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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 07.01.2018 à 18h48
Auteur : billy1
Statut : Terminée
« Et s'ils avaient eu un passé commun avant leur première rencontre ? Et si la soirée de lancement de Derrick Storm leur servait de tremplin pour se retrouver ? FIC OCC . » billy1
Cette fanfic compte déjà 31 paragraphes
Chapitre 11.
Debout devant le tableau blanc, Castle tentait encore d'assimiler les paroles de Kate. Elle avait rencontré Meredith….son ex-femme l'avait chassée, il comprenait très bien cette partie, il avait juste du mal avec celle qui relatait ses regrets et cette nuit au motel.
Parce que les seuls regrets qu'il avait de cette nuit n'étaient certainement pas ceux auxquels Kate pensait. Il regrettait la façon avec laquelle ils s'étaient disputés, la façon avec laquelle elle ne lui avait donné aucune chance mais en aucune façon, il ne pourrait regretter cette nuit-là...jamais.
Les yeux hagards, la boule au ventre, il inspira plusieurs fois en se laissant envahir par la nuit qui avait chamboulé leur existence à tous les deux.
Flashback.
- On devrait rentrer à la maison, je suis certain que ton père….
- Mon père voudra être seul , Rick, soupira Kate en posant son manteau sur une chaise près d'un bureau.
- Kate, je….
- S'il-te-plait , stop…..je veux juste….je veux juste que cette journée se termine, avoua-t-elle, la boule au ventre, les yeux rougis.
Déglutissant devant la beauté vulnérable qu'elle lui renvoyait, Castle s'avança lentement vers elle et la prit dans ses bras. IL se sentait tellement impuissant devant la tristesse qui s'émanait d'elle qu'il ne savait pas comment agir avec elle. IL aurait tant souhaiter pouvoir chasser au loin tout ses main sur le bas de son dos, l'autre dans ses cheveux, il lui chuchota à l'oreille tout en humant son odeur de cerise :
- Que veux-tu que je fasse ?
- Reste….reste avec moi cette nuit, ne me laisse pas
- Je ne pense pas que…
- Et va acheter de l'alcool
- Kate, soupira-t-il
- Je viens d'enterrer ma mère, j'ai droit à un verre ou deux
- Très bien, abdiqua-t-il en lâchant son étreinte pour chercher dans ses poches son portefeuille. Quelle liqueur désires-tu ?
- Celle qui me fera oublier que demain ma mère ne m'appellera pas pour le petit déjeuner, lâcha-telle, la voix emplie de trémolos , avant de partir se réfugier dans la salle de bain .
Ils avaient marché sans but au bord de la mer pendant des heures . Ils avaient pleuré ensemble, discuté et quand la nuit avait commencé à pointer le bout de son nez, Kate avait refusé de retourner chez elle. Elle voulait prolonger encore cette bulle dans laquelle Rick l'avait emportée. Elle ne voulait pas voir dans les yeux de son père la terrible vérité, elle ne voulait pas dormir dans son lit en attendant que sa mère vienne l'embrasser, elle ne voulait pas rentrer pour s'écrier : « maman, je suis là »….. Non, elle voulait encore rester , une nuit, loin de ce cauchemar qu'était sa vie.
Doucement, elle se dévêtit de cette robe noire austère qu'elle avait dû porter pour les funérailles, et entra sous le jet d'eau chaude de la douche du motel. Les bras autour de la taille, recroquevillée dans un coin, elle tentait de garder son chagrin.
Sa mère était morte…..morte. Comme si, tout ceci devenait réel, elle sentit ses jambes la lâcher et elle s'écroula sur le sol en pleurs. Elle se sentait suffoquer sous le poids de la douleur, elle avait l'impression qu'on lui arrachait le cœur, ses sanglots devinrent des cris de détresse.
Sa mère était morte…morte. Elle ne l'entendrait jamais plus prononcer son nom, jamais plus son rire résonnerait,…elle ne pourrait jamais plus se plonger dans ses bras pour un moment de réconfort, elle ne pourrait jamais plus lui dire à quel point elle l'aimait...non, parce que sa mère était morte.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle se trouvait sous cette douche, mais quand elle entendit Rick l'appeler, elle gémit de tristesse , elle aurait aimé avoir plus de temps:
- Kate, tu vas bien ? Tu n'es pas blessée ?
- Non ,sanglota-t-elle
- Tu veux que je viennes?
- Non!
- Ok, ok, soupira-t-il , inquiet en posant sa tête sur la porte de la salle de bain. J'ai acheté une pizza….et de la vodka.
- Kate ?
- Je….. juste une minute…une minute, s'il-te-plait.
L'entendre ainsi sangloter lui noua l'estomac . Soupirant contre cette porte qui la séparait de sa meilleure amie, il recula de quelques pas en tentant de garder ses larmes pour lui. Les mains tremblantes, il ouvrit le sac contenant les courses qu'il venait de faire, et déglutit difficilement devant la bouteille qui se trouvait sous ses yeux.
Toute la journée était passée au ralentit selon lui. Rien n'avait de sens. Commet avait-il pu l'enterrer, comment avait-il pu traverser cette semaine depuis le coup de téléphone de Kate? Il se revoyait encore en train de faire les cent pas dans sa chambre avec Meredith au bout du fil, il pouvait rejouer toute sa conversation avec elle…mais quand il avait pris Kate en double appel et qu'i l'avait entendue sangloter au bout du fil, tout était devenu un brouillard sans nom.
Il avait passé cette dernière semaine à orchestrer les funérailles, à tenir Kate à bout de bras, à épauler comme il le pouvait Jim, et désormais dans cette chambre d'hôtel, il se retrouvait devant la dure réalité des choses : Johanna Beckett était morte...morte et rien ni personne ne pourrait la ramener.
Le ventre noué, les yeux rougis, il déboucha la bouteille de vodka et but d'une seule traite deux , trois goulées. Elle était morte…Comment tout ceci avait-il pu arriver ?
Elle était censée être là pour Kate, pour lui, pour son futur enfant à naître, elle était censée lui sourire, le prendre dans ses bras et le rassurer encore et encore . Elle était censée être en vie….Elle était censé lui hurler dessus encore et encore à chacune de ses bêtises...
Inspirant en sentant l'alcool lui brûler l'œsophage, il fut sorti de ses pensées par son téléphone portable, soupirant en apercevant le nom de Meredith, il hésita quelques secondes avant de prendre l'appel :
- Bonsoir
- Ah, Richard, s'exclama théâtralement sa petite amie. Où es-tu ?
- Je suis toujours chez Kate, mentit Rick en ne sachant pas comment expliquer la raison de sa venue à l'hôtel
- Ta voisine ? …..écoute, ça va faire une semaine que tu aides cette pauvre famille. L'enterrement n'était pas aujourd'hui ?
- Si mais…..
- Alors pourquoi ne rentres-tu pas ? J'ai besoin de toi ici
- Il y a un problème avec le bébé ? demanda-t-il, inquiet
- Le bébé ? non…tout va bien avec cette chose qui me donne du poids et me rend nauséeuse
- Meredith, grinça-t-il
- Richard, contra-t-elle, énervée. Je ne vois pas pourquoi je serais là seule à subir les désagrément de cette grossesse. J'ai besoin de toi ici. Alors est-ce trop te demander de m'épauler ?
Soupirant devant l'égoïsme de sa petite-amie, Rick se pinça l'arête du nez pour trouver une solution. Il ne voulait pas quitter Kate mais il ne pouvait pas continuer à ignorer sa copine….La mère de son enfant.
Complètement perdu et décontenancé, il déglutit en découvrant Kate ouvrir la porte de la salle de bain, les yeux rougis, les cheveux trempés, dans son peignoir de bain. Les mains autour de la taille, elle semblait si petite et si vulnérable qu'il se perdit dans ses yeux. Il aurait tellement aimé pouvoir chasser sa peine, pouvoir l'aider à traverser cette tragédie, mais comment se remettre de la perte de sa mère ?
- Richard ? grinça à nouveau Meredith dans le combiné
- Je te rappelle demain
- Tu ne peux pas continuer à nous ignorer, si tu t'obstines à …. ;
- Demain, je te rappelle demain, la coupa-t-il, excédé, en raccrochant sans lâcher du regard sa meilleure amie.
Brisée, fatiguée et perdue , Kate s'avança vers lui et prit la bouteille qu'il avait encore dans la main, avant de boire une bonne goulée sous ses yeux attentifs.
- Je ne retournerai pas à Standford, murmura-t-elle avant de se resservir à même la bouteille
- Tu ne peux pas abandonner tes études
- Et qui va m'en empêcher ? ma mère ?
- Kate, tu…
- Qui dois-tu rappeler demain ? demanda-t-elle en lui tendant la vodka
- Je….Meredith…je dois rappeler Meredtih, avoua-t-il en se laissant choir sur le lit, la bouteille à la main.
Il ne lui avait toujours pas avoué avoir mis en enceinte sa pette-amie. Il pensait le faire…..vraiment…mais comment placer ce sujet quand la personne qu'on aime le plus au monde enterre sa mère ? Comment pouvait-il prendre le risque de chambouler un peu plus son existence ?
Buvant les yeux clos, cherchant comment aborder le sujet, il déglutit en s'apercevant qu'elle s'installait près de lui sur le lit. Ouvrant les yeux, il l'aperçut en train de le dévisager en fronçant les sourcils.
- Quoi ?
- Rien….je… ;je pensais que c'était terminé entre vous, avoua-t-elle.
- Terminé ?
- Tu as passé toutes les vacances de Noël avec moi, à aucun moment tu n'y as fait référence, alors j'en ai déduit que…..
- C'est….compliqué
- Compliqué, déglutit Kate les larmes aux yeux.
- Je…
- Reste avec moi
- Quoi ?
- J'ai perdu ma mère…..je ne peux pas te perdre, avoua-t-elle désespérée.
- Tu ne me perdras jamais
Soupirant en se rendant compte qu'il ne comprenait pas le sens de ses propos, Kate se leva du lit en se passant la main dans ses cheveux. Elle se sentait si éreintée et si vulnérable à cet instant, qu'elle avait l'impression qu'elle ne pourrait pas relever la tête sans lui à ses côtés.
Fermant les yeux, elle se rappela des mots de sa mère le matin avant son décès :
« - Tu sais qu'il t'aime
- Qui ça ?
- Richard.
- Maman, bougonna Kate
- Il est malheureux sans toi. Je t'assure
- Il s'amuse avec une certaine….Meredith…crois-moi, il y a plus malheureux que lui.
- Kathie, tu…
- Et c'est juste un ami
- Hum,hum….ton père aussi était juste un ami
- Maman ! »
Elle avait raison….elle était amoureuse de Rick mais pour une raison qu'elle ignorait , Kate avait tu ses sentiments. Sans doute par peur…..la peur d'être rejetée ou que l'éloignement entre Standford et New-York ne les sépare. Mais ce soir, dans cette chambre d'hôtel, elle ne trouvait pas de raison de se mentir. Elle avait perdu sa mère, elle était anéantie, et elle n'avait besoin que d'une seule chose….lui.
Les mains tremblantes, elle se retourna pour l'observer en train de la contempler. Le visage tout aussi fatigué et démuni qu'elle, il ne la lâchait pas des yeux. Doucement, elle se rapprocha et lui caressa la joue en murmurant :
- Reste avec moi
- Je t'ai déjà dit que….
L'explication de Rick se perdit sous les lèvres hésitantes de Kate. Doucement, elle s'installa sur ses genoux, à califourchon, sans interrompre son baiser. Son odeur, ses mains sur son dos et son gémissement quand elle passa avec volupté sa langue sur sa lèvre inférieure lui donnèrent des papillons dans le bas ventre.
- Reste avec moi, susurra-t-elle
- Tou….toujours, déglutit Rick, pris au dépourvu par son baiser.
Il n'avait pas prévu ce retournement de situation. Elle le contemplait avec tant d'amour et d'adoration qu'il sentit son cœur s'emballer. Front contre front, ils respiraient le même air. Les yeux rougis, les mains tremblantes mais le sourire aux lèvres, Rick lui chuchota :
- Je t'aime...je ne te quitterais jamais
A son aveu, elle sourit avant de s'emparer une nouvelle fois de ces lèvres. Si le premier baiser avait été hésitant et doux , le second était plus féroce, plus envoûtant. De son poids, elle le fit basculer sur le lit et lui déclara en ouvrant un à un les boutons de sa chemise :
- Prouve-le
- Kate, je…
- Chut….fais-moi l'amour, Rick…fais-moi oublier cette journée, cette semaine…..reste avec moi, pleura-t-telle, en redéposant ses lèvres sur les siennes.
Son odeur de cerise, son poids contre le sien, ses doigts sur son torse le firent gémir. Jamais encore, il ne s'était sentit aussi vivant. Des papillons au ventre, la chair de poule au bras et des étoiles dans la tête, il tentait de ne pas se laisser emporter quand il sentit la main de Kate atteindre la fermeture éclair de son pantalon. Totalement sous le charme de son amie, il déglutit avant de reprendre ses esprits :
- Attends, attends…..je dois te dire quelque chose, c'est important, je…..
- Chut….s'il te plait, sanglota-t-elle , contre ses lèvres. S'il te plait….je veux juste un peu de répit
- Kate, je…..
- Juste nous deux….Rick, s'il-te-plait. Donne-moi juste un peu de répit.
Déglutissant devant sa détresse, il hocha simplement de la tête avant qu'elle ne s'empare une nouvelle fois de ces lèvres.
Il savait que tôt ou tard, il regretterait cette décision, que tôt ou tard elle lui en voudrait, mais il espérait que cette nuit passée avec elle , ne soit pas une fin mais un début. Il espérait pouvoir concilier son amour pour elle et son enfant à naitre…..il espérait quelque chose dépourvu d'espoir. Il espérait une vie avec Kate Beckett.
Fin du Flashback.
Debout devant le tableau blanc, il soupira en se tournant pour découvrir Kate dans la salle de pause. Il avait passé dix années à croire qu'elle le détestait pour cette décision qu'il avait prise cette nuit-là ….dix années passées à penser que son amour, que cette nuit qu'ils avaient partagée, tout ceci n'était pas réciproque.
Pourtant elle était revenue…..elle connaissait Meredith…
Sentant sa colère s'amoindrir, il mit ses mains dans ses poches en pensant à toutes les fois où il l'avait appelée en vain, et partit la rejoindre pour s'expliquer.
XXXXXXXXXXXX
Une tasse de café dans la main, elle tentait de garder son calme et son stress. Elle avait peur de sa réaction, peur de ce qu'il penserait d'elle quand il saurait la vérité.
Elle s'en souvenait, comme si c'était hier, de cette nuit qu'ils avaient passée. De ses bras autour d'elle, de ses mots chuchotés à son oreille , de cette sensation d'amour inconditionel qui l'avait submergée à chaque fois que son regard rencontrait le sien, de cette plénitude qu'ils avaient atteinte à leurs apogées…et de ce matin qui avait tout brisé sur son passage.
Flashback.
Elle avait toujours pensé que lorsqu'elle franchirait cette étape avec lui ce serait extraordinaire…..pourtant ce soir, cette nuit, dans ses bras, le mot extraordinaire était une pâle copie de ce qu'elle ressentait.
Il avait réussi avec ses mots, ses caresses, ses baisers, à chasser au loin toutes les appréhensions qu'elle pensait ressentir lors d'une première fois.
Il l'avait contemplée avec tant d'amour, idolâtré chacune des parties de son corps avec tant de tendresse que Kate en avait eu les larmes aux yeux à chacune minute passée avec lui.
Leur toute première fois avait été hésitante mais tellement…eux. Jamais il n'avait lâché son regard, et quand tout son être l'avait envahie , elle s'était sentit vivante et aimée.
La bouche de Rick avait été si …..douce, si coquine et si entreprenante qu'elle aurait pu en rougir des jours entiers. Son corps si chaud et si robuste contre le sien lui avait envoyé un millier de papillons dans le bas ventre.
Mais quand le soleil avait montré le bout de son nez, cette bulle dans laquelle ils avaient plongée la veille avait explosé.
Blottis l'un contre l'autre, entièrement nus et repus, Rick caressait du bout des doigts le dos de Kate qui sommeillait contre son torse. Les larmes aux yeux, il réfléchissait à une façon de ne pas tout bouleverser pour eux. Cette nuit, avec elle, avait été magique. Elle signifiait tant pour lui….il ne voulait pas tout gâcher à cause de Meredith.
Il cherchait une solution pour entrer Kate dans l'équation de sa vie actuelle, quand il la vit remuer doucement contre lui. La boule au ventre à l'idée de lui dire la vérité, il lui sourit à contre cœur quand elle rencontra son regard :
- Hey
- Hey, chuchota-t-elle quelque peu gênée en souriant . Bien dormi ?
- C'était une courte nuit….mais ça en valait la peine, répondit-il en lui caressant tendrement la joue
- Oui
- Je…tu ne regrettes pas ? demanda-t-il anxieusement
- Regretter ?
- Oui…je veux dire …c'est du sérieux, c'est pas genre…oh j'avais besoin d'un peu de répit et de…
- Non, c'est du sérieux….. enfin pour moi, déglutit-elle, peu sûre d'elle en se relevant, tout en cachant sa nudité avec le drap de dessus, les cheveux emmêlés et le regard fatigué
- Pour moi aussi, sourit-il soulagé
- Bien
- Bien
Légèrement gênée sur la marche à suivre, Kate l'observait encore quelques secondes quand il lui déclara :
- J'ai toujours su qu'on serait extraordinaires ensemble
- Alors…..tu as aimé ?
- Oui et toi ? sourit Rick en lui caressant le bras
- C'était bien….plus que bien. Je n'aurais jamais cru …., fit-elle timidement, avant de se stopper en se mordant la lèvre inférieure
- Dis-moi ?
- Je n'aurais jamais cru que le sexe pouvait être aussi …bien.
- Moi non plus, rit Rick sans la lâcher du regard
Souriante, Kate se passait une mèche derrière l'oreille quand son téléphone portable se mit à sonner. Sursautant devant cette interruption, elle soupira ensuite en murmurant :
- Ça doit être mon père
- Ton père, reprit Rick en blêmissant
- T'inquiète pas, sourit-elle en voyant l'inquiétude l'irradier à cet instant
- Pas m'inquiéter ? Quand il va savoir ce que j'ai fait à sa fille unique, il va me démembrer et jeter au loin mes restes pour…..
- Il n'en saura rien, rit Kate en se levant, sans lâcher le drap qui cachait sa nudité, pour récupérer son cellulaire.
A sa manœuvre, Rick sursauta et prit le premier oreiller pour camoufler ses parties intimes. Déglutissant devant sa silhouette magnifique, il se passa une main dans les cheveux en repensant à cette nuit extraordinaire qu'ils venaient de passer tous les deux.
Souriant, il sortit de ses pensées par la voix de Kate qui lui demanda :
- Pourquoi souris-tu ?
- Parce que je suis heureux, répondit-il simplement en haussant les épaules
- Moi aussi, avoua-t-elle tristement, en culpabilisant d'avoir laissé sa peine au placard cette nuit
- Eh ça va ?
- Oui, oui….je vais juste appeler mon père avant que ton corps ne soit démembré, mentit-elle en lui montrant son cellulaire
- Ce serait dommage, un corps aussi beau et robuste, argumenta Castle en se levant pour enfiler son caleçon sous le regard de Kate .
Il était tellement beau…tellement gentil et tellement sexy, que Kate rougit en pensant à toutes les choses qu'elle souhaitait faire avec lui. Baissant le regard en réprimant un gémissement, elle l'entendit arriver près d'elle pour lui lever le menton.Les yeux dans les yeux , ils se contemplaient amoureusement quand Rick lui chuchota avant de l'embrasser tendrement :
- Tu as le droit d'être heureuse , Kate
- Je sais….c'est juste que…j'aurais aimé qu'elle soit là pour nous voir, avoua-t-elle , la boule au ventre, alors qu'il arquait un sourcil en toisant son corps sans vergogne. Pas de cette façon !
- Ok, ok….., rit Rick devant son air outré. Mais….je veux dire…
- Dis-moi ?
- Cette nuit…ce n'était peut-être pas le meilleur timing ….mais du coup, je me demande…est-ce que ça fait de cette journée, un bon ou un mauvais souvenir ? demanda Rick , en posant son front contre le sien, le cœur tambourinant.
- Les deux, murmura Kate, la boule au ventre
- Les deux ?
- Ça me rappellera que même dans les pires journées, on peut éprouver une grande joie
- Joli, sourit Rick reconnaissant, avant que le téléphone reprenne de plus belle. Je….je vais aller chercher du café pendant que tu trouves une excuse valable à ton père
- Tu fuis ? rit-elle en le voyant reculer pour s'habiller
- Tu ne peux pas t'imaginer à quel point un homme tient à ses bijoux de famille et ...ton père me terrifie quand il s'agit de toi.
- Oh, je peux l'imaginer
- Quoi ? répéta Castle en la dévisageant
- Je peux m'imaginer à quel point tu tiens à tes bbijoux de famille...j'y tiens également, tu m'as prouvé qu'ils peuvent me servir, répondit-elle sans le lâcher du regard avant de répondre sous le regard choqué de Rick. Bonjour papa….
Stupéfait dans un premier temps par la facilité avec laquelle ils arrivaient encore à être eux malgré l'enterrement de Johanna, Rick sourit avant de laisser un peu d'espace à Kate. Son costume ré-enfilé, il sortit avec l'intention d'aller lui chercher son café quand son cellulaire se mit à chanter aussi. Soupirant, il décrocha sans faire attention à la porte d'entrée qu'il avait lassée ouverte.
Ecourtant la conversation avec son père , Kate s'aperçut que la chambre n'était pas refermée. Désirant retrouver un peu d'intimité avant de retrouver Rick, elle s'avançait pour fermer quand elle se figea devant les paroles de Castle :
- Je sais, je sais , Meredith
- Non, je ne renie pas notre enfant. Bien sûr que je serai là pour vous deux. Mon amie à juste besoin de mon aide encore quelques jours
- Meredith…..tu ne peux pas. Il s'agit autant de mon enfant que du tien !
- Très bien, très bien…je vais rentrer. Laisse moi juste la matinée, répondit-il, dépité, avant de raccrocher en soupirant.
Un enfant ? Il avait un enfant avec cette comédienne ? …Elle n'était qu'une amie ? …Il avait un enfant avec une autre femme et il avait passé la nuit avec elle ? Comment avait-il pu faire ça ? Comment avait-il pu la mettre dans cette position là ? Comment….avait-il pu gâcher cet instant là !
Blessée, furieuse et complètement écœurée, elle ne prêta même pas attention au peu de vêtements qu'elle portait avant de s'exclamer en plein couloir :
- Tu peux m'expliquer !
- Ka…kate, balbutia Rick en sursautant
- Tu as un enfant !
- Euh pas exactement
- Comment ça pas exactement !
- Meredith…..elle est enceinte
- De toi ?
- Euh….
- Rick !
- Oui, oui, soupira-t-il, la boule au ventre, en la voyant blêmir. Ecoute, je….
- T'écouter ? Pourquoi veux-tu que je t'écoute ! Explique moi comment je pourrais croire un instant ce que tu pourras me dire !
- Comment tu pourrais croire ? reprit-il, blessé
- Tu as un enfant avec une autre femme ! Comment as-tu pu oublier ce fait hier soir quand tu me baisais !
- Je…ne dis pas ça
- Quoi ? enfant ? petit-amie ? ou baise ? cracha-t-elle, folle de rage
- Kate , tu sais que cette nuit avec toi était plus que…..
- Je n'en sais rien, pleura-t-elle.
- Kate, je t'aime, tu…
- Ne dis pas ça, siffla-t-elle , blessée en se remémorant toute leur histoire.
Paniqué et attristé par la situation, Castle s'avança de quelques pas pour la prendre dans ses bras quand elle le repoussa violemment en lui crachant avec véhémence :
- Ne me touche pas !
- Kate, je suis désolé mais….
- Tu es désolé ? Tu es...Désolé!...Eh ben tu sais quoi, moi aussi ! Je suis désolée d'avoir été aussi naïve ! Je suis désolée d'avoir mis ma mère de côté hier soir pour me faire sauter ! je suis désolée d'avoir pensé que tes sentiments étaient partagés !
- Kate, tu….
- Alors quoi ? Tu es devenu cet auteur riche et célèbre , et tu te donnes le droit de traiter les femmes comme du bétail ?
- Arrête ! cria-t-il. Arrête, tu sais très bien que...
- Je ne suis pas une de ces bimbos blonde que tu peux sauter avant de retourner auprès de ta copine et de ton enfant !
- Je n'ai jamais dit ça. Si tu me laissais t'expliquer, tu saurais que…..
- Va-t-en
- Kate, tu…..
- Dégage ! Va retrouver ta petite famille ! Je ne veux plus te voir, siffla-t-elle, folle de rage, en faisant demi-tour
- Ne fais pas ça, je t'aime, cette nuit a été la plus belle et…, tenta, désespéré, Castle
- Je ne veux plus jamais te revoir, cracha Kate en fermant la porte, avant de s'écrouler en pleurs dans sa chambre.
Elle lui avait fait confiance…..elle lui avait donné son cœur…sa première nuit….elle lui avait tout donné et lui…il avait tout gâché. Elle n'était qu'une amie….une amie.
Les jours qui suivirent cette nuit furent une véritable descente aux enfers. Elle avait ignoré ses appels, ses messages , ses lettres et ses venues devant sa maison fermée à clef. Elle avait vu son père sombrer peu à peu dans l'alcool et…elle avait pleuré sa mère comme jamais encore auparavant.
Fin du Flashback.
Déglutissant devant ce pan de sa vie où elle avait cru toucher le fond un bon nombre de fois, Kate tentait de retenir ses larmes. Dix années après, la peine de ce matin passé ensemble avait toujours autant de cruauté. Elle pouvait ressentir encore cette blessure comme si c'était hier…..cette trahison qu'il lui avait faite.
Perdue dans ses songes, elle en fut sortie par la voix de Castle qui lui demanda avec hésitation, après avoir fermé la porte de la salle de pause :
- Tu…..tu connais Meredtih ?
- Oui, soupira Kate en posant sa tasse de café
- Co ..Comment ?
- Castle, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de discuter de ceci ici et…
- Comment Kate ? insista-t-il en tentant de comprendre
- Quelques mois après…ce matin-là….je suis venue te voir
- Tu es venue ?
- Au loft. Tu venais tout juste de l'acheter et…..je ne sais pas….j'avais besoin d'une explication….. , j'étais prête à t'écouter et peut-être même…..à te pardonner.
- Que s'est-il passé ?
- Meredith m'a ouvert, cracha Kate douloureusement. Elle a ouvert la porte avec ce joli ventre rond et cette bague de fiançailles au doigt
- Kate
- Elle m'a dit que tu n'étais pas là mais que je n'étais pas la bienvenue
- Quoi ?
- Elle m'a dit être tombée sur des lettres que tu m'avais écris. Elle était au courant de cette nuit-là…..elle a….elle a posé sa main sur son ventre et m'a demandé comment je pouvais encore me regarder dans la glace
- Oh mon dieu
- Et….. elle avait raison. Je n'avais aucun droit de revenir dans ta vie
- Tu avais tout les droits ! Tu étais celle avec qui j'aurais dû avoir cette vie , tu étais…..
- J'étais seulement la femme avec qui tu avais eu une liaison, le coupa-t-elle
- Alors c'est ça ? Dix ans après, c'est tout ce que tu retiens de cette nuit ?
- Tu veux savoir ce que j'en retiens ?...sérieusement?
Quand elle vit qu'il ne pipait mot mais qu'il attendait une réponse. Elle lui déclara froidement :
- Je retiens que j'ai enterré ma mère, je retiens t'avoir fait confiance, je me souviens de n'avoir jamais été autant aimée, et je me souviens de ce réveil. Je me souviens avoir pleuré pendant des semaines. J'ai quitté cette chambre d'hôtel encore plus démunie que quand j'y étais entrée avec cette foutue robe d'enterrement
- Kate
- C'était peut-être une nuit spéciale pour toi…peut-être qu'elle représentait quelque chose de plus que les autres, mais …pour moi…ça a été ma première nuit, avoua-t-elle
- Quoi ?
- Je t'ai laissé m'emmener dans ce monde inconnu, je t'ai fait confiance avec mon cœur et mon corps, pour me réveiller au matin avec un homme déjà pris qui attendait un enfant.
- Je…..non, déglutit Rick, douloureusement.
- Tu…..
- Beckett ? les interrompit le capitaine Montgomery en entrant dans la salle de pause, avant de se stopper pour les dévisager. Un souci ?
- Non… , on discutait juste de l'affaire, chef, se reprit-elle avec temps de facilité que Rick en déglutit.
- Très bien. Le lieutenant Esposito n'arrivait pas à vous joindre. Ils ont un nom pour le suspect. Ils partent à cet instant même l'interpeller mais le gérant du magasin de sac a dit que le suspect, Jamal Baylord, s'intéressait à une jeune fille du nom de Diana Edouards.
- On va aller l'interroger, fit Kate, en lavant sa tasse de café
- Vous êtes sûrs que tout va bien ? reprit Roy en voyant Rick, toujours muet comme une carpe.
- Oui, Castle est toujours sous le choc de la venue de son ex-femme . Pas vrai…Chaton ? le taquina-t-elle pour ne pas montrer à quel point elle était blessée et meurtrie par ce pan de leurs vies
- Chaton ? Rit Montgomery. Dois-je en déduire qu'il s'agit de Meredith et non de Gina?
- Touché, murmura Castle
- Oh, oh…la brioche au beurre, déclara le capitaine en se souvenant de tous les moments où il avait fait référence à la mère d'Alexis ainsi pendant une partie de poker.
- Brioche au beurre ? reprit Kate, alors que Rick déglutissait en blêmissant un peu plus
- Oui….. , c'est le petit pêché mignon de Castle.
- Roy, grinça Rick alors que le capitaine ricanait
- Le plaisir coupable qu'il ne s'autorise que deux fois par an et qu'il sait très bien que c'est pas bon pour lui. La brioche au beurre. Alors…..est-ce que ça signifie que toi et…..
- Pas de brioche au beurre, le coupa Rick en voyant Kate partir en ruminant un peu plus
- Non ?
- Non… Beckett, attendez ! s'écria-t-il en la voyant entrer dans l'ascendeur.
- La brioche au beurre, grinça-t-elle en observant l'adresse que les gars lui avait envoyée sur son téléphone portable sans tenir compte des appels de Rick
CHAPITRE12.
Assise dans sa voiture, elle tentait de se concentrer sur la route, sans tenir compte des frustrations de son partenaire à ses côtés.
Depuis leur sortie du commissariat, Kate ne lui avait pas adressé un mot et lui avait lancé un regard tellement noir, que Rick en avait dégluti.
La tête posée sur la vitre du conducteur, il cherchait les mots pour commencer cette conversation. Il était toujours sous le choc des révélations de Beckett, et il tentait de réfréner la colère qu'il ressentait vis-à-vis de son ex-femme.
Soupirant, il se retourna pour l'observer quelques secondes. Elle était anxieuse…..il le savait. Elle avait cette façon bien particulière de froncer ses sourcils tout en se mordillant la lèvre inférieure. Dix années étaient passées et il pouvait toujours lire en elle comme dans un livre ouvert. Attendri par l'image qu'elle lui renvoyait, il lui murmura :
- Est-ce qu'on pourrait en discuter ?
- Non
- Kate
- J'ai dit non, grinça-t-elle, en resserrant l'emprise qu'elle avait sur son volant. Et ce n'est pas Kate , c'est Beckett. On est au travail. Je ne peux pas continuer à mélanger ma vie privée et ma vie professionnelle ainsi .
- Ka.. Beckett, écoute, tu…
- On a attendu dix ans pour avoir cette conversation, je pense qu'elle peut encore attendre quelques heures. Alors si tu pouvais te concentrer sur l'enquête, et uniquement sur l'enquête, ça aiderait grandement
- Ok, soupira-t-il , en la voyant se retirer dans ses retranchements
Lâchant la route quelques secondes du regard, elle l'observa baisser la tête et contempler ses chaussures. Elle savait qu'elle était injuste, que cette colère qu'elle ressentait envers lui avait une prescription depuis le temps, mais discuter une nouvelle fois de cette blessure , de cette trahison qu'elle avait vécue, l'avait peinée plus qu'elle ne le pensait.
La révélation de son capitaine au sujet de Meredith et de cette brioche au beurre n'avait pas calmé ses nerfs. Elle ne savait pas pourquoi elle était si frustrée, si jalouse de cette situation. Elle savait très bien que Rick n'avait pas vécu comme un moine depuis dix ans, et loin de là , mais elle avait secrètement espéré qu'il ne revienne pas à Meredith. De toutes ses ex, c'était celle qu'elle supportait le moins….celle qui leur avait volé leur : Always.
Déglutissant en se maudissant d'être aussi vulnérable, elle inspira de frustration, en déclarant, pour calmer ses maux :
- Cette Diana Edouards aurait acheté le même sac que la précédente victime
- Hum
- Je ne comprends toujours pas le lien entre ces meurtres et la contrefaçon
- Il cherche quelque chose
- Quelque chose ? soupira-t-elle de soulagement qu'il veuille bien revenir sur un terrain neutre
- Le lien entre les victimes, ce sont les sacs vendus dans cette boutique. Des sacs de contrefaçon….ça ne m'étonnerait pas qu'il y ait quelque chose dans ces sacs que Baylor souhaite
- Tu penses à de la drogue ?
- De la drogue, de l'argent, des papiers, des bijoux, du trafics d'animaux, du…
- Trafics d'animaux ? répéta Kate, en fronçant les sourcils, avant de se garer devant l'appartement de Diana Edouards
- Il ne faut rien négliger , sourit Rick, en s'apercevant qu'elle ne se retranchait pas sur elle-même après leur altercation
- Du trafic d'animaux, soupira-t-elle , en sortant de la voiture.
- Ok, la théorie du trafic d'animaux n'est peut-être pas plausible, mais celle de la drogue l'est
- Je te l'accorde, acquiesça -t-elle en ouvrant la porte de l'immeuble tout en vérifiant à quel étage se situait l'appartement de Diana Edouards via les boites aux lettres
- Ce qui est étrange, c'est qu'il tue les victimes avec un rituel vaudou
- Et alors ?
- Ben le vaudou et la drogue ? Non, c'est pas vendeur…j'échangerais presque ma théorie avec celle des faux papiers. De quelle origine est ce Baylor ?
- Africaine, je pense, déclara Kate à quelques pas de chez leur témoin
- Il a la nationalité américaine ?
- Je n'en sais rien
- Tu n'en sais rien ? répéta-t-il , incrédule, en sachant pertinemment que Kate connaissait chacune de ses affaires sur le bout des doigts
- Oui, j'en sais rien, grinça-t-elle. Et tout ça, c'est à cause de toi !
- De moi ? Pourquoi tout est toujours à cause de moi ?
- Je n'arrive plus à me concentrer , ou à compartimenter vie privée et vie professionnelle ! Alors à partir de maintenant, quand on est au poste c'est Beckett, et seulement Beckett !
- Ok, ok , mais…
- Diana Edouards, ouvrez c'est la police ! cria Kate en tambourinant à la porte
- Heu…..est-ce que je peux l'enfoncer...lieutenant Beckett ? sourit Rick pour la taquiner un peu, et alléger l'ambiance entre eux
Au regard noir qu'elle lui lança, il comprit qu'il était encore trop tôt pour venir la titiller.
- Désolé, chaton, mais non
- Chaton ? Sérieusement ? Oh allez…
- Chut ! …chaton , sourit-elle pour l'agacer à son tour. C'est la police, ouvrez !
- C'est bon, j'arrive ! s'écria une voix à l'intérieur avant d'ouvrir la porte pour découvrir une jeune blonde en tenue de sport
- Lieutenant Beckett , police de New-York, vous êtes Diana Edouards ?
- Oui. Eh, vous faites quoi ? s'énerva la jeune blonde alors que Kate la poussait pour entrer dans l'appartement arme à la main
- Est-ce que tout va bien ?
- Oui.
- On a une vidéo surveillance datée d'il y a deux jours, où on vous voit acheter l'imitation d'un sac de marque, ajouta Beckett, tout en surveillant les alentours à la recherche de l'article.
L'appartement de la jeune femme était plutôt cosy. Une jolie cuisine américaine blanche siégeait au côté d'un petit salon. A l'arrière, Castle pouvait y voir deux autres pièces fermées.
- Wow, je savais que vous faisiez la guerre contre la contrefaçon, mais là…
- Dites-nous seulement où il est, l'interrompit Rick, en voyant la patience de Kate s'amoindrir
- Juste derrière vous. Eh ! Je peux savoir pourquoi vous faites ça ? hurla-t-elle en observant Beckett prendre le sac à main, et le vider sans ménagement avant de déchirer la couture de fond pour en sortir un passeport
- C'est quoi cette histoire ? s'inquiéta Diana
- On dirait que ta théorie sur les faux papiers est juste
- J'en étais sûr ! Je suis plutôt bon dans ce métier ?
- Hum, gémit Kate en feuilletant le papier d'identité
- Hey, tu pourrais reconnaitre que je suis d'une aide fondamentale dans ton équipe maintenant !
- Tu as raison….chaton
- Arrête de m'appeler comme ça, ronchonna Rick, en regardant ensuite Diana les observer comme interdite. Vous avez une sacrée chance.
- Attendez, je comprends pas. Je vais avoir des problèmes ? s'inquiéta-t-elle
- Non, mais n'achetez plus d'imitation.
- On dirait entendre parler ta brioche au beurre, rumina Kate, en prenant son cellulaire pour appeler l'équipe scientifique.
- A propos de la brioche au beurre, eh ben ….
- Lieutenant Beckett, j'ai besoin d'une patrouille au croisement entre Broadway et la…
Sa phrase mourut sous le poids de Rick qui venait de la mettre à terre . Le dos contre le sol, elle tentait de comprendre ce qui se passait quand le coup de feu retentit. Tournant la tête, elle vit Diana Edouards se faufiler dans une pièce qu'elle présumait être une chambre, tout en écoutant Castle crier à la jeune femme :
- Appelez les secours !
- C'est moi, les secours, Castle, grinça Kate, dont l'égo venait dans prendre un coup
- Kate… ;tu vas bien ? demanda-t-il inquiet, toujours au dessus de son corps en tâtonnant chaque partie d'elle pour chercher un point d'impact
- Arrête de me peloter ! et lève-toi !
- Je ne te pelote pas, je vérifie juste que tout va bien…. ;si je devais te peloter, tu le saurais sans la moindre hésitation et…
- Castle !
- Donnez-moi le passeport ! hurla Baylor avant de tirer une seconde fois et stopper leur chamaillerie.
Toujours au sol, Kate se dégagea de l'emprise de corps de Rick, et lui montra l'ilot central de la cuisine pour se mettre hors de la ligne de feu. D'un commun accord, ils rampèrent derrière, alors que Kate s'exclamait à l'encontre de leur tireur :
- Police ! Posez votre arme tout de suite !
- Donnez-moi le passeport !
- Baylor, dans très peu de temps, la police aura bouclé tout le quartier, il y aura des flics partout, alors n'empirez pas les choses, d'accord ?
- Donnez-moi ce que je veux, et je m'en irai., déclara-t-il avant de tirer une nouvelle fois pour les mettre en garde
- J'ai écrit ce genre de scènes des centaines de fois. Si on lui donne ce qu'il veut, ça va très mal finir pour nous. Et très mal, ça veut dire qu'on est morts, chuchota Rick en tentant d'observer Baylor comme il le pouvait
- Reste caché !
- Et toi aussi ! contra-t-il en lui attrapant le bras en la voyant tenter de se lever
- Si je reste cachée, je peux pas l'atteindre.
- Bah justement, lui non plus.
- Tu crois que c'est le moment de jouer au plus intelligent….chaton ! siffla Kate en cherchant un moyen de s'en sortir.
- Et toi, que c'est le moment de continuer à m'agacer avec ce surnom !
- J'arrive pas à le voir, soupira Kate s'en tenir compte de a réplique de Rick.
Adossée contre l'ilot central, elle regarda son arme de service tout en étudiant toutes les possibilités qu'ils avaient, quand Rick murmura en la voyant se tortiller :
- Chut ! Il se déplace.
- J'ai plus que deux balles dans le chargeur. Je dois savoir où il est pour être sûre d'avoir un tir dégagé.
Hochant la tête avant de déglutir face à un nouveau tir, Castle prit son téléphone portable dans sa poche alors que Kate siffla d'énervement :
- Tu es accro à ton portable ou quoi ? Et à la place de jouer à Angry Birds, tu ferais mieux d'appeler les renforts !
- Je croyais que c'était toi, les renforts
- Castle ! s'agaça Kate, qui le voyait faire le malin
- Beckett ! s'amusa ce dernier avant de lever son cellulaire en l'air et de le retirer juste avant qu'une balle ne le touche.
Effarée devant ses agissements, elle allait tentait de garder son calme et de ne pas vider son chargeur sur son partenaire, quand Rick lui montra tout sourire la photo qu'il avait réussi à prendre de Baylor derrière lui.
- On sait où il se trouve maintenant
- Je ne partirais pas sans le passeport !
- J'ai aucun angle de tir, je peux pas l'avoir d'ici, soupira Kate en étudiant le cliché sur le cellulaire de Rick
- Je vais vous tuer tous les deux !
- D'accord, déglutit Castle, devant l'acharnement de leur assaillant à les descendre. Chaque fois que tu tires, lui aussi il tire. Il est obligé de se découvrir. Je fais diversion et tu le descends
- Comment tu comptes faire diversion , avec tes traits d'esprits? grinça-t-elle, en le voyant s'accroupir jusqu'à la cave à vin pour en récupérer une bouteille de champagne .
- Non...Avec ça, sourit-il en haussant les épaules
- Tout ce que tu vas y gagner, c'est de te faire descendre.
- Alors, faut surtout pas rater ta cible.
- Castle ! Je te jure devant dieu que si tu…
- Ne discute pas ! Sois prête.
- C'est la dernière fois que je vous le dis ! cria Baylor avec impatience
Alors qu'elle allait tendre la main pour retenir Rick , elle le vit déclarer sans lui laisser le temps de se préparer : Maintenant ! , et il se leva en faisant péter la bouteille de champagne. Ses yeux s'élargirent, et avant qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait ou qu'elle analyse la situation, elle était debout en train de tirer à bout portant sur leur suspect, qui tomba au sol avant d'avoir eu le temps de dégainer.
Les mains tremblantes, le cœur tambourinant, elle vit Rick souffler comme s'il reprenait sa respiration, et s'exclamer en faisant péter le bouchon de la bouteille de champagne :
- Je l'ai pas débouchée pour rien ! Tu en veux ?
- Quoi ? non ! On a faillit se faire tuer et toi…toi ! Tu bois ? s'estomaqua Kate, toujours sous le choc de la fusillade .
Elle avait été tétanisée quand elle l'avait vu se lever avec cette bouteille à la main. Elle avait simplement agi à l'instinct , et si elle avait manqué sa cible, il serait mort à l'heure actuelle. Alors le voir s'extasier avec son champagne à la main finit de l'énerver.
S'avançant rageusement vers Baylor à terre, elle lança d'un coup de pied l'arme de leur assaillant un peu plus loin, et vérifiait le pouls de l'homme alors que Rick lui répondit naturellement :
- Mère a l'habitude de dire : « Fête la vie tant que tu le peux », je pense que c'est le moment, non ?
- Non, grinça Kate en entendant au loin les sirènes des secours
- Oh allez Kate…. , Beckett, rectifia-t-il en la voyant le fusiller du regard. C'est ma première fusillade , ça se fête , non?
- Ta dernière fusillade, tu veux dire
- Ne sois pas pessimiste…et puis , je trouve que je m'en suis plutôt bien sorti. Je t'ai même sauvé la vie
- Rappelle-moi qui a tiré sur le suspect ?
- Et qui a dangereusement donné de sa personne en faisant diversion ? Oh allez…, ajouta Rick, en la voyant se calmer un peu. Y'a pas l'ombre d'un doute que je t'ai sauvé la vie, et tu sais ce que ça veut dire ? Tu m'es redevable
- Redevable ? Et toi, bien sur tu m'es pas redevable du fait que j'ai abattu Baylor ?
- C'est ton boulot
- Tu…
- Tu m'es redevable et tu sais ce que je veux, n'est-ce pas ? la coupa-t-il en s'avançant dangereusement vers elle avec un sourire carnassier sur son visage
- Quoi ? Tu veux m'entendre dire que grâce à toi, on est vivants ?
- Non….même si ça pourrait être sympa, en fait
- Qu'est-ce que tu veux, Castle ?
Lui souriant, il lui tendit la bouteille de champagne, et murmura près de son oreille alors qu'elle se figeait devant autant d'audace de sa part :
- C'est marrant…..tu sens toujours la cerise….j'ai toujours aimé cette odeur, huma-t-il , les yeux clos
- Rick, fit-elle mal à l'aise, en voulant elle aussi s'abandonner sous son odeur de menthe poivrée
- Un dîner… je veux un tête à tête avec toi
- Tu l'as eu hier, rétorqua Kate en déglutissant d'envie.
Comment pouvait-il encore lui retourner le cœur avec sa seule présence ? Comment arrivait-il à faire frissonner son corps ainsi avec un simple souffle ? Agacée de se comporter comme une adolescente devant son premier flirt, elle s'éloigna de lui pour reprendre ses esprits.
- Techniquement, on n'était pas seul. Mère et Alexis étaient là, reprit-l déçu qu'elle s'éloigne de lui
- Pas toute la soirée, et...Je ne vais pas sacrifier toutes mes soirées pour toi…..chaton
- Ah, ah très drôle . On peut arrêter avec ce surnom débile et discuter calmement de la situation…On est des adultes, on devrait y arriver, non ? ..alors tu veux bien dîner avec moi ?
- Si tu l'as oublié, tu es pris pour la soirée, rumina-t-elle en observant les premiers officiers arriver dans l'appartement. Ici, je suis le lieutenant Beckett, cet homme a besoin de soins médicaux
- Madame, il est menotté
- Il est aussi en état arrestation, ajouta Kate, en signant quelques papiers pour le transfert, et tentant de cacher ses émotions derrière son badge.
Attendant patiemment dans un coin que Beckett termine toute sa paperasse, Castle sortit son cellulaire en soupirant et textota à sa mère :
« Elle est toujours là »
« Si par elle, tu entends ton ex-femme, la réponse est oui. Je ne l'ai pas encore assassinée »
- Eh merde, siffla-t-il excédé
- Un souci ? s'enquit aussitôt Beckett, en sortant de l'appartement
- Non… oui…Meredith est toujours au loft, confia Castle en ne voulant pas lui mentir.
Il voulait discuter avec elle…..réellement discuter. Il avait besoin de savoir ce qui s'était réellement passé et il avait aussi à cœur de lui expliquer combien cette nuit qu'ils avaient passée ensemble avait été importante….combien elle était importante pour lui. Mais le fait que son ex femme est élue domicile chez lui ne jouait pas en sa faveur. Déterminer à reprendre sur des bonnes bases, il préféra avouer la vérité plutôt que tout gâché une seconde fois avec elle. L'observant quelques secondes digérer la nouvelle, il l'entendit ronchonner en partant:
- Eh bien ta soirée est assurée dans ce cas, tu devrais être content
- Oui …..enfin non, elle n'est pas assurée de la manière que tu penses, rectifia-t-il devant le sous-entendu qu'elle impliquait.
- Tu fais bien ce que tu veux avec elle
- Je sais, mais je tiens tout de même à souligner qu'il ne se passera rien entre Meredith et moi
- Tu fais ce que tu veux, Rick, répondit Kate, en haussant simplement les épaules pour lui démontrer qu'elle n'était pas du tout affectée.
En vérité, elle bouillonnait. Elle avait de réelles envies de meurtres contre cette rouquine depuis des années, et à cet instant, Kate était prête à lui mettre une balle entre les deux yeux.
Sortant de l'immeuble avec Castle sur ses talons, elle réfléchissait à un moyen de se sortir Rick de la tête, une bonne fois pour toute.
- Alors….ce dîner ? reprit-il sur un ton incertain, se demandant comment il allait jongler entre son ex-femme et Kate
- Dîner ? tu plaisantes, là ?
- Heu…non. J'ai envie qu'on…..
- Je n'ai plus dix-neuf ans, siffla Kate. Alors remballe ton matos, don juan !
- Je te demande pardon ?
- Tu penses réellement que je vais accepter un repas avec toi, en sachant que tu iras retrouver ta brioche au beurre ensuite ? Non mais pour qui me prends-tu !
- Je ne vais pas coucher avec Meredith !
- Et ni avec moi, je te l'assure ! claqua-t-elle, les deux mains sur les hanches en le fusillant du regard
- C'est dommage, dans mes souvenirs, on était extraordinaire ensemble, tenta-t-il avant de déglutir devant ses yeux noirs. Heu…..enfin…je plaisantais ? tu sais…..juste pour détendre l'atmosphère...c'est un peu un mécanisme de défense
- Va détendre l'atmosphère ailleurs, Rick
- Kate, je t'assure que mes attentions sont louables pour ce soir
- Louable ? laisse-moi rire et j'ai déjà dit non
- Mais….
- Va retrouver ta fille, et….Meredith. On se voit demain, s'il y a un meurtre, déclara-t-elle froidement, en ouvrant sa voiture pour s'y engouffrer
- Mais… je…je voulais simplement discuter avec toi, soupira-t-il, en la voyant partir sans un regard derrière elle.
Il l'avait blessée avec cette histoire. Il savait très bien que son histoire avec Meredith avait un goût amer pour elle et désormais il comprenait encore davantage pourquoi. Une main sur sa nuque, il soupira en constatant que Kate n'était pas encore prête à lui faire confiance.
XXXXXXXXXXXXXXXX
- Il la surnomme sa brioche au beurre !
- Heu…..qui ça ? demanda, complètement perdue, Lanie en entrant dans l'appartement de son amie avec une bouteille à la main. Et bonsoir à toi aussi, ajouta-t-elle, en observant Kate s'arracher les cheveux
- Meredith !
- Meredith ? …heu quel est le rapport entre son ex-femme et une brioche au beurre ?
- C'est le petit extra qu'on s'offre une ou deux fois par an, marmonna Beckett en imitant Montgomery
- Oh le petit plaisir qu'on s'octroie en sachant que ce n'est pas bon pour nous, sourit la métisse, en partant dans la cuisine à la recherche d'un ouvre bouteille. C'est donc la raison de ma venue ici ce soir. Castle a renoué avec son ex ?
- Non…..pas encore… enfin je crois
- Tu crois ?
- Elle est arrivée ce matin, alors je ne pense pas que….enfin….tu vois, soupira-t-elle, complètement dépitée.
- Dis-moi, ce n'est pas toi qui criais haut et fort, ce matin, qu'il n'était qu'un ami ?
- Je….. tu….argh ! mais de quel côté tu es ?
- Du tien sweety…toujours du tien, sourit-elle.
- Et en plus il a le culot de me proposer un dîner !
Fronçant les sourcils devant la révélation de Kate, Lanie leur servit deux verres de vin rouge, et lui demanda sur un ton curieux :
- Tu peux développer s'il te plait ?
- Sa brioche au beurre va venir vivre à New-York…définitivement apparemment
- Oh,oh…..le péché coupable tous les jours, c'est pas très bon, ça
- Et pour couronner le tout, elle est venue se pavaner au poste
- Oh, oh
- Oui ! s'exclama Kate, en continuant de faire les cent pas. Elle a révélé à Rick qu'elle me connaissait
- Ça, c'est une bonne chose, concéda Lanie, avant d'argumenter devant le regard noir de Kate. Les secrets ce n'est jamais bon. Il était temps que Castle sache au sujet de toi et Meredith.
- Tu parles, ronchonna Beckett, en prenant son verre de vin
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Rien…. on n'a pas eu le temps.
- Pas le temps ? Ou tu as fui ?
- Il y avait l'enquête….. et puis la fusillade ensuite, se défendit-elle, en sachant pertinemment qu'elle ne lui avait laissé aucune chance de s'expliquer.
- Kate, soupira la métisse
- Il m'a proposé un dîner pour discuter ce soir
- Ok…..alors pourquoi es-tu ici avec moi, plutôt qu'avec lui ?
Observant son amie quelques secondes, Beckett cherchait une réponse à cette question. Elle s'était laissée emporter par sa jalousie cette après-midi. Elle avait préféré protéger son cœur, de peur de le voir une nouvelle fois piétiné.
Mais ce soir, devant son amie et son verre de vin, elle se sentait complètement futile. Elle avait été désagréable et méprisante avec lui alors qu'il lui avait sauvé la vie et qu'il tentait désespérément à établir le contact avec elle.
Se mordillant la lèvre inférieure, elle releva le regard sur son amie, et lui avoua en soupirant :
- Je ne voulais pas le voir repartir au loft après notre soirée en sachant que sa brioche l'attendait.
- Kate, je suis certaine que tu es terrifiée que cette histoire de motel se reproduise, mais vous avez changé, mûri….. et je suis certaine qu'il a une explication pour tout ça.
- Peut-être…..mais….
- Dis-moi ?
- Je ne suis pas prête à lui faire confiance. Alors je ne peux pas non plus l'empêcher de s'amuser avec son ex
- Ok….mais tu pourrais lui dire la vérité
- La vérité ?
- Dis-lui ce que tu viens de me dire, dis-lui…
- Il en est hors de question, s'offusqua-t-elle. Je ne vais pas lui donner la satisfaction de savoir qu'il m'intéresse encore et qu'il m'a brisé le cœur.
- Alors quoi ? Tu vas continuer à lui hurler dessus à chaque fois qu'une nouvelle brioche arrivera dans sa vie ?
- Oui
- Tu es…
Les mots de Lanie se perdirent devant la sonnerie du téléphone de Kate. Haussant un sourcil, elle lui déclara avant que cette dernière ne prenne l'appel :
- Ne pense pas que cette discussion est close !
- Beckett ?
Allez petit test...Quel sera le prochain épisode revisité ? Qui va trouver?
CHAPITRE 13.
Les premiers rayons du soleil filtraient dans son bureau. Les yeux rivés sur son écran et ses doigts caressant le clavier , Castle terminait le chapitre qui l'avait tenu en haleine, jusqu'aux premières heures du matin.
Après avoir quitté Kate, il était rentré dire deux mots à son ex-femme. Fatigué et irritable par rapport aux derniers évènements, il n'avait pas laissé le choix à Meredith et l'avait chassée de chez lui , avant de lui réserver une chambre d'hôtel sous le regard médusé de sa mère :
- C'est la mère d'Alexis, je ne vais pas la laisser dehors, se sent-il obliger de préciser devant les yeux de Marha
- Très bien, mais pas la peine de lui réserver le Ritz , cette femme a assez profité de ta bonté, s'indigna la matriarche
- Mère…arrête donc avec elle. Je suis fatigué, je voudrais juste m'amuser un peu avec ma fille avant d'aller m'écrouler dans mon lit. Et pour la petite histoire, ce n'est pas elle qui vit avec moi.
- Qu'insinues-tu ?
- Rien…..juste que tu devrais être reconnaissante de ma bonté, sourit-il en l'embrassant sur le front, avant de rejoindre sa petite rouquine préférée.
Et la soirée s'était passée comme ça . Rick avait expliqué à Alexis que sa mère vivrait à l'hôtel, le temps qu'elle trouve un appartement , puis il avait revêtu son costume de laser game pour une partie à 100 points avec elle. Le sourire de sa fille lui avait fait oublier les tracas du quotidien et avait même réussit à apaiser sa colère.
Mais quand l'heure du coucher avait sonné, il avait embrassé sa petite citrouille et était parti se coucher. Seulement les mots de Kate résonnaient encore et toujours dans sa tête.
« j'avais besoin d'une explication….. , j'étais prête à t'écouter, et peut-être même…..à te pardonner »
« Meredith m'a ouvert avec ce joli ventre rond et cette bague de fiançailles au doigt »
« Elle était au courant de cette nuit-là…..elle a….elle a posé sa main sur son ventre et m'a demandé comment je pouvais encore me regarder dans la glace…Et….. elle avait raison. Je n'avais aucun droit de revenir dans ta vie »
« C'était peut-être une nuit spéciale pour toi…peut-être qu'elle représentait quelque chose de plus que les autres mais …pour moi…ça a été ma première nuit »
Comment avait-il pu être aussi idiot à l'époque ? Pourquoi ne s'était-il pas davantage battu pour la femme qu'il aimait ? Pourquoi s'était-il sentit obligé de choisir entre Alexis et Kate ? Comment avait-il pu agir ainsi envers elle ? Elle venait de perdre sa mère ! Elle était vulnérable ! et lui…lui n'avait pas réfléchi ! et s'il lui avait avoué la vérité avant ? Où seraient-ils maintenant tous les deux ?
La culpabilité l'assaillait de part en part. Les yeux clos, il soupira en tâtonnant sur sa table de chevet à la recherche de son téléphone. Le ventre noué, il prit le cellulaire en main, en hésitant sur la marche à suivre. Devait-il l'appeler ? Lui envoyer un message ? Ou simplement lui laisser un peu d'espace ?
A une époque, il aurait su quoi faire…mais la Kate Beckett de ses souvenirs n'était pas celle de son présent. Il l'avait blessée, et dorénavant il savait qu'il ne pourrait ne pas prétendre à une seconde chance aussi facilement.
Perdu, l'estomac noué par le stress, il décida de lui envoyer un simple message avant de se lever pour écrire.
« Je suis désolé….pour tout. Tu me maques Kate….. Mon amie me manque. RC »
Il espérait établir une sorte de communication avec elle à travers ce message. Il espérait une réponse de sa part, mais après plusieurs minutes à observer en vain son téléphone, il s'était focalisé sur la vie fictive de Nikki Heat et Jameson Rook.
C'est donc éreinté qu'il sursauta au petit matin devant la sonnerie de son cellulaire. Se frottant la nuque d'une main, tout en fermant son ordinateur de l'autre, il s'étira avant de répondre en baillant :
- Castle
XXXXXXXXXXXXXXXXX
Après le coup de fil de son père, Beckett avait entendu pendant plusieurs heures le sermon de Lanie, qui la poussait à ouvrir son cœur à celui qui l'avait piétiné en premier lieu. Quand la bouteille de rouge fut vide, Kate prétexta avoir sommeil pour éviter une énième remontrance de son amie.
Les yeux rivés au plafond de sa chambre, elle était allongée, les mains sur son ventre, en débardeur et petite culotte, et repensait à toutes ces dernières heures. Elle avait passé une super soirée avec Martha, Alexis et Castle. Pendant un moment, toutes les rancœurs qu'elle avait à son sujet s'était évaporées pour laisser place à une infinie tendresse.
Elle avait réellement aimé renouer avec lui. Mais voir Meredith apparaître au poste lui avait rappelé avec quelle facilité, il avait jeté plus de dix années d'amitié aux orties. Les yeux rougis, elle soupirait quand elle reçut un nouveau message. S'étirant de tout son long pour récupérer son téléphone, elle retint ses larmes devant les mots de Rick.
« Je suis désolé….pour tout. Tu me maques Kate…. Mon amie me manque. RC »
Son amie lui manquait…voilà ce qu'elle retenait de cette phrase. Son amie…. Il voulait simplement son amie. Maintenant que sa brioche au beurre était revenue sur New-York, il n'avait aucune raison de s'enticher d'un simple lieutenant...d'ailleurs avait-il même un jour été intéressée par elle?
La gorge nouée, elle réprima un sanglot en reposant son téléphone sur sa table de chevet. Il lui manquait aussi….énormément. Leur discussion, leurs rires…..tout lui manquait, mais elle ne savait pas si elle pouvait encore être son amie. Meredith avait, de sa simple présence , réussi à la faire douter.
Pleurant silencieusement, elle se laissa bercer par un souvenir avant que le sommeil ne l'emporte.
Flashback.
Bras dessus , bras dessous, ils marchaient dans l'allée de leur lotissement en tentant de garder l'équilibre. Ils avaient fêté dignement la lettre de publication de Black Pawn. Les verres avaient défilé, les rires s'étaient amplifiés, et Kate avait trouvé son nom de plume à Rick…Rick Castle.
Ils riaient encore de la manière avec laquelle elle avait inventé ce pseudonyme quand la bâtisse des Beckett s'érigea devant eux. Gloussant de toutes ses dents, en tentant de garder l'équilibre tout en cherchant ses clefs, Kate trébucha alors que Rick la retenait au dernier moment
- Tu es ivre, fit-il tout sourire en resserrant sa prise sur elle, alors que les effluves de son parfum lui chatouillaient les narines
- Je suis aussi ivre que toi. Et…J'aimerais t'y voir, tiens. Bois une bouteille de Tequilla et marche ensuite avec des talons hauts, sourit Kate sans le lâcher du regard
- J'ai bu la bouteille avec toi
- Mais tu es en basketts, rétorqua-t-elle, en s'agrippant à ses avant-bras pour observer leurs chaussures sans perdre son équilibre plus que précaire.- Et tu sais ce qui serait drôle ?
- Non, je ne porterais pas tes talons, ricana-t-il devant son air espiègle
- Oh allez, ce serait drôle. Et puis comment as-tu même compris ce que je pensais ?
- J'ai le don de télépathie
- Hum….ou alors tu me connais assez pour finir la fin de mes phrases.
- C'est vrai, acquiesça-t-il. Tout comme je sais que tu n'arriveras pas à monter les escaliers jusqu'à ta chambre sans te faire une entorse.
- Ne change pas de sujet, gloussa-t-elle , toute guillerette, en ôtant ses souliers de 7 cm de haut. Allez,….Castle….monte là-dessus.
- Castle….c'est bizarre que tu m'appelles ainsi, sourit-il, en la voyant rayonnante dans ses bras
- Il est trop cool, ce nom
- Ce qui est cool, c'est la manière dont tu l'as trouvé
- Pas un mot à personne à ce sujet ! Tu me l'as promis
- La promesse d'un ivrogne n'est rien, la taquina Rick, en prenant en main ses talons
- Tu n'es pas un ivrogne…... et je…., oh, oh, s'exclama-t-elle en se tenant à nouveau à lui. Le sol bouge ! Le sol bouge, Rick !
- Non, tu es ivre, rit-il en la maintenant comme il le pouvait. - Ivre et mignonne
- Si mon père me voit dans cet état, je ne pourrais plus sortir jusqu'à mon entrée à Stanford, aussi mignonne que je sois en ce moment
- Allez viens, je t'emmène au lit
A sa réflexion, elle releva le visage en arquant un sourcil.
- Tu m'emmènes au lit ?
- Pas de cette manière ! Sors ta tête du caniveau …
- Rhô t'es pas drôle, rit Kate. Et je n'ai pas besoin de toi pour me border. Je suis une femme indépendante, monsieur, sourit-elle, en se tenant désormais au mur pour ouvrir la porte d'entrée.
- Fais moins de bruit, miss indépendante, ton père est peut-être vieux, mais il est pas sourd !
- Quand je dirai à papa que tu as dit qu'il était vieux, toi aussi tu seras consigné jusqu'à…. ;
- Chut ! l'interrompit Rick, en mettant une main sur ses lèvres et l'autre sur elle pour la maintenir, alors qu'elle ouvrait la porte.
Le corps de Kate se trouvait désormais bloqué contre le torse de Rick et sa main sur son ventre. Sentir ses doigts caresser ses lèvres, lui envoya des millions de papillons dans le ventre. Inspirant devant cet élan de tendresse, elle réprima un gémissement quand sa main passa de son ventre vers le sol, pour y déposer ses chaussures à talons et qu'il huma son parfum derrière son oreille.
- Tu es sûre de ne pas vouloir les porter, c'est de la bonne qualité ? chuchota-t-elle en déglutissant
- Chut, sourit-il, avant de passer ses deux mains sous ses jambes et de la soulever du sol telle une mariée , ce qui la fit hoqueter de surprise.
- Rick !
- Chut ! Qu'est-ce que tu es bavarde. Je vais te monter. Tais-toi un peu, la réprimanda-t-il gentiment, en resserrant sa prise sur elle avant de commencer son ascension.
Il avait bu autant qu'elle. Il pensait avoir plus d'équilibre que son amie, mais la montée des escaliers avec Kate dans ses bras étaient apparus plus difficiles qu'il ne l'avait envisagé. Ses effluves de parfum, son regard envoûtant et sa peau contre la sienne le déstabilisèrent bien plus que cette bouteille de Tequilla.
Après un énième déséquilibre, il arrivait enfin à entrer dans sa chambre alors qu'elle gloussait à son oreille :
- Quand Maddie saura ça...
- Chut, pouffa-t-il en fermant la porte.
- Arrête de me dire chut !
- Chut ! rit-il devant son agacement
Avec délicatesse, il la déposa au sol en s'assurant qu'elle tenait debout. Les yeux dans les yeux, ils se souriaient quand il lui murmura :
- Promis, avant que tu partes pour l'université, j'essaierai tes talons de bonne qualité
- Et j'aurai le droit de prendre une photo ?
- Pousse pas trop ta chance non plus, miss indépendante
- Merci
- Pourquoi ?
- Pour cette soirée. Pour m'avoir pardonné d'avoir envoyé ton manuscrit.
- Merci à toi d'avoir cru en moi, déglutit Rick, en se perdant dans le regard émeraude de sa meilleure amie.
- Toujours
Doucement, il posa son front contre le sien en humant sa délicieuse odeur de cerise, alors que Kate fermait les yeux pour ne pas lorgner sur ses lèvres. Elle avait une envie folle de l'embrasser. Mais il n'était pas libre, il avait Kyra et il venait tout juste de lui pardonner, elle ne souhaitait pas lui donner une nouvelle raison de lui en vouloir.
Des papillons au ventre, elle sentit ses mains se poser sur ses hanches alors qu'il lui chuchotait :
- J'aime ce nom de plume
- Oui ? susurra-t-elle sans ouvrir les yeux
- Oui. Rick...Castle , ça me donne un côté mystérieux...Merci pour cette soirée. On se voit demain?
Doucement, il posa ses lèvres sur sa joue en se laissant emporter par ce moment d'intimité. Il avait envie de l'embrasser, il avait envie de se blottir contre elle, il avait envie de l'aimer tout simplement. Mais son cœur lui rappela qu'il n'était pas libre, et qu'elle était Kate Beckett…. Sa meilleure amie….pas sa petite-amie .
Soupirant, il s'éloignait d'elle quand la porte de la chambre de ses parents grinça, et que Kate ouvrit brusquement les yeux. Son action subite lui fit perdre l'équilibre sous l'effet de l'alcool, et avant qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait, elle tomba lourdement sur son lit derrière elle, en emportant Rick qui tentait de la retenir.
La seconde chose qu'elle se souvint était les gestes anxieux et désordonnés de Castle pour se lever qui donnait simplement l'impression qu'il la bloquait un peu plus sous elle
- Attends, attends, tu vas trop vite et…..
- Katherine Beckett ! hurla son père en allumant sa chambre pour voir sa fille unique dire à l'homme qui était au-dessus d'elle qu'il allait trop vite.
- Eh merde, soupira-t-elle alors que Castle se figeait sans oser bouger, son corps contre le sien
- Il n'est pas sourd, il n'est définitivement pas sourd, murmura Rick, tétanisé, en imaginant tous les scénarios possibles de son propre meurtre. Et je suis un homme mort...mort avant d'avoir été publié
- Arrête de dire des âneries et lève-toi chuchota Kate, en gloussant
- Je pourrais savoir ce qui se passe, ici ! cria Jim, alors que Johanna arrivait en refermant son peignoir, les cheveux emmêlés, pour apercevoir Richard sur sa fille unique.
- Je pense que c'est plutôt clair, répondit la matriarche, alors que Rick se levait d'un bond, laissant Kate allongée sur le lit, tout sourire
- Heu, non, c'est pas ce que vous croyez, se défendit-il en observant Jim le fusiller du regard. Je jure que ce n'est pas ce que vous croyez
- Après t'avoir appris à embrasser, puis-je savoir quelle leçon tu allais apprendre ? siffla Jim
- Quelle leçon ? heu…..non, j'ai pas besoin de leçon dans ce domaine, vraiment, je le jure, avoua-t-il en bafouillant, tout en repensant à sa nuit avec Kyra, alors que Kate blêmissait devant cet aveu.
- Et tu te crois malin, en plus ! s'offusqua Jim
- Je vous jure. Kate a trop bu…comme moi aussi d'ailleurs, je l'aidais juste à se mettre au lit…..enfin, non, balbutia—t-il devant l'insinuation de ses propos. Pas de cette manière ! Elle a trébuché et m'a emporté avec elle
- Elle a trébuché ? Les enfants et les vieilles personnes trébuchent, pour quelles raisons a-t-elle trébuché ? Puis-je savoir ce qui se passe ici !
- Je…Kate, plaida Rick, alors qu'elle était toujours sous le choc de sa révélation et que son amusement avait disparu. Kate ? tu vas bien ? ….Tu es nauséeuse ?
- Tu as couché avec elle
- Je…quoi ? blêmit à son tour Castle devant sa question
- Tu as…whaou…..je…
- Katherine, ne change pas de conversation, tu….
- Je ne change pas de conversation. Rhô et puis ce n'est pas dramatique, j'ai 18 ans et…
- Pas dramatique ? Pas dramatique ? tu entends Jo ? Dis quelque chose à ta tête de mule de fille.
Amusée plus qu'autre chose par la situation, Johanna se demandait quand ces deux là ne se feraient plus prendre. Les mains autour de son buste pour maintenir son peignoir bien fermé, elle déclara gentiment :
- Chérie, arrête donc de donner des cheveux blancs à ton père et…..
- Des cheveux blancs ? On n' a rien fait de mal
- Il était au-dessus de toi dans ton lit ! s'estomaqua Jim
- Je jure que je ne l'ai pas touchée, je….
- Rick a été publié. Son livre va sortir dans les librairies. On est partis fêter ça, le coupa, Kate, excédée qu'on la traite comme une enfant. Il a dit la vérité, j'ai trop bu et il…..
- Chéri, tu es publié ! la coupa Johanna en le prenant dans ses bras
- Je…heu…..oui
- Je suis si fière de toi…..nous sommes fiers de toi, pas vrai, Jim ? … Tu es publié…
- Oui, oui, je suis publié, sourit Castle en enlaçant à son tour Johanna, qui avait les larmes aux yeux .
Au loin, Jim toisait encore avec appréhension la scène qui se déroulait sous ses yeux. Sa fille était allongée dans son lit avec tous ses vêtements et Richard était…..tout aussi vêtu. Soulagé, mais encore sur la réserve, il lui demanda :
- Vous n'avez pas…..
- Non ! s'exclama Rick, avec tant de conviction que le cœur de Kate se serra un peu plus
- Eh bien…..je suis fier de toi..fils, sourit Jim
- Fier parce qu'il ne m'a pas….
- Katherine !
- Quoi ? marmonna-t-elle en se levant du lit, pour voir sa mère la réprimander avec un seul regard.
Doucement, Jim s'approcha de lui avant de l'enlacer tendrement sous le regard embué de Johanna. Elle savait très bien que Jim aimait Rick comme son fils, mais l'idée de voir sa fille grandir le terrorisait parfois. Il avait toujours du mal avec l'idée que sa fille serait très vite une femme, et qu'un homme le remplacerait un jour dans son cœur.
Alors les voir aussi proches, ce soir, lui gonfla le cœur d'amour.
- Je…merci, fit Rick, surpris par cet élan de tendresse
- Je suis fier de toi, n'en doute jamais, murmura le patriarche à son oreille.
- Je…..merci, répéta Castle, en sentant les larmes lui monter aux yeux
- Et si tu touches à ma fille….
- Je sais , vous me démembrerez, rit-t-il légèrement angoissé, alors que Jim resserrait son étreinte
- Seulement si tu lui brises le cœur, fils. Seulement, si tu lui brises le cœur.
A son aveu, Castle recula d'un pas pour voir la sincérité des mots de Jim dans son regard. Il n'était pas contre qu'il fréquente sa fille ? Il ne risquait pas sa vie si, un jour, il avait le courage de lui avouer ses sentiments ?
Sous le choc, il observa ensuite Kate qui le contemplait avec une légère tristesse dans le regard. Fronçant les sourcils en ne comprenant pas pourquoi elle semblait blessée, il sortit de sa torpeur par la voix de Johanna qui s'exclama :
- Allez champagne !
- Champagne ? répéta Kate, incrédule devant toute cette situation
- On a une publication à fêter !
- Oh, je….
- En parlant de ça, il va te falloir un nom de plume, trésor…..que dirais-tu de…..Storm
- Storm ?
- C'est quoi ce surnom, ronchonna Kate
- Quoi ?J'aime bien
- Rick Storm ? répéta sarcastiquement Beckett. Storm veut dire "tempête"...
- Non….plus…Derrick Storm ! Oh c'est bon ça ? sourit Johanna en observant Rick lui sourire. Qu'en penses-tu, trésor ?
- C'est joli, j'aime bien…mais Kate a déjà trouvé mon nom de plume, et sans vouloir vous vexer , je….
- Tu ne me vexes pas, chéri. Alors quel est ce nom ?
- Castle…..Rick Castle.
- Castle ? répéta Johanna
- Vous aimez ?
- Je pense que Richard Castle sera très bientôt mon auteur favori….
Fin du Flashback.
C'est le son de la sonnerie de son téléphone qui la réveilla à six heures du matin. Fronçant les sourcils en se remémorant ce pan de leur histoire, elle soupira avant de répondre, tout en s'étirant de tout son long :
-Beckett ?
XXXXXXXXXXX
Retirant ses clefs du contact de sa voiture de patrouille, Kate ferma les yeux quelques secondes. Elle avait toujours besoin d'un laps de temps avant d'arriver sur une scène de crime. Comme si, par cet instant qu'elle s'octroyait , elle présentait ses condoléances à la victime. Elle avait aussi besoin de ce temps pour se souvenir pourquoi elle faisait ce métier, pourquoi elle avait besoin de rendre justice.
Soupirant en fermant sa crow victoria, elle prit son téléphone en hésitant sur la marche à suivre. Devrait-elle l'appeler ? Devrait-elle lui envoyer un message ? Ou le laisser se prélasser dans les bras de sa brioche au beurre ?
Ravalant sa jalousie, elle allait lui téléphoner quand il apparut à quelques mètres d'elle avec deux tasses de café et un sachet de pâtisserie. Son sourire aux lèvres et sa mine fatiguée ne laissait guère d'espoir à Kate sur sa fin de soirée. Il arborait un visage repu et satisfait qui la blessa un peu plus.
- Bonjour, un grand café au lait sans mousse avec deux doses de sirop de vanille sans sucre et un beignet aux pommes, s'exclama-t-il en lui tendant sa commande.
Aujourd'hui, il était ravi. Il avait une chance de pouvoir s'expliquer avec elle, et au pire de lui montrer qu'elle pouvait encore lui faire confiance. La nuit dernière lui avait laissé le temps de réfléchir, et il avait décidé que la meilleure manière de regagner la confiance de Kate était simplement de lui montrer à quel point, ils étaient extraordinaires ensemble.
- Comment sais-tu que….
- Je te connais, c'est tout, la coupa-t-il tout heureux, en la voyant l'étudier de près
- Il est sept heures du matin, tu ne devrais pas te réveiller avec ta brioche au beurre ?
- Si j'avais été dans les bras d'une autre, tu aurais été jalouse ? sourit-il devant sa question
- Dans tes rêves !
- Dans mes rêves, tu ne serais pas jalouse parce que tu serais que tu serais la seule qui…..
Ses paroles moururent devant le beignet aux pommes destiné à Kate qu'elle lui fourra dans la bouche pour ne plus entendre ses flatteries. Gémissant devant la façon brutale avec laquelle elle s'y était prise, il la vit partir en direction de l'immeuble de la victime.
Elle en avait marre de toutes ses ex qui lui pourrissaient la vie. Quand ce n'était pas Kyra, c'était Méredith. Le ventre noué elle tentait de calmer ses nerfs.
Il n'y était pour rien….il n'y était pour rien, pensa-t-elle alors qu'il accourrait derrière elle en lui déclarant tout penaud :
- C'est Montgomery qui m'a demandé de venir
- Super, ronchonna Kate
- Il m'a dit de venir tout de suite. Ça doit être épouvantable.
- Essaie de ne pas montrer ta joie sur la scène de crime
- Ce n'est pas parce que quelqu'un est mort qu'il faut ronchonner comme un vieux tromblon , sourit-il, heureux de l'agacer .
Il savait par expérience que plus il la titillait, plus elle était encline à discuter et voire même à sourire. Il savait qu'elle tentait de garder cette armure pour ne pas sombrer à chaque enquête, chaque victime, mais il voulait lui montrer que quoi qu'il se passe, il serait là. Il pourrait être ce soutien dont elle avait besoin. Il pourrait être son ami….encore une fois.
- Argh, tu veux voir ce que ça donne quand je ronchonne vraiment ?
- Hum ? gémit-il, tout sourire, en mâchant le beignet
- C'est quoi cette couverture de livre pour ton prochain roman !
- Pour Nikki Heat ? Oh ce ne sont que des ébauches en attendant que…..attends, attends un peu, les couvertures ne sont visibles que sur mon site de fan. Tu t'es inscrite ! s'extasia-t-il, alors qu'elle blêmissait en se retournant pour retrouver la scène de crime.
Que lui avait-il pris de discuter de ceci avec lui ! Elle savait qu'il en ferait toute une histoire ! Et pourquoi avait-elle-même finalisé cette inscription ! Parce qu'elle était inscrite depuis des années et qu'elle recevait chacune des notifications concernant ses nouveaux projets !
- Attends, tu es « Castle pour toujours 45 », « Castle92 », ou « Castle mon amour 1212 » ?
- Tu te rends compte que ça devrait te faire peur, toutes ces fans anonymes et complètement cinglées ? tenta Kate pour dévier la conversation
- Comme toi ? rit Rick
- C'était simplement de la curiosité professionnelle, rien d'autre !
- Ok….mais tu sais que dans quelques mois, quand le livre sortira, on aura des fans qui mélangeront nos deux noms pour leur pseudo, sourit-il pour l'agacer un peu plus
- Comment ça, nos deux noms ? se stoppa-t-elle en le dévisageant
- Eh ben….c'est ce que font les gens face à un duo ou un couple
- On est pas en couple
- Tu sais comme brangelina
- Oh, on est brangelina, maintenant ?
- Non, non, non, on est Rickate, commença-t-il avant de grimacer autant qu'elle. Non , on est Katick...oh non! Caskett! ça sent c'est bon, hein?
- Caskett, soupira Kate en levant les yeux ciel en sentant sa patience s'amoindrir
- Quelqu'un va porter le chapeau grâce à Caskett!
- Rick, redescends-sur terre, personne ne va assemblé nos noms ensemble. On ne me connaît même pas.
- Pour le moment...mais quand le livre sortira, les fans sauront que tu es ma muse, et…..
- Ne m'appelle pas ta muse ou je te fais une tête au carré !
- Une tête au carré ? Oh je t'en prie, la dernière fois que tu as essayé, tu as atterri les fesses dans l'eau à la cabane du lac
- La dernière fois, je n'étais pas armé, cracha Kate en s'inquiétant que ces propos soient vrais
- Oh allez, ça sera drôle, et puis je me sentais seul avec tout ces pseudos.
- Drôle ?
- Oui… imagine…., reprit-il en rêvassant. Ils pourraient créer : « AlwaysCaskett3012 », « Chrisfancaskett », « Caskett706 », « Caskett71 » ou même ….. « Beckettfan », oh celui-là, il est cool et il est juste pour toi!
- Oh …mon dieu
- Non , appelle-moi juste... Castle, rit-il alors qu'elle lui frappait l'épaule. Aïe !
- Tu te crois drôle en plus!
- Heu….oui
- Argh ! s'énerva-t-elle en repartant de plus belle
- Attends, attends…..tu ne m'as même pas dit ce que tu pensais des couvertures du livre
- Elle est nue sur toutes les couvertures
- Heu….inexact, elle a un revolver…placé là où il faut.
- Castle ?
- Oui ? sourit-il béatement
- Si tu souhaites que ce revolver ne te tire pas une balle entre les deux yeux, je te suggère de te taire…. tout de suite, siffla-t-elle avec un regard noir
- Heu….. oui
Inspirant pour se calmer les nerfs, sans le lâcher du regard, elle se retourna ensuite pour entrer dans l'appartement de la victime et y découvrit une dizaine d'officier ainsi que son capitaine.
- Ah vous êtes ici
- Oui, qu'est-ce qu'on a Monsieur ? demanda Kate désormais intriguée de voir son supérieur sur une scène de crime, à sept heures du matin qui plus est.
- Les parents d'Angela Candela, une fillette de deux ans, ont rapporté sa disparition à quatre heures ce matin.
- Où est-ce qu'ils ont trouvé son corps ? demanda Kate, alors que Rick blêmissait à l'évocation de l'enfant
- La petite a été enlevée. Le père était en train de dormir dans sa chambre. Sa mère travaillait de nuit, c'est elle qui a signalé sa disparition en rentrant.
- Ça c'est produit ici même ? murmura, peiné, Rick en observant les alentours
- Si c'est un enlèvement et non un meurtre , pourquoi m'avoir convoquée ?
- Les fédéraux ont demandé que vous fassiez partie de l'équipe, avoua Montgomery, alors que Kate le toisait avec suspicion
- Les fédéraux ? répéta Castle
- Les enlèvements d'enfants relèvent de leur compétence, lui expliqua Kate, sans lâcher son chef du regard.
- Ok….et moi, pourquoi je suis là ?
- Parce que j'aime ennuyer le FBI et parce que…vous voyez un peu plus loin que le bout de votre nez.
Observant la scène qui se déroulait derrière son capitaine, Kate sentit un malaise la prendre. Elle avait la désagréable impression que sa journée allait être pire dans quelques minutes . Le ventre noué, elle demanda à son chef en espérant se tromper :
- Qui est l'agent spécial chargé de l'enquête ?
- Beckett, c'est pas une….
- Qui ? le coupa-t-elle , excédée, alors que Castle la scrutait avec attention.
Elle semblait énervée, et par énervée, il n'entendait pas agacée. Il avait l'impression qu'on lui cachait quelque chose, et quand Montgomery lui répondit , il sut qu'il avait raison au changement de rictus sur le visage de Kate .
- Sorenson
- Heu….c'est qui Sorenson ? demanda-t-il , en voyant Beckett faire la carpe avec sa bouche
- Je…je croyais qu'il était parti ?
- A Boston ? fit gêné le capitaine. Il n'y est plus..il est là
- C'est qui Sorenson ?
- Ce ne sera pas un problème , j'espère ? On est tous des professionnels, n'est-ce pas ?
- Pas moi. Alors dites-moi , c'est qui Sorenson ? s'impatienta Rick
- Ce ne sera pas un problème, soupira Kate, en sentant la migraine la prendre
- Une remarque…., ajouta Roy. Cette petite qu'on a enlevée, elle se moque complètement de vos histoires, tout comme ses parents, eux, tout ce qu'ils veulent, c'est qu'on ramène leur fille en vie, compris ?
- Compris, déclara Kate, alors que son capitaine hochait de la tête avant de les laisser seul à seule.
Intrigué et la boule au ventre , Castle mit ses mains dans ses poches et se positionna en face de Kate pour la voir baisser le regard aussitôt. Déglutissant, il lui murmura :
- C'est qui, Sorenson ?
- Personne, soupira-t-elle, en relevant les yeux
- Personne ? Je te connais assez bien pour…..
- Tu ne me connais pas. Tu penses me connaître, mais c'est faux. Maintenant, laisse-moi faire mon job, répondit sèchement Beckett, dépassée par les évènements.
Se tournant rapidement pour ne pas entrevoir la douleur qu'elle venait de lui infliger, elle tomba nez à nez avec Will Sorenson.
Il était comme dans ses souvenirs, grand, carré, toujours bien habillé, avec ce sourire condescendant sur le visage. Le fusillant du regard , elle l'entendit le saluer :
- Salut Kate
- Salut Will, tu es revenu depuis combien de temps ?
N'aurait-elle pas le droit à un peu de répit ! Elle en avait marre de se retrouver dans des conflits avec Rick, et maintenant, quoi ? Elle devait aussi gérer le type qui l'avait larguée pour un poste à Boston ?
- ….Quelques mois, avoua penaud, l'agent sous les oreilles attentives de Rick
- Un problème à Boston ?
- Non, il ne s'y passe pas grand-chose, sourit-il pour tenter de la charmer. Ça a l'air d'aller ?
- Ouais, c'est la grande forme, mentit Kate, en observant Rick scruter son ex petit-ami de la tête aux pieds. Heu..Agent Sorenson voici Richard Castle
- Le fameux romancier ?
- Homme de plume et du monde, décréta Rick, sans le lâcher du regard.
Il ne savait pas pourquoi mais il sentait que cet homme avait fait du mal à Kate. La façon dont elle le regardait, dont elle lui parlait, lui rappela la manière dont elle s'adressait à lui et ce constat le peina un peu plus.
- Le capitaine Montgomery m'a mis au courant de votre petit arrangement, ça ne me pose aucun souci à condition que ça n'interfère pas avec l'enquête.
- Vous en faîtes pas pour moi, je suis muet comme une tombe
- Très bien. Kate, si tu veux bien me suivre au salon, je vais te briefer sur l'enquête en cours.
- Oui…..j'arrive, déglutit-elle devant la vue de Castle et Will réunis.
Hochant la tête, l'agent s'éloigna d'eux pour retrouver un bataillon d'officiers, alors que Rick se penchait derrière Beckett pour lui murmurer, contrarié :
- Ne me dis pas que c'est ta brioche au beurre ?
- Pourquoi ? Je n'ai pas droit à ma petite viennoiserie personnelle ? répliqua-t-elle en entendant un brin de jalousie dans sa question. Chacun son tour, non ?
Un petit clin d'&oel
CHAPITRE 14
Silencieux dans l'ascenseur qui les menait au douzième, chacun tentait de faire le tri dans leurs émotions.
Kate se sentait trahie par son ex-amant, qui était revenu de Boston sans un mot à son égard et trouvait la vie très humoristique par moment en sachant avec qui elle se trouvait en ce moment-même.A croire que tous les hommes portaient en eux le chromosome "trahison". Ne pouvait-elle pas faire confiance à quelqu'un sans se sentir trompée ? Serrant les dents, elle releva le visage pour observer Rick froncer les sourcils en regardant droit devant lui.
Depuis sa rencontre avec Sorenson et le demi-aveu de Kate au sujet de sa brioche au beurre personnelle, il n'avait plus pipé mot. Si elle avait apprécié ce silence au début, cela commençait à l'agacer dorénavant. Elle ne savait pas pourquoi il jouait à l'ex-petit ami trahi, ou même jaloux, alors que c'était à cause de lui , et lui seul, s'ils se trouvaient dans cette situation aujourd'hui.
Soupirant en s'apercevant qu'il restait encore quatre étages avant d'arriver à la criminelle, elle préféra crever l'abcès maintenant, avant de devoir faire face à tout ça devant les gars.
Depuis l'aveu de Meredith, la veille, sur leur ancienne relation, elle n'avait toujours pas affronté Espo ou Ryan et elle redoutait de devoir, en plus de tout le reste, rendre des comptes à ses co-équipiers.
Se mâchouillant la lèvre inférieure, elle lâcha sans le regarder ouvertement, mais avec un brin d'hésitation :
- Six mois
- Quoi ? six mois ? soupira Rick, qui n'arrêtait pas d'imaginer en boucle Kate avec cet agent à l'allure carrée, à demi-nus et heureux
- Notre histoire a duré six mois
- Je n'ai rien demandé
- Oui, je sais, acquiesça-t-elle nerveusement, mais tu l'as pensé tellement fort
- Hum….
- Quoi ? Hum ! marmonna-t-elle, agacée par son manque d'intérêt
Il avait l'air ailleurs et ne montrait pas réellement d'intérêt à son récit. Se tromperait-elle ? Est-ce qu'il avait cure de son histoire avec Will et que son silence était dû à autre chose ? Et par autre chose, elle pensait Meredith.
- Rien…..c'est juste qu'il me rappelle ce quaterback dont tu t'étais entichée avant le bal de promo…comment s'appellait-il déjà ?
- Je ne m'étais pas entichée de Brad Kolt
- Ah oui, Brad Kolt..c'est ça
- Et Will n'est pas comme lui
- Ah oui ? sourit Rick, alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient sur le douzième. Pourtant c'est le même genre
- Quoi ? Quel genre ? siffla-t-elle, excédée contre-elle-même de prendre en compte son avis alors qu'elle savait pertinemment qu'il la titillait par plaisir.
- Le genre….. bel homme, la mâchoire carrée, droit dans ses bottes
Six mois? Comment avait-elle pu rester six mois avec un mec aussi orgueilleux et hautain ? En plus , il respirait l'ennui à des kilomètres, ce type ! La jalousie lui ne donnait pas les idées bien claires et il savait pertinemment que son passé n'était pas aussi glorieux. Il se demandait même comment il avait ou tenir deux années entières avec Meredith ou même trois ans avec Gina. Lui aussi avait fait des erreurs , et la plus grande , son plus grand regret, c'est de n'avoir pas su retenir la femme qu'il aimait vraiment.
Alors à cet instant avec elle, il voulait juste parler de tout et de rien c'est réellement prendre en compte ce satané Will Sorenson qui débarquait à un moment mal choisi pour Kate et lui. Ils n'avaient toujours pas discuter, elle ne savait toujours pas à quel point il s'en voulait et pire que tout, il avait la désagréable impression qu'il allait la perdre à nouveau. Qu'elle allait replongé dans son ancienne histoire et qu'il devrait juste regarder encore une fois l'amour de sa vie avec un autre homme.
Le coeur brisé, il tentait par l'humour lui faire comprendre que cet agent n'était pas bon pour elle.
- Eh c'est pas bien tout ça ?
- C'est toi en masculin ! Le Yin a besoin du Yang, pas d'un autre Yin. Yin-Yang c'est l'harmonie, Yin-Yin c'est le nom d'un panda .
- N'importe quoi, soupira-t-elle, déposant ses affaires sur son bureau alors qu'il s'installait sur la chaise près d'elle, qu'il avait élue comme sienne.
- D'ailleurs, tout est prévisible avec ce genre d'homme, ajouta Rick pour défendre, l'air de rien, la team Castle.
- C'est sûr que lui, je ne le retrouverai pas nu sur un cheval
- Tu vois ? Tu t'ennuierais. Tiens d'ailleurs, je suis sûr que vous vous êtes rencontrés au détour d'une enquête
- Et qu'est-ce qu'il a de mal avec ça ?
- Rien. Beaucoup de personnes se trouvent sur leur lieu de travail, mais je ne sais pas. Avec le métier que tu fais, je trouve triste que tu ne puisses pas t'aérer l'esprit le soir...t'échapper de toutes les horreurs que tu vois la journée.
- Oh ne t'inquiète pas pour moi…..pour nous, rectifia-t-elle, en le regardant sensuellement, voyant là une opportunité pour le remettre à sa place. Pour m'aérer l'esprit…..il savait y faire.…vraiment, je me souviens de la fois où il m'a carrément prise sur….
- Stop ! gémit-il, blanc comme un linge alors qu'elle observait quelques secondes avant de rire devant sa mine.
- Tu es tellement facile !
Muet comme une carpe, il ne faisait qu'ouvrir la bouche et la fermer, en ayant des images de Kate et de Mr muscle en tête, ce qui lui retournait l'estomac.
Souriant devant son manque d'éloquence, elle lui déclara, amusée :
- Alors le chat a mangé ta langue…chaton ?
- Arrête avec ce surnom
- Quoi ? Je l'aime bien
- Non, tu le fais exprès pour m'agacer, comme la fois ou tu m'as appelé Ricky pendant un mois après avoir attendu Dobra Dobkins me nommer ainsi.
- Tu as raison….mais j'adore ça…t'agacer, rit-elle. J'aime ça autant que tu aimes le fait de me faire sortir de mes gonds
- Je n'aime pas te sortir de tes gonds, se défendit Rick, en souriant
- Non ?
- Non….. en fait… un peu, si…
- Tu vois. Tu….
- Alors papa et maman s'amusent ? les interrompit Javier , un dossier à la main , suivi de Ryan, se postant juste devant le bureau de Beckett pour les observer de plus près
- Papa et maman ? répéta Kate, surprise
- Oui. Etant donnée la nature de votre histoire…enfin, c'est quoi votre histoire ? Amis d'enfance? Amis avec avantage ?
- Quoi ! Non! fit, outrée, Beckett
- Ben moi, je serais pas contre….je veux dire pour "amis d'enfance", pas pour l'autre...quoi que, je...non laisser tomber, toussota Castle devant le regard noir de Kate
- En tout cas, on s'est dit que « papa et maman » vous allaient comme un gant.
- Ah ah, très drôle, Tu as vu Beckett, ils sont aussi drôles que moi
- J'en ai de la chance, hein ? marmonna-t-elle, se levant pour noter le nom de la petite Candela sur le tableau blanc, et commencer par la même occasion ses investigations. Bon, trêve de plaisanterie….on va bosser un peu « les enfants » sinon vous serez privés de goûter…
- Oh,oh…..elle vous a bien eus, s'amusa Castle, alors que Kate levait les yeux au ciel.
- Alors ? ….Qu'est-ce qu'on a sur les parents ? …..Ryan ?
Toussotant en prenant son dossier pour le lire à haute voix, Ryan s'avança vers tout le monde, et déclara dans son costume gris et sa cravate bleu flamboyante:
- Teresa et Alfred Candela mariés depuis 10 ans, un enfant, Angela Candela
- Oh ! Oh ! mes yeux ! s'exclama Rick en reculant de quelques pas, tout en clignant de l'oeil, ce qui interpella Kate et les gars.
- Castle ? Tu vas bien ?
- Oui, oui, pardon. C'est la cravate de Ryan, elle m'a prise par surprise.
A sa remarque, ils rirent tous les trois alors que Kévin observait sa cravate bleue affublée de quelques ronds de couleurs.
- Ok, allez-y, faites-vous plaisir. C'est un cadeau de ma petite-amie
- Ta petite-amie ? ricana Javier
- Ça fait deux semaines qu'on est ensemble
- Ouh….deux semaines, c'est les noces de papier ou de soie ?
- Moi, je dirais les noces de petit toutou, rétorqua Rick
- Ouais, ouais , d'accord. Moquez-vous, mais moi au moins j'ai une vie en dehors de ces murs. On ne peut pas en dire autant de vous trois.
- Sérieux ? C'est ça ta ligne de défense ? s'amusa Espo. Tu sais très bien que niveau nanas, je ne suis pas en manque, sans parler de Mr page six ,qui a à son bras, une nouvelle blonde chaque semaine et Beckett…..ben…., balbutia soudainement l'hispanique en se rendant compte qu'il ne savait pas quoi dire de sa supérieure.
Il savait très bien que Kate n'était pas des plus encline à discuter sur sa vie privée, mais du peu qu'il connaissait , il savait que tout son temps était occupé pour le boulot, et uniquement le boulot. Empétré dans la situation, il vit Ryan sourire alors que Kate fronçait les sourcils, prête à l'abattre d'ici quelques secondes .
Elle savait pertinemment que sa vie n'avait rien de transcendant, sortie de ces murs. Elle était solitaire et maussade sur ses heures de repos. Elle préférait lire ou courir seule dans le parc plutôt que d'essayer de construire une relation avec quelqu'un . Mais ce qui l'énervait en ce moment, c'était de rendre ça public aux yeux de Castl,e alors qu'on venait tout juste de lui rappeler que Mr le playboy n'avait pas les mêmes problèmes d'attachement qu'elle.
Frustrée, elle observa Esposito blêmir alors que Ryan rajoutait, tout heureux, devant un Rick embêté :
- Quoi, Beckett ?
- Et bien….Beckett….
- Peut-on se concentrer sur l'affaire ? Ou dois-je encore faire tout le boulot ? s'agaça Kate en mettant les mains sur ses hanches
- Oui, oui, toussota Javier, qui prit le dossier des mains de Ryan pour continuer le compte rendu. Alors, Angela Candela, deux ans…adoptée.
- Adoptée ? répéta Kate intriguée
- Y a deux ans. La maman, Térésa, dirige une société d'investissement, le père est un peintre sans envergure, de temps en temps, il arrive à exposer à Chelsea. C'est lui qui reste avec la petite.
- Très bien, soupira Kate, en se penchant sur son bureau pour récupérer un papier. Voici la liste de toutes les personnes qui ont accès à l'appartement, baby-sitter , femmes de ménages, concierge , il faut croiser ces infos avec le fichier des délinquants sexuels, il y en a peut-être un qui n'est pas clair dans le lot.
- Vous croyez qu'un pédophile aurait prévu l'enlèvement de la petite de l'intérieur de la maison? déglutit Ryan
- D'après le père, il n'avait pas changé ses habitudes ce matin, alors soit notre ravisseur a eu beaucoup de chance, soit il les connaissait, assura Kate en décrochant à son téléphone. Beckett ? Très bien j'arrive tout de suite. On laisse tomber la liste des pédophiles, ils viennent de recevoir une demande de rançon, soupira Kate sous les yeux attentifs de Castle.
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- Nous avons votre fille, fit la voix brouillée du ravisseur d'Angela .
Ils venaient d'arriver chez la petite fille, et Rick se sentait déjà mal à l'aise. L'idée d'imaginer cet enfant de deux ans, terrorisée et loin de chez elle, frappait trop de près pour lui. Il n'arrivait pas à repousser l'idée que ça pourrait être Alexis , qu'il pourrait un jour vivre le même calvaire que la famille Candela.
Assis dans un coin de la salle à manger, il observait Kate écouter l'enregistrement, fait plus tôt, du ravisseur, en compagnie des parents et de Sorenson. Déglutissant en entendant la mère demander de laisser tranquille son bébé, il sentit la nausée lui prendre.
Les yeux au sol, il se demandait encore pourquoi il était là ? Pourquoi il n'allait pas plutôt rejoindre sa fille au loft pour une nouvelle partie à 100 points, quand il entendit la question désespérée du père de la petite :
- Je veux bien leur donner tout ce qu'on a, mais …. Est-ce qu'on va être sûrs de la récupérer ?
- Il faut garder espoir. Imaginez le jour où votre petite fille passera à nouveau cette porte, saine et sauve. En ce moment, elle compte sur vous, sur votre foi et votre force, déclara Sorenson, alors que Rick se levait pour sortir sans un bruit hors de l'appartement.
Cette réponse voulait tout dire et rien dire en même temps. C'était un « je ne sais pas »… un « je ne sais pas » qu'il ne pouvait pas tolérer quand il s'agissait de la sécurité de cette petite fille de deux ans. Tapant rageusement sur un caillou , il soupirait quand il entendit de la voix de Sorenson, derrière lui, lui demander sur un ton taquin et hautain :
- Alors on a déjà du mal à faire face ?
Devant sa réplique sarcastique, Rick se retourna pour s'apercevoir qu'ils étaient seul à seul. Ne souhaitant pas donner une raison de plus à Beckett de lui en vouloir en ce moment , il répondit gentiment et sur un ton courtois :
- Vous enquêtez souvent sur les enlèvements ? Vous semblez savoir ce qu'il faut dire.
- Je sais surtout garder une situation en main et contrôler mes émotions. Je n'ai pas besoin de fuir dehors quand la situation me dérange.
Prenant ce nouveau taquet pour sa part, Rick serra les poings dans les poches, et lui rétorqua sur le même ton ironique :
- Vous avez exigé que votre ex fasse partie de l'équipe des enquêteurs, c'est curieux de la part de quelqu'un qui contrôle ses émotions.
- J'ai demandé Beckett parce que c'est la meilleure dans cette ville
- Pas parce que vous vouliez la revoir ?
Souriant devant l'audace de l'écrivain, Will s'avança de quelques pas pour le toiser de la tête au pied et lui demanda :
- Et vous Castle ? Vous êtes à quoi ? 20 Best-sellers
- Oh, plutôt 26 mais on s'en moque
- Pourquoi ce désir de suivre un vrai flic ?
- Pour ne pas créer un énième monsieur muscle à lunettes noires
- Avec tous les flics, bedonnants et chauves de la ville, vous êtes tombé sur Beckett ? Quelle chance, sourit Sorenson
- C'est peut-être un signe
- Hum…ou simplement les regrets d'un jeune ado boutonneux qui a laissé passer sa chance
Fronçant les sourcils, Rick ingurgita ce nouvel affront en se rendant compte que Will Sorenson en savait plus à son sujet sur lui et Kate qu'il ne le pensait. Il ne savait pas pourquoi, mais ce constat le blessa un peu plus. Il avait espéré avoir été le petit jardin secret de Kate, mais apparemment il avait tort. Ce monsieur muscle non-boutonneux était au courant de leur histoire…. mais connaissait-il toute l'histoire ?
Inspirant tranquillement pour garder son calme, il allait répliquer quand Kate sortit de l'immeuble pour les interpeller tous les deux :
- La sœur de Mme Candela va arriver. Elle est expert comptable, c'est elle qui va débloquer les fonds pour la rançon ….il y a un souci ? demanda Beckett en les observant, chacun côte à côte en train de se fusiller du regard
- Non, répondirent tous les deux instantanément, ce qui lui fit lever les yeux au ciel.
- Ok…..alors Me Candela se rappelle d'un employé qu'elle a renvoyé, et qui lui a ensuite envoyé des lettres de menaces. Il se plaint que sa vie a été détruite de sa faute. Son mariage et même la garde de sa fille. Cette affaire remonte à quatre mois, mais ça vaut peut-être le coup d'essayer, non ? proposa Kate, qui ne croyait guère la réponse des deux hommes qu'elle avait en face d'elle.
Elle se doutait bien que la discussion qu'elle venait d'interrompre était toute sauf cordiale, que le principal sujet de conversation devait être elle, mais pour le moment, tout ce qui l'importait c'était la vie de cette petite fille.
Observant Will et Rick un instant, elle entendit Sorenson déclarer :
- Envoyons une patrouille pour l'emmener au poste
- Ce n'est pas lui, rétorqua Rick, en observant Kate d'une façon tellement tendre qu'elle baissa le regard
- Vous êtes médium en plus ?
- Si c'était vraiment lui, il aurait tout fait pour minimiser sa haine contre son ex patronne, et non pas le contraire.
- Vos livres ne font pas de vous un criminologue, continua Sorenson sur le même ton hautain, ce qui agaça Castle
- Et moi je n'ai pas besoin de regarder la météo pour voir que le ciel est bleu
- Eh bien, vous…..
- Oh ça suffit tout le monde ! s'excéda Kate devant leur joute puérile. Pourquoi ne pas baisser vos pantalons et faire la comparaison, qu'on en finisse !
- Moi je suis partant, sourit Rick.
Il était à deux doigts de rajouter : 'ou fais fonctionner ta mémoire et dis-nous qui est le plus monté » quand elle rajouta :
- On ne sait pas qui a fait le coup. Peut-être cet employé ou peut-être quelqu'un d'autre, mais quand il s'agit d'un enfant, on ne néglige aucune piste ! On doit être sûr à 100%.Maintenant Will et moi on va partir interroger le suspect.
- Heu… et moi qu'est-ce que je fais ? fit-il, penaud, alors qu'ils s'éloignaient déjà tous les deux .
A sa phrase, Kate déglutit, fit demi-tour pour se positionner juste devant lui, et lui murmura :
- Rentre chez toi, prends Alexis dans tes bras et profite de ta fille.
- Mais je….
- Tu as besoin de ça. Je t'ai vu pendant la bande son. Rentre chez toi, Rick. On se voit demain.
Son ton n'était pas incendiaire ou même rancunier, il était plutôt préoccupé et amical. Ne voulant pas pousser sa chance et l'exaspérer un plus, il hocha de la tête et lui répondit :
- D'accord mais en cas de besoin, je suis là…..même pour discuter
- Ok
- Ok
Et sans un autre mot de sa part, Kate repartit en direction de Will. Elle s'en voulait de le mettre ainsi à l'écart de l'enquête, mais elle avait besoin de temps et d'espace . Elle savait aussi que l'enquête l'affectait beaucoup, et elle souhaitait par ce biais lui permettre de joindre l'utile à l'agréable. Regardant Will lui sourire, Kate mit ses mains dans ses poches, et soupira en pensant que rien ne pouvait être simple dans sa vie.
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Debout dans la salle de pause, elle faisait tournoyer sa cuillère dans son capuccino, tout en repensant à sa journée. La piste de l'ex employé insatisfait avait été un total échec, et ils s'étaient replongés en vain dans l'enquête. Il était plus de dix neuf heures maintenant, et ils n'avaient aucune piste, aucun suspect, nada.
Agacée et anxieuse au sujet de la petite Angela , Kate ruminait dans son coin, en observant en fronçant les sourcils son téléphone. Depuis qu'elle avait renvoyé Rick chez lui en début d'après midi , elle n'avait eu aucune nouvelle. Pas un coup de fil , ni un message, et ça l'énervait quelque peu. Elle était jalouse….réellement jalouse. Elle s'imaginait une tonne de scénario où Rick et sa brioche au beurre profitaient pleinement de cette journée.
Soupirant en se fustigeant elle-même de cette situation, elle se fit la réflexion qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Depuis deux jours , Castle n'avait pas cessé de réclamer une explication et elle n'avait fait que fuir . Elle ne savait même pas pourquoi elle lui en voulait autant de faire sa vie, alors qu'elle n'était même pas prête à lui donner une seconde chance.
Perdue dans ses songes, elle en fut sortie par la voix de Will qui lui murmura, dos à elle :
- Tu peux me faire un café aussi ?
Elle sursauta à la proximité qui les liait. Bloquée entre le plan de travail et Sorenson, elle se retourna et lui déclara sans le lâcher du regard :
- Tu m'as prise pour ton barista personnelle ?
- Non…..pour une amie qui m'a manqué, avoua-t-il en lui souriant, sans interrompre leur connexion charnelle.
Perdue dans son regard, dans ses effluves de parfum , Kate le contempla quelques secondes en se remémorant leur dernier échange. Il était venu la retrouver chez elle pour une soirée TV, et entre la pizza et le dessert, il lui avait annoncé qu'il était promu à Boston, et qu'il quitterait New-York sous peu. Elle se souvint encore du choc de cette annonce qui était venue sans le moindre remord de son côté à lui. Après six mois de relation c'est tout ce qu'il pouvait lui offrir. Un emploi et un ultimatum….viens avec moi ou reste .
Sentant son regard s'attarder sur ses lèvres, elle sortit de sa rêverie alors qu'il lui demandait en murmurant :
- Il te plaît toujours ?
- Qui ça ? soupira Kate
- Rick Castle. Il te plaît toujours ?
Kate en avait que très peu révélé sur sa relation avec Rick. Elle préférait entretenir ce petit jardin secret pour elle. Elle avait seulement évoqué à Will qu'elle connaissait l'auteur, qu'ils avaient été voisins étant enfants, et qu'à un moment donné, ils auraient pu être plus mais que la vie les avaient éloignés. Elle n'avait rien révélé de la nature exacte de sa relation avec Rick. Seulement Will n'était pas idiot, il avait pu voir avec quelle ferveur, Kate lisait et relisait les livres de cet auteur, combien elle était prête à attendre pour un autographe de sa part, pour se dégonfler à la dernière minute. Il n'avait jamais eu une réponse claire et honnête de sa part, mais il savait au plus profond de lui-même que Rick Castle avait été tout, sauf un simple voisin pour Beckett.
- Toujours ? Il n'est rien d'autre qu'un auteur que je lis et qui me suit dorénavant pour son nouveau bouquin, nia Kate
- Je vois….tu en es toujours là
- Toujours là ?
- A nier ce que tu ressens pour ce type
- Je ne ressens rien pour lui, se défendit Beckett, en se décalant assez pour éloigner leur corps l'un de l'autre.
Souriant devant l'obstination avec laquelle elle s'acharnait à nier , Will la contempla avec tendresse. Elle était toujours aussi magnifique , toujours aussi maligne et toujours aussi têtue. Il l'observa encore quelques secondes avant de lui avouer honteusement :
- J'avais l'intention de t'appeler, mais à chaque fois que j'ai pris le téléphone , je l'ai reposé
- Oui, tu as toujours eu l'intention de faire beaucoup de choses, soupira Beckett en s'adossant au mur de la salle de pause, sans le lâcher du regard. C'est pour ça que tu es parti, tu te souviens ?
- Boston était une belle opportunité
- Oh, je dis pas le contraire….je dis simplement que c'était un choix, qui ne m'en laissait aucun à moi.
- Tu aurais dû venir
- Et pour faire quoi ? Rejoindre la police de Boston ? Pour ça, pour qu'on t'envoie à Phoenix, puis Cleveland, et pour finalement pour que tu remettes les pied à New-York…..je t'en prie, on sait tous les deux que c'est comme ça. C'est la vie .
- C'est vrai….mais tu me manques, ajouta Will, en se positionnant une nouvelle devant elle. Ce qu'on a partagé…..les week-end au parc, ces patins à glace avec ces néons ridicules au Rockefeller Center
- Je te signale que ces patins à glace étaient trop cool, sourit Kate en se replongeant dans ces doux souvenirs d'eux deux.
Doucement Sorenson s'avança un peu plus d'elle, et la bloqua une nouvelle entre son corps et le mur, sans la lâcher des yeux, il lui murmura en lui prenant le visage :
- Les patins à glace , je m'en fiche
- Will, je…
Sa réplique se perdit sous les lèvres de son ex petit-ami. Le baiser était doux, tendre mais sonnait tellement faux pour elle. Elle ne savait pas pourquoi, mais la seule chose à laquelle elle pouvait penser était : Rick Castle. Sentant que son partenaire réclamait l'entrée de sa bouche, elle le repoussa gentiment d'une main sur le torse, et avant qu'elle ne puisse lui dire qu'elle ne souhaitait pas recommencer une histoire avec lui, elle fut interrompue par la voix de Rick qui les fit sursauter tous les deux :
- Je croyais que les flics et les fédéraux ne pouvaient pas se voir. C'est vrai qu'on appelle New-York la ville qui ne dort jamais, mais maintenant , je sais pourquoi
- On était juste….
- Deux adultes consentants, la coupa Rick avec un sourire au visage.
Fronçant les sourcils, elle vit que ses yeux disaient une toute autre histoire. Il était en colère, il était jaloux et il se sentait blessé. Ne comprenant pas sa réaction, elle lui dit, pour reprendre le contrôle de la situation :
- Je croyais t'avoir dit de rentrer chez toi
- Hum et je vois pourquoi maintenant, répliqua-t-il avant de lancer amèrement: Je suis rentré chez moi, seulement ma mère m'a ouvert les yeux sur l'enquête
- Vous habitez avec maman ? se moqua Will, prompt à dénigrer Rick dès qu'il le pouvait
- Oui comme un vrai petit pois, répliqua Rick, avant de donner toute son attention à Kate sans tenir compte de sa colère envers elle. Ce qu'on a oublié , c'est que Algela a été adoptée.
- Et alors ? Soupira Kate, qui avait l'impression de l'avoir trahi, ce qui l'agaçait un peu plus
- Alors avant de donner son bébé biologique à ses parents adoptifs, la maman a le droit d'accès au dossier les concernant. Notamment la capacité à élever l'enfant
- Leurs ressources financières, sourit Beckett, qui comprenait où Rick voulait en venir
- Hum , hum
- On ne va pas gâcher un temps précieux parce qu'Hercule Poirot s'est soudain réincarné ? se moqua Will, qui détestait la façon dont Kate contemplait Rick à cet instant.
- C'est censé être une insulte ? Hercule Poirot a réussi toutes ses enquêtes…..lui !...d'accord, alors écoutez, et en plus je te cite, ajouta-t-il en observant à nouveau Kate. « Quand il s'agit d'un enfant, on doit être sûrs à 100%, ce qu'on croit savoir, il faut le remettre en question. »
Fascinée par la façon avec laquelle il semblait écouter chacune de ses paroles , Kate se fit la réflexion que, peut-être, cette allure de playboy qu'il se donnait n'était qu'une façade, que peut-être son ami d'enfance n'avait pas totalement changé à cause de l'argent de la célébrité. Peut-être qu'il se souciait réellement de ce travail qu'il faisait auprès d'elle.
Se mordant la joue intérieure pour ne pas montrer son sourire, elle regarda Will et lui déclara :
- Trouve moi la mère biologique
- Mais….
- On a aucune piste….. il en a une.
Son ton était dur et sans appel. La voyant déterminée comme jamais, il dévisagea Rick avant de partir de la salle de pause en répondant :
- Je vais la chercher.
La porte claqua ensuite pour laisser Beckett et Castle seule à seul. Heureux d'avoir agacé Mr Muscle et d'avoir convaincu Kate que son raisonnement pouvait être bon , Rick sourit en lui déclarant taquin :
- On dirait que Yin-Yin est énervé
- Arrête donc de l'appeler ainsi, sourit-elle en pensant à cette histoire de panda, avant de retourner prendre son capuccino sur le plan de travail.
Sans un mot, il observa ajouter ses deux doses de vanille . Chacun de ses gestes était mesuré, chaque expression de son visage étaient étudiée de près par Castle. Les mains dans ses poches, il marmonna une sorte d'excuse pour avoir interrompu son baiser :
- Je suis désolé d'avoir….. interrompu votre moment
- Ce n'est rien, soupira-t-elle , toujours dos à lui avant de souffler sur son latte.
- Tu es sûre ? Parce qu'il n'avait pas l'air de…..
- Castle, pourrait-on simplement ne pas en parler ?
Elle n'avait pas réellement envie de s'étaler sur ce baiser, qu'elle allait repousser parce qu'elle pensait à lui . Elle ne souhaitait pas entrer dans ce genre de conversation. C'était trop dangereux.
Déçu qu'elle fuie un nouveau sujet de conversation qui se porte sur autre chose que sa vie professionnelle, Rick soupira en se dirigeant vers la sortie, et lui demanda :
- Tu sais, je le pensais
- Quoi donc ? répondit, surprise, Kate en se tournant pour l'observer
- Tu me manques, mon amie me manque. Il n'y a pas si longtemps, on discutait de tout..et maintenant….j'ai l'impression de marcher sur des œufs. Kate…si tu ne me veux pas près de toi, si tu ne veux pas de moi ici, dis-le-moi et je partirai.. .
Prise au dépourvu par sa question, elle sentit la nausée la prendre à l'idée de le voir partir à nouveau. La gorge nouée, le cœur tambourinant , elle lui rétorqua en déglutissant :
- Je croyais que tu avais un livre à écrire
- Ça n'a jamais été pour le livre, tu devrais le savoir, non ? sourit-il, peiné, la main sur la porte. Alors voilà…je vais t'aider sur cette enquête, et si à la fin , tu ne veux pas de moi, je partirai.
- Tu partiras ? Parce que je ne veux simplement pas discuter de mon baiser avec Will? cracha-t-elle, tout aussi peinée que lui
- Non…..parce que tu as construit un mur entre nous…. J'ai réellement l'impression que tu ne me veux pas ici. Je n'ai jamais voulu m'imposer…. ;je voulais juste…..je voulais juste…
- Qu'est-ce que tu voulais ? Que je te saute dans les bras ? Que j'oublie tout de …..
- Non….je voulais juste mon amie...
- Ton amie ? répéta-t-elle en le dévisageant
- Oui...tu étais ma meilleure amie. Tu étais la personne la plus importante dans ma vie, il n'y a pas si longtemps...Kate , je prendrai n'importe quelle place que tu m'accorderas dans ta vie. Mais je veux que cette place que tu m'octroies, elle soit désirée et non imposée. J'aimerais être tellement plus qu'un simple ami , mais….
Les mots de Rick furet interrompus devant l'arrivée de Sorenson, qui le bouscula quelque peu en ouvrant la porte . Sans prendre la peine de s'excuser, Will entra dans la pièce en observant Kate au bord des larmes, et lui indiqua, sans tenir compte de Rick :
- La mère biologique est en chemin. Tu l'interroges avec moi ?
- Je…oui, balbutia-t-elle, en se retournant pour jeter son Cappuccino et inspirer un grand coup.
« J'aimerais être tellement plus qu'un simple ami…. » , elle aurait aimé connaitre la fin de cette phrase. Elle aurait aimé connaitre les véritables sentiments de Rick. " J'aimerais être à nouveau ton meilleur ami ? " ou " J'aimerai être ton petit-ami...j'aimerai une seconde chance?"
Il n'était pas là pour le livre, il était là pour elle…Mon dieu comment avait-il pu dire tout ceci au milieu d'une enquête et en plein poste? Comment pouvait-elle répondre à ces demandes, alors qu'elle ne savait même pas ce qu'elle désirait? Elle le voulait près d'elle...mais pouvait-elle effacer sa jalousie pour reconstruire une amitié ?
Les mains tremblantes, elle entendit Castle déclarer sur un ton qui lui brisa un peu plus le coeur, avant de sortir de la salle de pause :
- Je vais rejoindre les gars, voir s'ils ont besoin d'aide. On se voit plus tard...pour l'enquête.
Elle hocha simplement la tête sans se retourner, ne faisant pas confiance à sa voix à cet instant. Elle l'aimait...plus que tout..mais elle avait tellement peur ...tellement peur de lui faire confiance avec son coeur, qu'elle préféra rester muette en tentant de garder ses pulsations cardiaques sous contrôle. Fermant les yeux, elle inspira quelques secondes, avant que Will lui déclare :
- Tu es prête ?
- Oui, oui…. j'arrive, je te rejoins dans ...deux minutes.
CHAPITRE 15
L'interrogatoire de la mère biologique d'Angela Candela n'avait rien donné. Elle et le père de la fillette avaient un sérieux alibi.
Il était plus de 21 heures et ils tournaient toujours en rond. Frustrée par cette journée qui ne menait qu'à des impasses, Kate ré-étudiait toutes les preuves une par une sur son bureau, alors que les gars, aidés de Rick, cherchaient une piste en rapport avec les délinquants sexuels.
Une main sur le front, son stylo en bouche qu'elle mordillait par agacement, Kate raturait chaque élément qui ne lui semblait pas percutant, quand une tasse de café, devant ses yeux, la surprit . Fermant les yeux , elle sentit le stress qu'elle ressentait depuis sa confrontation avec Rick culminer.
Il lui avait demandé ce qu'ils étaient, ce qu'elle souhaitait, mais surtout de conforter sa place ou non à ses côtés au preccint. L'enquête avait obnubilé toutes ses pensées, et quand elle aperçut le nectar devant elle , elle soupira en se rendant compte qu'elle n'avait pour le moment aucune réponse à lui donner .
Toujours figée, elle sursauta au son de la voix de Will, et non celle de Rick :
- Tu ne veux pas de mon café ?
- Non….si…..excuse-moi, soupira-t-elle, en l'observant s'installer sur la chaise de Castle à ses côtés.
Prenant sa tasse en main, elle inspira doucement et se laissa enivrer par cette délicieuse odeur, avant de demander à Sorenson s'il avait une piste :
- Toujours rien. On devrait peut-être rentrer.
- On ne va pas se coucher tant que cette fillette n'est pas rentrée chez elle.
- Kate, on n'a aucune piste , on est éreintés. La scientifique est actuellement chez les Candela, ils auront peut-être un indice à nous donner, mais en attendant rien ne sert à s'épuiser inutilement. D'ailleurs, j'ai renvoyé toute l'équipe chez elle.
- Toute l'équipe ? Que veux-tu dire par toute l'équipe ? reprit-elle, en reculant sur sa chaise roulante, pour s'apercevoir que les gars enfilaient de leurs manteaux et que Rick n'était nulle part.
Fronçant les sourcils, elle le cherchait du regard, quand Will lui répondit en souriant, et fier de lui :
- Il est rentré chez lui
- Qui ça ?
- Castle. Je l'ai entendu dire quelque chose à propos de sa fille et de son ex-femme
- Je ne cherchais pas Castle, mentit-elle, en sentant son estomac se nouer à l'évocation de Meredith.
Comment avait-il pu partir sans un mot ? Comment avait-il pu lui tenir une telle tirade tout à l'heure, pour retourner auprès de cette rouquine ? Comment avait-elle pu être aussi idiote d'y croire encore ?
Fatiguée et énervée, elle se leva et enfila son manteau rouge sous les yeux contemplatifs de Will , qui laissait ses yeux vagabonder au gré du corps de Beckett, quand elle se stoppa et le réprimanda :
- Tu veux peut-être une loupe ?
- Non…..mais tu ne peux pas m'en vouloir de te regarder.
- Will, arrête ton baratin, et concentre-toi un peu plus sur l'affaire et un peu moins sur moi, siffla-t-elle excédée
- Kate, tu…..
- Et la prochaine fois que tu donnes l'autorisation à MON équipe de partir , je te ferai regretter d'avoir ouvert la bouche. Ne pense pas que je ne sais pas à quoi tu joues, surtout avec Castle, mais ton comportement de petit gamin a qui on a volé son joujou préféré commence à m'agacer. Si tu veux que je sois claire avec toi, je vais l'être, je ne suis pas intéressée pour un nouveau road trip entre des draps, alors si tu pouvais t'intéresser au plus important..c'est à dire à cet enfant qui a disparu, ce ne serait pas de refus !
Et sans lui laisser le temps de répliquer, elle partit en direction de l'ascenseur sans un dernier regard pour lui . Elle commençait à être réellement agacée par tous ces enfantillages. Elle n'était pas un trophée à remporter et encore moins une fille d'une nuit. Fatiguée par la comportement de Will à son égard, elle soupira en se disant qu'elle ferait mieux d'aller faire un tour chez les Candela, et voir directement avec la police scientifique s'ils avaient une piste à lui suggérer .
Elle ne souhaitait pas passer toute sa soirée à ruminer sur cette enquête, et encore moins à penser à Rick. Ses mots l'avaient bouleversée, et elle avait besoin de temps pour les digérer, voire même les accepter.
XXXXXXXXXXXXX
Assis côte à côte devant la reine des neiges, Rick tentait de ne pas trop laisser ses pensées vagabonder. Il était rentrer depuis une heure, et Alexis n'avait pas arrêté de réclamer sa présence pour jouer ou simplement discuter.
Seulement ce soir, il n'avait pas l'esprit à s'amuser. Il était contrarié, et même blessé par l'attitude de Kate. Il savait pertinemment qu'il avait des torts dans leur relation, mais il ne comprenait pas pourquoi elle s'acharnait à le repousser avec autant de force, alors qu'elle lui avait avoué vouloir renouer avec lui à plusieurs reprises depuis ces dix années .
Le baiser qu'elle avait échangé avec ce "Mr je sais tout",n'arrangeait guère les choses dans sa tête. Il pouvait très bien comprendre qu'elle était célibataire et qu'elle pouvait par conséquent embrasser qui bon lui semblait, mais une partie de lui….une grosse partie de lui avait du mal à digérer tout ça.
Il l'aimait….tellement. Il ne se souvenait pas d'un seul jour où il ne l'avait pas aimée, et la voir à nouveau batifoler sous ses yeux , lui rappela de trop nombreux souvenirs douloureux.
Perdu dans ses pensées, il en fut sorti par la petite voix d'Alexis qui lui demandait, attristée :
- Papa ?
- Hum, citrouille
- Est-ce que c'est normal que j'aime être avec toi ?
- Normal ? C'est quoi c'est question, chérie ? sourit Rick en fronçant les sourcils
- Je veux dire….juste nous deux…..sans maman, déglutit péniblement la jeune rouquine, en culpabilisant déjà pour sa question.
- Heu..
- Je l'aime, tu sais…..je te le jure !
- Je sais que tu l'aimes, et j'en suis ravi
- Mais papa…elle me rend complètement folle
- Oui, c'est le rôle de la mère, rit Rick, devant son air outré
- Vraiment ?
- Oui. Tu ne sais pas comment ma mère m'a rendu fou quand j'étais enfant. Elle n'arrêtait pas de répéter à tue-tête ses répliques shakespeariennes, de jour comme de nuit.
- Elle le fait toujours, sourit Alexis, qui adorait quand son père lui parlait de son enfance. Et la mère de Kate ? Elle était pareille ? Elle vous rendait fous tous les deux ?
Rick s'épanchait très peu sur le souvenir de Johanna. C'était un pan de sa vie trop douloureux. Ça lui rappelait tout ce qu'il avait perdu : une mère et sa meilleure amie en même temps. Castle ne parlait donc pas de Kate ou Johanna, mais Martha…..Martha n'avait jamais rien caché de l'enfance de Richard à Alexis. Elle lui avait conté les nombreuses bêtises et fous- rires des deux adolescents.
Alexis avait toujours souhaité rencontrer Kate….elle avait toujours voulu poser un visage sur toutes ces histoires, et pouvoir le faire dorénavant enchantait et attisait la curiosité de la petite .
Souriant avec une certaine tristesse dans les yeux , Castle lui embrassa le front et lui chuchota, comme un doux secret :
- Non…..Johanna Beckett était extraordinaire. Elle ne nous rendait pas fous, en tout cas pas moi. Elle était toujours à notre écoute.
- Elle avait l'air gentil
- Oui, elle l'était . Mais quand elle criait…elle pouvait être terrifiante, rit Rick en pensant à toutes les fois où il s'était caché derrière le dos de Kate, terrifié devant la fureur de l'avocate.
- J'aurais aimé la connaitre
- Moi aussi, mon ange, j'aurai aimé que tu la connaisses, et tu sais quoi ?
- Non ?
- Elle t'aurait adorée
- Tu penses ?
- Oh oui. J'en suis certain. Elle t'aurait aimée de tout son cœur, ma chérie, déglutit, le cœur brisé, Rick en repensant aux derniers mots de Johanna à son égard.
« Quoi qu'il arrive, je serai avec toi. A chaque étape. »
- En tout cas, reprit-il en soupirant. Au sujet de ta mère, je…
- J'aimerais juste que tout redevienne normal, marmonna la jeune fille
- Normal ?
- Oui. Maman à Los Angeles et nous trois avec gram's, au loft.
- Tu ne serais pas triste si ta mère repartait ? demanda Castle, qui pensait réellement devoir jongler avec Meredith sur la grande pomme, pour le bonheur de sa fille
- Non…..parce que c'est pas comme si je ne la reverrais jamais, tu vois ?
- Je vois
- Est-ce que je suis une vilaine personne si je souhaite que ma maman parte?….
- Non…non, chérie. Ne t'inquiète pas, la rassura Castle, en la voyant serrer dans ses bras Monkey Bonky, son singe en peluche.
- Ok, soupira, rassurée, la rouquine sous le regard intrigué de son père. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je…..heu…je vais devoir te laisser pour vérifier quelque chose
- Quoi ?
- Mère ! cria Rick, en se levant à la hâte avec le sourire aux lèvres
- Papa, tu vas bien ?
- Oh oui ! Tu viens de m'aider grandement. Toi et ton singe en peluche !
XXXXXXXXXXXXXXXXXX
Endormie avec une couverture sur une chaise, dans la chambre de la petite Angela, Kate avait sombré après avoir cherché en vain une nouvelle piste.
La scientifique n'avait rien trouvé sur place, et après avoir interrogé une nouvelle fois la famille de l'enfant, Beckett avait fouillé la chambre de la petite, à la recherche de n'importe quel indice.
Elle était épuisée et à bout de nerfs. Les mots de Rick tournaient en boucle et en boucle dans sa tête, et elle cherchait quelle réponse lui apporter quand ses yeux sombrèrent définitivement peu à après 23 heures.
C'est un léger de bruit de tiroir qui la tira des bras de morphée. Ouvrant les yeux péniblement, elle découvrit Castle , les mains dans la commode de la jeune Angela, en train d'en éplucher chaque recoin. Fronçant les sourcils, elle regarda la montre de son père, avant de lui demander en baillant:
- Tu ne devrais pas être à la maison ?
- Oh… je t'ai réveillée, murmura-t-il, embêté, en se retournant pour s'attaquer au lit de la petite. Je suis désolé, rendors-toi.
- Rick, pourquoi n'es-tu pas à la maison à cette heure-ci, et pourquoi fouilles-tu cette chambre ?
- Figure-toi que je suis rentré chez moi , j'ai même regardé pour la centième fois Elsa construire son château de glace
- Elsa ? répéta Kate, perdue, en s'étirant sous les yeux attentifs de Rick, qui n'en perdait pas une miette
- Oui, Elsa, la reine des neiges , je te jure qu'Alexis a dû me faire voir ce dessin animé presque autant de fois que tu m'as forcé à regardé la petite sirène.
- N'importe quoi. Et puis Ariel était trop cool, sourit-elle, repensant à toutes ces après-midi DVD quand ils avaient une dizaine d'années.
- Cool ? Je ne vois pas ce qu'il y a de cool avec une femme recouverte d'écailles. Je veux dire, une femme avec du chocolat ou du caramel….oui, ça c'est cool, mais avec des…..
- Castle, tu te perds là, soupira-t-elle, ne souhaitant pas connaître tous les détails de sa vie intime
- Heu, oui… tu as raison. Si je suis ici, c'est grâce à Monkey Bonky
- Ok , là c'est moi qui suis perdue.
- Eh bien disons que Monkey Bonky est un peu le Chewbacca d'Alexis. Tiens, d'ailleurs, tu as toujours Chewbi ? demanda-t-il, intrigué, en se redressant sans la lâcher du regard.
Il s'était souvent demandé, au cours de ces dernières semaines, si Kate avait gardé la peluche qu'il lui avait offerte des années auparavant. Elle avait une grande place dans son cœur et il espérait qu'elle ne l'avais pas jetée comme elle l'avait fait avec leur amitié.
Un brin gênée, Kate passa une mèche derrière son oreille, ne voulant pas admettre à haute voix que la peluche en question se trouvait dans sa table de nuit, tout comme son dernier roman. Se mordant la lèvre inférieure , elle préféra lui rétorquer :
- Chewbi n'est pas et n'a jamais été mon doudou
- Ton doudou ? Que c'est mignon, comme choix de mot , de la part d'un détective en homicide, pouffa-t-il
- Dis… tu es revenu juste pour m'agacer un peu plus ? siffla-t-elle, devant son air amusé. Parce qu'après être parti comme un voleur du commissariat , tu aurais pu t'abstenir de revenir pour me narguer ici , et….
- Je ne suis pas parti comme un voleur. Ton petit-ami nous a congédiés, et si je n'ai pas dit bonne nuit, c'est parce que tu semblais en grande conversation avec lui, je ne voulais pas déranger.
- Will n'est pas mon petit-ami, cracha-t-elle, énervée
- Ok, je rectifie ma phrase, « le mec qui partage ta salive nous a congédiés et… »
- Mon dieu, je pense que je vais t'abattre !
- Eh bien avant de m'abattre, tu devrais savoir que j'ai une piste, contrairement à ….
- Si tu dis encore que Will est …
- J'allais dire « Yin Yin », reprit-il, amusé, devant son regard noir.
Il adorait la sortir de ses gonds. Son visage avait la faculté de lui montrer une multitude d'expressions quand elle était contrariée, et puis c'était leur jeu à tous les deux depuis qu'ils étaient enfants…ils se titillaient à longueur de journée.
Sentant la migraine lui prendre la tête, Kate se massa les tempes et tenta de contrôler son énervement, avant de lui déclarer sur un ton las et fatigué :
- Quelle est ta piste ? Le doudou d'Alexis ?
- Non…je suis à la recherche du Chewbi d'Angela. …Quand Alexis était petite, elle emmenait son doudou n'importe où où elle allait. Elle ne l'oubliait jamais. Comme toi avec Chewbi quand tu es allée à Standford.
- C'est toi qui m'a obligée à le prendre, avec ton laïus sur l'importance qu'il avait dans notre relation, reprit-elle, encore plus agacée par cette facilité avec laquelle il avait détourné le passé et la conversation.
- Oh, je t'en prie, depuis quand on t'oblige à faire quelque chose que tu ne veux pas ?
Fronçant les sourcils, en se levant pour le fusiller du regard, elle le vit lui sourire et s'avancer vers elle, en prenant une photo de la petite, pour lui murmurer :
- Allez, j'arrête de t'embêter…..Regarde la photo, Kate…Angela le porte sur toutes les photos, fit-il en désignant du doigt un petit lapin blanc. Alors , il est où ? J'ai retourné la chambre et il n'est nulle part.
- Son ravisseur la connaissait si bien qu'il a pris le lapin avec lui ? chuchota, estomaquée, Beckett. Mais on a déjà vérifié les alibis de l'entourage des Candela. C'est pas les deux baby-sitters, ni la femme de ménage
- Mais qui a dit que toutes les baby-sitters étaient des adolescentes ? Parfois , on prend des proches pour garder l'enfant. Regarde Alexis, quand elle n'est pas avec moi c'est mère qui s'en occupe.
- Les grand- parents sont tous décédés, la famille plus proche de la petite est la sœur de la mère.… sa tante.
- Bingo ! sourit Rick, en déposant le cadre-photo sous les yeux admiratifs de Kate.
Elle avait passé sa soirée à retourner la chambre de la petite, et à aucun moment elle n'avait remarqué le détail du doudou. Sous le charme et l'implication de son ami sur cette affaire, elle lui sourit à nouveau , avant de le voir faire demi-tour vers la porte en lui déclarant :
- On va vérifier ce que faisait « tata » au moment de l'enlèvement ?
- Oui….mais attends
- Oui ?
- A propos d'aujourd'hui, à propos de ce que tu m'as dit, balbutia-t-elle, soudainement mal à l'aise
- Hum
- Je suis désolée
- Désolée ?
- Je suis désolée si tu penses que ta place à mes côtés n'est pas désirée.
- Kate, je sais que le fait que Montgomery t'a imposé ma présence a dû d'agacer, en plus de…..
- Depuis quand m'impose-t-on quelque chose que je ne veux pas ? rétorqua-t-elle, en reprenant ses paroles
- Heu…..jamais
- Bonne réponse , sourit-t-elle, en l'observant lui sourire en retour. Ecoute, tu as raison , on devrait discuter de nos tensions si l'on veut retrouver un semblant d'amitié entre nous. Alors dès que l'enquête sera close, je te propose un hamburger chez Remy's.
Il ne savait pas s'il devait être content que Beckett lui propose enfin de discuter, ou déçu qu'elle pose enfin un mot sur leur relation : amitié….Il avait espéré plus….il avait espéré que ses sentiments à son égard soient plus qu'une simple amitié.
Déglutissant devant sa requête, il hocha de la tête en la voyant perplexe devant son manque de réaction, et il lui répondit, en tentant de cacher sa déception :
- Un hamburger sonne bien.
- Fais pas cette tête, je te laisserai tremper tes frites dans mon milkshake, répliqua Kate, en tentant de comprendre pourquoi il semblait peiné.
Elle avait fait ce qu'il lui avait demandé. Elle avait fait face à la situation en lui proposant une discussion, elle lui avait même avoué avoir besoin de lui à ses côtés. Fronçant les sourcils, cherchant en comprendre ce qui clochait , elle le vit simplement ouvrir la porte, et répondre avant de partir :
- Seulement si tu le bois toujours à la fraise.
XXXXXXX
La petite Angela Candela fut retrouvée dans la matinée dans un des nombreux appartements de sa tante, grâce à Castle.
La mère de la petite souhaitait la garde exclusive de son enfant , après avoir démontré que le père n'était pas assez fiable pour s'en charger. Elle avait donc manigancé tout ce stratagème d'enlèvement avec sa sœur, au détriment de la petite et de son papa.
Heureuse et rassurée par la tournure de l'enquête, Kate terminait de mettre le point final dans son rapport, quand Will s'installa près d'elle et lui murmura :
- Beau travail
- Merci….mais je n'ai rien fait. C'est Castle qui a trouvé la piste qui nous menait à l'enfant.
- La piste du doudou, tu veux rire ? sourit-il, hautain.
- Non . Je ne ris pas. S'il n'avait pas remarqué que le doudou manquait, on serait encore en train de chercher cette gamine.
- Peut-être ou…..on aurait envisagé d'enquêter sur la famille des Candela.
Le dévisageant de la tête aux pieds, Kate n'en croyait pas ses oreilles. Depuis quand était-il devenu aussi imbu de sa personne, et aussi présomptueux ?
- Alors je me disais qu'on pourrait peut-être aller fêter ça quelque part ?
- Fêter quoi ? ton ignorance totale de l'enquête ? ton orgueil mal placé ? Ou à quel point tu peux être un idiot fini ? demanda-t-elle , estomaquée par son aplomb
- Il y a une époque où tu aimais mon orgueil mal placé, rétorqua-t-il, un brin vexé, en se levant sans la lâcher du regard
- Il y a une époque, je devais être une idiote finie moi aussi, claqua Kate
- Ok, comme tu veux. Je n'ai pas envie de me disputer avec toi, je te laisse aux bons soins de ton écrivaillon. Au fait ? Il sait à quel point tu aimes ses écrits ? demanda-t-il dédaigneusement ,en apercevant Castle arriver vers eux, l'air un peu penaud et déçu.
Complètement furieuse devant son attitude enfantine et puérile, Kate se leva en fermant son rapport, avant de lui siffler, sur un ton sans appel que comprit très vite Will :
- Au revoir , agent Sorenson.
Sans un autre mot , son ex-petit-ami quitta le poste, sous le regard glacial de Beckett.
Rick, quant à lui, avait simplement ralenti le pas quand il avait vu, une nouvelle fois, "Mr beau sourire" faire les yeux doux à Kate. Il ne souhaitait pas se retrouver entre eux deux sans avoir rien à dire. L'affaire était close, il avait donc aucune raison de rester…aucune sauf…elle.
Il avait à cœur de discuter avec Kate, à cœur de crever cet abcès qui avait eu raison de dix années de leur amitié, à cœur d'accepter son retour dans sa vie en simple ami. Car après l'aveu de Beckett d'hier soir, Castle avait décidé de lui donner le temps et l'espace qu'elle désirait. Il ne voulait pas la brusquer, et certainement pas la perdre à nouveau.
Alors après avoir offert un emploi à Meredith dans une nouvelle pièce de théâtre à Los Angeles, sans qu'elle sache qu'il en était l'investigateur, il avait repris le chemin du poste, en espérant pouvoir un jour conquérir le cœur de sa meilleure amie.
Perdu dans ses ruminations, il n'aperçut pas la sortie de Sorenson, et encore moins l'arrivée de Kate à ses côtés. Le dossier à la main, elle l'observait regarder au loin un mur. Souriant , elle lui mit une pichenette sur le nez, en lui déclarant :
- Debout, la belle au bois dormant
- Aïe !
- Toujours aussi douillet
- Et toi , aussi brutale ! ronchonna-t-il, en se frottant le nez
- Arrête donc tes jérémiades. Tu es encore ici ?
- Je… oui…j'allais me faire un café , mentit Rick, en n'osant pas réclamer ce tête à tête qu'elle lui avait promis.
Lui souriant, elle hocha simplement de la tête, avant de lui répondre :
- Laisse-moi déposer le dossier sur le bureau du Capitaine, et on pourra boire ce café à l'extérieur.
- Tu veux aller boire un café ? reprit-il, surpris
- Je….. oui…enfin sauf si tu préfères cet hamburger que je t'ai ….., balbutia-t-elle , en pensant qu'il avait peut-être d'autres projets.
- Sorenson risque de ne pas être content que….
- Premièrement, je n'ai pas besoin de la permission de Will pour sortir discuter avec un ami, et deuxièmement, je n'ai aucun compte à lui rendre.
- Aucun ? fit béatement Rick
- Aucun….alors, partant pour ce milkshake et cet hamburger ?
- Oh oui ! sourit-il, en la voyant commencer à partir vers le bureau de Montgomery. Heu…dis-moi, Beckett, tu le prends toujours à la fraise, ton milkshake ? demanda Castle sur un ton inquiet à l'idée de ne pas recommencer leur rituel.
Amusée de le voir aussi perplexe sur le parfum de sa boisson, elle lui sourit, avant de lui chuchoter:
- Toujours. Tu pourras encore mettre tes frites dans mon milkshake
- Oh mon dieu...c'est d'un sexy quand tu dis ça, je m'imagine plein d'images dans ma tête, c'est coquin, Beckett, la taquina-t-il alors qu'elle lui souriait en se mordant la lèvre.
- Ah oui? Pense ce que pourrais induire le mot "fallacieux" dans ta tête dans ce cas, répliqua-t-elle en le laissant la bouche ouverte alors qu'elle rentrait dans le bureau du capitaine.
Chapitre 16.
Assis l'un en face de l'autre devant leur hamburger et leur boisson, Rick et Kate observaient avec malaise leur nourriture.
Ils étaient tous les deux stressés par la conversation qui allait venir, et cherchaient, chacun de leur côté , les mots pour débuter cette explication .
Levant les yeux , elle tomba sur le regard craintif de Rick, qui déglutit aussitôt avant de remettre son attention sur son hamburger. Soupirant, elle lui murmura, en faisant tournoyer sa paille dans son milkshake :
- Tu n'es pas très loquace
- Toi, non plus, sourit-il timidement à sa réplique
- Je….je ne sais pas par quoi commencer, avoua-t-elle, penaude
- Le commencement serait un bon début, je crois….je….je veux bien commencer, mais j'aimerais que tu me promettes quelque chose avant
- Quoi donc ?
- Ne fuis pas…je sais que tu vas être certainement furieuse ou outrée, ou je ne sais pas, argumenta-t-il devant son froncement de sourcils. Mais si on est là , c'est pour avancer, non ?
- Castle, soupira Kate, la boule au ventre en repensant à ce pan de sa vie qu'elle n'était pas prête à se remémorer à nouveau
- Non, Rick….ici, c'est juste Rick et Kate , d'accord ? ….On peut le faire , Kate, je te jure que…
- Ok…. promis….je ne fuirai pas, murmura-t-elle, en prenant sa serviette blanche entre les mains pour la triturer nerveusement, sous les yeux attendris de Castle.
Il avait l'impression de la revoir à nouveau. Elle laissait tomber peu à peu cette image froide et distante de détective pour redevenir Kate…..Sa Kate, et cette constatation lui gonfla le cœur.
- Très bien…..alors, je vais te donner ma version de l'histoire, et tu me donneras la tienne
- Hum, gémit-elle, mal à l'aise à l'idée de lui avouer comment tout avait basculé après ce matin là .
Poussant son hamburger un peu plus loin, Castle s'essuya les mains avant de prendre un verre d'eau, et commença à raconter, avec hésitation et le cœur tambourinant :
- J'ai appris la grossesse de Meredith quelques jours avant le nouvel an. Nous nous étions quelque peu disputés avant mon retour à la maison, et j'avais décidé de mettre fin à notre relation à la fin des vacances. Cette grossesse n'était pas prévue, et encore moins préméditée, la relation que j'avais avec elle…ce n'était pas sérieux, soupira-t-il
- Pourquoi n'avoir rien dit à l'époque ? J'étais avec toi pendant ces vacances. On a passé énormément de temps ensemble, et tu n'as jamais rien dit.
- J'étais tellement heureux de te retrouver que je ne voulais pas tout gâcher. Quand Meredith m'a téléphoné pour m'annoncer sa grossesse, j'ai été surpris et ensuite… terrorisé. J'étais complètement paniqué, je n'avais qu'une vingtaine d'années et je commençais ma carrière d'auteur….et je n'étais pas amoureux ,vraiment pas amoureux, avoua-t-il, avec un tel regard de tendresse et de regret à son égard, qu'elle baissa les yeux en se mordant la lèvre inférieure.
- J'ai volé sur Phoenix et j'ai discuté avec elle. Le lendemain, on avait rendez-vous chez son gynécologue et tout s'est précipité. Je suis reparti avec une échographie d'Alexis, avec le son de son cœur qui battait et ….et je ne pouvais plus faire marche arrière. Je ne pouvais pas tourner le dos à mon enfant, mais en même temps je ne pouvais pas me forcer à aimer sa mère, non ? ….. Je suis revenu à New-York, le temps que Meredith termine sa pièce de théâtre, et j'avais l'intention de t'en parler…seulement…..j'étais terrifié.
- De quoi ? soupira-t-elle
- De te perdre. Kate, on a jamais discuté des choses importantes dans notre relation, et je ne savais pas où…..
- Quelles choses ?
- Tellement de choses, soupira-t-il. On s'est embrassés et on n'en a jamais parlé, on s'est mariés et on n'en a jamais parlé, et cette après-midi là quand tu es partie pour Standford….j'ai cru que tu me disais de t'attendre. Je ne sais pas, j'avais espéré que mes sentiments à ton égard étaient partagés
- Tes sentiments à mon égard ? Et qu'as-tu fais de ces sentiments quand tu as batifolé avec ta brioche au beurre ? siffla-t-elle, énervée en comprenant qu'à l'époque, les mêmes sentiments les animaient. Si tu étais intérressé ou amoureux, pourquoi être sorti avec Meredith ? Cette après-midi là…..pour mon départ à Standford, je te disais de m'attendre !
- Alors pourquoi ne pas l'avoir dit clairement ?
- Parce que…Parce que tu venais de quitter Kyra, tu allais devenir cet auteur riche et célèbre et je ne savais pas si tu m'aimais, ou si tu m'attendrais.
- J'aurais attendu…je voulais t'attendre, mais tu ne m'as jamais clairement dit « attends-moi » ou « reste avec moi ». La seule fois où tu as prononcé ces mots là, c'est cette nuit-là à l'hôtel.
- Alors quoi ? je dis "reste avec moi" et tu oublies ton enfant à naitre et ta copine ? Pire, tu oublies de m'en parler avant de me déshabiller, cracha-t-elle, peinée, en pensant à toutes ces années perdues et gâchées par les non-dits et les doutes.
Soupirant en fronçant les sourcils, il l'observa quelques secondes. Elle avait lâché cette serviette en papier qu'elle malmenait, et le dévisageait avec incompréhension et peine. Déglutissant, il se passa la main sur la nuque et murmura :
-J'ai essayé de t'arrêter, j'ai essayé de te dire que je voulais te parler mais…
- Tu aurais dû essayer plus fort
- Ok, peut-être que tu as raison, mais à l'époque…..Kate, j'avais perdu moi aussi Johanna, je n'étais pas bien, et tout ce que je voyais, c'était la femme que j'aimais me demander de lui faire oublier cette journée, et que tu le veuilles ou non, je voulais l'oublier aussi. Je voulais juste me blottir contre toi et oublier qu'on venait d'enterrer ta mère. Je voulais…..je te voulais juste. Je n'ai pas pensé à mal…je voulais juste t'aimer. Et pour une fois dans cette foutue relation, j'ai préféré me laisser guider par mes sentiments et non par mes craintes.
- Tu comptais de me le dire ? Soupira-t-elle
- Oui….bien sûr. Je ne voulais pas faire de toi mon vilain petit secret.
- Qu'est-ce que tu voulais, alors ? demanda-t-elle, en passant ses mains entre ses cuisses comme pour se donner le courage d'entendre ses mots.
- Toi, tout ce que j'ai toujours voulu c'est toi. Kate, je ne me souviens pas d'un jour où je ne t'ai pas aimée. J'ai voulu te le dire tellement de fois, mais à chaque fois, il y a avait quelque chose ou quelqu'un entre nous…. ou j'étais trop lâche. J'avais peur que mes sentiments ne soient pas partagés, et que tu t'éloignes de moi.
- Alors quoi ? On passe la nuit ensemble, et ensuite quoi, Rick ? Tu t'imaginais vraiment que j'aurais pu accepter te voir élever un enfant avec une autre ? Je n'avais que dix-neuf ans et tout mon monde venait de s'écrouler.
- Je n'avais que vingt ans et mon monde à moi aussi s'est écroulé. J'avais juste pensé…Je ne sais pas….j'avais espéré pouvoir avoir le choix, pouvoir avoir la fille que j'aime et ce bébé. Je ne voulais pas d'une vie avec Meredith….je voulais une vie avec toi.
- C'est pour ça que tu l'as demandée en mariage cinq mois après ,et, que tu l'as épousée, cracha-t-elle peinée en sentant son cœur se serrer.
Elle savait qu'elle était injuste avec lui, mais son explication lui donnait la nausée. Quand elle repensait à toutes les occasions qu'ils avaient laissées passer en pensant qu'ils avaient le temps, qu'ils seraient toujours là l'un pour l'autre, elle avait envie de hurler ou de frapper sur quelque chose.
Baissant le regard pour cacher sa détresse, elle l'entendit lourdement soupirer, avant de lui murmurer, avec beaucoup de peine
- Que voulais-tu que je fasse ? Je t'ai appelée, tu n'as jamais répondu, j'ai frappé chez toi, tu ne m'as jamais ouvert, je suis même resté une nuit sur ce satané perron à m'excuser en priant que tu m'entendes
A sa déclaration, elle ferma les yeux en sentant les larmes monter. Elle se souvenait très bien de tous ces moments , tous ces moments où elle avait voulu lui répondre, lui ouvrir, et à cette nuit-là….derrière sa porte, en pleurs, où elle l'entendait pleurer et s'excuser…..elle s'en souvenait très bien. Elle culpabilisait dorénavant d'avoir agi ainsi, mais la douleur de perdre sa mère, de voir son père jour après jour tomber un peu plus, l'avaient freinée, sans compter cette nuit qu'elle lui avait offerte avec tant d'amour et d'espoir, pour se sentir trahie et tellement seule par la suite.
Levant le regard, elle le vit, les yeux tout aussi rougis, lui chuchoter :
- Je suppose que tu n'étais pas là ce soir-là
- J'étais là, avoua-t-elle, honteusement, en déglutissant devant son regard. Rick, je…..
- D'accord, murmura Castle, en la coupant pour baisser à son tour son regard afin de ne pas montrer à quel point elle le blessait à cet instant.
Il savait pertinemment que cette discussion allait raviver d'anciennes blessures, que tout ceci serait difficile, mais il ne se doutait pas que cette conversation puisse le blesser encore plus qu'il ne l'était .
Kate, elle, se sentait démunie en face de lui, elle ne savait pas comment expliquer son silence cette nuit-là derrière cette porte, ou comment atténuer la douleur qu'elle entrevoyait dans ses yeux. Inspirant douloureusement, elle repensa à ce pan là de sa vie….
Flashback.
Cela faisait quatre mois qu'elle n'avait plus revu Rick. Quatre mois qu'elle s'efforçait de filtrer chaque appel ou chaque visite à l'improviste, quatre mois qu'elle jetait une à une les bouteilles vides que son père engloutissait.
Plus les jours passaient et plus elle sombrait un peu plus. Chaque matin elle se levait en pleurs et chaque soir elle faisait de même ….. mais à chaque fois, ce n' était pas pour les même raisons.
Le soir, elle se blottissait contre l'oreiller de sa mère et inhalait cette délicieuse odeur de vanille en entendant tituber son père…..chaque nuit, elle pleurait sa mère…ses sanglots s'étouffaient dans un murmure, et sa respiration était si douloureuse qu'elle pensait pouvoir mourir de chagrin. Chaque nuit, elle gémissait encore et encore le mot « maman ».
Mais le matin était différent…il était différent parce qu'il était pire. La nuit, quand elle arrivait à s'endormir, elle rêvait de la vie qu'elle avait autrefois, elle rêvait de cette nuit magique qu'elle avait passée avec Rick , de cette sensation de sécurité et d'amour qu'elle avait ressentie à chacune de ses caresses, de ses baisers…..mais quand les premiers rayons du soleil inondaient sa chambre, la réalité la rattrapait et la frappait encore plus violemment : elle avait perdu sa mère, elle ne reverrait jamais Rick, et son père….son père devait certainement cuver son whisky dans un coin de la maison. Elle était seule…et plus jamais elle se sentirait en sécurité, ou aimée.
Cela faisait quatre mois que sa vie était devenue un enfer, et une nuit, il était venu. Il avait frappé plusieurs fois, hurlé son nom encore et encore, jusqu'à qu'un voisin lui dise qu'il allait appeler la police.
Elle avait la tête contre la porte, elle pleurait silencieusement, quand elle entendit un bruit sourd puis un gémissement :
- Je suis désolé…..si tu savais. Kate…Kate, laisse moi t'expliquer. Laisse moi une chance de réparer mes torts. Kate…..tu es tout ce qu'il me reste….. je t'aime…..je t'aime tellement que respirer sans toi est insupportable. J'ai besoin de toi dans ma vie. Kate….je suis désolé….ouvre-moi.
Son cœur s'était brisé encore un peu plus à ces mots, elle s'était laissée choir derrière cette porte pour se recroqueviller, alors qu'elle l'entendait encore et encore….il était resté toute la nuit et au petit matin, quand elle s'était réveillée, elle avait ouvert la porte pour s'excuser en retour mais il n'était plus là.
Pendant un moment elle avait pensé avoir rêvé mais quand elle avait baissé son regard sur le sol, elle avait trouvé son roman « sous une pluie de balles »…son tout premier roman. Il avait été enfin publié… et elle n'avait pas été là pour le voir, pour être à ses côtés.
Le visage en pleurs, les mains tremblantes, elle avait récupéré ce roman qui signifiait tant pour lui comme pour elle, et le serra contre son corps.
Le livre ne devait sortir que la semaine suivante, elle ne savait pas encore si elle irait l'acheter, elle ne savait pas si elle en aurait le courage tout simplement.
Le ventre noué, elle ouvrit la première page pour tomber sur la dédicace :
«Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. KB. Always »
A la lecture de la dédicace , ses jambes la lâchèrent, et elle s'écroula au sol encore plus seule qu'elle ne l'aurait imaginé la veille .
Il lui manquait…énormément….elle se devait de s'excuser aussi….les pleurs redoublèrent et dans cette abysse de tristesse dans lequel elle s'enfonçait jour après jour , elle décida de relever la tête et d'aller le voir.
Fin du Flashback.
- Après cette nuit-là, j'ai décidé de venir te voir, avoua-t-elle en s'apercevant qu'elle l'avait blessé avec son aveu.
- Tu avais changé d'avis ? répondit Rick, avec ironie et amertume
Il avait toujours pensé que Kate n'était pas cette nuit-là, qu'elle ne serait pas aussi cruelle ou égoïste pour le laisser gémir sur son pallier jusqu'aux premières heures du matin, mais l'entendre lui avouer de vive voix qu'il avait tort , le blessa un peu plus qu'il ne l'était
- Non, je n'avais pas changé d'avis…je voulais juste une explication. Je suis venue chez toi…dans ce grand loft que tu venais d'acheter et dont tous les journaux parlaient..…c'est là que j'ai rencontré ta jolie fiancée avec son joli petit ventre, se défendit Kate. Meredith m'a clairement dit que vous alliez vous marier pour donner une jolie petite famille, à la petite fille que vous attendiez. Elle m'a aussi dit que j'avais fait assez de mal à votre couple, et qu'il était temps de je m'éloigne une bonne fois pour toutes.
- Kate, soupira Rick tristement
- Alors je l'ai fait. Je suis partie. Que voulais-tu que je fasse ? Notre premier matin ensemble j'apprends que tu vas être père, et quand je suis prête à t'écouter, j'apprends que tu vas en épouser une autre ? Je pense que je me suis pris assez de claques de ta part en quelques mois.
- Je suis désolé…vraiment.
Baissant le regard pour retenir les larmes qui commençaient à monter au fur et à mesure de cette conversation, Kate se mordit la lèvre inférieure en sentant son cœur se serrer un peu plus à chaque nouveau souvenir de ce temps-là. Inspirant, elle murmura avec beaucoup de trémolo dans la voix :
-Si tu ne l'aimais pas, pourquoi l'avoir épousée ?
- Tu n'étais plus là. J'ai tenté pendant des semaines de discuter avec toi mais quand j'ai vu que c'était réellement fini, j'ai décidé de faire ce qu'il y avait le mieux pour Alexis. Enfin c'est ce que je pensais, rumina Rick, en se souvenant avec quelle facilité Meredith l'avait trompé dans le lit conjugal. Je ne voulais pas que ma fille ait la même enfance que moi. Je voulais….je voulais lui offrir le genre d'enfance que tu avais eue, avec un père et une mère.
Relevant le visage à son explication, elle le vit lui aussi au bord des larmes. Hochant simplement de la tête , elle ajouta en déglutissant :
- On a fait beaucoup d'erreur
- Hum
- Je…je ne sais pas comment faire pour recommencer. Je ne sais pas comment faire pour reprendre notre amitié. Rick, déglutit Beckett, en voyant son regard apeuré à l'idée qu'elle décide de mettre en terme à leur engagement plus que précaire. Rick, on a changé. Je ne suis plus la petite fille joviale et naïve, et tu n'es plus ce garçon peu sûr de lui et timide. On a changé, on a évolué de manière totalement différente. Je ne sais pas comment faire pour récupérer ce qu'on a perdu.
- Il suffit de ne rien faire, répondit Castle en hochant les épaules. Je pense pas qu'il soit nécessaire de vouloir à tout prix retrouver ce qu'on a perdu. Tu as raison , on a évolué mais l'essentiel est toujours là, Kate.
- L'essentiel ?
- Toi et moi. …..Je pense qu'on devrait ré-apprendre à se connaitre.
- Comment ? souffla-t-elle, en le voyant si sûr de lui.
- En faisant découvrir à l'autre nos nouvelles passions, nos nouveaux souvenirs. On peut très bien ne jamais retrouver ce qu'on a perdu tout les deux, mais on peut très bien aussi trouver quelque chose de mieux.
- Alors quoi ? On va au ciné, à un ou deux match de baseball ensemble et le tour est joué ?
- Oui. En incluant aussi beaucoup de discussions.
- Un nouveau départ en somme ?
- Oui. On fait table rase du passé, et on apprend de nos erreurs, qu'en penses-tu ?
Le jaugeant du regard pendant quelques secondes, Kate réfléchit à son idée. Elle avait passé ces dix dernières années à regretter leur amitié, à culpabiliser de ne pas avoir pu lui donner une chance de s'expliquer. Alors suivre l'idée de Rick serait comme donner une seconde chance à leur relation…la seconde chance qu'ils avaient été incapables de se donner.
- Alors….amis ? déglutit Castle, qui ne voulait pas trop en demander, de peur de la voir fuir.
- Amis, sourit Kate, en prenant une de ses frites pour la tremper dans son milkshake, avant de la lui tendre en signe de drapeau blanc.
Heureux, Rick ouvrit la bouche pour déguster sa patate à la fraise, avant de lui déclarer tout sourire :
- Tu vas voir Kate, on va être extraordinaires à nouveau
XXXXXXXXXXXXXXXXXX
Samedi soir, 21 heures.
-Alors, comment ça se passe entre toi et l'écrivain ? demanda Lanie en scrutant de la tête aux pieds son amie.
Kate venait tout juste d'arriver sur la scène de crime, vêtue d'un jean slim noir et d'une belle chemise blanche cintrée, ses cheveux ondulaient légèrement, mais ce qui n'échappa à l'œil aguerri de la légiste , c'était qu'elle avait un soupçon de maquillage, qui criait « rendez-vous ».
Levant le sourcil, comme pour lui démontrer qu'il ne servait à rien de nier, Kate la scruta légèrement et lui rétorqua, en examinant d'un œil la victime au sol :
- Ça se passe bien. Alors qu'est-ce que tu as pour moi ? Heu…il est déguisé ? Et c'est ces canines? grimaça-t-elle devant le corps étendu vers ses pieds
- Ça se passe bien ? Tu penses réellement que tu vas t'en tirer avec un "ça se passe bien" ? Girl, ça va faire six semaines que je te vois sourire à nouveau et te maquiller différemment, alors je veux savoir ce qui se passe…..s'il-te-plait, rajouta-t-elle, en la voyant arquer un sourcil
- Il ne se passe rien, dit-elle en haussant simplement les épaules. On a discuté, il y a six semaines et je te l'ai dit, on a décidé de se voir de temps en temps en dehors du boulot, et je te l'ai encore dit . Alors ça se passe bien. On dine avec Alexis et Martha, on se dispute parce qu'il triche toujours au poker, et on discute beaucoup, mais je ne maquille pas ou ne souris pas pour lui.
- Hum…hum, sourit Lanie, pas dupe sur les sentiments de Kate à l'égard de Rick.
- Quoi ?
- Rien
- Non, ce n'est pas rien. Je connais tes « rien » et ça c'est tout, sauf un « rien », fit-elle, suspicieuse, en la pointant du doigt
- Vous sortez simplement en amis , c'est pour ça que tu es maquillée un samedi soir de garde, et qu'il n'est pas présent ? Oh allez, vous sortez ensemble ? Il attend simplement quelques minutes avant de faire son entrée, et…..
- On ne sort pas ensemble, claqua Beckett, en se retournant pour voir si les gars ou des officiers épiaient leurs conversations.
Elle en avait marre de faire les cancans du poste depuis que sa relation amicale avec Rick avait été révélée par Meredith, depuis elle avait tenu à ce que leurs intermèdes en dehors du poste restent simplement entre eux, et seule Lanie était au courant .
- Ah non ? Où est-il alors ? Il ne rate jamais une affaire, et celle-ci est cool...genre vraiment cool, regarde les canines du cadavre!
- Au loft avec sa fille. On devait faire une soirée avec Alexis, mais quand j'ai été appelée, je les ai abandonnés. Il ne se passe rien entre Castle et moi. On est juste amis.
- Mais tu voudrais…plus ? sourit sournoisement Lanie
- Non….. Pas besoin d'agrandir un peu plus son tableau de chasse, ronchonna Beckett de mauvais foi
- Oh allez, Kate, ce n'est pas comme si ton nom n'y figurait pas déjà. Un peu de bon temps ne te tuerait pas !
- Je ne vais pas coucher avec Rick, simplement pour tuer le temps…. Une fois m'a suffi et crois-moi, j'apprends de mes erreurs! cracha Kate, avant de voir Lanie blêmir devant elle. Alors qu'est-ce que tu as pour moi ? …..Lanie ? Lanie ?
- Oh, je ….heu….Salut Castle, marmonna la légiste alors que Beckett se figeait instantanément.
Derrière elle, dans un pantalon noir et une chemise rouge se trouvait Rick. Après que Kate ait reçu son appel, il avait couché Alexis et l'avait laissée aux bons soins de sa mère. Il ne voulait pas louper cette affaire, et encore moins le temps qu'il pourrait passer avec Kate, mais quand il l'entendit parler de lui, d'eux, avec tant de véhémence et de colère, il déglutit en sentant son ventre se nouer.
Il savait très bien que retrouver une amitié avec Kate serait difficile, alors il n'espérait pas pouvoir entamer une relation intime , mais au fond de lui, il espérait que son regard sur lui change et qu'elle lui fasse un jour confiance avec son cœur.
Soupirant, il se gratta la nuque nerveusement, puis approcha auprès de Kate et répondit à la légiste :
- Bonsoir Dr Parish . Alors un cimetière et un vampire, ça ..ça m'intéresse !ajouta-t-il, en observant la victime au sol avec deux canines et un pieux dans le cœur, tentant d'alléger l'ambiance .
De la patience…beaucoup de patience , voilà de quoi il avait besoin. Il l'avait blessée, il avait besoin de regagner sa confiance. Ces six dernières semaines, ils avaient discuté, ri, partagé beaucoup de plateaux-repas et de soirées film ensemble, il savait très bien que Kate était encore sur la défensive, et il se devait d'être patient cette fois-ci avec elle.
- Ce n'est pas un vampire, Castle, sourit la légiste, en se penchant sur l'homme à terre, pour lui montrer de plus près les canines qui dépassaient. Ce sont des prothèses.
- Oh allez, on lui a enfoncé un pieu dans le cœur ! C'est un vampire, affirma Rick, en tentant de ne pas montrer sa peine. Je dis que le tueur est Buffy !
- Arrête tes bêtises, Castle , soupira Kate, en déglutissant, de peur qu'il ne l'ait entendue un peu plus tôt.
Ils avaient fait énormément de progrès en six semaines tous les deux. Ils avaient partagés et échangés sur leur passe-temps, Kate avait appris à connaître Alexis et Rick avait eu le droit d'entendre deux trois anecdotes de l'école de police. Kate savait très bien que son cœur lui appartenait toujours mais elle avait peur , elle était terrifiée et ne souhaitait pas s'engager avec lui au risque de perdre à nouveau leur amitié. Désormais, elle avait simplement peur que ses mots le blessent à nouveau et qu'il s'éloigne d'elle peu à peu. Frustrée et agacée par l'ambivalence de ses sentiments, elle mit ses mains dans ses poches et l'entendit rétorquer :
- Ce ne sont pas des bêtises. Un cimetière, des dents de vampires, et un pieu dans le cœur ! Si tu veux mon avis, Beckett, je pense qu'Halloween approche, et que les créatures mystiques de la grande pomme arrivent.
- Et c'est reparti, soupira-t-elle soulager en le voyant plaisanter. On a une identité , Lanie?
- Ni identité, ni téléphone. J'en saurai peut-être plus après l'autopsie. Mais je pense que sa tête a heurté cette tombe, ou que son meurtrier l'a frappé avant de l'empaler.
- Qui s'embêterait à tuer comme ça ?
- Les lycans. Ils se battent contre les vampires depuis que Lucianne a été tué dans Underworld III…..enfin ça reste une théorie, murmura-t-il, devant le regard de Lanie et Kate
- Bon, je vais attendre le rapport de voisinage des gars et ton autopsie , sans identité , ni témoins, on avancera pas mieux ce soir. Je te raccompagne, Castle ? demanda fébrilement Kate, en osant à peine à le regarder dans les yeux, de peur qu'il ne la rabroue pour son commentaire à son sujet.
- Eh bien, en fait, j'ai une meilleure idée….je connais un magasin à quelques pas d'ci qui vend exactement les mêmes costumes que ce type porte….alors si ça te dit, je pense qu'on devrait y faire un tour.
- On n'a pas de photo de la victime pour…..attends, qu'est-ce que tu fais ?
- Je prends une photo, répliqua-t-il, son iphone dirigé sur la victime
- Ne prends pas de photo de la scène de crime !
- Comment veux-tu qu'on interroge le gérant sans son image ? …Oh allez….avec une simple photo , on va peut-être pouvoir lui rendre justice avant lundi, marmonna-t-il, alors qu'elle haussait un sourcil. Une simple et innocente photo que je supprimerai aussitôt…promis.
- D'accord, grommela-t-elle, en culpabilisant de ses mots, et en observant sa mine de chien battu
- Super ! Tu vas voir Kate, ce magasin est tout simplement génial ! Il est pas aussi bien que la maison de Drake, mais…..
- La maison de Drake ? demanda intriguée la légiste
- Le magasin de magie, soupira Kate en devant révéler un nouveau pan de leur passé commun. Mon grand-père nous emmenaient queluqe fois pour apprendre des tours de magie
- Ensemble ? sourit son amie sournoisement
- Hum, gémit Kate
- Que c'est mignon, rit Lanie. Je vous imagine très bien tous les deux là-bas.
- Mignon, je ne sais pas, mais ils avaient toujours des trucs trop cool, renchérit Rick en observant Kate. Tu te souviens, de tous les tours que ton grand- père nous a appris? Cet endroit c'était le paradis pour tous les petits garçons. Poil à gratter, coussin pêteur, vomi en plastique
- Pas seulement que pour les petits garçons apparemment, souligna Lanie. Tu ne m'avais jamais dit que tu pratiquais la magie, honey?
- Je ne pratique pas la magie
- Oh allez, c'est pas vrai. Kate connaît une tonne de tours. D'ailleurs, tu en as appris de nouveau ? fit intrigué Rick
Se mordant la lèvre inferieure en se demandant quelle réponse lui donner, elle vit Lanie et Rick pendus littéralement à ces lèvres. Amusée par leur moue et leur curiosité, elle répondit en chuchotant l'air de rien :
- Oui, j'en connais un super. Je l'adore celui-là.
- Ah oui? Et c'est quoi! demanda Rick enchanté et tout excité
- Celui que j'aime bien...et que j'adore faire...il se fait avec des glaçons, déclara Beckett en baissant son regard sur l'entrejambe de son ami avant de relever les yeux pour le voir déglutir et entendre Lanie rire.
- Sweety, tu vas le tuer
- Il est si facile!
- Je...tu...heu...
- Allez, Castle, respire...et emmène moi dans ce magasin d'halloween.
- Je...oui...d'accord, déglutit-il plein d'images à la tête.
CHAPITRE 17
Assis l'un en face de l'autre , Castle et Alexis prenaient leur petit déjeuner en silence.
Depuis quelques jours, la fille de Rick évitait toute conversation avec son père et râlait à longueur de journée.
Dépité , Castle avait à plusieurs reprises tenter un dialogue avec elle mais en vain.
Martha était partit pour quelques semaines faire un stage de théatre en Europe et l'écrivain se sentait désormais bien seule devant le mutisme de sa fille de 11 ans.
Avalant un pancake sans la lâcher du regard, il l'entendit marmonner :
- Gram's revient quand ?
- Dans un mois et demi
- Super, ralâ-t-elle, en poussant son assiette intact hors de sa vue
- Tu n'as pas faim
- Non
- Tu veux autre chose à manger ? Je peux te préparer …..
- Je n'ai pas faim, soupira Alexis en se levant de table sans un regard pour son père. La mère de Paige m'emmène à l'école ce matin.
- Alexis ! l'interpella Rick en la voyant enfiler ses chaussures et son manteau comme si de rien n'était.
- Hum ?
- Tu me le dirais si tu avais des soucis ? Je veux dire, on peut discuter de n'importe quel sujet, tu le sais ? fit-il inquiet et désarmé devant l'attitude de sa fille.
- Je le sais. A ce soir, papa.
- Tu ne sors pas tant que...
- Je sais , je reste dans le hall d'entrée avec Edouardo tant que la mère de Paige n'est pas là.
Et sans un autre mot, il vit sa fille sortir du loft avec la même attitude depuis quelques jours. Soupirant, il débarrassa la table en cherchant une parole ou un geste qui aurait pu blesser Alexis, quand son téléphone sonna.
- Castle
- Hey, c'est moi. On a un meurtre. Tu veux que je viennes te chercher ou tu préfères me rejoindre là-bas ? demanda gentiment Kate.
Depuis leur tête à tête, d'il y a quelques semaines, les tensions avaient disparu entre eux. Ils étaient plus détendus, plus ouvert l'un envers l'autre. Plusieurs fois dans la semaine, Kate et lui se retrouvaient pour un repas ou un simple film à la télévision. Ils avaient établis une certaine routine et commençaient peu à peu à redécouvrir l'amitié qu'ils avaient perdu.
- Rick ?
- Heu….. oui, désolé, soupira-t-il en pensant à Alexis. Je veux bien que tu viennes me récupérer sur le chemin.
- Tu vas bien ? s'inquiéta Beckett devant son ton fatigué et résigné
- Oui, à tout de suite.
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Kate observait du coin de l'œil son ami depuis quelques minutes déjà. Lui qui débordait d'énergie et de conversation était comme muet comme une carpe depuis sa montée en voiture. Fronçant les sourcils devant son état peu habituel, elle sortie de ses pensées devant la question de Rick :
- A quel âge as-tu eu tes règles ?
- Je…..pardon ? s'offusqua Beckett qui venait de freiner d'un coup tellement sec que Rick se retint au tableau de bord
- Hey, doucement, tu veux nous tuer ? râla-t-il en entendant les voitures de derrière klaxonner devant sa conduite plus que douteuse.
- Je viens de rêver ou tu as osé me demander à quel âge, j'ai eu mes menstruations ?
- J'ai beau chercher dans mes souvenirs, je ne m'en souviens pas.
A sa réplique, elle le dévisagea avant de garer la voiture sur le bas côté et lui rétorquer :
- Encore heureux ! Tu peux m'expliquer d'où sort cette question ?
- Alexis agit bizarrement en ce moment.
- Bizarrement comment ?
- Bizarrement comme…c'est bientôt Halloween et elle ne s'en réjouit même pas ! fit-il offusqué
- Ok, là j'arrête
- Tu arrêtes quoi ?
- De te suivre, soupira-t-elle. Comment une fête d'Halloween te fait te demander quand j'ai eu mes règles ?
- Kate, elle adore Haloween…..Genre pire que moi ! Elle en parle toujours des semaines avant. Là, elle ne fait que râler. Ma fille…est ronchon, m'évite au possible et réclame mère à tout bout de champs. Je ne sais pas…elle a onze ans bientôt douze alors…je me dis que mon bébé n'est peut-être plus un bébé.
- Tu lui as posé la question ? sourit Kate devant son air dépité
- Oui
- Et ?
- Elle est devenue rouge comme une pivoine, m'a hurlé dessus avant de s'enfermer dans sa chambre. Je te jure…..ce n'est pas ma fille. Le mienne est doux et gentille, là j'ai l'impression de vivre avec Godzilla.
- N'exagère pas non plus
- J'essai vraiment…..il y a deux jours, je suis même allée lui acheter des sous vêtements, avoua-t-il penaud
- Des sous-vêtements ? répéta-t-elle attendrie par cette facette de lui
- Ben , tu sais…..des soutiens-gorges…le genre de vêtement que j'affectionne à retirer…
- Castle, siffla-t-elle alors qu'il souriait devant sa répartie
- Je lui ai acheté des brassières parce que je ne connais pas son tour de taille et son bonnet…..et que j'avais peur de lui demander.
- A juste titre, rit-elle
- A quel âge as-tu porté des brassières ?
- Castle
- Quoi ? Je ne m'en souviens pas….j'ai beau cherché, je ne me souviens pas du jour ou tu t'es transformée en Godzilla mangeuse d'hommes.
- Arrête de comparer ta fille à un monstre. Elle grandit c'est tout. Est-ce que tu lui as parlé de sexe et….
- Oh dieu, non !
- Rick, elle va avoir douze ans. Tu n'es pas obligé de rentrer dans les détails mais ….elle grandit. Avec Martha en Europe, elle doit être terrifié en s'apercevant que son corps change, sans parler du fait que si elle est réglée, ça doit être encore plus terrifiant
- Elle refuse de me parler. Je te jure , j'essai mais…je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il y a un fossé entre nous….comment ça c'est passé pour toi ? Comment ta mère a fait ? ….je veux dire, être père célibataire avec une fille….c'est tellement compliquée parfois.
- Elle m'a juste parlé…comme elle l'a fait avec toi quand il a s'agit de t'apprendre à te protéger, sourit-elle en se souvenant de cette conversation mortifiante.
Flashback.
Installés tous les deux sur le canapé, Rick et Kate observaient avec suspicion Johanna en face d'eux. La mère de Kate leur avait demandé de venir s'installer au salon après les avoir surpris en train de s'embrasser dans la chambre de la jeune adolescente.
Jim , qui ne se remettait pas de cette situation, avait préféré partir faire un tour pour calmer ses nerfs.
Les mains entre ses cuisses, la jeune matriarche observait les deux adolescentes devant elle. Ils avaient tellement grandi et si vite qu'elle se sentait parfois dépasser par les évènements. Soupirant, en se demandant comment aborder la situation, elle sortie de ses songes par le ronchonnement de Kate :
- C'est bon, je lui ai juste appris à embrasser, c'est tout
- Si tu pouvais éviter de dire cette phrase à nouveau se serait pas mal, souffla Johanna. Ecouter tous les deux…..il faut qu'on discute un peu.
- De quoi ? paniqua Rick qui avait peur que la famille Beckett lui demande de s'éloigner de sa meilleure amie
- De…baiser et …de sexe, lâcha Johanna alors que les deux adolescents blémir dans une même synchronisation
- Je n'ai rien fait avec Kate, je le jure.
- C'est bon, on n'a pas besoin discuter de ça…..on ne faisait que s'embrasser et…
- Justement….et de toute manière, il va falloir en parler tôt ou tard. Vous grandissez et vos hormones sont complètements en ébullition
- Maman, râla Kate rouge de honte.
- Embrasser quelqu'un n'est pas à prendre à la légère, Kathie….. , surtout pour une fille.
- Je le sais …..mais c'est Rick et…
- Et vous avez quinze ans. Je veux juste être sûr que vous comprenez tous les enjeux.
- Je vous jure que je n'ai pas touché, Kate, je….
- Rick, chéri….ce n'est pas une discussion pour vous disputer…je veux juste …, soupira Johanna en se levant pour chercher ses mots.
Elle n'avait pas prévu d'avoir cette conversation aussi vite. Mais Jim avait raison, les deux adolescents grandissaient vite et elle s'apercevait bien que leurs sentiments changeaient aussi.
- Oui ?
- Le sexe c'est la chose la plus intime et la plus importante que vous pouvez partager avec quelqu'un, se lança-t-elle le ventre noué. Ce n'est pas quelque chose à banaliser. Avoir des relations sexuelles, c'est important…et c'est aussi pas anodin. Je sais que vous avez quinze ans, que vous pensez être assez adultes mais ce n'est pas le cas. Le sexe peut entrainer une grossesse ou des maladies.
- Maman, soupira mortifiée Kate.
- Il n'y a pas de maman qui tienne. Soit vous avez cette conversation avec moi, soit tu te débrouilles avec ton père.
Au nom de son père, Kate et Rick déglutirent en hochant simplement de la tête. Sentant qu'elle avait désormais toute leur attention, Johanna poursuivies en se réinstallant en face d'eux :
- Avoir des relations sexuelles …c'est merveilleux, c'est magique…quand c'est fait avec la bonne personne. Quelqu'un que vous aimez et qui vous aime. Quelqu'un en qui vous avez confiance. Je ne veux pas vous interdire …tout ça….je veux juste que vous compreniez qu'on ne livre pas son corps à n'importe qui…..et on ne le fait pas non plus n'importe comment. Il faut être responsable et aussi….à l'écoute de l'autre. Faire l'amour c'est magique quand c'est fait correctement. Vous comprenez ?
- Oui, souffla mal à l'aise Castle
- Interdiction d'avoir des relations sexuelles avec n'importe qui, encore moins sans préservatifs et sans consentement mutuel.
- Oh mon dieu, se liquéfia Kate devant les propos de sa mère.
- C'est une décision qui doit être réfléchit. Alors….quand le moment sera venu, je veux que vous sachiez que vous pouvez m'en parler. Je ne jugerais pas, je ne crierais pas. Je répondrais à vos questions. Compris ?
- Compris, soupirèrent Rick et Kate en observant Johanna se lever pour chercher une boite noir qu'elle plaça en face d'eux.
Il n'aurait jamais pensé qu'un simple baiser avec Kate pouvait pousser à ce genre de discussion. Complètement mortifié, il blêmit un peu plus devant la suite du discours de Johanna :
- Je ne veux pas que le sexe soit un sujet tabou. Si vous avez des questions, je suis là pour y répondre.
- On a compris, maman ,rumina Kate
- Bien. Donc pas de relations sexuelles avec n'importe qui et jamais…..jamais sans protection, ajouta-t-elle en ouvrant la boite qui était rempli de préservatifs.
- Oh mon dieu, déglutit rouge de honte Rick .
- Cette boite ce n'est pas un passe droit pour sauter sur tout ce qui bouge, c'est…
- Dites moi que c'est un cauchemar, déglutit Beckett
- On ne sort pas sans ça quand on a des rapports. Je laisserais la boite dans la chambre de Kate pour pas que Jim fasse un infarctus.
Devant le regard écarquillé des deux adolescents qu'elle avait en face d'eux, Johanna sourit et leur demanda gentiment :
- Vous avez des questions , mes chéris ?
- Non !
- Sûr ?
- Oui, oui, c'est bon, répliqua Kate en se levant rouge de honte et en refermant la boite qui se trouvait en face d'eux. Pas de sexe sans préservatifs et sans sentiments, on a compris.
- Bien…..Rick…je…..je sais que je ne suis pas ta mère, chéri…mais sache que je suis là si tu as des questions à ce sujet, d'accord ?
- Oui, oui…..mais c'est bon, répliqua le jeune adolescent en se levant lui aussi. Je veux dire…je viens juste d'apprendre à embrasser alors….c'est bon, merci .
- Bien….alors si tout est clair. Je vais vous laisser ranger votre boite, déclara Johanna avant de partir à la cuisine pour respirer un bon coup, les mains tremblantes et complètement vider par cette conversation.
- Mon dieu, c'était…
- Humiliant, souffla Kate. Elle a rempli une boite entière !
Fin du flashback.
- Ta mère est mon héroïne….tu vois, moi , je n'arriverais jamais à faire ça avec Alexis.
- Mais si…il te faut juste souffler un bon coup et te lancer. Tu sais, plus j'y pense et plus je me dis qu'elle devait être aussi mortifié que nous. La pauvre, rit Kate en repensant à sa mère.
- Oui….je me souviens aussi la fois ou elle m'a surpris dans ta chambre , la main dans la boite.
- Je ne l'ai jamais su, avoua Kate en fronçant les sourcils
- Pas ma plus grande heure, ricana Rick.
- Tu m'étonnes
- En tout cas, pour en revenir à Alexis, si tu veux que je lui parle, je le ferais.
- C'est vrai ?
- Oui…je veux dire, je ne peux pas m'imaginer avoir cette conversation avec mon père même à mon âge.
- Super, soupira soulagé Rick.
- J'emmènerais Alexis avec moi demain après-midi, pour un peu de shopping aussi.
- Je lui ai déjà acheté des brassières
- Il lui faut des soutiens-gorges, Castle, sourit Kate en se réengageant sur la route
- Des soutiens-gorges ? Mais elle n'a que onze ans !
- Bientôt douze
- Mais…..je ….je ne suis pas prêt
- Prêt ou pas, ta fille grandit et elle a besoin de sous-vêtements adaptés et d'une bonne discussion.
- Mon dieu, soupira Rick. Je ne peux pas m'imaginer tout le courage qu'a eu ta mère en nous offrant cette boite pleine .
- Moi non plus, rit Kate. Et tu sais… j'ai toujours cette boite
- C'est une invitation, la taquina Rick alors qu'elle roulait des yeux. Quoi ? C'est ma boite à moi aussi !...dis elle est toujours aussi pleine ?
- Si tu savais…, lâcha-t-elle avec un tel sous entendu qu'il ouvrit la bouche comme une carpe.
XXXXXXXXXXXXXXX
Sortant tous les deux de la crown victoria, ils se dirigèrent dans un même pas vers la scène de crime ou se trouvait Lanie.
- Un cimetière, sérieux ? Qui tue dans un cimetière ?soupira Kate en découvrant les lieux
- Un vampire ou un zombie ou…
- Pourquoi j'ai même demandé, le coupa-t-elle en souriant .
- En tout cas le corps est déjà au cimetière ? On dirait que le tueur a essayé de gagner du temps ! J'adore marcher dans les cimetières, toutes ces histoires mystérieuses qu'ils abritent, regarde cette pierre tombale, Elizabeth Dryden, née le 3 décembre 1962, morte …heu… point d'interrogation, s'ils ne savent même pas quand elle est morte qui est-ce qui est enterré là ?
- Tu sais que par moment tu me fais peur
- Si ce n'est que par moment, sourit Rick en se grattant le buste
- Tu portes des brettelles ?
- Oui je fais des essais de costume pour la soirée que j'organise pour Halloween comme chaque année, déguisement obligatoire ! Tu sais ce que tu vas porter ?
- Un déguisement de lieutenant, répondit-elle en haussant les épaules avant de demander à Lanie. Ou en sont les gars ?
- Tu ne peux pas venir déguiser comme lieutenant
- Castle
- Quoi ?
- On pourrait peut-être bosser , non ?
- Mais…
- Et je suis certaine que la victime va te plaire writer boy, le coupa Lanie en se décalant pour les laisser observer un homme étendu avec un pieux dans le cœur.
- Ouf !
- Tu rigoles, on lui a enfoncé un pieu dans le cœur ? s'exclama Kate qui n'en revenait pas.
- On dirait que Buffy est venue visiter Big Apple ! ça c'est trop cool ! sourit Rick en s'agenouillant pour observer un peu mieux la victime.
Un jeune homme européen , d'une trentaine d'année, gisait près d'une pierre tombale en tenue de vampire. Souriant en se disant que cette enquête allait lui plaire, il entendit Kate demandé à Lanie :
- On l'a pris pour un vampire ?
- Avec raison ! Regarde ces canines…. Ce ne sont pas des prothèses !
- Tu es en train de me dire qu'elles sont vraies ?
- De vraies canines !
- Pour pouvoir mordre ! Oh j'adore cette enquête !
- Il semble qu'il se soit débattu, je pense que sa tête a heurté cette tombe ou que son meurtrier l'a frappé à la tête avant de l'empaler !
- Qui s'embêterait à tuer comme ça ?
- Les Licans ! Ils se battent contre les vampires depuis que Lucian a été tué dans « Underworld 3 » ! A l'époque du… enfin ça reste une théorie ! déglutit Castle devant le regard noir de Kate
- Yo, alors on a pas d'identité, pas de témoins. Nada, soupira Espo en arrivant près d'eux suivit de Ryan.
- Etend les recherches à 5 km. Un mec vêtu comme ça dans un cimetière, ça ne passe pas inaperçue, soupira Kate
- Ok
Observant pendant quelques secondes la victime, Beckett se fit la réflexion qu'elle détestait cette période de l'année. Tous les tordus costumés sortaient dehors et chaque année une enquête complètement folle lui tombait sous le nez. Inspirant, elle entendit Rick lui déclarer :
- Je connais un expert en prothèse dentaire. Un maître en matière de canines, peut-être qu'il pourrait identifier notre victime ?
- Un docteur en morsure ? gémit Kate alors que Lanie souriait devant l'idée de Rick.
- Exactement. Alors partante Beckett ?
CHAPITRE 18
- Mais qu'est-ce que c'est que cet endroit ? demanda Kate en observant les lieux.
Elle venait tout juste d'arriver dans un magasin douteux de la septième avenue, grâce aux conseils avisés et amusés de Rick. Ici se mélangeaient tatoueurs, costumes effrayants et autres facéties. Mais c'est surtout l'ambiance mystique qui s'en dégageait qui attira l'œil de Beckett.
Des potions à effet de fumée, des livres de magie et une prêtresse un peu glauque apportaient la touche finale à ce décor plus que douteux d'après elle.
Levant un sourcil, en regardant Rick s'extasier devant cet endroit, elle lui déclara :
- J'espère que ce n'est pas une blague pour t'amuser un peu, parce qu'on est sur une enquête, là.
- Fais-moi confiance, sourit-il, tout heureux. Je n'arrive pas à croire que tu n'es jamais venue ici!
- Pourquoi ça ?
- Oh arrête, tu adores Halloween et les costumes, et cet endroit, c'est l'endroit idéal pour ça.
- Hum, acquiesça-t-elle, non convaincue
- Comment ça, hum ?
- Halloween a toujours été plus ton truc que le mien.
- Plus mon truc que le tien ? fit-il sur un ton théâtral et outré. Ce n'est pas moi qui adorais assortir nos costumes.
- Cela n'empêche pas d'éviter la faute de goût, sourit-elle devant son air contrit. Quoi ? On était toujours ensemble pour la tournée des maisons, et j'ai toujours aimé être à la mode.
- Kate, tu adorais Halloween
- Certaines choses ont changé depuis, souffla-t-elle
- Comme quoi ?
- On ne peut pas vivre comme un enfant de quatre ans tous les jours. On a grandi, on a mûri….enfin, j'ai grandi , j'ai mûri, pour toi, c'est une cause perdue, sourit Beckett, en se souvenant que la semaine précédente, il était venu en trottinette au poste.
- Ha, ha, ha, très drôle, ronchonna-t-il en observant des costumes devant lui. Oh , j'ai une idée, on pourrait choisir tes vêtements pour ma fête d'Halloween. …Par exemple…la nurse coquine ? la taquina-t-il en lui montrant une tenue plus que subjective d'infirmière, alors qu'elle roulait des yeux. Quoi ? Je peux toujours m'assortir avec toi et jouer au docteur. Tu te souviens quand on jouait au docteur, Beckett ? On avait quoi ? neuf ans ? Et tu étais déjà très consciencieuse à l'époque.
- Je n'essaierai pas de costume pour toi, Rick…même pas en rêve.
- Oh allez, autant joindre l'utile à l'agréable. Ça t'évitera de courir faire les boutiques avant demain soir.
- D'abord qui t'a dit que je viendrai demain à ta soirée ?
- Eh bien, je…
- Richard Castle ! les interrompit le gérant du magasin, tout sourire, alors que Rick dévisageait Kate.
Il lui avait parlé de sa soirée depuis des semaines. Il n'arrêtait pas de s'extasier sur le fait de pouvoir fêter une nouvelle fois Halloween ensemble. Elle avait toujours adoré cette fête, et ils avaient aimé pouvoir se déguiser et jouer à être une autre personne tout en réclamant des friandises.
Ces soirées avec Kate avaient toujours été un souvenir inébranlable pour lui, et il espérait que cette soirée d'Halloween serait le commencement de nouveaux souvenirs pour eux .
C'est donc un brin curieux et déçu qu'il l'observa mener son interrogatoire avec le gérant, en perdant peu à peu son enthousiasme. Halloween sans Kate cette année n'était pas imaginable pour lui.
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Leur venue dans ce magasin leur avait permis d'identifier la victime : Matthew Freeman, jeune homme fétichiste des vampires, qui se faisait nommer Corbeau dans sa communauté. Etudiant dans une école d'art , il était en pleine composition de son propre roman graphique.
Ils n'avaient plus échangé un mot sur la soirée depuis leur départ de la boutique. Castle tentait de comprendre pourquoi elle ne souhaitait pas venir chez lui le lendemain soir, et Kate n'avait pas remarqué le trouble de Rick.
Après un saut rapide à son appartement, Castle et Beckett étaient revenus au commissariat à la recherche de la petite-amie supposée de la victime.
Installé près de Ryan, Rick observait les différents site de recherche dans lequel devait apparaître la petite-amie de Corbeau , quand Kévin tomba enfin sur le profil désiré . Une jeune femme brune à longs cheveux, en déshabillé, avec des canines, souriait à l'écran. Sa tenue ne laissait aucune place à l'imagination, et c'est tout sourire que Castle demanda, amusé, à Ryan :
- Vous croyez que c'est des vraies ?
Au regard de Kate, il déglutit et ajouta :
- Je parle des canines bien sûr
- Bien sûr, oui, marmonna-t-elle en le dévisageant
- Quoi ? En tant que célibataire, je peux regarder le menu
- Le menu ? C'est une personne, pas ton quatre heures, rétorqua Kate
- C'est simplement une façon de parler, je…
- « Diablesse, la maitresse des nuits sanglantes », les informa Ryan, tout en interrompant leurs chamailleries. Sa confrérie s'appelle « l'antre de la perdition ».
- Sa confrérie ? releva Beckett, en observant d'un peu plus près le site
- Oui, appartenir à une confrérie de vampire c'est comme appartenir à une religion ou un club. Vous aimez le golf ? moi aussi j'aime le golf . Vous aimez boire du sang, moi aussi, j'aime boire du sang, s'expliqua l'irlandais, en haussant les épaules avec désinvolture.
A son explication, Kate et Rick le dévisagèrent avec une telle insistance, qu'il tenta de s'expliquer :
- Quoi ? je…ok, je suis sorti avec une fille qui avait ce genre de délire
- Et qu'est-ce qui s'est passé ? Vous n'aviez pas le même groupe sanguin ? pouffa Rick, tout heureux à l'idée de le taquiner un peu
- Non, elle a voulu faire l'amour dans un cercueil….. je veux bien être ouvert d'esprit, mais pas à ce point-là.
- Dans un cercueil, s'étrangla Kate, en imaginant très bien la scène. C'est tellement….
- Glauque et …..excitant, sourit Rick, en rêvassant
- Excitant ? répéta Beckett, incrédule, alors que Ryan se levait pour terminer ses recherches auprès de Tory.
- Oui…imagine un peu la scène…..toi, en tenue vampiresque minuscule, avec des canines, et moi en simple victime…..victime de tes charmes, bien sûr.
- Castle, soupira-t-elle, en le voyant perdu dans ses fantasmes
- C'est très excitant, Beckett….et puis qu'importe le lieu quand il s'agit de te faire l'a…..
- Rick ! l'interrompit-elle, outrée et rouge de honte, en observant si on pouvait les entendre
Comment avait-il pu dire cette phrase à voix haute ? Comment avait-il pu se laisser ainsi dans le commissariat ? Complètement dépassée par la situation, elle se retourna pour lui infliger une blessure physique, quand il se mit à rire de son effarement et lui rétorqua tout sourire :
- Tu es si facile. Et si….prude !
- Je ne suis pas prude !
- Oh si !
- Non ! se défendit-elle en croisant les bras sans le lâcher du regard.
- Oh si…..Kate Beckett est …prude !
- Castle, grinça-t-elle
Heureux de la taquiner un peu plus, Rick sourit en la scrutant des yeux, et lui rétorqua avec beaucoup d'amusement dans la voix :
- Non ? Pas prude ? … Ok….alors dis-moi l'endroit le plus insolite dans lequel tu t'es envoyée en l'air
- Ça ne te regarde pas !
- Et voici miss Prude à nouveau, rit-il
Se mordant la lèvre inférieure d'énervement face à son attitude « j'ai tout vu et j'ai mieux fait », Kate se rapprocha tout doucement de lui, à un tel point que leur souffle se mêlèrent et que le rire de Castle s'estompa pour le faire déglutir d'appréhension. Les yeux dans les yeux, elle pouvait sentir sa respiration s'accélérer . Sournoisement , elle lui sourit et lui murmura :
- Rappel-moi qui t'a appris à embrasser, "Mr J'ai peur de Dobra Dobkins"
- Je...
- Et tu ne me trouvais pas si prude lors de notre deuxième round à l'hôtel, le coupa-t-elle tout sourire
- Je … je…., balbutia Rick, pris au dépourvu par sa réplique et par son rapprochement
- Et….je n'avais aucune expérience à ce moment-là…alors imagine un peu, Castle….dix années après…. Ça doit être pas être trop dur d'imaginer pour écrivain, si ?
- Je…je…..
- Je suis tout sauf …..prude, chaton.
- Beckett, déglutit Rick difficilement.
- Tu sais, Rick…..tu es…tellement….facile ! rit-elle à son tour, en s'éloignant de lui , fière de son effet mais également affectée par tous les souvenirs de cette nuit-là qu'elle évoquait.
Fermant les yeux, en se retournant , elle partit en salle de pause pour se reprendre un peu. Evoquer ce pan-là de leur vie, même pour le taquiner, lui renvoyait toujours autant de regrets et d'amertume. La boule au ventre, elle passa une main dans ses cheveux et inspira plusieurs fois pour reprendre ses esprits.
Castle, lui, resta la bouche ouverte et des images plein la tête , face à la réplique de Kate.
Flashback.
Lové dans les bras de Kate, Rick tentait de reprendre ses esprits. Ils venaient tout juste de faire l'amour tous les deux. Les yeux au plafond, ses mains autour du buste de Beckett, il souriait comme un bienheureux quand elle lui chuchota, les lèvres sur son torse :
- Ne me quitte pas
- Jamais, Kate
Sentant son étreinte se refermer sur lui, il l'entendit soupirer lourdement. Anxieux à l'idée qu'elle ne regrette, il lui demanda fébrilement :
-Ça va ?
- Oui….c'est juste que…, soupira Kate
- Oui ?
- Elle me manque Rick… elle me manque tellement, avoua-t-elle, la gorge nouée, en repensant à l'enterrement
- Je sais, elle me manque aussi
- Je me rends compte qu'elle ne sera plus jamais là. Elle ne sera plus là pour moi. Elle ne me verra pas finir mes études ou me marier…elle ne sera pas là quand je serais malheureuse ou heureuse…elle est partie …..et j'ai encore tellement besoin d'elle.
- Je sais, soupira-t-il , les larmes aux yeux, en humant son odeur de cerise
- Mais…..je…., déglutit-elle en relevant la tête pour ancrer son regard dans le sien.
Elle avait l'air tellement fragile, tellement brisée malgré son sourire timide, que Castle lui caressa tendrement le visage en craignant qu'elle ne regrette ce qu'il s'était passé. Il venait de passer le plus merveilleux moment qu'il soit avec elle. Il lui avait fait l'amour avec tout son cœur et son amour…..et il était terrifié à l'idée qu'elle puisse vouloir faire marche arrière. Le cœur lourd, il la poussa à continuer :
- Dis-moi
- Elle me manque mais…mais…..enfin, je….
- Oui ?
- Tant que tu es là avec moi…..tant qu'on sera tout les deux, ça ira , non ? demanda-t-elle, anxieuse et apeurée.
Souriant devant la déclaration qu'elle lui faisait, il s'avança doucement et lui chuchota, avant de s'emparer de ses lèvres:
- Je serai toujours là….toujours.
Il se souvint avec quelle manière elle l'avait embrassé cette nuit-là . Ses baisers n'étaient qu'amour et douceur. Ses caresses que tendresse et dévotion. Doucement, elle surplomba son corps pour venir s'agenouiller sur son abdomen sans lâcher son baiser. Ses effluves de parfum enivraient tous ses sens.
De ses doigts, elle caressa son buste avant de mordiller sa lèvre inférieure, ce qui le fit gémir de plaisir.
Les mains de Rick passaient de son dos musclé à ses hanches quand elle lui murmura, timidement:
- Je t'aime Rick… je t'aime tellement...Ne me quitte pas.
- Jamais. Je t'aime aussi, Kate, déglutit-il sous son regard rougi par l'émotion des dernières heures.
Lui souriant tendrement, elle décala son bassin pour entrer en contact avec l'évidence de son désir. Gémissant, le corps frissonnant sous les doigts de la femme qu'il aimait , il s'abandonna une seconde fois à son étreinte.
Fin du Flashback.
XXXXXXXXXXXXXX
La fin de journée se déroula assez maladroitement. Kate tentait vainement de ne pas se retrouver seule à seul avec lui, et Rick…Rick était toujours en train de revivre encore et encore cette nuit-là. Il n'avait de cesse de se remémorer chacune des caresses, chacun des baisers qu'ils avaient partagés. Par moment, il l'observait avec tellement de dévotion que Kate baissait les yeux en déglutissant.
Elle se maudissait d'avoir remis sur le tapis cette nuit-là, elle voulait juste le taquiner, et n'avait pas réellement pensé à la teneur de ses paroles avant qu'elles ne soient prononcées. Désormais, elle pouvait voir dans chacun des regards de Rick de l'amour, de la mélancolie et une certaine nostalgie.
C'est donc avec soulagement que Beckett rentra dans son appartement dans la soirée, avec un plat à emporter et son téléphone à l'oreille :
- Oui, papa, je vais bien
- Tu me sembles fatiguée, chérie, s'inquiéta le patriarche
- Mais non, je ne suis pas plus fatiguée que d'habitude, éluda-t-elle en se débattant avec ses clefs et sa nourriture
- Très bien, abdiqua Jim, sentant que sa fille enrobait quelque peu la vérité. Comment va Richard ?
Depuis que Kate lui avait dit que Castle la suivait désormais dans ses enquêtes, Jim était fou de joie. L'idée que sa fille renoue avec son ami d'enfance lui gonflait le cœur , et, la savoir sous la protection de Richard soulageait aussi ses nuits.
Kate n'aurait jamais dû être flic, elle n'aurait jamais dû être exposée autant au danger. Elle aurait dû être magistrat, avocate ou juge…..elle avait un tout autre avenir tracé, mais la mort de sa mère avait tout chamboulé, et Jim culpabilisait énormément de ne pas avoir été le père dont elle avait besoin à cet instant là de sa vie.
Il avait sombré dans la bouteille, en oubliant le plus beau cadeau que Johanna lui avait laissé : leur fille unique.
Depuis que Kate avait prêté serment, le patriarche n'avait plus dormi sur ses deux oreilles. Il redoutait à chaque instant cet appel qui chamboulerait une nouvelle fois son existence. Alors savoir Castle dans les parages dorénavant, dans la vie professionnelle et personnelle de sa fille, enchantait Jim.
- Rick va bien, répondit-elle ,en déposant ses mets sur sa table
- Il m'a invité à sa soirée d'Halloween, mais je ne pourrai pas y être.
- Pourquoi donc ?
- Je vais pêcher avec Roger, je m'en suis excusé …et toi, Kathie, tu sais comment tu vas te déguiser ?
- Oh….je ne sais pas si je vais m'y rendre aussi, avoua-t-elle
- Pourquoi ?
- Parce qu'il a aussi invité les gars, Lanie et le Capitaine. Quand Rick fait une fête, il faut aussi qu'il invite tout le poste, ronchonna-t-elle en soupirant
- Et je ne vois pas où est le souci, ce sont tes amis, Kathie
- Ils le sont…. c'est juste que je ne veux pas mélanger vie professionnelle et personnelle
- Personnelle ? Il y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ? sourit, heureux,, Jim
- Papa !
- Quoi ? Si tu ne veux pas mélanger vie personnelle et professionnelle, c'est qu'il se passe quelque chose, non ?
- Non !
- ….Alors quel est le souci ?
- Je…..j'aime simplement distinguer ces deux pans de ma vie, marmonna Kate, en pensant aux gars et à leurs allusions à longueur de journée. C'est déjà pas simple de travailler avec son ami d'enfance, entourée de machistes, alors passer ces soirées avec lui, à la vue de tous, contribuerait à alimenter les ragots.
- Kathie, la vie est trop courte pour se formaliser sur ce genre de choses. Tu devrais simplement penser à t'amuser un peu et profiter de ton ami.
- Profiter de Rick ? depuis quand dis-tu à ta fille de profiter de son ami ? le taquina-t-elle, en se souvenant de toutes les fois où son père s'était fait des cheveux blancs. Je me souviens d'une fois où tu as agrandi la cabane dans les bois pour ne pas que je profite de ce dit-ami.
- Tu n'avais que quinze ans à l'époque ! se défendit Jim, en se remémorant le sourire amusé de sa femme quand il avait pris le marteau et la scie pour la nouvelle cloison.
- Eh la fois où tu nous a surpris à nous embrasser ? Ou le moment où…..
- C'est bon , c'est bon, ronchonna-t-il, sous le rire de Kate. Je me souviens très bien de ces moments-là, je suis vieux, pas sénile…..Mais…..Ma fille a grandi et la vie m'a appris qu'il faut savoir profiter de chaque instant. Kathie, depuis que Richard est revenu dans ta vie, tu te mets à sourire à nouveau, à rire de nouveau, je suis…
- Hey,ho , je vivais bien sans lui , contra-t-elle en ruminant. Je n'avais pas besoin de Rick pour rire.
- Chérie, tu survivais….c'est différent de vivre. Kathie, tu adores Haloween, tu adores Richard alors je ne vois pas où est le souci.
Soupirant devant les mots de son père, Kate se laissa choir sur sa chaise de salle à manger, et déclara, en se mordant la lèvre inférieure :
- Alors tu pars pêcher combien de temps ?
- Kathie, soupira son père devant sa tête de mule de fille
- Il va faire beau temps , tu vas pouvoir en profiter, ajouta-t-elle, la boule au ventre, en repensant aux paroles de son père
- Hum
- J'espère que tu t'amuseras
- J'espère aussi que tu en feras autant demain
- A bientôt, papa
- A bientôt chérie, je t'aime
- Moi aussi, soupira Kate avant de raccrocher sur un ton las.
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Elle s'était couchée en ruminant, et s'était levée avec la même humeur. Toujours indécise par rapport à sa soirée, elle avait rejoint le poste pour rencontrer la famille de la victime, et faire avancer l'enquête. Elle avait rendez-vous à 14 heures au loft pour une petite discussion plus que gênante avec Alexis, et elle était bien décidée à travailler un peu avant.
Castle ,quant à lui, faisait les cents pas dans son appartement en voyant fatidique arriver. Il avait prévenu Alexis de l'arrivée imminente de Kate. La jeune adolescente avait été surprise de découvrir que l'ami de son père allait la garder quelques heures le temps que Rick puisse aller signer quelques papiers chez Black Pawn.
Levant le regard pour voir son père baisser les yeux devant elle, elle soupira en sentant qu'il lui cachait quelque chose. Depuis quelques jours, il agissait différemment avec elle. Il lui apportait de nouveaux sous-vêtements , n'arrêtait pas de lui demander comment elle se sentait, et ne faisait que l'épier dès qu'elle avait le dos tourné.
Fronçant les sourcils, elle allait lui demander ce qu'il complotait quand la sonnerie de la porte d'entrée l'arrêta. Soupirant, elle le vit partir à la hâte pour saluer Kate :
- Hey, tu vas bien ?
- Bien. Excuse-moi pour le retard, l'affaire a pris un nouveau tournant
- Ah bon ? Qu'est-ce que j'ai manqué ? demanda-t-il, déçu de ne pas pouvoir assister Kate les week-ends en ce moment
- Oh ne fais pas cette tête-là, je t'ai apporté de quoi bosser le temps que je reste avec Alexis, sourit-elle en lui tendant un BD.
- Une bande dessinée ! ça me rappelle quand on allait à Comicadia étant gamins, s'extasiât-il
- On a passé des bons moments
- De très... très bons moments, sourit-il, plein d'allusions dans la voix, ce qui fit lever les yeux au ciel à Kate.
- Tu ne peux rien prendre au sérieux, non ?
- Non…..alors, rit-il devant son agacement. Tu m'as apporté, quoi ?
Il était complètement intrigué par la BD qu'il avait dans les mains. Ouvrant les pages une à une, il entendit Kate lui dire, en entrant dans le salon :
- La victime écrivait ce roman graphique. Il était totalement obsédé par ça. Il y a peut-être une piste là-dedans.
- Quoi ? tu penses qu'il a noté le nom de son assassin dedans ? se moqua Rick
- La plupart des auteurs en herbes retranscrivent leur vie réelle sur le papier. Il change l'histoire, les faits mais il y a toujours un semblant de vérité
- Hum, gémit-il, peu convaincu
- Regarde…Nikki Heat n'existe pas pourtant tu te l'es inspirée de moi. Tout comme Clara Strike, ou…..
- Attends, attends, je rêve ou tu viens de me nommer dans les auteurs en herbes ! s'indigna-t-il, alors que Kate pouffait de rire, en avançant un peu plus dans le loft.
Toujours installée sur un tabouret de l'ilot central, Alexis écoutait d'une oreille la conversation, quand son regard se fixa sur Beckett qui arrivait près d'elle :
- Bonjour, Alexis
- Bonjour détect…..Kate, se reprit-elle, devant son regard qui en disait long
- Kate ! je suis un auteur renommé !rumina toujours Rick derrière elle
- Castle, ce n'était qu'un exemple
- Un exemple ! Tu m'as comparé à cet étudiant mangeur de sang et en herbe
- Je te donnais qu'un exemple pour étayer ma théorie. Maintenant, si c'est compliqué, je lirai moi-même la BD…après tout, je n'ai pas de bon bouquin en ce moment à lire, ajouta-t-elle, pour le taquiner un peu plus
- Je….tu….. arght ! s'exclama Castle, alors qu'Alexis et Beckett riaient devant sa mine boudeuse.
Elle adorait ça...le taquiner jusqu'à l'énervement. Il avait toujours cette ride sur le front, ce même regard de chien battu et la même gestuel qu'à ces vingt ans. Souriant devant son habitude, Kate lui déclara gentiment:
- Allez, va donc chez Black Pawn , je m'occupe d'Alexis
- Vous savez , je peux très bien rester seule
- Ça ne me dérange, répondit aussitôt Kate en souriant
- Tu es sur une enquête et….
- J'avais besoin d'une pause….,en plus….. eh bien…..
- Oui ? demanda Alexis, sous le regard de Rick qui avait peur que Kate vende la mèche
- J'ai toujours voulu te connaître….. alors passer un peu de temps ensemble, je trouve ça cool
- Moi aussi, sourit gentiment la rouquine devant l'aveu de Beckett. Je vais enfin savoir tout de l'enfance de mon père
- Heu…Kate, s'inquiéta Castle
- Alexis, je crois que tu fais peur à ton père
- Je sais…. et j'aime plutôt ça, rit la jeune fille devant le visage blême de son père
- Vous êtes…affreuses, toutes les deux ! sourit-il, en prenant son manteau. Alors, je…j'en ai pour une heure ou deux.
- Va-y Rick, on va discuter toutes les deux
- Je ne sais pas si je dois être heureux ou terrifié, avoua-t-il en ouvrant la porte. A tout à l'heure ?
- A tout à l'heure, acquiescèrent d'une même voix les deux jeunes femmes.
Les observant encore quelques secondes, Castle sentit son cœur se gonfler d'amour à la vision de sa fille et sa meilleure amie réunies dans la même pièce. Souriant, il sortit du loft avec la BD en main, en se demandant bien où il pourrait aller désormais….
Désolé pour le retard de publication. Mon concours se déroule le 7 avril et j'espère avoir plus de temps par la suite. EN tout cas, je te tenais à tous vous remercier pour votre assiduité et vos commentaires. Vous êtes géniaux.
Chapitre 19
Installées l'une à côté de l'autre sur le canapé du salon, Kate et Alexis discutaient tranquillement depuis que Rick était parti.
Beckett sentait la jeune adolescente sur la réserve et tentait, avec ses souvenirs et ses mots, de diminuer les craintes que la fille de Castle pouvait avoir à son sujet.
Cela avait été une de ses plus grandes réticences depuis que son ami était revenu dans sa vie. Elle était terrifiée à l'idée qu'Alexis ne l'apprécie pas, et qu'elle devienne une barrière entre Rick et elle, comme Meredith l'avait été des années avant.
Souriante et étonnamment à l'aise, Kate répondait à pratiquement toutes les questions de la jeune fille qui profitait de chaque instant avec Beckett pour en découvrir plus sur le passé de son père :
- Gram's m'a dit que, pour Halowwen, papa et toi étiez toujours assortis ?
- Oui
- Pourquoi ? Oh, non, attends, avant dis-moi quel costume de couple vous aviez ? s'exclama, avec beaucoup de curiosité, Alexis.
Elle avait toujours voulu connaitre Kate et ce pan de la vie de son père. Sa grand-mère lui avait raconté tellement d'histoires entre tous les deux qu'elle avait l'impression parfois qu'il s'agissait d'un conte imaginaire .
Malgré les nombreuses interrogations qu'elle avait pu avoir à ce sujet, Rick avait toujours éludé les questions pour ne pas s'attarder sur ce pan douloureux de sa vie. Il avait toujours eu du mal à parler de Kate avant son retour. A chaque pensée, à chaque moment conté, son cœur se brisait un peu plus, et il ne supportait plus cette douleur qu'il n'arrivait pas à apaiser malgré le poids des années.
Alors c'est avec curiosité qu'Alexis bombardait Kate de questions, en espérant connaitre un peu plus son père ,à travers ses récits .
- Oh, on a été beaucoup de choses….des vampires, des comtes et comtesses, des zombies, des pirates…ton père nous narrait une histoire commune à chacun de nos différents costumes.
- Ça a l'air tellement cool….je veux dire, avoir un ami avec qui tu peux partager tout ça, sourit la petite, des étoiles dans les yeux
- Oui, ça l'est…..c'était vraiment génial, avoua Kate, en repensant avec nostalgie à toutes leurs années.
- Mais pourquoi avoir décidé de vous déguiser en couple si vous n'en étiez pas un ? Je veux dire, vos amis respectifs ne devaient pas comprendre.
- A qui le dis-tu, pouffa Beckett
- Alors pourquoi ?
- Oh je…ok , je vais te le dire, mais tu dois me promettre que ça restera entre nous et que ton père n'en saura rien ?
Toisant du regard Kate, Alexis réfléchit à sa proposition. Elle était très tentée de connaitre sa version de l'histoire, mais n'était pas très encline à cacher une nouvelle chose à son père. Observant Kate lui sourire avec beaucoup d'affection, elle lui murmura :
- D'accord
- Ok , murmura, soulagée, la détective en espérant secrètement gagner la confiance de la jeune Castle pour la suite de leur conversation.
- Alors, pourquoi ?
- Eh bien, ça a commencé l'année de nos neuf ans, quand j'avais le béguin pour Tommy Sullivan. Avec ton père, on ne se connaissait que depuis quelques mois, mais on passait déjà tout notre temps ensemble .
Flashback.
- Tu es sûre que tu ne veux pas te déguiser en Zombie avec moi ? demanda Rick, en observant sa jeune voisine de 9 ans sur le perron de sa maison qui démêlaient le nattes que sa mère lui avait confectionné quelques minutes plutôt.
- Non…..je veux un déguisement différent
- Pourquoi ?
- Parce que….parce que je veux que Tommy sache que je suis son amoureuse à lui
- c'est ….stupide, gémit Rick, alors que la jeune Katherine le fusillait du regard. Etre un zombie c'est tellement plus cool, qu'être une fée!
- Ne dis pas que je suis stupide !
- Je n'ai pas dit que…
- Tu n'as qu'à te déguiser tout seul ! On a pas besoin de toujours tout faire tous les deux ! Et les fées sont plus cool que les zombies!
- Bien ! rumina le garçonnet aux yeux bleus, sur un ton blessé
- Bien !
Et sans un autre mot de sa part, Richard descendit les escaliers pour partir se réfugier chez lui. Depuis leur emménagement dans ce nouveau quartier, il avait eu beaucoup de mal à s'intégrer. Les enfants de son âge n'étaient pas très gentils avec lui et il se sentait parfois exclu. Il était le seul enfant de sa classe à arriver en milieu d'année, et surtout le seul d'une famille monoparentale. Certains élèves se moquaient régulièrement de lui à ce sujet, et Rick commençait tout doucement à se replier sur lui-même .
Mais avec Kate c'était différent…elle était différente. Elle n'agissait pas différemment avec lui , elle ne lui faisait jamais ressentir qu'il était anormal du fait de ne pas avoir de père, et elle était la seule… la seule avec qui il pouvait être lui-même et s'amuser.
Seulement en cette veille d'Halloween , il était blessé par son refus. Il savait très bien qu'il accaparait tout son temps, mais il avait espéré être ami avec elle. Avoir un costume commun prouverait, selon lui, à tous les enfants de l'école qu'il n'était pas seul . Que le garçonnet sans père pouvait lui aussi avoir des amis. Finalement, il avait espéré simplement afficher son amitié aux yeux de tous, et espérait simplement éviter de se sentir à part.
Pleurant silencieusement dans son lit, il ruminait contre ce père qu'il n'avait jamais connu, contre sa mère qui l'avait obligé à changer d'école et d'amis . Ici , ils étaient tous riches et….méchants, il préférait Brooklin, là-bas, les enfants avec leurs deux parents se comptaient sur les doigts de la main, là-bas, il ne se sentait pas comme une bête de foire.
Fin du Flashback.
- Oh , papa a dû être triste, déglutit Alexis en écoutant Kate
- Oui…je ne voulais pas lui faire du mal…...je voulais juste ….
- Pouvoir vivre ta vie, sourit l'adolescente, compréhensive
- Oui, soupira Kate
- Alors ? Papa est revenu à la charge ? ça ne m'étonnerait pas, il est tellement têtu par moments que…..
- Non, non…à vrai dire, il ne voulait même plus faire la tournée des bonbons avec ma mère et mes amis
- Papa a refusé la tournée des bonbons? ... Il l'a fait avec gram's ?
- Oh, non Martha travaillait énormément à l'époque. Ton père était souvent gardé par une nounou ou par mes parents.
- Il a raté la soirée d'Halloween ? demanda tristement Alexis, en imaginant son père de 9 ans tout seul chez lui avec une nounou inconnue
- Non, ma mère l'a convaincu.
Flashback.
- Richard arrête donc de bouder, chéri, murmura, embêtée, Johanna en le voyant en retrait des autres avec un air morose
- Je veux rentrer
- Tu me parles de cette fête depuis des semaines!
- Je veux juste rentrer, soupira Rick, en observant Kate s'amuser avec Maddie à quelques pas
Johanna était venue le récupérer quelques minutes plus tôt, et Kate lui avait simplement demandé de l'accompagner gentiment. Elle n'avait jamais voulu blesser ou contrarier son ami, elle souhaitait simplement se déguiser en fée, et dire à Tommy qu'il était son amoureux. Heureuse et excitée , elle riait aux éclats devant les singeries de Madison, alors que Rick trainait la patte aux côtés de Johanna.
- Des bonbons ou un sort ! crièrent certains enfants près d'eux
- Tu es très joli en zombi, sourit gentiment la mère de Kate, face au regard bleuté du petit Castle
- Un zombi n'est pas joli, il est ….terrifiant, rumina-t-il
- Tu as raison, où avais-je la tête ! Tu es absolument terrifiant, Richard
- Merci, répondit-il poliment. Je peux rentrer ? Je connais la route et …..
- Salut,Tommy ! s'exclama, folle de joie, Kate en faisant les yeux doux à un garçon blond aux yeux verts déguisé en pirates
- Coucou, dit-il sans lui montrer davantage d'intérêt, immobile devant la foire aux manèges.
Pour l'occasion, la ville avait organisé comme une grande fête foraine sur le thème d'Halloween. Des manèges à sensation au manoir hanté se côtoyaient dans cette ambiance familiale et joviale.
Prenant la main de Richard devant la foule qui commençait à s'accumuler, elle lui répondit, sans lâcher du regard sa fille et Madison :
- Je ne te laisse pas rentrer tout seul, jeune homme. Tu vas donc venir avec nous et t'amuser
- Mais….
- Richard, chéri, Kathie ne fera pas toujours comme toi tu le souhaites. Si vous voulez être amis, il va falloir aussi faire comme elle le désire de temps en temps
- Je sais, rumina le jeune zombie
- Alors quel est le souci ?
- Rien
- Je…..
- Maman, on peut aller dans le manoir hanté avec Maddie ?
- Oui, je vais vous attendre, ici. Tu ne pars pas autre part sans moi
- Je sais, je sais, bougonna-t-elle en souriant. Tu viens, Rick ?
- Hum, gémit-il à contrecœur en suivant son amie.
Doucement, ils entrèrent dans ce décor totalement créé pour l'occasion. Des araignées tombant du plafond, des cercueils sur le côté, des vampires et loups-garous animaient ce manège. Madison et Kate marchaient a vive allure en s'émerveillant de chaque détails alors que Rick, les mains dans les poches, ruminait toujours en retrait.
- Mais qui vois-je ? C'est le fi-fils à sa maman. Comment ça va Rodgers ?
- Fichez moi la paix, soupira Rick en observant au loin Kate et Maddie s'amuser
- Tu sais comment on appelle un garçon sans père ? continua le meneur de la bande, en le bousculant si fort qu'il heurta un décor et tomba dans un cercueil. On l'appelle….un bâtard,enfin c'est ce que m'a dit mon père. Tu sais, c'est ce que tu n'as pas, Rodgers! ricana toute la bande, ce qui alerta Kate et Maddie.
- Qu'est-ce que vous faites ? s'indigna la jeune Beckett en les rejoignant, folle de rage en voyant son ami les fesses dans un cercueil et les larmes aux yeux
- Ce ne sont pas tes affaires, jolie fée, sourit le blond, en poussant à nouveau Rick qui tentait de se relever
- Arrête, Tommy ! cria Kate, en le bousculant aussi
- Oh, oh, le jeune bâtard à besoin d'une fille pour se défendre
- Et toi tu as besoin d'une éducation !
- Allez, Tommy, viens, on y va, soupira, mal à l'aise, un garçonnet qui n'aimait pas les manières de son ami
- Oui, viens Tommy.
Souriant comme un bienheureux, il hocha simplement la tête, et sa bande partit un peu plus loin dans le manoir. Sans lâcher Kate du regard , Tommy lui répondit :
- Tu devrais arrêter de trainer avec un garçon pareil
- Je devrais surtout arrêter de discuter avec un garçon comme toi, répliqua-t-elle sans le lâcher du regard.
- Comme tu veux, Kathie-la fée, sourit-il, avant d'observer Rick qui se levait à l'aide de Madison. Et toi, le bâtard, on se voit lundi à l'école.
Sans un autre mot, il commençait à partir quand Kate lui fit un cloche pied qui lui fit perdre l'équilibre, et lui murmura, en s'agenouillant à sa hauteur :
- Appelle-le encore bâtard et je raconte à toute l'école la vérité sur ta mère et ton père
- Tu n'oserais pas, siffla le jeune Tommy, qui s'était confié quelques jours plus tôt à Kate au sujet du divorce de ses parents
- Tu veux parier ? Et fous-lui la paix, sinon c'est toi qui sera la risée de l'école lundi.
Se relevant, elle aplanit sa robe et partit rejoindre Rick et Madison. Observant son ami quelques secondes, elle lui déclara en souriant :
- Tu vas bien?
- Hum...
- Ce qu'il a dit un faux, tenta-t-elle en voyant sa tristesse
- Hum
- Et...j'aurais dû accepter ton offre de costume. Etre un zombi te va bien .
Fasciné par la façon avec laquelle elle avait géré cette affaire, il déglutit et lui rétorqua en séchant ses larmes:
- Je ne sais pas, ce côté fée te donnait un air terrifiant quand même
- Imagine en zombie, alors, sourit-elle. Tu vas bien ?
- Oui… merci
- De rien
- Heu… on peut peut-être continuer la visite, parce que moi je m'ennuie, les interrompit Madison
- Oui, allons-y….à moins que tu ne veuilles rentrer ? ajouta Kate, qui avait très bien entendu Rick bougonner en arrivant
- Non….. non, continuons.
Fin du Flashback.
- Tu as défendu , papa !
- Hum….mais ne t'inquiète pas, il a aussi défendu mon honneur un bon nombre de fois par la suite
- C'est…..romantique, sourit la jeune rouquine
- Romantique ?
- Oui. Tu es partie pour impressionner ce Tommy, et tu as fini par le congédier pour l'honneur de mon père. On dirait la princesse Leia avec Han Solo.
- N'importe quoi, rit Kate, qui ne voulait pas mettre dans la tête de la jeune fille une possible histoire d'amour entre son père et elle.
- En tout cas, je suis heureuse de connaitre cette histoire. Oh, tu sais , ce qui serait génial?
- Quoi ? demanda, légèrement inquiète, Kate devant son enthousiasme
- Que vous assortissiez vos costumes cette année ! En plus , je sais déjà comment va se déguiser papa, alors il…
- Alexis, doucement. Je ne sais même pas si je viens à la soirée ce soir, alors assortir nos costumes serait…..
- Tu ne viens pas ? Pourquoi ? Papa se fait une joie de cette fête, et il invité tous vos amis du commissariat
- On est sur une enquête en ce moment, éluda Kate, qui ne voulait pas s'épancher sur ses états d'âme
- Tu enquêtes la nuit ? sourit la rouquine , loin d'être dupe
- Oui…..non
- Alors pourquoi tu…
- Et toi quel sera ton costume ? la coupa Beckett, en déglutissant
Elle savait pertinemment que quand elle exposerait ses réticences pour la soirée à voix haute, elle verrait à quel point elle était stupide. Fêter Hallowen avec Rick, après toutes ces années, serait un très bon début dans leur nouvelle amitié. Ce serait la nouvelle pierre de cette relation comme des années plutôt.
Se grattant la nuque, elle vit la jeune file baisser le regard et avouer, en marmonnant :
- Je ne vais pas me déguiser
- Pourquoi ? A ton âge, j'adorais fêter ça, et avec le père que tu as , il y a aucune chance que tu n'aimes pas non plus
- Je donnerai toujours des bonbons aux enfants qui viendront frapper, et à papa aussi, mais, je ne sais pas, soupira, soudainement mal à l'aise, la jeune fille
- Tu ne sais pas quoi ? répéta gentiment Kate
- Je suis peut-être trop vieille pour ça
- Trop vieille pour ça ? Ton père fête encore Halloween.
- Papa peut avoir par moment neuf ans d'âge mental, contra, en souriant, Alexis
- Touché…mais je pense, qu'il n'y a pas d'âge pour s'amuser. Tes amis font quoi pour Halloween ?
- Oh…..ils vont à une fête demain
- Tu vois! Tu peux très bien reprendre le même costume deux soirées de suite
- Oh, je ne vais pas à la fête de demain non plus
- Pourquoi ça ?
- Je….je n'ai simplement pas envie d'y aller, mentit-elle en haussant les épaules, et en se recroquevillant sur elle-même
Sentant qu'elle se repliait sur elle-même, Kate l'observa quelques secondes en pensant comment sa mère aurait pu désamorcer la situation . Elle avait toujours eu ce don pour lui tirer les vers du nez, même quand elle ne le désirait pas. Se mordant la lèvre inférieure, en s'apercevant que la jeune Castle fronçait les sourcils sans lâcher le sol du regard, Beckett se perdit dans un souvenir.
Flashback.
Assise sur son lit , Kate ruminait. Depuis plusieurs jours, elle avait du mal à suivre les entrainements de sport à l'école. Courir la dérangeait quelque peu désormais. Sa poitrine se formait tout doucement , et avec ceci les désagréments qui en découlaient.
Fermant les yeux en se tenant le ventre, elle se demandait comment discuter avec sa mère des chamboulements qui venaient d'apparaitre dans sa vie. Aujourd'hui, elle avait été réglée, et elle était la seule de sa classe à l'être, enfin de ce qu'elle en savait.
Elle en avait discuté avec Maddie qui avait sauté de joie avant de la jalouser. Pestant devant son mal de ventre, elle sentit les larmes monter quand Johanna frappa deux coups à la porte avant d'entrer :
- Kathie ? J'ai croisé Richard dans la rue, il m'a dit que tu ne te sentais pas bien. Chérie ? s'inquiéta sa mère en la voyant, les yeux rougis, sur son lit.
Quand ses menstruations étaient apparues, elle avait feint un mal de tête pour pouvoir quitter l'école plutôt. Elle n'avait rien sur elle pour cacher se désagrément féminin, et elle se sentait légèrement perdue face à tout ça.
- Ça va, ronchonna-t-elle, alors que sa mère s'avançait près d'elle pour lui toucher le front
- Tu n'as pas de fièvre. Tu as mal quelque part ?
- Au ventre
- Oh, je vais aller te chercher un cachet de paracétamol dans ce cas. Tu n'es pas nauséeuse ou…..
- Maman, maugréa Kate, qui ne savait pas comment aborder ce sujet
- Oui ?
- Je ne suis pas nauséeuse
- Ok, très bien, fit ,sceptique, Johanna avant de partir lui chercher un calmant.
Se levant tout en séchant une larme sur son visage, Kate s'aperçut qu'elle avait taché son dessus de lit. Paniquée, elle retirait sa couverture en pestant, quand sa mère arriva avec un verre à la main
- Kathie, tu… que fais-tu ?
- Je….. rien, fit-elle, gênée, en prenant contre son buste son dessus de lit
S'avançant en fronçant les sourcils, Johanna examina d'un peu plus près sa fille avant de remarquer le bas de son jogging. Souriant, elle déposa le paracétamol sur son bureau, avant de venir lui prendre des mains sa couverture pour découvrir le secret de sa fille. Alors qu'elle allait répliquer quelque chose, Kate s'excusa honteusement :
- Je suis désolée, je vais le nettoyer et…
- Chérie, ce n'est pas grave
- Si….. je….je pense que je m'y suis mal prise, mais je…. ;
- Tu es réglée ! s'enthousiasma la matriarche en lui caressant tendrement la joue
- Hum
- Mon bébé devient une femme
- Maman...
- Chérie, tu aurais dû m'appeler, je serais rentrée plutôt
- C'est bon, je me suis débrouillée, avoua-t-elle, rouge de honte
- Tu as trouvé tout le nécessaire ?
- Hum
- Tu….tu sais comment positionner les serviettes ? Je peux te montrer ou….
- Maman !
- Quoi ? Pas besoin d'être gênée. Tu es ma fille…..et je te rappelle que ce phénomène va se reproduire tous les mois, alors autant que tu sois à l'aise avec ça.
- A l'aise ? ça fait un mal de chien, soupira Kate
- Les joies d'être une femme, sourit Johanna en lui tendant le verre de paracétamol.
- Tu parles!
Doucement, Kate ingurgita son médicament avant que Johanna ne lui tende des vêtements de rechange, et après un dernier regard sur sa mère, elle partit se changer pour découvrir que Johanna était allongée sur son lit avec un saladier de popcorn.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Kate, en se trainant jusqu'à son lit pour se rouler en boule sous la couverture
- Je me prépare pour la soirée entre femmes
- La soirée entre femmes….maman, c'est bon, je suis juste…..
- Une adolescente. C'est un nouveau cap dans ta vie , comme dans notre relation, Kathie. Alors je vais rester avec toi, je vais répondre à toutes tes questions, et ensuite…on se fera un petit marathon Temptation Lane.
- On peut se faire le marathon maintenant, c'est bon, ronchonna Kate, qui n'avait guère le courage de discuter de sexe avec sa mère.
- Ok, pas de questions
- Super, fit-elle soulagée
- Je vais simplement discuter seule…..un long et morne monologue sur le sexe, les menstruations et …
- Oh mon dieu, non
- Alors parle avec moi. Chérie, ce n'est juste qu'un autre sujet de conversation. On a toujours discuté de tout toutes les deux…..alors s'il te plait, parle avec moi .
- Ok, ok, abdiqua-t-elle, en sortant le visage des couvertures, pour observer sa mère lui sourire avec tout son amour.
- Alors….. je t'écoute, mon cœur.
Fin du flashback.
Relevant le regard sur Alexis, Kate se frottait la nuque en cherchant ses mots quand la jeune fille murmura :
- Tu devrais venir ce soir, papa serait heureux
- Et si on faisait un marché ?
- Un marché ?
- Oui, je viens ce soir et tu vas à ta soirée demain soir
- Oh…. Je….non, bafouilla-t-elle
- Alexis, je…je sais que tu ne me connais pas, mais je veux que tu saches que tu peux me faire confiance
- Te faire confiance ?
- Hum. Tu sais…..je sais que tu as un père formidable…. il m'épate à chaque fois que je le vois avec toi….mais un père reste un homme, et par moments, une fille a juste besoin d'une autre femme pour discuter, avoua-t-elle, en observant Alexis rougir, mal à l'aise. Ma mère avait coutume de nommer ses temps-là « secretum tempore »
- Le temps des secrets, sourit Alexis
- Oh, en plus d'être douée , tu es bonne en latin, la complimenta Kate
- Hum
- Alors….voilà ce que je te propose. On se sert une glace, chacune à notre tour on avouera un secret à l'autre et ce qui se dit entre nous, reste entre nous.
- Tout?
- Absolument, tout. Tu peux me faire confiance.
- Tu veux simplement me faire parler, rit plus à l'aise la jeune adolescente, en se levant sous le regard de Kate. Mais , tu sais quoi…ça me va.
- Super, soupira, soulagée, Beckett.
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Attablé à l'une des tables du bar avec la BD que Kate lui avait confiée plutôt , Castle s'imprégnait à nouveau des lieux. C'est ici qu'il avait écrit une partie de second roman. Quand il cherchait un lieu où s'évader de Meredith. Ce bar était comme un sanctuaire pour lui. Un antre où il pouvait s'éloigner de tous ses problèmes. Ici, rien n'existait, il était simplement face à lui-même et à son écriture.
Les yeux fixés sur la BD qu'il avait sous les yeux, il inspira fortement en souriant devant cette odeur de bois rustique qui lui chatouillait les narines, quand une image sur une des pages attira son attention. L'observant pendant quelques secondes, il sourit en murmurant :
- Je t'ai !
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- Alors, qui commence ? demanda timidement Alexis
- Eh bien, comme c'est une de mes idées, je veux bien me lancer la première
- D'accord
- Tu sais….la dernière fois que j'ai fait ça, ma mère avait volé jusqu'à Stanford avec des cookies et un DVD de Temptation Lane, sur les directives de ton père..., je crois que je suis un peu rouillée...j'ai l'impression que ça remonte à des années lumières, confia-t-elle
- Elle t'aimait énormément...ta mère...elle t'aimait énormément.
- Hum, déglutit Kate, en se souvenant de ses bras autour d'elle, son parfum et de son rire
- Papa aussi l'aimait…..D'ailleurs c'est pour ça que je porte son nom, murmura la petite, en faisant sortir de Kate de sa rêverie
- Pardon ?
- Je m'appelle Alexis Johanna Castle. Papa m'a toujours dit que d'avoir le nom d'une grande dame me portera loin.
- Oh…. je suis certaine qu'elle aurait été très fière que tu portes son nom, avoua péniblement Kate devant l'aveu de l'adolescente
- Tu sais, j'aurais aimé la connaître…gram's me conte pleins d'histoire à son sujet…et je ne sais pas….j'aurais réellement adoré la connaître
- Et elle aurait adoré te connaître aussi. Elle aurait pu jouer à la mamie avec toi, sourit-elle. Tu aurais eu droit à ce temps filles avec elle...elle aurait été bien plus douer que moi d'ailleurs.
- Oh….. j'aime aussi l'idée d'avoir ce temps-là avec toi...c'est sympa de te connaitre enfin Kate.
- Moi aussi….je suis heureuse de te connaître, Lex , chuchota Kate, en lui prenant la main sans la lâcher du regard.
Les yeux dans les yeux, elles se souriaient tendrement en se délectant de se moment de complicité.
Alexis était heureuse de pouvoir partager et échanger avec Kate. L'amie de son père semblait différente de toutes les ex copines de ce dernier. Elle semblait réellement s'intéresser à elle en tant que personne, et non comme un possible effet de levier sur Castle .
D'une pression douce et tendre de sa main, Kate lui murmura en souriant :
- Alors c'est moi qui devrait avouer quelque chose qui m'embête la première
- Hum
- Eh ben, pour être franche, je ne veux pas aller à la fête ce soir parce qu'il y aura tous mes amis
- Je ne comprends pas
- Quand ma mère est morte, j'ai construit un mur autour de mon cœur pour ne plus jamais souffrir…..et ce mur m'a peu à peu fait oublier qui je suis réellement. Ces dix dernières années, j'ai été le détective Beckett…..j'ai laissé Kate derrière moi, dans cette ruelle avec ma mère. Seulement ….ton père….ton père a la fâcheuse habitude de faire ressortir Kate au lieu de Beckett, avoua-t-elle, gênée
- Et tu ne veux pas que l'on voit ce pan-là de ta personnalité
- Exactement. Au poste, je suis le détective Beckett, la plus jeune recrue à avoir été lieutenant et avec le taux de fermeture de cas le plus élevé. Je ne peux pas être Kate.
- C'est là que tu as tort
- Pardon ? fit Beckett, surprise, en observant Alexis lui sourire gentiment
- Kate… et …Beckett sont la même personne. Tu ne peux pas les dissocier. Le détective Beckett ne peut pas être la plus performante enquêtrice sans Kate….sans cette part de toi qui a perdu un être cher. Tu rends justice aux victimes à cause de ta mère….grâce à Kate. Beckett est peut-être la personne qui se trouve le plus souvent au poste, mais tes amis….s'ils sont vraiment tes amis, connaissent Kate.
- Je…Whaou…..tu…..tu es bien plus mûre et réfléchie que moi à ton âge…..même à mon âge actuel d'ailleurs, sourit Kate, devant l'intelligence et la perspicacité de cette adolescente. Tu es sûre que tu es la fille de Rick?
- Sûre, même si parfois ce n'est pas évident à première vue... Et puis, tu sais,au sujet de ce soir, ajouta Alexis. Même le lieutenant Beckett a le droit de s'amuser.
- Ok, là tu m'impressionnes… on devrait programmer plus de temps « secretum tempore »
- J'aimerais beaucoup aussi
Doucement, Alexis baissa le regard sur sa glace, et fit tournoyer sa cuillère en chuchotant :
- Je pense que c'est mon tour
- Seulement si tu le souhaites
- Oh…oui….mais…..c'est un peu gênant
- Gênant ? Alexis, dis-toi que ce que tu vis ou ce que tu as fais , je l'ai forcement fait.
- Ok, inspira-t-elle pour se donner la force de continuer, sans lâcher sa glace du regard. D'habitude, j'ai gram's pour ces choses là….mais elle n'est pas là….. et papa…ben…. C'est un homme
- Dis-moi, la poussa Beckett, en stoppant sa main qui faisait tournoyer sa cuillère pour l'encourager à continuer
- Je suis réglée, lâcha-t-elle. Je sais que c'est normal, je sais pourquoi et à quoi ça sert, marmonna-t-elle.
- Mais ?
- Il n'y a rien ici pour…..tu vois…..
- Oh, oui. Martha a fini ce temps-là, rit Kate
- Oui….. j'ai voulu me débrouiller par moi-même, je suis allée à la pharmacie mais il y avait tellement de choix… .tellement de couleurs
- Oh, chérie, soupira, compatissante, Beckett en lui prenant la glace des mains pour la déposer sur la table basse
- Je ne peux pas aller à la fête demain sans être correctement équipée….et….. je suis mal à l'aise dans ce que j'ai acheté
- Alexis, je suis contente que tu m'en parles, mais tu sais… tu peux aussi en discuter avec ton père. Il peut-être idiot par moments, mais pour toi, il serait prêt à remuer ciel et terre
- Je le sais…..c'est juste gênant. Je veux juste passer à travers tout ça sans drame. Papa…..papa en aurait fait toute une histoire, je suis certaine qu'il aurait même prévu une soirée pour enterrer ma vie de petite fille.
- Alexis, rit Kate
- Je t'assure, il en est capable. Par moments, j'aimerais juste que ma mère agisse un peu plus comme une mère
- Oh….je… eh bien, fit-elle, prise au dépourvu par le tournant de la discussion. Lex, je ne suis peut-être pas ta mère, mais je peux être là quand tu le désires
- Promis ?
- Promis. Ecoute, on va partir toutes les deux, et je vais t'expliquer quoi acheter et pourquoi
- Oh, je ne veux pas t'embêter, je…
- Ça ne m'embête pas, au contraire. On va aller à la pharmacie, et ensuite on va aller te chercher un costume pour ta soirée de demain. Ça te va ?
- Et ton enquête ?
- Je ne suis pas à deux heures près. Et puis le lieutenant Beckett a le droit de s'amuser aussi, non ?
- Oui, acquiesça-t-elle en observant Kate se lever et débarrasser la table. Dis, ton marché tient toujours ?
- Mon marché ?
- Je vais à la soirée si tu vas à celle de mon père ce soir
- Oh….ok mais à une condition, sourit sournoisement Beckett
- Laquelle ?
- Tu vas devoir me dire quel costume aura ton père pour qu'on soit assortis !