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Série : Castle
Création : 20.11.2016 à 20h37
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une nouvelle histoire de mon cru, qui démarrera le 1er décembre pour attendre Noël. Cette fois, j'ai décidé de mettre mon grain de sel à partir de la fi de la saison 4... fin » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
Chapitre vingt
- Alors ? Demanda Esposito. Qu’attends-tu ? Rappelle-le !
- Impossible, c’est un numéro bloqué, répondit Castle.
- C’est qui ce type ?
- Un ami de Montgomery, c’est tout ce que je sais.
- Il ne t’a jamais rien dit ? Son nom ? Où il vivait ?
- Non !
- Ni où il travaillait ?
- Non, non rien de tout ça, expliqua Castle. Ce n’est qu’une voix au téléphone. Ce n’est… ce n’est qu’une ombre dans un parking !
- Je vais demander à Tory de vérifier tes relevés pour essayer de trouver le numéro d’où il appelait ! répondit le détective.
Rick acquiesça de la tête, se tourna vers le capitaine Gates et demanda :
- Où en est-on avec la photo manquante de l’album ?
- Evelyn Montgomery est en chemin, répondit cette dernière. Elle nous apporte les négatifs. On pourra savoir qui est sur la photo que Maddox a prise.
- Et au sujet du portable de Beckett ?
- L’équipe informatique essaye de le localiser, mais apparemment il est éteint, répondit Gates.
Castle observa le tableau blanc. Quelqu’un y avait ajouté la photo de Beckett. Son cœur se serra. S’il ne l’avait pas abandonnée à cause de cette histoire de bébé, elle serait certainement blottie dans ses bras à regarder un film de John Woo à l’heure actuelle. Au lieu de ça…
Où était-elle ? Que lui était-il arrivé ? Il frissonna à l’idée qu’il soit peut-être déjà trop tard. Les cadavres avaient une fâcheuse tendance à s'accumuler dans cette histoire!
- Allez chez elle, ordonna Gates. On y trouvera peut-être d’autres indices.
- Bien chef ! Répondit Esposito en prenant sa veste. Tu viens Castle ?
- Evidemment ! Affirma l’écrivain.
- Emmenez deux agents en uniforme avec vous, c’est plus prudent, ajouta Gates, je n’ai pas envie d’avoir un autre de mes hommes à l’hôpital !
- A vos ordres ! Hey ! L.T ! lança le latino à un gars en uniforme. Appelle ton équipier et enfilez des gilets par balle ! Nous partons dans deux minutes.
- Bien lieutenant !
***********
L'endroit était froid, poussiéreux et nauséabond. Une odeur de moisi qui vous retournait l'estomac, une température presque glaciale malgré l’arrivée prochaine de l’été et une obscurité tellement opaque qu'il était impossible de discerner quoique ce fût.
Recroquevillée sur le sol, dans un coin de la pièce, Beckett ouvrit difficilement les yeux en grimaçant de douleur. Malgré son esprit embrouillé, elle réalisa très vite qu’elle était dans une très mauvaise situation. Où était-elle ? Elle essaya de se concentrer pour trouver la réponse à cette question. Le silence qui régnait la surprit. A Manhattan les bruits de la ville ne cessaient jamais. Elle n'était plus dans la grosse pomme! Une vague de panique s’empara aussitôt d’elle. Elle tenta de bouger et constata que ses mains étaient entravées dans son dos.
Elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait, mais elle avait une certitude : elle n’avait pas intérêt d’y rester ! Elle tenta de se redresser comme elle pût malgré ses liens et une violente douleur à la tête l'obligea à se remettre au sol. Elle avait dû recevoir un sacré coup sur la tête. Elle sombra de nouveau dans l’inconscience.
**************
- Pas de doute, il y a eu du grabuge ici, constata Esposito en pénétrant dans l’appartement de Beckett.
Rick s’avança silencieusement. Les signes de lutte étaient évidents. Les fleurs qu’il lui avait fait livrer gisaient sur le sol dans une immense flaque d’eau. Des morceaux de verre étaient éparpillés çà et là. Une angoisse sourde s’empara de lui lorsqu’il remarqua des traces de sang. Il avança la main.
- Ne touche à rien ! L’arrêta Esposito. J’appelle la scientifique.
Rick acquiesça d’un hochement de tête, incapable de parler. Le latino se retourna le téléphone à l’oreille. Rick l’entendit vaguement parler au standard de la police. Il balaya de nouveau la pièce du regard. Etait-ce le sang de Beckett ? Sans doute, car sil elle en avait eu la possibilité, elle serait revenue auprès de ses collègues. Il n’osa pas espérer qu’elle l’aurait appelé, même si c’était ce qu’elle faisait toujours lorsqu’elle avait des ennuis ou qu’elle se trouvait dans une impasse. Retrouverait-il un jour cette complicité avec elle ? Ce lien qui les unissait se renouerait-il un jour? Peu importait, la seule chose qu’il désirait en cet instant, c’était qu’on la retrouvât saine et sauve.
Un petit éclat brillant attira son attention. Il s’approcha afin de voir de quoi il s’agissait. Un pendentif. Il lui était familier. Sans doute que Beckett l'avait déjà porté en sa présence, après tout cela faisait quatre ans qu'il la côtoyait presque quotidiennement.
- Les gars de la scientifique seront là dans quelques minutes, annonça Esposito en revenant vers lui. J’ai envoyé L.T et Adams questionner les voisins. Quelqu’un a bien dû entendre ou voir quelque chose.
Castle se releva blanc comme un linge.
- Il y a des traces de sang, murmura-t-il.
- Ouais, j’ai vu, souffla Esposito, mais ne t’inquiète pas, il n’y en a pas suffisamment pour que ça soit inquiétant.
- Bien sûr que si, c’est inquiétant ! contra l’écrivain en se passant une main nerveuse dans les cheveux. Si elle allait bien, Beckett nous aurait contactés depuis longtemps!
- Elle l’a fait. Elle t’a envoyé un SMS.
- On ne sait pas si elle en est vraiment l’auteur, douta Rick. Si ça se trouve son agresseur a fait ça pour brouiller les pistes.
- On va le retrouver ce salopard, promit Esposito en colère.
***********
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Beckett avait une fois encore le nez dans la poussière, mais se sentait un peu moins mal. Elle avait dû s'assoupir. Combien de temps avait-elle dormi? Elle se maudit aussitôt de cette faiblesse. Elle ne pouvait pas se permettre la moindre faiblesse, cela lui coûterait la vie. Depuis quand était-elle ici? Elle avait perdu le fil du temps et ne parvenait pas à se rappeler qui l’avait agressée.
Quelqu'un avait-il remarqué sa disparition? Viendrait-on à son secours ? Ou allait-elle mourir toute seule dans cet endroit sordide? Quoiqu’il en fût, elle ne pouvait pas rester là à attendre! Même si quelqu'un la cherchait quelque part, elle ne pouvait pas ne rien faire, son ravisseur ne lui laisserait peut-être pas le temps d’être retrouvée en vie. Ignorant la douleur, elle roula vivement sur elle-même pour s'agenouiller. Elle tira sur ses liens pour tenter de se libérer, en vain. Tout ce qu'elle parvenait à faire, c'était s'entailler les poignets davantage.
Que faire? Elle se sentait si impuissante, si seule. Une vague de désespoir s'empara d'elle lorsqu’elle se souvint de la dernière fois où elle avait vu Castle. Il l’avait quittée. À quoi bon se battre? Mourir serait tellement plus facile que de continuer à vivre avec cette douleur immense. Il suffisait qu'elle se laisse glisser doucement dans les limbes de la mort comme lorsqu'elle avait perdu connaissance.
Non ! Elle n'était pas de celles qui baissaient les bras, elle n'était pas de celles qui se laissaient facilement abattre! Elle était une survivante. Quelques fussent les malheurs qui l'avaient frappée, elle s'était toujours relevée et en était ressortie plus forte et cette fois encore, elle s'en sortirait et se relèverait.
Cette pensée l'apaisa. Son esprit devint plus clair. Une étape à la fois. D'abord, il fallait qu'elle se libère de ses liens. Dans cette obscurité, impossible de discerner quoique ce fût, alors trouver un objet tranchant... Elle se concentra sur ses liens, des zips en plastique... Si seulement elle pouvait trouver des ciseaux, un coupe-ongle ou même une clé... Elle se tortilla comme elle pût et parvint ainsi à se déplacer un peu. Ravie de ce petit succès, elle reprit courage et se déplaça de nouveau. Elle s’arrêta soudain, se rappelant l’une des facéties de Rick.
Ce jour-là, elle n’avait eu que de la paperasse à faire, aussi lui avait-elle dit de rentrer et de s’avancer sur ses obligations d’écrivain afin qu’il puisse être tout à elle quand elle le rejoindrait ce soir-là. Bien évidemment, quand elle était arrivée, elle ne l’avait pas trouvé tranquillement assis devant son ordinateur portable…
- Salut! Avait-elle lancé en entrant dans le loft.
- Salut! avait répondu la voix de Rick depuis le canapé du salon. Tu en as mis du temps! Grrr... Gnn...
- Je suis passée prendre le dîner, avait-elle répondu en montrant les sachets qu'elle portait. Mexicain, ça te va?
- Tu lis dans mes pensées... Mhm... Pfff...
- Qu'est-ce tu fabriques?
- J'expérimente pour mon... Mffff... Prochain... Ro...man!
- Nikki ou Derrick?
- Nikki. Elle va se retrouver ligotée avec des serre-flex en plastique. Il faut que je trouve le moyen de la libérer rapidement.
- Elle a accès à quelque chose de coupant?
- Tu penses bien que non, le tueur est peut-être un psychopathe, il n'en est pas idiot pour autant! Elle est dans une pièce vide et sans fenêtre.
- C'est impossible ton truc.
- Pas d'après une vidéo que j'ai trouvée sur le net! Il suffit... De taper ses poignets... Contre ses fesses... De toutes ses forces... HAN! Et... Oh! Wah! Ça marche vraiment!
- Impressionnant! Mais dis-moi, comment tu as fait pour t'attacher les mains dans le dos tout seul?
- Oh... Euh... Eh ben...
- Alexis est rentrée?
- Nan
- Ta mère alors?
- Non plus
- Ne me dis pas que...
- Je suis allé demander au gardien, avait-il répondu avec un grand sourire. C'est un fan! Il m'a même raccompagné jusqu'ici pour être certain que je ne me blesserai pas en chemin. Tu veux essayer?
- Non, mais si tu aimes être attaché, j'ai toujours mes menottes sur moi, tu sais, avait-elle dit en s'approchant de lui pour l'embrasser.
- Oh, la coquine! avait-il gloussé.
- Bien! marmonna-t-elle en se hissant difficilement sur ses pieds. Il est temps de voir si la fiction rejoint la réalité! Voyons… Il suffit de… taper ses poignets… contre ses fesses… Hmgnn ! Hmgnn ! Hmgnn !
Tout à coup, les liens se rompirent. Elle regarda ses poignets enfin libre et soupira de soulagement.
- Incroyable ! Ça marche vraiment son truc ! Bon ! Maintenant, il faut trouver la sortie ! se dit-elle déterminée.
Chapitre vingt et un
La nuit était bien avancée. Dehors l’orage grondait et il tombait des trombes d’eau. Rick pria pour que Kate ne fût pas sous cette pluie en cet instant.
Esposito était parti retrouver un de ses amis de l’armée pour voir s’il pourrait le renseigner sur Maddox. Il était certain qu’il s'agissait d'un ancien militaire et qu’il avait dû faire partie des forces spéciales. Castle se sentait impuissant, il bouillait intérieurement.
Le capitaine Gates le rejoignit un dossier sous le bras. Elle l’ouvrit et en sortit une photo, celle que Maddox avait prise dans l’album de mariage. Elle lui demanda s’il s’agissait de l’un des types avec qui Montgomery marchait à l’époque.
- C’est l’homme dont je vous ai parlé, répondit Castle. Celui qui protège Beckett depuis la mort de Montgomery !
- Vous en êtes sûr ? demanda la capitaine.
- Il est plus vieux aujourd’hui, dit l’écrivain, mais ça ne fait aucun doute ! Quelle que soit l’information que Montgomery lui a remise, il s’en servait pour la protéger. Mais ils ont envoyé Maddox pour l’éliminer et récupérer le dossier. Si on ne le trouve pas avant Maddox, elle ne sera plus jamais en sécurité, si tant est qu’elle n’est pas déjà entre ses griffes !
- Eh bien, retrouvons le, dit Gates tout naturellement.
- Et comment on va faire ça ? On n’a aucun indice ! Soupira Castle.
- Vous savez, répondit Gates en posant une main amicale sur son bras, quand je suis arrivée ici je ne comprenais pas ce que Beckett voyait en vous. Un jour, je lui ai posé la question et vous savez ce qu'elle a dit?
Surpris par ce moment de confidence avec le capitaine banquise, Castle se contenta de hocher négativement la tête.
- "Il voit l'histoire, je vois les preuves, où elles mènent, mais il voit l'histoire." continua Gates. Vous voulez l'aider? Pour cela, vous devez découvrir l’identité de cet homme. Quelle est son histoire, monsieur Castle? Découvrez-la et nous le retrouverons.
- Vous avez raison. On va faire avec ce qu’on a, rétorqua l’écrivain. On n’a pas le choix de toute façon… Alors que sait-on ?... On sait que ce type a la soixantaine, qu’il vit à New-York depuis longtemps, qu’il était ami avec Montgomery, donc il a peut-être des liens avec les forces de l’ordre.
Gates approuva de la tête et observa la photo à son tour.
- Il a l’air influent, dit-elle. A l’aise financièrement.
- Oui c’est vrai ! approuva Castle. Je dirais même qu’à l’époque il était déjà plein aux as !
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Regardez son poignet, expliqua l’écrivain. C’est une Nautilus 3800. Elle valait dix mille dollars quand elle est sortie en 81. C’est l’année du mariage de Montgomery, mai 1981. A votre avis, combien de modèles de cette montre ont pu être vendu en seulement cinq mois ?
- C’est ce que nous allons découvrir très vite, sourit Gates.
*************
Beckett examinait la porte de sa geôle à la recherche d'un moyen de l'ouvrir, quand un bruit de porte qui s’ouvre puis des voix de l'autre côté la stoppèrent.
- Que fait-elle ici? Gronda une voix d'homme.
- J'ai paniqué, répondit une voix féminine.
- Tu as lamentablement échoué, oui! Tu devais l'éloigner d'elle! C'était tout ce que tu avais à faire! Brailla l’homme.
- Il revenait vers elle ! Il voulait la reconquérir ! Je n’ai pas pu l’en dissuader ! Je me suis rendue chez elle pour m’assurer qu’elle ne lui laisserait pas de seconde chance ! Mais elle a compris mon intention! Il fallait que j'agisse vite! Je n’avais rien planifié !
- Pauvre idiote! Tonna l’homme
Il y eu un énorme bruit de gifle, un cri puis des bruits de pas s'éloignant.
- J'ai quelque chose à faire avant qu'on puisse s'en débarrasser. Surveille-la. Tâche de ne pas échouer cette fois-ci!
Un bruit de porte qui claque. Puis peu après, celui d'une voiture qui démarre. Un de moins, pensa Beckett.
- Va au diable, hurla la voix féminine.
Beckett sursauta. Cette voix... Elle l'avait déjà entendue...
************
- D’accord oui. Merci ! Dit Tory, l’informaticienne du poste avant de couper la communication.
Castle et le capitaine Gates attendaient impatiemment qu’elle leur expliquât ce qu’elle avait appris.
- D’après la maison mère, expliqua la jeune femme, dix-sept montres de ce modèle ont été vendues à New-York en 1981 entre le mois de janvier et le mois de de mai !
- Et ils vous ont donné le nom de leurs clients ? demanda Castle plein d'espoir.
- Non, mais neuf de ses dix-sept montres ont été offertes à l’équipe du cabinet d’avocat PPC, après leur victoire lors d’un procès contre l’industrie du tabac !
- Gagner un procès contre l’industrie du tabac vous fait de la publicité ! observa Gates.
Tory lança une recherche sur son ordinateur à ce sujet et afficha en quelques secondes l’équipe des avocats de PPC qui a gagné le procès.
- Je ne vois pas notre homme, soupira Gates.
- C’était une équipe de neuf hommes, fit remarquer Castle, mais là je n’en vois que huit. C’est sûrement l’avocat manquant ?
- Ou alors il n’est même pas avocat ?
- Ou alors il l’est mais il est plutôt du genre à opérer en coulisse, ce serait un conseiller comme Michael Clayton ? supposa l’écrivain.
- Et au sujet de l’appel reçu par Monsieur Castle ? Demanda Gates, vous avez pu trouver quelque chose ?
- Non, il l’a fait avec une puce prépayée et elle a été coupée depuis. Qui que ce soit ce type, il couvre ses traces, expliqua Tory.
- Ça ne peut pas se terminer comme ça ! Râla Castle. Vous n’avez rien trouvé d’autre ?
- Hé bien, dit Tory, j’ai quelque chose mais ça reste très vague. L'homme a appelé Castle en passant par internet au lieu de passer par le système de cellulaire normal mais il a appelé d’une zone où le signal était mauvais donc il a été dérouté sur un réseau sans fil !
- Qui dit réseau sans fil, dit adresse IP, se réjouit Castle reprenant espoir.
- Oui et on l’a tracé. Ce n’est même pas à New-York !
- Alors c’est où ? demanda Gates.
- L’appel est passé par un réseau sans fil enregistré sous le nom de «Magellan Yacht Club» à Westport dans le Connecticut ! répondit Tory en affichant la page web du club.
- C’est sûrement un membre du club, peut-être qu’il y aura une photo de lui quelque part sur le site ! dit Castle.
Gates relut les noms de la liste des avocats de PPC et la compara avec les noms sur la liste du club.
- Regardez , dit-elle. Sur la liste des conseillers juridiques, et maintenant regardez le comité de direction !
- Michael Smith ! Lut Castle triomphal. C’est notre homme !
- J’envoie une équipe chez lui ! Je préviens le lieutenant Esposito, annonça Gates.
- Laissez-moi y aller ! Demanda Castle.
- Désolé monsieur Castle rétorqua Gates d’un ton ferme. Pas de civil là-bas !
- Mais… !
Elle ne le laissa pas plaider sa cause et quitta la salle informatique.
Castle enrageait. Beckett était en danger et Gates le cantonnait au poste de police. Il se sentait tellement impuissant, qu’il frappa le mur du poing et grogna aussitôt de douleur et de frustration.
- On va la retrouver, dit Tory d’une voix douce pour le rassurer.
Rick bougonna en enfonçant ses mains dans les poches de sa veste. Ce fut alors qu’il sentit le pendentif. Il lui était complètement sorti de la tête. Il le sortit et l’observa une minute. Soudain un quelque chose le frappa. Ce n’était pas celui de Beckett ! Elle ne portait que la bague de fiançailles de sa mère. Depuis qu’il la connaissait, il n’avait jamais rien vu d’autre autour de son cou. Il fouilla dans ses souvenirs pour se rappeler où il l’avait vu. Une vague de fureur s’empara alors de lui.
- Tory, appela-t-il d’une voix blanche.
- Oui ?
- J’aurais besoin que vous traciez le signal GPS d’une voiture pour moi. C’est possible ?
- C’est pour l’enquête ?
- Evidemment.
- Alors oui. Donnez-moi le nom de son propriétaire…
***************
Beckett serra les dents. De l’autre côté de la cloison, la femme faisait les cents pas. Etait-elle armée ? Elle ne le découvrirait qu’au dernier moment. Elle devrait être rapide. Son corps tout entier lui faisait mal. La bagarre chez elle avait été difficile et laissait de nombreuses traces. Elle comptait sur l’adrénaline pour l’aider à tenir le choc.
Elle entendit un bruit de clé de l'autre côté. Sa geôlière arrivait! Elle se tenait prête dans le coin derrière la porte, elle devrait profiter de l’effet de surprise. Un rayon de lumière éclaira la pièce. Découvrant les liens en plastique sur le sol, la femme s’avança incrédule. Jacinda. Kate se rappela soudain très bien son arrivée à son appartement.
Ce matin-là, elle avait reçu un appel très intéressant de son ex, Sorenson. Avec ses ressources au FBI, il avait réussi à trouver des choses très intéressantes sur celle qui se faisait appeler désormais Jacinda. Elle avait décidé d’en parler à Castle. Elle lui en voulait, mais pas au point de le laisser faire sa vie avec une experte de l’escroquerie ! On avait sonné à sa porte. Elle ne s’était pas méfiée et avait ouvert.
- Jacinda, avait-elle dit en la découvrant sur le pas de sa porte. Ou peut-être devrais-je dire Miranda, à moins que vous ne préfériez Erika ?
Un éclair de haine avait brillé dans les yeux de la blonde, elle avait claqué la porte et s’était jetée sur Beckett folle de rage. Ce que Kate ne savait pas, c’était que cette femme n’était pas une simple escroc, elle avait reçu un entraînement poussé au combat…
Vive comme l’éclair, Beckett sauta sur le dos de Jacinda et la roua de coups. Lorsqu’elle resta au sol, visiblement sonnée, Beckett se précipita vers la porte. Elle devait fuir cet endroit avant le retour de son complice. Elle ne tiendrait pas face à deux agresseurs surentraînés.
Elle sentit une main lui agripper la jambe.
- Sale garce ! Cria Jacinda en la faisant tomber.
La tête de Beckett rencontra violemment le sol, elle laissa échapper un cri de douleur. Elle se débattit comme une lionne et parvint à se dégager. Elle se précipita dans l’autre pièce et enfin hors de la maison, s’arrêtant net en découvrant la forêt épaisse et sombre. Elle regarda de tous côtés et repéra une voiture à une vingtaine de mètres de là, sur le sentier.
- Tu ne m’échapperas pas ! vociféra Jacinda derrière elle. Il est à moi !
Kate se tordit la cheville contre une souche, on n’y voyait rien. Jacinda en profita pour lui attraper l’épaule et la retourner d’un geste brusque, lui cognant la tête contre une pierre.
Sonnée, elle sentit les mains de Jacinda autour de son cou. Sa vue s’embrouilla tandis que l’autre continuait de hurler des insanités contre elle. Jacinda resserra sa prise autour de son cou, Kate suffoquait, elle ouvrit la bouche à la recherche d'un peu d'oxygène.
- NON ! Hurla une voix derrière elles.
Jacinda tourna la tête, Kate en profita pour se saisir d’une pierre et l'abattre violement contre la boîte crânienne de son assaillante.
Chapitre vingt-deux
Beckett prit une énorme goulée d'air et repoussa le corps de Jacinda, qui s'était effondré sur elle. Sa respiration était encore saccadée. Elle parvint à s’asseoir et tentait de remettre un peu d’ordre dans ses pensées tout en se massant le cou. Il s'en était fallu de peu! Ainsi Jacinda avait été envoyée pour l’éloigner de Castle… Qui avait bien pu vouloir les séparer ? Dans quel but?
- Kate! Cria Castle en se précipitant vers elle.
- Castle ? articula-t-elle difficilement. Qu’est-ce que… ?
Il s'agenouilla près d'elle et posa sa main sur sa joue. Leurs regards se connectèrent. Dans celui de Castle, on lisait l'angoisse qu'il avait eu de ne pas la retrouver à temps. Dans celui de Beckett, on lisait la surprise et le soulagement.
- Comment tu… ? demanda-t-elle encore.
-Tu vas bien ? s'enquit-il en examinant son visage puis ses bras.
- Elle... Jac... murmura-t-elle la respiration encore un peu difficile.
- Schhh! Je sais, je sais.
- Il faut l'attacher... Elle ne doit pas s’échapper…
- Hein? Oh! Oui! Tout de suite! J'ai piqué des menottes au poste avant de partir.
Il s'empressa de prendre les mains de l’hôtesse de l’air pour les attacher à l’une des poutres devant la maison.
- Elle ne nous causera pas de souci, elle a son compte, constata-t-il.
- Elle... C'est une arnaqueuse, Castle! s’empressa de raconter Beckett.
- J'appelle la cavalerie. Tu me raconteras toute l’histoire quand nous serons au poste.
- La cavalerie? s’étonna-t-elle. T'es venu tout seul?
- Bah euh... Je n'ai pas vraiment eu le temps de... Enfin, je suis parti si précipitamment que je…
- Non, mais je rêve, Castle! T'es inconscient ou quoi?
- Tu étais en danger! Rétorqua-t-il comme si cela justifiait tout.
- Tu n'es même pas flic!
Un bruit de moteur se fit entendre.
- Une voiture! Elle approche, dit Castle en désignant la lumière de ses phares au loin. Tu attendais quelqu'un?
- Arrête de dire des bêtises! marmonna-t-elle. C'est son complice! Tu as une arme?
- Euh... Une matraque, dit-il en la montrant sous sa veste. Et quelques bricoles...
- Tu plaisantes? Tu viens ici sans renfort et sans arme?
- Hey! Tu sais à quel point il est difficile de mettre la main sur une arme? Déjà la matraque... Et puis j'étais pressé, tu étais en danger!
- Et ben maintenant on est tous les deux en danger! Bienvenue au club! Allez, viens! Il faut filer Castle.
- Tu peux marcher?
- Oui, ne t'en fais pas, je vais bien, dit-elle en prenant appui sur lui pour se mettre debout.
- Oui, je vois ça, ironisa-t-il. Tu es prête pour courir un marathon!
- On n'a pas le choix de toute façon!
Ils coururent jusqu'à la voiture de Castle. L'autre véhicule se rapprochait dangereusement.
*************
Esposito et son équipe étaient arrivés chez Smith à temps, ce dernier était sain et sauf. Ils l'emmenèrent en lieu sûr et lui exposèrent toute l'histoire.
- Je vais devoir disparaître, conclut gravement ce dernier.
- Vous devez nous aider à coincer ceux qui se cachent derrière tout ça et témoigner contre eux! protesta Esposito.
- Vous ne comprenez pas, ils me tueront avant que j'ai le temps de témoigner! Ils sont trop puissants.
- Nous sommes au courant pour le dossier de preuves de Montgomery. Celui qui vous permettait de protéger Beckett. Donnez le nous et ils ne pourront plus nuire à qui que ce soit.
- Ils ont beaucoup trop de ressources, lutter contre eux, c’est comme être David face à Goliath, ils nous élimineront jusqu'au dernier.
- Écoutez, rétorqua le latino agacé, Beckett a disparu, nous pensons qu'elle est entre leurs mains, vous avez accepté de la protéger, vous êtes impliqué maintenant que ça vous plaise ou non! Alors, ne trahissez pas la mémoire de Montgomery en nous laissant tomber maintenant.
- Cette histoire a commencé avec une bande de flics corrompus! s’écria Smith. Qui me dit qu'il n'y a pas une taupe parmi vous?
- Parce qu'on n'a pas ébruité l'affaire, affirma Esposito. Les seules personnes qui sont dans la confidence sont sûres.
Smith accepta finalement à contre cœur de leur révéler l'endroit où le dossier était caché, en leur précisant qu'il leur faudrait une équipe de déminage pour y avoir accès sans risque. Esposito appela ses amis de la brigade de déminage et les rejoignit pour aller chercher le dossier.
*********
La voiture fit une embardée. Castle eut bien du mal à en garder le contrôle. A ses côtés, Beckett surveillait leur poursuivant du coin de l’œil, tout en cherchant un moyen de défense.
La main de Maddox apparut par la fenêtre conducteur. Il pointa son arme dans leur direction.
Beckett cria et Castle eut juste le temps de déporter la voiture pour éviter le tir.
- Mais comment il fait pour conduire et tirer en même temps ? Ce sentier est tellement accidenté que c’est à peine si j’arrive à tenir le volant ! S’écria Castle.
- Je m’occupe de lui, essaye de ne pas nous envoyer dans le décor ! Lança Beckett en ouvrant la fenêtre de toit.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il lorsqu’elle se mit debout sur son siège.
- J’essaye de nous sauver la vie ! Evite de nous tuer, ce sera déjà pas mal !
Elle lâcha un grand morceau de tissu, qui atterrit sur le parebrise de leur poursuivant. Il manqua de s’encastrer dans un arbre centenaire et fut obligé de s’arrêter pour l'enlever. Cela leur permit de mettre un peu de distance entre eux et lui.
- Dans le mille ! Fit Beckett triomphante en se rasseyant.
- Qu’est-ce que c’était ?
- Oh ! Une couverture qui traînait sur la banquette arrière…
- Mon plaid en cachemire ? Tu as balancé mon plaid en cachemire ? Il vaut plus de cinq cents dollars ! S’égosilla l’écrivain.
- Non, mais quelle idée d’avoir un truc pareil dans sa voiture ! Tu ne pouvais pas avoir une bonne vieille couverture achetée aux puces pour deux dollars ?
- Non madame, je n’achète pas mes couvertures aux puces ! Rétorqua Castle agacé. Même pour mon chien, je n’achèterais pas une couverture miteuse aux puces !
- N’importe quoi ! Qu’est-ce que c’est que ces préjugés ? On trouve de très jolies choses aux puces ! Ce n’est pas la décharge municipale !
- J’aime mieux savoir que mes affaires n’ont été utilisées que par moi !
- Ah oui ? Tu te souviens de cette jolie tasse à café que tu t’es appropriée la première fois qu’on a pris notre petit déjeuner ensemble chez moi ? dit-elle avec un petit sourire taquin.
- Non ! Ne me dis pas un truc pareil ! Implora Castle.
- Eh si ! rigola Beckett.
- Quand on s’en sera sorti, je balancerai tout ton service de vaisselle à la poubelle et je t’en achèterai un flambant neuf !
Il ne la regardait pas, il était tellement concentré sur la route, qu’il ne vit pas que Beckett esquissa un léger sourire.
- Oui eh bah ! marmonna-t-elle, comme tu n’as même pas pensé à amener une arme pour venir me sauver la vie, il faut bien que j’improvise avec les moyens du bord !
- Elle était super cette couverture ! se lamenta l’écrivain. Hyper confortable pour les câlins à la belle étoile !
- C’est la personne qui est dans vos bras à ce moment-là, qui rend le câlin génial, Castle, pas la couverture…
Il tourna la tête, l’air ahuri. Elle se retint de sourire franchement. Elle n’avait pas l’intention de lui montrer à quel point elle était heureuse qu’il soit venu à son secours. Elle allait le faire mariner un peu.
- Faites attention devant ! Cria-t-elle soudain.
**************
Pendant ce temps à la douzième brigade, Gates était à la recherche de Castle. Elle voulait lui annoncer que le dossier serait bientôt entre leurs mains et que grâce à lui, ils pourraient retrouver le commanditaire de la tentative d'assassinat de Beckett. Bien sûr, ils devraient agir très vite afin de la retrouver avant qu'il ne soit trop tard. Cela faisait un petit moment qu'elle cherchait l'écrivain. Peut-être était-il rentré chez lui pour prendre un peu de repos. Elle l’appellerait un peu plus tard et allait profiter de ne pas l’avoir dans les pattes pour faire son travail de capitaine sereinement.
Elle retourna donc à son bureau et appela l'hôpital afin de prendre des nouvelles de Ryan. Les médecins étaient confiants, l'opération s'était bien passée et il serait vite sur pied. Sa femme était à son chevet. Tout irait bien pour lui. La capitaine poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle raccrocha. Sous ses airs froids et autoritaires, elle était très attachée à ses hommes. Sa plus grande peur était d'en perdre un sous son commandement. Elle posa son regard sur le bureau de Beckett en sortant. Elle ne prendrait pas de repos tant qu'elle ne la saurait pas de retour saine et sauve. Cette pensée lui mît la puce à l'oreille. Jamais Castle ne serait rentré chez lui alors que sa muse, comme il aimait l'appeler, ne serait pas encore de retour parmi eux. Il avait dû se passer quelque chose. Quelle idée saugrenue avait bien pu lui passer par la tête ? En toute hâte, elle retourna au dernier endroit où elle l'avait aperçu.
Tory, l'informaticienne y revenait un café à la main.
- Oh! Capitaine! Alors cette localisation a donné quelque chose?
- Quelle localisation?
- La voiture que Monsieur Castle m'a demandé de localiser... Il disait que cela servirait l'enquête.
Ce n'était pas possible, on ne pouvait pas le laisser seul deux minutes celui-là, pensa Gates avant de demander à Tory de lui en dire plus sur cette localisation.
- Il vous a demandé de localiser la voiture de son ex petite amie? S'étonne Gates après que cette dernière lui eut tout expliqué.
- J'ai trouvé ça bizarre aussi, mais il m'a dit qu'il avait retrouvé son pendentif dans l'appartement de Beckett, il pensait qu'elle était responsable de sa disparition, ce qui est très probable, puisque sa voiture se trouve au milieu des bois.
Gates se précipita hors de la pièce et appela tous ses hommes pour une réunion d'urgence. Elle ne savait pas si c'était vraiment rassurant de savoir son lieutenant prisonnier d'une ex petite amie vengeresse plutôt qu'aux mains des commanditaires de cette série de meurtres. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle devait agir et vite.
Chapitre vingt-trois
Toutes sirènes hurlantes, les voitures de police se faufilaient à travers la circulation dense des rues de New York. Dans sa voiture, Esposito trépignait. Lanie, qui avait tenu à les accompagner, tentait de l’apaiser, mais elle était elle-même très inquiète.
- J’n’en reviens pas ! Grommelait-il. L’ex de Castle !
- Je sais, soupira Lanie. Dire que j’ai dissuadé Beckett d’aller lui arracher les yeux. J’aurais mieux fait de l’accompagner et de l’aider à faire disparaître son corps !
- Ouais… Il s’est fait mettre le grappin dessus par une véritable psychopathe ! Dire que pendant ce temps-là, on courait après le sniper qui lui a mis une balle dans le cœur…
- C’est bizarre d’ailleurs, tu ne trouves pas ?
- Quoi donc ?
- Et bien qu’une folle furieuse s’en prenne à Beckett au moment où le sniper du cimetière refait parler de lui.
- C’est une coïncidence, dit-il en haussant les épaules.
- Castle dirait qu’il n’y a pas de coïncidence dans un bon roman policier, fit remarquer Lanie. Il trouverait un lien entre les deux affaires.
- Castle est sorti avec une psychopathe, rétorqua Esposito. Je ne pense pas qu’on puisse se fier à son raisonnement en ce moment.
- Mhm… Tu n’as pas tort, accorda Lanie.
***********
La voiture de Castle gisait fumante dans un petit cours d'eau qui traversait la forêt. Le choc avait été rude. Beckett se redressa difficilement. Il lui semblait que chaque parcelle de son corps était douloureuse. Elle allait se souvenir de cette nuit-là pendant un moment et pas de la façon dont elle l'espérait ! Elle analysa rapidement la situation, la voiture ne les emmènerait pas plus loin et très bientôt leur poursuivant les retrouverait. Il y avait un sac à dos à ses pieds, il contenait probablement les bricoles amenées par l’écrivain. Elle l’attrapa à la hâte, ça pourrait peut-être servir.
Elle se tourna vers Castle, qui n'avait pas bougé depuis leur atterrissage forcé dans ce cours d'eau. L’inquiétude lui coupa aussitôt la respiration. Il ne pouvait pas… Il poussa un léger grognement qui la rassura. Son cœur reprit un rythme plus calme. Elle devait agir vite et pour cela, elle devait garder son calme. Elle le secoua légèrement.
- Castle!
- Gnnnn...
- Castle! Réveille-toi! Insista-t-elle.
- C'est trop tôt! Grogna-t-il. Reste encore au lit, on est bien là !
- Castle! Bouge-toi! On ne peut pas rester là! Le tueur va bientôt arriver!
- Qui ça?
- Le tueur!
- Le tueur ? Répéta-t-il toujours dans un état second.
- On ne l'a pas semé pour longtemps! Il ne va pas tarder à nous retrouver!
- Il va nous retrouver ?
- Tu as décidé de répéter tout ce que je dis ? Bouge-toi !
- Si j’ai décidé de… ?
Elle lui envoya un regard agacé. Il reprit quelque peu ses esprits.
- Pourquoi?
- Arrête de poser des questions! Râla-t-elle. On n'a pas le temps pour ça! Tu peux te lever?
- Ça c'est une question! fit-il remarquer.
- Lève-toi! Ordonna-t-elle agacée. Nous devons nous cacher! Il est armé et pas nous!
Il obéit docilement et sortit comme il pût de la voiture avant de s'écrouler de tout son long dans la rivière.
- Bon sang ! Castle! C’est pas vrai ! marronna Beckett en sortant à son tour le sac à dos sous le bras.
Elle fit le tour de la voiture, une odeur nauséabonde l’agressa. Le réservoir était sans doute percé.
- La voiture est bel et bien fichue, soupira-t-elle en aidant Castle à sortir la tête de l’eau. Castle ! Réponds-moi !
- Mhm ? Oh ! Beckett ! Il fait humide, tu ne trouves pas ?
- Tu es dans l’eau, c’est normal ! Tu peux te lever ?
- Euh…
Il sembla réfléchir un instant, puis hocha la tête.
- Parfait ! dit-elle en l’aidant à se relever. Appuie-toi sur moi, il faut qu’on trouve un endroit où se cacher.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé? Demanda-t-il.
- Une biche a surgi sur le sentier...
- J'ai tué Bambi? Réalisa-t-il avec effroi.
- Techniquement, Bambi n'est pas une biche, c'est un mâle.
- J'ai tué la mère de Bambi ! se lamenta-t-il. Alexis ne me pardonnera jamais !
- La biche va bien, tu ne l'as pas touchée, le rassura-t-elle. Tu as réussi à l’éviter. Ta voiture par contre... Elle n’a pas apprécié notre sortie du sentier! On a fait plusieurs tonneaux.
- Ouf! Bambi a toujours sa maman! Sourit Castle.
- Tu as pris un sacré coup sur la tête, toi!
Ils avançaient doucement. Castle avait du mal à tenir debout.
- Tu ne sens plus la cerise... Marmonna-t-il la tête contre ses cheveux.
- Désolée, ton ex ne m'a donné de shampoing dans ma prison... Bon sang ce que tu es lourd!
- Pardon...
- C'est pas grave... Se radoucit-elle. J'aimerais juste que tu essayes de ne pas mettre tout ton poids sur moi.
- Non… Enfin si… Enfin... Je voulais dire… bafouilla-t-il. Je n'aurais pas dû te laisser partir.
- On en reparlera plus tard, grogna-t-elle toujours un peu furieuse quand elle repensait à leur séparation. Essaye de m'aider à avancer.
Il acquiesça et fit de son mieux pour s’appuyer le moins possible sur elle. L'eau n'était pas profonde à cet endroit, ils purent traverser sans trop de difficulté. Sur l'autre rive, ils trouvèrent un enfoncement rocheux et s'y cachèrent. Ils pouvaient voir la voiture encore fumante de là où ils étaient.
- Comment ça va ? Tu es blessé? Demanda Beckett en l'aidant à s'installer.
- Ça tourne un peu... Marmonna-t-il en se passant la main sur la tête, un liquide poisseux lui colla aux doigts. Oh là là! Je saigne!
- Où ça?
- Là! Regarde! s’affola-t-il.
- Oh, ça! C'est juste une égratignure, dit-elle rassurée.
- Une égratignure? C'est profond comme le grand canyon!
- Arrête de te plaindre, soupira-t-elle en farfouillant dans le sac à dos qu'elle avait récupéré dans la voiture. Des pétards? Tu es venu me sauver avec des pétards?
- Je te l'ai dit, j'ai pris ce que j'avais sous la main!
- Sérieusement? tiqua-t-elle. Qui se balade avec des pétards sous la main?
- C'est pour la fête nationale. Ils ne sont pas légaux, alors je m'y prends à l'avance pour me les procurer.
- Tu te souviens que je suis flic? Demanda-t-elle en haussant un sourcil.
- Tu ne vas tout de même pas me coffrer pour ça!
- Ce serait mérité, tu ne trouves pas?
Un bruit de moteur mît fin à cette conversation. Beckett passa discrètement la tête au-dessus de la roche. La voiture de Maddox venait de s'arrêter à proximité de celle de Castle. Il descendit de son véhicule, vérifia son arme et s'avança.
***********
L’équipe de la douzième brigade venait d’arriver à l’endroit où se trouvait la voiture de Jacinda. Parés à l’assaut, les hommes du capitaine Gates s’approchèrent de la maison à pas feutrés et s’arrêtèrent net quand ils découvrirent le corps de Jacinda menotté à l’une des poutres devant l’entrée. Esposito s’avança et vérifia son pouls.
- Elle est vivante ! annonça-t-il. Mais elle a pris un vilain coup !
- Que l’équipe médicale s’en occupe, ordonna Gates.
La capitaine organisa les opérations. Une équipe fut chargée de fouiller la maison, tandis que les autres se partageraient le secteur pour explorer les environs.
Quelques minutes plus tard, les informations fusaient.
- Il y a quelques traces de sang dans le coffre de la voiture de la suspecte ! dit l’un des membres de la scientifique.
- Faites les analyser rapidement, ordonna Gates. Il y a de fortes chances qu’il corresponde à celui de Beckett !
Cette idée la fit frissonner.
- La maison est vide ! dit l’un des policiers. Si quelqu’un a été retenu ici, il s’est enfui ! Il y a des traces de lutte !
Beckett avait échappé à Jacinda, c’était une bonne nouvelle. Ce qui l’était moins, c’était qu’elle n’avait pas donné signe de vie. Si ses blessures étaient trop graves, elle n’avait pas dû aller bien loin. Il fallait la retrouver le plus vite possible.
- Il y a des traces ici ! Lança Esposito en désignant le sentier. Deux véhicules différents apparemment. Si l’un d’entre eux est celui de Castle, à qui est l’autre ?
- Jacinda aurait eu un complice ? fit Gates pensive.
- Ouais, ou alors on fait fausse route, supposa Esposito.
- A quoi pensez-vous ?
- A Maddox. Jacinda était peut-être sa complice.
- Pourquoi un tueur à gages aurait une complice ?demanda Gates en fronçant les sourcils.
- Pour éloigner Castle de Beckett, répondit Lanie. Il était censé veiller à ce qu’elle n’enquête plus sur le meurtre de sa mère. Sans lui, ils pourraient l’attirer dans un piège.
- A eux deux, Castle et Beckett sont redoutables dans les enquêtes, ajouta Esposito. Ils ont dû vouloir diviser pour mieux régner.
- Suivons leurs traces ! lança Gates. Si Maddox est effectivement à leur poursuite, ils vont avoir besoin de renforts, sinon je ne donne pas cher de leur peau !
***********
La situation devenait alarmante. Maddox était armé jusqu’aux dents et ne mettrait pas beaucoup de temps à trouver leur cachette. Il leur fallait un plan d’action et vite.
- Il y a un couteau suisse dans la poche avant de mon sac, murmura Castle toujours un peu vaseux.
- Un couteau suisse ? répéta Beckett incrédule. Ce type a un pistolet automatique et toi tu voudrais que je le combatte avec un couteau à peine utile pour ouvrir une boîte de conserve ?
- Fais marcher tes méninges, Mac Gyver s’en sort toujours grâce à son couteau suisse.
- Ah ouais ? Eh bien désolée de te le dire, mais on n’est pas dans une série TV et je ne suis pas un génie du bricolage !
- Peut-être, mais tu es brillante, chuchota-t-il à moitié dans les vapes.
Beckett roula des yeux. Il n’y avait que lui, pour raconter n’importe quoi à un moment aussi dramatique. Soudain, elle eut une idée un peu folle. Elle récupéra les pétards dans le sac à dos, ainsi qu'un briquet.
- Il est un peu tôt pour fêter le jour de l'indépendance, non? bredouilla Castle.
- J'espère que ces pétards valent le coup, murmura-t-elle.
- Mais qu'est-ce que tu fais?
- Le réservoir de ta voiture est percé, expliqua-t-elle. Ça sentait le carburant quand je suis passée à côté.
- Et tu...?
- J'espère que je n'ai pas trop perdu la main, J’étais championne au lancer quand je jouais au baseball, répondit-elle en lançant de toutes ses forces un premier pétard allumé.
- Woaw ! s’écria Castle quand il réalisa ce qu’elle avait en tête.
Elle recommença l'opération deux fois avant de se plaquer contre Castle derrière le rocher. Maddox, surpris, n'eut pas le temps de réfléchir. Il disparu dans l'explosion de la voiture de l'écrivain.
Chapitre vingt-quatre
Le souffle de l’explosion passé, Beckett leva la tête et regarda par-dessus le rocher. La voiture de Castle était dévorée par les flammes et d’après ce qu’elle pouvait apercevoir de là où elle était, Maddox n’était plus en un seul morceau.
- Fiuuh ! souffla-t-elle. Pas étonnant qu’ils ne soient pas en vente légale ces pétards. Ça va Castle ?
- Mhm-Mhm… Ça va super, répondit-il d’une voix un peu étouffée et étonnamment joyeuse.
Elle baissa le regard et réalisa qu’elle avait la poitrine plaquée contre le visage de l’écrivain.
- Je pourrais rester là pour l’éternité, gloussa-t-il.
- Pervers ! bougonna-t-elle en s’éloignant brusquement.
- Hé ! Tu pourrais être plus douce avec un blessé !
Elle l’ignora et fouilla dans le sac à dos.
- Qu’est-ce que tu cherches ? demanda-t-il.
- Un téléphone, on ne va pas rester ici indéfiniment.
- Il est resté dans la voiture, répondit-il en se redressant pour regarder par-dessus le rocher. Oh ! … Ma… voi… ture ! Elle était… Des sièges hyper confortables… une tenue de route exceptionnelle…
- J’espère que tu es assuré tous risques, grimaça-t-elle en se levant à son tour, parce que là… elle va moins bien rouler !
- Ah ! Ah ! Ah ! Non, sans blague ? Quel sens de l’observation Sherlock ! Je ne sais pas si je suis assuré contre les explosions causées par des pétards illégaux… marmonna-t-il. Connaissant ces rapaces, ils ont dû mettre un petit alinéa tout minuscule du style « si vous faites accidentellement exploser votre voiture avec un pétard illégal, il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer. » Mince… Ma voiture…
- Allons, Castle, on est en vie, c’est ce qui compte, non ?
- Oui… Enfin… Quand même…. J’adorais cette voiture, ronchonna-t-il dépité.
Beckett savait que l’écrivain aimait beaucoup sa voiture, il ne perdait pas une occasion d’en faire l’éloge. Elle se sentit coupable. Combien d’années ça lui prendrait au juste de la lui remplacer ? Elle n’était pas certaine d’en avoir assez d’une vie.
- Un câlin ça suffirait, tu sais ?
Elle tourna la tête vers lui, pas certaine d’avoir compris de quoi il parlait.
- Pour me consoler, expliqua-t-il tout sourire. Un gros câlin suffirait.
Elle se renfrogna aussitôt.
- Je n’ai pas oublié que je t’en voulais !
- Je sais, soupira-t-il en se rasseyant.
Elle l’observa du coin de l’œil. Lui en vouloir était vraiment un exercice difficile. Elle ne devait pas se faire d’illusions, elle l’avait dans la peau.
- Je m’en veux, tu sais, murmura-t-il. J’ai tout gâché.
Elle ne répondit rien, se contentant de se perdre dans la contemplation du brasier devant elle.
- Te demander de partir a été la chose la plus difficile que j’ai faite dans ma vie, soupira-t-il. Je sais bien que ça n’excuse rien, mais j’étais complètement paumé. J’ai grandi sans connaître mon père, j’ai élevé Alexis seul… J’ai toujours rêvé d’avoir une vraie famille, complète et tout le tralala, comme dans ces films qu’ils nous passent tout le temps à la télé en période de Noël… Je m’étais juré que si j’avais un autre enfant, je lui offrirai tout ça… Je suis tellement désolé de t’avoir blessée, j’ai réagi bêtement…
Il se prit la tête dans les mains. Il avait l’air si mal, qu’elle n’eut pas le cœur de le torturer d’avantage.
- Non, pas bêtement, dit-elle en venant s’asseoir à côté de lui. Humainement, je dirais.
Délicatement, elle mêla ses doigts aux siens. Il releva le regard vers elle. Qu’était-elle en train de dire ? C’était tellement inespéré, qu’il n’osait y croire.
- Tu veux dire que… Tu me pardonnes ?
- Mhm… Eh bien… Répondit-elle en lui donnant un petit coup d’épaule, disons que j’ai balancé ton précieux plaid en cachemire et détruit ta voiture de luxe…On pourrait dire que nous sommes quittes en quelque sorte…
- Qu’est-ce que… ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Bah, pour calmer leurs nerfs, certaines femmes ressentent le besoin de ruiner les plus beaux vêtements de leur compagnon quand ils leur font un sale coup… et … disons que… Maintenant je ne t’en veux plus autant qu’avant.
- Tu peux ruiner tout mon dressing aussi, si tu en ressens le besoin, s’empressa-t-il de lui dire. J’ai aussi tout un service en porcelaine hors de prix, si ça te dit !
Elle rigola.
- Non, c’est bon. Ce sera pour ta prochaine idiotie.
- Il n’y aura plus d’idiotie ! Promit-il.
- Castle, rigola-t-elle, tu sais bien que tu ne pourras pas t’empêcher d’être toi-même.
- Mais… Protesta-t-il.
Elle posa un doigt sur sa bouche pour lui intimer de se taire.
- Promets-moi seulement de ne pas me mettre à l’écart de tes problèmes. Si tu as des ennuis, nous avons des ennuis. Il n’y a que comme ça que ça peut marcher.
- C’est promis, sourit-il.
Elle se pencha vers lui pour l’embrasser tendrement. Il la serra si fort dans ses bras, qu’elle grimaça de douleur.
- Tu es blessée ? S’inquiéta-t-il aussitôt.
- Quelques bleus et quelques égratignures ici ou là, éluda-t-elle.
Il regarda autour d’eux se demandant si quelqu’un finirait par les retrouver dans cette forêt. Certainement pas avant le lendemain matin, songea-t-il, à moins qu’un garde-forestier ait entendu l'explosion.
Elle frissonna.
- Tu as froid ? demanda-t-il.
- Un peu…
- Avant j’avais un super plaid, soupira-t-il.
Elle leva les yeux au ciel, elle n’avait pas fini d’entendre parler de cette histoire !
- Mais ça, c’était avant, rit-il.
Un bruit de moteur détourna leur attention.
- Ah ! On dirait que la cavalerie arrive, constata-t-il en reconnaissant les véhicules de police.
Ils reconnurent Esposito, qui s’approchait de la voiture en flammes.
- On est là ! Crièrent-ils en même temps.
Esposito leur fit signe et se retourna vers les autres pour indiquer qu’il les avait trouvés.
- Content de vous voir! Se réjouit Castle lorsqu’il fut près d’eux. Comment vous nous avez trouvé?
- Oh vous savez, on a vu de la lumière, plaisanta Esposito en désignant le brasier qu'était devenu la voiture de Castle.
- Ouais, grimaça l’écrivain, on s’est dit que ça remplacerait les fusées de détresse.
- On a trouvé celle qui t’a enlevée, dit le détective en se tournant vers Beckett. Elle est K.O, mais le médecin dit qu’on pourra l’interroger bientôt.
- Elle avait un complice, annonça Castle en désignant le corps carbonisé à quelques mètres de là. Mais on va avoir un peu de mal à l’identifier.
- T’en fais pas, on sait qui c’est.
- Ah oui ? S’étonna Beckett.
- On a trouvé sa voiture là-bas, il s’agit de celle de notre tueur, Maddox, répondit Esposito.
- Maddox ? Répéta Beckett. Quel rapport avec moi ?
- Kate… soupira Castle. On a plusieurs révélations à te faire et … Je crois que tu ferais bien de t’asseoir.
Elle plongea son regard dans celui de l’écrivain et compris qu’elle n’allait pas forcément aimer ce qu’elle allait entendre. Castle lui révéla tout. Il savait ce qu’il risquait en lui parlant de Smith, mais il voulait être totalement honnête avec elle. Il détestait la faire souffrir et le voile qui fanait son merveilleux sourire lui creva le cœur. Esposito prit ensuite le relai et lui appris qu’ils avaient retrouvé Smith et le fameux dossier de Montgomery. Ils allaient pouvoir mettre le commanditaire du meurtre de Johanna Beckett derrière les barreaux.
Beckett resta silencieuse un moment. Toutes ces informations… Elle n’en revenait pas.
- Ils ont utilisé Jacinda pour vous séparer, expliqua Esposito. Ils devaient espérer pouvoir se débarrasser de vous plus facilement, si Castle ne veillait plus sur toi…
- Kate, dis quelque chose, je t’en prie, implora Castle.
Elle prit une grande inspiration et le regarda d’un air sévère.
- Finalement, je vais peut-être le détruire aussi, ton service en porcelaine hors de prix, soupira-t-elle, et tu peux dire adieu à ton dressing.
- Tu veux les clés de la Ferrari aussi ?
- Non… Sourit-elle. Je veux rentrer au poste et éplucher ce dossier. Je veux mettre ce fumier derrière les barreaux et…
- Et ? Répéta Castle.
- Et me consacrer à notre futur, termina-t-elle en lui prenant la main.
- Allons-y ! Dit-il incrédule et heureux. J’appelle le juge Markway, on va lancer la machine judiciaire !
Le capitaine Gates les rejoignit et sermonna sévèrement l’écrivain quant à son escapade en solitaire pour voler au secours de sa muse. Elle voulut les envoyer à l’hôpital pour un check up complet, mais Beckett s’entêta et exigea d’abord de rencontrer Smith et d’examiner le dossier de preuves de Montgomery. Elle ne voulait pas prendre le moindre risque de le voir disparaître. Toutes les preuves convergeaient vers un sénateur candidat à la présidence des Etats Unis. Pour protéger sa petite carrière, ce politicien corrompu n’avait pas hésité à tuer des innocents.
Beckett pensa à sa mère, lorsque quelques heures plus tard, elle lui passait les menottes en plein milieu d’une conférence de presse. Elle était exténuée, blessée et courbaturée, mais elle était enfin en paix. Le sénateur Bracken, meurtrier de sa mère, allait passer devant la justice.
La nuit était déjà bien avancée lorsqu’elle regarda Esposito emmener son ennemi juré derrière les barreaux, puis se tourna vers Castle.
- Ce fut une longue journée, soupira-t-elle.
- Elle est fière de toi, assura-t-il. Où qu’elle soit, elle est fière de toi.
Elle se blottit dans ses bras enfin heureuse et apaisée. Un raclement de gorge derrière eux leur indiqua qu’ils n’étaient pas seuls. Castle maugréa. Personne n’allait donc les laisser en paix ?
- Chef ? S’étonna Beckett en se retournant.
- Maintenant que je vous ai laissée boucler cette affaire, vous allez me faire le plaisir tous les deux de vous laisser emmener à l’hôpital pour un check-up complet !
- Mais chef, protesta Beckett, nous allons bien, il est inutile de…
- Pas de mais, lieutenant ! Vous avez été enlevée, blessée et subi plusieurs tonneaux dans un accident de voiture. Si ça se trouve, vos cervelles sont de véritables bombes à retardement! Alors vous filez à l’hôpital ! C’est un ordre !
- Bien chef, soupirèrent Castle et Beckett.
*************
Ce fut ainsi que Castle se retrouva une heure plus tard seul et vêtu d'une simple chemise d'hôpital dans un box. Les médecins voulaient le garder en observation durant quelques temps. Ce n'était vraiment pas de cette façon qu'il avait espéré terminer cette nuit-là! Il pensa à Beckett. Ils avaient été séparés à leur arrivée dans le service. Où était-elle ? Comment allait-elle? Il poussa un long soupir. Oh non, ce n'était vraiment pas de cette façon qu'il avait pensé finir cette nuit rocambolesque ! Le rideau bougea légèrement.
- Hey! Chuchota Beckett. Tu vas bien?
- Beckett?! Qu'est-ce que tu fais là? Ils ont fini de t'examiner?
- Pas vraiment, mais j'avais besoin de te voir, sourit-elle en l'embrassant doucement.
- Comment ça pas vraiment?
- Ils veulent encore me faire un ou deux examens, mais j’en ai marre, je me sens bien. Je me disais qu'on pourrait s'éclipser discrètement, chuchota-t-elle avec un air de conspiration.
- Mais... Les médecins ne seront jamais d'accord.
- Le principe quand on s'éclipse, c'est de ne pas demander l'autorisation! Dire que je pensais que tu étais calé en vocabulaire.
Il sourit.
- Et où voudrais-tu t'éclipser?
- Mhm… Surtout pas en forêt, mais pour le reste, je suis ouverte à toutes les propositions, sourit-elle.
- Il y a un seul hic...
- Lequel? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Les infirmières m'ont piqué mes vêtements, je me vois mal m'éclipser les fesses à l'air.
- Une éclipse de lune, ça pourrait être amusant, rigola-t-elle.
Chapitre vingt-cinq
Esposito faisait le récit des derniers évènements à son ami et équipier Ryan. Ce dernier décela facilement la culpabilité du latino quant à sa présence dans un lit d'hôpital.
- Ce n’était pas de ta faute, dit-il sans détour.
- Je suis ton équipier, contra Esposito, c’est mon job ! Je veille sur toi, tu veilles sur moi, c’est comme ça que ça marche !
- J'aurais dû sonner la cavalerie au lieu de poursuivre un ancien des forces spéciales seul. Il t'avait mis K.O, il était clair que je ne faisais pas le poids!
- C'est sûr, approuva le latino avec un petit sourire.
- Alors, vous l'avez coffré finalement? Demanda Kévin.
- Il n’est plus de ce monde, il était trop près de la voiture de Castle quand Beckett l'a fait exploser.
- Elle a explosé la voiture de Castle?
- Littéralement! Je la soupçonne d'avoir eu un peu besoin de se venger... Tu connais les femmes!
- Ouais, quand Jenny était en colère contre moi, elle a malencontreusement oublié une chaussette rouge dans ma lessive de vêtements blancs. Toutes mes chemises et mes caleçons sont devenus rose pâle!
Ils riaient encore quand Lanie arriva dans la chambre.
- Eh bien, je vois que l’ambiance est bonne ici !
- J’ai retrouvé mon pote, répondit Esposito, alors oui, l’ambiance est à la fête !
- Je suis ravie que tu ailles mieux, Kévin, dit sincèrement Lanie.
- Le doc a dit que je pourrais sortir dans deux ou trois jours, expliqua l’irlandais. J’ai hâte , parce que ce qu’on nous sert ici est vraiment immangeable !
- Et tu pourras compter sur Jenny pour te chouchouter, dit Lanie.
- Je rêve d’un lait chaud au miel, répondit Kévin d’un air rêveur.
- Alors, tu as pu voir Beckett? Demanda Esposito. Comment va-t-elle?
- Bien, je suppose, soupira la légiste.
- Comment ça, tu supposes?
- Apparemment, elle s'est fait la malle!
- Elle a quitté l'hôpital? Pourquoi?
- A ton avis? Castle aussi a disparu.
- Oh! Papa et maman se sont réconciliés, sourit Ryan.
**************
Le bruit des vagues s'échouant sur la plage à quelques mètres d'eux avait quelque chose s'apaisant. Emmitouflés dans une couverture, dans les bras l'un de l'autre, Castle et Beckett admiraient le ciel étoilé.
- Alors? Demanda Beckett.
- Tu avais raison, c'est la personne qui est dans vos bras, qui rend le câlin extraordinaire, sourit-il. Mais je t'en prie, ne me dis surtout pas d'où vient cette couverture! Je ne veux pas le savoir !
Elle éclata de rire tout en se blottissant un peu plus contre lui.
- Mais ça serait peut-être encore meilleur avec un plaid en cachemire…
Elle sourit et nicha son visage dans son cou, savourant le contact de sa joue avec sa barbe naissante, s'enivrant de son parfum.
- Ne me refais plus jamais ça, murmura-t-elle.
Il y avait une telle fragilité dans sa voix. La redoutable Kate Beckett mettait son âme à nue dans ses bras. Il s'en voulut encore plus de ce qu'il lui avait fait, si cela était possible.
- Plus jamais je ne te laisserai partir loin de moi, affirma-t-il la gorge nouée par l'émotion.
Elle caressa sa joue du bout du nez et l’embrassa tendrement. Il lui caressa doucement le dos. Quand sa main passa sous son pull, elle frissonna.
- Tu as froid ? Demanda-t-il.
- Dans tes bras, je n’ai jamais froid, répondit-elle en s’installant à califourchon sur lui. Par contre, tes caresses me font frissonner de désir.
Elle parsema son visage de petits baisers tout tendres.
- Ils doivent nous chercher partout, murmura-t-il en repensant à leur fuite de l’hôpital.
- Ils voulaient juste nous garder en observation pour la nuit. Je peux très bien t'observer moi-même, dit-elle d'un air coquin en levant son tee-shirt pour s’attaquer à son torse.
- Eh bien ! rit-il, si j’avais su que c’était ce qui m’attendait quand l’infirmière m’a dit qu’ils allaient me garder en observation, j’aurais accepté plus facilement !
Elle releva aussitôt la tête pour le dévisager les sourcils froncés.
- Oh ! Je ne pensais pas à ça ! Se reprit-il aussitôt. Enfin, pas avec l’infirmière, je veux dire ! C’est toi… Enfin, je veux dire que je n’imagine que toi pour remplir ce rôle !
- Castle, il faudrait que tu apprennes à te taire parfois, bougonna-t-elle en s’emparant de ses lèvres.
Le baiser fut langoureux, rien ne semblait pouvoir y mettre fin. Les mains de Castle passèrent de nouveau sous le pull de sa muse, caressant son dos. Quand il la retourna pour se retrouver au-dessus d’elle, ses caresses se firent plus intimes. Elle avait l’impression se sentir un brasier dans ses veines. Elle lui enleva complètement son tee-shirt puis le refit basculer sur le dos. Traçant avec ses baisers une ligne depuis son cou jusqu’à son nombril.
Elle s’attaquait eux boutons de son jean, lorsqu’il murmura :
- Epouse-moi.
Elle se redressa et le dévisagea interdite. Il la regardait. Il avait l’air si déterminé, qu’elle finit par comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une énième plaisanterie.
- Attends ? T’es sérieux, là ?
- Evidemment que je suis sérieux ! Je n’ai jamais été aussi sérieux de ma vie ! Répliqua-t-il. Pourquoi penses-tu que je ne suis pas sérieux ?
- Parce que tu es allongé sous moi et que je m’apprêtais à… Enfin, tu vois, quoi ? Les hommes disent souvent n’importe quoi quand ils pensent qu’on va leur faire très plaisir !
- Je ne pensais absolument pas que tu allais… Non, en fait, ça fait un moment que j’y pense ! A te faire ma demande, j'entends! Je crois bien que j’ai songé à t’épouser dès la première minute où je t’ai vue !
- Dès la première minute où tu m’as vue ? Répéta-t-elle sceptique. Tu crois vraiment que je peux avaler un truc pareil ?
- Et pourtant, c’est vrai ! Mais dans la minute qui a suivie, tu as commencé à parler et je me suis ravisé !
Elle le repoussa sur le sol et se releva aussitôt.
- Andouille ! Marmonna-t-elle en s’éloignant vivement.
- Mais attends ! Cria-t-il en se levant à son tour pour partir à sa poursuite. C'était une blague! Tes paroles m'ont envouté! Je pourrais t'écouter lire l'annuaire téléphonique, tellement tu es envoutante!
Il la rattrapa par le poignet. Elle lui lança un regard noir et se débattit. Il ne la lâcha pas pour autant. Plus jamais il ne la laisserait partir, il s’en était fait la promesse.
- Je suis fatiguée, Castle ! Je ne suis pas d’humeur pour tes plaisanteries douteuses !
- Ce n’était pas une plaisanterie ! protesta-t-il.
- Arrête ! Je sais bien que tu ne pensais pas à me demander en mariage quand on s’est rencontrés !
Pourquoi prenait-elle la mouche ? D’accord, il s’avait qu’elle n’était pas de celles qui croient au coup de foudre. Mais là, sa réaction était disproportionnée ! A moins que… ? Non ! Un sourire éclaira le visage de l’écrivain.
- Arrête de te moquer de moi, grogna-t-elle rougissante.
Il sourit de plus belle. Il en était certain à présent. Kate Beckett le désirait elle aussi. L’idée de devenir son épouse un jour s’était insinuée dans sa jolie petite tête et cela ne datait pas d'hier!
- Il faut que je te montre quelque chose, dit-il.
Elle haussa un sourcil, elle était sur la défensive. Il lui faudrait certainement encore un peu de temps pour l’apprivoiser complètement. Cette pensée l’amusa énormément.
- Il faut que nous rentrions au Loft pour ça, dit-il.
Elle resta silencieuse durant tout le trajet, mais accepta de lui tenir la main pour sortir de la voiture et ne la lâcha pas jusqu’à ce qu’ils fussent à l’intérieur.
Il l’entraîna dans son bureau, ouvrit un tiroir secret de sa bibliothèque et en sortit un petit écrin.
- Qu’est-ce que c’est ? Demanda-t-elle lorsqu’il le lui tendit.
Il ouvrit l’écrin. Une magnifique bague ornée d’un énorme diamant reposait sur un petit coussin.
- Je l’ai acheté il y a deux ans maintenant, expliqua-t-il. A cette époque, je t’avais proposé de venir passer quelques jours de vacances avec moi dans ma propriété des Hamptons.
Elle se souvenait parfaitement de cet été-là. Elle avait refusé par crainte de souffrir si elle lui ouvrait son cœur. Quand elle avait finalement compris qu’elle se mentait en sortant avec un autre alors que son cœur battait pour l’écrivain, il était déjà retourné auprès de son ex-femme. Comme elle avait regretté cette occasion manquée. Elle avait longtemps pleuré cet été-là.
- J’avais réalisé à quel point je tenais à toi, quand ton appartement a explosé, dit-il. J’ai acheté cette bague en espérant pouvoir te l’offrir… Et puis il y a eu Demming… Gina et puis Josh… Je t’aime Kate. Je crois que tu es la personne la plus remarquable, la plus frustrante, exaltante ... et la plus exaspérante que je n'ai jamais connue ! Et je t’aime !
Il mit un genou au sol et lui tendit la bague.
- Katherine Houghton Beckett, veux-tu m’épouser ?
- Depuis deux ans ? demanda-t-elle.
- Hein ?
- Tu as cette bague dans ton tiroir depuis deux ans ?
- Euh oui… Tu veux voir la facture ? Il y a la date dessus.
- Tu aurais pu la reporter quand… Pourquoi l’as-tu gardée ? demanda-t-elle.
Il se releva, les sourcils froncés. Il n’aurait jamais cru que sa demande en mariage tournerait ainsi. Il avait imaginé un non. Il avait imaginé un « dans vos rêves, Castle ! ». Il avait aussi imaginé un oui et une scène classée X qui aurait suivi sa demande. Mais pas ça. Décidément Kate Beckett ne faisait jamais rien comme tout le monde !
- Parce que je n’ai jamais perdu espoir, murmura-t-il.
Elle se jeta sur lui et s’empara de ses lèvres en riant et en criant « Oh ! Castle ! ».
- Donc, c’est un oui ? Demanda-t-il lorsqu’elle le laissa enfin respirer.
- Evidemment que c’est oui, répondit-elle en l’entrainant jusque dans la chambre. Oui, Richard Edgard Alexander Rodgers, je veux t'épouser!
**********
Le jour se levait doucement. Castle se réveilla en sursaut. Il se redressa dans son lit et regarda autour de lui inquiet. Il était seul. Non, ce n’était pas possible, il ne pouvait pas avoir rêvé ! Beckett entra dans la pièce, deux cafés à la main, vêtue uniquement d’une de ses chemises. Il sourit soulagé.
- Je t’ai fait un café ! sourit-elle en désignant les tasses.
- Alors ce n’était pas un rêve ?
- Non, ça c’est sûr, c’était pas un rêve !
Elle fit le tour du lit et vint s’asseoir à ses côtés. Elle lui donna sa tasse.
- J’avais raison de ne pas perdre espoir, future madame Castle.
- Donc tu n’as pas changé d’avis, futur monsieur Beckett ?
- Euh non ! Non, je n’ai pas changé d’avis, dit-il légèrement inquiet.
- Très bien, moi non plus, sourit-elle.
- Cool!
- Cool!
- Tu dois aller travailler ? Demanda-t-il soudain redoutant une réponse positive.
- Eh bien, dit-elle en déboutonnant doucement sa chemise, après la journée d’hier, j’ai besoin de repos et je pense que le Capitaine Gates sera d’accord pour me laisser une journée de libre…
- Ah ça tombe bien, répondit-il en l’aidant à enlever les derniers boutons, moi aussi, je dois garder la chambre… Ordre du médecin !
- Ah vraiment ? Celui à qui tu as faussé compagnie la nuit dernière? Je pense qu’il doit être furieux.
- Je lui enverrai un roman dédicacé et une boîte de chocolat en le remerciant pour ses bons soins. Ça devrait le calmer.
- Sans doute, sourit-elle. Alors, comme ça, tu es en pleine forme ?
- Absolument ! Alors qu’est-ce que tu aimerais faire aujourd’hui ? demanda-t-il en dégageant la chemise de l’épaule de sa fiancée.
- Euh, j’en sais rien ! On pourrait lire ?
- Ou regarder la télé ?
- Et on pourrait se commander à manger ?
- Oui on pourrait faire ça !
- Ouiiii ! rit-elle en se laissant entrainer sur le matelas.
La porte du loft claqua à ce moment-là et la voix de Martha retentit au loin.
- Richard, je suis de retour !
- Oh c’est pas vrai ! marmonna Castle en rejetant rapidement la couverture sur eux.
- Tu as dit qu’elle était dans les Hamptons ! Chuchota Beckett sous la couette.
- Elle devait aller dans les Hamptons ! Elle n’est pas censée être à New-York !
- Trésor, il faut qu’on discute ! Lança Martha dont la voix s’approchait.
- Ne me dis pas que ta mère va entrer dans ta chambre alors que je suis nue dans ton lit, chuchota Beckett.
- Bienvenue dans la famille, dit-il avec un petit sourire désolé.
Fin