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Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 125 paragraphes
Chapitre cent un
Ils étaient arrivés sur le lieu de l’échange et prenaient des photos à une bonne distance, cachés derrière un tas de palettes et des fûts de transport. Un autre camion était arrivé et plusieurs hommes en étaient sortis.
- Qu’est-ce que c’est? Avait demandé Jim lorsque les hommes avaient ouvert la porte du camion.
- Aucune idée, avait répondu Jackson. On dirait des bidons comme ceux qu’on utilise pour la peinture...
Les hommes ouvrirent les portes de l’autre camion, qui contenait des cartons de marchandises. Un homme en sortit une liasse de billets qu’il montra à l’autre équipe.
- Cent mille dollars pour un pot de peinture? Avait dit Jim effaré. Il y en a au moins dix, non?
- Ce qui fait un million de dollars dans ce camion!
- Il me faut un de ces pots de peinture! Avait annoncé Jim.
- Wow! Qu’est-ce que tu fais? Avait demandé Jackson en le retenant par le bras.
- Ça va aller! Ils ne vont pas me tuer, je suis avocat! Avait souri Jim confiant. Détends toi !
- Ben voyons! Et s’ils te voient! Marmonna Jackson. J’ai l’habitude de ce genre de gars, ils ne rigolent pas! Ils n’ont pas un code qui dit qu’il ne faut pas s’en prendre aux avocats!
- Ne sois pas si trouillard, il n’y a aucun risque! Avait rétorqué Jim en le bousculant légèrement.
Seulement en reculant, Jackson avait fait tomber un fût, alertant ainsi les trafiquants .
Les deux amis se figèrent.
- Je vais faire diversion, avait alors lancé Jim dans la panique. Toi, attrape un de ces bidons et cours à la voiture! .
Et il avait filé, révélant sa présence aux trafiquants, qui l’avaient pris en chasse sous le regard inquiet de Jackson.
Comme convenu et malgré son angoisse pour son ami, ce dernier avait alors couru vers le camion, attrapé un des bidons, qu’il avait ramené à la voiture où les attendait William.
- Qu’est-ce qu’il se passe? Avait demandé ce dernier.
- Jim est en danger. Je vais le chercher, alors... Fais tourner le moteur et tiens toi prêt à partir.
Malheureusement, lorsqu’il avait retrouvé Jim, les trafiquants l’avaient assassiné d’un coup de barre de fer à la tête.
William, qui l’avait suivi, avait alors tenté de l’empêcher de se précipiter vers eux. Mais Jackson était sorti de leur cachette et avait photographié les hommes qui avaient assassiné son ami. William s’était jeté sur lui et l’avait entraîné jusqu’à la voiture.
Là, il l’avait jeté sur la banquette arrière et s’était installé au volant pour fuir les lieux malgré les cris de Jackson qui appelait son ami.
Jackson s’était caché pendant quelques jours après ça et avait finalement découvert ce qu’était cette peinture.
Il s’agissait d’un faux antioxydant. Au lieu d’empêcher la rouille des matériaux en acier, ça en accélérait le phénomène. Il s’était alors rendu au commissariat pour témoigner.
Des hommes étaient entrés dans la salle d’interrogatoire à ce moment là de la déposition de Jackson.
- La cassette s’arrête là, dit Kate..
- Nos pères ont eu des vies épuisantes... murmura Rick.
- C’est vrai.
- Ah... Enfin... C’est fini, souffla-t-il.
- Quoi donc? demanda Kate.
- Mon devoir... Envers mon père, mon maître et toi...
- Tu as bien travaillé, sourit-elle tandis qu’il s’allongeait et posait la tête sur ses genoux.
- Kate...
- Mhm?
- Pendant que je dormais, je me demandais...
- Tu te poses des questions en dormant?
- Est-ce que c’est difficile de vivre comme les gens ordinaires?
- Tu as envie de vivre comme les gens ordinaires?
- J’ai envie de vivre avec toi... murmura-t-il.
- Je ne sais pas si on arrivera un jour à vivre comme des gens ordinaires, mais...
- Tu resteras près de moi?
- Toujours.
- Alors je suis content.
Lorsque William rentra chez lui, la table était dressée et Johanna l’attendait.
- Tu n’as pas préparé de dîner en mémoire de Kathy cette année?
- Non, j’ai seulement fait un déjeuner.
- Tu as eu une crise aujourd’hui, non?
- Oui, mais c’était bref. Ça va mieux maintenant.
William lui sourit et s’installa en face d’elle pour dîner.
- J’ai regardé l’émission de Jamie, annonça Johanna.
- Tu n’aurais pas dû. Comment t’es tu sentie après ça?
- Que savais-tu de tout ça exactement? Demanda Johanna qui en avait assez qu'il utilise son état de santé pour la tenir loin de la réalité. Pourquoi ne m’as-tu rien dit?
- Je ne t’ai rien caché. J’attendais dans la voiture. Jackson est arrivé en courant et m’a dit qu’on devait partir. J’ai fait ce qu’il a dit. Je ne te l’ai jamais dit, mais j’ai toujours soupçonné Jackson. Heureusement, j’avais tord. Mhmm! Cette soupe est délicieuse !
- J’ai essayé une nouvelle recette, tu aimes? Sourit faussement Johanna.
- C’est très réussi!
Après le dîner, William souhaita une bonne nuit à Johanna et se rendit dans son bureau où il prit un livre.
Le souvenir des mots de Loksat la première fois qu’il l’avait rencontré, revenait en boucle dans son esprit.
- Ferme les yeux et quand tu les rouvriras, tu verras le monde différemment...
La promesse de Loksat de lui permettre de donner les meilleurs soins à Johanna avait balayé ses dernières réticences. Ses amis étaient morts, il ne pouvait plus rien pour eux. Il devait prendre soin de Johanna et de son petit frère.
Au début, accuser Jackson du meurtre de Jim avait été une torture et puis bizarrement, au fur et à mesure, cela était devenu plus facile. C’était comme si l’histoire qu’on l’avait obligé à raconter était finalement devenue la vérité.
Ça avait été la même chose, quand il avait retrouvé Kathy à l'orphelinat où les services sociaux l'avaient amenée lorsqu'elle avait été trouvée dans cet ancien transformateur.
Pris dans un affreux dilemme, William avait emmené la fillette dans sa voiture et pris l’Interstate. Il lui fallait un peu de temps pour réfléchir. Et puis amener la fillette auprès de sa mère qui était clouée sur un lit d’hôpital, branchée à plusieurs machines, ce n’était pas une bonne idée. Ça pourrait traumatiser la petite. Il avait choisi de l’emmener chez une de ses tantes, qui habitait à la campagne. Elle s’occuperait bien de la petite le temps que Johanna se rétablisse. C'était la meilleure solution.
Il s’était arrêté sur une aire d’autoroute et avait laissé la fillette dans la voiture le temps de payer son plein d’essence et d’acheter quelques biscuits et du jus de fruits pour la petite. À son retour, elle n’était plus là. La fillette réclamait sa mère sans arrêt, elle avait sans doute cru apercevoir cette dernière et avait quitté la voiture.
Il ne l'avait pas cherchée longtemps, il était rentré chez lui. Il suffisait de dire à Johanna qu'il ne l'avait pas encore retrouvée. Quelques semaines plus tard, il n'avait reçu aucune information au sujet de Kathy. Il avait alors dit à Johanna qu'on lui avait dit qu'elle était morte.
Comme son mensonge au sujet de Jackson, celui ci était devenu facile au fil du temps et finalement, il avait remplacé la vérité.
Bien que les gars et Lanie se montrèrent impatients d’avoir l’explication de Swan au sujet des derniers événements, celle-ci leur annonça qu’ils devraient attendre le lendemain. Elle demanda à Lanie d’examiner Castle et lorsqu’elle fut certaine qu’il n’avait besoin que d’une bonne nuit de sommeil pour être de nouveau sur pieds, elle le raccompagna chez lui, avant de rentrer chez son père adoptif, pour partager avec lui le cookie fait par sa mère qu’elle avait conservé précieusement toute la journée.
- Oh! Quel dommage, il est cassé, dit Royce lorsqu’elle l’eut déballé.
- Mince! J’y ai pourtant fait attention toute la journée. .
- Ta mère a l’air d’être une très bonne cuisinière
- Dans leur maison, le plan de travail a été adapté pour être pile à la bonne hauteur pour son fauteuil roulant.
- Si elle aime autant cuisiner, ça ne fait aucun doute, ce doit être une excellente cuisinière!
- Tiens, goûte, dit-elle en lui donnant un morceau.
- Non, toi d’abord...
- Mais je l’ai apporté pour toi!
- Mhm! C’est fabuleux ! s’écrièrent-ils en même temps.
- Tiens, il y en a encore plein, dit-elle.
- Bon... Et ce vaurien, je le vois quand? Demanda alors Royce sérieux.
Chapitre cent deux
- Lequel? Demanda-t-elle. J’en connais tellement.
- Amène le ici un de ces jours, suggéra Royce.
- Pourquoi? Pour que tu le frappes?
- Pourquoi avoir choisi un type aussi chétif ? Soupira-t-il. Après tout ce que tu as vécu étant petite, tu mérites d’avoir quelqu’un de fort et solide à tes côtés. Un gars dans les bras de qui tu trouverais du réconfort. Pourquoi avoir choisi un trouillard qui pleurniche?
Elle éclata de rire.
- Pourquoi tu rigoles?
- Un trouillard qui pleurniche! Répéta-t-elle hilare.
- Et c’est drôle?
Lorsqu’elle monta dans sa chambre, Kate y trouva Rick qui l’attendait tout sourire.
- Comment tu es entré? Demanda-t-elle.
- Par la fenêtre. Tu sais que tu devrais penser à la fermer, ce n’est pas très prudent, dit-il en s’approchant pour la prendre dans ses bras.
- Attends! Recule d’un mètre!
- Quoi?
- Si tu veux vivre normalement, commence par entrer normalement chez les gens! Passe par la porte!
- C’est noté, je ferai ça la prochaine fois.
- Taratata! Fais le tout de suite!
- Il fait nuit noire! Ton père n’appréciera pas que je débarque chez toi à une heure aussi tardive! Et puis...
- Et puis quoi?
- Et puis s’il m’empêche d’entrer, je ne pourrais pas t’offrir ton cadeau!
- Mon cadeau? Quel cadeau?
- Celui-là, dit-il en sortant une chaîne et un pendentif de sa poche.
- Tu ne l’as même pas emballé...
- Il fallait?
- C’est ce que les gens font en général quand ils offrent des cadeaux.
- Ah... Je tâcherai de m’en souvenir la prochaine fois... Dit-il en le lui accrochant autour du cou. C’est un pendentif spécial, il est équipé d’un traceur.
- Non mais écoutez le! Dit-elle en levant les yeux au ciel. Tu veux harceler ta petite amie?
- Euh... Non! Répondit-il. Tu peux choisir de l’activer ou de le désactiver comme tu veux. Il y a un petit bouton là. Quand tu te sens en danger, appuies dessus.
- D’accord, dit-elle en le serrant dans ses bras. Mais...
- Mais quoi?
- Eh bien tu as dit que tu voulais vivre une histoire ordinaire...
- Oui? Et alors?
- C’est que nous deux... Ça n’a rien de vraiment ordinaire, dit-elle en l’embrassant tendrement. Tu ne trouves pas?
- Euh... Si peut-être... Mais si je te dis que c’est ça que je veux?
- Alors ça me va, sourit-elle en l'embrassant de nouveau.
Cette fois, ce fut lui, qui mit fin à leur baiser.
- Qu’est-ce qu’il y a?
- Donc pour faire comme la plupart des gens, il faut que j’aie un travail, que je rencontre ton père...
- Et que tu utilises ce truc que l’on appelle une porte, termina-t-elle en se dirigeant vers la porte de sa chambre.
Mais quand elle se retourna, il avait déjà filé...par la fenêtre.
- Incorrigible, soupira-t-elle.
Royce terminait de ranger le comptoir quand Rick entra d’un pas déterminé.
Cependant, il se dégonfla dès que son regard croisa celui de Royce.
- ... Arf... Je ne peux pas faire ça... Je... Euh... Je pense que je... Reviendrai une autre fois...
- Eh, Royce, lança L’ours en sortant de la cuisine, j’ai oublié de...
Castle voulu reculer mais avec l’arrivée de L’ours dans la pièce, il était maintenant encerclé. Et le moins que l’on pouvait dire, c’était que les deux hommes étaient prêts à en découdre avec lui. Aussi inoffensif que John Kaffe, hein? Songea Rick.
- Euh... Monsieur... Je suis venu me présenter convenablement... Commença Rick de plus en plus mal à l’aise tandis que Royce et L’ours faisaient craquer leurs doigts.
Oh!... Je dois aussi... Euh... Vous dire que... Euh... Je suis désolé...
Prise d’un doute, Kate redescendit les escaliers et trouva Castle dans le bureau de son père en compagnie de ce dernier et de L’ours.
- Papa! Qu’est-ce que vous faites?
Royce l’empêcha d’entrer.
- N’entre pas. Si tu entres, il est mort.
- Papa!
Royce referma la porte au nez de Swan, qui le supplia de ne pas y aller trop fort tout de même.
Rick se retrouva donc assis face à Royce et L’ours. Si c’était ça, la vie que menaient les gens ordinaires, il valait peut-être mieux qu’il revienne à sa vie de mercenaire, elle était moins dangereuse.
- J’ai quelques questions à te poser, commença Royce. L’autre jour au café...
L’ours grimaça à l’évocation de ce moment où Rick et Lola s’étaient embrassés. Royce aussi eut une grimace de douleur. Rick se sentit vraiment très mal à l’aise.
- Ma fille et toi, continua Royce doucement avant de soudainement se lever et hurler. ALORS QUE J’ÉTAIS LÀ!
Rick bondit du fauteuil et recula de plusieurs pas.
- Ne le tuons pas tout de suite, intervint L’ours pour calmer Royce. Soutirons lui des informations d’abord. Là, calme-toi, je prends le relais.
Royce consentit à se rasseoir, Rick en fit de même, prudemment.
- Donc, jeune homme...
- Oui, monsieur?
- Jusqu’où es-tu allé avec elle?
- Non mais ça ne va pas? Intervint Royce en bousculant L’ours. Les nouilles au poulet étaient bonnes?
- Ah oui! Délicieuses!
- Tu vois? C’était lui! Elle m'a appelé pour me demander ma recette de nouilles au poulet. Elle soignait un ami malade. Elle s’est occupée de lui toute la nuit! S’étrangla Royce en se relevant aussitôt, L’ours tentant de le retenir pour l’empêcher de tuer Rick qui fuyait à l’autre bout de la pièce. Comment as-tu osé l’embrasser devant moi?
- Non, Royce! Ne le tue pas! Criait L’ours.
- Je suis un ancien flic, tu sais, je sais parfaitement m’occuper des voyous dans ton genre! Criait Royce en poursuivant Rick dans la pièce.
- Désolé monsieur...
- Désolé? Vous n’êtes même pas mariés! S’écria Royce en bousculant la table basse pour tenter de l’attraper.
Dans la pièce à côté, Swan entendait le vacarme que faisaient les trois hommes.
- Ça ne se passe pas si mal que ça, finalement, soupira-t-elle en dégustant l’une des douceurs qui restaient dans la vitrine des pâtisseries.
Après ces présentations plutôt houleuses, Rick rentra sagement chez lui, comme était censé faire un prétendant sérieux et respectueux. Il se servit une bière dans son frigo et soupira, la vie des gens ordinaires n’était vraiment pas simple.
Il y eut un léger bruit derrière lui, il se retourna vivement et découvrit Kate.
- Wah! Tu es redoutable d’efficacité pour entrer chez les gens par effraction, tu es sûre que tu mènes une vie ordinaire?
Chapitre cent-trois
- Je n’y peux rien si tu n’as pas de véritable porte et encore moins de sonnette, dit-elle en s’approchant de lui. Et puis...
Elle enroula ses bras autour de son cou et l’embrassa tendrement.
- Et puis? Demanda-t-il.
- Et puis avec le père que j’ai eu et les anciens taulards qui m’ont servi de modèle, je ne suis pas sûre de savoir vraiment ce que c’est de vivre comme les gens ordinaires...
- Ah... Et... Euh... Bredouilla-t-il alors qu’elle passait ses mains sous son pull tout en parsemant son cou de tendres baisers. Euh... On... wah...Ton père a dit... Qu’on devait... être marié pour...
- Rick... soupira-t-elle sans cesser ses caresses.
- Ouiii?
- Tu sais bien qu’on ne peut pas revenir en arrière, n’est-ce pas?
- Euh... Ah ben oui... C’est sûr...
- Alors la promesse que mon père et L’ours t’ont extorquée ne sert à rien. On a déjà...
- Euh... Peut-être, mais... Protesta-t-il. Je veux faire les choses bien...
Elle se figea et le dévisagea.
- Qu’est-ce qu’il y a? Demanda-t-il.
- T’es sérieux ?
- Euh... Bah oui!
- T’es en train de me parler de mariage? Précisa-t-elle pour être certaine d’avoir bien compris de quoi il parlait.
- Absolument ! Je veux faire ça bien! Comme les gens ordinaires !
- Rick! On se connaît depuis quelques semaines et encore! Les gens « ordinaires » ne se marient pas alors qu’ils se connaissent à peine!
- Bah oui, mais moi je n’ai pas envie d’attendre ! Bougonna-t-il avec une moue très enfantine.
- Quoi? Tu ne peux pas attendre de me connaître mieux avant d’envisager de passer ta vie avec moi?
- Oh! ben non, ça je le sais déjà. Mais j’ai pas envie d’attendre des mois avant de pouvoir te toucher... Enfin... Tu vois quoi...
Elle lui attrapa la main pour la poser sur son sein.
- Je ne t’ai absolument pas demandé d’attendre d’être mariée avec toi pour ça! Rappela-t-elle. Tu es mon petit ami !
- Mais ton père a dit que...
- Mon père est très vieux jeu en ce qui me concerne, mais je te rappelle que suis majeure, je n’ai pas besoin de sa permission pour faire ce que j’ai envie de faire avec mon petit ami! Tu crois que lui as attendu le mariage?
- Euh... Je croyais que ton père était célibataire...
- Il l’est! Et ça ne l’empêche pas d’avoir des petites amies, et quand il est avec elles, je peux t’assurer qu’il ne joue pas au Scrabble!
- Alors je peux...?
- Je suis la seule personne de qui il te faut la permission, dit-elle en enroulant ses bras autour de son cou pour l’embrasser.
- Ah... Bah... C’est pas si compliqué alors... Sourit-il en répondant à son baiser avec passion.
Tendrement lovée dans les bras de Rick, Swan rêvassait, savourant le calme retrouvé et le bien-être qu’elle ressentait dans ses bras.
- À quoi penses-tu ? Demanda-t-il alors qu’elle demeurait silencieuse depuis un bon moment.
- À ce que ton arrivée dans me vie a déclenché...
- Arf, c’est vrai que depuis que tu me connais, tu cumules les ennuis, soupira Rick.
- Depuis que je te connais, rectifia-t-elle en se tournant vers lui, j’ai appris d’où je venais, j’ai retrouvé ma mère, je sais également d’où viennent mes cauchemars et...
Elle l’embrassa tendrement.
- Et?... Demanda-t-il intrigué.
- ... Et je ne me sens plus seule... termina-t-elle en l’embrassant de nouveau. C’est un peu comme si tu avais réparé mes failles...
- Je sais ce que tu ressens, dit-il alors qu’elle se nichait dans ses bras.
- Ah oui?
- Mhm... Tu te rappelles la fois où tu as parlé de Storm à Castle? Tu disais que tu avais l’impression de savoir ce qu’il ressentais, parce que vous étiez pareils...
- Mhm, oui, je m’en souviens...
- Je n’avais jamais rencontré quelqu’un capable de mettre des mots sur ce que je ressentais. Tu es la seule personne qui me comprenne vraiment... Avant de te rencontrer, je vivais comme un robot. Mon seul objectif, c’était de gagner suffisamment d’argent pour m’acheter une île dans le Pacifique sud.
- Et maintenant?
- Maintenant, je veux mener une vie normale. Tu m’as montré que je pouvais prendre le risque de m’attacher à nouveau à quelqu’un. Alors on peut dire que toi aussi, tu as réparé mes failles.
- Mais ma présence à tes côtés te rend plus vulnérable, dit-elle.
- Ne dis pas n’importe quoi, tu n’es pas une princesse de contes de fées, qu’il faut protéger. Tu es forte, je ne m’en fais pas pour toi.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire...
- Qu’est-ce que tu voulais dire alors? Demanda-t-il.
- Tant que tu vivais ta vie solitaire et sans attache, rien ne pouvait t’atteindre... Mais s’ils s’en prenaient à moi pour t’atteindre, comme ils l’ont fait avec ta mère...
- Je ne laisserai personne toucher à un seul de tes cheveux, réagit-il aussitôt.
- Tu vois? C’est ce que je disais, tu te jetterais dans la gueule du loup!
- Mais je ne vais pas les laisser s’en prendre à toi tout de même!
- Promets-moi que tu ne te fonceras pas dans un piège qu’ils te tendraient en s’en prenant à moi!
- Comment veux-tu que je te promette un truc pareil? Tu me laisserais toi?
- Evidemment!
- Menteuse!
- Rick, je suis flic! C’est mon métier de prendre des risques pour protéger les gens!
- Eh bien moi, je suis un mercenaire, je remplis des missions pour lesquelles je suis payé, bien plus qu’un flic d’ailleurs! L’un de mes clients m’a demandé de te protéger, alors...
- Je croyais que tu voulais mener une vie normale! Rétorqua-t-elle. Mercenaire, ce n’est pas un boulot « normal »!
- Je sais... soupira-t-il, mais c’est tout ce que je sais faire...
- Tu n’as pas réfléchi à ce que tu pourrais faire d’autre? Demanda-t-elle.
- Bah... Je pourrais devenir vraiment journaliste... Jamie m’engagerait sûrement dans son équipe.
- C’est une chouette idée, sourit-elle.
- Tu trouves?
- Mhm-Mhm, tu pourrais vraiment faire cet article sur la police de NewYork...
- C’est vrai...
- Tu connais vraiment le maire de New-York ?
- Penses-tu ! C’est M, qui a tout bidouillé, elle est redoutable, tu sais? Enfin... J’ai peur d’un peu trop bien connaître le futur maire de New-York...
- William Bracken ne deviendra jamais maire de New-York.
- Espérons le...
Chapitre cent-quatre
Le lendemain, Rick et Kate passèrent leur première journée de tranquillité depuis longtemps, profitant du bonheur simple d’être ensemble.
Mais le surlendemain, lorsque Swan arriva au poste, elle était attendue par les gars et Lanie. Elle les salua rapidement et fila dans le bureau du capitaine, d’où elle ressortit au bout d’un quart d’heure.
- Ah! Enfin, la voilà! Se réjouit Ryan.
- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Swan.
- Il se passe, que tu nous dois quelques explications, jeune fille! Lança Lanie.
- Oui, qu’est-ce que tu nous as fait faire l’autre jour? Pourquoi on a retrouvé Castle endormi dans le salon de ce type?
- C’est une longue histoire...
- Et Castle endormi contre ton épaule, ricana Ryan, ça aussi c’est une longue histoire?
- Euh... Rougit Swan.
- Ok, déclara Lanie, toi et moi, on déjeune en tête à tête!
- ...
- Et ne cherche pas un moyen de te défiler! L’avertit Lanie.
- Okay, murmura Swan gênée.
- Et nous? On peut venir? Demanda Ryan.
- En tête à tête, ça veut dire seulement deux têtes! Répondit Lanie. Vous n’aurez qu’à cuisiner Castle!
- Tu parles, ça fait des jours qu’il n’est pas venu au poste, marmonna Esposito.
- Bon, il faut que j’y aille, moi! Dit Swan.
- Quoi? Mais tu viens d’arriver!
- Je suis juste venue voir le capitaine. Je repars au journal de Jamie pour mon enquête sous couverture.
- Encore cette vieille affaire?
- Cette vieille affaire, comme tu dis a entraîné la mort de plusieurs personnes, il est hors de question que les responsables s’en sortent!
- Okay, soupira Esposito. N’oublie pas qu’on est là, si tu as besoin.
- Pour faire de la figuration aussi, ajouta Ryan en mettant ses lunettes de soleil à la façon de Hutch dans l’une de ses séries préférées.
- Merci les gars, sourit Swan.
- Tu disais que Castle dormait la tête appuyée contre son épaule, dit Lanie en se tournant vers Ryan lorsque la jeune femme fut partie.
- Oui, apparemment le type qui avait fait enlever Castle avait mis une drogue dans un bâton d’encens qu’il a brûlé. On a retrouvé Castle complètement dans les vapes.
- Interessant... Fit Lanie mystérieusement.
- En quoi un bâton d’encens empoisonné est intéressant? Demanda Ryan.
- Mais non, ce bâton n’a rien d’intéressant. Je parlais de Swan et Castle.
- Quoi? Tu sais quelque chose? Demanda Esposito.
- Mhmmm... Peut-être... fit Lanie en s’en allant, laissant les gars avec leurs interrogations.
Un peu plus tard, dans les locaux du journal de Jamie, celui-ci annonça à ses collègues, qu’ils avaient reçu beaucoup de messages suites à leur émission. Beaucoup de personnes déclaraient avoir déjà rencontré Loksat, d’autres disaient avoir des informations sur le revêtement anticorrosion dont Jackson avait parlé lors de son témoignage en 1983. Ils allaient devoir faire le tri, tout vérifier et contre vérifier chaque témoignage, interroger les personnes impliquées, pour préparer une contre émission à celle que son frère allait bientôt donner au sujet de sa candidature à la mairie.
- Euh, patron, pour couvrir une contre émission à celle de votre frère ce soir, ça va être difficile! Il nous faut plus de personnel, commença le responsable éditorialiste.
- Voilà les renforts, dit Jamie en se tournant vers l’entrée, où Rick et Swan venait d’arriver.
- Heu... Salut tout le monde, dit timidement Castle.
Swan se contenta de leur adresser un sourire et un signe de la main.
- Hey! Se réjouirent les journalistes. Depuis quand les débutants font une infiltration et une enquête pareille?
- Ça fait plaisir de vous revoir! Surtout toi Castle, ça faisait des jours qu’on était sans nouvelles!
Pendant que Castle recevait des félicitations de toutes parts, Swan s’approcha de Jamie et le salua.
- Il veut vivre comme les gens ordinaire, annonça-t-elle avec un grand sourire.
- Ce n’est pas facile de vivre normalement, déclara sagement Jamie.
- Je pense qu’il ne sait même pas ce que ça veut dire. Pourtant ça n’a rien d’exceptionnel, rit-elle, mais je pense que c’est ce qu’il veut, puisqu’il est revenu en tant que Rick Castle. Il n’est plus Storm, d’ailleurs! Je me demande s’il n’a pas été renvoyé finalement....
- Johanna m’a beaucoup parlé de toi, annonça Jamie tout sourire.
- Vraiment? Se réjouit la jeune femme. Qu’est-ce qu’elle a dit?
- Elle veut te revoir, elle m’a demandé d’arranger ça, expliqua Jamie, elle voudrait une interview spéciale Johanna Beckett.
- Vous... Vous croyez que je peux aller la voir aujourd’hui ?
- Je pense qu’elle en serait ravie, assura Jamie.
Castle parvint à se frayer un chemin jusqu’à eux, histoire que Kate ne s’amuse pas trop longtemps avec Jamie, après tout, il avait l’air de beaucoup l’apprécier et elle discutait un peu trop joyeusement avec lui à son goût.
- Il faut qu’on y aille, dit-il en attrapant une caméra. On a du pain sur la planche!
- À plus Jamie! Lança-t-elle alors que Rick l’avait prise par la main.
Ils se rendirent sur un chantier où ils trouvèrent un des témoins qui s’était manifesté après avoir vu l’émission de Jamie.
Swan l’interviewa et Rick les filma de manière à ce qu’il restât anonyme.
- J’ai travaillé sur ce pont en 1983 et vous savez ce qu’il s’est passé? Demanda l’ouvrier. Il s’est effondré avant même l’ouverture. À l’époque, on en a beaucoup parlé. Ils nous avaient demandé de changer le revêtement comme ça, tout d’un coup et après, le pont s’est effondré.
- Et qu’est-il arrivé à la société de construction ? Demanda Swan.
- À votre avis? Rétorqua l’ouvrier. Elle a été rachetée juste avant de couler.
La jeune femme appréciait particulièrement le fait d’enquêter avec Rick, même si ce dernier passait son temps à bâiller a s’en décrocher la mâchoire et à se plaindre dès qu’il s’agissait de traverser la ville pour aller interroger un autre témoin.
Finalement, mener une vie normale n’était pas si facile qu’il l’avait pensé..
Comme promis, Swan laissa Rick dormir pendant la pause déjeuner et rejoignit Lanie.
Elle confia à sa meilleure amie tous les événements récents qui avaient bouleversé sa vie. En bonne auditrice, la légiste ne manqua pas de ponctuer le récit d’interjections de surprise, de soulagement ou encore de colère.
- Alors... Comme ça... Tu as retrouvé ta mère...
- Si on veut...Soupira Swan. Moi, je sais qui elle est, mais elle ne sait pas qui je suis et me croit morte. Et si jamais je venais à lui dire qui je suis, ça pourrait la tuer...
- C’est rude, soupira Lanie. Alors... Toute cette histoire dans l’émission de ce journaliste... Ce Jamie... C’est ton histoire?
Chapitre cent-cinq
- Mes parents y ont été mêlés, rectifia Swan. Mon père était le jeune homme qui a été tué, alors qu’il faisait une enquête... Quant à ma mère, elle a eu ce grave accident alors qu’elle tentait d’échapper à ses poursuivants. Ce qui est réconfortant, c’est que je n’ai pas été abandonnée par mes parents. Mon père a été assassiné et m’a mère m’a cachée pour me sauver la vie, malheureusement, elle n’a pas pu revenir me chercher à cause de son accident... Tu te rends compte qu’elle me croit morte depuis dix-neuf ans?
- Ça doit être horrible pour elle, dit Lanie compatissante. Et pour toi aussi de ne pas pouvoir lui dire que tu es vivante... Et donc, ton vrai nom...
- C’est Katherine Beckett! Et mon anniversaire, c’est pas en mai, mais en novembre!
- Vois le bon côté des choses, ça te rajeuni de six mois. Tu vas reprendre ton vrai nom?
- Mhm... Pour le moment, officiellement je suis morte, alors la question ne se pose pas...
- Et Castle? Demanda Lanie en arrivant enfin au sujet qui l’intéressait le plus.
- Quoi Castle?
- Je croyais qu’il était comme une « sœur » pour toi...
- C’est vrai!
- À d’autres! Hier tu as risqué ta plaque en entrant dans cette maison sans autorisation pour le sauver.
- Je ne pouvais pas le laisser mourir tout de même!
- Tu pouvais attendre le mandat, rétorqua Lanie.
- Je ne l’aurais pas fait si ça avait été toi ou un des gars, qui avait été dans cette maison !
- Ok, fit Lanie. Et ton mercenaire?
- Mon mercenaire?
- Oui, si ce n’est pas Castle, qui a mis cette lueur dans ton regard, alors ce doit être ce mercenaire. Je te connais, ma grande, quand tu craques pour quelqu’un, ça n’a rien d’éphémère...
- Tu as raison, sourit Swan en rougissant légèrement.
- Wah! Sérieux? Je suis contente pour toi! Et comment ça se passe?
- Jusqu’à maintenant, il vivait dans un autre monde, mais à présent, il veut rejoindre notre monde et vivre comme les gens normaux, expliqua la détective. C’est à la fois drôle et pathétique à voir. Tu sais comment sont les félins, quand ils ne chassent pas, ils dorment. Il est pareil. Son salaire est du pur gâchis!
- Son salaire? Il a réussi à trouver un emploi?
- Oui, il est plutôt débrouillard, il peut se fabriquer un CV et être crédible, un vrai caméléon.
- Qu'est-ce qu'il fait?
- Oh! Euh... Un petit boulot comme ça...
- Attends... Comment sais-tu qu'il passe son temps à dormir au travail? Demanda Lanie. Oh! Je vois! Il travaille au journal avec toi!
- Pourquoi tu poses des questions si tu fais les réponses? Grinça Kate.
- Mhmmm... Et Castle? Il est journaliste.... Oh! Oh! Le portrait robot! Castle est ton mercenaire !
- Je t'en supplie! Ne dis ça à personne!
- Ton secret sera bien gardé avec moi, sourit Lanie. Mais en échange, je veux des détails! Raconte-moi tout.
De son côté, Rick fut réveillé par l’un de ses collègues.
- Castle! Castle!
- Mhm?
- Ton salaire a été viré, tu devrais aller vérifier...
- Okay... Marmonna-t-il en se rendant dans la petite cuisine en bâillant.
- M... Combien je suis payé? Demanda-t-il une fois seul.
- Après les déductions ici et là, un peu plus de sept cents dollars, annonça M.
- Quoi? Attends... Si peu? Pour un mois de travail complet? Arf... Marmonna-t-il.
- Au fait, rends-moi l’oreillette, ordonna M.
- Pourquoi?
- Tu as démissionné, tu te souviens? Tu ne peux pas conserver un bien de l’entreprise.
- Arrête... Comment tu peux me dire une chose pareille?
- Tu te fiches de moi? S’énerva M. ARRÊTE DE DIRE DES ÂNERIES!
- Aïeuh ! Grimaça Rick en retirant son oreillette. Elle et son fichu caractère...
- Bon! Tu la trouves cette fichue voiture? Hurla M après avoir mis fin à cette conversation avec son ancien employé. Elle est noire!
- Mais c’est qu’il y a tellement de voitures! Gémit Haley. Qu’est ce que je peux y faire?
- C’est pour ça que ton prédécesseur était toujours sur les toits! Rétorqua M hors d’elle, c’était plus pratique pour les repérer! Bon sang, je ne vais quand même pas devoir tout t’expliquer!
- Qu’est-ce que je vais faire avec si peu d’argent? Se lamentait Rick en sortant de la douche ce soir-là.
Kate leva le nez de sa lecture et regarda autour d’elle. Mis à part son équipement en terme de jeux vidéos et d’ordinateurs, Rick se contentait de récupérer ses meubles dans les magasins de seconde main ou carrément sur les trottoirs de Manhattan.
- Tu as l’intention d’augmenter ton train de vie? Demanda-t-elle.
- Il va falloir faire des travaux pour aménager cet endroit, je veux qu’il soit confortable pour toi.
- Tu es adorable, se réjouit-elle, mais ne t’inquiète pas pour mon confort.
- Mhm... Fit-il en venant s’installer près d’elle peu convaincu. Qu’est-ce que tu lis?
- J’ai trouvé ça dans ce qui te sert de bibliothèque... Ça ne te dérange pas, j’espère.
- Il y a de vrais livres dans cette bibliothèque, fit-il remarquer, pourquoi lis-tu mes vieux cahiers?
- C’est toi qui a écrit ça? Demanda-t-elle étonnée.
- Mhm... C’est une sorte de hobby. Parfois je m’ennuie entre deux missions ou même carrément pendant certaines missions, alors j’ai pris l’habitude d’écrire les histoires qui me passent par la tête dans ces moments-là... Beaucoup sont inspirées de mes missions.
- C’est drôlement bien, tu n’as jamais pensé à les envoyer à un éditeur?
- Euh... Non...
- Tu devrais! Tu as du talent. D’ailleurs, je pense qu’avec une plume pareille, Jamie accepterait de publier tes articles. Richard Castle le journaliste pourrait bien devenir réel.
- Tu n’y as jamais cru à cette histoire, hein?
- Non, c’est vrai. J’ai toujours énormément lu et je préfère les journaux à la télévision pour me tenir au courant des actualités, un journaliste tel que ce Richard Castle n’aurait pas pu m’être inconnu.
- Pourquoi tu n’as pas prévenu le capitaine Montgomery alors? Pourquoi accepter que je te suive partout dans ton travail?
- Tu connais l’adage : « Sois proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemis »?
- C’est une réplique du parrain!
- Tu connais tes classiques, c’est bien.
- Donc... Tu me voyais comme un ennemi?
- Les amis de mon père m’ont appris à me méfier de tous ceux qui m’approchaient. Tant qu’elle n’a pas fait ses preuves, toute personne qui entre dans ma vie est d’abord dans la catégorie « suspect ».
- Wah... C’est un peu triste, non?
- C’est sans doute ce qui m’a permis de rester en vie jusqu’à aujourd’hui. En plus, je te rappelle qu’à l’époque, tu me filais nuit et jour!
- Ma meilleure mission, sourit-il rêveur.
- Tu devrais peut-être remercier Jamie pour ça... Et puis, ça te va bien de dire ça! Ose me dire que tu fais confiance aveuglément à toutes les personnes qui t’approchent.
- Mhm... C’est vrai, je suis devenu très méfiant, moi aussi. Mais c’est parce que toutes les personnes, à qui j’ai accordé ma confiance, m’ont abandonné à un moment. J’ai fini par me dire que je n’étais pas fait pour être aimé et entouré... C’est pour ça que je voulais m’acheter une île déserte dans le Pacifique sud...
- Moi je ne t’abandonnerai pas, promit-elle.
Chapitre cent-six
Le lendemain, Swan se rendit chez Johanna pour prendre le thé. Bien qu’elle se sache pas que la jeune femme était sa fille, Johanna se sentait particulièrement proche d’elle. Elles discutèrent joyeusement en dégustant les délicieuses pâtisseries. Bien que le sujet aurait dû tourner autour de Johanna, cette dernière incita la jeune femme à lui parler d’elle. C’est ainsi que Swan en arriva à parler de Rick et de son envie de vivre normalement et du défi que cela représentait pour lui.
- Il veut juste mener une vie ordinaire, comme tout le monde. Il est plus âgé que moi, mais il agit comme un gamin de neuf ans. Il faut tout lui expliquer...
- Ce garçon... Vous l’aimez ? Demanda Johanna intéressée..
- Mhmm... Si un jour vous le rencontrez, n’allez pas lui répéter ça, mais... Oui, je l’aime... Je crois bien qu’il est l’amour de ma vie.
- Je ne lui dirai rien, c’est promis, sourit Johanna. Oh! Attendez...
Elle se pencha vers Lola et frotta le coin de sa bouche, d’un geste si maternel que la jeune femme en fut troublée.
- Oh! Pardon, je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise, dit Johanna.
- Vous ne me mettez pas mal à l’aise, la rassura Swan, au contraire....
- Vous me rassurez! Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je me sens si proche de vous, que j’ai fait ça naturellement.
- Moi aussi je me sens proche de vous, sourit la jeune femme. C’est nouveau pour moi, vous savez, j’ai passé toute mon enfance entourée d’hommes, je n’ai pas l’habitude de côtoyer des femmes, à part les amies de mon âge...
- Vous n’avez pas de mère?
- Mon père ne s’est jamais marié et il a toujours refusé de me présenter ses petites amies de peur que je m’attache à elles et que je sois triste au moment de leur séparation.
- Et votre mère? Demanda Johanna.
- J’ai été adoptée très jeune, je ne me souviens pas d’elle, ni de mon père biologique d’ailleurs.
Le coeur de Johanna se serra.
- Oh! Je vous ennuie avec mes histoires, dit Swan désireuse de ne pas bousculer sa mère fragile. Tout ça pour dire que j’apprécie vraiment de pouvoir passer du temps avec vous.
- Moi aussi, j’apprécie le temps que nous passons ensemble, sourit Johanna.
- ... Si vous voulez bien, on pourrait se tutoyer... suggéra timidement Swan.
- Vraiment? Ça ne vous... Euh ça ne te dérange pas?
- Pas du tout! Ça me fait même très plaisir!
- Tant mieux. Tu dois interviewer quelqu’un d’autre après?
- Heu... Oui, mais j’ai le temps, ce n’est pas très loin d’ici...
- Attends... Voyons voir, dit Johanna en cherchant dans son sac. Ah! Voilà, ça devrait faire l’affaire.
Elle sortit un petit poudrier de son sac et l’ouvrit.
- Penche toi un peu vers moi.
Délicatement, elle appliqua un peu de poudre sur le visage de Swan à l’endroit où elle avait enlevé les miettes de gâteau.
- Voilà, c’est parfait!
- Merci, sourit Swan heureuse de ce lien qu’elle tissait peu à peu avec sa mère. Oh! En parlant d’interview ! Tu vas regarder l’interview de William Bracken, non?
Rick était à son bureau chez Everyday news, endormi comme à son habitude. L’une de ses collègues journaliste était occupée au téléphone avec l’un de leurs nombreux spectateurs qui avait vu ou entendu leur dernière émission.
- Non, je ne pense pas qu’il s’agisse du chef dont nous avons parlé dans notre émission...
Le téléphone de Rick sonnait depuis plusieurs minutes, quand elle l’interpela agacée.
- Castle! CASTLE!
- Mhmmm? Grogna-t-il en se réveillant.
- Ton téléphone sonne! Tu dois répondre!
- Ouaaaaarrrfff...dit-il en décrochant. Vous vous trompez de numéro...
Il s’apprêtait à se rendormir après avoir raccroché, quand un autre de ses collègues entra dans la pièce affolé.
- Castle! Castle ! Remue-toi, c’est la cata!
- Gné?
- Bougez vous!
Brett, l’agent double de Jamie chez Dailynews arriva en trombe dans le studio où Jamie se préparait pour leur contre émission à celle de William.
- Jamie! Nous sommes foutus!
- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Jamie.
- Ils ont changé l’émission de William! Son interview se fera sans script!
- Quoi? Pourquoi?
- Je viens de l’apprendre ! Votre frère l’a annoncé quand il est arrivé au studio. Il veut faire l’interview sans script. C’est votre amie, Claire, qui doit faire l’interview, elle est dans un état de stress pas possible. La situation est tendue!
Sur le plateau, les derniers préparatifs s’achevaient, l’émission allait pouvoir commencer.
- Monsieur, l’émission est en direct, si vous dites un mot de travers... Tenta une dernière fois Claire.
- Ne vous inquiétez pas, sourit William. Demandez moi ce que vous voulez, mademoiselle.
Il ajusta sa cravate et se tourna face aux caméras. Lorsque tout fut prêt, l’émission démarra.
- Je sais bien que les gens parlent du conflit qui m’oppose à mon frère, Jamie Bracken, dit William.
- Oui, rétorqua Claire, d’ailleurs beaucoup doutent de votre capacité à régler les problèmes d’une ville comme NewYork alors que vous n’arrivez pas à régler vos problèmes familiaux.
Rick arriva à ce moment là, dans la pièce où Jamie et les autres assistaient à l’émission.
- Jamie et moi sommes tous les deux journalistes, répondit William. Je le suis devenu en 1971. Mon frère est connu grâce à toutes ses émissions, mais je faisais partie de cette radio pirate, dont il a parlé. D’ailleurs, j’ai amené une photo, puis je vous la montrer?
- Euh... Oui, allez-y, répondit Claire inquiète.
William sortit donc la photo des cinq amis de l’époque de leur radio pirate et la mit face caméra.
- Voilà. Là, c’est moi... Expliqua-t-il. Et là, c’est ma compagne. Je me suis battu pour la liberté de la presse à une époque très difficile. Alors même si aujourd’hui, mon frère se trompe, je dois le laisser faire au nom de la liberté de la presse que j’ai défendue.
- Les émissions de cette radio pirate ne me sont pas très familières... dit Claire.
Harry, le responsable éditorialiste de Jamie s’approcha de lui.
- Qu’est-ce qu’on fait? Demanda-t-il.
- On annule, murmura Jamie, sidéré par le toupet de son frère, qui expliquait en direct à quel point ce qu’il avait fait en 1971 était difficile.
- La parole était limitée, alors, il fallait émettre depuis des radios pirates, disait-il. Honnêtement, la presse est beaucoup plus libre maintenant. Les générations précédentes ont fait beaucoup de sacrifices pour que vous puissiez profiter de cette liberté.
Chapitre cent sept
Entendre William Bracken s’approprier les mérites de ses amis à qui il avait tourné le dos en fermant les yeux pour s’associer à Loksat et ainsi renier tout ce pourquoi ils s’étaient battus, était une épreuve pour Jamie.
Sentant l’émotion envahir Jamie, Rick entra dans la pièce pour s’approcher de lui.
De son côté, Kate fit de même et s’approcha de sa mère posant sa main sur la sienne. Johanna s’agrippa à elle comme à une bouée de sauvetage. Le discours de son ami semblait la torturer.
- C’est surprenant d’apprendre que le président de Dailynews faisait partie d’une radio pirate, rétorqua Claire sceptique.
- Ah ah ah! Sans doute... J’ai apporté quelque chose, répondit-il en riant faussement.
- Qu’est-ce que ça peut être? Demanda-t-elle stressée.
William sortit alors de sous la table la mallette contenant les enregistrements de la radio pirate, que Storm avait trouvé chez Jamie quelques semaines auparavant.
- Une seconde, c’est à toi, ça, non? Dit Rick.
Devant la caméra, William sortit quelques cassettes et expliqua qu’il s’agissait des enregistrements de ces fameuses émissions de radio pirate et qu’il les gardait précieusement depuis plus de trente ans.
Jamie se leva brusquement, hors de lui. Rick eut juste le temps de s’interposer pour l’empêcher de détruire l’écran de la télévision.
- Regardez ce magazine, expliquait encore William en sortant de la mallette la bande dessinée amateur « Storm », que Miyagi avait créée avec ses amis. Les jeunes vont trouver ça simpliste, mais nous étions aussi jeunes et innocents que ça.
- Ce magazine a été créé par ceux de la radio pirate? Demanda Claire..
- Oui, mais nous n’avons fait qu’un seul numéro.
- Le nom du magazine est Storm, qu’est-ce que ça signifie?
- Vous voyez ça en bas? « Les média seront la tempête qui analysera et balayera les maux de la société. » Fort de cette conviction, j’ai protégé les médias. Je veux maintenant me consacrer à la ville de NewYork pour le plus grand bien de la nation, pour sa liberté, pour l’ordre et pour la démocratie que nous avons protégée de nos vies.
Kate referma l’ordinateur portable et se tourna vers sa mère. Le discours de William l’avaient douloureusement bouleversée.
- Ça ne va pas? Lui demanda-t-elle doucement.
- Je suis désolée, murmura Johanna en larmes.
- Pourquoi?
- Je suis désolée, répéta Johanna pleurant de plus belle.
Kate se leva et la prit dans ses bras inquiète.
- Ne pleurez pas, vous allez encore faire une crise, la supplia-t-elle. Qu’est ce qui ne va pas?
Johanna ne répondit pas, elle se blottit dans les bras de sa fille, qui ne comprenait pas à quel point William l’avait blessée avec son discours.
Pour Jamie aussi, entendre William utiliser ce qu’ils étaient en 1971 pour se faire passer pour un héros avait été une épreuve.
- Ces cassettes... Tu veux que je les récupère? Demanda Rick. Ce ne sera pas très difficile.
- Je croyais que tu ne faisais plus ça, répondit Jamie, que tu voulais vivre normalement.
- Swan t’en a parlé...
- Oui. J’aurais aimé vivre comme ça, moi aussi, murmura Jamie.
- Je vais m’occuper de récupérer tes cassettes, mais... Ça va aller? J’ai bien cru que tu allais pleurer tout à l’heure.
- Ça a bien failli arriver.
- Parce qu’ils ont volé tes cassettes?
- Il faudra que tu passes chez moi avec des bières demain, répondit Jamie. J’ai beaucoup de choses à te dire.
- Je dis à Kate de venir aussi?
- Bien sûr.
Ce soir là, il y eut du mouvement à l’agence de Finch. Haley, qui les surveillait comme le lui avait ordonné M, appela sa patronne.
- Oui?
- Des gens sortent de l’agence de Finch. Ils ont livré tout un tas de matériel.Et là ils sortent, ils vont quelque part.
- Ils ont détruit les caméras de sécurité, tu dois prendre des photos et me les envoyer. Prends les plaque d’immatriculation aussi.
Haley s’exécuta.
- Je dois les suivre ?
- Non, reste là.
- Qu’est-ce qu’on fait ici au juste?
- On cotise pour la retraite de Storm.
- Il a envoyé des photos des gars qui l’ont suivi depuis le logement de MacAlister Donc son assassin doit être parmi eux...
- Qu’est-ce qu’ils font avec la bande de Finch? Se demanda M un peu plus tard en analysant les photos envoyées par Haley. Et lui là? D’où est-ce que je le connais? Je suis certaine de l’avoir déjà vu...
Il faisait nuit depuis plusieurs heures déjà, dans les bureaux du journal de Jamie, ce n’était pas la joie, mais personne n’avait encore eu le cœur à rentrer chez lui. L’interview de William Bracken leur avait mis un sacré coup au moral. De plus, plus des trois quarts des informations de leurs informateurs suite à leur dernière émission étaient fausses.
- Au moins, nous avons quelques infos valables sur le pont qui s’est effondré, soupira Jamie.
- Cette histoire a touché les ouvriers qui ont travaillé dessus, répondit Harry, son responsable éditorialiste. Vous imaginez s’il s’était effondré après sa mise en service?
- ...
- Vous devriez dormir, vous avez l’air exténué. Ça fait combien de temps que vous n’avez pas fait une nuit complète ?
- Ça va bientôt commencer... Je ne sais pas comment, ni d’où ça va venir, mais...
- Oh! Ils ne savent faire qu’une chose, dit Harry, ils vont commencer par nous enlever nos moyens. Un coup bas classique, c’est répugnant, mais terriblement efficace!
Jamie se leva et attrapa son appareil photo. Prendre des photos avait toujours été une passion pour lui, depuis son plus jeune âge. Ça le détendait. Il fit le tour des locaux, où la plupart de ses collaborateurs somnolaient plus ou moins.
Il prit chacun en photo, un peu comme ce soir là, trente ans plus tôt, où il avait photographié la bande des cinq amis après une soirée agitée à diffuser leur radio pirate depuis l’une des camionnettes récupérées dans la casse familiale des Bracken.
Il arriva dans la petite cuisine, où il trouva Kate paisiblement endormie, la tête sur les genoux de Rick, qui lisait un document.
- Eh bien, vous ne vous gênez pas, sourit-il.
- Elle dit qu’elle ne peut pas dormir quand il y a des gens autour, répondit le jeune homme.
- Tu es là, toi, fit remarquer Jamie.
- Apparemment, je ne suis pas « des gens ».
- Regarde par ici, demanda Jamie en le prenant en photo.
- Ahhh... Je n’aime pas qu’on me prenne en photo.
- J’adore prendre des photos depuis que je suis tout petit.
- Mhmm... Dis-moi... Tu veux t’attaquer au chef... Ce Loksat, n’est-ce pas?
- Oui...
- Et... Est-ce que Kate sera encore en danger?
Chapitre cent huit
- Je ne sais pas trop... Répondit Jamie. Tu veux l’emmener loin d’ici? Si tu fais ça, ce sera plus facile de mener une vie ordinaire...
- J’y ai pensé... Mais j’hésite.
- Pourquoi?
- Je n’arrête pas de me demander pourquoi et finalement je crois que c’est à cause de toi... On ne peut pas partir loin et vous laisser seul... Avoua Rick.
- Oh! Ça me touche...
- Cependant... Je ne serai plus jamais capable de vivre sans elle, alors si ça pouvait la sauver, je n’hésiterais pas à t’abandonner, l'avertit Rick.
- Je comprends... sourit Jamie.
Au petit matin, dans les locaux du journal, chacun se réveilla doucement et reprit son poste. L'émission de la veille leur avait peut-être mis un coup au moral, mais personne n'envisageait de baisser les bras. Rick terminait sa nuit sur son bureau, tandis que Swan recueillait et compilait les derniers témoignages qu’ils recevaient.
Le téléphone de Rick sonna. Comme à son habitude, il décrocha machinalement et marmonna qu’il s’agissait d’un mauvais numéro avant de raccrocher.
Heureusement, Swan réagit rapidement et attrapa le téléphone avant qu’il ne raccroche.
- Oui, vous êtes bien avec Everyday News! Annonça-t-elle.
- ...
- Oui? Vous avez des informations ? Je vais enregistrer cette conversation, d’accord?
Malheureusement, ce que Jamie redoutait commença ce matin-là. Il reçut plusieurs citations à comparaître venant du bureau du procureur.
Cela ne le fit pas reculer pour autant, il envoya Castle et Swan à la rencontre d’ouvriers qui avaient travaillé sur le fameux pont effondré.
Cependant, lorsqu’une équipe représentant le service des impôts vint les perquisitionner, chacun se trouva désemparé.
- Que se passe-t-il? Demanda Jamie.
- On nous a fait savoir que les fonds de Everyday news étaient suspects. Jamie Bracken?
- Oui... C’est moi.
- Nous allons commencer notre enquête.
Ils se saisirent de tous les ordinateurs de la rédaction malgré les protestations des journalistes.
- Pas celui-là ! S'écria Henry en reprenant son ordinateur portable des mains de l'un des employés des impôts. Je l'ai acheté avec mon propre argent!
Lorsqu’ils quittèrent les locaux, Rick trouva Harry désemparé près de la cafetière.
- Bon sang, soupirait-il.
- Monsieur... ça ne va pas? S’il y a... Bredouilla Rick gêné.
Il avait horreur de voir des gens désespérés, il ne savait jamais comment réagir dans ces cas là.
- Mhm? Fit Harry en découvrant la présence de Rick. Non, ça va. Tout va bien... C’est rien.
- Ah... Fit Rick soulagé en se servant un café.
- Castle...
- Oui?
- Ma femme tient un petit restaurant spécialisé dans les burgers... expliqua Harry. La ville a soudainement décidé de faire un contrôle sanitaire dans son restaurant... Ils ont trouvé des bactéries dans le filtre à eau et fermé le restaurant. L’amende s’élève à dix mille dollars. Ça n’a aucun lien avec ce qu’il s’est passé aujourd’hui au journal, si?
- Euh...
- Oublie ça, retourne travailler... soupira Harry.
Rick quitta la pièce la mine sombre.
- Tout va bien? Demanda Swan lorsque Rick la rejoignit.
- Je me sens si impuissant face à ça, soupira-t-il.
- On va trouver un moyen, assura-t-elle, on fera la lumière sur les agissements de ceux qui soutiennent William Bracken et nous les arrêterons.
- J’aimerais avoir ton optimisme, soupira-t-il.
- Je n’ai pas dit que ça serait facile, sourit-elle en se blottissant contre lui. Mais j’ai confiance en nous, nous réussirons.
- Jamie voudrait que nous passions chez lui ce soir, il a des choses à nous dire apparemment, annonça Rick.
- Il faut que je passe au poste d’abord, dit-elle, les gars doivent me faire leur rapport, on se rejoint chez Jamie?
- Je peux passer te prendre au poste, proposa-t-il..
- Rick, ça va bien se passer, dit-elle. Je suis une grande fille, tu n’as pas besoin de toujours veiller sur moi.
- Ils sont passés à l’offensive aujourd’hui, rappela-t-il. Tu es en danger...
- Nous le sommes tous. Rick, je sais que tu voudrais me protéger, mais tu ne peux pas me mettre dans du papier bulle ou sous une cloche pour éviter que je sois blessée.
- Nous devrions partir loin d’ici... souffla-t-il.
- Tu sais très bien que tu ne pourrais pas t’empêcher de t’inquiéter pour Jamie. Et puis... Il y a ta mère. Je sais que tu as envie de la revoir.
- Ça fait des années que ma mère m’a abandonné dans cet internat... Elle ne représente plus rien pour moi, mentit Rick.
- Sérieusement? Tu veux encore jouer à ça avec moi?
- De quoi tu parles ?
- Je sais que quand tu as été blessé, tu étais allé au secours de ta mère, avoua-t-elle.
- Tu... Quoi?
- J’ai aperçu Martha Rodgers dans un restaurant ce jour là. Quelques instants plus tard, j’ai aperçu Storm au même endroit, mais elle n’y était plus. J’ai fait le rapprochement plus tard... La seule façon d’atteindre Storm, c’est de s’en prendre à ses proches.
- Touché, admit-il.
- Rick, fais moi une promesse, demanda-t-elle soudain.
- Laquelle?
- Promets moi que quoiqu’ils me fassent, tu ne leur céderas pas, demanda-t-elle.
- Kate, je ne peux...
- Promets-moi, Rick, je t’en prie. Je ne veux pas être ta faiblesse.
- Mais tu te rends compte de ce que tu me demandes? Marmonna Rick ennuyé.
- Ce que je te demande, c’est de rester en vie, dit-elle les larmes aux yeux. Je ne veux pas qu’à cause de moi, ils puissent te faire du mal.
- Mais...
- Je suis flic, je sais me battre, assura-t-elle. Et j’ai un flingue.
- Ils pourraient t’enfermer dans une boîte... Dit-il, lui rappelant qu’elle était claustrophobe.
- Je le supporterai en pensant à toi, répondit-elle.
- C’est hors de question, s’entêta-t-il.
- Rick, s’il faut que je te quitte pour être certaine qu’ils ne se serviront pas de moi pour te faire du mal, je le ferai, dit-elle fermement. Je le ferai la mort dans l’âme, mais je le ferai.
- D’accord, soupira-t-il conscient qu’il n’aurait pas le dernier mot. Tu m’attendras dans ta boîte et je viendrai te chercher prudemment...
- D'accord.
Quelques temps plus tard, Jamie arrivait dans le parking souterrain de son immeuble. Il se gara, mais au moment de quitter sa voiture, trois hommes se jetèrent sur lui et le maîtrisèrent en lui collant un linge sur le nez et lui administrèrent un sédatif.
En arrivant à son tour, Rick croisa leur voiture qui s’en allait. Il eut aussitôt un très mauvais pressentiment. Pressentiment qui se confirma lorsqu’il trouva l’appareil photo de Jamie abandonné sur le sol un peu plus loin.
- M! Demanda-t-il en activant l’oreillette qu’il conservait dans sa boîte à gants. Tu peux localiser le téléphone de Jamie?
- Tu as pris ta retraite, rappela M.
- Ahhh! Ne me parle pas de retraite! C’est urgent! Je pense qu’il a été enlevé, s'écria Rick au comble de l'inquiétude.
Chapitre cent neuf
Dans la voiture de Jamie, l’un des hommes le fouilla et trouva son téléphone. La voiture s’arrêta à un feu rouge. Une moto vint s’arrêter près d’elle. Le chauffeur ouvrit la fenêtre et lui tendit le téléphone de Jamie. Le feu passa au vert, la moto et la voiture démarrèrent et filèrent dans deux directions opposées. La moto tourna à gauche, tandis que la voiture continuait tout droit.
- Tourne à gauche, indiqua M, lorsque Storm arriva au même feu tricolore.
De son côté, Kate arrivait dans l’immeuble de Jamie inconsciente de ce qu’il se passait. Elle arriva devant l’ascenseur et hésita, se remémorant le jour où elle avait failli mourir en prenant l’un d’eux et où Rick avait risqué sa vie pour la sauver.
Elle regardait les numéros défiler, lui annonçant l’arrivée prochaine de la cabine, lorsque quelqu’un vint se placer près d’elle. Elle tourna la tête et découvrit avec effroi qu’il s’agissait de monsieur Flynn. Ce dernier ne dit pas un mot, se contentant de lui adresser un petit sourire sadique.
Kate recula de quelque pas, prête à dégainer son arme, s’il faisait le moindre geste ou pas vers elle. Mais il se contenta de la saluer d’un mouvement de tête.
Elle recula doucement, il valait mieux se tenir loin de lui. Malheureusement, lorsqu’elle se retourna pour fuir jusqu’à sa voiture, deux hommes lui barrèrent le chemin.
Rick arriva à l’endroit où selon M, se trouvait Jamie, ne se doutant pas qu'il avait seulement suivi son téléphone portable. Il se trouvait devant l’immeuble où se trouvait la rédaction de son journal.
- Tu es sûr que Jamie a été enlevé? Demanda M. Pourquoi serait-il là?
- Va savoir, soupira Rick en entrant. Ce que je sais, c'est que Jamie n'aurait jamais laissé son précieux appareil photo sur le sol d'un parking souterrain.
Les locaux étaient déserts. Soudain, un téléphone sonna dans la salle qu’ils utilisaient pour filmer et diffuser leurs émissions.
Méfiant, mais bien décidé à sauver son ami, Rick s’approcha. L’appareil affichait un numéro inconnu. Il décrocha.
- Félicitations, vous êtes arrivé en trois minutes, dit une voix d’homme. Vous êtes Richard Rodgers et vous travaillez sous le nom de Richard Castle. Votre nom de code est Storm, n’est-ce pas?
Rick se tourna et remarqua que l’une des caméras le filmait.
- Qui êtes vous? Demanda-t-il.
- J’ai une mission pour vous. L’argent n’est pas un souci.
- Non, merci, répondit Rick en raccrochant.
Il fit à peine trois pas en direction de la porte, que l’écran de télévision de la pièce s’alluma, affichant l’image de Jamie endormi dans une pièce meublée uniquement d’un canapé et d’une table sur laquelle se trouvait un ordinateur portable. Le téléphone sonna de nouveau.
Furieux, Rick eut envie de fracasser le téléphone. Il regarda l’image de son ami et décrocha à contre-coeur.
- Que voulez-vous?
- Un tuyau provenant de Russie a été reçu par Everyday news, annonça l’homme. Récupérez-le.
- Vous faites erreur, l’homme que vous avez enfermé en sait certainement plus que moi à ce sujet. Je ne sais rien.
- Le temps est compté, vous venez de perdre vingt secondes.
Rick serra le poing de rage, puis quitta la pièce, les enfoirés n’hésitaient devant rien.
Pendant ce temps, les hommes qui accompagnaient Flynn, avaient emmené Swan sous la menace de leurs armes jusque dans l’appartement de Jamie.
La jeune femme analysait la situation avec attention, il fallait qu’elle se sorte de là. Si Rick venait à apprendre ce qu'il lui arrivait, il foncerait tête baissée dans ce piège. Peut-être que si elle activait son collier, il comprendrait qu'il s'agissait d'un piège... Discrètement, elle porta la main dessus et le détacha pour le glisser dans sa poche, pour le cas où son plan êchouerait.
Flynn était un nabot, il ne faisait pas le poids face à elle. Le plus important était de neutraliser les armes que les deux autres types pointaient sur elle..
Brusquement, elle se retourna et donna un coup de pied dans la main de celui qui se tenait juste derrière elle, expédiant l'arme qu'il pointait sur elle à plusieurs mètres de là. Son acolyte n'eut pas le temps de réagir que son arme volait également. Il se jeta alors sur elle pour la maîtriser, elle le repoussa d’un bon coup de poing dans le nez.
Monsieur Flynn assista à la bagarre en reculant de quelques pas, sans doute craignait-il de recevoir un mauvais coup.
Soudain l’un des hommes attrapa un gros vase et vint le briser sur la tête de Swan, sonnée, elle tituba, ils en profitèrent pour la maîtriser.
Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle se trouvait assise sur une chaise, face à la table du salon, les mains attachées dans son dos. Monsieur Flynn était assis en face d’elle dans un fauteuil, l'un des types la filmait avec son téléphone portable et le deuxième pointait son arme vers elle..
Pourquoi étaient-ils chez Jamie? S'ils avaient voulu l'enlever, il aurait été plus judicieux de l'emmener loin d'ici. Et s'ils avaient voulu se débarrasser d'elle, pourquoi diable prenaient-ils la peine d'attendre? À moins que la décision ne vienne pas d'eux, mais de leur chef.
- Je peux savoir ce qu’on attend? Demanda-t-elle.
M Flynn lui adressa un sourire sadique sans répondre à sa question.
Rick fouillait les locaux du journal, il alluma l’ordinateur de celui qui rassemblait toutes les informations que recevait le journal. Il y connecta son téléphone.
- M, trouve le mot de passe.
- Je doute que ce soit là.
- Comment tu le sais?
- Vous avez eu un contrôle, n’est-ce pas?
- Oui...
- Tu as dit qu’ils avaient copié tous les disques durs. Ils ont déjà regardé. S’ils te l’ont demandé, c’est qu’ils ne l’ont pas trouvé...
Une alarme s’alluma sur l’écran de l’un des ordinateurs de M.
- Swan a activé son collier...
- Où ça?
- Chez Jamie.
- Je lui ai dit d’aller là-bas, Jamie voulait nous parler. Elle a dû l’activer par erreur.
Son regard se posa sur l’un des téléphones. Il se souvint d’avoir reçu un curieux appel. Il avait alors répondu qu’il s’agissait d’un mauvais numéro. Swan avait pris le combiné et sorti un Dictaphone de l’un des tiroirs du bureau.
Il l’avait entendue parler une autre langue avec la personne au téléphone.
- M, ça ressemble à quoi le russe?
- delay chto khochesh‘ ... zdorovo...ublyudok ty vyvernut, répondit M après un petit temps de réflexion.
Rick se précipita vers le bureau où se trouvait Swan à ce moment là, fouilla le tiroir et trouva le Dictaphone. Il retourna face à la caméra et le montra.
Le téléphone sonna presqu’aussitôt. Il décrocha et leur fit écouter le début de l’enregistrement. « J’appelle de Russie... »
- C’est bon? Vous avez ce que vous vouliez?
- Parfait. Vous avez rempli la mission en cinq minutes. Bravo, vous avez réussi.
- À quoi jouez vous? Grogna Rick.
- Voici la deuxième mission.
Un message arriva sur le téléphone. Rick y jeta un œil.
- C’est très facile. Lisez ce message face à la caméra.
Rick jeta un œil à l’écran, où on voyait Jamie se réveiller doucement. Il se mit à rire nerveusement et lança:
- Jamie, j’en ai assez, débrouille toi tout seul.
Il allait s’en aller, lorsque l’image de Swan face à Flynn, s’afficha.
- On continue? Demanda l’homme au téléphone.
Flynn sortit un petit flacon et une seringue de sa mallette et les posa sur la table face à Swan.
Chapitre cent dix
Le sang de Rick se glaça. Voir Flynn menacer Kate le rendait fou. Il regretta de ne pas l'avoir estropié quand il en avait eu l'occasion.
- Haley et les autres vont arriver, annonça M, gagne du temps.
Comme s’il avait entendu M, l’homme ajouta:
- Vous avez dix secondes. Tic Tac. Tic.Tac.
- Commençons, grogna Rick. Mais éloignez ça de Swan. Ça m’agace.
À l’image, Flynn reçu un message et recula. Rick se plaça face caméra et commença.
- Il ne faut pas que l’on voit le téléphone à l'écran, avertit l’homme.
Rick s’exécuta, puis il prit une grande inspiration avant de commencer à lire.
- je m’appelle Richard Rodgers, c’est moi qui ai tué Gary MacAlister derrière l’église Saint Martin, le 27mars.On se disputait à cause de sa dette de jeu, j’ai attrapé une barre de fer et je l’ai frappé à la tête. Moi, Richard Rodgers, j’ai commis un meurtre, je l’avoue.
Dans la pièce où il était enfermé, Jamie assista impuissant aux aveux de Rick.
Le jeune homme reprit le téléphone.
- Beau travail, dit l’homme.
- À votre tour, relâchez les, répondit Rick furieux. Je veux le voir jusqu’au bout.
Dans la minute qui suivit, Flynn reçut un appel et rangea son matériel.
- Désolé pour le dérangement, dit-il à Swan en se levant.
Ses acolytes filmèrent leur départ, montrant la jeune femme seule dans la pièce.
- Vous êtes satisfait ? Demanda l’homme.
- Maintenant, expliquez moi de quoi il s’agit, dit Rick.
- Je vous connecte.
L’image de l’écran changea et Loksat apparut.
- Bon travail, dit-il. Désormais tu travailleras pour moi et tu suivras mes ordres. Je garantirai le bonheur et la sécurité de tes proches. Ainsi je n’aurai jamais à utiliser la vidéo que nous venons d’enregistrer. C’est aussi facile que de cligner des yeux.
La porte de la pièce où était enfermé Jamie s’ouvrit. Un homme apparut.
- Parfait, vous êtes réveillé, tout le monde vous attend.
Méfiant, Jamie suivit l’homme jusqu’à une salle où l’attendaient son frère et plusieurs hommes influents de la ville.
- Ah! Jamie! Vous avez été impressionnant avec votre petit journal... Everyday news, c’est ça? Commença l'un d'eux.
- Installez vous! Le repas va bientôt être servi, c’est un grand chef qui cuisine pour nous aujourd’hui ! Dit un autre.
Méfiant, Jamie vint s’installer près de son frère.
- C’est toi, qui est derrière tout ça? Murmura-t-il.
- Tu devenais une menace, j’ai dû me creuser la tête pour vous sauver la vie, chuchota William avec un grand sourire de façade.
- Nous fêtons le futur poste de maire de William Bracken et la nomination de Jamie Bracken à la tête de Dailynews ! Annonça l’un des hommes assis en face d’eux.
- Trinquons! Lança un autre.
Jamie sentit la nausée monter en lui.
- Souris au moins pour Ricky, suggéra William en levant son verre.
Rick arriva en trombe chez Jamie, l’équipe de Haley, que M avait envoyée était postée devant la porte.
- Il n’y avait personne quand nous sommes arrivés, annonça Haley. Elle était en train de se défaire de ses liens.
Rick arriva dans la cuisine et soupira de soulagement en la découvrant saine et sauve.
Elle se tourna et se précipita dans ses bras dès qu’elle le vit.
- Dieu merci tu vas bien, dit-elle.
Il la serra dans ses bras
- S’ils t’avaient fait du mal, je ne sais pas ce que ...
- Tu as eu plus peur que moi on dirait. Tu es tout pâle.
Il l’examina plus attentivement et remarqua des rougeurs sur sa pommette et surtout le sang dans ses cheveux.
- Tu es blessée!
- Je n’ai pas été assez docile, grimaça-t-elle alors qu’il examinait sa plaie. C’est ce qu’ils ont dit.
- Les salauds, enragea-t-il, je vais les...
- T’inquiète pas pour ça, ils sont plus amochés que moi, demain, ils auront de sacrés coquards.
- Tu te sens bien? Tu veux que je t’emmène à l’hôpital?
- Je vais bien, dit-elle.
- Tant mieux, souffla-t-il
Il se tourna vers Haley et la remercia, ainsi que ses collègues.
Lorsqu’ils furent seuls, il l’entraîna sur le canapé et lui prit les mains. Elle s’inquiéta aussitôt.
- Kate...
- Quoi?
- Pour le moment, je ne peux pas vivre comme une personne normale, annonça -t-il.
- Pourquoi?
- On m’a menacé aujourd’hui. J’ai dû avouer le meurtre de MacAlister. Ce vieil enfoiré, Loksat, a l’enregistrement. Il ne le remettra pas à la police, si je travaille pour lui.
- Cette ordure, je... Commença Kate énervée.
- C’est bon, ça va aller, dit-il.
- Comment t’ont-ils menacé?
- ...
- C’était à cause de moi? Comprit-elle. C’est pour ça qu’ils filmaient avec un téléphone quand Flynn était ici? Comment as-tu pu faire ça? Tu as perdu la tête? Avouer un meurtre! Bon sang Rick!
- Je ne travaillerai jamais pour cet homme.
- Tu n’as pas intérêt ! Je t’en empêcherai!
- Ok... Mais... Je ne peux pas être avec toi tant que cette histoire n’est pas réglée. Je dois me cacher..
- D’accord, cachons nous et réglons cette histoire ensemble !
- Si j’ai besoin d’aide, je te le ferai savoir.
- Non, je reste avec toi.
- Tu serais arrêtée pour complicité ! Tu pourrais perdre ta plaque!
- Je m’en moque!
- Kate, soupira-t-il.
- Comment on va se voir?
- Je vais couper mon téléphone, expliqua Rick. Ne m’appelle pas, ne viens pas chez moi. Si quelqu’un te pose des questions...
- Comment va-t-on se voir? Demanda-t-elle encore.
Il soupira et l’attira contre lui. Se séparer d’elle était la pire chose qu’il ait jamais eue à faire.
Après être passé dans la chambre de Johanna, William arriva dans son bureau où Jamie l’attendait.
- Johanna dort, tu lui parleras demain, annonça-t-il.
- S’il te plaît, laisse Rick tranquille, supplia Jamie.
- Assieds-toi et prends un verre.
- Prendre un verre avec toi suffira-t-il? Tu veux autre chose?
- Loksat a pris Rick sous son aile, il prendra soin de lui.
- Rick n’est pas du genre à travailler pour quelqu’un, il aime trop sa liberté. S’il est retenu contre son gré, il en souffrira et...
- Tu exagères toujours les choses, rit William. Rick a une place en or. Loksat va faire en sorte de cacher tous les crimes qu’il a commis. Et si le chef l’aime bien, il pourra avoir tout ce qu’il désire.
- Comme toi? Grinça Jamie.
- Ce serait une grande réussite!
- En trahissant tes amis et en les conduisant droit à la mort?
- Tu as entendu le témoignage de Jackson, non? Je ne les ai pas tués!
- À cause de toi, ils sont morts pour rien! Tu as aussi fait mentir ton petit frère!
- Ca suffit! Tu n’en as pas assez? S'agaça William.