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Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre vingt et un

 

Lorsqu’ils retournèrent au poste, Swan compléta son tableau blanc avec les informations données par la légiste. Storm n’en manqua pas une miette. 

- Écrivez quoi que ce soit de ce que vous voyez sur ce tableau et je vous casse les deux jambes! L’avertit-elle soudain.

 

- Il n’y a rien sur votre tableau de toute façon, répondit le jeune homme d’un ton blasé.

 

Elle se redressa et le toisa du regard.

 

- Quoi? Demanda-t-il intrigué.

 

- Je pensais que vous étiez un journaliste réputé...

 

- Mais je suis un journaliste réputé! Rétorqua-t-il vexé.

 

Elle se contenta de le regarder en souriant mystérieusement.

Cette fille était incroyable! Que signifiait ce petit sourire énigmatique ? En savait-elle plus que ce qu’elle ne laissait paraître? Il avait bien évidemment remarqué son adresse mail, qui était copiée sur le tableau, accompagnée de toute une série de questions. S’il s’en tenait à ces questions, il n’avait rien à craindre, les policiers n’avaient aucune idée de ce à quoi elle correspondait. Mais cette fille était tellement mystérieuse et tenace, qu’il lui était impossible de deviner ce qu’elle savait au sujet de son adresse mail.

Il fut sorti de ses pensées par l’arrivée des collègues de la jeune femme.

 

- Du nouveau? Demanda-t-elle en se tournant vers eux.

 

- Apparemment oui, répondit Esposito en désignant Castle derrière elle.

 

- C’est un témoin? Demanda Ryan intrigué.

 

- Oh! Ne faites pas attention à lui, c’est un journaliste, répondit la détective sans prendre la peine de regarder Castle. 

 

- Un journaliste? S’étonna Esposito. Qu’est-ce qu’un journaliste fait ici?

 

- Une lubie du maire et du chef de la police, soupira Swan. Ils veulent redorer l’image de la police... Sinon... Vous avez découvert quelque chose auprès des collègues de Jonas?

 

- Pas grand chose, à part le fait qu’il était en congés depuis depuis deux semaines, répondit Esposito.

 

- Et il projetait seulement maintenant de partir au Mexique, par un vol aller simple... Dit Swan songeuse. Ça ne colle pas avec des vacances. Il fuyait quelque chose.

 

- Pourquoi attendre deux semaines pour partir? Demanda Ryan.

 

- Peut-être qu’il s’est caché pendant un temps et qu’il n’a décidé de partir au Mexique que récemment, répondit la jeune femme en notant ce nouvel élément sur le tableau. Il va falloir que nous refaisions son emploi du temps de ses derniers jours de travail, puisque c’est là qu’on perd sa trace.

 

- Ça va être coton, marmonna Esposito.

 

- On n’a pas le choix, de toute façon, répondit la détective.

 

- Et l’adresse mail? Demanda Ryan. Tu as trouvé quelque chose?

 

- Oui. C’est l’adresse mail d’une sorte de mercenaire fantôme, qui effectue toutes sortes de missions contre un joli paquet d’argent. Mais il est impossible à contacter. On ne sait rien sur lui... Ou elle. 

 

Un peu à l’écart, Castle ne manquait rien de ce qu’annonçait la jeune femme. Elle avait de la ressource, pour trouver ces renseignements, il fallait être soit un connaisseur du darkweb, soit avoir certaines relations particulières pour trouver ces informations.

 

- Tu penses qu’il a pu recevoir un contrat de tueur à gage? Demanda Ryan.

 

- Si c’est le cas, il est négligeant, répondit Swan. Ça n’est pas très « professionnel ». Je pense que c’est ce qu’on veut nous faire croire. 

 

- Qui voudrait faire ça? Demanda Esposito.

 

- Un rival, peut-être, suggéra Ryan.

 

- Je pense que c’est plus compliqué que ça... Hey! Je vous ai dit de ne toucher à rien! S’énerva Swan en se tournant vers Castle, qui se tenait près de son bureau.

 

- Je cherchais juste un stylo! Se défendit-il.

 

- Cherchez le dans vos poches! Ce bureau, c’est mon bureau et tout ce qui s’y trouve est à moi, donc bas les pattes!

 

- Vous n’êtes pas prêteuse... marmonna Castle.

 

- Vous auriez demandé un stylo, je vous l’aurais prêté! Ronchonna-t-elle.

 

 - C’est un stylo! Je n’ai pas piqué votre porte-monnaie ! Rétorqua le journaliste agacé.

 

- C’est une question de principe! Qui vole un œuf, vole un bœuf! 

 

- C’était un emprunt! J’allais vous le rendre votre stylo!

 

Ryan et Esposito échangèrent un regard, puis allèrent se servir un café. Ils trouvèrent  le capitaine Montgomery dans la salle de pause. 

 

- Alors, comment ça se passe? Demanda se dernier.

 

- Ça s’annonce compliqué, soupira Esposito. On ne sait rien d’interessant  au sujet de notre victime. Il menait une vie banale et avait un travail tout aussi banal...

 

- Je parlais de Swan et Castle, précisa le capitaine.

 

- Ils se chamaillent comme des gamins. Si vous cherchiez à la rendre moins efficace dans son travail, vous avez tapé dans le mille, répondit Ryan.

 

- En y réfléchissant, on devrait vous remercier pour ça, sourit Esposito en se servant une tasse de café.

 

- Me remercier? Tiqua le capitaine.

 

- En temps normal, expliqua l’irlandais, elle nous aurait déjà donné une liste longue comme mon bras de choses à faire: coups de fils, recherches sur le net, vidéos de caméras de surveillance à visionner... Alors que là, on peut tranquillement se servir un café et prendre une pause bien méritée, pendant qu’elle est occupée à gérer votre journaliste !

 

- Bien vu, sourit Esposito. Merci chef! Un type incontrôlable dans les pattes d’une maniaque du contrôle... Vous avez trouvé le moyen de gérer  l’addiction au travail de Swan!

 

- Bande de tire-au-flanc! Gronda le capitaine. Avalez-moi ces cafés fissa et filez faire votre travail! Comportez vous en détectives pour une fois! 

 

- Tout de suite, chef! Obtempèrent les deux compères en se dépêchant de rejoindre leurs bureaux.

 

- J’espère qu’elle va se montrer un peu gentille avec lui, c’est l’image de la police qu’on cherche à redorer... souffla le capitaine en s’approchant de la jalousie pour observer Swan et Castle.

 

- Si ça se trouve, c’est un coup de la CIA, suggéra Castle, tandis que Swan demeurait pensive devant son tableau. 

 

- Qu’est-ce qui vous fait penser ça? Demanda-t-elle en tournant la tête vers lui.

 

- Un meurtre maquillé en suicide, une victime ordinaire, qui normalement n’aurait jamais dû se faire assassiner, aucun indice à part l’adresse mail qu’un mercenaire digne de ce nom n’aurait jamais dû laisser traîner... C’est un coup monté!

 

- Comme vous venez de le dire, vous n’avez aucune preuve...

 

- Ce qui implique forcément les services secrets! Votre victime... Jonas, c’était un employé de bureau... Un secrétaire... ou un comptable! C’est mieux si c’est un comptable! Il a sûrement découvert un truc pas clair dans les comptes et on l’a assassiné pour le faire taire! C’est peut-être la Mafia en fin de compte...

 

- Wah! Impressionnant ! Fit-elle admirative.

 

- N’est-ce pas? Répondit Castle fier de lui.

 

- C’est comme ça que vous écrivez vos articles? Demanda-t-elle d’un air sévère. Vous prenez un évènement et vous brodez une histoire autour?


S'il avait pensé l'impressionner avec ses théories, c'était raté, cette fille n'était pas du genre à croire quelque chose sur parole, il lui fallait des preuves.

 

 


Minefuji  (11.04.2020 à 18:28)

Chapitre vingt-deux

 

 

Sur le chemin qui le ramenait chez lui, Storm faisait le bilan de sa journée au poste de police. Le moins qu’il pouvait dire, c’était que cette infiltration était loin d’être un parcours de santé. Swan était tellement méfiante et futée, qu’elle ne lui laissait le droit à aucune erreur.

 

- Ça y est, tu es content? Demanda M dans son oreillette.

 

- Ça s’est plutôt bien passé, si c’est ce que tu veux savoir, répondit-il satisfait. 

- Et l’enquête? Ils ont de nouveaux éléments? 

- Le reçu de l'hôtel où j'ai emmené Jonas pour le planquer...

- Le reçu? Qui a payé?

- Moi, en espèces. Tu devais me rembourser, comme d'habitude.

- Et  ils ont trouvé le reçu?

- Oui, celui que j'avais détruit...

- Wah! Ils sont forts. Qui aurait pu faire ça? Se demanda M.

- Toi...

- Hé! S'offusqua-t-elle.

- Ou le commanditaire de la mission... Termina Storm. J'ai bien essayé de noyer le poisson, mais cette détective n’est pas du genre à se contenter de théories. Il lui faut des preuves.

- C’est une bonne nouvelle, ça, se réjouit M. tout ce qu’ils ont sur nous, c’est une adresse mail, qui ne les mènera nulle part.

- Oui, mais elle a de la ressource, la miss, elle a réussi à découvrir en quoi consistaient nos activités professionnelles, annonça Storm.

- Wah! Fit M admirative. C’était elle le hacker qui a essayé de s’infiltrer sur mon serveur? 

- Je ne sais pas si elle l’a fait elle même... Il y a peut être un super hacker dans les rangs de la police, supposa Storm. Après tout, ils ne finissent pas tous associés à des mercenaires.

- Mercenaire ça paye mieux, beaucoup mieux que la police, répondit M. Enfin, je pense qu’on n’a rien à craindre avec l’affaire de Jonas. Tu vas arrêter de montrer ton visage au grand jour et  faire profil bas pendant quelques temps, ensuite, tu vas pourras reprendre tes activités de mercenaire.

- Laisse-moi encore quelques jours, il faut que je découvre qui cherche à me piéger et quel meilleur endroit que le poste de police pour ça?

- Tu joues avec le feu, l’avertit M.

- Tu as trouvé qui était le gars qui nous observait aujourd'hui ? Demanda Storm ignorant l’avertissement de sa supérieure. 

- Oui, il s’agit de Jamie Bracken, figure-toi, répondit M.

- Jamie Bracken? Répéta Storm. 

- Tu ne le connais pas? C’est un grand reporter! Il passe régulièrement aux informations... Ah, c’est vrai que tu n’utilises ta télé que pour jouer aux jeux vidéos ou regarder des films... Tu devrais regarder les informations de temps en temps, c’est instructif.

- Pourquoi un reporter de cette envergure perdrait son temps à suivre une policière ?

- Peut-être que c’était toi qu’il suivait... 

- Impossible, je ne suis personne... Peut-être que c’est juste un pervers, qui a jeté son dévolu sur elle... Attends un peu... Jonas avait mentionné un nom de media... News quelque chose... DailyNews... Oui! C’est ça! Il a dit que DailyNews pourrait facilement l’envoyer à l’étranger!

- Tu as raison! D'ailleurs on lui a fourni un faux passeport pour ça, approuva M. 

- Et aujourd’hui, ce reporter nous surveille alors que je suis avec la fille sur laquelle on m’a demandé des renseignements... C’est trop gros pour être une coïncidence...

- Rentre chez toi et reste tranquille le temps que ça se tasse, conseilla M.

- Et quoi? Tu veux que je devienne un fugitif pour le reste de ma vie? Je n’ai pas l’intention de les laisser faire de moi un assassin, rétorqua Storm en faisant demi tour.

- Qu’est-ce que tu fais? Storm! Je suis ton patron et je t’ordonne de rentrer chez toi! S’écria M.

 

Elle eut beau lui répéter cet ordre encore et encore, Storm n’écoutait pas. Il était déterminé.

 

- Bingo! S’écria-t-il environ un quart d’heure plus tard.

- Bingo quoi? Répéta M agacée par l’entêtement du jeune homme.

- Il est en face de chez elle. Je t’envoie une photo de sa plaque, fais quelques vérifications.

- Tu pourrais dire « s’il te plaît » garnement! Grogna M en pianotant sur son clavier d’ordinateur. 

- S’il te plaît, Mamie...

- Un peu de respect, vaurien ! Bon, c’est bien celle de Jamie Bracken... Oh! Tu ne devineras jamais! Son frère possède Daily News!

- J’aurais pu deviner, si tu m’avais laissé le temps... 

- Qu’est-ce qu’il fait là? Il est chez elle?

- Nan, il reste dans sa voiture à regarder la maison... Il est bizarre ce gars... Déjà que ses demandes étaient bizarres...

- Tu penses que c’est notre très cher client? Demanda M.

- Je ne vois pas ce qu’il ferait là, si ça n’était pas le cas... Quand je te disais que ça pouvait être intéressant de connaître l’identité de nos clients...

- Ils s’adressent à nous parce qu’on garantit leur anonymat, si on leur demandait qui ils étaient, on pourrait dire adieu à la majorité de notre clientèle.

- Alors, monsieur le grand reporter, qu’est ce que tu fais devant la maison d’une flic? demanda Storm en zoomant avec ses lunettes.

 

La porte du café du père de Swan s’ouvrît. La jeune femme en sortit et commença à ranger les chaises de la terrasse. Elle allait rentrer le tableau du menu du jour, quand son attention fut attirée par le véhicule stationné en face.

- Repéré, chuchota Storm amusé. Alors mon gars, tu as beau être un grand reporter, tu es nul quand il s’agit de faire une planque! Elle t’a grillé!

 

Swan s’avança prudemment vers le véhicule, ce qui hérissa le poil de Storm. Elle n’avait donc jamais appris la prudence?

Le véhicule démarra aussitôt, elle fronça les sourcils et le regarda s’éloigner. 

Du haut de son observatoire sur le toit de l’immeuble en face de chez Swan, Storm ne perdit pas de temps et se mit en chasse. M aux manettes des caméras de surveillance suivait le véhicule et indiquait à Storm les directions à suivre pour ne pas se faire semer par le véhicule.

Une moto s’arrêta à quelques blocs de là, près d’une station de métro. Le conducteur, une jeune femme d’une vingtaine d’année, en descendit, ôta son casque et sortit son téléphone.

- Je suis à la station de métro à l’angle de la 59ème et de la troisième avenue. Où es-tu?

Storm apparut comme par magie, s’empara d’un casque et enfourcha la moto.

- Attends! S’inquiéta la jeune femme en le voyant faire. Laisse-moi t’emmener... L’embrayage est sensible! 

Sans un mot, Storm démarra et la laissa sur place.

- Elle vient de sortir de révision! Cria la jeune femme en trépignant plus qu’agacée.

 

Grâce à l’aide précieuse de M, qui n’avait pas lâché la voiture de Jamie Bracken, Storm parvint à suivre le reporter jusqu’à une luxueuse propriété entourée  de murs et surveillée par plusieurs caméra. Heureusement que Storm était un expert pour les éviter. Il planqua la moto et franchit le mur d’enceinte de la propriété. Le véhicule de Bracken s’arrêta devant une immense demeure d’où une femme en fauteuil roulant sortit pour l’accueillir chaleureusement. 

- Je rêve, il vit encore chez sa maman ce grand garçon ? Chuchota Storm.

 

 


Minefuji  (12.04.2020 à 18:37)

Chapitre vingt-trois

 

Storm eut beaucoup de mal à se réveiller le lendemain matin. Il se traîna jusqu’à la cafetière et se prépara un café ultra serré dans l’espoir de se réveiller. 

Il attrapa un reste de pizza dans son réfrigérateur, cela ferait l’affaire pour son petit-déjeuner. 

- Déjà debout? Lança soudain la voix de M. 

 

Storm sursauta et renversa la moitié de son café. 
- ...

- Tu peux me repondre, ajouta M. Je sais que tu es réveillé, grâce à ton rythme cardiaque, je sais tout.

- Fichue montre! Je t’ai déjà dit de pas faire ça! Râla-t-il. J’avais un réel besoin de ce café! 

- Tu es un oiseau de nuit, Storm, répondit M réaliste. On ne peut pas être performant 24 heures sur 24, le sommeil ce n’est pas superflu. 

- C’est l’histoire de quelques jours... dit Storm en baillant à s’en décrocher la mâchoire. 

- Je persiste en disant que c’est de la folie, soupira M.

 

Storm avisa l’heure affichée par la pendule et fila se préparer. Il choisit un pull à col rond et une veste, songeant qu’il était inutile d’insister avec le look costard cravate, Swan n’y avait pas cru une seconde. Il essaya une paire de lunette.

- Laisse tomber les lunettes, conseilla M. Ton visage n’est pas connu, ton déguisement est meilleur sans les lunettes.

Storm sourit, il venait d’obtenir le soutien de sa patronne.

 

Swan était à son bureau depuis l’aube, comme à son habitude. Elle en profita pour consulter les archives qu’elle avait empruntées à la bibliothèque en rentrant chez elle la veille. Les articles de Castle existaient bel et bien, ce qui la surprit, car elle avait vraiment eu l’impression qu’il s’agissait d’un imposteur.

Elle avait une grande confiance en son instinct. Son père et L’ours lui avaient appris à se méfier de tout et d’être toujours sur le qui-vive, car comme ils le disaient souvent : « Tu dois toujours être prête à t’enfuir ou à te battre pour sauver ta vie. »

 

Elle lut quelques articles et devait reconnaître que la plume du journaliste était agréable à lire et que ses articles avaient des sujets très variés, mais toujours très intéressants. 

Les gars arrivèrent, de bonne heure, comme ils l’avaient prévu la veille.

 

- Le gratte-papier n’est pas là? Demanda Esposito en regardant de chaque côté. 

- Avec un peu de chance il s’est lassé, sourit la détective. 

- Sur quoi tu travailles? demanda Ryan. 

- Je lisais des articles qu’il a écrits. Ils sont très variés. 

- Tu as vérifié qu’il était bien écrivain! Comprit Esposito. Tu sais que s’il est ici, c’est parce que le maire et le chef de la police l’ont demandé. Tu penses bien que s’il avait été un imposteur, ils n’auraient pas fait une telle demande!

- Toujours vérifier ce qu’on te présente comme étant la vérité, rétorqua la jeune femme. C'est la règle numéro un!

- Alors, te voilà rassurée? S’enquit Esposito.

- Le hic, c’est qu’il n’y a aucune photo de ce Richard Castle. Ça pourrait être n’importe qui...

- Ne te tracasse pas avec ça, il y a beaucoup de journalistes qui préfèrent travailler dans l’ombre, déclara Ryan. Ça ne veut pas dire qu’il faille s’en méfier.

- Mhm... Vous avez peut-être raison, approuva Swan, mon père et mon oncle m'ont sans doute rendue un peu parano. On a d’autres chats à fouetter de toute façon. 

- Tu as du nouveau pour notre enquête? Demanda Esposito.

- Eh bien oui, figure-toi ! Déclara Swan d’un air triomphant.  Il y a eu un incident dans le métro !

- Un incident dans le métro? Répéta Ryan.

- Oui, j’ai lu ça dans un petit article de journal. Comme quoi, ça sert de se méfier. Il faudra que je remercie Castle s’il revient.

 

- En quoi c’est interessant ? S'enquit Esposito.

- Il y a une photo prise par l’un des passagers. Tu ne devineras jamais qui on aperçoit sur cette photo.

- Pourquoi tu me demandes si je ne devinerai jamais? Demanda Esposito.

- Il est grognon, expliqua Ryan. C’est toujours comme ça quand il manque de sommeil.

- Oh! Et on peut savoir comment elle s’appelle? Sourit Swan. 

- Roh! Ça va bien, oui? Bougonna le latino. Alors? Qui était dans le métro?

- Jonas, annonça Swan en montrant la photo de l’article en question. Là! Juste devant les portes. 

- On ne le distingue pas très bien... Fit Ryan en plissant les yeux.

- C’est lui, affirma Swan. Et il y a un type qui se tient juste derrière lui.

- Tu penses que c’est son assassin? 

- Il a été tué quelques jours plus tard, alors soit ce gars l’a séquestré avant de le tuer, soit ce n’est pas lui.

- En quoi c’est interessant alors? Demanda Ryan.

- Lis l’article! Il y a eu un incident dans le métro! Il s’est arrêté brusquement et d’après les témoins, deux personnes sont sorties sur les voies et toute une bande les a poursuivis! 

- Tu crois qu’il s’agit de Jonas? 

- Oui. Et je pense que le type derrière lui sur la photo l’a aidé à fuir ceux qui le poursuivaient.

- Wah... 

- J’ai demandé les bandes des caméras de surveillance du métro ce jour là, on devrait les avoir bientôt, annonça Swan.

- Tu es là depuis qu’elle heure? Demanda Ryan en consultant sa montre.

- Ce gars... Fit Swan en regardant de nouveau la photo.

- La photo du tableau est plus nette, dit Esposito en désignant celle de la victime.

- Non, pas Jonas, le type derrière lui... précisa Swan.

- On ne voit rien de lui, il a une casquette et des lunettes noires. Ça pourrait être n’importe qui, répondit Esposito. 

- Tu as raison, souffla-t-elle en se rejetant en arrière contre le dossier de sa chaise. Bon sang! Il me faut un café! 

Un gobelet estampillé du logo d’une grande chaîne de café apparut devant elle. Elle releva la tête et découvrit Castle, qui lui souriait.

 

- Je ne connais pas encore vos préférences, j’espère que cela vous conviendra, dit-il en lui tendant le gobelet. Un latte sans sucre avec deux doses de vanille...

 

- Merci Castle! Sourit-elle en acceptant son cadeau.

 

- Et nous?  Demandèrent les gars. Où sont nos cafés?

 

- Bah... Euh... Je ne suis pas sensé vous amener vos cafés, bredouilla Castle, vous devez aller vous servir vous même...

 

- Quoi? Qui vous a dit ça? S’offusqua Esposito.

 

- C’est moi! Annonça Swan. C’est moi qu’il suit et qu’il gêne dans son travail, c’est ma compensation! Vous apprenez bien Castle! Vous êtes un bon gars!

 

Ryan et Esposito allèrent donc se servir un café en bougonnant, laissant Castle et Swan seuls.

 

- Wah ! T’as vu ça? Elle l’a déjà totalement asservi! 

 

- Elle est redoutable, je te l’ai toujours dit, souffla Esposito. 

 

 


Minefuji  (13.04.2020 à 17:29)

Chapitre vingt-quatre 

 

Swan avait la tête dans la paperasse depuis un long moment déjà, tandis que Castle jouait avec une boule de papier qu’il lançait et rattrapait au dessus de sa tête. Elle faisait mine de l’ignorer, mais il ne manqua pas ses petits regards agacés, ce qui l’amusa beaucoup. Elle était drôlement mignonne quand elle était agacée.
Soudain, il bailla bruyamment. 

 

- Rentrez chez vous, si vous êtes tellement fatigué, dit Swan sans lever la tête.

- Oh! Non... Pas envie.

- Il est clair que vous vous ennuyez mortellement, alors pourquoi ne pas rentrer?

- J’attends un peu d’action, sourit-il.

- Il est hors de question que vous participiez à quoique ce soit d’un peu dangereux! Vous êtes un civil, je suis responsable de votre sécurité et tant que ça restera comme ça, vous resterez sagement au poste.

 

- J’ai signé une décharge, vous ne serez pas tenue pour responsable s’il m’arrivait quelque chose.

 

- J’ai tout de même mon mot à dire, contra-t-elle.

 

- Non, puisque votre patron, le patron de votre patron et le maire sont d’accord. Je vais aller me faire un café, dit-il pour l’empêcher de protester. Vous en voulez un?

 

- Non merci, grogna-t-elle.

 

Il lança sa boule de papier en direction de la corbeille et manqua son coup d’un bon mètre, ce qui fit rire la détective.

 

- Ça n’est pas gentil de se moquer! 

- Ce n’est pas possible de manquer un tir pareil! Vous l’avez forcément fait exprès! 

 

- Ah! Ah! Évidemment, grimaça Castle. 

- Sérieux? Vous l’avez vraiment manqué? Wah! Qu’est ce que vous faisiez pendant les cours de Sport à l’école.

 

- Tout le monde n’est pas fait pour le sport, marmonna le journaliste en ramassant la boulette de papier. Maintenant je vais me servir un café. 

 

Il quitta la pièce en lâchant la boulette au dessus de la poubelle, ratant une nouvelle fois son coup. Swan eut bien du mal à se retenir de rire. Une telle maladresse relevait du prodige. 

Elle secoua la tête et se remit au travail. Castle revint peu après une tasse de café fumante à la main. Il en but une gorgée qu’il eu bien du mal à ne pas recracher.

 

- Quoi encore? Souffla la détective en levant les yeux au ciel. 

- C’est... c’est certainement le pire café que j’aie jamais goûté ! C’est fascinant, ça fait penser à… à de l’urine de singe plus un petit mélange d’acide.

 

- Au moins ça vous aura réveillé. Qu’est-ce que vous faites ici? 

 

- Je prépare un article... Mais je dois reconnaître que j’avais pensé que ça serait plus excitant. Vous n’êtes pas sensée arrêter des méchants?

 

- Pour ça, il faut savoir où chercher... soupira la détective.

 

- Et vous pensez trouver des réponses dans ces papiers? 

 

- Ce sont des notes et des factures trouvées dans l’appartement de Jonas, il y aura peut être quelque chose là dedans qui nous mettra sur une piste...

 

- Si vous voulez mon avis, vous perdez votre temps, soupira Castle.

 

- Et pourquoi? 

 

- Il fuyait quelque chose et a été assassiné! Ce qui veut dire que les personnes qui le menaçaient ont réussi leur coup. J’imagine mal des gens comme ça laisser quoique ce soit de compromettant derrière eux.

 

- Je sais, soupira Swan. Mais chacune des pistes qu’on trouve nous mène à une impasse...

 

- Où sont vos collègues? 

 

- Ils sont allés visionner les caméras de surveillance du métro pour le jour où il y a eu l’incident...

 

- Un incident? Quel incident?

 

- Quelqu’un a piraté le sytème et a arrêté un train pendant quelques minutes. 

 

- Wah! On peut pirater le métro! Ça ferait un super article, ça! Déclara-t-il avec la mine d’un enfant dans un magasin de jouets.

 

- Ne vous gênez pas pour l’écrire, souffla Swan agacée.

 

- Pourquoi vous vous intéressez à cet incident? Demanda-t-il plus sérieusement.

 

- Vous voulez l’écrire dans votre article? Demanda-t-elle suspicieuse.

 

- Quoi? Oh! Non! Je tiens trop à mes jambes! Se défendit Castle. C’était de la curiosité... C’est tout!

 

- On a une photo où on voit Jonas en compagnie d’un gars bizarre, expliqua Swan. Apparemment, lui et Jonas étaient poursuivis par une bande de gars qui n’avaient pas l’air commodes.

 

- Un gars bizarre? Répéta Castle inquiet.

 

- Veste noire, casquette noire, lunettes noires... Qui prend le métro avec des lunettes noires? Personne, à part quelqu’un de louche qui veut éviter la reconnaissance faciale.

 

- Effectivement, c’est louche, ricana Castle devant les compétences redoutables de la détective. 

- De toute façon, ça nous mènera à une autre impasse, bougonna la jeune femme agacée.

 

- Oh! Vous, vous avez besoin d’un goûter! Constata-t-il  heureux de pouvoir changer de sujet.

 

- Je vous demande pardon?

 

- J’ai remarqué que vous étiez grincheuse quand vous avez faim, sourit le journaliste. Je vous offre une part de tarte?

 

- Une part de tarte? Répéta-t-elle interloquée.

 

- Il y a un petit troquet à deux rues d’ici. Leurs tartes aux pommes sont divines, expliqua-t-il.

 

- Je suis en service, je ne peux pas y aller.

 

- Quoi? Vous n’avez pas le droit à une pause déjeuner?

 

- Ça n’est pas l’heure du déjeuner !

 

- Vous n’avez pas fait de pause à l’heure du déjeuner, contra-t-il.

 

Elle se laissa faire, à court d’arguments. Elle devait reconnaître qu’elle avait faim. Elle se laissa donc entraîner par Castle jusqu’à ce salon de thé, dont il lui vanta les mérites tout le long du chemin. 

 

- Vous y allez souvent? Demanda-t-elle alors qu’ils approchaient. 

 

- Non, je me fais livrer la plupart du temps.

 

- Vous êtes vraiment un grand timide, constata la jeune femme. 

 

Son téléphone sonna à ce moment-là, elle s’excusa et décrocha aussitôt.

- On va devoir reporter notre dégustation, annonça-t-elle en raccrochant au bout de quelques minutes. 

 

- Du nouveau? 

 

- Ryan et Esposito ont identifié les poursuivants de Jonas dans le métro. On va aller leur poser quelques questions.

 

- Quoi? Demanda Castle se rappelant très bien que ces gens n’étaient pas des enfants de cœur.

 

- Ils font partie d’une agence qui fait des missions de sécurité en tous genres, expliqua la jeune femme en se dirigeant vers sa voiture de fonction.

 

- Des agents de sécurité qui poursuivaient la victime? Tiqua le journaliste. Vous êtes sûre qu’elle est bien légale cette agence?

 

- Sur le papier, ce qu’elle fait est tout à fait légal, peut être que Jonas leur avait volé quelque chose et qu’ils ont voulu le récupérer...

 

- Et vous voulez aller les voir? S’inquiéta Castle.

 

- Détendez-vous, je vais juste leur poser quelques questions...

 

- Je suis super détendu... Sans blague, je suis cool, super cool.

 

- Ça se voit tout de suite, rit la détective. Allez, fermez la et tachez d’être un peu viril!

 

- ... Quoi? ... Hé! Qu’est-ce que ça veut dire ça? Je suis hyper viril! Dit Castle offensé.

 

Elle l’ignora royalement et démarra. Les places de stationnement étant rares dans le quartier, ils laissèrent la voiture à quelques rues de l’agence, ce qui ne rassura pas l’écrivain, car, comme il le fit remarquer, ce serait compliqué de s’enfuir en cas de besoin. Pour toute réponse, il eut droit à un regard noir de la jeune femme.

- Je me tais! Déclara-t-il. Viril!

Ils arrivèrent à l’agence peu après. Ce qui était certain, en voyant leurs locaux, c’était que ce n’était pas avec des activités de sécurité normales qu’ils pouvaient se payer de tels locaux. 

- Vous pouvez rester là si ça vous inquiète tellement, annonça Swan avant d’entrer.

 

- Non... Ça ira... Je vais vous accompagner, répondit Castle d’une voix qu’il espérait confiante. Je suis viril! 

 

- Ne dites rien et restez derrière moi, sourit la détective amusée. 

 


Minefuji  (14.04.2020 à 12:55)

Chapitre vingt-cinq 

 

 

Ils furent reçus par le patron de l’agence, un gars au look de voyou qui voulaient jouer les hommes d’affaires, c’est à dire une coupe de cheveux improbable, beaucoup trop de gel capillaire et un costume cravate au goût douteux.

Comme Swan s’y attendait, il nia connaître Jonas, ainsi que la présence de ses hommes sur les lieux de l’incident du métro.

 

- Nous avons des vidéos de caméras de surveillance, qui disent le contraire, rétorqua Swan sans ciller.

 

- Quand est-ce que c’était vous dites?  Demanda-t-il feignant l'ignorance avec un jeu d'acteur déplorable.

 

- Jeudi, il y a presque deux semaines. À l’heure de pointe, précis a-t-elle agacée.

 

- Ah! Ce jour là! Euh... Eh bien, je ne sais pas ce que laissent penser ces images, mais nous, nous essayions de protéger monsieur Jonas des griffes d’un très vilain gars, qui essayait de l’enlever.

 

- Je croyais que vous ne connaissiez pas monsieur Jonas, tiqua Swan.

 

- Oui, euh... Je ne connaissais pas son nom... Mais... Nous devions retrouver ce monsieur et l'escorter jusqu'à notre client.

 

- Quel client? 

- Je ne peux pas vous le dire, secret professionnel! Et puis, c'est l'autre gars, le sale type au look de mercenaire, qui est parti avec ce monsieur... Euh... Jonas.

 

- Ce mercenaire... Vous connaissez son nom? Demanda Swan.

 

- Non, mais ce n’est pas faute d’avoir cherché, on n’a pas été payés à cause de lui et là, voilà qu’on a quelques ennuis avec la police.

 

- Qui vous a demandé de le protéger? Insista la jeune femme.

 

- On ne révèle pas le nom de nos clients sans leur consentement! 

 

- Ce type, il a réussi à vous échapper? Qu’est devenu Jonas?

 

- Enlevé! Ce type est un monstre, qui ne recule pas devant les coups bas. Il a neutralisé mes hommes avec un spray, sans doute empoisonné, puis il a filé avec celui qu’on devait protéger... Je n’aime pas l’avouer, lieutenant, mais on s’est fait avoir comme des bleus ce jour-là.

 

- Et vous n’avez pas fait de déclaration à la police? Vous savez que vous pouvez être accusé de non assistance à personne en danger? Attaqua la jeune femme.

 

- Il n’était pas vraiment en danger, ricana le patron.

 

- Il faudrait savoir,  vous venez de dire qu’il avait été enlevé, rappela la jeune détective.

 

- Il a été emmené à l’écart de notre surveillance, personne ne lui a fait de mal...

 

- Il est mort, le coupa-t-elle agacée par ses mensonges.

 

- Ce jour là! Personne ne lui a fait de mal ce jour-là ! Précisa le patron. Mes employés l’ont aperçu quelques jours plus tard, il allait très bien!

 

- Où ça? Demanda Swan du tac au tac. Ils sont allés lui parler?

 

- Malheureusement non, il est monté dans un taxi avant qu’ils puissent le rejoindre.  On a perdu une occasion de nous refaire sur ce coup là.

 

- Bien... Merci pour vos réponses, déclara Swan peu convaincue. Nous reviendrons vers vous, si nous avons besoin d’autres renseignements. Allons-y Castle! Castle? Qu’est-ce que vous faites?

 

Le jeune homme s’était pratiquement caché sous une table, tellement il était effrayé. Swan leva les yeux au ciel et l’entraîna à l’extérieur tout en lui reprochant son manque de courage.

 

La nuit était déjà tombée, elle sortit son bonnet de la poche de son manteau et l’enfonça sur sa tête.

 

- Votre courage est exceptionnel, railla Swan. Qu’est-ce qui vous a pris de vous cacher comme ça?

 

- C’est que... Il est balèse ce type... Et puis il y avait ces deux hommes derrière lui... Vous devriez être plus prudente quand vous les menacez!

 

- Je ne les menaçais pas. Je leur rappelais leurs devoirs de citoyens.

 

-  Il n’avait pas l’air d’apprécier en tous cas.

 

- Je suis flic, je suis là pour la justice, Castle, pas pour lui faire plaisir. Et puis, il n’était absolument pas menaçant, alors quoi? Vous avez vu une araignée? 

 

Cette fille était décidément incroyable, elle ne loupait rien.

 

- Ben... J’ai vu ce carnet, avoua-t-il en le sortant de la poche de sa veste. Je me suis dit que nous y trouverions des renseignements sur leurs affaires...

 

- C’est complètement illégal, Castle! 

 

- Ah bon?

 

- Faites voir, dit-elle en s’emparant du carnet.

 

- Je croyais que c’était illégal...

 

- Le mal est fait, alors autant en tirer quelque chose, répondit -elle. On ne s’en servira pas de preuves, mais ça peut nous donner des pistes.

 

- Wah! On s’autorise quelques entorses à la loi!

 

- C’est vous qui avez piqué ce carnet, alors mentionnez quoi que ce soit dans votre article et je vous assure que je vous coffre! L’avertit-elle. 

 

- Il contient quelque chose d’intéressant? Demanda-t-il.

 

- Des numéros et du charabia apparemment... Ça ne va pas être facile à déchiffrer et si ça se trouve ça n’a aucun rapport avec notre affaire... Rentrons au poste, les gars nous aideront à décrypter tout ça...

 

- D’habitude j’aime bien les casse-tête, mais là, je sens que ça va être barbant, soupira le jeune homme.

 

- Passons par là, lança -t-elle en bifurquant dans une petite rue. c’est plus rapide.

 

- Plus rapide... Plus rapide... C’est surtout plus dangereux, marmonna Castle, qui avait repéré du mouvement.

 

- Ne soyez pas si trouillard ! Souffla la jeune femme en avançant.

 

Il laissa Swan marcher devant lui et alluma son oreillette.

- M? Tu m’entends?

 

- Espèce de vaurien! C’est maintenant que tu te rappelles de mon existence ? Gronda cette dernière.

 

- Tu me feras des reproches plus tard. J’ai rallumé mon traceur, tu peux pirater la caméra en face de moi? 

 

- Quoi? Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda-t-elle en se précipitant aussitôt sur son clavier ...  Oh! Oh! Tire-toi de là! Il y a du monde pas très sympathique en approche... On dirait les gars que tu as battus dans le métro! Ton visage est à découvert, tu dois déguerpir. 

 

- Facile à dire...

 

- Tu ne dois surtout pas te battre, ta couverture serait grillée! 

 

- Ça va, j’ai compris, grogna-t-il en retirant son oreillette pour la fourrer dans sa poche.

 

Quelques mètres devant lui, Swan s’arrêta en découvrant cinq hommes tourner à l’angle de la rue pour venir vers eux. Castle et elle se retournèrent en même temps, pour découvrir autant d’hommes arriver de l’autre côté de la rue.

 

- J’avais bien dit qu’on avait garé la voiture trop loin, dit-il en la rejoignant.

 

- Calmez-vous Castle, ils ne viennent pas spécialement pour nous, chuchota Swan.

 

- Vous voulez que je vous donne la probabilité que ça ne soit pas un guet-apens ? Une ruelle sombre, des types louches qui arrivent de chaque côté... Bon sang, s’il s’agissait d’un roman, ça finirait vraiment très mal...

 

L’un des hommes les pointa du doigts, anéantissant les maigres espoirs de Swan qu’ils soient de simples passants.

 

- Mince, serait-on dans un roman? S'inquiéta Castle.

 

- Bon... Je vais les distraire, vous, vous allez courir aussi vite que vous pourrez et vous appellerez la cavalerie quand vous serez en sécurité. C'est compris?

 

Il tourna la tête vers elle, admiratif devant son courage.

 

 - Un problème messieurs? Lança Swan en s’avançant vers celui qui semblait mener les autres. 


Minefuji  (15.04.2020 à 13:00)

Chapitre vingt-six

 

- Ouais, on aimerait récupérer le carnet, répondit ce dernier.

 

- Le carnet? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, rétorqua Swan.

 

Castle jeta un regard aux types derrière eux, ils étaient nombreux, ça ne présageait vraiment rien de bon. Ils étaient faits comme des rats. Comment pouvait-elle être aussi sereine dans un moment pareil? Pensait-elle vraiment que sa plaque arrêterait ces types?

 

- Vous êtes agaçante, ricana l'homme. Donnez-moi le carnet.

 

- Puisque je vous dit que je ne vois pas de quoi vous voulez parler!

 

- Ne fais pas l’idiote, j’ai horreur de ça! S’énerva l’homme en la bousculant violemment.

 

Surprise, elle n’esquiva pas le coup et vacilla. Castle se précipita pour la rattraper et l’empêcher de se cogner violemment contre le mur. 

- Regardez qui veut se la jouer "preux chevalier" , sourit le chef de bande. Faites lui regretter d'avoir voulu jouer les braves!

 

- Ne le touchez pas! S'écria Swan.

 

- Ne me faites pas mal! Hurla Castle que trois hommes avaient empoigné.

L'un d'eux lui porta un coup à l'estomac, qu'il esquiva discrètement tout en hurlant de douleur. Il évita un autre coup de la même manière. Swan se précipita pour lui venir en aide, mais le chef l'arrêta.

 

- Donne-nous le carnet et on laissera filer ton copain.

 

- Laissez-le partir d'abord! Je vous le donnerai ensuite! Contra-t-elle.

 

- Débarrassez vous de lui! Ordonna-t-il.

 

Plusieurs gars empoignèrent violemment Castle, tandis qu'un autre lui asséna un violent coup de poing vers le visage. Castle se baissa et fit mine de se prendre les pieds dans les jambes de ceux qui le tenaient, les cognant l'un contre l'autre. Bien sûr, il hurla et fit semblant d'avoir reçu un coup et vacilla.

 

- Lâchez-le! Hurla Swan en sortant son glock.

 

Elle reçut aussitôt un violent coup de pied sur le bras et lâcha son arme, qu’un des assaillants expédia d’un coup de pied jusque sous une benne à ordures à plusieurs mètres de là. 

Castle hurla de nouveau feignant de souffrir des coups qu’il évitait discrètement. 

Swan donna quelques coups bien placés à ses agresseurs et se précipita sur les hommes qui s’en prenaient à Castle. Elle en assomma un et s’agrippa au dos de l’autre, l’étranglant d’une clé de bras au passage.

- Courez Castle! Ordonna-t-elle.

 

Il ne se fit pas prier et fila aussi vite qu'il le pouvait tout en titubant. Dès qu'il fut hors de vue, il remit son oreillette en place.

 

- Tu ne les as pas frappés, rassure-moi, demanda M.

 

- Non... Rassure-toi, soupira Castle.

 

- Bien. La police est prévenue. Tire-toi de là maintenant.

 

Il soupira de nouveau et retira de nouveau son oreillette et se tourna vers la ruelle.

Il leva les yeux au ciel. Cette fille causerait sa perte.

 

Dans la ruelle, Swan se défendait vaillamment, mais seule contre dix, elle ne faisait vraiment pas le poids et finit par s’écrouler au sol, sonnée. Le chef de bande s’empara d’un carnet et ordonna à ses hommes de la jeter dans la benne à ordure derrière eux.

 

- Bloquez l’ouverture! Ajouta-t-il. Qu’elle ne puisse pas nous courir après.

 

Swan se débattit comme elle le put, mais ne put les empêcher d’exécuter l’ordre de leur chef. Elle hurla de terreur lorsqu’ils refermèrent le couvercle sur elle.

Soudain, un coup de pied magistral assomma l’un de ses tortionnaires.

 

- Qu’est-ce que...? Hurla le chef de bande avant de recevoir à son tour un coup de pied retourné en plein visage.

 

Vetu de sa tenue de camouflage, Storm profita de l'effet de surprise causée par son arrivée, pour distribuer quelques coups stratégiques en digne expert des arts martiaux qu'il était.
Cependant la lutte était inégale et il reçut quelques coups, qui laisseraient des traces pendant plusieurs jours. Mais ce qui l’inquiétait le plus, c’était qu’il n’entendait plus Swan. 

- Ce type... C’est ...  On l’a déjà rencontré, non?! Cria l’un des gars.

 

Storm se retourna et envoya valser d’un coup de pied le téléphone de celui qui tentait de le prendre en photo. M avait raison, intervenir n’était pas une bonne idée... Il évita les assauts de plusieurs gars, qui se percutèrent violemment. 

Mais il avait beau être un expert en arts martiaux, le combat était inégal et il aurait du mal à s’en sortir.

La sirène d’une voiture de police retentit, faisant fuir ses adversaires. C’était bien la première fois, qu’il était content d’entendre ce bruit.

 

Avant de s’éclipser à son tour, il vint libérer la jeune femme, priant pour qu’elle ne soit pas gravement blessée. 

Lorsqu’il souleva le couvercle, il la découvrit recroquevillée sur elle même. Elle avait des difficultés pour respirer.
Veillant à rester dans son dos pour qu’elle ne puisse pas le voir, il baissa délicatement son bonnet sur ses yeux puis il l’aida à sortir de là. Suffoquant, elle tendit la main vers la poche de sa veste. Il l’aida à attraper ce qu’elle cherchait : une boîte de pilules. Délicatement, il en sortit une et la lui plaça dans la main. N’osant pas bouger, il referma ses bras autour d’elle. Ce simple geste sembla l'apaiser instantanément.

Son rythme cardiaque se calma, être là dans les bras de cet inconnu étrangement la calmait.
Il n’osait pas bouger attendant quelques instants que sa crise de panique soit terminée. Plus il restait là, plus il prenait le risque qu’elle se retourne et cherche à voir son visage. Mais il ne pouvait se résoudre à la laisser là tant qu’elle n’irait pas mieux.

Entendant des pas s’approcher, il desserra légèrement son étreinte. Elle n’esquissa pas le moindre mouvement pour relever son bonnet ou se retourner, comme si elle lui donnait l’autorisation de s’en aller. Ce qu’il fit à regret.

Swan releva discrètement son bonnet et jeta un œil vers son sauveur, qui s’en allait vers les toits en escaladant une échelle de secours avec l'agilité d'un chat. 

Elle demeura immobile quelques instant, puis retrouvant ses esprits elle se releva. La ruelle était déserte désormais, son sauveur avait filé. Elle ne l’avait pas bien vu, mais elle en était certaine, il s’agissait de l’homme qui, ces derniers jours, l’avait suivie. 

- Swan! Swan! Cria Esposito en courant vers elle suivi par Ryan.

 

- Les gars! Je suis là! 

 

- Ça va? Demanda le latino fou d’inquiétude.

 

- Je vais bien, les rassura-t-elle. Où est Castle? Il va bien?

 

- Castle? Je ne sais pas, répondit Ryan. Il nous a appelé pour nous dire que vous aviez des ennuis, on a fait aussi vite qu’on a pu.

 

- Il n’est pas avec toi? Demanda Esposito.

- Ils l'ont frappé! Il doit être blessé!  Il faut le trouver. Castle! Cria-t-elle en s’éloignant de ses équipiers. Castle! Où êtes-vous?

 

 


Minefuji  (16.04.2020 à 12:54)

Chapitre vingt-sept

 

Ryan et Esposito échangèrent un regard inquiet et accompagnèrent Swan dans sa recherche, fouillant jusque derrière les poubelles.

 

- Il n’y a pas de trace de sang, dit Ryan pour tenter de la rassurer.

 

- Les hémorragies internes ne laissent pas de trace au sol, répondit Swan inquiète. Castle! Castle! Où êtes vous?

 

À quelques étages au-dessus, Castle soupira en observant la jeune détective courir çà et là en hurlant son nom. Il s'en voulut de lui causer autant d'inquiétude. Il soupira. Il n’avait pas pu se résoudre à filer comme le lui avait conseillé M et maintenant, il se retrouvait dans les ennuis jusqu’au cou. Il devait se montrer raisonnable.

 

Swan rentra chez elle plusieurs heures plus tard, après avoir cherché Castle en vain. Comme le lui avait fait remarquer Ryan, s’ils ne l’avaient pas trouvé agonisant dans un coin, cela signifiait qu’il avait réussi à rentrer chez lui. Ils étaient finalement retournés au poste de police, d’où elle avait appelé les hôpitaux. Heureusement, enfin elle l'espérait, personne correspondant à la description de Castle n’avait été admis dans l’un d’eux. Elle prit cela comme une bonne nouvelle. Elle consulta les documents remplis par Castle lorsqu’il avait demandé l’autorisation de la suivre dans ses enquêtes pour y trouver son numéro de téléphone. Elle l’appela aussitôt, espérant qu’il ait pu rentrer chez lui, mais il ne répondit à aucun de ses appel. Elle s’en voulait énormément. Si elle avait été ferme, il ne l’aurait pas accompagnée et serait pas traumatisé à l’heure actuelle. Lui qu’une petite araignée effrayait, il devait être au quarantième dessous désormais. Elle laissa plusieurs messages sur son répondeur, espérant qu’il soit en sécurité et en bonne santé.

 

De retour chez lui, Storm laissa tomber son téléphone « Castle » au milieu des emballages de ses derniers repas sur la table basse. Swan n’avait pas cessé de l’appeler. Il avait beau ignorer ses appels, elle insistait. Elle devait être vraiment inquiète. 

Il s’arrêta devant le poster géant d’une île du Pacifique et poussa un long soupir. Dire qu’il n’y avait pas si longtemps elle représentait son but ultime. Il avait réussi à mettre une belle somme d’argent de côté déjà, tout allait pour le mieux pour lui. 

Il attrapa une photographie qu’il avait ressortie d’un vieux carton quelques jours auparavant, lorsqu'elle s'était rappelé à son bon souvenir dans des circonstances plus que troublantes.

Cela faisait des années qu’il la possédait, l’un des rares souvenirs de son père qu’il avait. Il posait avec ses meilleurs amis de l’époque de l’Université.

Et voilà que par le plus grand des hasards, il avait trouvé la même photo dans la maison du reporter Jamie Bracken. Cela avait bien évidemment titillé sa curiosité. Ce Bracken était bien trop jeune pour être l’une des personnes sur cette photo, comment ce faisait-il qu’il en ait un exemplaire? Cette découverte avait fait naître en lui de nombreuses questions et fait remonter des souvenirs qu’il pensait être parvenu à oublier. Était-ce un signe du destin? Lui qui était parvenu à oublier son père et les tracas que sa disparition lui avait causés, devait peut-être reprendre ses recherches.

Petit, sa mère avait toujours refusé de lui parler de son père. Il avait finalement renoncé à lui poser des questions à force de voir la peine qu’il lui causait à chaque fois qu’il le faisait.
Et puis, un jour, il l’avait rencontré. Ce père qu’il n’avait pu qu’imaginer jusqu’alors, était venu le réconforter un jour où il s’était réfugié à la bibliothèque municipale pour échapper aux petits voyous du quartier qui l’avaient pris en grippe. Quel lien y avait-il entre Bracken et son père?

Cette découverte l’avait conforté dans son envie de se servir de Swan comme appât pour trouver des réponses à ses questions. Castle lui permettait d’approcher la jeune femme que Bracken lui avait demandé de suivre. Et aujourd’hui cette curiosité avait sérieusement compliqué sa vie et celle de Swan par ricochet.

 

 

- Storm? Appela M en allumant l’ordinateur derrière lui. 

- ...

- Je sais que tu es là, insista M.

- Qu’est-ce que tu veux? Soupira le jeune homme.

- Tu es content de toi? Continua-t-elle. Tu t’es mis dans un sacré pétrin, tu en as conscience? 

Pour toute réponse, elle ne reçu qu’un grognement digne d’un fauve.

 

- Ils ne vont pas mettre longtemps avant de faire le lien avec celui qui leur a mis des bâtons dans les roues dans l’affaire Jonas. Ils savent que tu étais avec Swan, ils vont éplucher sa vie entière dans l’espoir de te trouver! Tu sais ce que ça veut dire, n’est-ce pas? 

 

- Mhm... C’était stupide, je sais, soupira-t-il. Je le reconnais, tu es contente?

 

- Je ne suis pas contente, j’essaye de garder la tête froide pendant que toi, tu fais n’importe quoi.

 

- Et qu' aurais-je dû faire? La laisser mourir dans cette ruelle? S'énerva le jeune homme.

 

- Ses collègues étaient prévenus, c'était à eux de la secourir!  En intervenant pour la sauver, tu as montré qu’il y avait un lien entre elle et Storm ! Donc, tu ne dois plus l’approcher, précisa M, sous aucun prétexte! C’est clair?

 

- Très clair, marmonna-t-il.

 

- Ils te cherchent depuis des jours, tu viens de leur donner une piste et ils vont la remonter, tu peux en être sûr. Ils vont éplucher sa vie, celle de ses proches et de ses collègues. Tout va y passer, ils ont des hackers hyper doués, rien ne leur échappera, crois-moi !

 

Le jeune homme écoutait les paroles de sa chef attentivement. Elle avait raison, en intervenant pour aider Swan, il venait de braquer un projecteur sur elle et derrière, celui-ci, il n’y avait pas des enfants de chœur.

 

- Ces hommes... Jusqu’où ils peuvent aller? Demanda Storm.

 

- Comment ça? 

 

- Pour arriver à leurs fins, explicita-t-il, jusqu’où sont ils capables d’aller? Kidnapping ? Demande de rançon? 

 

- En façade leur entreprise est légale... répondit M, mais à mon avis, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Leur train de vie ne correspond pas à leur activité officielle.

 

- Ils vont aller la voir pour savoir où je suis... dit-il hésitant. Tu crois... Penses-tu qu’ils pourraient l’enlever... L’enfermer... Ou... La torturer?

 

- ... Oh! Tiqua aussitôt M ... Storm... Elle te plaît à ce point?

 

- Quoi? Non! S’étrangla-t-il. Qu’est-ce que tu vas chercher?

 

- Elle est jolie...

 

- Tu es folle! Souffla-t-il.

 

- Moi je suis folle? Répliqua M. Tu as foncé tête baissée pour la sauver alors que tu aurais dû filer! Tu as ignoré mes avertissements ! Et même là, alors que tu te retrouves dans les ennuis jusqu’au cou, tu t’inquiètes encore pour elle. Alors? Elle est sexy?

 

- ...

 

- Oh! Tu es suspecté de meurtre! Tu es un mercenaire qui rêve de partir sur une ile déserte pour t’y construire une forteresse! Ne tombe pas amoureux! C’est mauvais pour toi! C’est mauvais pour elle aussi! 

 

- ...

 

- Ne regarde pas dans sa direction! Ne t’approche pas d’elle! Ne tente rien avec elle! C’est compris? 

 

Storm poussa un nouveau soupir, M était la voix de la raison. 

- J’ai compris... soupira-t-il.

 

 


Minefuji  (17.04.2020 à 17:46)

Chapitre vingt-huit

 

Le jour se levait à peine, la grande fraîcheur de la température extérieure n’était pas parvenue à pousser la détective à fermer sa fenêtre. Debout devant la photo de son suiveur, Swan réfléchissait. Plus elle y pensait, plus elle était certaine que cet homme qui l’avait espionnée et celui de l’incident du métro étaient les mêmes. Ses récentes découvertes lui avait donné quelques informations sur les activités professionnelles de cet homme : il exécutait toutes sortes de missions contre rétribution. 

 Pourquoi un mercenaire tel que lui la suivait? Elle imaginait mal les petits malfrats qu’elle avait envoyés en prison se payer les services d’un mercenaire pour se venger d’elle. Alors quoi?

Et s’il était bien celui qui l’avait agressée dans le parc, comme elle le pensait, pourquoi lui avait-il volé une mèche de cheveux? Il n’y avait qu’une seule réponse possible, il voulait son ADN. Dans quel but? Un trafic d’organes?

Et plus troublant encore, pourquoi ce mercenaire, car il s’agissait bien de lui, elle en était certaine, était venu la sauver dans cette ruelle la veille? 

- Toute cette histoire n’a aucun sens, souffla-t-elle.

 

Un cri provenant de la rue la sortit de ses pensées. Elle se précipita à la fenêtre afin de connaître ce qui avait poussé L’ours, d’ordinaire si calme et silencieux, à se manifester aussi bruyamment.

 

- Oh! Bon sang! S’écria-t-elle en apercevant son oncle en train d’attraper un homme par le col. 

- Ahhhh! cria l’homme en question.

 

- Castle? Comprit-elle en reconnaissant parfaitement ces cris qui avaient hanté sa nuit. Oh bon sang! Qu'est-ce qu'il lui prend? Laisse-le! 

 

L’ours leva les yeux vers elle, tandis qu’elle descendait par l’échelle de secours. 

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Royce en sortant à son tour.

 

- Ce gars bizarre dormait sur le banc public, annonça L’ours. Ça doit être un de ces voyous qui suivent les jolies jeunes femmes et finissent par les agresser.

 

- Quoi? Non! Non! Paniqua Castle dont les pieds ne touchaient plus terre.

 

- Lâche-le! Je le connais! Intervint Swan. Ce n’est pas un voyou, c’est le journaliste qui écrit un article sur la police de NewYork !

 

L’ours et Royce tournèrent le regard vers Castle, qui esquissa un sourire timide.

 

- Bonjour... Richard Castle, enchanté de faire votre connaissance.

 

- Qu’est-ce qu’un journaliste fait endormi sur le banc en face de notre café? Demanda Royce.

 

- Euh... Je ... Euh... J’étais inquiet pour Swan... Je n’ai pas osé vous réveiller et... Euh... Bah... Je me suis endormi...

 

- Vous auriez dû me réveiller! Vous avez dû avoir froid toute la nuit sur ce banc! Dit la jeune femme en le prenant dans ses bras. J’étais si inquiète! Heureusement vous allez bien! 

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Demanda Royce surpris de voir sa fille adoptive si démonstrative avec un quasi inconnu.  

 

- On a eu quelques ennuis hier soir pendant l’enquête, expliqua Swan en examinant le visage de Castle. 

 

- Euh... Je suis désolé, s’excusa Castle. Je... J’ai fui lâchement... Mais ils étaient tellement nombreux et forts...

 

- Vous êtes un civil! Vous avez fait ce que je vous ai demandé! Qu’un trouillard tel que vous ait réussi à supporter leurs coups et à leur échapper pour donner l’alerte, c’est formidable! Venez, je vais vous faire un café.

 

Castle s’apprêtait à la suivre, lorsque la main de L’ours s’abattit sur son épaule, l’arrêtant net dans son élan. Royce vint se placer devant lui, lui donnant l’impression d’être passé aux rayons X.

 

- Euh... Je dois... Euh... Il faut que je la suive, bafouilla Castle.

 

- On va avoir une petite discussion d’abord, rétorqua Royce d'un air sévère.

 

- Hein?... Euh... Mais... Mais...  Pourquoi?  Bafouilla Castle.

- Allons dans mon bureau, dit Royce avec un petit sourire vicieux.

 

- Papa! Intervint Swan.

 

- On n’en a pas pour longtemps, répondit Royce en poussant Storm dans son bureau, tandis que L’ours empêchait Swan de les suivre. Tu n'as qu'à préparer du café en attendant.

 

- Euh... Et si... Bredouilla Castle apeuré. On pourrait... Enfin je... On n'est pas obligé de...

 

Royce et L’ours n’écoutèrent pas ses protestations et fermèrent la porte à clé.

 

- Papa! C’est pas drôle! Laisse-le! Cria Swan de l’autre côté de la porte.

 

À force de reculer, Castle était arrivé contre la bibliothèque. Royce et L’ours s’avancèrent vers lui, menaçants.

 

- S’il vous plaît! ... Ne me tuez pas... Je ne le referai plus! Supplia Castle dont l’angoisse montait en flèche.

 

- On va causer un peu tous les trois, commença Royce.

 

- Cau... Causer? 

 

- Comme vous suivez ma fille tous les jours, j’ai une faveur à te demander.

 

- U... Une faveur? Répéta Castle en bégayant. Vous appelez ça comme ça, vous?

 

- Quelques recommandations, disons, appuya L’ours en avançant d’un pas.

 

- Elle refuse de nous présenter ses collègues, alors...

 

- Ah? On se demande bien pourquoi, bafouilla Castle, qui, s’il le pouvait grimperait sur la bibliothèque pour leur échapper. 

 

- Numéro un! 

 

- Numéro un? Il y en a plusieurs?

 

- Veiller à ce qu’elle mange correctement tous les jours! Commença Royce.

 

- Quand elle a faim, elle devient grincheuse et elle est capable de faire n’importe quoi et causer des problèmes, expliqua L’ours.

 

- De gros problèmes! Approuva Royce. Numéro deux! 

- Deux ? 

 

- Oui, deux, fit la voix grave du géant.

 

- Ne la laisse pas ouvrir des conserves ! Continua Royce.

 

- Des conserves? 

- Deux fois sur trois elle se coupe, expliqua L’ours. On n'aime pas ça !

 

- Ah... Ben oui, je comprends...

 

- Et enfin le plus important, ajouta Royce, elle ne doit jamais être enfermée dans des petits espaces, elle est claustrophobe.

 

- Claustrophobe? Répéta une nouvelle fois Castle qui se rappelait la crise de panique de Swan la veille.

 

- Il lui est arrivé quelque chose quand elle était petite... Expliqua Royce. Depuis, elle panique quand elle est enfermée. Ça lui cause des crises de panique, elle hyper ventile et risque de tomber en syncope.

 

- C’est le stress post-traumatique, ajouta L’ours, qui reçut une tape sur l’épaule de la part de Royce pour en avoir trop dit.

 

- Ahh! Sursauta Castle se cognant au passage contre la bibliothèque.

 

Un bibelot en tomba et atterrit sur sa tête. « Outch » gémit-il en portant les mains à sa tête.

 

- Surtout ne répète rien de tout cela à ma fille! Ajouta Royce menaçant.

 

- Oui... C’est promis, dit Castle d’une toute petite voix.

 

La porte du bureau s’ouvrît et Swan entra furieuse.

 

- Fillette? Comment tu es entrée? Demanda Royce.

 

- Tes copains m’ont appris à crocheter les serrures quand j’avais huit ans! Gronda-t-elle en les écartant pour récupérer Castle. Ça ne va pas de traiter mes invités de la sorte?

 

- On discutait, c’est tout! 

 

- Il est blessé et a passé la nuit dehors! Ce que vous devriez faire, c’est lui préparer un bon petit déjeuner!

 

- Il n’est pas blessé! Il n’a même pas un bleu au visage, rétorqua Royce.

 

- Tu n’as pas remarqué sa main toute écorchée?  Venez Castle, on va soigner ça.

 

- Euh... D’accord, répondit le jeune homme en se laissant entraîner par elle.

 

- T’as vu ça, Royce? Demanda L’ours, elle l’a pris par la main...

 

- Et tout à l’heure elle l’a pris dans ses bras, dit Royce. Oh bon sang, moi qui espérait qu’elle choisirait un gars bien musclé, capable de la protéger...

 

- Qu’est-ce qu’elle peut bien trouver à ce freluquet ? Soupira L’ours. Bon, il est mignon, mais quand même...

 

- Ouais... soupira Royce. Et il a l’air gentil...

 


Minefuji  (18.04.2020 à 17:59)

Chapitre vingt-neuf

 

- Tu n’as pas encore fini de soigner sa main? Demanda Royce en sortant de la cuisine avec un plateau rempli de pancakes. Combien de temps tu vas encore lui tenir la main comme ça? 

Castle se tortilla sur son siège, mal à l’aise, tandis que Swan ignora tranquillement la remarque de son père.

 

- Et voilà! C’est fini! Annonça la jeune femme satisfaite.

 

- Merci, bredouilla Castle que Royce ne quittait pas du regard.

 

- Ca devrait être vite guéri, j'espère que ça ne vous gênera pas trop.

 

- Me gêner? Pourquoi donc?

 

- Pour écrire vos articles pardi! Les mains sont essentielles pour les journalistes, comme pour les écrivains, non? Répliqua Swan. Vous êtes sûr que vous n'avez pas pris un mauvais coup sur la tête? 


- Ah! Non, rassurez-vous, ma tête va bien, ma main aussi d'ailleurs! Je pourrais écrire mon article, rassurez-vous, sourit Castle en évitant la main que la jeune femme tendait vers son visage pour vérifier que tout allait bien.

 

- Il va bien! Répéta Royce. Venez manger!

 

- Moi aussi? Demanda Castle étonné.


- Evidemment vous aussi Castle, sourit Swan. Vous ne pensiez tout de même pas qu'on allait vous laisser sans rien!

- Euh... Vous êtes sûre? Demanda-t-il en jetant un regard craintif en direction de Royce et de L’ours, qui arrivait avec un pichet de jus d’orange fraîchement pressé et une cafetière pleine.

 

- Mais oui! Ne vous inquiétez pas pour eux, ils ne mordent pas, rit la jeune femme.


À plusieurs kilomètres de là, une femme en fauteuil roulant commençait une nouvelle journée par le même rituel que les autres jours : arranger les photos de sa table de chevet et saluer les personnes qui lui étaient chers, la gorge nouée par le chagrin de devoir continuer sans eux.
Bientôt ce serait l’anniversaire de Kathy. Un anniversaire de plus sans elle. Comme chaque année, elle passerait sa journée derrière les fourneaux, à préparer ses plats préférés. 

L’homme qui partageait sa vie entra dans sa chambre et la salua tendrement.

Il l’écouta patiemment parler des fantômes avec qui elle restait coincée depuis toutes ces années. Il s’assura qu’elle avait tout ce dont elle avait besoin puis lui souhaita une bonne journée.  


Les gars étaient déjà présents au poste, lorsque Swan et Castle arrivèrent au poste.

 

- Hey! Castle! Vous êtes tout de même revenu, malgré votre mésaventure d’hier soir? 

 

- On vous a cherché pratiquement toute la nuit, ajouta Esposito sur un ton de reproche. On vous a cru mort! Vous auriez pu répondre au téléphone quand même!

 

- C’est que... Il a été cassé... pendant... enfin... bredouilla Castle en sortant l’appareil qu’il avait pris soin de fracasser contre un mur avant de se rendre chez Swan.

 

- Vous n’avez pas l’air trop amoché, constata Esposito suspicieux  en s’approchant de lui. 

 

- Ne l’embêtez pas avec ça, s’interposa Swan.  Il a été très courageux.

 

Esposito se renfrogna, mais n’insista pas. Après tout, comme le disait Swan, Castle n’était qu’un civil.

Le capitaine sortit de son bureau et les interpela.

 

- On a eu un appel, mettez vous en route, vous avez une nouvelle affaire!

 

- Une nouvelle affaire? Mais on n’a pas encore bouclé celle de Jonas! Rétorqua Swan.

 

- Je sais, mais vous piétinez, mes équipes sont débordées, donc vous vous occuperez de cette nouvelle affaire, annonça le capitaine. Monsieur Jonas attendra un peu.

 

- Ah... Il va falloir un nouveau tableau, fit remarquer Castle. Vous en avez plusieurs en stock? 

 

- Attendez nous là, répondit Swan en enfilant son manteau.

 

- Quoi? Hors de question! Je viens avec vous, il faut que je m’imprègne de l’ambiance, si je veux faire un bon papier!

 

- Vous avez peur des cadavres, rappela la détective.

 

- La dernière fois, j’ai été surpris. Cette fois, ça ira, assura-t-il en lui emboîtant le pas.

 

- Je vous préviens, vous n’avez pas intérêt à souiller ma scène de crime!

 

- Je ferai attention, promit-il.

 

Swan eut un mouvement de recul, qui n’échappa pas à Castle, lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent. Il cherchait un prétexte pour prendre les escaliers, lorsqu’elle prit une profonde inspiration et s’avança dans l’ascenseur, forçant une fois de plus l’admiration du jeune homme. Il entra à son tour dans la cabine et se chargea d’appuyer sur le bouton du rez-de-chaussée. 

 

- Oh! Tu as une petite mine! Constata Lanie en voyant son amie arriver.

 

- La nuit fut courte, répondit la détective. Alors qu’est-ce qu’on a? 

 

- C’est pas beau à voir, l’avertit Lanie. Tu devrais peut-être dire à ton journaliste hyper sensible de rester à l’écart. 

 

- Bonjour Mademoiselle Parrish! Dit Castle en arrivant à son tour.

 

- Bonjour Castle. Oh mais dites-moi, vous avez une petite mine, vous aussi. La nuit aurait-elle été courte? Gloussa la légiste en lançant un regard amusé vers son amie.

 

- Te fais pas d’idées! L’avertit Swan. Il a dormi sur un banc dans la rue.

 

- Ça paye si mal que ça le journalisme? S’étonna Lanie. Si vous voulez vous pouvez venir chez moi, je vous ferai une petite place.

 

- Heu... Fit Castle surpris.

 

- C’est pas vrai, tu ne vas pas recommencer, râla la détective. 

 

- Elle est jalouse, chuchota Lanie en faisant un clin d’œil à Castle.

 

- Lanie! Ton boulot! Rappela Swan.

 

- Roh! Pas la peine d’être si pressée, tu sais? Elle est déjà morte.

 

- Qui est mort?

 

- Une jeune femme, Tessa Winters, expliqua Lanie en se décalant pour laisser son amie voir la scène de crime. Elle a été percutée par un véhicule qui roulait à pleine vitesse. On ne lui a laissé aucune chance.

 

- Comment connais-tu son nom? Demanda Swan.

 

- On a trouvé son sac à main là-bas.

 

- Une jeune actrice, annonça Ryan en s’approchant d’eux avec ledit sac. Il y avait son portefeuille et son agenda dedans, elle y avait noté plusieurs dates pour des auditions.

 

- Elle avait un ticket pour une pièce de théâtre aussi, ajouta Esposito en le montrant.

 

- Oh oui! C’est cette pièce qui marque le grand retour de Martha Rodgers! S’extasia l’irlandais. J’adore cette actrice!

 

- Ça va Castle? Demanda Swan en se tournant vers lui.

 

- Oui... Ça va...

 

- Vous êtes sûr? Vous êtes tout pâle! Vous devriez aller vous asseoir, insista Swan.

 

- Je vais bien! Répondit Castle.

 

- Vous avez peut-être pris un mauvais coup hier, Lanie va vous examiner.

 

- Qu’est-ce qu’il s’est passé hier? Demanda la légiste intriguée.

 

- Swan et Castle ont fait une mauvaise rencontre, expliqua Esposito. Il y a eu de la bagarre.

 

- Et vous n’avez pas vu de médecin ? Vous savez qu’un choc à la tête peut être grave, dit Lanie en s’approchant de lui pour l’examiner.

 

- Non, je vais bien. Faites votre travail, ne vous en faites pas pour moi! Répondit Castle. 

 

- Les gars, restez avec Lanie pour les premières constatations. Castle et moi, nous allons voir dans le voisinage si quelqu’un a vu ou entendu quelque chose. Venez Castle, dit Swan en le prenant par le bras pour l’éloigner du corps. 

 

- Wah! Vous avez vu ça? Demanda Lanie.

 

- Ouais, elle est aux petits soins avec depuis ce matin, répondit Esposito. 

 

- Il lui a sauvé la vie hier soir, expliqua Ryan, elle doit être reconnaissante.

 

- Sauvé, sauvé, grommela Esposito, n’exagérons rien! Il s’est enfui et nous a appelés.

 

- Ou alors elle s’en veut de l’avoir entraîné là-dedans... supposa Ryan. C’est un civil et vous connaissez son sens des responsabilités.

 

- Intéressant... Dit Lanie avec un petit sourire.


Minefuji  (19.04.2020 à 18:58)

Chapitre trente

 

 

- Je suis désolée, Castle, commença Swan lorsqu’ils furent à l’abri des oreilles indiscrètes.

 

- Pourquoi? Demanda-t-il surpris.

 

- À cause de mon imprudence, vous avez été mis en danger hier. Vous devriez demander à Lanie de vous examiner, si ça se trouve vous avez pris un mauvais coup hier.

 

- Je n’ai pas pris de mauvais coup hier, la rassura-t-il. Et si quelqu’un a exposé l’autre au danger en se montrant imprudent, c’est moi. Dois-je vous rappeler qui a volé le carnet qu’ils ont cherché à récupérer?

 

- ... Vous avez raison, c’était votre faute! Approuva-t-elle après réflexion.

 

- Soulagée? Sourit le journaliste.

 

- Mhm... Un peu... Mais je n’ai pas su garder le carnet qui nous aurait peut être conduits à l’assassin de Jonas... Soupira-t-elle. Et pire encore, je n’ai pas été capable de vous protéger... Je m’en serais toujours voulu s’il vous était arrivé quelque chose de grave. D’ailleurs, vous êtes certain que vous allez bien? Vous étiez très pâle tout à l’heure. Ça ne peut pas être la vue du cadavre, vous ne l’avez pas approché.

 

- Je vous assure que je vais bien, répondit Castle. C’est juste le nom de cette grande actrice, qui m’a remué un peu... Ça m’a rappelé des souvenirs.

 

- Martha Rodgers? Mon père l’adore ! Il n’arrête pas de me parler d’elle, mais il n’a jamais eu l’occasion de m’emmener la voir, parce qu’elle a arrêté sa carrière quand elle a perdu son fils unique.

 

- Ouais... Soupira Castle. Son destin est tragique.

 

- Vous alliez voir ses pièces lorsque vous étiez petit? 

 

- Oui, ma mère était... une grande fan, mentit Castle.

 

- Ah... Je comprends pourquoi vous étiez si pâle. Votre mère doit beaucoup vous manquer, dit-elle en se rappelant qu'il avait dit être orphelin.

 

- Comme la votre, non? Demanda Castle pour changer de sujet.

 

- Bah... La mienne m’a abandonnée quand j’étais toute petite, alors on ne peut pas dire qu’elle me manque. Et puis de toute façon, je ne me souviens pas d’elle, alors... C’est plutôt l’idée que je me fais d’une vraie mère, qui me manque. 

 

- Votre père ne s’est jamais remarié?

 

- Royce n’est pas mon père biologique. Il ne s’est jamais marié, il était flic, il était déjà marié à son boulot, il dit toujours que la bigamie ne l’a jamais intéressé. Et finalement, il a renoncé à ce job qu’il adorait pour moi, enfin je crois. En étant détective privé, il est son propre patron, il choisit ses horaires.

 

- Et c’est moins dangereux, ajouta Castle. Certains métiers ne sont pas compatibles avec la vie de famille.

 

- Le capitaine Montgomery y arrive bien, lui, déclara la jeune femme.

 

Swan s’arrêta net. Castle remarqua immédiatement pourquoi. Une personne observait discrètement la scène de crime depuis un endroit qu’elle espérait certainement suffisamment discret pour ne pas se faire repérer.

Cette fille a des antennes, songea Castle. Pas étonnant qu’elle ait réussi à avoir ma photo.

La jeune détective partit dans la direction opposée pour ne pas éveiller les soupçons de leur espion amateur. 

En réalité, il s’agissait d’une "espionne", qui ne remarqua la détective qu’au dernier moment. Elle essaya de s’enfuir, mais Castle s’était déjà placé pour lui bloquer le passage, ce qui surprit la détective.

 

- Bien joué, Castle!

 

- Je vous en prie, sourit-il, j’avais rêvé de faire ça toute ma vie!

 

- Qui êtes vous? Demanda Swan en montrant sa plaque à la jeune femme.

 

Contre toute attente, celle-ci fondit en larmes. Swan fronça les sourcils et jeta un regard à Castle, qui ne comprenait pas plus qu’elle ce qu’il venait de se passer.

 

- Allons ne vous mettez pas dans un état pareil, nous voulons juste vous poser quelques questions, dit la détective.

 

- ...

 

- Vous connaissiez la victime? Demanda Swan doucement en s’accroupissant près d’elle.

 

- Elle était ma seule amie, qu’est-ce que je vais devenir sans elle? Pleura la jeune femme en se balançant d’avant en arrière.

 

- Venez avec nous au poste de police, on va vous aider, dit Swan.

 

- Pas la police! S’il vous plaît! Vous ne savez pas de quoi ils sont capables! Supplia la jeune femme.

 

- Je vous assure que mes collègues et moi ne vous voulons aucun mal! Répondit la détective.

 

- Si vous m’aidez, c’est vous qui serez en grand danger! Personne ne peut plus rien pour moi!

 

- Vous ne pouvez pas rester seule dans la rue, soyez raisonnable, voyons.

 

- Autant me jeter sous la prochaine voiture qui passera, je suis fichue. Laissez-moi, vous ne savez pas dans quoi vous mettez les pieds! 

 

Swan et Castle échangèrent un regard. La jeune femme était terrorisée et refusait même de les suivre au poste pour raconter son histoire et celle de son amie. Il était évident que la mort de son amie n’en était pas la seule raison. Ses craintes étaient-elles fondées? Swan était sûre de la loyauté de ses collègues. Quel pouvait bien être ce danger qui pesait sur elle que même la police ne pouvait arrêter?

 

- Il ne vous arrivera rien, je vous assure, tenta calmement la détective.

 

- Vous ne comprenez pas... Ils sont puissants!  Ils vont me faire tuer...

 

- Qui? De qui parlez-vous? Insista Swan.

 

- Autant me tailler tout de suite les veines, je suis déjà morte de toute façon.

 

- Je vous assure que le poste de police est sûr et que vous y serez en sécurité, dit Swan.

 

- Et quoi? Je peux m’y installer pour le reste de mes jours? Demanda la jeune femme.

 

- Vous n’avez nulle part où aller? Comprit la détective.

 

- Ils y sont déjà sûrement, c’est par là, qu’ils vont commencer leurs recherches.

 

- Qui ça « ils »? De qui parlez-vous ?

 

Elle ne répondit rien et s’enferma dans le mutisme le plus complet. Swan soupira. Cette histoire sentait les ennuis à plein nez. 

- C'est peut-être la mafia, supposa Castle.

 

- Venez, dit-elle enfin. Je vous emmène en sécurité.

 

Comme Castle le redoutait, l’endroit en sécurité promis par Swan, était la maison de son père et de son redoutable ami « L’ours ». 

Ces derniers acceptèrent sans discuter d’accueillir la jeune femme chez eux. L’ours lui prépara une boisson chaude et la rassura rapidement par sa simple présence.

 

- C’est un super pouvoir qu’il a, chuchota Swan à l’oreille de Castle, qui hallucinait devant le spectacle. Il peut calmer n’importe qui. D’après mon père, il a travaillé pour un vétérinaire une fois, c’était lui, qui entrait dans les enclos des fauves que la douleur ou la maladie rendaient agressif.  Il pouvait les calmer d’un seul regard.

 

- Wah, fit Castle admiratif.

  

Jamais il n’aurait pu imaginer la montagne de muscles qu’était L’ours faire preuve d’autant de douceur et de délicatesse à l’égard de quelqu’un.

Enfin en confiance, la jeune femme, qui s’appelait Violet Henson accepta de raconter son histoire et celle de son amie.

 

Une histoire sordide et dangereuse, qui avait pourtant commencé comme un conte de fées. 


Minefuji  (20.04.2020 à 14:42)

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