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Trouble

Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play.  » Minefuji 

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Chapitre cinquante et un

 

Au loft, la soirée se passait tranquillement, Castle dînait avec Alexis et Meredith, Martha ayant refusé poliment leur invitation, prétextant une soirée avec ses fans les plus fidèles. Castle ne fut pas dupe, elle fuyait son ex belle fille envahissante, comme il aurait aimé pouvoir en faire autant!

Kate lui manquait affreusement. Il écoutait d’une oreille distraite la discussion entre Meredith et leur fille, tout en songeant à sa belle, qui devait certainement s’amuser plus que lui.

 

Beckett de son côté, ne quittait pas son amie d’une semelle. Lanie passait son temps sur la piste de danse, acceptant les verres offerts par ses admirateurs d’un soir. Heureusement que Kate veillait au grain! 

 Lanie, ayant bu plus que de raison, était suffisamment éméchée pour faire des bêtises, qu’elle regretterait le lendemain. 

 

- Lanie! Cria-t-elle à l’oreille de son amie. Il faut que j’aille aux...

- Tu n’as pas à me demander la permission! Rigola la métisse qui se déhanchait un peu trop près d’un type qui semblait s’être baigné dans son flacon d’eau de toilette.

- Viens avec moi! Insista Beckett.

- Il y a des verrous aux portes, tu sais? Ce n’est pas la peine que je vienne pour tenir la porte.

- Lanie! Plaida de nouveau Beckett. S’il te plaît! 

- Laisse-moi! Je m’amuse trop bien! Refusa la légiste qui semblait sur une autre planète. 

- Promets-moi de rester ici jusqu’à ce que je revienne! Plaida alors Beckett.

- Mais oui! Répondit la légiste en  levant les yeux au ciel.  On est venu avec ta voiture, je te rappelle.

- Oui, et bien ne monte dans aucune autre voiture que la mienne! 

- Oui maman! Répondit Lanie en éclatant de rire.

 

Beckett soupira et se dépêcha de filer aux toilettes, regrettant de ne pas avoir invité Madison pour cette soirée. Lanie devenait ingérable quand elle avait un coup dans le nez. Elles n’auraient pas été trop de deux pour veiller sur elle. Elle s’arrêta au bar, donna un billet de cinq dollars au barman, lui en promettant un deuxième s’il veillait sur son amie le temps qu’elle aille aux toilettes.

Elle revint moins de trois minutes plus tard et se félicita d’avoir fait aussi vite, lorsqu’elle découvrit la bouche du bellâtre collée conte celle de son amie et ses mains baladant un peu trop près des zones autorisées par la décence.

Elle jeta un regard de reproche au barman, qui se contenta de hausser les épaule en répondant que son amie allait bien. Kate roula des yeux et lui donna ses cinq dollars avant de se ruer vers Lanie et celui qui profitait de la situation.

- Hey! Le rabroua-t-elle en l’écartant de son amie.

- Kate! Râla Lanie. T’es pas marrante!

- Qu’est ce qu’il te prend ce soir? Demanda Kate en dévisageant son amie.

- Qu’est-ce qu’il y a madame la rabat-joie? T’es jalouse? Sourit le gars. T’inquiète, j’ai un copain qui te mate depuis tout à l’heure. Tu lui plais beaucoup! 

- Ça ira, merci! Claqua Beckett sèchement. Mon amie et moi allons rentrer.

- Oh! Non, Kate! Pas maintenant! Supplia Lanie. On s’amuse bien! 

- Une demie heure, accorda Beckett en soupirant. Après ça on rentre!

- Promis! Se réjouit la légiste en se collant à nouveau à son dragueur.

- Bas les pattes! L’avertit Beckett. Je veille au grain!

- Hé! C’est ce qu’elle veut! Protesta le type.

- Reviens quand elle sera sobre, si elle t’intéresse vraiment, rétorqua Beckett. Il n’est pas question que je te laisse tenter quoique ce soit tant qu’elle est dans cet état! 

- Du calme, tigresse! Rit le jeune homme. Qu’est-ce que tu crois que tu peux me faire?

- Je sais pas moi... te coffrer par exemple, suggéra Beckett en exhibant sa plaque sous son nez.

- Message reçu, répondit le jeune homme qui semblait avoir dessoûlé instantanément.

 

Rassurée, Beckett alla s’asseoir sur l’un des tabourets près du bar et commanda un café, histoire de ne pas tomber de sommeil. Elle devait veiller sur Lanie. Dans l’état où elle était, elle risquait de sérieusement déconner. Elle songea à Esposito, s’il savait ça! 

- Bien joué, dit une voix masculine à sa droite. Là, vous pouvez être tranquille pour votre amie, elle ne risque plus rien!

 

Au loft, le dîner terminé, Alexis était partie se coucher. Castle et Meredith rangeaient la cuisine. Enfin, Castle rangeait, tandis que Meredith racontait tout et n’importe quoi, comme souvent.

- Alexis a l’air de beaucoup apprécier le lieutenant Beckett, lança soudain la rouquine.

- Oui, Beckett est un peu comme une héroïne aux yeux de notre fille. Elle l’admire beaucoup.

- Un peu trop sans doute, soupira Meredith.

- Qu’est-ce que tu sous-entends? Tiqua l’écrivain. Beckett fait un très bon modèle pour une jeune fille. Je serais fier qu’Alexis devienne une jeune femme aussi forte et intègre que Beckett.

- Oui, mais... Elle fait un métier beaucoup trop dangereux! Répliqua l’actrice. Nous sommes des artistes dans la famille, nous faisons tous de très beaux métiers, même ta mère! 

- Heureusement qu’elle est sortie, sans quoi nous aurions dû appeler Beckett pour enquêter sur ton meurtre...

- Ce que je veux dire, c’est que nos professions ne sont pas dangereuses! Expliqua Meredith ignorant la remarque de Rick. En plus nos métiers sont très bien payés. Combien gagne le lieutenant Beckett en une année?

- Certainement beaucoup plus que les milliers d’acteurs et d’écrivains qui n’ont pas la chance que nous avons.

- Alexis est notre fille, elle a hérité de notre chance et de nos talents.

- Et si elle voulait faire un métier plus « sérieux »? Jusqu’à maintenant elle n’a pas montré un grand intérêt pour la filière artistique.

- Raison de plus pour qu’elle n’ait pas pour modèle un des métiers les plus dangereux qui soient!

- Attends... Tu veux dire que tu es contre le fait que Beckett partage la vie de notre fille et par conséquent la mienne?

- Je n’ai rien contre elle...

- Mais tu ne veux pas qu’Alexis la prenne pour exemple, grinça l’écrivain.

- Écoute, Richard, je disais ça comme ça... Ne le prends pas mal...

- Bien sûr que je le prends mal! S'énerva Castle ce qui surprit Meredith. Tu ne peux pas me demander de choisir entre la femme que j’aime et ma fille! Tu n’as aucun droit sur ma vie!

- Je sais bien, soupira Meredith.

- Encore heureux, parce que je ne peux pas te laisser séjourner ici dans ce cas!

- Je ne ferai plus aucune remarque à ce sujet, minauda Meredith. Tu es un amour de me laisser rester ici. Merci! 

 

Elle l’enlaça brièvement et lui souhaita bonne nuit avant de filer dans sa chambre.

 

- Encore raté, déplora Castle. Beckett va me tuer...

 

Il termina de ranger la cuisine et se rendit dans son bureau. Il consulta son téléphone. Beckett n’avait pas appelé. Il espéra qu’elle passait une bonne soirée avec Lanie et que cela la mettrait de bonne humeur. Il fallait au moins ça pour lui faire avaler la pilule des deux semaines de vacances de Meredith à la casa des Castle.


Minefuji  (12.02.2019 à 18:27)

Chapitre cinquante-deux

 

Au petit matin, Lanie grogna en émergeant du sommeil. Un horrible mal de crâne lui vrillait le cerveau. Elle s’assit difficilement au bord du lit et remarqua qu’elle n’était pas chez elle. Elle gémît de nouveau lorsqu’elle tenta de se lever. Mince, elle avait sérieusement abusé la veille! La bonne nouvelle, c’était qu’elle était seule dans le lit!

- De retour d’entre les morts? Lança une voix familière et moqueuse.

- Pas si fort! Grogna Lanie en portant la main à son front.

- Ça, il fallait y penser avant d’accepter tous les verres de tes admirateurs! Dit Kate en se faisant un malin plaisir à hausser la voix.

- Arghhh! Ça résonne!

- Tiens! Avale ça, rit Kate en lui tendant un verre d’eau et de l’aspirine.

- Merci! Souffla Lanie avec gratitude.

- J’ai préparé du café, annonça Kate. J’ai fait des toasts aussi. Viens manger un morceau, ça te fera du bien.

- Mhmm... soupira Lanie en avalant son cachet et son verre d’eau. Kate?

- Oui?

- J’ai déraillé hier soir, hein?

- Tu avais besoin de te changer les idées. Et puis, Ne t’inquiète pas, j’ai veillé à ce que tu ne fasses rien d’irréparable.

- T’es une vraie amie, toi!

- Tu veux que je prévienne la morgue que tu es trop malade pour bosser aujourd’hui?

- C’est vrai, il y a le boulot, souffla Lanie en se laissant retomber sur le matelas.

- Tu peux rester ici, si tu veux! Cria Kate depuis les escaliers menant à la cuisine. Je te laisserai un double des clés.

 

Lanie se redressa aussitôt et se précipita à la suite de son amie, ce qui lui valut une belle vague de nausées.

- Tu pars au boulot? Demanda-t-elle en tentant d’avoir l’air digne.

- Bah, oui, c’est Castle qui est riche, pas moi. Il faut bien que je gagne ma croute. 

- Tu n’es... Tu n’as pas...?

- La gueule de bois? Non, je suis restée sobre. Il fallait bien que l’une de nous soit raisonnable, histoire de rentrer en sécurité.

- Tu es trop sérieuse...

- Et toi pas assez! Rétorqua Beckett.

- J’ai fait des bêtises? S’inquiéta la métisse. 

- Rien d’irreparable, mais... Regarde sur ton bras droit. 

 

Lanie retroussa sa manche et ouvrit de grands yeux en découvrant une inscription au feutre sur son bras.

- Ted... 555 2368... apel moi? Argh! Il a tué l’orthographe! 

- Il n’était pas beaucoup plus frais que toi, répliqua Beckett. En plus... Ce numéro de téléphone, c’est celui des Ghostbusters!

- T’es sûre? 

- Certaine.

- C’est déjà ça! Avec un peu de chance il ne se souvient pas de moi!  

- C’est fort probable.

- Tu connais le numéro de téléphone des ghostbusters, toi? J’avais oublié que tu étais fan de cinéma. 

- Il n’y a pas que ça que tu as oublié! Reprocha Beckett.

- Quoi?

- Esposito! T’es pas censée être avec lui? 

- Arghhh! Qu’est-ce qu’il m’a pris? Grimaça Lanie.

- Tu t’es contentée de lui fourrer ta langue au fond de sa gorge, mais rassure-toi, c’est comme ça qu’on se dit bonjour en ce moment à Manhattan, répondit Kate sarcastique.

 

De son côté, Castle avait fini par s’endormir sur son bureau en attendant le retour de Kate. Il se réveilla perclus de courbatures. Il fila dans sa chambre, dans l’espoir d’y trouver Kate et fut déçu de découvrir son lit vide. Pourtant elle avait promis de rentrer après sa soirée avec Lanie! Pourvu qu’elle n’ait pas changé d’avis! 

- Richard! Lança la voix de Meredith depuis la cuisine. Je t’ai préparé du café avec de la noix de muscade comme avant ! 

- Ces deux semaines vont me paraître interminables soupira l’écrivain. J’arrive! 

La porte du loft s’ouvrît au moment où il arriva dans le salon. Il espéra voir apparaître Beckett, mais ce fut sa mère, qui entra. Cette dernière ne cacha pas sa déception en découvrant que son ex bru était toujours là.

 

- Bonjour Grand-mère! Chantonna Alexis désireuse d’apaiser les tensions.

- Bonjour Trésor! 

- Bonjour Mère, ta soirée fut bonne? 

- Excellente. C’est toujours agréable de passer du temps avec des gens dont on apprécie la compagnie! 

- Toujours le mot pour rire, Martha, déclara Meredith. Tiens, Richard, ton café.  

- Euh... Merci...

- Katherine n’est pas là? S’étonna Martha en lançant un regard lourd de reproches à son fils.

- Elle est sortie avec Lanie hier soir, expliqua Rick. Elle n’est pas rentrée.  

- On se demande bien pourquoi, marmonna Martha. 

 

Les paroles de sa mère ne firent qu’attiser les inquiétudes de Rick. Peut être que Kate était trop fâchée. Peut être qu’elle avait changé d’avis. Peut être...

- Papa! 

- Oui, pumpkin? Demanda Castle en sortant de ses pensées. 

- Ton téléphone était resté sur le plan de travail près de l’évier, expliqua Alexis en lui tendant l’appareil. Kate a peut être  envoyé un message...

- Tu crois?

- Tu la connais. Même fâchée, elle ne te laisserait pas t’inquiéter.

- Tu as raison.

Il prit l’appareil et consulta ses SMS. Alexis avait raison, Beckett lui avait envoyé un message vers trois heures du matin. Il soupira de soulagement.

- Elle est rentrée chez elle avec Lanie, expliqua-t-il. Elle ne voulait pas laisser son amie seule, apparemment elle a abusé des cocktails.

 

- Tu vois? Sourit Alexis. 

- Merci Pumpkin!

- Bon, vous venez le prendre ce petit déjeuner? Demanda Meredith.

- Ah! Moi, j’ai mangé avant de rentrer, déclina Martha.

- Euh... Ce sera sans moi, annonça Castle en embrassant sa fille. A tout à l’heure!

- Embrasse Kate pour nous! 

- Bon, eh bien, ce sera un tête à tête mère- fille, dit Meredith.

 

***********

 

- Mange au moins un toast! Insista Kate. 

- Pas faim, soupira Lanie la tête basse.

- Dans ce cas, bois du jus d’orange. Tu ne peux pas rester le ventre vide après tout l’alcool que tu as ingurgité cette nuit!

- Qu’est ce qu’il m’a pris? Gémit la métisse en buvant une gorgée docilement.

- Va savoir. Parfois on ressent le besoin de s’évader...

- Merci de ne pas me juger, dit Lanie reconnaissante.

- Bah, tu dois avoir tes raisons... Mais ne te crois pas sauvée su sermon! J’attends juste que tu sois en état d'intégrer ce que je dis.

 

On sonna à la porte. Lanie blêmit, autant que cela était encore possible.

 

- Rassure-toi, ça m’étonnerait que ça soit Esposito, déclara Beckett. Il aurait appelé avant de se pointer chez moi.

- Mais...

- J’ai un flingue et il le sait.

- Mais...

- Ton secret sera gardé, ne t’en fais pas.

 

Kate alla ouvrir. Castle se tenait sur le pas de sa porte.

 

- J’ai apporté des croissants, annonça-t-il en sortant un sachet de derrière son dos.

 

Elle fit un pas de côté et le laissa entrer.

- Tu vas bien? Demanda-t-il.

- Oui, désolée de ne pas être rentrée, mais...

- Lanie avait besoin de toi, c’est normal.

- Salut Castle... Marmonna difficilement Lanie.

- Salut Lanie. Dur réveil?

- Ne parle pas si fort! Grogna Lanie.

 

Rick se dirigea vers les placards, s’activa quelques minutes et revint devant la légiste une mixture rougeâtre à la main.

- Tiens, ça devrait t’aider, annonça-t-il.

Lanie le regarda un instant indécise, puis s’empara de la mixture qu’elle avala d’un trait.

- Raahhhh! Dit-elle en frissonnant.

- Ça réveillerait un mort, hein? Sourit l’écrivain. Dans quelques minutes tu te sentiras mieux.

- Qu’est-ce qu’il y avait là dedans Castle? Grimaça Kate en reniflant le verre vide de son amie.

- Ma potion spéciale lendemain de fête. Ça fait des années que je travaille dessus. Avec ma mère, je pouvais l’expérimenter chaque dimanche matin! 

- Ça m’a l’air efficace, constata Lanie qui semblait émerger de son épais brouillard.

- Des croissants ça vous dit? Proposa Castle.

- Ça passera peut être mieux que les toasts, suggéra Beckett.

- Merci, accepta Lanie.

- J’ai fait du café. Tu en veux? Proposa Kate à Castle.

- Volontiers! 

 

Ils prirent donc leur petit déjeuner à trois, Castle et Beckett se demandant quand ils pourraient enfin se retrouver en tête à tête.

 

 


Minefuji  (13.02.2019 à 19:40)

Chapitre cinquante-trois

 

Lorsqu’ils se rendirent au poste de police quelques temps plus tard, Beckett fut assaillie de questions de la part d’Esposito.

 

- Beckett! Tu as bien passé la soirée avec Lanie hier soir?

- Oui, c’était notre soirée filles, on avait prévu ça depuis des semaines, tu te souviens?

- Oui, mais Lanie n’est pas rentrée, je suis inquiet! Elle ne m’a même pas appelé.

- C’est parce qu’elle a passé la nuit chez moi, expliqua Beckett. Pas la peine de t’en faire. On avait un peu trop bu, alors on a préféré ne pas prendre la route...

- Elle aurait pu me prévenir tout de même, bougonna Esposito.

- Il était tard, elle a sans doute eu peur de te réveiller. Et puis ce matin... Il a fallu émerger...

- Tu crois? Douta le latino.

- Mais oui, elle va t’appeler.

 

Le téléphone d’Esposito sonna au même instant.

 

- Tu vois? Fit Beckett.

- Lanie? Lança Esposito en prenant l’appel.

- Eh ben... Soupira Castle en le regardant s’éloigner. Je ne pensais pas Lanie comme ça. Elle est toujours si sérieuse...

- Elle a eu besoin de décompresser, dit Kate en s’installant à son bureau.

- Heureusement que tu étais avec elle, parce qu’elle a dû sérieusement picoler vu son état ce matin. 

- Elle est ingérable quand elle a trop bu, bailla Beckett. Et toi, dis moi? Tu as réglé le problème Meredith?

- Euh... Eh bien... Je lui ai parlé... et... Bafouilla l’écrivain. C’est difficile...

- Je vois, tu n’as pas su lui dire qu’elle ne pouvait plus rester chez toi...

- Mais je nous ai réservé une super suite avec Spa et massages dans le meilleur hôtel de Manhattan!

- Attends, c’est moi que tu veux envoyer à l’hôtel? S’étrangla Beckett. Tu trouves ça plus facile ? Pourquoi ? Parce que je n’en suis pas cinglée? Tu trouves que je comprendrais plus facilement peut-être? 

- ... Non! Attends! Je parlais de nous deux! Il y a un peu trop de rouquines chez moi et...

- Pas question que j’aille à l’hôtel! S’énerva Beckett en quittant aussitôt son bureau furieuse.

- Mais... Beckett! 

 

Castle croisa le regard de Ryan, qui secouait la tête avec désapprobation. Bon sang, pourquoi fallait-il que Beckett prenne tout aussi mal? 

 

- Parce que tu fais n’importe quoi! Répondit Ryan en lui adressant un regard noir.

- J’ai pensé à voix haute? S’étonna l’écrivain.

- Oui, mais ça n’est pas de ça dont je parle, rétorqua Ryan. Ton ex-femme qui loge chez toi et Beckett que tu veux expédier à l’hôtel! C’est ça ce que j’appelle faire n’importe quoi! 

- Mais j’essaye de rattraper les choses! Se défendit Castle. Pourquoi est-elle aussi peu compréhensive?

- Pourquoi es-tu aussi nul? Rétorqua Ryan.

- Je suis nul?

- Parfaitement! S’énerva Ryan. Esposito passerait pour un grand romantique à côté de toi! Et laisse-moi te prévenir tout de suite, si tu fais souffrir Beckett, je peux t’assurer que je vais te refaire le portrait! 

- Message reçu, répondit Rick penaud.

Mince! Si Ryan en venait à le menacer, ça signifiait qu’il faisait vraiment n’importe quoi! 

De son côté, Beckett fulminait. Comment osait-il proposer de l’emmener à l’hôtel alors que celle qui aurait dû y être expédiée n’était autre que Meredith? Pourquoi s’il n’osait pas le proposer à son ex-femme de peur de la froisser, osait-il le lui proposer à elle, sa petite amie?

Elle passa ses nerfs dans la salle de gym du poste pendant une bonne heure, puis elle vaqua à ses activités pendant le reste de la journée sans adresser la parole à Castle, qui ne savait plus quoi faire pour rattraper sa bêtise. À la fin de la journée, Beckett rangea ses affaires et salua ses collègues avant de quitter le poste.

 

- Hey! Je suis là! Rappela Castle.

- Je sais, Castle. On se voit plus tard! Bye!

- Pourquoi plus tard? On peut rentrer ensemble...

- J’ai rendez-vous avec ton ex femme pour le dîner. Tu te souviens?

- Oui, je me souviens. J’espérais seulement que tu aurais oublié...

- Ne m’attends pas, sourit-elle.

 

Il poussa un long soupir. Pourquoi avait-il fallu que la fibre maternelle de Meredith se réveille maintenant ? Elle aurait pu faire ça quand il était avec Gina! 

 

Beckett arriva la première au restaurant. Meredith, en parfaite diva, la fit attendre un bon quart d’heure. Elles passèrent commande auprès du serveur et Meredith lança la conversation en mettant aussitôt les pieds dans le plat.

- Alors... Vous et Rick...

- Oui, moi et ... Rick, sourit Beckett.

- Vous êtes mignons. 

- Merci.

- L’écrivain et sa muse... Moi aussi j’étais son inspiratrice à l’époque.

- Vous m’en direz tant, grinça Beckett.

- C’était dingue entre nous! D’ailleurs c’est pour ça qu’il m’a épousée. Ça m’avait effrayée à l’époque. Je craignais qu’une fois mariés on se serait encroutés dans une routine familiale, mais non, c’est resté dingue, rit Meredith.

- Ça l’est même resté après le divorce...

- Oh, oui! A chaque fois que je passais à NewYork, on remettait ça pour quelques nuits de folie. Enfin, plus maintenant! 

- J’espère bien!

- Il est fou de vous et je dois dire que je comprends pourquoi.

- Merci... Euh... C’est gentil... répondit Kate étonnée.

- Richard mérite d’être heureux et je suis bien contente, car vous allez pouvoir lui offrir ce qu’il désire depuis toujours.

- Ce qu’il désire?

- Une famille! On a bien essayé, quand nous étions mariés. J’adore Alexis, mais... Je ne suis pas la maman idéale...

- Vous êtes dure avec vous même, non?

- Réaliste. Heureusement que Richard est un papa poule, ça m’a permis d’être une maman active.

- C’est un très bon père, approuva Beckett.

- Et vous alors?

- Quoi moi?

- Quand est-ce que Richard et vous allez faire un joli petit bébé?

- J’ignorais que Rick voulait d’autres enfants... dit Beckett. Enfin... Nous n’en avons pas vraiment parlé... Enfin si une fois, mais...

- Vous n’avez pas envie d’avoir un bébé?

- Euh... Je... Euh... Non...bafouilla Kate. 

- Oh... Et pourquoi ça? C’est dommage, il serait si mignon! Et puis, ça ferait plaisir à Alexis d’avoir un petit frère ou une petite sœur...

- Je fais un métier dangereux, répondit Kate. Je n’ai pas envie de mettre au monde un enfant qui aura plus de risque qu’un autre de devenir orphelin.

- Oh... C’est vrai que vous avez vécu ce drame. Alexis m’a raconté pour votre maman...

- Mais... Castle souhaite vraiment avoir d’autres enfants? 

- Quand Alexis était petite, il disait que ça serait bien pour elle d’avoir un petit frère ou une petite sœur... Il aurait aimé ne pas être fils unique, vous savez? Il s’est souvent senti seul lorsqu’il était petit.

- Je l’ignorais, murmura Beckett songeuse.

- Mais c’est du passé tout ça! Ça remonte à plusieurs années. Il a sûrement changé d’avis depuis.

- Oui, sûrement, dit Beckett ennuyée.

 

La discussion bifurqua ensuite sur des sujets plus légers. Beckett se surpris à apprécier la compagnie de Meredith. À très petite dose, bien entendu! 

De son côté, Rick faisait les cents pas dans le salon du loft, incapable de ne pas piétiner d’impatience, pour le plus grand désespoir de Martha.

 

- Oh! Chéri, par pitié détends toi!

- Je ne peux pas me détendre, Mère! Mes mondes entrent en collision! Mes... Je ne peux pas me détendre! 

- Prends un verre de vin! Ça marche bien avec moi.

- Je parie qu’en ce moment même, elles se disent des secrets sur moi. Boum! Qu’est-ce que je vais faire? Je devrais les appeler! 

- Non! Non! Non! Ce que tu n’aurais pas dû faire, c’est laisser Meredith s’installer ici dès le départ! Ce n’est pas un hôtel ici! Tu ne devrais pas laisser les parasites vivre ici! 

- S’il te plaît, dis moi que tu saisis l’ironie, soupira Castle en lui lançant un regard lourd de sens.

 

Kate et Meredith entrèrent à ce moment là.

- Oh! Meredith! Castle a fait ça? Je n’arrive pas à croire que tu l’ai épousé! 

- Qu’est ce que tu n’arrives pas à croire? Qu’est ce que...? WoW! Non! Allons Beckett! Il y a deux versions à cette histoire! Qu’est-ce que...? Quelle histoire? Qu’est ce que tu lui as raconté? Paniqua l’écrivain en se tournant vers son ex-femme.

- La vérité Richard! Minauda Meredith.

Qu’elle était exaspérante avec ses minauderies! 

- Castle tu n’es pas l’homme que je pensais que tu étais, asséna Kate lugubre.

- Je suis l’homme que tu pensais que j’étais! Je suis l’homme que tu connais! Je pensais que tu... Je suis celui que tu penses... Je suis lui! 

 

Kate et Meredith explosèrent de rire.

 

- Ça n’est pas drôle! Marmonna Castle comprenant qu’il venait de se faire avoir.

 

- Oh! Tu avais raison! Il penche la tête sur la gauche! 

 

- Je te l’avais dit! Il fait toujours ça quand il est stressé.

 

- Je n’avais jamais remarqué ce détail avant! 

 

- Quoi? Qu’est-ce que je fais? 

 

- Merci Meredith. C’était amusant. 

 

Elles s’embrassèrent, saluèrent Martha et s’éclipsèrent. Castle suivit Beckett dans sa chambre.

 


Minefuji  (14.02.2019 à 18:56)

Chapitre cinquante quatre

 

- Okay, qu’est-ce qu’elle t’a raconté? Demanda-t-il en entrant dans la chambre. Oh... Allez, j’ai compris! J’ai été lamentable dans cette histoire! Mais... Crois-moi! Je suis désolé! 

 

Il s’approcha de sa table de chevet et en sortit son pin’s de la honte.

- Tu ne pourras pas tout régler avec ce pin’s, râla Beckett en se tournant vers lui.

- S’il te plaît! Dis moi ce que Meredith t’a dit! Est-ce qu’il y a une seule chose dont je doive m’inquiéter?

- Absolument! 

- Quoi? Je vais la tuer! Enragea-t-il.

- Ce n’est pas ce que Meredith a dit le problème ! Expliqua Beckett.

- Non? 

- Non ! Meredith est une femme marrante, dynamique et à qui il est difficile de dire non...

- Exactement!

- Mais je n’arrive toujours pas à accepter le fait que tu aies pu penser que c’était à moi d’aller à l’hôtel ! 

- Tu n’y serais pas allée seule! Je serais venu avec toi ! C’est là toute la différence! Meredith se serait morfondue toute seule, elle !  Plaida-t-il conscient que ce qui lui avait paru être une bonne idée n’en était pas une finalement.

- Woah! Quelle grandeur d’âme! Fit Beckett sarcastique.

- Je suis désolé, Kate, soupira Castle. Je suis vraiment vraiment désolé! Tu veux un poney ?

Elle eut du mal à ne pas sourire. Elle le trouvait craquant avec son air de gamin pris en faute.

- Bien que ça serait amusant de te torturer plus longtemps, je vais abréger tes souffrances...

- Quoi ? Non! Je t’en prie, n’abrège pas mes souffrances ! S’écria Castle. Continue de me torturer ! 

- Tu es sûr que tu vas bien ? S’inquiéta Kate.

- Non! Je ne vais pas bien ! Et j’irai encore plus mal quand tu m’auras largué ! 

- Pourquoi je ferais un truc pareil ?

- Bah... J’ai lamentablement échoué au test de l’ex-femme...

Kate explosa de rire.

- Te moque pas de moi! 

- Okay, pardon, se reprit-elle difficilement. Reconnais qu’il y a de quoi! Le test de l’ex femme ! Non mais qu’est-ce que tu vas inventer ?

- J’ai toujours eu une imagination débordante, répondit-il sur un ton d’excuses.

- Je sais. C’est pour ça que je t’aime, sourit-elle en enroulant ses bras autour de son cou pour l’embrasser. Mais si tu crois vraiment que ce genre de dispute est une cause  de rupture, tu n’as pas dû avoir beaucoup de relations qui durent dans le temps... Ohh! 

- D’eux divorces, soupira-t-il. Et un nombre incalculable de ruptures avant deux mois de relation...

- Eh ben... Dit Beckett. Je crois qu’on vient de mettre le doigt sur ce qui t'empêche d’avoir une relation sur le long terme... 

Il sourit rassuré. Elle approcha son visage du sien pour l’embrasser et se ravisa au dernier moment. 

- Mais tant que nous serons ensemble, elle ne séjournera plus jamais ici ! 

- Cela va sans dire ! Approuva Castle en secouant la tête frénétiquement.

- Parfait, murmura-t-elle avant de l’embrasser tendrement.

 

Sans cesser de l’embrasser, il sortit un petit objet de la poche arrière de son pantalon.

- Qu’est-ce que tu fais? Demanda-t-elle intriguée.

- À défaut d’être capable d’autorité sur mon ex femme, j’ai trouvé le moyen de nous octroyer un peu d’intimité malgré la quantité de rouquines dans mon appartement.

- Oh! Dit-elle intéressée.

- Il suffit d’appuyer sur ce petit bouton là... Expliqua-t-il en actionnant la télécommande qu’il tenait. 

 

Des panneaux de bois se déployèrent pour fermer la bibliothèque qui servait de séparation entre sa chambre et le bureau.

- Et maintenant, je verrouille la porte... Dit-il en appuyant sur un autre bouton. Et nous voilà enfin seuls dans cet espace  qui nous est exclusivement réservé ! On ne peut l’ouvrir que de l’intérieur.

- Wah! Castle! Fit Kate admirative. C’est... Woah! Quand est-ce que tu as fait ça? 

- J’ai demandé un service à un ami qui tient une entreprise de menuiserie. Il a fait venir sa meilleure équipe en urgence. Je sais bien que je n’aurais pas dû laisser Meredith s’installer et je te promets de mettre les points sur les i avec elle afin que ça ne se reproduise plus... Mais... Ça nous permettra de survivre à sa présence ici.

- Ça a dû te coûter une fortune une telle installation!

- Bah... Avec ma mère et ma fille qui vivent ici, je me suis dit qu’il était important que j’investisse pour notre intimité. Alexis va finir par ramener des petits copains ici et ma mère... Eh ben elle reste égale à elle même, alors...

 

Kate se jeta à son cou et l’embrassa passionnément.

- Ça te plaît alors ?

- C’est parfait ! Même si c’est plutôt dangereux, je veux dire, si on est inconscient, personne ne peut venir nous sauver...

- C’est vrai, mais... A-t-on envie d’être sauvé par Meredith?

- Yerk! Non! Frissonna Kate.

- On est bien d’accord. Je ferai modifier ça après son départ.

- Parfait, murmura-t-elle en l’embrassant tendrement.

Il la  prit par les hanches et  colla son bassin au sien, dévoilant l’effet qu’elle lui faisait. Elle sourit franchement et entreprit de déboutonner sa chemise. 

- Je t’aime, Kate, chuchota-t-il en commençant à la déshabiller à son tour.

 

Après une merveilleuse nuit, qu’aucun élément perturbateur ne vint troubler, Beckett savourait tranquillement son café dans la cuisine avant d’aller travailler, quand Meredith descendit les escaliers vêtue seulement d’un teeshirt et d’une culotte. 

- Oh! Ça sent bon! Je peux en avoir une tasse? Demanda la rouquine en s’emparant de la seconde  tasse préparée par Kate. 

- Euh... J’avais préparé cette tasse pour Rick, mais... Oui... Sers toi...

- Mhm! Délicieux!

- Euh... Tu devrais peut être enfiler un pantalon... suggéra Kate alors que Rick encore tout ensommeillé apparaissait à la porte de sa chambre.

- Pourquoi? Demanda Meredith en saupoudrant son café de noix de muscade. C’est pas comme si j’allais sortir...

- Oh! Vous êtes déjà levées! Dit Rick en s’approchant. Qu’est-ce qu’il se passe?

- Rien. Tiens je t’ai préparé ton café, minauda Meredith alors que Kate roulait des yeux devant son attitude sans gêne. 

- Mhm!... Qu’est ce qu’il y a dedans? Demanda Castle en le goûtant. Tu as mis de la noix de Muscade?

- De la noix de muscade? S’étonna Beckett.

- Chaque fois que Richard passait des nuits blanches pour écrire ses romans, je saupoudrais son café de noix de muscade, expliqua Meredith. Ça lui donnait un coup de fouet supplémentaire... 

- Un coup de fouet, hein? Marmonna Kate agacée. Et alors, euh... Meredith, quel est le programme?

- Oh! Je ne sais pas, je vais voir avec Alexis ce qu’elle a envie de faire... Après tout on a le temps...

- Le temps? Répéta Beckett.

- Oui, d’ailleurs, Rick, c’est adorable de me permettre de loger ici pendant ces deux semaines de congés. Vous êtes vraiment géniaux tous les deux!

- Deux semaines... Répéta  la détective en recrachant le café qu’elle venait de boire.

- Oui, euh... grimaça Castle.

Kate lui adressa un regard lourd de sens alors qu’elle épongeait les dégâts. 

- Ça va être super, chantonna Meredith comme si de rien était. On va pouvoir sortir à quatre ce week-end!

- Ah ! Ah ! Ah ! Ricana Rick mal à l’aise. 

- Ouh ! Là !  Vous avez vu l’heure ? Lança Beckett en se levant. Il faut que j’y aille, si je ne veux pas être en retard au boulot!

- Un café à la noix de muscade avant de partir? Proposa Meredith.

- Non merci, j’ai déjà eu assez de coups de fouet pour ce matin, grinça Beckett. À plus tard ! 

- Attends, euh, je vais me préparer, tenta Castle.

- Prends ton temps! On n’a pas d’affaire ce matin, tu me rejoindras quand tu seras prêt.

Beckett quitta donc le loft, laissant Rick penaud. 

- Bon, bah, nous voilà en tête à tête, sourit Meredith.

- Tu n’as pas pu t’en empêcher, hein?

- De quoi tu parles ? Demanda Meredith étonnée.

- De ta tenue, de mon café, de ton annonce au sujet de ton séjour! Râla l’écrivain à bout de nerfs. Qu’est-ce que tu cherches à la fin?

- Rien du tout voyons! Qu’est-ce qu’il te prend?

- Écoute Meredith, je suis ravi que tu passes du temps avec Alexis, mais j’aimerais qu’à l’avenir tu portes une tenue décente chez moi et que tu t’abstiennes de te comporter en terrain conquis face à ma petite amie! C’est du passé nous deux! J’aimerais que tu gardes ça bien en tête! 

- D’accord! D’accord! Répondit Meredith en levant les mains en signe de reddition. Pas la peine de t’énerver.

- Et va mettre un pantalon, si tu ne veux pas que je m’énerve vraiment ! Aboya l’écrivain en quittant la pièce.


Minefuji  (15.02.2019 à 18:52)

Chapitre cinquante-cinq

 

Beckett passa voir Lanie avant de monter à l’étage de la douzième. Elle s’inquiétait pour son amie depuis leur soirée entre filles. Cela ne lui ressemblait pas vraiment de se faire du souci quant à l’avenir de sa relation avec un homme. D’ordinaire la légiste  appréciait sa liberté et fuyait comme la peste tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un début d’engagement sérieux.

- Hey! Lanie! Comment ça va ce matin?

- Beckett! Ça fait plaisir de te voir! Alors ça s’est arrangé avec Castle et sa brioche au beurre?

- Si on veut, soupira Kate.

- Qu’est ce que ça veut dire « si on veut »? C’est arrangé ou pas?

- Castle m’a promis de ne plus la laisser séjourner chez lui tant que nous serons ensemble.

- Cool! Quel est le souci alors?

- Rien... À part peut être le fait qu’elle a décidé de rester durant toute la durée des vacances scolaires, c’est à dire deux semaines, souffla Kate. Ça va être long!

- Qu’est- ce que tu vas faire? Tu vas passer deux semaines chez lui alors?

- C’est sans doute ce que je devrais faire, mais j’ai encore besoin de ma tranquillité... Je ne suis pas prête à y renoncer comme ça... Surtout si ça signifie supporter la présence quotidienne de Meredith !

- Tu as tout à fait le droit de rentrer chez toi.

- Tu crois? Et la guerre de territoire? 

- Passe à la phase deux, répondit Lanie docte.

- La phase deux? 

- Fais en baver à Castle. Mets le à la diète! Ça lui fera les pieds!

- À la diète? Répéta Kate incertaine.

- Prive le de ta présence! Rentre chez toi le soir. Mieux! Prive le de galipettes!

- Mais si je faisais ça, je serais punie moi aussi! 

- Tu le mérites aussi! Ça t’apprendra à ne pas suffisamment marquer ton territoire! Rétorqua Lanie implacable.

- Ouais... On verra... Et toi, dis-moi? Ta crise avec Esposito?

- Oh... ça va. Il a flippé quand je ne suis pas rentrée l’autre soir et maintenant, il est aux petits soins! C’est agréable! Ce matin, il m’a apporté le petit déjeuner au lit et il avait mis une rose sur le plateau! C’était mignon... C’est Ryan qui déteint sur lui, tu crois? Peut être qu’il traine un peu trop avec lui... Il ne faudrait pas qu’il devienne trop guimauve quand même ! Le petit déjeuner au lit d’accord, mais le lait chaud au miel! yerkkk !

- Tu lui as dit que tu voulais plus? La coupa Kate pour mettre fin à son monologue.

- On a discuté... entre autres choses, sourit Lanie d’un air coquin. Javier peut se montrer très imaginatif quand il...

- Pitié! Épargne-moi les détails grimaça Beckett en portant ses mains à ses oreilles.

- Roh! Tu sais que tu es vraiment trop sérieuse, toi?

- N’importe quoi! Je suis une vraie bout en train! Une rebelle, même! J’ai quand même piqué le blouson d’Eddy Vedder... J’ai crocheté la serrure de son camion...

- Non ! Et tu es devenue flic? Comment? Quand? Demanda Lanie avide d’informations croustillantes.

- En passant l’examen, il y a douze ans maintenant.

- Andouille! Je te parlais du blouson du chanteur de Pearl Jam! 

- Oh! Ça! C’était quand j’étais à l’université... Répondit Beckett en riant. J’ai fait quelques trucs stupides à cette époque... Il fallait bien décompresser.

- Quelques trucs stupides? S’étrangla Lanie. Entrer par effraction dans le camion d’une star du rock alternatif, tu appelles ça un truc stupide?

- Bah oui... Comment tu appelles ça? 

- Un délit ! Asséna la légiste. Ça n’a rien à voir avec un truc stupide qu’on fait pour décompresser! 

- Roh! Ça va! Je lui ai rendu son blouson le lendemain, donc il n’y a pas eu de préjudice...

- Mouais. Il n’empêche que ça n’est pas un truc qu’on fait pour décompresser! Non, pour ça, on sort en boîte, on drague le premier beau mec venu et on picole! 

- T’as raison et on revient avec le numéro de téléphone de Peter Venkman écrit au feutre sur ton avant-bras! Railla Beckett. I’m afraid of no ghost!

- Touchée. Mais dis-moi... Quels autres trucs stupides as-tu fait pour décompresser? 

- Mhm... Joker! 

- Ah! Non! Non! Non! Tu ne vas pas t’en tirer comme ça ma vieille! L’avertit Lanie en pointant son index vers elle.

 

Les téléphones de Lanie et Kate sonnèrent en même temps, mettant un terme à leur conversation.

- Le devoir nous appelle, constata Lanie en attrapant son cellulaire, mais ne te crois pas sauvée pour autant. Parrish!

Beckett lui adressa une grimace moqueuse. Si Lanie espérait lui faire avouer ses bêtises d’étudiante, elle pouvait toujours rêver.

- Beckett! Annonça Kate en décrochant son téléphone.

 

Elles se rendirent sur la scène de crime avec le camion de la morgue. Lanie  alla faire les premières constatations sur le corps, tandis que Kate s’entretenait avec les agents qui mettait en place le cordon de sécurité et la personne qui avait découvert le corps.

 

 

Meredith avait quitté le loft pour la journée, Castle lui ayant fait comprendre que si elle était  là, c’était pour passer du temps avec sa fille et non avec lui. Il n’étaient plus mariés et il était déjà bien trop gentil d’avoir accepté qu’elle logeât chez lui. Elle semblait avoir compris le message et avait établi un programme d’activités Mère-fille bien rempli pour les deux semaines à venir. Fier de lui, Castle sortait de sa douche et se hâtait de se préparer pour rejoindre Beckett et lui annoncer son exploit autoritaire.  

Ce fut alors que son téléphone sonna.

- Castle! Salut Lanie! Besoin d’un autre de mes remèdes anti gueule de bois?

- Castle, ramenez-vous vite ici! On a un problème.

- Un problème? C’est Beckett? Il lui est arrivé quelque chose? Paniqua l’écrivain. Je croyais que vous n’aviez pas d’affaire ce matin! 

- Beckett va bien! Le rassura la légiste. Mais... On vient d’être appelé sur une scène de crime... 

- Oh! Elle ne m’a pas appelé... Elle doit encore m’en vouloir pour les coups de fouet...

- Les coups de fouet?

- Meredith a encore frappé, regretta l’écrivain. Mais j’ai réglé le souci, enfin, j’ai fait de mon m...

- Castle! Le coupa Lanie. La victime... C’est Royce.

- Oh! J’arrive tout de suite, annonça Castle en enfilant un sweat et un pantalon à la va-vite. Comment va-t-elle ?

- Elle ne le sait pas encore, elle s’occupe du périmètre de sécurité et des premiers témoignages, mais elle ne devrait pas tarder à venir me voir.

 - Je fais au plus vite. Envoyez-moi l’adresse. Les gars sont avec elle?

- Ils sont en chemin, Kate est venue avec moi. Le capitaine arrive également.

- Ça devrait aller, souffla Castle. 

 

Il attrapa sa veste et ses clés et quitta le loft en trombe. 

 


Minefuji  (16.02.2019 à 19:39)

Chapitre cinquante-six

 

Lorsqu’il arriva sur place, Kate était penchée près du corps de Royce. Elle était de dos, mais il pouvait voir à quel point elle était touchée. Pour la deuxième fois de sa vie, elle se trouvait confrontée à la mort violente d’un de ses proches. Ça faisait beaucoup pour une seule personne. S’il y avait une enquête à résoudre absolument, c'était celle là. Kate ne se remettrait jamais d’une nouvelle affaire non élucidée pour un proche.

Elle se releva quelques minutes plus tard et se retourna. Lorsqu’elle l’aperçut, elle lui sourit pauvrement et s’approcha de lui.

Il ouvrit simplement les bras et elle se blottit contre lui. 

- Merci d’être là, murmura-t-elle.

- Always, chuchota-t-il en la serrant contre lui.

 

Elle se reprit rapidement et ce moment de faiblesse fut vite effacé. Elle assura à son capitaine être en mesure de mener cette enquête et donna ses directives aux gars, qui ne firent aucune remarque déplacée ni taquinerie.

Lanie vint lui apporter une lettre que Royce avait dans la poche et qui lui était adressée.

Beckett la prit et s’éloigna un peu pour la lire.

- Ça a un rapport avec son meurtre? Demanda l’écrivain.

- Non.

- Ça va?

- Ouais.

Elle mentait. Bien évidemment que ça n’allait pas. Il regretta qu’elle ne se sente pas suffisamment en confiance avec lui pour le lui avouer. Pourquoi ressentait-elle constamment le besoin d’être forte? Il n’était pas n’importe qui! Il était Rick! Son partenaire et celui qui l’avait presque demandée en mariage! Il soupira devant ce constat amer et la suivit.

- Kate! L’appela-t-il de nouveau en la rattrapant.

Elle se tourna pour lui faire face, il put lire toute sa détermination dans son regard et comprit que s’il cherchait à la materner, elle l’enverrait sur les roses sans l’ombre d’une hésitation. La meilleure chose à faire était de la soutenir dans chacune de ses actions. 

-  Castle, je vais bien, d’accord? Dit-elle agacée. Évidemment que c’est dur de voir Royce étendu là, baignant dans son sang. Bien sûr que ça fait remonter des souvenirs douloureux, mais il n’est pas question que je laisse un autre inspecteur s’occuper de cette affaire! Je vais bien, Okay?

- Okay.

- Si tu veux rester sur cette enquête, ne cherche pas à me protéger ou à me consoler, d’accord ? Sois le Rick que j’en connais, le meilleur partenaire que je n’aie jamais eu. Soutiens moi et fais moi part de tes théories aussi farfelues soient elles.

- D’accord. 

Elle lui sourit et retourna donner des instructions à ses subordonnés. Rick resta en arrière et sourit.

- Le meilleur partenaire qu’elle n’ait jamais eu, sourit-Il fièrement avant de la rejoindre.

 

**********

 

Castle avait eu raison de s’inquiéter. La mort de son mentor avait bouleversé Kate et l’avait immanquablement basculer en mode « Very Badass Rebel Beck »! Même son chef et deuxième mentor, le capitaine Montgomery n’avait plus aucune emprise sur elle.

 Lorsque la piste du tueur les amena à Los Angeles, elle refusa catégoriquement de laisser la main à leurs collègues de californiens. Il dut donc se résoudre à lui retirer l’affaire et à la renvoyer chez elle. Ce à quoi elle répondit par une demande de congés.

**********

- Papa! Qu’est-ce que tu fais? Demanda Alexis lorsqu’elle le découvrit dans sa chambre en train de boucler sa valise. 

- Le mentor de Beckett a été tué. Elle déraille et j’ai peur qu’elle ne fasse n’importe quoi, expliqua-t-il. 

- Et tu as décidé de partir en vacances pour régler ça? Demanda Alexis cherchant à comprendre le lien logique.

- Le suspect est parti pour L.A. Le capitaine a beau lui avoir retiré l’affaire, devine qui je vais trouver sur le prochain vol pour L.A. ?

- Beckett, répondit Alexis. Tu as raison Papa, dépêche-toi si tu ne veux pas le manquer.

- T’inquiète, j’ai déjà réservé deux places en première. Je n’ai pas besoin d’arriver une heure avant comme les passagers de deuxième classe.

- On croirait une réplique du Titanic.

 

Lorsque Beckett s’installa entre deux malabars, elle grimaça en songeant que les six heures trente de vol allaient être particulièrement longues. Heureusement, l’hôtesse vint lui annoncer qu’elle était surclassée. Il ne fallut pas le lui dire deux fois! Elle quitta ses deux voisins avec une joie démesurée et suivit l’hôtesse, qui l’amena auprès de Rick.

 

- Champagne? Proposa-t-il avec un petit sourire charmeur.

- Rick? Mais...

- Je ne suis pas venu t’empêcher de faire une bêtise, la rassura-t-il. 

- Ah non ? 

- Non ! Je suis venu la faire avec toi! Premièrement parce que je suis ton partenaire pour le meilleur et pour le pire...Le meilleur partenaire que tu n’aies jamais eu, répondit- il  en jouant des sourcils. Et deuxièmement parce que j’adore faire des bêtises et qu’avec toi, les bêtises sont monumentales!

 

Elle sourit, accepta la coupe de champagne et s’installa près de lui.

 

- Je suis désolée, murmura-t-elle au bout de quelques instants de silence.

- Pourquoi?

- Pour ce que je m’apprêtais à faire... Je... J’aurais dû te dire que je partais  à L.A... 

- Tu n’as pas à t’excuser.

- Si! Bien sûr que si ! 

- Pourquoi ?

- J’ai agi comme si j’étais célibataire... Comme si mes décisions n’impliquaient que moi, alors que nous sommes deux ! Tu devrais m’en vouloir !   Pourquoi tu ne me fais pas de reproches ? J’ai été furieuse contre toi quand tu as accepté d’héberger Meredith ...

- Ça n’a rien à voir!

- Si ! C’est pareil ! Tu as agi comme si cette décision ne concernait que toi et ça m’a rendue furax ! 

- Tu as raison ! Déclara-t-il après réflexion. Je suis furieux. 

 

Elle se figea étonnée par son brusque changement d’attitude.

- Tu es super fâché ?

- Absolument ! Je suis super fâché et tu vas devoir réparer ta bêtise! 

- Tu veux qu’on rentre directement dès qu’on aura atterrit à L.A?

- Non ! Cette enquête est trop importante pour toi.

- Rien n’est plus important que toi.

- ... C’est super mignon, murmura-t-il ému. Mais je ne te demanderais pas une chose pareille. Rendre justice aux victimes, ça fait partie de toi... Je ne peux pas te demander de renoncer à ça. Même si ça peut parfois me faire flipper.

- Je serai très prudente, promit-elle. Alors... Qu’est-ce que je devrai faire pour que tu me pardonnes?

- Je sais pas... Fais preuve d’imagination, suggéra-t-il en jouant des sourcils.

 

Dès leur arrivée, ils récupérèrent la luxueuse voiture louée par Rick et s’installèrent dans la meilleure suite de l’hôtel cinq étoiles dans lequel Castle avait visiblement ses habitudes. Bien entendu, Beckett n’attendit pas pour mener son enquête, déclenchant la colère de la police de Los Angeles et de son capitaine.

 

- Entrer par effraction chez les gens, c’est ce que vous appelez des vacances Beckett ? Gronda Montgomery au téléphone. 

- Capitaine, je peux vous expliquer, j’étais en train… tenta Beckett.

 - Non vous ne pourriez pas, la coupa le capitaine, ce que vous pouvez faire c’est ramener vos fesses ici par le premier avion !

-  On a une réservation chez « Spago », on peut rentrer demain ? Demanda Castle.

- Vous ne pouvez pas vous empêcher de faire le malin Castle ! Rétorqua Montgomery furieux. Mais quand Beckett sera mutée à la circulation vous trouverez ça beaucoup moins drôle de la suivre partout ! Maintenant tous les deux, rentrez immédiatement à New-York ! 

Bien entendu, Beckett n’en fit rien et désobéit sans sourciller pour le plus grand bonheur de Castle.

Bien évidemment l’enquête passait avant le reste, mais se retrouver seul avec elle loin de NewYork et des parasites qui gravitaient autour d’eux, était une vraie bénédiction.

De plus, ils se retrouvaient le soir dans leur hôtel grand luxe où ils pouvaient profiter des séances de massage et du spa privatif, ce qui donnait des airs de vacances à leur séjour. 


Minefuji  (17.02.2019 à 19:21)

Chapitre cinquante-sept

 

Castle sirotait un cocktail au bar de la piscine de l’hôtel East Way où la piste de Ganz, leur tueur les avait menés. Le plan était simple, Beckett allait se faire passer pour une cliente auprès de lui, tandis que Castle devait veiller de loin sans faire de bêtise, ce qui, d’après Beckett représentait la partie la plus compliquée du plan.

Ce fut alors qu’il la vit sortir de la piscine telle une déesse, dans un maillot de bain tellement  sexy, qu’il en recracha son cocktail. 

Bien évidemment elle avait réussi à attirer l’attention de Ganz avec une pareille entrée en scène et pas seulement la sienne! Tous les mâles présents autour de la piscine affichaient maintenant la tête du loup dans un bon vieux Tex Avery. 

Le beau gosse bodybuildé assis près de Rick se leva, près à se mettre en chasse. Il reçu une baffe monumentale de la part de l’écrivain, qui l’envoya valser dans le buisson près du bar.

- Il y avait... euh... une guêpe, bafouilla l’écrivain en guise d’excuses. Vous devriez aller consulter un médecin, ce buisson semble vous provoquer de drôles de réactions épidermiques.

- Arghhh.. Oughh... furent les seuls borborygmes que l’ex beau gosse fut capable de prononcer.

- Euh... Je crois qu’il est en train de gonfler, dit Castle à l’intention du barman, vous devriez appeler une ambulance...

 

Rick n’attendit pas son reste, et fila en direction de la tente que Ganz avait abandonnée pour rejoindre Kate.

Apercevant son manège, Kate paniqua légèrement, ce qui mit la puce à l’oreille du malfrat. Démasquée, elle fila rejoindre Castle un peu plus loin, furieuse que son plan soit tombé à l’eau à cause de Castle.

- Méfie-toi des buissons, apparemment ils sont urticants, la prévint Castle tandis qu’elle fonçait vers lui furieuse. Alors? Qu’est ce qu’il s’est passé? Aïe! 

- En essayant de l’empêcher de te voir, j’ai été un peu trop loin et il m’a grillée. Il m’a dit que je manquais d’expérience ! Gronda Beckett en lui frappant une nouvelle fois le torse avec son index. Qu’est-ce que tu as foutu Castle ?

-  Aoutch ! J’ai vu qu’il avait laissé son téléphone, alors je me suis dit qu’il fallait tenter un truc ! Se défendit l’écrivain

- Tu as pris son téléphone ?

- Non, non, j’ai pris une photo de la liste de ses appels récents !

- Quoi ? Où est-elle ?

 -D’accord mais ne me tape pas ! Dit-il en sortant son téléphone. 

Elle sourit et l’embrassa fougueusement. 

- Je préfère ça, dit-il lorsqu’elle mit fin à leur baiser pour consulter son téléphone.

- Il faut identifier ses numéros, annonça Kate.  l’un d’eux appartient surement à l’acheteur de Ganz !

- J’adore ce maillot de bain, tu pourras le remettre ce soir? Demanda Castle en la suivant. 

 

À la fin de la journée, l’enquête était bouclée. Ganz derrière les barreaux, la justice serait rendue à Royce. Il pourrait reposer en paix. Elle regardait les policiers de L.A emmener celui qu’elle avait pourchassé jusqu’à l’autre bout du pays. Un torse puissant vint se coller derrière elle, elle sourit tandis que Rick refermait ses bras autour d’elle. Elle pencha la tête en arrière et appuya sa joue contre celle de Rick.

- Merci, murmura-t-elle.

- Always, répondit-il. 

 

Ils durent accompagner les policiers afin de faire leur déposition. Kate semblait apaisée. Bien évidemment, la douleur de la perte de Royce ne s’atténuerait qu’avec le temps, mais le fait d’avoir pu arrêter son assassin lui permettrait de tourner la page et de faire son deuil, ce qui lui avait été refusé lors de l’assassinat de sa mère. 

- Ça va? Demanda Rick lorsqu’ils quittèrent le poste.

- Oui, ça va.

- Jusqu’où étais-tu prête à aller avec Ganz?

Elle lui prit la main, entrelaçant ses doigts au sien.

- Rentrons, Castle.

- Euh... Il va falloir que je consulte le site de l’aéroport, parce que je n’ai pas réservé de vol retour...

- On verra ça plus tard, Castle... J’ai juste besoin de rentrer...

 

Il ne répondit pas. C’était inutile. Les mots semblent vides de sens face au deuil. Il héla un taxi qui approchait et lui donna l’adresse de leur hôtel.

Il s’occupa de commander leur dîner, réserva une séance de massage pour deux et consulta les horaires des vols pour NewYork, lui laissant ainsi un peu d’espace et de temps. 

***********

Seule sur la terrasse, Kate regardait le soleil disparaître dans l’océan. Elle savait que Rick ne viendrait pas, il lui laissait le temps de digérer les événements de ces derniers jours. Elle lui en était reconnaissante. Il était toujours si attentionné. Elle relut la lettre de Royce. Ses dernières paroles pour celle dont il avait fait sa protégée. Il avait vu avant elle à quel point Castle était important pour elle et à quel point elle s’était voilée la face ces dernières années. Heureusement elle avait ouvert les yeux. Elle prit une grande inspiration et referma la lettre, adressant un dernier au revoir à son mentor, puis elle retourna à l’intérieur bien décidée à retrouver les bras de l’homme de sa vie.

- À quoi penses-tu? Demanda-t-elle à Rick en le découvrant assis dans le canapé de leur suite, perdu dans ses pensées.

- Oh... Euh... A rien d’important, sourit-il en l’attrapant par le poignet pour l’inviter à s’asseoir près de lui.

- Menteur, sourit-elle en enfouissant son visage contre le cou de son amant.

- Tu vas bien ?

- Oui. Ne t’en fais pas pour moi, répondit-elle en lui mordillant doucement l’oreille.

- Mhm... On ne devrait pas faire nos valises pour rentrer ?

- Non... 

Elle s’installa sur lui à califourchon sans cesser sa douce torture dans son cou.

- Le capitaine sera... fâché... 

- On s’en fiche du capitaine, murmura-t-elle en ondulant lascivement du bassin.

- D’accord... Murmura-t-il en déglutissant difficilement. Je... Je commence... à me sentir à l’étroit...

- C’est le but recherché, sourit-elle en l’embrassant juste à la commissure des lèvres. 

- Oh... Tu me rends fou..

- Je sais... répondait-elle mutine sans cesser de l’allumer avec ses baisers. Mais je ne vais pas être trop cruelle, rassure-toi.

 

Elle se laissa glisser jusqu’au sol pour défaire sa ceinture et le libérer de sa prison de tissu. 

 

- Woow ! Murmura-t-il sous ses douces caresses. 

 

~~~~~~~~~~~~~

 

- Fantastique ! Fit Rick en se laissant retomber sur le matelas cherchant à reprendre son souffle.

- Je suis pardonnée? Demanda Kate fière de sa performance en venant se coller contre lui.

- ... Hmpfff... Évidemment, dit-il encore tout essoufflé enroulant son bras autour des épaules de sa belle. Où as-tu appris un truc pareil ?

- Oh! Tant de mystères chez Beckett, sourit-elle en emmêlant ses jambes avec celles de son homme. Sauras-tu seulement en percer la moitié ?

- Je n’aurais pas assez d’une vie pour percer le mystère que tu représentes à mes yeux. Et tu sais à quel point les mystères me passionnent! Sourit-il en jouant des jourcils.

 

Ils se câlinèrent pendant un moment, sans parler. Ils n’avaient nul besoin de parler. Finalement, c’est Rick, qui rompit le silence en se mettant à rire.

- Qu’est-ce qui te fait rire ? S’étonna Beckett.

- On est à l’hôtel...

- Oui et alors?

- Meredith est chez moi et on est à l’hôtel... 

 

Elle fronça les sourcils avant de le rejoindre dans son fou rire.

 


Minefuji  (18.02.2019 à 19:38)

Chapitre cinquante-huit

 

Castle et Beckett ne rentrèrent pas tout de suite de Los Angeles. Beckett ayant posé des congés lors de son esclandre dans le bureau de son chef, elle n’était pas obligée de rentrer tout de suite, même si Montgomery l’avait demandé expressément lorsqu’elle l’avait eu au téléphone.

Ils avaient donc choisi de profiter de ces vacances imprévues et ne rentrèrent qu’une semaine plus tard à Manhattan, au moment où Meredith faisait ses valises pour rentrer à Los Angeles.

- C’est vraiment trop dommage que vous ayez dû passer tout ce temps sur cette enquête, déplora cette dernière après que Rick lui eut expliqué les grandes lignes de leur enquête.

- On ne choisit pas... répondit-il fataliste. Et puis comme ça, tu as eu Alexis toute à toi pendant dix jours.

- Je sais bien, mais... J’aurais aimé passer plus de temps avec vous... Je vous trouve tellement mignons le lieutenant Beckett et toi...

- Écoute, Meredith... A ce propos... 

- Je sais. Je vais vous laisser tranquilles à l’avenir. Alexis m’a ouvert les yeux à ce propos. J’ai été un peu trop envahissante et je te promets que ça ne se reproduira plus.

Castle ressentit une bouffée de fierté envers sa fille, si jeune et déjà tellement plus mature que lui.

- Ouah! Euh... Meredith... Que dire...euh...

- Ne dis rien, c’est déjà très  généreux de  ta part de me payer cette suite grand luxe pour mes futurs séjours ici...

- Mais ça me fait plaisir, sourit faussement l’écrivain.

- Où est le lieutenant Beckett au fait?

- Oh... Euh... Elle est rentrée directement chez elle, elle devait se préparer pour aller au poste... Elle doit y être en ce moment d’ailleurs.

- Oh! Dommage, j’aurais bien aimé pouvoir lui dire au revoir...

- Pour ça, il aurait fallu que tu te lèves plus tôt, ses horaires ne sont pas flexibles comme les tiens.

- Je sais, d’ailleurs ça ne doit pas être évident pour toi.

- Pourquoi tu dis ça? 

- Tu n’as pas l’habitude des horaires non plus. Si je me souviens bien, c’est ce qui a rendu ta deuxième femme complètement chèvre.

- C’est elle qui m’a rendu chèvre! Elle ne pensait qu’au travail, ou plutôt qu’à me faire travailler. Beckett n’est pas du tout comme ça.

- Je sais. C’est quelqu’un de bien, j’ai pu m’en rendre compte lorsque nous avons diné en tête à tête. Vous allez très bien ensemble.

 

Rick sourit, ravi d’entendre Meredith dire du bien de Kate.

 

- Ce qui est dommage, c’est que vous ne nous ferez pas de charmants petits bambins. Ils auraient été si mignons, déplora Meredith.

- Elle t’a parlé de ça? Demanda-t-il étonné que Kate se soit confiée à Meredith sur un sujet aussi personnel.

- Oui, enfin, c’est plutôt moi qui ait mis les pieds dans le plat en disant combien tu aimais les enfants et que tu aurais voulu qu’Alexis ne soit pas enfant unique... 

- Quel besoin avais-tu de l’ennuyer avec ça? S’énerva Castle.

- Ne te fâche pas, c’est venu comme ça dans la conversation...

- Comme ça, hein? Grinça Castle. De toute façon, je suis bien content que Kate ne cache pas le fait qu’elle ne se sente pas la fibre maternelle, comme ça, ça m’évitera d’élever un deuxième enfant tout seul!

- Mais tu savais bien que ma carrière me prenait beaucoup de temps, se défendit Meredith.

- Oui je le savais, ce que je ne savais pas en revanche, c’était que tu allais me tromper avec ton producteur et demander le divorce!

********

Si pour son retour à Manhattan, Rick avait dû essuyer une prise de bec avec Meredith, Beckett, elle avait eu droit à bien pire.

En effet, elle eut droit à une réprimande magistrale de la part de son capitaine qui pour la punir de sa désobéissance lui intima l’ordre de lui rapporter ses moindres faits et gestes et de se plier aux ordres d’Esposito et de Ryan jusqu’à nouvel ordre.

Elle sortit du bureau de son capitaine aussi dignement que possible et s’installa à son bureau où elle s’attaqua à ses dossiers sans piper mot. Les gars, gênés ne firent aucun commentaire et vaquèrent à leurs occupations.

 

Lorsque la journée se termina enfin, elle rentra au loft un brin déprimée. Rick lui servit un verre de vin et s’installa avec elle dans le canapé du salon.

 

- Tu regrettes? Demanda Rick lorsqu’elle eut terminé le récit de sa journée.

- Pas le moins du monde. Le meurtrier de Royce est derrière les barreaux, ça valait le coup.

- Ça ne risque pas d’entacher ta carrière? 

- Il y a des choses bien plus importantes qu’une carrière, répondît-elle en se calant contre lui. Et toi? Ta journée?

- Alexis a expliqué à Meredith pourquoi elle ne devait plus se comporter comme chez elle ici et pourquoi la prochaine fois qu’elle viendrait par ici, je lui réserverai une suite grand luxe avec Spa et tout le toutim.

- Wah!

- Je sais... Ma fille est définitivement plus mature que moi, soupira-t-il. Ensuite, Paula a appelé. Je vais devoir partir quelques jours pour la promotion de mon nouveau roman... 

- Oh... Fit-elle déçue. Quand pars-tu?

- Mercredi prochain. Mais je serai de retour pour notre voyage en Espagne! Enfin... si tu peux toujours y aller... Tu peux toujours y aller, n’est-ce pas? 

- Il me reste suffisamment de jours de congés, si c’est ce qui t’inquiète, répondit Beckett avec un grand sourire. Et pour ce qui est du capitaine, je vais être tellement parfaite pendant les trois semaines à venir, qu’il n’aura pas le coeur de me refuser ces vacances.

- Et bien comme ça, je n’aurais pas à m’inquiéter pour toi, se réjouit-il en l’embrassant tendrement.

 

Bien vite la passion se mêla à leur baiser, qui devint torride lorsqu’Alexis rentra de ses cours.

- Oh ! Pitié, vous avez une chambre! Râla l’adolescente écœurée.

- Alexis ? Ça va ? Demanda Castle en se relevant aussitôt alerté par l’attitude inhabituelle de sa fille.

- Ça va, oui! Claqua Alexis en se servant un verre de jus de fruits.

- Tu es sûre? Insista Castle en s’approchant de sa fille.

- Je vais prendre une douche, annonça Beckett sentant qu’il valait mieux les laisser en tête à tête. 

 

- Alexis, qu’est ce qu’il se passe ? Demanda l’écrivain lorsque Beckett eut quitté la pièce.

- Ashley... Soupira la jeune fille.

- Oh... Qu’est-ce qu’il a fait ? Tu veux que je demande à Beckett de le coffrer?

- Non, rit Alexis. Ne te mêle pas de ça, s’il te plaît.

- Tu ris. C’est que ça n’est pas trop grave, dit Castle rassuré. Tu me racontes ? 

- J’ai découvert aujourd’hui qu’il prévoyait de faire une excursion avec des copains ce week-end... soupira la jeune fille.

- Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ça...

- Tu trouves? 

- Bien sûr! Il est jeune! Ce genre d’expedition forme la jeunesse! 

- Papa... Ça va être super cool... Et... Se réjouit Alexis.

- Hein? Fit Castle comprenant qu’il s’était fait piégé. Ahhh! Non! Pitié ne fais pas ça ! 


Minefuji  (19.02.2019 à 19:36)

Chapitre cinquante- neuf

 

- Oh! S’il te plaît papa ! Plaida Alexis avec tout le talent de tragédienne qu’elle avait hérité de sa grand-mère. Tu sais que tu es un papa cool ! Et tu vas rester un papa cool en disant oui ! 

- Mais... Mais... Où est passée ma petite fille tellement raisonnable qu’elle se rend malade à l’idée de sauter par dessus le tourniquet du métro ?

- Papa... Je grandis, il faut bien que je fasse l’expérience de mes propres erreurs ! Je vais avoir dix-sept ans!

- Dans cinq mois! Tu auras dix-sept ans dans cinq mois et chez les moldus, on n’est pas majeur à dix-sept ans!

- Mais c’est juste une excursion! Et il n’y a pas deux minutes, tu disais que tu ne voyais aucun mal à ça!

- Pour des garçons entre eux! Ou des filles entre elles! Pas pour un groupe mixte! Je n’aime pas l’idée que tu fasses une excursion avec des garçons dont les hormones bouillonnent! Alexis, j’ai été un garçon de dix-sept ans et je t’assure que tu ne veux pas savoir ce qu’il y avait dans ma tête à cet âge-là ! 

- Papa... Soupira Alexis. Tu as toujours dix-sept ans dans ta tête...

- Raison de plus ! 

- Je ne serais pas seule avec eux! J’ai plusieurs amies qui y vont!

- Soit elles ont menti à leurs parents, soit ils sont inconscients!

- S’il te plaît... Promets-moi d’y réfléchir...

- D’accord, abdiqua l’écrivain. Je vais y réfléchir. 

- Oh! Tu es génial ! Se réjouit Alexis en lui sautant au cou. Je dois donner ma réponse demain matin ! 

- Eh! Pourquoi es-tu joyeuse comme si j’avais dit oui? 

- Parce que tu es le meilleur papa du monde, expliqua-t-elle avec un grand sourire avant de disparaître dans les escaliers menant à sa chambre.

 

Rick ne souriait pas. Pourquoi Alexis ne pouvait pas avoir huit ans pour toujours? Il se leva en soupirant et se dirigea vers sa chambre les épaules basses et la mine sombre.

 

- Ça va Rick? Demanda Kate lorsqu’il passa la porte de la chambre.

- Pourquoi est-ce si difficile d’être un papa cool et protecteur en même temps? Geignit-il. 

- Un souci avec Alexis?

- Elle veut faire une excursion avec ses amis, parmi lesquels il y aura son petit ami...

- Dis lui non. Mon père m’a souvent dit non et je l’aime toujours, répondit Kate comme s’il s’agissait d’une formalité.

- Tu ne connais pas Alexis... Elle peut se montrer très têtue quand elle a une idée en tête... Que faisait la jeune Beckett quand Papa Beckett lui disait non?

- Mhm... Tu n’aimerais pas savoir, répondit Beckett en passant ses bras autour du cou de Rick pour l’embrasser.

- Sérieusement? Ton père t’a déjà interdit ce genre d’expédition quand tu avais son âge?

- Mhm, oui, à chaque fois que je lui ai demandé la permission même.

- Et qu’est-ce que tu as fait?

- Je suis restée sagement dans ma chambre à faire mes devoirs, répondit Kate en se penchant pour l’embrasser.

- Sans mentir, Kate... Soupira l’écrivain esquivant son baiser.

- Il ne vaut mieux pas que tu saches.

- Si! Il faut que je sache! Insista Rick en s’écartant de nouveau alors qu’elle cherchait à l’embrasser.

- J’ai fait le mur et j’y suis allée quand même! Répondit Kate agacée. Et par la suite, je ne lui ai plus demandé la permission! Voilà, tu es content? C’est ça que tu voulais entendre?

- Je crois que je vais avoir une attaque, marmonna-t-il.

Kate se radoucit aussitôt devant son air perdu. Élever une adolescente à NewYork n’était pas une sinécure, aussi intelligente et responsable fut elle.

- Alexis a la tête sur les épaules, elle est aussi bien dans sa peau qu’on peut l’être à son âge, elle est sérieuse, ne t’en fais pas trop, murmura-t-elle doucement.

- Ce n’est pas ce que disent les gars... Murmura Rick. Il paraît qu’on ne connaît jamais vraiment un adolescent, qu’on ne voit que la partie émergée de l’iceberg...

- Les gars ne sont pas des experts, ils ne fréquentent que les ado à problèmes... Et ils ne connaissent pas Alexis comme toi tu la connais.

- Tu crois?

- Rick... Tu as une merveilleuse relation avec ta fille, tu as su faire en sorte qu’elle soit suffisamment en confiance pour te parler de ses soucis. Parle lui de tes craintes et fais lui confiance, il n’y a rien que tu puisses faire de plus.

- Tu as raison... Je vais lui parler ! Déclara Rick déterminé.

- Attends ! Ça n’est pas si pressé ! Ça peut attendre demain matin! L’arrêta-t-elle.

- Il n’est pas tard, elle ne doit pas dormir, tu sais?

- Ça je le sais, mais moi, j’ai besoin que tu m’embrasses et que tu me rejoignes sous les draps. 

- Oh! Madame est gourmande, sourit-il en l’embrassant tendrement.

- Tu vas bientôt partir en vacances, rappela-t-elle. Il faut que je fasse le plein de câlins pour mes futures soirées solitaires.

- Tu as raison, j’en aurais bien besoin aussi, sourit-il en l’entraînant jusqu’au lit.

 

Le lendemain, Rick avait parlé à Alexis. Elle l’avait rassuré autant qu’elle l’avait pu et il avait fini par accepter de la laisser partir en excursion avec ses amis. Beckett s’efforça de le distraire autant que possible durant le week-end. 

Le dimanche matin, Rick avait la tête des mauvais jours. Aucun meurtre sordide ne s’était produit pour le sortir de ses sombres pensées. 

- Ok! Lança Kate devant sa mine déconfite. Aux grands maux les grands remèdes! Va enfiler une tenue décente Cowboy, je t’emmène en virée!

- J’ai pas envie! Gémit l’écrivain comme un enfant trop gâté. 

- Je ne t’ai pas demandé ton avis! On décolle dans dix minutes! 

 

De mauvaise grâce, Rick obéit et la suivit en bas de son immeuble. Elle appela un taxi. 

- On ne prend pas ta voiture? S’étonna-t-il.

- Elle est en révision. Je ne la récupérerai que lundi soir.

- Ah...

Elle donna une adresse au chauffeur, qui démarra sans attendre.

- Où va-t-on?

- Chez mon père.

Il blêmit.

- C’est comme ça que tu comptes me remonter le moral? En me présentant ton père? Paniqua-t-il. Mais...mais... Je ne suis pas prêt! C’est trop tôt! Je suis habillé comme... Je ne suis même pas rasé...

 


Minefuji  (20.02.2019 à 20:16)

Chapitre soixante 

 

Elle l’observa un instant fronçant les sourcils devant sa réaction exagérée.

- Du calme! Mon père n’est pas chez lui! Annonça-t-elle.

- Ah non? Se détendit aussitôt l’écrivain.

- Non. Il va à sa cabane chaque week-end à partir de mars. Pourquoi tu flippes comme ça? Demanda-t-elle en le dévisageant.  

- Bah... Euh... Pour rien...

- C’est ça! Marmonna-t-elle. Tu as eu peur que je te présente à mon père, ce qui aurait rendu notre relation officielle! 

- Mais pas du tout! Se défendit-il. C’est juste que... Enfin... J’aurais voulu que tu me préviennes à l’avance, c’est tout... J’aimerais que le jour où tu me le présenteras, je puisse me mettre sur mon trente et un, histoire de lui faire bonne impression...

- De toute façon, il te verra comme l’ennemi. Ça ne sert à rien de t’en faire pour ça...

- Tu crois qu’il le prendras mal?

- Castle, tu seras celui qui lui voleras sa petite fille chérie! Je sais bien que ça fait très vieux jeu, mais c’est mon père, il est comme ça.

- Génial! J’ai hâte de le rencontrer, répondit Rick amer.

- Ne t’en fais pas, il finira par t’accepter... Et puis, il doit bien se douter de tes intentions, étant donné que ça va faire trois ans que tu me suis sur mes enquêtes...

- Tu crois?

- Évidemment! Qui suivrait quelqu’un comme ça pour écrire un bouquin s’il n’avait pas l’intention qu’il se passe quelque chose avec la personne? Il faudrait être idiot! 

- Pourquoi on va chez ton père s’il n’y est pas? Demanda l’écrivain pour changer de sujet.

- Tu verras bien, répondit-elle mystérieusement.

 

Lorsqu’il découvrit la surprise de Kate, Rick en resta bouche bée. Confortablement installée sous une bâche dans le sous sol de la maison familiale, la moto de Kate n’avait même pas pris la poussière. Son père devait en prendre soin.

- J’ignorais que tu l’avais encore...

- Je te l’ai dit, mais ce jour là tu étais trop occupé à fantasmer sur la tenue que je porte pour faire de la moto pour entendre. Allez, aide-moi à la sortir de là!

 

Au prix de nombreux efforts, il parvinrent à amener la moto sur le trottoir.

Kate lui tendit un casque et enfourcha son bolide. Elle l’invita à monter à l’arrière, il ne se fit pas prier.

Elle l’emmena à Cosney Island où ils passèrent une journée en amoureux, profitant de la plage et du parc d’attraction. Les angoisses de Rick s’étaient envolées. Celles concernant sa fille en tout cas, parce que lorsque Kate se laissa griser par la vitesse sur l’Interstate, il révisa toutes les prières qu’il connaissait!

Le dimanche soir, Alexis rentra en parfaite santé et ravie.

Alors qu’elle leur faisait le récit de son week-end, Martha et Kate lui prêtant une oreille attentive en parfaites spectatrices, Rick lui était plus distrait. Sa petite fille grandissait et commençait à quitter le nid pour voler de ses propres ailes dans un monde plein de dangers. Comment allait-il survivre à cela?

À la fin de la soirée, alors que Martha et Alexis étaient parties dans leurs chambres, Kate vint s’asseoir à côté de Rick dans le canapé.

- Allons ça n’est pas si terrible, c’est la vie, commença-t-elle en lui prenant la main.

- Mon petit bébé...

- Elle va avoir dix-sept ans. Elle n’est plus un bébé. Ce week-end avec ses amis était un avant goût de ce qu’il se passera l’an prochain si elle est admise à l’université en avance...

- Comment a fait ton père?

- Oh! Lui, il frôlait la crise d’apoplexie à chaque fois que je quittais la maison avec un garçon ou sur ma moto. C’est grâce à ma mère qu’il a tenu le coup. Elle répétait qu’il devait me faire confiance et que sous mes airs de rebelle, j’avais la tête sur les épaules...

- Ta mère devait être quelqu’un d’exceptionnel... Celle d’Alexis est bonne pour l’asile psychiatrique... Marmonna-t-il. En plus elle vit à l’autre bout du pays et nous sommes divorcés.

- Oh, arrête de te plaindre, Castle. Ta fille a la tête sur les épaules et puis, je sais bien que je ne suis pas sa mère, mais... Je suis là pour toi, ça compte un peu, non?

- Ça compte même beaucoup, sourit-il.

 

Leurs regards se happèrent. Ils n’avaient pas besoin de se parler dans ces moments là. Ils se comprenaient parfaitement. Son regard de biche le faisait fondre. Il l’avait dans la peau. Il l’aimait tellement que ça lui faisait presque mal. Son regard se posa sur ses lèvres légèrement entrouvertes, un véritable pousse au crime. Il dompta tant bien que mal le monstre de désir qui naissait dans ses entrailles et l’embrassa tendrement. 

Elle soupira de bien être dans ses bras. Ces deux semaines sans lui allaient lui paraître bien longues. 

Il glissa ses mains sous la chemise de sa belle, elle en frissonna de bien être et de désir. Il avait ce don d’allumer en elle un brasier d’un simple regard, d’une simple caresse. Il la dévorait de ses baisers. Il adorait la sentir frissonner de désir sous ses mains. 

Elle commença à déboutonner consciencieusement la chemise de son homme puis gagnée par une vague de désir puissant et irrépressible finit par arracher les derniers.

- On devrait... Peut être... murmura difficilement l’écrivain.

- ... Chambre... articula-t-elle difficilement.

 

Il la souleva dans ses bras puissants et l’emmena dans sa chambre sans cesser de l’embrasser. Navigant à l’aveuglette, il percuta le mur. Elle grogna sous l’effet de la douleur lorsque sa tête rencontra le mur.

- Pardon... Murmura-t-il penaud.

- Ça va, Castle... C’est rien... chuchota-t-elle en l’embrassant avidement.

~~~~~~~~~~

 

Le lendemain, Kate terminait de prendre son café quand Alexis descendit les escaliers prête pour aller en cours.

- Bonjour Kate! 

- Bonjour Alexis. Tu veux un verre de jus d’orange? Je viens de le presser, il est tout frais.

- Volontiers! Papa n’est pas levé? 

- Si. Il est au téléphone avec son agent. 

- Ah! La tournée de promo approche...

- Eh oui. Que veux-tu? Il faut bien qu’il travaille de temps en temps, plaisanta la détective. 

- Ça va être long deux semaines sans lui, soupira la jeune fille.

- Tu ne seras pas seule, il y a Martha...

- Je sais, mais elle vient d’avoir un nouveau rôle, elle va passer la plupart de ses soirées à répéter et puis elle est très occupée avec son école de théâtre...

- Et bien... Je sais bien que ça n’est pas grand choses, mais... Si tu te sens trop seule, tu peux venir me voir, répondit Kate compatissante.

- Tu es géniale, sourit Alexis. Et je pourrais venir te voir au travail?

- Oui, mais uniquement au poste! Le terrain est trop dangereux et les scènes de crime... Eh bien elles sont trop glauques pour une jeune fille de ton âge.

- D’accord! Se réjouit la rouquine. Oh! Là! Il faut que je me dépêche! Je vais finir par être en retard!

- Je peux te déposer, si tu veux, proposa Kate. Ah, mais ma voiture est en révision au garage. On va prendre ma moto, si ton père est d’accord.

-Je m’en occupe, finit ton café, dit Alexis en sautant de ton tabouret.

 


Minefuji  (21.02.2019 à 20:44)

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