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Série : Castle
Création : 25.12.2017 à 09h23
Auteur : jogeo1
Statut : Abandonnée
« 5 années se sont passées depuis la tentative de meurtre de Caleb Brown. Kate et Rick se sont retirés dans le New Jersey, où ils coulent des jours heureux avec leur fille de 4 ans. » jogeo1
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CHAPITRE 21
Esposito sorti furieux de son bureau laissant Victoria seule avec le maire. Si il était resté une minute de plus avec ce type il lui en aurait collé une. Comment pouvait on être aussi insensible alors que la vie d'êtres humains était en jeu. C'était aberrant. Une chose était sûr, il ne voterait par pour lui aux prochaines élections et quand il aurait fini de lui faire de la pub, sa propre mère votera pour son concurrent. Il était dans un tel état d'énervement qu'il aboya sur la pauvre Evy quand elle l'aborda.
Quoi encore ?
Pardon mais vous vouliez être prévenu dès qu'on nous amènerait Matt Diaz.
Oui. Je suis désolé. Où est il ?
Le lieutenant Ryan l'a installé dans la salle d'interrogatoire 1.
Très bien j'y... c'est pas vrai.
Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre Kevin pour savoir ce que le petit ami de Jenna Campbell avait à leur apprendre, il se stoppa net en apercevant Lanie au loin avec Kate.
Kincaid, allez aider Ryan. Je vous rejoins dans une minute.
Bien capitaine.
Evy se dirigea vers la salle d'interrogatoire tout en jetant un regard inquiet vers Beckett. La pauvre n'avait pas bonne mine et elle se dit qu'elle n'aimerait pas être à sa place. Savoir la personne que vous aimez en danger et ne rien pouvoir faire pour l'aider devait être horrible surtout pour une femme comme elle.
Elle espérait que Diaz pourrait les aider car il était leur dernière chance de retrouver M Castle en vie.
Esposito se faisait du souci pour Castle évidement mais pour Kate également. Après le coup de fil qu'elle avait reçu plus tôt dans la nuit il avait vu son teint perdre toutes ses couleurs et à un moment il avait bien cru qu'elle allait s'évanouir. Elle n'avait pas meilleure mine maintenant.
Kate. Tu ne devrais pas être ici.
Je ne pouvais plus rester chez moi à tourner en rond. Je vais devenir folle. Vous avez du nouveau ?
Il savait qu'il était inutile de lui mentir, pas à Kate, elle le verrait tout de suite.
On est en train d'analyser sa voiture, des patrouilles fouilles toute la zone à la recherche d'indices ou de témoins éventuels mais pour l'instant ça n'a rien donné. On continue à tomber sur sa boîte vocale quand on l'appel et toujours aucun signal GPS provenant de son portable.
C'est un cauchemar.
Kate, je te promet qu'on va le retrouver. Il nous faut juste un peu de temps.
Mais du temps on en a pas. Dieu seul sait ce que ce monstre lui a déjà fait subir et... on a aucune piste.
C'est faux. Ryan est en train d'interroger le petit ami de Jenna Campbell. Quand on saura où à eu lieu son enlèvement, on pourra...
On pourra quoi ? Tu sais aussi bien que moi qu'il ne laisse jamais aucune trace.
Mais tu l'as dis toi même, cet enlèvement là n'était pas prémédité, il a très bien pu faire une erreur dans la précipitation.
Et si ce n'est pas le cas ? On fera quoi dis moi ? On ne le retrouvera jamais à temps, pas avant que...
sa voix se brisa, elle était incapable d'aller jusqu'au bout de sa pensée, celle-ci étant intolérable.
Esposito savait qu'elle avait raison et qu'à moins d'un miracle Castle était condamné mais il les avait laissé tomber une fois, il ne referait pas la même erreur. Dieu en était témoin il ferait tout pour retrouver Castle quoique que cela lui coûte.
Alors qu'il essayait tant bien que mal de convaincre Kate que tout allait finir par s'arranger elle aperçut au loin le maire qui sortait du bureau d'Esposito. Sa peur et son désespoir se muèrent instantanément en colère et sans réfléchir elle se précipita vers Bowman.
Vous !
Beckett. J'ai été horrifié d'apprendre ce qui s'est passé et je tiens à ce que vous sachiez que vous avez tout mon soutien dans ces moments difficiles et...
Il n'eut pas le temps de terminer son petit discourt car furieuse Kate le gifla de toutes ses forces.
Tout ça c'est de votre faute ! Si vous n'aviez pas fait cette conférence de presse, rien de tout cela ne serait arrivé !
Je vous en prie...
Non ! Vous m'avez collé une cible dans le dos ! Vous êtes fière du résultat !! hors de ma vue !! fichez le camps !!
Gêné par les accusations de Kate, le maire ne savait plus où se mettre. De toute évidence il n'était pas le bienvenue dans le coin et décida qu'il avait eu son compte de reproche pour la journée. Il baissa le nez et disparu avant de se prendre une autre gifle.
Kate était hors d'elle et si Lanie et Esposito ne l'avait pas retenue, ils n'auraient pas donné cher de la peau de Bowman.
Une fois celui-ci partie, elle se calma peu à peu. Le maire pouvait attendre, pour le moment retrouver Rick était la seule chose qui comptait à ses yeux.
Rick devait atteindre ce fichu buffet avant que ses ravisseurs ne reviennent mais la tâche s'avéra beaucoup plus difficile qu'il ne l'avait espéré. Il avait toujours très mal à son genoux et n'arrivait pas à se remettre debout surtout qu'il ne pouvait pas s'appuyer sur ses mains pour s'aider. Après deux tentatives infructueuses, il abandonna et décida de ramper jusqu'au meuble.
Il progressa lentement mais sûrement. Une fois arrivé, il devait encore atteindre le tiroir dans lequel se trouvait le couteau. Sans cela tous ses efforts n'auraient servis à rien. Heureusement pour lui, il s'agissait d'une vieille commode branlante et il réussit à faire tomber le tiroir, qui était resté entrouvert, par terre en donnant des coup dans le meuble de toutes ses forces. Celui-ci se brisa au contact du sol et laissa apparaître le couteau convoité au milieu des débris de bois.
Il s'en saisit et coupa l'adhésif qui lui enserrait les poignets. Les mains enfin libres, il réussit à se mettre debout et c'est en boitant qu'il rejoignit la table sur laquelle se trouvait Jenna.
Mon dieu ! Ne put il s'empêcher de murmurer en découvrant le corps meurtri de la jeune fille.
Il lui fallu une minute pour reprendre ses esprits puis il trancha les liens de Jenna et l'aida à s’asseoir. Elle tremblait de peur et de froid alors il ôta sa veste pour la mettre sur ses frêles épaules.
Merci. Fit elle reconnaissante.
Est-ce que vous croyez que vous pouvez marcher ?
Il faudra bien, je ne resterai pas une minute de plus dans cet endroit.
Ok. Ne bougez pas je reviens.
Non, pitié ne me laissez pas toute seule. Supplia t-elle en lui attrapant le bras alors qu'il commençait à s'éloigner.
Il se retourna alors vers la jeune femme. Il pouvait lire tant de détresse dans ses yeux que son cœur se serra. Il ne pouvait que trop bien imaginer combien d'horreur elle avait subi depuis qu'elle était captive de ces deux monstres. Non jamais il ne l'abandonnerait.
Jenna regardez moi. Je n'irai nulle part sans vous. Je vais juste voir si je peux ouvrir la porte et si la voie est dégagée. D'accord ?
Elle hocha la tête en signe d'acquiescement et le lâcha rassurée. Elle ne connaissait pas cet homme mais une petite voix au fond d'elle lui disait qu'elle pouvait lui faire confiance. De toute manière, quel autre choix avait elle. Il était sa dernière chance.
Rick se dirigea alors vers la porte de la grange et fût soulager de s'apercevoir que ses ravisseurs avaient oubliés de remettre l'énorme cadenas. Seulement son soulagement fût de courte durée. Alors qu'il avait entrouvert légèrement la porte pour regarder au dehors il avait aperçut l'homme sortir de la maison et se diriger droit dans leur direction. Il était trop tard pour s'enfuir avec sa jambe et l'état dans lequel ils avaient laissé Jenna, ils n'iraient pas bien loin.
Il ne lui restait plus qu'une solution, se battre et cette fois-ci, c'est lui qui bénéficierait de l'effet de surprise. Seulement l'autre était peut être armé alors il lui fallait quelque chose pour se défendre au cas ou. Il balaya la pièce du regard une nouvelle fois et n'en cru pas ses yeux quand il vit une carabine accrochée à une poutre. Finalement peut être que sa chance avait tourné ou peut être pas se dit il en découvrant que cette dernière n'était pas chargée. Qu'à cela ne tienne, il ferait avec.
Jenna couchez vous.
Quoi ? Non ! Je veux partir d'ici.
Et c'est ce qu'on va faire. Faites moi confiance et couchez vous. Il arrive et il ne doit pas s'apercevoir que vous êtes libre.
A contre cœur elle se rallongea sur la table alors que Rick alla se cacher derrière une poutre muni de la carabine.
Daryl marchait d'un pas léger vers la grange. Après le coup de fil passé à la fliquette, Ella était tellement excitée qu'ils avaient fait l'amour toute la matinée. Elle avait filé sous la douche et finissait de se préparer mais Daryl n'y tenait plus et était impatient de s'amuser avec son nouvel invité.
Quand il franchi la porte il ne remarqua pas tout de suite que quelque chose clochait et quand il se rendit enfin compte que l'écrivain n'était plus où il l'avait laissé il était trop tard. Rick bondit de sa cachette, ignorant la douleur qui irradiait son genoux et asséna un coup de cross de carabine dans les reins de Daryl et ce dernier tomba à terre. Rick voulu le frapper une nouvelle fois mais Daryl fut plus rapide et réussit à esquiver le coup en roulant sur le côté. Surpris Rick n'eut pas le temps de réagir avant que son adversaire ne lui donne un violent coup de pied dans sa jambe blessée qui le fit tomber à terre à son tour. Une corps à corps s'ensuivit entre les deux hommes.
Malgré la peur qui lui vrillait les entrailles, Jenna essaya tant bien que mal de donner un coup de main à Rick mais elle était tellement faible qu'elle finit par terre elle aussi.
Jenna allez vous en ! Sauvez vous ! Lui hurla Rick tout en continuant sa lutte avec son adversaire.
Prise de panique, la jeune femme ne savait plus quoi faire. Son cerveau lui disait de partir et de courir le plus vite qu'elle puisse mais sa conscience lui interdisait d'abandonner cet homme.
Sauvez vous !! insista t-il.
Elle regarda une dernière fois les deux hommes puis la porte ouverte et finalement elle se précipita vers la sortie. Elle devait s'échapper et aller chercher du secours.
Daryl s’avéra être un adversaire beaucoup plus coriace qu'il n'en avait l'air de prime abord mais poussé par l'adrénaline et son instinct de survie, Rick se battait avec une force dont il ne se serait jamais cru capable et finit par reprendre le dessus sur Daryl. Il lui donna un dernier coup de poing qui le sonna et en profita pour se relever. Il prit la carabine tombée par terre durant la lutte et s'apprêtait à lui donner le coup de grâce quand une voix le stoppa net.
Lâche ça ! Hurla Ella qui se tenait dans l'embrasure de la porte.
Elle tenait Jenna fermement par les cheveux et la menaçait d'un couteau sur la gorge.
Lâche ça où je la saigne comme une truie !
Daryl qui avait fini par reprendre ses esprits se releva et arracha la carabine des mains de Rick avant que celui-ci n'ai eu le temps de la poser et lui assena un violent coup de crosse dans l'estomac qui lui coupa la respiration. Il le frappa à nouveau et cette fois il s'effondra sur le sol.
Enfoiré !
Alors qu'il essayait de se relever Daryl lui donna un violent coup de cross sur sa main gauche. Il hurla de douleur.
Ella poussa violemment Jenna à l'intérieur de la grange.
Occupe toi d'elle. Fit elle à Daryl.
Un rictus monstrueux aux lèvres, elle se pencha ensuite au dessus de Rick le menaçant de son couteau.
Je vais te faire passer l'envie de recommencer.
Après avoir juré qu'il n'était pour rien dans la disparition de sa copine, Matt Diaz avait fini par donner aux enquêteurs l'adresse de la petite fête où Jenna avait été vue pour la dernière fois. Malheureusement il ne leur appris rien de plus. Il n'avait remarqué personne de suspect à cette soirée, qui aurait été un peu trop insistant avec la jeune femme ou qui l'aurait suivit après son départ. Esposito avait envoyé une équipe ratisser le secteur afin de trouver un témoin éventuel. Malgré ses réticences, il avait permis à Kate de les accompagner. De toute manière elle ne lui avait pas vraiment laissé le choix.
Alors qu'Evy et Adamson frappaient à toutes les portes du voisinage, Kate et Ryan avaient décidé de refaire à pied le trajet que Jenna avait dut emprunter pour rentrer chez elle.
Elle a dût marcher vers l'ouest jusqu'à la septième avenue puis tourner vers le sud. Fit remarquer Kate en jetant un œil sur le GPS de son téléphone. Et quelque part sur le trajet elle a croisé sa route.
Elle scrutait les alentours tandis qu'ils marchaient, en quête de caméra de sécurité, de recoins sombre où un agresseur pouvait potentiellement se dissimuler. Elle cherchait du regard les emplacements où quelqu'un aurait pu garer un véhicule suffisamment proche du trottoir pour...
Là.
Elle s'arrêta près d'une zone de livraison.
Regarde Ryan, le réverbère a été cassé. Et il y a encore des morceaux de verre sur le trottoir.
Il a brisé l'ampoule pour pouvoir rester dans l'ombre, puis il s'est garé pile sur la zone de livraison.
Il a du l'accoster après qu'elle soit passée devant lui. Peut être lui a t-il demandé son chemin. Elle ne s'est pas méfiée.
Tout en parlant Kate observait les immeubles et les devantures alentour.
Pas de bar dans le coin, et c'est bien dommage. Quelques commerces, un café, des immeubles résidentiels et un cabinet de comptables. Pas le genre d'endroits où l'on s'attend à croiser grand monde à minuit. Mais il devait encore y avoir de la circulation. Donc il a forcément agit vite.
Elle leva la tête.
La voilà son erreur. Les zones de livraisons sont équipées de cameras. Des cameras pourries, dont beaucoup ne marchent pas...mais on a une chance.
Elle dégaina son portable.
On a une chance, répéta-t-elle.
Le jour commençait à décliner quand Ella et Daryl firent sortir leurs prisonniers de la grange. Rick distingua un paysage noyé dans la pénombre, un champ en friche, une cour de terre battue. Trois bâtiments bas et deux vieilles guimbardes, dont l'une était privée de roues, posée sur des parpaings. Le silence total ne pouvait signifier qu'une chose : pas de voisins.
Tandis qu'Ella tirait Jenna, Daryl fit franchir à Castle le seuil d'un des bâtiments décrépits. Dans la faible lumière d'une ampoule nue au plafond, il découvrit une vaste cuisine. Carrelage sale et équipement archaïque. Une porte de placard ouverte, révélant à l'intérieur des boîtes de conserve et des bouteilles d'eau minérale. Un grand évier crasseux et ébréché, dans lequel gouttait un robinet. Murs tâchés d'humidité. Deux portes donnaient sur la pièce, dont l'une était fermée et l'autre laissait voir un couloir sombre.
Dans le couloir, Ella ouvrit une porte. Derrière, un escalier en bois qui descendait.
Descendez !!
le sous sol était étroit et bas de plafond. Certaines lattes du planché avaient disparue. Il n' y avait aucune fenêtre nul part et les murs étaient envahi par des plaques de salpêtre brunâtre.
Ils les conduisirent jusqu'à une alcôve près de la chaudière.
Je...je vous en prie hoqueta Jenna. Je ferais tout ce que vous voudrez mais je ne veux pas mourir.
Laissez la partir. Vous m'avez moi vous n'avez pas besoin d'elle.
Sans un mot Ella sourit. Elle sortit de sa poche un zippo pour allumer une cigarette, tandis que Daryl levait la main vers l'extrémité d'un câble en acier qui pendait du plafond. Il l'attrapa et tira.
Une grille de sécurité métallique flexible, semblable aux rideaux de fer de certains magasins descendit dans un cliquetis. Fermée par un cadenas fixé à un gros anneau boulonné au sol.
Ils se retrouvèrent isolés du reste de la pièce, prisonniers d'une cage. Au moins cette fois, ils ne risquaient plus de s'échapper.
Leur deux ravisseurs remontèrent ensuite à l'étage les laissant seuls.
Terrifiée, Jenna ne pouvait plus penser à rien d'autre qu'à cet endroit sinistre dans lequel ils se trouvaient à présent, regrettant presque la grange qu'elle venait de quitter. Elle était convaincue, que plus jamais elle ne reverrai la lumière du jour. A partir de maintenant, et durant les minutes, les heures ou les jours qui lui restaient avant de mourir elle ne connaîtrait plus que ce lieu, ces murs nus, ce plafond bas.
Je suis désolée. Sanglota t-elle. Si vous ne vous étiez pas occupé de moi, vous seriez déjà loin. On va mourir tout les deux à cause de moi.
Jenna écoutez moi. On ne va pas mourir d'accord. La meilleur enquêtrice de New York est à notre recherche et elle ne nous abandonnera pas. Vous pouvez lui faire confiance pour ça.
J'ai tellement peur.
Je sais. Essayer de penser à une personne qui compte pour vous et au bonheur que ce sera de la retrouver quand tout ça sera fini. De la famille, un petit ami.
J'ai grandi dans un orphelinat quand à mon petit ami il ne doit même pas s'être aperçu de ma disparition. En fait j'avais décidé de le quitter. Je ne vois que ma colocataire Mélanie.
Et bien pensez à Mélanie. A ce que vous aimez faire toutes les deux.
On adore regarder de vieux film en se gavant de gâteau au chocolat. Et parler des garçons aussi. Surtout de Justin. C'est notre voisin depuis 1 an. C'est quelqu'un d'extra. Toujours là quand on en a besoin. C'est bête, j'ai le béguin pour lui depuis le premier jour et je n'ai jamais osé lui dire. Vous devez trouver ça pathétique.
Je serais bien mal placé pour vous juger. J'ai mis trois ans avant de dire à la femme que j'aimais ce que je ressentais pour elle. Et elle a mis un an de plus pour m'avouer qu'elle ressentait la même chose.
Il vous a fallu quatre ans ! La vache !
Je ne vous le fais pas dire.
Et comment ça c'est terminé ?
On est mariés et on a une merveilleuse petite fille et un deuxième en route.
Moi aussi j'aurai aimer avoir des enfants. Fit elle nostalgique.
Jenna on va sortir d'ici. Je vais retrouver ma famille et vous vous direz à ce Justin que vous l'aimer. Il n'est pas trop tard.
Merci. Je sais que je ne devrai pas dire ça mais je suis contente que vous soyez là.
Jenna commençait seulement à se détendre quand ils entendirent la porte s'ouvrir en haut des marches. Elle eut l'impression que des ondes malveillantes se propageaient jusqu'à elle. Elle ne voulait pas les regarder, affolée de ce qu'elle risquait de voir. Le couteau, un pistolet ou d'autres objets d'apparence anodine dont ces monstres se servaient pour faire ce qu'ils avaient à faire contre elle. Rick lui prit la main et lui chuchota.
Ça va aller. Il faut tenir le coup encore un peu.
Daryl et Ella étaient désormais devant la grille.
L'heure est venue de s'amuser un peu.
CHAPITRE 22
Après l'appel de Kate, Esposito s'organisa pour faire transférer les images prises par la camera de surveillance de la zone de livraison vers le terminal du poste de police. Le service de la circulation avait été très coopératif malgré l'heure tardive, et avait promis qu'il aurait les fichiers dans une heure au plus tard.
L'agent de la circulation tint parole, conscient de l'urgence de la situation et moins d'une demie heure plus tard le flux vidéo arriva en même temps que Kate et son équipe ainsi que Lanie croisée devant l’ascenseur.
Alors qu'est ce que ça donne ? Demanda Kate n'en pouvant plus d'attendre d'avoir enfin une piste.
Le fichier vient juste d'arriver. Je vais le passer sur l'écran de la salle informatique. Répondit Javier en se dirigeant vers ladite salle.
Le cœur de Kate battait lourdement lorsque le capitaine du douzième alluma le grand écran et chargea le fichier. Le silence régnait dans la pièce. Tous étaient scotchés devant l'écran noir dans l'espoir d'apercevoir enfin le monstre qu'ils traquaient depuis des mois. Ils espéraient tous voir ce cauchemar enfin se terminer.
Merde !!! grogna Kate quand les images tremblotantes et floues apparurent enfin à l'écran. On peut améliorer ça ? Demanda-t-elle à Evy qui avait une bonne maîtrise de l'outil informatique.
Au moins un peu, dit elle. Mais ne vous attendez pas à un miracle.
L'angle n'est pas bon non plus, maugréa Kate. C'est nul. Nous n'allons pas réussir à l'identifier, l'angle et trop incliné. On peu tout juste deviner la marque et le modèle du véhicule.
C'est plus que tout ce qu'on a eu jusqu'ici. Fit Adamson pour essayer de dédramatiser.
Vous rigolez ! Vous savez combien de pick-up de ce modèle circulent rien qu'à New York ! C'est encore un coup d'épée dans l'eau. On ne l'aura pas avec ça. ET MERDE !!!
Elle sortie de la salle de visionnage plus énervée et désespérée que jamais en claquant la porte si fort derrière elle que les murs tremblèrent sous le choc.
Alors qu'Esposito s'apprêtait à sortir à sa suite, Lanie le retint par le bras.
Non laisse. Je m'occupe d'elle. Vous, essayez de tirer quelque chose de cette vidéo. Par pitié.
Lanie sortit à son tour.
Le voilà qui descend du véhicule ! Remarqua Adamson. Beckett à raison, la caméra est vraiment pourrie. On ne le voit pas bien.
Ryan plissa les yeux.
Sa taille peut être. Vu la taille du pick-up, je dirai entre un mètre soixante-quinze et un mètre quatre-vingt.
C'est pas un coin de la plaque minéralogique, là ? On dirait que si, lança Kincaid en désignant une zone de l'image. Et on dirait qu'il y a quelque chose sur le tableau de bord.
L'image tressauta, se remit à trembler violemment pendant quelques secondes, puis se stabilisa.
Bientôt ils virent Jenna Campbell apparaître dans le coin haut de l'écran. Elle passa devant le pick-up sans apercevoir son agresseur caché derrière le véhicule. Dès qu'elle l'eut dépassé, il se précipita à sa suite. Il sembla qu'il l'appela. La jeune fille se retourna, ils échangèrent quelques mots puis ce qui suivit fut très rapide. Il assénât un violent coup de matraque à la jeune femme puis la traîna à l'intérieur du pick-up avant de grimper à sa suite. La portière se referma brutalement et, en quelques secondes, le pick-up démarra et disparut.
Il n'est même pas resté plus de dix minutes sur place. Une telle chance ne peut pas durer. Evy, portez la vidéo au labo. Qu'ils améliorent au maximum les images. Et ne les lâchez pas. Je veux ça pour hier.
Bien capitaine.
Kate s'était retranchée dans la salle de pause. Assise à une table, elle faisait tourner son alliance autour de son doigt. Ce simple geste la réconfortait. Elle se sentait plus proche de lui. Ils étaient liés par cet anneau et elle avait tellement besoin de lui à cet instant.
La voir dans cet état était insupportable pour Lanie. Son amie si forte d'accoutumé avait l'air tellement fragile et dévastée à cet instant qu'elle ne savait pas quoi dire. Aucun mot aussi réconfortant qu'il soit ne pourrait rien face à l'ampleur du drame qu'elle était en train de vivre.
Elle se contenta de s'asseoir à ses côtés, posa une main qui se voulait réconfortante sur son épaule et la laissa parler. Elle avait besoin de se confier à quelqu'un.
La dernière fois que je l'ai vu, il était tellement en colère après moi et... si j'avais su ce qui allait se passer, j'aurai tout laisser tomber, si seulement j'avais eu le moindre soupçon...
Kate...
J'aurai du lui dire que je l'aimais, j'aurai du le serrer dans mes bras et ne pas le laisser partir. Il ne saura jamais à quel point je regrette.
On va le retrouver Kate et tu le lui diras.
Non. Cette vidéo c'était notre dernière chance. Ça va bientôt faire vingt-quatre heures Lanie. On ne le retrouvera plus à temps. C'est fini.
Ne dis pas une chose pareil.
Combien de temps crois-tu qu'il a gardé ses autres victimes en vie ?
…
Une journée. C'est ce que tu as dis.
Écoutes, je sais ce que j'ai dis et que les statistiques ne sont pas de notre côté mais on emmerde les statistiques d'accord. Les médecins disaient qu'il y avait peu de chance que Castle se réveille de son coma, et il s'est réveillé. Ils disaient qu'il ne récupérerait pas toutes ses capacités et il a récupéré. C'est un battant Kate, il ne se laissera pas faire... Il va s'en sortir. On doit garder espoir. Tu n'as pas le droit de baisser les bras.
Je ne sais pas, je ne sais plus quoi faire ? Sanglota t-elle.
Chérie, tu es épuisée. Tu n'as plus les idées claires, rentre te reposer, prends ta fille dans tes bras et dors quelques heures.
Non je ne peux pas...
Kate ! L'interrompit alors Esposito qui venait de les rejoindre dans la pièce. Lanie a raison. Tu ne lui sera d'aucune aide dans cet état. Un officier va te raccompagner chez Martha. Nous on reste sur le pont, on ne lâche rien et à la moindre évolution je t'appelle, promis.
A bout de force, Kate finit par se laisser convaincre et se laissa raccompagner par un officier sous le regard plus qu'inquiet de ses amis.
Elle tient le coup ? Demanda alors Esposito.
Pour le moment. Je ne sais pas comment elle fais... Javier j'ai si peur pour elle et pour Castle.
Ça va aller.
Tu oublie que tu parles à la légiste qui a autopsié toutes les victimes de ce monstre. J'ai vu de quoi il est capable. Ce qu'elles ont souffert c'est...
Lanie était au bord des larmes et elle aurait aimé que Javier la prenne dans ses bras mais avant que celui-ci ne fasse un geste vers elle, elle se ressaisit. Elle n'avait pas le droit de craquer, pas maintenant, elle devait penser à Kate avant tout et devait être forte pour elle.
Retrouve le ! Fut tout ce qu'elle ajouta avant de s'éloigner à son tour.
Kate salua l'officier qui montait la garde devant l'immeuble de Martha puis pénétra dans l'édifice. Sa belle-mère avait refusé catégoriquement de partir dans les Hamptons après avoir appris la disparition de son fils. Une protection policière avait donc été mise en place par précaution.
Quand elle franchit le seuil de l'appartement c'est une Martha angoissée qui se précipita vers elle.
Alors, tu as du nouveau ?
Malheureusement pas encore.
Chérie, tu as l'air à bout de forces.
Je vais bien. Comment va Lily ?
Elle a fini par s'endormir mais elle n'est pas bête, elle voit bien qu'il se passe quelque chose.
Je vais aller l'embrasser et prendre une douche, ensuite j'y retourne.
Katherine, tu tiens à peine debout. Depuis quand tu n'as pas dormi ?
Ça va aller. Je me reposerais quand Rick sera rentré à la maison.
Tu dois te ménager chérie, pense un peu au bébé. Il est hors de question que je te laisse ressortir tant que tu n'auras pas un peu dormi. Et si Richard était là, il te dirai la même chose. Tu n'as cas prendre ma chambre. Je vais rester sur le canapé pour cet nuit.
Martha ce n'est pas nécessaire.
Je ne te demande pas ton avis.
Depuis le temps qu'elle connaissait Martha Rodgers, Kate savait qu'il était inutile de discuter avec elle. Elle embrassa sa belle-mère en la remerciant puis se dirigea vers la chambre de Lily. La petite dormait à poing fermé serrant son Olaf dans ses bras. Kate déposa délicatement un baiser sur son front avant de la cacher avec la couette pour qu'elle n'ai pas froid. Elle resta plantée là un petit moment regardant sa fille dormir. Son petit ange. Comment avait-elle pu la négliger autant ces dernières semaines ? Comment avait elle pu ignorer les mises en garde de son mari ? Maintenant il était trop tard, le mal était fait et la vie de Rick ne tenait plus qu'à un fil.
C'est sur ce triste constat qu'elle gagna la chambre de Martha. Alors qu'assise sur le lit elle retirait ses chaussures son regard fut attirer par une photo de Rick et Lily posée sur la commode. Elle datait de noël dernier. Les deux amours de sa vie se serraient l'un contre l'autre, les bottes pleines de neige. Ils portaient des bonnets assortis avec l'inscription père et fille. Derrière eux, une rangée de sapin de noël. Ils avaient fini par choisir le premier en partant de la gauche pour leur salon.
Les larmes aux yeux, Kate se saisit du cliché et le serra contre sa poitrine puis s'effondra sur le lit.
Maman ? Pourquoi tu pleures ?
Réveillée par les sanglots de sa mère, Lily était sortie de son lit et se trouvait debout devant la porte serrant toujours sa peluche Olaf.
Ne voulant pas inquiéter sa fille Kate se ressaisit et essuya les larmes qui avaient coulées sur ses joues.
C'est rien chérie. Maman est fatiguée c'est tout. Mais dis moi pourquoi tu n'es pas dans ton lit ?
J'ai fais un cauchemar.
Viens là mon petit chat.
Kate tendit les bras vers sa fille et Lily se précipita sous la couette près de sa mère. Kate la serra aussi fort qu'elle le pu.
Maman ? Quand est-ce qu'il rentre à la maison papa ?
Je ne sais pas mon ange.
C'est à cause de moi si il est parti ?
Bien sûr que non chérie, pourquoi tu penses une chose pareille ?
Parce que j'ai été méchante avec lui. Je lui ai dit que je le détestais. Mais c'est pas vrai que je le déteste.
Je sais chérie et ton papa le sait aussi. Et quoi que tu dises ou que tu fasses il t'aimera toujours quoi qu'il arrive.
Alors pourquoi il est pas là ?
Il voudrait être là, mais on ne peut pas toujours faire ce que l'on veut.
Il me manque.
A moi aussi. Tu sais ce qu'on va faire ? On va fermer les yeux et prier très fort pour que papa puisse très vite rentrer à la maison. D'accord ?
D'accord.
Elles finirent par s'endormir serrée l'une contre l'autre.
Kate réussit à dormir quelques heures avant d'être réveillée aux alentours de quatre heures du matin par un horrible cauchemar. Après ça, elle savait qu'elle n'arriverait pas à se rendormir. Elle se leva en faisant bien attention de ne pas réveillée sa fille profondément endormie à ses côtés et alla prendre une douche.
Javier avait promis de la tenir informée de la moindre avancée dans l'enquête mais son portable était désespérément resté silencieux. Cela ne voulait dire qu'une seule chose. Ils n'avaient toujours aucune idée de l'endroit où Rick pouvait être retenu. Elle sentit monter une nouvelle crise de panique. Une douleur lancinante lui enserrait la poitrine et elle avait du mal à reprendre son souffle. Elle avait l'impression d'étouffer dans le petit appartement de Martha et décida de sortir prendre l'air.
Elle erra sans but précis dans les rues encore désertes de New York pour se retrouver une heure plus tard assise sur une balançoire dans le parc où des années plus tôt elle avait prit la plus grande décision de sa vie en décidant d'ouvrir son cœur à l'homme qu'elle aimait. Ce même parc où un an plus tard Rick avait fait d'elle la femme la plus heureuse du monde en lui demandant de l'épouser. Ce parc qui était devenu leur parc. Il faisait partie intégrante de leur histoire et c'est ici qu'ils aimaient se retrouver dans les meilleurs comme dans les pires moments.
Elle se balançait repensant à cette vie qu'elle allait quitter et à celle qui l'attendait quand Rick vint la rejoindre et s'assit sur la balançoire d'à côté.
Je te cherche depuis une heure. Tout va bien ?
Ne t'en fais pas. Tout va bien.
Elle se pencha pour lui donner un baiser puis lui sourit.
J'étais juste un peu nostalgique.
Chérie, si tu n'es pas sûre on peut encore faire machine arrière tu sais.
Non. Je sais qu'une vie merveilleuse nous attends à Hoboken et je suis impatiente de la commencer. C'est juste que cet endroit va me manquer.
Tu sais qu'en banlieue aussi il y a des parcs avec des balançoires ?
Ne te moque pas. Fit elle en lui donnant une tape amicale sur l'épaule.
Je ne me moque pas. En fait à moi aussi cet endroit va me manquer.
C'est vrai ?
Bien sûr. Et d'ailleurs j'ai une idée. Tous les ans à cette même date, on reviendra dans ce parc, comme une sorte de pèlerinage. Qu'est ce que tu en dis ?
Un pèlerinage ? Oui j'aime bien cette idée.
Vendu ! Mais en attendant.
Il se leva d'un bon, et sortit un petit couteau de poche de sa veste.
Qu'est ce que tu fais ?
Je marque mon territoire.
Quoi ?
Sans lui répondre, il commença à graver quelque chose dans l'écorce d'un des arbres près des balançoires. Intriguée Kate s'approcha et sourit en découvrant ce qu'il avait gravé. Un R et un K au centre d'un cœur.
Voilà Comme ça tout le monde saura que Rick et Kate sont passés par là.
Tu ne trouve pas qu'on est un peu vieux pour faire ce genre de chose ?
Il n'y a pas d'âge pour aimer.
C'est vrai. Et j'aime passionnément et excessivement Richard Castle. Fit elle en passant les bras autour de son cou.
Un passé révolu.
Elle resta un long moment devant cet arbre, passant la main sur les contours de cette trace qu'il avait laissée au monde, ce qui la remplit d'une tristesse infinie et d'une terrible nausée.
Rick et Kate sont passés par là. Marmonna t-elle.
Et la lumière se fit dans son esprit. Ce cœur, ces initiales, comment n'y avait elle pas pensé plus tôt.
Elle débarqua au douzième en furie, arracha du tableau blanc l'agrandissement du tatouage trouvé sur Dorian Kuper et se précipita dans le bureau d'Esposito. Elle interrompit sa conversation avec Ryan sans s'en rendre compte.
On a faux sur toute la ligne depuis le début. Fit elle brandissant la photo.
Kate...
le D de cette photo n'a jamais été l'initiale de Dorian, c'est celle de l'assassin ou plutôt de l'un des assassins. Depuis le début on s'est focalisé sur un seul type mais si il s'agissait d'un couple ?
Kate...
Je sais que ça paraît dingue mais ils ont gravés leurs initiales pour nous signaler leur œuvre macabre. D et E sont passés par là.
Devant le manque de réaction de ses amis devant sa découverte capitale Kate se figea prise d'un horrible pressentiment.
Vous ne comprenez pas, ils sont deux... Quoi, qu'est ce qui se passe ?
Le signal du portable de Castle vient de se réactiver. Finit par dire Esposito.
Où ça ?
A environ deux kilomètres de l'endroit où on a retrouvé sa voiture.
Qu'est ce qu'il y a là bas ?
Il n'y a rien là bas, c'est au milieu de nul part dans la forêt.
Kate chercha appui contre le bureau, sa gorge se serra et ses tempes se mirent à battre.
Est ce que Rick est...
On a aucune certitude pour le moment.
Elle ferma les yeux.
Non leur histoire n'était pas censée se terminer comme ça.
Allons y !
très bien. Viens avec moi on va prendre ma voiture.
Esposito la conduisit vers l'endroit où il avait retrouvé la voiture de Castle, puis il s'engagea sur une route gravillonnée qui serpentait dans la forêt. Très vite plusieurs véhicules de police bloquèrent le passage et ils durent finir à pieds. Les gravillons crissaient sous leurs pas. Un officier en uniforme quitta la scène de crime pour les rejoindre.
C'est vous le capitaine Esposito ? Demanda-t-il
Javier acquiesça d'un signe de tête et lui tendit la main.
Mes hommes viennent de trouver un corps...
Kate ne le laissa pas finir et se précipita entre deux voitures de police qui servaient de paravent. Derrière sur la gauche, il y avait un talus sur lequel un monticule s'élevait à un mètre cinquante. Une main couverte de terre dépassait de ce monticule. La personne à qui appartenait ce membre se trouvait de l'autre côté du tas de terre.
Madame, il s'agit d'une scène de crime. L'interpella un second officier.
Est ce que c'est mon mari ? Murmura t-elle d'une voix étranglée.
L'officier la dévisagea d'un œil méfiant puis il échangea un bref regard avec son collègue.
Laisse la passer. Fit celui-ci.
Kate inspira, très lentement pour se donner des forces et se dirigea jusqu'au talus puis s'arrêta le regard fixe. Elle contempla le visage couvert de terre du corps étendu là puis tomba à genoux.
Esposito qui l'avait rejointe, s'agenouilla près d'elle et la pris par les épaules.
Ils venaient de retrouver Jenna Campbell.
CHAPITRE 23
Esposito et Kate s'étaient éloignés de la fosse contenant le corps de Jenna Campbell. Kate tremblait comme une feuille.
Je crois que je vais vomir, annonça t-elle juste avant de passer à l'acte.
Javier lui laissa quelques minutes de répit le temps qu'elle se remette du choc puis la raccompagna en sueur jusqu'à sa voiture. Il se faisait de plus en plus de soucis pour elle. Jamais auparavant elle n'avait eu une telle réaction devant la découverte d'un corps aussi mutilé soit il.
Sans un mot il la précéda jusqu'à la voiture, lui ouvrit la portière et l'aida à s'installer avant de prendre place au volant. Il tourna le contact pour baisser les vitres, une brise légère traversa la voiture.
Est ce que ça va mieux ? Demanda alors Javier en se tournant vers elle.
Kate regardait droit devant ne pouvant quitter des yeux les officiers de police qui s'activaient au loin.
Si Jenna est ici... commença t-elle.
Oui ?
Il fallait qu'elle pose la question, c'était plus fort qu'elle.
Il y a une autre... tombe ou c'est la seule ?
Il est vivant Kate. Ne me demande pas comment je le sais mais je sais qu'il est vivant.
Elle reposa la tête sur le dossier, les yeux clos. Elle se remémora la dernière fois qu'elle avait vu son mari. Il l'avait suppliée de laisser tomber mais elle s'était obstinée aveuglée par son désir de sauver cette jeune fille. Il était beau le résultat.
J'ai mis ma famille en danger pour la sauver et à quoi est-ce que ça aura servi dis moi ?
Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer.
Rick le savait lui. Il sentait que quelque chose d'horrible allait arriver. Si seulement je l'avais écouté, il serait encore ici avec nous.
Tu essayais de sauver une vie, tu ne peux pas te le reprocher.
Tu crois ! Quel genre de mère fait passer la vie d'une inconnue avant celle de son propre mari et de ses enfants.
Ses... ?
Je suis enceinte Javier.
Tu le sais depuis quand ?
Un mois.
Et Castle est au courant ?
Je lui ai annoncé le jour de son anniversaire. Si tu avais vu son expression quand il l'a appris. Il était si heureux. Il a tellement souffert de ne pas pouvoir s'occuper de Lily quand elle était petite. Il disait que la vie lui donnait une seconde chance. Et maintenant, à cause de moi il ne connaîtra probablement jamais cet enfant.
Je te le répète Kate, il est vivant et tel que je le connais il va tout faire pour le rester. Il n'abandonnera pas sa famille sans se battre. Et nous on ne l'abandonnera pas.
Je croirais entendre Lanie. Sincèrement, je ne sais pas ce que je ferais sans vous.
Tu te sent mieux ?
Ça va aller merci. Si on arrêtait de s'apitoyer sur moi et qu'on retrouvait mon mari ?
Ça c'est la Kate que je connais. Tout à l'heure dans mon bureau tu parlais de complices ?
De retour chez eux, ils se sautèrent dessus. Le sexe entre eux avait toujours été torride et intense à leur faire tourner la tête. Mais à présent attisés par l'odeur du sang fraîchement répandu et l'idée de ce qu'ils venaient de faire leurs étreintes étaient devenues carrément féroces.
Quand ils eurent terminé, leurs corps comme soudés l'un à l'autre par la transpiration, Ella sourit.
Chéri ? Tu as vu son visage ? Ses yeux levés vers nous mais qui ne nous voyaient pas ? Et le sang qui lui coulait de la bouche et des oreilles.
Elle se tourna vers lui, son visage aussi lumineux que le soleil, ses yeux écarquillés plein d'émerveillement et d'excitation.
Je t'aime Daryl.
Maintenant qu'on s'est débarrassé de la fille, on va pouvoir se consacrer à l'écrivain. Il me tarde de commencer avec lui.
Encore un peu de patience mon cœur. Si je ne me pointe pas au boulot aujourd'hui, on va finir par se demander où je suis passée. Et on ne voudrai pas que quelqu'un vienne fourrer son nez par ici ?
Je ne pourrais jamais attendre jusqu'à ce soir.
Tu es pire qu'un gosse. Ricana t-elle. D'accord tu as le droit de t'amuser un peu avec lui mais ne l'abîme pas trop. Avec celui-là je veux qu'on prenne notre temps. Je vais le rendre à la fliquette morceau par morceau. Imagine comme ce sera excitant.
Tout ce que tu voudras. Tout. Je t'aime Ella.
Fais moi crier Darryl. Fais moi hurler. Et puis tu pourras aller t'amuser un peu.
Et elle sourit, un sourire sauvage et féroce tandis que Darryl allait et venait, allait et venait, allait et venait, le visage ruisselant de sueur.
Elle sourit de son sourire monstrueux et se laissa aller à l'orgasme.
Le temps n'existait pas dans le sous sol. Il ne s'écoulait pas. Il était là depuis des heures sans doute. Ses ravisseurs n'avaient pas réapparut depuis qu'ils avaient emmené de force Jenna sans qu'il ne puisse rien faire. Sa main avait affreusement gonflée et elle lui faisait mal. Il avait certainement quelque chose de cassé. Il essaya de ne pas penser à la douleur et de se mettre à la recherche d'un moyen de s'échapper. Il ne se faisait plus d'illusions. Jamais Kate et les gars ne le retrouverai perdu au milieu de nul part. Si il voulait vivre et revoir les siens, il devait se bouger. Il fit courir ses doigts sur le mur derrière son dos. Des joints en ciment s'effritaient. Une brique était branlante. Peut être y en avait il d'autres. Il envisagea un trou, une issue, la liberté mais le ciment ne céda pas et il s'écorcha.
Les lattes du parquet alors ? Des clous ? Pourquoi pas un clou rouillé dépassant d'une planche, qu'il pourrait arracher et enfoncer dans l’œil du type ?
Malheureusement, il ne vit de clou nulle part rouillés ou non.
Il entreprit ensuite d'explorer l'espace sous la chaudière. Il devait mesurer dix à douze centimètres de haut, ce qui lui permit de glisser ses mains. Il faisait courir ses doigts dans une épaisse couche de moutons et de poussière. Il n'y avait rien d'autre. La difficulté de la manœuvre les mains attachées dans le dos et son inutilité le découragèrent.
Il se concentra de nouveau su la chaudière. Il y avait un espace derrière un peu plus large que celui en dessous. L'appareil lui-même était fixé au mur par quatre grosses équerres métalliques. Si il s'en servait pour se défendre ?
Les deux supports plus éloignés étaient hors d'atteinte. Il referma les doigts sur celui du bas, le plus proche de lui et en éprouva la résistance. Il était solidement vissé dans le mur. Impossible de le faire bouger à main nue. Il essaya ensuite celle du dessus. Même constat. C'était sans espoir.
Accablé, il laissa retomber ses mains. C'est alors qu'il effleura quelque chose. Le bord d'une plaque métallique. Sur les quatre vis qui en principe la retenaient, il n'en restait que deux. Celle en haut à gauche et celle en bas à droite. Elles étaient légèrement branlantes.
Rick chercha à évaluer l'épaisseur du métal. Il lui parut plus dense que celui d'une boîte de conserve mais plus fin que celui d'une plaque d'immatriculation.
Du bout des doigts il desserra la première vis. La prudence s'imposait. La plaque ne tenait plus que par une vis. Si elle tombait elle risquait de rouler et de se trouver hors d'atteinte. La seconde vis vacilla puis tomba.
Rick fit glisser la plaque vers lui et malgré ses précautions il s'érafla le bras pendant la manœuvre.
Le rectangle mesurait environs dix centimètres de long sur 5 de large.
Tu sais que t'as du pot toi ? Lança Darryl en apparaissant dans l'escalier.
Rick sursauta involontairement.
Distrait par sa tâche, il n'avait pas entendu s'ouvrir la porte en haut des marches. Il plia le bout de métal de sorte à le faire disparaître dans la paume de sa main. Ce petit bout de métal était son seul espoir et il s'y accrocherait.
Darryl descendit les dernières marches.
Mouais, t'as un pot d'enfer. Ella veut faire durer le plaisir avec toi.
Où est Jenna ? Qu'est ce que vous lui avait fait ?
Elle commençait à s'ennuyer avec nous alors on s'en est débarrassé.
Espèce de salaud !!
Tu devrais me remercier au lieu de m'insulter. Après tout, j'ai abrégé ses souffrances mais les tiennes ne font que commencer.
Après la découverte du corps de Jenna Campbell, l'ambiance au poste était de plus en plus tendue. On en était désormais à huit victimes et il ne tarderait pas à y en avoir une neuvième si les enquêteurs ne trouvaient pas une piste très rapidement.
De retour au poste, Kate exposa sa nouvelle théorie, qui était loin de faire l'unanimité.
On aurait gravé ce cœur dans sa chair comme des amoureux sculpte un cœur avec leurs initiales sur un arbre ? Fit Ryan.
Ils seraient deux ? S'étonna Adamson. Un couple ?
Je sais de quoi ça à l'air mais j'y ai bien réfléchi. Cela expliquerait pourquoi les victimes n'ont subit aucune agression sexuelle. Parce qu'ils profitent déjà l'un de l'autre pour ça.
Cela voudrait dire que ce qu'ils leurs font...
… leur tient lieu de préliminaire. Termina Kate comme Ryan n'y parvenait pas.
C'est ridicule ! S'exclama Adamson.
Ecoutez moi ! Rick était sur ses gardes la nuit où il a été enlevé à tel point qu'il a prit soin de mettre ses filles à l'abri. Jamais il ne se serrait arrêté en pleine nuit sur une route déserte sans une bonne raison.
Il se serait méfié d'un homme demandant de l'aide...
Mais pas d'une femme. En conclu Esposito voyant où venait en venir Kate et Ryan.
Ils étaient deux, c'est obligé. Croyez moi !
Admettons qu'il s'agisse bien d'un couple, on est pas plus avancé pour autant et on va finir par manquer de temps. Fit remarquer Adamson.
Vous croyez que je ne le sais pas !! s'énerva alors Kate. Elle était bien consciente, plus que quiconque, de l'urgence de la situation et n'avait pas besoin qu' Adamson la lui rappelle.
Tout ce que je dis...
Adamson ! Le coupa Esposito. Et si tu allais prendre l'air.
Pourquoi ce serait à moi de sortir, c'est elle qui...
Parce que c'est un ordre de ton capitaine !
Très bien. De toute façon on étouffe ici.
Il attrapa sa veste furieux non sans jeter un regard noir à Beckett avant de se diriger vers l'ascenseur. Quand celui-ci s'ouvrit sur Evy, il bouscula la jeune femme avant de prendre sa place dans la cabine.
Eh ! C'est quoi ton problème ?
Mon problème c'est elle !
Qui ça ? Beckett ?
Elle est en train de perdre les pédales. C'est moi qui te le dis.
Quoi ?
Les portes se refermèrent sur Adamson laissant la question d'Evy en suspend.
La jeune détective avait passé une partie de la nuit avec les techniciens informatiques qui travaillaient sur la vidéo de surveillance de la zone de livraison. Elle avait ensuite suivi une piste.
Il était déjà neuf heures trente quand elle fut de retour au poste.
Bonjour, on a du nouveau ? Demanda-t-elle à Ryan resté seul devant le tableau blanc alors que Beckett et le capitaine venaient de se retrancher dans le bureau de celui-ci.
Malheureusement oui. On a retrouvé tôt ce matin le corps de Jenna.
Mon dieu. Et Castle ?
Toujours aucune trace.
Comment Beckett encaisse le coup ?
Mal comme tu peux t'en douter... Et toi ! On peu savoir où tu étais passée ?! Tu crois que c'est vraiment le jour pour faire la grâce matinée ?!
Écoutes Ryan ! je sais que tu te fais énormément de soucis pour ton ami mais ce n'est pas une raison pour me hurler dessus !
Excuse moi, je suis un peu à cran.
Excuses acceptées et pour ton information, j'ai passé la nuit au labo sur la vidéo.
Dis moi que tu as trouvé quelque chose.
L'image était trop pourri, on a pas réussi à voir son visage ni à lire la plaque d'immatriculation.
Et ça t'a pris toute la nuit pour ça ?
Je n'ai pas fini. Tu te rappelle que l'on apercevait quelque chose sur le tableau de bord à l'avant ?
Tu as trouvé ce que c'était ?
Les restes d'un repas à emporter venant de chez Shake Shack. Je suis allée là bas dès l'ouverture et j'ai épluché les vidéos des caméras de surveillance remontant à deux jours avant l'agression de Jenna. J'ai recherché des pick up ressemblant à celui que l'on aperçoit sur la vidéo.
Et ?
La seule correspondance que j'ai trouvé n'a rien donné. Je suis désolée.
C'était bien tenté.
J'aurai tellement aimé que dans cette fichu bagnole il ne s'agisse pas d'un couple mais...
Attend une minute. Tu as bien dis un couple ?
Oui deux jeunes d'une trentaine d'année pourquoi ?
Tu as encore la vidéo ?
Non puisque je te dis que... mais enfin qu'est ce qui se passe ?
Une fois de plus la question de la jeune femme n'obtint pas de réponse.
Evy tu es géniale ! Fut la seule chose qu'il lui répondit avant de se précipiter dans le bureau du capitaine.
Ils étaient de retour devant la grange. Derrière eux la porte de la maison claqua. Ella descendit le perron et se hâta vers le pick-up noir. Le véhicule démarra sur les chapeaux de roues, soulevant un nuage de poussière sur son passage.
Entre là dedans !
Daryl poussa Rick à l'intérieur de la grange, le menaçant d'un revolver.
Pourquoi vous faîtes ça ?
Ferme là et assieds toi. Fit il en lui indiquant une chaise.
Toujours en menaçant Rick de son arme, il se dirigea vers la vieille scie à élaguer près du mur. Il s'en était servi pour sectionner des phalanges une fois. Cela avait pris du temps. A la fin il avait été obligé de déchiqueter, d'arracher les os. L'homme, le numéro trois, hurlait tellement que le bruit avait dérangé Ella. Daryl lui avait alors enfoncé un chiffon dans la bouche et enroulé du ruban adhésif par dessus pour étouffer ses cris de douleur. Quand il avait perdu connaissance, il lui avait balancé un baquet d'eau pour le réveiller.
Aujourd'hui, il n'avait pas de torchon sous la main mais comme Ella venait de partir, le bruit ne la gênerait pas. Qu'il hurle donc.
Il ouvrit le tiroir à outils et en sorti une corde. Il allait devoir l'attacher avant de le travailler à la scie.
Assis ! Répéta-t-il.
Non !
Assied toi ou je jure que...
Que quoi ? Tu vas me descendre ? Ta petite copine sera très fâchée après toi si tu fais ça. Parce que c'est elle qui commande pas vrai ?
Ferme la !
Je suis sûr que tu ne peux même pas aller pisser sans sa permission.
Je t'ai dis de la fermer !
Même quand vous faîtes l'amour, c'est elle qui te dis ce que tu dois faire et comment tu dois le faire ?
Mais tu va la fermer ta grande gueule !
Hors de lui, Darryl se précipita sur Rick brandissant son arme pour le frapper avec, fou de colère. Rick se poussa au dernier moment et l'agresseur emporté par son élan fini sa course dans la porte de la grange.
Darryl reprenait ses esprits quand quelque chose de lourd s'abattit sur son crâne. La violence du choc le projeta sur les genoux. Sa tête vibrait comme un diapason. En se retournant, il vit Rick qui brandissait la chaise métallique. Il avait réussit à trancher ses liens grâce au petit bout de métal prenant ainsi son geôlier par surprise. Il la leva au dessus de sa tête, et avec un cri guttural, l'abattit vers son visage.
Darryl plongea juste à temps. Il attrapa la chaise et la lui arracha des mains.
Rick se rua à l'extérieur.
Darryl voulu se relever, mais la tête lui tournait et il s'affala de nouveau. Il se remit debout, et l'arme au poing, sortit en courant. Il regarda à droite, à gauche. Rien.
Pivotant sur lui même, il vit disparaître sa victime dans les bois. Il tira puis s'élança à sa poursuite en vociférant.
CHAPITRE 24
La première balle frappa un arbre à dix centimètres de la tête de Castle. Il reçut des éclats d'écorce dans l’œil. Il se baissa et continua à fuir. La deuxième et la troisième balle sifflèrent quelque part au dessus de lui.
Castle !
Il n'avait qu'une seule pensée consciente : mettre un maximum de distance entre son tortionnaire et lui.
Reviens ! Tu n'as aucun endroit où te cacher ! Tu ne fais que retarder l'inévitable !
Rick savait que si ce type le rattrapait, il allait le tuer. Et d'après ce qu'il avait entrevu des activités de ce cinglé, il lui ferait bien pire que de lui coller une balle dans la tête.
Il accéléra le pas, se faufilant sous les branches, zigzagant avec agilité entre les troncs d'arbres quand il se prit le pied dans une racine et se tordit sa jambe déjà endolorie. Il perdit l'équilibre et c'est parce qu'il pu s'appuyer contre un arbre qu'il ne tomba pas. La douleur dans son genoux se réveilla mais il reprit néanmoins sa course en claudiquant ce qui permit à Daryl de gagner du terrain.
Je vais te retrouver, tôt ou tard, tu sais ! Mais si tu me fais courir trop longtemps je vais appeler Ella pour lui dire qu'elle aille chercher ta fille, tu sais la rouquine ! J'ai ton portable, je connais son adresse. Je suis sûr qu'on passera un agréable moment avec elle !
Rick ferma les yeux et s'efforça de ne pas penser à Alexis. Elle ne risquait rien, elle était en sécurité pour le moment contrairement à lui.
Il tenta d'accélérer la cadence. Ses muscles et ses poumons voulaient bien coopérer, mais pas sa jambe. Il tenta de reporter son poids sur son autre jambe, d'ignorer la douleur lancinante mais chaque fois que son pied droit touchait terre c'était comme si on lui enfonçait un poignard dans le genoux.
La forêt s'étendait à perte de vue devant lui. Il pouvait continuer à courir...mais combien de temps tiendrait il encore avec sa patte folle et ce fou furieux à ses trousses ?
Obliquant sur sa gauche, il se réfugia derrière un rocher. Daryl n'était plus très loin. Il l'entendait se frayer un passage dans les broussailles. Non courir n'était plus une option.
La seule solution était de rester là et de se battre.
La voiture d'Esposito filait à travers les rues de New York, sirènes hurlantes suivit de très près par celle de Ryan et Kincaid.
Le pick-up sur la vidéo de surveillance du fast food appartenait à une certaine Margaret Thomson domiciliée dans le Queens et c'est précisément chez cette femme que les inspecteurs se rendaient à toute allure.
Arrivés devant le domicile du suspect Esposito pria Kate de rester dans la voiture mais celle-ci refusa catégoriquement.
On ne sais pas ce qui nous attends à l'intérieur et tu n'es pas armée. C'est trop dangereux.
C'est de mon mari qu'il est question...
Justement tu es trop impliquée.
Il est hors de question que j'attende bien sagement dans cette voiture alors que sa vie est en danger.
Kate...
devant l'air plus que déterminé de son amie, il n'insista pas mais cela ne l'empêchait pas de penser que c'était une très mauvaise idée.
Très bien comme tu voudras mais tu restes derrière moi.
Esposito frappa à la porte puis lui et Ryan se postèrent de part et d'autre, l'arme au poing près à intervenir au moindre danger quand une femme d'une soixantaine d'année vint leur ouvrir la porte. Surpris les deux hommes baissèrent leurs armes.
Mme Thomson ?
Oui c'est moi mais enfin que se passe t-il ? Demanda la femme étonnée de trouver des hommes armés devant sa porte.
Vous êtes bien la propriétaire d'un pick up immatriculé DR-762-US dans l'état de New York ? Demanda Esposito en présentant sa plaque de police.
En fait c'était celui de mon mari, j'en ai hérité à sa mort. Mais je ne l'ai plus, je l'ai donné à ma fille Ella. Mon dieu, il lui est arrivé quelque chose ?
A vrai dire nous n'en savons encore rien. Pouvons nous entrer madame ?
Madame Thomson les laissa entrer et leur proposa un café qu'ils refusèrent poliment.
Alors qu'Evy et Ryan entreprirent, avec la permission de la propriétaire, de faire le tour de la bâtisse pour s'assurer que rien ne clochait à l'intérieur, Javier et Kate prirent place dans le salon. Leur hôtesse paraissait être coopérative et elle leur raconta qu'elle n'avait pas eu de nouvelles de sa fille depuis presque un an quand elle avait débarquée en juin dernier. Elle qui avait dans sa jeunesse eu des déboires avec les forces de l'ordre semblait être repartie sur de bonnes bases. Elle voulait reprendre ses études, se trouver un bon boulot si sa mère voulait bien l'accueillir le temps qu'elle se retourne.
Madame Thomson, où se trouve Ella aujourd'hui ? Demanda le capitaine.
Si seulement je le savais. Moins de deux semaines après, elle a disparu avec de l'argent liquide ainsi que le pick-up.
Vous avez porté plainte ?
Non. Ce n'était que de l'argent et cette voiture je ne m'en servais pas de toute façon. Elle lui serait plus utile. Je la lui aurais donné si elle me l'avait demandé vous savez.
Esposito sortie une photo tirée de la vidéo de surveillance du fast food où l'on voyait le jeune couple assis au volant du véhicule.
Est ce qu'il s'agit bien d'Ella sur cette photo ?
Oui c'est elle.
Et vous reconnaissez l'homme à ses côtés ?
Non je ne l'ai jamais vu. Mais enfin pourquoi me posez vous toutes ces questions ? Ella à des ennuis c'est ça ?
Non. Nous avons juste besoin de lui parler pour les besoins d'une enquête en cour.
Madame je vous en prie, c'est très important. Vous devez nous dire où elle est. La supplia Kate prenant la parole pour la première fois.
Je vous l'ai déjà dis je n'en sais rien.
Des amis chez qui elle aurait pu se réfugier peut être ? Demanda Esposito à son tour.
Je suis désolée.
Je ne vous crois pas ! C'est votre fille ! Vous devez forcément avoir une petite idée de l'endroit où elle se cache ! Insista Kate.
Je vous ai ouvert ma maison, j'ai répondue à toutes vos questions et je n'apprécie pas d'être traitée de menteuse sous mon propre toit.
Excusez ma collègue, ce n'est pas ce qu'elle voulait dire.
Je pense que vous devriez partir maintenant avant que j'appelle mon avocat.
La femme se leva leur indiquant que l'entretien était terminé et qu'ils n'étaient plus les bienvenus.
Ils se levèrent à leur tour et rejoignirent le reste de leur équipe dans le couloir de l'entrée mais alors qu'ils s'apprêtaient à quitter les lieux, Kate fit demi tour et se précipita sur Madame Thomson.
regardez cette photo ! Regardez là !
Elle lui mit sous le nez une photo de Rick qu'elle venait de sortir de son sac.
Il s'appelle Richard Castle. C'est un mari attentionné. un père aimant pour ses trois enfants et votre fille est responsable de sa disparition. Si il lui arrive quoi que ce soit parce que vous avez refusée de me dire où votre fille se cache vous le paierez très chère !
Kate ça suffit maintenant ! Fit Esposito en l'attrapant fermement par le bras.
Madame Thomson, qui venait de reconnaître l'homme sur la photo pour l'avoir vu aux infos comme étant la dernière victime connue de l'éventreur de New York, fut horrifiée des accusations que cette femme osait porter sur son enfant.
Comment osez vous venir chez moi pour proférer de telles horreurs. Ma fille est peut être loin d'être parfaite mais ce n'est pas un monstre ! Jamais elle n'aurait fait ce dont vous l'accusez !
Allez dire ça aux familles des victimes qu'elle et son copain ont massacré !
FICHEZ LE CAMPS !!!
Esposito excusa une dernière fois le comportement de Kate avant de traîner celle-ci sur le perron, furieux.
Je peux savoir ce qui t'a pris ?
Elle sait où ils sont !
Tu n'en sais rien et même si c'était le cas, elle ne nous dira plus rien maintenant.
Mais il faut bien faire quelque chose !
On ne sait même pas si cette Ella est notre coupable.
C'est elle. Il faut que ce soit elle. On a aucune autre piste.
Devant la détresse de son amie, la colère d'Esposito disparu aussi soudainement qu'elle était apparu.
On a lancé un avis de recherche sur la voiture. Sa photo circule dans tous les commissariats de la ville. On va la retrouver.
Kate priait de toutes ses forces pour que Javier dise vrai mais au fur et à mesure que les heures s'écoulaient, elle perdait un peu plus espoir.
Tapi derrière son rocher, Rick chercha des yeux une arme quelconque. Une pierre. Une branche cassée. Il fouilla le sol à tâtons autour de lui, mais ne trouva que des cailloux et des brindilles.
Castle ?
Au son de sa voix, il compris que la distance entre eux c'était beaucoup rétrécie. Une arme, il lui fallait une arme. Il pensa aux cailloux. Peut être qu'en les mélangeant avec de la terre et en les lui lançant au visage, il réussirait à l'aveugler momentanément, et ensuite...
Ensuite quoi ?
Non ce plan ne marcherait pas. Il était serte parvenu à s'échapper en profitant de l'effet de surprise et à semer son ravisseur l'adrénaline aidant mais en y regardant de plus près, celui-ci était armé, fort et bien portant alors que lui n'avait rien bu ni rien avalé depuis quarante-huit heures au moins. Il sentait ses forces s'amenuiser. Bref, il n'avait aucune chance. La seule chose qui lui restait une fois de plus était l'effet de surprise. Lorsqu'il passerait devant le rocher, il pourrait lui sauter dessus, l'attaquer avec toutes les forces qui lui restaient, avec la férocité de quelqu'un qui se bat pour sauver sa vie.
Les pas de Daryl se rapprochaient. Rick se tassa sur lui même pour mieux pouvoir bondir sur lui mais ses muscles ne lui obéissaient plus. Il tenta de puiser du réconfort en pensant à Kate. Il savait qu'elle ne lâcherait rien pour le retrouver. Peut être était elle en chemin à l'heure qu'il est pour venir le secourir ?
Daryl n'était plus qu'à dix pas.
Rick n'avait aucune chance. Son genoux lui faisait mal. Sa main l'élançait. Il n'avait pas d'arme, plus de forces, pas d'expérience du combat à mains nues.
Cinq pas.
Ce n'était plus qu'une question de secondes. Maintenant ou jamais.
Fermant les yeux, Rick opta pour...ne rien faire. Se plaquant au sol, il récita une prière silencieuse. Daryl s'arrêta devant le rocher, puis après ce qui parut une éternité à Castle, il se remit en route en écartant les branches. Il ne l'avait pas vu.
Rick laissa passer cinq minutes. Ou dix, il n'aurait su le dire. Lorsqu'il se risqua à jeter un coup d’œil, Daryl était parti.
Changement de programme. Il rebroussa chemin en direction de la ferme.
Ella venait de se garer devant le bar quand son portable se mit à vibrer dans sa poche. C'était Daryl.
Je te manque déjà mon cœur ?
On a un problème. Dit Daryl.
Ella serra les mâchoires.
Quel genre ?
Le mec de la flic s'est barré.
Une fois qu'elle eut raccroché Ella serra le volant de toutes ses forces en poussant un cri de rage. Non cela n'allait pas se passer comme ça. Elle démarra la voiture en trombe et retourna sur les chapeaux de roue à la ferme.
La mère d'Ella Thomson n'avait pas perdue de temps pour porter plainte contre Kate pour diffamation auprès de la police et c'est à contre cœur que Gates était de retour au douzième pour demander des comptes. Elle avait attendu le capitaine dans son bureau et lui avait aussitôt fait part du problème dès son retour.
Nous nous trouvons confronté à une situation délicate. Je sais à quel point cette affaire vous tiens à cœur... Je veux le retrouver au moins autant que vous mais menacer d'honnêtes citoyens ne nous aidera pas croyez moi.
Menacer vous y aller un peu fort. Kate a perdu son sang froid c'est vrai mais elle a des circonstances atténuantes vous ne croyez pas ?
Oui et bien l'avocat de Mme Thomson n'est pas de votre avis et si elle décide d'aller au bout de sa plainte... Kate n'a vraiment pas besoin de ça en ce moment.
Qu'est ce qu'on fait alors ?
Vous rien. Je m'en charge mais entre nous, Beckett ne devrait plus être sur cette affaire.
Elle refusera de laisser tomber et je ne peux pas lui demander ça.
Vous savez que c'est pour son bien.
Son bien il fallait y penser avant. Elle n'avait rien demandé, c'est nous qui sommes venus la chercher je vous rappel. Tout ça c'est de notre faute.
Comme vous voudrez mais il faut que vous sachiez qu'elle est sous votre responsabilité et qu'à la moindre nouvelle incartade de sa part, c'est vous qui en paierez les pots cassés et je ne pourrais plus rien faire pour vous aider.
Je suis prêts à prendre le risque. Je lui dois bien ça.
Où est-elle maintenant ?
Elle avait besoin de souffler un peu. Elle est allée prendre l'air.
Et Ella Thompson c'est une piste sérieuse ?
Kate est convaincue que c'est elle.
Kate a besoin d'un coupable à tout prix mais vous qu'en pensez vous ?
Il allait lui dire qu'il avait appris à faire confiance à l'instinct de flic de Kate et qu'il la suivrait les yeux fermés mais il n'eut pas le temps. Ryan déboula dans le bureau sans frapper.
Une patrouille a repéré notre pick-up.
Où ça ?
Dans le Bronx.
Dis leur de rester discret et de ne pas le perdre de vue.
J'ai bien peur qu'il soit un peu tard pour ça. Ils ont voulu l'arrêter mais elle a réussit à les semer.
Et merde ! Les imbéciles ! Jura Espo avant de se tourner vers Gates.
Pour répondre à votre question, je ne sais pas si cette Ella est notre coupable mais une chose est sûre, les innocents ne prennent pas la fuite. Ryan. Met la maison de la mère sous surveillance. On ne sait jamais. Elle va peut être se pointer là bas.
Il n'avait pas le choix, il fallait retourner à la ferme. La forêt était dense et il n'avançait pas vite mais au bout de dix ou peut être quinze minutes, il distingua les contours de la ferme. Il se trouvait pile derrière la grange. Il s'y rua. Avec la mort à ses trousses, il croyait pouvoir faire abstraction de sa douleur au genoux. Il n'en fut rien. Il clopina plus qu'il ne courut. Ses articulations lui faisait mal, ses muscles se contractaient mais pas question de s'arrêter. Si il s'arrêtait il était fichu. C'était aussi simple que ça.
Rick s'effondra contre le mur de la grange et s'y appuya. OK, jusqu'ici personne ne l'avait vu. Prochaine étape ? Alerter les secours.
La maison était à sa droite. Il hasarda un coup d’œil dans la cour. Aucune trace du pick-up ni de Daryl. Il devait saisir sa chance avant qu'ils ne reviennent.
La veille il avait repéré un téléphone accroché au mur de la cuisine. De là il pourrait appeler les secours.
Il rassembla ses dernières forces et piqua un sprint vers l'arrière de la maison.
La porte de la cuisine n'était pas fermée à clé. Il poussa le battant avec précaution, entra et le referma tout doucement. Le téléphone était là juste devant lui. Il se saisit du combiné et pria pour qu'il y ait de la tonalité.
S'arrêtant devant la porte du commissariat, Kate appela chez Martha.
Bonjour chérie. Tu es partie bien tôt. Tu as du nouveau ?
On a peut être une piste mais rien de concret encore. Est ce que Lily est là ?
Elle avait besoin d'entendre le son de la voix de sa fille pour tenir le coup.
Bien sûr, ne quitte pas.
Allô ? Maman ?
Bonjour mon petit chat. Est ce que ça va ?
Oui. Je suis en train de faire à mangé avec mamie. On prépare tous les plats préférés de papa comme ça ça le fera revenir plus vite. C'est moi qui a eu l'idée.
C'est une merveilleuse idée chérie. Il sera très content.
Tu rentres bientôt ? Tu me manques.
Toi aussi tu me manque mais...
un bip signifiant qu'on cherchait à la joindre retentit dans son téléphone. C'était peut être Javier qui avait du nouveau.
Écoutes ma puce je dois raccrocher. On se voit ce soir, promis.
Je t'aime maman.
Moi aussi je t'aime. A plus tard. Bisous.
Kate jeta un coup d’œil sur son journal d'appel. Elle ne reconnu pas le numéro qui s'affichait sur l'écran et s'apprêtait à le rappeler quand son téléphone sonna à nouveau. Toujours le même numéro.
Beckett.
Kate
lorsqu'elle entendit cette voix prononcer son prénom, cette voix qu'elle aurait reconnu entre toutes, son cœur cessa de battre.
Rick ? Oh mon dieu ! Bébé est-ce que tu vas bien ? Où est tu ?
Je ne sais pas. Une fermette au milieu de nul part. Ici il n'y a que des arbres à perte de vue. J'ai réussi à m'échapper mais ils sont à ma recherche. Ils sont deux Kate. Un couple.
Je sais.
La fille s'appelle Ella et...
Une portière claqua au loin et des éclats de voix retentir.
Rick ?
Ils sont là.
Bébé sort d'ici. Sort d'ici tout de suite ! Vas t-en !
Une détonation retentit à l'autre bout du fil puis plus rien.
RICK !!!
CHAPITRE 25
Kate mit au courant Esposito et Ryan. Il s'était écoulé moins de dix minutes depuis l'appel de Castle. Il était vivant mais pour encore combien de temps. Elle priait de toute son âme pour qu'il ai eut le temps de se cacher.
Au poste c'était l'effervescence. Evy tentait de localiser l'appel passé par Castle alors qu'Esposito donnait ses nouvelles directives à l'équipe chargée de la surveillance de la mère de la suspecte.
Je veux que vous retourniez la voir tout de suite et que vous la réinterrogiez. On a désormais la certitude que sa fille est dans le coup et si elle ne vous dit pas immédiatement tout ce qu'elle sait vous me l'embarquez pour obstruction dans une affaire criminelle.
Quand celui-ci eu raccroché, il ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil vers Kate. Elle était appuyée contre un bureau près du tableau, mais elle ne le regardais plus. Il s'avança vers elle et lui posa la main sur l'épaule.
Il est toujours en vie. On a encore une chance. On va le retrouver.
Il avait l'air si terrifié.
Elle inspira profondément afin de ne pas totalement céder à l'angoisse qui l'assaillait.
Dis moi qu'Evy à réussit à localiser l'appel.
Je suis désolé. L'appel a été trop bref.
On y arrivera pas. Pas à temps.
Esposito ne savait pas quoi répondre. Jamais auparavant il n'avait été aussi frustré par une affaire. Ils étaient si proche du dénouement après des mois d'enquêtes et pourtant si loin. Si seulement ils pouvaient retrouver la trace de cette Ella Thompson avant qu'il ne soit trop tard.
Comme répondant à ses prières, Ryan arriva en trombe auprès de ses amis.
J'ai quelque chose.
Dis moi que tu as retrouvé la trace de cette garce. Fit Kate
Pas tout à fait. Mais j'ai repensé à ce que tu as dit sur le fait qu'il s'agissait d'un couple.
Et ? Demanda Esposito qui n'avait plus de temps à perdre.
Sur une intuition j'ai épluché les registres de mariage de la mairie de New York sur les douze derniers mois et devinez quoi ? Ella Thompson a épousé un type du nom de Daryl James en septembre de l'année dernière.
Septembre. Juste avant le premier meurtre. Remarqua Kate.
Ce type a un casier long comme le bras essentiellement condamné pour des vols avec violence et une agression à main armée. Il est en conditionnel. Evy est en train de parler à son agent de probation.
J'ai une adresse !! s'écria cette dernière en brandissant un bout de papier. Il loue un studio en sous sol dans un immeuble du Bronx.
Ils ne sont pas là bas. Rick a parlé d'une ferme au milieu de la forêt.
Kate a raison. Ryan avec Adamson vous foncez à cette adresse, interrogez les voisins. Quelqu'un saura peut être quelque chose quand à l'endroit où ils se cachent. De notre côté on continue de fouiller le passé de ce type.
Ella et Daryl commençaient à sentir le vent tourner et décidèrent qu'il était grand temps d'aller à la recherche d'un nouveau terrain de chasse. Si Ella restait néanmoins sereine quand à la suite des événements, c'était loin d'être le cas de Daryl. Il était hors de question qu'il remette les pieds en prison. Il serait séparé d'Ella pour toujours et il ne pouvait pas imaginer sa vie sans elle. Plutôt mourir.
Calme toi bébé. Essaya t-elle de le calmer.
Que je me calme ! Il a appelé les flics ! Il leur a sûrement donné notre signalement et tôt ou tard ils vont débarquer ici.
Quand ils se pointerons on sera déjà loin. Bébé, ils n'ont rien contre nous. Aucunes preuves et ils n'en trouveront aucune. Fais moi confiance.
On devrait se débarrasser de lui tout de suite.
Ne t'en fais pas pour ça. Personne ne le retrouvera jamais.
Mais tu disais qu'ils ne remonteraient jamais jusqu'à nous.
J'ai peut être sous estimé cette fliquette mais qu'est ce que ça change. Au final on gagne. Elle est toute seule maintenant alors que nous, nous serons ensemble à jamais. On trouvera un autre endroit où s'amuser. Et qu'est ce que tu pense du Canada ?
Je n'en sais rien.
Ella attrapa Daryl par la taille et se lova contre lui.
Allez bébé. Une nouvelle vie merveilleuse s'offre à nous. On pourra tout recommencer. Fais pas la tête.
Daryl fini par se calmer rassuré par les paroles de sa belle.
Ella savait qu'il avait raison, les flics n'allaient pas tarder à débarquer. C'est pour cela qu'ils devaient faire disparaître toutes traces de leur méfaits au plus vite avant de s'éclipser. Elle chargea Daryl de mettre le feu à la grange afin qu'aucune trace ADN de leurs victimes ne soient retrouvées. Pendant ce temps elle entrepris de faire leurs valises.
Alors qu'elle rassemblait leurs affaires, elle dût admettre que cet endroit allait lui manquer. Ils y avaient connu des moments si délicieux mais ce qu'elle regrettait le plus c'était de ne pas avoir eu le temps de s'amuser avec leur dernière victime comme elle l'aurait voulu. Il aurait été trop risqué de l'emmener avec eux, elle avait donc dût se résigner à changer ses plans.
Le sort qu'elle lui avait réservé la consola néanmoins.
Kate ne pouvait s'empêcher de fixer cette fichue pendule. Une heure s'était maintenant écoulée depuis l'appel de Rick et malgré toutes les portes auxquelles ils avaient frappées, toutes les pistes qu'ils avaient suivies et toute l'énergie déployée, rien n'y faisait. Ella et Daryl restaient introuvable.
Entendre le son de sa voix, savoir qu'il était en vie lui avait redonné espoir, il n'était pas trop tard, ils allaient bientôt de nouveau être ensemble et puis il y avait eu cette détonation et la peur avait repris le dessus. Comment la vie pouvait elle être aussi cruelle. Pourquoi vous donnait elle de l'espoir pour vous le reprendre aussitôt.
Elle fixa de nouveau le portrait de son mari affiché au tableau blanc à côté de ceux des autres victimes et les larmes lui montèrent aux yeux, assez pour lui brouiller la vue sans qu'elle puisse les en empêcher. Elle repensait à la soirée de lancement où elle l'avait rencontré la première fois, à cette enquête qui avait changé à jamais le cours de sa vie. Rick avait donné un sens à son existence. Il lui avait apporté la joie. Que serai sa vie sans lui à présent.
Elle n'entendait plus rien, ne voyait plus rien d'autre que le visage de l'amour de sa vie. Elle s'était complètement déconnectée du monde qui l'entourait si bien qu'elle ne remarqua pas tout de suite l'agitation nouvelle dans le bureau.
Capitaine !! cria Evy depuis son bureau. Je crois que je sais où ils sont. Le grand-père de Daryl possédait une ferme à la sortie de la ville. Il est décédé depuis plus de dix ans mais je n'ai trouvé aucun acte de vente. La propriété appartient toujours à la famille.
Ça correspond à la description que Castle à faite à Kate. Bien joué. On fonce là bas tout de suite. Evy envoie l'adresse à Ryan qu'ils nous rejoignent là bas.
Qu'est ce qui se passe ? Demanda soudain Kate remarquant Esposito enfiler sa veste à la hâte.
On les a trouvé.
Merci mon dieu. Fit Kate avant de se jeter sur sa veste à son tour.
Kate...
Non Espo ! ne me demande pas de rester ici !
Ce n'était pas dans mes intentions. Je voulais juste te donner ceci avant de partir.
Il lui tendit une arme avant d'ajouter...
Tu sais toujours t'en servir ?
La route n'avait jamais paru si longue à Kate. Quand ils arrivèrent enfin aux abords de la ferme, ils aperçurent une longue traînée de fumée noire qui se dessinait à l'horizon. De tout évidence un bâtiment était en train de brûler. Le cœur de Kate se serra un peu plus. Elle regarda ses coéquipiers dans la voiture et compris immédiatement qu'ils pensaient la même chose qu'elle. Les assassins étaient en train d'effacer toute trace de leur passage.
Ils savent qu'on est sur leur trace. Fit elle.
Ne voulant pas prendre le risque d'être repéré trop tôt et de mettre d'avantage le vie de Castle en danger Esposito gara la voiture sur le bas côté de la route à une centaine de mettre du chemin de terre menant à la ferme et ils continuèrent à pied. Ils se déplaçaient d'un arbre à l'autre, prenant soin de ne pas se faire repérer. C'était une vrai torture pour Kate qui luttait de toute ses forces pour ne pas se précipiter en courant.
Ils eurent enfin la ferme en visuel. La cour était déserte et une grange était en train de brûler sur le côté du terrain.
Les agents de police continuèrent leur progression à pas de loup jusqu'à la porte d'entrée. Malgré toutes leurs précautions ils espéraient ne pas avoir été repérés. Ils comptaient sur l'effet de surprise.
Alors qu'Evy et Ryan allèrent se poster à l'arrière de la maison, l'arme à la main Kate se faufila jusqu'à la gauche de la porte. Adamson vint se poster de l'autre côté tandis qu'Esposito s'accroupit devant la porte.
Ryan ! Vous êtes en place ? Demanda alors ce dernier dans son talkie walkie.
On est prêt. C'est quand tu veux.
OK. On y va ensemble dans cinq, quatre, trois, deux, un...
Puis ils enfoncèrent la porte.
Le fracas fit trembler l'air, suivi de cris et d'un tourbillon de bruits et de mouvement précipités.
POLICE DE NEW YORK !
Daryl brandit une arme sur les policiers alors qu'Ella se retourna pour s'enfuir à l'étage. Il se mit à tirer sur les policiers. Esposito et Kate réussirent à se mettre à l'abri juste à temps mais Adamson qui avait foncé tête baissée sans prendre soin de se mettre à couvert fut atteint par l'une des balles et s'effondra sur le sol. Alors que Daryl s'apprêtait à lui asséner le coup de grâce Ryan tira lui aussi et Daryl s'effondra à son tour.
Kate se précipita à la suite d'Ella. Il était hors de question qu'elle s'échappe.
Pendant ce temps Ryan et Evy portèrent les premiers soins à leur collègue blessé. Ryan demandait une aide médicale d'urgence et Evy appuyait sur la plaie pour ralentir l'hémorragie.
Accroche toi tu veux, les secours arrivent.
Au premier Kate trouva une porte fermée et verrouillée. Elle tira avec son arme dans la serrure et donna un coup de pied qui fit céder le panneau. Une fois entrée, elle s'écarta vivement pour éviter une bouteille projetée dans sa direction.
Rendez-vous Ella ! C'est terminé !
Ella ne comptait pas se rendre aussi facilement. Elle s'empara d'une autre bouteille qu'elle cogna cette fois contre le mur avant de brandir le tesson dans une main et un couteau dans l'autre.
Allez vient approche pétasse ! Je vais te découper la tronche !
La bouteille levée au dessus de la tête, Ella bondit en avant en fendant l'air de son couteau. Kate lui aurait bien tiré dessus mais elle ne pouvait pas prendre le risque de la tuer. Elle seule savait où se trouvait Rick. Elle opta alors pour une riposte bien plus satisfaisante. Un crochet du gauche et elle ne retint pas son coup.
Elle ne ressentit aucune culpabilité non plus quand son agresseuse s'étala en arrière sur le verre brisé et roula sur elle même en hurlant, le dos lacéré. La part sombre de son être aurait sans doute pris plaisir à plaquer la garce meurtrière sur les bris de verre. Et il n'était pas impossible que la botte qu'elle abattit sur le couteau ait également écrasé un ou deux doigts au passage.
Le petit cri aigu qui s'ensuivit la laissa de marbre. Elle écarta le couteau d'un geste du pied et la mis en joue.
Où est-il ?
Je ne vois pas de quoi tu parles.
Dis moi où il est sinon je jure devant dieu que je te descend.
….
QU'EST CE QUE TU LUI AS FAIT ?!
Vas au diable sale flic !
Kate enleva le cran de sécurité de son arme.
Pour la dernière fois, où est il ?
Esposito entra précipitamment dans la pièce.
Kate qu'est ce que tu fais ?
Ne te mêle pas de ça Javier.
Aidez moi elle est complètement folle, elle a dit qu'elle allait me tuer.
Fermez la ! Kate écoute moi...
Il n'est pas ici n'est ce pas ?
Non, on a fouillé toute la maison, aucune trace de Castle.
On est arrivé trop tard.
Une larme roula sur sa joue.
Ça ne veut rien dire, ils ont pu l'emmener n'importe où. On va le retrouver je te le promet.
Ne fait pas de promesse que tu ne peux pas tenir. Elle l'a tué je sais qu'elle l'a tué et elle va payer pour ça !
Alors quoi tu va la tuer ici de sang froid ? Et après... Tu as pensé à Lily et au bébé que tu porte ? Elle leur a déjà pris leur père, ne la laisse pas les priver de leur mère, elle n'en vaut pas la peine... Kate elle va payer pour tout ce qu'elle a fait mais pas comme ça. Allez pose cette arme.
Kate fixa Ella droit dans les yeux puis poussa un cri mêlé de rage et de désespoir avant de vider le chargeur de son arme...
Alerté par le bruit Ryan arriva en trombe à son tour dans la chambre. Là il découvrit Kate en larme dans les bras d'Esposito et Ella Thomson qui jurait étendue par terre. Il y avait également plusieurs impacts de balles dans l'un des murs de la pièce.
Mais enfin, qu'est ce qui s'est passé ici ?
Rien. Lis lui ses droits.
Ryan força la femme hurlante à se relever avant de la plaquer à plat ventre sur le lit.
Ella Thomson vous êtes en état d'arrestation, annonça-t-il en lui passant les menottes, pour plusieurs chefs d'accusations de meurtres aggravés. Vous avez le droit de garder le silence...
.
Après des mois d'enquêtes difficiles et acharnés l'éventreur de New York et son complice étaient enfin hors d'état de nuire. Alors que les inspecteurs de la criminelle du douzième auraient du se réjouir, au contraire cette enquête leur laissait un goût amer. Ils avaient arrêtés d'odieux criminelles mais n'avaient pas réussit à sauver leur ami. Tout le monde était à son poste mais personne n'avait prononcé un mot depuis leur retour.
Dès qu'elle avait appris la nouvelle, Gates avait donné sa démission à Mr le maire et avait rejoint le poste de police qu'elle n'aurait jamais dut quitter. Elle s'était rendu compte, malheureusement trop tard, qu'elle n'était pas faite pour la politique.
Esposito lui faisait son rapport avec professionnalisme mais à l'intérieur il était dévasté.
Les pompiers ont réussit à maîtriser l'incendie avant que celui-ci ne fasse trop de dégâts. On pense que c'est dans cette grange qu'ils torturaient leurs victimes sinon pourquoi essayer de s'en débarrasser. La scientifique ne devrait pas avoir trop de mal à retrouver des traces ADN.
Toujours aucune trace de Mr Castle ?
On a fouillé toute la propriété sans succès. Mais elle est bordée par des centaines d'hectares de forêt. Ils ont pu enterrer le corps n'importe où. Ça peu prendre des mois avant qu'on ne le retrouve si on le retrouve un jour.
Comment va Kate ?
Elle est dévastée, Lanie est auprès d'elle en ce moment.
Elle va avoir besoin de notre soutien plus que jamais. Les mois qui s'annoncent vont être très difficiles pour elle. Et comment va Adamson ?
L'hôpital a appelé il y a environ dix minutes, il a bien supporté l'opération, il va s'en sortir.
Au moins une bonne nouvelle. Et Daryl James ?
Il était toujours au bloc. Quand à sa complice elle attend en salle d'interrogatoire. J'attends de me calmer avant d'aller l'interroger car je serais capable de l'étrangler à mains nues.
Je sais ce que vous ressentez mais croyez moi Javier, vous avez fais un excellent travail.
C'est pas l'impression que ça me fait en ce moment.
Lorsque Rick reprit connaissance, au bout d'un temps indéterminé, il était allongé sur le dos dans une obscurité totale. Trois ou quatre légers mouvements lui permirent de se rendre compte de la situation, dans toute son horreur. Il était emprisonné dans une boîte. Enterré vivant.
CHAPITRE 26 :
Malgré ses yeux ouverts, le noir persistait et il y avait cette odeur bizarre. Une odeur d'humidité, de vieux, de moisi, comme... comme de la terre fraîchement retournée. Pris de panique il voulut lever les mains pour toucher son visage. Impossible. Ses poignets étaient entravés. Avec une corde... non, quelque chose de plus fin. Du fil électrique peut être. Il essaya de bouger les jambes. Elles étaient attachées elles aussi. Contractant ses abdominaux, il tenta de lever les deux jambes à la verticale, mais elles heurtèrent une surface en bois. Juste au dessus de lui. Son corps se convulsa de terreur.
Ohé ! Il y a quelqu'un ?
Rick essaya de s'asseoir mais il n'y avait pas assez d'espace pour qu'il puisse y arriver.
Ohé ! S'il vous plaît aidez moi, quelqu'un!
Soudain il entendit du bruit. Juste au dessus de sa tête. Comme une sorte de raclement ou...
un bruit de pas ?
Des pas au dessus de lui. Il songea à l'obscurité. A l'odeur de sol fraîchement retournée. La réponse lui parut alors évidente.
Je suis sous terre, se dit-il. Je suis sous terre.
S'ensuivirent trois, quatre, cinq secondes de déni absolu, occultant tout le reste, lui coupant le souffle.
Puis ce fut l'explosion de panique, ses membres entravés tentaient en vain de se libérer, ses genoux, ses coudes et sa tête qui se cognaient contre les parois de la boîte et le désespoir l'envahissait.
Non, non mon dieu, je vous en prie, pas ça. Et il se mit à hurler.
Alors que Gates et Esposito se trouvaient toujours dans le bureau de celui-ci, Ryan de son côté tentait de ne pas craquer. Il n'arrivait toujours pas à croire ce qui était arrivé. Il avait appelé Jenny car il avait éprouvé le besoin de l'entendre, de s'assurer qu'elle allait bien, et qu'elle l'attendait bien au chaud dans leur appartement avec les enfants. Au son de la voix de son mari elle compris qu'il se passait quelque chose de grave mais quand elle lui demanda ce qu'il en était, il ne put se résoudre à lui annoncer la terrible nouvelle. Non pas par téléphone. Il se contenta de lui dire qu'il l'aimait et qu'il rentrerait bientôt avant de raccrocher.
Il entrepris ensuite de ranger dans une boîte les documents liés à l'affaire ainsi que les photos accrochées au tableau. Il ne supportait plus de voir les visages des victimes de « l'éventreur de New York », les visages de ces neufs personnes qui ne rentreraient plus jamais auprès des leurs. Lorsqu'il arriva à la photo de Castle s'en fut trop et il craqua. De rage il frappa dans le carton posé sur le bureau qui tomba à terre, éparpillant tout son contenu sur le sol. Alertée par le bruit, Evy le rejoignit.
Est-ce que ça va ? Demanda t-elle doucement.
Oui. C'est rien c'est ce fichu carton qui est tombé.
Ils se baissèrent tous les deux en même temps pour ramasser les documents qui s'étaient éparpillés sur le sol. Les mains de Ryan tremblaient ce qui n'échappa pas à la jeune détective. Émue elle lui attrapa le poignet.
Laisse, je vais le faire.
Je suis désolé. Fit-il au bord des larmes.
C'est rien, c'est pas grave.
Elle finit de rassembler tous les documents et les remis dans le carton avant de le reposer sur le bureau.
Tu devrais rentrer chez toi. Je peux m'occuper du rapport d'intervention toute seule tu sais.
C'est gentil mais ça va aller. C'est juste que...c'était quelqu'un de bien tu sais.
Je sais.
Elle lui frotta amicalement le bras en signe de soutien. Elle ne savait pas quoi faire d'autre. Ryan la remercia d'un léger sourire puis inspira profondément pour se reprendre.
Allez ! Finissons en avec cette fichue paperasse.
Il s'apprêtait à se rasseoir à son bureau quand il aperçut au loin trois silhouettes familières et son cœur se serra un peu plus. Evy le vit perdre le peu de couleurs qui lui restait et se retourna pour voir ce qui avait mit son collègue dans un tel état.
Se dirigeaient vers eux, deux femmes rousses. L'une d'elle devait avoir une vingtaine d'années. Elle était accompagnée d'une autre beaucoup plus âgées qui tenait la main d'une petite fille.
Qui est-ce ? Murmura Evy.
Sa famille.
Il n'eut pas le temps d'ajouter autre chose car Alexis et Martha étaient déjà à leur hauteur.
Ils ont dit aux infos que vous les aviez arrêtés. L'interpella Alexis sans même prendre la peine de dire bonjour. C'est vrai ?
Oui.
Dieu merci. Fit Martha en poussant un soupire de soulagement.
Alexis aurait aimer se réjouir comme sa grand mère mais quelque chose clochait.
Pourquoi Kate ne nous a pas appelées ? et où est mon père ?
Alexis...
Salut ! Fit alors Kincaid en s'adressant à l'enfant. Je m'appelle Evy et je parie que toi tu es Lily ?
Oui. Comment tu le sais ?
Ta maman m'a beaucoup parlée de toi, tu sais.
C'est vrai ?
Et comment ! Elle m'a dis entre autre que tu étais une petite fille très gourmande. Dis moi Lily, là bas il y a un super distributeur avec plein de sucreries. Ça te dirai de venir le voir avec moi ?
Oui ! Grand-mère je peux y aller ?
Bien sûre chérie.
Evy tendit la main à la petite qui lui prit avec enthousiasme et elles se dirigèrent toutes les deux vers la salle de pause.
Alexis n'y tenait plus. Une fois sa petite sœur hors de portée de voix, il fallait qu'elle sache.
Ryan, vas-tu enfin nous dire ce qui se passe ?
Je... je suis vraiment désolé...
Il n'eut pas besoin d'aller plus loin, la détresse qu'il portait sur son visage en prononçant ces quatre petits mots parla pour lui.
Non ! C'est pas possible. Ça ne peut pas être vrai. Pas mon fils, pas mon Richard.
La grand-mère et sa petite fille tombèrent en pleur dans les bras l'une de l'autre.
Je suis sincèrement désolé. Fut tout ce que Ryan pu dire aux deux femmes qui venaient tout juste de commencer leur deuil.
Quelques étages plus bas, Kate s'était réfugiée à l'infirmerie avec Lanie. Elle n'avait pas prononcé un mot depuis son retour au poste. Qu'aurait-elle pu dire ? Qu'elle avait lamentablement échouée ? Comment le maire l'avait elle décrite à la presse déjà ? Ah oui, comme « la meilleure enquêtrice du NYPD ». La meilleure enquêtrice tu parles, elle n'avait même pas réussit à sauver la vie de son propre mari.
Comment dire à sa fille de quatre ans qu'elle ne reverrait plus jamais son papa adoré ?
Et Martha et Alexis ? Elles ne voudrons plus jamais entendre parler d'elle quand elles apprendraient la nouvelle.
Et que dira t-elle à son futur enfant quand celui-ci lui demandera pourquoi il n'a jamais connu son père ?
Non il n'y avait rien à dire. Elle n'en avait plus la force.
A cet instant précis tout ce qu'elle voulait c'était mourir. Mourir pour ne plus souffrir. Mourir pour être avec lui.
Lanie non plus ne savait pas quoi dire devant la souffrance de son amie. Un silence pesant s'était alors installé dans la petite pièce aux murs épurés. Un silence qui fut bientôt rompu par la sonnerie du portable de Lanie. C'était Javier.
Celle-ci qui était assise sur le petit lit aux côtés de Kate se leva et s'éloigna quelque peu pour ne pas la déranger avant de répondre.
Oui ?
Comment va-t-elle ?
Elle jeta un coup d’œil rapide sur son amie avant de répondre. Kate était assise sur le petit lit de l'infirmerie droite comme un i, le regard perdu dans le vide.
Pas bien.
Martha est ici avec les filles. Elle et Alexis sont en larmes mais Lily n'est pas encore au courant. Evy s'occupe d'elle pour l'instant.
Je vais lui dire.
Et toi comment ça va ?
Je tiens le coup.
A tout à l'heure.
OK.
elle raccrocha et retourna auprès de Kate.
Chérie. Martha et Alexis sont ici. Elles voudraient te voir.
C'est ma faute.
Cela lui avait échappé malgré elle. Lanie la regardait avec tristesse.
J'aurai dû...
Non. Tu n'aurais rien pu faire de plus.
J'aurai dû le sauver. Insista t-elle. J'aurais dû le sauver... Je ne veux pas les voir.
Lily est là aussi.
Je ne veux voir personne.
Kate...
Pas tout de suite, pas maintenant. Va leur dire Lanie s'il te plaît. Je veux... je veux juste être seule.
Très bien.
Lanie réussit à retenir ses larmes le temps de refermer la porte derrière elle.
Désormais seule, Kate pouvait se laisser aller à son chagrin. Plus tard elle serait forte. Pour Lily et pour son bébé. Mais pour le moment elle voulait simplement pouvoir pleurer son mari en paix sans avoir à affronter les regards compatissant de son entourage.
Un rayon de soleil filtra par la fenêtre. Il ne devrait pas faire beau pensa t-elle. Nulle part, sur cette terre, des gens n'avaient le droit de rire. Non ils n'avaient pas le droit au bonheur, pas aujourd'hui, parce qu'ailleurs dans l'immensité d'une forêt sombre, sous terre, un homme avait froid. Un froid qui ne le quitterait plus jamais. Elle ferma les yeux. Non ce n'était pas possible, elle était en train de faire un autre de ses affreux cauchemars. Bientôt elle se réveillerait et toute cette souffrance ne serait plus qu'un horrible souvenir. Rick sera là et il la prendra dans ses bras en lui chuchotant que c'était terminé, que plus jamais ils ne seraient séparés.
Un claquement de porte au loin la ramena à la dure réalité.
Kate se saisit de son téléphone portable et mis en route une des dernières vidéos qu'elle avait filmé avec. Elle avait été tournée il y a à peine quatre mois, en Janvier, le jour de l'anniversaire de Lily. Toute la famille s'était réuni pour fêter l'événement. A l'écran Rick arrivait auprès de Lily avec un gâteau sur lequel trônaient fièrement 4 bougies.
Fait un vœu chérie et ensuite tu souffles très fort.
Lily ferma fort les yeux et fit son vœu. Rick l'aida ensuite à souffler avant de déposer un baiser sur sa joue.
Kate fit alors arrêt sur image. La chape de plomb qui pesait sur sa poitrine lui bloqua la respiration. Son sang se figea dans ses veines et ses lèvres se mirent à trembler. Là sur l'écran de son portable elle venait de réaliser que plus jamais elle ne reverrait Castle sourire.
Je te demande pardon, éclata t-elle en sanglot. Je te demande pardon.
Elle s'allongea alors sur le petit lit de l'infirmerie en position fœtale et déversa toutes les larmes de son corps.
Remontés à bloc, Victoria et Javier se dirigeaient à grand pas vers la salle d'interrogatoire où se trouvait Ella Thompson.
Je vous remercie capitaine de me donner l'occasion de participer.
Ne me remerciez pas trop vite. C'était intéressé. J'ai peur de ce que je pourrais lui faire si je me retrouve seul avec elle.
Je comprends. Finissons en.
Ils pénétrèrent dans la salle et déclenchèrent l'enregistrement.
Début de l'interrogatoire de la suspect Ella Thompson dans l'affaire de l'éventreur mené par moi même le commissaire principal Victoria Gates. Je suis assistée par le capitaine du douzième district Javier Esposito.
Vous ne pouvez pas me traiter comme ça ! J'ai des coupures partout. Je veux aller à l'hôpital. Je veux pas vous parler. Je veux voir Daryl !
Vous a-t-on lu vos droits ?
Allez vous faire foutre vous et vos droits. Je veux aller à l'hôpital et je veux voir Darryl.
Les médecins vous ont déclarée apte et vous ne verrez pas Daryl
C'est mon mari, j'ai le droit de le voir !
Vos seuls droits sont les suivants : vous avez le droit de garder le silence...
Elle continua à lire le code Miranda malgré les revendications enragées d'Ella.
Avez vous compris vos droits ? Dit-elle pour terminer.
Je comprends surtout que t'es une salope et une sale négresse de flic.
Très bien. Je suppose que ça veut dire oui.
Mais qu'est ce que vous nous voulez à la fin ? Vous débarquez chez nous sans aucune raison. On a rien fait du tout.
Victoria ouvrit le dossier qu'elle avait apporté et déposa les photos des victimes torturées sur la table.
ces gens, vous les reconnaissez ? Ce sont toutes les victimes que vous et votre mari avaient torturées avant de les assassiner sauvagement.
C'est faux. Je ne les ai jamais vu.
Cependant, elle contemplait les photos avec intensité, une lueur d'excitation et de fierté dans le regard.
Gates se redressa de toute sa hauteur, prête à faire monter la pression d'un cran mais Esposito intervint d'un ton calme :
Richard Castle
Qui ça ? Fit Ella.
Il poussa la photo vers elle.
C'était un ami à moi. Dites nous où vous avez enterré son corps et je dirai un mot au juge en votre faveur.
Désolée pour votre ami mais je ne l'ai jamais vu et tu pourras rien dire au juge parce que je n'ai rien fait.
Ella vous ne sembler pas comprendre que nous pouvons prouver ce que vous avez fait à mon ami et à tous les autres.
C'est n'importe quoi.
Non c'est la vérité. Des dizaines de policiers sont chez vous en ce moment, et ils fouillent chaque recoin de la maison et de la grange. Ils ont déjà trouvé de nombreuses traces de sang et les armes dont vous et votre mari vous êtes servi avec vos empreintes et les siennes dessus. On va analyser les traces de sang et que se passera t-il à votre avis quand nous démontrerons que l'ADN correspond à celui des victimes ?
Victoria se leva de sa chaise, l'obligeant à reporter son attention vers elle.
Je vais vous le dire moi ! Vous avez enlevé tous ces gens, et vous les avez torturés et tués parce que cela vous excitait ! C'est l'injection létale qui vous attend ! Dites nous où vous avez enterrée Mr Castle, montrez que vous êtes encore capable d'éprouver de la compassion en permettant à sa famille de lui offrir des obsèques décentes, et je demanderai au procureur de ne pas requérir la peine de mort. C'est votre seule chance.
Ella sembla hésiter un instant.
Et que va t-il arriver à Daryl ? Vous parlerez pour lui aussi ?
Je le ferai si vous faîtes le bon choix.
D'accord. Laissez moi parler à Daryl et ensuite je vous dirais ce que vous voulez savoir.
Non Ella ça ne marche pas comme ça.
Pas de Daryl, pas de Castle.
C'est votre dernier mot ? Demanda Victoria qui commençait à perdre patience.
Elle avait envie de l'agripper par le cou et de lui cogner la tête contre la table jusqu'à ce qu'elle ait le visage en bouillie. Elle n'avait jamais ressenti une telle envie de violence envers quelqu'un.
Ella étendit les jambes sous la table.
Oui c'est mon dernier mot.
Bon très bien. Comme vous voudrez. Je vous laisse une heure pour bien réfléchir à votre avenir Ella. Passé ce délai mon offre ne tiendra plus.
Esposito et Gates se dirigeaient vers la porte, ils avaient vraiment besoin d'une pause, quand Ella ajouta, un sourire suffisant aux lèvres :
Je ne suis pas certaine qu'il tienne encore une heure.
Le sang d'Esposito se glaça et Gates lâcha la poignée avant de se retourner.
Qu'est ce que ça veut dire ? Demanda alors le latino
Qui vous a dit que j'avais enterré un cadavre ?
CHAPITRE 27 :
Après avoir reçu le message d'Esposito lui demandant de remonter au plus tôt car ils avaient peut être du nouveau concernant Castle, Kate avait pris cinq minutes pour se ressaisir et se passer un peu d'eau fraîche sur le visage. Elle ne savait pas encore à ce moment que chaque seconde comptait.
A l'étage tout le monde avait appris la nouvelle avec effroi et un sentiment de panique commençait à gagner les enquêteurs. Evy avait alors été chargée d'emmener Martha et ses petites filles à l'écart, il aurait été trop cruel de leurs donner de faux espoirs.
Il faut qu'on retourne là bas tout de suite. Finit par dire Ryan.
Attendez une minute ! S'écria Gates. On ne sait même pas si elle nous dit la vérité. Elle sait qu'elle est fichue, elle essaie probablement de nous embrouiller pour pouvoir négocier.
Et si ce n'est pas le cas ? Vous êtes vraiment prête à courir le risque ? Fit Esposito. Pas moi.
Mais vous l'avez dit vous même la propriété est bordée d'hectares de forêt. Sans Ella on ne le retrouvera pas à temps, il est peut être même déjà trop tard.
Lanie ? Demanda alors Esposito en se tournant vers la jeune femme. Combien de temps crois tu qu'il nous reste ?
J'en sais rien. Répondit elle paniquée. Ça dépend du volume d'air qu'il avait quand...
Qu'est ce qui se passe ?
Kate venait d'apparaître les yeux rougis et bouffis.
Esposito l'avait faite asseoir avant de lui annoncer ce qu'Ella leur avait avoué sur le sort qu'elle avait réservé à Castle. Kate encaissa la nouvelle aussi calmement qu'elle en était capable et s'efforça de ne pas penser au calvaire que devait être en train d'endurer son mari. Elle essayait de se concentrer sur le fait qu'il était toujours en vie et qu'il leurs restaient encore une petite chance de le sauver.
Mon dieu est-ce-que vous comprenez ce que ça veut dire ? Je l'ai abandonné ! je l'ai laissé là bas !
Kate ! Tu ne pouvais pas savoir, personne ne pouvait se douter que ces monstres iraient jusque là. Essaya de la déculpabiliser Espo.
Il faut y retourner tout de suite. Fit elle en se levant d'un bon de sa chaise.
Elle ne nous a pas dit précisément à quel endroit il se trouvait...
Alors qu'est ce que vous attendez pour lui faire cracher le morceau !
Ce n'est pas si simple. L'informa Gates
Vous n'avez qu'à lui donner ce qu'elle veut ! Tous les jours on négocie avec des criminels ! Vous n'êtes pas des débutants ! Alors qu'est ce que vous attendez, qu'il manque d'oxygène ?
Kate était hors d'elle à présent. Elle ne comprenait pas pourquoi Gates refusait de négocier avec Ella car il était évident que cette dernière avait demandé quelque chose sinon jamais elle n'aurait avoué avoir enterré une de ses victimes vivante. La vie de Rick était sa monnaie d'échange. Rien que d'y penser elle avait la nausée.
Kate je me rends bien compte de l'urgence de la situation et si j'avais pu lui donner ce qu'elle demande vous pensez bien que je l'aurais fait à la seconde mais...
qu'est ce qu'elle veut bon sang ?!
Voir Daryl.
Et c'est tout ? Vous allez laisser mourir mon mari juste pour l'empêcher de voir son complice ? Comment pouvez-vous lui faire ça ? Comment osez-vous...
Kate ! La coupa Esposito avant qu'elle ne finisse par dire quelque chose qu'elle regretterait plus tard. Daryl n'a pas survécu. Il est mort sur la table d'opération il y a dix minutes.
Je suis vraiment désolée. Ne pu s'empêcher d'ajouter Victoria.
Kate s'effondra sur sa chaise comprenant ce que cela impliquait. Daryl mort, Ella ne leur dirai jamais où elle avait enterrée Rick.
Tout ça c'est de ma faute. Fit Ryan. Si je ne lui avais pas tiré dessus.
Il allait tuer l'un des nôtres. Ton tire était justifié. Tu n'as rien à te reprocher.
Ryan savait qu'Esposito avait raison, il n'avait pas eu d'autre choix que de tirer sur Daryl. Mais si il avait mieux visé, il aurait pu simplement le blesser juste de quoi lui faire lâcher son arme. Au lieu de ça Daryl était mort et avec lui tout espoir de retrouver Castle attend aussi.
C'est la voix de Kate, qui avait fini par retrouver son sang froid, qui le fit sortir de sa réflexion.
Laissez moi lui parler.
Non Kate, je regrette, je ne peux pas faire ça.
Je vous en prie Victoria. C'est de mon mari qu'il s'agit.
C'est justement pour cette raison que...
Je vous en prie. Vous nous devez bien ça.
Kate avait raison, Victoria leur devait bien ça. Tout ce qui était arrivé à sa famille ces dernières quarante-huit heures était entièrement de sa faute. Si elle n'était pas allée chercher Kate pour la mettre sur cette affaire, rien de tout cela ne serait arrivé. Ella et Daryl n'auraient jamais entendus parler d'elle, ils ne s'en seraient jamais pris à Castle et il serait avec sa famille en ce moment.
Alors elle accepta la requête de Beckett. Elle ne savait pas ce que cette dernière avait en tête mais elle n'avait pas d'autre choix si elle voulait à nouveau pouvoir se regarder dans la glace.
Dans la salle d'interrogatoire Ella attendait qu'on lui amène Daryl un sourire suffisant sur le visage. Elle était persuadé d'avoir repris l'avantage et que la police ne pourrait plus rien lui refuser tant qu'elle aurait encore un espoir de sauver l'écrivain. Elle perdit aussitôt de sa superbe et son sourire s'effaça quand Kate franchit la porte.
Non attendez ! Protesta vivement Ella. Qu'est ce qu'elle fait là ?
Puis s'adressant directement à Kate:
N'approchez pas ! S'écria-t-elle d'une voix aiguë. Ne me touchez pas. Vous n'avez pas le droit de poser les mains sur moi.
J'ai le droit de faire tout ce que je veux aux salopes psychopathes dans ton genre, rétorqua Kate.
Non vous êtes de la police et...
C'est là où tu as tout faux chérie. Je ne fais plus partie de la police depuis longtemps mais tous les flics là dehors sont mes amis et des amis de mon mari. Personne ne bougera le petit doigt pour toi. Je pourrais te descendre là tout de suite sans que ça ne dérange personne.
Alors allez-y tuée moi et vous ne le retrouverez jamais.
Ella essayait de reprendre l'avantage mais la peur se lisait à présent sur son visage.
Oh non je ne vais pas te tuer. Tu ne t'en sortiras pas si facilement. Mais je vais te dire ce que je vais faire. Je vais compter jusqu'à cinq. Si d'ici là tu ne m'as pas dit où est mon mari je sors de cette pièce et je vais directement aller mettre une balle dans la tête de Daryl.
Je vous interdit de lui faire du mal, espèce de ...
PARCE QUE TU T ES GENEE TOI !!! Explosa Kate.
Si vous faites ça vous irez en prison.
Je m'en fiche, je n'ai plus rien à perdre. un...deux...
Attendez !
Trois...
Il avait finit par se calmer. Il ne devait pas paniquer car plus il paniquerait et plus il consommerait de l'oxygène. Il restait donc là immobile allonger dans le noir. Depuis combien de temps il était là il n'aurait su le dire, mais une chose était sûr, il n'avait plus beaucoup de temps. La tête lui tournait et respirer devenait de plus en plus difficile.
La vie lui avait donné une nouvelle chance et puis elle la lui avait injustement reprise. Il ferma les yeux essayant de ne pas penser à la mort atroce et inévitable qui l'attendait. Il se concentra sur ses enfants. Alexis deviendrait une grande avocate il en était sûr, elle avait toutes les qualités requises pour ça, quand à Lily, son petit ange, celle sans qui il n'aurait pas eu la force de se battre il y a cinq ans, il donnerait tout ce qu'il a pour pouvoir voir son magnifique sourire une dernière fois et enfin son fils, car il en était sûr, Kate attendait un petit garçon, il n'aurait jamais la chance de le serrer dans ses bras, de lui dire à quel point il avait été heureux d'apprendre son arrivée. Il devra prendre bien soin de sa maman. Kate, sa merveilleuse Kate, celle qui avait donné un sens à sa vie.
On dit qu'on voit toute sa vie défiler devant ses yeux avant de mourir et c'est vrai. On se remémore les moments importants de notre vie, ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes. Nous ne partons pas seul, nous les emmenons avec nous.
Silencieusement il demanda pardon à Kate de l'abandonner une fois de plus. Il avait fait de son mieux, il s'était battu jusqu'au bout mais ça n'avait pas suffit.
Ses forces l'abandonnaient peu à peu. Bientôt il n'eut même plus la force de soulever ses paupières et dans un dernier soupir il perdit connaissance.
Au moment où Castle perdait connaissance un hélicoptère de la police de New-York se posait dans la cour de la ferme. Les gars ainsi que Kate descendirent à la hâte, il n'y avait plus une seconde à perdre. Ils s'engagèrent sur un petit sentier derrière la ferme. Le soleil était en train de se coucher et il commençait à faire sombre lorsqu'ils débouchèrent dans la clairière que leur avait indiqué Ella. Durant la guerre, le grand-père de Daryl avait fabriqué une boîte qu'il avait enterré dans cette clairière afin d'y planquer ses biens les plus précieux. C'est là qu'elle avait enfermé Rick.
Le terrain était plat. Kate cherchait à retrouver cette satanée boîte où Rick avait été enfermé pendant...elle ne savait pas combien de temps.
Rick !! cria t-elle de désespoir.
Esposito scrutait le sol lui aussi et finit par repérer une étendue de terre fraîchement retournée.
Là bas. Fit il en désignant l'endroit du doigt.
Tous les trois se précipitèrent vers ledit endroit et commencèrent à déblayer avec leurs mains la terre qui se trouvait sur le dessus de la boîte.
Tiens bon bébé on est là, on arrive.
Il ne leur fallut pas plus de deux minutes pour mettre le couvercle de la boîte au jour. Elle était fermée par un cadenas qu'Esposito fit sauter avec son arme.
Le couvercle était plus lourd qu'ils ne l'auraient cru et les gars durent tirer de toutes leurs forces pour l'ouvrir.
Il est là. S'écria alors Ryan
Castle était bien là devant leurs yeux, ils l'avaient enfin retrouvé leur ami mais alors qu'ils auraient dût être soulagé ce ne fut pas le cas. Dans la boîte il n'y avait pas un bruit, pas un mouvement.
Ryan, aide moi à le sortir de là !
Les gars descendirent dans le trou devant le regard affolé de Kate.
Ils réussirent à hisser Castle hors de sa prison et ils l'allongèrent sur le dos.
Esposito s'agenouilla alors auprès de Rick et prit son pouls.
Pourquoi il ne bouge pas ? Est-ce qu'il va bien ? Demanda Kate de plus en plus affolée.
Il ne respire plus.
NON ! Hurla t-elle en se précipitant vers Rick.
Ryan l'intercepta et l'éloigna du corps.
Laisse le faire.
Javier n'allait pas abandonner, pas si près du but. Il ne laisserait pas partir son ami sans se battre.
Il se pencha alors vers Castle et entreprit de lui faire un massage cardiaque. Il lui plaça une main sur le front, lui boucha le nez tout en lui maintenant la tête en arrière. Il appliqua sa bouche largement ouverte sur la sienne puis lui insuffla de l'air jusqu'à voir sa poitrine se soulever. Il renouvela l'opération une fois avant de commencer le massage.
Il posa alors ses mains jointes sur le sternum de Rick et commença les compressions.
Toutes les trente compressions, il intercalait deux insufflations.
Allez Castle respire ! Allez ! Parce que je ne te laisserais pas tomber, pas cette fois.
Et il continuait encore et encore.
A côté Ryan tenait Kate dans ses bras. Cette dernière en pleur ne pouvait pas quitter des yeux son mari guettant une réaction de sa part et elle priait, elle priait pour qu'ils ne soient pas arrivés trop tard.
Ryan aussi priait de son côté.
Le temps semblait passer au ralenti et puis au bout de trois longues minutes qui parurent des heures dieu finit par entendre leurs prières. Castle se mit à tousser au grand soulagement de ses amis et de sa femme.
Oui c'est ça ! c'est bien, respire ! Fit Esposito à bout de forces.
Ryan lâcha alors Kate qui tomba à genoux en larme auprès de Rick. Elle lui prit délicatement la main et passa l'autre dans ses cheveux.
C'est fini. Je t'ai retrouvé. On rentre à la maison.
Les secours ne tardèrent pas à arriver. Ils mirent Castle sous oxygène et l'installèrent sur un brancard avant de le monter dans l'ambulance. Kate allait l'accompagner. Il était hors de question qu'elle le perde de vue ne fusse qu'une seule seconde. Mais avant de monter dans l'ambulance à la suite de Rick elle se retourna et sans qu'il n'ait le temps de réagir, elle prit Esposito dans ses bras et le serra très fort contre son cœur.
Merci.
Ému celui-ci resta muet un moment puis finit par dire :
Prends bien soin de lui.
Kate relâcha son étreinte puis sourit timidement avant de disparaître dans l'ambulance.
Les gars restèrent plantés là, dans cette clairière, regardant l'ambulance s'éloigner. Ce cauchemar était enfin terminé, ils pouvaient être fières.
Ryan fit une tape amicale dans le dos de son ami.
C'était du beau travail capitaine.
J'aurai bien besoin d'un verre.
Allez viens c'est moi offre la première tournée.
Au douzième Victoria Gates assise dans le bureau, qui par le passé avait été le sien, avait passé la dernière demi heure à prier elle aussi.
Elle ne put contenir ses larmes plus longtemps quand elle reçut un appel peu après vingt heures. Ils étaient arrivés in extremis mais Castle était sain et sauf et désormais en sécurité.
Une nouvelle qu'elle ne tarda pas à annoncer à sa famille.
CHAPITRE 28
Malgré la fatigue qu'il ressentait après avoir passé ces dernières quarante huit heures sans dormir, Esposito décida de faire un crochet par l’hôpital avant de rentrer chez lui pour un repos bien mérité.
Il savait qu'il n'arriverait pas à trouver le sommeil tant qu'il n'aurait pas pris des nouvelles de Castle. Arrivé devant les urgences, il ne put s'empêcher de repenser à la dernière fois qu'il s'était retrouvé devant ce même hôpital, cinq ans au paravent. A la peur qu'il avait ressentit à l'idée d'avoir perdu un de ses meilleurs amis. Mais cette fois-ci il ne s’enfuirait pas en courant.
Il se dirigea vers l'accueil des urgences et fut réellement soulagé quand il apprit que Castle avait quitté ce service et qu'on l'avait installé dans une chambre au troisième étage. L'infirmière de garde lui indiqua le numéro et il se dirigea vers les ascenseurs.
Il s'arrêta devant la chambre trois cent dix sept et frappa doucement à la porte avant de l'entrouvrir. A l'intérieur Castle était endormi. Kate était assise sur une chaise près de son lit, et lui tenait la main. Même dans la faible lumière, Esposito distinguait ses traits tirés par l'angoisse. Quand elle l'aperçut, elle lui sourit faiblement. Elle déposa alors un tendre baiser sur le front de Rick avant de se lever et de rejoindre le latino. Ils sortirent dans le couloir et refermèrent la porte derrière eux. Ils ne voulaient en aucun cas réveiller Castle qui avait besoin de repos.
Alors comment va-t-il ?
Ça va. On lui a fait passer un tas d'examens. Il a une faible commotion, des contusions diverses, deux doigts cassés et une entorse au genoux...
Rien que d'évoquer les différentes blessures de son mari, ses lèvres frémirent comme sous l'effet du froid et ses yeux s'embuèrent ce qui n'échappa pas à Javier.
Et ! Il a connu bien pire. Ça va aller. Essaya t-il de la réconforter.
Je sais mais... j'ai eu tellement peur.
Allez n'y pense plus. Il est en sécurité maintenant et ces monstres ne feront plus jamais de mal à personne.
Qu'est ce qui va arriver à Ella ?
Gates l'a mise en cellule pour la nuit. Dès demain elle sera inculpée de meurtres avec préméditations et d'enlèvements et transférée dans un pénitencier de haute sécurité. Avec les preuves que nos équipes ont récoltés à la ferme et le témoignage de Castle, elle est fichue. Jamais elle ne reverra la lumière du jour.
Tant mieux. J'espère qu'elle pourrira dans sa cellule.
Esposito fut surpris d'entendre des propos si durs dans la bouche de son amie mais loin de lui l'idée de la juger avec tout ce que cette Ella lui avait fait endurer.
Je dois te remercier Javier. Tout à l'heure dans cette ferme tu m'as empêchée de faire une énorme bêtise.
Ne voyant pas où elle voulait en venir il la laissa continuer.
Je voulais la tuer, je le voulais vraiment et si tu ne m'en avais pas empêchée, jamais nous n'aurions retrouvé Rick vivant.
Jamais tu n'aurais tiré. Affirma-t-il avec certitude.
Qu'est ce que tu en sais ?
Parce que tu n'es pas comme elle. Tu donnes beaucoup trop d'importance à la vie humaine. Tu ne l'aurais pas abattue de sang froid.
Kate aimait à penser que Javier avait raison, qu'elle n'avait rien en commun avec ce monstre mais à ce moment là, quand elle tenait Ella en joue, plus rien d'autre que de venger Rick ne comptait à ses yeux. Elle n'était plus vraiment elle même.
Personne ne le saura jamais. Finit elle par dire.
Tu as l'air crevée. Tu devrais rentrer te reposer chez toi. Je reste ici si tu veux ?
C'est gentil mais je veux être là quand il se réveillera.
Très bien. Bonne nuit alors.
Il l'embrassa sur la joue et s’apprêtait à s'en aller quand il l'interpella une dernière fois.
Une dernière chose Kate. Comment as-tu su ?
Comment j'ai su quoi ?
Qu'en menaçant Daryl elle avouerait ?
Elle savait à quel point nous voulions retrouver Rick, elle nous tenait. Elle aurait pu demander n'importe quoi par commencer par un allègement de sa peine mais elle ne l'a pas fait. Tout ce qu'elle voulait c'était voir Daryl. Aussi dingue que cela puisse paraître, elle l'aimait, elle l'aimait vraiment. Je savais qu'elle ferait n'importe quoi pour lui comme j'aurais fais n'importe quoi pour Rick.
Castle se réveilla. Face à lui le visage de Kate.
Pas de doute, il était bien réel. Il n'était pas dans un de ces états où l'on se demande si l'on rêve ou non. Le visage de Kate était dénué de couleur. Ses yeux étaient rouges. On voyait bien qu'elle avait peur, et la seule pensée cohérente qu'il avait c'était de se demander ce qu'il pouvait faire pour la rassurer. Il essaya de lui sourire. Son crâne l'élançait comme un pouce qui se serait pris un coup de marteau.
Le visage de Kate toujours aussi beau était en train de l'observer et il vit ses yeux se remplir de larmes.
Je suis désolée, a t-elle murmuré.
Je vais bien
Il se sentait planer un peu. Les antalgiques vraisemblablement. Morphine et compagnie. Ses côtes lui faisaient mal, mais c'était une douleur sourde. Il se souvint alors des coups de poing que Daryl lui avait assénés quand lui et Ella l'avaient découvert dans la ferme.
Qu'est-il arrivé à Daryl et Ella ?
Ne t'en fais plus pour eux. Daryl a été tué durant l'assaut et Ella est sous bonne garde au poste.
Il ferma les yeux, juste une fraction de seconde. Ce cauchemar était enfin terminé.
Et Jenna ?
Avant qu'elle ne puisse répondre, la porte de la chambre s'ouvrit.
Ah ! Fit le médecin. Je vois que nous sommes enfin réveillé.
Il avait un accent, pakistanais ou peut être indien.
Comment nous sentons nous ?
En pleine forme répondit Rick sarcastique.
Le médecin leur sourit. Sur sa blouse on pouvait lire son nom : Patel.
Votre femme m'a dit que vous vous étiez fait agresser. Ne vous inquiétez pas, les coups que vous avez reçus n'ont pas causés de dégâts permanents.
Super acquiesça Castle. Je vis sous une bonne étoile.
Patel s'esclaffa et vérifia quelque chose sur le dossier médical de Rick
C'est vrai vous avez eu beaucoup de chance. Du repos et tout devrait rapidement rentrer dans l'ordre. Je vous ai déjà donné quelque chose contre la douleur. Mais il vous en faudra peut-être plus.
OK
Je vais vous garder encore aujourd'hui.
Non
Le médecin leva les yeux.
Non ?
Je veux rentrer chez moi.
Patel regarda Kate
Dites à votre mari d'être un peu raisonnable.
Kate savait à quel point Rick avait les hôpitaux en horreur et qui aurait pu l'en blâmer. Il y avait passé bien trop de temps par le passé. Elle savait qu'il pouvait être têtu par moment et qu'elle ne le ferait pas changer d'avis.
Ça va aller docteur, je vais bien m'occuper de lui.
Vous vous doutez bien que ce n'est pas recommandé ?
Oui on sait. Opina Kate
N'ayant aucunement l'intention de se battre avec son patient, le médecin se contenta de hausser les épaules.
Très bien, vous n'avez plus qu'à signer le formulaire de sortie et vous êtes libre.
Merci Docteur. Fit Castle
Une fois que le médecin eut tourné les talons, il entrepris de s'asseoir. La douleur lui transperça la nuque à la manière d'une lame chauffée à blanc.
Rick ?
Ça va aller.
Et c'était vrai. Il avait déjà connu pire, bien pire. Ce n'était rien ça. Il arriverait à gérer. Il finit de s'asseoir et regarda Kate dans les yeux. La poitrine de celle-ci se souleva convulsivement et ses yeux débordèrent.
J'ai cru que je t'avais perdu.
Les larmes commençaient à couler sur ses joues. Castle la prit dans ses bras et la serra longuement contre lui. A son tour il sentit les larmes perler à ses yeux et se força à les refouler.
Je t'aime, dit-il. Et tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement.
Elle resserra son étreinte.
On les a battu hein ? Ajouta-t-il en s'accrochant à elle.
Kate se recula pour le regarder et esquissa un petit sourire.
On ne leur a laissé aucune chance.
Elle l'embrassa avant de le prendre de nouveau dans ses bras.
Rick et Kate avaient rempli tous les papiers nécessaires, mais ni l'un ni l'autre n'avaient de voiture, ils avaient donc appelé un taxi et l'attendaient devant l'entrée.
Rick était assis dans un fauteuil roulant. De prime abord, il avait refusé catégoriquement de s'asseoir dedans. Cela lui rappelait trop l'époque où cloué dans son fauteuil il était persuadé qu'il ne remarcherait plus jamais, mais l'infirmière avait insisté. Le règlement c'était le règlement. Pour qu'elle n'ai pas d'ennui avec sa hiérarchie il avait cédé à contrecœur. Debout à côté de lui Kate regardait droit devant elle, si bien qu'elle ne vit pas tout de suite la jeune femme blonde se diriger vers eux.
Kate ?
Evy, bonjour.
Bonjour. Monsieur Castle, ça fait plaisir de vous revoir.
Merci Evy mais appelez moi Rick.
D'accord. Comment allez-vous ?
Je vais bien merci et ça grâce à vous.
Je n'y suis pour rien.
Au contraire. Kate m'a raconté tout ce que vous aviez fait pour me retrouver et sans vous jamais ils n'auraient soupçonnés Ella et Daryl en tout cas pas à temps. Je sais ce que je vous dois alors merci.
Gênée elle se mit à rougir.
Je vous en prie, c'était un plaisir.
Vous venez voir Adamson ? Demanda Kate.
Oui on a tiré à la courte paille au poste et c'est moi qui ai perdu. Mais c'est pas grave il fallait que je le vois de toute façon. Il me doit cinquante dollars. Un pari qu'il a perdu. Je voudrais récupérer mon dut avant qu'il ne se fasse à nouveau tirer dessus. Plaisanta t-elle.
Vous lui passerez le bonjour de notre part. Fit Kate.
Je n'y manquerait pas. Prenez soin de vous.
Merci. A bientôt
Le taxi arriva. Castle se leva avec effort. Kate l'aida et ils s'installèrent à l'arrière.
Bonjour. Dit le chauffeur regardant dans le rétroviseur. C'est pour aller où ?
Il avait la peau foncée et parlait avec un accent africain. Kate lui donna leur adresse à Hoboken. Le chauffeur était bavard. Il venait du Ghana, leur avait il annoncé. Il avait six enfants. Deux vivaient ici avec lui, les autres étaient restés au pays avec sa femme.
Kate faisait de son mieux pour entretenir la conversation. Rick lui, regardait par la fenêtre en silence perdu dans ses pensées.
A un moment, Kate lui prit la main et la pressa tendrement ce qui le fit sortir de ses réflexions.
ça va ?
Je voudrais que tu ailles voir le Docteur Haddon. Avec tout ce qui vient de se passer, je voudrais m'assurer que tout va bien.
Je suis sûre que ma grossesse se déroule normalement mais si ça te rassure je l'appellerais demain.
Du siège avant, le chauffeur s'exclama
La grossesse ? Vous allez avoir un bébé ?
Eh oui ! Répondit Rick
Votre premier ?
Notre deuxième. Fit Kate
C'est une telle bénédiction mes amis.
Merci.
Ils se trouvaient à présent tout près du pont. Devant eux, le feu passa au rouge et le chauffeur s'arrêta.
C'est ici qu'on tourne à droite, hein ?
Kate jeta un coup d’œil par la vitre, et s'apprêtait à opiner quand Rick intervint.
En fait non, tournez à gauche.
Kate le regarda sans comprendre.
Il y a un endroit où je voudrais aller avant de renter. Ça ne t'embête pas ?
Rick tapota sur l'épaule du chauffeur.
Changement de destination.
Le feu passa au vert, le taxi tourna à gauche direction le centre ville.