place en quelques secondes.

- Plus de plaisanterie, promis… lui dit-il aussi sérieux qu'il pouvait l'être dans cet état avancé d'excitation.

- Bien… parce qu'il est hors de question que tu me laisses comme ça…

Il posa ses mains sur ses cuisses, juste en dessous du tailleur, puis les remonta lentement, pour venir s'échouer sur ses fesses.

Il la caressait tendrement, alors qu'il prenait ses lèvres avec passion.

Les corps brûlaient et l'air manquait, mais ils ne pouvaient plus se séparer.

Quand il atteint l'élastique de son sous vêtement, il sentit Kate s'affairait autours de sa braguette.

Ce ne serait pas une de leurs étreintes emplies de douceur et de tendresse, lente et sensuelle.

Non ce serait ardent, passionné, torride… et urgent.

Sans autre forme de préliminaire, il abaissa son vêtement sans cesser de prendre ses lèvres.

Kate suffoquait en sentant glisser ses doigts vers son intimité et sans perdre plus de temps, elle libéra son sexe de son caleçon.

Il gémit de la sensation de ses doigts précis, investigateurs érotiques de son érection.

Il la souleva légèrement pour s'introduire en elle et en parfaite adéquation, temporisèrent, les yeux dans les yeux.

Un de ces instants où même incontrôlables, ils savouraient mutuellement leur bonheur d'être ensemble. Immobiles pour mieux s'imprégner de l'autre.

Quelques secondes pour se noyer l'un en l'autre, pour s'oublier, pour se souvenir, pour s'ancrer et se ressentir.

Puis de nouveau, l'ardeur… les mains de Kate tantôt sur ses épaules, tantôt dans ses cheveux, celles de Rick sur ses fesses, et sa bouche parcourant la sienne, sa mâchoire, son cou, pour revenir à sa bouche.

Urgent, brûlant, embrasés, passionnel…

Contre la porte, Rick faisait l'amour à sa femme sans même prendre le temps de s'être complètement déshabillés.

Kate étouffait ses cris à chacun de ses puissants coups de rein, mais elle sentait que le feu l'emballait et bientôt, elle devrait calmer son époux, sous peine de donner encore davantage à raconter à l'officier de garde.

Quand ensemble, ils vinrent s'écraser lourdement une fois de plus contre la porte, Kate, dans un soupir, se força à faire revenir Castle à elle.

- Babe … le chambranle de la porte …

- …

- Rick, on va nous entendre…

Il s'arrêta un instant, et perçu la frustration dans les yeux de Kate.

La contradiction, le désir de s'envoler encore et encore et la raison, frein à leurs pulsions charnelles.

Il porta son front contre le sien, à la recherche d'un apaisement, ses deux mains glissant de ses fesses à ses hanches.

Puis, le feu reprit de plus belle, mais cette fois, le rythme imprimé par Rick se voulait plus doux, moins animal. Toujours aussi urgent, mais bien moins sulfureux.

Les mains de Kate trouvèrent refuge autours de son cou, et ses lèvres reprirent possession des siennes.

- Je te désire si fort… souffla-t-il contre ses lèvres, presque comme s'il luttait contre sa passion.

- Je sais … je te sens … mais doucement mon cœur…

Lentement, il s'exécuta, ralentissant, en la pénétrant tout en délicatesse.

A présent, les corps se retrouvaient sur une nouvelle piste de danse amoureuse. Ils retrouvaient la douceur, ils retrouvaient la sensualité.

Ils faisaient souvent l'amour… mais jamais l'acte en lui-même ne ressemblait aux autres fois. Comme s'ils renouvelaient à chaque fois l'amour qu'ils se donnaient, comme si faire l'amour prenait un sens nouveau, conjugué à l'infini.

Le caresser était divinement bon, elle sentait sa peau, ses cheveux, ses imperfections, tout en lui décuplait son pouvoir d'attraction sur elle.

Et lui, subjugué par le corps de sa femme pantelante entre ses bras, ne savait plus où il était, qui il était… seulement que la femme qui l'embrassait amoureusement, était Kate Beckett.

Quand elle le sentit frissonner sous ses doigts, elle sut qu'il n'était pas loin d'exploser en elle.

Alors, tendrement, elle remonta ses mains jusqu'à son cou, et raffermit sa position contre lui, s'ajustant pour trouver l'angle qui les ferait partir tous les deux.

A bout de souffle, Castle regarda Kate, tant il aimait la regardait jouir.

Le spectacle qu'elle lui offrait à chaque fois, le rendait fou d'amour et l'emplissait de fierté. Et cette fois encore, son cœur s'arrêta quand d'un dernier mouvement, il se déversa en elle, les plongeant tous deux dans un long gémissement.


Le couloir était calme quand discrètement ils sortirent du placard. A peine entendaient-ils quelques bavardages et autres sons quotidiens d'un poste de police. Kate se demanda un instant, si elle devait regardait où était cet officier de garde, devait-elle aller le voir ? Mais pour lui dire quoi ? De ne rien dire ? S'il n'avait rien entendu, elle se trahirait à demi mot…mais si elle ne disait rien, comment être sûre qu'il ne se vanterait pas auprès de ses collègues d'avoir plus ou moins assister à une scène absolument improbable, entre le Capitaine et son mari…

« Bravo Kate … et maintenant tu fais quoi ? »

- Je crois que tu m'as mordu… lui dit Castle, en tentant de s'examiner, gesticulant et tournant sur lui-même pour apercevoir ce qu'il supposait être une morsure.

- Quoi ? N'importe quoi, je ne mords pas Rick…

- Oh si … et c'est diablement sexy quand tu le fais…

- Bon c'est bon là ? Tu vas cesser tes pas de danse au milieu du couloir ?

- N'empêche que parfois tu me mords surtout quand je te…

- C'est bon ! J'ai compris… fais voir

Comme un enfant présentant son bobo à sa mère, il tira sur le col de sa chemise pour lui montrer un bout de peau, légèrement rouge.

- Hum … Je crois que tu vas avoir besoin d'un médecin…

- Quoi ? Quoi ? … attends Kate, quoi ? Pourquoi ?

Elle s'éloigna de lui, souriant de sa farce qui à coup sur, ne l'avait pas fait marcher, mais courir à grosses foulées.

Comprenant qu'elle se jouait de lui, il la rejoignit très vite et arrivait à sa hauteur, arbora un air boudeur.

- Ce n'est pas drôle tu sais … un jour tu pourrais m'arracher la jugulaire dans un élan de furie amoureuse…

- T'arracher la jugulaire hein ? Wahou Castle, je te promets de ne plus jamais te toucher si tu veux…

- Hein ? non !

Tandis qu'ils avançaient en direction de la salle principale du poste, Castle repositionna son col de chemise, conscient qu'il était sans doute préférable de ne plus trop en faire.

- Mme Castle… vous m'avez épaté… glissa-t-il tendrement.

Juste avant d'arriver au bout du couloir, il l'attira une dernière fois à lui, et la plaqua à nouveau contre le mur doucement.

Dans un dernier baiser, il la transporta à nouveau ailleurs. Elle répondit au baiser, avant de s'éloigner gentiment de lui et rejoindre le poste.

- Alors tout est pardonné hein ?

- Pardonné ?

- Ben oui … les paris, Espo et Ryan …

- Bien sûr babe… lui dit-elle d'une voix étrangement calme, en lui offrant un sourire énigmatique.

Elle s'avança d'un pas décidé vers les gars, qui loin de se douter de quoique ce soit, se figèrent en la voyant arriver.

- Ryan, Espo et Castle, dans mon bureau et tout de suite !

Sous les regards stupéfaits de leurs autres collègues, ils restèrent tous les trois, enracinés au sol, immobiles et saisi par l'effroi.

Elle semblait en colère et d'instinct, les Bros craignirent une nouvelle bourde de Castle.

- Qu'est-ce que tu lui as fait Castle ? demanda Ryan, tandis qu'ils se dirigeaient lentement vers le bureau de Kate.

- Euh juste là ? si je te le dis, elle va me tuer…

- Castle ! Grouille-toi où je t'interdis de remettre les pieds au poste !

- On ne se demande pas qui porte le pantalon entre vous …

- Un commentaire Espo ?

- Euh… non Kate … non non …

- C'est ce que je pensais… Ryan ferme la porte.

Trois enfants prit la main dans le sac. Aucun d'eux n'osait affronter le regard courroucé de Kate.

- Alors… je peux voir ce carnet ?

« C'est mort là… » pensa Esposito en jetant un coup d'œil discret à ses acolytes.

- C'était l'idée de Castle chef… dit-il, feignant de vouloir sauver sa peau.

- Sérieux Espo ? s'offusqua ce dernier

- Il a pas tort… c'est toi qui nous a dit de …

- Oh ! Les filles, je peux l'avoir ce carnet ou je vais devoir vous faire une fouille complète…

Castle s'apprêta à répondre, mais elle l'interrompit juste à temps.

- Ne dis rien Castle !

Marmonnant dans son coin, boudeur et vexé, Kate aurait voulu le prendre dans ses bras pour le réconforter. Mais pour l'instant, elle voulait ce carnet.

- Tiens … lui dit Ryan en le lui tendant.

Elle le prit et les regarda tour à tour prête à fusiller sur place quiconque rajouterait autre chose.

Elle commença à le feuilleter, page après page, les yeux de plus en plus gros, bouche-bée et éberluée.

- Il y a la moitié du poste dans ses pages …

Elle lisait, parcourait et en face, les trois hommes se gardaient bien de répondre.

- Ryan ? tu as parié 100 dollars qu'on allait se remettre ensemble avant la fin de la semaine ?!

- Euh … tu sais… les enfants, les études à payer… tenta-t-il de se justifier

- Ah bien Espo, toi tu paries sur l'annonce d'une grossesse avant la fin de l'année?

A nouveau dans la contemplation des noms et des sommes qui défilaient sous ses yeux, elle s'étonna encore de constater que le monde qui les entourait était rempli de commères.

- C'est pas vrai… sérieusement… mais vous n'avez rien d'autre à faire ? … Quoi ? !

- Quoi quoi ? demanda Castle, soudain inquiet

- L'officier Johnson a parié 200 billets qu'on était déjà ensemble sans le dire ?!

- Malin …

Rick semblait éprouver de la fierté pour ce jeune officier qui plus tôt, avait été terrorisé par sa femme.

- C'est bon Rick, on va se passer de tes commentaires…

- En même temps, il a eu raison… avec des infos directes de la source, j'aurais parié encore plus gros moi…

- Comment ça des infos à la source ? Tu as vendu la mèche faux frère ?

- C'est pas moi, c'est Beckett na na na ! répondit Rick, dans une grimace de garnement.

Une cours de récréation. Voilà ce qu'elle gérait au quotidien. Des gosses qui se chamaillaient à qui avait raison et qui avait tort.

- Quoi Beckett ?! demanda Ryan, étonné, en se tournant face à elle.

- Elle lui a carrément dit de doubler la mise…

- T'as fait ça ?

- Oh ! Vous voulez vraiment discuter de ça avec moi là ? Hein ? Les gars, vous avez lancé des paris à propos de ma vie privée, et je parle pour toi aussi Castle, ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça… Espo, Ryan, je suspends officiellement ce pari c'est clair ?

- Mais Beckett… protesta Javier

- Non, pas de discussion. Vous allez rendre leur argent à tout le monde et je ne veux plus jamais entendre parler de pari me concernant, ok ?

- Avoue que ça nous permet d'avancer drôlement vite quand même… maintenant tout le monde pense qu'on va se remettre ensemble … enfin… la moitié du poste et un officier témoin de tes pulsions amoureuses incontrôlables…

Kate regarda Castle et le temps s'arrêta. Venait-il de dire à mi-mots à ses amis et collègues qu'ils avaient fait l'amour au poste ?

Elle allait le tuer. Comment pouvait-elle aimer à ce point cet homme qui avait pour meilleur passe-temps, de la faire tourner en bourrique ?

Reprenant ses esprits, elle ferma les yeux, et soupira plusieurs fois pour se calmer.

- Castle, on en parle ce soir… et franchement, là, tu es à deux doigts du troisième divorce…

Bien sûr, elle n'en pensait pas un mot, mais elle voulait le faire redescendre sur Terre et lui donnait une leçon dont il se souviendrait.

- Ryan, Espo, vous rendez l'argent à chacun… et estimez-vous heureux que ça n'aille pas plus loin …

- Ok chef …

- Oui … désolée Beckett…

Elle mourrait d'envie de rire devant leurs mines déconfites. Etait-elle aussi manipulatrice pour qu'ils croient à ce point qu'elle était furieuse ?

Elle était en colère oui, mais pas au point de leur en vouloir pendant des heures.

Finalement, c'était assez marrant et étonnant de voir que la moitié de son personnel prenait des paris sur eux. Que des bons paris qui plus est… un bébé, une remise en couple rapide, qui des deux craquerait le premier, même un qui disait qu'elle embrasserait Castle ici au poste…

Décidemment, sa vie avait prit une drôle de tournure en rencontrant Rick et en acceptant de l'épouser.

Il avait acquis une telle prestance ici que tout à chacun l'appréciait, l'aimait même. Il avait toujours un petit mot pour l'un de ses collègues, un geste amical, une plaisanterie à partager…Il n'avait pas seulement révolutionné sa vie, il avait donné vie à ce poste qu'elle chérissait tant.

Avant qu'ils ne repartent tous les trois, boudeurs et presque abattus, elle les retint une dernière fois, ne parvenant plus à masquer un sourire éclatant.

- Ah et les gars… vous payerez l'officier Johnson pour son pari…

 


Javier424  (11.11.2015 à 00:33)

De nouveau seule dans son bureau, Kate lisait à nouveau les pages du carnet secret des Bros.

Une idée pareille, en réalité, cela ne la surprenait pas. D'abord parce qu'elle sortait de l'esprit de Castle, et surtout parce que quoiqu'elle en pense, leur couple avait toujours suscité beaucoup de curiosité depuis les premiers jours de leur coopération.

Il était clair désormais que Johnson savait pertinemment ce qu'ils avaient fait dans la réserve, et elle réalisa que c'était là, la première fois qu'elle faisait l'amour au poste.

Décidemment, Castle lui ferait faire n'importe quoi !...

De son bureau, elle voyait son mari et les Bros en pleine conversation. Tous les trois ensemble, ils avaient le don de l'agacer et pourtant, elle les aimait, elle voyait leur conversation prendre de l'ampleur et elle s'amusa à décoder leurs attitudes.

D'abord Ryan, les mais dans les poches, la tête baissée, un rictus au coin des lèvres… il semblait être embêté par les événements récents. Comme s'il prenait conscience qu'ils étaient sans doute allés un peu trop loin. Elle l'aimait pour son côté gentlemen, discret et respectueux de la vie privée de ses amis.

Esposito lui, était assis sur le coin de son bureau, face à Castle. Il avait le menton légèrement élevé, les lèvres serrées, les deux mains jointes, les avant-bras en appui sur ses cuisses. Il donnait l'impression d'être un homme sûre de lui et maître de lui-même en toutes circonstances. Lui, elle l'aimait pour son caractère fidèle et droit, un fonceur sur qui elle pouvait compter.

Puis Rick. Lui, lui tournait le dos mais elle n'avait besoin de le voir pour décrypter ses attitudes. Elle le connaissait, et probablement qu'il était encore tout content d'avoir détourné une nouvelle fois les règlements à son avantage. Il avait quand même réussi à l'entraîner dans une torride étreinte amoureuse au poste tout en contribuant fortement à rendre plausible son retour au loft. Elle l'aimait pour trop de raisons, qu'elle n'aurait su lister.

Elle regarda une nouvelle fois le carnet posé devant elle et se dit que finalement, Rick avait eu une excellente idée. Et comme elle avait demandé aux garçons de payer le pari de Johnson, elle laisserait entendre à l'ensemble de son personnel qu'il avait raison, qu'elle voyait déjà son mari à l'insu de tous, et ainsi faisait d'une pierre deux coups : si elle le voyait déjà avant leurs retrouvailles officielles, qu'elle soit enceinte de plusieurs semaines déjà, paraîtrait beaucoup plus réaliste maintenant.

Elle sourit à cette pensée, une fois de plus, Castle avait débloqué une situation extrême, peut-être même sans le vouloir.

Elle leva les yeux pour les regarder une nouvelle fois, mais se figea dans l'instant.

Castle tirait sur le col de sa chemise et semblait désigner aux gars la fameuse marque rougeâtre sur son cou !

« C'est pas vrai Castle ! T'es pas en train de leur raconter pour tout à l'heure ?! »

Elle se leva d'un bond et surgit sans plus attendre dans la salle commune du poste.

- Castle ?

Celui-ci se retourna, un air innocent peint sur son visage.

- Oui ?

- Je peux te parler une minute ?

- Les gars, comment lui résister ? leur dit-il d'un air charmeur, playboy sollicité prêt à satisfaire sa belle.

Mais il perdit rapidement son sourire idiot quand celui-ci se transforma en grimace douloureuse. Kate, pour la première fois depuis des années, venait de l'attraper par l'oreille pour l'attirer dans son bureau.

- Ahhhhhhhh … je croyais que c'était fini ça ! …

Ils disparurent tous deux derrière le bureau de Kate, sous les yeux amusés des agents présents au poste.

Une fois seuls, Kate le regarda en essayant tant bien que mal de se calmer. Castle lui, se frottait l'oreille en sur-jouant une prétendue douleur.

- Castle ? Tu leur montrais quoi là ?

- Là ? eh bien …

- Laisses tomber, je préfère ne pas savoir… Castle, il faut vraiment que tu trouves toujours le moyen de m'…

Elle s'arrêta soudain, incapable de finir sa phrase. Elle se sentait absente, la vision trouble et une désagréable sensation de vertiges. Elle prit appui sur son bureau, avant de sentir les bras de Castle la maintenir contre lui.

- Hey… Kate … assieds toi …

D'un bras protecteur, il la guida vers son fauteuil.

- C'est bon… ne t'inquiètes pas… je crois que je viens de faire mon premier malaise de grossesse…

- Oui je crois bien, lui répondit-il en souriant

- Ça te fait sourire ? demanda-t-elle incertaine

- C'est juste que … tu es enceinte…

Il souriait, de ce sourire qui la faisait la rendre fière de lui. Elle comprenait ce qu'il voulait dire. Ce vertige, aussi désagréable soit-il, marquait un peu plus le fait qu'elle portait son enfant. Et il en éprouvait une telle joie, qu'il souriait de ce malaise.

- Tu devrais te reposer davantage… ce soir, tu dois dormir…

- Je ne serais pas si fatiguée si tu ne me faisais pas faire n'importe quoi et si tu ne me sautais pas dessus à chaque fois que tu en as l'occasion …le taquina-t-elle

- Moi ? Dois-je te rappeler que c'est toi qui m'as quasiment violé tout à l'heure ?

- Violé hein ? Pauvre Rick … je m'en veux, si tu savais…

Elle lui apposa la main sur la joue, en une caresse éphémère mais romantique et très évocatrice pour quiconque les verrait.

- Ce soir, je te laisse dormir…

- Tu vas y arriver ?

- Ça veut dire que tu viens dormir au loft ? demanda-t-il, excité par cette perspective.

- Babe … je viens de dire aux gars de payer Johnson … je crois qu'on ne fait plus du tout illusion…

Il la regarda d'un air étrange, enfantin mais sur la réserve.

- Est-ce que ça veut dire que … tu rentres à la maison ?

Un élan de tendresse s'abattit en elle, il était beau d'innocence en cet instant. Cet homme parfois bêta, parfois malin, mais là, devant elle, partagé entre la joie et l'incertitude.

- Oui … je rentre mon cœur…

A ses propres mots, Kate se sentait revivre. Oui, elle rentrait chez elle, elle retrouvait un semblant de vie, son domicile et son mari. Dès lors, elle aurait enfin le droit de se réveiller chez elle, de rentrer chez elle le soir, de s'endormir près de son mari… et de l'embrasser ou le toucher sans se soucier des yeux inquisiteurs.

Le soulagement qu'elle ressentait la saisit si violemment, qu'elle écrasa une larme au coin de son œil, en se perdant dans le regard amoureux de Castle.

- Kate … je suis heureux... tu n'imagines pas…

- Oh, si… crois-moi, je sais.

Puis comme si tout était naturel, elle se pencha vers lui, et le prit dans ses bras. Elle passa la main dans ses cheveux en l'attirant à elle, toujours plus près. Elle déposa un tendre baiser sur sa tempe, en respirant profondément le bonheur qu'ils parvenaient enfin à rééquilibrer.


Esposito et Ryan, ainsi que quelques regards curieux, n'avaient rien raté de la scène. Ryan posa sa main sur l'épaule de son ami.

- Il est fort hein ?... dit-il admiratif.

- Oui … ça, c'est sûr…il l'est.

En ami et collègue de longue date, Javier connaissait parfaitement le sens de ces quelques mots. Kate n'était pas femme à montrer ses sentiments, ni même à admettre qu'elle était séduite. Elle était une femme forte, décidée et obstinée, et quand il l'avait connu, une femme distante, mariée à son travail. Et pourtant, cet homme, cet écrivain un peu lourd, un peu maladroit, avait fait voler en éclats le mur de glace que Beckett avait bâti autours de son cœur.

Il aimait son amie, et jamais il n'aurait pensé la voir un jour si sereine et si ouverte aux autres et à la vie, avant l'arrivée de Castle.


Quand ils sortirent du bureau, il n'était plus question de faire semblant, plus question de faire attention.

Main dans la main, sourires aux lèvres, la discrétion n'avait plus place dans leur vie affective, et lorsque quelques applaudissements retentirent dans la salle, Kate sut que la première partie de leur plan était parfaitement bien remplie.

Ils rejoignirent Esposito et Ryan, et Kate, d'un signe à tous, sourit chaleureusement et intima ses collègues à reprendre leurs tâches.

- Alors ? Tout rentre dans l'ordre Beckett, on dirait ?

Ryan semblait vraiment heureux pour ses amis, et surtout, avait conscience que le plan insensé qu'ils avaient bâti depuis des semaines, tenait la route et leur rendait une part de liberté bien méritée.

- Oui, on peut dire ça …

Kate se perdit à nouveau dans les yeux de son époux, encore sur un nuage de savoir que sa femme rentrait chez eux.

- Eh Castle, tu nous payes un verre du coup ? lança Esposito, sans perdre une occasion de porter un toast autours d'un bon grand cru payé par l'écrivain.

- Je pense qu'on va plutôt rentrer et …

- Rick, en fait, je crois que ce serait bien de passer un moment tous ensembles…

D'abord surpris par la proposition de sa femme, il lut ensuite dans son regard qu'elle avait quelque chose à leur dire. Avec les émotions suscitées des derniers jours, il avait presque perdu de vu leur enquête et les recherches que Vikram devaient faire. Il s'en voulut un instant, avant de se reprendre et de suivre sa femme dans sa pensée.

- Oui, en fait, tu as raison Kate… fêtons ça… ce soir… au …

Il regarda Kate pour s'assurer de ce qu'il devait dire.

- Au loft, chez nous, ce sera bien babe …

A présent, nul besoin de se cacher dans une pièce secrète au fond d'un bureau. Au moins pas dans ce contexte là, pas celui où leurs amis se réunissaient pour féliciter le couple pour leurs retrouvailles. Pour le coup, se retrouver au bureau de Castle, aurait semblé vraiment étrange.

Le loft. Chez eux. C'était l'endroit idéal pour la soirée.

- Ok… ça marche pour nous, hein mon frère ? demanda Esposito à Ryan

- Ouais, répondit-il, d'un enthousiasme non feint.

- Parfait…bon… euh, au boulot les gars …

Sans plus de familiarité, elle attira Castle vers la salle de repos, pour s'offrir quelques minutes seule avec lui, avant qu'il ne parte.

Elle s'approcha de lui et se cala dans ses bras. Après des semaines de frustration, elle n'avait plus la force de continuer à faire semblant, et elle espérait que personne ne trouverait son subit changement d'attitude suspect.

Mais au fond d'elle, l'attraction était trop forte, le besoin trop pressant et l'envie trop présente. Ils s'aimaient après tout, et que tous les deux se retrouvent de façon si simple et soudaine, ne pouvait pas réellement choquer.

Elle cherchait à s'en convaincre, mais ne pouvait de toute façon plus faire autrement que d'aimer son mari au vu et au su de tous.


Le soir venu, le loft ressemblait à l'un de ces soirs de fêtes que Castle aimait tant. Même si, au regard des semaines écoulées, il était presque impensable que ce jour se termine ainsi, Castle avait prévu les choses en grands.

Un vin grand cru, du jus de fruits de toutes sorte, pressés avec amour pour sa belle, des amuse-bouches du meilleur traiteur de New York, sans oublier une banderole « Welcome Home », que Beckett, d'humeur taquine, avait jugé comme le « truc en trop ».

Pour autant, tous avaient conscience qu'au-delà des réjouissances pour le couple, la réunion du soir devrait également apporter une mise au point quant à l'affaire.

Et évidemment, la question s'était posée pour la présence de Martha.

Pouvaient-ils feindre une fête de famille sans qu'elle n'y soit invitée ? La réponse avait été évidente et bien que réticente, Kate avait cédé à nouveau sur ce point.

Lui expliquer les raisons de son départ du loft avait soulagé Beckett, mais elle avait tenu à ce qu'elle reste éloignée de l'enquête. Martha avait semblé comprendre les motivations de Kate et l'étreinte qu'elles avaient partagée, lui avait réchauffé le cœur.

Seul Vikram était absent, mais pour les mêmes raisons que Martha, pourquoi cet analyste tout juste embauché dans la police de New York serait-il invité à une soirée si intimiste ?

Kate l'avait briefé plus tôt dans la journée, et elle appréciait sa capacité de compréhension.

Si bien que désormais, tous étaient réunis et s'apprêter à résumer les dernières avancées de leur enquête.

- Alors d'après Vikram, les numéros d'appel proviennent de téléphones à carte prépayés…

- Donc on ne peut pas les tracer, en déduisit Alexis

- Oui… sauf pour l'un de ces numéros. C'est une ligne fixe mais elle est trop sécurisée pour que Vikram tente de trouver une adresse correspondante. Il pourrait, mais cela demanderait du temps et surtout, pour qu'elle soit à ce point sécurisée, c'est que l'émetteur de ces appels est un gros poisson…

- Cela pourrait être la taupe de la CIA ? demanda Esposito en regardant la liste de numéros que Kate avait apporté.

- Je ne sais pas, mais en tout cas, qui que ce soit, on ne peut pas savoir d'où provient l'appel, à moins de rentrer le numéro dans un fichier fédéral…

- Ce qu'on ne peut pas faire, sinon, ils risquent de débarquer, comme ça a été le cas pour le mémo…conclut Castle.

- Oui… elle chercha son mari du regard pour trouver le soutien nécessaire pour affronter à nouveau cette réalité.

Castle lui sourit, en la lâchant pas des yeux.

- Espo avait retrouvé la trace de Maddox à l'aide d'un ordinateur acheté à un prêteur sur gage en liquide… à l'époque, il n'en avait rien su… on pourrait recommencer… proposa Ryan

- Oui mais à l'époque, la guerre était déjà déclarée, ce n'était qu'une question de temps pour qu'ils viennent à moi … là, en théorie, personne ne sait que l'on enquête sur eux, si on commet une erreur, elle peut être fatale …

- Et il y a autre chose... Kate regarda Castle...Cela fait 2 jours... on n'a pas de nouvelle de mon père...avec les données qu'il nous a promit, on pourrait déjà avoir des renseignements concrets sur ce numéro...

- Babe, cela ne veut rien dire... il a dit 3 jours... on doit lui faire confiance...

- Mes enfants … vous prenez tellement de risques… leur dit Martha, visiblement très inquiète.

Kate se sentit envahie d'un sentiment de culpabilité, c'était elle qui les entraînait droit vers le danger. Son fils, sa petite-fille… elle s'approcha d'elle, et posa sa main sur son bras.

Mais avant qu'elle ne s'excuse auprès de Martha, Castle les rejoignirent et prit la parole.

- Mère, on est tous là pour la même chose… cela ne concerne pas que Kate, cela nous concerne tous…et pas seulement nous… toute cette ville… on est prudent, malgré les apparences, on fait attention et on ne prend aucun risque… si on ne le fait pas, on ne vivra jamais plus comme avant.

- Grand-Mère, il a raison… on est derrière Kate, mais on se bat parce qu'on croit en son combat… notre combat.

Kate, comme Martha, avait pourquoi Castle et Alexis avaient prit la parole. Martha était une femme pleine de vie et elle aimait chacun d'entre eux, et craignait pour chacun d'eux, mais son fils et sa petite-fille tenaient forcément une part plus importante dans son inquiétude.

Beckett appréciait ce soutien sans faille et priait de n'avoir jamais à le regretter.

- Katherine, je sais quelle merveilleuse jeune femme tu es… et je remercie tous les dieux de t'avoir mise sur le chemin de mon fils … mais fais attention à toi… je veux que tous vous me reveniez sains et saufs…

Kate ne pouvait le promettre, et s'abstint de le faire. Mais jamais elle n'accepterait de perdre encore un être cher, qui qu'il soit.

- Donc… que sait-on de cette blanchisserie ? Castle souhaitait clore cet épisode et se concentrer à nouveau sur l'affaire.

- Elle est tenue par un couple d'hispanique sans histoire…. commença Kate

- Mais qui est lié de façon inconnue pour l'instant au trafic de drogue…

- Peut-être que la boutique est une plaque tournante …

- Et que les dealers s'approvisionnent là-bas…

- Ils reçoivent des appels tous les 15 du mois …

- Et on est le 14 aujourd'hui…

- Si on veut savoir ce qui se passe…

- On doit tenir une planque demain ! s'exclamèrent-ils simultanément, sous les yeux habitués, mais complices de leurs amis et famille.

- J'adore quand on fait ça… sourit Castle en dévorant sa femme d'un regard passionné

- Moi aussi…lui répondit-elle, partageant son sourire et son émotion.

Tous deux face à face, s'absorbant mutuellement, venaient encore une fois de démontrer leur communion d'esprits, si typique de leur relation.

Kate lui prit les mains et en silence, le remercia pour son soutien et sa présence à ses côtés.

« Always » sembla-t-il lui répondre.


Javier424  (12.11.2015 à 20:20)

- Vous pourriez peut-être vous rappeler qu'on est là non ? les taquina Lanie, qui se nourrissait depuis toujours des interactions entre Beckett et Castle.

Tous deux s'éloignèrent doucement l'un de l'autre, en se regardant amoureusement, les sourires ancrés au coin des lèvres.

Ce moment intime passé, l'heure était à établir un plan d'action.

-Pour une planque, il va nous falloir étudier de plus près les lieux… commença Ryan

- On peut essayer de voir s'il y a des caméras dans la rue, poursuivit Alexis

- J'en doute, tenta de s'expliquer Esposito, si c'est une plaque tournante pour leur trafic, ils auront choisi un endroit moins sécurisé…je serais vraiment étonné qu'il y ait des caméras…

- Non mais …

Castle surprit tout le monde en se déplaçant rapidement vers son ordinateur portable.

- Castle, tu fais quoi ? demanda Kate

- Juste une petite minute …

Elle connaissait suffisamment son mari pour savoir qu'il avait une idée derrière la tête et qu'elle devait être assez intéressante pour qu'il ménage à ce point son suspens.

D'emblée, tous se rapprochèrent et regardèrent par-dessus l'épaule de Castle, essayant de comprendre sa logique.

- J'y suis … Espo a raison, je ne pense pas qu'il y ait des caméras de sécurité dans la rue mais … il y a un distributeur automatique de billets…

- Quelle rapport ? demanda Lanie, encore novice en matière d'enquête policière de terrain.

- S'il y a un distributeur… commença Kate

- Il y a une caméra dedans, finit Castle en la regardant, fier de lui… encore une fois, on prouve au monde qu'on est les meilleurs toi et moi…

Elle lui sourit généreusement, fascinée par son esprit si vif et si ingénieux. Il n'était pas flic, mais il aurait pu être l'un des meilleurs en d'autres circonstances. Bien sûr, elle ne lui en dirait jamais rien, de peur de trop flatter son égo surdimensionné, mais force était de constater, que de tous les partenaires qu'elle avait eu par le passé, Castle était celui avec qui elle fonctionnait le mieux. Ryan et Esposito étaient des collègues idéaux et loyaux, mais avec Castle, quelque chose de plus se passait, d'inexplicable.

Beaucoup l'avaient vu avant elle, et désormais l'idée de ne pas travailler avec lui, lui semblait absurde. Tout civil qu'il soit.

- Bien les Castle… mais comment fait-on pour obtenir les enregistrements du mois dernier ? Si encore il y a avait eu une agression dans le coin ou n'importe quoi qui nous donnerait une raison légitime de les demander… mais là, ça repose sur la banque... ils peuvent refuser et ils peuvent commencer à poser des questions…

- Et la dernière chose dont vous ayez besoin mes enfants, c'est que l'on pose des questions, j'ai bien suivi ? demanda Martha

Kate regarda sa belle-mère, à nouveau soucieuse, de la voir présente ici, ce soir et constatant qu'elle entendait des informations ultra secrètes à propos de leur enquête.

Cependant, elle devait admettre que jusque là, Martha avait parfaitement joué le jeu de la discrétion et si cette réunion avait lieu en sa présence, Kate veillerait à ce qu'elle ne soit jamais impliquer directement.

- Oui Martha, c'est la grande difficulté de cette affaire… tout repose sur notre capacité à faire profil bas ...

- On pourrait … simuler une agression ?!

- Quoi ? Non mais Castle, ça va pas ? Il est hors de question que je simule quoique ce soit !

- J'adore quand tu dis ça … sourit-il fier de sa réparti

Les visages se détendirent d'un coup en entendant Rick se jouer de Kate. Cela faisait parti d'eux. Ces plaisanteries, ces taquineries souvent tendancieuses qui faisaient sortir de ses gonds Beckett et remplissaient Castle d'un sentiment plénitude. Et souvent, les témoins de leurs joutes verbales se régalaient de leur complicité. Même sous cette forme.

- Quoiqu'il en soit… reprit Kate après avoir fusillé du regard son mari… on peut déjà essayer de tâter le terrain auprès de la banque. On ne sait jamais, peut-être qu'ils accepteront…

- Ou alors… coupa Castle en accentuant son effet… on peut demander à Vikram 2.0 de pirater leur système de surveillance…

- Je ne sais pas Castle… on a très peu de temps… à peine quelques heures…

Ryan était un touche à tout en matière d'informatique et bien que les compétences de Vikram n'avaient plus à être prouvées, le temps à nouveau jouait contre eux.

- Je crois qu'on devrait quand même lui demander et même s'il n'y arrive pas dans les temps, demain on verra peut-être par nous-mêmes ce qui se passe là-bas …

- « Nous » Lanie ? demanda Kate, en alerte.

- Oui « nous » ma belle, j'en ai marre de ne vous servir à rien, je veux planquer moi aussi ! lui répondit-elle, décidée et résolue à ne pas céder.

Rarement, le salon du loft n'avait paru plus propice à des jeux de guerre de la sorte. Mise à part, lorsque Castle et Alexis s'affrontaient dans une lutte sans merci au pistolet laser.

Ils étaient soudés, déterminés, l'enquête avançait, les pistes se dévoilaient progressivement.

Ils n'avaient encore aucune idée de qui pouvait être la taupe de la CIA, ni même à combien d'hommes ils avaient affaire mais les pièces du puzzle, bien éparpillées devant eux, n'attendaient qu'à se mettre en place.

- Inutile de vous dire que moi aussi, je veux y être, leur dit Alexis, profitant de la sortie de Lanie pour s'incruster elle aussi dans leur plan du lendemain.

Kate chercha son époux du regard. Comme pour Martha, elle aurait préféré qu'Alexis se tienne à l'écart de tout cela, et l'avis de Rick était primordial pour envisager un quelconque rôle à tenir par l'une des deux.

Elle respecterait sa décision parce que depuis toujours elle ne souhaitait prendre parti ou s'interposer entre eux deux, mais pour sa part, cette opération ne pouvait nécessiter qu'une expérience que seuls des flics, et un pseudo-flic, pouvaient avoir… et dès lors, elles ne devraient y prendre part.

Silencieusement, ils s'interrogèrent, leur monde vacillait mais personne ne semblait vouloir s'effacer, même si cela aurait été plus prudent.

- Vous n'êtes pas flics et …

- Toi non, plus et pourtant tu suis Kate comme son ombre… coupa Alexis

- Et j'aimerais parfois qu'il ne le fasse pas, rétorqua doucement Beckett

A nouveau, tous s'observaient et tous mesuraient l'importance des mots prononcés. Kate parlait de ses peurs, se mettait à nue devant eux. Castle prenait des risques en travaillant avec elle, elle l'avait quitté pour ça. Mais là, il s'agissait d'Alexis, de Lanie… peut-être même de Martha.

D'un geste de la tête, Castle prit la décision, Kate se contenta de sonder son esprit silencieusement.

- Kate, Castle… Alexis et moi, on se sent concernée aussi… on vous écoutera et vous pouvez me croire, on ne fera rien de stupide, mais si on veut être efficace, on doit tous se coordonner…

- Lanie… murmura Esposito, soudain inquiet pour son amie

- Javier… on n'a vraiment pas l'intention de prendre des risques… mais je suis sûre qu'on peut vous aider…

Après quelques secondes de silence, Kate reprit la parole.

- Est-ce qu'on sait si la blanchisserie possède une issue de secours ?

- Les bâtiments commerciaux de ce genre ont presque toujours des entrées secondaires, répondit Ryan… je vérifierai demain au cadastre…

- Bien… je demanderai à Vikram s'il peut pirater le système de surveillance du distributeur en si peu de temps…

- J'ai quelques gadgets au bureau… une caméra infrarouge, du matériel d'écoute à ultra-son, un amplificateur de son … et je sais où on peut se procurer une camionnette passe-partout… expliqua Castle, d'une voix sourde et sérieuse.

- « quelques gadgets » Castle ? Sérieux ? réagit Esposito

- Hey les gars … je suis détective privé maintenant… j'ai besoin de cet équipement…

- Pour retrouver des petits chats égarés ? plaisanta Ryan

- Et tu sais où trouver « une camionnette passe-partout » ?

- J'ai des relations les gars… annonça-t-il, d'un air énigmatique et volontairement provocateur.

- Bon… quoiqu'il en soit… le matériel de l'Inspecteur Gadget va nous aider… et ta camionnette, je pense que ça pourrait être une bonne planque pour Lanie et Alexis.

Kate réfléchissait à toute allure, elle accordait trop de place au hasard, elle le savait, les deux femmes n'avaient aucune expérience, mise à part quelques affaires résolues avec Castle pour Alexis.

- Ryan, Espo, s'il y en a une, vous planquerez l'entrée secondaire, Castle et moi, l'entrée principale. On se tient à l'écart d'au moins 50 m, hors de question de s'approcher de trop près…on se fond dans le décor… Alexis, Lanie, vous resterez en retrait, à l'arrière de la camionnette, on étudiera les plans du secteur pour trouver le meilleur endroit où vous garer. Vous ne sortez sous aucun prétexte, c'est bien compris ?

Les deux femmes opinèrent du chef, concentrées et concernées.

- On reste en communication permanente, au moindre mouvement suspect, on se tient tous en alerte. Si je dis qu'on dégage, on le fait sans poser de question.

Kate endossait son rang de chef de coordination à merveille, sa voix était ferme et on pouvait y entendre toute sa détermination mais aussi son souci de la sécurité de chacun.

- Castle, ta camionnette… aussi banale que possible, tu ne nous ramènes pas un véhicule avec un pare-choc renforcé, des vitres teintées et une antenne radio de 2 m de haut, ok ? On n'est pas dans un film de Rico Cruz…

- Pourtant ce serait cool… rêva-t-il tout haut

Kate le toisa et le ramena sur Terre aussitôt.

- C'est Alexis et Lanie qui seront dedans…

A l'évocation des noms de sa fille et de leur amie, il ravala son air d'enfant en quête d'un super jouet.

- Blanche, légèrement rouillée, un vrai tas de boue… elle sera plus vraie que nature, promis !

- Ouais ben assure toi quand même qu'elle ferme à clef, ce sera bien, hein, le taquina Lanie.

- Promis !

Durant la 1/2 h qui suivit, ils passèrent en revu le matériel dont ils avaient besoin, sous le regard soucieux de Martha. Elle s'inquiétait pour toutes ces personnes qu'elle considérait comme de la famille. Son fils, sa petite-fille et Kate bien sûr, mais aussi ces hommes et femme qui affichaient une détermination et une loyauté sans faille.

Pour la première fois depuis des années, elle pria pour que rien ne leur arrive.

Lorsque quelqu'un frappa à la porte, cela eut pour effet de tous les faire taire instantanément.

Puis, très vite les instincts prirent le dessus, dans un silence entendu, Kate désigna la porte à ses deux collègues armés, puis à l'attention de Castle, désigna les trois femmes et indiqua la cuisine. Sans rechigner, il les conduisit rapidement derrière l'îlot central.

Armes aux poings, les trois flics prirent position : Espoito près de la porte, attendant le signal pour l'ouvrir, Ryan et Beckett, excentrés, l'un à gauche, l'autre à droite.

Lorsqu'elle donna le signal, Esposito, sans hésiter, tourna la poignée et tira la porte à lui.

Personne.

Sans abandonner leurs positions, les trois se regardèrent sans mot dire. L'incrédulité se lisait sur les visages et tous ses sens en alertes, Javier avança doucement en direction du couloir.

Puis, comme sorti de nulle part, une voix s'éleva.

- Je peux entrer ou le lieutenant Esposito va venir me chercher ?

Jackson. Se montrant doucement, arme à la main lui aussi, il apparut à l'angle de la porte.

Soulagés, les nerfs se détendirent. Les regards s'accrochèrent et l'état d'alerte baissa d'un cran.

- Lieutenants, Kate, c'est un plaisir…

Il avança et pénétra dans le loft. Derrière lui, après des vérifications d'usage dans le couloir, Esposito ferma la porte et rengaina son arme.

- Heureux de vous revoir tous … spécialement toi Martha, dit-il d'une voix chaleureuse à l'attention de tous.

Elle le regarda, et comme tous, ne s'attendait pas à le revoir, ici, ce soir.

- Jackson… heureuse de te voir débarquer ici sans blessure par balle à soigner…

Martha observa ses réactions, sans même connaître l'homme. Elle ne savait pas vraiment quoi penser de lui, mais d'après ce que Kate et les autres lui avaient dit, il était là pour les aider, alors comme les autres, accepta de lui faire confiance cette fois encore.

Jackson souriait à chacun et semblait détendu. Quelques instants plus tôt, trois flics du NYPD le tenaient en joue, mais pour autant, il se dégageait de lui un air serein.

- Ma chère Kate … je vois que les choses vont plus vite que prévu… j'ai cru comprendre que vous rentriez chez vous ? … lorsque je vous ai conseillé d'attendre un peu, je m'attendais à un peu plus que 2 jours… quoiqu'il en soit, je suis ravi pour vous deux… d'autant qu'apparemment, personne ne se doute de quoique ce soit.

- Papa ?... on ne t'attendait pas… enfin, pas avant demain… on pensait que … enfin bref … content de te voir…

- Jackson… comment vous saviez que nous étions ici ? demanda Kate, préférant se passer des salutations d'usage

- Tout se sait Kate… comme je sais que vous avez décidé de rentrer chez vous… je vous l'ai dit, je garde un œil sur vous…et en fait, j'ai du nouveau…

- Qu'avez-vous ? demanda-t-elle impatiente

- J'ai étudié les données GPS dont je vous ai parlé l'autre soir… et j'ai pu constater des redondances … des trajets réguliers, tous les mois…

- Laissez-moi tenter ma chance… tous les 15 du mois ?

Jackson la regarda, fascinée par tant d'intelligence et de beauté. Cette femme était une véritable dure à cuire, dans un corps de déesse.

Son fils avait vraiment beaucoup de chance.

- Comment le savez-vous ?

- On a fait nos propres recherches, via le numéro que m'avait donné Rita, il nous a mené à une blanchisserie en plein cœur de New York, on a étudié leur listing d'appel et on a croisé les numéros avec les infos que nous avait donné Darryl Kane.

- Et comme toi, on a découvert que des appels étaient passés tous les 15 de chaque mois, à cette blanchisserie, conclut Castle

Ces deux là ne s'étaient pas trouvés par hasard, au-delà de l'amour, leurs esprits suivaient le même fil conducteur. C'était impressionnant d'évidence.

Esposito tenta de faire le point.

- On peut facilement faire un lien… le 15, quelqu'un appelle, probablement pour les appro et pour organiser le rencard, le soir venu, ils débarquent, laissent leur cames à la boutique et récupèrent le fric…

- Puis, ils repartent et font disparaître l'argent hors de l'Etat peut-être à bord d'un avion…

Jackson regarda à tour de rôle Esposito et Ryan, et étudia leur théorie.

- Comment vous savez que la blanchisserie sert de lieu de rendez-vous ?

- Ca… pour l'instant, on ne le sait pas, nous ne sommes sûrs de rien, commença Castle…

- Mais demain, on en aura peut-être une idée un peu plus précise… continua Alexis

Il les regarda, de plus en plus épaté par la force de caractère de ce groupe. Ils étaient intelligents, intuitifs, soudés… ils formaient une famille. Il aurait voulu en faire parti. Tout du moins, en d'autres circonstances.

- Voyez-vous cela… vous allez tout me raconter…


Javier424  (14.11.2015 à 01:57)

La soirée au loft avait été beaucoup moins romantique que ne l’avait espéré Castle. Cependant, il comprenait que désormais, il fallait agir pour en finir rapidement et efficacement.

La veille, ils avaient décidé de passer à l’action. La blanchisserie était un début de piste, en réalité, une supposition, peut-être même une coïncidence, bien que personne n’y croyait.

Cette boutique de quartier avait un lien avec le trafic, ce couple en avait un également. Et ce soir, ils tâcheraient d’en savoir un peu plus.

Puis Jackson avait débarqué au loft, et la tension avait atteint son paroxysme.  Il avait tenu promesse et leur avait confié des plans de vols et une étude complète concernant les données GPS qui figuraient sur la liste qu’il avait donné à Kate, des jours plus tôt.

Après avoir expliqué leur plan dans les moindres détails à Jackson, celui-ci avait salué leur perspicacité, tout en mettant l’accent sur la dangerosité qu’impliquait de tenir une planque devant des locaux présumés d’un réseau de trafiquants de narcotiques.

Mais une fois encore, il n’avait pu que constater leur déterminisme et de fait, leur avait signifié de quelle manière il les aiderait.

Pour lui aussi, la coïncidence n’en était pas une. Des appels récurrents le 15 du mois, des vols planifiés le même jour à bord d’avions répertoriés comme suspects par la CIA ?

Rien de tout cela ne semblait être le fruit du hasard, et pour la première fois, ils toucheraient le réseau de très près.

Pendant que l’équipe de Kate, comme Jackson les avais nommé, surveillerait les allers et venues supposés, lui, prendrait position en retrait, au détour d’un carrefour à l’intérieur d’une voiture quelconque. Si mouvements il y avait, il serait prévenu et pourrait filer en toute discrétion le véhicule jusqu’à sa destination.

Tous espéraient que la voiture le conduirait à un aéroport, ce qui confirmerait les soupçons nés la veille quant à la coïncidence des dates et des appels.

Si leur intuition était fondée, ils verraient et peut-être identifieraient certains hommes de mains, et dès lors, tout était permis de croire.

Le matériel de Castle permettrait de filmer, de photographier peut-être même d’enregistrer ce qui pouvait bien se passer dans cette blanchisserie.

Ils avaient ensuite revus ensemble les détails de l’opération.

La présence d’Alexis et de Lanie était terrorisante pour Kate et Castle, et donc, représentait une raison de plus pour  planifier et anticiper toute situation.

Les deux femmes, bien conscientes que le danger ne serait potentiellement pas très loin, avaient fait preuve de beaucoup d’attention et de sérieux.

Les Castle en avaient été quelque peu rassurés, mais la nuit n’en avait pourtant pas été des plus tranquilles.

Pour Kate, c’était un retour au loft étrange, là où, quelques jours plus tôt,  elle avait imaginé une nouvelle nuit romantique et passionnée, elle avait vécu une nuit d’insomnie.

Castle, lui-même tourmenté, l’avait accompagné dans ces heures qui auraient dû être merveilleuses, mais qui pourtant avaient le goût amer de l’inquiétude.

Des heures de discussions, de besoin de réconfort, d’assurance qu’ils avaient pensé à tout, de douleurs à partager et d’anxiété à chasser.

Une lumière pourtant avait éclairé leur nuit d’angoisse.

Lorsque tout le monde avait regagné leurs domiciles respectifs, Castle et Kate s’étaient retrouvés amoureusement à se serrer mutuellement l’un contre l’autre, puis après quelques doux baisers partagés, Rick avait guidé sa femme vers leur chambre.

Dans la pénombre immergeant la pièce, Kate s’était séparée de la chaine qu’elle portait encore autours du cou, puis dans un geste tendre et solennelle, avait déposé son anneau de mariage dans le creux de la main de Castle.

Les yeux dans les yeux, unis par un baiser chaste, Rick avait glissé pour la seconde fois son alliance sur l’annulaire de son épouse.

Front contre front, Kate s’était senti instantanément bel et bien de retour à la maison.

Retenant une larme d’émotion, elle avait prit le visage de son mari en coupe et l’avait embrassé lentement et sensuellement.

De ce baiser, elle désirait lui transmettre toute sa gratitude à l’égard de ce qu’il lui apportait au quotidien : du soutien, de l’amour, de la joie de vivre… et tout ce qui ne pouvait s’expliquer par des mots.

Bercés de « je t’aime » et de tendresse, ils s’étaient simplement dirigés vers le lit où l’insomnie les avait gagné.

 

 

La première chose que Kate avait faite à son arrivée au poste, avait été de trouver Vikram.

Lui expliquer le plan, le briefer sur leur réunion d’hier, lui demander de se concentrer sur un piratage possible ou non du système de surveillance de la banque dont dépendait le distributeur, et vérifier la présence ou on de caméra dans la rue et le quartier de la blanchisserie, avaient été ses priorités.

Les rôles de chacun étaient bien définis et elle constata rapidement que personne n’avait perdu de temps pour contribuer à la réussite de leur plan.

Ainsi, elle trouva Javier, seul à son bureau, remplissant une paperasse qu’il haïssait d’ordinaire, mais Kate savait qu’aujourd’hui, il ne rechignait pas à la tâche, parce qu’ainsi, cela libérait du temps pour Ryan pour se rendre au cadastre, et récupérer les plans de la blanchisserie.

Castle, lui, devait se rendre à son bureau, accompagné d’Alexis, pour récupérer et vérifier le matériel nécessaires à leur opération du soir. Ils avaient dressé un inventaire particulièrement précautionneux et en cela, les rassurer quelque peu.

Rien ne manquerait à l’appel au moment voulu, pas de mauvaise surprise, ou de dysfonctionnement quelconque.

Il était défini qu’ensuite, ils se rendraient dans un de ces lieux dont avait connaissance Castle, mais dont Kate ne souhaitait pas connaître l’existence pour le moment.

Ce genre d’endroits où les échanges, les achats, les escroqueries aux assurances se faisaient monnaie courante, n’étaient pour l’instant pas dans le collimateur de Beckett.

Un jour ou l’autre probablement, mais aujourd’hui, elle avait besoin de ce service parfaitement illégal, pour peu qu’il leur offre la possibilité de passer le plus inaperçu possible.

Se tenait-elle encore sur la ligne ou la franchissait-elle ? Où était la frontière entre agir pour le bien et trahir ses engagements envers la police de New York ?

A mi-journée, tout était prêt, ou presque.

Kévin avait pu déterminer qu’il existait effectivement une seconde issue à la blanchisserie et à l’aide des plans du quartier, avec Kate et Esposito, ils avaient repéré les points stratégiques à occuper le soir même.

Puis Rick était arrivé, l’air de rien, leurs cafés dans les mains et son habituelle visite quotidienne.

Il était désormais connu de tous qu’ils s’étaient réconciliés et la fait que Kate arborait à nouveau son alliance à son doigt, n’était pas passé inaperçu.

Si bien que lorsque Castle était entré dans le bureau de Kate, personne ne s’était étonné de le voir l’étreindre e déposant un doux baiser sur ses lèvres.

- Mme Castle …

- Hey… tout va bien? demanda Kate

Par ces quelques mots, Rick comprenait le double sens de sa question. Il devait la rassurer et lui faire savoir que le matériel et la camionnette étaient prêts.

- Oui… tout va pour le mieux, lui dit-il simplement accompagné du sourire d’un homme heureux.

- Ok…

Elle était là sans y être, et Rick le savait. Il la connaissait et imaginait sans peine tout ce qui pouvait se passer dans sa tête actuellement. Les questions devaient fusées et chaque minute devait être soigneusement pensée. Castle estima devoir lui chassait toutes ces questions de son esprit.

- Tu sais … j’ai beaucoup réfléchi ces derniers jours …

- Ah oui ?

- Hum… je crois qu’on mérite quelque chose de particulier

L’intérêt de Kate se mit en éveil : connaissant Rick, à quoi pouvait-il bien faire allusion ?

- A quoi tu penses ? demanda-t-elle, directe.

- On devrait se l’offrir ce voyage de noce … on pourrait partir quelques jours quand … tout sera terminé, précisa-t-il

- Et où comptes-tu nous emmener ? murmura-t-elle, en souriant à l’évocation de l’enfant qu’elle portait

Elle le vit lui rendre son sourire, émerveillé et profondément charmé. Oui ils seraient trois, mais pour encore quelques temps, ils devraient taire cette belle nouvelle.

- N’importe où … tu seras là, ce sera le paradis, murmura-t-il à son tour, en ne la quittant pas du regard.

A présent, bien ancrée à lui, attentive et absorbée par les mots et la force d’attraction qui se dégageait de son mari, Kate lui rendait chaque sourire et chaque intensité ressentie.

- Je veux du soleil … commença-t-elle en se rapprocha lentement de lui … je veux du sable fin sous nos pieds…

- Les vagues et l’horizon à perte de vue ? proposa-t-il, en la fixant amoureusement

Elle n’était qu’à quelques centimètres de lui et déjà son odeur l’enivrait.

- Je veux tout ça oui … mais tu sais ce que je veux par-dessus tout ? dit-elle en prenant ses mains dans les siennes

- Dis-moi … tout ce que tu veux Kate, je t’offrirai la lune si tu le voulais…

- Je te veux toi… juste toi…

Il serra ses mains et vint déposer un baiser léger sur ses lèvres en guise de réponse.

Ils s’observèrent encore un peu, perdus l’un en l’autre, laissant défiler le temps, s’imprégnant de la chaleur et de la douceur.

- Tu devrais boire ton café, lui dit-il au bout d’un moment

- Et toi, tu devrais m’embrasser babe, répondit-elle immédiatement

Accueillant sa demande avec fierté et envie, il effaça les derniers centimètres entre eux, et captura ses lèvres des siennes.

D’ordinaire si droite en matière de démonstration de sentiments sur son lieu de travail, là, elle se sentait étrangère à elle-même.

Peut-être les hormones, peut-être leur projet du soir, quoiqu’il en soit, elle se délecta des lèvres de son mari, ses mains caressant son dos en le serrant contre elle.

Puis, se séparant, elle lui lança un dernier regard plein d’amour et se tourna légèrement pour se saisir du gobelet de café fumant, que Castle avait précédemment déposé sur son bureau.

Comme d’habitude, il l’avait gratifié d’une de ces incroyables déclarations d’une écriture fine apposée sur le carton.

« Je suis habité d’un phénomène étrange et merveilleux : l’Amour. Et j’en suis heureux, parce qu’il a prit la forme de la femme que je porte dans mon coeur. Always, Rick »

Elle leva les yeux à lui, baignée de sentiments tous plus puissants les uns que les autres. Cet homme était romantique, surprenant et toujours présent, quoiqu’il puisse arriver.

Par quelques mots, il abattait des murs et réconfortait son âme, et de cela, elle lui en serait toujours reconnaissante.

Encore quelques secondes partagées… avant de se plonger dans un sujet bien moins plaisant.

- Tu es prête pour ce soir ? demanda-t-il, plus sérieusement

- Autant que possible…

Il la regarda et reconnut l’incertitude dans ses yeux. La détermination aussi, indiscutablement.

- Tout va bien se passer Kate… murmura-t-il, soucieux de préserver leur discussion à l’abri des oreilles baladeuse

- Je sais… on a tout prévu…

Rick voyait qu’elle tentait de se convaincre elle-même de sa réponse, il la savait encore fragile par rapport au danger que tous encourait et pria que tout se passe le mieux possible.

Après une dernière étreinte, un dernier baiser partagé, une dernière chaleur, ils se séparèrent et Castle s’en alla, glissant un « je t’aime » murmuré.

Elle le regarda s’éloigner, et déjà le sentit trop loin.

Ce soir, ils se rapprocheraient probablement de leurs ennemis.

Ce soir, ils verraient, entendraient, fixeraient les hommes qui l’avaient fait trembler de peur.

Ce soir, elle ouvrirait les hostilités, tapie dans l’ombre, prête à en découdre.

Mais avant tout, ce soir, elle devrait mener une opération risquée, avec une moitié d’équipe faite de civiles.

Elle voulait tant que cela fonctionne. Qu’ils puissent avancer et recouper les informations qu’ils possédaient déjà.

Aujourd’hui, le calendrier affichait la date du 15.

Aujourd’hui , elle saurait.

 

 

 


Javier424  (16.11.2015 à 22:40)

Il était près de 15h lorsque Kate le vit. Vikram se tenait près de la porte de son bureau, un de ces dossiers communs marqués du NYPD entre les mains. Il la chercha du regard et elle comprit qu'il avait quelque chose.

Aussitôt, elle croisa le regard de Ryan et d'Esposito. Tous les trois s'étaient retrouvés dans la salle de repos du poste, officiellement pour prendre un café, officieusement pour se transmettre les dernières consignes pour l'opération du soir.

Le plus banalement possible, elle s'excusa auprès des Bros et se dirigea vers l'analyste.

Il semblait nerveux, peut-être trop, et Kate ressentit le stress qu'il lui communiquait. Elle lit quelque chose d'inconnu encore dans ses yeux.

« Pas maintenant.. » se dit-elle… pas maintenant qu'ils touchaient au but… ce n'était pas le moment que l'un d'entre eux ne prenne peur et adopte une attitude trop suspicieuse.

Arrivée à sa hauteur, elle se maîtrisa.

- Hey Vikram… du nouveau pour moi ?

- Euh… oui capitaine… je vais vous montrer, répondit-il pour qu'elle l'invite à la suivre dans son bureau.

A peine était-il assis, que Kate prit les devants.

- Vikram, maîtrise toi … je vais appeler Ryan et Espo, je veux qu'ils soient là pour entendre ce que tu as à nous dire… murmura-t-elle discrètement.

- Kate… tenta-t-il de protester.

- Calme toi, pas maintenant Vikram… on y presque…

Cédant sous la pression que lui imposait Beckett, il baissa les yeux en pinçant les lèvres. Elle avait déjà son téléphone en main, mais stoppa son geste. Elle le regarda un instant, puis raccrocha le combiné.

- Ok, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui te prend Vikram ?

Il commença à s'agiter sur son siège, devant elle, comme si la question le mettait mal à l'aise.

- Tu me demandes de faire des miracles en à peine quelques heures… ce n'est pas simple de craquer des codes de protections… j'ai pris des risques pour ça aujourd'hui…

Il souffla profondément pour se calmer, puis reprit plus calmement.

- J'ai du craquer le système de sécurité de la banque… et je me suis fait repéré … pas de panique, modéra-t-il, devant les yeux de Kate qui s'arrondissaient, heureusement, d'un point de vue technologique, ce genre de système d'alarme n'est pas très performant, j'ai rapidement pu dérouter leurs capteurs. Au final, pour eux, c'est passé pour une légère défaillance du système …

A présent, plus calme, il continua.

- Cependant, ça n'aurait pas du arriver … tu sais que j'ai besoin de temps pour ne pas laisser de trace, on doit travailler en toute discrétion… et maintenant, j'ai l'impression que tu veux aller vite, au risque qu'on commette des erreurs… moi aussi je joue ma vie dans cette histoire Kate…

Elle comprit soudain son anxiété. Les derniers événements l'avait contrainte à effectivement accélérer leurs recherches. Et elle l'avait beaucoup sollicité. Et souvent, elle voulait des réponses rapidement.

Elle avait craint que le stress de Vikram ne le saisisse et lui fasse perdre les nerfs mais elle réalisa que c'était elle qui le poussait dans cette voie.

- Je suis … je suis désolée Vikram … tu as raison, je t'en demande beaucoup… mais ça fait tellement longtemps tout ça… plaida-t-elle… j'ai envie que tout ça se termine, et j'admets que parfois, je ne me rends pas compte de ce que je te demande… excuse moi…

- Kate … je sais que ce n'est pas évident pour toi, surtout maintenant que tu es enceinte… et je peux comprendre que tu veuilles en finir rapidement… j'ai juste peur qu'on ne maîtrise pas tout et que tout s'écroule parce qu'on aura été trop vite en besogne…

« 3 mois Vikram… bon sang, c'est déjà bien assez long » pensa-t-elle, sans partager son opinion, sachant qu'elle pensait avant tout à sa vie personnelle qui, pendant ces 3 mois, s'était vue bouleversée. Etait-ce égoïste de penser qu'elle voulait que ces 3 mois ne se prolongent pas davantage ? Perdait-elle toute notion du danger par désir d'en finir rapidement ?

- Vikram … on a besoin de toi pour mieux appréhender les pistes qui se présentent à nous… je sais qu'à chaque fois, c'est toi qui t'exposes, mais on doit en finir… vivre comme ça encore des mois durant, je ne pourrais pas… et même pour toi, ce n'est pas une vie. Je te demande encore un peu de compréhension. Mais tu as raison, on ne doit pas oublier la prudence pour autant…

Le silence s'imposa. Pour la première fois depuis leur collaboration, Vikram exprimait ses doutes et ses craintes, et pour la première fois, Kate réalisait que pour lui, les choses étaient tout aussi compliquées. Un autre contexte, mais pas plus simple à vivre. Il risquait de se faire prendre à chaque recherche, et à trop chercher dans la même direction, il pouvait être repéré plus facilement.

- Je fais ça pour nous tous Kate, je vais continuer… je crois que j'avais juste besoin de te parler de ça…

- C'est fait, lui dit-elle en posant sa main affectueusement sur son épaule.

Puis, maintenant que les explications étaient mises sur table, elle décrocha à nouveau le combiné du téléphone et composa les quatre chiffres de la ligne directe d'Esposito.


- J'ai pu accéder au système de surveillance, on a de la chance, cette banque utilise encore de vieux pare-feu faciles à détourner. D'après le listing téléphonique de la blanchisserie, les appels ont tous eu lieu peu avant l'heure de fermeture de la boutique, soit entre 19h45 et 20h.

- Ce qui suppose qu'on va devoir se positionner avant pour pas attirer l'attention, précisa Ryan

- Oui …mais vous allez avoir une nuit plutôt longue …ce qui est intéressant, c'est ce que j'ai trouvé en visionnant la vidéo de surveillance, en commençant à partir de 20h, heure de la fermeture.

Tous se rapprochèrent de façon à voir clairement la vidéo que Vikram affichait désormais sur l'écran de sa tablette numérique.

- Voilà… regardez, il est 21h15.

Sur la vidéo, on distinguait clairement le couple d'hispaniques sortir de la boutique. Ils ne semblaient pas soucieux, rien d'étrange ni dans leurs démarches, ni dans leurs attitudes. Ils rejoignaient leur voiture et s'installèrent et s'en allèrent normalement, comme n'importe quel couple le ferait après une journée de travail.

- Attends... ils partent ? demanda Esposito

- Juste une seconde… c'est pas fini, précisa Vikram.

Il accéléra la bande tout en parlant.

- Là ! il est 23h27.

A présent, la vidéo montrait le couple revenir, à bord d'une autre voiture.

- La voiture est différente, signala Kate, tu peux zoomer Vikram ?

Il s'exécuta aussitôt.

- 315 -FNW..ce n'est pas une plaque de l'état de New York…

- Non, c'est le Connecticut… un état voisin… vous savez ce que ça peut vouloir dire ? demanda Vikram

- Qu'ils sortent de l'état pour soit blanchir l'argent, soit étendre leur trafic … conclut Esposito

- Reviens en arrière, demanda Ryan, je veux noter la plaque de la première voiture.

- Tu ne pourras pas faire de recherche dessus Kévin, ce serait trop dangereux, lui dit Kate, les craintes de Vikram encore en tête.

- Je sais, je voudrais juste la repérer plus facilement ce soir… qu'on soit sûr de planquer de façon stratégique… et peut-être qu'on pourra quand même faire des recherches dessus de façon disons… plus officieuse… répondit-il en notant le numéro qui s'affichait à présent sur l'écran.

- Tu penses à quoi mon frère ?

- Castle a des contacts, t'imagines pas le genre de personnes que ce gars connait !

Il arborait un sourire admiratif, sans même prendre conscience que Beckett était près de lui.

A ces mots, Kate le regarda, intriguée. Elle savait que son mari était pleins de ressources, mais de là à se mettre à disposition des moyens de ce genre…

- Je peux savoir de quoi tu parles Ryan ?

- Euh… rien de vraiment illégal tu sais… disons juste un peu …

- Ryan ! le coupa-t-elle pressée d'entendre ce qu'il avait à dire à ce sujet.

- Disons que le mois dernier, j'ai perdu mon alliance et je ne voulais pas que Jenny l'apprenne… on en a parlé avec Castle et en moins d'une heure, il m'en a trouvé une exactement à l'identique ! C'est du toc bien sûr, mais Jenny ne s'est rendue compte de rien et elle n'en a jamais rien su.

- Tu portes une fausse alliance, vieux ? Sérieux ?

- Non, ça m'a juste donné le temps de la retrouver… ce que je veux dire c'est que Castle a des relations et que ça peut, peut-être nous aider à retrouver cette voiture en dehors de la voie officielle…

Un instant, Kate se demanda sérieusement si elle devait s'inquiéter de savoir que son mari avait de telles relations. Elle était capitaine dans la police de New York et visiblement, son époux fréquentait des individus relativement suspects.

Bien sûr, elle connaissait Rick et elle savait que de lui-même, il ne ferait jamais rien d'illégal, ni même tirerait un quelconque avantage de ses relations sans un motif vraiment important.

Puis, sans vraiment comprendre réellement la portée de sa pensée, elle se surprit à admirer elle aussi, cet homme qu'elle avait épousé.

Savoir tout cela, lui faisait peur d'une certaine façon, mais après tout, c'était Castle ! Il était comme cela, touche-à-tout, curieux, maladroit, le genre à se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment… et donc, tomber sur les mauvaises personnes. Seulement c'était Castle, et savoir se sortir de n'importe quelle situation était devenu une habitude pour lui.

Il était aisé de penser qu'un jour, une de ces situations l'avait amené à « sympathiser » avec un joaillier douteux.

Rien d'illégal en effet, mais cela lui permettait de s'introduire dans un milieu qui, en tant que flic, était inaccessible à Kate.

- Bon, j'ai rien entendu, dit-elle, avant de reprendre, Vikram, remets la bande à partie du moment où ils reviennent à la boutique.

- On y est…

- Regardez, ils sont déjà beaucoup plus sur leurs gardes on dirait… commenta Esposito.

- Lui se retourne, il observe, c'est discret, mais il est tendu …ajouta Ryan

- Il vérifie la rue… en conclut Kate… on va devoir être très prudent, s'il voit des voitures inconnues, il pourrait se méfier…

- Raison de plus pour peut-être attendre un mois supplémentaire… on pourrait étudier la vidéo de ce soir, on aurait davantage de repères…

Au fond d'elle, Kate savait que la prudence allait du côté de Vikram. Mais 1 mois de plus ? Encore attendre… dans la crainte et le stress liés à la dangerosité de ces hommes, dehors, dans sa ville… libres de tout mouvement ? Libre de toute action ?

- Vikram… on doit y aller… la vidéo ne nous montrera jamais tout ce qu'on peut apprendre en étant sur place… grâce à elle, on aperçoit simplement une zone de la rue… sur place, on aura une vue d'ensemble

- Justement, on n'a qu'une vue limité… rien ne nous dit qu'il n'y a pas d'autres voitures, qu'ils n'ont pas des éclaireurs qui surveillent à chaque coin de rue… Kate… plaida-t-il… on est aveugle… s'ils ont des gars postés un peu partout, ils peuvent vous tomber dessus ce soir, c'est dangereux…

- Attendez ! Là, regardez ! coupa Ryan

Kate quitta le regard inquiet de Vikram pour revenir à l'écran.

23h31. Le couple était rentré dans la boutique, puis la lumière à l'intérieur vacilla à deux reprises.

- C'est un code ? demanda Esposito

- Ils actionnent deux fois la lumière… pour signaler que tout va bien ? proposa Ryan

- Ce qui voudrait dire qu'ils sont surveillés, et qu'effectivement, il y a au moins un gars dehors… il va falloir qu'on soit plus que prudent…

- Il faudrait qu'on puisse le repérer…

Kate regarda Javier dans les yeux. Elle savait qu'il se plierait à sa décision, si elle voulait ajourner leur planque, il ne dirait rien si elle le maintenait, il se rangerait derrière elle, sans poser de question. D'un signe de tête respectueux, elle lui fit comprendre qu'elle voulait d'abord en savoir plus.

- Vikram, autre chose sur la vidéo ? demanda-t-elle

- Oui, mais pas avant 2h du matin…

- 2h ? Pourquoi tout ce temps ? s'étonna Ryan

- Pour être sûr, pour faire un trajet, pour préparer l'argent ou la came, il peut y avoir beaucoup d'explications, énuméra Kate en murmurant presque, tant elle était concentrée sur les images qui défilaient devant elle.

- Voilà, 2h20… regardez, annonça Vikram

On distinguait une ombre dans le coin droit de la caméra de surveillance : une voiture venait de se garer de l'autre côté de la rue.

Deux hommes en descendirent et instinctivement, Ryan prit les commandes de la tablette.

Il appuya sur le bouton « stop » et actionna le zoom, s'approchant au maximum du visage de l'homme qu'ils parvenaient à discerner.

- On a un gagnant, murmura-t-il à son tour.

- Et tu vas demander aux copains de Castle de nous aider à l'identifier ? lui dit Kate, un sourire en coin.

- Je peux ? lui répondit-il le plus sérieusement du monde

- Sérieux Ryan ? T'as oublié ton cerveau à la maison ou quoi ? se moqua Esposito

L'air rabougri de Ryan fit sourire de plus bel Kate.

- Vikram, tu peux imprimer cette photo ? Même si on ne sait pas qui c'est pour l'instant, connaître un visage est important… quoi d'autres ?

- Plus rien avant 2h56… ils ressortent avec un sac de voyage… difficile d'identifier ce qu'il y a dedans… j'avance la bande pour que vous voyiez… là, 2h56.

Kate se plongea à nouveau dans le visionnage, essayant de capter un maximum de détails, même le plus infime qui aurait pu les aider d'une façon ou d'une autre.

Habitués de ces vidéos de surveillance, les yeux avertis de chacun scrutaient, observaient chaque recoin de l'image.

- On dirait que c'est assez lourd… attendez… ils repartent avec la voiture du couple !

- Qu'est-ce que c'est que ce trafic… murmura Esposito, de plus en plus intrigué.

- C'est assez malin, ils ne circulent pas avec la même voiture… ils s'échangent les véhicules … c'est toujours plus difficile de relier une voiture à quelqu'un quand elle n'appartient à personne… répondit Kate

L'atmosphère était tendue, depuis quelques minutes, ils se parlaient en murmurant, presque naturellement, comme si le fait de regarder cette vidéo volé, les incitaient à en discuter dans la plus grande discrétion.

- Que fait le couple après ça Vikram ?

- Ils repartent ensembles vers 3h12… là, dit-il en accélérant à nouveau la vidéo.

- Qu'est-ce qu'on fait Kate ? demanda Ryan

Elle se releva pour se tenir plus droite, elle commençait à ressentir une légère douleur dans son dos et au niveau de son ventre. D'avoir regarder ces quelques minutes dans une position inconfortable avait eu raison d'elle.

« Les aléas de la grossesse… »pensa-t-elle.

- Il faut qu'on étudie à nouveau cette vidéo… pour voir si rien ne nous a échappé… et… je pense qu'on doit y aller ce soir…

Elle vit la crainte s'insinuer à nouveau dans le regard de Vikram, puis le soutien dans ceux de Javier et de Kévin.

- D'après le cadastre, la sortie de secours donne sur la rue perpendiculaire à celle-ci, la porte se trouve dans une ruelle sans autre issue que celle-là, là regardez, commença Ryan en leur montrant un plan qu'il sortit de sa poche et déplia sur le bureau de Kate.

- On peut poster une voiture ici, proposa Esposito en pointant la carte du doigt, de cette façon, on a une vue sur la rue de la sortie secondaire et on reste à l'angle de la rue principale… on a deux champs de vision.

- Jackson peut se positionner plus haut, là, il y a un carrefour, proposa à son tour Kate. Peu importe la direction qu'ils prennent pour repartir, on les aura en visuel, on pourra la lui indiquer en temps voulu…

- Il ne devra pas perdre de temps… s'ils repartent dans la direction opposée à la sienne, il devra revenir sur eux, et il risque de les perdre… fit remarquer Ryan

- On n'a pas vraiment le choix… on ne peut pas prévoir une opération d'une telle envergure en aussi peu de temps, on n'a pas assez de moyens ... mais même si Jackson les perd, on en saura toujours plus que ce qu'on sait aujourd'hui, répondit Kate

- Et vu le bonhomme, je suis pas sûr qu'il soit du genre à perdre quelqu'un de vue, ajouta Esposito.

- Tant qu'il reste prudent votre super héros… dit Vikram, pince sans rire.

Kate lui accorda ce point. Si Jackson précipitait les choses, en les suivant de trop près par exemple, ils courraient tous le risque de se faire repérer.

- Vikram, on se coordonnera avec lui… il sait ce qu'il a à faire… et crois-moi, je vais bien insister pour qu'il suive mes consignes à la lettre.

Elle le regarda et tenta de le rassurer d'un petit sourire à son attention. Il resta stoïque quelques secondes, puis respira profondément, avant de parler.

- La camionnette… le mieux, c'est de la positionner ici, désigna-t-il du doigt. Ici, elles resteront hors de portée de leur champs de vision direct et je crois savoir que le matériel de Castle est plutôt performant… elles pourront capter aisément les conversations éventuelles et mêmes prendre des clichés … il a de sacrés jouets ton mari, Kate.

Elle sourit à l'évocation de la démesure de son époux. Ça oui, quand il se lançait dans quelque chose, il optait toujours pour le meilleur des équipements. Quitte à dépenser des fortunes dans des pièces secrètes ou des mouchards ultra-perfectionnés.

Et pour l'un, comme pour l'autre, sans jamais le lui avouer, Kate ne le remercierait jamais assez d'être un enfant désirant le plus jouet à Noël.

- Oui… c'est un enfant, répondit-elle, en faisant écho à sa pensée…un enfant qui m'a convaincu de l'épouser et de qui je ne pourrais plus jamais me passer…

- D'ailleurs… tu pourrais nous remercier tu sais…

Kate regarda Esposito, sans savoir pourquoi il lui suggérait de les remercier.

- Quoi ? Pourquoi je devrais vous remercier ?

- Parce que … c'est un peu grâce à nous que vous êtes tombés amoureux … compléta Ryan, en checkant la main de son collègue

- Quoi ? N'importe quoi ! J'ai pas eu besoin de vous pour ça !

- Allons Beckett ! Tu n'arriveras pas à nous convaincre, on sait bien que sans nous, tu ne lui aurais pas prêté la moindre attention, continua Esposito en s'asseyant à son aise sur le coin du bureau de Kate.

- Surtout que quand on y pense, au début, tu n'éprouvais vraiment aucun sentiment pour lui, c'est quand tu as vu qu'on s'entendait bien tous les trois que tu t'es intéressée à lui… la provoqua Ryan

Perdu entre les trois, Vikram se demanda si réellement il était en train de vivre cette scène. Ils étaient sensés orchestrer une opération des plus sensibles, et ils étaient tout bonnement en train de se chamailler pour quémander des remerciements ? Ces personnes étaient complètement folles, pensa-t-il.

- Sérieusement les gars ? s'emporta Kate, vous me dîtes que je suis tombée amoureuse de Castle parce que vous étiez copines avec lui ?

Elle les piquait et s'en satisfaisait, elle titillait leur virilité et savait pertinemment que les Bros avaient tilté sur le mot « copines ».

- On le sait Kate, c'est bon … reconnais le, c'est tout, jamais tu serais tombée amoureuse de lui sans nous …

- Sérieux ? Je n'ai pas eu bes… attendez … Kate s'interrompit soudainement.

« Quelle idiote… »… Prêcher le faux pour avoir le vrai.

- Qu'est-ce qu'il vous a promit pour me faire avouer que je suis tombée amoureuse de lui dès notre rencontre ?

- Euh …euh… balbutia Ryan en cherchant le soutien dans le regard fuyant de Javier

- C'est bon ! J'ai compris… il perd rien pour attendre…

Pour Vikram, qui ne la connaissait pas encore suffisamment, Kate était furieuse après son mari.

Pour Ryan et Esposito, bien que leur mission soit un échec, ils savaient que Kate souriait à l'intérieur. Même absent, il savait l'apaisait, la distraire, la faire vivre. Ils reconnaissaient aisément désormais le regard amoureux de leur collègue et au-delà de celui-ci, ils savaient que Kate était déjà en train de fomenter une petite revanche à l'encontre de Castle.

 


Javier424  (19.11.2015 à 23:33)

Le soir venu, tout était prêt. Tous étaient prêts. Kate avait été rassurée de voir que Castle en était resté à la banalité pour la camionnette. D'apparence très ordinaire, pour n'importe qui, elle pourrait s'apparenter à celle d'un plombier ou d'un ouvrier stationnée pour la nuit.

A l'arrière, se trouvaient Lanie et Alexis, entourées d'une armada technologique dont Kate n'avait jusque là jamais eu connaissance.

Des caméras thermiques, un appareil photo à infrarouge, des micros ultra performants … un matériel digne d'un célèbre espion britannique en sommes.

Les deux femmes étaient garées à près de 100m de la boutique, et d'après Castle, la portée de ses jouets leur permettrait de les utiliser malgré la distance.

Pour Kate, que sa belle-fille et sa meilleure amie soient impliquées dans une telle opération d'envergure, ne l'enchantait pas, mais qu'elles soient si en retrait de la zone dangereuse autours de la blanchisserie, la rassurait.

Esposito et Ryan, eux étaient à bord d'une voiture noire, classique et passe-partout. Ils étaient positionnés à l'angle des deux rues adjacentes à la boutique. Deux angles de vue, deux issues possibles.

Beckett était consciente que de tous, ces deux collègues étaient sans doute les plus exposés. Ils n'étaient qu'à une vingtaine de mètres de l'entrée et sans les vitres teintées de la voiture, il leur aurait été impossible de s'approcher de si près de leur cible.

Elle espérait simplement que personne ne trouverait louche qu'une telle voiture soit garée ici depuis des heures.

La rue en elle-même ressemblait à tant d'autres à New York. Un quartier défavorisé, qui, la nuit venue, n'inspirait pas confiance. Et au regard des quelques autres véhicules stationnés de part et d'autres du quartier, celle des Bros ne déconnotait pas des autres.

Pour Kate, la décision de se positionner ici représentait le seul gros risque qu'ils pensaient avoir pris.

Jackson, lui, ne serait qu'un auditeur, de là où il se trouvait, il ne voyait ni les voitures, ni l'entrée de la blanchisserie, pour autant son, rôle était primordial.

Au signal de Kate, il prendrait en filature la voiture des hommes de main de cette organisation et de lui, dépendrait une nouvelle avancée primordiale dans ce trafic.

Enfin, Beckett et Castle, eux, étaient garés à l'opposé d'Esposito et Ryan, à une cinquantaine de mètre de l'entrée principale.

Quadrillant ainsi la zone, aucune voiture, aucun passant ne pouvait échapper à leur vigilance.

Chaque angle, chaque rue, créant ainsi un périmètre de surveillance qui, espéraient-ils, serait parfait et sans risque.

Pour parfaire leur discrétion, Jackson avait suggéré que Ryan et Esposito, de part leur position la plus proche de l'entrée de la blanchisserie, prennent leur place au moins 3h avant l'heure à laquelle les appels téléphoniques étaient passés.

Ainsi, personne ne suspecterait quoique ce soit, si une telle voiture, qui plus est, inconnue du quartier, se garée trop peu de temps avant les appels.

Puis, Kate et Castle avaient pris leur position, 3/4 h plus tard, enfin Jackson, Lanie et Alexis, 1h après.

Ils étaient prêts. A n'en pas doutait, ils étaient prêts.

- Espo, Ryan, vous m'entendez ?

Un léger grésillement leur parvint, suivi de la réponse des Bros.

- 5/5 Kate, on est en place et on vous a en visuel, la camionnette des filles aussi, répondit Esposito.

- Lanie, Alexis ? questionna Kate

- On est là, on a les gars et l'entrée en visuel, je répète personne à l'horizon, tout est clean autours de nous, répondit Alexis, d'un air sérieux et grave, avant de rajoutée, enfin je ne parle pas des rues, c'est dingue ce que les gens peuvent être sales !

En l'écoutant, Kate ne put s'empêcher de sourire, la digne fille de son père. Une enfant un peu plus âgée mais tout aussi à même de jouer à des jeux, même s'il s'agissait là de jeux de guerre bien réels.

- Jackson ? Tout est ok pour vous ?

- Je vous reçois Kate, sur votre vidéo, ils arrivaient par le nord, d'ici je les verrais venir. Pour l'instant, que chacun reste sur ses gardes.

La voix très professionnelle de son beau-père avait au moins le mérite de maintenir la pression sur chacun d'entre eux.

Leur plan était précis et un seul faux pas leur ferait prendre des risques incommensurables.

- On garde le contact, au moindre mouvement, on se tient tous en alerte.

Des « bien reçu » envahirent l'habitacle de la voiture, tandis que Kate reposait l'émetteur entre elle et Castle.

Elle se sentait à l'affut, veillant sur cette rue sombre comme si une menace pouvait apparaître en une fraction de seconde.

Ils avaient préparé ce plan en peu de temps, et bien que tout ait été étudié sous tous les angles, elle ne pouvait s'empêcher de se demander s'ils ne commettaient pas une énorme erreur en agissant dès ce soir. Vikram avait-il eu raison ? Auraient-ils du attendre un mois supplémentaire afin d'être encore plus sûre ?

« Ne commence pas à stresser… tout va bien se passer… on observe et on apprend, c'est tout ».

Un mouvement près d'elle la sortit de ses réflexions. Elle jeta un œil vers Rick qui semblait se débattre avec le sac de sport qu'il avait amené avec lui.

Lui souriant, il tira à lui une tablette numérique et l'alluma.

- Castle ? Tu veux nous faire prendre ou quoi ? Eteins cette tablette !

- Allons Kate, d'après ce qu'on sait, on en a pour des heures avant qu'ils se montrent… je veux juste te faire voir un truc… attends, voilà, lui dit-il après avoir cherché un fichier vidéo. Regarde !

Devant elle, le film commençait. Elle reconnut immédiatement une salle de travail, une femme les pieds dans un étrier, et une sage-femme près d'elle. Un accouchement.

- Sérieusement Castle ? Tu veux me faire voir un accouchement ?

- Hé ! c'est très important de se préparer Kate, ce n'est pas une sinécure tu sais…

- Oh tu crois ? lui dit-elle exaspérée. Eteins moi ça…

Sur l'écran, elle voyait la scène se dérouler comme un documentaire, les images montraient à tour de rôle le père, anxieux, la future mère, inquiète et la sage-femme, professionnelle.

Malgré elle, elle se pencha un peu plus vers lui, incapable de résister à sa curiosité.

- Attends, elle fait quoi là ?

- Oh là ? Elle regarde à combien elle est dilatée… pour ça, elle va mettre ses doigts …

- Ça va, merci j'ai compris… éteins ça s'il te plait Rick, c'est pas le moment…

Elle l'entendit bougonner avant de le voir. Il était exaspérant, mais elle l'aimait aussi pour ça, seulement là, elle n'allait pas le lui montrer. Il devait garder leur sérieux et leur attention sur ce qui se passait en dehors, dans cette rue.

- Il est hors de question que tu filmes mon accouchement, je te préviens…

- Quoi ? Pourquoi ?

- Pourquoi ? Vraiment ? Tu me demandes ? Je te connais Rick, tu serais capable de montrer aux gars à combien j'étais dilatée ! s'exlama-t-elle

- Quand même, je ne ferais pas ça …

- Redis-moi ça pour voir ? lui demanda-t-elle mi amusée et faussement agaçée.

Elle craqua à nouveau devant son air de petit garçon à qui elle venait encore de confisquer un jouet. Comment cet homme pouvait-il la faire fondre à ce point ? Après toutes ces années, c'était encore un mystère pour elle et elle adorait ça.

- Tu sais qu'à cause de toi, notre fils sera privé d'un souvenir unique au monde… râla-t-il.

- Et sa mère sera bien contente que son intimité ne soit pas exposée à la vue de tous les potes de son mari…

Elle ne parvint pas à déchiffrer les plaintes étouffées de son époux, mais elle le savait vexé et en même temps, conscient qu'il était capable de faire une bêtise avec une possible vidéo de son accouchement.

Après plusieurs secondes à bouder, elle relâcha la pression et se permit de lui sourire amoureusement. Elle se déplaça légèrement vers lui, en lui prenant la main.

- Babe… tu feras de belles photos, je te promets…

- Et si moi je te promets de ne pas m'approcher de ton intimité, tu me laisseras filmer ?

- Tu ne peux pas t'empêcher d'approcher mon intimité Rick, lui répondit-elle d'un air aguicheur et clairement teinté de sous-entendus à caractères sexuels.

- Mme Castle… vous m'allumez ? lui dit-il soudain nettement plus heureux et prêt à jouer.

Sans lui répondre, elle lui adressa son plus beau sourire, celui qui déclenchait en lui des frissons d'envie.

- Vous êtes une femme dangereuse …

- Et toi, un homme si facile à déstabilisée... allez Rick, on reprend notre sérieux… arrête de me distraire...

- Tu aimes ça…

- Oui, mais pas ici et pas maintenant babe

Il la regardait fixement à présent, sa femme avait l'air détendue après ces quelques minutes de légèreté, et pourtant, il la savait inquiète et sur ses gardes.

Sa tentative pour la sortir un peu de son anxiété avait marché un temps, court mais certain, et en quelques secondes, il la vit changer d'attitude, pour reprendre celle de la flic déterminée.

A son tour, il se repositionna de façon à apercevoir l'entrée de la blanchisserie, tout en alternant pour regarder dans le rétro extérieur.

La soirée allait être longue et ils allaient tous devoir prendre leur mal en patience, en espérant qu'au bout de ces heures, viennent un élément positif pour la suite de leur enquête.

 


Au bout d'une heure sans contact avec les autres, Kate se saisit de l'émetteur pour vérifier la communication et leurs positions.

- Tout se passe normalement pour chacun ?

- Ici, ça va, aucune voiture, personne depuis des heures… avec Espo, on commence à prendre racine.

- Personne ici non plus, pas un chat, répondit à son tour Lanie

- Ils n'ont pas choisi cet endroit pour rien, c'est mort ici, poursuivit Jackson.

- Il est bientôt 23h… dans moins d'1/2 heure on devrait voir les gérants revenir. Rappelez-vous du signal lumineux, si c'est un code, on pourrait voir débarquer quelqu'un bien plus tôt… restez concentrés surtout.

La rue lui semblait encore plus sombre que tout à l'heure, les néons des lampadaires ne semblaient pas de première jeunesse, ce qui, étant donné le quartier pauvre où ils se trouvaient n'avait rien d'étrange.

L'obscurité poussait au paroxysme leur attention, ils marchaient sur des œufs en se livrant à cette surveillance non-officielle et particulièrement risquée.

Castle fixait à nouveau son épouse au milieu du silence qui régnait entre eux.

- Que penses-tu de William ?

- Quoi ?

- William, un prénom princier… William Castle, ça en jetterait non ? Quelle superbe idée que j'ai eu avec ce pseudo !

- William hein ? …Comme Bracken ?

- Oh … mauvaise idée hein ?

- Tu crois babe ? …je ne sais même pas pourquoi tu es si sûr que ce sera un garçon… et je ne sais même pas pourquoi je te réponds d'ailleurs!

Kate le vit se faire aussi petit qu'il le pouvait. Et un élan d'amour s'empara d'elle. Il cumulait les bourdes mais en était toujours aussi innocent à chaque fois.

- De toute façon, tu n'aimes jamais les prénoms que je te propose

- C'est parce que Cosmo ou Thor ne sont pas des prénoms pour un bébé, on aura un chien si tu veux Castle… murmura-t-elle, détachée, regardant en même temps les environs au travers d'une paire de jumelles.

- N'empêche que tu te fermes à toutes mes propositions

- Pas à toutes mon cœur… lui répondit-elle en le regardant, le désir et l'envie dans son regard.

- Ah oui ? Mme Castle… vous recommencez… tu te souviens de ce qui s'est passé la dernière fois que tu m'as allumé dans la voiture ?

- Ouais, ria-t-elle… j'aurais eu du mal à l'expliquer aux gars si on s'était fait prendre…

Elle fut interrompue par un grésillement.

- Euh Kate…mise à part le fait qu'on vous entende depuis tout à l'heure et qu'on apprend pleins de trucs sur toi, il y a un mec qui arrive juste derrière vous, il promène un chien…annonça Ryan

- Ouais … Thor le chien, continua Esposito, hilare.

- Vous ne pouviez pas la fermer les gars ? explosa Lanie. Je peux plus la faire boire pour lui soutirer des confidences de ce genre ! Ma chérie, tu vas devoir m'expliquer des tas de trucs… et Castle, sérieusement, je pense que Kate a raison, si tu filmes la naissance de ton bébé, tu seras capable de tout après…

- En même temps, c'est mon père et ma belle-mère, donc moi, personnellement, ça ne me dérange pas qu'on les prévienne… riposta Alexis

- On peut reprendre notre sérieux là ? Ce gars, il est où exactement ? A quoi il ressemble ? demanda Jackson

Sur le trottoir en face de Beckett et Castle. Il est encore trop loin, d'ici, on dirait un simple promeneur, répondit Ryan, encore amusé par la situation.

- A cette heure, ça m'étonnerait…

La voix de Jackson résonna et Kate ne pouvait plus ni bouger, ni parler. Elle regardait Rick, qui lui aussi, semblait amusé et absolument à mille lieux de se soucier que leurs amis avaient tout entendus de leurs conversations.

Elle se sentit rougir en même temps que le feu de la honte s'abattit sur elle.

- Sérieusement Castle ! cria-t-elle avant de se reprendre dans un murmure à son attention… tu ne pouvais pas me dire qu'on pouvait nous entendre ?

- Euh… je pensais pas que…

- Tu pensais pas ?

- Kate, il est à moins de 10 mètres de vous, grésilla la voix de Ryan

- Euh ouais … je le vois… vous pouvez le prendre en photo ? Même s'il n'a rien à voir avec eux, il vaut mieux avoir son portrait pour nos dossiers…

- Ouais, je l'ai eu… il est même plutôt beau gosse, répondit Alexis

- Hum... je confirme, il est pas mal du tout, appuya Lanie

- Alexis? Je t'entends moi aussi hein... répondit Castle

- Beckett, il est à 5 mètres, il fait pisser son chien juste derrière vous, commenta Esposito

- Il regarde vers nous ?

- Pour l'instant, il regarde son chien, je crois pas qu'il vous ait vu…

- Nos vitres sont teintées, il ne devrait pas nous voir normalement…leur dit Castle, loin désormais de ses airs enfantins.

- Vous êtes trop près de l'entrée, s'il vous voit, c'est foutu… prédit Jackson… je devrais me rapprocher au cas où…

- Non, ne venez pas ! Le coupa Kate, pour l'instant on ne sait pas s'il est impliqué, si c'est le cas, il va vous repérer.

- Hé, c'est peut-être le moment de rejouer le baiser de couverture dont nous a parlé Lanie, non ? proposa Ryan

- Lanie, sérieusement ? Et tu t'étonnes que je ne t'en dise pas plus sur ma vie privée ? répondit Kate à l'attention de son amie

- Si Ryan pouvait arrêter de faire sa collégienne et de te balancer tous les trucs qu'on arrive à savoir sur vous deux, ce serait bien… se moqua Lanie.

- Vous savez qu'il y a potentiellement des tueurs qui sont dehors là ? s'emporta Jackson, vous montez un plan de surveillance risqué et vous vous tirez les couettes dans la cour de récré ? J'apprécie beaucoup vos petites discussions mais là, ce soir, je vous rappelle que vous risquez tous vos peaux, alors maintenant, on se concentre et c'est la dernière fois que je le dis… Et Kate, si j'ai le moindre doute sur ce type, je le descends.

Les dernières paroles de Jackson eurent l'effet escompté. Le sérieux reprit sa place et plus aucun rire étouffé ne se faisait entendre.

- Oh les gars, vous voyez ça ? alerta Esposito

- Quoi ? demanda Jackson, trop loin pour savoir de quoi il s'agissait.

Il se tenait prêt à faire vrombir sa voiture et les rejoindre au premier signal.

- Jackson, le gérant arrive … sa femme est avec lui… répondit Kate

- C'est la même voiture que sur la vidéo de Vikram, celle avec laquelle ils sont partis le mois dernier, annonça Ryan

- Ils se les échangent…ça veut dire qu'on a deux voitures différentes… ils alternent… nota Castle

- Tu prends des photos Alexis ? demanda Kate

- Oh oui, t'en fais pas, on les mitraille…

- Où est le gars au chien ? demanda Jackson toujours en alerte

- Il revient sur ses pas, mais maintenant il regarde en direction du mec de la blanchisserie, répondit Esposito.

- Il est dans le coup… Kate, Richard, vous êtes sûrs qu'il ne vous a pas vu ?

- Oui, oui, il n'a jamais regardé vers nous, par contre s'il est dans le coup, nous avons affaire au criminel le plus stupide qui soit… déclara Castle, les yeux dans le rétroviseur extérieur de la voiture, et sous le regard interloqué de sa femme

Il ménagea volontairement son effet en prenant quelques secondes avant de continuer.

- Thor a fait la grosse commission et il vient de la ramasser avec un sac en plastique… qu'il a jeté dans la poubelle…

- Kate ? Je te préviens, si tu veux que je relève des empreintes sur un sac à crottes, tu vas me devoir des confidences carrément croustillantes, prévint Lanie

Encore sous le choc de ce que ce sac pouvait leur apporter comme preuve, elle répondit sans prêter attention.

- Tout ce que tu voudras Lanie…


Javier424  (25.11.2015 à 22:05)

- Vous allez vraiment recommencer là ? s'impatienta Jackson… Kate, dites-moi où on en est s'il vous plait… à moins que vous ayez encore des petites confidences à nous dévoiler tant qu'on y est…

La honte, le rouge aux joues, la terrible sensation d'être nue face à tous ces amis. Kate fusilla Castle du regard, la promesse d'explications particulièrement tendues à venir. Elle respira profondément et essaya de maîtriser sa voix pour lui répondre.

- Les gérants sont rentrés dans la boutique depuis 4 minutes à peu près, lui semblait assez nerveux, il avait l'air de vérifier que tout allait bien. Elle, elle est allée directement à la porte, elle a ouvert et est rentrée immédiatement. On aperçoit une lumière allumée, assez faible…

Un rapport précis, professionnel, n'oubliant aucun détail.

- Il ne vous a pas repéré ?

- On devrait le savoir rapidement… si c'est ok, il va le signaler … il va actionner deux fois l'interrupteur de la lumière, répondit Esposito

- Qu'est-ce qu'on fait s'il ne le fait pas ? questionna Ryan

Kate regarda Castle dont les traits tirés indiquaient l'anxiété qui l'habitait désormais.

- On évacue Lanie et Alexis

- Et vous ? demandèrent-elles en chœur

- On se fera repérer si on dégage maintenant… on se tiendra près… arme en main les gars…

Rick la regarda fixement, il savait que si le plan échouait, cela pouvait se terminer en guerre ouverte sur le trottoir d'un quartier malfamé de New York. Et leur seule issue sera l'affrontement directe… seulement cela signifiait également que les hommes derrière ce trafic sauraient dès lors qu'elle était sur leurs traces, et elle perdrait l'avantage. Elle s'exposerait, et par conséquent, tout le monde serait exposé.

Se faire prendre n'était vraiment pas une option, malheureusement, s'ils devaient en arriver là, le silence de la nuit new yorkaise serait troublé par des balles fusant de part et d'autres.

- Que fait le gars au chien maintenant ? demanda Jackson

Elle sursauta à son écoute.

- On dirait qu'il fait demi-tour, il s'éloigne doucement, mais il est encore à proximité… répondit-elle en tentant de reprendre le dessus… Espo, Ryan vous le perdez pas des yeux, je veux savoir s'il a une voiture ou s'il rentre dans un des bâtiments du coin.

- Il est à nous, c'est ok… Castle, tes lunettes infrarouges, c'est vraiment du chouette matos, répondit Esposito

- Ça m'a coûté une petite fortune mais elles sont trop cool je sais… tu te souviens Kate ?

Pour seule réponse, il croisa le regard noir de sa femme. Décidemment cette planque était une vraie catastrophe en matière de discrétion. Pas pour le plan initial, pour ça, pour le moment tout allait comme ils l'avaient espéré, mais sur le plan personnel, Kate se décomposait de minute en minute. Et Castle qui ne semblait avoir honte de rien n'arrangeait pas son sentiment.

- On peut savoir l'histoire de ces lunettes les Castle ? demanda Lanie, pleine d'espoir

- Dans tes rêves Lanie, répondit Kate

- Vous ne devez vraiment pas vous ennuyiez tous les deux… si j'avais su, j'aurais fait du gringue à Castle, plaisanta-t-elle

- Le signal ! s'exclama Ryan… Jackson, tout va bien, il a actionné le signal !

- Une réaction de l'autre côté ? demanda-t-il instantanément

- Il a regardé… il repart, je crois que c'est bon… les gars, vous le perdez pas surtout, continua Kate, concentrée et à l'affût.

- Ne vous déconcentrez pas… continuez à surveiller les environs, ce n'est vraiment pas la peine de courir le moindre risque, ordonna Jackson…Où est Thor et son maître maintenant ?

- Lui aussi s'y mettait ? « non, sérieusement… » se lamenta Beckett

- Je ne le vois quasiment plus dans mon rétro, il n'a pas récupéré le sac dans la poubelle, donc il va falloir trouver un moyen de le récupérer… Castle va s'en charger…

A ces mots, Rick la dévisagea, afficha clairement un air dégouté.

- Et pourquoi moi s'il te plait ? demanda-t-il innocemment

- Sérieusement Rick ? Tu demandes ?

- Kate, on en est où du timing ? les interrompit Jackson

Elle ne l'aurait pas parié, mais Kate avait cru reconnaître l'exaspération dans sa voix. Un peu comme celle qui l'habitait à chaque fois que son mari faisait des siennes pour la mettre dans l'embarras.

- Il est 23h30 à peu près, par rapport à ce qu'on sait déjà, tout se déroule normalement. Vers 2h20, on devrait voir arriver les hommes de main à bord d'une voiture immatriculée dans l'Etat du Connecticut s'ils prennent la voiture avec laquelle ils sont repartis le mois dernier. Vers 3h, ils vont ressortir de la boutique avec un sac de sport et repartir avec la voiture du couple de gérant, elle est immatriculée à New York. Puis à peu près ¼ d'heure plus tard, le couple repartira avec l'autre voiture.

- Le veilleur est hors champs maintenant, commenta Esposito, il a tourné à l'angle de Thames Street et de Flushing…

- En remontant Flushing Avenue, ils atteignent la voie rapide qui les mènent droit au Connecticut, ce n'est pas un hasard, nota Castle

- Une voiture doit l'attendre ou alors, ils le ramassent en repartant, proposa Ryan

- Kate, je suis à l'angle de Harrison PI et de Grattan… je peux me rapprocher et anticiper leur départ

Beckett regarda Castle. Elle se plongea dans son regard pour essayer d'y trouver le soutien qu'il lui offrait toujours. A partir de maintenant, ils jouaient une partie d'échec et ils devaient anticiper effectivement. Une seule erreur, et Jackson ne serait pas au bon endroit et il risquait de les perdre de vue.

- Kate, il y a de fortes chances qu'ils remontent vers le nord de l'Etat… et la voie rapide est le moyen le plus simple de s'y rendre… et le moins risqué pour eux…

- Et si on se trompe ? S'ils repartent vers Manhattan ou vers le Queens, on les perd…

- On ne peut pas savoir… pour l'instant, on ne peut se fier qu'à notre instinct… lui répondit Castle doucement, si on se trompe, on revient le mois prochain Kate…

- 1 mois Castle ! Je veux en finir… plaida-t-elle

- Kate… écoute moi, je veux en finir autant que toi, je veux qu'on reprenne le cours de nos vies et qu'on puisse se consacrer à nous et à Cosmo… mais si on se précipite, on risque de commettre des erreurs et de se faire repérer. Je pense que la voie rapide est leur plan de fuite… je ne peux pas en être sûr, mais on doit se fier au plus évident… au moins cette fois

Kate tourna la tête vers la rue déserte et sombre. Des milliers de questions la parcouraient. En savaient-ils assez pour se permettre d'anticiper sur ces hommes ? Elle avait appris depuis bien longtemps que les évidences étaient parfois trompeuses, et les erreurs fatales.

De là où il se trouvait, Jackson pouvait rejoindre Manhattan ou traverser en direction du Queens. Stratégiquement, il était positionné à l'idéal. Mais potentiellement déjà très loin de la voiture de ces trafiquants quand ils repartiraient.

- Espo, Ryan, vous en pensez quoi ? demanda-t-elle

- Beckett… je pense que Castle et Jackson ont raison, lui répondit Kévin.

- Jackson, vous pouvez attendre encore un peu avant de changer de planque… attendons de voir par où ils arrivent, proposa Esposito

- Par où ils arrivent et par où ils repartent peut être différent, intervint Lanie, enfin c'est vous les pros… je serais plutôt de l'avis de Castle.

- Kate, c'est vous qui décidez…

Une minute de réflexion. Pouvait-il se permettre de perdre encore 1 mois s'ils se trompaient ?

De toute façon, avaient-ils le choix ? Où était le plus grand risque : se fier à l'évidence ou ne pas bouger et attendre de voir par quelle direction la voiture repartait quitte à les perdre de vue rapidement ?

- Allez-y Jackson… remontez jusqu'à Flushing.


1h38.

La lumière dans le local commercial éclairait toujours ce qui semblait être de loin, une petite pièce dans l'arrière boutique. Aucun signe de vie, aucune voiture, aucun passant.

Un dessert new yorkais au cœur de la nuit.

Les conversations s'étaient progressivement tues au fil des minutes égrainées. Plus tôt dans la nuit, Lanie avait tenté, en vain, de soustraire quelques infos croustillantes dont elle raffolait, Esposito et Ryan avaient eux essayé le pari prit avec Castle, mais s'étaient vite rendus compte que la présence de Kate rendait les choses moins faciles, et finalement, mise à part quelques mots par ci, par là, tous attendaient patiemment désormais.

- Moins d'1h maintenant… annonça Rick, d'une voix grave et tendue.

- Tu es nerveux babe ? demanda Kate en lui prenant la main tendrement.

- Un peu… tu te souviens quand on enquêtait tous les deux, en secret ? Quand on enquêtait sur Bracken, demanda-t-il dans un murmure

- Oui bien sûr, répondit-elle attentive à son écoute, et soulagée de l'entendre s'efforcer de ne pas en faire profiter leurs amis.

Elle vit son front se plisser en même temps que ces doigts s'entrelaçaient aux siens. Aucun doute, il était nerveux.

- Tu te souviens comme j'étais inquiet, comme j'avais peur de te voir partir en pleine nuit pour poursuivre des fantômes…

- Je ne vais aller nulle part ce soir Rick…

- J'ai peur Kate… pour toi, pour nous… notre bébé. J'ai peur que tu perdes patience et que tu ne fonces sans être sûre de ce qu'il y a devant toi… j'ai peur de te perdre, de ne pas être là pour te protéger au moment où tu en auras besoin…

Elle recouvrit le micro de sa veste pour en atténuer davantage la portée. Son mari lui livrait ses craintes les plus intimes et elle ne voulait pas d'une autre interruption impromptue. Elle était émue de l'entendre se confier ainsi, elle savait pertinemment qu'il se faisait énormément de soucis pour elle et pour leur enfant, mais il ne l'exprimait que rarement, trop soucieux de lui transmettre son stress.

Et là, alors que dans moins d'une heure, ils allaient être les témoins des manigances de ce trafic, ses peurs surgissaient et semblaient le ronger au plus profond de lui.

- Babe… je te promets de ne rien faire d'imprudent. Je te promets de faire attention, à moi et au bébé…murmura-t-elle doucement en resserrant l'étreinte de leurs doigts. Si quoique ce soit d'imprévu arrive, je n'agirais pas sans réfléchir aux conséquences, je te le promets…

- Ça fait beaucoup de promesses Kate, je veux juste que tu restes en vie pour les 60 prochaines années au moins…

- Au moins ? répondit-elle en souriant, tu penses que dans 60 ans, tu m'aimeras encore comme aujourd'hui ?

Il la regarda droit dans les yeux. Elle nota immédiatement ses traits relâchés qui semblaient abandonner l'anxiété qui le dévorait.

- Sans aucun doute Mme Castle… pas toi ?

- Je ne sais pas… tu seras très vieux quand même, taquina-t-elle en le fixant amoureusement

- Et très expérimenté du coup, riposta-t-il

- Babe… je ne suis pas sûre de vouloir t'imaginer centenaire tu sais…

- Pourquoi ? Tu n'es pas sûre de m'aimer quand on sera vieux et tout fripés ?

Il arborait un air inquiet, encore teinté de craintes et d'anxiété.

Elle s'imagina un instant à ses côtés, rongée par les rides, les cheveux blanchis de vieillesse, les gestes rendus lents par l'âge. Lui toujours près d'elle, usé par les années, fatigué d'avoir vécu, ses yeux autrefois joueurs et pleins de vie, devenus sage et vides.

Et elle en fut surprise mais au-delà de ce tableau qui ressemblait à la fin de leur vie ensemble, ce qu'elle voyait, était leurs deux mains toujours liées malgré l'âge, malgré les épreuves et malgré le temps.

- Oh si mon cœur… je sais que je t'aimerai au-delà de tout, lui dit-elle en s'approchant de lui.

Elle captura ses lèvres en y mettant tout son amour et toute sa force. Elle l'embrassa passionnément, pressée de vivre et pressée d'aimer.

- Je rêve d'avoir encore 60 ans avec toi Rick… lui dit-elle contre ses lèvres… je rêve de toi et moi et de nos enfants..et même, de nos petits enfants… j'ai envie de toutes ces années avec l'homme que j'aime…et j'ai hâte de pouvoir te faire l'amour et que tu comprennes à quel point tu me rends heureuse…

- Kate… gémit-il, ses lèvres sur les siennes, ensorcelé et habité par ses mots.

Abandonnant les peurs et les incertitudes, ils se livrèrent à l'un à l'autre, s'embrassant sensuellement, laissant leurs lèvres se faire l'amour.

Rick posa sa main sur le visage de Kate et l'entraîna avec lui dans la passion, pendant qu'elle s'enfonçait dans ses cheveux l'amenant toujours plus près d'elle.


Dans le fourgon, Lanie s'impatientait. Elle avait entendu un début de conversation entre Kate et Rick, mais avait compris à la voix de Castle qu'il était inquiet et qu'il avait besoin de l'exprimer.

Quand les sons devinrent étouffés, Lanie sut qu'elle n'entendrait rien de plus, et d'une certaine façon, le préféra. Elle était friande de confidences et de détails intimes sur leur vie privée, tant tous les deux semblaient être liés au-delà de l'amour. Ils représentaient une sorte de mystère indéchiffrable, et parfois, souvent, elle espérait connaître pareil sentiment et rencontrer un homme qui l'aimerait aussi passionnément que Rick aimait Kate. Et surtout, elle espérait pouvoir lui rendre à l'identique de Kate. Mais là, elle savait aussi s'effacer à certain moment. Et là, était un de ces moments.

Depuis quelques minutes déjà, Alexis avait fermé les yeux, elle ne semblait pas dormir mais la nuit était longue et le timing apparaissait jusque là assez précis, si bien que la jeune femme s'était autorisée à une petite pause.

Au bout de 15 minutes sans autre bruit que les bavardages lointain et étouffés de Ryan et Esposito, elle se saisit de son téléphone.

« Javier, que font Kate et Rick ? » lui demanda-t-elle par sms

La réponse lui parvint quelques secondes plus tard.

« C'est chaud ! Beckett va regretter de laisser Castle s'acheter des jouets de ce genre ! Ce mec a une caméra thermique quand même! »

« Ils sont quand même pas en train de … ? Sérieux Espo ? Ils s'envoient en l'air ? »

Dans la voiture des Bros, Esposito se pencha près de Ryan pour ne pas se faire entendre.

- Regarde, Lanie me demande si Beckett et Castle font des cochonneries dans leur voiture !

Kévin lut le texto et étouffa un rire. A son tour, il murmura.

- Dis lui qu'ils sont à l'arrière de la voiture et que t'as l'impression qu'ils sont à poil !

Esposito approuva en checkant la main de son ami.

« Ils sont sur la banquette arrière et Beckett est sur lui… alors à mon avis, le doute est pas trop permis… » Écrivit-il en faisant lire le message à Ryan avant de l'envoyer.

Les deux compères avaient de plus en plus de mal à maîtriser le fou rire qui commençait à les submerger.

« J'y crois pas ! Au moins eux, ils ne s'ennuient pas ! La prochaine fois, c'est moi qui prends la caméra thermique…»

« Tu rates vraiment un truc tu sais… wahou sérieusement, Beckett est souple et… »

- Attends Espo, dis-lui qu'après avoir vu ce qu'on a vu, plus jamais on ne se moquera de Castle ! lui dit Ryan, complètement hilare

- Yo, t'es quand même pas en train d'insinuer qu'on aurait vu « petit Castle » ? J'écris pas ça moi…

- Quoi Javier ? Tu as peur qu'après Lanie s'intéresse davantage à Castle qu'à toi ?

Esposito regarda son ami qui semblait beaucoup s'amusait de la situation.

« Me comparer à Castle ? N'importe quoi… » pensa-t-il.

Ryan le taquinait et bien qu'avec Lanie, les choses en étaient restées là, il s'avoua que parfois, elle lui manquait.

- Allez Javier, écris ! lui intima son collègue et ami, dans un sourire pleins de sous-entendus.

- Sérieux, t'es vraiment un gamin Kévin…

Et pourtant, il porta à nouveau les yeux sur son téléphone et continua son message.

« Tu rates vraiment un truc tu sais… wahou sérieusement, Beckett est souple et Castle… disons qu'il est impressionnant ! Je comprends mieux pourquoi Kate est folle de lui ! »

- Ça te va ça, mon frère ? demanda-t-il sur un ton un peu trop sec, ton qu'il regretta aussitôt, et adressa dès lors, un petit sourire espiègle à Ryan

- C'est parfait…

Satisfait, il se redressa et reprit sa surveillance de la zone. Rien n'avait changé, tout était aussi calme et silencieux qu'auparavant. Cette petite pause l'avait amusé et l'espace d'un instant, il avait oublié le danger rôdant dehors.

Ryan appréciait ses amis, cette autre famille qu'ils avaient construit tous ensemble et se moquait gentiment de Lanie, en se servant de Beckett et de Castle était une de ces petites marques d'affection qu'ils se portaient mutuellement.

Bien sûr, si Lanie ou les Castle apprenaient qu'ils s'étaient joués d'eux, ils passeraient tous les deux un mauvais quart d'heure, mais après ce qu'ils étaient en train de vivre ensembles, cela semblait anecdotique.

- Tu crois pas qu'on devrait quand même mater ce qui se passe chez Beckett et Castle ? murmura-t-il après un instant

Esposito ramassa la caméra qu'il avait posé précédemment à ses pieds. Il ajusta la vision nocturne et regarda en direction des leurs amis.

- Ryan…

- Quoi ?

- Tu devineras jamais… souffla-t-il la bouche grande ouverte de stupéfaction


Javier424  (28.11.2015 à 12:44)

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