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Trouble

Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.  » Minefuji 

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Chapitre quarante et un

 

Le soir même, au loft, Castle mettait les petits plats dans les grands, tout en distribuant ses consignes à sa mère et à sa fille pour leur première soirée en compagnie de Beckett. Il était conscient que tout cela allait un peu trop vite pour Kate et ne voulait surtout pas qu’elle prenne peur face à l’enthousiasme de sa fille ou l'exubérance de sa mère.

- Ne te stresse pas comme ça, dit Alexis. Le lieutenant Beckett est déjà venue à la maison quand son appartement a explosé l’an dernier. Ça s’est très bien passé.

- Oui, mais à l’époque, elle n’était que le lieutenant Beckett, rétorqua l’écrivain en vérifiant la cuisson de ses lasagnes. Aujourd’hui, elle est ma petite amie et je n’ai pas envie que vous la fassiez fuir!

- On ne va pas la faire fuir, Trésor! Nous sommes civilisées, répondit Martha en levant les yeux au ciel.

- Grand-mère a raison, dit Alexis. Tu sais bien que nous ne ferions rien qui puisse nuire à ton bonheur! 

- Toi, oui, soupira l’écrivain.

- Ah parce que moi non? Se vexa Martha.

-:Aurais-tu oublié Mère la fois où tu as fait débarquer ta troupe de théâtre dans mon salon pour une répétition improvisée alors que j’avais invité Gina pour la première fois?

- Elle n’était pas une femme pour toi, Trésor. Crois-moi, si elle avait fuit, tu aurais été plus heureux!

- Tu l’avais fait exprès? S’indigna Rick. Tu m’avais dit qu’il y avait un problème d’électricité dans votre salle de théâtre! 

- C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups... Joindre l’utile à l’agréable... Frapper deux mouches avec une tapette... Énuméra Martha avec grandiloquence.

- Ça va, j’ai compris le principe... marmonna Rick. En tout cas, s’il te plaît mère, ne gâche pas tout.

- Tu ne m’as même pas laissée cuisiner! 

- Et nous savons très bien tous les deux pourquoi! Rappelle-toi les maux de ventre des copines d’Alexis lors de sa première soirée pyjama. Tu leur avait préparé des pizzas! 

- Balivernes. C’est parce que ses coquines avaient découvert ta cachette secrète et s’étaient empiffrées de chocolat et de bonbons!

- Mon chocolat vient du meilleur chocolatier de NewYork. Il ne rendrait personne malade! 

La sonnette retentit.

- Je vais ouvrir! Lança Alexis.

La jeune fille s’éloigna Tandis que Rick continuait d’argumenter avec sa mère.

- Et la fois où ce sont tes amis que j’ai retrouvés pliés en deux de douleur quand tu as organisé une petite fête pour l’anniversaire de tes...

- N’en dis pas plus! L’avertit Martha en levant la main pour le faire taire.

- Bonsoir lieutenant Beckett! Entrez! On vous attendait! 

- Bonsoir Alexis, dit Kate en entrant dans le loft. Qu’est-ce qu’il se passe?

- Papa et Grand-mère ont une petite discussion gastronomique.

- Ah! Fit Kate intimidée en ôtant son manteau. Ce n’était pas la peine de vous donner du mal... 

- Oh! Katherine! Darling! Ne restez pas dans l’entrée! Lança Martha en la prenant dans ses bras. Quelle joie de vous avoir ici! Laissez-moi vous débarrasser. 

Elle prit le manteau de Kate et le tendit aussitôt à Rick avant d’entraîner la jeune femme vers le salon, laissant Rick jouer les intendants.

- Je n’ai même pas pu lui faire un petit bisou, marmonna-t-il. Je me demande si cette rencontre était une si bonne idée que ça.

Martha et Alexis s’étaient accaparées Kate et la bombardaient de questions et d’affirmations. Rick ne pouvait pas en placer une, il ne pouvait même pas s’assoir aux côtés de Kate. Relégué en cuisine, il observait les femmes de sa vie de loin, priant pour que tout se passe bien.

Durant le dîner, la conversation fut en grande partie accaparée par Martha et Alexis. La première racontant une bonne partie des exploits de Rick pendant sa jeunesse, la seconde parlant de sa complicité avec son père. Ils prirent le dessert au salon, devant les albums photos, que Kate prit un grand plaisir à découvrir.

- Oh! Rick! Qu’est-ce que tu étais mignon! Dit Kate en regardant une photo de lui  enfant devant le sapin un matin de Noël. 

- C’est la deuxième fois que tu me trouves mignon sur une vieille photo, marmonna-t-il. Je vais finir par croire que j’ai très mal vieilli.

- Ah, tu sais bien que j’adore te faire marcher, rit-elle en piquant un baiser sur sa bouche. Tu es toujours très mignon.

- Ah la la! Ce genre de déclarations ne va pas te rendre modeste, mon cher papa! Déclara Alexis.

- Ça c’est vrai, approuva Martha, tu passes déjà énormément de temps devant ton miroir le matin...

- C’est ma fête aujourd’hui, soupira Rick.

- En tout cas, tu n’as pas changé, dit Kate. Tu as toujours le même air quand tu es content. Tu fais cette tête à chaque fois qu’on nous appelle pour une nouvelle affaire!

- C’est vrai ça! Approuva Martha. Il faisait cette tête quand vous avez été appelés pendant notre partie de poker.

- Là, papa avait à peu près mon âge,  annonça Alexis en montrant une autre photo. 

- Wah!! Fit Kate admirative. J’ignorais que tu faisais du skate board!

- Je venais de l’avoir, expliqua Rick. Deux heures plus tard, j’étais à l’hôpital avec une double fracture du bras.

- Je me souviens de cette journée, soupira Martha. Ma doublure a dû me remplacer sur scène ce soir là, ainsi que pour dix autres représentations. J’ai failli perdre mon rôle cette fois là. On peut dire que tu m’en as causé des soucis.

- Et tu as abandonné le skate après ça? Demanda Kate. 

- Penses-tu! Je suis remonté dessus dès que j’ai été remis! Répondit fièrement l’écrivain.

- Ce qui lui a valu une bonne douzaine d’accidents supplémentaires, soupira Martha. Et vous chérie? Avez vous causé autant de souci à vos parents?

- Étant donné qu’à cet âge, je m’étais payé une moto, je pense que oui.

- Papa ne veut pas que j’ai un deux roues, soupira Alexis.

- Oh! Mais mes parents non plus! Seulement ils n’ont pas pu me l’interdire parce que je me la suis payée moi-même et que j’ai travaillé l’été pour pouvoir acheter les pièces pour la réparer. Mon père a menacé me mettre au couvent et ma ma mère m’a fait promettre qu’à chaque fois que je montrais dessus je me souviendrais à quel point je détestais l’entendre me dire « je te l’avais bien dit! ».

- Wahou! Fit Alexis admirative. C’était Quel genre de moto?

- Une Harley Softail de 1994! Un vrai bijou. Dit Kate. D’aileurs je l’ai toujours. Elle prend un peu la poussière, il faudrait que je la sorte un peu.

- Oui, eh bien nous allons cesser de mettre de mauvaises idées dans la tête de cette jeune fille, qui ferait bien d’aller se coucher, déclara Castle.

- Oh! C’est vrai qu’il est tard! J’ai une interrogation de chimie demain! Bonne nuit papa! Bonne nuit grand-mère! Bonne nuit Kate!

- Je vais aller me coucher également, dit Martha. Surtout ne soyez pas sages, les enfants! 

Le silence s’installa aussitôt dans le salon. 

- J’ai dit quelque chose de mal? Demanda Kate qui n’avait pas manqué de remarquer le changement d’humeur de Rick pendant qu’ils regardaient les photos.

- Non... Ne t’en fais pas.

- Menteur! On avait dit qu’on ne laisserait plus les non-dits nous pourrir la vie! Rétorqua Kate. Vide ton sac!

 


Minefuji  (02.02.2019 à 19:26)

Chapitre quarante-deux

Kate attendait qu’il parle les poings sur les hanches, bien décidée à ne pas laisser un malentendu s’imiscer entre eux.

- Tu as raison... souffla Rick. C’est juste qu’Alexis avait déjà lancé l’idée d’avoir un deux roues... J’ai peur qu’elle ne revienne à la charge maintenant qu’elle sait que tu en as eu un à son âge.

- Oh... Je ne...

- Ne t’en fais pas... Ce n’est pas grave... Beaucoup de jeunes ont un deux roues. C’est une façon de s’émanciper.

- Je suis désolée. Je n’aurais jamais dû parler de ça...

- Alexis est têtue. Si elle veut vraiment un deux roues, elle l’aura et ce ne sont pas tes paroles qui vont l’influencer.

- Tu es sûr? 

- Certain. Elle m’avait déjà suggéré l’idée bien avant cette soirée.

- Oui, mais je lui ai peut être remis cette idée en tête... dit Kate ennuyée.

- Non! Quand elle a une idée en tête, elle ne la met pas de côté aussi rapidement, tu n’as rien dit de mal.

- Mais tu as dit qu’on mettait de mauvaises idées dans la tête de ta fille... se rappela Kate.

- Pourquoi faut-il que tu aies une si bonne mémoire? J’ai parlé trop vite, comme souvent. Ne t’en fais donc pas.

- Quand on parle vite, on dit le fond de sa pensée...

- Ou on laisse parler ses peurs! Je suis son père et comme pour tous les parents, ces engins me font peur. Tu n’as rien à te reprocher, je t’assure.

- Mhm.

- Hé! Ça va? Demanda-t-il devant sa petite mine.

- Oui, ça va.

- Menteuse! Allez, à ton tour! Crache le morceau!

- C’est que... Ton mariage avec Gina s’est brisé à cause de sa façon de s’immiscer entre Alexis et toi et je...

- Mon mariage avec Gina s’est terminé parce qu’il était d’un ennui mortel, corrigea-t-il. Le fait qu’elle s’immisce entre Alexis et moi n’était qu’un prétexte. J’espère bien que tu noueras des liens avec elle.

- Tu es sûr?

- Évidemment! Je ne suis pas un monstre d’égoïsme! Je sais partager ma fille! Ça va mieux maintenant?

- Oui, sourit Kate. 

- Tant mieux parce que j’ai envie de faire autre chose de notre soirée que de parler de nos angoisses! 

- Et qu’est-ce que tu as en tête? Demanda Kate.

- Eh bien... Tu sais... C’est une activité qui se pratique à deux, qui peut être torride...

- Je vois! Tu essuies et moi je lave! 

- De quoi tu parles?

- De la vaisselle, pardi! Ça se pratique à deux et ça peut être torride.

- Oh! Toi! Je vais t’apprendre à te moquer de moi!

 

Il l’attrapa et la hissa sur son épaule. 

- Hey! Qu’est-ce que tu fais? Castle! Repose-moi immédiatement par terre! 

- Oh, je vais le faire, rassure-toi! Quand nous serons dans ma chambre! Je vais te montrer moi ce que c’est qu’une activité torride! Ça n’a rien à voir avec la vaisselle! 

- Oh! Mais je n’attends que ça! Montre-moi Castle!

- Vas-y redis le, dit-il en la déposant sur son lit.

- Montre-moi Castle, répéta-t-elle en enroulant ses bras autour de son cou.

- Oh! Toi! Pourquoi je ne t’ai pas rencontrée avant, murmura-t-il avant de l’embrasser langoureusement.  

 

- On s’est rencontrés avant, murmura Kate lorsqu’il se réveillèrent le lendemain matin, tendrement enlacés dans les bras l’un de l’autre.

- Mhm... Quoi? Demanda-t-il la voix ensommeillée.

- On s’est rencontrés avant cette enquête sur le meurtre de l’assistante sociale.

- Non... Je m’en serais souvenu...

- C’était lors d’une séance de dédicace il y a dix ans. Il y avait la queue jusque dans la rue, tu as dû dédicacer des centaines de livres ce jour là, pas étonnant que tu ne t’en souviennes pas, mais tu m’as fait une très jolie dédicace.

- Je savais que tu étais une vraie fan, sourit Castle en embrassant son épaule. Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant?

- Tu étais déjà tellement agaçant et arrogant. Je n’avais pas envie de te faire ce plaisir!

- Tu parles, tu ne pouvais pas te passer de moi! Tu jouais les blasées, mais moi, tu ne me trompais pas.

- Comment peux tu être aussi sûr de toi?

- C’est venu avec le succès je crois. Quand tu écris un best seller, ça flatte ton ego, quand tu les enchaînes, ça le gonfle. Ça et puis quand tu deviens célèbre, la drague devient beaucoup plus facile.

- Pourquoi moi alors? Si tu pouvais avoir tellement d’autres femmes, pourquoi t’entêter alors que pendant deux ans j’ai passé mon temps à te repousser.

- Parce que tu es un mystère, Kate Beckett.

- Oui, ça tu me l’as déjà dit. Mais tu aurais pu te dire qu’il était inutile de perdre ton temps avec une femme qui te repoussait quand tu pouvais avoir beaucoup d’autres femmes mieux que moi plus facilement.

- Parce que tu es la seule femme qui voit en moi un être humain avant un nom célèbre ou un compte en banque bien garni.

- Oh... Pauvre chéri, toutes ces femmes vénales qui n’en ont que pour ta célébrité et ton argent.

- Ne te moque pas, c’est terrible à vivre.

- Oui, enfin ça t’a permis de prendre du bon temps sans prise de tête.

- C’est vrai, sourit-il. Alors, dis-moi, qu’est ce que j’ai bien pu écrire comme dédicace à une jolie fan comme toi? 

- Tu as écrit « Pour Kate, dont le sourire vient d’illuminer ma journée.»

- Ça alors! Déjà à l’époque ton sourire m’avait envoûté! 

- Mon sourire? 

- J’adore ton sourire. Si je t’apporte ton café chaque matin au poste, c’est pour voir ce sourire fleurir sur ton visage, confia-t-il.

- Wah! Tu es un grand romantique en fait, fit-elle en l’embrassant tendrement.

- Pourquoi « en fait »? Tiqua Castle.

- Bah... Parce que ce n’est pas ce qu’on remarque en premier chez toi. Tu le caches bien, répondit Kate. D’abord on remarque ton côté frimeur, puis ton côté gamin, puis ton côté insouciant, puis ton côté facétieux puis ton côté...

- Ça va, j’ai compris le principe, soupira Rick.

- Ne le prends pas mal, j’aime ta fraîcheur enfantine, ton insouciance, tes facéties...

- Oh! Se réjouit Castle. Je te fais craquer depuis le début! Je le savais! Je suis irrésistible!

- Malheureusement, il y a ce côté frimeur, qui m’horripile, souffla Kate en se levant.

- Hé! Où vas-tu?

- Faire du café. Tu veux des toasts? 

- Tu es fâchée?

- Non, j’ai faim. Et puis je bosse ce matin.

- Fin du petit moment romantique, soupira Castle. Je vais me doucher.

- D’accord! Ne prends pas toute l’eau chaude! Lança Kate taquine.

- Ah! Ah! Comment sait-elle que je prends de longues douches d’habitude? Marmonna-t-il.

 

Peu après, la pâte à gaufres était prête, Kate avait également lancé la cafetière et le grille-pain. Elle s’affairait à découper des fruits frais, quand on frappa à la porte. Martha et Alexis n’étant pas encore levées et Rick toujours sous la douche, elle se décida à aller ouvrir et tomba nez à nez avec...

 

 


Minefuji  (03.02.2019 à 18:44)

Chapitre quarante-trois

- Gina Cowell? S’étonna Kate.

- Lieutenant Beckett? S’étonna à son tour Gina. Que faites-vous ici? Richard a un problème? 

- Non. Il va bien.

- Vous êtes passée le prendre pour l’emmener sur une enquête? 

- Je suis en survêtement, fit remarquer Kate. Vous pensez vraiment qu’il s’agit là de ma tenue de travail?

- Oh! Euh! Vous avez passé la nuit ici? 

- Quelle perspicacité! Vous pourriez entrer dans la police, railla Kate.

- Pas la peine d’être désagréable.

- Vous avez raison, mais voyez-vous, je n’apprécie pas vraiment que l’on me traite de menteuse, je sais très bien que c’est vous que j’ai eue au téléphone l’autre jour et non une stagiaire. Vous auriez dû trouver un mensonge qui ne m’implique pas.

- ...

- Je vais dire à Rick que vous êtes là, déclara Kate qui n’avait pas envie de discuter plus longtemps avec l’ex femme de son petit ami.

- Ce ne sera pas la peine! La retint Gina.

- Pourquoi êtes vous passée si ça n’était pas pour parler à Rick?

- Je... J’étais venue...

- Vérifier s’il faisait bien son travail? Demanda Kate. Il a écrit une bonne partie de la journée d’hier, si ça peut vous rassurer.

- Je ne venais pas pour le...

- Surveiller? Termina Kate à sa place. Excusez-moi, mais ça y ressemble. Dois-je vous rappeler le nombre de best seller qu’il a écrit ou allez-vous finir par comprendre toute seule que sous ses airs de gamin il est assez mature pour savoir ce qu’il a à faire?

- ... Dites à Richard que je l’appellerais dans la journée... Ou plutôt non, ne lui dites rien, répondit Gina d’un air pincé. Bonne journée lieutenant.

- C’est ça! 

 

Kate eut toutes les peines du monde de se retenir de rire lorsqu’elle referma la porte. Bon sang que cette petite vengeance faisait du bien!

- Qui était-ce? Demanda Martha qui descendait les escaliers.

- Oh! Euh... C’était Gina, répondit Kate gênée d’avoir ouvert la porte alors qu’elle n’était pas chez elle.

- Cette sangsue ne le lâchera donc jamais? Soupira Martha.

- Euh... Fit Kate surprise par la réaction de Martha. Elle a encore des vues sur Rick?

- Elle peut toujours courir, si vous voulez mon avis. Mon fils a mis un terme à leur relation et il n’est pas prêt de changer d’avis. Surtout maintenant qu’il est avec vous.

- Ah, fit Kate rassurée d’entendre cela. 

- Elle a dû mal à lâcher prise. Il faut dire que mon fils est un bon parti, surtout pour une femme qui aime l’argent comme Gina.

- Pourquoi avoir divorcé dans ce cas?

- Elle ne l’a jamais dit, mais je pense qu’elle avait eu un coup de cœur pour un jeune écrivain fraîchement recruté par les éditions Black Pawn. Malheureusement ses livres ont fait un flop et il est revenu à son métier d’enseignant. Le standing n’est pas assez prestigieux pour elle. C’est là qu’elle est revenue vers mon fils.

- Et il est retourné avec elle? Pourquoi?

- Mon fils est trop faible avec les femmes, surtout ses ex. Je crois qu’il n’a pas digéré les échecs de ses mariages.

- Il en parle pourtant toujours avec désinvolture.

- C’est son mode de défense. Il fait celui qui n’a pas souffert de grandir sans père, celui qui est heureux de se retrouver célibataire après un échec amoureux... Ne lui dites pas que je vous ai dit cela, car il m’en voudrait énormément, mais il est très sensible sous sa carapace de frimeur sûr de lui.

- Ne vous en faites pas, je ne dirai rien et je ne le ferai pas souffrir. 

- Je n’en doute pas Darling, sourit Martha. Et je suis bien contente que vous lui ayez ouvert la porte. Cela fera peut être comprendre à Gina qu’elle n’a plus rien à espérer de mon fils. Mhmm! Quelle bonne odeur! C’est vous qui avez préparé le petit déjeuner? 

- Oui. Rick est sous la douche, alors j’ai trouvé de quoi m’occuper...

- Vous êtes adorable! Je ne manquerai pas de le rappeler à mon fils s’il se remettait à faire des bêtises.

- C’est gentil, mais j’espère que vous n’aurez pas à le faire! Sourit Kate.

- Bonjour! Lança Alexis en arrivant à son tour.

- Bonjour Alexis, répondit Kate. J’ai préparé de la pâte à gaufres. Je t’en fait cuire une?

- Volontiers. Je vais mettre la table! Se réjouit Alexis. Tes gaufres sont délicieuses. Je n’osais pas te demander d’en faire, parce que papa nous avait dit de te laisser tranquille. 

- Tu peux me demander de te faire des gaufres à chaque fois que tu en as envie, répondit Kate. Elles ont un grand pouvoir réconfortant. C’est ma mère qui m’a appris à les faire et j’y avais droit tous les dimanche matin! Et aussi les lendemains de rupture avec mes petits amis.

- Tu en as eu beaucoup? Des petits amis je veux dire.

- Quand j’étais au lycée, pas mal, oui. C’était essentiellement des amourettes sans lendemain, rien de bien sérieux, ça ne durait jamais bien longtemps. Je cherchais surtout à me connaître.

- C’est important de bien se connaître avant de donner son coeur à un homme, approuva Martha.

- Grand-mère, râla Alexis.

- Alexis a donné son coeur à un jeune homme, précisa Martha. Je trouve qu’elle est trop vite trop sérieuse. Elle est jeune, elle devrait s’amuser.

- Grand-mère! 

- Quand on est amoureuse c’est toujours sérieux, sourit Kate. L’âge n’y fait rien.

- Ah! Tu vois, dit Alexis. Kate est d’accord avec moi. Tu as été très amoureuse à mon âge?

- J’avais quatorze ans. C’était la première fois. J’étais sûre d’avoir trouvé celui avec qui je passerais ma vie, avoua Kate. 

- Qu’est-ce qu’il s’est passé? 

- Il était plus âgé que moi, il est entré au lycée avant moi. Il avait juré que cela ne changeait rien, d’autant que j’allais y entrer l’année suivante. Mais il est entré dans l’équipe de football, est devenu populaire et a fini par sortir avec la fille la plus populaire du lycée. J’étais dévastée.

- J’ai du mal à croire que tu n’étais pas la fille la plus populaire du lycée.

- Oh! Non! J’étais une rebelle, je détestais ce classement des élèves: les populaires, les intellos, les sportifs... Je prenais un malin plaisir à en prendre le contrepied.

- Une héroïne des temps modernes, dit Alexis admirative. Pas étonnant que Papa s’inspire de toi pour Nikki Hard.

 

Lorsque Rick arriva peu après, Kate et Alexis papotaient gaiement dans la cuisine. Martha s’approcha de lui.

- Bonjour Trésor!

- Bonjour Mère. Tu ne t’amuses pas avec elles?

- Oh Si! Mais je voulais te dire de te méfier de Gina. Elle est passée à l’improviste encore une fois ce matin. C’est Katherine qui lui a ouvert.

- Gina? Que voulait-elle?

-  C’est ça justement, qui est louche! Elle est repartie presqu’aussitôt. Je crois bien que la présence de Katherine ici ne lui a pas beaucoup plue.

- Elle va encore me tomber dessus avec ses histoires de délais. Selon elle les écrivains ne devraient pas avoir de vie privée.

- Hey! Vous venez manger? Lança Alexis. Vous n’aurez plus rien si vous ne vous dépêchez pas! 

- On arrive! Répondirent Rick et Martha de concert. 

 


Minefuji  (04.02.2019 à 22:52)

Chapitre quarante-quatre

 

Un peu plus tard, Kate arrivait au poste seule, histoire de brouiller les pistes pour ses collègues.

Comme souvent, elle était la première arrivée, aussi décida-t-elle de faire un petit tour par la morgue, histoire de discuter avec son amie. 

- Lanie? Lança-t-elle en pénétrant dans la salle à reculons.

- Je suis là, pas la peine de... Pourquoi tu me tournes le dos? Demanda la légiste.

- J’ai pas envie de te voir dans une position compromettante avec Esposito, expliqua Beckett.

- Il n’est pas là, répondit Lanie en levant les yeux au ciel. Et quand bien même il y serait, nous ne serions pas en train de faire des galipettes. On sait se tenir, nous sommes des professionnels.

- Ouf! C’est rassurant! Sourit Kate en se retournant.

- Tu devrais faire gaffe, tu sais? Déclara Lanie. Castle déteint déjà sur toi.

- Tu trouves? Demanda Kate en fronçant les sourcils. 

- Absolument! Alors? Que me vaut cette visite surprise? 

- D’abord, j’avais envie de te faire un petit coucou. Les matins sans scène de crime sont si rares... 

- Ça c’est vrai. Tu veux un chocolat chaud? Proposa la légiste en se servant une tasse.

- Non, merci, j’ai déjà trop mangé ce matin. J’ai voulu faire plaisir à Castle et à sa famille, je me suis un peu emballée et j’en ai préparé beaucoup trop. Je vais devoir aller courir ce soir si on n’a pas de poursuite de suspect dans la journée. Mais, tiens! Je t’ai apporté des gaufres pour accompagner ton chocolat.

- Wah! Merci! C’est super gentil! J’adore tes gaufres! Alors comme ça, tu as déjà  rencontré sa famille? 

- C’est un peu tôt, je sais, mais je n’avais pas envie de passer la soirée loin de lui. 

- Eh bien! On peut dire que vous ne perdez pas de temps, rit la légiste. 

- Ne t’emballe pas. Je les connaissais déjà, tempéra Kate. C’était surtout pour rester avec Rick, il ne peut pas sans arrêt découcher.

- Tu n’arrives déjà plus à te passer de lui! Rit Lanie. Tu devrais faire gaffe, tu es accro.

- Tu trouves? Mhm... Peut être bien... En tout cas, je n’ai jamais ressenti ça auparavant, dit Kate le sourire aux lèvres. D’habitude, j’aime mon indépendance, je ne ressens pas le besoin de voir mon petit ami chaque jour...

- T’es fichue ma vieille, diagnostiqua Lanie. Il t’a Castlelisée!

- C’est la première fois que je rencontre la famille d’un de mes petits amis... Je n’ai même jamais rencontré la famille de Sorenson! Pourtant il me l’avait demandé à plusieurs reprises. 

- C’est ce qu’on appelle un sacré pas en avant! Déclara Lanie. Et le fait que les Castle soient très proches les uns des autres, ça ne t’effraie pas un petit peu?

- Non. Martha et Alexis sont adorables. Et puis si à un moment j’ai besoin de tranquillité, je peux toujours rester chez moi.

- Quelle maturité! Fit Lanie admirative.

- En parlant de maturité... Les gars... Commença Kate.

- Oh! Ils savent pour Castle et toi! Compléta Lanie.

- Comment...? 

- Ils vous ont vu devant la maison des Westlake. Moi qui croyais que tu étais professionnelle jusqu’au bout des ongles, se moqua Lanie. Il paraît que c’était torride! 

- Roh! Ça va! Marmonna Kate rouge de honte. Je ne suis pas de marbre, on sortait d’une dispute et on venait de s’expliquer... Ça faisait des jours qu’on ne... Enfin bref...

- C’est chouette de se dire que tu fais partie du commun des mortels, sourit Lanie. Et je n’ai rien dit à Javier, à part qu’il devait te laisser tranquille.

- Je me doute bien, répondit Kate. Ces deux là ne perdent rien pour attendre!

- Comment ça?

- Ils ne savent pas que je sais qu’ils savent pour Castle et moi, dit Kate un petit sourire démoniaque aux lèvres.

- Vous êtes sûrs que vous êtes des adultes? Tiqua Lanie.

- Surtout ne dit rien à Esposito! l’avertit Kate en quittant précipitamment la morgue.

- Tu me connais, je suis une tombe! Répondit Lanie en secouant la tête.

 

Lorsque Beckett arriva à l’étage de la douzième, les gars venaient d’arriver.

- Lieutenant Beckett! Lança Ryan. On va finir par croire que vous êtes malade! Arriver tard deux jours de suite, ce n’est pas dans vos habitudes...

- Y aurait-il un monsieur Beckett derrière tout cela? Sourit à son tour Esposito.

- Évidemment qu’il y a un monsieur Beckett, répondit Kate surprenant les gars par sa franchise. J’ai d’ailleurs passé la nuit avec lui si vous voulez tout savoir.

- Oh! Fit Ryan intéressé.

- La nuit fut bonne? Demanda Esposito un petit sourire aux lèvres.

- Affreuse, rétorqua la détective. 

- Affreuse? Répéta Ryan avec une grimace.

- Il est si mauvais que ça? Ajouta Esposito. Dire qu’il passe son temps à se vanter d’être un super coup!

- Ça m’étonnerait qu’il se soit vanté de quoique ce soit devant vous, dit Beckett.

- Et pourtant, dit Ryan. Il se vante tout le temps!

- Ouais ça en deviendrait presque soûlant à force, approuva Esposito.

- Vous le trouvez soûlant? Dit Kate d’un air sévère. De quel droit vous permettez-Vous de le juger?

- On ne le juge pas! S’empressa de répondre Ryan! S’il te rend heureuse, c’est tout ce qui compte.

- Évidemment que il me rend heureuse. Ça fait des années qu’il me rend heureuse. 

- Des années? 

- En fait, il m’a toujours rendue heureuse.

- Toujours? Mais alors... Pourquoi Josh et Demming? Demanda Esposito qui n’y comprenait plus rien.

-  En fait, il n’en a rien su. J’ai passé l’âge de demander la permission.

- Bah quand même, à sa place, j’aimerais avoir mon mot à dire... dit Esposito.

- Pareil, approuva Ryan. Je peux être compréhensif, mais il y a des limites. Je ne te pensais pas comme ça Beckett. Je suis déçu.

- Pourquoi déçu? Mais de quoi parlez-vous? Demanda Kate ravie de les torturer un peu.

- Ben de monsieur Beckett! Tu dis qu’il te rend heureuse et tu le trompes sans vergogne! Reprocha Esposito.

- Monsieur Beckett, c’est mon père, et si vous voulez tout savoir, il est au lit avec une grippe carabinée. J’ai passé la nuit chez lui pour jouer les gardes malades! Voilà, votre curiosité est satisfaite? On peut aller travailler maintenant?

Les gars avaient blêmit en entendant le récit de Beckett. Ils ne s’attendaient pas à ça et se sentaient mal de l’avoir ainsi taquinée.

- Euh... oui... bafouilla Ryan gêné.

- On va... euh... On a ... Euh... Enfin... Le capitaine nous a donné un dossier à classer... Bredouilla Esposito.

 

Ils ne demandèrent pas leur reste et détalèrent comme des lapins en marmonnant quelque chose qui ressemblait à «  Mince, elle est trop forte! »  Beckett eut du mal à se retenir de rire. Ça faisait deux petites vengeances en une seule matinée. Voilà qui remettait les scores à égalité.


Minefuji  (05.02.2019 à 19:59)

Chapitre quarante-cinq

 

Quelques jours plus tard, lors d’une terrible affaire de bombe sale, Rick avait dû éloigner sa mère et sa fille de NewYork. Alexis l’avait supplié de partir avec elles, mais il n’avait pu se résoudre à laisser Kate. Elle ne pouvait s’éloigner de NewYork puisqu’elle était chargée de l’enquête. Elle l’avait à son tour supplié de partir avec Martha et Alexis, mais c’était au dessus de ses forces. Et désormais il était là, coincé avec elle dans un container frigorifique, à la supplier de ne pas s’endormir pour la garder en vie.

- Kate! Réponds-moi, je t’en supplie... Répétait Castle grelotant.

- Je ne sens plus rien Castle... Murmura-t-elle d’une voix faible. J’ai toujours cru que j’allais mourir en me prenant une balle, j’aurais jamais imaginé mourir congelée ! 

- Hey, on n’est pas encore mort ! Dit Castle en claquant des dents et en la serrant plus fort contre lui.

-  J’aimerais tant qu’on soit dans un de tes romans pour que tu puisses réécrire la fin ! 

- Je, je suis vraiment désolé !

- De quoi ?

- De… de… de… Eh  bien d’être moi… 

- Oh…

- D’être incontrôlable et de t’avoir entrainé là-dedans. Si on n’était pas venu seul on aurait…

- Shhhhh…

- On aurait…

- Castle, arrête ça … tu avais raison ! On a trouvé la bombe. On est juste arrivé trop tard, c’est tout...

Elle respirait de plus en plus difficilement. Des cristaux de glace se formaient sur son visage.

- Castle... Murmura-t-elle à bout de force.

- Oui?

Elle toucha son visage du bout des doigts.

- Merci, merci d’être là !

- Always...

- Je t’aime, Castle, murmura-t-elle. J’aurais voulu... 

- Ne fais pas ça! Ne me dis pas adieu! On va s’en sortir! Assura-t-il en grelottant.

- J’ai si froid Castle... Je ne vais pas... J’aimerais qu’on soit loin d’ici... En Espagne... 

- On ira! Promit-il. Nous avons les  billets, il suffit d’être patient.  Les gars vont nous trouver, ils vont nous sortir d’ici et on partira là-bas. Dans quelques mois on sirotera des cocktails au bord de la piscine. On aura tellement chaud qu’on se souviendra de ce container comme d’un endroit rafraîchissant.

- J’en doute... murmura-t-elle, il fait vraiment trop froid... 

- Quand on sortira d’ici, on fera du peau à peau pour nous réchauffer...

- Tu aurais dû partir avec Alexis et Martha...

- Je n’aurais jamais pu te laisser seule face à une telle menace...

- Tu n’es pas policier... Tu ne devrais pas être ici... C’est à cause de moi que tu risques de mourir...

- Tous les New-yorkais risquent de mourir aujourd’hui... Je suis heureux d’être avec toi... assura-t-il en claquant des dents.

Elle leva une main vers lui pour le toucher une dernière fois quand ses dernières forces l’abandonnèrent. Elle sombra dans l’inconscience.

- Hey, Kate ! Appela-t-il Reste avec moi ! Kate ! Reste avec moi !  

Transi de froid, il la la serra contre lui avec le peu de forces qu’il lui restait, se maudissant de ne pouvoir la sortir de là.

 

Peu de temps après, les gars pénétraient dans le container. Les équipes médicales les prirent en charge. 

- Beckett! Cria Castle lorsqu’il reprit ses esprits dans l’ambulance. Où est Beckett?

- Monsieur, vous devez vous calmer ! Dit l’infirmier près de lui. 

- Où est elle?

- Dans l’autre ambulance. Elle va s’en remettre, rassurez-vous, répondit l’infirmier. Maintenant soyez raisonnable et calmez-vous. Vous êtes en train de vous remettre d’une hypothermie modérée. Vous allez vous sentir vaseux un petit moment, mais avec ce qu’on vous a donné et en restant au chaud, ça devrait aller. Essayez de vous redresser maintenant. Doucement... Voilà!

- Combien de temps je suis resté dans les vapes?

- À peu près une heure.

- Salut Castle! Ça va mieux? Demanda Esposito en s’approchant de l’ambulance.

- La bombe!

- On a fouillé l’entrepôt, il n’y a rien, répondit le latino.

- Comment vous nous avez trouvé? 

- Alexis était inquiète parce que vous n’êtes pas rentré! Répondit Esposito.

- Et Beckett?

- Elle est dans l’autre ambulance... Dit Esposito d’un air ennuyé.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Paniqua Castle. C’est grave?

- Non, elle va bien! Elle va s’en remettre comme toi... Elle est avec le doc.

- Qu’est-ce qu’il y a alors? Demanda Castle suspicieux. Quel doc?

 

Non loin de là, Beckett reprenait doucement conscience. 

- Castle... murmura-t-elle en sentant une main chaude caresser son front.

- Ssshhh... Reste calme, dit une voix masculine qu’elle connaissait bien.

- Josh! Mais... Murmura-t-elle vaseuse. Qu’est-ce que tu fais là? Où est Castle?

- À côté. Il va bien. Reste tranquille.

- S’il allait bien, il serait à mes côtés! Râla-t-elle en se redressant brusquement.

 

Elle fut prise d’un vertige, Josh eut tout juste le temps de la rattraper.

 

- Tu vois pourquoi tu dois rester tranquille? Dit Josh d’un air sévère en l’allongeant de nouveau. 

- Mais... protesta faiblement Kate.

- Je t’assure qu’il va bien. Je suis passé le voir il y a cinq minutes à peine. Il se réveillait tout doucement. 

- Merci Josh... dit Kate en se relevant. 

- Qu’est-ce que tu fais? Je t’ai dit de rester tranquille! 

- Je dois aller le voir! Insista Beckett.

- Toujours aussi têtue, soupira Josh. Laisse-moi t’aider au moins.

 

Enroulé dans une épaisse couverture, Castle sortait de l’ambulance bien décidé à rejoindre Kate et à découvrir la raison des réticences d’Esposito à lui parler de Beckett. Ce fut alors qu’il aperçu Josh tenant Kate pour sortir de l’autre ambulance. Une vague de jalousie s’empara de lui.

- Hey! S’écria-t-il en s’approchant d’eux.

- Castle! Dieu merci tu vas bien! Dit Kate soulagée.

- Oui, je vais bien, se radoucit aussitôt l’écrivain. Je vais m’occuper d’elle maintenant, merci Josh.

- Il vaudrait mieux que ce  soit moi, rétorqua Josh. Vous en avez assez fait.

- Josh! Qu’est-ce qu’il te prend? Demanda Kate surprise par l’hostilité du médecin.

- Qu’est ce que ça veut dire? Demanda Castle sur la défensive.

- Vous savez très bien ce que ça veut dire! C’est comme ça que vous veillez sur elle? Grogna le médecin.

- Je sais très bien  veiller sur moi toute seule protesta Kate.

 

Mais aucun des deux hommes ne l’écoutait. Ils se défiaient du regard comme deux coqs dans une basse cour.

- Qu’est ce que vous faites là? Demanda Castle, vous n’êtes pas reparti? Il paraît qu’ils ont besoin de médecins en Haïti.

- Je voulais savoir comment allait Kate.  Je savais quand elle m’a quitté, qu’elle le faisait pour vous, déclara Josh furieux. Je me suis effacé parce que je pensais que vous la rendriez heureuse, que vous prendriez soin d’elle! 

- Josh! Ça suffit! Intervint Beckett.

-  Vous ne pouviez rien faire d’autre que vous effacer, rétorqua Rick sèchement,  elle ne vous aime pas! 

- Pas du tout! Kate m’aime beaucoup! 

- Ça c’est ce qu’on dit quand on ne veut pas faire trop souffrir la personne avec qui on rompt! Railla l’écrivain.

- Castle! N’envenime pas la situation! 

- Si elle était restée avec moi, elle n’aurait pas failli mourir de froid dans ce container! 

- Josh! Arrête ça! 

- Elle se serait retrouvée là-dedans quand même! Lança Castle. Je suis son partenaire! Nous aurions enquêté de la même façon! 

- Vous n’êtes donc pas capable de veiller sur elle! 

- Moi au moins je ne pars pas au bout du monde quand j’ai la chance d’avoir une femme comme elle dans ma vie! Lança Castle.

Le sang de Josh ne fit qu’un tour, il bouscula l’écrivain qui se rebella et l’empoigna par le col.

- Arrêtez! S’écria Beckett en se précipitant pour les séparer. 

Ce fut le cri de douleur de Kate, qui stoppa net la bagarre entre les deux hommes.

- Kate? S’écrièrent-il en même temps alors qu’elle se tenait le visage à deux mains.

- Vous voyez ce qui arrive par votre faute? Gronda Josh. 

- Ma faute? C’est vous qui... Protesta Castle.

- Ça suffit! Râla Kate grimaçant de douleur. Vous en avez assez fait comme ça! 

- Fais voir, demanda Josh.

- Ne me touche pas! L’avertit Kate.

- Ah! Vous l’avez entendue? Ne la touchez pas! Intervint Castle. Kate chérie...

- Ça va! L’arrêta la jeune femme. Je vais allez voir l’infirmière là-bas, bougonna Kate. Tachez de ne pas vous entretuer ou vous donner en spectacle!

- Kate... tenta Castle.

- Va rejoindre les gars et Fallon, s’il te plaît, ils vont avoir besoin de savoir ce que nous avons découvert.

- Mais...

- Castle! J’ai dit s’il te plaît! 

- Comme tu voudras, soupira-t-il honteux de ne pas avoir su se maîtriser et furieux contre Josh d’être réapparu dans leurs vies.

 


Minefuji  (06.02.2019 à 21:41)

Chapitre quarante-six

 

Toujours enroulé dans sa couverture, Castle s’avançait vers la voiture des gars les épaules basses.

- Ça ne va pas Castle? Demanda Ryan devant sa mine déconfite.

- Deux mots, bougonna Rick. Docteur Mobylette.

- Ouh, grimaça Esposito compatissant. C’est rude! 

- On pensait qu’il se tiendrait bien et se contenterait de faire son job, dit Ryan d’un air désolé.

- Comment va Beckett? Demanda Esposito.

- Elle est avec l’infirmière de la deuxième ambulance. 

- Encore? Ça commence à faire long, s’inquiéta Ryan. C’est grave?

- Non, elle va mieux, le rassura Castle. 

- Pourquoi elle est encore là bas alors? S’étonna Esposito.

- Elle a reçu un mauvais coup.

- Un mauvais coup?

- Je me suis un peu battu avec Josh. Elle a essayé de nous séparer...

- Vous l’avez frappée? S’indigna Esposito.

- Bien sûr que non! Je reculais mon coude pour mieux frapper Josh, quand elle s’est approchée pour nous séparer. C’est lui, qui en me bousculant a précipité mon coude vers le visage de Beckett. 

- La violence ne résout rien, déclara Ryan d’un air sévère.

- Je sais soupira l’écrivain. Elle va me faire un de ces sermons... Je devrais peut être aller m’excuser maintenant.

- Viens plutôt nous expliquer comment vous avez fini dans ce container, dit Esposito. Ça lui laissera le temps de se calmer .

- Tu es sûr? Demanda Rick incertain. 

- Son petit ami qui se bat avec son ex petit ami, elle se prend un coup au passage! Bien sûr qu’elle a besoin de digérer!

- Je ne suis pas son petit ami! Protesta l’écrivain désireux de n’en pas trahir leur secret.

- À d’autres! Rétorqua Esposito en levant les yeux au ciel. On vous a vus devant la maison de ton ami Westlake.

- Au moins j’aurais tenté de garder le secret... marmonna Castle.

- Bingo! Se réjouit Esposito. Par ici la monnaie!

- C’est bon t’a gagné, soupira Ryan en lui tendant un billet de dix dollars, c’est Castle qui a avoué leur relation...

- Quoi? Mais je croyais que... Et zut... Soupira Castle.

 

Dans l’ambulance, l’infirmière venait d’appliquer une pommade sur la pommette de Kate.

- Vous n’échapperez pas à l’œil au beurre noir, dit la soignante, mais cette pommade devrait en limiter les effets.

- Génial, marmonna Kate. 

- Kate? Demanda timidement Josh en s’approchant.

- Qu’est-ce que tu veux?

- M’excuser. Je n’aurais pas dû en venir aux mains avec le gratte papier.

- Ne l’appelle pas comme ça! Râla la détective.

- J’étais fou de rage. Je pensais qu’il te rendrait heureuse et au lieu de ça je te retrouve à moitié morte de froid!

- Ça n’était pas sa faute ! Rétorqua Beckett. Je fais un métier dangereux, ça fait partie des risques.

- Tu parles ! Il t’a encore embarquée dans une de ses histoires. J’ai entendu tes collègues et ton capitaine. Vous avez agi sans prévenir personne. C’est une chance qu’on vous ait retrouvés à temps.

- On suivait une piste! On n’avait pas de temps à perdre!

- Ils t’avaient renvoyée chez toi! Tu n’étais plus sur l’enquête! Mais comme à chaque fois avec lui, vous ne respectez pas les règles! 

- Mais pour qui te prends tu? Mon père ou mon capitaine? 

- Je tiens à toi Kate ! Se défendit le médecin. Je pensais qu’il prendrait soin de toi! 

- Je n’ai aucun compte à te rendre, Josh ! Nous deux, c’est fini! J’aime Castle! 

- Tu aurais pu mourir! 

- Ça s’appelle la fatalité ! C’est comme pour mon oeil.

- Sans Castle tu ne te serais pas retrouvée dans cette situation.

- Ce sont les terroristes qui veulent faire sauter NewYork les fautifs. Castle essaie de les en empêcher ! 

- ... Quoique je dise, tu le défendras, souffla Josh après un silence.

- Toujours, déclara Kate. Castle ne me mettrait jamais en danger délibérément. 

- Il en a de la chance. Tu n’étais pas aussi démonstrative quand tu étais avec moi.

- Josh... On ne va pas remettre ça sur le tapis...

- Je t’aime Kate.

- Tu n’étais jamais là, ça n’est pas comme ça qu’on montre à quelqu’un qu’on l’aime.

- Je sais, mais... Depuis notre séparation, je n’arrête pas de penser à toi. Je t’aime et si j’avais été moins stupide, je ne serais pas parti loin de toi. Je t’aurais montré à quel point tu comptais pour moi.

- Josh...

- Je sais... J’ai laissé passer ma chance. Il est trop tard.

- Bien sûr qu’il est trop tard ! Josh ! Avec le recul, je me dis qu’il était déjà trop tard quand nous nous sommes rencontrés.

- Tu es dure là!

- Je me mentais à moi même. Je suis désolée de t’avoir blessé, mais mon coeur lui appartenait déjà... 

- Au moins j’aurais eu ces quelques mois avec toi... Ne t’en fais pas, je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps, promit le médecin. Mais si jamais le gratte papier te rend malheureuse...

- Ne l’appelle pas comme ça! 

- Comme tu voudras... Mais tu changes d’avis, pense à moi, dit-il en lui caressant la joue.

- J’espère que tu trouveras celle qui te rendras heureux comme il me rend heureuse.

- Prends soin de toi Kate, répondit Josh après un nouveau silence avant de la quitter.

- Toi aussi, répondit Kate.

 

Lorsqu’il sortit de l’ambulance, Josh tomba nez à nez avec Castle. Les deux hommes se jaugèrent du regard un instant.

- Prenez soin d’elle, demanda le médecin.

- Contrairement à ce que vous pensez, je donnerais ma vie pour elle s’il le fallait.

- Vous n’avez pas intérêt à mourir, rétorqua Josh. Ça la tuerait à coup sûr. Kate tient tellement à vous, ça me coûte de le dire, mais vous êtes sa raison de vivre. 

 

Le médecin ne lui laissa pas le temps de répondre et s’éloigna. Rick s’approcha alors de l’ambulance. Kate en descendit au même moment.

- Hey! Je suis désolé comm...

- Pas maintenant Castle. On a une bombe à trouver, déclara-t-elle en passant devant lui.

- Mais... Tu n’es pas en état! Protesta-t-Il.

- Rentre chez toi. Alexis et Martha doivent être inquiètes. Repose-toi quelques temps.

- Mais et toi?

- Je serai au poste. 

- Kate...

- Castle, on n’a pas beaucoup de temps alors je t’en prie fais ce que je te dis!

 

Il ne répondit pas et obéit à sa requête. L’urgence était à la bombe, elle avait raison. Il rentra chez lui, rassura sa mère et sa fille, prit une douche pour se réchauffer et retourna au poste. Il était hors de question qu’il se repose si Kate ne le faisait pas également.

Lorsqu’il revint au poste, il apportait avec lui un café brûlant pour sa muse. S’il ne pouvait pas la réchauffer avec ses caresses et ses étreintes pour le moment, il le ferait avec son café. Le sourire qu’elle lui adressa lorsqu’il le lui offrit, fut sa récompense. Elle ne pensait pas à Josh, elle l’aimait lui et lui seul. 

- Qu’est-ce qu’il t’arrive? Demanda Kate devant son air satisfait.

- Il ne peut rien face à moi, sourit-il.

- De qui parles-tu?

- Personne. Comment va ton oeil?

- Plutôt bien. Il devient un peu violet, mais ça ne devrait pas être trop voyant.

- Je...

- Si tu me dis encore une fois que tu es désolé, je te renvoie chez toi!

- Où en es l’enquête? Demanda-t-il pour changer de sujet.

 

Elle lui exposa le dernières conclusions auxquelles il étaient parvenus, se réjouissant d’enquêter de nouveau avec elle.

 


Minefuji  (07.02.2019 à 19:52)

Chapitre quarante-sept

 

Quelques heures plus tard, après s’être retrouvés face la bombe à quelques secondes de son explosion, évitant la mort de peu grâce à un geste désespéré de Castle qui avait arraché tous les fils d’un coup, ils finirent cette rude journée par un moment de détente dans la salle de réunion. Beckett raconta l’exploit de Castle et le capitaine annonça que cela lui vaudrait sans doute une médaille de la part du maire, qui ne saurait sans doute jamais que l'écrivain avait agi au pif.  

- Rentrez chez vous et reposez-vous, ordonna finalement le capitaine alors qu’il était à peine seize heures. 

- Mais ... On n’a pas fini la paperasse, dit Ryan alors qu’Esposito lui faisait les gros yeux.

- Ça attendra. Un jour comme aujourd’hui, il est important de profiter de ses proches. Et puis vous avez fait un super travail.

 

Ils ne se firent pas prier et quittèrent le poste rapidement. 

- Où va-t-on? Demanda Castle.

- Tu devrais aller rejoindre Martha et Alexis. Le capitaine a raison, il est important de profiter de ses proches.

- Et... Tu viens avec moi? Demanda Castle 

- Je... 

- S’il te plaît, dis oui! Insista Castle comme un enfant réclamant un bonbon. Je sais que je n’aurais pas dû m’en prendre au docteur Mobylette et je suis désolé pour ton oeil! Je t’en prie, ne m’évite pas pour ça! 

- Attends ! Le stoppa Kate abasourdie. Tu crois que je t’en veux?

- Bah... Je n’ai pas su garder mon sang froid et tu as un coquard par ma faute... balbutia l’écrivain.

- Tu venais de passer des heures dans un frigo et Josh t’a provoqué! C’était difficile de garder ton sang froid sans mauvais jeu de mot.

- Non, non, il est très bien ton jeu de mot. Et... Tu ne m’en veux pas?

- Bien sûr que non! 

- Mais tu avais l’air en pétard...

- Je venais de passer des heures dans un frigo, une bombe sale menaçait NewYork et c’est pile ce moment que Josh choisit pour revenir à la charge! Ajoute l’œil au beurre noir... Il y a de quoi être en pétard.

- Alors c’est vraiment ça? Josh est revenu à la charge? Tiqua Castle.

- Sérieusement? Tu vas me faire une scène de jalousie maintenant?

- Non, non! Je me demandais juste pourquoi il revenait à la charge alors que votre séparation s’était bien passée... se rattrapa l’écrivain.

- Va savoir. Il a réfléchi apparemment... 

- Rah! Ces  gens qui réfléchissent, déplora Castle. Et sinon... Tu viens chez moi? 

- C’est que... Je suis épuisée...

- Je te laisserai tranquille! Tu pourras dormir jusqu’à midi demain si tu veux!

- Ok... souffla Kate incapable de lui résister.

Le sourire qu’il lui envoya lui réchauffa le coeur mieux que ne l’aurait fait le bain bien chaud et plein de mousse qu’elle avait prévu de prendre en rentrant.

- J’ai une baignoire, tu sais? Et elle est si grande qu’on y tient facilement à deux, déclara l’écrivain.

- Quoi? J’ai pensé à voix haute?

- Ça fait partie de ton charme, fit-il en l’embrassant tendrement.

 

Ils rentrèrent donc au loft de Castle, où ils passèrent une très agréable soirée en compagnie de Martha et d’Alexis, à qui ils durent raconter en détail leur enquête.

- Ma pauvre chérie, déplora Martha. Vous combattez des bandits chaque jour et c’est mon nigaud de fils qui vous cause un oeil au beurre noir!

- C’est un dommage collatéral, expliqua Kate. Il n’est pas fautif.

- Elle est trop bien pour toi mon chéri, si tu veux mon avis!

- Je me passerai de ton avis alors Mère, grinça l’écrivain.

- C’est injuste ! Râla Alexis. Tu poursuis des camions contenant une bombe sale, en te faisant au passage enfermer dans un container frigorifique et tu ne veux même pas que j’ai un deux roues alors que je ne manquerais jamais de mettre un casque.

- Ce n’est pas la même chose! Rétorqua l’écrivain. Tu n’es pas forcée d’avoir un deux roues pour vivre!

- Tu n’étais pas forcé de sauver NewYork! Répliqua Alexis. Tu n’es pas policier! 

 

Kate se sentit mal à l’aise tout à coup, consciente que si Rick n’avait pas quitté NewYork avec sa mère et sa fille pour se mettre à l’abri c’était à cause d’elle.

 

- Alexis... Souffla Castle.

- Ce que je veux dire, c’est que toi, tu as le droit de faire des choses dangereuses si ça te chante et pas moi! Râla la jeune fille. C’est injuste! 

- Moi je suis adulte! Rappela Castle.

- Et moi je suis raisonnable ! Rétorqua Alexis du tac au tac. Je connais les dangers et mes limites, je n’ai pas besoin de faire des expériences dangereuses comme me ligoter la tête en bas pour trouver comment  je pourrais m’en sortir si ça m’arrivait vraiment! 

- C’était pour mes recherches! Je voulais que mon roman soit authentique! Se défendit Castle. Et puis, je n’étais pas vraiment en danger...

- Comme dans ce frigo ou face à cette bombe? Siffla Alexis.

- Je suis désolée Alexis, soupira Kate au bord des larmes.

Le père et la fille se tournèrent vers Kate, stoppant net leur petite querelle.

- Quoi? fit Alexis après un instant de silence. 

- Je ne voulais pas mettre ton père en danger, dit la jeune femme en prenant sur elle pour ne pas se laisser envahir par l’émotion. J’aime tellement enquêter aux côtés de ton père, que parfois j’en oublie qu’il n’est pas flic... Il n’aurait jamais dû ce retrouver face à cette bombe...Tout comme il ne devrait jamais être aux premières loges lors d’une fusillade... 

- Kate... se radoucit la jeune fille, tu n’es pas responsable de ça. Papa n’en fait toujours qu’à sa tête. Tu aurais beau lui interdire l’accès au poste de police qu’il trouverait le moyen d’ y venir. N’oublie pas qu’il a le maire dans sa poche.

- C’est vrai ça ! Approuva l’écrivain. Rappelle-toi comme ça t’agaçait quand je me suis imposé sur l’enquête de l’assistante sociale! Et après, quand on t’a annoncé que je devais faire des recherches pour mon premier Nikki Heat! Le capitaine Montgomery a eu droit à tes plaidoyers contre cette idée chaque jour pendant des semaines! Il a même fini par se planquer dans les toilettes du poste tellement souvent qu’on a cru qu’il avait une grippe intestinale ou une gastro-entérite. 

- Mais...

- N’en parlons plus, décida Castle. 

- Et si nous nous mettions à table, suggéra Martha, je meurs de faim!

- Excellente idée! Approuva Alexis.

La conversation  se fit plus légère, Alexis et son père oublièrent leur querelle pour le reste de la soirée, trop occupés qu’ils étaient à rassurer la détective. 

 

Le lendemain matin, Rick laissa Kate dormir comme promis et s’enferma dans son bureau pour écrire. 

- Salut Alexis! Lança Kate en arrivant dans la cuisine alors que la matinée était déjà bien entamée. 

- Salut Kate! J’ai préparé du chocolat chaud, tu en veux? 

- Volontiers. 

- Bien dormi?

- Comme un bébé. Je me suis réveillée toutes les deux heures, soupira Kate. 

- Cette histoire de bombe t’a retournée, comprit Alexis.

- Je n’ai pas arrêté d’y repenser. À cause de moi, tu aurais pu vivre le drame de perdre un parent...

- Tu n’es pas responsable du fait que mon père te suive sur tes enquêtes! Rappela Alexis. Il n’en a toujours fait qu’à sa tête. Et puis il est tout à fait capable de se mettre en danger tout seul, tu sais.

- Oui, mais en me suivant, il a beaucoup plus d’occasions de le faire... Je devrais peut-être lui dire d’arrêter de me suivre. Après tout, maintenant que nous sommes ensemble, il n’a plus besoin de faire ça...

- Même si tu travaillais au FBI sur des dossiers classés secret défense, il trouverait le moyen de te suivre, rigola Alexis. 

- Tu crois?

- Mon père est plein de ressources! Déclara Alexis en lui tendant une tasse de chocolat fumant. Tiens, ça te fera du bien, j’ai même des minis marshmallow pour encore plus de réconfort.

- Tu es adorable, merci. Tu n’as pas cour aujourd’hui?

- Je commence plus tard, ma prof de sciences est malade.

- Oh! Eh bien comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres! Grâce à elle, j’ai eu droit à cet excellent breuvage!


Minefuji  (08.02.2019 à 20:23)

Chapitre quarante-huit

 

Les jours qui suivirent furent plus tranquilles. Une enquête entraîna l’équipe de Beckett dans le milieu du soap opéra pour le plus grand bonheur de Martha. Gina semblait avoir compris le message de Kate et laissait Castle tranquille. Josh avait disparu de la circulation. Rien ne semblait pouvoir perturber le bonheur tout neuf de Beckett et Castle. Enfin, c’était sans compter sur les vacances scolaires de printemps et...

 

- Meredith! Lança Castle étonné en ouvrant la porte du loft un matin au moment du petit déjeuner.  

La rouquine embrassa l’écrivain à pleine bouche sans qu’il eut le temps de réagir .

 

Dans la cuisine, Kate observait la scène abasourdie. Il ne manquait plus que ça, l’autre ex femme de Castle venait de débarquer à NewYork et elle lui collait déjà sa langue au fond de sa gorge. Une sueur froide lui parcourut l’échine. C’est donc à ça que ça ressemblait la vie avec Rick Castle? Elle allait réagir, quand la rouquine lâcha l’écrivain.

 

- Je viens d’arriver de l’aéroport! Minauda l’actrice. Je n’ai pas réservé d’hôtel, je sais que ta chambre d’amis et toujours libre pour moi! 

 

Elle ne laissa pas le temps à Rick de réagir, comme d’habitude, et appela:

- Alexis chérie! C’est Maman!

- Maman? Dit Alexis étonnée en apparaissant en haut de l’escalier.

- Oui, chérie! C’est moi! Je suis venue passer les vacances de printemps avec toi à NewYork, c’est une belle surprise, n’est-ce pas?

- Oh... Oui, répondit la jeune fille en embrassant sa mère.

- On va pouvoir faire les boutiques! Ça va être super!

- Mais euh... tenta Castle.

- Ce sont les vacances, Richard! Répondit Meredith. Tu as vu comme je m’améliore? Je n’aurais pas besoin d’inventer un décès dans la famille pour lui faire manquer l’école cette fois! 

- Grand père est déjà mort trois fois, ça commence à faire beaucoup, approuva Alexis.

- Oh! Vous avez de la visite? Dit Meredith en remarquant enfin la présence de Kate.

 

Troublé par l’arrivée tonitruante de Meredith, Castle en avait oublié la présence de Kate dans l’an cuisine. Il se remémora le film des quelques minutes qui venaient de s’écouler et blêmit. Le regard noir que Kate lui adressa lui fit froid dans le dos.

 

- C’est le lieutenant Beckett, dit Alexis, tu te souviens, tu l’as rencontrée il y a deux ans...

- Oh! Oui! Comment oublier la nouvelle muse de ton père, acquiesça Meredith.

- Et sa nouvelle petite amie, précisa Alexis ce qui lui valut une immense gratitude de la part de Kate et de son père.

- Oh! Mais c’est une merveilleuse nouvelle! Se réjouit Meredith en venant embrasser Kate. On va pouvoir papoter entre filles! 

- Euh... fit la détective. C’est... Il faut que j’aille travailler... Et j’ai un rendez-vous ce soir!

- Dans ce cas, pourquoi ne pas dîner ensemble demain soir? On pourra se raconter plein d’histoires sur Richard et ... comparer nos notes...

- Quoi? Paniqua Rick.

- Pourquoi pas, répondit Beckett ravie de s’octroyer une petite vengeance personnelle contre Rick pour le baiser.

- Parfait! Ne t’en fais pas, Richard, on pourra dîner ensemble ce soir comme au bon vieux temps!

- Comme au bon vieux temps? Tiqua Beckett se rappelant très bien pourquoi Rick surnommait Meredith la brioche au beurre.

- Ça veut dire nous trois, précisa Alexis, comme quand j’étais petite. On pourra aller dans une pizzeria?

- Pourquoi pas, répondit Rick qui essayait de connaître le fond de la pensée de Kate.

- Eh bien tout cela me semble parfait, déclara Meredith. Chaton, tu veux bien aller déposer ma valise dans la chambre d’amis?

- Euh... Oui, bien sûr... répondit Rick mal à l’aise.

- Oh! Là! Fit Beckett en jetant un œil à sa montre, il faut vraiment que j’y aille, si je suis en retard, les gars vont encore me chambrer!

- Attends! Je vais venir avec toi! L’interpela l’écrivain depuis le bas de l’escalier.

- Pas la peine, on n’a pas de meurtre, grinça Kate, je t’appellerai tout à l’heure.

- Tu es sûre? 

- De toute façon, tu as des choses à régler, déclara Kate en quittant le loft. Bye!

- Bye, marmonna Rick conscient que Beckett était en pétard.

- Qu’il est mignon! Minauda Meredith. Le départ de ta chérie te rend grognon.

 

Un borborygme fut la seule réponse de Rick, qui s’empara de l’énorme valise de Meredith pour la monter à l’étage. Bon sang! Combien de temps avait-elle prévu de passer à NewYork?

 

- Attends papa! Je vais t’aider! Lança Alexis en attrapant l’autre sac de sa mère pour le suivre à l’étage. 

- Tout à l’heure j’irais faire du shopping avec Maman, ça te laissera quelques heures de libre pour rejoindre Kate au poste, dit Alexis une fois à l’etage.

- Si elle me laisse venir, soupira Rick. Elle n’avait pas l’air de souhaiter ma compagnie quand elle est partie.

- Ça n’est pas la première fois que ça se produit, rappela la jeune fille. Tu n’as qu’à faire ce que tu fais d’habitude pour te rattraper.

- Ce qu’il me faudrait c’est un meurtre bien tordu, histoire de détourner son attention...

- Eh bien réjouis toi de vivre à NewYork! Cette ville abrite suffisamment de tordus pour que ton souhait se réalise assez vite.

 

Kate gara sa Crown Victoria sur le parking de la douzième brigade dans un crissement de pneus tonitruant. Voir Meredith débarquer sans prévenir chez Rick était déjà perturbant en soi, mais la voir l’embrasser à pleine bouche comme si c’était naturel... Ça l’avait mise hors d’elle. Pourquoi fallait-il que Rick soit si faible avec les femmes? Pourquoi avait-il fallu qu’il  ai fait de Meredith sa brioche au beurre? 

Elle avait beau lui faire confiance, elle était tout de même hors d’elle.

Les gars comprirent immédiatement, en la voyant sortir de l’ascenseur quelques minutes plus tard, qu’il y avait des nuages au paradis. Ils se gardèrent bien de faire le moindre commentaire à ce sujet. Si Beckett était en pétard contre Castle, il était inutile de se la mettre à dos à leur tour.

- Alors les gars? Quoi de neuf? Demanda-t-elle en déposant ses affaires à son bureau.

- Ryan et Jenny ont fait une grande avancée dans la préparation de leur mariage: ils se sont mis d’accord sur la police d’écriture pour les cartons d’invitation, sourit Esposito moqueur.

- C’est très important la police d’écriture! Rétorqua Ryan. Ça ne doit pas être trop austère, ni trop mièvre...

- Trop mièvre! Rigola Esposito. 

- Bah quoi? Qu’est-ce qu’il te prend? Demanda Ryan surpris.

- Mais vous êtes nunuches Jenny et toi! Un carton d’invitation mièvre, c’est tout à fait vous! 

- Non mais ça ne va pas? Gronda Ryan.

- Espo! Intervint Kate en lui faisant de gros yeux.

- Ils prennent du lait chaud au miel avant d’aller au lit! 

- Et alors? Qu’est-ce qu’il y a de mal à ça? S’énerva Ryan avant de quitter les lieux furieux.

- Bravo! Râla Beckett avant de suivre Ryan.

- Oups... fit le latino en se ratatinant sur sa chaise.


Minefuji  (09.02.2019 à 21:14)

Chapitre quarante-neuf

 

Ryan n’était pas allé très loin. Beckett le retrouva dans la salle de sport du poste, assis sur un banc, ruminant sa colère. Elle vint s’asseoir à ses côtés. 

- Espo se comporte comme un homme des cavernes parfois, dit-elle sur le ton de la confidence.

- Souvent, tu veux dire, pouffa Ryan.

- La police d’écriture des faire-parts est très importante, ajouta-t-elle. Et je trouve que vous n’avez rien de nunuche Jenny et toi. 

- Ah oui?  Tu es bien la seule alors...

- Oui. Je vous trouve touchants. Vous vous aimez, vous aimez partager les petits plaisirs de la vie, c’est évident. Je trouve ça magnifique. 

- Ce n’est pas l’avis de tout le monde, grinça Ryan. Javier trouve que je perds toute ma virilité avec mes habitudes de grand-mère. 

- Ne l’écoute pas. Il est le seul à penser ça. Et quand je dis penser, c’est un bien grand mot. Il n’a pas réfléchi. Tu es sensible, doux et bienveillant. Ça n’est pas facile à comprendre quand on a le quotient émotionnel d’une petite cuillère.

- Pauvre Lanie, rigola Ryan.

- Ne t’en fais pas pour elle, elle n’est pas du genre à chercher le prince charmant, ce qui est une bonne nouvelle, étant donné qu’elle sort avec Esposito! 

- Tu as raison, pouffa Ryan. Merci Beckett.

- De quoi?

- D’avoir un quotient émotionnel plus élevé que celui d’une petite cuillère.

- Oh! Je t’en prie, sourit Beckett.

- Et toi dis moi?

- Quoi moi? Demanda Beckett.

- Qu’est-ce que Castle a fait? J’ai remarqué ton air agacé quand tu es arrivée. On aurait dit la Beckett d’il y a trois ans, quand le Capitaine a annoncé que le Maire l’autorisait à faire des recherches dans notre poste de police pour son nouveau roman. 

- Oh! Ça... Rien, il n’a rien fait, soupira Kate. Il s’est contenté d’être lui même...

 

Ryan fronça les sourcils. Pas sûr de comprendre où elle voulait en venir.

 

- La mère d’Alexis a débarqué au loft ce matin, expliqua Beckett.

- La brioche au beurre! Grimaça Ryan. Ouh! C’est rude!

- Ouais, soupira Beckett. Et pour résumer, Castle est resté en trop bons termes avec elle.

 

Lorsque Castle arriva au poste un peu plus tard, deux cafés fumants dans les mains, il ne trouva qu’Esposito en pleine séance de musculation sur des chaises.

 

- Yo! Castle! C’est gentil de passer nous voir quand on n’a pas d’affaire.

- Salut... Euh... Où sont Beckett et Ryan?

- Je ne sais pas... Quelque part... Certainement en train de parler chiffons...

 

L’écrivain fronça les sourcils. Y aurait-il de l’eau dans le gaz entre Beckett et ses collègues aussi? Si tel était le cas, ça n’allait pas arranger l’humeur de sa muse...

- Que s’est-il passé?  Demanda-t-il.

- Ryan est hyper sensible quand il s’agit des préparatifs de son mariage, grogna le latino.

- Je vois, tu n’as pas pu t’empêcher de faire une remarque déplacée, compris Castle.

- Qui s’inquiète de la police d’écriture des cartons d’invitation? 

- Les futurs mariés, énonça Castle comme une évidence. 

- Le mariage! Grogna Esposito en retournant à ses exercices physiques. C’est une institution archaïque.

- Ça, c’est ce que disent les gens qui ne veulent pas s’engager! Ce n’est pas parce que ça te fait peur, que tu dois te moquer de ceux qui se lancent dans l’aventure.

- Ne me dis pas que tu songes encore au mariage après tes deux échecs? 

- Pourquoi pas?

- Parce que tes deux premiers mariages ont bien dû te montrer que se promettre de s’aimer jusqu’à ce que la mort vous sépare n’est en rien une garantie! 

- Ça n’est pas une raison pour abandonner...

- Et le fait qu’après chaque échec tu as réussi à trouver une autre personne à aimer, ça ne t’a pas fait comprendre qu’il existait pas qu’une seule et unique personne faite pour toi?

- Non! Ça m’a montré qu’il pouvait m’arriver de me fourvoyer. Mais depuis quelques temps, je me dis que j’ai raison d’y croire encore.

- Oh! Je vois. En tout cas, ça ne t’a pas servi de leçon. 

- Comment ça? 

- Qu’est-ce que tu as fait pour mettre Beckett en colère ce matin?

- Moi, je n’ai rien fait! 

- Qui est-ce alors?

- Meredith. Elle a débarqué au loft sans prévenir ce matin...

- La brioche au beurre! Ouh! C’est rude! 

- Je sais... Elle est venue pour les vacances et s’est installée dans la chambre d’amis.

- Hein? Pourquoi tu l’as invitée?

- Je ne l’ai pas invitée! C’est juste qu’il s’agit de Meredith! Elle s’invite sans que vous ayez votre mot à dire! 

- Et tu as dit non, bien sûr ?

- Euh...

- Castle, dis-moi que tu as dit non! 

- Bah...euh... Pas vraiment... Elle ne m’en a pas laissé l’occasion...

- Ouh! La! Mon vieux, tu es dans la mouise!  C’est pas bon! Pas bon du tout! 

- Comment ça dans la mouise? Pas bon comment? Bafouilla Castle inquiet.

- Ton ex-femme et ta copine! Il faut que je te fasse un dessin, vieux? Tu as deux univers... Euh... non, trois univers! Première ex-femme, deuxième ex-femme et Beckett! Si tu mélanges tes univers, ça va t’exploser à la figure!

- Tu... Tu crois?

- Je suis sûr! 

 

Ryan et Beckett revinrent à  ce moment là.

- Salut Castle! Lança Ryan. 

- Salut... Euh... Beckett, je... Euh... Tiens! Bafouilla l’écrivain en lui tendant son gobelet de café.

La jeune femme roula des yeux.

- Non merci, refusa-t-elle poliment en s’installant à son bureau.

- Euh... Tu viens Ryan? On a ce truc à faire...

- Vas-y toi, déclina l’irlandais en s’installant à son bureau.

 

Castle et Esposito échangèrent un regard ennuyé. Ils allaient ramer pour se faire pardonner. 

- Euh... Vieux, commença Esposito. Je suis désolé... Ça n’est pas parce que le romantisme me fait flipper que ça me donne le droit de me moquer de toi... Je ne pensais pas ce que j’ai dit, Jenny et toi vous n’êtes pas nunuches. Vous êtes... euh... adorables. Et en tous cas, beaucoup plus matures que moi en ce qui concerne vos sentiments.

- Ouais...marmonna Ryan.

- Tu... me pardonnes? 

- Évidemment ! Tu es un imbécile, mais tu es mon frère! Sourit Ryan en le prenant dans ses bras. 

- Cool! Fit Esposito rassuré. Tu me les montres ces cartons d’invitation? 

- Tu ne préfères pas voir ceux que j’ai pour le prochain match des Knicks? Sourit Ryan.

- Ahhhh! Siiiii! Répondit Esposito soulagé.

- Allez viens, on va s’offrir un café, Castle nous a encore oublié.

- Ouais...

- Hé! Fit Castle alors que les bros passaient devant lui en le bousculant légèrement.

- On n’ utilise pas la machine? S’étonna Ryan alors qu’ils venaient de dépasser l’entrée de la salle de pause.

- Non, on va dehors. Il y a un camion au coin de la rue, qui fait les meilleurs cafés de la ville, tu m’en diras des nouvelles! Ils ont même du miel si ça te dit.

- Non, je préfère le café. Le lait chaud au miel, ça m’endort.

- Oh! Tu déconnes?

- C’est radical! Je t’assure. Ça te détend. C’est l’idéal quand tu as eu une journée difficile, mais...

 

Les gars quittèrent le poste de police sous le regard attendri de Castle.

 

- Eh bien voilà une affaire qui roule, se réjouit l’écrivain en venant s’asseoir sur sa chaise près du bureau de Beckett.

 

Visiblement occupée par de la paperasse qu’elle avait déjà remplie, Beckett ne répondit pas. Elle ne leva même pas le regard vers lui. Il grimaça. Ça n’allait pas être une partie de plaisir.


Minefuji  (10.02.2019 à 18:47)

Chapitre cinquante

- Beckett, plaida l’écrivain en déposant son café devant elle.

Elle posa furieusement le dossier qu’elle tenait sur son bureau.

- Je n’arrive pas à croire que tu as laissé ton ex-femme s’installer chez toi! Explosa-t-elle à voix basse pour ne pas alerter tout le poste.

- Qu’est ce que je pouvais faire d’autre? L’envoyer dans un hôtel alors que pour la première fois en seize ans elle a tenu compte des vacances scolaires pour passer du temps avec sa fille? Se défendit l’écrivain.

- Pour commencer, tu aurais pu ne pas la laisser te fourrer sa langue dans ta bouche!

- Elle m’a sauté dessus! Et je t’assure que j’ai gardé la bouche fermée! Sa langue n’y est pas entrée!

- Super! Ça c’est une grande nouvelle qui me réconforte grandement! Grinça là détective. Tu as des rapports un peu trop amicaux avec ton ex! Qui laisse son ex s’installer chez lui?

- Elle a toujours fait comme ça... Elle ne demande pas, elle s’incruste. Et puis, tu n’as rien dit toi non plus! 

- Pour être la méchante de service? Non merci! Je ne vais pas mettre la maman d’Alexis à la porte alors que je ne suis même pas chez moi! C’est ton rôle! En plus, je t’ai fait mon regard! 

- Ton regard? Quel regard?

- Mon regard! Oh s’il te plaît, ne me dis pas qu’après trois ans, tu ne connais toujours pas mon regard qui tue? 

- Euh...

- Tu sais quoi? Laisse tomber! Rentre chez toi, puisqu’on n’a pas d’affaire! Va remettre de l’ordre dans tes relations « familiales »!

- Je peux venir chez toi ce soir? Mon appartement est envahi de rouquines...

- Libre à toi d’y aller, mais tu y seras seul.

- Pourquoi? Tu viens au loft?

- Absolument! Je ne suis pas du genre à fuir, moi.

- Mais et ton rendez-vous?

- Je ne vais pas passer la nuit avec Lanie, répondit la détective. Je ne rentrerai pas trop tard.

 

Une bonne chose, elle ne fuyait pas. Castle sourit et fit ce qu’elle lui avait demandé, il rentra chez lui, où il trouva bien évidemment Meredith dans son salon au milieu d’une quantité astronomique de sac de boutiques toutes plus chique les unes que les autres.

 

- Hey! Tu as attrapé des méchants? Demanda-t-elle en l’apercevant.

- Non... Il n’y a pas d’affaire aujourd’hui... Où est Alexis?

- Dans sa chambre... Apparemment elle a des devoirs hyper importants. Qui fait des devoirs pendant les vacances?

- Les gens sérieux. Ceux qui réussissent leurs études... Ceux qui sont admis à Stanford, Harvard...

 

- Aucun de nous ne faisait ses devoirs, ça ne nous a pas empêchés de réussir.

- Peut être qu’Alexis veut faire un métier plus sérieux qu’écrivain ou acteur...

- C’est vrai qu’elle est sérieuse. Je me demande de qui elle tient ça!  Elle devrait s’amuser, c’est de son âge...

- Ne t’en fais pas pour ça, elle sait s’amuser, déclara Castle. Sinon, ça tombe bien que tu sois seule, j’aimerais te parler.

- Je t’écoute...

- Voilà, Beckett et moi...

- Êtes merveilleux! C’est si réconfortant de voir que vous vous sentez tellement en confiance dans  votre relation. Tu sais, beaucoup de femmes n’auraient pas accepté que l’ex-femme de leur petit ami s’installe chez lui. Mais pas Beckett! Elle l’accepte.

 

- Ouais... sourit faussement Castle. Elle l’accepte... Mais vois-tu, Meredith...

- Je sais. Et ce n’est pas facile de l’admettre, mais... Je n’ai pas été la meilleure des mamans pour Alexis. J’ai manqué pas mal de moments importants de sa vie... Et le fait, que tu me laisses me rattraper aujourd’hui en passant ces deux semaines de vacances ici avec elle... Richard, je ne l’oublierai jamais!

 

Elle le serra dans ses bras avant de ramasser ses paquets et de filer dans la chambre d’amis.

 

- Et Beckett non plus... Marmonna-t-il.

 

 

Ce soir là, Beckett rejoignit Lanie pour leur soirée entre fille. Elles avaient opté pour un petit troquet sympathique, qui possédait une piste de danse. Elles pourraient évacuer les tensions en s’épuisant sur des rythmes endiablés.

  Bien évidemment le radar de Lanie détecta immédiatement le problème et Beckett dut lui déballer toute l’histoire.

- Mais ne t’en fais pas, termina Kate à la fin de son récit. Castle s’en occupe.

- Non! Tu devrais t’en faire et t’en occuper, ma grande! C’est de Meredith, dont on parle là! La brioche au beurre que Castle aime mettre dans son lit à chaque fois qu’elle débarque à Manhattan! 

- Lanie! Il n’est plus comme ça! Je lui fais confiance. Il ne va pas coucher avec elle.

- Parfait! Mais ce n’est pas de sexe, dont il s’agit là! Mais de limites! Meredith est en train de marquer son territoire. Tu ne peux pas la laisser faire ce qu’elle veut et débarquer quand ça la chante! 

- Ils ont une fille... Je ne peux pas m’immiscer entre Alexis et sa mère...

- C’est une guerre, chérie. Et devine qui est en train de la perdre?

- Je ne sais pas, soupira Beckett. Tu as peut être raison...

- Peut être que j’ai raison? Mais bien sûr que j’ai raison! 

- Tu ne connais pas la chance que tu as, souffla la détective. Esposito n’a jamais été marié et n’a pas d’enfant.

- Et il ne le sera probablement jamais, marmonna Lanie. Tu parles d’une chance! 

- Ça ne va pas avec Javier? S’étonna Beckett.

- Si... ce que nous avons est fantastique...

- Mais?

- Il est allergique au mariage! Dès qu’on parle de celui de Ryan et Jenny, il n’arrête pas de dire qu’ils sont fous de se lancer là dedans, que personne ne peut être sûr de passer sa vie avec la même personne...

- Je croyais que tu ne voulais pas t’engager pour le moment...

- Pour le moment! Confirma Lanie. Mais... si un jour je changeais d’avis et pas lui?

- Tu ne peux pas savoir à l’avance. Peut être que ce jour-là lui aussi aura changé d’avis. Et si ça n’est pas le cas... eh bien cela signifiera que vous serez arrivés au bout de votre histoire...

- Mhmm...

- Je sais, ça fait mal de penser ça quand nos sentiments évoluent.

- Quoi? Mais non! Mes sentiments n’ont pas évolué! Je suis toujours...

- À d’autres! Rigola Beckett. Tu deviens accro! Je le sais!

- N’importe quoi! 

- N’oublie pas que ce que tu vis là, je l’ai vécu il n’y a pas si longtemps! Je reconnais les symptômes! 

- Tu vas voir, si j’ai des symptômes! S’emporta Lanie en se levant.

- Eh! Qu’est-ce que tu fais? 

- Je vais m’amuser! Comme quelqu’un qui n’a absolument pas envie de s’engager!

- C’est pas vrai! V’là autre chose! Soupira Beckett en se levant à son tour bien décidée à ne pas laisser son amie faire des bêtises. Lanie! 


Minefuji  (11.02.2019 à 17:49)

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