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Trouble

Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.  » Minefuji 

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Chapitre onze

 

Kate fut tirée du sommeil par une dizaine de coups de sonnette. Elle s’extirpa difficilement de son lit et alla ouvrir en maugréant. Lanie était rentrée chez elle au petit matin, ce qui n’avait laissé que deux petites heures de sommeil à la jolie détective.

Cependant sa mauvaise humeur fut instantanément dissipée par la délicieuse odeur de café que Castle amenait avec lui.

- J’ai bien fait d’apporter le petit déjeuner on dirait, sourit l’écrivain en déposant un baiser tout tendre sur les lèvres de sa muse. Lanie est restée longtemps?

- Ça fait à peine deux heures qu’elle est rentrée chez elle... tu peux poser ça sur la table, je vais me débarbouiller.

 

Légèrement déçu par l’accueil de Beckett, Castle se mit à cogiter et à paniquer.

Et si Beckett avait finalement pensé que tout cela était une bêtise? Et si elle avait décidé de faire marche arrière? Pire! Elle allait peut être lui demander de ne plus la suivre sur ses enquêtes et de sortir de sa vie? Après tout, ils avaient pris du bon temps, mais cela ne signifiait peut être rien de plus...

- Castle? Tout va bien? Demanda Kate en revenant près de lui.

- Hein?

- Tu as l’air bizarre. Ça ne va pas?

-  Euh... Dis-moi... Ce qu’on a fait... Enfin... C’est pas genre... Oh! Ma salle de bain était inondée, on était trempés , j’étais dans l’euphorie du moment... c’était un moment  comme ça... sympa... mais rien de plus?

- ... Non... Non, bien sûr que non! répondit Beckett l’air inquiet. Je croyais que tu l’avais compris d’ailleurs!

- Ah! Oui, c’est bien ce que j’avais compris! Fit Castle soulagé.

- Bon... dit Kate en esquissant un sourire. Alors...

- Alors, que dirais-tu d’un bon petit déjeuner? J’ai apporté du café, des croissants, du jus d’orange... et bien sûr des casquettes de baseball

- Des casquettes de baseball? Pourquoi?

- Pour sortir incognito... Il paraît que c’est la panoplie qu’utilise le président en personne quand il veut faire un tour sans se faire repérer...

- Incognito? Je ne suis pas très célèbre, tu sais? 

- Non... mais... Euh... Je... Je croyais que ça t’ennuierais d’être... Enfin... Il y a quelques paparazzi qui traînent souvent autour de moi...

- Ça va, rit-elle, je te faisais marcher... Je sais bien que tu es un peu célèbre...

- Un peu? 

Elle sourit devant son air dépité.

- Ça va, c’est une blague! Tu ne marches pas, tu cours, toi! Bon... À part ça... Où comptais-tu aller?

- Bah dans le parc, il fait super beau dehors... On pourrait organiser un pique nique...

- Il fait 4 degrés dehors, Castle! D’accord le soleil brille, mais c’est un peu limite pour un pique-nique, non?

- Pas à Orlando...

- En Floride!? S’étrangla Kate. Tu avais l’intention d’aller en Floride?! Non mais tu as passé trop de temps avec Meredith, toi! 

- Oui, pourquoi pas?

- Parce que je bosse demain...

- On loue un jet, on peut être revenu demain pour le petit déjeuner...

- Tu es fou, rit-elle en enroulant ses bras autour de son cou.

- Ça ne te plaît pas?

- Si, c’est une super idée pour la prochaine fois où j’aurais des jours de congé...

- Moi qui pensais te faire plaisir...

 

Elle ne le laissa pas terminer et l’embrassa fougueusement. Il tomba assis sur le canapé, elle s’installa sur lui et continua ce qu’elle avait commencé.

- Pas besoin de m’emmener en Floride pour me faire plaisir, susurra-t-elle à son oreille. Ta présence me suffit.

- Wah... Tu es incroyable...

Elle encadra son visage de ses mains et l’embrassa passionnément, simplement heureuse d’être dans les bras de Castle.

- Euh... Le café va être froid...

- Je n’ai pas envie de café pour le moment...

- Ah! Okay... Vos désirs sont des ordres lieutenant...

- Castle!

- Oui?

- Je ne suis pas lieutenant là, d’accord?

- Bien reçu! C’est que...

 

Connaissant parfaitement l’écrivain, elle le fit taire d’un baiser fougueux, lui montrant la direction qu’elle voulait donner à la suite de ce tête à tête.

- J’aime le café glacé, murmura-t-il en entrant dans la danse.

Quelques temps après, ils pique-niquaient de nouveau nus comme des vers et blottis l’un contre l’autre.

- Ça va devenir une habitude, dit-il en lui caressant tendrement l’épaule.

- J’aime bien les habitudes, sourit-elle. Je suis du genre pantouflarde. 

- Tiens donc! Tu m’en diras tant, sourit-il sans cesser de la couvrir de petits baisers.

Elle lui tendit un gobelet de café.

- C’est pas si mal, le café froid... constata-t-il.

- C’est mieux que le café réchauffé en tout cas, approuva Kate.

- Et ce qu’il y a de bien avec le jus d’orange et les croissants, c’est qu’ils se consomment à température ambiante...

- Pas de regret alors? Demanda Kate.

- À propos de...?

- Ton idée de pique-nique en Floride...

- Oh ça... Bah non, pas de regret. Dans ton salon on peut être indécents, alors que dans  les parcs de Floride...

- Pourquoi voulais-tu aller là-bas? Il y avait un événement particulier?

- Non... Je voulais t’impressionner... Tu sais... C’était un peu notre premier rendez-vous...

Elle éclata de rire.

- Tu n’es pas commun! Pour un premier rendez-vous, les gens normaux choisissent un resto chic...

- D’habitude, ça plait aux... enfin...

- À tes conquêtes? Ne t’inquiète pas je suis au courant... sourit-elle. Ne t’en fais pas je n’attends pas de toi que tu me jettes de ta poudre aux yeux. Je préfère quand tu es naturel.

- C’est mon banquier, qui va être content!

- Et sinon... Tu n’as pas été trop déçu pour le café froid?

- Oh non! Pas de problème pour ça! On aurait pu « attendre » encore longtemps! Tu sais ce qu’on dit à propos de vivre d’amour et d’eau fraîche...

- Que c’est la mort assurée au bout de quarante jours?

- Tu sais que j’adore ton côté terre à terre? dit Castle en l’embrassant sur le nez.

- Tu ne réponds pas à ma question!

- J’ai été ravi de décaler le petit déjeuner pour faire des galipettes avec toi, assura-t-il. Et comme j’ai bien l’intention de vivre plus de quarante jours avec toi, je continuerai de m’assurer que nous ayons de quoi manger.

- Comment ça tu continueras de t’en assurer?

- Ose me dire qu’il y a de la nourriture non avariée dans ton frigo...

- Il y a de la nourriture non avariée dans mon frigo!

- Menteuse!

 

Elle se leva et se dirigea vers son réfrigérateur. Il profita du spectacle. Elle revint et lui tendit un pot de sauce tomate avec un grand sourire.

- Touché, sourit-il en lui attrapant le bras pour l’entraîner dans un nouveau round câlin.

Rick rentra chez lui vers deux heures du matin afin de préserver leur secret. 

Le lendemain matin, il revenait chez Kate aux aurores pour partager de nouveau avec elle le petit déjeuner. Il fut un peu déçu lorsqu’elle se mit à préparer la table après l’avoir rapidement embrassé sur les lèvres.

- Pas de café froid aujourd’hui? Demanda-t-il avec la moue d’un enfant qu’on aurait privé de crème glacée.

- Je bosse aujourd’hui. Si on ne veut pas éveiller les soupçons de mes collègues, qui, je te le rappelle, sont d’excellents flics, je ne dois pas arriver en retard.

- Tu as raison...

- Oui, et je te rappelle que la police de NewYork a une politique très stricte en matière de coucheries entre collègues, donc nous devons être très prudents.

- Oui, mais je ne suis pas payé, alors techniquement, nous ne sommes pas collègues, rappela-t-il.

 

Elle se contenta de lui lancer un regard noir, qui lui fit comprendre qu’elle n’était pas prête à tenter cet argument avec le chef de la police.

 - Je serai sage comme une image! Promit-il.

- Castle! Tu dois juste faire ce que tu fais d’habitude! Rien ne dois changer, si on veut garder notre secret!

- Mais...

- Comme d’habitude! Tu touches à tout, tu plaisantes avec les gars, tu m’agaces...

- Je t’agace!? C’est comme ça que tu me vois? Comme une épine dans ta chaussure?

 

Elle le regarda, surprise par sa réaction. Pourtant elle ne lui avait jamais caché qu’au poste il était comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et que souvent elle était gênée par ses réactions d’enfant gâté devant les témoins, les suspects ou ses supérieurs. Elle s’approcha de lui pour le prendre dans ses bras, il eut un mouvement de recul, qui la blessa.

 - Rick...

- J’ai changé! Je ne suis plus ce playboy immature qui a décidé de te suivre sur tes enquêtes pour jouer au flic de ses romans! Je pensais que tu l’avais remarqué!

- Bien sûr que je l’ai remarqué! C’est... C’était une façon de parler...

- c’était le fond de ta pensée, oui! S’emporta l’écrivain en attrapant sa veste pour quitter les lieux.

 

Elle resta quelques minutes interdite devant la porte qu’il venait de claquer. Que venait-il de se passer?


Minefuji  (03.01.2019 à 20:21)

Chapitre douze

 

Ce fut la boule au ventre, que Beckett arriva au poste de police ce matin là. Incapable d’avaler quoique ce fut après le départ furieux de Castle, elle avait laissé en plan le petit déjeuner qu’il avait amené et avait filé au boulot. Elle avait tenté d’appeler Castle, mais Rick avait éteint son téléphone, ne lui laissant ainsi aucun moyen de le joindre pour tenter de s’excuser. Comment une phrase qu’elle avait prononcée de manière anodine avait-elle pu le blesser à ce point?  D’autant que ce n’était pas un scoop, le côté touche à tout de Castle l’agaçait, elle ne s’en était jamais cachée. D’ailleurs, elle avait toujours pensé que ça amusait Castle, énerver Beckett était comme un jeu pour lui. Il adorait la voir en pétard et s’évertuait à le faire le plus souvent possible. Du moins, c’était ce qu’elle croyait... 

Une épine dans sa chaussure! Au début, certes, elle aurait pu dire que c’était ainsi qu’elle le voyait. Il l’énervait tellement à cette époque! Et puis le fait qu’il appelle le maire pour s’imposer à elle, ça l’avait mise hors d’elle. Mais depuis le temps, elle ne pensait  plus cela, elle s’était habituée à sa présence et appréciait leur partenariat. Elle pensait qu’il le savait.

Elle s’installa à son bureau et commença à faire la liste de ce qu’elle allait faire dans sa journée. La douzième était sa seconde maison, son refuge. C’était un mécanisme de survie pour elle. Quand les choses tournaient mal, elle se plongeait dans le travail comme une forcenée. 

Ses collègues qui la connaissaient bien, savaient reconnaître les signes qui indiquaient qu’elle n’était pas à prendre avec des pincettes. Il la laissaient tranquille et elle leur en était reconnaissante. 

D’ailleurs, elle avait tellement mauvaise mine ce jour là, que le capitaine n’osa pas lui demander comment s’était passé son week-end. Il avait espéré que la tisane lui aurait fait du bien. Il avait pu tester son efficacité avec Evelyn. Une vraie merveille! Il se sentait prêt à affronter le monde et ses horreurs en chantant.

Apparemment, ça n’avait pas eu le même effet son lieutenant préféré. 

- Qu’est ce que vous faites chef? Demanda Ryan en le rejoignant derrière la jalousie de la salle de pause.

- Beckett n’a pas l’air dans son assiette...

- Oh! Ça! Pas étonnant, d’après Lanie son copain est en mission humanitaire depuis des semaines. Elle doit trouver le temps long...

Montgomery grimaça. La tisane n’avait pas pu lui faire du bien si son copain n’était pas là. Ça l’avait peut être même empêchée de dormir. Il fut pris d’une vague de culpabilité.

- Salut! Qu’est ce que vous faites? Demanda Esposito en arrivant à son tour.

- On espionne Beckett, répondit Ryan naturellement.

- N’importe quoi! Gronda Montgomery. On s’inquiète pour elle! Elle n’a pas l’air dans son assiette aujourd’hui.

- Vous voulez que j’appelle Castle? Proposa Esposito.

- Pourquoi faire? 

- Bah, il va toucher à tout, l’agacer... Elle râlera, mais elle ne fera plus cette tête de trois pieds de long.

- Mhm... C’est une idée, approuva le capitaine. Je préfère qu’elle s’en prenne à lui plutôt qu’à nous ou à nos suspects.

- Je vais l’appeler alors, je trouverai bien un prétexte pour le faire venir.

- On n’a pas d’affaire, dit Ryan, tu vas avoir du mal à l’appâter avec de la paperasse, il la fuit comme la peste.

- Je vais lui dire qu’on a besoin de son aide pour interroger un suspect récalcitrant... 

- On n’a pas d’affaire, techniquement, ça veut dire qu’on n’a pas de suspect, dit Ryan.

- Ouais... Bah alors je lancerai une histoire de pari, ça le fait toujours venir.

- Et ça va mettre Beckett en pétard, ajouta Ryan.

- Comme ça on fera d’une pierre deux coups, dit Esposito avec un petit sourire machiavélique.

 

********

 

De son côté, Rick ruminait. Il était rentré chez lui, Martha était sortie et Alexis partie en cours. Heureusement. Il n’avait pas envie de subir un interrogatoire en règle de leurs parts. Il venait à peine de s’installer à son bureau pour ruminer à loisir, qu’un importun vint sonner chez lui.

Peut être était-ce Beckett? Non, il ne fallait pas rêver, il avait rejeté ses appels, elle devait être furieuse contre lui là, elle n’allait pas venir chez lui, à moins qu’elle n’ait envie de lui arracher les yeux et là, oui elle allait venir le faire en personne!

Il alla donc ouvrir la porte prudemment, mais au lieu d’une tornade brune, ce fut une tornade blonde, qui entra chez lui.

- Gina! Entre, je t’en prie, dit-il sarcastique alors qu’elle était déjà au milieu du salon.

- Je viens chercher ton manuscrit.

- On en a parlé hier, je devais te l’envoyer après-demain, c’est à dire demain, pas aujourd’hui, rappela-t-il. 

- C’est vrai, excuse-moi, soupira-t-elle.

- Tout va bien? 

- Oh oui... Ne t’en fais pas, c’est le boulot...

- Tu as des ennuis? À cause de moi?

- Contente-toi de faire ton travail, souffla-t-elle, je ne veux pas t’ennuyer avec mes affaires...

- Hé, oh! C’est Rick, tu peux tout me dire! Je fais du café, assieds-toi, on va parler.

 

Le sourire qui fleurit sur le visage contrarié de Gina lui fit du bien. Au moins elle ne le considérait pas comme un boulet! 

- Alors? Demanda-t-il en déposant une tasse fumante devant elle, pourquoi tant de stress?

- Oh! Des sorties à organiser, des campagnes de promos... Black Pawn veut frapper fort pour attirer les talents de demain.

- Ah bon? Pourtant avec vos auteurs vous vous assurer de beaux revenus.

- C’est le business, Richard. Je sais bien que pour toi ça n’est pas important, mais pour ma boîte, c’est important... Mais assez parlé de moi, je suis ravie de te trouver chez toi à écrire.

- Il n’y a pas d’enquête en cours à la douzième, que de la paperasse. J’ai assez d’infos sur cette partie du boulot pour me passer d’y assister.

- Tu as assez d’infos sur l’ensemble du boulot de flic pour te passer d’y assister tout court, non?

- On en a déjà parlé, soupira Castle... 

- Excuse-moi, mais c’est un monde dangereux! Tu n’y as pas ta place! Cesse donc de dire que c’est pour des recherches! Tu en pinces pour ton lieutenant de police, voilà tout!

- Je n’ai aucun compte à te rendre sur ce que je fais de ma vie, je te rappelle! 

- Richard... Soupira Gina, je m’inquiète pour toi, c’est tout. Pourquoi ne pas simplement l’inviter à dîner? Tiens, tu n’as qu’à l’épouser, si tu y tiens! Mais arrête de mettre ta vie en danger! 

- Je n’épouse pas les femmes sur un coup de tête! S’offusqua l’écrivain.

- Ce que je veux dire, c’est que tu sais y faire avec les femmes, tu n’as qu’à claquer des doigts pour avoir des dizaines de candidates à un rendez-vous avec toi... Si ta détective n’a pas craqué, c’est qu’elle n’est pas intéressée, alors passe à la suivante!

- J’avais oublié à quel point tu es romantique... grinça Castle.

- Pragmatique, c’est mieux que romantique, on perd moins de temps! 

- Si tu le dis...

- Sinon, ton chapitre, ça avance? 

- Euh... oui! Ça avance plutôt bien, même. Tu n’as pas de souci à te faire là-dessus, tu l’auras demain


Minefuji  (04.01.2019 à 17:31)

Chapitre treize

 

Dès que Gina quitta le loft, Castle se mit au travail. Lorsqu’il écrivait, il se plongeait dans une bulle et oubliait le monde extérieur et ses soucis. Seulement le souci Beckett était difficile à tenir éloigner de ses pensées. Nikki était le reflet de Kate, comme Rook était le sien, naturellement leurs problèmes se confondaient. À la différence près que Nikki et Rook avaient une aventure dès leur première enquête ensemble dans le premier tome de la série. Et comme lui, Rook était assez imprévisible, touche à tout, ce qui agaçait Nikki, mais égayait aussi son quotidien. Était-ce que ressentait Beckett à son sujet? 

Lorsque l’on se plaçait de son point de vue, on comprenait son besoin de tout contrôler afin de ne rien laisser au hasard. Une erreur pouvait permettre à un meurtrier de s’en sortir ou pire, cela pouvait causer la mort d’un collègue ou d’un innocent. 

Évidemment qu’avoir à gérer un civil immature et imprévisible, ça avait de quoi vous agacer, ça ajoutait du stress dans un métier qui n’en manquait pas. 

Pourquoi acceptait-elle ce partenariat qui lui causait bien souvent des ennuis? D’accord, il l’avait à plusieurs reprises aidée à résoudre des enquêtes difficiles, mais elle s’en serait certainement sortie également sans lui.

Ce qu’elle avait dit ce matin, elle l’avait dit naturellement, comme une évidence, gérer sa présence sur ses enquêtes était devenu naturel pour elle. Qu’il l’agace avec ses bêtises et son impulsivité faisait partie de son boulot. Elle l’avait intégré et n’imaginait pas que cela puisse changer. 

Que redire à ça? Elle aurait pu tout arrêter depuis longtemps. Même avec le soutien du maire, si elle avait voulu mettre un terme à cette situation, elle aurait pu le faire. Mais elle ne l’avait pas fait.

Quand il avait ouvert le dossier du meurtre de sa mère, il avait fait la seule chose qu’elle lui avait interdite. Elle l’avait viré. Le maire aurait eu beau insister, si elle n’avait pas accepté de le reprendre, il n’aurait pas pu revenir. Il s’était excusé, sincèrement et elle lui avait pardonné. Il devait se rendre à l’évidence, elle ne le considérait pas comme une épine dans sa chaussure. 

Et dire qu’il avait pris la mouche pour une phrase en l’air comme ça... 

Beckett avait raison, il était encore souvent immature et sa petite crise du matin en était la preuve. Elle devait lui en vouloir énormément. Ce qui signifiait chez Beckett un risque de fermeture façon huitre. Il allait devoir ramer comme un galérien pour rattraper ça, peut être même sortir la grand voile. 

Il alluma son téléphone et consulta la liste des appels. Beckett avait tenté de l’appeler juste après leur dispute, puis plus rien. Comme il le pensait: façon huître.

Esposito avait ensuite tenté de le joindre à plusieurs reprises. Esposito. Pas Beckett. Encore une preuve qu’elle lui en voulait. Et comme il n’avait pas répondu, ça n’avait pas dû arranger les choses. Beckett avait raison, il se comportait comme un gamin parfois. Souvent même! Pas plus tard que ce matin-là. 

« Mon vieux Ricky, il est temps de réparer ta bêtise! » Lança-t-il en attrapant sa veste. Tant pis pour son chapitre, Gina attendrait.

 

*******

 

Au poste, la journée de Beckett ne se passait de la meilleure des manières. Elle avait beaucoup de mal à se concentrer sur sa paperasse et ne cessait de jeter des coups d’œil en direction du siège de Castle et poussait de profonds soupirs.

 Les gars l’avaient croisée au moment où elle allait quitter la salle de repos une tasse fumante dans les mains.

- Pas de café? Demanda Esposito curieux de savoir ce qui la rendait si morose.

- Il n’y a pas que le café dans la vie, avait lancé sèchement Beckett en filant vers son bureau.

- Où est Castle? Demanda Ryan.

- Chez lui sans doute, on n’a pas d’affaire, il n’a aucune raison d’être ici.

- C’est pour ça! S’écria Esposito.

- Pour ça quoi? Fit Beckett en haussant un sourcil.

- Le café... Expliqua Ryan. Comme Castle n’est pas là... 

- Je ne vois pas le rapport...

- Ben... Comme tu galères avec la machine... Et que Castle ne t’a pas apporté de café...Aïe! Me frappe pas! Râla Ryan en se tournant vers Esposito.

- Arrête de dire des âneries et j’arrêterai de te frapper! 

- Ça suffit vous deux! Gronda Beckett en quittant la pièce énervée.

- Tu n’en loupes pas une, toi! Bougonna Esposito.

 

Ils retournèrent vers les bureaux inquiets. Ils échangèrent un regard lourd de sens. Beckett qui grognait, Castle qui boudait et ne prenait pas la peine de répondre à leurs appels... Il y avait de l’eau dans le gaz!

- Ouhhhh là! Qu’est-ce qu’il s’est passé? Demanda Esposito en venant s’asseoir sur la chaise de Castle près du bureau de Beckett.

Troublée, elle prit sur elle pour ne pas réagir exagérément.

 - Rien, mentit Beckett impassible. Il s’est bien amoché la main quand on a dû vous secourir, il doit être en train de dire à qui veut bien l’écouter qu’il a frôlé la mort en vous sauvant héroïquement.

- Techniquement, c’est toi, qui nous a sauvés, rappela Ryan. Lui, c’est ta vie qu’il a sauvée.

- Bon, alors, comment ça se fait que ton sauveur ne soit pas là? Demanda Esposito.

- Comment veux-tu que je le sache? S’énerva Kate. Demande à sa mère, elle le saura mieux que moi!

- À ce point là? fit Ryan.

- Au boulot, les commères! Ordonna Beckett pour indiquer que le sujet était clos.

 

Elle but une gorgée et grimaça. 

- Comment Montgomery peut avaler un truc pareil? Grommela-t-elle.

Elle se leva brusquement et attrapa sa veste, prête à partir.

- Où tu vas? Demanda Ryan.

- M’acheter un café! 

 

Elle revint dix minutes plus tard, un gobelet de café à la main. Bizarrement, elle ne se sentait pas mieux. C’était pourtant son café préféré, le latte à la vanille. Quelle idiote! Son mal être n’avait rien à voir avec le café! 

- Beckett! Cria la voix du capitaine derrière elle.

 

Elle sursauta et serra le poing par réflexe, le couvercle de son gobelet s’envola et son contenu se renversa sur sa chemise. 

- Rooohhhh! C’est Castle, qui va être déçu d’avoir manqué le spectacle, rigola Esposito en remarquant que le chemisier blanc de sa chef d’équipe était devenu transparent.

- La ferme Espo! Râla Beckett en épongeant les dégâts comme elle le pouvait. 

Heureusement que le café n’était pas trop chaud!

- Allez-vous changer Beckett, je vous attends dans mon bureau, dit le capitaine ennuyé d’avoir fait peur à cette dernière.

- Euh... oui Chef!

 


Minefuji  (05.01.2019 à 19:48)

Chapitre quatorze

 

Après avoir enfilé un pull estampillé NYPD, Beckett se rendit dans le bureau de son chef, qui lui annonça que l’un de leurs témoins dans  l’une de leurs affaires avait  disparu de l’an circulation  et qu’il était impératif de le retrouver, le procès dans lequel il devait témoigner allant bientôt démarrer.

Elle quitta donc la douzième brigade, flanquée de ses fidèles acolytes et ravie d’avoir quelque chose de concret à faire. Elle prit la direction des docks où elle savait que le fameux témoin avait ses habitudes. Elle fit un dernier point avec les gars avant de se séparer d’eux.

- Rappelez-vous, Dany n’est pas un enfant de coeur. C’est un délinquant, il ne veut plus témoigner de peur que cela ruine ses petits trafics. Donc, restez prudents, il ne sera sans doute pas très coopératif et il se peut qu’il soit en très mauvaise compagnie.

- T’inquiète, répondit Ryan, on n’est pas des bleus, on sait ce qu’on fait.

- Toi, sois prudente. Ryan est avec moi pour me couvrir en cas de problème. Toi, tu n’as pas d’équipier avec toi, fit remarquer Esposito.

- D’habitude, je suis avec Castle, qui n’est pas armé. Ça ne changera pas grand chose, rétorqua Beckett en haussant les épaules.

- Wah! T’avais raison, dit Ryan à son équipier, il y a de l’eau dans le gaz entre Papa et Maman!

- La ferme Ryan! Grogna Beckett. Soyez prudents, je n’ai pas envie de refaire la paperasse de l’autre jour! Vous étiez deux, ça n’a pas empêché Hal Lockwood de vous mettre une raclée! 

Penauds, les gars regardaient le bout de leurs chaussures. La blessure d’orgueil causée par leur mésaventure avec Lockwood était loin d’être guérie! Beckett regretta immédiatement ses paroles, elle était tellement mal à cause de la réaction de Castle, qu’elle s’en prenait aux gars sans raison. 

- Désolée... dit-elle mal à l’aise. Je ne voulais pas dire ça.

- Pas grave, marmonna Ryan.

- Ouais... Tu nous paieras un café pour te faire pardonner sourit Esposito.

- Euh! Une bière! Tu nous paieras une bière! Rectifia Ryan.

Kate esquissa un sourire, Ryan était un véritable ami, toujours attentif et sensible. Elle aurait adoré avoir un petit frère qui lui aurait ressemblé. 

- Aieuh! Pourquoi tu me frappes? Demanda Esposito à Ryan.

- Le café! Non mais tu réfléchis des fois? AOUCH!

Cette fois, ce fut Esposito qui frappa l’arriere de la tête de Ryan.

- J’avais compris! Précisa Esposito avant de se tourner vers Beckett pour ajouter: et tu feras la paperasse! 

- Je fais déjà la paperasse, rétorqua Beckett. Dès que vous pouvez trouver un prétexte pour y échapper et me laisser la faire toute seule, vous sautez dessus! Et même sans prétexte valable, vous restez à vos bureaux à attendre que je m’en occupe à votre place! 

- Rohhhh! T’exagère là.

- Dit celui qui a joué au démineur sur son ordinateur durant toute la matinée.

- Touché.

- Ah! Là elle t’a grillé! Rigola Ryan.

- Trêve de bavardages, au boulot, lança-t-elle en partant de son côté.

 

Cette petite remarque d’Esposito, qu’elle partageait d’ordinaire avec Castle lui pinça le cœur, mais elle ne le montra pas. Inutile d’alimenter leurs ragots. 

Elle sortit son portable et appela Castle, peut être qu’il  avait arrêté de faire la tête et qu’il ne savait pas comment revenir... Son espoir fut de courte durée. Le résultat fut le même que le matin: messagerie directement. Elle soupira. Quelle tête de mule! Dire qu’il la disait bornée! C’était l’hôpital qui se moquait de la charité! 

Toute cette histoire était ridicule! Il ne pouvait pas rester fâcher pour si peu! Elle se promit de passer chez Castle après le boulot s’il s’entêtait à ne pas répondre à ses appels. Quitte à défoncer sa porte s’il ne fallait.  Ils n’allaient quand même pas tout ruiner à cause d’une parole dont elle n’avait pas estimé l’impact qu’elle aurait sur lui. 

Quelle idiote en y repensant! Elle avait tellement l’habitude de voir Castle se moquer des reproches que pouvaient lui faire les gens, qu’elle n’avait pas imaginé que cette petite phrase anodine aurait pu le blesser à ce point. Dire qu’elle pensait que celui des deux qui risquait de tout gâcher, c’était lui! 

Elle fut stoppée dans ses réflexions, quand elle aperçut son témoin, qui discutait sans doutes affaires avec un autre type plutôt louche. Elle évalua rapidement la situation. Apparement ils n’étaient que deux, pas de quoi s’inquiéter et appeler la cavalerie. Elle sortit son arme de son étui, cacha sa main armée dans sa poche et s’avança prudemment.

- Dany! Appela-t-elle.

Ledit Dany se retourna et blêmit. Le type avec qui il discutait, mit la main à sa poche, prêt à en découdre. Effectivement, Dany était loin d’être un honnête citoyen! 

- Du calme, Cowboy! Cria-t-elle en resserrant sa prise sur son glock. Je ne suis pas des stups, je me fiche pas mal de toi et de ton petit commerce, alors casse-toi de là gentiment et on en reste là! Okay?

 

Le type ne prit pas longtemps pour peser le pour et le contre et s’enfuit par la ruelle attenante. Dany fit de même, mais en direction opposée.  Beckett rangea son arme et le prit en chasse.

- ARRÊTE-TOI, Dany! Il faut qu’on discute!

Pour toute réponse, Dany lui fit un geste de la main signifiant qu’elle pouvait toujours courir, il n’avait nullement l’intention de parler avec elle.

Elle poussa un juron et accéléra le rythme. 

 

De leur côté, Ryan et Esposito faisaient tranquillement le tour des docks en discutant. 

- Franchement elle exagère, on la fait notre paperasse! 

- Ouais, quand on ne peut pas y échapper, répondit Esposito. Reconnais que quand elle est tellement en pétard contre Castle qu’elle ne nous calcule même pas, on la laisse tout faire!

- Mais puisque ça la soulage! Elle se noie dans la paperasse, ça la calme et elle ne pense plus à la boulette que Castle a faite.

- C’est vrai ça! Il devrait nous remercier pour ça! Sans nous, ça ferait bien longtemps qu’il serait retourné à ses romans et ses séances de dédicace! Approuva Esposito.

Ils échangèrent un regard complice.

- La Ferrari pour le week-end! Lança Ryan.

- Et des places pour aller voir les Knicks, ajouta Esposito.

Ils se tapèrent dans la main, fiers de leur idée.

- A ton avis, qu’est-ce qu’il a fait? Demanda Ryan.

- Je ne sais pas, mais ça a dû se passer quand ils nous cherchaient... Rappelle toi comme ils étaient bizarre après qu’ils nous aient aidés avec Lockwood.

- Mais ouais! T’as raison! Beckett était comme une camée! On a cru que c’était le stress qui retombait...

- Et Castle? T’as vu comme il s’est acharné sur Lockwood? J’ai cru qu’il allait se péter la main! 

- C’est louche!

- Va falloir qu’on tire ça au clair!

 

De son côté, Beckett était toujours à la poursuite de Dany. Parfaitement entraînée, elle courait perchée sur ses talons vertigineux comme si elle avait été en baskets. Dany, lui, était assez sportif, dans son genre, mais les excès de tabac et autres substances illicites avaient entamé ses performances en matière de course. Bien vite, elle avait réduit la distance qui les séparaient. Encore quelques foulées et il serait à sa merci. Il tourna en arrivant face à l’Hudson River et eut un petit moment d’arrêt en apercevant Ryan et Esposito qui venaient d’apparaître à un angle quelques rues plus loin. 

Kate voyant sa chance de l’attraper, accéléra. Le talon de sa chaussure ne résista pas à la manœuvre, pas plus que sa cheville d’ailleurs, qui vrilla dans un craquement sinistre. Cette journée était définitivement pourrie! 

Malgré la douleur fulgurante et atroce qu’elle ressentit, elle trouva en elle la force de bondir sur Dany, qui perdit l’équilibre. Aucun garde fou pour les arrêter, ils finirent leur course dans les eaux glacées de l’Hudson.

- Beckett! Hurlèrent Ryan et Esposito en se précipitant vers l’endroit où leur amie avait disparu.

 


Minefuji  (06.01.2019 à 20:15)

Chapitre quinze

- BECKETT!! Continuaient de hurler les gars en scrutant la surface sombre de l’Hudson. 

 

Finalement, la tête de Beckett émergera à la surface, les rassurant aussitôt. Ryan fila chercher une des bouées suspendues près de la berge. Dany apparut à son tour. Il faisait de grands gestes et peinait à rester à la surface.

- Je... Je... ne... Sais... Pas... Nager! Cria-t-il difficilement entre deux bonnes tasses.

- Mais quel boulet! Grogna Beckett en le rejoignant en quelques brasses. Bon sang ce que c’est froid!

Elle l’attrapa difficilement tellement il se débattait.

- Laisse-toi faire! Reste tranquille ou je t’assomme! L’avertit-Elle.

- Beckett! Attrape ça! 

 

Elle attrapa la bouée que Ryan venait de lui lancer et se laissa tracter jusqu’à la berge, Dany sous le bras. Décidément, cette journée était pourrie!

 

*********

 

Lorsque Castle arriva au poste, quelques temps après et un sac en papier dans les bras, il fut étonné de ne pas trouver Kate à son bureau, ni dans la salle de pause. Il aperçut Ryan et Esposito occupés avec de la paperasse, concentrés comme des étudiants révisant leurs partiels. C’était assez inhabituel. Ryan et Esposito étaient de grands professionnels, c’était indéniable, mais ordinairement l’ambiance était moins sérieuse, surtout quand Beckett n’était pas là.

- Où est Beckett? Demanda-t-il directement aux gars.

- Bonjour Castle! Comment ça va vieux? Grinça Esposito.

- Salut Castle, tu as l’air en forme, renchérit Ryan sur le même ton de reproche que son équipier.

- Euh... Bonjour les gars, dit Castle confus à cause de son impolitesse. J’ai amené des beignets, vous en voulez?

- Non mais quel cliché! Gronda Esposito en s’approchant de lui menaçant. Des beignets? Pour des flics! C’est vrai que nous ne sommes que des types en uniformes qui se bourrent de beignets à longueur de journées.

- C’est nul ça Castle! Rajouta Ryan en adoptant la même posture que son équipier.

- Vous préférez des pommes? Demanda Castle d’une petite voix en se ratatinant sur lui même.

Il y eut un petit moment de silence, durant lequel les gars savouraient leur petit effet sur l’écrivain. Puis ils éclatèrent de rire et s’emparèrent des beignets apportés par Castle.

- Hé! Ne prenez pas tout quand même! 

Les gars l’ignorèrent royalement.

- Je n’ai rien dit... bredouilla Castle.

Il s’approcha des gars.

- Oh! Allez, les gars! Dites-moi où est Beckett!

- T’as plus de téléphone? Grogna Esposito.

- Quoi?

- Si tu voulais vraiment savoir où était Beckett, tu aurais p’t’être dû allumer ton portable, dit Ryan en lui lançant un regard noir. 

- On a essayé de t’appeler, expliqua Esposito. Enfin, Beckett a essayé.

- Je ne comprends pas, mon téléphone est allumé, dit Castle en sortant son appareil. Oh ben non, il est éteint... C’est bizarre... Je l’avais allumé ce matin pourtant... 

- Ne me dis pas que tu vas nous faire le coup de la batterie qui te lâche...Grogna Esposito.

- La belle excuse, siffla Ryan.

- Castle! Qu’est ce que vous faites ici? Demanda la voix du capitaine derrière lui. Ne me dites pas que vous êtes venu corrompre mes lieutenants.

- Oh! Bonjour Capitaine. Je me demandais où était Beckett...

- À l’infirmerie. 

- À... À l’infirmerie?... Qu’est-ce qu’il s’est passé? Blêmit l’écrivain.

- Rien de très grave, une petite chute pendant une interpellation... Elle a bien évidemment refusé d’aller à l'hôpital, ces deux nigauds se sont laissés faire... Alors je l’ai expédiée à l’infirmerie. 

- Je... Je peux aller la voir? Demanda Castle en panique, qui n’écoutait déjà plus.

- Pourquoi pose-t-il la question s’il n’attend pas la réponse? Soupira le capitaine. 

- Bon... bah... On dirait que leur dispute n’est pas si grave que ça, dit Esposito la bouche pleine de beignet en le regardant détaler.

- Je sais pas, répondit Ryan, Beckett avait tout de même l’air furax ce matin...

- C’est Castle, elle est souvent furieuse contre lui, mais ça ne dure jamais bien longtemps.

 

Castle  courut le plus vite qu’il le pouvait , le cœur battant à tout rompre. Il monta quatre à quatre les marches des deux étages pour  se rendre à l’infirmerie en se demandant quel esprit tordu avait choisi le dernier étage du bâtiment pour y installer une pièce pour les malades et les blessés.  

Il ne se calma qu’en la voyant assise sur le lit, enroulée dans une énorme couverture. Elle avait l’air d’être frigorifiée mais en bonne santé. 

- Hey...

Elle releva la tête vers lui et sourit timidement. Tous ses doutes et ses inquiétudes disparurent instantanément.

- Il paraît que tu t’entraînes pour les épreuves de plongeon des prochains jeux olympiques, commença-t-il pour engager la conversation sur un ton léger.

- Ouais... Eh bien... Je ne vais pas persévérer... L’eau est trop froide.

- Tu as choisi l’Hudson River aussi... D’habitude les gens choisissent la piscine municipale... Tiens, je t’ai apporté un café. Ça devrait te réchauffer. 

- Oh! Merci! J’en rêvais! 

Elle but une gorgée de son précieux breuvage, heureuse qu’il soit revenu. Elle n’avait peut être pas tout gâché.

il s’installa près d’elle sur le lit.

- Regarde toi, soupira-t-il. Je te laisse seule une journée et tu finis trempée jusqu’aux os!

- Je suis désolée! Finit-elle par lâcher.

- Non! Ce n’est pas ta faute! Je n’aurais pas dû prendre la mouche comme ça, chuchota-t-il. C’est vrai que je suis agaçant parfois, j’en ai bien conscience. Tu n’as fait qu’énoncer une vérité. C’est juste que... Venant de toi... ça m’a touché plus que ça ne l’aurait dû.

- Je ne pensais pas à mal! Je n’ai pas honte de toi! Dit-elle sur le même ton. J’aime ton côté enfantin et farfelu... ça rend mon travail... plus amusant.

- Ah... sourit-il heureux. 

Il fouilla dans sa poche et en sortit un petit écrin qu’il lui tendit.

-  Castle! Ce n’était pas nécessaire! C’était trois fois rien! Et puis on ne résous pas une dispute en allant chez le bijoutier! 

- Ouvre-le!

- Tu ne vas pas m’offrir un bijou à chacune de nos disputes!

- Seulement quand j’aurais été un parfait idiot comme ce matin. Ouvre-le je te dis!

Elle poussa un soupir gêné et ouvrit l’écrin.

- Un pin’s? Annonça-t-elle perplexe. Je croyais que ça ne se faisait plus ces trucs là! 

- Lis l’inscription!

- Gros nullos ...

- Te connaissant, je me doutais bien que tu ne trouverais pas qu’un bracelet ou un collier serait un calumet de la paix adapté, alors j’ai opté pour ce pin’s, expliqua-t-il. À chaque fois que je me comporterai comme un parfait idiot, tu auras le droit de m’obliger à le porter pendant... disons une journée.

- J’aurais dis plus, moi.

- Bon, disons que suivant l’énormité de ma bêtise, tu pourras aller jusqu’à deux jours.

- Voire une semaine! Rappelle-toi la fois où tu as failli lâcher Nikki Heat pour cet espion dont on ne doit pas prononcer le nom! 

- Tout ce que tu voudras.

Le sourire qu’elle lui adressa lui réchauffa le coeur, une vraie bouillotte de bonheur. Il lui prit la main, frustré de ne pouvoir faire plus, ils étaient seuls certes, mais ils étaient au poste. 

- Si tu savais à quel point, j’ai envie de t’embrasser, chuchota-t-il.

- Oh... J’en ai une vague idée, sourit-elle dévorée par le même désir. 

- Tu as vu un médecin?

- Oui, le capitaine ne m’a pas laissé le choix, c’était ça ou il m’envoyait faire un Check up complet aux urgences.

- Et bien sûr, les urgences, ce n’était pas une option, répliqua-t-il avec une moue ennuyée.

- Je vais bien, je suis restée à peine dix minutes dans l’eau, pas de quoi en faire un drame. 

- Okay. Et alors? ... Qu’a-t-il dit?

- Que je dois me réchauffer parce que l’Hudson est vraiment glacé à cette période de l’année et... que je dois porter une attelle jour et nuit pendant deux semaines.

- Une attelle? 

- Ça et des béquilles, j’ai une belle entorse, expliqua-t-elle en désignant son pied.

- Comment...?

- En poursuivant un témoin.

- Tu poursuis les témoins maintenant? S’étonna Castle. 

- C’est un témoin qui trafique un peu... Il a eu peur d’avoir des ennuis.

- Je vois. Et tu n’avais pas tes baskets comme d’habitude.

- D’habitude le talon de ma chaussure tient quand je poursuis quelqu’un.

- Oui, eh ben là, tu vas pouvoir oublier les talons pendant un moment, dit-il en examinant sa cheville, elle a doublé de volume!

- Je sais, c’est ce que le docteur a dit. 

- Tu dois retourner travailler?

- Bah... je ne peux plus aller sur le terrain, mais je peux toujours faire la paperasse.

- Génial!

- Ne t’en fais pas, tu ne seras pas obligé de me tenir compagnie, rit-elle devant sa mine déconfite. 

- Un véritable gentleman ne laisse pas sa petite amie seule face à une entorse!

- Un gentleman, hein? 

- Bah oui, un gentleman. Maintenant que... enfin... tu vois... Je vais être un parfait gentleman et plus un gamin attardé dont le jeu préféré est de tirer les nattes de la fille dont il a le béguin.

-  Rappelle-toi ce qu’on a dit: on ne change rien pour ne pas...

- Éveiller les soupçons, je sais, je sais, termina Castle.

- Rick... commença Kate devant son air renfrogné. 

- Ne t’en fais pas, la rassura-t-il, je saurais me tenir. Je ne serai pas du tout attentionné.

- N’en fais pas trop tout de même, tu peux tout de même être un peu attentionné.

 

Le docteur revint avec une paire de béquilles, recommanda à Beckett d’aller tout de même voir un spécialiste et les laissa quitter l’infirmerie.

 


Minefuji  (07.01.2019 à 22:53)

Chapitre seize

Ils retournèrent au bureau de Kate. Les gars étaient en grande conversation sur le sujet préféré: eux.

- Elle lui a pardonné tu crois? Demanda Ryan.

- C’est Castle. Elle lui pardonne toujours, répondit Esposito. Rappelle-toi la fois où il a ouvert le dossier du meurtre de sa mère... Ou quand il n’est pas revenu à l’automne comme il l’avait promis...

- C’est vrai et la fois où il a failli écrire sur cet espion anglais...

- Et celle où il fricotait avec son ex petite amie... Comment elle s’appelait déjà?...

- Kyra.

- C’est ça! Kyra! Et quand elle a dû descendre Coonan pour sauver Castle!

- T’as raison, approuva Ryan songeur, elle lui pardonne toujours... Je sais pas si Jenny en ferai autant pour moi...

En entendant cette conversation, Beckett vit rouge, ce qui fit beaucoup rire Castle. Ne disait-on pas que seule la vérité blessait? Ainsi Beckett lui pardonnait tout et il était le seul à avoir ce traitement de faveur visiblement, ce qui lui fit drôlement plaisir.

- Quand vous aurez fini de bavasser sur ma vie privée, dit Beckett en arrivant derrière les gars, vous ferez peut-être votre boulot!

Ils sursautèrent, Ryan renversa sa tasse de café et Esposito avala son beignet de travers.

- Ça vous apprendra à faire des commérages! Dit Beckett sévèrement.

- Bah, c’est que vous êtes tellement distrayants... dit Ryan en épongeant le café sur son bureau. Rahhh! J’ai mis tellement de temps à rédiger ce rapport! Pas question que je recommence!

- C’est ce qu’on appelle le Karma! Rigola Beckett.

- Là, elle vous a eus, ajouta Castle.

Ils furent rejoints peu après par le capitaine, qui imposa quelques jours de repos à Beckett, pour la plus grande joie de Castle. Après avoir protesté, celle-ci abdiqua, songeant que finalement cette entorse avait du bon puisqu’elle pourrait profiter de ses retrouvailles avec son écrivain. Et puis ils pourraient peut être apprendre à mieux communiquer.

 

Rick la raccompagna donc chez elle et l’aida à s’installer confortablement dans son canapé. Il appela ensuite chez lui, pour annoncer à sa famille qu’il ne rentrerait pas cette nuit-là. Kate avait protesté, mais il ne voulait surtout pas la laisser seule, même s’il ne s’agissait que d’une entorse.

- Et puis, il faut que quelqu’un te réchauffe! Dit-il en agitant les sourcils. 

 - Et comment comptes-tu t’y prendre? Sourit-elle.

- Rien de tel que le peau à peau! Affirma-t-il en ôtant sa chemise. Allez miss Beckett, on enlève le tout! 

- Oh! Rick! Tu es d’un romantisme! 

- Il y va de ta santé! Je ne peux pas me permettre de perdre une minute! Le risque est trop grand! 

- Oh là! Cowboy! S’écria-t-elle en levant la main. Tu vas me faire plaisir de prendre tout le temps qu’il faudra pour faire monter la température! 

- Evidemment! Dit-il en l’embrassant tendrement. 

- J’aime mieux ça, dit-elle en l’aidant à enlever sa chemise.

Lentement, savourant chaque geste, chaque effleurement, chaque caresse, chaque baiser, ils firent l’amour tendrement et restèrent blottis dans les bras l’un de l’autre toute la nuit, heureux du bonheur retrouvé.

 Le lendemain matin, Rick aida Kate à s’installere confortablement dans le canapé.

- Je vais aller faire quelques courses à l’épicerie du coin, annonça-t-il ensuite à Kate en déposant un verre d’eau et une carafe sur le guéridon près du canapé.

- Et tu as peur que je meure de soif? Demanda-t-elle surprise.

- Non, j’ai peur que tu te fasses mal en allant te servir toi même.

- Ça va, je sais me servir un verre d’eau, tout de même. Je ne suis pas manchote!

- Le docteur a dit repos complet si tu veux que ça guérisse rapidement!

- J’ai des béquilles, Castle. Je ne vais pas compromettre la guérison de ma cheville en traversant l’appartement!

- J’ai envie de t’aider, de te faciliter la vie, ce n’est pas un drame! Répondit-il. Pour une fois, laisse-toi faire s’il te plaît. Tu n’as pas besoin d’être héroïque à chaque instant...

- Qu’est-ce que tu sous-entends par là? Demanda-t-elle en étrécissant les yeux.

Bien qu’il reconnut parfaitement chez elle les signaux indiquant qu’il ferait mieux de ne pas insister et de surtout bien fermer sa grande bouche, Castle ne put s’empêcher de continuer. Il voulait tellement que Kate prenne soin d’elle.

 - Je dis simplement que tu n’as pas besoin de tout contrôler tout le temps... Expliqua-t-il calmement, désireux de l’apaiser.

- Je ne suis pas une obsédée du contrôle! S’énerva-t-elle aussitôt.

Bien joué pour le calme et le repos, Castle! Tu veux l’apaiser et tu la fais sortir de ses gonds! Songea-t-il.

- Je n’ai pas dit ça... bredouilla-t-il.

- Dit celui qui maîtrise l’art de l’implicite! Siffla-t-elle.Tu savais très bien ce que tu sous-entendais par là!

- Reconnais que tu as un besoin vital de maîtriser tous les paramètres de chaque situation...argumenta-t-il.

- Tu sais que j’ai bien envie de te faire porter le pin’s de la honte, là? Grogna-t-elle.

- Tu sais que je pourrais bien avoir envie de te le faire porter également? Tu ne supportes pas de ne pas tout maîtriser!

Bravo! Très bien comme répartie, se morigéna-t-il, tu veux la mettre en pétard pour de bon? Cool! Tu dois la jouer finement et pas façon bulldozer !

Il la connaissait pourtant! Kate était bornée, une vraie tête de mule, ce n’était pas en soulignant ses défauts, qu’il parviendrait à faire en sorte qu’elle restât tranquillement à se reposer dans son canapé! Elle pouvait être tellement agaçante quand elle voulait avoir raison!

De son côté, Kate était partagée entre son envie de passer une soirée tranquille et apaisée avec son écrivain et celle de ne pas être considérée comme incapable de se servir un verre d’eau, déjà qu’elle était mise en arrêt de travail par une décision de son chef qu’elle estimait abusive! Une entorse, ce n’était pas la fin du monde, tout de même!

 - Non! Pas du tout! Je m’assure simplement que rien ne va mal tourner, bougonna finalement Kate.

L’entorse avait du bon, songea Rick, elle obligeait Kate à se raisonner et l’empêchait de s’enfuir en claquant la porte.

Kate s’en rendit compte également. Elle n’eut d’autre choix que de s’apaiser légèrement. Elle lâcha un long soupir frustré et se tut.

 - Et si pour une fois, tu me laissais être celui qui fait en sorte que rien ne tourne mal? Demanda doucement Castle pour désamorcer la crise.

 

Elle haussa un sourcil. Castle était le gaffeur par excellence. Il était capable de renverser ses sacs de courses dans l’escalier et peut être même d’assommer celui de ses voisins qui aurait eu la malchance de s’y trouver au même moment. Le laisser gérer, n’était pas la garantie que rien ne tourne mal.

 - Fais moi un peu confiance, dit Castle qui suivait parfaitement le cours de ses pensées.

- D’accord, soupira-t-elle finalement, mais promets-moi d’utiliser l’ascenseur!

- Hein?

En fin de compte, le cours de ses pensées était plus sinueux que ce qu’il pensait.

 

Une demie heure plus tard, Rick était revenu en un seul morceau et le frigo de Kate était plein. Ce dont il ne manqua bien évidemment pas de se vanter. On ne se refait pas! Il prépara des croque-monsieur et vint la rejoindre au salon.

- Plateau télé! Madame est servie! J’ai loué Avatar, j’espère que ça va te plaire.

- Finalement, ça a du bon de laisser quelqu’un d’autre prendre le contrôle, sourit-elle en prenant son assiette.

- Attends de voir tout à l’heure, je te ferai perdre totalement le contrôle, dit-il en jouant des sourcils.

Il tourna sur lui même, visiblement à la recherche de quelque chose.

- Qu’est ce que tu cherches?

- La télé, où est elle?

- Je n’en ai pas, je pensais que tu l’avais remarqué.

- Bah, je pensais que tu la rangeais dans un meuble, une sorte de placard... Il y a des gens qui font ça... Comment tu fais sans télé?

- Je n’ai pas vraiment le temps de regarder la télé. Et puis, je préfère la lecture.

- Oui, mais... Mince, comment on va faire pour le film?

- J’ai un ordinateur portable dans le meuble là-bas, il lit les dvd.

- Ah! Ok, je peux l’installer?

- Oui, si tu veux, mais on n’est pas obligé de mettre le film tout de suite, proposa-t-elle un éclair malicieux dans le regard.


Minefuji  (08.01.2019 à 21:11)

Chapitre dix-sept

Il ne se fit pas prier et fondit sur elle, lui laissant à peine le temps de poser son assiette. Il s’enivra de son parfum, de la douceur de sa peau...Cette femme le rendait fou de désir.  Paula avait tord, mettre Beckett dans son lit ne lui ôterait jamais son obsession... Elle le fascinait, l’ensorcelait... Elle était un mystère qu’il ne parviendrait sans doute jamais à percer complètement et il ne s’en lasserait san doute jamais.

Kate soupirait de bien-être. Rick allumait en elle un véritable brasier. Elle avait l’impression que ses mains étaient partout, son ventre, ses seins,  combien de mains avait-il? Rien d’autre n’existait en dehors du contact de leurs peaux. Elle s’abandonnait complètement entre ses bras et cela ne l’effrayait pas. Avec lui, elle se sentait en confiance, en sécurité.

**********

Deux jours s’étaient écoulés depuis la baignade malencontreuse de Kate dans les eaux de l’Hudson. Tendrement enlacée dans les bras de son amant, Kate savourait ce moment de bien être retrouvé. Rick lui caressait tendrement le dos. Elle poussa un long soupir d’aise.

- Ouh! Il vient de loin celui là! Constata Rick.

- Mhm... Parfois je me dis qu’on aurait dû faire ça il y a deux ans...

- Entièrement d’accord! D’ailleurs, si je me souviens bien, je te l’avais proposé...

- Tu m’avais proposé d’aller boire un verre! Rectifia-t-elle aussitôt.

- Tu avais très bien compris ce à quoi ça nous aurait amenés, tu manies aussi bien que moi l’art de l’implicite! 

- Peut-être, mais je n’avais pas envie d'être un nom de plus sur la liste de tes conquêtes. 

- Tu n’aurais pas été juste une conquête de plus.

- Qu’est-ce qui te fais penser ça? 

- Parce que c’était toi. Tu n’as pas encore compris à quel point tu étais spéciale? Tu es extraordinaire Kate, tu es fascinante, exhaltante, exaspérante aussi. Tu es la plus spéciale des femmes que j’ai rencontrée.

Elle se redressa sur les coudes et plongea son regard dans le sien, légèrement rougissante. Touchée en plein cœur la Miss Beckett  flic  intrépide et incorruptible crainte par les plus grandes crapules de NewYork ! Elle l’embrassa et revint  se caler au creux de son épaule.

- J’adore passer le journée au lit avec toi, murmura-t-elle.

- Et moi donc! 

- Il va peut être falloir que tu rentres chez toi, ta mère et ta fille vont finir par s’inquiéter...

- Si je rentre c’est pour Alexis, ma Mère peut rester plusieurs jours sans me voir, c’est même salutaire.

- Tu exagères quand même.

- Bah quoi? Est-ce que tu t’imagines vivre avec ton père? Le voir tous les jours?

- Là, tu marques un point, rigola Kate.

- Sinon... Comment va ta cheville? Nos petits exercices ne l’ont pas trop malmenée? 

- Absolument pas! Tu as été parfaitement attentionné et délicat, sourit-elle en l’embrassant de nouveau. 

- Sais-tu à quel point j’ai été attentionné? Demanda-t-il avec un petit sourire rempli de fierté.

- Non, mais je ne vais pas tarder à le savoir, si les mots étaient visibles, je les verrai dépasser de tes lèvres tellement tu brûles d’envie de me les dire.

- Touché. Tu me connais bien.

- La modestie n’a jamais été la première de tes qualités, sourit-elle.

- Comment? Demanda-t-il offusqué, tu me trouves déjà des défauts?  Mais normalement on ne voit que les qualités de l’autre au début d’une relation!

Elle roula sur lui et l’embrassa tendrement.

- Ce sont uniquement tes défauts que j’ai vus au début de notre relation il y a deux ans. J’ai appris à t’apprécier malgré eux.

- Beau rattrapage, sourit-il.

- Ce n’est pas un rattrapage, c’est la vérité. Alors? Quelle charmante attention as-tu eue?

- Eh bien, pendant que tu dormais, épuisée par nos derniers exploits, je me suis rendu dans ta cuisine et je nous ai préparé un succulent dîner. 

- Ouah! Tu es un homme merveilleux! Se réjouit-elle en l’embrassant de nouveau. Je meurs de faim! 

- J’ai même mis la table! On n’a plus qu’à descendre.

- Mhm! Comment ai-je pu me passer de toi jusqu’à présent? 

- J’espère que tu te souviendras de ces paroles quand je commettrai encore une des énormes boulettes dont je suis spécialiste.

- Bah... On en commet tous, dit-elle avec philosophie. Si ça se trouve, c’est à moi que tu devras pardonner une bêtise.

- Toi? Une bêtise? Non! Tu es la droiture incarnée. Non, je devrais peut-être te pardonner un entêtement déraisonné, un temps de travail exagérément long... Ça, ça te ressemblerait.

- Mhm. À ce que je vois, toi aussi, tu as remarqué mes petits défauts.

Il enroula ses bras autour de sa taille et roula sur elle.

- Pour moi ce sont ces qualités, dit-il en l’embrassant tendrement. Ton entêtement et ta dévotion pour les victimes m’ont subjugués au point de m’inspirer le personnage principal de mon nouveau roman. 

 

Il l’embrassa de nouveau, déposa des baisers de sa bouche jusqu’au creux de ses seins. Elle glissa ses mains dans ses cheveux, soupirant de plaisir et de désir. 

 

Leur tendre moment fut brutalement interrompu par une série de coups tambourinés à la porte d’entrée. Ils se redressèrent brutalement.

- KATE! Hurla la voix de Lanie. J’ai appris que tu avais eu un accident l’autre jour! Ouvre-moi! Je t’en prie! 

- Mince Lanie! Chuchota Kate en redressant la tête.

- Laisse, elle va finir par se lasser, murmura Castle désireux de continuer sur sa lancée. 

Il tenta de reprendre ses caresses et ses baisers mais la magie avait filé, annihilée par la sorcière Lanie. Il grogna de frustration. Pourquoi fallait-il qu’ils soient dérangés en permanence?

- Tu ne la connais pas, elle ne s’en ira pas tant qu’elle ne sera pas sûre que je vais bien, dit Kate en le repoussant pour enfiler un tee shirt et un pantalon. 

- Fichue cheville! Râla-t-elle en tirant sur sur la jambe de son pantalon. Aïe!

- Eh! Tu dois la manipuler avec précaution! Rappela Castle.

- Ça va! Je gère! Grogna Kate.

- Où est passée la charmante jeune femme qui me susurrait des mots doux à l’oreille il y a quelques minutes à peine?

- KATHERINE BECKETT! JE SAIS QUE TU ES CHEZ TOI! Cria de nouveau Lanie qui s’impatientait déjà. 

- Elle est pire que ma mère, marmonna Castle.

- Exactement! Je ne nous laisse pas plus de trois minutes avant qu’elle ne défonce la porte, assura Kate en ramassant les vêtements de Castle qui traînaient çà et là. 

- T’exagères un peu là, dit Rick en l’observant se démener dans la pièce.

Assis sur le lit, vêtu seulement d’un caleçon, encore à moitié dans ses rêveries romantiques, il ne bougeait pas d’un iota.

- Absolument pas! Je n’exagère rien du tout! Tu ne connais pas Lanie comme je la connais! Une vraie mère louve et elle me prend parfois pour son petit. Vite! Cache toi dans la penderie, ordonna Kate.

- Quoi? Mais... Mais... Non! Je ne vais pas me cacher dans la penderie! S’offusqua l’écrivain.

- Fais ce que je te dis où nous serons grillés! 

- KATE! SI TU N’OUVRES PAS, JE DÉFONCE LA PORTE! Menaça Lanie depuis le couloir.

- Tu vois? Qu’est-ce que je disais? ÇA VA! PAS LA PEINE DE T’EMBALLER! J’ARRIVE! Cria Kate avant de chuchoter de nouveau, va te cacher!

- Pourquoi? Je peux très bien te rendre visite ou jouer les garde-malade! Rétorqua Castle. Il est à peine dix-huit heures! Ça n’a rien de louche!

- Au moins va te rhabiller dans la pièce à côté! Un garde malade à moitié nu, ça c’est louche! Marmonna Kate en lui claquant ses vêtements dans les bras avant de le pousser pour le faire avancer.

- Okay, j’y vais, abdiqua Rick boudeur. 


Minefuji  (09.01.2019 à 20:52)

Chapitre dix-huit

 

Tandis que Lanie tambourinait comme une folle, Kate emmenait Castle vers la pièce voisine. Ce ne fut que lorsqu’elle en referma la porte, qu’il se rendit compte qu’il s’agissait de la penderie. 

- Hé! Mais... Protesta-t-il, plus pour la forme que pour autre chose. 

- Tiens toi tranquille! Ordonna la détective en vérifiant sa tenue pour être sûre de rien laisser au hasard. Lanie avait un véritable radar!

- D’accord, mais tu me le paieras! Râla-t-il. Tu porteras le pin’s de la honte!

Kate ne l’écoutait déjà plus et s’éloignait. Ils allaient devoir reparler de cette histoire de relation cachée, car il n’accepterait pas longtemps de se cacher dans ce placard. Ou alors, il allait falloir qu’elle arrête de recevoir des visites! 

- J’arrive! Cria Kate en claudiquant jusqu’à l’entrée. Une minute! 

- Bon sang! Tu en as mis du temps! Râla Lanie en entrant dans l’appartement. J’ai cru que tu faisais un malaise!

- Pourquoi aurais-je fais un malaise?

-  À cause de ton accident! Quand Esposito m’a prévenue, je me suis précipitée chez toi pour vérifier que tu allais bien.

- C’est arrivé avant-hier, ce n’était pas la peine de te précipiter comme ça.

- Ça merci, j’ai failli étrangler Esposito de ne pas me l’avoir dit plus tôt! Et puis, vu le temps que tu as mis à venir ouvrir, je me suis inquiétée.

- C’est que je ne me déplace plus aussi facilement, dit Kate en désignant sa cheville. 

- Oh! Mince alors! Qu’en dit le doc?

- Entorse. J’ai passé une radio, ça n’est pas trop grave, il lui faut juste du repos pendant quelques temps...

- Tu as intérêt à ne pas prendre ça à la légère, quelle idée aussi de poursuivre les bandits avec des talons de cette taille!

- C’était un témoin! Il n’avait aucune raison de s’enfuir, donc je n’avais aucune raison d’enfiler des baskets.

- En tous cas tu as l’air d’aller bien, tu as même plutôt bonne mine, remarqua Lanie. Si je ne savais pas que Josh était à l’autre bout du monde, je dirais même que tu as pris du bon temps...

- Quoi? Mais non! J’ai pris un bain dans l’Hudson! C’est pour ça que j’ai le teint frais! 

« Bien joué Beckett! songea Castle dans son placard. »

- C’était il y a deux jours! Tu ne dois plus ton teint frais à ta baignade!

«  Ah! Dommage... Lanie est plus maligne que les bros! » pensa Rick.

- En tout cas, je ne vais pas te laisser seule, assura Lanie. Tu dois solliciter ta cheville le moins possible, alors je vais passer la soirée avec toi. Et je viendrai t’aider tous les jours jusqu’à ce que tu sois rétablie.

- Mais... Et Javier? 

«  Bah oui! Et Javier? » Songea Castle qui ne voulait pas passer la nuit dans son placard. 

- C’est un grand garçon, il sait se débrouiller. D’ailleurs, c’est lui qui m’a dit de venir m’occuper de toi. Il s’inquiète, tu sais?

Note pour plus tard, songea Beckett, tuer Javier!

«  Traître d’Espo! » soupira Castle. « C’est lui qui aurait prendre un bain dans l’Hudson! »

- Tu parles, je suis sûre qu’il avait envie d’aller voir un match avec Ryan, il a juste trouvé un moyen de t’éloigner.

- Roh! Tu exagères, Espo n’est pas comme ça! Tu es comme une sœur pour lui!

- S’il s’était inquiété comme tu le dis, il t’aurait parlé de ma blessure il y a deux jours! 

« Jolie vengeance Beckett! Tu vas comprendre ta douleur Esposito le fourbe. NiarkNiark! »

- Non... Tu crois? Bredouilla Lanie.

- J’en suis sûre! Les Knicks jouent ce soir.

- Je vais me le faire, râla Lanie.

- En tout cas, c’est gentil d’être passée! Dit Kate prête à refermer la porte derrière son amie.

«  Bien joué, Beckett! Je m’incline devant un tel prodige! » se réjouit Castle apercevant enfin le bout de son séjour dans le placard.

- Je le tuerai demain! Dit Lanie en s’avançant vers le salon où elle découvrit la table préparée par Castle. 

- Oh! Tu as de la visite?

- Oui, toi! Fit Beckett sarcastique.

« Oui et ça nous arrangerait bien que tu rentres chez toi! »

- Ah! Ah! Tu me connais bien! Tu savais que je ne te laisserais pas seule avec ta patte folle!

- On peut dire ça...

 

Dans son placard, Castle commençait à transpirer à grosses gouttes, il n’aurait jamais dû accepter d’y entrer. Ce n’était pas comme s’il était tout nu, il avait remis son pantalon! Et puis, c’était Lanie, pas Ryan! Lanie était la confidente de Kate, son amie. Elle saurait tenir sa langue! 

 

- Ça sent drôlement bon! Tu n’as pas fait les choses à moitié, dis-donc!

- Oh! Ça? C’est trois fois rien!

« Trois fois rien? Mes lasagnes! Non mais j’y ai passé un sacré bout de temps, moi! »

- Bon, je vais mettre mon manteau dans ta penderie, si tu permets, lança Lanie.

- Non! Attends! 

- Comment ça non? 

- Du thé! Improvisa Kate. Je n’ai plus de thé! Je sais que tu n’aimes pas le café, et... Tu serais sympa d’aller m’en chercher! 

- Je n’aime pas le thé non plus, je te rappelle. Et puis je crois me souvenir que tu as quelques bonnes bouteilles de vin... ça fera l’affaire, sourit Lanie.

«  Non mais quelle incrusteIl était pour moi ce vin!»

- Donne moi ton manteau, je vais aller le poser dans ma chambre... Mon placard déborde, je n’ai pas eu le temps de faire le tri.

Lanie fronça les sourcils. L’attitude de son amie était vraiment étrange. À croire qu’elle cachait son amant dans le placard! Elle balaya la pièce du regard, Kate pouvait presque voir tourner les rouages de son cerveau. Soudain elle ouvrit les yeux en grand, sa bouche formant un O parfait.

- NON! 

- Lanie! Je t’en prie tais toi! Supplia Kate.

- Ça alors! C’est Castle que tu attends!

Au moins, elle oubliait le placard! Avec un peu de chance, elle allait lever le camp pour laisser Kate en tête à tête avec Rick.

«  Maintenant que tu sais tout, tu pourrais peut être t’en aller... Dehors Lanie la sorcière empêcheuse de câliner tranquillement! »

- Euh... oui, il ne devrait pas tarder à arriver d’ailleurs!

- Eh bien! Je suis ravie d’apprendre que tu as arrêté de te voiler la face!  Alors?

- Quoi alors? 

- Castle est aussi doué au lit qu’il le prétend? J’aimerais bien savoir.

«  Ah oui, tiens, moi aussi... » pensa Castle tout sourire entre les manteaux de Beckett.

- Lanie! Rougit Beckett.

- Oh allez! On est entre filles! Si tu veux, je te raconte pour Espo, comme ça on pourra comparer nos notes.

- Je ne veux rien savoir sur Esposito! L’avertit Beckett en grimaçant.

«  Moi non plus! » Grimaça Castle à son tour.

- Ok... Bon alors et pour Josh?

- Quoi Josh?

Castle se figea, la mention du nom de Docteur Mobylette lui tordait à chaque fois les entrailles.

- Comment il a pris la rupture? Ça s’est bien passé?

- Oh! Ça...

Face à la mine ennuyée de son amie, Lanie devina qu’il y avait un problème.

- Qu’est-ce qu’il y a? 

- Ben euh... Techniquement... Il est en Afrique...

- Tu ne le lui as pas dit? Fit Lanie effarée.

- J’ai essayé! Mais il est en pleine cambrousse! Il n’y a pas de réseau!

- Tu es sûre d’avoir vraiment bien essayé? Parce que maintenant avec les satellites on arrive même à communiquer avec des personnes en zone de guerre!

- T’es sûre de ça?

- Un peu, oui... Dois-je te rappeler que mon cousin est parti en mission l’année dernière? Ses parents avaient des nouvelles chaque semaine.

Kate blêmit. 

Lanie éclata de rire.

- Lanie! Je t’en prie, ça n’est pas drôle! 

- Oh ben si, c’est très drôle! Tu es polyandre ma vieille! Là tu m’en bouches un coin! Beckett la fille la plus respectueuse de la loi que je connaisse trompe son copain! 

Il y eut un blanc. Kate se décomposait. Qu’avait-elle fait? Ça ne lui ressemblait pas. Elle aurait dû attendre de le joindre, de rompre correctement avec Josh!

Un bruit de porte lui rappela la présence de Castle dans le placard. Elle se retourna juste à temps pour apercevoir l’écrivain quittant son appartement les épaules voûtées.


Minefuji  (10.01.2019 à 19:58)

Chapitre dix-neuf.

 

La porte se referma. Pas de mot, pas de reproche, pas de violence, pas de rage ni de colère dans ce geste, juste de l’amertume, de la déception et de la résignation. Ce fut la pire des tortures pour Kate. Un trou béant se formait dans ses entrailles.

- Mince... souffla Lanie ennuyée.

 

Kate se précipita à la poursuite de Castle, la douleur la cloua sur place. Maudite cheville! Elle serra les dents et sautilla dans le couloir à la poursuite de l’écrivain.

Elle appela Castle, mais son visage fermé et abattu fut la dernière chose qu’elle vit lorsque l’ascenseur l’emmena loin d’elle.

Elle allait prendre les escaliers quand Lanie l’arrêta.

- Ta cheville! Rappela-t-elle.

- Je dois le rattraper! Lui expliquer! Plaida Kate.

- Appelle-le, ça vaudra mieux. Avec ta patte folle, tout ce que tu risques, c’est d’aggraver son entorse, ce qui signifierait un arrêt de travail conséquent!

- Mais...

- Le temps que tu arrives en bas, il sera déjà dans un taxi. Allez viens, Monsieur Bell n’a pas inventé le téléphone pour les chiens...

 

Résignée, Kate se laissa entraîner par Lanie jusque dans son appartement où elle composa le numéro de téléphone de Castle.

 

- Il ne répond pas, je le savais, se lamenta Kate.

- Je suis désolée Sweetie...

- Le sois pas. C’est pas ta faute, répondit Kate amère.

- Bah si quand même!  Je suis un vrai moulin à paroles, je n’arrête pas de bavasser, si j’avais tenu ma langue...

- C’est de ma faute, Lanie! Entièrement de ma faute! Tu n’as rien à te reprocher! S’énerva Kate en attrapant sa veste pour partir à la recherche de Rick.

- Laisse le digérer l’info. Ce n’est pas si grave, dit Lanie en la retenant par le bras.

- Pas si grave? Sa première femme l’a trompée! Il ne va plus jamais me faire confiance! 

- Techniquement, c’est Josh, que tu as trompé, pas Castle.

- Merci Lanie! Ça me remonte le moral! Grinça Kate en se prenant la tête. 

- Tu n’arrivais pas à joindre Josh, c’est pas si dramatique...

- Il ne va jamais croire ça! Pas après t’avoir entendue dire que ton cousin a réussi à joindre sa famille chaque semaine alors qu’il se trouvait en zone de guerre! 

- Tu vois que c’est un peu de ma faute. Si j’avais j’avais su garder ma grande bouche fermée...

- Tu n’as fait qu’énoncer une vérité. Castle ne croira jamais que je n’arrivais pas à joindre Josh après ça... soupira Kate. 

- Et c’est le cas? Demanda Lanie.

- Bien sûr que c’est le cas! J’ai appelé plusieurs fois sans jamais le joindre! J’ai même laissé des messages pour qu’il me rappelle! 

- Bon, ben alors qu’est-ce que tu pouvais faire de plus? Rien.

- J’aurais pu attendre de le joindre! De rompre clairement avec lui avant d’aller vers Castle! Au lieu de ça, qu’est-ce que j’ai fait?

- Tu as écouté ton coeur, dit Lanie sagement.

- Et tu vois où ça m’a menée? Castle m’en veut! Il ne me fera plus jamais confiance après ça! Les femmes lui ont souvent menti, il est tellement naïf parfois...

- Castle aussi aurait pu choisir d’attendre! Tu ne lui as pas menti sur ta situation!

- Je ne lui en ai pas franchement parlé, c’est tout comme, soupira Kate en se prenant la tête.

- Tu as fait une erreur, ça nous arrive à tous! Ne te morfonds pas pour ça.

- Facile à dire..

 

Lanie resta avec Kate durant la soirée. Castle ne répondit pas à la dizaine d’appels de Kate, qui s’en voulait d’avoir gâché la seule histoire qui avait de l’importance à ses yeux. Finalement, elle demanda à Lanie de la laisser seule. À contre coeur, celle-ci obtempéra mais lui promit de revenir le lendemain matin à la première heure.

 La nuit fut difficile pour Kate. Elle ne cessait de se remémorer l’image de Rick penaud, quittant son appartement sans un regard pour elle. Comment avait elle pu être aussi inconsciente? Elle avait tout gâché. 

Consultant son téléphone toutes les cinq minutes, elle désespérait d’avoir des nouvelles de Castle.

Elle avait même appelé chez lui  après le depart de Rick, Martha lui avait répondu, mais il n’était pas encore rentré. Qui pouvait-elle appeler d’autre? Personne. Elle ne connaissait pas les amis de Castle.

Elle poussa un long soupir, de ceux qui viennent de loin, du plus profond de son mal être. Que pouvait elle faire d’autre à part attendre? Elle se sentait impuissante et ça l’exaspérait.

Au petit matin, elle n’avait pas fermé l’œil. La douleur à sa cheville était le cadet de ses soucis. Tout ce qu’elle voulait, c’était que Castle revienne. Après tout, comme disait Lanie, ce n’était pas si dramatique. Le seul qui pourrait être fâché dans l’histoire, c’était Josh. Comment avait-elle pu être aussi stupide? Elle avait l’impression d’entendre la voix de sa mère lui dire «  Je te l’avais bien dit! » 

- Tu ne m’as rien dit du tout! Hurla-t-elle exaspérée.

**********

 

De son côté, Rick avait passé une soirée affreuse. Entendre que Kate n’avait toujours pas rompu avec Josh, était une chose, mais entendre qu’elle n’avait pas tout fait pour le joindre, en était une autre! Peut être même qu’elle n’en avait jamais eu l’intention de rompre avec lui...

Si Lanie avait raison au sujet des personnes en zone de guerre, l’excuse de Kate ne tenait plus.

Si ça se trouvait, il était un petit plaisir coupable qu’elle s’offrait en attendant le retour de Josh. Bon sang, c’était ça qu’il était pour elle? Une brioche au beurre! Comment pouvait-elle être aussi cruelle?

Il erra un moment dans les rues de NewYork avant de revenir vers son immeuble, puis attendit en bas de son immeuble que les lumières de chez lui s’éteignent. Il n’avait envie de voir personne. Sa fille s’inquièterait pour lui et sa mère devinerait trop facilement son mal être. Il n’avait pas envie d’aborder le sujet avec elle. Il avait besoin d’être seul. Lorsqu’il fut certain que tout le monde dormait, il rentra chez lui. 

 

Finalement, sa  petite balade avait eu du bon, elle lui avait permis de prendre du recul et de se calmer un peu.  Il devait faire confiance à Beckett. Elle le méritait. Après tout, ce n’était pas parce que Meredith l’avait trompé, qu’il ne devait pas faire confiance à Beckett.

Il ne savait pas pourquoi il se sentait aussi facilement furieux contre elle. La rancune n’était pas vraiment dans ses habitudes. Il était même plutôt du genre conciliant. Très conciliant même! Quand Meredith l’avait trompé avec son producteur, il avait pensé pouvoir surmonter ça. Il avait été prêt à passer l’éponge.

Avec Beckett, c’était différent. L’idée qu’elle puisse ne pas être sincère avec lui, lui était insupportable.  Pourquoi ne serait-il pas capable de faire autant pour Kate que ce qu’il aurait pu faire pour Meredith? D’autant que là, il était celui avec qui Beckett trompait son copain! Il n’était pas le pauvre type trompé dans l’histoire! 

Il sortit son téléphone pour le rallumer. Peut être que Kate avait cherché à l’appeler. L’écran s’alluma, il tapa son code et ouvrit la porte du loft pendant que l’appareil chargeait.

- Richard! L’appela une voix qu’il connaissait bien depuis son salon.

- Gina? S’étonna-t-il. Qu’est-ce que tu fais ici à cette heure?

 


Minefuji  (11.01.2019 à 20:52)

Chapitre vingt 

 

- Je t’attendais. J’ai dîné avec Martha et Alexis, expliqua Gina confortablement installée dans son canapé.

- Ah? Et pourquoi?

- Ton chapitre! Richard! Ça fait deux jours que je l’attends!

- Oups! 

- Comment ça « oups »? Ne me dis pas qu’il n’est pas fini!

- Je ne te le dis pas, si ça peut te faire plaisir! 

- Qu’est-ce qu’il se passe Richard, tu as des ennuis? Soupira Gina.

- Non, non, tout va bien!

- Alors pourquoi est-ce si difficile d’écrire un chapitre? Ne me dis pas que tu passes tout ton temps sur une enquête! 

- Il n’y a pas d’enquête! Répondit Rick que cet interrogatoire commençait à agacer. 

- Mais tu étais avec elle! 

- Qui elle?

- Ta détective... Nikki Heat.

- Nikki Heat est un personnage de fiction! Grogna Rick. En tant qu’éditrice, je pensais que tu le savais.

- Ne tourne pas autour du pot, Richard. Tu étais avec le lieutenant Beckett.  

- Oui. J’étais avec elle! Voilà, t’es contente? Râla Castle.

- Mais enfin! Nous avions convenu que tu n’irais pas au poste quand il n’y avait pas d’enquête afin que tu puisses écrire, soupira Gina.

- Quand est-ce que nous avons convenu d’un truc pareil? Demanda Rick en fronçant les sourcils.

- Quand tu as décidé de jouer au policier pour soit disant trouver l’inspiration pour tes livres! 

- Je suis un grand garçon, que je sache. Je n’ai pas besoin que mon éditrice me dise ce que je peux ou ne peux pas faire! 

- Apparemment si, puisque tu n’es pas capable de faire ce que tu promets. Tu devais terminer ton chapitre avant hier et me l’envoyer par coursier!

- J’ai eu un empêchement! Soupira Rick en déposant son téléphone sur la table avant d’aller enlever son manteau. 

- Un empêchement? Tiqua Gina. Quel genre d'empêchement? Tu m’avais promis de te mettre au travail et qu’en rien ne viendrait t’éloigner de tâche!! 

- Beckett s’est blessée lors d’une interpellation. Je suis allé l’aider.

- Ce n’est pas ton rôle! Elle a un petit ami qui peut faire ça!  

- Alors ça, ça ne te regarde pas, très chère! Ce n’est absolument pas le rôle d’une éditrice! Siffla Rick. Beckett est mon amie, elle avait des ennuis, je suis allé lui remonter le  moral!

- Elle n’est pas ton amie! Elle supporte ta présence! Dois-je te rappeler que c’est grâce à ton amitié avec le maire, que tu as le droit de suivre ses enquêtes?

- Qu’est-ce qu’en ça peut bien te faire? Bougonna Rick.

- Je m’inquiète pour toi.

- Tu t’inquiètes pour ton argent! Corrigea Castle. Maintenant, si tu le permets, je vais m’enfermer dans mon bureau pour terminer mon travail!

- Ne le prends pas mal, soupira-t-elle, c’est que j’ai...

- Des obligations, je sais. Ne t’en fais pas, tu auras ton chapitre à la première heure demain matin.

- C’est sûr? 

- Mais oui! Assura-t-il en se dirigeant vers son bureau. Sois gentille, claque la porte en partant.

 

Quelques heures plus tard, le jour était à peine levé, Lanie arrivait chez Kate, bien décidée à ne pas la laisser s’enfoncer dans la déprime.

Elle n’eut même pas le temps de frapper, que Beckett ouvrait la porte.

- Ouah! Tu m’attendais? S’étonna Lanie.

- Euh... Non. Tu devais passer? Demanda Kate l’air ailleurs.

- Je t’ai dis que je repasserai à la première heure ce matin! Tu sais, quand tu m’as gentiment mise à la porte? Rappela Lanie.

- J’ai fait ça? Quand?

- Tu m’inquiètes là. Tu es sûre que tu ne veux pas t’asseoir un peu? 

- Non, là il faut que je file. On se reparle plus tard? Demanda Kate en refermant son appartement. 

- Quoi? Kate! Mais... Où tu vas comme ça? Kate!

 

*************

 

De son côté, Rick venait de confier son manuscrit à un coursier. Son humeur était sombre. Kate n’avait pas essayé de l’appeler. 

- Salut Papa! Déjà debout?

- J’avais un chapitre à finir, sourit-il en embrassant sa fille, qui venait de descendre les escaliers.

- C’était le coursier?

- Oui, Gina aura son chapitre sur son bureau avant d’avaler sa première tasse de café!

- Alors pourquoi cette mine sombre si tu es à jour dans ton travail? Demanda l’adolescente.

- Oh... Ce n’est rien... éluda-t-il en allant se servir un café. Tu veux un jus d’orange?

- Oui, merci! Des ennuis avec Beckett?

- Pourquoi Beckett? 

- C’est toujours Beckett, quand tu fais cette tête là.

- Je m’ennuie un peu, ça fait un moment qu’il n’y a pas eu d’enquête. 

- Tu ne risques pas d’avoir d’enquête si tu n’allumes pas ton téléphone.

- Mon téléphone est allumé! Je l’ai allumé en rentrant hier soir.

- Il est éteint, assura Alexis en lui montrant l’appareil.

 

Il fronça les sourcils en constatant que sa fille disait vrai.

- Bizarre.

- Tu n’as peut être plus de batterie. 

- Mhm, possible... Bon, je vais le brancher, dit-il en se dirigeant vers son bureau.

 

En allumant son téléphone, il constata que Kate avait essayé de l’appeler quinze fois! Il écouta ses messages.

18h30: «  Castle, je t’en prie décroche. Tu sais que Josh, c’est du passé! »

18h45: «  Castle, c’est encore moi. Tu ne vas pas faire la tête pour ça... Je te l’avais dit que je n’arrivais pas à Joindre Josh... »

Elle avait encore appelé treize fois. Son dernier message datait de moins d’une demie heure.

«  Bon, Castle, si j’ai bien compris, tu ne seras content que quand cette histoire sera clairement réglée. Ne t’en fais pas elle devrait l’être d’ici demain. Je te rappelle en rentrant. Bye! » 

 - Comment ça tu me rappelles en rentrant? Tu ne peux pas bouger de chez toi avec ton entorse! S’écria Castle dans le combiné dès que Kate eut décroché.

- Allô? Qui c’est? Demanda Kate en feignant de ne pas le reconnaître. 

- Ok, je l’ai bien mérité celle-là. 

- Je finissais par croire que tu avais perdu ton téléphone...

- J’étais énervé... Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, soupira Castle. Entendre Lanie dire que tu étais polyandre... ça m’a retourné... Je suis désolé...

- Non, ne le sois pas! Tu avais raison, répondit Kate, je dois régler cette histoire. 

- Quoi? Tu es où là? Demanda Castle soudain gagné par une étrange prémonition.

- Dans un taxi. 

- Mais tu devais rester chez toi, tranquille! Ta cheville ne va pas guérir! 

- J’ai mon attelle et mes béquilles! Contra Kate.

- Heureux de l’apprendre, grinça Castle. Et où comptes-tu aller avec ton attelle et tes béquilles? 

- Rompre avec Josh.

- Il est rentré? S’étonna Castle.

- Non, pourquoi?

- Okay, Kate, rentre chez toi, j’arrive.

- Mais...

- Pas de mais, on attendra le retour de Josh pour régler cette histoire. Pas question que tu ailles dans un pays en guerre simplement pour rompre avec lui! 

- Mais je suis arrivée à l’aéroport! Protesta Kate. En plus je suis au repos forcé, c’est l’occasion ou jamais. 

- Quand Montgomery  parlait de repos, ça voulait dire canapé, bouillotte, séries télé ou lecture! Pas safari en Afrique! 

- T'inquiète, je n’irai pas voir les lions, promis!

- Ah! Ah! Ah!

Il put entendre derrière elle un appel pour un vol prêt à partir. Bon sang, elle était vraiment prête à partir en Afrique sur un coup de tête! 

- S’il te plaît, sois raisonnable... Ma réaction était exagérée... C’est de la folie!

- Pas tant que ça, tu voulais bien faire l’aller-retour en Floride sur une journée, dimanche dernière!

- C’était la Floride, pas l’Afrique! Et on aurait utilisé un jet privé!

- Mais si Josh ne rentre que dans plusieurs semaines! Je ne peux pas continuer à le tromper comme ça!

- T’es pas sérieuse là? 

- Bah si, je ne vais pas continuer à agir comme une garce! 

- Kate, tu n’es pas une garce, soupira Castle. 

- Kate? Tu es venue me chercher?  Fit une voix d’homme derrière elle.

 

Elle se retourna et se trouva nez à nez avec Josh. 

- Qui c’est? Demanda Castle soudain inquiet.

- Je te rappelle, chuchota Kate juste avant de raccrocher. 

 


Minefuji  (12.01.2019 à 17:26)

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