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Série : Castle
Création : 25.08.2017 à 15h56
Auteur : caskett71
Statut : Terminée
« Hello, Me voilà avec une nouvelle histoire. se passe courant saison 4...... » caskett71
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CHAPITRE 11 : Et maintenant ?
Au petit matin, un frisson le réveilla. Le drap avait, volontairement ou pas, glissé entièrement du côté de la belle brune qui bien enveloppée, dormait à point fermé. Il sortit discrètement du lit pour ne pas la réveiller et enfila le jogging de la veille pour tenter de se réchauffer puis descendit à la cuisine, un café bien chaud l’aiderait à stopper ses tremblements.
À l’étage, Kate sortit de ses songes un peu brusquement. Elle s’assit sur le lit et regarda tout autour d’elle, la chambre était vide, elle était seule. Avait-elle rêvé ?
Il savoura une première tasse seul et la rejoignit dans la chambre. Il la retrouva assis au milieu du lit complètement perdue, limite apeurée mais lorsqu’elle le vit arriver deux tasses en mains, un large sourire accueilli l’écrivain.
- Hey, je t’ai fait un café. Dit-il en s’asseyant au bord du lit.
- Alors ce n’était pas un rêve ? Demanda-t-elle pour se rassurer, alors qu’il lui tendait sa tasse.
- Non, ce n’était pas un rêve. Mais si tu savais le nombre de fois où j’ai rêvé de ce moment et la quantité de douches froides qu’il m’a fallu pour revenir sur terre.
- Ha bon, pourtant je ne faisais rien pour provoquer ça. Dit-elle le plus sérieusement du monde.
- Quoi ? Tu te moques de moi là ?
- ????
- Toutes les fois où tu mettais des tenues provoquantes et sexy, ou quand tu faisais des allusions à peine cachées, à propos de glaçons, d’enfiler ce truc dans ce machin, des sexshop que tu connaissais et j’en passe et des meilleures.
- Mais ce n’était pas intentionnel.
- C’est ça, à d’autres….
Ils savourèrent leur café heureux de pouvoir se taquiner ainsi au petit matin mais le regard de Kate lui semblait fuyant. Comme si quelque chose la perturbait. D’un doigt sous le menton, il lui releva la tête.
- Qu’est- ce qu’il y a Kate ?
Elle était mal à l’aise mais voulait lui faire part de ses inquiétudes.
- Et maintenant ?
- Maintenant ?????
- Oui, maintenant, nous deux, où va-t-on ? Je veux dire….
- Je sais ce que tu veux dire. Tu as peur pour la suite ? Tu te demandes si ça va marcher entre nous ? Si je ne vais pas te laisser tomber au premier coup dur ? Mais Kate, quoi qu’il arrive, je serais toujours auprès de toi. Je t'ai attendu quatre ans alors maintenant que je t’ai enfin trouvée, je ne vais plus te laisser partir.
- Non Rick, je ne …..
- Je te connais Kate, je sais que tu as peur, et c’est normal.
Elle prit son visage entre ses mains et l’embrassa amoureusement.
- Merci.
- De quoi ? Demanda-t-il ?
- De me rassurer. D’être là. D’être toi tout simplement.
- Pour toi toujours. Déclara-t-il en plongeant son regard dans l’émeraude rendu brillant par l’émotion du moment.
Et il lui rendit son baiser chastement.
Il caressa son épaule légèrement découverte et y déposa ses lèvres chauffées par le café.
- Et à part ça, ça va ? Tu as bien dormis cette nuit, pas eu trop froid ?
- Oui ça va, j’ai bien dormi et même pas eu froid.
Là elle remarqua qu’il avait enfilé le survêt et le pull.
- Pourquoi tu me demande ça ? Tu as eu froid toi ?
- J’ai été réveillé par le froid car pendant la nuit Madame avait monopolisé tout le drap. Alors j’en suis à ma deuxième tasse de café et je commence juste à me réchauffer.
- Oh pauvre petit chou, viens vite sous les draps que je te réchauffe.
En disant cela elle avait laissé tomber le tissu qui la recouvrait et Rick s’aperçut qu’elle était encore complètement nue. Il posa rapidement les tasses et se retrouva sous les draps emprisonnant Kate sous lui, la couvrant de baiser. La température des corps et de la pièce ne tarda pas à monter, pour le plus grand bonheur de ses occupants.
Une heure plus tard ils savouraient une autre tasse de leur breuvage favori sous le porche dans les bras l’un de l’autre.
- Que veux-tu faire aujourd’hui ? Demanda-t-elle pour la forme mais ayant déjà une idée en tête.
- Je ne sais pas, on pourrait retourner sous la couette.
- Tu ne perds pas le nord toi, on vient juste de sortir du lit.
- C’est vrai, alors vivement ce soir qu’on se couche.
- Tu es incorrigible.
- Non, je suis amoureux.
À cette déclaration leurs regards s’accrochèrent, l’intensité du moment fit connecter leurs lèvres pour un tendre baiser.
- Moi aussi. Souffla-t-elle contre ses lèvres.
- Toi quoi ?
- Moi aussi je suis amoureuse.
Aux anges grâce à cette déclaration qui valait autant que des « je t’aime » il lui caressa la joue et l’embrassa chastement cette fois-ci.
- Alors que veux-tu faire ?
Cette fois c’était lui qui avait posé la question. Kate connaissait l’endroit mieux que lui et serait plus apte à proposer une activité.
- J’ai une idée, mais j’aimerais que tu me suives sans poser de question.
- Oh mais là tu viens d’aiguiser ma curiosité. On va où ?
Elle le regarda et son regard qui tue refit surface. Rick comprit le message et leva les mains en signe d’acceptation.
-Tout ce que tu dois savoir c’est que tu dois t’habiller, jeans, t-shirt, pull, souliers.
- Et tout ça tout de suite je suppose ?
- Tu as tout compris.
Une demi-heure plus tard elle fermait la porte de la cabane puis ils enfourchèrent la moto. Rick tendrement collé au dos de sa petite amie se laissait griser pas la vitesse et les courbes de la route. Ils se rendirent au la station de Kris qui sourit en les voyant arriver. Son cœur se serra mais le bonheur de Kate lui faisait tellement plaisir qu’il en oubliait sa peine.
- Bonjour vous deux. Je vois que vous avez suivi mon conseil.
Avant de dire quoi que ce soit, Kate l’enlaça en déposa un baiser sur sa joue mal rasée.
- Merci. Lui chuchota-t-elle à l’oreille. Je viens pour ce que je t’ai demandé hier.
- Bonjour Kris, Répondit Castle en voyant le bonheur dans les yeux de sa muse mais étonné par la suite.
- Suivez-moi au garage. Invita le pompiste.
Ils se retrouvèrent tous les trois dans l’atelier de Kris, une belle moto rutilante y trônait sur son pied. Ce fût la première chose que Rick vit en entrant et c’est vers elle qu’il se dirigea.
- Wah, elle est magnifique. Une Yamaha VF 1500 cm3, ça c’est une petite bombe.
Kris et Kate se regardaient en souriant. Elle n’aurait pas de peine à le convaincre pour la suite de la journée. Kris saisit un objet sur l’établi et s’avança vers la machine, il la descendit du pied central, mis la béquille et tendit les clés à l’écrivain. Le regard ahuri de Rick naviguait entre la moto, Kris et les clés qu’il lui tendait toujours. Un petit coup d’œil à Kate le conforta dans l’idée qu’il ne plaisantait pas.
- Kris ? Kate ? Je ne peux pas… Bégaya Rick.
- Vas-y, essayes-la.
Alors qu’il grimpa dessus et mit le contact faisant vrombir le moteur, Kate s’était rapprochée des deux hommes.
- Kris te prête sa moto pour la journée.
Il serra la main de Kris appréciant à sa juste valeur son geste.
- Kris je … je ne ……je ne sais pas quoi dire.
- Juste un merci et ça ira.
- Merci Kris. T’es vraiment un type super.
Mais il s’inquiéta tout à coup alors que Kris s’était éloigné vers le fond, dans une autre pièce.
- Kate mais je n’ai pas l’équipement pour rouler. Ton casque me va pour les petits trajets mais il est un peu juste pour le supporter toute une journée.
- Ne t’en fais pas Kris à tout ce qu’il faut et comme vous faites à peu près la même taille ça devrait aller.
Kris revint avec un blouson de motard en cuir, des gants et un casque assorti aux couleurs de la moto noir et jaune. Il s’équipa rapidement, tout lui allait trop bien. Kate lui proposa de faire un petit tour pour faire connaissance avec la machine et apprivoiser ses réactions. Il s’éloigna lentement prenant plus confiance en lui au fil des tours. Kate régla deux trois petits détails avec Kris avant de se préparer et d’attendre Rick devant les colonnes à essences avec son ami. Rick revint près d’eux, descendit de moto et vint étreindre fortement Kris qui ne touchait plus pied terre tellement Rick le soulevait. Une fois les effusions terminées, les deux amoureux prirent la route. Ils roulèrent jusqu’à Hartford profitant des grandes lignes droites de l’autoroute pour apprécier la puissance des engins. Rick souriant comme un gamin découvrant ses cadeaux le jour de Noël suivait Kate, de temps en temps un petit coup de Gaz et il venait se mettre à sa hauteur, ils discutaient deux mots puis il se remettait derrière elle, légèrement décalé sur sa gauche. À la sortie d’Hartford, ils firent une pause pour déjeuner dans un restogrill.
- Merci.
- Pourquoi ? demanda-t-elle.
- Pour cette balade, pour cette journée, pour m’avoir accepté auprès de toi.
Elle se leva au-dessus de la table et l’embrassa tendrement.
- C’est à moi de te remercier, car avant de te rencontrer, je ne savais pas ce que c’était de penser à quelqu’un et de sourire sans aucune raison.
Ému par cette déclaration, il se leva à son tour et lui rendit son baiser un peu plus passionnément.
- Pour en revenir à notre balade, où m’emmènes-tu ?
- Hmmmmm, j’avais envie de tirer jusqu’à Boston.
- Wah, y a encore un bon bout de route !!!
- Ben en fait on a déjà fait plus de la moitié, il nous reste même pas deux heures de route. Et j’aimerais bien te présenter des amies.
- À Boston ?
- Oui, je les ai rencontrées lors de la randonnée avec Kris…
- D’accord, alors on ne devrait pas tarder à y aller.
Ils remontèrent en selle et continuèrent sur la voir rapide. Pour le moment il y avait peu de véhicules et la circulation était fluide ce qui rendit la virée encore plus agréable pour nos deux amoureux. Ils approchaient gentiment de la ville alors Kate s’arrêta sur une grande place, Rick se parqua à côté d’elle et descendit de la moto pour se dégourdir les jambes.
- Je vais rentrer l’adresse sur mon GPS comme ça nous gagneront du temps.
Elle sortit la carte de visite de la détective et rentra les coordonnées du poste de police, en journée il y avait des chances pour qu’elle y soit. Ils reprirent la route, vingt minutes prévoyait le GPS. Les deux motards se faufilaient dans les rues découvrant les architectures variées qu’offrait la ville de Boston. Le symbole lumineux indiqua le dernier carrefour et ils purent enfin se parquer devant les bureaux de la BPD.
- Mais c’est un poste de police ?
- Oui, Jane est lieutenant à la police criminelle de Boston.
- Tu parles d’une coïncidence…. S’exclama Rick.
Ils se départirent de leur équipement et s’annoncèrent à l’accueil et furent guidé à l’étage de la criminelle.
Jane accoudée sur son bureau se tenait la tête entre les mains. L’uniforme les mena jusqu’à son bureau.
- Lieutenant Rizzoli, vous avez de la visite.
- Bonjour Jane, vous vous rappelez…..
- Lieutenant Beckett !!! La coupa l’italienne en levant vers les nouveaux arrivant un regard vide, fatigué, ce qui n’échappa pas au couple.
- On tombe peut-être mal ? Demanda Kate.
- Heuuuu non, enfin un peu. Répondit Jane embarrassé de ne pouvoir les accueillir d’une meilleure manière en lui serrant la main.
- Je vous présente Monsieur Castle, mon équipier.
- Enchanté de faire votre connaissance lieutenant Rizzoli.
- Moi de même Monsieur Castle, mais je vous en prie appelez-moi Jane.
- D’accord, et moi c’est juste Castle, ou Rick…
Ils se sourirent alors que les visiteurs découvraient du regard, les bureaux de la BPD.
- Et comment va votre amie, le docteur Isles ? S’enquerra Beckett.
Le regard plein de tristesse de Jane ne leur annonçait rien de bon.
- En fait, c’est pour ça que votre visite tombe un peu mal. Maura à disparue depuis hier soir, elle a été enlevée.
- Mais attendez, vous parlez du Docteur Maura Isles. S’inquiéta l’écrivain.
Les deux jeunes femmes se retournèrent étonnées vers lui.
- Tu connais Maura ?
- Pas personnellement mais pour mes livres j’ai lui beaucoup de ses articles et c’était très intéressant.
Kate fit face à la noiraude.
- Si vous avez besoin d’aide, d’un regard nouveau sur les faits ce serait avec plaisir.
Jane les regarda incrédules. La spontanéité et la sincérité de l’offre lui réchauffa le cœur.
- Ce serait avec plaisir mais je ne sais pas si vous êtes autorisés…..
- Je vais appeler ma chef, faites de même avec le vôtre et on sera vite fixé.
Sans plus attendre, elles partirent chacune de leur côté chercher l’approbation de leur supérieurs alors que Rick jetait un œil au tableau de l’enquête.
Elles revinrent en même temps sourires aux lèvres. En les contemplant, Rick ne pût s’empêcher de comparer les deux détectives et beaucoup de points commun lui sautèrent aux yeux.
- C’est OK pour ma chef. Déclara Kate.
- Pour le mien aussi. Confirma Jane.
Ils se posèrent devant le tableau des preuves jusqu’à ce que Vince Korsac et Franky Rizzoli, le frère de Jane, arrivent et soient présenté au New-Yorkais. Vince avait pu obtenir de la mairie le dossier de tous les bâtiments concernés par les détails de la peinture retrouvée par la scientifique sur le lieu de l’enlèvement. Ensembles ils repassaient tout en revue quand l’écrivain commença à s’agiter, il prit des dossiers, lu, compara et trouva.
- Le psy de la prison pour femme à Framigham, ce docteur Joe Harris. Il a aussi pratiqué dans cet asile, Akrush, qui est sur la liste des bâtiments qui correspondent à la fameuse peinture.
- Quoi ? S’exclama Jane en cherchant l’emplacement de cet asile sur la carte. Là, et il est isolé, en dehors de la ville.
Le docteur Kent Drake, assistant de Maura arriva avec d’autre résultats. Étonné de la présence de nouvelles personnes il fit quand même part de sa découverte.
- La peinture n’a jamais été soumise aux conditions climatiques, elle n’a jamais vu le soleil et recouvrait des murs humides, je dirais dans des sous-sols.
- Merci Kent, bon boulot. Apprécia Jane.
Le caskett se retourna en même temps et consultèrent les plans de l’asile Akrush.
- Il y avait des tunnels mais un éboulement les a condamnés. Annonça Kate.
Dans l’après-midi lorsque toute l’opération fut mise sur pied, tous prirent tous la route, même les New-yorkais, ils attendraient dans la voiture que l’interpellation soit faite, s’il y en avait une.
Le caskett patientait depuis près de trente minutes dans le véhicule de Jane et Kate commençait à trouver le temps long surtout qu’elle n’était pas du genre passive, mais plutôt active.
- Ce n’est pas drôle hein ? demanda Rick.
- Quoi ? Qu’est-ce qui n’est pas drôle ?
- De devoir attendre dans la voiture sans pouvoir participer.
- Heuuuu non ça va. Menti Kate qui trépignait sur place.
- Tu vois ce que j’endurais quand tu me menottais dans la voiture.
Elle sourit à ce souvenir, il avait quand même réussi à s’en sortir et avait été pris en otage par le criminel.
- C’était pour ton bien, et tu te rappelles comment ça a fini ???
- Oui, c’était la meilleure journée de ma vie….
Des coups de feu interrompirent leur discussion. Au coin du bâtiment ils virent le kidnappeur se faire tirer dessus et Jane qui s’approcha de lui en le tenant en joue. Ils comprirent qu’il était mort lorsqu’ils virent Jane prendre son pouls puis baisser son arme. Ils quittèrent leur habitacle lorsque les ambulanciers sortirent du bâtiment avec le brancard occupé certainement par le docteur Isles. Ils avancèrent doucement ne voulant pas gêner les soigneurs mais lorsque l’italienne les vit elle leur fit signe d’approcher.
- Maura, tu te souviens de …..
- Lieutenant Beckett. La coupa la blonde qui était un peu secouée mais en bonne santé. Oui bien sûr que je me souviens.
- Elle est venue avec son équipier le….
- Richard Castle.
Flatté qu’elle l’ait reconnu, il lui serra la main un grand sourire aux lèvres.
- Enchanté de faire votre connaissance docteur Isles.
Un ambulancier vint les prévenir qu’il devait emmener Maura à l’hôpital pour les contrôles de routines mais elle n’avait pas l’air d’être blessée. Francky et Korsac rentrèrent au poste clore le dossier tandis que Jane, Kate et Rick allaient à l’hôpital voir Maura. La légiste ressorti quelques heures plus tard avec seulement une contusion à la joue du au coup reçu par son ravisseur et une coupure à la main droite. Jane prit le chemin du poste pour que les deux visiteurs récupèrent leurs motos. Jane raconta à la légiste le rôle qu’avaient joué Kate et Rick dans la résolution de l’enquête, c’était grâce à eux qu’ils l’avaient retrouvée si vite. Devant le poste, lorsque les motards s’éloignèrent, Maura prit Jane par le bras et lui proposa quelque chose qu’elle s’empressa d’accepter. Sourires aux lèvres elles rejoignirent les deux amis.
- Kate, Rick, je ne sais pas ce que vous avez prévu pour le reste de la journée mais nous aimerions bien vous garder pour diner.
Les concernés se regardèrent mais comme Rick ne savait pas ce qui était prévu il laissa la parole à sa petite amie.
- En fait j’avais réservé un hôtel pour passer la nuit ici à Boston.
Rick la dévisagea tout content de cette surprise.
- Ha non on ne va pas vous laisser aller à l’hôtel, j’ai une grande maison ou il y a des chambres de libres.
- Mais on ne voudrait pas…..
- Aller allé pas d’histoire, ce soir vous êtes nos invités.
Quatre sourires, deus amoureuses bien heureuses de s’être retrouvées et un écrivain ravi de la surprise que voulait lui faire sa muse et Kate plus amoureuse que jamais.
Les deux motards suivirent la voiture de Jane dans le flot de circulation qui commençait à être moins fluide. Ils se parquèrent devant une belle villa beige entourée de verdure. Kate prit un sac dans le top Case et tous les quatre entrèrent dans la somptueuse villa.
Maura fit visiter sa demeure à ses nouveaux amis et leur attribua les chambres mais soudainement prise d’un doute, elle se retourna vers eux.
- Une chambre ou deux ?
Elle avait remarqué quelques regards tendres ainsi que des petits gestes discrets mais l’incertitude prit le dessus. Jane n’ayant rien vu la dévisagea étonnée. Kate sourit et se colla contre le torse de son petit ami qui la serra par la taille.
- Une suffira.
- Jane ferme la bouche ou tu vas avaler une mouche.
Elle râla juste pour la forme.
Elles laissèrent le jeune couple prendre possession de la chambre et la salle de bain pour faire de même de leur côté. Une fois seules, Jane enlaça Maura et l’embrassa comme jamais elle ne l’avait fait, autoritaire mais douce. Dans une autre pièce au fond du couloir, Kate et Rick se prélassaient dans l’immense douche italienne qui jouxtait leur chambre. Il massait délicatement les épaules de sa muse laissant ses mains glisser de temps à autre le long de sa colonne, sur sa taille fine et sur son ventre. Ses lèvres, elles, s’aventurèrent dans la nuque offerte devant lui, la tête en arrière, Kate appréciait grandement ce traitement.
- Merci ! Lui susurra-t-il à l’oreille.
Elle se retourna entre ses bras.
- Pourquoi ?
- Pour la surprise, l’hôtel, à Boston.
- Ben la surprise tombe un peu à l’eau.
- Ce n’est pas grave, on est à Boston et c’est mieux qu’un hôtel, en plus elles sont vraiment très sympa Maura et Jane.
Ils finirent de se laver mutuellement puis une fois séchés, Kate ouvrit son sac et Rick put voir ses affaires que Kate avait secrètement dissimulées sur la moto. Il s’approcha et l’embrassa tendrement.
- Tu as vraiment pensé à tout.
- Hmm, je crois oui.
Elle lui tendit sa trousse de toilette avec les produits qu’il avait achetés chez Kris. Puis ils profitèrent à tour de rôle de la salle de bain.
Ils s’habillèrent et descendirent rejoindre les deux femmes. Elles étaient occupées à la cuisine et les odeurs qui s’en échappaient laissaient présager un délicieux repas. Maura sourit en les voyant arriver bras dessus bras dessous et saisit tendrement Jane par la taille.
- Peut-on vous aider ? Demanda Kate.
- Non, vous êtes nos invités ce soir alors asseyez-vous et profitez. Invita Maura.
- Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Vin ? Bière ?
- Vin. S’exclamèrent en chœur les invités en souriant devant leur connexion.
Maura ouvrit une bouteille de vin rouge alors que Jane enfournait le plat et réglait la minuterie sur trente minutes. Installés tous les quatre au salon, ils faisaient plus ample connaissance, parlaient de leur boulot respectifs et des aventures qu’ils avaient vécu au sein de leurs postes. À Boston, c’était Hoyt qui avait pourri l’existence de Jane et Maura en leur faisant endurer les pires choses tandis qu’à New-York, Kate et Rick avaient eu à faire à Tyson et sa folie démesurée. Tout au long des discussions, le tutoiement était apparu sans aucunement gêner les interlocuteurs, ça c’était fait le plus naturellement du monde.
Alors que l’ambiance était bon-enfant, le ding de la minuterie retentit à la cuisine. Ils se levèrent tous les quatre et gagnèrent la cuisine. Jane posa les assiettes et couverts sur le bar mais lorsqu’elle se tourna pour mettre la table, Rick et Kate les avaient déjà disposés sur la table. Elle sourit et remercia les invités qui ne pouvaient pas rester là à les regarder s’agiter sans rien faire.
- En tous les cas ça sent divinement bon Maura. Que nous as-tu préparés ? Demanda l’écrivain.
- Maura est la spécialiste ES lasagne. Dit Jane en posant le plat au milieu de la table.
- Oh génial, j’adore ça. S’exclama Kate devant le rire des autres convives.
- Alors bon appétit tout le monde. Souhaita Maura en s’installant à côté de sa petite amie.
Le repas fût bien animé, entre les anecdotes de Jane, les vannes de Rick et les interventions trop intellectuelles de Maura, tous passèrent un bon moment, ravi d’être tous ensemble ce soir. Ils s’installèrent au salon pour prendre le café mais les tensions de la journée faisaient leur apparition, la fatigue prit le dessus et tous rejoignirent leur chambre pour savourer un repos bien mérité. Dans la chambre du Caskett, ils s’étaient glissés sous les draps et tout naturellement Rick vint se coller au dos de sa belle et ils s’endormirent dans la position de la cuillère. À quelques pas de là, Jane déjà sous les draps attendait Maura qui sortit enfin de la salle de bain et vint se blottir dans les bras de sa belle italienne, elle posa sa tête sur sa poitrine, là où son cœur battait, la régularité des battements l’apaisèrent et c’est ainsi lové qu’elles s’endormirent.
Deux positions différentes. Deux couples d’amoureux différents mais un seul mot pour décrire leur bonheur. L’amour, avec un grand A.
ATTENTION, , il va faire chaud.......
Chapitre 12 : Bye Boston
Au petit matin, le soleil inondant la chambre tira Kate de son sommeil. Elle se retourna lentement et se retrouva face au regard amoureux de son petit ami qui appuyé sur un coude la contemplait.
- Bonjour beauté.
- Bonjour toi. Ça fait longtemps que tu me regarde dormir.
- Non, juste dix minutes.
Elle se leva sur ses coudes et l’embrassa tendrement.
- Dix minutes à me regarder dormir, c’est flippant.
- Non, tu es tellement mignonne quand tu dors.
A son tour il s’avança et posa ses lèvres sur les siennes, de sa main dans sa nuque, elle les rapprocha et approfondit le baiser qui s’enflamma bien vite. Il se retrouva au-dessus d’elle, ses mains baladeuses s’aventurant sous son pull, titillant ses seins qui s’éveillaient sous ses caresses. Des gémissements sourds troublèrent le calme de la pièce mais en manque d’air les langues se calmèrent et les visages s’éloignèrent de quelques centimètres.
- Wah, des réveils comme ça j’en veux tous les matins. Proposa Rick devant le sourire de sa muse.
- Hmmm, c’est vrai que c’est tentant…
Quelques minutes plus tard, le Caskett rejoignait leurs hôtes à la cuisine ou une bonne odeur de café imprégnait l’espace.
- Bonjour vous deux. Lança Maura en les voyant arriver.
- Bonjour les filles.
- Vous avez bien dormi ? Demanda Jane en enlaçant sa dulcinée par derrière.
- Oh oui, comme un bébé. Merci de nous avoir invité Maura.
- Je t’en prie Kate, avec tout ce que vous avez fait pour aider Jane à me retrouver c’était la moindre des choses. Mais assez de blablas, venez manger.
Ils dégustèrent le copieux petit déjeuner préparé par la légiste dans la bonne humeur et programmèrent une petite visite de la ville avant que les New-Yorkais s’en aillent. Maura proposa à Jane de prendre le side-car qu’elle avait acheté quelques mois plus tôt ce qui ravi la noiraude.
Ils sillonnèrent la ville sous un soleil généreux et visitèrent le quartier historique au nord de Boston, ils longèrent les magnifiques jardins de Cambridge et firent une halte pour découvrir l’Aquarium de la Nouvelle Angleterre ou des créatures étranges amusèrent l’écrivain. Pour clôturer cette matinée de visite, Rick invita les trois jeunes femmes à déjeuner dans un Hard Rock Café. Le temps passa trop vite au gout de tous et en début d’après-midi ils rentrèrent chez Maura pour préparer leur retour. Les Adieux furent émouvant mais les promesses de se revoir un jour prochain leur redonnèrent le sourire, c’est ainsi que vers les quinze heures nos amis de la Grande Pomme reprirent la route direction Grennwood Lake.
Heureux de leur séjour à Boston et des liens qu’ils avaient tissé avec les filles, Kate et Rick avaient repris la route du retour. Elle souriait à tout va en revivant les derniers évènements. Elle avait enfin osé s’ouvrir aux autres, et à Rick en particulier mais il avait fallu cette violente altercation pour que la réalité lui saute aux yeux sur les sentiments qu’elle éprouvait à l’égard du bel écrivain. Ils allaient faire un bon bout de route ensemble, au propre comme au figuré.
Comme à l’aller, Rick suivait sa muse. Lui aussi était sur un petit nuage, il avait enfin fissuré ce mur qui faisait office de carapace et qui protégeait le cœur déjà bien meurtri de Kate. Dans le rétroviseur de la belle, il pouvait voir un sourire se dessiner sur ses lèvres. Un sourire qui ne la quittait plus depuis qu’ils avaient pu discuter à cœur ouvert, faire la lumière sur leurs sentiments et finalement s’avouer leur amour. Il se regarda dans son rétro et s’aperçut que lui aussi souriait radieusement. Soudain poussé par un besoin d’amour, il remonta à sa hauteur.
- Arrête-toi dès que tu peux. Cria-t-il.
Elle leva le pouce en signe d’acquiescement puis les guida sur une aire de repos peu fréquentée. Une fois débarrassé de leur casques, il s’approcha d’elle, la prit par la taille et lui donna le baiser le plus bouleversant de sa vie. Kate mit du temps à réagir mais une fois l’effet de surprise passé, elle agrippa sa nuque et se colla encore plus à ce corps autoritaire qui la fit flancher. Le baiser s’enflamma, les langues se mêlèrent au ballet langoureux et les mains se firent plus téméraires. À bout de souffle et les poumons en feu, ils finirent par se séparer. Fronts collés. Bouches humides mais souriantes. Mains actives mais douces. Ces deux corps s’étaient enfin trouvés, leurs cœurs pouvaient enfin battre à l’unisson.
- Wah. C’était en quel honneur ?
- Faut-il une raison particulière pour embrasser la femme de ma vie.
Kate rougit et cacha son visage dans le cou de son écrivain.
- Arrête, tu sais très bien que ça me gêne.
- Quoi ? Les compliments ? Les mots d’amours ? Ou bien l’amour tout simplement ?
- Tout, c’est trop………………...
- Alors je sens que tu vas rougir en permanence car je ne pourrais jamais m’en empêcher. Je te trouve belle, attirante, extraordinaire, et aucun mot n’est assez fort pour définir l’amour que je ressens pour toi.
Tendrement elle caressa sa joue et posa délicatement ses lèvres sur les siennes.
- Rick je ……..tu es l’homme de ma vie, je……
- Je sais Kate, j’ai déjà la chance que tu me fasses une place dans ta vie alors si c’est ces trois petits mots qui te font peur, je serais patient. Et je suis sûr que tu trouveras un autre moyen de me le dire. Une façon bien à toi de me le prouver.
- Oh Rick, qu’ai-je fais pour te mériter ?
- Rien, tu es juste toi, et c’est ce qui m’a fait craquer dès le début.
Un baiser voluptueux mis fin à cette pause gourmande. Juste avant de reprendre la route Kate attrapa le col du blouson en cuir de son amant et l’attira pour un dernier baiser.
- Si la même envie te reprend fais-moi signe. Lui glissa la belle d’une voix sensuelle avant d’enfourcher sa bécane et de donner un bon coup de gaz pour se remettre dans le flot de circulation.
Il sourit devant l’audace de sa muse puis embraya pour la rattraper. La route se faisait de plus en plus sinueuse, signe qu’ils approchaient de leur destination finale.
Rick rendit la moto à Kris en lui exprimant bien le bonheur que cela avait été de se prendre pour Easy Rider pendant ces deux jours avec sa belle.
Ils rentrèrent à la cabane exténués mais heureux. Kate rangea la moto pendant que Rick ouvrait la cabane et déballait les affaires. Une douce odeur de café chatouilla les sens de Kate lorsqu’elle entra dans la cuisine. Elle resta en contempler son homme, de dos qui finissait de remplir les tasses. Il la connaissait par cœur et savait ce dont elle avait envie. Le nectar noir qui était depuis toujours leur mot de passe, un trait d’union entre deux âmes qui communiquaient silencieusement. Elle s’avança et de ses bras autour de sa taille l’enlaça tendrement.
- Hmmmm ! Tu es un amour Rick, tu as lu dans mes pensées.
Il se retourna sans se défaire de cette douce étreinte et lui donna sa tasse. Ils trinquèrent à cette belle balade puis savourèrent leur café sous le porche tendrement enlacés. Kate remua légèrement ce qui sortit Rick de sa rêverie. Ils n’avaient pas encore changé de vêtements et elle se sentait mal à l’aise dans ses habits de motard. Elle étira ses jambes de façon à déplier son pantalon en cuir mais celui-ci resta en tas dans le creux des genoux.
- Ça ne va pas ? Demanda-t-il en la voyant gigoter.
- Si si ça va, c’est juste le cuir qui me colle un peu trop.
- Hmmm, il en a de la chance.
- Pardon ?
- Le pantalon, il a de la chance de te coller d’aussi près.
Elle le regarda lui, puis le pantalon et de nouveau lui.
- Tu n’as rien à lui envier, tu es aussi bien collé à moi. Le taquina-t-elle en riant.
- C’est vrai, depuis quelques jours, j’ai beaucoup de chance.
Ils se sourirent et resserrèrent leur étreinte autour de corps de l’autre.
- Tu sais de quoi j’ai envie maintenant. ? Demanda-t-elle un sourire taquin aux lèvres.
- Je crois deviner oui.
Il posa les tasses et la souleva telle une mariée pour l’emmener au salon où il la déposa délicatement sur le canapé. Il l’embrassa tendrement avant de s’éloigner vers le fond.
- Ne bouge pas, j’en ai pour cinq minutes.
Elle le regarda s’éloigner en direction de la salle bain et sourit charmée par l’initiative de son prince charmant. Encore une fois il avait devancé son désir et avait deviné ce qu’elle désirait. Elle ôta ses bottes, grimpa à l’étage se déshabiller et passer un peignoir en soie coloré puis redescendit au salon comme si de rien était.
Dans la salle d’eau, Rick faisait remplissait la baignoire et y ajouta des sels de bains parfumé qu’il avait trouvé en fouillant dans les placards, il y trouva aussi quelques bougies. Lorsqu’il entendit du bruit à l’étage il sortit prestement chercher un briquet pour finir ses préparatifs et retourna s’enfermer dans la pièce surchauffée. Une fois sa surprise prête il sortit et trouva Kate sur le même canapé mais sa tenue s’était légèrement allégée et elle avait relevé ses cheveux dans un chignon sauvage. Il s’approcha par derrière et ses lèvres caressèrent la nuque sensuellement offerte de sa muse. Un gémissement s’échappa de la gorge de la belle brune alors qu’elle l’enserrait de ses bras derrière la nuque. A contre cœur Rick s’éloigna de ce corps si attirant, il lui prit la main.
- Suis-moi.
Tous les deux se dirigèrent vers la salle du bien-être, elle allait pouvoir se détendre dans un bon bain moussant. Lorsqu’elle pénétra dans la pièce ses yeux s’écarquillèrent d’étonnement. Les flammes des bougies dansaient et présentèrent un magnifique spectacle entre ombre et lumière.
- Comment tu as….. ???? Où as-tu trouvé ces bougies ?
- Je me suis permis d’ouvrir les placards et j’ai trouvé les bougies et des sels de bains parfumé. J’espère que tu ne m’en veux pas ?
- De quoi ?
- D’avoir ouvert tous les buffets.
- Je ne peux pas t’en vouloir, tu es un amour d’avoir préparé tout ça.
- Je serais toujours aux petits soins pour toi Kate. Dit-il en l’embrassant amoureusement.
- Mais la surprise n’est pas complète n’est-ce pas ?
Il l’interrogea du regard ne comprenant pas sa question. Elle défit lentement le nœud de la ceinture de son peignoir faisant augmenter encore plus la température de la pièce.
- J’espère que tu vas me rejoindre dans la baignoire.
Elle l’embrassa et laissa choir le tissu de soie avant de se glisser dans l’eau bonne chaude. Rick, haletant devant tant d’audace, peinait à retrouver son souffle. Quelques gouttes d’eau giclée par la brunette le sortirent de sa contemplation.
- Tu….tu veux que je te rejoigne ???? Demanda-t-il incertain en se rapprochant de la baignoire.
Elle se leva et sans se donner la peine d’essuyer ses mains et commença à ouvrir les boutons de sa chemise.
- Oui mais si tu n’en a pas envie ce n’est pas grave, je me détendrais toute seule.
A peine eu-t-elle fini sa phrase que l’écrivain se trouvait nu devant elle. La lèvre inférieure de Kate fût prise en otage entre ses dents, tentant de cacher sa gêne mais surtout son excitation naissante.
Installés dos contre torse, ils profitaient de la chaleur bienfaisante de l’eau chaude et des senteurs des sels marins parfumés à l’eucalyptus. Rick baladait ses mains sur le ventre musclé de Kate, et elle avec sa fleur d’éponge lui massait les cuisses.
- Merci Rick. C’est vraiment ce que j’avais besoin après cette longue balade.
- Non ! Merci à toi d’avoir permis cette balade. Tu n’imagines pas à quel point j’ai été heureux de partager ce moment avec toi.
Elle se retourna légèrement et scella leurs lèvres. D’un baiser qui voulait dire « Merci », ils dévièrent vers un tout autre baiser, plus langoureux, plus ardent ce qui mit le feu à ces corps déjà chauffés à blanc. Rick surprit sa muse en saisissant autoritairement son sein et taquina sa pointe qui sous ses doigts durcit instantanément tandis que son autre curieuse se glissa plus au sud la faisant gémir contre ses lèvres. En manque d’air, ils se séparèrent mais leurs visages restèrent proches. Kate sentant les doigts agiles de son amant l’anatomiser intimement gémissait de plus belle, il avait trouvé son point sensible et s’amusait à la faire vibrer en le titillant davantage. Elle ne put empêcher ses jambes de s’écarter et de se poser sur les rebords de la baignoire lui donnant un plus large accès à cette source de plaisir. Elle aurait voulu lui rendre la pareil mais son corps ne lui appartenait plus, elle était là, à la merci des cet homme et de ses doigts sémillants. Se sentant proche de l’extase, dans un réflexe, elle suréleva son bassin hors de l’eau, Rick qui continuait sa douce torture s’empara de sa bouche, avalant ses gémissements de plus en plus sonores.
- Hmmmm… Rick………je vais……….. Haaaaaaa…….
Kate emportée au paradis par tant de volupté se laissa retomber dans l’eau éclaboussant la pièce. Rick, un sourire victorieux sur le visage, la tenait toujours contre lui, il avait posé la main sur sa poitrine, là où son cœur tentait de retrouver un rythme normal et il déposa un baiser sur sa tempe sentant les pulsations ralentir lentement.
L’eau ayant passablement refroidit, il prit l’éponge et commença à laver le corps divin de sa muse alors que celle-ci revenait gentiment sur terre. Lorsqu’il la sentit en pleine possession de ses moyens il lui proposa de sortir du bain. Ils se lavèrent et se séchèrent mutuellement avant de passer des vêtements confortables pour la soirée.
Rick mit en route sa playliste et ils préparèrent ensemble le repas, comme s’ils avaient déjà fait ça de nombreuses fois.
- Demain il faudra retourner faire quelques courses, on a presque plus de café. Fit remarquer Kate.
- Ok, et comme ça je pourrais donner des nouvelles à Alexis et à Mère. Et, heu…
- Oui ?
- Quand est-ce que tu comptes rentrer ?
- Pourquoi ? Tu t’ennuies avec moi ? Demanda-t-elle inquiète qu’il veuille déjà la laisser.
Il s’approcha lentement d’elle, la faisant reculer jusqu’à être coincée entre le frigo et le corps imposant de son petit ami. Il mit ses mains sur la taille fine de sa muse. Elle s’attendait à un moment câlin mais au lieu de ça, il commença à la chatouiller le long de ses côtes, ne la laissant pas échapper à cette torture. Essoufflé d’avoir autant ri qu’elle, il lui saisit les poignets et les immobilisa au-dessus de sa tête, l’embrassant tendrement.
- Je t’interdis de penser que je puisse m’ennuyer une seule seconde auprès de toi. Compris ?
- Compris.
- Et je te promets que jamais notre vie deviendra monotone.
Comme pour sceller cette promesse, ils s’embrassèrent amoureusement.
Ils mangèrent au salon, installés autour de la table basse puis dégustèrent les cafés délicieusement blottis sous une couverture devant le feu de cheminée que Rick avait allumé un peu plus tôt.
Les musiques rythmées avaient fait place à des morceaux plus doux, plus lents. Alors que le slow de Scorpions, Still loving you, finissait, le suivant les fit sourire tous les deux. Rick déposa un baiser sur la tempe de Kate, laissant la musique emplir la pièce et réalisant que les paroles d’Andrew Bell racontaient une histoire, leur histoire.
- J’aime cette chanson.
Ils se regardèrent avec de grands sourires, ils avaient prononcé cette phrase en même temps, prouvant encore ne fois leur connexion.
- Je l’ai entendue je ne sais combien de fois sans jamais prêter attention aux paroles mais aujourd’hui…..
- Elle parle de nous !
Comme bien souvent il avait fini sa phrase, sachant très bien ce qu’elle voulait dire. Ils se laissèrent encore bercer par quelques morceaux de musiques avant de se décider à aller se coucher.
Rick était déjà installé dans le lit, faisant un jeu sur son IPhone confortablement assis contre la tête de lit alors que Kate finissait de se préparer dans la salle de bain. Un grincement se fit entendre ce qui le fit lever la tête, et sa bouche s’ouvrit devant la déesse qui se tenait devant lui vêtue uniquement d’une nuisette violette courte et, très très transparente. Son téléphone lui échappa des mains sans qu’il s’en inquiète, il avait autre chose en tête à ce moment précis.
De sa démarche féline, elle s’avança à genoux sur l’édredon jusqu’à se retrouver à califourchon sur ses jambes, lui n’avait toujours pas esquissé le moindre geste, ni prononcé une seule parole. Elle scella leurs lèvres brièvement puis se pencha pour éteindre la lampe de chevet. Seul la lueur de la lune éclairait la pièce mais les regards n’avaient pas besoin de plus d’éclairage tellement leur intensité les faisait luire. Les mains de Kate se baladaient sur le torse puissant de Rick qui ne pipait toujours aucun mot.
- A moi de jouer maintenant.
Rick déglutit difficilement sentant des mains chaudes glisser inexorablement vers sa taille. Elle saisit le fond de son t-shirt et le fit disparaitre de l’équation en un éclair. Elle laissa à ses lèvres le soin de découvrir ce poitrail attrayant. Sa langue osa même titiller un téton qui se raffermit aussitôt, tirant de son propriétaire quelques soupirs de plaisirs.
Jamais au grand jamais il n’aurait imaginé la grande Kate Beckett autant entreprenante et audacieuse mais il aimait ça. Elle jouait avec son corps une magnifique partition et il se sentait grimper les échelons de la portée pour l’aider à arriver au sommet de son art. Les mains expertes de la détective avaient réussi à faire disparaitre son boxer d’un claquement de doigt et maintenant ses mains, ses lèvres s’appliquaient à le faire vibrer. Son envie d’elle fièrement dressée contre son entre-jambe en devenait presque douloureuse. Elle était douée mais il voulait aussi participer au concerto. Les mains de l’écrivain se faufilèrent sous son déshabillé et le passa au-dessus de sa tête puis d’un mouvement rapide qui la surprit, il la fit basculer en arrière, la recouvrant de son corps sans toutefois l’écraser. Elle avait voulu jouer mais elle aussi avait senti son corps réagir et maintenant il devenait presque urgent de dépenser toute cette fougue jusque-là retenue.
- Maintenant Lieutenant Beckett, nous allons jouer cette symphonie en duo.
Kate se mordit la lèvre attendant avec envie la suite des réjouissances. Il glissa sa main vers sa féminité mais au souffle court et ses joues rosies de désir, il la savait prête pour jouer la dernière portée, celle qui menait en crescendo au bouquet final. Il s’insinua en elle lentement et se retira aussi sec ce qui fit grogner sa partenaire. D’un coup sec il la pénétra en lui levant les jambes au-dessus de ses épaules, ce qui le fit butter plus profondément en elle. Kate surprise mais aux anges, agrippa les draps alors que son amant accélérait le tempo de ses a coups. Sentant sa libération arriver, il taquina de son pouce, ce point si sensible qui la faisait tressaillir à chaque fois. Le corps luisant de sa belle s’arqua sous lui dans un soubresaut et il sentit aussitôt son sexe être prisonnier de cette jouissance. Ce fut le coup de grâce pour lu, il se laissa aller à l’extase et dans un râle commun, ils chantèrent la dernière note de cette partition magique, ou magnifique ou magnifiquement magique.
Il se laissa tomber à côté d’elle hors d’haleine. Essoufflés ils l’étaient tous les deux, ravis, et heureux ils l’étaient aussi.
- Osez l’amour, osez les projets, osez l’aventure, et parce qu’elle est toujours trop courte, osez la vie qu’il disait le philosophe, et bien il avait raison. Oser la vie avec toi et mon plus beau rêve et je suis comblé que tu veuille oser avec moi. Déclama-t-il.
Elle se blotti contre le corps de son amant, qui l’entoura de ses bras forts et aimants.
- Maintenant auprès de toi moi aussi j’ose tout. Même te dire………..Je t’aime Rick.
Le plus beau sourire de l’univers prit place sur les lèvres de l’écrivain qui contempla sa muse délicieusement lovée contre lui. Ils restèrent ainsi, à contempler les reflets de la lune et les ombres des arbres qui jouaient à se faire peur en dessinant des formes abstraites. Rick sentait les doigts de sa muse dessiner des formes sur son torse, signe qu’elle ne dormait toujours pas. Il n’avait toujours pas eu de réponse à sa question.
- Kate ?
- Hmm
- Tu ne m’as pas dit. Quand comptes-tu rentrer ?
Elle se coucha à plat ventre sur lui, plongea son regard dans l’azure et se perdit dans sa contemplation. Elle poussa un long soupir, cherchant une réponse à lui donner.
- Je ne sais pas, peut-être après-demain. Ça irait pour toi ?
- Oui très bien. Ce n’est pas que je suis pressé de rentrer mais Alexis a besoin d’être rassurée, et Lanie aussi.
- Ok alors on rentre samedi après-midi, et dimanche je viendrais la chercher pour passer un moment avec elle discuter.
- J’ai une meilleure idée.
- Ah oui, dis-moi.
- En rentrant samedi on passe chez toi prendre quelques affaires et tu viens au loft avec nous.
- C’est une idée oui, mais tu crois qu’Alex…..
- Arrête, je t’ai dit qu’elle ne t’en voulait plus du tout. Alors c’est réglé, on fait comme ça.
Elle soupira en se recalant contre son torse brûlant.
- D’accord. Bonne nuit mon chéri.
Elle ne vit pas le sourire qu’arborait le visage de l’écrivain à l’entente de ce petit nom affectueux.
- Bonne nuit mon cœur. Murmura-t-il sans savoir si elle l’entendrait ou pas.
Elle aussi souriait avant de sombrer dans un profond sommeil.
ohhhhh je m'aperçoit qu'il y a passablement de passage coquin dans cette fic.....encore un à venir....
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Chapitre 13 : Oh la belle vie.
La nuit fut bénéfique pour ces corps endolorit par les nombreux kilomètres parcourut la veille. Kate émergea la première et s’extirpa discrètement des bras de l’écrivain. Sur le seuil, elle le regarda dormir et elle comprit. Elle aussi aimait le regarder alors qu’il était encore dans les bras de Morphée. Il avait senti son absence et avait étreint son coussin, y plongeant son visage orné d’un sourire enfantin.
Kate referma doucement la porte et descendit préparer le petit-déjeuner. Elle savoura une première tasse de café sur le perron, se laissant bercer par le roulis des vagues et le chant des oiseaux qui égayaient cette douce matinée. Depuis plusieurs années, elle n’avait plus eu l’occasion de profiter de ces moments de détente loin de la ville, de ses tumultes et du bruit incessant, ça lui manquait. Revigorée par la fraicheur matinale, elle se remit derrière le fourneau et finit la cuisson ses pancakes. Lorsqu’elle posa sur la table sa dernière préparation, elle vit Rick qui la contemplait depuis les escaliers.
- Bonjour toi.
- Bonjour mon cœur. Dit-il en l’accueillant d’un tendre baiser.
- As-tu bien dormi ? T’as eu moins froid ? Demanda-t-elle en servant les cafés.
- J’ai dormi comme un bébé, et tu m’as tenu chaud, jusqu’à ce que tu te lèves. C’est le manque de ton corps qui m’a réveillé.
- Oh pauvre chou. Et comment tu feras quand nous seront rentrés et que tu devras dormir seul ?
Rick l’enlaça par derrière et chuchota à son oreille.
- Tu pourrais venir vivre avec moi au loft, comme ça le problème ne se poserait pas.
Il la sentit se raidir entre ses bras et se frappa mentalement de vouloir aller trop vite. Leur relation avait évolué seulement depuis quelques jours et lui, la voyait déjà emménager au loft. Quel sombre idiot il pouvait être quand ses sentiments prenaient le dessus.
- Kate….
- Rick…..
Ils s’étaient exprimés en même temps, comme biens souvent mais cette fois-ci ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde. Kate n’avait jamais laissé personne franchir cette muraille mais pour une fois elle se sentait confiante et heureuse, elle voyait en Rick son chevalier en armure qui venait la délivrer de ses chaînes. Elle voulait lui donner sa confiance mais ça allait trop vite. Elle le sentit relâcher son étreinte et se poser devant elle.
- Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur. Notre relation est toute fraiche et moi je t’en demande trop. Je suis désolé. Je m’en veux de vouloir aller trop vite.
Encore une fois. Il avait de nouveau deviné le pourquoi de son malaise, et tentait de l’apaiser. Elle se mit sur la pointe des pieds et l’embrassa amoureusement.
- Ce n’est pas de ta faut Rick. Tu fais tout juste mais c’est moi qui me braque à chaque fois. Tu es le premier à lire en moi aussi facilement, qui a trouvé mes faiblesses et qui m’aide à m’ouvrir aux autres sans que je perde mes repères. Alors ne t’excuse pas, parce que j’ai vraiment envie d’aller de l’avant avec toi.
- Mais ? Car il y a un mais n’est-ce pas ?
- Mais ça va juste un petit peu trop vite pour moi. Il me faut juste un peu de temps pour chasser mes peurs et me faire à l’idée que quelqu’un tient à moi.
- Kate, tu n’as pas à avoir peur. Quand j’aime quelqu’un, je le prends en entier, avec toutes ses attaches, toutes ses obligations, toutes ses peurs. Je prends son histoire, son passé et son présent. Je prends tout ou rien. Alors laisse-nous une chance de construire notre futur.
Émue par cette déclaration, elle lui donna le baiser le plus bouleversant qu’il n’avait jamais reçu. Il participa de bon cœur à cet échange, couvrant son visage de petits baisers et l’étreignit chaleureusement de ses bras forts.
- Tu es un amour tu le sais ça ?
- On me l’a déjà dit oui. Répondit-il fièrement, un sourire espiègle sur le visage.
En retour il reçut une tape amicale sur le torse qui le fit gémir exagérément. Elle leva les yeux au ciel mais au fond d’elle-même elle savait que c’était comme ça qu’elle l’aimait.
- Aller arrête de faire l’idiot et viens manger avant que ce soit froid.
Ils firent honneur aux petits plats préparés par Kate et ne laissèrent rien perdre.
Un peu plus tard ils prenaient la route de la station services pour faire quelques emplettes en prévision des derniers jours qu’ils allaient passer à la cabane.
De retour de commission, ils profitèrent de la chaleur pour aller nager dans le lac. Les températures élevées de ses derniers jours avaient passablement chauffé l’eau et elle était plus qu’agréable. Kate enfila un petit maillot deux pièces noué sur les côtés et avait trouvé un short de bain pour lui. Ils préparèrent un petit pic-nic et un sac avec des affaires puis, en moto, rejoignirent un endroit que Kate voulait lui faire découvrir. Une fois parqué, elle lui prit la main et le mena à travers les bosquets pour déboucher sur une petite crique isolée ou se mélangeaient herbe et sable blanc. Rick admira le décor qui s’offrait à lui. Jamais il n’aurait pensé trouver un endroit autant paradisiaque au bord de ce lac aux allures pourtant si sauvages.
- Alors, qu’en dis-tu ? On s’installe ici ?
- Bien sûr, c’est absolument magnifique.
Le soleil cognait déjà bien fort alors ils installèrent les affaires à l’ombre d’un arbre bien feuillu et se départirent de leurs habits superflus.
Main dans la main ils s’avancèrent vers l’eau, laissant les vaguelettes venir mouiller petit à petit leurs pieds, puis les jambes. Quand l’eau arriva aux hanches, Rick resserra la main de Kate et sourit car elle aussi devait se faire violence pour ne pas repartir en arrière. La différence entre l’eau pourtant bonne et la température de leurs corps surchauffés rendait la tâche ardue. Rick se mouilla gentiment le ventre, la poitrine, il jeta un coup d’œil à sa petite amie qui faisait pareil puis regarda sa main plein d’eau. Il retourna son visage vers Kate au même moment qu’elle et n’eût juste pas le temps de voir arriver la gerbe d’eau qu’elle lui lança.
Elle éclata de rire en entendant le cri de surprise, peu viril, qu’il laissa échapper. Sentant la vengeance arriver, elle s’éloigna de lui en plongeant dans l’onde fraiche du lac. Elle émergea quelques mètres plus loin hilare, Rick, les mains sur les hanches, préparait sa vengeance. Il imita sa belle et plongea pour la rejoindre en quelques brasses. Il surgit devant elle en la saisissant par les jambes pour la jeter plus loin. Elle avait senti le coup venir, mais se laissa faire. En refaisant surface, elle se laissa porter par le mouvement de l’eau qui faisait onduler son corps. Rick l’admira un instant avant de la rejoindre et d’adopter la même position qu’elle. Il lui prit tendrement la main et l’amena à ses lèvres pour y déposer un baiser. Ils se laissèrent bercer par l’ondulation des flots toujours main dans la main.
Un soupir sonore de la belle brune sortit l’écrivain de son ataraxie. Il se releva, posa les pieds sur le fond sablonneux et vint poser son menton sur l’épaule de Kate, sans la faire couler. Il glissa ses mains le long de son dos, jusqu’à ses reins et la tint contre lui. Elle passa ses mains derrière sa nuque pendant que les lèvres de l’écrivain prenaient d’assaut son oreille, la mordillant au passage, puis leurs bouches se caressèrent lentement alors que le corps de Kate revenait en position verticale. Elle se tourna dans les bras costauds qui l’enserraient et passa ses jambes autour de sa taille. Le baiser s’intensifia faisant monter la température des deux corps enlacés.
Rick grogna lorsque les mouvements de Kate s’accentuèrent sur son bas-ventre, réveillant sa virilité. Ils furent brusquement interrompus dans leurs ébats lorsqu’une famille de canards sauvage prit son envol non loin d’eux, ce qui les fit sourire. Les regards s’assombrirent et les lèvres recommencèrent leur ballet frénétique. Rick passa ses mains dans le dos de la détective et dénoua les liens du haut de Kate qu’il lança sur le sable.
Immergé jusqu’aux épaules, il peinait à tenir en place, alors il s’avança de quelques mètres en direction de la plage pour plus de stabilité. La poitrine de Kate maintenant à l’air libre lui permettait de l’atteindre de sa bouche. Kate, les mains derrière la nuque de son amant, se laissa aller en arrière, appréciant la langue chaude qui tournoyait autour de son téton, il s’appliqua à donner le même traitement à son jumeau. Kate de ses jambes agiles s’employait à le débarrasser de son short qui avec l’eau collait à son homme mais le grognement qu’il émit annonçait sa réussite. Elle passa sa main sur son sexe dont l’état ne cachait rien de son envie alors que lui, tira sur les ficelles de sa culotte qui atterrit non loin de son haut. Les deux amants s’adonnaient à un jeu érotique que leurs corps avaient l’air de connaitre à la perfection. Elle rapprocha leurs bassins et se frotta à sa virilité turgescente lui tirant des râles d’impatience. Alors qu’elle remontait légèrement ses hanches pour continuer son supplice, il s’inclina un brin vers l’avant et lorsqu’elle redescendit, au lieu de glisser le long de ce membre viril, elle s’empala sur son sexe, criant de surprise. En ouvrant les yeux elle tomba sur un regard ravi du tour qu’il venait de lui jouer.
Elle se laissa lentement partir en arrière se laissant flotter mais toujours fermement rivée à son petit ami. Il agrippa ses hanches et commença de lents vas et viens faisant onduler l’élément qui les entourait. Kate s’accrocha aux mains de Rick et se laissa emporter par la douce sensation de lui en elle. Il la retint au-dessus des flots pour qu’elle ne coule pas et accéléra la cadence frappant fort et profondément en elle. Rick lâcha sa prise et l’obligea à passer ses jambes au-dessus de l’eau pour finalement les poser sur ses épaules. Il remit ses mains sur sa taille et reprit ses a coups. Kate gémissait de plus belle sentant la délivrance arriver, n’ayant rien à quoi se retenir, elle se cramponna aux mains puissantes de son homme et cria lorsque l’orgasme la frappa, s’en suivit un grognement animal quand le délice de la libération emporta son écrivain fantastique.
À bout de souffle mais encore tremblant, leurs corps se détachèrent et s’abandonnèrent à la légèreté que leur procuraient les eaux redevenues calmes.
En quelques mouvements de bras Kate se retrouva près de son amant.
- Tu m’as bien eue.
Il rigola franchement devant la franchise de sa belle.
- À force de me chercher, on me trouve lieutenant de mon cœur.
Les pieds au sol, ils vérifièrent s’ils étaient toujours seuls dans les environs pour pouvoir rejoindre la plage dans la tenue d’Adam et Eve. Rick lui prit la main, attrapa son short qui flottait à quelques mètres d’eux et c’est au pas de course qu’ils regagnèrent la rive pour s’enrouler dans leurs serviettes chauffées par le soleil.
Rick renfila difficilement son short mouillé alors que Kate avait déjà remis son bikini, aidée par les ficelles qui le retenaient.
Ils s’enduisirent mutuellement de protection solaire puis s’installèrent entre ombre et soleil pour déguster la savoureuse collation qu’ils avaient emmenée.
Paresseusement allongé sur le sable chaud, le couple se laissa submerger par la fatigue et s’endormi paisiblement enlacé. Heureusement que le soleil jouait à cache-cache entre les arbres et ne dardait pas ses rayons brûlants continuellement sur ces corps apathiques sinon le réveil aurait été difficile pour nos amoureux.
Depuis quelques minutes, un moustique avait décidé d’agacer notre écrivain farfelu. L’insecte se promenait sur le torse massif du bellâtre. Il se gratta, pensant avoir chassé l’importun mais ce ne fût pas le cas. Il revint à la charge sur sa poitrine délicieusement offerte à son exploration. Une petite claque et ce fût fini de l’indésirable, que nenni, il revint à la charge sur son bas ventre, diantre qu’elle était agaçante cette bestiole, et tenace en plus. Une claque plus forte que la précédente et le moustique éclata de rire devant sa gaucherie, un rire cristallin qu’il connaissait, mais non, comment un insecte pouvait rire ? Non, ça ne pouvait pas être….
- Non mais Kate, t’as fini oui. Dit-il en la voyant hilare, brandissant un brin d’herbe.
- Désolée mais c’était trop tentant.
Il se leva sur un coude et la fixa intensément. Il aimait son rire. Il aimait la voir heureuse et de savoir qu’il était à l’origine de ce bonheur le comblait de joie. Soudain devant le sérieux de son ami, elle se senti mal. Avait-elle mal agit ? Pourquoi la fixait-il aussi profondément ?
- Rick, qu’est-ce qu’il y a ?
Il s’avança vers son visage et l’embrassa passionnément.
- Je t’aime.
Rien de moins, rien de plus. Juste ces trois petits mots qui voulaient tout dire. Elle lui rendit son baiser caressant tendrement sa joue.
- Moi aussi je t’aime.
Ils se réinstallèrent sur la couverture tendrement enlacés, profitant des derniers rayons du soleil qui allait se cacher d’ici peu.
- Et si on pensait à rentrer ?
- Dommage, on était si bien.
- Oui mais dans un moment les vrais moustiques vont nous dévorer tout cru alors vaudrait mieux se hâter monsieur Castle.
Il se mit sur pied illico presto, emballant les affaires et les restes du repas. Ils enfourchèrent la moto et Rick les ramena à la cabane sans encombre.
Le lendemain ils allaient rentrer à New-York, Kate appréhendait un peu la discussion avec Alexis mais elle voulait rassurer la rouquine, et se rassurer elle-même par la même occasion. Elle allait retrouver son travail, ses amis aux poste, le capitaine Gates, qu’elle devait remercier pour la semaine de congés imprévues. Mais elle savait qu’elle allait retourner travailler le cœur léger, heureuse des changements que sa vie venait de subir et que la relation avec son partenaire ai abouti à quelque chose de vrai et sincère. Rick la tira de ses songes lorsqu’il déposa un verre de vin devant elle sur la table basse et s’assit à côté d’elle.
- Perdue dans tes pensées ?
- Hmm.
- Ça va ? S’inquiéta l’écrivain devant le visage sérieux de sa muse.
- Oui oui ne t’en fais pas.
- C’est le retour de demain qui te fait soucis ?
- Non.
- Kate ?
- Oui, c’est vrai. J’appréhende quand même un peu la discussion avec ta fille.
- Tu n’as pas à t’inquiéter, sois toi-même et tout ira bien. Malgré la réaction qu’elle a eu elle t’aime beaucoup, je sais qu’au début elle t’admirait, tu étais un modèle pour elle.
- Au début ??? Et c’est comme ça que tu penses me rassurer.
- Ce que je veux dire c’est que maintenant, et je pense que c’est grâce à toi, elle sait ce qu’elle veut faire de sa vie. Si elle veut faire du droit c’est parce que tu l’as inspirée par ton intégrité, ta droiture, ton sens du devoir.
- Alexis est une fille bien, et je pense que même sans moi elle serait devenue quelqu’un de bien.
- Peut-être. Peut-être pas. Mais je suis sûr d’une chose.
- Laquelle.
- Je suis sûr que tu vas trouver les mots qu’il faut et que vous allez devenir les meilleures amies du monde.
- Je l’espère oui.
Ils se blottirent dans les bras l’un de l’autre alors qu’un gargouillement se fit entendre. Rick éclata de rire devant le visage confus de sa bienaimée.
- Je crois qu’il est temps que je te nourrisse ma chère amie.
- Non pas question, ce soir c’est moi qui cuisine alors tu peux aller prendre une douche en attendant.
Rick se leva et se mit au garde à vous de façon comique.
- A vos ordres, belle détective.
Il s’enferma dans la salle de bain alors que Kate sélectionnait des morceaux de musique pour rythmer ses gestes. Elle s’attela donc à la préparation d’un rizotto aux bolets et safran et pendant que le tout mijotait, elle dressa une jolie table, elle sortit une nappe blanche, des bougies et des serviettes bleues pour colorer le tout. Elle posait les derniers services lorsque deux bras humides l’enserrèrent tendrement.
- Oh non, tu es encore tout mouillé.
- Ben, c’est ce qui arrive quand on prend une douche. Non ?
- Oui mais en général, on se sèche lorsqu’on en sort. Dit-elle en se retournant dans ses bras et en lui piquant un baiser sur les lèvres. Aller, file te sécher avant d’attraper la mort.
- Oui maman.
Puis il se rendit à l’étage pour se vêtir. Lorsqu’il redescendit, une bonne odeur de safran et de bolet parfumait la pièce. Kate, qui bougeait au rythme de la musique, posa la salade sur la table et s’apprêtait à appeler son petit ami lorsqu’elle le vit en train de l’observer depuis le bas des escaliers.
- Ça devient flippant tu sais.
- Quoi ?
- Ta façon de me fixer comme ça.
Il s’avança lentement sans la lâcher du regard et une fois assez proche, l’embrassa passionnément.
- C’est parce que j’ai toujours de la peine à croire que tout ce qui m’arrive ces derniers jours vrai, j’ai l’impression que je vais me réveiller et que tout cela ne se sera jamais passé…..Aïe !!!! Mais pourquoi tu m’as pincé ?
- Pour que tu te rendes compte que ce n’est pas un rêve.
- Sadique va.
- Dis que tu n’aimes pas.
Sourire aux lèvres, elle quitta son étreinte et devant le regard ahuri de son petit ami retourna à la cuisine ou la finition du repas l’attendait.
- Wah, c’est magnifique. Ajouta l’écrivain en voyant la belle table qu’elle avait dressée.
- Rien n’est trop beau pour toi.
Leurs regards s’accrochèrent comme bien souvent et l’étincelle qui y brilla attesta que le chemin de leur amour naissant serait encore long et enchanteur. Avec un écrivain elle ne pouvait que rêver d’une romance poétique et fantastique. Ils se sourirent mutuellement face à l’évidence de leur connexion.
CHAPITRE 14 : Bonjour les dégâts.
Ils furent ramené sur terre pas le ding de la minuterie que Kate avait mis pour parer à tout éventuel écart puisqu’il n’était pas rare que leurs projets changent en cours de route et aboutissent dans une tout autre pièce.
- À table, c’est prêt.
- Hmmm ça sent délicieusement bon.
- Oui, je sens qu’on va se régaler.
Galant, il lui tira la chaise, l’aidant à s’assoir puis ouvrit une bouteille de vin blanc. Ils trinquèrent à cette toute nouvelle vie qui s’offrait à eux et savourèrent le repas en tête à tête.
- Kate, c’était un régal. Je ne savais pas que tu cuisinais aussi bien.
À la fin de sa phrase il réalisa que son propos pouvait être blessant, il releva la tête et vit Kate qui souriant en secouant la négativement la tête.
- Désolé, parfois je ferais mieux de me taire. S’excusa-t-il très vite.
- C’est rien. Tu ne pouvais pas le savoir vu que les rares fois où je t’ai invité on s’est toujours fait livrer des repas.
- Exact.
- Mais j’aime bien cuisiner. C’est juste que je n’ai pas beaucoup de temps, et quand je rentre le soir après le boulot j’ai rarement envie de me mettre aux fourneaux pour cuisiner, d’autant plus pour une seule personne. Alors je commende des plats à l’emportés. Mais là, avec toi, j’aime prendre le temps de t’épater.
- Alors là c’est réussi. Je suis épaté et conquis par ta cuisine. Et moi j’aime beaucoup cuisiner et je suis prêt à te préparer des petits plats aussi souvent que tu le voudras.
Elle se mordit la lèvre timidement mais finit par laisser un grand sourire éclairer son visage. Jamais elle ne se lasserait de ses compliments.
Il se leva et commença à desservir, aussitôt imité par Kate.
Après avoir tout rangé, ils s’installèrent sur la véranda, délicieusement blotti l’un contre l’autre sous une couverture, deux cafés fumants devant eux.
- C’est notre dernière soirée ici. Soupira Castle.
- Oui mais nous pourrons revenir, à moins que tu préfères les Hampton ?
- Oh non, j’aime aller dans les Hampton pour faire la fête avec des amis ou la famille mais ici, c’est…
- C’est ???
- C’est plus intime, il y a peu de monde, on est isolé, et le cadre est paisible. Alors oui je reviendrais avec plaisir ici, avec toi.
- Et on pourrait inviter une fois Alexis.
- Hmmm. Fit Rick contrarié.
- Quoi ? Tu ne veux pas ?
- Pour le moment j’aimerais bien qu’on garde ce petit coin de paradis pour nous, alors plus tard peut-être.
- D’accord, comme tu veux. C’est ta fille après tout.
Elle avait dit ça d’un ton neutre mais Rick ne sut pas comment prendre cette remarque. Kate avait souvent été de bon conseil lorsqu’il s’inquiétait pour sa fille mais là il avait l’impression d’avoir fait ou dit quelque chose qui l’avait chagrinée. Il s’éloigna d’elle et la fixa intensément.
- Kate, c’est quoi cette remarque.
Kate ne comprenant pas le sens de la question l’interrogea du regard.
- Tu as dit « c’est ta fille après tout.»
- Oh ne le prend pas mal mais je ne veux pas décider pour toi de ce que tu peux dire ou pas à Alexis, je ne veux pas m’immiscer entre vous et….
- Arrête ! Tu as toujours trouvé les bons mots et les bons conseils à propos d’Alexis lorsque j’en avais besoin alors tu peux toujours dire ce que tu penses. D’accords ?
- D’accords ! Acquiesça-t-elle dans un bâillement sonore.
- Oh on dirait que bien que le lit nous appelle.
Il se leva en lui tendant la main et après avoir tout fermé ils regagnèrent leur chambre. Tendrement enlacés, ils ne mirent pas longtemps avant de sombrer dans les doux bras de Morphée.
Le lendemain matin, ils s’étaient occupé de ranger la chambre, préparer leurs bagages, bien qu’ils n’aient pas grand-chose, il fallait tout de même arriver à tout caser dans les sacoches de la moto et le sac à dos de Rick. Ils gardèrent à portée de mains le stricte nécessaire et décidèrent de regagner la grande pomme après le déjeuner. Pendant que Rick préparait le repas, Kate était partie au bord du lac se promener.
À New-York la vie allait reprendre son cours normal mais maintenant elle avait un petit ami, ils allaient être assaillis de questions par leurs amis car comme Lanie était au courant grâce à Alexis, Javier et Kevin devaient l’être aussi. Elle redoutait la discussion avec Alexis mais surtout elle redoutait l’interrogatoire de sa meilleure amie. Lanie n’avait pas sa langue dans sa poche et lorsqu’il s’agissait de la vie intime de Kate, elle se régalait de voir son amie mal à l’aise devant ses questions indiscrètes. Kate rit toute seule en repensant au nombre de fois que Lanie l’avait poussée à sortir avec l’écrivain et au nombre de fois qu’elle avait nié avoir des sentiments pour lui.
Elle sursauta lorsque deux bras forts l’encerclèrent dans une tende étreinte.
- Excuse-moi je ne voulais pas te faire peur. S’excusa-t-il en posant son menton sur son épaule.
- Ce n’est rien, j’étais juste ailleurs.
- Je suppose que tu étais déjà à New-York ? Avec une jeune rouquine. ?
- Hmmmm, oui et non. En ville oui mais pas avec Alexis, avec une métisse très très curieuse.
- Hoooo. Lanie !
- Je pense qu’à mon retour je vais avoir droit à un interrogatoire en bonne et due forme.
- Et moi certainement aussi de la part des Bros…..et si on leur racontait tout autre chose ?
- Comme quoi ?
- Heeuu, ben disons qu’on a parlé, beaucoup parlé et que tu m’as fait comprendre que mes sentiments ne sont pas partagés et que je préfère t’avoir comme amie plutôt que ne pas te voir du tout.
Sans se défaire de son étreinte, elle se retourna pour lui faire face, passant ses mains dans sa nuque, jouant avec ses cheveux.
- Hmm je ne sais pas trop. Et je pense que Lanie a certainement dû leur parler donc je ne pense pas que ce soit crédible. Et puis je n’ai pas envie de faire semblant. Je sais qu’au poste on devra faire attention que Gates ne nous surprenne pas sinon elle risque de te mettre dehors, mais avec nos amis je n’ai pas envie de me cacher. Je suis heureuse et j’ai envie de partager ce bonheur avec eux.
Ému par cette déclaration, il l’embrassa amoureusement. Alors que le baiser commençait à s’enflammer, le portable de Rick bipa.
- Qu’est-ce que c’est ? Questionna-t-elle. Je croyais qu’il n’y avait pas de réseau ici.
- C’est la minuterie, elle annonce que le repas est prêt.
- Oh je vois que Monsieur est prévenant.
- Je suis obligé car quand je suis avec toi j’oublie tout. Heureusement que la respiration est automatique sinon je crois que j’oublierais même de respirer.
Troublée par ses mots, elle se blotti contre lui et ils regagnèrent la cabane bras dessus bras dessous. Rick avait concocté un festin avec le peu de victuaille qu’ils avaient. Un gratin de pâtes aux légumes et une salade verte. Ils savourèrent leur dernier repas à la cabane sur la véranda, profitant du soleil qui baignait généreusement la région depuis quelques semaines.
Le moment du départ était arrivé. Ils avaient tout rangé, verrouillé toutes les fenêtres et la porte. Kate lui montra la cachette pour la clé et ils reprirent la route. Ils passèrent saluer Kris et le remercier encore pour avoir permis la balade en moto. Après quelques embrassades et des conseils pour la rentrée, notre couple d’amoureux s’engagea sur le chemin du retour. Kate conduisait prudemment sur la route sinueuse et légèrement gravillonneuse. Rick tendrement collé au corps envoutant de sa belle suivait les mouvements de la moto, appréciant les longues courbes et les accélérations modérées que Kate métrisait avec panache.
Il était content de retrouver sa mère et Alexis, elles devaient certainement se faire du souci pour eux, comme il n’avait pas pu donner des nouvelles régulièrement mais il savait déjà qu’elles allaient être folles de joie pour eux. Depuis le temps que Martha le poussait à avouer ses sentiments, elle avait senti que Kate attendait juste un petit coup de pouce du destin pour se lancer mais connaissant ces deux zoulous, ce jeu du chat et de la souris aurait pu durer encore longtemps. Elle devait être aux anges de savoir qu’ils s’étaient enfin arrêtés de jouer et avaient passé aux choses sérieuses. Un trou dans la chaussée le ramena à la réalité et il serra un peu plus fort sa petite amie. Kate sentit les bras de son passager accentuer la pression autour de son corps.
- Ça va ? Cria-t-elle pour se faire entendre à cause du vent qui fouettait leurs visages et sifflait dans les oreilles.
- Oui, très bien. Je suis content de rentrer, et d’être collé à toi.
Elle rigola, secoua la tête et se recula de façon à ce que Rick lui serve de dossier. Il ne s’en plaint pas et posa son menton sur son épaule, souriant à tout va. Il était heureux, et ça se voyait.
Après une demie heure de route, Kate fit une pause dans un relais routier pour soulager sa vessie et Rick profita pour se dégourdir les jambes au milieu des gros camions. Lorsqu’elle revint, elle lui tendit les clés.
- A toi l’honneur.
Il la regarda surpris mais ravis de pouvoir emmener sa belle à destination. Ils inversèrent les places mais reprirent les mêmes positions, Rick s’appuyait un peu moins en arrière mais ils étaient quand même bien collés. Le trafic devenait de moins en moins fluide vu qu’ils approchaient de la ville. Rick redoublait de vigilance et de concentration mais parfois le destin nous joue des tours que même la plus grande attention ne peut éviter.
Sa tête lui lançait abominablement. Pourquoi ? Ils étaient parfaitement bien blottis l’un contre l’autre sur le chemin du retour, lui tenant fermement le guidon de la moto de sa belle, et elle amoureusement accrochée à sa taille, laissant de temps en temps ses mains remonter sur son torse. Ils étaient si bien flottant comme sur un nuage de bonheur.
La route était déserte. Etrange. Tout à coup, plus personne pour les gêner sur cette route. Le bitume noir laissa sa place à un chemin de terre blanche enveloppé d’un épais brouillard, soudain la moto disparut et il tomba brutalement. La descente aux enfers sembla durer une éternité, mais sa chute prit fin lorsqu’il se retrouva couché dans un cocon moelleux. Son corps se crispa soudainement puis se détendit presque aussitôt. Il se sentait si bien alors pourquoi cette soudaine douleur lancinante lui tambourinait-elle le crâne. En plus de ça des bruits étranges et sourds lui arrivaient aux oreilles, comme si tout était feutrés ou lui parvenaient de loin. Bizarre. Ces bruits n’avaient rien à faire sur une moto. Pourquoi entendre des discussions alors qu’ils se baladaient en moto avec Kate. Déroutant tout ça.
Bip…………bip……………bip…bip..bip..bip….
- Docteur, il se réveil !
L’homme en blouse blanche s’avança vers son patient et scruta les mouvements de paupières.
Docteur ? Pourquoi y avait-il un docteur sur la moto avec eux ? Docteur-mobylette ? Non, ce n’était pas possible. Il se débattit sur son lit mais des mains douces et chaudes se resserrèrent sur ses poignets, une voix douce lui demanda de se calmer et d’essayer d’ouvrir les yeux. Il tenta une fois mais la luminosité l’aveuglait, il les referma aussitôt.
- Attendez, je vais fermer les rideaux, proposa une voix féminine…………….voilà, allez-y.
Il renouvela l’essai qui s’avoua concluant mais flou. Il cligna plusieurs fois et sa vision devint plus nette mais ses idées, elles, étaient encore toutes embrouillées. Il ne savait pas ce qu’il faisait là, dans cette pièce froide et impersonnelle qui ressemblait fort à une chambre d’hôpital. Une chambre d’hôpital ?
- Où suis-je ?
- Vous êtes à l’hôpital Holy Name de New-York. Vous avez étés admit en urgence après-midi suite à un accident de moto. Nous avons dû vous opérer du bras gauche pour réduire une fracture ouverte…………..
Accident. Son cerveau avait beugué au mot accident. Il n’avait pas entendu la suite de la phrase de l’homme en blanc. Ses neurones tentaient de retrouver des connexions mais son crâne le lançait si affreusement qu’il mit sa main valide sur sa tempe pour essayer de calmer l’armées de petits nains qui lui martelaient la tête. Soudain son visage se figea malgré la douleur toujours présente.
- Où est Kate ? Où est ma petite amie ?
Le docteur et l’infirmière se regardèrent, les visages étaient graves. Rick les regardait à tour de rôle et ce qu’il voyait n’augurait rien de bon. Devant le mutisme de ses interlocuteurs, il commença à s’énerver et à vouloir se lever.
- Ne vous énervez pas comme ça et restez coucher sinon je vais devoir vous calmer. Menaça le docteur, ce qui n’eut aucun impact sur l’écrivain qui tentait toujours de se défaire de leur emprise.
L’infirmière sonna et du renfort arriva pour le maintenir allonger tandis que le docteur lui injectait un calmant. L’effet fut immédiat et Rick se laissa retomber sur le lit éreinté et groggy.
- Je vous avais dit de rester calme. Je vous ai juste donné un tranquillisant pour que puissiez récupérer doucement.
Rick sentait son corps l’abandonner. Il abdiqua, ferma les yeux mais un regain de lucidité refit surface.
- Comment-va ma petite amie ? Demanda-t-il sans ouvrir les yeux tellement ses paupières se faisaient lourdes.
- C’était votre passagère ? Demanda l’infirmière en posant une main douce sur son bras valide.
- Oui, elle s’appelle Kate Beckett. Articula difficilement Rick.
- Je sais qu’elle est arrivée en même temps que vous et qu’elle a été emmenée au bloc dès son admission mais j’en sais pas plus. Je vais aller me renseigner mais vous devez me promettre de rester coucher et de vous reposer. Compris ?
- Compris. Consentit l’écrivain bien malgré lui.
Il entendit les pas légers de l’infirmière s’éloigner et s’arrêter sur le pas de la porte.
- Au fait, moi c’est Mélanie. Précisa-t-elle avant de quitter la pièce.
Il sourit faiblement tout en ayant toujours les yeux fermés. Dès qu’elle eut fermé la porte il laissa couler les larmes pudiquement retenues jusque-là. Terrassé par les médicaments, il finit par s’endormir quelques minutes plus tard.
Alexis et Martha, paniquées par le coup de fil reçu un peu plus tôt par la police, arrivaient à l’accueil. Elles avaient eu très peu de renseignements sur leur état, juste qu’ils avaient eu un accident de moto et qu’ils étaient dans cet hôpital. Une des réceptionniste les guida à travers un dédale de couloirs pour enfin atteindre accès aux urgences. Un infirmier les accueilli et consulta ses notes mais il ne put guère les renseigner. Il leur désigna la salle d’attente et partit se renseigner auprès d’autres collègues.
Ailleurs dans le même hôpital.
Bip…bip…bip….
Tout son corps n’était que douleurs et souffrances. Pourquoi ? Ces sensations n’avaient rien à faire là alors qu’elle se baladait en moto avec Rick. Elle était délicieusement accrochée à sa taille, sa poitrine fermement collée au dos de son pilote du jour avec la chaleur du vent qui lui fouettait le visage. Alors pourquoi se sentait-elle si mal ? Pourquoi le long ruban d’asphalte avait soudainement disparut pour laisser place à un voile blanc qui lui cachait la vue ? Ce voile, du brouillard. Un brouillard si épais qu’elle pouvait même marcher dessus mais ses pas ne l’amenaient nulle part, ses jambes bougeaient mais son corps refusait d’avancer.
Bip…….bip…….bip………
Dans le bloc opératoire numéro 3 une jeune femme brune se battait contre un destin tragique. Elle n’avait jamais cru à la destinée, aux âmes sœurs et toutes ces choses chimériques auxquelles croyait Rick. Elle, il lui fallait du concret, du logique, son esprit cartésien n’arrivait pas à laisser une place aux élucubrations insensées qui peuplaient l’imagination prolifique de son petit ami et cela donnait parfois lieux à des échanges assez cocasses
Là, couchée sur cette table froide son corps semblait ne plus lui appartenir, elle le sentait souffreteux, tourmenté.
Bip…..bip……biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii……………….
- Docteur elle fibrille. Cria l’anesthésiste.
- Préparez le défibrillateur, chargez à 150.
Tout le monde s’éloigna de la table et le médecin choqua sa patiente dont le corps se secoua mais le tracé resta plat. Un assistant pratiqua le massage cardiaque pendant que le second choc se préparait.
- Chargez à 200. Écartez-vous.
Les mêmes gestes, les mêmes regards tournés vers l’écran.
Bip…bip..biiiiiiiiiiiii
Deux bips puis à nouveau un tracé plat. Cela n’annonçait rien de bon.
Des soubresauts la secouèrent mais une sérénité envahi tout son être. Elle sentait son corps s’alléger, son esprit s’apaiser. Enfin elle se sentait bien, les douleurs s’amenuisaient et finalement ses pas produisaient leurs effets, enfin elle avançait. Mais où ? Vers quoi ses pas la portaient-elle ? Elle en avait aucune idée mais la sensation de devoir avancer l’emportait sur son questionnement alors elle laissa ses jambes s’activer. Ses pieds nus s’enfonçaient dans le chemin moelleux qui la guidait dans son périple incertain.
Une autre secousse et sa conviction d’aller tout droit s’effritait peu à peu. Pourquoi doutait-elle tout à coup, cet endroit était si merveilleux, doux et accueillant mais une petite voix résonnait dans sa tête « Non Katie, n’y va pas. Retourne vers celui qui t’aime. » Mais comme d’habitude, Kate n’en faisait qu’à sa tête, elle voulait aller voir ce qu’il y avait plus loin. Derrière cet épais brouillard elle devinait un éclat d’une blancheur virginale. Têtue et curieuse, elle continuait à avancer vers son destin qu’elle n’imaginait pas aussi tragique.
- Chargez à 300. Aller Mademoiselle, vous êtes jeunes, battez-vous, vous pouvez le faire. Encouragea le chirurgien en se replaçant pour continuer sa tentative de réanimation.
Il déclencha le troisième choc qui fût plus violent que les précédents ce qui secoua brutalement le corps inerte de la détective. Tous les regards étaient rivés sur le moniteur, témoin de la vie ou de la mort des patients qui fréquentaient cette pièce aseptisée et froide.
CHAPITRE 15 : POURRA-T-ON LA SAUVER ?
Dans sa chambre, l’écrivain revenait gentiment parmi nous après une bonne heure de sommeil. Son esprit était encore trop brumeux pour remettre tous les évènements dans l’ordre. La douleur à la tête avait diminué mais un petit élancement lui rappela pourquoi il était là, à l’hôpital. Il regarda tout autour de lui mais la chambre était désespérément vide. Aucun signe de l’infirmière. Rick essaya de se relever mais son bras meurtrit se rappela à son bon souvenir lorsque dans son mouvement un éclair douloureux lui traversa le corps. Il ne put empêcher un cri de jaillir de sa bouche mais il serra les dents le temps que la douleur s’amenuise. Une fois calmé, il jura en regardant la grosse attèle qui tenait fermement son bras immobilisé. À ce moment-là l’infirmière, le regard affolé, fit son entrée.
- Ca va monsieur Castle ? Je vous ai entendu crier jusqu’au bout du couloir. Demanda inquiète Mélanie.
- Oui, désolé, j’ai voulu bouger mais mon bras……..
- Attendez, je vais vous aider à vous redresser.
Elle lui montra les boutons qui commandaient les positions du lit et lui redressa le dossier.
- Merci. Avez-vous pu vous renseigner pour Kate Beckett ? Demanda-t-il terrifié tellement il avait peur que la réponse ne fût pas celle espérée.
Le visage de Mélanie devint grave, elle n’aimait pas annoncer ce genre de nouvelles, surtout à d’autres patients mais elle savait qu’elle devait le faire alors elle tenta de le rassurer comme elle put.
Rick vit son changement d’attitude et le sérieux de son expression. Il commença à se sentir mal. Non, ça ne pouvait pas être aussi grave, Kate allait bien, il ne pouvait pas la perdre, pas maintenant qu’ils s’étaient enfin trouvés. Ses yeux s’embuèrent mais il se retint de les laisser s’échapper.
- Mademoiselle Beckett est toujours au bloc, et ça à l’air assez sérieux. Je suis désolée mais c’est tout ce que j’ai pu avoir comme renseignements.
Rick se laissa tomber en arrière sur le coussin et les larmes qui jusque-là n’avaient pas passé la barrière de ses cils ruisselèrent abondamment sur sa blouse d’hôpital. L’infirmière émue de voir ce grand gaillard lâcher prise s’éclipsa discrètement et décida de trouver des informations sur l’état de cette jeune femme nommée Kate Beckett. Elle discuta avec sa collègue quelques secondes puis descendit plusieurs étages en quête d’un infirmier ou toute autre personne pouvant l’aider.
Biiiiiiiiiiiii…………………..
Dans une salle toute blanche, Kate qui attendait son tour patiemment assise sur un nuage douillet sentit une autre secousse agiter son corps. Elle regarda autour d’elle et se demanda ce qui lui arrivait et ce qu’elle faisait là. Tout était si blanc, si dénué de vie, elle se leva et partit à la recherche d’un élément qui lui indiquerait où elle se trouvait et surtout pourquoi elle était à cet endroit. Elle ne vit personne mais un couloir étroit la mena dans un hall, devant elle trois portes blanches numérotées et une chose étrange attira son attention. Les numéros des portes changeaient aléatoirement. Elle regarda défiler les chiffres lumineux mais chaque cinq secondes ils changeaient sans avoir aucune suite logique ou point commun entre eux. Elle fixa encore plus attentivement les numéros et sursauta lorsque quelqu’un arriva à côté d’elle. Un bel homme ( Georges Clooney) d’une cinquantaine d’années légèrement grisonnantse tenait là. Il la contempla de la tête aux pieds le visage fermé, presque sévère.
- Que faites-vous ici mademoiselle ?
- Heu, je …..je ne sais pas. En réalité je ne sais pas où je suis.
- Oh, je vois, encore une indécise.
- Je vous demande pardon ? S’étonna la brunette.
- Vous êtes dans l’antichambre du paradis. Mais si vous êtes encore ici c’est que votre âme n’est pas vraiment prête à quitter votre enveloppe charnelle, et qu’il y a certainement encore des choses, ou quelqu’un qui vous retiennent parmi les vivants.
Kate abasourdie par cette découverte n’en revenait pas. Elle était presque morte et elle attendait patiemment son tour pour accéder au paradis. Elle n’arrivait pas à y croire mais en repensant à certaines choses qui venaient de se passer les pièces du puzzle se mettaient en place gentiment. Elle se souvenait d’être en moto avec Rick, derrière Rick et puis un gros coup de frein et un mélange de bruits, klaxons, crissement de pneus, tôles froissées et une douleur au bas du dos. Ils avaient eu un accident, et elle était là, à attendre pour aller au paradis.
- Non, je ne peux pas.
L’homme la regarda en coin. Il ne savait pas pourquoi mais cette femme l’intriguait. Elle paraissait perdue mais aussi étrange que cela pouvait paraître, il avait l’impression qu’elle savait que ce n’était pas là qu’elle devait aller.
- Vous ne pouvez pas quoi ?
- Ce n’est pas le moment pour moi. J’ai encore tellement de choses à faire sur terre. Il y a des gens qui tiennent à moi, mon père. Mon Dieu, mon père, que deviendrait-il s’il venait à me perdre aussi.
- Aussi ??
- Ma mère a été assassinée, il n’a plus que moi.
- Ohhhh.
- Que dois-je faire pour retourner parmi les miens ? Demanda-t-elle plus déterminée que jamais.
- Vous devez choisir une porte, si ce n’est vraiment pas votre heure, votre cœur choisira le bon numéro et vous retournerez sur terre.
- C’est tout ?
- Oui, c’est tout. Mais par contre si votre heure est venue, on se revoit derrière cette même porte.
Kate quitta l’homme du regard et fixa son attention sur les trois portes où les numéros défilaient sans cesse devant ses yeux. Sans savoir pourquoi, elle se dirigea vers la porte qui venait d’afficher le 1470, ce numéro semblait lui parler, l’encourager à venir vers lui, il semblait même l’apaiser. Sa main tremblante se posa sur la poignée. Un dernier regard à l’homme en blanc qui la fixait mystérieusement. Elle lui sourit puis appuya sur la poignée sans hésitation.
bip………………bip……….
- On a un pouls. Annonça l’anesthésiste.
Bip……….Bip……….Bip……..
Les bips retrouvèrent un rythme régulier. Le chirurgien regarda le moniteur quelques secondes, le temps de constater la régularité des battements puis il replongea ses mains dans l’abdomen ensanglanté et continua son job pour donner sa patiente toutes les chances de s’en sortir.
- Pouls fort et régulier.
- Bien joué.
Le chirurgien s’approcha du visage de Kate.
- Je savais que vous étiez une battante alors continuez comme ça et je m’occuper de vous rafistoler.
Il reprit sa position devant le champ opératoire et fit ce qu’il savait faire de mieux. Sauver des vies. Après avoir stoppé l’hémorragie et refermé la plaie, il s’attela à une autre tâche plus délicate celle-là.
Martha et Alexis avaient réussi à avoir le numéro de la chambre de Rick et savaient qu’il était réveillé. C’est donc légèrement rassurées qu’elles entrèrent dans la chambre.
En entendant la porte de sa chambre s’ouvrir, l’écrivain essuya rapidement d’un revers de main une dernière larme. A peine eu-t-il le temps de voir le visage des nouvelles arrivantes qu’une tornade rousse de jetait à son cou. Martha encore sous le choc n’avait pas bougé du seuil de la chambre.
- Oh papa, j’ai eu si peur.
- Hey, regarde-moi pumkin, je vais bien.
Elle le reprit dans ses bras alors que Rick apercevait enfin sa mère toujours immobile, une main sur sa bouche tentant d’étouffer un sanglot.
- Bonjour mère. Lui adressa Rick avec un léger sourire en lui tendant sa main valide.
La matriarche s’approcha du lit de son fils et Alexis lui céda sa place dans les bras de Rick.
- Mon Dieu Richard, j’ai eu si peur. Chuchota-t-elle.
Il lui montra son bras plâtré.
- Ça va, je vais bien mère.
- Et Katherine ? S’inquiéta Martha.
Alexis releva les yeux vers son père et la tristesse qu’elle vit dans son regard l’effraya encore plus.
- Richard, où est Katherine ? Redemanda Matha la voix chevrotante.
- Elle est toujours au bloc et je n’en sais pas plus.
Il se laissa retomber contre le coussin et une larme glissa silencieusement sur sa joue.
- C’est de ma faute. C’est à cause de moi, mon Dieu si elle ne s’en sorte pas…..
- Non arrête ça tout de suite Richard, tu n’es pas responsable de…..
- Si ! Cria-t-il de rage. C’est moi qui conduisais, j’aurais dû être plus prudent….
Devant l’aveu et la peine de son fils Martha et Alexis se regardèrent dépitées. Elles ne savaient pas que c’était lui qui pilotait la moto. Alexis tenta de rassurer son père qui s’enfonçait toujours plus dans la déprime.
- Papa, Kate est forte, sportive et en bonne santé, elle va se battre pour revenir auprès de toi, de nous et de son père.
Rick soudain affolé la dévisagea angoissé.
- Mon Dieu son père ????
- Il est partit pour une semaine de pêche, il n’y a pas de réseau où il est et on ne sait pas où c’est. Le coupa Alexis.
Ils se regardèrent tous les trois cherchant une solution à ce problème mais l’essai fût vain. La chambre était silencieuse, chacun étant plongé dans ses réflexions ou ses prières.
Mélanie arpentait toujours les couloirs à la recherche de renseignements mais personne ne croisait son chemin. Elle commençait à comprendre l’angoisse des familles des patients lorsqu’ils devaient attendre des heures pour avoir des nouvelles. Elle ne connaissait pas cette Kate mais l’homme qu’elle avait vu pleurer tout à l’heure lui faisait de la peine et elle voulait pouvoir le réconforter un tant soit peu avec, elle l’espérait, de bonnes nouvelles.
Son acharnement fût payant puis qu’un infirmier sortit du bloc numéro 3. Elle l’accosta, appréhendant les réponses.
- Bonjour, je suis à la recherche de nouvelles à propos de Kate Beckett, un accident de moto.
- Bonjour, oui, elle est justement au bloc 3.
- Et comment va-t-elle ?
- Elle nous a fait de belles frayeurs, son cœur a lâché deux fois mais on a pu le refaire partir.
Mélanie respirait mieux depuis quelques instants mais l’opération n’était pas finie. L’infirmier baissa son masque pour parler plus librement.
- Elle avait une hémorragie interne qu’on a pu arrêter mais maintenant le chirurgien doit s’occuper d’un autre problème. Bon excusez- moi mais je dois y retourner.
- Oui oui, merci pour les informations. Dit-elle assez fort alors qu’il entrait au bloc.
Elle regarda la porte battante ralentir son mouvement jusqu’à l’arrêt total puis poussa un long soupir pour faire redescendre la pression. Elle avait enfin des informations à transmettre à son patient mais les nouvelles n’étaient pas très rassurante et vu la réaction qu’il avait eu tout à l’heure elle allait devoir y aller avec douceur et patience. Un peu nerveuse elle reprit l’ascenseur pour rejoindre son étage.
Devant la porte elle entendit des voix provenant de la chambre de son patient, elle décida de les laisser tranquille un moment, elle reviendrait plus tard.
Au bloc 3, le chirurgien finissait de recoudre la jeune femme et ses assistants préparaient le nécessaire pour l’emmener en chambre de réveil. Il quitta ses vêtements stériles et balança le tout dans la poubelle prévue à cet effet. Devant le lavabo, la mine sombre, le docteur Ross fit couler l’eau froide, y plongea ses mains et se frictionna le visage avec. Il avait l’impression d’avoir passé une éternité au bloc à essayer de sauver cette jeune femme, à la réparer de l’intérieur mais en fait trois heures avaient suffi à la maintenir en vie. Elle leur avait fait des frayeurs mais au final, son cœur battait. Son cœur fonctionnait mais pour le reste ils allaient devoir attendre son réveille et faire des examens plus poussés. Il avait fait tout son possible pour retirer les corps étranger mais ils étaient tellement mal placés que l’état de sa patiente risquait de changer, en mieux, en moins bien, ça l’avenir nous le dira.
Kate sentait le brouillard se dissiper mais une douleur dans la gorge la fit soudainement gémir. Elle tenta de bouger mais son corps semblait peser une tonne, et aucun muscle ne voulait obéir à ses ordres. Elle sentit sur sa main une chaleur bienfaisante et rassurante. Une voix douce parvint à ses oreilles ce qui la fît ouvrir les yeux mais l’épreuve se voulut hasardeuse. Elle papillonna des paupières et enfin le voile s’éclaircit.
Un jeune homme bond qu’elle ne connaissait pas se tenait devant elle en lui parlant calmement. Kate avait la gorge sèche et ne rêvait que de quelque chose de frais à boire, elle voulait parler mais aucun son ne daignait sortir. Elle déglutit difficilement et jeta un coup d’œil rapide à ce qui l’entourait. Malgré son esprit encore légèrement endormi, elle reconnut les détails d’un hôpital, d’une salle de réveille. Elle regarda le jeune homme à ses côté et apprécia le coton imbibé d’eau qu’il lui appliqua sur les lèvres. L’humidité qu’il contenait lui fît du bien tant sa gorge brûlait. Elle avala quelques gouttes d’eau en les savourant pleinement.
- Ça va ? Vous n’avez pas trop mal ? Demanda l’infirmier.
- Un peu, mais ça va aller.
- Où avez-vous mal ?
- À la tête et au ventre. Qu’est-ce qu'il s’est passé ?
- Vous avez eu un accident de moto cet après-midi, et on a dû vous opérer en urgence.
- Mon Dieu Rick !!! Comment va Rick ? Soudain son cœur commença à s’emballer à la pensée qu’il ne s’en soit pas sorti.
- Votre passager va bien. Il a aussi été opéré mais ce n’était pas trop grave.
Elle tenta une nouvelle fois de bouger mais l’infirmier vint à son secours.
- Attendez, ne bougez pas trop. Je vais vous aider.
Il prit la commande du lit et redressa légèrement le dossier ainsi elle put mieux voir ou elle se trouvait. Elle se souvenait bien de cette pièce, la salle de réveil, la même où elle s’était retrouvée quelques temps plus tôt après la fusillade. Elle était la seule patiente, ce qui ne devait pas arriver souvent.
L’infirmier continuait à prendre ses constantes et vérifier les perfusions, il était doux et méticuleux. Elle le regarda évoluer entre les divers lits inoccupés. Une douleur au ventre la fit grimacer et gémir lorsqu’elle voulut changer de position. Immédiatement le jeune homme vint s’enquérir de son état.
- Ça va ? Vous devriez éviter de trop bouger pour le moment.
- Merci, j’avais compris mais je cherchais une position plus confortable.
- Si vous avez trop mal y faut le dire, si vous attendez trop ça sera plus long à se calmer. Alors, vous voulez quelque chose contre la douleur ?
- Oui ! Finit-elle par avouer sentant la douleur augmenter.
Il regagna son bureau et lui prépara un contre douleur que Kate avala avec difficulté, sa gorge étant encore sensible. Elle se souvenait avoir eu la même douleur lors de son opération suite à la fusillade, certainement dû au fait d’être intubée. Les calmants firent assez rapidement effet car la douleur se faisait moins insistante.
- Qu’est-ce que j’ai eu comme opération ? Demanda-t-elle en regardant le badge accroché à sa blouse.
- Je n’ai pas tous les détails mais vous avez fait une hémorragie et quelques choses en plus. Mais vous pourrez poser toutes les questions au médecin, il va passer dans quelques minutes.
- Merci Matt. Dit-elle en essayant de sourire.
- Je vous en prie. Je suis là pour ça mademoiselle.
Il retourna vaquer à ses occupations alors qu’elle sentait la fatigue la rattraper. Elle ferma les yeux un moment mais fût réveillée lorsque les médecins qui l’avaient opérée arrivèrent pour leur visite post-op.
- Bonjour Mademoiselle Beckett, je suis le docteur Ross, et voici mon confrère le docteur Walsh qui a aussi participé à votre opération.
- Bonjour Docteur. Répondit faiblement Kate.
Le Dr Ross contourna le lit et lui expliqua le déroulement de l’opération dans l’abdomen et aussi dans le fond du dos, sans oublier ses arrêts cardiaques.
- Je suppose que vous avez des questions. Demanda-t-il à la fin de son exposé.
- Oui, heu, je ne sens pas mes jambes et je ne peux pas bouger le bas du corps.
- C’est encore trop tôt, vous avez encore les effets de l’anesthésie dans votre corps, il faudra attendre demain. Je viendrais vous ausculter en milieu de matinée et nous referont le point. Dans une heure on vous amènera en chambre alors pour le moment vous devez surtout vous reposer.
Ils quittèrent la pièce alors que Matt revenait vers sa patiente. Il baissa la tête de lit pour permettre à Kate, dont la fatigue reprenait le dessus, de se reposer, elle ferma les yeux et s’endormit rapidement.
Mélanie qui avait fini sa tournée et ses contrôles, se rendit dans la chambre de Castle, en chemin elle croisa l’infirmier qui l’avait si gentiment renseigné tout à l’heure et il lui apprit que Kate était réveillée et serait amenée en chambre dans quelques minutes.
Rassurée, elle frappa à la porte de son patient et entra lorsqu’on l’y autorisa. Elle fit la connaissance de Martha et Alexis puis donna les nouvelles qu’elle avait pu recueillir sur l’état de santé de Kate.
- Mademoiselle Beckett a été opérée pour une hémorragie dans l’abdomen, et ils ont dû retirer un bout de métal dans le dos. Elle sera amenée en chambre dans un petit moment.
Rick, tranquillisé, se laissa tomber contre l’oreiller et échappa un soupir de soulagement. Matha et Alexis sourirent à la bonne nouvelle et décidèrent de lui permettre de se reposer. Elles reviendraient demain pour leur rendre visite à tous les deux. Une fois les rouquines sorties, il regarda le visage de Mélanie et la trouva soucieuse. Elle lui cachait quelque chose et il n’aimait pas ça du tout.
- Mélanie ?
- Hmmm.
- Il y a quelque chose que vous ne m’avez pas dit !
Ce n’était pas une question mais une affirmation de sa part. L’angoisse prenait le dessus car il sentait la jeune femme gênée et il était persuadé que cela concernait l’état de Kate.
- Heu non, il n’y a rien d’autre. Dit-elle en détournant les yeux, mal à l’aise.
- Mélanie, je joue au poker, je devine quand les gens bluff ou mentent. Alors ??.... J’attends !!! Insista-t-il vivement.
Chapitre 16 : Culpabilité
- Ok d’accord. Pendant l’opération ils ont dû réanimer Mademoiselle Beckett à plusieurs reprises car elle a fait des arrêts cardiaques mais à présent tout est rentré dans l’ordre.
- Mon Dieu. Je dois la voir. Dit-il déterminé à quitter son lit.
- Non vous ne pouvez pas. Vous ne devez pas bouger du lit pour le moment.
- Mais je m’en fou, je veux la voir. S’énerva-t-il au bout d’un moment.
- Monsieur Castle si vous vous énervez je vais appeler le docteur et il va vous remettre sous tranquillisant alors si vous voulez vraiment la voir calmez-vous compris. J’irai moi-même la voir quand elle sera installée mais pour vous se sera seulement demain, et pas avant, alors maintenant reposez-vous sinon………
Elle avait dit tout ça si sévèrement qu’il n’osa pas insister plus.
- Bon d’accord, mais promettez moi de me tenir au courant de son état en attendant.
- OK. Je fini ma journée dans une heure, je reviendrais avant de partir mais d’ici là pas de bêtises.
- Quand vous la verrez dites-lui que…………
- Oui ???
- Que je suis désolé et que je l’aime.
Elle sourit devant sa mine peinée et quitta sa chambre pour finir sa tournée de visite. Dans les couloirs elle croisa une équipe d’infirmières qui amenait une patiente en chambre, elle les suivit et fût ravie de constater qu’il s’agissait justement de Mademoiselle Beckett.
Elle finit sa ronde et revint voir la jeune femme qui était installée à quelques pas de la chambre de Rick. Elle frappa et entra discrètement dans la chambre. Kate ne dormait pas mais elle avait l’air perdue dans ses pensées. Mélanie eut juste le temps de voir une larme au coin de l’œil de la jeune femme qui s’empressa de l’essuyer en voyant l’infirmière qu’elle n’avait pas entendu entrer.
- Bonjour Mademoiselle Beckett, je m’appelle Mélanie, comment allez-vous ?
Beckett qui naviguait entre fatigue, colère et inquiétude lui répondit sèchement.
- Vous n’avez qu’à lire mon dossier.
L’infirmière s’avança jusqu’au bord du lit et sourit à la blessée.
- Je ne suis pas votre infirmière alors je ne peux pas lire votre dossier, mais par contre je m’occupe d’un sympathique monsieur qui se fait énormément de soucis pour vous. Alors je voulais lui donner de vos nouvelles mais si vous ne voulez pas…..
- Vous vous occupez de Rick ? Demanda-t-elle retrouvant un tant soit peu son sourire.
- Oui, et il voulait tellement vous voir qu’il a failli faire des bêtises en sortant de son lit.
Devant cette remarque, Kate éclata de rire, ce qui lui valut une douleur et une grimace. C’était tellement lui de désobéir tel un gamin faisant un caprice.
- Et comment va-t-il ?
- Il va mieux que vous. Il a dû être opéré d’une fracture ouverte au bras gauche et il a quelques coupures et de beaux hématomes sur la jambe. Mais depuis que j’ai pu lui donner de vos nouvelles il a retrouvé un peu le moral.
Kate était soulagée d’apprendre que l’état de Rick n’était pas trop préoccupant. Le connaissant il devait certainement se sentir responsable de l’accident, il n’avait pas besoin d’autres soucis en plus en ce moment.
- Ah et j’allais oublier, il m’a dit de vous dire qu’il était désolé, et qu’il vous aime.
- Merci pour le message, moi aussi je l’aime. Pouvez-vous me dire le numéro de sa chambre ?
- Oui, il n’est pas très loin de vous, c’est la 1470. Normalement demain matin il pourra se lever alors je pense qu’il viendra vous trouver. Bon je vous laisse, je dois encore passer voir ce charmant jeune homme très inquiet avant de finir ma journée. A demain….
- Merci, à demain. Dit Kate en souriant,
Les bonnes nouvelles concernant l’état de son petit ami l’avaient rassurée, elle se cala confortablement dans l’oreiller et repensa en souriant au numéro de la chambre qu’occupait Rick. 1470, ce chiffre, serait-ce……… non ce n’était pas possible. Elle ne croyait pas aux coïncidences, aux théories loufoques de son petit ami sur les extra-terrestre et tout autre forme de vie ni aux paranormal mais pourtant ce chiffe l’avait attirée, lorsqu’il lui était apparu elle avait ressentis un certain apaisement. Elle secoua la tête entendant déjà les remarque de Rick si un jour elle lui en parlait.
Elle ferma les yeux pour se reposer mais une angoisse lui vrilla l’estomac.
Elle ne sentait toujours pas ses jambes, elle avait beau essayer mais elles n’obéissaient pas. Aucunes sensations même si elle les touchait. Elle ne voulait pas penser au pire mais le médecin lui avait dit qu’ils avaient dû lui enlever un bout de métal au fond du dos et que ça s’était bien passé, et si les dégâts étaient plus importants, ou irréversibles ?? Une larme roula sur sa joue. Elle n’était pas de nature pessimiste mais elle ne pouvait s’empêcher de penser au pire. Que deviendrait-elle si elle ne remarchait plus jamais ? Pourrait-elle toujours travailler au poste ? Rick voudrait-il encore d’elle dans cet état ? Voudrai-t-il s’encombrer d’une infirme qui ne serait qu’un poids pour lui. À cette pensée, son cœur s’emballa et les larmes coulèrent abondamment sur ses joues. C’est exténuée et avec des pensées noires qu’elle s’endormit.
Mélanie était passée voir son patient et lui avait donné des nouvelles de sa petite amie. Il avait été rassuré de savoir qu’elle était réveillée et qu’elle allait bien. L’infirmière l’avait ensuite quitté en lui expliquant que le lendemain il pourrait, avec de l’aide, se lever et aller rendre visite à sa petite amie.
Après un petit repas léger façon hôpital et un calmant pour la nuit, Rick essaya de dormir mais son esprit cogitait à cent à l’heure. Il commençait à se sentir mal. Il s’en voulait de ce qui était arrivé, il aurait dû être plus prudent. Il savait que piloter une moto n’était en sois pas compliqué mais il fallait sans arrêt anticiper les réactions des autres usagers de la route.
Un motard n’a pas de carrosserie autour de lui pour le protéger ni d’airbag pour amortir les chocs. Rick savait aussi qu’il ne fallait pas suivre de trop près les camions trop chargés. Il avait donc gardé une distance plus que suffisante, ainsi lorsque le chargement du poids lourd devant lui s’était détaché il avait pu réagir vite et s’arrêter très rapidement mais c’était sans compter sur les autres automobilistes qui les suivaient. Eux n’avaient pas respecté les distances alors malgré que lui ai pu éviter la chute et le choc pour s’immobiliser sans accroc, derrière, le choc fût violent. Les véhicules s’entrechoquaient, se retournaient et pour finir, l’une d’entre elle était venue les faucher violemment.
Kate était passagère elle eut donc un plus gros choc et fût éjectée quelques dizaines de mètres plus loin sous la barrière de sécurité et avait perdu connaissances jusqu’à son arrivée à l’hôpital. Rick quant à lui était resté coincé sous la moto qui glissait suite au choc, d’où ses nombreuses plaies et hématomes à la jambe, son bras avait été fracturé lorsqu’il avait heurté des débris de la cargaison perdue par le camion.
La tristesse de Rick faisait peine à voir, il s’en voulait énormément mais pourtant n’importe quel pilote aurait subi la même chose, ou bien pire, et n’aurait rien pu faire pour éviter le choc. Si Kate ne l’avait pas laissé conduire, c’est lui qui se serait retrouvé à l’arrière et qui aurait été blessé plus gravement et elle qui n’aurait presque rien eu. Mais pourquoi avait-il accepté de conduire ?
Ses pensées allèrent vers sa muse. Et si elle lui en voulait, si elle le tenait pour responsable ? Épuisé par les évènements et assommé par les antidouleurs, il se laissa emporter pas le sommeil.
A l’aube Kate fut tirée de son sommeil par une vive douleur dans une jambe, elle était heureuse de ressentir enfin quelque chose dans ses membres inférieurs, même si ça faisait mal. Elle respira un bon coup et se concentra sur l’endroit où la douleur avait frappé mais rien, aucune sensation. Ses jambes ne bougeaient toujours pas. Dépitée elle se relaissa tomber contre l’oreiller. Elle retrouva un semblant de sourire en pensant que son petit ami allait venir la voir aujourd’hui. Elle angoissait de connaitre sa réaction mais il lui manquait.
De son côté Rick, qui n’est pas du matin, dormait encore profondément. L’infirmière frappa et entra pour sa visite matinale. Quand elle arriva près du lit il émergea encore tout groggy.
- Bonjour Mr Castle.
- Hmmm Bonjour Mélanie, vous êtes déjà de retour ?
- Hé oui, c’est reparti pour une journée. Alors, avez-vous bien dormi ?
- Oui, assez bien.
- Pas eu de douleur ?
- Si, un peu, ça me lance depuis que je suis réveillé.
Mélanie alla lui chercher un comprimé qu’il avala avec un peu d’eau et vérifia son attèle avant qu’il puisse prendre son petit déjeuner. Peu après l’infirmière revint dans la chambre de l’écrivain avec un fauteuil roulant. Il la regarda curieusement ne comprenant pas le pourquoi de ce fauteuil.
- C’est pourquoi ça ?
-C’est votre taxi pour aller voir votre petite amie. Vous ne pensiez tout de même pas y aller en marchant vu l’état de votre jambe ! Déclara-t-elle devant le regard perplexe de son patient.
- Heuuuu ben si.
- Essayez un peu de sortir du lit et vous me direz comment.
Il souleva le drap mais lorsqu’il voulut lever sa jambe meurtrie, une douleur la parcourut jusqu’au bout des orteils. Il grimaça et regarda Mélanie qui souriait contente d’avoir eu raison. Elle était infirmière depuis bien assez longtemps pour savoir que ce genre de blessure n’est pas grave mais extrêmement douloureuse par contre cela ne dure pas longtemps. Elle expliqua tout ça à son patient en l’aidant à s’installer sur la chaise roulante et lorsqu’il eut enfilé t-shirt et jogging, ils prirent la direction de la chambre de Kate. Il était heureux de constater qu’elle n’était pas très éloignée de la sienne. Mélanie frappa à la porte 1473 et poussa la porte lorsqu’elle entendit Kate l’y autoriser.
Le visage de la détective s’illumina lorsqu’elle reconnut ses visiteurs. Rick remercia Mélanie qui retourna vaquer à ses occupations.
- Hey, J’ai eu si peur de te perdre Kate. Avoua l’écrivain une larme à l’œil. Je suis vraiment désolé, je…
- Hey, ça va, je suis là. Je vais bien et tu n’y es absolument pour rien Rick. Tenta-t-elle de le rassurer en essuyant sa larme. Ce n’est pas de ta faute alors arrête de culpabiliser.
Elle s’avança, le tira pas le col et l’embrassa tendrement. Le baiser s’enflamma et devint plus voluptueux. En manque d’air, ils se séparèrent se souriant timidement.
- Tu m’as manqué mon cœur.
- Toi aussi. Heureusement que Mélanie a pu me rassurer hier soir car je crois que j’aurais pu retourner tout l’hôpital pour te retrouver.
- Oui, elle m’a raconté que t’avais failli avoir droit à un calmant. Dit-elle en se retenant de rire.
Rick se leva difficilement et vint s’assoir sur le bord du lit de Kate. Il grimaça mais y parvint avec l’aide de sa belle.
- As-tu pu prévenir Martha et Alexis ?
- Oui, elles sont passées hier soir, elles vont revenir après-midi car je n’ai pas pu leur donner de tes nouvelles à part ce que m’avait dit Mélanie. Et toi, as-tu prévenu ton père, et Lanie ?
- Non, papa n’est pas joignable encore quelques jours et je n’ai plus de portable pour appeler Lanie, Espo et Ryan.
Rick sortit son IPhone de sa poche et le montra à Kate. Le sien avait miraculeusement échappé à la destruction et un infirmier lui a prêté un chargeur en attendant que Martha lui ramène le sien.
- Tu veux appeler Lanie ?
- C’est gentil Rick, merci.
Il sélectionna le numéro de la légiste et lui tendit le téléphone. Kate lui raconta leur péripéties et lui assura qu’ils allaient bien tous les deux mais que pour le moment ils avaient besoin de se reposer donc il ne servait à rien de venir les voir aujourd’hui. Lanie lui proposa de passer chercher des affaires à son appart et de les lui amener le lendemain, ce que Kate apprécia grandement. Elle lui demanda aussi d’avertir ses amis en lui promettant de la rappeler plus tard. Elle raccrocha et voulut rendre le téléphone.
- Tu devrais aussi avertir Gates pendant que tu y es.
- Ho oui c’est vrai. Je peux ? Demanda-t-elle en lui montrant l’appareil qu’elle tenait toujours en main.
- Bien sûr.
Elle composa le numéro direct du bureau de sa cheffe qui décrocha promptement. La discussion fût assez brève, Victoria leur souhaita de guérir vite et lui demanda de lui redonner prochainement des nouvelles, ce qu’approuva Kate avant de mettre fin à la communication.
- Merci ! Dit-elle en lui rendant l’IPhone et en l’embrassant tendrement.
Les yeux dans les yeux, ils ne savaient pas comment aborder les questions sur leur état de santé. Rick se sentait coupable et s’en voulait énormément alors Kate ne voulait pas lui parler de ses jambes sinon il allait être encore plus mal. Mais si elle s’inquiétait de son propre état, elle s’inquiétait encore plus pour lui.
- Et comment va ton bras ? Ils ont dû t’opérer ? Demanda-t-elle en caressant sa main valide.
- Oui, j’ai eu une fracture ouverte dû au choc, ils m’ont mis une tige et des vis pour maintenir le tout en place.
- Et c’est douloureux ?
- Un peu ce matin au réveil mais Mélanie m’a donné un contre-douleur alors ça va mieux.
- Et toi comment…….
Ils furent interrompus par un infirmier qui venait chercher Kate.
- Je suis désolé mais je dois emmener mademoiselle Beckett pour passer un IRM.
- Oh pas de soucis, je vais retourner dans ma chambre et je viendrais te vois plus tard.
Il l’embrassa avant de se rassoir difficilement dans son fauteuil. Il regarda les hommes en blouses blanches guider le lit de sa petite amie à travers les couloirs puis il essaya d’avancer pour regagner sa chambre mais avec une seule main valide la chose n’était pas aisée. Chemin faisant, il rencontra sa sauveuse. Mélanie l’avait vu galérer avec son fauteuil et lui proposa de le ramener dans sa chambre.
- Comment va votre amie ?
- Des infirmiers l’ont emmenée pour un IRM alors je n’en sais pas plus mais elle est vivant c’est le principal.
- En tout cas dans vote malheur vous avez eu de la chance hier.
Il la dévisagea presque choqué par les propos de l’infirmière.
- Pourquoi vous dites ça ? S’énerva-t-il. On n’est pas assez mal en point pour vous ?
- Oh non, ce n’est pas ce que j’ai voulus dire, désolée. Mais mon petit ami est urgentiste et il est aussi intervenu sur l’accident, il y a des gens qui ne s’en sont pas sorti.
- Oh. ! Rick baissa les yeux, attristé par la nouvelle.
- Derrière le véhicule qui vous a heurté il y avait un autre camion qui n’a pas pu éviter une voiture. Elle s’est retrouvée écrasée entre la barrière et le poids lourd. Malheureusement les trois passagers sont décédés sur place. C’est pour ça que je dis que vous avez eu de la chance.
- Désolé de m’être emporté.
- Ce n’est pas grave. Oublions ça.
Elle l’installa vers la table près de la fenêtre et refit son lit.
- Voilà je vous laisse, je reviendrais tout à l’heure avec le médecin pour la visite.
- Heuuu Mélanie, vous pourriez ……….
- Oui oui, dès que je la vois revenir je viendrais vous prévenir.
- Merci.
Une fois qu’il fût seul il envoya des messages pour rassurer ses amis qui maintenant grâce à Lanie devaient être au courant de leur mésaventure. Il appela aussi Alexis et Martha pour les rassurer sur l’état de Kate. Le soulagement se fit ressentir au bout du fil et les deux rouquines confirmèrent qu’elles passeraient dans l’après-midi et qu’elles lui prendraient des habits de rechange et quelques affaires de toilettes.
Il avait à peine raccroché que l’on frappa à la porte. Il vit entrer le médecin avec son infirmière pour le contrôle.
- Bonjour Monsieur Castle. Comment allez-vous ?
- Bonjour Docteur, ça va mieux merci.
Le médecin ouvrit l’attelle et contrôla que tout était en ordre ainsi que la cicatrice. Mélanie lui refit le bandage et referma soigneusement l’attelle pendant que l’homme en blouse blanche notait dans le dossier ses remarques.
- Voilà, on va vous garder encore quelques jours pour soigner votre bras et votre jambe. La douleur va persister encore plusieurs jours alors n’hésitez pas à demander un calmant avant d’avoir trop mal. Ça ne sert à rien de jouer au dur et ça ne va pas accélérer la guérison d’accord.
- D’accord docteur. Merci, mais j’aurais une question.
- Oui ?
*******************************************
Pendant ce temps Kate était couchée dans cet immense tube à résonnance magnétique qui faisait un boucan d’enfer, heureusement qu’ils lui avaient donné des bouchons pour protéger ses oreilles car cela aurait été intenable. Elle en avait pour quarante-cinq minutes au moins à se faire scanner sous toutes les coutures alors elle laissa son esprit vagabonder hors de cet hôpital.
Elle ferma les yeux et se laissa emporter par le souvenir des derniers jours. La soirée qui s’annonçait agréable avec Rick et sa fille. La dispute avec Alexis et ses conséquences. La virée à Boston avec la rencontre de Jane et Maura. Les quelques jours passés à la cabane avec l’arrivée inopinée de Castle, les cris, les insultes, mais surtout la réconciliation. Il suffisait simplement qu’ils parlent, qu’ils mettent à plat tout ce qu’ils avaient sur le cœur et depuis tout allait mieux pour eux. Oui enfin, sauf ce malheureux accident qui risquait de changer le cours de leur vie ou tout du moins la sienne.
Elle fut sortie de ses songes lorsque l’appareil bougea et que le chariot la transportant sortit entièrement du tunnel.
- Voilà Mademoiselle Beckett, tout s’est bien passé pour nous. Et vous ça a été ?
- Oui bien mais heureusement que vous m’avez donné les boules Quies. Répondit Kate en enlevant les bouchons.
- Ce bruit n’est qu’un faible dérangement comparé à tout ce que cette machine nous permet de voir.
- C’est vrai, j’espère juste qu’elle va m’amener de bonnes nouvelles.
- Ça je ne peux encore rien vous dire, mais le médecin va passer vous voir avec les résultats dans une heure et vous serez fixé.
- Merci.
Kate fût ramenée dans sa chambre par les infirmiers. Les doutes refirent leur apparition. Depuis la mort de sa mère et la sortie de l’académie, elle passait son temps à courir après les méchants, elle se donnait sans compter pour son job sans prendre de vacances, sauf quelques rares virées en moto alors elle ne pouvait pas ne pas remarcher. Et si elle restait paralysée définitivement, Rick voudrait-il encore d’elle ? Elle qui était toujours si dynamique et indépendante ne voulait pas être un poids pour l’écrivain. Comment pourrait-elle vivre dans un fauteuil roulant ? Elle ferma les yeux et laissa échapper une larme qui dévala lentement sa joue.
Elle commençait à somnoler lorsque l’on frappa à la porte. Mélanie passa la tête pour voir si la patiente était bien installée et entra lorsqu’elle la vit ouvrir les yeux.
- Alors, comment ça s’est passé ?
- Bien. Maintenant plus qu’à attendre la visite du docteur.
- Monsieur Castle m’a demandé de l’avertir lorsque vous serez revenue, est-ce que je peux aller le chercher ?
Kate baissa la tête, elle avait envie de le voir mais aussi peur qu’il soit présent lors de la visite du médecin pour les résultats de l’IRM. Elle le voulait près d’elle mais si les nouvelles étaient mauvaises, elle avait peur de s’écrouler devant lui. Elle ne lui avait jamais monté ses faiblesses et espérait ne pas avoir à le faire.
- Mademoiselle, je vais le chercher ou vous préférez rester seule ? Redemanda Mélanie.
CHAPITRE 17 : SURPRISE
- Heu, je …… je ne sais pas…. Balbutia Kate.
- Vous savez Mademoiselle, je ne vous connais pas bien, ni vous ni Monsieur Castle mais il s’inquiète pour vous. Il tient à vous, ça se voit et vu sa réaction hier soir, je crois que vous ne devriez pas le tenir à l’écart. Il a l’air d’un homme bien et je suis certaine qu’il ne vous laissera pas tomber, même si les nouvelles ne sont pas bonnes.
- Vous avez raison, il a toujours été là pour moi, dans les bons comme dans les mauvais moments mais n’empêche que j’ai peur, peur d’être faible devant lui si les nouvelles ne sont pas bonnes.
- Et est-ce dégradant de se montrer faible ? Demanda sérieusement Mélanie en se retournant vers elle.
Kate dévisagea cette femme qui en quelques mots avait mis en lumière ses hésitations. Oui, une femme avait le droit de se montrer faible même si elle était lieutenant de police. Elle était une femme avant tout.
- Non ce n’est pas dégradant, c’est juste que dans mon boulot je n’ai pas l’habitude de montrer mes faiblesses et de devoir compter sur les autres.
- Ben en dehors du boulot, de temps en temps, ça fait du bien de se laisser aller. Et en plus les hommes adorent nous cajoler, ça leur donne l’impression de sauver le monde.
Kate sourit à cette évocation et se dit que ça convenait parfaitement bien à son petit ami.
- C’est tout à fait vrai, alors tout compte fait j’aimerais bien qu’il vienne. Si ça ne vous embête pas ?
- Non pas du tout, je vais le chercher. Il va être aux anges.
- Merci.
- Merci à vous Kate, j’ai rarement l’occasion de discuter aussi librement avec les patients et ça me fait aussi du bien. À tout de suite.
Dans sa chambre Rick commençait à trouver le temps long. Cela faisait presque une heure que Kate était partie. Son inquiétude et ses doutes refirent surface. Qu’elle le tienne pour responsable de son état était normal puisque c’est lui qui conduisait mais elle, elle ne mérite pas de perdre l’usage de ses jambes pour le reste de sa vie. Elle est encore jeune, avec un bel avenir dans la police de New-York alors il priait pour que son état soit juste passager.
Si elle le repoussait à cause des séquelles de cet accident il ne s’en remettrait pas. Cela faisait trois ans qu’ils se connaissaient et presque autant d’années qu’il était amoureux d’elle, ils avaient enfin réussi à communiquer sur leurs sentiments et ouvrir leur cœur et ça faisait juste quelques jours qu’ils étaient ensemble, ça ne pouvait pas finir déjà, ni ainsi.
Ses yeux s’embuèrent et des larmes glissèrent sur ses joues mal rasées. Il eut à peine le temps de les essuyer d’un revers de manche que la porte s’ouvrit sur une Mélanie souriante.
- Oh, je vois que j’arrive à temps.
Rick ne dit rien mais son regard interrogea la jeune fille.
- Ces yeux rougis me disent que j’arrive au bon moment pour vous dire que je viens tout juste de la chambre de Mademoiselle Beckett. Dit-elle en s’approchant de la fenêtre ou se trouvait Rick et en lui tendant un mouchoir.
Il retrouva un semblant de sourire, mais timide le sourire.
- Vous…..Vous l’avez vue ?
- Oui, et elle vous attend avec impatience.
À l’entente de ses mots le sourire devint éclatant et d’autres larmes, de joies celle-ci, coulèrent telle une délivrance, accompagné d’un grand soupir.
- Vous avez cru qu’elle allait refuser de vous revoir ?
- Oui, je….je pensais qu’elle m’en voulait pour l’accident.
- Oh non, je ne crois pas. Elle m’a dit que vous étiez toujours là pour elle, dans les bons comme dans les mauvais moments.
Il baissa la tête comme gêné par cette déclaration.
- Alors cette jeune femme, on va la voir ou pas ?
- Oui, on y va. Signifia Castle tout enjoué que sa petite amie veuille toujours de lui.
Kat avait redressé le dossier du lit et c’est en position assise qu’elle attendait patiemment Rick. Elle avait mis du temps à avouer et surtout à s’avouer à elle-même qu’elle éprouvait des sentiments pour lui alors maintenant que c’était fait elle n’allait pas le laisser s’éloigner d’elle. De ses longs doigts fins elle essaya de se coiffer mais ce fût peine perdue, rester coucher toute la journée n’était pas l’idéal pour paraitre belle et sexy aux yeux de son homme. Elle vit son reflet dans la vitre et soupira de désespoir. Rien à faire, ils étaient juste décidé à en faire qu’à leur tête……
Entendant frapper à la porte elle oublia aussitôt ses soucis capillaire pour retrouver le sourire en apercevant Rick dans l’encadrement de la porte, dans son fauteuil, poussé par Mélanie.
- Hey ! Salua-t-il alors que l’infirmière le laissait près du lit de Kate.
- Hey !
Elle prit sa main dans la sienne et entrelaça leurs doigts. Elle voulait lui parler de sa peur vis-à-vis des résultats à venir mais ne savait pas comment aborder le sujet. Kate le voulait auprès d’elle et espérait qu’il veuille bien rester lors de la visite du médecin alors elle devait se lancer.
- Rick ?
- Oui ?
- Heu….je….
- Dis-moi.
Elle perdait ses mots mais une pression et une caresse sur sa main lui donna le courage nécessaire.
- Le médecin va passer tout à l’heure pour me donner les résultats de l’IRM et …..
- Et ?
- Et j’aimerais bien que tu sois présent quand il va passer.
Rick plongea son regard dans le sien et elle put y lire toute la joie qu’il éprouvait à cet instant de savoir qu’elle ne le repoussait pas et qu’au contraire elle le voulait auprès d’elle. Le soulagement de Kate prouva à Castle qu’elle aussi avait des doutes sur leur avenir. Il se devait de la rassurer.
- Kate, je me sens responsable……il leva la main devant sa bouche voyant l’objection arriver, je me sens en partie responsable de ce qui t’es arrivé et je ne vais pas te laisser tomber, jamais. Si je veux rester avec toi ce n’est pas par pitié, mais c’est simplement parce que je tiens à toi, je t’aime comme jamais je n’aurais pensé aimer. Alors si par malheur tu devais rester paralysée, je serais là. Je serais la rambarde à la quelle tu pourras t’agripper. Je serais ton moteur quand tu glisseras sur la mauvaise pente. Je serais ton doudou moelleux quand tu voudras être consolée et mes bras fort seront ton refuge en cas de coup de blues….
- Oh Rick….
- Mais je suis persuadé que les nouvelles seront rassurantes.
Il passa outre sa douleur et se leva pour s’assoir sur le lit. Elle se blotti au creux de ses bras et laissa couler quelques larmes de joie. Il sentit sur son t-shirt l’humidité de ses larmes. Lui-même après sa déclaration avait eu du mal à retenir ses émotions mais pour elle il devait se montrer fort.
- Ne pleure pas Kate, pour le moment attendons les résultats. D’accord ?
- D’accord ! Acquiesça-t-elle sans se défaire de son étreinte rassurante.
Après quelques minutes les yeux avaient perdu leurs rougeurs et avaient retrouvé un éclat rieur et enjoué. Rick avait réussi à la faire sourire avec ses pitreries et surtout lorsqu’il avait oublié son bras meurtri et s’en était servi par mégarde. C’est avec des éclats de rire qu’ils accueillirent le docteur Ross et son assistant, le docteur Walsh.
- Oh ben je vois que la bonne humeur est de mise. C’est très bien. La bonne humeur c’est cinquante pour cent de la guérison.
Calmant leur crise de fou rire, les deux patients les dévisagèrent un peu plus sérieusement.
- Bonjour Docteur. Dirent-ils d’une même voix, ce qui fit sourire les hommes en blouses blanches.
- Voulez-vous avoir les résultats mademoiselle Beckett ?
- Oui. Et ne me cachez rien, même si ce n’est pas bon.
- OK, lors de l’accident vous avez eu un débris de métal qui s’est logé dans votre colonne vertébrale mais je vous rassure sans sectionner la moelle épinière, nous l’avons retiré et tout s’est bien passé. Avec mon confrère nous avons examiné les clichés de l’IRM et nous avons découvert que suite à un choc important un hématome s’est formé, et c’est lui qui comprime actuellement votre moelle épinière mais il va se résorber gentiment alors il vous faudra de la patience, beaucoup de patience.
- Ça veut dire que je remarcherais ? Demanda Kate incertaine d’avoir bien compris.
- Oui, avec du travail et de la persévérance, vous remarcherez bientôt.
Rick avait retenu sa respiration pendant les explications du médecin et il lâcha un grand soupir lors de la conclusion. Kate se laissa retomber contre le coussin laissant échapper une petite larme.
- On va vous garder encore 2 ou 3 jours pour contrôler la diminution de l’hématome et établir avec le kinésithérapeute un plan d’action. Ensuite vous pourrez rentrer chez vous avec l’aide d’une infirmière à domicile.
- C’est super, je vais remarcher.
Kate avait entendu les explications du médecin mais c’est surtout le verdict qu’elle avait retenu, elle remarchera.
Les docteurs quittèrent la chambre de Kate ravi de pouvoir, de temps en temps apporter de bonnes nouvelles, et voir la réaction de Kate les avaient réjoui.
Rick qui n’avait pas dit un mot depuis l’annonce regarda Kate dont les yeux brillaient encore de joie. Il lui prit la main et se rassit sur le lit.
- Rick, je vais remarcher ! s’exclama Kate excitée.
- Oui, c’est génial, je suis si heureux pour toi.
Il l’embrassa tendrement et Kate lui rendit hardiment son baiser. Le soulagement, la joie, tellement d’émotions se bousculaient dans son corps et dans son cœur qu’elle aurait pu exploser en feux d’artifice ultra coloré. Enfin leurs lèvres séparées, ils reprirent l’air indispensable à la vie mais restèrent dans les bras l’un de l’autre.
La matinée finit plus gaiment qu’elle ne l’avait commencé. Le kiné avait rendu visite à sa patiente et ils avaient convenu de commencer les séances le plus rapidement possible. La première aurait lieux le lendemain et elles se succéderaient au rythme de trois par semaines.
Rick avait dû regagner sa chambre pour la suite de ses soins et avait laissé Kate pour un instant. Alors que Mélanie finissait de lui remettre l’attelle, le médecin frappa à la porte et passa la tête dans l’encadrement.
- A propos de ce que vous m’avez demandé tout à l’heure, c’est arrangé. Ça se fera après-midi ou en fin de journée.
- Oh c’est génial, merci docteur, merci beaucoup.
Le docteur sourit et quitta la pièce. Mélanie regarda Rick et secoua la tête en souriant.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il.
- Rien. C’est juste que………c’est la première fois que je vois ça. D’habitudes on n’accepte pas ce genre de chose mais là je crois que vous avez sur les amadouer.
- Tant mieux. Et vous savez quand ça pourra se faire ?
- C’est moi qui vais m’en occuper, alors je pense le faire après dix-sept heures, quand les visites seront terminées.
- Super. Bon je vais retourner dans sa chambre.
- Oh non monsieur Castle, maintenant vous allez vous reposer un peu. Voici vos médicaments. Vous les prenez et vous restez tranquille au moins jusqu’à quatorze heures, compris.
Le ton employé par l’infirmière ne laissait place à aucune discussion alors Rick n’eut d’autre choix que d’acquiescer.
- Compris. Accepta-t-il à contre cœur en avalant ses antidouleurs.
Rick retrouva le sourire lorsqu’il pensa à ce qui allait se passer en fin de journée. Il baissa le dossier de son lit et se laissa gagner par le sommeil pour une petite sieste. Vers 16 heures quelques petits coups frappés à la porte le sortirent de ses songes. Il ouvrit les yeux pour voir entrer deux rouquines toutes heureuses de le voir en forme.
- Salut papa.
- Hey, bonjour vous deux.
- Bonjour Richard, comment vas-tu aujourd’hui ?
- Bien mieux merci mère.
- As-tu vu Kate ? demanda la plus jeune.
- Oui, j’ai pu la voir un petit moment ce matin et aussi après-midi quand le médecin est venu lui donner les résultats de l’IRM.
- Et comment va-t-elle ? Est-ce que les nouvelles sont rassurantes ? S’inquiéta Martha.
- Elle va bien oui. Et elle va encore mieux depuis qu’elle a appris qu’elle allait remarcher.
- Alléluia ! s’écria la matriarche.
- Je suis trop contente. Est-ce qu’on peut aller la voir ? Demanda Alexis.
- Oui mais avant j’ai quelque chose à vous demander.
Les deux femmes, un peu inquiètes à propos de la demande à venir, s’assirent au bord du lit.
- Voilà, je vais sortir de l’hôpital dans deux jours et j’aurai besoin d’aide au loft.
- Papa tu sais que tu peux toujours compter sur nous.
- Bien sûr Richard qu’on sera là.
- Oui, heuuu, je sais mais ce n’est pas que pour moi en fait.
Les deux rouquines se regardèrent ne comprenant pas ou il voulait en venir.
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Quelques portes plus loin, une jeune métisse toquait timidement à la porte de la chambre de sa meilleure amie. Lorsque Kate l’y autorisa, Lanie entra et se trouva en face d’un large sourire.
- Salut Lanie !
- Oh Kate, j’ai eu si peur pour toi. Dit la légiste en lâchant son sac et en se jetant dans les bras de son amie.
- Ça va, je vais bien maintenant.
Lanie s’écarta et s’assit au bord du lit. Elle prit les mains de Kate dans les siennes.
- Qu’est-ce qu’il s’est passé. ? Questionna la métisse.
Kate lui raconta le déroulement de l’accident et les deux premiers jours d’hospitalisation ainsi que les peurs et les doutes liés à l’état de ses jambes mais elle la rassura rapidement en lui expliquant la suite avec les séances de kiné et de rééducation.
- Mais je pense à quelque chose. Je pourrais venir m’installer chez toi quelque temps comme ça je pourrais t’aider. Proposa la légiste.
- Oh Lanie c’est gentil mais je ne veux pas t’embêter.
- Mais arrête, si je te le propose c’est que ça ne m’embête pas. Alors ça marche, on fait comme ça ?
- Écoute, je verrais avec le kiné comment ça se passe et je te redirais.
- D’accord, mais n’oublie pas, je suis là. Et ton père, as-tu réussi à le joindre ?
- Non, toujours pas, et en plus je n’ai plus de Portable.
Lanie prit le sac qu’elle avait amené et en sortit un portable. Kate la regarda éberluée.
- Mais comment ???
- Oh ça tu verras avec Ryan, c’est lui le pro de ces gadgets. C’est toujours ton numéro et tes contacts y sont déjà.
- Merci Lanie.
- C’est Kevin que tu dois remercier. Ah et ils me font te dire qu’ils passeront te voir demain.
- D’accord !
Kate envoya un message à son père lui demandant de la rappeler dès que possible.
Elles bavardèrent encore un moment avant que la légiste rentre chez elle retrouver son petit ami.
Et sortant elle croisa les deux rouquines qui s’approchaient de la chambre de Kate. Elles discutèrent quelques minutes avant de se séparer. Alexis frappa à la porte et l’ouvrit lorsqu’un « entrez » se fit entendre. Martha passa la première et enlaça tendrement la jeune femme. Lorsqu’elle s’écarta du lit, Kate vit Alexis, toujours sur le pas de la porte. Elle n’osait pas s’avancer mais le sourire de Kate la détendit légèrement.
- Salut Alexis ! Dit Kate en lui tendant la main.
- Bonjour !
Alexis se jeta dans ses bras laissant couler les larmes longtemps retenues.
- Je suis désolée ! Murmura-t-elle dans l’étreinte de Kate. J’ai eu tellement peur.
- Chut, tu n’y es pour rien ok ! Je vais bien et c’est le principal.
Alexis relâcha son étreinte et calma ses sanglots en voyant le visage souriant de Kate.
- Pour ce que je t’ai dit….
- Alexis……
Kate tenta de l’arrêter mais la rouquine se sentait mal, elle avait besoin de s’expliquer.
- Kate, j’étais en colère, je ne voyais pratiquement plus mon père et en plus il prenait des risques inconsidérés alors qu’il n’est pas flic. Je t’en voulais parce qu’il passait plus de temps avec toi qu’avec moi. Et le soir là j’étais heureuse quand je l’ai entendu rentrer enfin à une heure décente mais quand je t’ai vu là, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mon dieu si tu savais ce que j’ai honte de t’avoir dit tout ça.
- Alexis, je comprends tout à fait ce que tu as ressenti, et je ne t’en veux pas, alors si tu veux bien on oublie tout ça et on se concentre sur l’avenir. D’accord ?
- D’accord.
Alexis retrouva son beau sourire, soulagée que sa bêtise soit oubliée et elle allait tout faire pour aider ces deux amoureux invalides.
Elles discutèrent de l’état de Kate et de Rick et de leur emploi du temps respectifs. Au bout d’un moment, voyant les yeux fatigués de Kate, les deux rouquines la laissèrent se reposer et rentrèrent apaisée au loft.
Dans la chambre 1470, tout s’accélérait. Les moniteurs étaient débranchés et enlevés, les affaires regroupées et rangées dans le sac. Mélanie s’apprêtait à vider la chambre de l’écrivain.
Tranquillement installé sur sa chaise roulante, Rick observait le remue-ménage. Il était rayonnant malgré les petites douleurs qui lui rappelaient sans cesse où il se trouvait. Mais ce soir il oublierait tous ces tracas en galante compagnie. Il sourit en imaginant la tête de sa muse lorsqu’il débarquerait dans sa chambre avec armes et bagages.
Le moment tant attendu était enfin arrivé. Rick frappa à la porte et laissa pas le temps à Kate de répondre, il ouvrit la porte en grand et entra un large sourire sur le visage.
- Bonsoir ma belle.
- Hey, salut toi. Je suis contente que tu sois revenu.
- Ha ben j’espère que t’es contente. Dit-il d’un ton très enjoué.
Kate le regarda étonnée, ne comprenant pas sa réaction et sa gaieté.
- Je m’installe dans cette chambre, avec toi.
- Quoi ? Mais c’est…..
Elle n’eut pas le loisir de finir sa phrase car les infirmiers arrivaient avec le lit et les affaires de l’écrivain. Ils poussèrent un peu le lit de Kate et installèrent le deuxième à côté d’elle. Elle les regardait effectuer leur travail toujours sans trouver de mots. Mélanie arriva enfin avec les dernières affaires et les médicaments de Rick. Elle les regarda tour à tour contente de constater que la surprise de l’écrivain avait l’air d’avoir fait de l’effet.
Dans la chambre 1473, juste éclairée par les rayons de lune, les amoureux étaient installés chacun dans leur lit, les yeux dans les yeux, se tenant la main.
- Tu es un amour. Merci Rick.
- Bonne nuit Kate, je t’aime.
Une nuit calme et paisible accueilli ce couple meurtri dans la chaire mais heureux d’être ensemble.
CHAPITRE 18 : Début difficiles
Ils avaient passé la nuit ensemble, rassuré par l’état leur état de santé et heureux de savoir qu’ils allaient partager un avenir commun.
Rick se réveilla le premier, les rayons du soleil inondaient déjà la pièce et comme il faisait face à la fenêtre il prenait la lumière de plein fouet. Une fois habitué à la luminosité, ses yeux tombèrent sur le visage calme et encore endormi de sa petite amie. Sachant que la première visite médicale allait arriver, il caressa doucement la joue de Kate du dos de sa main. Elle soupira et étira ses bras au-dessus de sa tête puis enlaça ses doigts à ceux de l’écrivain en y déposant un baiser.
- Bonjour toi ! dit-elle sans ouvrir les yeux.
- Bonjour mon cœur ! bien dormi ?
Elle tourna son visage face à lui en gardant leurs mains jointes sous sa tête et ouvrit enfin ses mirettes.
- Oh oui, comme un bébé.
A cet instant, une infirmière arriva avec le petit déjeuner. Ils mangèrent dans la bonne humeur discutant du programme de la journée.
- A quelle heure as-tu rendez-vous avec le kiné ?
- Dans une heure.
- Alors j’ai juste le temps de me doucher avant …
- Heu Rick ?
- Oui.
- Pour cette première séance j’aimerais y aller seule. Je ne sais pas trop comment ça va se passer alors…
- Ok, pas de problème Kate.
- Tu ne m’en veux pas trop ?
- Non non, ça va ne t’en fais pas. Tu me diras comment ça s’est passé. Répondit-il tout de même un peu triste de ne pas pouvoir l’accompagner.
Ils se sourirent puis Rick marcha péniblement jusqu’à la salle de bain. L’infirmière lui avait donné un sac en plastique pour protéger son attelle mais se laver dans ces conditions n’était pas évident. Il réussit tant bien que mal à se rafraichir et sortit de la douche revigoré. Les hématomes de sa jambe ne le faisaient presque plus souffrir mais il devait tout de même faire certains gestes plus lentement. Quand il quitta la salle de bain, une infirmière s’occupait de Kate, elle venait pour lui faire sa toilette mais vu qu’il y avait deux lits, la place était plus restreinte.
- Monsieur Castle, est-ce que vous pourriez nous laisser pendant que je fais sa toilette à mademoiselle Beckett. ?
Rick regarda sa petite amie cherchant son approbation pour rester mais le contraire arriva, pour son plus grand désespoir. Il pensait rester mais la réponse de Kate l’écorcha un peu plus.
- S’il te plait Rick. Demanda Kate voyant de la déception dans le regard de son écrivain.
C’est à ce moment-là que Mélanie fit son apparition.
- Bonjour tout le monde.
- Bonjour ! Répondirent simultanément les patients.
- Je viens refaire votre pansement Monsieur Castle mais comme je vois qu’il y a déjà du monde, on va aller dans une salle à côté.
Déçu d’être congédié par sa muse, il suivit Mélanie le cœur lourd, ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux de l’infirmière.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi vous faites cette tête ?
- Oh ce n’est rien.
- Oh non ce n’est pas rien. J’en connais un rayon de ces « rien » et celui-ci n’est pas anodin.
Rick était fasciné par la capacité de Mélanie à décrypter ses mots et ses gestes même s’ils ne se connaissaient que depuis peu de temps.
- C’est juste que Kate ne veux pas que je l’accompagne à sa séance de Kiné et en plus elle m’a demandé de sortir de la chambre juste à l’instant.
Mélanie lui avait mis son bras à l’air laissant sécher le désinfectant. Elle s’assit en face de lui et lui ouvrit les yeux sur certaines choses qu’il n’avait pas imaginées.
- Rick, vous savez ce qui en train de se passer dans cette chambre maintenant. Mademoiselle Beckett est en train de se faire manipuler par une infirmière qu’elle ne connait pas, qui va la laver, vider sa poche urinaire et qui doit l’aider à se rhabiller. Est-ce que vous pouvez imaginer la scène, votre petite amie, incapable de bouger par elle-même ni de s’assoir ou de s’habiller. Comment pensez-vous qu’elle se sentirait si vous étiez là à la voir se faire traiter comme un bébé ?
Rick qui avait écouté sans broncher laissa couler une larme.
- Quel idiot je suis. Je n’ai pensé qu’à moi et à ma déception, et pas à ce qu’elle devait endurer.
- Non vous n’êtes pas idiot, juste éperdument amoureux. Et c’est la même chose pour les séances de kiné, Jeff va devoir la porter, lui faire bouger ses jambes qui pour le moment n’obéissent pas. Mais après quelques heures d’exercices, je suis sûr qu’elle vous laissera venir avec elle.
- Merci Mélanie.
- Merci ? Mais pourquoi ?
- D’avoir confirmé que je n’étais pas un idiot. Dit-il le sourire retrouvé.
Elle lui rendit son sourire et referma l’attelle.
- Heu Mélanie ?
- Oui ?
- Jeff ?
- Oh, Jeff, un beau gosse, grand blond au regard ténébreux. Le taquina-t-elle mais c’était sans compter sur son sens de la répartie.
- Même pas peur, elle n’aime que les bruns au regard de braise.
Ils éclatèrent de rire tous les deux puis quittèrent la salle d’examen et virent l’aide-soignante sortir de leur chambre. Il retrouva Kate habillée d’un short et d’un t-shirt. Elle avait relevé ses cheveux en une queue de cheval haute. Elle était assise sur le lit, le New York Times en main, épluchant les faits divers.
Il s’approcha de son lit et l’embrassa comme un homme amoureux. Elle lâcha son journal et enroula ses bras autour de son cou. Le manque d’air les obligea à se séparer mais ils restèrent les regards accrochés.
C’était en quel honneur ?
- Faut-il une raison particulière pour embrasser l’amour de ma vie ?
Kate gêné face à ces paroles baissa la tête. Jamais un homme lui avait parlé d’amour, lui avait avoué aussi ouvertement ses sentiments. Depuis qu’elle était avec Rick cela s’était déjà produit mais elle avait toujours de la peine à réaliser qu’entre eux cela puisse être aussi fort. Rick savait manier les mots et ne s’en privait pas pour charmer et flatter sa muse.
D’un doigt sous son menton il lui fit relever le visage vers lui et déposa un petit baiser sur ses lèvres.
- Kate, lorsque tu m’as demandé de sortir tout à l’heure j’ai été vexé. Kate ouvrit la bouche mais Rick, d’un doigt sur ses lèvres l’empêcha de parler. Tu m’as vexé, mais j’ai compris que si j’étais resté ça aurai été dur pour toi d’accepter d’être dépendante de quelqu’un. Alors je ferais ce que tu veux. Si tu veux que je t’accompagne je serais là et si tu ne veux pas, je t’attendrais patiemment. Je t’aime Kate, alors si quelques chose ne va pas, n’ai pas peur de me le dire. OK. ?
Kate, les yeux brillants, se blottis contre lui prenant tout le réconfort et l’énergie qu’il lui transmettait. Aucuns mots ne furent nécessaires, les regards, les gestes, tout passait aussi simplement entre eux.
Quelques minutes plus tard, Jeff le kiné faisait son entrée dans la chambre. Il venait chercher Kate pour sa première séance. Rick détourna les yeux lorsqu’il aida Kate à s’assoir dans son fauteuil roulant. Lorsqu’elle quitta la pièce elle se retourna vers lui.
- Ne bouge pas, je reviens. Qu’elle ponctua d’un clin d’œil et d’un sourire.
Rick profita de ce moment de calme pour passer quelques appels et SMS puis se reposa un peu.
Plusieurs étages plus bas dans une salle bien équipée ou s’affairaient déjà d’autres patients, Kate répondait aux questions de Jeff.
- Avez-vous ressentis des sensations dans les jambes, qu’elles soit douloureuses ou pas ?
- Oui, cette nuit j’ai eu les fourmis, et j’avais l’impression d’avoir froid aux pieds.
- OK, ça veut dire que la sensibilité revient peu à peu et c’est un bon début. Alors on va commencer par faire travailler vos articulations pour lutter contre les rétractions qu'entraînent les contractures et développer la force des muscles non paralysés.
Kate, couchée sur son lit, appréhendait les premiers mouvements. Jeff frotta ses mains l’une contre l’autre pour les réchauffer puis il entreprit de mobiliser ses chevilles et ses genoux. En exécutant les exercices, ils discutaient de tout sauf de la raison pour laquelle ils étaient dans cette salle. Kate grimaçait de temps en temps mais c’était plutôt bon signe. Douleurs = sensibilité qui revient se disait-elle.
La souffrance était tout à fait supportable mais Kate suait, de peur. Peur de ne pas comprendre son corps si la douleur était trop forte et d’en payer les conséquences plus tard.
Le kiné vit une goutte perler sur son front, il pratiquait depuis assez longtemps pour connaitre ces signes.
- Ne vous en faites pas, je ne vais pas en faire plus que nécessaire. C’est un premier test pour vos jambes, très belle d’ailleurs, et en plus elles réagissent bien.
Kate gênée par cette remarque trouva le plafond très intéressant. Jeff était assez agréable à regarder, il devait avoir autour des quarante ans, les cheveux blond bouclés mi- longs avec une petite barbe de trois jours. (Marty Diggs dans NCIS Los Angeles). Et des mains exagérément douces pour un homme. Et une alliance à la main gauche.
Pour finir la séance, Kate dû se mettre sur le ventre et pu profiter d’un délicieux massage de la plante des pieds au sommet des cuisses. La lotion utilisée embaumait bon la menthe et l’arnica et Kate se détendit complètement sous les mains agiles de son bienfaiteur. Elle était tellement bien qu’elle finit par s’endormir et c’est une main délicate sur son épaule qui la fit descendre de son nuage.
- Voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Je vais encore juste vous montrer comment passer de votre lit au fauteuil comme ça vous serez plus indépendante. À ce que j’ai compris ça compte beaucoup pour vous.
Il lui expliqua comment faire en laissant à Kate le soin d’effectuer les gestes toute seule et elle s’en sortait magnifiquement bien. Encore deux trois petits trucs pour manier le fauteuil et elle pourrait se débrouiller seule.
- C’est très bien Mademoiselle Beckett, à ce rythme je pense que vous serez vite sur pieds. Mais si vous avez mal c’est normal, alors demandez un médicament pour calmer les douleurs, ça ne sert à rien de jouer au dur et de vouloir être plus fort que le mal, vous ne gagnerez pas croyez-moi.
- OK, je le ferais, merci Jeff. Et vu qu’on va à se voir souvent, appelez-moi Kate.
- D’accord Kate. Je vous raccompagne à votre chambre et….
- Non, je vais y arriver toute seule.
-OK, alors on se voit ici après-demain même heures.
- J’y serais sans faute. Bonne journée Jeff.
- Au revoir Kate.
Elle sortit de la salle et regagna son étage sans encombre. Dans leur chambre l’écrivain dormait profondément. Elle arriva à se mettre sur le lit comme lui avait expliqué Jeff et sans réveiller son petit ami. Elle se tourna vers lui, le regarda dormir et finit par le rejoindre au pays des rêves.
C’est l’aide-soignante qui les sortit de leurs sieste à midi. Elle leur demanda s’ils voulaient prendre le repas en chambre ou au réfectoire commun. Rick, en pensant au handicape de Kate, allait proposer de manger ici, mais c’était sans compter sur sa persévérance.
- On va manger au réfectoire, ce sera mieux. Dit-elle sûre d’elle.
Rick la regarda ébahi de la voir si bien se débrouiller pour passer du lit à la chaise. Elle se tenait sur le seuil de la porte alors que lui n’avait toujours pas bougé du lit.
- Alors tu viens chéri. Lui lança-t-elle fière de le voir bouche bée.
Recollant à la réalité il sauta du lit, avec une petite grimace, et la rejoignit à table. Ils mangèrent tranquillement, elle lui raconta le déroulement de la séance avec Jeff mais ne voulant pas l’inquiéter, elle ne lui parla pas des douleurs. Rick lui parla des coups de fils passés, des salutations et des vœux de guérison qui en découlait de la part de leurs amis.
Ils étaient tout juste installés sur leur lit lorsque le téléphone de Kate sonna. Elle sourit en voyant l’identifiant. Jim avait enfin vu son message. Elle allait devoir l’informer de la situation sans trop l’inquiéter. Elle demanda à Rick de ne pas faire trop de bruit, Jim ne savait rien de leur nouvelle relation et elle ne voulait le lui apprendre par téléphone.
Elle lui expliqua les évènements, lui parla de ses jambes en lui faisant bien comprendre que cet état n’était que passager. Jim lui proposa de rentrer plus tôt de son séjour au lac pour venir l’aider chez elle mais Kate lui annonça que Lanie s’était déjà proposée mais qu’elle attendait impatiemment ses visites. Rick tiqua à l’évocation de Lanie comme aide-soignante, il allait sortir le lendemain et il n’avait pas encore demandé à Kate de venir au loft pour sa convalescence. Il sortit de ses pensées lorsque Kate raccrocha le téléphone et le posa sur la table.
- Alors, comment a-t-il prit la nouvelle ?
- Il a paniqué au début mais j’ai pu le rassurer sur mon état et le tien aussi alors maintenant ça va. Il te salue d’ailleurs.
- Il sait pour nous ?
- Non, je préfère lui annoncer de vive voix.
- D’accord. Et dis-moi, Lanie s’est proposée comme infirmière ?
- Oui, elle pourrait venir s’installer chez moi quelques jours car je pense que je vais avoir besoin d’aide au début. Pourquoi ? Ça te dérange ?
- Ben en fait je voulais te demander de venir au loft avec moi quand tu sortiras d’ici.
- Mais avec ton bras en écharpe tu crois….
- Non mais j’ai demandé à ma mère et Alexis, elles sont d’accord, et même, elles sont très contentes de t’accueillir chez nous.
Kate réfléchit une minute. C’est vrai que le loft était plus spacieux, elle serait plus libre de ses mouvements que dans son appart. Mais comme bien souvent, elle avait peur de déranger, les Castle avaient déjà des emplois du temps bien chargé et ne voulais pas être un poids pour eux.
- Rick, c’est très gentil de leur part mais j’aurais trop l’impression de déranger….
- Stop, je t’arrête tout de suite. Dans la famille on n’a pas l’habitude de proposer des services si ça nous embête. Alors si elles sont d’accord c’est qu’elles le veulent, et moi aussi. Au début je ne serais pas d’une grande aide mais ensuite je pourrais m’occuper de toi. Bien que d’après ce que j’ai vu tu te débrouille déjà pas mal toute seule.
- C’est très gentil Rick, alors tu peux leur dire que j’accepte volontiers votre proposition.
- Mais si Lanie veut venir t’aider pour ce qui est plus……..
- Plus ?
- Heu !!! Plus intime, elle est la bienvenue. Car je pense que tu préfères une amie plutôt qu’une inconnue sous la douche.
Elle le regarda d’un air coquin et sourit.
- Hmmmm, non, je te préfère toi sous la douche.
Rick éclata de rire et lui promit que dès que son bras serait remis, c’est lui qui s’occuperait de cette tâche, et avec application.
L’après-midi passa vite, entre les visites de Martha qui partait à son école d’art, à qui ils annoncèrent que Kate allait venir au loft, ce qui ravi la matriarche. Celle d’Alexis qui sortait de ses cours et qui était aussi ravie de la nouvelle. Puis en fin de journée de Lanie et les Gars. Elle parla de la proposition de son petit ami et annonça à la légiste qu’elle l’avait acceptée, Lanie lui confirma qu’elle passerait la voir au loft et l’aiderait de son mieux. Elle ne manqua pas non plus de remercier chaleureusement Kevin pour le nouveau téléphone et il l’implora de ne surtout pas demander comment il avait fait. Ils éclatèrent de rire devant la mine gênée de l’irlandais et Kate ne voulait surtout pas savoir comment il s’y était pris.
Après le repas de soir, ils étaient tranquillement installés dans le lit de Kate. Lui avait son bras valide autour de épaules de sa muse et elle, la tête sur sa poitrine, de sa main, elle traçait des cercles sur son ventre, endroit légèrement chatouilleux pour Rick. Ne tenant plus, il posa doucement son bras bandé sur la main chatouilleuse.
- Kate s’il te plait arrête.
Elle ne s’était pas vraiment rendu compte des mouvements de sa main. Elle délivra sa main prisonnière et délicatement enlaça leurs doigts.
- Désolée, je ne faisais pas attention à ce que je faisais. Dit-elle un peu ailleurs.
- Kate qu’est-ce qu’il y a ? On dirait que tu es à mille lieux d’ici.
- Ben en fait, tu vas sortir demain et moi je vais rester ici, seule.
- Le médecin t’as dit que tu pourrais rentrer dans deux jours alors ça va passer très vite tu verras. Je ne vais partir que demain soir, tu passes une nuit seule et je reviens te chercher pour rentrer au loft, ensuite on passera tout notre temps ensemble. Et en plus tu vas revoir le beau Jeff avant de sortir.
- Le beau Jeff ?
- Ben oui, il est bien foutu non ? Voulut-il la taquiner.
- Hmmm oui c’est vrai qu’il est beau gosse. Confirma-t-elle d’un air rêveur, voulant le prendre à son propre jeu.
- Hein quoi ? Non ! Tu ne peux pas le trouver plus beau que moi. Paniqua Rick en la voyant partir dans ses rêves.
- Mais non gros dadé, c’est toi le plus beau. Ne pût-elle s’empêcher de répondre en voyant sa mine boudeuse.
Il avait passé une heure à tenter de la rassurer sur les jours qui allaient suivre. Le programme était établi avec le kiné, une infirmière allait venir à domicile et Lanie serait présente tous les jours. Elle n’avait vraiment pas de raisons de se faire du souci. Elle devait simplement penser à elle, à faire de son mieux et très vite elle se retrouverait sur ses jambes. Rick savait employer les mots qu’il fallait pour l’apaiser.
- Kate, ça va ? Demanda-t-il au bout d’un moment devant le mutisme de sa belle.
- Oh oui ça va bien Rick. Dit-elle un large sourire sur les lèvres. J’ai tellement de chance de t’avoir près de moi.
- Ben, disons que nous sommes tous les deux chanceux, parce que moi si je ne t’avais pas rencontrée, je serais certainement au trente sixième dessous à ruminer dans mon coin et à essayer de donner un deuxième souffle à ma carrière.
Leurs lèvres se caressèrent, sans précipitation, sans sauvagerie, juste de la reconnaissance et de la tendresse.
Plus tard il rejoignit son lit pour ne pas risquer de gêner Kate et ne pas cogner son bras encore un peu douloureux. Ils s’endormirent malgré tout main dans la main.
CHAPITRE 19 : Détresse
Mélanie entra discrètement dans la chambre 1473. Elle trouva un couple réveillé, les regards accrochés l’un à l’autre, des sourires peint sur leurs lèvres. Elle les contempla un instant, c’était troublants, ils étaient troublants. Elle avait l’impression qu’ils discutaient silencieusement en faisant simplement tout passer par le regard. Ils n’avaient pas encore remarqué la présence de l’infirmière qui les observait depuis quelques minutes. Rick, le regard toujours perdu dans l’océan d’émeraude qui lui faisait face, souriait grandement.
- Pourquoi tu souris comme ça ?
- Je t’offre un sourire parce qu’un sourire c’est comme un rayon de soleil, le matin il réchauffe le cœur.
Kate lui rendit son lumineux sourire et l’embrassa tendrement. Un mouvement au fond de la chambre attira son attention.
- Bonjour Mélanie.
- Bonjour vous deux, alors bien dormi ? Demanda-t-elle en leur rendant leur sourire matinal.
- Oh oui, mais je suis quand même content de rentrer chez moi ce soir..
Il eut juste fini sa phrase qu’il vit le visage de sa petite amie se voiler de tristesse.
- Kate, je…
- Oui je sais Rick. Juste une nuit et on se retrouvera.
L’écrivain se retourna vers l’infirmière qui préparait le nécessaire pour changer son pansement.
- Mélanie, je pourrais vous demander un service ?
Connaissant bien les tourtereaux, l’infirmière acquiesça en acceptant de venir rendre visite à Kate dans la soirée, avant de quitter son service puis elle les laissa seul pour aller s’occuper d’autres patients.
La journée passa vite, bien trop vite au gout de Kate. Rick avait bien essayé de lui faire penser à autre chose en l’emmenant dehors prendre l’air et se balader dans le parc ombragé mais il voyait bien qu’elle était absente, n’appréciant pas la promenade. Ils regagnèrent la chambre et Rick commença à regrouper ses affaires. Il évoluait devant le regard inquiet de Kate, Rick l’avait pourtant rassurée mais c’était trop fort pour elle, son angoisse refaisait surface dès que son esprit n’était pas accaparé par quelque chose.
En fin d’après-midi le docteur Carter, qui avait opéré Rick, vint lui donner les ordonnances pour ses pansements avec les recommandations habituelles et les papiers de sortie. Le médecin lui souhaita un prompt rétablissement et encouragea Kate à se reposer quand son petit ami serait partit. Elle savait que si elle voulait remarcher elle devait être patiente et permettre à son corps de récupérer de ces maux.
La tranquillité de la chambre fût troublée par la sonnerie du téléphone de l’écrivain. Espo avait proposé de venir le chercher pour le raccompagner chez lui et venait s’enquérir de l’heure de sortie du blessé. Rick lui confirma de venir vers 18h, il avait l’autorisation de rester jusque-là mais à la fin des heures de visite il devait s’en aller, la laisser seule, ce qu’elle redoutait le plus. Elle ne savait pas pourquoi le fait qu’il rentre la mettait dans cet état, elle qui d’habitude était si fort et courageuse, se sentait à ce moment précis aussi fragile qu’une bulle de savon dans la tourmente d’un vent tempétueux.
Kate se blottissait dans les bras de son homme lorsqu’Esposito arriva. Elle agrippa le col de sa chemise comme si sa vie en dépendait. Rick la sentit se crisper, il la caressa tendrement dans le dos, geste qui semblait la détendre.
- Bonsoir vous deux. Comment ça va ?
- Salut Espo. Moi ça va, je suis content de sortir mais la demoiselle ici présente ne veut pas que je m’en aille.
- Rick arrête, ce n’est pas drôle. Râla la brunette.
- Kate, demain on revient tous les deux te chercher. Proposa le latino.
À contre cœur et très lentement, elle lâcha son petit ami. Elle savait que ça allait passer vite et en plus Rick allait revenir la voir en début d’après-midi. Elle retrouva un semblant de sourire en voyant les deux hommes plaisanter entre eux. Rick avait su se faire apprécier de ses collègues par sa bonhomie et un très grand sens de l’humour. Elle revint sur terre lorsque Rick fit bouger le lit en s’y asseyant.
- Kate, je te dis à demain. Rick, je t’attends dans le hall d’entrée. Déclara Espo et prenant le sac de l’écrivain.
- D’accord.
- Ok, a demain Jav. Et merci.
Esposito sortit de la chambre, leur laissant le temps de se dire bonne nuit. Kate sentait tirer ses mollets, elle ne voulait pas en parler à Rick alors elle essaya de se recaler confortablement pour tenter de diminuer la douleur mais cela n’eut aucun effet. Il pensait qu’elle voulait juste changer de position alors il l’aida à se réinstaller.
- C’est l’heure, je dois y aller.
- Oui je sais, ça va aller Rick, merci.
- Bonne nuit ma chérie.
Il l’embrassa tendrement, longuement, gravant dans sa mémoire la douceur et la chaleur de ce contact si savoureux. Il mit fin au baiser et caressa sa joue.
- Je t’appelle demain matin après ta séance avec le kiné.
- Ah oui c’est juste, Jeff. Dit-elle d’un air rêveur alors que Rick se levait pour s’en aller.
- Hey, tâche de ne pas m’oublier cette nuit hein….
- Je vais essayer. Elle ponctua sa remarque par un clin d’œil aguicheur et retrouva un semblant de sourire.
Il revint prestement vers elle et lui piqua un baiser sur les lèvres, ce qui fit sourire la belle brune. Elle avait réussi à le titiller. Et lui était content, il avait réussi à lui fait oublier son angoisse d’une nuit seule dans cet hôpital.
- Je t’aime.
Cette déclaration sortit simultanément de leurs bouches tout justes séparées.
En partant Rick salua les infirmières qui s’étaient bien occupées de lui et retrouva Espo dans l’entrée. Il quitta les lieux avec tout de même un petit pincement au cœur de laisser ici sa belle. Il avait tenté, en vain, d’amadouer le médecin pour pouvoir dormir encore une nuit à l’hôpital mais le manque de place ne le permettait pas, même avec ses moyens, ça n’était pas réalisable.
Dans sa chambre devenue silencieuse, Kate appuya sur la sonnette pour appeler l’infirmière. Les douleurs ne diminuaient pas, bien au contraire. Elle tenta de bouger les jambes mais elles n’obéissaient toujours pas, c’était trop tôt et elle le savait.
- Vous avez besoin de quelque chose mademoiselle Beckett ? Demanda Mélanie en entrant.
- Oui, j’ai mal aux jambes, ça me tire dans les mollets depuis quelques minutes et ça ne passe pas.
- D’accord, je vais vous chercher un calmant.
- Merci.
Kate tira de côté la couette et essaya de masser ses jambes sans vraiment y parvenir. Lorsqu’on ne tient pas très bien assise ce n’est pas évident. Elle se laissa retomber contre l’oreiller, serrant les draps tellement la douleur se faisait vive. L’infirmière revint avec le comprimé qu’elle avala prestement.
- J’ai pris de la pommade. Je pense qu’un petit massage vous fera du bien.
- Oh oui, merci.
Mélanie l’aida à se mettre sur le ventre et enduit ses jambes de crème qu’elle étala sur les deux mollets en même temps avant de les masser plus longuement l’un après l’autre. La respiration de Kate se faisait moins erratique, signe que les douleurs s’estompaient gentiment.
- Voilà, ça va mieux ?
- Oui, merci beaucoup, ça m’a vraiment fait du bien.
- Je vous en prie, je suis là pour ça, et si ça recommence n’hésitez pas.
- D’accord.
- Ça va être l’heure du diner. Vous voulez le prendre au réfectoire ?
- Non, je pense que je vais rester dans la chambre.
- Ok, ça va arriver dans un petit moment.
Plus tard dans la soirée, Kate avait répondu aux messages de son auteur préféré et essayé de lire un magazine mais la fatigue prit facilement le dessus. La journée avait été calme mais pas de tout repos, entre la séance avec Jeff, les visites, la sortie dans le parc et ces douleurs qui s’étaient réveillées, elle était vidée de toute énergie. Elle baissa le dossier de son lit et fût vite rattrapée par le sommeil. Elle qui avait peur de s’ennuyer et de passer une mauvaise soirée sans Rick sombra bien rapidement dans les bras de Morphée.
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L’écrivain était bien arrivé chez lui, il fût accueilli joyeusement et bruyamment pas ses deux rouquines adorées. Il offrit une bière à son chauffeur du jour et ils profitèrent pour parler entre homme pendant que les femmes s’occupaient du repas. Espo était heureux que ses deux amis se soient enfin trouvés. C’était tellement évident qu’ils étaient fait l‘un pour l’autre que tout le monde savait qu’ils allaient finir ensemble, sauf les concernés.
Espo quitta la famille Castle en lui rappelant de l’appeler le lendemain pour confirmer l’heure de sortie de Kate.
La famille mangea dans le calme, Rick leur parla de leur discussion et réconciliation à Greenwood Lake, de leur virée à Boston avec la rencontre de Jane et Maura. Puis il leur expliqua l’état de Kate qui allait les rejoindre le lendemain et le programme qui était établi. Le matin une infirmière viendrait l’aider pour le lever et sa toilette et le soir c’est Lanie qui passerait. Trois fois par semaine le kiné viendrait à domicile pour lui faire faire ses exercices. Alexis était soucieuse, elle ne savait pas si elle allait y arriver, ni comment s’y prendre, Rick s’aperçut de son mal-être.
- Qu’y-a-t-il pumkin ?
- Je ne sais pas si je vais y arriver. Comment on doit s’y prendre ?
- Écoute, le mieux c’est de ne pas trop l’étouffer, la laisser un peu se débrouiller par elle-même, elle s’en sort déjà très bien toute seule. Il faut juste être présent pour elle, comme ça si elle a besoin d’aide elle sait qu’on est là.
- Alexis, Kate est une femme forte et volontaire alors on fera en sorte qu’elle se sente ici comme chez elle, d’accord.
- Ok grand- mère. Papa sais-tu à quelle heure elle rentre ?
- Non pas encore, je dois l’appeler demain en fin de matinée.
- Et tu iras la voir ?
- Oui, au début des visites, à 13h30 et je rentrerais ensuite avec elle et Espo.
Ils mirent au point un plan d’occupation du loft pour qu’il y ait toujours au moins l’une des deux présente au loft puis les deux rouquines rangèrent la cuisine avant de monter dans leur chambre.
Rick, paré pour la nuit, prit son téléphone et textota avec sa muse. Il se faisait un peu de souci pour elle, seule, dans cette chambre froide et impersonnelle. Il lui souhaita une bonne nuit avant de prendre ses médicaments contre la douleur et de fermer les yeux sur cette journée harassante.
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Dans la chambre 1473, la jeune femme se réveillait gentiment. Malgré les douleurs de la veille, elle avait passé une bonne nuit et se sentait reposée. Ses lèvres s’étirèrent pour former un joli sourire, à ce moment-là Mélanie fît son apparition dans la chambre et vit le visage éclatant de sa patiente.
- Ha ben je suis contente de voir que je vous fais sourire. S‘esclaffa l’infirmière.
- Non ce n’est pas vous c’est…..elle stoppa sa phrase devant la mine faussement triste de la femme en blouse blanche. Oh je vois que Rick a eu le temps de vous apprendre certain trucs. Rit-elle à son tour. Puis elles éclatèrent toute les deux d’un rire sonore.
- Bonjour Mademoiselle Beckett. Bien dormi ?
- Bonjour Mélanie. Oui, je me sens bien reposée.
- Pas eu d’autres douleurs cette nuit. ?
- Non, juste des fourmillements ce matin mais rien de douloureux.
- Ça c’est normal. Et vous avez le kiné aujourd’hui ?
- Oui, je dois descendre retrouver Jeff à dix heures.
- Vous y aller toute seule ?
- Oui, si je me rappelle où c’est.
Tout en discutant Mélanie avait fait son travail et aidé Kate à enfiler le short, pour le reste elle y arrivait très bien toute seule. Puis le petit déjeuné fut amené et l’infirmière lui réexpliqua comment se rendre à la salle d’exercice.
Elle était un peu en avance elle se permit donc de faire un tour pour découvrir toutes les installations. La salle était équipée d’engins très modernes mais aussi très techniques. Elle observait discrètement un autre patient qui évoluait entre deux barres parallèles et dont ses jambes étaient maintenues par un appareillage. Il avançait difficilement mais à chaque pas il souriait un peu plus et lorsqu’il arriva au bout de son chemin il laissa éclater sa joie en tombant dans les bras de son Kiné qu’elle reconnut aussitôt. Jeff l’aida à s’assoir sur sa chaise et l’applaudit chaleureusement. Encore dans son euphorie, il vit Kate non loin d’eux.
- Bonjour Kate. Venez que je vous présente Jason.
Elle s’avança timidement vers eux et tendit sa main au jeune patient.
- Bonjour Jason, moi c’est Kate.
Jason reprenait encore son souffle suite à son exploit précédent. C’était un beau jeune homme blond, des yeux bleus à faire oublier son handicap et un corps bien taillé.
- Enchanté de faire votre connaissance mademoiselle. Excusez-moi de ne pas me lever mais je suis exténué par le marathon que je viens de faire.
Ils éclatèrent tous d’un rire communicatif. Rien de mieux pour commencer une séance qui elle le savait allait la faire souffrir.
- Finit de rire Jason, viens, je vais t’installer les électrodes. Kate je suis à vous dans deux minutes. Vous pouvez déjà vous installer sur cette table. Dit-il en montrant celle non loin de Jason.
Elle passa de la chaise à la table avec une aisance qui surprit Jeff. Il voyait en elle une force de caractère qu’il n’avait pas souvent vu, surtout auprès des patients.
- Voilà mon cher, tu sais comment ça se passe, si t’as besoin de moi je suis à côté. Dit-il à l’attention du jeune patient.
Jason acquiesça et mis ses écouteurs sur les oreilles.
Jeff alla se laver les mains et revint vers sa patiente qui l’attendait bien sagement sur sa table de massage.
- Alors, comment ça a été hier ? Pas trop de douleurs ?
- Non ça a été, je n’ai rien sentit. Mentit la détective.
Mais le kiné n’était pas dupe, il savait que les premières séances étaient le plus souvent très pénibles et quand les muscles recommençaient à être activés des douleurs apparaissaient.
- Vous en êtes vraiment sûr ? Demanda-t-il en mobilisant sa jambe droite.
Kate soupira et ferma les yeux. Encore une fois elle avait envie de s’enfuir, de se cacher pour ne pas se montrer faible mais s’en était trop. Elle ferma encore plus fort ses yeux mais une larme traitresse roula sur sa joue. Jeff reposa délicatement sa jambe et s’assit à sa hauteur.
- Vous savez, vous avez le droit de lâcher prise de temps en temps. Mais pas maintenant.
Elle ouvrit les yeux étonnée et le dévisagea d’incompréhension.
- C’est seulement votre deuxième séance, vous avez appris qu’avec un peu de patience vous allez remarcher, je vous ai dit que ce serait long et douloureux mais que cela valait la peine car au bout du chemin vous pourrez quitter cette chaise et vous tenir debout, comme avant. Mais en attendant vous devez vous battre tous les jours.
- Mais ça fait mal…
- Oui ça fait mal, et ça va faire mal encore quelque temps. Kate regardez-moi.
Elle leva des yeux brillant vers lui.
- Le jeune Jason à côté de vous se bat depuis 3 ans pour remarcher. Les médecins lui ont affirmé qu’il ne quitterait jamais sa chaise roulante mais il se bat tous les jours pour leur prouver qu’ils avaient tort. À chaque séance une petite victoire pour lui, et ce qu’il a accompli aujourd’hui c’est miraculeux. Alors à chaque fois que vous doutez de vous, pensez à lui, et concentrez-vous sur votre corps, plus vite vous apprivoiserez ces douleurs sournoises plus vite vous guérirez et plus vite vous serez débarrassée de moi.
Kate laissa échapper un son étrange, entre le sanglot et le rire, ce qui le ravit le kiné qui reprit son activité. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la détective alors qu’elle observait Jason sur le lit voisin qui vivait sa musique à fond et commençait même à chantonner.
Kate continuait à endurer les pressions et les massages sur ses membres atrophiés et respirant profondément, elle essaya de faire le vide, de penser à autre chose qu’à ces tiraillements aigus. Cela fonctionna car elle ne s’aperçut pas que Jeff l’avait abandonnée quelques minutes pour aller libérer son jeune patient. Ils se saluèrent en se donnant un check.
- Salut Kate, j’espère te revoir bientôt. Lui adressa Jason en quittant la pièce tout guilleret.
- Salut Jason, à bientôt, et bon courage. Elle avait chuchoté si bas cette dernière phrase qu’elle ne pensait pas qu’il l’avait entendue.
- A toi aussi Kate. Cria-t-il depuis le couloir en la saluant gestuellement.
- Alors, on va finir par un bon massage et ensuite les électrodes pour détendre tous ces muscles.
- Avec plaisir. Dit-elle soulagée que cela prenne fin.
Elle se laissa de nouveau submerger par les souvenirs. Elle ne laissa place qu’à des sensations agréables, comme les bras protecteurs de Rick, ou ses lèvres douces caressant les siennes. Et le temps passa bien mieux, et plus vite, elle ne sentit même pas lorsqu’il lui posa les patchs retenant les électrodes, et pourtant ils étaient froids.
Jeff la sortit de son évasion en lui passant la main devant le visage.
- Voilà mademoiselle, c’est fini pour aujourd’hui.
- Merci Jeff, pour tout.
Elle eut droit à un grand sourire comme réponse.
- Alors pour la suite du programme, je viendrais chez Monsieur Castle, comme d’habitude à dix heures, trois fois par semaine.
- Oui c’est ça.
- Alors je vous souhaite un bon retour chez vous et une bonne journée.
- Bonne journée Jeff.
Elle sortit de là éreintée, pourtant elle n’avait pas fait d’effort mais elle avait l’impression d’avoir couru un marathon. Elle fit un petit arrêt à la cafétéria pour boire un jus de fruit et profita pour appeler Rick et lui confirmer qu’elle pouvait sortir à 16 heures. Ils discutèrent un bon moment avant de se dire à tout à l’heure, Rick viendrait la retrouver en début d’après-midi. Elle regagna sa chambre et son lit si accueillant pour une petit sieste méritée. Elle s’endormit avec le sourire pensant à sa sortie imminente.
Elle ouvrit les yeux lorsqu’une aide-soignante vint la voir pour lui proposer de manger en salle commune, ce qu’elle accepta de bonne grâce, évitant ainsi que l’odeur du repas lui tienne compagnie toute la journée.
Depuis vingt minutes elle arpentait les couloirs en long et en large impatiente de revoir son petit ami et lorsqu’il arriva enfin elle se précipita vers lui si vite qu’elle faillit ne pas pouvoir s’arrêter à temps.
- Ah ben avec un accueil comme ça je dirais que tu es heureuse de me voir.
- Arrête de dire des bêtises et embrasse-moi.
Il ne se fit pas prier et embrassa sa chérie à pleine bouche.
Chapitre 20 : Retour
Après les retrouvailles ils se rendirent tous les deux dans la chambre de Kate et ils commencèrent à faire le sac de ses effets personnels. Elle passait de sa chaise au lit, et vice versa, avec une aisance déconcertante, comme si elle faisait ces gestes depuis longtemps, ce qui laissait Rick pantois.
- Ça va ? lui demanda-t-elle en voyant qu’il la dévisageait sans bouger.
- Heu oui, pardon, je suis soufflé de voir avec quelle aisance tu quittes ta chaise, c’est…..épatant.
- Merci, mais ne t’y habitue pas, je ne compte pas rester comme ça longtemps.
- Oh, quelle changement, hier tu avais le moral dans les chaussettes et aujourd’hui…….. wahhh, une nuit sans moi et tu es métamorphosée.
- Jeff y est pour beaucoup. Ce matin il m’a remonté les bretelles et je peux te dire que j’ai compris la leçon.
- Ha ben va falloir que je le remercie, j’aime mieux te voir comme ça.
Ils finirent de ranger les habits de Kate en se taquinant dans la bonne humeur jusqu’à ce que le docteur Ross passa voir Kate pour lui donner ses papiers de sortie est les ordonnances pour les contre douleurs.
- N’oubliez pas de prendre vos médicaments, si les douleurs reviennent n’attendez pas pour les prendre. Et je vous mets aussi une pommade pour masser vos jambes, ça peut les détendre avant et après les séances.
- D’accord.
- Bon alors je vous laisse. J’espère que dans deux mois, pour le prochain rendez-vous, vous viendrez sur vos jambes.
- Je l’espère aussi, merci docteur.
- Mais s’il y a quoi que ce soit qui ne va pas, appelez-moi.
- D’accord docteur.
Il quitta la pièce heureux que certains accidents n’aient pas toujours de terribles conséquences.
Rick se tourna vers Kate, et elle savait très bien de quoi il allait parler.
- Tu as des douleurs ?
- Oui, par moment ça me tire, mais ça va, ça ne fait pas trop mal.
Elle mentait délibérément pour ne pas l’inquiéter mais les douleurs pouvaient être très lancinantes et mettaient un certain temps à passer. Rassuré Rick changea de discussion et le reste de l’après- midi passa à une vitesse folle. Si bien que lorsqu’Espo arriva ils furent étonnés de le voir déjà là mais Kate ne perdit pas de temps et se hâta de quitter l’établissement, non sans avoir salué les infirmières qui s’étaient si bien occupées d’elle.
Elle s’installa sans difficulté dans la voiture et le latino plia le siège pour le mettre dans le coffre. Pendant le trajet elle semblait redécouvrir la ville, ses bruits, ses couleurs. Tout lui semblait plus beau, plus lumineux. Rien de tel que de frôler la mort pour vous sentir plus vivante. Espo informa ses amis des quelques enquêtes qu’ils avaient eu et transmit les salutations de tout le poste, ce qui lui réchauffa le cœur. Ils n’étaient pas seulement des collègues mais au fil du temps ils étaient devenus comme une grande famille, ils se soutenaient les uns et les autres dans la vie privée comme dans leur job. Un job qui, dans cette atmosphère familiale, était accompli plus sereinement que si les rapports étaient justes froid et condescendant.
Espo fit un bref arrêt à la pharmacie pour que Rick puisse prendre les médicaments de Kate puis ils reprirent la route.
Au fur et à mesure qu’ils approchaient de leur destination, Kate sentait son estomac se nouer. Certes, elle avait déjà été invitée au loft mais lorsqu’on évolue sur deux jambes on ne fait pas attention aux détails qui pourraient nous entraver en fauteuil roulant. Elle se souvenait que c’était spacieux et qu’il y avait une chambre au rez de chaussée, certainement celle du maître, mais elle espérait ne pas faire d’impairs en endommageant quelque chose. Ses réflexions furent interrompues lorsqu’Espo lui ouvrit la portière et lui avança son fauteuil.
- Le carrosse de Madame est avancé ! Déclara le lieutenant avec un faux accent anglais qui les fit tous rire.
- Monsieur est trop aimable. Répondit-elle entre deux fous rires.
Espo prit les affaires dans le coffre et ensembles ils rejoignirent l’ascenseur pour atteindre l’étage de l’appartement de l’écrivain.
À peine le seuil franchi qu’un déferlement de rousses les accueilli. Pendant que les femmes s’étreignaient, Espo laissa son regard embrasser la pièce. Depuis qu’il les avait quittés la veille, tout avait été chamboulé dans le loft.
- Wah bros, quand as-tu fait tout ça ? Et surtout comment ? Demanda-t-il en désignant son bras du regard.
- Ben…….est-ce que Ryan est venu bosser ce matin?
- Heuuu, non. Répondit perplexe le latino.
- En fait il est venu me donner un coup de main. Il voulait se rendre utile alors lorsque je lui ai demandé s’il pouvait venir aider il a contacté Gates qui lui a donné sa matinée. Expliqua-t-il lorsque sa muse les eut enfin rejoint.
Elle évolua entre le salon la salle à manger et la cuisine sans être gênée, aucun obstacle. Les meubles avaient été poussés et disposés de manière à ce que l’espace soit moins encombré. Tous les meubles étaient encore là mais disposés autrement.
- C’est trop, il ne fallait pas tout déménager pour moi. Déclara-t-elle à l’attention de Rick et sa famille.
- Ce n’est pas trop Kate, c’est normal, et on fera tout pour que tu te sentes ici chez toi.
À peine ces mots prononcés, Alexis se jeta dans les bras de la détective. Malgré la grosse altercation qui les avait éloignées, Kate ne lui en voulait pas et sentait que la jeune rouquine avait encore besoin d’être rassurée.
- Alexis, c’est très gentil. Je sens que je vais très vite guérir grâce à vous tous. Merci.
Elle prit tendrement la main de Martha qui se tenait à ses côté et la serra gentiment.
Après une étreinte amicale, Espo laissa la famille Castle prendre ses marques et leur promit de revenir les voir bientôt.
Kate refit un tour dans cet espace et se retrouva devant l’encadrement du bureau, hésitant à y entrer.
- Viens de ce côté, ce sera plus facile pour toi.
Il lui montra la porte qui menait directement à la chambre sans passer par le bureau. Elle allait découvrir pour la première fois cette pièce, l’antre du maître, la tanière du loup, et elle ne fut pas déçue. La chambre était à l’image de son occupant, élégante, simple et tellement masculine. Elle sourit en voyant qu’ici aussi quelques petits aménagements avaient été faits. Une potence avait été installée au-dessus du lit pour lui faciliter le lever et le coucher.
- C’est gentil Rick d’avoir pensé à tout ça. Dit-elle en se déplaçant autour du lit et appréciant la place qu’elle avait.
- C’est provisoire tu sais. Quand mon bras sera remis, c’est moi qui prendrais soin de toi.
Elle découvrit aussi une belle salle de bain, spacieuse, avec une douche italienne ou elle devinait qu’un siège spécial venait d’être installé. Il avait fait tout ça pour elle, elle contempla l’homme prévenant et attentionné qui se tenait devant elle et sentit son cœur s’enflammer pour lui, comme si c’était possible de l’aimer encore plus.
- Merci.
C’est tout ce qu’elle put articuler avant qu’il ne l’embrasse fougueusement. Elle passa ses bras autour de son cou et en demanda plus, vraiment plus.
- Tu m’as manquée cette nuit Kate. Déclara-t-il à bout de souffle.
- Toi aussi tu m’as manqué.
- Mais….
- Mais ?
- Est-ce que tu penses que cette nuit, nous pourront partager le même lit ? Demanda-t-il inquiet.
- Il n’est pas question que je dorme ailleurs que dans tes bras Rick. Alors oui, je veux qu’on partage le même lit.
Rick reprit sa respiration, qu’il ne se souvenait pas avoir suspendue, après que Kate ai répondu favorablement à sa requête. Il l’embrassa tendrement, heureux de la tournure plus joyeuse que prenait la situation. Ensuite il lui proposa de ranger ses affaires, il avait fait de la place dans sa penderie et dans sa commode et il y avait beaucoup de place, à hauteur de main pour que ce soit plus aisé pour elle. Elle n’avait pas grand-chose, vu qu’elle sortait de l’hôpital, la tâche fût donc vite achevée.
- Il faudra qu’on aille chez toi chercher d’autres affaires car tu n’as pas grand-chose.
- Oui, j’ai demandé à Lanie de m’accompagner dès qu’elle aura le temps.
- Et tu sais déjà quand ?
- Non, je lui demanderais quand elle passe ce soir.
- Ha ok. Bon, si on retournait au salon se détendre dans le canapé.
- Hmmm ça me tente assez, je suis un peu fatiguée.
Au salon, les deux rouquines avaient préparé le repas qui cuisait gentiment au four puis Alexis était montée étudier et Martha les avait quittés pour aller à son rendez-vous.
Kate d’un mouvement souple quitta son fauteuil et s’installa du mieux qu’elle put dans le canapé. Elle essaya de mettre ses jambes à plat mais sans succès. Rick avait observé sa petite amie, elle se débrouillait très bien toute seule mais certaines choses étaient impossibles pour elle. Kate le vit s’approcher et dans son regard bienveillant, ni apitoiement ni pitié ne se démarquaient alors elle comprit qu’il n’attendait qu’un signe de sa part.
- S’il te plait Rick, tu peux m’aider.
Un large sourire illumina le visage de l’écrivain qui était heureux qu’elle ne s’enferme pas dans son handicap ou son mal-être et qu’elle accepte sa présence et son aide.
- Avec plaisir. Tu veux regarder un film ? Demanda-t-il en mettant ses jambes sur le canapé et en la recouvrant d’un plaid.
- Hmm, non, je suis fatiguée alors je crois que je vais me laisser tenter par une petit sieste.
- Tu ne serais pas mieux dans le lit ?
- Non, j’aime mieux être ici avec toi.
- D’accord.
Il s’installa dans l’angle du canapé et Kate posa sa tête sur ses cuisses puis la fatigue l’emporta bien vite dans d’étranges contrées. Rick regardait distraitement la télé, les images défilaient mais ses yeux se posaient plus souvent sur la douce créature qui dormait à ses côtés que sur l’écran. À force de l’observer, lui aussi sombra dans un léger sommeil.
C’est la sonnerie de la porte qui les tira de leur repos. Rick sursauta légèrement alors que Kate souriait devant lui.
-Bonjour la compagnie. Salua Lanie lorsqu’Alexis la faisait entrer.
Ils avaient si bien dormi qu’ils ne l’avaient pas entendu descendre.
- Bonsoir Lanie. Répondirent en chœur les amoureux, ce qui fit rire les autres.
Elles se regardèrent en riant.
- Ca en devient flippant. Déclara la légiste. Alors comment s’est passé ta sortie. Demanda-t-elle alors que Kate rejoignait sa chaise roulant.
- Bien, pour le moment ça va. Mais c’est vrai que j’apprécierais un bain vu que tu es là.
- Mais pas de soucis ma belle, je suis là pour ça.
Kate regarda Alexis qui comprit sa question muette.
- Le repas sera prêt dans 15 minutes, mais il peut attendre jusqu’à vingt.
Kate commença à avancer mais Lanie prit les poignées et guida son amie.
- Laisse toi faire, je prends les commandes. Décida son amie.
Kate lui indiqua le chemin sous le regard rieur de Rick. Il était content de la voir sourire malgré le sort qui s’acharnait contre elle, contre eux. Le mouvement des coussins à côté de lui le ramena à la réalité.
- Ça va ?
- Oui, bien. Merci de ton aide Pumkin.
- Ça me fait plaisir papa, et j’aime bien avoir Kate ici. Même si je sais que ce n’est pas facile pour elle.
- Moi aussi j’aime qu’elle vive avec nous, et je vais te dire un secret, j’aimerais qu’elle reste, même lorsqu’elle remarchera.
- Moi aussi j’aimerais ça. Vous êtes heureux ensemble et ça se voit.
Ils furent interrompus par la sonnerie annonçant que le repas était presque prêt. Rick mit la table, pour quatre, se disant que Lanie serait contente de rester un peu avec eux. Lorsque tout fût prêt il se dirigea vers la chambre où des rires se faisaient entendre. Il croisa les filles en chemin et leur annonça le repas. Elles s’étaient mise d’accord pour aller chercher les affaires de Kate le lendemain en fin de journée.
Lanie accepta volontiers de partager le diner avec eux mais ne tarda pas à rentrer chez elle retrouver son amoureux.
Au loft, tout était calme. Kate, après avoir pris ses médicaments, s’était mise au lit tandis que Rick finissait à la salle de bain. Il sortit et s’allongea à côté d’elle mais comme Kate dormait à gauche du lit, il était gêné par son attelle et ne pouvait donc pas la prendre dans ses bras. Ils restèrent tous les deux sur le dos, contemplant le plafond dans la timide lueur que la lune distillait. Kate mêla ses doigts à ceux de Castle, doucement, amoureusement.
- Bonne nuit mon cœur.
- Bonne nuit Rick.
Ils sombrèrent rapidement dans les limbes de la nuit qu’ils espéraient tous les deux reposante. Mais c’était sans compter sur les douleurs qui ne laissaient pas de répit à la détective. Vers deux heures du matin ,elle les sentit arriver malgré les antidouleurs. Elle bougea, cherchant une position meilleure mais rien n’y faisait. Elle s’assit tant bien que mal sur le lit et essaya de masser ses mollets mais son buste n’était pas encore assez fort pour la tenir en position assise donc elle bascula sur Rick, heureusement, pas sur sa main, mais sa chute réveilla son petit ami. Encore bien endormi, il alluma la lampe de chevet pour découvrir Kate, couchée en travers du lit, les yeux brillants, presque prêt à laisser couler ses larmes.
- Kate qu’est-ce qu’il y a ?
- Je….je suis désolée de t’avoir réveillé. Dit-elle en laissant échapper une larme, puis deux.
- Tu as mal ?
La gorge serrée par la douleur, elle hocha la tête en signe d’affirmation. Rick alla précipitamment à la salle de bain et revint avec la pommade qu’avait prescrite le médecin. En attendant Kate avait repoussé la couette et s’était déjà mise sur le ventre. Rick s’assit sur le bord du lit et de sa main valide commença à étaler la crème, il massait une jambe, puis l’autre. Il faisait des allers et retours essayant de soulager sa belle du mieux qu’il pouvait.
- As-tu mal ailleurs ?
- Oui, dessous les pieds.
Il reprit son massage sous la plante des pieds, son pouce glissant sur la crème grasse, essayant de détendre ses muscles endoloris. Le même traitement fût appliqué à l’autre pied et ça eut l’air d’être efficace car elle se calma assez vite
- Ca va mieux ?
- Oui, merci Rick.
Il l’aida à se remettre sur le dos puis disparut dans le dressing pour revenir avec un coussin allongé qu’il lui mit dans le creux des genoux pour soulager ses jambes et son dos.
- C’est une bonne idée.
- Je me souviens que Mérédith faisait ça quand elle était enceinte pour soulager son dos, alors je me suis dit que ça pouvait aussi te faire du bien.
- C’est vrai que je me sens mieux. Merci.
- Tant mieux si ça peut te soulager, mais la prochaine fois n’attend pas d’avoir autant mal, réveille moi avant. D’accord. ?
- Mais …
- Il n’y a pas de mais. Je ne veux plus voir de larmes dans ces jolis yeux. Dit-il d’une voix douce en caressant sa joue. D’accord ?
Elle acquiesça avec un petit sourire alors qu’il se réinstallait à côté d’elle.
Le sommeil les enveloppa de sa douce torpeur et le reste de la nuit fût plus calme.
Kate s’était levée sans réveiller son compagnon, il n’avait pas bronché, pourtant elle avait bien savaté pour rejoindre sa chaise, et maintenant elle attendait l’infirmière qui était sensée venir l’aider à se lever. Elle sourit en imaginant la tête qu’elle allait faire lorsqu’elle lui ouvrirait elle-même la porte. Du bruit se fit entendre dans le couloir, pour ne pas réveiller toute la maisonnée, elle ouvrit la porte avant que l’infirmière eut le temps de sonner.
- Bonjour madame. Salua Kate avec un grand sourire, constatant qu’elle avait raison concernant la tête de sa visiteuse.
- Oh, bonjour mademoiselle Beckett. Mais je vois que vous n’avez pas besoin de moi ce matin. Dit-elle en entrant.
- Oui, je pense que je peux me passer de vos services.
- Mais pour la toilette ?
- Mon petit ami à fait agencer la salle de bain pour que je puisse me débrouiller seule.
- Je peux voir ?
- Non, il dort encore et il faut passer par la chambre pour y aller.
Kate lui énuméra toutes les installations mise à sa disposition et l’infirmière la quitta rassurée de son bienêtre mais elle lui laissa tout de même son numéro de portable au cas où il y aurait un problème.
Dans la cuisine Kate essayait de faire une surprise aux Castle mais bien qu’il y ait suffisamment de place, les ustensiles étaient hors de portée de mains pour elle. La seule chose qu’elle pouvait faire était le café. C’était déjà un bon début. Alors qu’elle essayait d’attraper une tasse, Alexis arriva au fond des escaliers. Son père lui avait dit de lui laisser de l’indépendance mais de la voir galérer ainsi lui fendait le cœur. Elle s’avança donc vers l’îlot central.
- Bonjour Kate. Tu veux un coup de main ?
Kate en appuis sur ses bras pour atteindre le placard du haut, se laissa retomber sur sa chaise.
- Oui bien volontiers. Je voulais préparer le petit déj mais ….. Elle laissa sa phrase en suspend ne voulant pas dire qu’elle n’y arrivait pas.
- Je vois. On a pensé à la place que tu aurais besoin mais pas à la hauteur des choses. Attend, on va remédier à ça tout de suite.
Alexis et Kate firent de la place dans les placards qui étaient bas et y rangèrent les choses que Kate pourrait avoir besoin au quotidien et Alexis mit en haut d’autres ustensiles moins utiles.
Le bruit provenant de la cuisine le tira de sa nuit mouvementée. Il se retourna et constata que la place à ses côtés était vide et froide. Il regarda son réveille. Neuf heures. La fin de nuit avait finalement était bonne. Il enfila sa robe de chambre et alla découvrir l’origine de ce vacarme.
Il fût agréablement surpris de voir sa belle, munie d’un plateau posé sur ses genoux, mettre la table pour le petit déjeuner. Deux sourires sur deux visages heureux, cela faisait plaisir à voir, Alexis fit mine de ne rien avoir fait et laissa à Kate les honneurs et les remerciements de son père. Ils s’attablèrent et mangèrent dans la bonne humeur.
- Wah Kate, c’était excellent. Merci pour cette surprise. Mais tu as dû te lever aux aurores.
- Non, seulement vers huit heures. Et Alexis m’a aidé.
- Oh je n’ai pas fait grand-chose.
- Pour toi ce n’est peut-être pas grand choses mais en fait c’est beaucoup. Ça veut dire plus d’indépendance, et c’est important pour moi. Alors Merci.
- Mais je t’en prie Kate, ça m’a fait plaisir.
Rick regardait la scène sans rien dire. Voir ces deux femmes si chères à son cœur s’entendre aussi bien le remplissait de bonheur et de fierté.
- Bon ce n’est pas tout mais j’ai cours alors je vous laisse, et restez tranquille tous les deux.
-Rester tranquille ? C’est mal connaitre Kate, elle est toujours partante pour……
Il fût interromps pas une serviette en pleine figure, ce qui fit éclater de rire la brunette ?
- Hééé mais heuuuu.
- Tu l’as bien cherché papa. Alexis disparut à l’étage soulagée que tout se passe bien.
- Pour la peine mon chéri je te laisse ranger et faire la vaisselle, je vais me préparer pour l’arrivée de Jeff.
Puis elle tourna les talons, heu non sa chaise, et roula jusqu’à la chambre.
Rick resté seul à table embrassa la pièce du regard. Quelque chose avait changé mais il ne savait dire quoi. Il réfléchit un moment mais abandonna bien vite. Il débarrassa, rangea dans le lave-vaisselle mais lorsqu’il ouvrit les armoires il sût ce qui avait changé.
- Bon papa j’y vais, à ce soir.
- Heu Alexis, c’est toi qui……….demanda-t-il en désignant les placards de la tête.
- Oui, avec l’aide de Kate. Bon je te laisse. Bye.
Son cœur se gonfla de fierté. Il était fier de ce qu’il avait accompli, seul, certes avec l’aide de Martha mais il pensait avoir bien élevé sa fille, et chaque jour il se confortait dans l’idée qu’il avait relevé le challenge haut la main. Elle deviendrait quelqu’un de bien, il en était certain.