Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 125 paragraphes
Chapitre cent onze
Jamie eut du mal à contenir la rage qu’il ressentait envers son frère. Comment pouvait-il se comporter comme s’il était irréprochable et qu’il prenait soin des enfants de ses amis?
Il maintenait Kate loin de sa mère depuis près de dix-neuf ans et venait de livrer Rick à l'équivalent du parrain.
- Je fais encore régulièrement ce rêve de moi ce jour là, grogna Jamie, parlant aux inspecteurs « Jackson et Jim se disputent souvent à propos de l’argent ». Te rends tu compte de ce que tu m’as obligé à faire? Ce avec quoi tu m’as obligé à vivre durant toutes ces années? Je n'étais qu'un gamin, bon sang!
- Je suis fatigué, rentre chez toi, je vais me reposer, dit William en se levant pour quitter la pièce.
- Et Kathy? Qu’est-ce que tu lui as fait? S’écria Jamie hors de lui. Comment as-tu pu mentir en disant qu’elle était morte?
William se précipita vers son bureau et arracha un mouchard collé à l’un des cadres photo.
Dans sa chambre, Johanna qui faisait semblant de dormir pour mieux espionner ce qu’il se passait dans le bureau de William, ouvrit les yeux en entendant les dernières paroles de Jamie. Ainsi William lui avait menti, sa fille était vivante.
Le lendemain matin, à la première heure, Storm reprit du service, aidé par M, mais cette fois, il était son propre client. Grâce à elle, il trouva le domicile du chef de l’équipe qui le suivait depuis plusieurs jours. Il le suivit à bonne distance jusqu’au troquet où il s’arrêta pour prendre un café à emporter, puis jusqu’à sa voiture.
- Aiden Sandler... Trente-cinq ans, expliqua M. Il me paraissait familier, je n’arrêtais pas d’y penser et puis ça m’est revenu. C’était lors de ma dernière enquête à la cybercriminelle, un gamin hacker de génie...Il dirige l’équipe spéciale d’enquêtes de chez Dailynews, maintenant. Cette équipe d’enquête est suspecte. Les types que tu as pris en photo travaillent tous pour lui.
- Si ce sont ceux qui nous ont attaqué près de l’église, alors l’un d’eux est l’assassin de MacAlister, dit Rick.
- Il travaille dans les locaux de Finch ces derniers temps. Il a quelques personnes avec lui, j’ignore où sont les autres.
Sandler monta dans sa voiture, Rick y plaça discrètement un traceur, puis il rejoignit sa moto. Grâce au traceur, il put le suivre de loin, sans éveiller les soupçons.
Sandler se gara sur le parking de l’immeuble où il travaillait.
Dès que la voie fut libre, Storm monta dans la voiture de Sandler, brancha son téléphone à l’ordinateur de bord et pendant que M le fouillait pour en récupérer les données, il échangea la carte mémoire de l’ordinateur de bord et récupéra l’ancienne.
- Il s’est rendu ici au moins un jour sur deux pendant un mois, annonça M, soit il a une maîtresse, soit c’est là que se trouve le reste de l’équipe spéciale.
- D’accord, répondit Storm en quittant la voiture. Voyons si sa maîtresse sort ou si ceux sont les voyous de son équipe.
Il s’avança tranquillement dans le parking, distribuant au passage des coups de pieds discrets aux voitures qui y étaient garées. Leurs alarmes se déclenchèrent et Storm alla se placer sur un balcon quelques étages plus haut, pour observer et photographier leurs propriétaires, qui se ruèrent peu après vers leurs voitures.
Lorsqu’il eut repéré les voitures des membres de l’équipe de Sandler et que la voie fut libre, il se rendit dans chacune d’elle, pour y faire la même chose que ce qu’il avait fait dans celle de Sandler.
Ensuite, M appela Jamie et l’informa que Rick s’était mis en chasse pour trouver le meurtrier de MacAlister, afin d’échapper à l’emprise de Loksat.
- S’ils le découvrent, ils ne le laisseront pas faire, énonça Jamie lucide et inquiet pour Rick.
- C’est pourquoi nous devons agir rapidement, répliqua M. Voici un message de Rick, qui a coupé son téléphone pour une durée indéterminée : « S’il te plaît, veille sur Swan, ne la laisse pas seule, emmène la au travail et ramène la le soir, ça ne sera pas long ».
- Elle risque de ne pas apprécier... Tiqua Jamie.
- Sur ce, cet appel est fini, répondit M en coupant la communication.
Swan entra dans le bureau de Jamie.
- Voilà le dossier de nos recherches sur l’anti corrosion de 1983, annonça-t-elle.
- Merci, tu te débrouilles bien en tant que journaliste, tu n’as jamais songé à en faire ton métier? Demanda Jamie.
- Oh non. Je préfère mettre les assassins en prison, sourit-elle.
- Rick va bien. Il est en bonne santé et son enquête avance, annonça Jamie.
- ... Merci. Je suis soulagée. Et toi? Tu as pris ta décision? Tu vas partir chez Dailynews ?
- Je devrais?
- La paye y est bien meilleure et puis il s’agit d’un média national... répondit-elle. Et puis, ça serait bien si des journalistes honnêtes y travaillaient...
- C’est vrai... Je pourrais y emmener quelques collaborateurs aussi et faire réouvrir le restaurant de la femme d’Harry... Ce serait une bonne idée finalement.
- Si tu allais là-bas, on pourrait diffuser notre reportage? Demanda-t-elle soudain soucieuse.
- Certainement pas.
- Dans ce cas, fais le après. J’ai promis à Rick de terminer l’enquête sur la mort de nos pères. Et...
- Et?
- Si on diffuse notre reportage, peut-être que ce vieux fou de Loksat nous craindra un peu... J’aimerais qu’il ait un peu peur de nous, peut être qu’il nous ficherait la paix comme ça...
- Ils t’ont enfermée, malmenée, assommée et presque tuée, tu n’as pas peur d’eux?
- Bien sûr que si, les zombies sont effrayants, rétorqua-t-elle avec un petit sourire.
- Les zombies?
- Ils sont effrayants, mais il faut les combattre si nous ne voulons pas qu’ils finissent par nous mordre et nous transformer en zombies nous aussi, expliqua-t-elle en grimaçant et gesticulant à la manière d’un mort-vivant.
Jamie éclata de rire, la jeune femme avait le même cran que ses parents.
L’équipe d’Everyday news se mit donc au travail pour préparer leur reportage. Ce ne serait pas une chose facile étant donné que l’histoire était ancienne et qu’ils ne disposaient d’aucune photo ou vidéo à ce sujet, uniquement quelques témoignages. Mais leur objectif était d’au moins mettre Loksat mal à l’aise s’il venait à le regarder.
Pendant ce temps, Flynn faisait son rapport matinal à William Bracken.
- Je pense que Jamie a décidé de rester chez Everyday news.
- Pff, il est si entêté et inflexible, soupira William.
- Richard a disparu.
- Ainsi, il a choisi la fuite... dit William pensif.
- Que dois-je dire à monsieur Sandler?
- Attendez encore un jour, s’il n’est pas revenu d’ici là, dites lui d’envoyer l’enregistrement de ses aveux à la police. Quel gâchis, c’est si rare que le patron s’intéresse à quelqu’un.
Chapitre cent douze
Après cette conversation, William rejoignit Johanna pour le petit déjeuner. Elle avait préparé les plats préférés de celui qui avait été son compagnon pendant presque dix-neuf ans. Elle l’accueillit avec un sourire de façade. Persuadé qu’elle s’était endormie tôt la veille, il n’y vit que du feu..
- Ça a l’air délicieux! Se réjouit-il en arrivant dans la cuisine.
- Tu as toujours apprécié ma cuisine, répondit Johanna en souriant. Je ne pourrais jamais assez te remercier d’avoir pris soin de moi ces vingt dernières années.
- ...
Il s’attabla un peu surpris par ses paroles, mais inconscient de ce qui l’attendait.
- Quand j’ai accepté de venir vivre avec toi, je t’ai dit que je ne pourrais jamais être ta femme, et pourtant tu as accepté, commença Johanna, qui avait passé la nuit à ressasser encore et encore ce qu’elle allait lui dire. Tout ce qui comptait, c’était que je reste auprès de toi. Je te remercie pour ce que tu as fais. À l’époque, je ne trouvais ma place nulle part, je te remercie de m’en avoir donné une.
- ... Johanna... Que se passe-t-il ? S’inquiéta William.
- Jamie sera bientôt là. Je vais vivre chez lui un moment, annonça-t-elle sans détour.
Choqué, William lâcha sa fourchette.
- J’ai... J’ai fait quelque chose de mal?
- Il y a quelque chose que je dois faire, répondit-elle.
- Qu’est-ce que c’est? Dis le moi, je le ferai, plaida William.
- Je pense que ma fille Kathy est vivante. Je dois la retrouver.
- Je vais t’aider, je ferai tout pour la retrouver.
- C’est quelque chose que je veux faire seule. Je ne peux pas te faire confiance pour ça. Désolée, répondit-elle froidement.
- Non, tu peux me faire confiance. Tu es la seule à me faire confiance.
- Pourquoi m’as-tu dit que Kathy était morte alors qu’elle était vivante?
- Elle est morte! On m’a dit qu’elle était morte!
- Je crois que je comprends maintenant, dit Johanna en pleurs. Toutes ces années... J’ai vraiment essayé et pourtant je n’ai jamais pu t’aimer... Je comprends maintenant pourquoi. Tu m'as privé de ma fille pendant dix-neuf ans!
- Je peux tout expliquer, dit William. Tu comprendras quand je t’aurais tout expliqué.
- Il n'y a rien à expliquer, William. Tu savais que Kathy était vivante et tu me l'as caché.
Jamie arriva dans la pièce.
- J’ai fini de charger la voiture. Tu veux terminer de manger? Demanda-t-il sans prendre la peine de regarder son frère.
- Non. J’ai fini. On y va.
Jamie se plaça derrière son fauteuil et la poussa vers la sortie. William tenta de la retenir, elle repoussa faiblement, mais fermement ses mains et lui dit adieu, le laissant dans le désarrois les plus total.
De son côté, maintenant qu’il avait repéré ses cibles, Storm commença sa récolte.
Déguisé en livreur de pizza, il suivit l’un d’eux jusque dans des toilettes publiques et le bouscula mine de rien, de sorte qu’il prenne appui sur le miroir face aux lavabos. Lorsqu’il s’en alla, Storm n’eut qu’à récupérer ses empreintes sur le miroir.
Pour le suivant, ce fut encore plus simple, il fit rouler une canette de soda vide jusqu’à lui, l’homme la ramassa et Rick n’eut plus qu’à le rejoindre au pas de course pour la lui reprendre des mains en s’excusant.
- C’est trop facile de prendre leurs empreintes, dit-il en collant celle qu’il venait d’avoir au dos de la photo de son propriétaire. Mais tu as dit qu’elles n’étaient pas répertoriées...
- Je sais, répondit M. Elles devraient être dans les preuves. Je n’aime pas ça. Celui qui a frappé MacAllister ne portait pas de gants?
- Il tenait le tuyau à mains nues, assura Rick. Je remarque ce genre de choses.
- Ça aurait été mieux si tu avais remarqué son visage, soupira M.
- Je regardais MacAlister !
- Envoie-moi les empreintes, je m’en occupe.
- D’accord.
- Tu dors où la nuit? Demanda-t-elle. Je sais que tu ne vas pas chez toi.
- C’est une phase, je réfléchis trop quand je suis seul. Je préfère les endroits où il y a du bruit. J'étais à l'aéroport.
Jamie emmena Johanna à la rédaction de son journal, où il l’a présenta à toute son équipe. Ils allaient pouvoir interviewer l’un des membres de la fameuse radio pirate. Swan se réjouit bien évidemment de la voir et lui adressa un signe de la main et un grand sourire.
Ils installèrent Johanna dans la salle de pause où ils installèrent le matériel pour l’interview.
Swan arriva près d’elle.
- Voici les questions de l’interview, lisez-les attentivement et dites-moi ce que vous voulez changer.
Johanna se pencha vers elle comme pour lui faire une confidence.
- Il n’est pas là?
- Qui donc?
- Ton petit ami, expliqua Johanna. Je pensais qu’il travaillait ici...
- Ah... Euh... Non, pas pour le moment.
- Pourquoi?
Swan se retourna et alla fermer la porte, puis revint vers Johanna comme si elle allait lui révéler un secret d’état.
- Il est en train de se battre contre le chef.
- Celui de votre émission?
- Exactement. Ce vieux fou apprécié mon petit ami et veut le contraindre à travailler pour lui. Il l’a menacé ! Ça ne lui plaît pas, alors il se bat pour le faire tomber.
Johanna avança doucement la main vers le visage de Swan. On y voyait encore les marques de son affrontement avec les hommes qui accompagnaient Flynn.
- Ils l’ont menacé en s’en prenant à toi, comprit-elle. Comment ont-ils pu te malmener de la sorte?
- Je ne me suis pas laissée faire. Vous devriez voir leurs têtes, je les ai salement amochés! Mais ils m’ont assommée avec un vase, puis ligotée sur une chaise... C’est comme ça qu’ils ont pu le contraindre à leur obéir.
- S’en prendre à toi... Ils ne reculent devant rien, dit Johanna effarée.
- Nous les aurons, nous allons les combattre et les amener devant la justice, assura Swan.
- Tu veux dire que tu les combats toi aussi? Mais... Tu es journaliste, ce n’est...
Swan lui prit les mains et souffla un bon coup. Il était temps d’être honnête.
- Je ne suis pas tout à fait journaliste, avoua-t-elle. Je suis ici sous couverture.
- Sous couverture?
- En réalité je suis flic, je travaille à la criminelle. J’enquête sur plusieurs morts suspectes, mais les responsables sont si puissants, qu’ils ont des alliés jusque dans la police. Des preuves disparaissent, des gens meurent pendant leur séjour en garde à vue... C’est Jamie qui a eu l’idée de faire de moi une journaliste pour les provoquer et les pousser à se dévoiler.
Chapitre cent treize
- Vous êtes policière? S’étonna Johanna.
- Euh... oui, hésita Kate. Mais rassurez-vous, votre interview sera une vraie interview et tout ce que je fais en tant que journaliste est réel! Jamie en est garant. J’espère que je ne vous ai pas blessée en vous cachant la vérité sur moi...
- Je crois que je suis encore plus fan de vous, sourit Johanna. Vous êtes très courageuse.
- Merci, sourit Swan soulagée.
Pendant ce temps, deux hommes de l’équipe de Sandler amenèrent Manu militari Rick auprès de leurs collègues.
- Qu’est-ce qu’il se passe? Demandèrent ces derniers.
- Il dit qu’il veut nos empreintes!
- Les récolter une à la fois, c’est long et ennuyeux, marmonna Rick. En plus, il est bientôt midi et je commence à avoir faim, alors... Un, deux... trois...quatre et cinq... Je vais tout faire d’un coup.
- Il est fou, dit l’un des hommes prêt à en découdre.
Rick esquiva facilement son poing et se lança dans la bagarre. Rapidement, il les mît tous les cinq au tapis, non sans prendre quelques coups au passage tout de même. Ensuite, il récolta leurs empreintes méthodiquement. Une bonne chose de faite! L'un d'eux bougea quand il s'approcha de lui. Rick l'assomma d'un bon coup à l'arrière de la tête.
- Reste tranquille, murmura-t-il. Ça ne sera pas long.
Bien entendu, les derniers exploits de Rick arrivèrent rapidement aux oreilles de Loksat.
- Il ne s’est pas enfui, annonça Sandler au téléphone. Il a pris toutes les empreintes de nos hommes. Je pense qu’il va être difficile à dompter. Je vous recommande de l’enfermer et de l’isoler. Encore une chose, je pense que le hacker qui l’aide a mordu à l’hameçon.
- Et qu'en pensez-vous? Demanda tranquillement Loksat
- On n’a pas besoin du hacker. Je pense qu’il faut juste nous en débarrasser, répondit froidement Sandler.
Ce soir là, Rick s’installa sur l’une des berges de l’Hudson. La bagarre lui avait laissé des séquelles. Il examina sa cheville et découvrit un vilain hématome violet. Il sortit une bombe de froid de son sac et soigna sa blessure.
Cette vie solitaire, qui lui avait toujours convenue jusque là, lui pesait affreusement. Que faisait Kate? Il savait grâce à M qu'elle allait bien. Personne n'avait tenté de s'en prendre à elle, c'était une bonne chose. Par contre, il ne savait pas comment elle vivait leur séparation ni comment elle supportait la situation.
Haley arriva en moto, il lui confia les empreintes qu’il avait récoltées un peu plus tôt. Elle grimaça en découvrant sa lèvre gonflée à cause des coups qu’il avait reçus. Il haussa les épaules, lui signifiant que cela ne le dérangeait pas. Elle rangea le paquet qu’il venait de lui confier et repartit.
Cette vie qu’il avait menée depuis que son vieux maître était parti dans les îles du pacifique sud, ne l’avait jamais gêné. Et pourtant là, il se sentait perdu. Devoir se battre ne le dérangeait pas, plus il se battait, plus il apprenait ce qu’il fallait faire pour gagner. Non, il se sentait perdu, car cette fois, il ne savait plus contre qui il se battait. Plus il se débattait, plus il prenait de risques pour lui-même et surtout pour ceux qu'il aimait.
L’ambiance était joyeuse dans les locaux d’Everyday news. Jamie avait fait livrer des plats et tout le monde dînait en discutant.
Seule ombre au tableau, l'inquiétude de Kate et Jamie pour Rick. Eux seuls savaient quels dangers le menaçaient.
Kate tenta une nouvelle fois d’appeler Rick, peut-être qu’avec le numéro de Castle...
- Le numéro que vous avez demandé n’est pas en service. Veuillez vérifier le numéro et réessayer.
Que faisait-il ? Était-il sain et sauf? Si seulement elle savait où le trouver. Se rendait-il compte que la situation était invivable pour elle aussi? En voulant la protéger, il lui broyait le cœur.
Un peu plus tard, Monsieur Flynn apporta un ordinateur portable à la table où William dînait seul. Il l’alluma et le tourna vers son patron, pour lui montrer la nouvelle émission de Jamie sur l’affaire du revêtement anticorrosion.
- Bonsoir, je suis Jamie Bracken, d’Everyday news. L’affaire de ce produit anticorrosion de 1983, a causé la mort de Jim Beckett et de Jackson Hunt, deux des cinq amis qui faisaient partie de la radio pirate en 1971. Cette affaire est assez simple: quelqu’un a fabriqué un faux produit anticorrosion. Au lieu d’empêcher l’acier de rouiller, ce faux revêtement accélérait la corrosion. C’est sur un pont en construction qu’il a été testé pour la première fois. La société de construction qui a bâti ce pont était au bord de la faillite, elle a été rachetée par une autre entreprise de construction, dont le principal actionnaire était global investissement.
L’interview de Johanna fut alors diffusée.
- Nous enquêtions sur Global investissement, expliqua-t-elle face à la caméra, une société de capital risque. Des entreprises honnêtes se trouvaient au bord de la faillite à cause d’un accident ou d’une rumeur. Systématiquement, une société affiliée à Global investissement les rachetait.
- Les société de ce genre font de l'argent, déclara Jamie à la fin de l'interview de Johanna, mais ce n’est pas juste de gâcher la vie d’innocents pour de l’argent. Nous avons essayé de contacter les entreprises de Global Investissement afin de leur proposer de venir chez nous pour une interview, mais ils ont refusé. On a récemment rencontré le PDG de global Investissement.
L’image de Loksat, filmé par Rick apparut à l’écran.
- Notre journaliste a voulu l’interviewer, mais il a refusé. Je vous réitère donc sa demande: Vous voulez bien faire une interview à Everyday news, Monsieur Mason Wood?
Ignorant tout des derniers événements, Sorenson revint à sa voiture avec le repas à emporter qu’il venait d’acheter. Étonné de trouver la voiture ouverte de son véhicule, il s’arrêta.
- Sorenson? Dit Esposito surpris en arrivant à son tour accompagné de Ryan.
- Que faites vous là? Demanda Sorenson.
- On a reçu un appel bizarre, nous disant de venir ici, car Swan avait des choses à nous dire, expliqua Ryan.
- Ah! Oui, je me souviens d’elle! Elle n’est pas là...
- Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire? Marmonna Esposito.
- C’est ce que je me demande... Ma voiture est ouverte...
Sorenson posa son repas sur le toit et y entra prudemment. C’est alors que son ordinateur de bord s’alluma et qu’un personnage cartoonesque apparut à l’écran.
- Ça faisait longtemps, Sorenson.
- Lieutenant Gates ! S'écria-t-il joyeusement.
- Fais entrer les deux autres, il faut qu’ils entendent ce que je vais dire.
Sorenson appela les gars, qui s’installèrent à l’arrière.
Une photo de Sandler apparut à l’écran.
- Tu te souviens de lui?
- Ne faisons pas ça comme ça, rétorqua Sorenson, rencontrons nous quelque part... Vous me manquez beaucoup...
- Tu es encore célibataire, n’est-ce pas? Soupira M.
- Quoi? Comment vous le savez? Vous m’espionnez?
- Passe à autre chose et trouve toi une femme! Grogna-t-elle.
Les gars éclatèrent de rire.
- C’est ce qu’on appelle « se prendre un râteau »
- Alors, tu te souviens de lui? Insista M.
- ...
- Toujours aussi rapide, soupira-t-elle. Tu te souviens de notre dernière affaire?
- C’était en 1999, l’affaire du blanchiment d’argent de Global Investissement... répondit Sorenson après quelques secondes de réflexion.
- Tu te rappelles de l’endroit où on a fait une descente? Continua M. On y a trouvé un gamin, un hacker de génie...
Chapitre cent quatorze
- Ah ! Oui, je me souviens ! S’écria Sorenson. Il nous avait donné du fil à retordre ce gamin!
- Il y a une enveloppe à côté de toi, prends la, ordonna M.
Sorenson ouvrit l’enveloppe et y trouva les photos et les empreintes que Rick avait récupérées.
- Ce sont les empreintes des hommes qui travaillent pour lui, expliqua son ancienne supérieure. L’un d’eux a tué un homme d’un coup de barre de fer.
- Eh! C’est de MacAlister qu’il s’agit! Intervint Esposito.
- On a déjà un portrait robot du suspect... ajouta Ryan.
- C’est un coup monté, rétorqua M. Utilisez les empreintes pour trouver le vrai tueur.
- Ce genre de faveurs... Vous devriez les demander en personne, fit Sorenson.
- C’est notre affaire, grogna Esposito. N’en profite pas! C’est nous qui allons nous charger de ça.
- Euh... T’es sûr? Tiqua Ryan, ils nous ont retiré l’affaire...
- Ça ne nous empêche pas d’enquêter sur le suspect, alors on va s’occuper des empreintes.
- Pourquoi je suis là, moi alors? Demanda Sorenson.
- Sorenson, dit M. Si en 1999, nous les avions arrêtés comme nous aurions dû le faire, nous aurions sauvé la vie d’au moins quatre personnes.
Elle pianota sur son clavier et les photos de Jonas, Treadwell, Miyagi et MacAlister apparurent.
- Eh! Mais il y a trois de nos victimes là dedans! S’écria Ryan.
- Si notre département avait eu plus de pouvoir... regretta M. Reprends l’enquête sur Sandler. Un hacker pareil, étant donné les gens qu’il fréquente... Il a dû tremper dans quelques unes de tes affaires...
- Mhmm... C’est pour ça que vous êtes partie sans même dire au revoir, répondit Sorenson. Vous ne le supportiez plus.
- L’arme du crime doit se trouver dans la salle des preuves, vérifiez les empreintes, je vérifie les boîtes noires des voitures près des lieux du crime ce soir là. Si vous avez besoin de me joindre, je vous ai laissé un téléphone dans l’enveloppe.
- Attendez! Vous êtes la partenaire de Storm, n’est-ce pas? S’écria Sorenson.
Elle coupa la connexion avant même qu’il n’ait eu le temps de finir sa phrase.
- On prend le téléphone et les empreintes, déclara Esposito.
- Quoi? Non! Protesta Sorenson.
- Chacun son truc, occupe toi de ce hacker...
- Je garde le téléphone, Gates était ma supérieure! Appelez-moi si vous avez du nouveau.
- Wah... Tu es comme un gamin amoureux de sa maîtresse d’école? Constata Esposito .
- Chacun son truc, grogna Sorenson vexé. Je suis un spécialiste de la haute technologie.
Storm appela M juste après.
Elle venait de placer une des cartes mémoires récupérées par lui dans son ordinateur.
- Les policiers viennent de recevoir les empreintes, alors attends un peu... Annonça-t-elle.
- J’attends, c’est mon moment préféré, répondit Rick tout sourire depuis sa voiture garée à proximité de l’agence de Finch, d’où il avait une bonne vue sur leurs entrées et sorties. Trouver le fichier de mes aveux et tout effacer soigneusement. Il faut que je trouve ce que je cherche dans ces bureaux, ensuite que je trouve tous ceux qui pourraient en avoir une copie...
- Ne me dis pas que tu veux pénétrer en territoire ennemi comme un imbécile... Marmonna M.
- C’est pour ça que je les observe.
Elle changea de carte mémoire. Dès qu’elle l’eut inséré dans son lecteur, une alerte s’activa sur l’un des ordinateurs des bureaux de Finch.
- La carte a été activée, dit l’une des collaboratrices de Sandler.
Sandler se précipita sur son ordinateur et pianota furieusement sur le clavier comme si sa vie en dépendait.
- Avec l’adresse IP, on va trouver où il habite, se réjouit-il. Soyez prêts à partir.
- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Finch intrigué.
- Vous pouvez envoyer combien d’hommes? Demanda Sandler.
- Ça dépend de la somme que vous êtes prêt à payer... rétorqua Finch intéressé.
- Nous avons commencé à traquer le hacker qui travaille avec Storm. Envoyez tous ceux que vous pouvez.
- Son partenaire. Alors il a un partenaire! S’exclama Finch. Je le savais! Il ne peut pas faire tout ça seul, il doit avoir un partenaire et des subordonnés et au moins une petite armée.
D’un geste, Sandler ordonna à presque tous ses hommes de se mettre en route. Il n’en laissa qu’un chargé de surveiller l’ordinateur qui recevait le signal.
- Eh! Où sont-ils? S’écria Finch en réalisant qu’il ne restait plus que lui et ses hommes dans la pièce. Venez avec moi vous autres!
En voyant les hommes de Finch et Sandler quitter précipitamment le bâtiment, Rick se redressa sur son siège.
- Regardez moi ça, murmura-t-il. Ils sont à la poursuite de quelqu’un... Le pauvre, il va passer un mauvais moment... Ils ont quitté le bâtiment! M, je rentre dedans!
Chez elle, M était occupée à se préparer un de ses fabuleux sandwichs dont elle avait le secret.
- M! Je rentre! Fit la voix de Rick.
- Ok, vas-y!
Il n’y avait presque plus personne dans les locaux de l’agence de Finch. Storm évita facilement les quelques agents qui y faisaient leurs rondes de garde. Il arriva enfin dans la pièce principale où se trouvaient les ordinateurs. Un seul agent y était encore. Il ne remarqua pas la présence de Rick, tant il était concentré sur son écran et ce qu’il y faisait.
Rick s’installa près de lui comme si de rien n’était. L’homme sursauta et voulut s’enfuir, mais Rick le coinça contre son bureau.
Il sortit son téléphone de sa poche et le brancha.
- Voilà, c’est connecté. Ça va prendre du temps, il y a beaucoup d’ordinateurs. C’est tout beau et tout neuf! C’est comme ça aussi chez toi? Demanda Rick en maintenant l’homme à côté de lui sur son siège. Attends... C’est où ça?
L’écran affichait un plan de Manhattan et l’un des immeubles était en rouge.
L’homme eut l’air encore plus mal à l’aise.
- J’ai vu tout le monde partir en courant. C’est là qu’ils sont partis? Demanda encore Rick. C’est où? Allez, crache le morceau ou je te frappe. Et ça va faire mal. Allez! C’est où?
- ...Storm
- Quoi?
- Le hacker de Storm, bafouilla l’homme appeuré.
Le sang de Rick se glaça. Il se tourna à nouveau vers l’écran.
- M, tu habites à l’angle de Mulberry Street et Grand Street?
- Comment tu le sais? S’étonna-t-elle.
Rick se précipita hors du bâtiment à toute vitesse et remonta dans sa voiture.
Chapitre cent quinze
Pendant que Storm se mettait en route pour lui venir en aide, M rangea ses dizaines de disques durs et autres cartes mémoire dans un grand sac, tout en vidant ses ordinateurs des souvenirs de ses activités. Il fallait faire vite, car la dizaine de voitures des équipes de Finch et Sandler se garaient déjà en face du bâtiment, mais elle était organisée. Tous ses fichiers étaient stockés dans des disques durs, vider ses ordinateurs de toute trace n'était qu'une formalité pour elle. Tout avait toujours été prêt pour lui permettre de fuir en quelques instants.
Les hommes de Sandler se précipitèrent dans le bâtiment qui avait dû être une usine jadis et qui abritait désormais quelques logements plutôt vétustes. Les hommes de Finch suivaient. Ils bousculèrent légèrement une vieille SDF au passage et de prirent même pas le temps de s’excuser. Celle-ci continua son chemin cahin-caha, tête baissée.
Seul l’un d’entre eux, sans doute plus respectueux de ses aînés, s’arrêta et ramassa le petit objet qui était tombé de son sac.
- Madame, vous avez... Madame! Cria-t-il.
La vieille dame accéléra le pas, elle était déjà presque arrivée au bout du couloir. Encore quelques mètres et elle disparaîtrait.
- Bon sang! Grogna l’homme en se lançant à sa poursuite.
Il allait l’attraper, quand Storm déboula et lui envoya un énorme coup de pied, avant de le maîtriser.
M sortit une bombe lacrymogène de son sac et lui en aspergea une bonne dose dans les yeux.
Alertés par les bruits, les autres hommes de Finch arrivèrent à leur tour.
Storm le repoussa et ferma la porte coupe feu devant eux. Il était occupé à en bloquer l’ouverture, quand il se pencha vers la vieille femme.
- C’est toi M? Demanda-t-il incrédule.
- Avorton! Grogna-t-elle en attrapant ses sacs pour fuir les lieux.
- Hé! Attends! C’est quoi cette tenue? Demanda-t-il en la suivant. On dirait une hippie qui s'est échappée de sa maison de retraite!
Un peu plus tard, une fois qu’ils furent hors de danger, Rick alla acheter des boissons. Il revint à la voiture et en tendit une à sa patronne. Elle ne dit rien, elle était encore sous le choc.
Rick en profita pour la regarder de lui près.
- Regarde moi encore comme ça et je t’arrache la tête, grogna-t-elle.
- C’est bon, j’ai compris, tu es méchante, répondit-il en buvant une gorgée de sa canette.
- Où vis-tu? Je t’emmène, ajouta-t-il peu après.
- J’ai laissé les cartes mémoires des boites noires que tu avais prises, annonça-t-elle, c'est ce qui leur a permis de me trouver. J’ai tout le reste, mais...
- M...
- Je suis désolée, souffla-t-elle.
- Je comprends maintenant, sourit-il.
- Quoi?
- Pourquoi je dois me battre.
- De quoi tu parles?
- Prendre les empreintes de ces nabots, c’était ennuyeux... Alors je me dis... Ça te dirait de faire un truc marrant?
- Je ne fais rien sans contrepartie, grogna-t-elle.
- Je ne crois pas que ça sera très lucratif... reconnut-il.
- Sans moi alors!
- Allez, ça va être marrant! Tu sais bien à quel point c’est difficile pour nous d’avoir des missions marrantes. Allez regarde moi. Je suis Storm. Tu peux me faire confiance, rétorqua-t-il avec son air de gamin dans un magasin de jouets.
Les hommes de Sandler ne trouvèrent que des ordinateurs vides lorsqu’ils arrivèrent dans l’antre de M. Finch, quant à lui, assista avec un mélange de détachement et de satisfaction à l’échec de cet arriviste donneur de leçons, qui avait investi les locaux de son agence. Il trouva un sandwich à peine entamé sur le plan de travail de ce qui devait être le coin cuisine. Il en croqua une bouchée.
- Mhm! Ch'est drôlement bon se truc, t'en veux? Demanda-t-il à son acolyte qui l'observait en grimaçant.
Peu après, alors que Swan rentrait chez elle, elle fut surprise de trouver le bar de son père fermé.
- Pourquoi ont-ils fermé si tôt? Marmonna-t-elle
Elle entra et découvrit son père et L’ours ligotés et bâillonnés au milieu de la salle. Elle dégaina aussitôt son arme, mais les agresseurs de son père et de L’ours, sortirent de leurs cachettes et d’un coup de pied firent voler son arme à l’autre bout de la pièce.
- Vous êtes enfin rentrée, ça fait longtemps qu’on vous attend.
Pour toute réponse, elle leur envoya un coup de pied dans le ventre de l’un et un coup de coude dans le visage de celui derrière elle et s’éloigna d’eux, pour tenter de récupérer son arme. Cinq contre une, cela s’annonçait compliqué, mais elle ne les laisserait pas se servir encore une fois d’elle pour atteindre Rick. Une ombre apparut en bas de l’escalier, ils avaient encore du renfort à l’étage. Elle balança son sac à l’aveugle, l’homme l’attrapa sans difficulté.
- Rick!
- Regarde avant de frapper! Soupira-t-il. Je m’occupe d’eux, détache les.
Rick se lança à l’assaut sous les regards médusés de Royce et de L’ours, tandis que la jeune femme leur ôtait leurs bâillons et leurs liens.
- Castle? Dit Royce plus qu'étonné.
- Ah! Répondit Rick, sans cesser de frapper les hommes de Finch. Je me présente, Richard Rodgers. Je ne pouvais pas vous donner mon vrai nom pour certaines raisons.
L’un des hommes tenta de s’attaquer à Swan, elle l’assomma d’un coup de coude, suivi d’un coup de pied retourné.
- Joli! Dit Rick en assommant le dernier type. D’autres comme eux pourraient revenir, désolé.
Il récupéra un gros rouleau de scotch sur l’un d’eux et commença à les attacher.
- J’appelle Ryan et Esposito, annonça Swan.
- Merci. Je dois vous dire des choses que ces types ne devraient pas entendre.
- Attends, dit Royce. Tu ne t’appelles pas Castle?
- Non, monsieur, désolé de vous avoir menti.
- Et ce n'est pas une poule mouillée qui pleurniche non plus, ajouta Kate tout sourire.
- Lola est en danger aussi?
- Pour le moment oui, désolé monsieur.
- Explique-moi ce qu’il se passe.
- Mon père, mon maître et le père de Kate sont morts à cause de certaines personnes.
- Ils enquêtaient sur une affaire de corruption. Mon père était avocat et celui de Rick, qui était détective privé, l’aidait.
- C’est vrai, approuva Rick..
- Mais les responsables n’ont jamais été punis, ajouta-t-elle.
- C’est encore vrai.
- Rick et moi, essayons de les arrêter, mais là, ils jouent à la déloyale. Ils s’en sont pris à moi pour menacer Rick.
- Toujours vrai.
- Qu’est-ce que c’est que toute cette histoire et ces assassinats?
- Compte tenu des circonstances, il vaut mieux que Kate vienne avec moi, annonça Rick.
- Kate?
- C’est moi papa! C’est mon vrai nom.
- Pas question que je laisse ma fille avec un homme qui n’arrête pas de changer de nom! S'énerva Royce.
- Papa! Je suis majeure, on ne te demande pas ta permission.
- Il ne veut pas, dit Rick en activant son oreillette... D’accord.
- ...
- On va essayer de louer ou d’acheter un local à côté d’ici. Avec la police qui arrive, cet endroit devrait être sûr pour le moment. Je vais revenir, annonça Rick.
Chapitre cent-seize
- Hey! Attends!
Kate attrapa le bas de son blouson pour le retenir.
Il se tourna vers elle et jeta un œil à Royce, qui était prêt à bondir sur lui à la moindre occasion.
- Cinq secondes annonça-t-il avant de la serrer dans ses bras.
L’ours retint Royce et décompta les cinq secondes sur ses doigts.
Ils furent soulagés lorsque Rick tint sa parole et la lâcha au bout de cinq secondes.
Seulement Kate ne l’entendait pas de cette oreille. Elle l’attrapa par le col et l’embrassa amoureusement. Après ces jours passés sans lui, elle n’allait pas le laisser filer sans un baiser!
- C’est mon petit ami et je suis majeure, il va falloir vous faire à cette idée, annonça-t-elle devant leurs airs choqués après le départ de Rick.
Royce se renfrogna, conscient qu'elle ne tolèrerait pas qu'il intervienne dans ses affaires de cœur. Sa petite fille avait grandi, il était grand temps qu'il s'habitue à cette idée.
Les gars arrivèrent peu de temps après et découvrirent les agresseurs de Swan, Royce et L’ours, ligotés et sonnés.
- Eh beh! Je te savais super balèse en self défense, mais là tu m’impressionnes dit Esposito.
- Pour le rapport, il faudra dire que je les ai tous mis au tapis, dit Swan. En réalité, j’ai eu de l’aide.
- Et on peut savoir qui est ton sauveur qui veut rester anonyme? Batman? Demanda Ryan.
- Dites aux flics en uniforme de les emmener dans le fourgon, je vais vous expliquer, annonça-t-elle.
Surpris, les gars ne se firent pas prier, pour une fois qu'elle se décidait à leur parler...
- C’est Castle, qui les a mis au tapis? S’écria Esposito abasourdi lorsqu’elle lui eut raconté la vérité.
- Il n’est pas vraiment celui qu’il prétends être, répondit Swan. Il est sous couverture en quelque sorte.
- Alors le portrait robot... C’est bien lui, comprit Ryan.
- Oui, reconnut Swan, mais il n’a pas tué MacAlister. Loksat, le sale type que nous essayons de faire tomber, veut lui faire porter le chapeau.
- Pourquoi ferait-il une chose pareille? Demanda Esposito septique.
- Parce que c'est une ordure, qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Tous les cadavres qui s'amoncellent dans cette affaire le prouvent bien. Il m’a même menacée, pour que Rick avoue le meurtre devant des caméras. Avec cet enregistrement, il veut l’obliger à travailler pour lui. Une recrue telle que lui dans son équipe, c'est une aubaine. S’il n’accepte pas, ils enverront ces faux aveux à la police et c'est un adversaire redoutable qui disparaît. Il gagne dans les deux cas.
- Pourquoi tient-il autant à avoir un journaliste dans ses rangs? Demanda Ryan.
- Parce qu’il n’est pas vraiment un journaliste... C’est un mercenaire.
Elle leur raconta alors toute l’histoire. Sa rencontre avec Storm, le rôle de Jamie dans cette histoire, la récente découverte de sa véritable histoire et sa véritable identité.
- Alors... Comme ça, tu t’appelles Beckett?
- Oui. Katherine Beckett. Et Jim Beckett, l’homme qui a été assassiné en 1983, était mon père.
- Beckett... répéta Esposito, ça te va bien. Je pourrais facilement m’y habituer...
- Et pour Rick? Demanda-t-elle légèrement inquiète.
- T’en fais pas pour ça, si tu lui fais confiance, on lui fait confiance. Et puis, on l’aime bien, on va vous aider, sourit le latino.
- Si ce Loksat envoie ses aveux à la police, on mettra la main dessus, assura Ryan.
- Merci les gars, sourit Kate émue par leur loyauté.
- C’est normal, on est une équipe, rétorqua Esposito. Vous pouvez compter sur nous pour vous aider à faire tomber Loksat et sa bande.
- Ouais, ne nous laissez pas de côté la prochaine fois que vous vous en prendrez à eux, on veut faire plus que de la figuration façon Starsky et Hutch, dit Ryan.
- Mais attends... réagit soudain Esposito. Cette femme, qui nous a contactés dans la voiture de Sorenson...
- Mais oui, elle nous a demandé de vérifier des empreintes... ajouta Ryan. C’est pour l’affaire MacAlister. Sorenson a l’air de bien la connaître.
- Ouais, elle devait être de la maison avant, dit Esposito.
- C’est la partenaire de Storm, vous pouvez lui faire confiance, assura Kate.
Les gars quittèrent le café de Royce, peu après, ils avaient des voyous à interroger et des empreintes à comparer.
Le lendemain matin, alors que Jamie préparait ses affaires pour se rendre au travail, Johanna admirait la vue depuis ses grandes baies vitrées.
- Il y a tellement d’immeubles, dit-elle, et chacun abrite des dizaines de familles...
Si Kathy était vivante, comme elle en était persuadée désormais, elle se trouvait peut-être dans l’un de ces immeubles. La retrouver s’annonçait difficile, d’autant que sa fille était peut-être dans une Université à l’autre bout du pays.
Son esprit vagabonda vers la jeune femme qu’elle avait rencontrée dernièrement et dont elle se sentait si proche. Kathy devait avoir le même âge qu’elle. Elle se sentait si à l'aise avec elle... Elle n’osait pas espérer que Kathy et elle soient la même personne. Et pourtant leurs histoires pouvaient coïncider. Elle avait perdu ses parents très jeune. Elle se promit de lui en parler lors de leur prochaine rencontre.
- L’infirmière devrait arriver bientôt, annonça Jamie. Ça ira?
- Mais oui, ne t’inquiète pas.
- Johanna...
- Oui?
- Nous dînerons ensemble ce soir, dit-il en s’accroupissant pour être à sa hauteur.
- Je cuisinerai et tu feras la vaisselles, répondit-elle en lui touchant le nez du bout du doigt comme lorsqu’il était petit.
- J’ai quelque chose à te dire, annonça-t-il ému. Je te le dirai ce soir, promis.
- J’attendrai, sourit-elle.
Jamie quitta l’appartement et elle retourna à la contemplation de la ville, se demandant si sa fille s’y trouvait et ce qu’elle faisait.
Jamie arrivait dans le parking souterrain de son immeuble, quand il reçut un appel.
- Oui, je suis le reporter Jamie Bracken.
- ...
- Si vous avez un tuyau au sujet de notre enquête, vous devriez appeler au journal.
- ...
- Où êtes vous?
Il se retourna et aperçut une ombre dans l’une des voitures garées derrière lui.
Il s’approcha et toqua à la fenêtre avant d’ouvrir la portière. Une lycéenne se trouvait sur le siège arrière.
- Je suis le reporter Jamie Bracken. C’est vous, qui avez appelé?
Elle ne tourna pas son regard vers lui, mais confirma d’un hochement de tête.
- Vous avez une information concernant Loksat?
Elle acquiesça de nouveau d’un autre mouvement de tête.
- Mademoiselle, regardez moi!
Elle ouvrit doucement la main, dévoilant le message qui s’y trouvait: « Aidez-moi ».
Jamie ne réfléchit pas et se précipita dans la voiture pour lui venir en aide. La jeune fille s’effondra dans ses bras et un homme qui tenait un appareil photo apparut devant la voiture. Il prit des dizaines de photos de Jamie à l’arrière de la voiture tenant dans ses bras une mineure. Jamie comprit trop tard, qu’il s’était fait avoir comme un bleu.
Le photographe s’enfuit, tout comme la jeune fille. Jamie se lança à la poursuite du photographe, il fallait qu’il récupère l’appareil ou sa carrière serait finie.
Chapitre cent-dix-sept
Soudain Haley surgit de nulle part et assomma le fuyard.
- Ah! Vous êtes l’amie de Rick, dit Jamie surpris et soulagé.
Elle le salua d'un geste de la main et redonna un bon coup de pied à l’homme qui tentait de se relever et récupérera l’appareil photo, d’où elle retira la carte mémoire pour la lui donner.
- Merci! Dit-il alors qu’elle s’éloignait avec son prisonnier.
- Vous ne faites donc plus attention à rien? Demanda M en arrivant à son tour. Vous ne savez pas qu’il est plus facile d’achever quelqu’un comme vous en ruinant sa réputation?
- Vous êtes l’amie de Rick! S’écria Jamie encore chamboulé.
- Le grand reporter Jamie Bracken surpris avec une mineure! Continua M. Avec une photo en plus, c’en est fini de vous! Même si la vérité est rétablie après, c’est trop tard, le mal est fait.
- Vous avez raison, sourit Jamie confus et amusé par cette drôle de femme qui lui faisait la leçon comme l'aurait fait sa maîtresse d'école des années auparavant.
- Vous vous souvenez de Jonas? Demanda-t-elle en lui donnant une clé USB.
- L’homme qui a été jeté du pont...
- C’est une copie de la vidéo qu’il avait en sa possession lorsque Storm l’a rencontré.
- Comment avez vous...?
- Si vous saviez tout ce que j’ai sur mes clients, vous tomberiez sûrement dans les vapes, avoua M. En tout cas, c’est mieux si vous restez à l’écart d’Everyday news pour le moment...
- Pourquoi?
- L’ambiance ne vous y est pas très favorable ce matin...
En effet, il valait mieux ne pas être là-bas. Une bonne trentaine de personnes du troisième âge y faisait un sitting en agitant des banderoles et des pancartes demandant à Everyday News d’arrêter de répandre des mensonges.
- Ils disent que vous les avez frappés et envoyés à l’hôpital, expliqua M. Encore un coup de ce vieux fou de Loksat,,.
Harry arriva devant les bureaux du journal et découvrit tous ces gens avec des pancartes. Il voulu enlever une des affiches diffamatoires collées sur la façade de son journal. Aussitôt deux manifestants lancèrent l’alarme et les cris de « Jamie Bracken est un menteur! », « On veut la vérité! » et « Justice! » fusèrent.
Le pauvre Harry replaça l’affiche et se fraya un chemin comme il put jusqu’à l’entrée du bâtiment. Il y entra tant bien que mal et y retrouva son équipe de journalistes, qui l’aida à empêcher les manifestants d’entrer.
- Incroyable, ce sont les vieux qui manifestent maintenant, soupira Harry. Et ces vieux sont déchaînés!
À l’étage, quelqu’un était déjà là et fouillait le bureau que Swan utilisait d’habitude.
- Qu’est-ce que tu fais là? Demanda Harry. Tu es un voleur ou quoi?
- Je ne sais pas comment il est arrivé là, dit Brett de son habituel air ahuri. J'étais là tout seul... Et à un moment je me retourne pour prendre un truc et pouf! Il était là.
Rick se redressa et lui adressa un petit signe.
- Ah... Eh bien... J’avais besoin d’un truc... Dit-il.
Il se retourna et en brancha discrètement le Dictaphone à son téléphone.
- C’est l’enregistrement qu’ils voulaient, il vient d’un témoin qui appelait de Russie, annonça-t-il discrètement dans son oreillette.
Ce jour-là et pour la première fois depuis son ouverture, le café de Royce et L’ours n’avait pas ouvert. Ce dernier avait affiché sur la devanture un papier annonçant sa fermeture exceptionnelle. Le café-agence de détective privé, était devenu le refuge et centre d’opérations de Jamie et M.
À l’intérieur, ces derniers se tenaient avec Swan devant un ordinateur et écoutaient l’enregistrement de l’appel que Storm venait de leur transférer.
« J’enregistre. Je suis Lola Swan, journaliste à Everyday News, puis-je avoir votre nom?
- J’appelle de Russie, répondit une voix de femme. Je voudrais parler à Jamie Bracken, je n’ai confiance qu’en lui.
- Ah... Monsieur Bracken n’est pas là pour le moment... Si vous pouviez me dire...
- Mon nom est Alison Snow, je suis chercheuse et je travaille sous la direction du professeur Sergei Volkov. Je... »
- L’enregistrement s’arrête là, annonça Rick au téléphone. Ils l’ont entendu aussi. Est-ce que c’est suffisant?
- ...
- D’accord, je m’en vais.
- Attends! Protesta Brett, comment es-tu entré? J’étais là tout le temps! J’ai cligné une fois des yeux et il est apparu comme ça , d’un coup.
- Castle... Tu sembles différent, remarqua Harry.
- C’est sa tenue! Dit l’un des journalistes.
- Non! C’est son visage... Dit une autre, il a quelque chose de changé...
Rick s’approcha d’eux et remarqua le colis que Harry tenait dans ses mains. Il était destiné à Jamie et venait de Russie.
- Je vais livrer ça, dit Rick en lui prenant le colis des mains.
- Eh! Attends, c’est...
Rick ne lui laissa pas le temps de terminer, il lui serra la main, ainsi qu’à ses collègues journaliste et quitta les locaux d’Everyday news comme il y était entré.
- Qu’est-ce qu’il lui prend? Demanda Harry.
- On aurait dit qu’il nous disait au revoir, répondit la journaliste.
- Mais s’il voulait partir il aurait dû aller de l’autre côté, fit remarquer Brett, il n’y a pas de sortie par là!
- Est-ce que c’est cette infâme vidéo qui vient de L.A? Demanda Swan en observant la clé USB qu’elle tenait dans sa main et que M avait donnée à Jamie un peu plus tôt.
- Plusieurs personnes sont mortes à cause de cette vidéo, répondit Jamie. Le journaliste indépendant qui l’a filmée est mort...
- Jonas, qui l’a volée pour la revendre à NewYork est mort, continua M.
- Et Treadwell est mort pour qu’on le rende coupable du meurtre de Jonas.
Swan tendit la clé à Jamie afin qu’il la branche sur son ordinateur.
- Rick n’est pas encore arrivé... Il fait pourtant déjà nuit noire.
- Il ne peut pas encore venir, répondit M.
- Pourquoi? Demanda-t-elle surprise.
- Il attend de bonnes nouvelles.
Ryan et Esposito retrouvèrent Sorenson et appelèrent M grâce au téléphone qu’elle avait glissé dans l’enveloppe avec les empreintes et que Sorenson avait absolument tenu à garder. Il était déjà très tard, mais M et Swan étaient encore debout.
- Alors? Demanda Aussitôt M lorsqu’elle décrocha..
- On est allé dans la salle des preuves, annonça Ryan.
- Crachez le morceau! Ordonna Swan impatiente.
- La barre de fer utilisée pour tuer MacAlister ne comporte aucune empreinte.
- C’est pas possible, ils ont déjà dû la nettoyer, grogna M.
- Rien n’est indiqué, mais il n’y a aucune empreinte ni aucune trace de sang sur la barre de fer, répondit Ryan.
- Et les empreintes que je vous ai envoyées? demanda M.
- Il nous faut autre chose pour les comparer, soupira Esposito.
- Et il y a pire, annonça Ryan. Le commissariat où travaille Sorenson a reçu un fichier il y a moins d’une heure. C’est une confession du meurtrier de MacAlister.
Chapitre cent dix-huit
- Tu as entendu ça? Demanda M à Rick, qui assistait à la scène depuis son téléphone. Demain matin, tu seras un fugitif et ton visage sera placardé partout.
- Arf... Soupira Rick. Je me doutais bien qu’ils préparaient un mauvais coup. On va passer au plan B.
- C’est quoi le plan B? demanda M.
- Eh bien... À vrai dire, j’y réfléchis encore...
- Rick... intervint Kate.
- Oui?
- On va attraper ce vieux fou avant que ce ne soit toi qu’ils attrapent, promit la jeune femme.
- Oui.
- Et si le coincer ne suffit pas... ajouta-t-elle. On s’enfuira tous les deux.
- Tu es folle, répondit calmement Rick. Et ton père? Et ta mère?
- Papa comprendra... Quant à ma mère... Elle ne sait pas qui je suis alors ça ira. Il y a beaucoup d’endroits où on peut aller et où personne ne nous retrouvera.
- ...
- Rick tu m’entends? Demanda-t-elle alors qu’il restait silencieux.
Quel homme accepterait de faire de la femme qu’il aime une fugitive? La proposition de Kate lui montrait à quel point elle tenait à lui, mais lui ne pouvait se résoudre à accepter ce sacrifice pour les mêmes raisons. Kate n’avait aucune idée de ce qui l’attendait si elle s’engageait dans cette vie. Il ne pouvait accepter l'idée de lui faire gâcher son avenir pour être avec lui... Mais il ne pouvait pas non plus accepter de s’éloigner d’elle. Il n'avait pas le choix, il fallait trouver ce plan B.
Quelques temps plus tard, alors que M s’apprêtait à s’allonger sur l’une des banquettes du café pour se reposer un peu, son attention fut attirée par l’image de la caméra de surveillance située sur la façade du café.
Une voiture arrivait.
- Tiens on a un invité, annonça-t-elle.
L’esprit toujours préoccupé par la situation dans laquelle se trouvait Rick, Kate se leva et s’avança vers l’entrée.
Johanna apparut, puis Jamie derrière elle, poussant son fauteuil.
Les regards des deux femmes se happèrent et Kate comprit que sa mère savait. Jamie lui avait tout dit.
Johanna se contenta de tendre les mains vers elle, des larmes plein les yeux. Kate lui prit les mains et s’agenouilla pour être à sa hauteur.
Jamie souleva les deux sacs isothermes qu’il avait amenés avec lui.
- Elle a tenu à préparer le dîner, annonça-t-il avec un sourire.
Les deux femmes sourirent également.
- Kathy... Murmura Johanna.
-... Comment te sens-tu ? Demanda Kate.
- Je vais bien, assura Johanna en lui caressant tendrement là joue. Tout ira bien désormais.
Un souvenir de cette soirée funeste qui les avait séparées revint dans les mémoires des deux femmes. Ce simple geste avait été le dernier que Johanna avait eu pour sa fille avant de refermer la boîte dans laquelle elle l’avait cachée dans l’espoir de lui sauver la vie.
Kate savoura le contact de la main chaude et rassurante de sa mère contre sa joue, contact brisé près de vingt ans auparavant se promettant de ne rien laisser le couper de nouveau.
- J’avais si peur qu’en te disant qui j’étais, tu... avoua Kate la voix étranglée par l’émotion.
- Ne t’en fais pas chérie, ça va aller, répondit Johanna en larmes, je suis tellement désolée de ne pas avoir compris que tu étais vivante...
Après un long moment, durant lequel la mère et la fille savourèrent leurs retrouvailles, Jamie et Kate se rendirent dans la cuisine pour réchauffer le dîner, tandis que Johanna découvrait l’endroit où sa petite fille avait grandi.
Elle trouva une photo de Kate à son arrivée dans son nouveau foyer. S’il lui restait un doute, il fut balayé instantanément. Son enfant se trouvait là, sur la photo à côté d’un homme qui lui souriait tendrement. Les larmes dévalaient le long des joues de Johanna. Toutes ces années... Toutes ces années où William lui avait menti en lui disant que Kathy était morte... Comment avait-il pu lui faire une chose pareille? Comment n’avait-elle pas senti que sa fille était là, bien vivante, à quelques kilomètres de l’endroit où elle vivait?
Si Jamie n’avait pas eu le courage de s’opposer à son frère et de mettre un jour en doute ses dires, elle n’aurait certainement jamais pu la retrouver. Elle aurait fini sa vie dans la souffrance d’avoir perdu les deux êtres qui lui étaient le plus cher, attendant chaque jour le moment où enfin elle irait les rejoindre.
Royce arriva dans la pièce à cet instant.
- Oh! Bonsoir, dit-il.
- Bonsoir, répondit-t-elle en séchant ses larmes. Vous êtes le père de Lola?
- Euh... Oui, c’est moi.
- Votre fille est vraiment très jolie...
- Oui, je trouve aussi, même si je ne suis pas très objectif... Répondit Royce.
- Comment avez-vous fait pour que votre fille devienne aussi gentille et chaleureuse ?
- Oh... Vous n’êtes pas la première à me poser la question... Je me le demande souvent moi-même, répondit Royce. Lola est naturellement comme ça, elle l’a toujours été.
- Vous avez de la chance...
Royce sortit une pile d’albums photos de l’un de ses placards et les montra à Johanna, en lui racontant bon nombre d’anecdotes sur l’enfance et l’adolescence de leur fille. Johanna l’écoutait émue et regardait sa petite Kathy devenir au fil des pages et des albums la jeune femme merveilleuse qu’elle avait rencontré depuis peu et dont elle se sentait déjà si proche.
Kate les observait de loin. Son père n’arrêtait pas de parler. Sa mère ne disait rien et souriait.
Même en ayant grandi loin d’elle, Kate remarqua qu’elle tenait d’elle. Elle non plus n’était pas capable de parler quand elle avait peur ou qu’elle était submergée par l’émotion. Elle se contentait de sourire. Même en ayant grandi loin d’elle, Kate demeurait la fille de Johanna, ce constat lui réchauffa le cœur.
Elle s’approcha de la fenêtre qui donnait sur la rue. La nuit était froide et sombre.
Où pouvait être Rick? Il ne s’était plus manifesté depuis qu’il avait coupé la conversation avec M. Elle aurait tant aimé qu’il soit ici avec eux, au chaud, pour déguster le délicieux repas préparé par sa mère. Une vague de colère la submergea, elle se promit de personnellement passer les menottes à Loksat pour tout le mal qu’il leur avait fait.
Après le dîner, elle regarda la vidéo que M leur avait confiée avec Jamie, la seule solution pour aider Rick était de faire tomber Loksat et toute sa clique.
Chapitre cent dix-neuf
Dans sa voiture, Rick réfléchissait à un plan B. Il se rappela le colis qu’il avait pris des mains de Harry dans les locaux d'Everyday news. Il le récupéra dans la boîte à gants de sa voiture. Il était adressé à Jamie et venait de Russie. Cela avait sans doute un lien avec l’appel que Kate avait reçu. Loksat semblait très intéressé par cet appel, ce qui ne pouvait signifier qu’une chose: l’information que détenait cette personne était primordiale où tout du moins était de nature à lui porter préjudice.
Il découpa le morceau de carton où se trouvaient l’expéditeur et le nom de Jamie à l’aide d’un cutter, puis ouvrit le colis. Il contenait un téléphone semblable à celui que lui avait fourni M. Cela lui donna une idée. Il venait de trouver son plan B.
Un peu plus tard dans la soirée, il pénétra discrètement chez William Bracken et découvrit ce dernier dans son bureau, ivre et parlant seul ou avec une personne imaginaire.
- Ah! Ah! Tu n’y connais rien! Tu as été amoureux combien de temps? Lançait-il hilare.
-...
- Quoi? Dix ans? On peut dire que tu ne sais rien. Regarde moi, ça fait plus de vingt ans, presque trente. Moi, je sais ce que c’est que l’amour!
- ...
- Tu as toujours été un moulin à paroles! Ce que tu peux m’agacer! Bien sûr que l’amour se mesure avec le temps! La sincérité! Pff! Beaucoup d’hommes sont sincères jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent! Ce n’est pas ça aimer quelqu’un.
Il se redressa pour se servir un autre verre et remarqua la présence de Rick qui l'observait perplexe. Il avait vraiment l'air d'être en grande discussion avec une personne qui n'était pas là.
- Hé! C’est le fils de Jackson! Viens donc t’asseoir avec nous! Tu connais tonton Bracken, non? Demanda-t-il en désignant le fauteuil vide près de lui.
- Vous êtes William Bracken, rétorqua Rick de plus en plus inquiet pour la santé mentale de Bracken
- Allons, tu es encore jeune, tu ne devrais pas confondre les noms! Je suis Jim Beckett! Et lui, c’est William Bracken, ajouta-t-il en désignant le canapé vide.
-...
- Tu as raison, il ressemble beaucoup à Jackson, approuva Bracken, c’est pour ça que je me sentais aussi mal au début.
- ...
- Exactement! Je suis bien d’accord! Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas la passion et qu’on avait. Mais ce n’est pas possible d’être comme nous, quand on manque de rien. Buvons!
Monsieur Flynn entra dans la pièce.
- Il est comme ça depuis longtemps ? Demanda Rick sans se retourner.
- La journée, il est normal, répondit Flynn. Il est comme ça le soir après quelques verres.
Rick quitta le bureau suivi par Flynn.
- Je voulais lui demander quelque chose, mais là, c’est impossible, dit-il en sortant un téléphone portable de sa poche. Je n’ai pas le choix. C’est le téléphone que je vous avais pris. Il y a plein de numéros intéressants là dedans.
Il le lui tendit et le retira dès que Flynn essaya de le prendre. Il s’amusa ainsi quelques secondes et profita de l’attention détournée de Flynn pour lui glisser un petit appareil dans la poche de sa veste.
- Je veux voir Loksat.
- Vous ne pouvez pas le voir quand vous le souhaitez! Répondit Flynn choqué. C’est lui qui décide de vos rencontres.
- J’ai un colis qui vient de Russie, dit Rick en montrant le morceau du colis reçu par le journal de Jamie qu’il avait avait découpé avant de venir. Ce pays l’intéresse beaucoup apparemment.
Comme il l'espérait, cet argument fit mouche et peu de temps après, Rick arriva dans un bar un peu louche, où il y avait plus d’agents de sécurité que de client.
Il fut fouillé à l’entrée avant d’être conduit au bar, où le barman n’était autre que Loksat.
Flynn alla lui glisser quelques mots discrètement, tandis que Rick devait rester à bonne distance entre deux agents.
Sandler était là également. Il se tenait aux côtés de Loksat.
- Dépêchez vous, dit Rick. Le vieux est impatient de me voir.
Monsieur Flynn alla s’asseoir au bout du comptoir et Loksat fit signe à ses hommes de laisser Rick s’approcher.
Celui-ci fonça directement sur Flynn et le secoua sans ménagement. Les hommes de Loksat intervinrent, Rick se calma aussitôt et se contenta de resserrer le noeud de la cravate de Flynn d’un coup sec en le dévisageant d’un air mauvais.
Dans la manœuvre, il en avait profité pour récupérer son appareil. Il se dirigea donc vers Loksat et s’installa sur un tabouret face à lui. Discrètement, il colla son appareil sous le bar.
- Pourquoi es-tu aussi en colère? Demanda Loksat calmement.
- C’est ce type. À chaque fois que je le vois, ça me fout en rogne. Il a tué mon maître, mais lui il se porte bien et il est libre, pas vrai? Grogna Rick en adressant un regard plein de menace à Flynn.
- Que contenait ce colis? Demanda Loksat en montrant le carton que Rick avait utilisé pour l'appâter.
- Si je vous l’apporte, vous annulerez le mandat d’arrêt et vous effacerez mes aveux?
- Apporte-moi d’abord le colis.
Rick se leva et se dirigea vers la sortie.
- Que contenait le colis? Demanda Loksat.
- Juste ce téléphone, répondit Rick en montrant un téléphone qu'il gardait dans sa poche.
- Et dedans? Demanda encore Loksat.
- Une vidéo où on voit des gens s’évanouir et mourir.
- Petit, tu n’as pas encore compris? Demanda Loksat. Si tu es avec moi, tu es intouchable même si tu es un meurtrier! Tout ce passera bien.
Rick revint s’asseoir face à lui.
- À vrai dire, je suis fatigué. Tout ce que je veux, c’est vivre tranquillement avec ma petite amie. Être poursuivi par la police et menacé par vous, je peux le gérer, mais je ne supporte pas qu’elle ait à vivre ça.
- Alors d'abord dis moi, où est le téléphone envoyé par la femme?
Rick posa le téléphone sur le comptoir et Sandler s’en empara pour vérifier les dires de Rick.
- C’est une vidéo de Russie, elle est vraie, annonça-t-il peu après.
- Elle a essayé d’envoyer cette vidéo à Jamie Bracken, mais vous l’avez subtilisée avant qu’il puisse la voir.
- C’est ça, acquiesça Rick.
- Bon garçon! Se réjouit Loksat.
Chapitre cent-vingt
Haley gara sa moto devant le café de Royce. Elle entra d’un assuré et apporta le téléphone que Rick avait trouvé dans le colis destiné à Jamie et dont il avait donné une copie à Loksat.
Avant de mettre son plan à exécution, Rick l'avait informée de sa découverte.
M le donna à Jamie, qui l’activa. Il contenait une vidéo. Il en enclencha la lecture. Une jeune femme apparut à l’écran.
- Vous êtes le reporter Jamie Bracken? J’espère que c’est bien vous qui regardez cette vidéo, commença-t-elle. J’ai des révélations importantes à vous faire.
Jamie, M et Kate se regardèrent sans rien dire, n’osant pas y croire. La vidéo s'arrêtait là. Le téléphone servirait de lien entre eux et cette jeune femme, il ne leur restait plus qu'à attendre qu'elle l'utilise pour les contacter.
Peu après, Kate décida d’aller se coucher. Inutile d’espérer plus longtemps des nouvelles de Rick, il ne se manifesterait pas pour le moment. Loksat était un ennemi très puissant, auquel il était difficile d’échapper. S’il n’acceptait pas de travailler pour lui, Rick serait recherché pour meurtre, son portrait serait affiché dans tous les commissariats du pays et sa seule échappatoire serait la fuite. Seulement Rick avait beau dire qu’il était un solitaire, il était incapable d’abandonner les gens qui lui étaient chers. Kate savait qu’il ne l’abandonnerait jamais, mais elle savait également qu’il refuserait de faire d’elle une fugitive.
C’est donc la mort dans l’âme qu’elle pénétrait dans sa chambre ce soir là.
Trois coups frappés contre sa fenêtre, lui signalèrent qu’elle n’était pas seule. Elle leva la tête et son cœur bondit dans sa poitrine.
- Je t’ai déjà dit de ne pas passer par là, dit-elle la mine boudeuse.
- Je t’avais dit de fermer la fenêtre de ta chambre, rétorqua-t-il avec son air de gamin.
Elle sourit, incapable de garder un air sévère face à lui.
- Ça te dit d’aller faire une balade sous les étoiles? Suggéra-t-il.
- Où ça?
- Où tu veux.
Elle s’approcha de lui, il lui prit la main et ses inquiétudes s’envolèrent. Il avait cette capacité de lui dire que tout irait bien rien qu’en lui prenant la main. Elle laissa ses inquiétudes derrière elle et fila avec lui par la fenêtre. Pour le moment rien ne comptait à part ces instants volés avec lui.
Sa moto les attendait en bas, sur le trottoir. Il lui tendit un casque et enfourcha sa moto. Elle s’installa derrière lui et se blottit contre son dos, s’agrippant à sa taille comme un naufragé à une bouée de sauvetage.
Il l’emmena sur le toit de l’immeuble d’où il avait sa vue préférée. Ils se blottirent dans les bras l’un de l’autre et profitèrent de ce moment de répit. Cette soirée lui en rappela une autre, lorsque Castle lui avait suggéré de tentait l'aventure avec lui plutôt que d'en espérer une qui n'arriverait peut-être jamais avec Storm. Si seulement elle avait su...
- Ma mère a quitté William Bracken, annonça-t-elle. Elle vit chez Jamie pour le moment.
- Qu’est-ce qui l’a décidée à prendre cette sage décision? Demanda-t-il en se shootant au doux parfum de ses cheveux.
- Elle avait placé un micro dans le bureau de William, c’est comme ça qu’elle avait su que tu étais en danger le soir où ils ont tué MacAlister... L'autre soir, elle a entendu qu’il lui avait menti au sujet de ma mort. Elle a appelé Jamie à la première heure le lendemain et a quitté William. Elle n’avait qu’une idée, me retrouver.
- Ça c’est une bonne nouvelle, sourit-il. La savoir avec ce sale type, ça me rendait malade. Et... Tu vas lui dire qui tu es?
- Jamie le lui a dit ce soir. Elle est chez nous depuis. Elle a déjà passé en revue tous les albums photo de mon père et pourtant il en a un paquet.
- Je suis vraiment content pour toi.
- Je sais... Quand cette histoire sera finie, je te la présenterai. Elle a hâte de te connaître, sourit-elle.
- Tu lui as parlé de moi? S’étonna-t-il.
- Je lui ai parlé de ce que j’aime et de ce qui est important pour moi...
Son cœur se gonfla encore plus d'amour pour elle si c'était possible. Jamais personne ne lui avait donné une telle place dans sa vie. À une époque, il se vantait de n'avoir besoin de personne pour être heureux, aujourd'hui il se rendait compte à quel point il se trompait.
De leur côté, Gates et Jamie attendaient que cette mystérieuse femme les contacte. L'attente était longue. M s'occupait en pianotant sur son clavier, à la recherche d'une information qui pourrait les aider.
Jamie, lui, jouait machinalement avec son stylo, le faisant rouler sur la table, sans se rendre compte que cela avait tendance à exaspérer Gates. Elle vivait seule et recluse depuis tant d’années, qu’elle aurait même été agacée par le simple bruit de sa respiration. Elle était sur le point de lui hurler dessus, quand soudain le téléphone sonna, annonçant un appel international.
Jamie décrocha aussitôt.
- Jamie Bracken, s’annonça-t-il.
- Vous êtes le reporter Jamie Bracken? Demanda la voix de la jeune femme de la vidéo.
- Oui. Vous ne reconnaissez pas ma voix? Vous êtes mademoiselle Snow?
- Oui. Je suis au Canada, mais je serai bientôt à NewYork. Peut-on se rencontrer à l’aéroport? Je partirai directement après notre rencontre, je n’ai pas de visa américain.
Le silence se fit.
- Mademoiselle Snow? Appela Jamie. Mademoiselle Snow?
Après sa balade sous les étoiles avec Kate, Rick se rendit à l'agence de Finch, comme le lui avait ordonné Loksat. En bon petit soldat, il écoutait Sandler expliquer la situation à Finch et ses hommes.
- La vidéo a été envoyée par Alison Snow, annonça Sandler. C’est une biochimiste, qui travaille en Russie dans l’équipe de recherches Volkov. Ils ont utilisé nos fonds pour cultiver une nouvelle bactérie. Snow a tout détruit, à part un échantillon qu’elle va apporter aux États Unis.
Rick ne put s’empêcher de taquiner Finch et son bras droit « yoyo Man » en leur faisant des signes discrets au sujet de leurs têtes. Eux non plus n’avaient pas l’air très intéressés par le discours de Sandler.
- C’est un appel du Canada! Annonça l’un des hommes de Sandler.
Celui-ci se précipita vers les ordinateurs, laissant Storm seul face à Finch et Yoyo Man.
- Alors, c’est à ça que tu ressembles? Commença Yoyo Man en faisant un pas vers Rick.
- Qu’est-ce que j’ai souffert à cause de toi, grogna Finch. Toutes ces fois où tu m’as fait passer pour un imbécile...
Finch leva la main et tenta de gifler Storm, qui recula tranquillement d’un pas. La main de Finch atterrit dans la figure de Yoyo Man.
- Wah, sourit Rick, pas besoin de moi, tu fais ça très bien tout seul...
Il s’éloigna d’eux et put entendre Sandler au téléphone, vraisemblablement avec Loksat.
- Elle arrive à NewYork aujourd’hui, annonça ce dernier, elle a réservé un billet d’avion. Nous allons la chercher.
- Ne ramenez pas cette femme, répondit froidement Loksat. Sécurisez seulement la bactérie.