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Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre trente et un

 

Violet et Tessa étaient arrivées à NewYork un peu moins d’un an auparavant, avec le rêve de devenir actrices. Elles avaient fait la connaissance d’un homme qui leur avait promis la gloire grâce à son agence de casting. Naïves et sensibles à ses compliments, elle s’étaient inscrites dans son agence.  Malheureusement, toutes ces belles promesses, n’étaient qu’un leurre pour appâter de belles jeunes provinciales bien trop crédules pour ce milieu. 

Quelques coupes de champagnes, certainement agrémentées de quelque pilules remplies de drogue, lors d’une soirée exceptionnelle en présence de personnalités influentes avaient permis de les piéger. Elles pensaient s’amuser et flirter sans conséquences, mais dès le lendemain le piège s’était refermé sur elles.  Vidéos et photos à l’appui, le mécène était devenu un maître chanteur et un mac. Si elles tentaient de quitter l’agence, les vidéos sortiraient et leurs vies seraient brisées. 

Leur rêve de scène et de gloire venait de s’envoler, elles étaient devenues des escort girls de luxe pour les politiciens et hommes d’affaires véreux de NewYork.

Quelques heures auparavant, désespérées, elles avaient essayé d’échapper à leur sort, rentrer chez elles au fin fond du Nebraska était un moindre mal. Mais Tessa, qui craignait la réaction de sa famille lorsqu’ils apprendraient toute l’histoire, s’était précipitée devant une voiture lancée à pleine vitesse.

 

- Vous auriez dû porter plainte, dit Royce à la fin du récit de Violet.

 

- Nous l’avons fait! Rétorqua l’actrice. Mais les policiers m’ont répondu que nous n’avions pas de preuve que nous avions été obligées de faire tout ça.

 

- C’est à la police de trouver des preuves, pas aux victimes! S’indigna Swan.

 

- Tous les policiers n’ont pas votre courage, ni votre déontologie, déclara Castle blasé.

 

- Lorsque nous avons voulu quitter l'agence de casting, le directeur,   monsieur Treadwell a dit que ce serait facile de nous faire disparaître, mais il nous laissait vivre parce que nous plaisions à un homme important. Nous devions nous montrer gentilles avec cet homme et faire tout ce qu’il désirait. Il ne nous laisserait mourir lorsqu’il se lasserait de nous.

 

- Cet homme... commença Swan.

 

- Il est extrêmement puissant, il appartient à un important parti politique, il est leur candidat pour les prochaines élections municipales... Il est intouchable.

 

- Woah! On se croirait dans un thriller politique, dit Castle.

 

- Sauf que nous sommes dans le vrai monde, Castle. Personne n'est intouchable. Il n’est pas au dessus des lois! Rétorqua la détective.

 

- La vie n’est pas si simple, fillette, dit Royce.

 

- Revenons à cette agence de casting... dit Swan.

 

- On aurait dû se méfier, répondit Violet. Mais...

 

- Ils vous ont fait rêver, répondit Swan. Vous n’êtes coupable de rien. Ce sont eux les responsables et nous allons les faire payer. 

 

- Qu’est-ce que vous comptez faire? Demanda Castle.

 

- Pour commencer, je vais rendre une petite visite à ce monsieur Treadwell pour lui poser quelques questions sur son agence.

 

- Vous ne devriez pas retourner au poste et faire quelques recherches d’abord? Demanda Castle.

 

- Pour lui laisse le temps de s’organiser? Pas question!

 

- Le gratte-papier a raison, fillette, intervint Royce. Il faut se méfier de ce genre de gars et savoir dans quoi tu mets les pieds avant d’agir.

 

- Je vais seulement lui poser quelques questions dans le cadre de mon enquête. Ils ne peuvent pas faire entrave à la justice!

 

- Nous! Intervint Castle.

 

- Nous? Tiqua Swan.

 

- Je viens avec vous! Cette histoire va faire un super article!

 

- Pas question Castle, je ne tiens pas à ce que vous soyez à nouveau en danger!

 

- Dans ce cas, allons au poste préparer un plan d’attaque, parce que votre patron m’a accordé le droit de vous suivre dans vos enquêtes, rétorqua Castle avec un petit sourire.

 

Swan s’approcha de lui et déclara alors que leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre: 

 

- Je suis beaucoup plus dangereuse qu’une araignée, Castle. Vous devriez vous méfier.

 

- Message reçu, répondit Castle en déglutissant difficilement.

 

- Bien! Fit Swan en s’éloignant. Allons au poste! Papa, je vous confie Violet. Soyez prudents.

 

- Ne t’en fais pas pour nous, répondit Royce. Toi, sois prudente!

 

- Promis! Assura-t-elle en quittant les lieux, Castle sur ses talons.

 

Une fois au poste, Swan expliqua à ses collègues ce que Violet leur avait expliqué.

- Alors c’est un suicide? Comprit Ryan. Tessa s’est jetée devant cette voiture.

 

- Pour le conducteur de la voiture, il s’agit d’un délit de fuite, c’est un crime, répliqua Swan. Nous devons le retrouver et le coffrer. C’est d’ailleurs ce qu’Esposito et toi allez devoir faire.

 

- Bah et toi? Qu’est ce que tu vas faire? Demanda Esposito inquiet.

 

- Celui qui a mis Tessa et Violet dans cette situation ne doit pas s’en sortir impunément! Je vais mener ma petite enquête sur lui et le faire tomber pour proxénétisme. 

 

- Tu sais qu’on est à la criminelle, ici? Pas aux mœurs? Rappela Esposito.

 

- Pour le moment, on a une affaire de meurtre sur les bras, donc je suis parfaitement dans ma juridiction. 

 

- Cette histoire sent les ennuis à plein nez, marmonna Ryan.

 

- Tu sais bien que lorsqu'elle est dans cet état d'esprit, tout ce qu'on peut faire, c'est l'épauler et veiller à ce qu'il ne lui arrive rien de fâcheux, soupira Esposito.


Pendant que Swan faisait ses recherches, Castle s’isola dans la salle de pause pour officiellement préparer du café. Il brancha son oreillette et appela M, qui ne l’avait pas appelé depuis la veille, signe qu’elle était fâchée.

 

- Allez, réponds, je sais que tu m’entends. M? 

- ... 

 

- M... M chérie? Demanda-t-il en utilisant la micro caméra de sa montre pour que sa patronne puisse voir son air de gamin tout mignon. 

 

- Espèce de petite enflure! S’énerva M. 

 

- Tu sais bien que tu ne peux pas rester fâchée contre moi plus de vingt-quatre heures, rigola le jeune homme.

 

- Si jamais tu étais arrêté ou si ton identité était dévoilée, je t’assure que je te laisserais tomber avant que tu n’aies le temps de prononcer ce mot!

 

- Je sais.

 

- Et si tu tiens à la vie lorsque tu seras en prison, oublie moi et oublie tout ce que tu sais sur moi! L’avertit M. 

 

- Je ne sais rien sur toi de toute façon... Je ne sais pas à quoi tu ressembles, ni où tu vis... Je ne connais même pas ton nom! M, c'est l'intitiale de ton prénom ou ça correspond carrément à autre chose? Majesté? Marie Poppins? Maléfique ?

 

- Combien de temps vas-tu jouer à Superman, dis moi? Grogna M sans relever les âneries de Storm.

 

- Je n'ai pas de vision infrarouge et je ne sais pas voler...

 

- Tu joues les journalistes pour t'approcher d'une fille... Ça revient au même... Alors, combien de temps comptes-tu continuer ce petit jeu?

 

- Je t’ai envoyé une photo, dit-il en ignorant sa question. Dessus, il y a cinq personnes, mon père, mon mentor, une femme et deux autres types. J’aimerais que tu trouves de qui il s’agit. Le plus simple serait de demander au vieux Schnock, mais tu n’arrives toujours pas à le joindre, n’est-ce pas?

 

- Remuer le passé n’est jamais bon, tu sais? Répondit M sagement.

 

- J’ai demandé à Haley de surveiller le patron de l’agence qui nous a attaqués dans le métro et hier soir. Elle t’appellera quand elle le pourra, aide-la si elle en a besoin. Je te paierai, tu n’auras qu’à te servir sur mon compte.

 

- Comment ça? Demanda M. Qu'est-ce que tu manigances?

 

- Castle! Les interrompit la voix de Swan.

 

Le jeune homme enleva son oreillette et se tourna vers elle.

 

- On y va, vous êtes toujours partant?

 

- Vous avez trouvé des renseignements sur le patron de l’agence de casting?

 

- Il a plusieurs casquettes apparemment, il dirige également une entreprise de bâtiment. D’après Violet, il négocie des contrats juteux en soudoyant des hommes influents avec les filles qu’il fait chanter.

 

- C’est hyper risqué de s’attaquer à ce genre d’individu, non? Tiqua Castle.

 

- Ce qui serait plus risqué encore, ce serait de laisser ce type et les élites qu’il achète prospérer tranquillement, non?

 

- Euh... Oui, sans doute...

 

- Vous pouvez rester là, si vous préférez...

 

- Et manquer le scoop du siècle? Vous rigolez! Je viens!

 

- En route, alors, sourit la détective.

 


Minefuji  (21.04.2020 à 17:07)

Chapitre trente-deux 

 

 

La journée était étrangement douce pour un mois de novembre. Jamie Bracken sortit de sa voiture et resta un instant dans le jardin à réfléchir. Réfléchir à toutes ces années où il avait fermé les yeux. Toutes ces années où il s’était voilé la face parce que c’était plus facile que d’affronter la vérité. 

 

- Tu comptes prendre racine? Lança une voix qu’il connaissait bien. Le déjeuner va être froid si tu ne te dépêches pas!

 

Il se tourna et resta silencieux devant la femme qu’il admirait depuis sa plus tendre enfance.

 

- Qu’est-ce que tu as? Demanda-t-elle. Un impératif au travail? Tu dois repartir?

 

- Non, pas d’impératif, répondit-il avec un sourire bienveillant.

 

- Alors quoi? Tu es étrange. Tu n’as pas bu d’alcool avant de prendre la voiture, dis moi! 

 

- Non... Je n’ai pas bu. Entrons partager tes délicieuses préparations!

 

Du plus loin dont il se souvenait, Jamie l’avait toujours admirée et aimée comme si elle avait été sa grande sœur. Il avait perdu sa mère très jeune et avait passé la plupart de son temps pendant son enfance à accompagner son frère aîné et ses amis, dont Johanna faisait partie. Elle s’était toujours montrée douce et compréhensive avec lui, lui donnant cette douceur maternelle qui lui manquait tant. Elle n’était plus la femme forte et déterminée qu’il avait connue. Elle avait payé son engagement pour la vérité et la défense des plus faibles au prix fort. 

 

- Tu en as encore fait pour un régiment, fit-il remarquer alors qu’elle mettait les restes du repas dans des boîtes hermétiques.

- Ton frère n’est pas venu, il a encore été retenu au travail, c’est pour ça, qu’il en reste beaucoup.

- Tu en as tout de même fait pour plus de trois personnes!

- Ça, c’est sans doute parce qu’inconsciemment je m’assure que tu ne manques de rien quand tu rentres chez toi, sourit-elle. Je serais prête à parier que ta cuisine équipée n’a encore jamais servi.

- C’est faux, j’utilise le lave-vaisselle! 

 

Elle secoua la tête en souriant. Ce sourire était devenu tellement rare depuis presque vingt ans. Pouvait-il lui dire sans risque ce qu’il  venait de découvrir? 

 

- Tu fais toujours une part en plus... commença-t-il timidement.

Elle se figea un instant et ferma les yeux, avant de reprendre  un peu contenance.

 

- Fais comme si tu ne le remarquais pas, s’il te plaît...

 

- Je ne sais pas si je peux en parler, mais... Dit-il hésitant. Ce sera bientôt l’anniversaire de Kathy, n’est ce pas? Tu vas encore préparer tous ses plats préférés?

- ...

- Quel âge aurait-elle maintenant?

- ...

- Que serait-elle devenue? Elle serait peut-être devenue avocate comme toi ou...

- ... 

- Johanna?

- Kathy devrait avoir vingt-trois ans et je ne sais pas ce qu’elle serait devenue si elle était encore en vie, déclara-y-elle sombrement.

Jamie s’en voulut aussitôt d’avoir ravivé la peine de Johanna.

- Kathy est morte, Jamie.  Comment pourrais-je savoir ce qu’elle serait devenue ou ce qu’elle aimerait si j’avais su la protéger? S’énerva-t-elle. Elle était si jeune! Qui pourrait dire ce qu’elle serait devenue?

- Tu as raison, pardon, dit Jamie en se précipitant vers elle pour tenter de la calmer.

 

Dans son état, Johanna ne devait pas s’énerver, cela pouvait déclencher des crises qui pouvaient lui être fatales. Il tenta de la calmer, mais la crise qui se déclenchait à chaque fois que le nom de Kathy était prononcé devant elle, arrivait. Ses supplications et ses mots d’excuse n’y faisaient rien, déjà les yeux de Johanna se révulsaient.

 Voyant qu’il ne pouvait arrêter ce qu’il venait involontairement  de déclencher, il appuya sur le bouton d’appel situé sur son fauteuil sans cesser de lui demander de lui pardonner ses paroles maladroites. L’infirmier arriva dans la minute qui suivi et géra la crise de sa patiente tandis que Jamie, qui s’en voulait de l’avoir causée se prenait la tête dans les mains. 

 

 

À des kilomètres de là et après mûre réflexion, M lança l’appel qu’elle redoutait de passer. Cet appel risquant d’enclencher un tsunami dans l’existence de son employé et protégé. Comme elle s’y attendait, elle tomba sur le répondeur de celui que Storm appelait affectueusement le « vieux Schnock ».

 

- Hey! Lâcheur! Ton jeune padawan pose des questions sur tes amis. Qu’est-ce que je suis censée faire? L’ignorer ? Il va me harceler tant qu’il n’aura pas de réponse! Ça risque de nuire à mon business! Et tu sais combien j’aime quand mes affaires se déroulent sans anicroche! Tu ne décroches toujours pas? Pff, tu es vraiment le roi des lâcheurs! Je ne sais pas si le padawan se rend compte de ce qu’il lui arrive, mais il a rencontré une jeune femme qui lui complique sérieusement la vie et surtout le travail. Je ne vais pas pouvoir continuer longtemps à le protéger s’il ne retrouve pas rapidement toute sa tête... Tu connais des candidats valables pour le remplacer? Quelqu’un qui pourrait devenir le prochain Storm?

 

 

De leur côté, Swan et Castle étaient en chemin pour rencontrer Gordon Treadwell, le patron de l’agence de casting entre autres activités. 

Plus ils approchaient de sa résidence, plus Castle s’inquiétait. Cette histoire sentait les ennuis à plein nez. Il repensa à ce que Royce et L’ours lui avaient dit à propos de la jeune femme lorsqu’ils lui avaient demandé quelques « faveurs ».

 

- Dites? Vous n’avez pas faim? Demanda-t-il soudain.

- Pardon?

- Il est midi trente passé et je me disais que ce serait peut-être une bonne idée de s’arrêter quelque part pour manger un morceau...

- On fera ça sur le chemin du retour. Il doit y avoir un paquet de biscuits dans la boîte à gants, si vous avez vraiment trop faim... Rétorqua Swan déterminée.

- Non... Euh... Je peux attendre... Vous êtes sûre qu’il va accepter de nous recevoir?

- Il a plutôt intérêt, j’ai une plaque!

- Oui, enfin... Il n’est pas obligé...

- S’il le faut, je demanderai au juge, mais bon, quelle perte de temps... Ah! Nous y voilà ! 

 

Les bureaux de Treadwell se trouvaient accolés à sa demeure, qui avait tout de la forteresse. Nul doute que ce type n’était pas du genre à laisser quelqu’un mettre son nez dans ses affaires. Sur le trottoir devant chez Treadwell, une vingtaine de gardes du corps surveillaient les alentours.

 

- Oh! Oh! Dit Castle, vous avez vu son service  de sécurité?

- Oui, j’ai vu... Ils appartiennent à l’agence de sécurité à qui on a rendu une petite visite hier, répondit Swan en reconnaissant quelques uns d’entre eux. Je commence à en voir assez de les voir d’ailleurs, souffla Swan.

- Soit ils ne sont pas chers... commença Castle.

- Soit ils ne sont pas très regardants sur les activités de leurs clients, termina Swan inquiète.

- Qu’est-ce qu’on fait? Demanda-t-il. Demi-tour? Ou bien on suit la route tout droit comme si on allait ailleurs? 

- Non! Rétorqua-t-elle. On ne va pas renoncer, c’est une question de principe! 

 

- Evidemment... Une question de principe... soupira le jeune homme en essayant d’évaluer rapidement la situation.

 


Minefuji  (22.04.2020 à 15:57)

Chapitre trente-trois

 

- Vous êtes sûre que vous n’avez pas faim? Demanda Castle en  sortant la boîte de biscuits de la boîte à gants.

 

- On devrait peut-être appeler les gars après tout, répondit Swan tout de même peu rassurée.

 

Elle hésitait à suivre l’idée de Castle, faire demi-tour et rentrer au poste pour élaborer un autre plan d'approche, mais l’équipe de sécurité ne leur laissa pas l’occasion de changer d’avis. Ils encerclèrent la voiture de Beckett dès qu’elle arriva devant la résidence de Treadwell et l’invita à se garer pour lui demander ce qu’elle venait faire là.

Ils les escortèrent ensuite jusqu’au bureau de leur patron. Castle et Swan évitaient de les regarder, espérant qu’ils ne les reconnaîtraient pas et qu’ils les laisseraient repartir tranquillement après leur entrevue. Dans quel guêpier venaient-ils encore de se fourrer?

 

- Les containers ont des cadenas ici, lança l’un des agents de sécurité avec un sourire mauvais en poussant Swan pour qu’elle avance plus vite.

 

La jeune femme chancela légèrement, signe que ces paroles avaient fait mouche. Déjà ses oreilles bourdonnaient et des bruits angoissants d'une autre époque résonnaient déjà dans sa tête.

- Je crois que je vais me sentir mal, chuchota Castle pour la ramener à la réalité et l’aider à surmonter la crise d’angoisse qui menaçait de la submerger.

Ces paroles eurent l’air de fonctionner, son besoin de le protéger était plus fort que sa peur. Elle reprit ses esprits et inspira un grand coup avant de lui répondre.

 

- Il ne vous arrivera rien, Castle. Je vais trouver un moyen pour nous sortir de là.

 

Lorsqu’ils arrivèrent dans son bureau, Treadwell jouait au golf virtuel grâce à une installation vidéo digne de celle que Castle possédait chez lui.

 

- Que me vaut le plaisir de votre visite? Sourit Treadwell faussement lorsqu’ils arrivèrent.

 

- La mort de l’une des actrices de votre agence de casting, annonça Swan sans détour.

 

La jeune femme ne laissait rien paraître de ses craintes et affrontait Treadwell sans ciller. Castle admira la force avec laquelle elle avait surmonté ses angoisses. Était-ce pour le rassurer qu’elle se montrait aussi solide? Cette pensée lui fit chaud au cœur.

 

- L’une de mes actrices est morte? Dit Treadwell d’une  manière horriblement surjouée. Mon dieu, quand est-ce arrivé? Qui est morte?

 

- Tessa Winters. Renversée par une voiture lancée à pleine vitesse, on ne lui a laissé aucune chance, expliqua Swan.

 

- Cette nouvelle est tragique, répondit Treadwell, mais je ne vois pas ce que vous attendez de moi lieutenant...

 

- Tessa aurait été victime de chantage et d’agression sexuelle dans votre entreprise de casting. En avez vous eu vent?

 

Treadwell la toisa froidement. 

 

- Vous êtes bien audacieuse, lieutenant, sourit-il vilement en pointant son club de golf vers Swan. Vous pensez que vous pouvez venir ici et lancer de telles accusations impunément?

 

- Je ne vous accuse pas, je pose des questions afin de trouver le ou les responsables de la mort de Tessa.

 

- Dans ce cas, ne devriez vous pas chercher le conducteur de la voiture au lieu de venir ennuyer un honnête citoyen avec vos accusations sans fondement?

 

Il s’approcha de Swan tel un serpent menaçant.

 

- Il me suffit d’un coup de fil pour que vous vous retrouviez à la circulation ou pire... Au chômage... Remarquez, vous êtes mignonne, je pourrais vous engager dans mon agence de casting... Vous auriez beaucoup de succès, j’en suis persuadé.

 

Ce type était à vomir. Castle eut bien du mal à s'empêcher de lui flanquer la raclée de sa vie lorsqu'il caressa le visage de la jeune femme avec ses doigts crochus.

 

- Vous ne me faites pas peur, lui souffla Swan les yeux dans les yeux en repoussant sa main.

 

- Ah non? Et qu’en serait-il si vos actions avaient de fâcheuses conséquences pour votre ami, qui se cache là derrière vous? Il n’a pas l’air très rassuré, il n’arrête pas de gigoter tellement il a peur. Vous savez ce que ça veut dire « dommage collatéral? »... 

 

- Vous n’êtes qu’une... Grogna Swan tremblante de rage.

 

- Allons-nous en, murmura Castle d'un ton suppliant.

 

- C’est ça! Allez-vous en, rit Treadwell. Mon service de sécurité se fera un plaisir de vous raccompagner...

 

Il ne faisait aucun doute que ledit service de sécurité n’allait pas gentiment se contenter de leur montrer le chemin jusqu’à la porte.

 

Castle alluma son oreillette et murmura:

 

- Haley ça va être à toi de jouer.

 

- Quoi? Maintenant? T’es sérieux? Rétorqua la jeune femme. Mais tu as vu combien ils sont? 

 

- Discute pas et agis !

 

- Rah! T’es marrant toi!

 

Swan cherchait un moyen de partir de là sains et saufs sans faire d’esclandre. Elle pouvait sentir l’angoisse de Castle derrière elle. Dans quel pétrin les avait-elle encore fourrés? Si elle sortait son glock, Treadwell aurait gagné et si elle ne faisait rien, ils risquaient de se retrouver les pieds dans le béton.

 

À l’extérieur, le service de sécurité fut d'abord surpris par des bruits de moteurs de plus en plus forts. Ils cherchaient d'où pouvait venir ce bruit, quand une bande de motards vêtus de blousons de cuir et de casques intégraux apparurent au coin de la rue armés de pistolets à eau, qui ne contenaient visiblement pas que de l’eau. Les motos zigzaguaient entre eux, les dispersants à coup de jets de liquide suspect et de farine. Les premiers touchés grimaçaient à cause de l'odeur pestilentielle du liquide, qui en plus de soulever le cœur permettait à la farine de leur coller à la peau et aux vêtements.

 

Leur petit manège dura quelques instants, puis les motos filèrent prises en chasse par la plupart des agents de sécurité. Haley surgit de nulle part aussi discrètement que soudainement et sauta dans la voiture du patron de l’agence de sécurité. Elle brancha son téléphone au véhicule et donna le feu vert à M, qui en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire, mit le contact.

 

Chez Treadwell, le patron de l'agence de sécurité, qui s’apprêtait à emmener Swan et Castle faire un tour sous bonne escorte, reçut un appel.

- Comment ça m’a voiture est hantée? S’énerva-t-il au téléphone. Elle ne peut pas avoir démarré toute seule!

- ...

- Quoi? Ne faites pas n'importe quoi! Vous risqueriez d'abîmer la carrosserie! J’arrive! 

Castle attendit quelques instants pour être certain que le patron et les hommes qu’il avait emmenés avec lui soient loin et déclencha discrètement l’alarme incendie du bâtiment, provoquant ainsi l'allumage des extincteurs automatiques, ainsi qu’une belle panique parmi les quelques agents restants, qui s’empressèrent de mettre Treadwell à l’abri.

Swan réagit aussitôt, elle se tourna vers Castle, qu’elle pensait effrayé et l’attrapa par le bras.

 

- Castle, c’est le moment! Il va falloir courir! 

 

- D’accord, je vous suis! Cria le jeune homme qui avait ramené sa veste au dessus de sa tête pour se protéger de jets d'eau des extincteurs..

 

Swan lui prit la main et l’entraîna avec elle pour quitter les lieux sans demander son reste. Treadwell hurla à ses agents de sécurité de les rattraper. Dans leur fuite, Castle se débrouilla pour faire discrètement tomber tout ce qu’il avait à portée de main pour ralentir leurs poursuivants.  

 

- Quel bazar ici! Constata la jeune femme une fois dehors.

 

- Ça, on peut le dire! Rétorqua Castle en faisant mine d’être essoufflé. Je ne savais pas qu’il y avait une manif de motards aujourd’hui.

 

- C’est le moment de dégager la voie, chuchota Storm à l’intention de Haley, qui faisait tourner bourrique les agents de sécurité en jouant les taureaux de corrida au volant de la voiture de leur patron.

 

- Dégager la voie? Râla la jeune femme. Ça va être commode cette affaire! Je peux en écraser quelques uns? ... Non? Pff! 

 

- Castle! Appela Swan, ce n’est pas le moment de rêvasser, vous savez?

 

- Je... Je ne rêvasse pas... Je les compte. Ils sont quand même vachement nombreux ! Bredouilla Castle.

 

- Oui, eh bien il va falloir faire avec, on n’a pas le choix,  parce qu’il faut encore qu’on fonce jusqu’à ma voiture, vous êtes prêt?

 

- Je ne demande que ça: retrouver l’inconfort de votre voiture et quitter cet endroit! 

 

Swan jeta un dernier coup d’œil autour d’eux, agrippa de nouveau le bras du jeune homme, avant de s’écrier:

 

- C’est parti, Castle! On fonce!


Minefuji  (23.04.2020 à 12:04)

Chapitre trente-quatre

 

 

Lorsqu’ils arrivèrent dans la rue, Swan et Castle furent soulagés de voir arriver la voiture de Ryan et Esposito, qui sortirent aussitôt de leur véhicule pour leur venir en aide.

 

- Qu’est-ce qu’il se passe ici? Cria Esposito.

 

- Ils veulent nous faire la peau! Cria Castle. Voilà ce qu’il se passe! Ne restons pas là!

 

- Bon sang Castle, soyez un peu courageux! Soupira Esposito. Les policiers ne fuient pas devant les voyous!

 

- C’est que je... Je ne suis pas... Ouhhh! Bouh! Fit le journaliste en mimant un haut le cœur.

 

- Beah! Éloignez vous de moi! Mes chaussures sont neuves! Grogna le latino agacé.

 

Les poursuivants de Swan et Castle arrivèrent et s’arrêtèrent net en voyant les plaques que Ryan et Esposito montraient. S’en prendre à une flic et un journaliste était une chose, trois flics, ça commençait à faire beaucoup, même pour eux. Ils levèrent les bras pour signifier qu’ils ne leur voulaient rien de mal.

 

- Un problème messieurs? Demanda Ryan.

 

- Une bande de motards vient de nous piquer une voiture, expliqua l’un d’eux.

 

- Dans ce cas, vous poursuiviez les mauvaises personnes, rétorqua Esposito. Notre collègue et le gratte-papier qui l’accompagne ont déjà une voiture.

 

Après une brève explication, les agents de sécurité s’en allèrent. Soulagée, Swan remercia ses collègues d’être arrivés à temps.

 

- La prochaine fois demande nous de t’accompagner, ricana Ryan, ce sera plus efficace qu’un texto envoyé au moment de vous jeter dans la gueule du loup.

 

- J’aurais peut-être dû écouter Castle et renoncer au moment où on a vu le comité d’accueil. Ça va Castle? Castle? Ben où il est passé? 

 

- Je ne sais pas, il s’était caché derrière la voiture, répondit Esposito en cherchant le journaliste. J’ai bien cru qu’il allait vomir de trouille.

 

- Castle? Cria la jeune détective. C’est pas vrai! ce type est un vrai ninja  quand il s’agit de prendre ses jambes à son cou!

 

- Ouais, c’est à se demander ce que tu lui trouves, se moqua Esposito.

 

Pour toute réponse, il reçu un regard noir de la part de sa collègue.

 

- Te moque pas de Castle, si tu ne veux pas te mettre Swan à dos, rigola Ryan.

 

Prise en chasse par le patron de l’agence de sécurité, Haley slalomait au milieu de la circulation en prenant bien soin de ne pas le semer, comme le lui avait demandé Storm. 

Elle arriva finalement au milieu d’une casse automobile et stoppa le véhicule. Elle regarda de tous les côtés, priant pour qu’il arrive à temps.  

Un clic signalant le déverrouillage du véhicule retentit, lui signalant l’arrivée du propriétaire de la voiture furieux. Elle tenta de refermer le véhicule en vain, son adversaire était déjà dans la voiture et  s’apprêtait à lui donner une bonne leçon.

 

- Ahhh! Dépêche toi s’il te plaît! Cria la jeune femme.

 

- Qu’est-ce que tu racontes petite voleuse? Gronda le patron en lui assénant une claque sur la tête.

 

Storm arriva par surprise et libéra Haley avant d’asséner quelques coups bien placés au chef de la sécurité avant de le menotter au volant de sa propre voiture. La jeune femme ne demanda pas son reste et fila. Elle qui voulait de l'action, elle était servie! 

 

- Toi! Hurla le patron.

 

- Ne fais pas tant de bruit! Rétorqua Storm en lui donnant une coup à l’arrière de la tête. On va discuter un peu.

 

- Tu es Storm, n’est-ce pas?

 

- Bingo. Bien vu Sherlock. Et toi, c’est Freddy Finch, n'est-ce pas? C'est vraiment pas terrible, tu aurais pu choisir mieux.

- Je le savais. C’est toi qui est venu en aide à cette petite flic! C’est ta copine? Elle est bonne au pieu?

 

- Un peu de respect ! Râla Storm en lui assénant un nouveau coup. C’est comme ça que tu comptes te faire passer pour un chef d’entreprise respectable? Cette fille, c’était le parfait appât pour pêcher un poisson tel que toi.

 

- Un appât? Qu'est-ce que tu racontes?  Demanda Finch en tentant de se retourner pour apercevoir Storm.

 

- Reste tranquille, gronda Storm en le forçant à se retourner. Ne m'oblige pas à être violent.


- Tu ne perds rien pour attendre, je vais te faire la peau.

Storm sortit son téléphone et  le prit en photo.

 

- On verra ça plus tard. En attendant, reste tranquille si tu ne veux pas que je mette cette photo de toi menotté au volant de ta voiture sur le site web de ton entreprise. J'ajouterai même un titre : " le trophée de chasse du seigneur Storm". Ça claque, tu ne trouves pas?

Finch répondit par un grognement et cessa de gigoter.


- Bien! Tu vois que tu sais te montrer raisonnable... Tes hommes semblaient  intéressés par elle et je voulais discuter calmement avec toi, expliqua Castle en s’installant à l’arrière de la voiture.

 

- Si tu voulais discuter, il te suffisait de venir à mon... Ahhh! Qu’est-ce que tu fais?

 

Storm ne répondit pas, se contentant de lui fouiller les poches d’où il extirpa deux téléphones. Il repéra facilement celui réservé aux affaires demandant beaucoup de discrétion.

Un seul numéro... « Le chef ». En bon mercenaire, les conversations avec ce chef avaient été enregistrées par Finch. Mieux vaut prévenir que guérir, comme dirait M.

 

- Espèce de brute! Il y a des principes éthiques dans la profession! Grogna Finch.

 

- Si tu savais à quel point je m’en fous, rétorqua Storm.

 

- Storm a une réputation! Il a la classe normalement! Qu’est-ce que c’est que ces façons de faire?

 

Storm ignora Finch et écouta le dernier. Le mystérieux « Chef » avait demandé à Finch de se débarrasser de lui. Swan était mentionnée également dans le message, comme étant quelqu’un d’un peu trop curieux, qu’il fallait surveiller. 

 

Avant de quitter Finch, Storm lui demanda de confirmer l’identité de ce chef en lui montrant une photo prise lors de sa surveillance à la résidence Bracken, sur laquelle se trouvaient Jamie Bracken et son frère.

 

 

Dès leur retour au poste, Swan fut convoquée dans le bureau de son capitaine. Visiblement, il avait eu des remontrances de la part de ses supérieurs quant aux agissements de son lieutenant. 

- Qu’est-ce que vous avez fichu pour mettre un tel bazar? Gronda le capitaine. Ça s’agite en hauts lieux, vous savez? Mon téléphone n’arrête pas de sonner! On me réclame votre mise à pied.

- Qu’est-ce que je pouvais faire d’autre? S’énerva Swan. Laisser la mort de notre victime impunie? 

- C’est un accident de la circulation! Vous n’aviez pas à aller voir le patron de son agence de casting pour lancer des accusations d’agression sexuelles! 

- Si Tessa a eu cet accident, c’est à cause de ça! Je suis prête à parier que cet accident n’en était pas un!

 

- Vous n’avez aucune preuve de ce que vous avancez! Gronda Montgomery. Auriez-vous oublié tout ce que je vous ai appris?

 


Minefuji  (24.04.2020 à 12:40)

Chapitre trente-cinq 

 

- J’ai une plainte de la part d’une de ses victimes! Rétorqua Swan sans se démonter.

 

- Qui? Où est cette mystérieuse victime? Demanda le capitaine Montgomery agacé. Je n'ai vu passer aucune plainte! Vous savez que vous ne pouvez pas agir comme bon vous semble? Il y a des règles! Nous ne sommes pas des voyous!

 

- Je suis les règles! Je ne franchis pas la ligne, rassurez-vous! Je me contente de me placer dessus. Quant à la victime et témoin de cette affaire,  elle se cache, elle a bien trop peur qu’il lui arrive la même chose qu’à Tessa! Je lui ai promis que je la protégerai, ça fait partie de mon job. Mais ne vous inquiétez pas, sa plainte devrait arriver à la brigade des mœurs dans la journée, rétorqua Swan sans se démonter. 

 

- Vous vous rendez compte que vous risquez votre carrière sur ce coup? Demanda le capitaine en levant les yeux au ciel devant l'inconscience de la détective.

 

- Une femme est morte, capitaine! Elle avait une famille, des amis, qui vont devoir vivre sans elle désormais, à cause de ce Treadwell et de ses potes politiciens qui se croient au dessus des lois! Si je n’arrive pas à rendre justice à Tessa, je n’ai plus rien à faire dans la police, s’entêta Swan.

 

- Dans ce cas, faites ça bien, soupira le capitaine.

 

- JE... Quoi? Attendez? Vous n’allez pas me mettre à pied? S’étonna la jeune femme.

 

- Et puis quoi encore? Je sais parfaitement que ça ne suffirait pas à vous arrêter. En vous maintenant à votre poste, je peux m'assurer que vous ne ferez pas n'importe quoi. Et puis, jusqu'à preuve du contraire, c’est moi le capitaine. Je suis responsable de vos agissements et surtout je n’ai pas besoin qu’on me dise ce que je dois faire, j'ai horreur de ça.

 

- Merci chef!

 

- Ne me remerciez pas, si vous merdez, je ne pourrai rien faire pour vous protéger, soupira le capitaine. Au fait, où est ce journaliste qui a demandé à vous suivre sur vos enquêtes ? 

 

- Castle? Bonne question. Je crois qu’il a eu vraiment peur chez Treadwell, il doit être en train de trembler dans son lit sous une montagne de couettes et d’oreillers.

 

- Là au moins, il ne risque rien, répondit Montgomery soulagé de ne pas avoir à gérer d’autres problèmes. Allez, filez reprendre votre travail,  et tenez vous à carreau, j'ai eu assez de soucis pour la journée.

 

- Bien chef!

 

Lorsqu’elle sortit du bureau du capitaine, Swan fut interpellée par Ryan.

 

- Comment ça s’est passé avec le capitaine? Demanda-t-il soucieux.

 

- J’ai encore ma plaque, c’est déjà ça, sourit la jeune femme. Qu’est-ce qu’il se passe?  

 

- Quelqu’un demande à te parler, annonça l'irlandais. Il t’attend près de ton bureau.

 

- C’est... Commença-t-elle en jetant un œil en direction de son bureau. C’est...

 

- Ouais! En chair et en os, répondit Ryan aussi impressionné qu’elle.

 

- Qu’est-ce qu’il peut bien me vouloir?

 

- Ça, c’est à lui, qu’il faut le demander, répliqua l’irlandais. Il ne veut parler qu’à toi.


- Comme si je n’avais pas déjà assez de trucs à gérer, souffla-t-elle.

 

Esposito s’approcha de Ryan alors que Swan s’avançait vers son bureau.

 

- Jamie Bracken! Le célèbre reporter! Dit-il. Elle les attire comme des aimants, ma parole!

 

- Ouais, ça commence à faire beaucoup de journalistes, approuva l’irlandais.

 

Lorsqu’il la vit s’avancer dans sa direction, Jamie Bracken se leva ému. Une vague de souvenirs le submergea. Il se revit presque vingt-trois ans en arrière, lorsqu’il avait accompagné son frère à la maternité pour rencontrer la fille de Johanna et Jim. Ils étaient tous là, les cinq amis inséparables. Même Jackson était venu, alors qu’il se faisait beaucoup plus rare depuis qu’il avait commencé sa carrière professionnelle ultra confidentielle. Mais comme il le répétait souvent, Jim était comme un frère pour lui, il ne pouvait pas manquer un tel événement! 

Johanna  avait accueilli Jamie avec sa douceur habituelle, fière de lui présenter celle qui dans quelques années l’appellerait affectueusement « tonton ».
Jim, qui était fier comme un paon de sa famille qui venait de s’agrandir, lui avait dit qu’il serait comme un grand frère pour elle et qu’il comptait sur lui pour veiller sur elle. Il avait promis. Il avait promis et il avait faillit à sa promesse. 

Elle était devenue une magnifique jeune femme, qui ressemblait tellement à sa mère. Elle avait son regard et son sourire. Jim serait content, il l’entendait encore répéter qu’il valait mieux pour Kathy qu’elle ait le physique de sa mère. 

 

- Monsieur Bracken? Tout va bien? Demanda Swan en arrivant devant lui.

 

- Oh! Euh... Oui, excusez-moi... J’étais dans mes pensées...

 

- Je suis l’inspecteur Swan, que puis-je pour vous aider?

 

- Eh bien... J’ai appris que vous enquêtiez sur la mort d’une jeune actrice, qui aurait été victime d’agression sexuelle...

 

- Comment savez-vous cela? S’étonna la détective. Nous venons à peine de...

 

- Les nouvelles vont vite dans mon milieu, surtout quand elles éclaboussent au passage un homme politique influent... 

 

- Alors là, vous en savez plus que moi, déclara Swan intriguée.

 

- Il y a eu du grabuge ce matin chez monsieur Treadwell, la presse est à l’affût et bien entendu comme pour tout ce qui doit rester confidentiel, il y a des fuites. 

 

- Je vois. Ce que je ne comprends pas, dit Swan en s’installant à son bureau, c’est ce que vous faites ici. 

 

- Je ne suis pas le genre de journaliste qui se contente de « on dit », je vérifie mes sources, question de déontologie.

 

- Et moi, je ne suis pas le genre de flic à parler de mes enquêtes avec des journalistes, question de déontologie, rétorqua Swan.

 

- Lieutenant, commença Bracken, vous n’avez pas l’air de comprendre ce qu’il se passe vraiment. Vous avez mis les pieds dans une affaire plus que sensible et vous risquez d’avoir de gros ennuis si vous n’y prenez pas garde.

 

- Oh! Je vois, vous êtes en train d’essayer de me dissuader de poursuivre mon enquête, c’est ça? En tant que reporter d’une grande chaîne d’info, vous êtes lié aux personnes qu’un tel scandale éclabousserait et vous tentez de protéger vos amis.

 

- Mes amis? Un reporter digne de ce nom n’a pas d’amis, uniquement des sujets de scoop!

 

- Vous m’en direz tant! Attendez... Bracken... Réfléchit-elle. Vous êtes de la famille de William Bracken, celui qui est pressenti pour devenir sénateur? Il est mêlé à tout ça? 

- Je ne suis pas en très bons termes avec mon frère, répondit Jamie avec un sourire qui ressemblait davantage à une grimace.

 

- Dans ce cas, pourquoi êtes vous là?

 

- J’ai récemment démissionné de mon poste...

 

- On n’embauche pas de journalistes ici, le coupa Swan. C’est un poste de police, si vous voulez devenir flic, vous devrez passer par l’académie et faire vos classes comme tout le monde!

 

- Je ne souhaite pas devenir flic, répondit-il amusé. J’ai racheté un petit journal indépendant. Maintenant que j’ai les mains libres, je souhaite faire toute la lumière sur cette affaire. Les personnes mises en cause sont particulièrement influentes, la plupart des médias sont à leur solde. Ils leur feront trainer votre victime dans la boue.

 

- Et qu'attendez-vous de moi? Je vous préviens, je ne compte pas démissionner pour devenir journaliste! Rétorqua Swan.

 


Minefuji  (25.04.2020 à 14:00)

Chapitre trente-six 

 

- Vous vous êtes réveillé ce matin en vous disant que vous alliez devenir un chevalier blanc? Demanda Swan peu crédule. 

 

- En quelque sorte, sourit Bracken. 

 

- Et vous pensez que c’est en renonçant à tous les moyens que vous aviez grâce à votre emploi dans une grande rédaction nationale, que vous allez pouvoir les faire tomber? Dans quel monde vivez-vous ?

 

- Il me reste mon nom et ma notoriété, sourit Jamie devant le scepticisme de Swan.

 

- Je les imagine déjà en train de se marrer quand ils apprendront la nouvelle, railla la jeune femme. 

 

- Qu’ils rient, répondit-il. Ils seront plus facile à faire tomber s’ils ne se méfient pas.

 

- Ça ... Ça reste à prouver. Ne les sous-estimez pas, l’avertit la jeune femme lucide.

 

- Vous avez raison! Je vais vous laisser réfléchir à tout ça, dit-il en lui tendant sa carte. Appelez-moi quand vous serez prête.

 

- C’est ça... soupira-t-elle en poussant un énorme soupir.

 

- Qu’est-ce qu’il voulait? Demandèrent Ryan et Esposito en s’approchant d’elle alors que Bracken quittait le poste. 

 

- Je n’en ai aucune idée, souffla-t-elle. Au départ, j’ai pensé qu’il venait à la pêche aux infos, mais maintenant... Je ne sais plus trop que penser... Il pense vraiment pouvoir faire quelque chose sans le soutien de ses patrons de sa rédaction? 

 

- J’espère qu’on n’aura pas à s’occuper de résoudre son meurtre dans quelques jours... Des nouvelles de Castle? Demanda Esposito.

 

- Non. Je vais essayer de le rappeler en rentrant... Il doit être chez lui en train de se remettre de ses émotions... C’est ce que nous devrions faire tous, d’ailleurs. Il est tard, rentrons chez nous et reposons nous un peu. J’ai comme l’impression que cette enquête ne va pas être simple...

 

- Ça c’est une bonne idée! Se réjouit le latino.

 

- J’ai dit qu’il fallait se reposer! Rappela Swan. N’en profitez pas pour traîner dans les bars de sport jusqu’au bout de la nuit Ryan et toi.

 

- Ne t’en fais pas, on sait se montrer raisonnable, nous! Rétorqua Esposito un brin moqueur.

 

De son côté, Castle était finalement rentré chez lui et  réfléchissait à ce qu’il allait faire de ses découvertes de la journée. 

Ainsi William Bracken l'avait engagé pour récupérer un dossier transporté par Jonas, et ensuite, il avait fait assassiner Jonas et tenté de le piéger en lui faisant porter le chapeau. 

Et maintenant, il avait engagé Freddy Finch et toute la clique de son agence de sécurité pour l’éliminer.

Que devait-il faire? S’il s’écoutait, il se lancerait immédiatement à ses trousses et attendrait patiemment le moment propice pour le lui faire payer chèrement, comme disait l’adage, oeil pour oeil, dent pour dent. 

Bracken devait comprendre qu’on ne s’en prenait pas à un fauve tel que Storm sans conséquences.

Après tout, si Storm n’avait jamais accepté de mission de tueur à gage, ce n’était pas pour des raisons éthiques. C’était uniquement parce que ce genre de mission n’apportait que des ennuis. 

 

- M? Appela-t-il. Tu es étrangement silencieuse en ce moment. Qu’est-ce qu’il se passe? 

- ...

- Tu n’es pas derrière ton écran? Je pensais que tu n’avais pas de vie, que tu étais une sorte de troglodyte avec un équipement informatique dernier cri.

- ...

- Wah... Je vais finir par croire que tu n’es vraiment pas là.

 

Devant le silence de sa chef, Storm se résigna à couper son appel. Il allait peut-être pouvoir dîner sans être dérangé pour une fois. Il sortit un plat préparé de son placard et le fit chauffer au micro-ondes.

 

Son téléphone « Castle » bipa, lui signalant l’arrivée d’un message. Ça ne pouvait venir que de Swan. Il leva les yeux au ciel. Pourquoi choisissait-elle pile le moment où il s'apprêtait à passer à table? M lui avait  passé le relais ou quoi? Il l’ignora et s’installa dans son canapé avec son plateau télé. Il alluma l'écran et une magnifique panthère apparut. Il ne regardait quasiment que des documentaires animaliers quand il en avait l’occasion. Il préférait les animaux aux humains. Les animaux ne trichaient pas eux! Swan lui faisait penser à une panthère blessée qu'il avait vue un jour. Elle s'était retrouvée face à une meute de hyène et les avait attaquées en premier malgré sa situation désespérée. Elle n'était pas courageuse par inconscience. Elle connaissait le danger et malgré ça, elle se montrait courageuse.

 

Un deuxième bip suivi le premier peu de temps après. Pourquoi insistait-elle autant? Elle n’avait donc rien d’autre à faire? À moins que ce ne soit un de ses collègues... Elle avait peut-être des ennuis... 

 

- Pourquoi appelleraient-ils un trouillard tel que Castle pour les aider? Demanda-t-il à voix haute en secouant la tête.

 

Il attrapa tout de même son téléphone et lut les messages reçus: ils étaient de Swan. Elle s’inquiétait pour lui. Avec tout le cinéma qu’il lui avait joué ces derniers temps, c’était à se demander ce qu’elle lui trouvait.

 

Un troisième message arriva peu après, beaucoup moins gentil celui-là, ce qui le surprit. Elle le traitait de trouillard et de lâcheur et lui demandait comment il avait pu ne pas l’appeler pour prendre de ses nouvelles après ce qu'ils avaient vécu quelques heures auparavant?

Il soupira. Elle n’avait pas tord. Tout à ses préoccupations concernant le contrat que Bracken avait mis sur sa tête, il n’avait même pas songé à l’appeler.

 

- Ce n’était qu’un moyen d’appâter Finch, se morigéna-t-il. Règle numéro un: ne s’attacher à rien ni personne! Comment pouvait-on être prêt à disparaître à tout moment si on n’était pas capable d’absolument tout plaquer? Ceux qui se faisaient prendre étaient toujours ceux qui avaient besoin de boucler une valise avant de fuir. Pas d’attaches, pas de bagages, c’était sa devise, la vie lui avait appris à ne compter que sur lui même.

 

Il soupira et porta une bouchée à sa bouche. Son plat était déjà tiède! Il se leva pour faire réchauffer son repas, quand un quatrième message arriva. Elle était tenace, c’était le moins que l’on puisse dire!

 

«  Tout va bien? Appelez-moi pour me dire que tout va bien s’il vous plaît. Je me sens tellement minable de vous avoir entraîné là dedans. Parfois je me dis que les gens autour de moi se porteraient mieux si je n’existais pas. Ma mère avait peut être raison finalement lorsqu’elle m’a abandonnée. »

 

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire? C’est moi qui ait insisté pour te suivre! Pourquoi faut-il que tu portes le poids du monde sur tes épaules? Hein? Et puis qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans ta mère? Tu ne dois pas te remettre en question à cause d’elle! C’est elle, qui t’as abandonnée, c’est elle la responsable, pas toi! 

 

Il attendit quelques minutes, fixant son téléphone. Aucun nouveau message ne vint. Son angoisse monta en flèche. Pourquoi avait-il fallu qu’elle lui envoie un tel message si ensuite elle ne se manifestait plus?


Perchée sur son échelle de secours, Swan réfléchissait. Elle avait passé une bonne partie de la soirée à discuter avec Violet. Son passage à la brigade des mœurs avec Royce avait viré à la catastrophe. De victime, elle était devenue suspecte de tentative d’extorsion... 

Swan poussa un profond soupir. Cette affaire, c’était David contre Goliath. Si elle n’avait pas peur pour elle, elle craignait les conséquences qu’elle pourrait avoir pour ses proches. Treadwell n’avait pas hésité à menacer Castle pour la faire plier. Montgomery avait eu raison de lui passer un savon. Castle était un civil, elle ne devait pas l'oublier. Bizarrement, elle se sentait en sécurité quand il était avec elle.

 

Son téléphone sonna, la tirant de ses pensées.


Minefuji  (26.04.2020 à 18:59)

Chapitre trente-sept

 

- Castle? C’est une manie chez vous, causer du souci aux autres? S’écria-t-elle avant même qu’il ne parle.

- Désolé... J’étais sous le choc... répondit Castle d’une toute petite voix.

- Vous avez une drôle de voix...

- Je crois que j’ai pris froid à cause des extincteurs automatiques... J’étais trempé jusqu’aux os. Je me suis endormi dès que je suis rentré... 

- Wah... Vous êtes sacrément fragile, vous, fit remarquer la jeune femme. Vous devriez prendre un bon bol de bouillon, ça vous ferait du bien.

- Je me sens déjà un peu mieux... Je n’ai vomi qu’une fois en rentrant et là, je crois que ma fièvre est tombée. 

- Tant mieux. Reposez vous bien surtout. C’est important.

- Et vous? Demanda Castle. Vous vous sentez mieux?

- Moi? Je ne suis pas malade, moi! Ce n'est pas une petite douche froide qui va m'abattre.

- Vous avez écrit que vous vous sentiez minable à cause de ce qu’il s’est passé aujourd’hui... Qu’il aurait mieux valu pour les autres que vous n’existiez pas...

- Ah ça? Rit la détective. Vous ne répondiez pas à mes messages, alors j’ai écrit ça pour vous faire culpabiliser.

 

Sérieux? Songea Castle. Cette fille est une véritable sorcière, ma parole!

- Donc... Hésita Castle. Ça va?

- Mais oui, Castle, je vais bien, répondit Swan.

- Tout de même, je trouve que vous aussi, vous avez une petite voix, constata Castle. J’ai dû beaucoup vous manquer cet après-midi.

- Pfiuu! Fit-elle amusée. Pensez-vous ! Figurez-vous qu’un autre journaliste a demandé à collaborer avec moi dans ma nouvelle enquête.

- Un autre journaliste a demandé... Quel toupet! C’était mon idée! S’offusqua Castle. C’est qui ce journaliste? Comment ose-t-il piquer mes idées?

- Calmez-vous, je n’ai pas dit que j’avais accepté, rit-elle. 

- Vous n’avez pas accepté non plus quand j’ai demandé, rappela-t-il.

- Ça c’est vrai! Approuva la jeune femme ... Apparemment les journalistes n’écoutent pas quand les gens leur disent non.

- Touché... Et... pourquoi s’intéresse-t-il subitement à votre enquête ? 

- Je ne sais pas, soupira Swan. Cette enquête sent les ennuis à plein nez. Mon père a emmené Violet pour porter plainte, aujourd’hui pour chantage et agression sexuelle auprès de la brigade des mœurs. 

- C’est plutôt une bonne nouvelle ça, non? Se réjouit-il. Ça va s’arranger.

- Vous êtes drôlement naïf pour un journaliste, Castle.

- Pardon? 

- Ce type a d’énormes moyens et si on s’en réfère au patron de l’agence de casting que nous avons rencontré aujourd’hui, il a également  des relations avec des gens pas très recommandables. Cette histoire risque de nous exploser à la figure.

- S’en prendre à Violet ce serait avouer ce qu’on lui reproche, ça m’étonnerait qu’elle soit menacée physiquement.

- Physiquement peut être pas, mais quand on voit comment s’est passé son passage à la brigade des mœurs, on peut craindre le pire. 

- Qu’est-ce qu’il s’est passé au juste? Demanda Castle.

- Ça  a tourné au fiasco le plus complet. Elle s’est retrouvée accusée d’avoir monté cette histoire de toute pièce pour nuire à cet homme politique qu’elle met en cause et lui extorquer de l’argent. Ils disent que c’est elle qui l’a piégé et que maintenant elle l’accuse parce qu’il n’a pas cédé à son chantage...

- Eh bien! Elle ne mentait pas quand elle disait qu’il avait le bras long! Fit Castle pensif. C’est mon ami le maire, qui devrait se méfier... Ce type n’est pas un adversaire loyal! 

 

- Oui, il peut retourner facilement ses accusations contre elle et la trainer dans la boue. La plupart des médias sont à leur botte. J’imagine que demain les journaux et les chaînes de télé ne parleront que de ça.

 

- Dans ce cas, j’écrirai un article qui rétablira la vérité, promit Castle.

- Restez en dehors de ça Castle! Ça ne ferait que vous apporter des ennuis.

- Mais c’est le rôle de tout journaliste de faire fi du danger et de révéler la vérité.

- Vous savez qu’ils pourraient vous envoyer un colis de veuves noires? 

- Argh... Je déteste les araignées... frissonna le jeune homme.

- Pour cette espèce, c’est justifié, rit la détective. Allez, je vais vous laisser vous reposer, bonne nuit Castle.

- Attendez, vous allez raccrocher alors que vous venez de me mettre des images cauchemardesques dans la tête?

- Comme ça je suis sûre que vous ne prendrez aucun risque avec cette histoire d’article, rit-elle, allez, dormez bien Castle. 

 

Cette fille est une sorcière, songea Castle. 

- Swan! Appela-t-il pour l’empêcher de raccrocher.

- Quoi?

- Je suis content que vous existiez, lâcha-t-il soudain.

- ...

- Ma vie serait infiniment plus terne et triste sans vous, je suis content que vous existiez. 

- ...

- Bonne nuit Swan, termina-t-il avant de raccrocher.

 

Il rangea son téléphone et la regarda.

Il n’avait pas pu se contenter de l’appeler de chez lui. Il avait fallu qu’il vienne devant chez elle, qu’il puisse l’apercevoir pour s’assurer qu’elle allait bien. Si M savait ça, elle en ferait encore tout un plat.

Qu’aurait-il pu faire d’autre après son dernier message? La laisser se morfondre et penser que son existence ne faisait que nuire à ceux qui s’approchaient d’elle? 

Elle ne devait pas penser une chose pareille. Elle méritait d’être heureuse, choyée et entourée par des personnes aimantes, qui prenaient soin d’elle comme elle prenait soin des autres. 

 Elle n’avait pas bougé depuis la fin de leur conversation. Ses derniers mots l’avaient touchée. Finalement, au bout de plusieurs minutes elle se leva et repassa par la fenêtre de sa chambre.

Il attendit de voir la lumière s’éteindre puis reprit le chemin de chez lui.

 

De son côté, M était parvenue à joindre le vieux Schnock, ou plutôt, c’était lui, qui l’avait rappelée. 

- Alors comme ça, il pose des questions sur son père? Commença-t-il amusé.

- Son père et les amis de son père. Cette photo a ressurgi lors d’une mission « Storm », répondit M.

- Tu crois qu’il a découvert quelque chose?

- Si tel était le cas, il ne m’aurait pas demandé de faire des recherches dessus, remarqua justement M. Mais il est intelligent, il finira par découvrir la vérité, tu peux compter là-dessus!

- Aïe, tiqua-t-il. Son père, Will, Jo, Jim et moi sommes sur cette photo... Il va comprendre que nous étions amis... Et découvrir comment son père est mort.

- C’est ton apprenti, tu l’as bien formé, non? Rappela-t-elle. Il ne va pas manquer l’occasion de trouver les réponses aux questions qu’il se pose depuis presque vingt ans!

- Comment va-t-il le prendre ? Tu le connais depuis le temps que tu travailles avec lui? C’est déjà un gamin bizarre, solitaire et asocial dont le seul rêve est de se construire une forteresse sur une île déserte! Ça ne va pas l’arranger...

 

- Tu ne le connais pas si bien que ça, Vieux Schnock ! Rétorqua M.


Minefuji  (27.04.2020 à 12:00)

Chapitre trente-huit

 

- Quoi? Je le connais très bien! C’est moi qui l’ai élevé! Rétorqua le vieux Schnock.

 

- Quand j’y pense ça aurait pu vraiment très mal finir, dit M, tu fais un modèle vraiment déplorable...

 

- Ce gamin est vraiment trop timide... À quoi peut bien servir une forteresse si on y emmène pas quelques charmantes demoiselles pour s’amuser? Dit-il d'un ton libidineux.

 

- S’il est comme ça, c’est parce que tout le monde l’a abandonné, lui, il n’a abandonné personne... Expliqua M. Depuis qu’il est né, tout le monde a fini par le laisser tomber, comment veux-tu qu’il fasse confiance à quelqu’un. Il n’a connu son père qu’à l’âge de neuf ans et ça n’a duré que quelques mois. Il n’a jamais pu accepter ce que sa mère lui a dit, quand elle lui a annoncé cette histoire de mission top secrète pour le compte de la CIA... Il lui en a tellement fait voir, qu’elle l’a envoyé en pension à l’étranger! 

 

- Qu’est-ce qu’elle aurait pu lui dire d’autre? Que son père s’était suicidé après avoir tué son meilleur ami pour une sombre histoire d’argent? Ça aurait eu un effet catastrophique sur lui.

- Ça aurait peut-être été mieux pour lui, soupira M. Les secrets et les mensonges font plus de dégâts que la vérité.

 

- Ah... Madame l’inspectrice, toujours aussi inflexible, se moqua gentiment le "vieux Schnock"

Comme il s’y attendait, M, énervée mit fin brutalement à l’appel. Elle détestait qu’on l’appelle ainsi.

 

Lorsqu’il arriva dans son bureau ce soir là, William Bracken fut étonné d’y trouver son frère cadet installé dans l’un des fauteuils.

 

- Je croyais que tu étais déjà reparti chez toi, dit-il en se servant un verre de whisky.

 

- Je devais te parler...

 

- À quel propos? Tu as changé d’avis? Tu vas arrêter le journalisme pour rejoindre mon équipe ? Un bon rédacteur est toujours utile pour écrire les discours.

 

- Comment va-t-elle? Demanda Jamie en ignorant les paroles de son frère. 

- Elle dort. Le médecin est passé. Il lui a encore prescrit des médicaments, souffla William, comme toujours depuis dix-huit ans... Mais cela faisait plusieurs mois qu’elle n’avait pas fait de crise. Qu’est-ce que tu lui as dit pour lui en provoquer une ?

 

- Il y a deux mois, commença Jamie, j’ai reçu un appel. Il fallait déplacer la tombe de Kathy...

 

- Tu lui as parlé de ça? Blêmit William.

 

- Pas encore... Je pensais le faire une fois que ça serait fait. Et puis j’ai changé d’avis, déclara froidement Jamie tandis que son frère redevenait impassible. Sa tombe... Elle est vide! Il n’y avait que quelques pierres dans le cercueil que tu as fermé il y a dix-huit ans! Qu’est-ce que tu as à dire à ce propos? Est-elle vraiment morte ou alors tu as menti à Johanna?

 

- Elle est morte, répondit William impassible.

 

- Et si elle était vivante?

 

- Elle est morte. Tu sais à quel point ça a été difficile pour Johanna de l’accepter! J’ai fait tout mon possible pour l’aider à s’en remettre. Kathy ne peut pas être en vie.

 

- Kathy ne peut pas être en vie... Répéta Jamie effaré. Comment peux-tu dire une chose pareille? Ça veut dire que si elle était vivante, tu la tuerais à nouveau?

 

- Comment peux-tu dire ça ?

 

- Qu’est-ce que tu as fait il y a dix-huit ans? Demanda Jamie qu’une rage froide dévorait à présent. Tu as tué Jim parce qu’il te gênait? Tu...

 

- C'était un accident! Faut-il que je te rappelle ce qu'il s'est passé? Rétorqua William.

 

- C’était un accident? Vraiment?

 

- Qu’est-ce que tu ferais si tu découvrais ce qu’il s’est vraiment passé? Qu’est-ce que ça changerait?

 

- Qu’est-ce que tu leur as fait? S’emporta Jamie.Ils étaient tes amis! 

 

- Je n’ai rien fait de plus que ce que tu sais, sourit William. Tu sais tout de moi, n’est-ce pas? 

- De quoi tu parles?

 

- Tu as vraiment pensé que je ne découvrirais pas les micros que tu as planqué dans ce bureau? Se moqua William. Tu sais tout ce qu’il s’est dit dans ce bureau et pourtant tu ne m’as jamais dénoncé. Tu n’as même jamais parlé de moi à la télé...

 

- ... Ce n'étaient que des petites magouilles de politiciens et d'hommes d'affaire... Ça n'en valait pas la peine.

 

- Tu vois? Mon vieux, quoique tu en dises, tu ne vaux pas mieux que moi, rétorqua William avec un sourire victorieux. 

 

- ...

 

- Je ne te raccompagne pas, tu connais le chemin. Bonne nuit, petit frère.

 

 

Comme Swan s’y attendait, dès le lendemain matin, la cabale contre Violet était lancée. Elle avait osé accuser un politicien très en vue et très soutenu par des gens très puissants, elle en payait désormais le prix. Elle ne pouvait pas faire un pas dehors sans que des hordes de journalistes la repèrent et la harcèlent de questions sur son histoire. Pour la plupart des gens, elle n’avait pas le statut de victime, mais celui de maître chanteur et d’arriviste.

La mission que Swan avait confiée à son père adoptif et à L’ours s’avérait plus difficile que prévue. Violet était non seulement la cible de ceux qu’elle accusait, mais voilà qu’en plus les journalistes étaient à l’affût du moindre de ses mouvements. 

C’est pour quoi L’ours décida de prendre quelques initiatives.

 

- Tu peux me dire ce que font tous ces gens dans mon café? Demanda Royce en découvrant une bonne quinzaine de types plus ou moins baraqués mais dont le point commun était certainement d’être tous d’anciens détenus repentis.

 

- Ils ont accepté de nous aider pendant quelques jours, le temps que les journalistes passent à autre chose, expliqua L’ours. Ils ne devaient pas être autant, mais ils disent que tu les as aidés quand ils en ont eu besoin et que maintenant c’est à eux d’être là pour toi. Hé les gars! Dites bonjour à ce bon vieux Royce.

 

- Salut Royce! Dirent-ils en chœur.

 

- Avec eux dans les parages, tu peux être certain que les journalistes ne viendront pas importuner Violet. 

 

- Les clients non plus, grimaça Royce en saluant de la tête ses nouveaux hôtes. Ils vont les faire fuir!

 

- Ça nous fait plaisir de pouvoir t’aider, Royce, dit l’un d’eux. Après tout ce que tu as fait pour nous...

 

- Et la p’tite? Elle n’est pas là? Demanda un autre. Je l’aurais bien saluée, elle doit avoir bien grandi depuis le temps.

 

- À cette heure-ci elle est sûrement déjà au poste de police.

 

- Mince! Elle a des ennuis? 

 

- Elle y travaille, elle est devenue inspecteur de police, répondit Royce.

 

- Rah! T’as pas pu l’empêcher de tourner mal, soupira un autre type. Dire qu’on lui avait appris à se débrouiller dans la vie.

 

- Crocheter des serrures et forcer des coffres forts, ce n’est pas ce que j’appelle se débrouiller dans la vie, rétorqua Royce.

 

- Elle est drôlement douée! Elle n’avait pas dix ans qu’aucune serrure ne lui résistait! 

 

- Ouais et avec ses petits doigts agiles, elle pouvait faire les poche de n’importe qui sans se faire repérer!  

 

 

- Heureusement que les services sociaux n’étaient pas très regardants, soupira Royce.


Minefuji  (28.04.2020 à 15:11)

Chapitre trente-neuf

 

 

Lorsque Castle arriva au poste, Swan était déjà en grande conversation avec Jamie Bracken, ce qui l’agaça prodigieusement. Qu'est-ce qu'il faisait là, pourquoi lui tournait-il autour? Il était beaucoup trop vieux pour elle! 

 

- Alors Castle? Ça va mieux? Demanda Ryan en arrivant derrière lui.

 

- Oui... Euh... Ça va beaucoup mieux. Qui...? Qu'est-ce...? Demanda Castle en désignant Jamie Bracken du menton.

 

- Tu ne le connais pas? S’étonna Ryan. C’est Jamie Bracken! Un grand reporter de la télé! Je pensais que vous vous connaissiez tous dans votre métier...

 

- Si, je le connais, répondit Castle, c’est juste que je me demandais ce qu’il faisait ici. C’est un suspect?

 

- Penses-tu! Il est là pour la même raison que toi, rigola Ryan devant l’air dépité de Castle. Apparemment Swan à la côte avec les journalistes. Remarquez, ça se comprend, elle est super mignonne. Mais n’allez surtout pas lui répéter ce que je viens de dire, surtout, elle me ferait la tête au carré.

 

Après avoir promis à Ryan que son secret serait bien gardé, Castle s’avança vers le bureau de la détective. Il n'allait pas laisser ce bellâtre plus longtemps en tête à tête avec elle.

 

- Hey! Salut Castle, dit celle-ci en l’apercevant. Wah! Vous n’avez pas l’air totalement remis! Vous auriez peut-être dû rester chez vous...

 

- Ne vous en faites pas pour moi, grinça Castle. Je ne suis pas si fragile que ça. Et puis, j’ai un article à écrire, je ne peux pas me permettre de rester tranquillement chez moi en attendant qu’il s’écrive tout seul. 

 

- Sage décision! La procrastination est une perte de temps. Je vous présente Jamie Bracken, le reporter dont je vous ai parlé au téléphone. Il propose de nous aider sur l’enquête en tant que consultant, dit-elle. Monsieur Bracken, je vous présente Richard Castle, il rédige un article sur la police de NewYork. Mais vous vous connaissez peut-être déjà, non?

 

- Non, je n’ai pas le plaisir de connaître monsieur Castle, dit Bracken en lui tendant la main pour le saluer.

 

- C’est marrant, je pensais que tous les journalistes se connaissaient, dit Swan.

 

- Détrompez vous, monsieur Bracken et moi ne naviguons pas dans les mêmes sphères, rétorqua Castle en serrant la main de Bracken.

 

Ce dernier, surpris par la poigne de Castle, y répondit fermement à son tour.

 

- Vous allez suivre Ryan et Esposito aujourd’hui, annonça Swan.

 

- Hein? Et pourquoi ça? Tiqua aussitôt Castle.

 

- Le candidat à la mairie, monsieur Carl Davenport nie en bloc les accusations de Violet. Il prétend ne jamais aller dans les bars et n’avoir jamais mis les pieds dans un club de striptease. Vous allez faire le tour des bars et des clubs chics de Manhattan pour vérifier tout ça.

 

 - Tous les clubs? Répéta Castle effaré.

 

- Je pensais que ça vous ferai plaisir, Ryan et Esposito étaient ravis quand on leur a annoncé la nouvelle.

 

- C’est que... Il y en a tellement, ça va prendre une éternité! 

 

- Vous vouliez voir ce qu’était le métier d’enquêteur, vous voilà servi, sourit la détective. Et puis rassurez vous, je vous ai préparé la liste des clubs fréquentés par Finch, ça limite le nombre de clubs à vérifier.

 

- D’accord... Mais... Et vous? C’est vous, que je suis normalement.

 

- Je vous ai mis en danger deux fois déjà, le capitaine veut que je reste ici avec monsieur Bracken pour préparer la suite des opérations.

 

- La suite des opérations ? Répéta Castle inquiet.

 

- C’est un colosse auquel on se frotte Castle, il faut peaufiner nos plans de bataille. Alors? Je peux compter sur vous? 

 

- Euh... Bien sûr...

 

Swan s’en alla dans la salle de réunion avec Jamie Bracken sous le regard énervé de Castle, qui trouvait le reporter beaucoup trop proche de la jeune femme.

 

- Vous venez Castle? Demanda Esposito en enfilant sa veste. Il vaut mieux que nous partions tout de suite, on en a pour un moment avec cette liste de clubs...

 

- Pourquoi il lui tient le bras pour lui parler? Marmonna Castle. Il n'a pas besoin de lui tenir le bras, elle ne va pas tomber!

 

- Ca va Castle? Demanda le latino.

 

- Oui... Euh... J’arrive... J’ai oublié quelque chose... Bredouilla Castle en se précipitant vers la salle de réunion.

 

Il prit soin de passer entre Bracken et Swan, pour mieux les séparer. Il attrapa un stylo sur une table, puis repassa entre eux comme si de rien était.

Il repassa presqu’aussitôt entre eux dans l'autre sens, alors que Bracken allait reposer sa main sur l’épaule de la jeune femme.

 

- Tout va bien Castle? Demanda celle-ci.

 

- Oui... euh...Je cherchais mon carnet... Mais en fait il est là, dans ma poche... À tout à l’heure!

 

- À tout à l’heure...

 

- Oh! Euh! J’oubliais, dit Castle en les séparant de nouveau. Monsieur Bracken, vous pourriez me donner votre numéro de téléphone? Pour vous appeler en cas d’urgence... 555...?

 

- C’est moi que vous devez joindre en cas de besoin, intervint Swan. C’est moi la flic et la chef d’équipe, c’est moi que vous appelez en priorité! 

 

- Oui, mais euh... Il s’y connaît mieux que vous en célébrités... argüa Castle. Ce sera plus efficace de lui envoyer directement les photos que nous prendrons... Tenez, monsieur Bracken, inscrivez-le pour moi dans mon téléphone...

 

- Envoyez moi les photos et je les lui montrerai, contra la jeune femme.

 

- Votre téléphone est une antiquité! Je ne suis pas certain qu’il peut recevoir des photos, argumenta Castle.

 

- Mon téléphone est neuf, Castle!

 

- Peut-être, mais c’est un vieux modèle, excusez-moi de vous le faire remarquer, mais vous n’êtes vraiment pas à la pointe de la technologie!

 

- Tenez, intervint Bracken, j’ai mis mon numéro dans votre appareil!

 

- Ah! Merci beaucoup, se réjouit Castle. Tenez, je viens de vous envoyer ma carte de visite. Qui sait, peut être qu’un jour vous publierez un de mes articles.

 

Le téléphone de Bracken bipa aussitôt.

 

- Peut-être, oui... Oh! C’est sympa ces cartes de visite dématérialisées! Dit Bracken en découvrant le message de Castle.

 

- N’est-ce pas? Je vous montrerai comment on fait pour en avoir à l’occasion...

 

- Castle! Le coupa Swan agacée. 

 

- Oui? 

 

- Les gars vous attendent!

 

- J’y vais! Répondit Castle en passant de nouveau entre elle et Bracken.

 

Il refit la même opération en sens inverse deux secondes plus tard.

 

- La sortie est de l’autre côté, bredouilla-t-il pour s’excuser avant de partir rejoindre Ryan et Esposito.

 

- Wah! Il en pince pour vous! Dit Jamie Bracken amusé.

 

- Pardon?

 

- Ce monsieur Castle! Il en pince pour vous!

 

- Ne dites pas n’importe quoi!

 

- Pour une grande détective, vous n’êtes pas très observatrice, rit-il.

 

- Continuez et je vous flanque en cellule, râla la jeune femme en allant s’installer dans la salle de réunion.


Minefuji  (29.04.2020 à 19:19)

Chapitre quarante

 

 

Une fois dehors, Castle trouva une excuse pour fausser compagnie aux gars et appeler M.

- Il faut que je découvre ce que les Bracken mijotent, annonça-t-il.

 

- Tu peux encore faire machine arrière, soupira M. Il n’est pas trop tard.

 

- J’ai piraté le téléphone portable de Jamie Bracken. Est-ce que tu peux regarder ce qu’il y a dedans et le connecter au mien?

 

- Storm... 

 

- Oh! Et préviens le vieux Schnock que s’il ne me contacte pas avant ce soir, il pourra m’oublier définitivement.

 

- Espèce d’avorton, soupira M, qu’est-ce que tu vas faire? Suivre les deux policiers pour trouver ce qu’elle t’a demandé?

 

- Oui, mais je vais le faire à ma façon. 

 

- Tu ne peux pas les laisser tomber comme ça, ils ne sont pas idiots, ils vont finir par avoir des soupçons. 

 

- Je vais leur dire que je ne suis pas tout à fait remis de ma mésaventure d’hier, j’ai présumé de mes forces. Esposito tient trop à sa voiture pour prendre le risque de me trimballer dedans toute la journée.

 

Haley vint le chercher en voiture quelques instants plus tard. Ils étaient en chemin, lorsque M le recontacta.

Elle avait fouillé le téléphone de Jamie Bracken et y avait les mails qu’il leur avait envoyés concernant l’ADN de Swan. Le mystérieux et généreux client bizarre, c’était lui. 

 

- Il vient de nous envoyer une nouvelle mission d’ailleurs, annonça M.

 

- Laquelle? Demanda Storm intrigué.

 

- Protéger Swan.

 

- De quoi doit-on la protéger?

 

- Il dit de se méfier de William Bracken et de Freddy Finch, qui travaille pour lui. William Bracken... C’est son frère? Ça sent les embrouilles dans cette famille...

 

- À Noël il doit y avoir une sacrée ambiance chez eux, siffla Storm.

 

  Lorsqu’ils arrivèrent devant la résidence de Treadwell, Haley ralentit la voiture pile devant les agents de sécurité et Storm, qui avait revêtu sa tenue de mercenaire, laissa tomber un fusil en plastique semblable à ceux utilisés la veille par ses amis motards. Piqués au vif, les agents quittèrent tous leur poste pour prendre la voiture en chasse. 

La voie enfin libre, Storm pénétra discrètement chez Treadwell. Il le trouva dans son bureau, dont il ferma la porte à clé avant de manifester sa présence.

 

- Qu’est-ce que vous fichez là? S’écria Treadwell. SÉCURITÉ! 

 

- Vous feriez mieux de vous taire, dit froidement Storm en attrapant un club de golf pour menacer un très joli vase Ming placé sur le bureau de Treadwell.

 

- Faites attention ça vaut...

 

- Un million deux cent dix mille dollars, je sais. C’est super cher, je trouve. Je me suis renseigné avant de venir. Vous êtes une sorte d’amateur d’art. Vous l’avez acheté aux enchères le mois dernier, répondit Storm avant de le détruire d’un grand coup de club de golf.

 

- Hé! Vous êtes malade! Hurla Treadwell.

 

- Certainement, mais je dois reconnaître que vous me battez certainement à plat de couture à ce niveau là, déclara froidement Storm. 

 

- Espèce de taré! Cria Treadwell en se précipitant vers lui armé d’un club de golf.

 

Le mercenaire évita aisément ses coups et l’expédia au tapis.

 

- Vous êtes du genre sadique, n’est-ce pas? Déclara Storm d’un ton glacial en en s’avançant vers lui. Le genre de gars qui prend du plaisir à frapper les femmes, mais qui n’a jamais ou presque jamais pris de coups... Ça vous ferait du bien d’en recevoir, ça vous remettrait les idées en place.

 

Storm termina sa phrase en frappant violemment de Treadwell, qui hurla de douleur. Les quelques encore sur place n’allaient pas tarder à arriver. 

 

Quelques coups plus tard, Storm s’accroupit près de Treadwell et murmura :

 

- Ne frappez plus jamais qui que ce soit... Ça fait vraiment mal, maintenant vous le savez, n’est-ce pas?

 

- ... Ou... Oui... J’ai compris...

 

- Où avez vous caché les vidéos?

 

- Les vidéos?

 

- Celles que vous utilisez pour faire chanter les actrices. Ce qui vous a permis de vous faire suffisamment  d’argent pour vous acheter de la porcelaine hors de prix. 

 

Un seul regard de Treadwell permit à Storm de trouver le coffre fort. 

 

- Avec les moyens que vous avez, vous n’avez pas réussi à vous procurer un coffre digne de ce nom? Se moqua Storm alors que l’on entendait déjà le service de sécurité de Treadwell qui tentait d’ouvrir la porte. Ça me prendra à peine trente secondes.

 

 

De leur côté, Swan et Jamie Bracken mettaient en place un plan de bataille pour approcher le candidat à la mairie de NewYork et l’obliger à tomber le masque.

 

- Une mission sous couverture?

 

- Oui, ça se fait beaucoup dans votre métier, non?

 

- Ça nous arrive en effet...

 

- Eh bien que dites vous de cela : je vous fais entrer à la conférence de presse où Davenport annoncera officiellement sa candidature, vous pourrez alors l’interroger directement au sujet de Treadwell et de ses actrices, Violet et Tessa...

 

- Je ne suis pas journaliste...

 

- Je peux vous donner quelques techniques, ne vous ne faites pas pour ça.

 

La journée avait été une bonne journée pour Johanna. Elle avait pu prendre l’air sous le regard bienveillant de William, son ami de toujours. Il l’avait épaulée dans les moments les plus sombres de son existence et aujourd’hui encore, il s’occupait d’elle patiemment, lui offrant une vie à l’abri du besoin alors qu’elle n’avait rien d’autre à lui donner en retour que son amitié. Elle était consciente des sentiments qu’il avait toujours nourri secrètement pour elle et s’en voulait d’abuser de sa gentillesse envers elle depuis dix-huit ans, mais elle n’avait jamais pu répondre positivement à ses sentiments. Pour elle, la vie s’était arrêtée depuis cette journée tragique. Et pourtant il ne se plaignait jamais. Il se disait heureux comme ça. S’occuper d’elle était sa mission dans la vie. Heureusement qu’il avait ses affaires et la politique, sans quoi sa vie serait bien terne auprès d’elle.

 

La nouvelle de la petite visite de Storm chez Treadwell arriva rapidement aux oreilles de Monsieur Flynn, sorte de  bras droit et homme à tout faire de William Bracken. Bien évidemment, il s’empressa d’en prévenir son patron. 

 

- Il n’a pas pris l’argent du coffre, uniquement le disque dur, annonça monsieur Flynn.

 

- Qu’y avait-il dessus? Demanda Bracken.

 

- Des vidéos des filles avec les clients, Treadwell les utilisait pour qu’elles restent tranquilles...

 

- Je vois... Et certainement pour faire chanter ses clients... Davenport est dessus?

 

- On le voit boire un verre avec Violet dans le salon d’une suite d’hôtel...

 

- Davenport est un pervers... Soupira Bracken. Ça ne doit pas se résumer à ça... 

 

De l’autre côté du jardin, Johanna lui fit un signe de la main auquel il répondit avec un sourire bienveillant.

 

Jamie Bracken était reparti. Swan attendait le retour de Ryan, Esposito et Castle pour faire le point sur l’enquête et mettre fin à cette interminable journée de travail. Elle avait passé l’après midi à étudier des vidéos d’interviews de grands noms du journalisme et commençait à piquer du nez tant elle trouvait cela ennuyeux.

 

Soudain son téléphone bipa, lui annonçant l’arrivée d’un message signé « Storm » et qui lui demandait de se rendre sur le toit de l’immeuble.

 


Minefuji  (30.04.2020 à 13:35)

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