HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

Ultime trahison

Série : Castle
Création : 09.11.2016 à 20h54
Auteur : jogeo1 
Statut : Terminée

« Cette histoire se déroule début de saison 4. Beckett et Castle ne se sont pas revu depuis l'hôpital. Comment va se passer leurs retrouvailles alors qu'une nouvelle enquête terrifiante les at » jogeo1 

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CHAPITRE 21 :

 

Ce matin là, Kate arriva tôt à son bureau. A sa grande surprise son chef l'y attendait déjà.

  • Beckett, je me doutais que vous arriveriez tôt. Asseyez vous, je voudrais discuter avec vous.

Kate prit place sur sa chaise tandis que Gordon restait debout. Manœuvre psychologique pensa t-elle.

  • Je voulais vous informer en personne, que l'affaire allait être reprise par le FBI. Donc pour l'instant occupez vous d'expédier les affaires courantes pour leur préparer le dossier.

  • Vous me retirez l'enquête ? Alors que nous avons des pistes sérieuses ?

  • Des pistes sérieuses ? Vous plaisantez j'espère ? Vous n'avez absolument rien pu trouver contre Augery ou Taylor.

  • Ce n'est qu'une question de temps, je vais les coincer.

  • Du temps je vous en ai suffisamment laissé comme ça. La presse est en train de nous fusiller.

  • Vous ne pouvez pas...

  • bien sûr que je le peux. C'est terminé, on arrête les frais. Je dois dire que je suis très déçu lieutenant. J'avais fondé beaucoup d'espoir en vous, mais de toute évidence vous n'êtes pas à la hauteur.

Kate accusa le coup.

  • Ce qui veux dire ?

  • Que votre réputation est très surfaite, sans ce petit écrivain minable pendu à vos basques, vous n'êtes bonne à rien.

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer et pénétra dans son bureau sans accorder un regard aux gars qui arrivaient dans sa direction, et en claqua violemment la porte.

  • Qu'est ce qui se passe ? Demanda Ryan devant la mine de sa collègue.

  • Il nous retire l'affaire.

  • Quoi ? S'énerva Esposito.

  • Mais enfin pourquoi ?

  • Parce qu'il a raison, je suis une incapable.

Kate se leva, prit sa veste et disparue à son tour devant les regards interrogateurs des deux lieutenants. Depuis quelques jours, ils ne reconnaissaient plus leur amie. Elle semblait avoir perdu confiance en elle et sa dernière réplique avant de disparaître ne fit que confirmer leurs craintes. Jamais encore elle ne s'était sous estimée de la sorte et pour cause Kate Beckett était une excellente enquêtrice et ils lui faisaient confiance les yeux fermés. Seulement ces derniers jours elle s'était renfermée sur elle même et semblait déprimée. Ils soupçonnaient que l'absence de Castle ne soit pas étrangère à cet état. Ils avaient bien essayer de le contacter mais l'écrivain était resté sourd à leurs appels.

 

Sans savoir comment, Kate se retrouva dans le bureau de Lanie à la morgue, mais son amie n'était pas encore arrivée. Elle se sentait désemparée devant l'intensité de sa rage et de son dégoût. Incapable de les contenir tout autant que de les exprimer, elle se contenta d'arpenter la petite pièce grise au rythme de ses pensées. Elle venait vraiment de toucher le fond. Sa vie prenait l'eau de toute part et elle avait l'impression de se noyer. Qu'allait elle faire ? Démissionner ? C'était tentant bien sûr, mais c'était le genre d'acte que l'on conçoit justement sur le coup de la colère et qui ne résolvait rien. Elle pourrait passer outre les ordres de Gordon et continuer à enquêter discrètement, non ? Elle connaissait suffisamment la machine administrative pour ne pas minimiser les risques d'une telle action sur sa carrière mais qu'avait elle à perdre ? Au point où elle en était.

Et si je m'en lavais les mains ?

Cette solution lui sembla si incongrue qu'elle s'arrêta net de trotter.

Non c'est impensable... ça ne te ressemble pas.

Peut être mais...tout à coup, elle se sentait mieux, presque euphorique. Elle pensa brusquement à Rick. Combien il serait doux d'être encore avec lui, à l'abri dans ses bras.

Je m'en lave les mains, je m'en moque, je laisse les autres faire ce que je n'ai pas été capable de faire. Arrêter l'assassin des filles, arrêter le commanditaire du meurtre de ma mère. Voilà c'est simple et je vie pour moi.

A ce moment peut être aurait elle pu prendre une telle décision et même, au prix de louables efforts pour étouffer le grondement révolté d'avoir été écartée autant que les remords d'avoir faillit à la tâche, serait elle parvenu à s'y tenir. Mais le téléphone sonna, la faisant définitivement basculer de l'autre côté. Et Kate, anéanti, attendit que son interlocuteur lui porte le coup de grâce.

 

 

L'avion d'Alexis était à l'heure.

Martha l'avait accompagnée à l'aéroport. Elles se dirigeaient ensemble vers le terminal C de l'aéroport de Newark. Martha marchait devant alors que sa petite traînait des pieds derrière.

  • Dépêche toi un peu chérie ou tu vas rater ton vol.

La jeune fille s'arrêta et haussa les épaules.

  • Qu'est ce qui se passe mon ange ?

  • Rien, seulement je n'ai plus envie d'y aller.

  • Comment ça tu ne veux plus y aller ? Tu te faisais une joie de ce voyage scolaire, tu as même participé à l'élaboration du projet. Tu as travaillé trop dur pour renoncer maintenant.

  • Ce n'est qu'une sortie scolaire, ce n'est pas si important. Je pourrais visiter Washington une autre fois. Je préfère rentrer à la maison, papa a besoin de moi.

  • Nous y voilà. Il me semblait que tu avais déjà discuter de ça avec lui.

  • C'est vrai mais...

  • Et qu'est ce qu'il t'a dis ?

  • Qu'il allait bien et qu'il ne voulait pas que je me fasse de souci pour lui. Il veut que je m'amuse.

  • Alors qu'est ce qu'on fait encore là ? Tu vas vraiment finir par louper ton vol.

  • Mais il ne va pas bien, c'est faux. Il ne mange plus et ne dort plus. Je ne l'ai jamais vu aussi triste grand-mère.

  • Et bien moi si chérie. Il ne te l'a jamais dit mais quand ta mère est partie il a été anéanti. Et puis il s'en est remis. Ce sera pareil cette fois, laisse lui un peu de temps.

  • Mais il a besoin qu'on s'occupe de lui.

  • Ton père est un grand garçon et il peut s'occuper de lui tout seul. Si tu restes, il va culpabiliser et se sentir encore plus mal. Ce n'est pas ce que tu veux ?

  • Non mais...

  • Ne t'inquiète pas pour lui. Tu ne pars qu'une semaine chérie, il sera toujours là à ton retour tu sais ? Et puis, je suis là moi ! Je vais te le bichonner.

  • C'est promis ?

  • Promis.

  • Je la déteste tu sais ?

Alexis ravala un sanglot et sentit une main dans son dos.

  • Je sais chérie mais ne la juge pas trop vite. Nous n'avons pas vécu ce qu'elle a vécu. Allez, vas y chuchota Martha en la poussant doucement.

Alexis se retourna une dernière fois pour faire un signe à sa grand mère, puis se fraya un passage pour rejoindre ses amies qui l'attendaient devant la porte d'embarquement. Martha lui rendit son petit signe. Elle ne pu s'empêcher d'avoir un pincement au cœur en la voyant disparaître. Elle allait lui manquer c'est sûr mais ce petit voyage lui ferait un bien fou. La matriarche espérait sincèrement que sa petite fille arriverait à se vider la tête et à profiter pleinement de son excursion. De retour au loft, elle était bien décidée à avoir une conversation avec son fils. Elle devait le secouer et le forcer à réagir pour son bien et celui de sa fille.

 

De retour à l'étage des homicides, Kate se retrouva nez à nez avec Ryan sur le pas de porte de la salle de pause.

  • Beckett, j'allais justement t'appeler, on a du nouveau.

Kate l'observa et un brève douleur lui cisailla le cœur. Pourquoi ne m'as tu rien dis. Pensa t-elle.

  • Ah oui et bien moi aussi figure toi et j'ai des choses à te dire.

Le ton sec de Kate n'échappa pas à Ryan.

  • Toi d'abord, alors, proposa t-il.

  • Non.

Elle voulait lui laisser une chance de lui avouer la vérité.

  • Ok. Un type nous a appelé peu après ton départ. Il dit être le beau père de Lucy et avoir quelque chose de très important à nous montrer. Il est en chemin et ne devrait plus tarder.

  • C'est tout ? Demanda t-elle une fois son récit terminé.

  • Ben... ce n'est pas si mal. On va peut être avoir une nouvelle piste.

  • Tu n'as rien d'autre à me dire ?

Ryan ouvrit des yeux étonnés.

  • Mais non...que...que se passe t-il ?

  • Je ne sais pas, moi...Tu pourrais me parler du cambriolage chez Montgomery, par exemple.

Kate vit les traits de Ryan se déformer par une expression torturée : la honte.

  • Je viens de parler avec Demming, tu te souviens de lui ? Bien sûr que tu te souviens de lui, vu que tu lui as parlé la semaine dernière.

  • Je voulais te le dire, je te le jure seulement on a pensé que ce n'était peut être pas le bon moment.

  • Comment ça on ? Alors Esposito aussi était au courant ?

  • Pas Esposito.

  • Alors qui bon sang ?... Castle ? Tu en as parlé à Castle ?

  • Oui. Avoua t-il penaud comme un petit garçon prit en faute.

  • Mais enfin qu'est ce qui t'a pris ?

  • Je ne sais pas il était là et...il se faisait tellement de soucis pour toi. Il ne voulait pas t'inquiéter pour rien et il a fini par me convaincre que ce n'était qu'un incident isolé et que ça n'avait aucun rapport avec...

  • Le meurtre de ma mère ?

  • Alors à toi non plus je ne peux plus te faire confiance ?

  • Qu'est ce qui se passe ? Demanda alors Esposito qui avait été alerté par le haussement de ton de Beckett.

  • Rien, Ryan était en train de me mettre au courant pour l'appel téléphonique du beau père de la victime et je lui rappelais qu'on était plus sur l'affaire.

  • Tu ne veux même pas savoir ce qu'il a à nous apprendre ? Et ne t'en fais pas pour Gordon, il est parti juste après toi, des soucis familiaux je crois. On ne le reverra pas aujourd'hui.

  • Tu sais ce qu'on risque si il apprend qu'on enquête dans son dos ?

  • Oui et alors ? Qu'est ce que tu veux que j'aille dire au beau père, désolé de ce qui est arrivé à votre belle fille mais ce n'est plus notre problème ?

  • Il est ici ?

  • Il est arrivé il y a deux minutes.

  • Très bien allons voir ce qu'il a à nous dire mais pas un mot à quiconque. Ça ne devrait pas te poser de problème Ryan, les secrets ça te connaît.

Esposito releva la pique qu'elle venait de lancer à son équipier mais ne posa pas de questions et se dirigea vers la salle d'interrogatoire où il avait discrètement installé leur nouveau témoin.

  • Nous n'en avons pas terminé, nous reparlerons de tout ça plus tard. Lança t-elle à l'intention de Kevin qui se retourna,et en évitant son regard, alla vers la salle d'interrogatoire à son tour.

  • M Williams, je vous présente les lieutenants Ryan et Beckett.

  • Bonjour, je vous présente toutes nos condoléances pour votre perte. Fit Kate avant de prendre place en face de l'homme dévasté par le chagrin.

  • Merci. Ce n'était pas ma fille mais je l'aimais comme tel.

  • Le lieutenant Ryan m'a dit que vous aviez quelque chose d'important à me montrer.

  • Ma femme est anéanti, elle ne veut plus rentrer dans la chambre de Lucy, alors c'est moi qui me suis chargé de la ranger et j'ai trouvé ça.

Williams prit la grande enveloppe posée à côté de lui et la tendit à Beckett.

  • Lucy était une gentille fille mais elle a fait de mauvais choix. Quoi qu'il en soit, elle ne méritait pas de finir comme ça. Trouvez celui qui a fait ça.

Il se leva, jeta une dernier regard haineux sur l'enveloppe qu'il venait de confier à la police, puis il prit sa veste et quitta la pièce laissant les trois inspecteurs. De toute évidence, il ne tenait pas à revoir les clichés que contenait l'enveloppe.

Kate la décacheta et en sorti une première photo. Dès qu'elle vit le visage des deux jeunes filles, elle eut un cri muet. Il s'agissait du même genre de photographies trouvées la semaine précédente dans l'appartement de Brooks. On y voyait un homme dans la quarantaine, entièrement nu, avec deux jeunes filles tout aussi dévêtues à ses côtés. Oui ces clichés étaient tout aussi immondes que les précédents à un détail près. Les deux filles n'étaient pas Lucy et Amy.

 

Cette journée n'a pas l'air si terrible me direz-vous. Encore un peu de patience, elle est loin d'être terminée.


jogeo1  (25.06.2017 à 18:57)

CHAPITRE 22 :

 

Quand Martha rentra au loft, elle trouva son fils endormi sur le canapé. Finalement toutes ses insomnies avaient eu raison de lui et il avait enfin réussit à trouver le sommeil. Elle resta un moment debout au dessus de lui, le contemplant avec tristesse. Il avait beau être un adulte depuis longtemps, elle se sentait toujours responsable de lui, de son bien être et le voir sombrer ainsi lui devenait de plus en plus insupportable. Elle allait lui chercher une couverture dans le placard de l'entrée quand le téléphone sonna. Elle se précipita pour répondre, de crainte que la sonnerie ne le réveille mais trop tard, celui-ci se leva en sursaut du canapé. Il lui fallut une minute pour retrouver ses esprits et se rendre compte qu'il ne se trouvait pas dans son lit mais dans le salon.

  • Mère qu'est ce qui se passe ?

  • Ce n'est rien chéri, rendort toi, c'était juste encore l'un de ces démarcheurs à la gomme.

  • Mais enfin qu'elle heure est il ? Demanda t-il émergeant de son sommeil.

  • 9h30.

  • 9h30 ? Mais enfin pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? Alexis va rater l'avion.

  • Ne t'en fais pas pour elle, elle a bien prit son vol, je l'ai accompagnée à l'aéroport. Et c'est elle qui n'a pas voulu qu'on te réveilles. Tu dors si peu ces derniers temps. Elle se fait beaucoup de soucis pour toi tu sais. On s'en fait toutes les deux.

  • Je vais bien, je t'assure.

  • Ce n'est pas vrai et tu le sais alors n'essaie pas de nous en convaincre, on est pas nées de la dernière pluie tu sais. Fit elle en prenant place près de lui sur le canapé.

  • Chéri je sais que c'est difficile. Tu as de la peine, mais crois moi, tu as pris la bonne décision.

  • Je sais, c'est juste que...

  • Que quoi ?

  • Je crois qu'au fond de moi, j'espérai que ce que je lui ai dis la ferait réagir, que...je ne sais pas ce que j'espérai finalement ?

  • Qu'elle revienne ?

  • Mais ça n'arrivera pas. Jamais elle ne pourra me pardonner. Je dois me faire une raison, n'est ce pas ?

  • Chéri...

  • Non, c'est toi qui a raison, je dois me bouger, rester ici à me morfondre ne sert à rien. Et si on sortait ce soir ? Je t'invite à dîner.

  • Alors ça c'est la meilleur idée que tu ai eu depuis longtemps. Dit elle en lui frappant la cuisse et en se levant. Je vais passer la journée à l'école, on doit préparer notre prochaine pièce, tu n'auras qu'à passer me prendre là bas.

  • On fait comme ça. Lui sourit il.

Quelque chose brilla dans les yeux de Martha. Des larmes de soulagement ? Il se le demanda. Elle tendit la main et lui caressa la joue. Une douce caresse de mère.

  • Tout va s'arranger Richard dit elle doucement.

Puis elle lui sourit.

  • A ce soir mon grand.

Une fois Martha sortie, Castle se saisit de son téléphone portable et regarda pour la énième fois, une photo de lui et Beckett qu'ils avaient prise peu de temps auparavant. Son cœur se serra quand il se décida enfin à appuyer sur la touche OK qui confirmait la suppression définitive du selfie. Il poussa un soupir puis s'apprêtait à reposer son portable quand celui-ci sonna. Il ne reconnu pas le numéro qui s'affichait mais décrocha néanmoins.

  • Castle !

  • Mr Castle ? C'est Sarah Kent, vous aviez dit que je pouvais vous appeler.

  • Sarah, oui bien sûr...

  • Aidez-moi s'il vous plaît. Fondit elle en larme.

  • Sarah que se passe t-il ? S'inquiéta t-il aussitôt

  • Je crois qu'il en a après moi.

  • Qui Sarah ? Qui en a après vous ?

  • Celui qui a fait ça à Lucy et Amy. C'est à cause de ce que l'on a fait, il veut se venger. J'ai peur.

  • Il faut que vous appeliez la police, le lieutenant Beckett peut vous aider, vous pouvez avoir confiance en elle.

  • Non pas la police. S'il vous plaît pas la police, vous aviez promis. Fit elle au bord de l'hystérie.

  • D'accord calmez-vous. Pas de police. Sarah où êtes vous ?

  • N'appelez pas la police.

  • C'est promis. Où êtes vous ?

  • Je suis chez les parents d'une amie qui sont en voyage. C'est au 221 river fall à la sortie de la ville.

  • D'accord, ne bougez pas, n'ouvrez à personne, je pars tout de suite.

  • S'il vous plaît, dépêchez vous.

Castle était déjà devant la porte du placard et s'apprêtait à récupérer sa veste tout en composant le numéro de Beckett. Il s'apprêtait à appuyer sur la touche envoi quand il se ravisa. Il avait promis à Sarah qu'il ne préviendrait pas la police et si au fond de lui il savait que c'était une très mauvaise idée, il ne pouvait pas faillir à sa promesse. Si il le faisait Sarah ne lui ferait plus confiance et jamais il n'aurait le fin mot de cette sombre affaire. Et puis de toute manière Kate n'aurait pas plus prit cet appel que les autres. Il n'avait pas besoin d'elle après tout, il allait lui montrer de quoi il était capable. Il rangea son portable dans sa poche et se précipita hors du loft.

 

 

Sarah Kent ! Ce n'est pas possible ! Se dit Beckett, abattue. Cette histoire n'en finirait jamais ! Elle repensa à cette jeune étudiante et à son insistance à lui parler. Elle avait tout de suite senti que la jeune fille lui cachait des choses mais jamais elle n'aurait pensée qu'elle faisait partie intégrante de cette sordide affaire. Un tas de nouvelles questions se bousculèrent dans sa tête. Si Sarah faisait partie du trio, quel était le rôle joué par Larry Brooks ? Se pouvait il qu'il ait récupéré les photos des jeunes filles sans leur consentement ? Avait-il essayé de les faire chanter ? Pourquoi n'y avait il aucune photo de Sarah sur la clé USB de Larry ? Et dernière question et non des moindres, Sarah avait elle tuée ses deux amies, avec ou sans l'aide d'un complice ?

D'un pas résolu, elle quitta le poste en sachant qu'il n'y avait qu'une façon d'avoir des réponses : aller interroger Sarah Kent.

 

Lors de leur enquête, ils avaient apprit que la jeune fille ainsi que les deux victimes venaient de Sherrill, une petite ville au nord de New York. Sur les photos, Lucy et Sarah paraissaient plus jeunes et Beckett soupçonnait que leur petit trafic avait commencé à l'époque où les jeunes filles étaient encore au lycée. Elle avait alors envoyé les gars là bas espérant qu'ils découvriraient l'identité de l'homme sur les photos.

Ils se garèrent devant le commissariat de la petite ville, puis pénétrèrent dans le bâtiment. Un agent les accueillit.

  • Nous voudrions parler au shérif dit Esposito en sortant son insigne de la police de New York.

L'agent prit un air concentré et leur demanda d'attendre. Une minute plus tard, un homme plus près des soixante que des cinquante ans se présenta :

  • Bonjour, je suis le shérif Peart, fit il en leur serrant la main.

  • Lieutenant Esposito, et voici le lieutenant Ryan de la police de New York. Pourrions nous vous parlez seuls à seul ?

  • Vous venez pour l'histoire des deux gamines n'est ce pas ?

  • Oui.

  • Suivez-moi.

Ils remontèrent un couloir et s'enfermèrent dans le bureau du shérif. Il les invita à s'asseoir en face de lui et posa ses deux coudes sur son bureau.

  • Une sale histoire comme on aimerait ne jamais en avoir, fit il. En quoi puis je vous être utile messieurs ?

Ryan prit l'enveloppe et sortit les clichés avant de les tendre au shérif.

  • Merde alors ! C'est la petite Kent ! S'étonna t-il en la reconnaissant.

  • Oui, ça nous le savons déjà mais pouvez-vous mettre un nom sur l'homme ? Demanda Esposito

Sur la première photo on le voyait de trois quarts, de ce fait on ne distinguait pas clairement son visage mais quand Peart découvrit la seconde, il ne put réprimer une exclamation de surprise.

  • C'est Paul Ringfield ! Ah ça alors ! Je n'aurais jamais imaginé ça de lui !

  • Vous le connaissez ?

  • Pour sûr !

  • Nous allons devoir l'arrêter pour un interrogatoire. Il faudrait que vous nous accompagniez avec deux de vos hommes.

  • Je peux vous accompagner tout seul, je ne crois pas qu'il opposera beaucoup de résistance.

  • On est jamais trop prudent. L'avertit Ryan

Le shérif émit un petit rire malvenu.

  • Vous avez déjà vu des morts sortir de leur tombeau ? ironisa t-il.

Les gars ne cachèrent pas leur surprise.

 

 

Kate venait d'arriver à l'université. La secrétaire d'Augeri, Mme Dickinson, passa quelques coups de fils et appris à Beckett que Sarah n'avait pas assisté à ses cours et qu'elle avait quitté l'établissement sans dire où elle allait.

  • Je voudrais quand même inspecter sa chambre. Fit Kate.

  • Vous pensez qu'elle a participé à ces séances de photos scabreuses ? Demanda Mme Dickinson alors qu'elles quittaient les locaux administratif.

  • Non, mais c'est une amie de Lucy et d'Amy. Je souhaiterais l'interroger pour qu'elle me parle d'elles mentit elle tandis qu'elles marchaient sur la pelouse menant au dortoir des filles.

  • Et Augeri, vous pensez vraiment qu'il aurait pu les tuer ?

  • Au point ou en est l'enquête, nous n'avons rien contre lui. Et si vous voulez mon avis personnel, il n'a rien d'un assassin.

Elle savait que cela ne ferait pas taire les rumeurs, mais au moins elle aurait essayé.

  • C'est celle là, dit la secrétaire quand elles arrivèrent devant la chambre de Sarah.

  • Merci. Je vous rapporte le passe dès que j'ai terminée.

La chambre était bien rangée, rien ne traînait. Elle referma la porte derrière elle, mit des gants en latex et commença sa fouille. Elle commença par le tiroir de la table et fût aussitôt attirée par une enveloppe au nom de Sarah. Elle la prit et en sorti une lettre. C'était une invitation de Lucy et d'Amy à les rejoindre au Kingdom's tavern le jour de leur disparition. Elle n'arrivait pas à croire que Sarah puisse réellement être impliquée dans la mort de ses amies. Elle n'aurait pas laissé cette lettre en évidence. Mais il n'y avait plus aucun doute possible, elle savait des choses, et elle aurait intérêt à parler. Espérant que sa chance ne la quitte pas, elle continua l'inspection mais ne trouva rien d'autre.

 

 

  • Comment est il mort ? Il n'était pas si âgé ? Demanda Ryan en posant les yeux sur les photos.

  • Un soir nous avons reçu un coup de téléphone. Il a tué sa femme à son retour du travail avant de se donner la mort.

  • Ils avaient des enfants ? Demanda alors Esposito ?

  • Oui, un fils. Donald. Pauvre gamin, c'est lui qui les a trouvé baignant dans leur sang.

  • Et où pouvons nous le trouver ?

  • Aucune idée, après le drame, il a quitté la ville.

  • Bien nous n'allons pas vous déranger plus longtemps. Merci pour votre aide shérif.

 

Ils reprirent la route pour New York dès qu'ils eurent quitté le shérif. Paul Ringfield ne pouvait pas être l'assassin néanmoins Ryan sentait qu'ils touchaient au but et tout à coup, une idée lui traversa l'esprit. C'était une idée incongrue, mais il avait l'habitude de se fier à son instinct.

  • Tu en fais une tête ? Fit Esposito remarquant le changement d'attitude de son partenaire.

  • Je me demandais simplement si le fils des Ringfield ne connaissait pas Lucy, Amy et Sarah. Après tout Sherrill n'est qu'une petite ville.

  • Et alors ?

  • Et alors, imagine qu'il ait appris qu'elles avaient fait chanter son père et que c'est à cause de ça que son vieux à pété les plombs ?

  • Ce n'est pas une raison suffisante pour qu'un gamin sans histoire devienne un sadique pervers !

  • Je sais. Mais supposons que ce soit lui. Cela impliquerait que Sarah Kent est la prochaine sur sa liste.

  • Tu es obligé de te la jouer à la Castle ? C'est un peu tiré par les cheveux ton histoire.

  • Peut être mais j'appelle quand même Beckett.

  • En parlant de Beckett, c'est quoi ton problème avec elle ?

  • Je n'ai aucun problème avec Beckett !

  • A d'autre, j'ai remarqué la façon dont elle t'a rembarrée tout à l'heure.

  • C'était rien, elle est juste un peu à cran depuis que Castle a disparu du paysage.

  • Je me demande bien où il a pu passer celui là

Ryan ne prit pas la peine de répondre et sortit son portable pour appeler Beckett.

 

 

  • Ryan tu as le nom du type sur les photos ? Demanda aussitôt Kate.

Elle quittait le campus et s'installait au volant de sa voiture. Ryan lui relata leur entretien avec le shérif Peart puis lui exposa sa nouvelle théorie.

  • Rien ne prouve qu'il a eu connaissance des photos ou du chantage. Mais c'est notre meilleur piste pour le moment. Avec Esposito essayez de le retrouver, de mon côté je continue à chercher Sarah. A l'heure qu'il est, elle est la seule à pouvoir nous apporter de nouveaux éléments.

 

 

Castle s'arrêta sur le bord de la route, repéra une boîte aux lettres portant l'inscription « Braxton » et prit une piste de terre battue. La maison du 221 River Fall était entourée de champs en friche. Sur le porche devant la maison, deux stères de bois à brûler étaient appuyés de façon précaire contre une rambarde improvisée avec une branche tordue. Rick monta les marches du porche qui craquèrent sous son poids et constata alors seulement que quelque chose n'allait pas. Il gelait et la porte d'entrée était grande ouverte. Il passa la tête par la porte. Il faisait sombre à l'intérieur, les volets n'ayant pas été ouvert.

Il appela :

  • Sarah ?

Il entendit une porte claquer au vent. Et tout de suite après, autre chose. Un petit bruit de pas comme si quelqu'un courait à l'étage.

Il entra dans la maison et referma la porte. Toutes les lampes étaient éteintes. Il s'avança à tâtons dans l'entrée, à la recherche d'un interrupteur. Il finit par le trouver et alluma la lumière.

  • Sarah ? C'est M Castle !

Mais personne ne répondit. Il sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale. Et il l'entendit à nouveau : le rapide chtomp- chtomp- chtomp de pas au dessus de sa tête. Il leva les yeux vers le haut de l'escalier. Il y avait quelqu'un à l'étage et pourtant il n'y avait pas de chauffage dans la maison, il faisait un froid glacial et toutes les lumières étaient éteintes. Il recula lentement, puis se décida finalement à appeler des renforts.

 

 

Alors qu'ils roulaient toujours en direction de New York, Ryan avait lancé une recherche sur son portable, à l'encontre de Donald Ringfield. Il attendait le résultat quand son portable se mit à sonner.

  • Ryan !

  • Ryan ? c'est Castle.

  • Écoute Castle, ce n'est pas vraiment le moment, je peux te rappeler ?

  • Non att...end c'est im...por...tant.

  • Castle ? Où est ce que tu es ? Je t'entends très mal.

  • Je...suis dans...une mai...son iso...lée à la sort...de la vil...le au 221 Riv...er...fall.

  • Castle ?

  • Sarah Kent...est...ger....

  • Castle ?

  • Qu'est ce qui se passe ?

  • J'en sais rien, on a été coupé. Il a parlé d'une maison et de Sarah Kent.

  • Il sait où elle est ?

  • 221 River Fall je crois.

Le portable de Ryan émit un nouveau bip, cette fois, il ne s'agissait pas d'un appel mais le résultat de la recherche qu'il avait lancé. Quand il découvrit l'identité du fils des Ringfield son sang se glaça.

  • Merde !!

 

 

  • Beckett !

  • C'est Adams ! Le fils des Ringfield c'est Don Adams. Il a reprit le nom de jeune fille de sa mère.

  • C'est peut être un homonyme ?

  • J'ai sa photo sous les yeux, c'est bien lui. Ce fils de pute a tuer Brooks dans sa cellule, il n'a pas eu de mal vu qu'il était de garde cette nuit là. Il s'est bien foutu de notre gueule.

Kate était sans voix, elle n'en revenait toujours pas de ce que venait de lui annoncer Ryan, ce monstre faisait parti de la police et pire il faisait parti de son équipe. C'est pour cela qu'il a toujours eu un coup d'avance sur eux.

  • Beckett ? T'es toujours là ?

  • Oui, excuse moi.

  • J'ai appelé le poste, il n'est pas venu travailler aujourd'hui.

  • Ok lance un mandat d'arrêt contre lui et allez voir chez lui. Il faut absolument qu'on mette la main sur lui avant qu'il ne trouve Sarah. C'est la prochaine sur sa liste, tu avais raison, il veut se venger.

  • Je crois savoir où elle est, je t'envoie l'adresse sur ton portable.

  • Je l'ai ! Je ne suis pas très loin, je vais aller jeter un coup d'oeil.

  • Kate ce n'est pas tout, Castle est là bas.

A l'évocation de son ancien partenaire, son visage perdit toute ses couleurs. Elle fut prise d'un terrible pressentiment et appuya sur l'accélérateur.

 

 

  • Ryan ?... Ryan ?... Et merde !

Le téléphone de Rick émit un petit bip significatif qui lui indiqua qu'il n'avait plus de réseau.

Il raccrocha puis s'avança au pied de l'escalier et regarda à nouveau vers le palier du premier étage, mais on entendait plus rien. Il posa la main sur la rampe. Du bon bois de chêne, solide, rassurant. Il commença à monter, poussé à gravir les marches, l'une après l'autre. Arrivé sur le pallier, il alluma la lumière et vit un couloir étroit. Il jeta un coup d’œil dans la première chambre à droite. C'était une chambre d'enfant. Des ballerines dansaient sur les rideaux et des poupées barbies étaient étalée sur le sol. Il retourna dans le couloir. Son regard fut alors attiré par une autre porte entre-ouverte, vers une chambre qui contrairement aux autres pièces de la maison n'était pas plongée dans l'obscurité. Quand il s'approcha, il distingua l'extrémité d'un lit. Deux jambes y étaient solidement attachées et se débattaient inutilement. Il poussa la porte et le corps de Sarah se révéla lentement à lui. Elle étaient attachée, bâillonnée mais autant qu'il put en juger elle ne portait aucune trace de sévisse. Il se figea sur place. Il avait l'impression que les battements de son cœur résonnaient aussi fort que des tambours dans la nuit. Le temps sembla ralentir. Pour tout avertissement, il entendit craquer le parquet derrière lui. Il se retourna juste à temps pour voir une ombre puis une silhouette se ruer sur lui. Il reçut l'impact en pleine poitrine et tomba à la renverse. Au même instant, une douleur terrible lui vrilla le ventre. Il prit alors conscience de sa blessure. Un couteau était planté dans son abdomen. Il entendait toujours les gémissements de Sarah, et le bruit qu'elle faisait en s'agitant désespérément sur le lit. Malgré la douleur lancinante, dans un effort de survie, il essaya de se mettre sur le côté. Il reprenait son souffle quand son agresseur se pencha au dessus de lui et dans un mouvement vif retira l'arme qui lui transperçait les entrailles.

  • Regarde Sarah, ce que tu m'obliges à faire !

Il se délectait de la terreur qu'il lisait dans les yeux de la jeune fille. Son seul regret était d'avoir dut la bâillonner. Même si il savait qu'ils étaient loin de tout, il ne pouvait pas prendre le risque que quelqu'un l'entende crier et vienne au secours de cette petite pute. Il avait attendu ce moment bien trop longtemps. Il s'approcha de Sarah et commença à lacérer ses vêtements avec son couteau. Lentement avec des gestes précis, il allait prendre son temps pour la faire souffrir.

 

Voilà, maintenant je suis quasiment sûre que vous me détestez. A bientôt pour la suite.


jogeo1  (03.07.2017 à 19:25)

CHAPITRE 23

 

Kate maudissait le chemin cahoteux sur lequel elle roulait. Elle se traînait comme une tortue avec sa Crown victoria alors qu'elle voudrait déjà être arrivée. Elle n'aurait pas su dire pourquoi mais depuis l'appel de Ryan, son mauvais pressentiment ne l'avait plus quitté et son angoisse allait crescendo. Elle essayait tant bien que mal, de calmer ses nerfs mais savait qu'elle ne retrouverait son calme qu'une fois qu'elle se serait assurée que Sarah et Rick étaient en sécurité.

Elle était sur le point de rappeler les gars afin de savoir si ils avaient pu mettre la main sur Adams quand elle vit au loin se dessiner la silhouette de la bâtisse. Elle était enfin arrivée.

Une voiture était garée dans l'allée devant la maison. Kate se gara derrière le véhicule. Elle arrêta le moteur de la crown victoria, descendit, et se retrouva dans le silence de la nature. Elle inspecta la voiture de plus près, nul doute il s'agissait bien de la voiture de Rick. Mais enfin, que faisait il ici ? si il savait pour Sarah pourquoi ne les avaient t-ils pas avertit ? C'était évident, c'était à cause d'elle. Il ne voulait plus avoir à faire à elle. C'était elle qui avait rompue la première. Elle lui avait expressément demandé de sortir de sa vie alors pourquoi ce constat lui faisait il si mal ?

Elle inspecta la voiture et essaya d'ouvrir la portière mais elle était verrouillée. Elle dépassa alors le véhicule et se dirigea vers le porche. Arrivée en haut de l'escalier elle frappa mais personne ne vint ouvrir. Alors elle tourna la poignée de la porte, cette dernière n'était pas fermée à clef. Kate sentit les pulsations de son cœur s'accélérer, elle commençait sérieusement à imaginer le pire. Si Sarah était avec Rick, pourquoi personne ne lui avait ouvert ? Elle mit la main à son pistolet et enleva la sécurité. Elle jeta un regard circulaire sur les champs environnants. Le paysage était d'une sérénité indifférente. Il n'y avait pas un bruit, tout était calme, bien trop calme. Elle se décida à pénétrer à l'intérieur. A peine était elle entrée qu'elle crut apercevoir un mouvement sur sa gauche et elle se figea immédiatement aux aguets puis tous les sens en alerte, elle reprit sa marche, son pistolet bien en main, prête à tirer. Arrivée au milieu du couloir, elle s'arrêta net à hauteur de la cuisine. Un craquement net se fit entendre. La pièce était petite et chichement aménagée. Une table, des placards, et il y avait une porte, menant probablement à la cave. Soudain, elle entendit des bruits de pas. Ils semblaient venir d'en bas et se rapprochaient. Kate se posta à côté de la porte, l'arme serrée dans la main. Les pas s'arrêtèrent et la porte s'entrouvrit.

  • On ne bouge plus ! Police ! Mains sur la tête et...

Un homme sortit soudain de derrière la porte.

  • Oh là du calme !

  • Capitaine ? S’esclaffa Beckett ne s'attendant pas à tomber sur Gordon.

  • Vous pouvez baisser cette arme lieutenant ? vous me rendez nerveux.

  • Que faîtes vous ici ? Demanda t-elle à son tour le tenant toujours en joue.

  • J'ai entendu l'appel d'Esposito à la radio. Je n'étais pas très loin alors j'ai décidé de venir voir si je ne pouvais pas me rendre utile.

  • Je n'ai pas vu votre voiture. Fit Kate en replaçant son revolver dans son holster.

  • Je l'ai laissée plus loin. Je ne voulais pas qu'on m'entende arriver au cas où Adams aurait été dans le coin. Je n'arrive toujours pas à y croire. Il n'y a rien de pire qu'un flic pourrit.

  • Où sont Sarah Kent et Castle ?

  • J'ai fait le tour de la maison, il n'y a personne ici.

  • Ça n'a aucun sens. La voiture de Castle est toujours dans l'allée.

  • Ils sont peut être partis avec celle de Kent. Je vais appeler les renforts pour qu'ils ratissent le secteur. Ils ne peuvent pas être bien loin. Je peux me servir de la radio de votre voiture ? On capte très mal ici.

Elle lui lança ses clés.

Alors qu'il se dirigeait vers la porte d'entrée, il se retourna vers Kate puis d'un regard accusateur ajouta :

  • Au fait lieutenant. Nous reparlerons plus tard de votre sanction pour avoir désobéis vous et vos hommes à mes ordres en ce qui concerne la poursuite de cette affaire.

  • Bien capitaine.

  • Et ne faîtes pas cette tête là, on va les retrouver. Mais ôtez moi d'un doute. Pour qui êtes vous si inquiète ? Pour notre témoin ou pour votre amant ?

Avant qu'elle n'ai eu le temps de dire quoi que ce soit il ajouta avant de sortir :

  • De ça aussi nous en reparlerons.

Cette fois-ci sa carrière était bel et bien terminée. Gordon n'allait pas la louper mais de ça elle s'en fichait. A cet instant tout ce qui lui importait c'était de retrouver Rick sain et sauf.

Kate s'adossa au mur, les jambes en coton tandis que des images défilaient dans son crâne : les corps mutilés des filles repêchés dans le lac, la tête du juge explosant sous l'impact de la balle...

Elle ferma les yeux un instant afin de retrouver son calme puis se saisit de son téléphone. Le réseau était très mauvais mais elle devait quand même essayer. Elle composa le numéro de Rick et fut soulagée quand au bout du troisième essaie elle s'aperçut que le signal passait enfin.

  • S'il te plaît Castle réponds ! Pourquoi est ce qu'il a fallut qu'il s'en mêle ?

C'est alors qu'elle perçut le son d'une mélodie provenant de l'étage. Une mélodie qu'elle n'eut pas de mal à reconnaître. Il s'agissait d'In my veins d'Andrew Bell, une de ses chansons préférées et depuis peu la sonnerie du portable de Castle pour les appels de Kate.

Elle s'avança silencieusement dans le couloir, pour se retrouver bientôt face à l'escalier qui menait à l'étage. Kate sentit son estomac se tordre, pourquoi Castle aurait-il laissé son portable si il était en voiture avec Sarah. Elle mourait d'envie de monter l'escalier quatre à quatre, mais ses jambes paralysées par la peur l'en empêchaient. Les minutes qui suivirent furent parmi les plus longues et les plus terrible de sa vie. Elle arriva enfin sur la dernière marche, son cœur battant à tout rompre.

La mélodie cessa alors elle recomposa le numéro, et elle reprit plus forte à présent. Elle ferma les yeux , fit une prière puis s'engagea lentement sur le palier qui s'étirait en un long couloir. Elle vit deux portes dont l'une d'entre elles était fermée. Elle s'en approcha, et tendit l'oreille. La sonnerie venait bien de derrière cette porte.

Elle ne se souvenait pas avoir dégainé son arme, elle savait seulement qu'elle l'avait tout à coup en main, en proie à une peur tellement intense, qu'elle lui nouait physiquement la gorge. C'est alors que son regard tomba sur un détail qui lui coupa le souffle. Une empreinte de main sur le mur. Son arme lui parut soudain visqueuse entre ses doigts. C'était bien du sang. Et il y avait d'autres traces sanglantes sur le sol.

Kate sentit ses jambes se dérober sous elle tandis que sa main moite se crispait sur la poignée de la porte.

 

 

La porte s'ouvrit brutalement, heurtant le mur. Munis d'un mandat de perquisition, Esposito et Ryan, accompagnés de deux officiers en uniforme pénétrèrent dans l'appartement de Don Adams alias Donald Ringfield. Comme ils l'avaient craint, celui-ci était vide, aucune trace de leur suspect. Néanmoins ils fouillèrent les lieux à la recherche d'indices éventuels qui auraient pu leur indiquer où il se cachait.

Ils sentaient qu'ils n'avaient pas une minute à perdre et que le temps leur était compter. Si ils ne retrouvaient pas Adams très vite, ils risquaient d'avoir d'ici peu une nouvelle victime sur les bras et cela leur paraissait inconcevable.

Alors qu'ils s'apprêtaient à quitter l'appartement bredouille, la chance leur sourit enfin. Esposito ouvrit la porte au moment où Adams s'apprêtait à entrer. Il était accompagné d'une jeune fille qui de toute évidence était sa petite amie. Esposito la reconnue pour l'avoir vue sur des photos. Le jeune couple parut surpris de trouver la police chez lui.

  • Esposito ? Que faites vous ici ?

  • Don, tu es en état d'arrestation pour les meurtres de Lucy Barton, d'Amy Paich et de Larry Brooks, tourne toi s'il te plaît.

  • C'est ridicule ! Don, chéri dit quelque chose ! S'indigna la jeune fille.

  • Quoi ? Si c'est une blague les gars, c'est vraiment pas drôle.

  • Crois moi, je n'ai pas envie de rire.

Prit de panique devant la gravité des accusations qui pesaient contre lui, Adams ne réfléchi pas, poussa violemment Esposito et prit la fuite.

  • Don ! Arrête toi, tu n'iras nul part, l'immeuble est cerné ! Hurla Esposito tout en s'élançant à sa poursuite.

Mais Don était déjà loin et chacun de ses pas furieux augmentait la distance qui les séparait. Il ne ferait pas demi tour.

  • Ne lui faites pas de mal ! Hurla sa petite amie effrayée.

Esposito finit par le rattraper et l'empoigna alors qu'ils arrivaient sur le toit de l'immeuble. Ils tombèrent lourdement sur le sol. Adams se releva à grand-peine, avant Esposito et lui flanqua un coup de poing. Il balançait furieusement les bras, et se mit à hurler quand Ryan l'attrapa par derrière et le plaqua à terre.

Esposito se releva et tira son arme.

  • On ne bouge plus !

  • Lâchez moi ! Je suis innocent, j'ai rien fais !! Criait il alors que Ryan lui passait les menottes.

 

 

 

Toujours la main sur la poignée, le souffle court, Kate poussa la porte et son cœur cessa de battre. Là sur le sol, gisait le corps inanimé de Rick. Sa chemise était trempée de sang et son teint était livide.

Ses genoux fléchirent devant cette vision d'horreur et elle dut se retenir au cadre de la porte pour ne pas s'effondrer. Elle éclata en sanglots.

  • Non...Rick...Oh mon Dieu...je vous en supplie...pas ça...

Elle se ruait vers lui pour prendre son pouls quand elle entrevit un vague mouvement du coin de l’œil et avant qu'elle ne comprenne ce qui se passait, un homme lui passa une chaîne à vélo autour du coup et l'entraîna dans le couloir. Son arme lui échappa. La chaîne s'enfonça dans sa gorge, l'empêchant de respirer. Elle laissa son corps s'affaisser, essayant de déséquilibrer son agresseur, mais il ne se laissa pas avoir. Au contraire il resserra sa prise sur la chaîne et elle vit des tâches noires danser devant ses yeux. Sa poitrine se souleva, et elle lutta contre la panique en essayant de se remplir les poumons d'air. L'homme relâcha un peu la pression de la chaîne et Kate en profita pour lancer sa jambe droite vers l'arrière, pivota vivement sur elle même en se détournant de lui et lui balança de toutes ses forces son poing en plein sur la gorge.

Il recula en hoquetant.

Elle se retourna, fit un ciseau avec sa jambe droite et lui flanqua un bon coup de pied dans le bas ventre. Il se plia en deux en la maudissant.

  • Tu vas me le payer sale petite garce.

Kate eu à peine le temps de reprendre son souffle, qu'il était de nouveau sur elle et la plaquait au sol. Il resserra sa poigne sur sa gorge. Elle lui griffa les yeux. Il poussa un hurlement et la lâcha en titubant. Elle se releva tant bien que mal alors qu'il se jetait à nouveau sur elle. Elle l'esquiva en faisant un pas de côté, et il la rata. Elle se précipita vers les escaliers mais alors qu'elle s'apprêtait à descendre, il lui saisit la cheville et la déséquilibra la faisant chuter dans les marches. Elle réussit à freiner sa chute tant bien que mal mais se réceptionna mal et une douleur lui vrilla la cheville. Elle se releva et continua sa course en boitant jusqu'à la porte d'entrée. Il fallait absolument qu'elle alerte les secours mais ses efforts furent vains. La porte avait été verrouillée, il lui était impossible de sortir par là. Il fallait qu'elle trouve une autre issue, mais un craquement derrière elle lui indiqua qu'il était trop tard.

  • Kate, Kate..

Il s'adressait à elle comme on réprimande un enfant dissipé.

Kate crispa sa main sur la poignée de la porte puis se retourna pour faire face à l'homme qui avait tué violemment Lucy et Amy. L'homme qui venait d'assassiner l'amour de sa vie.

 

 

 

Il ne comprenait pas comment ça avait pu arriver. Il devait être dans un monde parallèle où les gens qu'il connaissait se comportaient d'une façon incompréhensible. Il était avachi sur une chaise, dans la cuisine et Ryan et Esposito, sinistres et distants lui posait question sur question.

 

  • Où étais-tu le 17 novembre ? Demanda Esposito

  • Je vous l'ai déjà dis, j'étais chez moi ce week-end là et j'étais seul oui mais je n'ai pas tué ces filles. Je ne les avaient jamais vu avant.

  • Vous venez pourtant de la même ville. Fit remarquer Ryan.

  • Ça ne veut rien dire. Je ne connais pas toute la ville. Mais enfin pourquoi j'aurai fais une chose aussi horrible ?

  • A cause de ça.

Esposito lança les photos du père de Don et des filles sur la table. Le jeune homme parut abasourdi par ce qu'il avait sous les yeux.

  • Non ! Je n'étais pas au courant, je n'avais jamais vu ces horreurs au paravent. Je vous le jure !

  • Arrête de mentir. Ces filles ont fait chanter ton père et ça l'a amener à tuer ta mère et à se suicider ensuite. Tu avais un mobile, la vengeance et tu étais seul avec Brooks le soir de sa mort.

  • C'est faux ! Je n'étais pas seul cette nuit là. Gordon était là.

  • Qu'est ce que tu racontes ? Demanda surpris Ryan

  • La vérité, il était là.

  • Si il était là, pourquoi n'avoir rien dis ?

  • Parce qu'il a menacé de me faire virer si je le faisais. Ce boulot c'est toute ma vie, je ne voulais pas le perdre. Mais cette nuit là il était là et il est allé rendre visite à Brooks.

Les gars ne comprenaient plus rien.

  • Mais enfin pourquoi Gordon aurait il fait une chose pareille ? S'étonna Esposito.

  • Elles l'ont peut être fait chanter lui aussi.

  • Mais on aurait trouvé des photos. Je n'aime pas ça du tout. Appelles Beckett.

  • Elle ne répond pas.

  • Je n'aime vraiment pas ça. On file là bas.

 

 

Gordon regarda Kate droit dans les yeux, et elle vit une dureté et une cruauté envahir ses traits, comme un rideau de fer qui serait tomber sur son visage. Il brandissait un couteau d'assaut dont la lame à double tranchant était couverte de sang, le sang de Rick. Kate fit de son mieux pour cacher la peur et l'horreur que lui inspirait ce couteau mais la douleur qui lui brûlait le cœur était tellement violente qu'elle crût qu'elle allait s'évanouir.

  • Ce n'est pas bien de vouloir échapper à son destin, dit il d'une voix cruelle.

  • Pourquoi ?

  • Ce n'est pas personnel Kate. Je vous aime bien vous savez. J'ai tout essayé pour vous éloigner de cette affaire, mais vous n'en avez fais qu'à votre tête vous et votre petit copain. Vous ne m'avez pas laissé le choix.

L'évocation de Castle lui fit monter les larmes aux yeux.

  • Oh ! Ne soyez pas si triste, vous n'allez pas tarder à le rejoindre. Et si ça peut vous consoler, il n'a pas souffert, enfin pas trop longtemps.

Kate sentait les larmes lui brûler les yeux.

  • Je ne suis pas un monstre vous savez.

  • Vous avez massacré des jeunes filles innocentes alors permettez moi d'en douter.

  • Ces petites putes étaient tout sauf innocentes ! Elles ont mérités ce qui leur est arrivé ! S'énerva t-il. A cause d'elles, j'ai perdu la seule femme que j'ai jamais aimé.

  • La mère de Don, n'est ce pas ?

Il ne put dissimuler son étonnement.

  • Vous n'êtes pas un si mauvais flic que ça après tout. Angela allait quitter son bon à rien de mari, on devait s'enfuir ensemble, on aurait été heureux mais à cause de ces petites garces elle est morte.

  • C'est Paul Ringfield qui l'a tuée, pourquoi blâmer les filles.

  • Parce que sans leur odieu chantage rien ne serait arrivé.

Il s'approcha un peu plus le couteau pointé vers elle.

  • Il est temps d'en finir maintenant.

  • Vous ne vous en sortirez pas comme ça, mes hommes finiront par comprendre.

  • Peut être mais il sera déjà beaucoup trop tard.

Il était à moins d'un mètre quand Kate bondit en avant et lui marcha violemment sur le pied. Elle parvint à se dégager mais il lui attrapa le bras et la fit tomber. Il leva le couteau au dessus de sa tête et alors qu'il l'abattait sur elle, elle leva les deux mains et lui attrapa le poignet. Gordon était d'une force monstrueuse. Elle avait beau le repousser avec l'énergie du désespoir, la pointe du couteau se rapprochait. Elle sentait ses forces s'abandonner, tous ses muscles se changer en guimauve, et la pointe du couteau était tellement près...

Une détonation assourdissante retentit, et un liquide humide et chaud lui éclaboussa le visage. La pression que Gordon exerçait sur elle s'allégea et il s'effondra près d'elle. Paralysée de stupeur, elle vit, en haut de l'escalier, Castle son arme encore fumante à la main.

  • Oh mon dieu. Rick !

A bout de force, il s'adossa au mur et, lentement se laissa glisser au sol.

Kate encore sous le choc, se précipita à l'étage et s'agenouilla près de lui et inspecta sa blessure. Ses mains glissaient sur sa chemise trempée et le sang continuait à suinter à travers le tissu. Il fallait à tout prit qu'elle ralentisse l’hémorragie sinon il allait se vider de son sang. Elle retira sa veste et appuya avec sur la blessure le plus fort possible. De son autre main elle se saisit du portable de Rick dans sa poche de pantalon et composa le numéro des urgences.

  • 911 j'écoute.

  • Ici le lieutenant Beckett, j'ai besoin d'une ambulance de toute urgence au 221 river fall. Je vous en prie faites vite.

Elle reporta son attention sur Castle qui avait de plus en plus de mal à respirer, et elle avait l'impression de voir la vie s'échapper de lui.

  • Les secours arrivent, ça va aller, tu vas t'en sortir, tu m'entends. Il faut que tu t'accroches.

  • Je...dit-il la respiration sifflante.

  • Chut...n'essaies pas de parler.

Elle caressait frénétiquement son visage.

  • Ne me quitte pas mon amour... je t'en supplie. Ce n'est rien. Ça va aller.

Mais ça n'allait pas. Pas du tout même : ses traits accusaient déjà la douceur du renoncement, le soulagement de partir.

Dans le brouillard, Rick discerna le visage baigné de larmes de Kate, il tendit la main vers elle puis elle retomba alors qu'il fermait les yeux.

  • NOOON ! s'il te plaît, ne me laisse pas, je t'en supplie...seigneur par pitié...

Elle resta là assise par terre prostrée, Rick dans ses bras. Elle le berçait sans cesse alors qu'au loin on entendait le hululement geignard des sirènes.


jogeo1  (09.07.2017 à 21:17)

CHAPITRE 24 :

 

Quand les gars arrivèrent enfin sur les lieux, une colonne de voitures de polices, gyrophares allumés, étaient déjà garées devant la maison et ils croisèrent une ambulance toutes sirènes hurlantes, qui prenait la route sur les chapeaux de roues. Plus aucun doute pour eux n'était possible. Il venait de se passer un drame ici.

Ryan jaillit de l'habitacle de la voiture et fonça vers l'entrée, Esposito courant à sa suite. Lorsqu'ils parvinrent près de la porte, ils découvrirent aussitôt le corps sans vie de Gordon non loin de l'entrée. Il tenait encore dans sa main crispée un énorme couteau couvert de sang mais la moitié de sa tête avait disparue.

  • Beckett ! Appela alors Ryan paniqué par ce qu'il avait devant les yeux.

  • Si vous cherchez le lieutenant Beckett, elle est partie avec l'ambulance. Fit un des officiers déjà sur place, en arrivant derrières eux.

  • Elle est blessée ? S'affola aussitôt Esposito.

  • Non elle n'a rien, elle accompagnait l'autre gars. Lui par contre il était bien amoché.

  • Quel autre gars ?

  • Ben vous savez bien, celui qui lui colle toujours aux basques. Enfin je devrais dire qui lui collait toujours aux basques. Vu son état il ne va pas aller bien loin. Vous auriez dut voir ça, il y avait du sang partout, on se serait cru dans un épisode de « the walking dead », c' était trop cool.

Devant l'enthousiasme de ce jeune officier alors que l'un de ses amis était à l'heure qu'il est entre la vie et la mort, Esposito perdit son sang froid et attrapa cet imbécile par le colback. Il commençait à le secouer et aurait pu lui faire du mal si Ryan n'était pas intervenu pour les séparer.

  • Arrête ! Lâche le ! S'écria-t-il.

Une fois libre, l'officier réajusta sa chemise tout en incendiant son agresseur.

  • Mais c'est quoi ton problème ?

Alors qu'Esposito s'apprêtait à remettre ça avec ce petit crétin, Ryan s'interposa entre eux et fit reculer son ami loin du jeune officier.

  • Calme toi !

  • Que je me calme ? Mais tu l'as entendu cet abruti ?

A ce moment, allongée sur une civière, Sarah fut transportée dans une ambulance devant les yeux des deux lieutenants qui interrompirent aussitôt leur conversation pour la regarder. Elle portait de nombreuses traces de violence. Hématomes importants à la gorge et à la tempe ainsi que des traces de ligatures aux poignets et aux chevilles. Un médecin lui avait injecté un puissant sédatif et elle paraissait hébétée. Ryan détourna la tête, ne pouvant plus soutenir le regard hagard de la jeune fille.

  • Je ne comprendrais jamais comment on peut prendre plaisir à faire souffrir les gens comme ça ! S'exclama t-il.

  • Pauvre gosse ! Ce fils de pute à de la chance d'être déjà mort, sinon je te jure que...

  • Allez viens. On ne sert à rien ici. Allons à l'hôpital. Beckett doit être anéantie.

 

 

Kate ne pouvait s'empêcher de frissonner malgré la chaleur moite que les bouches d'aération exhalaient dans la salle d'attente du service de chirurgie. Elle était assise au bord d'une chaise en plastique dur et ne quittait pas des yeux la porte à double battant fermée. Elle était mortellement inquiète à l'idée de ce qui se passait de l'autre côté.

Quand les secours étaient arrivés, Rick était inconscient et son pouls très faible. Le médecin avait réussit à stopper l’hémorragie mais n'était sûr de rien. Le temps jouait contre eux.

Il avait ensuite été transporté jusqu'aux urgences de l'hôpital mais ensuite tout se fondait dans une sorte de brouillard. Ils avaient allongés Rick sur un chariot, lui avait mis un masque à oxygène sur le visage et des aiguilles dans les bras, des perfusions de plasma et d'autres liquides. Ils avaient demandé son groupe sanguin à Kate mais, mais elle ne le connaissait pas. Ils l'avaient interroger pour savoir si il était allergique à quoi que ce soit, mais elle ne le savait pas non plus. Elle avait l'impression de le connaître jusqu'au fond de son âme, alors comment pouvait elle ignorer toutes ces choses à son sujet ?

Et puis ils l'avait emmené, et elle avait été séparée de lui si vite qu'elle n'avait même pas eu le temps de l'embrasser ou de lui effleurer la main, pas le temps de lui dire qu'il devait revenir pour elle. Au bout d'un moment on lui avait dit d'attendre là, et elle attendait toute seule, depuis un millier d'années.

Une femme en pyjama d'hôpital blanc en polyester était entrée une seule fois dans la pièce, juste le temps de lui remettre un sachet en plastique fermé par une glissière. Dedans il y avait les objets que contenaient les poches de Rick : un porte feuille, un téléphone portable, les clés du loft et...un pendentif, son pendentif, celui qu'elle lui avait lâchement rendu. Elle repensa avec un sourire trempé de larmes, à ses mots le soir où il le lui avait offert. « Comme ça je serais toujours un peu avec toi » et puis son sourire se mua en sanglot, et elle écrasa le sachet sur sa poitrine comme si c'était une corde de rappel qu'il lui lançait, un peu de lui pour l'aider à surmonter cette attente interminable, qui se poursuivait et n'en finissait pas.

Elle était sur le point de cogner à coup redoublé sur la porte en hurlant pour appeler quelqu'un, pour qu'on lui dise ce qui se passait quand le sac plastique qui contenait les affaires de Rick se mit à frémir dans sa main. Elle pensa d'abord que c'était ses nerfs qui finissaient par la lâcher, et puis elle se rendit compte que c'était le téléphone portable de Rick qui vibrait. Elle regarda l'appareil et elle crut qu'elle allait se sentir mal. Sur l'écran s'affichait le visage tout sourire d'Alexis. Elle ne savait plus quoi faire. Devait elle répondre ? Pouvait elle annoncer une nouvelles pareil à sa fille par téléphone ? Les mains tremblantes, elle fit coulisser la glissière qui fermait le sachet, prit le téléphone et prit l'appel.

  • Allô

il y eu un silence à l'autre bout, puis :

  • Papa ?

  • Non Alexis c'est Kate.

  • Kate ? Pourquoi tu as le téléphone de mon père ? Attends, vous vous êtes remis ensemble c'est ça ? Fit la jeune Castle enjouée de cette bonne nouvelle.

  • Il était temps tu sais. Papa n'allait vraiment pas bien. Vu que tu as son téléphone je suppose qu'il est avec toi. Tu peux me le passer ?

  • Je suis désolée, Alexis mais ton père est injoignable pour le moment.

  • Je vois. Fit elle pleins de sous entendu dans la voix. Tu peux lui dire que le voyage c'est super bien passé et que Washington c'est terrible.

  • Kate ? Tu es toujours là ?

  • Heu oui...je lui dirais.

  • Tu es sûr que ça va ? Ta voix est bizarre.

  • Oui, ça va.

  • Tu peux lui dire aussi qu'il me rappel dès qu'il peut ?

  • Bien sûr.

  • Et Kate ?

  • Oui.

  • Je suis super contente pour vous.

  • Écoute Alexis, je dois y aller.

Kate raccrocha et laissa tomber le téléphone dans sa poche. Pendant un bref instant, elle eut l'impression que la terre s'était ouverte sous ses pieds et qu'elle planait dans le vide. Elle n'avait pas pu annoncer la terrible nouvelle à Alexis. C'était au dessus de ses forces. Elle s'effondra un peu plus et se prit la tête dans ses mains et elle fit la seule chose qui lui restait à faire. Elle se mit à prier de toutes ses forces, de toute son âme.

  • Je vous en prie, seigneur, ne me le prenez pas lui aussi.

  • Kate ?

Une petite voix la fit sursauter. Quand elle releva la tête elle fut soulagée de voir sa meilleure amie.

  • Comment vas t-il ? Demanda celle-ci timidement ayant peur de la réponse.

  • Je ne sais pas. Il a perdu tellement de sang.

Lanie qui savait à quel point son amie devait être dévastée, ne savait pas quoi dire. Alors elle se contenta de s'asseoir près de Kate et de lui tenir la main. Elle voulait juste qu'elle sache que quoiqu'il arrive, elle serait toujours là pour elle. Un long silence s'installa entre les deux femmes puis Kate dit enfin.

  • Je l'ai laissé tomber.

  • Quoi ? Demanda Lanie surprise par cette déclaration.

  • Il a toujours été là pour moi, et je l'ai laissé tomber.

  • Kate, chérie...

  • Tu as essayé de me mettre en garde, Martha aussi mais je n'ai voulu écouter personne, trop fière. Et voilà le résultat. Il va mourir par ma faute.

  • Tu n'es pas responsable de ce qui c'est passé, tu m'entends, le coupable c'est Gordon.

  • Tu ne comprends pas. Jamais il n'aurait dut se trouver là bas tout seul. Si seulement je n'avais pas ignoré ses appels, jamais rien de tout ça ne serait arrivé.

  • Kate, si il est allé là bas c'est parce qu'une jeune fille était en danger. Il a voulu l'aider. Il est comme ça et tu n'y peux rien.

  • Pourquoi il ne m'a pas appelée ? Si seulement il m'avait appelée. Sanglota Kate.

  • Arrêtes de te torturer. Ce qui est arrivé est arrivé et on ne peut plus rien y changer. Ce qui compte c'est l'instant présent et tu es là pour lui.

  • Dis moi qu'il ne va pas mourir, je t'en prie Lanie, dis le moi.

  • J'aimerai tellement chérie. Répondit Lanie ne pouvant plus retenir ses larmes devant les supplications de son amie. J'aimerai tellement.

  • Je ne veux pas vivre sans lui. Éclata Kate en sanglots.

  • Je sais chérie.

Lanie prit son amie dans ses bras, essayant en vain de la consoler. Elles pleuraient toujours dans les bras l'une de l'autre quand les gars arrivèrent. Quand ils virent les deux femmes en larmes, ils imaginèrent le pire. C'est Lanie qui les aperçut la première et qui leur fit signe d'approcher.

  • Est ce que... commença Esposito, n'osant pas terminer.

  • Il est encore au bloc, on en sait pas plus pour le moment. Tenta de le rassurer Lanie.

  • Kate, je sais pas quoi dire. Si on peut faire quoi que ce soit ? Fit Ryan.

  • Sa famille, elle n'est pas au courant, si...je n'en ai pas la force.

  • Ne t'en fais pas, on s'en charge.

  • Merci les gars.

  • Allez arrêter de faire cette tête d'enterrement tous les trois. C'est de Castle dont il est question. Vous croyez vraiment qu'il va nous lâcher comme ça ? Je suis sûr que d'ici peut, il sera là devant nous à faire le pitre.

  • Javier à raison, il faut rester positif.

Les gars essayaient de remonter le moral des filles même si eux même étaient très inquiets. Ils ne pouvaient pas imaginer qu'ils ne reverraient peut être plus leur ami. Même si Castle ne faisait pas réellement partie de la police, ils auraient l'impression de perdre l'un des leur et cette perspective leur était insupportable. Non Castle allait vivre, il le fallait.

La porte à double battants s'ouvrit enfin devant une femme sans âge, en pyjama d'hôpital tâché de sang. La chirurgienne. Kate se leva avec raideur, le cœur au bord des lèvres, tremblante de crainte. Elle essaya de devancer les nouvelles qu'elle lui apportait en déchiffrant son expression, mais elle ne vit que de l'épuisement. Lanie se tenait près d'elle et était prête à la soutenir quoi que le médecin s'apprêtait à leur annoncer.

 


jogeo1  (16.07.2017 à 18:34)

CHAPITRE 25 :

 

Kate se réveilla. Un instant déroutée, elle retrouva ses esprits. Elle se sentait presque sereine. C'était l'effet des médicaments mais elle ne regrettait pas qu'on l'ai obligée à les prendre. Elle avait essayé d'être forte, mais malgré des efforts surhumains, elle s'était effondrée après l'annonce du médecin. La voyant au plus mal, le docteur lui avait administré des calmants et l'avait installée dans l'une des chambres de l'hôpital afin qu'elle puisse se reposer. Lanie l'avait veillée toute la soirée et une bonne partie de la nuit, lui tenant la main. Et puis, rattrapée par la fatigue, elle était rentrée se reposer chez elle après que les infirmières aient promis de veiller sur son amie et de l'appeler au moindre problème.

Kate s'habilla, se regarda dans un miroir et prit peur. Elle avait un teint cadavérique. Elle haussa les épaules et quitta sa chambre. Une certaine effervescence agitait les couloirs. Elle imaginait la foule des journalistes qui devait se presser aux portes de l'hôpital, ABC, NBC, CBS, FOX, CNN, autant de médias qui allaient faire leur choux gras de ce drame. Elle se faufila dans les couloirs jusqu'au bureau des infirmières puis elle demanda à voir Sarah Kent. Une des infirmières l'accueilli avec un sourire amical, plein de compassion et la mena à la chambre de la dernière victime de Gordon. Elles s'arrêtèrent devant une porte. L'infirmière frappa puis laissa Kate entrer.

Sarah était allongée dans son lit et fixait le plafond.

  • Bonjour Sarah. Je suis le lieutenant Beckett. Tu te souviens de moi ?

  • Bien sûr.

  • Est ce que je peux te parler un instant ?

La jeune fille acquiesça puis se remit à contempler le plafond. Kate s'approcha alors et s'assit à son chevet.

  • Comment te sens tu ?

Sarah tenta de sourire, mais seule une grimace déforma ses traits.

  • Mes amies sont mortes et j'ai bien failli y passer, alors à votre avis ?

Kate aurait aimé trouver les mots qui la guériraient, mais elle n'en connaissait aucun. Seul le temps pouvait penser ce genre de blessures, et encore...

  • Tu ne dois pas te laisser abattre : aussi forte que soit ta douleur, elle passera un jour tu verras, tu retrouveras le goût de vivre, et...

  • arrêter avec votre psychologie à deux balles ! C'est pour me dire des conneries pareilles que vous vouliez me parler. S'emporta Sarah.

Kate ne s'attendait pas à une telle réaction mais Sarah avait tant de colère en elle.

  • Excuse moi, mais il faut que je te parle d'une chose. Même si le moment est très mal choisi, cela ne peut pas attendre. J'ai vu les photos où tu es avec Paul Ringfield et Lucy. Qu'est ce qui c'est vraiment passé Sarah ? J'ai besoin de comprendre.

  • Ah quoi bon. Qu'est ce que ça va changer maintenant ? Ça ne les ramènera pas. Rien ne les ramènera jamais.

  • C'est vrai mais les parents de tes amies ont le droit de savoir pourquoi et... j'ai besoin de savoir pourquoi ? Et puis tu ne peux plus garder ça pour toi Sarah. Si tu veux réussir à guérir un jour, tu dois libérer ta conscience.

Sarah resta un instant interdite puis soupira et se lança.

  • ça a commencer comme un jeu. Je ne voulais faire de mal à personne, mais ça à dérapé.

 

Flashback :

  • Non c'est dégueulasse, on l'a assez humilié ce pauvre type, fit Sarah.

Elles venaient d'entrer en dernière année de lycée. Lucy, Amy et Sarah, les trois amies inséparables.

  • Rien à foutre, il nous prends pour quoi ? Si on cède on est pas crédible ! On va lui montrer qui est le plus fort ! S'imposa Amy.

Sarah n'était pas du tout d'accord. Elle ne pouvait oublier ce moment d'égarement où elle avait suivit ses deux amies dans cette opération machiavélique contre Paul Ringfield. Mais l'alcool aidant, elle s'était laissé tentée et avait joué le jeu. Comme elle le regrettait à présent. Non pas d'avoir couché avec un vieux. Elle avait déjà fait l'amour avec pas mal de types plus âgés qu'elle, mais celui-là n'était qu'un pauvre bougre. Elle n'oublierait jamais sa tête, quand, le lendemain de leur petite affaire, elle l'avait retrouvé dans un bar et lui avait expliqué le chantage. L'homme avait été complètement défait. Pas de violence, ni de colère mais un abattement total.

Il avait eu beau expliquer qu'il n'avait pas l'argent, Amy et Lucy avaient été intraitables. Il devait payer.

Trois semaines plus tard, Amy se préparait à envoyer une photo de leurs ébats à sa femme. Sarah tenta de les en dissuader. Elle détestait l'idée d'enfoncer encore un peu plus cet homme.

  • Je ne suis pas d'accord, affirma t-elle une nouvelle fois.

Sarah céda finalement une fois de plus.

A partir de ce jour, leurs rapports se firent plus distants. Amy et Lucy n'arrêtaient pas de la provoquer au sujet de son sentimentalisme ringard.

Mais trois jour plus tard, quand elle apprit que Paul Ringfield avait assassiné sa femme avant de se suicider, elle sentit un profond sentiment de culpabilité lui vriller les entrailles.

Sarah c'était dès lors définitivement libérée de l'emprise d'Amy et Lucy et avait évité toute occasion de rencontre.

 

  • Je suis désolée, je ne voulais pas, je vous le jure ! Pleura Sarah.

Kate lui posa une main réconfortante sur l'épaule.

  • Qu'est ce qui va m'arriver maintenant ? Je vais aller en prison ?

  • Non, mais il va y avoir une enquête pour savoir ce qui a poussé Gordon à s'en prendre à vous et toute cette sordide histoire va sortir au grand jour. Tu comprends ?

  • Jamais on me foutra la paix ! Soupira t-elle en détournant le regard. Qu'est ce que je vais devenir ?

  • Je ne vais pas te mentir, les prochains mois vont être difficiles mais je veux que tu saches que tu n'es pas seule, je ne te laisserai pas tomber.

  • Pourquoi ? Pourquoi vous êtes si gentille avec moi, après tout ce que j'ai fais ?

  • Tu as fais une erreur, tout le monde fais des erreurs Sarah. Moi la première. Mais tu as le droit à une seconde chance. On y a tous le droit.

  • Merci.

  • Je vais te laisser. Je repasserais plus tard.

Alors que Kate se levait et se dirigeait vers la porte, Sarah l'interpella

  • Je suis sincèrement désolée pour votre ami.

Elle tourna vers elle un petit visage défait et Kate dut se mordre les lèvres pour ne pas fondre en larmes.

  • Je sais. Répondit elle, la voix vibrante d'émotion.

  • Il essayait juste de m'aider, il ne méritait pas ça.

 

Kate savait combien dans les années à venir il serait difficile pour cette pauvre enfant de se reconstruire c'est pour cela qu'elle s'était juré de la protéger et de ne pas la laisser tomber. Elle ne la laisserais pas en pâture aux médias. Rick ne l'aurait pas permis.

D'après les psychologues, les tueurs en série étaient autant des victimes que des bourreaux. Grave traumatisme subit dès l'enfance, auxquels personne n'a prit garde. Kate s'en fichait. Elle n'avait pas envie de comprendre Gordon. Elle n'éprouvait pas la moindre compassion pour lui. Elle avait besoin de le détester. Elle avait besoin de cette montée de haine pour tenir à distance sa douleur.

Castle était entre la vie et la mort, et cet homme en était le responsable. Les paroles du médecin tournaient encore et encore dans sa tête.

  • Je me dois de vous dire la vérité. Il est dans un état très critique. Il a perdu beaucoup de sang et son cœur s'en est trouvé très affaibli.

  • Vous voulez dire qu'il va mourir ? Avait demandé Kate aux bord des larmes.

  • Il se pourrait en effet qu'il ne s'en remette pas. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, il ne nous reste plus qu'à attendre. Les prochaines heures seront décisives. Je suis désolée, j'aurais aimer vous apporter de meilleurs nouvelles.

 

Kate ferma les yeux et deux larmes roulèrent sur ses joues. Elle prit une grande inspiration et essaya de ne plus y penser puis elle se dirigea vers l'ascenseur pour rejoindre le service des soins intensifs. Elle s'arrêta devant la porte de la chambre de Rick restée entre-ouverte. Martha se tenait là au chevet de son fils. Elle avait l'air très pâle et très fatiguée dans le froid soleil de ce début de matinée. Ses yeux se posèrent sur Rick et elle eut l'impression que son cœur allait cesser de battre. Il avait le visage cireux, les lèvres exsangues. Il gisait dans une immobilité absolue relié à des machines qui émettaient des bips intermittents et irréguliers. Son cœur se serra un peu plus quand elle vit le tube dans sa bouche. Martha ne cessait de lui caresser les cheveux en lui murmurant qu'il devait se battre.

  • Tu vas t'en sortir, chéri, tu m'entends, il faut que tu te battes. Disait elle d'une voix fragile.

Devant cette scène déchirante, Kate n'osait pas faire un geste. Elle était comme pétrifiée. Les paroles de Martha lui revirent en mémoire. « Si il lui arrive quelque chose parce que tu ne peux pas te résoudre à admettre que tu as besoin de lui, jamais je ne te le pardonnerai et jamais tu ne te le pardonneras non plus ». Si seulement elle avait écouté ce jour là, si seulement...

  • Bonjour Kate.

La voix de Martha la ramena au moment présent.

  • Bonjour Martha. Je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger, je repasserai plus tard.

Alors que gênée, elle s'apprêtait à refermer la porte de la chambre, Martha la rappela.

  • Non je t'en prie entre !

  • Je ne veux pas...

  • S'il te plaît.

Contre toute attente la voix de Martha était douce et calme. Alors que Kate était persuadée que celle-ci était furieuse contre elle et la détestait, elle lui parlait gentiment et la priait de la rejoindre au chevet de son fils.

Elle s'assit en face d'elle et leurs regards se croisèrent au dessus de la forme endormie de Rick.

  • Comment va t-il ?

  • Il est toujours avec nous.

  • Martha, je suis tellement désolée. Fit Kate tandis que les larmes lui embuaient le regard. Si vous saviez à quel point je suis désolée.

  • Kate, chérie, tu n'es pas responsable de ce qui est arrivé.

  • Comment vous pouvez dire ça ? Si je ne l'avais pas rejeté, jamais il ne serait allé là bas tout seul. Vous aviez raison l'autre jour...

  • Oublie ce que j'ai bien pu dire l'autre jour. C'était un peu théâtral, j'essayais juste de te faire réagir.

  • Mais vous aviez raison. J'ai besoin de lui et si il devait...jamais je ne me le pardonnerai. Je l'aime tellement si vous saviez.

  • Alors tu lui diras tout ça quand il se réveillera.

  • Et si il ne se réveillait pas ? Le médecin a dit...

  • Je me fiche bien de ce que les médecins peuvent dire. Ils ne connaissent pas mon fils. Moi si. C'est un battant. Il va s'en sortir. Il le faut.

Malgré toute la conviction que Martha avait mit dans ses paroles, sa voix tremblait et des larmes lui coulaient sur le visage. Elle avait jusqu'à présent tenu le coup et gardé une certaine maîtrise d'elle même, mais c'était trop : elle s'abandonna au chagrin et éclata en sanglot. Kate se leva alors et la prit dans ses bras. Martha se laissa aller à son chagrin puis réussit à se ressaisir. Elle ne pouvait pas craquer, pas maintenant, sa famille avait trop besoin d'elle.

  • Chérie. Finit elle par reprendre en desserrant son étreinte. Je peux te demander un service ?

  • Bien sûr ! Tout ce que vous voulez.

  • J'ai passé toute la nuit ici, et je voudrais aller me reposer un peu avant d'aller chercher Alexis à l'aéroport. Mais je ne veux pas le laisser seul. Si tu pouvais...

  • Je ne bouge pas d'ici.

  • Merci. Je suis sûr qu'il se réveillera plus vite si il sent ta présence à ses côtés.

Les deux femmes, s'étreignirent une dernière fois avant que Martha ne quitte l'hôpital.

Lentement, le cœur battant, elle s'approcha de Rick. En évitant soigneusement les tubes de respiration, elle se pencha sur lui et lui embrassa le front puis se rassis sur la chaise près du lit et lui prit doucement la main pour entrelacer ses doigts dans les siens.

  • Je sais que j'ai du mal à le dire et que j'aurais dut te le dire plus souvent mais je t'aime, je t'aime de tout mon cœur et je regrette tellement tout ce qui a pu se passer. Je t'en prie ne me laisse pas, j'ai tellement besoin de toi.

Alors qu'une nouvelle crise de larme la submergeait, elle sentit une faible pression sur sa main. Elle releva son visage ruisselant de larme sur Rick et vit ses paupières battre malgré ses yeux fermés. Elle lui serra alors les doigts à son tour puis attendit une réaction qui ne tarda pas à venir. Une pression plus franche cette fois s'exerça sur sa main.

  • Rick ? Fit elle pleine d'espoir.

Et il ouvrit les yeux et la regarda. Le regard qu'ils échangèrent à ce moment était plus éloquent qu'un discours. Un sourire se dessina sur le visage de Kate et une larme roula sur la joue de Castle. Kate leva alors la main vers son visage et l'effaça délicatement du bout des doigts.

  • C'est fini. Ça va aller maintenant.

     


jogeo1  (30.07.2017 à 20:43)

Tout d'abord, je tenais à m'excuser pour l'attente mais j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre. Je suis restée bloquée sur un passage. J'espère néanmoins qu'il vous plaîra. Bonne lecture.

 

CHAPITRE 26 :

 

le temps gris de ce début décembre reflétait parfaitement l'état d'esprit dans lequel Kate se trouvait. Elle était assise depuis des heures dans ce cimetière et ne semblait pas prendre conscience de la température hivernale de cette matinée tant elle avait froid à l'intérieur. Après les deux horribles journées qu'elle venait de traverser, elle avait ressenti le besoin viscéral de parler à sa mère. Si seulement elle était encore là avec eux, elle aurait trouver les mots pour la réconforter.

Elle ne pouvait s'empêcher de ressasser les événements de ces deux derniers jours. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revoyait Rick agonisant dans une mare de sang, elle le revoyait si pâle allongé dans son lit d'hôpital relié à tout un tas de machines. Elle n'oublierait jamais l'expression dans son regard, quand il s'était réveillé quelques minutes avant de fermer les yeux à nouveau. Les médecins semblaient plus optimiste que la veille concernant son état de santé, il avait maintenant de réelles chances de s'en sortir, mais il était encore très faible et avait besoin d'une attention constante. Kate était restée à son chevet toute la matinée et une bonne partie de l'après midi, refusant catégoriquement de le laisser seul une seule minute même pour aller se restaurer ou se dégourdir les jambes et elle serait encore auprès de lui si elle n'avait pas été chassée de l'hôpital par Alexis.

La jeune fille était arrivée en fin d'après midi, directement de l'aéroport avec Martha. Elle fut bouleversée en découvrant son père si fragile dans son lit d'hôpital et son chagrin se mua en colère. Une colère qu'elle déversa sur son entourage.

Elle se tourna vers sa grand-mère.

  • Je t'avais dis que je devais rester ici, pourquoi tu m'as obligée à partir ?

  • Chérie...

  • Non ! A cause de toi, j'étais à des kilomètres, à m'amuser alors que mon père était entrain de mourir !

Aveuglée par sa propre douleur, elle ne se rendait pas compte de la portée de ses paroles qui blessèrent profondément sa grand-mère.

  • Alexis, personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. Fit Kate en posant une main qui se voulait réconfortante sur son épaule afin d'essayer de la calmer.

Alexis la fusilla alors du regard tout en repoussant violemment son bras.

  • Toi ! ne me touche pas ! Tout ça c'est de ta faute !

  • Je suis désolée...

  • Où est ce que tu étais ? La coupa t-elle avec rage. Il a toujours été là pour toi ! Et toi où est ce que tu étais quand il a eu besoin de toi ?

  • Alexis...

  • Il était malheureux à cause de toi mais tu n'en avais rien à faire, il n'y a que ta petite personne qui compte, ce que les autres peuvent ressentir tu t'en fou !

  • C'est faux. Je n'ai jamais voulu lui faire de mal, j'étais en colère comme toi en ce moment mais j'aime ton père plus que tout et...

Sans crier gare Alexis gifla Kate, qui surprise n'acheva pas sa phrase.

  • Alexis ! Cria Martha sous le choc du geste de sa petite fille.

Mais la jeune Castle ne se démonta pas et fixait toujours Kate avec un regard ampli de haine.

  • Je t'interdis de dire une chose pareil. On ne laisse pas tomber les gens qu'on aime.

  • Mesdames s'il vous plaît ! Les interpella un médecin alerté par les cris. Je vous rappelle que vous êtes dans un hôpital.

  • Vas t'en ! Il n'a plus besoin de toi. Dégages !!

Puis s'adressant au médecin.

  • Elle n'est pas de la famille, je veux qu'elle s'en aille !

Le médecin prit alors Kate par le bras.

  • Mme je crois qu'il serait préférable que vous partiez maintenant.

Hébétée, le cœur au bord des larmes Kate se laissa guider par le médecin qui la raccompagna jusqu'à l'ascenseur.

  • Je suis sûr que cette jeune fille ne pensait pas ce qu'elle vous a dit. Repassez demain, quand elle sera calmée.

Elle avait alors remercié le médecin pour sa gentillesse et lui avait glissé sa carte de visite dans la main en lui demandant de la tenir informée de la moindre évolution de l'état de santé de Castle. Ce qu'il promis de faire. Elle avait alors erré dans les rues de New York toute la nuit pour se retrouver, au petit matin devant les portes du cimetière où était enterré sa mère.

Ce fut là que Jim la trouva recroquevillée par terre devant la tombe de sa femme, le regard perdu dans le vague. La voir dans cet état lui fendit le cœur. Il s'avança doucement vers elle pour ne pas l'effrayer, s'assit à ses côtés tout en déposant son manteau sur ses épaules.

  • Katie, ça fait des heures que tout le monde te cherche mon ange. Tu n'as répondus à aucun appel. On était tous très inquiet.

  • Je suis désolée. Je ne voulais pas vous inquiéter, j'avais juste besoin d'être un peu seule.

  • Est ce que tu vas bien chérie ? C'est quoi ces marques sur ton cou ?

  • Ce n'est rien, je vais bien papa. Fit elle le regard toujours perdu dans le vide.

Elle resta là, à fixer la tombe de sa mère sans vraiment la voir, sans faire un geste vers son père et sans ajouter un mot.

Devant la détresse apparente de sa fille, Jim se sentait démuni et ne savait pas quoi faire pour allégé sa peine. Seule Johanna savait lui parler et la réconforter quand elle n'avais pas le moral. C'est certainement pour cette raison qu'après l'appel de Lanie, il avait su où la trouver. Il avait bien essayé après le décès brutal de son épouse mais sa douleur à lui était tellement forte, qu'il avait sombré au lieu d'aider sa fille à se relever. Il était son père, il aurait dut être là pour la protéger mais il avait échoué à l'époque et encore aujourd'hui il se sentait impuissant devant sa douleur. Cependant, il était bien décidé à ne pas refaire les mêmes erreurs. Il la soutiendrait coûte que coûte et l'aiderait à traverser cette terrible épreuve quoi qu'il arrive.

Ils restèrent assis là un moment tout les deux dans le recueillement.

  • Chérie, il fait un froid de canard, on devrait rentrer avant que tu ne te transforme en glaçon.

Il effleura sa joue tendrement comme lorsqu'elle était petite et qu'elle pleurait parce qu'elle était tombée.

  • Katie regarde moi. Allons...regarde-moi.

Il y avait dans le regard de sa petite fille tant de désespoir et de lassitude que son cœur se brisa.

  • Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? Tu n'as pas à traverser cette épreuve toute seule. Je sais que tu es forte mais tu ne peux pas toujours tout porter sur tes épaules et tourner le dos aux gens qui t'aiment.

  • Je ne fais que du mal autour de moi.

  • Tu es trop dure avec toi. Tu n'es pas responsable de ce qui s'est passé.

  • Je suis flic, j'aurai dut voir que Gordon n'était pas net, j'aurai dut le savoir et l'arrêter avant que... sa voix se brisa et elle ne put continuer.

  • On ne peut pas toujours protéger les gens qu'on aime, on le voudrai mais on ne le peut pas. Je sais que ça fait mal chérie, je suis passé par là.

  • C'est différent, tu ne pouvais pas savoir que maman...

  • Je ne te parle pas de ta mère mais de toi

  • ...

  • Quand on t'a tirée dessus le jour des funérailles du capitaine Montgomery, j'ai cru que mon monde s'écroulait à nouveau et je m'en voulait tellement. Je savais que ces gens étaient dangereux, je savais ce qui arriverait si tu persistais dans ton enquête mais je n'ai pas su t'arrêter... et... Rick non plus. Je suis allé le voir pour...

  • Qu'il me dise de laisser tomber...pourquoi ?

  • Pour qu'il ne t'arrive rien.

  • Non, je veux dire pourquoi lui ? Tu ne le connaissait même pas.

  • Parce que je savais que tu avais confiance en lui et que tu tenais à lui. Tu avais cette lueur dans le regard à chaque fois qu'on évoquait son nom. Cette même lueur que ta mère avait quand elle me regardait. Je pensais que lui seul arriverait à te convaincre.

  • Mais je ne l'ai pas écouté.

  • Et comme toi aujourd'hui, il s'est senti coupable quand tu as été blessée.

  • Mais ce n'était pas de sa faute. Fit elle les larmes aux yeux.

  • Pas plus que ce n'est de la tienne aujourd'hui.

  • On s'est disputé parce qu'il m'avait caché des informations sur le meurtre de maman, c'était violent. J'étais tellement en colère après lui. Je l'ai giflé et lui ai dis que je ne voulais plus jamais le revoir. Il essayait de me protéger et moi...éclata t-elle en sanglot.

Soulagé que sa fille se soit enfin confiée à lui Jim la prit dans ses bras et elle se blottit contre lui.

  • C'est ça vas y pleur. Tu te sentiras mieux après.

Il déposa un baiser sur son front tout en continuant de la bercer dans ses bras.

  • Il faut que tu arrêtes maintenant chérie. Cette affaire te ronge depuis bien trop longtemps.

  • Si j'arrête j'aurai l'impression de la perdre une nouvelle fois.

  • On l'a déjà perdue et rien ne nous la ramènera jamais. Cette enquête t'a déjà pris treize années de ta vie, ne la laisse pas te prendre les treize prochaines. Ce n'est pas ce que ta mère aurait voulu.

  • Elle me manque tellement.

  • Je sais, a moi aussi mais on doit continuer à vivre, pour elle. Et puis maintenant que tu as trouvé un candidat sérieux, j'espère bien être grand-père un jour.

  • Il doit me détester. Fit elle en essuyant ses yeux du revers de la main.

  • Katie, j'ai vu ce jeune homme se jeter devant une balle pour toi. Je suis sûr qu'il te pardonnera.

  • Et si ce n'est pas le cas ?

  • Il n'y a qu'un moyen de le savoir, c'est d'aller lui demander.

  • Sa fille ne veut pas de moi à l'hôpital.

  • Elle a eu peur, et elle était en colère. Toi mieux que personne es bien placée pour savoir que l'on ne pense pas toujours ce que l'on dit dans ces moments là. Allez je te ramène à la maison. On va prendre un bon petit déjeuné, tu vas prendre une bonne douche, te reposer et je te ramènerai à l'hôpital.

  • Je t'aime papa.

Jim gratifia sa fille d'un sourire et glissa son bras autour de sa taille tandis qu'ils se dirigeaient vers la sortie du cimetière.

 

 

Quand Castle réémergea, il faisait jour, la lumière filtrait à travers les stores vénitiens ce qui lui fit cligner des paupières. Il aurait bien levé la main pour se protéger les yeux, mais il ne trouva pas la force d'exécuter ce simple geste. Sa gorge était sèche comme du papier de verre. Son regard fit le tour de la pièce, sous l'effet des médicaments, il y voyait comme à travers un rideau de douche cependant, quand il tourna le regard vers la porte il vit sa mère pénétrer dans la chambre.

  • Richard, dieu merci tu es réveillé. Fit elle en se précipitant vers lui. Tu nous as fais si peur.

  • Maman... lâcha t-il dans un souffle rauque.

  • Je suis là chéri.

  • Où est ce que je suis ?

  • Tu es à l'hôpital Saint Vincent mais tout va bien maintenant. Reste tranquille, je vais aller chercher le médecin.

Martha réapparut cinq minutes plus tard accompagnée d'un tout petit bout de femme en tenue chirurgicale.

  • Mr Castle ? Je suis le docteur Heller. Dit elle en s'approchant. Comment vous sentez-vous ?

  • J'ai connu mieux.

  • Je me doute.

  • Que s'est il passé ?

  • On vous a poignardé, vous avez perdu beaucoup de sang, on a bien faillit vous perdre. Qu'elle est la dernière chose dont vous vous souvenez ?

Il fouilla dans sa mémoire.

  • Heu, j'étais dans une maison, et puis quelqu'un m'a bousculé, là il y a eu cette horrible douleur et puis plus rien. J'ai dû perdre connaissance. Je me suis réveillé une fois, Kate, elle était là ?

  • Elle a dût partir, mais elle va revenir. L'informa Martha.

  • Rien d'autre ? Demanda le médecin.

Il se concentra sans succès, puis secoua la tête.

  • Non, rien.

  • C'est normal, vous étiez mal en point, Richard. L'équipe de réanimation a cru que vous étiez fichu.

  • Je crois que je vous dois une fière chandelle alors.

  • Je n'ai fais que mon travail, vous avez faits le plus dur. Je vais vous laisser vous reposer. N'hésitez pas à appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit.

  • Merci.

Une fois le médecin parti, Martha prit la main de son fils et la serra très fort. Elle était tellement soulagée que des larmes coulèrent le long de ses joues sans qu'elle ne puisse les retenir.

  • Ne pleure pas, je vais bien.

  • J'ai eu tellement peur.

  • Je sais. Je te demande pardon.

  • Mais enfin qu'est ce qui t'as pris d'aller là bas tout seul ? Si Katherine ne t'avais pas trouvé...

  • Kate était là bas ? Elle va bien ?

  • Elle va bien. Vous avez eu beaucoup de chance tous les deux.

  • Je n'arrive pas à me souvenir ce qui c'est passé, tout est embrouillé dans ma tête.

  • Tu as entendu le médecin, tu as besoin de repos, ça va revenir, laisse toi un peu de temps. Je vais aller chercher Alexis. Elle va être tellement soulagée d'apprendre que tu es réveillé.

  • Alexis ? Elle est rentrée ?

  • Elle a sauté dans le premier avion dès qu'elle a appris la nouvelle. Elle a été très choquée, alors ne t'avise plus de nous refaire une frayeur pareille, sinon je te botterai les fesses tellement fort que tu t'en rappelleras toute ta vie.

  • Promis.

  • Je reviens avec elle, en attendant repose toi.

Elle déposa un baiser sur son front avant de quitter la chambre à son tour.

 

 

Peut après être arrivée chez son père Kate avait reçu un appel de l'hôpital. Comme promis le médecin lui donnait des nouvelles de Rick. Elle avait hésité une seconde avant de prendre la communication, saisit d'une peur incontrôlable : et si les nouvelles n'étaient pas bonnes. Elle avait été tellement soulagée d'apprendre qu'il était définitivement sorti d'affaire, qu'elle s'était effondrée. Son père avait juste eu le temps de la retenir et de l'asseoir sur une chaise. La pression accumulée depuis les dernières quarante huit heures était retombée d'un seul coup sans prévenir et l'avait vidée de son énergie.

Après que son père l'ai forcée à avaler quelque chose, elle était allée se reposer dans son ancienne chambre. Toutes ses pensées allaient vers Rick, il allait vivre, ils allaient avoir une seconde chance et cette fois-ci elle ferait les choses bien. Plus jamais elle ne laisserais quoi que ce soit ou quiconque se mettre entre eux. Elle ne se cacherait plus derrière le meurtre de sa mère pour fuir. Il était toute sa vie, et elle comptait bien le lui prouver. C'est sur cette note d'espoir qu'elle sombra finalement dans un sommeil réparateur.

Il était près de dix sept heure quand elle fut de retour à l'hôpital. Elle avait tenue à repasser chez elle avant afin de se changer. Elle était nerveuse comme une lycéenne avant son premier rendez-vous et avait passé un temps fou à se préparer afin de paraître le plus à son avantage. Après mure réflexion, elle avait opté pour une tenue simple et décontractée : un jean slim et un pull à col roulé qui lui permettrait de cacher les marques laissées par la chaîne à vélo quand Gordon avait essayé de l'étrangler. A ce souvenir elle frissonna. Tellement préoccupée par l'état de santé de Castle, elle n'avait pas réalisé jusqu'à cet instant qu'elle aussi avait bien faillit y rester et que sans Rick elle serait morte à l'heure qu'il est.

D'un pas décidé et sûr, elle se dirigeait vers sa chambre mais arrivée devant la porte son assurance fondit comme neige au soleil et elle faillit faire demi tour. Comment allait il réagir ? Il était si en colère après elle la dernière fois qu'ils s'étaient parlé. Non, elle devait être forte, tous ces non dit avaient assez duré. Elle inspira un grand coup puis frappa doucement à la porte avant qu'une petite voix féminine ne lui dise d'entrer. Elle avait espérer que ce soit Martha mais quand elle entra dans la petite pièce, elle se trouva nez à nez avec Alexis. Dire que celle-ci n'était pas ravie de la voir était un euphémisme. De toute évidence, elle était toujours furieuse contre Kate et elle la dévisageait avec mépris.

  • Qu'est ce que tu fais ici ? Demanda t-elle sèchement.

  • Alexis ! S'il te plaît ! La réprimanda gentiment son père.

  • Mais...

  • Tu peux nous laissez ?... S'il te plaît chérie.

  • Je vais aller me chercher un soda. Je ne serais pas loin. Fit elle à l'attention de son père.

Puis elle déposa un baiser sur sa joue avant de partir, sans oublier de jeter un regard noir à Beckett en passant devant elle.

  • Je suis désolé, elle est en colère, elle a besoin d'en vouloir à quelqu'un. Je vais lui parler.

  • Ce n'est rien, je comprends.

Elle s'assit sur le fauteuil qu'elle avait quitté des heures au paravent.

  • Comment tu te sens ?

  • Ça va, enfin je crois. Ma mère m'a dit que c'est toi qui m'a trouvé ? Qu'est ce qui c'est passé ? c'est encore très confus dans ma tête.

  • Tu as appelé Ryan, tu pensais que Sarah était en danger, ils m'ont donné l'adresse et...J'ai fais aussi vite que j'ai pu mais...je suis arrivée trop tard et...

  • Ce n'était pas de ta faute Kate. Tu n'as pas à t'en vouloir. Je n'aurai jamais dut aller là bas tout seul. Je n'ai pas réfléchi. J'ai été stupide. Comment va Sarah ?

  • Elle va bien, elle est un peu secouée mais elle est vivante.

  • Elle ne risque plus rien ?

  • Non.

  • Tu as attrapé l'assassin ?

  • C'était Gordon.

  • Gordon ! mais enfin pourquoi ?

  • C'est une longue histoire. L'essentiel c'est qu'il ne fera plus jamais de mal à personne.

  • J'espère que ce cinglé finira ses jours derrières les barreaux.

  • Il est mort Rick, tu l'as abattu alors qu'il s'apprêtait à me tuer.

Il prit le temps d'enregistrer la signification de ce fait.

  • Ça fait de moi ton héro, pas vrai ?

Elle ne put s'empêcher de sourire, on ne le changerai jamais et c'était tant mieux.

  • C'est vrai.

Un silence gênant s'installa soudain entre eux et ils restèrent un moment sans parler.

  • Rick ? Demanda enfin Kate, d'un ton plein d'espoir.

Il croisa son regard.

  • Je ne peux pas remonter le temps, dit elle. Je n'ai pas de gomme à effacer le passé. Je regrette tant ce qui c'est passé, et... je voudrai revenir comme on était avant.

  • Et qu'est ce qu'on était ?

Elle réfléchit un instant.

  • Et bien, d'abord, dit elle, on était amis.

  • C'est vrai admis t-il. De bons amis même.

  • Assez bon pour coucher ensemble, en tout cas, ajouta t-elle avec un petit sourire.

  • J'aimerai moi aussi revenir comme on était avant mais...

  • Mais ?

  • C'est pas si facile.

  • On peut y arriver. Quand j'ai cru que je t'avais perdue, j'ai réalisé que je serai prête à faire n'importe quoi pour que tu vives. Exactement comme tu l'as fais. Tu essayais de me protéger J'ai compris maintenant.

  • Kate...

  • Et c'est terminé. Je laisse tomber l'enquête. Tout ce qui m'importe à présent c'est nous.

  • Tu dis ça maintenant mais qu'est ce qui se passera si tu découvres un nouvel élément ? Tu repartiras en guerre et tu me laisseras de nouveau sur le bord de la route.

  • Je te jure que ça ne se reproduira plus.

  • Et je suis sûr que tu es sincère, tout comme tu l'étais quand tu m'as promis que rien ne pourrait t'éloigner de moi. Et pourtant à la première occasion tu as pris la fuite. Je sais que j'ai mes tords, je n'essaie pas de te rejeter la faute, mais on aurait pu en parler, on aurait pu essayer de surmonter ça ensemble au lieu de ça tu es partie. Et ça fait trop mal Kate.

  • Ce sera différent cette fois. Je t'aime, je ne veux pas te perdre.

  • Et moi aussi je t'aime, mais ça ne devrait pas être aussi difficile. On se fait du mal, on ne peut plus continuer comme ça.

  • Alors c'est vraiment terminé ? Fit elle les larmes aux yeux.

  • Je suis désolé. Ce n'est pas ce que je voulais mais c'est mieux comme ça.

Elle avait l'impression qu'on venait de lui arracher une part d'elle même. Elle avait tellement espéré qu'il lui pardonnerait mais elle lui avait fait trop de mal et elle récoltait ce qu'elle avait semé. Sans rien ajouté, car tout avait à parement été dit, elle se leva et se dirigea vers la porte. Néanmoins, avant de sortir elle se tourna une dernière fois vers Rick.

  • Je n'ai jamais voulu te faire de mal.

  • Je sais.

  • Prends bien soin de toi.

 

Une fois dans le couloir, les larmes qu'elle avaient réussi tant bien que mal à contenir, coulèrent sur ses joues. Elle se précipita vers la sortie, elle avait l'impression d'étouffer et elle avait besoin d'air. Dans le couloir elle croisa Martha qui, quand elle la vit dans cet état, l'arrêta dans son élan.

  • Katherine, qu'est ce qui se passe, c'est Richard ? S'inquiéta aussitôt la matriarche.

  • Ne vous inquiétez pas, il va bien. 

  • Alors pourquoi tu pleurs ? Ça ne s'est pas bien passé ?

  • J'ai tout gâché.

  • Les blessures physiques cicatrisent plus vite que celles du cœur. Il vient de passer par des heures difficiles, laisses lui un peu de temps. Je suis sûr que ça va s'arranger. Je vais lui parler.

 

De retour dans la chambre de son fils, Martha le trouva les yeux rougis.

  • Je viens de croiser Katherine en pleur, qu'est ce que tu as fais ?

  • Je ne veux pas en parler.

  • Richard...

  • Je suis fatigué, laisse moi...s'il te plaît.

  • Très bien. Je repasserai demain. Mais trésor, laisses moi te dire une bonne chose, tu es en train de faire la plus grosse bêtise de ta vie.

 

Voilà, je vais vous demander encore un peu de patience pour la suite car je pars en vacances demain mais promis l'attente sera moins longue cette fois.

 

 


jogeo1  (26.08.2017 à 00:49)

CHAPITRE 27 :

 

Les jours suivant Rick eu son quota de visites à l'hôpital. Il y avait eu les gars et Lanie bien sûr mais aussi ses amis du groupe de poker. Quand à Martha et Alexis, elles passaient le plus clair de leur temps libre auprès de lui. Son état s'améliorait de jour en jour, mais sa douleur était au delà de la souffrance physique. Il pensais sans cesse à Kate, à ce que serait désormais sa vie sans elle à ses côtés et cette peur de l'inconnu lui coupait la respiration. Il pensait à ce jour où il avait prit la plus douloureuse décision de sa vie en renonçant à elle malgré son pardon et ses supplications. Son visage rongé par l'inquiétude et le remord ce jour là le hantait et des griffes d'acier le lacéraient de l'intérieur. Plus le temps passait et plus il se demandait si sa mère n'avait pas raison, si il n'avait pas fait la plus grosse bêtise de sa vie.

Il ne pouvait plus rester là, allongé sur ce lit d'hôpital à ruminer, il devait reprendre le cours de sa vie et essayer de l'oublier, il devait sortir.

Au bout d'une semaine, il avait toujours mal, mais malgré cela, il avait insisté auprès du docteur Heller pour qu'elle le laisse rentrer chez lui et elle avait fini par céder à contrecœur. Ils avaient convenus qu'un kiné viendrait le voir une fois par jour et qu'il ne devait pas rester seul chez lui, juste au cas où.

Le matin de son départ, Alexis était restée au loft afin de le préparer pour son retour, elle voulait que tout soit parfait, et elle l'avait briqué du sol au plafond sans ménager ses efforts.

Martha, quand à elle était arrivée de bonne heure à l'hôpital afin de l'aider à rassembler ses affaires et à s'habiller. Devant la grimace de son fils quand elle l'aida à enfiler sa chemise, elle s'inquiéta aussitôt. Elle avait bien essayer de le convaincre de rester quelques jours supplémentaires, tout comme le médecin mais cette tête de mule n'avait rien voulu entendre.

  • Tu es sûr que tu ne veux pas rester encore un peu ? Essaya t-elle néanmoins, une dernière fois.

  • Ça va très bien, je t'assure.

  • Ce serait quand même plus prudent.

  • Je veux oublier toute cette histoire au plus vite et je n'y arriveraient pas en restant ici. J'ai besoin de rentrer chez moi et de retrouver ma fille.

  • Elle est tout excitée par ton retour, elle t'a même préparé quelques plats qu'elle a mis au congélateur.

  • C'est très gentil de sa part.

  • Elle veut que tu ne manques de rien.

Martha s'était affairé autour du sac déjà prêt. Quand Castle la regarda, il remarqua qu'elle avait envie de lui dire quelque chose mais qu'elle se retenait.

  • Tu ne veux pas me dire ce qui te tracasse ?

  • OK déclara t-elle avec de grands gestes dont elle avait le secret. Je voudrai te parler de Katherine.

  • S'il te plaît, pas aujourd'hui ! Se lamenta t-il.

  • Mais il faudra bien qu'on en parle.

  • Ce ne sont pas...

  • Mes affaires. Termina t-elle à sa place. Je sais. Seulement elle m'appelle tous les jours pour me demander de tes nouvelles. Elle se fait beaucoup de soucis pour toi alors ne soit pas égoïste.

  • Je ne lui ai jamais interdit de m'appeler ou de venir me voir.

  • Mais elle ne sait plus comment s'y prendre avec toi. Elle a peur de te vexer d'avantage.

  • Je ne suis pas vexé, et je te rappelle que la décision que j'ai prise elle l'avait prise avant moi.

  • Elle a fait une erreur et elle s'est excusé pour ça. Il lui a fallu beaucoup de courage pour reconnaître ses tords. Alors ne la puni pas.

  • Je ne la puni pas !

  • Tu en est bien sûr ? Chéri, je sais qu'elle t'a fais du mal mais en la punissant comme tu le fais, tu te puni toi même.

  • Tu ne peux pas comprendre.

  • Est ce que tu te rends compte au moins, qu'en agissant de la sorte tu fais exactement ce que tu lui reprochait.

  • Qu'est ce que tu veux dire ?

  • Tu fuis parce que tu as peur.

  • C'est ridicule !

  • Oh je t'en prie Richard, j'ai été amoureuse avant toi. Tu n'es pas le seul à avoir eu une peine de cœur. Je sais que tu as peur de souffrir à nouveau. Bien sûr, elle pourra encore te briser le cœur mais vous pouvez aussi être heureux tous les deux. Aimer c'est prendre des risques. A toi de te demander si elle en vaut la peine.

  • Je ne sais plus quoi faire. Finit il par avouer à sa mère après un temps de réflexion.

  • Écoutes ton cœur. Fit elle tout en déposant un baiser sur sa joue.

Elle sortit de la chambre prétextant aller appeler un taxi. En réalité, elle voulait le laisser un peu seul afin qu'il médite sur ce qu'elle venait de lui dire. Elle sentait bien qu'elle avait réussi à le toucher et elle devait maintenant faire confiance à son fils pour prendre la bonne décision.

 

 

Kate s'était réveillée en sursaut dans l'obscurité. Les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre à travers les lamelles des stores, projetant des ombres sur le lit tels les barreaux d'une cellule. C'était toujours le même cauchemar qui la réveillait toutes les nuits depuis maintenant une semaine. Elle revivait sans cesse cette funeste journée. Incapable de se rendormir, elle se préparait et allait courir dans central park pendant une bonne heure afin de se vider l'esprit puis après une bonne douche chaude, elle se rendait au poste. Son travail étant la seule chose qui lui permettait de tenir.

Quand elle arriva au poste, elle fut alertée par le claquement rapide de talons, elle tourna la tête pour voir Lanie se diriger vers l'ascenseur depuis sa place de parking.

  • Salut, tu as terminé l'autopsie ?

  • Salut, je vois que tu ne perds pas de temps mais oui j'ai terminé.

Elles montèrent dans l'ascenseur et ne voyant pas l'intérêt d'attendre, Lanie commença son compte rendu à Kate. Elle savait que se plonger dans le travail aidait son amie.

  • j'ai noté plusieurs fractures et contusions mais c'est un coup à la tête qui a tué notre homme. Sûrement avec un objet contondant.

Lanie se décala pour faire de la place aux policiers qui venaient s'agglutiner dans la cabine à chaque étage.

  • Rien d'autre ? L'interrogea Kate.

  • Tu me connais, j'ai gardé le meilleurs pour la fin. Il semblerait que le tueur se soit servi d'un mini chalumeau pour infliger de petites brûlures au niveau des organes génitaux.

Tous les flics masculins de l'ascenseur bondé s'agitèrent mal à l'aise.

  • L'agression ne semble pas revêtir de caractère personnel. En conclu Kate.

  • Si quelqu'un me brûlait les boules au chalumeau, je le prendrais très personnellement ! Lança l'un des flics.

  • Les brûlures guérissent avec le temps, cher collègue. Fit Lanie en lui souriant. Une agression personnelle consisterait à vous les trancher. Ne put elle s'empêcher d'ajouter étant d'accord avec les conclusions de son amie.

L'ascenseur s'arrêta enfin à l'étage des homicides. Kate se fraya un chemin pour sortir suivit de Lanie.

  • Je te parie qu'à la première occasion tous les passagers mâles de cet ascenseur vont vérifier que leur service trois pièces est bien à sa place. Dit Lanie.

Ce qui fit sourire Kate pour le plus grand plaisir de la métisse qui n'avait pas vu beaucoup sourire son amie ces derniers temps.

  • Comment tu vas ? Tu as l'air épuisée. Reprit elle plus sérieusement se faisant du souci.

  • Je ne dors pas très bien en ce moment.

  • C'est à cause de Castle ?

  • Il me manque.

  • Pourquoi tu n'essaies pas de l'appeler ?

  • Et pour lui dire quoi ? Que je suis désolée et que je l'aime. Je l'ai déjà fais mais ça n'a rien changé.

  • Ça date d'il y a une semaine. Il était sous l'effet des analgésiques, je suis sûr qu'il n'avait pas toute sa tête. Parle lui.

  • Si il me rejette encore, je ne le supporterais pas.

  • Alors tu laisses tomber sans te battre ? Ça ne te ressemble pas.

  • Mais qu'est ce que tu veux que je fasse ? Que je l'attache à un radiateur et que je le menace ?

  • Pourquoi pas si c'est la seule façon de lui faire entendre raison.

  • Lanie !!

  • je plaisante. Mais laisse moi te dire une chose. Je sais qu'il a besoin de toi autant que tu as besoin de lui. Et je suis sûr qu'il le sait aussi.

  • Tu crois ?

  • Appelle le où donne lui encore un peu de temps pour qu'il le fasse mais par pitié, n'attends pas cinq mois cette fois.

 

 

15 jours plus tard :

 

Kate avait décidé de suivre les conseils de Lanie et de laisser un peu de temps à Rick avant de tirer définitivement une croix sur lui. Malheureusement deux semaines s'étaient écoulées et toujours aucune nouvelle. Elle commençait à perdre espoir. Elle avait décidé de le laisser passer les fêtes de noël tranquille en famille puis elle essaierait de le reconquérir quoi qui lui en coûte.

On était le 27 décembre, et Kate se préparait pour la soirée de charité organisée par sa tante. Elle n'avait pas franchement envie d'y aller. Ce n'est pas que cette soirée n'avait aucun intérêt mais elle n'avait tout bonnement pas le cœur à s'amuser même pour une bonne cause. Elle faisait des efforts désespérés comme une contorsionniste de cirque. Elle avait beau se démener, se tortiller dans tous les sens, elle n'arrivait pas à faire bouger la fermeture éclair de la robe qu'elle avait acheté le matin même. Elle s'était coincée à mi-hauteur et refusait de descendre ou de monter.

Kate s'était décidé impulsivement à cet achat pour dissiper son humeur morose. Une vendeuse adroite avait su la convaincre que cette petite robe noire, courte et moulante était exactement ce qu'il lui fallait.

  • cette vendeuse mériterait qu'on la fusille. Grommela t-elle.

Exaspérée, elle baissa les bras et contempla son reflet dans le miroir en pied.

Elle entendit soudain la sonnette de la porte et son visage s'éclaira. Son père qui venait la chercher la sortirait de ce mauvais pas.

  • Parfait ! La cavalerie arrive.

Elle ouvrit la porte et son cœur cessa de battre une seconde quand elle vit que son sauveur n'était autre que Rick. Il semblait fatigué et amaigri mais restait merveilleusement séduisant.

  • Bonsoir, dit elle d'une voix un peu incertaine.

Rick ne paraissait pas non plus très sûr de lui.

  • Bonsoir. Je ne te dérange pas ? Demanda t-il à Kate qui l'observait pensivement.

  • Non ! Bien sûr que non. Entre.

  • Tu es drôlement élégante ce soir.

  • Merci. Et toi tu as l'air en forme.

  • Je vais bien.

  • Je suis contente. En faite, je dois accompagner mon père à une soirée de charité.

  • Oui je sais c'est d'ailleurs en partie la raison de ma présence, ton père est tombé en panne et comme je devais me rendre moi aussi à la réception, il m'a demandé si ça ne me dérangeait pas de t'emmener.

  • Oh. Fit elle déçu qu'il ne soit là que sur demande de son père. Mais je ne savais pas que tu y serais.

  • C'est toi qui m'a invité.

  • Je sais. Seulement après tout ce qui c'est passé...enfin tu n'es pas obligé tu sais.

  • C'est pour une bonne cause...et puis j'avais promis à ta tante alors...mais si tu préfères, je t'appelle un taxi.

  • Non. Je serai ravie d'y aller avec toi mais à une condition.

  • Laquelle ?

Elle fit une pirouette à 180 ° et lui présenta son dos.

  • Aide moi ! Cette satanée fermeture est coincée.

Le dos de Kate était nu presque jusqu'à la taille, lui révélant qu'elle portait cette robe sans soutien gorge. Malgré les battements effrénés de son cœur, il s'attaqua à l'objet récalcitrant. Il tirait sur la glissière, essayant de dégager le tissu entre les dents minuscules.

Les cheveux de Kate étaient relevés en un chignon dégageant sa nuque. Il brûlait d'envie de poser ses lèvres sur son cou pour savoir si sa peau avait toujours le même goût. Ses doigts tremblants étaient maladroits et il mit plus de temps qu'il n'en aurait fallu pour libérer la fermeture.

  • Voilà...je pense que c'est réparé dit il la voix rauque.

Kate se retourna se demandant si il avait perçu qu'elle tremblait. Quand sa main avait effleuré son dos elle avait frissonné de plaisir. Dieu que ses caresses lui manquaient.

  • C'est parfait. Merci. Fit elle avec un sourire qui troubla Rick encore un peu plus.

  • Tu es prêtes ?

  • Je te suis.

 

 

Lorsqu'ils arrivèrent au Bethwood wedding hall, où se tenait la réception, ils furent assaillit par Théresa, la tante de Kate, impatiente de faire la connaissance du grand Richard Castle. A peine les présentations faites, Thérésa agrippa Rick par le bras.

  • Je te l'emprunte un moment, chérie. Venez Richard, je voudrais vous présenter quelques amis avant la séance de dédicace.

Rick se laissa entraîner sans résistance par la tante de Kate, mais il ne s'éloigna pas sans avoir donné un dernier regard à cette dernière.

  • Bonsoir chérie ! Tu es magnifique ce soir.

Kate se retourna en reconnaissant la voix de son père.

  • Bonsoir papa. Alors comme ça tu es tombé en panne de voiture ? Je croyais qu'elle sortait de révision ? Demanda t-elle suspicieuse.

  • Ne te fâche pas chérie, je sais que tu as horreur qu'on se mêle de ta vie privée mais tu as l'air si malheureuse ces derniers temps que j'ai pensé...

  • Merci papa. Le coupa t-elle.

  • Merci ? S'étonna Jim qui s'attendait aux foudres de sa fille et certainement pas à des remerciements.

  • Oui merci mais je ne pense pas que ça serve à grand chose.

  • Il est venu non ? Et crois moi je n'ai pas eu beaucoup à insister.

  • Il est ici pour l'association de tante Thérésa, pas pour moi.

  • Je n'en serai pas si sûr à ta place. Il suffit de voir comment il te regarde. Et si tu allais le sauver des griffes de ta tante. N'oublie pas que le pauvre sort tout juste de convalescence.

Kate alla donc rejoindre Rick qui riait avec Théresa, sous le regard aimant de son père. Il espérait sincèrement que cette soirée permettrait de les rapprocher et de rendre le sourire à sa fille.

 

 

Sur le chemin du retour, un silence pesant les enveloppa. Ils avaient passé l'un comme l'autre une excellente soirée, mais ne s'étaient jamais retrouvés seuls et Kate n'avait pas réussi à lui parler comme elle l'aurait voulu. La soirée touchait à sa fin, c'était sa dernière chance mais étrangement elle n'arrivait pas à engager la conversation. Rick lui était concentré sur la route.

Arrivés devant l'immeuble de Kate, il insista pour la raccompagner jusqu'à sa porte en vrai gentleman.

  • Et voilà, je te ramène à bon port.

  • J'ai passé une bonne soirée.

  • Moi aussi.

  • Tu entres une minute, boire un café ? Demanda t-elle en désespoir de cause n'étant pas prête à ce qu'il s'en aille.

  • Il est tard, je ne pense pas...

  • S'il te plaît. Juste une minute.

  • OK, va pour un café.

Alors que Kate était en train de faire couler le café, Rick s'installa sur le sofa et son regard fut attiré par une enveloppe cachetée sur la table basse. Quand elle revint dans le salon, il leva un regard d'incompréhension sur Kate.

  • Tu ne l'as pas ouverte ?

Elle lui tendit l'une des tasses et alla s'installer près de lui.

  • Non.

  • Pourquoi ? C'était tellement important pour toi.

  • Ma mère était tout pour moi, elle était ma confidente, ma meilleurs amie et quand elle est morte je crois qu'une partie de moi est morte avec elle. Je n'ai plus jamais été heureuse après ça et mon père non plus. Il a trouvé un dérivatif à son chagrin dans l'alcool et moi ça a été dans la vengeance. J'ai juré sur la tombe de ma mère que j'aurai celui qui a fait ça et peut importe le prix à payer.

  • Kate tu n'as pas à le payer de ta vie. Ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu.

  • Je le sais maintenant et c'est pour cette raison que je n'ai pas ouvert cette enveloppe et que je ne l'ouvrirais pas.

  • Alors pourquoi est ce que tu la garde ?

  • Parce qu'elle me rappelle que je t'ai perdu à cause de mon obstination. C'est ma pénitence.

Délicatement, Rick caressa sa joue et essuya avec son pouce une larme qui venait de couler.

  • Kate tu ne m'as pas perdu. Je suis là et je serais toujours là pour toi, seulement...

Kate ne le laissa pas terminer et posa ses lèvres sur les siennes. Leur baiser fut doux et tendre mais Rick s'écarta.

  • Je suis désolée, je n'aurai jamais dût faire ça, c'est juste que tu me manques tellement.

  • Et tu me manques toi aussi.

  • Alors laisses nous une deuxième chance.

  • Je le voudrais vraiment, plus que tu ne peux l'imaginer mais j'ai peur que tout ça ne recommence.

  • Tu es la personne la plus importante de ma vie et je ne peux plus vivre sans toi. Alors il faut que tu me crois quand je te dis que je ne laisserais plus jamais une telle chose se produire. Plus jamais.

Devant la sincérité qu'il lu dans le regard de Kate, il sut, à ce moment précis, que sa mère avait raison et que Kate méritait qu'on prenne des risques pour elle.

  • Je te promets que plus jamais je ne te cacherais quoi que ce soit. Finit t-il par lui répondre.

  • Ça veut dire que tu me pardonnes ?

  • Ça veut simplement dire que je t'aime.

Rick se pencha vers elle et la prit dans ses bras.

  • Je t'aime. Murmura t-elle en approchant ses lèvres tout près des siennes. Ne me laisse plus jamais partir.

  • Plus jamais

leurs bouches étaient si proches que leurs deux souffles se mêlaient l'un à l'autre. Rick ferma les yeux et sa bouche s'empara de celle de Kate. Leur baiser n'eut plus rien de délicat. Il se fit sauvage, brûlant, dévorant comme le désir qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Leurs langues s'unirent, dansèrent se caressèrent jusqu'à ce que tout deux éprouvent la même exigence, la même faim à assouvir.

Le souffle haletant, Kate se leva, tendit la main à Rick et le conduisit vers sa chambre.


jogeo1  (10.09.2017 à 22:06)

CHAPITRE 28 :

 

Kate se demandait si il était possible de mourir de plaisir. Le soleil filtrait à travers les rideaux tirés, Rick dormait encore à ses côtés et les quelques heures de sommeil n'avaient pas effacé le souvenir de la nuit précédente. Les événements se mêlaient dans sa tête, mais la merveilleuse sensation d'être caressée par Rick, de le sentir bouger en elle, de l'entendre murmurer son nom d'une voix rendue rauque par la passion, tous ces instants restaient en elle avec une précision limpide.

La première fois, ils s'étaient aimés trop vite, trop fort. Leur désir ardent avait rendu l'attente impossible, le feu qui les consumait depuis trop longtemps, depuis leur séparation avait eu raison d'eux.

Plus tard quand l'incendie avait été apaisé, alors qu'ils restaient allongés côte à côte et ne communiquaient plus que par des soupirs et de doux frôlements, le désir les avaient de nouveau submergé. Ils avaient fait l'amour tendrement, lentement. Ils avaient laissé leurs corps s'abandonner à chaque merveilleuse sensation, savourer chaque nuance de caresse.

Pour Kate c'était un retour aux sources, comme des retrouvailles avec une part d'elle même qu'elle avait perdu quand elle l'avait perdu lui.

Doucement, pour ne pas le réveiller, Kate se tourna pour observer le visage de son amant, un visage fort, beau, tendre et intelligent. Ce visage elle voulait le redécouvrir chaque matin, en ouvrant les yeux. A la pensée qu'elle avait bien faillit le perdre à jamais, elle angoissa mais elle refusa de gâcher un si beau matin en y songeant. Elle se jura de ne plus jamais s'éloigner de lui, de le retrouver où qu'il puisse aller. Ils s'appartenaient elle en était convaincu.

Au beau milieu de ses réflexions, son estomac se contracta de faim et elle sourit. Elle se glissa hors du lit, se demandant ce qu'elle trouverait pour les sustenter dans la cuisine.

 

L'odeur du café frais parvint aux narines de Rick, mais il lui fallut plusieurs minutes pour se réveiller tout à fait. Immédiatement il fut assaillit par des émotions intenses et contradictoires. Il se sentait merveilleusement vivant et...libre. Il avait l'impression d'avoir possédé, la nuit précédente quelque chose de sacré qu'il ne devrait plus jamais laisser lui échapper. Mais il était aussi en proie à une peur torturante, quelque part en lui une voix criait : Prends garde. Aiguillonné par cette peur, il se leva. Il enfila son pantalon qu'il retrouva au milieu des vêtements qu'ils avaient la veille abandonnés un peu partout dans la pièce puis alla dans la salle de bain s'asperger le visage d'eau froide avant de gagner la cuisine. Il s'arrêta sur le seuil découvrant exactement ce à quoi il s'était attendu. Kate était là, adorable explorant le réfrigérateur. Elle portait un T-shirts dévoilant ses cuisses de façon provocante, ce qui fit courir en lui un nouveau frisson de désir. Son corps réagit immédiatement et cette incapacité de se contrôler à chaque fois qu'il se trouvait près de Kate augmenta encore un peu la peur irrationnelle qu'il éprouvait. Il ne pouvait plus la perdre, il n'y survivrait pas cette fois.

Kate prit les trois derniers œufs dans le réfrigérateur pratiquement vide, récupéra un morceau de gruyère et du bacon, dans l'intention de faire une omelette. Elle se retourna et vit Rick, incroyablement séduisant avec ses cheveux en bataille, et la vue de son torse nu bouleversa la jeune femme.

  • Bonjour paresseux, dit elle. J'ai préparé du café. Il y a une tasse pour toi, à côté de la mienne.

  • Merci. Grommela t-il.

Kate laissa échapper un sourire. Rick n'était décidément pas un homme du matin.

  • Bien dormi ? Demanda t-elle.

  • Je n'avais pas si bien dormi depuis des lustres même si la nuit fut courte.

Il la prit par le bras et l'attira doucement contre lui. Elle déposa un baiser furtif sur ses lèvres.

  • Moi non plus.

Ils se regardèrent longuement, amoureusement. Ils s'étaient enfin retrouvé et plus rien ne semblait pouvoir entacher leur nouveau bonheur, sauf peut être le fichu portable de Rick qui émit un bip les ramenant tout d'eux à la réalité.

 

  • C'est Alexis, fit Rick après avoir jeté un coup d’œil rapide à son téléphone. Elle doit se demander où je suis passé.

Kate s'assit à la table de la cuisine alors que Rick répondait au message de sa fille. A l'évocation de la jeune Castle Kate se remémora tout à coup la terrible scène qui avait eu lieu à l'hôpital. Jamais elle ne pourrait oublier le regard rempli de haine qu'elle lui avait lancé. Alexis la détestait, et si elle se mettait entre eux ? Jamais elle ne pourrait demander à Rick de choisir entre elle et sa fille. Une boule se forma instantanément au creux de son estomac. Quand Castle eu reposé son téléphone, elle regardait par la fenêtre, paraissant perdue dans la contemplation des immeubles plantés le long de l'avenue.

  • Il faut que j'y ailles.

  • ...

  • Hé, je suis là ! L'interpella t-il face à son soudain mutisme. Qu'est ce qui se passe ?

  • Je n'ai pas envie que tu partes, lâcha t-elle finalement en refoulant son envie de pleurer.

Castle se sentit profondément touché par cet aveux et posa sa main sur la sienne.

  • Je fais juste l'allée retour.

  • Tu ne comprends rien.

Elle se leva d'un bond sans crier gare et le planta là, filant dans le salon si vite que Rick n'eut pas le temps de comprendre ce qui venait de se passer. Tout allait pourtant à merveille ce matin, alors qu'elle mouche venait de la piquer.

  • Kate, attends ! Reviens ici !

Il s'élança à sa poursuite et la rejoignit avant qu'elle n'ait pu atteindre la porte de la chambre.

  • Excuse moi. S'il te plaît ne sois pas fâchée.

  • Fâchée ? Je ne suis pas fâchée...

  • Alors qu'est ce qui ne va pas ?

  • Alexis !

  • Quoi Alexis ?

  • Elle me déteste ! Elle n'acceptera jamais que l'on se soit remis ensemble et tu finiras par repartir.

  • Ne dis pas de bêtises. Rien ne m'éloignera plus jamais de toi et puis ma fille ne te déteste pas, où as tu été chercher une idée pareille ?

  • Ce n'est pas une idée, elle me l'a dit elle même.

Elle posa délicatement ses doigts sur la cicatrice de Rick, sur la trace qu'avait laissé cette terrible blessure qui avait failli lui coûter la vie.

  • Elle ne me pardonnera jamais ça.

  • Hé ! Fit il en lui relevant délicatement la tête pour la forcer à le regarder.

Puis il plongea son regard dans le sien.

  • Ce n'était pas de ta faute.

  • Mais elle le pense et...

Il la prit dans ses bras et murmura d'une voix apaisante :

  • Ne t'en fais pas pour Alexis, je vais lui parler.

  • Mais si elle ne veut rien entendre ?

  • Kate Alexis t'adore ! et quoi qu'elle ai pu te dire je suis sûr qu'elle ne le pensait pas. OK ?

  • OK. soupira t-elle.

Rick lisait toujours le doute dans le regard de Kate, mais il avait fait une brèche dans sa peur et c'était bien. Peu à peu il abattrait cette peur jusqu'à ce qu'elle ait cessé d'exister, et par la même occasion il se débarrasserait des siennes.

  • Tu es vraiment obligé de partir tout de suite ?

Elle s'était serrée contre lui.

  • Non.

Elle posa ses lèvres sur les siennes et il répondit à son baiser ardent et possessif. Kate émit un petit gémissement de plaisir alors que les mains de Rick glissaient le long de ses flans jusqu'à ce qu'elles trouvent la peau tiède, sous la limite du T-shirt. Ses doigts caressèrent ses cuisses, puis avec une lente précision sensuelle, remontèrent jusqu'à ses hanches entraînant le tissu avec eux. Elle leva les bras pour qu'il puisse lui retirer son unique vêtement, offrant sa nudité à ses yeux et à ses mains.

Le regard brûlant de Kate croisa celui de Rick et ce fut elle qui défit la ceinture de son pantalon et le fit glisser sur le plancher. Sans le quitter des yeux, Kate promena lentement ses mains sur son torse puissant. Rick la caressait aussi et ses caresses douces et sensuelles la laissait tremblante. Elle ferma les yeux tout au plaisir qui l'envahissait. Ses doigts se crispèrent sur les épaules de Rick lorsque ses baisers descendirent le long de son cou et jusqu'à sa poitrine. Elle s'arqua violemment contre lui, et cette fois, ce fut lui qui gémit de plaisir. Ils se laissèrent lentement glisser sur le sol où il la recouvrit de son corps.

  • Ici ? Demanda t-elle avec un rire sensuel.

  • Ici même fit il avec un sourire. Tu aimes l'aventure n'est ce pas ?

Tandis que les lèvres de Rick capturaient la pointe d'un sein qui durcissait sous la caresse, elle haleta, gémissant de plaisir :

  • L'aventure...c'est faire l'amour dans les vagues...une mer...infestée de requins...ça, c'est juste...décadent.

  • Nous braverons les requins un autre jour. Pour cette fois...contentons nous de la décadence.

Elle perdit ensuite la notion du temps. Elle se cambrait, offerte et soumise au rythme sensuel qu'il lui imposait. Un plaisir aigu, presque douloureux, l'emportait toujours plus loin, à la limite de l'inconscience. Son corps s'abandonnait, se livrait sans résistance aux flots tumultueux qui l'emportaient.

Elle crut soudain ne plus pouvoir respirer. Elle s'immobilisa le souffle court et elle ouvrit les yeux.

Elle lut la satisfaction dans les yeux bleus de Castle et avec un rire de gorge, elle le fit basculer pour l'écraser de son corps.

  • Maintenant à ton tour, murmura t-elle en lui mordillant l'oreille. Et nous allons bien voir.

  • Je me rends lieutenant Beckett dit il en lui tendant ses poignets croisés.

Elle se pencha pour l'embrasser, prenant l'initiative et leurs rires cessèrent. Le feu qui les brûlait tout les deux était loin d'être apaisé, et cette fois ce fut Rick qui grogna de plaisir tandis que les lèvres de Kate courraient sur sa peau. Elle le torturait aussi délicieusement qu'il l'avait fait et ne mit fin au supplice qu'en l'accueillant en elle.

Elle joua de son corps, l'amenant aux limites de l'épanouissement pour le lui refuser et l'y ramener encore. Enfin arriva l'instant où ils ne purent d'avantage prolonger le jeu. Chacun d'eux trouva en l'autre la partie de son âme qui lui avait cruellement manqué.

Après l'ultime frisson de plaisir, Kate s'effondra sur lui et savoura intensément la pression de ses bras noués autour d'elle...comme s'il ne devait plus jamais la lâcher.

 

 

Depuis qu'il était rentré de l'hôpital Alexis était au petit soin pour son père. Elle ne savait pas quoi faire pour lui faire plaisir. Elle ne pouvait s'empêcher de se faire du souci pour lui. Il avait beau la sermonner, lui répéter sans cesse que c'était aux parents de se faire du souci pour leurs enfants et non l'inverse, rien n'y faisait. Sa peur ne la quittait pas et elle avait besoin de savoir à chaque moment de la journée où il était. C'est pour ça que ne le voyant pas rentrer, elle avait passé une horrible soirée. Elle n'avait pas fermé l’œil et avait attendu son retour toute la nuit en vain puis avait fini par s'endormir sur le canapé du salon.

C'est à cet endroit que sa grand mère la trouva au petit matin, quand elle descendit pour prendre son petit déjeuné.

  • Alexis ! Ne me dis pas que tu as passée la nuit ici !

  • Bonjour grand-mère. Je voulais attendre papa pour qu'il me raconte sa soirée mais je me suis endormi.

  • Alexis ! Fit Martha avec un ton de reproche qui n'échappa pas à sa petite fille.

  • Quoi ?

  • Tu ne peux pas surveiller ton père vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ce n'est pas juste pour lui et ce n'est pas juste pour toi.

  • Mais...

  • Il n'y a pas de mais ! Il faut que ça s'arrête. Tu ne l'as pas lâché d'une semelle depuis plus de trois semaines. Laisses le vivre sa vie et vie la tienne.

    Mon ange, je sais que tu te fais du souci pour lui mais c'est un grand garçon, il s'en sortira très bien.

  • Tu as déjà dis ça la dernière fois et tu as vu ce qui est arrivé.

  • Ça a été une épreuve terrible pour nous tous mais il va bien maintenant.

  • Il n'est pas rentré cette nuit.

  • Je ne m'inquiète pas pour lui.

  • Il est avec elle, c'est ça ?

  • Et ce serait si terrible ?

  • Je n'arrive pas à le comprendre. Après tout ce qu'elle lui a fait, comment il peut encore avoir envie d'être avec elle ?

  • Elle a fait des erreurs chérie, mais ton père aussi en a faites. Tu ne peux pas tout reprocher à Kate. Et puis aimer c'est aussi pardonner. Et ces deux là s'aiment au dessus de la raison. Laisses leur une chance.

  • Je ne veux plus qu'il souffre.

  • Je sais et moi non plus mais...écoutes chérie, je sais que tu te considères comme l'adulte de la famille...

  • Pour de bonnes raisons !

  • Pour de très bonnes raisons...mais devenir adulte c'est aussi accepter qu'on ne peut pas toujours protéger les gens qu'on aime. On doit les laisser faire leurs propres choix même si on ne les comprend pas toujours. D'accord ?

  • D'accord.

Martha serra sa petite fille dans ses bras.

  • ça veut dire que je dois aussi arrêter de lui envoyer des textos ?

  • Ça dépends. Tu lui en as envoyé combien ?

  • Une trentaine.

Martha resserra son étreinte et un sourire se dessina sur son visage.

  • Trente ! Tu es bien la fille de ton père !

Alors qu'elles étaient toujours enlacées, Rick franchi le seuil de la porte et fut touché par la scène qui se déroulait devant ses yeux.

  • Comment ça ? Fit il semblant de s'indigner. Un câlin familial et je n'ai même pas été invité ?

Alexis lâcha alors sa grand-mère et se précipita dans les bras de son père.

  • Je te demande pardon papa.

  • Pardon mais pourquoi ?

  • Pour t'avoir harcelé avec mes messages.

  • C'est moi qui devrais m'excuser dans ce cas, je savais que tu t'inquiétais, j'aurais dû te rappeler.

  • Il n'y a pas que ça.

  • Qu'est ce qu'il y a qui ne va pas chérie ?

Se sentant de trop devant ce moment père fille qui arrivait, Martha s'éclipsa discrètement dans la cuisine alors que Rick et Alexis s'installaient à leur tour sur le canapé.

  • Est ce que je peux te poser une question personnelle ?

  • Bien sûr.

  • Tu t'es remis avec Kate, n'est ce pas ?

  • On a encore quelques problèmes à régler mais oui, on est à nouveau ensemble.

  • Et c'est une bonne chose ?

  • C'est une très bonne chose. J'ai besoin d'elle dans ma vie chérie, tu comprends ?

  • Oui, je crois.

  • Mais j'ai aussi besoin de toi. Je ne suis rien sans vous d'eux.

  • Je lui ai dis des choses terribles l'autre jour à l'hôpital.

  • Je sais. Elle m'en a parlé.

  • Et tu es très en colère après moi ?

  • Non bien sûr que non. Tu étais très malheureuse. Je comprends et Kate aussi mais elle est très peinée de penser que tu la détestes.

  • Je ne le pensais pas vraiment.

  • Ça aussi je le sais.

  • Je suis désolée papa.

  • Ce n'est pas à moi qu'il faut présenter des excuses tu sais.

  • C'est vrai. Je vais l'appeler.

  • Ce ne sera pas nécessaire.

  • Mais j'y tiens, sincèrement.

  • Alors dis lui de vive voix.

Rick se leva et se dirigea vers la porte d'entrée qu'il ouvrit afin de permettre à Kate, qui était restée derrière la porte tout ce temps, d'entrer. Il la prit par la main et la guida à l'intérieur. Elle s'approcha timidement d'Alexis ne sachant pas à qu'elle sauce elle allait être mangée. La jeune fille n'en menait pas large non plus et aucune d'elle n'osait faire le premier pas. Rick décida d'intervenir.

  • Alexis tu n'avais pas quelque chose à dire à Kate.

  • Je suis désolée. Fit elle d'une voix à peine audible.

  • C'est oublié. Répondit Kate qui ne voulait pas en rajouter face au malaise de la jeune fille.

Soulagée par la réaction de Kate qu'elle craignait, Alexis prit de l'assurance et ajouta d'une voix plus sûr :

  • Je suis vraiment désolée. J'avais très peur et je m'en suis prise à toi. Ce n'était pas juste alors pardon.

  • Et toi tu veux bien me pardonner ?

  • Je ne comprends pas ?

  • Tu avais raison à l'hôpital, ton père a toujours été là pour moi, et j'aurai voulu être là pour lui quand le drame est arrivé. Mais ce n'était pas le cas. Je suis arrivée trop tard et je m'en voudrais toujours pour ça. Je ne peux pas remonter le temps et changer ce qui c'est passé mais je peux te promettre une chose. Plus jamais je ne laisserais une telle chose se reproduire.

  • Promis ?

  • C'est promis.

Sans plus rien ajouter Alexis prit Kate dans ses bras. Tout d'abord surprise par ce soudain geste d'affection inattendu, Kate répondit ensuite à cette étreinte, soulagée et enfin apaisée.

  • Et voilà ! Encore un câlin pour lequel je n'ai pas été invité !

Amusées par cette dernière réflexion les filles lui tendirent les bras et il se joignit à elles sans se faire prier.

Devant ce tableau, Martha qui était restée à l'écart ne put s'empêcher de verser une larme. Son fils avait enfin trouvé le bonheur auprès de celle qu'il aimait depuis si longtemps. Plus rien ne pourrait se mettre entre eux à présent, elle en était convaincu.

 

 

31 décembre

 

Kate émergea de la salle de bain de Rick. Sur le lit l'attendait la magnifique robe que Martha et elle avaient achetée dans l'après midi. C'est Martha avait flashé sur cette robe longue couleur or mât et avait réussit on ne sait comment à convaincre Kate qu'elle serait magnifique dedans. Les deux femmes avaient parcouru toutes les boutiques de New-York à la recherche de la robe parfaite pour la soirée de réveillon que Kate avait organisée tout spécialement pour Rick.

Depuis leur réconciliation, ils ne s'étaient plus quittés. Kate avait même été jusqu'à prendre une semaine de congés, fait exceptionnel pour elle au moment des fêtes, pour profiter de lui à chaque instant.

Poussant un soupir, elle se saisit de la robe et l'enfila. Après quoi, elle se détourna pour s'étudier dans le miroir en pied. Sa toilette ressemblait à une colonne lisse et fluide qui la couvrait de la poitrine aux chevilles.

Rick qui venait d'entrer dans la chambre, l'admira de loin. Elle était rayonnante.

Il était conscient du changement qui s'était opéré chez sa petite amie ces derniers jours. Elle prenait enfin le temps de vivre pour son plus grand plaisir. Au fil des jours, sa peur de la voir repartir en croisade s'amenuisait. Ils étaient heureux tout simplement.

  • Je crois qu'il manque quelque chose à cette tenue.

Il s'avança, suprêmement élégant dans son smoking noir et déposa délicatement autour de son cou le pendentif de diamant qu'il avait gardé précieusement depuis que Kate le lui avait rendu.

  • C'est beaucoup mieux.

Elle posa délicatement sa main sur le bijoux.

  • Il m'a manqué. Merci.

  • Tu es magnifique.

Quand il la contemplait de cette façon, elle se sentait fondre.

  • Tu n'es pas mal non plus.

Il effleura de ses lèvres l'épaule dénudée de Kate, puis enlaça sa taille et scruta leur reflet dans le miroir.

  • Tu ne veux vraiment pas me dire où nous allons ce soir ?

Elle lui sourit. Franchement elle devait admettre qu'ainsi serrés l'un contre l'autre, ils étaient magnifiques.

  • Si je te le disais ça ne serait plus une surprise.

  • Donne moi au moins un indice.

  • Non, non.

  • Tu sais que j'ai les moyens de te faire parler ?

Il la fit pivoter vers lui et l'embrassa tendrement.

  • Bien essayé mais tu n'obtiendras rien de moi don juan.

  • Les enfants dépêchés vous ou vous allez être en retard. Vociféra Martha à l'autre bout du loft.

  • Tu as entendu ta maman ? En route.

Elle le prit par la main et l'entraîna dans le salon.

 

Pour garder la surprise jusqu'au bout, Kate avait bandé les yeux de Rick dans la voiture avant de prendre le volant. Tout le long du trajet il n'avait cessé de la questionner sur leur destination mais Kate garda le silence jusqu'au bout. Elle se gara devant le hold hunt qui avait été décoré pour l'occasion. Elle l'aida à descendre de voiture, les yeux toujours bandés et elle le fit pénétré dans le bar qu'il avait acheté l'année précédente. Là se trouvait tous leurs amis du commissariat venus fêter cette nouvelle année avec eu. Quand elle lui ôta enfin son bandeau tout le monde cria surprise en même temps. Rick fut très émus que toutes ces personnes qu'il considérait comme sa deuxième famille se soient déplacés en ce jour si spécial.

Kate devait l'admettre, Lanie avait organisé une somptueuse fête en peu de temps. Kate lui ayant demandé de l'aide seulement deux jours plus tôt. Les invités paraissaient ravis et le champagne coulait à flot.

  • Alors ça te plaît ? Lui demanda Lanie.

  • C'est génial. Comment as tu fais en si peu de temps ?

  • On a tous mis la main à la pâte.

  • Merci Lanie. Je n'aurai pas pu espérer mieux. Et regarde le. Fit elle tout en désignant Rick au loin qui discutait avec Javier et Kévin. Il y a longtemps que je ne l'avais pas vu si heureux.

  • Il a l'air en forme. Ça fait plaisir de vous voir aussi épanouie tous les deux. Et laisse moi te dire que tu es magnifique. Cette robe est une vrai merveille sur toi.

  • Tu trouves ? C'est Martha qui m'a habillée comme ça.

  • Et bien elle a très bon goût.

  • Espérons seulement que cette robe restera en place.

  • Oui, en tout cas jusqu'au départ des invités. Fit Lanie avec un petit clin d’œil plein de sous entendus à sa meilleur amie.

Alors que Céline Dion entamait sa chanson « a world to believe in » à la sono, Rick se dirigea vers les deux jeunes femmes qui riaient aux éclats.

  • Excuse moi Lanie, je peux te l'emprunter une minute.

  • Bien sûr. Je te la laisse, elle est tout à toi.

  • Mademoiselle, m'accorderiez vous cette danse ?

Il prit la main de Kate et l'entraîna sur la piste de danse.

Ils s'enlacèrent sur le rythme de la musique.

  • Cette soirée c'est magique. Merci. Merci d'avoir organisé ça pour moi.

  • Merci d'être entré dans ma vie et de m'avoir donné un monde auquel je peux croire.

Ils se sourirent et leurs lèvres se rapprochèrent quand soudain Rick se recula.

  • Qu'est ce qu'il y a ? demanda Kate surprise.

  • Est ce que tu te rends compte que si on s'embrasse ici, tout le monde va être au courant pour nous ?

  • Ah oui, c'est vrai ! Mais tu sais quoi ?

  • Quoi ?

  • Je n'en ai rien à faire.

Elle se jeta sur ses lèvres et ils échangèrent un baiser passionné.

 

Lanie avait rejoint les gars et Jenny près du somptueux buffet.

  • Il paraît que le nouveau capitaine arrive la semaine prochaine. Fit Ryan.

  • Elle s'appelle Victoria Gates, mais tout le monde la surnomme Iron Gates.

  • Et bien ça promet.

  • Hé c'est une fête les gars, vous êtes obligé de parler boulot ? Les houspilla Lanie.

  • Et de quoi veux tu qu'on...c'est pas vrai, vous voyez ce que je vois ? Fit soudain Ryan interloqué par ce qu'il avait sous les yeux.

  • Quoi ? L'interrogea Esposito avant de tourner le regard dans la même direction que son partenaire. Non !

  • Mais qu'est devenu Sven ? Demanda soudain Ryan ne comprenant plus rien.

  • C'est vrai ça. Elle avait pourtant l'air bien accrochée ?

  • Il n'y a jamais eu de Sven. Sven c'était Castle. Ne me dites pas que vous n'aviez pas deviné ?

L'air ahurie de ses deux amis amusa beaucoup la légiste.

  • Et ça se prends pour de grands enquêteurs, laissez moi rire.

  • En tout cas ils sont mignons, vous ne trouvez pas ? Fit Jenny.

  • C'est vrai, ma chérie tu as raison, et dire que c'est grâce à nous.

  • Comment ça grâce à vous ? S'indigna Lanie. Tu ne savais même pas qu'ils sortaient ensemble.

  • Peut être mais c'est arrivé pendant mon mariage alors...

  • C'est moi qui bassine Beckett depuis presque quatre ans avec Castle...

Alors que leurs amis se chamaillaient pour savoir qui était responsable de leur bonheur, Rick et Kate dansaient bercés par la musique et semblaient seuls au monde. Là blottit dans les bras de son âme sœur, Kate eu une pensée pour sa mère. Jamais elle ne pourrait l'oublier, elle serait toujours avec elle dans chacune des étapes importantes de sa vieQuoi que cela ai pu lui coûter, et dieu sait combien le prix est élevé, pour la première fois depuis treize ans elle était enfin libre, libre de pouvoir aimer.

 

                                                                                    FIN

 

Voilà cette histoire est terminée, j'espère qu'elle vous aura plut. Merci pour votre soutien et tous vos commentaires qui m'ont beaucoup apporté. Peut être à bientôt pour de nouvelles aventures de notre couple préféré.


jogeo1  (24.09.2017 à 20:42)

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