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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 04.11.2015 à 22h01
Auteur : Javier424
Statut : Abandonnée
« Une suite au 8x03,ce qui pourrait se passer » Javier424
Cette fanfic compte déjà 81 paragraphes
Flashback –
- Kate ?
- Oui Espo ?
La voix de son collègue et ami la fit sursauter. Depuis des jours, la tension battait son plein, et à présent que le moment était arrivé, que les cartes étaient jetées sur la table, son esprit la tourmentait. Avaient-ils tout prévu ? Avaient-ils assez de preuves ? Assez d'hommes ?
Autours d'elle, s'était formé son cercle d'ami, son cercle de vie. Rick, Lanie, Ryan, Alexis… Jackson lui, avait préféré s'abstenir de se montrer, sa paranoïa légendaire prenant le dessus.
- Kate … l'assaut est fini… lui dit-il doucement …c'est fini…
Kate ferma les yeux, s'abandonna un instant à ce qu'elle ressentait à cet instant. Peut-être aurait-elle du ressentir du soulagement ? de la peur ? … de la joie ?
Elle sentit à peine les mains de Rick se posaient sur ses épaules, pas plus que la légère pression pour l'attirer à lui, dos contre torse.
Les hommes des unités spéciales d'intervention avaient pénétré dans ce hangar défraîchi depuis 30 min maintenant.
Elle avait accepté difficilement la décision de la maintenir à l'égard de l'assaut, elle comme les autres. Seul Esposito avait pu négocier sa place parmi ces hommes, en raison de son passé et de son expérience au sein de ce genre de groupe d'intervention.
A nouveau, elle avait du faire une confiance aveugle en des hommes qu'elle ne connaissait pas. Remettre son enquête, l'objet de tant de sacrifice et de peur, dans d'autres mains que les siennes.
Cela avait une décision difficile à accepter, et savoir Esposito parmi eux quand ils interviendraient, l'avait rassuré.
- Dis moi… murmura-t-elle, presque craintive
- Ils ont été pro, ils sont entrés, et en quelques secondes ils ont maîtrisé des dizaines de gars. J'en ai reconnu quelques uns… le type au chien, Quinn… on en saura plus au poste, mais on doit pas être loin des 80 arrestations…
La douceur de sa voix contrastait avec le bruit des véhicules, de l'effervescence ambiante, les cris au loin, les ordres crachés dont ils n'entendaient que des bribes…
« Presque une scène de guerre… » se dit-elle.
Autours d'elle, la lumière des gyrophares dansaient, la poussière provoquait par les pas, les voitures, les hommes qui courraient, volait en laissant un voile opaque derrière elle…
- Boyd ? Bennett ? … « L'Avocat » ? osa-t-elle demander au bout de quelques secondes.
Quand elle le vit baisser la tête, fuir son regard, chercher ses mots… elle sut.
Ils avaient échoué.
200 hommes avaient été déployés, des militaires, des flics… réunis dans le plus grands des secrets. Comment n'y aurait-il eu de fuite ? Comment Bennet n'aurait-il jamais su ce qui se tramait ?
- On a Boyd… mais aucune trace de Bennett, ni de « L'Avocat »…
- On en est sur ? demanda Castle. Ca peut-être n'importe qui après tout !
- Quand on est entré, tous les petits soldats étaient réunis en bas, les autres sur une sorte d'estrade… Il n'y avait que Boyd et 2 hommes de mains armés… On va peut-être en savoir plus quand on les auditionnera Kate … dit-il d'une voix qu'il voulait convaincante.
Elle leva les yeux vers lui, Rick sentit les muscles de sa femme se tendre, il ne lui en fallut pas plus pour savoir qu'elle en avait le cœur brisé.
- Bennett a su pour l'intervention … à l'heure qu'il est, il est loin d'ici … hors du pays probablement… avec son patron … prêt à rebâtir leur business ailleurs … personne ne parlera, tu le sais autant que moi Espo…
- Ce ne sont pas tous de grands criminels Kate… il y en aura peut-être un qui aura peur et qui parlera … tenta-t-il à nouveau
- Oui tu as raison… il y en a qui auront peur de mourir… ils ne parleront jamais… répondit-elle, le désespoir et la colère perçant de sa voix.
Un silence s'en suivit. Autours d'eux, l'effervescence perdurait. Elle voyait des hommes affichaient les sourires de circonstances, ceux d'après une bataille rudement menée… pour ces hommes, la prise était énorme, et ils pouvaient être fiers. 80 arrestations… des saisies d'armes, de drogues… un succès total pour eux.
- Il y a des blessés ? demanda-t-elle enfin
- Plusieurs … j'ai vu un mec à nous à terre… mais il était conscient… par contre je pense qu'il y a des morts…
Devant le silence persistant de Kate, Espo chercha du soutien dans le regard de Castle.
- Kate, lui dit-il, il y a des échanges de coups de feu, on savait que ça pouvait se finir dans le sang … c'est pour ça que tu ne voulais pas que je sois là, tu te souviens ? …
Beckett resta muette devant la tentative de son mari pour lui remonter le moral.
- Ecoute … tu n'es pas responsable des blessés … ni des morts s'il y en a… tu leur as fait mettre les genoux à terre Kate… toi …
- Un seul genou Castle ! … il y a dans ce monde quelque part deux hommes qui vont poursuivre leur ascension dans le crime … on ne les a pas achevé … on n'a fait que les ralentir …ils recommenceront … et je ne pourrais jamais mettre un point final à tout ça… tu comprends ?
Tous comprenaient bien sûr … et tous étaient autant dévastés que Kate par l'aboutissement de tant de mois dont la noirceur et la peur les avaient recouverts.
Mais pour elle, pour Kate, par amour, par amitié, par loyauté, instinctivement, sans rien se dire, tous s'étaient liés pour la soutenir, pour alléger son sentiment de culpabilité.
Par les mots, par les gestes, les regards, le soutien et la compréhension étaient là…
Kate regarda une dernière fois le bâtiment isolé. Elle ravala ses larmes et se surpassa pour adresser à ses amis, un maigre sourire dans lequel elle espérait y faire passer tout l'amour qu'elle avait pour eux.
- Capitaine Beckett ? Pouvons-nous revenir à votre audition s'il vous plait ? demanda le Chef de la Police. A moins que vous ne vouliez vous asseoir un moment, boire un verre d'eau, une suspension d'audience pour quelques minutes peut-être ? Dans votre état, nous comprendrions….
- Non monsieur … je vais bien. Je vous en remercie. Je préfère continuer…
Figée dans le regard de Mark Bennett, Kate en avait perdu la notion du temps.
« Il sait… il sait que je sais… et il se sent fort parce que c'est moi qu'on juge aujourd'hui… »
Elle délaissa le mince sourire sournois que Bennett peinait à cacher, pour se replonger dans son récit.
- J'ai refusé son avocat à Darryl, je savais que je commettais une erreur d'un point de vue déontologique… mais je savais que pour démasquer ces hommes, pour rendre la justice, je devais me positionner au plus près de la ligne… peut-être même la franchir.
Kate regarda ses mains, comme si elle s'imaginait le sang que beaucoup penseraient qu'elle avait dessus. Elle regarda son ventre arrondi, son enfant à naître… le symbole de l'amour qu'elle portait à son mari. Et finalement, regarda devant elle. Face à ses juges, elle ne tremblerait pas.
- Parce que j'ai franchi cette ligne interdite et proscrite, nous avons sauvé des centaines, des milliers de gens… et qui sait ? Peut-être plus.
- Silence ! S'il vous plait ! cria le Chef de la Police, en réaction aux murmures de plus en plus sourds de l'auditoire derrière Kate.
- J'espère pour vous que vous avez l'intention de vous expliquer Capitaine Beckett… lui dit-il fermement.
- Oui monsieur… L'interrogatoire de Darryl a été la première pierre à l'édifice… notre première arme, nos premiers indices. Ce qu'il nous a dit, nous a permis de comprendre comment fonctionnait ce cartel. Comment il s'organisait… Comment il prospérait …
C'est grâce à ce que nous a dit Darryl Kane, que nous avons identifié les frères Bryant, des tueurs à gages sans aucun scrupule … Grâce à son témoignage, nous avons pu rendre justice aux Hernandez, ce couple de gérants de la blanchisserie incriminée… C'est grâce à lui, que nous avons vu de nos propres yeux des preuves irréfutables … Il nous a offert un point de départ… il nous a permis de trouver James Paretti… et c'est grâce à Darryl et à James que nous avons pu isoler et démasquer les grands responsables de ce cartel…
Kate ne put s'empêcher de ponctuer sa phrase, en posant ses yeux sur Bennett.
Un silence imposant s'installa dès lors… L'air arrogant et ampli de certitudes de Bennett, contrastant avec celui déterminé de Kate.
- Je ne suis pas fière d'avoir enfreint cette règle élémentaire, continua-t-elle. Mais je ne la regrette pas. Et j'espère qu'au sortir de cette audition, tous ici, ou ailleurs, dit-elle en faisant référence aux caméras qui filmaient sans cesse, comprendraient pourquoi il était essentiel que j'entende Darryl Kane. Pourquoi il était essentiel que je transgresse certaines règles … pour protéger ces hommes, Darryl et James.
Pourquoi je ne pouvais pas suivre le protocole officiel… vous saurez et vous me jugerez…
Une nouvelle ambiance plus lourde s'installa, comme si le public pesait les mots de Kate, comme si une conscience collective appréhendait chacune de ses paroles. Comme si quelque chose se tramait…
- Au cours de notre enquête, nous avons utilisé des moyens techniques hors du commun… nous avons photographié, filmé, enregistré … nous avons passé des heures enfermés dans des voitures à attendre, sur nos gardes, ne sachant pas ce qui pouvait se passer … nous avons suivi, étudié, imaginé, supposé … nous avons cru et parfois … refuser de croire… nous avons subi … sacrifié … menti …cru y être arriver …sombré dans le doute et le désespoir… et un jour, nous avons compris.
Une tension sembla s'abattre sur la salle. Kate se livrait, elle parlait avec son cœur, et imperceptiblement, sa voix commençait à s'infiltrer lentement dans les esprits de chacun.
Oui, quelque chose se tramait… à présent, tous l'écoutaient, comme pendus à ses lèvres, comme s'ils sentaient que cette audition n'était peut-être pas simplement ce qu'elle semblait être.
- Monsieur ? Puis-je continuer s'il vous plait ? demanda-t-elle au Chef de la Police,en tentant d'ignorer l'agitation derrière elle.
- Nous vous écoutons Capitaine, répondit-il simplement
- Pour qu'un trafic de cette importance fonctionne et perdure, il n'a besoin que de peu de choses … peu, mais puissantes… l'argent et le pouvoir. Et des alliés bien placés.
Elle fit une pause, et s'autorisa un regard un peu plus appuyé sur Bennett. Elle le vit se réajuster sur son fauteuil, desserrer légèrement le nœud de sa cravate, et même … déglutir ?
« Tu deviens nerveux ?... »
- Je n'ai plus besoin de prouver l'implication de l'ex-sénateur Bracken dans ce cartel, à son époque. Ni du pouvoir qu'il détenait pour faire taire les témoins, et ceux qui s'approchaient trop près de ce qu'il manigançait dans l'ombre…
Elle eut une pensée pour sa mère, son combat… le sien, et celui de Kate pour trouver la vérité, et l'exposer au grand jour.
- Le pouvoir et l'argent … voilà ce qui pourrit notre ville. Voilà ce qui tue nos enfants, nos frères, nos sœurs… accéder au pouvoir, quand on a de l'argent, parfois, c'est extrêmement simple… ce qui le devient encore plus, quand on parvient à infiltrer de grandes institutions… que ce soit, le Sénat … ou la Police …
Kate laissa planer les discussions qu'elle sentait enflammées et le brouhaha autours d'elle.
Elle sentait le public au comble de l'excitation, elle se tourna vers Rick, pour y lire tout ce qu'il avait de plus beau à lui offrir.
Son sourire, son assurance, ses yeux qui ne la quittaient pas… la fierté et l'amour qu'elle y lisait.
- Nos investigations, reprit-elle, nous ont permis de comprendre qui était derrière tout ça. Qui avait endossé le rôle de l'ex-sénateur Bracken à la tête de ce cartel… Qui aujourd'hui encore, se terre dans l'ombre en attendant des heures plus … heureuses pour lui… pour eux …
Nous le nommerons « L'Avocat »… parce que c'est ainsi qu'il se faisait appeler … et parce que c'est ainsi qu'il a commencé sa carrière dans l'équipe de Bracken… il y a 30 ans de cela.
Le brouhaha s'intensifia encore un peu plus. Désormais, plus personne n'avait de doute, ils étaient à l'aube de révélations qui dépassaient les attentes annoncées…
Ce qu'ils prenaient pour une audition dont l'issue était assez facilement envisageable, prenait une tournure pour le moins imprévue.
- Hum … j'ai l'impression que vous avez encore beaucoup à nous dire … je propose qu'avant de commencer, nous suspendions l'audience pour ne pas avoir à le faire plus tard, en plein milieu de l'audition de Beckett … proposa Bennett, sous le regard intense de Kate.
Le Chef de la Police se tourna vers lui, sobre, sur de lui, imperméable, mais avant qu'il ne puisse prononcer la moindre parole, Kate intervint.
- Si vous me le permettez… je suis enceinte de 6 mois, je pense sincèrement être la seule personne ici à avoir la légitimité de demander une suspension d'audience …et je ne le souhaite pas… cela fait des mois que j'attends cela… monsieur.
- Vous plongez dans l'arrogance Beckett ! souffla Mark Bennett, d'une voix menaçante.
- Je crois au contraire que le Capitaine Beckett a raison, trancha le Chef de la Police d'une voix ferme, en le fixant d'un œil nouveau.
Flashback –
- Vous avez perdu la tête Beckett ?
La voix sourde et forte du Chef de la Police Harold Miller, plongea Kate et Castle dans l'incertitude, l'appréhension.
- Chef … commença Kate
- Je devrais vous démettre de vos fonctions sur le champ ! cria-t-il en abattant violemment ses mains sur son bureau.
- Harold… intervint Gates calmement. Elle a raison. Je connais Beckett depuis des années… sa loyauté n'est pas une légende… je lui fais confiance, tu connais son travail, son sérieux …
- Mark Bennett officie ici depuis plus de 20 ans ! Ce n'est pas le personnage le plus aimé mais delà à imaginer un instant qu'il soit impliqué dans ce trafic?
- Si je puis me permettre monsieur, commença Castle, à l'époque, personne n'aurait, n'est-ce que supposé, que Bracken était un criminel et un parrain de la drogue…
Le Chef Miller l'observa avec attention. La réputation de cet homme le précédait, tout le monde le disait intuitif, agaçant mais fiable. Beckett, elle, était une sommité au sein du NYPD. Tout le monde la respectait et beaucoup aurait aimé travailler sous ses ordres.
- Harold … reprit Gates. Je me porte garante pour elle, crois-moi, j'ai vérifié chacune des informations de ce dossier, lui dit-elle en lui indiquant l'épais dossier face à lui, tout est avéré… aussi énorme que soit cette bombe…
- Capitaine Beckett, reprenez je vous prie…
- Oui monsieur, lui répondit Kate, en lui accordant un faible sourire, où se mêlaient respect et détermination.
Nous savions depuis longtemps que « L'Avocat » était celui qui dirigeait ce cartel. Mais il était prudent… tous nos témoins, tous les enregistrements, toutes les preuves le confirmaient… mais jamais personne n'était capable de nous donner un nom.
Ni même une description. En ce qui concernait cet homme, nous étions au point mort.
- Vous êtes en train de nous dire que vous avez enfreint toutes les règles pour chasser un fantôme ! Un homme dont vous ne saviez même pas s'il existait réellement ! coupa Bennett, ne cachant plus sa haine
- Notre enquête nous …
- Etiez-vous certaine que cet homme existait ? cria-t-il. Etiez-vous absolument certaine que la menace que vous vous efforcez de nous décrire depuis le début de cet interrogatoire, pesait réellement sur vos différents témoins ? Sur Darryl Kane ? Sur James Paretti ?
- Monsieur toutes les preuves …
- Répondez à mes questions ! ordonna-t-il, hors de lui. Etiez-vous certaine que cet homme existait réellement ? Que tout ce que vous vous êtes permis de faire et de transgresser était absolument nécessaire ? Ou bien tout simplement, ne vous êtes-vous pas laissé dépasser par votre ambition et votre propre soif de pouvoir et d'orgueil ?
Inconsciemment, Kate serra les poings de rage et de désir de mettre cet homme à terre. Au bout de la salle, Bennett était rouge de fureur, les yeux perçants et menaçants. Pour Kate, l'attitude d'un homme aux abois, soucieux de d'écraser un adversaire un peu plus coriace que prévu.
- Vous avez tort … en ce qui concerne une supposée soif de pouvoir et mon orgueil, lui répondit-elle calmement… Mais vous avez raison pour autre chose… monsieur... Je suis ambitieuse … je veux que ma ville soit nettoyée et que mes concitoyens soient en sécurité…et je me sens apte à y contribuer… et une nouvelle fois, vous avez raison…nous ne savions pas avec certitude qui était cet homme, ni même si réellement il existait… à l'instant même où nous avons décidé de lancer l'assaut.
- Vous admettez avoir transgressé la loi volontairement sans aucune certitude? demanda-t-il, en tentant de se maîtriser.
- Oui monsieur … c'est pour cela que je suis face à vous… parce que je l'assume, mais aussi parce que je sais exactement de quel côté de la loi je suis, et que j'assume complètement pourquoi j'ai du emprunter ces chemins de traverse.
- Harold, je crois que nous en savons assez pour délibérer, glissa-t-il très rapidement au Chef de la Police, je demande une suspension d'audience pour rendre notre avis sur cette triste affaire …
- Je crois que le Capitaine Beckett n'a pas fini son exposé … Je vous demanderai, monsieur Bennett, de cesser de l'interrompre s'il vous plait…ce qu'elle a encore à nous dire est très intéressant, croyez-moi…
L'intervention du Chef de la Police fit taire tout le monde d'un seul coup. A commencer par Mark Bennett, qui, du rouge de la colère, passa au livide.
Harold Miller s'était doucement tourné vers lui, maître de ses gestes et de ses attitudes. Droit, sobre, incorruptible… Il venait clairement d'abattre lui aussi ses cartes, et tous le comprirent à cet instant : le chef Miller savait quelque chose, et le piège supposément tendu à Kate, cette audition, cette mascarade pour la faire tomber, n'était qu'en fait la scène sur laquelle une autre tête tomberait.
- Harold ? demanda-t-il à voix basse
- Chef Miller pour vous monsieur Bennett, répondit-il fermement. Capitaine ?
Un instant, Kate revit le souvenir de l'arrestation de Bracken. Son soulagement, le poids sur les épaules soudain disparu… elle voyait Bracken dans les yeux de Bennett. La même détresse, la même déchéance… la même surprise.
- Quand l'assaut a été donné, nous espérions sincèrement mettre un terme aux agissements de ce cartel, mais également pouvoir arrêter les responsables. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu. Rapidement, nous avons constaté que « L'Avocat » n'était pas là … ni même son bras droit. Pour nous, moi, mes amis, tous ceux qui se sont battus pour cette cause, c'était un échec.
Les deux hommes les plus importants de ce cartel allaient s'enfuir, et continuer leur trafic en toute impunité.
- Avez-vous davantage de certitudes quant à l'identité et l'existence de ces hommes, Capitaine ? Les avez-vous localisé ? demanda l'un des hommes face à elle
- En réalité monsieur… jusqu'à ce matin, je n'avais aucune preuve directe.
L'air était pesant, Kate tenait son auditoire en haleine, plus personne ne parlait… impatients et incertains de la suite des événements.
- Nous connaissions l'identité d'un de ces hommes, et ce, depuis des mois. Mais il était prudent, et comme Bracken, ne laissait rien derrière lui. J'ignore quand il a su que nous allions intervenir… mais il l'a su. J'ignore s'il a pensé un instant que nous pourrions réellement lui nuire … il nous a jugé comme une menace, sans conteste, mais je pense sincèrement qu'il a cru qu'il s'en sortirait … parce que ces hommes là s'estiment au dessus de tout… ils ne craignent pas la justice, puisqu'ils la commandent … ou qu'ils ont les moyens de l'orienter à leur guise … nous n'avions rien de concret contre lui … et il le savait certainement. Mais au final … il s'est piégé tout seul …
Kate plongea à nouveau son regard dans celui de Bennett, et cette fois, ce qu'elle y vit, n'avait plus rien d'arrogant. Il avait peur.
- Il aurait pu fuir quand il a pris connaissance de nos intentions… il aurait pu effectivement rebâtir son trafic ailleurs … il aurait pu se faire oublier le temps que l'enquête se tasse et ne fasse plus de bruit … se faire tout petit comme on dit …
Il lui sembla que Mark Bennett avait entreprit de se lever mais les deux officiers armés positionnés derrière lui, l'avait peut-être dissuadé de le faire…
- …mais un homme comme lui ne se fait tout petit … un homme comme lui, veut jouir encore et encore de son pouvoir et de son statut… un homme comme lui voulait me voir chuter en public … il voulait y assister … être aux premières loges … et il est resté … et je vous avoue que pour moi … pour nous… son erreur était inespérée.
Les membres de la Commission ne comprenaient plus rien, ils se regardaient les uns, les autres, s'attendant à une révélation impensable, insoupçonnable. La salle d'audience ronronnait sous l'agitation du public…
« Regarde-moi une dernière fois dans les yeux… avant que je ne coupe la dernière tête … »
- Monsieur Bennett … il y a 30 ans, vous officiez au sein de l'équipe du futur sénateur Bracken. Vous étiez son avocat, celui qui était en charge des questions juridiques, des questions d'ordres financières, n'est-ce pas ? demanda-t-elle calmement, sous les regards étonnés des membres de la Commission.
Bennett, blanc, crispé sur son fauteuil, ne répondit pas de suite. Mais au bout de quelques secondes, son naturel prit le dessus.
- Votre tentative pour me discréditer et pour redorer votre blason ne fonctionnera pas… vous êtes bonne pour retourner à la circulation… au mieux !
- Répondez à la question M Bennett, demanda à son tour le Chef Miller de façon autoritaire.
- Harold ? s'offusqua Bennett, d'un air nerveux et furieux.
- Répondez !
- C'est absolument faux ! Je pense qu'il ne sera pas difficile de le vérifier auprès des autorités compétentes ! Ses avocats de l'époque seront clairement nommés !
- C'est exact … Monsieur Colson… asséna Kate.
Un instant, tout se figea. La stupeur et l'assurance de Beckett frappa de plein fouet. Mark Bennett était tétanisé… paralysé … mais personne n'aurait su dire si la cause en était la peur ou la colère …
- Vous avez changé de nom et nous avons failli passer à côté. Colson était le nom de votre mère, vous avez reprit celui de votre père lorsque vous avez commencé votre carrière, au sein du Central du NYPD.
Nous cherchions un lien … mais nous ne regardions pas ce qu'il fallait… je laisserai à ceux qui vous jugeront de déterminer la raison de ce changement … mais que ce soit par prudence ou par nécessité… au vue de ce qui vous attend, on peut légitimement s'imaginer que vous aviez anticipé les risques encourus … et par conséquent, on pourra parler de préméditation …
Le silence, lourd, pesant, enveloppait désormais la salle d'audience. Comme une onde de choc, les déclarations de Kate avaient figé son auditoire.
- Comment … osez-vous ? balbutia Bennett difficilement
- Ce n'est pas tout … continua Kate. Nous savions depuis le début que l'homme que nous recherchions avait un lien avec la CIA … et il s'avère que c'est également votre cas…
Des tonnerres de murmures grandissants furent absorbés par la voix toujours plus sûre de Kate.
- Une fois votre nom d'emprunt découvert, certaines portes se sont ouvertes à nous… pendant 10 ans, vous avez été un agent actif d'une branche parallèle de la CIA…
- C'est absurde ! hurla Bennett
- Non ça ne l'est pas ! le bouscula Kate.
Elle reprit ses esprits quelques instants, évacuant tant bien que mal, la pression qui s'accumulait en elle, autours d'elle, depuis de longues minutes. Puis, doucement, elle prit dans ses mains un mince dossier qu'elle serra étroitement contre elle.
- Vous vous êtes piégé tout seul monsieur Bennett… votre arrogance, votre assurance, votre pouvoir … c'est vous qui vous vous êtes fait tombé… si vous étiez parti, si vous n'aviez pas désespérément voulu me voir à terre… nous n'aurions peut-être pas pu vous incriminer officiellement… mais vous n'avez pas pu vous empêcher d'être là aujourd'hui … vous vouliez me voir les deux genoux à terre … votre dernière victoire sur moi…
Le plus ironique dans l'histoire, monsieur Bennett, c'est qu'avant ce matin … nous ne savions pas que vous étiez « L'Avocat »…
Le public, de plus en plus dérouté, buvait les paroles de Kate, et son instinct lui glissait à l'esprit qu'elle était en train de gagner son pari.
- Vous ne pouvez rien prouver ! Harold ? Cette femme se sait aux abois, elle essaye de trouver un bouc émissaire pour ne pas payer sa dette à la société ! Je suis sa victime, c'est évident !
- Ma victime ? hurla Kate. Non monsieur … vous n'êtes en rien une victime, vous êtes un criminel !
- Capitaine Beckett ! Calmez vos ardeurs je vous prie ! hurla à son tour le Chef Miller
- Monsieur Bennett, ou Colson, peu importe votre nom … pour la dernière fois, ne m'appelez pas par mon prénom … vous n'êtes pas en situation de le faire !
- Harold ! Elle n'a aucune preuve de ce qu'elle avance voyons !
- Oh que si monsieur Bennett … et encore une fois, c'est vous qui me l'avez fourni… ce matin même … à 7h58 précisément.
Une nouvelle fois, le visage de Bennett changea de couleur. S'il avait été armé, à cet instant, cet homme l'aurait abattu, Kate en était certaine.
- Ce matin, quelqu'un a autorisé un transfert d'argent sur le compte d'une banque située dans les Iles Caïmans. Ce transfert a été validé ce matin… dans votre bureau … sur votre ordinateur … 8 millions de dollars … sur un compte au nom de Mark Jasper Colson.
- C'est …n'importe quoi …
La voix de Mark Bennett était à des années lumières de celle qui reflétait l'assurance et la fierté.
- Malheureusement pour vous… nous sommes nombreux à vouloir la vraie justice pour notre ville … et nombreux à accepter de prendre des risques pour faire tomber des hommes comme vous … nous nous sommes infiltrés dans la webcam de votre ordinateur … et votre bureau a été piégé, nous y avons placé des micros…
- Vous … vous n'avez pas le droit … aucun juge n'acceptera ce vice de procédure !
- C'est exact … mais il n'y en a pas. Ils ont agis sur mon ordre, déclara posément le Chef Miller.
- Qu.. quoi ? murmura Bennett, seul, et pour la première fois depuis longtemps, peut-être toujours, apeuré.
- Cette photo est extraite du film capté par la caméra de votre ordinateur… commença Kate en affichant à la vue de tous, un cliché de Bennett face à son écran. Le time-code prouvera aisément la date et l'heure et les données bancaires coïncideront … vous vous êtes probablement dit qu'une fois l'affaire instruite, vous pourrez fuir le pays sans encombre et sans attirer l'attention… mais vous vous êtes trompé …vous êtes fini monsieur Bennett…
Mark Bennett sembla s'effondrer sur sa chaise… il regardait ses mains, comme pour y chercha une dernière défense. Il ne l'avait pas vu venir … comment cette femme, cet écrivain, ces flics sans aucun soutien avaient-ils fait pour retourner une situation qu'il avait maîtrisé à merveille depuis des années ?
- Je pense qu'au vu des derniers rebondissements de l'audition du Capitaine Beckett, les membres de la Commission porteront le même avis que moi concernant monsieur Bennett …
Ce n'était pas une question, le Chef Miller les regarda à tour de rôle, par habitude, par professionnalisme, mais aucun n'objecta.
- Capitaine Beckett, lieutenants Esposito et Ryan, veuillez s'il vous plait nous faire l'honneur de mettre monsieur Bennett en état d'arrestation.
La surprise se lut immédiatement sur les 3 policiers. Ce n'était pas prévu, Kate regarda ses amis, puis se retourna à nouveau vers le Chef Miller, et elle reconnut un sentiment qui lui fit un bien fou. Dans son faible sourire, dans ses yeux, elle sentit la reconnaissance.
Elle s'autorisa un sourire crispé, les nerfs encore à vif, puis s'approcha lentement de Marck Bennett.
Esposito et Ryan le prirent chacun par un bras pour l'aider à se lever. Comme une masse inerte, son corps semblait lourd, son regard complètement absent.
Kate se plaça devant lui, et pour la seconde fois de sa vie, rendit hommage à sa mère, en procédant à la lecture de ses droits, à un homme qui a bien des égards, ne le méritait sans doute pas.
- S'il vous plait ! S'il vous plait !
La voix du Chef Miller tentait de s'imposer face à tumulte chaotique de la salle d'audience. Mark Bennett était désormais dans les mains de la justice, et les Bros avaient regagné l'assistance, juste derrière Kate. Profitant de l'agitation, Castle prit l'une des mains de Kate, qui, surprise, se retourna. Il était près d'elle, souriant, rassurant, fier. Sans un mot, il posa ses lèvres tendrement sur les siennes, puis la laissa pantoise, la caresse du baiser encore brûlante sur ses lèvres. Elle le vit s'éloignait de quelques mètres, pour retrouver sa place près de son père.
Le calme sembla revenir progressivement, et dans un dernier avertissement de circonstance, le Chef Miller reprit la parole.
- J'aimerais tout d'abord présenter mes excuses auprès des membres de la Commission. Pour des raisons évidentes, je ne pouvais vous fournir tous les éléments du dossier de cette affaire.
Il est important pour tous de savoir que l'argent transféré sur le compte en banque de Mark Bennett, a, en réalité, été dérouté sur un compte d'état, et n'a jamais été déposé à son bénéfice.
Sachez enfin, pour que les choses soient clairement établies, qu'il a été convenu avec le Capitaine Beckett que cette Commission rendrait bel et bien un jugement, malgré la mise en accusation de Mark Bennett. Cela ne change en rien le fait que le Capitaine Beckett a transgressé les règles, nous aurons donc à rendre un verdict à cette audience.
- Monsieur, je me plierai à votre décision. Pour moi, ce n'est pas là l'essentiel, ma carrière, ma réputation … c'est important bien sur… mais le sentiment d'avoir fait mon travail… ce pour quoi je me suis enrôlée dans les rangs de la police … c'est là, ma vraie victoire…
- Capitaine… à moins que certains membres aient encore des questions à vous poser, nous allons nous retirer pour décider de notre verdict. L'audience est levée.