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Let her go

Série : Castle
Création : 20.11.2016 à 20h37
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une nouvelle histoire de mon cru, qui démarrera le 1er décembre pour attendre Noël. Cette fois, j'ai décidé de mettre mon grain de sel à partir de la fi de la saison 4... fin  » Minefuji 

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Chapitre dix

 

Cela faisait presque deux heures et demie qu’il attendait sur le palier devant l’appartement de Beckett. Mais il était déterminé et ne lâcherait pas l'affaire. Il patienterait le temps qu’il faudrait, car il était hors de question qu’il perdît une fois de plus la chance de s’expliquer avec la jeune femme.

Plusieurs de ses voisins déjà étaient venus lui poser des questions sur sa présence en ces lieux. Il avait dû montrer patte blanche. La détective était appréciée dans l’immeuble ! Au fil de leurs discussions, Castle avait réussi à se faire apprécier. Il avait dédicacé plusieurs de ses ouvrages et promis d’utiliser les prénoms de ses nouveaux amis dans ses prochains romans.

- Savannah, marmonna-t-il, ce sont des romans policiers que j’écris, pas des romans d’amour…Pff… Je ne me vois pas appeler une tueuse psychopathe comme ça ! Si elle me pardonne, je demanderai à Beckett de déménager. C’est radical, mais au moins la plus cruelle des veuves noires ne s’appellera pas Savannah !

 Des bruits de pas dans les escaliers attirèrent son attention, il tourna la tête. Enfin elle était là. Toujours aussi belle et envoutante. Comment avait-il pu se penser capable de l’oublier ?

Surprise, elle lâcha les sacs qu’elle portait en l’apercevant. Il lui offrit un sourire contrit. Elle fronça les sourcils. Gagner sa confiance ne serait pas facile. Il sortit son gobelet de café de derrière son dos et lui tendit en guise de drapeau blanc. Elle hocha la tête et eut du mal à empêcher un léger sourire de fleurir sur ses lèvres.

Encouragé par sa réaction, il sortit le bouquet de fleurs qu’il cachait encore dans son dos et pencha la tête comme un enfant pris en faute qui chercherait à amadouer l’adulte dans l’espoir d’adoucir la punition. Lorsqu’il ajouta un regard suppliant digne du chat Potté, elle roula des yeux mais ne pût s'empêcher de sourire franchement. Il était revenu. Quelles que fussent ses intentions par rapport à leur relation, elle était heureuse de le revoir. Il était là et c’était tout ce qui comptait.

- Je n'ai écouté mes messages que ce matin... Dit-il d'un air contrit. Je serais venu plus vite, si je l'avais fait avant.

- Vous étiez occupé, répondit-elle d’un air détaché en haussant les épaules, désireuse de ne pas trop lui montrer à quel point elle était heureuse de le revoir.

Elle ramassa ses sacs, s'avança vers la porte de son appartement et sortit ses clés pour l'ouvrir. Il fallait qu'elle garde la tête froide et qu'elle ne se fasse pas de fausses idées car plus dure serait la chute, s'il ne souhaitait pas la même chose qu'elle.

Il y eut le déclic de la serrure qui se déverrouille et la porte s'ouvrit.

- On sera mieux à l'intérieur, dit-elle un peu fraîchement en s'écartant pour le laisser entrer.

Bon, elle lui en voulait, c’était de bonne guerre, mais contrairement à lui, elle ne fuyait pas la confrontation, c’était déjà ça !

Encouragé par la réaction de Beckett, Castle entra dans l'appartement. Elle aurait pu lui faire des reproches, lui demander de partir ou carrément de disparaitre de sa vie, mais elle n'en avait rien fait. Non, elle semblait même ne pas être trop fâchée, c'était un bon début.

Elle entra à sa suite, déposa ses sacs sur la table et accrocha sa veste dans la penderie sans un mot. Elle se sentait nerveuse comme une lycéenne qui attend son cavalier pour se rendre au bal de promo. Elle avait toujours trouvé cela ridicule. C’était d'ailleurs pour cela que Rebel Beck n’était pas allée au bal de promo, elle avait préféré aller écouter de la poésie dans l’East village. Son cerveau tournait à plein régime. S'il y avait bien une chose à laquelle elle ne s'attendait pas, c'était de le trouver devant sa porte en rentrant ce soir!

Que voulait-il ? Une explication ? Revenir au poste ? Plus ? Il avait apporté des fleurs, peut-être que... Pourquoi fallait-il qu’elle soit si nerveuse ?  Elle inspira et se retourna vers lui en espérant avoir l’air cool, détachée et un peu fâchée aussi. Elle n’allait pas trop lui faciliter la tâche non plus!

 - Je vous débarrasse de votre veste? Proposa-t-elle.

- Volontiers! Euh... Tenez, c'est pour vous! Accepta-t-il en lui tendant son café ainsi que son bouquet.

- Merci, c'est gentil, sourit-elle (zut ! c’était raté pour l’air fâché). Alors…Euh…  Cela faisait longtemps que vous étiez là ?

- Oh !... Un moment…

- Si vous m’aviez appelée, je ne vous aurais pas fait autant attendre, rétorqua-t-elle en préparant un vase pour les fleurs.

Outch ! Elle ramenait le téléphone sur le tapis, elle ne lui faciliterait sans doute pas la tâche.

- Pas de problème, répondit-il, je ne m'attendais pas à ce que vous rentriez très tôt. Et puis, j’ai réussi à convaincre monsieur Kubiak de ne pas appeler la police tout de suite. J’avais encore… Euh… Environs dix minutes de répit…

Un sourire de plus. Elle était contente qu’il soit là malgré ce qu’elle voulait lui faire croire ! Elle l'invita à s'installer dans le salon, c'était même très bien parti, finalement !  

Il s'avança vers le canapé puis se retourna. Il devait lui parler sans détours.

- Dans votre premier message, vous disiez que vous vouliez me parler, commença-t-il bien décidé à éviter de parler son second message dans lequel elle lui souhaitait d’être heureux avec Jacinda.

- Oui, euh...

Ouille, il mettait les pieds dans le plat, l’heure des explications avait sonnée. Et s'il n'aimait pas ses réponses? Repartirait-il loin d'elle définitivement cette fois? Elle ne savait par où commencer, sa nervosité grimpa d’un cran.

- Je suis là, que vouliez-vous me dire?

Il avait parlé de façon un peu abrupte, il craignait qu'en deux semaines, elle se fut ravisée et de nouveau cachée derrière son mur. Il n’avait pas envie de repartir dans un jeu de chat et de souris.

- Oui, euh... Hésita-t-elle un instant... Rahhh... Ce n'est pas facile...

Elle prit une grande inspiration et se lança:

- Durant les dernières semaines avant votre départ, j'avais remarqué que quelque chose avait changé dans votre attitude... Vous étiez devenu plus distant... J'ai d'abord mis cela sur le compte de cette histoire de bombe... Nous avions tous été secoués par cette affaire... Et puis vous êtes arrivé sur la scène de crime avec cette... Avec Jacinda, se reprit-elle. Castle, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, j'ai dû faire quelque chose de mal, ou dire quelque chose qui vous a froissé... Je ne prétends pas savoir de quoi il s'agit, mais je m'en excuse. Sachez que si je vous ai blessé, j'en suis désolée, je ne voulais pas vous heurter...

- J'ai tout entendu, répliqua-t-il sans hésiter pour jouer cartes sur table.

Elle eut l'air surpris, elle ne voyait pas du tout de quoi il parlait. Il continua pour éclairer sa lanterne.

- J'étais derrière le miroir sans tain, je vous ai entendue dire à ce suspect que vous aviez pris une balle et que vous vous souveniez de chaque seconde!

Ses magnifiques yeux verts s'agrandirent de surprise. Elle réalisait enfin ce qu'il lui reprochait.

- Chaque seconde, Kate! Vous m'avez menti... Vous vous souveniez de tout... Je vous avais dit que je vous aimais et vous m'avez menti! Gronda-t-il, incapable de gérer la colère qu’il ressentait encore. J'aurais pu comprendre, vous savez... Si vos sentiments n'étaient pas réciproques, il suffisait de me le dire. Mais vous n'aviez pas le droit de me mentir et de me laisser espérer quelque chose qui n'arriverait jamais!

Elle ferma les yeux, comprenant enfin les raisons de sa colère. Il avait cru qu’elle avait joué avec ses sentiments. Elle l’avait blessé par son attitude fuyante. Il en avait déduit qu’elle n’éprouvait rien pour lui, alors que c’était tout le contraire.

- Ce n'est pas ça! Vous ne comprenez pas! Répondit-elle les larmes aux yeux.

- Expliquez-moi alors! Pourquoi m'avez-vous menti?  Tonna-t-il incapable de rester calme.

- Parce que j'étais terrifiée! Montgomery venait de mourir, on avait voulu m'assassiner à son enterrement et…

- Vous aviez besoin de guérir, j’ai bien compris, siffla-t-il las de ces mêmes excuses qu’elle lui avait déjà fournies des dizaines de fois.

- Vous ne comprenez pas…

- Bien sûr que je ne comprends pas ! Cria-t-il. On ne repousse pas ceux qui vous aiment pour ça ! C’est stupide !

- J’ETAIS TERRIFIEE ! Le coupa-t-elle. Au début, je ne pouvais même pas gérer ça ! Ça me prenait toute mon énergie rien que pour mettre un pied devant l’autre et affronter la journée !

- J’aurais pu vous aider ! Enragea-t-il, mais vous m’avez repoussé !

- Vous aviez risqué votre vie en essayant de me protéger! J'étais perdue, blessée et terrifiée à l'idée de ce qui aurait pu se passer si vous aviez réagi une fraction de seconde plus tôt! Répondit-elle au supplice.

- ... Que...? What?!

Toute sa rage reflua aussitôt, elle avait eu peur de le perdre ? Elle avait voulu le protéger en l’éloignant d’elle et de ce sniper dont elle était la cible alors qu’elle était tout juste convalescente ! Il n’osait croire à ce que cela sous-entendait. Son cœur bondit dans sa poitrine.

 - Depuis cette funeste journée, expliqua-t-elle difficilement, je fais régulièrement le même cauchemar : on est dans le cimetière et c'est vous que la balle atteint! J'aurais pu vous perdre ce jour-là et c’était plus que ce que je ne pouvais supporter.

Wah ! Il ne s’attendait pas à celle-là ! Il hésitait maintenant entre colère et admiration pour la détective. Elle avait encore voulu tout gérer toute seule, mais elle avait fait ça pour le protéger. Elle seule était capable d’avoir des réactions aussi contradictoires et inattendues ! Le mystère Beckett avait encore frappé.

- Vous auriez dû m'en parler! Râla-t-il. On aurait trouvé une solution! Vous n’étiez pas obligée d’affronter tout cela toute seule !

- On m’a aidée, avoua-t-elle timidement.

- Qui ? Lanie ? Votre père ?

- Non. Je… J’avais besoin de…

- Une thérapie ? S’étonna-t-il car cela ne lui ressemblait tellement pas !

- Ça m’a bien aidée, acquiesça-t-elle.

 Il sourit, heureux.

- J'étais blessée, Castle, continua-t-elle sans remarquer son changement d'attitude. Physiquement et moralement. Je n'étais plus la même et je ne voulais pas être cette femme démolie... Pas pour vous...

Il ouvrit grand les yeux en entendant cela.

- … Pour moi?

Il n'en croyait pas ses oreilles, se rendait-elle compte de ce qu'elle venait de dire? Sans doute, oui, Kate Beckett n'était pas du genre à parler sans choisir soigneusement chacun de ses mots. Elle avait fait tout cela pour lui ! Son cœur faisait maintenant des loopings dans sa poitrine. Non seulement elle avait voulu le protéger, mais en plus elle avait voulu guérir pour lui ! C'était Noël avant l'heure!

 


Minefuji  (10.12.2016 à 18:34)

 Chapitre onze

- Pour vous, oui ! Je voulais guérir afin d'être la femme que vous méritez d'avoir...

- La femme que je mérite d’avoir, répéta-t-il avec un sourire niais.

Elle rougit aussitôt, réalisant la portée de ses paroles. Avait-elle réellement dit ça ? Elle ne se reconnaissait pas. Elle avait toujours eu du mal à exprimer ce qu’elle ressentait, elle était une vraie introvertie, digne fille de son père, comme sa mère se plaisait à répéter! Et voilà qu’elle mettait son âme à nue devant Castle !

- J’étais loin de m’imaginer…, murmura-t-il ému.

- Oui, et bien, je n’avais pas envie de me trouver d’excuses... répondit-elle en cachant ses émotions. Je voulais … faire ce travail… prendre le temps nécessaire… Et j’y suis parvenue, enfin je crois !

- Vous croyez ?  Repris-t-il incertain.

- Je suis sûre ! Affirma-t-elle aussitôt.

- Cool, sourit-il.

- Cool… répéta-t-elle soulagée.

- Mais il n’empêche, continua-t-il d’un air sévère, que vous auriez quand même dû m’en parler !

Elle eut un léger sursaut, elle croyait l’orage passé et voilà qu’il en remettait une couche ! D’accord elle avait agi comme une idiote en le mettant à l’écart, mais il abusait là !

- Je sais, soupira-t-elle agacée.

- Enfin Beckett, se radoucit-il soucieux de ne pas la mettre en colère, aimer quelqu'un c'est le prendre dans son ensemble, avec ses blessures, ses peurs et ses faiblesses! Je n'attendais pas de vous que vous soyez invulnérable!

- Je suis désolée, murmura-t-elle en baissant la tête. Je ne voulais pas que mes démons nuisent à… Enfin... Castle, depuis la mort de ma mère, je n’ai jamais été capable de m’investir totalement dans une relation avec un homme. J’ai toujours gardé un pied en dehors pour ne pas avoir à souffrir de nouveau comme j’avais souffert en perdant la première personne la plus importante de ma vie…

Il s'approcha et posa un doigt sous son menton pour relever son visage. Il plongea son regard dans le sien et y lut toutes ses angoisses et inquiétudes. Ses yeux étaient incapable de mentir, elle était si touchante quand elle avait ainsi l’âme à nue.

- Ce qui me fascine chez vous, c'est votre force malgré vos failles et vos meurtrissures, avoua-t-il dans un murmure.

Elle ne répondit rien, elle était troublée. Elle venait de prendre le plus gros risque de sa vie en de dévoilant ainsi. Accepter ses sentiments pour lui signifiait s'exposer au danger. Elle savait qu'elle ne supporterait pas de le perdre lui aussi.

- Alors comme ça…Ce mur dont vous m’aviez... il commence à tomber ? Demanda-t-il avec un intérêt certain.

- Il est déjà par terre, répondit-elle rougissante.

Un franc sourire illumina le visage de l’écrivain.

- Kate, je t'aime. Je t'ai toujours aimée, dit-il en lui caressant la joue tendrement.

Elle ne put retenir un sanglot, croyant avec peine qu'il était bien là, devant elle et qu'il lui répétait ces trois petits mots, ceux qui lui avaient donné la force de survivre à la fusillade.

- Je t'aime Kate, répéta-t-il décelant l'incrédulité dans le regard de sa belle.

Un sourire fleurit sur ses lèvres. Elle approcha son visage du sien pour l'embrasser et se ravisa au dernier moment.

- ... Mais... Et… Votre petite amie...? Demanda-t-elle froidement.

Il déglutit difficilement, il pensait bien que le sujet avait été évité et ne viendrait pas sur le tapis.

- Qui ?

- L’hôtesse de l’air qui conduisait votre Ferrari, claqua-t-elle les sourcils froncés.

- Ah, elle… dit-il inconfortable.

- Oui, elle ! Vous ne croyiez tout de même pas que j’allais l’oublier !

- Euh… eh ben… euh… A vrai dire je l'espérais, reconnut-il d'une toute petite voix.

Elle recula de plusieurs pas.

- Alors là, vous êtes sacrément gonflé ! S’écria-t-elle en posant ses poings sur ses hanches. Vous vous consolez dans les bras de la première blonde venue, vous la proclamez « petite amie officielle » au bout d’une semaine à peine et vous osez venir me voir avec un bouquet de fleurs et du café sans même savoir où vous en êtes avec elle !

Il s’approcha d’elle, elle leva la main pour lui intimer de rester loin d’elle.

- Il n’y a rien entre Jacinda et moi ! Cria-t-il à son tour pour être sûr qu’elle entendrait.

Elle haussa un sourcil, incrédule.

-  Enfin… Il n’y a plus rien entre elle et moi, rectifia-t-il. Je me suis rapidement rendu compte que je me fourvoyais et j’ai rompu lors de notre séjour. J’étais en colère contre toi. J’ai fait n’importe quoi.

- Ça, tu peux le dire, souffla-t-elle.

- Je sais, soupira-t-il en piquant du nez vers ses chaussures.

- Donc… reprit-elle en esquissant un petit sourire. Tu n’as pas de petite amie ?

Il releva timidement le regard vers elle. Elle souriait. Non, mais elle se fichait de lui ! Elle le faisait tourner bourrique !

- C'est toi que je veux pour petite amie ! Ça a toujours été toi ! répondit-il en prenant son visage en coupe pour l'embrasser.

Surprise, elle ouvrit de grands yeux avant de se laisser emporter par son baiser, leur deuxième baiser ! Et encore une fois, quel baiser ! Il déclenchait un véritable brasier en elle. Aucun homme ne lui avait jamais fait autant d’effet !

Il mît dans ce baiser tout  son amour ainsi que toute la frustration qu'il avait accumulée depuis l'affaire de la bombe à cause de son mensonge. L'humidité qu'il finit par percevoir sur ses mains l'inquiéta. Il s'écarta légèrement et ouvrit les yeux pour découvrir son magnifique visage baigné de larmes.

- J'ai cru que je t'avais perdu, murmura-t-elle...

- Je suis tellement désolé, j'aurais dû t'en parler au lieu de fuir, répondit-il en la serrant contre lui.

- J'aurais dû t'expliquer au lieu de te mentir. J'aurais dû...

- C'est du passé, murmura-t-il. Nous avons été maladroits tous les deux. L'important, c'est que nous soyons là aujourd'hui tous les deux.

Elle se blottit contre lui et se laissa bercer par les battements de son cœur.  Elle se sentait si bien là, dans ses bras, qu’elle aurait pu y rester durant le reste de sa vie.

Il respira le parfum de ses cheveux, il n'en revenait pas. Il la tenait là contre lui. Elle avait eu peur de le perdre. Ce qu'il ressentait était réciproque. Son cœur faisait des cabrioles dans sa poitrine tellement il était heureux.

- Tu sens la cerise, murmura-t-il.

Elle pouffa.

- Je n’ai plus changé de shampoing depuis le jour où tu m’en as fait la remarque…

- Tu veux dire que depuis ce jour-là, tu penses à moi en te lavant les cheveux ?

- Mhm-mhm.

- Wah ! T’es en train de me dire que tu penses à moi sous la douche ! Tu es nue, tu te savonnes partout… Et tu penses à… moi ?

- Si tu le répètes à qui que ce soit...

- Tu me colles une balle, je sais ! Termina-t-il rêveur.

Elle finit par s’écarter légèrement, se demandant pourquoi il ne parlait plus, ni ne bougeait depuis quelques minutes. Il avait le regard perdu dans le vague.

- Castle ?

- Mhm ?

- Tu es en train de m’imaginer nue sous ma douche ?

- Hein ? Euh… Bah… Oui… avoua-t-il.

-  Tu réalises que je suis dans tes bras ? Et que tu n’as pas à partir dans ton imaginaire pour réaliser ton fantasme ?

 

Il cligna des yeux et réagit aussitôt, tandis qu’elle éclatait de rire. Il l'embrassa de nouveau avec fougue, descendit ses mains jusqu'au bas de son top et les glissa dessous pour venir toucher la peau de son ventre. Elle mit fin à leur baiser, releva le regard vers lui et souleva les bras en souriant. Il ne se fit pas prier et le lui enleva aussitôt. Elle était si belle qu'il en resta sans voix. Soudain, son sourire s'effaça lorsque ses yeux se posèrent sur sa cicatrice, le ramenant à l'un de ses  pires souvenirs. Il approcha la main et l'effleura du bout des doigts. Elle posa sa main sur les siennes, l'amenant à toucher réellement la cicatrice, leur cicatrice.

- Je vais bien, murmura-t-elle.

Incapable de répondre, la gorge nouée par l'émotion, il se contenta de hocher la tête.

Ce fut elle, qui reprit la direction des opérations, elle l'embrassa avec douceur.

- Rick...

Elle avait dit son prénom de la plus belle des façons. Personne ne l'avait encore prononcé ainsi... Il répondit à son baiser et  la fit basculer sur le canapé derrière eux. Elle l'embrassait avec tant d'audace, que cela décupla son envie d'elle. Il la débarrassa de son pantalon, déposant au passage des baisers sur ses jambes magnifiques. Elle était si belle, allongée là, près de lui.

Il jeta le vêtement au sol et retourna l'embrasser avec fougue, tandis qu'elle défaisait un à un les boutons de sa chemise.

- Oh Kate... Soupira-t-il à l'agonie tant il la désirait.

- Tais-toi Castle et fais-moi l'amour! Ordonna-t-elle contre ses lèvres.


Minefuji  (11.12.2016 à 19:20)

Chapitre douze

Rick était assis sur le canapé, Kate à califourchon sur lui, reprenait doucement son souffle. Front contre front, leurs regards plongés l’un dans l’autre, ils savouraient l’instant présent. Il la trouvait magnifique ainsi, les joues rosies et les lèvres à peine entrouvertes esquissant un sourire. Elle blottit sa tête dans le creux de son cou, silencieuse, apaisée.

Un soupir. Une larme.

- Hey, chuchota-t-il, ça ne va pas ?

- Si… ça va, murmura-t-elle.

- « Dit-elle en pleurant ! » Hey ! Parle-moi, je t’en prie ! Supplia-t-il.

- Rien. Je suis bien, c’est tout.

- Et quand tu es bien, tu pleures ? S’étonna-t-il en lui caressant tendrement le dos pour l’apaiser.

-… Non… Murmura-t-elle finalement.

- Donc il y a quelque chose ! Dis le moi !

Elle releva son regard brillant de larmes refoulées vers lui.

- J’ai bien failli tout gâcher, expliqua-t-elle.

Il n’eut pas besoin de plus, il comprit que la seule chose au monde qui effrayait Kate Beckett, c’était la perte des êtres qu’elle aimait. L’assassinat de sa mère avait ancré cette peur en elle à jamais. Il comprit ses réticences à le laisser entrer dans son cœur et la responsabilité qui était la sienne désormais.

- J’ai agi bêtement, moi aussi, rétorqua-t-il au bout de quelques secondes. Mais c’est du passé, l’important, c’est que nous soyons ici tous les deux.

- Tu as raison, murmura-t-elle en frottant son nez contre le sien. Ne pars pas, s’il te plait.

- Je ne pars pas, répondit-il en l’embrassant. Il n’y a qu’ici que je veux être. Et à l’avenir, où que j’aille, il n’y a qu’un seul endroit où je reviendrai toujours : celui où tu seras.

Elle sourit, enroula ses bras autour de son cou, puis parsema son visage de baisers qu’il savoura pleinement.

- Deuxième round ? Sourit-il alors qu’elle prenait quelques initiatives plus audacieuses.

- Deuxième round, acquiesça-t-elle sans cesser de l'embrasser.

*************

Étendue sur le dos, Kate savourait les derniers instants avant le réveil. Un rayon de soleil lui chatouilla les narines, elle poussa un soupir de bien-être. Ses cheveux épars sur le matelas ondoyaient dans la lumière. Elle était bien, vraiment bien. Comment avait-elle pu se priver d’un tel bonheur pendant tout ce temps ? Doucement, elle roula sur elle-même pour se retrouver sur le ventre. Castle était assis contre son lit, et savourait lui aussi la douce béatitude qui l'enveloppait avant le retour à la réalité.

- Bonjour, sourit-elle en l'embrassant tendrement.

- Salut toi, répondit-il sur le même ton.

Un énorme gargouillis vint briser la quiétude de cet instant magique.

- Désolé, dit-il avec son air de gamin. Je n'ai pas mangé depuis hier matin.

Elle éclata de rire.

- Moi aussi, j'ai l'estomac dans les talons. Mais je n'ai pas grand-chose à te proposer... En termes de petit déjeuner, je veux dire! Mon café doit être vraiment très froid... Mais j'ai du riz cantonais, quelques nems et des raviolis à la vapeur... J'étais passée chez le traiteur chinois avant de rentrer hier soir. Mais il va falloir partager! Je n'avais prévu qu'une part.

 - Un café froid et un petit déjeuner chinois, ça me va, sourit-il. A moins que...

Il se leva et vint s'allonger sur elle pour l'embrasser.

- Un round quatre? Rit-elle entre deux baisers.

- Je ne peux déjà plus me passer de tes baisers.

- Donc... C'est sérieux?... Demanda-t-elle en se redressant sur les coudes. Je veux dire...

- Je suis très sérieux! Je n'ai jamais été aussi sérieux! Pourquoi? Pas toi? S’inquiéta-t-il aussitôt.

- C'est du très sérieux! Affirma-t-elle en l'entraînant dans un nouveau baiser passionné.

 

Lorsqu'elle se réveilla deux heures plus tard, Kate était seule et définitivement en retard.

- Gates va me passer un de ces savons! Marmonna-t-elle en terminant de boutonner sa chemise alors qu'elle sortait de sa chambre.

- Elle est en séminaire aujourd'hui, elle n'en saura rien, répondit Castle une spatule à la main.

- Comment tu sais ça? Demanda-t-elle les sourcils froncés.

- J'ai entendu les gars en parler quand je suis passé au poste hier...

- Tu es passé au poste? S’étonna-t-elle.

- Je te cherchais. Je pensais te trouver là-bas.

- Tu es allé me chercher au poste?! S’étrangla-t-elle. Ils savent pourquoi tu me cherchais?

- Euh...

- C'est pas vrai Castle! Ils ne vont pas arrêter avec ça! Se lamenta-t-elle. Qu'est- ce qu'il t'es passé par la tête?

- Euh... Bah... C'est à dire que... Quoi? Tu as honte de moi?

- Absolument pas! C'est pas ça... Paniqua-t-elle.

- C'est quoi alors?

- C'est juste que j'aimerais que notre relation reste notre petit jardin secret... Pour le moment en tout cas! Je n'ai pas envie que toutes les commères du poste, et il y en a crois-moi, fassent de nous leur principal sujet de conversation!...

- … Mouais… Moi non plus, reconnu-t-il après réflexion. Ne t’en fais pas, je m’occupe de brouiller les pistes.

Elle sourit.

- Mhm?! Ça sent bon! Qu'est-ce que c'est?

- Pancakes à la Castle! Les meilleurs du monde! Et bien entendu un latte vanille sans sucre pour les accompagner!

- Wah... Sourit-elle. Comment as-tu fait? Mon frigo était vide!

- Ouais, ce n'est pas raisonnable ma chère! Le livreur qui m'a apporté ma commande de ce matin viendra te livrer de quoi le remplir chaque semaine!

- Mais...

- Pas de mais détective! Il faut vous nourrir correctement, si vous voulez combattre le crime pendant encore de nombreuses années!

- Et c'est ta conscience de citoyen concerné, qui t'a incité à t'occuper de mon hygiène alimentaire ?

- Ma conscience d'auteur! Nikki Heat est ma nouvelle poule aux œufs d'or! Pas question qu'elle attrape de l'embonpoint et du cholestérol à cause de ses habitudes alimentaires déplorables!

- Ah! Si l'était de ton compte en banque en dépend alors... Rit-elle en piochant dans l’assiette de pancakes.

- Je savais que cet argument ferait mouche, répondit-il avec un grand sourire.

 

Ils prirent leur petit déjeuner en tête à tête, puis partirent chacun de leur côté pour la journée.

Beckett arriva au poste avec deux bonnes heures de retard, ce qui lui valut un interrogatoire en règle de la part des gars. Ce fut Ryan, qui se lança le premier :

- Salut Beckett, on se demandait si on n'allait pas devoir venir te chercher.

- Pourquoi auriez-vous  dû faire une chose pareille? Demanda-t-elle étonnée.

- Tu aurais pu être clouée au lit avec la fièvre.

- Une bonne raison pour ne pas venir me chercher, non? Un simple coup de fil aurait fait l'affaire.

- Mouais, admit-il.

- Apparemment,  ce n'est pas la fièvre, qui t'as retenue loin du poste, intervint Esposito. Serait-ce un nouveau petit ami?

- Vous n'avez pas du travail à faire? Demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Non. Pas d'affaire. C'est le calme plat, répliqua Ryan pour mieux revenir au sujet qui l’intéressait. Au fait, tu as vu Castle? Il te cherchait.

- Oui, je l'ai vu, répondit-elle distraitement en attrapant un dossier.

- Qu'est-ce qu'il te voulait? Demanda Esposito.

- Discuter. On a mis les choses au clair, il reviendra travailler avec nous pour notre prochaine affaire. Voilà, vous êtes contents les commères? Maintenant au boulot!

- Mais on n'a pas d'affaire!

- Et bien profitez-en pour faire votre paperasse! Moi je file, j'ai rendez-vous avec le procureur pour le procès.

Elle prit plusieurs autres dossiers sur son bureau et repartit vers l'ascenseur.

- Pfff, elle est trop forte, impossible de savoir si elle bluffait ou non, maugréa Ryan.

- Appelons Castle, s'il s'est passé quelque chose entre eux, il ne saura pas nous le cacher, répliqua Esposito.

- Ouais, t'as raison!

 

De son côté, Castle était rentré chez lui tout guilleret.

- Bonjour vous deux, dit-il en passant la porte de son loft.

- Oh toi, tu t'es réconcilié avec Katherine! Constata Martha tout sourire.

- Tu avais entièrement raison, Mère, j'aurais dû lui parler au lieu de fuir comme je l'ai fait.

- Tu t'es réconcilié avec elle?! Répéta Alexis.

- Oui, quatre fois même!

- Ahhhrrrggg! Papa! Fit-elle d'un air dégouté. Je ne veux pas de détails!

- Oh ! Je suis ravie pour vous deux, Richard ! Se réjouit Martha.

- Tu avais entièrement raison, mère. On s'est expliqué, on s'est pardonné et... Enfin...

- Tant mieux! Je suis contente pour toi! Sourit Alexis.

- C'est vrai?

- Bien sûr! J’avais peur que tu continues de souffrir parce qu’elle semblait incapable de te laisser entrer dans sa vie, mais si elle te rend heureux, alors c’est bon pour moi ! Après tout ce que vous avez traversé, c'est super que vous soyez enfin ensemble.

- Merci Pumpkin !

- Invite-la à dîner!  Lança Martha. Je préparerai tout!

- C'est que... Je ne tiens pas à l'empoisonner.

- Espèce de chameau! Râla l’actrice. J'appellerai le traiteur!

- J'aime mieux ça! Mais, on fera ça dans quelques temps, si ça ne te dérange pas. Pour l’instant, nous sommes sur notre petit nuage et nous n’avons qu’une seule envie : passer du temps en tête à tête.

- Je comprends, sourit Martha rêveuse. Ah ! La jeunesse, un amour naissant…

- Elle se remémore vraiment sa jeunesse ou elle parle de son flirt du mois dernier ? Demanda Castle en aparté à sa fille.

- Tu sais bien que Grand-mère est une éternelle jeunette, rit la rouquine.

 

Le téléphone de l'écrivain retentit à ce moment-là, interrompant leur joyeuse discussion.

- Oh, ce sont les gars! Constata-t-il. Ils viennent à la pêche aux informations!

- Méfie-toi, ce sont de bons détectives, le prévint Martha.

- Ne t’en fais pas, je suis un ninja de l’interrogatoire ! répliqua Castle en jouant des sourcils.

Il décrocha et prit un ton morne et ennuyé :

- Richard Castle, j'écoute!

- Salut vieux! On te dérange?

- Je suis en train de tuer un avocat véreux, donc oui, un peu. Il ne faudrait pas que je laisse des preuves trop évidentes, ça ruinerait l'intrigue de mon roman!

- Tu as pu voir Beckett? Demanda directement Ryan.

- Beckett?... Oh! Oui. Merci de votre aide!

- Et?

- Et quoi?

- Ben qu'est-ce qu'il s'est passé? Insista l’irlandais.

- Je me suis excusé et c'est bon, j'ai le droit de revenir sur les enquêtes, elle m'a pardonné.

- ... Et c'est... C'est tout?

- Bah oui. Qu'est-ce que vous vouliez de plus?

- Que tu en profites pour lui avouer tes sentiments. Que vous vous soyez enfin décidés à avancer ! Depuis le temps que vous vous tournez autour !

- Elle n'est pas prête pour ça, vous le savez! La fusillade l'a traumatisée. Il lui faut du temps pour guérir.

- Ne me dites pas que vous avez accepté cette explication! S’emporta Ryan.

- Ce n'est pas comme si j'avais le choix, se défendit Castle.

- Pfff! Vous êtes désespérant!

- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda la voix d'Esposito derrière Ryan.

- C'est Castle, il a encore foiré sa chance...

- Quoi?! Non! Castle vous commencez à me coûter vraiment cher!

- Bah ! Fallait pas parier sur Beckett et moi! Sur ce, je vais vous laisser, j'ai un meurtre à commettre.

- Ouais, celui de mon compte en banque, grogna Esposito avant que Ryan ne raccrochât.


Minefuji  (12.12.2016 à 19:51)

Chapitre douze

 

Le lendemain, Castle fut réveillé par la sonnerie du téléphone. Il se redressa et fut déçu de constater qu'il était seul dans son lit.

- Castle... Marmonna-t-il en décrochant déçu de ne pas avoir entendu Beckett se lever et quitter le loft.

- Ouh ! Là! On est de mauvais poil, rigola Esposito à l'autre bout de la ligne. Qu'est-ce qu'il se passe? Celle que vous avez ramenée du club de striptease était en fait un homme?

- Elle s'est barrée avec votre portefeuille pendant que vous dormiez? Renchérit la voix rieuse de Ryan derrière Esposito.

- Que...? Mais de quoi vous parlez? Grogna Castle encore à moitié endormi.

- Ne nous dites pas que vous êtes resté chez vous à écrire après votre nouvel échec avec Beck... Aieuh! Mais qu'est-ce qu'il te prend? Oh! Salut Beck...ett...

- Appeler Castle pour lui dire qu'on a un meurtre, c'est trop difficile pour vous? Râla la détective.

- C'est que...

-  Donnez-moi ce téléphone et allez retrouver Perlmutter sur la scène de crime ! Ordonna-t-elle.

- Mais il va encore nous traiter d'idiots! Boudèrent les gars.

- Et il n’aura pas tout à fait tort ! Rétorqua-t-elle sévère. Allez ! Zouh ! Filez! Ça vous apprendra!

- Quelle autorité, lieutenant Beckett! Dit Castle admiratif au bout du fil.

- Hey! Salut toi! Tu dormais si bien, que je n'ai pas eu le cœur de te réveiller, répondit-elle dès qu’elle fut certaine que les gars étaient loin.

- Tu aurais dû, je t'aurais préparé une guimauvelette pour le petit déjeuner.

- Une quoi ?

- Une guimauvelette ! Une de mes inventions. Je fais griller six morceaux de guimauve, que je place ensuite entre deux crackers, ensuite je pose ça sur une barre de chocolat fondu et enfin, je dépose le tout dans une omelette. Un délice !

- B… Oui… Euh... Bref... Tu nous rejoins sur la scène de crime?

- Bien sûr, enfin, si tu me dis où elle se trouve.

- Les gars ne te l'ont pas dit? Mais ils ne servent à rien ces deux-là! Le corps est dans un parking, je t'envoie l'adresse.

- J’arrive et je m'habille ! Annonça-t-il.

- Commence par t’habiller, j’aimerais ne pas avoir à remplir de la paperasse pour un attentat à la pudeur en plus de celle du meurtre !

- Quelqu’un t’a déjà dit que tu n’étais pas marrante ?

- Oui ! Toi ! rit-elle en raccrochant.

 

Moins d’une heure plus tard, Castle arrivait devant ledit parking, où Beckett l’attendait.

- Un latte sans sucre à la vanille, annonça-t-il en lui tendant un gobelet en carton.

- Tu lis dans mes pensées !Sourit-elle.

- Et encore plus maintenant qu’on… Euh … enfin qu’on est ens… , répondit-il d’un air coquin.

- Castle ! Le réprimanda-t-elle à voix basse.

- J’aime quand tu rougis, rit-il amusé de son embarras.

- On est sur mon lieu de travail, là ! Chuchota-t-elle.

- Beckett ! Lança Esposito en arrivant derrière eux. Oh ! Salut Castle !

La détective et l’écrivain tournèrent la tête vers lui dans une parfaite synchronisation.

Le latino les regarda tour à tour, suspicieux.

- Tout va bien ?

- Oui ! S’écria Beckett.

- Son café est trop chaud, expliqua Castle du tac au tac.

- Et pourquoi moi je n’ai jamais de café ? Bougonna le latino. Il n’y en a toujours que pour Beckett !

- Tu as dit que tu n’aimais pas le café, fit remarquer Beckett heureuse que la conversation déviât sur le café.

- Bah… J’aime les « latte » à la vanille, répondit Esposito.

- Et si on allait sur cette scène de crime, suggéra Castle.

- Oui, c’est par là, indiqua Beckett.

- Donc,  notre victime est David Lock, vingt-neuf ans ; il était trader au marché des changes qui se trouve au-dessus. Il devait se rendre au boulot quand c’est arrivé ; c’est son patron qui a découvert son corps vers sept heures ce matin, expliqua Espo en ouvrant la marche.

- Ah nos héros intrépides sont enfin arrivés ! lança Perlmutter en les voyant arriver. Et Castle !

- Ce qu’il y a de bien, fit remarquer Ryan, c’est que quand Castle arrive, on passe du statut d’idiots à celui de héros intrépides !

- Trêve de bavardages, intervint Beckett alors que Castle allait faire une réplique cinglante au légiste, on a du boulot !

- Toi, tu étais déjà sur place, fit remarquer Esposito à son coéquipier, tu n’étais pas compté parmi les héros intrépides !

- T’en fais pas Ryan, mon équipe à moi est encore mieux, le consola Castle avec un grand sourire.

- Et c’est laquelle notre équipe ? demanda l’irlandais.

- Celle de Sami et Scoubidou, rigola le latino.

- Outch ! Hé ! Mais qu’est-ce qu’il te prend Beckett ?

- Je te ramène sur Terre, Monsieur le héros intrépide ! Bon, Perlmutter, on a la cause de la mort ?

Pendant que Beckett prenait consciencieusement note de tout ce que le légiste avait à lui apprendre sur la victime et que Castle prenait note de tout ce qui pouvait être cool et donner une dimension surnaturelle à ce crime, les gars s’étaient un peu éloignés et les observaient.

- Nan, mais t’as vu ça ? Elle m’a fichu une pichenette ! Dit Esposito.

- Ouais, elle l’a fait quand tu as comparé Castle à Scoubidou, alors qu’elle n’a rien dit quand tu m’as exclu des héros intrépides ! Bougonna Ryan.

- Il se passe un truc, affirma Esposito.

- Ouais, il y a un truc bizarre dans l'air depuis que Castle est revenu...

- C’est louche…

- Vous aussi vous trouvez que ce tueur est très prometteur ? Demanda Castle en s'approchant avec un large sourire sur le visage.

- Euh… Quoi ?

 

L’affaire était, selon les dires de Castle, pleine de promesses : le tueur portait des vêtements d’une autre époque, possédait une force colossale et d’après leur seul témoin oculaire était un zombie ! Lorsqu’ils trouvèrent une vidéo montrant le tueur et que Castle annonça fièrement à tout le poste que le tueur était un zombie, Beckett éclata de rire. Les gars se tournèrent vers elle intrigués, Castle également, il avait encore la main levée suite à son annonce.

Elle s’avança vers l’écrivain et lui tapa dans la main en répétant :

- LE TUEUR EST UN ZOMBIE !

Eberlués Castle et les gars restèrent figés.

- C’est bon de vous retrouver Castle ! ajouta-t-elle en s’éloignant pour rejoindre son bureau.

- Oh ben mince, Castle, t’as cassé Beckett! Murmura Ryan.

- J’ai cassé Beckett…

- Eh! Va falloir que tu la répares, hein? L’avertit Esposito. Beckett, c’est la voix de la raison et la logique froide et implacable de cette équipe ! Sans elle, on fera n’importe quoi et Gates finira par nous renvoyer dans les rues pour faire des patrouilles !

- Et pourquoi ce serait de ma faute ? S’offusqua l’écrivain.

- C’est toujours de ta faute, Castle ! Affirma Ryan en enfonçant son index dans son torse.

- Aïe !

- Toujours ! Grogna Esposito en imitant son équipier.

- Double Aïe, marmonna Castle en les regardant se diriger vers le tableau blanc que Beckett complétait le sourire aux lèvres.

 

Heureusement pour Castle, Beckett n’était pas cassée, simplement heureuse d’avoir retrouvé son partenaire. Elle n’aurait jamais pensé qu’elle se sentirait aussi bien, aussi sereine. Elle aurait dû accepter d’aller boire un verre avec lui quand il le lui avait proposé quatre ans auparavant ou encore d’aller passer l’été avec lui dans les Hamptons… Pour la première fois depuis bien longtemps, Kate Beckett se sentait heureuse, légère et comblée. Et cela ne passa pas inaperçu aux yeux des gars, qui, en experts en commérages, décidèrent de mener leur petite enquête en parallèle.

- Tu crois qu’elle et Castle nous cachent quelque chose ? Demanda Ryan à voix basse tandis qu’ils espionnaient leurs collègues depuis la fenêtre de la cuisine du poste.

- Ils nous mentiraient ouvertement ? S’indigna Esposito choqué.

- Bah… Elle est bien plus souriante depuis qu’il est revenu… Et lui, regarde-le ! Qu’est-ce que c’est que ce sourire niais ?

- C’est Castle. Il n’a pas toujours l’air très intelligent… Rétorqua Esposito en buvant une gorgée de son café.

- Mhm…C’est pas faux… Qu’est-ce qu’on fait ?

- C’est justement la question que je m’apprêtais à vous poser messieurs, fit la voix de Gates derrière eux.

Ils se retournèrent si brusquement que Ryan bouscula le café d’Esposito, qui se renversa sur la chemise de ce dernier.

- Ouch ! Tu ne pouvais pas faire attention ? Grommela le latino.

- Puis-je savoir ce que vous faites là à comploter au lieu de faire votre travail ? Demanda Gates.

- On ne complote pas…

- On prend un café !

- En espionnant vos collègues ? Qu’est-ce qu’il se passe entre le lieutenant Beckett et monsieur Castle ?

- Euh… Rien ! Rien du tout ! répondirent en chœur les deux policiers.

Gates s’approcha de la fenêtre et observa Castle et Beckett. Beckett semblait aussi professionnelle que d’ordinaire, quant à Castle… Et bien il semblait aussi agaçant et inutile que d’habitude.

- Eh bien, d’après ce que je vois, ils travaillent sur l’affaire, enfin Beckett travaille ! Et vous feriez mieux d’en faire autant ! Dit Gates d’un ton autoritaire.

- Oui Chef !

 

Lorsque l’enquête fut bouclée, Castle et Beckett se retrouvèrent chez cette dernière pour une soirée de détente bien méritée.

- Qu'est-ce que tu fais? Demanda-t-elle alors qu’il se démenait dans l’entrée.

- Je nous barricade.

- C'est un quartier très sûr, le verrou est suffisant, tu sais?

- Rien n'est très sûr quand la ville est envahie de zombies!

- Tu as bien compris qu'il ne s'agissait que de déguisements, n'est-ce pas? Rit-elle. Tous ces jeunes n'étaient pas de vrais zombies.

- Ça je le sais, mais les gars, eux sont de vraies commères et je n'ai pas envie qu'ils viennent nous espionner jusqu'ici.

- Comment ça nous espionner?

- Ils soupçonnent quelque chose. Ils ont été bizarres toute la journée.

- T'es certain?

- Absolument certain. Esposito avait du café plein la chemise.

- Oui, Ryan a renversé sa tasse... Oh!

- Exactement! Quand Ryan est nerveux, il est maladroit. Et s'il était nerveux, c'est...

- Parce qu'ils préparent un mauvais coup!

- J'adore quand tu finis mes phrases, sourit Castle en la prenant dans ses bras.

- Oui, moi aussi, quand on est en phase comme ça, c’est… Je me sens si…

- Ça me fait la même chose, sourit-il.

Ils s'embrassèrent passionnément et leurs mains partirent en ballade.

- Allons dans ma chambre! Murmura-t-elle contre sa bouche.

- Mais ... Et les gars?

- J'ai un flingue sous mon oreiller, ils n'oseraient jamais.

- Allons-y alors!


Minefuji  (13.12.2016 à 21:19)

Chapitre treize

 

La journée touchait à sa fin. Kate et Rick avaient quitté le poste séparément afin de brouiller les pistes avec les gars. Castle devait passer une partie de sa soirée avec eux au Old Haunt à jouer aux fléchettes devant une bonne bière, tandis que Beckett avait une soirée entre filles prévue avec Lanie.

Lorsqu'elle franchit la porte de la morgue, Kate fut accueillie pas la voix de la légiste.

- Je suis dans mon bureau! Je change de tenue!

- Tu devrais t'assurer de l'identité de ton visiteur avant de crier des choses pareilles, la taquina Beckett.

- J'ai toujours mes scalpels à portée de main, ne t'en fais pas. Voilà, je suis prête. Mais dis-moi, tu as changé quelque chose, tu sembles différente ?

- Non, pourquoi ?

- J’en sais rien, mais il y a quelque chose de changé !

Bon sang, Lanie était redoutable. Troublée, Beckett cherchait un moyen d'éviter cette conversation.

- Oh! Je sais! C'est l'amour, c'est ça?

- Pardon? Demanda la détective légèrement paniquée à l'idée d'être si transparente.

- Oh! N’essaye pas de le nier. Je vois une lueur dans ton regard et je connais cette lueur! Alors? Qui est-ce?

- Euh... Bafouilla la détective rougissante.

- Non! S'écria Lanie.

- Quoi non? 

- C'est Castle! Ne me dis pas que...

- Je ne te le dis pas, répondit Beckett gênée d'être si rapidement découverte par son amie.

- Vous vous êtes réconciliés! Et sur l'oreiller en plus! Wahhh! Gloussa Lanie en prenant Beckett dans ses bras pour un câlin si spontané que celle-ci ne sut comment réagir.

- Euh... Ravie de voir que ça te fasse autant plaisir...

- Bien sûr que ça me fait plaisir! Depuis le temps que j'attends ça!

- Pourquoi tu attendais ça? Tiqua Beckett les sourcils froncés.

- Bah, je te l'ai déjà dit, il y a des paris sur vous. Et là, je vais pouvoir me refaire!

- Ne vas surtout pas en parler! Si Gates l'apprend, Castle ne pourra plus venir au poste!

- Quoi? Mais...

- Je t'en supplie Lanie, ne dis rien!

- Roh... T'es dure... Bougonna la légiste. Ne me fais pas ce regard-là! Arrête ça! Bon D'accord, t'as gagné, je ne dirai rien.

- Merci Lanie, sourit Beckett.

- Alors, il est à la hauteur de sa réputation?

- Qui ça?

- Qui ça? Nan mais tu le fais exprès? Castle pardi! 

- Quelle réputation?

- Pfff... Quelle réputation? Il est sorti avec des dizaines de femmes et parmi elles, certaines des plus convoitées de la ville, on le surnomme la baleine blanche et il a écrit dans ses romans des scènes de sexe entre Nikki et Rook qui m'ont fait grimper aux rideaux et tu me demandes de quelle réputation je parle?

- Oh ça!

- Oh ça? Fais l'innocente! Je t'ai soutenue quand ça n'allait pas, tu peux bien me faire partager quand ça va bien aussi, non?

- Euh... C'est génial.

- Mais encore?

- Mais encore quoi?

- Kate, soupira Lanie, je veux des détails !

- Et il n’est pas question que je t’en donne ! Rétorqua Beckett. Est-ce que je te demande des détails sur ce que tu fais avec Esposito ?

- Je peux te raconter si tu veux, rigola Lanie.

- Non merci, je n’ai pas envie de connaître ta vie sexuelle !

- Dommage pour toi, c’est très intéressant ! Dit Lanie avec un petit sourire. Mais je me doute bien que ton cher écrivain ne doit pas manquer d’imagination !

Un long silence ponctua cette phrase. Au bout d’un moment, Lanie toussota pour signifier à son amie qu’elle attendait une réplique.

- Quoi ? Tu ne pensais tout de même pas que j’allais tomber dans un piège aussi évident, s’étonna Beckett en haussant les sourcils.

- Rohhhh ! T’es dure ! Dois-je te rappeler qui t’as dit de sauter le pas avec Castle ? D’ailleurs, si tu m’avais écoutée, ça ferait longtemps que ça serait fait !

- Je sais, merci Lanie ! Mais peut-être que si on n’avait pas attendu tout ce temps, ce ne serait pas aussi bien !

- Bien ? C’est juste bien ? Demanda Lanie étonnée.

- Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas envie de dire ! Râla Beckett.

- Pfff ! Quand ça ne va pas, j’ai droit aux détails et quand ça devient interdit aux mineurs, je n’y ai pas droit!

- Mhm, c’est ça !

- Mouais, pour te faire pardonner, je suggère que tu m’emmènes dans un bon restaurant, rétorqua la légiste.

- D’accord, mais n’espère pas me faire parler en m’incitant à boire, l’avertit Beckett.

-Pfff… Je prendrai double ration de dessert alors !

 

*****************

 

Cela faisait maintenant deux semaines que Beckett et Castle filaient le parfait amour. Comme promis, Martha avait organisé un dîner pour quatre au loft et tout s'était merveilleusement bien passé. Martha et Alexis avaient définitivement adopté Beckett et réciproquement. 

Bientôt, Alexis serait diplômée, la jeune fille avait demandé conseil à Kate pour son discours, ce qui avait touché Rick autant que Kate, même si ce dernier n'avait pu s'empêcher de montrer un tantinet jaloux.

- Hey! Pourquoi tu ne me demandes pas mon avis à moi aussi? 

- Parce que c'est du sérieux! Avait répondu Alexis au bord de la crise de nerfs au milieu de ses brouillons.

- Et toi, tu devais faire partie de ceux qui ne portaient qu’un caleçon sous leur toge ! Avait ajouté Beckett.

Oh, je te trouve extrêmement insultante, sache que sous ma toge, je ne portais rien! Avait-il rétorqué avec un grand sourire.

- Oh, je suis désolée, au temps pour moi, avait ri là détective.

- Tu ferais bien mieux de prévoir comment tu passeras ta soirée, avait suggéré Alexis, Grand-mère va partir dans les Hamptons et moi, je passerai une nuit blanche.

- Mhm, j'ai déjà ma petite idée. Une double séance de cinéma avec « The Killer » et « A toutes épreuves » ! Qu'est-ce que tu en dis Beckett?

- Wah, ça c’est du cinéma ! fit-elle admirative.

- Tu aimes John Woo ? S’étonna l’écrivain.

- Plus c’est sanglant mieux c’est !

- Donc, tu te joindras à moi?

- Mhm... On peut commencer par ça... Avait-elle acquiescé en l’embrassant.

- J’adore ce programme, murmura-t-il.

 

Au poste, si les gars étaient parvenus à deviner quelque chose, ils n'en montraient rien. L’ambiance dans l’équipe était redevenue celle d’avant l’affaire de la bombe et chacun en était ravi.

 Voilà pourquoi Beckett était sur son petit nuage et que rien ne semblait pouvoir gâcher son bonheur tout neuf, quand elle rentra au loft ce soir-là. Elle n'avait qu'une hâte: rejoindre Castle qu'un mystérieux coup de téléphone avait éloigné du poste en milieu de journée.

 

- Je suis rentrée! Lança Beckett en passant la porte du loft. 

- ...

- Ça ne va pas? Demanda-t-elle en découvrant Castle assis silencieusement dans le canapé. 

Il tourna vers elle un regard plein d’interrogations. Il semblait perdu, angoissé.

- Rick, tu me fais peur, qu'est-ce qu'il se passe? C'est Alexis? Demanda aussitôt Beckett.

- Rassure-toi, Alexis va bien, souffla-t-il.

- Martha alors? Il lui est arrivé quelque chose? 

- Non, ma mère va bien elle aussi.

- Qu’est-ce qu’il se passe alors ? C’est ce coup de téléphone que tu as reçu aujourd’hui ?

- … Oui.

- Qu’est-ce qu’il se passe ? Qui était-ce ?

- Je ne sais pas comment te dire ça, souffla-t-il.

- Me dire quoi ? Castle, tu me fais peur !

- C’était Jacinda, annonça-t-il en la regardant enfin dans les yeux.

- Ton ex ? Qu’est-ce qu…

- Elle est enceinte, Kate, la coupa-t-il.

- Enceinte? Et...

- Je suis le père, Kate, je suis désolé.

- Quoi ? Mais vous avez été combien de temps ensemble ? A peine trois semaines ! S’écria-t-elle.

- Je sais, c’est à peine croyable ! Sans doute que les préservatifs que j’ai utilisés étaient périmés ou je ne sais quoi ! S’écria-t-il à son tour.

- Et... Tu en es sûr ? Demanda-t-elle perdue. Peut-être que c’est un autre…

- Elle n’avait eu personne depuis un an.

- Ouais, ça, c’est ce qu’elle dit, marmonna Beckett. Si ça se trouve elle te ment…

- Elle n’est pas comme ça ! S’énerva Castle. S’il te plait, ne complique pas la situation.

- C’est vrai, c’est moi la spécialiste des complications, grinça  Kate. Jacinda est drôle, pas compliquée…

- Ne ramène pas ça à toi, s’il te plait ! Siffla l’écrivain.

- C’est vrai, ça ne me concerne pas, répondit-elle amère. Que veux-tu faire ?

- Je ne sais pas… Elle m’a dit qu’elle n’attendait rien de moi, dit-il d’un air triste. Elle voulait seulement que je puisse choisir…

- Choisir quoi ?

- Si je voulais faire partie de sa vie ou non. Elle ne veut pas de garde alternée pour son enfant. Si je veux le connaître, nous devrons former une famille.

- Elle est sacrément gonflée celle-là ! S’emporta Beckett. Vous n’êtes plus ensemble ! Elle ne peut pas te forcer à revenir avec elle parce qu’une vieille capote n’a pas fait son boulot correctement !

- Ce n’est pas si simple, Kate, répondit l’écrivain. Il s’agit de mon enfant !

Un uppercut. Elle encaissa en silence. Elle n’arrivait pas à croire ce qui leur arrivait. Elle connaissait Castle, elle savait à quel point il avait souffert de l’absence de son père, quoiqu’il en dise. Elle s’avait parfaitement qu’éduquer Alexis tout seul avait été une épreuve qu’il n’avait nullement envie de connaître à nouveau. Etait-elle égoïste de vouloir qu’il restât avec elle, même si cela signifiait de s’engager dans une bataille juridique contre Jacinda et élever un autre enfant dans une famille incomplète ?

Elle avait envie de hurler, mais s’abstint. Elle ne voulait pas être celle qui lui compliquait une nouvelle fois la vie.

- Qu’est-ce que tu vas faire ? Demanda-t-elle difficilement.

- Je ne sais pas… Avoua-t-il. Il faut que je réfléchisse…

 Il était incapable de la regarder.

- Je suis désolé, Beckett. Je t'aime tellement.

- Qu'est-ce que tu fais? Demanda-t-elle incrédule.

- Il faut qu’on fasse une pause.

Nouvel uppercut, en plein cœur celui-là.

 


Minefuji  (14.12.2016 à 19:03)

Chapitre quinze

 

- On doit faire une pause.

 Ces quelques mots résonnaient en elle encore et encore. Elle eut l'impression qu'un abîme sans fin s'ouvrait sous ses pieds. Elle ne parvenait pas à y croire.

 - Ne fais pas ça... Murmura-t-elle.

 Il l'anéantissait. Il le savait. La douleur qu’il lisait à présent dans son regard lui tordit les entrailles. Lui, qui ne se lassait pas de voir cette étincelle de joie dans ses magnifiques yeux depuis qu’ils étaient ensemble, s’en voulait à mort de l’éteindre en quelques mots. Il ne s’était jamais senti aussi minable qu’en cet instant. Mais que pouvait-il faire d'autre? Il était complètement perdu.

- S'il te plait, Kate...Plaida-t-il.

- Pourquoi? Souffla-t-elle.

- Je... je dois avoir les idées claires. Je dois trouver la meilleure façon de gérer cette situation, tenta-t-il. 

- En faisant une croix sur nous?! S'étrangla-t-elle. 

- Non... Je... Bafouilla-t-il. Ecoute, je ne sais plus où j'en suis, je te demande un peu de temps... 

- Tu me demandes du temps? Répéta-t-elle incrédule. Du temps? Combien de temps? Une semaine ? Un mois ? un an ? Le temps d'élever le gamin de cette femme? Ça va prendre quoi? Vingt ans? Sois plus précis!

- Non... Je... Ce n'est pas ça... 

Il ne parvenait pas à justifier ce qu'il était en train de faire. Sans doute parce que c'était injustifiable.

- Je pensais que nous étions deux désormais, dit-elle la voix pleine de trémolos. Qu'il n'y aurait plus d'autre endroit pour toi que celui où je me trouverais! Tu pensais ce que tu disais où c'étaient juste des paroles en l'air?

- J'étais sincère! Tu le sais bien! Rétorqua-t-il blessé qu’elle puisse mettre en doute ce qu’il lui avait dit bien que ce fusse légitime. J'essaye juste de régler cette histoire!

- En me laissant? Suffoqua-t-elle. Je croyais que nous devions faire face aux problèmes ensemble! Tu te souviens de ce que tu m’as dit quand tu es venu me retrouver chez moi ce soir-là ?

- Elle est enceinte! S’écria-t-il. Techniquement, je n'ai aucun droit ni sur elle, ni sur ce bébé! Si elle décidait de disparaître, je ne pourrais rien y faire et mon enfant grandirait sans son père!

- Si elle attend réellement ton enfant! Grinça-t-elle.

- Je t'ai dit que Jacinda n'était pas ce genre de femme...

- MAIS ARRETE DE FAIRE CONFIANCE AVEUGLEMENT AUX GENS! Elle pourrait très bien te raconter n'importe quoi pour te mettre le grapin dessus! Cria-t-elle.

- Je connaîs Jacinda! S'entêta-t-il.

- Tu parles! Tu l'as cottoyé pendant à peine trois semaines! Excuse-moi, mais il faut plus de temps pour réellement connaître quelqu'un!

- Je sais juger les gens très vite! On apprend à être psychologue dans mon métier! Se défendit-il.

- Dans le mien aussi! Et dois-je te rappeler cette histoire avec ton ami Damian?

- Oh ça! C'est un coup bas! S'offusqua l'écrivain.

- Et Sofia Turner? Tu fais trop confiance aux gens que tu apprécies, Castle!

Le silence s'installa entre eux. Il ne pouvait nier qu'elle venait de toucher un point sensible.

- Ecoute, reprit-il un peu plus calmement, j'ai besoin que tu comprennes... Laisse-moi du temps, c'est tout ce que je demande...

- C'est déjà beaucoup trop, souffla-t-elle en retenant difficilement ses larmes.

Elle récupéra ses affaires à la hâte et se précipita hors du loft. 

- Kate! Cria-t-il.

Elle s'arrêta, sans se retourner pour autant et attendit. Attendit qu'il lui demande de rester, qu'il lui dise à quel point cette idée de pause était stupide et inutile, mais rien de vint. Pas un mot. Il n'arrivait pas à franchir le pas. Son silence l'acheva. Une larme coula sur sa joue. D'un geste vif, elle l'essuya.

- J’espère que tu es sûr de ce que tu fais, murmura-t-elle en poussant un soupir avant de reprendre son chemin.

Il se prit la tête entre les mains, anéanti par sa lâcheté. Evidemment qu’il n’était pas sûr de ce qu’il faisait. Ce qu’il venait de faire lui donnait envie de vomir. Il n'avait pas su la retenir. Il n'avait pas su prononcer les mots qu'il fallait. Il venait de la blesser, peut-être même de la détruire. Lui qui s'était juré de ne jamais le faire... Sans doute venait-il de tuer dans l’œuf leur histoire. Pourrait-elle un jour lui pardonner ? Il en doutait. Stupide. Il était stupide. Il ne savait même pas s’il aurait un jour droit à une deuxième chance.

Mais comment sa vie avait-elle pu virer au cauchemar en l'espace d'une journée?

*************

De l'autre côté de la rue, quelqu'un lisait le journal à la terrasse d'un café. Discrètement, il sortit un smartphone de sa poche et prit quelques clichés, tandis que Beckett montait dans sa voiture. Il l’observa un instant. Elle avait la tête baissée contre le volant, le tressautement de ses épaules ne laissait aucune place au doute : elle pleurait. Au bout de quelques instants, elle releva la tête et mit le contact. Elle avait l’air déterminé et s'inséra dans le flux de la circulation sans hésitation. Après quelques minutes, l’homme remballa son journal, se leva et quitta les lieux.

Un coup d'avertisseur sonore, puis un autre. Une embardée pour éviter l'accrochage. Beckett soupira. Elle devait se ressaisir ou l'accident serait assuré. Elle trouva une place de parking et se gara. Elle devait se calmer. Elle quitta sa voiture et sortit son téléphone. Aucun appel, aucun message. Elle avait eu l'espoir un peu fou que Castle se serait ravisé et l'aurait appelée pour lui demander de revenir. Mais non. Son silence confirmait que ce n'était pas une plaisanterie.

Une vague de colère s'empara d'elle. Comment avait-il pu leur faire ça? L'avait-elle fait souffrir ainsi quand elle lui avait demandé de ne pas revenir la voir tout de suite après la fusillade? Non, ce n’était pas la même chose… D’accord, il avait souffert d’attendre sans savoir si elle finirait par accepter de laisser une chance à leur histoire, mais lui, il l’avait repoussée après lui avoir donné cette chance !

Et s’il s’était rendu compte finalement que ce n’était pas ce qu’il désirait ? Si cette histoire de grossesse de son ex avait été l’occasion qu’il recherchait pour se débarrasser facilement d’elle ? Elle avait soupçonné Sorenson d’avoir utilisé sa promotion au FBI pour mettre fin à leur histoire. Peut-être que c’était elle le problème. Elle était compliquée, elle le savait. Castle lui en avait déjà fait la remarque. Elle pensa à sa mère. Combien elle lui manquait en cet instant ! Elle remonta en voiture et prit la direction du cimetière.

Elle frissonna lorsqu’elle franchit les grilles du cimetière. Arriverait-elle un jour à ne plus ressentir cette angoisse ? Elle resserra les pans de son trench-coat et accéléra le pas. Lorsqu’elle arriva sur la tombe de sa mère, elle enleva les fleurs fanées, arrangea celles qui étaient encore suffisamment fraîches et ajouta un peu d'eau dans les vases. C’était son rituel quand elle venait. S’occuper lui permettait  de rassembler ses idées et de gérer ses émotions. Elle resta ensuite un long moment debout à regarder le nom de sa mère gravé dans la pierre. Combien de temps demeura-t-elle ainsi ? Elle n’en avait aucune idée, mais lorsqu’elle quitta les lieux, elle avait l’esprit plus apaisé. Elle ne baisserait pas les bras. S’il restait quelque chose à sauver, elle le ferait.

***************

Dire que la nuit de Castle fut difficile était un euphémisme. Il n’avait pas fermé l’œil. La douleur dans le regard de Kate, les trémolos dans sa voix, la dernière phrase qu’elle avait prononcée avant de quitter le loft. Tout cela n’avait cessé de tourner encore et encore dans sa tête. La nausée n’avait pas cessé. Il n’avait plus ressenti une telle douleur depuis sa rupture avec Kyra. Evidemment, elle et Beckett étaient les seules à l’avoir aimé pour celui qu’il était réellement. Pourquoi fallait-il que le destin lui jouât un tour aussi cruel ?

Il se décida finalement à se lever, de toute façon, il ne trouverait pas plus le sommeil ce matin qu’il ne l’avait trouvé cette nuit. Son regard se posa sur une photo d’Alexis lorsqu’elle était enfant. Il sourit en se souvenant combien son amour pour elle était devenu évident dès lors que la sage-femme l’avait déposée dans ses bras pour la première fois. Même si l’élever seul avait été difficile, il n’avait jamais regretté quoique ce fût. Si Jacinda portait bel et bien son enfant, il ne lui tournerait pas le dos. Aucun enfant ne devrait grandir sans son père, il était bien placé pour le savoir. Il devait penser d’abord à ce petit être sans défense, qui n’avait rien demandé à personne.

Il finit par quitter sa chambre, à contre cœur. Il avait l’impression que tout ce qu’il ferait désormais se ferait ainsi. Contre sa volonté. Pour quelqu’un épris de liberté comme lui, c’était un comble ! Il se rendit dans la cuisine et se servit un café qu’il savait pertinemment qu’il ne parviendrait pas à l’avaler.

- Et merde ! Gronda-t-il en lançant la tasse, qui se brisa dans l’évier.

Il attrapa son téléphone et composa le numéro de son avocat.

- Henry, c’est Rick Castle. J’ai besoin de vous voir dans la journée, c’est possible ? Oui ? Au déjeuner ? Pas de problème ! Merci ! Préparez-vous à avoir un sacré sac de nœud à démêler !

Légèrement rassuré par son appel, Castle fila sous la douche pour se préparer.

***************

Pendant ce temps, au poste...

Installés derrière l’un de leurs bureaux, Ryan et Esposito s’inquiétaient. Le comportement de Beckett était étrange. Elle était arrivée très tôt ce matin-là, chose qui ne lui était plus arrivé depuis qu’elle avait préparé un procès pour le procureur. Elle avait passé un long moment dans la salle de sport à se défouler sur les sacs de sable. Et depuis que leur informaticienne était arrivée, elles s’étaient enfermées pour discuter avec elle en tête à tête soit disant au sujet d’une affaire qui ne les concernait pas.

- Qu’est-ce qu’il se passe à ton avis ? Demanda Ryan.

- J’en sais rien, mais j’espère que ce n’est pas au sujet du meurtre de sa mère, parce qu’elle fonce dans les ennuis tête baissée dans ces cas-là… Chuchota Esposito.

- Et Castle, qui n’arrive pas ! Qu’est-ce qu’il fiche bon sang ? Il est clair qu’elle a besoin de son café ! Marmonna Ryan.

- S’ils veulent brouiller les pistes, pas la peine d’arriver au poste avec autant de temps de décalage, énonça Esposito.

- Mhm. J’espère qu’elle ne lui cache rien, c’est jamais bon signe.

Beckett sortit de la salle informatique et se dirigea vers son bureau. Elle avait les traits tirés et l’air contrarié. Ce n’était vraiment pas bon!

- Hey Beckett ! Où est Castle ? Osa demander Ryan alors qu’elle passait près d’eux.

- Il ne viendra plus, claqua-t-elle sèchement sans s’arrêter. Arrêtez  vos commérages et mettez-vous au boulot plutôt, ça vous changera !

- Merde ! S’écria Esposito à voix basse.

- Ouais, c’est plus grave que ce qu’on pensait, chuchota Ryan. Qu’est-ce qu’on fait ?

- On déclenche le plan d’urgence ! J’appelle Lanie, déclara Esposito en attrapant son téléphone.

 


Minefuji  (15.12.2016 à 21:25)

Chapitre seize 

 Il était encore tôt, Lanie n'en revenait pas: pour une fois, elle allait rentrer chez elle de bonne heure! Tellement tôt même, qu'elle pouvait envisager de faire une virée dans ses boutiques préférées avant de rentrer! Elle enfilait son manteau, quand son téléphone sonna.

- Oh non! Gémit-elle. Pas maintenant! 

Résignée devant l'insistance de la personne qui cherchait à la joindre, elle finit par attraper son téléphone. Esposito? Soit il y avait eu un meurtre, soit une bonne soirée était en vue. 

 - Dis-moi que c'est la deuxième solution! Dit-elle en décrochant.

- Quoi?

- Rien, je dis n'importe quoi, rit la légiste. Alors, qu'est-ce que peux faire pour toi, beau gosse?

- On a un problème avec Beckett.

- Qu'est-ce qu'il se passe? Blanchit-elle aussitôt. Elle est blessée?

- Non! Elle va bien, enfin physiquement! 

- Comment ça physiquement? Qu'est-ce qu'il se passe? Répéta-t-elle une fois de plus.

- Je ne sais pas trop, tu la connais, elle ne parle pas beaucoup. Mais on est sûr qu'il s'est passé un truc avec Castle.

- Oh merde! Souffla-t-elle. Qu'est-ce qui vous fait penser ça?

- Elle a dit que Castle ne viendrait plus au poste, elle a défoncé un sac de sable dans la salle de sport et elle nous a traités de commères! Enuméra le policier.

- Wah! C'est grave! Où est-elle maintenant ?

- Dans la salle de pause. Ça fait dix minutes qu’elle est assise devant une tasse.

- Ouh là ! J'arrive.

- Merci Lanie.

- Ne la perdez pas de vue!

- Pas de problème.

 

************

 

Beckett était toujours assise à la table de la salle de pause, quand Lanie arriva.

Elle était perdue dans ses pensées devant sa tasse, quand soudain les larmes dévalèrent sur ses joues. 

- Hey! Fit doucement Lanie. Qu'est-ce qu'il t’arrive?

- J'ai horreur du thé! Se lamenta la détective.

- Ben pourquoi tu es bois alors?

- Parce que le café ne passe plus, renifla Beckett en essuyant ses larmes. 

- Allons bon! Qu'est-ce qu'il se passe avec Castle?

- Rien, murmura Kate. Il ne se passe rien avec Castle et il ne se passera plus jamais rien.

- Vous vous êtes disputés?

Au regard noir de Beckett, Lanie comprit que la situation était grave.

- Il a... Souffla Beckett amère, décidé qu'on devait faire une pause...

- Mais il est grave, lui! Qu'est-ce qu'il lui a pris? S'emporta aussitôt la légiste.

- Encore plus fort, Lanie, je ne suis pas sûre que les policiers là-bas au fond t'aient bien entendue, grogna la détective.

- Qu’est-ce qu'il lui a pris? Répéta Lanie à voix basse.

- … Son ex… Enfin, si on peut l’appeler ainsi, étant donné qu’ils sont restés ensemble tout juste trois semaines…

Beckett s’arrêta soudain de parler pendant quelques minutes, réalisant qu’elle n’avait même pas eu droit à autant de temps avec lui. Elle ferma les yeux et ravala la vague de larmes qui menaçait de l’assaillir.

- … Elle est enceinte, termina-t-elle au bout de quelques instants.

- … Dis plutôt qu’elle veut lui remettre le grappin dessus ! S’énerva la légiste. Ne me dis pas qu’il a gobé une histoire pareille ?

Beckett posa sur son amie un regard qui en disait long.

- Et c’est pour ça qu’il veut faire une pause ? Enragea Lanie. Si tu veux mon avis, il a abusé du whisky de son fameux bar ! Non mais sérieux ?

- Il a grandi sans père, il a élevé Alexis seul… Ses démons sont remontés à la surface quand elle lui a balancé la nouvelle. Il est complètement paumé, expliqua Beckett.

- Et en plus tu lui trouves des excuses ?! S’étrangla Lanie. Ressaisis-toi ma jolie, si tu veux garder ton écrivain, tu dois te battre ! Va le retrouver et dis-lui le fond de ta pensée !

- J’ai essayé, Lanie, se défendit Beckett. J’ai essayé ! Mais il ne veut rien entendre ! Il me demande de lui laisser du temps…

- Du temps pour quoi ? Pour voir s’il est capable de s’entendre avec sa blonde et élever son rejeton avec elle ? Si tu veux mon avis, il agit comme un imbécile et se fourre le doigt dans l’œil, s’il pense que cette situation serait tenable ! C’est avec toi, qu’il doit résoudre ce problème, sinon l’autre va croire qu’elle a une chance de parvenir à ses fins.

- C’est pourtant comme ça qu’il entend gérer cette situation, soupira Beckett.

- Mais s’il veut sauver votre histoire, il ne doit surtout pas te tenir à l’écart !

- Peut-être qu’il n’a pas envie de sauver notre histoire, marmonna Beckett défaitiste. Peut-être que je suis trop compliquée… Que je n’en vaux pas la peine…

- Je t’interdis de dire ça ! S’écria la légiste. Si j’étais un mec ou si je n’étais pas aussi hétéro, je t’assure que je t’épouserais sans me poser de question !

Beckett sourit. Un bruit de tasse qui se brise en s’écrasant sur le sol les surprit. Elles tournèrent la tête et découvrirent Ryan et Esposito figés dans l’encadrement de la porte.

- On n’avait plus… Bafouilla l’irlandais.

- Ouais… Nos tasses étaient… Bredouilla  Esposito.

- On va vous laisser ! Affirmèrent-ils en se tournant comme un seul homme pour détaler le plus vite possible.

- Ouais… Quel dommage qu’on soit désespérément attirées par les mecs, soupira Beckett.

- Ne me dis pas que tu jettes l’éponge ! Râla Lanie.

- Non… Mais je ne peux pas l’obliger à être avec moi.

- Démasque-la ! Son histoire de bébé est super louche ! suggéra la métisse.

- J’ai demandé à Tory de fouiner discrètement dans sa vie, expliqua Kate. Je doute que nous trouvions quoi que ce soit, elle a l’air d’être en règle.

- Vous finirez bien par trouver quelque chose, assura Lanie.

- Si tu le dis, soupira Beckett d’un air las.

- Tu devrais te reposer, conseilla Lanie. Si tu veux, on peut se faire une soirée tranquille entre filles…

- Tu es gentille, mais ça va, assura Beckett en se servant une tasse de café bien noir. Je vais bien.

Elle l’avala d’un trait et grimaça.

- Arghh ! C’est amer !

- Kate ! la rappela Lanie tandis qu’elle se dirigeait vers la sortie.

Kate se retourna et lui sourit.

- Ne t’en fais pas, je vais très bien ! Affirma-t-elle en quittant la pièce.

- Ouais, c’est flagrant, marmonna la légiste. Tu respires la joie de vivre !

 

*****************

Le rendez-vous de Castle avec son avocat lui avait permis d’y voir un peu plus clair. Il était possible de faire un test de paternité sur un enfant à naître à partir de la huitième semaine, il serait donc inutile d’attendre la naissance de l’enfant pour être fixé. Enfin, si Jacinda était d’accord. Mais il ne voyait pas pour qu’elle raison elle s’opposerait à une simple prise de sang. Cela ne présentait aucun danger pour l’embryon. Si elle refusait, cela signifierait qu’elle n’était pas honnête et cherchait à le piéger. Une fois le test réalisé et sa paternité avérée, son avocat était formel, elle ne pourrait plus lui enlever le droit de voir et d’élever son enfant en garde alternée ! Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle ne déciderait pas de vivre à l’autre bout du pays.

La porte du loft s’ouvrit et Martha entra.

- Bonsoir Trésor ! Oh tu as une tête à faire peur ! Constata-t-elle en s’approchant pour l’embrasser.

- Merci du compliment  Mère ! Grinça-t-il.

- Tu es malade ? S’inquiéta-t-elle devant sa pâleur.

- Non. J’aurais préféré, bougonna-t-il.

- Mhm ! Toi, tu t’es disputé avec Katherine, comprit-elle aussitôt.

- Je n’ai pas envie d’en parler, marmonna-t-il en se dirigeant vers son bureau avec la ferme intention de s’y enfermer.

- Tu me fais peur, qu’est-ce qu’il se passe ? Insista l’actrice. Tu as fait une bêtise ?

- Pourquoi ça serait moi, qui aurait fait une bêtise ? Râla-t-il aussitôt.

- C’est Katherine ? Elle t’a…

- Non, soupira-t-il en se laissant tomber dans son fauteuil. Elle n’a rien fait de mal. Elle n’a absolument pas mérité ce que je viens de lui faire subir.

- Qu’est-ce que tu as fait ? Richard Castle, ne me dis pas que tu as ruiné la plus belle histoire de ta vie pour une aventure d’un soir ?

- … Bah… Si… En quelque sorte, avoua-t-il difficilement.

- Oh ! Richard ! Mais qu’est-ce que tu as dans la tête ? Se lamenta l’actrice.

- Des tracas, déplora-t-il en se prenant la tête entre les mains.

- Raconte-moi, proposa Martha inquiète.

Il lui narra toute l’histoire, son altercation avec Beckett, la réaction de cette dernière quand il avait suggéré de faire une pause dans leur relation, son entrevue avec son avocat.

- Non mais quel idiot ! Ta mésaventure avec Damian Westlake ne t’a rien appris ? S’agaça sa mère.

- Ce n’est pas la même chose…

- Bien sûr que si ! Tu fais une confiance aveugle aux gens dès lors qu’ils te prêtent un peu d’intérêt !

- Ce n’est pas parce que Damian m’a menti, que tous les gens qui s’intéressent à moi sont comme lui ! Bougonna l’écrivain.

- Et Sofia de la CIA ?

- …

- Richard, tu es célèbre, riche, convoité. Tu ne peux pas faire confiance aveuglément à ceux qui te tournent autour.

- Je ne fais pas confiance aveuglément aux gens ! Rétorqua-t-il agacé.

- Ah oui ? Qui dit partout qu’aucun de ses fans ne lui voudrait du mal ?

Le visage de son fils se renfrogna et Martha sut que son argument avait fait mouche.

- Eh bien qu’est-ce que tu attends ? Demanda-t-elle finalement.

Il tourna la tête vers elle en fronçant les sourcils, ne saisissant pas ce qu’elle voulait dire.

- On ne peut faire le test que dans huit semaines, j’appellerai Jacinda demain pour lui annoncer que je souhaite qu’elle le fasse.

- Je ne te parlais pas de ça, gros nigaud ! Soupira sa mère.

Devant son air interrogateur, elle ajouta :

- Richard, tu as la chance d’avoir rencontré une femme qui t’aime pour ce que tu es et non pour ce que tu représentes ! Elle a pris le temps d’apprendre à te connaître et à son contact, tu as révélé le meilleur de toi-même.Et tu l’as laissée partir ! Lui reprocha-t-elle.

- Je ne sais pas si elle me pardonnera ce que je lui ai fait, se lamenta-t-il.

- Tu ne le sauras pas si tu n’essayes pas de la récupérer. On ne rencontre pas le grand amour à tous les coins de rue, dit Martha avec philosophie. Ce que vous avez est rare et précieux. Tu ne peux pas faire une croix dessus aussi facilement.

Il resta silencieux un moment. Sa mère avait raison. Il avait été sonné par l’annonce de Jacinda et réagi de façon stupide et désespérée. Il n’avait pas besoin de céder au chantage de l’hôtesse de l’air, car c’était bien de cela qu’il s’agissait. Il n’avait pas le droit de sacrifier Beckett à cause d’une capote périmée ! C’était décidé, il allait se battre pour réparer son erreur. Et si Beckett lui en voulait à mort, il se rendrait aussi craquant et irrésistible que le meilleur des « moelleux craquant fondant au chocolat » ! Il allait la faire fondre, il se le promit.

 


Minefuji  (16.12.2016 à 19:07)

Chapitre dix-sept

 

Rick Castle avait passé la nuit à peaufiner son plan pour faire craquer et fondre la jolie détective. Cela serait sans doute difficile, il méritait tous les reproches qu’elle lui ferait certainement et comme il l’avait blessée alors qu’elle venait à peine de baisser sa garde, elle serait beaucoup plus difficile à apprivoiser que la première fois.

- J’espère seulement que ça ne prendra pas encore quatre ans ! Soupira-t-il en cliquant sur la touche confirmation de son achat.

- J’espère que tu ne parles pas de mes études à l’Université, répliqua Alexis en entrant dans le bureau de son père, parce que j’espère bien que ça durera au moins quatre ans !

- Salut chérie, sourit-il. Non, rassure-toi, je parlais d’autre chose. Prête pour ton discours ?

- J’ai un trac monstrueux, mais je suis prête, grâce à toi et à Beckett, évidemment !

- Beckett t’a aidée ? Quand ça ?

- Bah depuis que j’ai commencé à l’écrire, répondit la rouquine surprise par sa question.

- Et… Elle ne t’a pas laissée tomber ?

- Non, pourquoi elle aurait fait ça ?

- Euh…

- T’as fait quelque chose ? Demanda Alexis suspicieuse.

- Ça se pourrait bien, grimaça l’écrivain.

- Papa ! Fit Alexis sur un ton de reproche. Ne me dis pas que tu as tout gâché ? Pour une fois que tu étais avec quelqu’un de génial !

- Hé ! Je croyais que tu appréciais Gina !

- J’appréciais ses cadeaux, rectifia l’adolescente. Pour le reste, je la trouvais un peu trop collante et barbante.

- Wah… Je n’avais rien remarqué, murmura-t-il.

- Normal, j’ai quelques dons d’actrice, c’est dans les gènes, sourit-elle.

- Et donc... Tu as revu Beckett dernièrement ?

- Hier, soir, affirma Alexis. Elle a relu mon discours avec moi.

- Et elle ne t’a rien dit ?

- Non et je n’ai même pas remarqué que ça n’allait pas entre vous, elle aussi doit avoir des talents d’actrice !

- Elle n’a rien dit sur moi ?

- Si, elle a dit que tu étais un père admirable, qu’elle ne doutait pas que tu serais à l’heure pour entendre mon discours.

- Ne me dis pas que toi, tu en doutes, s’offensa-t-il.

- Bah, quand tu écris, tu oublies tout, fit-elle remarquer judicieusement.

- Touché. Mais je te promets qu’aujourd’hui, je n’écrirai pas une ligne ! Comment allait-elle ?

- Qui ça ? Beckett ? Elle allait bien. Pourquoi ? Ça va si mal que ça entre vous ?

Rick poussa un long soupir et raconta toute l’histoire à sa fille dont les expressions du visage allaient de la surprise à la colère en passant par l’outrage, l’incrédulité et le dégoût.

- Qu’est-ce que tu vas faire ? demanda-t-elle lorsqu’il eut fini son récit.

- Réparer ma lamentable bourde, expliqua-t-il. Appeler Jacinda pour lui annoncer ma décision et faire la cour à Beckett.

- J’espère que tu as prévu l’artillerie lourde, parce que je ne suis pas certaine que je te pardonnerais à sa place !

- Heureusement que tu n’es pas elle alors ! Mais oui, j’ai prévu l’artillerie lourde : Beckett va recevoir des cadeaux toutes les heures pendant les quarante-huit prochaines heures, car c’est le temps que nous avons perdu depuis ma stupide réaction.

- …

- Quoi ?

- C’est tout ? Ne me dis pas que tu ne vas rien faire de plus que de lui envoyer des cadeaux ? Grimaça la jeune fille inquiète. Beckett est une vraie femme, fière et forte, tu ne pourras pas acheter son pardon!

- Non, bien sûr ! Je vais l’empêcher de se construire un mur anti-moi !

Alexis haussa un sourcil qui signifiait très clairement qu’elle espérait bien qu’il n’était pas sérieux, car il s’agissait sans doute du plan le plus stupide et foireux qu’on lui ait jamais exposé.

- Je vais ramper, avoua-t-il.

- J’aime mieux ça ! Et tu as intérêt à te montrer le plus charmant possible !

- Hey ! C’est moi ! Rétorqua-t-il blessé.

- Justement ! Claqua la rouquine. Bon, j’ai encore des tas de choses à faire avant ce soir, alors fait ce que tu veux, mais débrouille-toi pour que Beckett soit présente pour mon discours !

- Pour ça, je n'ai besoin de rien faire, si elle t'a promis qu'elle serait là, elle viendra. Beckett tient toujours parole.

- D'accord, alors fais en sorte qu'elle ne te colle pas une balle entre les deux yeux pendant mon discours, ça ferait désordre.

- Ouais, ça, c'est plus probable, accorda-t-il.

Elle l’embrassa sur la joue et quitta le bureau de son père.

- Bon. D’abord, se débarrasser du boulet Jacinda, dit-il en décrochant son téléphone.

 

Bizarrement, sa conversation téléphonique avec l’hôtesse de l’air fut moins pénible que ce à quoi il s’était attendu. Elle avait parfaitement compris son besoin d’être certain de sa paternité avant de s’engager de quelque manière que ce fut dans cette histoire. Elle lui promit de s’y soumettre dès la huitième semaine de sa grossesse, en l’occurrence un peu plus d’un mois plus tard. Il lui précisa plusieurs fois qu’il serait présent pour l’enfant s’il s’avérait qu’il en était le père, espérant qu’elle comprendrait qu’il n’avait cependant aucune intention de s’investir avec elle. Malheureusement pour lui, l’implicite et elle semblaient faire définitivement deux !

Lorsqu’il raccrocha, il se morigéna longuement au sujet de son manque de fermeté. Il n’avait pas su lui dire clairement qu’il ne vivrait jamais avec elle et que le fait qu’elle serait dans quelques mois la mère de son enfant n’y changeait rien.

« Tu es trop faible avec les femmes, mon vieux », soupira-t-il.

 

**************

 

Une fois encore, Beckett avait passé une mauvaise nuit. Les cauchemars ne lui laissaient aucun répit. Elle se sentait brisée de l’intérieur. Les gars s’étaient doutés de quelque chose et Lanie n’avait pas été dupe non plus, mais elle avait fini par se ressaisir et depuis elle donnait l’illusion d’aller bien. Elle avait toujours su cacher ses émotions facilement.

 Alexis n’avait rien remarqué la veille, pas plus que Gates. Peu importait qu’elle passât ses soirées à pleurer et que ses nuits fussent hantées par le souvenir de ces quelques moments de bonheur avec Rick, elle n’était pas du genre à se lamenter sur son sort. Elle était forte et le resterait.

On sonna à sa porte. Elle alla ouvrir et découvrit un énorme bouquet de fleurs.

- Livraison pour mademoiselle Beckett, annonça le livreur qu’elle n’avait pas remarqué derrière l’imposante composition florale.

Elle signa le reçu, prit le bouquet comme elle put et referma la porte avec le pied. Il y avait une carte. Elle la détacha et la lut aussitôt. Un léger sourire s’imposa sur ses lèvres malgré sa colère. « Je suis désolé. »

Trois petits mots. Trois simples petits mots qui n’effaçaient rien, mais qui lui remettait un peu

de baume au cœur. Peut-être que tout n’était pas perdu…

 

***************

 

Une sonnerie. Deux sonneries.... Dix sonneries. Ok, soit elle a oublié son téléphone quelque part, soit elle ne veut pas me parler, se dit Castle. 

- Évidemment qu'elle ne veut pas me parler, marmonna-t-il. Je ne voudrais pas me parler moi-même.

Le répondeur se déclencha.

- Beckett! Laissez-moi un message, je vous rappellerai.

Il sourit, c'était tellement elle ce message d'accueil. Logique, bref, un peu froid. Il se rappela la merveilleuse soirée durant laquelle il lui en avait fait la remarque. Elle était blottie entre ses bras et parsemait son torse de baisers, tandis qu'il s'entêtait à lui parler de ce fichu message d'accueil. Quel imbécile!

- Tu ne dis même pas que tu n'es pas là ou que tu ne peux pas répondre! exposait-il. Tout le monde dit ça!

- Si je ne réponds pas, c'est que je ne suis pas là ou que je ne peux pas répondre! Pas la peine de le dire! avait-elle rétorqué dans un haussement d’épaules.

- Oui, mais tout le monde le fait, c'est comme... Une convention sociale! Avait-il plaidé.

-  Ce n'est pas parce que tout le monde balance des évidences sur sa messagerie que moi aussi, je dois le faire! avait-elle répondu sans cesser l'exploration minutieuse du torse de son amant.

- Mhmmm... Il n'empêche, que ton message est impersonnel...

- Absolument pas! Je dis mon nom au début !

- D'accord, mais il est froid.

Elle avait relevé la tête et le regardait d'un air interrogateur.

- Pourquoi devrait-il être plus chaleureux ? Ce n'est pas une invitation, c'est seulement un accueil de répondeur!

- Justement, comme son nom l'indique, il est fait pour accueillir! 

- Étant donné que je ne sais pas à l'avance qui va m'appeler, je n'ai pas envie d’accueillir tout le monde chaleureusement! Je ne veux pas être chaleureuse avec n’importe qui ! Imagine que ce soit le capitaine Gates! Elle est tellement affectueuse qu'elle exige qu'on l'appelle chef! Je ne vais pas accueillir chaleureusement le capitaine banquise comme tu l'as surnommée si affectueusement!

- Mhm... Donc parce que le capitaine Gates pourrait t'appeler, le message d'accueil de ta messagerie est... Wow! Qu'est-ce... Tu fais?

- Je t'accueille chaleureusement...

Il avait gloussé et cessé son argumentation au sujet de sa messagerie téléphonique.

 

Le bip de la messagerie le sortit de sa rêverie.

- Heu... Kate, c'est moi. ... Rick! Précisa-t-il en imaginant parfaitement la réaction qu'elle aurait en entendant sa voix après tout le mal qu'il lui avait fait. Je suis désolé, il faut que je te parle.

Un autre bip sonore lui annonça un double appel. Mais Beckett était plus importante que tout le reste. Il l'ignora et continua son message :

- J'ai agi comme le dernier des crétins, je t'en prie laisse-moi une deuxième chance... Je sais que je ne la mérité vraiment pas, mais... Je t'en prie Kate. Tu avais entièrement raison! Appelle-moi, s'il te plait. 

 Il raccrocha et écouta le message laissé par la personne qui avait essayé de l'appeler.

 - ... Castle...

Kate! Oh bon sang! Si ça n’était pas un signe que l’Univers lui en voulait, ça ! Elle semblait hésitante. Bordel, cet appel avait dû lui coûter un sacré effort et il l’avait manqué !

 - Castle... Il faut que je te parle...

Un bruit de sonnette retentit derrière elle. Elle raccrocha sans ajouter un mot.

Elle voulait lui parler! Elle devait avoir reçu les fleurs et était prête à lui pardonner ou tout du moins à l’écouter ! Il ne le méritait pas, mais elle était prête à lui parler ! Il se sentait euphorique tout à coup ! Il s’empressa de sélectionner son nom dans le répertoire de son téléphone et se stoppa au moment de lancer l’appel. Et si au contraire, elle  l’avait appelé pour lui demander de la laisser tranquille et de sortir de sa vie ? Cette pensée le glaça d’effroi. Il ne le supporterait pas.

- Un peu de courage, mon vieux, si tu veux la récupérer, tu vas devoir encaisser les déconvenues et t’accrocher comme une moule à son rocher ! s’exhorta-t-il.

Il appuya sur la touche appel.

 


Minefuji  (17.12.2016 à 16:29)

Chapitre dix-huit

Il appuya sur la touche appel.

Cette fois, il n’y eut aucune sonnerie. Il tomba directement sur le répondeur. Elle avait dû être appelée pour une nouvelle affaire.

«  Beckett! Laissez-moi un message, je vous rappellerai. »

Le même message que sur son portable, craignait-elle aussi un appel du capitaine banquise sur son fixe ? Il savoura le plaisir simple d’entendre sa voix. Comment avait-il pu avoir l’idée de faire une pause alors qu’elle était celle qu’il avait attendue toute sa vie ? Celle qu’il avait attendue pendant quatre ans depuis ce fameux jour où il avait posé le regard sur elle. Il n’attendit pas le bip après lequel il pouvait lui laisser un message, c’était inutile. Si elle était sur une enquête, elle ne rentrerait pas avant le soir, il ne pouvait pas attendre aussi longtemps.

Il tenta de nouveau de l’appeler sur son portable, mais encore une fois il tomba sur sa messagerie au bout de plusieurs sonneries. Elle devait l’avoir oublié quelque part. Etrange. Cela ne lui ressemblait pas.

Il jeta un œil à sa montre, il était un peu plus de midi. S’ils étaient sur une affaire, ils déjeuneraient certainement au poste. Il se rendit dans sa penderie, enfila sa veste et quitta le loft.

************

Au poste, Ryan et Esposito complétaient le tableau blanc avec les dernières informations que Lanie leur avait données. Esposito lâcha un juron.

- Ouais, tu l’as dit, marmonna Ryan en remettant le bouchon sur son feutre. Qu’est-ce qu’on fait ? On prévient Gates ?

- J’en sais rien… soupira le latino. C’est sans doute ce qu’il y a de mieux à faire…

La sonnerie de l’ascenseur retentit. Ils se tournèrent et aperçurent Castle les bras chargés de paquets contenant des plats à emporter.

- Salut ! Lança-t-il d’une voix guillerette.

- Manquait plus que lui, grogna Esposito en se dirigeant dans sa direction. Qu’est-ce que vous faites là, Castle ?

- Visite de courtoisie, répliqua l’écrivain. J’ai apporté le repas, je me suis dit que vous auriez faim…

- Vous n’êtes plus le bienvenu ici ! asséna Ryan d’un air mauvais.

- Les gars… Ricana Castle.

- Ne nous « les gars » pas ! l’avertit Esposito.

- T’es sérieux, mec ? tiqua Ryan.

- Quoi ? demanda Espo en se tournant vers son équipier.

- Ne nous « les gars » pas ? répéta ce dernier, on dirait une réplique de Lanie ! Elle déteint sur toi !

- Peu importe, ronchonna Esposito en se retournant vers Castle. Tu n’es plus le bienvenu ici ! On t’avait prévenu ! Tu as foiré ta chance, alors débarrasse le plancher avant que je prévienne Gates !

- Ecoutez, les gars, je sais ce que vous pensez de moi, je n’en pense pas moins, vous pouvez me croire!plaida Castle. Mais si vous me laissiez juste parler à Beckett…

- Pas question ! protesta Ryan. Vous avez eu votre chance et vous l’avez laissée filer !

- C’est Beckett qui vous a demandé de me faire partir ?questionna l’écrivain bien décidé à ne pas se laisser faire.

- Beckett en a assez bavé, intervint Esposito. On ne va pas te donner l’occasion de la torturer d’avantage !

- Ce n’est pas à vous de décider pour elle, rétorqua Castle. Elle ne supporte pas qu’on la traite comme une petite chose fragile et vous le savez très bien. Alors, je vous en prie, allez lui dire que je souhaite lui parler.

- De toute façon, Beckett n’est pas là et on a autre chose à faire que de jouer les intermédiaires,  déclara fermement Esposito. Débrouillez-vous tout seul !

- Comment ça, elle n’est pas là ? tiqua Castle. Beckett est toujours là ! C’est une accro au boulot !

- Elle a pris quelques jours de congé, expliqua l’irlandais. Gates nous l’a annoncé hier matin.

- Hier ?

- Ouais. On avait remarqué que quelque chose n’allait pas, on a appelé Lanie, elles ont discuté et tout semblait rentré dans l’ordre hier matin sur la scène de crime. Et puis tout à coup, elle est allée parler à Gates et puis elle est rentrée chez elle.

- Elle est rentrée chez elle alors que vous aviez une nouvelle affaire ? s'étonna encore l’écrivain.

- Un petit voleur s’est fait descendre, répondit Ryan, ça semblait être une affaire de routine, elle a dû penser qu’on s’en sortirait très bien sans elle.

Rick fronça les sourcils. Cela ne lui ressemblait vraiment pas. Pour elle aucune affaire de meurtre n’était de la routine. C’était ce qui la rendait si exceptionnelle dans son travail. Et puis, si elle n’était pas au poste, pourquoi n’avait-elle pas répondu à son appel ce matin ?

Son téléphone portable vibra au même moment dans sa poche. Il posa ses paquets sur le bureau de Beckett et le sortit. Il venait de recevoir un message de Beckett. Il blêmit en le lisant.

- Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Ryan inquiet alors que Castle se laissait tomber sur sa chaise anéanti.

- Hé mec ? Ça va ? questionna le latino à son tour.

Incapable de répondre, Castle secoua la tête et leur montra le message affiché sur son écran :

«  Richard, je quitte New-York. J’ai besoin de prendre un peu de recul. Ne cherche plus à me joindre dorénavant. Katherine. »

- Wah ! expira Espo. C’est rude !

- Ouais, siffla Ryan, un peu comme ce que tu lui as fait !

- Vous saviez ? s’étonna l’écrivain.

Beckett n’était pourtant pas du genre à s’épancher, même Lanie devait lui tirer les vers du nez ! Alors de là à en parler aux gars, c’était vraiment très surprenant.

- C’est Lanie, expliqua Espo. Elle s’inquiétait pour Beckett, alors elle nous a mis dans la confidence, histoire qu’on la surveille un peu…

Rick plongea sa tête dans ses mains, s’arrachant presque les cheveux. Qu’avait-il fait ?

Ryan n’eut pas le cœur de lui faire davantage de reproches, il avait l’air tellement misérable, là, sur sa chaise près du bureau de Beckett. Esposito le fixait d’un air mauvais, se retenant sans doute de lui botter le derrière. Livide, Castle se leva et se dirigea d’un pas lent vers l’ascenseur complètement abattu.

Un « ding » annonça l’arrivée de quelqu’un à leur étage. Les portes s’ouvrirent, Lanie venait d’arriver. Ses yeux s’étrécirent lorsqu’elle vit Castle. S’ils avaient été dans un cartoon, Rick était certain qu’il aurait vu de la fumée lui sortir des narines et des oreilles. Une tornade s’abattit sur lui. Esposito ne plaisantait pas quand il disait que Lanie faisait peur quand elle était furieuse ! Dans un état second, il ne comprit pas tout ce qu’elle hurla. Par contre, il senti très bien son doigt, qui s’enfonçait encore et encore violemment dans sa poitrine tandis qu’elle s’époumonait.

- Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Intervint la voix forte et autoritaire du capitaine Gates derrière eux.

Tous se figèrent et se tournèrent vers cette dernière.

- Euh… C’est Castle, il a photographié la scène de crime, improvisa Ryan.

Gates haussa les sourcils.

- Docteur Parrish ? Demanda-t-elle.

- Euh… Oui, c’est ça, bafouilla Lanie. Excusez-moi, je me suis un peu emportée.

- En effet, votre réaction était un peu exagérée, soupira la capitaine avant de se tourner vers Castle. Quant à vous, je pensais que depuis le temps, vous aviez compris que ce genre de choses pouvait ruiner tous les efforts des enquêteurs ! Qu’avez-vous dans la tête ?

- Désolé, murmura Castle d’un air si sincèrement navré, que Gates cessa ses reproches. Effacez ces photos et rentrez chez vous. Le lieutenant Beckett a pris quelques jours de congé. Vous n’avez rien à faire ici.

- Bien chef, marmonna l’écrivain en s’éloignant tristement.

En le voyant ainsi, Lanie regretta presque de s’être emportée. Mais elle était si en colère contre lui après ce qu’il avait fait et puis cette affaire qui prenait une dimension plus qu’angoissante… Elle poussa un long soupir et se tourna vers les gars.

- Qu’est-ce qu’il a ? Demanda-t-elle.

- Il a reçu un texto de Beckett, expliqua Esposito. Elle veut prendre du recul. Elle quitte New-York. Elle lui demande de ne plus l’appeler.

- Ça lui fera les pieds, marmonna-t-elle un peu vindicative. Alors… Beckett est partie ?

- Ouais et c’est pas plus mal, dit Ryan.

Gates porta sur lui un regard interrogateur.

- Que voulez-vous dire par là ?

- C’est au sujet de notre affaire, expliqua Ryan. Le docteur Parrish a récupéré des lambeaux de peau sous les ongles d’Orlando Costas, notre victime. Le labo a comparé l’ADN à celui de Vicente, il correspondait pas. Ni au sien, ni à celui de personne dans notre fichier.

- Mais il correspond à celui qu’on a trouvé sur une autre affaire criminelle ! ajouta Esposito en prenant un dossier sur son bureau.

- Une tentative de meurtre ! affirma Esposito.

- Celle où Beckett était visée ! compléta Ryan.

- Le test ADN est formel, termina le latino. L’homme qui a tué Orlando Costas dans cette ruelle est le même que celui qui lui a mis une balle dans le cœur !

*************

Beckett ne répondait ni à son fixe, ni à son portable, ni à aucun des SMS que Castle  lui avaient envoyés. Elle ne donnait aucun signe de vie. Etait-ce cela qu’elle avait voulu lui dire en l’appelant ce matin ? Qu’elle partait et qu’elle ne voulait plus qu’il l’appelle? Il se rendit chez elle, frappa à la porte encore et encore. Seul le silence lui répondit. Il appuya son front contre la porte, la suppliant d’ouvrir cette fichue porte, en vain. Etait-elle déjà loin de Manhattan ?

De retour chez lui, il avait l’impression que son cœur allait exploser. Il se servit un verre de whisky, puis un autre et un autre. S’il pouvait se noyer dans le liquide ambré, il le ferait sans hésiter. Son téléphone sonna. Le visage tant espéré ne s’afficha pas. Il ignora l’appel.

En fin d’après-midi, sa mère rentra et l’accabla de reproches. Comment pouvait-il être dans un état pareil alors que sa fille faisait son discours moins de deux heures plus tard ? Alexis! Son discours lui était totalement sorti de la tête. L’idée de décevoir sa fille le fit réagir. Il s’extirpa du canapé dans lequel il était avachi depuis son retour au loft ou presque. Martha le traîna jusque sous la douche tout habillé et ouvrit l’eau froide. Il frissonna. Elle lui ordonna de se déshabiller et de se laver. Elle l’attendrait dans la cuisine dix minutes plus tard. Il obéit sans discuter. La mixture infâme qu’elle lui fit avaler, acheva de lui remettre les idées en place.

- Pouahhhh ! Qu’est-ce que c’est que cette horreur ? S’écria-t-il.

- Ça réveillerait un mort, n’est-ce pas ? sourit l’actrice. Allez, viens, maintenant que tu as retrouvé figure humaine, il est temps pour toi d’aller remplir tes obligations paternelles.

Il acquiesça et emboîta le pas de sa mère. Il noierait son chagrin dans l’alcool plus tard.

 


Minefuji  (18.12.2016 à 18:59)

Chapitre dix-neuf

 

La foule se pressait dans le gymnase du lycée. Un podium avait été installé. Tout était prêt pour la grande cérémonie. Pendant que Martha cherchait des places, Rick ne pût s'empêcher de scruter les alentours. Aucune de trace de Kate. Il se hissa sur la pointe des pieds et étira son cou pour voir encore plus loin, en vain. Elle n'était pas là. Martha agita les bras pour lui faire comprendre qu'il devait s'asseoir. Il jeta un dernier coup d'œil et vint s'asseoir. Ce n'était pas normal. Tout cela clochait. 

- S'il te plait Trésor, pense à Alexis. Je sais que tu es préoccupé, mais c'est un moment important pour Alexis.

- ... Tu as raison, Mère, acquiesça-t-il en s'asseyant. 

C'était le moment d'Alexis. Il chercherait Beckett plus tard. Il se sentait un peu mieux que durant l’après-midi. L’affreuse mixture de sa mère était rudement efficace pour dessoûler. Il se demanda pourquoi elle ne lui avait pas fait découvrir cette merveille auparavant. Sans doute pour lui donner une leçon du genre « l’abus d’alcool est mauvais pour la santé ! »… Foutaises ! Les gueules de bois ne l’avaient jamais empêché de recommencer !

Il se concentra sur la voix de sa fille et ses paroles et fit taire celle qui lui disait qu'il avait tout gâché et que si Kate n'était pas là ce soir, il en était l'unique responsable.

Le discours d'Alexis était impressionnant de maturité. Il était magnifique. Il n'y avait aucun doute, sa fille avait hérité de ses dons d'écrivain. Il la regardait fièrement. Aucun père dans la salle n'était aussi fier que lui. 

 

«  Il y a une vérité universelle à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés que nous le voulions ou non. Tout a toujours une fin ! Même si j’ai attendu ce jour avec impatience, j'ai toujours détesté les fins...  le dernier jour de l'été... le dernier chapitre d'un livre génial...  La séparation d’avec un ami proche ! »

Quelque part, une voiture sombre quittait New-York.

«  Mais les fins sont inévitables ! »

Le capitaine Gates arrivait près d'un un immeuble Beckett, des ambulanciers transportaient un de ses hommes dans une ambulance. Inquiète et en colère, elle se dirigea vers le reste de ses hommes.

«  Les feuilles tombent. »

Gates rejoignit l’équipier du blessé, il était furieux. Elle tenta de le réconforter, de le rassurer.

« On ferme le livre… »

Il s'avança vers l'ambulance, dont les portes se refermèrent.

« On se dit au revoir… »

Les lumières et les sirènes s'allumèrent. L'ambulance quitta le trottoir et s'éloigna. Le détective serra les poings de rage.

« Aujourd'hui est un de ces jours là pour nous. Aujourd'hui, nous disons au revoir à tout ce qui nous était familier, à tout ce qui était confortable … »

La pluie commença à tomber. La voiture sombre quitta la route et pénétra dans une forêt. 

« Pour aller de l’avant ! »

Ses phares contrastaient avec la nuit noire, les crissements de ses pneus troublaient sa tranquillité.

« Mais même si nous partons, même si ça fait mal... Il y a des personnes qui font tellement partie de nous, qu'elles nous accompagneront toujours, quoi qu’il arrive. Elles sont la terre sur laquelle nous marchons… L’étoile vers laquelle nous nous dirigeons et ces petites voix claires qui résonnent pour toujours dans notre cœur ! »

Toute la salle applaudit. Alexis sourit et fit un petit signe de la main en direction de son père. Castle, ému, en eut les larmes aux yeux.

- Oh! C'était magnifique, Trésor, magnifique! Se réjouit Martha quand Alexis vint les retrouver. 

La grand-mère et la petite fille se serrèrent dans les bras l'une de l'autre, tandis que Castle scrutait de nouveau la foule à la recherche d'une silhouette familière.

- Elle n'est pas venue, soupira la jeune fille tristement. Pourtant, elle m'avait promis!

- Elle a sans doute été appelée sur une affaire, la consola Martha. Tu sais bien que Katherine est une femme de parole, si elle avait pu venir, elle serait venue.

- Katherine... Répéta Castle soudain en sortant son téléphone pour relire le message qu'il avait reçu. Bien sûr! C'était ça qui clochait!

- De quoi parles-tu? questionna sa fille. 

- De Beckett! Il se passe quelque chose de louche, affirma-t-il.

- Richard, de quoi parles-tu ? Demanda Martha inquiète.

- Son message ! Ce n’était pas une rupture ! C’était un appel à l’aide !

- Beckett a des ennuis ? interrogea Alexis.

- C’est ce que je crois. Jamais elle ne m’appelle Richard, même quand elle m’en veut ! Excusez-moi, mais il faut que j'y aille! Amuse-toi bien, chérie !

- Ramène-la-nous! Lancèrent les deux rouquines tandis qu'il filait aussi vite qu'il le pouvait.

Comment avait-il pu croire que ce message était de Kate? Comment avait-il pu penser qu'elle fuirait la ville à cause de lui! S'il y avait bien une chose qu'il avait apprise sur elle, c'était que si elle lui en voulait, elle lui aurait collé une balle, arraché les yeux et plus encore, mais elle n'aurait pas fui. Elle aurait exigé qu’il sorte de sa vie, mais elle n’aurait pas tourné le dos à la sienne !  

Jamais elle ne l'avait appelé Richard. Pour elle, il était Castle ou Rick. Pas Richard. Tout comme elle n'était pas Katherine. Jamais elle ne signait Katherine.

A la 12ème brigade, Esposito enrageait. Lanie tentait de le réconforter.

- Tu ne pouvais rien y faire, plaida-t-elle. Ce n’était pas de ta faute !

- Pas de ma faute ?! Je me suis fait sécher comme un bleu ! Si Maddox ne m’avait pas assommé, Kevin serait là en ce moment et pas dans un lit d’hôpital ! C'est mon coéquipier! Je devais le protéger!

- Ce type est surentraîné ! Et il t’a pris par surprise. Et puis, tu as entendu les médecins, Ryan va s’en sortir !

Le « ding » de l’ascenseur annonça l’arrivée de quelqu’un. Ils se tournèrent et virent Castle en sortir hors d’haleine.

- Monsieur Castle, je croyais avoir été claire ce matin ! L’arrêta le capitaine Gates.

- Excusez-moi, Capitaine, mais il s’agit d’une urgence ! Révéla l’écrivain.

- Ecoutez, nous sommes débordés, vous feriez mieux d’aller en parler dans un autre poste de police, rétorqua Gates.

- Il s’agit de Beckett ! l’interrompit Castle.

- Beckett est loin de New-York et c’est tant mieux, dit Lanie.

- Justement non !

- Que voulez-vous dire ?

- Beckett a des ennuis, de gros ennuis expliqua Rick.

- Comment le savez-vous ? demanda Esposito.

- Le message qu’elle m’a envoyé ce matin, il n’est pas d’elle !

- Comment pouvez-vous le savoir ?

- Regardez ! Elle m’appelle Richard ! Jamais elle ne m’appelle comme ça, même pour me narguer ! Et la signature : Katherine !

- C’est vrai qu’elle dit toujours Beckett ou Kate pour les intimes, reconnut la légiste.

- Pourquoi étiez-vous contente qu’elle soit loin de New York ? demanda Castle en se tournant vers Lanie.

- A cause de l’enquête sur laquelle nous sommes, dit Esposito en jetant un œil vers sa chef pour savoir s’il avait le droit de continuer.

Gates acquiesça d’un hochement de tête, il continua son explication :

- Notre suspect est le gars, qui a tiré sur Beckett.

Une sensation de vertige s’empara de l’écrivain. Ainsi le tireur revenait à la charge. Pourquoi ? Smith lui avait pourtant garanti que tant que Beckett n’enquêtait pas sur le meurtre de sa mère, ils la laisseraient tranquille. Avait-elle continué sans lui en parler ? Il en doutait. Rien dans son attitude ces dernières semaines ne laissait penser cela. Non, il en était persuadé, elle n’avait pas avancé dans son enquête. Alors pourquoi ?

- Castle ? Ça va ? Demanda Lanie qui avait remarqué son trouble.

- Euh… Oui… Alors vous disiez que le tireur du cimetière a refait parler de lui ?

- Ouais. Il a tué un petit voleur qui venait de cambrioler la maison des Montgomery. Apparemment, il avait farfouillé dans des dossiers.

- Le dossier de Montgomery… Murmura Castle blême.

- De quoi tu parles ? Demanda le latino intrigué.

Castle hésita et jeta un œil inquiet vers le capitaine Gates.

- Je n’ai pas l’intention de salir la mémoire du capitaine Montgomery, assura cette dernière. Vous pouvez parler, rien ne sortira de cette pièce.

- D'accord... Avant que Montgomery aille dans ce hangar, expliqua Rick, il a envoyé un paquet à une personne… un ami en qui il avait confiance. Ce paquet contenait une information qui met en péril la personne qui est derrière tout ça. Montgomery voulait  protéger Beckett, mais le paquet n’est pas arrivé à temps et on l’a prise pour cible à ses funérailles. L’ami de Montgomery a pu conclure un accord avec eux. S’ils la laissaient tranquille, le paquet et l’information qu’il contenait ne reverraient jamais la lumière du jour. Ils ont accepté mais à une seule condition: que Beckett ne les inquiète plus. C'est la raison pour laquelle Kate est encore en vie, elle ne les inquiétait plus !

- Comment vous êtes au courant de ça ? Demanda Esposito.

- Pour que ça marche quelqu’un devait s’assurer qu’elle ne poursuivait pas l’enquête ! Répondit Castle.

- Vous n’êtes pas là-dedans ? s’énerva le latino.

- Je voulais la protéger avant tout ! se défendit l’écrivain.

- En omettant de lui dire la vérité sur la chose qui la touchait le plus dans sa vie ?  S’emporta le détective.

- C’était uniquement pour la protéger ! Protesta Castle. Vous savez bien qu’elle aurait foncé tête baissée dans les ennuis et y aurait laissé la vie ! Je sais bien que je l’ai trahie en acceptant cet accord, mais que pouvais-je faire d’autre ? Il ne s’agit plus d’une enquête pour homicide ! C’est une guerre, qu’ils lui ont déclarée !

-  T’as raison, se radoucit Esposito. Mais tu aurais dû nous en parler ! On aurait pu retrouver ce type et ce dossier ! On aurait pu les arrêter.

- Il ne veut pas être retrouvé. Il fait ça pour Montgomery, mais il ne veut pas prendre le risque d’y laisser sa peau, expliqua Castle. Mais et ce suspect… Vous l’avez attrapé?

- On a repéré sa voiture dans le lower East Side. On y est allé avec Ryan, les renforts sont arrivés trop tard, Kevin a été blessé dans la bagarre, il nous a échappé.

- C’est grave ?

- Il a pris un sale coup, il est au bloc, mais les médecins disent qu’il va s’en sortir.

- Que cherchait Maddox ?

- Quelqu’un. Il avait l’album photos du mariage de Montgomery. Il manque une photo dedans.

- Le  téléphone ! S’exclama soudain Castle en sortant son portable.

- Quoi ? demandèrent aussitôt les trois autres.

- J’ai reçu un appel cet après-midi ! J’étais… Enfin, je n’étais pas très en forme, je l’ai ignoré. Si ça se trouve… Bon sang, c’était lui !

- Qui ?

- Smith ! Il a essayé de me joindre ! Ça craint !

 


Minefuji  (19.12.2016 à 21:00)

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