HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

La douleur de l'après

Série : Castle
Création : 04.11.2015 à 22h01
Auteur : Javier424 
Statut : Abandonnée

«  Une suite au 8x03,ce qui pourrait se passer » Javier424 

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De retour au poste, Kate était encore dans ses pensées. Bennett s'intéressait à ce qui se passait chez les Stup', elle ne savait pas encore pourquoi, mais pour elle, cela confirmait au moins une chose : Sherman faisait bien parti de ce service.

Mais plus inquiétant, Bennett devait soupçonner quelque chose pour se montrer si attentif à l'exposé de Hughes.

Soupçonner ou se rassurer. Avait-il des doutes sur l'un des leurs, sur Jimmy ? Ou s'assurait-il que les stup' n'avait rien contre eux, pas la moindre affaire ou suspect faisant parti du cartel auquel il appartenait ?

La seule vraie certitude était que dès que Hughes avait fini son compte-rendu, Bennett avait prit quelques notes puis avait attendu, plus ou moins patiemment, la fin de la réunion.

Deux petits coups à la porte la ramenèrent à la réalité.

- Capitaine ? Tu te souviens du meurtre près de la bijouterie l'autre jour ? demanda Ryan

- Oui, tu as du nouveau ?

Un instant, elle crut que Ryan lui parlait vraiment de cette affaire, mais lorsque ses yeux croisèrent les siens, elle sut que tout cela n'était que prétexte pour lui parler d'autre chose. Dès lors, son instinct de flic se mit en alerte.

- On a trouvé un témoin…regarde, lui dit-il en désignant le dossier du menton

Kate s'en saisit et comprit de quoi il en retournait.

Un nom. James Thomas Paretti. Ce visage à peine définit par le biais d'une caméra de sécurité et tout juste mieux aperçut lorsqu'il était descendu de voiture lors de leur planque.

Ils avaient Jimmy. Un visage. Un nom. Une histoire.

Kate releva les yeux vers Ryan, qui essayait de paraître le plus détendu possible.

- Ce témoin est … fiable ? lui demanda-t-elle en hésitant sur le mot à utiliser.

- Il l'est… et on a une adresse…

Elle prit quelques secondes pour regarder encore ce visage. Devait-elle convoquer Jimmy tout de suite ? Sous quel prétexte ? Le ramener au poste pouvait faire sortir Sherman de son terrier, mais qu'est-ce que cela impliquerait d'autre ?

Elle ne pouvait pas le convoquer, pas comme ça. Elle avait besoin de préparer son interrogatoire. L'affaire était trop importante pour se précipiter.

- Comment vous l'avez trouvé ? lui dit-elle tout bas

- J'ai récupéré l'adresse grâce à Jackson, il m'a dit qu'il n'y avait aucun nom sur sa boite aux lettres, alors je suis remonté à lui sans passer par les fichiers officiels, pour plus de discrétion… j'ai un pote qui bosse à la distribution du courrier. Je lui ai raconté une histoire à propos d'une voiture que j'aurais abîmé à cette adresse, que je ne voulais pas passer par les fichiers de la police parce que j'avais un peu bu et qu'il ne fallait pas que ça se sache… bref, j'ai eu les noms des habitants de son immeuble et l'un d'eux a fait tilt tout de suite…

Kate le regarda et se demanda un instant si elle devait féliciter son lieutenant et ami d'être capable de mentir autant et visiblement, si bien ! Cependant, il venait tout de même de les faire profiter d'une grande avancée. Et de quel pas s'agissait-il !

- Espo et toi, allait y faire un tour, mais vous ne l'approchez pas, ok ? lui dit-elle doucement, contentez-vous de surveiller les environs, essayez de savoir s'il vit seul ou pas, si vous le voyez, ou traine-t-il et cætera … ce genres de choses… ne le ramenez pas… pas encore. Pas avant qu'on sache qui est Sherman…et pourquoi il bosse en sous-marin avec Jimmy. Jetez un œil mais n'insistez pas…

- Bien, pas de problème Kate, je récupère Espo à la morgue et on y va…

- Il est à la morgue ?

- Il m'a dit qu'il avait … un truc à voir avec Lanie… je devrais peut-être prévenir que j'arrive, lui sourit-il

- Peut-être oui…

Ryan s'apprêta à sortir de son bureau mais Kate le rappela :

- Hé Ryan ?

Il se tourna pour lui faire face.

- Beau boulot…


Ainsi donc, ils avaient un nouveau nom. Une nouvelle identité dévoilée. Une autre pièce du puzzle.

James Paretti était un petit trafiquant notoire, au passé relativement trouble et malheureusement bien commun à bon nombres de ces collègues du genre.

D'origine italienne par son père, il avait grandi ici même à New York, où après une enfance difficile passée sous les coups de son père, abandonné par celui-ci, il s'était retrouvé seul garçon d'une famille de 5 enfants capable de travailler pour subvenir aux besoins quotidiens.

Jimmy avait 25 ans, il était père d'une petite fille de 6 ans, qu'il n'avait probablement jamais ou très peu vu, étant donné que depuis sa naissance, il avait passé plus de temps en prison, qu'en liberté.

A son actif, des vols d'ampleurs variables, du sac à main à l'arraché, aux coffres d'une banque qui lui avaient valu 3 ans de prison ferme.

Quelques infractions au code de la route, quelques bagarres, Jimmy était un dur à cuire.

Son parcours l'avait naturellement mené aux stupéfiants probablement grâce à l'argent facile que l'on s'y faisait.

Son principal méfait d'envergure était celui qui, étrangement, ne semblait pas lui avoir causé de problèmes avec la justice. Il y avait environ 2 ans, il avait été interpelé parce qu'il était soupçonné d'avoir tué un dealer local. Plusieurs témoins à l'époque, et bizarrement, plus personne n'était vraiment certain qu'il était coupable, au moment de témoigner.

Le dossier était vide, des pièces manquaient, l'accusation ne tenait plus la route, la relaxe avait été la conclusion logique de cet épisode.

Cela rappelait à Kate, le dossier de Boyd. Et peut-être la patte d'un certain Bennett pour effacer les traces du dossier, et peut-être celles des Bryant pour les témoins.

Jimmy avait-il une telle importance dans l'organisation ?

Kate en doutait, mais il avait bénéficié d'une aide essentielle pour échapper à une condamnation quasiment acquise au départ.

Pourquoi alors Jimmy s'en était-il sorti ?

Quel était l'importance de ce jeune homme ?

- Un déjeuner avec ton mari ?

Elle sursauta. Castle. Non seulement, elle ne l'avait pas vu arriver mais en plus, elle était complètement désorientée à cause de cette réunion et des nouvelles rapportées par Ryan.

- Rick … tu m'as fait une peur bleue… je ne t'attendais pas, lui dit-elle en le suivant du regard.

Il s'approcha lentement d'elle et contourna le bureau pour venir déposer un baiser sur le haut de son crâne.

- Ça a été ?

Elle le regarda et comprit que son inquiétude ne l'avait pas quitté de la matinée. Elle se saisit de sa main qu'elle serra pour le rassurer.

- Oui… tout va bien… mais je dois te parler, ajouta-t-elle plus bas.

Sans un mot, il s'installa en face d'elle, en acquiesçant à sa dernière phrase.

- J'ai pris des cheeseburgers, j'ai supposé que tu n'avais rien avalé depuis ce matin…

- Tu as bien supposé…je suis sortie de réunion i peine 1 heure et je ne sais même pas quelle heure il est, lui dit-elle en ouvrant le sachet en papier devant elle.

Ses yeux s'agrandirent sous l'effet de la surprise. Sur le bord du sachet, un cœur dessiné à la main, et dans lequel étaient inscrits les mots suivants :

« Tant que j'arriverais à te surprendre, j'aurais le plaisir de voir tes yeux pétiller comme en cet instant… je t'aime. Always, Rick ».

Elle sourit et le regarda amoureusement. Cet homme savait la faire chavirer, et à chaque fois, son cœur bondissait dans sa poitrine.

- Tu es merveilleux mon cœur, murmura-t-elle en souriant béatement, le cœur encore empli de la surprise.

- Tu es ma merveille, répondit-il simplement… manges avant que ça ne refroidisse… il y a vraiment de quoi manger la dedans !

Elle s'accrocha à son regard et partagea cet instant de bien-être et de pureté dans lequel il l'avait transporté en un instant.

« Comment fais-tu cela ? Comment fais-tu pour me rendre si amoureuse de toi ? »


- Alors tu penses que Bennett sait quelque chose ?

Après leur déjeuner, Kate avait profité de la présence de Rick pour lui faire part de ses doutes. Elle comptait sur son esprit affûté pour l'aider à faire le point dans ses pensées encore fraîches.

- Je ne sais pas, mais ce qui est sûr, c'est que son attitude a changé quand Hughes a prit la parole…

Elle hésita un instant, mais lui expliqua le contexte dans lequel elle était lorsqu'elle avait perçu le changement d'attitude de Bennett.

- Rick … quand j'ai commencé mon exposé… Bennett m'a regardé, je le sentais intéressé, je l'ai senti… j'ai cru qu'il était là pour moi, conclut-elle d'une voix incertaine.

Son mari posa sa main sur la sienne, et mêla ses doigts aux siens.

- Babe… je ne voulais pas te le dire, parce qu'au final, ce n'était rien…ce n'est pas à moi qu'il s'intéressait. Et je te savais si inquiet. Mais …j'ai eu peur. Un instant, j'ai eu peur.

- Kate… merci de me le dire… même s'il n'était pas là pour toi, merci de me faire partager tes peurs… c'est important que tu saches que tu peux te reposer sur moi, même si je suis inquiet, même si je ne peux rien pour toi à certains moments… je suis quand même là, et toi, tu es là, lui dit-il en désignant son cœur. Tu ne dois pas avoir peur de m'inquiéter… je préfère que tu me dises ce genres de choses, plutôt que de les ignorer et te laisser gérer ça toute seule… tu gères déjà trop toute seule…

- Merci, murmura-t-elle simplement en retour.

- Que s'est-il passé ensuite ? Quand Hughes a commencé a parlé ?

- Bennett prenait des notes, il le fixait… si tu avais vu de quelle manière … il était effrayant de froideur…

- De quoi parlait Hughes ?

- Des chiffres, de ce qu'il pensait mettre en place pour les prochaines semaines… New York fait un bond dans la criminalité quand la fin d'année arrive, les trafics de drogues n'y échappent pas… il parlait du nombre d'équipes dont il disposait, les plans d'action pour canaliser les réseaux… Rick, il était en train d'informer à son insu l'un des lieutenants d'un cartel de grande envergure et je ne pouvais rien y faire… je ne pouvais rien dire, ni le prévenir… cette histoire devient tellement difficile à gérer…

Castle passa son bras autours des épaules de Kate et l'attira plus confortablement à lui, en s'adossant à la banquette de son bureau.

- Je sais Kate… et je suis là. Je ne peux pas faire grand-chose, mais je suis là. Je peux au moins t'écouter.

- Tu as tort babe… tu fais beaucoup. Sans toi… je ne pourrais pas faire ça. Tu es un homme incroyable, mon meilleur ami…répondit-elle en s'enfonçant contre a poitrine, fermant les yeux en savourant la sensation de son corps contre celui de son mari.

- On va y arriver Kate… je te le promets…et après, toi, moi et notre petit, on s'offrira une belle vie, loin de tout ça. Loin de cette enquête. Tu verras, c'est difficile aujourd'hui, autant que ça l'était quand on enquêtait sur Bracken, mais souviens-toi …cette sensation lorsque tu l'as coincé pour de bon… quand on en aura fini, ce n'est pas un poste qu'ils t'offriront, mais une place au Sénat.

Kate sourit aux aspirations politiques que lui prédisait Rick. Ils en avaient déjà parlé, mais jusque là, l'idée ne l'avait pas séduite. Castle pensait qu'avec le temps, elle changerait d'avis. Peut-être avait-il raison ? Peut-être seulement.

Elle vit Vikram avant de l'entendre.

Elle se redressa légèrement lorsqu'il frappa à la porte, Castle ouvrit les yeux et sortit à son tour de ses rêveries.

- Désolé… je ne voulais pas vous déranger, leur dit l'analyste, un peu gêné d'interrompre ce qui semblait être un moment intime du couple.

- C'est bon, le rassura Kate, pour l'inciter à parler.

- J'ai du nouveau au sujet des empreintes que tu m'as demandé d'analyser l'autre jour…

« Le gars au chien… », Kate regarda Castle et s'assura qu'il avait compris de quoi parlait Vikram.

- Voici son dossier… tu avais raison, il est connu des services de police, précisa-t-il en lui tendant le document.

- Merci… autre chose ? demanda-t-elle pressée d'en savoir plus sur un autre protagoniste du cartel.

- Non… c'est tout, répondit-il

- Ok merci Vikram, ça va beaucoup nous aider, le remercia-t-elle chaleureusement.

Alors qu'il s'en allait, Castle s'était déjà rapproché de sa femme pour lire par-dessus son épaule. L'analyste ne perdit pas une miette du rapprochement physique et tourna les talons sans plus attendre.

- Patrick Gerrard… un petit délinquant interpellé à plusieurs reprises pour des petits larcins… 2 ans de prison si on cumule la durée de ses différentes peines… 29 ans, pas de femme, pas de petite amie connue, pas d'enfant… sa plus grande peine prononcée est de 6 mois pour un vol de voiture… en fuyant la police, il a percuté un abri bus… heureusement il n'y avait personne dessous…énuméra Castle doucement

- Vol avec délit de fuite et dégâts sur la voie publique ? On est loin du grand banditisme… comment font-ils pour se retrouver dans des entreprises criminelles de cette envergure ? demanda Kate, en prononçant à voix légèrement audible les interrogations que la lecture du dossier de Gerrard lui suscitait.

- Il n'est sans doute rien d'autre qu'un pion sur l'échiquier… un simple guetteur…

- Mais comment a-t-il fait pour se faire happer par ces gars ? Ce cartel, c'est du lourd Castle, du très lourd ! On ne devient pas complice de ce genre d'entreprise criminelle en volant une voiture !

- Non mais il y a certainement un moment dans son parcours qui explique sa présence et son utilité…

Kate réfléchit un instant, elle n'avait encore pas annoncé à Rick que Ryan avait trouvé Jimmy. Sans plus attendre, elle se lança.

- Ryan a trouvé Jimmy, je te montrerais son dossier ce soir, mais il y a des similitudes… tous les deux ont des parcours différents mais au final, ils se retrouvent embrigadés dans un cartel de drogues qui peut leur valoir des condamnations à perpétuité… complicité de meurtres, trafic de stupéfiants, non-assistance à personne en danger, qui sait ce qu'on peut encore ajouter comme chefs d'accusation ?! …

- Peut-être est-ce pour cela que Jimmy a pactisé avec Sherman… parce qu'il s'est rendu compte qu'il jouait très gros…il aurait voulu sauvé sa peau, avant de finir derrière les barreaux d'une prison ou au fond d'un trou, une balle entre les deux yeux, proposa Castle

- C'est comme ça qu'il va finir si Bennett sait qu'il espionne pour le compte des Stup'…

- Ça, on en sait encore rien… il est venu à la réunion d'accord, il est venu pour écouter le rapport de Hughes, ok, mais depuis des mois, son patron a sûrement besoin d'être rassuré… écoutes plutôt, depuis 3 mois, un mémo concernant son trafic est sorti de nulle part, il a fait exécuté une équipe complète d'agents du FBI, il a envoyé des mercenaires pour tuer Vikram, et au passage, toi aussi, Bracken est mort, tu as demandé une audience pour enquêter officiellement sur les homicides liés aux trafics de drogues, les Hernandez sont morts parce qu'on soupçonnait le mari de parler aux flics … je pense que même pour l'homme serein qu'il doit être pour gérer ce cartel d'une telle main de fer, il a besoin d'en savoir le maximum sur les avancées et positions du NYPD… Bennett écoute et rapporte, mais peut-être qu'il ne soupçonne rien du tout pour le moment. Rappelle toi, Bracken et sa grande confiance en lui… il se pensait invulnérable… il a suffit d'une seule fois où il a baissé sa garde…c'est ce qui arrive aux hommes qui s'estiment intouchables. Ils font toujours des erreurs. A nous d'être là pour en profiter.

Kate l'écoutait attentivement, Castle avait raison bien sûr, mais parfois encore son impatience la gagnait. Et encore une fois, Rick était là pour la soutenir et la rassurer. Il trouvait les mots pour la réconforter et cela faisait de lui, un être admirable… essentiel à Kate. Une fois de plus, une raison de plus d'aimer cet homme.

Soudain, elle se sentit faible et prise d'un vertige. Et elle sut que sa grossesse n'en était pas responsable. Elle se sentait vulnérable et ses craintes l'assaillirent sans prévenir.

- Tu ne partiras jamais Rick, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle d'une voix plus faible qu'elle ne l'aurait cru

- Partir ? Pourquoi je partirais Kate ?

- Je… je n'imagine pas ma vie sans toi…

- Alors ne l'imagine pas, je suis là et je vais y rester pour le reste de mes jours… pourquoi tu as peur de ça tout à coup ? lui demanda-t-il, inquiet.

- Je ne sais pas… la grossesse peut-être, elle fait resurgir mes doutes, mes craintes… peut-être que de savoir que notre petit grandit en moi, me rappelle ce que je risque de perdre tous les jours… ce que toi, tu risques en étant avec moi… une balle, un accident, n'importe quel drame… je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose… ça m'effraye de penser qu'un jour, je puisse te perdre…

Rick en restait bouche bée d'entendre sa femme se livrer ainsi. Ainsi elle pensait à la peine qu'elle pourrait ressentir un jour, à la douleur, à la perte… il ne pouvait nier qu'il y pensait également, mais jamais encore, ils n'avaient posé les mots sur le pire qui pouvait leur arriver désormais.

- Kate… regarde moi, lui dit-il doucement

Elle leva des yeux chargés d'émotions sur lui.

- Je ne pourrais jamais te promettre qu'il ne m'arrivera rien… ce serait te mentir. Ce que je peux te promettre en revanche, c'est que je serais toujours là, tant que je serais maître de moi-même…nous ne sommes à l'abri de rien, mais personne ne l'est… je te veux, toi, notre bébé, nous… pour toujours Kate…et je ne partirais jamais. Je comprends exactement ce que tu ressens… je ressens la même chose… je suis lié à toi, à jamais. Tu es dans mes veines…tant que je respirerais, c'est le parfum de ta peau que je veux sentir… et je te promets qu'un jour, tout ça sera derrière nous… et alors tu pourras raconter à notre fils, nos histoires incroyables… et tu pourras aussi lui dire à quel point tu aimes son père…et ce, depuis le premier jour…

Kate ferma les yeux à cette douce déclaration. Avant de s'offrir un sourire de convenance à la tentative de Rick pour lui soutirer une fois de plus des confidences sur la naissance de ses sentiments à son égard.

- Tu sais ce qu'il y a de merveilleux chez toi babe ? demanda-t-elle tendrement

- Tu veux dire à part mon charme, mon intelligence, ma vivacité d'esprit, mon intuition, mon humour, mon….

- Wahou… je suis tentée de compléter ta liste avec ta modestie… plaisanta-t-elle

Il sourit en retour, puis demanda :

- Alors qui a-t-il de merveilleux chez moi ?

- Ta capacité à me rassurer… tout le temps, même quand toi tu as des doutes ou quand tu es moins fort… tu es là, tu es toujours là… tu ne sais pas à quel point je t'aime pour ça…

- Tu pourrais me le montrer ce soir… suggéra-t-il innocemment

- Ça pourrait se faire oui … lui sourit-elle, en passant ses bras autours de son cou, baisant ses lèvres en guise d'avant-goût à ce qu'elle désirait lui offrir dans quelques heures.


Javier424  (23.12.2015 à 23:48)

Respirer l'odeur de Rick, le nez niché dans son cou, ses bras lui enserrant la nuque, avait transporté Kate ailleurs durant quelques secondes. La chaleur de ses bras, le sourire qu'elle devinait sur le visage de son mari, son absence totale de maîtrise sentimentale au poste, à la vue de tout curieux, la rendait terriblement consciente que sans cet homme, elle ne parviendrait pas, plus, à avancer d'un seul pas dans cette enquête, comme dans la vie.

Elle était dépendante de lui, son corps le lui rappelait bien assez souvent, sans parler de son cœur qui bondissait dans sa poitrine chaque fois que Castle la regarder avec un peu trop d'insistance.

- J'ai hâte d'être à ce soir maintenant, tu sais ?! lui dit Rick, le regard enfantin empli d'espièglerie.

- Tu vas savoir te contrôler ? répondit-elle en se mordillant volontairement la lèvre sous un regard plein de sous-entendus.

- Tu es une femme cruelle, tu sais … tu fais ça…tu sais pourtant quel effet ça me f….

La sonnerie du téléphone de Kate l'interrompit et aguicheuse en soutenant son regard, elle vint déposer ses lèvres sur les siennes. Provocatrice jusqu'au bout, elle s'écarta de lui non sans laisser trainer sa langue sur sa lèvre, qu'elle caressa sensuellement. Elle savait très bien l'effet que cela lui faisait, mais en cet instant, elle ne souciait guère des conséquences.

Cependant, lorsqu'elle vit l'identité de l'appelant, elle regretta sa légèreté. Elle lança un regard alerte à l'attention de Castle, en lui montrant le cadran du téléphone.

- Espo ? Tout va bien ?

- Non Kate, on a un problème…

Elle regarda Rick, son regard priant pour que ce « problème » n'en soit pas réellement un trop grave. D'expérience, elle savait que cette prière risquait de rester vaine.

- Castle est avec moi, lui dit-elle pour le prévenir, qu'y-a-t-il ?

- On est allé faire un tour comme prévu pour essayer de savoir qui était Jimmy…

Kate jeta un œil à son mari, regrettant de ne pas lui avoir parlé plus tôt de la requête qu'elle avait transmise aux Bros concernant leur enquête officieuse de voisinage.

- Vous avez trouvé quoi ? demanda Rick d'une voix craintive, en soutenant le regard de sa femme

- Jimmy…

Une boule commença à se former dans l'estomac de Kate. Elle ferma les yeux, et posa la question, en espérant sincèrement se tromper sur la réponse qu'elle supposait entendre.

- Il est mort ?

Un silence de plomb. « Oui, il l'est sans doute … mon dieu, encore un… »

- Javier ? rappela Castle

- Non, non… il ne l'est pas… mais on a trouvé Sherman…et lui est mort…

Les yeux de Kate et de Rick s'accrochèrent. La stupeur et l'inattendu les avaient frappé de plein fouet à l'autre bout du fil, ils devinaient qu'Esposito ne savait pas lui non plus comment gérer cette situation.

- Qu'est-ce… qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Kate en tentant de maîtriser sa voix

Ils entendirent un souffle, celui d'Esposito qui semblait complètement pris au dépourvu.

- Quand on est arrivé, on a fait comme tu voulais, on a fait le tour du quartier, on a repéré les rues, les issues de son immeuble, la voiture qu'il utilise pour ses petites sorties nocturnes… on était sur le point de partir quand on a vu Jimmy sortir par l'issue de secours… on était à 10 mètres de lui à peine…il nous a repéré et il est parti en courant… on pouvait pas le laisser partir et prendre le risque de tout faire foirer tu comprends…

Bien sûr qu'elle comprenait, Jimmy devait être ce genre de malfrats capables de « sentir » un flic quand il était dans les parages, alors le laisser partir alors qu'ils étaient si peu sûr de savoir quel était vraiment son rôle dans l'organisation, ses liens, sa loyauté envers Sherman ou envers « L'Avocat »… bien sûr que la décision des Bros de le poursuivre était la bonne.

- Oui… bien sûr oui, vous avez eu raison… et après ? demanda-t-elle

- On l'a rattrapé, mais on ne savait pas si on devait te le ramener ou pas… alors on a décidé d'aller à son appartement pour t'appeler et prendre une décision raisonnée… et c'est là que… Kate, on a trouvé Sherman… il est raide, une lame plantée dans la poitrine…

Kate entendait le malaise dans la voix d'Esposito. Selon toute vraisemblance, Jimmy avait sans doute tué Sherman, et dès lors, une scène de crime nécessitait une intervention policière… mais livrer Jimmy à son service officiellement était parfaitement risqué pour leur propre anonymat et surtout, pour leur enquête.

- Où êtes-vous maintenant ? Toujours à son appart ? demanda Castle

- Oui… Ryan est avec lui, dans une autre pièce…Kate, Castle… on ne sait pas ce qu'on doit faire… c'est la première fois que je me sens si démuni dans mon boulot… on doit appeler du renfort ? On le ramène ?

Rick regarda Kate et se demanda une nouvelle fois comment en l'espace de quelques minutes, une situation pouvait varier du romantique au danger avéré…

Le regard de Beckett le prévint qu'elle avait une idée.

- Quelqu'un vous a vu rentrer avec lui ?

- Non, non… l'issue de secours donne dans une ruelle, on l'a chopé très vite, il n'a pas eu le temps de rattraper la rue principale… et on n'a croisé personne dans l'immeuble… c'est un trou à rats ici …

- Ok… ne bougez pas, on arrive.

Lorsque Kate raccrocha, Rick la vit fermer les yeux en baissant la tête. Il l'observa prendre une profonde respiration avant de relever la tête vers lui, pour lui expliquer ses intentions.

- On ne peut pas le ramener ici… pas maintenant. Bennett va le savoir et si on veut tirer quelque chose de Jimmy, on doit le faire de façon beaucoup subtil…

- Sauf que subtil dans notre cas, signifie franchir la ligne … tu es prête à assumer ça ? demanda-t-il doucement, en posant sa main sur son genou

Kate prit quelques secondes pour y réfléchir. Avait-elle le choix ? Si Jimmy avait tué Sherman, alors elle devrait l'arrêter… mais l'arrêter signifiait sans doute signer son arrêt de mort.

« On » ne le laisserait pas vivre et prendre le risque de parler, Kate en était certaine. L'image de Bracken mort lui apparut soudain. Si ces hommes pouvaient faire tuer un sénateur déchu dans une prison d'état, Jimmy, lui, n'avait aucune chance de survie.

- Je crois qu'on n'a pas le choix… si je l'arrête, ils vont le faire taire… je dois lui parler avant… je dois savoir ce qu'il sait…

Rick lui prit la main et lia ses doigts aux siens, son regard se voulait protecteur, son sourire, si faible soit-il, se voulait rassurant.

- Quoiqu'il arrive, je suis là… je te suis, je reste derrière toi…

- Merci babe… allons-y, ne perdons pas de temps…répondit-elle dans un souffle.

« J'espère que c'est la meilleure chose à faire… » pensa-t-elle secrètement.


Le trajet avait été silencieux, trop silencieux, l'atmosphère pesant sur leurs épaules. Sur place, Kate et Rick avaient pris toute l'ampleur de la situation : un quartier sinistre, une ruelle effectivement déserte, le genre d'endroit où l'on imaginait sans peine retrouver le corps d'un SDF mort de froid ou d'un toxicomane, aiguille plantée dans les veines, emporté par une overdose fatale.

Le genre d'endroit où la loi du silence devait être particulièrement bien instaurée aussi.

Pas de témoin pour pas d'ennui. Que ce soit avec la police, qu'avec les dealers ou autres criminels locaux.

Pour la première fois de sa carrière, Kate espérait sincèrement que si témoins il y avait eu de l'interpellation de Jimmy, ils se mureraient derrière l'ignorance et l'indifférence.

Ils montèrent sans perdre de temps à l'étage où se trouvait son appartement, et frappèrent 2 coups rapides. A peine une seconde plus tard, Kate perçut un léger changement de luminosité derrière le judas de la porte, puis tout aussi vite, elle s'ouvrit sur Esposito.

- Entrez, vite…

Une fois à l'intérieur, prenant garde à ne laisser aucune trace ou empreinte, Castle jeta un œil à la pièce qui s'offrait à eux. Sombre, sale, près du canapé, trainait une bouteille de whisky bien entamée, une fine couche de poussière recouvrait les meubles. Sur la table basse, des pilules éparpillées et au centre, un sachet d'héroïne à peine dissimulée dans le cendrier.

Près d'un fauteuil, une table d'appoint était renversée, et Rick y vit des signes de bagarre récente. Des bouts de verres étaient répandus sur la moquette, et en partie, sur le parquet.

Et tout près, un corps était allongé. Poignardé, la lame encore enfoncée dans sa poitrine, mort.

Du sang s'écoulait encore de la blessure, démontrant selon toute logique que le meurtre avait été commis moins d'une heure plus tôt.

Sherman. Celui qu'ils recherchaient et qu'ils soupçonnaient d'être un flic, enquêtant illégalement sur le trafic de « L'Avocat ».

Kate se rapprocha d'Esposito pour confirmer ses premières constations.

- Pas de doute sur Jimmy, c'est bien lui qui l'a tué ?

- On l'a chopé très vite et on est remonté ici tout de suite après… il est frais, dit-il en désignant le corps… Jimmy n'est pas très coopératif, mais à mon avis, il n'y a pas de doute possible… c'est lui qui l'a refroidit…

- Hum… répondit-elle simplement en prenant note des informations de son collègue et ami.

Kate regarda l'homme mort de plus près : environ 50 ans, cheveux poivre et sel, ses yeux sans vie fixaient le plafond d'un air surpris. Une plaque de lieutenant était accrochée à sa ceinture, et son arme de service, toujours en place dans son holster.

Quoiqu'il se soit passé ici, Sherman ne l'avait pas vu venir.

- Tu le connais ? demanda Rick

- Non, je ne l'ai jamais vu… il était bien des stup' ? interrogea Kate

- Oui… mais on pouvait toujours chercher… je pense qu'il se faisait appeler comme ça pour rester anonyme, Sherman n'était pas son nom. D'après sa plaque, il s'appelait Robert Gamberson.

- Il donne un faux nom ? Sherman avait peut-être de mauvaises intentions finalement… murmura Rick à ses côtés.

Kate s'était agenouillée près du corps et semblait absorbée par la vision de cet homme : un flic mort, dont le coupable était probablement dans la pièce juste à côté... un crime qui, pour l'instant, n'était toujours pas annoncée officiellement. Pas de légiste, pas de scientifique, pas d'officiers en uniformes pour récolter les témoignages des voisins… Kate était de l'autre côté de la ligne. Encore une fois. Rick avait raison, mais avait-elle eu raison elle, d'agir de la sorte ? Eloignant ses pensées au plus loin, elle se releva et regarda Rick et Esposito.

- Allons voir Jimmy, proposa-t-elle


La porte s'ouvrit sur Ryan, arme en main, tenant Jimmy en joue. Concentré, Absorbé.

Il jeta à peine un œil sur les nouveaux entrants, et se détendit quelque peu en constatant que ses amis étaient là à présent. Esposito et lui l'avait emmené dans la chambre, et avaient pris soin de baisser les stores. Assis sur le bord de son lit, se tenait James Paretti. Kate l'observa un moment, puis s'approcha de Kévin.

- C'est bon Ryan, baisse ton arme… je ne crois pas que Jimmy soit assez idiot pour tenter quoique ce soit maintenant, lui dit Kate en posant affectueusement sa main sur l'épaule de Kévin.

Sans un mot, il s'exécuta sans quitter Jimmy des yeux.

- Ça va Ryan ? demanda Kate, l'inquiétude perçant dans sa voix

- Oui, oui… c'est juste que ce type est un petit malin… il avait ça sur lui, dit-il en désignant une arme posée sur une commode près de l'entrée.

- Ok… détends toi, on est là maintenant… lui dit-elle simplement

Le visage de Jimmy semblait être en parfaite incohérence avec son corps. Il était fermé, l'œil vide, un air arrogant, fier, prêt à défier quiconque s'approcherait de lui… et pourtant, ses mains tremblaient. Il transpirait et l'une de ses jambes s'agitait nerveusement.

- Alors Jimmy… vous êtes en manque ou vous savez que vous allez mourir ? demanda Kate lentement en s'agenouillant près de lui.

L'entrée en matière de Kate figea Rick. D'une part, il la trouvait bien trop près de cet homme, par ailleurs, il espérait que Kate savait ce qu'elle faisait. La provocation pouvait rendre Jimmy encore plus nerveux et qui sait quelles pourraient être ses réactions ?

- Pas de réponse ? Tu as tué un flic, t'as plutôt intérêt à être coopératif mon vieux… menaça Esposito en se rapprochant également.

Jimmy les regarda, mais s'abstint à nouveau de toute réponse. La loi du silence. Mais qu'espérait-il à présent ?

- Jimmy… on sait que tu as tué Robert Gamberson, un flic des stup'… pourquoi ? Pourquoi tu l'as tué ? demanda Kate

Le silence. Un air de défi. Un sourire crispé naquit sur son visage.

Kate joua son va-tout.

- Ok… je suppose qu'on doit appeler mon poste. Mark Bennet doit encore être au Central, il sera au courant en direct…, elle laissa quelques secondes s'écouler avant de poursuivre… à ton avis ? En combien de temps, il va envoyer quelqu'un pour s'assurer que tu la fermes bien ?

Un frisson. Un mouvement brusque, celui de Jimmy tentant désespérément de s'enfuir. Mais à peine avait-il amorcé sa tentative, qu'il se retrouva coller au lit par Esposito et Ryan qui s'étaient élancés vers lui.

- Je te conseille de me parler Jimmy, parce que tu vois, ça peut te paraître vraiment étrange, mais nous quatre, on est ta meilleure chance de survie… alors fermes là et j'appelle le poste… ou parles nous, et on peut essayer d'y voir clair ensemble. A toi de voir…

Kate savait qu'elle prenait un risque en mentionnant Bennett et d'autant plus, en sous-entendant que les flics n'étaient pas encore au courant officiellement qu'il avait tué un homme. Un des leurs. Elle le regarda intensément, il s'effondrait, elle le voyait.

- Vous ne savez pas ce que vous faites ma jolie, vous ne savez rien… cracha-t-il, amer.

- Je commence à y voir un peu mieux au contraire… lui répondit-elle

- Je suis un homme mort, alors pourquoi je vous parlerai, hein ?

- Parce que vous êtes effectivement un homme mort, lui dit-elle d'une voix sombre.

Il la regarda apeuré, perdu et désespéré. Kate voyait dans ses yeux qu'il ne savait pas qui elle était, réellement flic ou pas, et ignorait encore plus la raison pour laquelle, les autres flics n'étaient pas encore là. Ni pourquoi lui, n'était pas encore enfermé dans une cellule, attendant que la mort vienne à lui.

- Vous voulez avoir la chance de revoir votre fille un jour Jimmy ? demanda Kate

- Ne me parlez pas de ma fille pétasse ! hurla-t-il à son intention

- Tu veux qu'un jour elle puisse se dire que pour une fois, son père a fait le bon choix dans sa vie ? continua-t-elle

- Vous ne comprenez pas… je suis mort depuis que ce putain de Sherman est venu ici pour m'arnaquer…

- Quel était votre arrangement ? poussa Kate

- Shhhh… vous pensez vraiment que je vais vous répondre ? T'es sexy chérie, mais t'es pas futée… pas moyen que tu tires quoique ce soit de moi…sauf si tu veux qu'on passe un moment au pieu toi et moi, susurra-t-il en la dévisageant de haut en bas, d'un air malsain et libidineux.

Kate recula légèrement en se relevant. Elle regarda Rick qui, elle le voyait bien, tentait de garder son calme face aux provocations de Jimmy.

- Babe… ce type est incorrect avec moi, non ? dit-elle en posant sa main sur son bras.

Castle la dévisagea à son tour et un instant, ne comprit pas ce qu'elle faisait, ni ce qu'elle voulait lui faire comprendre. Tournant le dos à Jimmy, et faisant face aux regards perplexes de Ryan et Esposito, elle sourit tendrement à Castle pour le rassurer. Non, elle n'avait pas perdu la tête. Simplement, elle avait déjà entendu son mari soutirer des informations aux plus muets des malfrats. Le souvenir de l'enlèvement d'Alexis et l'interrogatoire musclé de l'homme qui avait conduit la fourgonnette, lui trottait toujours dans la tête. Elle avait eu peur à l'époque de découvrir jusqu'où pouvait aller Rick pour découvrir la vérité, mais aujourd'hui, cela pourrait être leur plus vaillant atout.

Castle ferma les yeux un instant, puis entra dans la peau de son personnage, se métamorphosant sous les yeux de sa femme et de ses amis.

Lentement, il s'approcha de Jimmy, s'agenouilla à son tour face à lui, le visage fermé d'un homme prêt à tout, les yeux fous d'un homme qui n'a plus rien à perdre.

- Je suis son mari, commença-t-il doucement. Et je n'aime pas la façon dont tu lui parles. Je l'aime à en crever et elle t'a posé une question. Elle te l'a posé parce que des hommes ont essayé de la tuer. Elle veut des réponses et tu vas les lui donner. Tu n'as pas le choix. Tu es mort de toute façon… Les flics que tu vois derrière moi, n'ont plus rien à perdre, tellement rien qu'ils sont dans l'illégalité la plus totale en étant ici avec toi et ce bon vieux Sherman, raide mort à côté.

Il se releva lentement, en fixant Jimmy du regard. Sa voix était posée, son ton sec mais la menace perçait à peine. Il voulait que Jimmy comprenne, il voulait qu'il le voit tel qu'il était lorsque les personnes qu'il aimait étaient en danger.

- Tu crois que tu me fais peur le mari ? Ta pétass….

D'un geste lourd et rapide, Castle se saisit de Jimmy et l'entraîna avec lui contre le mur de la chambre. Il posa ses mains sur son cou et commença à serrer doucement mais suffisamment pour voir la peur dans les yeux de Paretti. Il rapprocha au maximum son visage du sien et lui murmura à l'oreille, d'un ton rapide et cette fois, bel et bien, menaçant :

- Tu as peur maintenant et tu as raison. Je te tuerai de mes propres mains si tu ne réponds pas à nos questions, tu bosses pour un homme que tu appelles « L'Avocat », on veut savoir son nom, où il est et qui est impliqué dans votre trafic. On en sait plus que tu ne croyais hein, Jimmy ? Alors maintenant, tu vas répondre à ma femme et tu vas lui dire tout ce qu'elle veut savoir… si tu ne le fais pas, on appelle les flics et Bennett aura ta peau. Tu as le temps qu'il va me falloir pour te rassoir sur ce lit pour te décider.

Joignant le geste à la parole, il desserra l'étreinte de ses mains du cou de Jimmy et le poussa sans ménagement sur le lit, sous les regards médusés de Ryan et d'Esposito. Kate, elle, comme absente de son propre corps et de sa propre conscience, s'approcha de lui, et posa sa main sur sa joue. Leurs yeux se croisèrent, et instantanément, ceux de Rick s'adoucirent et toute colère disparut.

Quelles seraient les séquelles de cette enquête sur leur relation ? Jusque là, ni l'un, ni l'autre ne s'était plus posé la question depuis leur retrouvaille. Mais ce combat qu'ils menaient, les emmenaient au plus profond d'eux même, aux abysses de leurs noirceurs et de leurs limites.

Kate lui sourit tendrement, avant de se tourner vers Jimmy, qui, mains sur le cou, tentait de reprendre son souffle, en jetant des yeux complètement paniqués aux deux autres hommes qui tous flics qu'ils étaient, n'avaient pas esquissé le moindre mouvement pour arrêter Castle dans sa folie.

- Alors Jimmy ? Tu es décidé ? Tu vas nous parler maintenant ? demanda-t-elle


Javier424  (26.12.2015 à 22:09)

Jimmy toussait en se massant la gorge comme il le pouvait. Ses yeux exorbités fixaient Kate, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Pourtant, lorsque du coin de l'œil, il vit Castle se rapprocher à nouveau de lui, il supplia Beckett du regard en s'adressant à elle :

- Ok, ok … mais dites à votre mari de ne pas s'approcher de moi, s'écria-t-il en devançant la question qu'elle s'apprêtait à lui reposer.

- Bien Jimmy… cette fois, c'est le bon choix que tu fais, lui dit-elle, en se tournant vers Castle, et à l'abri du regard de Paretti, lui sourit tendrement.

- Jimmy, quel était ton arrangement avec Sherman ? demanda Ryan d'une voix ferme, mais jetant un regard en coin du côté de Castle.

Il avait compris le stratagème de Kate, mais malgré cela, la colère et la violence de Castle l'avait surpris. Il l'avait déjà vu perdre son calme face au Triple Tueur, et se souvenait fort bien avoir eu peur de la réaction de son ami, face à la menace de l'époque. Aujourd'hui, il percevait encore l'effroi qu'était capable de réveiller Castle chez un être vivant.

- Il devait… il devait me protéger… il devait me faire quitter le pays…

Jimmy commença à parler, d'un air hésitant, mais contraint à s'expliquer, il n'avait guère le choix.

- Il savait que je bossais pour ces mecs, il m'a chopé une fois pour une histoire de came qui avait dégénéré, avec mon casier, je repartais direct en taule… alors il m'a proposé de bosser pour lui.

- Il voulait quoi de toi exactement ? demanda Esposito

- Tout… il m'a dit de continuer à bosser pour « L'Avocat »… que je devais faire mon job, qu'il s'arrangerait pour que les stup' ne viennent pas fourrer leur nez quand j'étais dans les parages… il me protégeait…

- Depuis combien de temps tu portais un micro sur toi ? demanda Ryan

- J'en sais rien … c'était pas à chaque fois… la première fois, c'est parce qu'il voulait que je fasse parler mon pote, celui avec qui je bosse… il pensait que Quinn détournait du pognon… il m'a dit que si je l'aidais, on ferait 50-50…

- Attends, l'interrompit Kate, si Sherman avait besoin de toi, c'était pour l'argent ? Il ne s'intéressait pas à ton patron ?

- S'intéresser à « L'Avocat » ? Chérie, il était pourri mais pas suicidaire le con… vous ne savez pas où vous mettez les pieds… vous allez tous y rester, vous le savez hein ? leur demanda-t-il doucement, d'une voix affaiblit par l'étranglement de Castle

- Pour l'instant, contente toi de répondre, menaça Rick

Jimmy reprit un peu de contenance et releva la tête, son visage était rouge mais désormais, son expression était proche de l'ironie et de l'abandon.

- Vous savez ce qui est drôle ? Vous n'avez aucune idée du poisson qui est derrière tout ça… il va vous dévorer avant même que vous ne vous rendiez compte qu'il a ouvert la bouche… il est puissant, très puissant… vous ne pourrez rien contre lui…

- Ça suffit… j'ai déjà entendu ça… et tu sais quoi ? Le gros poisson qui lui aussi devait me dévorer sans que je m'en rende compte, je suis allée le trouver et je lui ai passé les menottes aux poignets. Alors oui, je veux bien croire que ton poisson soit puissant, mais crois moi, je suis aguerrie à la pêche aux gros… et j'ai beaucoup de patience… alors maintenant, tu réponds à nos questions, sauf si tu préfères que ce soit mon mari qui te les pose …

- Non, non, ça va… répondit-il prestement. Vous parlez de Bracken, hein ?

Kate regarda ses amis, puis reporta son attention sur Jimmy.

- Ça a un lien avec lui ? Toujours ?

- Vous croyez quoi ? Il a apprit avec lui… Quand Bracken est tombé, ils ont tous pissé dans leurs frocs, mais lui… il est reparti bosser comme si de rien était… il a tout rebâti, il a utilisé les mêmes bases que Bracken… il s'est entouré des plus fidèles et il a fait buté les autres.

- Les mêmes bases ? Tu parles de corruption au sein de la police ? demanda Castle

Jimmy le regarda nerveusement, et même si visiblement, il était redevenu le Dr Banner, il se méfiait de recroiser à nouveau la route de Hulk.

- La corruption, les meurtres, le chantage…c'est comme ça que ça fonctionne…

Kate posa la question qui brûlait toutes les lèvres.

- Qui est-il Jimmy ? Qui est « L'Avocat » ?

Il la regarda un instant. Lui se demandait qui était cette femme, accompagné de son mari et de deux fidèles toutous, qui ne semblaient pas se douter un seul instant des dangers qu'ils courraient tous. Lui y compris.

- Je ne connais pas son nom… mais c'est le genre de gars qui ne fait pas de cadeau… s'il a un doute, il répond par le sang. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il est puissant… et que vous pourrez jamais l'approcher…

- J'ai vu Bracken d'assez près pour voir la peur dans ses yeux, se contenta de répondre Kate en le fixant.

- Parles nous encore de Sherman, coupa Castle, votre accord reposait sur quoi ? Tu lui donnais des tuyaux sur l'argent et en échange, il maîtrisait les stup', c'est ça ?

- Ouais… à peu près …

- Alors pourquoi voulait-il que tu te renseignes sur Meyer ? Que tu saches qui l'avait tué ?

Jimmy le regarda stupéfait de voir que Castle avait connaissance de ce détail. Dès lors, il se demanda ce que ces flics savaient d'autres.

- Comment vous savez pour Meyer ?

- Hé ! Ici c'est nous qui posons les questions, ok ? coupa Ryan

- Meyer…Jimmy hésita un instant, plus il parlait, plus il risquait sa vie… Meyer bossait pour Sherman avant moi… j'ai compris avec le temps que Meyer était un pote de Sherman, ils ont grandi ensemble je crois … comme dans les films hein ! L'un qui devient flic, l'autre qui devient dealer ! Putain … Meyer, c'était un bon gars, mais il était trop tendre pour ce milieu et surtout, il parlait trop… je crois que cet enfoiré de Bennett a eu un doute sur lui, et il l'a fait tué…

- Donc Sherman était un flic corrompu, qui aura voulu rentrer dans la danse, c'est ça ? demanda Kate

- Ouais… en quelque sorte… il voulait se faire du fric mais il voulait pas être à leur botte… un flic dans un réseau comme celui-là, ça rend tout le monde nerveux…

- Comme Bennett ? insista Kate

- Cet enfoiré… il tuerait sa propre mère si elle était encore en vie… répondit-il simplement. Ecoutez… je vous en ai trop dit là… vous allez faire quoi de moi maintenant ?

- Tu es loin de nous avoir tout dit Jimmy, répondit Ryan. Pour l'instant, tu nous poses un problème, tu as tué un flic et nous, on a besoin de réponses… alors c'est nous qui déciderons quand tu auras fini de nous parler.

Kate le dévisagea et lut la peur dans son regard. L'image de Darryl Kane percuta son subconscient, la même peur, la même intention de ne pas en dire trop, le même destin ?

- Jimmy… voilà ce qu'on sait, tu vas écouter et tu vas nous aider à remplir les zones d'ombres à chaque fois qu'il y en aura.

Elle respira profondément, et se lança.

- On sait qu'un trafic de grande envergure pourri New York. Un homme qui se fait appeler « L'Avocat » le gère comme une vraie petite entreprise. Tous les 15 du mois, toi et ton pote Quinn, vous vous rendiez dans une blanchisserie tenue par un couple d'hispaniques, les Hernandez. Vous récupériez l'argent et vous le confiiez à Mark Bennett ou à Leroy Boyd. Ensuite, ils se servent d'un avion privé pour voler jusqu'à un petit aérodrome proche de Hartford. Là on suppose que « L'Avocat » blanchit l'argent par le biais de l'entreprise des assurances. Jusque là, on a vu juste ? demanda-t-elle en faisant une pause

Jimmy transpirait à présent à grosses gouttes. Le souffle rapide, les yeux hagards, nul doute, ils étaient proches de la vérité. Leurs spéculations étaient justes.

- Les hommes de mains de « L'Avocat », les frères Bryant, ils bossent pour lui depuis longtemps ?

La question paraissait un peu hors de propos, mais pourtant, en regardant Kate, chacun comprit l'intérêt de la poser.

- Je ne sais pas vraiment… les Bryant, c'est comme un mythe… et franchement, moins on en entend parler, mieux c'est en général…

- Tu as entendu parler d'une femme ? Peut-être vu ?

On y était. Kate voulait savoir si Rita avait pu tenir le rôle des Bryant avant eux.

- Ouais… il y a avait une nana… elle accompagnait Bennett ou Boyd, j'ai jamais su son nom… elle parlait peu et jamais pour rien… et elle était flippante… comme ces deux enfoirés d'ailleurs…

- La cinquantaine, cheveux courts, yeux clairs ?

- Ouais ouais …

Ainsi donc, Rita n'était peut-être pas une tueuse à gage, mais elle avait côtoyait au plus près Bennett et Boyd, et à n'en pas doutait, « L'Avocat ».

Kate se sentit nauséeuse. Elle savait depuis longtemps maintenant que Rita l'avait dupé, mais à ce point ? Depuis le début, elle savait qui était derrière tout ça, et elle avait manipulé Kate pour son propre dessein. Elle avait failli briser son mariage à cause de cette femme. A cause d'une femme sans scrupule, avide de pouvoir et d'argent. Comme Bracken.

Esposito sentit le malaise qui s'était instauré en Kate, et décida de continuer l'interrogatoire à sa suite.

- Elle parlait peu, mais quand elle le faisait, tu l'as déjà entendu prononcer un nom, un lieu, quelque chose qui nous aiderait à faire tomber ces pourris ?

- Les faire tomber ? C'est ça que vous voulez faire ? Vous êtes malades… Faites comme tout le monde ici, prenez votre part du gâteau et fermez les yeux !

- On n'est pas ce genre de flics nous, répondit fermement Ryan. Réponds à mon collègue, elle a déjà dit quelque chose qui sortait de l'ordinaire ?

- Non… mais je l'ai déjà vu buter un gars devant moi…

« Tuer n'était pas un problème malgré tout alors…» pensa Kate.

- Qui et pourquoi ? demanda-t-elle simplement

Jimmy hésitait de plus en plus, visiblement, répondre à leurs questions le mettait véritablement mal à l'aise, et en toute objectivité, tous ici pouvaient en comprendre la raison. Il était pris au piège, s'il parlait, les hommes de « L'Avocat » seraient à ses trousses, s'il se taisait, il irait en prison et les mêmes hommes le feraient tuer.

Kate tenta une approche plus « humaine » pour le faire parler. Elle reprit sa position initiale face à lui, agenouillée, le regard plongé dans le sien.

- Ecoute… Jimmy, je sais ce que tu te dis. Tu ne peux pas nous parler parce qu'on est flics et que si ça vient à se savoir, tu es mort. Mais rends toi à l'évidence, tu as tué un homme, un policier et ça, ça va se savoir. Il est mort chez toi, la scientifique va trouver tes empreintes sur l'arme du crime et avec ton casier, aucun procureur ne sera clément avec toi.

Elle prit une pause pour mieux capter son attention.

- Je vais être honnête avec toi. Tuer un flic, ça peut te valoir la perpétuité. Mais si tu nous aides, le procureur pourra mettre en avant des circonstances atténuantes et surtout, l'importance de ton témoignage dans ce qui pourrait être une affaire extrêmement retentissante… autant que l'avait été l'arrestation de Bracken. Je ne te dis pas qu'aucune charge ne sera retenue contre toi… mais tu peux gagner quelques années, et surtout, tu peux te ranger définitivement et sauver ta peau.

- Sauver ma peau ? Vous ne comprenez pas ! cracha-t-il, que je parle ou pas, je suis mort !

- Sauf si tu coopères entièrement avec nous, sauf si tu nous aides, sauf si tu nous dis tout ce que tu sais, répondit Kate d'une voix ferme.

- Réfléchis Jimmy… si tu ne nous aides pas, Bennett va envoyer quelqu'un pour te tuer et on ne pourra rien pour toi. Si au contraire, tu nous dis tout ce que tu sais, on peut t'aider. Tu n'es pas obligé de mourir….tenta Castle

- Vous me demandez de témoigner contre des gars comme Bennett ? Moi ? J'suis rien moi ! Ma parole contre la leur ? Vous êtes encore plus fous que je ne le pensais !

- Pas témoigner… en tout cas, pas maintenant, coupa calmement Kate

Tous les regards la scrutaient désormais. Elle avançait en aveugle et devait peser chaque mot prononcé pour ne pas perdre l'avantage qu'ils avaient sur Jimmy.

« Reste calme… »

- Je veux que tu nous dises tout ce que tu sais. Comment fonctionne cette organisation, ce que tu sais sur Bennett, sur Boyd, sur les frères Bryant, sur « L'Avocat », qui d'autres est impliqué… où va l'argent, d'où vient la drogue, comment ils gèrent leur réseau, comment ils recrutent… tout Jimmy, on veut tout savoir.

- Vous êtes malade…

- Non… nous sommes justes des flics… pas des flics comme Sherman, pas des flics corrompus qui se servent dans la caisse… tu as devant toi les flics les plus propres qui soient…. Un peu moins maintenant, précisa-t-elle presque malgré elle… on doit travailler en sous-marins, on ne peut pas se fier à notre hiérarchie, ni au réseau officiel, mais tu as devant toi des flics qui ne vont rien lâcher… tu peux en tirer profit… ou tu peux mourir. C'est à toi de voir.

- Tu parles d'un choix ! Vous m'obligez à marcher avec vous !

- Non Jimmy… c'est toi qui t'es mis tout seul dedans quand tu as rejoins ce cartel, le coupa Esposito

Il était pris au piège et le savait. Qu'avait-il comme autre choix ? S'en remettre à ces flics ou voir la mort en face…

- Et vous allez faire quoi pour Sherman ? demanda-t-il apeuré

- On va devoir signaler son meurtre, commença Kate

A ces mots, Jimmy se prit la tête entre les mains, il ne comprenait plus rien. Ils allaient l'arrêter ! Mais comment espéraient-ils qu'il les aide dans ce cas ! Il ne vivrait pas 1h dans une cellule, sitôt qu'il serait incarcéré.

- Jimmy… si tu coopères avec nous, on te protègera…

- Comme si vous pouviez quelque chose… se lamenta-t-il

- On le peut, lui répondit Kate doucement

Un pas de plus derrière la ligne. Kate sentit les regards posés sur elle, l'air ambiant si lourd qu'elle en avait les oreilles qui bourdonnaient.

- On peut faire en sorte que tu ne restes pas en cellule… si tu acceptes de nous aider et de tout nous dire, on peut te protéger … mais tu dois tout abandonner. Pas de contact à l'extérieur, pas de téléphone, pas de signe de vie, rien… tu deviens un homme invisible.

Jimmy la regarda incrédule. Qu'était-elle en train de lui proposer ?

- Ça …ça veut dire quoi ?

- On te fait passer pour mort… pour l'instant, précisa-t-elle. Qu'on soit bien d'accord : tu es un homme mort le temps de l'enquête, mais tu passeras en jugement pour tes crimes. C'est le deal : la mort ou la vie, mais derrière les barreaux pendant le temps pour lequel tu seras condamné.

Kate sentit le moment où elle devait souffler, et surtout, celui où elle devait cesser d'agir à l'aveugle.

- On va te laisser réfléchir un moment, Ryan, mets lui les menottes… attaches le au radiateur, je ne veux pas qu'il lui prenne l'envie de nous fausser compagnie.


A quelques mètres à peine de Jimmy, tous les quatre se regardaient, les uns en face des autres, un cercle restreint toujours un peu plus hors la loi.

- Je veux que ce soit clair les gars, vous pouvez encore partir. Je peux faire ça seule, leur dit Kate en préambule.

- Pas seule, je suis là, je reste là, je ne sais pas où tu veux en venir, mais il est hors de question que tu agisses seule, répondit Castle sans même prendre la peine d'y réfléchir.

- Ryan… Jenny est enceinte, ne l'oublie pas… si on se plante, on peut tous perdre nos boulots… dans le meilleurs des cas…

- C'est tout vu Kate, lui répondit-il.

- On a déjà eu cette conversation je crois… on te suit, répondit à son tour Esposito.

Kate souffla doucement en fermant les yeux. Elle n'avait qu'une idée vague du plan qu'ils pouvaient mettre en place, mais elle devait s'assurer que tous étaient encore derrière elle, avant de continuer. Franchir les limites toujours plus loin était une décision qui pouvait s'avérer fatale à bien des égards… que ce soit pour leurs carrières, que pour leurs vies. Elle en avait conscience, mais se refusait d'entraîner ses amis, et son mari dans sa folie.

- Ok… on a un gros problème : on doit signaler Sherman, mais si on le fait, alors Bennett ou n'importe qui d'autre va savoir que Jimmy était en lien avec lui.

- Il est mort si on l'emmène au poste… c'est certain, confirma Castle

- On ne peut pas cacher le meurtre d'un flic, déontologiquement on ne peut pas faire ça, tout pourri qu'il était. Donc on n'a pas le choix. On doit appeler le Central…

- Donc Bennett va savoir que Jimmy a tué un flic…précisa Esposito

- Et donc, il ne va pas faire de détail… il nous l'a dit : ce genre de gars ne prennent pas de risque, ils répondent par le sang. Ils vont le faire taire, conclut Ryan.

- On en vient à notre unique possibilité à mon sens, commença Kate, que Jimmy était une taupe, ça va se savoir. Ou les soupçons seront plus que lourds en tout cas, alors on doit faire en sorte d'éloigner le danger de lui. S'ils pensent qu'il est mort, ils ne le pourchasseront pas.

- Et comment on fait disparaître un homme que lui ? demanda Castle

- Jackson… répondit simplement Kate

Les trois hommes qui l'entouraient gardèrent le silence, Rick, les mains sur les hanches, baissa la tête en fermant les yeux, comme pour se retrancher en lui-même et faire le point sur la possibilité de faire appel à son père.

Javier, lui, fixait Kate, comme pour lire en elle. Jamais depuis le début de cette enquête, il ne l'avait vu prendre de telles largesses avec ses prérogatives d'officier de police. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, il la sentait s'éloigner de plus en plus de cette ligne infranchissable, et espérait réellement, qu'aucun d'entre eux ne le regretteraient.

Ryan, de son côté, portait son attention sur Jimmy. Sa sensibilité le faisait se ranger à l'avis de Kate, il ne pouvait pas envoyer délibérément un homme à une mort certaine, mais pour autant, comme Esposito espérait n'avoir jamais à le regretter.

- Les gars… peu importe ce que Jackson en fera, qu'il l'enferme dans une cave, dans une cabane au fond d'un bois, ou dans un appartement truffé de technologies de défense, l'important c'est qu'il reste en vie. C'est un témoin, et pas n'importe lequel, s'il coopère, on les tient…

- Et s'il s'enfuit Kate ? coupa Castle, dont la voix trahissait son inconfort. Imagine, s'il s'enfuit, on laisse le meurtrier d'un flic en liberté… on perd tout, peut-être même plus qu'on ne l'imagine… s'il se retourne contre nous pour marchander sa vie avec ces types, c'est nous qui sommes morts…

Evidemment, Kate avait en tête cette éventualité, mais elle ne savait pas comment agir autrement. Choisir cette option était risqué, mais que faire d'autres ?

- Ils ont envoyé des mercenaires pour abattre toute une équipe du FBI… il est terrorisé…je pense que le risque est minime, répondit Ryan

- Mais il existe… précisa Castle en fixant Kate du regard.

- Je ne sais pas quoi faire d'autre, avoua-t-elle. Tout ça, ce n'était pas prévu, si je n'avais pas envoyé les gars surveiller le quartier, Jimmy serait peut-être déjà mort à l'heure qu'il est… on tient une chance… une maigre chance de tous les faire plonger…

- On peut laisser carte blanche à Jackson pour l'empêcher de s'enfuir, proposa Esposito

- Et tu sais ce que ça peut vouloir dire de laisser carte blanche à un type comme lui ? demanda Castle, en se souvenant des actes que son père avait pu faire devant lui. La déontologie n'est pas sa priorité si vous voulez mon avis… nous ne sommes pas des tortionnaires…le garder à l'abri si ça veut dire l'enfermer dans une cage au fond d'un bunker, sans voir la lumière du jour pendant peut-être des semaines, ou même des mois, c'est …

- C'est ok… coupa Jimmy… je vous ai entendu. Je veux des garanties pour ma survie. Si votre type peut me protéger et que ça veut dire que je dois rester dans le noir pendant des jours entiers, ça marche. Je veux vivre… même en taule. Alors c'est ok.


Javier424  (27.12.2015 à 19:05)

- Ok, alors … avant toute chose, on doit savoir de quoi on te protège Jimmy, commença Kate en préambule, qu'est-ce qui s'est passé avec Sherman ?

Il la regarda d'un air qui trahissait son impatience, en soufflant lourdement, il répondit d'un ton franc :

- Ecoutez madame… je vais tout vous raconter mais là, ça craint… on doit pas rester ici. Si quelqu'un se décide à appeler les flics, je suis foutu… faites moi sortir de là et je vous promets que j'irais jusqu'à garder ses menottes aux poignets jour et nuit, pour vous prouver ma bonne foi !

Esposito se rapprocha de lui et lui jeta un regard froid et sévère.

- Hé ! Tu as entendu la dame ? Réponds à sa question… tu as tué un flic, pourri peut-être, mais il était flic et si on doit te protéger, on doit savoir ce que tu as fait exactement… alors on attend ta réponse : qu'est-ce qui s'est passé avec Sherman ?

- Et plus tu marchandes avec nous, plus tu perds du temps, alors on t'écoute, ajouta Ryan.

- Ok, ok !

Jimmy baissa la tête et respira profondément, il était en mauvaise posture, et le seul choix qui s'offrait à lui, était de coopérer. En relevant les yeux, il aperçut Beckett qui murmurait quelque chose d'inaudible à l'oreille de Rick. Son instinct de criminel lui soufflait de se méfier, mais pourtant, son cœur d'homme semblait lui hurler de faire confiance à ces flics débarqués de nulle part. Il continua, tout en suivant des yeux Castle qui s'éloignait légèrement d'eux.

- Je ne sais pas exactement ce que vous savez sur Sherman, mais on avait un arrangement. Il me protégeait, je lui donnais des informations… Je suis peut-être pas vraiment du côté des bons citoyens, mais je suis pas idiot… je sais bien que j'ai plus de chances de me faire trahir par un mec et de crever comme un chien au fond d'une ruelle, que de vivre pendant très longtemps, en liberté avec une petite retraite, avec une femme et des petits-enfants, ce genre de trucs quoi… du coup, je me suis dit que cet accord était correcte… je voulais partir de là, j'ai pas envie de crevé… mais dans ce monde là, on ne part pas comme ça…

Kate l'écoutait attentivement, et déglutit douloureusement quand Jimmy fit mention de sa façon de mourir potentielle… au fond d'une ruelle… seul. Comme sa mère. La mort des gêneurs.

- J'ai commencé à faire des enregistrements…mais lui, il en voulait toujours plus… une fois que j'avais les pieds dans cette merde, je pouvais plus en sortir… Sherman me tenait, tout comme le cartel me tient…alors j'ai posé encore plus de questions, je cherchais à avoir les infos qu'il voulait parce que j'espérais qu'au bout d'un moment, il me lâcherait et qu'il me ferait quitter le pays pour de bon…

Il s'interrompit quand Castle revint vers eux. D'un signe de tête, il signifia quelque chose à Kate puis reporta son attention sur Jimmy.

- La dernière fois, je suis allé trop loin… Quinn a remarqué que je posais trop de questions … j'ai essayé de passer à autre chose, mais il a pas été dupe...du coup, j'ai flippé… et j'ai contacté Sherman pour lui dire que ça allait trop loin…

Jimmy s'arrêta à nouveau au souvenir de ce qui avait scellé son destin.

- Il a débarqué chez moi… jamais il n'était venu, ça faisait parti de notre accord… on devait être discret et ça voulait dire de ne pas se montrer ensemble… et lui, il débarque !

Il baissa la tête, d'un air presque abattu, il continua :

- C'est à ce moment là que j'ai compris qu'il m'avait roulé… il avait pas du tout l'intention de m'aider à m'en sortir… il voulait les infos et à la première occasion, il se serait débrouillé pour qu'on sache que j'avais bavé sur l'organisation…

- Il s'est passé quoi après ça ? demanda Esposito

- Il a commencé à me dire que si j'étais pas content de notre accord, je pouvais toujours me plaindre à mon patron… que j'avais pas le choix de toute façon, si je bossais plus pour lui, ça allait être difficile pour moi pour la suite…

- Il était malin… il ne l'a pas directement menacé… juste sous-entendu, commenta Ryan à l'attention de ses amis.

- Ouais mais croyez-moi, sous-entendu ou pas, j'ai bien compris le message, il me laissait pas le choix, leur dit-il

Kate le regardait, sans trahir ses émotions. Concentrée, attentive à la moindre hésitation, au moindre signe d'une vérité déformée. Elle devait garder à l'esprit que cet homme avait tué, et ne devait aucunement se laisser attendrir ou berner encore une fois. Le fantôme de Rita la hantait encore, et malgré les mots, les soutiens, la compréhension de chacun de ses amis, elle-même s'en voulait encore d'avoir cru cette femme. Jimmy ne serait pas un autre piège, elle devait en être absolument convaincue pour faire ce qu'elle s'apprêtait à faire : protéger un assassin, un tueur de flic… pour un temps seulement et pour des raisons bien particulières qui s'imposaient d'elles-mêmes… mais quelles que soient les raisons, elle allait bafouer tous ces principes.

- Pourquoi l'avoir tuer ? demanda-t-elle simplement.

Il leva les yeux vers elle, un mélange de respect et de peur dans le regard.

- Je sais que j'ai merdé… j'ai agi de la seule façon que je sais faire : je frappe, je réfléchis pas… comme un idiot…il s'est approché de moi, et il a commencé à fouiner un peu partout chez moi… il m'a dit qu'avec la came qu'il voyait ici, il ferait peut-être mieux d'appeler ses collègues… que j'allais retourner en taule, et que j'allais sûrement attirer l'attention sur moi… écoutez…

Il s'arrêta un instant, il semblait céder à la panique, comprenant soudain, que de ses explications, pouvaient dépendre sa survie.

- Je me suis énervé… il se foutait de moi… avec ses menaces et son sourire de crevure… il en avait rien à foutre de moi… lui, il voulait se faire du fric, peu importe les moyens à utiliser…j'étais coincé, si j'arrêtais de bosser pour lui, il m'enverrait croupir en taule et j'étais sûr d'y crever… et ça m'a rendu fou… j'ai pas réfléchi… j'ai attrapé un couteau et je l'ai planté… il a rien vu venir…

Castle, jusque très silencieux, s'approcha de lui.

- Pourquoi ne pas simplement lui dire que si tu tombais, lui tomberait aussi ?

Rick connaissait la réponse à cette question : personne ne l'aurait cru. La parole d'un criminel notoire contre celle du flic qui l'aurait fait arrêter ? A peine y aurait-il pu avoir quelques suspicions, mais personne n'aurait privilégié la parole de Jimmy. Cependant, il voulait voir sa réaction, il voulait entendre sa propre réponse.

- J'ai pas réfléchis… je sais pas… j'ai paniqué… je me suis vu dans une belle merde, coincé par ce type et coincé par le cartel… j'ai juste chopé le couteau…

Il tourna les yeux vers Kate, et s'adressa à elle directement.

- Madame… je sais que j'ai tué un mec… et j'ai compris que j'irais en prison pour ça… mais s'il vous plait, faites moi sortir de là… j'ai une gosse… je sais pas si j'ai encore une chance de la voir un jour, mais s'il y en a une, alors j'aimerais bien la saisir…si un jour, elle peut au moins se dire que pour une fois, son père n'a pas choisi la mauvaise option, alors … je vous promets de faire tout ce que vous voudrez, je vous dirais tout… mais faites moi disparaître… s'il vous plait…

Jimmy n'avait été rien d'autre qu'un pion pour Robert Gamberson… il avait tout planifié, tout orchestré pour se jouer de lui en toute impunité, jusqu'à s'identifier sous un faux nom.

Les minutes passaient, la scène de crime était un peu plus souillée de seconde en seconde, par leur présence, par le moindre objet déplacé, la moindre fibre, le moindre cheveu… un peu de terre laissait par une chaussure, une seconde de trop où un voisin devenu trop curieux les apercevrait… Ils devaient agir, mais agir de la sorte les mettait mal à l'aise. Ils n'étaient pas, jamais, du mauvais côté de la barrière. Et là, ils se positionnaient clairement et volontairement bien au-delà des limites imposées par leurs fonctions.

Soudain, deux coups à la porte se firent entendre. Jimmy se mit à paniquer, entrevoyant le pire arriver. Ryan et Esposito portèrent leurs regards sur Kate et Castle, qui eux, ne semblaient pas surpris, ni apeurés.

D'un geste de la tête, Kate répondit à la question silencieuse de Javier. Suivi de Ryan pour le couvrir, au cas où, il s'approcha de la porte et prit position, arme à la main, saisissant la poignée de l'autre.

Opinant du chef, Ryan lui signifia qu'il était prêt. D'un geste vif mais certain, Esposito ouvrit la porte.

Ils tombèrent nez à nez avec Jackson, qui, prudemment, s'était retranché dans l'ombre du couloir mal éclairé.

Sans un mot, il pénétra dans l'appartement, accordant au passage un regard soucieux aux deux hommes.

Kate et Castle s'approchèrent de lui, puis à l'abri des oreilles de Jimmy, lui parlèrent quelques instants, le temps de lui expliquer la situation.


De là où il était, Jimmy essayait de capter quelques mots, quelques signes qui pourraient signifier pour lui, soit obtenir de l'aide, soit signer son arrêt de mort. Il observa les visages fermés du nouveau venu et de l'homme qui l'avait terrorisé un peu plus tôt dans la soirée. Celui plus ouvert mais déterminé de la femme.

Pouvait-il leur faire confiance ? Avait-il le choix ? Son destin était scellé : comme ce flic lui avait dit, dès qu'il avait mis les pieds dans ce cartel, il s'était enchaîné à la mort et aux ennuis.

Jouer cartes sur table avec eux était désormais sa seule option envisageable, et il priait pour qu'il lui soit accordé encore quelques années à vivre. En prison, mais en vie.


Jackson était souriant. Etrangement souriant, se dit Jimmy. Et c'était terrifiant. Il avait déjà vu ce genre de sourire. Ceux qui paraissaient complètement saugrenus, tellement une situation ne se prêtait pas à sourire. Ceux là même qui le faisaient se méfier des hommes comme Bennett ou Boyle. Calmes et souriants, ces hommes n'en étaient pas moins dangereux.

Et cet homme là, Jackson, était en cet instant, terrifiant au travers d'un simple sourire.

- Mon garçon, commença-t-il, je sais ce qui s'est passé ici… cette femme derrière moi pense que tu es important…

Il fit une pause, pendant lequel régna un silence de mort durant quelques secondes. Ses yeux fixés sur ceux de Jimmy, son sourire figé aux lèvres, il continua d'une voix presque douce :

- Pas moi… il faut que tu saches que moi, contrairement à eux, je ne suis pas flic… je ne suis pas du genre à me soumettre aux lois et à la justice… je ne m'oblige pas à respecter les règlements et les codes… j'ai mes propres codes. Je n'obéis qu'à moi. D'ordinaire, mes méthodes sont plus proches de celles des tueurs à gage envoyés par ton patron, que celles des flics de cette ville… les bons flics… comme ceux qui sont dans cette pièce. Pas comme ce type que tu as refroidi. Alors Jimmy, dit-il en attrapant le col de sa chemise pour le lui remettre en place, si tu essayes de me doubler, tu es mort. Si tu essayes de t'enfuir, tu es mort. Si tu mens pour sauver ta peau, tu es mort. Si tu te joues de nous… tu es mort. C'est bien compris Jimmy ?

A présent aussi proche de lui que possible, les deux mains toujours sur le col de sa chemise, Jimmy le regardait pétrifié. Kate, elle-même, se dit qu'il était impressionnant, malgré ce sourire ancré sur son visage.

Elle allait confier leur meilleur atout à un homme qui par quatre fois, en une seule phrase, avait menacé Jimmy de le tuer. De l'intimidation pour saupoudrer ce gâteau amer qu'était devenue cette sombre affaire.

- Je ferais tout ce que vous voudrez… je vous dirais tout… et j'ai vraiment pas l'intention de m'éloigner de vous…je veux vivre.

- Bien mon garçon… alors ? J'espère que ça ne te dérange pas de voyager dans le coffre d'une voiture…lui dit simplement Jackson, dont le calme était tout aussi impressionnant que son stoïcisme apparent.

- Vous rigolez ? demanda Jimmy. Y'a pas moyen que je monte dans une voiture à côté de vous, à visage découvert ! Je veux le coffre…


Jackson se tourna vers Kate et l'entraîna avec lui vers le fond de la pièce. Derrière eux, Ryan et Esposito « préparait » Jimmy pour le départ. A la demande de Jackson, ils lui avaient bandé les yeux, menotté les poignets dans le dos, et s'apprêtaient à le couvrir d'une cagoule opaque.

Castle, qui avait suivi sa femme, n'en perdait pour autant aucun intérêt pour l'étrange scène qui se déroulait sous ses yeux.

- C'est vraiment nécessaire tout ça ? demanda-t-il doucement

- Oh oui, ça l'est… c'est un très gros coup là, à partir de maintenant je suis mes règles pour le transfert de notre nouvel ami.

- Oui mais là, tu lui bandes les yeux et en plus, tu veux qu'il porte une cagoule ? Je sais bien qu'on doit être prudent mais là….

- Richard… toi tu écris des romans, moi je vis les scènes que tu imagines. Enfin… pas toutes, précisa-t-il en regardant Kate, d'un air malicieux, quoiqu'il en soit, je sais ce que je fais. Je m'occupe de lui, je le fais disparaître, c'est dans mes cordes. Je sais le faire. Mais je le fais à ma manière ou je ne le fais pas.

- Ok Jackson… vous avez carte blanche, coupa Kate en jetant un œil sur son mari, mais on ne veut pas de tortures, pas de traumatismes, pas d'humiliation ou je ne sais quoi… on le veut en vie et coopératif. Après ça, il sera jugé pour ses crimes, mais pour l'instant, nous n'avons pas d'autres choix que de procéder comme ça… alors ok, on fait comme vous voulez. Mais pas d'abus…

- Pour qui me prenez-vous ma chère ? Je ne suis pas un bourreau… je ne suis qu'un homme libre et indépendant des lois… je respecte mes lois, mais ça ne veut pas dire pour autant qu'elles sont injustes.

Kate acquiesça, en espérant que son choix était le meilleur. Faire disparaître Jimmy au lieu de l'embarquer au poste… c'était un risque incommensurable… mais tellement plus prudent en ces heures si insensées !

- Vous savez ce que vous avez à faire ensuite ?

- Je vous laisse une heure pour évacuer les lieux, rentrer au poste, et paraître les plus normaux possible…ensuite, je passe un appel anonyme signalant une bagarre dans cet appartement…

- Bien… pour sa disparition ? Comment allez-vous faire ?

- Pas de question… moins vous en saurez, plus vous mènerez votre enquête comme d'habitude… explorez toutes les pistes, agissez normalement… résolvez ce crime. Comme vous savez le faire.

- Et si on trouve un indice qu'on aurait laissé sans le faire exprès? Ou quelque chose qui te relie à ce meurtre ou à la disparition de Jimmy ? demanda Rick, de plus en plus inquiet.

- Vous ne trouverez rien. Ou juste ce que je laisserai volontairement derrière moi. Enquêtez, c'est tout. Ne dîtes rien au Dr Parish. Si elle sait, cela pourrait altérer son jugement. Faites votre job.

- Dans combien de temps pourrons-nous parler Jimmy ? demanda Kate

- Laissez moi un jour ou deux. Je vous recontacterai. J'ai déjà la planque, mais il ne faut rien précipiter…

- Ok… je compte sur vous Jackson… et… merci. D'être là, de nous aider…merci.

Ses yeux se radoucirent et affectueusement, il lui prit la main.

- Enquêtez. N'ayez pas peur de déterrer des indices compromettants. Vous êtes un excellent flic Kate… et je sais que tout ça vous dépasse, mais je sais aussi que vous allez aller au bout. Et je serais là pour vous y aider.

- Merci …

Rick passa un bras autours des épaules de sa femme pour la soutenir, du mieux qu'il pouvait. Il ne pouvait s'empêcher d'éprouver de l'inquiétude, mais Kate n'avait pas besoin de cela pour l'instant. Elle avait besoin de soutien, malgré les chemins boueux qu'ils s'apprêtaient tous à emprunter.

- Euh… monsieur ? appela Jimmy complètement laissé à l'aveugle.

- Qu'y-a-t-il ? répondit Kate à la place de Jackson.

- Les bandes audios que j'ai envoyé à Sherman… vous devez les récupérer avant que les flics débarquent chez lui…

Les bandes… Kate regarda ses amis, ne sachant pas cacher ses émotions et sa surprise. Elle avait oublié les bandes. Si ses collègues les retrouvaient, ils apprendraient alors que Sherman s'intéressait au cartel et dès lors, Bennett serait au courant de ce qui se tramait. Il ferait disparaître les preuves et ils perdraient leur avance sur ces hommes.

- Si les flics trouvent les bandes, ils vont coincer Quinn… et les Bryant le tuerons… je parle des autres mais Quinn lui, c'est le seul avec qui on m'a déjà vu, il est facilement identifiable… ils vont le faire tuer… au moins par précaution…

Ryan et Esposito ne purent cacher leur étonnement. Jimmy pensait réellement à la sécurité de Quinn ? Pouvait-on être un criminel, tuer, être violent, et ressentir un sentiment comme celui de préserver la vie d'un homme « innocent » ?

- Pourquoi ne pas laisser faire au contraire ? On peut choper Quinn et le mettre au frais… proposa Ryan… si les collègues trouvent les bandes, ils vont enquêter. Et cela pourrait faire vaciller ce cartel…

- Le faire vaciller, mais pas l'anéantir, répondit Kate. Il a raison, on doit retrouver les bandes…

Un coup d'œil à Jackson et à Rick, lui confirmèrent que tous deux étaient du même avis. Le risque de voir Bennett étouffer cette affaire était trop important.

- Ryan, Espo, allez chez Sherman, et retrouver ces bandes…Jackson, attendez pour passer l'appel anonyme. Je vous donnerai le feu vert. Castle et moi, on retourne au poste. Surtout les gars, soyez prudent. Je sais que je vous en demande encore beauco….

- On est avec toi. On te suit et on te fait confiance, coupa Esposito.

- On y va et on te prévient dès qu'on met la main dessus, lui dit Ryan

- Et s'ils ne trouvent pas ? demanda Castle. Je ne veux pas être celui qui est tout le temps négatif, mais que se passe-t-il si les Bros ne trouvent pas les bandes ?

Kate y réfléchit un instant. Pour l'instant, il ne savait rien de Robert Gamberson. Quel type d'homme était-il ? Vivait-il avec quelqu'un ? Même si cette éventualité semblait improbable, au vue du mode de vie qu'il avait choisi, il n'en restait pas moins qu'une éventualité ne pouvait être totalement ignorée.

- Ne perdez pas de temps… Agissez vite… s'il ne vit pas seul… espérons que sa femme n'est pas chez eux…

- Il donne plutôt l'impression d'être un loup solitaire… un loup mort en fait maintenant, précisa Castle… mais au cas où, restez vigilants les gars.

- Non ? Tu crois Castle ? piqua Esposito

- Laisse faire la Team ! se vanta Ryan en tapant dans la main de Javier

- Ouais bon, en attendant, ne perdez pas de temps… allez-y, ordonna Kate.

Passant de la vantardise au professionnalisme, ils s'en allèrent le plus discrètement possible, après avoir noté l'adresse de Sherman.

Beckett se tourna vers Jimmy mais Castle la retint par le bras pour lui faire face.

- Castle ? demanda-t-elle intriguée par le geste.

- Tu devrais peut-être signifier à Jimmy qu'il est en état d'arrestation…

- Quoi ? Rick, tu es fou ? Tu sais très bien ce qui va se passer si …

- Non, non… ce que je veux dire c'est que tu devrais lui lire ses droits. Qu'il consente à les abandonner disons… un peu plus officiellement… je ne sais pas si ça servira à quelque chose, mais au cas où, tu devrais le faire…

Un autre aspect de la personnalité de Rick qui l'avait fait tomber amoureuse de lui. Derrière son air maladroit et extraverti, se cachait un homme soucieux et prévenant. Elle-même ignorait si lire ses droits à Jimmy représentait quelque chose dans ce contexte, mais au fond d'elle, elle ressentait déjà une sorte de soulagement. Le faire, lui lire ses droits, la faisait se rapprocher de sa réalité. De ses convictions. De ce pourquoi elle s'était engagée dans la police. Rick avait raison, même si cela ne servirait probablement pas officiellement, dans son cœur et dans son esprit, elle se réconciliait avec les écarts importants qu'elle s'imposait de suivre.

Dans un sourire, et sous l'œil étonné mais complice de Jackson, elle s'approcha de Jimmy et commença à lui expliquer ce dont il pouvait encore choisir de bénéficier.

- Vous avez compris vos droits ?

- Oui madame… mais je n'ai pas besoin d'avocat… qu'on en finisse… emmenez moi ailleurs… s'il vous plait…plaida-t-il d'une voix sérieuse, mais apeurée témoignant de son impatience.

- Très bien… alors bonne nuit jeune homme, murmura Jackson, en lui plantant une aiguille dans le bras.

Presque aussitôt, celui-ci vacilla, puis perdit connaissance. Kate et Castle restèrent sans réaction devant la rapidité d'action de Jackson.

- Qu'est-ce que tu as fait ? cria Rick

- Pas de panique voyons ! Il va juste dormir un moment… je ne veux pas qu'il repère l'endroit où je l'emmène. S'il est conscient, il peut estimer la durée du trajet, repérer les bruits, identifier un lieu… il fait tout pour se montrer coopératif, mais je ne prends aucun risque. Je le préfère inconscient dans mon coffre…mais ne vous inquiétez pas, il aura juste un bon mal de crâne en se réveillant… pas de quoi fouetter un chat…

De plus en plus mal à l'aise avec ces méthodes tellement opposées aux siennes, celles du NYPD, Kate tentait tant bien que mal de maîtriser ses émotions et ses réactions à vifs.

- Jackson… je comprends tout ça, mais j'aurais aimé savoir ce genre de détail, avant de lui administrer n'importe quel produit dans le bras ! lui dit Kate d'un ton ferme

- Vous croyez qu'il en est à son premier shoot ? plaisanta Jackson

Devant le visage fermé de Kate, il redevint sérieux.

- Ne vous inquiétez pas, je vous assure que je vais prendre soin de lui. Je vais le nourrir, le laisser dormir, même lui donner de la lecture s'il le veut ! … Kate, je sais gérer ce genre de situations… faites-moi confiance.

- Je vous fais confiance… c'est juste que je ne sais rien de ce qui va se passer…

- Ça va aller. Faites votre boulot… je m'occupe du reste.

- Ok…. Une dernière chose Jackson, commença-t-elle avant de le laisser partir avec leur seul véritable atout, vous pensez vraiment qu'il n'est pas important ?

Il la regarda d'un air paternel, cette femme l'étonnait vraiment. Elle était douée, et avait à cœur de faire au mieux à chaque instant. De s'en assurer à chaque instant.

- Non… je ne le pense pas. Au contraire, je pense que vous avez raison. Il est essentiel. Mais ce n'était pas nécessaire que lui sache que je pense qu'il l'est. Je préfère qu'il reste docile et qu'il me serve du monsieur quand il me parle. S'il me craint, il réfléchira à deux fois avant de tenter quelque chose…

- Pourquoi tu te méfies autant de lui ? Tu penses vraiment qu'il peut tenter quelque chose ? demanda Rick

- Non… mais me méfier, fait que je suis toujours en vie aujourd'hui.

Puis sans un mot de plus, il s'approcha de Jimmy pour s'assurer qu'il était bien inconscient.

- Partez devant, je m'occupe de lui.


Dehors, de retour dans leur voiture, Kate posa ses yeux sur son mari. Elle ne pouvait plus cacher son inquiétude. Surtout à lui.

- Tu crois que j'ai bien fait ? C'est ce qu'il fallait faire ?

- Je crois que tu n'avais pas le choix… quoiqu'il arrive, je serais là… lui répondit-il simplement, en lui attrapant la main, entremêlant tendrement ses doigts aux siens.

- Comment enquêter normalement quand on connait déjà le tueur avant d'avoir trouver le moindre indice? Comment faire pour donner l'impression qu'on cherche un coupable alors qu'on sait déjà qui il est? murmura-t-elle d'une voix lasse

Rick réfléchit quelques minutes, sans trouver la moindre réponse à donner.

- On va y arriver... je te promets...

Une promesse qu'il espérait ne pas être vaine.


Javier424  (08.01.2016 à 19:53)

- Quelque chose ne va pas ? demanda Rick en prenant place près de sa femme sur leur canapé.

- Tu veux dire autre chose que cette enquête qui me force à faire n'importe quoi ? lui répondit-elle en souriant faiblement.

Il était déjà tard lorsqu'elle était rentrée au loft ce soir là. Comme convenu, Castle et elle était retournée au poste après avoir quitté Jackson et Jimmy, désormais complètement drogué et inconscient. Faire semblant lui avait semblé insupportable. Mentir lui semblait insupportable. Bafouer la loi, souiller une scène de crime, s'abstenir de tout commentaire face à Lanie, prier pour que rien de ce qui s'était passé cet après-midi ne ressorte…

Ce soir, Kate ressentait plus que jamais la tension, la peur, l'absurdité de cette situation. La dangerosité de cette même situation.

Il s'était passé un peu plus de deux heures lorsqu'elle avait reçu le sms tant attendu des Bros, un simple « Capitaine, nous avons perdu du temps à cause de la circulation, mais nous rentrons au poste d'ici quelques minutes ». Elle en avait conclu qu'ils avaient retrouvé les bandes et qu'elle pouvait dès lors prévenir Jackson pour mettre en route la suite de leur plan.

Par précaution, elle avait attendu encore 30 bonnes minutes avant d'envoyer son propre message à son beau-père, si bien que les Bros avaient eu le temps de revenir au poste et de reprendre en cours les affaires courantes. Ils restèrent ainsi à faire semblant, encore, vaquant à des occupations pour lesquelles ils n'étaient pas concentrés, attendant seulement un appel du Central qui leur signalerait qu'un crime avait été commis dans leur juridiction.

Et il leur était enfin parvenu 1 heure après : une patrouille avait été envoyée sur place à la suite d'un appel anonyme signalant des bruits suspects, suivis d'une bagarre dans un appartement situé dans un quartier malfamé. A l'arrivée des policiers, ils n'avaient pu que constater qu'un homme était mort et son meurtrier était en cavale.

Dès lors, Kate et son équipe s'étaient rendues sur place à leur tour, où ils avaient rejoint Lanie, pour commencer une enquête extrêmement particulière. Une enquête où les flics connaissaient déjà le coupable, les circonstances du crime, l'identité de la victime, et même leurs relations.

Seulement ils devaient faire semblant. Semblant de ne rien savoir. Semblant d'aborder cette enquête de la même façon qu'une enquête ordinaire. Semblant de devoir se reposer sur les indices pour résoudre ce meurtre.

Semblant de rechercher un coupable… qu'ils avaient fait protéger en secret.

Quelque chose n'allait pas oui, ça c'était certain. Tout en fait. Rien n'allait. Et Kate ne savait pas comment gérer, ni comment se regarder dans le miroir de son âme.

Devant l'heure avancée, officiellement, ils s'étaient mis d'accord pour que Rick rentre à la maison. Officieusement, Kate avait jugé bon de ne pas tous revenir sur la scène de crime dès ce soir. Si bien que son mari avait attendu son retour, passant le temps en cuisinant pour eux deux.

Elle le regarda tendrement, remerciant tout et n'importe quoi, ou n'importe qui, d'avoir placé cet homme sur son chemin. Dîner ensemble lui avait permis de penser à autre chose pendant quelques instantes, maintenant, toutes ses pensées les plus sombres commençaient à reprendre leur invasion dans son esprit.

- Ecoute… Rick passa son bras sur ses épaules pour la ramener vers lui… je sais bien que tout cela est compliqué, ça le devient un peu plus de jour en jour… et juste quand on pense qu'on prend de l'avance, il nous arrive un truc qui nous force à agir à l'inverse de ce qu'on ferait d'habitude mais …

Il s'interrompit en croisant le regard désabusé de Kate, qui le fixait marquant clairement son désarroi.

- Quoi ? demanda-t-il

- Babe ? Tu n'es pas censé me remonter le moral plutôt que de me remettre en mémoire tout ce qui ne va pas en ce moment ?

- Oh… je suis désolé ! répondit-il d'un air penaud, je ne voulais pas…

Elle lui sourit un peu plus tandis qu'elle le voyait déjà se perdre dans ses explications.

- Rick… je plaisantais

- Oh… oui… sourit-il en retour,un peu nerveux, tu veux m'en parler ? proposa-t-il

Kate s'installa plus confortablement dans les bras de son époux. Elle ferma les yeux pour se laisser submerger par son odeur et par le réconfort de sa présence.

- Quand on a été appelé tout à l'heure… durant tout le trajet, j'avais la peur au ventre… je n'ai jamais ressenti ça auparavant… même pour ma première enquête seule à bord, je n'avais pas aussi peur… je n'arrêtais pas de me dire que quelque chose allait se passer… n'importe quoi… j'avais l'impression de devoir faire attention à tout… tout ce que je disais, toutes les questions que je posais… attention à ce que je voyais et ne pas me trahir en faisant allusion à quelque chose qui n'avait pas encore été découvert… poser les questions habituelles… ne pas en oublier… tu sais, tu n'imagines pas à quel point c'est difficile de ne pas oublier de demander si on connait, ne serait-ce que l'identité de la victime… ou prononcer le nom de Jimmy avant que quelqu'un ait fait mention qu'on était chez lui… j'avais l'impression de ne plus savoir enquêter… de ne pas être à ma place…

- C'est normal, répondit Castle. Je veux dire, c'est vrai, tu ne sais pas enquêter comme ça. Je comprends que tu sois si mal à l'aise avec cela… si tu ne l'étais pas, tu ne serais pas celle que je connais…

Kate se contenta de lui prendre la main pour approfondir leur contact. Elle savait qu'il comprendrait, mais au fond d'elle, le mal était plus profond. Ce malaise était persistant, cette enquête l'entraînait vers des abysses qu'elle aurait préféré ne jamais découvrir.

- Quand j'ai envoyé les officiers faire l'enquête de voisinage, j'avais peur que l'un d'eux ne reviennent me dire qu'un témoin lui avait raconté qu'il nous avait vu sur place cet après-midi… ou que quelqu'un aurait aperçu un homme évacuer un autre homme de l'appartement, inconscient… Rick, j'avais tellement peur…

- Tout s'est bien passé Kate… c'est l'essentiel… tenta-t-il de la rassurer.

- Oui mais si ça n'avait pas été le cas ? Si Jimmy avait eu des voisins un peu plus coopératifs ? S'il avait habité un quartier un peu plus sain ? Si ….

- Kate, arrête de penser à ce qui aurait pu se passer… tu te tortures pour rien… je ne sais pas ce qui se serait passé… ni ce qu'on aurait fait… mais ce que je sais, c'est qu'on a du gérer cette situation là… et tu as pris les bonnes décisions…

En réponse, elle se saisit de sa main, posée délicatement sur son épaule, puis l'approcha de sa bouche. Elle déposa un baiser sur ses doigts, le remerciant ainsi de s'efforcer de toujours la rassurer.

- Quand la scientifique est arrivée… mon dieu, je crois que mes peurs ont atteint des sommets… j'angoissais à l'idée qu'on trouve une empreinte, un cheveu, une fibre… des traces de passages récents… même Lanie… j'avais peur qu'elle ne fasse trop bien son travail.

Comme pour chasser toutes ces pensées, elle se tourna un peu plus vers Rick, passant son bras autours de sa taille et le serrant fort contre elle. Il déposa sa joue contre le haut de son crâne et ferma les yeux à son tour.

Il se devait de rassurer Kate mais évidemment, il partageait chacune de ses angoisses. Cette situation si improbable, si extrême ne leur était pas familière, et il comprenait fort bien les difficultés qu'éprouvait Kate pour aborder sereinement cette enquête.

- Jackson t'a dit d'enquête comme d'habitude… j'imagine très bien qu'il a du « nettoyer » après son passage… tu ne trouveras rien de compromettant…

- C'est effrayant à entendre, coupa Kate. C'est si simple de se jouer de la justice ?

- Tu trouves ça simple toi ? plaisanta Castle dans un sourire qu'elle ressentait et qu'elle devinait.

- Tu sais ce que je veux dire… faire le « ménage »… c'est ce que font ces hommes. On fait la même chose… ça c'est effrayant… et qu'on soit capable de le faire en trompant les services les plus compétents de la police… ce n'est plus effrayant, c'est …terrifiant.

- Techniquement, nous n'avons rien fait disparaître…

- Tu veux dire à part le meurtrier ? murmura Kate, d'une voix faible

- Ben… même ça… techniquement… commença Rick le plus sérieusement du monde, un air embêté trahissant malgré tout ses convictions.

- Babe … le meurtrier était sur place, on lui a parlé, et on a fait appel à ton père pour le mettre à l'abri… techniquement, on a fait disparaître l'assassin de ce flic… on a commandité sa disparition si tu préfères…

- On n'avait pas vraiment d'autre choix …

- Parlons d'autre chose, déclara-t-elle subitement. Laissons ça derrière nous… je veux profiter de nous ce soir…

« Tant qu'on est toujours en liberté… tant que personne ne nous a encore clairement identifié comme présents chez Jimmy tout à l'heure… tant qu'aucune preuve ne s'est retournée contre nous » conclut-elle en pensées.

- Une envie particulière Mme Castle ? demanda-t-il d'une voix douce et sensuelle

Elle sourit malgré elle, Rick ne pouvait pas résister à la tentation d'arpenter des chemins disons plus… charnels. Changer de conversation avec lui, était aisé en général. Et bien souvent, pour ainsi dire, toujours, il parvenait à merveille à lui faire tout oublier.

- Mon mari n'a rien à me proposer ? répondit-elle en le taquinant

- Hum …immédiatement, il me vient des centaines d'idées en tête, tout plus agréables les une que les autres… mais peut-être pourrions-nous commencer par un bain ? Je suis sûr que tu as besoin de te relaxer… dit-il en apposant ses lèvres sur son cou.

Elle frissonna sans retenu, la douceur de sa bouche, la chaleur qu'elle dégageait… il ne lui en fallait pas plus pour sentir le désir poindre au fond de son ventre. Un bain… ce serait parfait. L'eau chaude, le corps de Rick derrière elle, ses mains gourmandes caressant son corps, ses seins… oui, ce serait parfait. Parfait pour oublier. Parfait pour se sentir pure, à sa place, loin de la noirceur qui s'insinuait en elle à chaque décision qu'elle devait prendre pour mener à bien son enquête.

- Avec des bougies et de la musique douce ?

- Et un verre de vin et mes mains sur tes seins…

- Tes mains seront occupées ? Je vais boire seule alors babe ? plaisanta-t-elle

- Je pourrais me contenter très largement de te boire, toi uniquement… mais je pourrais tricher un peu de temps en temps et délaisser ton corps pour attraper mon verre, répondit-il, amoureusement.


Des bougies pour seules sources de lumière, rendait à la pièce une ambiance romantique idéale. Un air de jazz en fond sonore, deux verres déposés non loin… quelques clapotis de l'eau engendrés par les gestes et mouvements des corps.

Des rires. La chaleur de la présence de l'autre contre soi.

Une fin de soirée idéale. Parfaite. Un exploit, après cette drôle de journée.

- Je pense vraiment que notre vie est parfaite, déclara Rick d'un air sûr de lui.

- Babe ? Parfaite… en ce moment, peut-être pas. Tu exagères, rectifia Kate, surprise d'entendre une telle affirmation.

- Non, non…regarde : on est là, ensemble, toi et moi… notre entente est incroyable, notre passion toujours aussi …. Passionnée ! On s'aime comme au premier jour… On est marié, on est tout les deux en bonne santé… on sera bientôt trois ! Non, vraiment… je suis catégorique, notre vie est idéale !

Kate sourit en entendant son mari éluder volontairement des faits aussi énormes qu'une enquête contre un cartel de drogue qui les menait droit au plus profond des mensonges et au plus noir de ce qu'on pouvait y trouver… ou oublier le fait qu'ils avaient laissé un meurtrier en liberté… en semi-liberté en quelque sorte.

Dos à lui, elle se laissa aller un peu plus contre son mari, appréciant de sentir son éveil contre le bas de son dos. Il avait envie d'elle – elle aussi – mais il était homme à ne pas précipiter l'acte amoureux. Il prenait son temps, il savourait chaque instant, en les transformant en sorte de préliminaires aux préliminaires.

Il était incroyable… il était ce dont elle avait besoin.

- Tu as raison… dit-elle en rentrant dans son jeu, tout le monde doit nous envier. Toutes ces femmes qui n'auront plus jamais l'occasion de te faire signer des autographes sur leurs poitrines…

- Tous ces hommes qui ne pourront jamais admirer ton corps nu…

- Juste mon corps ?

- Crois-moi, rien que pour ça, c'est jouissif d'être ton mari, murmura-t-il dans son cou

- Tu me réduis à ma plastique mon cœur ? taquina-t-elle en retour

- Non … mais je ne peux pas nier que ton corps m'excite terriblement, souffla-t-il en laissant trainer sa bouche sur son cou.

Kate soupira de satisfaction sous la sensualité de la caresse. Son corps réagissait aux flatteries et aux baisers déposés par son mari. Et sentir ses mains vagabondaient sous l'eau, sur son ventre, la transportait déjà vers les merveilles qu'elles lui promettaient.

- Je pourrais me sentir offensée tu sais… murmura-t-elle en fermant les yeux, lascive, poussant la plaisanterie au plus loin qu'elle s'en sentait capable, tant son corps ne lui appartenait déjà plus.

- Non… pas offensée… je suis juste terriblement attiré par toi… ton esprit et ton corps… et ça…

D'une caresse rendue glissante par l'eau, il prit possession de ses seins, qu'il commença à masser tendrement. Il les avait découvert plus développés depuis quelques jours, mais n'avait pas jugé opportun de lui parler de sa poitrine qui trahissait sa grossesse. Cependant, il appréciait leur rendre hommage et s'attardait de plus en plus dessus lors de leurs préliminaires et pendant qu'ils faisaient l'amour.

Kate n'était pas dupe, et par la douceur de ses mains, par le respect de ses baisers, elle se familiarisait elle-aussi avec les changements qui s'opérés dans son corps.

Elle gémit quand elle sentit que la passion prenait les commandes en Rick. Ses gestes étaient plus intimes, ses baisers plus sensuels, plus gourmands. Elle sentait sa langue se promenait de son cou à sa clavicule et ses mains, toujours plus possessives.

- Tu es belle Kate… je deviens fou quand je te sens contre moi comme ça… murmura-t-il presque à bout de souffle

- J'aime ta folie mon cœur…répondit-elle simplement, se sentant prête à l'abandon total.

Elle posa ses mains sur les siennes, l'accompagnant dans ses caresses. La tête rejetait en arrière, prenant appui sur l'épaule de Castle, elle se délectait des sensations qu'il savait si bien lui procurer. Elle sentait son souffle chaud, entendait ses râles rendus rauques par l'excitation, ses gémissements qui se mêlaient aux siens…

Lentement, il abandonna ses seins et glissa le long de son ventre, sur lequel il décida de s'attarder un peu. La couvrant de baisers, il ressentait son envie d'elle devenir de plus en plus difficile à gérer, mais dans cette position, son corps ne lui était pas accessible du mieux possible. Pourtant, pour rien au monde, il ne voulait sortir de ce bain, pour rien il ne voulait s'éloigner de la chaleur de son corps contre le sien… pour rien au monde, il ne céderait à son propre désir, tant la vision de sa femme complètement abandonnée contre lui, lui faisait tourner la tête. Sa peau rendue brillante par le reflet des bougies sur l'eau qui la couvrait, ses yeux fermés, ses lèvres qu'elle mordillait… il deviendrait fou avant de sortir de cette baignoire.

Lorsque l'urgence hurla dans sa tête, il amorça une lente et douce descente de son ventre à son sexe. Les yeux fixés sur elle, capturant chacune de ses réactions, il commença une caresse intime, ses doigts experts délicatement positionnés entre ses lèvres.

Un long gémissement le fit sourire lorsqu'il s'attarda sur son clitoris.

« Mon dieu Kate … toute la folie du monde pour t'avoir dans mes bras… comme ça… »

Elle leva une main qu'elle déposa sur la nuque de Rick, l'attirant à elle. Elle se tourna légèrement pour attraper ses lèvres, les baisant sensuellement … furieusement.

De son autre main, elle chercha celle de son mari sur son sexe, et juste posée ainsi, sur la sienne, elle accompagna sa caresse jusqu'à y provoquer son premier orgasme de la soirée.


Javier424  (10.01.2016 à 20:47)

Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur le poste, personne ne prit garde à l'homme qui en sortait.

L'animation quotidienne qui régnait ici, bercée de sonneries de téléphones et de conversations animées, fluctuant au rythme des passages d'officiers en uniformes ou de témoins à auditionner, un jour normal en somme, rien qui ne laissait présager de l'événement imprévu à venir.

De nature discrète, l'homme trouva l'endroit idéal qui lui permettait d'observer cette femme tant redoutée, lui-même restant à l'abri des regards. Cette fouineuse qui leur avait causé bien des soucis dont ils se seraient volontiers passés à l'époque.

Une jolie femme, intelligente, professionnelle, honnête… trop honnête. Incorruptible.

Et par conséquent, un danger potentiel pour l'organisation.

Elle gérait son équipe, s'affairait à regrouper des indices, les comprendre… Deux lieutenants dont ils avaient aussi appris à se méfier.

Il ne manquait plus que le mari ce matin. L'écrivain dont tout le monde semblait n'avoir que des avis positifs, malgré une personnalité extravertie par moment, des réactions improbables et des théories fumantes qui en faisaient sourire plus d'un au Central.

Mais s'il était parfois moqué gentiment, tout le monde s'accordait à dire, officieusement bien sûr, que sa présence était un réel atout pour ce poste. Son intuition, sa capacité à comprendre et à interpréter… lui et Beckett formaient un couple étonnant, mais terriblement efficace lorsqu'ils enquêtaient ensemble.

Forcément, lui aussi en devenait un danger pour le coup.

Elle était imposante dans son rôle de chef, pour ça, personne n'aurait pu dire le contraire. Pas même lui. Elle avait l'œil concentré et l'oreille attentive à ce que lui disait le lieutenant latino, l'autre, sans doute plus réfléchi de nature, restait en retrait, il tenait un dossier dans ses mains. Probablement le pédigré de cet imbécile de Paretti.

Cet idiot. Il espérait pour lui qu'il était déjà ou mort, ou très loin, hors du pays. Sinon… il avait la solution. Et les Bryant auront carte blanche pour le faire disparaître.

De là où il se tenait, ces trois emmerdeurs ne se doutaient visiblement de rien. Et de toute façon, il ne les laisserait pas remonter jusqu'au sommet de l'édifice. Paretti avait été imprudent, sa dernière erreur, mais ils ne trouveraient aucun lien. Ou ils mourraient tous.


Ce matin, Kate avait rejoint le poste dans un esprit un peu plus positif qu'elle ne l'avait quitté la veille. La soirée avec Rick avait porté ses fruits, et comme d'habitude, il avait su la distraire pour qu'elle pense à autre chose – et de quelle manière !

Ils avaient fait l'amour, à plusieurs reprises, mais ils avaient aussi parlé, et là aussi, Rick savait trouver les mots pour la rassurer. Pas ceux de circonstances et mécaniques d'un écrivain, mais ceux apaisants d'un mari soucieux des émotions de sa femme.

En arrivant, Esposito et Ryan étaient déjà à pied d'œuvre. Esposito avait récupéré les relevés téléphoniques de Jimmy, tandis que Ryan avait fait quelques recherches sur leur principal suspect. Bien entendu, en aparté, ils avaient déjà tous connaissance du dossier de Jimmy, puisque Ryan l'avait « déterré » la veille.

Elle avait essayé de paraître la plus normale possible, tentant d'aborder cette affaire comme une autre. Une victime comme une autre. Un suspect comme un autre…à cela près qu'ils connaissaient déjà toute l'histoire. Même si, et cela la surprit, certains détails semblaient varier quelque peu par rapport à hier. Elle reconnut la touche de Jackson pour la crédibilité de la disparition de Jimmy. Et qui sait encore ce qu'ils allaient découvrir de « nouveau ».

Kate devrait aller voir Lanie d'ici quelques minutes, pour l'habituel rapport préliminaire d'autopsie. Elle allait devoir lui mentir, en tout cas, ne pas se comporter comme si elle savait à l'avance ce que son amie avait découvert.

Elle avait décidé d'attendre l'arrivée de Rick pour cela. A deux, elle gérerait mieux les questions à poser, les réactions à avoir… et au pire, pourrait toujours mettre une réaction bizarre sur le compte d'une théorie de Castle, ou sur le compte du peu de sommeil dont elle avait bénéficié la veille. Un tel argument ne manquerait pas d'éloigner la surprise de Lanie, mais provoquerait immédiatement un flot de questions d'ordre privé dont son amie avait l'art et la manière de l'inonder.

Pour le coup, ce matin, elle se demandait si elle ne serait pas pour, pour une fois.

Pour le moment, Esposito lui décrivait la liste des appels téléphoniques de Jimmy, un nombre prévisibles d'appels masqués y figurait.

Entre deux échanges, Kate nota mentalement que Jimmy et Sherman avaient pris soin de ne pas s'appeler directement de chez eux. Ce qui étayait l'histoire de Jimmy, concernant cet accord de discrétion entre eux deux.

- Capitaine Beckett ?

Une voix qu'elle reconnaissait sans peine, malgré le peu de fois où elle l'avait entendu. Un visage qu'elle connaissait par cœur désormais, devenu bien trop familier depuis quelques jours.

Une seconde… peut-être plus. Le souffle coupé, la surprise de taille. Mais l'instinct pour trouver la force de se reprendre immédiatement.

- Nous nous sommes déjà rencontré au Central. Mark Bennett, enchanté Capitaine.

Elle s'efforça de se focaliser sur cette main qu'il tendait devant elle.

« Pas de panique… maîtrise toi… bon sang qu'est-ce qu'il fait là ?! »

- Oui, en effet monsieur, je me souviens. Les réunions mensuelles au Central, répondit-elle, d'une voix qui l'étonna elle-même.

Pas de trémolo, pas d'émotion, pas d'étranglement de peur.

Une poignée molle, juste le temps de contact nécessaire pour justifier d'une politesse, bien assez pour noter le froid qu'elle en avait ressenti dans le bas de son dos.

- C'est ça…nos regards se sont croisés je crois, la dernière fois… mais nous ne nous sommes jamais adressé la parole, si je ne m'abuse… j'ai beaucoup entendu parler de vous… vous êtes un élément particulièrement prometteur…

Il avait une façon particulière de parler, comme s'il laissait volontairement trainer les syllabes, comme s'il les séparait quand il les prononçait. Cela lui donnait naturellement un air supérieur, il s'imposait de lui-même, asseyant sa stature alors même qu'il lui faisait des éloges. Une façon de se positionner au dessus des autres, sans en donner l'impression, sans se trahir par les mots, se dit-elle. Un vrai politicien. Subitement, une image lui revint. Bracken, elle revoyait Bracken en lui.

- Merci… que nous vaut cette visite monsieur ?

- Votre affaire bien sûr… ce n'est pas une enquête courante. Un policier est mort. Vous savez comme moi que lorsque nous avons le malheur de déplorer la perte d'un des nôtres, tous les services sont sur le qui-vive. Les services juridiques y compris.

- Bien sur…

« Comme si tu étais déjà venue ici ou dans n'importe quel autre service dans pareille circonstance… »

- Les lieutenants Esposito et Ryan, si je ne m'abuse ? On parle aussi de vous en hauts- lieux… enchanté de vous rencontrer messieurs…

« En hauts-lieux ? Lequel ? Le Central… ou ton autre patron… » pensa Kate

- Monsieur, enchanté, répondit Ryan en acceptant la main tendue.

- Moi de même monsieur, dit Esposito lui emboitant le pas, jouant le jeu à son tour.

Il leur adressa un sourire fabriqué à peine travaillé pour paraître cordial.

Et sitôt salués, sitôt oubliés. Un bel exemple de dédain.

Kate voyait clair dans son jeu. Il était là pour les mêmes raisons que ces apparitions lors des réunions mensuelles. Il venait à la pêche aux infos.

Elle voyait un personnage, programmé pour saluer, juste le temps nécessaire, sourire, flatter, et obtenir des informations.

Un personnage glacial. Tel qu'elle l'avait perçu lors de la dernière réunion à laquelle ils avaient assisté tous les deux.

- J'aimerais que vous me disiez ce que vous savez déjà de cette sordide affaire

- Bien entendu… allons dans mon bureau, je vous en prie, dit-elle en lui indiquant la porte de la main.

Près d'elle, Esposito et Ryan tentaient d'agir normalement. Ils n'étaient pas préparés à affronter cet homme dès maintenant. Kate non plus. Et pourtant, il était là, et il allait chercher à savoir où ils en étaient. Et probablement ce qu'ils savaient sur Jimmy…

Kate allait devoir se méfier.

- Vous travaillez à l'ancienne à ce que je vois, dit-il en ignorant complètement le geste d'invitation à la suivre dans son bureau.

Il s'approcha du tableau sur lequel étaient placées les photos de Gamberson et de Jimmy.

L'adresse, les photos de la scène de crime, les premiers éléments. Il scuta sans vergogne chaque élément. A cet instant, se dit Kate, il ne se souciait pas d'être observé.

Un signe de grande maîtrise et de grande confiance en soi.

« Un de tes défauts Bennett ?...tu veux diriger… tu décides où, quand, quoi… »

- J'ai cru comprendre que vous aviez été formée par Roy Montgomery n'est-ce pas ?

- En effet monsieur… quand je suis arrivée à la Criminelle, il….

- Il a fait un excellent travail avec vous, coupa-t-il en ne cessant de regarder le tableau.

« Rien d'autre ne t'intéresse que ce que tu veux savoir…tu te fous des gens qui t'entourent, ce qu'ils peuvent dire ou penser… » analysa Kate pour elle-même.

- J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Roy… je l'ai bien connu en son temps, murmura-t-il en dévisageant la photo de Jimmy.

« Bien connu… tu marchais avec Montgomery déjà à l'époque ? »

Elle s'autorisa à l'observer, il avait cet œil noir qu'elle lui avait déjà vu lorsqu'il avait regardé le capitaine Hughes, de la brigade des stupéfiants. Le supérieur hiérarchique de Robert Gamberson.

- Alors… que savez-vous pour l'instant ?

« Tu travailles pour un cartel de drogues et tu rends des comptes directement à leur chef »

- Pour le moment, nous n'en sommes qu'aux prémices de l'enquête. Hier, un appel anonyme a signalé au Central ce qui ressemblait à une bagarre dans un appartement, situé dans un quartier populaire. Sur place, mes agents n'ont pas obtenu de réponse quand ils se sont annoncés. L'appel anonyme précisait qu'un homme avait été vu, fuyant l'appartement par l'escalier de secours. Il chancelait, il semblait malade, ou peut-être blessé…donc les agents ont décidé de pénétrer dans l'appartement. La pièce était sans dessus-dessous, et ils ont trouvé le corps du lieutenant Robert Gamberson, notre victime.

- Je vois… murmura simplement Bennett en la regardant fixement.

L'homme qui avait fuit les lieux était une des petites surprises qu'ils avaient découvert un peu plus tôt, la piste fabriquée par Jackson pour les mener là où il voulait.

- Quoi d'autre ? demanda-t-il en lui offrant un sourire carnassier totalement dénué de toute sympathie.

- Le lieutenant Gamberson a été tué d'un coup de couteau dans la poitrine, je m'apprêtais à aller voir le légiste pour avoir le rapport préliminaire. La scientifique a trouvé d'autres traces de sang dans l'appartement, nous n'avons pas encore la correspondance, mais on suppose qu'elles pourraient appartenir à James Paretti.

- Qu'en concluez-vous Capitaine Beckett ? demanda-t-il en ne la quittant pas du regard.

« Tu es effrayant… mais je vais te tenir tête »

- Comme je vous le disais, nous n'en sommes qu'aux débuts de l'enquêtes, tous les éléments que nous avons ne sont pas encore prop…

- Vous êtes un flic particulièrement intuitif à ce qu'on m'a dit… vous avez certainement une opinion sur ce qui a pu se passer dans cet appartement…

Kate le voyait venir. Il voulait la faire parler, coûte que coûte. Aucun argument ne lui conviendrait tant qu'il n'aurait pas les réponses à ces questions.

« Moi aussi je peux me fabriquer un personnage… »

Elle se positionna un peu plus près de lui, comme pour lui confier quelque chose qui ne devait pas s'ébruiter. Intrigué, il inclina légèrement la tête sur le côté, son regard froid posé sur elle, son sourire déclinant lentement au profit d'un air fou proche de celui d'un psychopathe.

- C'est une affaire très sensible monsieur, commença-t-elle, comme vous le savez, la victime est un flic et certains faits ne sont pas encore vérifiés… donc pour le moment, nous les gardons encore pour nous…

Sa voix n'était que murmure, incitant Bennett à tendre l'oreille pour bien l'entendre. Elle voyait l'intérêt prendre possession de l'esprit de cet homme malsain.

- James Paretti est connu des services de police, il a été accusé il y a deux ans du meurtre d'un dealer local. Ila donc un passé violent. Et nous avons retrouvé des sachets d'héroïne dissimulés dans l'appartement… et nous en avons trouvé également dans la veste du lieutenant Gamberson.

- Donc … que vous souffle votre célèbre intuition Capitaine ?

- Et bien … pour l'instant, nous devons être prudents. Ce que nous pourrions avancer ne serait que pure allégation en l'état actuel des choses… cependant…

Elle prit volontairement une pause de quelques secondes, accentuant l'effet de discrétion voulu en jetant un rapide coup d'œil autours d'elle.

- L'histoire la plus vraisemblable qui se profile serait que Robert Gamberson se procurait des drogues auprès de Paretti. Pour une raison inconnue, ils se seraient disputés, Paretti s'est saisi d'un couteau et a frappé Gamberson dans la poitrine.

- Pourquoi le lieutenant Gamberson ne pourrait-il pas simplement s'être rendu chez M Paretti pour l'arrêter ?

- L'appartement de Paretti n'est pas dans juridiction de Gamberson, d'après ce qu'on en sait, ils ne se sont jamais croisés officiellement, et les stup' nous ont confié que Gamberson n'était sur aucune affaire pour le moment. Il était plutôt solitaire… et téméraire, presque dangereux par moment. Son dernier équipier avait demandé à changer de partenaire il y a quelques mois à peine. Et il était suspendu au moment de sa mort.

Ces dernières informations, Kate les avait obtenus directement du Capitaine Hughes ce matin même lorsqu'il l'avait appelé pour s'informer sur l'enquête.

- Hum … une fin bien malheureuse, n'est-ce pas ?...

Toujours ce sourire, faux et arrogant. Pour rien au monde, cet homme se souciait ne serait-ce qu'un seul instant de la mort de Gamberson.

- Que savez-vous de ce … James Paretti ?

Il avait prononcé son nom après une légère hésitation.

« Encore une marque de ton mépris ? »

- Pour le moment, tout ce qu'on sait c'est ce qu'on a appris par son dossier. Son casier judiciaire est bien rempli, des vols, des effractions, une accusation de meurtres, du trafic de drogues… il a passé beaucoup de temps en prison… comment a-t-il rencontré le lieutenant Gamberson, ça, nous ne le savons pas encore, mais nous allons tâcher de le savoir rapidement.

- Une idée sur l'endroit où il pourrait se trouver à l'heure actuelle ?

- Pas pour le moment… mais encore une fois, nous n'en sommes qu'au début de l'enquête, nous en saurons bientôt plus… et là, nous le trouverons et nous saurons comment et pourquoi ils se connaissaient.

- Je suis sûr que vous allez trouver Capitaine… après tout, il s'agit là d'une affaire de meurtre sensible, un flic est mort… je suis persuadé que vous allez poursuivre cette enquête avec la plus grande des déterminations…

« Tu n'imagines pas à quel point… »

Tout son personnage transpirait le faux. Il la dévisageait et lui parlait à voix basse, tout juste audible, il lui parlait, mais cela sonnait presque comme une mise en garde. Comme si derrière chacun de ses mots, se cachaient des menaces.

- C'est un tueur de flic qui est dans la nature, alors oui monsieur, je vais le chercher et je vais le trouver, lui répondit-elle en soutenant son regard, affichant clairement ses intentions.

« Comprends-moi bien… je vais te « trouver »… »

- Je vous fais confiance Capitaine… vous avez déjà démontré ce dont vous étiez capable par le passé, sourit-il froidement

« Tu bossais pour Bracken… déjà à l'époque ? »

- C'est mon travail monsieur…j'arrête les assassins, lui répondit-elle en lui rendant son sourire.

- Et on sait tous que votre travail vous tient à cœur…

Esposito et Ryan suivaient l'échange à quelques pas de là. Les deux semblaient s'affronter du regard, sous couvert de sourires qui ne trompaient personne.

Bennett faisait véritablement froid dans le dos. Cet homme mettait mal à l'aise les deux lieutenants tant il affichait quelque chose de terrifiant.

- Bien… Capitaine, j'aimerais assez que vous me teniez au courant des avancées de votre enquête. Lorsque certains détails sortiront, nul doute que des questions vont se poser, je vais devoir me tenir près pour y répondre…Les services juridiques sont pris d'assaut en général lorsque des éléments de ce genres concernant des policiers sont mis en exergue…je peux compter sur vous Capitaine Beckett ?

Elle soutint encore un peu son regard, avant de lui tendre la main, prenant les devants, juste pour juger sa réaction, lui qui visiblement aimait diriger les débats.

Elle le vit grimacer en regardant sa main devant lui.

« Tu n'aimes pas hein ?... tu ne sais pas à qui tu as affaire Bennett… »

- Je vous appellerai dès que nous en saurons un peu plus Monsieur Bennett… merci d'être venu en personne, et encore ravie de vous avoir rencontré…

Sans la lâcher des yeux, il accepta sa poignée de main, mais lorsque leurs deux mains se rencontrèrent, Kate lut dans son regard une haine à peine camouflée par son irascible et hypocrite sourire.


Javier424  (11.01.2016 à 23:06)

- J'y crois pas… murmura Esposito

- Chut… pas un mot de plus tant que ce type n'est pas sorti du poste, répondit Kate en suivant Bennett du regard.

D'un pas décontracté, celui-ci se dirigeait vers l'ascenseur, les mains dans les poches, l'attitude d'un homme sûr de lui et totalement à l'aise malgré ses attaches criminelles.

Kate ne pouvait le quitter des yeux, des mois… des mois qu'elle enquêtait sur ces hommes de l'ombre, et l'un des principaux protagonistes sortait à la lumière, ici, au poste, pour elle.

Sans crainte, sans aucune méfiance.

Elle trouva abjecte qu'une telle situation puisse se dérouler ici, dans son environnement, elle qui chérissait tant la justice à rendre et l'honneur de son métier.

Il venait ici, avec des intentions bien entendu malveillantes, il bafouait l'âme de ce lieu de par sa présence seule.

Quand l'ascenseur s'ouvrit, le temps s'arrêta. Bennett se tenait face à face avec Rick, qui arrivait tout juste au poste, ses deux cafés en mains, son sourire sur les lèvres. Ce sourire, si affectueux, si franc, qui contrastait tellement avec celui que Bennett lui offrit en lui tendant la main.

Kate vit tout d'abord la surprise dans les yeux de son mari, comme elle plus tôt, il ne s'attendait pas à voir leur ennemi si près, si vite. Puis fidèle à lui-même, il se reprit mais très vite se trouva idiot, jonglant avec ses cafés, ne sachant quoi en faire, manquant de les faire tomber, puis finalement les superposa l'un sur l'autre, formant une tour instable de caféine.

Enfin, elle le vit accepter la main de Bennett, mal à l'aise et inconfortable, tant par sa position que par la présence de cet homme qui respirait la fausseté et l'hypocrisie.

Très vite, Bennett retira sa main, comme si le contact le répugnait. Ou comme si la maladresse apparente de Rick avec ses cafés en équilibres, le satisfaisait.

« Tu aimes ça… tu le mets dans une position inconfortable et ça te fait plaisir… c'est jouissif pour toi. Tu domines, tu écrases, tu humilies… tu aimes ça ».

Kate essaya de lire sur les lèvres de Bennett, elle supposa qu'il se présentait et qu'il devait certainement lui faire le même numéro qu'à elle.

« J'ai beaucoup entendu parler de vous, vous êtes un atout pour ce poste, je suis ravi de vous rencontrer ».

Elle croisa le regard de Rick pendant une seconde. Une seule qui lui suffit pour comprendre l'inquiétude et l'incompréhension de son époux.

Quand finalement, les portes de l'ascenseur se refermèrent sur Mark Bennett, Rick se dirigea sans perdre une seconde vers Kate et les gars.

- Pourquoi est-il venu ? Qu'est-ce qu'il voulait ? Il t'a dit quelque chose de particulier ?

Un flot de paroles, de questions compréhensibles. Rick était inquiet et Kate ne pouvait que le comprendre.

- Calme toi Babe… je vais tout te dire, mais là, on doit faire attention à ne pas trop montrer nos émotions…

- Moi en tout cas, il m'a fait froid dans le dos ce mec, souffla Ryan, à leur attention

- Tu m'étonnes… j'ai jamais vu un homme aussi froid et aussi faux de toute ma vie…et pourtant, on en a vu défiler ici ! ajouta Esposito

- Allons dans ton bureau, tu vas me raconter ce qu'il…

- Non, on reste là. On ne change rien à nos habitudes. On ne doit pas donner l'impression de cacher quelque chose. Soyons naturels… autant que ce soit possible après ça… coupa Kate

Elle se saisit de son café et en but une longue gorgée, comme s'il s'était agit d'un alcool, pour faire passer le choc.

- Il est venu pour savoir où on en était de l'enquête… il m'a donné une excuse bidon, « les affaires où les victimes sont des flics sont sensibles, j'ai besoin de tout savoir, pour être préparer », ce genre de choses…

- Comment il t'a paru ? Je veux dire, il avait l'air inquiet ? Il donne l'impression de savoir qu'on est sur son dos ? Qu'on en sait plus qu'on ne le dit ? questionna Rick

- Non, non… il ne m'a pas donné cette impression là. Je dirais plutôt qu'il était…

- A l'aise et confiant, coupa Ryan. Comme si venir ici était normal, comme s'il n'avait absolument rien à se reprocher. Soit il est très bon acteur, soit il ne sait rien du tout à propos de nous…

- En tout les cas, il est bon acteur…Sérieux ? Vous avez vu ce mec ? Il se pointe ici, il nous baratine avec des pseudos questions d'intérêt juridique, il se fout ouvertement de nous …et en plus, je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai clairement l'impression qu'il sait très bien que personne n'est dupe : depuis quand un mec du Central, un administratif, vient ici et nous questionne sur une enquête ?

- Si vous voulez mon avis, ça ne trahit qu'une chose : il est tellement confiant, qu'il s'autorise à pavaner … il est arrogant… ça va être un vrai plaisir de lui passer les menottes, leur dit Ryan

Rick attrapa le regard de Kate et s'y plongea un instant. Il y lut sa détermination, son accord avec les impressions laissées par Bennett sur ses lieutenants, mais il lut aussi de l'incertitude.

Comment gérer cette affaire absolument improbable, déjà difficile par nature et par le fait qu'ils étaient intervenus avant d'en être officiellement en charge ?

- On fait quoi maintenant ? lui demanda Rick, d'une voix douce

Elle prit quelques secondes avant de formuler ses pensées. Elle ne se laisserait pas intimider. Quoiqu'il se passe, cet homme ne ressortirait pas libre et blanchi de cette enquête.

- Maintenant ? On enquête et on fait tomber les coupables. Et Bennett en bonus.


Lanie les attendait impatiemment à la morgue. La veille, elle avait remarqué comme une gêne émanant de Kate, de Ryan et d'Esposito. Sur le coup, elle en avait été surprise, puis intriguée, elle avait supposé une brouille sur une affaire ou autre chose en lien avec leur affaire mais qui, sur le coup, ne pouvaient lui être confiée.

Mais lorsqu'Esposito l'avait appelé le soir en annulant leur rendez-vous, prétextant qu'il était fatigué, qu'il avait besoin de sommeil etc… là, elle avait compris qu'il s'agissait de quelque chose de plus important encore. Esposito n'était pas du genre à annuler, et si réellement, il voulait dormir, rien ne l'aurait empêché de dormir avec elle. Elle pouvait comprendre !

En revanche, ce qu'elle ne comprenait pas, c'était ce qui pouvait être plus important que leur affaire : elle ne comprenait pas, et ça l'effrayait d'une certaine façon.

Plus important que ça, signifiait quoi ? Qu'est-ce qui pouvait être pire qu'enquêter sur un cartel capable de faire tuer une équipe de fédéraux et un sénateur déchu ?

Et puis, elle s'était penchée sur ce corps qu'on lui avait confié. Sur place, elle s'était trouvée plus intriguée par le comportement de ses amis, que par la nature même du crime.

En soit, il n'avait rien d'exceptionnel : une bagarre entre un dealer et un consommateur, qui s'était terminée par la mort de celui-ci. Le seul fait majeur finalement, était que le consommateur semblait être un flic.

Ses amis pouvaient en être légèrement déstabilisés, mais pas à ce point.

Et elle avait compris.

La victime s'appelait Robert Gamberson. Il était lieutenant de police, officiant au stup'.

Le suspect principal s'appelait James Paretti.

James…prénom dont le diminutif habituel était Jimmy. Et un flic des stup' mort ?

Elle avait rapidement fait le rapprochement. Et du même coup, comprenait enfin l'attitude de Kate et des Bros. Esposito avait certainement cherché à ne pas provoquer d'autres mensonges. Elle trouva cela rassurant pour leur relation.

Cette affaire était liée avec la leur, et pour une raison ou une autre, Kate et les Bros avaient eu connaissance des faits avant de la rejoindre sur les lieux du crime.

Lorsque Kate et Castle passèrent la porte de la morgue, Lanie les accueillit les bras croisés, le visage fermé et, il fallait bien qu'elle se l'avoue, un sentiment persistant de vexation.

Elle ne répondit pas aux salutations des Castle, se contentant de hocher la tête.

- Alors Lanie, qu'as-tu à nous dire sur le corps ? Qu'est-ce qu'on a ?

- Des cachotteries ! Voilà ce qu'on a ! lui répondit-elle sans ménagement.

- Quoi ? réagit Kate en échangeant immédiatement un regard avec Castle

- Oui Kate… des cachotteries ! Et si j'avais un doute, la façon d'où tu regardes ton mari me l'aurait enlevé ! Je peux savoir ce qui se passe ici ?

- Attends Lanie… pourquoi crois-tu qu'on te cache quelque chose ou je ne sais quoi ? demanda-t-elle livide.

- Un flic des stup' ? Un suspect qui s'appelle James ? Et votre comportement hier soir sur la scène de crime ? Tu pensais vraiment que je n'allais rien voir ?

Kate se perdit dans le regard bienveillant de Rick, Lanie était professionnel et surtout, ces dernières semaines d'enquêtes sur le terrain ou plongés dans des dossiers, avaient affiné sa perception des choses. Elle devenait intuitive et le rapport entre ce meurtre et leur affaire était devenu évident apparemment.

- Ok… avant toute chose, il faut que tu saches que je ne voulais pas te laisser dans l'ignorance, mais les circonstances ne nous aident pas…

- Hum…

Lanie haussa le menton en dévisageant Kate et Rick, puis après quelques secondes qui lui semblèrent suffisantes pour marquer le coup, elle céda à sa curiosité.

- C'est Sherman n'est-ce pas ? C'est vraiment Jimmy qui l'a tué?

- Oui Lanie mais … on ne peut rien te dire pour l'instant ?

- Comment ça ? Je croyais qu'on était dans la même équipe, non ?

- Lanie, ce que Kate essaye de te dire c'est que pour le moment, tu ne dois rien savoir… avant que tu aies fait l'autopsie de Gamberson. On ne peut pas prendre le risque de te « polluer » l'esprit…

- Castle ? Tu es en train de me dire que je ne peux pas être professionnelle ?

- Non, non ce n'est pas ça ! se défendit-il tant bien que mal

- Lanie… tu te doutes que si on ne peut rien te dire pour l'instant, c'est que c'est extrêmement compliqué…je te promets qu'une fois que tu auras réalisé l'autopsie, on te racontera tout ce qu'on sait, mais pour l'instant… tu ne dois rien savoir.

- C'est essentiel Lanie… cette autopsie doit avoir lieu dans les mêmes conditions que d'habitude…

- Sache qu'à ce stade, toi comme nous, en sommes au même point. On ne sait pas ce que tu vas découvrir et c'est pour ça que tu ne dois rien savoir de… ce qu'on sait…conclut Kate, d'une voix un peu empruntée.

Lanie leur jeta un coup d'œil à l'un comme à l'autre, ne sachant pas trop quoi penser de cette histoire. Visiblement il était important qu'elle ne sache rien, mais cette idée la mettait quelque peu mal à l'aise.

- Hum… je comprends mais juste une chose alors… vous maîtrisez la situation ? Vous savez ce que vous faîtes ?

Encore une fois, les regards de Kate et Rick en dirent plus long que tous les discours du monde. Ils semblaient dépassés tous les deux. Il ne lui restait plus qu'à se reposer sur ce qu'elle savait de ses amis. Leur détermination et la confiance qu'elle leur confiait.

- Oui Lanie, on peut dire qu'on gère la situation… répondit Kate

Peu convaincue, Lanie se tourna vers son bureau et se saisit de son rapport préliminaire qu'elle tendit à Kate.

- Voici ce que je peux vous dire pour l'instant : votre victime a été tuée d'un coup de couteau dans la poitrine, près du coeur… à première vue, d'après la quantité de sang sur sa chemise et sa veste, je dirais que la lame a pu sectionner l'aorte mais je ne pourrais vous le confirmer qu'en l'ouvrant. Il a du rendre l'âme en très peu de temps en tout cas. Je ne vous apprends rien sur le type de couteau utilisé, puisque votre … tueur… l'a laissé planté dans le corps.

- Bien… tu as trouvé autre chose ? demanda Kate

- En fait, oui … ceci, dit-elle en lui tendant un sachet renfermant l'indice retrouvé. Ce sont des résidus de poudre blanche … je ne vous apprends rien là encore, d'après les analyses, c'est de l'héroïne, mélangée à une autre substance, de la salive. La sienne.

- On a trouvé un sachet dans sa veste effectivement…

- J'ai trouvé les résidus sur son doigt, son index droit, comme s'il l'avait goûté avant d'acheter.

- Des traces de piqûres ? demanda Castle

- Non… mais ça ne veut rien dire, l'héroïne peut se consommer également en la fumant ou en la sniffant. Je vous dirais si votre client était consommateur quand les analyses de sang reviendront.

- Autre chose ? demanda à nouveau Kate

- Des traces de sang qui n'appartiennent pas à M Gamberson. J'en ai trouvé sous ses ongles et mélangées au sien sur ses vêtements. Je devrais avoir les analyses en même temps que celles de Gamberson.

- Ok Lanie, appelle-moi quand tu auras les résultats… merci et… je te promets de tout te dire dès que possible, s'excusa Kate.

- C'est bon… je te fais confiance, promets moi simplement de faire attention Kate…

- Ne t'en fais pas Lanie…

Avec toute la meilleure volonté du monde, elle ne pouvait pas promettre une telle chose. Chaque pas vers le sommet, les rapprochait d'un danger potentiel de plus en plus tangible, et même lorsqu'ils faisaient au mieux, que ce soit dans la discrétion, dans l'attention, dans la patience, il arrivait encore des imprévus qui les mettaient en danger.

Et contre cela, ils ne pouvaient rien, à part continuer à se serrer les coudes et à avancer ensembles.


En sortant de la morgue, Kate et Castle rejoignirent leur voiture, le froid de l'hiver les enjoignant de ne pas trop trainer dehors. Et dans le même temps, ces jours-ci, ils se sentaient plus en sécurité à l'intérieur, que dehors.

- Si Gamberson était consommateur, ça peut nous être utile pour éloigner Bennett de la vérité. Et ça collerait avec l'histoire que je lui ai vendue ce matin.

- Reste à savoir si c'est la vérité… comment savoir si ce n'est pas Jackson qui a laissé ses traces… Jimmy ne nous a jamais dit que Sherman consommait…

- C'est justement pour ça que Jackson nous a demandé d'enquêter sans se soucier de lui, ni de ce qu'on allait trouver. On doit faire notre boulot, même si c'est lui qui nous a orientés ainsi, on doit suivre cette piste…

- Oui, oui… j'imagine bien que s'il a placé des indices, c'était pour nous emmenait là où il veut qu'on aille… mais ça me gêne d'imaginer qu'il a souillé une scène de crime à ce point… et on aura beau dire ce qu'on veut, Sherman était véreux mais on ne peut pas inventer des trucs sur lui… surtout ce genre de trucs…

- Ecoutes, tu as raison Rick, et ça me gêne aussi… mais pour l'instant, on ne sait pas ce qui est vrai et ce qui est faux… alors on n'a pas le choix, on doit suivre toutes les pistes… l'une d'elles nous mènera vers la mort présumée de Jimmy…je sais que déontologiquement parlant, ce n'est pas l'idéal, et que c'est même illégal ce qu'on fait, mais on sait pourquoi on le fait… et j'en répondrai s'il le faut… quand il le faudra…et si Sherman ne consommait pas, la vérité sera faite pour ça aussi.

Rick prolongea le silence, observant sa femme comme pour s'assurer qu'elle allait bien. Qu'elle ne se noyait pas dans la noirceur, qui il le craignait, pourrait les atteindre et leur être fatale.

- J'aimerais bien avoir des nouvelles de mon père, qu'on puisse au moins interroger Jimmy sur ce qu'il sait exactement.

- On ne peut pas précipiter les choses, mais oui mon cœur, moi aussi j'aimerais savoir…pour l'instant, on va enquêter.

- On va plutôt ramasser les miettes que le Petit Poucet a semé pour nous conduire à la maison… rectifia Rick, d'une voix amère.

Kate se saisit de sa main, et lia ses doigts aux siens. Geste simple, mais rassurant, pour elle, comme pour lui.


- Les gars ? Du nouveau ?

- On a les résultats pour les empreintes relevées sur l'arme du crime : ce sont bien celles de James Paretti, annonça Esposito. La scientifique en a trouvé également sur le rebord de la fenêtre qui mène à l'escalier de secours, et également un peu partout sur la structure de l'escalier et sur une benne à ordure, dans la ruelle.

- Il y avait du sang aussi, continua Ryan, apparemment, James était blessé et a du chancelé en prenant appui un peu partout. Ce qui corrobore le témoignage de l'appel anonyme.

- Beaucoup de sang ? demanda Castle en croisant le regard de sa femme. Quand ils l'avaient quitté, Jimmy n'avait aucune blessure. Un mystère de plus...

- Difficile à dire pour l'instant, mais d'après la scientifique, les traces remontent jusqu'au bout de la ruelle. Après plus rien.

- Il avait une voiture ? demanda Kate

- Oui, une vieille Ford qui appartenait à sa mère. On ne l'a pas retrouvé sur place mais on a le numéro des plaques, on a lancé un avis de recherche.

- Bien… on peut supposer que James a remonté la ruelle et est monté dans sa voiture pour fuir les lieux… On lance un avis de recherche sur James Paretti. Ryan, envoie son portrait à toutes les patrouilles, et aux hôpitaux, aux cliniques, aux pharmacies, aux vétérinaires également… s'il est blessé sérieusement, il va peut-être essayer de voir un médecin, ou d'en braquer un, c'est plus son genre.

- C'est comme si c'était fait, lui répondit Ryan mécaniquement.

Evidemment, pour tous, cette mascarade ne servait qu'à couvrir les traces de la disparition orchestrée de Jimmy. Mais il fallait en passer par là, enquêter comme n'importe quelle affaire, c'était ce qu'avait dit Jackson.

C'était ce qu'ils feraient.

- Esposito, on a retrouvé quelque chose dans l'appartement de James qui les relient lui et Gamberson ?

- A part la drogue, rien.

- Et les voisins ?

C'était la question qu'elle redoutait le plus : celle qu'ils maîtrisaient encore moins que le reste. Si un seul des voisins de Jimmy avait vu ou aperçut quelque chose, tout pouvait s'arrêter là.

- L'immeuble est quasiment vide, le propriétaire a bien voulu nous parler, mais on a bien vu qu'il n'était pas du genre bavard. I appartements, 3 par étage, et les 2/3 sont inoccupés. C'est plutôt insalubre … pas le genre qu'on voit sur les brochures d'un agent immobilier, si tu vois ce que je veux dire… donc non, rien. Hier après midi, seul le locataire de l'un des appartements du rez de chaussé était chez lui, mais il bosse de nuit, alors il dormait.

- L'appel anonyme venait forcément de lui pourtant, non ? demanda Kate nerveusement

Avait-elle trouvé la faille à l'histoire si bien mise en place par Jackson ?

- Il jure que non… et son relevé de carte bleue lui donne raison, lui répondit Esposito, dont le sérieux et la maîtrise commençaient réellement à impressionner Kate.

- Son relevé de carte bleue ? Quel rapport ?

- Une bizarrerie dans l'enquête : Vikram a localisé l'appel et il a découvert qu'il avait été passé d'une cabine téléphonique, dans l'Upper West Side.

- Manhattan ? On est loin de Brooklyn ! s'étonna Castle

- Ouais, l'appel a été passé à 19h48, le locataire était en train de faire le plein de sa voiture au même moment, à l'opposé de la ville, la station service est sécurisée, trop de braquage, le patron nous envoie la bande pour confirmer qu'il s'agissait bien de lui et pas de quelqu'un d'autre.

- Ok, envoyez la scientifique faire des relevés autours de cette cabine, on ne sait jamais, on aura peut-être de la chance…

- En fait, on en a, coupa Ryan

Tous se tournèrent vers lui. Combiné du téléphone encore en main, il raccrocha avant de s'adresser à ses amis.

- On vient de nous signaler des traces de sang, beaucoup de sang près de l'Hudson. Et devinez quoi ? La cabine d'où a été passé l'appel se trouve justement à cet endroit…


Javier424  (13.01.2016 à 17:01)

- Kate ?

- Je sais Rick…

Cela n'avait été qu'un murmure… une réponse de fortune qui épousait à merveille l'inquiétude qui, chez tous, était montée en flèche.

Du sang ? Beaucoup de sang ? Pourquoi ? Jimmy n'était pas blessé pourtant … enfin, aux dernières nouvelles.

- On lui a laissé carte blanche, murmura Castle pour eux seuls, à l'abri des oreilles indiscrètes.

Sa voix semblait sortie d'outre-tombe, teintée du désespoir et de l'inconfort. Que contrôlaient-ils encore ? Avaient-ils fait là la plus grossière des erreurs à commettre en pareille circonstance ?

- Est-ce qu'il aurait pu… ?

Ryan ne termina pas sa phrase. Jackson était un de ces hommes qui n'obéissait qu'à ses propres règles. Avait-il pu blesser volontairement Jimmy pour orchestrer sa disparition ? Et blesser à quel point ?

- Attendez… vous ne croyez quand même pas… ?

Esposito hésita lui aussi. Cela sortait complètement de l'acceptable. Ils ne maîtrisaient plus rien…

- On… on est peut-être en train d'imaginer le pire là… souffla Kate d'une voix faible.

Elle se racla la gorge et reprit d'une voix plus professionnelle.

- On y va… Ryan, la scientifique est sur place ?

- Ils sont en chemin… répondit-il simplement

Elle échangea un regard empli de détresse et de ce qui leur restait d'espoir avec Rick.

« Pourvu que Jackson ne soit pas allé trop loin… pourvu que moi, je ne sois pas allée trop loin… mon dieu…»


Sur ce quai des bords de l'Hudson, la première chose qui surprit Kate, fut le nombre d'agents dépêchés sur place. Elle s'était attendue à voir l'équipe de la scientifique bien entendu, mais là, elle apercevait des officiers en uniforme bien trop nombreux pour ce qui ne constituait pas – peut-être pas- une scène de crime.

Intriguée, elle s'approcha de l'un des officiers qui était posté en retrait, et qui, pour Kate, n'avait pas sa place ici.

- Hey, pourquoi tant de monde ici ? Vous avez combien d'hommes ici en plus de la scientifique ?

- 10, Capitaine. Un ordre d'en haut, lui répondit-il en levant le doigt au ciel, aussi embêté qu'il se savait inutile ici.

Elle échangea un regard compatissant avec lui, après tout, cet homme obéissait aux ordres, mais n'était pas dupe : une telle présence renforcée pour faire des constations, à ce stade, était risible.

- Tu crois ce que je crois ? demanda Rick en murmurant

- Oui… si tu penses que Bennett veut garder la main sur la situation… répondit-elle

- Il use et abuse… je me demande comment il arrive à justifier leur présence ici…

- User et abuser, je pense que pour lui, c'est un comportement habituel. Et c'est un menteur compulsif, ne l'oublions pas… trouver une excuse, ça ne doit pas être trop difficile pour lui…

- Hey !

Ryan les appela alors qu'il se trouvait près de la cabine téléphonique. Sans plus attendre, ils le rejoignirent, pressés d'entendre les nouvelles. Bonnes ou mauvaises.

- Qu'est-ce que tu peux nous dire Ryan ?

- Comme prévu, du sang … et des empreintes. Sur la cabine, une peu partout, et au sol… empreinte de pas et des traces de sang aussi.

Kate s'écarta légèrement d'eux pour juger précisément par elle-même de la scène. Elle s'agenouilla près d'une empreinte au sol.

- Un seul homme apparemment… murmura-t-elle

Elle ne pouvait s'empêcher d'être intriguée. Evidemment, dans le scénario que leur vendait Jackson, elle devinait qu'ils découvriraient que les empreintes retrouvés sur la cabine et au sol appartiendraient à Jimmy, mais comment avait-il fait ? Elle ne voyait aucune autre trace prouvant la présence d'une deuxième personne. Jackson était vraiment un pro… elle le trouva impressionnant, et aussitôt après, s'inquiéta de savoir à quel point il était pro, et jusqu'où irait-il ?

- La scientifique a fait tous les relevés ?

- Oui, cabine, prélèvements et moulages au sol, affirma Ryan

- Des caméras ? demanda-t-elle, la boule au ventre

- Non, il n'y en a pas sur le quai… et celles qui mènent à la rue sont factices, elles sont là juste à but dissuasif mais elles ne nous apprendront rien du tout, lui dit Ryan.

Castle leva les yeux au ciel, puis tourna la tête, comme s'il observait et s'attendait à apercevoir quelque chose d'inhabituel.

- Qu'y-a-t-il Castle ? demanda Kate

- Je me demande… commença-t-il avant de s'interrompre.

Il replongea dans son regard et lui dit tout bas :

- Pourquoi ici ? Pourquoi appeler d'ici ? Il prend le risque que Bennett se demande s'il n'y avait pas une autre personne qui aurait assisté à la scène à l'appartement…

- Je pense que Jackson sait ce qu'il fait Rick … peut-être qu'il ne voulait pas qu'on pense ça justement… peut-être…

Elle cherchait une explication, mais n'en voyait pas plus que son époux. Pourtant, ils devaient garder la tête froide et l'esprit concentré sur ce qui se présentait à eux, les indices. Faussés ou pas.

Castle la regarda et dans ses yeux, elle lut ce qui lui faisait peur au fond d'elle-même.

- Je sais Rick, moi aussi ça m'effraye… on lui a laissé carte blanche et je sais que tu étais contre… on ne maîtrise plus rien maintenant…

- Yo ! appela Esposito, à quelques mètres d'eux.

Ensemble, accompagné de Ryan, ils rejoignirent Javier, un air grave affiché sur son visage.

- Tu as trouvé quelque chose ? demanda Kate en s'attendant au pire

- Ouais … venez voir par là…

Il les entraina vers une petite ruelle adjacente au quai. A première vue, rien d'exceptionnel ne les attendait. Des bennes à ordures, des tas de cartons sales, des gravats… puis garée sans ménagement, une voiture. Une vielle Ford. Comme celle de Jimmy.

Sans prononcer un seul mot, ils atteignirent la voiture, pour constater que les portes n'étaient pas verrouillées, l'une des vitres, celles du conducteur était presque baissée au maximum, des tâches de sang avaient séché dessus, et la portière était mal refermée.

Dans sa tête, Kate imaginait le scénario : Jimmy, blessé et mal en point, conduit jusqu'ici, ouvre la fenêtre pour se donner de l'air, se gare comme il peut et se traîne jusqu'à la cabine pour appeler. Et dans le scénario de Jackson, un Jimmy blessé, ne pouvait pas s'être trop éloigné d'ici après avoir passait son appel…

Plusieurs questions se posaient dès lors. Outre le fait que Jimmy était supposé être blessé, Castle avait raison, pourquoi ici ? Et pourquoi faire croire que c'est lui qui a donné l'alerte ? Pour quelle raison aurait-il fait cela ?

- Il y a du sang la dedans… remarqua Ryan, qui l'interrompit dans ses pensées.

- Et une arme… avec un silencieux, leur dit Esposito, qui avait prit place à l'arrière. C'est un chargeur à 6 coups, i cartouches dedans.

Rick s'approcha de Kate, et la prenant doucement par le bras, il l'attira quelques mètres plus loin.

- Là, je suis inquiet, commença-t-il sans préambule. Une arme ? Qu'est-ce qu'on va trouver la prochaine fois ?

- Ecoutes, je sais… enfin, je ne sais pas… On doit faire confiance en Jackson. Il ne lui a pas tiré dessus, c'est une mise en scène… seulement, on doit suivre cette piste…

- Comment en être sûr ?

- Quoi ?

- Comment être sûr qu'il ne lui a pas tiré dessus ? Je l'ai vu tué et pas qu'une fois… sans sourciller, alors blesser quelqu'un, tu penses bien ! Si ça se trouve, pour un homme comme lui, blesser c'est juste un dommage collatéral !

S'il ne paniquait pas encore, Castle était de plus en plus mal à l'aise avec cette situation. Depuis le début, l'idée de laisser Jimmy seul avec Jackson, sans rien savoir de ce qui se passerait, lui avait déplu. Pas qu'il ne faisait pas confiance en son père, mais Jimmy représentait une telle bombe à retardement pour ces hommes de l'ombre, que ne pas savoir où il était, ni dans quel état il se trouvait, le rendait nerveux.

- Je m'inquiète peut-être un peu trop, se reprit-il, mais je ne veux pas que Jimmy nous glisse entre les doigts. Il est notre meilleur atout… et je veux qu'on puisse en finir très vite avec toute cette histoire… je pense à toi, au bébé… à nous… il ne va pas falloir que tu sois autant sur les nerfs et aussi stressée trop longtemps encore, s'expliqua-t-il

Kate, comprenant enfin l'attitude de son mari, lui prit la main et le regarda droit dans les yeux.

- Ok babe, je comprends… et tu as raison. Je vais me ménager, je te le promets. On récupère les dernières infos et on rentre au poste, d'accord ? Les gars superviseront la scientifique pour les empreintes et les preuves dans la voiture et dans la ruelle… ils nous brieferont ensuite…

- Merci … écoutes, je suis désolé de te paraître trop inquiet ou trop protecteur mais…

- Non, tout va bien… il ne s'agit pas que de moi Rick, tu as raison. Il y a notre petit…et toi aussi… je dois prendre en considération ce que tu ressens… et moi, je devrais peut-être commencer à apprendre à déléguer un peu plus…

Dans un dernier élan de tendresse, elle porta sa main à sa bouche et lui baisa les doigts du bout des lèvres. Le souffle coupé par la sensation et par la surprise du geste, Rick se sentit partir en combustion face au sourire sensuel que Kate lui offrit en retour.

- Tu me rends fou Kate, murmura-t-il dans un souffle

- Je sais … lui sourit-elle de plus belle. Mais là, on est au boulot alors…

- Oui, oui… répondit-il en tentant de reprendre ses esprits.

Tous les deux s'en retournèrent vers Esposito et Ryan, qu'ils avaient laissé dans la voiture de Jimmy, occupés à faire les premières constatations.

En tout cas, c'était ce que c'était imaginé Kate.

Les Bros se tenaient devant eux, les bras croisés, le sourire en coin et le regard lourd de sous-entendus.

- Sympa ce bisou, lança Ryan

- De mieux en mieux Kate, sur une scène de crime hein ? J'avais entendu parlé du placard à balais mais là ! … déclara pince-sans-rire Esposito

Kate rougit instantanément. Ils savaient tout… bien sûr qu'ils savaient tout. Entre le pari dont ils avaient été « victimes », la discrétion complètement manquée avec l'officier Johnson… sans parler de ce que Castle lui-même avait pu dire ! …

- Oh et ça c'est rien les gars, croyez-moi, leur dit Rick dans un sourire très éloquent

- Castle ?!

- Quoi ?

- Continue et tu dors sur le canapé ce soir, c'est compris ? le menaça-t-elle

- Je me tais, promis, répondit Castle sans laisser cette idée s'installer une seule seconde de plus dans l'esprit de sa femme… et dans le sien.

- Bon, les gars, reprit-elle, voyez ce que vous pouvez trouver ici, Castle et moi, on rentre au poste… Rick a raison, je me demande pourquoi James a roulé jusqu'ici et si c'est lui qui a appelé de la cabine, pourquoi il n'en a pas choisi une autre bien plus près de chez lui…

- Il faut qu'on en sache plus sur James, il n'est sans doute pas venu là par hasard… ajouta Castle

Cette situation était vraiment extraordinaire : ils devaient penser comme d'habitude, mais au contraire de l'ordinaire, ils devaient rejeter tout ce qu'ils savaient déjà.

Ils devaient reconstituer un puzzle qui ne comportait pas les pièces de l'image réelle.

Situation impensable, inconcevable. Mais pourtant bien réelle.

Esposito et Ryan suivirent le couple des yeux, et les observèrent au loin monter dans leur voiture.

- Tu ne crois quand même pas qu'ils sont partis pour aller faire des trucs encore une fois?

- Des trucs ? reprit Esposito, sérieux mec, tu ne peux pas dire les choses telles qu'elles sont, non ? T'es vraiment un gamin Ryan…

- N'empêche que je les envies… lui dit-il, un peu rêveur, un sourire nostalgique sur le visage, sans prêter davantage attention aux remarques de son collègue.

- Hey ? Tout va bien avec Jenny ? demanda Esposito, sentant bien que son ami ne disait pas cela de façon innocente.

- Ouais, ouais… des trucs à régler, mais ça va aller mon frère, répondit-il, la nostalgie laissant la place à un sourire cette fois forcé.

- Bon… au moins, ils arrivent à dédramatiser un minimum… c'est flippant cette scène…

Esposito n'était pas dupe, il voyait bien que son ami ne lui disait pas toute la vérité, mais il estimait, et espérer, que Ryan lui parlerait de lui-même, ailleurs, à un moment plus opportun. Loin de cette scène étrange qui se livrait à eux.


De retour au poste, Kate et Rick s'autorisèrent une pause de quelques minutes dans la salle de repos. En réalité, Kate s'était laissée convaincre par Rick de s'asseoir un instant, pour souffler et se détendre. Ils avaient beaucoup de travail devant eux, mais elle avait cédé à sa requête parce qu'elle sentait bien qu'elle dépassait les limites de l'acceptable pour une femme dans son état.

Elle sourit à cette pensée « une femme dans cet état ». Une expression qu'elle aurait juré faire ravaler à n'importe qui l'aurait prononcé devant elle, et à son attention. Elle portait un enfant, simplement. Son petit. Leur petit.

Et pourtant, oui. Elle se trouvait dans un état qui nécessitait qu'elle prenne soin d'elle, physiquement et psychologiquement. Aujourd'hui, elle acceptait d'être dans « cet état ».

Castle ne perdit pas une miette des changements d'expressions sur le visage de sa femme. Il déposa leurs boissons sur la table et s'assit face à elle.

- A quoi pensais-tu ? demanda-t-il, cédant à la curiosité

- A ton fils… ou ta fille, répondit-elle en souriant à nouveau

- Tu l'imaginais aussi beau et doué que ses parents, c'est ça ?

- Et aussi modeste, plaisanta-t-elle

- Regardons les choses en face Kate, nous sommes un couple incroyablement bien assorti. Notre bébé va bénéficier de tous nos meilleurs gènes. Il sera un génie. Au moins ! Un génie incroyablement beau et séduisant.

- Pourvu qu'il n'ait pas ta démesure mon cœur, le taquina-t-elle

- Tu serais heureuse qu'il l'ait, la contra-t-il

- Ah oui ? Je peux te demander pourquoi ? lui demanda-t-elle, prête à entendre toutes les bêtises qu'il pourrait lui dire pour se justifier.

- Parce que c'est ce qui fait que tu m'aimes tant. Tu ne sais jamais à quoi t'attendre avec moi… je reste imprévisible et j'arrive toujours à te surprendre…ma démesure me fait faire des choses que jamais tu n'as vu ailleurs… et ça te plait, parce que tu te dis que je serais toujours pleins de surprises et que la routine ne s'installera pas entre nous… ma démesure me fait te dire des trucs qui te font rire, sourire …et que tu es belle quand tu te laisses aller Kate… et tu es une femme généreuse … alors si notre petit tient de moi, tu te dis que peut-être, un jour, pas trop tôt quand même, il pourra rendre une femme aussi heureuse que toi, tu l'es… parce que tu l'es n'est-ce pas ? demanda-t-il, soudain soucieux de sa réponse

- Tu en doutes mon cœur ?

Elle avait écouté ses explications en s'attendant à l'entendre se vanter, inventant de nouvelles théories farfelues sur sa capacité à la rendre heureuse par sa démesure.

Mais en l'écoutant, elle ne trouva rien de farfelus. Il avait parlé d'une voix sérieuse, posée, les yeux dans les yeux, amoureux.

Et il avait raison. Elle était heureuse, et son quotidien était une réserve à surprises. Du réveil, au moment où ses yeux se fermaient, elle pouvait s'attendre à l'extraordinaire, comme à l'ordinaire. Et c'était là, une chance inouïe. Un bonheur inexplicable par de simples mots.

Il lui faudrait des années d'écriture pour décrire la joie qu'il faisait naître dans son cœur, jour après jour.

- Je t'aime babe… comme jamais avant, tout simplement parce qu'avant toi, je ne suis pas sûre que c'était de l'amour… alors oui, je suis heureuse avec toi… et oui, d'une certaine façon, j'espère vraiment que notre bébé va hériter de toi… toutes proportions gardées bien sûr, précisa-t-elle, d'une voix plus taquine

- Un bébé parfait, murmura-t-il, déjà fier de sa progéniture

- Un bébé parfait pour nous, précisa Kate en se levant légèrement pour s'approcher de son époux.

En appui sur la table, elle se pencha et déposa ses lèvres sur celles de Rick.

Ils étaient au poste, en pleine enquête, en pleine folie. Mais une nouvelle fois, Castle l'avait fait se détendre et oublier le chaos qui les entourait. Une nouvelle fois, il lui prouvait qu'effectivement, la routine ne serait pas à leur porte avant très longtemps.


Javier424  (17.01.2016 à 01:27)

La trêve tendresse prenait fin, et déjà la douceur des lèvres de Kate sur les siennes lui manquait. Mais Rick le savait, ils n'avaient pas de temps à perdre, et plus vite ils se remettraient au travail, plus vite, ils laisseraient enfin cette histoire derrière eux. En supposant une fin heureuse.

Pour l'instant, les éléments d'enquête semblaient définir une histoire assez évidente : Robert Gamberson s'était rendu chez James Paretti dans le but de lui acheter de l'héroïne. Pour une raison encore inconnue, une dispute avait éclaté.

James avait-il été blessé par Gamberson avant de le poignarder ? Probablement.

L'inverse semblait impossible : si Lanie avait vu juste, Gamberson était mort très peu de temps après avoir reçu le coup fatal.

James avait donc ramassé l'arme, et s'était enfui à bord de son véhicule, jusqu'au bord de l'Hudson, où il avait appelé le Central pour signaler la bagarre.

A partir de là, le reste devenait compliqué.

Si James était blessé, où était-il ? Etait-il mort ?

Pourquoi avoir abandonné sa voiture ?

Pourquoi avoir roulé jusqu'à cet endroit ? Un hasard ? Un autre raison ?

Et dans un coin de leurs têtes, la question qui prévalait sur toutes les autres : où était le vrai dans toutes ces constations ?

Qu'est-ce que Jackson avait modifié, fait « faire » à Jimmy ? Lui qui se trouvait probablement encore inconscient alors que son « autre moi » laissait toutes ces pistes apparaitre derrière lui …

C'était frustrant, c'était enrageant de ne pas savoir, quand pourtant ils connaissaient tout ou presque.

Kate et Castle épluchaient encore les dossiers personnels de James et de Sherman, lorsque les Bros revinrent des quais, les esprits taquins de tout à l'heure, à présent bien loin d'eux.

- Hey… du nouveau là bas, les gars ?

- Oui… dans la voiture, on a trouvé ça, répondit Ryan

Il leur tendit une photo à présent protégée dans un sac plastique, destiné à la préservation des preuves. Elle représentait un bébé, dans les bras d'une femme d'une vingtaine d'années à l'époque. On voyait que la photo était cornée et pas très bien conservée, Castle imaginait très bien cette photo dans un portefeuille, manipulée régulièrement, d'où l'usure sur le cliché.

- C'est sa fille et sa compagne de l'époque, vous avez trouvé ça où ? demanda-t-il

- Sous le pare-soleil, on essaye de localiser où elles sont aujourd'hui, lui répondit Ryan

- James le savait peut-être… depuis le début on se demande pourquoi il a roulé jusqu'ici, peut-être qu'il pensait pouvoir se planquer chez son ex, proposa Kate

- C'est plausible, est-ce qu'on sait si d'autres appels ont été passés avant ou après celui au Central ? demanda Rick

- J'ai demandé le relevé, on le saura très vite, répondit Kate. Quoi d'autres les gars ?

- On a remarqué que le réservoir était quasiment à sec, ça peut aussi expliquer son arrêt sur les quais, répondit Esposito, en s'installant à son bureau, pour vérifier ses mails.

- On a repéré des traces au sol qui mènent vers les bords de quai. La scientifique a fait des relevés, je leur ai demandé de nous faire passer en prioritaire.

- Ah, Lanie m'a envoyé les résultats des analyses de sang retrouvées dans l'appart de James : en majorité, c'est celui de Gamberson bien sûr, mais elle confirme qu'il y a celui de James aussi… annonça Esposito

Donc il était bien blessé. Jackson lui avait infligé une blessure pour masquer ses traces. Tous s'échangèrent un regard peins d'angoisses. Jusqu'où irait cette histoire ?

- Les autres empreintes ? Du nouveau ? se reprit Kate

- Toutes celles trouvaient à l'extérieur sont celles de James, sang et empreintes digitales… Lanie me dit aussi qu'elle nous fait parvenir son rapport d'autopsie d'ici 1h ou 2. Elle peut déjà nous dire que les causes de la mort sont dues à une déchirure de l'aorte, la lame a touché l'artère et il est mort d'une hémorragie.

- Elle a les résultats de l'analyse sanguine de Gamberson ? demanda Ryan

- Ouais… elle me les a scanné pour gagner du temps, alors … aucune trace de drogue dans son sang, mais de l'alcool en revanche… pas un taux élevé mais quand même, en plein après midi, c'est étonnant…

- N'oublions pas qu'on nous l'a décrit comme quelqu'un de spécial, avec qui on ne souhaitait pas travailler… il avait peut-être tendance à boire… et à s'emporter, rappela Castle

- Quoiqu'il en soit, plusieurs choses sont confirmées : James a tué Gamberson et il est blessé, leur dit Kate.

Elle s'empara du feutre près du tableau et écrivit ces deux dernières informations dessus.

Elle s'écarta ensuite, pour se donner une vue d'ensemble.

Une soudaine prise de conscience la frappa alors : ils perdaient leur temps. Ils enquêtaient mais savaient déjà tout. Maintenant, ils devaient interroger Jimmy, le reste était secondaire.

Elle se sentait frustrée, désabusée de se sentir obligée de passer du temps sur une pseudo enquête fabriquée de toutes pièces par un homme passé maître dans l'art de la manipulation.

- Où est James ? demanda simplement Ryan, dans un murmure comme s'il se parlait à lui-même

- Ça j'aimerais bien le savoir, répondit Rick, dont la voix trahissait l'inquiétude

- Et pourquoi est-il blessé ? questionna Esposito

- Les gars… stop.

Les trois hommes regardèrent Kate qui avait pris appui sur l'un des bureaux. Les regards étaient empreints d'étonnement et d'incompréhension. Elle avait la tête baissée et les yeux au sol, dans une attitude qui démontrait clairement son inconfort.

- On s'obstine à essayer de faire correspondre deux univers. Ca ne va pas aller comme ça…

Elle poursuivit plus bas.

- Oublions ce qu'on sait. Regardez nous : c'est en train de nous rendre dingue. On est sur les nerfs, on s'inquiète, on s'imagine le pire à chaque fois qu'on trouve quelque chose de nouveau. Stop. Cette enquête a commencé à partir du moment où on a été appelé sur les lieux. Pas avant.

A nouveau, elle attirait les regards, mais cette fois, elle suscitait d'autres sentiments. Le respect, la force de caractère, et l'admiration. Elle était un leader née, sans aucun doute.

- Reprenons maintenant. Ryan, tu as parlé de traces au sol qui menaient au bord des quais, qu'est-ce qu'elles nous disent ?

- Pour l'instant rien de particulier. La scientifique a pris des clichés, on les aura avec les rapports sur le sang et les empreintes.

- D'accord. En attendant, Ryan, Espo essayaient de retrouver son ex, je veux savoir si elle vit dans le coin ou pas, qu'on éclaircisse ce point. Pendant ce temps, Castle et moi …

Elle fut interrompue par une double sonnerie de téléphone. Le sien, et celui de Castle. Des messages reçus simultanément sur leurs portables.

Après quelques secondes d'échanges de regards entre eux, ils se précipitèrent l'un et l'autre pour lire ce qu'ils espéraient être le message tant attendu.

« LA N 42°23'36/ LO E 72°08'27, RDV demain 18h. Notre ami va bien »

Rick attrapa le regard de sa femme avant de se replonger dans la lecture du message.

Outre les coordonnées GPS où les trouver, ce qui le rassurait immédiatement, était la fin du message. Quoique Jackson ait fait à Jimmy, celui-ci allait bien et en soit, la nouvelle était plutôt bonne.

- Alors ? demanda Ryan qui ne cachait plus son impatience

- Demain, 18h, répondit simplement Kate, rapidement sans s'attarder. Allez, au travail maintenant…

Si elle semblait distante au premier abord, au fond d'elle, un poids venait de s'effacer de ses épaules. Jimmy allait bien, il était vivant, et il ne leur restait plus qu'à le faire « disparaître », trouver la façon dont Jackson avait prévu qu'il tire sa révérence. Tout ce qui pouvait encore être flou, allait s'expliquer quand ils parleraient à Jimmy.

Une fois qu'ils auraient convaincu Bennett que Jimmy était mort, ils pourraient à nouveau souffler. Et d'ici là, ils allaient pouvoir en savoir plus sur le cartel géré par « L'Avocat ».

 

 

Dans le milieu de l'après-midi, tout sembla limpide soudainement. L'un des officiers présents sur les quais, leur avait remis les clichés pris par la scientifique et alors que les photos défilaient sous les regards de chacun, Rick comprit.

Sur l'une d'elle, celle prise où les dernières empreintes avaient été retrouvées, représentait le bord du quai, quelques tâches de sang se trouvaient au sol. Elle était prise du haut vers le bas, de sorte que l'on voit le bord du quai. En arrière plan, il distingua une étrange forme dessinée dans l'eau. Comme s'il y avait du courant à cet endroit. Une deuxième photo compléta la théorie qui se formait déjà dans son esprit. On y voyait au loin des grilles d'évacuation des déchets.

L'histoire avait donc prit forme ainsi : après avoir appelé le Central, James s'était rapproché du bord, près d'un robinet public, probablement pour se rafraîchir les esprits, comme il avait tenté de le faire précédemment en ouvrant la vitre de sa voiture. Mais chancelant, il avait du soit perdre connaissance, soit être suffisamment ébranler pour basculer à l'eau, là où le courant provoqué par la grille d'évacuation, l'avait emporté au large.

C'était ingénieux quand on s'y attardait un peu. Kate était sûre que des recherches plus poussées à cet endroit consolideraient la théorie de Castle

Peut-être un peu tiré par les cheveux, mais plausible. Et comble de tout, le faire « tomber » à l'eau à cet endroit, lui permettrait d'épargner l'argent du contribuable pour des recherches inutiles. Le corps aurait été emporté, inutile de draguer le fond de l'eau. L'étendue des recherches étant complètement aléatoire, personne n'y verrait quoique ce soit à redire lorsque Kate annoncerait abandonner l'idée de rechercher le corps.

Scientifiquement prouvée, cette explication devrait leur permettre de convaincre Bennett. Et donc, de se concentrer sur leur vraie enquête. Le cartel.

Le rapport de Lanie vint compléter les conclusions qu'elle s'apprêtait à rendre : le corps ne présentait aucune autre trace suspecte, rien qui ne laissait envisager un autre scénario que celui qui était privilégié depuis le début.

Ceux de la scientifique ne présentaient pas plus de contradictions : les empreintes, l'ADN, les divers traces au sol, sur l'escalier, la ruelle, le quai, la cabine … tout concordait. La présence seule de James Paretti était scientifiquement confirmée, mais l'ADN de Gamberson avait également été isolé. La conclusion était qu'étant donné la quantité de sang perdu par la victime, James devait en avoir sur lui quand il a fui. Ce qui expliquait le sang retrouvé dans la voiture et aux divers endroits où James avait été localisé.

Pour ce qui était de l'endroit de la chute supposée, sitôt évoquée, Kate avait renvoyé une équipe pour chercher et trouver des traces qui appuieraient la théorie de Castle.

Elle ne doutait pas vraiment de leurs trouvailles.

Si Jackson était aussi ingénieux qu'il y paraissait, les experts trouveraient tous les indices nécessaires pour asseoir définitivement ses conclusions.

Castle avait de qui tenir… en partant de rien, Jackson avait orchestré une histoire aussi plausible qu'elle était simple, en définitif.

Kate espérait simplement que Bennett ne trouverait pas cela trop simple justement.

Il restait encore à déterminer pourquoi cet endroit, et pourquoi James avait appelé, mais le danger inhérent à l'indécis s'éloignait désormais.

Ils avaient les grandes lignes, le meurtre de Sherman et la disparition de James.

 

 

Kate avait volontairement laissé quelques heures s'écoulaient avant d'appeler Bennett. Ce face-à-face ne lu inspirait rien, mais elle avait tous les éléments devant elle désormais pour lui annonçait sereinement ses conclusions.

Au bout de deux sonneries à peine, il décrocha et Kate entendit dans sa voix, son mépris aussi clairement qu'elle le lisait dans son sourire.

- Capitaine Beckett, je ne m'attendais pas à avoir de nouvelles si tôt, j'en suis ravi.

- M Bennett … vous m'avez demandé de vous tenir au courant des avancées de l'affaire Gamberson, j'ai pensé que vous souhaiteriez savoir au plus vite, lui répondit-elle d'une voix volontairement mielleuse.

« Laisse lui croire que c'est lui qui dirige… que tu le crains…laisse lui croire que tu veux lui plaire, le satisfaire… quelle horreur »

- Et je vous en remercie Capitaine, je vous écoute.

Kate lui expliqua ce qu'ils avaient trouvé, comment les éléments retrouvés sur les différents lieux les menaient à la conclusion que James avait bien tué Gamberson, mais que celui-ci avait disparu, probablement emporté au large avec les eaux usées.

Au fur et à mesure qu'elle parlait, elle entendait sa suspicion, elle entendait ses objections et doutes avant même qu'il ne les avait formulés. Mais elle s'y attendait, et elle avait gardé encore quelques cartes en mains.

- Cette … disparition en mer … en êtes-vous certaine Capitaine ? Cela me semble assez étonnant, non ?

- Pas tant que ça en fait, tout concorde monsieur… la scientifique a retrouvé de nouvelles traces de sang sur le rebord du conduit d'évacuation, du sang et des cheveux. Ce qui corrobore la thèse que James Paretti a basculé à l'eau, il s'est cogné le crâne contre le béton du conduit et a été emporté avec les eaux.

Un silence. Bien sûr que c'était tiré par les cheveux. Mais plausible. Et rien d'autre n'avait été laissé au hasard par Jackson. Rien ne permettait d'avoir le moindre doute. Cet homme était diaboliquement efficace pour faire disparaître quelqu'un.

- Vous avez lancé des recherches pour retrouver le corps, j'imagine ?

« Tu veux en être sur… Jimmy est un danger pour toi et ton organisation… tu prends des précautions… salopard »

- Honnêtement monsieur, outre le coût que de telles recherches occasionneraient, la typologie des lieux ne nous permet pas de le faire. A l'heure qu'il est, son corps est probablement dans l'océan maintenant. Les experts sont formels, il a basculé à l'eau et l'impact retrouvait ne laisse aucun doute quant à la survie de James Paretti.

- Et cela vous suffit Capitaine ? demanda-t-il, d'une voix sournoise

- Je me fie aux experts et à mes enquêteurs, ce sont les meilleurs, ils sont professionnels et je leur fais entièrement confiance.

- Il aurait basculé à l'eau ? Hum… comme ça ?

- Rappelez-vous monsieur, qu'il était déjà certainement blessé grièvement avant la chute. Il est mort. Et nous n'avons ni le temps, ni l'argent pour essayer de retrouver le corps d'un homme dont on sait qu'il est probablement déjà en train de nourrir les poissons de l'océan.

Un silence. Cette dernière réplique ne lui plaisait pas. Elle le savait, mais elle s'en fichait. Elle se plaisait même à le tenir en respect. Une part de satisfaction éphémère au milieu de ce combat de longue haleine. Elle ne voulait cependant pas en rester là, elle avait autre chose encore à avancer.

- De plus, nous avons fait mettre ses cartes de crédit sous surveillance, il n'y eu aucune activité depuis le meurtre, nous avons sa voiture, son portable, son appartement est sous scellé, sa famille, ses proches connus n'ont aucune nouvelle de lui, et pour effacer tout doute, nous surveillons ses mails… mais il a disparu. Il est mort… nos conclusions sont formelles.

Ce que cela pouvait être frustrant pour un homme comme Mark Bennett, d'avoir une femme flic si sûre d'elle, au bout du fil. Avec sa réputation et son professionnalisme connu de tous, il allait avoir du mal à contredire ses actions.

- Vous pensez à la famille de M Gamberson ? A celle que représente les flics de cette ville ? Je vous rappelle que nous parlons du meurtre d'un policier Capitaine…

« Comme si la mort d'un homme, qui qu'il soit, t'offusquait ! Tu cherches une certitude… tu dois être sur… attends un peu le coup de grâce… »

- Monsieur, j'ai appelé le Capitaine Hughes avant de vous téléphoner. Il est parvenu aux mêmes conclusions que moi, il comprend que des recherches seraient aussi inutiles que coûteuses. J'en ai référé aussi au Chef de la Police, bien sûr… et ses conclusions sont les mêmes.

Nouveau silence. Bennett n'avait plus aucune raison d'insister. Et s'il le faisait, il se trahirait. Il risquait de mettre à jour des intentions malhonnêtes. Si Kate avait pour principe de ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, il n'en demeuré pas moins, qu'à cet instant, elle jubilait. Elle tenait Bennett en échec pour la première fois. Et c'était une victoire, la première mais certainement pas la dernière.

 

 

En sortant de son bureau, Kate constata que les regards des trois hommes étaient soucieux. Bien sur, tenir une conversation téléphonique avec un de leurs ennemis n'était pas ce qui était le plus confortable, cependant, au vue de la tournure qu'avait prit la discussion, Kate leur retourna un sourire sincère.

- Il est cuit… ça a marché, leur dit-elle simplement.

- Tu en es sûre ? demanda Rick

- Il ne peut pas aller plus loin, il est forcé de me croire. Et tout concorde, alors même s'il creuse de façon officieuse, il ne trouvera rien de plus que ce que je lui ai dit. Il n'a pas d'autres choix que de me croire.

- Il peut envoyer les frères Bryant pour s'assurer de tout ça… rappela Rick

- Et il va sûrement le faire. C'est sa seule option désormais. Et ça peut se retourner contre lui. Par exemple, si une équipe de surveillance les surprenait en train de fouiller son appartement ou dans sa vie… par un hasard le plus complet bien sur…on pourrait les tenir bien avant l'heure, expliqua-t-elle, d'une voix qu'elle voulait innocente, mais qui ne trompait personne sur ses intentions.

- Si on tombe … par hasard bien sur… sur les Bryant, tu sais qu'ils ne parleront pas, n'est-ce pas ? demanda Rick, incapable de maîtriser un sourire jubilatif

- Oui bien sur… mais je crois que perdre de si brillants éléments, pourrait être mal venu... et bien contraignant pour eux …

- Surtout si la petite revue d'effectifs est prévue pour bientôt… conclut Esposito

- C'est malin Kate, très malin, souligna Ryan

- Attendons de voir avant de crier victoire trop vite, mais je pense que ce soir, on devrait planquer du côté de chez James… juste au cas où, sourit-elle, l'œil noir, déterminée et bien consciente qu'ils avaient peut-être là une nouvelle bonne carte à jouer.

Revigorés par la perspective d'aboutir éventuellement à quelque chose d'extrêmement important, les esprits semblaient se relâcher enfin.

Bien sur, tout cela n'était qu'une théorie, une éventualité …possible, mais pas obligatoire. Après tout, tout dépendait de l'état d'esprit de Bennett. S'il restait aussi confiant qu'il l'avait toujours était, alors il ne ferait rien. Il n'enverrait pas les Bryant et ils perdraient tous une nuit de sommeil.

Mais si l'intuition de Kate s'avérait exacte… là, tout pouvait basculer. Et le cartel pourrait être ébranlé de façon bien plus sérieuse que jamais depuis l'arrestation de Bracken et la mort de Simmons.

Elle avait sentie que Bennett cherchait la faille et sa confiance en lui-même pouvait le menait à sa perte. Elle sentait qu'il pouvait agir.

Peut-être parce que finalement et malgré ce qu'ils en savaient, même Bennett pouvait craindre les réactions de « L'Avocat » et que même pour lui, la seconde chance n'était pas permise.


Javier424  (18.01.2016 à 13:59)

- Vous croyez qu'ils vont venir ?

La question tournait en rond dans toutes les têtes depuis que Kate avait appelé Bennett.

Il était près de 23h : deux voitures, l'une stationnée à une vingtaine de mètres de l'entrée de l'immeuble de Jimmy, l'autre, près de la ruelle par laquelle il s'était soi-disant enfuit.

Kate et Rick se trouvaient dans la première voiture, Esposito et Ryan dans la seconde.

Le choix n'avait pas été fait par hasard, tous avaient convenu que si les Bryant se montraient ce soir, ils passeraient certainement par la ruelle, à l'abri des regards. Et dans ce cas, personne ne voulait exposer Kate en première ligne, en cas d'intervention.

Les Bros les intercepteraient, les Castle viendraient en soutien, principalement pour les empêcher de fuir hors de la ruelle ou pour les prendre à revers.

- Je ne sais pas… ça dépend vraiment de l'état d'esprit de Bennett. S'il est convaincu ou pas que Jimmy est mort, répondit Kate à la question de Ryan. Tout le monde l'est, mais lui n'est pas tout le monde… Une personne censée en serait convaincue, le Chef de la police, le Capitaine Hughes, personne n'a soulevé de doute… mais là, on parle de Mark Bennett…

- Et c'est le genre d'homme à vouloir voir un corps pour être convaincue, compléta Castle. Il y a toutes les chances qu'il veuille s'en assurer. Laisser un gars aussi impliqué que Jimmy dans la nature, c'est du suicide pour lui et sa bande…

- Ça dépend aussi de ses véritables rapports avec son patron, poursuivit Kate. Jackson a vraiment fait du bon boulot, normalement une pareille scène ne laisse planer aucun doute…même pour un tueur de flic… au plus, on est frustré de ne pas l'envoyer derrière les barreaux. S'il envoie quelqu'un, ça peut nous apprendre pleins de choses : soit il est très méticuleux, ou méfiant, soit il craint pour sa propre peau et il ne voudra prendre aucun risque.

- Et s'il se méfie de toi ? demanda doucement Rick

- Pourquoi se méfierait-il ? J'ai mentionné le Chef de la police et le Capitaine des stup'… il n'a aucune raison de penser que je couvre une telle mascarade… ce serait un véritable séisme dans ma carrière et ça ternirait sacrément ma réputation…

Castle s'abstint de répondre, et se contenta de la regarder. Il n'avait besoin de dire quoique ce soit. Ce qu'elle venait d'affirmer, n'était ni plus, ni moins que la vérité, celle qui allait se produire : lorsque le voile serait levé sur cette sombre affaire, tout le monde saurait qu'elle avait menti, couvert un assassin, facilité sa fuite… la marge était mince pour s'en défendre. Et pour parvenir à convaincre du bien fondé de tels agissements.

Non, il n'avait pas besoin de relever, elle en était pleinement conscience. En revanche, pourquoi Bennett se méfierait-il d'elle ?, là, il en avait une assez nette idée.

- Je ne pense pas qu'il soit le genre d'homme à prendre les menaces à la légère… tu en es une pour lui et pour cet « Avocat »… Ils ne devaient pas s'imaginer une seule seconde que tu puisses faire tomber Bracken, et pourtant…

Le silence se répercuta dans les habitacles des voitures, et pendant quelques secondes, l'atmosphère ambiante était lourde de sens.

- Je pense qu'ils vont venir…

La voix d'Esposito brisa ce silence pesant.

- De ce qu'on sait de ce type, je l'imagine pas rester sur des suppositions. Je crois que c'est plus fort que lui, il va vouloir vérifier …

- Je pense comme Espo, je l'ai senti au téléphone… il est tellement arrogant qu'il n'imagine même pas qu'on puisse les attendre...

- En même temps… officiellement, qu'est-ce qu'on fait là ? demanda Ryan. Imaginons qu'ils se pointent, comment on justifie notre présence ?

La question était sensée. Plus tôt, elle avait mis l'accent sur le temps et l'argent que coûteraient l'enquête sur la disparition de Paretti, s'ils la continuaient. Et là, il y avait 3 flics, des gradés, en voitures de service, en planque devant l'appartement d'un assassin qu'elle avait juré mort quelques heures plus tôt aux plus hautes instances.

Pourtant, la question ne l'effrayait pas. En réalité, le combat moral et éthique qu'elle livrait à distance avec Bennett, la motivait au plus haut point. Et étrangement, cela déclenchait en elle, un instinct de … prédateur. Elle le voulait et elle le ferait tomber.

- Bennett lui-même m'a dit que je devais penser à la famille de Gamberson et à celles que représentaient les flics de cette ville… s'ils débarquent, ce sera la raison de notre présence. Notre conscience professionnelle et morale… On aura voulu se débarrasser du moindre doute en surveillant son appartement… juste au cas où un doute subsisterait...

- Tu es diabolique, murmura Rick en lui souriant, sous le coup de l'admiration.

Cette raison serait un justificatif tout à fait acceptable. En tout cas, tant qu'on supposait que ça puisse les mener quelque part.

Cependant, au fond de lui, Rick ne pouvait s'empêcher d'éprouver cette peur qui le tiraillait. Kate était redoutable, elle semblait maîtriser la situation bien plus qu'il y avait quelques heures à peine. Elle donnait l'impression de se sentir forte, d'avoir retrouvé une position où elle « voyait » enfin, eux qui avaient été aveugles pendant si longtemps.

Mais si la confiance dont il s'amendait pouvait mener Bennett à sa perte, Castle priait pour qu'ils ne tombent pas dans le même piège.

- Les gars, je coupe le micro de notre côté, dit-il simplement sous le regard interloqué de sa femme

- Parce que tu pouvais couper ces satanés micros depuis le début ? réagit-elle instantanément

- Euh… j'ai relu le livret qui était fourni avec le matériel d'espionnage, répondit-il en grimaçant

- Sérieusement Castle… pesta-t-elle en le fusillant du regard

- On peut rester et jouer aux arbitres si vous voulez, proposa Esposito, dont on devinait l'espièglerie dans la voix

- Ça va aller, merci, répondit Kate sans appel.

Rick éteignit l'émetteur sans plus attendre, bien conscient que sa femme avait toutes les raisons de lui faire des reproches et de lui en vouloir. Il la connaissait suffisamment pour savoir que l'épisode de la dernière planque l'avait mise terriblement mal à l'aise, même si depuis qu'ils étaient ensemble, il savait que ses amis trouvaient Kate bien plus détendue et plus ouverte aux autres.

Mais « ouverte » à ce point…non, Rick savait que la limite avait été dépassée.

- Je suis désolé… pour l'autre nuit… tu sais…

Des rires à peine étouffés se firent entendre : ceux de Ryan et Esposito qui semblaient tout à fait disposer à partir en fou rire.

- Vous nous entendez encore ? questionna Rick, étonné

- T'as eu un problème Castle ? demanda Ryan, en se maîtrisant à peine

- Laisse-nous deviner ? Du genre typiquement masculin ? enchaîna Esposito, hilare

- A ton âge, ça peut se comprendre tu sais !

- Quoi ? Non, non ! N'importe quoi !

- Sérieux, Castle, tu vas nous faire mourir de rire !

Les rires des Bros retentissaient et Kate, elle-même, parvenait difficilement à masquer son amusement, devant le spectacle que lui offrait son époux.

Il s'affairait à appuyer sur tous les boutons, un air paniqué dans les yeux, comme s'il avait peur d'elle. Il tournait et retournait le récepteur, cherchant désespérément à le faire fonctionner. Ou plutôt, le faire taire. Il lui jetait des regards en coin, vérifiant au passage quelle expression dominait le visage de Kate, la colère, l'exaspération ?

Elle se mordait l'intérieur des joues tellement cela était risible. Rick ne savait plus quoi faire pour éteindre le micro, et elle le savait. L'obscurité qui régnait dans la voiture et à l'extérieur, ne lui facilitait pas la tâche, sans parler de la pression qu'il devait se mettre tout seul.

Et les rires de Ryan et Esposito qu'ils entendaient encore…

Au bout de quelques secondes, Kate prit pitié de lui et se pencha vers son époux, et éteignit elle-même l'interrupteur de communications, qu'elle avait repéré depuis bien longtemps.

Dans un sourire empli de tendresse, elle posa ses mains sur chacune de ses joues et le regarda amoureusement.

- Tu ne peux pas t'empêcher de faire n'importe quoi, tu sais mon cœur ?

- Mais pourtant… je te jure que j'ai lu le….

Elle l'interrompit d'un baiser, doux et rapide, avant de reprendre sa position initiale.

- Pourquoi tu voulais couper le son babe ? demanda-t-elle doucement en le regardant.

- Euh… oui… à propos de Bennett… je voulais être sûr que tu gérais la situation.

- Comment ça ? demanda-t-elle surprise de sa question. Je gère autant que je le peux, tu le sais bien Rick…

- Oui, oui, je sais mais, je veux dire… tu sais, si on tombe sur les Bryant, et que tu provoques Bennett en justifiant notre présence par ce qu'il t'a dit, il va être furieux… il pourrait te définir clairement comme une ennemie après ça…

Kate comprenait enfin où il voulait en venir. Et la suite, risquait de ne pas lui plaire.

Elle lui prit la main pour s'adresser à lui, le regard planté dans le sien. Depuis toutes ces années, elle savait que le contact physique avec lui, facilitait la communication, surtout lorsqu'il s'agissait de sujets aussi importants.

- Mon cœur… tu as raison. Il va l'être et je vais devenir officiellement son ennemie.

- Tu es consciente de ce que ça veut dire ? souffla-t-il d'une voix emplie d'inquiétude

- Je crois que plus le temps passe et plus il faut qu'on avance nos pions… jusque là, on a réussi, par je ne sais quel miracle, à passer au travers des suspicions, mais ça ne va pas durer. Je sais depuis le début, qu'à un moment donné, nous serons obligés d'avancer dans la lumière… je ne pensais pas qu'on en aurait l'opportunité si vite, mais si on tombe sur les Bryant, on ne peut pas laisser passer cette chance…

Elle le voyait se décomposer au fur et à mesure qu'elle lui parlait. Elle savait ce qui se passait actuellement dans sa tête, tous les scénarios qu'il s'imaginait, toutes ses peurs qui refaisaient surface. Pourtant, c'était inévitable. Elle doutait réellement que si les Bryant tombaient, Bennett se retranche tranquillement dans son bureau, sans faire de vague, sans tenter soit de les faire taire, soit d'étouffer l'affaire.

Et cela, il ne pouvait le faire qu'en avançant lui-même à découvert.

La bataille approchait à grands pas, et il faudrait y faire face.

- Kate, ça reste risqué tout ça…

- Je sais Rick. Mais tu sais qu'on ne détient pas toutes les données… rien ne dit qu'il va envoyer ces deux hommes ce soir, mais s'il le fait, il va commettre une erreur. On doit s'en servir contre lui…

- Tu ne crois pas qu'il pourrait se douter que si on est là, c'est pour eux, et non pas pour surveiller une présence possible de Jimmy ?

- Si… mais officiellement, il ne pourra rien trouver à redire. Il va se tirer une balle dans le pied s'il les envoie Rick… il sera déséquilibré…même s'ils ne parlent pas. Si on les tient, il est fragilisé…

- Et plus un homme est aux abois, plus il est amené à commettre des erreurs, je sais tout ça… je le sais…mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour toi… tu es enceinte Kate… je sais que tu ne veux pas que ce soit une excuse ou un prétexte, mais c'est un fait, que tu le veuilles ou non. Il n'y a pas que physiquement qu'on peut te blesser… le stress, l'anxiété, tous ces états… ça agit forcément sur ta santé …tu pourrais…

Kate savait où il voulait en venir, mais voyait bien qu'il ne pouvait prononcer les mots pour exprimer le fond de sa pensée. Elle-même détestait cette idée, elle la haïssait. Perdre son enfant ? Elle ne le supporterait pas, jamais. Pas dans ces circonstances, pas si cela était provoquait par un manquement de sa part, par la fatigue, par sa soif de justice…

Elle avait l'impression de faire attention, de se préserver autant qu'elle y pensait et pouvait, mais elle était démunie contre les coups du sort et les accidents de parcours. Provoqués ou malheureux.

- Rick… je ne le supporterais pas non plus, lui dit-elle simplement, doucement, tendrement. Je préférerais mener une vie plus calme en ce moment, seulement je ne peux pas. Il y a des choses que je peux faire pour me préserver, et je ferais tout pour que ce soit le cas… Et il y a ce qu'on ne maîtrise pas. Comme pour toute grossesse…

- Une femme enceinte affronte rarement des tueurs et des leaders d'un cartel de drogue, suffisamment puissant pour tuer un ex-sénateur et infiltrer la police de New York, lui dit-il en retour.

- Oui… je sais que mon « environnement » n'est pas tout à fait comme celui de n'importe quelle femme enceinte. Je ne peux que te promettre de continuer de m'appuyer sur mes amis, sur toi… et de faire attention, de choisir les bonnes options, à chaque fois que je peux minimiser les risques…

- Kate… promets-moi simplement que tu n'oublies jamais que tu es enceinte…

Elle lui sourit, et porta sa main à son ventre. Instantanément, elle vit le sourire de Rick prendre le dessus sur ses angoisses. Il aimait le contact avec son ventre, avec son enfant.

- Je n'oublie jamais… c'est ce qui est de plus important pour moi. Au-delà de ces types. Je veux les faire tomber, mais pas si je dois prendre un risque insensé. On aura d'autres opportunités, et jamais, jamais, je n'oublierai ce petit « nous ».

- Je t'aime Kate… je t'aime tellement… ce petit, c'est … l'aboutissement de nous-mêmes… je veux te regarder le prendre dans tes bras, le voir pour la première fois, je veux voir tes yeux briller quand tu croiseras son regard… je veux que tu ressentes ce que j'ai senti en prenant Alexis dans mes bras… et avant ça, je veux voir ton ventre s'arrondir un peu plus chaque jour… je veux que tu me réveilles en pleine nuit parce qu'il aura décidé de nous rejoindre 1 semaine plus tôt que prévu, continua-t-il en souriant

- Il te ressemblerait tellement dans ce cas… toujours à attirer l'attention au mauvais moment, le taquina-t-elle

- Je lui donnerais quelques petits conseils pour éviter que tu te mettes en colère…

- Parce que tu crois que tu as des trucs pour ça ? demanda-t-elle amusée

- Bien sûr ! Comme ça par exemple…

Il se pencha vers elle et déposa des baisers légers le long de son cou. Elle frémit, sous l'incontrôlable sensation qu'il provoquait. Elle ferma les yeux, s'abandonnant un instant aux attentions de son mari.

- Ou comme ça…

D'une main, il détacha le premier bouton du chemisier que portait Kate, sous son gilet pare-balle. Lentement, il glissa à l'intérieur du vêtement pour trouver refuge sur son sein. Elle gémit en se délectant de la caresse. Elle sourit franchement, puis ouvrit les yeux en passant sa main dans les cheveux de Rick.

- Je dois te rappeler que tu parles de conseils pour notre enfant, mon cœur ? murmura-t-elle

- Ah oui c'est vrai, répondit-il d'une voix sensuelle, perdu dans les fragrances de la peau de Kate

- Je t'en prie, continues… histoire que je comprenne bien où tu veux en venir…

Cette fois, ce fut lui qui ne put retenir un gémissement profond. Lorsque Kate s'offrait à lui ainsi, il en perdait la tête, et en réponse, intensifia ses baisers en enveloppant complètement de sa main, le galbe de son sein.

- Kate, du mouvement ici …

La voix d'Esposito eut le don de la faire revenir sur Terre immédiatement. Et celui de Rick, était de la lui faire quitter en chaque circonstance…

Appuyant sur l'interrupteur, elle se dégagea de l'étreinte de son époux, qu'elle vit grimacer de frustration du coin de l'œil.

- hum… euh… on est là, qu'est-ce que vous voyez ?

- Désolé de vous interrompre, leur dit Ryan, mi amusé, mi sérieux

- Vous ne nous interrompez pas, répondit Kate précipitamment, tandis que Castle réagit dans le même temps :

- A croire que vous le faites exprès !

Tous deux se regardèrent, le visage dépité de Rick rencontrant celui exaspéré de Kate, puis, comme habituée à ce genre de situation, elle se reconcentra très vite.

- Sérieusement les gars, il se passe quoi de votre côté ?

- Des trucs sans doute aussi intéressants que ce qui devait se passer du vôtre, leur dit Esposito. Une voiture vient de rentrer dans la ruelle, tous feux éteints, comme si le conducteur ne voulait pas être remarqué.

- On distingue deux personnes à l'intérieur, continua Ryan. Ils se sont garés et maintenant, on dirait qu'ils attendent quelque chose.

- C'est les Bryant, Bennett les a envoyé vérifier si Jimmy avait laissé des traces derrière lui, affirma Castle… ok les gars, ça valait le coup de nous interrompre…

Kate lui donna un coup sur l'épaule, en articulant silencieusement « Castle ! »

- Aïe ! Quoi ?

- On préfère vous entendre vous bécoter plutôt qu'assister à une scène de ménage les Castle…

- Très drôle Ryan… vous voyez autre chose ? demanda Kate

- Non… ils attendent. Ils sont dans la voiture, il se passe rien, répondit Esposito en retour.

- Qu'est-ce qu'ils attendent ? questionna Rick plus pour lui-même que dans l'espoir d'avoir une réponse

- Le feu vert de Bennett peut-être… proposa Kate

- S'ils sont là, ce n'est pas qu'ils l'ont déjà ? répondit Castle

- C'est bizarre, je l'admets…

- Ils font peut-être comme nous… ils planquent… proposa à son tour Ryan

- Dans ce cas, ça ne nous arrange pas ça, murmura Esposito. Ils font rien d'illégal pour l'instant… on ne peut pas intervenir.

- Attendons de voir… ils repèrent peut-être les lieux avant d'y aller…les gars, vous avez vos gilets sur vous ?

- Affirmatif Capitaine, murmura Esposito, de sa voix la plus concentrée

- Bien alors… attendons…Castle et moi on s'équipe pour garder le contact.

Mutuellement, Kate et Rick installèrent les émetteurs portables qu'ils avaient apportés. Encore une fois, pensa Kate, une lubie de son mari allait leur être bien utile…

Les quelques minutes suivantes furent aussi longues que s'ils avaient attendus des heures. Personne n'osait parler, tous attendaient.

Et dehors, rien ne se passait. Les Bryant patientaient dans leur voiture. Les Bros ne les quittaient pas des yeux. Les Castle fixaient l'émetteur comme s'il s'était agit d'une caméra.

- Du mouvement !

La voix d'Esposito les surprit à nouveau.

- On dirait que l'un d'eux reçoit un appel, le passager. Il raccroche. Il parle à son frère maintenant… ils sortent ! … Kate, ils sortent de la voiture et se dirige vers l'escalier de secours !

- Ok les gars… attendez, n'y allez pas encore…A mon commandement, vous sortirez armes au poing, mais vous ne vous annoncez pas, vous les approchez un maximum avant, c'est compris ? ordonna-t-elle fermement

- C'est bien reçu, on attend... L'un des deux tire sur le l'échelle pour la descendre. L'autre fait le guet pendant ce temps.

- On ne peut pas encore intervenir, il faut les prendre en train de rentrer chez Jimmy… s'ils brisent les scellés, c'est gagné…leur dit Kate

- Ils montent Kate… attention…

- Castle et moi on se rapproche de l'entrée principale, s'ils vous voient et qu'ils cherchent à fuir par l'appartement, on les tiendra…

Joignant le geste à la parole, Beckett fit signe à Castle de sortir de la voiture, tout en continuant d'écouter les nouvelles arriver de seconde en seconde.

- C'est fait ! Kate, le premier a brisé les scellés, il force la fenêtre ! annonça Ryan

- Ok, attendez qu'on se mette en position, on rentre dans l'immeuble, murmura-t-elle. On monte à son étage… vous nous entendez ? s'inquiéta-t-elle

- 5/5 Beckett… on s'apprête à sortir, on attend ton ordre, répondit Esposito

- Les gars, dit-elle dans un murmure qui ressemblait à un souffle, on est en position, on reste dans l'angle du couloir, la porte de l'appartement est juste là, ils ne pourront pas s'enfuir par là …

Elle respira profondément, comme pour se vider l'esprit avant la tempête qu'ils s'apprêtaient à affronter. Puis, après avoir vérifié que Castle et elle-même, étaient hors de portée d'un potentiel tir, elle ordonna :

- Les gars, allez-y, je répète, allez-y ! Et surtout, faites attention …


Javier424  (20.01.2016 à 18:31)

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