HypnoFanfics

Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 125 paragraphes

Afficher la fanfic

Chapitre 11: Quand certains liens sont difficiles à oublier...

 

 

Sa mission terminée, Storm reprit le chemin de chez lui. Il attrapa le premier bus à l’arrêt le plus proche, s’installa sur la dernière banquette tout au fond, assuré ainsi de ne pas être espionné. Il s’autorisa alors à relâcher légèrement sa vigilance et laissa son regard se perdre dans la contemplation des rues de Manhattan. Il aimait y retrouver les traces du passé qui avaient franchi le cap des années.
À l’arrêt à un feu rouge, il put admirer le  Old haunt, un bar à l’ancienne, il imaginait facilement les événements qu’il avait pu abriter à l’époque de la prohibition et se demanda s’il y trouverait un passage secret datant de cette époque s’il le visitait... en toute discrétion, bien entendu. 

Peu de temps après, le bus arriva sur Broadway et l’attention de Storm fut attirée par un nom affiché en grand au dessus de l’un de ses nombreux théâtre.

Martha Rodgers remontait sur les planches après une longue absence. Il eut du mal à maîtriser ses émotions alors qu’une vague de souvenirs le submergeait.

 

Il y a bien longtemps... Un soir où comme souvent, il  rentrait discrètement chez lui. Comme souvent, cette entrée discrète n’échappait pas à sa mère, même si celle-ci était occupée dans la cuisine.

Richard!

- ...

- Richard! C’est à cette heure-ci que tu rentres? Combien de fois devrais-je te dire de rentrer directement après les cours?

- Tu ne rentres jamais directement après tes représentations, toi, avait rétorqué le jeune garçon en reprenant son cheminement vers sa chambre.

- Trésor...

Il ferma les yeux ennuyé, il n’éviterait pas la confrontation.

- Oui?

- Viens donc embrasser ta mère, espèce de garnement!

 

Il poussa un énorme soupir et rebroussa chemin pour la rejoindre dans la cuisine.

- Oh! Richard, déplora-t-elle en découvrant l’aspect de son fils. Dans quel état es-tu encore? Regarde ta chemise : ta poche est encore déchirée! 

- C’est rien...

- Tu pourras dire cela lorsque tu feras toi-même les travaux de couture! Rétorqua sa mère. Et puis ça! Regarde moi ces bleus sur ton visage! Tu t’es battu?

Mais non! Je suis tombé en fabriquant une cabane, mentit le jeune garçon.

Sa mère l’observa un moment et fit semblant de le croire Il l’embrassa et rejoignit sa chambre.

 

Le bus arriva à son terminus, Storm en descendit après tout le monde et continua à pieds le trajet jusqu’à chez lui.

Voir son nom en grand à Broadway comme il en avait l’habitude étant enfant l’avait secoué. Bon sang! Dire qu’il se croyait au dessus de tout ça, qu’il avait tourné la page...

Il attrapa une boite à chaussures, qu’il cachait sous son lit et l’ouvrit. Elle était pleine de babioles sans grande importance. Des tickets de cinéma et de théâtre, une vieille boîte de bonbons toute cabossée... Il en retira une vieille photo et se laissa envahir par l’émotion.

Il avait cru pouvoir y parvenir pourtant. 

« Vieux Schnock! » grommela-t-il.

Il se releva et attrapa son téléphone. Il n’avait que trois numéros dans son téléphone: celui de M, la femme qui l’aidait, celui de la personne qui lui servait de coursier et celui de son restaurant de pizza préféré. Son anonymat avait un coût. 

Une rapide recherche lui donna l’information qu’il cherchait. Il jeta un œil à la pendule, il avait le temps. Il prit une douche rapide et ouvrit la malle au pied de son lit. Il fit rapidement son choix parmi une jolie panoplie de perruques et d’accessoires dont il disposait. Il pouvait se rendre méconnaissable à défaut d’être invisible grâce à l’aide de M.

Il arriva juste à temps au théâtre et se mêla discrètement au public. 

L’éclairage diminua et le rideau s’ouvrit, le ramenant une fois encore des années en arrière. Les premiers acteurs débutèrent la représentation. Il avait du mal à se concentrer, il n’était pas venu pour la pièce. Soudain, elle fit son apparition et il fut subjugué. Les années semblaient n’avoir aucune prise sur elle. Elle était toujours aussi belle et douée pour la comédie. Le commun des spectateurs ne le remarquait pas, mais lui s’en était aperçu et il s’en voulut énormément.

Elle avait perdu ce grain de folie qui l’a rendait unique, cette étincelle qui avait toujours brillé dans son regard même dans les périodes de vache maigre, où mère célibataire, elle devait endosser les rôles de père et de mère pour son rejeton ingrat qui pour la remercier de ses efforts, accumulait les bêtises toutes plus grosses les unes que les autres.

Combien de jours de vacances avait-il passés au milieu de ces rangées de sièges pendant les répétitions de sa mère? 

Dire qu’à l’époque il détestait le théâtre parce qu’il lui prenait sa mère presque tous les soirs... Et aujourd’hui, il était pour lui le seul moyen de l’apercevoir pendant quelques précieux instants... Il s’agissait là à n’en pas douter de d’ironie.

Il savoura ces instants précieux où il pouvait oublier sa vie de mercenaire froid et solitaire et redevenir le fils de la grande Martha Rodgers.

 

Ce soir là, lorsque Martha rejoignit sa loge après la représentation, elle était soulagée d’avoir réussi à ne pas craquer. Son retour sur scène était un succès à en croire le nombre de bouquets de fleurs qui l’attendaient dans sa loge. 

- Vous avez été fantastique, Martha, dit l’employée du théâtre qui s’occupait des loges.

- Merci, vous êtes adorable, chérie, sourit doucement Martha.

- Votre fils aurait été fier de vous... Ça n’a pas dû être facile de remonter sur les planches après toutes ces années.

- L’épreuve la plus difficile de ma vie, je l’ai affrontée il y a bien des années maintenant, soupira l’actrice. Plus rien ne peut m’effrayer désormais.

- Je comprends, dit la jeune femme penaude d’avoir involontairement remué le couteau dans la plaie.

 

Un bouquet attira particulièrement l’attention de l’actrice. Un judicieux et adorable mélange de fleurs champêtres qui lui rappela ceux que son fils lui confectionnait pendant leurs vacances d’été à la campagne. Elle le prit et sentit le doux mélange des parfums de ces fleurs simples, puis  fondit en larmes. 

La porte de sa loge s’ouvrît délicatement. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour savoir qui venait d’entrer. L’homme qui l’avait aidée à surmonter la période la plus difficile de toute sa vie, son mari depuis quinze ans.

 

- Martha? Tout va bien?

- Oh! Chet! Oui, ça va, répondit l’actrice en séchant ses larmes.

- C’était une mauvaise idée, déclara-t-il en la prenant dans ses bras. Remonter sur scène après toutes ces années...

- Non, Chet, tu avais raison, le rassura-t-elle. La scène me rappelle ce que j’ai perdu, évidemment, mais ce soir, pendant la représentation, j’ai eu l’impression qu’il était là, quelque part dans la salle...

- Martha, chérie...

- Je sais bien que c’est impossible, mais ça m’a fait du bien, je me suis senti revivre pendant un moment... Oh... Pardon... Ce n’est pas ce que je voulais dire...

- Ne t’en fais pas ma chérie, je comprends tout à fait.

 

- Oh, Chet, tu es un homme merveilleux...

 


Minefuji  (01.04.2020 à 13:39)

Chapitre 12 : L'ombre d'un doute

 

Lorsqu’ils arrivèrent dans les locaux de la 12ème brigade, les lieutenants Ryan et Esposito ne furent pas étonnés de voir que leur jeune équipière était déjà plongée dans le travail. 

D’un regard complice, ils choisirent de passer par la salle de pause pour prendre un café et démarrer leur journée tranquillement. Le capitaine Montgomery s’y trouvait déjà et observait Swan à travers la jalousie.

- Bonjour Capitaine! Lança Ryan. Il y a un problème avec Swan?

- Non, répondit ce dernier. Qu’est-ce qui vous fait penser qu’il y a un souci avec elle?

- Je ne sais pas, intervint Esposito sarcastique, peut être le fait que vous l’espionniez. Si on n’était pas au poste, on pourrait vous prendre pour un vieux pervers.

- Un peu de respect! S’offusqua le capitaine.

- Allons, capitaine... Tempéra Ryan. Esposito n’est pas diplomate, mais vous avez compris ce qu’il voulait dire... Qu’est-ce qu’il se passe avec Swan?

- C’est ce que j’aimerais bien savoir, soupira le capitaine. Elle est arrivée avant tout le monde ce matin...

- Comme d’habitude, non? 

- Elle ne fait cela que lorsqu’on a une affaire, répondit Montgomery. Nous avons bouclé notre dernière enquête hier!

- Elle doit être en train de terminer sa paperasse, supposa Esposito.

- Ça, c’est ce que vous deux, vous feriez si je vous mettais la pression pour boucler votre paperasse ! Rétorqua le capitaine. Avec Swan je n'ai jamais besoin d'arriver à cette extrémité, elle est toujours sérieuse avec sa paperasse. Elle l'avait déjà terminée et archivé hier soir avant de quitter le poste.

- Vous pensez qu’elle a un doute? Demanda Ryan.

- Vous pensez que si je savais ce qu’elle faisait, je resterais là à l’espionner? demanda le capitaine du tac au tac.

- Ben...

- Bien sur que non! Gronda Montgomery devant les mines hésitantes de ses deux lieutenants.

- Evidemment, approuvèrent Ryan et Esposito de concert.

- Essayez de savoir ce qu’elle manigance, ordonna le capitaine avant de rejoindre son bureau.

- Il est marrant lui! Soupira Ryan. Une carpe serait plus loquace que Swan!

- Allons-y, on verra bien ce que ça donnera.

 

Ils s’approchèrent du bureau de leur collègue, qui était si  concentrée sur son écran d’ordinateur, qu’elle ne les entendit pas arriver et sursauta lorsqu’ils la saluèrent.

 

- Wah, c’est bien la première fois qu’on arrive à te surprendre, constata Ryan surpris.

- J’étais concentrée, expliqua Swan ennuyée. Je n’ai pas fait attention au bruit de vos pas.

- Ça va, fit Esposito en prenant une chaise pour s’installer près d’elle. Tu peux bien te détendre un peu, tu es en sécurité ici. Sur quoi tu bosses? 

- Rien d’important...

- Personnellement, je ne m’embête pas à regarder des films de caméras de surveillance pour rien d’important, déclara Ryan en s’asseyant à leurs côtés. Tu peux nous parler, tu sais. On est tes équipiers.

- Ouais, approuva Esposito, ce qui t’ennuie nous ennuie aussi.

- C’est rien, je vous dis.

- Tu ne nous fais pas confiance? Tiqua Esposito vexé.

- C’est pas ça...

- J’espère bien, dit Ryan, parce qu’on est digne de confiance, nous. Et dans notre métier, on est foutus si on ne peut pas faire confiance à ses équipiers.

- Mon père et mon oncle me répètent sans arrêt le contraire, rétorqua Swan avec un petit sourire. 

- Woah! Mais alors ton côté hyper méfiant et solitaire, c’est une tare familiale, fit Esposito moqueur.

- Oh non, moi je suis sociable et bien trop confiante selon eux. D’ailleurs ils n’arrêtent pas de me demander de vous emmener les rencontrer histoire qu’ils se fassent une idée de votre valeur.

- Emmène-nous les voir, répondit Ryan aussitôt. Ils verront bien qu’on est dignes de confiance!

- Oh non! Vous ne passeriez pas le test et alors ma vie deviendrait un enfer jusqu’à ce que je rentre dans les ordres.

- Qu’est-ce qui te fait croire qu’on ne passerait pas le test? Marmonna Esposito.

- Personne ne le réussit. Ils sont hyper protecteurs,  inutile de perdre son temps, expliqua Swan en se tournant de nouveau vers son écran.

- Ok, souffla Ryan. Qu’est-ce que ce qui te turlupine alors?

- J’ai l’impression d’être surveillée en permanence.

- Quoi? Et tu ne nous en parles que maintenant?

- C’est juste une impression, mentit Swan en repensant à son agresseur. 

- Et tu as trouvé quelque chose sur ces films? Demanda Ryan.

- Non... rien, soupira Swan...

Soudain, elle fronça les sourcils et approcha son visage de l’écran.

- Qu’est-ce qu’il y a? Demanda Ryan.

- Je ne sais pas... C’est... commença Swan en pianotant sur les touches de son clavier pour revenir en arrière. ... Là! Regardez!

- Quoi? Je ne vois rien... Répondit Esposito.

- C’est très subtil, mais...

Elle fit un nouveau retour arrière de quelques secondes.

- Là! Vous avez vu?

- Quoi? L’image a sauté un peu, répondit Ryan perdu.

- La dame à l’arrêt de bus, elle venait de se lever et là voilà de nouveau assise!

La dame en question était minuscule et en arrière plan. Le genre de détail auquel on ne faisait pas attention lorsqu’on regardait la vidéo. Swan refit un retour de quelques seconde en arrière, de sorte que ses équipiers puissent le remarquer également.

- Ouais t’as raison! Reconnut Esposito. Quelqu’un a trafiqué cette bande...

- Mais qui ferait une chose pareille? Demanda Ryan.

- Quelqu’un qui ne veut pas être vu, répondit Swan. Quelqu’un avec de gros moyens, ou du moins d’énormes capacités en informatique.

- Un hacker? Pourquoi un hacker t’espionnerait? Interrogea Ryan.

- J’en sais rien, dit Swan qui fixait toujours l’écran en fronçant les sourcils. En tout cas, vous deux, c’est le moment de prouver que vous êtes dignes de confiance: pas un mot de tout cela à qui que ce soit! Pas même au capitaine. 

- Mais ...  Protesta Ryan.

- Je te casse les jambes si tu lui en parles, c’est compris? L’avertit Swan,

- Compris, murmura Ryan ennuyé.

- Ne t’en fais pas pour moi, le rassura-t-elle. Je sais me défendre.

 - Et toi, fais nous un signe quand tu as l’impression que quelque chose cloche, rétorqua Esposito inquiet.

- Promis, sourit-elle. 

- Tu devrais arrêter de scruter ces vidéos, si tu ne veux pas que le capitaine se doute de quelque chose. C’est un flic et il n’est pas encore sénile, conseilla Esposito.

- Tu as raison, dit-elle en fermant la fenêtre sur son écran. De toute façon, il n’y a rien d’autre à trouver là dessus. 

 

Son téléphone sonna, elle décrocha aussitôt.

- Swan! Annonça-t-elle en décrochant.  

- ...

- On arrive! Dit-elle avant de raccrocher. Les gars, on a une affaire! 

Ryan et Esposito avaient déjà attrapé leurs vestes, prêts à l’action.

Non loin de là, Storm les regarda quitter le poste de police pour se rendre sur la scène de crime.

 

 


Minefuji  (02.04.2020 à 17:23)

Chapitre 13: un étrange indice

 

L’équipe de la douzième brigade arriva rapidement sur les lieux : un endroit isolé près d’un pont sur les bords de l’Hudson. Le lieutenant Swan s’arrêta devant le cordon de sécurité. À chaque fois devant cette bande jaune, elle prenait une minute pour penser à la victime, lui rendre hommage silencieusement et lui faire la promesse de trouver ce qui lui était arrivé.

Storm, qui s’était posté non loin de là, remarqua cette hésitation et se demanda pourquoi elle avait choisi ce métier, si l’idée de voir des cadavres l’effrayait. 

Il ajusta le zoom de ses lunettes tout en fouillant dans la poche de son blouson pour y prendre une barre chocolatée. Depuis qu’il la suivait, il avait appris que son travail passait avant tout, même avant les pauses déjeuner! C’est pourquoi il avait pris ses précautions.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda M dans son oreillette.

- Ils ont une nouvelle affaire visiblement, répondit Storm la bouche pleine. 

- Enregistre leurs conversations, on en apprendra un peu plus, conseilla M.

- À quoi  bon? C’est juste une enquête... Et puis, elle est méfiante, alors je suis à plus de trente mètres de l’endroit où ils sont...

- Sur tes jumelles, il y a un bouton à droite, appuie dessus, 

 

Le jeune homme s’exécuta et une sorte de mini parabole se déploya.

- Woah! 

- Chouette gadget, n’est-ce pas?

- C’est super cool! Comment tu fais pour avoir des trucs pareils?

- Ne compte pas sur moi pour te révéler mes sources... Sinon, ce truc est super cool, soit, mais attention, ça consomme pas mal de batterie. Tu as une autonomie d’environ une heure.

- Ça sera suffisant.

 

 

- Qu’est-ce qu’on a? Demanda Swan à ses collègues en passant le cordon de sécurité?

- Ça va être vite réglé, annonça Ryan. C’est un suicide.

- Un suicide? 

- Le type a sauté de ce pont, vu son look, je dirai un employé de bureau victime de la crise... Expliqua Ryan.

- C’est pas un suicide, marmonna Storm du haut de son poste d’observation.

- C’est pas un suicide, déclara Swan en même temps que lui ce qui l’étonna.

- Qu’est ce qui te fait dire ça? Demanda Esposito.

Il n’y a pas assez de hauteur à cet endroit, expliqua la jeune femme, il aurait sauté pour se tuer, pas pour s’estropier. S’il avait voulu ce suicider, il l’aurait fait depuis le milieu du pont et aurait fini sonné dans l’Hudson où il se serait noyé s’il s’était loupé...

 

Ryan regarda dans la direction indiquée par son équipière. Effectivement, maintenant qu’elle le disait, cela semblait logique, comme le disait le capitaine, il avait beaucoup à apprendre de son équipière.

Près d’eux, la légiste s’occupait de faire ses premières constatations.

 

- Ça n’est pas beau à voir, annonça Lanie lorsqu’elle vit arriver son amie. Qu’est-ce qu’il t’arrive? Tu photographies les scènes de crime maintenant?

- Bien sur que non, répondit Swan. Je testais un truc, c’est un nouveau téléphone.

- Quoi? Tu t’es mise aux selfies? S’étonna son amie. Alors, je suis contente de constater que tu as enfin décidé de vivre en accord avec ton époque, mais ce n’est pas vraiment le moment approprié...

- Tu as raison, approuva Swan en rangeant son téléphone portable, c’est très inapproprié.  Alors, tu as trouvé quelque chose?

 

- Alors? Tu as quelque chose? Demanda M au même moment dans l’oreillette de Storm.

- À part le fait qu’elle découvre la technologie avec son nouveau téléphone? Non, rien.

- C’est bizarre ça. Elle est plutôt du genre sérieux d’ordinaire... 

- Ouais... 

- Au fait, on a un petit bonus...Annonça M.

- Un bonus?

- Notre client voudrait savoir si ça se passe bien dans sa famille...

- Qu’est-ce que c’est que ces missions à la noix? Souffla le jeune homme. On ne loue pas les services d'un mercenaire hautement qualifié dans mon genre pour ce type de travail! Un simple détective privé ferait l'affaire! Et ça coûterait beaucoup moins cher!

- Bah... Ce sont les caprices d’une personne riche, si tu veux mon avis. On est super bien payé, le client n’essaye même pas de négocier! 

- C’est plus que des caprices, si tu veux mon avis, répondit- il. Une personne pleine aux as qui fait un caprice s'achète une Ferrari, pas une enquête par un mercenaire... En plus, il faut avoir des relations qui ne sont pas à la portée de tout le monde pour nous contacter...

- Mhm... Ça n’a aucun sens... C'est vrai, dit M.

- Oh! Détrompe-toi, il y a toujours une logique, une logique tordue peut être, mais crois-moi, il y a toujours une histoire!

- Tu veux enquêter sur notre client?

- Non. Si j’en avais quelque chose à faire, je le ferais, mais tout ce qui m’intéresse, c’est mon argent.

- Bravo! Ça, c’est le discours de la prudence, celui que j’aime entendre par dessus tout! Approuva M.

 

Storm resta en planque pendant un moment, attendant que la police lève le camp après avoir relevé tous les indices et nettoyé la scène de crime pour rentrer chez lui. Il avait un plan à élaborer pour sa prochaine mission. 

 

Swan rejoignit son amie légiste à la morgue au début de l’après-midi. Lanie était toujours très méticuleuse et efficace, ce qui permettait à l’équipe de la jeune détective d’avancer rapidement dans ses enquêtes.

- Tu as quelque chose pour moi, Lanie? Demanda-t-elle en entrant.

- J’attends encore les résultats de la toxicologie, mais j’ai tout de même trouvé quelque chose d’intéressant.

- J’adore quand tu me dis ça, sourit Swan. Qu’est ce que tu as trouvé?

- Son portefeuille! Il l’avait bien planqué le bougre, à croire qu’il craignait les pickpockets ! Remarque, vue la liasse de billets qu’il y avait dedans ça n’est pas étonnant... Il y avait également un billet d’avion pour le Mexique. Il devait prendre l’avion aujourd’hui.

- Bizarre, il n’avait pas l’air prêt à partir en voyage... Constata Swan.

- Avec une telle somme en liquide sur lui, il fuyait quelque chose...

- Et son agresseur n’en avait pas après son argent, continua Swan. Autre chose?

 

- Oui, j’ai trouvé un bout de papier dans la poche intérieure de son veston.

- Un bout de papier?

- C’est surtout ce qui est dessus, qui est intéressant. Regarde! 

- « [email protected] »... Qu’est-ce que c’est?

- Ça ressemble à une adresse mail, répondit Lanie en haussant les épaules.

- Tempête impie? Ça ne ressemble pas à un nom, ça! On dirait une mauvaise blague...

- Une mauvaise blague qui a conduit monsieur Jonas dans l’un de mes frigos, tiqua la légiste. Mais ça, ça relève de ton domaine, le mien se limite à la recherche des causes de la mort et à la découverte d’indices. Ce qu’ils signifient, c’est à toi de le trouver.

- Tu as raison, merci Lanie, sourit Swan. 

- À part ça, rassure-moi, tu n’as pas eu d’autre souci?

- De quoi tu parles?

- Prends moi pour une cruche! Tu sais très bien de quoi je parle! Rala la légiste agacée par la mauvaise fois de son amie.

- Ça va, Répondit Swan se voulant rassurante, je suis sur mes gardes, ça ne se reproduira pas.

- Je serai plus rassurée si tu me disais que tu as prévenu le capitaine Montgomery ou même ton père...

- Je suis une grande fille, je sais me débrouiller.

- Les grandes filles aussi courent des risques tous les jours! Rappela Lanie.

- Raison de plus pour ne pas me faire un traitement de faveur, sourit Swan triomphante. Appelle-moi dès que tu as les résultats de la toxicologie ou un autre indice.

 

- Ouais... Compte sur moi! Soupira Lanie en soupirant.  

 


Minefuji  (03.04.2020 à 15:52)

Chapitre 14: Où chacun élabore sa stratégie

 

 

Swan quitta la morgue et reprit le chemin du poste de police. Ce faisant, elle réfléchissait à ce qu’une adresse mail bidon avait à voir dans cette histoire. Était-ce un véritable indice ou un leurre?

La victime avait l’air d’être un banal employé de bureau sans histoire. Qui pouvait lui en vouloir au point de le balancer d'un pont? Et tant qu'à faire, pourquoi ne pas l'avoir balancé dans l'Hudson en lestant le corps? On aurait mis des années à découvrir le corps... À moins que le meurtrier tenait à ce que le corps soit découvert...

Avant de regagner son bureau, elle s’arrêta dans la salle informatique et demanda à leur spécialiste de faire quelques recherches dessus.

 

- Du nouveau Swan? Demanda Esposito un peu plus tard en la voyant revenir dans les locaux de la 12ème brigade.

- Une adresse mail bizarre. J’ai mis les gars de l’informatique dessus, répondit la jeune femme en brandissant un sachet plastique  contenant son nouvel indice.

- Une adresse mail? Ça n’a rien de bizarre. Ça peut être celle d’un de ses amis ou collègues...

- Les adresses qu’on veut conserver, on les note dans un carnet ou les enregistre sur son PC... On ne les laisse pas traîner sur un bout de papier, rétorqua Swan peu convaincue par cette hypothèse.

- Peut être qu’il venait de l’avoir et allait la ranger en rentrant chez lui, suggéra Esposito.

- Si c’est le cas, on le saura très vite, mais je n’y crois pas vraiment, cette adresse est vraiment étrange, répondit Swan en prenant un feutre pour noter les informations dont elle disposait sur le tableau blanc qui servait de carte mentale de leur enquête.

- Beaucoup de gens ont des adresses mail bizarres, répondit Esposito. Ryan est sorti avec une fille dont l’adresse mail était « [email protected] »

- Cette adresse est farfelue, pas bizarre. Sa copine devait être une fan de Mary Poppins, répondit Swan. Qui se ferait appeler tempête impie?

- Ouais, tu as raison... Cette adresse mail est bizarre... accorda Ryan.

- Allez donc consulter les bandes des caméras de sécurité aux abords de la scène de crime, on y trouvera peut-être quelque chose, qui sait?

- Ça marche. Et toi, qu’est ce que tu vas faire? Demanda Esposito.

- Chercher à savoir qui était ce monsieur Jonas, peut être que je trouverai à quoi correspond cette adresse mail...

 

Ses équipiers partis, Swan commença ses recherches. Malheureusement l’essentiel des renseignements qu’elle trouva sur monsieur Jonas était déjà contenu dans son portefeuille. Pas de famille, un job de comptable banal dans une entreprise tout aussi banale. Qui pouvait lui en vouloir? Pourquoi? Ce dont elle était certaine, c’était qu’il ne s’agissait pas d’un crime gratuit. Ils allaient devoir mener l’enquête sur l’entreprise, les collègues et les amis et connaissances de la victime. Dans toute cette banalité, ils finiraient bien par trouver quelque chose d’original...

Elle reprit le sachet contenant le bout de papier trouvé par Lanie. En voilà une chose originale! Songea-t-elle. 

À quoi pouvait correspondre cette curieuse adresse mail? Elle n’en avait aucune idée, mais son instinct lui disait qu’il ne s’agissait certainement de l’adresse banale de l’un des amis ou de l’un des collègues de la victime.

Elle envoya un mail à un ami de son père, si quelqu’un pouvait la renseigner, ça serait certainement lui!

 

Un flic en uniforme vint lui apporter les photos de la scène de crime, elle les étudia sans attendre et compléta le tableau blanc avec les quelques données qu’elle en tira et les questions que cela soulevait.

Elle nota également ce qui pour elle était certain : il ne s’agissait pas d’un suicide. 

Les gars arrivèrent peu après et comme elle s’y attendait, les caméras de sécurité avaient été sabotées, signe qu’il s’agissait bien là d’un acte prémédité. 

- Ça ressemble à une vengeance, dit Esposito. Jonas a dû faire un sale coup à quelqu’un et ce quelqu’un a minutieusement préparé sa vengeance...

- Ou alors c’est un contrat... supposa Ryan. 

- Qu’est-ce que tu veux dire? Demanda Swan.

- C’est un classique des polars, le petit comptable qui découvre un vilain secret de l’entreprise qui l’emploie et celle-ci loue les services d’un tueur à gage pour l’éliminer.

- Comme tu le dis, rétorqua Esposito, c’est de la fiction. 

- En tout cas, on ne négligera aucune piste, intervint Swan, donc dès demain matin, on rendra une petite visite à ses patrons et collègues, ainsi qu’à ses voisins et amis, quand nous les aurons trouvés.

- Bien parlé, approuva le capitaine en arrivant près d’eux. Vous avez bien assez travaillé pour aujourd’hui, rentrez chez vous et revenez à la première heure demain matin.

- Bien chef! Répondirent les trois lieutenants avant de rassembler leurs affaires pour rentrer chez eux.

- Tu viens boire un verre avec nous Swan? Demanda Esposito dans l’ascenseur.

- Nous devons aller nous reposer pour être en forme demain! Rappela celle-ci.

- C’est juste un verre! On ne va pas faire la tournée des bars! Dit Ryan.

- Juste un verre alors, soupira Swan qui ne voulait pas paraître  trop rabat-joie auprès de ses collègues.

- Wah! Je pensais que ce serait plus difficile de te convaincre, s’étonna Ryan.

- Ne te laisse pas berner, Bro, dit Esposito lucide. Elle vient pour être sûre qu’on ne traîne pas trop longtemps avant de rentrer chez nous.

- Quoi? Non, Swan, dis-moi que ce n’est pas vrai, fit Ryan un brin déçu.

- Ce n’est pas vrai, sourit-elle amusée.

 

De son côté, Storm quittait le café du père adoptif de Swan avec la satisfaction du travail accompli. Le gérant n’y avait vu que du feu, son déguisement était parfait.

- Qu’est-ce qui te rend si joyeux? Demanda M.

- Qu’est-ce qui te fait penser que je suis joyeux?

- Tu sifflotes...

- Je ne sifflote pas du tout!

- Tu le fais discrètement, mais j’ai une ouïe très fine. Alors? Pourquoi es-tu aussi content?

- Je suis content, parce que cette suite de missions bizarres sera bientôt finie. Nos micro caméras sont en place, tu peux te connecter à elles.

- Tu es sûr qu’il ne se doute de rien? Le gérant est un ancien flic...

- Aucun risque qu’il se doute de quoi que ce soit, assura Storm. Mon déguisement est parfait tout comme mon jeu d'acteur, j'ai appris avec la meilleure actrice qui soit.

- J'espère que ce que tu dis est vrai. Sinon... Que penses-tu du gérant? 

- Il a l’air d’un type bien, mais il choisit bizarrement ses employés. Je ne suis pas certain que le genre gorille soit un choix très judicieux pour un café. Videur de boite de nuit okay, mais cuistot...

 

- L’important pour un cuisinier, c’est la qualité de ses plats, pas son apparence, répondit sagement M.


Minefuji  (04.04.2020 à 14:54)

Chapitre 15

 

- Salut fillette, lança Royce en rentrant dans le café avec le tableau des menus du jour.

- Salut Mike, répondit celle-ci sans lever les yeux de son ordinateur.

- Qu’est ce que tu fais? Demanda-t-il intrigué de la voir si concentrée sur l'écran de son PC.

- Des recherches...

- Tu sais, les gens normaux arrêtent de travailler quand ils rentrent chez eux le soir... Dit-il moqueur.

- Tu sais, les chasseurs de prime normaux ne tiennent pas un café en guise de hobby... Répondit-elle en levant enfin la tête pour lui sourire.

- Détective! Je suis détective privé, pas chasseur de prime! Et puis, qui a dit qu’on ne pouvait pas joindre l’utile à l’agréable? J'aime cuisiner, rencontrer des gens... Mais mon vrai talent a toujours été de mener des enquêtes. Et puis le métier de détective privé n'assurait pas un revenu suffisamment régulier pour subvenir à nos besoins.

- Mhm...

- Tu as dîné? 

- J’ai pris une pomme en rentrant.

- Ça n’est pas suffisant enfin! 

- J’avais pas le temps...

- Tu n’avais pas le temps de passer par la cuisine? Je suis sûr que L’ours t’a préparé un repas équilibré et délicieux dans le frigo! 

- J’irai voir après...

- Après quoi? Ton ordinateur ne va pas s'envoler, tu sais? Tu peux faire une pause.

- Mhm...

- Laisse tomber, je m’en occupe, tu vas dîner avec  ton vieux père pour une fois, ça n’est pas si souvent que tu rentres à une heure décente. Je compte bien en profiter. 

 

Swan ne répondit pas, il était inutile  de discuter ou de protester, Mike ne la laisserait pas tranquille tant qu’il ne serait pas certain qu’elle ait avalé un vrai dîner. Et puis, il avait raison, depuis son entrée à la criminelle, ils n’avaient pas souvent partagé leurs repas, la plupart du temps, ils ne faisaient que se croiser. Elle devait reconnaître que cela lui manquait.

Royce disparut en cuisine, elle en profita pour imprimer l’agrandissement de la photo qu’elle avait prise plus tôt dans la journée.
La qualité était loin d’être au rendez-vous, mais elle avait eut la réponse à la question qui la turlupinait depuis quelques jours: son agression n’était  pas due au hasard: elle était bel et bien suivie. Pour le reste, la photo ne l’avançait pas à grand chose: l’homme était entièrement vêtu de noir, une casquette noire enfoncée sur sa tête et ses yeux dissimulés par des lunettes toutes aussi noires que le reste de sa panoplie. Il aurait pu s’agir de n’importe quel NewYorkais ! 

Qui donc pouvait bien la suivre ainsi? Et pourquoi? Elle n'était pas une personne importante, ni une riche héritière. Et s'il s’était agit d’un tueur, elle ne serait déjà plus de ce monde...

 

- J’espère que tu as faim, annonça Royce en passant de nouveau la porte avec deux assiettes. L’ours nous a préparé ses fameuses lasagnes aux légumes! On va se régaler.

- Génial, répondit Swan en rangeant la photo avec ses affaires pour venir s’installer à table avec son père adoptif. 

- Son talent culinaire est proportionnel à sa taille.

- Ce que tu dis n'a pas de sens!  Wah! Il nous gâte vraiment trop, dit Swan en humant la délicieuse odeur qui s’échappait des assiettes que Royce venait de poser sur l’une des tables du café. 

- C’est sa façon de se montrer reconnaissant, répondit Royce, je l’ai bien aidé à une époque...

- Tu lui as permis de sortir de prison, je sais, tu me l’as déjà raconté plusieurs fois. 

- Et je l’ai aidé à se réinsérer dans la société! Il répète souvent que si je n’avais pas été là pour lui, il serait retourné à ses petits trafics et serait très vite retourné en prison!

- Heureusement que tu lui as offert un job.

- Oui. Et ce n’est pas rien, parce qu’avec sa tête, il fait peur aux clients!

- Ne dis pas de bêtise! Souffla Swan en apportant des verres et un pichet d’eau à table. Il n’est pas effrayant...

- Pas effrayant? C’est un mélange de Rocky Balboa et de Mister T! Je ne sais pas ce qu’il te faut!

- Il est adorable et ne ferait pas de mal à une mouche... 

- Pour pouvoir s’en rendre compte, il faut franchir le cap de la première impression...

- Seuls les imbéciles s’arrêtent à cette frontière, et tu le sais.

- Tu as raison, approuva Royce, mais je ne peux pas me permettre de me passer de la moitié de ma clientèle.

- Tu exagères, comme toujours, rit-elle. 

- Je sais, mais mes exagérations t’ont toujours fait rire, sourit Royce. C’est grâce à elles que nous avons pu nouer un lien toi et moi quand tu étais petite. Tu étais si sauvage à l'époque.

- C’est vrai, se souvînt-elle. J'étais terrorisée, je ne faisais confiance à personne.

- Tu ne voulais même pas entrer dans mon mobilhome. Le simple fait d'être enfermée quelque part te faisais hurler.

- Et  tu as installé des sacs de couchage et des matelas sur la terrasse de ton mobilhome pour y dormir avec moi pour me rassurer. Il faisait quatre degrés Celsius dehors! Un adulte normal n’aurait jamais fait ça.

- Mais tu as fait une nuit complète pour la première fois ce soir là.

- Et tu as eu un rhume carabiné après ça. 

- J’avais passé la nuit à claquer des dents. L'une des pires nuits de ma vie. 

- Je sais, tu faisais un de ces boucans! C’est ce qui m’a convaincue d’aller dormir dans ma chambre. 

- Tu aurais pu m’avertir d’ailleurs! J’ai été cloué au lit pendant trois jours après ça. Heureusement que L'ours est venu s'occuper de toi.  

- Tu m’avais dit que tu adorais dormir dehors et que tu faisais ça tout le temps...

- Quelle mémoire! Tu n’oublies jamais rien, n’est-ce pas? Soupira Royce.

- Il y a des choses que j’ai oubliées pourtant...

- Ça vaut peut être mieux. Ce que tu as vécu dans ta petite enfance, il vaut sans doute mieux pas que tu t’en souviennes.

- Je préférerais m’en souvenir pourtant. Au moins je saurais d’où je viens et qui je suis.

- Tu sais qui tu es! Une jeune femme forte et droite, qui fait ce qu’elle peut pour aider les autres.

Swan ne répondit pas, elle avait bien conscience que la recherche de son identité causait du souci à son père adoptif.

- À part ça, ça a été ta journée? Demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Oh, tu sais la vie d’un gérant de café n’est pas trépidante...

- La vie d’un gérant de café normal, sans doute, mais celle d’un cafetier qui tient en parallèle une agence de détective privé et aide à la réinsertion de types qui sortent de prison, c’est autre chose...

- Je n’aide que les types bien, tu le sais. Regarde L’ours, c’est une vraie crème.

- Une crème que tu caches aux clients...

- Pas du tout! Je l’ai laissé au comptoir cet après-midi!

- Ravie de constater que tu lui donnes sa chance...

- On a eu un seul client de tout l’après-midi ! Quand je te dis qu’il leur fait peur! 

- Il ne les effraie pas tous apparemment.

- Le client d’aujourd’hui ne compte pas, c’était un jeune au look gothique. Ces gars là sont capable de se limer les dents, de boire du sang d’animal et de dormir dans des cercueils! Je ne peux pas limiter ma clientèle à ce genre de gugusses! En plus il n'a quasiment rien consommé! Il a passé son temps à changer d'avis. L'ours a failli le mettre à la porte tellement il en avait marre de faire des aller-retours dans la cuisine!

 

Ils terminèrent leur dîner en discutant joyeusement des excentriques de NewYork, qui pourraient leur servir de clientèle, puis allèrent se coucher. 

 

 


Minefuji  (05.04.2020 à 17:05)

Chapitre 16: Un piège?

 

Swan passa un moment à sa fenêtre à épier l’immeuble d’en face. Elle reprit la photo qu’elle avait imprimé un peu plus tôt dans la soirée. Qui était cet homme en noir qui l’épiait? Que lui voulait-il? Devait-elle céder à la panique et fermer sa fenêtre?  
Si elle faisait cela, elle était bonne pour des insomnies à répétition.

Elle renonça rapidement à cette idée, après tout elle dormait avec son flingue sous son oreiller. Celui qui avait le plus à craindre, c’était lui! Elle quitta la fenêtre et accrocha au mur la photo qu’elle avait prise plus tôt dans la journée. Un mystère de plus à éclaircir!

 

Storm l’observait depuis l’immeuble d’en face, prenant bien garde à ne pas se faire voir cette fois. Il avait pu suivre la totalité de la conversation entre Swan et son père grâce aux micros qu’il avait cachés dans le café un peu plus tôt dans la journée.

Il avait sa réponse à la question de son client, il était hautement improbable que cette fille ait souffert avec son père adoptif. Cette mission touchait à sa fin, cependant, il n’aurait su dire si cette idée le soulageait comme il aurait pu le penser quelques jours plus tôt.

 

- Storm! Appela soudain M dans son oreillette.

- Tu n’es pas encore couchée, plaisanta le jeune homme. À ton âge, la plupart des gens se couchent avec les poules.

- À quoi bon? Je suis sur le qui vive quand tu prends cette fille en filature désormais. À chaque fois tu me réveilles pour que je te sauve la mise. Je vais finir par croire que tu as trouvé ton maître.

- Ne dis pas de bêtises. Elle m’a eu par surprise au début, maintenant je sais à quoi m’en tenir.

- Tant mieux, soupira M soulagée.

- Et puis cette mission est bientôt terminée. J’ai eu la réponse à notre dernière question. Elle et son père ont l’air complices, il est tellement aux petits soins, qu’il est impensable qu’il l’ait maltraitée ou rendue malheureuse.

- Il avait un métier dangereux et continue à jouer les détectives privés, il n’a peut-être pas été suffisamment présent...

- Tu parles, c’est un vrai papa poule, il a passé une bonne partie de l’après-midi à vanter les exploits de sa chère petite à des étrangers. Non, je t’assure, ce gars là ne veut que le bien de Swan. Et son gorille là... Il peut faire fuir n’importe qui qui s’approcherait un peu trop près d’elle, d’un seul regard.

 

 Une alarme s’enclencha sur l’un des PC de M. Elle coupa la communication avec Storm et pianota sur son clavier pour découvrir de quoi il retournait.

Ce qu’elle découvrit lui fit froid dans le dos. Un premier rapport d’enquête de la police de NewYork annonçait la mort d’un de leurs anciens clients. Le petit homme à la mallette, qui avait exigé leur protection avait été retrouvé mort dans ce qui s’apparentait à première vue à un suicide, mais qui en réalité était un meurtre. Une recherche avait été lancée par la douzième brigade de police  concernant leur adresse mails, déclenchant ainsi le système d’alarme de M.

 

- Storm...

- Ouais...

- Il va falloir que tu te mettes au vert pendant quelques temps...

- De quoi parles-tu ? Demanda-t-il sans quitter la fenêtre de Swan des yeux.

-  La police est à tes trousses, notre client à la mallette, Jonas est mort...

- Quoi? C'est impossible! Il était en sécurité! 

- La scène de crime de ce matin, c’était lui, annonça M. S'ils enquêtent, il pourraient remonter jusqu'à toi...

- Il n’y a pas de problème, répondit Storm après un instant de réflection.

- En es-tu sûr?

- Evidemment! Et puis de toute façon, ce n'est pas moi qui l'ai tué...

- Il parait que les prisons sont remplies d'innocents, souligna M. Comment as-tu payé la note de l’hôtel où tu l’as emmené?

- En espèces, bien évidemment !

- Et le reçu? 

- Détruit.

- Tu es certain de n’avoir laissé aucune trace? 

- Evidemment ! Pourquoi tu me demandes ça? 

- Parce qu’un petit malin a essayé de fouiner à notre sujet, heureusement que je ne suis pas née de la dernière pluie, je l’ai gentiment réexpédié avec un joli petit virus en prime, mais tout de même, ça ne m’étonnerait pas qu’il revienne à la charge... Il va falloir qu’on se mette un peu au vert...

- Wah... fit Storm admiratif.  C’est fort... Tu crois qu’on cherche à me piéger? 

- Tout est possible, il y a de la concurrence dans le milieu de nos jours...

- Cette mission... Commença Storm songeur. Et si notre généreux client avait fait tout ça pour me piéger? 

- Tu crois?... Mhm... Possible... Quand on y réfléchit, te demander de suivre et approcher une flic...

 

 Storm poussa un profond soupir, comment  avait-il pu se faire avoir de la sorte? 

- Storm? Tu es toujours là?

- Ouais...

- Qu'est ce que tu attends? Il faut que tu lèves le camp!

- Laisse-moi dix minutes...

- Qu’est-ce que tu comptes faire? Storm! Storm! Ne fais rien de stupide!

- Ce qui était stupide, c’était d’accepter cette mission sans me poser de question. Mais ne t’en fais pas, je suis vraiment sur mes gardes là. Je vais enlever les caméras, inutile de leur donner l'occasion de les trouver... 

- Elles ne permettront pas de remonter jusqu'à nous, j'y ai veillé, tu penses bien. Tu devrais te faire oublier, plutôt!

- Et les laisser me coller le meurtre de Jonas sur le dos? Pas question! Si un jour je devais commettre un meurtre, ce serait le crime parfait! Rétorqua Storm.

 

Discrètement, il pénétra dans la chambre de Swan après s’être assuré qu’elle était profondément endormie. Il la remercia intérieurement de toujours garder la fenêtre de sa chambre ouverte. 

Son objectif était simple: récupérer les micros  qu’il avait installés chez elle un peu plus tôt dans la journée. S’il avait été piégé par son mystérieux commanditaire, il valait mieux qu’il efface toutes ses traces. Cela ne devrait lui prendre que quelques minutes.

Tout à coup, son attention fut attirée par la photo de lui que Swan avait accrochée sur le mur.

Cette fille n’était décidément vraiment pas banale!

- Petite maligne... Murmura-t-il en esquissant un sourire.

 

Il observa le reste de ce qu’elle avait affiché sur ce mur: des post-it de toutes les couleurs griffonnés de mots ou de dessins. Il lut le prénom Kathie, le mot papa d'où une flèche partait pour arriver sur le mot travail, il y avait aussi maman et une autre flèche vers les mots "pourquoi fuir?"

Il y avait aussi de nombreux dessins griffonnés au crayon : une chambre d’enfant, une boîte métallique, un chat et toutes sortes de choses banales que l’on pouvait trouver chez des particuliers... Cette fille cherchait quelque chose... Son passé peut-être, songea-t-il.

 

- Storm! Qu’est-ce que tu fais? Dépêche-toi de récupérer les micros et de déguerpir! Chuchota M.

- Changement de plan, murmura Storm. Je ne fuirai pas.

- Quoi? Tu es fou!

- Non, je ne suis pas fou, mais je ne vais pas laisser tomber la seule fille qui a réussi l’exploit d’avoir ma photo...

 

 


Minefuji  (06.04.2020 à 18:12)

Chapitre 17: 

 

- Dépêche-toi de filer de là, grogna M dans son oreillette. Tu auras l’air fin si tu te fais prendre! Dois-je te rappeler son métier?

- Okay, okay, je file, murmura Storm en filant par la fenêtre avec la discrétion d’un chat.

 

À l’aube, Storm fut tiré du sommeil par la chanson pleine de fausses notes de M, dont l’avatar venait d’apparaître sur l’écran géant de sa télé.

Il tenta de l’ignorer en s’enfouissant sous ses oreillers et couvertures, mais elle ne lâcha pas l’affaire et insista lourdement.

- Dépêche-toi de sortir du lit, paresseux! Tu vas être en retard.

- Je n’ai pas d’horaire, marmonna-t-il sans quitter sa cachette. Je ne peux pas être en retard.

- Ton avion décolle dans deux heures, tu devrais déjà être à l’aéroport.

- Mon avion? Quel avion? Grogna-t-il.

- Celui qui t’emmènera au Népal.

- Au Népal? Qu’est-ce que j’irais faire au Népal? Demanda Storm en s’asseyant brusquement dans son lit.

- Te mettre au vert quelques temps, histoire de te faire oublier surtout et accessoirement apprendre les disciplines traditionnelles de guérison auprès de moines népalais...

- Apprendre quoi? ... Encore une idée du vieux Schnock? Grogna Storm. 

- Tu es dans le collimateur des flics et bientôt, tu seras soupçonné du meurtre de Jonas, tu dois disparaître le temps que ça se calme.

- Il n’est pas question que je devienne un fugitif! Je trouverai qui a tué Jonas. Et puis de toute façon, Storm est un fantôme, il n’existe pas!

- Non, mais c’est pas vrai! Tu risques de nous mettre dans la panade avec ton entêtement! 

- T’inquiète pas, je sais me débrouiller. Quant à toi, tu ne risques rien, assura Storm. 

- Storm! Se fâcha M pour le ramener à la raison.

- ...

- Storm! Qu’est ce que tu comptes faire? Storm! Réponds-moi! 
...
- Maudit gamin! 

 

 

Swan se réveilla ce matin-là, avec une étrange impression. Dans son rêve, le type en noir qui la suivait depuis quelques jours déjà, était entré dans sa chambre et l’avait regardée dormir. Peut-être devrait-elle fermer sa fenêtre la nuit désormais... 

Elle chassa aussitôt cette idée, elle y avait renoncé depuis des années, elle était incapable de dormir si la fenêtre était fermée. Toutes les séances qu’elle avait suivies chez le psy n’y avaient rien changé et son père avait dû lui bricoler un système d’alarme anti intrusion pour être certain qu’elle ne courre aucun risque.

Depuis qu’elle était entrée dans la police, elle avait pris l’habitude de dormir avec son arme de service sous son oreiller pour compléter l’installation de son père.

Elle fut prise d’un doute et alla à la fenêtre pour vérifier que tout était normal. 

- Salut Swan! Tout va bien? Demanda L’ours depuis la cour à l’arrière du café.

- Euh... Oui! Ça va, répondit-elle. 

- Quelque chose t’inquiète avec le système d’alarme?

- Non...Euh... Je vérifiais juste qu’il fonctionnait normalement, un collègue de la brigade des vols et effractions m’a dit qu’il y avait une recrudescence des cambriolages dans le coin en ce moment.

- J’aime quand tu es prudente, sourit L’ours. Et alors? Tout est normal?

- Oui, ça a l’air en ordre... répondit la jeune femme. 

- Tant mieux! Allez dépêche-toi de descendre ou tu n’auras pas le temps de prendre un vrai petit déjeuner avant de partir...

- J’arrive!

Elle jeta un dernier coup d’œil, puis se décida à se préparer pour aller au travail. Elle avait du pain sur la planche entre cette nouvelle enquête et ce mystérieux type qui l’a suivait. Elle observa les alentours. Soit il ne l’a suivait plus, soit il se méfiait. Elle pencha pour la deuxième option, il fallait qu’elle reste sur ses gardes.

Elle allait filer, quand L’ours l’arrêta devant la porte de la cuisine:

- Oh! Là! Jeune fille! Tu oublies quelque chose!

- Je dois y aller, j’ai une enquête à mener! Protesta Swan en tentant de passer.

- Prends ton petit déjeuner et tu pourras passer...

- Tu es incorrigible! Ronchonna-t-elle en prenant une bouchée du pan cake qu’il lui tendait.

- Ton père m’a demandé de veiller à ce que tu te nourrisses correctement.

- Il est déjà sorti?

- Oui, il devait rencontrer un client tôt ce matin.

- Dans ce cas, il n’en saura rien. Je te libère de ton serment,  déclara la jeune femme en tentant une nouvelle fois de passer.

 - Tiens Je t’ai déjà emballé le reste, tu ne seras pas en retard, annonça L’ours amusé.

- Tu es le meilleur! Merci! Dit-elle en lui claquant un baiser sur la joue avant d’attraper le sachet qu’il tenait. Tu diras à Mike de ne pas m’attendre ce soir, avec cette enquête, je risque de rentrer tard.

- Ne rentre pas trop tard si tu ne veux pas qu’il débarque au poste pour s’assurer que tu vas bien.

- Oh! Je t’en prie, promets-moi de l’en empêcher!

- Tu sais très bien que si tu rentres tard, je serai au volant de la voiture qui amènera ton père au poste de police...

- Il va vraiment falloir que je me trouve un appartement, souffla Swan en levant les yeux au ciel.

 

Cette petite conversation avec L’ours, n’empêcha pas Swan d’être la première au poste. Elle en profita pour appeler l’ami de son père à qui elle avait envoyé un message la veille. Ce gars n’aimait pas beaucoup la police et la police le lui rendait bien apparemment.

- Hey! Salut la miss! Tu es bien matinale!

- Je te réveille? Demanda-t-elle soucieuse. 

- Pas du tout, je ne me suis pas encore couché! 

- Ton hygiène de vie est déplorable, constata Swan. Tu es au courant que le sommeil c’est important?

- Bien sûr! Et rassure-toi, je vais dormir huit bonnes heures d’affilée après ce coup de fil. Je suis un oiseau de nuit.

- Tu as trouvé quelque chose?

- Évidemment! Mais ça m’ennuie d’aider la police à traquer quelqu’un...

- Tu m’aides moi, pas la police, rectifia Swan. Et je ne sais même pas si je vais traquer ou nom le propriétaire de cette adresse mail.

- Si tu veux mon avis, il vaudrait mieux que tu évites.

- Pourquoi ?

- C’est l’adresse mail de Storm, une sorte de mercenaire fantôme qui s’occupe de toutes sortes de missions contre une très généreuse rétribution. À part son nom, personne ne le connaît. 

- Quel genre de missions?

- Vol d’objets ou de données, espionnage, piratage informatique... Il peut même jouer les coursiers! Sa panoplie est vaste...

- Ça peut aller jusqu’à l’assassinat? Demanda Swan intéressée.

- Pas à ma connaissance... Il a peut être une étique...

- Ou personne ne lui avait encore demandé ce genre de chose... Parfois il y a une escalade dans la gravité des délits. Est-ce que tu sais comment on peut le contacter?

- Comme je te le disais, ce type est un fantôme et une pointure en informatique, si tu veux mon avis. Il m’a eu comme un novice, mon PC est salement infecté, je ne sais si je vais réussir à m’en débarrasser...

- Désolée.

- Le soit pas, c’est un PC spécial pour ce genre d’activités, il ne contenait rien d’important.

- En tout cas je te remercie, allez, dors bien Max.

- Sois prudente la Miss, ce gars là est balèse et sans doute hyper dangereux.

 

- T’en fais pas, je suis une grande fille... Et j’ai un flingue!

 


Minefuji  (07.04.2020 à 14:05)

Chapitre 18: 

 

Ryan et Esposito arrivèrent peu après et l’équipe put se mettre aussitôt au travail. Ils passèrent la matinée à éplucher la vie de monsieur Jonas, qu’ils trouvèrent bien banale comme ils s’y attendaient. 

Ce qui ne collait absolument pas avec la liasse de billets trouvée sur lui, accompagnée d’un aller simple pour le Mexique.

- Allons interroger ses collègues de bureau et son patron, annonça Swan, on trouvera peut être la raison de ce départ précipité...

- On pourrait peut-être manger d’abord... Suggéra Ryan qui ne parvenait plus à cacher les manifestations bruyantes de son estomac.

- Ouais, approuva Esposito, je meurs de faim!

- D’accord, souffla Swan. On aura qu’à s’arrêter dans une pizzeria en chemin... Mais on se contentera d’un plat seulement! Pas d’entrée, ni de dessert, ou alors vous le prenez à emporter!

 

Les gars s’apprêtaient à ronchonner, mais ils furent arrêtés dans leur élan par l’appel du capitaine depuis son bureau: 

 

- Swan! Dans mon bureau!

- Chef! Ça peut attendre? On allait se rendre sur le lieu de travail de la victime... Protesta la jeune détective.

- Non, ça ne peut pas attendre. Ryan et Esposito, allez donc déjeuner, vous irez là-bas juste après.

- Bien chef! Répondirent c’est derniers d’une même voix. À plus tard, Swan! 

- Mais...

- Ne me faites pas attendre, Swan! Je dois aller déjeuner avec ma femme dans moins d’une demie-heure!

 

La jeune femme leva les yeux au ciel et se dirigea vers le bureau de son patron tout en se demandant ce qu’elle avait bien pu faire de travers qui justifierait une réprimande de la part de son chef.

Elle fut étonnée de constater que quelqu’un était déjà dans le bureau. Un homme, sans doute âgé de quelques années de plus qu’elle, vêtu d’une veste en velours côtelé par dessus sa chemise, une cravate parfaitement nouée autour de son cou, se tenait à quelques mètres du capitaine. Il avait les cheveux impeccablement coiffés et tenait devant lui une serviette en cuir, qui avait dû voir passer au moins quelques décennies.

Bizarrement, cette tenue de premier de la classe clochait sur lui.

Swan fronça les sourcils en le découvrant et tourna la tête vers son capitaine dans l’espoir d’avoir des explications.

- Chef?

- Swan, je vous présente Richard Castle, un journaliste en free-lance, qui va faire quelques articles sur la police de NewYork et notre département en particulier, annonça Montgomery.

- Je ne vois pas ce que... Commença la détective interloquée.

- Il va vous suivre sur vos enquêtes pendant quelques temps, la coupa le capitaine.

- Quoi? Oh non! Non! Chef, c’est un civil ! Protesta la jeune détective.

- Vous croyez que je ne le sais pas? Répondit le capitaine amusé.  Le chef de la police et le maire pensent que l’image de la police de NewYork a besoin d’être redorée, or, monsieur Castle, ici présent est un journaliste assez renommé, qui est publié dans bon nombre de journaux réputés.

- Jamais entendu parler, grogna Swan en croisant les bras.

- Peu importe ce que vous pensez, Swan. Ça fait plaisir au maire et si ça lui fait plaisir, ça me fait plaisir. En plus, il amène avec lui un joli magot en contrats de publicité, ce qui fait  plaisir au chef de la police. Et ce qui fait plaisir au chef de la police...

- ... Vous fait plaisir aussi, termina Swan blasée. J’ai compris le principe.

- Monsieur Castle, je vous présente le lieutenant Swan, annonça le capitaine en se tournant vers le jeune homme. Tachez de respecter à la lettre ses consignes ou vous seriez en grand danger.

- Ne vous en faites pas capitaine, je ne suis pas du genre à m’exposer au danger, répondit Castle tout sourire.

- Ravi de l’entendre, mais je vous avertissais surtout par rapport au lieutenant Swan, elle n’est pas du genre à accepter que l’on discute ses ordres ou ses directives.

- Oh! Je vois. Enchanté lieutenant, dit-il en lui tendant la main tout sourire. 

Pour toute réponse, elle marmonna un « salut » exaspéré et tourna les talons. Storm, car il s’agissait bien de lui, resta  bouche bée devant son manque de tenue en face de son chef. Elle ne manquait pas de caractère!

 

  - Qu’est-ce que vous attendez? Demanda le capitaine alors que le jeune homme restait immobile, amusé, mais non surpris par la réaction de Swan. Suivez la! Elle n’est pas du genre à vous attendre, croyez moi.

- D’accord! Merci Capitaine! Bredouilla le jeune homme.

 

Il rattrapa la jeune femme, qui entreprit à contre-cœur de lui faire visiter les locaux.

- Mon bureau est ici, je vous préviens, monsieur Castle, si vous touchez à mes affaires, je vous casse les jambes! Qu’est-ce que vous faites? Demanda-t-elle alors qu’il écrivait dans son carnet.

- Je prends des notes! J’imagine que vous ne me répéterez pas ce que vous allez me dire aujourd’hui, bredouilla-t-il un brin craintif.

- Oh! C’est un bon point pour vous! Bon! Continuons! 

 

Elle l’emmena dans la salle de pause.

 

- Là, c’est notre cuisine, il y a de quoi faire du café, normalement chacun fait son café, mais comme vous n’êtes pas flic, j’imagine que vous pourrez vous rendre utile en m’en préparant un de temps en temps...

- Bien entendu!

- Par contre, ne vous laissez pas faire par les autres. Étant donné que c’est mon boulot que vous allez gêner en me suivant partout, il est normal que j’ai une petite compensation. Les autres n’auront pas droit à ce traitement de faveur.

- Evidemment, approuva-t-il amusé.

- Le frigo est collectif également, chacun peut y déposer ses encas ou boissons, mais il est interdit de piquer les affaires des autres. Il y a des noms sur les boîtes et autres cannettes, ça veut dire chasse gardée, expliqua-t-elle en piochant un sandwich dans une boîte étiquetée au nom de Karpowski. Mhm! Ses sandwiches sont divins!

 

Elle continua la visite guidée des locaux de la douzième, dont il prit assidûment des notes, en bon journaliste qu’il était sensé être.

- Qu’est-ce que c’est que ce nom? Castle? Demanda-t-elle soudain.

- Bah... Euh... C’est... Un nom, bien sûr! C’est mon nom! 

- On dirait un faux nom.

- Bah pas plus que Swan, non?

- Moi, je ne me souviens pas de mon vrai nom, rétorqua Swan. Quelle est votre excuse?

- Nom de plume. Une façon de garder ma vie privée... Euh... Eh bien... Privée... En tant que journaliste, j’aime dire des vérités qui ne plaisent pas toujours, ça m’évite de recevoir des menaces...

- Mhm... Ça se tient. Oh! À propos de vos articles, si vous divulguez quoi que ce soit à propos de mes enquêtes, je vous colle une balle entre les deux yeux. C’est clair?

- Très clair! Répondit-il la gorge nouée devant son regard assassin.

- Qu’est-ce que vous attendez? 

- Qu’est-ce que j’attends?

- Pour le noter! C’est hyper important!

- Oh! Euh! Tout de suite! Bredouilla-t-il en reprenant son carnet.

Elle se mit soudain à le dévisager. Il s’en rendit très vite compte, leva la tête vers elle et attendit un peu. Comme elle ne disait toujours rien au bout de ce qui lui sembla une éternité, mais qui en réalité ne durait qu’une minute, il demanda:

- Quoi?

 

- On s’est déjà rencontré? 

 


Minefuji  (08.04.2020 à 19:10)

Chapitre dix-neuf: 

 

- ... Euh... Quoi? Bredouilla-t-il surpris.

- Rencontré! Répéta-t-elle. On ne s’est pas déjà rencontré? J’ai l’impression que nous nous sommes déjà vus.

- Non! Je ne crois pas, bafouilla-t-il mal à l’aise.

- Vous en êtes sûr? Pourtant je n’oublie jamais un visage, j’ai comme une sorte de mémoire photographique des visages... Je rencontre quelqu'un et ça reste gravé là, dit-elle en pointant sa tête du doigt. 

- Ah... Ah... Ah... Non... Répondit-il dans un rire gêné. On ne s'est jamais rencontré...

 

Le téléphone de Swan retentit à ce moment-là, lui sauvant la mise, elle décrocha aussitôt et s’éloigna de lui sans plus s’en préoccuper. Il poussa un soupir de soulagement. Cette fille était dangereuse. Il devait se méfier d’elle.

Une mémoire des visages... Bizarre pour quelqu'un qui a oublié jusqu'à son nom, songea-t-il.

 Il profita du fait qu'elle soit occupée au téléphone, pour observer le tableau blanc sur lequel les éléments de l’enquête avaient été notés. Les mots « pas un suicide » étaient clairement écrits à côté de la photo de la victime. Ces policiers n’étaient pas du genre à s’arrêter aux apparences, c’était rassurant.

La copie de l’adresse mail utilisée par ses clients pour le joindre était posée en dessous et annotée de suppositions: ami? collègue? Contact?

Il reconnut l’écriture de la jeune femme, ce tableau était son œuvre, comme sur le mur de sa chambre, elle y posait toutes ses idées et réflexions sans doute pour y voir plus clair et trouver la solution. 

Espérons qu’elle trouvera la vérité, songea-t-il, ça m’ôterait une belle épine du pied.

 

- Castle!

- Mhm? Fit-il en sortant brusquement de ses réflexions.

- La légiste a terminé son autopsie. Ça vous intéresse ou je vous laisse avec Karpowski, qui s'occupe de prendre les dépôts de plainte aujourd'hui ?

- Les dépôts de plainte? Répéta-t-il en grimaçant.

- Il faudra que vous y passiez, si vous voulez redorer notre réputation, il faut que les gens sachent que nous sommes à leur écoute.

- Euh... Je préfère commencer par voir comment vous travaillez avec le service de la médecine légale.

- Comme vous voudrez... Vous venez?

- Tout de suite, sourit-il.

- Pourquoi souriez-vous?

- Vous me demandez de vous suivre.

- Ne vous réjouissez pas trop vite, Castle, c’est uniquement pour vous garder à l’œil.

- Je me disais aussi...

 

- Salut Lanie! Lança Swan en arrivant à la morgue suivie par Castle, sa nouvelle ombre.

- Toi, quoi de neuf? Rétorqua Lanie étonnée en découvrant la personne qui accompagnait son amie

- Un caprice du chef, soupira Swan sans le regarder.

- Enchantée, Lanie Parrish, se présenta la légiste en tendant la main vers lui.

- Richard Castle, journaliste, répondit ce dernier en acceptant la poignée de main. 

- Vous êtes mignon! Gloussa la légiste, surprenant ainsi le jeune homme.

- Qu’est-ce que c’est? Demanda soudain Swan en le dévisageant.

- Pardon?

- Là ! Dans votre oreille! Qu’est-ce que c’est?

- Oh! ça! Dit Castle en posant immédiatement la main sur son oreillette. C’est... Euh... C’est une sorte de... Euh... Une sorte d’appareil auditif... Parfois je... Je n’entends pas très bien alors...

- Vous êtes très mignon, chuchota Lanie souriante.

- ... Euh... J’ai entendu... Répondit Castle gêné.

- J’espère bien, rit la légiste.

- Hin...Hin... Fit Castle mal â l’aise.

- Vous roucoulerez en dehors de vos heures de boulot! Intervint Swan agacée.

- Ouh! Elle est jalouse, rigola la légiste sans quitter Castle des yeux. C’est bon signe pour vous!

- Lanie! Gronda Swan. L’autopsie! Tes conclusions!

- Poison, répondit Lanie sans même tourner la tête vers elle.

- Non mais dis donc! Depuis quand tu me parles comme ça! S’offusqua la détective. 

- Quoi? Demanda Lanie en se tournant enfin vers elle les sourcils froncés.

- Je ne suis pas un poison! Tu dragueras monsieur Castle plus tard...

- Ah! Non! Je voulais parler du poison qui a tué monsieur Jonas! Il était déjà mort quand on l’a balancé par dessus la rambarde de ce pont. Il a été  empoisonné par un agent neurotoxyque très puissant et très rapide, certainement versé dans le café qu’il a bu un peu avant. Je t’ai noté le nom de la substance sur mon rapport.

- Empoisonné? Quel intérêt d’empoisonner un type pour le balancer d’un pont juste après?

- Pour faire croire à un suicide, déclara Castle.

Elles se tournèrent vers lui d’un seul mouvement et le dévisagèrent.

- Enfin... Je crois... Bredouilla-t-il. C’est... une supposition...

- Vous ferez des suppositions lorsque vous serez enquêteur! Rétorqua Swan d'un air sévère. Pour le moment, bouclez la!

- O... Okay, bafouilla le jeune homme.

Lanie ouvrit le container réfrigéré dans lequel se trouvait le corps de Jonas pour étayer ses conclusions.

- Oh! Bon sang! Il... Il... C'est... C'est un... S'écria le jeune homme en sursautant comme s'il venait de recevoir la frayeur de sa vie.

- Quoi encore? Demanda Swan en levant les yeux au ciel.

- Un cadavre... C'est un cadavre! ... Il ... Il est...

- Mort, termina Swan. On est dans une morgue! Vous vous attendiez à quoi?

- Oh... Bon sang! S’affola le jeune homme en plaquant une main sur sa bouche.

- C’est pas vrai! Soupira Swan en l’entraînant à l’écart. Asseyez vous et penchez vous en avant, ça va passer.

- Je vous interdit de souiller ma morgue! Avertit la légiste.

- Voilà ce qui arrive, quand on autorise des civils à participer à nos enquêtes! Rala la détective.

Lanie s’éclipsa dans son bureau et revint peu après avec un gobelet. Elle s’arrêta net en découvrant que son amie frottait doucement le dos du jeune homme pour le réconforter.

- Qu’il boive ça, dit-elle en tendant le gobelet, ça devrait calmer la nausée.

- Ça va, dit Castle en se redressant doucement. J’ai été surpris... Mais ça va déjà mieux.

- Vous êtes sûr? Demanda Swan. 

- Oui! Oui! Ça va! Fit Castle ragaillardi.

- Bon! On va pouvoir regarder les viscères de monsieur Jonas alors! Lanie va nous expliquer de quel poison il s’agit...

- Les viscères...? Répéta le jeune homme.  

Swan éclata de rire devant la mine déconfite de Castle.

- Allons-y, ne faites pas cette tête-là! Je vous faisais marcher! Le rassura-t-elle.

- C’était une blague? Grimaça Castle.

- Vous, vous deviez être un solitaire au collège! Vous aviez du mal à vous faire des amis! 

- Pardon? Quoi? Bredouilla-t-il.

- Décoincez vous! Ce n’est pas un drame! En plus, la plupart des gens au collège sont des abrutis, qui prennent un malin plaisir à ennuyer les plus faibles. Allez, venez, je vous emmène déjeuner!

- Euh... D’accord...

Ils quittèrent la morgue, Swan tirant le jeune homme par le bras, sous les yeux ébahis de Lanie, qui n’avait jamais vu son amie aussi naturelle avec quelqu’un, un inconnu, qui plus est!

 

- Interessant, sourit-elle en se tournant vers le corps de monsieur Jonas avant de refermer le caisson réfrigéré qui lui était attribué.

 


Minefuji  (09.04.2020 à 18:33)

Chapitre vingt: 

 

Grâce à ses dons pour la comédie, hérités de sa mère, Castle était parvenu, du moins le pensait-il, à détourner les soupçons de la jeune femme. Comment pourrait-elle imaginer que ce gratte papier rendu malade par la simple vue d’un cadavre, puisse être le mercenaire qui l’avait suivie et agressée ces derniers temps ?

 

- Où va-t-on? Demanda-t-il  en regardant autour de lui. En face?

- Non, ce boui-boui est infâme, on risquerait de tomber malade en mangeant ce qu'ils servent et vous n’avez pas besoin de ça.. Allons chez Remy’s, il faut marcher un peu, mais leurs cheeseburgers sont divins! 

- J’adore les cheeseburgers, approuva-t-il avec un léger sourire.

- A la bonne heure! Sourit la jeune femme. Moi aussi j’adore ça!

 

De l’autre côté de la rue, un homme ne manquait rien de la sortie de Swan et Castle. Ce dernier, qui l'avait facilement repéré, regretta de ne pas avoir ses lunettes pour pouvoir le prendre une photo. Il s’arrêta net et s’accroupit, prétextant devoir refaire son lacet. 

- M ? Chuchota-t-il en appuyant sur son oreillette. 

- Garnement! S’emporta celle-ci. Pourquoi tu as éteins ton traceur? 

- Je viens de le rallumer, il y a une caméra dans la rue en face de moi. Tu peux la pirater? Il y a un gars qui nous observe...

- Je m’en occupe! 

- Il vous faut de l’aide pour refaire vos lacets? Intervint soudain Swan moqueuse.

- C’est bon! J’arrive! Annonça Castle en se relevant.

 - C’est pas trop tôt! 

 

Le repas fut expédié rapidement, Swan ne voulant pas tarder pour rentrer au poste.

Elle en profita tout de même pour cuisiner Castle, elle n’était pas du genre à accepter les demandes de ses supérieurs sans rechigner.

- Alors, dites-moi Castle, qu’est-ce que vous cherchez au juste?

- Un bon article bien sûr! 

- À d’autres ! Pour avoir un bon article, il faudrait que je vous autorise à dévoiler nos enquêtes et pour ça, vous pouvez toujours courir! Rétorqua-t-elle en le pointant avec l’une de ses frites. 

- Les citoyens aiment se savoir protégés, quoi de mieux qu’un article sur ceux dont le métier consiste à assurer leur protection ?

 

- Je ne suis pas fan de ce genre d’articles... Répondit Swan dubitative. Les gens aiment aussi savoir que leurs impôts sont utilisés de manière raisonnable et raisonnée. Vous allez faire un papier sur les services administratifs de la ville de NewYork aussi?

- Euh... Bah... Oui, pourquoi pas? S’il y a un magazine ou un journal prêt à m’acheter ce genre d’article...

- J’oubliais que vous étiez free-lance... Comment cela se fait-il que vous ne travailliez pas pour un journal, comme la plupart des journalistes? Votre situation serait plus rassurante financièrement.

- Oh! ça paye bien! Détrompez-vous! Je mets les journaux en concurrence, quand je vends mes articles. Et puis, j'aime ma liberté ! Être free-lance me permet d’être mon propre patron et ça, ça n’a pas de prix!

- On croirait entendre un gosse de riche ! Vos parents ont toujours assuré vos arrières n’est-ce pas?

- Je suis orphelin, répondit naturellement Castle.

- Oh! Désolée, fit Swan troublée. Je ne...

- Ne vous en faites pas, c’est de l’histoire ancienne... J’ai grandi depuis, je n’en souffre plus.

Elle ne répondit rien, se contentant de le regarder droit dans les yeux. Il eut la désagréable impression d’être passé aux rayons X.

 

- À propos, dit-elle peu après pour changer de sujet,  je n’ai jamais entendu parler de vos articles. Vous êtes sûr de votre renommée?

 

- Le maire est un de mes fans, sourit-il. Mais ce n’est pas étonnant que vous n’ayez jamais entendu parler de mes articles.

 

- Et pourquoi ça? Se vexa-t-elle. Je suis une grande lectrice...

 

- Oh ! Ça je le sais! Répondit Storm sans faire attention en repensant à la quantité astronomique de livres et de revues qu’il avait pu apercevoir dans la chambre de la jeune femme.

 

- Comment ça « vous le savez? » Tiqua Swan à qui décidément rien n’échappait.

 

- Euh... Eh bien... Je le sais! Vous êtes quelqu’un de lettré, on le sait rien qu’à vous voir... bafouilla Castle.

 

- N’importe quoi! On ne devine pas ce genre de choses rien qu’en regardant les gens! Vous êtes plein de préjugés! Rétorqua la jeune femme en croisant les bras contre sa poitrine.

 

- Non, le simple fait que vous mettiez en doute ma renommée deux fois dans la même journée parce que vous n’avez jamais lu un de mes articles, signifie que vous êtes une lectrice boulimique, expliqua-t-il.

 

- Mhm... accorda-t-elle avec une moue dubitative. Mais ça ne prouve rien. Vous avez eu de la chance! 

- La chance n’a rien à voir là-dedans, assura-t-il. Il suffit d’observer et d’en déduire l’histoire.

 

- Déduire l’histoire? Répéta-t-elle. Ça ne fait pas très sérieux pour un journaliste, ça. On serait plutôt au niveau de la fiction! Vous auriez mieux fait de devenir romancier à ce compte là!

 

- Ce n’est pas pour me vanter, mais j’analyse plutôt bien les gens et je me trompe rarement. Vous, par exemple, normalement une femme belle et intelligente telle que vous, ne devrait pas être flic, mais plutôt avocate ou médecin...

 

- Ben voyons!

 

- Je suis sérieux! Il y a une histoire derrière votre choix de carrière si particulier par rapport à votre profil.

 

- Vous m'en direz tant! Et quelle  histoire, je vous prie?

 

- D'accord, je relève le défi! Vous n'avez pas d'accent lorsque vous parlez, ce qui veut dire que vous avez été élevée à Manhattan ... dans un foyer sinon aisé, au moins rassurant et chaleureux. Vous avez été choyée. Vous êtes brillante, vous avez dû aller dans une très bonne fac, vous aviez le choix. Oui, vous aviez plusieurs options plus intéressantes, socialement parlant bien sûr. Et pourtant vous êtes là. Vous ne vous souvenez pas de votre vrai nom, vous l'avez laissé entendre ce matin, donc il vous est arrivé quelque chose de traumatisant dans votre enfance. Vous cherchez qui vous êtes et ce qui vous est arrivé. Voilà pourquoi voue êtes devenue flic!

 

Swan avait blêmi à l’écoute de cette analyse du journaliste. Comment pouvait-elle être aussi transparente pour un parfait inconnu? Elle allait devoir se montrer beaucoup plus prudente avec lui.

Castle n’avait rien manqué du trouble de la jeune femme. Il s’en voulut d’avoir effacé son sourire et sa bonne humeur avec son analyse de vantard.

 

- Vous ne me connaissez pas, rétorqua-t-elle amère.

 

- Ce sont juste quelques suppositions, je ne prétends pas vous connaître ... 

 

Elle se leva et quitta la table sans un mot. Il n’osa pas la suivre.

 

- Si je rentre sans vous, le chef me le reprochera, dit-elle sans se retourner. Alors ne traînez pas.

 

- J’arrive, répondit-il en se levant pour trottiner vers elle. 

- Payez la note d’abord, après tout, c’est vous le journaliste plein aux as! Ajouta-t-elle avant de quitter le restaurant.

 

- ... Wah! Cette fille! Murmura-t-il amusé.

 

Il sortit quelques billets de son portefeuille et les déposa sur la table avant de partir à son tour.


Minefuji  (10.04.2020 à 17:17)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E15
Mercredi 3 juin à 21:10
1.81m / 10.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Nouvelles séries, retours, fins de saison et remises de prix, voilà un horaire chargé pour bien...

Une bande-annonce pour la saison 2 de Sugar d'Apple TV

Une bande-annonce pour la saison 2 de Sugar d'Apple TV
Apple TV a mis en ligne une bande-annonce de la deuxième saison de sa dramatique policière...

Baywatch : la mère de Hobie Buchannon entre en scène

Baywatch : la mère de Hobie Buchannon entre en scène
Le casting du reboot de Baywatch continue de s'étoffer : Mary McDonnell (Major Crimes) s'invite sur...

HypnoRooms

sanct08, 01.06.2026 à 12:43

Hello, nouveau mois sur Star Trek, Le Caméléon, La Roue du temps et The X-Files :=)

Mercolin, 01.06.2026 à 20:34

Nouveau mois et nouveau sondage sur les vacances sur le quartier Merlin

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages