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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 07.01.2018 à 18h48
Auteur : billy1
Statut : Terminée
« Et s'ils avaient eu un passé commun avant leur première rencontre ? Et si la soirée de lancement de Derrick Storm leur servait de tremplin pour se retrouver ? FIC OCC . » billy1
Cette fanfic compte déjà 31 paragraphes
CHAPITRE 20
La fête d'Halloween de Rick était pleine à craquer. Tous ses amis du douzième étaient venus et se mélangeaient sans peine aux autres convives. Rick observait de loin, amusé, Esposito déguisé en rangers se disputer à propos du match des Lakers avec Ryan, affublé d'une tenue de médecin sanguinolente.
Un peu plus loin, le visage radieux , Alexis discutait avec Lanie devant une boisson spéciale Halloween, qui fumait et était couleur rouge sang. Avançant doucement, en cherchant du regard si Kate était là , il salua la légiste en embrassant sa fille sur le front :
- Soyez prudente, cette potion est de mon invention, buvez-là, et qui sait en qui ou en quoi vous vous transformerez, assura-t-il , souriant, alors que Lanie trempait ses lèvres dans son nectar plus que douteux
- C'est tout à fait le genre de potion qu'il me faut
- Oh, j'aime votre esprit d'aventure…et votre costume, ajouta Rick , en laissant ses yeux s'égarer sur son costume de Cat Woman où aucune de ses formes n'étaient en reste.
- Plus hauts, les yeux, Castle, sourit la métisse, en buvant d'une seule gorgée sa boisson
- Papa ! fit Alexis, mortifiée
- Quoi ? J'admire juste le costume de Lanie, se défendit-il en ricanant
- Eh bien admire plutôt ses chaussures, rumina la jeune fille.
Souriant, Rick prit une coupe de sa boisson et partit se mêler à la foule, dans l'espoir d'y apercevoir Kate. Quand il était revenu au loft, il les avaient découvertes en train de rire devant la télévision. Surpris et dérouté de voir sa fille si à l'aise avec Beckett, il avait babillé avant qu'elle ne se lève en enlaçant tendrement Alexis et en la remerciant pour l'après-midi.
Ses chaussures mises et son manteau sur le dos, elle avait chuchoté à Rick, alors que sa fille montait à l'étage :
- Tout est sous contrôle. Elle va bien.
- Oh…..alors j'avais raison ?
- Oui. Elle avait juste besoin de conseils dirons-nous techniques, et d'une oreille féminine
- Oh…..je sais écouter pourtant
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans "discussion féminine" ? souligna Kate en arquant un sourcil
- Je comprends très bien la nuance de ta phrase mais….. ;je pensais…..qu'Alexis savait qu'elle pouvait me parler de ses soucis
- Castle , il ne s'agit pas de toi, ni de tes compétences parentales….c'est juste une adolescente qui avait besoin d'une femme.
- Ok , ok, déglutit-il difficilement. Alors tout va bien, avec elle , je veux dire ?
- Oui
- Je dois aller acheter quelque chose ou….
- Je m'en suis occupée avec elle, on a fait un peu de shopping
- Oh, je vais te rembourser, dis-moi juste ….. ;
- Rick, le coupa-t-elle, en mettant tendrement sa main sur son bras pour le stopper dans son élan, ce qui lui envoya des frissons dans le dos.
- Oui ?
- C'est pour moi
- Mais…
- C'est pour moi, d'accord? J'ai passé un merveilleux moment avec ta fille, alors laisse-moi ce plaisir
- D'accord, sourit-il heureux de son aveu
- Bien….je vais devoir y aller. J'ai encore un meurtre à résoudre et….. ;
- Oh oui, en parlant de ça, je crois que j'ai trouvé quelque chose. Tu te souviens de Morgan Lecorbit ? L'homme qui se prend vraiment pour un vampire et dont Diablesse nous a parlé ?
- Oui
- Eh bien, dans la BD de ce cher « corbeau », Morgan est Morlock, déclara Rick en lui montrant sa trouvaille.
- Oui, mais cet homme est un SDF, alors pour trouver un domicile, ça va être compliqué, soupira Kate si près de lui que Rick sentit son souffle sur son avant-bras.
Fermant les yeux, il inspirait doucement en se laissant envahir par l'arôme de son parfum quand Beckett lui murmura intriguer:
- Rick, qu'est-ce que tu fais ?
- Je….. je te respire, avoua-t-il, le sourire aux lèvres, toujours les yeux clos
- Tu me respires ? répéta-t-elle, incrédule et inquiète pour sa santé mentale
- Hum….tu sens la cerise…..j'adore cette odeur, ajouta-t-il en ouvrant ses yeux pour la trouver à quelques pouces de lui . Tu sens tellement bon...
Les yeux dans les yeux, ils s'observèrent en déglutissant. Le regard de Rick passait de ses magnifiques yeux à ses lèvres tentantes. Il avait une folle envie de l'embrasser, de l'enlacer...Il souhaitait encore et encore redécouvrir la douceur de ses lèvres , le bruit de ses gémissements...
- Papa…oh, je vous dérange ? sourit Alexis, en voyant son père et Kate reculer brutalement l'un de l'autre comme pris en flagrant délit
- Non
- Oui, répondirent d'une même voix Castle et Beckett
- Rick !
- Quoi ? Je prône la vérité dans cette maison, je ne vais pas contourner la règle quand ça m'arrange, argumenta-t-il, tout heureux. Et là, tu vois, malgré tout l'amour que je lui porte, j'aurais bien aimé quelques minutes de plus
- Oh, je vais remonter, murmura, gênée, Alexis
- Non, Lex, reste ici! Quant à toi, siffla-t-elle à Castle, excédée par son sourire en appuyant sur sa poitrine avec son index ,je vais retourner au poste avant d'avoir un nouveau meurtre sur les bras !
- Aïe! Tu me fais mal!
- C'est le but!
- Pas besoin d'être contrarier...et attend! l'interpella-t-il en la voyant sur le pas de la porte. Tu devrais savoir une chose
- Quoi !
- Je sais où trouver notre vampire buveur de sang SDF
- Ah oui ? Et comment ? En arpentant chaque centimètre carré des rues de New-York ?
- Ah, ah, très drôle, mais non. Il suffit de lire la BD. Regarde un peu ça.
Il lui avait donné le lieu pour trouver le suspect de son enquête, et elle était partie sans lui assurer sa présence à la fête de ce soir.
C'est pour cette raison qu'il déambulait dans le loft l'âme en peine. Les gars lui avaient déjà avoué que la piste de Morlok n'avait servi à rien. Ce jeune est atteint d'une maladie de la peau qui ne supportait pas le soleil. Il souffrait d'une extrême photosensibilité qui provoquat des cloques sur sa peau face au soleil. Mais le plus important, ce SDF avait un sérieux alibi qui ramenait l'enquête à la case départ.
- Castle ? Tu rêves mon pote ? sourit Espo en buvant un verre
- Non, je réfléchis
- Tu réfléchis, hein ? En tout cas, tu en fais des soirées cool, pour un sudiste, Mr Butler
- Un sudiste qui ne fait pas la fête n'est pas réellement un sudiste, souligna Rick
- Eh, Castle ? l'interpella Ryan. Vous cherchez Beckett ?
- Non…..pourquoi ? mentit-il
- Elle a dit qu'elle n'était pas sûre de pouvoir venir, mais il est encore tôt
- Oui, soupira-t-il déçu, en dégrafant un bouton de son costume.
Il était réellement déçu . Il avait espéré renouer avec la tradition, il avait espoir de lui rappeler leurs moments de joies ,et non tous ces non-dits et leurs erreurs. Se grattant la nuque, il baissait les yeux quand une voix familière lui redonna le sourire, en retentissant derrière son dos :
- Rhett Butler, c'est moi que tu cherches ?
Se retournant, il allait répliquer « oui » quand il se stoppa et la dévisagea :
- Je…..mais tu n'es pas déguisée…pomponnée… mais pas déguisée, déclara Rick en observant Kate arriver avec un chignon des années 6O , de longs cils et un bandeau dans les cheveux.
Elle portait son imperméable noir et rien d'autre…aucun costume. Malgré le fait qu'il se sentait désappointer par sa tenue, il ne pouvait pas détourner son regard d'elle tant elle était hypnotisante de beauté
Souriant devant son regard perplexe, elle s'avança si près de lui qu'il se mit à déglutir face à sa grâce, et elle lui déclara:
- Ça te déçoit terriblement on dirait ?
- J'avais dit qu'il fallait un costume….pour participer….être un peu effrayante ou ..déguisée.
- Ça n'empêche pas d'être sexy, répliqua-t-elle en se mordant la lèvre inférieure, tout en faisant coulisser délicatement sa ceinture pour ouvrir sa parka. Tu veux que je sois sexy, Castle ?
- Je…. Oui.
La gorge sèche, le cœur palpitant et la respiration saccadée, il l'observait avec une telle intensité que Kate sourit timidement avant de révéler sa tenue.
Affublée d'une robe de princesse verte, elle récupéra une télécommande dans sa poche de manteau et l'enclencha nerveusement. Le mécanisme fit reculer de quelques pas les invités, Castle y compris, face à la surprise de la robe de Kate. Un arceau tomba au bas de ses pieds, et révéla une robe verte des années 40. Elle ressemblait à une vraie princesse avec son regard émeraude et ses cheveux tirés à quatre épingles.
Déglutissant, Castle lui déclara :
- Comment as-tu réussi à enclencher l'arceau ? C'est...extraordinaire!
- Un magicien ne révèle pas ses tours, Mr le sudiste
- Tu es allée chez Drake ! s'exclama-t-il, tout es allée chez Drake!
- Oh, sweety, tu es magnifique….une vraie princesse…mais…tu es déguisée en quoi ? souligna Lanie en observant sa meilleure amie de la tête aux pieds
- Je…
- Pour une légiste, vous n'êtes pas très perspicace, pouffa Castle
- Quoi ?
- Oh, allez Lanie, murmura-t-il désormais intimidé devant son regard. Elle a assorti son costume au mien…c'est Scarlett O'hara !
- Tu as assorti ton costume…au sien….c'est…..mignon, se moqua-t-elle, alors que Kate roulait des yeux et que Rick la contemplait avec émerveillement.
Comment pouvait-elle après toutes ces années le surprendre encore ? Comment arrivait-elle à chambouler son rythme cardiaque d'un simple regard ? Heureux...souriant et amoureux, Rick ne la lâchait pas des yeux.
XXXXXXXXXXXXX
La soirée se déroulait dans la joie et la bonne humeur, après quelques boutades de ses équipiers, Kate avait réussi à se détendre et appréciait désormais cette intermède pendant l'enquête.
Après plus de quatre heures à rire, la fête commençait peu à peu à se calmer et c'est avec une énième salutation de la main que Rick congédia son avant-dernier invité. Souriant, il refermait la porte pour se diriger vers le salon quand il vit Kate revenir, vêtue d'un jean et d'un pull.
- Tu t'es changée ?
- Je n'allais pas prendre un taxi dans cette tenue. L'arceau est quelque peu difficile à réenclencher quand tu le portes sur toi, Mr le sudiste.
- Dommage….. ça t'allait comme un gant
- Hum, l'année prochaine ce serait bien qu'on fasse un truc moins compliqué…pour moi, je veux dire, sourit-elle en enfilant ses chaussures.
- L'année prochaine, répéta-t-il rêveur alors qu'elle ne prêtait pas vraiment attention à sa réplique
- Hum….. tu sais , on pourrait faire …..Starsky et Hutch…ou Tango et Cash
- Tuner et Hootch, répliqua, toujours sur son nuage, Rick, alors que Kate relevait le regard sur lui en souriant
- Maintenant que tu m'en parles, tu me rappelles assez Hootch
- Ah, ah très drôle
Heureuse de sa soirée et de la légèreté avec laquelle ils discutaient, Kate se releva pour tomber sous les effluves de son aftershave mentholé. Inspirant en s'enivrant de cette odeur , elle tomba sur son regard. Déglutissant, elle murmura, en passant une mèche de cheveux derrière son oreille:
- Bon, ben….merci pour la soirée, c'était sympa, Rick.
L'air entre eux était électrique. Kate n'arrivait pas à enlever son regard de ses lèvres alors que Rick déglutissait devant sa beauté. Inspirant pour se donner le courage de partir, elle l'entendit lui murmurer :
- Merci
- Pour ?
- Merci de m'avoir rendu ma fille. Ce temps avec toi à éloigner Godzilla de mon loft. Alors, merci.
- De rien, et arrête de comparer ta fille à un monstre simplement parce qu'elle grandit.
- D'accord, sourit-il amoureusement.
- Bien, je…
- Kate….attends. Je….enfin…..
Il voulait lui demander pardon pour ces dix dernières années, il voulait lui demander de rester, il voulait lui dire qu'il l'aimait, il voulait lui dire tellement de choses qu'il hésitait sur la marche à suivre. S'approchant d'un pas vers elle, il tendit sa main pour prendre la sienne, et chuchota alors que des frissons en envahirent le corps de Beckett à ce simple contact:
- Tu pourrais rester, on pourrait regarder un film ou..
- Rick, je bosse demain. Il se fait tard et….
- Reste avec moi, murmura-t-il
- Quoi? déglutit-elle
- Reste avec moi, Kate., répéta-t-il d'une voix tellement fragile que ça lui rappela ses mots des années auparavant dans ce motel
« -reste avec moi, Rick. Ne me quittes pas.
- Toujours »
Déglutissant devant ces mots qui lui remémoraient tellement de souvenirs douloureux entre eux, elle recula et lâcha sa main comme s'il l'avait brulé. Le cœur tambourinant, elle tomba sur ses yeux emplis de tendresse quand il répéta, avec plus de faiblesse sans comprendre son désarroi:
- Reste avec moi, Kate.
- Je….je…. ne peux pas. Bonne nuit , Castle. A demain.
Et sans un autre mot, elle partit en laissant derrière elle un Castle complètement démuni et le cœur brisé. Les mains tremblantes, les yeux en larmes, il posa son front contre sa porte d'entrée, et il soupira la boule au ventre :
- Pourquoi ça fait si mal de t'aimer?...Pourquoi je ne peux pas m'arrêter de t'aimer?
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Elle avait fui aussi vite qu'elle le pouvait. Elle n'avait même pas pris la peine de stopper un taxi. Ses pas résonnaient dans la nuit noire de New-York, et Kate tentait de garder ses larmes pour elle. Elle avait failli l'embrasser, elle avait failli s'abandonner dans ses bras . Quand il la contemplait avec autant d'amour et de tendresse dans les yeux, son cœur se gonflait un peu plus.
Seulement quand elle l'avait vu s'avancer, elle s'était revue agenouillée contre la porte de ce motel, son corps entièrement nu drapé d'une couverture, et le cœur brisé. Elle avait pu ressentir toute sa peine, tout son désarroi, et elle s'était alors rappelé comme il pouvait lui briser le cœur.
« - Reste avec moi…reste avec moi, Rick
- Toujours »
Effrayée, apeurée, elle avait fui aussi vite que possible. Elle n'était pas prête, elle ne pouvait pas et ne voulait pas revivre pareille souffrance. Malgré le point auquel elle le désirait, elle l'aimait, elle ne pouvait plus se permettre de lui faire confiance avec son cœur.
Les yeux emplis de larmes, elle renifla en passant ses mains dans les poches de son jeans et accéléra le pas jusqu'à son appartement.
Elle ne pouvait pas…elle ne pouvait pas…..pourtant, elle l'aimait tellement.
XXXXXXXX
Le lendemain avait été quelque peu étrange entre eux. Rick était venu en début d'après-midi pour donner un coup de main sur l'enquête , mais il s'était tenu à une distance respectable d'elle. Il n'avait fait aucune allusion à leur fin de soirée, et Kate en était soulagée. Seulement plus les heures passaient, et plus elle le voyait s'éloigner d'elle.
Il évitait de rester seul avec elle, il évitait son regard …..Soupirant, tout en cherchant à arranger les choses sans pour autant discuter réellement de leur problème, elle l'entendit arriver près d'elle et s'installer sur sa chaise pour lui déclarer :
- Tu sais, plus j'y pense , plus je me dis qu'on ne cherche pas où il faut
- Pardon ?
- On est restés trop obnubilés par cette histoire de vampires, et on en a oublié la victime
- C'est exactement ce que je me disais, répliqua-t-elle en lui montrant un dossier, soulagée qu'il ne l'évite plus. Matthew a été élevé par son père et sa nouvelle femme, mais sa mère est morte quand il était petit. A priori, c'était un suicide.
- A priori ?
- Hum, le père de Matthew a toujours nié cette thèse, mais l'examen du légiste ne montrait aucune piste pouvant suggérer un meurtre
- Aucune piste ne veut pas dire : pas de meurtre
- Oui…mais, c'est là que je bloque, soupira Kate. J'y pense depuis hier, mais je n'arrive pas à faire le lien
- Moi, je pense à autre chose depuis hier, ronchonna-t-il, en se levant pour observer le tableau blanc de plus près
Déglutissant devant sa remarque, Kate fermait les yeux en inspirant, quand elle l'entendit lui déclarer dos à elle :
- Peut-être qu'Elisabeth Dryden a été assassinée, et peut-être que le meurtre de son fils est lié
- Oui, mais pourquoi ?
-...
- Je pense qu'on s'égare. On fait des hypothèses sur rien et….
- Janice Freeman
- Pardon ?
- La seconde femme. C'est la seule à qui la mort d'Elisabeth pouvait servir. Mr Freeman a réussi socialement parlant. Il est à la tête d'une belle entreprise. Et si Janice convoitait sa fortune ?
- Quoi ? Alors elle tue sa femme et se marie avec le veuf ? soupira, incrédule, Kate
- Plein de femmes peuvent tuer pour moins que ça, souligna Castle. Meredith serait prête à tuer pour un nouveau sac Armani.
- Je ne sais pas ce qui m'effraie ? Que tu peux avoir autant d'idées à la seconde, ou que tu as perdu foi en la gente féminine ?
- Et bien disons que ces dernières années, j'ai appris à me satisfaire de pas grand chose, avoua-t-il la boule au ventre. Ce dernières heures aussi d'ailleurs… En tout cas, ça se tient….mon histoire, je veux dire.
- Ok….alors pourquoi tuer Matthew ? Elle l'a pratiquement élevé, je ne peux pas imaginer que tu puisses tuer ton propre enfant, réfléchit Kate, en accentuant chacune de ses remarques
- Là où tu as tort, c'est qu'il n'est pas son enfant. Et si Matthew avait découvert la vérité ? Et s'il devenait une menace entre son héritage et elle ?
L'observant du regard quelques secondes, elle soupira avant de se lever pour fermer le dossier qu'elle avait sous les yeux. Prenant son manteau, elle lui murmura :
- J'espère que tu as tort.
- Où vas-tu ? paniqua-t-il en la voyant partir en direction de l'ascenseur
- Fouiller à nouveau l'appartement de Matthew, trouver quelque chose qui réfute ta théorie. Tu viens ou tu restes là ?
- Heu…
- Castle ?
- J'arrive, déclara-t-il, la boule au ventre à l'idée de devoir passer du temps seul à seule avec elle.
Il se sentait désormais mal à l'aise. Depuis son refus plus qu'évident d'hier soir, il ne savait pas trop comment agir avec elle. Avait-elle fui parce qu'elle avait peur ? Parce qu'elle ne lui faisait pas confiance ? Ou simplement parce qu'elle n'avait pas le même genre de sentiments que lui ?
Déboussolé, il avait d'abord décidé de ne pas venir au poste, mais Alexis se préparait pour sa soirée d'Halloween avec Paige sa meilleure amie, et il ne souhaitait pas se morfondre au loft. Il espérait aussi secrètement que Kate lui parle d'hier soir, qu'elle lui explique sa position, mais plus les heures passaient, plus il se disait qu'il était le seul à avoir des sentiments pour elle.
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La théorie de Rick s'était révélée juste. Après avoir fouillé de fond en comble sa chambre d'étudiant, Castle avait eu l'idée d'interroger son meilleur ami d'université. Timidement et craintivement, l'ami de « corbeau » lui avait remis un dossier que son défunt ami lui avait confié. Il pensait qu'il s'agissait simplement de notes sur son prochain roman graphique, et n'avait alors pas jugé bon d'en parler lors de son interrogatoire deux jours plutôt.
Le dossier en main, Kate et Rick étaient rentrés au poste dans un silence accablant. Beckett se demandait comment avouer à un père que son fils est été assassiné par sa propre femme, et Castle, lui, pour une fois regrettait amèrement d'avoir raison.
Installés l'un à côté de l'autre, ils observèrent avec beaucoup de douleur le père de Matthew s'effondrer devant leurs nouvelles :
- Votre fils se rendait au cimetière pour s'y recueillir et déposer des fleurs pour sa mère. Janice a décidé de récupérer les pieux dans la chambre d'étudiant de Matthew afin de faire porter le chapeau à l'entourage de votre fils.
- Elle l'avait élevé pourtant, pleurait le père, complètement désemparé. Comment a-t-elle pu m'enlever ma femme et mon fils ? Comment a-t-elle pu tuer un enfant qu'elle a élevé ?
Déglutissant devant la peine de ce père dont le monde s'écroulait, Beckett perdait ses mots quand Rick la surprit en répondant avec beaucoup d'empathie et de sincérité :
- Votre fils lui rappelait sans cesse ce qu'elle avait fait, et quand il s'en est pris à elle en cherchant la vérité, elle ne l'a plus vu comme son enfant
- Mon fils…..elle m'a enlevé mon fils….et ma femme, s'effondra le père de la victime
- Nous sommes réellement désolés.
Hochant simplement de la tête, sans dire un mot, il se leva et partit, complètement démuni, vers la sortie . Toujours assis l'un à côté de l'autre, Kate soupira et murmura à Rick :
- Merci…..de m'avoir épaulée
- Un équipier est fait pour ça…j'aurais juste aimé avoir tort
- Moi aussi
Baissant la tête, il inspira doucement et lui déclara, pour tenter d'assainir l'air entre eux :
- Pour hier, je suis désolé. Ça ne se reproduira plus.
- Je….quoi ? non, c'est moi qui…..
- Beckett ? les interrompit Ryan
- Oui ?
- On a un meurtre.
- Ok, très bien ….j'arrive, répondit-elle en voyant Rick se lever et enfiler son manteau. Que fais-tu ?
- Je vais rentrer. Je passe mon tour pour ce soir. Alexis va avoir besoin d'un chauffeur d'ici quelques heures alors…. On se voit lundi ?
- Je…..attends, je voulais…
- Beckett ?
- Quoi, encore Ryan !
- Je…..excusez-moi, je dérange ? fit l'irlandais, mal à l'aise
- Non, je rentrais juste . Passez une bonne soirée et un bon dimanche. A lundi tout le monde, soupira Rick en sortant.
Il n'avait guère le cœur d'entendre la femme qu'il aimait lui avouer que ses sentiments n'étaient pas partagés. Il préférait faire profil bas et panser ses blessures à l'abri des regards indiscrets. Les mains dans les poches, le regard au sol, il partit, le cœur en bern,e sous les yeux attristés de Kate.
Elle avait laissé passer sa chance . Elle l'avait blessé sans le vouloir. Elle souhaitait simplement se protéger. Elle avait tellement peur d'avoir à nouveau le cœur brisé qu'elle préférait ne pas perdre son ami cette fois. Ils venaient de se retrouver… elle ne pouvait pas…elle ne voulait pas.
chapitre 21.
Les jours et les semaines avaient défilé sans que ni l'un ni l'autre n'ait osé aborder le sujet qui les troublait.
Rick se tenait à distance respectable de Kate, sans n'oser trop la pousser. Il avait peur de sa réaction et de la faire fuir avec ses sentiments non partagés.
Beckett, elle, tentait d'y voir plus clair. Cette distance qu'il avait instaurée après la fête d'Halloween n'était pas pour lui déplaire. Elle avait besoin de temps pour trier ses sentiments et apaiser ses craintes.
Les soirées entre eux se faisaient de moins en moins fréquentes, ils partageaient un verre à la fin d'une enquête, ils déjeunaient ensemble, mais toujours en présence des gars. Cela faisait plus de cinq semaines,qu'ils évitaient d'un commun accord les tête à tête, au grand dam de Lanie et de leurs proches.
Les seuls rares moments où ils arrivaient à discuter, en dehors des enquêtes, étaient quand Kate venait chercher Alexis pour un après-midi shopping ou une soirée cinéma. En dehors de ça, leur amitié se cantonnait au niveau professionnel.
Castle était déboussolé par la facilité avec laquelle elle avait reculé, et Kate….Kate pensait la même chose de lui. Chacun de leurs cotés ,ils ruminaient en attendant que l'autre fasse le premier pas.
Seulement, les craintes, les peurs de chacun les freinaient au possible, et c'est dans une ambiance étrange qu'ils évoluaient désormais.
Peiné et attristé par la situation , Rick se lamentait sur son sort quand la bonne nouvelle arriva ce matin-là. Son roman Nikki Heat paraissait aujourd'hui dans les kiosques, et les records de vente commençaient déjà à exploser.
Il faut dire que Paula et Gina n'avaient pas lésiné sur la publicité. Depuis des semaines, la couverture de Nikki Heat s'affichait dans tous les coins de rues de New-York, sur chaque autobus ou sur chaque panneau publicitaire. La flic dure à cuire Nikki Heat était sur toutes les langues.
Nikki Heat était, sans contexte, le livre de l'année à ne pas manquer, et les lecteurs étaient au rendez-vous.
C'est donc heureux que Rick se dirigeait vers le bureau de Kate ce matin. Aucune affaire n'était en cours, mais il voulait lui offrir en main propre son roman, et lui demander d'assister ce week-end à la promotion du livre, qui se déroulait trois jours après la mise en vente des romans. C'était une première pour lui, pouvoir assister à ce genre d'évènement avec sa muse, son inspiration près de lui. Il espérait que Kate ne soit pas trop réticente à l'accompagner au vue de leurs dernières échanges entre eux. Il souhaitait aussi aérer un peu l'air entre eux en lui proposant une soirée ou simplement sa compagnie lui suffirait. Une soirée loin du commissariat et de ces enjeux professionnels.
Une main dans une poche, l'autre tenant fermement ce qui serait, sans nul doute, le best-seller de l'année, et le sourire aux lèvres, il se laissa choir sur sa chaise en saluant Beckett :
- Bien le bonjour à toi
- Salut, Rick , sourit-elle ,sans lever ses yeux de sa paperasse.
Elle savait quel jour on était aujourd'hui. Toutes les radios, tous les sites de fans de parlaient que de ça. « Est-ce que Richard Castle serait capable de faire mieux que Derrick Storm ? ». Si elle avait toujours pensé que « oui », elle hésitait aujourd'hui.
Le stress que ce roman, basé sur elle, fasse un flop, parasitait ses pensées. Et s'il la quittait parce que sa vie, son métier , son personnage ne méritaient pas plus qu'un roman ? Et s'il partait sans qu'elle ne puisse avouer ses sentiments ? Et si ces dernières semaines ne soient pas en sa faveur? La sortie de ces livres la stressait à tous les niveaux car elle avait peur de perdre son partenaire...son ami.
L'estomac noué, elle avait attendu sa venue, en espérant que toutes ses peurs n'étaient pas fondées et qu'il pourrait encore rester à ses cotés, le temps qu'elle règle ses problèmes de confiance . Elle inspirait doucement pour calmer ses nerfs quand elle l'entendit lui murmurer avec hésitation:
- Je t'ai apporté un cadeau
- Un cadeau? Pourtant ce n'est pas mon anniversaire, répliqua-t-elle, en se mordant la lèvre inférieure, en découvrant le roman de Nikki Heat sur son bureau. Oh...je..merci.
- Non, ce n'est pas ton anniversaire mais dois-je avoir besoin de cette excuse pour t'offrir un présent ? demanda-t-il nerveusement, en craignant qu'elle ne rejette sa prévenance
- Non, bien sûr que non , le rassura-t-elle en caressant de ses doigts la couverture du livre. Alors ? Comment se déroule la première journée de Nikki Heat dans les librairies ? osa-t-elle demander, la boule au ventre, en le voyant sourire aux anges .
- Nikki cartonne. J'étais sûr que le livre trouverait son public, mais de là à pulvériser les scores de Storm, je suis épaté.
- Tant que ça ? soupira-t-elle, soulagée
- Oui. Je suis de nouveau le maitre du macabre !
- Tu m'en vois ravie, rit-elle devant son soulagement
Souriant , ils s'observèrent quelques secondes avant que Castle ne se racle la gorge et lui demande timidement :
- Alors…..je voulais te demander quelque chose
- Dis-moi, répondit Kate, en prenant soigneusement dans les mains le livre qu'il lui avait offert , sans l'ouvrir pour autant.
A chacune des parutions de livres de Rick, la dédicace lui était indirectement destinée. Un mot, une citation ou un simple souvenir de Castle était noté sur la première page. A chaque fois, elle s'installait confortablement dans son bain, avec une boule au ventre, et inspirait calmement avant de découvrir la dédicace. Elle ne se souvenait pas d'une seule fois où elle n'avait pas fini en larmes, avec un seul désir : l'appeler.
Alors avoir aujourd'hui la primeur de son livre lui gonflait le cœur de reconnaissance, mais en même temps l'intimidait. Elle ne souhaitait pas le vexer en n'ouvrant pas son présent, elle voulait juste sauter dans son bain avec une tonne de mouchoirs et continuer son rituel…..à la seule différence qu'aujourd'hui, elle pouvait se permettre de lui téléphoner.
Relevant le regard, elle vit que Rick l'observait avec beaucoup d'hésitations et d'inquiétude. Fronçant les sourcils, elle passa de son livre à lui avant de lui demander :
- Il y a un souci ?
- Non..non…c'est juste que… la première de Nikki Heat est samedi…..et…..enfin… mon agent, Paula souhaiterait que la muse de l'auteur soit présente. Autrement dit, toi, déglutit-t-il devant son regard indéchiffrable.
Tout d'abord soulagée de l'entendre lui évoquer une simple réception, elle se sentit soudain déçue qu'il ne l'invite simplement que sur recommandation de son agent.
Kate avait loupé toutes les premières de Rick. Et celle-ci…celle-ci était censée être différente. Elle était censée y aller avec le sourire, heureuse d'accompagner son ami, elle n'avait jamais imaginé devoir y aller simplement pour faire plaisir à Paula .
Soupirant, elle allait lui répondre quand son téléphone de bureau retentit. Heureuse de pouvoir gagner quelques minutes, elle décrocha, sous les yeux attentifs de Rick qui attendait encore sa réponse.
- Beckett
- J'aimerais signaler qu'un meurtre a été commis
- Vous avez une adresse, déclara Kate en prenant un stylo et un papier alors que les gars arrivaient près de Rick pour le féliciter pour son livre.
- Non, non , ce ne serait pas drôle, répandit ironiquement la voix au téléphone, ce qui interpella Kate immédiatement.
Relevant le visage, elle fit signe à Ryan d'un claquement de doigt pour lui demander de retracer l'appel, alors que Rick la contemplait complètement intrigué désormais.
- Bon ,d'accord, heu…..vous êtes qui ?
- Un fan
- Parlez moi de ce meurtre
- Eh bien, c'est moi le tueur et c'est tout ce que vous avez besoin savoir
- Allo ? soupira Kate en espérant que le déclic qu'elle venait d'entendre n'était pas la coupure de la ligne
- Entre la 42 et Lex ! s'exclama Ryan alors qu'elle raccrochait.
- La gare de Grand Central, déclara Castle en se levant
- Ok, c'est parti. Ryan et Espo prévenez la scientifique sur la route
- Ok , boss….. Eh Castle ! l'interpella Javier alors qu'il se dirigeait déjà vers l'ascenseur
- Oui ?
- Et nous ? On n'a pas de bouquins ?
- Oh désolé…je ne savais pas que vous saviez lire. Toutes mes excuses, sourit-il, amusé devant leur air renfrogné
- Pour ta gouverne, on lit….mais des romans palpitants….. je voulais juste ton bouquin pour l'offrir à ma grand-mère
- Ta grand-mère ? Sérieux Espo ? riacana-t-il alors que Kate le dépassait. Et puis, si par romans palpitants tu penses à Playboy, je peux te passer certains DVD.
- Ah, ah, mais tu sais…
- Les gars ! Dois-je vous rappeler qu'on a une affaire ? les interrompit, légèrement excédée Kate par leurs chamailleries perpétuelles.
- Non , non, on arrive.
XXXXXXXXXXXXXX
Un homme avait été tué à bout portant, avec un silencieux, de quatre balles selon les premières estimations de Lanie, un crime en plein rush sans aucun témoin et sans laisser de trace .
Agacée, Kate avait passé la majeure partie de sa journée avec Castle, à visionner chaque bande vidéo de la gare, avec l'espoir de trouver un indice, mais en vain.
En fin d'après-midi, ils étaient partis rejoindre la morgue pour le résultat d'autopsie, en espérant avoir une piste sur laquelle travailler plus tard.
- Cause de la mort: multiples blessures par balle, commença la métisse , suivie de près de Rick et Kate. La toxicologie indique qu'il a bu un coktail à la base de gin et de vermouth, une heure avant de mourir, à part ça, il n'y a rien à dire d'intéressant à propos de ce corps
- Alors pourquoi tu voulais nous voir ?
- A vrai dire pour deux choses. Parlons d'abord plaisir avant affaire. Je vous remercie grandement Castle pour l'invitation de samedi soir.
- Oh, vous avez reçu l'invitation ? sourit-il, en ayant oublié la soirée de lancement avec l'affaire
- Oui. J'ai une tenue parfaite pour l'occasion
- Et sinon, côté affaire, ça donne quoi ? les interrompit Kate, en se disant qu'elle avait certainement dû recevoir le même genre d'invitation impersonnelle par la poste
- Oh mais quelle rabat joie. Tu pourrais un peu discuter robe et coiffure, de temps en temps, ça ne te ferait pas de mal
- C'est ce que je lui dis sans arrêt, taquina Castle , les mains dans les poches, toujours en attente de sa réponse.
Il n'avait pas osé lui demander directement de l'accompagner. Il ne voulait pas qu'elle le fuie comme à la soirée d'Halloween. Son refus l'avait énormément refroidi, et il préférait barricader son cœur de peur de le voir se briser une seconde fois.
- Ok, les filles vous pourrez discuter shopping dès que je saurai pourquoi je suis là, claqua Beckett, fatiguée et irritée par l'enquête et par cette soirée de samedi.
- Mais c'est qu'elle pourrait mordre, souligna Lanie en allant près de son microscope. Bon, pour miss rabat-joie, voici la raison de votre venue. Le corps n'est pas intéressant mais les balles ,si. Elles portent un signe distinctif
- C'est quoi ? Le poinçon du fabricant ?
- Non, sourit Lanie, en les invitant à observer de plus près sa trouvaille .
Se rapprochant l'un de l'autre, ils se penchèrent dans une même synchronisation en fermant les yeux. Leurs effluves de parfums respectifs chamboulèrent leurs sens et leur envoyèrent un million de papillons dans le bas ventre. Inspirant pour réfréner leurs palpitations cardiaques, ils sursautèrent devant le rire de Lanie :
- Les yeux fermés vous ne trouverez rien. Vous êtes….mignons
- Lanie !
- Quoi ? sourit la métisse, alors que Rick déclarait en se penchant sur le microscope
- On dirait des lettres….des lettres gravées…elles forment un mot, reprit-il, intrigué, en cherchant du regard une interprétation, alors que Kate les manipulait avec ses gants stériles.
- Hum…..qu'est-ce que ça veut dire
- On dirait un mot….le mot Kinki comme le nom d'une héroïne de manga… plutôt pervers
Roulant des yeux devant sa réplique, Kate soupira et manipula une seconde fois les balles, avant de comprendre le sens du mot. Déglutissant, elle les remit dans le bon ordre en murmurant :
- Non…..c'est Nikki….Nikki Heat, c'est pour ça qu'il m'a appelée, qu'il a dit que c'était un fan
- Mais le roman n'est sorti que ce matin
- Mais la publicité sur le livre a commencé il y a des semaines.
- Oh…merde, déglutit Rick en observant Kate, puis les balles , la boule au ventre
- Il dédicace son meurtre à ton héroïne
- Il sait que c'est un personnage de fiction, ou il croit avoir affaire à la véritable personne ? s'inquiéta Lanie
- Etant donné que ce personnage a été inspiré de Beckett, peut-être qu'il confond les deux, déglutit Castle
- Hum ….on doit retourner au poste en informer le capitaine, et voir si les gars ont avancé dans l'enquête. Merci Lanie, pour le compte rendu
- De rien…. eh, Kate !
- Oui ?
- Fais attention, d'accord
- Bien sûr, sourit-elle pour donner le change, alors que Rick la suivait, le visage blême.
De retour dans la voiture, elle actionnait sa ceinture de sécurité quand Castle lui chuchota, dépité:
- Je suis désolé
- Quoi ? Pourquoi ?
- Tout ceci est ma faute, je t'ai mise devant les projecteurs avec ce livre, et maintenant…
- Ce n'est pas ta faute si un cinglé a décidé de tuer en se basant sur ton livre. Le seul responsable est l'auteur de ce meurtre, et je compte bien l'arrêter , pas toi ?
- Si… mais…
- Tout va bien se passer, et puis , je….
Sa conversation s'interrompit devant la sonnerie de son téléphone. Soupirant, elle décrocha en entendant Ryan lui signifier que, sur l'autre ligne , il avait un homme qui réclamait le lieutenant Heat. Déglutissant, elle posa son cellulaire en le mettant sur haut-parleur , tout en demandant à son collègue de transférer l'appel .
- Beckett
- Nikki, vous avez eu la première partie de mon message ?
- Oui, je l'ai trouvée, répondit Kate, concentrée, sans lâcher des yeux Rick
- Bon, vous trouverez la seconde partie aux manèges de Central Park…..et passez le bonjour à Rook, termina-t-il en raccrochant, sous le regard apeuré de Castle
- Kate….
- Ok…préviens les gars, on bouge, soupira-t-elle, en allumant la sirène sur le toit de la Crown Victoria, et en s'élançant dans la foule New-Yorkaise.
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- Même mode opératoire, on lui a tiré dessus à plusieurs reprises avec un 45. Le côté gauche de la victime porte des traces de contusions, ce qui m'amène à penser qu'on lui a enfoncé l'arme dans les côtes, et tout porte à croire que notre tueur est gaucher , murmura, inquiète, Lanie en sortant quatre nouvelles balles de la seconde victime
- Qu'est-ce que ça dit ? déglutit Kate, avec Rick sur ses talons
- Et on y a gravé des lettres comme sur les premières, « S.E.R.A. »
- Il nous adresse un message, Nikki sera…
- Quoi ? Nikki sera quoi ? s'angoissa Rick, en cherchant des les yeux de tout le monde une réponse pouvant calmer son stress. Nikki sera quoi ?
- Allez viens, Castle, on va voir le voisinage, soupira Kate, en tentant de cacher l'angoisse qui la rongeait elle aussi.
- Kate, Nikki sera quoi ?
- Je ne sais pas
- Je n'aurais jamais dû écrire ce roman
- Arrête donc avec ça. On a déjà eu cette discussion.
- Oui mais …
- Mais rien ! écoute, fit-elle sur un ton plus posé, en s'apercevant qu'il blêmissait. Des tarés, il y en a de partout. Regarde, Les Beatles auraient dû se sentir responsables quand Charles Manson a tué à cause de leur chanson « Helter Skelter », ou bien Jodie Foster quand un fan a tiré sur Reagan pour l'impressionner ?
- Mais si je n'avais pas créé Nikki Heat…
- Il aurait quand même tué. Il aurait juste trouvé une autre raison pour le faire !
Déglutissant en hochant de la tête, il se gratta la nuque en tentant de soulager ses nerfs quand il fut intrigué par la venue de quatre SUV noirs arriver, sirènes hurlantes et vitres teintées.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Castle, intrigué
- Les ennuis, soupira Kate en suivant son regard
-Les ennuis ont démarré ce matin, rétorqua-t-il en voyant une femme sortir en brandissant un badge, suivie d'hommes en costumes-cravate.
- Reculez, laissez passer, vous encombrez le passage !
- Ok, soit les OVNIs viennent de démarquer et je serais déçu d'avoir raté cet évènement majeur
- Soit le FBI vient nous retirer l'affaire, conclut Kate, en ne lâchant pas des yeux l'agent qui venait vers elle.
Elle était de taille moyenne, blonde, d'environ trente cinq-quarante ans, et elle sentait le fédéral à des kilomètres. Sentant que le vent allait tourner pour elle, Kate préféra attaquer d'entrée de jeu, en espérant rester en course sur l'enquête :
- Nikki Heat , je présume
- Lieutenant Beckett, pour être exacte
- Vous êtes plus vêtue que sur les autobus qui circulent à Washington
- Le détective Beckett s'apprête pour les grandes occasions. Alors, le FBI a envie de faire un tour de manège ? s'amusa Rick, ce qui fit rouler des yeux Kate
- Et vous, vous devez être Richard Castle, son écrivain pot de colle. Je suis l'agent Jordan Shaw, déclara-t-elle en souriant, tout en leur tendant la main pour les salutations de bienvenue
- Jordan Shaw, celle qui a résolu l'affaire de l'étrangleur de la vallée de l'Hudson en 1991 ? s'exclama, désormais impressionné, Rick
- Je suis encore meilleure au jeu des 7 familles, et maintenant , allons voir le corps puisqu'on n'a plus de secrets l'un pour l'autre !
- Désolée, agent Shaw, mais mon équipe a déjà sécurisé toute la zone, la police scientifique examine la scène de crime et nous interrogeons les témoins. C'est toujours un bonheur de voir la cavalerie arriver, mais le travail est déjà fait ! l'interrompit dans son élan Beckett, qui n'aimait guère le regard que Castle lui réservait désormais
- Lieutenant, j'ai été envoyée par les Dieux de l'Olympe pour attraper le tueur, ce que je ferai avec ou sans votre aide, c'est clair ? Alors je peux voir le corps maintenant ?
- Ah j'adore, c'est sûr ce sera dans le prochain roman! Vous me redites la phrase avec les Dieux de l'Olympe ? s'extasia Castle en prenant son calepin en main, alors que Jordan partait en direction du corps et que Kate le fusillait du regard
- Quoi ?
- Rien, Mr le dieu de l'Olympe ! cracha-t-elle en partant rejoindre sa voiture
XXXXXXXXX
Elle était rentrée au poste dans un mutisme sans nom. Castle n'avait eu de cesse de lui narrer les exploits de cette Jordan Shaw . Il l'avait même nommée "la Beckett des fédéraux". Agacée par l'émerveillement avec lequel il parlait d'elle, Kate n'avait plus pipé mot.
Cette enquête l'agaçait car toutes les victimes n'avaient, semblait-il, aucun lien, que le tueur se jouait d'elle et que, par-dessus tout, elle avait l'impression de perdre son partenaire. Il semblait fasciner par cette femme du FBI, par tous leurs gadgets et qu'elle se sentait toujours vexer d'avoir été inviter à sa soirée de promotion seulement en tant que muse et non amie.
Elle culpabilisait de ne pas avoir expliqué son rejet à la soirée d'Halloween. Elle aurait dû lui expliquer qu'elle ne se sentait pas prête pour une relation avec lui mais, en même temps , elle ne pouvait pas lui demander d'attendre, et c'est ce qui l'agaçait le plus. Elle ne voulait pas être avec lui, elle ne pouvait plus se permettre d'exposer son cœur aec lui, mais elle ne supportait pas qu'il pose les yeux sur quelqu'un d'autre.
Elle n'était pourtant pas ce genre de personne égoïste, elle ne comprenait plus ses choix et ses sentiments.
Fulminant contre elle-même, elle entrait dans le commissariat avec un Castle toujours aussi volubile, quand elle se stoppa devant l'arsenal de technologie que le FBI commençait à installer dans la salle de conférence. Grinçant des dents, elle entendit Rick s'extasier :
- C'est quoi, une invasion ?
- Ils installent leur centre d'opérations
- Oh carrément ! Allez viens, on va voir !
Roulant de yeux, elle le vit s'engouffrer dans la salle et demander à Jordan, avec des étoiles dans les yeux ;
- C'est un tableau digital !
- C'est une matrice. Elle nous permet de traiter les donner plus rapidement.
- Regarde, Beckett, c'est ton tableau blanc en beaucoup plus cool !
- C'est aussi une machine qui mâche tout le boulot, rumina-t-elle en croisant ses bras, ce qui fit sourire l'agent Shaw qui n'était pas dupe sur les agissements de Kate envers Castle.
Si l'agent Jordan Shaw était aussi connue dans son métier s'était parce qu'elle se trouvait être la plus jeune profileuse fédérale. Son travail et son dévouement n'étaient plus à prouver et son expérience professionnelle parlait pour elle. Observant ce duo, elle sourit en voyant l'agacement de Beckett culminer devant la réplique de Castle:
- Apparemment, il trouve des liens que nous n'avions pas trouvés. Les deux victimes appartiennent au même club de gym, ont des cartes du museum d'art moderne et ils ont tous les deux fait appel à la SPA pour adopter leurs chiens.
- Rien que nous n'aurions pas trouver d'ici quelques heures
- Mais c'est plus rapide et moins ennuyeux, rétorqua Castle, fasciné, sans se rendre compte de l'agacement de Kate
- Le lieutenant Beckett a raison. Cette technologie nous mâche le travail, mais elle n'a pas l'intelligence humaine. Or il faut un cerveau humain pour en traquer un autre . Regardez notre tueur, expliqua-t-elle en se servant de son tableau. Il appelle la police pour signaler son propre crime, il tue dans des lieux publics et il se sert de ses balles pour faire passer des messages. D'habitude, les psychopathes savent à peine nouer leurs lacets, celui-là est différent, il est plus malin.
- C'est pas rassurant comme explication, rumina Rick, en pensant aux mots des balles.
- On dirait que vous l'admirez, fit, curieuse, Kate en s'approchant
- Oui, comme Quint dans les dents de la mer qui admire le requin qu'il doit chasser. Mieux je le connaitrai, mieux je serai à même de le coincer…..Je pense que ce qui l'a attiré vers Nikki Heat , c'est son nom. S'adressant à ses hommes: D'ailleurs en parlant du lieutenant Heat, voici une dizaine d'exemplaires de Vague de Chaleur, je veux que chacun d'entre vous connaissent les lignes de ce roman, ça pourrait nous servir.
- C'est vous qui avez fait exploser les scores de vente, plaisanta Rick, alors qu'un agent afro-américain sortait une note de sa poche.
- Agent Avery , l'histoire en bref, sourit Shaw
- C'est du spoiler ! Le livre vient tout juste de sortir !
- Si notre tueur est obsédé par Nikki , on doit savoir pourquoi, argumenta Jordan, avant de faire signe à Avery de continuer.
Dans un coin de la salle, le sourire aux lèvres, Kate observait Castle blêmir devant ce qu'il se passait . Il avait toujours détesté qu'on lui donne l'histoire d'un roman s'il ne l'avait pas lu. Il disait que c'était contre la nature littéraire, alors le voir ainsi, beaucoup moins réjoui devant les méthodes de Shaw, adoucit Beckett pour quelques secondes.
- Un magnat de l'immobilier est tué, le lieutenant Heat mène l'enquête et découvre que plusieurs personnes voulaient sa mort. Sa veuve était, bien sûr, beaucoup plus jeune que lui et vénale. De dangereux malfrats…
- Excusez-moi, mais c'est le prochain best-seller de cette année, ne vous sentez pas obligés de le faire paraître aussi mauvais, merci ! grogna Rick devant le ton monocorde de l'agent
- Un journaliste du nom de Jameson Rook vient compliquer la vie de Nikki Heat, en la suivant comme son ombre pour écrire un article. Nikki Heat et Jameson Rook passent leur temps à se disputer, mais dans le chapitre 7, ils s'avouent être attirés l'un par l'autre… et couchent ensemble ! Ils vont ensuite….
- Ils font quoi ! s'exclama, outrée, Kate, qui découvrait le roman comme les autres
- Ils couchent ensemble, sourit Jordan, amusée par la situation . A la page 105 pour être exacte. D'ailleurs c'est bizarre mais ce Rook et cette Nikki me font penser un peu à vous.
- Vous avez lu le roman, reprit Rick, tout fier
- Oui. Je ne suis pas fan de romans policiers, mais pour les besoins de l'enquête , je l'ai lu en venant ici. La scène de sexe est absolument torride, et si bien décrite qu'on se demanderait même si elle ne sort pas de la réalité.
- Eh bien à vrai dire…..
- C'est de la fiction ! le coupa Kate, encore plus agacée. Un pur roman de fiction basé sur l'imagination débordante de Castle !
- Je… oui…..sur mon imagination, toussota, mal à l'aise, Rick devant le regard noir de son amie.
- Fiction ou pas, ils font des étincelles ensemble, insinua Jordan en les observant tous les deux, avant de retourner à Avery. Allez-y , continuez.
Toujours le regard fixé sur Rick , Kate n'en croyait toujours pas ses oreilles. Il avait écrit une scène de sexe sur elle et lui…enfin sur son personnage basé sur elle et…..lui. Elle se sentait désabusée et trahie. Comment avait-il pu mettre sur papier, à la vue de tous, ce qu'ils avaient partagé cette nuit-là? Comment avait-il pu lui faire une chose pareille ?
C'était leur nuit à tous les deux et même si elle avait finie de la pire des manières, Kate ne pouvait pas penser à cette nuit avec nostalgie. C'était leur nuit à tous les deux...leur seul et unique nuit et il venait de l'exposer à les yeux de tous pour ce bouquin!
Se mordant la lèvre inférieure en le fusillant du regard, elle le vit s'approcher craintivement d'elle. Il sentait qu'elle était prête à l'abattre d'une balle entre les deux yeux à cet instant . Il avait pensé depuis plusieurs jours à lui révéler cette partie du livre, il ne voulait pas qu'elle pense qu'il se servait d'elle ou de ce qu'ils avaient partagé pour ce roman. Seulement plus les jours passaient et plus il redoutait sa réaction. Finalement, il avait pensé qu'elle devrait se faire sa propre interprétation. Après tout, rien dans ce livre était la vérité, rien dans ces quelques pages étaient à la hauteur de ce qu'ils avaient pu partager des années auparavant.
Déglutissant devant son regard noir, il lui chuchota en espérant que personne d'autre n'écoute :
- Rien de ce qui s'est passé il y a dix ans n'est dans ce roman
- Comment as-tu pu….
-Rien de ce qui s'est passé il y a dix ans n'est dans ce roman. Rien, Kate, répéta-t-il pour qu'elle comprenne ses mots .
Inspirant lentement devant la détermination dans son regard, elle hocha simplement de la tête en tentant de garder ses larmes pour elle, quand il ajouta :
- Fais moi confiance. Ce qu'il se passe dans cette page 105 n'a rien à voir avec nous deux.
Déglutissant, elle sortie de sa torpeur qu'elle entendit ensuite Avery terminer son compte rendu , l'air de rien:
- On finit ensuite par découvrir que le tuer est…
- Oh, oh, oh ! on ne révèle pas l'intrigue ! s'indigna Castle, en partant prendre la note des mains de l'agent .
- Par respect pour Monsieur Castle et sa sensibilité artistique, vous lirez tous le livre pour découvrir l'identité du tueur ! s'amusa Jordan, alors que les agents ruminaient dans leurs coins. Des questions.
- Non
- Bien, alors tous au boulot!
Sortant de la salle de conférence pour prendre l'air, Kate fut arrêtée par la main ferme de Castle sur son avant bras. Se retournant , elle le vit déglutir et murmurer :
- Tu m'en veux ?
- Pourquoi ? Pour avoir étalé notre vie privée devant toute l'Amérique ?
- Ce roman n'est que de la fiction. Notre histoire…notre histoire ne tiendrait pas dans un seul tome.
- Castle, soupira-t-elle, tiraillée par ses sentiments et par ses mots.
- La scène de sexe sort de mon imagination, ok... Et… Nikki et Rook ne se connaissaient pas enfants. Ils n'ont jamais été amis . Kate…..Nikki est peut-être basée sur toi, mais elle n'est pas toi…ils ne sont pas nous. Et je veux que tu saches que tu peux me faire confiance. Ce qui se passe entre nous, ce qui se dit entre nous, ne finira pas dans un livre.
- Même cette nuit-là à l'hôtel ? chuchota-t-elle, mal à l'aise
- Surtout cette nuit-là, pour qui me prends-tu? ...…c'était notre nuit. Notre jardin secret. Elle ne concerne que toi et moi...personne d'autre.
- Ok…ok, déglutit-elle difficilement, en le regardant l'observer avec tant de tendresse et d'amour à cet instant que son ventre se noua.
Culpabilisant par ses réactions ses derniers temps et par son manque d'explication alors qu'il faisait tout pour ne pas la pousser et la mettre à l'aise, Kate baissa le regard et lui chuchota hésitante:
- Castle , je suis désolée pour la soirée d'Halloween.
- C'est bon, je t'ai déjà dit que je comprenais, répliqua-t-il, en perdant son sourire et en baissant le regard en se méprenant sur ses excuses.
- Non, je veux que tu saches que….si j'ai mis fin à notre moment...c'est parce que je ne suis pas prête.
- Pas prête ?
- Pour le genre de relation que tu souhaites, murmura-t-elle, gênée, alors qu'elle avait désormais toute son attention. Ou que tu espères avoir. On n'est plus Rick et Kate, on ne peut pas reprendre là ou on s'est arrêté , il y a dix ans.
- Pourquoi pas? murmura-t-il timidement
- Parce qu'on est plus les mêmes personnes. Je ne suis plus cette jeune fille naive et insouciante et tu es...tu es Rick Castle, auteur à succès et père de famille. On n'est plus les mêmes personnes.
- Kate, tu..
- On a un résultat ! sur le sac à main de la seconde victime se trouve l'empreinte du petit doigt d'un certain Donald Salt. Deux fois condamné pour homicide involontaire et mis en liberté conditionnelle en 2005. Elle correspond à l'une des empreintes d'auriculaire partiellement effacées, que leur équipe a trouvées à la gare de Grand Central ! s'exclama Avery, alors que Shaw passait devant eux en sortant de la salle de conférence
- On fonce , je veux toutes les équipes derrière moi ! Castle, Beckett avec moi!
Allez me revoilà. Ce double épisode va me permettre de rapprocher notre duo. A partir de là, je ne vais plus suivre les épisodes forcément dans l'ordre . On est en saison 2...il va falloir avancer pour eux deux non? et je risque de vous surprendre sur le tournant de l'histoire lol.
Alors prêt pour la suite?
CHAPITRE 22
Assise dans le SUV de l'agent Jordan Shaw , Kate écoutait attentivement le nom du suspect ainsi que les antécédents de ce dernier que sa comparse lui notifiait pendant que Rick s'amusait à l'arrière avec tous les objets du FBI qu'il trouvait sous la main .
Deux sentiments animaient à cet instant Beckett, l'énervement et l'espoir. L'énervement d'avoir encore une fois été interrompue pendant une conversation importante avec Castle, et l'espoir…l'espoir que cette enquête se terminerait vite avec ce suspect, et qu'elle pourrait enfin trouver le temps et le courage de s'expliquer avec son meilleur ami.
Depuis la soirée d'Halloween , elle avait fui pour pouvoir faire le point sur ses sentiments et sur ses désirs, et finalement , elle se rendait compte que c'était stupide. Elle l'aimait, elle le savait, elle l'avait toujours su. Il avait été et serait toujours son « seul et unique », mais la blessure qu'il avait infligée à son cœur après ce premier matin ensemble ne pouvait pas s'effacer comme ça.
Finalement , elle avait juste besoin de temps pour lui pardonner, pour apprendre à le connaître à nouveau. Elle avait besoin d'être aux côtés de lui en tant qu'amie avant d'espérer, peut-être, autre chose. Elle espérait juste qu'il lui offre ce temps qu'elle désirait tant. Perdue dans ses pensées, elle en fut sortie avec la voix de Jordan qui lui faisait un débriefing :
- Donald Sault, deux fois condamné pour homicide involontaire et mis en liberté conditionnelle en 2016. Son empreinte correspond à l'une de celles trouvées par votre équipe à la gare de Grand Central
- Une empreinte de Sault, sur chaque lieu du crime, je pense qu'on le tient, non ?
- Certainement, mais je préfère ne pas trop m'avancer dans ce genre de situation, acquiesça Jordan, en observant un immeuble en face d'elle. Sault habite ici, d'après son employeur, il a quitté son travail il y a une heure. Il devrait être chez lui, on attend les autres et on va le cueillir.
- Très bien , soupira Kate, qui avait hâte que cette affaire se termine.
Souriant devant son empressement flagrant à mettre cette histoire derrière elle, Jordan se retourna pour regarder Rick s'amuser avec des jumelles thermiques.
- Il fait quoi, là ? demanda-t-elle à Beckett
- Il…..il touche à tout
- Des lunettes à vision infrarouge . Ce n'est pas le dernier modèle celui-là , observa Castle, en regardant Jordan curieusement.
- Quoi ?
- Rien….je….Et si dans mon prochain roman, Nikki Heat travaillerait avec une profileuse du FBI, très séduisante et parfaitement insensible, ça s'appellerait des femmes de sang froid. …Peut-être pas, non, déglutit-il devant les regards de Jordan et de Kate qui en disaient long sur ce qu'elles en pensaient.
Roulant des yeux devant son imagination, Kate se ré-installait convenablement sur son siège, en observant l'immeuble où Sault logeait , quand Jordan lui demanda, intriguée :
- Et vous couchez ensemble depuis combien de temps ?
- Quoi ? …non ! fit-elle, rouge de honte et prise au dépourvu par sa question. On ne couche pas ensemble, il ne fait que m'observer
- Oh oui, j'ai vu comment il vous observait, la taquina l'agent Shaw, alors que Castle sentit les yeux de Kate dériver vers lui
- Non, elle a raison. On ne couche pas ensemble. C'est même la relation la moins sexuelle que je n'ai jamais eue , à part avec ma seconde femme, assura-t-il, mal à l'aise.
- Je suis profileuse depuis longtemps, je n'ai pas l'habitude de me tromper
- Oh, oui ? Eh bien , cette fois vous avez tort. On ne couche pas ensemble.
- Vous n'arrêtez pas de le répéter. « on ne couche pas ensemble »…ce qui signifie « on ne couche plus ensemble ». Alors ? à quand remonte votre dernière danse horizontale ?
- Je…En quoi cela est-il pertinent à cet instant ? déglutit Kate, devant son insistance et son expertise
- On va faire équipe, et s'il existe un règlement pour éviter les coucheries entre collègues, c'est pour une bonne raison. Sur la ligne de feu, votre jugement ne doit pas être corrompu par vos sentiments.
- Euh…..techniquement, je ne travaille pas pour le 12ème, je suis consultant, alors on n'est pas vraiment collègues, se justifia Rick
- Et voilà, il l'a confirmé. Alors depuis combien de temps ?
- Castle ! fulmina Beckett, alors qu'il se grattait la nuque en l'observant, pantois
- Il n'y a rien à dire entre nous. Et je peux vous assurer que sur la ligne de feu, Beckett aura toute sa lucidité. Vous ne craignez absolument rien, agent Shaw.
Levant les yeux devant la réponse de Castle, Jordan observa quelques secondes Kate, et lui demanda :
- Si vous ne couchez plus ensemble, pourquoi le gardez-vous entre vos pattes ?
-...
- Vous avez toujours des sentiments pour lui ? enchaina-t-elle sans lui laisser le temps de formuler une réponse
- Croyez-le ou non, mais il peut s'avérer utile par moment, éluda Kate, alors que Rick était tout ouïe devant sa réponse.
- Utile, hein ? je vois, sourit-elle
- Pas de cette manière là!
- D'accord, si c'est vous qui le dites, abdiqua Jordan, qui n'était pas dupe devant le duo.
Elle était la plus jeune femme profileur au sein du FBI, elle était reconnue pour son expertise et son professionnalisme , elle ne se trompait que rarement. Alors les voir tous les deux nier l'évidence qu'elle avait sous les yeux, l'intriguait et l'amusait tout autant. Elle était aussi curieuse de voir ce duo en action. Le lieutenant Beckett semblait tellement sérieuse et distante, à contrario de son acolyte, que le profileur, qui sommeillait en elle, ne pouvait qu'avoir envie d'observer et étudier.
- Je peux être utile de cette façon là aussi
- Castle! siffla Kate
- Quoi? Je propose , tu disposes c'est tout, enfin, je dis ça comme ça moi , rit-il de son embarras alors que Jordan en faisait autant.
XXXXXXXXXXX
L'arrivée de quatre SUV noirs derrière eux stoppa la discussion, au grand soulagement de Beckett qui n'aimait guère discuter de sa vie privée avec une parfaite inconnue . Sortant de la voiture, elle observait Jordan donner les dernières directives de l'assaut à ses hommes, quand Rick sortit du véhicule derrière elle en lui disant :
- Je devrais peut-être avoir un gilet pare-balles , non ?
- Eh bien, techniquement tu ne bosses pas pour le NYPD….tu n'es que consultant, donc en tant que tel , tu devrais rester dans cette voiture.
- Oh allez, tu sais que je cherchais un moyen de dévier la discussion, tenta Rick devant son regard sceptique
- Détourner la discussion de quoi ?... La police de New-York a une politique stricte en ce qui concerne les coucheries entre collègues
- Oh, oh, s'exclama-t-il, tout sourire, en la contemplant amoureusement attacher son gilet pare-balles
- Quoi ?
- Cette phrase me dit deux choses. La première c'est que la Rebel Beck's que je connaissais n'aurait jamais agi en fonction d'un règlement
- Et la seconde chose ? s'impatienta-t-elle, alors que Shaw revenait avec ses hommes
- Tu y as pensé, tu l'as envisagé…nous deux….., expliqua-t-il, en les montrant du doigt. "Des coucheries entre collègues"
- N'importe quoi
- Qui m'a dit, lors de notre première enquête, qu'un coupable n'a pas besoin d'étayer une explication s'il n'est pas coupable? Tu cherches une excuse. Alors lieutenant Beckett, on réfléchit à me voir bibliquement, une nouvelle fois ?
- Je….
- Et franchement, tu penses vraiment que ton règlement m'empêcherait d'être avec toi ?
- Je crois que tu prends tes rêves pour des réalités, siffla-t-elle, excédée qu'il ait raison
- Tu as raison, sourit Rick, les mains dans les poches, et heureux de savoir qu'elle imaginait un avenir entre eux .
Ces dernières semaines avaient été difficiles pour lui . Il la voyait s'éloigner de plus en plus chaque jour, et il avait peur de l'avoir effrayée à nouveau. Ils venaient tout juste de renouer leurs liens, et il ne voulait pas que ses sentiments la fassent fuir une nouvelle fois. Souriant , en l'observant gênée et rougissante, il la contempla quelques secondes, puis elle lui demanda, en vérifiant son glock :
- Merci….mais heu…j'ai raison , à quel propos ?
- Au sujet de prendre mes rêves pour des réalités. Tu es mon rêve…..tu l'as toujours été, avoua Castle, la boule au ventre, en la voyant lever ses yeux sur lui et ouvrir la bouche, d'embarras, et la refermer .
Complètement prise au dépourvu par sa déclaration, Kate resta figée, en cherchant quoi lui répondre. Elle ne s'attendait pas à pareil propos après des semaines à s'éviter, et surtout à quelques minutes de donner l'assaut . Comment cette simple discussion avait terminé par une déclaration sans équivoque de son partenaire ? Perdue, le cœur tambourinant , elle releva les yeux pour le voir la contempler avec ses jolis yeux bleus, et un sourire timide sur le visage.
Il semblait si incertain et si…peu sûr de lui, qu'elle pouvait revoir le Rick Rodgers de son enfance. Elle revoyait son meilleur ami. Le jeune homme timide, gentil, qui faisait toujours passer son bonheur avant le sien. Il semblait si peu sûr de lui que Kate sourit, en lui murmurant :
- Tu devrais rentrer dans la voiture, Don Juan
- Kate...
- Pas maintenant…s'il te plait, ajouta-t-elle devant sa mine de chien battu. C'est…pas maintenant, Rick.
Elle ne souhaitait pas le blesser, mais elle ne voulait pas non plus avoir ce genre de discussion devant une escorte du FBI, à quelques secondes d'une arrestation.
Prenant son glock en main, en tentant de ne pas se perdre dans son regard, elle l'entendit lui chuchoter avant de rentrer dans la voiture :
- Fais attention à toi.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
L'arrestation de Sault n'avait pas abouti à la fin de l'enquête, elle n'avait fait que soulever encore plus de questions. Le véritable tueur avait simplement payé le suspect avec une forte somme d'argent pour obtenir son auriculaire.
Si l'énonciation de l'alibi de Sault avait paru farfelu pour Kate, elle blêmit en se rendant compte que le pansement de Sault conduisait à une nouvelle piste .
La journée s'était alors accélérée. Castle et Beckett n'avaient pas eu une minute à eux, et leurs efforts avaient finalement été vains car le meurtrier avait à nouveau frappé.
Seulement cette fois-ci, il avait changé son mode opératoire. Là où gisait habituellement une victime, se trouvait simplement une mare de sang pouvant simplement indiquer qu'un meurtre avait eu lieu.
Dépitée et frustrée, Beckett avait été gracieusement congédiée de l'enquête, le temps d'une soirée, par l'agent Shaw. Les équipes du FBI cherchaient actuellement dans toutes les bandes vidéo du parking où la victime avait été tuée, si un indice leur permettrait de remonter vers l'assassin. En attendant, Jordan n'avait laissé aucune échappatoire à Kate . Elle devait rentrer et se reposer. Elle devait également rester sous bonne garde, avec une équipe affectée à sa sécurité devant son immeuble.
Contrariée par l'enquête et par l'attitude hautaine de Jordan, Beckett faisait les cents pas chez elle, le dossier de l'enquête dans ses mains, en tentant de trouver la faille qui leur permettrait de mettre fin à tous ces meurtres.
Ruminant d'exaspération et de fatigue , elle se stoppa net face aux grincements de bois devant sa porte, sur son pallier. Alerte et un brin anxieuse, elle attendit quelques secondes avant de réentendre le même son. Posant son dossier délicatement sur la table basse, elle se rapprocha à petits pas de sa porte d'entrée, en prenant en main son glock.
Inspirant calmement, elle mit la main sur la poignée, avant de compter mentalement jusqu'à trois.
A la fin de son décompte, elle ouvrit brutalement la porte, tenant en joue le nuisible qui tourmentait ses nerfs, avant d'entendre un hurlement de peur :
- Ah !
- Rick ! soupira-t-elle en observant son meilleur ami , une bouteille de vin rouge à la main, avec un air terrifié
- Kate !
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- Heu….du vin ? déglutit-il, peu sûr de lui désormais.
Il tournait comme un lion en cage depuis son retour de la scène de crime. Malgré les sourires de sa fille , Rick sentait son estomac se nouer au fur et à mesure des minutes. Un malade visait Kate…..un psychopathe…et elle se trouvait seule dans son appartement ….
Déglutissant en observant l'heure tourner, il trouva finalement un soulagement à son stress quand sa mère daigna enfin rentrer pour assurer la relève avec Alexis. Après un dernier baiser à sa fille, en lui promettant d'être plus présent le lendemain soir, Castle s'était dirigé vers l'appartement de Kate.
Mais plus ses pas le rapprochaient d'elle , plus il angoissait. Il était terrifié par sa réaction, anxieux à l'idée de découvrir dans ces conditions son appartement pour la première fois, et …apeuré à l'idée d'arriver peut-être trop tard.
Après une énième hésitation, il s'était arrêté chez un caviste non loin de chez elle, en espérant l'amadouer avec une bonne bouteille de rouge.
Son anxiété ne le quitta pas et finit par culminer quand elle ouvrit la porte de son appartement, le revolver en main et pointé sur lui. Déglutissant devant son regard, il lui tendit sa bouteille de vin en balbutiant :
- Je peux…rentrer ?
- Je….. oui, soupira-t-elle en baissant son arme, pour ouvrir ensuite un peu plus grand sa porte d'entrée. Entre!
- Merci
Doucement, il entra dans l'appartement de Beckett. Ses yeux observèrent chaque recoin pour en mémoriser tous les détails. Etre ici était étrange pour lui, surtout dans ces conditions. Il avait toujours espéré qu'un jour elle lui proposerait une soirée DVD, ou une discussion devant un plat à emporter, pour simplement lui faire découvrir son espace. Il n'avait jamais envisagé devoir venir chez elle, à l'improviste, simplement pour soulager ses maux.
Curieux et intrigué, il contemplait chaque recoin quand il l'entendit lui demander, sur un ton amusé:
- Tu veux peut-être une visite ?
- Oh, je…..oui…. en fait, j'aimerais beaucoup
- Tu plaisantes, là ?
- Non. J'aimerais beaucoup découvrir ton chez toi, sourit-il, en tombant sur sa bibliothèque pleine de ses livres
- Il n'y a rien d'extraordinaire. Tu es dans la pièce principale, sur ta gauche se trouve la cuisine, et dans le couloir du fond, il y a ma chambre et ….. Castle ! l'interpella-t-elle en le voyant partir à la découverte de son appartement.
Heureux et amusé, il déambula dans le couloir, découvrant la salle de bain avec une baignoire en fonte et un lave main, des toilettes séparées, et une porte close. Intrigué , il lui demanda, en la voyant apparaître à ses côtés dans son legging noir et son tee-shirt violet :
- Tu n'as qu'une chambre ?
- Oui, c'est bien assez suffisant pour une seule personne, rumina-t-elle
- Je peux ?
- Quoi ? …non ! répliqua-t-elle, en le voyant pointer du doigt sa chambre à coucher
- Tu fais une piètre visite si je ne peux pas accéder à toutes les pièces
- Oui, et bien certaines pièces sont privées !
- Ok, là tu attises ma curiosité, la taquina Rick. Qu'est-ce que tu caches dans ta chambre à coucher? Des menottes? Des jouets sexy ou toute la collection de...
- Castle !
- Oui ? sourit-il, tout heureux
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Ici, chez toi ? Ou ici …..près de ta chambre ?
Devant le regard qu'elle lui lança, il effaça son sourire, et leva les mains en l'air en signe de reddition, en lui déclarant sérieusement :
- Que sont devenus les hommes assurant ta sécurité ? Je ne les ai pas vus en venant.
- Je les ai renvoyé quand je suis arrivée, répondit-elle, alors qu'il soupirait devant sa réponse. Quoi ? Les fenêtres sont fermées, la porte est fermée, je suis armée.
- Armée ou pas, tu n'es pas super woman
- Rick
- Oui ?
- Que fais-tu ici ?
- Si je te disais que je suis venu boire un verre et regarder un DVD, tu me croirais ? …..non, bien sûr que non, rumina-t-il, en s'apercevant qu'elle perdait patience . Ok, je suis venu pour assurer ta protection
L'observant pendant quelques secondes, Kate se demandait s'il blaguait une nouvelle fois ou s'il était réellement sérieux. Devant son regard, elle se mordit l'intérieur de la joue pour se retenir de sourire, et lui répondît :
- Tu penses faire fuir le tueur avec tes traits d'esprits ?
- Il y a un psychopathe qui tue et te menace à cause de moi, je ne te laisserai pas seule une minute
- C'est absurde, et tu…
- Je ne rentrerai pas, répéta-t-il fermement, en sortant du couloir pour partir déboucher la bouteille de vin rouge.
Lentement, il inspira en priant qu'elle ne le congédie pas. Il était venu sans avertir, et s'apprêtait à passer la nuit dans son appartement sans son autorisation. S'il était certain que sa décision était justifiée, il craignait encore qu'elle ne le rejette pas avec virulence.
Baissant la tête, il attendait le verdict quand il fut surpris par l'apparition de deux verres de vin sous ses yeux. Levant le regard, il tomba sur son regard émeraude, et il sentit toute son hésitation et sa timidité quand elle lui déclara :
- Si tu restes ici, tu dors sur le canapé
- Quoi ? Tu refuses de faire une pyjama party ?
- Castle
- Je plaisante, je plaisante.
- Et pour qu'on soit clairs, je dors armée.
- Oh arrête, on sait tous les deux que tu ne me tirerais pas dessus
- Tu veux parier ?
- Je….. non, déglutit-il devant son regard.
- Bien
- Bien.
XXXXXXX
Assis l'un à côté de l'autre sur le sofa de Kate, ils mangeaient tout en discutant de l'affaire. Après que les règles pour la nuit avaient été énoncées, Beckett avait commandé chinois pour tous les deux, et avait commencé à reprendre chaque point de l'enquête avec Rick.
- Pourquoi il n'a pas laissé le corps de la troisième victime dans le parking ?
- Il change les règles, il s'amuse
- Hum…ou alors cette victime est spéciale, songea Kate, alors que Castle lui tendait un second verre de vin rouge. Non, merci.
- Quoi, non ? C'est un millésime
- Rick, je ne veux pas…..
- Oh allez, et puis en plus l'agent spécial Jordan Shaw a dit de décompresser, alors on décompresse
- Oh alors, si l'agent spécial Jordan Shaw l'a dit, râla-t-elle en prenant le verre à vin
- Ça veut dire quoi, ça ?
- Rien
- Rien ?
- Hum, hum
- Oh allez, Kate, je connais tes "rien", et crois-moi, ça c'est tout sauf un rien
Roulant des yeux devant sa réplique, elle le vit l'observer avec beaucoup d'attention et de détermination. Son regard azur la troublait de plus en plus, et n'y tenant plus, elle lui avoua avec un peu de désinvolture, pour ne pas montrer à quel point cela la touchait :
- Rien, c'est juste que je vois bien comment tu bois ses paroles, comment tu admires son matériel dernier cri, ses gadgets ultramodernes. Mon petit tableau blanc doit te paraitre ridicule face à cet arsenal
- Tu es jalouse ? sourit Rick, pas dupe, en la voyant rougir devant sa déduction
- Je ne suis pas jalouse , je suis embarrassée quand tu te conduis comme un gamin de dix ans devant sa matrice de données. « oh qu'est-ce que c'est ? ça regroupe vite les informations agent Shaw, s'il vous plait , j'en veux encore ! »
- Tu es ridicule, rit Castle
- Et pour couronner le tout , tu élabores des théories avec elle
- Et alors ? On fait partie de la même équipe
- Bien sûr, seulement , je …si tu as une intuition , il vaut mieux m'en parler d'abord, rumina-t-elle, en s'apercevant qu'elle faisait un caprice
- Bien, c'est noté
- Bien
- Et qu'on soit clairs. Ton tableau blanc n'a jamais paru insignifiant…rien de ce que qui te concerne n'est insignifiant.
- Bien, reprit-elle, en buvant une gorgée de vin rouge pour masquer son embarras.
Souriant en s'apercevant que sa meilleure amie était jalouse, mais qu'elle refusait de le reconnaitre, Castle se mordit l'intérieur de sa joue, et se réinstalla sur le canapé avant de sentir quelque chose sous ses fesses. Curieux, il déposa son verre sur la table basse et récupéra ce qui le gênait sous son postérieur, avant de sourire comme un bienheureux.
N'apercevant pas ce qu'il avait dans les mains, Beckett déposa ses mets près d'eux, et lui murmura, en se reconcentrant sur l'affaire :
- Qu'est-ce qui te fait sourire ?
- Chewbi
- Quoi ?
- Tu as toujours Chewbi, répéta-t-il, en lui montrant la peluche qu'il lui avait offert à un stand de tir des années auparavant. C'est mignon….et il a pris un sérieux coup de vieux après toutes ces années.
- Mignon ? Ce n'est qu'une peluche, éluda Kate, gênée par sa trouvaille
- Oh arrête, on sait bien tous les deux que Chewbi n'est pas qu'une peluche
- Et c'est reparti
- Reparti? sourit Rick, tout heureux et nostalgique de son enfance, en caressant du bout des doigts Chewbi.
- Tu vas encore me faire un laïus sur ce que représente cette peluche dans notre relation . « c'est la base de notre amitié, une sorte de troisième personne dans notre duo improbable. Il représente nos souvenirs » répéta Kate, avec les mots qu'il avait utilisés, adolescent , avant son départ à Stanford.
- Tu te souviens de ça ?
- Hum….je me souviens de… chaque seconde, soupira-t-elle, la boule au ventre, en se levant pour débarrasser la table basse et mettre un peu de distance entre eux.
Ils passaient une bonne soirée. Elle n'avait pas envie de ruminer leur passé et leurs erreurs, elle souhaitait juste discuter et rire avec son ami, sans rancœur ni amertume. Déglutissant en posant ses déchets dans la poubelle, elle l'entendit, derrière elle, déposer leurs verres dans l'évier en lui murmurant :
- On pourrait en discuter, tu sais
- De quoi ?
- De cette nuit-là, de nos attentes
- Rick, soupira-t-elle, peu encline à ressasser le passé
- Ou de ce que tu tentais de me dire au commissariat. Tu as dit que tu n'étais pas prête.
Fermant les yeux devant son insistance, elle inspira profondément en se demandant comment aiguiller la conversation. Elle ne savait pas encore où elle se trouvait dans leur relation, elle ne voulait pas le blesser mais….elle ne savait pas quoi lui dire.
Sentant sa réticence à discuter, Rick prit sur lui une nouvelle fois, et partit rejoindre le salon pour lui laisser de l'espace. Il la sentait sur la réserve avec lui. Elle, qui ne lui cachait rien dans son enfance, désormais était secrète et méfiante. Désabusé par la situation, il observa, la boule au ventre, une photographie qui se trouvait sur la commode de son entrée.
Johanna et Jim souriaient fièrement auprès de Kate et Rick nouvellement diplômés. Toujours affublés de leurs toges de cérémonie, ils prenaient la pose si fièrement et si pleins d'enthousiasme que Castle se demandait si, un jour , il reverrait Kate sourire avec autant d'insouciance et d'innocence.
Fermant les yeux, il les ouvrit à nouveau pour tomber sur une médaille près du cadre photo , la prenant en main, il vit qu'elle était adressée à Jim, quand Beckett lui déclara timidement :
- C'est sa médaille des dix ans
- Des dix ans ? fit-il surpris sans réfléchir
- Perdre ma mère a été compliqué pour mon père, se confia-t-elle
- Oh…. Je….. , balbutia-t-il en se remémorant l'alcoolisme de Jim
- Ça a fait dix ans, il y a trois mois….dix ans sans une goutte d'alcool, avoua-t-elle péniblement , en ne sachant pas si Rick était au courant.
Elle savait que Castle et son père étaient restés en contact. Qu'ils se voyaient quelques fois dans l'année, et que Jim chérissait ses moments. Mais elle ne savait pas si son père lui avait confié le calvaire qu'ils avaient traversé tous les deux. Kate avait toujours pensé que son père avait renoué contact avec Rick après sa descente aux enfers.
Observant la médaille qu'il tenait toujours dans ses mains, elle continua :
- Mon père est tombé dans la bouteille
- Je sais
- Tu sais ? répéta-t-elle en déglutissant
- Hum
Il avait toujours su. Il avait été témoin à de nombreuses reprises de la déchéance de son père. Il avait réellement réalisé la sévérité de la situation quand il était venu à l'improviste, chez Jim, pour lui présenter Alexis.
A partit de ce moment-là , Rick avait tenté d'aider cet homme qu'il considérait comme son père. Plusieurs fois, il avait tenté de lui faire entendre raison. Il avait même payé ses cures de désintoxication sans que Kate ne le sache. Il ne voulait pas de remerciements ou de gratitude de sa part, il ne souhaitait pas non plus qu'elle lui reproche sa présence auprès de son père, elle qui l'avait éloigné sans ménagement. Non….il voulait simplement aider comme il le pouvait ….Pour Jim, pour Johanna, et aussi pour Kate.
Péniblement, il reposa la médaille sur la commode en comprenant qu'il devait dire la vérité. Il ne pouvait pas lui cacher ça, sous peine qu'elle ne le découvre plus tard et qu'elle ne lui le reproche. Se passant la main derrière sa nuque, il se retourna pour la contempler dans son legging noir et son tee-shirt surdimensionné et pieds nus. Elle était si belle, si…incroyable qu'il déglutit devant elle.
- Mon père te l'a dit ?
- Je… non…..
- Je ne comprends pas…..Rick ? demanda-t-elle en le voyant mal à l'aise
- Je le sais depuis qu'Alexis est née.
- Je…pardon ?
- Quand Alexis est née, j'ai voulu la présenter à ton père….je….je sais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec moi…mais ton père….ta mère… vous étiez ma famille , Kate….et je voulais présenter ma fille à Jim, avoua-t-il difficilement, avec appréhension.
- Oh…..alors tu savais.
Elle fronça les sourcils et l'observa quelques secondes, en tentant d'analyser ses mots. Il savait. Il savait et il n'avait rien fait ? Il l'avait laissé seule avec son père pendant ces deux années de calvaire ? Il ne lui avait même pas tendu la main, alors qu'ils étaient sa famille selon lui ?
Reculant de quelques pas, elle sentait la colère bouillonner en elle quand il ajouta, à sa grande surprise :
- Je venais la journée quand tu étais au poste
- Quoi ?
- Je venais, je nettoyais….parfois je le douchais, mais j'avais comme l'impression que ça ne servait à rien….que dès que je sortais de cette maison, il recommençait. Je me sentais si impuissant.
- Tu…..es venu ?
- Oui….tu faisais pas mal d'heures à l'époque….. ce n'est pas un jugement, reprit aussitôt devant son froncement sourcil. Mais comme tes horaires étaient amples, j'essayais de t'aider comme je le pouvais. Je lavais le linge, je jetais les bouteilles….
- J'ai toujours cru que c'était mon père, fit-elle sidérée. J'ai toujours pensé qu'il faisait tout ça avant de sombrer dans son verre.
- Non…je…..
- Tu lavais le linge de mon père, répéta-t-elle encore sous le choc.
- Hum, soupira-t-il en se souvenant de la première fois ou il l'avait fait.
Flashback:
Il était éreinté. Alexis ne faisait pas ses nuits et Meredith n'était pas le genre de mère à se lever pour la téter ou le changement de couches. Martha avait proposé maintes fois son aide devant la mine défaite de son fils mais Rick avait toujours refusé sa proposition. Alexis était sa fille, il était donc de sa responsabilité de se lever et d'assumer son rôle de père même s'il n'aurait pas craché sur l'aide de sa femme pour le faire.
Les épaules affaissées par la fatigue et par la vision de la maison de Jim , Castle soupirait en se demandant comment Kate arrivait à faire face à ça. Des bouteilles jonchaient le sol, de la nourriture s'éparpillait dans tous les recoins et il était fréquent qu'il retrouve Jim évanoui dans son vomi au milieu du salon.
Rick tentait de passer fréquemment pour soulager son ex meilleur amie et apporter son aide à celui qu'il considérait comme son père. Mais ses obligations familiales et professionnelles ainsi que les horaires de Kate ne lui donnaient pas assez de liberté de mouvements selon lui.
Il avait même envisagé d'engager quelqu'un à temps plein mais Martha lui avait déconseillé de le faire tant qu'il n'avait pas assaini l'air avec Katherine.
Alors sans rien dire, il passait deux à trois fois par semaine au milieu de l'après-midi et tentait d'aider comme il le pouvait sa famille de cœur.
Aujourd'hui, il avait dû soulever Jim jusqu'à la douche pour retirer le vomi qu'il avait sur le corps . Le cœur lourd , Rick pensait à Kate qui devait certainement égaler les mêmes soins quand il ne passait pas. Comment arrivait-elle à poursuivre sa formation et à prendre soins de son père ? Comment arrivait-elle à faire face à ça toute seule ?
Déglutissant en allongeant Jim sur son lit, il sentit les larmes lui monter aux yeux quand le patriarche lui murmura :
- Jo….je t'aime Jo
- Je…c'est Richard, Jim
- Oh…Richard, hoqueta le patriarche d'une voix pâteuse et endormie. Richard ?
- Oui
- Prend soins de Kathie, fiston…..prend soins de mon bébé.
Sans un autre mot, Jim s'enfonça un peu plus dans son oreiller pour tomber du sommeil du juste alors que Rick se levait les yeux rougis en murmurant :
- Toujours.
C'était devenu un rituel, il venait , nettoyait comme il le pouvait et repartait comme un fantôme Parfois, quand le manque de Kate se faisait trop pesant, il s'allongeait sur son lit et humait son odeur de cerise en pleurant devant le livre qu'il trônait toujours sur sa table de chevet. Le roman n'était jamais le même mais l'auteur….l'auteur ne changeait jamais. Elle le lisait toujours et ce constat le brisait un peu plus. Elle le lisait mais elle ne l'appelait pas.
Son rituel se terminait régulièrement devant la machine à laver et à chaque fois, il souriait avec nostalgie en posant les vêtements sales de Jim dans le tambour tout en se souvenant des cours que Johanna lui avait donné :
« - on ne mélange pas les couleurs et le blanc
- Ok
- Les pulls aussi chéri, sinon tu risques de les rétrécir
- Ok
- Ne fais pas cette tête-là, sourit Johanna en le voyant blêmir devant le linge sale
- C'est…..compliqué
- Mais non. Le plus dur est de faire le tri ensuite ça va vite
- Je…..c'est pas un travail de femmes, ça ? demanda Castle dépasser par le flot d'information
- De femmes ? Non mais à quel siècle vis-tu jeune homme ?
- Heu…..vingtième
- Justement . Un homme est tout aussi capable de faire tourner une machine, de faire à manger et de s'occuper des enfants. Je n'ai pas éduqué un homme qui se vautré sur le canapé en attendant que sa femme arrive
- Je….oui mais si je l'attends avec des fleurs, la taquina Rick en sachant que Johanna tout comme Kate étaient des féministes dans l'âme
- Tu peux l'attendre avec des fleurs tout en ayant fait tourner la machine.
- Je…d'accord… alors on ne mélange pas les couleurs et le blanc
- Oui
- On ne mets pas non plus les pulls avec
- Exactement. Maintenant parlons adoucissant et pastille
Aux yeux qu'il lui lança, elle éclata de rire alors que Castle lâcha la pile de linge sale au sol en marmonnant :
- Si je deviens célèbre, j'aurai une femme de ménage….ou un homme de ménage
- Si tu deviens célèbre, pense un peu à moi aussi qui fait ma lessive, répliqua amusé Johanna en remplissant la machine à laver.
Concentrer sur ce qu'elle faisait, elle en oublia quelques minutes Richard derrière elle qui la contemplait avec beaucoup de tendresse et d'amour. Quand elle se releva, elle l'entendit lui chuchoter :
- Merci
- Pourquoi chéri ?
- Pour être là tout simplement »
Les yeux en larmes, il remplissait avec rage ce fichu tambour du linge de Jim tout en sifflant d'énervement et de colère :
- Tu me manques, tu me manques tellement. »
Fn du Flashback.
- Rick ? reprit Kate en le sentant aux bords des larmes.
- Hum
- Ça va ?
- Je…..oui, soupira-t-il en repensant à toutes ces années ou ils n'avaient pas été capable de discuter….. ;toutes ces années qui les avaient séparé à cause de non-dits.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a autre chose que je dois savoir ? fit-elle inquiète en se disant qu'il y avait encore tellement de choses qu'elle ne devait pas savoir .
Il avait été là dans l'ombre pendant tous ce temps . Il avait épaulé son père et il n'avait jamais rien demandé en retour.
- Ecoute, je suis heureux qu'on se soit retrouvés, qu'on tente de renouer avec notre amitié…..et je sais que c'est compliqué pour toi. De m'avoir près de toi.
- Castle, soupira-t-elle
- Non, laisse-moi finir. Je sais que quand tu me dis que tu n'es pas prête , c'est parce que tu as peur de me faire confiance…..alors je…je ne veux pas te mentir ou te cacher des choses. Parce que si on recommence cette chose entre nous , on devra être honnêtes, expliqua-t-il. Tous ces non-dits nous on éloigné, Kate ….et on est plus des adolescents, on n'a plus d'excuses maintenant. On est adulte et on devrait pouvoir se faire confiance. Je ne veux plus rien te cacher.
- Où veux-tu en venir ?
- J'ai payé les cures de désintoxication de ton père et une partie de l'hypothèque de votre maison.
A sa phrase, elle recula de plusieurs pas comme s'il l'avait frappée. L'hypothèque de sa maison ? Non, elle avait demandé régulièrement à son père s'il avait besoin d'argent, si tout était sous contrôle. Il lui avait toujours dit que la maison était payée et qu'il avait assez pour ces cures…. Il lui avait mentit.
- Jim avait honte….honte d'avoir éparpillé son argent dans la bouteille.
- Mon dieu
- Kate, je t'assure que ce n'est rien et…..
- Ce n'est rien ? Je sais très bien combien coute une cure de désintoxication et…
- Si je les fais c'est que je pouvais
- Il s'agit de mon père, c'est moi qui aurait dû payer et…
- Oh arrête, tu sais très bien que je considère Jim comme mon père et tu travaillais déjà tellement pour subvenir à vos besoins. Ecoute, je ne te dis pas tout ça pour te faire culpabiliser ou….je… ;je veux juste qu'il n'y ai plus de secrets. J'aimerais juste qu'on reparte sur de bonnes bases.
Mettant ses mains dans ses cheveux, Kate ferma les yeux et lui tourna le dos pour inspirer lentement. Elle ne lui en voulait pas, elle était simplement sous le choc de toutes ses révélations. Comment n'avait-elle pu rien voir ? Combien de mensonges son père lui avait caché ? Les larmes aux yeux, elle entendit Rick lui demander :
- Kate, tu m'en veux ?
Je pars en vacances dans les pyrénées cette semaine avec les enfants, histoire de m'aérer un peu la tête. Donc pas d'autres chapitres en vue avant la semaine prochaine. A bientôt tout le monde.
CHAPITRE 23
- Kate, tu m'en veux ? réitéra Rick en la voyant tête baissée devant lui, toujours le dos tourné.
Il s'était dit que c'était le moment ou jamais . Le moment où il devait lui dire la vérité sans non-dits. Quand il avait vu la énième lettre de relance de la banque avec la mise sous saisie d'huissier, il y a quelques années, il n'avait pas hésité une seule seconde pour éponger les dettes de Jim.
Sa fortune, son succès, rien de tout cela n'aurait été possible sans Johanna et Jim. Ils l'avaient élevé comme leur propre fils, ils l'avaient aiguillé tout au long du chemin sans jamais prendre parti entre Kate et lui. Il était un Beckett….il faisait partie de cette famille, et leurs dettes étaient les siennes.
Seulement quand il avait entrepris les démarches, Jim l'avait supplié de ne pas en dire un mot à Kate. Elle travaillait comme une forcenée pour faire ses classes et remplir le frigo. Même si Jim revenait tout juste de sa dernière cure de désintoxication, il n'avait toujours pas repris le travail et il se sentait tellement honteux pour tout ça, qu'il ne souhaitait pas rajouter un souci supplémentaire à sa fille.
Toujours sans nouvelle de son amie, Castle avait abdiqué. Jim avait fait énormément de progrès et cette quatrième cure de désintoxication semblait être la bonne. Rick ne souhaitait pas aller à l'encontre de son père de cœur, de peur de voir tous ses progrès s'envoler en fumée. Alors à contre cœur, il avait renoncé à le dire à Kate, et finalement à l'époque, ça l'arrangeait. Ils ne se parlaient toujours pas, et il ne voulait pas avouer ce qu'il avait entrepris derrière son dos ces deux dernières années.
Seulement aujourd'hui, c'était différent. Ils étaient différents. Après plusieurs mois à renouer des liens, ils étaient à nouveau amis…..avec des réticences, mais amis, et il ne souhaitait pas qu'un nouveau non-dit fasse exploser leur bulle plus que précaire.
Soucieux de sa réaction, il soupira en baissant à son tour la tête . Elle ne bougeait pas, ne parlait pas, il avait l'impression qu'elle tentait de trouver un moyen de lui hurler dessus ou de fuir comme à son habitude. Frustré, il sentait la colère monter en lui quand elle brisa enfin le silence, pour lui demander doucement et sans une once de rancune :
- Il y a autre chose que je dois savoir ?
- Pardon ? fit-il, surpris, en la voyant se retourner, les yeux rougis et les mains autour du buste.
- Sur ces dix dernières années, il y a autre chose que je devrais savoir ? réitéra-t-elle, plus vulnérable que jamais.
Elle était toujours sous le choc de ses révélations, et si sa colère se dirigeait vers son père à cet instant , elle s'en voulait aussi énormément. Elle l'avait éludé de sa vie sans lui laisser une chance de s'expliquer. Il avait été son meilleur ami, et elle ne lui avait donné aucune chance. Il avait été là sans même qu'elle le sache. Il lui avait donné du temps et de l'espace, et elle n'avait fait que le rejeter un peu plus.
Affligée par son propre comportement, elle le vit se dandiner devant elle avec très peu d'assurance, et lui répondre en fronçant les sourcils :
- A part l'alcoolisme de ton père et l'hypothèque…heu, je crois que c'est tout. Enfin , je me suis marié une seconde fois mais ça tu le sais, ajouta-t-il pour faire un peu d'humour.
- Pas d'autres enfants ? demanda-t-elle en souriant, pour alléger l'ambiance elle aussi
- Non, je veux dire, j'ai suivi les cours de sexualité de ta mère à la lettre depuis Alexis, en fait, je les ai toujours suivis, j'ai simplement pas eu de chance , le préservatif c'est….
- Sérieux ? tu vas me parler de ça ? rit-elle
- Bah , tu m'as demandé ce que tu ne savais pas de ces dix dernières années, et cette partie-là t'est inconnue, non ?
- Et je préfèrerais qu'elle le reste, sourit-elle
Doucement, elle le contempla quelques secondes. Son regard azur, sa barbe de deux jours, ses épaules carrées, sa chemise rouge et son jean noir... Il était à couper le souffle comme toujours. Souriant, en sentant son odeur de menthe poivrée, elle vit qu'il lui souriait avec tellement de tendresse qu'elle lui chuchota :
- Je sais que c'est sûrement trop tard, mais merci.
- Merci ?
- D'avoir été là pour mon père…et pour moi
- Oh, eh bien, je suis sûr que tu aurais fait la même chose, assura-t-il, gêné
- Hum…peut-être, pouffa Kate en s'avançant vers lui. Tu veux un café ?
- J'adorerais
- Ok…..installe-toi, j'arrive.
Heureux…. Il était heureux. Il avait l'impression de retrouver Kate…. Sa Kate…celle de ses souvenirs. Son sourire, sa douceur et la bienveillance qu'il entendait dans sa voix lui donnèrent du baume au cœur. Il avait l'impression qu'ils étaient plus Rick et Kate que Castle et Beckett, et ce constat l'emplit de joie.
Doucement, il se ré-installa sur le sofa pour l'entendre lui demander , le sourire aux lèvres, près de la cafetière :
- Tu mets toujours de la noix de muscade dedans ?
- Toujours
- Bien.
Souriante, elle le contempla du coin de l'œil, tout en leur concoctant leurs nectars noirs . La soirée ne se déroulait pas comme elle l'avait prévue, mais elle en était enchantée. Discuter avec lui, sans non-dits et cris, lui rappelait leur relation d'avant. Elle baissait peu à peu sa garde devant Rick. Chaque jour, chaque heure qu'elle passait avec lui , lui démontrait qu'elle pouvait lui faire confiance, qu'il était toujours cet ami bien bienveillant avec elle.
S'approchant doucement de lui en lui tendant son café, elle s'installa sur son canapé et elle l'entendit lui demander :
- Eh moi, qu'est-ce que j'ai manqué de ces dix dernières années ?
- Oh, eh bien…..je n'ai pas eu de souci de préservatifs comme tu peux le voir.
- Ah, ah, très drôle
- Et je ne me suis pas mariée, sourit-elle, avant d'ajouter devant sa moue boudeuse. Il n'y a pas grand-chose à dire. J'ai fait l'école de police, je suis passée rapidement lieutenant à la criminelle et j'ai accumulé les déboires sentimentaux
- Tu omets de dire que tu es devenue la plus jeune lieutenant de police
- Ouais…..c'est fascinant, hein ? ironisa-t-elle
- Oui…Tu es fascinante Kate , tu l'as toujours été
- Hum, gémit Beckett en grimaçant, alors que Rick fronçait les sourcils
- Tu doutes de mes dires ?
- Non…enfin , je veux dire, il n'y a rien de fascinant dans ma vie. Regarde autour de toi…regarde-moi….je devais devenir juge de la cour suprême….avec certainement une famille
- Tu n'aimes pas ce que tu fais ?
- Si…..j'aime rendre justice….j'aime apporter des réponses à toutes ces familles de victimes…mais parfois….je me demande ce que penserait ma mère de mon choix de vie.
- Elle serait fière de toi….Elle a toujours été fière de toi, quoi que tu fasses. Et tu sais, je te regarde et tu sais ce que je vois ?
- Non
- Que tu es un mystère que je n'arriverai jamais à résoudre
Fronçant les sourcils à sa réponse, Kate l'observa quelques secondes avant qu'il ajoute, sans la lâcher du regard :
- Même aujourd'hui…..après tout ce temps passé avec toi, je suis toujours aussi impressionné par ta force de caractère, ton courage…..et ton sex-appeal.
- T'es pas mal, non plus Rick, sourit-elle, touchée par ses mots.
Les yeux dans les yeux, ils se contemplèrent amoureusement. Il la regardait avec tant de tendresse, tant de désir que Kate sentit son cœur s'emballer. Elle avait une folle envie de l'embrasser , de se perdre dans ses bras, elle avait envie de se laisser aller, mais une peur au fond d'elle la bloquait. Elle venait enfin de le retrouver. Valait-il la peine de tout gâcher entre eux avec une relation amoureuse ? Ils avaient déjà tenté, et ils avaient payé le prix fort : dix années de solitude et de rancœur. Elle l'aimait réellement, il était le seul homme qui la connaissait vraiment, et c'est pour cette raison qu'elle le préférait dans sa vie en tant qu'ami que pas du tout.
Quand elle le vit doucement basculer vers elle, elle baissa les yeux au sol en lui murmurant :
- Il est tard, je vais me coucher
- Kate...
- A demain, Rick, sourit-elle, à contre cœur en se levant. Tu trouveras une couverture et un oreiller dans le coffre derrière toi.
- Mais, je….ok , bonne nuit, abdiqua-t-il, abattu .
La boule au ventre, elle s'éloigna de lui pour rejoindre sa chambre. Pourquoi était-ce toujours si compliqué avec lui ? Pourquoi ne pouvait-il pas juste rester son ami ? Ils avaient réussi avant et ça avait fonctionné, non ? Enfin pas tellement, pensa-t-elle en grimaçant, en repesant à ce matin-là au motel.
Passant une main dans ses cheveux, elle soupira, les larmes aux yeux , avant de s'allonger dans son lit. Le regard au plafond, elle tentait de réfréner ses désirs. Elle voulait se lever et le rejoindre. Elle souhaitait se perdre dans ses bras, dans son souffle. Elle voulait se sentir à nouveau en sécurité et aimée. Se mordant la lèvre inférieure, elle détourna son regard pour tomber sur le livre de Nikki Heat qu'il lui avait offert au début de l'enquête.
Hésitante, elle retraça la couverture des doigts avant d'ouvrir et de découvrir la dédicace. Le cœur tambourinant, les yeux larmoyants , elle renifla en s'apercevant qu'il lui parlait indirectement, encore une foi,s à travers la dédicace de son livre.
« "On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime."Et si on passait seulement notre vie à nous aimer , tout simplement? RC.
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La nuit avait été courte, trop courte. Elle s'était plongée tête baissée dans son nouveau roman, et avait lu chaque ligne, chaque mot des aventures de Nikki Heat. Elle ne pensait pas qu'il pourrait lui faire aimer un personnage autant que celui de Derrick, et pourtant il l'avait fait. Elle s'était laissée entrainer par l'histoire de cette détective dure à cuire, et dans cette relation qu'elle entretenait avec ce journaliste…..avec Jameson. Les heures avaient défilé à vive allure, et ce n'est certainement pas la scène de sexe à la page 105 qui l'avait aidée à trouver le sommeil. Ce roman était simplement une merveille.
Les cheveux en bataille, le pas trainant, elle sortit de la chambre pour découvrir son sofa vide. Tout d'abord attristée par son absence , elle se mit à sourire en le découvrant aux fourneaux, tout en murmurant la recette que sa mère leur avait apprise, des années plutôt.
Flashback.
Il adorait partir en vacances dans la cabane des Beckett près du lac. Tout ici était reposant, agréable, et lui donnait un sentiment d'appartenance, de sécurité. Depuis que Jim lui avait créé une chambre pour lui seul l'année précédente, Rick s'en était fait un véritable cocon. Même si les deux adolescents n'étaient pas dupes sur l'apparition de cette nouvelle pièce, Kate et Rick étaient heureux de gagner un peu d'intimité .
Les confidences sur l'oreiller et le souffle de sa meilleure amie la nuit lui avait manqué au début, mais Castle adorait pouvoir s'isoler dans cette pièce pour écrire et rêvasser.Ce qu'il préférait le plus ici, en dehors de son temps seul à seule avec Kate, était les dimanche matin avec le brunch de Johanna.
La matriarche adorait organiser ses petits déjeuners tardifs avec sa petite tribu. Sur la table, rien de manquait pour leurs papilles : œufs brouillés ou en omelette, fruits , lard, pancakes, bacon, sans oublier la montagne de gaufres.
Et ce matin, Rick s était levé plus tôt et l'observait en souriant en train de s'affairer à tout leur préparer. Dans le coin de sa cuisine, les cheveux relevés , elle chantonnait un air de Sinatra, tout en cassant quelques œufs dans un plat, quand elle releva le regard pour contempler, à son tour , le jeune homme qu'elle avait appris à aimer comme son fils, elle lui déclara:
- Bonjour, chéri, tu es bien matinal
- Bonjour, bailla-t-il en la rejoignant pour découvrir de plus près ce qu'elle concoctait . Ne plus entendre Kate ronfler me perturbe , on dirait.
- Hey ! s'offusqua cette dernière qui arrivait dans son shorty et un débardeur blanc, tout en s'étirant. Je ne ronfle pas, tu ronfles !
- Mais bien sûr, ricana Rick, alors que Kate arrivait près de sa mère pour l'embrasser.
- Bonjour maman
- Bonjour trésor. Chérie, je pense que tu devrais te couvrir un peu plus, suggéra Jo en voyant la tenue de sa fille de 17 ans.
- Pourquoi ? il fait chaud.
- Ton père ne va pas tarder de revenir de la pêche
- Et ?
- Et quand il va te voir si peu habillée avec moi dans la même pièce, il va faire une crise cardiaque, sourit Rick en mangeant un bout de bacon. Ou me noyer dans le lac.
- Oh, c'est bon. Je suis en short pas en string, ronchonna-t-elle
- Kathie !
- Elle n'a pas tort. Peux-tu me montrer la différence ?
- Abruti ! sourit Kate, en lui jetant à la figure un torchon
Soupirant devant l'attitude de ses deux adolescents, Johanna récupéra tous les ingrédients dont elle avait besoin, et leur déclara :
- Puisque mes marmottes sont debout tôt, profitons-en
- Oh oui, besoin d'aide ? proposa Castle, toujours prompt à donner un coup de main, alors que Kate roulait des yeux.
- Non, chéri, je vais juste vous montrer comment on fait une bonne pâte à crêpe.
- Pour quoi faire ?
- Pour pouvoir perpétrer la tradition quand vous aurez une famille tous les deux. Les brunchs familiaux sont l'occasion de tous se réunir et de créer un peu plus de liens.
- Eh ben comme tu viens de l'énoncer, tu es ma mère, alors tu pourras continuer à faire ces brunchs familiaux pendant qu'on viendra les dévorer avec Rick
- Avec moi ? fit, surpris, le jeune auteur en herbe
- Avec toi et ta famille, oui.
- Non... pas que je ne vous aime pas, mais j'avais l'espoir de pouvoir profiter de ces brunchs chez vous.
- Quoi ? Tu entends ça, Rick ? Elle nous apprend ça fameuse recette , juste pour s'inviter les dimanches matins, la taquina Kate.
- Je vois ça….c'est astucieux
- Et plutôt sournois, aussi
- Si vous pensez me faire culpabilisé , vous vous trompez fortement tous les deux. J'ai enduré un travail de plus de douze heures pour mettre au monde cette jeune fille, et je vous supporte depuis vos huit ans. Je mérite un brunch dominical de temps en temps, assura, souriante, Johanna en prenant la farine et le lait. Maintenant, écoutez-moi bien.
- Doit-on prendre des notes ? ricana Rick
- Non , tu trouveras cette recette dans tous les livres de cuisine
- Pourquoi nous l'apprendre, alors ?
- Parce que, comme toute maman, j'y ajoute un ingrédient secret. Et je tiens à ce que la tradition se perpétue. Alors, on attaque avec la farine….
Observant chacun des gestes de Johanna , Rick et Kate écoutaient attentivement la cuisinière qui récitait avec le sourire ce que sa mère lui avait appris jadis.
Fin du Flashback.
- Et maintenant, l'ingrédient secret, récita Rick, concentré, en cherchant dans les placards de Kate.
- Qu'est ce que j'ai dit à propos de ne pas toucher à mes choses, Castle , sourit la détective, en découvrant le bacon cuit et le jus d'orange.
- Dois-je te rappeler que j'ai déjà touché à tes choses, la taquina-t-il, en se retournant pour la contempler baisser les yeux aux sol, intimidée par sa remarque suggestive
- Oui et ben…n'en prends pas l'habitude, ok ?
- Dommage, murmura-t-il, émerveillé par sa beauté naturelle. Et bonjour à toi aussi.
- Excuse-moi , bonjour. Alors …petit-déjeuner ? demanda-t-elle en souhaitant aguiller la conversation sur un notre sujet
- Oui, j'ai découvert le frigo et je me suis permis de jeter certaines choses périmées
- Je vois ça.
La poubelle était pleine à craquer aux pieds de Rick, qui avait sa chemise rouge recouverte de farine . Les manches retroussées, il ajouta la vanille de Madagascar dans son récipient, et fouetta la pâte, avant de commencer ses pancakes.
- Tu te souviens de ça ? fit, surprise, Kate en l'observant.
- De quoi ? De la recette spéciale Beckett ?
- Oui
- Bien sûr…..je me souviens de chaque seconde, ajouta, en marmonnant, Rick, les mêmes paroles qu'elle lui avait dites la veille.
Gênée, elle se passa une mèche derrière l'oreille, et lui demanda :
- Pour la soirée de samedi soir
- La soirée de lancement du livre ?
- Hum. Je n'ai pas reçu de carton d'invitation, alors…. C'est à quelle heure ?
- Oh…. Oui…..c'est à partir de 20 heures, déglutit-il, des papillons au ventre, en déposant ces premiers pancakes dans une assiette.
Elle venait….elle allait venir à sa book party ! Il n'en croyait pas ses oreilles ! Dire qu'il était aux anges à ce moment-là aurait été un euphémisme. Elle n'avait jamais assisté à une seule de ses soirées de promotion, et il en était ému.
- Je dois montrer un carton d'invitation, ou…., ajouta-t-elle, gênée et inquiète pour la marche à suivre de ce genre de soirée
- Ton badge a été suffisant la dernière fois, la taquina Rick, en se souvenant de leurs retrouvailles
- J'espérais ne pas en avoir besoin, mais si tu veux que…..
- En réalité, je pensais qu'on pourrait y aller ensemble, la coupa-t-il en éteignant le feu
- Ensemble ? déglutit-elle à son tour.
Elle pensait qu'il l'avait invitée à cause de Paula et Gina. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui suggérait d'y aller ensemble. Fronçant les sourcils, elle le vit se dandiner, avant de l'entendre lui dire :
- A vrai dire , j'avais l'espoir de t'accompagner. Enfin bien sûr si tu le désires, et si tu n'as pas de « plus à un » à emmener.
- « Plus un » ?
- Oui, tu sais…..un ami.
- Oh…non, je n'ai pas de « plus un »
- Eh bien je serais ravi d'être le tien.
Voyant qu'elle lui souriait, Rick hocha simplement de la tête pour lui faire comprendre qu'il était ravi, et lui servit sa tasse de café.
- Le petit déjeuner de madame est servi
- Tu sais, tu n'avais pas besoin de …
- Oh attends, j'ai oublié le journal ! la coupa-t-il, tout excité par ce début de matinée
Elle venait avec lui à la soirée ! Elle allait l'accompagner, et il allait prendre son petit déjeuner avec elle ! Il n'aurait jamais pu imaginer une pareille matinée, surtout après la fin de soirée de la veille. Après que Kate se soit couchée, Rick avait observé pendant plusieurs heures le plafond, en tentant de comprendre son comportement . Quand elle s'était reculée pour se lever, il avait vu de la peur dans les yeux, une certaine crainte. Il savait qu'elle avait toujours du mal à lui faire confiance, mais il espérait qu'avec le temps il lui démontrerait le contraire.
Il s'était promis de la pousser, tout en lui montrant les sentiments qu'il avait envers elle. Il n'était plus ce jeune adolescent timide et peu sûr de lui , il était Richard Castle ! auteur célèbre ! Il n'avait aucune raison d'être intimidé par une femme, aucune ! Sauf….. l'identité de la dite femme : Kate Beckett…..Elle avait toujours ce même pouvoir sur lui. Avec un seul regard, un seul sourire et le simple fait de sa présence, elle arrivait à égayer sa journée.
- Castle, on n'a pas le temps de lire le journal, il y a un corps que je dois trouver
- Oh, merde ! s'écria-t-il en voyant le corps de la victime disparue sur le seuil de la porte de Beckett. Kate….c'est lui qui nous a trouvés !
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Le petit déjeuner fut vite oublié et l'intermède à deux aussi. L'appartement de Beckett était dorénavant la nouvelle scène de crime . FBI, NYPD et scientifique travaillaient dans un même effort pour récolter la moindre preuve. Au milieu du salon , Javier étudiait d'un air amusé la bouteille de vin vide que Rick avait apportée la veille, alors que Ryan questionnait, calepin à la main, Kate près de la l'ilot central :
- Si je comprends bien, vous veniez de vous lever ?
- Oui, Castle finissait de préparer le petit déjeuner, il a ouvert la porte…
- Quel genre de petit déj ?
- Heu..pardon ? fit, surprise, Beckett
- Qu'est-ce qu'il préparait pour le petit déj ?
- Des….pancakes ?
- Oh, le gentil couple, se moqua-t-il, alors qu'elle le toisait d'un regard noir dorénavant
- Hors sujet. Le livreur dépose le journal à 4 heures, on était debout à 7 heures, ça veut dire que le tueur a disposer d'un crénau de trois heures pour déposer le corps sur le sol
- Et à quelle heure êtes-vous partie vous coucher avec Mr Castle ? sourit Ryan, le stylo à la main
- …..sans commentaire, siffla-t-elle en partant rejoindre le centre de son appartement où Espo et Castle discutaient, eux aussi.
- Attendez, je vois Beckett en pyjama, une bouteille de vin vide...
- Il n'y a rien entre Kate et moi….absolument rien de plus de ce qu'il y avait hier.
Fermant les yeux en sentant sa patience s'amoindrir devant les enfantillages des gars, Kate entendit Espo ajouter :
- Vieux , tu lui as fait des pancakes
- Ce n'est qu'un petit déjeuner
- Au contraire, c'est bien plus qu'un petit déj. C'est une façon comestible de dire merci pour cette nuit
- Je…..
- Rick, laisse tomber, dis-leur la vérité, le coupa Beckett en venant près d'eux.
- Je…..la vérité ? balbultia-t-il alors que Ryan et Javier étaient à l'affut d'un scoop
- On a couché ensemble
- J'en étais sûr ! s'exclama Javier
- Et c'était sauvage…intense…et…..assez physique
- Heu…Kate, qu'est-ce que…..
- A vrai dire, on ne s'est pas couchés. Après avoir essayé le canapé, on a baptisé la cuisine, la douche, oh, la porte d'entrée aussi…. Comment j'ai pu l'oublier ! Tu te souviens de la porte d'entrée...chaton ?
- Ah , ah très drôle, fulmina Javier
- Quoi, tu me crois pas ? sourit fièrement Beckett
- 4 fois ! non mais tu me prends pour qui?
- Comment ça, 4 fois ? J'en suis capable ! argumenta, un brin vexé, Rick alors que Kate roulait des yeux
- Oh allez, vieux, c'est bon. On a compris, soupira Espo en partant avec Ryan.
Les yeux ronds, les mains dans les poches et fronçant les sourcils, il s'approcha de Kate en lui déclarant :
- Je ne suis pas vieux !
- Non, mais arrête donc de gonfler ton égo . Quatre fois…..
- Ok, là je m'inquiète sérieusement pour tes nuits sauvages et torrides
- Pardon ?
- Quatre fois ! c'est dans mes cordes, je t'assure, et je serais plus qu'heureux de te le démontrer, assura-t-il en la contemplant de la tête aux pieds. Quand tu veux, Beckett…à tout moment.
- On parle d'une nuit, pas de 24 heures, Don Juan, déglutit-elle devant son regard carnassier
- Je peux t'assurer qu'en une seule nuit, je suis capable de te faire voir un bon nombre d'étoiles. Alors partante ?
- Je sais pas…..je vais y réfléchir, sourit-elle, en se mordant la lèvre inférieure
- Tu…..sérieux ? Tu vas y réfléchir ? fit-il, estomaqué et ravi
- Non, mais c'était tellement beau de voir ta tête ! rit-elle en s'éloignant pour ne pas lui montrer à quel point elle rêverait de connaitre son corps une nouvelle fois.
- Tu es…une allumeuse !
Désolée pour l'attente. Le prochain chapitre ne sera pas si long à attendre. Bonne soirée à toutes et tous.
CHAPITRE 24
Fini…..c'était fini. Toute cette histoire était terminée. L'auteur de tous ces crimes avait finalement mis fin à ses jours, au grand étonnement de Jordan Shaw et Beckett. Et même si Rick se sentait enfin soulagé que toute cette histoire soit terminée, il n'en restait pas moins intrigué.
Pourquoi s'être donné autant de mal à accomplir ses meurtres, pour finir par se tirer une balle dans la tête comme un lâche ? Tout ceci n'avait aucun sens. Ereinté, il relisait à nouveau le dossier devant un bon verre de vin chez, lui quand Alexis arriva en pyjama et lui déclara :
- Alors…toi et Kate ?
- Moi et….quoi ? fit-il, surpris, en relevant le regard pour tomber sur les jolies yeux bleus de sa fille
- Toi et Kate. Elle m'a dit que je pouvais l'appeler ainsi, je veux dire….
- Non, non, je ne suis pas surpris par ton appellation, mais pour ce que suggère ta question, reprit Rick en fronçant les sourcils
- Tu as découché hier soir. Et je sais que tu penses que je suis encore petite, mais je sais très bien ce qu'implique une nuit hors de son lit
- Ah oui ? sourit Castle
- Oui. Alors…toi et Kate ? ….parce que si jamais tu voulais savoir ce que j'en pensais, j'en serais plus qu'heureuse. Kate est géniale.
- Tu as raison, Kate est géniale…..tout comme toi. Mais il n'y a rien entre elle et moi. J'ai dormi sur le canapé simplement pour la protéger.
- La protéger ? Ce n'est pas elle qui a un badge et une arme ? rétorqua, amusée, la petite rouquine.
- Douterais-tu de mes muscles saillants ?
- Heu… tu attends réellement une réponse ?
- Alexis
- Je plaisante, je plaisante
- Tu es certaine ? Parce que je peux te montrer comment ton père est encore robuste et viril ! s'exclama-t-il, en se levant pour la mettre sur son épaule comme un sac à patate
- Papa ! lâche-moi ! rit Alexis en se débattant
- C'est..Robuste papa !
- Eh , eh bien, eh bien, la bonne humeur est présente ce soir à ce que je vois, et j'en suis ravie ! s'exclama Martha, en arrivant tout sourire près de sa petite tribu.
Riant avec sa fille, Rick la chatouilla quelques secondes de plus avant de la poser à terre. Doucement, il lui caressa le visage et l'embrassa sur le front, avant de répondre à sa mère :
- Tu pars ou tu rentres, mère ?
- Je rentre. Je suis épuisée de ma journée.
- Eh bien nous sommes deux
- Avez-vous attrapé l'homme qui visait Katherine ?
- Hum
- Tu n'as pas l'air très convaincu
- L'enquête est terminée. Les morceaux du puzzle sont tous là où ils doivent être
- Mais ?
- Mais dans la vraie vie, c'est pas aussi simple, soupira Rick en repensant à toute cette histoire. J'ai l'impression qu'on a oublié quelque chose.
- Tu te compliques la vie à trop réfléchir. L'enquête est close, Katherine est en sécurité, et tout va bien dans le meilleur des mondes. D'ailleurs, je pensais faire une soirée filles, chérie, sourit Martha à Alexis. On pourrait se faire des masques pour la peau et discuter, qu'en dis-tu ?
- Oui. J'adorerais.
- Bien, alors donne-moi un coup de main pour récupérer tout le nécessaire pour….
- Un coup de main, répéta, songeur, Castle en fronçant les sourcils
- Pardon ?
Observant le dossier de l'enquête ouvert sur la table basse, Rick s'avança pour chercher une photo, tout en répétant :
- Un coup de main
- Richard, pourrais-tu être plus loquace, car….
- Les contusions sur la seconde victime, paniqua-t-il soudainement en bégayant….le ..le tueur….. tout indiquait qu'il était gaucher….et sur cette écriture, tout indique qu'il est aussi gaucher
- Oui, bon, il était gaucher , on a compris, soupira Martha en ne comprenant pas où son fils voulait en venir.
- Mais pour se tuer , il s'est servi de sa main droite. Si l'homme qui se trouvait à la fenêtre était le vrai tueur, il se serait servi de sa main gauche…oh mon dieu !... Ben Conrad ne s'est pas tué! Ben Conrad a été tué par le vrai tueur. Ben…Ben n'est pas notre tueur ! cria Rick en partant mettre ses chaussures à la hâte . Le vrai tueur nous a manipulés.
- Mais les preuves qui sont là et…
- Il nous a piégés. Il nous a conduit jusqu'à Ben. Il veut nous faire croire que c'est fini.
- Richard, que fais-tu ? s'inquiéta Martha en le voyant prendre son blouson.
- Je dois prévenir Kate…je dois…Mon dieu , Kate !
- Richard!
- Ce qu'il veut c'est faire un coup de théâtre. Nikki sera brûlée. Je dois avertir Kate ! ….Mère , appelle le poste de police, ou Ryan et Esposito, et préviens-les ! s'écria-t-il en partant la hâte rejoindre comme il le pouvait Beckett .
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Les yeux clos, elle se prélassait sous sa douche en laissant peu à peu s'évacuer le stress de ces derniers jours. Être la cible d'un tueur en série n'avait pas été de tout repos pour Kate, qui avait tenté de cacher ses peurs et ses craintes à son entourage.
Quand elle avait vu, plus tôt, le corps sans vie de Ben Conrad , elle n'avait jamais ressenti un tel soulagement auparavant. Tout le poids du monde s'était envolé de ses épaules pour laisser place à une grande fatigue morale et physique.
Alors ce soir, sous ce jet d'eau chaude bouillante, elle appréciait le calme de sa douche. Les mains contre la paroi, les épaules affaissées, la tête basse, elle laissait l'eau claquer sur sa chute de rein.
Tous ces derniers jours, ces dernières heures avaient été hauts en rebondissement. Entre l'enquête et Castle. Castle….toutes ses pensées allaient vers Rick désormais. Il ne l'avait pas laissée seule un instant , et avait été présent pour elle, même quand elle ne le désirait pas.
Se mordant la lèvre inférieure en souriant, elle commençait à se demander s'il ressentait lui aussi ces papillons dans le bas du ventre, et cette alchimie entre eux. Plus les jours passaient, et plus il lui était difficile de lui résister.
Hier soir, sur son sofa, elle avait failli se laisser tenter. Elle avait voulu l'embrasser…et ce soir, sous cette douche, elle se demandait pourquoi elle ne l'avait pas fait ? Elle se sentait idiote de le repousser encore et encore. Elle avait envie de pouvoir agir avec insouciance, sans penser aux conséquences et de simplement laisser ses sentiments parler.
Inspirant en pensant à toutes ces choses qu'elle aimerait faire avec lui, elle releva la tête à la sonnerie de son téléphone. La douche était si relaxante et si paisible qu'elle n'avait aucune envie d'en sortir. Rebaissant le visage au sol, elle préféra ignorer l'appel quand son cellulaire sonna une nouvelle fois.
Fronçant les sourcils devant l'insistance de son interlocuteur, Kate se demanda si ce n'était pas le poste. Soupirant, elle éteignit le jet d'eau si réconfortant, et sortit, les cheveux encore mouillés, enroulée dans une petite serviette éponge blanche autour du buste, à la recherche de son cellulaire.
Fulminant en s'apercevant qu'elle arrosait tout son salon avec son corps encore trempé, elle attrapa le téléphone pour découvrir le nom de son fauteur de trouble.
- Rick, je…..
- C'était pas Ben Conrad ! C'est pas lui le tueur ! Le tueur est toujours en vie, le tueur est toujours en vie ! hurla Castle, alors que Kate blêmissait en observant frénétiquement autour d'elle
- Castle, calme-toi, il n'y a rien ici et…..
Kate s'interrompit en déglutissant. Le retentissement d'une petite minuterie arriva à ses oreilles et lui glaça le sang. On dit souvent que lorsqu'on est proche de sa propre mort, on voit défiler toute sa vie…mais à cet instant, tout ce que Beckett entrevoyait était la peur…elle était terrifiée.
La voix du tueur murmura juste quelques secondes avant la détonation « Au revoir, Nikki » et Kate se mit à courir, laissant au sol son drap de bain blanc , sans réfléchir, elle claqua la porte de la salle de bain derrière elle et sauta pour se mettre à couvert dans sa baignoire en fonte.
Elle n'eut pas le temps de rassurer Castle au téléphone, pas le temps de lui dire à quel point elle était désolée, et surtout à quel point elle l'aimait. Le souffle qui se propulsa de son salon à tout son appartement, lui fit relâcher son cellulaire. La tête basse entre ses jambes…..elle attendit la mort…
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- Kate ? Kate ! cria Rick, en arrivant enfin près de son appartement pour le voir exploser sous ses yeux.
Non, non, non, ça ne pouvait pas se terminer ici ! Elle ne pouvait pas mourir ! Les jambes tremblantes, le souffle coupé, il écoutait la sonnerie de son cellulaire résonner comme une coupure d'appel.
- Kate !
Les flammes qui sortaient de son appartement étaient tellement impressionnantes qu'elles ne laissaient que très peu d'espoir à Castle. En pleurs, il se mit à courir vers elle, en criant :
- Non, non,non ! Réponds ! Allez, répond-moi ! pesta-t-il, le téléphone en main
Tout ceci était un cauchemar, tout ceci ne pouvait pas être réel. Forçant la porte d'entrée, il se stoppa quelques secondes devant le feu qui ravageait tout sur son passage. L'odeur du brûlé irradiait ses poumons, et sans réfléchir, il entra chez Kate en hurlant son nom.
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La fumée envahissait la salle de bain, au loin elle pouvait entendre le ravage des flammes dans son salon. Le corps ankylosé par la force du souffle qui l'avait bousculée, Kate peinait à bouger. Sa tête avait violemment taper sa baignoire en fonte au moment où la bombe avait explosé, et elle avait une terrible migraine dorénavant.
Déglutissant en tentant de sortir en vain de sa baignoire, elle ferma les yeux en gémissant face à la douleur de ses membres. Sa tête tournait, la nausée la prenait quand elle entendit hurler son nom.
- Kate ! Kate !
Rouvrant les yeux difficilement, elle murmura le prénom de son meilleur ami, tout en tentant de sortir de cette fichue baignoire. La peur qui l'avait habitée pendant la détonation avait laissé place à une rage sans nom.
Gémissant en levant son bras, elle sortit de sa torpeur par l'arrivée affolée de Rick.
- Mon dieu , tu es vivante ! Tu es vivante !
- Oui..
- Et…..entièrement nue, déglutit-il en arrivant près d'elle. Et par nue, je veux dire toute nue !
Baissant à son tour le regard sur elle face à sa répartie, Kate se recroquevilla aussitôt sur elle-même et siffla :
- Tourne-toi !
- Ton appartement vient d'exploser , il est encore en train de cramer alors c'est peut-être pas le moment d'être pudique
- Tourne-toi, bon sang !
- Et puis, ce n'est pas comme si je ne t'avais jamais vue dans ta tenue d'ève
Au regard noir qu'elle lui lança, il se retourna pour observer les flammes autour de lui. Le feu était contenu sur une partie de l'appartement, et il ne pensait pas qu'ils étaient en danger dorénavant. Ils avaient largement le temps de sortir avant de brûler, mais Castle redoutait surtout les inhalations de fumées toxiques.
Kate, quant à elle , tentait de cacher sa gêne. Elle n'avait certainement pas imaginé de se retrouver en tenue d'ève devant lui dans ces circonstances. Certainement pas ! Elle avait plutôt prévu un effeuillage lent et sensuel.
Paniquée et agacée par son sens de la répartie, elle cherchait un objet pouvant la vêtir :
- Rick, donne-moi une serviette
- Toutes tes serviettes sont en feu, observa-t-il, en lui tournant toujours le dos
- Alors passe-moi mon peignoir
- Ton peignoir ? Soupira-t-il en se retournant pour la contempler. Dis, tu n'aurais pas des vêtements ignifugés ?
- Castle ! tourne-toi !
- Ecoute, arrête donc d'être pudique et lève-toi qu'on sorte de là.
- Tu plaisantes, là ? Je suis nue !
- Ça merci, je l'avais remarqué
- Je te jure que si tu ne te tournes pas, je…
- Attends, attends, j'ai une idée, la coupa-t-il en retirant son manteau pour le lui le tendre. Quoi ?
- Tourne-toi
- Ok, ok, abdiqua-t-il en lui laissant le vêtement, avant de s'exécuter sous ses ordres.
Dos à elle, il observait les dégâts du feu sur son appartement, tout en l'entendant gémir.
- Tu vas bien ?
- Oui, juste quelques courbatures et des bleus. Disons que mon corps n'a pas apprécié le souffle de la détonation, râla Kate, en fermant un à un les boutons de la parka de Rick
- En parlant de corps, depuis quand es-tu tatouée ?
A sa question, elle rougit jusqu'aux oreilles, tout en fermant rapidement le bas du manteau. Il avait vu son tatouage ! Il avait vu son tatouage ! Fermant les yeux en inspirant fortement, elle l'entendit ré-itérer sa question, et sans réfléchir, elle lui attrapa violemment l'oreille et la lui pinça :
- Aïe ! Aïe ! Kaaate ! Poommme ! Pooommme ! hurla-t-il, en parvenant à se dégager pour la voir le fusiller du regard. Non mais qu'est-ce qui te prend !
- Tu m'as vue nue !
- La faute à qui ? C'est toi qui était complètement nue devant moi
- Je n'étais pas nue devant toi ! se défendit Kate.
- Ah oui ? Et tu étais comment alors ? marmonna-t-il en se frottant l'oreille.
- Excuse-moi de ne pas avoir pris le temps de m'habiller pendant l'incendie de mon appartement !
- Excuses acceptées
- Je….quoi ! Non mais ce n'était pas des excuses, et…
- Kate, tu pourrais sortir de cette fichue baignoire et me hurler dessus dehors ? Parce que si les flammes ne nous tuent pas , la fumée va nous brûler les poumons. Et puis pas la peine de s'affoler, je l'adore, ce tatouage, la taquina-t-il en souriant
Le fusillant du regard, elle sortit tant bien que mal de sa baignoire, en poussant Rick à chaque fois que ce dernier voulait l'aider. Abdiquant devant son entêtement à le repousser, Castle tentait de ne pas laisser son esprit vagabonder sur le corps nu de Kate. Elle était tellement magnifique, encore plus spectaculaire que dans ses souvenirs. Se mordant la lèvre inférieure à la mémoire de ce tatouage sur son aine, de ses jambes interminables qu'il imaginait autour de sa taille, de sa poitrine voluptueuse ou de son ventre tonique et plat , il sortit de ses pensées en apercevant Kate gémir et boitiller . Inquiet, il s'avançait pour l'aider alors qu'elle le repoussait une seconde fois, et il lui demanda :
- Tu es blessée ?
- Non !
- Kate, allez, laisse-moi t'aider , je…
- Ne me touche pas ! siffla-t-elle, excédée, au bord des larmes et éreintée par sa fin de soirée.
Elle était agacée de ne pas avoir remarqué que le tueur était encore en vie, agacée que Rick l'ait vue nue dans ces conditions, et agacée en voyant tout son appartement , ses souvenirs, ses affaires partis en fumée.
La voyant à bout de nerfs, Rick soupira et lui ouvrit la porte de son immeuble en lui chuchotant :
- Je suis désolé. Je ne voulais pas te blesser. J'étais…je suis simplement inquiet et quand je stresse, je dis n'importe quoi
- Tu passes ta vie à stresser alors ! siffla-t-elle
- J'ai vu ton appartement exploser, j'ai des circonstances atténuantes. J'ai cru que tu étais morte!
Se stoppant sur l'allée, elle se retourna pour l'observer quelques secondes, alors qu'au loin des sirènes de pompiers et de police retentissaient. Son visage était cerné et recouvert de suie. Elle pouvait lire dans son regard toute sa peur et son inquiétude . Soupirant, elle s'aperçut qu'elle exagérait un peu. Il avait accouru pour la sortir des flammes, pour la prévenir que Ben Conrad n'était pas le meurtrier. Sans lui, elle ne serait certainement plus qu'un gros tas de cendres à cet instant.
Passant une main dans ses cheveux, elle lui murmura honteusement :
- Merci d'être venu
- Merci d'être vivante, souffla-t-il, la boule au ventre, en la contemplant. Tu es sûre que tu vas bien?
- Oui…mais je veux bien de l'aide pour marcher
XXXXXXX
Les yeux clos, les mains entre ses mains, elle réfléchissait à toute sa soirée. Son appartement avait explosé, l'affaire était relancée et elle n'avait plus rien. Quand les secours étaient arrivés, Kate était remontée dans son appartement pour un état des lieux avec les pompiers et le FBI. Le constat fut affligeant pour le jeune lieutenant : tout était parti en fumée. Ce qui n'avait pas été détruit était simplement détérioré par la suie et la fumée.
Elle n'avait plus aucun vêtement, plus aucun meuble, et toutes les photos et les livres de sa mère étaient partis en fumée. Les larmes aux yeux, elle tentait de contenir sa peine quand elle entendit Rick arriver et s'asseoir sur sa chaise du commissariat, avec deux tasses de café :
- Ça va te réchauffer
- Question chaleur, j'ai eu ma dose ce soir, bougonna-t-elle en soupirant.
- Ah…désolé, fit-il, mal à l'aise.
Il savait très bien qu'elle tentait de garder bonne figure au poste. Quand ils étaient remontés dans son appartement et qu'il avait vu avec quel courage elle soulevait les cartons de souvenirs de sa mère détruits , Castle sentit la nausée le prendre. Plus rien….elle n'avait plus rien. Le seul souvenir qui lui restait de Johanna était sa bague de fiançailles qu'elle avait autour du cou.
Kate avait écouté, d'une seule oreille, les hypothèses de Jordan tout en cherchant désespérément quelque chose à sauver. La pièce qui avait été le moins touchée par l'impact était sa chambre à coucher, et pourtant peu de choses avaient pu être récupérées.
Epuisée et la boule au ventre, elle était rentrée au commissariat, et avait enfilé son survêtement de rechange du NYPD, sous le regard compatissant de tous ces collègues de travail.
- Tu devrais rentrer. Il est tard et Alexis ou Martha vont s'inquiéter, suggéra-t-elle, d'un ton las et brisé
- Je…
- Beckett ? Les interrompit Jordan, en compagnie de Montgomery
- Oui ?
- Avec le capitaine, nous pensons qu'il vaut mieux vous éloigner de l'enquête
- Pardon ? fit, abasourdie, Kate en les dévisageant
- Je suis désolée, nous n'avons pas le choix
- Attendez, c'est mon appartement qui vient d'exploser, d'accord ? enragea-t-elle en se levant, grimaçant.
L'explosion lui avait brûlé la peau à certains endroits, et la force de l'impact lui avait laissé quelques contusions sur le corps. Après un examen approfondi des pompiers et du médecin sur le lieu de l'accident, Kate était ressortie avec des bandages et une légère commotion. Chaque geste lui était douloureux, et malgré les protestations des gars et de Rick , elle avait bien l'intention de continuer l'enquête.
- Vous êtes blessée, Beckett, s'inquiéta Roy, en tentant d'amadouer, d'un coup d'œil, Rick en vain
- C'est mon appartement, c'est ma vie et c'est mon enquête ! Je compte bien attraper ce fils de pute avec ou sans votre aide ! siffla-t-elle, excédée
Observant le lieutenant puis son capitaine, Jordan abdiqua d'un hochement de tête, avant d'ajouter:
- Très bien. Mais pour ce soir nous n'irons nulle part. Vous devriez rentrer vous reposer.
- Me reposer ? A croire que vous avez oublié que je n'ai pas d'endroit où me reposer. Je n'ai plus rien, alors….. ;
- Tu as tort, l'interrompit Rick en se levant, mal à l'aise
- Pardon ?
- Tu as un chez toi. C'est un immeuble surveillé, et il y a une chambre supplémentaire. Tu seras avec des gens qui tiennent à toi et , détail important, il y aura des fédéraux devant la porte
- Non
- Castle a raison.
- Je…
- Soit vous rentrez avec lui, soit je vous retire l'enquête et vous force à des vacances forcées, Beckett, déclara Roy, fermement.
Observant, les yeux noirs, son partenaire et son supérieur, Kate prit le dossier de l'affaire en main, et siffla en partant :
- A vos ordres.
XXXXXXXXXXXX
Le trajet s'était déroulé dans un silence de mort. Kate était folle de rage par la situation. En quelques heures, elle avait tout perdu, et elle devait en plus aller vivre avec Rick. Si, en début de soirée, elle envisageait d'avancer un peu plus dans leur relation, ce soir, elle était complètement paniquée à l'idée de rester seule avec lui.
Comment, en quelques heures, avait-elle pu voir ses affaires volées en fumée, laisser Castle la voir nue dans sa baignoire, et être forcée de vivre chez lui ?
Se mordillant la lèvre inférieure, elle se tourna dans sa direction pour le voir les yeux clos, la tête posée sur l'appuie-tête du taxi . Il avait l'air exténué et tendu. Ses traits étaient tirés, et il avait l'air de réfléchir à vive allure.
Le contemplant quelques secondes, elle le vit sursauter devant la sonnerie de son cellulaire. Grimaçant, elle le vit sortir son téléphone et déclarer, sans même y jeter un œil :
- C'est ton père
- Mon père ? Comment sais-tu que…..
- La sonnerie. Vous avez tous une sonnerie attribuée, soupira Rick en lui tendant le téléphone
- Pourquoi j'ai l'impression que je ne veux pas connaitre ma sonnerie ? …et réponds-lui, c'est toi qu'il l'appelle
- Simplement parce que ton téléphone a dû finir en cendre
- Réponds-lui, avec un peu de chance, il n'est pas au courant de ce qui se passe, et il veut juste une conversation entre hommes
- Une conversation entre hommes à …..23heures ?
- Castle ! siffla-t-elle, en ne sachant pas quoi dire à son père pour ne pas l'inquiéter davantage.
- Très bien, très bien, concéda ce dernier, en décrochant avant la fin de l'appel. Jim, bonsoir.
- Richard, je suis désolé de te déranger à cette heure-ci, mais je viens de tomber sur les infos du soir, et j'ai vu l'appartement de Kathie. Je n'arrive pas à la joindre et…..
- On est passés aux infos ?
- Oui, je m'inquiète pour… ;
- Oh, oui. Kate va bien. Je vais te la passer
- Elle est avec toi ? demanda, soulagé, le patriarche
- Oui…Kate, c'est ton père, ajouta Rick en souriant à son amie, heureux d'avoir vu juste
- Pff, murmura-t-elle, devant son air de gamin satisfait, en prenant le téléphone en main
- Et pour répondre à ta question , c'est « sexbomb » de Tom Jones
- Quoi ?
- Ta sonnerie sur mon portable, et avec cette fin soirée, le titre est encore plus adapté, non ?
- Idiot ! siffla-t-elle en lui tapant l'épaule, avant de répondre à son père. Hey, papa
- Kathie, ils disent que ton appartement a explosé, et…..
- Je vais bien.
- Tu n'étais pas à l'intérieur quand…
- Non, j'étais sortie. Rick m'a prévenue à temps.
- Dieu merci. Quand j'ai vu les images et que je n'arrivais pas à te joindre, je me suis inquiété.
- Tout va bien, papa.
- Qu'est-ce qui s'est passé, Kathie ?
- C'est…..compliqué. Ecoute, je suis épuisée. Je peux te rappeler demain ?
- Oui, oui, bien sûr, mais….tout va bien, chérie ?
- Tout va bien. A demain papa
- Kathie, où vas-tu dormir ? Tu sais que tu peux venir à la maison, chérie, je…..
- C'est gentil…je…je n'ai pas encore réfléchi à tout ça. Ecoute, ce soir, je dors chez Rick, mais…oui…..je pense que j'accepterai ton offre. Je te rappelle, demain, d'accord ? soupira-t-elle, lasse, en se passant la main dans les cheveux
- Oui,oui. J'attends ton appel et…..remercie Richard….j'ai l'impression que je lui dois bien plus qu'un toit pour la nuit pour ma fille.
- Je…..à demain, papa
- A demain, Kathie.
Raccrochant, elle observa quelques secondes le téléphone avant de le rendre à Castle. Elle était fatiguée, apeurée, et tout se bousculait dans sa tête. Son père avait raison…elle avait failli mourir aujourd'hui…si Rick n'avait pas appelé….si…..elle aurait pu mourir. Les yeux rougis, elle baissa la tête pour ne pas montrer qu'elle craquait, alors que Rick lui murmurait :
- Le loft est ouvert à n'importe quelle heure… je veux dire….tu n'as pas besoin d'aller vivre chez ton père
- C'est gentil, mais, balbutia-t-elle en réprimant un sanglot
- Il habite à trente minutes de la ville, pour travailler c'est pas l'idéal, et…Kate ? ça va ? s'inquiéta-t-il en la voyant trembler à ses côtés
- Oui, gémit-elle
- Kate….
- Ce n'est rien. Je suis juste fatiguée…
- Je…. ;
- Et voilà, nous sommes arrivés, les interrompit le conducteur du taxi.
Inspirant pour reprendre un peu contenance, Kate fit un faible sourire et sortit du véhicule sous les yeux inquiets de Castle. Doucement, sans un mot, ils avancèrent côte à côte jusqu'au loft. Quand ils arrivèrent à destination, Rick ouvrit la porte d'entrée et éclaira le hall d'entrée.
- Tu veux prendre une douche...ou un bain ? Je peux aussi te faire à manger. Tu as mangé ou…
- Je vais juste aller me coucher, je te remercie
- Tu es sûre parce que…
- Certaine, le coupa-t-elle, en retirant ses chaussures pour observer ensuite l'appartement.
Elle était déjà venue….un bon nombre de fois. Seulement, elle n'avait jamais réellement visité le loft. Tout le second étage lui était inconnu, et elle se sentait désormais mal à l'aise sur la marche à suivre. Mettant ses mains dans son jogging NYPD, elle vit Castle se rapprocher d'elle et lui murmurer, sur un ton fatigué et inquiet :
- Je vais te montrer ta chambre. Tu es sûre que tu vas bien ?
- Je vais bien. J'ai juste…juste besoin de me reposer
- OK. Viens avec moi, abdiqua-t-il, en lui montrant du regard le second étage.
Lentement, elle le suivit, en écoutant d'une seule oreille les indications de Rick :
- Ta chambre est située au fond du couloir. Celle d'Alexis et Mère sont au début, ensuite, il y a les deux salles de bains que tu peux utiliser comme bon te semble. Je pense que je peux trouver un tee-shirt ou deux pour toi…pour la nuit, je veux dire et….
- C'est bon ne t'inquiète pas
- Ok, ok….heu…alors voilà on y est, balbutia-t-il en la contemplant, tout en ouvrant la porte qui menait à sa chambre.
Elle semblait si vulnérable à cet instant que le cœur de Rick se serra un peu plus. Les yeux rougis, les bandages aux avant-bras et ses épaules affaissées lui retournèrent les intestins. Doucement, il la laissa entrer en l'observant regarder la pièce entière.
Des photographies au mur étaient exposées sur sa droite, elles représentaient Alexis à divers stades de sa vie, mais aussi beaucoup de clichés de Rick et Kate à l'adolescence. Souriant faiblement en redécouvrant certaines photographies qu'elle ne possédait pas, elle s'arrêta sur l'une d'elles. Ils étaient à la cabane des Beckett. Sur la photo, on y voyait Jim une scie à la main aux côtés de Rick. Johanna était en retrait, riant aux éclats. Kate se souvenait très bien de cet instant. C'était le jour où son père était revenu de la quincaillerie avec l'idée d'agrandir la cabane.
Nostalgique, elle retraçait d'un doigt l'image quand elle entendit Rick lui chuchoter :
- Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à venir me chercher.
- Hum
- Je…..Bonne nuit, Kate, déglutit-il devant sa mine abattue
Se retournant pour partir, il se stoppa devant le son de la voix de sa meilleure amie :
- Reste
- Quoi ?
- Reste avec moi ce soir
Comme un écho vieux de dix ans lui rappelant cette nuit qu'ils avaient partagée, Castle déglutit en la voyant s'avancer vers lui pour fermer la porte de la chambre sans le lâcher du regard. Ses effluves de parfum le firent déglutir, et , il sentit ses jambes se dérober sous le poids de ses sentiments pour Kate.
- Reste avec moi ce soir.
Doucement, elle se leva sur la pointe des pieds et vint effleurer de son ne sa paume d'Adam avant de monter pour embrasser son menton.
Etourdit par son comportement, Castle déglutit et balbutia la voix rauque :
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée
- Pourquoi ? chuchota-t-elle en inspirant son odeur
- Parce que…..tu es bouleversée et….
- Je ne suis pas bouleversée.
- Ton appartement vient de bruler et un tueur en série est…..
- Castle, juste…..pour une fois…..pouvons-nous pas nous laisser aller ? Arrêter de tout analyser? demanda Kate , les yeux rougis sans le lâcher du regard.
IL ne savait pas quoi penser de la situation. Il avait rêvé de cet instant un millier de fois depuis dix ans pourtant ce soir, il avait l'impression d'être devant le même dilemme que des années précédentes.
- Rick ?
- Et si tu regrettes demain matin? Et si...
Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase ,Kate fondit sur ses lèvres. Elle ne voulait pas attendre une seconde de plus et voir son courage s'essouffler . Elle en avait marre de toujours faire attention et d'être toujours sur ces gardes. Elle souhaitait simplement une parenthèse dans tout ce désastre, elle voulait se sentir en sécurité….elle le désirait juste.
Désolée pour l'attente, je pensais avoir raté mon concours écrit mais contre toute attente j'y suis arrivée. Le concours oral étant mi-juin, je suis pas mal prise dans mes révisions , le travail et la vie quotidienne. Promis , je ne vous oublis pas, j'essai juste de mettre toute mes chances de côtés pour le 15 juin.
La fic n'est pas arrêtée , ni en pause, elle avance un peu plus lentement mais je vous promets de mettre passer la sixième vitesse dès que le concours est derrière moi.
En espérant, que vous êtes toujours là...
Tout d'abord, désolée pour l'attente. Réviser a primé sur la fanfic, espérons que ça paie. Ensuite, en espérant que je ne vous ai pas perdu en chemin, voici un petit résumé des épisodes précédents. Bonne lecture, On se retrouve plus bas?
Résumé: Kate et Rick ont grandi enfant. Voisins au début, une amitié très forte les a lié par la suite. Amoureux timide , ils ne se sont jamais déclarés leurs sentiments. Grâce à Kate et sa famille, Castle est devenu ce jeune auteur riche et célèbre. Ils se sont perdus de vue après l'enterrement de Johanna. Kate et lui ont couché ensemble et Beckett a découvert le lendemain que Rick allait être père ...
Dix années plus tard,ils se retrouvent au tour d'un meurtre. Malgré les noms dits, leurs sentiments toujours présents, ils essaient tant bien que mal à avancer ensemble. Leur du dernier chapitre, l'appartement de Kate a explosé et elle a enfin osé demandé à Castle une nouvelle nuit. La suite....juste en dessous.
CHAPITRE 25
Ses mains étaient partout, son parfum enivrait tout ses sens, son souffle attisait son désir d'elle ,à chaque gémissement, chaque murmure. Il n'arrivait plus à réfléchir, son corps était comme aimanté , habité avec le sien. Pas à pas , sans se lâcher, ils avancèrent vers le lit de Kate.
- Rick, chuchota-t-elle contre ses lèvres, en commençant à déboutonner un à un ses boutons de chemise.
Déglutissant devant elle , Castle était comme hypnotisé. Il avait rêvé de ses retrouvailles tous les jours depuis des dix ans, et la voir, si belle devant lui rendit ses fantasmes bien trop pâle que la réalité.
Ses caresses sur sa peau, ses baisers sur sa clavicule….il avait l'impression d'un jeune premier face à son amour de jeunesse, il avait l'impression de pouvoir enfin respirer, mais quand elle murmura une seconde fois, en ouvrant sa chemise sous son regard noir de désir:
- Reste avec moi ce soir
Il fronça les sourcils et toute sa joie disparut en lui laissant un gout amer en bouche. Il ne pouvait pas reproduire les mêmes erreurs, il ne pouvait pas espérer un meilleur matin sans une discussion. Ils avaient réussi à gâcher la plus belle chose qui existait entre eux, la confiance, avec une seule nuit de sexe. Il ne pouvait pas réitérer les mêmes erreurs encore et encore. Plus tôt dans la journée, elle lui avait confié ne pas être prête pour une relation, et ensuite son appartement avait explosé , comment pouvaient-ils se retrouver à demi nus sans une réelle discussion ? Reculant d'un pas, il stoppa ses délicieuses caresses en lui attrapant les poignets tendrement, et lui chuchota pour ne pas l'effrayer et la faire fuir :
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- Pardon ? fit-elle, prise au dépourvu , des papillons au ventre et avec une seule envie : oublier, une bonne fois pour toute, cette soirée dans ces bras
- Qu'est-ce qu'on fait, Kate ?
- Je…..on….enfin, tu veux un dessin ? balbutia-t-elle, en déglutissant devant son regard incertain
- On devrait ralentir, on…
- Non, je ne veux pas ralentir.
- Kate, ton appartement a explosé avec tous les souvenirs de ta mère, je comprends que….. ;
- Ne fais pas ça, soupira-t-elle, en dégageant ses mains des siennes désormais agacer qu'il cherche une excuse à tout ça.
- Ne fais pas quoi ? Discuter ?
- Non . Analyser. Je ne suis pas sous le coup de l'émotion…..enfin un peu, se reprit-elle devant son regard. Mais on est des adultes, on n'est plus des enfants. On n'a pas besoin de tout répertorier, tout analyser. Je veux être avec toi , ce soir, pas toi ?
Soupirant devant sa tirade, il se frotta la nuque, mal à l'aise, et lui répondit alors qu'elle fronçait les sourcils :
- Si mais…..je ne veux pas qu'une seule nuit
- Rick, soupira-t-elle en partant s'installer sur le lit, les bras croisés et la tête basse. Je ne suis pas prête pour plus
- Alors, quoi ? On couche ensemble, et demain on n'en parle pas ? Parce que je ne peux pas faire ça, et surtout avec toi, tu es…..
- Ce n'est pas ce que je dis
- Alors, qu'est-ce que tu veux me dire ? , l'implora Castle en s'agenouillant devant elle. On ne peut pas foncer tête baissée là-dedans….on ne peut pas refaire les mêmes erreurs qu'avant. Je t'ai perdue pendant dix ans….dix longues années…je ne le supporterais plus. Kate…je veux être avec toi…je ne me souviens pas d'un jour, depuis mes huit ans, où je n'ai pas voulu être avec toi
- Moi aussi, avoua-t-elle péniblement , les yeux rougis, en le regardant tendrement.
- Mais ?
- Mais je ne suis pas prête pour ce genre de relation….j'ai besoin de plus de temps
- Ok…..du temps….je peux le faire, déglutit-il en entendant « je ne te fais pas encore confiance».
- Rick, je veux juste y aller doucement, reprit-elle, en le voyant perplexe devant ses dires précédents
- Y aller doucement ? …..ok , là je suis perdu…il y a quelques minutes à peine, on se déshabillait et…
- Y aller doucement comme.... des adultes, avoua-t-elle en grimaçant. J'ai envie d'être avec toi mais…..enfin….je…
- Dis, tu n'essaies pas de me proposer une amitié avec avantage ?
- Heu…eh ben…...
Devant son regard stupéfait, Kate sentit tout son courage s'envoler. Elle le désirait, elle l'aimait, elle voulait une relation avec lui , mais elle n'était pas prête à lui faire confiance. Elle avait besoin de temps et elle avait naïvement pensé qu'ils pouvaient très bien être ensemble sans tout compliquer, sans tout analyser.
Passant nerveusement une main dans ses cheveux, elle soupira avant de se laisser choir sur le lit. Toute cette soirée avait été un désastre, et elle venait d'empirer encore les choses. Elle aurait mieux fait de partir dormir, elle aurait mieux fait de prendre l'offre de son père, et d'aller s'installer chez lui .
La voyant abattue et hésitante, Castle se frotta le visage en pensant à ses mots. Une nuit…..une relation sans complication ? Pouvait-il lui donner ça ? Pouvait-il risquer leur amitié ? Cette soirée avait été un cauchemar pour lui et encore plus pour elle.IL avait cru qu'elle était morte...il avait cru l'avoir perdu à jamais! Et si, elle le repoussait s'il répondait négativement? Il savait très bien qu'elle avait encore des sentiments pour lui mais qu'elle ne lui faisait pas confiance, enfin….. il espérait qu'elle avait encore des sentiments. Perdu dans ses réflexions, il en sortit par la voix de Kate :
- Tu as raison, c'est stupide. Laisse tomber. Tu devrais partir te coucher et…
- Que se passe-t-il si ça implose ?
- Pardon ? fit-elle, surprise, en relevant le regard pour le voir désormais terrifié devant elle.
- Avoir un stand d'une nuit n'est pas compliqué…..je suis le spécialiste des stand d'une nuit, mais tout se complique parce que c'est toi , Kate…..c'est nous. On n'est pas seulement deux inconnus qui veulent prendre du plaisir, on a une histoire, un bagage…..alors on ne peut pas se jeter là-dedans sans penser qu'il n'y aura pas de dégâts.
- Castle, c'est bon, tu…
- Je veux plus qu'une nuit avec toi…..j'ai toujours voulu plus qu'une nuit. Je veux une vie avec…..
- Non…stop, arrête. Je ne suis pas prête. Je ne veux pas d'une relation de ce genre.
- Que veux-tu alors ? soupira-t-il, le cœur brisé
- Je veux….aucune attente, aucune complication…je veux juste pouvoir te faire confiance à nouveau avant…..avant….
- Avant quoi ? …..Kate ? l'interpella Rick en la voyant les larmes aux yeux devant lui.
D'un geste lent et tendre, il lui caressa la joue, en chassant aux loin les larmes qu'il rencontrait sur son passage. Il ne l'avait vue que très rarement pleurer, mais à chaque fois, son estomac se nouait et son cœur se brisait un peu plus. Elle avait passé une horrible journée, elle avait l'air si apeurée, si vulnérable qu'il culpabilisait de ne pas pouvoir lui donner le réconfort qu'elle réclamait.
Déglutissant devant lui, elle hésitait sur la marche à suivre. Elle n'avait pas prévu de s'épancher sur ses problèmes, elle avait simplement souhaité se retrouver dans ses bras . Le cœur en miettes, elle lui avoua fébrilement :
- Quand ma mère est morte…quand tu es parti…..quelque chose a changé en moi, comme si j'avais monté un mur à l'intérieur. …..Je ne sais pas….. peut-être pour ne pas souffrir autant à nouveau
- Kate, soupira Rick, pris au dépourvu par cette révélation
Il avait l'impression de l'avoir un peu plus brisée ce jour-là. D'avoir été l'une des causes à cette Kate Beckett qui était née. Une femme plus froide, plus distante et moins confiante avec les autres.
- Je sais que je ne serai pas capable de devenir le genre de personne que je veux vraiment, je sais bien que….., sanglota Kate, en levant le regard pour l'ancrer dans celui de son meilleur ami.
- Tu ne seras pas capable de quoi ? chuchota-t-il, en déglutissant devant sa tristesse
- Je ne serai pas capable d'avoir le genre de relation intime que j'aimerais avoir, tant que ce mur sera présent…et tant que je ne pourrai pas me sentir en sécurité, ce mur restera en place.
A son aveu, il fronça les sourcils en tentant d'assimiler ses mots. Elle lui demandait du temps, elle lui demandait une relation sans complication le temps que son cœur réapprenne à lui faire confiance, elle lui demandait de l'aide pour abattre ce mur qu'elle avait construit à cause de lui des années plus tôt. Elle lui demandait une amitié avec avantage, le temps que son coeur s'ouvre à nouveau.
Le reniflement après un énième sanglot de Kate brisa un peu plus le coeur de Rick. Doucement, il leva sa main pour lui caresser la joue, et il l'entendit murmurer :
- C'est tout ce que je peux t'offrir
- Une relation sans attente, soupira-t-il
- Hum…..je suis désolée, je….
Elle allait lui dire que s'il ne pouvait pas accepter ses conditions, elle ne lui en voudrait pas. Qu'elle pourrait même regretter sa décision demain, qu'elle était éreintée et finalement vulnérable, mais avant qu'elle ne puisse terminer ses excuses, elle fut stoppée par les lèvres douces et gourmandes de Castle. Son cœur manqua un battement, de surprise face à son élan de tendresse et d'amour et à tous les souvenirs merveilleux que seul ses lèvres pouvaient lui remémorer.
Tendrement, il se releva, et sans lâcher son baiser , il la poussa pour qu'elle s'allonge sur le lit. Ses lèvres contre les siennes, son corps enlacé contre le sien, Rick gémit de plaisir avant de lui chuchoter :
- J'accepte tes conditions
- Tu es sûr? demanda-t-elle en se mordant la lèvre inférieure, en sentant ses mains caresser son dos
- Pas de complications, aucune attente…je suis prêt à t'attendre tout le temps qu'il faudra cette fois
- Mais….
- Pas de mais…..juste nous…..mais j'ai une condition aussi à tout ça, chuchota-t-il en bloquant ses hanches de ses mains, tout en humant son odeur dans son cou, ce qui fit frissonner Kate de la tête aux pieds
- Hum ?
- Pas de regrets...je suis sérieux..quoi qu'il arrive ente nous, on discute, on ne regrette rien.
- Ok, sourit-elle en lui retirant son haut, tout en admirant son corps au-dessus du sien.
- Et pour qu'on soit clair cette fois-ci, je n'ai pas d'autres enfants à naitre, pas d'autres petite-amie..
- Rick
- Et je compte bien détruire ce mur autour de ton cœur, quitte à me prendre une ou deux briques sur la tête
Emue par ses mots, elle hocha simplement de la tête en déglutissant. Elle se sentait vidée et dépassée par les évènements. Elle était aussi terrifiée à l'idée de replonger dans cette histoire, mais quand il la regardait avec un tel regard, quand il murmurait tous ses mots, il chassait au loin tous ses doutes.
Les yeux dans les yeux, ils se souriaient tendrement quand Kate se releva doucement pour reprendre sa bouche en otage. Le baiser fut doux, elle voulait prendre le temps de savourer chaque seconde de ce dernier. Les lèvres de Rick étaient si douces, si tendres, qu'elle sentit son cœur se serrer devant cet élan d'amour. Elle voulait se perdre dans lui. Elle voulait oublier cette soirée, mais par-dessus tout….elle voulait simplement se laisser aller dans ses bras.
Quand il relâcha le baiser pour descendre tout doucement de son cou à sa clavicule, elle eu l'impression d'être une midinette devant son premier amour. Son corps frissonnait d'anticipation et sans qu'elle ne s'en rende compte , il lui ôta son haut pour l'admirer sans aucune timidité.
- Tu es toujours aussi belle, sourit-il sans la lâcher du regard
- T'es pas mal non plus, répliqua-t-elle, avant de se servir de ses jambes comme levier et de changer leur position sur le lit.
- Eh ! je n'avais pas fini
- Moi non plus, rit Kate, en bloquant son torse musclé de ses deux mains, tout en ondulant outrageusement du bassin sur son érection déjà bien évidente. Dis donc, tu es devenu un homme, hein ?
- Kate, gémit Rick
- Chut….chut, sourit-elle, en reprenant sa bouche en otage.
Ce qui était doux au début devint très vite langoureux et rapide. Leurs langues s'affrontèrent dans un combat sans fin, leurs gémissements remplirent la pièce, et les premiers vêtements tombèrent un à un. Rick avait l'impression que son corps allait prendre feu devant les caresses, les baisers de Kate.
Quand il lui retira son dernier rempart, il se stoppa devant la vue qu'il avait en face lui. Après des années, elle arrivait encore à lui couper le souffle, à le rendre muet. Elle était tellement belle…..nue, étendue sur son lit, les cheveux en bataille, et ce sourire aux lèvres qu'il aurait voulu figer cet instant à jamais. Comment avait-il pu lui briser le cœur des années auparavant ? Comment avait-il pu survivre sans elle toutes ces années ?
Doucement, il lui caressa la hanche droite en lui murmurant, ému :
- Tu m'as manqué
- Castle, déglutit-elle difficilement, terrifiée à l'idée qu'il lui demande plus.
Elle voyait dans son regard tellement de tristesse et d'amour que l'insouciance du départ disparut. Elle savait très bien que coucher avec lui , avec leur bagages, en ne lui demandant aucune attente ou aucune complication était probablement impossible, mais elle ne voulait pas que cette bulle qu'il venait de créer explose aussi vite. Sentant probablement sa peur, Rick lui sourit et répliqua, en appuyant un peu plus sa caresse :
- Et…joli tatouage, Mademoiselle Beckett…Alors, une colombe ?
- Je...oui…ma mère adorait les colombes et….., râla-t-elle alors qu'il embrassait le volatile dessiné sur son pubis
- Kate ?
- Oui ?
- Ne parle pas de ta mère quand je fais ça, sourit-il en lui léchant l'aine, sans la lâcher du regard
- Oh….je…..hum, oui.
Le voir, le sourire aux lèvres, entre ses jambes déstabilisa Kate. Cette image qu'il lui renvoyait était tellement érotique qu'elle ferma les yeux, avant de gémir son nom quand ce dernier commença à lui prodiguer une délicieuse caresse buccale.
- Rick
- Chut….chut…
Souriant devant sa réplique, elle se laissa emporter par ses bons soins.
XXXXX
Epuisé et courbaturé, Rick gémit en s'étirant dans son lit. Les premiers rayons du soleil apparaissaient dans la chambre et lui coupèrent le sommeil. Ouvrant un œil difficilement, il observa les lieux en baillant, avant de sourire comme un bienheureux en se remémorant sa soirée de la veille.
Se tournant avec un sourire jusqu'aux oreilles, il blêmit en s'apercevant qu'il se trouvait seul dans le lit. Elle était partie. Levant le regard sur l'heure, il s'aperçut qu'il était tout juste 7 heures du matin. Elle avait fui….Elle l'avait laissé seul et était partie.
Déglutissant en sentant les larmes lui monter aux yeux , il ferma les yeux pour respirer calmement. Tout se bousculait dans sa tête, il tentait de trouver une explication à son départ. Elle avait peut-être été appelée pour l'affaire ? Non, idiot, elle t'aurait réveillé dans ce cas…Elle avait des regrets et n'avait jamais voulu coucher avec lui ? …..Pourtant, ils en avaient parlé, il pensait que tout était clair ! C'est elle qui voulait ça !
- Une relation sans attente et sans complication, marmonna-t-il dans sa barbe, en sentant la nausée le prendre.
Se fustigeant mentalement, il se demanda ensuite si c'est ce genre de relation qu'elle désirait ? Un coup d'un soir de temps en temps, mais pas de réveil commun, pas de câlins…..rien. Une amitié avec avantage ?
Perdu, il se leva du lit en enfilant ses vêtements de la veille. Il devait la trouver, ils devaient discuter car ils ne pouvaient pas se permettre de rester sur des non-dits.
Enervé et le cœur en berne, il s'avançait d'un pas énergique en dehors de la chambre pour se diriger vers la porte d'entrée au rez de chaussée, quand il se stoppa devant les murmures qu'il entendait. Doucement, il descendit les marches d'escalier pour découvrir Alexis, assise au comptoir, en pleine discussion avec Kate, une spatule à la main et le sourire aux lèvres.
- Il m'a dit que j'étais mignonne
- C'est gentil
- Hum
- Tu n'as pas l'air convaincue ?
- Tout le monde trouve Paige , trop cool…..et moi , je suis juste mignonne, ronchonna Alexis, ce qui fit sourire Kate. Ce n'est pas drôle !
- Je ne me moque pas…c'est juste que j'avais le même genre d'ami étant enfant.
- Papa était trop cool ?
- Non, ton père était …..timide et réservé…un brin mystérieux
- Papa ? Timide et réservé ? se moqua la rouquine, alors que son père souriait, attendri, devant la conversation qui se jouait sous ses yeux
- Oui, je t'assure ! Je devais sans arrêt l'obliger à s'amuser…..il faut croire qu'avec le temps , il a fini par m'écouter.
- Un peu trop même
- Oui, rit Kate devant la réplique d'Alexis.
- Alors cette amie , trop ..cool ?
- Oh, Maddie…Madison Queller. Blonde, magnifique, et loin d'être stupide. Elle avait tous les garçons à ses pieds. A côté, j'étais simplement….Kate, la copine sympa et mignonne.
- Ce n'est pas possible
- Quoi donc ?
- Que tu sois la copine qu'on remarque pas…regarde-toi…, rougit Alexis, devant une Kate Beckett en pyjama , une spatule à la main, les cheveux lâchés et le sourire aux lèvres. Tu es trop belle, Kate.
- Tu es tout aussi belle, Alexis
- Oh, non…je suis…..
- Une magnifique jeune fille. Ne laisse jamais personne t'en faire douter, la reprit Beckett sans la lâcher du regard. Les garçons sont stupides, ils ne réfléchissent pas correctement avant d'avoir trente ans.
- N'importe quoi, pouffa-t-elle
- Si, si…..ils ont un réel problème de maturité. Regarde ton père ? Il a mis le feu à ses cheveux, il y a peine quelques semaines
- Hey ! fit mine de s'offusquer Castle, en arrivant dans la cuisine , alors que les filles sursautaient de surprise. Je sais être un homme quand il le faut, Beckett, ajouta-t-il, tout sourire, alors qu'elle baissait les yeux à son insinuation
- Papa, grimaça Alexis
- Quoi ? Je paye mes factures, j'élève une pré-ado….et… et…ben c'est déjà beaucoup niveau maturité, non ? répliqua-t-il, amusé, en venant embrasser Alexis sur le front pour découvrir le merveilleux petit déjeuner que Kate avait confectionné.
Sous ses yeux, pancakes, oeufs, fruits et bacon jonchaient l'ilot central. Levant le regard gourmand et émerveillé, Rick entendit Kate murmurer, peu sûre d'elle :
- J'espère que ça ne te dérange pas , j'ai un peu investi les lieux
- Je rêve ou….c'est ce que je pense, sourit-il, soulagé de la voir dans la cuisine, en pyjama en train de cuisiner.
Elle n'était pas partie. Elle était restée et faisait le petit déjeuner à Alexis. Il n'avait pas rêvé alors…cette nuit avait été magique…..au-delà de ces espérances et de ses souvenirs, et il était bel bien prêt à faire fonctionner tout ça avec Kate .
- C'est le Brunch des Beckett ! déclara tout sourire,et innocemment, Alexis
- Le Brunch des Beckett ? rit Kate
- Oui, le brunch du dimanche matin. Papa m'a dit que c'est ta mère qui lui a appris la fameuse recette des cookies, de la pâte à crêpe et le Brunch des Beckett !
- Oh,…..les cookies, sourit nostalgiquement Kate, en repensant à ces moments mère fille devant Temptation Lane
- Oui . Papa adore les faire….. et encore plus les manger !
- Tu n'es pas en reste non plus ! se défendit Castle, en prenant dans les mains un morceau de bacon pour le goûter. Et pour répondre à ta question, Kate, mâchouilla Rick, Mi Casa es Su Casa, sens-toi libre de me faire le petit déjeuner quand tu le souhaites.
Intimidée et légèrement mal à l'aise, Kate passa une de ses mèches de cheveux derrière ses oreilles, et le contempla lui sourire de toutes ses dents . Il avait l'air si heureux ce matin qu'elle fut soulagée de sa décision plutôt.
Elle avait hésité à partir au poste dès qu'elle s'était réveillée. Elle voulait attraper ce détraqué qui avait fait exploser son appartement, et avec lui tous ses souvenirs de sa mère, mais quand elle avait vu Rick dormir du sommeil du juste, elle avait changé d'avis. Elle ne pouvait pas partir ainsi, pas après la nuit qu'ils venaient de passer.
Elle ne savait pas encore où ils en étaient. Ils avaient passé la nuit ensemble et ça avait été….magique, mais elle était encore sur ses gardes, elle était encore terrifiée, apeurée qu'il puisse à nouveau lui briser le cœur. Elle lui avait demandé du temps et une relation sans attente ni complications la veille, mais…elle pouvait certainement prendre le petit déjeuner avec lui, non?
A cette pensée, elle avait grimacé en se rendant compte que même elle ne savait pas comment aborder la relation qu'elle lui demandait. Soupirant, elle avait décidé qu'ils devaient définir certaines règles pour que ce genre d'hésitations s'évaporent dans le futur.
Alors, elle était simplement sortie du lit pour éviter aussi d'y aller trop vite, et avait décidé d'aller se faire un café, le temps que Rick se réveille et qu'ils puissent discuter de la nouvelle tournure de leur relation. Elle avait espéré pouvoir prendre du recul et réfléchir à tout ça, mais son temps seule avait été écourté par la venue de la petite Castle, qui s'était levée aux aurores pour réviser une leçon avant le petit déjeuner.
- Mi Casa es Su Casa, assura Rick, en embrassant Alexis sur la temps sans lâcher des yeux Kate, qui rougit devant son regard . En plus, tu cuisines, alors je ne vais s*urement pas me plaindre. Que fais-tu ?
- Le brunch des Beckett ! s'exclama, toute heureuse, la jeune rouquine
- Le brunch du dimanche, un jeudi ? ça c'est….trop cool ! Tu as même fait du bacon !
- Mmmm et je m'apprêtais à faire une guimauvelette, sourit Kate devant son entrain.
- Une quoi ?
- C'est une recette qu'on a inventée avec Kate quand elle était à l'université. Des œufs, du chocolat et de la guimauve
- Berk !
- Comment ça berk ? reprirent en cœur, Castle et Beckett en fronçant le sourcils
- C'est dégoûtant. D'ailleurs, je ne comprends même pas comment vous avez pu cuisiner, et même manger ce truc, gémit-elle, en observant Kate casser les œufs.
- Eh bien, en fait, on a fait avec les moyens du bord à l'époque…tu te souviens ? murmura Rick, nostalgique
Flashback.
Il avait enfin réussi à trouver un week-end de libre pour voler jusqu'à Standford . La promotion de son livre lui prenait tout son temps, et Rick désespérait de revoir Kate . C'est donc tout heureux, et avec un sac entier de présents de Johanna, qu'il était parti la rejoindre pour deux jours.
Ils avaient beaucoup discuté, énormément ri, et très peu dormi. Ils avaient eu a cœur de profiter de chaque seconde de ce temps à deux. Kate voulait tout savoir sur sa nouvelle vie d'auteur, et Rick, lui, buvait chacune des paroles de Beckett au sujet de ses cours et de ses nouveaux amis.
Quand le petit matin avait pointé le bout de son nez, Kate avait râlé en rabattant la couverture sur sa tête :
- Ferme les volets
- Vas-y toi, rumina Castle, sur son matelas de fortune à ses pieds
- T'es plus près de la fenêtre
- Fenêtre qui ne m'appartient pas, bailla-t-il en s'étirant
Trois heures…..ils avaient seulement dormi trois heures avant que les premiers rayons du soleil ne les ramènent à la réalité. Rick devait partir en début d'après-midi, et leur petite bulle allait bientôt à nouveau exploser.
Les yeux cernés et le corps complètement épuisé, Rick s'était levé en se débattant avec ses couvertures, avant de commencer à fouiller dans ses placards de cuisine.
La chambre de Kate était l'une des plus grandes du campus. Elle la partageait avec une certaine Jessie, qui passait plus de temps dans le dortoir des garçons que dans sa propre chambre. La pièce se composait de deux lits simples avec bureau, et d'une petite kitchenette.
Intriguée par le bruit de casserole et de placard, Kate soupira en retirant sa couverture de son visage pour observer Rick, en train de soupirer devant son frigo :
- Qu'est-ce que tu fais ? Les volets sont de l'autre côté !
- On est dimanche
- Et alors ?
- Alors, c'est le jour du brunch…mais…..oh mon dieu, c'est de la pourriture qui se trouve dans ton frigo ! s'exclama-t-il en reculant , pour la dévisager par la suite
- J'en ai marre de faire les courses, ma colocataire ne fait pas sa part alors…je commande beaucoup
- Ça j'avais remarqué, merci, avec toutes les boites de chinois dans ta poubelle. Si ta mère voyait ça….
- Elle n'est pas là et c'est pas si mal de ne pas cuisiner tout le temps. Maintenant peux-tu fermer les volets et retourner te coucher ? ronchonna-t-elle
- Non
- Non ?
- Je vais nous faire un petit déjeuner malgré….ça, grimaça Rick en lui montrant de la moisissure dans son pot de confiture. Allez debout !
- Non mais tu rigoles ? Il est …sept heures du matin !
- Et alors ? sourit Castle, en sachant pertinemment que Kate n'était pas une personne du matin
- Alors, il est trop tôt ! C'est inhumain de se lever à cette heure-ci !
- Allez debout Kate, je pars dans quelques heures, tu pourras râler ensuite
- Je ne râle pas ! Je m'exprime, rumina-t-elle en se levant sous les yeux contemplatifs de Rick.
Il ne se lassait jamais de la voir. C'était comme si, à chaque fois, elle lui coupait le souffle avec sa beauté. Doucement elle s'étira de tout son long , ce qui releva légèrement son tee-shirt et laissa à Castle l'opportunité d'observer, avec beaucoup d'attention , son joli grain de peau et son ventre plat. Déglutissant, il releva le regard pour tomber sur un sourire timide de Kate, qui l'avait attrapé en flagrant délit de mâtage.
- Je….. ;heu….., balbutia-t-il , mal à l'aise
- Tu as perdu tes mots ? Le comble pour un écrivain ? murmura-t-elle, tout aussi gênée, en enfilant un peignoir de soie que sa mère lui avait offert avant son départ.
- Non, non….je me demandais simplement ce que je pouvais faire avec seulement des œufs, du chocolat et de la guimauve, se défendit-il , rouge de honte
- On pourrait très bien aller prendre un café sur le campus, avec un beignet aux pommes et…
- Non, non , non, c'est le brunch familial.
- Rick, soupira-t-elle
- J'y tiens, je n'ai pas déjeuné avec toi depuis….deux mois, une semaine et deux jours
- Whaou, si je ne te connaissais pas, je dirais que je te manque un peu, sourit-elle, en venant le rejoindre pour prendre les œufs en main.
- Je croyais que c'était déjà un fait établi, Mademoiselle Beckett…..heu…..qu'est-ce que tu fais ?
- Une omelette
- Avec …. ?
- Des œufs, du chocolat et de la guimauve
- Mais c'est….heu….bizzare, non ?
- Ne te moque pas de ma cuisine, Rick…la seule à pouvoir faire un brunch digne de ce nom est à des milliers de Kilomètres, tu t'es planté de femme Beckett.
La contemplant marmonner dans sa barbe, tout en commençant à cuisiner, Rick n'avait qu'une seule envie, appeler son agent pour lui dire qu'il ne reviendrait pas sur New-York, rompre avec cette actrice qu'il venait de rencontrer, et rester près de Kate pour le restant de ses jours. Heureux et amoureux, il la bouscula légèrement avec sa hanche droite, tout en rajoutant le chocolat sur les oeufs, et lui répliqua, amusé :
- On devrait baptiser notre nouvelle recette. Ce sera notre tradition du dimanche rien qu'à nous deux
- Ouais?
- Ouais…alors que dirais-tu d'une omeletteguiv ?
- Non…une chocoguiv ?
- Oui…non….attends, j'ai mieux, une Guimauvelette ?
- Une Guimauvelette …., reprit-elle en se mordant la lèvre inférieure, alors qu'il rajoutait la guimauve….ok , Rick, on a le plat principal de nos nouveaux brunchs
- Cool !
- Cool !
Ils n'avaient refait cette recette qu'une seule fois. Quand Kate était revenue pour les vacances d'hiver, et Johanna avait blêmi devant l'imagination débordante de ces deux ados. Leur tradition n'avait jamais perduré…
Fin du Flashback.
- Ben moi je passe…..je vais m'habiller, Paige ne va pas tarder à venir me chercher. Merci Kate pour le petit déjeuner…..et le conseil, sourit Alexis, en se levant pour rejoindre sa chambre.
- Merci à toi pour la compagnie.
Attendrie, elle observa pendant quelques secondes la petite Castle monter, avant d'éteindre le feu pour donner une partie de sa guimauvelette à Rick.
Elle avait attendu depuis ce matin pour se retrouver seule avec lui, mais maintenant que le moment était arrivé, elle commençait à paniquer. Se mordant la lèvre inférieure , elle n'osait pas le regarder dans les yeux.
Amusé par son attitude si timide, Castle prit une bouchée de son petit déjeuner, et lui demanda :
- Alors ?
- Alors ?
- Bien dormi ?
- Peu….et toi ?
- Très peu…mais ça en valait la peine, ajouta-t-il pour lancer la discussion, et dissiper tous ses doutes
- Oui, ça en valait la peine, sourit-elle en repensant à cette nuit, à ses lèvres gourmandes, ses caresses et à ses hanches qui frappaient inlassablement les siennes.
- Alors….tu ne regrettes pas ? ...Je veux dire, c'est pas genre, « mon appartement vient d'exploser, j'avais juste besoin de réconfort » ?
- Non…pas pour moi, répondit Kate sur la défensive
- Pour moi non plus, sourit Rick , en lui prenant la main sur la table
- Bien….mais…..
- Je sais, tu n'es pas prête, pas d'attente, pas de complication
- Oui…je pense qu'il serait préférable d'établir certaines règles
- Des règles ? Comme quoi ?
- Comme…..Nous sommes toujours Castle et Beckett au poste, pas de marques d'affections ou de….
Avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, le téléphone de Kate sonna et la coupa dans son élan. Soupirant ,elle le prit en main en s'excusant du regard, avant de répondre devant un Rick plus que curieux .
Castle et Beckett au poste, mais pouvait-il espérer Kate et Rick à la maison ? Ou était-ce simplement une amitié avec avantage pour le moment ? Pouvait-il l'embrasser, lui prendre la main ou simplement se blottir contre elle sur le canapé ? IL lui avait dit qu'il le pouvait la nuit dernière mais c'était avant de s'abandonner sous ses caresses, sous ses gémissements...c'était avant qu'il ne rend compte à quel point il pouvait l'aimer.
Il souhaitait désormais une explication à cette relation. Il avait besoin de savoir ce qu'il avait droit de faire ou de ne pas faire, il ne voulait pas la perdre, il irait à son rythme quoi qu'il lui en coute, mais avant qu'il ne puisse demander quoi que ce soit, Kate raccrocha et lui déclara fébrilement :
- Jordan Shaw a disparu, il pense que c'est notre tueur. On doit retourner au poste
- Oh…heu….. oui, fit-il, déçu, en la voyant quitter la cuisine pour rejoindre sa chambre
- Rick ?
- Oui ?
- On en discutera ce soir ?
- Oui, oui
- Ok…..en attendant….
- On est Castle et Beckett. J'ai compris, Kate.
- Et ça te va ? demanda-t-elle, en culpabilisant
- J'ai accepté tes conditions , hier, je crois ? sourit-il pour la soulager. Pas de complications, pas d'attentes.
- Ok…alors on devrait se préparer, fit-elle, soulagée, le sourire aux lèvres, en remontant les escaliers.
Au salon, Castle l'observa quelques secondes, avant de soupirer. OK….il pouvait le faire, non ?
J'espère que ce chapitre vous aura plu. J'attend vos commentaires....
CHAPITRE 26
La scène de crime laissait Castle très inquiet pour la suite des évènements. Le SUV de l'agent Shaw montrait une effraction au niveau du coffre et des éclaboussures de sang à l'intérieur. Alors qu'il tentait d'assimiler les faits, en tentant de mettre ses émotions de côté, il s'apercevait bien que Kate était tout aussi anxieuse pour la suite des évènements.
Ils n'avaient aucune identité sur le tueur, aucun indice, et l'agent Shaw avait été kidnappée malgré son expérience et son entrainement au combat. La nuit qu'ils venaient de passer ne calmait pas non plus leurs inquiétudes; au contraire, elle les décuplait .
Il ne pouvait pas se permettre de la perdre encore une fois, et surtout maintenant. Ruminant, l'estomac noué, Castle écoutait Kate donner ses derniers directives à l'équipe, quand son cellulaire sonna et la coupa :
- Beckett ?
- Vous savez ce qu'on dit Nikki ? …L'amitié c'est sacré, votre copine doit beaucoup vous manquer?
- Où est-elle ? demanda sans préambule Kate, alors que Rick blêmit à ses mots
- En vie….pour l'instant
- SI vous lui faites quoi que ce soit , je vous jure que….
- Tout ça ne dépendra que de vous, et vous le savez…C'est votre histoire Nikki, pas la sienne! Elle n'est qu'une figurante, l'affrontement final ne peut se faire qu'entre vous et moi ! Venez au terminal des Ferries à Patrick Park ce soir à minuit, et venez seule ! Ou elle mourra….
- Comment je peux être sûre qu'elle est toujours en vie ? déglutit Kate, en regardant Castle, complètement abattu à ses côtés.
- Je vous envoie une vidéo.., termina-t-il avant de raccrocher.
Soupirant, elle fronça les sourcils, devant les oreilles tout ouïe de Rick et l'agent Avery. Ce rendez-vous était un piège, elle le savait, mais c'était leur seule chance et leur seule piste pour retrouver Jordan vivante. Sentant déjà les remontrances de Rick à venir, elle fit cependant un débriefing de sa conversation, tout en observant le lien qu'elle venait de recevoir .
- Et merde !
- Quoi encore ? rumina Rick
- Cette vidéo ! Je ne peux pas la lire , elle est trop grosse. On va devoir retourner au poste et demander à Tory de l'ouvrir
- Ok, ok, mais après on fait quoi ?
- On tente de retracer l'appel
- Et ensuite ?
- Ensuite , on voit
- Tu ne penses pas vraiment aller au rendez-vous ? fit, incrédule, Castle en la voyant éluder les questions
- C'est notre seule piste
- Kate, c'est un piège et ….
- Et c'est mon boulot. Je ne suis pas stupide. Je sais pertinemment que c'est un piège, mais si on n'a aucune piste d'ici ce soir, je suis la seule option pour l'agent Shaw.
- Mais…
- On rentre au poste, j'ai besoin de voir cette vidéo. Agent Avery ?
- Oui ? fit l'agent en costume-cravate près du SUV
- On rentre.
Et sans aucun autre mot, aucune autre discussion, Kate Beckett avait repris les rênes de l'enquête. Castle pouvait le voir à la façon dont elle se tenait, la façon dont elle s'exprimait. La Kate Beckett qui avait passé la nuit avec lui, qui avait déjeuné avec sa fille, était partie pour laisser place à cette femme froide et rigide….à ce mur qu'il avait aidé à construire après la mort de sa mère.
Soupirant, il la suivit sans un mot, en se demandant comment il allait réussir à abattre ce mur , à retrouver la Kate de son enfance.
XXXXXXXXXXX
Grâce à la vidéo, où l'on observait Jordan échanger avec le tueur,;l'équipe du FBI couplée avec celle du NYPD réussit à trouver l'endroit où le film avait été tourné. Il s'agissait d'un énorme entrepôt de trois étages, séparé par une ruelle par un nouvel entrepôt.
Garée dans la rue, à l'abri des regards, Kate regardait attentivement le SWAT commencer leur assaut grâce aux caméras thermiques qu'ils possédaient .Malgré les doutes et les dires de Rick, le FBI avait décidé d'intervenir en laissant Beckett près du poste de surveillance.
Faisant les cent pas dans cette camionnette de surveillance étroite, Rick repensait à toute cette histoire, et plus il réfléchissait , plus il était certain que le FBI se trompait d'entrepôt.
- Castle, arrête de faire les cent pas, tu me donnes le tournis, le réprimanda, exténuée et sur les nerfs, Beckett
N'écoutant pas et ruminant dans son coin, il se demandait pourquoi personne n'écoutait son idée! Il était persuadé que quelque chose manquait et que le FBI partait droit dans la gueule du loup. Le fait aussi que Kate ne prenne pas de temps avec lui aujourd'hui l'exaspérait aussi . Il savait qu'ils étaient sur une enquête, que leur vie personnelle devait être mise entre parenthèses, mais après dix ans à espérer une nouvelle nuit ensemble , il aurait souhaité un peu plus de douceur de sa part. Fatigué et irrité par tous ces problèmes, il sortit de sa transe par l'agacement de Kate :
- Castle !
- Castle ?
- Quoi, tu joues au perroquet ?!
- Oh…alors….ça y est , je ne suis plus que Castle, siffla-t-il, agacé par son comportement et cherchant un moyen d'extérioriser sa frustration
- C'est censé vouloir dire quoi ?
- On est tout seuls, je ne vois pas pourquoi tu ne m'appelles pas Rick.
- Ne me dis pas que tu analyses mon vocabulaire ? grinça Kate
- Oh non, je sais par expérience que tu as un très bon vocabulaire, Beckett.
Frappant sur la tablette à côté d'elle , Kate se releva et lui asséna, sans le lâcher du regard :
- C'est quoi ton problème aujourd'hui?
- Mon problème, c'est que tu prends un malin plaisir à mettre de la distance entre nous. Mon nom en est la preuve. Que tu le fasses quand on est pas seuls, je comprends, mais là ? J'aimerais savoir quand je suis censé être Rick ou Castle…..Parce que je ne voudrais pas enfreindre une de tes règles , Beckett.
Il savait qu'il était puéril et immature à cet instant. Que ses reproches pouvaient être plus mesurés et pesés mais la journée avait été éprouvante et il se sentait de plus en plus désemparé face à elle. Fronçant les sourcils, avec les mains sur les hanches, il la vit ouvrir puis fermer la bouche avant de rétorquer :
- Tu as dis que tu étais d'accord avec tout ça ?
Elle n'en revenait pas ! Il lui faisait des reproches en plein assaut du SWAT ! Elle savait que cette nuit avec ces règles était une erreur. Qu'elle devait simplement avancer avec lui sans trop se poser de questions. C'était d'ailleurs, ce qu'elle comptait lui dire à la fin de cette enquête. Que cette nuit avec lui avait changé sa vision des choses et qu'elle était prête à lui faire confiance. Mais en le voyant aussi immature et vindicatif, elle sentit la colère prendre le pas sur ses résolutions :
- Je l'étais mais il faudrait peut-être me définir les règles…. ? Quand est-ce que je suis Rick ?
- Je….
- Parce qu'à une époque j'étais Rick tout le temps. Et maintenant, j'ai l'impression que tu m'appelles Castle pour ne pas te souvenir de notre passé. Comme si j'étais deux personnes différentes.
- N'importe quoi , tu….
- Attends, attends…..il y a un truc qui cloche, la coupa-t-il en observant attentivement la caméra infrarouge qui retransmettait le signal du FBI
- Oh et je peux savoir ce qui cloche ? A part bien sur ton attitude puérile
- Mon….quoi !
- Tout était très clair hier soir, ET ça l'était il y a dix ans, mais il y a encore un truc qui cloche, hein Rick ? siffla-t-elle blessée. J'aurai dû le savoir, il y a toujours un truc qui cloche avec toi !
- Il n'y a rien qui cloche à part ton manque total d'interaction avec moi !Tu fuis encore !
- Je ne fuis pas , je bosse, idiot !
- Et…..Attends, regarde ça ! souffla-t-il en lui montrant l'équipe du SWAT toute prête à intervenir
- Quoi encore !
- On dirait un remake de Star Wars quand le faucon millénium s'échappe de l'étoile de la mort, c'est trop facile
- Mais de quoi tu parles bon sang ! Je peux savoir ce qui est trop facile ? fit-elle, incrédule qu'il saute du coq à l'âne.
- Tout ! La vidéo qui nous mène ici, il voulait qu'on le trouve. Tu te rappelles comment tout était parfait avec Ben Conrad?
- Et alors ?
- A l'instant même où la porte sera enfoncée, ils seront tous morts.
- Ils ne vont pas enfoncer la porte . L'échange doit se faire avant minuit, il devra partir quelque minutes avant. A l'instant même où il sort, ils l'attrapent.
Ecoutant la déclaration de Kate, Castle observa l'écran puis la montre qui lui indiquait 23h30. Une demi-heure… il ne savait pas pourquoi mais tout ceci ne collait pas. S'installant en soupirant sur une chaise, il ferma les yeux pour entendre Beckett lui demander avec moins de hargne :
- Castle, si tu as une bonne raison de penser qu'ils ne sont pas dans cet immeuble, tu dois me la donner et tout de suite, parce que là je perds réellement patience !
- Je le sais parce que si c'était moi, ce n'est pas comme ça que je l'écrirais.
- Je…..
- Je sais, tu vas me dire, tu n'es pas devant ton ordinateur et la vraie vie est différente et …..
- J'allais simplement te dire, comment tu l'écrirais ? le coupa-t-elle, toujours blessée par leurs mots
Fronçant le sourcils, en la voyant pas fermée à sa théorie, il soupira et lui avoua :
-Le tueur nous fait croire qu'on l'a trouvé pour nous attirer ici. Il laisse le FBI entrer dans l'immeuble sauf qu'il n'est pas à l'intérieur.
- Et où est-il ?
- Il est pas très loin, il est planqué et il observe tout. Il a un plan, il sait exactement ce qu'il va se passer. Si c'était moi, j'attendrais que toute l'équipe d'intervention soit en position à l'intérieur et je ferais sauter l'immeuble !
-D'où il les observe à ton avis ?
- Hum, je sais pas trop, mais il veut prouver qu'il est plus malin que nous, alors il doit être tout près et hors de portée de l'explosion
- Castle si c'était toi , tu te serais mis où pour les observer ? fit, intriguée, Kate en observant les lieux à côté de Rick
Regardant les écrans de surveillance, Castle fronça les sourcils et murmura :
- Quoi qu'il arrive, je ne me serais pas mis dans le même bâtiment…..Je serais donc en face, ajouta-t-il en montrant l'entrepôt d'en face.
Etudiant toutes les possibilités, Kate se leva en prenant son arme de service qu'elle vérifia, et sortit de la camionnette en lui déclarant , la boule au ventre, de peur qu'elle ne prenne la mauvaise décision :
- Tu viens ?
- Où ça ?
- Voir si la vie réelle peut se mélanger avec ton imagination…..Rick !
XXXXXXXXXX
L'immeuble était désert et sombre. Aucune lumière n'était visible et il semblait, au vu de la vétusté de l'entrepôt, qu'aucun employer ne travaillait ici depuis des années. Marchant doucement, Kate se stoppa en entendant le son de la voix de Jordan qui conversait avec le tueur. Faisant un signe à Rick de reculer de quelques pas, elle regarda sa montre et soupira en se rendant compte qu'il était bientôt minuit. Fulminant en se rendant compte qu'elle n'avait pas le temps de retourner sur ses pas pour prévenir l'équipe du Swat, elle se baissa pour récupérer son arme de secours à sa cheville et la tendit à Castle qui la regardait, stupéfait :
- Tu veux que je le tienne pendant que tu refais tes lacets ?
- Non, je veux que tu sois armé au cas où.
- Dois-je entendre par là….tu avais raison…Rick ? sourit-il en observant l'arme de service de Kate
- Sérieux ? On est seuls face à un tueur en série qui a un otage, et tout ce à quoi tu peux penser, c'est que tu avais raison ?
- Non, je pense aussi que retirer cette arme de ta cheville était absolument …sexy
- Castle, grinça Kate, en hésitant à lui mettre une balle entre les deux yeux
- C'est bon, je plaisante. …Pas le meilleur moment, déglutit-il devant son regard.
- Non !
Abasourdie et toujours contrariée après lui , elle repartit en direction des voix qu'elle entendait pour obtenir un meilleur visuel. Quand ce fut fait, elle murmura à Castle, qui se trouvait juste derrière elle :
- Il est à la fenêtre, je vais essayer de l'attirer vers moi, quand je l'aurai éloigné, libère l'agent Shaw et appelle à l'aide
- Mais...
- Castle, je ne peux compter que sur toi, alors concentre-toi
- Kate, attends, chuchota-t-il en la voyant prête à se jeter dans la gueule du loup
- Quoi ?
- Pour tout à l'heure, je suis désolé. Je…..c'est juste que je ne sais pas ce que tu attends de moi , de nous…..et j'ai paniqué surtout après cette nuit fabuleuse et …..Mais…heu…. oui, pas vraiment le moment d'en parler, déglutit-t-il devant ses yeux noirs. Je vais me concentrer…..beaucoup… et on pourra discuter de tout ça, plus tard.
Roulant des yeux face au moment qu'il avait choisi pour faire ses excuses, Kate s'avança prudemment en armant son arme de service, tout en déclarant pour surprendre celui qui avait mis sa vie sans dessous dessus depuis quelques jours :
- Je croyais que c'était après moi que vous en aviez ?
- Nikki …vous êtes venue, sourit le ravisseur en tapotant légèrement l'épaule de l'agent Shaw, qui se trouvait assise sur une chaise et ligotée, un scotch désormais sur la bouche.
- Mettez vos mains en évidence ou je vous jure que je vous descends, déclara froidement Kate, qui commençait à perdre patience face à ce cinglé.
Souriant ironiquement, il gesticula les deux mains en l'air et lui répondit sans la moindre inquiétude ;
- Désolé mais ce n'est pas comme ça que ça va se passer, Nikki. C'est vous qui allez baisser votre arme immédiatement, sinon je vous jure que je fais exploser le C4 qui se trouve sous les pieds de ces bons vieux agents du FBI là-bas. ….Allez-y, Nikki, tirez, sourit-il en la voyant toujours les yeux rivés sur son viseur. Mais il faudra me tuer d'un seul coup autrement j'aurai le temps d'appuyer sur le bouton, vous voulez vraiment tenter votre chance.
Les yeux toujours rivés sur sa cible, Kate étudiait ses propos , sa gestuelle et tentait de trouver une solution pour ramener tout le monde sain et sauf chez eux ce soir. Fronçant les sourcils, elle comprit tout un coup les excuses de Rick quelques secondes plutôt. Il s'excusait car il avait peur de ne pas pouvoir le faire plus tard ? Et elle venait de lui donner son arme ! Paniquée à l'idée qu'il shoote lui-même le suspect de peur qu'elle ne soit blessée, elle déclara sans changer son ton, ni sa posture :
- Y a plus personne dans le bâtiment. Ils ont fait semblant d'y aller pour que je puisses vous piéger
- Vous mentez
- Réfléchissez, pourquoi ils seraient là-bas ? Si je savais que vous étiez ici ? ajouta-t-elle dans l'espoir de lui mettre le doute, alors que Jordan commençait à soupirer de soulagement aux dires de Kate. Admettez-le, je l'emporte. Nikki Heat gagne.
- Non….Non ! hurla-t-il soudainement en voulant prendre son arme.
D'un pied puissant , Jordan bouscula la caisse ou se trouvait le revolver, en laissant complètement désarmé le tueur. Paniqué, il battit en retraite à l'arrière de l'entrepôt, alors que Beckett commençait les premiers tirs et le suivait sans aucune hésitation.
Stupéfait par l'action qu'elle venait de mener, Castle sortit de l'arrière de la pièce pour venir détacher Jordan. D'un seul coup , il lui retira son scotch puis commença à retirer le lien de sa main droite.
- Vite, vite, vite, paniqua-t-il à l'idée de laisser Kate toute seule.
Son cœur s'affolait, ses mains tremblaient, il n'arrivait pas à chasser tous les souvenirs qu'ils avaient en commun . Comme si sa vie défilait devant lui, pour terminer sur cette nuit magique qu'ils venaient de partager.
- Où est mon équipe ? s'inquiéta Jordan devant son angoisse
- Dans l'immeuble d'en face sous une tonne de C4
- Elle l'a bluffé !
- Non, elle a profilé, la défendit Rick, en lui retirant le premier lien
- Vous occupez pas de moi ! Allez l'aider, allez-y c'est bon , c'est bon !
Soulagé de pouvoir rejoindre Beckett, Castle ne se fit pas prier et déguerpit aussi vite qu'il était arrivé . Tout était désert et sombre ici, il ne savait pas où aller ni où la trouver mais quand le bruit d'un tuyau qui tombait retentit à cinq mètres devant lui, il s'élança sans réfléchir.
Il n'arrêtait pas de se demander pourquoi il lui avait crié dessus ? Pourquoi il lui avait fait tous ces reproches. Elle ne faisait que travailler, elle avait été claire avec lui hier, et ce matin, et il avait accepté ses conditions. Une relation sans attente, ni complication…..et pourtant dès que l'angoisse pour sa vie avait culminé, il avait réclamé plus . Plus d'attention, plus de sentiments, plus de relation…..plus de Kate.
Apeuré, paniqué, il se stoppa pour voir le suspect tenir en joue Beckett, qui se trouvait désormais au sol :
- C'est comme ça que toutes mes histoires finissent, avec la mort de quelqu'un. Au revoir , Nikki.
- Non ! hurla Rick en faisant feu avec l'arme que Kate lui avait confiée.
L'arme du tueur vola dans la pièce et il tomba au sol face à la détonation . Rampant au sol pour récupérer son fusil, le tueur fut stoppé par Jordan qui le tenait en joue. Souriante, elle vit Kate se relever et déclara :
- C'est votre affaire alors je vous laisse.
Frottant sa nuque, elle se retourna pour voir Rick figé devant la scène à laquelle il venait de participer. Doucement, elle s'approcha de lui et lui murmura :
- Tu vas bien?
- Je…..heu… oui
- Sûr ?
- Oui, oui…..vas donc l'arrêter, déglutit-il en voyant son arcade sourcilière en sang.
D'un hochement de tête, elle partit en direction de Jordan, et attrapa les deux poignets du tueur qui lui déclara
- C'est pas terminé, Nikki
- C'est pas Nikki…. c'est Kate Beckett ! Vous avez le droit de garder le silence alors je vous conseille de la fermer. Il est à vous, agent Shaw.
- Merci….merci à vous deux, assura cette dernière, reconnaissante pour sa vie, avant de prendre en charge son kidnappeur et de sortir du bâtiment.
Se retournant pour demander à Castle de venir, Kate le vit s'installer sur une sorte de caisse en soupirant, la tête basse. Inquiète, elle s'agenouilla près de lui et demanda :
- Tu es blessé, tu…
- Non, non, non, répondit Rick alors que les mains de Beckett scannait toutes les parties de son corps à la recherche d'éventuelles blessures.
- Tu es sûr parce que….
- Je vais bien…J'ai juste eu peur….. pour toi.
- Oh…..je vais bien, chuchota-t-elle, mal à l'aise. Mais je vais devoir t'appeler Lucky Luke après le tir sans faute que tu as fait sur son arme.
- Je visais la tête, grimaça Rick
- Oh….eh bien….on va t'appeler simplement Joe Dalton
- Tant que ce n'est pas Averell, sourit-il .
- Je ne sais pas maintenant que tu en parles, Averell t'irait comme un gant !
XXXXXX
L'affaire était classée. Ils étaient rentrés après avoir découvert l'identité du tueur : Scott Dunn. Kate avait encore de la paperasse à faire, mais il était déjà deux heures du matin. D'un commun accord, ils étaient rentrés sans un mot, jusqu'au loft où chacun avait pris une douche.
Beckett avait hésité à le rejoindre dans sa chambre pour se blottir contre lui et discuter un peu. Mais la fatigue et la peur du rejet avait pris le pas sur son courage. Ses reproches dans la camionnette tournaient aussi en boucle dans son esprit. Elle savait qu'il avait seulement paniqué et qu'il s'était excusé mais ses paroles...n'en étaient pas moins vraies selon elle.
Soupirant, elle était rentrée dans les draps de la chambre d'amis , en espérant le voir arriver après sa douche. Mais les minutes avaient défilé et elle s'était endormie seule, des questions pleins la tête.
Regrettait-il cette nuit ? Voulait-il laisser tomber ? Etaient-ils capables d'y arriver ?
Castle avait eu le même dilemme que Kate. Il voulait la rejoindre mais il avait peur de trop la pousser. Elle lui avait demandé du temps et une relation sans complications. Après sa crise de nerfs dans la camionnette, il ne voulait pas l'agacer un peu plus en lui réclamant un câlin. Parce que tout ce qu'il désirait dorénavant était de se blottir contre elle.
Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, ou très peu. La nuit d'avant avait été aussi haute en couleur et il se sentait épuisé ce matin. Traînant des pieds pour aller se faire couler un café, il vit Kate en train d'enfiler ses chaussures et de filer à l'anglaise. Fronçant les sourcils, en voyant l'heure matinale, il lui demanda en ronchonnant :
- Tu vas quelque part ?
Surprise, elle sursauta en se tenant le cœur avant de se retourner pour le retrouver les cheveux en bataille, dans son pyjama noir, les yeux cernés.
- Je pensais aller fini la paperasse.
- Montgomery t'a donné ta journée
- Hum après la paperasserie, acquiescça-t-elle en haussant les épaules
- Tu as le temps de prendre un petit-déjeuner?
- En fait….. j'ai rendez-vous pour un déj tardif alors….
- Oh
- avec Lanie, rectifia-t-elle en le voyant déglutir d'angoisse.
- Lanie ?
- Oui….. elle a décidé de renouveller ma garde robe après la combustion spontanée de mon appartement
- Ne fais pas cette tête, on dirait que tu vas au bagne, sourit-il en la voyant grimacer
- Lanie est pire que Maddie
- Pas possible, rit Rick en se remémorant les journées shopping de Madison Queller
- Si, si. De toute manière, il va me falloir deux ou trois tenues, le temps que l'assurance me rembourse, et… ;
- Kate, si tu as besoin d'argent, je… ;
- Non, le coupa-t-elle gentiment alors qu'il s'approchait d'elle.
Sa posture, sa façon de marcher pour venir à elle, la fit déglutir. Il était tellement attirant dans son bas de pyjama noir et son tee-shirt blanc, que Kate pouvait déjà s'imaginer faire courir ses mains sur lui, sa bouche, ses….
- Kate ? s'inquiéta Rick en la voyant fixer son buste
- Heu…. et une robe. J'ai besoin d'une robe pour la soirée de lancement de Nikki Heat demain
- La robe est pour moi
- Non, je….. ;
- Mon plaisir…..s'il te plait.
Il n'avait pas réfléchit à tout ce qu'impliquait l'explosion de son appartement. A tous les frais auxquels elle allait devoir faire face. Il savait pertinemment que, même en insistant , elle rejetterait son aide financière, alors l'achat de cette robe pour sa soirée était pour lui non négociable.
Hochant de la tête, en déglutissant devant son regard, devant son souffle sur sa peau, elle se rendit compte qu'il était près….bien trop près d'elle.
Reculant de quelques pas, elle le vit avancer sans la lâcher du regard, et lui murmurer :
- J'aimerais qu'on discute
- Oh…je….oui…..après le shopping ?
- Si tu veux
- Ok…..alors je vais….y aller, balbutia-t-elle, alors qu'il souriait en comprenant son trouble. J'y crois pas !
- Quoi ?
- Tu me reluques !
- Non, mentit-elle alors qu'il souriait béatement
- Si, si. Kate Beckett me reluque…c'est génial !
- Arrête de dires des âneries
Tout sourire il se rapprocha d'elle, doucement, très doucement, sans la lâcher du regard. Son visage s'avança vers elle et elle ferma les yeux en attendant un baiser. Un baiser qu'elle avait tant attendu depuis ce premier matin hier. Elle avait besoin de ce contact avec lui . Mais à sa grande surprise, il posa ses lèvres sur sa joue et lui murmura à l'oreille :
- J'ai hâte de découvrir tes nouveaux sous-vêtements
- Castle ! le réprimanda-t-elle en déglutissant
- Quoi, il va te falloir de nouveau sous-vêtements après la combustion spontanée de ton appartement, c'est toi qui la dit...et il n'y a pas que toi qui as le droit de se rincer l'œil, Beckett, rit Rick, avant de s'éloigner d'elle en ajoutant: Bon shopping ! Et n'oublie pas que ma couleur préférée est le bleu.
- Et en plus tu te crois drôle, sourit-elle soulager en voyant la tension entre eux s'évaporer avant d'ouvrir la porte pour rejoindre le commissariat.
Se retournant, Rick sourit à l'image qu'elle lui renvoyait ce matin. Elle voulait discuter...et il était bien décidé à définir avec elle leurs propres règles...
CHAPITRE 27.
Sortant du commissariat après avoir terminé sa paperasse et fait ses adieux à Jordan Shaw, Kate se dirigeait vers le petit café du coin pour rejoindre Lanie.
Ces dernières quarante huit heures avaient été hautes en émotion, et elle appréciait désormais la solitude dont elle pouvait bénéficier pour réfléchir à tout ça.
L'affaire était bouclée, un criminel était en prison, et pourtant elle se sentait vidée. Son appartement avait explosé avec toutes ses affaires, elle allait devoir passer les prochaines semaines à en trouver un nouveau dans sa gamme de prix et près du poste….autant chercher une aiguille dans une botte de foin, et…..et…elle avait couché avec Rick.
A cette pensée, elle soupira, la tête basse. Elle avait espéré ces retrouvailles depuis une dizaine d'années. Elle avait imaginé une tonne de scénarios, mais jamais, au grand jamais, elle n'avait pensé pouvoir lui proposer une amitié avec avantage. Et désormais, à cause d'elle, ils se retrouvaient dans une nouvelle relation plus que bancale dont elle devait définir les règles.
Pourquoi ne pouvait-elle pas être une personne normale, dans une relation normale ? Pourquoi devait-elle toujours tout compliquer avec ses doutes et ses appréhensions ? Ils avaient passé une nuit magique…..rien qu'en se la remémorant, elle pouvait à nouveau ressentir ses muscles pubiens se resserrer et la chaleur monter. Elle pouvait encore ressentir ses soupirs sur sa peau, entendre ses râles de plaisir à son oreille. Ils avaient été….extraordinaires. Mais…pouvaient-ils être plus ? Plus qu'une nuit de sexe ?
Elle était terrifiée à l'idée de tout foutre en l'air, de perdre son ami…elle lui avait promis aucun regret et elle commençait déjà à ruminer ce qui avait été l'une des plus belles nuits de sa vie.
Soupirant contre elle-même, elle releva le regard pour tomber sur le sourire de sa meilleure amie à quelques mètres. Faisant signe d'une main, elle traversa la rue qui la séparait du petit café, en se souvenant des derniers mots de Jordan, au poste plus tôt :
« - entre nous , ce qui m'a le plus impressionné, c'est que vous soyez venue me chercher avec Castle.
- Certaines personnes pourraient trouver ça stupide
- Vous avez pris une décision rapide en utilisant les seules ressources dont vous disposiez, donc je dirais que c'est héroïque, et quelque part c'est même poétique
- Poétique ?
- Scott Dunn a fini par affronter Nikki Heat, et si on réfléchit bien, Nikki Heat c'est un mélange entre….Beckett et Castle . Maintenant reste à savoir si Nikki osera affronter son auteur, sourit malicieusement Jordan
- Je…Pardon ?
- Il tient à vous…peut-être que vous ne vous en rendez pas compte ou peut-être que vous n'êtes pas encore prête mais…..il tient à vous, Kate.
- Disons que ma relation avec Castle est…..compliquée, avoua-t-elle, la boule au ventre
- Je ne connais aucune une relation simple….mais toute complication a une solution tant qu'on y travaille à deux. Finalement le plus dur, ce n'est pas de faire confiance pour sa vie…..vous l'avez prouvé en venant seule avec Castle hier, mais de faire confiance avec son cœur.
Souriant à Kate qui baissait le regard vers le sol, Jordan lui tendit la main et ajouta, avant de partir:
- Lieutenant Beckett, ce fut un plaisir
- Le plaisir fut partagé. Merci Jordan.
- Merci à vous….à vous deux »
Faire confiance à Rick avec son cœur ? Voilà où était le problème. Elle était tellement terrifiée qu'il ne lui brise le coeur une seconde fois qu'elle se barricadait derrière un mur de briques, pour ne pas souffrir, mais à trop l'éloigner, elle risquait aussi de le perdre, non ?
- Honey , sourit Lanie en l'enlaçant, ce qui la sortit de ses pensées
- Hey. Comment vas-tu ?
- Ce n'est pas à moi qui il faut le demander. Mon appartement n'a pas explosé.
- Bon point, sourit Kate en retirant son manteau, avant de s'installer sous les yeux attentifs de Lanie. Quoi ? …..Pourquoi me regardes-tu comme ça ?
- Tu as changé quelque chose, tu sembles différente ?
- Non, pourquoi ? fit, surprise Beckett, en s'observant des pieds à la tête
- Je n'en sais rien mais il y a quelque chose de changé, réfléchit la légiste, sans la lâcher du regard
- Eh bien, je n'ai pas changé de coupe de cheveux, ni de vêtements, alors je….
- Oh, je sais ! sourit-elle largement
- Tu sais ? Tu sais quoi ?
- J'ai trouvé ce qui est différent chez toi. C'est l'amour , c'est ça ?
- Pardon ? déglutit Beckett
- Oh, n'essaie pas de le nier. Je vois une lueur et je connais cette lueur. Tu t'es envoyée en l'air !
- Dois-je te rappeler que mon appartement a explosé, que je n'ai plus de toit ou de lit pour ce genre de chose, et que nous sommes en plein restaurant, alors baisse le volume, le barman n'a pas dû t'entendre ! siffla, rouge comme une pivoine, Kate
- Oh c'est vrai, l'appartement, reconnut Lanie en soupirant
- Oui . L'appartement. D'ailleurs à ce sujet, j'aurais aimé savoir si tu pouvais m'héberger quelques jours, le temps que…
- Tu t'es envoyée en l'air avec Castle ! la coupa Lanie, les yeux ronds, en la dévisageant.
- Je…quoi…Pardon ?
- Tu n'as pas d'appartement , ni de lit, mais Castle ..oui !...Oh mon dieu ! tu ne le nies même pas !
- Lanie, non, je…..
- Comment c'était ? Mieux que dans tes souvenirs ? Parce que vous n'étiez que des gamins à l'époque et dieu, l'homme a une réputation désormais et…..
- Lanie !
- Quoi ? Ose me regarder dans les yeux et me dire que toi et ton écrivain n'avez pas dansé le tango à l'horizontale ?
Baissant le regard honteusement, Beckett se demandait comment ces dernières quarante huit heures auraient pu être pire, et elle en avait la réponse. Elle se retrouvait devant Lanie Parish en pleine inquisition ! Dieu, comment avait-elle pu, d'un simple regard, en déduire que Castle et elle avait franchi un cap ? Cette femme devrait être détective et pas médecin légiste !
- Oh mon dieu, j'ai raison ! Sweety c'est super !
- Ouais, super, soupira Kate, qui aurait préféré gardé leur petit intermède à l'horizontale juste entre eux deux, pour le moment
- Oh ne fais pas cette tête là ! Ah moins que…..Heu…c'était si nul que ça ? grimaça Lanie alors que Beckett roulait des yeux
- Non
- Non ?
- Non, Lanie, ce n'était pas nul
- Alors pourquoi cette tête d'enterrement ?
- C'est….compliqué, soupira Kate en observant au loin les passants dans la rue.
- Tu m'étonnes, le mot compliqué a été inventé juste pour toi, honey !
Levant les yeux sur son amie qui la dévisageait, Kate ouvrit la bouche et la referma aussitôt . Elle ne savait plus où elle se situait dans cette relation qu'elle leur avait imposée, il y a deux nuits. Elle avait réclamé une relation sans attentes, avec des règles, alors qu'elle ne savait pas ce qu'elle attendait de lui ou d'eux. Soupirant , elle fit tournoyer la petite cuillère qui se trouvait dans le café que Lanie lui avait commandé, avant de l'entendre ajouter :
- Qu'est-ce qui se passe ? …Kate ?
- Je…j'ai…j'ai tout fait foiré une nouvelle fois
- Attends, attends…..raconte-moi depuis le début, d'accord ? reprit la métisse sur un ton doux, pour la rassurer et apaiser la peur qu'elle entrevoyait dans les yeux de sa meilleure amie.
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- Alors tu peux m'expliquer ta venue ? Non que je ne sois pas ravi te ta présence mais….
- J'avais une demande particulière à te faire, sourit Rick, entrant dans la maison.
- Oh, est-ce que cette demande concerne Kathie ?
- Eh bien, je ne vais pas paraitre original, mais oui, rit Castle
- Entre donc, je vais nous faire un café et on pourra discuter de cette demande, concéda, heureux, Jim en partant en direction de la cuisine pour récupérer deux tasses. Fais comme chez toi.
- Oui…merci, déglutit soudainement le jeune auteur, en pénétrant dans cette demeure familiale qui avait été comme la sienne .
Tout y était comme dans ses souvenirs, la commode à l'entrée où ils déposaient leurs clefs et leurs porte feuilles, les photographies où l'on voyait évoluer Kate et Rick à différents âges de leurs vies, des portraits de Jim et Johanna…..tout …tout était comme dans ses souvenirs, et pendant une fraction de seconde, seulement une, Rick sourit bêtement en entrant dans le salon, dans l'espoir de voir Johanna assise sur son Rocking-chair, un livre à la main.
- « Bonjour, chérie, sourit-elle, comme dans un mirage
- Hey….. bonjour, balbutia Castle, les yeux rougis et la gorge nouée en la voyant en face de lui
- Kathie n'est pas encore arrivée, mais on peut discuter tous les deux. Comment s'est passée ta dernière réunion ?
- Bien…Bien….
Il était décontenancé par ce souvenir, qui lui revenait de ses dernières vacances d'hiver. C'était comme tout était réel avec le poids de sa perte en plus. Il avait envie de pleurer, de hurler, de la prendre dans ses bras. Doucement, il se rapprocha comme un animal blessé. Il avait peur que son mirage s'envole et qu'il la perde une seconde fois. Elle était tellement belle, dans son pull blanc et son jean. Elle lui rappelait Kate . Pourquoi avait-il l'impression que ce souvenir était réel ? Pourquoi avait-il le sentiment qu'elle se trouvait en face de lui ?
- Je viens de terminer « sous une pluie de balles », fit Johanna en souriant
- Tu l'as lu au moins trois fois, concéda Rick, la gorge nouée, devant elle
- Je n'y peux rien si je le trouve excellent. Tu as ta première fan devant toi…..enfin avant Kathie bien sûr, sourit-elle, avec tant de tendresse et tant d'amour que Rick déglutit. Mais, il va falloir me divertir avec un nouveau roman
- Un nouveau roman ?
- Oui et peut-être que tu prendras en considération mon « Derrick Storm » comme personnage comme tu as choisi « Castle » en nom de plume.
- Storm…..
- Oh , je te demande un personnage principal, mais juste un petit clin d'œil. Il pourrait être simplement un témoin, ou l'épicier de la victime.
- L'épicier de la victime, rit Rick, les yeux rougis, en se demandant ce qu'elle aurait pensé de la saga des Storm.
Il se souvenait très bien la première fois où il avait tapé le nom de Derrick Storm pour ses livres. Il en était à son troisième roman publié à cet instant, et il avait l'impression de se perdre. D'oublier qui il était, et pourquoi il écrivait. A ce moment-là de sa vie , il avait eu besoin d'un personnage qui ait une réelle signification dans sa vie, tout comme Nikki , et cette conversation lui était revenue au moment de prendre le clavier …et ce simple épicier était devenu cet agent secret hautement connu.
La saga Derrick Storm était un hommage à Johanna Beckett, à la femme qu'elle était, à la mère qu'elle avait été…à la vie qu'elle lui avait offert. Et elle ne l'avait jamais su.
- Chéri, ne fais pas cette tête-là, on dirait que tu as vu un fantôme, ricana Jo. Allez, quoi que tu fasses ou que tu écrives, je serai toujours fière de toi.
- Je… »
- Richard, tout va bien ? s'inquiéta Jim en le voyant fixer l'ancienne chaise de Johanna , les larmes aux yeux. Richard ?
Il voulait lui dire merci. Merci pour l'enfance qu'elle lui avait apportée, merci pour avoir mis au monde la femme qu'il aimait, merci pour l'avoir aimé comme son propre enfant….il voulait lui dire « je t'aime », mais avant de pouvoir ouvrir la bouche, son mirage s'envola et laissa sous ses yeux une vieille chaise vide et un poids immense sur son cœur.
Ce n'était pas réel. Elle n'était pas devant lui . Elle était morte…et ce constat brisa un peu plus son cœur.
- Richard ?
- Je….oui, soupira-t-il, la boule au ventre, en fermant les yeux.
Il n'était pas revenu depuis des années ici. La dernière fois, il était simplement passé pour voir comment Jim s'en sortait avec sa dernière cure de désintoxication. Mais comme le père de Kate se débrouillait bien, et que toute cette maison lui rappelait ce qu'il avait eu et perdu, il avait préféré revoir Jim dans des lieux plus neutres, à l'extérieur.
Il n'aurait jamais pensé que venir ici lui remémorait à quel point elle lui manquait.
- Tu devrais t'assoir, fils, s'enquit le patriarche, inquiet, en déposant sur la table basse un plateau avec deux tasses à café et du sucre.
- Je…oui…oui…., balbutia-t-il, toujours les yeux rivés sur le rocking- chair.
Fronçant les sourcils, Jim commença à comprendre pourquoi Castle semblait si blême. Il avait longtemps hésité à retirer tout ce qui lui rappelait sa femme dans cette maison. Mais à chaque fois, sa détermination s'envolait…..il ne pouvait pas. Ce serait pour lui comme l'enterrer une seconde fois. Il avait besoin de voir son sourire sur les photographies, de sentir son parfum de vanille sur son oreiller tous les soirs, et de garder précieusement tous ces souvenirs d'amour qu'elle lui avait donnés tout au long de leur vie.
Il savait qu'il était pathétique. Qu'il ne pouvait pas avancer en continuant à asperger les pièces de son parfum, à discuter par moments comme si de rien n'était, comme si elle était là…mais il ne pouvait pas se résoudre à la laisser partir une seconde fois. Johanna Beckett avait été et serait toujours son grand amour.
Sentant le poids du chagrin tomber sur les épaules de Rick, Jim soupira, et décida d'aiguiller la conversation sur un ton plus léger pour aider le jeune homme à se ressaisir :
- Alors, tu avais une demande à me faire au sujet de Katie ?
- Heu…oui
- Si tu es venu me demander sa main , je dois dire que je suis surpris. Ça été beaucoup plus vite que je ne le pensais entre vous deux, et….
- Non, non,non…oh mon dieu, non!...…..attends, que veux-tu dire par là ? …Tu l'envisages ? Je veux dire….., déglutit Castle, en se souvenant de toutes les fois où Jim Beckett avait envisagé à le démembrer s'il touchait à sa fille
- Richard, j'envisage cette hypothèse depuis le jour ou ma fille t'a appris à embrasser, pouffa Jim
- Oh
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- Une relation sans attentes et sans complications ? ricana Lanie après avoir entendu toute l'histoire de Kate
- Quoi ? Tu y arrives bien avec Javi, se défendit-elle, en n'y croyant pas elle-même
- Javi et moi n'avons pas de passé. Il n'est pas mon grand amour, et….
- Castle n'est pas…..
- Et je ne l'ai pas pleuré pendant dix ans. Kate, Sweety, une amitié avec avantage c'est cool, vraiment…..mais pas quand il y a des sentiments au milieu
- Je sais, je sais ,soupira-t-elle….C'est juste que je ne sais pas quoi faire.
- Parle-lui. Dis-lui que tu veux y aller doucement mais qu'il n'y a pas besoin de règles
- Lui parler, gémit-elle, comme une adolescente devant son premier béguin
- Oui, tu pourchasses des criminels, alors c'est pas ça qui va te faire peur
- D'accord , d'accord, abdiqua fébrilement Beckett
- Bien….maintenant revenons sur cette nuit de sexe !
- Lanie !
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Ereintée et épuisée, Kate buvait tranquillement le verre de vin rouge que Rick lui avait servi quand elle était rentrée en fin de journée.
Elle avait passé son après-midi à répondre à toutes les questions de Lanie, tout en redoutant sa confrontation avec Castle ce soir-là. Elle lui avait promis une discussion et aucun regret, et elle devait désormais tenir ses promesses.
Mais grâce à Martha et Alexis, elle avait réussi jusqu'à présent à éloigner cette échéance.
- Darling, ces vêtements sont exquis ! s'exclama la matriarche, en fouillant dans les sacs de Kate sous les yeux attentifs de toute la famille
- Mère, connais-tu le sens du mot vie privée ?
- Bien entendu chéri
- Tu es sûre ? grinça Rick, mal à l'aise devant le comportement de sa mère à l'égard des affaires de Beckett
Il avait passé une journée haute en émotion, et il espérait sincèrement que sa soirée réponde enfin à toutes ses interrogations et ses inquiétudes. Mais en voyant les agissements de sa mère, il craignait qu'elle ne fasse fuir Kate avant qu'il n'ait pu avoir un semblant de discussion.
- Chéri, ce ne sont que des jeans, tee-shirts et robes. Je n'ai pas sorti ces ensembles exquis de dentelle
- Tu….je…quoi ? balbutia-t-il, les yeux ronds, alors que Kate riait à ses côtés
- Tu es si facile, Castle
- Ah, ah, très drôle, mais au vu du tempérament et des agissements de ma mère, elle aurait très bien pu…
- Les sous-vêtements de Kate sont dans sa chambre, gloussa Alexis, ce qui stoppa net Rick
- Je….quoi ? couina-t-il
- Ta fille vient de dire que tout ce qui est de ma vie privée est rangée dans un placard
- Non, Beckett…elle a dit que tu avais des nouveaux sous-vêtements ? sourit Castle devant cette affirmation, en agitant ses sourcils pour ne pas montrer à quel point cette discussion l'affectait
- ça t'étonne ? tu pensais que j'allais aller au poste en commando ?
- En…commando ? Je…..tu…tu l'as déjà fait ?
- Papa ! grimaça la jeune Castle
- Et c'est à moi qu'on fait des leçons de vie privée, le rabroua Martha, en rangeant soigneusement les sacs.
- Quoi ? C'est juste une question..pour la recherche…..peut-être qu'un jour Nikki irait au poste sans sous-vêtements parce que, avec Rook, ils….
- Papa !
- Quoi ? Avec Rook, ils seraient tombés dans l'Hudson après une course-poursuite en voiture, se défendit l'auteur, alors que sa muse roulait des yeux
Souriant devant ces deux têtes de mules, Martha prit la main d'Alexis et déclara tranquillement :
- On va vous laisser. Le théâtre n'attend pas.
- Vous partez ? s'inquiéta soudainement Kate à l'idée de rester seule à seul avec Castle, ce qui n'échappa pas à l'auteur .
- Une soirée grand-mère, petite-fille, prévue depuis des semaines.
- On va voir Cyrano de Bergerac , expliqua Alexis, en mettant ses chaussures avant de revenir vers son père pour l'embrasser, puis vers Kate. Bonne soirée. On se voit demain ?
- A demain, citrouille
- A demain, Alexis, sourit Kate. A demain, Martha
- A demain, darling…..et ne faites pas ce que je ne pourrais pas faire.
Et sur cette dernière phrase, totalement inappropriée, que Martha sortit du loft en compagnie de sa petite fille, pour laisser une Beckett rougissante devant son verre et un Castle stupéfait.
XXXXXXXXXXX
- Alors ?
- Alors ? répéta, intimidée, Kate en buvant son verre de vin
- Tu rougis ?
- Non !
- Oh, je ne pensais pas voir Kate Beckett rougir, rit Castle pour dédramatiser la situation dans laquelle ils se trouvaient.
Il avait à cœur de la mettre à l'aise ce soir, de discuter comme au bon vieux temps. Il voulait que Kate ait de nouveau confiance en lui , en eux.
- Je ne rougis pas !
- Non ?
- Non ! rétorqua-t-elle en déposant son merlot sur la table basse. Ecoute, à propos…de ces règles, ce lança-t-elle en décidant qu'il valait mieux ôter le pansement rapidement. Je….
- Avant que tu ne continues, j'ai quelque chose pour toi, la stoppa Rick, anxieux de connaitre enfin ses pensées.
Il avait attendu ça toute la journée, et désormais il n'était pas pressé d'y être. Et si elle regrettait ? Et si ces règles qu'elle désirait ne lui convenaient pas ? Et si….il terminait le cœur brisé ?
Paniqué et agité, il se leva d'un bond pour partir en direction de sa chambre, sous le froncement de sourcils de Kate.
Elle n'avait pas hâte non plus de commencer cette conversation, mais elle était pratiquement sûre qu'il l'attendait bien plus qu'elle. S'était-elle fait des idées ? Avait-il des regrets et désirait simplement une relation amicale ? …..Mon dieu, que ferait-elle s'il désirait seulement une relation avec avantages, comme elle l'avait suggéré quelques jours auparavant ?
Blêmissant à cette idée, elle sentit son ventre se nouer. Toute cette idée de coucherie était une erreur, Lanie avait raison. Il était son grand amour, il l'avait toujours été….et il allait certainement lui briser le cœur une seconde fois.
Levant le regard, elle le vit se dandiner mal à l'aise, un pied sur l'autre avec deux grandes boites en carton. Fronçant les sourcils, elle lui répliqua :
- Castle , ce n'est pas mon anniversaire
- Je sais
- Et ce n'est pas Noël
- Techniquement, Noël est dans trois semaines alors…..c'est un petit avant-goût, fit-il, les mains tremblantes, en lui tendant ses présents. Je vais poser celui-là par terre, il est lourd.
- Mais…..je…je n'ai rien à t'offrir et…
- Ce n'est rien, juste des bricoles…..tu vas voir, avoua-t-il pour apaiser sa culpabilité, alors qu'elle mettait sur ses genoux le premier carton.
Caressant du bout des doigts, le papier mauve plastique, elle n'osait pas ouvrir ses présents. Elle avait l'impression de ne pas mériter autant de bonté, de prévenance de cet homme. Les yeux rougis , elle sursauta quand la main de Rick se lia à la sienne, et qu'il lui murmura tendrement :
- Ouvre, Kate
Déglutissant, elle hocha simplement la tête et commença à déballer son premier cadeau. A l'ouverture de ce dernier, elle fronça les sourcils et ancra son regard perdu dans celui de son meilleur ami qui lui avoua incertain :
- Je sais que ce ne sont pas les tiens, et qu'il y a beaucoup de souvenirs que je n'ai pas, mais….
- Tu m'as refait des albums photos ? fit-elle, stupéfaite et en larmes
- Je…oui
Les mains tremblantes, elle sortit le premier album et l'ouvrit sous les yeux attentifs de Castle, et tout son monde s'écroula. Devant elle,se trouvaient des photos de Kate bébé, entourée de ses parents et à divers âges de la vie. Tout y était. Son enfance, son adolescence, son obtention de diplôme, même des photographies moins anciennes entre elle et son père à la cabane de pêche.
Le ventre noué, la gorge sèche, elle découvrait, un à un, les différents albums confectionnés avec soin, où tout son passé était retranscrit.
- Comment ? fut tout ce qu'elle pouvait demander.
Comment avait-il réussi à faire ça ? Comment avait-il, en une journée, retrouvé l'ensemble de ses souvenirs ? Comment avait-il réussi ce miracle ? Relevant le regard, empli de larmes, sur Rick, elle le vit se tortiller devant elle, et lui avouer, une main sur la nuque d'embarras :
- J'ai fait des photocopies de mes albums et de ceux de ton père
- Tu es allé voir mon père ?
- Oui…tu semblais si dévastée à l'idée d'avoir perdu les photographies de ta mère….je…je sais que tout n'y est pas, et que…..
- C'est parfait, le coupa-t-elle, le cœur empli d'amour pour cet homme si prévenant et si attachant
- Sûr ?
- Sûr, c'est…..parfait, sourit-elle, en se penchant pour effleurer du bout de ses lèvres celles de Rick.
Doucement sa bouche dansa avec la sienne, son souffle se mêla avec le sien, et pour une fois dans leur vie, il n'y avait pas de douleur ou de refuge dans cet élan de tendresse. Il s'agissait simplement d'eux.
Lâchant à contre cœur ce baiser si délicieux, Rick lui chuchota en caressant la joue :
- Ouvre le second
- Dois-je prévoir des mouchoirs ? rit Kate, le visage en larmes
- Non….je ne crois pas, sourit Castle, en lui montrant des yeux le paquet qui l'attendait sur le sol.
Séchant ses joues sans le lâcher des yeux, elle se mit à genoux avant de commencer à déballer son second présent, le cœur tambourinant. Elle n'en revenait toujours pas de son attention à son égard. Il avait reconstitué ses souvenirs…il avait passé son après-midi à prendre soin d'elle. Elle pouvait désormais entendre la voix de sa mère lui confier, comme à de nombreuses reprises dans le passé.
« Il tient à toi Kathie… il tient à toi ».
Les mains tremblantes, elle se stoppa devant les objets qui se trouvaient à l'intérieur. Tout ce pourquoi elle avait pleuré pendant deux jours se trouvait désormais devant ses yeux…. Absolument tout.
- J'ai lavé Chewbi parce qu'il n'a pas apprécié le barbecue surprise, déclara Rick en la voyant, atterrée, devant sa boite. Il est comme neuf, tu vois ? Heu…pour la montre de ton père, un horloger s'est chargé de tout, ajouta-t-il, quand il la vit passer, dans un silence de moine, ses doigts dessus. Et….les livres sont nouveaux, mais je les ai tous dédicacés…..Kate ? ça va ? s'inquiéta-t-il en la voyant tête basse devant ses objets.
- Ça va , pleura-t-elle devant tout ce qu'impliquait ses présents.
Elle se sentait submergée par toutes ses émotions. Comment avait-elle pu le tenir à l'écart ? Comment avait-elle pu ne pas voir à quel point cet homme tenait à elle ? Tous ses souvenirs de son enfance, son adolescence et de ces dernières années remontaient à la surface. Et dans tous ces souvenirs, la seule constante dans sa vie avait été Rick….ça avait toujours été Rick Rodgers. Sanglotant de joie devant son carton, qui lui indiquait qu'il désirait le même genre de relation qu'elle, elle sentit ses murs s'abattre et elle se mit à rire, en sortant une boite noire du carton :
- Oh…..eh ben tu le croiras ou pas, mais ce truc est resté intact, alors ….je l'ai mis dedans.
- Tu sais…..j'ai toujours voulu utiliser ce truc avec toi, avoua-t-elle, tout sourire, en se mordant la lèvre inférieure devant son embarras face à la boite de préservatifs que Johanna leur avait donnée à leur adolescence.
- Je…..oh, fit-il les yeux ronds
- Hum…Hum….dire que ma mère nous a donné cette boite et qu'on n'a pas su l'utiliser convenablement ensemble….c'est un sacrilège, tu ne trouves pas ?
- Je…je pense qu'on pourrait remédier à cette erreur désormais,non? déglutit-il devant ses insinuations
- Oh, tu le penses ? sourit-elle en séchant ses larmes, avant de se lever pour le surplomber de toute sa hauteur.
Elle était prête…prête à lui faire confiance, prête à sauter avec lui sans filet….prête à avoir les deux pieds dans cette relation….prête à lui donner son cœur .Souriant en le voyant , la bouche ouverte et les yeux rougis en face d'elle, elle les revit soudainement enfant, avec ces yeux bleus innocent et son âme d'enfant toujours prêt à lui faire plaisir.
Comment pouvait-on trouver son âme sœur à seulement huit ans ? Comment avait-elle pu être si chanceuse et ne pas s'en apercevoir ? Sentant son courage décuplé devant les présents que Rick lui avait offert, Kate lui offrit le plus beau et le plus sincère des sourires qu'elle pouvait.
Et voilà, il avait encore le souffle coupé devant elle. Comment arrivait-elle à éveiller autant de désir, d'amour en un seul regard ? Ses cheveux ondulaient gracieusement autour de ses épaules, son regard ne le lâchait pas d'un seul pouce. Doucement, elle entrelaça ses doigts aux siens, et son corps frissonna aussitôt devant ce léger peau à peau…. et en un instant ses yeux s'écarquillèrent de surprise…elle était là…..devant lui, la Kate de ses souvenirs. Douce et souriante. Elle était devant lui, et lui souriait avec tellement d'amour et de désir que Rick sentit son cœur battre la chamade.
- Tu viens, Rick ? demanda-t-elle avec tant de tendresse qu'il eut l'impression que son esprit lui rejouait des tours, comme ce matin, avec Johanna.
Se pouvait-il qu'il rêve encore ? Que son subconscient lui joue des tours ?
- Rick ? …..Viens avec moi, soupira tendrement Kate, en se baissant pour effleurer ses lèvres
- Ce n'est pas un rêve ? demanda-t-il, penaud
- Définitivement pas un rêve…..allez, viens avec moi, sourit-elle en se dégageant sensuellement de lui, et en ondulant outrageusement ses hanches, tout en se dirigeant vers la chambre du maitre de maison. Et Castle ?
- Qu…quoi ? balbutia-t-il devant elle
- N'oublie pas la boîte noire….
Allez, on avance! J'ai pas pu câler la soirée de promotion , chapitre trop long sinon. Je pense aussi qu'on va arriver vers la fin de cette histoire encore quelques chapitres et ce sera clos mais avant, un dernier rebondissement, non?
Merci à tous et toutes pour vos commentaires précédents, j'espère que ce chapitre vous plaira. En attendant le chapitre suivant, c'est moi qui vais vous lire maintenant…..A vos claviers lol.
CHAPITRE 28
L'air soufflait dans ses cheveux et, comme un réflexe, elle resserra un peu plus les pans de son manteau. A tout juste trois semaines de Noël, les new-yorkais se trouvaient quelque peu chanceux par cette légère douceur hivernale. La neige n'était pas encore tombée, le gel n'était pas au rendez-vous et par miracle, il ne pleuvait pas.
Perdue dans ses pensées, elle s'avança encore de quelques pas avant de se stopper pour fixer son attention devant elle. Comme un vieux rituel d'une dizaine d'années, elle resta là, sans bouger pendant quelques minutes, en tentant de ne pas laisser son cœur se briser un peu plus.
On dit qu'avec les temps la perte est moins douloureuse, mais Kate trouvait ce dicton hypocrite et certainement créé par des personnes qui n'avaient jamais réellement vécu un drame. Le temps n'adoucissait pas cette douleur qui la consumait peu à peu, n'allégeait pas le manque qu'elle ressentait de sa mère chaque jour et encore plus à certains moments. Non…. Le temps lui rappelait juste qu'elle vivait sans sa mère depuis plus de dix ans, et que c'était déjà bien trop selon elle.
Inspirant en sentant les larmes lui monter aux yeux, elle tenta un sourire, avant de retracer de ses fins doigts la stèle où reposait Johanna Beckett. Douloureusement, elle déglutit en murmurant, comme un vieux secret entre elle et Johanna :
- Hey, maman
Rien que de la nommer sans la voir, sans entendre son rire, sentir sa délicieuse odeur de vanille, la laissa en pleurs. Dieu que c'était difficile d'être là. De ne pas réellement discuter avec elle.
Chassant aux loin son chagrin d'un revers de la main, Kate renifla avant de continuer son rituel…parler à sa mère comme si elle était devant elle.
- Rick a sa soirée de promotion ce soir…pour son nouveau livre…je crois que Nikki Heat explose les scores, qui l'aurait cru ? …. j'ai lu le livre, et je dois dire qu'il est vraiment excellent….. tu serais fière…..vraiment fière de lui. Il est juste parfait…..en tant qu'auteur, en tant que père…en tant qu'homme…. tu serais fière, maman.
- Je…..je vais à la soirée de promotion ce soir, je sais, je sais, sourit-elle en imaginant la réaction de sa mère devant elle. Il était temps ! Je dois dire que je suis un peu nerveuse à l'idée d'y assister mais…. Je suis heureuse , maman…et je tenais à ce que tu le saches.
Inspirant plusieurs fois pour garder le flot d'émotions qui la submergeait à cet instant, Kate leva quelques secondes les yeux au ciel, avant d'observer à nouveau la pierre tombale en face d'elle. S'agenouillant devant elle, elle retraça à nouveau les inscriptions dessus et ajouta en chuchotant :
- Rick et moi…..on est ensemble. Enfin….je veux dire…je crois que ça va marcher cette fois-ci. Et…..et j'aimerais juste que tu sois là pour le voir….pour nous voir. Tu me manques tellement.
Soupirant, elle ferma ses yeux en mordillant sa lèvre inférieure. Sa tristesse était en train de l'emporter sur toute la joie qui l'avait animée depuis la veille au soir. Elle s'était pourtant promis de ne pas laisser son passage au cimetière ternir cette journée, mais le manque de sa mère était toujours trop lourd à porter.
Posant une main sur le sol, elle sentit le froid de l'hiver sur la pelouse, l'humidité de la terre, et après une légère bourrasque de vent, elle ouvrit à nouveau les yeux pour fixer tout ce qui restait de sa mère. Une pierre…et des inscriptions.
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Sa nuit et sa matinée avaient été sous le signe de la bénédiction. Rick Castle était un homme heureux, et n'importe quelle personne le croisant aujourd'hui ne pourrait nullement en douter. Il arborait un sourire permanent depuis qu'il avait quitté son lit ce matin pour préparer le petit déjeuner à sa fille. Les images de cette nuit et de ce matin tournaient en encore en boucle dans sa tête….
Flashback.
Son corps pressé au-dessus du sien, ils tentaient tout les deux de rependre leur souffle après un round épique. Les jambes de Kate tremblaient autour de ses hanches et sa respiration était anarchique. Souriant comme un bienheureux dans son cou, il se laissa quelques secondes s'enivrer de son doux parfum de cerise, avant de s'aider de ses coudes pour se ré-ajuster sur le corps de Kate afin de ne pas l'écraser, et il lui murmura, tout sourire, en embrassant ses lèvres gonflées et rougies par leur précédente étreinte :
- Je ne te savais pas aussi …flexible
A sa déclaration, Kate se mit à rire en le contemplant au dessus d'elle. Sa poitrine collée à la sienne, ses jambes mêlées autour d'elle et son érection toujours en elle donnaient à leur étreinte une intimité jamais encore partagée.
Elle n'avait jamais vécu un tel sentiment de béatitude. Elle n'était pas du genre câline et refusait en général les étreintes post-coïtales, mais avec Castle ce soir, elle n'aurait souhaité être nulle part ailleurs.
Enlaçant paresseusement son cou de sa main, elle lui chuchota, en se mordant la lèvre inférieure:
- Il y a tant de choses que tu ignores encore sur moi
- Oh…et… est-ce qu'il se pourrait que je découvre l'une de ces choses…dans les prochaines minutes ? Demanda-t-il en se soulevant de quelques centimètres ,simplement pour la contempler d'un regard noir de désir.
Son corps était si svelte, si musclé et …plein de sueur….. sa poitrine…..dieu, sa poitrine, se soulevait avec tant de sexe appeal qu'il sentait déjà son désir gonfler à nouveau pour elle. Soufflant sur son mamelon , pour la taquiner, il observa avec plaisir sa réaction instantanée. Son monticule se dressa sous son souffle, et le gémissement de Kate, qui bougea doucement ses hanches contre les siennes, lui provoqua des frissons le long du dos.
Heureux, il descendit sa bouche sur son mamelon et commençait doucement à le maltraiter avec sa langue, quand Kate tenta de se dégager en lui murmurant gêner mais désormais à nouveau exciter :
- Castle…..je suis toute en sueur
- Hum…..et c'est tellement sexy, susurra-t-il en l'observant, sans lâcher sa poitrine de la bouche. Toi….toute en sueur contre moi.
- Et collante…. Et...oh mon dieu, gémit-elle en posant sa tête sur l'oreiller en sentant son érection reprendre vie à l'intérieur d'elle.
Comment pouvait-il enchainer un second round aussi rapidement?
Les hanches de Castle poussaient doucement, trop doucement à son goût contre les siennes, et ses mains…..ses mains caressaient tendrement ses flancs avant qu'il ne se soulève et se retire d'elle sans préambule, la laissant excitée et insatisfaite :
- Qu'est-ce que tu fais ? râla-t-elle, désireuse, en le voyant se lever du lit tout en la contemplant amoureusement
- Je dois m'occuper de ça, sourit-il en en baissant son regard sur son érection plus que tentante
- Je pensais t'avoir prouvé que je pouvais très facilement m'en occuper, le taquina Kate, en comprenant très bien ses dires.
- Oh….. mais je compte bien te laisser les commandes… dès que j'aurais changé de préservatif, pouffa-t-il en se tournant pour partir dans la salle de bain, lui laissant une vue splendide de sa chute de rein robuste et musclée et de son fessier….. si tentant.
Se mordant la lèvre en observant le déhanchement de Rick , Kate resserra instinctivement ses jambes pour tenter de calmer le désir qui faisait rage dans son bas ventre. Comment pouvait-elle encore avoir besoin de lui après qu'ils viennent seulement de terminer un round. Et quel round ! Jamais encore , un homme avait réussit à la satisfaire autant, à la faire monter si vite et si fort…..
Sentant cette délicieuse douleur entre ses cuisses, Kate se leva du lit pour observer quelques secondes la chambre dans laquelle elle se trouvait. Tout était si masculin, si élégant, qu'elle sourit en observant cette pièce qu'elle ne connaissait pas. Les tableaux sur les murs lui rappelaient étrangement ceux qu'il avait dans son ancienne chambre d'ado, mais en plus grand….vraiment plus grand . Sur sa commode, se trouvaient des photographies d'Alexis et Martha, ainsi que de Johanna et Jim. Retraçant de son doigt, le portrait de ses parents, Kate sourit en observant l'image à côté de cette dernière. Rick et Kate sur leurs balançoires, dans leur lotissement, à l'âge de huit ans. Mains dans les mains, en train d'observer leurs aires de jeux.
Perdue dans ses pensées, elle en fut sortie par le raclement de gorge de Rick qui la contemplait craintivement, sur le pas de la porte de la salle de bain, une serviette autour des hanches.
- Tu vas bien ? demanda-t-il, inquiet, en la découvrant devant ses photographies, en tenue d'Eve l'air songeur
- Oui….j'avais oublié cette photo, sourit-elle en se retournant, puis en arquant un sourcil. Pourquoi suis-je nue et pas toi ?
- Si c'est juste ce qui m'embête, je…
- Non…laisse-moi ce plaisir, chuchota-t-elle timidement, en s'approchant de lui avec tant de sensualité que Rick déglutit à cette vision.
Tout semblait si naturel, si simple ce soir, qu'elle fut presque intimidée pour la suite. Ils n'avaient pas discuté, pas réellement étiqueté leur relation, mais Kate espérait sincèrement qu'après cette nuit avec lui, plus aucun doute de persisterait sur le fait qu'elle veuille une relation avec lui.
La lumière de la salle bain était encore allumée et attira son attention quand elle déposa fébrilement les mains sur son torse suant et musclé.
- Kate ?
- J'ai envie de prendre une douche, sourit-elle en observant la pièce derrière Rick, pleine de promesses, chaude en couleur
- Oh…..heu….oui, oui, vas-y, je vais te montrer où tu peux trouver les serviettes, et… ;
- Je veux prendre une douche avec toi, le coupa-t-elle, en faisant tomber la serviette qui couvrait les hanches de Castle sur le sol
- Je….tu….veux prendre une douche…avec moi ? balbutia-t-il devant autant de liberté de sa part
- A moins qu'il y ait une autre personne dans cette pièce, oui, je parle de toi, rit Kate, en entrant dans la salle de bain, le laissant derrière elle, la bouche ouverte. Tu viens, Castle ?
- Je..oui..oui ! s'exclama-t-il , tout heureux, en la voyant si ouverte avec lui.
Quand il était reparti à la salle de bain pour s'occuper de son problème, il avait été terrifié à l'idée de retrouver sa chambre vide. Sa peur s'était d'ailleurs intensifiée quand il avait découvert son lit vide et froissé par leurs ébats.
Ils n'avaient pas discuté, ils avaient simplement laissé parler leur corps de façon spectaculaire….. mais désormais il ne savait pas comment agir avec elle. Quelles étaient les limites ? Les règles ? Pouvaient-ils se câliner toute la nuit ? Ou était-ce simplement un round unique ? Simplement du sexe ? Est-ce que demain, tout ceci serait oublié ?
Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête quand il la rejoignit près de la douche. Avalant douloureusement sa salive, face à sa chute de rein et ses fesses si toniques qui se penchaient en avant pour allumer l'eau, il écarquilla les yeux, quand Kate se retourna pour le lorgner sa vergogne, avant d'ajouter sur un ton suave et sans équivoque:
- Hum.. ..ça a l'air encore mieux…sous la lumière
- Oh …mon ….dieu, tu es une telle allumeuse ! gémit-il devant elle
- Et fière de l'être, rit-elle en entrant sous le jet d'eau chaude.
Paniquée….elle était terrifiée en fait. Elle voulait tellement que tout soit naturel, qu'elle tentait avec des mots et des sourires d'aplanir toutes leurs appréhensions pour sauter correctement dans cette relation cette fois-ci. Une petite voix lui rappelait dans sa tête de discuter avec lui, de lui avouer ses sentiments et ses attentes, mais une autre voix ….. lui disait qu'avec ses gestes, il comprendrait à quel point elle tenait à lui.
Fermant les yeux en sentant l'eau battre sur son visage, elle tentait de réfréner les battements de son cœur. Elle avait plongé…son cœur avait plongé avec lui, et jamais auparavant elle ne s'était sentie aussi libérée, mais aussi exposée.
Déglutissant, elle entendit les pas lents et presque timides de Rick derrière elle, puis lentement, très lentement ses mains entourèrent sa taille, sa poitrine toucha son dos et son érection se posa sur ses fesses. Des frissons plein le corps, elle sentit à nouveau ces douleurs lancinantes, mais ô combien plaisantes, palpiter entre ses cuisses. Arquant son dos contre son bassin, elle posa sa nuque sur son épaule et l'entendit gémir son nom, tout en bloquant ses hanches de ses doigts doux et épais….
Ensuite…..tout devint flou pour elle, comme si elle s'était perdue dans un tourbillon de chaleur. Elle se rappela de sa main qui voyagea de sa poitrine à son ventre, pour terminer sur son intimité. De ses doigts qui l'avaient torturée, de sa bouche qui l'avait marquée, et de sa force quand il l'avait retournée pour la soulever sans préambule avant de la bloquer contre la paroi de la douche, pour la ravir rapidement et sauvagement... Ses à-coups avaient été si puissants qu'elle cria son nom en quelques secondes….
Rick, lui, pouvait se souvenir de ses râles de plaisir, de ses jambes si fines et interminables autour de ses hanches, de son bassin qui claquait en synchronisation avec le sien, de ses ongles dans son dos qui l'avaient marqué quand elle était venue, et de cette sensation de pouvoir se mouvoir encore et encore en elle.
Mais au petit matin, quand il avait ouvert les yeux, tous ses doutes et ses craintes avaient refait surface. Que signifiait cette nuit pour elle ? Pour eux ? Tournant la tête, en priant qu'elle n'ait pas pris la fuite dans la nuit, il sourit, en contemplant le corps de Kate Beckett repu et fatigué dans son lit. Le draps couvrait à peine sa nudité, et les yeux de Castle pouvait vagabonder sur ses épaules toniques, sur sa clavicule tentante où les marques de ses lèvres avaient fait des ravages hier soir.
Souriant, il découvrait d'autres marques sur sa poitrine, sur ses flancs et sur ses cuisses…. une chose était sûre, hier soir, il l'avait fait sienne. Tantôt lentement, tantôt sauvagement.
Des images très nettes lui revinrent, et dans sa rêverie, il se mit à haleter d'horreur en se rendant compte que dans leur brume de désir, ils ne s'étaient pas protégés sous la douche.
- Arrête de regarder, c'est flippant, sourit Kate en s'étirant de tout son long, avant de prendre le drap de dessus pour se couvrir légèrement. Rick, ça va ? demanda-t-elle en le voyant blêmir devant elle.
Pas réellement la réaction qu'elle espérait de lui après une telle nuit de sexe. Elle avait imaginé, des sourires, des rires, ou même un nouveau round, mais pas un regard soucieux et inquiet qui fuyait désormais ses yeux. Déglutissant, elle s'assit dans le lit en tenant fermement le drap comme un rempart sur son corps …sur son cœur et elle espéra qu'il n'avait pas de regret sur la nuit dernière, car il lui briserait le cœur une seconde fois, et cette fois-ci elle ne s'en remettrait pas.
- Rick ? murmura-t-elle, de plus en plus inconfortable
- Tu vas me tuer, gémit-il. Je ne suis qu'un idiot et…..
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Ce serait plutôt ce que je n'ai pas fait. Kate , je suis désolé , je….
- Crache le morceau, tu commences à me faire peur
- J'ai oublié la protection…..hier…dans la douche et…..
- Oh mon dieu, soupira-t-elle de soulagement. Tu m'as vraiment fait peur, idiot ! ajouta-t-elle en lui frappant le bras
Ok….pas la réaction qu'il attendait. Il s'imaginait déjà flotter dans l'Hudson, ou une balle entre les deux yeux. Mais cette réaction là ? Heu….il ne l'attendait pas. Fronçant les sourcils, il lui répliqua :
- Tu n'es pas contrariée ?
- Tu n'es pas le seul fautif dans l'histoire, je te rappelle qu'on était deux dans cette douche…et non , je ne suis pas contrariée…..pour info, je suis sous pilule et je suis clean.
- Oh….heu…..je suis clean aussi, avoua-t-il, soulagé
- D'accord, sourit-elle en se mordant la lèvre inférieure. Maintenant…pouvons nous avoir enfin un matin sans drame ?
- Un matin sans drame ?
- Hum..hum. , gémit-elle en lâchant le drap pour venir le chevaucher sur ses cuisses et enlacer son cou de ses doigts. Tu sais, un de ces matins, Sans enfant à naitre ou sans tueur en série….juste un matin à deux ?
- Oh…ce genre de matin-là ? Un matin où je peux te ravir encore et encore ? , répliqua d'une voix rauque Castle en la voyant basculer son bassin contre le sien
- Des mots…..rien des mots, writer-boy…
Fin du Flashback.
Après un second round, il avait délaissé son lit à contre cœur pour préparer le petit déjeuner à Alexis. Kate l'avait rejoint quelques minutes plus tard, mais sa fille était déjà présente avec lui. Alors malgré tous ses espoirs, elle s'était simplement installée près de la jeune Castle, et avait discuté, l'air de rien sous les yeux attentifs de Rick.
Elle ne souhaitait pas empiéter ou présumer devant Alexis, elle ne savait pas ce que Castle désirait lui dire à leur sujet, alors elle avait préférer agir l'air de rien avant d'en discuter avec lui.
A la fin du petit déjeuner, elle était partie pour faire une course pour leur laisser un peu de temps père-fille. Elle n'avait guère eu envie de s'éloigner de ses bras mais la réalité était là, il était père de famille et elle devra apprendre à le partager.
Rick, lui, avait discuter quelques minutes avec sa fille avant que Martha ne vienne la récupérer pour leur shopping pré soirée promotionnelle. Il était donc déçu de se retrouver seul dans ce loft plutôt que dans les bras de Kate. Seulement, elle était partie avant qu'il n'a eu le temps de lui avouer qu'il serait seul le reste de la journée. Ne souhaitant pas tourner en rond comme un animal attendant son os, il décida, après avoir répondu à tous les mails de Paula ou Gina, de se rendre au cimetière.
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La nuit et la matinée qu'ils avaient partagées tournaient en boucle dans sa tête, et il avait désormais à cœur de parler avec Kate pour connaitre ses règles qu'elle désirait. Ce matin, dans son lit, tout avait été magique, mais ensuite au petit déjeuner, il avait senti qu'elle prenait ses distances avec lui devant Alexis. Que désirait-elle ? Simplement du sexe ? Parce que cette nuit avec elle avait été la plus fabuleuse de toutes….. il lui avait fait l'amour avec tout son corps et tout son cœur, et il avait eu l'impression qu'elle désirait la même chose ?
Ou peut-être….peut-être sa façon de gérer les choses avec cette relation sans attentes? Une nuit magique mais sans lendemain à chaque fois? Non.….il l'avait pu sentir l'étendue de ses sentiments dans chacune de ses caresses, dans chacun de ses sourires…..Sauf qu'elle s'était installée avec un simple sourire et un "salut Castle" ce matin au lieu d'un baiser...
Soupirant, en voyant le mal de tête le guetter, il se stoppa en voyant devant lui l'objet des ses pensées assise sur le sol, devant la stèle de sa mère, la tête baissée. Elle traçait doucement, douloureusement, presque pieusement les inscriptions devant elle, et pendant quelques minutes, il resta là à l'observer dans le froid de décembre.
Il ne l'avait jamais revue ici, dans ces conditions. La dernière fois était le jour de la mise en terre de Johanna, et son cœur se serrait rien qu'en repensant à ses pleurs, ses râles ce jour-là.
L'estomac noué, il luttait sur la marche à suivre. Elle lui avait dit qu'elle devait faire une course matin, en restant très énigmatique sur la teneur de sa destination. Il n'avait pas osé demander plus, de peur de pousser encore et encore . Il ne souhaitait pas envahir son espace, et la faire fuir en se pensant piégée au loft avec lui .
Mais maintenant, debout au milieu de ce cimetière, il hésitait. Elle semblait comme ….. Figée devant cette pierre depuis plusieurs minutes et il ne savait pas où était sa place.
Reculant de quelques pas, il décida de lui laisser l'espace et l'intimité dont elle avait besoin avec sa mère.
Seulement le mouvement attira l'attention de Kate, et doucement elle se tourna en se séchant le visage, pensant voir apparaitre son père. Il n'était pas rare que Jim la surprenne en pleurs devant la tombe de sa mère, mais ce dos musclé et cette chevelure qu'elle avait maltraitée cette nuit la surprirent plus qu'autre chose. Fronçant les sourcils, elle se demanda depuis combien de temps il était là, et s'il l'avait entendue. Hésitante, elle soupira en le voyant partir sur la pointe des pieds, et finalement elle décida de l'interpeller en reniflant légèrement :
- Tu me suis, Castle ?
Au son de la voix de sa partenaire, il trébucha en maudissant son pas lourd et incertain, et se retourna, penaud, en répliquant avec humour :
- Je dirais que c'est l'inverse, Beckett
- L'inverse ? répéta-t-elle, incrédule, en se relevant pour le voir toujours figé. J'étais ici avant toi.
- Oui, mais c'est le jour de notre rituel, avoua-t-il, penaud
- Votre rituel ?
- Hum…. A ta mère et moi
- Et de quel rituel s'agit-il ? fit-elle, curieuse, les mains dans les poches et désormais amusée par son attitude
- Le rituel de lecture, murmura-t-il, embarrassé à l'idée de lui avouer ce pan de sa vie
- Le ..quoi ?
Levant le regard pour la voir arquer un sourcil et sourire, Castle inspira doucement et s'avança lentement près d'elle. Il ne voulait pas voler ce moment mère-fille, il ne voulait pas empiéter. Il était juste venu comme à chaque book party, prendre un instant avec Johanna.
Avançant encore de quelques pas, il déposa sur la stèle une rose blanche, et avoua à Kate, qui l'observait, le cœur gonflé d'amour par ce simple geste :
- A chaque soirée promotionnelle, je viens ici le matin et…je lis mon roman à ta mère. Comme une avant première.
- Tu ..quoi ? déglutit-elle, devant cette nouvelle attention qui lui mit les larmes aux yeux
Il faisait la lecture à sa mère à chaque sortie de livre? Elle restait interdite devant cette révélation qui lui réchauffait le cœur. Elle savait très bien que sa mère était sa première fan, elle l'avait toujours été depuis la première fois qu'il avait lu à haute voix sa dissertation à l'âge de dix ans qui disait "quand je serais grand, je serais écrivain". Sa mère et Rick avaient toujours eu une relation particulière, Castle faisait partie de la famille, sa mère l'aimait comme son propre fils, alors l'entendre dire que même après la mort de Johanna, Rick continuait à venir la visiter et à lui faire la lecture lui rappela amèrement qu'elle n'avait pas été la seule à perdre sa mère cette nuit là. Ils avaient été deux orphelins.
- Je lui fais la lecture, continua-t-il incertain devant sa mine défaite. J'aime à penser que quelque part….elle m'entend…. je sais c'est stupide et…..
- Non, c'est…..doux, vraiment doux, Rick, chuchota Kate, le ventre noué par toutes les émotions qui la submergeaient en tentant de sécher ses larmes du revers de la main.
Comment avait-elle pu trouver un homme aussi doux ? Un homme qui venait faire la lecture à sa mère ? Après 20 best-sellers, des millions de dollars en poche, il continuait à rester fidèle à lui-même et à sa famille.
- Mais, je vais revenir plus tard et te laisser ton moment
- Non, non, sourit-elle, en pleurs, en lui prenant sa main libre. Non, reste
- Tu es sûre ?
- Oui….et si ça ne te dérange pas, j'aimerais assister à ce rituel… .enfin si tu…..
- J'en serai ravi, reprit Rick, anxieusement, sans la lâcher du regard.
- Bien…..alors…..on s'assoit ?
- ….. oui.
Doucement, il s'installa en face de la pierre tombale, et ouvrit le livre qu'il avait apporté avec lui. Kate l'observa quelques secondes avant de le rejoindre sur le sol , une main sur sa cuisse et la tête sur son épaule.
Inspirant en sentant son cœur palpiter dans tous les sens, Rick se racla la gorge et commença à parler, les mains tremblantes posées sur l'ouvrage.
- Hey…c'est moi. Heu…je suis venu pour notre lecture…et je ne suis pas seul aujourd'hui…Kate est avec moi, déclara-t-il la voix rauque, en la voyant fermer les yeux comme pour enregistrer ce moment.
Souriant et plus à l'aise en la voyant aussi détendue, Castle continua en ouvrant le livre au premier chapitre :
- Alors comme je te l'ai déjà dit, c'est un roman basé sur Kate…mais heu…certains passages sortent tout droit de imagination
- Tu es certain de ça ? le taquina Kate, en sachant qu'il faisait référence à la page 105
- Je…oui…..enfin, bon…je crois que ton père va me tuer en lisant le livre, murmura Rick, blême
- T'inquiète pas, je te protégerai…trouillard, sourit Kate, amusée
- Promis ?
- Promis Rick, chuchota Beckett, en lui caressant tendrement la cuisse, sans le lâcher du regard
- Bien, déglutit-il devant son regard émeraude, son visage encore empreint de ses larmes, et ses cheveux sauvages à cause du léger vent.
- Castle ?
- Oui ?
- La lecture ….ma mère attend, pouffa-t-elle, tout aussi affectée par la situation et leur rapprochement
- Bien…oui, la lecture…alors , je commence…. « Elle adoptait toujours le même rituel pour aller voir le corps. Après avoir détaché sa ceinture de sécurité, pris le stylo coincé par un élastique sur le pare-soleil, passé ses longs doigts sur sa hanche, pour sentir le réconfort de son arme de service, elle marquait toujours une pause. Pas très longue. Juste le temps de prendre une inspiration. »
Au milieu de ce cimetière, en plein mois de décembre, ils partageaient un moment à deux, dans une bulle où toute l'agitation New-Yorkaise n'existait plus. Un moment qu'ils auraient du prendre depuis des années. Assis, l'un à côté de l'autre, près de Johanna. Et secrètement, sans l'avouer à l'autre, ils espéraient tous les deux que où qu'elle soit, Johanna Beckett pouvait les voir à cet instant…...
XXXXXXXXXXX
Le retour du cimetière s'était fait dans le silence. Tous les deux tentaient d'ingurgiter cette situation et toutes les implications que cela apportait. Ils avaient été sur la tombe de Johanna. Rick lui avait fait la lecture, et par moments, Kate l'avait coupé pour le taquiner comme si rien n'avait changé et que Johanna était présente près d'eux. Ils avaient partagé un instant hors du temps, et quand Castle avait refermé le livre, ils étaient restés main dans la main, devant la stèle, avant que Kate lui murmure :
- Je ne te l'ai jamais dit…..mais merci
- Merci ?
- Pour les inscriptions…..elle aurait aimé, avoua Kate en observant une nouvelle fois les mots en face d'elle.
Johanna Beckett
Vincit Omnia Veritas
4 fevrier 1951
9 janvier 1999.
- Je…je ne savais pas quoi noter…..
- C'est parfait, Rick….merci…merci pour tout, chuchota-t-elle en se remémorant la semaine avant l'enterrement de sa mère.
Elle n'avait pas quitté son lit. Son père en avait fait de même, et Castle avait tout géré. Les funérailles, les inscriptions, jusqu'aux vêtements des Beckett. Jim acquiesçait simplement de la tête quand Castle lui montrait ce qu'il avait fait comme choix, et les mots du patriarche étaient toujours les mêmes :
- Fais ce qui te semble bon, fils.
Quand elle y repensait, elle culpabilisait énormément de ne pas avoir pu ou su l'épauler à cet instant. Il n'avait pas à gérer la mise en terre de sa mère, ou à lui trouver une robe à mettre, mais il avait fait , toujours avec un petit sourire et les yeux rougis par le chagrin.
Alors aujourd'hui, elle tenait à lui dire merci, merci d'avoir pris en charge l'enterrement de sa mère, de les avoir épaulés dans l'ombre avec son père, et de rester près d'elle après toutes ces erreurs.
Le retour s'était donc passé silencieusement. Ils étaient rentrés et avaient ensuite continué la journée comme si de rien n'était. Kate s'était éclipsée avec Alexis pour se préparer en fin d'après-midi, et Rick était parti dans sa chambre pour enfiler son smoking.
Les vestiges de leur nuit était toujours exposés, avec le lit défait et les oreillers au milieu de la pièce. Nostalgique, Il avait changé ses draps en espérant une réelle conversation ce soir. Elle lui avait demandé du temps et une relation sans attentes, il était prêt à les lui accorder par amour, mais il espérait aussi que ça les mènerait vers plus ….et c'est pour cette raison qu'il souhaitait discuter avec elle.
Quand il sortit enfin de sa chambre, il entra dans son bureau pour récupérer ses boutons de manchettes, et il sourit en entendant les filles glousser dans le salon.
Heureux de les voir aussi complices, il décida de les rejoindre quand il entendit Alexis demander à Kate :
- Alors…. Toi et mon père ?
- Moi et ton père ? répéta Kate
- Je sais que papa me voit toujours comme une enfant mais je suis adulte maintenant, se reprit la jeune rouquine. Et ….il y a quelques jours papa est sortie de ta chambre, et ce matin, c'est toi qui en est sortie alors….. je me demandais…
Souriant devant l'intelligence de sa fille, Castle se fit la réflexion que finalement, c'est elle qui allait enfin lui donner les réponses à ses attentes. Car c'est la réponse de Kate qui lui dirait enfin comment elle les voyait. Toujours dos au mur, il attendit patiemment, le ventre noué, la sentence….
Beckett, elle resta comme figée quelques secondes. Toi et mon père ? Oh mon dieu, que pouvait-elle dire à une enfant de douze ans qui l'avait vue sortir du lit de son père à huit heures du matin ? Oui, je suis amoureuse de ton père et je veux une relation avec lui ? Ou…est-ce que Rick préférerait que sa fille ne soit pas au courant de tout ça ? Mon dieu ! Pourquoi n'avaient-ils pas parlé avant !
Elle pouvait déjà entendre Lanie lui dire « je te l'avais dit, girl ». Se mordant le lèvre inférieure, en passant ses mains désormais moites sur le doux tissu rouge qu'elle portait, elle répondit hésitante :
- Deux personnes peuvent très bien dormir ensemble sans qu'il n'y est d'ambigüité
- Ah bon ? sourit Alexis, pas dupe
- Oui. J'ai partagé mon lit avec ton père depuis mes huit ans et…
- Et vous faisiez des batailles d'oreillers ?
- Je….non….pourquoi ? enfin si, quand on était gosses, mais…
- Kate, je suis allée dans la chambre de papa…..
- Oh, rougit-elle en pensant à leurs ébats et à l'état de la chambre ensuite
- Alors…..toi et mon père ? sourit la rouquine
Dans le stress de ne pas donner la bonne réponse, elle donna la seule réponse qu'elle pensait être la bonne, le temps de discuter avec Rick ce soir. Car oui, cette fois-ci, ils allaient discuter, mais c'est la réponse qui brisa le cœur de Castle et chassa au loin les espoirs d'Alexis.
- Rien, il ne se passe rien avec ton père.
A ces mots, la tête de Rick s'affaissa contre la chambranle de la porte, ses épaules tombèrent et son cœur …chuta. Rien…..il ne se passe rien…..eh bien, désormais, il avait sa réponse…ce qui pour lui était la plus belle nuit de sa vie devint simplement une amitié avec avantages…
CHAPITRE 29
Elle avait froncé les sourcils tout le long du chemin en limousine qui les menait à la soirée promotionnelle. Elle avait trouvé l'attitude de Castle de plus en plus curieuse. Après avoir terminé sa conversation avec Alexis, Rick les avait rejointes dans le salon où il avait enlacé Alexis, en lui disant à quel point elle était resplendissante ce soir, ensuite, il avait le relevé le regard sur elle avec tant de tristesse et d'amertume dans les yeux qu'elle avait senti son estomac se nouer, mais en quelques secondes, comme un mirage, son expression avait changé, et il avait souri faussement, en lui répétant les mêmes mots qu'à sa fille.
« Tu es resplendissante, Beckett »
Le fait qu'il emploie le même adjectif pour décrire sa fille l'avait dérangée. Il était écrivain, choisir les mots et connaitre son vocabulaire était son boulot, mais ce qui la troubla le plus était qu'il l'a nomme par son nom de famille, ici. Elle avait pris l'habitude d'être informelle avec lui en dehors du poste, et encore plus ces dernières semaines, alors l'entendre l'appeler par son nom la déstabilisa un peu plus. Comme si, par sa simple utilisation , il mettait de la distance entre eux.
Sur le coup, elle se fit la réflexion qu'il devait être stressé et qu'il ne souhaitait pas s'étaler sur sa vie privée devant Alexis, mais le trajet en voiture noua un peu plus son estomac.
A l'arrière du véhicule qui les menait à leur toute première soirée promotionnelle ensemble, il ne lui accordait aucun intérêt, aucun mot. Son regard était fixé sur le paysage New-Yorkais, le front contre la vitre.
Kate se demandait ce qui n'allait pas. Il semblait à l'aise avec Alexis et Martha, mais tout semblait faux, presque forcé, avec elle. Avait-elle fait quelque chose ? Ou dit quelque chose ? Elle avait beau réfléchir, elle ne comprenait pas ses agissements qui commençaient réellement à l'inquiéter et l'irriter.
Ils avaient passé une nuit fabuleuse, et une journée haute en émotion au cimetière, mais rien ne pouvait expliquer une telle réaction. Elle s'était un peu isolée après sa visite près de sa mère, et lui….il était parti écrire, elle avait pensé qu'il avait compris qu'elle avait juste besoin de temps pour se remettre de toutes ses émotions. Etait-ce ceci qui l'avait peiné ?
Soupirant, anxieusement, en passant nerveusement la paume de ses mains sur le tissu rouge de sa robe, Kate observait du coin de l'œil Martha discuter l'air de rien avec Alexis, alors que Rick restait stoïque contre sa vitre.
Se rapprochant doucement de lui, elle lui murmura:
- Tout va bien ?
- Parfaitement bien, répondit-il , sans même un regard pour elle.
- Rick , est-ce que j'ai…..
- Nous sommes arrivés, Mr Castle, les interrompit leur chauffeur
- Bien Henry, je vous remercie, sourit-t-il, donnant en un simple sourire plus de chaleur à un inconnu qu'à Kate. Tout le monde est prêt ?
- Richard, arrête donc de demander ceci à chaque fois, il ne s'agit pas du tapis rouge pour un oscar ou un Tony, le taquina Martha, en réajustant ses bijoux à son poignet
- Non, mère, ce n'est juste qu'une soirée de plus de convoitise pour toi et ton carnet de bal
- Papa ! rougit Alexis
- Désolé citrouille. ….mais c'est vrai. Eh bien si tout le monde est prêt, c'est parti !
Les flash avaient crépité, les journalises avaient posé des questions, et avec le même faux sourire qu'il lui avait adressé depuis ce début de soirée, Castle avait longé le tapis qui les menait à l'intérieur, en serrant d'une main Alexis et en tendant le bras gauche pour Kate.
Jamais son contact avec lui n'avait semblé aussi…froid. Elle ne comprenait pas son attitude à son égard. Ne souhaitait-il pas sa présence ce soir ? Si c'était le cas, il aurait dû le lui dire, au lieu d'agir en véritable gamin. Elle avait l'impression de repartir des années en arrière, quand Killian Dobs lui avait volé son goûter à la récré.
Elle avait placé beaucoup d'espoir dans cette soirée, sans doute parce que c'était sa première soirée promotionnelle depuis que Rick était publié, et aussi parce qu'elle avait espéré pouvoir être juste Rick et Kate ce soir, et non Castle et Beckett.
Soupirant elle passait une main dans ses cheveux quand elle le vit partir saluer son monde en la laissant, sans un mot, avec Alexis et Martha. Mais qu'est-ce qui lui prenait, bon sang !
- Il est nerveux, malgré tout ce que l'on peut croire, il déteste ce genre de soirée, tenta la matriarche devant l'attitude plus que mal polie de son fils
- Il n'est pas le seul à détester ça
- Je sais, chérie…mais pourquoi ne pas profiter pleinement de la soirée ? Tu es ravissante dans cette robe
- Merci Martha, sourit Kate en cherchant à nouveau Castle du regard
- Allons boire une coupe de champagne et voir ce qu'il y a au menu
- Au menu ? On mange ? Parce que…..
- Gram's parle pas de ce genre de menu, marmonna timidement Alexis, habituée aux sous entendus de sa grand-mère
- Oh
- Allez, Katherine, la vie est faite pour s'amuser et la fêter à chaque instant…et une femme célibataire aussi élégante devrait pouvoir s'amuser, non ?
Célibataire ? Elle voulait lui dire que non. Mais au vu de sa dernière conversation avec Alexis, et de l'attitude de Rick ce soir, elle déglutit douloureusement en la suivant, espérant que toutes ses craintes au sujet de Castle soient infondées.
Regrettait-il cette nuit ? Ne souhaitait-il pas plus que du sexe ? N'était-elle pas, encore une fois, assez suffisante pour lui ?
XXXXXXXXXXXXX
Il n'arrivait pas à retirer les mots de Kate de sa mémoire « Rien…il ne se passe rien avec ton père ». ¨Pourquoi cette simple phrase pouvait le blesser autant ? Certainement parce qu'il était fou amoureux d'elle, et qu'il avait espéré que ce sentiment soit réciproque…ou parce que cette nuit avec elle, et cet instant au cimetière, avaient été selon lui plus qu'un simple « rien ».
Buvant d'une traite une coupe de champagne, en écoutant d'une seule oreille Paula lui présenter des personnes de l'édition, Rick réfléchissait toujours à la situation. Elle lui avait demandé du temps….une relation sans complication….et il avait accepté. Il avait accepté. A ce constat, il déglutit en sentant son cœur se briser un peu plus. Elle ne l'avait pas trompé avec ces mots…il avait accepté ce genre de relation. Levant le regard, il inspira devant la beauté de Kate.
Elle était resplendissante dans cette robe ce soir. Ce rouge lui allait comme un gant. Elle était ….. divine et diablement sexy avec ce tissu qui moulait chaque partie de son corps qu'il avait soigneusement embrassé, mordillé, léché cette nuit….et la vue sur ses magnifiques jambes interminables était le coup de grâce selon lui. Mon dieu…..qu'elle était belle. Il ne pouvait pas se contenter de sexe avec elle, il voulait "tout" avec elle, il souhaitait se réveiller tous les matins près d'elle et se coucher tous les soirs à ses côtés, il voulait la faire rire, il voulait se promener main dans la main avec elle , il voulait…..il voulait une famille avec elle…..Mon dieu, il l'aimait trop…..beaucoup trop pour une simple relation de sexe.
Se grattant la nuque, en se demandant comment agir dorénavant sans tout bousiller entre eux, il déglutit une fois de plus quand il vit les yeux de Kate se poser sur lui . Il pouvait voir à travers ses traits, sa façon de bouger, qu'elle était inquiète et mal à l'aise, mais malgré tout elle continuait à lui sourire…..à lui sourire de la même façon qu'à son adolescence, avec la même tendresse, la même joie et la même confiance.
Il ne comprenait pas son comportement. Ils devaient parler. Ils devaient discuter de tout ça et arrêter de repousser cette discussion pour un tour de sexe, qui ne faisait que poser plus de doutes. Il devait connaitre ses fichues règles pour qu'il puisse protéger son cœur un peu plus . Pour s'armer devant elle.
- Alors c'est elle ? demanda Paula sans préambule, en le sortant de sa bulle
- Oui, c'est elle, soupira Rick, en rompant le contact avec Beckett pour regarder Paula, et se rendre compte que tout son entourage était parti, sans doute à cause de son manque d'attention.
- Tu lui as écrit une véritable déclaration d'amour. Une nuit torride à Ibiza, et moi , j'ai droit à quoi ? Un petit chapitre dans Tempête d'automne ?
- Un chapitre chaud comme la braise, sourit Rick
- Tu lui as écrit un roman entier, ce doit être une fille très spéciale….je peux te poser une petite question ? ajouta –t-elle en le voyant à nouveau lorgner sur Kate, qui discutait dorénavant avec un homme.
- Oui ? grinça-t-il jalousement
- Quand elle te laisse un message tu la rappelles ?
- Ouais, répondit Rick sans réfléchir, en continuant d'observer ce mystérieux inconnu faire du rentre dedans à Beckett, lui laissant un bout de papier avec sans doute son numéro de téléphone.
- Evidemment que tu la rappelles parce qu'elle compte beaucoup pour toi, et parce que tu es poli
- Paula, je t'ai toujours rappelée…..
- J'ai un contrat pour trois livres sur cet espion anglais dont tu es fan, et j'arrive même pas à t'avoir en ligne pour te dire que tu as une offre officielle.
- Je…..quoi ? fit Castle, stupéfait, en la dévisageant. Un contrat pour….James Bond ?
- Oui ! trois livres ! Alors c'est bon, je leur dis que tu es d'accord, sourit-elle , fière de son effet
- Heu…..je ne sais pas, ça se réfléchit, balbutia-t-il, prit sur le fait, en détournant à nouveau son regard sur Kate qui souriait à cet abruti en face d'elle.
- Tu couches avec elle ?
- Je….non ! mentit Rick
- Alors arrête de la dévorer des yeux
- Je ne la dévore pas des yeux
- Cède à la tentation, histoire de te la sortir de la tête, et passe ensuite au bureau signer ton contrat, d'accord ? siffla-t-elle, en partant pour le laisser seul, un verre de champagne à la main, et les yeux toujours sur…Kate Beckett.
La sortir de sa tête en cédant à la tentation ? C'était bien ça, son problème…il ne pouvait pas….il ne pourrait pas oublier Kate. Il n'avait jamais su le faire. Soupirant devant son impuissance devant Beckett, il se retourna pour aller prendre l'air quelques secondes.
Il avait besoin de temps pour trier ses pensées et prendre du recul. Toute cette soirée était un fiasco selon lui, il était censé parader à son bras, censé rire et discuter avec elle , censé profiter de cette première soirée de promotion, et au lieu de ça, il se sentait désabusé et frustré. Frustré contre lui, contre ces sentiments qu'il avait pour elle, frustré contre elle, parce qu'elle ne leur donnait toujours pas une réelle chance, et frustré contre toute cette situation qu'il avait acceptée.
Inspirant pour calmer ses nerfs, il tournait en direction du balcon quand il trébucha sur une belle blonde d'un mètre soixante dix, qui lui souriait en sortant des toilettes féminines. Ses mains s'ajustèrent juste sur ses avant bras pour lui éviter de tomber et quand il leva enfin son regard sur elle, il la vit toute heureuse :
- Salut
- Salut, sourit poliment Rick, en détachant son corps du sien, dans l'espoir de continuer son chemin
- Je suis …Jacinda
- Enchanté de vous connaitre, je suis…..
- Richard Castle, je sais, gloussa-t-elle. Je suis une fan…Je suis trop contente de pouvoir enfin vous voir. Quelle chance avais-je dans toute ma vie de vous rencontrer, et vous êtes là ! s'extasia-t-elle alors que Rick roulait des yeux devant ses dires
- Vos chances étaient grandes en assistant à ma soirée promotionnelle
- Ce n'est qu'un détail….alors Rick…je peux vous appeler Rick, hein ? …aurai-je la chance d'avoir en plus un autographe ? sourit-elle de toutes ses dents.
Fatigué et irrité par le tournant de sa soirée, Castle prit un stylo dans sa poche intérieure de son veston, espérant terminer au plus vite cette conversation, quand elle poussa le devant son décolleteé pour révéler une belle poitrine.
Cette femme était toute sauf pudique selon lui. Il avait déjà signé des poitrines…un bon nombre de poitrines…..mais jamais avec autant de chair révélée. Si les intentions de cette femme n'étaient pas été définies au départ, elles étaient dorénavant très claires.
Pris au dépourvu devant cette poitrine qui se soulevait au fur et à mesure de ces respirations, Castle bafouilla , le stylo à la main en s'apercevant de son manque évident de soutien-gorge :
- Je…..heu…..Je dois avoir un calepin ou…
- Oh….non, je préfère que tu me marques avec ton ….stylo…..a moins que tu ne veuilles me marquer d'une autre manière, Rick.. ? répliqua-t-elle en caressant sa chemise sensuellement
- Je…..
- Je vous dérange peut-être ? les interrompit froidement, et interdite, Kate devant la scène qui se déroulait sous ses yeux.
Elle avait dû sourire et discuter avec un bon nombre de personnes, surtout avec ce type au bar, et elle était réellement contente d'en avoir terminé quand elle s'était rendu compte que Rick s'était éclipsé. Elle avait espéré pouvoir enfin discuter avec lui, et peut-être même pouvoir s'isoler dans ses bras quelques instants, mais quand elle s'était dirigée vers le balcon en espérant le trouver, elle avait sentit son cœur se briser en le voyant, le stylo à la main, en train de flirter devant une blondasse sans sous-vêtements.
Ne souhaitant pas sauter aux conclusions trop vite, elle avait tout d'abord décidé de lui donner une chance de la rembarrer, mais quand elle avait vu…cette fille lui proposer ouvertement de la marquer , elle avait senti toutes ses bonnes résolutions s'envoler.
- Chacune son tour…d'abord moi, sourit Jacinda, en élevant un peu plus sa poitrine. Et…puis je suis sûre que tu préfères les blondes, hein , Rick? ajouta-t-elle pour narguer Kate, qui fulminait en fusillant Castle du regard
- Heu….. eh…ben…, balbutia-t-il, pris au dépourvu par la situation.
Sentant la colère monter de plus en plus fort, Kate prit avec force le poignet de Castle, toujours suspendu, stylo à la main, au-dessus de la poitrine de Jacinda, et le tira fermement pour l'emmener dans les toilettes pour femmes, sans lui laisser le temps de répondre convenablement.
- Hey ! c'était moi la première ! hurla la blonde derrière eux, alors que Kate fermait la porte à double tour, rageusement .
Non mais pour qui se prenait cette femme ! Et à quoi jouait-il depuis ce soir ! Elle ne comprenait pas son attitude, ni ses agissements, mais elle était excédée et avait bien décidé de connaitre le fin mot de l'histoire. Elle pensait qu'ils se dirigeaient enfin sur le bon chemin, et désormais il la fuyait comme la peste, l'ignorait même pour flirter avec des bimbos à une fête à laquelle elle était censée être sa cavalière !
Fulminante, elle le dévisagea, les poings fermés et la respiration saccadée, en tentant de rester calme, avant de se rappeler où elle les avait traînés. Contrariée, elle commença à se retourner pour observer l'intérieur des toilettes, et savoir s'ils étaient seuls, quand elle se figea aux mots de Rick derrière elle :
- Envie d'un tête à tête sexy dans les toilettes…inspectrice ?
Il ne comprenait pas pourquoi elle semblait si excédée ! C'est elle qui avait crié haut et fort qu'il n'y avait » rien absolument rien entre eux »! Il n'était pas sa propriété ou son petit jouet sexuel quand elle le désirait !
Elle était censée venir à sa book party, ils étaient censés enfin être ensemble, et elle avait passé son temps à sourire à un inconnu avant de lui faire une crise de jalousie pour un autographe ? Ok …sur la poitrine, mais il fulminait aussi pour toute cette situation.
Ne voulant pas lui montrer à quel point elle l'avait blessé en le rejetant une nouvelle fois, il décida de faire ce qu'il faisait le mieux . Nier l'évidence et se conduire comme un playboy sans cervelle.
- Tu te moques de moi ? fit Kate, estomaquée par son aplomb et sa désinvolture
- Oh non…tu n'imagines pas le nombre de femmes que j'ai pu…..
Il se figea sur place devant Kate. Il n'osa plus dire un mot face à sa réaction. Elle n'hurlait pas, ne lui criait pas dessus, non, elle le regardait avec tant de peine qu'il déglutit aussi de douleur. Son visage si radieux ces dernières heures était désormais ravagé par des larmes silencieuses, …des larmes qu'il avait causées. Ses pleurs le renvoya des années auparavant dans cette chambre d'hôtel. Le ventre noué, il ouvrit la bouche pour s'excuser, quand elle lui cracha avec hargne, en tentant de sécher en vain son visage qui se décomposait de seconde en seconde :
- Oh alors c'est ça ? C'est tout ce que tu veux ? Un petit round dans les toilettes , Rick?
- Je…..
- Tu devrais aller chercher ta blonde parce que ce n'est pas avec moi que tu trouveras le bonheur ce soir ou un autre soir , d'ailleurs ! Quelle idiote j'ai été !
- Kate, attends, soupira Castle, en lui bloquant le passage de son corps alors qu'elle tentait de partir.
Il ne voulait pas se disputer, il voulait simplement comprendre ses agissements. Il savait que son attitude ce soir avait été impolie, surtout avec elle, mais il était blessé et il avait besoin qu'elle le sache.
- Attendre ? Attendre quoi ? J'ai passé la soirée à t'attendre, tout ça pour te retrouver au dessus d'une poitrine qui n'était pas la mienne
- Hey, oh, je signais simplement un autographe, c'est mon métier je te rappelle, et…..
- Ton métier est de signer sur du papier pas à même la chair ! siffla-t-elle, écœurée, en le dévisageant
- Et, toi aussi… tu as passé ton temps à flirter au bar et je ne t'ai pas fait une crise de jalousie
- Je ne flirtais pas, j'attendais que monsieur arrête de faire les yeux doux à tout ce qui bouge !
- Je l'ai vu ! J'ai vu ce type de donner son numéro de téléphone, et je t'ai vue très nettement le mettre dans ton sac avec un doux sourire, moi, je n'ai fait que discuter. Je n'ai pas demandé son numéro, et je n'ai pas signé sa fichue poitrine !
- Je….
- Alors c'est ça tes règles ? reprit-il avec colère alors qu'elle reculait, les yeux ronds
- Quoi ?
- On s'envoie en l'air quand bon te semble, et tu peux t'amuser avec qui tu veux, mais je dois attendre sagement ? Je pensais qu'au moins avec cette amitié avec avantages, on resterait les seuls dans ce tango horizontal plus que bancal !
- Je ne couche pas avec Demming !
- Demming ? C'est son nom ? cracha Castle, alors que Kate le regardait avec des yeux noirs
- Inspecteur Tom Demming du neuvième dans la section des cambriolages. Espo me l'a présenté avant de rejoindre Lanie pour une danse. Parce que c'est ce que font les gens quand ils viennent accompagnés, ils dansent ensemble. Et je n'ai pas flirté, il m'a juste demandé mon aide pour une affaire. C'est pour ça que j'ai son numéro, idiot !
- Je…ouais…..ben si tu veux mon avis, il veut plus que ton numéro, marmonna Castle en se grattant la nuque, se sentant ridicule désormais
- Et alors ? c'est pas pour ça que je vais lui permettre de rentrer dans mon pantalon ! Mais on a pas tous les mêmes opinions
- Qu'est-ce que ça veut dire ? soupira-t-il alors qu'elle arquait un sourcil, toujours en pleurs. Ok…je comprends, et pour info , j'allais arrêter Jacinda avant que tu n'interviennes.
- Ouais et ben ça, on ne le saura jamais
- C'est censé vouloir dire quoi ?
- Rien. A part que j'avais raison, tu es devenu cet auteur riche et célèbre , tu peux avoir toutes les femmes que tu veux…. Et tu as eu ce que tu voulais, hein ? Tu peux désormais mettre à nouveau mon nom sur ton tableau de chasse, mais personnellement j'en ai juste fini avec tout ça….maintenant laisse-moi sortir.
Déglutissant de douleur face à tous leurs mots, Castle baissa la tête au sol et se dégagea légèrement pour lui laisser ouvrir la porte. Il se sentait vidé et anéanti par la tournure de leur soirée.
Kate, elle, avait l'impression que le sol était en train de l'engloutir. Comment avaient-ils pu encore tout bousiller entre eux ? Comment pouvaient-ils être aussi extraordinaires ensemble et aussi destructeurs en même temps?... Sentant la nausée la prendre, elle déverrouilla la porte et elle l'entendit lui murmurer :
- Pourquoi ne suis-je « rien » ? Pourquoi ne puis-je pas être suffisant ?
- Quoi ? hoqueta-t-elle, surprise, en levant le regard face au ton larmoyant qu'il employait
- J'ai passé la plus belle nuit de ma vie avec toi , Kate…et je sais que tu as dit que tu ne voulais pas une relation…juste du sexe entre amis, mais cette nuit avec toi…c'était magique….tu m'as fait espérer….ce n'était pas juste du sexe pour moi…..ça ne l'a jamais été ….et je ne suis pas ce type que tu dépeins et tu le sais…..tu sais que cette nuit était bien plus qu'un tour de sexe pour moi….que tu as toujours été plus qu'un tour de sexe.
Elle était complètement perdue. S'il ressentait la même chose qu'elle, pourquoi agir comme un véritable abruti avec elle ? Pourquoi la repousser ? Pourquoi flirter avec une autre ?
Il semblait si démuni à ses côtés qu'elle soupira en ravalant sa fierté. Elle ne pouvait plus fuir sans avoir une réelle explication, une réelle discussion. Ils n'étaient plus des enfants, ils étaient adultes et ils ne pouvaient plus se battre sur des malentendus. Elle ne pouvait pas laisser une nouvelle discorde tout balayer en une seule seconde.
Elle avait encore du mal à comprendre ses agissements et ses mots « On s'envoie en l'air quand bon te semble et tu peux t'amuser avec qui tu veux… » et elle était blessée…..mais elle devait entendre la fin de cette discussion pour mettre ou non un terme à leur relation.
Séchant du revers de la main ses larmes, elle referma le loquet de la porte, et recula de quelques pas pour signifier à Rick qu'il avait désormais toute son attention.
Au son de la serrure, il soupira de soulagement sans lever la tête. Il ne souhaitait plus voir son visage ravagé par les larmes, mais il ne pouvait pas non plus tout accepter sans rien dire. Il avait le cœur brisé. Observant ses magnifiques jambes reculer de quelques pas, il attendit quelques secondes de plus, et ajouta fébrilement :
- Alors dis-moi pourquoi je ne suis « rien »
- Je ne comprends pas. Je n'ai jamais dit que tu…..
- Quand Alexis t'a demandé ce qu'il se passait entre nous , tu as répondu..
- Rien… rien ne se passe entre ton père et moi, termina Kate, atterrée, en comprenant enfin.
Mais au lieu de trouver l'apaisement qu'elle pensait avoir dans une explication, elle fulmina de plus belle en venant droit sur lui pour lui pincer l'oreille de hargne
- Aie ! Aie ! Pomme ! pomme !Pomme !hurla Rick en se débattant avant qu'elle le relâche enfin. Non mais ça ne va pas !
- Tu n'es qu'un idiot !
- Et toi , tu es…., commença Castle avant de relever le visage, en se frottant l'oreille droite pour tomber sur …..Kate Beckett….en pleurs, en colère…et…..elle était époustouflante de beauté.
Elle avait les mains sur les hanches, son regard était noir de colère , ses cheveux ondulaient sur son dos et sa poitrine si délicieuse se soulevait à chaque respiration rapide. Elle était encore plus désirable…..encore plus belle en colère. Et ce constat le laissa sans voix quelques secondes.
- Je suis quoi Castle ? grinça-t-elle, en pensant que toute cette histoire avait été à cause de la discussion qu'elle avait eue avec Alexis
- Tu es….Tu es….la personne la plus remarquable, la plus frustrante, exaltante et la plus exaspérante que j'ai jamais connue.
- Castle, soupira-t-elle en mettant ses mains dans ses cheveux, de frustration
- Mais, je ne suis pas « rien ». Je sais que j'avais dit que j'étais ok avec toute cette affaire de sexe entre amis, mais tu sais quoi ? Je crois que je ne le suis pas….alors je suis désolé, si tu dois te trouver un autre « rien » pour…..
- Arrête de dire des âneries et réfléchis un peu, claqua Kate, qui avait réellement l'impression d'être la seule fautive à ce quiproquo à ses yeux
- Des âneries ? siffla-t-il, blessé
- On devait parler, Rick, hier….et ensuite tu m'as offert ces cadeaux incroyables et….je pensais que tu avais compris cette nuit, soupira-t-elle, pas aussi douée avec les mots que son ami
- Compris quoi ?
Devant son regard interrogateur, elle se demanda s'ils avaient réellement vécu la même nuit tous les deux. Comment pouvait-il douter à ce point d'elle, alors qu'elle s'était totalement ouverte à lui hier?. Elle se sentait blessée et en colère, et elle siffla rageusement :
-Si c'était juste du sexe, je ne serais pas restée toute la nuit avec toi, si c'était juste du sexe, je n'aurais pas passé des heures à te regarder dormir comme une idiote, si c'était juste du sexe, je n'aurais pas couché avec toi sans préservatif!
A ces mots, il se figea et déglutit, alors qu'elle baissait à nouveau les yeux comme pour cacher son chagrin. Comment avaient-ils pu encore en être là ? Se hurlant dessus après une nuit magique ? Hébété et surpris par sa déclaration, il demanda :
- Alors pourquoi avoir dit à Alexis que…
- Que voulais-tu que je dise à ta fille de douze ans ? On n'en avait pas parlé, je ne sais pas ce que tu lui dis d'habitude quand tu ramènes une copine à la maison !
- Je….
- Hey, Alexis, continua-t-elle ironiquement sanse lui laisser le temps de répondre. Oui, tu as raison, avec ton père, on a eu le meilleur sexe de notre vie ! On s'est envoyés en l'air jusqu'à épuisement.
- Dis comme ça , marmonna Castle
- Alors quoi ? Au lieu de venir me voir, tu m'ignores, tu flirtes avec des bimbos et tu m'accuses de coucher à droite et à gauche
- Je n'ai pas dit que tu…
- Parce que ce n'est pas le genre de relation que je souhaite
- Et je ne flirtais pas avec Jacinda, je…attends…le genre de relation que tu souhaites ? Alors…..tu veux une relation avec moi ? fit-il, tout heureux
Séchant une nouvelle larme, elle releva les yeux rougis vers lui, et lui demanda le cœur lourd :
- Pourquoi est-ce que ça doit être toujours aussi compliqué entre nous ?
- Ce n'est pas compliqué, on manque juste de…communication.
- Hum, gémit-elle, à moitié convaincue
- Kate, je suis désolé. Vraiment désolé…..je t'ai…
- Alors c'est fini ? C'est mon tour maintenant ! hurla la bimbo, derrière la porte, qui attendait son dû.
- Pas compliqué, hein ? …Je crois que ta blonde attend, soupira Kate, en partant vers la porte pour ouvrir
- Kate , attends, fit Rick, désespéré à l'idée qu'elle ne parte en le laissant seul ici
Elle se sentait vider et frustrer par tout ce quiproquo, par la façon avec laquelle il avait géré la situation. Elle était tentée de partir, de fuir et d'aller ce réfugier dans un endroit ou elle pourrait panser ses blessures mais à la grande surprise de Castle, elle se contenta d'ouvrir la porte, et de cracher au visage de Jacinda, toujours poitrine ouverte :
- Va te chercher un autre encas, mon copain n'est pas au menu ce soir
- Non, mais c'est moi qui….
Avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, Beckett claqua la porte avec rage, avant de poser son dos dessus en s'arrachant les cheveux des deux mains. Fuir? pour aller où? Elle n'avait plus d'appartement grâce à Dunn et aucune envie d'expliquer sa fuite à Lanie pour obtenir les clefs de son appartement. Pourtant son cœur lui murmurait de partir mais sa raison...sa raison lui dictait de rester. Tout ceci n'était qu'un malentendu, elle ne pouvait pas tout balayer à la première embuche dans leur relation.
Gémissant, elle se frotta le visage avant de lever les yeux sur Castle qui la contemplait en souriant . Droit comme "i", les mains dans ses poches, il lui souriait de toutes ses dents comme si tout allait bien. Fronçant les sourcils devant son air béat, elle soupira en demandant avec lassitude :
- Quoi , encore?
- Rien…je suis ton copain, alors ? Parce que tu viens de le dire à Jacinda...…et tu me regardes dormir pendant des heures ?
- Oh mon dieu, c'est tout ce que tu as retenu ? gémit-elle, devant son air tout heureux en se demandant comment elle pouvait pu tomber follement amoureuse d'une personne aussi immature
- Ça et….que tu veuilles une relation avec moi…..après toute ces années, je suis flatté, réellement Kate, sourit-il en s'avançant près d'elle, avant de placer chacune de ses mains sur ses hanches .
Cette action, la bloqua un peu plus contre la porte des toilettes. Souhaitant le repousser pour tenter de réfléchir calmement, elle frissonna en sentant les doigts de Castle se refermer sur elle et son souffle se mélanger au sien.
- Rick, râla-t-elle, en trouvant qu'elle commençait à lui pardonner bien trop vite à son goût.
Comment pouvait-il la frustrer aussi vite et l'attendrir avec la même rapidité?. Quand il la contemplait avec ses grands yeux bleus, ce sourire et son air béat, elle savait qu'elle ne pouvait rien lui refuser, elle n'avait jamais su…même à huit ans, alors à trente ans, c'était pire selon elle.
- Et j'ai aussi retenu que tu as passé la meilleure nuit de toute ta vie….pour info, c'était pareil pour moi….et…. je suis désolé, ajouta-t-il en déposant son front contre le sien.
Fermant les yeux quelques secondes sous les effluves de son parfum, Castle les ouvrit à nouveau, pour tomber sur son regard émeraude, et murmura , le ventre noué de peur qu'elle ne le rejette :
- Je suis désolé…..j'ai mal agi envers toi…j'ai sauté aux conclusions en agissant comme un enfant puéril.
- Castle,
- Et si on doit en rester là, si tu ne penses pas pouvoir me faire confiance, je…
- Je ne veux pas en rester là, chuchota Kate en décidant de le sortir de sa misère.
Elle savait qu'elle lui avait déjà pardonné au moment ou il lui avait avoué vouloir plus que du sexe avec elle. Elle avait été tenté de prendre ses distances pour protéger un peu son cœur mais comment pouvait-elle protéger son cœur alors que tout son être le réclamait. Elle en avait marre de le repousser, marre de tous ses quiproquo et marre de ne pas pouvoir avoir le genre de relation qu'elle désirait avec lui. Parce que si elle était franche avec elle-même , elle savait qu'elle voulait une relation avec lui au moment même ou il avait posé ses les lèvres sur les siennes la première fois, à ses quinze ans dans sa chambre d'enfants. Elle avait toujours voulu Rick…...et elle en avait marre de le nier ou pire….de le fuir.
- Non ?
- Non….mais s'il te plait, soupira-t-elle démunie, parle-moi la prochaine fois que…..
- Promis…promis. Quand quelque chose m'embête je viens te parler , mais tu dois en faire de même aussi.
- Promis…...Castle, la communication c'est la base d'une relation et…
- Ça et le sexe….trop tôt? grimaça-t-il devant son regard noir. Ok, ok, la communication c'est l'essentiel. Alors…ça y est, on y est vraiment ?
- Où ?
- Je suis enfin le petit ami de Katherine Hougton Beckett ? Parce que, femme, tu sais faire attendre un homme, rit-il en la plaquant un peu plus contre la porte avec son corps
- Je pourrais te retourner la même question , je suis enfin la petite amie de Richard Castle, sourit Kate en enlaçant son cou pour s'amuser avec ses cheveux
- Non…..tu es la petite amie de Richard Alexander Rodgers, rétorqua Rick, en posant simplement ses lèvres sur les siennes, pour sentir son souffle sur sa peau
- Bien , j'ai toujours préféré ce Rick-là, avoua-t-elle en prenant sa bouche en otage.
Ses lèvres étaient si douces contre les siennes, ses mains si fermement ancrés sur ses hanches, son corps tellement puissant contre le sien, qu'elle sentit tout son amour dans un seul baiser. Elle avait tellement envie de se perdre dans ses bras, de le ravir à même ses portes mais les mots de Rick lui revint en tête et elle ralentit le baiser avant de le stopper pour lui murmurer alors qu'il la pressait encore un peu plus contre son corps:
- A propos de ses règles
- Je sais , je sais, sourit-il en mordillant son cou. Il n'y a pas de règles, ce n'est pas une amitié avec avantages et…..
- Non, il y a des règles, gémit Kate devant la langue de Castle sur sa jugulaire
- Il y a des règles? répéta-t-il surpris en stoppant ses actions pour la dévisager. Quelles règles?
- La première étant qu'on doit rester discret sur notre relation.
Au regard peiné qu'il lui lança, elle posa ses mains derrière sa nuque pour le pousser à nouveau contre elle et ajouta :
- La police de New-York a une politique stricte en ce qui concerne les coucheries entre collègues
- Oui, mais je suis pas payé alors on est pas vraiment collègue, répliqua-t-il soulager
- Tu crois que Montgomery va le voir comme ça? chuchota Kate en effleurant les lèvres de Castle. Si jamais il attend parler de la moindre rumeur, on peut dire au revoir à notre partenariat
- Je suis sûr que Roy sera ravi pour nous….mais si tu y tiens…..ok, on restera discret, abdiqua-t-il devant son regard. Je peux tout de même en parler à mère et à Alexis? Parce que cohabiter tous ensemble sans qu'elles n'en sachent rien va être compliquer.
- En parlant de ça, grimaça Kate
- Quoi?
- Je vais aller vivre chez Lanie , le temps de trouver un nouvel appartement
- Je te demande , pardon?
- Castle, on commence tout juste une relation….vivre ensemble…..c'est trop rapide
- Je dirais que c'est pratique, ronchonna Rick
- Je…...J'aimerais qu'on y aille doucement. On n'a pas besoin de se précipiter.
- Tu n'as pas besoin d'aller chez Lanie pour qu'on y aille doucement, murmura-t-il alors qu'elle l'observait en roulant des yeux. Ok…...d'accord….tu as raison. Il y a d'autres règles? soupira-t-il déçu
- Une seule..….tu dois apprendre à signer des autographes sur du papier
A sa demande, il se mit à rire avant de l'embrasser amoureusement.
- Tu es dure en affaire, mais d'accord.
- As-tu d'autres règles? demanda Kate en ouvrant délicatement son noeud de cravate
- Heu….non
- Bien…...maintenant j'aimerais assez profiter de mon petit-ami
- Oh, déglutit Rick en la voyant sortir sa chemise de son pantalon avant de le déboutonner. Et…..de quelle manière voudrais-tu profiter de ton petit-ami
Souriante, elle se mordit la lèvre inférieure, avant de plonger sa main dans son caleçon et de lui murmurer :
- Devine….
- Oh mon dieu, gémit Rick en la soulevant du sol pour la bloquer contre la porte et la ravir encore et encore….