HypnoFanfics

Course contre la mort

Série : Castle
Création : 25.12.2017 à 09h23
Auteur : jogeo1 
Statut : Abandonnée

« 5 années se sont passées depuis la tentative de meurtre de Caleb Brown. Kate et Rick se sont retirés dans le New Jersey, où ils coulent des jours heureux avec leur fille de 4 ans.  » jogeo1 

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CHAPITRE 11 :

 

Il régnait dans la pièce, un mélange d'impatience et d'ennui presque palpable. Cette réunion était redondante pour les huit enquêteurs affectés à cette affaire qui la connaissaient en détail. Si Esposito, les avait tous réuni c'était avant tout pour remonter le moral de ses troupes. Il s'inquiétait du sentiment grandissant de lassitude parmi les membres de l'équipe et voulait leur faire passer un message : on est tous ensemble dans cette galère, on va y arriver, ne vous laissez pas décourager. On forme une famille, on se sert les coudes.

Après avoir énuméré un par un et analysé chaque meurtre de nouveau, Javier laissa la parole à Kate. Elle lui avait dit en arrivant qu'elle avait peut être une nouvelle piste et il était impatient de la connaître.

Elle se dirigea vers le murder board et sous la photo de la dernière victime, elle afficha la photo agrandit du tatouage qu'elle et Rick avaient découverts.

  • Il semblerait que le tueur nous ait laissé un indice. Il a gravé dans la chair de la dernière victime ce cœur et deux initiales. Nous avons de bonnes raisons de penser qu'il y a celle de notre victime, Dorian Kupert, et celle de notre assassin.

  • Chouette, on a plus qu'à arrêter tous les types dont le prénom commence par un E, ça réduit drôlement le champ de recherche. Lança sarcastiquement Adamson.

  • Vous êtes ? Demanda Kate légèrement agacée par le ton que cet inspecteur venait d'employer.

  • Lientenant Adamson, madame.

  • Je sais que c'est maigre lieutenant Adamson, mais si vous avez une meilleure piste, je vous en prie, nous sommes toutes ouïes.

  • Non.

  • Bien. Il se pourrait que les victimes aient entretenues une relation avec le tueur, si c'est le cas quelqu'un dans leur entourage en aura peut être entendu parlé.

  • Alors voilà comment nous allons procéder. Fit Esposito, reprenant la parole. Chaque équipe reprend un meurtre, mais pas l'équipe d'origine. Je veux que vous retraciez tous les déplacements des victimes dans les jours qui ont précédés les meurtres. Si elles ont rencontrées de nouvelles personnes nous devons le savoir.

  • Vous pensez vraiment que le tueur connaissait intimement les victimes ? Demanda Ryan intrigué par cette nouvelle théorie.

  • C'est une possibilité. Qu'est ce qui te dérange ? Demanda Kate qui voyait bien qu'il était septique comme le reste de l'assistance.

  • C'est juste qu'il tue aussi bien des hommes que des femmes. Il serait bisexuel selon toi ?

  • Pas nécessairement. Quand je parle de relation intime, je ne parle pas forcément de relation sur le plan physique. N'oublions pas qu'aucune des victimes n'a subit d'agression sexuelle. Rappel toi de l'affaire Jessica Margolis. Sa colocataire et meilleure amie l'a assassinée car elle ne supportait pas qu'elle emménage avec son fiancé. Une relation d'amitié peut être tout aussi destructrice si l'un des protagonistes est possessif et qu'il a besoin d'exercer un contrôle absolu.

Sur ces derniers mots, Esposito réaffecta chaque inspecteur sur l'un des meurtres et envoya tout le monde à la recherche de ce mystérieux « E ».

  • Ils m'ont tous prise pour une folle ?

  • Ne dis pas n'importe quoi. Ça fais des mois qu'on brasse du vent, tu viens de leur donner une nouvelle piste à explorer, tu les as remotivé. C'est du bon boulot.

Esposito la gratifia d'une tape amicale dans le dos et rejoignit son bureau pour informer Gates des derniers événements.

  • Capitaine Beckett ! L'interpella alors Adamson. Je tenais à m'excuser pour tout à l'heure, j'essayais juste de faire un peu d'humour histoire de détendre l'atmosphère, vous voyez ?

  • Vous êtes le petit rigolo de service en somme.

  • C'est un peu ça. Écoutez, je me suis un peu renseigné sur vous et je tenais à vous dire que je suis très impressionné par vos états de service et que c'est un honneur de travailler avec vous.

  • C'est gentil.

  • Je me disait qu'un de ces soirs après le boulot, on pourrait aller boire un verre tout les deux histoire de faire un peu plus connaissance, et plus si affinité, si vous voyez ce que je veux dire ?

Malheureusement elle voyait très bien.

  • Écoutez lieutenant Adamson...

  • Je vous en prie, appelez moi Paul.

  • Paul. Je suis sûre que vous êtes quelqu'un de bien et je suis flattée mais je suis mariée.

  • Et alors, moi aussi. Ça n'empêche pas de s'amuser de temps en temps entre adultes consentants. Je vous assure que ça ne me dérange pas.

  • Et bien moi ça me dérange. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai du travail et vous aussi il me semble. Oh et au fait ne m'appelez plus capitaine Beckett, c'est Mme Castle.

  • Excusez moi. Les interrompit Evy, qui sans le savoir venait de sauver les fesses de son collègue. Mme Kupert est arrivée, je l'ai installée dans la salle de pause.

  • Merci Evy. J'y vais.

Alors que Kate s'éloignait, Adamson ne put s'empêcher de la reluquer.

  • Elle est folle de moi.

  • Sans blague. C'est marrant parce que d'où j'étais j'avais plutôt l'impression qu'elle voulait t'en coller une.

  • C'est juste une façade, je te parie 50 dollars que je me la fais avant la fin de la semaine.

  • Tu es vraiment répugnant mais j'ai besoin de fric alors je tiens le pari.

 

 

Kate se stoppa net devant la porte. Là devant elle se trouvait une femme ravagée par le chagrin d'avoir perdu son enfant unique. Elle ne pouvait qu'imaginer la souffrance que cette pauvre femme était en train d'endurer. Elle respira un grand coup avant d'entrer dans la pièce, sachant la dure épreuve qui l'attendait. Elle avait toujours eu une sorte de don dans ce genre de situation, certainement parce qu'elle avait été un jour à la place des familles des victimes mais cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas eu à faire à une personne endeuillée, qu'elle avait le trac.

  • Madame Kupert ? Fit elle en pénétrant à l'intérieur. Bonjour, je m'appelle Kate, je travail avec la police sur le meurtre de votre fils.

  • Vous êtes certaine qu'il s'agit de Dorian ? Vous en êtes absolument sûres ?

Kate aurait tellement aimer lui dire qu'ils s'étaient trompé.

  • Oui, malheureusement nous en sommes sûr. Je compati à votre perte, sincèrement.

  • Perte ? C'est un si petit mot n'est ce pas ? La plupart des choses que l'on perd peuvent être remplacées. Comme une carte de crédit ou une boucle d'oreille. On s'en procure simplement une autre. Mais...

Elle se balançait d'avant en arrière, doucement, très doucement, tandis que les larmes lui embuaient le regard.

  • Vous avez des enfants ?

  • Une fille et une belle fille que j'aime comme la mienne.

  • On voudrait pouvoir toujours les protéger, même quand ils sont grands. On voudrait faire en sorte que rien de mal ne puisse leur arriver.

  • C'est vrai.

  • Je le savais, je le savais, je le savais. Quand il ne m'a pas appelé mardi soir...il m'appelait tous les mardi sans faute, jamais il n'avait loupé un appel. Mais j'ai pensé : non, c'est seulement... n'importe quoi d'autre. N'importe quoi. Il a enfin rencontré quelqu'un, il est simplement sorti avec des amis, c'est de son âge. J'étais tellement accaparée par mon travail que j'ai laissé tombé. Mais, le lendemain, il ne répondait pas au téléphone alors que je l'avais supplié de me dire qu'il allait bien. Jamais il ne m'aurait volontairement causé du souci. Si seulement j'avais prévenue la police. Si seulement...

  • Madame Kupert...

  • Est-ce que ça aurait fait une différence ? Si j'avais signalé sa disparition ?

Kate se pencha vers elle, puis lui prit la main avec douceur.

  • Non. Vous n'avez pas à vous en vouloir. Ce n'était pas votre faute.

Elle ferma les yeux et deux larmes roulèrent sur ses joues.

  • Est ce que vous voulez que j'aille vous chercher un verre d'eau ?

  • Non, je vous remercie. J'ai juste besoin de quelques instants pour me reprendre.

  • Prenez tout votre temps.

  • Où est ce qu'il est ? Demanda t-elle après quelques minutes. J'ai besoin de voir mon fils.

  • Je ferais en sorte que vous puissiez le voir madame.

  • Je ne vais pas m'effondrer. Ce sera pour plus tard. Je ne vais pas m'effondrer. Répéta-t-elle.

Cependant sa voix tremblait et des larmes lui coulaient sur le visage.

  • Dites moi ce qui est arrivé, dites moi ce qui est arrivé à mon fils.

  • Madame Kupert, y a t-il quelqu'un que je puisse contacter pour venir vous soutenir ?

  • Je n'ai besoin de personne, j'ai juste besoin de savoir.

Kate planta son regard dans celui de la femme.

  • Ce que j'ai à vous dire est dur. Très dur. Vous êtes sûr ? Vous ne devriez pas traverser cette épreuve toute seule.

Une nouvelle larme coula. Elle prit une inspiration tremblotante et secoua la tête.

  • Je ne vais pas m'effondrer, répéta la pauvre femme. Je suis forte. J'ai élevé Dorian toute seule après la mort de son père. Dorian n'avait que six ans. Je l'ai élevé seule et je me suis construite une carrière. Je suis forte. Dites moi.

  • Très bien. Son corps a été retrouvé sur Mechanics Alley. Connaissez-vous ce quartier ?

  • Je ne sais pas trop.

  • C'est dans le centre ville. Lower East Side. Voyez-vous une raison pour laquelle il se serait trouvé là bas ?

  • Non. Il a des amis dans le centre-ville. Dans le village, à Tribeca et Soho. Je veux savoir comment il est mort.

  • Le médecin légiste l'établira.

  • Vous le savez non ? C'est votre métier. Vous savez ce qui lui est arrivé. Je suis sa mère, j'ai besoin de savoir.

  • Mme Kupert... il semblerait que votre fils a été ligoté et torturé. Il a souffert de multiples blessures.

  • On l'a ligoté pour pouvoir lui faire du mal ? Pour qu'il ne puisse pas se défendre.

  • Je suis vraiment désolée.

Kate avait l'impression de se répéter et que ses marques de sympathie étaient bien inutiles dans un moment pareil mais elle ne savait pas quoi dire d'autre pour apaiser cette pauvre femme. La vérité, tout ce qu'elle voulait c'est la vérité. Alors même si elle était horrible elle la lui dirait, elle lui devait au moins ça.

  • Qui ? Qui est le monstre qui a fait ça à mon bébé ?

  • Nous avons toutes les raisons de penser qu'il s'agit du tueur qui sévit dans la région depuis six mois.

  • L'éventreur ? C'est lui qui a fait ça ?

  • J'en ai bien peur.

  • Mon dieu. Mais pourquoi Dorian ? Pourquoi lui ? Il n'avait jamais fait de mal à personne.

Mme Kupert joignit les mains entre ses cuisses, comme pour les empêchées de trembler.

 

  • Votre fils a-t-il mentionné qui que ce soit qui lui aurait causé des problèmes ? Quelqu'un qu'il aurait rencontré récemment ? Qui s'intéressait à l'opéra ? Qui aimait son travail ?

  • Oui. Je veux dire, beaucoup de gens aimaient son travail et certain se rendaient à ses représentations et l'attendaient ensuite pour lui parler ou lui faire dédicacer le programme. Mais de là à...

Sa voix se brisa.

  • Un fan peut parfois aller trop loin, développer une relation fictionnelle avec l'objet de son intérêt et se mettre en colère quand celui-ci ne lui rend pas la pareille.

  • Je comprends.

  • Vous connaîtriez le nom de certaines de ces personnes qui l'attendaient après ses représentations ?

  • Non, je suis désolée.

Elle avait jusqu'à présent tenu parole et gardé une certaine maîtrise d'elle même, mais c'était trop. Elle s'abandonna au chagrin et éclata en sanglots.

Kate lui laissa le temps nécessaire pour qu'elle se reprenne et lui posa encore une ou deux questions sur son fils avant de décider que cela suffisait. Elle la confia ensuite aux soins d'un des officiers pour que celui-ci conduise la mère éplorée auprès de son fils. Elle remercia Kate pour sa gentillesse et lui tendit une poignée de main que Kate serra avec respect. Elle admirait la force et le courage de cette femme. Elle même ne savait pas comment elle réagirait si une telle horreur devait arriver un jour à l'un de ses enfants.

  • Arrêtez-le ! Ne le laissez pas infliger ça à une autre famille. L'implora Mme Kupert avant de s'éloigner en compagnie de l'officier.

 

Alors qu'elle pénétrait dans le réfectoire à la recherche d'un remontant après cet entretien éprouvant, rêvant d'un bon cappuccino avec une dose de vanille mais devant se contenter du breuvage infecte du poste, Evy vint à sa rencontre.

  • Madame, il y a un type canon qui a demandé à vous voir alors que vous étiez avec la mère de la victime, je me suis permise de le faire patienter dans votre bureau.

  • C'est à quel sujet ?

  • Il a dit que c'était personnel. En tout cas, si un type comme ça se trouvait dans mon lit, je ne dormirais pas dans la baignoire. Vous pouvez me croire.

  • Merci Evy, j'en prends note.

Sur quoi Kate se dirigea vers ce qui lui servait de bureau, un cagibi qui sentait le renfermé où il y avait tout juste assez de place pour une table, son fauteuil, un siège pour les visiteurs et une vitre qui se donnait des airs de fenêtre.

Dans cet espace restreint, elle repéra bien sûr immédiatement l'homme assis qui sirotait du café dans un gobelet en plastique recyclable.

  • Rick ?

     


jogeo1  (02.03.2018 à 21:59)

CHAPITRE 12 :

 

 

Une coulée de glace se déroula dans son ventre et glissa jusqu'à sa gorge.

  • Il est arrivé quelque chose à Lily ? Paniqua elle aussitôt.

  • Quoi ? Non ! Lily va bien, je viens de la déposer à l'école.

  • Merci seigneur. Quand je t'ai vu là j'ai cru...

Elle ne termina pas sa phrase et se laissa tomber lasse sur son fauteuil. Son entretien avec Nina Kupert l'avait vidée. Elle n'arrêtait pas de penser à la détresse de cette mère et cela faisait ressortir ses angoisses de mère à elle.

  • tu as l'air épuisée. Fit il en lui tendant un gobelet de café qu'elle accepta sans se faire prier.

  • Dure matinée. Ce n'est rien. Qu'est ce que tu fais ici ? Tu n'avais pas un cour ?

Elle repensait à leur conversation de ce matin et ne se sentait vraiment pas d'attaque pour une nouvelle confrontation maintenant, surtout au poste. Sa vie privée ne regardait qu'elle et elle n'avait pas envie de se donner en spectacle devant ses collègues surtout qu'elle n'en connaissait pas la moitié.

  • Je l'ai annulé. Il faut qu'on parle.

  • Écoutes, si c'est à propos de ce matin, ce n'est vraiment pas le moment. On en reparlera ce soir à la maison.

  • Mais c'est important.

  • Rick je t'en prie, pas maintenant.

  • J'espérais que tu pourrais au moins m'accorder cinq minutes de ton précieux temps. Excuses moi de t'avoir dérangée.

Furieux il se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte.

  • Attends ! Je te demande pardon. Bien sûr que j'ai toujours du temps pour toi c'est juste que... je n'ai pas envie qu'on se dispute encore une fois.

  • Moi non plus. Je ne suis pas venu pour ça. Se radoucit-il. Et je regrette pour ce matin. Je n'ai jamais eu l'intention de te reprocher de t'investir dans cette enquête. Je t'ai promis de te soutenir jusqu'au bout dans cette affaire et je t'assure que c'est ce que je fais seulement t'imaginer courir après ce malade après avoir vu ce qu'il faisait à ses victimes ça me fiche la trouille.

  • J'essaie juste de l'identifier, je ne lui cours pas après.

Le regard de Castle, si bleu et qui lisait en Kate comme dans un livre ouvert, ne quittait pas le visage de la jeune femme.

  • Je sais mais...Kate, si il devait t'arriver quelque chose, jamais...

  • Hé !

Elle s'approcha de lui et prit son visage entre ses mains.

  • Il ne va rien m'arriver. Tu dois arrêter de te faire du soucis pour moi. Je passe mes journées dans un commissariat, il n'y a pas d'endroit plus sûr, tu ne crois pas ?

  • Peut-être mais...non tu as raison, je ne vais plus m'inquiéter.

  • Merci.

Elle noua les bras autour de son cou et le serra dans ses bras.

  • Je ne vais plus m'inquiéter parce que je vais enquêter avec toi.

  • Quoi ?

Elle s'écarta légèrement pour planter ses yeux dans les siens.

  • Mais oui réfléchis, c'est la meilleure solution. Je t'ai aidé hier soir non ?

  • Oui mais...

  • On est plutôt bon, tous les deux. Penses à toutes ces affaires qu'on a résolues ensemble, tu l'as dis toi même, sans moi tu ne serais pas venue à bout de certaines aussi rapidement. Et puis regarde comment ça c'est terminé la dernière fois que tu as fais cavalier seule. On est tellement plus fort quand on est ensemble et puis...

  • Chéri... chéri...

  • Quoi ?

  • J'apprécie ton enthousiasme, vraiment mais et ton travail ?

  • J'ai prévenu l'université ce matin que je devais m'absenter un moment et puis ce n'est pas comme si on comptait sur ce job pour vivre, c'est juste un passe temps.

  • Et Lily, tu as pensé à Lily ?

  • Ton père s'ennuie depuis qu'il est à la retraite, je suis sûr qu'il sera ravi de passer un peu de temps avec sa petite fille et puis ma mère rentre bientôt de sa croisière, elle pourra prendre la relève. Alors qu'est ce que tu en dis ?

  • Ça ne dépends pas de moi tu sais. Fit elle jouant sa dernière carte.

  • Si tu parles d'Esposito, ce n'est pas un problème. Je l'ai appelé sur la route et il a donné son accord. Je crois qu'il se sent encore coupable. Il n'a pas pu me dire non. Ce capitaine là je l'ai dans la poche.

  • Tu as pensé à tout à ce que je vois.

Rick ne put que remarquer le peu d'enthousiasme de Kate au contraire.

  • Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que l'idée de travailler avec moi ne t'enchante guère ?

  • Ce n'est pas ça c'est juste que... Tu sais que rien ne me ferait plus plaisir que de t'avoir à mes côtés sur cette enquête, je t'assure...

  • Mais...

  • Est-ce que tu es vraiment sûr que c'est ce que toi tu veux ?

  • Plus vite on aura arrêté ce cinglé, plus vite on pourra reprendre notre vie. Laisses moi t'aider Kate, je suis sûr qu'on peut y arriver. Et puis qui va t'apporter ton café si je ne suis pas là ?

Elle hésita puis acquiesça.

  • D'accord, murmura t-elle en appuyant sa joue contre celle de son mari.

Elle aurait du être heureuse, elle aimait tellement travailler avec lui, voir son esprit si vif en action quand il échafaudait ses théories mais quelque chose en elle l'en empêchait. Il avait déjà vu tant d'horreur à cause de son métier de flic et tellement souffert, qu'elle culpabilisait. Avait elle le droit de le replonger dans tout ça ?

Mais comment lui interdire d'enquêter parce que ça l'angoissait alors qu'elle venait de lui dire qu'il ne devait pas s'inquiéter pour elle. Elle se trouvait hypocrite.

 

Evy essayait de se concentrer sur sa paperasse se forçant de ne pas penser qu'elle aussi aurait aimé être sur le terrain. Elle avait fondé tous ses espoirs sur la nouvelle venue, espérant qu'entre femmes elles pourraient se soutenir dans cet univers de macho, elle y croyait dur comme fer après leur entretien de samedi soir, mais à parement elle s'était trompée. L'ancien capitaine n'avait pas l'air de croire plus en ses capacités, et on l'avait cantonnée une fois de plus à une tâche administrative.

De temps en temps elle tendait le cou vers le bureau de Beckett se demandant qui était le bel inconnu avec elle. Était-ce un témoin dans leur enquête où un autre inspecteur ? Elle sourit devant cette dernière hypothèse. Quitte à rester coincée dans ce bureau toute la journée, autant avoir des compensations, et avoir ce type sous les yeux tous les jours ne serais pas pour lui déplaire. D'accord, elle avait remarqué une alliance à son doigt quand elle l'avait conduit au bureau de Beckett, mais après tout Adamson aussi était marié et ça ne l'empêchait pas d'aller voir ailleurs, la preuve il avait des vues sur Beckett même si Evy doutait qu'il ait la moindre chance.

Mais était elle le genre de fille à briser un ménage ? Assurément pas mais l'amour pouvait vous faire perdre tout bon sens, n'est ce pas.

Elle était ridicule, elle s'en rendait bien compte, elle ne l'avait vu qu'une minute et elle se faisait déjà des plans sur la comète.

De toute manière pour qu'ils aient une liaison, il faudrait que lui aussi soit attiré par elle et même si il avait été poli, il ne lui avait montré aucun intérêt. Un type amoureux de sa femme à tout les coups. Elle n'avait vraiment pas de chance.

 

Concentres toi sur ton travail au lieu de fantasmer sur un inconnu se dit elle lorsque Ryan s'assit à son bureau.

  • Déjà de retour ? Demanda t-elle à son collègue surprise de le revoir si vite.

  • On a fait choux blanc. Personne dans l'entourage de la 2ème victime n'a de prénom qui commence par un E et elle n'avait rencontré personne récemment. Je commence à avoir des doutes sur cette théorie.

  • Vous n'avez peut être pas cherché au bon endroit ?

  • Vas-y toi si tu es si maligne !

  • J'aimerai bien mais je suis coincée ici.

  • Beckett est dans son bureau ?

  • Oui mais je n'irai pas si j'étais toi, elle est en entretien.

  • Avec qui ?

  • Ça j'aimerai bien le savoir.

La porte de Beckett s'ouvrit au même moment et un sourire éclaira le visage de Ryan sous le regard suspect de sa collègue.

  • Et ben ça alors si je m'y attendais ! S'exclama Ryan en apercevant au loin son ami.

Il espérait bien avoir compris ce que signifiait la présence de Castle dans les locaux.

  • Tu le connais ?

  • C'est Castle !

  • Qui ?

  • Richard Castle. C'est un auteur de romans policiers et accessoirement le mari de Beckett.

  • Tu plaisantes !

Le visage d'Evy venait subitement de perdre toutes ses couleurs.

  • Qu'est ce qui t'arrive ? On dirait que tu as vu un fantôme. S'inquiéta Ryan devant le regard livide de sa collègue.

  • Pire. Fit elle en se prenant la tête entre deux mains, accoudée à son bureau.

Décidément elle n'en ratait pas une. Si elle avait eu une infime chance d'aller enfin sur le terrain elle venait certainement de la griller en confiant à sa collègue qu'elle ne serait pas contre le fait de coucher avec son mari. Si elle avait été à la place de Beckett, elle lui aurait déjà arraché la tête. Mais peut être était ce pour plus tard.

Alors qu'elle restait assise là à se morfondre, Ryan se leva et alla à la rencontre de ses amis.

  • He Castle ! Ça fait un bail !

  • On a dîné chez toi la semaine dernière.

  • Je sais ! Qu'est ce que tu fais ici ?... Dis moi que tu es venu nous donner un coup de main.

  • Et bien en fait...je suis venu vous donner un coup de main.

Ryan laissa éclater sa joie et vint se poster entre ses deux amis les prenant chacun par l'épaule.

  • Notre bonne veille équipe, comme au bon vieux temps. Les méchants n'ont qu'à bien se tenir !

  • Essayons déjà d'attraper celui là. Et si tu le briefais, je dois parler à Kincaid. Fit Kate avant de convier l'officier dans son bureau.

 

Evy voyait sa dernière heure arriver en pénétrant dans le bureau de Beckett et ne laissa pas cette dernière s'exprimer.

  • Pour tout à l'heure, je suis vraiment désolée, j'ai dis ça juste comme ça pour faire la conversation...si j'avais su que c'était votre...jamais je ne me serais permise...

  • Evy du calme, respirez.

  • Je suis mortifiée, je ne sais plus où me mettre, je vous assure que je n'ai aucune vue sur...

  • Mon mari ?

  • Je suis virée, c'est ça ?

Kate ne put s'empêcher de rire devant cette affirmation.

  • Je n'ai pas ce pouvoir, voyons. Vous faîtes un drame de pas grand chose. Vous trouvez mon mari « canon » c'est ça ? Je n'irai pas vous contredire. Ça prouve simplement que vous avez bon goût en matière d'homme. Et croyez moi, vous êtes loin d'être la seule.

  • Excusez ma question mais vous n'êtes pas jalouse ?

  • J'avoue que ça m'agace un peu quelques fois mais notre mariage est avant tout basé sur la confiance et je sais que jamais il ne me trahirait comme jamais je ne le trahirais.

Evy ne put s'empêcher de repenser à Adamson. Le pauvre allait se prendre un râteau phénoménal.

  • Alors il n'y a pas de malaise entre nous ? Demanda t-elle toujours un peu inquiète d'avoir été convoquée dans son bureau.

  • Aucun. Si je vous ai demandée de venir c'est parce que j'ai une mission pour vous. La mère de Dorian Kuper m'a appris que son fils ne l'avait pas appelé mardi dernier alors qu'il le faisait chaque semaine. On sait qu'il avait un concert lundi soir ce qui me laisse à penser qu'il a disparu entre la nuit de lundi et mardi. Je voudrais que vous vous rendiez à l'opéra, interrogée ses collègues, retracée sa journée de lundi, nous devons découvrir à quel endroit il a été vu pour la dernière fois.

  • C'est que le lieutenant Crouch m'a demandé de taper son dernier rapport d'enquête.

Un infime sarcasme dans sa voix laissait deviner ce qu'elle pensait du lieutenant Crouch et de sa mission.

  • Laissez tomber Crouch. Le capitaine a accepté ma requête. Vous êtes désormais mon adjointe et j'ai besoin de vous sur le terrain. A moins que ça ne vous intéresse pas ?

  • Vous rigolez. Je suis parfaite pour cette mission et je vous jure que vous ne le regretterez pas.

  • J'en suis sûr. Allez maintenant filez, vous avez du travail.

A la porte Evy se retourna.

  • Merci. Je vous suis très reconnaissante de la chance que vous me donnez.

  • Inutile. Vous l'avez méritée.

Elle quitta le bureau de Kate plus légère que quand elle y était entrée. Dans sa poitrine son cœur cabriolait de joie. Elle allait enfin quitter ce bureau. Quelqu'un la prenait au sérieux et croyait en elle. Kate Beckett l'appréciait malgré la façon dont elle s'était ridiculisée un peu plus tôt.

 

Une fois l'officier Kincaid sortie, Kate se mit en quête des garçons qu'elle trouva devant le murder board. Ryan et Esposito exposaient les grandes lignes de l'affaire à Rick. En les voyant ainsi tous les trois échangeant leurs impressions elle eut l'étrange sensation d'avoir remonté le temps. A l'époque elle avait une confiance aveugle en elle et en son équipe persuadée que rien ne pouvait leur arriver. L'histoire lui avait prouvé qu'elle se trompait lourdement. Rien n'était définitif, et en un claquement de doigt tout pouvait basculer, des vies pouvaient être brisées. Mais voilà que près de 5 ans plus tard, malgré tous les obstacles rencontrés, ils étaient de nouveau réuni pour lutter contre le crime et obtenir justice pour les victimes qui ne pouvaient plus se défendre.

Elle se dirigea vers le petit groupe qui s'interrompit en la voyant approcher.

  • Esposito, est ce que je pourrais te parler une minute en privé ?

  • Je te suis.

Ils allèrent s'isoler dans le bureau du capitaine.

  • Si c'est pour Castle, ce n'est vraiment pas la peine de me remercier.

  • Ce n'était pas dans mes intentions. Mais enfin qu'est ce qui t'a pris ?

  • Quoi ? Mais je croyais que tu serais contente de l'avoir auprès de toi ?

  • Pas dans ces conditions.

  • Il a participé à des tas d'enquêtes, je ne vois vraiment pas où est le problème.

  • Le problème c'est que... Je ne voulais pas qu'il soit mêlé à ce genre d'horreur, pas après... Il est passé par une période très difficile et je ne veux pas qu'il revive ça.

  • Je comprends ton appréhension mais il va bien maintenant. Et il a vraiment insisté. Il se fait du souci pour toi et... enfin tu n'as jamais su lui dire non, tu ne peux pas me reprocher d'avoir cédé.

  • Mais je ne te reproche rien, à vrai dire c'est à moi que j'en veux. Si je ne lui avait pas montré ces horribles photos...

  • Qu'elles photos ?

  • Laisses tomber.

  • Ecoutes, si ça t'ennuie tant que ça je vais lui dire que j'ai changé d'avis.

  • Non. Si tu fais ça il va savoir que ça vient de moi et ça sera encore pire.

  • Tu es sûre ?

Elle n'était plus sûr de rien mais au point où ils en étaient un peu d'aide supplémentaire ne pouvait pas leur faire de mal. Et puis elle l'avait dit elle même à Rick, rien ne pouvait arriver. C'est ce qu'elle se répéta en quittant le bureau d'Espo pour rejoindre le reste de l'équipe. Tout se passera bien.


jogeo1  (09.03.2018 à 22:26)

CHAPITRE 13 :

 

La journée touchait à sa fin, et toute l'équipe d'enquêteurs était réunie une fois de plus pour un débriefing avant que chacun ne rejoigne son chez soi.

Malheureusement les nouvelles n'avaient rien de réjouissantes. Malgré les efforts de chacun la piste du tatouage n'avait rien donné. Personne dans l'entourage des victimes ne correspondait au nouveau profil établi plus tôt dans la journée. Esposito s'apprêtait à congédier tout le monde pour la soirée quand Evy sortit de l'ascenseur en trombe et essoufflée.

  • Désolée du retard mais je n'ai pas arrêté de la journée.

  • Vous avez quelque chose ?

  • Peut être. J'ai interrogé les autres membres de l'orchestre auquel appartenait Dorian et il semblerait qu'il se soit volatilisé juste après son dernier concert. J'ai interrogé le concierge de son immeuble et il semblerait qu'il ne soit pas rentré ce soir là. Il n'a pas assuré ses cours le mardi matin, il était professeur à Julliard, ne répondait plus à son téléphone et il ne s'est jamais présenté à son concert le mardi soir.

  • Il aurait croisé l'assassin en sortant de l'opéra ? Réfléchit Kate tout haut. Très bien, on apprendra rien de plus sur les autres meurtres, il faut se concentrer sur celui-là.

  • Kate a raison. Fit Esposito. Demain je veux tout le monde dans les rues aux alentours de l'opéra, vous interrogerez tous les commençants du coin, tous les habitués. Il faudra également voir du côté des compagnies de taxis, quels étaient les chauffeurs qui circulaient dans ce secteur lundi soir. Quelqu'un a forcément vu quelque chose alors trouvez cette personne. Maintenant rentrez tous chez vous, et reposez vous, une dure journée vous attend demain.

Alors que l'assemblée se dispersait pour récupérer ses affaires et rentrer chez elle, un petit groupe d'irréductible composé de Ryan, Esposito, Kate, Rick, Evy et Adamson était toujours groupé devant le tableau blanc. Evy semblait avoir autre chose à ajouter mais semblait hésiter. Kate remarqua le trouble de la jeune détective et l'encouragea à se lancer.

  • Ce n'est peut être rien mais quand j'ai parlé aux collègues de Dorian, l'un d'eux m'a parlé d'une fille, Tina, qu'il avait rencontré ces dernières semaines. A en croire ses collègues, il est allé boire un verre avec elle un soir et il leur a raconté qu'elle avait passé l'essentiel de leur rendez-vous à disserter sur Wagner et Mozart. Par la suite, ils m'ont dit qu'elle était venue dans l'un des établissements où il jouait et qu'elle s'était montrée très fâchée qu'il gâche son temps et son talent sur de la musique qu'elle considérait de seconde zone.

  • Tina, répéta Kate. Pas de nom de famille ?

  • Dorian ne l'a jamais mentionné mais il lui avait donné un surnom, Exigeante Tina.

  • Ça pourrait être ça ! S'exclama Ryan.

  • Je ne sais pas fit Rick fixant le tableau où figurait les photos de la dernière victimes. Je ne vois pas une femme faire une chose pareille.

  • Et vous êtes ? Demanda alors Adamson, intrigué par le nouveau venu.

  • Oh ! Richard Castle fit il en lui tendant la main. Je suis consultant sur cette enquête.

  • Décidément il va bientôt y avoir plus de consultant que de flics dans ce poste.

  • Il a raison, le coupa Kate en parlant de Rick.

Ce Paul Adamson commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs avec ses réflexions à deux balles.

  • N'oublions pas que 2 des victimes de l'éventreur sont des hommes. Une femme n'aurait probablement pas eu la force physique nécessaire pour les maîtriser. De toute manière c'est une piste à suivre. Demain Adamson vous vous mettrez en chasse de cette exigeante Tina et vous emmènerez Kincaid avec vous.

  • Bien madame.

Rick haussa un sourcil en notant le regard d'Adamson qui glissait sur le corps de Kate.

  • Kincaid !C'est du beau boulot détective. Félicita Esposito.

  • Merci Capitaine.

  • Allez rentrez chez vous, je ne veux plus vous voir jusqu'à demain.

 

Dans l'ascenseur Kate regarda sa montre. 21H30. Elle avait promis à Lily qu'elle rentrerait de bonne heure pour jouer avec elle mais malheureusement elle n'avait pas pu tenir sa promesse. Elle imaginait sans peine le petit visage triste de la petite fille, le nez collé à la vitre du salon attendant impatiemment que sa maman rentre à la maison.

  • Tu as oublié de me dire que tu as un admirateur au poste. Fit soudain Rick la sortant de sa réflexion.

  • J'ai oublié ?

  • Le genre d'admirateur qui te caresse du regard.

  • Voilà qui est joliment dit. Ecoute, il est marié.

  • Ça ne l'empêche pas de se lécher les babines en te voyant.

Elle éclata de rire, mais la mine de Rick lui fit très vite retrouver son sérieux. Elle s'éclaircit la gorge.

  • Il est inoffensif

  • ce n'est pas l'impression qu'il me fait.

  • Tu ne serais pas...jaloux ?

  • Si, justement.

  • Je trouve ça mignon.

Elle enroula ses bras autour de son cou.

  • Tu n'as vraiment rien à craindre, tu sais bien que je n'ai d'yeux que pour toi.

  • Prouves le !

Elle l'embrassa avec passion.

  • Très bien, je suis convaincu. Mais si il continue à te regarder comme ça, je vais devoir m'occuper de lui.

 

Il était plus de 22 heures quand ils se garèrent dans l'allée de la maison. Malgré la fatigue ils ne purent s'empêcher de sourire quand ils aperçurent Jim assoupi dans le canapé. Il avait sur le visage peint des moustaches et un nez de chat.

  • Bonsoir papa. Fit Kate en lui secouant délicatement l'épaule.

  • Bonsoir. Répondit il tout en s'étirant. Vous êtes rentrés ?

  • J'adore votre nouveau look, Jim.

  • Merci Richard. Je le dois à votre fille. Elle voulait jouer à cats.

  • Elle dort ? Demanda Kate.

  • Je l'ai couchée il y a deux heures après de difficiles négociations. Elle refusait de s'endormir avant d'avoir vu ses parents.

  • Je vais monter voir si tout va bien. Encore merci Jim de l'avoir gardée à la dernière minute.

Rick serra une poignée de main à son beau père.

  • C'est rien. J'adore passer du temps avec elle.

Après avoir salué Jim, Rick monta à l'étage laissant les Beckett en tête à tête. Kate s'assit sur le canapé à côté de son père.

  • Tu ne devrais pas céder à tous ses caprices tu sais. Fit elle en désignant son visage.

  • Ce n'est pas grand chose et puis elle était tellement triste que je n'ai pas eu le cœur de lui dire non. Mais d'où lui vient ce subite engouement pour les chats ?

  • Martha lui a fait découvrir la comédie musicale cats et elle a adoré. Elle nous bassine pour avoir un chat depuis.

  • Vous pourriez lui en prendre un.

  • Impossible. Rick est allergique. Elle était vraiment triste alors ?

  • Je dirais plutôt déçue. Elle a dit que tu lui avais promis de rentrer de bonne heure et que vous feriez quelque chose ensemble.

  • Je suis une horrible mère.

  • Ne dis pas n'importe quoi. Tu es une maman formidable. On ne peut pas toujours tenir ses promesses, ça arrive. Je suis sûr que demain elle aura déjà oublié. Mais dis moi ma grande comment tu vas ? Tu m'as l'air épuisée.

  • Je vais bien papa.

  • Je n'aime pas te savoir de retour dans la police tu sais.

  • Je ne suis pas de retour dans la police ! Je donne juste un coup de main pour une enquête c'est tout.

  • Tu ne prends pas de risques inutiles au moins ?

  • Papa !

  • Quoi ? J'ai quand même le droit de me faire du soucis pour ma petite fille.

  • Mais je ne suis plus une petite fille et tu n'as pas à t'inquiéter, j'ai mon ange gardien qui veille sur moi. Et je veille sur lui par la même occasion.

  • Ça me rassure de savoir Richard à tes côtés. Je suis sûr que tu ne feras rien de stupide comme ça. Et sache que même quand tu auras soixante ans, tu seras toujours ma petite fille.

Il se leva et déposa un baiser sur son front.

  • Il est tard. Je vais y aller.

  • Bonne nuit papa et sois prudent sur la route.

Il la dévisagea d'un air amusé.

  • Et bien quoi ? Tu seras toujours mon papounet.

  • Bonne nuit chérie et embrasse Richard de ma part.

  • Je n'y manquerait pas.

 

Son père partit, elle fit le tour du rez-de-chaussée pour s'assurer que toutes les issues étaient bien fermées puis elle mis l'alarme en route avant de monter à son tour.

Arrivées à l'étage elle trouva Rick immobile devant la porte de la chambre de Lily. Elle alla le rejoindre sans faire de bruit puis l'enlaça par la taille avant de déposer un baiser sur sa joue.

  • Qu'est ce que tu fais ? Chuchota t-elle afin de ne pas réveiller la petite.

  • Je ne me lasse jamais de la regarder dormir. Regardes la. Elle à l'air d'un ange.

  • C'est vrai. On a pas mal travaillé.

  • Pas mal travaillé ? Tu plaisantes c'est un travaille d'orfèvre. Je n'arrête pas de te le dire, ensemble on fait des miracles.

  • Si tu le dis. Il est tard, allez viens te coucher.

 

 

Après le service, Evy était bien trop excitée pour rentrer chez elle, elle accepta donc l'invitation de son collègue Adamson à aller boire un verre avant de rentrer. Ils optèrent pour un bar à tequila non loin du poste. Le bar qui comprenait de petites tables et de la musique en sourdine était presque désert ce soir. Il y avait moins d'une dizaine de clients. Un tueur qui rôde dans les rues n'est jamais très bon pour les affaires.

A peine furent-ils attablés devant leur verre qu'Evy reparlait déjà de l'enquête.

  • Ecoutes Kincaid, je t'adore et tu le sais mais là tu commences à être lourde. Tu n'as pas arrêtée de parler de cette enquête durant tout le trajet en voiture et là tu recommences. C'est une obsession ma parole.

  • Mais est ce que tu te rends compte au moins que je suis allée sur le terrain aujourd'hui et que j'ai peut être trouvé le tueur comme ça du premier coup ?

  • Exigeante Tina ! Ne rêve pas trop quand même. Je suis d'accord avec le grand dadais, je ne vois pas comment une femme aurait pu maîtriser ces hommes.

  • Pourquoi tu l’appel comme ça ?

  • Qui ? Le grand dadais ? Je trouve que ça lui va comme un gant, pas toi ?

  • Non, je trouve ça méchant.

  • Excuse moi je ne voulais pas insulter ton petit copain.

  • Je ne vois pas pourquoi tu dis ça ?

  • Oh je t'en prie Evy ça se voit qu'il t'a tapé dans l'oeil.

  • Tu dis vraiment n'importe quoi.

  • Allez ! on est entre nous. Si il te proposait de te prendre là tout de suite sur cette table, je suis sûr que tu ne dirais pas non.

  • Tu t’entraînes très dur pour être aussi con ou c'est naturel chez toi ?

  • Ouille je crois que j'ai touché un point sensible.

  • Il est marié à Beckett je te rappel.

  • Et alors moi aussi je suis...

  • Marié oui je sais mais j'aime à croire que tous les mecs ne sont pas comme toi.

  • Tous les mecs normalement constitués craquent devant une jolie fille et je suis sûr que ton Castle ne fait pas exception. J'ai une idée, on pourrait faire équipe tous les deux. Tu te tapes le mari et comme ça, ça me laisse le champs libre pour Beckett. Qu'est ce que tu en dis ?

  • NON !

  • Très bien je me débrouillerais tout seul.

  • Tu n'as aucune chance alors s'il te plaît laisses tomber, on a mieux à faire tu ne crois pas comme attraper un tueur sadique.

Le téléphone de Adamson sonna.

  • Et merde, marmonna t-il avant d'avoir raccroché. Il faut que j'y ailles, c'était ma femme.

Sauvée par le gong. Se dit Evy. Cette conversation commençait sérieusement à la mettre mal à l'aise. Mais qu'elle idée elle avait eu d'accepter de boire un verre avec Paul. Si c'était ,il fallait le reconnaître, un brillant enquêteur ses qualités s'arrêtaient là.

Evy aurait préféré rester où elle était et le laisser partir sans elle mais elle avait besoin qu'il la raccompagne au poste où elle avait laissé sa voiture. Et de toute façon quel intérêt de s'attarder ? Pour finir au lit avec un autre Adamson ? Certainement pas. Elle avait assez donné dans les histoires sans lendemain. Elle rêvait d'une vrai histoire d'amour, celle avec un grand A comme celle de Beckett et Castle et ce n'est pas en écumant les bars de seconde zone qu'elle la trouverait.

 


jogeo1  (16.03.2018 à 20:22)

CHAPITRE 14 :

 

15 jours plus tard.

 

Quinze jours étaient passés et l'enquête était toujours au point mort. La piste prometteuse qu'Evy avait trouvé n'avait finalement rien donné. « Exigeante Tina » s'appelait en fait Tina Kieffer. C'était une compositrice de musique classique passionnée par son travail mais inoffensive. Elle n'avait aucun antécédent de violence et un solide alibi pour le soir de la disparition de Dorian.

Les flics du douzième avaient écumé le quartier de l'opéra de fond en comble à la recherche d'un éventuel témoin de l'enlèvement de la dernière victime mais là encore, ils avaient fait choux blanc. Personne n'avait rien vu à croire que l'éventreur était un fantôme.

La presse continuait à s'acharner sur les forces de police de la ville, et sur le maire, l'accusant d'être incapable d'assurer la sécurité de ses concitoyens. Ce dernier sur les nerfs avait débarqué en fin d'après midi au poste pour exiger des résultats.

Kate n'avait pas le moral en cette fin de journée mais contrairement à Dorian Kupert elle au moins pouvait rentrer chez elle songea t-elle en slalomant dans la circulation, au grand dame des autres automobilistes.

Arrêtée à un feu, elle étudia l'un des nombreux panneau publicitaire qui annonçait des prix cassés pour des destinations de vacances. A ce moment elle aurait donné n'importe quoi pour se trouver sur l'une des ces îles paradisiaques, assise sur une plage de sable blanc avec Rick regardant leur fille courir sur la plage.

Depuis qu'ils menaient cette enquête elle avait l'horrible sensation d'avoir mis sa vie de famille entre parenthèses. Ils ne voyaient plus Lily que le matin avant de la déposer à l'école, elle était déjà couchée le soir quand ils rentraient. Lily vivait très mal les absences répétées de ses parents et était de plus en plus grognon. Kate était d'accord avec le maire au moins sur un point, cette situation n'avait que trop durée.

Afin de remédier quelque peu à la situation Rick avait quitté le poste plus tôt aujourd'hui afin de passer un peu de temps avec sa fille puis il la déposerait pour la nuit chez Alexis. Passer du temps avec sa grande sœur lui ferait le plus grand bien.

Kate atteignit enfin Hoboken. Oui Kate pouvait rentrer chez elle.

Une pénible tension lui crispait les cervicales et le ventre lorsqu'elle se gara devant le perron de sa maison et descendit de son véhicule. Elle n'avait qu'une envie : se coucher, se vider la tête 5 minutes.

La fenêtre du bureau de Rick était éclairée, il était rentré.

Kate monta quatre à quatre l'escalier sans même ôter son manteau. Elle n'alla pas dans le bureau, ce qui était moche et mesquin, elle en avait conscience. Elle se rendit directement dans la chambre et, toujours vêtu de son manteau, s'écroula à plat ventre sur le lit.

Cinq minutes, se dit elle. Elle avait droit à cinq misérables minutes. Si seulement elle pouvait se vider la tête. Elle tomba alors sur la peluche Olaf de Lily qu'elle avait dût oublier ce matin après être venue réveiller ses parents. Elle prit la peluche dans ses bras et la serra très fort contre sa poitrine et ferma les yeux.

Si elle n'avait pas tendu l'oreille, elle n'aurait pas entendu Rick entrer. Il s'allongea à ses côtés et quand elle rouvrit les yeux, elle plongea son regard dans un bleu inouï.

  • J'allais te rejoindre, murmura-t-elle. J'avais juste besoin d'un petit moment.

  • Une méchante migraine ?

  • Non. Je suis juste...je ne sais pas.

Il lui caressa les cheveux.

  • Triste ?

  • Mais pourquoi je serai triste ? J'ai cette merveilleuse maison, une adorable petite fille à qui je vais donner un petit frère ou une petite sœur.

  • Oui. Répondit-il, massant sa nuque douloureuse.

  • Et puis je t'ai toi. La cerise sur mon gâteau. Franchement, je ne comprend pas ce qui ne va pas, marmonna t-elle en se blottissant contre lui.

  • Tu es trop dure avec toi même, voilà ce qui ne va pas.

  • Je n'y arrive pas. J'ai retourné cette histoire dans me tête une bonne centaine de fois mais je n'y arrive pas. Je suis devenue un si mauvais flic que ça dis moi ?

  • Chérie, tu as fait tout ce que tu pouvais, tu as fais plus que ton travail et on va l'arrêter. Ça prend juste un peu plus de temps que prévu.

  • Le temps c'est justement ce qu'il nous manque. On est déjà à la moitié du mois et on a moins que rien.

Elle se redressa sur un coude.

  • Mais est ce que tu te rends compte que si il choisit ses victimes au hasard on ne le coincera jamais. 

  • Il va bien finir par faire une erreur.

  • Et combien il devra encore y avoir de victimes avant qu'il ne la fasse ton erreur ?

Rick s'assit à son tour, prit fermement le menton de Kate entre le pouce et l'index.

  • Arrêtes de culpabiliser. Ce n'est pas ta faute.

  • Si il recommence à tuer ce sera parce que je n'aurai pas su l'arrêter.

  • Parce qu'on aura pas su l'arrêter. Tu oublie que tu n'es pas seule. Kate tu as consacrée ta vie d'adulte à protéger les gens, à risquer ta peau pour ça. Mais tu n'es pas super woman, tu ne peux pas sauver la terre entière, il faut te faire une raison.

  • Pff...

  • Et enlève ton manteau. Bonté divine, tu ne crève pas de chaud ?

Elle retira son manteau et le laissa en tas.

  • Quand même, grogna t-elle, on devrait pouvoir se vautrer un peu dans son lit.

  • Je te rappelle que c'est aussi mon lit et que tu t'es assez vautrée. Tu veux essayer autre chose ?

  • Nan...

  • Parfait. Boude. C'est déjà mieux que de se vautrer, rétorqua t-il en se levant. Moi j'ai envie de boire du vin.

Rick récupéra deux verres qu'il avait posé sur la commode en entrant dans la chambre un peu plus tôt. Il retourna s'asseoir près de Kate lui tendant un verre.

  • Je suis enceinte, je n'ai pas le droit de boire de l'alcool.

  • C'est du jus de raisin.

  • Je devrais étudier une nouvelle fois le profil des victimes

  • Tu l'as fais une dizaine de fois déjà.

  • Mais...

  • Mais si tu faisais une pause. Kate ça fait deux semaines qu'on ne vit plus que pour cette enquête.

  • Je ne peux pas abandonner.

  • Je sais et ce n'est pas ce que je te demande. Mais on pourrait prendre un peu de temps pour nous. Une journée, rien qu'une journée. Ma mère rentre de sa croisière demain. On pourrait organiser un repas de famille. Un truc tout simple pas de chichi. Juste toi, moi, les filles et nos parents et on en profiterait pour leur annoncer la bonne nouvelle. Fit il en posant une main délicate sur son ventre.

  • J'adorerais.

  • Et qui sais ? Prendre un peu de recul pourra peut être nous permettre d'y voir plus clair.

Brusquement, elle prit le verre de Rick, et le posa, ainsi que le sien sur la table de nuit. D'un coup de pied désinvolte, elle envoya valdinguer sur le sol son magnifique manteau de cuir noir.

  • Il me vient soudain d'autres envies, décréta-t-elle.

  • Ah oui, susurra-t-il. Lesquelles ?

Plus vive que l'éclair, elle le poussa sur le lit et le chevaucha puis l'embrassa à pleine bouche.

  • Quelque chose dans ce genre, murmura-t-elle quand elle le laissa reprendre son souffle.

  • Je dois te consacrer un peu de temps je suppose ?

  • Tout juste, répondit-elle en lui mordillant le cou. Tu m'as grondée. Entre Bowman et toi, aujourd'hui j'ai reçue deux savons.

Les mains de Kate s'affairaient sur le corps de son mari, déboutonnaient sa chemise.

  • J'ose espérer que tu ne t'es pas vengée du maire de la même manière ?

  • Non. Moi j'aime les joli garçons. Et toi tu es si mignon.

Elle caressa son torse.

  • regardez cette peau, ces muscles. Et tout ça est à moi.

Fou de désir, il la renversa sur le dos, lui bloqua les mains de chaque côté de la tête. Elle planta dans les siens des yeux assombris par la passion. Kate sentit au fond de son être le feu crépiter. Elle resserra ses bras autour de son mari, l'étreignant fiévreusement. Il était en elle à présent, puissant et doux. Soudés, unis par toute les fibres de leur corps, ils explosèrent ensemble. Et elle pensa, ivre d'amour, que oui, elle avait une maison où se réfugier.

 

 

Au 1 police plaza la tension était à son comble. Victoria avait passé une bonne partie de la soirée à essayer de calmer Bowman en vain. Il était tard et elle était fatiguée. Elle ne rêvait que de rentrer chez elle et de prendre un bon bain avant de se détendre devant un bon film avec son mari. Ce n'est qu'en arrivant dans le hall de l'immeuble qu'elle se rendit compte que quelque chose se tramait.

  • Mais qu'est ce que c'est que ce vacarme ? Demanda t-elle au gardien en désignant la porte derrière laquelle attendait une horde de journalistes.

  • Le maire les a convoqués, je crois qu'il veut faire une déclaration.

  • Quoi ?

Avant qu'elle n'ai pu aller plus loin le vacarme soudain des journalistes fit sursauter tout le monde. Des éclairages violents illuminèrent la porte vitrée, indiquant que les caméras tournaient. Victoria s'approcha afin d'entendre la conférence de presse qui commençait.

Les reporters assaillirent le maire de questions plus embarrassantes les unes que les autres, auxquelles il ne pouvait manifestement pas répondre.

  • Mais enfin que fait la police pour arrêter ce tueur ? S'énerva l'un des journalistes.

  • Tous les moyens sont mis en œuvre, je vous assure. J'ai personnellement dépêché la meilleure enquêtrice du NYPD sur cette affaire, l'ancien capitaine de police du douzième district Katherine Beckett.

  • C'est elle qui dirige actuellement l'enquête ?

  • Exactement et vous connaissez tous ses compétences. Je peux vous assurez qu'avant la fin du mois ce tueur sera derrière les barreaux.

  • Est ce que ça veut dire qu'elle a des pistes sérieuses ?

  • Je n'ai plus rien à ajouter. Merci.

Dès la fin de sa phrase, les journalistes repartirent à l'assaut, mais le maire avait déjà tourné les talons pour se replier dans l'immeuble.

Dès qu'il fut hors de portée des caméras il souffla un bon coup mais son répit fut de courte durée. Victoria qui n'avait rien loupé de la conférence lui tomba dessus manifestement très énervée.

  • Qu'est ce que vous avez fait ?

  • Mon travail. La population avait besoin d'être rassurée, voilà qui est fait.

  • La seule raison pour laquelle Beckett a acceptée de nous aider, c'est que je lui avais promis que personne ne serait mis au courant de son implication dans cette affaire et vous vous venez tout simplement de la jeter en pâture aux journalistes.

  • N'en faites pas un drame. Un peu de publicité n'a jamais fait de mal à personne.

  • Mais je lui avais donné ma parole.

  • C'est votre problème pas le mien.

  • Espèce de...

  • Attention Victoria, n'oubliez pas à qui vous vous adressez. Je vous ai donné ce poste, je peux tout aussi bien vous le reprendre. Maintenant excusez moi mais j'ai encore du travail.

Une fois le maire parti, Gates ne décolérait pas. Par sa faute, Kate était désormais dans la ligne de mire des journalistes et qui sait de qui d'autre qui avait vu les informations ce soir.

 

 

Kate se réveilla au cœur de l'obscurité, tirée d'un sommeil profond et réparateur par une irrépressible envie de boire. Désorientée, les membres toujours enchevêtrés avec ceux de Rick elle se dégagea sans le réveiller et alla se chercher un verre d'eau dans la salle de bain. De retour au lit, elle nicha sa tête contre le cou de Rick, une main posée sur son cœur qui battait à un rythme régulier. Elle avait été mal toute la journée mais cette soirée l'avait requinquée. Le sexe avec Rick avait toujours eu cet effet sur elle. Dans ses bras elle se sentait en sécurité, apaisée.

Alors qu'elle cherchait à nouveau le sommeil elle repensa à leur première fois. Ce n'était pas leur première fois à proprement parlé mais la première fois qu'ils avaient refait l'amour après le drame qui avait faillit à jamais les séparer.

Rick avait définitivement quitté le centre de rééducation depuis près d'un mois. Ils réapprenaient petit à petit à vivre comme une vrai famille.

Ce soir là, allongés l'un près de l'autre ils avaient commencés à se câliner pour la première fois depuis ce qui leur semblaient une éternité quand soudain Rick s'était reculé.

  • Qu'est ce qui ne va pas ?

  • C'est rien c'est juste que...

  • Chéri, si tu n'es pas prêt, on peut attendre. On a toute la vie devant nous.

  • Ce n'est pas ça c'est juste que... j'ai changé Kate, je ne suis plus le même homme qu'il y a trois ans... et j'ai peur de ne plus être à la hauteur.

  • Je suis sûr que ce sera parfait, et tu sais pourquoi ?... Parce que c'est toi et moi.

Elle lui caressa la joue du dos de la main.

  • Et puis tu sais, je n'ai pas pratiqué depuis longtemps moi non plus. Moi aussi je suis un peu rouillée.

  • Tu veux dire que...

  • Chut. Fit elle en déposant un doigt sur ses lèvres. Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais un autre que toi.

Ils s'étaient redécouvert cette nuit là. Ça avait été doux, très tendre. Kate s'était enfin sentit vivante à nouveau.

 

Tout à sa rêverie, elle le sentit faire mine de bouger et parvint à refermer ses bras autour de lui.

  • Non, murmura-t-elle. Reste. Reste juste un peu.

Et elle se rendormit.

 

 

Tout n'allait pas bien pour Jenna Campbell. Tremblante de froid et en colère, elle remontait péniblement Carmin Street. Si Matt ne s'était pas conduit comme un goujat, elle n'aurait pas quitté brutalement la soirée et ne se serait pas retrouvée à des kilomètres de son appartement sans le moindre taxi en vue.

Mais ce salaud avait la main, les deux mains même, sur le gros cul de cette blonde. Cette fois, il n'avait aucune excuse. C'était fini entre eux. Finit avec un grand F.

elle n'aurait jamais dut sortir ce soir, de toute façon. Elle travaillait tôt le lendemain matin et le quartier lui était inconnu. Sans compter qu'elle ne connaissait personne à cette foutue soirée.

Elle ravala ses larmes nées de la colère et de l'humiliation.

  • Hé, mademoiselle ! Excusez moi !

Elle entendit la voix mais continua à marcher.

  • Pardon, désolé mais je suis vraiment perdu. Vous pourriez juste me dire comment aller à Broome Street.

La voix s'était rapprochée derrière elle.

  • Je suis paumé et je commence à m'inquiéter. Si vous pouviez juste me dire de quel côté aller. Il fait super froid et je n'arrive pas à trouver de taxi.

  • A qui le dites vous, répondit Jenna en soupirant. Broome Street, c'est ça ?

  • Oui.

L'homme sourit puis baissa les yeux au sol.

  • Oh, vous avez vu ça ?

Instinctivement, Jenna baissa la tête et se pencha légèrement en avant.

Le choc lui fit l'effet d'un coup de marteau. La douleur explosa sous son crâne, le monde se mit à tourner et un voile rouge envahi son champ de vision. Elle tenta de crier mais seul un gémissement s'échappa de ses lèvres. Elle chuta violemment.

Quelqu'un rit. Alors qu'elle tentait de se retourner en geignant, le marteau frappa de nouveau et la plongea dans les ténèbres.


jogeo1  (23.03.2018 à 22:52)

Voilà la suite. Encore désolée pour l'attente mais j'ai vraiment été débordée. Bonne lecture.

 

CHAPITRE 15 :

 

Kate regarda longuement le plafond avant de se décider à rejeter les couvertures et à poser les pieds bien à plat sur le plancher puis elle se frotta les yeux.

  • Tu as bien dormi ? Lui demanda Rick en lui effleurant le dos.

  • Pas terrible.

Elle lui lança un coup d’œil par dessus son épaule. Les premiers rayons du soleil perçaient derrière les tentures et caressaient le visage de Rick. La tête contre l'oreiller, il la regardait. Kate baissa les yeux vers ses pieds nus.

  • Je me suis réveillée plusieurs fois dans la nuit, la dernière fois il devait être cinq heures. Je n'ai pas réussi à retrouver le sommeil.

Rick se redressa et s'adossa aux oreillers, les bras croisés sur la poitrine.

  • C'est encore cette enquête ? Je croyais qu'on était d'accord pour essayer de se la sortir de la tête, au moins pour le week-end.

  • Je sais mais c'est plus fort que moi. Ce type est probablement déjà en chasse de sa prochaine victime et je me sens impuissante.

  • Kate arrête de voir tout en noir à chaque fois qu'on en parle.

  • Qu'est ce que tu veux ? C'est la triste réalité.

Il secoua la tête.

  • Non. Moi je vais te dire à quoi elle va ressembler, la réalité. On va l'attraper. Avec nous tout s'arrange toujours. Et tu sais pourquoi ? Parce que toi et moi on ne baisse jamais les bras. On se bat et on s'en sort.

  • Tu as l'air si sûr de toi.

Rick lui prit la main.

  • C'est parce que j'ai foi en toi.

Elle lui sourit.

  • Si tu préfères on peut reporter le déjeuné à la semaine prochaine et retourner au poste aujourd'hui. Proposa t-il.

  • Non. Tu as raison. On a besoin de faire une pause, de se détendre et j'ai ma petite idée sur la question, murmura-t-elle.

  • Ah oui. Quel genre ?

Elle s'approcha doucement pour l'embrasser puis elle lui susurra à l'oreille.

  • Et si tu descendais à la cuisine pour nous préparer un super petit déjeuné. Je meurs de faim. Fit elle en clignant des paupières.

Il la fit basculer brusquement sur le lit lui arrachant un cri de surprise puis déposa un baiser sur ses lèvres.

  • Tes désires sont des ordres.

Il l'embrassa une dernière fois et rejeta les couvertures d'un geste brusque pour se précipiter hors de la chambre.

  • Merci chéri ! Cria Kate à travers la maison

 

 

Lorsque Jenna reprit connaissance, au bout d'un temps indéterminé, elle était allongée sur le dos, attachée à une table sous des lumières aveuglantes et bâillonnée. Malgré sa terreur, elle sentait les premiers effets douloureux de la déshydratation. Les liens autour de ses chevilles et de ses poignets auraient tout aussi bien pu être faits de fil de fer coupant tant ils lui cisaillaient la peau. Elle tourna la tête sur le côté et c'est là qu'elle l'aperçut, son ravisseur.

  • Bonjour ma belle, bien dormi ?

Il se dirigea vers un buffet sur la droite et ouvrit l'un des tiroirs duquel il sortit un grand couteau à lame crantée avec un gros manche en caoutchouc noir. Il ressemblait à une arme militaire. Quand il retourna près de Jenna elle poussa un cri qui fut étouffé par le bâillon. Sa gorge la brûlait.

  • T'as intérêt à bien m'écouter. Tu m'écoutes ?

Elle hocha la tête et elle se rendit compte qu'elle sanglotait.

  • tiens toi tranquille, ordonna t-il. T'as compris ? Tu te tiens tranquille.

Un instant plus tard, le couteau s'appuyait sur sa gorge. Jenna sentit la lame lui fendre la peau, traçant un chemin de feu sur sa gorge. Un liquide chaud, son sang s'écoulait.

  • Cri encore une fois et je te coupe en deux. Compris ?

A sa grande surprise, il lui arracha son bâillon. Pendant quelques instants, elle ne put prononcer un mot.

  • Bien, c'est mieux. Je sens qu'on va bien s'amuser.

  • Je...je vous en prie, hoqueta-t-elle. Laissez moi partir. Si vous me laissez partir je ne dirai rien. Je vous jure que je ne dirais rien. Pitié.

Sans ajouter un mot, il sourit. Sortit de sa poche un Zippo cuivré puis alluma une cigarette.

 

 

Kate s'était affairée dans la cuisine toute la matinée pour préparer le déjeuné et venait de mettre un plat de lasagnes au four. Elle s'octroya une petite pause et avalait un café adossée à l'évier parcourant les gros titre du journal du matin étalé sur le plan de travail. Elle tomba sur un article parlant de l'éventreur et s'apprêtait à le lire quand elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir brusquement et des pas précipités se diriger vers elle.

  • Maman !! s'écria Lily en apparaissant devant la porte de la cuisine.

  • Bonjour mon trésor. Tu t'es bien amusée avec Alexis ?

  • Oui, c'était génial, on a fait du patin à glace et je suis même pas tombée.

  • C'est vrai tu es une championne alors ?

  • Oh oui.

Alexis apparut à son tour et déposa le sac de Lily près de la porte avant de venir embrasser Kate.

  • Ensuite on a été au cinéma avec Brian, il m'a acheté du pop corn.

  • Brian ? Demanda Kate surprise d'entendre ce prénom pour la première fois.

  • C'est le nouvel amoureux d'Alexis. Ils ont pas arrêtez de se faire des bisous.

  • Lily !! la sermonna sa grande sœur.

Ce qui amusa beaucoup Kate. Rick avait raison passer une journée en famille loin de tous ces meurtres ne leur ferait que le plus grand bien.

  • Ben quoi ? C'est vrai !

  • Et si tu allais ranger tes affaires dans ta chambre ?

  • C'est obligé ? Grimaça Lily qui aurait voulu rester avec les grands pour finir de raconter tout ce qu'elle avait fait la veille.

  • Oui c'est obligé.

Lily récupéra son sac posé devant la porte de la cuisine en souflant puis monta à l'étage. Enfin à l'abri de ses petites oreilles indiscrètes, Kate, rongée par la curiosité s'empressa de demander à Alexis plus de détails sur ce mystérieux Brian.

  • C'est juste un collègue du bureau.

  • Avec qui tu as échangé pleins de bisous.

  • Il m'a juste embrassée sur le pallier avant de partir, et c'était la première fois, il ne s'est rien passé d'autre.

  • Mais il te plaît ?

  • Il est gentil et plutôt mignon c'est vrai mais je ne suis pas sûre de vouloir m'engager avec quelqu'un en ce moment. Je préfère me consacrer à mon travail.

  • Chérie le travail c'est bien mais ce n'est pas tout dans la vie. Suit mon conseil. Si ce garçon te plaît vraiment ne le laisse pas filer.

  • Je rêve c'est toi qui me dis ça ?

  • Justement je parle en connaissance de cause. Je me rends bien compte que j'ai eu beaucoup de chance. Ils ne sont pas tous aussi patient que ton père tu sais ?

  • Ça c'est sûr. Où est ce qu'il est ?

  • A l'aéroport, il est allé chercher ta grand-mère.

  • J'espère qu'elle a bien profité de ses vacances, parce que franchement en ville c'est pas la joie avec ce taré qui court toujours.

  • A ce propos, j'espère que tu es prudente ?

  • Tu plaisantes ! Tant qu'il est en liberté je ne me promène plus dans les rues seule le soir, ne t'inquiète pas. Vous avez des pistes ?

  • Toujours rien.

Le bruit d'une voiture qui se gare dans l'allée attira l'attention de Kate. Elle se dirigea vers la fenêtre de la cuisine qui donnait devant la maison et aperçut la voiture de Rick.

  • Les voilà. Écoutes Alexis j'ai promis à ton père qu'aujourd'hui on ne parlerait pas de l'affaire et puis il ne veut pas que ta grand-mère sache que l'on enquête dessus. Il ne veut pas qu'elle se fasse du soucis pour rien.

  • Je ne dirai rien.

La porte d'entrée s'ouvrit brusquement pour la seconde fois de la matinée. Une Martha radieuse franchit le seuil. Ces 3 semaines de vacances lui avaient profité à merveille. Elle semblait avoir rajeuni.

En reconnaissant le son de la voix de sa grand-mère, Lily se précipita à sa rencontre et dévala l'escalier quatre à quatre.

  • Ne cours pas dans les escaliers. La réprimanda Kate.

Mais Lily était déjà arrivée en bas et elle se jeta dans les bras de Martha pour le plus grand plaisir de celle-ci.

  • Grand-mère ! Cria Lily heureuse de revoir la matriarche qui lui avait affreusement manquée.

  • Bonjour mon lapin en sucre. Mais dis moi tu as encore grandi ?

  • Est ce que tu m'as ramené un cadeau ? Demanda la petite impatiente.

  • Lily, Johanna, Castle ! La gronda Kate qui avait horreur qu'elle réclame.

Elle refusait d'en faire une enfant gâtée.

  • Bien sûr chérie que je t'ai ramené un petit quelque chose.

  • Vous lui en faite beaucoup trop, Martha.

  • Mais enfin a quoi servirait les grands-mères si ce n'est à gâter ses petits enfants. D'ailleurs j'ai un cadeau pour chacun d'entre vous. Chéri tu peux aller chercher le sac bleu dans la voiture s'il te plaît ? Demanda t-elle à Rick.

Elle était impatiente de leur montrer ce qu'elle avait rapporté.

  • Vous avez fais bon voyage ? Demanda Kate tout en la conduisant vers le salon alors que Rick s'acquittait de sa tâche.

 

Pendant la demie heure qui suivit, Martha fit la distribution des cadeaux. Elle avait ramené pour Lily une magnifique poupée qu'elle avait trouvé durant son escale en Toscane, un maillot de bain à Alexis qui venait d'Italie et que Rick désapprouva fortement, trop peu de tissus à son goût. Martha le traita alors de rabat joie et lui appris qu'elle s'était offert le même. Il se refusa à l'imaginer dedans. Pour lui, elle avait ramené du Portugal, une bouteille d'un excellent porto et enfin Kate eu droit à une bouteille de parfum aux senteurs de patchouli du Maroc. Elle remercia Martha pour son cadeau et ouvrit la bouteille afin de sentir le parfum c'est alors qu'une nausée la prit par surprise et elle s'excusa pour se précipiter dans la salle de bain vomir.

Surprise par la réaction de sa belle fille, Martha se saisit du parfum à son tour et le porta à son nez.

  • ça sent pourtant très bon.

Kate réapparut cinq minutes plus tard, gênée et s'excusa une nouvelle fois.

  • Si j'avais su que la patchouli t'incommodait à ce point chérie, j'aurai choisi autre chose.

  • Non, ça n'a rien à voir avec le parfum, je suis juste un peu barbouillée en ce moment. Merci beaucoup pour le cadeau. Je l'aime beaucoup, vraiment.

  • Tu devrais faire attention, il y a une mauvaise grippe qui court en ce moment. S'inquiéta alors Alexis.

  • Je suis certaine que ce n'est pas ça. La rassura Kate avec un sourire non dissimulé.

  • Oh mon dieu ! S'exclama alors Martha. Ne me dis pas que tu es...

  • Enceinte. Si.

Kate aurait préféré attendre que son père soit arrivé avant d'annoncer la bonne nouvelle mais elle avait été trahi par le patchouli.

Les félicitations ne se firent pas priée, Martha serra tour à tour Kate et son fils dans ses bras trop heureuse de devenir grand-mère à nouveau. Alexis n'était pas en reste, elle aussi laissa éclater sa joie devant cette merveilleuse nouvelle.

Lily qui était montée un peu plus tôt dans sa chambre pour présenter sa nouvelle poupée à ses autres jouets, redescendit en quatrième vitesse, attirée par le soudain brouhaha qui s'échappait du salon.

  • Qu'est ce qui se passe ? Demanda t-elle surprise.

C'est alors que Kate se rendit compte qu'avec tout le travail qu'elle avait eu à accomplir ces deux dernières semaines, elle avait complètement oublié de réfléchir à la meilleure façon d'annoncer à sa fille qu'elle allait bientôt avoir un petit frère ou une petite sœur. S'apercevant de son trouble soudain, Rick vint à sa rescousse.

  • Viens t'asseoir chérie. Fit-il en prenant sa fille par la main.

Il la conduisit sur le canapé du salon et l'aida à s'asseoir. Kate rejoignit son mari et tout d'eux s'accroupir face à leur fille.

  • Avec maman on a une super nouvelle à t'annoncer.

  • On va avoir un chat ! S'extasia alors Lily toute excitée.

  • C'est encore mieux que ça. Fit Rick sur le même ton que sa fille.

  • Un chien ?

  • Non mon cœur. Ce n'est pas un animal mais tu pourras jouer avec. Fit Kate à son tour.

  • Un nouveau vélo ?

  • Ça peut durer encore longtemps. Les interrompit Martha. Si je peux vous donner un conseil, allez droit au but.

  • Merci maman pour ce merveilleux conseil mais on se débrouille très bien tout seul.

  • Je disais ça pour aider.

  • Alors c'est quoi ? Commença à trépigner Lily.

Finalement sa mère n'avait peut être pas tord se dit Rick.

  • Ok. Tu es prête pour la grande nouvelle ?

  • OUI !!!

  • Alors voilà. Tu vas avoir un petit frère. Lâcha t-il.

  • Ou une petite sœur. Le reprit Kate.

  • Oui. Ou une petite sœur. Alors qu'est ce que tu en dis chérie ?

L’enthousiasme de Lily venait de retomber comme un soufflé.

  • Non, ça c'est nul, je préfère un chat.

Rick et Kate échangèrent un regard inquiet. Ils ne s'attendaient pas à cette réaction de la part de leur fille et ne savait plus quoi dire.

  • Tu plaisantes ! Intervint Alexis émue par la détresse de ses parents. Une petite sœur c'est génial et je sais de quoi je parle.

  • Mais moi j'en veux pas. Ramenez le d'où il vient.

Lily se leva du canapé furieuse et se précipita dans sa chambre.

  • ça c'est pas si mal passé. Fit Martha pour dédramatiser la situation.

Kate s'effondra dans les bras de Rick alors qu'on sonnait à la porte. Alexis laissant le temps à ses parents de se remettre de leur déception alla ouvrir et réapparu une minute plus tard accompagnée de Jim. Le père de Kate remarqua tout de suite à la tête de sa fille que quelque chose n'allait pas avant même de la saluer mais se mépris sur la raison de son air abattu.

  • Je vois que vous avez vu les infos.

 


jogeo1  (06.04.2018 à 19:22)

CHAPITRE 16

 

C'est une Kate en furie qui débarqua au 1 Police Plazza. Depuis qu'elle avait lu l'article dans la presse elle ne décolérait pas. Comment Victoria avait pu lui faire un coup pareil, elle se sentait trahi. Elle était dans un tel état d'énervement que Rick la conduisit en ville, il refusait qu'elle prenne le volant tant qu'elle ne serait pas calmée.

Même si il se montrait plus réservé que sa femme, ce n'était qu'en apparence car à l'intérieur il bouillonnait également. A cause du maire et de Victoria, sa famille se retrouvait une fois de plus dans la ligne de mire. Il ne pouvait s'empêcher de penser à la réaction de l'assassin quand il lirait les journaux.

Arrivés devant le bureau de Gates, ils ne prirent pas la peine de frapper ou de s'annoncer et pénétrèrent dans la petite pièce en trombe. Kate balança alors rageusement son exemplaire du journal sur le bureau en vociférant.

  • Comment avez-vous pu nous faire ça ? J'avais votre parole !!!

  • Kate j'allais vous appeler. Je vous jure que je n'y suis pour rien. Je ne savais pas ce que Bowman allait faire.

  • Est ce que vous vous rendez compte que cet article est un appel au meurtre ? Que si l'assassin a vu les infos...

  • Malheureusement, je peux vous assurer qu'il les a vue.

Victoria se saisit d'une enveloppe posée sur son bureau et la tendit à Kate d'un air grave.

  • Nous avons reçu ça ce matin au courrier. Elle vous est particulièrement adressée.

Kate se saisit de l'enveloppe et en extirpa un bout de papier plié en quatre. A peine l'eut elle déplié qu'elle reconnue immédiatement l'écriture. Il s'agissait de la même que sur la lettre que Victoria lui avait montrée le jour où elle était venue lui demander de l'aide chez elle. Il n'y avait aucun doute dans son esprit, il s'agissait bien d'un mot de l'assassin. Prise subitement d'un vertige, elle se laissa tombée sur une chaise et commença la lecture.

  • Qu'est ce que ça dit ? Demanda Rick très inquiet de la réaction de son épouse.

Sans rien ajouter, elle lui tendit la lettre qu'il lu à voix haute :

  • « Vous avez enfin trouvé un adversaire à ma hauteur si j'en crois notre cher maire. Alors capitaine Beckett, prête à jouer avec moi ? Que la partie commence. »

A la lettre il avait joint la photo d'une jeune fille. Elle portait un bâillon et semblait terrorisée. Dans ses yeux on pouvait lire toute l'horreur qu'elle s'apprêtait à vivre.

  • C'est pas vrai ! Fit Rick en fermant les yeux.

Ses pires craintes étaient en train de se réaliser.

  • Je suis sincèrement désolée.

Victoria se confondait en excuses mais elle savait que cela ne servait plus à rien. Le mal était fait.

  • Pas autant que moi. Finit par répondre Kate une fois remise du choc. Je laisse tomber.

Sans ajouter un mot elle se leva et quitta la pièce.

 

 

Après le départ de Rick et de Kate, Alexis avait laissée Jim et sa grand-mère seuls dans le salon pour rejoindre sa petite sœur. Elle avait promis à son père de s'occuper de Lily jusqu'à leur retour et elle comptait bien tenir sa promesse.

Quand elle entra dans la chambre de Lily, elle la trouva assise sur son lit. Elle s'amusait comme si de rien n'était avec sa nouvelle poupée et ignora complètement sa grande sœur.

  • Qu'est ce que tu fais ? Demanda alors Alexis en s'asseyant à ses côtés sur le lit.

  • Je joue avec ma poupée.

  • Elle est jolie. Comment tu vas l'appeler ?

  • Elsa. Comme la reine des neiges. Tu joues avec moi ?

  • Bien sûr mais avant je voudrais qu'on discute un peu toutes les deux. Une discussion sérieuse comme les grandes personnes. Tu veux bien ?

Pour seule réponse, Lily haussa les épaules.

  • Je voudrais qu'on reparle du bébé.

  • Papa et maman vont le renvoyer, je vais avoir un chat à la place.

  • Non Lily. Ce n'est pas possible. Ils ne peuvent pas faire ça tu sais.

  • Pourquoi ?

  • Parce que le bébé est déjà dans le ventre de ta maman et si on l'enlevait on lui ferait du mal. Tu ne veux pas lui faire de mal ?

  • Non. Fit elle toute penaude.

  • Dis moi, pourquoi tu ne veux pas d'un petit frère ou d'une petite sœur ? Moi j'étais super contente quand j'ai su que j'allais t'avoir.

  • C'est vrai ?

  • Bien sûr. C'est chouette d'avoir une sœur avec qui on peut jouer, raconter tout un tas de secret, et puis en tant que grande sœur, tu peux lui apprendre plein de choses.

  • Je sais mais...

  • Mais quoi ma puce ?

  • Papa et maman m'aimeront moins après.

  • C'est faux.

  • Non c'est vrai. Il y aura moins de place pour moi dans leur cœur.

  • Est ce que tu crois que papa m'aime moins que toi ?

  • Heu...non.

  • Non. Et il aimera le bébé autant qu'il nous aime toutes les deux. Je peux te le jurer.

  • Tu crois ?

  • J'en suis sûr, et tu sais pourquoi ? Parce que le cœur des papas et des mamans est magique.

  • Magique ?

  • Puisque je te le dis. Et tu sais pourquoi il est magique ?

  • Non

  • parce qu'il n'a pas de limite. Il peut s'agrandir à l'infini. Alors tu vois, il y aura toujours de la place pour toi même si tu as un petit frère ou une petite sœur.

  • C'est vrai ?

  • Est ce qu'une grande sœur mentirai ?

  • Non.

  • Tu es rassurée ?

  • Oui mais... Papa et maman sont très fâchés après moi maintenant.

  • Ils ne sont pas fâchés, mais ce que tu leur as dis leur a fait beaucoup de peine tu sais.

  • Je suis désolée. Je vais aller leur faire un câlin.

  • C'est une bonne idée mais ils ont dû partir, tu leur feras quand ils rentreront.

  • Ils sont jamais là en ce moment. Fit elle toute tristounette.

Les absences répétées de ses parents commençaient à se faire ressentir sur le moral de la petite fille.

  • Je sais qu'ils te manquent mais on pourrait leur faire un gâteau pour quand ils rentreront ?

  • Oh oui !!

Lily bondit de son lit, contente de préparer une surprise pour ses parents avec sa grande sœur.

  • Au chocolat. C'est le préféré de papa.

  • Va pour un gâteau au chocolat.

Alexis prit Lily par la main et elles descendirent ainsi les escaliers. Lily se sentait beaucoup mieux après cette discussion de grandes toutefois une question lui brûlait encore les lèvres.

  • Dis Alexis. Comment il a fait le bébé pour rentrer dans le ventre de maman ?

 

Quand ils arrivèrent au douzième, une meute de journalistes campaient sur les marches menant au commissariat. Kate reconnu immédiatement l'un d'entre eux, Phil Danker, un journaliste sans talent ni scrupules travaillant pour une feuille à sensation de New York. La démission d'un brillant capitaine de police suite à la fusillade qui avait eu lieu chez elle, et le calvaire enduré par son mari presque laissé pour mort avait été parfaitement dans ses cordes. Inutile de dire qu'il n'était pas l'un des préférés de Kate Beckett.

Deux reporter les reconnurent en même temps et se précipitèrent.

  • Que ressentez vous en revenant ici, capitaine Beckett ?

  • Est ce qu'il y a du nouveau dans l'affaire ?

  • Une déclaration sur la façon dont Esposito l'a conduite avant vous ?

  • Pas de commentaires dit Kate en essayant de passer.

  • Avez-vous un point de vu nouveau sur cette affaire ? Insista le plus jeune des journalistes lui barrant la route.

  • Pas de commentaires répéta t-elle alors que Danker lui barrait la route à son tour.

  • En somme, vous n'avez toujours pas coincé l'éventreur. Je croyais qu'on attendait de vous des résultats rapides, capitaine.

  • On a dit pas de commentaires. S'énerva Rick en poussant violemment le journaliste afin de laisser passer Kate.

  • Monsieur Castle, vous avez l'air en meilleur forme ?

Ecoeurée, Kate se retourna et lança alors un regard noir au journaliste indélicat.

  • Mêlez vous de vos affaires espèce de sale fouille merde.

Rick la poussa délicatement et ils s'engouffrèrent dans l'immeuble.

Le journaliste attaqué se tourna vers ses confrères avec un sourire narquois sur les lèvres.

  • Je crois que j'ai touché une corde sensible.

 

On était samedi mais les couloirs et les bureaux débordaient d'activité. Les téléphones sonnaient, et dans la salle de service, des agents en uniforme rentraient et sortaient. Alors que le couple gagnait le bureau de Kate, celle-ci remarqua au passage que Ryan et Espo se trouvaient tous les deux dans le bureau de ce dernier. Kate s'arrêta net.

  • Est ce que ça t'ennuierais de rassembler mes affaires, je voudrais aller parler aux gars.

  • Bien sûr.

  • Merci chéri. Je ne serais pas longue.

Avant de partir, elle avait besoin de s'entretenir avec ses amis pour leur expliquer son choix. Eux seuls à cet instant pouvaient comprendre dans quel état d'esprit elle se trouvait. Elle savait que quoi qu'il arrive elle pourrait compter sur leur soutien. Elle alla donc frapper à la porte du bureau d'Esposito et c'est l'air grave qu'il lui fit signe d'entrer.

  • Je vois que tu es au courant.

  • J'en reviens pas de ce que viens de faire cet imbécile de Bowman. Et dire que j'ai voté pour lui !

  • Comment tout le monde prend la nouvelle ?

  • C'est justement pour ça que je voulais te parler.

  • Je vais vous laisser. Fit Ryan.

  • Non reste... Écoutez les gars je suis désolée mais je ne peux pas continuer comme ça.

  • Kate...

  • Je sais que je vous laisse tomber au pire moment mais...je ne peux pas faire revivre ça à ma famille, ne m'en veuillez pas.

  • Kate, c'est pas grave. Je comprends, je t'assure. On va se débrouiller ne t'en fais pas pour nous et prends soin de toi. La rassura Javier.

Evy, qui malgré elle avait entendu la conversation en passant devant la porte du bureau que Kate avait laissé ouverte, ne prenait pas la nouvelle aussi sereinement que son capitaine.

  • Vous ne pouvez pas faire ça ! S'écria t-elle.

  • Kincaid, vous écoutez aux portes maintenant ! La sermonna Esposito.

  • Je n'écoutais pas aux portes capitaine, j'ai entendu c'est tout.

  • Je suis désolée Evy mais je dois préserver le bien de ma famille.

  • Votre famille ! Et la famille de la victime qu'est ce que vous en faites ?

  • Il y a pleins de flic très compétent ici, vous n'avez pas besoin de moi.

  • Alors tous vos beaux discours sur l'importance du travail d'équipe, c'était du flan.

  • Bien sûr que non.

  • Bien sûr que si vu qu'à la première difficulté vous la laissez tomber l'équipe.

  • Je n'ai pas le choix.

  • On a toujours le choix seulement faut-il faire le bon... Vous savez, j'ai entendu plein de mots vous qualifiant mais jamais je n'aurai cru que la lâcheté en faisait parti.

  • Officier Kincaïd vous dépassez les bornes !! la reprit Esposito. Sortez d'ici avant que je ne vous colle un blâme pour insubordination.

  • Bien capitaine. J'ai un assassin à arrêter moi.

Furieuse, Evy claqua la porte derrière elle en partant.

  • Je suis désolé, ne fais pas attention à ce qu'elle dit.

  • Non, elle a raison au fond.

En arrivant au poste elle était bien décidée à tout arrêter, mais les mots d'Evy l'avaient touchée. Elle ne savait plus quoi faire. Quoi qu'elle décide, elle avait peur que quelqu'un ne finisse par en souffrir.


jogeo1  (20.04.2018 à 21:30)

Encore mille excuses pour le retard. Bonne lecture et à très vite pour la suite.

 

CHAPITRE 17

 

 

Alors qu'il finissait de mettre les derniers effets personnels de Kate dans une boîte en carton, elle apparut sur le pas de la porte l'air sombre. Elle avait enfin pris une décision qui elle le savait allait fortement déplaire à son époux, mais une vie était en jeu alors avait elle réellement le choix. Elle sourit faiblement quand Rick se tourna vers elle.

  • Tu n'avais pas grand chose tout tien dans cette petite boîte. Je viens d'avoir Alexis au téléphone. Je lui ai dit qu'on ne serait pas long. Comment les gars ont pris la nouvelle ?

Elle ne savait pas quoi répondre mais au final son silence en disait long. Rick compris aussitôt en la regardant ce qu'elle n'osait pas lui avouer.

  • Tu ne vas pas laisser tomber.

  • Rick...

  • Tu avais promis. Tu m'as regardé droit dans les yeux et tu as promis qu'au moindre problème tu laisserais tomber.

  • Je sais mais... ce n'est qu'un article de journal après tout ce n'est pas si grave.

  • Pas si grave !!! Tu plaisantes !!! Tu as lu ce torchon ! Ce journaliste a étalé notre vie privée au grand jour et ce malade l'a certainement lu comme le reste de la ville. Et tu sembles vite oublier la lettre de menace qu'il t'a adressé. Pas à la police Kate mais à toi.

  • Justement, il ne me menace pas il me mets au défit de l'attraper. Jamais il ne me fera du mal, il a besoin de moi.

  • Mais qu'est ce que tu en sais à la fin ? Ce type est un malade. Qui peux savoir ce qui lui passe par la tête ?

  • Elle est vivante Rick. On ne parle plus seulement d'arrêter un assassin mais de sauver une vie. Tu comprends, on peut encore la sauver, je ne la laisserais pas tomber. Je ne peux pas.

  • Tu ne changeras pas d'avis, ce que je peux ressentir tu t'en fiche.

  • C'est faux ! Mais enfin, je ne fais pas ça pour te faire de la peine ! Mais je dois le faire sinon jamais je ne pourrais plus me regarder dans une glace. Pourquoi tu ne peux pas comprendre ça ?

  • Oh mais ne t'en fais pas, j'ai très bien compris. Vas y fais ce que tu veux de toute manière tu n'en as toujours fait qu'à ta tête et peu importe les conséquences.

  • Je suis désolée. Fit elle au bord des larmes.

  • Non c'est moi qui suis désolé. Désolé d'avoir cru que ça serait différent cette fois.

  • Rick, je t'en prie...

  • Fais ce que tu as à faire mais je ne resterai pas les bras croisés à te regarder détruire notre famille, pas cette fois.

Elle ne réussit pas à retenir ses larmes plus longtemps. Elle les sentit couler le long de ses joues alors que Rick quittait le bureau furieux. Il était en colère après Kate et après lui même mais il en voulait surtout à ce monstre qui s'était immiscé dans leur vie et qui ne faisait que du mal autour de lui. Il devait penser à mettre ses filles à l'abri. Si Kate ne semblait rien avoir appris du drame qui les avait frappé il y a cinq ans, lui ne referait pas la même erreur. Ils avaient sous estimé Locksat pensant l'avoir berné et en avaient lourdement payé le prix. Ils avaient non seulement mis leurs vies en danger mais aussi celles de leur famille. Alors que sa mémoire lui jouait encore des tours, jamais il ne pourrais oublier ce sentiment d'impuissance qu'il a ressentit alors qu'il était sous l'influence du sérum de vérité et qu'il avait malgré lui condamné sa mère et sa fille à mort. Il se jura intérieurement que cela n'arriverait plus jamais.

En quittant le bureau de fortune de Kate Rick avait bousculé Adamson. Ce dernier n'avait pas perdu une miette de la conversation plus que houleuse de Beckett et de son grand dadais de mari. Finalement contrairement à ce qu' Evy affirmait, tout n'était pas rose entre ces deux là et il décida de profiter de la brèche qui venait de se créer pour tenter de se rapprocher de Beckett.

  • Mais enfin c'est quoi son problème ? On essaie d'arrêter un tueur et monsieur s'en fait pour son petit confort et sa petite vie tranquille. Il a raison de ficher le camp. Quand on a pas les épaules pour faire ce boulot vaut mieux rester bien au chaud chez soi.

  • De quoi est ce que je me mêle ? Fit Kate en le fusillant du regard.

  • Je disais juste que...

  • Vous ne le connaissez pas alors je vous interdis de le juger.

Incapable de supporter d'avantage la suffisance d'Adamson, elle quitta le bureau à son tour et traversa la salle des inspecteurs dans l'espoir de rattraper Rick mais il avait déjà quitté les lieux. C'est alors qu'elle fut prise d'une violente douleur à l'abdomen. Elle s'appuya au bureau qui se trouvait devant elle, le temps que la douleur s'apaise.

  • Madame vous vous sentez mal ? Demanda Evy qui venait d'assister à la scène.

  • Non c'est rien ça va.

  • A d'autres. Parish a des pensionnaires, à la morgue, qui ont meilleure mine que vous.

  • Ça va je vous assure. D'ailleurs c'est passé.

  • Vous savez quoi ? Je n'ai rien avalé depuis ce matin. Et si on allait se chercher de quoi grignoter ?

  • C'est gentil mais je ne peux rien avaler.

  • Et bien vous me regarderez manger alors. Allez venez, sortons d'ici, prendre un peu l'air vous fera le plus grand bien.

 

Finalement Kate avait fini par se laisser convaincre et avait suivit Evy au café du coin. Elles s'étaient assises dans le fond de la salle pour être un peu plus au calme. Alors que Kate s'était contentée d'un café Evy elle engloutissait un énorme sandwich au poulet.

  • Vous êtes sûr que vous n'en voulez pas un peu ? Je partage si vous voulez ?

  • Merci mais je n'ai vraiment pas faim.

Evy n'insista pas. Elle voyait bien que Kate n'était pas dans son assiette et se sentait en partie responsable. Si elle ne l'avait pas agressée verbalement dans le bureau du capitaine, rien de ce qui s'est passé ensuite n'aurai eu lieu.

  • Je voulais vous dire pour tout à l'heure dans le bureau d'Esposito..., je suis vraiment désolée.

  • Vous avez dit ce que vous pensiez, je ne vous en veux pas.

  • Peut être mais j'y suis allée un peu fort. Jamais je n'ai pensé que vous étiez lâche, c'est sorti comme ça sous le coup de la colère. Et si j'avais su que ça vous causerait autant d'ennui...

  • Ce n'est pas votre faute Evy. Je suis la seule responsable de tout ce gâchis. Je n'aurai jamais dû faire une promesse que je suis incapable de tenir.

  • Il avait l'air très en colère.

  • Je sais et je m'en veux de lui faire subir ça encore une fois et si la vie d'une jeune fille n'était pas en jeu...

  • Encore une fois ? Demanda Evy surprise par l'emploi du mot « encore »... Je ne comprends pas.

  • C'est une longue histoire.

  • Désolée, je ne voulais pas être indiscrète.

  • Ce n'est rien, de toute façon ce n'est pas un secret. Quand j'avais 19 ans ma mère a été assassinée et j'ai passé la majeur partie de ma vie d'adulte à traquer celui qui lui avait fait ça. Je voulais obtenir justice. C'était devenu une obsession. Je ne vivais plus que pour ça jusqu'à ce que je rencontre Rick et que j'en tombe amoureuse. Il m'a redonné le goût de vivre. Il m'a aidé sur mes enquêtes et ensemble nous avons arrêté le monstre qui avait prit la vie de ma mère.

  • Vous avez obtenue justice.

  • Je pouvais enfin être heureuse et je l'ai été comme jamais mais à peine six mois après notre mariage des amis à moi on été assassiné par les membres d'une organisation criminelle du nom de Locksat. On m'a mise en garde, si je m'en prenais à eux je ne vivrais pas longtemps et les gens que j'aimais risquaient de se faire tuer. Mais je n'ai pas écouté. Toujours cette soif de justice. J'ai quitté mon mari sans explication pour le protéger et je me suis jetée une nouvelle fois à corps perdu dans cette enquête, mettant mon bonheur entre parenthèses. Quand Rick a découvert la raison de notre séparation, il était furieux que je l'ai mis à l'écart. Il pensait que je n'avais plus fois en lui alors que tout ce qui m'importait c'est qu'il reste en vie. Je l'ai profondément blessé mais il m'a pardonné. Il a toujours compris pourquoi je faisais ce que je faisais et je ne l'en aime que d'avantage pour ça.

  • Et finalement ensemble vous les avait fait tomber.

  • C'est vrai mais ça c'est très mal terminé.

  • La fusillade dans votre appartement il y a cinq ans.

  • La suite vous la connaissez.

  • Je comprends mieux la réaction de votre mari.

  • Je sais qu'il veut juste me protéger, qu'il a peur pour moi, pour notre fille et en toute honnêteté, moi aussi j'ai peur. Peur de le perdre, de faire souffrir ma famille une nouvelle fois. Peur de ne plus pouvoir m'arrêter...mais je refuse de laisser la peur diriger ma vie. La vie d'une jeune fille en dépend. Je dois faire tout mon possible pour la retrouver avant qu'il ne soit trop tard.

  • Alors faisons en sorte que cette jeune fille rentre vite chez elle.

  • Il faut absolument qu'on arrive à l'identifier.

Comme si le ciel avait entendu Kate, son portable se mit à sonner.

  • Kate ! C'est Ryan.

  • Du nouveau ?

  • C'est pour ça que je t'appelle. Une certaine Mélanie Pierce a appelé le central ce matin pour signaler une disparition. Sa colocataire n'est pas rentrée cette nuit et elle ne répond plus au téléphone.

  • Elle a sûrement passé la nuit chez un copain.

  • C'est ce que l'agent qui lui a parlé a répondu et je sais qu'il est beaucoup trop tôt pour parler de disparition. Ce n'est peut être rien mais vu les circonstances je me suis dis que...

  • Tu as raison, il vaut mieux être prudent. Donne moi l'adresse, je suis avec Evy, nous allons aller parler à cette fille, continuez de chercher de votre côté, on vous tien au courant.

  • Qu'est ce qui se passe ? Demanda Evy dès que Kate eut raccroché.

  • Une jeune fille n'est pas rentrée chez elle et sa colocataire se fait du souci.

  • Je peux m'en charger si vous voulez.

  • Vous ne voulez déjà plus de ma compagnie ?

  • Non ce n'est pas ça. Au contraire je suis flattée de faire équipe avec vous mais je croyais que vous ne deviez pas aller sur le terrain ?

  • Il faut croire que je ne tiendrai pas cette promesse la non plus. Fit elle non sans éprouver de remords vis à vis de Rick.

  • Si votre mari l'apprend...

  • Evy, plus vite j'aurai arrêté ce malade, plus vite je pourrais rentrer chez moi auprès de ma famille. Et puis de toute façon avec vous je ne risque rien.

 

 

Quand Rick arriva chez lui, il fut soulagé de voir que la voiture de Jim avait disparu. Ne les voyant pas revenir, ce dernier avait dû perdre patiente et était rentré chez lui et cela ne faisait que l'arranger. Il était toujours en colère contre Kate et n'aurait pas su quoi dire à son père.

En pénétrant dans la maison il entendit des éclats de rire provenant de la cuisine. Les filles étaient en train de s'amuser à se lancer de la farine sous le regard attendrit de leur grand-mère. D'ordinaire ce genre de scène lui mettait du baume au cœur mais aujourd'hui il était bien trop préoccupé pour pouvoir profiter de ce moment.

  • Salut papa ! Fit Alexis en l'apercevant.

  • Mais qu'est ce que vous êtes en train de faire ?

  • On fais un gâteau pour toi et maman. Répondit Lily toute fière.

Devant l'expression de son père qui avait l'air furieux mais pas pour la raison qu'elle pensait Alexis s'empressa d'ajouter.

  • On en a mis un peu partout je sais mais je vais tout ranger, promis.

  • Elle est où maman ? Demanda alors Lily.

  • Elle est au travail.

  • Elle revient quand ?

  • Je sais pas.

  • Mais elle a promis de jouer avec moi aujourd'hui. Protesta la petit.

  • Vous jouerez une autre fois.

  • Mais elle avait promis aujourd'hui, c'est pas juste !

  • Je sais chérie mais...

  • Je veux maman !! Je veux maman !! Je veux maman !!

  • Lily ça suffit !! cria alors Rick à bout de patience.

C'était la première fois qu'il haussait le ton sur sa cadette et cet excès de colère soudain surpris tout le monde et Lily plus particulièrement. Elle se tut immédiatement et fixa son père avec une expression qui traduisait une incompréhension totale.

  • Tu veux ta mère ! Alors tu n'as cas le lui dire ! Qu'est ce que j'y peu moi si elle préfère son travail à sa famille !!

  • Richard !! Qu'est ce qui te prend ? Le repris immédiatement Martha qui ne reconnaissait plus son fils.

Rick regretta immédiatement ses paroles.

  • Pardon ma puce, je ne voulais pas...

Mais trop tard, le mal était fait.

  • Menteur !! c'est pas vrai que maman préfère son travail !! t'es méchant, je te déteste !! Vociféra Lily avant de quitter la pièce en courant.

  • Lily !

  • Je m'en occupe. Fit alors Alexis en partant à la suite de sa petite sœur non sans lancer un regard de reproche à son père.

  • Mais enfin Richard qu'est ce qui se passe ?

  • Je suis désolé. Fit il en s'effondrant sur une chaise et se prenant la tête à deux mains.

  • Chéri, c'est à cause de cette enquête ?

Rick releva la tête dévisageant sa mère surpris.

  • Et oui je suis au courant, Jim m'a tout raconté. Tu pensais vraiment ne pas mettre ta propre mère au courant ?

  • Je ne voulais pas que tu t'inquiètes pour rien.

 

Castle passa la demie heure qui suivit à tout expliquer à sa mère. Comment Victoria Gates était venue relancer Kate pour qu'elle aide la police de New York sur une enquête délicate, comment après avoir émis quelques réticences il l'avait finalement encouragée à accepter sous certaines conditions et avait même finit par la rejoindre pour enfin lui parler de la lettre qui était arrivée ce matin.

  • Mais enfin, à quoi est ce que tu pensais ?

  • Par ce que maintenant ça va être de ma faute ! S'indigna t-il.

  • Qui l'a poussée à reprendre du service dis moi ?

  • Je...

Touché. Il ne savait plus quoi dire.

  • Richard, tu pensais vraiment qu'une fois plongée dans cette enquête elle pourrait laisser tomber sans avoir obtenue justice pour les victimes ? Tu la connais donc si mal ?

  • Tu as raison, je suis vraiment un imbécile.

  • Tu es beaucoup de choses chéri mais certainement pas un imbécile. Tu savais pertinemment ce qui allait arriver et tu as laissé faire. C'est pour cette raison que tu es si en colère.

  • J'ai eu peur de la perdre.

  • Je retire ce que je viens de dire, tu es un imbécile.

  • Quoi ?

  • Comment peux tu imaginer une seule seconde que Kate puisse te quitter un jour. Elle t'aime grand nigaud. Et si tu en doute encore après toutes ces années et tout ce que vous avez traversé c'est que tu es vraiment un imbécile.

  • Mais si tu avais vu la lueur dans ses yeux seulement à l'idée de reprendre du service. Elle adorait son travail et elle a tout quitté à cause de moi.

  • Pas à cause de toi mais pour toi.

  • Et qu'elle différence ça fait ? Je ne veux pas qu'un jour elle se rende compte qu'elle n'est pas heureuse de n'être que madame Castle et qu'elle finisse par me détester de l'avoir empêchée de vivre sa vie.

  • Sa vie c'est toi, Lily et le bébé qu'elle porte.

  • Alors pourquoi elle a refusé de rentrer avec moi ?

  • Elle essaie juste de sauver une vie, tu ne peux pas le lui reprocher. Si c'était Alexis qui était entre les griffes de ce monstre, tu ne voudrais pas les meilleurs sur l'enquête ? Et la meilleure c'est Kate.

  • Je sais seulement... Mère j'ai un horrible pressentiment. Je ne peux pas l'expliquer mais... Je sais que tu rentres à peine mais est ce que tu pourrais prendre Lily et l'emmener pour quelques temps loin de la ville. Vous pourriez aller dans les Hamptons ?

  • Bien sûr chéri si ça peu te rassurer mais toi qu'est ce que tu vas faire ?

  • Je ne peux pas la laisser toute seule.

  • Promet moi que vous ferez très attention.

  • Promis. Je vais aller faire la valise de Lily.

Il se leva et déposa un baiser sur la joue de sa mère.

 

Pendant ce temps, Jenna luttait pour s'élever au dessus de la douleur. Se laisser sombrer, perdre connaissance, était une manière d'y échapper, mais il la ramenait toujours pour lui infliger toujours plus de souffrance.

Pourquoi n'avait elle pas appelé un taxi ? Pourquoi ne s'était elle pas un peu servi de sa tête pour commander une voiture en sortant de cette foutue fête ? Pourquoi y être allée d'ailleurs ? Pourquoi ne pas être restée à la maison pour regarder des films avec Mélanie ? Elle se mit à pleurer, se débattit. Le goût de ses propres larmes lui envahit la bouche jusqu'à ce qu'elle s'immobilise épuisée.

 


jogeo1  (27.05.2018 à 18:49)

CHAPITRE 18

 

 

Beckett et Kincaid arrivèrent devant un immeuble de brique dont la façade avait récemment été restaurée. Quelques marches bordées d'une rampe en fer forgée menaient à la porte d'entrée. Un jeune homme sortait de l'immeuble au moment où les deux jeunes femmes arrivaient et elles en profitèrent pour s'engouffrer dans l'immeuble. Le petit hall d'entrée était aussi bien entretenu que l'extérieur avec un planché en faux bois propre et deux ascenseurs aux portes d'un noir brillant. Elles empruntèrent l'un d'eux jusqu'au neuvième étage où vivait Mélanie Pierce, la jeune femme qui avait appelé le poste pour signaler la disparition de sa colocataire.

A peine eurent elles frappées à la porte de l'appartement 902, que celle-ci s'ouvrit. Une jeune femme apparut, des cheveux courts encadraient un visage rongé par la fatigue et l'inquiétude.

  • Vous êtes de la police ?

Evy sortit son insigne.

  • Officier Evelyn Kincaid et voici Kate Beckett, vous êtes Mélanie Pierce ?

  • Oui. Entrez. Ils ont dis... quand j'ai contacté la police, on m'a dit que Jenna n'était pas injoignable depuis assez longtemps pour qu'on la considère comme disparue. Ils m'ont dit d'attendre une journée de plus, d'essayer de la rappeler sur son portable, de contacter d'autres amis à elle. Puis ils m'ont recontactée il y a quelques minutes pour m'annoncer que quelqu'un arrivait. Vous l'avez retrouvée ? C'est pour ça que vous êtes venues ?

  • Non. Nous venons juste donner suite à votre appel. Nous vérifions tous les signalements de personnes disparues en rapport potentiel avec une autre affaire.

  • Quelle autre affaire ?

Cette jeune fille semblait intelligente et dotée d'un esprit vif se dit Kate et elle leur serait certainement utile mais elle ne voulait pas l'inquiéter d'avantage en évoquant l'éventreur, du moins pas tout de suite. Pour le moment, elles avaient surtout besoin de plus d'informations.

  • Mademoiselle Pierce, avant toute chose, auriez vous une photo récente de Jenna ? Demanda alors Kate ?

Elle devait s'assurer qu'elles n'étaient pas en train de perdre un temps précieux.

  • Oui bien sûr, je vais vous en chercher une. Je vous en prie entrez.

Elle leur désigna la salle de séjour.

Il ne lui fallut pas plus d'une minute pour revenir avec une photo d'elle et de Jenna prise quelques semaines plus tôt. En découvrant le visage souriant de la jeune femme une boule se forma instinctivement au creux de l'estomac de Kate. Plus aucun doute n'était possible, Jenna était bien la dernière victime de l'éventreur. Elle échangea un regard grave avec Evy qui en était arrivée à la même conclusion.

  • Qu'est ce qui se passe ? Demanda alors Mélanie consciente que quelque chose de grave était arrivé à sa meilleure amie.

  • Quand avez vous vu Jenna pour la dernière fois ?

  • Elle est sortie hier soir vers 21 heures en compagnie de Matt Diaz, c'est son petit ami. Ils allaient à une fête. Je ne sais pas trop où. Du côté de West village je crois.

Mélanie joignit les mains sur ses genoux. Aux yeux de Kate, elle faisait de son mieux pour rester calme et cohérente.

  • elle m'a envoyé un texto vers minuit et demi en me disant qu'elle rentrait parce que j'avais vu juste et que Matt était un enfoiré. Elle m'a demandé de l'attendre si je n'étais pas encore couchée. J'ai sorti une bouteille de vin et les brownies au chocolat qu'on se garde pour les urgences. Mais elle n'est pas rentrée. J'ai attendu jusqu'à environ 1 heure puis j'ai appelé son portable mais ça ne passait pas, comme si la batterie était morte ou que son portable était cassé. Je n'ai même pas pu avoir son répondeur. J'ai réessayé un paquet de fois, mais elle n'a jamais décroché.

  • Et ce Matt Diaz ?

  • Je l'ai appelé, il était toujours à la fête et défoncé. Rien d'étonnant. Il m'a dit qu'elle était partie. Il n'aurait pas su dire quand et il n'avait pas l'air de beaucoup s'en soucier si vous voulez mon avis. Il m'a sorti son baratin habituel comme quoi elle avait mal compris la situation et lui avait fait une crise de jalousie.

Les larmes lui montèrent aux yeux sans toutefois éteindre la colère qui l'habitait.

  • Il la trompe, c'est un loser. Le texto de Jenna m'a vraiment soulagée parce qu'elle semblait enfin en avoir fini avec lui pour de bon.

  • Ecoutez Mélanie...

  • Non, je sais ce que vous pensez. C'est une adulte, elle s'est disputée avec son copain, elle a voulu rentrer et puis a changé d'avis. Peut être qu'elle s'est arrêtée dans un bar ou qu'elle a croisé quelqu'un qu'elle connaissait et qu'elle a finit la nuit avec lui. Mais elle n'aurait pas fait ça. Elle m'a demandé de l'attendre. Jamais elle ne m'aurai laissé m'inquiéter comme ça. Elle m'aurait contactée. On est comme deux sœurs, je la connais par cœur et je sais qu'elle n'aurait pas fait ça. Il lui est arrivé quelque chose.

  • Je vous crois Mélanie. Avait elle des ennuies avec qui que ce soit ? Quelqu'un qui aurait pu s'en prendre à elle ?

  • Non. C'est quelqu'un d'adorable. Tout le monde l'adore. Il faut absolument que vous la retrouviez, je vous en prie.

  • Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir. Je vous le promet.

  • Merci.

 

De retour dans le couloir Evy interrogea Kate sur la démarche à suivre.

  • Qu'est ce qu'on fait maintenant ?

  • Tout d'abord nous allons interroger ce fameux Matt.

  • Vous pensez que ça pourrait être lui ?

  • C'est peu probable mais il est la dernière personne à l'avoir vu en vie. Nous devons absolument savoir où se déroulait cette fête.

  • Je ne vois pas en quoi ça va nous aider. On sait qu'il a enlevé Dorian près de l'opéra et on a jamais rien trouvé, aucun indice. Pourquoi ce serait différent cette fois ?

  • Parce que l'enlèvement de Jenna n'était pas prévu. Notre homme était en colère suite aux propos du maire. Ce que je pense c'est qu'il a croisé Jenna alors qu'elle rentrait seule en pleine nuit, et qu'il a saisit l'occasion. Mais il a agit sous le coup de ses émotions, il n'avait rien prémédité. Il a forcément été moins prudent.

  • Et a certainement laissé un indice derrière lui. Bien vu. Fit Evy admirative de l'esprit de déduction de Kate.

 

De retour au poste, Kate fit part de ses dernières découvertes au reste de l'équipe. La dernière victime de l'éventreur s'appelait Jenna Campbell, et travaillait dans une agence de mannequin où elle s'occupait d'organiser des shootings avec des agences de pub et des designer. C'est d'ailleurs dans cette agence qu'elle avait rencontré son petit ami Matt Diaz.

Sur le chemin du poste, elle avait appelé Ryan pour qu'il aille chercher le petit ami indélicat mais sans résultat. Lui non plus n'était pas rentré chez lui et en cette fin d'après midi, restait introuvable.

Elle s'était ensuite retirée dans son bureau pour souffler un peu et en profita pour tenter de joindre Rick une nouvelle fois. Mais comme pour ses précédents appels, il ne répondit pas. Elle lui laissa alors un énième message.

  • Je sais que tu es en colère et que tu as tes raisons mais s'il te plaît rappel moi...je t'aime.

Elle reposa son téléphone en soupirant. Décidément cette journée était un cauchemar.

  • Tout va bien ? Demanda Esposito qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte.

  • Ça pourrait aller mieux.

  • Toujours aucunes nouvelles de Castle ?

  • Il refuse de répondre à mes appels. Je crois que je viens de torpiller mon mariage.

  • Rentre chez toi. Va parler à ton mari. Je suis sûr que tout va s'arranger.

  • Je ne peux pas, j'ai trop à faire ici.

  • Kate ! Tu as déjà fais beaucoup aujourd'hui, tu as l'air claquée, rentre je vais prendre la relève et promis je t'appelle dès qu'il y a du nouveau.

  • Javier...

  • C'est un ordre du capitaine. Je te fais raccompagnée chez toi.

  • Je peux rentrer toute seule, je n'ai pas besoin de chaperon.

  • Mais ce n'est pas négociable.

Kate savait qu'il ne servait à rien de protester et elle se sentait trop fatiguée de toute façon pour ça alors elle capitula.

Adamson se porta volontaire pour cette mission. Il devait absolument rattraper le coup avec Beckett après l'échec du début d'après midi. Il était clair que la séduire s'avérait beaucoup plus difficile que ce qu'il avait penser mais il n'était pas homme à se laisser abattre et chaque occasion était bonne à saisir.

 

Il était près de 20 heures quand Adamson se gara devant la maison des Castle. La nuit commençait à tomber et aucune lumière ne filtrait à travers les fenêtres. Il était clair qu'il n'y avait personne ce qui attrista un peu plus Kate. Elle avait réellement espérée pouvoir s'expliquer calmement avec Rick et pouvoir serrer sa fille dans ses bras.

Alors qu'elle descendait de la voiture d'Adamson, celui-ci éteignit ses phares et coupa le moteur avant de la suivre dans l'allée.

  • Qu'est ce que vous faîtes ?

  • Et bien je vous accompagne. Je suis votre garde du corps pour ce soir, vous l'avez déjà oublié ?

  • Attendez une minute ! Vous n'imaginez quand même pas que vous allez passer la nuit ici ?

  • Je ne m'imagine rien du tout, ce sont les ordres du capitaine.

Kate remonta l'allée à toute vitesse et claqua la porte au nez d'Adamson qui s'apprêtait à entrer à son tour. Elle prit alors son portable et composa sans plus attendre le numéro d'Esposito. Elle le pria de rappeler Adamson sur le champs et de le relever de ses fonctions pour la nuit.

  • Je te l'ai déjà dis, je n'ai pas besoin de chaperon et encore moins de garde du corps.

  • Je sais que cette idée te déplaît mais tant que ce cinglé ne sera pas sous les verrous, je ne te laisserai pas sans surveillance policière que ça te plaises ou non.

  • Javier je suis sérieuse.

  • Et moi aussi. Adamson ne bouge pas d'un pouce.

Kate raccrocha au nez de son ami furieuse de ne pas avoir eu le dernier mot. Cette journée allait vraiment de mal en pire. Comment en était elle arrivée là ?

Elle tourna en rond pendant dix minutes essayant de canaliser sa colère et regarda par la fenêtre. Adamson était toujours là assis sur une des marches du perron et ne semblait pas vouloir bouger. Ce type lui était antipathique certes mais elle éprouva néanmoins des remords à le laisser planté là dehors dans le froid alors qu'il ne faisait qu'obéir aux ordres. Quelque peu calmée, elle se décida à lui ouvrir la porte et l'invita à entrer.

  • Vous pourrez dormir sur le canapé. Si vous avez faim, il doit rester des lasagnes dans le frigo, je monte me changer.

Quand Kate redescendit une demie heure plus tard, elle avait troqué son tailleur pantalon contre un survêtement bien plus confortable. Elle avait pris une douche bien chaude qui lui avait fait le plus grand bien et semblait plus détendue.

Alors qu'elle s'attendait à trouver Adamson affalé dans le canapé devant la télé, elle fut surprise de le trouver dans la cuisine en train de s'affairer. Il avait mis le couvert pour deux personnes et était en train de sortir le plat de lasagnes du four.

  • Mais qu'est ce que vous faites ?

  • Je prépare le dîner pourquoi ?

Il se tourna vers Kate tenant le plat entre ses deux mains et se stoppa net devant la jeune femme. Dans sa tenue décontractée et ses cheveux lâchés, il la trouvait encore plus attirante et en fut d'autant plus troublé. Jamais il n'avait encore ressentit ce qu'il ressentait à ce moment précis pour aucune femme même pas la sienne.

  • Quoi ? Demanda Kate devant le regard insistant d'Adamson qui commençait à la mettre mal à l'aise.

  • Non rien. Se reprit il. Vous devriez vous asseoir, je vais nous servir avant que ça ne refroidisse.

  • C'est gentil mais je n'ai pas très faim.

  • Allez ! Après cette dure journée vous avez besoin de reprendre des forces. Et puis j'ai horreur de manger seul.

Elle était embêtée de l'admettre mais il avait raison. Même si elle n'avait pas faim elle devait se forcer un peu, elle devait avant tout penser à son bébé. Elle s'installa donc et le laissa remplir son assiette.

  • Vous n'auriez pas un peu de vin par hasard ?

  • Vous êtes en service je vous rappel.

  • Tant pis.

Il se servit à son tour et s'assit à côté de Kate. Adamson regarda Kate et sourit brièvement.

  • Bon appétit.

Kate lui rendit son sourire pour être polie et lui souhaita un bon appétit également.

Adamson était aux anges. La soirée s'annonçait beaucoup plus intéressante qu'il ne l'avait cru de prime abord. « Dieu a dû s'arrêter à Hoboken » se dit il en avalant une bouchée de lasagnes.

 

 

Rick avait quitté le poste il y a de cela environ un quart d'heure. Il était repassé prendre Kate mais l'officier de garde lui avait appris qu'elle était partie depuis plus d'une heure. Il n'en revenait pas qu'après toutes ses mises en garde, elle ait décidé de rentrer seule à la maison. Mais à quoi pensait elle avait il enragé avant d'apprendre qu' Esposito l'avait faite raccompagner par un de ses hommes et qu'elle était sous surveillance permanente. Rick avait remercié son ami soulagé et avait repris la route.

Seulement voilà, il n'aurait jamais dû prendre East River drive. Un accident à la hauteur de la 125è rue avait bloqué toute la circulation et il était coincé depuis dans les embouteillages.

Dans le brouhaha des klaxons impatients il se remémora la journée qui venait de se passer. Après avoir fait la valise de Lily, il avait raccompagné sa mère dans son appartement de New York. Elle et les filles y passeraient la nuit avant de partir le lendemain matin pour les Hamptons. Convaincre Alexis de partir avait été plus compliqué que pour sa mère. La jeune femme avait refusé dans un premier temps de quitter son travail trop important à ses yeux mais avait fini par céder sous les supplications de son père. Il avait finalement obtenu qu'elle s'éloigne de la ville pendant une semaine. Il espérait que cela suffirait. Il avait ensuite appelé Hayley lui demandant de veiller sur sa famille jusqu'à leur départ et n'avait quitté l'appartement qu'une fois celle-ci arrivée sur les lieux. Lily toujours furieuse contre lui avait refusée de l'embrasser avant qu'il ne parte et cela lui avait brisé le cœur.

Maintenant il ne souhaitait qu'une chose. Rentrer chez lui et le plus vite possible. Sa famille était en sécurité, il avait fait ce qu'il faut pour ça et Kate était sous la surveillance de la police. Rien ne pouvait arriver et pourtant le mauvais pré sentiment qu'il avait eu toute la journée ne faisait que se renforcer. A moins que de savoir Kate seule chez eux avec Adamson en soit la cause. Il n'avait pu que remarquer les œillades que ce type lançait à sa femme depuis qu'elle était de retour au douzième et il devait bien admettre que cela l'énervait et que même si il avait confiance en Kate, il était jaloux.

 

 

Kate dût reconnaître que manger quelque chose, elle qui n'avait rien avalé depuis le petit déjeuné que Rick lui avait préparé le matin, lui avait fait le plus grand bien.

Elle profita de la présence du lieutenant Adamson pour faire un point sur l'enquête. Adamson l'écouta avec intérêt puis décida qu'il était temps de changer de sujet.

  • Et si nous parlions de choses plus frivoles. J'ai besoin de décompresser et vous aussi. Ça ne vous ennuie pas ? Demanda t-il.

  • Non. Vous avez raison. De quoi voulez-vous parler ?

  • Et pourquoi pas de vous ? Vous êtes de New York ?

Ils passèrent l'heure qui suivit à évoquer leurs souvenirs d'enfances respectifs. Adamson écouta Kate très attentivement, il voulais tout connaître de cette femme époustouflante.

Kate commençait à se dire qu'elle l'avait mal jugé, il n'était pas si désagréable et elle se surpris même à rire en sa compagnie. Elle ne riait plus beaucoup ces derniers temps.

  • Merci. Finit elle par lui dire.

  • Merci pourquoi ?

  • J'avais vraiment besoin de décompresser.

Même si il avait passé une merveilleuse soirée en sa compagnie, il avait remarqué qu'elle n'avait pas quitté son téléphone portable des yeux. Elle espérait encore que l'autre l'appelle. Il ne comprenait vraiment pas ce type. Si il avait eu une femme aussi merveilleuse qui l'attendait chez lui jamais il ne l'aurait laissée seule à se morfondre. Mais de quoi se plaignait il au juste. Il avait le champs libre.

  • Dites moi ce qui ne va pas l'encouragea-t-il ?

Elle avait tout fait pour ne pas laisser apparaître son mal être, mais apparemment, elle n'était pas très bonne comédienne.

  • Rien c'est juste que... enfin vous étiez là cet après midi, vous avez bien vu ce qui c'est passé.

  • Vous faîte un plat de pas grand chose si vous voulez mon avis.

Elle s'apprêtait à protester quand il ajouta :

  • Oui je sais vous ne me l'avez pas demandé.

Kate leva les yeux vers lui.

  • Vous n'avez jamais vécu de véritable histoire d'amour, n'est ce pas ? Lui demanda-telle.

Adamson garda son air impassible mais intérieurement il était ravi du chemin que prenait cette conversation.

  • Vous avez probablement raison. Avec Beth, ma femme, on se connaît depuis l'école primaire. On est sorti ensemble dès le collège et tout le monde s'attendait à ce qu'on se marie un jour alors c'est ce qu'on a fait. Mais ne vous méprenez pas, je l'aime beaucoup. Mais je la considère plus comme une grande sœur au final et pas comme une épouse. Mais comment avez vous deviné ?

  • Vous avez une sacret réputation de don Juan au poste. Si vous aviez sincèrement aimé votre femme vous n'iriez pas voir ailleurs dès que l'occasion se présente. Enfin c'est mon avis.

  • Vous avez certainement raison mais ce sera différent quand j'aurai trouvé la femme de ma vie.

Elle était si proche et semblait si vulnérable qu'il ne put résister plus longtemps. Il fondit sur ses lèvres pour un baiser passionné. Enfin c'est ce qu'il avait espéré. Kate le repoussa violemment et lui colla son poing dans la figure.

  • Mais vous êtes malade ! Vous m'avez cassé le nez ! Cria t-il se tenant le nez.

  • Mais enfin pour qui me prenez vous ! S'offusqua t-elle ignorant ses jérémiades.

  • Je croyais juste que...

  • Que quoi !

  • Que vous aviez envie de moi.

  • Et je peux savoir comment vous en êtes venu à cette conclusion ?

  • Vous m'avez invité à entrer chez vous il me semble ?

  • Et vous en avez déduit que je voulais coucher avec vous ? Mais c'est quoi votre problème ?

  • Je...

  • Combien de fois il faudra vous le dire. Je suis mariée et j'aime mon mari.

  • Parlons en justement de votre mari. Où est ce qu'il est à votre avis à cette heure-ci hein ? Pendant que vous jouez les saintes ni touche, il est certainement en train de s'envoyer en l'air avec sa maîtresse ou une pute qu'il aura levée.

  • Sortez de chez moi ! J'ai dis dehors !!

Il regretta aussitôt ses paroles. Les yeux de Kate lançaient des éclairs et l'espace d'un instant il cru qu'elle allait le réduire en miette. Il attrapa sa veste sur le dossier de la chaise et fila vers la sortie sans demander son reste.

Kate claqua la porte derrière lui et ferma le verrou. Elle s'appuya dos contre la porte épuisée. Cette journée cauchemardesque ne finirait donc jamais. Alors qu'elle fermait les yeux son téléphone portable sonna. Elle se précipita dans la cuisine où elle l'avait laissé puis décrocha soulagée que Rick l'appelle enfin.

  • Salut ! Fit elle.

  • Tout va bien ? Tu as l'air essoufflée.

  • J'avais oublié mon téléphone dans la cuisine.

  • Où est Adamson ? Ne put-il s'empêcher de demander.

  • Dans sa voiture, je suppose. Pourquoi ?

  • Pour rien laisse tomber.

Ce n'était vraiment pas le moment de piquer une crise de jalousie se dit il.

  • Il est plus de 22 heures, où est-tu bon sang ? Lily est avec toi ?

  • Je suis en route. J'ai déposé Lily chez ma mère. Elle va l'emmener loin de la ville quelques temps.

  • Tu crois vraiment que c'est nécessaire ?

  • J'en sais rien Kate ! S'énerva t-il de nouveau. Mais je ne prendrai aucun risque.

  • Très bien. J'aurai juste aimer pouvoir l'embrasser avant.

  • Tu aurais pu le faire si tu étais rentrée avec moi.

Elle culpabilisait assez comme ça, elle n'avait pas besoin qu'il lui rappelle à quel point elle avait négligé sa fille ces derniers temps mais elle préféra ne pas relever cette attaque.

  • Tu rentres bientôt ? Demande t-elle à la place.

  • Je viens de passer le pont. Je serai là d'ici un quart d'heure.

  • Rick je... Je n'ai jamais voulu que ça se passe de cette façon et tu le sais.

Oui il le savait.

  • On en reparlera quand je serais rentré.

  • A tout de suite.

Mais il avait déjà raccroché.

 

Alors que Rick se rapprochait de son domicile, perdu dans ses pensées, il remarqua une voiture, un pick up garé sur le bas côté. Une jeune femme blonde d'une trentaine d'année était appuyée sur la carrosserie les mains jointes comme pour une prière. Il était tard et Kate l'attendait mais il ne pouvait pas laisser cette jeune fille sur cette route déserte en pleine nuit. Qui sait qu'elle mauvaise rencontre elle pourrait faire.

Il ralentit et s'arrêta à sa hauteur. Il baissa la vitre et se pencha sur son siège.

  • Vous avez un pépin ?

  • Comme vous dites.

Ses grands yeux verts reflétaient un mélange de crainte et d'espoir.

  • Le moteur s'est arrêté d'un coup, j'ai l'impression qu'il est mort. J'ai essayé de joindre mon frère, c'est son pick up, mais mon téléphone ne marche plus. J'ai oublié de payer l'abonnement. J'oublie toujours quelque chose décidément.

  • Vous n'auriez pas oublié de mettre de l'essence, si ? Demanda Rick

  • Non. J'ai fais le plein avant de partir.

  • Donnez moi une minute, je vais me garer devant vous et jeter un coup d’œil.

  • Merci beaucoup monsieur. Il fait nuit et je ne savais plus quoi faire.

Rick se gara un peu plus loin. Il s'apprêtait à rappeler Kate pour lui expliquer qu'il arriverait plus tard puis se ravisa. Il n'en aurait pas pour longtemps de toute manière.

 

 

12 heures plus tôt

 

Ella travaillait dans un bar dans le Bronx. Aucun de ses rêves ne s'était réalisé. A vrai dire, le type avec qui elle était, lui avait accordé un œil au beurre noir et une lèvre fendue avant de l'abandonner là, juste devant ce fameux bar où elle travaillait désormais. Elle se savait destinée à mieux que de servir des bières et du mauvais whisky à tous les paumés du coin. Il y a 8 mois, le mieux en question avait débarqué en la personne de Darryl James. Dès l'instant où elle avait posé les yeux sur lui elle avait su. C'était lui, tout ce qui lui manquait. Ce dont elle avait besoin pour révéler ce qu'elle était et tout ce qu'elle pouvait être.

Peu de temps après ils s'étaient mariés et avaient emménager dans une ancienne ferme en dehors de la ville qui avait appartenu à la famille de Daryl.

Ella venait de terminer son service de nuit et il était près de dix heures quand elle arriva enfin chez elle. La voiture de Darryl était dans l'allée. Elle s'empressa de rentrer pour retrouver son homme et fut surprise de ne pas le trouver dans la maison. Elle ressortit et décida d'aller voir dans l'ancienne grange si il ne s'y trouvait pas.

Quand elle poussa la porte de la grange, elle ne s'attendait pas à ce qu'elle découvrit. Une jeune fille bâillonnée, à moitié nue était allongée, attachée sur la table.

Quand elle aperçut Ella Jenna crut que son cauchemar était enfin être terminé.

  • Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ?

Ella retira le bâillon de la bouche de la fille.

  • S'il vous plaît aidez moi. Implora Jenna

Ella se précipita dehors.

  • Pitié, je vous en prie ne me laissez pas ici, il va revenir. Hurla Jenna.

Mais Ella ne l'écoutait pas et elle courait déjà vers la maison. Alors qu'elle poussait la porte, elle tomba nez à nez avec Darryl.

  • Tu es déjà de retour. Fit il tout penaud ne s'attendant pas à ce que sa femme rentre déjà.

  • Darryl, tu peux m'expliquer ? C'est quoi cette pute dans la grange ?

  • Tu n'étais pas censée la voir, c'était une surprise. Elle te plaît ?

  • Ne me dis pas que tu es allé chassé sans moi ? Mais enfin Darryl, où est ce que tu avais la tête ?

  • Ne me cris pas dessus ! Je l'ai fais pour toi ! Si tu avais entendue le maire hier soir quand il a parlé de nous. Je ne pouvais pas le laisser dire toutes ces horreurs, il fallait que je lui montre ! Dis tu n'es pas fâchée contre moi ? Je déteste quand tu es fâchée contre moi.

  • Non bébé je ne suis pas fâchée calme toi.

  • Parce que je l'ai fais pour toi.

  • Je sais.

Elle le serra fort dans ses bras.

Plus tard dans la matinée, elle savourait une tasse de café tout en lisant l'article du journal où l'on parlait d'eux. Elle fixa longuement de ses yeux verts la photo de l'ancien capitaine en charge de leur affaire. L'article disait qu'elle vivait à Hoboken et qu'elle était marié et c'est là qu' Ella eut une idée. Darryl avait raison, personne n'avait le droit de se moquer d'eux. Katherine Beckett allait bientôt amèrement regretter de s'être mesurée à eux.

 


jogeo1  (24.06.2018 à 18:33)

CHAPITRE 19 :

 

 

Quand il lui demanda d'ouvrir le capot, elle hésita et tâtonna dans l'habitacle jusqu'à ce qu'il passe la main à l'intérieur et actionne l'ouverture lui même. Elle remarqua sa montre élégante et argentée et se dit qu'elle irait bien à Daryl.

  • Je ne m'y connais pas trop en mécanique, dit Castle, donc si ce n'est pas facilement réparable, je pourrais vous emmener jusqu'à Hoboken, Il y a un garage à l'entrée de la ville ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatres.

  • C'est vraiment très gentil à vous. J'avais peur que quelqu'un de moins gentil s'arrête. Je savais pas quoi faire.

Elle lança un coup d’œil vers les buissons et continua à parler pour masquer les bruissements que fit Daryl en émergeant.

  • Dites, on ne s'est pas déjà vu quelque part ? Votre visage ne m'est pas inconnu.

  • Non je ne crois pas. Vous avez peut être lu un de mes livres ?

  • Mais oui ! Vous êtes Richard Castle c'est ça ? Que je suis idiote. J'adore vos livres et ma mère aussi. Quand je vais lui apprendre que c'est vous qui avez essayé de réparé sa voiture...

  • Je croyais que c'était celle de votre frère ?

  • Quoi ? Oh c'est que...commença t-elle.

Rick lut quelque chose dans ses yeux en même temps qu'il entendit un bruit de pas discret derrière lui. Il recula vivement et se retourna à l'instant même où Daryl abattait le démonte pneu. Celui-ci l'atteignit à l'épaule. Rick bondit alors sur son agresseur pour essayer de le désarmer.

Tout se déroula très rapidement ensuite : pluie de coups de poing de part et d'autre et grognements dignes d'animaux. Ne pensant qu'à Daryl, Ella s'empara du démonte pneu qui lui avait échappé et le brandit en le serrant aussi fort que possible. Elle frappa Rick dans le dos mais cela ne l'arrêta pas alors elle visa les jambes. Rick sentit une violente douleur à sa jambe droite mais même blessé il parvint à se retourner vers Ella et la poussa violemment alors qu'elle s'apprêtait à le frapper à nouveau avec le démonte pneu.

Daryl devint fou.

  • touche pas à ma femme ou je te tue !

Montrant les dents, il sauta sur son adversaire. Rick s'écroula en avant déséquilibré par sa jambe blessée. Sa tête heurta le pare-chocs du pick-up avant qu'il ne s'effondre sur la chaussée.

Sa victime à terre Daryl continua de la rouer de coup de pieds, il était pire qu'un animal enragé.

  • Daryl arrête ! Tu vas le tuer ! Hurla Ella essayant de calmer son compagnon.

  • Il t'a touchée. Fit il en donnant un dernier coup de pied à Castle. Je vais pas laisser passer ça. Je laisserai jamais personne te faire du mal.

  • Je sais chéri. Fit elle en lui caressant le bras. Tu es mon héro. Mais regarde le, il a son compte.

Baissant les yeux vers Rick au sol, il sortit un bandana de sa poche arrière pour essuyer la sueur et le sang sur son visage.

  • Cet enfoiré à bien faillit m'avoir. Rien que pour ça il mérite de crever.

  • Je sais et promis le moment venu je te laisserais t'occuper de lui mais pour le moment il nous le faut vivant... allez aides moi à le mettre dans le pick-up. Vite avant que quelqu'un d'autre n'arrive.

Dix minutes plus tard, Darryl se trouvait au volant du pick-up, Ella à ses côtés. Leur plan s'était déroulé comme prévu. Ils s'étaient posté devant le poste de police en fin d'après midi et avaient attendus patiemment leur proie. Quand ils l'avaient enfin aperçut il était seul. Ils l'avaient suivit en prenant bien soin de ne pas se faire remarquer et l'avaient vu s'engager sur East river drive. Ayant entendu à la radio que la rue était bouchée suite à un accident ils avaient alors prit un autre chemin et étaient arrivés sur la route menant à Hoboken avant lui, leur permettant ainsi de préparer leur embuscade. Tellement de choses auraient pu mal se passer. Il aurait pu être accompagné, ne pas rester coincé dans les bouchons ou prendre un itinéraire secondaire pour rentrer chez lui mais non tout s'était déroulé selon leurs plans.

  • Fais attention à ne pas dépasser la limite de vitesse, dit elle. On ne doit pas se faire repérer.

Avant que Daryl ne ligote l'écrivain à l'arrière du véhicule, Ella lui avait pris son portefeuille ainsi que son portable en ayant prit soin de désactiver la fonction GPS. Elle prit l'argent liquide qui se trouvait dans le portefeuille avant de le balancer par la vitre dans le fossé. Elle s'attaqua ensuite au téléphone. Elle fit défiler les photos qui se trouvaient dessus et s'arrêta sur la photo d'une petit fille.

  • Daryl, mon ange, regarde comme elle est mignonne. Promets moi qu'un jour on en aura une comme ça.

  • Tout ce que tu voudras mon lapin en sucre.

  • Je t'aime, Daryl. Personne ne s'est jamais aimé comme nous. On aura tout ce qu'on voudra, on fera tout ce qu'on voudra et personne ne nous arrêtera.

Elle jeta un dernier coup d’œil à l'arrière du pick-up où gisait inconsciente leur dernière victime.

  • Non personne.

 

 

Allongée sur le divan du salon, Kate se réveilla en sursaut. Elle regarda l'air hagard autour elle, désorientée. Il lui fallut quelques secondes avant de comprendre qu'elle se trouvait dans le salon et non dans sa chambre. Elle s'était installée là en attendant le retour de Rick et avait dû s'endormir épuisée par cette journée interminable.

Alors qu'elle pensait ne s'être assoupit que quelques minutes, elle fut surprise de voir sur la pendule qu'il était minuit passé. Ne voulant pas la réveiller, Rick était certainement monté se coucher. Elle décida d'en faire autant. Elle dû se résoudre à reporter leur discussion au lendemain matin. Elle n'aimait pas l'idée qu'ils se couchent fâchés et à bien y réfléchir, c'était la première fois en 7 ans de mariage que cela leur arrivait.

Lasse elle monta les escaliers en se disant que la journée de demain ne pourrait pas être pire que celle qu'elle venait de traverser. Ce n'est qu'en arrivant dans sa chambre qu'elle compris qu'elle se trompait. En effet, Rick n'était pas là. Le lit n'avait même pas été défait. Prise d'une angoisse soudaine, elle se précipita dans le couloir. Après avoir passée la tête dans le bureau, également vide, elle descendit dans la cuisine. Elle se dirigea alors vers la fenêtre qui donnait sur l'allée de la maison et écarta aussitôt les stores. La voiture de Rick n'était pas là. Elle composa alors son numéro de portable mais celui-ci sonna dans le vide. Elle recomposa le numéro encore et encore mais toujours aucune réponse.

Elle tenta de ne pas céder à la panique. Il y avait certainement une bonne raison pour qu'il ne soit toujours pas rentré et qu'il ne réponde pas au téléphone. Il était certainement toujours très en colère après elle et avait peut être décidé finalement de passer la nuit chez sa mère avec ses filles. Mais pourquoi lui avoir dit qu'il était en chemin alors ? Non ça ne tenait pas debout. Il savait qu'elle l'attendait et, même en colère, jamais il ne l'aurait laisser s'inquiéter. Les paroles de Mélanie, l'amie de la dernière victime de l'éventreur firent échos avec ses propres pensées. Non jamais il ne lui aurait fait ça. Et comme Mélanie était persuadée qu'il était arrivé quelque chose à son amie, Kate savait qu'il était arrivé quelque chose à son mari.

Tremblant de la tête aux pieds elle tenta de se ressaisir et prit une profonde inspiration avant de se décider à appeler des renforts. Elle essaya tout d'abord de joindre Esposito mais sans succès alors elle se décida à appeler Ryan. C'est Jenny qui décrocha.

  • allô ? Répondit-elle en étouffant un bâillement

  • Jenny c'est Kate. Désolée d'appeler si tard.

  • Kate ? Mais tu as vu l'heure ?

  • Je sais, je sais. Est ce que tu pourrais me passer Kevin ?

Elle entendit quelques bribes de conversation, des grincements de sommier puis la voix endormie de Ryan.

  • Kate, ça va ?

  • En fait non... Rick n'est toujours pas rentré et son téléphone sonne dans le vide. Il n'aurait pas essayé de t'appeler par hasard ?

  • Non je n'ai pas eu de nouvelles. Tu lui as parlé quand pour la dernière fois ?

  • Il m'a appelé aux environs de 22 heures, il m'a dit qu'il venait de passer le pont, il est plus de minuit, il devrait être là depuis longtemps. Ryan il lui est arrivé quelque chose, il a peut être eu un accident, je ne sais pas...

  • Calme toi. J'arrive tout de suite avec Espo. On va le retrouver.

  • Merci. Je vous attends mais faites vite.

 

Le bruit la réveilla. Pendant quelques secondes, elle se crut de retour dans le dortoir qu'elle partageait avec Mélanie à l'université, à tâcher de dormir tandis qu'une fête se déroulait dans la chambre d'à côté. Elle tenta de rouler sur le ventre... et la douleur affreuse la força à reprendre conscience.

Ils avaient mis de la musique et chantaient à plein poumons.

Jenna vit un film plastique étalé au sol et dessus un corps étendu, face contre terre. Sa première réaction fut une sorte de soulagement. Elle ne serait plus seule. Avec quelqu'un d'autre à torturer, ils pourraient oublier de lui faire du mal, même pour quelques instants. Une vague de honte s'abattit sur cette joie malsaine et lui rappela que quoique qu'ils puissent lui faire subir, elle était toujours humaine.

Ils se mirent à deux pour retourner le corps.

  • La vache, qu'est ce qu'il peut être lourd. Se plaignit Daryl.

  • Arrête de te plaindre et aide moi plutôt il se réveille.

Castle remua légèrement et gémit puis ouvrit les yeux. Ses tempes battaient douloureusement. Il avait un goût de sang dans la bouche. Du sang provenant d'une profonde coupure au dessus du sourcil avait coulé sur son visage.

  • Ah ouf, tu n'es pas mort, dit Ella.

Elle était si proche que son parfum lui chatouillait les narines. Une silhouette indistincte, de même que tout ce qui l'entourait. Bientôt le monde sortit du brouillard.

Un monde curieusement inversé. Il était couché sur du plastique sur un sol en terre battue les mains liées dans le dos par du ruban adhésif, des tonnes de ruban adhésif.

  • Toi, on peut dire que tu as la tête dure comme du bois, reprit Ella en s'agenouillant près de lui. J'ai eu peur que mon mec ai tapé un peu trop fort. Si il t'avais tué ça n'aurait pas été aussi amusant. Mais tu es vivant. On va pouvoir faire durer le plaisir.

  • Qui êtes vous ? Réussit-il a articuler. Qu'est ce que vous voulez ?

  • Qui je suis ? Ricana t-elle. Mais je suis celle que toi et ta salope de femme recherchez. Mais tu vois, c'est moi qui t'ai trouvé.

  • Qu'est ce que...

  • Chut le coupa t-elle en posant un doigt sur ses lèvres.

  • Ne t'en fais pas, on aura tout le temps de faire connaissance mais avant j'ai un coup de fil très important à passer. Alors tu vas être un gentil garçon et faire un gros dodo.

C'est alors qu'il s'aperçut qu'elle avait une seringue à la main.

  • ça ne fait pas mal du tout lui annonça t-elle avant de lui enfoncer l'aiguille sous la peau et d'appuyer sur le piston. Tu vois, je peux être douce moi aussi quand je veux.

Il ne savait pas ce qu'elle venait de lui injecter mais aussitôt il fut pris de vertiges et le plafond se mit à tourner. Une minute plus tard, il était dans les vapes.

  • Pourquoi tu as fais ça ? Tu as promis que j'aurai le droit de m'occuper de lui.

  • Patience chéri ça va venir. Et si tu t'occupais un peu de moi avant ?

Elle lança un coup d’œil vers Daryl et vit s'allumer une lueur dans son regard tandis qu'elle lui caressait l'entrejambe.

  • Quoi qu'est ce que tu regardes toi? Lança t-elle à Jenna. Qu'est ce que tu penses de ton nouveau compagnon, pas mal hein quoique un peu vieux pour toi.

Jenna aurait voulu fermer les yeux, fermer les yeux et perdre à nouveau connaissance mais elle se résolut à affronter les yeux mauvais de sa tortionnaire. A lui rendre son regard jusqu'à ce qu'Ella se saisisse d'une matraque pour la frapper.

  • Allez viens Daryl, fit elle en le prenant par la main. Tu vas me donner du plaisir et ensuite on appellera sa femme.

 

 

Une heure avait passé, interminable, irritante. Kate avait recomposé le numéro de portable de Rick à plusieurs reprises. Elle faisais les cents pas dans le salon.

Les gars était arrivé il y a peu et organisaient les recherches dans la cuisine.

  • J'ai appelé tous les hôpitaux de la région, personne correspondant à son signalement n'a été admis cette nuit. Fit Ryan.

  • C'est déjà ça. Je vais appeler les collègues d'Hoboken, pour leur donné le signalement de sa voiture. Il est peut être tout simplement tombé en panne quelque part.

Ryan espérait que son ami ai vu juste mais aucun des deux n'étaient vraiment convaincu par cette hypothèse.

Adamson qui avait quitté sa voiture où il avait passé une partie de la nuit avait également sa petite théorie sur la disparition de Castle et il s'empressa d'en faire part à ses collègues.

  • Et si il avait simplement prit la tangente.

  • Tu n'es pas sérieux

  • Oh je vous en prie, vous étiez tous là cet après midi. Ils se sont engueulé. Il en a eu mare et a décidé d'aller prendre l'air. Et puis ce n'est pas comme si c'était la première fois que ça lui arrivait. Ôtez moi d'un doute, Il n'a pas déjà disparu pendant deux mois ?

  • Ça n'avait rien à voir.

Les trois hommes se retournèrent en même temps vers Kate.

  • Vous ne savez pas de quoi vous parlez alors fermez là.

Elle quitta la pièce furieuse.

  • T'en rate vraiment pas une toi ! Le réprimanda Ryan alors que Javier avait suivit Kate dans le salon.

  • Quoi ? Ne me dis pas que ça ne t'a pas traversé l'esprit à toi aussi ?

  • Peut être mais tu étais obligé de dire ça devant sa femme ?

  • Hé je savais pas qu'elle était là OK.

  • OK. Au fait redis moi, qu'est ce qui est arrivé à ton nez ? Demanda Ryan pour lui clouer le bec une fois pour toute.

  • Je vous l'ai déjà dis, je me suis pris une porte.

  • Une porte. Mais oui c'est ça.

 

 

Dans le salon Esposito essayait tant bien que mal de calmer Kate mais elle était tellement rongée par l'angoisse que rien de ce qu'il pouvait lui dire n'était efficace.

  • N'écoute pas cet imbécile, il ne sait pas de quoi il parle.

  • Et si il avait raison ?

  • Tu ne dis pas ça sérieusement ?

  • Mais si il avait raison alors ça voudrait dire qu'il est juste en colère après moi mais qu'il est quelque part en sécurité et qu'il va bien. Tout ce que je veux c'est qu'il aille bien. Sanglota t-elle.

  • Je sais. Fit Espo en posant un bras réconfortant autour de ses épaules.Tu as appelée sa mère ?

  • Non. Il est tard et je ne veux pas l'inquiéter.

  • Il est peut être simplement là bas ?

  • Il m'aurait prévenu si c'était le cas.

  • Sûrement mais ça vaut quand même le coup d'essayer.

  • Et qu'est ce que je lui dis si il n'est pas là bas ?

  • Je l'appelle si tu veux ?

  • Non merci ça va aller.

Kate essuya ses yeux et prit une grande inspiration. Elle ne voulait pas que sa belle mère se rende compte à quel point elle était inquiète.

Alors qu'elle était en train de composer le numéro de Martha son portable se mit à sonner et à son grand soulagement le nom de Rick s'afficha sur l'écran.

  • C'est lui ! Fit elle alors à Javier.

  • Tu vois. Tu t'es inquiétée pour rien. Je vous laisses mais si j'étais toi je lui passerais un savons.

  • Compte sur moi.

Kate fit glisser son doigt sur l'écran pour prendre la communication.

  • Mais enfin où est ce que tu es ? J'étais morte d'inquiétude.

Pour seule réponse elle entendit une forte respiration.

  • Rick ?

Et puis un ricanement qui lui glaça le sang.

  • Qui est à l'appareil ?... Répondez !!... mais répondez bon sang !!

et puis la communication coupa. L'instant d'après elle recevait un SMS.

«  Que la partie commence »

paralysée par la peur, elle lâcha son téléphone par terre. Son regard se posa instinctivement sur l'une des photos qui se trouvait sur le manteau de la cheminée. Elle les représentait elle, Rick et Lilly sur la plage, souriant, lors de leurs dernières vacances dans les Hamptons et elle eut l'horrible pressentiment que plus jamais ils ne seraient tous les trois.

  • Qu'est ce que j'ai fais ?


jogeo1  (08.07.2018 à 19:46)

CHAPITRE 20

 

 

A peine vingts minutes s'étaient écoulées depuis que la vie de Kate avait de nouveau basculé dans l'horreur.

Le quartier, où elle vivait, si paisible d'habitude s'était animé de manière dramatique. Deux nouveaux véhicules des forces de l'ordre d'Hoboken étaient garés devant la maison, leurs gyrophares éclairant la nuit noire avec leurs lumières bleus et rouges. Une voiture se gara derrière les véhicules de police et un petit bout de femme en jaillit à peine le moteur coupé.

  • Désolé madame ! Une enquête de police est en cours, vous ne pouvez pas passer. L'interpella un jeune officier en poste devant la maison.

Énervée, la jeune femme sortie sa carte de travaille

  • Je suis le Dr Parish, médecin légiste pour la police de New york, laissez moi passer.

  • Légiste ? Mais on a pas trouvé de corps, du moins pas encore.

  • Et on en trouvera pas, est ce que c'est bien compris !

  • Oui madame.

Alerté par des éclats de voix venant de devant la maison, Esposito sorti sur le perron et tomba sur une scène qui, si les circonstances n'avaient pas été si dramatiques, l'aurait beaucoup amusé. Lanie était en train de passer ses nerfs sur l'officier en faction devant la maison et ce dernier ne savait plus où se mettre.

  • C'est bon officier, elle est avec nous !

Enfin débarrassée de son cerbère, Lanie remonta l'allée à toute allure et se jeta dans les bras de Javier.

  • Merci d'être venue. Fit il une fois leur étreinte terminée.

  • J'ai fais aussi vite que j'ai pu. Où est Kate ?

  • Elle est montée, elle ne se sentait pas très bien.

  • Je n'arrive pas à croire que ça leur arrive encore une fois. C'est tellement injuste.

  • Je sais c'est moche.

  • Espo ! Cria Ryan en se précipitant vers ses amis. Une patrouille vient de retrouver sa voiture.

  • Allez y filez, fit Lanie. Consciente que chaque minute comptait. Je m'occupe de Kate.

 

 

Après la terrible nouvelle, Kate avait été prise de violent haut de cœur et elle avait piquer un sprint jusqu'à la salle de bain. Une fois seule, elle s'abandonna, se vidant de sa panique dans un amer flot de bile.

Quand Lanie la trouva, elle tremblait de tous ses membres, livide et en nage assise à côté de la cuvette des toilettes sa tête appuyée contre le mur. Elle semblait si désespérée. Cependant, pas une larme ne brillait dans ses yeux, comme si elle s'interdisait de craquer.

Voir son amie dans cet état brisa le cœur de Lanie. Elle la savait forte mais redoutait le pire si on ne retrouvait pas Castle avant qu'il ne soit trop tard.

  • Kate. Appela t-elle doucement en déposant une main qui se voulait réconfortante sur son épaule.

Elle se cabra pour se libérer de la main qui lui touchait l'épaule et se recroquevilla sur le sol tandis qu'une boule d'angoisse lui nouait la gorge.

  • Chérie, laisse moi t'aider.

Lanie fit une nouvelle tentative et cette fois, Kate se laissa faire. Elle aida la jeune femme à se lever mais celle-ci tenait à peine sur ses jambes. Lanie réussit à la maintenir debout et la conduisit dans sa chambre et l'aida à s'asseoir au pied du lit. Elle ouvrit ensuite un placard et en sortit une couverture qu'elle déposa sur ses épaules. Kate claquait des dents et ses yeux roulaient dans leurs orbites, égarés.

Lanie plongea son regard dans le sien, perçut les frissons qui la secouait encore.

  • Chérie, tu es en état de choc, je vais te donner un calmant.

  • Non. Pas de calmant. J'ai besoin d'avoir les idées claires. Il faut...

  • Reste tranquille lui ordonna Lanie alors qu'elle cherchait à se relever.

  • Laisses moi ! Il faut que j'aille le chercher, il a besoin de moi.

  • Calme toi.

Lanie avait raison. Elle savait qu'elle devait se calmer, être calme et rationnelle. Elle devait penser comme un flic, pas comme une femme mais elle avait tellement peur qu'elle n'y arrivait pas. L'homme qu'elle aimait, le père de ses enfants était entre les mains d'un tueur impitoyable et elle ne savait pas quoi faire pour l'aider. Elle avait beau essayer de maîtriser ses émotions elle sentait ses défenses céder les une après les autres et elle se ramassa en boule.

Émue par la réaction de son amie, Lanie resserra la couverture autour d'elle et alla lui chercher un verre d'eau dans la salle de bain et lui apporta.

  • Tiens bois ça, ça te fera du bien

  • je t'ai dis que je ne voulais pas de tranquillisant.

  • C'est de l'eau Kate, rien d'autre je te le promets.

Lui faisant confiance, elle accepta le verre qu'elle lui tendit et but avec reconnaissance.

  • Chérie, tu es à bout de force. Tu as besoin de dormir. Allonge toi un peu.

  • Non, non, non !

Kate rejeta violemment la couverture par terre et se leva d'un bon prenant Lanie au dépourvu.

  • Il faut que j'aille le chercher, il a besoin de moi

  • Kate, soit raisonnable, tu tiens à peine debout et...

  • Ne me dis pas ce que je dois faire !! hurla t-elle.

  • Calme toi

  • Et arrête de me dire de me calmer !!

Malgré tous ses efforts ses nerfs venaient de lâcher. Elle ne se contrôlait plus et sa peur prit le dessus. Elle renversa tout sur son passage. Tout d'abord un fauteuil puis tout ce qui se trouvait sur une commode.

Lanie était horrifiée et ne savait plus quoi faire. Jamais encore elle n'avait vue son amie dans un tel état de rage. Elle était en train de tout casser et elle avait peur qu'elle finisse par se blesser.

  • Kate je t'en prie, tu vas finir par te faire du mal.

  • Tu ne comprends pas tout est de ma faute ! Je l'ai tué.

  • Ne dis pas des choses pareil

  • Mais c'est la vérité ! Je l'ai tué.

A bout de force elle se laissa glisser contre le mur et éclata en sanglot.

  • Mon dieu Lanie, qu'est ce que j'ai fais ?

Lanie se précipita vers elle et la prie dans ses bras.

  • Chut ! Ça va aller, on va le retrouver. Chut.

 

 

Le jour se levait à peine quand Ryan et Espo arrivèrent sur les lieux de l'enlèvement. La voiture sur le bas côté était bien celle de Castle, il n'y avait aucun doute possible. Ils inspectèrent minutieusement le véhicule à la recherche d'un quelconque indice en vain.

  • je ne comprends pas, il n'y a aucune trace de freinage sur le bitume et rien n'indique qu'on l'a fait sortir de la route. C'est comme si il s'était juste garé là au milieu de nul part. Ça n'a aucun sens. Fit remarquer Ryan.

  • Il y avait forcément un autre véhicule impliqué. Il n'a pas pu se volatiliser à pied. Il n'y a rien à des kilomètres à la ronde.

Malheureusement pour eux, il n'avait pas plut depuis des semaines et la terre était très sèche. Trop sèche pour pouvoir relever d'éventuelles traces de pneus d'un autre véhicule.

  • Esposito vient voir.

Ryan éclairait avec sa lampe torche une tâche sombre sur le sol derrière la voiture de leur amis.

  • Quoi ?

  • C'est du sang ça d'après toi ?

Une sueur froid les parcouru de la tête aux pieds et tout deux eurent la même horrible pensée en regardant le coffre de la berline.

  • Tu crois que … osa à peine demander Ryan

  • il n'y a qu'un seul moyen de le savoir.

Les deux policiers échangèrent un regard inquiet avant que Ryan d'une main tremblante pousse le loquet du coffre. Quel ne fut pas leur soulagement quand ils s'aperçurent que celui ci était vide.

  • Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Demanda Ryan.

  • Il faut faire fouiller toute la zone, rien ne nous dit qu'il ne s'est pas débarrassé du corps quelque part dans ces bois.

  • Tu penses qu'il est mort ?

  • Je ne sais pas. Mais si il est encore en vie j'ai bien peur que ce ne soit plus pour très longtemps.

 

 

Ce fut la douleur qui réveilla Castle. Quand il ouvrit les yeux il découvrit un plafond haut en bois et des poutres couvertes de toiles d'araignées. Il ne reconnaissait rien.

Il était toujours couché par terre. Son genoux droit le brûlait comme s'il s'était transformé en boule de feu. Il souleva sa nuque et regarda autour de lui. Il se trouvait dans une pièce aux cloisons en bois. Seule deux lucarnes au plafond laissaient passer la lumière. Le jour semblait s'être levé mais il n'aurait pas su dire depuis combien de temps. A bien y regarder cette pièce ressemblait à une grange comme celle dans laquelle il avait bien faillit perdre la vie quelques années auparavant quand il tentait de coincer le tueur masqué qui avait hanté son enfance. Au dehors on entendait aucun bruit de circulation et il en conclut qu'il ne se trouvait pas en ville. Pas étonnant que la police n'est jamais trouvé le repère du tueur. Depuis plus de six mois ils ne cherchaient pas au bon endroit. De plus les enquêteurs courraient après un homme seul alors que de toute évidence il s'agissait d'un couple de malades. Ils avaient faux sur toute la ligne depuis le début.

Il perçut soudain une sorte de plainte sur sa gauche et fit pivoter sa tête dans cette direction.

  • Il y a quelqu'un ?

Le bruit semblait venir du fond de la pièce, mais cette partie était dans la pénombre si bien qu'il ne distinguait pas grand chose. Son genou le faisait souffrir et sa tête lui tournait mais il réussit tout de même à se redresser et à s'asseoir.

  • Qui est là ?... Répondez moi.

  • Pitié aidez moi. Sanglota une petite voix.

Son cœur se serra en entendant la voix suppliante de cette jeune femme. Il devait s'agir de la dernière victime enlevée vendredi soir, celle que Kate avait décidé de sauver coûte que coûte. Dieu merci se dit il, elle était toujours en vie.

  • Comment vous appelez vous ?

  • Jenna, Jenna Campbell.

  • Ok. Jenna je m'appelle Richard Castle, je travaille avec la police de New York et je peux vous assurer qu'à l'heure qu'il est toute les forces de police de la ville sont à notre recherche.

  • Qui sont ces gens ? Pourquoi ils font ça ?

  • Je ne sais pas mais nous devons essayer de nous échapper avant qu'ils reviennent. Est ce que vous pouvez bougez ?

  • Non. Ils m'ont attachée sur une table.

Rick inspecta mieux la pièce du regard à la recherche d'un objet tranchant qui pourrait lui servir à trancher ses liens. Malheureusement ça ne s'annonçait pas bien.

  • Ok. Jenna. D'où vous êtes est ce que vous voyez quelque chose de coupant ?

  • Non mais il y a un vieux buffet. C'est là qu'il range son couteau.

  • Super. Je vais essayer de l'atteindre et ensuite on s'en ira d'ici tout les deux. D'accord ?

  • D'accord mais dépêchez vous. Vous ne savez pas de quoi ils sont capables.

Il se remémora les photos du corps de Dorian Kuppert. Oh si il savait très bien ce dont ces monstres étaient capables. Et cette pensée plus qu'elle ne lui fit peur, le motiva.

 

 

Les gars arrivèrent au poste plus motivés que jamais. Le compte à rebours était enclenché et ils savaient qu'ils ne leur restaient plus beaucoup de temps si ils voulaient sauver Jenna Campbell et leur ami.

Esposito avait fait enlever la voiture de Castle afin que la scientifique puisse l'examiner de fond en comble. Il espérait que l'on retrouve des traces d'ADN du tueur dedans mais n'était pas très optimiste. Il avait également demandé aux techniciens informatiques d'essayer de tracer le signal du portable de Rick mais celui-ci devait être éteint car ils n'arrivaient pas à le localiser. Sa dernière utilisation remontait à 22 h 07 quand il avait appelé Kate pour l'informer qu'il arrivait. A ce moment il se trouvait à peine à 5 km de l'endroit où on avait retrouvé sa voiture. Il avait croisé son agresseur peu de temps après ce coup de fil.

  • Kincaid ?

  • Oui capitaine

  • Du nouveau en ce qui concerne le petit ami de la victime ?

  • Une patrouille l'a retrouvé cuvant son vin chez l'un de ses amis. Ils nous l’amène.

  • Enfin une bonne nouvelle. Dès qu'il est ici je veux qu'on me prévienne.

  • Bien.

Alors qu'il donnait ses directives à l'officier Kincaid, les portes de l'ascenseur s'ouvrir et une femme se précipita vers eux.

  • Esposito, je suis venue dès que j'ai appris la nouvelle. Qu'est ce qui c'est passé bon sang ?

  • A parement on lui a tendu un guet-apens alors qu'il rentrait chez lui. On en sait pas plus pour le moment.

  • Comment va Beckett ?

  • A votre avis ?

  • Tous ça c'est de ma faute. Jamais je n'aurai dut les mêler à cette affaire. Mais pourquoi est ce que j'ai écouté le maire.

  • Victoria ça ne sert à rien de culpabiliser maintenant, c'est pas ça qui va nous faire avancer.

  • En parlant du maire. Fit Evy. J'allais oublier de vous prévenir. Il attends dans votre bureau.

  • Et merde ! Jura Esposito. Il ne manquait plus que lui.

 

 

Whit Bowman ne supportait pas l'échec. Il avait travailler très dur pour en arriver où il en était et ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin. L'arrestation d'un abjecte tueur en série durant son mandat lui assurerait une nouvelle victoire mais voilà les élections arrivaient à grands pas et le monstre qui terrorisait sa ville depuis plus de six mois courrait toujours. Pire que tout alors qu'il avait annoncé une arrestation imminente lors de son interview, on comptait deux nouvelles victimes en moins de vingt quatre heures. Si l'enlèvement du mari de son enquêtrice principale venait à arriver aux oreilles des médias il était fini.

Quand il avait appris la nouvelle, il s'était donc précipité au 12ème afin de s'assurer de la discrétion du capitaine. Seulement voilà, Esposito se moquait bien des élections, tout ce qui lui importait c'était de retrouver Castle en vie et il était prêt à employer tous les moyens mis à sa disposition pour y arriver y compris de lancer un appel à témoin.

La discussion qui suivi fut houleuse.

  • De quoi allons nous avoir l'air enfin ?

  • Je me fiche bien de ce que les gens peuvent penser.

  • Et bien pas moi. Si vous n'en avez rien à faire de votre carrière c'est votre problème mais je ne vous laisserais pas m'entraîner dans votre chute.

  • Je vous parle de la vie de deux personnes innocentes et vous vous me parler de carrière. Sortez d'ici !

  • Je vous interdit de me parler sur ce ton. Dois-je vous rappeler qui je suis ?

  • Oh je sais très bien qui vous êtes. Maintenant fichez moi le camp avant que je ne vous fasse sortir à coup de pied aux fesses.

  • Vous allez amèrement le regretter. Vous pouvez dire adieu à votre poste.

  • Faites ce que vous avez à faire, moi j'ai des vie à sauver.

Esposito quitta le bureau laissant le maire et Victoria seuls dans la pièce. Celle-ci n'avait pas prononcé un mot durant l'échange qui venait d'avoir lieu entre les deux hommes mais elle soutenait à cent pour cent le capitaine Esposito.

Elle lança un regard amère à Bowman

  • Quoi ? Vous aussi vous avez quelque chose à me dire ?

  • « Un peu de publicité n'a jamais fait de mal à personne ». ce n'est pas ce que vous disiez ?

  • N'essayez pas de me mettre ce gâchis sur le dos. Je ne pouvais pas prévoir ce qui allait arriver.

  • Si ça peu vous aider à dormir la nuit.

Elle quitta le bureau à son tour.

 


jogeo1  (14.08.2018 à 19:06)

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