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Trouble

Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.  » Minefuji 

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Chapitre vingt et un

 

Elle baissa le bras et rangea son téléphone dans sa poche. Josh se tenait là, devant elle, son sac de voyage à ses pieds. Il avait la mine fatiguée et une barbe de plusieurs jours lui mangeait la moitié du visage. Il avait le teint hâlé des gens qui travaillent sous un soleil vigoureux et semblait avoir maigri de plusieurs kilos. Comme elle s’en doutait, son séjour en Afrique n’avait pas été de tout repos.

- Je n’ai pas pu te prévenir de mon retour, comment as-tu su? demanda-t-il avant de remarquer ses béquilles et son sac à dos. Tu t’es blessée? 

- Oh... ça... c’est trois fois rien... éluda-t-elle. Une petite chute...

- Tu as quand même une attelle... fit-il remarquer. Tu partais en voyage?

- En fait... Je venais te rejoindre.

- Tu venais me rejoindre? S’étonna-t-il.

- Je n’allais faire qu’un aller-retour rapide. Je n’arrivais pas à te joindre et il fallait vraiment que je te parle, annonça-t-elle franchement.

- Eh ben! Ça doit être bigrement important pour que tu partes comme ça à l’inconnu avec une attelle et des béquilles! Tu savais au moins que ça n’était pas raisonnable? 

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée.

- Ça va, j’ai compris, abdiqua-t-il en levant les mains. Je suppose qu’on t’a déjà fait mille recommandations à ce sujet. Alors, où veux-tu aller pour discuter de cette chose si importante que tu avais à me dire?

- Oh... Euh... bah... Hésita-t-elle. 

Y avait-il un lieu recommander pour les ruptures? Elle ne voulait pas être trop cruelle, mais de là à l’emmener chez elle, il y avait de la marge! 

- Allez, viens, je t’offre un verre, proposa-t-il devant son air perdu.

- Ok.

*******

De son côté, Rick resta un instant pétrifié devant son téléphone. Il n’avait pas rêvé? Il avait bien reconnu la voix du docteur mobylette? Comment avait-elle fait pour arriver si vite en Afrique?  

- Ne sois pas stupide, Castle, il est à NewYork, marmonna-t-il. 

 

Lui aurait-elle menti sur cette mission en Afrique? Beckett était une sacrée menteuse quand elle voulait, mais elle ne lui mentirait pas à ce sujet! Du moins... C’était ce qu’il pensait. 

Pourtant Josh ne pouvait pas être revenu aussi vite si elle était enfin parvenue à le joindre la veille... Non, c’était impossible! Alors il s’agissait là d’une coïncidence? C’était un peu gros, tout de même! 

Son sang ne fit qu’un tour, il attrapa sa veste et quitta son loft à toutes jambes. Une fois dans la rue, il attrapa un taxi et demanda au chauffeur de l’emmener à l’aéroport le plus vite possible.

********

Kate et Josh n’allèrent pas très loin, l’aéroport comptait d’excellents cafés. Ils s’installèrent à une table à l’écart du monde.

- Je vais prendre une bière, ça fait des semaines que j’en rêve, et toi? Demanda Josh.

- Euh, je ne... Je n’ai...

- Je t’en prie, tu peux bien accepter de prendre un dernier verre avec moi... Le verre du condamné.

Elle releva le regard vers lui, étonnée.

- Comment...? 

- Je ne sais pas... une intuition... Je me trompe?

- Euh... Non... Enfin...

- Alors qu’est-ce que tu prendras? Un jus de fruit?

- Euh oui, un jus d’orange, ce sera parfait.

- J’aime mieux ça! Sourit-il en se levant pour aller commander, je reviens tout de suite.

 

Kate le suivit du regard. Ça alors, d’abord Josh était de retour pile au moment où elle s’apprêtait à aller le rejoindre à l’autre bout du monde, mais en plus il  se doutait de ce dont elle voulait lui parler! Ça faisait un sacré paquet de coïncidences!

Elle songea à Rick et à la façon dont elle lui avait raccroché au nez. Ça n’avait pas dû lui plaire! Et si en plus il avait entendu la voix de Josh! Ça n’allait pas l’aider à lui faire davantage confiance! Pourvu qu’il ne se braque pas comme la dernière fois!

Josh revint peu après avec les boissons. Il offrit son jus d’orange à Kate et se réinstalla face à elle.

- Ne fais pas cette tête là, c’est moi qui vais recevoir une mauvaise nouvelle! dit-il pour la dérider un peu.

- Tu as raison... Tu es quelqu’un de super... Je t’aime vraiment beaucoup...

- Mais ça ne suffit pas, continua-t-il à sa place. 

- Non, confirma-t-elle.

- Il y a quelque chose que je peux faire? Demanda-t-il tout de même. Je pourrais arrêter les missions... Être plus présent...

- Et tu finirais par m’en vouloir...

- Je ne pense pas qu’un jour je pourrais t’en vouloir, dit-il avec un sourire triste.

- Écoute, Josh, je ne suis pas celle que tu crois...

- Tu n’es pas la jolie fille qui m’a offert un verre dans un bar? La super détective qui se bat pour rendre justice à toutes les victimes d’homicide de NewYork et à leurs familles? 

- Je ne résous pas tous les homicides de NewYork.

- Tous ceux qui te sont attribués et c’est déjà formidable!

- Josh...

- Je sais. Ne t’en fais pas, j’ai compris dès que j’ai reçu ton appel il y a des semaines de ça.

- Tu as eu mon appel? Et pourquoi ne m’as tu pas rappelée? 

- Je n’avais pas envie de me faire plaquer à l’autre bout du monde...

- Mais...

- Je sais,  j’ai été égoïste. D’ailleurs, ça fait un moment que je suis égoïste. Je travaille énormément, je pars en missions à l’autre bout du monde...

- Je ne te l’ai jamais reproché, répondit-elle, ça m’arrangeait même! Je n’étais pas quelqu’un qui voulait s’engager...

- Étais... répéta-t-il ayant parfaitement remarqué l’emploi de l’imparfait.

- Rassure-toi! Je ne rêve toujours pas de mariage! 

- Ah! Donc tout espoir n’es pas perdu pour moi, sourit Josh.

- Euh...

- Je sais que j’ai plutôt été du genre courant d’air, expliqua-t-il, mais je pourrais essayer d’être plus présent pour toi... 

- Josh... commença-t-elle ennuyée à l’idée de le blesser.

- Ça va, j’ai compris, je te faisais un peu marcher.

- Ah! Fit-elle soulagée. 

- Je savais que mes missions humanitaires nuisaient à mes histoires de coeur. Tu n’es pas la première qui... enfin...

- Les relations à distance ne sont pas faciles, approuva Beckett. Pourtant au début ça me convenait... Je savais que tu étais un accro du boulot et que je ne te verrais pas souvent.

- Kate, tu n’as pas de reproche à te faire, tu es une femme formidable, on s’aime beaucoup, mais...

- Ça n’est pas suffisant, termina-t-elle soulagée qu’il pensât la même chose qu’elle. 

- Amis? Proposa-t-il en levant son verre.

- Amis, approuva-t-elle en trinquant avec lui.


Minefuji  (13.01.2019 à 20:42)

Chapitre vingt-deux

Les embouteillages. Vivre à NewYork avait son charme et ses avantages, mais le prix à payer était de supporter ces horribles embouteillages. En général, Castle s’en accommodait facilement, mais là, alors que la femme qu’il aimait se trouvait en compagnie de l’horrible docteur Mobylette, ça le mettait hors de lui.

- Vous ne pouvez pas accélérer? Trépignait-il  à l’arrière du taxi.

- Je tiens à ma licence, grogna le chauffeur. Si vous vouliez être à l’heure, il fallait partir plus tôt! J’ai une famille à nourrir! Je ne peux pas risquer mon gagne-pain pour des clients qui pensent que la vie c’est comme les films et que les chauffeurs de taxi sont des véhicules prioritaires! 

- Désolé... se radoucit Castle confus. C’est que... 

- Oh je me doute bien qu’il y a une femme derrière votre impatience, les gens normaux ne se mettent pas dans cet état pour le boulot. Qu’est-ce qu’il vous arrive? Elle vous quitte? 

- Euh... Non. C’est plutôt le contraire.

- Elle vous rejoint? Oh bah ça va, pas la peine de paniquer, elle va vous attendre.

- Elle est partie rompre avec son copain pour pouvoir être avec moi.

- Et vous avez peur qu’il lui retourne le cerveau? Ah... c’est qu’il y en a des manipulateurs en ce bas monde! Pas plus tard qu’hier, un vendeur en porte à porte à retourné le cerveau de ma femme et me voilà abonné à une revue d’art moderne pour les six prochains mois! Je déteste l’art moderne! Je n’y comprends rien. Son ami est aussi un manipulateur? 

- On peut dire ça, il se la joue grand prince avec sa mobylette et ses diplômes de médecine...

- Les toubibs... avec les musiciens, ce sont les pires! Dit le chauffeur avec compassion. Les femmes ne leur résistent pas...

- Mon amie est du genre bornée, normalement quand elle a décidé quelque chose, elle n’en démords pas, répondit Castle pour se rassurer.

- Faut pas vous en faire, si votre amie a fait son choix, elle ne reviendra pas dessus, surtout si elle est bornée! Ma femme est une telle tête de mule, qu’elle est toujours avec moi alors que je suis souvent un parfait idiot.

- Je ne sais pas s’il faut vous en réjouir...

- Bah si, je suis fou d’elle. J’admire sa patience! Et je fais de mon mieux pour m’améliorer et la mériter.

Rick se cala contre le dossier de la banquette. Il devrait en prendre de la graine et arrêter d’être aussi pessimiste dans sa relation avec Kate. 

 

**********

 

- Ah! Ce que ça fait du bien! Lança Josh après avoir bu la moitié de sa bière d’une traite.

- Tu as l’air en forme, rit Kate.

- Bah... Il faut bien. Ce qu’on voit là-bas est dur, on est obligé d’avoir une carapace. Mais je ne t’apprends rien, dans ton métier aussi on doit apprendre à se blinder.

- Oui, c’est vrai... approuva-t-Elle. Enfin... Je dois t’avouer que je redoutais ce moment. 

- Moi aussi. Mais c’est mieux comme ça. Tu mérites mieux qu’un courant d’air. J’aurais pu essayer d’être plus présent pour toi, mais...

- Mais tu aurais fini par avoir de nouveau envie de partir, je sais, continua-t-elle pour lui. On ne se refait pas.

- Parfois on change... Toi, tu as changé.

- Parfois on rencontre la personne qui nous donne envie de poser nos bagages.

- Oh! Sourit-il. Et tu as envie de poser tes valises?

- C’est un peu compliqué, mais j’ai envie d’essayer, sourit-elle.

- J’en suis ravi pour toi. Mais si cette personne te fais souffrir, compte sur moi pour venir lui donner une bonne leçon. 

- Ne t’en fais pas, je sais me défendre!

 

Au même moment, Rick pénétrait dans l’aéroport, il regardait frénétiquement autour de lui à la recherche de Kate et du maudit docteur. Il tenta sa chance en téléphonant à Kate. 

 

- Oh! C’est mon téléphone, annonça Kate lorsqu’une sonnerie retentit.

- Tu devrais peut être répondre, suggéra Josh. C’est peut être important.

- Allô?

- Kate? Où es-tu? S’écria-t-il affolé.

- À l’aéroport, je te l’ai dit. Calme-toi, pourquoi tu es aussi énervé? 

- J’y suis à l’aéroport! Et je ne t’y trouve pas!

- Eh bien je suis au bar du côté des départs.

- Ne bouge pas, j’arrive! 

 

« Tu ne perds rien pour attendre, satané docteur mobylette, grogna Castle dans ses dents tandis qu’il se précipitait vers le bar. »

 

Kate resta un instant le regard posé sur son téléphone. À quoi pensait encore Castle? Il s’affolait vraiment pour pas grand chose, sa cheville allait très bien, il était inutile de se mettre dans un état pareil! 

 

- Tout va bien? Demanda Josh.

- Oui, c’est mon garde malade, qui veut me ramener chez moi... Je suis censée être au repos complet... 

- Ce qui serait raisonnable! De toute façon, je dois y aller, annonça Josh. 

- Le boulot?

- Toujours le boulot, on ne se refait pas. Au revoir Kate, prends soin de toi.

- Toi aussi, Josh, répondit-elle. 

 

Il sourit et l’embrassa tendrement sur la joue. Le téléphone de Kate sonna de nouveau. Elle décrocha. 

- Euh... Kate? Appela Rick essoufflé au bout de quelques minutes. Où es-tu?

- Je viens de te le dire.

- Désolé de te contredire, mais je suis au bar que tu m’as indiqué et tu n’y es pas! S’agaça l’écrivain.

- C’est impossible! 

- Et pourtant c’est vrai, siffla Castle furieux de s’être fait avoir.

- Je sais tout de même où je me trouve! Répondit-elle agacée.

- Oh! Arrête ton manège! 

- Qu’est-ce qu’il te prend à la fin? 

- Il me prend que si tu veux jouer sur les deux tableaux, ce sera sans moi! J’ai bien compris, ne t’en fais pas! Pas la peine d’essayer de m’embobi...

- Tu es dans quel aéroport? Le coupa sèchement Kate.

- Euh... JFK... Et toi? Demanda-t-il en réalisant qu’il ne lui avait même  pas posé la question avant de se précipiter dans un taxi.

- Newark.

- Oh! Euh...

- T’inquiète, j’ai bien compris moi aussi! S’énerva Kate à qui les paroles de Rick n’avaient pas échappée. Tu croyais que je cherchais à t’embobiner? Que je voulais jouer sur les deux tableaux?

- Hein? Euh non... c’était une façon de parler... bafouilla-t-il. 

- Tu parles, gronda Kate. Tu ne me fais pas confiance! 

- Kate! Attends!

Elle ne lui laissa pas le temps d’argumenter et raccrocha son téléphone. Comment pouvait-il être aussi idiot? Pour qui la prenait-il? D’accord, elle avait été plus que maladroite, mais tout de même! Dire qu’elle pensait qu’il la connaissait depuis le temps qu’il la suivait!  Comment pouvait-il penser qu’elle jouait sur les deux tableaux? Elle n’était pas Meredith! S’il ne l’avait pas compris, comment pouvait-il espérer que leur relation fonctionne?

 

De son côté, Rick se demandait comment il avait pu être aussi stupide. Kate n’allait pas lui mentir alors qu’elle savait qu’il arrivait et s’apercevrait de la supercherie. 

- Rick Castle, c’est à se demander à quoi tu penses parfois, soupira-t-il.

 


Minefuji  (14.01.2019 à 21:34)

Chapitre vingt-trois

 

Au prix de pas mal d’efforts et de mauvais traitements à sa cheville blessée, Kate rentra chez elle.  Elle avait pesté contre Castle durant tout le chemin de retour. Pour qui la prenait-il enfin?  D’accord, elle avait commis des erreurs, mais cela ne lui laissait pas le droit de la traiter de la sorte! 

En rage contre Castle et fatiguée de sa cavalcade à béquilles, elle se laissa tomber dans son canapé. Rien n’avait bougé, les couverts, les verres, les assiettes sur la table dressée par Rick étaient toujours en place, son plat dans le four... Tout allait si bien entre eux la veille. Comment en étaient ils arrivés là? Épuisée, elle ne put retenir ses larmes devant tout ce gâchis. 

Quelques temps après, combien, elle n’aurait su le dire, quelques coups furent frappés à sa porte. Elle soupira. Attrapa un mouchoir dans la boite sur le guéridon et sécha ses larmes. 

Elle sautilla à cloche pied jusqu’à la porte et regarda par l’œilleton pour découvrir l’identité de son visiteur. Elle prit une profonde inspiration et ouvrit la porte. Lanie. Comment avait-elle su?

- Lanie? Comment?...

- J’ai demandé à ta voisine de me prévenir quand tu rentrerais, expliqua Lanie. Tu es partie si précipitamment ce matin, que je craignais que tu ne fasses une bêtise.

- Ce n’était pas la peine de t’en faire. JE VAIS BIEN MME ROBINSON! Cria Kate à l’intention de sa voisine.

- Oui, je vois ça, railla Lanie, tes yeux rougis le montrent assez bien! Oh, Honey, ça ne s’est pas arrangé? Je suis désolée.

- C’est pas ta faute, renifla Kate.

- Bah si quand même un peu...

- Absolument pas. C’est moi, qui ait tout fait à l’envers.

- Tu n’as pas pu t’expliquer avec lui? C’est pour ça que tu es partie ce matin?

- Je me rendais à l’aéroport pour aller rompre avec Josh.

- En Afrique? Non mais tu es inconsciente?

- C’était la seule solution. Et puis je suis tombée sur Josh là-bas, je n’ai même pas eu besoin de prendre l’avion. Même la rupture a été facile. Il a été un modèle de compréhension ! 

- Il revenait au moment où tu partais le rejoindre en Afrique? C’est louche, non?

- Ça arrive les coïncidences.

- Et Castle? Toujours pas de nouvelle?

- Oh! Si! Il m’a appelée ce matin, soupira Kate.

- Ah! Bah c’est chouette ça!

- Bof. Si on veut.

- Oh!  Ça ne s’est pas arrangé? Devina Lanie. Quelle tête de mule celui là! Tu sais qu’il peut te concurrencer dans cette catégorie? Râla Lanie.

- C’est pas ça...

- Qu’est-ce que c’est alors? 

- Une longue histoire...

- Ça tombe bien, j’ai tout mon temps. Perlmutter a gentiment accepté de me remplacer aujourd’hui.

- Gentiment? Perlmutter? Tiqua Beckett.

- Je lui ai promis un dîner.

- Un dîner?  Avec Perlmutter? Mais... Et Espo?

- Quoi Espo, on n’est pas marié, on ne s’est rien promis.

- ...

- Ça va, ce n’est qu’un dîner! Et puis c’est Perlmutter!

- Bah d’accord, c’est Perlmutter... Mais c’est quand même un homme...

Lanie éclata de rire. Un rire si communicatif que Kate finit par la esquisser à son tour un sourire.

 

***********

 

De son côté, Rick avait fini par attraper un taxi pour rentrer. Malheureusement, de nouveau pris par les embouteillages, il ne pouvait que compter les minutes qui s’égrainaient dans une lenteur suppliciante. Il avait tenté de rappeler Kate, mais elle avait éteint son portable. C’était mérité et de bonne guerre!  

Il repartit dans ses pensées. Encore une fois, il n’avait pas su faire confiance à Kate. 

Bon sang, il avait l’impression de tout faire à l’envers avec elle! Pourquoi était-ce si compliqué? Il n’avait jamais connu une relation aussi compliquée. Bon d’accord, Meredith l’avait trompé, Gina, elle, était mortellement ennuyeuse et leur relation n’avait pas tenu car le travail s’était mélangé à leur vie privée, mais ses relations avec elles avaient été beaucoup plus simple! Avec Kate, il marchait sur des œufs, craignant à chaque fois de faire une bêtise, de la faire fuir. Ce qui ne manquait jamais d’arriver d’ailleurs. Il ne se reconnaissait pas, jamais il n’avait jamais eu si peur de se tromper ou de mal faire avec une de ses ex. À part Kyra peut-être... Il n’avait pas compris qu’elle espérait le retrouver à son retour, que leur pause n’était absolument pas définitive pour elle. 

Décidément, il était vraiment nul quand il s’agissait des femmes les plus  importantes de sa vie! 

Son téléphone sonna, il espéra que ce soit Kate. 

 

- Bonjour Richard, où es-tu?

- Gina! Que me vaut le plaisir?  Dit Rick déçu. Tu n’as pas reçu mon chapitre?

- Oh si! C’est parfait! Merci. 

- Alors, que se passe-t-il?

- Je ne le crois pas! Tu as oublié! 

- Oublié?

- Tu devais venir chez Black Pawn pour la maquette ! 

- C’était ce matin? Je croyais que c’était le 12!

- Nous sommes le 12! Tu n’as pas de calendrier?

- Bah... Euh... si... dans mon smartphone...

- Eh bien tu devrais le programmer parfois.

- Tu aurais pu me le rappeler quand tu es venue hier!

- Je l’ai fait, je t’ai dit à demain.

- Je pensais que tu parlais du chapitre! 

- Bon, ce n’est pas si grave, j’envoie une voiture te chercher.

- Arf...

- Quoi encore?

- C’est  que je ne suis pas chez moi...

- Où es-tu? Encore au poste?

- Non, dans un taxi... J’essaye de quitter JFK.

- Il est mort, Richard.

- JFK, l’aéroport! Pas le président!

- Ne me dis pas que tu essayes de prendre la fuite! Ce que tu peux être gamin! Quand vas-tu devenir mature? 

- Euh... Si je quitte l’aéroport en taxi, c’est que je n’ai pas pris l’avion et donc que je ne m’enfuis pas!

- Oh... Ta mère est partie en vacances? 

- Non! J’essayais de rattraper quelqu’un, c’est tout. Enfin bref... ça ne te regarde pas vraiment... Pour la maquette, tu peux attendre un peu, non? Le livre n’est pas encore terminé.

- Si je t’accordais un délai, ça te coûterait cher... Tu sais, ça retarderait tout, il y a des gens qui travaillent sur ce projet, des contrats signés...

- Okay, j’ai compris le principe, la coupa Rick. J’arrive, ça te va?

- Ça me va. Dépêche-toi.

- C’est ça! Bye! 

Quelle plaie cette Gina! Comment avait-il pu se marier avec elle?

Bon... Une journée de travail chez Black Pawn attendait Castle, faire la maquette de son nouveau roman et planifier sa sortie permettrait peut être de se débarrasser de Gina. Elle commençait à devenir sérieusement envahissante, là. Il changea de plan et demanda au chauffeur de prendre la direction des bureaux de son éditeur. Un problème à la fois. Une fois Gina expédiée, il pourrait se consacrer à Kate pour obtenir son pardon.

 

***********

 

Leur discussion légère sur les hommes et Perlmutter en particulier, Lanie et Kate s’étaient installées dans le canapé devant un chocolat chaud. Sur les conseils de Lanie, Kate avait déposé un sac de petits pois surgelés sur sa cheville, qui selon la légiste ne devrait pas tarder à guérir, enfin si elle restait raisonnable et tranquille.  

Kate avait ensuite raconté toute l’histoire à Lanie. Le retour surprise de Josh, leur rencontre surprise à l’aéroport, la rupture et enfin la réaction de Rick. 

- Non mais quel abruti! Je vais le tuer! S’écria Lanie lorsque Kate eut terminé son récit. 

- Non, ça c’est mon rôle! Grogna Kate. Toi, tu m’aideras à faire disparaître son cadavre.

- Ah! Ouf! Ça, c’est ma Beckett! Se réjouit Lanie. 


Minefuji  (15.01.2019 à 19:09)

Chapitre vingt-quatre

 

- Pourquoi est-ce que je ne serais pas moi-même? Demanda Kate.

- Bah tu sais ce que c’est... La déprime post-rupture... Il faut du temps pour passer le cap... On n’est plus vraiment soit même... 

- Oui et ben, techniquement, Castle et moi on n’a pas rompu, donc... je ne suis pas dans ta fameuse phase de « déprime post-rupture... Non, là, je suis plutôt dans la phase « en pétard contre mon petit ami, qui est vraiment un gros naze! »

- Oh! Fit Lanie avec un petit sourire. Donc, si je comprends bien, tu vas lui pardonner?

- J’en sais rien, soupira Kate en se laissant retomber contre le dossier du canapé. Peut être que je n’ai rien à pardonner parce que Castle ne veut pas être pardonné.

- Sérieusement? Ce gars te suit sur tes enquêtes pendant deux ans, crée une héroïne de romans en s’inspirant de toi, tout ça dans l’espoir de sortir avec toi. Et il laisserait tomber au moment où son rêve se réalise?

- Son désir, rectifia Kate, pas son rêve. Tu connais la réputation de Castle! Une fois qu’il a eu ce qu’il voulait, il passe à autre chose!

- Non, non, non, non! Je refuse de croire un truc pareil! Il en pince grave pour toi! Il ne peut pas passer à autre chose comme ça! 

- Apparemment, c’est toi la plus fleur bleue de nous deux, soupira Kate. On aura au moins eu la réponse à cette question.

- Mais qu’est ce qui te fait croire que Castle en a fini avec toi?

- Ça va faire deux heures que je suis rentrée, une que j’ai rallumé mon téléphone, est-ce que Castle est venu? Est-ce qu’il a appelé? Non. Je crois qu’on a la réponse à ta question...

- Bon, comment procède-t-on? Poison? Flingue? Asphyxie par ingestion de feuilles tirées de ses romans? Mieux! On l’autopsie vivant! J’ai toujours voulu savoir ce qui me différenciait d’un chirurgien.

- T’as pas appris ça à l’école de médecine?

- Bien sûr que si, mais je n’ai jamais opéré une personne vivante.

- Je peux peut être demander à Josh, il forme des bleus parfois.

~ Josh?

- Bah oui, il est chirurgien, tu te rappelles?

- Je croyais que tu avais rompu.

- J’ai rompu, ça n’empêche pas de lui parler. Beaucoup de personnes discutent sans coucher ensemble, tu sais? Ça s’appelle l’amitié. Nous par exemple, on discute et on ne couche pas ensemble! 

- Pfff! T’es bête! Rigola Lanie.

- Et avec Josh, c’est pareil. Seulement de l’amitié.

- Si Castle apprend ça, il va encore débloquer.

- Eh bien qu’il débloque! J’en ai soupé de ses petites crises d’enfant gâté! Bougonna Kate. Et puis, il n’y a pas si longtemps, Castle couchait avec son ex-femme Gina et dois-je te rappeler l’histoire de la brioche au beurre?

- Oui, il faisait ça quand il était encore célibataire!  Il ne te tromperait pas.

- Et moi non plus! Qui parle de tromper l’autre? Je disais juste que Josh était un type bien à qui je pouvais demander un service! S’énerva Kate. Un peu comme toi avec Perlmutter!

- Hé! Jamais je ne coucherais avec Perlmutter! Nous n’avons pas et nous n’aurons jamais de passif sexuel ensemble! 

- Ah... Fontaine, je ne boirai pas de ton eau... sourit Kate pour la taquiner.

- Ah bah tu vas mieux, toi! Constata Lanie en lui faisant de gros yeux. Et pour en revenir à Castle... Il a quand même un sacré passif de jalousie avec Josh.

- Je n’ai pas de compte à rendre à Castle, souffla Kate.

- Je sais bien, soupira Lanie. Je dis seulement que Castle ne verrait pas ça d’un bon œil...

- Dès qu’il s’agit de moi, il ne voit rien d’un très bon œil de toute façon, souffla Kate amère.

- Oh... Honey... fit Kate compatissante.

 

*******

 

 

Lorsque Martha rentra au loft, elle trouva son fils en pleine fièvre créatrice. Du moins, c’est ce qu’elle pensa de prime abord. Rick était nerveux et agité, ce qui ne lui arrivait pourtant jamais lorsqu’il écrivait.

D’ordinaire, il était totalement absorbé par ce qu’il écrivait, mais il était calme. Il était dans sa bulle, imperturbable, un ouragan pouvait dévaster le salon, il restait dans son écriture. 

Là, il marmonnait, fulminait, s’agitait dans tous les sens, si ce qu’il écrivait était dans le même état que lui, ça allait être une véritable catastrophe! Jamais elle ne l’avait vu écrire dans un tel état.

Elle décida d’intervenir. Il le prendrait peut être mal, mais c’était une question de vie ou de mort pour son roman.

- Trésor! Je suis rentrée! Lança-t-elle pour entamer la conversation.

- Bonjour, Mère, répondit-il sans quitter son écran des yeux.

- Un souci? 

- Pourquoi cette question? Demanda Rick en levant la tête.

- Tu n’as pas l’air dans ton état normal. Tu sembles sur les nerfs.

- Sans doute parce que je le suis. Je dois boucler ce chapitre avant ce soir, sinon ça va me coûter une fortune.

- Je vois. Gina a encore frappé.

- D’après elle, beaucoup de gens se retrouveront au chômage technique si je ne l’ai pas terminé avant ce soir, souffla Rick. Rahhhhh! Ça ne va pas, cette phrase ne sonne vraiment pas bien!

- C’est un roman, que tu écris, Trésor, pas une chanson.

- Lorsqu’on lit un roman, une phrase qui sonne mal peut casser le rythme ou l’ambiance. 

- Comment se fait-il que tu sois aussi pressé par le temps? Alexis m’a dit ce matin que tu avais envoyé ton chapitre par coursier.

- Je l’ai fait en effet. Mais Gina m’a rappelé. J’ai dû passer la journée à travailler sur la maquette de mon roman et son planning de promotion. Et pour finir, Gina m’a imposé un planning ultra serré pour boucler mon roman. J’ai horreur d’écrire sous la pression.

- Oui et d’habitude tu ne te laisses pas mettre la pression comme ça! D’habitude, tu lui sors des excuses vaseuses à propos de l’inspiration ou du génie, qui ne se commande pas. Qu’est ce qui a changé aujourd’hui?

- ... Je ne sais pas... Je n’ai pas envie qu’elle me harcèle... ou...

- Ou? 

- Rien... Laisse tomber, soupira Rick.

- Et si tu venais prendre un café avec moi, histoire de tout m’expliquer?

- Il n’y a rien d’intéressant à dire, tu sais. On parle de Gina et de son boulot!

- Tout va bien avec Beckett?

- Pourquoi me parles-tu d’elle?

- Richard, tu peux jouer les innocents et tromper ta fille ou tes amis au poste, mais tu ne me la feras pas à moi, ta mère! Il se passe quelque chose entre Beckett et toi.

- Qu’est ce qui te fais penser ça?

- Ta mystérieuse conquête. Pourquoi tant de mystère s’il ne s’agit pas de Beckett?

 


Minefuji  (16.01.2019 à 20:55)

Chapitre vingt-cinq

 

Rick dévisagea sa mère. Il savait qu’elle le connaissait par coeur, mais de là à deviner sa relation avec Kate... Il avait été très discret et prudent. Peut-être était-il encore possible de noyer le poisson...

- Alors là, je ne vois pas de q..., tenta-t-il d’un air dégagé.

- À d’autres! Il ne doit y avoir qu’une seule femme dans tout NewYork pour vouloir garder l’anonymat alors qu’elle sort avec toi, cette femme, c’est Kate Beckett! Elle est peut être la seule à être vraiment sincère avec toi, à part Alexis et moi! 

- Je n’ai jamais dit que je fréquentais quelqu’un, contra Rick.

- Oui, mais  tu ne découches que quand tu fréquentes quelqu’un. Et là, tu as découché deux fois en une semaine, déclara Martha avec lucidité. Alors? Il s’est passé quelque chose avec Beckett?

- Je ne sais pas, tu devrais peut être poser la question au docteur Mobylette, souffla-t-il.

- Allons bon, dit Martha en levant les yeux au ciel, je croyais que ce garçon n’était pas fait pour elle.

- Il est de retour. 

- Oh! D’accord!

- Quoi d’accord? Qu’est ce que tu sous-entends? Bafouilla Castle. 

- Tu es jaloux! Mon garçon! Voilà tout! 

- Moi? Jaloux? Ah! Double Ah! Lança-t-il avec dédain.

- Dans ce cas pourquoi le retour de ce garçon t’ennuie? Demanda Martha. Je croyais pourtant qu’être son partenaire te suffisait, que les petits amis passeraient, mais que toi, tu resterais.

- Touché, soupira-t-il. Mère, tu as le chic pour ressortir mes paroles au plus mauvais moment!

- C’est mon rôle, tu le sais bien. Alors? 

- Alors, Je crois bien que je me suis fait avoir...

- Qu’est-ce que c’est encore que cette idée saugrenue? Je peux savoir ce qui te fait penser une chose pareille? 

- Je crois que Beckett court deux lièvres à la fois.

- Ça ne lui ressemble pas. Beckett est une vraie dame! Elle a de la classe, contrairement à certaines! Assura Martha.

- Je ne sais pas. Elle disait ne pas réussir à le joindre et va le retrouver à l’aéroport! C’est un peu gros, pour une coïncidence, tu ne trouves pas?

- Mais c’est possible...

- À d’autres! J’ai déjà cru à la seule chance sur dix mille pour que les apparences soient trompeuses.

- Donc tu choisis de faire payer à Beckett la fourberie de Meredith? Dit Martha sur un ton de reproche. Si tu n’as pas bien compris, quand je parlais de certaines qui n’étaient pas de vraies dames pleines de classe, je parlais de ta première ex-femme! 

- Peut-être, mais je choisis de me protéger moi!

- Te protéger de quoi? De la souffrance?

- Exactement! J’en ai marre de me faire malmener par les femmes! 

- Dans ce cas entre dans les ordres ou change de bord, mais ne fais pas payer à Beckett ta couardise! Elle mérite mieux que ça! 

- Je croyais que tu étais de mon côté! 

- Je suis de ton côté, assura Martha. J’essaye de t’ouvrir les yeux et de te montrer à quel point tu es dans l’erreur, parce que crois-moi, tu garderas toujours dans un coin de ta tête cette chance sur dix mille et un jour ça t’explosera à la figure! 

- Mère... soupira Castle.

- Kiddo... Vivre c’est prendre le risque de recevoir des coups, dit sagement Martha. Si tu choisis de te cacher par peur d’être blessé, tu te réveilleras un jour avec le regret d’être passé à côté de ta vie. Il n’y a que les morts qui ne souffrent plus!

- Et si je me prenais un coup que je ne suis pas capable d’encaisser?

- Trésor, il vaut mieux avoir des remords que des regrets. Et puis, tu n’es pas seul! Je suis là et Alexis également. Tu sais bien que nous ne te laisserons pas couler! Ça te fait un excellent matelas en cas de chute. Ne laisse pas tes craintes t’empêcher de vivre. Avec ton père, j’ai pris ce risque et je ne l’ai jamais regretté.

- Tu es quand même tombée de sacrément haut cette fois là.

- Peut être, mais ton père m’a laissé le plus solide des matelas pour amortir ma chute : toi.

Rick regarda sa mère. Il la taquinait sans arrêt, allait même parfois jusqu’à dire qu’elle était un parasite qui envahissait son existence quand elle allait trop loin dans ses excentricités, ce qui arrivait somme toute assez régulièrement, mais il lui vouait aussi une grande admiration. Mère célibataire du jour au lendemain avec un métier qui pouvait se montrer ingrat et précaire, elle ne s’était jamais plainte. Elle avait toujours fait en sorte de préserver son fils même quand les finances étaient au plus bas et que la fin du mois commençait le dix. Mère courageuse, elle avait toujours fait en sorte que son fils ne manque de rien, mère patiente, elle l’avait toujours soutenu quand adolescent il faisait les quatre cents coups à la recherche de sa voie. Elle ne l’abandonnerait jamais, serait toujours présente pour l’aider à se relever lorsque la vie se montrerait cruelle. Il n’avait rien à craindre de la vie. Grâce à elle, il pouvait se lancer sans crainte vers l’inconnu, prendre des risques.

- Tu as peut être raison...

- J’ai raison! N’en doute jamais! Alors, qu’est-ce que tu vas faire?

- Prendre le risque de vivre, sourit-il.

- À la bonne heure! 

- Tiens... c’est bizarre...

- Quoi donc?

- Mon téléphone est éteint. J’étais pourtant sûr de l’avoir laissé allumé.

- Tu ne l’as pas éteint dans les bureaux de Black Pawn?

- Non! Pas après ma dispute au téléphone avec Kate! J’espérais qu’elle me rappellerai quand elle se serait calmée.

- Oh! Y aurait-il un oiseau de mauvais augure qui tournerait au dessus de ta tête? Demanda Martha lucide.

- Ce qui est sûr, c’est que notre Karma est pourri! Soupira-t-il.

 

Comme un signe du destin, son téléphone sonna au même moment.

- Ah! Serait-ce l’appel du destin? Sourit Martha. Je ne vais pas m’incruster plus longtemps. À plus tard, mon chéri!

- À plus tard, Mère, répondit Rick en prenant son téléphone. Et Merci!

- Ne t’en fais pas pour ça, fit Martha magistrale, c’est ma façon de te rendre ce que je te dois.

 

Il secoua la tête, elle ne perdait pas le Nord, elle. Comme si un conseil maternel correspondait à des années de loyer d’un appartement à NewYork!

 


Minefuji  (17.01.2019 à 20:09)

Chapitre vingt-six

 

Il était minuit passé, quand Kate descendit de la voiture. Sa cheville allant mieux grâce au traitement efficace de Lanie, elle décida de laisser ses béquilles dans le coffre. 

Bien que son amie lui ait fortement déconseillé de venir, Kate n’avait rien voulu entendre. Rien de tel que le travail pour la sortir de ses pensées toutes tournées vers Castle et le fiasco de sa relation avec lui. Aussi, lorsque Lanie avait été appelée sur une scène de crime, elle avait sauté sur l’occasion de reprendre le travail.

- Tu aurais dû rester chez toi, répéta pour la énième fois Lanie en sortant à son tour du véhicule. Le capitaine Montgomery t’avait accordé davantage que deux jours d’arrêt.

- Je sais, mais je vais déjà beaucoup mieux et puis sur les scènes de crime, c’est de ma tête dont j’ai besoin essentiellement. Pour le reste, les gars s’en chargeront.

- J’espère bien! Si j’apprends que tu as commis des imprudences, je te jure que je t’attache dans ton canapé!

- Promis! Allez file examiner le corps, je vais voir les gars, puis je te rejoins.

- C’est ça, à tout de suite!

 

Un peu plus loin, Kate trouva les gars en plein débat sur l’importance de la Saint Valentin, qui approchait à grands pas. Dire que quelques jours auparavant, son angoisse aurait été que Rick lui propose de la fêter, ce qui aurait été beaucoup trop tôt dans leur relation. Et là, l’angoisse, c’était de repenser à leur dispute pendant que les tous autres couples de NewYork affichaient leur bonheur...

 

- Je dis seulement que la première Saint Valentin que tu passes avec quelqu’un est importante! Disait Ryan à Esposito alors qu’elle s’approchait d’eux.

- Peut être, mais Lanie se fiche pas mal de tout ça, rétorqua Esposito.

- Aucune femme ne se fiche de ça! Affirma Ryan. Salut Beckett! Alors cette cheville?

- Opérationnelle! Enfin si je ne force pas trop. De toute façon Lanie a  déjà dû vous briefer.

- Ouais, tu as même plutôt intérêt à rester tranquille, sinon tu auras ma mort sur la conscience, affirma Esposito.

- Et tu devras aussi expliquer à Jenny pourquoi elle ne deviendra jamais maman! Ajouta Ryan.

- Ne vous en faites pas les gars, assura Kate, je serai très sage.

- Tant mieux! Dis, Josh et toi avez des plans pour la soirée de la Saint Valentin? Demanda Ryan pour revenir à sa conversation avec Esposito.

Les gars la croyaient encore avec Josh, c’était pratique mais un peu pesant tout de même. Peut être devrait elle leur dire que c’était fini et qu’elle était célibataire désormais? N’ayant aucune envie de raconter sa vie privée, elle préféra tout de même rester dans le mensonge.

- Euh... Josh est chirurgien. Je suis flic. Dans l’éventualité où nous aurions quelques heures de libres lundi soir, on ira peut-être dîner, mentit-elle.

- Tu vois? Fit Ryan en se tournant vers Esposito.

- Pas la peine de fêter quelque chose pour aller au resto, marmonna Esposito. Au fait Beckett, tu as appelé Castle?

- Euh... Je suis venue avec Lanie, officiellement, je ne suis pas encore sur cette enquête. Alors non, je ne l’ai pas appelé et puis je croyais que tu l’avais fait.

- Bah non...  c’est un peu devenu ton truc...

- ouais, approuva Ryan, c’est toi le patron! 

 

Kate leur adressa un regard noir, prit son téléphone et appela Castle. Après tout, les gars ne savaient pas que Castle ignorait ses appels une fois de plus. Ça devenait une habitude! Comme elle s’en doutait, elle tomba de nouveau directement sur sa messagerie. 

- Hey, Castle, c’est Beckett. Rappelez moi quand vous aurez ce message.

- Oh! Castle sera très déçu d’avoir manqué cette scène de crime! Dit Esposito.

- Pourquoi?

- Dans les beaux quartiers, les meurtres sont toujours plus bizarres et flippants! 

- Que veux-tu, il y a des tarés aussi chez les gens riches... rétorqua Kate en entrant dans la maison de la victime.

 

Esposito avait raison, les crimes  chez les gens riches étaient vraiment flippants, l’arme du crime, cette fois, était un pistolet à clous. Comment pouvait-on être assez cruel pour utiliser cet outil contre quelqu’un? Cependant, ce qui fit vraiment flipper Beckett, ce fut de découvrir Castle, dans le salon en compagnie de Damian Westlake, le mari de la victime.

- Castle? Blêmit-elle.

- Beckett? Tu n’es pas censée être en arrêt? Demanda Rick blanc comme un linge.

- Tu n’es pas censé écrire un roman? Demanda-t-elle sèchement.

- Euh... Bah, je te présente Damian, un vieil ami. La victime est son épouse... 

°0°0°0°

 

- Castle, qu’est-ce que tu fais là? Gronda Kate après l’avoir attiré à l’écart.

- Je te l’ai dit! Damian Westlake est un vieil ami d’école, expliqua Rick. Il savait que je travaillais avec la police de NewYork. Il m’a appelé pour avoir un peu de soutien.

- Et tu aurais dû m’appeler juste après pour me mettre au courant! Reprocha Kate.

- On était en pleine nuit! Je n’ai pas voulu te réveiller et puis... je ne savais même pas si tu répondrais! 

- À qui la faute? Cracha-t-elle en se retenant de l’écorcher. Tu aurais dû appeler Ryan ou Esposito alors! Tu sais bien comment ça marche!

- Eh ben, je ne pensais pas que vous seriez sur cette affaire! 

- Ouais et bien maintenant que tu sais qu’il s’agit de mon enquête, as-tu quelque chose à me dire à propos d’elle? 

- Euh... non, rien. Je n’ai jamais rencontré Vicky. Mais je peux rassurer Damian que la meilleure enquêtrice de NewYork est sur cette affaire!

 

Elle leva les yeux au ciel et s’éloigna la boule au ventre. Il n’avait même pas essayé de l’appeler pour la prévenir... Comme lorsqu’il était revenu dès Hamptons au début de l’automne, c’était le hasard qui les avait réunis.

Elle retrouva Lanie près du corps de la victime. Son amie lui fit un rapide rapport de ses constatations avant d’en venir au sujet qui la préoccupait.

 

- Tout va bien? On dirait que tu as vu un fantôme?

- J’aurais préféré, souffla Kate. Castle est là.

- Oh! Qu’est ce qu’il veut? S’excuser?

- Penses-tu! Le mari est un de ses amis. Un très bon ami même apparemment! Il ne pensait même pas que je serais sur l’affaire.

- Je vois... Vous êtes toujours fâchés.

- Je ne sais même plus ce que nous sommes, soupira Kate.

- Honey... Il va falloir que vous discutiez sérieusement... Va le voir! Mets les pieds dans le plat! 

- Je vais commencer par m’occuper de trouver l’assassin de Vicky. Pour le reste, on verra plus tard.

- Tu connais l’adage! Ne reporte pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même! 

- Mhm! Je vais procrastiner sur ce coup là, ça me permettra peut être de me calmer...

 

 


Minefuji  (18.01.2019 à 20:12)

Chapitre vingt-sept 

 

De son côté, Castle avait laissé Damian avec Esposito afin qu’il puisse faire sa déposition. Pris de court par les récents événements, il profita de ce petit moment seul pour réfléchir.

Il ne s’attendait vraiment pas à trouver Beckett ici. Quand Damian l’avait appelé, il était aussitôt venu le soutenir, se disant qu’il pourrait aller voir Beckett en rentrant afin de parler avec elle comme le lui avait sagement conseillé sa mère... Il ne s’était pas imaginé que ce faisant  il ajouterait une chose à la liste de celles qu’il devait se faire pardonner auprès de Kate. Il fallait qu’il trouve l’occasion de lui parler seul à seul et tranquillement! 

Quel était le bon moment? Quand elle était prise par une enquête, Beckett était tellement  focalisée dessus que rien d’autre n’importait. D’autant que là, elle avait l’air encore très très en pétard contre lui ce qui était mérité!  En plus, il y avait Damian, qui avait besoin de son soutien.

Peut être qu’il pourrait la raccompagner lorsque les premières constatations auraient été faites et les scellés posés... Oui, c’était un bon plan! Il se réconcilierait avec elle et en profiterait pour lui parler de Damian afin qu’elle le connaisse  comme lui le connaissait, un type bien, qui ne ferait jamais de mal à une mouche et qui avait besoin de réconfort face au drame qui venait de le frapper.

Ainsi perdu dans ses pensées, Rick se tenait un peu à l’écart en compagnie de Ryan qui semblait presqu’autant ennuyé que lui.

- Il fallait que ça nous tombe dessus maintenant, bougonna finalement Ryan.

- Qu’est ce que tu veux dire par là? Demanda Castle.

- La Saint Valentin! C’est après-demain! On va bosser comme des dingues et on aura à peine le temps de préparer ça bien! Tu ne connais pas la chance que tu as d’être célibataire!

- Bof, de toute façon, la Saint Valentin c’est surfait.

- Ouais, c’est ce que dit Esposito... N’empêche que même Beckett a prévu une sortie avec Josh pour l’occasion!

- C’est ce qu’elle t’a dit? Blêmit l’écrivain atterré.

- Ouais, tout à l’heure en arrivant. Enfin, elle n’a rien réservé parce qu’elle et Josh ont des horaires de dingues, mais elle y a pensé.

- Tu m’en diras tant, grinça Rick soudainement gagné par une vague de fureur.

 

Finalement son opération « pardonne-moi Beckett » attendrait un peu tout compte fait, le reste de sa vie même si ça se trouvait! 

**********

Une fois que la scientifique eut terminé d’analyser la scène de crime et posé les scellés, deux heures plus tard, Beckett annonça que chacun pouvait rentrer  chez lui pour prendre quelques heures de repos.  Le travail avait un peu calmé sa fureur. Revoir Rick, même s’il était sans cesse resté en compagnie de son ami, lui avait rappelé à quel point elle avait envie de retrouver ses bras puissants et rassurants. Tant pis pour son égo, elle allait le mettre de côté pour une fois!

Comme un clin d’oeil du destin, Esposito proposa de raccompagner Lanie, qui était venue dans la voiture de Kate, chez elle, l’occasion rêvée pour Beckett, qui ne pouvait pas conduire à cause de sa cheville.

La légiste, qui ne voulait pas abandonner son amie dans un moment difficile, interrogea Kate du regard. Celle-ci la rassura en annonçant qu’elle comptait se mettre au lit dès son retour chez elle et dormir profondément jusqu’au lendemain. 

- Et ta cheville? Demanda Lanie alors qu’Esposito s’éloignait vers sa voiture. Tu ne peux pas conduire comme ça, tu vas aggraver ton entorse. 

- Je demanderai à Castle, s’il veut bien me raccompagner, ça nous donnera une occasion de nous expliquer.

- Oh! Ça c’est une super idée, sourit Lanie. Mais ne lui pardonne pas trop vite, hein! Fais le ramper façon gros ver de terre stupide! 

- Qui te dit que les vers de terre sont stupides?

- Bah, ils se font quand même bouffer par des oiseaux ou accrocher au bout d’un hameçon par les pêcheurs.

- Ça, ça veut seulement dire qu’ils sont sans défense et trop moches pour qu’on les prenne en pitié ou en affection.

- Ton empathie pour les petites bestioles affreuses m’étonnera toujours, yerk! Grimaça Lanie. Enfin c’est peut être ce qui donnera une chance à Castle de réparer ses erreurs et de revenir dans tes bonnes grâces.

- Castle n’est pas une bestiole. Il a intérêt à se montrer plus mignon qu’un chaton et un petit chien réunis!

- On va attendre un peu ici, histoire d’être sûr que tout se passe bien.

- Mais non, part avec Esposito. Tout ira bien pour moi. Et puis j’ai ma voiture.

- Oui mais tu ne dois pas la conduire! Ta cheville est encore fragile, tu risques d’aggraver les choses.

- Raison de plus pour que Castle se montre mignon et me raccompagne, sourit Kate en s’éloignant de son amie.

- S’il déconne encore, je le tue, marmonna Lanie avant de partir rejoindre Esposito.

 ********

- Elle n’a pas l’air d’aller très fort, remarqua Esposito lorsqu’ils furent dans sa voiture. Tu aurais peut-être préféré rester avec Beckett.

- Tu l’as entendue? Elle compte dormir jusqu’à demain. Je ne serai pas très utile.

- Son copain n’est toujours pas revenu? Ça ne doit pas être facile.

- Son copain?

- Josh! Le docteur globe-trotteur!

- Ah! Si, il est revenu. Mais tu connais Beckett, elle préfère garder un pied en dehors de sa relation, comme toujours.

- Ouais mais là, ça faisait un moment qu’il était en mission humanitaire. Ça a dû lui paraître long.

- Beckett est une grande fille, si ça ne lui convient plus, elle mettra un terme à cette relation.

- Ouais... Ou alors c’est à cause de Castle...

- Qu’est-ce qui te fait croire que Castle serait responsable de sa petite mine?

- C’est toujours de la faute de Castle.

- C’est un peu léger comme explication, rit Lanie, sans doute vrai, mais un peu léger.

- Il était avec le mari de la victime, quand on est arrivé. C’est un de ses amis, apparemment. Beckett était furax!

- Eh bien la voilà ton explication! 

 

*********

 

Résolue à suivre le conseil de Lanie pour une fois, Beckett se mit à la de Castle, elle allait leur donner l’occasion de parler et de régler leurs ennuis.

 

- Castle? Appela Kate en revenant dans l’entrée de la demeure des Westlake.

Rick fit signe de l’attendre à son ami avec qui il parlait et se tourna vers Kate.

- Je m’en vais, tu veux venir? Proposa-t-elle.

- Je ne peux pas là, répondit-Il froidement... Damian traverse une épreuve difficile... Il a besoin d’un ami...

- Oh! Tu veux rester avec lui? Demanda-t-elle en prenant soin de cacher sa déception.

 - Oui... De toute façon vous n’allez pas travailler sur l’enquête à cette heure ci. Je vais lui proposer de venir chez moi cette nuit. On a besoin de parler lui et moi.

- Oh! ! D’accord! Sourit Kate difficilement. Il a besoin de toi... Je comprends... À demain au poste, alors?

- C’est ça! ... Oui... À demain...

 

Elle s’éloigna sans se retourner, retenant difficilement les larmes qui lui brûlaient les yeux. Pourquoi Castle était présent pour soutenir un vieil ami d’école qu’il n’avait pas revu depuis des années et pas pour elle? 

Il n’avait même pas essayé de lui parler. Il avait fait comme s’il ne s’était jamais rien passé entre eux. 

Peut être que c’était ce qu’il voulait... Qu’il ne se soit jamais rien passé entre eux... La froideur dans sa voix en disait long.

Elle remonta dans sa voiture et démarra. Contrairement à ce qu’elle avait prétendu, elle n’allait pas passer une nuit reposante! 

Rick la regarda partir, se demandant comment elle pouvait jouer aussi bien la comédie. Prévoir une soirée en tête à tête avec Josh pour la Saint Valentin et oser venir lui proposer de le raccompagner! Ça le rendait fou!

 


Minefuji  (19.01.2019 à 18:27)

Chapitre vingt-huit

 

Le lendemain matin, lorsque Kate se leva, non seulement la douleur de sa cheville s’était réveillée, mais après sa nuit blanche, une autre douleur avait s’était installée sous son crâne cette fois. Quel était l’imbécile qui avait affirmé qu’on ne pouvait pas avoir mal à deux endroits en même temps? 

Elle avala un cachet et prit une biscotte beurrée histoire de ne pas se rendre au travail l’estomac vide. Elle aurait pu choisir la facilité, appeler son chef, dire que sa cheville n’était pas en état et rester chez elle, en boule sous sa couette jusqu’à ce que le trou béant qu’elle avait à la place du coeur soit refermé, cicatrisé... Au lieu de cela, elle remit son attelle et son masque de flic froid et déterminé et se rendit à la douzième brigade. Avec un peu de chance, Castle viendrait enquêter avec elle, ça serait toujours mieux que rien.

*********

Elle arriva la première au poste et s’occupa de la transition avec l’équipe de nuit. Ensuite, elle se mit au travail pour éviter de penser à Castle, ce qui fut très difficile, étant donné son lien avec le mari de la victime. Un sujet délicat de plus à gérer avec lui.

Elle avait déjà inscrit tous les éléments dont ils disposaient sur le murderboard lorsque Ryan arriva au poste.

- Salut Beckett!

- Salut Ryan! 

- Oh! T’as une petite mine, constata-t-il, tu aurais peut être dû prendre les jours de congé que Montgomery t’avais accordés pour ta cheville...

- Mes béquilles sont sous mon bureau, si ma cheville ne tient pas le choc, je les prendrai. Pour le reste, je vais bien.

- Tu parles, on dirait que tu n’as pas fermé, l’oeil de la nuit...

- Ryan! Je vais bien! Dit-elle en se tournant vers son collègue. Pas la peine de t’en faire. 

- Oui, mais tu boîtes, là!

- J’avais plus de petits pois, marmonna-t-elle. Mais ne t’inquiète pas pour moi, le plus important c’est de rendre justice à cette pauvre Vicky.

- Ok. Au boulot alors! Déclara Ryan désireux de n’en pas la contrarier.

- Esposito n’est pas là? 

- Il est à la morgue. Il attend les résultats de l’autopsie.

- Dis plutôt qu’il prend son petit déjeuner en bonne compagnie, sourit-elle.

- Bah, sous ses airs de ne pas y toucher, c’est un romantique, répondit Ryan.

- Ne vas surtout pas lui dire un truc pareil, l’avertit Kate. Ça risquerait de le mettre en pétard! 

- Tu le connais bien.

- Ils sont pareils Lanie et lui. Ils vont bien ensemble.

 

Une heure plus tard, Castle arriva à son tour. Beckett qui discutait avec Ryan, se tourna vers le tableau pour cacher son trouble.

- Bonjour! Alors, vous êtes déjà au travail! 

Eh ben lui au moins, il a l’air de ne pas avoir de problème pour dormir, pensa Kate amère.

- Les premières heures qui suivent un crime sont primordiales, répondit Ryan. Il n’y a pas de temps à perdre. D’ailleurs Beckett est arrivée tôt comme à son habitude et elle a déjà complété le tableau! 

- Je suis bien d’accord, approuva Rick en examinant le murder-board. Hé! Tu as inscrit Damian sur la liste des suspects!

- Normal, c’est le mari, dit Ryan en haussant les épaules. Le mari est toujours suspect.

- Vous allez un peu vite, il n’y a rien contre lui! Tiqua l’écrivain.

- Castle, c’est une simple hypothèse, tu le sais, soupira Kate qui n’avait aucune envie d’un sujet de discorde supplémentaire entre eux. On inscrit des hypothèses et on vérifie les alibis de chacun...

- Non, d’habitude, tu suis les indices! Tu ne te fais pas d’idées préconçues! 

- C’est juste une note! Pas une inculpation! Se défendit Kate. J’interroge tout le monde en essayant de ne laisser aucune hypothèse de côté.

- Dans ce cas, inscrit aussi le facteur sur la liste des suspects!

- Pourquoi le facteur? Elle a été tuée en soirée.

- Pourquoi pas? Tu as dit ne vouloir laisser aucune hypothèse de côté!

- Si tu as l’intention de te mettre dans mes pattes pour m’empêcher de faire correctement mon travail, rentre chez toi et fais le tien! Je suis sûre que ça arrangerait ton ex-femme! 

- Je vais surtout rester ici pour m’assurer qu’un innocent ne finisse pas derrière les barreaux!

- Ne t’en fais pas, aucun innocent ne dormira en prison ce soir, parce que c’est toi que je vais coffrer pour obstruction à la justice! Cracha-t-elle.

 

Elle le fusilla du regard et s’éloigna vers son bureau. Elle savait que cette enquête n’allait pas être facile, mais elle n’imaginait pas que la principale  difficulté serait de devoir gérer un Castle vindicatif et de mauvaise fois en plus. Il n’avait même pas ramené de café! Le regard que Ryan adressa à l’écrivain en dit long sur ce qu’il pensait. Castle regretta aussitôt ses paroles, si seulement Beckett connaissait Damian comme lui le connaissait.

- Non mais ça va pas de la provoquer comme ça? Reprocha Ryan. T’as envie qu’elle nous fasse faire des heures supplémentaires ?

- Pourquoi ferait-elle une chose pareille?

- Parce que Beckett remontée comme un coucou, c’est une insomniaque! Grogna Ryan. T’avais vraiment besoin de la provoquer? Tu ne lui trouves pas assez mauvaise mine comme ça? 

- C’est vrai qu’elle n’a pas l’air en forme... Il y aurait des nuages au paradis des Mobylettes?

- Tu la connais, elle ne parle jamais de sa vie privée.

- Elle t’a quand même parlé de ses projets pour la Saint Valentin...

- Ouais, enfin, c’était surtout pour nous dire que le boulot passait avant... C’est Espo, qui lui a demandé de le soutenir dans sa volonté de n’en surtout pas fêter la Saint Valentin avec Lanie. Soit disant que moi, j’en ferais trop et que plus personne ne fêtait la Saint Valentin. Si ça se trouve, elle a dit ça, pour être sûre qu’il fasse au moins l’effort d’emmener Lanie au restaurant.

- C’est sûr que connaissant le romantisme d’Esposito, il se serait contenté d’une pizza et d’un jeu vidéo... marmonna Rick qui ne savait plus que croire.

Il posa son regard sur la silhouette de Beckett. Elle semblait porter toute la misère du monde sur les épaules. Avec une bonne dose d’énervement et d’agacement par dessus le marché. 

Il fronça les sourcils. 

- Pourquoi elle a parlé de mon ex-femme? Demanda finalement Rick en se rappelant les paroles de Kate.

- Elle a appelé Beckett avant que tu arrives.

- Elle a quoi? Mais pourquoi? S’énerva Rick.

- Apparement tu n’es pas assez sérieux avec ton travail d’écrivain et tu ne respectes aucun délai. Elle voulait que Beckett t’oblige à rentrer chez toi.

- Je vais la tuer, grogna Rick. Et qu’a répondu Beckett?

- Que tu étais un grand garçon et qu’elle n’était ni ta mère, ni ta maîtresse d’école, donc qu’elle n’était en rien responsable de ton implication professionnelle. Elle l’a priée de voir ça avec toi et de ne plus la déranger au travail.

- Eh ben...

- Ouais. Beckett est un peu à cran aujourd’hui. Tu ferais bien d’aller calmer ton ex-femme si tu ne veux pas que Beckett la coffre pour obstruction à la justice, rigola Ryan en s’éloignant pour rejoindre Beckett.

- Oui et bien c’est moi, qui vais finir par la faire coffrer pour obstruction à ma vie privée! Grogna Rick en sortant son portable.

- Richard! Fit la voix ravie de Gina au téléphone. 

- Modère ta joie, grogna-t-il, ce n’est pas un appel de courtoisie.

- ... De quoi parles-tu?

- De ton appel à Beckett ce matin! Non mais qu’est ce qu’il t’a pris? Je ne suis pas un gamin qu’on surveille! Et quand bien même je le serais, tu n’as aucun droit de le faire! Tu n’es ni ma mère, ni ma femme!

- Je suis ton éditrice, ça fait un peu de moi ta patronne...

- Si c’est ainsi que tu voies notre relation professionnelle, j’appelle Paula et je quitte BlackPawn dans la semaine! 

- Non! Ça va! J’ai parlé sans réfléchir, c’est sorti tout seul et ça a bien évidemment dépassé ma pensée, répondit-elle aussi vite d’une voix mielleuse. Alors, raconte moi, tu as un souci?

- Je t’ai déjà dit que je ne voulais pas que tu appelles Beckett! Si tu as quelque chose à me dire, appelle moi! 

- Je n’ai pas appelé Beckett...

- Bah voyons! Et ce n’est pas toi qui lui as demandé de me renvoyer chez moi afin que je me remette à mon travail d’écriture?

- Bien sûr que non, je me souviens parfaitement de la discussion que nous avons eue à ce sujet l’été dernier.

- Traite Beckett de menteuse pendant que tu y es.

- Ça doit être une erreur de mon assistante, elle n’a pas dû comprendre que c’était toi qu’il fallait appeler. Je lui ai dit que tu serais certainement au poste de police, puisque tu n’étais pas chez toi...

- Dans ce cas, tâche de bien briefer ton assistante, car si j’apprends que vous vous êtes de nouveau permis de la déranger, ça ira mal, siffla Rick avant de raccrocher.

Bon sang que ça faisait du bien de se défouler un peu! 

 

 


Minefuji  (20.01.2019 à 19:07)

Chapitre vingt-neuf

Cette affaire fut un véritable calvaire pour Kate. Elle ne reconnaissait plus Castle. Persuadé de l’innocence de son ami, il s’évertuait à chercher des indices qui feraient porter les soupçons sur n’importe qui du moment qu’il ne s’agissait pas de Damian. Elle ne le reconnaissait plus tant sa mauvaise foi était grande. Lui, d’ordinaire si clairvoyant, s’acharnait à trouver des explications toutes plus farfelues les unes que les autres pour porter les soupçons sur un autre que son ami. Cela lui rappela l’affaire du meurtre de la demoiselle d’honneur, lorsque son ex, Kyra, avait été soupçonnée. Castle portait des œillères. Elle se souvenait à quel point elle s’était sentie trahie à cette époque. Aujourd’hui c’était pire. Aujourd’hui, plus que le partenaire, c’était l’homme qu’elle aimait qui la trahissait en refusant de l’écouter.

 

Pire encore! Il lui reprochait de vouloir que Damian fut le coupable. Elle pensait qu’il la connaissait depuis le temps qu’il la suivait. Elle n’arrêtait personne à moins d’être certaine de tenir le coupable. Elle n’était pas une flic paresseuse, qui ne voyait que ce qui l’arrangeait pourvu que ça lui permette de classer rapidement l’affaire. Pourquoi faisait-il davantage confiance à ses amis qu’à elle même? La femme qu’il disait admirer au point d’écrire des livres en s’inspirant d’elle? 

Damian était son ami, d’accord, mais un ami qu’il n’avait pas revu depuis des années! Comment pouvait-il avoir davantage confiance en lui qu’en elle? Il lui en voulait depuis qu’elle avait revu Josh et ne lui laissait aucune occasion de s’expliquer. 

Enfin, comble du comble, il n’était plus l’homme attentionné et chaleureux qu’elle connaissait. Il se montrait froid et distant avec elle, c’était à se demander s’il avait encore envie de s’inspirer d’elle pour ses romans. Tout cela la minait. Elle restait au poste jusqu’à des heures indues tant son appréhension de se retrouver chez elle face à elle même et à sa douleur d’avoir perdu Castle était grande. Même l’appétit l’avait quitté.

 

Castle, quant à lui, vivait sa plus difficile enquête depuis longtemps également. Pour lui, la parole de Damian était suffisante, il aurait aimé que pour Kate ce fut la sienne qui suffisait. Mais elle était fâchée contre lui, ce qu’il comprenait, il le méritait. 

À plusieurs reprise, pourtant, elle avait tenté de lui parler, il aurait dû l’écouter... Mais à chaque fois les paroles de Ryan au sujet de ses projets de Saint Valentin lui revenaient en tête. Avait-elle des projets pour la Saint Valentin avec Josh ou n’était ce que des paroles en l’air pour convaincre Esposito de s’en montrer romantique avec Lanie?  Il était perdu. Il aurait dû s’expliquer avec elle, il le savait. Mais comme un crétin, il n’osait pas affronter ses peurs. 

Ce qui le mettait hors de lui, c’était qu’elle puisse lui faire payer son comportement d’idiot en s’acharnant sur Damian. Il s’en ouvrit à Martha, qui lui ouvrit les yeux une nouvelle fois en lui rappelant à quel point Beckett était intègre et à quel point, lui, était de parti pris dans cette affaire. Son amitié pour Damian l’aveuglait au point de le pousser à malmener celle qu’il admirait depuis deux ans. 

 

Au terme d’une nouvelle dispute lorsqu’elle découvrit que le père de Damian avait été assassiné dans des circonstances similaires à celles de Vicky et que Castle le savait, Beckett renvoya Castle chez lui.

Elle le regarda quitter le poste la mort dans l’âme. Comment avait-il pu lui cacher une telle information? Comment pourrait-elle lui faire encore confiance dans cette affaire? Leur partenariat était peut être à l’image de leur couple, fini, de l’histoire ancienne.

Elle ravala les larmes qui pointaient dangereusement et retourna vers le murder board, elle avait une enquête à résoudre.

 

Lorsqu’il rentra chez lui, Rick songea que le ciel lui en voulait vraiment. Alors qu’il pensait être au fond du trou après l’avoinée méritée qu’il avait reçue de Beckett au poste de police, il constata qu’il pouvait descendre encore plus bas. Gina l’attendait une nouvelle fois dans le canapé de son salon. Ça devenait une habitude!

- Gina? Tu as encore dîné avec ma mère et Alexis?

- Non, je pensais le faire avec toi pendant que l’on travaillerait.

- Comment es-tu entrée?

- Alexis m’a ouvert. Elle est partie se coucher, elle a cours de bonne heure demain matin, expliqua-t-elle. Elle est toujours aussi sérieuse.

- Ouais. Contrairement à son père, marmonna Rick. Et, qu’est-ce que c’est que cette histoire de travail? Nous n’avions pas prévu de réunion.

- Je sais, mais je veille à ce que tu avances dans ton écriture. Et puis, je voulais me faire pardonner l’incident de ce matin... minauda-t-elle en sortant une bouteille de champagne d’un seau de glace déposé près du canapé.

- Ce n’est pas en me saoulant, que je vais travailler plus vite, grommela-t-il.

- Qui parle de te saouler? Te détendre, tout au plus, répondit-elle en lui versant une coupe de champagne.

- Gina, à quoi tu joues? Soupira l’écrivain.

- Je ne joue pas. Tu es tendu, ça se sent et c’est très mauvais pour nos affaires... 

- Et tu t’es dit que me crisper davantage en t’incrustant chez moi, c’était la solution?

- Comme tu y vas, fit elle en s’approchant dangereusement de lui. Nous avons été mariés et nous sommes encore très proches... D’ailleurs, nous séparer était une erreur. J’ai bien compris que tu voulais garder ta relation exclusive avec Alexis et vois-tu, je l’accepte.

Elle tenta de lui voler un baiser, il l’évita un extremis.

- Gina, qu’est-ce qu’il te prend?

- Laisse-toi aller! Après tout, tu as bien conservé des rapports très privilégiés avec Meredith...

- C’est du passé tout ça! Et puis Meredith est cinglée. Toi, tu es plus... euh... sérieuse! 

- J’en ai marre d’être sérieuse. Je veux être celle qu’il te faut! 

- Quoi? Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire?

- Je t’aime, Richard! Je n’ai jamais cessé de t’aimer! Rappelle-toi comment nous étions bien l’été dernier! Même ton rythme d’écriture était meilleur!

- Nous y voilà! Tu veux un nouveau roman!

- Tu dois sortir ton nouveau roman, nuance! Et avec ton rythme actuel, on est loin du compte! Si j’étais avec toi, tu retrouverais un rythme correct.

- Tu es au bord de la faillite, c’est ça? Tu ne m’as jamais autant harcelé que ces dernier jours!

- Oh! Tu exagères! Tout de suite tu imagines n’importe quoi! Non... c’est juste qu’avec ce que tu as fait ces derniers jours... Nous avons un planning très ...

- Serré! J’ai bien compris le principe, grogna Rick. Mais là, vois-tu, je suis sur une enquête qui me tient très à cœur et...

- Jouer au policier est un passe-temps, Rick! Ton métier est d’écrire des romans! Tes seules obligations professionnelles sont chez Black Pawn!

- Mon ami a besoin de moi et je serai là pour lui! Dit-il fermement. Mon roman peut attendre, mes fans sont compréhensifs.

- Tes fans ne sont pas les seuls à dépendre de toi...

- Je ne suis pas le seul auteur de chez BlackPawn! Occupez-vous du planning des autres si vous n’avez rien d’autre à faire.

- Richard! 

- Ne t’en fais pas! Tu auras ton roman à publier! Assura Castle. Quand il sera prêt, correctement écrit et non fait à la va-vite sous la pression! Quant à ta proposition de renouer avec moi, je suis désolé mais n’y compte pas. C’est fini nous deux!

- Pourquoi continues-tu à suivre ses enquêtes? Qu’espères-tu de quelqu’un qui n’en a rien à faire de toi?

- Ne mêle pas Beckett à cela! L’avertit Rick.

- Et pourquoi pas? Tu te tourmentes à cause d’elle alors qu’elle n’en a rien à faire de toi! 

- De quoi parles-tu? 

- Ne joue pas les innocents! Je sais bien que tu te languis d’elle! Que c’est dans l’espoir de vivre quelque chose avec elle, que tu as rompu avec moi! 

- Tu dis n’importe quoi!

- Ose le nier! Elle t’appelle, tu accours comme un brave toutou! Mais elle n’en a rien à faire de toi! Elle aime avoir un écrivain célèbre à ses pieds, c’est tout! Elle a un petit ami qui deviendra un grand chirurgien. Elle se sert de toi! Si elle se débrouille bien, il se pourrait même qu’elle tire profit de toi!

- Ne dis pas n’importe quoi! C’est l’hôpital qui se fiche de la charité!

- Je ne me suis jamais servie de toi comme elle! Elle n’en a rien à faire de toi! Pourquoi perds-tu ton temps à attendre qu’elle t’appelle? 

- Qu’est ce que tu en sais? Tiqua Rick.

- Euh...

- C’était toi! 

- Quoi? 

- Mon téléphone éteint à chaque fois que j’espérais un appel de Beckett! C’était toi! Le dénominateur commun à toutes les bizarreries de mon téléphone! 

- J’ai éteint nos téléphones pour que nous ne soyons pas dérangés pendant que nous travaillions! 

- Ne t’avise plus jamais de toucher à mes affaires! Gronda Rick fou de rage. BlackPawn perdrait sa poule aux oeufs d’or par ta faute!

- Où vas-tu?

- Réparer les dégâts! Rugit-il en claquant la porte.

 


Minefuji  (21.01.2019 à 21:37)

Chapitre trente

 

Beckett venait de rentrer chez elle. Il était tard et la journée avait été difficile. Elle se sentait épuisée tant moralement que physiquement.  Castle n’étant clairement pas objectif, elle avait dû lui demander de rentrer chez lui. Ça n’allait certainement pas améliorer leur relation! 

Elle enleva son attelle et l’envoya à l’autre bout de la pièce, ce truc aussi commençait sérieusement à l’agacer! Elle avait une furieuse envie de hurler sa rage. 

Elle opta pour la barre de tractions, ses voisins lui en seraient certainement reconnaissants. Évidemment son corps, malmené par les heures de sommeil manquantes, protesta rapidement.

Épuisée, elle s’affala sur son canapé et attrapa le livre qu’elle avait entamé quelques jours auparavant. Un livre de Castle, évidemment! Elle soupira et n’en attrapa un autre. Il fallut qu’elle répète l’opération dix fois pour enfin en trouver un qui ne soit pas de Castle. Incapable de cesser de penser à ses soucis, elle relut la même phrase plusieurs fois sans en intégrer les informations.  Elle renonça donc à sa lecture et regretta de ne pas avoir de télé. Au moins, elle aurait pu la regarder sans effort. Un documentaire peut être. Des images défileraient devant ses yeux, qu’elle comprenne ou non ce que la voix off dirait. Ou alors une émission dans laquelle des gens qu’elle ne connaîtrait pas se couperaient la parole sans arrêt persuadés de détenir la vérité.

Ses pensées retournèrent vers celui qui tourmentait son coeur, Castle.

S’il n’avait pas l’intention de se réconcilier avec elle, qu’il ne revienne pas au poste après cette affaire. Elle ne le supporterait pas. La pensée de l’avoir perdu fut le signal qu’attendait son corps pour la trahir. Les vannes s’ouvrirent et les larmes qu’elle retenait depuis deux jours dévalèrent le long de ses joues. Elle n’essaya pas de les stopper, peut être que lorsqu’elle aurait pleuré tout son saoul le sommeil la faucherait et la garderait jusqu’au matin.

Trois coups furent alors frappés à la porte. Bizarre, elle pensait avoir réussi à convaincre Lanie qu’elle allait bien et qu’il était inutile qu’elle reporte sa soirée avec Esposito. Reprenant comme elle le pouvait figure humaine, elle sécha ses larmes, se moucha rapidement et inspira longuement. Une fois calmée, elle alla ouvrir et tomba nez à nez avec Castle. Si elle s’attendait à ça. Son coeur bondit dans sa poitrine. Le traitre! 

 

- T’es venu t’excuser de m’avoir traitée de traînée ou de mauvais flic? Siffla-t-elle.

- Je n’ai pas dit ça! Se défendit-il. Tu es un excellent flic, la meilleure de NewYork!

- Mais je suis bornée parce que je ne vois pas ton ami comme quelqu’un de foncièrement incapable de tuer quelqu’un! 

- Tu ne le connais pas comme je le connais, voilà tout. Et je reconnais que j’ai eu tort de sous-entendre que tu t’acharnais sur lui, s’empressa-t-il d’ajouter. Tu ne fais que ton travail et tu le fais super bien comme toujours!  

- Tout le monde est capable de tuer, Castle! Je pensais qu’un auteur de polars le savait!

- Tu as raison, reconnut Castle. J’ai été aveuglé par mon amitié avec Damian. Je suis de parti pris dans cette enquête, tu as eu tout à fait raison de me virer.

- Ce n’est pas parce que tu le reconnais que je vais te laisser revenir sur l’enquête! Grogna-t-elle suspicieuse.

- Et tu as entièrement raison! Acquiesça Castle. J’ai abusé. 

- Bien! 

Elle allait refermer la porte, histoire de lui signifier qu’elle n’avait aucune envie de se disputer de nouveau avec lui. Il coinça son pied contre le chambranle pour l’en empêcher.

- Quoi encore? Soupira-t-elle excédée.

- Et euh... pour l’autre jour... Enfin... je ne t’ai pas traitée de traînée!

- Tu croyais que j’essayais de te manipuler! C’est tout comme! Grinça Kate le regard noir.

- Je n’ai pas d’excuse, je suis désolé, j’étais en panique, j’avais mal dormi et...

Elle leva les yeux au ciel, comme si la fatigue excusait ses paroles!

- ... Je n’aurais jamais dû dire ça, je n’aurais même jamais dû le penser! 

- Bien! Grogna-t-elle en repoussant son pied pour pouvoir fermer la porte.

Il passa son bras dans l’entre bâillement pour l’en empêcher.

- Castle, soupira-t-elle. Il est tard, je suis fatiguée. Je t’appellerai quand j’aurai coincé le tueur.

- Je te demande pardon, dit-il penaud en montrant le pin’s « gros nullos » épinglé à sa veste.

- Tu devrais le porter au moins un mois après ce que tu as fait! 

- Je pourrais me le faire tatouer tellement je m’en veux... dit-il avec son regard de chien battu.

- Arrête de dire des choses que tu pourrais regretter par la suite, bougonna-t-elle, ça te cause beaucoup trop de problèmes.

- C’est en tête de la liste de mes résolutions! Juste après celle de tout faire pour obtenir ton pardon. Je peux entrer?

- Le pin’s n’excuse pas tout! Je ne vais pas te...

Il sortit une douzaine de ballons gonflés à l’hélium de derrière son dos et les lui tendit en signe de paix.

- C’est très attentionné, Castle, mais je n’ai plus huit ans! Rappela-t-elle.

 

Il mit les fils des ballons dans la main, lui fit signe d’attendre, disparut une seconde dans le couloir et réapparut avec des boîtes contenant un assortiment des meilleurs spécialités du Q3.

- Avec les compliments de ton amie Madison!

- J’ai déjà dîné, contra-t-elle.

- Sérieusement?

- Non, mais j’avais très envie de te voir avec cette tête là. 

- Ok, c’est de bonne guerre, soupira-t-il. Mais ce n’est pas fini.

- De toute façon je n’ai pas d’appétit! Hé! Mais qu’est ce que tu fais?

 

Il lui déposa les boîtes du Q3 dans les bras, disparut de nouveau et réapparut avec une bouteille de vin.

 

- Castle! Soupira-t-elle alors qu’elle se retrouvait désormais les bras tellement chargés qu’elle voyait à peine devant elle.

- Un excellent cru! Tu m’en diras des nouvelles!

Il disparut à nouveau et cette fois revint avec une boîte estampillée « Eileen’s Special Cheesecake ». 

 

Elle soupira et s’écarta pour le laisser entrer. 

- Je savais que tu étais une grande gourmande, sourit-il en entrant.

- Qu’est ce que tu avais prévu d’autre, si je n’avais pas cédé aux gâteaux? 

- Il y a un poney près de l’ascenseur.

- T’es pas sérieux? C’est de la moquette au sol! 

- Relax, il est très propre! 

- ...

- Il est en peluche, dit-il fier de l’avoir fait marcher. J’avais très envie de voir la tête que tu ferais.

- Le vrai ne rentrait pas dans ta voiture?

- Touché. Kate... euh... J’ai été le dernier des crétins... 

- ça, tu peux le dire! Approuva-t-Elle.

- J’ai entendu la voix du docteur Mobylette...

- Ne l’appelle pas comme ça...

- J’ai mis une majuscule à Mobylette!

- Oh! Dans ce cas... railla-t-elle en ouvrant les paquets du Q3 pour voir ce qu’ils contenaient.

- Bref, j’ai entendu sa voix derrière toi et... J’ai paniqué... Je suis parti en vrille et...

- Ok. N’en parlons plus, souffla-t-elle. 

- Ah? Mais... Euh... Pourquoi?

- J’ai faim! Tu m’as ouvert l’appétit avec tout ce que tu as apporté!

- ...

- Wah! Des linguines aux petits légumes! Mhm! Quel parfum!

- Kate... Je suis désolé.

- Ok! 

- Je suis le dernier des idiots. Je te demande pardon.

- Ok, répéta-t-elle en piquant directement sa fourchette dans un des plats. Mhmmm! 

- Ça fait combien de temps que tu n’as rien mangé? Demanda-t-il inquiet en réalisant pour la première fois ses traits creusés.

- J’chais pas, fit-elle évasive et la bouche pleine. Tu devrais essayer le rijoto, il est divin! 

- Euh... Kate?

- Tu as envie d’en parler? Soupira-t-elle en posant sa fourchette devant son air de chien battu.

- Bah oui...  C’est quand même incroyable que tu sois tombée sur Josh à l’aéroport.


Minefuji  (22.01.2019 à 21:38)

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