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Trouble

Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.  » Minefuji 

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Chapitre cent-dix

 

Kate avait beau être amnésique, leurs conversations silencieuses étaient toujours aussi intenses. Leur connexion était évidente. 

- Comment il fait ça? Demanda Esposito.

- Je ne sais pas, mais tant que cette affaire ne sera pas bouclée, monsieur Castle ne quittera pas le lieutenant Beckett d’une semelle, c’est clair? Demanda le capitaine.

- Très clair!

- Allons interroger le suspect, lança Esposito en se levant.

- Mais et Beckett? Fit Ryan en le suivant.

- Elle est entre de très bonnes mains. Inutile de s’en faire pour elle.

Ryan jeta un regard vers Kate et Castle avant de suivre son collègue, en effet elle était en de très bonnes mains! 

Apaisée, Kate posa ses mains sur les poignets de Castle pour lui signifier que la crise était passée. Il remarqua alors le pansement qu’elle cachait sous les manches de son pull.

- Que t’est-il arrivé? Un accident d’ouvre-boite? Demanda-t-il inquiet.

- Oh... ça...

- Tu caches beaucoup d’autres pansements? 

- Non! C’est le seul! Je t’assure!

 

Bien décidée à se montrer aussi franche que lui, elle prit une grande inspiration et lui expliqua sa mésaventure lorsqu’elle avait quitté le poste seule après sa prise de bec avec les gars et le capitaine. Frissonnant à l’idée de ce qui aurait pu se produire, Castle ne lui fit cependant aucun reproche. Il comprenait parfaitement le sentiment de frustration qu’elle pouvait ressentir à chaque fois que son corps la trahissait de la sorte. 

- Voilà, termina-t-elle d’un air désolé. Je sais que tu aurais sans doute préféré que je te le dise, mais...

- Ça va, ça va! La coupa-t-il, je comprends. Ne t’en fais pas. 

- C’est vrai? Tu ne m’en veux pas?

- Bien sûr que c’est vrai! Assura-t-il. Bon, je mentirais si je te disais que je n’ai pas envie de lui refaire le portrait là tout de suite, mais non, je ne t’en veux pas de ne pas me l’avoir dit. D’ailleurs rien ne t’obligeait à me le dire, nous ne sommes que deux étrangers l’un pour l’autre... Enfin, je suis un étranger pour toi... Il est normal que...

Elle l’arrêta en posant un doigt sur sa bouche.

- Tu n’es pas un étranger pour moi, déclara-t-elle.

- Ah non?

- Non, assura-t-elle. Je ne me souviens toujours pas de toi ou des liens qui nous unissaient avant mon accident, mais je me sens bien en ta compagnie. Tu es important pour la nouvelle Kate.

- Je suis important pour la nouvelle Kate? Répéta-t-il avec un sourire niais.

 

Ils se perdirent de nouveau dans le regard l’un de l’autre, émus, quand Esposito arriva comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

- Bon, le type a trouvé la voiture abandonnée dans une ruelle il y a quelques jours, sans doute des gamins qui l’ont volée pour faire un rodéo. On va devoir chercher son propriétaire... Euh... J’interromps quelque chose? Demanda Esposito en se rendant compte de la gêne ambiante.

- Non! Assura Castle qui ne voulait pas embarrasser sa muse.

- Oui! Répondit Kate en même temps.

- Sérieux? Demanda Castle étonné avant de fusiller Esposito du regard.

- Euh... Je reviendrai alors... bafouilla le latino.

- Non! Ça va! Le stoppa Kate. Alors tu disais que la voiture n’est pas à lui?

 

Castle leva les yeux au ciel, se demandant ce que Kate pouvait bien avoir eu envie de lui dire de plus quand Esposito avait fait irruption dans la pièce.

 

- Vous allez le relâcher? Demanda Kate.

- Bah... On vérifie ce qu’il nous a raconté à propos de la voiture, mais s’il a dit vrai, on ne va pas pouvoir le garder en cellule, expliqua Esposito. Il n’a tué personne...

- Et au sujet de l’agression? Intervint Castle. On ne peut pas laisser un type aussi dangereux dans les rues! 

- Bah, on n’a que sa description et des types balèzes de deux mètres de haut, il y en a pas mal à NewYork. Alors tant que sa victime supposée ne porte pas plainte... Pour le moment c’est lui la victime dans l’histoire... Il veut même porter plainte! 

- La victime? S’étrangla Castle. Il veut porter plainte? Mais... Mais...

- Bah, techniquement on n’a aucune preuve qu’il a attaqué, expliqua le latino. Tant qu’on n’a que sa version, rien n’indique qu’il a attaqué quelqu’un...

- Il avait un couteau! Protesta Castle. Personne ne se balade tranquillement dans les rues avec un couteau! Taché du sang d’une autre personne qui plus est!

- Si ça se trouve c’est celui de son agresseur, comme il le raconte, répondit Esposito. 

- Et les caméras de surveillance? Demanda Castle. 

- Il n’y en avait pas dans la ruelle, mais on a demandé aux gars de l’informatique de récupérer les bandes de celle de la rue principale. Avec un peu de chance, on verra qui s’est dirigé vers la ruelle aux environs de l’heure de l’agression dont notre type dit avoir été la victime.

- Mais elle est là, sa victime! Annonça Castle.

- Quoi? Mais qui ça? Demanda Esposito. 

- C’est peut être moi, déclara Kate.

- Comment ça peut être? Tiqua Esposito.

- L’autre soir, quand je suis partie du poste... J’ai été agressée par un type, je me suis défendue et je suis partie en courant... C’est moi qui l’ai agressé.

- Tu t’es défendue, corrigea Castle. L’agresseur est dans la salle d’interrogatoire. 

- Tu as quoi? S’étrangla Esposito. Mais... et... Il t’a...? Tes...

- Du calme, souffla Kate, je vais bien et ça n’était pas de ta faute! 

- Lanie va me tuer...

- Si elle avait voulu te tuer ça serait déjà fait, déclara Kate. Elle est au courant, elle est passée chez moi ce soir là. 

- Il va falloir que tu fasses une déposition, déclara Esposito. 

- C’est que je ne me souviens plus trop de quoi il avait l’air, expliqua Kate. D’ailleurs je ne me souviens pas vraiment de ce qu’il s’est passé. 

- Tu ne te souviens pas de la tête du gars?

- Ma mémoire est loin d’être infaillible, tu le sais bien... soupira Kate.

- Ouais... Ce qui est certain, c’est que lui, ne s’en souvient plus du tout, répondit le latino. Un type de deux mètres, une armoire à glace! 

- On a les résultats d’analyse du sang trouvé sur notre suspect! Annonça Ryan en entrant à son tour. Et tu ne vas pas le croire...

- C’est le sang de Beckett, répondit le latino.

- Wah... Tu es fort en devinettes...

- Kate vient de le lui dire, intervint Castle. Tu es sûr que tu n’es pas surmené?

- Et si tu nous disais ce dont tu te souviens exactement? Demanda Esposito en se tournant vers Kate.

Beckett leur raconta les détails de son agression dont elle se souvenait. Rien dans son récit ne semblait indiquer que l’agression avait été préméditée, du moins c’est ce qu'espéraient Castle et les gars, car retrouver la voiture qui avait percuté la jeune femme chez celui qui venait de l’agresser avait de quoi leur faire peur.


Minefuji  (12.04.2019 à 19:07)

Chapitre cent-onze

 

Castle échangea un regard inquiet avec Ryan et Esposito. Était-ce possible qu’il ne s’agisse là que d’un malheureux hasard? 

- Arrêtez de flipper, déclara subitement Beckett. Il ne s’agit pas d’un contrat! 

- Qu’est ce que tu en sais? Demanda Esposito.

- C’est vrai, c’est troublant, déclara Ryan. Le type qui t’a agressée a la voiture qui t’a percutée dans une de ses planques...

- Si ce gars était vraiment un tueur à gage, je ne serai plus de ce monde, répondit Beckett.

- Elle a raison, intervint Castle. Qu’il rate son coup une fois, ça peut arriver, mais deux fois! Il peut se reconvertir, jamais il n’aura d’autres contrats!

- Ouais... Il faudrait tenter une identification, suggéra finalement Esposito.

- Non, réfuta Ryan, tu as bien vu la crise de panique que Beckett a eue quand il est arrivé tout à l’heure.

- Je peux le faire, assura Kate.

- Si tu refais une crise et que tu te blesses, commença Esposito.

- Il ne m’arrivera rien du tout, je vais gérer! 

- Et puis elle sera derrière le miroir sans tain, ajouta Castle. 

 

À court d’arguments, les gars acceptèrent et la séance d’identification fut organisée. Le sang froid dont fit preuve Kate força une fois de plus l’admiration de Rick. Elle prit le temps d’être certaine de ce qu’elle affirmait. 

 

- Bon, déclara Ryan, je pense qu’avec ce qu’on a et ta déposition, on peut le mettre en état d’arrestation.

- Enfin une bonne nouvelle, se réjouit Castle. Quelle est la prochaine étape?

- On attend les résultats de la scientifique, annonça Esposito.

- Quoi? Mais...

- Ça fait des mois qu’on est sur cette enquête, expliqua Ryan. Tu penses bien qu’on a déjà fait tout le reste!

- Et qu’est ce qu’on fait en attendant? Demanda l'écrivain.

- Nous, on va faire la paperasse concernant l’agression de Beckett, tu n’as qu’à aller te faire un café en attendant.

Déçu, Castle se dirigea vers la salle de pause, tandis que Kate et les gars s’installaient dans la salle de réunion. Rick se sentait frustré de ne pas avoir avancé davantage dans l’enquête. Certes l’agresseur de Kate était derrière les barreaux, mais le mystère de la provenance de la voiture demeurait entier. 

il ruminait devant sa tasse de café, quand Kate le rejoignit un peu plus tard. 

- Hey! Fit-elle joyeuse.

- Hey, répondit-il avec un sourire de convenance.

- Ça ne va pas?

- Si! Ça va! Bien sûr que ça va! Pourquoi ça n’irait pas?

- Parce que tu t’inquiètes.

- Je ne m’inquiète pas! 

- Castle! Soupira Kate. Ça fait huit mois que les gens autour de moi s’inquiètent! Je sais reconnaître quelqu’un qui s’inquiète. Alors?

- Je m’inquiète parce qu’on n’a pas avancé sur cette histoire de voiture... Avoua-t-il.

- La scientifique ne va pas tarder à nous donner ses conclusions, répondit Kate confiante. Je suis sûre que demain nous aurons de nouveaux éléments qui nous conduiront au coupable.

- Demain... soupira Castle.

- Tu devrais peut être  rentrer chez toi... Ta famille va s’inquiéter.

- Elles m’arracheraient les yeux si je te laissais seule en de telles circonstances. Tu ne t’en souviens pas, mais elles t’aiment beaucoup.

- Oh... Dans ce cas ne me laisse pas, répondit-elle en lui prenant la main.

D’abord étonné, il resta d’abord sans voix un petit moment avant de lui répondre.

- Sérieusement? 

- À moins que tu n’aies pas envie de rester avec moi! 

- Évidemment que j’ai envie de rester avec toi! Je suis malade quand je ne sais pas où tu es! 

- Bien! Dans ce cas, allons-y! 

- Où donc?

- Chez moi! Je suis vannée! On prendra quelque chose pour le dîner en passant. Qu’est ce qui te fais envie? Chinois? Indien? Italien?

- Euh... On pourrait passer chez l’authentique Nick le fantastique...suggéra Castle.

- Allons chez Luigi plutôt! J’ai entendu dire qu’on avait trouvé un cadavre dans le four de chez l’un des Nick, mais je ne sais plus si c’était l’authentique ou le fantastique...

- C’était l’authentique, répondit Castle. Nous étions sur l’enquête! Mais tu as raison, passons chez Luigi, c’est meilleur!

 

Ravie de cette réponse, Kate ramassa ses affaires et quitta le poste suivie par Castle, qui se réjouissait de ne pas avoir à ramer pour passer de nouveau une nuit en compagnie de Kate.

Cette dernière était de si bonne humeur, qu’elle salua gentiment les gars avant de partir. 

Ces derniers en furent sidérés.

- Ça alors! On dirait qu’elle ne nous en veut plus, se réjouit Esposito.

- C’est l’effet  Castle! T’as vu comme elle rayonne? Répondit Ryan. Ça faisait des mois qu’on ne l’avait pas vue comme ça! Et la façon dont il a calmé sa crise de panique tout à l’heure...

- Ouais... J’ai vu... Marmonna Esposito. Si tu savais ce que je m’en veux...

 

********

 

Castle voulut appeler un taxi, mais Kate préféra faire un bout de chemin à pieds, histoire de profiter au mieux de chaque instant passé aux côtés de l’écrivain. Ils flânèrent donc dans les rues, discutant gaiement comme si rien ne les avait jamais séparés.

 

- Ça va? Tu n’as pas trop froid? Demanda Rick lorsqu’ils entrèrent dans l’appartement de Kate. 

- Non, ça va très bien! J’ai passé un excellent moment! Et toi tu as froid?

- Bah... C’est que les températures sont nettement en dessous de zéro... Mais j’ai adoré partager cette balade frigorifique avec toi, répondit Castle  en déposant les paquets de chez Luigi sur la table de la cuisine. Oh! Tiens! Mes doigts sont encore là finalement! 

 

Sans un mot, elle lui prit les mains et souffla dessus pour les réchauffer. Elle était si proche, qu’il pouvait sentir les effluves de son shampoing à la cerise. Ce parfum... Oh! Il fallait qu’il pense à autre chose ou il ne saurait pas rester un gentleman!

- Alors, euh... Tu veux manger tout de suite, ou tu préfères attendre un peu? Demanda-t-il pour changer de sujet.

- Je n’ai pas très envie de dîner là tout de suite... Répondit-elle en s’approchant de lui.

- Ah Non? Et... De quoi... As-tu envie? Bafouilla-t-il en remarquant la flamme du désir qui s’était allumée dans son regard.

- Toi, répondit-elle en piquant un baiser sur ses lèvres.

Devant l’absence de réaction de Rick, elle recommença plusieurs fois. Il eut toutes les difficultés du monde à ne pas se jeter sur elle tant il la désirait. Au prix d’un énorme effort de self contrôle, il s’écarta d’elle. Elle le dévisagea surprise.

- Castle, ça va?

- Hein?

- Tu as l’air bizarre. Tu ne vas pas bien?

- Si... Euh... Je classe mentalement mes CD par ordre alphabétique.

- Tu quoi? Mais pourquoi tu fais ça?

- Pour me calmer... Je ne sais pas si tu t’en rends compte, mais tu es incroyablement sexy...

Elle éclata de rire avant de se reprendre:

- Castle, je t’ai embrassé! Si ça ne t’avait pas fait d’effet, j’aurais été un peu vexée...

- Ce n’est pas très raisonnable, souffla-t-il. Tu ne te souviens pas de moi.

- Et je ne m’en souviendrai peut être jamais, répondit-elle doucement. Ce que je sais, c’est ce que je ressens maintenant et ce dont j’ai envie maintenant.


Minefuji  (13.04.2019 à 20:23)

Chapitre cent-douze

Kate avait l’air vraiment sûre d’elle et de ce qu’elle avançait. Si lui avait des doutes, elle n’en avait aucun.

- Mais... J’aurais l’impression de profiter de ton amnésie... déclara-t-il ennuyé. 

- Tu ne profites de rien puisque je fais le premier pas, rétorqua-t-elle. Et puis... techniquement... tu es encore mon petit ami... puisque nous n’avions... pas rompu... C’est naturel pour un couple...

Elle avait recommencé à l’embrasser pour lui faire comprendre qu’elle était on ne peut plus sérieuse et décidée à franchir une étape avec lui.

- Kate... souffla-t-il au comble de la douleur. Je ne peux pas faire ça... 

- Tu ne veux pas de moi? Demanda-t-elle déçue.

- Qu’est ce que c’est que cette question? Bien sûr que je veux de toi! Je t’aime! Mais... Tu es amnésique, je suis un inconnu pour toi! J’aurais l’impression de profiter de toi et ça...

Elle posa un doigt sur sa bouche pour l’arrêter.

- Tu n’es pas un inconnu pour moi, assura-t-elle. Certes, je suis amnésique et j’ai oublié les années de notre partenariat et notre histoire, mais je me sens tellement bien avec toi que j’ai l’impression de te connaître depuis toujours. L’ancienne Kate ne reviendra peut être jamais, mais la vie ne s’arrête pas là. Et ce que je sais, c’est que je me sens bien avec toi, mieux qu’avec n’importe qui d’autre.

Elle déposa un doux baiser à la commissure de ses lèvres avant d’ajouter:

- La nouvelle Kate a envie d’être avec toi, ça compte ça, non?

- Oh oui, bien sûr que ça compte!

Incapable de lutter contre son désir, il l’embrassa doucement d’abord, puis la passion l’emporta sur la raison. Il enroula ses bras autour de sa taille et la souleva pour venir l’asseoir sur le plan de travail. Elle passa ses bras autour de son cou, se lovant contre lui tandis qu’il la dévorait de ses baisers passionnés. Il l’embrassait comme si sa vie en dépendait et les petits soupirs de plaisir qui émanaient d’elle ne faisaient que décupler son besoin d’elle.

Il faisait courir ses mains le long de son dos et de ses reins tandis qu’elle se collait contre son torse comme pour se fondre en lui. Il avait l’impression que son coeur allait exploser tant il la désirait. 

- Je t’aime tellement, susurra-t-il contre ses lèvres.

Pour toute réponse, elle l’embrassa passionnément, sa langue entraînant celle de son écrivain dans un ballet endiablé.

Il lui ôta son pull et s’arrêta net devant les cicatrices qu’il découvrit. Elle plaça aussitôt ses bras devant elle pour les cacher.

- Non...  murmura-t-il, laisse-moi te voir... 

Leurs regards se croisèrent et ses complexes s’envolèrent. Il n’y avait que de l’amour dans son regard. De l’amour et du désir. Délicatement, il caressa ses cicatrices du bout des doigts. 

- Je vais bien, murmura-t-elle consciente de ce à quoi il songeait. 

Elle l’embrassa de nouveau et déboutonna sa chemise pour venir se coller contre lui afin de mieux sentir sa chaleur. Il passa ses bras sous ses fesses et la souleva , elle enroula ses jambes autour de lui pour se laisser transporter jusqu’à sa chambre.

Il termina de la déshabiller au bord de son lit et ils s’embrassèrent de nouveau. Ils n’étaient plus que caresses, baisers et passion. 

Être dans les bras de Castle était une évidence pour Kate. Elle se sentait à sa place, complète. Leurs corps étaient en parfaite harmonie l’un contre l’autre. Leurs regards se happèrent lorsqu’ils atteignirent l’orgasme en même temps.

Haletants, ils restèrent blottis l’un contre l’autre, en silence, savourant l’instant présent. Lorsque sa respiration fut redevenue calme et naturelle, Kate roula sur le côté pour se hisser sur le coude et le regarda amoureusement. 

Délicatement, il écarta une des mèches collées sur son front. Il semblait tellement ému, qu’il en avait les larmes aux yeux.

- Tu regrettes? Demanda-t-elle.

- Jamais! Assura-t-il en se redressant à son tour. Et toi, tu regrettes?

- Absolument pas, répondit-elle tout sourire en se penchant vers lui pour l’embrasser.

- Et... Demanda-t-il, ta mémoire est un peu revenue?

- Non, ta baguette n’est pas magique, dit-elle coquine.

- Tu vas voir si ma baguette n’est pas magique! Dit-il d’un air vexé. 

Il la plaqua contre le matelas et entreprit de la chatouiller à coups de baisers. Le cou, les seins, le ventre, chaque partie de son corps y passa. Il fut stoppé net par les gargouillis du ventre de sa muse.

- Oh! J’en connais un, qui ne serait pas contre une part des délices que nous avons ramenés de chez Luigi! Dit-il amusé. 

- Mhmmm, laisse-le gronder, murmura-t-elle en se blottissant contre lui. On est si bien là.

- Il te faut des forces si tu veux à nouveau t’amuser avec ma baguette magique! Répondit-il en jouant des sourcils.

Elle explosa de rire. 

- Je vais t’apprendre à te moquer de ma baguette magique! Déclara-t-il en se jetant sur elle.

Leur petit jeu terminé, ils enfilèrent quelques vêtements et descendirent manger. Naturellement, Kate vint se coller à lui pour déguster son plat, comme elle le faisait avant. Finalement qu’elle recouvre sa mémoire ou non, cela ne changerait rien à leur avenir se dit Castle heureux.

Une fois rassasiés, ils retournèrent dans la chambre où ils purent satisfaire un autre appétit. 

 

Au petit matin, lorsque Castle se réveilla, Kate était toujours profondément endormie. Il l’admira un moment, son coeur se gonflant d’amour devant sa belle si paisiblement endormie. Il n’avait vraiment pas le coeur à la réveiller, tant elle semblait bien. 

Finalement, il se décida à se lever pour préparer le petit déjeuner, cela lui laisserait un moment de sommeil supplémentaire. 

Il était occupé à préparer le plateau qu’il allait lui apporter au lit, lorsque la sonnette retentit. Il se hâta d’aller ouvrir en espérant que Kate n’ait pas déjà été réveillée.

- Castle? S’étonna Lanie lorsqu’il ouvrit.

- Bonjour Lanie! J’ai préparé du café, ça vous dit?

- Je n’aime pas le café, répondit la légiste en pénétrant dans l’appartement de son amie.

- Dans ce cas, il y a du jus d’orange fraîchement pressé ou alors je peux faire bouillir de l’eau pour le thé. Oh! Et j’allais oublier: il y a des croissants tout frais! Je viens de les faire livrer.

- Mhm! Vous, vous savez parler aux femmes! Apprécia Lanie en piochant volontiers dans le sachet que lui présentait l’écrivain. 

- Je fais de mon mieux en tout cas, sourit Castle.

- Je ne me souvenais pas que vous étiez si matinal! Et Kate? Où est-elle? Demanda Lanie en scrutant vers le salon et la cuisine. 

- Elle dort encore, répondit Castle.

Lanie se tourna vers lui, les yeux exorbités tant elle était surprise.


Minefuji  (14.04.2019 à 20:58)

Chapitre cent-douze

- Elle dort encore? Répéta Lanie. Attendez... Vous voulez dire que vous avez passé la nuit ici?

- Eh ben oui... Pourquoi? C’était interdit? S’étonna Castle.

- Bien sûr que non, répondit Lanie avec un grand sourire. J’esperais bien que vous réussiriez à recoller les morceaux! Depuis le temps qu’elle me bassine avec vous!

- Comment ça elle vous bassine avec moi? Ça ne fait même pas une semaine qu’on s’est retrouvé! 

- Physiquement oui, approuva Lanie, mais elle a retrouvé l’écrivain depuis bien plus longtemps. Dès qu’elle a été en mesure de lire à nouveau et de choisir elle même ses lectures, c’est vers vous qu’elle est allée.

- C’est vrai?

- Vrai de vrai. Elle a bien essayé Connely ou Patterson mais vous restiez son préféré. 

- Wah... fit Castle rêveur.

- Oui, même amnésique, ça reste vous, sourit Lanie. Alors... Vous dites qu’elle dort encore? Vous savez que vous devez la ménager? Elle est encore convalescente.

- Ah mais je l’ai ménagée! Qu’est-ce que vous allez imaginer? Je sais bien ce qu’elle a traversé! 

- Sérieux? Mais elle dort depuis combien de temps? Demanda encore Lanie de plus en plus étonnée.

- Voyons, il est 7h30... Fit Castle en regardant sa montre. Environ huit heures je dirais... 

- Huit heures? Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais je vous en félicite! 

- Ah bon? Pourquoi? Je n’ai rien fait de particulier...

- c’est ça, je vais vous croire! Vous êtes restés sagement à jouer au Scrabble en vous regardant dans le blanc des yeux!

- Bah... C’est plausible, non?

- De toute façon, ce n’est pas ça l’important, enfin si, mais... Bref! Ce que je veux dire, c’est que Kate n’a jamais dormi plus de quatre heures d’affilée depuis sa sortie du coma, expliqua Lanie. C’est pour cela qu’on insiste pour qu’elle fasse des siestes! Elle est insomniaque depuis des mois! 

- Ah bah là, c’est la belle au bois dormant, constata Castle. D’ailleurs, la simple idée de devoir la réveiller me crève le coeur.

- Ne la réveillez pas alors... répondit Lanie en haussant les épaules.

- Pour qu’elle arrive en retard au boulot et qu’elle m’en veuille? Ah non alors! J’ai envie d’avoir mon câlin moi ce soir! 

- Elle s’en remettra, ce n’est pas si grave...

- Oh mais si! L’heure est grave! Rétorqua Castle. On attend les résultats de la scientifique au sujet de la tentative d’assassinat dont elle a été victime!

- Pardon? 

- La voiture qui l’a percutée a été retrouvée dans l’une des planques de son agresseur, expliqua Castle.

- Celui qui l’a agressée serait en fait celui qui a tenté de la tuer et il aurait voulu finir le boulot?

- Non, apparemment il s’est contenté de récupérer la voiture qui avait été abandonnée il y a quelques jours.

- C’est dingue une telle coïncidence, souffla Lanie. 

Le grincement de la porte de la chambre de Kate leur indiqua qu’ils pouvaient mettre leurs scrupules de côté, la détective devait avoir avalé une pendule. 

- Salut, marmonna Kate la voix ensommeillée.

Telle un automate, elle vint embrasser Rick avant de se servir un café sous le regard médusé de Lanie, qui oublia aussitôt cette histoire de voiture. La vie amoureuse de sa meilleure amie ayant toujours été une de ses priorités.

- Elle marche au radar tant qu’elle n’a pas bu son café, précisa Rick. Dans une minute, ça devrait aller mieux.

- Katherine Beckett! Lança Lanie en venant s’installer en face de son amie.

- Lanie Parrish, répondit Kate amusée.

- Tu ne m’avais pas dit que tu avais retrouvé le sommeil, continua la légiste. Ça fait longtemps?

- C’est la première fois, répondit Kate, ne va surtout pas tirer des conclusions hâtives. En tout cas, ça fait un bien fou! 

- Tiens donc, sourit Lanie en se tournant vers Castle. Vous êtes un magicien! 

- Ah! Tu vois? Déclara Castle à l’intention de Kate, qui explosa de rire.

- Ok, là, je n’ai pas tout saisi, dit Lanie.

- Il ne vaut mieux pas, rigola Kate, allez, tiens! Prends une tasse de thé.

- Ne va pas croire que tu vas t’en sortir comme ça, avertit Lanie en acceptant la tasse.

- Et ne va surtout pas t’imaginer que je vais te raconter quoique ce soit!

- T’es dure! Marmonna Lanie. Quand il s’agit de tes états d’âme, j’ai droit à un rapport complet...

- N’importe quoi!

 

La sonnerie du téléphone de Castle mit fin à leur discussion. Ce dernier décrocha aussitôt.

- Castle!

- Salut, vieux! C’est Ryan. On a du nouveau. La scientifique a fini de désosser la voiture, apparemment ils ont trouvé des indices à l’intérieur.

- On arrive! Annonça Castle.

 

Il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour se préparer et arriver au poste où les gars travaillaient déjà sur les nouvelles pièces à conviction.

 

- Qu’est ce qu’on a? Demanda Kate en arrivant près d’eux suivie de Castle et Lanie.

- Apparemment cette voiture a appartenu à une femme, répondit Esposito. On a retrouvé cette boucle d’oreille coincée sous le siège de la voiture.

Il leur montra un petit sachet en plastique transparent qui contenait le bijou. Castle s’en saisit pour l’observer.

- Génial, grinça Kate. Ça ne fait que quatre millions de suspects...

- C’est un bijou de grande valeur, intervint Ryan. Peu de personnes peuvent s’offrir ce genre de joyaux. Ça laisse beaucoup moins de suspects.

- D’ailleurs on va faire le tour des bijouteries de luxe, annonça Esposito. Ça nous donnera certainement un nom.

- Quoi d’autre? Demanda Kate. 

- Des empreintes, mais elles appartiennent essentiellement à celui qui t’a agressée, répondit Esposito.

- En parlant de lui, il nous a appris pas mal de choses intéressantes, fit Ryan en prenant un dossier sur son bureau pour en tirer quelques photos. Il nous a dit précisément où et quand il a trouvé la voiture. Il n’y a pas de caméra de surveillance à cet endroit là. 

- C’est sans doute pour ça que la voiture a été déposée là, marmonna Kate.

- Oui, mais ce que le suspect ignorait, c’est que le propriétaire du magasin en face a été victime de trois cambriolages en quelques mois, sourit Ryan. Et pour se protéger, il a fait installer une caméra devant son magasin.

- Génial! Se réjouit Kate. On va avoir les films?

- L.T et Karpowski sont déjà partis pour les récupérer, annonça fièrement Ryan. Ce n’est qu’une question de patience, on va avoir le fumier qui t’a renversée.

- Tu as entendu ça Castle? On va l’avoir! Déclara Kate ravie en se retournant pour s’apercevoir que ce dernier avait disparu. Bah... Où est Castle?

- Je ne sais pas, répondit Lanie. Il était là il y a une minute...

- Peut être qu’il est allé aux toilettes... Supposa Esposito.

- Aux toilettes? Alors qu’on parle de l’affaire de l’accident de Kate? Fit Lanie incrédule.

 


Minefuji  (15.04.2019 à 21:39)

Chapitre cent-treize

 

- Montre-moi la boucle d’oreille, demanda Kate. 

- Tu crois pouvoir la reconnaître alors que tu as oublié ces dix dernières années? Tiqua Esposito en lui tendant le sachet.

- Ne dis pas de bêtises! Grogna Kate. Castle l’a reconnue, ça veut dire qu’il l’a soit achetée soit déjà vue lors d’une soirée de gala...

- Une de ses ex? Demanda Lanie.

- Ryan appelle la mère de Castle, demanda Kate, s’il l’a offerte à une de ses proches, elle la reconnaîtra.

- Pourquoi tu ne l’appelles pas toi?

- Parce que comme vient de le faire remarquer Esposito avec son tact légendaire, je ne la connais plus, marmonna Kate en sortant son téléphone pour composer un numéro. Castle, j’espère que tu ne fais pas de bêtise...

 

Ryan, Esposito et Lanie, conscients de ce que Kate craignait, restèrent figés dans l’attente de la réponse de Castle.

- Castle! Ne fais rien de stupide, supplia-t-elle. Rappelle-moi dès que tu auras ce message et je t’en conjure, ne fais rien de stupide! 

- Merde, souffla Esposito.

- Il faut qu’on le retrouve avant qu’il ne soit trop tard, déclara Kate.

- Je viens d’avoir sa mère au téléphone annonça Ryan. Elle arrive.

- Quoi? Si vite? S’étonna Esposito.

- Elle a décroché à la première sonnerie, apparemment elle n’a pas vu son fils depuis deux jours, alors même si elle le sait en de bonnes mains, elle n’a pas pu s’empêcher de jouer les mères poules qui guettent le moindre appel en gardant leur téléphone à portée de main. 

 

Dans le taxi qui l’emmenait à destination de la personne qu’il avait décidé de tailler en pièces, version confettis, Castle fulminait. Comment avait-il pu être aussi naïf? Lui, le maître du macabre! Comment avait-il ne pas reconnaître un monstre en puissance? Comment n’avait-il pas pu reconnaître les signaux d’une catastrophe annoncée?

Il était si énervé qu’il ne remarqua pas les sonneries de son téléphone. Le chauffeur les lui aurait bien fait remarquer, mais l’air furieux de son client  qu’il aperçut dans son rétroviseur lui ôta toute envie de le faire. 

- Vous ne pouvez pas aller plus vite? Grogna Castle.

- Ce sont les embouteillages, on n’y peut rien! Répondit le chauffeur.

 

Lorsqu’il arriva devant la porte de l’appartement de son ex-femme, sa colère n’avait pas reflué malgré le temps passé dans les embouteillages. 

Il sonna ou plutôt il appuya sans discontinuer sur la sonnette. 

Gina ouvrit peu après, excédée par tant d’insistance.

- Mais enfin qu’est-ce que c’est que ces manières? Je peux savahhhh!

 

Rick la bouscula sans ménagement pour entrer et la plaqua directement contre le mur derrière elle.

- TOI! Tonna-t-il. J’aurais dû porter plainte lorsque tu m’as drogué! Ça t’aurait empêchée de commettre un acte aussi ignoble!

 

La blonde ne se laissa pas faire sans réagir. Elle remonta violemment le genou, assénant ainsi un rude coup dans la zone particulièrement sensible de l’anatomie de l’écrivain. La douleur fulgurante remonta jusqu’au cœur de l’écrivain, qui recula plié en deux, terrassé par l’élancement ainsi provoqué.

 

- Ça y est? Tu es calmé? Grogna Gina en réajustant sa tenue.

- ... Espèce de folle... Grogna difficilement Castle en cherchant son souffle.

- Ça, c’est une question de point de vue, sourit diaboliquement Gina en fermant la porte d’entrée à double tour avant de prendre quelque chose dans le meuble attenant.

 

Surpris par le calme de son ex-femme, Rick se redressa tant bien que mal.

- Qu’est-ce que tu fais? Demanda-t-il.

- Je t’attendais, mon chéri, sourit-elle en pointant un revolver vers lui.

- Q... Quoi?

- Ça fait des mois, que je sais que tu me reviendras tôt ou tard, expliqua Gina en lui intimant l’ordre de reculer. Et comme tu peux le constater, je me suis préparée...

- C’est dangereux ce truc là... bafouilla Castle en reculant. 

- Ne t’en fais pas, j’ai pris des cours, je suis devenue aussi efficace que ta fliquette...

- Tu es cinglée! Qu’est ce que tu veux, à la fin?

- Ce que j’ai toujours voulu, voyons! Ce que je veux, c’est toi mon chéri!

- Moi? Mais on a divorcé! Notre histoire est finie depuis longtemps! 

- Ça, c’est toi qui le dis. Moi, je ne suis pas d’accord, déclara Gina avec une lueur de folie dans le regard.

- Tu as bien failli me tuer avec ta drogue! Rappela Castle.

- Si je ne pouvais pas t’avoir, personne ne t’aurait, répondit Gina en haussant les épaules.

- Et c’est pour ça aussi que tu as percuté Kate avec ta voiture? Tu es folle! 

- Elle n’est pas celle qu’il te faut...

- Non, évidemment, pour le maître du macabre, il faut une véritable psychopathe, grinça Castle en cherchant une solution pour la mettre hors d’état de nuire.

- Ne cherche pas, l’avertit Gina comme si elle lisait dans ses pensées. Tu ne retourneras jamais auprès d’elle.  

 

Sans cesser de le menacer avec son arme, elle sortit une paire de menottes d’un tiroir et vint l’attacher au radiateur en fonte près de la fenêtre.

- Tu sais que mes amis flics vont me retrouver...

- Le temps qu’il devine où tu es, nous serons loin d’ici...

- Qu’est ce que tu en sais? Ils sont peut être déjà en bas, tenta Castle pour la faire douter.

- Non, tel que je te connais, tu n’as rien dit à personne, tu as voulu faire justice toi même...

- ...

- Tu vois? Je te connais bien, rit-elle d’un air diabolique. Tu es coincé, mon pauvre ami et bientôt, tu ne te souviendras même pas de la raison pour laquelle nous avons divorcé.

- Dis plutôt que j’aurais une bonne douzaine de raisons supplémentaires, siffla Castle.

 

Elle lui asséna un violent coup à l’arrière de la tête avec la crosse de son arme, l’assommant pour le coup.

- Désolé mon chéri, mais parfois tu deviens vraiment barbant!

 

Au poste de police, Kate était dans un état de stress phénoménal. L’arrivée de Martha au poste leur avait permis de comprendre où était parti l’écrivain. L’actrice avait immédiatement reconnu la boucle d’oreille que son fils avait offert à sa seconde épouse. Il ne restait plus qu’à découvrir son adresse, ce qui n’était pas évident, étant donné que cette dernière avait non seulement déménagé, mais en plus elle avait changé de banque et l’ensemble de ses abonnements.

Heureusement, tracer le portable de Rick avait permis de découvrir l’endroit où il s’était rendu.

- Il y a au moins quarante appartements dans cet immeuble, soupira Ryan en arrivant à l’endroit indiqué par le service informatique de la douzième.


Minefuji  (16.04.2019 à 21:51)

Chapitre cent-quatorze

 

- Tory ne peut pas être plus précise dans sa localisation? Demanda Ryan.

- Le truc avec les immeubles, c’est que les logements sont empilés les uns au dessus des autres. Le GPS ne fournit pas l’étage, soupira Esposito.

- Mouais... La technologie est encore loin d’être parfaite, marmonna Ryan.

- Ça fait un moment que Castle n’a pas bougé de là, fit remarquer Esposito. Tu crois qu’il est possible qu’ils discutent calmement? 

- J’en doute. Son ex femme a failli tuer Beckett de sang froid, j’imagine mal Castle échanger des politesses avec elle, dit Ryan. Il peut se montrer violent quand on s’en prend à elle, rappelle-toi la tête de Lockwood quand il a essayé de la tuer quand il nous avait torturé.

- Ouais, tu as raison...  Bon! Quel est le plan?

- Ben... Déjà, il faut entrer dans cet immeuble... 

- On est flic, on entre où on veut, répondit Esposito en haussant les épaules.

- Ouais, mais c’est aussi le meilleur moyen d’envenimer les choses quand on a affaire à un psychopathe... 

- Castle n’est pas un psychopathe, il est juste un peu énervé par ce que son ex femme a fait...

- C’est d’elle dont je parle! Précisa Ryan exaspéré. Si elle a été capable de percuter volontairement Beckett avec sa voiture, qu’est ce que tu crois qu’elle fera si elle se sent acculée? On ne sait même pas si elle est armée! 

- Ryan a raison, fit une voix qu’ils connaissaient bien derrière eux. Il vaut mieux se montrer très prudent! 

- Beckett? S’exclamèrent-ils de concert. Qu’est-ce que tu fais là? 

- Quoi? Vous croyiez sincèrement que j’allais rester sagement au poste alors que Castle est en danger? Demanda Kate en haussant les sourcils.

- Écoute, je sais que ta mémoire n’est pas hyper fiable en ce moment, mais je te rappelle que la condition pour que tu reprennes ton poste, c’était que tu n’ailles pas sur le terrain! déclara Esposito.

- Je m’en souviens parfaitement, mais je tiens à vous aider sur ce coup là! Il n’est pas question que j’attende sagement sans savoir comment va Rick! Rétorqua Beckett d’un ton sans appel.

- C’est pourtant ce que tu es censée faire! Bon sang Lanie va me tuer!

- Je ne lui dirai rien, rassure-toi, sourit Kate en ouvrant le coffre de la voiture du latino.

- Qu’est ce que tu fais? Demanda Ryan tandis que Kate enfilait une veste et une casquette de livreur.

- J’ai pris ça dans le local des objets perdus du poste, expliqua la détective. Alexis l’a vraiment super bien rangé. Je n’ai pas eu besoin de chercher, tout était encore parfaitement rangé et étiqueté.

- ...

- Quoi? Demanda Kate devant le regard médusé de ses collègues.

- Tu te souviens d’Alexis?

- C’est la fille de Castle, il m’en a parlé, bien sûr!

- Ouais, mais Alexis a rangé ce local l’année dernière, ajouta Esposito.

- Comment ça se fait que tu te souviens qu’elle a fait ça? Termina Ryan.

- Je ne sais pas, ça devait être écrit quelque part... De toute façon, là n’est pas le problème, on doit retrouver Castle avant qu’il ne fasse n’importe quoi ou que sa folle d’ex femme ne le drogue encore ou pire! 

- Et pour ça, tu te déguises en livreur? Interrogea Ryan septique.

- C’est une couverture, comme vous l’avez dit tout à l’heure, qui sait ce qu’il pourrait se passer si la cavalerie arrivait avec ses gros sabots. Je pars en éclaireur et...

- Oh là! Pas question! La coupa Esposito. J’irai en éclaireur!

- Ça va, ça craint rien! C’est de Castle dont il s’agit, souffla Kate. Et puis, je suis déjà en tenue! 

- C’est non négociable, rétorqua Esposito en lui prenant sa casquette. Lanie me tuerait si je te laissais faire une chose pareille! Je tiens à la vie! Alors tu vas rester ici sagement avec Ryan. Si je ne suis pas de retour dans vingt minutes, vous aurez le droit de foncer avec vos gros sabots, ça marche?

- Pas question! Tu vas allumer ton portable et mettre ton oreillette pour que nous restions en contact! Contra Kate en attrapant un carton qu’elle avait également préparé pour parfaire son déguisement. Tiens! Prends ça, tu seras plus crédible.

- Okay... accorda Esposito. Merci.

- Et fais gaffe! Je n’ai pas envie de jouer aux amoureux transis avec Ryan pour venir vous sortir de là!

- De quoi tu parles? Demanda Esposito. 

- Je ne sais pas, j’ai dit ça comme ça...

 

Dans l’appartement de Gina, alors que cette dernière était occupée à préparer des valises pour leur fuite, Rick se contorsionnait pour tenter de récupérer la clé de menottes qu’il gardait toujours dans son portefeuille depuis sa première enquête avec Kate. Il n’en revenait pas de ce que son ex femme était devenue. Comment avait-elle pu passer de la femme ennuyeuse qui ne pense qu’au travail et à l’argent à cette folle furieuse dont la place était en hôpital psychiatrique? 

**********

- J’ai trouvé son appartement, annonça Esposito au bout de quelques minutes. Il y a son nom sur la boîte aux lettres. C’est le 305.

- Ah bah, au moins c’était facile, dit Ryan. 

- Comme quoi elle n’est pas si maligne que ça, elle n’a pas pensé à prendre une fausse identité.

- Les cinglés se sentent souvent tout puissants, déclara Ryan , c’est pour ça qu’ils finissent par commettre des erreurs comme mettre leur nom sur une boîte aux lettres...

- Je vais voir, je vous tiens au courant, déclara le latino.

- Ça marche. Sois prudent! Conclut Ryan avant de se tourner vers Kate. On va le sortir de là, tu vas voi... Beckett? Merde! C’est une manie, chez eux?

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Esposito.

- Beckett n’est plus là!

- T’inquiète, elle ne doit pas être bien loin.

- Et si elle avait décidé d’y aller?

- Je la verrais passer, je suis dans le seul escalier disponible.

- Peut être qu’elle prendra l’ascenseur...

- Il est HS.

- Ouais... Dépêche-toi quand même, répondit Ryan inquiet.

 

Quelques minutes plus tard, Esposito sonnait à la porte de Gina Cowell. Et s’annonça comme un livreur ayant un colis pour elle.

 

- Vous devez faire erreur, répondit Gina sans ouvrir la porte. 

- Vous êtes bien Gina Cowell, m’dame? Demanda Esposito en forçant son accent.

- Oui, mais...

- Alors ce colis est pour vous!

- Posez-le devant la porte, ordonna Gina. Je le prendrai plus tard, je suis occupée là.

- J’peux pas faire ça, m’dame, il m’faut vot’ signature sinon mon patron va m’enguirlander.

 

Gina poussa un gros soupir et commença à ouvrir les verrous sous le regard de Rick inquiet pour son ami, dont il avait reconnu la voix. Gina était imprévisible et complètement folle, ce qui la rendait extrêmement dangereuse.

Inquiet, il profita du fait qu’elle soit occupée dans l’entrée pour redoubler d’efforts pour atteindre son portefeuille et ainsi la clé. Pourquoi diable avait-il fallu qu’il le range dans la poche arrière de son pantalon?

Quelques coups frappés à la fenêtre derrière lui attirèrent son attention.


Minefuji  (17.04.2019 à 21:10)

Chapitre cent-quinze

 

Rick sursauta lorsqu’il découvrit Kate de l’autre côté de la fenêtre. Comment diable était elle arrivée là? Elle lui fit signe de ne pas faire de bruit et d’ouvrir la fenêtre.

Il se redressa comme il put pour tirer le loquet du bout des doigts, permettant ainsi à Kate s’ouvrir la fenêtre.

- Qu’est-ce que tu fais ici? Chuchota-t-il inquiet.

- Je viens te chercher, pardi ! Répondit-elle à voix basse.

- Mais c’est dangereux! Protesta-t-il à voix basse. Tu ne peux pas aller sur le terrain!

- Ouais, eh bah il fallait y penser avant de venir ici! Marmonna-t-elle. Qu’est ce qu’il t’a pris de venir ici tout seul?

- Je n’ai pas réfléchi,  reconnu l’écrivain, j’étais fou furieux. 

- Ouais, ça tu peux le dire... marmonna Kate. 

- Comment es-tu arrivée là? Demanda Rick.

- L’escalier de secours, expliqua-t-elle. Esposito nous a donné le numéro de l’appartement de ton ex, je me suis repérée aux fenêtres et me voilà! 

- Bien joué, fit Castle admiratif. J’ai une clé de secours dans mon portefeuille, tu veux bien m’aider?

- Pour le cas où je te menotterais encore... 

- La première fois, je me suis fait avoir, mais depuis, je prends mes précautions...  Mais attends! Tu as dis encore? Tu te souviens de la fois où tu m’avais menotté?

- Étant donné que les gars ont dit que tu faisais encore cavalier seul, je me suis dit que face à un consultant ingérable, je devais bien avoir eu recours à cette solution... Bon, assez discuté, Esposito ne va pas la retenir éternellement! 

Sans bruit, elle passa par la fenêtre et pénétra dans l’appartement.Elle jeta un œil en direction de l’entrée pour s’assurer que Gina ne l’avait pas repérée avant de récupérer le portefeuille de Rick.

 

À l’autre bout de la pièce, Gina hésita et demanda encore avant d’ouvrir la porte: 

- Pourquoi vous faut-il ma signature pour un colis que je n’ai pas commandé?

- Bah, on doit rendre des comptes, hasarda le latino, moi, j’dois prouver à mon boss que j’ai fait mon taf et mon boss doit prouver à son client qu’il vous a bien livré son colis...

- Avez-vous vérifié le colis? Il pourrait être piégé, demanda encore la blonde.

- Voyons, m’dame! Nous sommes une entreprise sérieuse! Nos clients sont des gens biens!

- Vous ne les connaissez même pas.

- Il faudrait être sacrément tordu pour faire un truc pareil! Vous ne trouvez pas?

- Ça s’est déjà vu...

- Écoutez m’dame ! Ce colis transite depuis deux jours, c’est une méthode  plutôt risquée pour envoyer un colis piégé.

- Mhmm, soupira Gina, soit...

Lorsqu’elle eut ouvert la porte, l’ex-femme de Castle ne laissa pas à Esposito le temps de réagir, elle sortit un Taser de sa poche et lui asséna une violente décharge qui l’envoya au sol où il demeura paralysé. Voyant cela, Beckett laissa tomber le portefeuille de Rick dans les mains de ce dernier et fonça vers Gina pour aider son coéquipier. Malheureusement, cette dernière se retourna juste à temps pour la voir arriver. 

- Kate! Cria Rick qui assistait impuissant à la scène.

- Dis au revoir à ta fliquette mon chéri, dit Gina un sourire machiavélique sur les lèvres.

Elle pointa son taser vers Kate et lui envoya une décharge, certes moins puissante que celle qu’avait reçue Esposito juste avant, mais suffisante pour affaiblir la détective, qui chancela. 

- Il faut un peu plus de temps que ça pour que ça se recharge ces machins là, sourit Kate.

- Elle est folle, Kate! Cria Castle, ne la provoque pas!

Rick savait que sa petite amie avait encore des séquelles de ses blessures et qu’aussi courageuse qu’elle puisse l’être, Beckett manquait de force pour maîtriser une cinglée comme Gina dont la folie décuplait les forces! Malgré ses provocations, Kate avait du mal à encaisser le coup de taser, il le voyait bien.

Folle de rage, Gina envoya une gifle magistrale dans la figure de Kate. Celle-ci recula sous la violence du choc,  ses oreilles bourdonnèrent et le goût métallique du sang lui vint dans la bouche. 

- SALE GARCE! Éructa Gina les yeux exorbités par la rage. Il a fallu que tu survive! 

- Désolée, se moqua Beckett en essuyant le sang sur sa lèvre. Je suis du genre contrariante... Je déteste qu’on décide à ma place.

- RICHARD EST À MOI! Hurla Gina en se précipitant sur elle.

 

Cette fois, Kate se tenait prête, elle esquiva le coup de Gina et lui fit une prise dont elle avait le secret pour la maîtriser. 

- Gina.. Cowell... Vous êtes en... état d’arrestation! Annonça Kate essoufflée par l’effort.

 

Rick, fou d’inquiétude pour Kate, qui avait clairement du mal à maintenir sa prise, était enfin parvenu à attraper la clé des menottes dans son portefeuille et se hâtait pour se libérer.

- Tiens bon, Kate! J’arrive! 

 

La blonde ricana comme une démente et projeta violemment sa tête en arrière, assommant à moitié la détective, qui lâcha prise. 

- Qu’est-ce que tu crois? Moi aussi j’ai pris des cours de self défense, ce n’est pas une éclopée dans ton genre, qui pourra m’arrêter, cracha Gina en la poussant violemment.

 

La tête de Kate cogna durement contre le mur tandis que Gina refermait ses mains autour de son cou. 

- Tu ne l’auras jamais! 

La vision de Kate commençait à devenir trouble, Gina serrait de plus en plus fort en jurant que cette fois elle aurait sa peau. Kate cherchait désespérément de l’air. Soudain, Gina poussa un hurlement et lâcha prise, la détective put avaler une grande goulée d’air. Sa gorge était en feu. Elle leva le regard vers Gina pour savoir ce qui lui avait fait lâcher prise. 

 Rick.

 Il avait réussi à se libérer juste à temps pour se ruer sur Gina et l’empêcher d’asphyxier complètement Kate. 

- Ne t’avise plus jamais de toucher à un seul de ses cheveux! Rugit Rick en la plaquant au sol.

- Elle n’est pas celle qu’il te faut! Enragea Gina en se débattant. Tu es à moi! Tu entends? À moi!

- Non mais tu t’entends? Gronda Castle. Tu es démente!

 

Gina lui cracha à la figure, Rick surpris desserra légèrement sa prise, la blonde  parvint alors à atteindre son taser et le pointa sur la jugulaire de Rick. Le choc fut si rude qu’il s’écroula instantanément.

 

- CASTLE! Hurla Kate en se relevant.

- Tu ne l’auras jamais, ricana Gina qui s’était ruée vers le meuble derrière elle pour reprendre son pistolet. S’il n’est pas à moi, il ne sera jamais à toi non plus. 

 

Elle pointa son arme sur Castle et s’apprêta à tirer. Kate hurla en se jetant sur Rick pour faire écran de son corps. Il y eut un coup de feu. Kate attendit la douleur qui ne vint pas. 

 


Minefuji  (18.04.2019 à 21:19)

Chapitre cent-seize

 

Kate releva la tête et vit Gina tomber en arrière en poussant un cri de goret. Décidément, elle ne savait rien faire en silence aujourd’hui! 

Sans cesser de pointer son arme vers elle, Ryan entra dans l’appartement et sortit son téléphone portable.

- Lieutenant Ryan, numéro de plaque 42344, on a besoin d’ambulances dans l’immeuble à l’angle Grove Street et Bedford Street. Appartement 305! Faites vite!

- Beckett! Ça va? Cria Ryan en se précipitant vers Gina pour lui passer les menottes. 

- Euh... Oui... grogna-t-elle en se redressant malgré ses muscles ankylosés. 

Gina cria de douleur dans la manœuvre un peu brusque de Ryan. Chaque partie du corps de Kate lui faisait mal, Esposito et Rick avaient raison, elle n’était pas prête pour ce genre de bagarre. Elle baissa le regard vers Castle et posa une main contre sa joue.

- Hey! Castle! C’est fini... Castle, réveille-toi!

Devant l’absence de réaction de l’écrivain, la panique l’envahit et les larmes inondèrent ses yeux. Ça ne pouvait pas être possible! Pas maintenant qu’ils venaient de se retrouver et qu’ils allaient enfin pouvoir être heureux! Elle le secoua légèrement sans cesser de l’appeler.

- Je te l’avais dit sale garce, ricana Gina. Si je ne peux pas l’avoir personne ne l’aur...Argh!

- Oh! Elle s’est cognée, déclara Ryan. Ah ben tiens, elle se cogne encore! Ce qu’elle peut être maladroite! Faites donc un peu attention!

- C’est de la violence policière! Protesta Gina. 

- De la quoi? S’offusqua Ryan. Mais je n’ai rien fait moi!  C’est vous qui êtes d’une maladresse  effrayante! 

- Je veux mon avocat! Hurla Gina hors d’elle.

- Mais bien sûr! Nous l’appellerons dès que nous serons au poste. Il va en avoir du boulot, je le plaindrais presque, rigola Ryan.

- Esposito? Ça va? Demanda Ryan à son équipier.

- Ça va, grogna ce dernier qui retrouvait peu à peu l’usage de ses membres. Ce fichu taser m’a paralysé pendant un bon moment...

- Allez, Castle! Il ne reste plus que toi! Réponds, je t’en prie! Implora Beckett.

Esposito et Ryan le coeur serré, la regardaient implorer Castle qui demeurait inerte.

- Richard Edgar Alexander Rodgers Castle, réveille toi! Ordonna Kate.

Il émit un léger grognement. Elle soupira rassurée.

- Ça va! Sourit-elle, il reprend ses esprits!

 

Rassuré Ryan reprit la respiration qu’il avait inconsciemment retenue durant la minute précédente et se tourna vers sa prisonnière pour lui énoncer ses droits.

- Gina Cowell, annonça-t-il, vous êtes en état d’arrestation!  

- Vous m’avez tiré dessus! Je suis blessée! Il me faut un médecin! Protesta-t-elle avec hargne.

- La balle vous a à peine effleurée, mais si vous y tenez, un médecin vous examinera à votre arrivée au poste, répondit Ryan en l’aidant à se lever pour l’emmener jusqu’à sa voiture. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz...

- Cette fois, elle ne va pas pouvoir s’en sortir, grogna Esposito en s’asseyant. Bon sang, quelle folle! Et dire que Castle l’a épousée.

-  Cela prouve qu’il ne fait pas toujours les choix, répondit Kate.

- Comment m’as-tu appelé? Demanda Castle qui retrouvait enfin ses esprits.

- Ben... par ton nom, répondit Kate dans un haussement d’épaules.

- Tu as dit Alexander! Tu connais mon deuxième prénom? Demanda encore l’écrivain en se redressant.

- Tu me l’as dit quand cette voyante, Penny Marchand m’a prédit qu’un Alexander allait avoir une grande importance dans mon futur...

- Tu te souviens?

- Euh... Oui... Je me souviens de cette enquête! Réalisa Kate ravie. Wah! Ma mémoire revient!

- Et de quoi te souviens-tu d’autre?

- Mhmm... Je me souviens de la fois où tu as photographié ma scène de crime... de celle où tu as appelé une prostituée... Mhmm... Ah! Et  il y a la fois où tu as laissé Natalie Rhodes t’embrasser alors qu’elle était devenue un parfait clone de moi!

- Ne me dis pas que tu ne te souviens que de mes bêtises? Se lamenta Castle.

- C’est un début, non? Sourit Kate. Et puis j’ai l’impression que tu es un spécialiste en la matière.

- Mhmmm... Touché, reconnut Rick.

- Mon vieux, tu vas regretter son amnésie, rigola Esposito.

 

Les ambulanciers arrivèrent rapidement et les emmenèrent à l’hôpital pour un Check up complet au grand dam de Beckett, qui y avait passé beaucoup trop de temps durant les derniers mois!

- Allons! Ça n’est pas si terrible! Tenta Castle pour la consoler. Tu as pris de mauvais coups, il est prudent de vérifier que tout va bien!

- Mais je vais bien! Protesta Kate. La preuve, j’ai même recouvré une bonne partie de ma mémoire!

- Si j’avais su qu’il te suffisait d’un bon coup sur la tête, je te l’aurais donné plus tôt! Plaisanta l’écrivain.

- Si vous aviez fait ça, Castle, vous seriez en ce moment allongé sur ma table d’autopsie! Annonça Lanie en entrant dans le box où Castle et Beckett avaient été installés en attendant les médecins qui s’occupaient de leurs dossiers.

- Et puis j’avais commencé à me souvenir avant que Gina ne me cogne la tête, donc ça n’est pas le coup sur la tête, qui a enclenché le retour de ma mémoire, rappela Kate en donnant une pichenette à Castle.

- Aïeuhhh! Quelle violence! Gémit l’écrivain en se frottant le bras. 

- Ça t’apprendre à vouloir me cogner!

- Bien fait! Ajouta Lanie. Et réjouissez vous que je ne vous en donne pas une moi même! Vous avez de la chance d’être blessé !  

- Mais c’était pour la bonne cause! Protesta Castle. Aieuhhhh! 

- Et celle là, c’est pour avoir foncé tête baissée sans nous faire part de tes découvertes! Termina Kate.

- Re bien fait! Approuva Lanie.

- Promis, je ne le ferai plus! Marmonna Castle. Mais alors... Qu’est ce qui a débloqué tes souvenirs?

- Le stress, sans doute, répondit le docteur en entrant à son tour dans le box. Un grand stress peut débloquer les souvenirs chez les amnésiques.

- Et on peut dire que grâce à la brillante idée de ton petit ami, tu as été servie niveau stress, intervint Lanie.

- Oh! C’est grâce à moi alors, se réjouit l’écrivain.

- N’en fait pas trop, le calma Beckett, on ne peut pas dire que ce soit la meilleure de tes idées! Tu as failli tous nous faire  tuer! 

- Pardon, murmura Castle penaud.

- Alors, demanda Lanie en se tournant vers le docteur, comment vont-ils?

- Le lieutenant Esposito peut sortir dès maintenant, annonça ce dernier. La décharge l’a secoué, mais les effets ont déjà disparu. Quant à monsieur Castle, étant donnés ses antécédents, le choc a été plus dur à encaisser, mais il est en mesure de rentrer chez lui également.

- Et moi? Demanda Kate impatiente. Dites moi que je peux rentrer chez moi! J’en ai déjà plus qu’assez d’être ici!  

- C’est... Votre choc à la tête nous ennuie compte tenu de votre trauma crânien sévère qui est somme toute encore très récent... Nous allons vous garder en observation cette nuit et nous verrons si demain matin nous pouvons autoriser votre sortie...

- C’est pas vrai! Soupira Kate en se jetant en arrière contre l’oreiller de son lit.


Minefuji  (19.04.2019 à 22:06)

Chapitre cent-dix-sept 

 

- Ce n’est pas si dramatique, dit doucement Castle pour la consoler. Ta santé est plus importante que tout. Qu’est ce que c’est qu’une petite nuit? Rien du tout en comparaison de ta santé! 

- Facile à dire... maugréa Kate. Toi, tu peux rentrer chez toi... C’est pas juste! Moi je n’ai pas perdu connaissance! 

Rick, soudainement nerveux, lui fit des signes qu’il espérait discrets, malheureusement pour lui, son médecin avait déjà réagi.

- Vous avez perdu connaissance? Mais vous ne nous l’avez pas dit! Ça change tout alors!

- Tu as menti aux médecins? S’exclama Kate en le dévisageant médusée.

- Techniquement... Je n’ai pas menti... Je ne leur ai pas tout dit...

- Pourquoi je n’ai pas menti! Se lamenta Kate en plaçant ses mains contre son visage. Je serais déjà chez moi si ça se trouve! 

- Techniquement si, vous nous avez menti! Protesta le médecin en regardant Castle. Quand nous vous avons demandé si vous aviez perdu connaissance, vous nous avez certifié que non! Et je suis sûr que les ambulanciers vous l’ont demandé également. Combien de temps cela a-t-il duré? 

- Quelques minutes, répondit Kate. De très longues et affreuses minutes! 

- Dans ce cas, je suis désolé monsieur Castle, mais nous allons vous faire quelques examens complémentaires et vous garder en observation cette nuit.

- Quoi? Mais vous ne pouvez pas me faire ça! Je vais bien! Protesta Castle.

- Allons, ce n’est pas si dramatique, dit doucement Kate comme pour le consoler. Ta santé est plus importante que tout. Qu’est ce que c’est qu’une petite nuit? Rien du tout en comparaison de ta santé! 

- Ah! Ah! Ah! Fit Castle sarcastique. Tu sais que tu es drôle, toi?

- Vous vous préparez une sacrée nuit, rigola Lanie en s’adressant au médecin.

- Ne vous en faites pas, on a l’habitude. Nous allons vous installer dans une chambre pour la nuit, dit le docteur.

- On peut être dans la même chambre? Demanda Kate qui ne perdait pas le Nord.

- Oui, mais il va falloir être sages! Vous avez besoin de repos! Rappela le docteur.

- C’est évident! Répondirent Kate et Rick en même temps.

 

À peine furent-ils installés dans leur chambre, que Martha et Alexis arrivèrent affolées. 

- Oh mon dieu Richard! Tu vas bien? S’exclama Martha.

- Papa! J’ai eu si peur quand Grand-mère m’a appelée! S’alarma Alexis

- Ne vous inquiétez pas, les rassura Castle. Je vais bien. Tout le monde va bien.

- Quelle idée tu as eue d’aller là-bas tout seul! Et cette Gina! Je la trouvais déjà timbrée, mais là elle a carrément perdu l’esprit, soupira Martha.

- Que voulez-vous? Je suis un gars difficile à oublier, se vanta l’écrivain.

- Je confirme, il va bien, déclara Alexis, il reprend la grosse tête! 

- Martha! Alexis! S’exclama Kate en sortant de la salle de bain de la chambre.

- Katherine! Oh! Vous allez bien quel soulagement! Se réjouit Martha.

- Tu te souviens de nous? Demanda Alexis.

- Ça revient tranquillement, répondit Kate. J’ai de plus en plus de souvenirs et oui, je me souviens de vous.

- Oh! Mais c’est génial! 

Les deux rouquines se précipitèrent pour embrasser Kate, ravies de retrouver celle qui avait rapidement su se faire une place dans leurs cœurs.

Castle et Beckett leur rapportèrent les propos du médecin et les raisons pour lesquelles ils devraient attendre le lendemain pour pouvoir enfin rentrer chez eux.

Jim arriva à son tour et il fallut beaucoup de patience à Kate pour parvenir à apaiser ses angoisses. Puis ils firent des projets pour le lendemain et pour le réveillon de Noël, qui arrivait à grands pas. 

 

Le soir venu, lorsque Rick fut ramené dans leur chambre après ses derniers examens, il trouva Kate songeuse devant la fenêtre. Il redouta soudain que sa mémoire retrouvée ne la fasse regretter d’être revenue vers lui. Et si elle décidait finalement qu’elle ne voulait pas continuer leur histoire? Il en eut froid dans le dos. 

- Ça va? Demanda-t-il inquiet.

Elle se retourna vers lui, fronçant les sourcils.

- C’est plutôt à moi de te demander ça, déclara-t-elle. Qu’ont dit les médecins?

- Oh! Mon cœur est solide comme un rock! Pas de soucis! Je devrais pouvoir sortir demain matin!

- Ah! Tant mieux! 

- Et toi? Pourquoi cet air triste? Demanda-t-il. Tu as des regrets?

- Des regrets? Répéta-t-elle étonnée.

- Bah... Tu recouvres la mémoire, tu t’es peut être souvenue d’un truc qui t’a déplu et tu regrettes ce qu’il s’est passé entre nous hier soir...

 

Elle éclata de rire et s’approcha de lui pour enrouler ses bras autour de son cou.

- Je savais très bien ce que je faisais hier soir, sourit-elle, et ce n’est pas le souvenir de tes bêtises, qui va me faire changer d’avis! À moins que tu ne m’ai pas tout dit...

- Non! Je t’ai absolument tout dit! Assura Castle. Tu sais tout!

- Alors tu n’as rien à craindre, dit-elle en l’embrassant aussi tendrement que le lui permettaient ses lèvres blessées.

- Wah... fit-il lorsqu’ils rompirent leur baiser. Pas de regrets alors?

- Absolument aucun!

- Mais alors, dis-moi? Pourquoi cet air triste? Ton médecin t’a annoncé une mauvaise nouvelle?

- Non, non! Je vais aussi bien que possible. Je vais me farcir des courbatures phénoménales demain, mais je vais bien.

- Alors qu’est-ce qui te rend triste?

- Je suis toujours un peu nostalgique à l’approche de Noël, ne t’en fais pas, ça va passer...

- Ta maman?

- Mhm... Elle... Et tout ce temps que nous avons perdu à cause de cette histoire...

- Oui, je sais... Si je pouvais remonter le temps, je...

- Tu ne pouvais pas te douter de ce que ferait Gina, le coupa-t-elle en posant un doigt sur sa bouche. Déjà le fait qu’elle te drogue à ton insu c’était impensable! 

- Tu as raison, soupira-t-il. J’aurais mieux fait de me cacher une jambe le jour où je l’ai rencontrée...

- N’en parlons plus, allons nous coucher, je suis exténuée.

 

Ils collèrent leurs lits et s’installèrent dans les bras l’un de l’autre où ils ne tardèrent pas à s’endormir. 

Le lendemain matin, ils eurent l’autorisation du médecin de quitter l’hôpital avec la recommandation de ne surtout pas faire de folie, ils devaient se reposer et Kate eut un arrêt de travail d’une semaine non négociable.

La deuxième recommandation pour Beckett fut de ne pas rester seule durant les quarante-huit heures qui suivraient et de revenir aux urgences au moindre signal d’alerte.

- Eh bien comme ça, c’est réglé, déclara Castle. Tu viens t’installer chez nous! 


Minefuji  (20.04.2019 à 19:39)

Chapitre cent dix-huit

- Quoi? Demanda Kate surprise.

- Pour quelques jours! Précisa aussitôt Rick. Ne va pas t’imaginer que je te mette la pression ou un truc du genre! 

- Ah! Ok...

- Parfait! Sourit l’écrivain. Nous allons passer chez toi pour prendre quelques affaires, prévenir ton père et Lanie afin qu’ils ne s’affolent pas et direction mon loft!

- Tu oublies Roger!

- Quoi Roger? Blêmit Castle. 

- Il doit passer chez moi demain pour ma séance de rééducation. Il faut que je le prévienne sinon il va s’inquiéter.

- Tu es sûre qu’il est marié et heureux en ménage? Demanda Castle. Non sans rire, tous ces rendez-vous à domicile ou sur ton lieu de travail...

- Tu n’as rien à craindre de Roger, rigola Kate. Il est très heureux en ménage. Et puis si ça n’allait plus sur ce plan là, ça serait plutôt à moi de m’inquiéter! L’autre jour, il m’a dit que j’avais de la chance parce que tu avais vraiment un très joli postérieur...

- What?

 

Deux heures plus tard, ils étaient enfin installés au loft. Ryan les avait appelés pour leur donner des nouvelles de l’enquête sur Gina. Son avocat allait avoir du pain sur la planche. Les pièces à convictions qu’ils avaient trouvées en fouillant l’appartement de Gina ainsi que ses comptes et son ordinateur étaient accablantes. Gina serait à coup sûr jugée coupable d’empoisonnement et de tentative de meurtre, ainsi que de violences à l’encontre des forces de l’ordre. Elle en aurait pour des années de prison! 

Cette nouvelle réjouit Castle, qui pour fêter ça prépara des litres de chocolat chaud avec des minis marshmallows, puis déclara qu’il était grand temps de sortir les décorations de Noël. Il était tellement enthousiaste comme chaque année à cette période de l’année, qu’il ne remarqua pas l’air ennuyé de Kate. 

Alors que Rick et Alexis installaient le sapin en discutant joyeusement, Martha à qui rien n’échappait rejoignit Kate dans le bureau de son fils  où elle s’était isolée pour prétendument se reposer en lisant un bon bouquin. 

L’actrice ne fut pas étonnée de la trouver devant la fenêtre, le regard perdu dans la contemplation de la rue.

- Chérie, ça ne va pas? Demanda Martha en remarquant une larme sur sa joue.

- Oh! Martha! Dit Kate surprise en essuyant rapidement sa joue. Oui! Ça va!

- Je vois ça! Ça saute aux yeux! Déclara l’actrice en s’approchant d’elle. Dites-moi plutôt ce qu’il se passe...

- Rien... C’est juste que... Enfin... Ça fait douze ans que je ne fête plus Noël... Lorsque ma mère a été tuée, on sortait à peine des fêtes et on n’avait pas encore rangé les décorations de Noël... Cette année là, avec mon père, on les a rangées et on ne les a plus ressorties depuis...

- Oh! Et vous en avez parlé à Richard? Il comprendrait...

- Je n’en doute pas, sourit Kate. Mais... Il aime tellement ça, il a l’air si content, si heureux, que je n’ai pas le coeur à lui gâcher son plaisir.

- C’est lui cacher votre tristesse, qui lui gâcherait son plaisir, vous savez? Répondit Martha. 

- Vous avez sans doute raison... 

 

Elles discutèrent encore un long moment. Pour lui donner du baume au cœur, Martha sortit ses albums lui raconta les Noëls de Rick enfant.  Elles passèrent un très bon moment jusqu’à ce que Rick ne vienne les chercher pour leur montrer le résultat de son travail avec Alexis. 

- Wah! Castle! Fit Kate impressionnée en entrant dans le salon. On se croirait dans un magasin de jouet à la veille de Noël! 

- Ça te plaît? Demanda-t-il. 

- Énormément! C’est magnifique! 

- Tu sais, si tu y tiens, je peux tout ranger... 

- Pourquoi tu ferais ça? S’étonna Kate.

- Je... Euh... J’ai remarqué que tu n’étais pas très à l’aise tout à l’heure... Expliqua-t-il... Ma mère est allée voir comment tu allais et vous êtes restée plus d’une heure et demie à discuter dans mon bureau...

- Oui, euh... C’est juste que ça fait douze ans que je ne fête plus Noël et... ça m’a un peu chamboulée, mais maintenant ça va, répondit-elle avant de l’embrasser tendrement. 

- Tu es sûre? 

- Oui! Tu es celui qui me donne envie de redonner une chance à Noël.

Ils s’embrassèrent longuement jusqu’à ce qu’Alexis intervienne.

 

- Bon, je crois qu’on est de trop! Si on allait faire les boutiques? Proposa-t-elle à sa grand-mère. 

- Je te suis chérie! Prends donc quelques billets dans le portefeuille de ton père en passant! Répondit l’actrice.

 

Ils passèrent un excellent Noël à neuf, Jim ayant finalement accepté de se joindre à eux, ainsi que Lanie, Esposito, Ryan et Jenny. 

Une fois seuls, dans la chambre de Rick, ils échangèrent leurs cadeaux.

- Un séjour à Grenade! Se réjouit Kate. Oh! Merci! Rick! 

- Deux séjours en réalité, si tu regardes bien, précisa celui-ci. Un qui démarre la semaine prochaine... Et un dans six mois, histoire de profiter un peu de la chaleur estivale.

- Tu es merveilleux! Se réjouit-elle en l’embrassant. Ah! Euh... Tiens! Voilà mon cadeau.

- Tu m’as fait un cadeau? S’étonna Rick en prenant le petit paquet qu’elle lui tendit. 

- Oui... Ça n’est pas grand chose... Je n’ai pas eu le temps de... Enfin...

 

Il ouvrit le petit paquet et en sortit une clé.

- C’est la clé de mon appartement, précisa-t-elle. Ta clé.

- Ma clé? Répéta-t-il la gorge nouée par l’émotion.

- Oh! Je sais... Ça ne vaut pas ce double séjour à Grenade...  Ça n’est pas grand chose, mais...

- C’est le plus beau cadeau que j’ai eu de toute ma vie, assura-t-il en l’embrassant à son tour.

 

Ils passèrent une nuit magique, se promettant que rien ne pourrait désormais venir troubler leur relation. Kate lui parla alors de ses souvenirs qui lui  revenaient à propos de ce qu’il s’était passé avec le capitaine Montgomery avant que Gina ne la percute avec sa voiture. 

- Je peux te poser une question ? Demanda Castle.

- Mhmm... Oui, quoi?

- Si Gina ne t’avait pas... Qu’est ce que tu aurais fait? Tu aurais rejoins Montgomery ou tu serais venue me rejoindre à l’aéroport? Ne me réponds pas si tu n’en as pas envie, hein? Ne te sens pas obligée...

- Tu ne m’obliges en rien, sourit Kate. Je serais venue te rejoindre.

- Sérieusement? Tu aurais pu savoir qui a fait assassiner ta maman! 

- Peut-être , mais... Tu es plus important que cette enquête. Je sais que c’est facile à dire là maintenant, mais je t’assure que je venais te rejoindre. Je rentrais chez moi pour prendre mes valises quand...

- Non, je te crois, sourit-il. Et je te promets que le moment venu, nous trouverons l’assassin de ta maman.

- On verra, murmura Kate. Ce qui est sûr, c’est que je ne laisserai plus cette affaire me gâcher la vie.


Minefuji  (21.04.2019 à 20:29)

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