HypnoFanfics

Amitié, haine...

Série : Castle
Création : 25.08.2017 à 15h56
Auteur : caskett71 
Statut : Terminée

« Hello, Me voilà avec une nouvelle histoire. se passe courant saison 4......  » caskett71 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 38 paragraphes

Afficher la fanfic

CHAPITRE 21 : Avancer

 

La sonnerie de la porte interrompit ses pensées. Il accueilli amicalement Jeff lorsque Kate sortit de la chambre en tenue de sport.

- Bonjour Jeff.

- Bonjour Kate. Comment ça va aujourd’hui. ?

- Bien, j’ai encore eu quelques douleurs cette nuit, mais Rick m’a aidé. Dit-elle en adressant  à son petit ami un sourire compatissant.

- Oui je sais, ce n’est pas agréable mais sachez que c’est bon signe, que tout se remet en place gentiment.

Kate grimaça pensant que ce n’était que le début et qu’elle allait encore passer des moments difficiles. Le soutien de Rick serait important mais pour l’instant elle avait encore besoin de faire ces exercices seule avec Jeff. Ce n’est pas qu’elle ne voulait pas de sa présence mais il la voyait souffrir la nuit alors il n’avait pas en plus besoin de la voir endurer toutes ces tortures….

- Alors, où allons-nous nous installer pour nos exercices ? Demanda le kiné.

- Rick, on peut aller dans la chambre ?

- Oui bien sûr, pas de problème. Si vous avez besoin de quelque chose appelez-moi.

Il les regarda partir en direction de la chambre un petit pincement au cœur, elle ne l’avait pas invité à les rejoindre mais il se remémora les paroles de Mélanie « quand elle sera prête », alors il serait patient et éviterait de penser au bel Apollon qui laisserait courir ses mains sur les belles jambes de sa petite amie.

Sur le lit, Kate faisait minutieusement ses exercices, aujourd’hui ils allaient commencer à travailler l’équilibre assis en faisant travailler son buste et ses abdos. Kate était assise au bord du lit, Jeff lui tenant  les jambes qui pendaient dans le vide, elle  devait tenir assise en se servant de tous les muscles à sa disposition, sauf les mains bien sûr. L’exercice n’était pas difficile pour monsieur et madame tout le monde mais lorsque certains muscles ne répondaient plus,  cela se révélait extrêmement ardu. Après quelques jurons bien choisis, elle réussit enfin à rester en place. Jeff tenta de la déséquilibrer mais elle arriva à se redresser et garda la position assise. Un cri de joie emplit le loft, ce qui fit sourire l’écrivain qui patientait au salon.

Pour les jours suivants, Jeff avait proposé à Rick de masser régulièrement les jambes et le dos de Kate, ce qu’il ne rechigna pas à effectuer, il y mit même beaucoup d’application, même avec une seule main valide.

Les deux dernières semaines avaient passé très vite, rythmées par les visites de Jeff, de Lanie, des bros lorsqu’ils avaient le temps et de Martha qui venait aider comme elle le pouvait.

Le docteur avait  pu retirer les points de sutures au bras de l’écrivain et depuis deux jours il avait enfin pu quitter son attelle. Sans mettre trop à contribution son bras, il pouvait maintenant s’occuper de sa belle comme il l’avait promis en lui prodiguant des massages relaxants.

Grace aux soins de son petit ami, les douleurs nocturnes avaient totalement disparues au bout d’une semaine,  parfois il  voyait quelques mouvements au niveau de ses pieds mais il ignorait si c’était des spasmes musculaires ou si  c’était des gestes contrôlés.  Il sentait, depuis quelques jours, qu’elle était plus distante, elle parlait très peu et devenait plus irritable. Il se disait que ça allait passer.

 Malheureusement l’humeur maussade de Kate n’était pas facile à vivre tous les jours, en plus il ne pouvait toujours pas participer aux séances du kiné et cela commençait à l’inquiéter. Il la trouvait souvent près de la fenêtre, le regard perdu dans l’immensité de la ville et lorsqu’il essayait de discuter, elle s’isolait dans la chambre. Dans ces moments-là, il rejoignait son bureau pour essayer d’écrire mais les sanglots émanant de leur chambre lui fendaient le cœur. Il voulait l’aider mais si elle ne le laissait pas approcher, il ne savait pas comment agir. Même Lanie qui venait tous les soirs voyait son amie dépérir devant ses yeux et elle non plus ne savait plus quoi faire. Elle n’avait jamais vu son amie dans cet état et tout ce qu’elle tentait pour la raisonner finissait en dispute.

- Kate ?

- Hmm.

- J’aimerais que tu me parles.

- De quoi ? demanda-t-elle en levant vers lui un regard vide et abattu.

- Du temps, du programme télé, de toi, de ce que tu veux mais s’il te plait parle-moi.

Kate  se sentait mal, pas physiquement non, mais le moral ne suivait plus. Depuis quelques jours il n’y avait eu aucune amélioration. Ses pieds lui obéissaient lorsqu’elle essayait de les bouger, les muscles de ses jambes se contractaient lorsqu’elle les sollicitait et elle les sentait travailler, mais elle n’avait aucune force, elle ne pouvait même pas repousser la main de Jeff lorsqu’il le lui demandait et cela la minait énormément. Son moral en avait pris un sacré coup, elle était donc tout le temps sur la défensive.

- Tu veux savoir comment je me sens ? Cria-t-elle énervée.

- Je veux juste qu’on parle tous les deux.

- J’en peux plus Rick. Tu es au petit soin pour moi, toute ta famille l’est et j’apprécie crois-moi mais …

- Mais ?

- Mais rien ne va plus. J’en peux plus de ces exercices qui ne mènent à rien, depuis plusieurs jours je ne fais plus de progrès, et ces fichus jambes refusent toujours de me porter. De vous voir tous prendre soin de moi tous les jours et moi au milieu qui n’avance pas. Je ne veux plus être un fardeau pour vous. Je vais retourner chez moi. Elle finit sa tirade en se tournant pour regagner la chambre,  pleurant sur son mal-être et son impotence.

Rick qui n’avait pas bougé d’un iota tellement abasourdi par la  colère qui habitait sa belle, senti ses yeux lui piquer. Ses nerfs, ses émotions à fleur de peau lui jouaient des tours. Une larme coula sur sa joue mal rasée, suivie d’une deuxième. Il se retira dans son bureau, comme il l’avait si souvent fait ces derniers jours.

 Assise sur l’escalier qui menait à l’étage, Alexis, les yeux tout aussi brillants que ceux de son père, avait entendu une bonne partie de la dispute. Pas qu’elle écoutait aux portes non,  mais lorsqu’elle avait voulu descendre chercher à boire,  la discussion avait pris de l’ampleur. Elle avait aussi senti le récent changement d’humeur de Kate et cherchait à comprendre pourquoi, c’est pour cela qu’elle ne s’était pas montrée. A la cuisine elle se servit un grand verre d’eau fraiche qui fût avalé d’une traite puis alla voir son père, qui comme souvent ces derniers temps, était assis devant son ordinateur ouvert mais ses mains immobiles traduisaient son calvaire.

- Papa ?

Il leva vers sa fille des yeux brillants d’un regard triste qui confirmait son abattement. Un gros soupir s’échappa de sa gorge sèche et nouée.

- Hey pumkin, comment ça va ?

- Moi ça va. Mais toi ?

- Un peu fatigué mais à part ça tout va  bien.

Alexis fixa profondément son père. Il ne voulait pas montrer sa tristesse mais il s’y prenait très mal.

- Arrête Papa. Je vous ai entendu, je sais que ça ne va pas bien.

Dépité, il s’adossa au fauteuil, se frottant le visage entre les mains comme pour essayer de se réveiller après un mauvais rêve, mais c’était bien la réalité.

- Je suis désolé que tu aies entendu ça.

- Tu n’as pas à être désolé. Elle n’a pas à réagir comme ça avec toi, avec nous.

- Je sais mais là je ne sais plus quoi faire. Je vois bien que son état ne s’améliore plus mais…..

- Écoute, j’ai fait des recherches sur internet, j’ai lu des commentaires de gens qui souffraient du même mal que Kate…..

Ils discutèrent encore un moment, Alexis lui parla de ses résultats et de ce qu’elle voulait faire avec Kate après-midi. Son père, à cours d’idée accepta et promis de l’aider si Kate s’y opposait. C’est donc d’un pas décidé qu’elle prit son courage à deux mains. Elle n’aimait pas ce qu’elle allait faire mais c’était pour son bien.

TOC TOC TOC….

- Rick laisse-moi.

Une tête rousse passa dans l’entrebâillement de la porte.

- C’est moi.  Dit la jeune fille.

Kate se retourna et lorsqu’Alexis vit le regard perdu de son amie, elle se dit qu’elle avait bien fait de venir.

- Hey, salut ! Articula la détective en retenant ses sanglots pour ne pas se montrer faible devant la jeune fille.

- Ça  ne va pas fort à ce que je vois ?

- Pourquoi tu dis ça ? Répondit Kate froidement.

- Parce que je vous ai entendu papa et toi tout à l’heure.

- Ecoute j’aimerais rester seule.

- Pourquoi ? Pour plonger encore plus dans ta détresse ? Pour faire souffrir encore un peu plus papa en le tenant à l’écart ? Ou pour qu’on te plaigne ?

À ces mots Kate releva la tête. Alexis, les bras croisés sur sa poitrine et le regard sombre, était hors d’elle, le souvenir des mots dur que la jeune fille avait eu lors de leur fameuse altercation lui revint en mémoire.

- Je n’ai jamais voulu qu’on me plaigne. Et moi aussi je souffre……tous les jours. Chaque putains de jours qui passent et où il y a aucune amélioration je souffre. Que ce soit mes jambes  ou  dans ma tête je souffre. Je souffre  de vous voir prendre soin de moi et que moi je ne puisse rien offrir  en retour. Je …..

- Stop, arrête ! cria la jeune rouquine. On est là pour t’aider. On l’a voulu, on assume et je crois qu’on ne s’en sort pas trop mal, on ne te laissera pas tomber Kate, OK ? Mais j’en ai marre que tu blesses les gens qui sont là pour toi, et surtout papa. Il s’en est déjà tellement voulu de cet accident que là tu es en train de l’enterrer six pieds sous terre. Alors maintenant tu prends le taureau par les cornes, tu te redresses et tu vas lui parler.

Stupéfaite  par le discours de la jeune rouquine, Kate resta sans voix un instant. Elle leva vers elle ses yeux rougis et laissa couler quelques larmes. La détresse que vit Alexis dans le regard de la détective lui fit mal au cœur mais si elle avait besoin de cet électrochoc pour reprendre le dessus,  alors elle ne s’en voudrait pas de le lui avoir donné. Alexis s’avança vers Kate et la prit dans ses bras. Étreinte que la blessée lui rendit sachant que ce n’était facile pour personne et qu’en réagissant de la sorte, elle ne se faisait pas seulement du mal à elle-même mais aussi à toute la famille Castle. Elle souffla un bon coup et s’éloigna de la jeune fille.

- Tu as raison, je vais lui parler.

- Kate ?

- Et m’excuser.

Un petit sourire aux lèvres, elle se rendit au bureau pour retrouver son amour. 

Les pieds sur le bureau, la chaise basculée vers l’arrière, elle pensait qu’il dormait mais le petit grincement de son fauteuil roulant le fit réagir et son regard se posa directement sur le visage chagriné de Kate.

Kate roula jusqu’au canapé qui ornait la pièce et quitta son fauteuil pour s’installer dans les coussins moelleux. Elle le regarda et tapota la place à côté d’elle pour l’inviter à la rejoindre. Le regard triste de l’écrivain passait de la main de la jeune femme à ses yeux brillants. Après un moment d’hésitation, il se leva et s’assit à côté d’elle, mais pas trop près.

- Tu sais, je crie fort mais je ne mords pas.

Elle  essaya de détendre l’atmosphère avec cette remarque  mais cela n’eut pas l’effet voulu, il resta à sa place, bien à l’opposé d’elle.

- Rick, je sais que j’ai été invivable ces derniers jours.

- C’est peut dire ! Marmonna-t-il durement!

Elle se pencha vers lui pour lui prendre la main, ce qui attira son attention. Il remarqua que son équilibre avait évolué, et dans le bon sens. Il sourit intérieurement de voir qu’elle avait fait quelques progrès malgré ses propos tout à l’heure mais ne montra aucun signe de joie. Au contraire, il fixa le mur en face de lui et reprit son air sérieux et détaché.

- Je suis désolée. Je t’ai fait souffrir toi et ta famille alors que vous êtes là pour m’aider à aller mieux, je m’en veux de vous avoir fait subir tout ça alors que vous ne pensez qu’à mon bien-être.

Elle sentit la pression sur sa main s’intensifier. Elle aussi resserra cette main qu’il lui avait si gentiment tendue lorsqu’elle en avait besoin. Elle ne le lâchait pas du regard mais lu fixait toujours la paroi en face sans dire un mot.

- Rick, tu voulais qu’on parle !  Alors regarde-moi s’il te plait !

Elle tendit son bras vers son visage et d’une caresse sur la joue lui fit tourner la tête. Dans son regard elle ne trouva ni haine, ni colère, juste, l’amour. Celui qu’elle avait vu dans ses magnifiques yeux bleus depuis  qu’elle s’était enfin avoué qu’elle l’aimait aussi. Cette constatation lui fit verser une larme. Même lorsqu’elle était odieuse avec lui il ne  cessait pas de l’aimer. Elle fut troublée lorsqu’une main douce  effleura sa joue pour interrompre la couse de cette larme. 

Elle lui sourit, il le lui rendit, timidement certes, mais c’était déjà mieux.

Elle reprit sa main entre les siennes et la caressa distraitement  du pouce.

- Tu sais que j’ai toujours aimé mon indépendance et c’est dur pour moi de devoir demander de l’aide. J’ai toujours été très active, j’ai la bougeotte,  je ne sais pas rester tranquille, et là de devoir rester clouée dans ce fauteuil ça me rend folle. En plus, depuis quelques jours, mon état ne s’est pas amélioré, c’est pour ça que je ne suis pas de très bonne compagnie mais je sais que je n’ai pas à m’en prendre à vous tous qui faites votre mieux pour m’aider. Alors je voudrais m’excuser de mon comportement auprès de ta famille.

- Vous n’avez pas à vous excuser Catherine.  Dit Martha en s’avançant vers eux.

Elle était arrivée entre-temps et avait suivis, sans vraiment le vouloir, la conversation entre les deux amoureux. Lorsqu’elle est arrivée au loft, Alexis lui a expliqué la situation et comme la porte du bureau était ouverte, elles ont tout entendu depuis le salon.

Elle s’assit sur le fauteuil de Kate et prit sa main dans la sienne.

- Je ne peux pas dire que je vous comprends puisque je n’ai pas eu ce qui vous est arrivé. Mais par contre, je comprends qu’une femme énergique et dynamique comme vous enrage de rester cloué là-dedans. Dit-elle en désignant sa chaise. Je pense que vous aviez besoin de tomber aussi bas pour mieux vous relever, alors maintenant redressez la tête, battez-vous et  montrez-nous que nous avons raison de croire en vous.

- Merci Martha. Articula difficilement Kate, émue par les mots d’encouragement  de la matriarche.

- Vous savez quelle est la meilleure façon de nous remercier ?

- Oui. Confirma-t-elle en lui rendant son sourire.

Martha l’étreignit tendrement et rejoignit sa petite-fille au salon.

Rick qui avait suivi la discussion sans intervenir s’approcha enfin de Kate et la prit dans ses bras. Kate se colla  contre son torse puissant qui lui avait manqué, terriblement manqué. Il déposa un baiser dans ses cheveux et la regarda amoureusement. Kate se senti revivre. Il  avait le don de faire ressortir le meilleur de chacun.  D’un seul sourire, il pouvait faire naitre une amitié, celle qu’il avait su faire grandir avec Ryan et Espo. Avec des  mots bien choisi, il pouvait mettre fin à une chicane, comme il l’avait fait à Grennwood Lake. Dans ses magnifiques yeux bleus elle avait vu naitre leur amour, hé oui, Rick Rodgers avait changé une vie, et pas n’importe laquelle. Il avait tout chamboulé dans la vie de Kate et elle lui en serait éternellement reconnaissante. Donc elle n’allait plus se laisser abattre.

- Ça va ? Demanda-t-elle devant le mutisme de son compagnon.

Comme réponse, elle sentit les lèvres douces de son écrivain effleurer les siennes pour un doux baiser. Lorsqu’il voulut s’éloigner, elle passa ses bras derrière sa nuque et demanda plus, ce qu’il ne lui  refusa pas et permit à leur langues de se retrouver, de se câliner, elles qui ne s’étaient plus vues depuis………..depuis quand ? Elles ne sauraient le dire tellement le temps avait filé vite.

Front contre front, ils reprenaient doucement leur souffle  et se reconnectaient à la réalité.

- Je t’aime Rick. Merci de me supporter.

- Je te le  dis depuis longtemps Kate, Always, tu pourras toujours compter sur moi, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Deux lumineux sourires illuminèrent cette sombre journée qu’ils allaient s’empresser de vite oublier.

- Et moi aussi je t’aime, je t’aime comme un fou.

Le regard de Kate fut attiré par un bout de tissu blanc qui se balançait au bout d’un manche dans l’encadrement de la porte du bureau. Et au bout de se bâton, Alexis.

- Est-ce que je peux ? Demanda la jeune Castle.

- Oui viens. L’invita Kate et lui tendant la main pour qu’elle s’assoie à ses côtés.

- Vous avez discuté ?

- Oui, enfin c’est surtout moi qui ai parlé, et ton père a écouté. Merci de m’avoir fait réagir Alexis, j’en avais bien besoin. Alors maintenant je vais arrêter de pleurer sur mon sort et je vais me battre. Je sais que ça ne sera pas facile mais avec votre aide à tous, j’y arriverais,

- Ça tombe bien, j’ai eu une idée qui pourrait t’aider. Annonça la fille de l’écrivain.

- Ha oui, dis-moi.

Kate était curieuse et impatiente de voir ce que la rouquine avait en tête.

Alexis regarda son père, cherchant son assentiment pour lui parler de  son projet.

 


caskett71  (16.09.2017 à 02:08)

Chapitre 22 : Quelle idée ?

Avant d’aller parler à Kate, Alexis avait discuté de ses rechercher et de son idée avec son père. Il avait approuvé et se tenait prêt à  participer au mieux pour aider sa petite amie. Mais la jeune fille ne savait pas comment allait être perçue son intervention dans le processus de guérison de la détective donc la meilleure solution était de se lancer. Elle s’assit dans le fauteuil à côté de Kate et lui dévoila son plan.

- Ben voilà, j’ai fait quelques recherches sur le net et j’ai trouvé des témoignages de personnes ayant subi le même traumatisme que toi. J’en ai beaucoup lu, j’ai même échangé avec certains d’entre eux et la majeures parties ont eu d’excellents résultats et fait de gros progrès en faisant leurs  exercices à la piscine.

Elle avait sorti sa tirade en gardant son regard encré dans celui de Kate qui semblait bien accueillir l’idée  mais tout à coup gênée, elle baissa les yeux attendant une réponse.

Kate regarda Rick qui semblait ravi par ce projet et prêt à y participer. Un doigt sous le menton de la rouquine lui fit relever la tête.

- Je trouve que c’est une excellente idée Alexis, et je te remercie de ton aide. J’adorerais aller à la piscine mais………………j’aurais besoin d’aide. Avoua-t-elle un sourire timide aux lèvres.

 Kate se rendit compte que demander de l’aide n’était pas si difficile tout compte fait et ça rendait les gens heureux d’après les sourires qui fleurissaient sur les visages lui faisant face. Alexis poussa un soupir de soulagement devant la mine réjouie de la détective.

- Et vous avez déjà prévu une sortie à la piscine. ?

- Heuuu, on voulait d’abord en parler avec toi, et on aimerait demander à Jeff comment on doit s’y prendre.

- OK, pas de soucis, il doit venir demain matin, on pourra lui en parler.

- Mais moi j’ai cours demain matin. Répondit Alexis déçue.

- Je m’en occuperais pumkin.

- Et si tu veux nous accompagner tu pourrais nous donner ton planning comme ça on pourrait regarder un moment où tu es libre. Proposa la détective.

Cette fois le visage de la jeune rouquine se fendit d’un  énorme sourire qui confirma son envie de participer à la baignade.

Le reste de la journée se passa dans la bonne humeur. Kate avait même demandé à Rick de l’emmener au parc du coin pour prendre l’air.  Elle s’était assise sur un banc et Rick essayait de manier le fauteuil roulant, il constata que ce n’était pas une chose facile et que cela demandait un sacré entrainement, ce qui le rendit encore plus fier d’elle au vu de tous les efforts qu’elle fournissait au quotidien. Ils avaient bien profité du soleil et les nombreux fous rires leur avaient  fait énormément de  bien à tous les deux.

Le lendemain matin, ragaillardie  comme jamais, Kate accueilli Jeff avec un large sourire, ce qui ravi le jeune homme qui avait bien vu que ces derniers temps elle baissait les bras devant son manque d’amélioration.

- Mais bonjour Kate. Je suis  content de revoir un sourire sur votre visage, ça faisait longtemps.

- Oui et c’est grâce à ma famille. Dit-elle en prenant la main de Rick qui se tenait à côté d’elle.

- Alors, prête pour une nouvelle séance ?

- Oh oui, plus que jamais.

Ils se dirigèrent comme d’habitude vers la chambre mais sur le seuil, elle se retourna vers son petit ami.

- Rick tu viens !

Ce n’était pas une question mais une proposition, ce qui combla de bonheur l’écrivain. Il se précipita vers elle et un doux baiser vint la remercier pour cette confiance accordée. Rick souriait comme un bienheureux, enfin elle lui permettait d’être à ses côtés pour l’encourager et la soutenir.

Pendant la séance, Kate expliqua à Jeff le projet d’Alexis,  il lui assura que c’était une très bonne idée et que lui-même y avait pensait et voulait le lui proposer depuis quelques jours mais ne savait pas comment s’y prendre car il n’était pas disponible pour l’aider à la piscine. Rick lui certifia qu’il serait aux côté de Kate et qu’il l’aiderait. La séance fût donc raccourcie et Jeff leur expliqua ce qu’il devait faire et ou aller pour trouver une piscine adaptée, au moins au début. Après quand ils auront acquis une certaine assurance ils pourront aller n’importe où, même à la mer s’ils le voulaient. À l’évocation de la mer les deux amoureux se regardèrent et eurent la même pensée.

- Les Hamptons.

Jeff les regarda perplexe.

- Oui, j’ai une maison dans les Hamptons, nous pourrons y aller ?

- Ah d’accord, ça vous fera la plus grand bien Kate.

L’heure du prochain rendez-vous approcha pour Jeff qui  quitta le loft des Castle rassuré, sa patiente avait touché le fond et elle avait sur remonter, péniblement mais elle y était parvenue et c’était le principale. Avec l’aide de sa famille et les séances de piscine elle allait vite se remettre sur pieds, il en était certain.

Installé tous les deux dans le canapé, Rick massait distraitement les jambes de sa belle. Les douleurs avaient disparues mais par habitudes il laissait ses mains glisser sur ses mollets.

- Rick ?

- Hmm ?

- Il faudrait qu’on aille chez moi chercher mes affaires de piscine.

- On peut y aller après-midi si tu veux. Mais d’abord il faut que je te nourrisse. Dit-il en s’avançant vers elle pour l’embrasser langoureusement.

- Hmmmm, je pensais que tu parlais d’une nourriture plus  terrestre. 

Elle lui rendit son baiser qui s’intensifia pour devenir carrément sulfureux, ce qui   fit gémir le couple. Kate laissa ses mains s’aventurer sous la chemise de l’écrivain savourant son grain de beau, une peau douce, et chaude. Ça faisait si longtemps. Depuis l’accident ils n’avaient plus échangés de torrides câlins. Ils n’avaient plus fait l’amour et des deux côtés on sentait ce manque de l’autre, ce partage charnel parfois explosif qui les emmenait très souvent au paradis.

- OH Kate ! Dit-il en s’écartant d’elle à contre cœur. Il faut se calmer sinon….

- Je sais ! Le coupa-t-elle. Mais bientôt mon cœur, je te le promets, bientôt.

- Je ne suis pas pressé tu sais…….

- Mais moi oui. Tu me manque Rick.

- Toi aussi tu me manque, c’est que  je ne veux pas te brusquer.

- Je t’aime.

Comblé, il déposa un dernier baiser sur ses lèvres et se leva pour rejoindre la cuisine et se mettre aux fourneaux afin de préparer un délicieux repas. Le temps de se remettre dans sa chaise et elle le rejoignit pour dresser la table.

Vers les quatorze heures ils prirent la route direction l’appartement de Kate. Elle prit quelques tenues supplémentaires, dont une nuisette affriolante, en plus de ses affaires de bains.

- Rick, est-ce qu’on pourrait passer par le poste avant de rentrer ?

Il la dévisagea surprit par cette requête. C’était la première fois depuis leur accident  qu’elle demandait  à aller au douzième et il en était ravi.

- Mais bien sûr mon cœur, je serais content de revoir toute l’équipe.

Ils se sourirent et se hâtèrent de finir de préparer les choses à emporter au loft.

Kate était nerveuse et Rick le sentait. Plus ils approchaient de bureau plus elle tortillait ses doigts. Il posa une main réconfortante sur ses doigts torturés  et d’un simple sourire, détendit la détective.

- Ça va aller, tu vas juste revoir tes collègues, serrer des mains, tu ne vas pas passer un examen.

Un mot, un geste, un sourire, il savait toujours  comment apaiser ses craintes. Elle lui rendit son sourire et ouvrit la porte de la voiture de Rick.

Lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent à l’étage des homicides, le bruit ambiant replongea le lieutenant Beckett dans les souvenirs, pas si lointains, du boulot.

Quelques regards, timides au début. Quelques sourires, plus francs. Des poignées de mains, beaucoup de poignées de  main, et les accolades de ses amis. Ils étaient surprit et content qu’elle passe les voir mais savaient que cela demandait un gros effort de sa part.

Voyant l’agitation dans ses travées, Gates sortit de son bureau, prête à sermonner ses subordonnés mais lorsqu’elle vit la raison de cette effervescence elle tempéra sa colère.

- Je suis contente de vous revoir lieutenant Beckett. Dit-elle en  serrant la main que Kate lui tendait.

- Moi aussi chef. Ça fait du bien de revenir.

- Ne me dis pas que le boulot te manque ? Taquina Espo en recevant un coup de coude de son acolyte.

- Aussi étonnant que ça puisse être Espo, je préfèrerais mille fois être au job avec vous que cloué dans ce fauteuil.

Elle sentit aussitôt le malaise d’Espo d’avoir, encore une fois, parlé trop vite, mais elle ne lui en voulait pas et profita pour changer de sujet.

Gates laissa les amis discuter et retourna à sa paperasse.

- Alors, une enquête en cours ? Demanda-t-elle en s’approchant des tableaux blancs ou les photos des deux victimes  et des détails étaient affichés.

- Oui, deux même.  Deux meurtres, presque au même moment dans deux quartiers différents et on piétine. Répondit Espo.

- Je fais équipe avec Hastings et Espo avec Karpowski, mais on a beau tourner et retourner ça dans tous les sens, on piétine et c’est agaçant.

- Le mieux dans ces cas-là c’est de tout reprendre à zéro. Proposa Kate.

- On l’a déjà fait mais on ne trouve rien de nouveau. Se désespéra l’irlandais.

- Alors pour quoi vous ne changeriez pas d’enquête, vous prenez la leur et ils prennent la vôtre comme ça vous avez un regard neuf sur l’affaire.  Suggéra Rick.

Les deux coéquipiers se regardèrent et acceptèrent le deal  mais lorsqu’ils eurent échangé les dossiers, Kate intervint.

- Et si les deux meurtres étaient liés ?

- On a rien trouvé qui les relient. Affirma Espo.

- Mais si les meurtriers s’étaient échangés les victimes. Tu tues ma femme et je tue ton beau-père. Précisa Kate qui se prenait au jeu et ressentait le manque de cette excitation qui rythmait auparavant ses journées de travail.

Les équipiers se regardèrent, remercièrent Kate pour l’idée et lorsque les deux visiteurs quittèrent le poste, ils se mirent activent à la recherche de preuves.

Kate souriait. Ces quelques minutes au sein du poste lui avaient remonté le moral. Le besoin de reprendre son poste lui donnait la pêche nécessaire pour activer sa guérison. Elle n’allait plus se laisser abattre et faire en sorte que Rick soit fier d’elle et qu’ils puissent, ensemble, reprendre leur travail.

Rick regardait sa partenaire, la voir souriante l’emplissait de joie, cela faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas vue si heureuse.

- Pourquoi tu souris comme ça ? Demanda le lieutenant une fois installés sur le canapé.

- Parce que je suis heureux. Aujourd’hui, au poste, tu as oublié ton handicape, tu as repris le dessus et tu étais heureuse, ça se voyait. Répondit-il en resserrant son étreinte autour de ses épaules et en posant un baiser sur sa tempe.

- C’est vrai que ça m’a fait du bien, et j’espère qu’avec nos idées ils auront pu avancer un peu.

- Hm, on les appellera demain pour avoir des nouvelles.

Depuis qu’ils étaient rentés, Kate avait rangé ses affaires et préparé son sac pour la piscine le lendemain pendant que Rick se renseignait pour trouver facilement la piscine qui leur avait été proposée par Jeff. Elle était située un peu en dehors de la ville mais elle était mieux adaptée pour les personnes à mobilité réduite alors ils commenceraient par celle-là et s’il y avait, ou plutôt, quand il y aurait des progrès, ils aviseraient une autre plus proche. Kate s’était installée au salon et Rick leur avait servi un café qu’ils avaient dégusté devant la télé tendrement blottis l’un contre l’autre.

Dans la soirée ils discutèrent avec Martha et Alexis du programme du lendemain et la jeune fille était ravie de pouvoir les accompagner. Martha les encouragea et tout le monde se coucha de bonne humeur.

Pour Kate la nuit était agitée. Pas à cause des douleurs, non, mais à cause d’une petite angoisse qui tiraillait son estomac. Allait-elle s’en sortir à la piscine ?  Elle allait être accompagnée mais elle avait peur de paniquer, de couler, de…..

- Kate, tout ira bien demain.

Rick la sentait tendue, nerveuse depuis qu’ils s’étaient couché. C’était compréhensible mais il serait là pour l’aider, et Alexis aussi. Kate avait une excellente condition physique, elle n’avait aucune raison de douter, d’avoir peur, les mots de Rick l’apaisèrent, un peu.

- Merci.

- Je ne te lâcherais pas d’un pouce demain alors maintenant dors tranquille.

- Bonne nuit mon cœur.

- Bonne chérie !

Ils trouvèrent enfin le sommeil et le reste de la nuit fût plus paisible.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, la lueur du soleil du milieu de matinée l’éblouit. Elle se tourna et n’en cru pas ses yeux, son téléphone affichait dix heures. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas dormit autant tard. Son bras étendu sur le côté trouva une place vide et froide. Elle étira ses jambes et sentit les muscles de ses mollets tirer. Le fait de sentir ses membres inférieur l’avait beaucoup rassurée mais maintenant elle devait travailler pour arriver à les contrôler mais ça, elle espérait que la piscine puisse l’aider.

- Bonjour tout le monde. Salua Kate en rejoignant la famille Castle au complet à la cuisine.

- Hey, bonjour la marmotte. Répondit Rick en venant l’embrasser langoureusement.

- Attention, ado dans la pièce. Râla rieusement Alexis en se couvrant les yeux.

Toute la famille éclata de rire devant la mine faussement offusquée de la jeune rouquine. Rick servit une tasse de café et des pancakes à sa muse puis chacun vaqua à ses occupations. Kate fit ses exercices de renforcement de ses abdos pour rester assise alors que Rick essayait  d’écrire mais ce ne fût qu’une vaine tentative tant ses yeux étaient rivés sur la brune qu’il observait plus qu’il n’écrivait.

Après le repas préparé par Alexis, Kate alla dans le bureau pour téléphoner au poste, elle voulait avoir des nouvelles de l’affaire de Ryan et Espo. Rick la rejoignit au moment où l’hispanique décrocha.

- Salut Espo.

- Ha salut Beckett, comment ça va aujourd’hui ?

- Bien merci, et toi, votre enquête avance ?

- Bonjour les Gars. Salua Rick devant le téléphone posé sur son bureau et dont Kate avait mis le haut-parleur.

- Salut Castle. Répondirent les bros synchrone…

- Alors grâce à vous on a résolu l’affaire. Jubila l’irlandais. Le mari de la victime et le beau-fils du plus âgé se croisaient tous les matins sur le ferry qui les amenaient à leur travail. Ils ont commencé à discuter et  au fils du temps ont partagé leurs problèmes. Alors avec un gros coup  de bluff à la Beckett, on a pu faire craquer le beau-fils et il a tout balancé.

- C’est génial, bravo les gars. Les félicita Kate.

- Bravo à vous deux, car sans votre visite hier, je crois qu’on en serait encore au même point.

- Ça nous a fait plaisir de vous aider les gars.

Ils raccrochèrent et les amoureux se tapèrent dans la main jubilant devant cette bonne nouvelle.

L’heure du départ avait sonné. Tous les quatre partirent dans la voiture de Rick. En effet, Rick avait montré à Martha tout ce que proposait le centre  où ils allaient se rendre et elle irait profiter des soins bienfaisants des massages shiatsu et des pierres chaudes. 

Devant l’entrée, Martha se dirigea côté soin et bienêtre tandis que Rick, Kate et Alexis allaient à l’opposé, vers la piscine.

Sur la nacelle qui la levait au-dessus de l’eau Kate n’en menait pas large. Le maitre-nageur l’avait pourtant briefée et elle était équipée de flotteurs mais une petite appréhension persistait tout de même.

Lorsque ses pieds touchèrent l’eau, à trente-deux degrés,  elle retint sa respiration. Lorsque le liquide arriva à la taille, elle commença à trembler, mais pas de froid. Rick, qui était déjà dans l’eau vit dans ses yeux l’appel au secours, il s’approcha et comme d’habitude sut la calmer avec ses mots. Elle était maintenant dans l’eau jusqu’au épaules, maintenue fermement par les flotteurs. La présence à ses côté de Rick et Alexis qui la motivaient lui redonnèrent le courage nécessaire. Elle n’avait pas le fond, elle mobilisa ses bras et en quelques mouvements, elle  avança de plusieurs mètres. Au-dessous d’elles ses jambes suivaient le mouvement, elle les bougea, pliés, tendus, pliés, tendus. Enfin elle avait cette sensation de retrouver un peu de contrôle sur ses membres inférieurs et ça la motivait encore plus. Ses deux accompagnants la suivaient sans rien dire, ils appréciaient juste les efforts et les sourires de la brune. Lorsqu’elle se remit à la verticale, elle sentit sous ses orteils quelque chose, elle déplia lentement ses longues jambes et fut surprise de se retrouver debout. Dans l’eau ses jambes étaient assez fortes pour la maintenir droite et elle exulta lorsque elle réalisa qu’elle marchait, certes lentement, mais elle marchait. Son regard brillant capta le regard fier de son petit ami.

- Je marche Rick, je marche ! S’écria-t-elle, se faisant se retourner les autres baigneurs qui les regardèrent interloqué par ces cris.

- Oui, je vois ça. Je savais que tu allais y arriver. La félicita Rick.

Alexis nagea jusqu’à elle et tapa dans la main que Kate avait toujours levée au-dessus de sa tête. Requinquée par cette sensation, Kate fit les exercices que lui avait appris Jeff et ce fût Rick qui dû la ralentir car à vouloir aller trop vite, elle pouvait en souffrir par la suite.

Quand ils purent enfin sortir Kate de l’eau, les trois compères retrouvèrent Martha qui flottait littéralement sur un petit nuage suite aux bienfaits des soins et surtout grâce aux mains expertes du beau masseur qui s’était occupé d’elle. Kate lui narra ses exploits, toute excitée qu’elle était par son avancée d’aujourd’hui.

Exténuée par cette journée, la détective se coucha au salon et apprécia les massages que lui prodiguait son petit ami. Jeff allait revenir le lendemain et il fallait soulager au mieux ses muscles qui avaient étés bien sollicités lors de cette baignade. Elle ferma les yeux et somnola le reste de l’après-midi.


caskett71  (17.09.2017 à 00:38)

Chapitre 23 : Petite cachotière.

Kate enchainait régulièrement les séances de Kiné ainsi que les sorties à la piscine,  les progrès étaient très réguliers et cela se ressentait sur son moral et sur l’ambiance du loft qui devenait de plus en plus gai chaque jour. En cachette, elle essayait même  de se mettre sur ses jambes.  Les débuts étaient chancelants, elle arrivait à se mettre debout mais ses muscles encore trop faibles ne la portaient que quelques secondes. Elle augmentait progressivement la durée des exercices et  jours après jours ses jambes, dont les muscles avaient passablement  fondu, se renforçaient pour reprendre la masse perdue. Elle prenait de plus en plus d’assurance jusqu’au jour où ses jambes la portèrent et qu’elle réussit à faire trois pas pour rejoindre le lit. Son cri de joie retenti dans tout l’appartement et Rick accouru aussitôt.

- Kate qu’est-ce qu’il y a ? Ça va ?

Elle cacha son euphorie, c’était encore trop tôt, et s’en sortit  d’une pirouette.

- Oh oui excuse-moi d’avoir crié, c’est juste que je n’ai pas mis le frein et au moment de me lever le fauteuil a roulé là-bas et j’ai juste pu me rattraper au lit.

Elle désigna le siège qu’elle avait, intentionnellement, quitté plus tôt, et qui se trouvait à trois pas d’elle.

- Ha bon, j’ai eu si peur.

- Désolé mon cœur, mais tout va bien je t’assure.  Assura-t-elle en se rasseyant sur le fauteuil que Rick lui amena à portée de main.

- Le repas est presque prêt. Dit-il en l’embrassant tendrement, baiser qu’elle lui rendit en le retenant par le col de la chemise.

- D’accord, j’arrive dans cinq minutes. Chuchota-t-elle électrisée par  ses lèvres chaudes  encore collées aux siennes.

Une fois que Rick fût sortit de la pièce, Kate jubila, silencieusement cette fois-ci. Elle avait fait d’énormes progrès et  se sentait de plus en plus stable sur ses jambes. Comme promis au docteur, elle serait sur pieds  pour le rendez-vous en fin de semaine.

Rick servit le repas qu’ils partagèrent avec Alexis, Martha étant partie à son école pour une répétition.

- Vendredi matin j’ai rendez-vous avec Paula et Gina chez Black Pawn et cette fois je suis obligé d’y assister, déjà qu’elle a été reportée plusieurs fois. Annonça l’écrivain au cours du repas.

Kate fit mine de ne pas être déçue et acquiesça sans rien rajouter. Il avait oublié qu’elle avait aussi rendez-vous, chez le médecin, ce vendredi matin, mais elle savait qu’il avait des obligations et ne voulait pas le contrarier alors elle appellerait Lanie. Elle se dit que tout compte fait c’était mieux ainsi, car comme ça il ne verrait pas les progrès qu’elle avait faits et alors elle pourrait lui faire la surprise.   Et quelle surprise.

Kate avait téléphoné à Lanie et lui avait expliqué que Rick avait un empêchement et  ne pouvait pas l’amener à son rendez-vous chez le docteur. La légiste vociféra contre l’écrivain qu’elle trouvait  malotru sur ce coup-là    mais Kate la calma assez vite en lui expliquant que ce n’était pas grave car elle voulait lui faire une surprise mais ne rentra pas plus dans les détails de sa guérison. Elles raccrochèrent après s’être accordées sur  l’heure du départ.

Lors de la dernière visite du kiné, Rick fût appelé au téléphone, il laissa Kate seule avec Jeff qui continuait sa séance comme toujours. Elle le regarda quitter la pièce et lorsqu’elle fût certaine qu’il était hors de vue, lentement elle s’assit sur le lit et se mit debout devant le regard stupéfait de Jeff.

- Wah Kate c’est génial. S’exclama-t-il un peu fort.

- Chuuutttt, Rick n’est pas au courant et je voudrais lui faire la surprise.

Elle fit quelques pas devant lui et retourna s’assoir. Malgré tous ses efforts, ses jambes étaient encore un peu faibles mais il ne faudrait plus beaucoup de temps pour que tout redevienne à la normale.

- Je suis content pour vous, je savais que vous y arriveriez.

- Vous y êtes quand même pour beaucoup Jeff, alors merci.

- Le plus dur c’est vous qui l’accomplissez, tous les jours, sans relâche, et ça paye.

- Oui, je suis tellement contente.

Ils reprirent tout de même le cours de la séance pour donner le change, Jeff força un peu plus que d’habitude et Kate se plia de bon cœur à ses exigences.

-  Jeff ?

- Oui.

- Est-ce que vous avez revu Jason ?

- Oui, bien sûr, je le vois toujours deux fois par semaine, pourquoi ?

- Je voulais savoir comment il allait, si sa rééducation avançait.

- Oh oui ça avance, et  même très bien. Maintenant il fait plusieurs aller et retours entre les barres sans se tenir et bientôt on essayera sans l’appareillage qui maintient ses jambes.

- Oh c’est super, je suis si contente pour lui. Vous lui passerez mon bonjour et mes encouragements.

- Je n’y manquerais pas.

Sur ces mots Rick  refit son entrée alors que la séance se terminait. Il s’excusa de les avoir abandonnés et raccompagna Jeff qui souriait en pensant à ce qui attendait l’écrivain. Lorsque les deux hommes furent sortit, elle se leva et se dépêcha de s’habiller puis reprit place sur son fauteuil, qu’elle allait quitter très bientôt.

Vendredi matin Rick se préparait pour aller à son rendez-vous alors que Kate se prélassait dans le lit, cela ne lui arrivait pas souvent mais ce matin elle n’avait pas envie de se forcer à utiliser son fauteuil pour jouer la comédie. Elle s’étirait gracieusement lorsque Rick lui amena un café. Les yeux de l’écrivain se perdirent sur ce corps à moitié découvert, suivirent ses courbes et longèrent ses jambes qui réagissaient de plus en plus aux sollicitations de la détective. Il s’assit sur le bord du lit et sa main remonta de la cheville à la cuisse de la jeune femme, en manque de contact, Kate tressailli et ses pulsations grimpèrent en flèche.

- Jeff ne viens pas aujourd’hui ? fit remarquer Rick en promenant délicatement  sa main sur la cuisse de la détective.

D’habitude le vendredi matin Kate avait sa séance avec le kiné mais vu qu’elle avait sa visite chez le médecin, ils avaient annulé.

- Heuu, non, il m’a expliqué un truc à propos d’un colloque de je ne sais plus quoi alors je lui ai dit que je ferais mes exercices comme il me l’a appris, depuis le temps je les connais par cœur…esquiva-t-elle.

- Ha ok. Alors moi je dois y aller, je ne sais pas si je serais de retour pour midi mais je te tiens au courant, OK ?

- OK mon cœur, pas de problème.

- Et s’il y a quoi que ce soit tu m’appelle.

- Mais oui. Aller file sinon Gina va envoyer la cavalerie.

Leurs lèvres se joignirent pour un court  baiser qu’elle ne pût s’empêcher d’approfondir en passant ses bras derrière sa nuque pour maintenir le contact. Les langues se joignirent à la danse ce qui les fit gémir à l’unisson. À bout de souffle, les regards noyés l’un dans l’autre, ils se contemplaient en souriant.

- J’y vais, à tout à l’heure.

- A plus.

Il piqua un baiser sur son nez   puis  quitta le loft qui avait été déserté par tous les autres  occupants. Martha avait ses cours à donner et Alexis des cours à suivre. Une fois qu’elle eut entendu claquer la porte, elle tendit l’oreille. Le silence. Cela donna le coup d’envoi de la minute d’euphorie. Kate, sur le dos, gesticula les pieds en l’air savourant cette liberté de mouvement  enfin retrouvée. 

Ce moment de jubilation passé, elle se leva, prit sa douche et se prépara au départ, Lanie allait bientôt arriver et elle allait jouer encore la comédie un petit peu. Elle voulait que Rick ai la primeur de ses deuxièmes premier pas. Elle prépara ses affaires et parqua le fauteuil près de la porte. Alors qu’elle finissait son deuxième café, la sonnette retentit. Pile à l’heure la légiste, comme toujours. Kate prit place dans la chaise et ouvrit à sa meilleure amie.

- Salut ma belle, tu es tout en beauté dis-moi.

- Bonjour Lanie. Je ne voulais pas te faire honte alors je me suis appliquée.

- Oh arrête, jamais je n’aurais honte de toi, même si tu devais rester clouée là-dedans pour toujours. Avoua la légiste en désignant le fauteuil du regard.

- Merci Lanie. Répondit Kate en baissant la tête pour cacher son sourire.

Elles prirent la route tout en discutant, Lanie râlait toujours à cause de l’écrivain qui ne l’accompagnait pas aujourd’hui. Kate lui rappela que Rick avait aussi une vie avec des impératifs à respecter.

Arrivées à l’adresse du médecin, Lanie put se parquer sur la place handicapée, elle plaça derrière le pare-brise le macaron que lui donna Kate et l’aida à s’installer.

- Tu n’as pas besoin de venir avec moi je vais me débrouiller. Tu peux aller faire les boutiques, il y en a de belles dans ce quartier et je t’appelle quand j’ai fini.

- T’es sûr, tu ne veux pas que je vienne avec toi ?

- Oui je suis sûr, aller, vas-y.

- Ok alors à toute….

La noiraude n’insista pas et  tourna les talons, il ne fallait pas lui dire deux fois d’aller faire du shoping. Kate sourit en la regardant partir, courant presque pour s’enfiler dans la première échoppe venue.

Le docteur Ross appela Mademoiselle Beckett et son sourire se fana lorsqu’il la vît encore dans sa chaise roulante. Il ouvrit la porte en grand pour la laisser entrer et lorsqu’il l’eût fermée et qu’il se retourna, il resta bouche bée. Kate se tenait là, devant lui, debout, un radieux sourire aux lèvres.

- Je vous avais dit que vous viendrez à ce rendez-vous sur vos jambes.

- Oui mais vous avez fait une drôle de tête en me voyant arriver. Dit Kate en riant.

- Vous m’avez bien eu je le reconnais.

Elle lui expliqua le pourquoi de son arrivée en chaise et de la surprise pour son homme, ils rirent encore un instant avant que le praticien n’ausculte sa patiente. La radio démontrait que la lésion avait totalement disparue et qu’il n’y résultait aucunes séquelles. Maintenant Kate n’avait plus qu’à remuscler ses jambes mais il reconnut que Jeff avait fait un excellent travail. Il lui proposa un autre rendez-vous pour signer la fin de son arrêt de travail. Elle avait encore deux semaines pour se remettre  définitivement sur pied et reprendre son poste au douzième en pleine possession de ses moyens.

Lanie avait raccompagné Kate au loft en s’inquiétant de l’avancée de sa rééducation. La brunette l’avait rassurée faisant même une démonstration des mouvements qu’elle pouvait faire avec ses jambes, sans trop en faire bien sûr, ce qui soulagea la légiste qui, elle, lui narra toutes les boutiques et les emplettes qu’elle avait acheté.

Une fois la porte du loft refermée à clé derrière elle, Kate quitta sa prison à roulette et le poussa dans un coin, pas trop loin au cas où quelqu’un arriverait mais juste assez loin pour l’oublier quelques minutes.

Elle n’avait pas envie de s’assoir, elle tourna en rond dans l’appartement comme si elle le découvrait pour la première fois, c’était presque le cas, c’était la première fois debout.

Une sonnerie annonça un message, elle prit son téléphone et sourit, des nouvelles de Rick.

« Hello mon rayon de soleil, la réunion s’éternise,  j’en ai encore pour un bon moment, ne m’attend pas pour manger. Tu me manques. »

Elle faillit lui répondre qu’elle était déjà rentrée de son rendez-vous mais se retint de justesse et effaça le message, vu qu’il n’était pas au courant qu’elle allait voir le médecin ce matin, et elle en rédigea un autre.

« Ok, d’accord. Tu me manque aussi.  À tout à l’heure. »

Elle entreprit de se cuisiner un petit truc rapide, vu qu’elle n’avait pas mangé ce matin, son estomac réclamait un petit quelque chose pour tenir le coup. Une salade tomate mozzarella ferait très bien l’affaire.

Vers quatorze heures, Kate s’était à peine installée sur le canapé que le bruit des clés dans la serrure se fit entendre. Elle paniqua un bref instant puis  elle réalisa que son fauteuil était à portée de main. Alexis franchit le seuil toute guillerette.

- Hey salut Alexis ! Déjà fini les cours ?

- Bonjour Kate. Oui, mon prof de philo est malade alors j’ai fini la journée.

- Et c’est ça qui te met de si bonne humeur ?

- Oui, mais pas seulement ça. Ce soir je suis invitée à dormir chez une amie. Vu que le prof n’était pas là on a décidé de se faire une soirée pyjama et on profitera pour revoir nos cours de philo ensemble.

- Ha très bonne idée, c’est toujours mieux de réviser à deux.

- Oui t’as raison. Et toi comment vas-tu ?

- Ça va bien, j’ai fait mes exercices et je peux faire ça maintenant.

Kate se redressa dans le canapé et doucement fit glisser ses jambes jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol sans l’aide des mains.

- Wah, c’est super Kate, je suis si contente pour toi.

- Merci Alexis, mais c’est grâce à toi et à ton idée de la piscine.

La jeune fille gênée par ce compliment, se leva gentiment pour rejoindre la cuisine.

- Bon je vais monter faire mon sac et faire mes devoirs. A plus.

Elle prit une pomme et grimpa les marches en courant.

A peine Alexis eu-t-elle disparue à l’étage que l’ainée des rouquine  fit son arrivée au loft.

- Bonjour ma chère. Salua-t-elle toute joyeuse.

- Bonjour Martha, votre journée s’est bien passée ?

- Oh oui, à merveille. L’école tourne bien, les cours ont beaucoup de succès et sont complets, et en plus j’ai rencontré un metteur en scène qui me propose une pièce unique.

- Oh c’est génial !

- Oui, et j’ai rendez-vous avec lui ce soir pour en parler plus calmement devant un diner.

- Oh, et est-ce qu’il est charmant ? demanda Kate curieuse.

- Hmmmm.

Martha avait complètement décroché suite au mot « charmant » et d’après la petite lueur dans ses yeux, il devait l’être.

- Vous disiez ?

- Je vous demandais s’il était charmant mais vu votre regard je crois que j’ai ma réponse.

- Charmant et très attentionné, il passe me chercher à dix-huit heures, alors je vais monter me reposer un peu avant ma soirée.

Elle grimpa les escaliers un peu moins vite que sa petite fille mais avec le même sourire, ce qui annonçait une excellente soirée pour toute les deux.

Les images de la télévision défilaient à l’écran mais elles ne passaient pas la barrière de ses yeux. Après avoir lutté un bon moment, les paupières lourdes, Kate finit par s’endormir sur le sofa. 

Dans les bureaux de Black Pawn, Rick s’impatientait de plus en plus. Les discussions s’éternisaient pour des broutilles. Il devait avoir rendu le dernier chapitre dans un mois mais suite à l’accident il n’avait pas pu écrire, un délai lui avait donc été accordé. Mais têtue comme une mule, Gina s’évertuait à vouloir placer les dates de promo alors que le livre n’était même pas fini. Paula s’énerva et mis fin à l’entrevue qui de toute façon ne trouverait pas d’issue favorable. Elle quitta donc le building en compagnie de son auteur à succès.

- Hében, je n’en reviens pas comme tu lui as cloué le bec.

- Non mais pour qui elle se prend celle-là. S’emporta Paula.

- Juste pour mon éditrice.

- Ben il serait temps qu’elle réalise qu’il y a d’autres maisons d’éditions à New-York.

Rick regarda sa montre et soupira. Trois heures de l’après-midi, il avait perdu pratiquement une journée dans ces bureaux pour rien. Il quitta son agent et héla un taxi, pressé de retrouver celle qu’il avait laissé seule au loft. Il envoya un message à sa dulcinée puis  demanda au chauffeur de faire une petite halte ensuite il regagna son appartement son un autre détour. 

Kate qui s’était assoupie un petit moment, émergeait gentiment de sa sieste. Elle s’étira au maximum, ressentant tous ses muscles, et surtout ceux des jambes, sensations qu’elle avait cru ne plus jamais ressentir. De petites douleurs la firent grimacer mais parfois c’était tellement bon d’avoir mal, surtout lorsqu’on est passé à deux doigts de ne plus jamais remarcher. Son téléphone vibra sur la table basse, annonçant un message.

«  Enfin fini. J’arrive très vite. »

 

Elle sourit malicieusement en imaginant la tête qu’il ferait ce soir.

Seule au salon, elle se leva précautionneusement, elle poussa son fauteuil en direction de la chambre. Elle commença à préparer la surprise  pour Rick. Debout devant le miroir, tenant devant elle la nuisette qu’elle avait emmenée dans son  sac, elle sentit ce petit frisson picoter son estomac. Quelle douce sensation. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait plus éprouvé cet excitation, ce fourmillement qui se rependait comme un ruisseau de baiser sur tout son corps. Et ce soir elle allait retrouver les mains douces et aventureuses de son écrivain, car oui, elle le connaissait bien et il allait l’épater autant qu’elle allait le surprendre. Elle se mordit la lèvre, essayant de faire redescendre d’un cran l’excitation qui gagnait tout son corps, tout son être. Les derniers préparatifs de sa surprise terminés, elle se rendit vers la cuisine pour se faire un café qu’elle dégusta assise tranquillement dans son fauteuil pour parer à toute éventualité.

Rick franchit le seuil du loft quelques minutes plus tard et trouva sa belle, devant la fenêtre, perdue dans ses pensées, une tasse de café fumant en main. Il s’approcha doucement et l’embrassa dans le cou. Elle fit mine d’être surprise mais en réalité, elle l’avait entendu rentrer mais ne l’avait pas montré.

- Salut mon cœur ! Dit-il en retournant sa chaise et en l’embrassant passionnément.

- Bonjour toi ! Chuchota-t-elle contre ses lèvres, prolongeant le baiser, partageant le gout acre du café fraichement fait.

Elle passa sa main libre dans ses cheveux et accentua le contacte de leurs bouches. Elle était en manque de ses baisers, de ses caresses, elle était en manque de lui tout entier. Les gémissements émis de part et d’autre faisaient augmenter la température des corps en présence mais heureusement, ou pas,  en manque d’air, les lèvres se dessoudèrent pour finir par se caresser plus chastement. Deux sourires s’affrontèrent pour mieux se savourer.

- Avant d’aller plus loin, sache que ta mère et ta fille sont rentrées.

- Ah bon ?

- Oui, un prof malade pour Martha   et un rendez-vous galant pour Alexis. Ou est-ce le contraire ? Ne put-elle s’empêcher de le rajouter devant sa tête hébétée.

Lorsqu’elle éclata de rire, il comprit qu’elle se jouait de lui mais il finit tout de même par lui tendre un bouquet de fleurs. Sur le visage de Kate, le sourire laissa place à la surprise.

- Rick, elles sont magnifiques, c’est pour moi ?

- Non je pensais les offrir à la voisine du dessous. Dit-il en lui renvoyant la pareille pour tout à l’heure.

Ils éclatèrent de rire tous les deux alors que Kate trouvait un vase coloré qui allait à merveille avec ce bouquet de Delphinium ajacis violet.

- Sais-tu ce que signifie le violet dans le langage des fleurs ? demanda-t-il en posant le vase sur l’îlot central.

- Non mais si tu me les offre, je pense que cela doit être très poétique.

- Ça veut dire, je partage ton amour. précisa-t-il en s’asseyant sur le canapé à côté de Kate.

- Et je ne voudrais partager cet amour avec personne d’autre que toi Rick. Tu me rends si heureuse.

Blottis l’un contre l’autre, le silence simplement rompu par le froissement du tissu sous les doigts curieux de Rick, ils se contentaient de vivre l’instant présent.

- Ça a été ta journée ? demanda Rick déposant un baiser dans ses cheveux.

- Oui, rien à déclarer, j’ai fait mes exercices comme une élève appliquée, d’ailleurs regarde ce que je peux faire. Expliqua-t-elle en tendant une jambe après l’autre devant elle.

- Wah, c’est génial Kate, tu vas bientôt pouvoir remarcher. S’exclama-t-il en l’enlaçant.

Kate, un sourire malicieux sur le visage dissimulé dans le cou de son petit ami, se réjouissait de la plus grande surprise qu’elle lui dévoilerait  bientôt.

Martha avait quitté le loft pour retrouver son metteur en scène et Alexis venait d’expliquer à son père chez qui elle allait passer la soirée. Elle fila chercher son sac et laissa  les amoureux seul en leurs souhaitant une bonne soirée.

Rick referma la porte derrière la jeune fille et soupira.

- Elle grandit trop vite.

- Rick, elle a dix-neuf ans, tu ne pourras pas la garder avec toi indéfiniment.

- Je sais mais c’est dur de la voir devenir indépendante. Je me suis occupé d’elle seul jusqu’à maintenant et là, elle n’aura plus besoin de moi.

- Oh non je te rassure, une fille a toujours besoin de son papa chéri.

- Ha, et tu parles en connaissance de cause ?

- Oui, et pas seulement à cause de la disparition de ma mère. La relation père/fille est particulière, je ne saurais pas expliquer pourquoi mais  c’est exclusif, et personne ne peut s’y imposer.

- Alors ça me rassure, je croyais que c’était moi qui étais autant possessif avec ma fille.

Il s’était rassit sur le canapé à côté de Kate qui, couchée sur le dos, avait posés ses jambes sur les cuisses de l’écrivain. Distraitement il laissait glisser ses mains de haut en bas sur les jambes de Kate qui, ayant retrouvé toutes ses sensations, commençait à apprécier la douce torture qu’il lui infligeait. Sa respiration devenait même anarchique tellement il lui faisait de l’effet. Fermant les yeux, elle essaya de contrôler son corps mais comment faire quand le manque et la frustration prennent le dessus sur la raison et la retenue. C’est la voix de Rick qui la sortit de ses pensées qui devenaient lubriques.

- Kate ça va ? S’inquiéta Rick devant son essoufflement et son mutisme.

- Ho, heu oui ça va. Le rassura-t-elle en regardant les mains qui caressaient toujours ses cuisses.

Rick suivit son regard et lorsqu’il comprit pourquoi, il les retira comme s’il s’était brûlé.

- Oh excuse-moi, je t’ai fait mal ?

- Non ! Cria Kate. Au contraire. Continua-t-elle d’une voix plus douce. Je crois que j’apprécie plus que je ne devrais.

Elle s’assit, caressa sa joue impeccablement rasée et l’embrassa langoureusement.

- Désolé.

De sa voix triste il s’était excusé. Mais excusé de quoi ? De vouloir l’aider ? De lui faire retrouver des sensations depuis longtemps oubliées ? Ou d’avoir tout simplement envie d’elle ?

- Ne t’excuse pas mon cœur. Il me faut juste encore un petit peu de temps, mais je te promets de ne pas te faire attendre encore quatre ans.

Elle le gratifia d’un chaste baiser et d’un clin d’œil aguicheur.

- Alors, que fait-on maintenant qu’on est seul les deux ? demanda Kate curieuse de savoir si son homme avait déjà pensé à une occupation.

 


caskett71  (18.09.2017 à 00:06)

ATTENTION : passage coquin...........

CHAPITRE 24 : Surprise

- Je ne sais pas, on pourrait lire.

- Ou regarder un film.

- Ou faire un scrabble.

Ils ne s’étaient pas quittés du regard en énumérant ces possibilités, se souriant comme des ados intimidés par leurs premiers émois.

- On pourrait aussi manger.

- Hmmmm, bonne idée, je n’ai pas eu le temps de déjeuner. Alors je  propose que tu te prélasses dans un bon bain pendant que je prépare le repas.

- Excellente idée.

- Alors hop, en piste car j’ai faim moi.

Kate se remis avec aisance dans son fauteuil devant le regard admirateur de son petit ami. Il était fier d’elle, elle avait su relever la tête et retrousser les manches pour se sortir de ce mauvais pas. Lorsqu’elle eut disparue de son champ de vision, il reprit ses esprits et regagna la cuisine.

Une musique entrainante, des ingrédients, des ustensiles, tout était paré pour qu’il puisse concocter un véritable festin pour sa dulcinée. Il voltigeait entre frigo, four et plan de travail, heureux qu’il fût de passer une soirée en agréable compagnie.

Kate quant à elle se prélassait dans un bon bain moussant, la chaleur de l’eau et les effluves des sels de bain parfumaient agréablement la pièce. Elle entendait en fond sonore que Rick avait allumé la stéréo. Elle l’imaginait se dandinant autour de la cuisinière pour lui mijoter un bon petit repas. Elle sourit. Elle allait le remercier pour ça de la meilleure des manières.

Elle entendit frapper à la porte et dans l’entrebâillement, un verre de vin rouge dansait dans une main qu’elle connaissait bien.

- Tu lis dans mes pensées.

- Je me souviens ce que tu m’as dit lorsqu’on parlait de ce que Nikki aimerait faire après une longue journée de boulot. Dit-il en entrant dans la pièce humide.

- Ha oui, un verre de rouge et un bon livre. C’est dommage, tous mes bons livres sont restés chez moi. Le taquina-t-elle.

- Hoooo, lieutenant Beckett, vous n’avez pas honte. Se vexa-t-il faussement en posant le verre sur le large rebord de la baignoire.

Elle éclata de rire, ce rire cristallin qui le faisait souvent chavirer lorsqu’il raisonnait à ses oreilles. Ce rire qui lui avait tant manqué ces dernières semaines.

- C’est si bon de t’entendre rire. Dit-il sérieusement en trinquant avec elle.

- C’est grâce à toi.

Il lui donna le plus beau sourire qu’elle n’ait jamais vu sur ce visage qui à présent rayonnait de bonheur. Elle n’avait pas fini de sourire pour aujourd’hui. Et cela lui ravissait le cœur.

Il s’approcha et posa ses lèvres sur les siennes savourant d’une autre manière le bouquet de ce délicieux vin français.

- Le repas sera prêt pour dix-neuf heures.

- D’accord, alors je peux profiter encore un moment de  cette chaleur bienfaisante.

- Oui, et si tu veux un coup de main tu m’appelles?

- Non, ça va aller, avec toutes ces installations je m’en sors très bien. Merci. Rick ?

- Oui ?

- Je t’aime.

- Je t’aime aussi mon cœur.

Il sortit surveiller son repas alors que Kate pouvait se détendre encore une bonne demi-heure dans  son bain.

Délicieusement détendue, elle quitta la chaleur de la salle de bain pour choisir ses vêtements.

Pour cette soirée, elle décida de s’habiller élégamment. Une blouse violette et une jupe noire qui s’arrêtait au-dessus des genoux puis elle s’empressa de rejoindre son fauteuil. Une fois installée, elle sécha ses cheveux et les laissa tomber en cascade sur ses épaules, comme il les aimait. Un peu de maquillage, pas trop, elle savait que Rick la préférait au naturel mais elle voulait juste illuminer son visage, accentuer son regard pour émoustiller son petit ami. Satisfaite de son reflet dans le miroir, elle alla le retrouver à la cuisine.

Arrivée sur le seuil, elle resta bouche bée devant l’atmosphère qu’il avait créé pour cette soirée. Lumière tamisée, agrémentée par des bougies disséminées par-ci par-là, une table bellement dressée ou trônait son bouquet de fleur et toujours la musique d’ambiance.

Lorsque leurs regards s’accrochèrent enfin, ils étaient tous les deux émerveillés, elle par la beauté de la pièce et lui par la beauté de sa partenaire. Même dans la pénombre, elle rayonnait de mille feux. Ils avancèrent simultanément au milieu du salon,  Rick se baissa pour l’embrasser, un baiser qui se voulait sage, pour le moment pensa-t-elle.

- Tu es resplendissante  Kate.

- Merci. Et ce que tu as fait là, c’est……..c’est magnifique.

- Rien n’est trop beau pour toi. Il lui prit la main et la guida vers sa place mais elle le surprit en quittant son fauteuil roulant pour s’assoir sur la chaise de la salle à manger ou il pensait  prendre place. Il approcha une autre chaise et alla chercher le premier plat.

- Alors en entrée nous avons un feuilleté aux champignons.

- Hmm ça à l’air délicieux.

Il servit le vin blanc et s’installa à côté d’elle. L’entrée était succulente et elle ne se priva pas de le féliciter.

La suite fût aussi à la hauteur de tout le reste. L’émincé au curry rouge, riz pliaff et petites tomates chaudes dégustés, ce fût au tour du dessert. De mini tartes tatins avec une boule de glace vanille noix de pécan.

- Rick, merci.  Ce repas était délicieux. Mais maintenant va falloir que je me remette sérieusement au sport pour évacuer toutes ces calories. Dit-elle en se reculant sur sa chaise et se tapotant le ventre.

Rick la remercia d’un baiser sur le dos de la main et se leva pour débarrasser. Kate faillit faire une bourde en se levant pour l’aider mais se retint au dernier moment et se rassit dans son fauteuil. Ils s’installèrent au salon confortablement et regardèrent un film dramatique empreint de romance, De rouille et d’os. Un film français qui parle de l’histoire d’Ali, jeune marginal sans le sous et  de Stéphanie, qui suite à un accident va être amputée des deux jambes. Entre eux se noue une relation particulière qui évoluera tout au long du film.

- Wah, ça a beau être un film, ça me donne les frissons.

- Hm, à moi aussi. Et ça me rappelle mon histoire, tu es en quelque sorte mon Ali. Avoua-t-elle en baillant faussement.

Il encaissa la comparaison avec le sourire, reconnaissant qu’il avait été quelques fois  sa bouée de sauvetage.

- Oh !!!  Mademoiselle Beckett devrait aller se coucher.

- Oui, je suis vannée, tu m’aides ? Demanda-t-elle en tendant les bras vers lui comme un enfant qui veut qu’on le porte.

- Mais avec plaisir.

Heureux de pouvoir la prendre dans ses bras, il la porta jusqu’à la salle de bain ou il l’assit sur les toilettes.

- Toi aussi tu devrais dormir, tu as l’air crevé. Lui conseilla Kate pour mettre au point sa surprise.

- T’as raison, je vais me changer. Si tu as besoin d’aide appelle moi je suis à côté.

En sortant il referma la porte et partit se changer. En attendant que Kate arrive, il s’était installé sur le lit avec le dernier magazine de science-fiction. Il feuilletait distraitement les pages, sans vraiment faire attention à ce qui était écrit jusqu’à ce qu’il tombe sur des témoignages de personnes ayant été sois disant enlevés par des extraterrestres. Il était si concentré qu’il n’entendit pas la porte de la salle de bain s’ouvrir.

Une fois que Rick eut  quitté la salle de bain, Kate se leva et colla son oreille à la porte, le froissement du tissu lui confirma que la voie était libre, elle  se hâta donc de se changer. Une fois passé l’affriolante nuisette qu’elle avait secrètement dissimulée sous les linges de bains, elle ébouriffa ses cheveux, se donnant un air plus sauvageonne et vérifia si son maquillage avait bougé, ce qui ne fût pas le cas. Elle  inspira un bon coup puis se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit discrètement. Prenant une pose sexy, un bras tendu contre l’encadrement au-dessus de sa tête et l’autre sur sa hanche.

- Rick ! Appela-t-elle de sa voix si sensuelle.

- Ouiii…oohhhh…………

Bffmmmm…….bouummm !!!

Kate éclata de rire en voyant son clown de petit ami tomber du lit tellement il avait été surprit de la voir debout. Il se tenait à présent à genoux à côté du lit, les coudes appuyé sur le matelas, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte. Il dévisageait sa petite amie qui se tenait là dans l’encadrement de la porte, debout, et qui riait de bon cœur. Elle s’avança de manière féline jusqu’au milieu de la pièce, lui dévoilant enfin le résultat des longues séances de massages, de  kiné et de piscine.

- Kate, tu…..tu remarches ! Mais comment…….Je…... Quand…….

Tellement de questions se bousculaient dans sa tête qu’il ne savait pas, plus comment articuler une phrases cohérente. Il se leva et contourna le lit. Il n’osa pas s’approcher trop près mais ne se priva pas de contempler ses longues jambes fines qui la portaient enfin après ces durs mois de rééducations.

- Oui, je remarche depuis quelques jours, ces derniers temps je faisais des essais  en cachette et j’y arrivais de mieux en mieux à chaque tentatives alors je me suis accrochée et voilà. Dit-elle en levant les bras en signe de victoire.

Rick retrouva son enthousiasme et la souleva dans ses bras en l’embrassant tendrement.

- C’est génial Kate, je suis si heureux pour toi. Tu t’es tellement battue, tu le mérites.

Il la reposa au sol et la fit tournoyer telle une danseuse, le mouvement fit remonter légèrement  la nuisette, ce qui le reconnecta à la réalité. Elle était si envoutante qu’une bouffée de chaleur s’infiltra  dans chaque parcelle de sa peau, son cœur frappait à tout rompre dans sa poitrine. Il battait fort, il battait pour elle.

- C’est grâce à toi si je me tiens là, debout devant toi. Alors merci.

Elle prit son visage entre ses mains et par le biais de ce baiser passionné, fit passer toute sa reconnaissance et son amour. Leurs lèvres étaient scellées la plus part du temps, lorsqu’ils ne reprenaient pas leurs souffles. Rick était tellement subjugué par ce baiser si bouleversant qu’il réalisa que Kate l’avait fait reculer seulement quand il se sentit tomber en arrière sur le matelas. Il avait perdu sa chaleur, sa délicieuse saveur mais en voyant le regard de braise qu’elle  posait sur son corps surchauffé, il savait que ce n’était qu’un court répit. Il se recula vers le sommet du lit au fur et à mesure qu’elle s’approchait de lui, remontant à quatre pattes, le long de  ses jambes, telle une panthère prête à bondir sur sa proie. Le  fin tissu de la nuisette qui le frôlait attisait son envie d’elle, Kate se mordit la lèvre inférieur en le devinant bien à l’étroit dans son boxer.

Son  visage si proche, son souffle mêlé au sien, son décolleté étourdissant, sa bouche entrouverte, tout était un appel à la luxure. Ni tenant plus, il se souleva pour contacter leurs lèvres et l’embrasser sauvagement, elle se laissa aller et se coucha de tout son long sur lui, jouant de son bassin sur son sexe déjà bien attisé.  De petits halètements s’échappaient de leurs gorges tandis qu’il remontait ses mains curieuses sous la nuisette transparente. Lorsqu’elles rencontrèrent les pointes déjà tendues, Kate gémit contre ses lèvres, mettant fin  à ce baiser ardent. Le souffle court, Rick se releva en la gardant assise sur ses cuisses. Ses mains habiles envoyèrent valser au loin le tissu de dentelle et son visage se retrouva face à deux monts fièrement dressés qui ne demandaient qu’à ce qu’on s’occupe d’eux. Sans préavis il fondit sur une aréole, léchant, titillant, mordant parfois cette pointe désirable alors que l’autre subissait les caresses de ses doigts. Kate, la tête renversée en arrière, gémissait de plus en plus fort. Elle se cramponnait à ses épaules pour ne pas perdre pieds devant les assauts impétueux de cette langue qui savait comment lui faire du bien. Alors qu’elle  lui ôtait son tee-shirt, il s’appliqua à  faire subir le même traitement à l’autre jumeau.

En manque de sa bouche, Kate l’attira à elle pour l’embrasser du bout des lèvres alors que ses mains trifouillaient ses cheveux. Elle picora son visage de baisers, laissant trainer le bout de sa langue sur sa peau entre chaque baiser puis  descendit le long de sa mâchoire, trouva sa jugulaire qui, elle le sentait, pulsait vite et fort.

Impatient de retrouver cette fusion qui les ferait tout oublier, Rick fit basculer sa belle sur le dos, la surplombant de toute sa grandeur.

Les derniers remparts à leur nudité ayant  disparu de l’équation lors de ce revirement de situation, les peaux luisantes s’attisaient de part et d’autre. Elle sentit contre sa cuisse la virilité dure et vigoureuse de son homme. Son état à elle n’était guère mieux, les caresses, les gémissements, le moindre frôlement éveillait ses sens. Son intimité criait l’urgence de cette l’union charnelle. Sans tergiverser, elle saisit sa verge et la présenta à son entrée. Rick, très échaudé par ces préliminaires, coulissa sa longueur contre son bouton de chair sensible la faisant se cambrer sous lui. Il insista en accentuant la pression et après plusieurs va et viens,  sentant sa belle prête à le recevoir, entra en elle impétueusement. Elle cria son nom et la tête en arrière, enfoui son visage dans l’oreiller pour étouffer ses gémissements qui devenaient incontrôlables. Les jambes de Kate, croisées dans le dos de son fougueux amant, augmentèrent le plaisir des deux côtés. Il buta en elle,  plus fort, plus profond et sans appel la délectable sentence tomba alors qu’elle empoignait fermement le drap. L’oreiller ne fut pas suffisant pour étouffer son cri lorsque l’orgasme l’entraina au portes de l’extase, Rick, enhardi par la vision de Kate totalement abandonnée sous ses assauts, donna encore quelques coups de reins  avant de la rejoindre et dans un râle bien masculin grimpa les échelons de la jouissance pour la rejoindre au Walhalla.

Hors d’haleine, il se laissa glisser sur le côté et l’embrassa dans le cou.

- Mon Dieu Kate tu es………extraordinaire. Dit-il, encore essoufflé par cette torride étreinte.

- T’es pas mal non plus.

Ils rirent tous les deux alors que leurs corps perlés de sueur brillaient sous les rayons de lune qui enluminait la pièce.

Une fois calmé, Rick sauta du lit et l’incita à faire de même. Ils se tenaient, debout au pied du lit, Rick faisant courir son regard de haut en bas sur le magnifique corps de Kate mais surtout sur ses jambes.

- Je n’arrive encore pas à y croire. Tu es là, debout devant moi, c’est juste….j’ai l’impression de rêver.

- Non, c’est bien réel, et je ne crois pas que ce qu’on vient de vivre était un rêve.

- En effet, un rêve n’arriverait pas à la hauteur de ce qu’on vient de faire et en plus tu marches.

Kate intimidée, baissa les yeux et sentit son visage s’empourprer.

- Je marche, et ça fait du bien de  ressentir pleinement ses muscles, son corps. Et tu sais de quoi mes muscles  ont envie maintenant ?

- Non. Répondit-il les yeux encore rivés à ses jambes.

Elle le prit par la main et l’emmena dans la salle de bain. Même après avoir pris un bon bain, elle avait à présent envie de se détendre sous la douche avec son homme.

Elle ouvrit l’eau, regarda le tabouret mural qui avait été installé il y a quelques mois et le replia contre la paroi.

Rick se glissa aussi sous le jet bon chaud et entreprit de laver le corps de sa belle. Kate en profita pour laisser glisser ses mains savonneuses sur le torse de Rick et de fils en aiguilles, de mains câlines en mains curieuses, nos deux amoureux redécouvrirent les joies de la douche coquine.

 

**********************************************

Appuyé sur un coude, Rick contemplait sa petite amie. Il se remémorait les évènements de ces derniers mois. Après presque quatre années à se tourner autour, ils s’étaient enfin trouvés, et quand leur amour avait pu éclore, cet accident de moto avait failli les séparer pour toujours. Maintenant elle était là, dans son lit, ses facultés retrouvées. Ce mélange d’émotions eut raison de sa sensibilité, une larme coula sur sa joue. Il reprit conscience du moment présent lorsqu’il sentit une douce caresse essuyer cette larme fragile.

- Qu’y a-t-il mon cœur ?

Elle le regardait soucieuse de cette douleur qu’elle lisait dans son regard. Elle l’imaginait homme sensible mais jamais elle ne l’avais vu verser une larme. Cela le rendait si touchant qu’elle se sentait presque mal d’avoir vécu ce moment. Il la rassura avec un léger sourire.

- Ça va je t’assure, je suis juste…..juste tellement heureux de pouvoir continuer à te serrer dans mes bras.

- Et moi j’aime quand tu me serre dans tes bras forts comme ça.

Elle s’approcha et se calla confortablement dans cette étreinte qui se voulait rassurant pour tous les deux.

Il avait à côté de lui la Beckett qui l’avait séduite dès leur première rencontre et elle, se complaisait dans cet enlacement réconfortant.

Le bruit de la porte d’entrée qui claque les sortit de leur évasion matinale.

- Quel heure est-il ? Demanda étonnée la détective.

Rick prit son téléphone sur la table de chevet.

- Ohhhh, il est presque onze heures.

- Quoi ? Onz……….je crois que c’est bien la première fois que je dors aussi tard.

- Papa, Kate, vous êtes là ?

Les amoureux se regardèrent en souriant.

- Oui, dans la chambre.

Ils enfilèrent rapidement les hauts de ce qui leur avait servi de pyjama au début de la nuit et qui avait fini au pied du lit par la suite et  se réinstallèrent sous la couette chastement enlacés.

- Est-ce que je peux entrer ?

- Oui c’est bon tu peux venir.  Annonça-t-il lorsque Kate lui donna son aval.

Alexis entrouvrit la porte et passa sa tête dans l’encadrement. Les yeux fermés pour ne pas risquer de perdre la vue si une vision traumatisante se profilait devant elle.

- Vous êtes descends ou dois-je repartir ?

- C’est bon Alexis tu peux ouvrir les yeux, rien de bien choquant à l’horizon.

Alexis sourit en les voyants tendrement collés, adossé à la tête de lit.

- Tu es déjà rentrée ? demanda son père étonné de la voir à cette heure-ci.

- Oui, j’avais Philo en dernière heure et le prof est toujours malade. Mais je suis contente, on a bien bossé hier soir avec Sarah. Et vous deux, vous avez passé une bonne soirée ?

Les sourires qui fleurirent sur les lèvres des deux amoureux ne laissèrent pas de doutes sur les évènements de la veille.

- Oui, c’était une belle soirée. Calme, reposante, bref sans surprise, dit Kate en observant du coin de l’œil la réaction de Rick qui souriait comme un benêt.

- Bon vu que vous êtes encore au lit, je suppose que vous n’avez pas encore mangé ce matin !

- Bien vu ma fille, j’aime ton sens de la déduction.

- Alors que diriez-vous d’un bon brunch bien copieux ?

- Hmmm je dis…..ouiiii ! S’exclama la brunette

- Alors je vais préparer tout ça, a plus…..

Alexis laissa les amoureux pour rejoindre la cuisine et attaquer ses préparations.

Rick embrassa langoureusement sa bienaimée qui approfondit le baiser en permit à leurs langues coquines de se donner de délicieuses caresses mais  elle mit fin au baiser avant que cela ne finisse en dérapage incontrôlé.

- Tu ne crois pas qu’on devrait aller aider ta fille ?

- Si, j’y vais mais tu peux trainer encore un peu au lit si tu veux.

- Hmmmouiii d’accord,  je vous rejoins dans un petit moment. Affirma Kate en s’étirant de tout son long.


caskett71  (19.09.2017 à 00:53)

CHAPITRE 25 : Surprise pour tout le monde

Rick quitta son lit bon chaud et se dépêcha de s’habiller pour aller aider sa fille à préparer le repas. Il était surtout impatient de voir la réaction d’Alexis quand Kate apparaitrait  devant elle, debout.

Les odeurs de bacons et d’œufs et de café   parvenaient jusqu’à ses narines attisant son appétit. Elle se leva précautionneusement, les premiers pas furent hésitants mais elle retrouva bien vite  équilibre et assurance. Elle enfila un legging et un large t-shirt et s’en alla les rejoindre à la cuisine.

Lorsqu’elle vit Rick qui la dévisageait en souriant comme un bienheureux, elle réalisa qu’Alexis ne l’avait pas encore vue marcher depuis l’accident. Rick tapota sur l’épaule de sa fille et lui signifia de la tête  une direction. Elle se tourna et mis quelques secondes à réaliser que Kate se tenait là, devant elle, debout. La main devant la bouche pour étouffer sa surprise, une larme discrète coula sur sa joue. Comme Alexis n’avait toujours pas bougé, Kate s’avança vers la jeune fille qui la détaillait de la tête aux pieds, en s’attardant sur ses jambes. Lorsqu’elle fût à quelques mètres, la rouquine reconnecta à la réalité et se jeta dans les bras de la détective.

- Mon Dieu Kate ! C’est…….c’est……j’arrive pas à y croire.

- Tu peux y croire la chérie, j’y suis arrivée, et grâce vous tous.

- Mais pourtant hier matin…..tu étais encore dans la chaise !!

- Oui, mais j’avais rendez-vous chez le médecin hier et je voulais d’abord entendre les résultats. Et je voulais faire la surprise à ton père.

Rick n’avait plus bougé ni dit un mot. Kate se tourna vers lui et dans son regard elle vit qu’il avait compris qu’il avait oublié le rendez-vous alors avant qu’il ne dise quoi que ce soit, elle prit les devants.

- C’est pas grave Rick. D’un côté ça m’arrangeait, comme ça j’ai pu garder le secret jusqu’au bout.

- Kate, je………je suis vraiment désolé, j’ai oublié…. Ses yeux s’humidifièrent.

Elle quitta les bras d’Alexis et vint déposer ses lèvres sur celle de Rick pour un doux baiser. Il passa les mains dans son dos, la rapprochant encore plus de lui.

- Arrête, je te dis que c’est rien. Oublie ça, aujourd’hui on a de quoi se réjouir alors souris, et passons une belle journée.

Alexis toujours stupéfaite par la bonne nouvelle, laissa ses larmes ruisseler sur ses joues pâles.

- Rhhhoooo mais les Castle vous allez arrêter de pleurer, sinon je vais regretter d’être enfin debout.

Ils partirent d’un fou rire général, ouvrant les bras pour accueillir Alexis dans un câlin collectif. Les larmes enfin séchées, tous les trois passèrent à table pour savourer le délicieux brunch préparé par la jeune fille. Au cours du repas, la porte s’ouvrit en grand, Martha, toujours très théâtrale, fit son entrée dans le loft.

- Bonjour pour tout le jour. S’exclama l’actrice.

- Bonjour. Saluèrent les trois attablés.

Rick surprit regarda sa montre. Il n’avait pas entendu rentrer sa mère cette nuit, ni repartir le matin. Avec le bruit qu’ils avaient fait cette nuit serait-ce possible que……..non…….oh mon Dieu, elle ne pouvait pas avoir entendu…….. Kate qui voyait Rick cogiter comprit son malaise. Elle s’approcha de son oreille.

- Elle est habillée comme hier soir quand elle est sortie.

Rick soulagé soupira fortement, mais….

- Mère, où as-tu passé la nuit ? Demanda-t-il alors qu’elle crochait son manteau au mur.

- Ben ça, vois-tu, c’est du domaine du privé mon cher fils. Revendiqua-t-elle,  clouant le bec à son fils chéri. Bon je crois que j’ai oublié de petit-déjeuner ce matin.

- Oh, il y en a assez, installe toi, je vais chercher les services. Proposa Alexis.

- Non laisse, j’y vais. Insista Kate.

Elle se leva, contourna le bar le plus naturellement du monde alors que le silence régnait dans le loft. Lorsqu’elle revint à table, elle comprit le pourquoi du silence. Alexis et Rick se retenaient de rire devant la mine effarée de Martha qui voyait la détective se lever, marcher sans peine et revenir s’assoir avec eux.

- Martha ça va ? demanda la brunette devant la mine stupéfaite de la matriarche qui, revenant à elle, se leva et prit Kate dans ses bras.

- Oh mon Dieu Kate, vous remarchez, c’est ….c’est…..c’est……Elle en perdit ses mots tellement elle était émue de la voir debout.

- Oui, et c’est grâce à vous tous. Je ne pense pas que j’aurais pu retrouver l’usage de mes jambes si je n’avais pas été si bien entourée.

Martha regarda tour à tour  son fils et sa petite-fille.

- Et vous bien sûr vous étiez au courant ! Les réprimanda-t-elle.

- Non, moi je l’ai appris que ce matin. Se défendit la jeune fille.

- Et moi hier soir. assura Rick.

Martha reporta son regard attendrit sur la détective qui souriait face à cette interaction entre les membres de cette famille qui l’avait accueilli à bras ouvert.

- Mais comment ?

- Je me suis entrainée, en cachette…..

Pendant le repas, Kate raconta ses journées passées à s’entrainer, à réveiller ses muscles, à les endurcir pour pouvoir enfin tenir debout quelques secondes, puis des minutes et enfin arriver à faire quelques pas.

Plus tard, chacun vaqua à ses occupations, Martha et  Alexis s’isolèrent dans leurs chambres, l’une pour se reposer, l’autre pour étudier, Rick rangea la cuisine alors que Kate, un peu fatiguée par les efforts accomplis ce matin, se coucha sur le fauteuil et Morphée ne mit pas longtemps à l’accueillir dans ses bras réparateurs.

L’écrivain posa une question à sa petite amie mais seul le silence lui répondit. Il s’avança pour la trouver paisiblement endormie, un petit sourire sur les lèvres. Il la couvrit d’une  couverture polaire  et regagna son bureau, il  fit ce qu’il savait faire de mieux. Ecrire. Depuis quelques temps il avait retrouvé un peu d’inspiration mais avec la surprise et la soirée de la veille, ses doigts ne demandaient qu’à caresser les touches du clavier de  son ordinateur. D’ailleurs à peine son PC allumé et la dernière page WORD ouverte que  le cliquetis typique se fit incessant. Installé les deux pieds sur le bureau et son ordi sur les jambes, il se laissa emporter par son imagination. Elle le guida dans des contrées encore inexplorées pour lui, remplissant l’écran de lettres, de mots, de phrases pour au final accoucher d’un chapitre entier. 

Au salon, le canapé grinça sous les mouvements de son occupante. Kate s’étira mollement ouvrant les yeux avec difficulté, le soleil inondant la pièce de sa lumière aveuglante. La couverture qui la recouvrait et qui n’était pas là lorsqu’elle s’était couchée, la fit sourire. Rick était  aux petits soins pour elle. Même avant qu’ils ne soient ensemble, il avait toujours une petite attention pour elle. Les très nombreux  cafés, un bouquet de fleurs, des sourires,  il faisait tout pour lui faire plaisir et apparemment il n’avait pas changé depuis leur mise en couple et cela lui réchauffait le cœur qu’il soit aussi présent pour elle.

Le loft était silencieux, mais en tendant l’oreille, elle entendit le bruit caractéristique des touches du clavier qui frétillent sous les doigts agiles de son écrivain favori. Elle se leva lentement,  ses jambes retrouvant rapidement l’équilibre, et alla préparer deux cafés. Elle avait toujours eut de la peine à les faire aussi bien que Rick mais elle avait envie de le surprendre.

Bien concentré sur le curseur qui se baladait sur la page blanche, l’écrivain n’avait rien entendu. Il fût surprit lorsqu’une tasse fumante apparût dans son champ de vision. Il releva les yeux de son écran et vit Kate souriante, qui tenait elle aussi une tasse de leur breuvage favori.

- Bien dormi ? demanda-t-il en savourant une gorgée de café.

- Oh oui, et ça m’a fait du bien. Je ne me rendais pas compte  que tous les efforts que je faisais pour remarcher m’avaient épuisée.

- Alors tu sais ce qui serait bien ?

- HMMM non mais je sens que je vais le savoir bientôt.

- On pourrait partir quelques jours dans les Hamptons, tu pourrais te reposer et profiter du soleil et de la plage. Qu’en dis-tu ?

Elle posa sa tasse et s’assit sur ses genoux.

- J’en dis que c’est une excellente idée. Et tu penses partir quand ?

- Le plus tôt possible, pourquoi pas demain ?

- Ok, mais je dois passer chez moi prendre d’autres affaires, et…..

- Et ??

- Et j’aimerais passer au poste.

Il se redressa et l’embrassa tendrement. Elle lui rendit le baiser, goutant ses lèvres qui avaient le gout de café.

- D’accord. On ira d’abord chez toi, ensuite au poste et après direction la plage.

Rick partit téléphoner à Jonah pour l’avertir de sa venue vu que c’était lui qui s’occupait de la propriété en l’absence de l’écrivain, l’intendant l’assura que tout serait prêt avant son arrivée. Rick lui faisait confiance car comme à chaque fois, tout serait parfait.

 

Kate referma la porte de son appartement après avoir pris ses affaires pour les deux semaines qu’ils allaient passer aux Hamptons et elle envoya un message à Lanie pour la prévenir qu’elle serait au poste dans une vingtaine de minutes. La légiste lui répondit immédiatement qu’elle monterait à l’étage de la criminelle pour la voir.  Elle s’amusait d’imaginer la tête de sa meilleure amie lorsque celle-ci la verrait debout pour la première fois depuis l’accident. Elle rejoignit son petit ami sur le trottoir alors qu’il mettait le sac dans le coffre de sa Mercedes puis ils prirent la direction du douzième.

Kate regardait défiler les immeubles par la fenêtre, ces derniers temps elle n’avait pas beaucoup prit le temps de se promener, elle se rendait compte que l’agitation de la ville n’avait pas cessé. Elle avait oublié  le bruit, le va et viens, les véhicules, la frénésie qui faisait que New-York était une ville qui ne dormait jamais. Elle était une vraie new-yorkaise et cela ne changerait jamais. Elle se sentait bien dans cette ville, sa ville, celle qui l’avait vu naitre, grandir, devenir une femme et un lieutenant de  police fort respecté.

Le ralentissement de la Mercedes la fit revenir à la réalité. Ils étaient arrivés devant le poste, Rick devinait quelle était légèrement tendue à l’idée de revenir ici.

Dans l’entrée, les hommes en faction souriaient en voyant arriver la détective. Ils la saluèrent et la félicitèrent pour cette remise sur pied. Les amoureux s’engouffrèrent dans la cage métallique qui les amena au troisième étage. Lorsque le ding se fit entendre, elle prit la main de Rick cherchant un peu de soutient, il lui serra la main et l’encouragea en sortant de l’ascenseur. À peine quelques pas plus loin, des cris et sifflets animèrent le poste auparavant si calme. Des applaudissements élevèrent les décibels et des mains saluèrent les nouveaux arrivants. Alertés pas le bruit, les bros qui discutaient avec Lanie, se retournèrent pour voir leur amie arriver au bras de son écrivain. Les deux hommes se tapèrent dans la main alors que la jeune légiste, les deux mains devant la bouche essayant de retenir son émotion, laissa couler une larme. Gates, elle aussi alertée par le bruit sortit de son bureau prête à sermonner son équipe pour se brouhaha inapproprié mais lorsqu’elle regarda dans la même direction que tout le monde, sa colère retomba aussitôt. Lanie fût la première à se jeter dans les bras de sa meilleure amie.

- Oh mon Dieu Kate, c’est génial.

- Bonjour Lanie, merci.

Les hommes se saluèrent chaleureusement puis Lanie Laissa sa place pour les embrassades amicales de ses collègues et amis puis Gates se rapprocha toute souriante du petit groupe qui félicitait Kate.

- Bonjour lieutenant, heureuse de vous revoir sur pieds. dit-elle en lui donnant une poignée de main chaleureuse.

- Bonjour chef. Merci, ça fait du bien de remarcher. J’ai hâte, si tout va bien dans deux semaines je reprends le boulot.

- Ne vous pressez pas trop, retapez-vous comme il faut et vous reviendrez en pleine forme comprit ?

- Oui chef, comprit.

Gates retourna à son bureau vaquer à ses occupations faites de coups de fils et de paperasse. Kate avait mis du temps à se faire à l’autorité de sa nouvelle chef suite au décès de Montgomery mais au fil des jours elles avaient appris à se connaitre et surtout elles se respectaient. 

Le petit cercle se reforma autour des visiteurs.

- Alors petite cachotière. Hier je t’emmenais chez le médecin en chaise roulant et aujourd’hui tu marches ?

Rick resserra son étreinte autour de ses épaules. Il savait pourquoi elle avait dupé sa meilleure amie et il lui en était reconnaissant.

- Oui, excuse-moi Lanie, mais je voulais faire une surprise à Rick alors je devais jouer le jeu jusqu’au bout.

- Et à ton médecin tu lui as aussi fait le coup ? demanda Ryan.

- Oui, je suis arrivée dans mon fauteuil et quand il s’est retourné dans son bureau j’étais debout. Il a aussi fait une belle tête mais au final il en a ri.

Toute la troupe discuta encore un moment autour d’un bon café puis les deux tourtereaux quittèrent le poste  direction les Hamptons.

Dans l’habitacle, la musique comblait le silence, un silence quelques fois troublé par les paroles d’une chanson que Rick fredonnait, Kate prenait le relais laissant Rick admiratif face à cette voix douce de sensualité. Discrètement il baissa le volume de la musique pour mieux se laisser bercer par cette sérénade que sa belle lui faisait honneur d’interpréter. Sans se rendre compte, elle anima plus de la moitié du trajet mais après une heure de route, la voix se fit plus douce, plus discrète pour s’éteindre gentiment. Rick l’observa à la dérobée, le balancement  de la voiture avait eu raison de sa fatigue. Elle s’était endormie, la tête posée contre la vitre, un petit sourire sur les lèvres.

 

À une centaine de mètres de la maison, une secousse un peu plus forte que les autres tira la détective de ses songes. Elle se frotta la nuque, endolorie pas la position inconfortable ou elle s’était endormie, puis détailla les alentours. Rick ralentit dans la zone pavillonnaire et salua quelques voisins.

- Alors la belle au bois dormant. Le trajet n’a pas été trop long.

- Hmmmm, non, et cette petite sieste m’a fait le plus grand bien, sauf pour ma nuque. Râla-t-elle faussement.

La prochaine fois prend le coussin qui est sur le siège arrière.

- Quoi ? s’exclama la brunette en se retournant. Tu avais un coussin pour la nuque et tu  m’as  laissé dormir dans cette position inconfortable.

- Mais tu dormais si bien que je n’ai pas voulu te réveiller. Se rattrapa l’écrivain en sortant de sa voiture.

Il la contourna et ouvrit la portière à sa passagère. Elle s’extirpa péniblement de l’habitacle  mais oublia bien vite son inconfort en découvrant l’immense villa qui s’élevait devant ses yeux.

- Wouha…. Alors comme ça tu es riche ?

- Hmm, un peu. S’amusa-t-il à la voir aussi émerveillée.

Il prit les bagages et ouvrit en grand la porte d’entrée. Kate n’avait pas suivi, toujours scotchée sur le trottoir essayant d’imaginer combien de pièce il y avait dans cette villa.

- Alors tu viens ?

Kate reprit ses esprits et le rejoignit prestement. L’intérieur était tout aussi beau que l’extérieur et décoré avec goût. Tout était à l’image de son propriétaire, masculin, racé, et les pièces étaient grandes et spacieuses. Il lui fit faire le tour de la maison, d’abords l’intérieur, ils déposèrent leurs sacs dans la chambre de Rick puis quand Kate eut fini de s’extasier devant l’immense douche italienne et le bain à remous, il ouvrit la baie vitrée et ils sortirent sur le balcon pour admirer la vue. De l’azure à perte de vue, un ciel magnifiquement bleu et une mer d’un  calme reposant. Depuis la terrasse en bois, une bande de pelouse menait vers la plage qui plongeait en pente douce dans l’océan. Kate, encore une fois, resta sans voix.

- Ça te plait ?

- Tu…si….tu me demande si……. Rick c’est splendide.

Elle lui sauta dans les bras et l’embrassa amoureusement.

- Je sens qu’ici je vais vite me remettre sur pieds.

Rick la détailla de la tête au pied et répliqua.

- Mais tu es déjà sur pieds ma chère.

Elle leva les yeux au ciel comme souvent quand ils se taquinaient puis il lui prit la main et ils finirent par la visite de l’extérieur qui cachait encore quelques surprises.

Pendant que Kate passait quelque chose de plus confortable, Rick fit l’inventaire des denrées pour préparer le repas de midi. Jonah avait bien garni le frigo et les placards, depuis les années qu’il s’occupait de ce pavillon, il connaissait les gouts du proprio. Rick se frappa dans les mains et attaqua la préparation.

A l’étage, la jeune femme hésitait entre deux maillot de bain, un deux pièces sexy ou un une pièce sportif qui serait plus adéquat pour faire des longueurs dans l’immense piscine. Elle opta pour le deuxième, se disant qu’il y aurait d’autres occasions pour épater son homme. Elle enfila par-dessus un t-shirt ample et un bermuda en coton puis  alla retrouver son cuisinier. Il était en pleine création culinaire lorsque Kate arriva pour l’aider.

- Je peux t’aider mon cœur ?

Ne l’ayant pas entendu arriver, Il sursauta légèrement.

- Non ça va aller, merci. Mais si tu veux tu peux aller faire quelques longueurs dans la piscine, je te rejoins dans cinq minutes. dit-il en l’embrassant.

Elle ne se fit pas prier et accepta sa proposition.

En sortant de la villa, Kate admira encore la vue. Elle s’imaginait déjà nageant à bride abattue dans la mer calme qui s’étendait à l’horizon, admirant les fonds sablonneux et les poissons colorés. Mais pour l’instant elle devait se refaire une santé alors elle se contenterait de la super piscine de Rick. Elle longea la villa et se déshabilla avant de prendre la température de l’eau.  Elle était plus qu’agréable et après s’être un peu mouillée, elle n’hésita pas et plongea agilement dans le carré turquoise. Elle émergea bien plus loin et commença, d’abord lentement, à aligner les longueurs de bassin. Se sentant bien, elle accéléra le rythme, respirant chaque deux battement de bras, et agitant ses jambes plus frénétiquement. Après avoir effectué un demi-tour à l’autre bout de la piscine, elle aperçut, sur le bord, une forme sombre.


caskett71  (19.09.2017 à 17:53)

CHAPITRE 26 : Détente

 

Elle donna une petite impulsion avec ses jambes et traversa pratiquement la moitié du bassin et lorsqu’elle refit surface pour reprendre une bonne dose d’oxygène, elle vit Rick qui la contemplait assit au bord de la piscine. Elle changea de direction pour s’approcher de lui. Il s’assit sur la deuxième marche de l’escalier pour s’immerger jusqu’à la taille, et regarda arriver sa sirène, plus précisément il regardait ses jambes, ses longues jambes qui avaient causé tant de soucis ces derniers mois. Maintenant c’était de l’histoire ancienne, elles bougeaient, marchaient et bientôt, très bientôt, elles sillonneront la ville, coursant  les méchants comme avant.

Il sortit de sa contemplation lorsqu’une gerbe d’eau l’arrosa abondamment mais ne fût pas surpris par la température plus qu’agréable de l’eau. Kate arriva à sa hauteur et sans stopper sa course, l’embrassa tendrement.

- Tu ne crois pas que tu en fais trop ?

- Rick, je viens de passer des semaines entières,  immobile dans une chaise roulante, alors laisse-moi retrouver le plaisir de sentir mes jambes. Même si elles me font mal, tu n’imagines pas le bien que ça fait de les sentir, de pouvoir les contrôler à nouveau.

- D’accord, mais fais des pauses de temps en temps quand même.

- Hmmm, OK, seulement si tu me rejoins.

Elle s’éloigna sur le dos, regardant si Rick allait la suivre et fût ravie de le voir s’enfoncer dans l’eau jusqu’au cou.  En trois brasses il l’avait rattrapée et  maintenant ils étaient au milieu de la piscine à s’embrasser.  Elle s’écarta de lui avec un regard amusé et lui lança.

- La pause est finie. Tu fais quelques longueurs avec moi ?

- Déjà ? Tu ne crois pas que……..

-Rick, je me sens bien. Allé, viens.

Elle quitta son étreinte et commença à nager vers le bord. Lorsqu’elle vira elle constata qu’il n’avait pas bougé, mais revenue à sa hauteur, il lui emboita le pas et suivit sa cadence. Il avait un bon rythme,  son envergure de bras lui permettait d’avoir une bonne allure et il n’aurait aucune peine à la distancer s’il le voulait mais pour le moment il suivait le tempo de sa partenaire et petite amie.

Sur le transat, le portable de Rick se mit à sonner. Il s’approcha de l’escalier et s’assit pour voir Kate arriver vers lui.

- C’est le repas. Ce sera prêt dans cinq minutes.

- Super, je commençais à avoir faim.

Ils sortirent main dans la main, se séchant mutuellement. Rick sortit des peignoirs et aida Kate à le passer. Sur la terrasse en bois, la table était déjà dressée, et un parasol leur donnait juste l’ombre nécessaire. Ils partagèrent le repas dans le calme que procurait ce moment.

Les journées s’écoulaient au rythme, des longueurs de piscine entrecoupées de câlins tantôt soft tantôt torrides, de balades sur la plage, de moment de repos ou Kate lisait alors que Rick, très inspiré, écrivait sa saga, et de repas partagés dans la bonne humeur. Kate avait aussi passé plusieurs coups de téléphone à son père et à Lanie qui avait toujours de la peine à croire à sa rémission. Après avoir raccroché avec son père, elle repensait à la  chance qu’elle avait d’avoir des amis sur qui elle pouvait compter en toutes circonstances, une famille qui l’avait accueilli à bras ouvert, et un petit ami qui se pliait en quatre pour elle.

Kate était heureuse. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien et elle savait à qui elle le devait.

Elle se leva et se dirigea vers le petit bureau ou Rick se réfugiait pour travailler. La porte était entre-ouverte, elle en profita pour le regarder écrire mais elle fût surprise de le trouver immobile, perdu dans ses pensées. Elle l’avait déjà vu plusieurs fois être là mais son esprit vagabondait ailleurs, elle ne savait où mais constatait qu’il était plus inquiet que d’habitude.

- On va se balader ?

Il revint sur terre au son de cette douce voix.

- Hmm, tu disais ? demanda-t-il pas certain d’avoir bien entendu.

-Je te demandais si tu voulais aller te balader sur la plage ?

- oui, J’arrive.

Il referma son ordinateur et attrapa ses lunettes de soleil sur un petit meuble puis rejoignit Kate qui l’attendait sur la terrasse. Elle lui sourit, ôta ses sandales puis s’approcha de lui pour lui prendre la main et le guida vers la plage, leurs doigts s’entrelacèrent et en chemin Rick perdit aussi ses chaussures. Les pieds s’enfonçant dans le sable chaud, ils marchaient silencieusement, laissant les cris des mouettes et le murmure des vagues s’échouant sur le sable, rythmer leur marche.

Leurs mains s’étaient désunies pour s’agripper à une épaule et une taille, resserrant fermement leur prise sur l’être aimé.  Rick semblait toujours aussi préoccupé. Elle voulait lui en parler mais avait peur de la réponse. Est-ce que cela la concernait elle ?  Leur amour ? Son travail ? Voulait-elle vraiment le savoir ? Oui, elle préférait le savoir plutôt que de rester dans l’ignorance.

- Rick est-ce que ça va ?

- Hmmm. Oui pourquoi ?

- Tu sembles ailleurs. Quelque chose ne va pas ?

- Non, tout va bien je t’assure.

- Si quelque chose n’allait pas tu me le dirais  hein ?

- Mais oui, et je te rassure, tout va bien.

Il déposa un baiser sur sa tempe, resserra son étreinte sur son épaule et lui sourit sincèrement, du moins il espérait dissimuler sa gêne. Elle lui rendit son sourire et oublia pour un moment son état, mettant cela sur le coup de la fatigue. Ils marchèrent enlacés encore un moment, ramassant des coquillages par ci par là puis rebroussèrent chemin avant que le soleil ne disparaisse à l’horizon.

En fin de semaine, ils allèrent en ville faire des courses et manger  en amoureux dans un restaurant sur la plage.

Ils avaient passés une bonne soirée mais Rick semblait toujours préoccupé. Il tentait de le dissimuler mais ne savait plus comment faire face à l’esprit observateur de la détective. Il arrivait à donner le change, mais de moins en moins.

Le lendemain matin, Rick s’affairait à lui préparer un bon petit-déjeuner. Son cerveau tournait à cent à l’heure, il ne savait pas comment lui présenter son idée. Il en avait envie mais cherchait comment aborder la chose. Il avait peur d’aller trop vite, si elle ne se sentait pas encore prête, elle risquait de se braquer et ne plus vouloir s’y remettre. Il soupira bruyamment, et versant la pâte à pancake un peu trop rapidement,  se brûla lorsque le retour d’huile lui arriva sur sa main,  un juron bien gratiné lui échappa.  Se tournant pour mettre sa main sous l’eau froide, il vit Kate sur le seuil de la porte. Les sourcils plissés, elle le dévisageait d’un air interrogatif. Entre sa nervosité des derniers jours et sa gaucherie de ce matin, elle ne doutait plus  que quelque chose d’important le tracassait. Elle coupa le gaz sous la poêle tout  en  s’approchant de lui. Elle déposa un baiser sur sa joue et prit délicatement sa main blessés dans la sienne pour faire couler l’eau moins durement sur sa blessure.

- Qu’est-ce qu’il y a Rick ?

- Tout va bien, j’ai juste été un peu trop vite et je me suis brûlé. Dit-il en détournant son regard.

D’un doigt sous son menton, elle lui fit tourner la tête vers elle, plongeant dans le regard fuyant de son petit ami.

- Rick, je commence à te connaitre, alors qu’est-ce qu’il y a ?

Le regard bienveillant de Kate l’apaisa un peu mais son hésitation était toujours bien présente et nouait son estomac comme si c’était une question de vie ou de mort.

Il soupira, arrêta l’eau, et essuya sa main dans un torchon en se tournant face à elle.

- Je….. je voulais te proposer quelque chose depuis quelques jours mais…

- Mais ?

- Mais comme on n’en a jamais parlé depuis l’accident, je ne sais pas si c’est une bonne idée.

L’esprit de Kate tourna à plein régime, cherchant qu’est-ce qui pouvait le mettre dans un état pareil mais connaissant le zigoto, il y avait tellement de possibilité, qu’elle ne savait pas par où commencer. Alors plutôt que de se faire du mouron pour rien elle préféra l’inciter à parler.

- Rick, arrête de tourner autour du pot et laisse-moi juger par moi-même si c’est une bonne idée ou pas.

- C’est que je ne voudrais pas que tu te fâche ou te braque.

- Si tu ne me parle pas, là je risque de me fâcher. Menaça-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches de manière sévère.

- D’accord, viens.

Il prit  quelque chose dans un tiroir et ensuite l’attrapa  par la main pour l’emmener dehors, ils contournèrent la maison et s’immobilisèrent devant le garage fermé. Kate n’avait pas encore vu cette partie de la propriété  puisqu’ils avaient laissé la voiture devant la maison. Il tenait dans sa main une petite télécommande. Lorsqu’il appuya sur le bouton, la porte commença à s’enrouler vers le haut laissant apparaitre une cavité sombre mais lorsque le néon s’alluma, Kate comprit immédiatement pourquoi il avait été étrange ces derniers  temps.

Elle mit ses deux mains sur sa bouche  pour cacher sa surprise mais surtout pour étouffer un cri de joie.  A sa vue s’offrait une magnifique Harley Davidson d’un bleu éclatant. Alors que Rick la sortait du garage pour l’exposer à la lumière du jour, Kate n’avait  pas encore retrouvé l’usage de la parole, ce qui inquiéta l’écrivain, toujours pas sûr d’avoir eu une bonne idée.

- Kate, dis quelque chose s’il te plait.

- Je…….Rick…….elle…….. wah…….magnifique.

Ces quelques mots énoncés dans le désordre eurent pour effet de le détendre un peu, mais pas  encore complètement.  Kate tourna autour de l’engin, la détaillant sous toute les coutures, ses mains faisaient des vas et viens entre la moto et sa bouche.

- Je…..je ne comprends pas pourquoi tu étais nerveux de me la montrer Rick, elle est splendide, c’est une Harley Davidson FXSTD softail année 2000, et la couleur est juste, lumineuse.

- Wah, je suis impressionné, tu connais tous les modèles ? Souffla-t-il en finissant complètement de se détendre.

- Pas tous mais  je suis fan de Harley depuis que j’ai seize ans et je suis l’évolution des nouveaux modèles alors je le connais celui-là. Mais tu ne m’as pas répondu ?

Il respira un bon coup, apparemment elle n’avait pas l’air réfractaire à l’idée de refaire de la moto.

- Ben en fait je ne savais pas si tu oserais remonter sur une moto, c’est pour ça….

Il fut coupé dans sa phrase par des lèvres chaudes qui lui clouèrent le bec. Le baiser fût bref mais sincère.

- Tu es un amour. Tu croyais que je n’oserais pas à cause de l’accident?

- Oui, on n’a jamais reparlé de ça alors je ne savais pas ce que tu ressentais.

- Je te rassure, si la mienne n’avait pas été complètement détruite, j’aurais déjà grimpé dessus. Mais tu ne m’avais jamais dit que tu avais une moto.

- Heu, en fait elle n’est pas à moi.

Il dansait d’un pied sur l’autre, cherchant dans son regard si elle avait saisis le message mais apparemment pas.

- Ben alors que fait-elle ici si ce n’est pas la tienne……..ou alors………on te l’a prêtée pour faire un tour. Demanda-t-elle ravie à l’idée de chevaucher cette belle monture.

- Heu non, pas tout à fait.

Le sourire de Kate fondit instantanément. Elle avait une petite appréhension de refaire de la moto mais l’envie était plus forte, et jamais elle ne pourrait se passer de ces balades en moto pour s’échapper  certains week-ends. Même qu’elle tenait énormément à sa première moto qu’elle avait achetée avec ses économies à dix-huit ans et retapée,  elle avait déjà fait des recherches pour la remplacer mais n’avait pas encore trouvé celle qui lui décrocherait un coup de cœur……quoi que celle qui se trouvait devant elle avait tout pur lui plaire.

- Oh, alors pourquoi tu me la montre ?

Il fourra ses mains au fond de ses poches s’attendant à être foudroyé sur place lorsqu’elle saurait. Mais il trouvait ça tout à fait normal.

- Ben en fait, elle est à toi…….si tu la veux bien sûr.

Le regard noir que Kate lui lança lui glaça le sang, mais en y regardant de plus près, ce regard ne le fusillait pas, non, il brillait. Elle ne bougeait plus, ne cillait pas d’un cil, même lorsqu’une larme roula sur sa joue rosie par le soleil de midi. À la fois intimidé et inquiet, il s’avança et d’une caresse, essuya la goutte qui perlait lentement jusqu’au menton de Kate. Ce contact la fit revenir à la réalité. Les mots de Rick tournaient en boucle dans sa tête.

<Ben en fait, elle est à toi…….si tu la veux bien sûr>.

 

Bien sûr qu’elle la voulait, mais c’était trop. Jamais elle n’avait reçu de cadeau aussi important, pas tant par sa valeur monétaire mais surtout par sa valeur sentimentale. Elle savait très bien que son ancienne Harley n’était plus qu’une épave et qu’il n’y avait plus rien à faire pour lui redonner vie, alors le cadeau de Rick était inestimable. Elle posa sa main sur celle de Rick pour accentuer le contact sur sa joue. Il était tellement mignon lorsqu’il s’inquiétait pour elle qu’il en était touchant. Il se pliait en quatre pour elle depuis des mois et là, ce cadeau, c’était…..

- Rick, tu es fou tu le sais ?

- Oui, fou de toi.

Elle lui sauta dans les bras et lui donna le baiser le plus bouleversant qu’il n’avait jamais eu.

- Alors, est-ce que tu acceptes mon cadeau ? demanda-t-il lorsqu’ils se séparèrent.

- Rick, c’est le plus beau cadeau qu’on ne m’a jamais fait. C’est de la folie, mais j’aime cette folie qui fait de toi un être adorable. Alors oui j’accepte, mais à une condition.

Il se recula et la dévisagea inquiet. Elle avait un petit sourire en coin qui présagea d’un piège.

- Quelle condition ? S’aventura-t-il à demander au bout de quelques secondes.

- Je ne veux pas que ce soit MA moto, mais NOTRE moto. D’accord.

Il respira un bon coup, ne se rappelant pas avoir retenu son souffle et l’enlaça, acceptant le deal avec honneur.

- Ok ça marche. Et est-ce que ça te dirait de faire un tour ?

- Heuuu aujourd’hui ?

Elle semblait hésitante, elle venait de lui avouer ne pas avoir d’appréhensions et pourtant il la sentait peu réceptive à l’idée de la balade.

- Oui, maintenant ou cet après-midi si tu préfères.

- Mais, on n’a pas de casque, pas d’équipements ?

Rick souffla de soulagement, c’était donc ça son problème, les accessoires.

Il se dirigea vers une armoire au fond du garage et il en sortit deux casques identiques, assortis au bleu azure de la moto. Elle s’avança vers le meuble et ouvrit en grand les portes.  Elle resta bouche bée devant le contenu. Il y avait tout le nécessaire pour le parfait motard. Blousons, pantalons, gants et bottes.

- Wah Rick, c’est …………. Et en plus la taille parfaite. S’extasia-t-elle en enfilant le blouson de cuir noir puis le casque.

Elle reposa tout l’équipement à sa place et se retourna pour embrasser son amoureux. Il ne s’y attendait pas et par l’enthousiasme de sa belle, il fût plaqué contre le mur du garage mais cela ne le dérangea pas le moins du monde puisque elle était là, dans ses bras, heureuse comme lui de pouvoir profiter pleinement de cet instant à deux.

À bout de souffle ils se séparèrent, gardant un large sourire aux lèvres. Rick était délesté de ce poids qui oppressait sa poitrine à cause de la réaction de Kate, et elle était soulagée que le changement d’attitude de son petit ami ne soit pas de grande gravité.

Ils regagnèrent la maison et prirent leur petit-déj sur la terrasse, programmant une petite virée pour l’après-midi même. Ils profitèrent du calme de la mer pour nager côte à côte, se chamaillant comme de vrais gamins avant de lézarder sur le sable chauffé par le soleil de midi. Étendus sur leurs linges, ils se faisaient face. Kate sourit en repensant à une phrase qu’elle avait lue il y a longtemps…..

Un  sourire peut faire naitre une amitié. Un mot peut mettre fin à une chicane,

Un regard peut faire naitre l’amour. Une personne peut changer une vie.

Et elle avait eu la chance de trouver tout cela en la personne de Rick Castle, célèbre écrivain qu’elle connaissait au départ par ses livres et ses apparitions remarquées en page six du Ledger mais qu’elle avait appris à connaitre et surtout à apprécier au fils du temps.

Rick remarqua son sourire, une caresse sur la joue la sortit de sa contemplation.

- Pourquoi tu souris comme ça ?

- Parce que je suis heureuse tout simplement.

Ému pas cet aveu, il s’approcha et posa sur ses lèvres un baiser doux comme les ailes d’un papillon.

- Rick, depuis que t’es entré dans ma vie tout a été chamboulé. C’est vrai qu’au début tu me faisais dresser les cheveux sur la tête tellement tu m’exaspérais  mais ça n’a pas duré longtemps, j’ai assez vite apprécié ta compagnie, ton sens de l’humour. Alors de l’état de suspect, tu es devenu consultant, ami, meilleur ami et maintenant je suis comblée que tu sois mon amant. Et quel amant !!!  Un amant qui d’une simple caresse sur les cheveux, d’un simple sourire, ou même d’un regard perdu dans le vague me fait chavirer de bonheur. Tu m’as redonné le sourire, l’envie de rire, de profiter de la vie car on en a qu’une, et depuis l’accident, cela s’avère encore plus évident. Mais….

- Mais ???

- Mais ce qui m’est apparu encore  plus évident c’est que je veux profiter de cette vie avec toi et personne d’autre. Je t’aime Rick.

- Wahou…….

Ne trouvant d’autres mots, il l’embrassa tendrement.

- Kate, tu es extraordinaire. Surtout ne change pas. Dit-il les yeux brillants d’émotion.

Ils se blottirent encore un moment sur leur serviette avant de rejoindre la maison.

Pendant que Kate préparait un bon petit repas, Rick sortit le bolide du garage puis  alla chercher leurs affaires de moto et les monta dans leur chambre. Décidant de se changer après le repas, il disposa ses habits sur le lit puis retrouva Kate qui finissait de dresser la table sur le bar de la cuisine.

- Tu ne t’es pas changé ? Remarqua la détective.

- Hmmmm ! Sacré sens de l’observation, tu sais que tu devrais être flic. L’asticota l’écrivain.

Ha ha ha….très drôle.

- J’ai préparé nos affaires dans la chambre, comme ça on a plus qu’à sauter dans nos habits et à nous la liberté.

- Super. Alors on peut manger, c’est prêt.

Pendant le repas ils organisèrent leur après-midi. Vu que c’était leur première sortie depuis l’accident, Rick décida de lui faire découvrir la région en longeant la côte jusqu’à un petit village de pêcheur très sympathique.

Ils se hâtèrent de ranger la cuisine et montèrent se changer dans la bonne humeur. Kate s’émerveillait au fur et à mesure qu’elle enfilait son équipement. Il la connaissait si bien que tout était à sa taille et vraiment très confortable. Les blousons enfilés, c’est main dans la main qu’ils descendirent au rez de chaussée.

Devant la maison chacun coiffa son casque, ses gants. Mais tous deux hésitaient.


caskett71  (20.09.2017 à 19:17)

ATTENTION, passage coquin......

bonne lecture.

CHAPITRE 27 : Repartir

 

- Tu  veux conduire ? demandèrent-ils  en même temps.

Ils éclatèrent de rire devant leur timidité qui n’avait pas lieux d’être mais ce moment de joie fût de courte durée car interrompu par la sonnerie du portable de Kate. Espérant que ce coup de fil ne contrarie pas leur programme, elle retira son gant et sortit son téléphone. Son sourire réapparut aussitôt lorsqu’elle vit le nom sur l’écran, elle le montra à Rick et répondit.

- Beckett !

- Salut Kate, C’est Jane de Boston. Comment vas-tu ?

- Salut Jane. Je vais bien et toi ? Et comment va Maura ?

- Elle va bien très bien.

- Je suis avec Rick, je mets le haut-parleur.

Kate appuya sur la touche et tint l’appareil devant elle.

- Salut Jane, content d’avoir de vos nouvelles.

- Salut Rick, moi aussi je suis contente de vous entendre tous les deux. Je sais que je vous préviens un peu tard mais demain avec Maura on part quelques  jours  faire une petite virée en moto alors je voulais savoir si c’était possible de se voir si on vient sur la grande pomme ?

Kate grimaça, ils étaient dans les Hamptons et n’avaient pas prévu de rentrer avant une semaine.

- C’est que ……on n’est pas à New-York en ce moment.

- Oh dommage.

Rick mit la main sur l’appareil pour camoufler sa voix.

- Kate, on peut les inviter ici si tu veux ?

À ces paroles le visage de la brunette s’illumina. Rick était heureux de lui avoir redonné le sourire avec cette idée.

- Kate tu es toujours là ? S’inquiéta Jane devant le silence qui se prolongeait.

- Oui oui Jane je suis là, et on a trouvé une solution pour se voir.

- Mais faut pas changer vos plans pour…..

- Non ne t’inquiète pas, on ne change rien, mais au lieu d’aller à New-York, vous pouvez venir dans les Hamptons, on y est encore pour une semaine.

- Et vous pouvez passer la semaine avec nous si ça vous dit ? proposa Rick heureux à l’idée de revoir les deux jeunes femmes.

- Oh ce serait vraiment génial. S’exclama la noiraude. Ah attendez, Maura arrive à l’instant, je lui en parle.

Ils entendirent Jane se déplacer et quelques bribes de conversation puis un cri de joie qu’ils interprétèrent comme un accueil favorable à ce programme.

- Voilà, j’ai aussi mis le haut-parleur comme ça Maura pourra vous donner notre réponse.

- Je pense que ce ne sera pas nécessaire, il me semble qu’on l’a entendu crier jusqu’en chine. S’esclaffa Rick.

- Bonjour vous deux, merci pour cette invitation, c’est vraiment une excellente idée. En plus je ne connais pas l’endroit alors j’ai hâte d’y être.

Ils discutèrent encore quelques minutes. Rick en profita pour leur expliquer le chemin, leurs conseillant de prendre le ferry à New London pour éviter de faire tout le tour de la presqu’île, puis il donna à Jane l’adresse pour que son GPS les amènent à bon port.  Ils raccrochèrent tous très enthousiaste et pressés d’être déjà demain.

Kate, toute guillerette, rangea son téléphone et se rééquipa.

- Alors, on en était où ?

- On se demandait qui allait conduire ?

- Tu veux…… ?

- Non je t’en prie vas-y. Proposa Rick connaissant sa passion pour le pilotage.

- Tu es sûr ?

- Oui, vas-y, et je conduirais au retour.

Elle hocha de la tête, enfourcha la bécane et mis le contact. Au moment où le moteur émit le premier vrombissement, son visage s’illumina. Elle remercia Rick d’un regard amoureux et lui fit signe de grimper derrière elle. Les premiers tours de roues furent hésitants mais une fois sur la route principale, toute l’appréhension s’envola. Kate découvrait la région, Rick lui racontait quelques anecdotes sur des endroits qu’il avait déjà visités. Ils se laissèrent bercer par la route sinueuse délicieusement collés l’un à l’autre.

- Prend la prochaine à droite. Dit-il en pointant du doigt  le prochain carrefour.

Elle acquiesça d’un OK avec ses doigts et bifurqua à l’intersection. Elle roula encore quelques minutes avant que Rick lui dise de se parquer sur une petite place en terre. L’endroit était désert, aucun autre véhicule, pas de bruit si ce n’était celui des vagues qu’elle ne voyait pas encore. Après avoir verrouillés leurs casques à la moto, il prit un sac dans le top-case  sous le regard étonné de Kate.

- Mais…..qu’est-ce que… ??

- Oh rien, juste deux trois petits trucs.

Il lui prit la main et la guida à travers le petit bois pour découvrir enfin cet endroit idyllique. Elle resta bouche bée  devant le panorama qui s’offrait à sa vue.

Ils étaient sortis du bois et avait débarqué directement sur une plage de sable blanc, ou plutôt une crique, pas trop grande, avec de chaque côtés des rochers en guise de barrière, et devant eux, la mer, la mer et le ciel qui se fondaient l’un dans l’autre tellement leurs couleurs se confondaient.

- Alors ? demanda Rick devant le mutisme de sa belle.

- C’est……... Wah, c’est juste magnifique.

Kate s’avança vers le bord de l’eau où le sable était remué par les grandes vagues  qui venaient s’échouer devant elle. Depuis le matin qu’ils avaient profités de la baignade, un léger vent s’était levé, agitant la mer et  faisant grossir les vagues. Après un instant Rick la rejoignit dans sa contemplation et passa un bras sur ses épaules, elle posa sa tête contre son torse et mis la main dans la poche arrière du jeans de Rick. Elle se sentait si bien. Depuis qu’elle avait retrouvé l’usage de ses jambes elle avait appris à apprécier chaque moment de la vie, comme la balade en moto, un repas partagé en bonne compagnie, un simple vol d’oiseaux ou là, en ce moment, l’odeur salée des embruns marins, bien calée dans l’étreinte des bras protecteurs de son petit ami.

 - Tu vas bien ? S’inquiéta Rick devant le mutisme de sa belle.

- Oui, j’apprécie juste le moment présent. Le rassura-t-elle, en embrassant ses douces lèvres.

- Viens !

Ils se retournèrent  et Kate pu constater que Rick avait étendu une couverture et sorti une bouteille de champagne et deux coupes.

- T’es un amour, tu penses vraiment à tout ! Mais…

- Mais ????

- Du champagne alors qu’on conduit ???

Il l’aida à s’assoir puis s’installa à côté d’elle en lui montrant l’étiquette  de la bouteille.

- Sans alcool. Pu-t-elle y lire en souriant face à sa prévenance.

Elle tendit les coupes alors que Rick faisait sauter le bouchon. Ils trinquèrent à ce renouveau, à sa guérison et la nouvelle vie qui s’offrait à eux.

Rick se coucha sur le dos, un bras replié sous la tête, alors que Kate, perdue dans ses pensées, contemplait l’immensité de ce qui s’étendait devant elle. Elle était heureuse, juste  heureuse de pouvoir partager encore ces moments de bonheur avec l’homme qu’elle aimait, heureuse de  vivre tout simplement.

En se blottissant conte son torse, elle entendit battre son cœur, battements qui l’apaisèrent. Elle se sentait bien à sa place, là, dans ses bras rassurants. Ils se sentaient si bien tous les deux qu’ils s’endormirent paisiblement alors que des nuages noirs obscurcissaient le ciel pourtant si clair le matin même.

Une rafale de vent plus forte que les autres souleva quelques grains de sables qui vinrent s’échouer sur le visage de l’écrivain qui ne s’en formalisa pas pour autant. Le clapotis des vagues s’était changé en grondement inquiétant lorsqu’elles s’échouaient brusquement sur le sable. Kate, dont le bruit avait interrompu son rêve féérique, ouvrit difficilement les yeux. Avant de voir la menace qui planait au-dessus de leurs tête, elle regarda sa montre pour constater qu’ils avaient dormit une bonne heure. À ce moment-là, l’éclatement de la mer qui s’échouait sur les rochers environnants lui fit recoller à la réalité. Elle s’assit brusquement, s’appuyant fortement sur le torse de Rick qui maudit cette main impétueuse.

- Rick !!!

- Hmmm.

- Rick, réveille-toi. Dit-elle en le secouant sans ménagement.

- Quoi ? demanda-t-il en s’asseyant à son tour et en découvrant les gros nuages chargés qui ne demandaient qu’à déverser leur contenu sur les deux amoureux.

- Oh…….. nom de Dieu……

Sans plus de cérémonie, ils se levèrent d’un bond, rassemblant prestement leurs affaires et coururent vers la moto. Kate tendit lui tendit la clé et sans autre discussion ils prirent la route encore sèche mais ils savaient que cela n’allait pas durer. Heureusement la température était agréable et même s’ils seraient mouillés, le froid ne les mordrait pas. Rick conduisait prudemment, il aurait voulu accélérer pour essayer de semer ces gros nuages mais il ne fallait pas tenter le diable, après leur douloureuse mésaventure, il valait mieux être mouillé mais en vie.

Ils étaient à une trentaine de Kilomètre de la villa lorsque le ciel ouvrit ses vannes, déversant des trombes d’eau sur les motards et tout ce qui ne se trouvait pas à l’abri. Rick dû considérablement ralentir mais la visibilité devenait très précaire, de plus les impacts  des grosses gouttes qui s’abattaient durement sur eux devenaient douloureux sur les jambes et les mains.

Soudain Rick bifurqua à droite, prenant une petite route campagnarde.

- Qu’est-ce que tu fais ? demanda inquiète la détective.

Il ne répondit pas mais montra du doigt un vieux hangar isolé qui semblait abandonné. Il ralentit et s’engouffra par une petite porte juste assez grande pour laisser passer la moto et ses occupants. Il coupa le contact  alors que Kate avait déjà quitté sa place. La vapeur qui s’échappait du moteur détrempé emplissait l’air de cette odeur caractéristique, mélange d’humidité, d’huile et de boue, ce qui arrivait généralement après un motocross boueux mais rarement après une balade romantique.

Casques ôtés, debout face à face, ils se regardaient autant dégoulinant l’un que  l’autre. Ils éclatèrent de rire en entendant le tchifff tchifff que faisaient leurs bottes pleines d’eau. Avec un orage pareil, même les meilleurs équipements n’aurait pu les tenir au sec. Ils firent le tour du vieil  hangar qui abritait des outils agricoles et des monticules de paille. Rick scruta le toit  qui semblait en assez bon état pour leur  offrir un abri idéal. Il  trouva dans un coin deux couvertures qu’il secoua pour les dépoussiérer, elles pourraient toujours servir.

- Rick ! L’appela Kate qui contournait le tas de paille de l’autre côté.

- Je suis là. répondit-il en la rejoignant. On va pouvoir rester au sec le temps que l’orage passe.

- Mais j’espère que ça va passer, le ciel est vraiment noir pour le moment.

- On est bien ici, au sec. Dit-il alors que ses bottes grinçaient de plus belles.

- Je crois qu’on devrait enlever nos vêtements mouillés avant d’attraper la mort.

- Ok, on a deux vielles couvertures, je vais les étendre sur la paille pour en faire un matelas et on en a encore une dans la sacoche pour nous couvrir.  Pour le reste, on se réchauffera comme on peut. Proposa-t-il en haussant un sourcil face au regard charmé de sa belle.

Ils étendirent leurs habits sur un fils qui traversait tout l’appentis et s’installèrent sur les couvertures étendues sur cette paille accueillante, simplement vêtu de leurs sous-vêtements et d’un t-shirt. Rick se coucha et elle vint se blottir contre lui, partageant ainsi la chaleur de leurs corps. Ils étaient bien au chaud dans ce nid douillet,  bercé par le bruit  de la pluie qui heurtait violemment  les tôles de leur abri de fortune. Kate glissa sa main sous le pull de Rick et laissa ses doigts frais musarder sur sa peau chaude et douce.

 - Je suis contente de revoir nos amies demain.

- Moi aussi, on n’avait plus eu de nouvelles depuis notre virée à Boston.

- Si, une fois  j’avais reçu un message de Jane, on avait discuté brièvement car elle était occupée avec une sale affaire.

- Et tu lui avais parlé de…..

- Non je n’avais rien dis à propos de notre accident.

- Et tu veux leur en parler ?

- Je ne sais pas, peut-être, si l’occasion se présente.

- D’accord, on fera comme tu veux. Mais d’abord faudrait qu’on puisse rentrer à la villa, avec ce qui tombe là dehors, ce n’est pas une moto qu’il nous faudrait mais un scooter des mers…

-C’est vrai qu’on aurait quand même pu regarder la météo avant de partir.

- Mais tu étais tellement excitée de faire cette balade que….

- Ah parce que toi pas peut-être ?

- Non, pas du tout…… Aïeeee…..mais euuu…… s’écria-t-il lorsqu’elle lui pinça le ventre.

- Tu n’étais pas excité peut-être ??

- Bon ok, un peu quand même. Mais tu sais ce qui m’excite le plus là, en ce moment.

- Hmmm, non.

- C’est cette main qui se balade là. dit-il en emprisonnant la main curieuse qui voyageait sur sa poitrine et en la basculant sur le dos. Est-ce que tu l’as déjà fait dans le foin ?? demanda-t-il de sa voix suave qui ne laissait planer aucun doute sur ses intentions.

Kate fit mine de réfléchir tout en passant ses mains dans la nuque de son écrivain.

- Hmmm, non, jamais.

Elle rapprocha leurs visages et l’embrassa lentement, très lentement, laissant leurs langues se cajoler lascivement. Une douce sensation prit possession de tout  son corps, cette frénésie qui agitait toutes ses cellules, faisait monter la température de chaque parcelle  de son corps, mais surtout elle attisait son envie de lui.

Kate descendit ses mains avides de chaleur et les glissa sous le boxer de son amant, palpant ses fesses, faisant ainsi pression pour rapprocher  leurs intimités.  Elle put sentir que l’état de Rick n’était guère plus laborieux que le sien. Il grogna lorsqu’elle bougea son bassin, exerçant une friction voulue sur un endroit bien précis de son anatomie, et le boxer disparut très vite de l’équation.

- Kate tu es une vraie diablesse !

- Ha bon, pourquoi ? Demanda-t-elle innocemment en réitérant son mouvement.

- Tu vas voir pourquoi !

Sans aucune autre forme de préavis, il empauma son intimité sans pour autant passer la barrière de sa culotte, mais en y mettant une pression bien prononcée, ce qui lui fit pousser un cri de surprise qu’il étouffa en prenant autoritairement  ses lèvres entre les siennes. Ne voulant pas rester inactive, elle enveloppa de ses doigts fins ce sexe  fièrement dressé mais il ne lui donna pas le loisir d’aller plus loin. Il lui saisit les poignets et les plaça de chaque côté de leurs corps, lui  faisant comprendre par-là, qu’elle ne devait pas bouger.

Elle aimait le Rick tendre, doux, à l’écoute de ses désirs et elle le retrouvait entièrement dans leurs ébats mais parfois il savait se montrer entreprenant et dominateur, et c’était ce qu’elle désirait en ce moment. D’un genou bien placé entre ses cuisses il lui fit écarter vigoureusement les jambes, s’ouvrant le chemin vers le plaisir et la luxure. Quittant les lèvres chauffées par les baisers passionnés, il laissa sa langue tracer des sillons humides sur son menton, sa jugulaire ou il sentit son pouls s’accélérer, puis stoppé par un t-shirt encombrant, il l’envoya valser en un éclair. Kate se retrouva en soutien-gorge exposée au regard ardent de celui qui allait bientôt la posséder. Elle se mordit la lèvre inférieure, sachant pertinemment qu’elle allait aimer  ce qui allait suivre.

En soulevant sa cuisse elle se frotta à son érection devenue encore plus évidente ce qui le fit soupirer de plaisir.     Il poursuivit son exploration avec sa bouche curieuse en s’arrêtant à la naissance de sa poitrine. Elle ne vit rien venir, sauf son soutien-gorge qu’il brandit victorieusement à bout de bras. Elle n’eut non plus pas le temps de réagir lorsque de ses  lèvres chaudes il engloba son sein gauche, titillant avec la langue sa pointe qui ne mit pas longtemps  à s’ériger. Il s’appliqua à donner le même traitement à son jumeau, encouragé par les gémissements sonores de sa belle qui était incapable du moindre mouvement tellement il se montrait possessif. Elle agrippa fortement les brins de paille lorsqu’elle le sentit écarter sa culotte pour trouver sans peine son bouton de chair déjà très excité par ces préliminaires, la moiteur déjà bien présente entre ses cuisses le fit sourire. Il la regarda malicieusement.

- C’est moi qui vous fais cet effet lieutenant Beckett ?

Mais il ne lui laissa pas le temps de répondre et  plongea sur sa féminité, jouant habilement de sa langue. Au fur et à mesure de son exploration, la respiration de Kate se faisait de plus en plus anarchique. Elle se cambra lorsqu’à sa bouche se joignirent  ses doigts. Des doigts magiques qui lui firent voir les étoiles, même par ce temps plus que couvert.

Mon Dieu qu’elle était belle, la voir  ainsi, libérée, délivrée, totalement offerte devant lui aurait pu le faire jouir alors qu’elle avait à peine effleuré son sexe.

La tête rejetée en arrière elle se sentait proche de la libération mais elle en voulait plus, elle le voulait lui.

- Rick……….maintenant………viens………. souffla-t-elle toute haletante.

Il comprit qu’elle était au bord de la délivrance et que lui aussi avait besoin de décompresser, il présenta sa virilité à son entrée et d’un coup de rein retrouva cette chaleur accueillante. Le sentant en elle, elle s’accrocha à ses épaules, plongeant son regard dans celui noir de désir de son écrivain. Sans décrocher son regard du sien, il accrocha sa taille de guêpe et  commença à balancer vigoureusement ses hanches, butant profondément en elle. Les gémissements se changèrent en des cris tantôt rauques, tantôt aigus et lorsque la jouissance se déchaina, les grondements du vent et de la pluie firent place aux  cris libérateurs de ce duo amoureux.

 Indubitablement elle aimait le Rick dominateur.

Délicieusement blotti dans les bras de son amant, elle reprenait pied à la réalité en retrouvant le bruit toujours aussi assourdissant de la pluie qui ne semblait pas vouloir se calmer.  Elle commençait un peu à s’inquiéter, la nuit arriverait dans quelques heures et ils avaient encore vingt minutes de route, mais sous ce déluge il fallait plutôt  en compter quarante.

L’écrivain ne se rendait pas compte des tourments qui habitaient la jeune femme. Il était si bien dans ce foin avec l’amour de sa vie qu’il ne laissait rien d’autre gâcher ce moment.

- Rick ?

- Hmmm ?

- La tempête n’a pas l’air de vouloir se calmer, et il commence à faire de plus en plus sombre.

Il ouvrit les yeux et vit dans son regard de l’inquiétude. Il observa les environs, constatant par une ouverture qu’en effet la luminosité déclinait petit à petit. Il se leva sur un coude et  jaugeait les possibilités qui leur étaient offertes alors que Kate, sentant la fraicheur s’installer, se rhabillait rapidement. Elle lui passa son boxer et son pull puis ils s’approchèrent de la porte entre-ouverte.

- Si on ne veut pas dormir ici, je pense qu’on n’a pas le choix.

 

 


caskett71  (21.09.2017 à 22:30)

Chapitre 28 : vite au sec

- Si on ne veut pas dormir ici, je pense qu’on n’a pas le choix. Abdiqua Rick en la contemplant d’un air désolé.

- On va devoir repartir et faire le dernier bout de route sous le déluge.

Et comme pour appuyer ses dires, un éclair zébra le ciel de sa lumière aveuglante suivi très vite d’un coup de tonnerre assourdissant.

Il s’approcha de sa muse et prenant son visage entre ses mains, l’embrassa tendrement.

- Je suis désolé mais je crois que c’est la seule solution. Alors on s’habille, on garde les couvertures sur nous tant qu’elles nous protègent et on roule sans s’arrêter jusqu’à la villa.

La fraicheur du soir avait envahi la grange ce qui fit frissonner la jeune femme et l’idée d’enfiler des vêtements humides ne l’enchantait guère mais il le fallait. Rick la vit tressaillir et la prit dans ses bras encore chauds.

- Et je conduis comme ça tu seras un peu protégée du froid et de la pluie.

- Ok.

Ils grimacèrent tous les deux en remettant les pantalons pas totalement secs et le reste qui était dans le même état. Rick tourna la moto et mit le contact, elle démarra au quart de tour. Ils enfourchèrent la bécane et  se couvrirent chacun les jambes avec l’une des petite couverture et s’emballèrent tous les deux dans la leur qui était plus grande.  Un  coup de gaz hésitant et ils s’extirpèrent de leur  abri de fortune. La fraicheur mordante les fit frissonner, ils étaient si bien dans ce foin, sous leur couverture, au sec.

Rick redoublait de prudence pour ne pas glisser sur la chaussée inondée et devait tenir fermement le guidon car les violentes bourrasques de vent pouvait les envoyer valdinguer facilement. En route ils ne croisèrent pas grand monde, juste quelques voitures qui ne roulaient pas plus vite qu’eux.

De temps en temps Rick sentait les mains de sa passagère se crisper sur ses hanches. Comme elle partait toujours seule lors de ses virées, Kate n’était pas habituée à être passagère, à l’aller elle avait apprécié la balade mais là, le fait de ne pas voir grand-chose et ne rien pouvoir contrôler la rendait quelque peu nerveuse. Elle faisait confiance à Rick, elle s’efforça donc de se calmer et resserra sa prise autour du corps de son  petit ami.

- Ça va? Demanda-t-il en sentant le changement de pression autour de son corps.
- Oui, ça va, mais vivement qu’on soit arrivés.

La nature verdoyante  laissait peu à peu place aux habitations, d’abord quelques maisons isolées puis des quartiers résidentiels et enfin la ville se profila devant eux. Rick évita le centre et ces feux de signalisation en prenant des petites rues parallèles.

Ils ne dirent rien mais furent soulagés de voir enfin la villa. Il s’arrêta devant le garage et ils quittèrent leur siège. Rick voulait mettre la moto à l’abri mais comme tout était mouillé et que la télécommande se terrait au fond de la  poche de son jeans, la manœuvre s’avérait difficile.

- Laisse tomber Rick, on la rangera demain, allons vite nous mettre au sec.

- Non je ne veux pas la laisser dehors  mais pendant que je la range, tu peux rentrer et mettre en route le jacuzzi comme ça on pourra se réchauffer.

- Ok, ça marche, mais ne tarde pas trop.

-  Y a pas de risque.

Elle tourna les talons, prit la clé qu’ils avaient caché avant de partir et se précipita à l’intérieur. Elle se stoppa net dès le seuil franchi, ne voulant pas inonder la maison. Elle se délesta de toutes ses affaires détrempées dans le vestibule et grimpa les escaliers avec seulement ses sous-vêtements.  L’eau arrivait juste à bonne température  lorsqu’elle entendit la porte d’entrée claquer et Rick qui l’appelait.

- Je suis en haut.

Ayant quitté ses dessous humides, elle s’enroula dans une serviette pour ne pas avoir froid et sortit au bout des escaliers pour le voir se débarrasser aussi vite qu’elle de ses vêtements mouillés. Depuis là elle le voyait grelotter, elle retourna dans la salle d’eau et s’immergea dans la chaleur bienfaisante du bain.

Il arriva  essoufflé d’avoir grimpé les marches quatre à quatre et resta bouche bée devant l’ambiance qu’elle avait créée, mais sentant son sang glacé parcourir son corps, il préféra rejoindre sa petite amie avant de détailler la pièce.

- Oh mon Dieu ce que ça fait du bien. S’extasia-t-il alors que son corps rencontra la chaleur bienfaisante de l’eau.

Dans ce grand jacuzzi, ils avaient de la place pour se coucher et être complètement immergés. Il s’installa à côté de Kate et déposa un tendre baiser sur ses lèvres qui avaient repris une couleur rosées.

- Merci.

Elle le regarda étonnée, ne comprenant pas le pourquoi de son merci.

- Pour cette ambiance romantique. Précisa-t-il devant sa mine interrogative.

Elle avait allumé des bougies disséminées ci et là et mis une petite musique douce, ce  qui  était le parfait mélange pour ce moment de détente.

- Merci à toi pour cette belle journée. Malgré la tempête j’ai passé un excellent moment et merci encore pour la moto, elle est vraiment magnifique.

- J’aime faire plaisir aux gens que j’aime. Conclu-t-il en l’embrassant amoureusement !

Il se retourna et mis en route le remous de l’eau qui fît  frémir  la surface des flots. La tête posée sur le rebord, ils  laissèrent leurs corps flotter, aidés par l’agitation  des bulles.

Une heure plus tard, nos deux tourtereaux tendrement enlacés, se tenaient debout devant la baie vitrée. À l’extérieur, le vent  avait perdu en intensité et la pluie diluvienne s’était changée en petite pluie fine mais la mer déchainée, projetait encore brutalement ses vagues sur le sable, qui lui, restait stoïque devant ce déferlement de violence. La chaine hifi emplissait la pièce  de la  musique douce et la lumière tamisée se prêtait magnifiquement à cet instant de calme.

Rick, les mains croisées sur le ventre de sa petite amie, se balançait nonchalamment sur le rythme langoureux des notes de musique, emmenant Kate dans sa danse. Sa belle se laissait bercer par ce tangage mais il la sentait ailleurs.

- Tu vas bien ?

- Hmmm, oui bien ! répondit-elle en soupirant,  resserrant les bras protecteurs de son homme autour d’elle.

- Tu as l’air à des milliers de kilomètres d’ici.

- C’est un peu ça, je pense à Jane et Maura qui doivent venir demain. J’espère que le temps va changer, ce serait dommage qu’elles ne puissent pas venir.

Rick sortit son IPhone de sa poche et consulta son application météo.

- Regarde, le ciel va se dégager cette nuit et demain il va faire grand beau, comme aujourd’hui.

Elle tourna la tête vers lui et le regarda de travers.

- Avant qu’on parte en balade je voulais dire.

- Ah, j’aime mieux ça. Mais si on veut pouvoir les accueillir, il faudrait faire le plein du frigo tu ne crois pas. Dit-elle en reprenant sa position.

- Bonne idée, et pour être tranquille demain matin, on pourrait y aller maintenant, les magasins sont encore ouvert.

Kate le regarda à nouveau de travers, essayant de faire son regard qui tue mais cela ne marchait plus comme au début de leur partenariat.

- En voiture. Précisa-t-il. À moins que tu veuille …….Aïe….

Elle venait de lui répondre en lui pinçant le bras.

- Ok ok, on prendra la voiture, ça me convient tout aussi bien.

Ils firent l’inventaire  des provisions en se taquinant comme d’habitude et se rendirent en ville, au sec dans la Mercedes de l’écrivain.

Ils étaient rentrés des courses avec le plein de provision pour plusieurs jours, ils avaient  rangé toutes les emplettes et préparé ensemble le repas qu’ils avaient partagé bien installés devant la cheminée. Malgré que ce soit encore l’été, leur aventure sous la pluie les avaient quelque peu refroidis alors Rick avait proposé de faire une flambée pour casser le froid et l’humidité qui avait envahi leur corps et la villa. Elle avait accueilli l’idée avec bonheur, sentant encore quelques frissons parcourir son échine, même le jacuzzi bon chaud n’avait fait que momentanément remonter sa température.

Tendrement enlacé sur le canapé, ils s’étaient recouvert d’un plaid douillet et se tenaient au chaud dans les bras l’un de l’autre. Ils s’étaient laissé tenter par un film romanticodramatique, « Une bouteille à la mer », avec le beau Kevin Costner et Robin Wright. Kate fit le parallèle avec leur histoire, toutes les embuches et les péripéties qui leur étaient arrivé pour enfin se trouver, et s’aimer. Vers la fin du film Rick sentit les mains de sa belle se crisper sur sa poitrine, à l’écran la tempête faisait rage et le héros se débattait dans une mer déchainée pour sauver une famille d’inconnu. Lorsqu’elle comprit qu’il ne s’en était pas sorti, elle cacha son visage dans la chemise de Rick et y camoufla sa larme mais le geste ne passa pas inaperçu aux yeux de son homme. Lui aussi ému par la fin tragique du film, il posa un baiser sur sa tempe et resserra son étreinte.

- Ce n’est qu’un film je sais, mais c’est trop triste de finir comme ça. Dit-elle tristement.

- Oui, comme tu dis, ce n’est qu’un film, mais avec des acteurs exceptionnels qui savent tellement bien faire passer les émotions et les sentiments qu’on ne sait plus différencier la fiction de la réalité.

Elle sourit en se disant que son écrivain avait certaines fois  aussi de la peine à les différencier lorsqu’il imaginait certaines scènes de Nikki et Rook. Elle se remémora cette époque, où elle n’avait pas encore mis de réel nom sur ses sentiments pour l’écrivain, alors qu’elle lisait des scènes tendres entre les héros fictif, elle aussi perdait la notion du vrai et du faux, s’imaginant à la place de Nikki dans les bras non pas de Rook mais de Rick. Se laissant envahir par les souvenirs d’elle dans son bain, un verre de vin rouge et le romand de son auteur favori, elle resserra son  étreinte autour du corps de celui-ci, sourire aux lèvres.

Dehors l’orage s’était calmé, la pluie avait cessé et le vent n’était plus qu’un léger murmure et  au loin les vagues retrouvaient leurs mouvements fluides et calmes. Rick était soulagé, il était heureux de revoir leurs amies de Boston et cela aurait été dommage qu’elles ne puissent pas venir à cause de ce temps, mais tout avait l’air de rentrer dans l’ordre. Il prit son Iphone…...

- Tu t’ennuies avec moi ? Le taquina-t-elle.

- Hmmm non, pourquoi tu dis ça ?

- Ton portable.

- Ho non, je regarde encore la météo pour demain. J’espère que Jane et Maura n’auront pas changé d’avis et qu’elles viendront quand même. Ah !!!! Le beau sera de retour demain, et même la chaleur, trente-deux degrés.

- Ha super. Mince, mon portable, je l’ai laissé à la cuisine.

Elle se leva prestement et lorsqu’elle le récupéra sur le bar, elle vit qu’elle avait reçu un message une heure plus tôt. Elle retourna vite au chaud sous la couverture et ouvrit la messagerie.

- Zut, un message de Jane.

- Et que dit-elle ?

- Elle demande comment ça va car elle a vu les images de la tempête et s’inquiète pour nous. Il est dix heures mais je vais quand même lui répondre.

Kate tapa un rapide texte pour rassurer leurs amies sur leur état et leur confirmer que la météo avait changé du tout au tout et qu’à présent le ciel s’était dégagé et le vent était tombé. Les amies échangèrent quelques messages et convinrent d’une heure d’arrivée.

- Voilà, elles arriveront demain après-midi, vers quatorze heure si tout se passe bien et qu’elles n’ont pas d’imprévu sur la route. Expliqua-t-elle en étouffant un bâillement.

- Super, j’ai hâte de les revoir.

- Moi aussi.

Exténuée par cette journée, elle sentit ses paupières se fermer contre son gré mais un frisson parcourut son corps de la tête au pied en pensant au lit froid qui les attendait. Rick, étonné, sentit son tremblement. Il pensait que le jacuzzi avait fait autant de bien à leurs deux corps mais ce tressaillement l’inquiéta.

- Tu as encore froid ?

- Hmmm, non, je pensais juste au lit froid qui nous attend là-haut, et ça m’a fait frissonner.

- Oh d’accord. Alors je vais devoir me dévouer pour chauffer les draps.

- Mais en voilà une bonne idée monsieur Castle.

- Ok alors allé hop, aux plumes, de toute façon tu es en train de t’endormir là alors qu’on serait mieux au lit.

Dix minutes plus tard Rick servait de matelas et de bouillote  à sa belle qui était entièrement couchée sur lui.

- Voilà je pense que ta place est bonne chaude maintenant. Déclara-t-il en se décalant un peu et la faisant glisser à côté de lui. Mais la mienne est toute fraiche.

- Merci pour ton dévouement mon cœur. Chuchota-t-elle alors que le sommeil l’emmenait vers des contrées lointaines.

 

C’est le soleil baignant la chambre qui la tira de son sommeil. Péniblement elle ouvrit les yeux et se retourna pour tomber sur le visage encore endormi de son petit ami. Il était à plat ventre et enveloppait son oreiller de ses deux bras forts. Elle le contempla quelques minutes, lorsqu’il dormait, le monde pouvait s’écrouler, rien ne le perturbait, ni le bruit, ni la lumière du jour. À présent bien réveillée, elle décida de se lever mais le laissa dormir encore un peu. Elle enfila un t-shirt et un jogging puis descendit d’un étage ou son regard fût attiré par la plage déserte et la mer qui avait retrouvé son calme. Dehors sur la terrasse un petit vent faisait flotter sa crinière châtain, elle prit un grand bol d’air frais et un large sourire naquit sur ses lèvres. Elle retourna à l’intérieur et en ressortit à peine quelques minutes plus tard, elle avait chaussé ses basket, attaché ses cheveux en queue de cheval et s’était  équipé de son IPhone. Avec les écouteurs dans ses oreilles qui diffusaient une musique rythmée, elle fit quelques étirements avant de s’élancer d’un pas léger sur le sable encore un peu humide de la veille.

Sur le bord de mer les embruns salés venaient se déposer sur le visage de la détective. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas couru sur la plage qu’elle se laissa emporter par l’ivresse du moment et accéléra la cadence. L’esprit libéré elle aligna les kilomètres alors que le soleil réchauffait gentiment le sable et l’air.

Dans la chambre de la villa, un écrivain s’éveillait au son des vagues s’échouant sur le sable. Sa main tâtonna à la recherche d’un corps chaud mais ne trouva que des draps froids. Il ouvrit les yeux difficilement et se retourna pour voir ce que sa main avait découvert, rien. Il était seul dans ce grand lit et la place froide indiquait qu’elle était levée depuis un moment déjà. Il s’habilla et descendit  à la cuisine pensant  trouver sa dulcinée mais ses appels n’eurent aucune réponse. Son nez détecta une douce odeur de café, il s’en servit une tasse et trouva un mot sur le bar.

« Suis partie courir sur la plage. T’aime. K »

Il était plus de dix heures, alors il décida de préparer un brunch bien copieux pour le retour de sa belle. Il sélectionna une playlist, comme souvent quand il cuisinait, et se mit au travail en chantant et se déhanchant sur les musiques entrainantes. Une demi-heure plus tard, bacon, œufs brouillés, pancake, toast et jus de fruit ornaient les plans de travail de la cuisine, il enclenchait la machine à café alors qu’il entendit le glissement de la baie vitrée, annonçant l’arrivée de la sportive. Son sourire s’élargit lorsqu’il la vit entrer, toute luisante de sueur, les joues légèrement rosies par l’effort et ses cheveux indisciplinés qui avaient fui le nœud qui les retenaient en queue de cheval. Il la trouvait belle, envoutante et diablement sexy dans son t-shirt moulant et devenu légèrement transparent suite aux efforts fournis.

- Bonjour toi. Est-ce que ça va ? demanda-t-elle inquiète face à son mutisme.

- Heuu oui c’est juste que ….heu……toi, dans cette tenue……heuuuu……j’en perds mon latin…….

Elle s’avança vers lui d’un démarche féline, caressa sa joue  et l’embrassa tendrement. Les corps s’échauffaient dangereusement de ce jeu de séduction, alors avant de perdre tout contrôle, elle s’écarta de lui.

- Je suis toute dégoulinante de sueur, je vais prendre une douche pendant que tu finis de préparer ce magnifique brunch. Dit-elle en se perdant dans ses souvenirs, ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux de son partenaire.

- Ça va ? demanda-t-il un peu inquiet en voyant ses yeux devenir brillants.

- Oui, c’est juste des souvenirs qui refont surface. Allé je file à la douche.

- T’es sûr que t’as pas besoin d’un coup de main ?

- Sûr. Sinon on ne mangera jamais chaud.

Elle tourna les talons et grimpa les marches au pas de course. Une bonne douche revigorante lui fit un grand bien. Elle le retrouva à la cuisine à peine vingt minutes plus tard.

- Hé ben ça c’est du rapide. S’exclama-t-il en la voyant déjà de retour.

- Quand je n’ai personne pour me détourner de mes objectifs ça va vite. Rétorqua-t-elle suivi d’un clin d’œil aguicheur.

- Oh mais certaines fois tu es contente que quelqu’un te détourne de tes objectifs, non ?

- Oui c’est vrai, mais si on veut être prêt pour accueillir nos amies, vaudrait mieux ne pas trop se disperser.

- D’accords, alors viens manger. Proposa l’écrivain en lui désignant la chaise haute près du bar.

Côte à côte, ils dégustèrent les succulents mets qu’il avait mis du cœur à préparer pour sa dulcinée. Rick remarqua tout de même un éclat de tristesse dans le regard de Kate. Il pensait avoir eu une bonne idée avec ce brunch mais apparemment quelque chose clochait.

- Hey, ça va ? demanda-t-il en la poussant de l’épaule.

- HMM, oui, pourquoi ?

- Tu as l’air ailleurs, perdue …

- Excuse-moi, c’est que …..

Elle passa sa main dans ses cheveux cherchant les mots, elle voulait lui expliquer, mais elle le connaissait bien, elle avait peur qu’il culpabilise.

- Hey tu sais que je suis là, si quelque chose ne va pas tu peux me parler. La rassura-t-il en caressant doucement son bras.

- Oui je sais, Merci Rick, tu es un amour. C’est que, y a des souvenirs qui refont surface, et c’est le cas en ce moment. Ce brunch…..

Il sentait qu’elle allait se confier, se tourna face à elle prêt à s’abreuver de ses confidences. S’il était doué pour écrire, il excellait aussi dans l’art d’écouter, de comprendre, de compatir. Il prit sa main dans la sienne, elle perçut  cette caresse comme un encouragement et se lança :

- Lorsque j’étais petite, ma mère avait pris l’habitude de nous préparer un brunch pour le dimanche.  À cette époque j’étais une vrai marmotte, j’aimais faire la grasse matinée le weekend, alors elle me laissait dormir, profitait de ce moment en tête à tête avec mon père, et  nous partagions tous ensemble ce repas. Puis plus tard quand j’ai grandi, j’ai commencé à vouloir faire comme elle, je voulais l’aider alors elle m’a appris, bon au début ce n’était pas top mais au fil du temps je me suis améliorée avec son aide. C’est ensuite devenu une habitude, le dimanche nous préparions ensemble tous ces plats et j’adorais ces moments de complicité avec ma mère. Quelques fois pour les surprendre, je me levais avant eux et je le leur concoctais toute seule et……..

- Et ?

- Ces moments me manquent tellement.

Rick ému par cette confession la serra fort dans ses bras, elle cacha son visage dans son cou et serra aussi ses bras autour de cet homme qui savait si bien la rassurer.

- Je suis désolé.

- De quoi ? demanda-t-elle encore blottie contre lui.

- De te rappeler de mauvais souvenirs.

Voilà pourquoi elle appréhendait de se confier sur ce souvenir. Elle savait qu’il allait culpabiliser et s’en vouloir. Elle s’écarta de lui et  prit son visage entre ses mains.

-  Non je t’en prie ne le soit pas. Elle me manque c’est vrai mais ces souvenirs qui ressurgissent sont de très bons souvenirs alors merci.

- Merci ?

- Merci de me faire repenser aux bons moments que j’ai partagé avec mes parents.

Elle s’avança et posa ses lèvres sur les siennes pour clore ce chapitre souvenirs. Rick ne se fit pas prier et l’attira contre lui pour approfondir le baiser qui débuta tendre et doux mais qui dévia vite en baiser passionné, et alors que leurs mains baladeuses se joignaient à la danse, sur le bar, le portable de Kate bipa, ce qui le fit grogner de mécontentement.

 


caskett71  (23.09.2017 à 23:15)

CHAPITRE 29 : Retrouvailles

 

- Laisse, ce n’est qu’un message…… Protesta Rick contre ses lèvres.

- Justement, je pense que c’est Jane et Maura…

- Hmmm, d’accord…. Râla-t-il en desserrant son emprise sur le corps de sa belle.

Elle lui piqua un dernier baiser  et s’éloigna de son apollon.

- C’est Jane, elles ont embarqué sur le Cross Sound Ferry pour une heure et demie de traversée. Est-ce que tu lui as envoyé l’adresse ?

- Non, je vais le faire maintenant.

- Laisse, j’ai le téléphone en main, je vais le faire.

- Ok. Alors l’adresse exacte c’est  211 Dune Rd, Westhampton Beach, NY 11978.

Kate tapa l’adresse et envoya le message à Jane.

- Et après le ferry il y a encore une heure de route donc elles arriveront vers quatorze heures. Répondit-il en consultant sa montre.

- Alors ça nos laisse juste le temps de tout ranger et d’aller nettoyer la moto.

- Je peux ranger ici si tu préfères t’occuper de la moto ? proposa-t-il.

- Hmmmm, tu sais ce que je préfère ?

- Non ?

- Qu’on fasse tout ça ensemble.

- D’accord. Alors GO, on commence par la cuisine.

Rick remis en route sa playlist et c’est en musique qu’ils s’activèrent à l’intérieur. Ils s’occupèrent aussi des leurs habits qu’ils avaient négligemment abandonnés la veille dans l’entrée.

Kate sortit la moto du garage tandis que Rick arrivait avec un sceau d’eau savonneuse et deux éponges douces. Après quelques minutes de lavage appliqué, l’esprit enfantin de Rick refit surface. Il gicla sournoisement sa belle mais lorsqu’elle releva la tête, elle ne vit qu’un Rick sérieusement impliqué dans sa tâche. Au troisième arrosage, il ne put plus se retenir et éclatât  de rire. Kate avait bien comprit son manège et avait déjà préparé sa vengeance, elle avait à l’avance bien imprégné son éponge d’eau  et lorsque Rick  tourna la tête vers elle,  il se la prit en pleine face. Son doux rire moqueur et si agréable raisonna dans tout le quartier mais elle n’eut pas le temps de s’appesantir sur son sort car elle dû prendre ses jambes à son cou pour échapper à son poursuivant, elle se cacha derrière la voiture et le nargua  en le gardant à bonne distance.

Le calme revenu autour de la moto, il la contemplait, rutilante dans les rayons du soleil.

- Merci mon cœur, elle est vraiment magnifique.

- Je suis heureux qu’elle te plaise.

Le portable de Beckett émis un bip. Elle le sortit de sa poche arrière et vit apparaitre le nom de Jane, elle ouvrit le message, il s’agissait d’une photo.

- Hey regarde, elles ont fait un selfie devant le panneau « Aquebogue », tu sais où c’est ?

- Oui, elles vont bientôt arriver, c’est à environ une demi-heure d’ici. Précisa-t-il en l’enlaçant par derrière, posant sa tête sur son épaule.

- J’ai hâte de les voir.

- Moi aussi.

Ils laissèrent la moto sécher au soleil et rentrèrent préparer un petit en-cas pour les voyageuses. Elles avaient certainement mangé sur le ferry, mais connaissant les repas servis à bord, Rick se dit qu’elles apprécieraient un petit quelque chose à grignoter. Kate prépara une salade composée et Rick divers sandwich au pain de mie. Alors qu’ils dressaient la table sur la terrasse, un bruit de moteur résonna au loin, se rapprochant de la villa. Les amoureux se regardèrent et d’un seul élan, se précipitèrent en direction des parkings. Les nouvelles arrivantes eurent juste le temps d’enlever leurs casques qu’elles furent accueillies par deux tornades déchainées.

Kate se jeta dans les bras de Jane et Rick, de sa grande taille, fit décoller Maura du sol pour la faire tournoyer comme un brin de paille.

- Mon Dieu comme je suis contente de vous revoir. S’exclama la noiraude lorsque Kate eut desserré son étreinte.

- Nous aussi, nous étions si impatient. Répliqua l’écrivain en embrassant la détective alors que Kate étreignait la légiste de Boston.

- Comment  s’est passé le trajet ? demanda Kate.

- Oh, bien, la traversée sur le ferry a été un peu agitée mais autrement la route était belle et très  agréable en moto.

- Allez venez, rentrons et vous allez nous raconter tout ça.

Rick aida Jane à décrocher ses sacoches de la moto alors que Kate guidait déjà la légiste, elles furent vite rejointes par Rick et Jane. Il les mena jusqu’à leur chambre et leur proposa de se rafraichir avant de les retrouver sur la terrasse.

Bien que côtoyant Maura depuis un certain temps, Jane s’étonna de la simplicité de l’endroit où elles se trouvaient. Elle n’avait pas encore visité le reste de la maison mais elle constata que, même que l’écrivain était riche, rien d’extravagant ou de rutilant ne tapait à l’œil. La pièce était belle certes, d’une taille plus qu’honorable mais pas de fioritures superflues, rien d’excessif, elle se composait d’une chambre accueillante et d’une belle salle de bain privée avec douche italienne et baignoire extra large. Maura ouvrit la baie vitrée qui donnait accès à un joli balcon et respira à plein poumon l’air marin qui s’y engouffra. Rejointe par Jane, elles s’avancèrent et….plus un son, aucun mot ne pouvait décrire la vue qui s’offrait à leurs yeux. La verdure de la pelouse se perdait dans l’immensité de la plage, et la mer se confondait presque avec l’azur du ciel que les nuages avaient déserté.

- Wah, c’est ………

- Un rêve. Rajouta Jane.

- Tu as raison. J’en ai visité des endroits idylliques mais là, pour dire qu’on est à deux heures de New-York, c’est le paradis.

Revenues sur terre, elles saluèrent de la main leurs hôtes qui se trouvaient juste en dessous et rentrèrent se doucher. Jane eu la primeur de la première douche pendant que Maura vida les sacoches de tout leur contenu. Elle rangea leurs affaires dans le grand dressing et prépara des habits de rechange. Les filles échangèrent les places puis elles descendirent retrouver leurs amis sur la terrasse.

- Alors ça fait du bien ? demanda Rick mais connaissant déjà la réponse.

- Oh oui ! S’exclamèrent-elles en chœur. 

Kate arriva avec un plateau de victuaille et des boissons fraiches.

- Mais, il ne fallait pas, on a……

- Ta ta ta …..pas de non, je sais ce qu’ils servent sur le ferry alors je pense que ce petit encas est le bienvenu. Non ?

- Oui, c’est vrai que ce n’était pas top, même Jane à fait la grimace lorsqu’elle a vu le menu.

- Hey c’est pas vrai. !!!!

Devant le regard sérieux de Maura, Jane ne put continuer à la contredire et finit par confirmer ses dires en détaillant ce qui leur avait été servi à bord. Ils s’installèrent autour de la table et dégustèrent la belle salade de Kate et les savoureux sandwichs de Rick qui, tout compte fait, firent du bien aux estomacs.

- Alors, comment se porte la criminalité à Boston ? Demanda Kate

- Oh toujours aussi bien. D’ailleurs c’est pour ça que nous sommes en congé.

- Ha bon c’est aussi calme que ça ? Plaisanta l’écrivain.

- Non, nous venons de résoudre une enquête vieille de dix ans, un tueur en série qui agissait chaque années, la même semaine du mois de mai et ça a été assez ardu alors notre équipe a eu une semaine de repos forcé, sans moyen de discuter.

Devant la curiosité de Rick, la détective de Boston leur raconta cette enquête mais il se rendit compte qu’elle n’était certainement pas venue les voir pour parler du boulot, surtout après une telle affaire. Il la remercia pour les précisions et leur promit de ne plus parler boulot. Cela allait certainement être une résolution dure à tenir pour l’écrivain mais il essayerait de s’y tenir. Alors que Rick se levait pour débarrasser  la table, les filles voulurent l’aide mais il leur intima l’ordre de rester assises, il s’occupait de tout.

- T’en a de la chance Kate, c’est un homme en or que tu as là. Fit remarquer Jane.

- Oui je sais, et c’est pour ça que je m’accroche. J’ai mis du temps à m’en rendre compte mais maintenant je ne le laisserais partir pour rien au monde.

- Et vous êtes ici encore pour longtemps ? demanda la légiste.

- Encore une semaine et après retour aux choses sérieuses.  Répondit Kate au moment où Rick arrivait avec le dessert, les cafés, et un thé vert pour Maura qui n’était pas accroc à la caféine comme ses amis.

- Et c’est toi qui as préparé tout ça ? Demanda Jane, épatée par le don de cuisinier de son Hôte.

- Oui mais j’ai eu une aide précieuse.

Il accompagna sa remarque d’un clin d’œil vers sa compagne et lui embrassa la main qu’il tenait dans la sienne depuis qu’il était revenu à table.

- C’était vraiment délicieux, merci à vous deux de vous être donné tout ce mal.

- Mais ce n’était pas un mal, j’aime recevoir, être entouré d’ami alors je fais en sorte que cela se passe le mieux possible.

- Ben c’est réussi Rick. Merci.

- Bon on stop  avec les mercis, on est très heureux de vous avoir avec nous et on va en profiter pour s’amuser. Vous êtes ici chez moi mais tout ce qui est à moi est à vous pour la semaine qui vient. Compris les filles ? heuuu sauf ma petite amie hein, celle-là je la garde pour moi, je ne partage pas.

Les invitées éclatèrent de rire devant le regard sévère que lui lança Kate.

- Hey mais tu ne m’as pas demandé mon avis, peut-être que moi j’ai envie de………….

Elle ne put continuer et éclata de rire devant la mine déconfite de son petit ami qui n’avait pas de tout compris qu’elle plaisantait. Lorsqu’il retrouva un visage souriant elle précisa sa pensée :

- Peut-être que moi j’ai envie de te partager avec nos amies ici présentes….continua-t-elle hilare.

Et là c’est Maura et Jane qui s’interrogèrent du regard pour savoir si Kate plaisantait ou pas. Mais lorsqu’elles virent la détective devenir rouge à force de se retenir, tous les quatre éclatèrent d’un rire collectif.

- Ha mon Dieu, ça fait du bien de rire comme ça. S’exclama la légiste en reprenant son souffle.

À Boston elles avaient passées de durs moments à pourchasser jours et nuits ce tueur en série, dormant très peu, ne rentrant chez elles que de rares instants lorsqu’elles n’en pouvaient plus mais heureusement c’était fini et elles pouvaient enfin se détendre avec leurs amis, la piscine,  la plage, la mer et le soleil.

- Alors, que voulez-vous faire maintenant ? Vous préférez aller vous balader ou profiter de la piscine ou de la mer ?  Demanda Kate en se levant pour aider Rick à débarrasser la table.

Les jeunes femmes suivirent leurs amis à l’intérieur, observant au passage l’immense bibliothèque qui entourait le salon. Maura s’arrêta en chemin et prit un livre. Elle détailla le quatrième de couverture du premier tome des Nikki Hard.  Elle rejoint les autres à la cuisine, le livre toujours en main.

- Et toi Maura, qu’as-tu envie de faire ?

- Heu je ne sais pas, qu’avez-vous décidé ?

- Jane aimerait se détendre et profiter de la piscine aujourd’hui !

- Ça me convient tout à fait. D’ailleurs Rick, pourrais-je t’emprunter ce livre ? demanda la légiste en levant celui qu’elle avait en main.

Rick sourit en reconnaissant son livre et vit le visage de Kate rougir, elle repensait certainement à la page cent cinq et la scène qui se passait entre Rook et Nikki.  

- Bien sûr Maura. Mais que diriez-vous de visiter la maison avant de s’installer au bord de la piscine.

Toutes acquiescèrent et suivirent leur hôte pour un tour du propriétaire.

 

Une heure plus tard, tous les quatre étaient installés sur des transats au bord de l’eau. Jane se reposait à côté de  Maura qui lisait bien sûr son livre. Rick jouait  sur son Iphone, son regard étant souvent attiré par le corps envoutant de sa belle qui  lisait distraitement un magazine.

- Alors qu’y a-t-il eu de nouveau depuis la dernière fois qu’on s’est vu ? demanda Jane en se tournant face à ses amis.

Kate légèrement déstabilisée pas la soudaine question regarda Rick, le suppliant du regard de prendre la parole. Il vit l’inquiétude dans son regard à peine voilé par ses lunettes de soleil et comprit le message.

- Oh ben le train train habituel, j’ai continué à écrire, j’accompagnais Kate de temps en temps, la routine quoi. Et à Boston ?

Kate lui adressa un sourire crispé, il avait bien su combler son trouble et leurs amies n’avaient rien vu. Kate allait certainement leur parler de l’accident mais elle avait été prise au dépourvu et n’avait pas pu préparer sa réponse. Ne voulant pas leur cacher ce fait, elle allait penser à comment s’y prendre. Elle savait que si elle n’y parvenait pas, Rick allait l’aider à mettre les mots justes pour raconter leur mésaventure.

- Oh à Boston, toujours des méchants à attraper. Et…..on a enfin décidé d’aménager définitivement ensemble.

- Oh c’est super. Et alors vous habitez où ? demanda Kate, contente de la tournure que prenait  la discussion.

- On est resté chez Maura où vous êtes venus l’autre fois. C’est une belle maison et on s’y sent bien alors pourquoi changer ? Répondit Jane en s’asseyant à côté de sa blonde.

- C’est vrai que c’est une belle demeure et vous avez raison d’en profiter. Et comment  votre famille à prit la chose ? demanda timidement Kate.

- Oh bien, Ma adore Maura, elle la considère comme sa deuxième fille, d’ailleurs je suis presque jalouse de leur complicité certaines fois.

- Ha bon ? S’étonna la blonde. Je ne savais pas. Je suis désolée Jane, je….

Les lèvres de Jane coupèrent court le sujet en se posant tendrement sur celle de Maura qui lui rendit son baiser une fois l’effet de surprise passé.

- Je ne t’en veux pas Maura, j’adore te voir interagir avec ma mère, je sais qu’elle est un peu envahissante mais…… 

Cette fois c’est Maura qui interrompit la discussion de la même manière que Jane quelques secondes plus tôt ce qui fit sourire les amoureux qui assistaient à la scène.

- J’adore ta mère, elle est là pour moi, elle m’a accueilli à bras ouvert, comme tous les autres membres de ta famille d’ailleurs. Alors je préfère une mère envahissante comme Angela qu’absente comme Constance.

Maura se tourna vers leurs hôtes.

- Alors en résumé, tout se passe bien. Ils ont même tous été soulagé lorsqu’on leur a annoncée que nous étions en couple. Au final, tout le monde, la famille, les collègues,  savait les sentiments qu’on éprouvait l’une pour l’autre et qu’on allait finir par se mettre ensemble, sauf nous. Apparemment cela se voyait à des kilomètres à la ronde mais nous, il nous a fallu du temps pour qu’on s’en rende compte. Mais lorsque Jane a été gravement blessée et que j’ai cru la perdre, là j’ai compris.

Émue par cette aveu, Jane passa son bras sur les épaules de la légiste est l’embrassa sur la tempe.

- On est très content que ça se soit bien passé pour vous. Et ça me rappelle vaguement notre histoire. Expliqua Rick en serrant sa petite amie contre lui.

- Ah bon, vous aussi. S’étonna la blonde. Pour tant à vous voir ensemble on a l’impression que vous avez toujours été en couple, vous êtes tellement fusionnel, s’en est presque intimidant.

-  Oh, à ce point-là ? Questionna Kate.

- Oui, on avait déjà remarqué ça à Boston lorsque vous nous aviez aidés à retrouver Maura. Vous n’aviez pas besoin de parler, vous vous compreniez sans un mot…

- C’est aussi ce que nous ont fait remarquer nos collègues, mais ça se fait naturellement, on ne force pas, on est, comment dire, connectés, voilà c’est le mot, on est connecté et même sans wifi. Rigola l’écrivain.

- Et ce même avant d’être ensemble. Précisa la détective. On finissait les phrases de l’autre, on pensait aux mêmes détails sans être dans la même pièce. Mais malgré tout on a toujours eu énormément de difficultés à communiquer sur nos sentiments, on a joué au jeu du chat et de la souris pendant quatre ans avant que j’ouvre enfin les yeux, et que je comprenne que ce que je cherchais depuis des années se trouvait juste sous mes yeux. Dit-elle en embrassant son homme.

- Ça valait le coup d’attendre Kate. Peut-être que tout aurait été différent si on avait sauté le pas plus tôt, comme à Los Angeles. On ne serait peut-être plus ensemble parce qu’on n’aurait pas eu le temps de se connaitre vraiment, de se comprendre.

Maura avait posé la tête sur l’épaule de la noiraude et le couple de Boston assistait attendrit à cette scène. Ils en découvraient un peu plus sur eux et se trouvaient de plus en plus de points communs. Ils étaient vraiment fait pour se rencontrer et étaient heureux de les avoir comme amis.

Après ces quelques révélations, Rick voulut détendre un peu l’atmosphère et changer de sujet. Sentant que son corps avait besoin d’être rafraichit il demanda en s’approchant du bord.

- Bon qui a envie de piquer une tête ?

- Moi ! affirma Jane en se levant et en le rejoignant au bord de la piscine.

Elle s’assit et trempa ses longues jambes dans l’eau dont la température était plus qu’agréable. Rick l’imita et ensemble ils se lancèrent au jus, éclaboussant quelque peu les deux jeunes femmes encore assise sur leur transat. Les nageurs se défièrent sur un aller-retour pendant que les deux jeunes femmes restées hors de l’eau encourageaient leur conjoint respectif. La bataille fût serrée et Rick gagna de justesse, il n’aurait pas fallu quelques mètres de plus sinon Jane l’aurait battue.

Maura et Kate les rejoignirent à l’eau et ils s’amusèrent comme des enfants, bataille d’eau, jeu de chat, quelques parties de volleyball et l’après-midi passa très vite. Fatigués par leur joutes, ils s’affalèrent tous les quatre sur leur transat pour quelques minutes de repos.

 


caskett71  (26.09.2017 à 20:34)

CHAPITRE 30 : Balade

 

Rick chuchota quelques mots à l’oreille de Kate et après son assentiment se leva et entra dans la villa. Il en ressortit quelques minutes plus tard avec un plateau bien garni.

- Hmmm mais en voilà une bonne idée Rick.  Jubila Maura devant la diversité des fruits que leur proposait l’écrivain.

Il avait préparé une limonade citron vert menthe fraiche et avait paré des fruits. Il y avait de l’ananas, de la mangue, des oranges, du kiwi, des pêches et des bananes. Rick posa le plateau sur la table et fût vite rejoint par les jeunes femmes. Il leur présenta des  petits piques en bois qui leur  permettaient de se servir aisément puis remplit les verres. Ils trinquèrent à cette semaine de vacances qui commença bien, avec le beau temps revenu. Ils profitèrent de la fin de journée au calme  sur la terrasse tout en parlant de la vie, de la famille et de leurs amis que les newyorkais aimeraient bien leur présenter. Surtout Lanie qui connaissait de nom le docteur Isles, une des meilleure médecin légiste de la côte est.

Alors que les bostoniennes avaient enfin pu convaincre Rick de les laisser les aider à préparer le repas, tout ce petit monde s’affairait autour de l’ilot central de l’immense cuisine. Couper, hacher, cuire, les mouvements s’enchainaient à la perfection. Pendant que le repas mijotait gentiment, Rick leur proposa un apéro qu’ils partagèrent sur la terrasse.

- Après le repas ça vous dirait une petite balade sur la plage ? demanda Kate.

- Oui ! répondirent Jane et Maura, qui n’avaient pas encore visité les environs.

- Super. Mais d’abord à table, le temps que je sorte le plat du four et c’est prêt. S’exclama Rick.

Les filles dressèrent la table sur la terrasse pendant que leur hôte arrivait avec le plat et une bonne bouteille de vin rouge français. Kate le suivait avec  la salade. Tous passèrent à table et dégustèrent le délicieux repas qu’ils avaient préparé ensemble.

Sur la plage, deux couples se baladaient tendrement enlacés. Pieds nus, ils marchaient dans les petites vagues qui venaient s’échouer sur le sable encore chaud de cette journée d’été. Le calme, le silence tout juste troublé par le bruissement de l’eau. Le jour déclinait, l’océan devenait orange par le soleil  qui reflétait ses derniers rayons comme pour se raccrocher  désespérément à ce jour qui fuyait inexorablement. Les deux jeunes femmes s’arrêtèrent face à la mer pour contempler ce spectacle de lumière. Jane enlaça sa petite amie par derrière et  posa la tête sur son épaule, humant son parfum si envoutant. La blonde lui prit la main et l’incita à s’assoir, elle se positionna entre ses jambes et croisa ses mains sur son ventre. Elles furent rapidement rejointes par Kate et Rick qui adoptèrent la même position. Kate se laissa aller contre le torse de son écrivain et cala sa tête contre son  menton. Rick, le nez dans les cheveux bruns de sa belle se laissa enivrer par cette senteur qu’il reconnaitrait entre mille. Il se souvint de la première fois qu’il avait senti ce parfum. Kate était assise en salle de travail et il se tenait penché derrière elle. Lorsqu’elle tourna son visage vers lui, les effluves fruités éveillèrent son odorat. « Vous sentez la cerise » avait-il simplement dit le visage si proche du sien. Il ne sait pas ce qui se serait passé si Ryan ne les avait pas dérangés à ce moment-là mais il se souvient comme si c’était hier du trouble qu’il avait ressenti dans tout son être.

- Tu rêves ? demanda-t-elle en déposant un tendre baiser sur ses lèvres.

- Hmmm, oui, cet effluve de cerise m’a toujours fait tourner la tête.

- Ah tu n’aimes pas ? demanda-t-elle étonnée.

- Oh si j’aime mais je me revois il y a quelques années, dans cette salle, quand je l’ai senti pour la première fois.

- Hmmm, la fois où Kevin est arrivé !!

- Tu t’en souviens aussi.

-Oh oui.

En effet elle s’en souvenait aussi, surtout du visage de Rick proche du sien, si proche. Elle se souvient surtout  avoir été attirée par ses lèvres si tentantes mais voilà, Ryan était arrivé.

À côté d’eux, Jane parsemait de baisers le cou de sa petite amie, la faisant frissonner. La blonde tourna son visage et captura amoureusement les lèvres de Jane. Elles s’écartèrent avant de s’enflammer et de perdre le contrôle se leurs corps.

Le soleil avait disparu à l’horizon, il ne restait que quelques lueurs orangées qui déclinaient sur les collines environnantes  mais cela ne dura pas. L’astre du jour avait tiré sa révérence, pour quelques heures seulement.

Au loin de la musique résonnait. Sur la plage un bar faisait les prolongations et s’était mué en discothèque. Un brouhaha de rire et de chansons arrivèrent aux oreilles de nos amis encore tendrement enlacé sur le sable.

- Ça vous dit de boire un verre là-bas ? Demanda Jane pas trop décidée à rentrer à la villa tellement la température était agréable.

- OK pour nous ! Affirma Kate après avoir consulté son petit ami.

- Génial alors en route petite troupe. S’exclama la noiraude en aidant Maura à se lever.

Tout en marchant vers la cantine ils s’époussetaient pour se débarrasser des derniers grains de sables qui collaient à leurs habits.

Ils trouvèrent une table ronde dans un coin de la terrasse et s’y installèrent. À l’opposé, un DJ balançait des rythmes soutenu  ce qui permettait aux danseurs de s’exprimer sur la piste de danse.

Le serveur prit la commande et revint quelques minutes plus tard avec un plateau chargé de cocktail et de bière. Maura insista pour offrir la première tournée, ils trinquèrent à leur amitié, qu’elle dure longtemps. Une chanson  attira l’attention de Rick, il se leva, fit quelques pas de danse puis tendit sa main à sa partenaire.

- Me feriez-vous l’honneur d’une danse ?

Kate sourit devant sa révérence et ne tarda pas à lui prendre la main et le suivre sur la piste ou d’autres personnes se déhanchaient déjà au son de « I really Like you » de Carly Rae Jepsen. Il faisait tournoyer sa petite amie avec aisance, comme s’ils faisaient ça ensemble depuis des années. Rick regarda les deux jeunes femmes restées assise et leur fit signe de les rejoindre sur la piste. Jane glissa quelques mots à l’oreille de la légiste et ensemble elles se levèrent pour aussi aller se trémousser. Après tout elles étaient en vacances, c’était le moment de se laisser aller et de tout oublier. La musique changea et « Don’t Be SO Shy » d’Imany  rythma leurs pas.

Rick avait vu des gens s’approcher du Dj et discuter avec lui, il avait deviné qu’il pouvait demander certain morceaux. Au même moment le DJ annonça qu’il était à l’écoute des gens et qu’on pouvait lui demander nos morceaux préférés. Alors au moment où « Happy » de Pharrell Williams débuta, il entraina sa partenaire avec lui et s’approcha du musicien, délaissant la main de  Kate quelques secondes, il glissa quelques mots à l’oreille du DJ qui acquiesça de la tête et lui fit signe, cinq minutes. Rick sourit et ils retrouvèrent leurs amis plus loin. Kate ne chercha pas à savoir ce qu’il avait demandé, elle allait patienter cinq minutes mais elle savait que Rick avait très bon gout pour la musique, et pour plein d’autre chose aussi. Tous les quatre avaient formé un petit cercle et dansaient en solo, se croisant, se contournant de temps en temps, ils avaient mis de côté leur travail et profitaient pleinement de leurs vacances. Le Dj annonça le début des rythmes lents, les couples se formèrent, Jane embrassa Maura et passa ses bras autour de sa taille alors que la blonde posait la tête au creux de  son épaule.  Kate n’avait pas attendu le début de la musique et avait déjà pris place dans les bras de son petit ami. Elle se laissa bercer par le tempo lent des accords mélodieux. Rick serra sa partenaire encore plus et fourra son nez dans ses cheveux ébouriffés par les danses précédentes. Le DJ jeta un œil à l’homme qui lui avait demandé un certain titre et lança l’annonce.

- Et voilà une dédicace spéciale pour Kate.

La concernée releva la tête et d’un baiser remercia son écrivain lorsqu’elle reconnut la chanson. « In my Veins » d’Andrew Bell.  Elle se blotti contre lui et se laissa imprégner par les paroles. Ça leur ressemblait tellement, à croire qu’elle avait été écrite pour eux.

- J’adore cette chanson. Souffla-t-elle à son oreille.

- Moi aussi. Je trouve qu’elle…

- …..nous ressemble.  Conclut-elle souriante.

- Oui, alors on devrait en faire notre chanson.

- D’accord, ça sera notre chanson.

À la fin des slows, les deux couples allèrent se rassoir et finirent leurs verres.

- Mon Dieu qu’on est bien ici. Soupira Maura.

Elle n’était pas habituée à prendre des vacances, se plongeant à corps perdu dans son job qui la passionnait mais il fallait bien reconnaitre que de temps en temps, se laisser aller au dépaysement était très agréable, surtout lorsqu’on était en si bonne compagnie.

- C’est vrai, ça fait du bien ! confirma Jane en tentant de cacher son bâillement.

- Oh mais je crois que quelqu’un est fatigué. Remarqua Rick en souriant. On va rentrer mais on pourra revenir un autre soir si ça vous dit.

- T’es sûr qu’il y a tous les soirs la musique ?

- Oui regarde, le panneau à l’entrée annonce Dj Antho tous les soirs de début juin à fin septembre.

- Super, alors on reviendra, j’adore danser, et dans ce cadre c’est juste magnifique ! s’exclama Maura en saisissant Jane par la main pour  prendre le chemin du retour.

Bras dessus bras dessous, les deux couples marchaient côte à côte silencieusement.

- Et demain qu’avez-vous envie de faire ? demanda Rick au bout d’un moment.

- Oh, je pense qu’il y a de jolies balades en moto à faire dans le coin ?  Questionna Jane.

- Oh oui, on pourrait aller jusqu’à Coram, j’ai vu une affiche en venant l’autre jour, il y a un marché et une foire.  Proposa Kate.

Tous acceptèrent cette proposition alors ils programmèrent le départ pour dix heures pour profiter de faire la grasse matinée.

Arrivés à la villa, tous se souhaitèrent bonne nuit et regagnèrent leur chambre respective.

Dans la chambre des filles, Jane était déjà couchée, sur le dos, elle appréciait la pièce finement décorée dans les tons orange et beige. Maura sortit de la salle de bain et admira sa belle détective perdue dans la contemplation de la chambre puis vint se glisser sous les draps, se calant confortablement contre l’italienne.

- Cet endroit est  vraiment magnifique. Calme, reposant. Constata Maura.

- Hmmm oui. C’est super que Rick nous ai invité pour la semaine. Acquiesça Jane dans un bâillement.

- Alors maintenant on va dormir pour être en forme demain. Bonne nuit mon cœur.

- Bonne nuit chérie.

Jane tendit le bras et éteignit la lampe de chevet. Elles plongèrent rapidement dans les limbes d’une nuit qui clôturait ce premier jour de vacances.

Quelques cloisons plus loin, c’est Kate qui s’était proposée pour chauffer les draps alors que Rick occupait la salle de bain. Son homme sortit et sauta sur le lit faisant crier de surprise la belle brune. 

- Tu es fou !

- Oh oui, fou de toi. S’exclama-t-il avant de l’embrasser fougueusement jusqu’à perde haleine.

Lorsqu’ils reprirent leur souffle, Kate prit son visage entre ses mains et retrouva son air sérieux.

- Merci ! Pour tout à l’heure au bord de la piscine. Précisa-t-elle devant son incompréhension.

- Oh ça ! Ce n’est rien. Mais pourquoi tu  n’as pas voulu leur dire ?

- C’est pas que je ne veux pas c’est juste que j’ai été surprise. Mais si l’occasion se représente on leur en parlera, ensemble.

- D’accord. Mais maintenant il est l’heure de dormir si on veut être en forme demain, ou devrais-je dire tout à l’heure. Dit-il en constatant qu’il était déjà une heure du matin.

- Bonne nuit mon cœur. Et merci pour cette belle soirée, je me suis bien amusée et apparemment Jane et Maura aussi.

- C’est vrai que c’était sympa.

Il éteignit la lumière et tout comme dans  la chambre voisine, ils se laissèrent bercer par les battements de l’autre pour s’endormir.

Du bruit le tira de son sommeil, il tendit l’oreille et reconnu le tintement de poêles ou casseroles. Quelqu’un à la cuisine s’affairait, certainement Kate pensa-t-il en se retournant pour tomber nez à nez avec le visage souriant de sa petite amie. Réalisant que si elle était dans son lit ce ne pouvait pas être elle qui s’activait à la cuisine, il se redressa subitement sur le lit.

- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Kate surprise par son saut.

- Il y a quelqu’un dans la cuisine ! répondit Rick inquiet.

- C’est Maura et Jane, surement qu’elles préparent le petit déjeuner.

- Mais non, je leur ai dit que je m’occupais de tout.

Il allait se lever lorsqu’une main douce et chaude se posa sur son bras et l’incita à se recoucher. Il résista un peu, au début, puis se laissa emporter sur le matelas.

- Laisse-les, elles veulent se rendre utile.

- Mais…

- Pas de mais…. Elles vont passer une semaine ici avec nous et si elles sont comme moi, elles ne pourront pas rester sans rien faire.

Rick allait rétorquer qu’il voulait prendre soin d’elles durant cette semaine mais la détective ne lui laissa pas placer un mot.

- Rick, je sais que tu veux t’occuper de tout, de nous choyer mais c’est gênant lorsqu’on est invitée de ne rien pouvoir faire. Tu te souviens lorsque nous étions à la cabane de mon père au bord du lac, tu m’as aidé à cuisiner, à ranger, tu ne pouvais pas rester sans rien faire, ben je pense que pour Jane et Maura c’est pareil. Tu comprends ?

- Hmmmm, OK. Mais on ne va pas exagérer, on va aller les rejoindre maintenant ?

- D’accord, vas-y. Moi je file à la douche.

- Et moi je descends voir si elles ont tout trouvé.

Kate partit à la salle de bain alors que Rick enfilait un short et un t-shirt pour aller retrouver leurs amies à la cuisine.

Lorsqu’il descendit l’escalier, l’odeur de café qui flattait son odorat le rassura. Au moins elles avaient trouvé le café… il sourit et apprécia la vue qui s’offrait devant lui. Les deux jeunes femmes bougeaient aisément dans sa cuisine, se croisant de près, de très près, dégustant les préparations que l’autre lui présentait, avec un petit baiser en remerciement.

Maura en se tournant vit Rick qui les observait, appuyé à l’encadrement de la porte. Elle lui rendit timidement son sourire mais il s’agrandit lorsqu’il s’approcha d’elles. Jane voyant sa petite amie immobile regarda dans la même direction et à son tour vit l’écrivain tout souriant.

- Oh bonjour Rick, j’espère qu’on ne t’a pas réveillé ? demanda la noiraude.

- Si, mais c’était un réveille très agréable, et cette bonne odeur de café….hmmmm. dit-il en lorgnant du côté de la cafetière.

Maura lui servit une tasse qu’elle posa sur le bar avant de s’occuper des pancake qui doraient gentiment dans la poêle.

- Vous n’auriez pas dû vous donner tout ce mal. Dit l’écrivain.

- Ça nous fait plaisir Rick. Tu nous accueil une semaine sous ton toit alors c’est la moindre des choses.

- Bon alors si vous vous mettez toutes contre moi j’abdique. Capitula Rick, levant les bras au ciel en signe de reddition.

Maura et Jane se regardèrent, ne comprenant pas pourquoi il disait ça, Rick en voyant leur tête précisa :

- Kate m’a dit exactement la même chose ce matin. Que comme vous êtes invitées vous alliez vouloir vous rendre utile, alors je me range du côté de la majorité. Mais si vous avez besoin de quoi que ce soit vous me dites.

- OK ! Acceptèrent les deux jeunes femmes en l’embrassant simultanément sur la joue, pile au moment où Kate faisait son apparition dans la cuisine.

- Oh ben je vois qu’on ne s’ennuie pas par ici.

Tous les trois se retournèrent, voyant Kate les bras croisés sur sa poitrine, toisant ces trois personnes le regard sévère. Pris en flagrant délit, les trois amis dévisagèrent Kate, ne sachant pas si vraiment elle avait pris mal cette marque d’amitié ou si elle les taquinait, mais lorsque la newyorkaise éclata de rire, tout la maison résonna de cri, de nom d’oiseau exotique et de rire.

Tout ce petit monde dégusta le copieux petit-déjeuner qu’avait préparé Maura, un peu aidée par Jane puis ils montèrent tous s’équiper pour leur journée de balade à la foire.

Le timing était parfait, ils se retrouvèrent tous dans l’entrée et Jane sourit à la similitude des équipements qu’ils avaient revêtus. Jeans bleu foncé pour tout le monde, avec t-shirt orange pour les filles de Bostonne et Bleu ciel pour les New-yorkais. 

- Bon  je vais déjà faire tourner le moteur ! s’exclama la noiraude en sortant accompagnée de Maura.

- Ok, je ferme tout et je suis à vous. Répondit le seul homme de l’équipe.

- Rick, je vais déjà la mettre en marche.

Kate sortit sans attendre de réponse de son petit ami. Elle contourna la villa et sortit la moto du garage, la parquant à côté de celle de Jane. Elles firent vrombir leurs engins en même temps ce qui les fit sourire toutes les trois. Rick apparut enfin devant elles, presque complètement équipé. Jane prit place sur sa moto, tout de suite rejointe par Maura qui s’agrippa à elle comme ……………comme une jeune amoureuse…..

- Tu veux conduire ? demanda Rick.

- Non vas-y vu que tu sais où c’est et je conduirais au retour.

- Ok, alors en route. Jane, je passe devant, on va prendre des routes pas trop fréquentées, on en a à peu près pour quarante-cinq minutes. Si y a quoi que ce soit tu me fais signe.

- Ok ça roule. Acquiesça Jane.

Ils se mirent en chemin, empruntèrent un bout de route qu’avaient pris la veille Jane et Maura pour les rejoindre puis Rick bifurqua à gauche sur une route nationale. La vitesse était limitée à quatre-vingt Km/h et comme la circulation était vraiment aisée, ils purent profiter des paysages variés tout le long de la route mais en restant toujours très concentré sur les petits pièges du bitume qui pouvaient vite faire de cette belle journée un cauchemar.  

Vers les dix heures trente, à l’approche de Medford, Rick tourna à droite sur Mill Road, qu’il longea quelques minutes avant de ralentir. Des voitures arrêtées sur la route patientaient qu’on leur indique où se parquer. Les deux motos s’immobilisèrent à leur suite alors qu’un homme en gilet de sécurité orange fluo leurs faisait signe d’aller sur la droite. Ils tournèrent la tête pour voir un panneau indiquant un parking réservé aux deux roues, ce qui leur facilitera la tâche. Ils s’y dirigèrent et une fois leurs passagères descendue, un après l’autre, ils reculèrent leurs motos contre la barrière de sécurité qui entourait la zone de la foire.

- C’est un endroit vraiment magnifique ! S’extasia Maura devant les champs verdoyants qui s’étendaient devant leurs yeux.

- Hmmm, c’est reposant. Confirma Jane en attachant les casques à son cadenas.

- C’est clair que ça change de la ville alors qu’elle n’est qu’à deux heures d’ici. Mais j’adore venir ici, chaque année je viens à cette foire, les gens sont sympa, accueillants, et on rigole bien.

- Je ne savais pas que tu aimais ce genre de fêtes ? S’étonna sa petite amie.

- J’ai aussi quelques petits secrets, mais tu auras tout le temps de les découvrir. La taquina-t-il en entourant ses épaules et l’entrainant vers l’entrée.

Les quatre bikers s’arrêtèrent sous l’immense banderole signalant l’entrée de la foire. Ils contemplèrent l’étendue de celle-ci tout en imaginant que depuis ou ils se trouvaient ils  ne voyaient pas tout.

- Alors les filles, prêtes à vous amuser ?


caskett71  (30.09.2017 à 00:07)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends &amp; Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Aujourd'hui à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Aujourd'hui à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages