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Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 123 paragraphes
Chapitre cent
Lorsqu’ils arrivèrent dans la salle de pause, les gars trouvèrent Castle seul, perdu dans ses pensées.
- Où est Beckett? Demanda Esposito.
- Roger est venu la chercher, c’est l’heure de ses exercices. Vous êtes venus pour me cogner de nouveau? Demanda froidement Rick.
Direct. C’était de bonne guerre. Les gars échangèrent un regard gêné. Le pardon serait difficile, quoi de plus normal?
- On vient d’apprendre pour ta crise cardiaque, annonça Esposito gêné. Je suis désolé, vieux. J’espère que je ne t’ai pas trop bousculé...
- Ça ira, marmonna sèchement Castle, qui n’avait pas envie de remuer le couteau dans la plaie.
- On aurait dû chercher plus loin que ce que disaient les magazines, ajouta Ryan. Tu étais notre ami et on n’a vraiment pas été à la hauteur...
- Kate l’a fait, elle. Elle a poussé ses recherches et a décidé de me croire malgré les apparences... Mais, ce qui est fait est fait, répondit Castle toujours aussi froidement.
- Quand on a vu les photos... ça nous a foutus en rogne. Après tout ce que vous aviez vécu Beckett et toi, on pensait que... Elle était si heureuse à ce moment là...
- Je sais que vous avez voulu protéger Kate, soupira Castle. Je n’ai pas agi avec elle comme j’aurais dû le faire depuis le début. Quelque part, j’avais mérité de perdre votre confiance...
- Arrête, on sait bien que nous n’avons aucune excuse, nous n’avons pas été corrects avec toi, reconnut Esposito et je me doute bien que Beckett va nous le faire payer.
- Moi aussi, je pourrais vous le faire payer, répondit Castle en fronçant les sourcils.
- On n’en doute pas, déclara Ryan, mais on redoute surtout la vengeance de Beckett. Tu n’as pas de flingue, toi!
- Ça, je n’aimerais pas être à votre place! Répondit Castle, même amnésique elle reste redoutable.
- Ça... Soufflèrent les gars dépités.
- Allez, servez-vous un café, ça sera le dernier verre du condamné, ne put s’empêcher de de dire l’écrivain pour les torturer.
Les gars se servirent et vinrent s’installer à la table avec lui, ensemble, ils discutèrent autour d’un café. Castle mettrait sans doute du temps avant de leur pardonner entièrement leur attitude, mais pour le moment enterrer la hache de guerre et discuter normalement suffisait.
Dans la salle de sport, Roger observait sa patiente faire ses exercices. Kate les faisait consciencieusement comme d’habitude, mais quelque chose était différent. Kate était différente. Elle n’était pas aussi concentrée que d’habitude.
- Et si tu me disais ce qui se trame sous cette jolie tête? Demanda-t-il au bout d’un moment en lui tendant une serviette éponge.
Elle essuya la sueur qui perlait sur son front avant de lui répondre par une autre question.
- Est-ce que tu crois que je pourrais redevenir celle que j’étais avant, même si ma mémoire ne revient jamais?
- Ne sois pas impatiente, ça va revenir...
- Ça fait des mois que tout le monde me répète ça et je n’ai pas progressé d’un iota côté mémoire! Rétorqua Kate.
- Peut être que tu ne veux pas te souvenir...
- Arrête, on dirait mon psy! Grogna Kate.
- Les grands esprits se rencontrent, sourit Roger. Peut être qu’il s’est passé des choses terribles avant ton accident et que ton cerveau refuse d’y revenir.
- Comme ce qui est arrivé au capitaine Montgomery? Demanda Kate qui s’était déjà souvent demandé ce qui était vraiment arrivé à son chef.
- Peut-être. Qu’est ce que tes équipiers t’ont dit à ce sujet?
- Pas grand chose... Une enquête qui aurait mal tourné... Ce qui est bizarre, parce que ce n’est pas souvent que les capitaines vont sur le terrain... Encore une chose que je vais devoir éclaircir avec eux...
- Ne sois pas trop dure avec eux, ils sont passés par des moments difficiles, ils ont cru te perdre à plusieurs reprises et quand tu as commencé à te remettre, tu as fait quelques crises de paniques monumentales... Ça a les a effrayés.
- De toute façon, quand on me raconte ce que j’ai oublié, rien ne se passe. C’est comme si on me racontait l’histoire de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce qu’il va se passer si je ne me souviens jamais?
- Tu reconstruiras ta vie comme tu le fais depuis ton réveil, répondit sagement Roger. Tu apprendras à connaître celle que tu es maintenant. Ta vie n’est pas finie, loin de là.
- Mais...Et si je n’étais plus du tout celle que j’étais avant?
- Qu’est-ce qui te fait dire ça?
- Lanie et mon père m’amènent à chaque fois des plats que je suis censée adorer... L’ancienne Kate les adorait, mais...
- Tu n’as qu’à leur dire que ça ne te plaît pas...
- Quand je le fais, je peux voir la déception sur leur visage...
- Kate... Peu importe les autres, l’important c’est ce que tu ressens. Dis leur et ils comprendront.
- Mhmm.
- Et ce type avec qui tu étais dans la salle de pause? Qui est-ce?
- Quelqu’un de très important pour moi... Mais lui aussi je l’ai oublié, soupira Kate.
- Pourquoi est-ce que je ne l’ai jamais rencontré? Demanda Roger.
- Il a été hospitalisé lui aussi. Il n’a pas su ce qu’il m’était arrivé...
- Très important comment? Demanda Roger devant l’air perdu de Kate.
- Il était mon petit ami! Enfin, il est mon petit ami, d’après lui on n’avait pas rompu... Il m’aime. J’ai bien vu dans son regard à quel point il m’aime et ça me fait flipper parce que moi...
- S’il t’aime, il comprendra et il sera patient...
- Et si je ne me souviens jamais? J’en ai marre de décevoir mes proches!
- Tu ne les déçois pas. Ils sont simplement déboussolés, comme toi tu l’es. Quant à ce type, apprends à le connaître et parle lui de tes craintes, je suis sûr que ça ira.
- Ouais... souffla Kate.
- Mais... dis-moi... Pourquoi tes amis ne t’ont pas parlé de lui?
- Ils ne savaient pas qu’il était hospitalisé. Ils croyaient qu’il m’avait larguée.
- Wow...
- Ouais, ça craint, marmonna Kate. Combien de trucs, ils m’ont cachés comme ça, soit-disant pour me protéger?
- Ne leur en veut pas trop, ils ont cru bien faire, tenta de la tempérer Roger. Et puis, tu es sûre que vous n’aviez pas rompu?
- Ne sois pas de leur côté, veux-tu? Tu m’as toujours dit que toi, tu étais de mon côté! Répondit Kate agacée.
- Et je le suis toujours! S’empressa de répondre Roger. Qu’est ce que tu veux faire? Leur casser la figure? Les torturer pour les faire parler? Tu n’as qu’à me le dire et je te filerai un coup de main. Tiens, commençons par Esposito, si tu veux je le tiendrai pendant que tu le cogneras!
- Arrête, c’est très tentant, sourit Kate en se rappelant ce que le latino avait fait à Castle.
Chapitre cent un
- Vous n’avez aucune piste? Comment cette voiture a pu disparaître dans la nature comme ça? Demanda Castle d’un air sévère.
- C’est pourtant le cas, soupira Esposito. On a utilisé les caméras de surveillance du coin pour la repérer. Mais les plaques étaient cachées par un système anti radar. Sur chaque image, on ne voit qu’un flash blanc à la place.
- Ça confirme l’acte prémédité, murmura Castle pensif.
- Ouais, ou le chauffard qui se fiche pas mal des règles de sécurité routière...Dit Ryan pensif.
- Et le conducteur?
- Casquette, foulard jusqu’au nez et lunettes de soleil, ça pourrait être n’importe qui, répondit Ryan.
- Sans doute un tueur envoyé par le Dragon, déclara Esposito. Ils faisait le grand ménage.
- Ça ne ressemble pas à ses méthodes, répondit Castle. Il engage des tueurs, je ne connais pas beaucoup de tueur à gage qui agissent comme ça...
- Elle est amnésique, ils ont quand même obtenu un résultat qui les arrange, souligna Ryan.
- On ne rend pas les gens amnésiques sur demande, répondit Castle pensif.
- Tu penses à autre chose? Demanda Esposito.
- Sans la voiture, on peut tout imaginer, dit l’écrivain.
- Ça fait huit mois qu’on la cherche cette voiture, dit Ryan. On ne risque pas de la retrouver.
- Pas sûr... C’est encombrant une voiture qu’on ne peut pas utiliser et huit mois c’est long, déclara l’écrivain.
- Tu penses que...
- Je pense que vous devriez demander à vos collègues de la circulation de vous tenir au courant si une voiture correspondant à celle qui a causé l’accident de Kate refaisait surface.
- Si ça se trouve elle est dans l’Hudson, répondit Ryan.
- En tous cas, promettez moi de me tenir au courant si vous la retrouvez, demanda Castle.
- Évidemment, répondit Esposito bien décidé à obtenir le pardon de l’écrivain.
Lorsque Beckett revint, les gars étaient retournés travailler. Elle trouva Castle là où elle l’avait laissé.
- Vous ne travaillez donc jamais? S’étonna-t-elle.
- Détrompez-vous, je travaille, lui sourit-il. D’ailleurs je suis actuellement en plein travail! Je suis venu ici pendant trois ans pour suivre ma muse sur ses enquêtes.
- Le modèle de votre Nikki Heat n’existe plus, répondit Kate amère.
- Détrompez-vous, ma Muse est toujours là, plus forte et plus courageuse que jamais.
- Vous trouvez qu’une flic qui ne peut plus aller sur le terrain parce que ses jambes ont la force de celles d’un bébé et dont le cerveau ressemble à une meule d’emmental, fait un bon modèle pour votre héroïne? Marmonna Kate.
- Je trouve que vous faites un parfait modèle pour Nikki Heat, quel que soit votre état de santé, répondit Castle compatissant. Ce sont les épreuves que la vie nous donne qui montrent qui nous sommes vraiment et on peut dire que vous avez eu votre lot. Je vous trouve vraiment très très forte.
Kate ne put s’empêcher de sourire, comme à chaque fois qu’il lui faisait un compliment pour lui remonter le moral. Certaines choses ne changeaient pas. Il lui tendit un petit paquet.
- Qu’est-ce que c’est?
- Votre goûter. Je ne dis pas ça pour vous contrarier, mais vous êtes toujours un peu grincheuse quand vous avez faim, plaisanta-t-il.
Elle se saisit du paquet, redoutant ce qu’il y avait à l’intérieur. L’ancienne Kate n’avait pas tout à fait les mêmes goûts que la nouvelle Kate.
- Des cookies!
- Vous m’en direz des nouvelles, sourit Castle.
- J’aimais ces cookies? Avant, je veux dire... Est-ce que j’aimais ces cookies?
- Étant donné que la boutique qui les vend vient d’ouvrir le mois dernier, ce sera une première, répondit l’écrivain.
- Ah, soupira Kate soulagée.
- Qu’est ce qu’il y a?
- Rien.
- Oh! Non, ça n’est pas rien ça! Qu’est-ce qu’il y a? Vous pouvez tout me dire! Même que vous détestez ces cookies...
Elle releva la tête vers lui, troublée.
- Ce ne sont que des cookies, ajouta-t-il. Je ne vais pas me vexer pour ça!
Elle vint s’asseoir face à lui et plongea son regard dans le sien.
- Je ne suis plus celle que vous aimiez, annonça-t-elle. J’ai changé, je le sais, je vois bien les réactions de mon père et de Lanie. Mais je n’y peux rien. Je ne sais même pas qui je suis. Je ne voudrais pas vous décevoir ou vous blesser, alors...
Il posa sa main sur celle de Kate pour le rassurer.
- Je t’aime, Kate et il n’y a rien qui changera ça. Tu pourrais m’annoncer que tu n’aimes pas le café, ça ne changerait rien. Je ne suis pas tombé amoureux d’une amatrice de café. Tu me fascines toujours autant depuis que nos chemins se sont de nouveau croisés, que la première fois où je t’ai vue. J’ai reconnu dans cette nouvelle Kate, la Kate forte, diablement redoutable en interrogatoires, profondément juste et éprise de vérité. Ce n’est pas par hasard si tu es toujours à ce poste. Si le capitaine a accepté ton retour, ce n’est certainement pas par pitié, tu es toujours aussi compétente qu’avant.
- Mais... Je ne me souviens pas de vous! Avoua-t-elle la voix tremblante d’émotions. Qu’est-ce qu’il se passera si je ne me souviens jamais de ce que je ressentais pour vous ou si mes sentiments ont changé?
- Ne t’en fais pas pour moi, la rassura-t-il. La seule que tu dois écouter, c’est toi. Moi, je suis déjà heureux que tu sois là, bien vivante et que tu acceptes de me parler.
- Mais... Ça n’est pas juste pour vous!
- Ce qui ne serait pas juste, ce serait que tu te forces à avoir des sentiments que tu as oubliés, rétorqua Castle. Mais ne va pas croire que j’abandonne aussi facilement, je compte bien te faire retomber sous mon charme!
Elle éclata de rire.
- Non, mais oh! Fit-il mine de se vexer. Tu es en train de te moquer de l’un des plus beaux partis de la ville!
- Oh! Loin de moi l’idée de me moquer de vous, finit-elle par dire en reprenant son sérieux, c’est juste la façon que vous aviez de le dire. Comment vous faites ce truc là avec vos sourcils?
- C’est l’une de mes bottes secrètes, sourit-il. Alors, que fais-tu demain soir?
- Euh... Comme tous les soirs, j’ai prévu de rester chez moi et de lire...
- Tu es trop fatiguée pour faire autre chose, j’aurais dû m’en douter.
- Non! C’est juste ma vie sociale qui est entre parenthèses depuis l’accident, rectifia Kate. Je passe mon temps entre ma rééducation et mon travail, je n’ai pas l’occasion de faire des rencontres. Vous êtes la première personne que je rencontre et qui ne soit pas un médecin ou un kinésithérapeute.
- Dans ce cas, tu accepterais un rencard avec moi?
Chapitre cent-deux
- Un rencard? Répéta-t-elle surprise.
- Oui, c’est un truc que font les gens quand ils veulent apprendre à se connaître, expliqua Rick en souriant. Ils vont au restaurant, au cinéma ou ailleurs pour faire des trucs sympas et discuter. Alors? Ça te dit?
- Euh...
- Je te promets qu’il n’y a aucune pression! Assura Castle. Je suis un gentleman, je ne tente rien au premier rendez-vous!
- Ça fait un peu bizarre, non?
- Pas du tout. Tu ne te souviens pas de moi et moi je ne connais pas encore la nouvelle Kate, un premier rencard serait l’occasion de réapprendre à se connaître!
- D’accord, accepta Kate. Va pour un rendez-vous!
- Parfait! Je passerai te prendre chez toi demain à quelle heure penses-tu pouvoir être prête?
- Dix-huit heures, ça irait? Proposa-t-elle. Ça nous laissera du temps pour discuter, je fatigue encore assez vite, alors...
- Ce sera parfait, assura Castle en jetant un œil à sa montre. Oh! Il est déjà cette heure là! Il va falloir que j’y aille, sinon ma mère et ma fille risquent de paniquer! Elles sont hyper protectrices depuis ma... Enfin...
- Je comprends, dit Kate, mon père est pareil. Ne les faites surtout pas attendre trop longtemps.
- À demain, Kate, sourit Castle en déposant un léger baiser sur sa joue avant de s’éclipser.
Kate resta un moment sans bouger, surprise et troublée par ce geste d’affection. Finalement un sourire fleurit sur son visage.
Lorsqu’il rentra chez lui, Castle retrouva sa mère et sa fille qui discutaient de leur journée autour d’un chocolat chaud.
- Bonsoir vous deux, chantonna-t-il en venant les embrasser. Vous avez passé une bonne journée?
- Pas autant que toi, si j’en juge à ce ton chantant, répondit Martha.
- Tu rentres tôt, dis-donc! Constata Alexis.
- Tôt? Non mais vous exagérez? Sur le chemin du retour, je craignais sans arrêt que vous n’ayez déjà appelé tous les hôpitaux de la ville pour leur demander s’ils m’avaient parmi leurs patients!
- Tu étais au poste de police, tu ne craignais rien, répondit Martha.
- Auriez-vous oublié la façon dont j’y ai été reçu il y a un mois? Demanda Castle qui en gardait encore un souvenir cuisant.
- Bien sûr que non, Trésor, mais ne dit-on pas que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit?
- Va dire ça à Roy Sullivan...
- Qui ça?
- Roy Sullivan! L’homme paratonnerre! Ce type a été foudroyé sept fois, expliqua Rick, mais là n’est pas le problème...
- Tout à fait! Le coupa Alexis tout sourire. Alors, vas-y! Raconte! Tu as vu Kate?
- Eh bien, j’ai d’abord bien failli prendre la raclée de ma vie quand je suis arrivé au poste, mais heureusement, Kate est arrivée et elle m’a sauvé. Ensuite nous avons discuté tranquillement elle et moi.
- Et maintenant elle se souvient de toi? Demanda Alexis pleine d’espoir.
- Pas du tout, c’est le noir complet, elle ne se rappelle de rien. Même pas de la signification de son premier mot à son réveil, Grenade, répondit Castle.
- Donc, si j’ai bien compris, Ryan et Esposito t’en veulent toujours à mort et Katherine ne se souvient toujours pas de toi! Pourquoi es-tu aussi joyeux alors? S’étonna Martha.
- J’ai rendez-vous avec elle demain soir! Je vais la faire retomber amoureuse de moi!
- Bon courage, il t’a déjà fallu plus de deux ans la première fois! Déclara Martha pessimiste.
- Tu peux bien jouer les rabat-joie, tu ne me mineras pas le moral, j’ai rendez-vous avec Kate demain soir!
- Quel est ton plan papa? Demanda Alexis qui connaissait très bien son père.
- Je vais la scroodger!
- La scroodger? Répétèrent Martha et Alexis.
- Lui rappeler pourquoi elle est tombée amoureuse de moi la première fois! Comme le spectre de l’associé de Scroodge dans le conte de Dickens! Il lui montre les Noëls passé, présent et futur pour... Euh... Non, vous avez raison, c’est stupide comme comparaison... Mais l’idée est là, je vais lui faire revivre des moments importants de notre histoire pour que la magie opère de nouveau.
- Si tu veux mon avis, c’est assez hasardeux comme plan... soupira Martha. Votre histoire est jonchée de cadavres en tous genres!
- Mais non, ça va bien se passer, répondit Alexis.
- Merci d’être de mon côté, Pumpkin!
- Mettons nous tout de suite au travail, sinon on risque d’y passer la nuit, ajouta la jeune fille.
- De quel travail parles-tu? Demanda Rick surpris.
- On va faire la liste des choses que tu ne devras absolument pas dire ou faire, tu peux te montrer agaçant, quand tu veux en faire trop, expliqua Alexis. Ce serait dommage de l’effrayer!
- Oh...
Après le départ de Castle, Kate s’était dirigée vers ses équipiers bien décidée à leur demander des comptes. Elle s’approchait d’eux, lorsque les gars l’aperçurent. Ils échangèrent un regard angoissé, l’heure de l’échafaud avait sonné.
- Je peux savoir ce que vous avez contre Castle? Demanda Kate de but en blanc.
- Euh... On a été stupide, tenta de se défendre Esposito. On pensait qu’il t’avait trahi...
- Et donc, vous décidez de le malmener au lieu de lui demander des explications? Je croyais que vous étiez flics, siffla Beckett, et au lieu d’agir en tant que tels, vous vous comportez en voyous!
- Après ce qu’il t’avait fait, je n’ai pas réfléchi, expliqua Esposito, j’ai vu rouge...
- Ça n’était pas la première fois, qu’il se comportait mal avec toi, ajouta Ryan. On a cru qu’il avait recommencé...
- De toute façon, ça ne vous donnait pas le droit d’agir de la sorte et encore moins de décider à ma place! C’était à moi de décider de le laisser me voir ou pas! Il aurait dû être à mes côtés depuis un mois au moins! S’énerva Kate.
- Kate... tenta Ryan. Calme-toi...
- Que je me calme? Tempêta Beckett. Alors que vous avez agi comme des nuls avec l’une des personnes les plus importantes de ma vie? Alors que vous avez pris des décisions à ma place comme si j’étais une enfant?
- Il t’avait trahie, tenta de nouveau Esposito.
- Je ne sais pas ce qui me retient de te casser les jambes! Tonna Beckett. C’était à moi de décider ! Pas à vous!
- Écoute, je suis désolé, tempéra Esposito. Je sais que j’ai mal agi, je me suis excusé auprès de Castle...
- Et tu crois que c’est suffisant?
- Non... Bien sûr que non... Excuse-nous, Kate, demanda Esposito penaud.
- On pensait agir pour ton bien, pardonne nous, demanda à son tour Ryan.
- Qu’est ce que vous m’avez caché d’autre pour soit disant me protéger? Gronda Beckett toujours furieuse.
- Lieutenant Beckett? Je peux savoir ce qu’il vous prend? Demanda sèchement la voix du capitaine Gates derrière elle.
- Il me prend que je viens de découvrir que ces deux là se prenaient pour mon père et agissaient comme si j’étais une enfant!
- Calmez-vous, voyons, ordonna le capitaine.
- Que je me calme? Vous trouvez ça normal peut être? J’en ai marre que tout le monde me dise ce que je dois faire! Je suis une adulte, bordel!
- Une adulte, peut être, mais ici, c’est moi le capitaine et je vous ordonne de vous calmer!
Chapitre cent-trois
Le ton sans appel du capitaine eut raison de la colère de Kate, qui se tut aussitôt. Ses yeux, cependant, continuaient d’envoyer des éclairs, signe qu’elle n’acceptait pas du tout le recours à l’autorité de son grade dont venait d’user son capitaine. Elle se mordit la lèvre pour retrouver un semblant de calme avant de déclarer froidement.
- Il est tard. Je rentre chez moi.
Sans attendre de réponse, elle tourna les talons, attrapa sa veste et son sac sur son bureau et quitta le poste sous les regards médusés de son chef et de ses collègues.
- Qu’est-ce que c’était que ça? Demanda finalement le capitaine en se tournant vers ses lieutenants.
- Beckett en colère...
- Merci, j’avais remarqué, siffla le capitaine. Ce que je veux savoir, c’est pourquoi le lieutenant Beckett, d’ordinaire toujours très calme et posé, vient d’exploser dans mon poste de police?
- On a merdé, chef, marmonna Esposito, On s’est mêlé de ce qui ne nous regardait pas et elle la découvert.
- Vous parlez de ce Castle, qui est venu aujourd’hui?
- Il n’a rien à voir avec son accident, annonça tout de suite Ryan, on lui en voulait parce qu’on croyait qu’il avait trahi Beckett en retournant avec son ex, mais on a découvert qu’il était à l’hôpital en même temps que Beckett. C’est pour ça qu’il n’était pas à son chevet.
- Et Beckett nous en veut de nous être mêlés de ce qui ne nous regardait pas, ajouta Esposito.
- Eh bien, j’espère pour vous qu’elle sera calmée demain, parce que je compte bien retrouver le lieutenant calme et posé que je connais...
- Ça... Soupira Esposito, elle sera peut être plus calme, mais on n’est pas près d’être pardonnés.
- C’est clair, ajouta sombrement Ryan, elle plutôt du genre rancunière...
La sonnerie de l’ascenseur retentit, annonçant l’arrivée de quelqu’un. Ce fut Lanie, qui en sortit, tout sourire et prête à rentrer chez elle. Elle s’avança vers eux, jeta un regard alentours et fronça les sourcils.
- Où est Kate? Demanda-t-elle.
- Partie.
- Partie? Mais... c’est moi, qui devait venir la chercher pour la raccompagner chez elle... Roger est passé la prendre?
- Non, elle est partie seule, répondit Gates.
- Quoi? Mais elle ne peut pas encore repartir seule! S’affola Lanie.
- C’est une grande fille, rétorqua Gates. Elle est capable d’appeler un taxi ou de prendre les transports en commun. D’ailleurs, elle vient de piquer une colère contre ces deux là, parce qu’ils la traitaient comme une enfant! Je ne saurais trop vous conseiller d’arrêter de la materner!
- Oui, mais là, je parle de stress post traumatique, rétorqua Lanie, inquiète. Le bruit de la circulation peut la mettre en panique, c’est pour ça qu’on veille toujours à ce que quelqu’un la raccompagne chez elle. Et si elle ne se souvenait plus de son adresse? Vous savez pourtant qu’il lui arrive encore d’avoir des troubles de la mémoire! C’est pour ça qu’elle ne peut pas aller sur le terrain!
- Elle ne doit pas être bien loin, supposa Esposito en enfilant sa veste.
- Ouais, ça ne fait pas longtemps qu’elle est partie, ajouta Ryan en imitant son collègue.
Dans la rue, Beckett ne se sentait pas très à l’aise. Les lumières de la ville et le bruit des voitures la maintenaient sur le qui-vive. Son coeur battait à tout rompre et elle regrettait déjà de ne pas avoir attendu Lanie.
Elle se morigéna aussitôt d’avoir eu une telle pensée, elle pouvait gérer cela toute seule.
Un bourdonnement dans ses oreilles vint parachever son stress et sa panique, elle devait agir au plus vite avant que sa vision ne devienne floue et qu’elle ne soit plus capable de faire quoique ce soit. Elle se précipita dans la ruelle la plus proche et courut droit devant elle à la recherche d’un abri.
- Hé! Regardez ce que le vent nous amène, lança une voix désincarnée.
Elle arrêta net sa course et regarda autour d’elle en panique, telle une biche pressentant le danger.
- Il ne faut pas traîner dans les endroits malfamés ma jolie, on peut y faire de mauvaises rencontres, ajouta la voix grasse et inquiétante.
La crise de panique de Kate l’empêchait de repérer l’homme qui la menaçait. Sa vision se troublait de plus en plus et des bruits parasites perturbaient son audition. Soudain un éclat lumineux brilla devant elle, elle ne réfléchit pas et se rua dans sa direction. Son agresseur fit les frais de sa colère et de sa panique, elle se défendit comme une lionne et manqua de peu de tuer son agresseur. Elle stoppa son geste juste à temps, réalisant l’état dans lequel se trouvait l’homme. Elle se releva et s’éloigna en titubant. Il fallait qu’elle rentre chez elle. L’enseigne lumineuse d’une bouche de métro lui indiqua le chemin. Telle un automate, elle s’y engouffra.
De leur côté, les gars et Lanie fouillaient les rues jouxtant le poste de police, à la recherche de Kate.
- Elle est peut être rentrée chez elle, supposa Ryan. Comme elle le dit, on la sous-estime peut être...
- Si tu pouvais dire, vrai, soupira Lanie inquiète.
- Essaye de l’appeler, suggéra Ryan.
- Par ici! Cria la voix d’Esposito depuis la ruelle où il s’était aventuré.
Lanie et Ryan se précipitèrent à ses côtés. Un corps gisait près de lui. Pris de panique, ils accélérèrent le pas et découvrirent que le corps était celui un homme, qui était certainement tombé sur plus fort que lui. Son couteau indiquait qu’il ne devait pas être un simple passant qui faisait du tourisme dans les rues pittoresques de la grosse pomme.
- Il est...?
- Non, il est KO, mais il devrait survivre, déclara Esposito. Ryan, appelle une ambulance, on va avoir des heures sup’
- Mais et Kate? Demanda Lanie.
- Appelle la, si ça se trouve elle est rentrée chez elle sans souci.
- Mais...
- Pas de mais, rétorqua Esposito, on ne peut pas laisser ce type comme ça, on doit ouvrir une enquête.
- C’est un méchant, grogna Lanie, ça se voit à sa dégaine.
- Il y aurait un nouveau super héros à NewYork, plaisanta Ryan.
- Ou alors il a mal choisi sa proie, supposa Esposito. Le self défense c’est à la mode en ce moment.
Chapitre cent-quatre
Au bout de plusieurs tentatives d’appel, Lanie, morte d’inquiétude, eut enfin le soulagement d’entendre la voix de Kate.
- Beckett!
- Enfin! Tu réponds! Ça fait un quart d’heure que je t’appelle! Où es tu? Demanda Lanie au bord de l’hystérie.
- Bah chez moi...
- Qu’est ce que tu faisais? j’étais morte d’inquiétude, moi!
- J’ai eu un peu de mal à me souvenir de l’arrêt près de chez moi, répondit Kate, mais ça va! Je suis chez moi maintenant.
- Bon! Ne bouge pas! J’arrive!
- Mais puisque je te dis que tout va bien, rétorqua Kate.
- J’ai quand même le droit de venir te voir non?
- Okay... Soupira Kate.
- Cache ta joie! Je serai là dans dix minutes...
- Prends le temps de passer chez Luigi ! Je n’ai pas le courage de cuisiner...
- Pourquoi tu ne te fais pas livrer comme d’habitude?
- Luigi ne livre pas.
- D’accord, abdiqua Lanie. Je serai là dans vingt minutes alors.
- Merci Lanie!
Lorsque la légiste arriva chez son amie, elle sut tout de suite que le retour de Kate chez elle ne s’était pas passé aussi bien que celle-ci avait voulu le prétendre. Malgré sa tentative pour effacer toute trace de son retour chaotique chez elle, Lanie ne fut pas dupe et rien n’échappa à son œil de lynx.
- Qu’est-ce qu’il s’est passé? Ta main est écorchée!
- Trois fois rien, éluda Kate. Donne moi ça, je vais les faire réchauffer.
- Tu as été agressée dans cette ruelle, n’est-ce pas? C’est toi qui a assommé le type qu’Esposito a trouvé.
Kate ne répondit pas, il était inutile de mentir à Lanie, elle était au moins aussi têtue qu’elle. Elle se contenta de servir deux assiettes et de sortir des couverts.
Comprenant que son amie n’avait pas l’intention de parler, Lanie s’approcha d’elle et examina ses blessures.
- C’est superficiel... Constata la légiste.
- Je sais, j’ai déjà désinfecté les plaies, répondit simplement Kate.
- Je vois ça et le pansement sur ton bras est parfait, constata Lanie.
- Ça fait des mois que je côtoie des médecins, répondit Kate en haussant les épaules. J’ai eu le temps d’apprendre.
- C’est vrai... Ta vie personnelle a cruellement manqué de diversité ces derniers temps, reconnut la légiste.
- Je n’avais pas l’intention de mettre les pieds dans le plat aussi vite, mais puisque tu lances le sujet, allons-y, déclara Kate soudainement très déterminée.
- De quoi tu parles? Demanda Lanie étonnée.
- Castle.
- Oh! Fit Lanie gênée.
- Heureuse de constater que tu n’as pas l’intention de noyer le poisson cette fois. Pourquoi ne pas m’avoir dit que j’étais en couple avec lui?
- Il n’était pas là... Il n’a pas pris de tes nouvelles... Je ne voyais pas l’intérêt de te parler de ça... Tu avais déjà tellement de problèmes.
- Tu aurais pu essayer de le prévenir! S’énerva Kate. Tu devais bien savoir à quel point il était important pour moi, si, comme tu ne cesses de me le répéter, tu étais ma meilleure amie!
- Bien sûr que j’étais ta meilleure amie! Se fâcha à son tour Lanie. Je le suis toujours d’ailleurs! Pourquoi crois-tu que je m’occupe autant de toi? Pourquoi crois-tu que j’étais morte d’inquiétude tout à l’heure?
- Tu m’as menti! Tout le monde ne fait que me mentir depuis que je suis sortie du coma! S’écria Kate les larmes aux yeux. Vous ne faites que me cacher la vérité pour soit disant me préserver, mais en réalité c’est pour garder votre petit confort!
- Kate...
- Pas de ça Lanie! Ne me sors pas le refrain sur ma santé et ce que je ne dois surtout pas faire ou entendre! J’en ai marre, tu entends? J’en ai marre que les gars se soient arrogé le droit de virer Castle quand il a essayé de me revoir! J’en ai...
- Castle a essayé de te voir? La coupa Lanie surprise. Quand?
- Esposito ne t’a rien dit? Je pensais pourtant qu’il était ton petit ami et qu’il te disait tout, siffla Kate.
- Il a viré Castle? C’est pour ça que tu es partie seule du poste?
- Castle a eu des problèmes de santé, annonça Kate un peu moins virulente face à la surprise de son amie. C’est pour ça qu’il n’est pas venu me voir à l’hôpital. Il n’a appris ce qu’il m’était arrivé que dimanche dernier. Quand il a essayé de me voir le mois dernier, ton charmant petit ami et son copain l’ont viré sans ménagement et sans chercher à entendre ses explications.
- Kate, je t’assure que je n’en savais rien! J’ai essayé de joindre Castle quand tu as eu cet accident, mais il n’a jamais répondu. J’ai fini par laisser tomber...
- Il a eu une crise cardiaque, il ne pouvait pas répondre...
- Une crise cardiaque? Castle?
- Son ex femme l’avait drogué, ça a abîmé son coeur. Il a mis des mois pour s’en remettre...
- Qui te l’a dit?
- Castle. Il est venu au poste aujourd’hui. Esposito a bien failli lui faire la peau...
- Et... Il va bien?
- Oui. On a pu discuter. Il m’a raconté notre histoire dans ses grandes lignes. Nous devions partir à Grenade ce jour-là. Mon premier mot n’avait rien à voir avec la grenadine.
- Oh! Comme c’est romantique! Se réjouit Lanie.
- Ça te fait plaisir? S’étonna Kate. Tu ne penses pas qu’il essaye de profiter de mon amnésie pour renouer avec moi?
- C’est ce que pensent les gars?
- Ils disent que Castle m’avait laissée tomber pour retourner avec son ex. D’après eux, je devais être furieuse contre lui au moment où...
- C’est vrai qu’il n’avait vraiment pas été sympa avec toi quand il est revenu de tournée, se rappela Lanie.
- Qu’est ce qu’il a fait?
- Tu étais allée le chercher à l’aéroport. À ce moment là, tu étais tellement heureuse que tu étais sur un petit nuage. Par contre, lui, il t’en voulait énormément.
- Qu’est ce que j’avais fait? S’étonna Kate.
- Ce n’est pas ce que tu avais fait, mais ce qu’il a cru que tu avais fait, qui l’a mis en colère, expliqua Lanie. Il avait trouvé un test de grossesse chez lui...
- J’étais enceinte?
- Non, mais c’est ce qu’il croyait et comme en plus tu as subi une intervention gynécologique, il a cru que tu avais avorté. Il t’a balancé ses reproches en guise d’accueil, tu lui as flanqué ton poing dans la figure pour la peine.
- Je lui ai cassé le nez, comprit Kate songeuse.
- Tu te souviens de quelque chose? Demanda Lanie pleine d’espoir.
- Non... Il a le nez légèrement dévié. Quand je lui ai demandé pourquoi il ne faisait pas rectifier ça par un bon chirurgien, il m’a dit que ça lui rappelait combien il avait été stupide à chaque fois qu’il se regardait dans un miroir...
- Au moins il en a conscience, soupira Lanie. Son attitude t’avait fichu un de ces coups! J’ai eu des envies de meurtre ce jour-là.
- Alors pourquoi es-tu contente qu’il soit revenu vers moi? Demanda Kate qui ne comprenait plus rien.
- Parce que tu l’aimais tellement que tu avais du mal à tourner la page! Tu ne comprenais pas ce qu’il s’était passé et te connaissant, je suis sûre que tu as cherché à comprendre d’où venait ce test de grossesse.
Chapitre cent-cinq
- Peut être que ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, supposa Kate. Peut être que j’en ai eu assez...
- Si tu avais tiré un trait sur votre histoire, pourquoi ce voyage à Grenade était-il si important que même un trauma crânien sévère n’a pas pu te le faire oublier complètement? Rétorqua justement Lanie.
- Oui, c’est ce que pense Castle. Il dit que je lui avait pardonné... Enfin! Il dit que je voulais encore croire en nous et partir en voyage avec lui...
- Je ne pense pas qu’il t’ait déjà menti au sujet de choses importantes, déclara Lanie. Pour des broutilles oui, c’était un jeu entre vous, mais jamais pour des choses importantes.
Kate poussa un long soupir et se prit la tête dans les mains. Lanie lui caressa le dos pour la réconforter.
- Tu sais, si son ex-femme l’a drogué, ça a pu avoir une incidence sur son humeur, tenta la légiste.
- Qu’est-ce que tu veux dire?
- Certaines substances peuvent rendre les gens qui les consomment paranoïaques. C’est même assez fréquent, expliqua Lanie.
- Ça n’est pas la drogue qui lui a mis ces paroles dans la bouche, marmonna Kate.
- Tu sais, la nouvelle Kate peut décider de lui pardonner, sourit doucement Lanie. Tu n’es pas obligée de faire ou de te rappeler de ce que l’ancienne Kate avait décidé. Tu peux aller de l’avant. Et si Castle te plaît, fonce!
- Je ne me souviens pas de lui...
- Alors apprends à le connaître.
Kate sourit.
- C’est ce que Castle a dit quand il m’a proposé un rencard.
- Il t’a proposé un rencard? Mais quand? Qu’est-ce que tu as répondu?
- J’ai accepté, il passe me prendre demain soir après le boulot.
- Wah! Mais c’est génial! Se réjouit Lanie.
- Et si je faisais une bêtise? Demanda Kate. S’il n’etait pas celui qu’il me fallait? Après ce qu’il m’a fait... Comment lui faire confiance?
- La bêtise, ce serait de ne pas y aller! Contra Lanie. Les non-dits et le manque de communication sont tes ennemis jurés! Va à ce rendez-vous, cuisine Castle autant que tu veux, mais ne fuis pas. C’est la pire attitude qui soit !
- Mhmmm...
*******
Kate et Lanie avaient discuté jusque tard dans la nuit, ce qui avait permis à la légiste de raconter à la détective quelques anecdotes croustillantes sur la relation qu’elle avait entretenue avec l’écrivain depuis qu’il avait décidé de la suivre.
Devant l’heure plus que tardive, Lanie avait finalement choisi de passer la nuit chez Kate. Au petit matin, elle avait trouvé son amie assise sur l’échelle de secours.
- Hey! Ça fait longtemps que tu es là? Demanda-t-elle en passant la tête par la fenêtre.
- Pas trop, non, mentit Kate avec aplomb.
- Mouais... Allez, ne reste pas là trop longtemps, Je prépare le petit déjeuner, ensuite on choisira ta tenue pour ce soir.
- Ça ne sera pas la peine...
- Alors là Katherine Beckett, si tu penses que je vais te laisser te défiler, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au coude! L’avertit Lanie.
- J’ai bien le droit de faire ce que je veux, marmonna Kate.
- Ne prends pas de décision comme ça. Tu sais bien qu’il y a quelque chose de spécial entre Castle et toi. Par deux fois tu t’es tournée vers ses livres quand ça n’allait pas.
- Deux fois?
- Ce sont ses romans qui t’ont aidée à surmonter le meurtre de ta mère. Quand tu es entrée au NYPD, tu n’avais qu’une idée en tête, trouver son assassin. Ça t’obsédait tellement, que tu as bien faillit sombrer totalement, expliqua Lanie. C’est à ce moment là, que tu as découvert ses romans. Ils t’ont aidée à aller de l’avant.
- Et si je faisais une erreur?
- Roh! Ça va, c’est juste un rendez-vous! Qu’est ce que tu risques? Tu y vas, tu passes un bon moment avec lui, tu discutes avec lui et tu vois ce qui arrive. Rien ne t’oblige à aller plus loin!
- Tu as raison, accorda Kate.
- À la bonne heure! Allez, viens prendre ton petit déjeuner! Si tu restes plus longtemps là dehors, tu risques d’attraper un rhume et le nez qui coule pour un rendez-vous galant, ça n’est pas très sexy!
Après leur petit déjeuner en tête à tête, Lanie aida Kate à choisir une tenue pour sa soirée avec Rick, puis elles se rendirent au travail.
La journée se passa calmement, les gars étant occupés avec leur nouvelle enquête, ils ne passèrent pas beaucoup de temps au poste. Kate put donc les éviter. Elle rentra donc chez elle après sa séance avec Roger.
Elle remercia l’hiver et les températures glaciales, qui lui avaient permis d’opter pour une tenue qui couvrait parfaitement son pansement. Ainsi Castle ne lui poserait pas de questions à ce sujet.
À l’heure convenue, ponctuel et tout sourire, Castle sonna à sa porte. Il lui offrit un magnifique bouquet de fleurs et elle l’invita à entrer.
Elle demeurait silencieuse tandis qu’elle mettait ses fleurs dans un vase, ne sachant pas vraiment comment engager la conversation.
Il perçut son malaise. Elle avait beau être amnésique, certaines de ses attitudes ne changeaient pas.
- Un souci? Demanda-t-il sans détour.
- Non, ça va, vos fleurs sont magnifiques.
- Comment s’est passée ta journée?
- Bien. Étant donné que je suis toujours à mon bureau, il ne se passe rien de trépidant.
- Okay, donc c’est moi. Que se passe-t-il ? J’ai fait quelque chose qui ne t’ a pas plu? Tu te souviens de quelque chose?
- J’ai vu Lanie hier soir, annonça Kate. On a parlé de vous et de ce qu’il s’était passé à votre retour de tournée.
- Oh, je vois. Et tu veux que nous en parlions?
- Qui vous a cassé le nez?
- C’est toi. Et c’était amplement mérité, reconnut Castle. J’avais complètement perdu les pédales et je t’ai soupçonnée d’avoir avorté. Aujourd’hui encore je m’en mords les doigts.
- Qu’est ce qui vous a laissé croire que j’aurais pu faire ça? Demanda Kate touchée par le fait qu’il ne cherche pas à se dérober.
- Un test de grossesse que j’ai trouvé chez moi avant de partir en tournée. J’ai pensé à tort qu’il était à toi. J’étais fou de joie et je me disais que tu voudrais me faire la surprise. Par la suite, j’ai commencé à devenir parano, je ne sais pas pourquoi, mais je voyais tout en noir... C’était la première fois que je me sentais aussi mal loin de chez moi. Et puis tu m’as parlé d’une intervention que tu avais subie chez ta gynécologue... Mon rêve a tourné au cauchemar... C’etait stupide. J’aurais dû te faire confiance...
- D’où il venait ce test de grossesse?
- Gina. Juste avant notre retour de notre séjour à L.A. elle est passée chez moi. Elle a voulu semer la zizanie entre nous, elle a bien réussi son coup.
- Comment l’avez vous su? Demanda Kate avide de tout savoir.
- C’est toi, qui l’a découvert. Tu avais regardé les enregistrements des caméras de surveillance de mon immeuble. Tu es venue me l’annoncer la veille de ton accident.
- Alors... Nous nous étions vraiment réconciliés?
- Oh! Tu m’en voulais encore, je ne pense pas me tromper en disant que j’en aurais entendu parler pendant des mois, mais oui, tu avais décidé de nous laisser une chance.
- Merci.
- Pourquoi?
- Pour avoir été honnête.
- Always, sourit-il. Maintenant... Si tu préfères que nous annulions ce rendez-vous, je le comprendrais. J’aurais dû tout te dire avant de te le proposer.
Chapitre cent-six
- Vous m’en aviez déjà beaucoup dit hier, répondit Kate, si vous m’en aviez dit plus, j’en aurais certainement oublié la moitié.
- Vos troubles de la mémoire... J’oubliais, plaisanta Castle. Alors? Que fait-on?
- Je pensais que vous auriez tout prévu! Après tout, c’est vous, qui m’avez invitée.
Il sourit franchement, heureux qu’elle ne renonce pas à leur rendez-vous et lui tendit le bras galamment. Elle attrapa son trench-coat et se saisit du bras qu’il lui offrait.
Il commença par l’emmener boire un verre dans un endroit qui devait servir aux événements mondains tant il était vaste et décoré à la dernière mode.
Kate semblait vraiment le découvrir pour la première fois. Cette première madeleine de Proust n’était sans doute pas suffisamment puissante pour causer le déclic espéré par Castle.
- Eh ben! C’est pas un peu too much pour un apéritif? Demanda Kate en se tournant vers lui.
- Rien n’est too much quand il s’agit de la femme de ma vie, déclara-t-il sérieusement. Qu’est ce que tu voudras boire?
- Euh... Un jus de fruit, répondit Kate gênée.
- Sérieusement?
- Je n’ai plus de raison de boire de la grenadine, répondit-elle avec un sourire complice.
- Et sans vouloir te vexer, tu es suffisamment âgée pour boire autre chose qu’une boisson pour enfant...
- C’est que je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis l’accident. Et puis de toute façon, je n’ai aucune idée de ce qui me plaisait en la matière...
- Je vois... Nous nous contenterons donc d’un seul verre, que je me charge de choisir pour toi. Tu me fais confiance?
- Oui, mais je dois vous avertir que mon amie Lanie a son téléphone à portée de main et qu’elle m’a demandé de vous dire que s’il m’arrivait quoique ce soit ce soir, elle vous ferait goûter de ses scalpels.
- La confiance règne, tiqua-t-il. Enfin, c’est de bonne guerre.
Il l’aida à s’installer sur l’un des tabourets près du bar et passa commande auprès de serveur. Celui-ci leur apporta deux verres de vin rouge quelques minutes plus tard.
- Du vin? S’étonna Kate.
- Techniquement c’est du jus de fruits fermenté, sourit-il. Il vient de France. Vous m’en direz des nouvelles! On trinque?
- Si vous voulez. À quoi trinquons-nous?
- Au fait que tu sois là devant moi, en bonne santé malgré les épreuves que nous avons traversées.
- Aux secondes chances, déclara Kate en levant son verre.
Rick l’imita en souriant. Elle porta le verre à ses lèvres et en but une gorgée. Elle sembla l’apprécier, finalement certains de ses goûts étaient restés les mêmes.
- Alors? Demanda-t-elle en reposant son verre. Pourquoi sommes nous ici?
- C’est ici que nous nous sommes rencontrés. C’était la soirée de lancement du dernier tome de la saga Derrick Storm. J’étais dans une mauvaise passe, écrire ses aventures m’ennuyait, le monde dans lequel j’évoluais m’ennuyait et c’est là que tu es apparue. Tu m’as mis ta plaque sous le nez et tu m’as embarqué au poste pour m’interroger sur des meurtres qui s’inspiraient de mes romans. J’ai été immédiatement subjugué.
Elle l’écouta lui raconter en détails leur première enquête, fascinée par son talent évident pour raconter des histoires. Rick l’emmena ensuite dîner au restaurant, elle fut soulagée de découvrir qu’il s’agissait d’un endroit collet monté que l’endroit qu’ils venaient de quitter.
- Chez Remy’s, lut-elle sur la devanture. Laissez moi deviner, notre premier rendez-vous?
- Pas vraiment, expliqua-t-il en lui ouvrant la porte, ce jour-là, une journaliste qui avait mal interprété mes paroles avait publié dans son journal que nous étions ensemble, ce qui à mon grand regret n’était pas encore vrai. Tu m’as fait une de ces scènes quand tu l’as découvert! Tu étais tellement furieuse que tu as demandé à Lanie de t’arranger un rendez vous avec un pompier sauveur de petits chiens! Monsieur Juillet! Je déteste ce type. Ça m’a vexé, je suis sorti ce soir là avec la célibataire numéro trois du magazine à l’origine de notre dispute.
- Et vous voudriez que je me souvienne de cette dispute? S’étonna Kate.
- Je voudrais que tu te souviennes de toute notre histoire, répondit sérieusement Castle. Il n’y a pas une minute que je regrette parmi toutes celles que j’ai eu le bonheur de partager avec toi.
- Vous devez être un habile séducteur, déclara Kate.
- Le plus efficace! Il ne m’a fallu que deux ans pour te faire tomber sous mon charme irrésistible.
Elle ne put s’empêcher d’éclater de rire. Elle reprit tant bien que mal son sérieux et lui demanda:
- Et combien de temps suis je restée avec ce pompier?
- Vingt minutes à tout casser.
- Vingt minutes? Qu’est-ce qu’il s’est passé?
- Par le plus grand des hasards, nous avions donné nos rendez-vous dans le même restaurant, un restaurant hyper prisé et hyper romantique, le Dragon.
- Qu’est-ce qu’il s’est passé? Vous vous êtes battu avec le pompier?
- Non, nous étions sur une enquête, nous avons été incapables de ne plus y penser, nous avons laissé nos partenaires en plan tout juste après les entrées.
- Les pauvres!
- Ne les plaignez pas, ils ont passé une super soirée ensemble et je crois bien qu’ils se sont mis en couple par la suite.
- Et donc? Cette enquête?
- On a eu le méchant et on s’est retrouvés affamés au milieu de la nuit. C’est là, que j’ai eu l’idée de te proposer de venir manger ici chez Remy’s.
- Et c’est là que nous sommes devenu un couple?
- Penses-tu! Je ne savais vraiment pas comment m’y prendre avec toi, soupira Castle. J’ai même cru à un moment que j’allais rester coincé dans la friend zone pour toujours!
- C’est bizarre, vous êtes plutôt mignon pourtant...
- À croire que je deviens maladroit quand il s’agit de quelqu’un qui compte vraiment pour moi.
Ils passèrent un très agréable moment à déguster les mêmes hamburgers et milkshake qu’ils avaient avaient choisis ce soir-là. Castle lui racontant de nouvelles anecdotes sur leur partenariat qu’elle écoutait avec une curiosité non dissimulée. Remarquant qu’elle fatiguait, il décida qu’il était l’heure de rentrer. Elle n’avait pas eu de souvenir de son passé, mais semblait avoir apprécié cette soirée, aussi espérait-il qu’elle accepterait un autre rendez-vous.
Lorsqu’ils sortirent, la neige s’était mise à tomber à gros flocons et une fine pellicule blanche commençait à recouvrir le trottoir.
- Les taxis vont être plus difficiles à trouver, constata-t-il.
- On peut marcher un peu, répondit Kate.
- Non, tu es fatiguée! Il vaut mieux rentrer.
- Ah non ! S’il te plaît, ne commence pas! Pas toi! Tous les jours j’entends Lanie, mon père, Roger ou les gars me dire ce que je peux faire ou pas, ou qu’il faut que je me repose! J’en ai vraiment marre! Je suis capable de définir mes limites!
Chapitre cent-sept
Rick ne répondit pas tout de suite, touché par ce tutoiement soudain et comprenant parfaitement son agacement. Combien de fois avait-il été exaspéré par l’excès d’attentions et de précautions de sa mère et de sa fille suite à sa crise cardiaque.
- Pardon, murmura-t-il en lui proposant son bras. Marchons un peu.
- Merci, souffla-t-elle en prenant son bras et en s’appuyant contre lui.
- Always, sourit-il.
Il marchèrent un bon moment en silence, Rick savourait le temps passé auprès de Kate tandis que cette dernière cherchait à comprendre pourquoi elle se sentait si bien à ses côtés. Peut être qu’il n’y avait rien à comprendre après tout. Si l’ancienne Kate avait choisi de se mettre en couple avec lui, c’était qu’elle l’aimait. Et si aujourd’hui elle se sentait aussi bien à ses côtés, cela signifiait simplement que contrairement à sa cervelle, son coeur lui n’avait rien oublié.
Les flocons de neige, peu à peu, se faisaient de plus en plus gros, rendant le trottoir plus glissant pour la plus grande joie de Castle car Kate s’agrippait plus fortement à son bras.
- Alors... Commença-t-elle au bout d’un moment. Comment a démarré notre couple?
- Oh! Ça, c’était épique! Nous étions sur une enquête très dangereuse, les gars étaient aux mains d’un tueur à gage, nous étions leur seul espoir. Seulement il y avait un garde devant leur planque... C’est là que j’ai eu l’idée de nous faire passer pour un couple amoureux et un peu éméché afin de lui faire baisser sa garde.
- Et ça a marché?
- Au début pas vraiment, le garde n’était pas dupe. Tu étais déjà prête à sortir ton flingue pour foncer dans le tas, ce qui était un peu suicidaire. C’est là que je t’ai embrassée.
- Vous rigolez? Vous m’embrassez par surprise et je vous tombe dans les bras?
- N’empêche que ça a suffit à ôter les soupçons du garde. Et voyant que ça marchait, tu m’as embrassé à ton tour. C’était incroyable, le meilleur baiser de ma vie, répondit Castle rêveur.
- Et ensuite?
- Ensuite, alors que j’avais complètement oublié pourquoi nous étions là, tu as sorti ton flingue, assommé le garde. Ensuite on a sauvé les gars et chacun est rentré chez soi.
- Oh! C’est un peu triste pour vous.
- Pourquoi pour moi?
- Bah, ce baiser n’était pas si extraordinaire que ça pour moi, puisque nous sommes rentrés chacun chez nous...
- Oh! Mais c’est parce que tu étais en couple avec le docteur mobylette à l’époque. Tu es une femme fidèle, pour toi ce baiser n’était qu’un stratagème pour distraire le garde, rien de plus.
- Le docteur mobylette? Je le connais encore?
- Il s’appelle Josh Davidson. Tu n’aimais pas que je l’appelle docteur mobylette, mais que veux tu, j’étais jaloux.
- Je ne connais personne de ce nom...
- Il doit être loin d’ici, en train de sauver le monde, expliqua Rick. Il travaille souvent pour Médecins sans frontières... Ça me coûte de dire ça, mais c’est un type sympa.
- De toute façon, je suis bien contente qu’il soit loin d’ici! Déclara Kate.
- Ah bon?
- J’en ai marre des médecins. J’en vois beaucoup trop depuis des mois, répondit-elle. Je préfère de loin passer du temps avec un charmant conteur.
- Oh! Fit Rick touché.
- Et alors? Comment a-t-on fait pour finir ensemble?
- Eh bien, aucun de nous ne parvenait à oublier ce baiser et finalement nous nous sommes mis en couple et tu as rompu avec le docteur mobylette.
- Décidément notre histoire n’est pas banale, déclara Kate pensive. J’aimerais tellement m’en souvenir.
- Tu y arriveras, assura Castle.
- Alors ça... J’en doute. Ça fait des mois que j’essaye de me rappeler et tout ce que j’obtiens ce sont des maux de tête.
- J’ai quelques photos sur mon portable, dit-il en lui tendant son téléphone. La plupart d’entre elles ont été prises pendant notre séjour à L.A. Tu peux les regarder si tu veux.
Elle le remercia et fit défiler les photos. Il était indéniable qu’ils semblaient très heureux sur ces clichés.
Elle commença à frissonner. Il commençait à faire vraiment très froid.
- Je vais appeler un taxi, il vaut mieux que nous rentrions avant de finir en versions géantes de Mr Freeze, dit l’écrivain en lui prenant les mains pour les réchauffer.
Ce fut alors qu’un chauffard en voiture roulant beaucoup trop vite fit une embardée. Rick eut tout juste le temps de pousser Kate contre le mur de l’immeuble derrière eux pour éviter le véhicule, qui après avoir percuté plusieurs poubelles et boites à journaux, reprit sa route comme s’il ne s’était rien passé.
- Encore un inconscient au volant! Marmonna Castle avant de poser son regard sur Kate.
Il put lire la panique dans le regard de sa muse, qui s’était figée et respirait difficilement.
- Kate! Murmura-t-il, tout va bien...
Incapable de répondre, le regard de Kate allait de part et d’autre de la rue. La panique laissait la place à la terreur. Démuni, Castle se souvint d’un documentaire médical qu’il avait vu à la télé. Cela parlait des crises de paniques engendrées par le stress post traumatique. Il fit la seule chose qui lui sembla censée et la serra dans ses bras.
L’odeur de Castle et la chaleur de ses bras eurent un effet rassurant sur Kate, qui se calma peu à peu.
Ils restèrent ainsi durant de longues minutes, Rick n’osant pas la lâcher, Kate reprenant peu à peu ses esprits.
Un taxi tourna à l’angle de la rue, Castle lui fit signe de s’arrêter. Délicatement, il entraîna Kate vers le véhicule et l’aida à s’y installer. Puis il donna l’adresse de la jeune femme au chauffeur.
Kate demeura silencieuse tout le long du chemin, blottie contre lui.
- Je suis désolée, murmura-t-elle lorsqu’ils arrivèrent devant la porte de chez elle. J’ai gâché la soirée.
- Pas du tout! C’est ce chauffard qu’il l’a gâchée! Rectifia Castle. Il m’a fichu une de ces peurs!
- Inutile d’essayer de me rassurer, souffla Kate. Je n’arrive pas à contrôler mes angoisses dans la rue...
- Alors là, je ne suis pas d’accord! Tu ne me semblais pas du tout stressée pendant notre promenade! Tu n’avais même pas peur de tomber malgré la neige qui transformait le trottoir en patinoire!
- Vous êtes gentil, mais je sais que je panique sans raison dès que j’entends le bruit d’une voiture.
- Ne sois pas trop sévère avec toi, là, n’importe qui aurait paniqué. Moi le premier!
- Mais vous n’avez pas paniqué.
- Tu rigoles? Mon caleçon a bien failli finir en zone sinistrée tellement j’ai eu peur!
Chapitre cent-huit
Kate le regarda un instant médusée avant d’éclater de rire, ce qui rassura Castle, la crise de panique était bel et bien passée.
- Vous tournez toujours tout en dérision comme ça? Demanda-t-elle lorsqu’elle eut retrouvé son sérieux.
- C’est un automatisme de défense, répondit-il.
- Je vois, allez, je vous offre un verre pour vous aider à vous remettre de vos émotions, suggéra-t-elle.
- Volontiers! Se réjouit-il en la suivant à l’intérieur.
Ils s’installèrent donc dans le salon de Kate, discutant de longues heures durant, aucun d’eux ne parvenant à se décider à mettre fin à cette soirée.
Pour la première fois depuis des mois, personne ne leur demandait s’ils étaient fatigués ou s’ils ressentaient une quelconque douleur quelque part et cela leur faisait un bien fou.
De plus, Rick n’avait aucune envie de quitter celle qui lui manquait atrocement depuis huit mois. Si ses problèmes de santé lui avaient appris une chose, c’était que plus jamais, il ne pourrait imaginer sa vie sans elle. Évidemment, pour elle il n’était qu’un étranger de plus qui lui expliquait à quel point ils étaient liés avant son accident. Pourtant il ne pouvait s’empêcher de penser que quelque part, elle se souvenait de lui. Elle aurait pu mettre fin à cette soirée depuis bien longtemps, elle aurait pu ne pas accepter ce rendez-vous, elle aurait pu laisser Ryan et Esposito le flanquer à la porte du poste de police. Mais elle n’en avait rien fait, au contraire, elle s’intéressait à lui et cherchait à tout savoir de leur histoire. La nouvelle Kate comme elle le disait souvent avait énormément de points communs avec l’ancienne Kate.
Au bout d’un moment, la jeune femme cessa de poser des questions. Il tourna la tête et découvrit qu’elle était endormie. Délicatement, il la souleva pour la porter dans son lit afin de s’assurer qu’elle ne soit pas percluse de courbatures le lendemain matin. Il revint ensuite au salon, où il s’installa dans le canapé pour la nuit après avoir pris soin d’envoyer un message à sa fille et à sa mère.
Il fut réveillé quelques heures plus tard par la sonnerie de son téléphone. Émergeant difficilement du sommeil, il lui fallut quelques secondes pour se rappeler l’endroit où il se trouvait et décrocher.
- Castle, annonça-t-il la voix endormie.
-:Désolé de te réveiller, vieux, mais c’est important.
- Esposito? Vous avez du nouveau sur l’affaire de l’accident de Beckett? Comprit aussitôt l’écrivain.
- On a retrouvé la voiture! La scientifique est en train de la passer au peigne fin.
- Mais c’est formidable! Comment avez-vous fait?
- Ça, c’est grâce au nouveau super héros qui veille sur la ville, expliqua la voix de Ryan non loin d’Esposito.
- Arrête de dire des bêtises ! Râla le latino.
- Le nouveau super héros? Répéta Castle intrigué.
- L’autre soir on a retrouvé un type assommé dans une ruelle près du poste. Un sacré lascars! Quand on a cherché à connaître son identité, on a trouvé un casier judiciaire long comme le bras, expliqua Esposito. Vol, recel, agressions à l’arme blanche... On pense qu’il est tombé sur plus fort que lui quand il a essayé de détrousser une autre personne...
- Quel rapport avec la voiture? Demanda Castle en se dirigeant vers la cuisine pour préparer le café.
- C’est là que ça devient intéressant, en fouillant les diverses adresses qu’il utilisait, on a trouvé la voiture dans un garage miteux. Il allait certainement la désosser pour la revendre en pièces détachées ou la maquiller pour la revendre.
- Je vois. Je serai au poste dans moins d’une heure, répondit Castle.
- Prends ton temps, il faut qu’on s’assure que Beckett ne sera pas au poste à ce moment là ou qu’on trouve un autre endroit pour discuter tranquillement.
- Mais elle a le droit de savoir, répliqua Castle indigné.
- Pas question qu’elle soit au courant, tu la connais, elle va prendre cette affaire beaucoup trop à coeur.
- Si elle le découvre, elle sera furax, répondit Castle. Le mieux, c’est de tout lui dire et de prévenir le capitaine également.
- Tu crois?
- Je pense que vous avez caché beaucoup trop de choses à Beckett, appuya l’écrivain. Continuez comme ça et vous fêterez Noël à l’hôpital. Et puis ce sera plus facile de veiller à ce qu’il ne lui arrive rien si elle est à nos côtés pendant l’enquête.
- Ouais... soupira Esposito. Euh... Tu peux t’occuper de la mettre au parfum? Ryan et moi ne sommes pas en odeur de sainteté auprès d’elle.
- Pas de problème. Je m’occupe de Beckett.
Après avoir raccroché, Castle se dirigea vers la chambre de Kate. Bien résolu à ne plus rien lui cacher, il redoutait tout de même sa réaction.
Il frappa quelques coups discrets contre la porte de la chambre de la jeune femme. Au bout de quelques tentatives sans réponse, il ouvrit doucement la porte pour découvrir le lit de cette dernière vide.
- Allons bon, v’là autre chose marmonna-t-il avant de l’appeler. Kate? Kate? Où es tu?
Il fit le tour de l’appartement sans la trouver. Il commençait à paniquer lorsqu’il la découvrit confortablement installée au milieu d’un tas de coussins sur l’échelle de secours.
- Hey! Lança-t-elle en l’apercevant. Bien dormi? J’espère que le canapé n’était pas trop inconfortable.
- Non, ça va! Il est bien mieux que ta voiture!
Elle fronça les sourcils ne comprenant pas de quoi il voulait parler.
-:Ta Crown Victoria! Ne me dis pas que tu ne l’as plus! Tu adorais ce tas de boue! J’avais honte de faire monter des suspects dedans!
- Non, je l’ai toujours, rit-elle. J’oubliais que vous saviez tout de moi.
- Et... Euh... sinon? Qu’est-ce que tu fais là?
- Je prends l’air.
- Tu vas geler oui! Ça fait longtemps que tu es là?
- Un moment. Vous dormiez si bien, je n’ai pas voulu prendre le risque de vous réveiller en préparant le petit déjeuner.
- Tu sais que la plupart des gens dorment la nuit?
- Ça... Soupira-t-elle en se levant, il faut croire que j’ai dépassé mon quota de sommeil pendant mon coma. Je n’arrive jamais à dormir plus de quatre heures d’affilée.
- Je vois... Allez, rentre, j’ai préparé du café et il faut que nous nous préparions pour aller au poste.
- Oh... Pourquoi? Souffla-t-elle. Je pensais appeler le capitaine et prendre ma journée. On aurait pu aller se promener dans le parc et discuter encore de tout ce que j’ai oublié.
- Cette proposition est très tentante, mais il y a du nouveau au sujet de ton affaire et je pensais que tu voudrais enquêter avec les gars.
- Mon affaire?
- Ils ont retrouvé la voiture qui t’a percutée, expliqua Castle. Mais si tu préfères prendre ta journée, ton choix sera le mien.
Elle le dévisagea un instant avant de lui demander.
- Tu es bien le premier à me parler de cette enquête. Tu n’as donc pas peur que je m’écroule ou que je fasse n’importe quoi?
Chapitre cent-neuf
- Je te fais confiance, expliqua-t-il simplement.
- Mais... Tu ne sais rien de mes blessures, de mes séquelles... Je suis certaine que la première réaction des gars ça a été de te demander de t’assurer que je serai sagement occupée ailleurs.
- Tu les connais bien, c’est en effet ce qu’ils ont voulu faire, mais ne leur en veux pas trop, ils l’ont eue dure quand tu as eu cet accident...
- Ne les défends pas! Ils ont dépassé les bornes avec toi et je leur en veux toujours beaucoup, bougonna Kate.
- Tu as raison, je leur en veux énormément! Et je te promets que nous trouverons un excellent moyen de nous venger.
- Je préfère ça! Sourit Kate. Mais ça ne réponds pas à ma question. Tu ne m’as pas vue depuis huit mois, tu n’as aucune idée de mes capacités. Comment peux-tu me faire confiance comme ça?
- Je peux te retourner la question, déclara-t-il sérieusement. Tu m’as laissé dormir chez toi alors que je suis un inconnu pour toi. De nous deux, c’est toi qui as pris le plus de risques!
- Touchée. Disons que tu as une bonne tête.
- Une bonne tête? Tu laisses un inconnu dormir chez toi parce qu’il a une bonne tête? Tu sais que ça existe les psychopathes mignons?
- Je dors avec mon flingue, déclara-t-elle sérieusement.
- Comme quoi tu n’as pas perdu tes bonnes habitudes, sourit-il en l’aidant à passer par la fenêtre.
- En attendant, je repose ma question, pourquoi tu ne flippes pas à l’idée qu’il m’arrive quelque chose si tu tiens à moi comme tu le dis? Tous ceux qui disent se soucier de ma santé me laissent à peine utiliser l’ouvre boîte. D’où vient cette incroyable confiance en ma capacité à rester tranquille et à ne rien faire de dangereux pour ma santé?
- J’ai déjà commis l’erreur de ne pas te faire confiance et je m’en suis mordu les doigts pendant des mois. Alors, étant donné que je t’aime et que je n’ai pas envie de te perdre à nouveau à cause de mon manque de confiance en toi... Eh bien...euh... je te fais confiance!
- Mhm... Ça se tient, sourit-elle.
- Et puis je ne laisserai rien de fâcheux t’arriver.
Ils prirent leur café et un solide petit déjeuner. À la grande surprise de Castle, les placards et le réfrigérateur de Kate étaient pleins. La jeune femme lui expliqua alors que son père venait régulièrement la réapprovisionner afin qu’elle n’ait pas à porter ses sacs de courses.
Au poste de police, Ryan et Esposito redoutaient la réaction de Kate. Bien que les arguments de Castle fussent recevables, l’idée que cette affaire ne tourne mal et que Beckett devienne ingérable ou pire, qu’elle soit de nouveau blessée, les rendait nerveux.
- Où en est-on avec le suspect? Demanda le capitaine Gates en s’approchant d’eux.
- Les médecins ont autorisé sa sortie de l’hôpital, annonça Esposito. Ses blessures n'étaient Pas si graves que ça.
- Karpowski et L.T sont allés le chercher, ajouta Ryan.
- Bien. Une idée de l’identité de la personne qui l’a mis dans cet état? Demanda Gates.
- Non. Personne n’est venu se faire soigner dans l’un des hôpitaux de Manhattan et aucune plainte pour agression n’a été enregistrée pour la soirée d’avant-hier, expliqua le latino.
- Normal, on n’imagine pas Batman, Superman ou Spiderman venir se faire soigner ou porter plainte, expliqua sérieusement Ryan. Ils se soignent dans le leurs repaires secrets avec leurs supers gadgets.
- C’est vous que je vais envoyer se faire soigner, grinça Gates.
- Peut être que la personne en question n’a pas été blessée, supposa Esposito.
- Étant donné que la scientifique a trouvé des traces de sang qui n’appartenaient pas à notre suspect, on est en droit de supposer qu’il a réussi à blesser son agresseur, dit le capitaine Gates.
- Dans ce cas, ça devait être superficiel et la personne s’est soignée elle même.
Entendant la sonnerie de l’ascenseur, ils tournèrent tous les trois la tête dans sa direction et aperçurent Beckett tout sourire, qui venait d’arriver avec Castle.
- Eh bien, constata Gates, au moins l’annonce de la découverte de la voiture ne l’a pas perturbée outre mesure.
- C’est Castle, expliqua Ryan. Il a toujours été le seul capable de l’apaiser.
- C’est à se demander pourquoi vous avez essayé de le mettre à la porte l’autre jour, répondit le capitaine Gates.
- Bonjour! Lança Kate en arrivant près d’eux. Il paraît qu’on a enfin avancé dans mon affaire.
- À ce propos, l’avertit le capitaine, comme il s’agit de la tentative de meurtre dont vous avez été victime, vous comprenez bien que vous ne pouvez pas la diriger, n’est-ce pas?
- Tout à fait, chef, assura Kate surprenant ainsi ses collègues et Castle.
- Parfait, sourit Gates heureuse de retrouver son lieutenant calme posée et surtout raisonnable.
- Quelle était la motivation du suspect? Demanda Castle.
- Il sort de l’hôpital, on va pouvoir le lui demander dans pas longtemps, répondit Ryan.
- Qu’est-ce qu’il faisait à l’hôpital? fit Beckett étonnée.
- Il est tombé sur plus fort que lui, expliqua Esposito. D’ailleurs il n’arrête pas de répéter que c’est lui la victime et qu’un malabar de deux mètres de haut s’en est violemment pris à lui alors qu’il se promenait tranquillement.
- C’est le karma, énonça placidement Ryan. Quand on passe son temps à braquer de faibles passants, tôt ou tard, un jour tu tombes sur plus fort que toi.
- D’où l’histoire du super héros qui arpente les rues de Manhattan pour redresser les tords, comprit Castle.
La sonnerie de l’ascenseur retentit une nouvelle fois, ce furent L.T et Karpowski qui en sortirent cette fois, escortant le suspect dont le nez était recouvert d’un énorme pansement.
- Quand on parle du loup! Ajouta le latino. On va tout de suite l’emmener en salle d’interrogatoire pour l’interroger.
- On va savoir d’où il tient cette voiture en deux temps trois mouvements promis Ryan déterminé.
- Mais puisque je vous dit que c’est moi la victime dans cette histoire! Protesta le suspect alors qu’il passait près d’eux entouré de ses gardes du corps.
Le son de sa voix provoqua un véritable choc dans la tête de Kate, qui se figea terrorisée. Les premiers vertiges arrivèrent rapidement tandis que sa respiration se faisait plus difficile. Elle avait beau reconnaître les symptômes de la crise de panique, elle était toujours incapable de mettre en place les techniques prônées par son psy pour la maîtriser.
À ses côtés, Castle, qui avait remarqué l’état dans lequel elle se trouvait l’entraîna dans la salle de réunion non loin de là.
- J’appelle Lanie, annonça Esposito qui avait également reconnu les symptômes d’une crise de panique.
- Attends! L’arrêta Ryan. Regarde!
Le latino tourna la tête dans la direction indiquée par son coéquipier. Castle avait posé ses mains en coupe de chaque côté du visage de Beckett et plongé son regard dans le sien. Peu à peu les tremblements de cette dernière cessèrent et elle repris pied avec la réalité.