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Série : Castle
Création : 24.12.2018 à 13h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Cette année, j’ai eu envie de mettre un petit cadeau au pied du sapin du quartier Castle. L’inspiration m’est venue cette fois en écoutant la chanson Trouble de Cold Play. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 123 paragraphes
Chapitre soixante et onze
Le regard perdu dans la contemplation du tarmac, Rick se sentait désespéré et de très mauvaise humeur. Ce jour qu’il avait attendu pendant deux semaines, était désormais devenu celui qu’il redoutait le plus. Comment allait-il réagir en revoyant Kate? Serait-il capable de faire abstraction de ce qu’elle avait fait? Et elle? Comment réagirait-elle quand elle apprendrait ce qu’il avait fait?
Il connaissait les réponses à ces questions. Il ne pourrait s’empêcher d’imaginer Kate rayonnante et resplendissante avec un joli ventre rond qu’elle n’aurait jamais. Il n’arriverait jamais à oublier qu’il ne verrait jamais la jolie frimousse de ce bébé. Cet adorable petit mélange d’elle et lui. Cet enfant serait toujours une ombre entre eux.
Tout comme cette une de magazine qui devait déjà inonder tous les kiosques de Manhattan. Dire qu’ils devaient s’envoler pour l’Espagne dans deux jours! Ça devait être leur cadeau de non-Saint Valentin... Leur premier cadeau, leurs premières vacances ensemble, enfin les secondes si on comptait le séjour imprévu à Los Angeles.
Il poussa un énorme soupir. Pourquoi avait-il fallu que tout tourne au cauchemar alors qu’ils étaient si bien?
Le signal lumineux indiqua au passagers qu’il était temps d’attacher leur ceinture. Rick bougonna, il n’avait pas envie d'être là, tout l'agaçait. Cela faisait plusieurs jours qu’il était à fleur de peau.
Une hôtesse vint lui rappeler d’attacher sa ceinture. Il se montra tellement désagréable avec elle, que le chef de cabine dû venir s’en mêler et le menaça de le faire descendre de l’avion. De mauvaise grâce l’écrivain abdiqua et obéit.
Lorsque l’avion décolla, il se demanda s’il n’aurait pas mieux valu qu’il descende tellement il se sentait nauséeux. Heureusement que ce vol ne durait que quatre heures!
~~~~~~~~~~~~
Le jour tant attendu du retour de Castle était enfin arrivé. Kate, ne se doutant absolument pas de ce qui était arrivé la veille, avait hâte de retrouver Rick. Elle avait décidé d’aller lui faire la surprise d’aller le chercher à l’aéroport. Lanie avait tenté de l’en dissuader, mais aucun de ses arguments en rapport avec sa santé ou l’attitude de Rick lors de leur dernière conversation téléphonique, n’avait fonctionné.
Cela faisait deux longues semaines qu’elle ne s’était pas blottie dans les bras de son écrivain et il lui manquait terriblement. Heureusement, dans quelques jours, ils partiraient pour leurs vacances en Espagne. Deux semaines entières rien que pour eux, loin des meurtres et des obligations éditoriales de Castle, le rêve!
Elle était tellement impatiente que sa valise était prête depuis une semaine déjà ! Lanie avait voulu l’accompagner, mais Kate avait préféré y aller seule, lui promettant de l’appeler si cela n’allait pas.
Elle arriva à l’aéroport bien avant l’heure prévue pour l’arrivée de l’avion de Rick.
Après un rapide passage devant les écrans, où elle repéra l’avion de Rick et son heure d’arrivée, elle se rendit dans un café, le temps d’attente passerait plus vite en sirotant un jus de fruits.
Elle jouait distraitement avec sa paille, quand une voix familière l’interpela.
- Hey! Salut Beck’s! Comment ça va?
- Madison! Je vais bien et toi?
- Super bien. Le restaurant marche bien, tout va pour le mieux. Qu’est-ce que tu fais là? Tu pars en voyage?
- Non, j’attends Castle, il rentre de tournée aujourd’hui. Et toi? Tu pars ou tu attends quelqu’un?
- J’attends ma grand-mère. Elle vient passer quelques jours à Manhattan. Son avion devrait arriver dans vingt minutes.
- Oh! Alors tu as un peu de temps devant toi! Je t’offre un verre? Qu’est-ce que tu veux?
- Un café, merci.
Madison s’installa en face de Kate, qui faisait signe au serveur de servir un café à son amie.
- Pas de café pour toi? S’étonna Madison. Qu’est-ce qu’il t’arrive?
- J’attends « mon café », sourit Kate en mimant des guillemets.
- Woah! Alors, qu’est ce que je disais? Tu es dingue de lui, n’est-ce pas? Tu veux qu’il te fasse plein de bébés!
- On n’en est pas là, mais oui, je l’aime, répondit simplement Kate.
- Je suis bien contente pour vous, ça crevait les yeux que vous en pinciez l’un pour l’autre.
- Tu parles! Quand on a enquêté sur le meurtre de ton chef cuisinier, il m’agaçait au plus haut point! On arrêtait pas de se disputer!
- C’est pour ça que tu étais furieuse quand je suis sortie avec lui!
- Il faisait ça pour m’ennuyer! Je trouvais ça nul de sa part de te mêler à nos querelles!
- Tu étais jalouse, oui, rit Madison. Tu peux le reconnaître maintenant.
- Mhmm... Peut être un peu... marmonna Kate.
L’arrivée de Madison permit à Kate de rendre son attente plus agréable. Elle était vraiment arrivée très tôt à l’aéroport. Finalement l’avion de la grand-mère de son amie arriva. Les deux amies s’embrassèrent et se promirent de s’appeler plus tard pour s’organiser une soirée entre filles, avant de se séparer.
L’avion de Rick fut enfin annoncé, Kate se précipita pour l’attendre devant la porte d’où sortiront les passagers. L’avion était plein, il y avait foule pour attendre les passagers. Elle se fraya un chemin et trouva l’endroit idéal pour attendre Castle et être certaine de ne pas le manquer.
Dix minutes plus tard, les premiers passagers passaient la porte. Kate se hissa sur la pointe des pieds à la recherche de son petit ami. Elle était plus excitée qu’une ado retrouvant son copain après quelques jours de séparation. Passant en revue les différents visages, elle trépignait. Pourquoi n’était-il pas encore là? Les premières classes n’étaient-elles pas les premières à sortir de l’avion?
Au bout d’une vingtaine de minutes, la plupart des passagers avaient déjà passé la porte, Rick n’était toujours pas là. S’était-elle trompée de vol? Pourtant, elle se souvenait parfaitement que Rick lui avait dit qu’il revenait en début d’après-midi... Elle décida d’attendre là jusqu’au dernier moment. Elle retournerait voir les écrans ensuite s’il n’était pas parmi les derniers passagers.
Un homme passa devant elle et jeta un magazine dans une poubelle. En grands caractères sur la couverture, le nom de Rick lui sauta aux yeux. Elle sourit et allait récupérer la revue quand la voix de celui qu’elle attendait depuis deux semaines prononça son nom.
- Kate? Je se pensais pas que tu viendrais me chercher...
- Surprise! Lança Kate tout sourire.
Elle s’avança vers lui pour l’embrasser. Elle perçut son léger mouvement de recul et fronça les sourcils.
- Quelque chose ne va pas?
- J’aurais aimé que tu me préviennes, répondit-il un peu froidement. J’ai réservé un taxi.
Chapitre soixante-douze
Il désigna quelqu’un derrière elle se retourna et aperçut un homme portant une pancarte au nom de l’écrivain.
- Tu as un rendez-vous quelque part? Demanda-t-elle cherchant à comprendre l’attitude de son petit ami.
- Non... Mais... Tu es venue avec ta voiture ?
- Euh... Oui... Qu’est ce que tu ...?
- Je reviens tout de suite, annonça-t-il sans lui laisser le temps de terminer.
C’était surréaliste. Elle qui était si heureuse à l’idée de retrouver son petit ami, ne s’attendait vraiment pas à le trouver aussi froid et distant.
Rick se dirigea vers l’homme, avec qui il discuta un instant et lui confia ses bagages avant de revenir vers Kate. Un très mauvais pressentiment s’empara de Kate. Elle devina que l’attitude étrange de Castle durant sa tournée n’était pas simplement liée à leur séparation. Il s’était passé quelque chose. Quelque chose qui avait changé le regard qu’il posait sur elle.
- Castle qu’est-ce qu’il se passe? Demanda-t-elle légèrement paniquée.
- Je sais tout, déclara-t-il sans détour.
Elle ouvrit de grands yeux, se demandant de quoi il parlait. Elle avait beau chercher, elle ne voyait vraiment pas ce qu’il pouvait lui reprocher. Il n’était tout de même pas fâché parce qu’elle ne lui avait pas parlé de ses rendez-vous chez sa gynécologue! Si c’était le cas, c’était complètement surréaliste, car il n’y avait vraiment pas de quoi fouetter un chat.
- De quoi parles-tu? Demanda-t-elle.
Il sortit un petit objet de sa poche et l’exhiba devant elle.
- Wow ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Demanda-t-elle en découvrant de quoi il s’agissait.
- J’ai trouvé ce test dans la poubelle du loft le jour de mon départ! Énonça-t-il froidement. Tu aurais pu m’en parler, non?
- ...
Elle resta un instant sans voix, douchée froidement par ce qu’elle commençait à comprendre. Le test était positif et il pensait qu’il lui appartenait.
- Quoi? Tu penses que ce test est à moi? Demanda-t-elle abasourdie.
- De toute évidence, il n’est pas à ma mère, siffla-t-il.
- Tu as une fille à qui il pourrait appartenir, rétorqua-t-elle agacée.
- Alexis m’en aurait parlé! Elle me dit tout.
- Contrairement à moi, grinça-t-elle comprenant le sous-entendu.
- Parfaitement, claqua l’écrivain.
- Okay, tu en as déduit qu’il était à moi, rétorqua-t-elle irritée. Et pourquoi es-tu aussi fâché? Tu disais que ça ne t’ennuierait pas d’avoir d’autres enfants... À moins que tu en aies déduit que je t’avais trompé...
- Tu aurais pu m’en parler avant ! Gronda Castle.
- Avant quoi? S’énerva à son tour Beckett.
- Avant de prendre rendez-vous chez ta gynécologue!
- Quoi? Se figea la détective.
- J’avais mon mot à dire! S’emporta Castle incapable de maîtriser son émotion.
Kate recula de quelques pas, intégrant lentement les informations.
- Tu... Tu... Bafouilla-t-elle incrédule.
- Tu pensais peut être que je ne découvrirais pas ton petit secret? Siffla l’écrivain.
- Tu as cru que j’avais avorté? S’étouffa Kate les larmes aux yeux. Tu as cru...
Elle lui décocha un magistral coup de poing en pleine figure, il recula sonné, il eut l’impression que son nez venait d’exploser sous le coup qu’elle venait de lui asséner. Sans lui laisser le temps de réagir, elle tourna les talons et fila loin de lui sans attendre. Elle avait besoin d’air et surtout de s’éloigner de lui.
Rick, toujours légèrement sonné, porta la main à son nez ensanglanté quand soudain, un flash l’éblouit. Il se tourna vers l’importun. Une horde de journaliste se précipitait vers lui.
- Monsieur Castle! Est-il vrai que vous allez vous remettre avec votre ex-femme? Demanda l’un des journalistes en lui tendant un micro.
- C’est pour cela que vous vous disputiez avec votre muse? Demanda un autre.
- Est-il vrai que votre seconde ex-femme est enceinte?
- Fichez le camp! Tonna Castle en les bousculant pour leur échapper.
~~~~~~~~~~
Dans le taxi qui l’emmenait chez lui, Castle se repassait continuellement sa conversation ou plutôt sa dispute avec Beckett. Son mouchoir était imbibé de sang. Elle avait un sacré punch. Le taxi s’arrêta. Rick jeta un œil à l’extérieur puis se tourna vers le chauffeur interloqué.
- Allez vous faire soigner le nez, conseilla ce dernier.
Rick soupira et lui tendit quelques billets pour la course, puis il quitta le véhicule.
- Repassez me prendre dans une heure s’il vous plaît.
Le chauffeur acquiesça de la tête et redémarra.
Dans la salle d’attente du cabinet médical, Castle réfléchissait.
Sa journée était épouvantable, pire encore que celle de la veille, si c’était de l’ordre du possible. D’ailleurs se sentait tellement à cran depuis la veille, qu’il ne savait pas s’adresser autrement aux personnes qu’il croisait, qu’en les rabrouant. L’hôtesse de son avion en avait d’ailleurs fait les frais. L’amende que lui avait collée la police de l’aéroport à son arrivée avait été salée.
Ensuite, cela avait été au tour de Kate de faire les frais de sa mauvaise humeur. La pauvre! Elle s’était vraiment mise en colère quand elle avait compris ce qu’il s’était imaginé. Jamais il ne l’avait vue dans une telle fureur!
La seule raison qui pouvait expliquer une telle fureur, était qu’elle était innocente de ce dont il l’accusait!
En y réfléchissant, ça ne lui ressemblait vraiment pas. Kate avait voué sa vie à protéger les gens en pourchassant les meurtriers, en rendant la justice aux victimes et à leurs familles. Jamais elle n’aurait pu mettre fin à sa grossesse.
Il ferma les yeux, affligé par sa propre bêtise. Pourquoi n’avait-il pas réfléchi avant? Il avait bien mérité cet uppercut!
D’ailleurs, il avait l’impression d’être moins à cran depuis que Kate l’avait frappé.
Si ce coup de poing avait permis de lui remettre les idées en place, il aurait mieux valu pour lui qu’il se rende dans un bar et qu’il y déclenche une bonne bagarre plutôt que d’avoir participé à cette soirée désastreuse qui s’était terminée dans le lit de Gina!
- Eh bien! On peut dire que votre agresseur ne vous a pas loupé, annonça le médecin en revenant vers lui avec ses radios. Votre nez est cassé.
- Oui... J’ai été frappé par un vrai malabar... Une force de la nature, répondit Castle. Il mesurait presque deux mètres.
- La cloison nasale est très légèrement déviée, mais heureusement pour vous c’est tellement léger que ça se verra à peine. Enfin... si vous le désirez vraiment, je peux vous recommander un excellent chirurgien esthétique...
- Pas la peine, marmonna Castle. Je vais conserver cette légère déviation... Ça me rappellera à quel point je peux être stupide...
- Votre agresseur aussi devrait s’en souvenir, annonça le médecin. Vous avez la tête dure!
********
Lanie venait de replacer le corps dont elle venait de terminer l’autopsie dans son compartiment réfrigéré. Elle nota consciencieusement ses dernières constatations sur dans le dossier du mort, soulagée que l’arrêt de travail de Kate dure une semaine. Avec le retour de Castle et leurs vacances en Espagne, si tout le monde tenait sa langue, cette affaire serait bouclée avant son retour.
Elle entendit un très léger bruit derrière elle. Quelqu’un venait de se faufiler dans sa morgue. Discrètement, elle ramassa un scalpel dans son bac d’instruments, maudissant Ryan et Esposito de ne pas avoir eu la présence d’esprit de placer des gardes devant sa porte. Cette affaire était pourtant très sensible! Elle resserra sa prise sur le scalpel, au moins elle vendrait sa peau très cher !
Chapitre soixante- treize
- Ne faites pas un pas de plus au ce scalpel finit entre vos deux yeux! Cria Lanie en se retournant brusquement.
- Lanie? Renifla Beckett.
La légiste laissa tomber son scalpel à la vue de sa meilleure amie et de sa mine déconfite. Si Ryan avait cafté, il allait le payer cher! Si c’était Castle qui avait déraillé , elle allait lui faire avaler son bulletin de naissance!
- Honey ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Demanda-t-elle en se précipitant pour la prendre dans ses bras.
- Je... Est-ce que tu peux examiner ma main? Demanda Kate
- Wow! La vache! Qu’est ce que tu as fait? Tu as frappé un mur ou quoi?
- J’ai frappé Castle, répondit Kate la mine sombre.
- Oh! Qu’est-ce qu’il a fait? Demanda Lanie déjà prête à étriper l’écrivain.
- Je n’ai pas vraiment tout compris... soupira Kate. J’étais à l’aéroport, je l’attendais, pensant qu’il était au moins aussi impatient de me retrouver que moi je l’étais de le retrouver... Mais non, il avait l’air soucieux et quand il m’a vue, il m’a dit que j’aurais dû le prévenir, parce qu’il avait déjà fait venir un taxi.
- Allons bon! Qu’est-ce qu’il lui a pris? S’étonna Lanie.
- C’est ce que je lui ai demandé ! Deux semaines sans me voir et tout ce qu’il trouve à me dire, c’est que j’aurais dû le prévenir que je venais le chercher parce qu’il a déjà réservé un taxi! Le voilà qu’il joue les pingres alors qu’il est capable de claquer deux-cent mille dollars sur un coup de tête pour coincer l’assassin de ma mère!
- C’était une de ses dépenses les plus sensées, répliqua Lanie. Rappelle-toi qu’il a acheté une Ferrari qu’il ne conduit presque jamais à cause des problèmes de circulation à NewYork !
- Ouais, bref, je mets les pieds dans le plats et lui demande ce qu’il se passe et là il me sort qu’il sait tout en me mettant un test de grossesse positif sous le nez.
- Quoi? S’écria aussitôt Lanie abasourdie. D’où il sort ce truc là?
- Apparemment il l’a trouvé dans la poubelle du loft le jour de son départ.
- Et il a cru que c’était à toi? Il est au courant que sa fille a l’âge de faire des bêtises avec les garçons?
- Apparemment je suis la seule à lui faire des « cachotteries », dit Kate amère. Franchement, c’est pas faire une cachotterie quand on ne dit pas qu’on a un rendez-vous chez le gynécologue!
- Ça alors! Je n’aurais jamais cru ça de Castle, déplora Lanie. Et quand bien même il a cru que ce test était à toi, ça aurait dû être une bonne nouvelle, non? Il adore sa fille, ça aurait dû lui faire plaisir d’être à nouveau papa...
- Attends! C’est pas le pire! Il a non seulement cru que ce test était à moi, mais quand je lui ai dit pour mon deuxième rendez-vous... Il a cru que c’était pour un avortement!
- Non! S’écria Lanie. Mais je vais le tuer!
- C’est là, que je lui ai flanqué mon poing dans la figure... Termina Kate.
- Je comprends mieux, marmonna Lanie. Mince je n’aurais jamais pensé ça de Castle!
Kate demeura silencieuse, les larmes inondant désormais son visage. Lanie lui tendit un mouchoir et la prit dans ses bras, maudissant Castle et sa bêtise.
- Fais voir cette main, demanda Lanie au bout d’un moment. Ça au moins je peux le soigner.
Kate essuya ses larmes et se moucha. Lanie avait raison, autant s’occuper de ce qu’elles pouvaient régler facilement. Le cas de Castle pouvait attendre. Elle grimaça de douleur tandis que Lanie examinait sa main.
- On va faire une radio, dit Lanie. Ta main est quand même bien gonflée.
- Tu penses qu’elle est cassée?
- On n’en sera sûre qu’après avoir fait la radio. Je t’emmène à l’hôpital.
- On ne peut pas faire ça ici plutôt? Demanda Kate. Je n’ai pas envie d’expliquer ça à quelqu’un d’autre.
- Si tu veux, mais s’il te faut des soins particuliers, on devra bien aller voir un spécialiste...
- Ça ira, ce n’est pas la première fois que je flanque un coup de poing dans la figure de quelqu’un...
- Non, mais c’est la première fois que tu le fais à quelqu’un que tu aimes, répondit doucement Lanie.
Kate retenait ses larmes, mais son amie n’était pas dupe. Si sa main n’était pas cassée, son coeur était sûrement brisé.
*******
Une heure plus tard, le taxi revint chercher Castle. Il avait eu le temps de réfléchir pendant qu’on lui soignait le nez. Il avait l’impression d’avoir perdu sa capacité à réfléchir posément pendant ces deux semaines loin de NewYork. Comment avait-il pu penser un seul instant que Kate aurait pu être capable d’un tel geste? Cette intervention chez sa gynécologue n’avait certainement rien à voir avec un avortement et au lieu d’être là pour elle, au lieu de la soutenir, il l’avait soupçonnée du pire! Comment avait-il pu ne serait ce qu’imaginer un truc pareil?
- Alors? Où va-t-on? Demanda Demanda le chauffeur.
Il hésita légèrement. Devait-il se rendre chez Kate et essayer de rattraper sa bourde monumentale? Ou bien devait-il faire profil bas et rentrer chez lui et attendre son appel?
Finalement ce fut avec un énorme pansement sur le nez, que Castle sonna à la porte de chez Kate. Il recommença plusieurs fois et toqua en appelant Kate encore et encore.
- Ça sert à rien, je ne suis pas chez moi, dit une voix derrière lui.
Il se retourna aussitôt. Elle se tenait à l’autre bout du couloir. Elle ne ressemblait plus à la jeune femme heureuse et pleine de vie qui était venue l’attendre à l’aéroport. Il se sentait minable en cet instant, le plus minable des minables que la terre ait jamais porté.
Il ne dit rien. De toute façon, rien de ce qu’il aurait pu dire n’aurait été recevable. Il n’y avait rien à dire.
Elle le fixait, cherchant à comprendre ce qu’il faisait là. S’il pensait qu’elle avait tué leur enfant, il n’avait rien à faire là. Il ne semblait plus en colère. Seulement abattu. Peut être avait il réalisé à quel point il avait été stupide. Seulement là, il avait clairement dépassé les bornes. Elle ne se sentait plus la force de l’écouter et de lui pardonner. À quoi bon après tout? Il ne lui faisait pas confiance.
Chapitre soixante-quatorze
Le silence dans ce couloir était pesant. Aucun des deux ne voulant entamer la discussion. Rick ne savait pas quoi dire. Tous les mots auxquels il pensait semblaient vides de sens. Que n’aurait-il donné pour pouvoir remonter le temps et revenir au moment où elle lui souriait à sa sortie de l’avion, ou mieux, au moment où Paula lui avait proposé son premier flacon d’alcool avant sa soirée de clôture de la tournée.
Kate l’observait. Il n’avait plus cet air furieux et glacial qu’il avait à l’aéroport. Il avait l’air tellement désolé et honteux, qu’il faisait presque pitié. Elle détestait le voir comme ça. Et ce pansement sur le nez ! Il devait être cassé. Elle s’en voulait un peu d’en être responsable. Si ce geste avait un peu soulagé sa colère, il ne l’avait pas consolée du mal que l’attitude de Rick lui avait causé.
Elle s’avança et sortit ses clés de sa poche. Elle n’allait pas prendre racine dans ce couloir.
- Je sais que tu n’as pas fait ça... murmura-t-il. Jamais tu n’aurais fait une chose pareille.
Elle se figea un léger instant, ferma les yeux, puis ouvrit sa porte.
- Ce test n’est pas à moi, annonça-t-elle simplement. Je n’ai jamais été enceinte.
Il la regarda consterné par sa stupidité. Il ne lui avait jamais laissé le bénéfice du doute. Il n’avait pas su lui faire confiance ni lui poser clairement la question.
- Tu peux entrer, dit-elle enfin le surprenant une fois de plus par la force de son caractère.
Il la suivit à l’intérieur, hésitant et gauche, comme un enfant qui sait qu’il a fait une énorme bêtise, une de celles qu’on pardonne difficilement. Il remarqua le bandage sur sa main, son médecin avait raison, elle ne s’en était pas sortie indemne.
- Tu es allée voir un médecin? ... Pour ta main, je veux dire... Articula-t-il difficilement.
- Lanie, répondit-elle simplement. C’est juste un hématome. La douleur aura disparu complètement dans quelques jours.
Elle l’invita à s’asseoir sur le canapé, il ne se fit pas prier. Elle s’installa dans le fauteuil de l’autre côté de la table basse. Silencieuse, comme lorsqu’elle se préparait à interroger un suspect. Elle avait l’art d’utiliser le silence pour poser son autorité dans ce genre de situation.
Il déglutit difficilement. Diable! Il aurait préféré ne jamais se retrouver dans cette position ! D’ailleurs, pourquoi se trouvait-il dans cette situation? Que faisait ce test de grossesse dans sa poubelle s’il n’était ni celui de Kate, ni celui d’Alexis? Ça ne pouvait pas être à Martha, elle ne cessait de dire combien le fait de devenir mère avait compliqué sa carrière d’actrice, alors remettre ça pour lui donner un petit frère! Et puis à son âge, ça devenait presque de l’ordre de la science fiction! Alors qui? Une amie de sa fille? Peut être. Elle aurait fait promettre à Alexis de garder le secret... Ou alors une amie de sa mère? Ce serait complètement surréaliste!
- Comment va ton nez? Demanda finalement Kate le tirant de ses pensées.
- Euh... Il est cassé, répondit-il surpris qu’elle s’intéressât encore à sa santé.
- Désolée.
- C’était mérité. Je me serais frappé moi-même si j’avais pu et si j’avais eu les idées en place!
- Personne ne mérite ça... La violence n’est pas la solution... Je n’aurais pas dû te frapper, déclara Kate froidement.
- ...
Il baissa la tête. Elle non plus n’avait pas mérité ce qu’il lui avait fait subir. Il ne la méritait pas. Il n’avait pas su l’aimer comme il aurait dû l’aimer : entièrement et sans condition. Il avait envie de pleurer tellement il se sentait minable.
- Je peux te poser une question? Demanda-t-elle au bout de quelques minutes d’un silence pesant et inconfortable.
- Oui! Bien sûr! Dit-il en relevant les yeux vers elle.
- Qu’est-ce qui t’a amené à penser que j’aurais pu être capable d’un truc pareil? Avorter! Et sans t’en parler en plus! Je sais que je ne t’avais pas caché le fait que je ne voulais pas d’enfant, mais... Comment as-tu pu songer que j’aurais avorté sans t’en parler, sans prendre le temps d’y réfléchir longuement? On parle d’une vie là! Pas de rapporter un cadeau qui n’aurait pas plu!
- Je... Je ne sais pas... Tout est si confus... énonça-t-il difficilement tant ce qu’il s’était passé lors de cette tournée était flou. J’ai l’impression d’avoir eu en permanence l’esprit embrouillé... Comme si je voyais tout en noir! Mais... je n’ai aucune excuse... Je suis parti en vrille... J’avais trouvé ce test... Je pensais qu’il était à toi ou à Alexis... Quand j’ai appris ton rendez-vous chez ta gynécologue, j’ai cru que c’était parce que tu étais enceinte... J’étais heureux! Si tu savais! Un petit mélange de nous deux! Je me faisais déjà le film de ce que serait notre vie avec cet enfant! Je suis même allé... Enfin bref... Quand tu m’as dit que tu étais retournée chez ta gynécologue pour une intervention... J’ai été anéanti... Je savais que tu ne voulais pas d’enfant... Tu me l’avais dit. Même Meredith le savait! Elle m’en a parlé le lendemain de votre dîner en tête à tête! Je n’ai pas pensé qu’il pouvait s’agir d’autre chose... J’ai... Je n’ai aucune excuse... J’aurais dû t’en parler...
- Évidemment que tu aurais dû m’en parler! Rétorqua Beckett. Ce n’est pas parce que je ne me sens pas capable d’être mère maintenant ou parce que j’ai peur de faire subir à un enfant le drame que j’ai vécu en perdant ma mère de manière violente, que j’aurais mis un terme à une grossesse surprise! Quand bien même j’aurais paniqué, je t’en aurais parlé!
- Je sais... J’ai fait n’importe quoi, se lamenta Castle.
- Ça tu peux le dire... Grinça Kate en croisant les bras furieuse contre lui.
- Écoute... Je sais que je n’ai aucun droit de te le demander, mais... Pourquoi es-tu allée chez ta gynécologue? Et... Cette intervention...? C’est grave? Tu as des ennuis de santé?
Elle inspira longuement. Ça n’était pas un sujet facile apparemment. Il redoutait ce qu’il allait apprendre.
- C’était rendez-vous de routine, je te l’ai dit au téléphone, expliqua-t-elle. Le premier tout du moins. C’est pour ça que je ne t’en avais pas parlé... C’est comme le rendez-vous annuel que tu prends chez ton dentiste... On ne se dit pas ce genre de chose à moins d’avoir à accorder son emploi du temps avec celui de son partenaire...
Il se morigéna intérieurement, se sentant affreusement stupide d’avoir aussi rapidement sauté à la conclusion sans étudier toutes les possibilités.
- Mais elle a décelé un léger problème... Continua Kate gênée de livrer ce qu’elle gardait généralement pour elle. Rien de grave, enfin, dans la plupart des cas ça se guérit tout seul... J’avais un kyste sur un ovaire.
- Tu n’avais pas de symptôme?
- Ça arrive parfois, c’est ce qu’elle m’a dit quand je le lui ai fait remarquer, répondit Kate avant de continuer. Elle avait fait des analyses et m’a rappelée pour me dire qu’il fallait une intervention chirurgicale pour l’enlever parce qu’il ne se résorberait pas seul et qu’il était déjà assez gros. Il risquait de se rompre et là, ça aurait pu être grave. Voilà. Tu sais tout, j’y suis retournée pour qu’elle l’enlève sous cœlioscopie et je suis rentrée chez moi le soir même. Tout était rentré dans l’ordre, elle m’a même dit que ça n’aurait certainement pas de conséquences sur ma fertilité!
Elle avait appuyé sur cette dernière phrase, histoire de lui envoyer une petite pique bien sentie.
Chapitre soixante-quinze
Rick se prit la tête dans les mains. Non seulement il avait tout faux, mais en plus il n’avait pas été là pour la soutenir. Minable. Il se sentait tellement minable! Il avait l’air tellement abattu, qu’elle se radoucit. Décidément elle était bien faible quand il s’agissait de Castle.
- Hey! Puisque je te dis que ça va et que je ne voulais vraiment pas t’ennuyer avec ça! Dit-elle devant son air accablé.
- Ne sois pas si gentille avec moi, je ne le mérite pas... Je ne te mérite pas... Il faut que je te dise quelque chose, annonça-t-il la gorge serrée par l’émotion.
Il y eut un nouveau silence pesant. Kate blêmit devant son air grave. Qu’allait-il encore lui annoncer?
- Quoi? Qu’est ce que tu as à me dire? Demanda-t-elle inquiète.
- Je... Il s’est passé quelque chose quand j’etais en tournée. Le dernier soir... Quand je croyais que tu... J’ai fait quelque chose de stupide...
- Castle, qu’est-ce que tu as fait?
Il la fixa un moment, conscient que les révélations qu’il allait lui faire allaient l’achever.
- Je ne sais pas, bredouilla-t-il. J’ai beaucoup trop bu apparemment pour m’en souvenir, mais... Hier matin, après avoir noyé mes soucis dans l’alcool... Je... Je me suis réveillé dans le lit de Gina.
- Tu as couché avec ton ex-femme! S’étrangla Kate ayant l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds.
Heureusement qu’elle était assise, parce que là, elle serait déjà par terre, assommée par le choc.
- Coucher dans le sens de dormir, oui, c’est certain, répondit-il. Pour le reste, je ne sais pas, ma cervelle est une passoire.
- Ben tiens! Comme c’est pratique! Siffla-t-elle.
- Je t’assure que je ne sais absolument pas comment je suis arrivé là, ni ce qu’il s’est passé!
- Tu m’excuseras, mais là tout de suite, il me vient pas mal de choses à l’esprit quant à ce que vous avez bien pu faire tous les deux dans son lit!
Touché. Comment pouvait-il lui demander de le croire ou de lui faire confiance après tout ce qu’il lui avait reproché sans l’once d’une preuve.
- Kate... tenta-t-il.
- Ah non! Ne commence pas à me faire ton air de chien battu! Ce que tu as fait est ignoble et le fait que tu aies trop bu ne minimise pas la gravité de tes actes!
- Si j’ai bu au point de ne pas m’en souvenir, je ne devais pas être capable de faire grand chose!
- Dans ce cas pourquoi m’en as-tu parlé? S’il ne s’est rien passé, ça ne sers à rien de me faire mal en me l’avouant!
- Bah... Tu aurais fini par l’apprendre...
- Pourquoi? Tu crois que Gina s’en serait vantée?
- Quand j’ai voulu quitté sa chambre, des journalistes m’ont photographié. J’étais à peine habillé et elle s’est pendue à mon bras comme si nous étions en couple... Cette photo fait la une des journaux à scandales.
Elle ne répondit pas immédiatement, intégrant lentement la nouvelle. Cauchemar fut le seul mot qui lui vint à l’esprit pour expliquer la situation dans laquelle elle avait basculé en à peine quelques heures!
- Va-t-en, dit-elle froidement.
*******
Lorsque Rick passa la porte de son loft un peu plus tard, il se sentait abattu et misérable. Il ne désirait qu’une seule chose, être seul pour pouvoir se lamenter sur le fiasco de sa plus belle histoire d’amour. Or la personne qui l’ attendait dans son salon était de loin la dernière personne qu’il aurait souhaité voir.
- Gina? Mais qu’est ce que tu fais ici? Où sont Alexis et ma mère?
- Oh! Elles sont sorties! Repondit-elle comme si sa présence chez lui était normale. Je te trouve mauvaise mine, tu ne couves pas quelque chose, j’espère.
- Tu n’as rien à faire chez moi! Gronda Castle.
- J’ai préparé de la tisane, tiens, bois ça, ça te fera du bien, j’ai mis du miel dedans.
- Arrête ça, veux-tu?
- Arrêter quoi? Demanda Gina étonnée.
- Arrête de te comporter comme si nous étions encore ensemble! Tu ne dois plus venir chez moi et encore moins te soucier de ma santé!
- Mais je ne fais rien de mal! Au contraire, même! Je...
- Tu vas commencer par quitter mon appartement, l’interrompit Castle. Et mets toi dans la tête une bonne fois pour toutes que nous ne sommes plus un couple! Oh! Et tiens! Tu vas avoir droit à ma démission en avant première!
- Quoi? Ta...
- Ma démission, tu as bien entendu. Je quitte Black Pawn! Tu nous trouveras, mon avocat et moi, dans les bureaux de Black Pawn à la première heure demain matin! Ne sois pas en retard.
- Quoi? Mais tu ne peux pas!
- Bien sûr que je peux. Nous sommes dans un pays libre!
- Nous avons un contrat! C’est une rupture de contrat! Ça te coûterait une fortune!
- La liberté n’a pas de prix, répondit Castle indifférent en l’entraînant vers la sortie.
- Richard, tu ne vas pas...
Il referma la porte sans écouter la suite de ce qu’elle avait à dire. Il mit le verrou en se faisant la promesse de faire changer les serrures.
- Ce n’était pas si difficile, dit-il satisfait. C’est même plutôt jouissif. Bon sang j’aurais dû faire ça plus tôt!
*********
Dans son appartement à quelques blocs de là, Beckett après être demeurée stoïque un long moment, incapable de réagir tellement l’aveu de Castle l’avait blessée, fut soudain saisie de rage. Elle avait envie de tout casser, de hurler si fort que les voisins appelleraient sans doute la police. Elle ressentait le besoin de tout casser autour d’elle. Si sa main n’avait pas été abîmée par le coup de poing qu’elle avait donné à Castle, elle se serait rendue dans la salle de sport du poste pour frapper dans un sac de sport pendant des heures. Finalement, elle enfila ses chaussures de running et sortit de chez elle en courant, rejoignit rapidement Central Parc, où elle enchaîna les kilomètres à une vitesse folle. Peu importait son corps qui lui hurlait qu’elle dépassait ses limites, elle voulait fuir, oublier la douleur de son coeur brisé d’avoir perdu ce qu’elle avait si longtemps cherché.
**********
Lorsque Martha et Alexis rentrèrent, elles trouvèrent Rick dans le canapé, un verre de whisky à la main, fixant le regard vide, la bouteille de liquide ambré à moitié vide devant lui!
- Papa? Appela Alexis en s’approchant de lui suivie par Martha.
- Richard! Insista cette dernière devant son absence de réaction.
Elles échangèrent un regard et laissèrent tomber sur la table basse ce qu’elles tenaient dans leurs bras. L’énorme bruit de claquement produit fit sursauté Castle, qui les regarda hébété.
- Oh! Vous êtes rentrées.
- Du whisky? À même pas quatre heures de l’après-midi? Remarqua Alexis d’un air de reproche. Tu en as bu combien de verres?
- Euh... Bah... C’est le premier, répondit-il l’air perdu.
- Tu nous expliques? Demanda durement Martha.
- Je n’ai... pas soif... marmonna-t-il abattu . Je crois bien que je n’aurais plus jamais soif...
- Je te parlais de ça! Idiot! Rétorqua Martha en désignant ce qu’il y avait sur la table.
Il tourna la tête pour comprendre ce dont elle parlait. Tous les magazines dont il faisait la une dans une tenue débraillée, Gina à son bras, se trouvaient sur la table. Alexis et Martha s’installèrent près de lui, l’air sévères.
Seulement lorsqu’elles réalisèrent l’état de son nez, elles s’adoucirent un peu, inquiètes pour sa santé.
- Bon sang papa! Qu’est ce qu’il t’es arrivé?
- Je suis mort à l’intérieur... soupira Castle en s’avachissant dans le fond du canapé.
- Ton nez, nous parlons de ton nez, Richard, dit Martha.
- Un coup de poing bien mérité...
Alexis posa une main sur son front.
- On dirait que tu as de la fièvre.
- C’est rien...
Martha sortit un comprimé de son sac à main et le lui tendit avec une petite bouteille d’eau.
- Prends ça, tu as une tête à faire peur.
Il prit le cachet docilement.
- Papa, explique nous, demanda Alexis.
Il se redressa légèrement et leur raconta toute l’histoire dans ses moindres détails, du mystérieux test de grossesse retrouvé dans sa poubelle au désastre de la nuit qu’il avait terminée dans le lit de Gina, en passant par les soupçons horribles qu’il avait nourris à l’encontre de Beckett. Il termina par le récit de leurs retrouvailles calamiteuses à l’aéroport et l’explication de ses deux rendez-vous chez sa gynécologue.
Chapitre soixante-seize
- Oh! Richard! Comment as-tu pu ne serait ce qu’une minute penser cela de Katherine! Jamais elle n’aurait pris une telle décision sans t’en parler!
- Je sais, c’est minable... se désola-t-il.
- Comment a réagi Beckett pour Gina et les photos? Demanda Alexis en désignant les magazines.
- Je pense que les photos sont le cadet de ses soucis. Par contre, quand elle a su pour Gina et moi, elle avait l’air dévastée. Elle m’a demandé de partir. Ma vie est finie...
- Ne dis pas n’importe quoi, dit Alexis. Kate t’aime. Elle finira par te pardonner.
- Je ne sais même pas si je me pardonnerais à sa place...
- Mais enfin! Qu’est-ce qu’il t’est passé par la tête? S’indigna Martha.
- Je ne sais pas! Marmonna Castle un bourdonnement lancinant lui vrillant le cerveau. C’est le flou total! Je suppose que j’avais trop bu! Le lit de Gina en plus! Quand on sait à quel point notre mariage a été la relation la moins sexuelle de ma vie! C’est ce qu’on appelle l’ironie du sort!
- Ce que je ne comprends pas, déclara Martha, c’est d’où vient ce test de grossesse qui a fichu le bazar...
Rick et sa mère se tournèrent vers Alexis.
- Ne me regardez pas comme ça! Je ne suis pas enceinte et je n’ai jamais eu besoin d’utiliser ce genre de test! Se défendit la jeune fille.
- Tu me le dirais, s’il s’agissait de celui d’une de tes amies qui t’aurait fait jurer de garder le secret? Demanda Rick.
- Évidemment! Garder les secrets des copines ne doit pas générer l’apocalypse dans sa vie! C’est un cas de force majeure. Et je peux t’assurer qu’aucune de mes amies n’est enceinte.
Rick se tourna vers sa mère.
- Oh! Je t’en prie Trésor! J’ai passé l’âge! Je ne suis plus apte pour le service et mes amies non plus! Et quand bien même je le serais, tu es bien trop vieux pour devenir grand frère!
- Qu’est ce que c’est que cette histoire? Marmonna l’écrivain la tête comme prise dans un étau.
Son téléphone sonna à ce moment là, il l’attrapa plein d’espoir, mais fut déçut de ne pas voir la photo de Kate s’afficher sur l’écran. Ne reconnaissant pas le numéro de son correspondant, il prit l’appel.
*********
Au 299. Première avenue.
Alors que le capitaine Montgomery ruminait au sujet des événements qui venaient de lui tomber dessus, un homme s’approcha derrière lui, un ours en peluche à la main.
- Salut Roy.
Le capitaine esquissa un geste, mais Lockwood lui fit comprendre qu’il était armé et qu’il ne valait mieux pas tenter quoique ce fut,
- Tu n’es pas si rapide, dit Lockwood. En plus ta petite famille est saine et sauve. Tout le monde dors là-haut, elles sont pas prévues au menu, mais si tu les réveilles faudra que je les rajoute au menu.
- Qu’est ce que vous voulez? Demanda Montgomery.
- Ton attitude l’a beaucoup déçu. Elle nous a tous déçus. Il me semble que les termes du contrat étaient suffisamment clairs pourtant. Beckett restait en vie tant que tu la tenais en laisse. C’était ta part du contrat et c’est bien dommage, car c’est une jeune femme de valeur. Aujourd’hui on a atteint un seuil critique et il faut que je mette le holà.
- Beckett n’est pas sur cette affaire! Elle ignore que tu as tué MacAlister, rétorqua Montgomery. Elle ne vous menace aucunement!
- Tôt ou tard elle l’apprendra. Cette enquête la hante. Tu n’es pas capable de l’empêcher de fouiner. Alors voilà ce qui va se passer. Demain soir tu vas relever les flics en civil chargés de sa protection, ensuite tu vas lui dire de te retrouver dans le hangar ou on a laissé l’hélico qui a servi à mon évasion du tribunal. Tu te débrouilles comme tu veux, mais il faut qu’elle y soit et le reste je m’en charge.
- Allez vous faire voir! Beckett n’est pas en service! Je ne vais pas l’emmener tout droit dans la gueule du loup!
- Tu as une décision à prendre. Ou tu choisis Beckett ou tu choisis ta famille. Mais t’auras pas les deux. Il y a une logique dans tout ça. Si McCallister, Raglan et toi ne vous étiez pas illustrés de cette façon, Dieu ne m’aurait pas choisi pour être l’instrument de sa fureur !
Lockwood s’en alla, laissant Montgomery face à son passé. L’heure était venue de payer pour ses péchés.
********
Épuisée par sa course effrénée, Beckett se retrouvait face à elle même. Libérée de sa rage, elle tentait d’analyser ce qui lui était arrivé. Lors de leur séjour à L.A. ils étaient si heureux. Comment cette fichue tournée avait bien pu les éloigner autant? Comment Rick avait-il pu penser qu’elle l’avait trahi ainsi? Et lui? Comment avait-il pu la trahir ainsi? Avec Gina en plus! Ça aurait été plus crédible avec Meredith dont la libido frisait la nymphomanie. Elle avait été sa brioche au beurre avec qui il entretenait une relation charnelle encore des années après leur divorce. Mais Gina! A chaque fois que Castle avait évoqué son second mariage devant elle, ça n’avait pas été pour se vanter de la qualité et la régularité de leurs rapports intimes! D’ailleurs quand il était parti avec elle dans les Hamptons, leur programme ressemblait plus à une université d’été qu’à des vacances! Toute cette histoire était louche.
Et ce fichu test de grossesse qui avait tout déclenché, à qui était-il? À Alexis? Elle n’y croyait pas vraiment. Elle avait côtoyé la jeune fille quotidiennement durant l’absence de Castle, elle n’avait pas l’air d’avoir de souci, or une grossesse à cet âge, était une formidable source d’angoisses et d’inquiétudes pour une jeune fille. Elle aurait remarqué quelque chose. Et puis Alexis n’avait pas hésité à lui demander conseil au sujet d’un éventuel séjour à Oxford, elle se serait certainement confiée à elle.
Martha alors? Non, c’était hautement improbable. La science progressait certes, mais elle ne voyait pas la femme émancipée et insouciante se lancer dans une nouvelle maternité.
Restait Meredith... Elle avait squatté le loft peu de temps avant le départ de Castle, elle aurait pu faire ce test et le laisser dans la poubelle de Rick. C’était tordu, mais elle en était bien capable.
« Arrête donc de te prendre la tête avec ça! Se morigéna-t-elle. après ce que Castle t’a fait, ce n’est absolument plus ton problème! »
Elle demeura silencieuse un moment, tentant de se détacher de cette histoire, puis poussa un énorme soupir. Elle savait qu’elle risquait de souffrir encore plus, mais c’était plus fort qu’elle, elle devait en avoir le coeur net, elle découvrirait qui avait ruiné sa relation avec Castle!
Chapitre soixante-dix-sept
Castle venait de raccrocher son téléphone. Cet appel semblait lui avoir donné un sursaut d’énergie ou alors était-ce le comprimé de Martha qui commençait à faire effet. Il enfilait sa veste, quand sa fille l’interpella.
- Attends, Papa, tu n’es pas sérieux ! Tu ne peux pas sortir comme ça!
- Comme quoi?
- Tu es malade! Tu as de la fièvre! À moins de te rendre chez un médecin, tu ne dois pas sortir!
- Ça va un peu mieux, ne t’inquiète pas pour moi, répondit Castle. Le cachet de ta grand-mère fait déjà effet.
- Et il fera encore plus effet si tu vas te reposer, déclara Martha. Chéri, tu ne peux pas sortir, ta fille a raison.
- Il faut que j’y aille, insista Castle. Je vous promets de me reposer ensuite.
Il ne leur laissa pas le temps d’argumenter et quitta le loft.
Alexis et Martha échangèrent un regard inquiet.
- On devrait peut-être appeler Katherine, suggéra Martha. Elle lui en veut certainement, mais je ne l’imagine pas ignorer notre appel.
- Je vais commencer par appeler maman, répondit la jeune fille. Je vais lui demander si ce test de grossesse est à elle. Autant avoir des arguments pour la défense de papa avant d’appeler Kate.
- Savoir à qui est ce test ne changera rien à ce qu’il a fait avec Gina...
- Non, mais ça amènera un début d’explication à cet imbroglio, dit Alexis en prenant le téléphone.
- Cette histoire va finir par me rendre chèvre, soupira Martha.
********
À la douzième, les gars étaient bien loin des vicissitudes de la vie privée de Castle et Beckett. L’affaire qui leur était tombée dessus était une véritable bombe atomique et s’ils étaient heureux que Kate soit en congé maladie et donc maintenue à l’écart du poste, ils n’en étaient pas moins sur les dents. Même le capitaine, d’ordinaire si calme et posé, semblait sur les dents. Il avait mis des policiers en civil pour assurer discrètement la protection de Beckett. Visiblement, le responsable du meurtre de la mère de Beckett avait décidé de faire le ménage en éliminant toutes les personnes liées de près ou de loin à cette enquête et la jeune femme était la prochaine sur la liste.
Le tintement annonçant l’arrivée de quelqu’un par l’ascenseur les amena à tourner la tête. Ils se figèrent en découvrant la silhouette de Beckett en sortir.
D’un mouvement parfaitement synchronisé, ils ôtèrent du tableau blanc toutes les informations compromettantes qui auraient pu lui mettre la puce à l’oreille.
- Salut les gars! Ça bosse dur à ce que je vois. Une nouvelle affaire?
- Euh... Oui! Rien de bien grisant, répondit Esposito. On sait déjà qui est l’assassin.
- Ouais, affaire bouclée! Ajouta Ryan. Et toi? Tu n’es pas censée rester au repos chez toi?
- Si... Mais j’ai un service à demander aux gars de l’informatique...
- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Esposito espérant qu’elle ne soit pas en train de faire cavalier seule sur leur affaire.
- Oh, trois fois rien! C’est mon PC, qui fait des siennes. J’ai peur d’avoir choppé un virus.
- Ah! La technologie, c’est super quand ça marche, mais ça peut nous pourrir la vie quand ça déconne... Commenta Ryan.
- Et c’est en essayant de le réparer que tu t’es bousillé la main? Demanda Esposito suspicieux.
- Oh! Ça... C’est trois fois rien...
- Tu t’es battue? Insista Esposito qui connaissait bien ce genre de blessure.
- Mais non! Qu’est ce que tu vas inventer? Bougonna Beckett agacée qu’il ne la laissât pas tranquille. Eh! Mais je connais ce numéro de téléphone!
- Quel numéro? Demanda le latino.
- Là! Sur le tableau blanc. C’est le numéro de téléphone du gardien de la prison où Hal Lockwood est détenu! Son nom est apparu dans votre enquête?
- Mais non! Il n’y a aucun lien avec Lockwood! Ce numéro c’est celui qui était dans la poche de notre victime.
- C’est celui du gardien de la prison de Lockwood! Affirma Beckett.
- ...
- Les gars, qu’est ce que vous me cachez? Demanda Kate devant les mines ennuyées de ses collègues.
- C’est Esposito qui ne sait pas écrire correctement! Mentit Ryan en effaçant deux chiffres du numéro. Ses 1 ressemblent à des 7! Voilà! C’est ce numéro qui était dans la poche de notre victime. Tu le connais ?
- Bah non, je n’ai pas mémorisé l’annuaire, répondit Beckett peu convaincue.
- Désolé de t’avoir inquiétée pour rien, dit Esposito. Je devrais arrêter d’écrire sur ce tableau, ça pourrait nous mettre sur des fausses pistes.
- Ouais... Donc, je peux aller les voir? Demanda Kate.
- Qui ça?
- Les gars de l’informatique, pardi! Rappela Kate étonnée du manque de concentration de son collègue.
- Oh! Ça! Oui! Pas de problème, vas-y, mais ne traîne pas trop, tu sais que le capitaine n’aime pas quand on néglige ses arrêts maladie.
- T’es sûr que tu vas bien? Demanda-t-elle en dévisageant Esposito.
- Oui! Oui! Ça va!
- Il manque un peu de sommeil, intervint Ryan. On a mis pas mal de temps hier soir avec la paperasse... On n’a pas l’habitude. Aïe!
- Ne l’écoute pas! Le coupa Esposito en lui assénant un coup de pied discret. C’est seulement la faim qui m’embrouille la tête, je n’ai pris qu’un tout petit sandwiche ce midi.
- Je suis désolée les gars, dit Beckett. Je vais vous donner un coup de main...
- Pas la peine! T’es au repos! S’empressa de répondre Esposito. Et puis on s’en est parfaitement bien sorti! C’est seulement Ryan qui chipote sur mon écriture! Il m’a fait recommencer trois fois la même page parce qu’il n’arrive pas à lire mes pattes de mouches...
- Vous êtes sûrs? Demanda Beckett.
- Certains! Répondit Esposito. Allez file avant que le capitaine te voie!
- Merci les gars.
- Oh! Euh... Ça va Beckett? Tu as une petite mine, constata Ryan.
- Oui, ça va. Tu es gentil Ryan, sourit tristement Beckett.
- Tu as besoin d’un coup de main? Demanda Esposito surpris et inquiet de la voir ainsi.
- Non, ça va aller. Ne vous détournez pas de votre enquête pour moi et faites attention à ce que vous écrivez sur ce tableau!
Elle s’éloigna d’eux, elle était méconnaissable, fantomatique.
- Tu crois qu’elle a appris pour l’enquête? Demanda Ryan à son collègue.
- Non, si c’était le cas, elle serait plutôt du style remontée comme un coucou, prête à dégommer tout ceux qui essayeraient de brouiller les pistes ou se mettre sur son chemin!
- Qu’est-ce qu’elle a alors?
- Je dirais que Castle a dû faire une connerie, grommela Esposito soudain pris d’une vague de colère.
- J’appelle Jenny!
- Quoi? Mais qu’est-ce qu’il te prend? C’est pas le moment de compter fleurette! Râla le latino.
- Si Castle a fait une connerie, ça doit faire la une des magazines, répondit Ryan. Jenny doit être au courant.
- Fais ça. Moi, j’appelle Lanie, elle en sait peut être un peu plus que les magazines de ta future épouse, marmonna Esposito.
Chapitre soixante-dix-huit
- Alexis! Quelle surprise! Fit la voix chantante de Meredith au téléphone.
- Bonsoir Maman. Je ne te dérange pas? Demanda Alexis.
- Tu sais bien que tu ne me déranges jamais, répondit Meredith d’une voix aussi mielleuse que d’habitude. Quand je suis occupée, mon téléphone est éteint.
- C’est vrai, dit Alexis en repensant au nombre de fois où elle s’était adressée au répondeur de sa mère.
- Alors? Que me vaut le plaisir de t’entendre?
- Euh... J’ai une question un peu délicate à te poser... Annonça Alexis gênée.
- Chérie tu peux tout me demander, tu le sais bien! À part peut être de l’argent, ton père a bien plus les moyens que moi!
- Je ne veux pas d’argent, la rassura Alexis.
- Dans ce cas, vas-y chérie! Pose ta question.
- Voilà... On a trouvé un test de grossesse dans la poubelle de la cuisine et... On aimerait savoir, enfin on se demandait... Il ne serait pas à toi par hasard?
- Un test de grossesse? Grand dieu non! J’ai un stérilet! Il n’est pas question que je fasse subir une deuxième grossesse à mon corps!
- Tu es sûre?
- Certaine! Voyons chérie, s’il y a bien une personne dans ton entourage à qui il pourrait appartenir, c’est bien à la petite amie de ton père.
- On est certain qu’il n’appartient pas à Kate, répondit Alexis.
- Dans ce cas, il ne reste plus que la femme de ménage, déduisit Meredith. Après tout elle a accès à la poubelle.
- J’imagine mal madame Brubaker faire un test de grossesse chez nous... dit Alexis en grimaçant. Elle est plutôt du genre pudique et vieux jeu.
- Mhmm Oui, c’est vrai, à chaque fois que j’arrivais dans le séjour en petite tenue et qu’elle me voyait, elle poussait des cris en levant les yeux au ciel. En tout cas, c’est marrant comme tout le monde parle de bébé ou de grossesse chez vous! Fit remarquer Meredith. Surtout quand on sait que la petite amie de ton père ne veut pas d’enfant.
- De quoi parles-tu? Tiqua Alexis. Personne ne parle de bébé chez nous.
- Vous peut-être pas, mais dans votre entourage si!
- Dans notre entourage? Qu’est ce que tu entends par là?
- Le gardien de votre immeuble, madame Brubaker, même l’épicier du coin en parle! Depuis que ton père est en couple avec le lieutenant Beckett, tout le monde les trouve tellement charmants qu’ils attendent avec impatience de voir la frimousse du premier bébé Caskett!
- Le premier bébé Caskett?
- Castle plus Beckett, ça fait Caskett, un peu comme Brangelina pour Brad et Angelina, expliqua Meredith comme si sa fille était idiote.
- Qu’est ce que c’est que cette histoire? Demanda cette dernière. Et comment se fait-il que tant de monde soit au courant pour papa et Kate? Ils ne l’ont dit qu’à leurs proches! Et je t’assure que le gardien été l’epicier du coin n’en font pas partie!
- Oh!... Euh... Eh bien... Il se pourrait que...Fit Meredith évasive.
- Maman! Ne me dis pas que tu en as parlé à tout le quartier!
- Mais je m’ennuyais tellement! Ton père est parti en voyage, tu voyais tes amies et Martha me fuyait comme la peste! Alors il se peut que le sujet soit apparu au détour de conversations que j’ai eues avec ces personnes...
- Tu es incorrigible, Maman! Et je peux savoir à qui d’autre tu as parlé de Papa et Kate?
- Oh... Euh... Eh bien... Il y a eu le docteur Garrett... La gentille dame du pressing... le facteur... Le livreur de pizza... le dentiste du cabinet au bout de la rue... Oh! Et bien sûr Gina!
- Gina?
- L’ex femme de ton père chérie.
- Tu as vu Gina?
- Elle est passée un après-midi, elle cherchait Richard. Je lui ai offert un thé et on a discuté de tout et de rien...
- Et de la vie privée de papa! Tu sais qu’il va t’en vouloir à mort pour ça?
- La vie privée de ton père s’étale dans les magazines depuis des lustres, il ne va certainement pas prendre ombrage du fait que j’en fasse un de mes sujets de conversation favoris. Oh! Excuse moi chérie, mais quelqu’un vient m’apporter le script pour ma prochaine scène. Il faut que je te laisse. Bye!
- Bye! Répondit Alexis.
- Alors? Demanda Martha. Tu vas devenir une grande sœur?
- Non. Le test n’était pas à ma mère.
- Saperlipopette, nous voilà rendues à la case départ, se désola Martha.
- Pas tout à fait, répondit Alexis. Je viens d’apprendre que ma mère et sa langue bien pendue ont laissé échapper des ragots sur Papa et sa relation avec Kate.
- Oh! Saperlipopette! J’en connais un qui ne va pas être content!
- C’est ce que j’ai dit à Maman.
- Mais en quoi ces ragots ont un lien avec le test de grossesse que ton père a retrouvé dans la poubelle?
- Comme il a fichu un sacré bazar entre Kate et Papa, je suppose que quelqu’un de mal intentionné s’est débrouillé pour le déposer là pour nuire à Kate et Papa.
- Ce lieu est sécurisé, contra Martha. Je vois mal quelqu’un pénétrer ici pour mettre un objet dans la poubelle.
- Pas si ce quelqu’un a l’habitude de venir ici...
- Qui?
- Gina! Maman a pris le thé avec elle, un jour où nous étions sorties.
- Et qui se trouve à la une des journaux à scandale au bras de ton père? Compris Martha.
- Papa va la tuer, conclut Alexis.
*******
De son côté, Rick venait d’arriver au bar dans lequel il avait rendez-vous avec son mystérieux correspondant. Il était en avance, il n’avait pas voulu prendre le risque de manquer son rendez-vous.
Bon sang qu’est ce qu’il faisait chaud dans ce bar! Il transpirait à grosses gouttes. Il s’épongea le front avec son mouchoir et commanda un thé glacé au barman.
- Vous allez bien? Demanda ce dernier en lui tendant sa commande. Vous avez l’air vraiment mal...
- Ça va... C’est juste un rhume...
- Ça a l’air plus sérieux qu’un simple rhume...
- Ça va, je vous dis.
Un homme entra dans le bar et se dirigea vers Castle. L’écrivain reconnut l’un des employés de l’hôtel où il avait séjourné en fin de tournée.
- Monsieur Castle, dit-il en lui serrant la main. Wouah ! Vous avez mauvaise mine!
- Je sais, c’est ce tout le monde me dit, marmonna Rick. Qu’est ce que vous boirez?
- Un café, merci.
Rick fit signe au barman avant de se tourner de nouveau vers son invité.
- Alors euh...?
- Tom! Tom Straton, se présenta le jeune homme.
- Enchanté, Tom. Alors... Vous disiez avoir quelque chose à me dire, dit Castle pour entrer dans le vif du sujet.
- J’étais là l’autre soir... Et ce que votre ex femme vous a fait... C’est vraiment pas correct.
- Comment ça ça n’était correct?demanda Castle soudainement très intéressé par ce que le jeune homme avait à lui apprendre.
Chapitre soixante-dix-neuf
- Vous aviez beaucoup bu, c’est certain, répondit Tom, mais pas au point d’être dans l’état où vous étiez. Je vous avais vu consommer de l’alcool les soirs précédents et je dois dire que vous êtes plutôt du genre à bien tenir l’alcool.
-Vous sous-entendez qu’elle a mis quelque chose dans mon verre? Comprit Castle effaré.
- Ce que je sais, c’est qu’elle a lourdement insisté pour vous apporter elle même une de vos coupes de champagne.
- Bon sang! Grogna Castle. Elle serait allée jusqu’à me droguer... Quel dommage que je n’ai pas fait de prise de sang ce matin là, j’aurais eu une preuve...
- Et ce n’est pas tout, ajouta Tom. J’ai compris son manège quand j’ai vu les unes des magazines people ce matin.
- Quel manège? Demanda Castle.
- Elle a donné un méga pourboire à mon collègue pour qu’il vous transporte dans sa chambre. Vous étiez complètement stone, elle disait qu’elle voulait veiller sur vous... Il ne s’est pas méfié...
- Gina a fait ça?
- Absolument!
- Et moi, j’étais inconscient...
- Vous ronfliez tellement fort qu’on aurait pu croire que quelqu’un avait allumé la télé sur un épisode des têtes brûlées. Vous savez quand les avions décollent pour partir en mission...
- Alors il ne s’est rien passé entre Gina et moi ? Demanda Castle soulagé.
- Même Casanova aurait été incapable de faire quoique ce soit dans l’état où vous vous trouviez, assura Tom.
- Tom! Merci! Merci infiniment! Dit Rick en se levant de son siège et en fouillant ses poches. Tenez, voilà euh... mille dollars pour vous remercier.
- Mais je n’ai pas fait ça pour recevoir de l’argent! Protesta le jeune homme.
- Je n’en doute pas, mais vous venez de me sauver la vie, répondit Castle. Prenez cet argent et faites vous plaisir! Vous l’avez bien mérité.
- Euh merci.
- Oh! Est-ce que je pourrais vous appeler si jamais j’avais besoin que vous racontiez cette histoire à quelqu’un?
- Euh... Oui! Bien sûr!
- Merci Tom! Merci infiniment! Dit encore Castle qui s’apprêtait à partir.
- Oh! Euh... Monsieur Castle!
- Oui?
- Vous devriez consulter un médecin... Vous n’avez vraiment pas l’air en forme.
- Ah... ça... C’est juste un rhume.
- Un sacré rhume, si vous voulez mon avis, vous transpirez à grosses gouttes! Au moins prenez un peu de repos...
- J’y songerai, répondit Castle. Merci.
********
Lorsqu’elle quitta le poste de police, Beckett avait un début de réponse à ses questions. Cette histoire de test de grossesse retrouvé dans la poubelle de Castle était trop bizarre pour être crédible, aussi avait-elle usé de ses ressources de lieutenant de police pour avoir accès aux caméras de surveillance de l’immeuble de l’écrivain, qui était tellement bien sécurisé qu’il était impossible d’y entrer sans être filmé par une caméra de surveillance.
Elle avait parfaitement reconnu la seconde ex-femme de Castle sur la vidéo du jour précédent leur retour de L.A.
Pourquoi avait-elle fait ça? Le mystère demeurait, mais si son objectif avait été de semer la zizanie entre Castle et elle, nul doute qu’elle avait réussi son coup. Du moins pour le moment, car là détective était bien décidée à ne pas la laisser gagner.
En rentrant chez elle, elle remarqua qu’elle était surveillée. Il ne manquait plus que ça! Ce n’était vraiment pas le moment d’ajouter ce genre d’ennuis au programme!
Prenant bien garde de montrer qu’elle avait remarqué quelque chose, elle se débrouilla pour les semer. Le jour déclinant, elle put profiter de la pénombre dans les ruelles pour se volatiliser. Elle les observa depuis sa cachette et reconnut deux de ses collègues de la douzième. Elle fronça les sourcils, se demandant de quoi il pouvait bien retourner. Se rappelant soudain ce qu’elle avait lu sur le tableau blanc du poste, elle comprit ce que Ryan et Esposito avaient tenté de lui cacher: il s’était passé quelque chose à la prison où était détenu Lockwood. Un frisson lui parcourut l’échine. Elle était sous protection policière, cela ne signifiait qu’une chose: l’employeur de Lockwood faisait le grand ménage.
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De son côté, sur le chemin du retour, Rick appela sa mère et sa fille pour leur annoncer ce qu’il venait de découvrir. Alexis lui expliqua ce qu’elle avait découvert de son côté en appelant sa mère. Tout concordait, Gina avait mis en place un plan tordu pour le faire rompre avec Kate. Jamais il n’avait eu autant envie d’étriper quelqu’un en ce moment que son éditrice. Il leur expliqua qu’il devait passer chez Kate pour lui expliquer ce qu’il s’était passé, espérant qu’elle lui pardonnerait son attitude envers elle.
Lorsqu’il arriva en bas de l’immeuble de Kate, il fut étonné de ne voir aucune lumière allumée chez elle. Pourtant elle devait être chez elle et il n’etait pas si tard que ça, elle ne devait pas déjà être endormie. Il monta quatre à quatre les escaliers qui menaient à son appartement et frappa à sa porte comme un désespéré. Malheureusement, il n’obtint aucune réponse. Ce fut la sonnerie de son téléphone, qui l’empêcha de continuer son vacarme et de se faire houspiller par les voisins de Beckett.
- Castle, annonça-t-il sans vérifier le nom de son interlocuteur.
- Castle, c’est le capitaine Montgomery.
- Un problème avec Beckett? S’inquiéta aussitôt l’écrivain.
- J’espérais qu’elle serait avec vous, soupira le capitaine. Elle a semé les hommes chargés de sa protection.
- Sa protection? Blêmit Castle. Qu’est ce qu’il se passe?
Le capitaine lui expliqua toute l’affaire, le meurtre de MacAlister, l’évasion de Lockwood et la mission de ce dernier. Le capitaine avait envoyé ses meilleurs hommes assurer discrètement la protection de Beckett, mais celle-ci les avait repérés et s’était débrouillée pour les semer.
- Vous deviez partir en vacances bientôt, si je ne m’abuse, déclara le capitaine.
- Oui, notre vol part demain en début d’après-midi, répondit Castle, mais...
- Assurez-vous qu’elle prenne ce vol avec vous! Je m’occupe de Lockwood.
- Ce n’est pas un voyage de deux semaines en Espagne, qui mettra fin à cette menace, contra Castle.
- Si justement! Je vais m’occuper de la mettre en sécurité.
- De quoi parlez-vous? Demanda Castle.
Le capitaine lui raconta tout, ses débuts avec Raglan et MacAlister, son implication dans l’affaire Pulgatti et la bavure qui avait causé la mort de Bob Armen, le chantage que le Dragon leur avait fait et la puissance qu’il avait acquise à cause de ce que ses coéquipiers et lui avaient fait. Il termina en lui exposant son plan pour mettre sa famille et Beckett en sécurité. Castle tenta de l’en dissuader, mais dut se rendre à l’évidence, il s’agissait là sans doute de la seule solution.
Le capitaine raccrocha après lui avoir encore fait promettre d’emmener Kate loin de NewYork et de la menace qui pesait sur elle. Il demeura silencieux devant la porte de l’appartement de Beckett. Où était-elle? Si elle avait semé les policiers chargés de sa protection, cela signifiait qu’elle avait compris de quoi il retournait. Il tenta de l’appeler mais tomba directement sur sa messagerie. Il se décida à lui laisser un message.
« Kate, je sais que tu n’as pas envie d’entendre parler de moi, mais il faut que je te parle. Je t’en prie, rappelle-moi, quelle que soit l’heure. »
Chapitre quatre-vingts
Tous les hommes de Montgomery étaient sur les dents et sillonnaient les rues de Manhattan à la recherche de Kate. Bien évidemment, Ryan et Esposito étaient de la partie.
Ils avaient découvert les magazines dont Castle faisait la une à peine vêtu d’une chemise et son ex-femme pendue à son bras. Lanie leur avait confirmé que Kate savait tout cela et qu’elle avait le moral dans les chaussettes. Castle avait bien choisi son moment pour faire n’importe quoi! Beckett était déjà ingérable quand il s’agissait de l’affaire de sa mère, alors si en plus Castle lui avait brisé le coeur, elle n’avait plus rien à perdre, ce qui la rendait encore plus imprévisible et moins gérable!
- Où est-ce qu’elle peut être? Demanda Ryan en scrutant la rue à travers la fenêtre passager.
- Pas loin de Lockwood si tu veux mon avis, répondit Esposito boudeur.
- On n’est pas certain qu’elle soit au courant de son évasion...
- Elle est loin d’être stupide, si elle a semé les collègues, c’est qu’elle les a repérés. Elle sait donc que Montgomery l’a mise sous protection et il n’y a qu’une raison possible à cela. En plus elle a vu le numéro de téléphone du gardien de la prison sur le tableau. Je doute que notre petit mensonge l’ait convaincue.
- Je devrais peut être appeler Castle, suggéra Ryan.
- Laisse-le où il est! C’est à cause de sa trahison que Beckett est seule à la merci de Lockwood! Sans lui, elle serait avec nous sur cette affaire et on pourrait la protéger.
- Ce n’est pas Castle qui l’a mise en arrêt maladie...
- Qu’est ce qu’on sait de cette « maladie »? Si ça se trouve, elle est en pleine dépression à cause de ce qu’il a fait.
- C’est vrai qu’elle avait plus l’air triste que malade, se rappela Ryan.
- Tu peux effacer le numéro de Castle de ta mémoire, ce gars est mort pour moi, déclara durement Esposito.
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Épuisé et accablé par la fièvre, Castle avançait péniblement vers son immeuble. Il avait écumé tous les endroits où Kate aurait pu se cacher en vain. Il espérait qu’elle viendrait peut être vers lui, aussi avait-il décidé de rentrer chez lui. De toute façon, il n’avait plus vraiment la force de marcher. Il trébucha et se préparait à ressentir la douleur de sa rencontre avec le trottoir protégeant son nez déjà bien abîmé du mieux qu’il pouvait, quand un bras puissant le rattrapa.
- Ce n’est pas très prudent de se promener dans la rue avec un rhume pareil.
- Lockwood? Comprit Rick accablé par la fièvre.
- Oh je vois que notre amie commune vous a parlé de moi...
- Ne vous approchez pas d’elle, s’énerva Castle chancelant.
- Du calme, mon vieux, rit Lockwood. T’as pas l’air en état de t’énerver. Et puis, je te promets de ne pas m’approcher d’elle.
- C’est ça... Marmonna Castle. Comme si vous étiez capable de devenir raisonnable.
- Je ne vais pas m’approcher d’elle, puisque c’est elle, qui va venir à moi, répondit Lockwood un petit sourire diabolique sur les lèvres.
- N’importe quoi... Elle ne va pas se jeter dans la gueule du loup, elle est loin d’être stupide...
- Vous n’êtes pas très perspicace pour un auteur, rétorqua Lockwood. Il y a des choses qui rendent les gens stupides et ce qui rend le lieutenant Beckett stupide, c’est la dévotion qu’elle porte à ceux qu’elle aime... Elle est prête à faire les pires folies pour venger sa mère... Ou pour protéger ses proches...
- Si vous comptez sur moi pour l’appeler, vous allez être déçu, grogna Castle. Plutôt mourir...
- Oh! Qu’il est mignon, se moqua Lockwood. On verra si tu continues à t’entêter quand je t’aurai fait goûter de mes jouets.
Castle tenta de se débattre, Lockwood le bloqua lui montrant l’arme qu’il tenait dans la main qu’il cachait dans la poche de son blouson. Il lui fit signe d’avancer sans protester, quand un cliquetis dont il ne connaissait que trop bien la signification, retentit derrière lui et le stoppa net dans son geste.
- Sors lentement ta main de ta poche. Pas de geste brusque ou la première balle de mon arme fera exploser ta boîte crânienne.
L’homme sourit en reconnaissant la voix de sa proie.
- Heureux de vous retrouver, lieutenant Beckett. Votre ami ici présent ne vous pensait pas assez stupide pour venir à son secours.
- Tu n’es pas en position de menacer qui que ce soit, Lockwood, rétorqua Kate en appuyant un peu plus le canon de son arme contre la tête de son adversaire.
- Mes hommes vont débarquer d’une seconde à l’autre, menaça Lockwood. Tu es seule.
- Si tu parles des gugusses qui surveillaient mon immeuble depuis l’autre côté de la rue, ça m’étonnerait. Ils font un petit somme.
Lockwood émit un petit sifflement admiratif, cette jeune femme était décidément très valeureuse. Quel gâchis de devoir s’en débarrasser, songea-t-il. Mais les ordres étaient les ordres...
- Dans ce cas, d’autres équipes viendront, le Dragon est puissant et il ne vous laissera pas le menacer.
- Qu’il vienne, je l’attends, répondit Beckett sans ciller.
- Kate... Non... souffla Castle.
Lockwood assena un violent coup dans les côtes de Castle, qui hurla de douleur. Surprise, Kate relâcha sa vigilance une fraction de seconde, ce qui suffit à Lockwood pour faire voler son arme et la mettre à terre. Le souffle coupé, Castle ne pouvait qu’assister impuissant à la scène, Lockwood pointait maintenant son arme sur Kate étendue sur le sol.
- C’est moi que tu veux Lockwood, alors laisse-le partir, grogna-t-elle.
- Tu n’es plus en position d’exiger quoique ce soit, ma belle... Et il n’y a rien que ton capitaine puisse faire pour te protéger non plus. Ni lui, ni ton petit copain là par terre, c’est fini ma belle, fallait pas énerver le Dragon.
Castle se leva difficilement, Lockwood tourna la tête vers lui, cela suffit à Kate pour lui asséner un violent coup de pied et le faire vaciller, le désarmant à son tour.
Elle se précipita pour se saisir de l’arme. Lockwood n’attendit pas son reste et fila. Elle aurait pu le poursuivre, elle l’aurait certainement rattrapé et arrêté. Au lieu de ça, elle se précipita vers Castle.
- Rick, ça va?
- Ne te préoccupe pas de moi, souffla-t-il. Tu peux encore l’avoir.
- Pas tant que tu ne seras pas en sécurité, répondit Kate en enroulant le bras de Castle autour de son cou pour l’aider. Tu peux tenir debout?