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Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre quarante et un

 

Arrivée sur le toit, Swan remarqua des flèches tracées à la craie sur le sol, elle les suivit et arriva devant  une enveloppe dans laquelle elle trouva un disque dur. Elle regarda de tous côtés à la recherche de ce mystérieux mercenaire, dont le comportement l’intriguait. Pourquoi lui donnait-il cela? 

Un nouveau message arriva sur son téléphone, lui aussi signé Storm et qui disait qu’il s’agissait d’un cadeau provenant du coffre de Treadwell.

 

- Vous êtes encore là, n’est-ce pas? Lança-t-elle. Vous devez bien vérifier que j’ai reçu votre paquet, n’est-ce pas? J’aimerais vous parler! Je ne veux pas vous voir, si vous n’y tenez pas. Je veux juste des réponses! Si vous voulez, je peux me bander les yeux avec mon foulard.

 

Sans attendre, elle noua son foulard autour de ses yeux.

 

- Mes yeux sont bandés! Vous voyez? Votre identité restera secrète, si c'est ce que vous souhaitez.

- ...

- Storm! C’était vous n’est-ce pas? Continua-t-elle devinant qu'il l'écoutait.Celui qui m’a sauvé la vie dans cette ruelle... C’était vous? 

Storm fit quelques pas hésitants hors de sa cachette.

 

- Oui... C’était moi, répondit-il en s’efforçant de masquer sa voix pour qu'elle ne la reconnaisse pas. 

Cela lui fit penser qu'il aurait bien besoin d'un modificateur de voix. Il se promit d'en parler à M.

 

- ... C’était vous aussi, qui me suiviez il y a quelques temps et qui avez pris une mèche de mes cheveux, continua-t-elle. Et aujourd’hui, vous venez encore m’aider en me donnant ça...

- ...

- Pourquoi faites vous ça? Vous avez fait un test ADN, n’est-ce pas? Et depuis ce jour, vous me surveillez comme si vous vouliez me protéger... Vous êtes mon père biologique? Ou mon frère? C’est ça?

 

Storm s’approcha d’elle et sourit, décidément, cette fille l’étonnerait toujours. 

 

- Qui suis-je? Demanda-t-elle toujours aveuglée par son foulard. 

 

Elle bougea les mains et se rendit compte de sa proximité. Il lui prit délicatement la main et l'écarta doucement de lui.

 

- Vous devriez vous méfier des personnes qui vous approchent et sont gentilles avec vous, murmura-t-il.

 

- Pourquoi dites vous cela ? ... Storm?


Il s'éclipsa avec une agilité toute féline.

Swan demeura figée quelques instants puis enleva son foulard. Il était parti. 

Qui pouvait il bien être? Ce qui était certain, c’était que pour un mercenaire, il était bien singulier. Elle avait fait quelques recherches à son sujet. La brigade chargée de la cybercriminalité tentait de l’appréhender depuis quelques années déjà. Il était soupçonné de plusieurs opérations de vol de données, mais ces actions étaient toujours non violentes. Il n’était certainement pas le meurtrier de Jonas, elle en était persuadée. Cette affaire était un coup monté contre lui de toutes pièces. Pourquoi? Elle comptait bien le découvrir.

 Étrangement, elle se sentait proche de cet être solitaire et discret. Elle ne savait que trop bien ce qu’il devait ressentir, toujours tout seul, invisible. Elle avait été comme ça lorsqu’elle était petite, toujours seule et silencieuse, ne voulant surtout pas se faire remarquer. Peut être que lui aussi se sentait proche d'elle. 

 

Lorsqu’elle revint à son bureau, Ryan et Esposito étaient revenus. Ils n’avaient pas l’air d’avoir passé une très bonne journée.

 

- Castle n’est pas avec vous? Demanda-t-elle surprise.

 

- Il ne se sentait pas totalement remis, grogna Esposito. Il nous a lâché au bout d’une demie heure!

 

- Si j’avais pu, je nous aurais lâchés aussi, marmonna Ryan. On a perdu notre temps. Non seulement on n’a rien trouvé d’intéressant pour l’enquête, mais en plus les bars et les clubs sont beaucoup moins intéressants pendant les heures de bureau. 

 

- Cette journée n’est peut être pas été totalement  inutile, dit Swan en montrant le disque dur apporté par Storm.

 

- Qu’est-ce que c’est? Demanda le latino.

 

- Un disque dur.

 

- Merci, j’avais remarqué. Ce que je voulais savoir, c’était ce qu’il contenait, soupira Esposito.

 

- Pour le savoir, il nous faut un ordinateur, dit-elle. Installons nous dans la salle de réunions, ce sera plus discret.

 

Ils branchèrent le disque dur. Il contenait des centaines de fichiers vidéo.

 

- Je vais faire du café, annonça Ryan. J’ai comme l’impression qu’on n’est pas là de se coucher...

 

Lorsque William Bracken entra dans son bureau ce soir là, il ressentit un étrange sentiment. Comme s’il était épié. 

 

- Je vous attendais, monsieur Bracken, dit une voix qu’il ne connaissait pas. Asseyez-vous dans votre fauteuil, nous allons parler un peu.

 

Bracken obéit, sans lâcher du regard la zone cachée dans l’ombre d’où venait la voix. Il jeta un rapide coup d'œil au dessus de la porte de son bureau.

 

- Inutile d’espérer quoique ce soit, la caméra de votre bureau a un problème, elle ne filme qu’une pièce vide.

 

- Vous... Vous êtes Storm, n’est-ce pas? Comprit-il.

 

- Bien vu, vous êtes perspicace, c’est bien. Regardez l’écran en face de vous, je me suis permis de  vous mettre une petite vidéo. Vous la reconnaissez? C’est la vidéo que vous m’avez demandé de récupérer avec Jonas, n’est-ce pas? C’est vous aussi, qui avez fait tuer Jonas ensuite en me faisant porter le chapeau.

 

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit calmement Bracken.

 

- Ne me sous-estimez pas. Je suis un hacker vraiment très doué. Je peux la diffuser en direct à la télévision et à une heure de grande écoute, si je veux. Si cette vidéo valait la peine de tuer quelqu’un, j’imagine que vous ne voulez pas en arriver à de telles extrémités...

 

- On m’avait assuré que Storm était fiable et qu’il ne gardait pas de trace des transactions ni ne volait les biens de ses clients.

 

- Ça, c’était avant qu’on ne m’accuse injustement de meurtre... Ça change pas mal les données.

 

- Vous voulez de l’argent? Combien?

 

- Vous n’êtes pas très imaginatif, souffla Storm. On dirait une réplique de série B. 

 

- Que voulez-vous dans ce cas?

 

- Le vrai meurtrier. Livrez-le à la police avant trois jours et cette vidéo ne sera jamais diffusée.

 

- Comment pourrais-je vous croire?

 

- Vous m’avez forcé à faillir à ma réputation. Si le bruit court que je ne respecte pas la confidentialité de mes clients, je risque d’y perdre gros moi aussi. Vous avez trois jours, termina Storm avant de se diriger dans l’ombre vers la sortie. Oh! J’oubliais, votre bouton d’appel de la sécurité est cassé. Vous devriez le faire réparer. 

 

Lorsqu’il arriva dans le hall de la maison, Storm tomba nez à nez avec Johanna. Elle avait  sa chambre pour remplir d’eau le pichet de sa table de chevet. Le jeune homme s'arrêta net et baissa la tête pour qu'elle ne puisse pas voir son visage.

 

- Jackson? C’est toi? Demanda-t-elle surprise en tentant de le stopper.

 

Storm ne répondit pas et fila aussi vite qu’il le put, mais le mal était fait, William Bracken avait entendu les paroles de Johanna. Il se précipita près d’elle.

 

- C’est impossible... se reprit-elle soudain. Jackson est mort il y a dix-huit ans...

 

- Johanna, calme-toi, le stress n’est pas bon pour toi, tu le sais. 

 

- C’est impossible... Il ne serait pas aussi jeune...Mais... Continua-t-elle sans prêter attention à lui.

 

- Il lui ressemblait tant que ça? Demanda William intrigué.

 

 

 

 


Minefuji  (01.05.2020 à 12:59)

Chapitre quarante-deux 

 

Storm était troublé. Qui était cette femme qui l’avait pris pour son père? Voilà pourquoi M voulait qu’il prenne ses distances avec cette affaire. Cette femme connaissait son père et possédait la même photo que lui. Il passa la nuit dans le jardin de la maison des Bracken à surveiller la fenêtre de la chambre de cette mystérieuse femme qui connaissait son père et qui possédait la même photo que lui.

Il tenta d’appeler sa chef, mais comme il s’y attendait, elle ignorait ses appels et feignait d’être occupée.

 

- Tu ne veux toujours pas me répondre? Demanda-t-il. C’est pas grave, je vais aller voir cette femme et le lui demander. Je vais lui dire que je suis le fils de Jackson Hunt et lui demander qui elle est.

- ...

- Toujours pas de réponse? C’est bon, j’ai compris. 

- Salut gamin, dit une voix qu’il n’avait pas oubliée malgré les années. Comment vas-tu ?

- Vieux Schnock ! Grogna Storm. Je t’ai attendu hier soir!

- Cette femme s’appelle Johanna Beckett. C’est elle qui est sur la photo que tu possèdes, ça te va comme réponse? J’imagine que ça ne te suffit pas. Ton vieux maître te manque?

- ...

Storm soupira. Ce vieux Schnock ne changeait pas. Il tournait toujours tout à la dérision.

- Ne pleure pas trop tout de même. Je te rejoindrai bientôt. On pourra parler du bon vieux temps.

 

Le vieux Schnock raccrocha, laissant le jeune homme dans un état de frustration que seul un appel de Swan pu apaiser.

 

- Comment vous sentez-vous ce matin? Les gars m’ont dit que vous étiez reparti très vite hier. C’est l’idée de rencontrer des strip teaseuses qui vous a effrayé?  Elles n’ont pas huit pattes vous savez?

 

- Ne vous moquez pas, s’il vous plait... souffla le jeune homme.

 

- Ok, j’arrête. Vous allez mieux? 

- Oui, je vais mieux... 

 

- Vous avez tout de même une petite voix. Il y a un problème?

 

- En quelque sorte...

 

- C’est cette histoire qui vous perturbe? Remarquez ça se comprend, ceux à qui nous nous opposons sont dangereux... C’est ça, qui vous ennuie?

 

Il ne pouvait pas lui donner les vraies raisons de son tourment, mais il pouvait peut-être le faire à demi-mot...

 

- En fait, je me demande... Est-ce que je dois continuer ou laisser tomber? 

 

- C’est à vous de choisir quelle direction prendre. Est ou Ouest, c’est assez simple finalement. 

 

- Quoi?

 

- J’ai reçu quelque chose... J’ai passé la nuit dessus avec les gars. Ils dorment sur la table de la salle de réunion là. Je dois en parler au capitaine Montgomery quand il arrivera.

 

- Pourquoi? Vous êtes lieutenant, vous avez une certaine autonomie dans vos agissements, non?

 

- Pas après mes derniers exploits, soupira la jeune femme. Si je retourne interroger Treadwell sans prévenir mon chef, il pourrait me retirer l’affaire... 

 

- Wah! Quelle prise de recul sur la situation! Fit Castle admiratif. Vous êtes surprenante.

 

- Je suis crevée, j’ai passé la nuit à visionner des vidéos qu’on m’a envoyées. Il y a plus de cent heures de vidéos sur ce disque dur!

 

- Vous avez regardé tout ça? 

 

- Eh oui, tout. J’ai passé pas mal de choses en avance rapide, certains passages étaient vraiment répugnants. 

 

- Vous allez envoyer ça à vos collègues des mœurs?

 

- Pour qu’ils me disent qu’il s’agit d’adultes consentants? Certainement pas. Le mieux c’est de commencer par’Treadwell, faire tomber le premier domino, fera peut être tomber les autres. 

 

 - C’est là qu’un journaliste peut vous être utile!  Je vais vous aider à le faire tomber. Je suis en chemin pour le poste de police.

 

- D’accord, mais ne vous pressez pas, vous avez le temps de prendre un petit déjeuner. 

 

- Et... Le... L’autre journaliste... Il est avec vous?

 

- Non, il ne travaille pas ici, Castle... Même s’il a laissé pas mal de ses affaires dans notre salle de réunion. Les journalistes sont vraiment sans gêne! J’imagine qu’il va se rendre à la rédaction de son journal avant de revenir ici.

 

- Vous ne l’avez pas flanqué à la porte? 

 

- Je ne sais pas comment il a fait, mais il a obtenu le feu vert du capitaine pour nous assister en tant que consultant. Il sait se montrer charmant pour obtenir ce qu'il veut.

 

- Charmant? Tiqua Castle.

 

- Ça doit être un truc de journaliste. C’est peut-être une punition que m’inflige le capitaine... Bon sang, j’ai intérêt de me tenir à carreau si je ne veux pas finir avec trente journalistes collés à mes talons dans un mois! Allez, à tout à l'heure Castle!

 

Swan avait à peine raccroché, que Jamie Bracken sortait de l’ascenseur accompagné du capitaine Montgomery avec qui il semblait vraiment très bien s’entendre.

 

- Ma parole il a des antennes, murmura-t-elle.

 

- Ah! Swan ! Lança le capitaine, du nouveau dans votre enquête?

 

- Euh... Oui, chef... Hésita la détective devant la présence de Jamie Bracken.

 

- Vous pouvez parler devant lui, la rassura le capitaine. Il sait que je n’hésiterais pas à le coffrer s’il écrivait quoique ce soit au sujet de notre enquête en cours.

 

- Permettez-moi d’être sceptique, tiqua la jeune femme.

 

- Je ne publierai rien tant que votre enquête ne sera pas bouclée, promit Bracken.

 

- De toute façon si vous le faites, je vous casse les doigts un par un et vous ne pourrez plus jamais tenir un stylo ni utiliser un clavier! Avertit la jeune femme.

 

- Elle est sérieuse, appuya le capitaine. 

 

- Message reçu.

 

Ils se rendirent dans la salle de réunion, où Swan leur montra quelques extraits des vidéos contenues dans le disque dur. 

 

- Vous avez regardé tout ça? Demanda le capitaine.

 

- J’ai fait des avances rapides, j’ai eu parfois envie de vomir, j’ai pris des notes et j’y ai passé la nuit avec Ryan et Esposito, mais oui, j’ai tout visionné.

 

- Où avez-vous eu ça? Demanda le capitaine. Un informateur?

 

- C’est... Commença-t-elle gênée. Cela fait quelque temps que j’enquête sur cet informateur... On ne peut pas entrer facilement en contact avec lui... Le meilleur hacker du service informatique a essayé de tracer son adresse, il a finit par arriver à  son propre domicile après plusieurs jours de traque... Bref, je ne sais pas trop pourquoi, mais... Il a décidé de m’aider...

 

- Votre informateur, c’est celui qui se fait appeler Storm, c’est ça? Comprit aussitôt Bracken.

 

- Storm... Storm... Comme Storm l’impie? Intervint le capitaine. Le suspect du meurtre de Jonas! Mais où avez-vous la tête, Swan? Vous perdez la tête quand vous manquez de sommeil. 

 

- Il n’a pas tué Jonas! Affirma Swan.

 

- Qu’est-ce que vous en savez? Gronda le capitaine.

 

- Il n’a jamais été lié de près ou de loin à une affaire de meurtre jusqu’à celui de Jonas! Et puis vous pensez sérieusement qu’un type suffisamment intelligent et prudent pour semer les hackers de la police, peut laisser son adresse mail sur une scène de crime? Expliqua-t-elle.

 

- Je l’ai trouvé! S’écria Castle en entrant soudain dans la pièce.

 

 


Minefuji  (02.05.2020 à 19:36)

Chapitre quarante-trois

 

- Castle ce n’est pas le moment! S’exclama le capitaine.

- J’ai le nom du club préféré de Davenport ! Là où il a ses habitudes! C’est le...

- Nous verrons ça plus tard, Castle. 

L’ordinateur portable de Jamie Bracken émit un signal sonore. Swan se tourna vers lui et put apercevoir une notification de mail qui lui fit froid dans le dos. Castle et Jamie Bracken suivirent son regard et se figèrent. Storm venait d’envoyer un mail au reporter. Un silence gêné s’abattit dans la pièce. 

- Qu’est-ce que... Vous venez bien de recevoir un e-mail de Storm? Demanda-t-elle en se tournant vers Bracken. C’est un fantôme, aucun des hackers de la police n’a réussi à le trouver. Alors... Pourquoi vous a-t-il envoyé un mail à vous? 

Le regard de Castle passait de Jamie Bracken à Swan. Comment allaient-ils se sortir de cette situation? Pourquoi avait-il fallu que M lui envoie un message pile à ce moment-là ? Swan n’était pas idiote, Jamie n’allait pas noyer le poisson aussi facilement.

 

- Vous connaissez Storm? Demanda-t-elle. 

- Non, répondit Bracken avec un calme et un sang froid à toute épreuve.

- Vous l’avez engagé alors? Vous êtes son client?

- Oui.

Le reporter se contentait de répondre de manière très brève et avec un calme olympien. Ce type était un robot.

 

- C’est vous qui lui avez demandé de trouver ce disque dur?

 

- Ce n’était pas exactement ce que je lui ai demandé, il a pris quelques... libertés, soupira Bracken.

 

- Pourquoi un journaliste de votre acabit a-t-il engagé un mercenaire pour suivre et protéger une simple flic de la criminelle? S’énerva la jeune femme. Pourquoi lui avez vous demandé mon ADN? 

 

- J’ai quitté la chaîne de télévision pour laquelle je travaillais dans le but de devenir totalement indépendant, répondit Bracken sans se démonter. Il y a dans cette ville des choses qui ne fonctionnent pas comme elles le devraient. Les politiciens corrompus sont légion, ils sont intouchables parce qu’ils ont des complices dans chaque administration, dans chaque poste de police... Tous les rouages de cette ville sont infestés. Je devais connaître les antécédents de chaque policier avec qui j’allais travailler pour m’assurer de leur intégrité.

 

- Vous... Vous êtes renseigné sur tous les policiers de ce poste? Demanda Swan surprise.

 

- Evidemment! 

- Alors pourquoi mon ADN?

- Désolé, mais je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit Bracken avec une telle assurance que personne n’aurait pu croire qu’il mentait.

 

- Pourquoi m’avoir protégée dans cette ruelle alors? 

 

- Mais parce que j’ai besoin de vous! Vous êtes mon bouclier! Vous êtes en première ligne dans cette affaire.

 

- Alors... Tout ça c’était du vent? Murmura Swan avant de quitter la pièce désabusée.

 

Castle avait assisté à la scène impuissant. Ce gars était effrayant. Comment avait-il pu inventer un tel bobard aussi vite? Les journalistes étaient-ils tous aussi inventifs? Ce constat faisait froid dans le dos.

 

 

À l’autre bout de la ville, dans un parking souterrain, à l'abri des regards indiscrets, Freddy Finch monta dans une voiture noire aux vitres teintée, où il retrouva celui qui était devenu son actionnaire principal quelques semaines auparavant, à qui il donna une grande enveloppe.

- Ce sont toutes les informations sur Lola Swan, annonça-t-il. Elle a bien été adoptée à l’âge de six ans par un ancien flic, Mike Royce.

- Six ans? 

- Oui. Elle a été abandonnée à l’âge de trois ans,  elle a d'abord fait plusieurs foyers d’accueil avant d'être adoptée.

- Où a-t-elle été trouvée? Demanda Bracken dont les mains se crispèrent froissant au passage l’enveloppe qu’il tenait.

- Dans une ruelle, dans un ancien boîtier électrique derrière une poubelle et un tas de vieilleries. Pendant des mois, elle n’a pas dit un mot. Ils ont cru qu’elle était muette.

 

La nouvelle fit l’effet d’une bombe sur William Bracken. Ainsi la  fille de Johanna était en vie. Après toutes ces années, voilà qu'elle réapparaissait. Pourquoi cette affaire vieille de dix-huit ans refaisait-elle surface maintenant? 

Il se revoyait au chevet de Johanna après cette nuit tragique. Jim était mort, Kathy avait disparu, mais Jo était toujours en vie, dans le coma, mais vivante.
Leur groupe d'amis avait explosé. Des cinq amis inséparables de l'époque de l'université, il ne restait plus que lui et elle.

Elle venait de perdre cette famille qui l’empêchait d’être avec lui. Le destin avait choisi, il serait là pour elle pour toujours. Il allait s’occuper d’elle avec dévotion jusqu’à la fin de ses jours. C'était ce qu'il s'était imaginé en venant chaque jour à son chevet. Elle était à lui désormais, plus aucun obstacle ne se dressait entre eux. 
Et puis Johanna s’était réveillée après quelques semaines et ses premiers mots avaient été pour eux. Il lui avait annoncé le décès de Jim, ça avait été difficile, la nouvelle lui avait fait un tel choc que ça avait failli la tuer. Mais elle s’était accrochée. Il lui restait sa fille. 

Retrouver sa fille avait été l’obsession de Johanna sur son lit d’hôpital. Elle avait utilisé les maigres forces qu’il lui restait pour le supplier de la retrouver. 

Alors, malgré cette ombre entre elle et lui que représentait la fillette, il l’avait cherchée. Et il l’avait finalement retrouvée. Elle avait été découverte derrière une poubelle, dans un ancien boîtier électrique. Comme elle ne parlait pas, les services sociaux s’en étaient occupés et l'avait placée dans un foyer.

Il s'y était rendu et avait récupéré l’enfant, qui l’avait suivi docilement, puisqu’elle le connaissait bien. Il était l'ami de ses parents et le grand frère de celui qu'elle considérait comme un oncle et qui venait souvent la garder quand ses parents sortaient le soir.

 

Pourquoi cette fille refaisait-elle surface maintenant? Si Johanna l’apprenait? Elle le haïrait certainement. Il ne le supporterait pas.

Monsieur Flynn observait son patron. Les trouvailles de Freddy Finch l’avaient sérieusement perturbé.

Il se rendit à l’extérieur et passa discrètement un appel.

- Monsieur Flynn! Que se passe-t-il? Vous avez un souci?

- Je suis inquiet au sujet de Monsieur Bracken. Je ne l’ai jamais vu dans cet état monsieur, je pense que l’enfant qu’ils ont perdue il y a dix-huit ans tente de se rapprocher de lui. Oui! Son frère Jamie a l’air déjà conquis. Non, je ne connais pas ses intentions. Voulez-vous que je me renseigne?

- William Bracken est le meilleur et le plus prometteur de ceux que j’ai formé. Il est travailleur, docile et connaît sa place. Mais il a une faiblesse: cette fille. Elle pourrait le faire exploser et ce n’est vraiment pas ce que nous voulons.

- Bien entendu, répondit monsieur Flynn. Il faut étouffer cette affaire rapidement. On devrait envoyer un avertissement à son frère.

- William ne doit pas le savoir.

- Bien entendu, monsieur. Je ferai cela discrètement.

 

La nuit suivante, le sommeil de William Bracken fut très troublé. Les fantômes de ses amis vinrent le hanté tour à tour. Jackson d’abord. Il lui apparut tel qu’il était dix-huit ans auparavant, figé pour l’éternité dans la fleur de l’âge. Il avait ce sourire arrogant et sûr de lui, que William lui avait toujours connu.

- Comment as-tu pu faire ça? Demanda-t-il. Tu devais la ramener à la maison. Pourquoi tu as fait ça? Tu espérais éliminer la dernière barrière entre Johanna et toi? Tu espérais que sans Kathy, le lien entre Johanna et Jim serait rompu? C’est ça? Évidemment c’est ça. Je suis vraiment très doué.

- Comment as-tu pu faire une chose pareille? Demanda Jim à son tour. Nous étions amis! Les amis ne se comportent pas comme ça!

 

Bracken se réveilla en sursaut et soupira de soulagement. Ce n’était qu’un rêve.


Minefuji  (03.05.2020 à 14:49)

Chapitre quarante-quatre

 

 

La découverte du lien entre Jamie Bracken et Storm avait sérieusement perturbé Swan. Pour elle, qui pensait que le mercenaire agissait de son propre chef lorsqu'il lui avait sauvé la vie ou encore lorsqu'il était venu lui apporter ce disque dur, la vérité était un véritable choc.

 

- Pourquoi as-tu envoyé un mail à Jamie Bracken? Demanda Castle devant la cafetière de la salle de pause.

 

- Parce que tu me l’as demandé, tu voulais des précisions sur cette nouvelle mission qu’il nous a confiée.

 

- On peut dire que tu as bien choisi ton moment soupira Castle.

 

À travers la jalousie, il pouvait apercevoir Swan assise à son bureau. Elle avait l'air déprimé. Découvrir que les agissements de Storm envers elle n’étaient qu’une mission confiée par Jamie Bracken l’avait déçue. Il détestait la voir avec cet air si triste. Il bu une gorgée de café et grimaça. Il était vraiment infâme. Si seulement ils avaient un percolateur!

 

Soudain Swan reçu un appel et se leva presqu’aussitôt pour quitter les lieux. Intrigué, Castle la suivît discrètement. Elle n’alla pas bien loin, un café de l’autre côté de rue, où elle retrouva son amie la légiste.

 

Castle fila à sa voiture et choisit une autre veste parmi toutes les tenues qu’il conservait dans son coffre. Puis il enfila une perruque et des lunettes, il était méconnaissable, son déguisement était parfait. Il se rendit au café et s’installa à une table non loin de celle des deux jeunes femmes et idéalement cachée par une belle plante en pot aux feuilles abondantes.

 

- Qu’est-ce que tu fais? Demanda M.

 

- Mon travail, répondit-il naturellement.

 

- Dis plutôt que tu l’espionnes, oui.

 

- Tu n’as pas des trucs à faire? Marmonna le jeune homme en coupant la communication pour mieux entendre les deux jeunes femmes.

 

- Alors, dis-moi, commença Lanie avec un petit sourire.

 

- Te dire quoi? Demanda Swan en touillant machinalement son café.

 

- Esposito m’a dit qu’il y avait un grand reporter de la télé qui avait demandé à te suivre sur l’enquête du meurtre de Tessa.

 

- Esposito t’as dit ça? Quelle commère celui-là!

 

- Alors? Comment il est?

 

- Qui ça?

 

- Fais pas l’andouille! Tu sais bien de qui je parle! Jamie Bracken! La célébrité des reporters! Et l’un des plus beaux partis de NewYork ! Un beau gosse comme lui qui demande à te suivre sur une enquête! C'est incroyable.

 

Castle fit une grimace. Ce type n’était pas si beau gosse que ça. D’accord il était grand, riche et célèbre, mais il était très très banal.

 

- C’est juste pour l’enquête. Il veut faire tomber un politicien corrompu...

 

- Qu’est-ce qu’il t’arrive? On parle de Jamie Bracken! Le reporter qui n’hésite pas à dénoncer les injustices et les scandales! Celui qui dit haut et fort toutes les vérités même si elles sont dérangeantes! Je croyais que tu l’admirais ce type!

 

Cette information ennuya Castle. Si Swan l’admirait depuis des années, elle devait être ravie de devoir travailler avec lui. Pourtant elle n’en avait rien laissé paraître. Cette fille devrait vraiment jouer au poker, elle serait redoutable!

 

- Mhmmm... C’est vrai, reconnut Swan en plongeant de nouveau son regard dans le contenu de sa tasse.

 

- Tu as une petite mine, dit la légiste. Tu es malade?

 

- Non... Je manque de sommeil.

 

- Ça, je n’arrête pas de te dire de lever le pied. Tu prends ton travail beaucoup trop à cœur.

 

- Alors comme ça, tu discutes avec Esposito? Et ça dure depuis combien de temps, dis-moi? Demanda la détective taquine.

 

- On a bu un verre ou deux de temps en temps... C’est tout, répondit Lanie. Mais revenons à nos moutons, c’est de toi, dont nous parlons pour le moment. 

 

- Alors c’est pour ça que tu m’as appelée? Soupira Swan. Tu es incroyable!

 

- On est amies, qu’est-ce que tu croyais?

 

- Tu es légiste, je pensais que tu voulais parler de la mort de Tessa!

 

- Pour ça, je t’aurais dit de venir à la morgue! Rétorqua Lanie. Là, je voulais prendre un café avec ma meilleure amie. Et je constate que j’ai bien fait, parce que tu as bien besoin parler à ta meilleure amie à ce que je vois.

 

- Quoi?

 

- Je te connais, ma vieille, quelque chose de tracasse. 

 

- C’est juste un peu de déprime, reconnut la jeune femme.

 

- Qu’est-ce qu’il se passe? C’est Castle?

 

- Castle? Pourquoi serai-je déprimée à cause de lui?

 

- À toi de me le dire! Tu es aux petits soins pour lui, je l’ai bien vu l’autre jour.

 

- Mais non... Ça n’a rien à voir... 

 

- Tu peux bien me le dire, il y a un truc entre vous deux!

 

- C’est vrai que je suis étrangement à l’aise avec lui, reconnut la détective. Parfois je me surprends à lui dire des trucs que je ne dirais pas en temps normal.

 

- Des trucs?

 

- T’emballe pas, je parle de ce que je ressens, de ce que j’espère... Des trucs comme ça. Un peu comme si je parlais à ma sœur, si j’en avais une.

 

- Sa sœur? Sérieux? Songea Castle déconcerté.

 

- Ta sœur? S’esclaffa la légiste. Le pauvre, heureusement qu’il ne t’a pas entendue. 

 

- Rohhhh, ça va, tu as compris ce que je voulais dire... 

 

- Bon, se repris la légiste. Qu’est-ce qui te déprime alors? C’est ton autre journaliste? 

 

- Je me sens sale, soupira Swan. Sale et idiote.

 

- Comment ça? Demanda Lanie intriguée et inquiète.

 

- Il y a quelques temps... J’ai fait la connaissance de quelqu’un... 

 

- Oh? 

 

- T’enflamme pas, c’est pas ce que tu crois.

 

- Je crois que si. Alors qui as-tu rencontré ?

 

- Je ne sais pas vraiment... C’est une sorte de mercenaire. Personne ne connaît son nom, ni son visage. Il m’a sauvé la vie et je ne sais pas... J’avais l’impression... Je pensais... Enfin je croyais qu’il m’aimait bien...

 

- Un mystérieux mercenaire? Wouah! C’est romantique!

 

- Tu parles d'un romantisme, une tragédie, oui! J’ai été trahie par les deux hommes que j’aimais!

 

- Deux hommes? Répéta Lanie estomaquée. 

 

- Oui, enfin... J’admirais le premier et le deuxième... Je ne sais pas... Je me sentais proche de lui. Je... J’avais l’impression de le comprendre... Toujours seul, obligé de se cacher dans l’obscurité... J’étais comme ça petite. Je ne parlais pas et je passais mon temps à l’écart des autres... Comme si j’avais peur  de ce qu’ils pourraient me faire...

 

- Tu l'aimais? Sérieux?

 

- J'avais eu un coup de cœur on va dire. Tu sais... Parfois on ressent des choses sans vraiment se les expliquer, c'est comme ça, c'est tout...

 

- Wah! Je ne te savais pas aussi fleur bleue! Qu’est-ce qu’il s’est passé? Demanda Lanie.

 

- J’ai découvert que le premier se sert de moi comme bouclier dans son combat contre la corruption et que le deuxième pensait que je suis une paumée qui a besoin qu’on s’occupe d’elle, parce qu'elle est incapable de se débrouiller seule.

 

- Wah... C’est rude! 

- Ouais. Mais trêve de bavardages dit Swan en se levant, ils n’en valent pas la peine.

 

- Qu’est-ce que tu fais? 

 

- Je vais aider Violet et résoudre le meurtre de Tessa. À plus tard Lanie! 

 

 

Castle demeura figé quelques instant, ne sachant plus quoi penser.  Ainsi Swan considérait une part de lui comme une sœur et avait eu un coup de cœur pour son autre identité. Cette histoire allait le rendre schizophrène !

 


Minefuji  (04.05.2020 à 20:10)

Chapitre quarante-cinq 

 

- Où est Castle? Demanda Swan en revenant au poste avec un énorme sac dans les bras.

 

- Je ne sais pas... Je pensais qu’il était avec toi, répondit Ryan.

 

- Pourquoi serait-il avec moi? S'étonna la jeune femme.

 

- Bah, il est parti presque en même temps que toi tout à l’heure, annonça Ryan. On a cru qu’il te suivait.

 

- Il ne t’a pas rejointe? Ajouta Esposito.

 

- Non. Ce gars ne tient pas en place, souffla la jeune femme. Pour une fois que j’avais besoin de lui.

 

- Tu as besoin de lui? Tiqua Esposito. Ce type est maladroit et trouillard, en quoi peut-il être utile?

 

- Quand on parle du loup, le voilà qui arrive, annonça Ryan alors que Castle sortait de l’ascenseur.

 

- Où étiez-vous? Demanda la détective. 

 

- Je suis allé cherché des cafés! Répondit-il en lui tendant un gobelet. Celui de la salle de pause est vraiment imbuvable. 

 

- Merci... Castle.

 

- Bah et nous? Demanda Ryan. On n’a pas de café? 

 

- C’est vrai, ça, intervint Esposito. C’est du favoritisme! Vous dites que vous faites un article sur la police de NewYork et il n’y en a que pour Swan!

 

- Bah...Euh... J’n’ai que deux mains et c’est elle la chef, répondit  Castle en haussant les épaules.

 

- Je comprends maintenant pourquoi tu avais besoin de lui, dit Ryan en se tournant vers Swan. 

 

- Il est journaliste, il saura mieux que vous se servir d’une caméra, rétorqua-t-elle en plaçant le matériel qu’elle avait préparé dans les bras de Castle. 

 

- Qu’est-ce que tu vas faire avec cette caméra? Demanda Esposito.

 

- Enregistrer le témoignage de Violet, avec toute cette agitation, je préfère ne pas la faire venir au poste, quand on voit comment ça  s’est passé à la brigade des mœurs. Vous venez Castle?

 

- Évidemment ! Répondit celui-ci en lui emboîtant le pas.

 

- Elle se souvient que c’est nous ses coéquipiers? Demanda Ryan en regardant sa collègue quitter les lieux avec Castle.

 

- Au moins cette fois on ne devrait pas aller les tirer d’un mauvais pas, répondit Esposito dans un haussement d'épaules.

 

Lorsqu’ils arrivèrent près de chez Swan, Castle eut un instant d’inquiétude en découvrant les personnes présentes sur la terrasse en face du café. Il y avait une demi douzaine de personnages que l'on s'attendrait plutôt à croiser dans un quartier malfamé après minuit que devant un salon de thé en pleine journée.

La réaction de Swan le surprit. Elle quitta la voiture un immense sourire aux lèvres et se précipita vers les types louches. Ces derniers l’accueillirent à bras ouverts et une scène de joyeuses retrouvailles s’en suivit. Ces types avaient l’air de la connaître depuis des années.
La surprise passée, Castle prit la caméra dans le coffre de la voiture et les rejoignit à l’intérieur du café. Une joyeuse cacophonie y régnait. Swan rayonnait au milieu d’eux.

 

- C’est fou ce que tu as grandi! Disait l’un.

 

- Tu es devenue magnifique! Disait l’autre.

 

- J’espère que tes prétendants sont à la hauteur, continuait un autre.

 

- Elle n’a pas de prétendant, rétorqua un autre. Elle est trop bien pour n’importe qui!

 

Castle, qui assistait à cette scène depuis l’entrée du café, remarqua L’ours, qui l’observait depuis l’arrière du comptoir. Il était de marbre, impossible de savoir ce qu’il pensait. Pourvu qu’il ne me demande pas une autre faveur, songea Castle en frissonnant au souvenir de leur dernier tête à tête.

 

- Bon! Fit la voix forte de Royce. Vous vouliez voir la petite, c’est fait, alors maintenant vous allez quitter mon salon de thé! 

- Roh! T’es dur Royce! S’écrièrent-ils tous en chœur.

 

- Vous faites fuir les clients! Personne n’a franchi cette porte depuis ce matin à cause de vous! Allez ouste! 

 

- On n’a fait fuir personne! Il n’y a pas plus chaleureux que nous, n’est-ce pas Swan?

 

- Fichez le camp, j’ai dit! Ou je vous demanderai de compléter ma recette du jour! 

 

- Ok! On file! Salut Swan! À bientôt !

 

Une fois le calme revenu dans le café, Castle s’installa dans un coin pour monter le matériel, tandis que Swan s’isola avec Violet et Royce pour lui expliquer ce qu’ils allaient faire. Lorsqu’elle revint peu après, Castle se démenait toujours avec les différentes pièces de la caméra.

 

- Vous savez vraiment comment on monte ce genre de matériel? Demanda-t-elle.

 

- Euh... Je vais y arriver, ne vous en faites pas, c’est assez intuitif... 

 

- Si vous le dites, sourit-elle avant de se rendre auprès L’ours, pour lui demander quelque chose à grignoter.

 

- Tu sais vraiment comment l’assembler? Demanda M dans son oreillette. Je peux te trouver le manuel si tu en as besoin.

 

- Ça va aller... murmura Castle.

 

- D’après ton maître, le vieux Schnock, ton père se débrouillait très bien avec les appareil. En un clin d’œil, il savait les monter ou les réparer... Je viens de recevoir un mail de Jamie Bracken. C’est plutôt un avertissement à vrai dire. 

- Un avertissement ? Répéta Castle en fronçant les sourcils.

 

- "Ne contactez plus Swan personnellement", on ne peut pas appeler ça une demande...

 

- Pffff! Ce type... siffla Castle agacé.

 

- Si on veut qu’il nous paye, tu devras le faire ! Sinon on aura fait tout ça pour rien!

 

Elle reçu un grognement pour toute réponse. Que ce gamin était entêté! 

 

- C’est prêt? Demanda Swan alors que Castle installait la caméra sur son pied. C’est super la technologie ! À ton avis, ça coûte combien un truc comme ça? 

- Aucune idée, mais c’est du bon matériel. J’ignorais que la police de NewYork avait autant de budget...

 

- C’est à Jamie Bracken. Il n’avait qu’à pas laisser ses affaires au poste de police s’il ne voulait pas que quelqu’un s’en serve.

 

- Ah... grimaça Castle à la pensée de ce journaliste envahissant.

 

- Cet appareil est super! Se réjouit-elle en l'allumant.

 

Elle se tenait tout prêt de lui. Il la regardait tester la caméra, elle était magnifique. Il pourrait la regarder pendant des heures. Il approcha sa main de son visage pour replacer délicatement une mèche de ses cheveux. Elle tourna la tête vers lui.

 

- Qu’est-ce que tu fais? Demanda-t-elle surprise par son geste.

 

- J’établis un contact... 

 

- Quoi?

 

- Un contact personnel! Une idée comme ça...

 

- T’es vraiment bizarre, Castle.sourit-elle.

 

- Sans doute...

 

- Trouvez-vous une chambre ! fit M dans l’oreillette. Tu as eu des nouvelles du vieux Schnock? Il devait t’appeler. Il a demandé un truc bizarre. C’était « qu’est-ce que tu préfères, les fruits frais ou le chocolat? » C’est un code entre vous?

 

Royce vint leur annoncer que Violet était prête, mettant fin à ce moment  privilégié avec elle.

Quelques temps plus tard, alors qu’il rangeait le matériel après qu’ils aient recueilli le témoignage de Violet, Castle reçut un appel.

 

- Allo! Richard Castle à l’appareil.

 

- Salut gamin! Fit une voix rieuse et familière.

 

- Vieux Schnock ! S’énerva Castle avant de se calmer aussitôt en se rappelant de la présence de L’ours derrière le comptoir. Où êtes vous?

 


Minefuji  (05.05.2020 à 18:52)

Chapitre quarante-six

 

- Qu’est-ce que tu préfères? Le chocolat ou les fruits frais? Demanda le vieux Schnock d'une voix joyeuse.

 

- Arrêtez de débiter des âneries! Grogna Castle. Ça fait des jours que je vous attends! Vous n’aviez pas l’intention de venir me voir, n’est-ce pas?

 

- Je t’attends chez toi. Viens, rit le vieux Schnock.

 

- Pourquoi devrais-je accourir au moindre de vos désirs? Grogna Storm.

 

- Ne sois pas en retard, tu sais bien que je ne suis pas de ceux qui attendent plus de cinq minutes.

 

- Cinq minutes à partir de quand? Hé! Vieux Schnock ! s'écria Rick.

 

Un bip sonore lui indiqua la fin de la conversation. Ce vieux gâteux ne changerait jamais. Ce qu’il pouvait être agaçant!

Castle se tourna vers L’ours.

 

- Dites à Swan que je suis parti! Une course urgente! Lança-t-il.

 

- Attendez! Prenez ce paquet! Elle m’a dit de vous préparer un en-cas! Hé! L'appela L'ours un paquet en papier à la main. 

 

Rick s'arrêta net devant les gâteaux dans la vitrine et se rappela de la date, l'anniversaire de leur première rencontre, le jour où sans en avoir l'air le vieux Schnock avait pris sous son aile le jeune Rick perdu et désabusé. 

Castle poussa un gros soupir et fila.

 

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Swan en arrivant dans la pièce.

 

- Aucune idée. Il a reçu un appel et il a filé comme si il avait le diable aux trousses, répondit L’ours.

 

Le téléphone de la jeune femme sonna. Elle décrocha et reconnut la voix de Jamie Bracken.

 

- Monsieur Bracken? Que se passe-t-il ?

 

- Nous avons un informateur, venez me rejoindre sans tarder, s’il vous plaît.

 

- Un informateur? Oui, laissez-moi un instant, je me prépare et j’arrive! 

 

Elle attrapa son manteau, son écharpe et son bonnet et dit à L’ours qu’elle partait rejoindre Jamie Bracken. 

Dehors, l’air était froid et pinçant. Elle s’emmitoufla soigneusement et reprit le téléphone.

 

- Où est-ce que je dois venir?

 

- Il s’agit d’un immeuble en cours de rénovation sur la 12ème. Je laisserai la porte ouverte, nous sommes sur le toit, nous vous attendons.

 

- Oui, je vois où c’est! Affirma la jeune femme. J’arrive! 

 

- Éteignez votre portable, il ne faut pas que vous soyez suivie, ajouta la voix de Jamie Bracken.

 

- Oui, évidemment ! Répondit la détective en montant dans sa voiture.

 

 

Peu après, à quelques rues de là, Jamie Bracken, qui rentrait chez lui, reçu un appel anonyme.

 

- Allo?

 

- N’oublie pas ce que ta famille a toujours fait pour toi. Tu ne dois pas trahir ta famille pour une femme. Cette femme est néfaste. Ressaisis-toi.

 

Vêtu d’une tenue d’ouvrier, monsieur Flynn arriva devant le bâtiment en rénovation, un petit sourire sadique aux lèvres.

 

Pris de panique, Jamie essaya d’appeler Swan en vain. Son téléphone étant éteint. Il se précipita hors de chez lui et prit sa voiture affolé. Il envoya un mail à la seule personne qui pouvait lui venir en aide.

 

Peu de temps après, Storm, en chemin pour retrouver son vieux maître chez lui, reçu un appel de M.

 

- Je viens de recevoir un appel de Jamie Bracken. Il n’arrive pas à joindre Swan

 

- Elle est chez elle.

 

- Justement non, elle a reçu un appel de Jamie Bracken et est partie il y a une demie-heure.

 

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire?

 

- À mon avis, elle est tombée dans un piège, répondit M.

 

Storm se gara sur le côté pour en savoir d’avantage.

 

- Quoi? Un piège ? Qui? Et pourquoi? 

 

- Jamie a reçu un avertissement de la part du chef.

 

- Le chef? C’est qui lui? Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire?

 

- Je ne sais pas. Jamie est allé voir son frère il y a peu de temps et là, il vient de recevoir cet avertissement.

 

- J’ai placé un traceur dans le sac de Swan, répondit Storm. Elle l’emmène partout où elle va. Active-le!

 

- C’est fait, je vous envoie l’adresse à tous les deux, l’un de vous arrivera peut être à temps.

 

Dès que l’adresse arriva sur son GPS, Storm fonça à une vitesse vertigineuse. Slalomant entre les voitures comme un champion de formule un.

 

Swan arriva devant le bâtiment en question. Les portes étaient presque toutes fermées. Elle finit par en trouver une ouverte et entra dans la bâtiment. Elle se dirigea vers les ascenseurs et fut soulagée de constater que l’un d’eux fonctionnait, car l’idée d’utiliser les escaliers pour monter les quinze étages ne l’enchantait guère.

Depuis le local de maintenance de l’ascenseur, Monsieur Flynn sourit en voyant le mécanisme de l'ascenseur s'activer, son plan fonctionnait à merveille.

L’équipe de hackers de Finch avait été très efficace. À partir d’enregistrements d’émissions de Jamie Bracken, ils étaient parvenus à produire le document audio, qui avait permis d’amener la jeune femme dans cet ascenseur. Maintenant, il ne lui restait plus que quelques câbles à sectionner de ci de là, quelques vis à dévisser et le tour serait joué. La jeune femme serait victime d’un tragique accident et tout rentrerait dans l’ordre. William Bracken serait libéré de ce fardeau et retrouverait sa sérénité. 

Bizarrement, monsieur Flynn prenait plaisir à accomplir ces petites missions en toute discrétion. Cette fille qui avait chamboulé la vie de son patron, allait enfin disparaître et tout rentrerait dans l’ordre. 

La cabine commença son ascension, étage après étage... Au quatorzième étage, un bruit sec retentit et la cabine fut brutalement secouée. La lumière clignota plusieurs fois. Swan se plaqua contre la paroi. Les bruits métalliques continuèrent quelques seconde et la cabine s’arrêta. La lumière s’éteignit. Terrorisée à l’idée que sa dernière heure fut arrivée, la respiration de Swan s’accéléra. 

Ce n’était plus que l’affaire de que quelques minutes. Satisfait, monsieur Flynn remit son casque de chantier et reprit sa caisse à outils, puis quitta le local de maintenance de l’ascenseur avec un petit sourire.

La jeune femme appuya sur le bouton d’appel.

 

- L’ascenseur est en panne! Aidez-moi s’il vous plait ! Vous m’entendez? Allô! Il y a quelqu’un? 

 

Il y eut un nouveau bruit métallique et la cabine descendit un peu avant que les freins ne parviennent à la stopper. 

Swan crut que son cœur allait lâcher tant elle eut peur. Un nouveau grincement sinistre, confirma l’extrême précarité de sa situation. L’ascenseur menaçait  de se décrocher d’un instant à l’autre.

 

Castle arriva le premier sur les lieux. Il ne prit pas le temps de revêtir sa tenue de mercenaire, il y avait urgence. Il se précipita vers le bâtiment et trouva rapidement la seule issue ouverte. Où pouvait être Swan? Qu’elle pouvait être sa situation? Il fallait qu’il la trouve avant qu’il ne soit trop tard et là, M ne pouvait pas lui venir en aide.

Un grondement métallique lui indiqua que l’un des ascenseurs avait des ennuis.

Il se précipita devant ses portes qu’il tenta s’ouvrir en vain. Il frappa frénétiquement dessus à plusieurs reprises.

Swan, terrorisée l’entendit et cria.

 

- Aidez-moi! Je suis coincée! L’ascenseur va tomber! Au secours! 


Minefuji  (06.05.2020 à 14:40)

Chapitre quarante-sept

 

La situation était critique, Castle n’avait pas beaucoup de temps pour la sortir de là. Il tenta d’ouvrir les portes, mais elles résistaient et il ne savait pas où était la cabine. D’après la portée de la voix de la jeune femme, il devinait qu’elle devait être plusieurs mètres au dessus.

 

- Aidez-moi! Supplia la jeune femme dont la respiration difficile indiquait qu’elle luttait pour ne pas céder à la crise de panique.

 

Castle fila vers les escaliers, dont il monta les marches quatre par quatre. Il fallait la sortir de cette cabine et vite! Un hurlement de la jeune femme se fit entendre. L’ascenseur glissa de nouveau de quelques mètres.

 

- Aidez-moi! Suppliait Swan, je suis enfermée dans l’ascenseur! 

 

L’équilibre de la cabine était de plus en plus fragile. Dans quelques secondes, quelques minutes tout au plus, elle s’écraserait dix étages plus bas et tout serait terminé. Terrifiée, Swan se réjouissait cependant d’avoir fait cavalier seul et de n’avoir entraîné aucun de ses collègues dans cette situation. Pire, Castle qui la suivait partout ces derniers temps auraient pu être là. 

Arrivé au dernier étage du bâtiment, Storm trouva un câble de secours utilisé pour l’entretien de l’ascenseur. Il l'attacha solidement à l’aide de son mousqueton et déroula le câble jusqu’à la porte de l’ascenseur.

Heureusement il parvint à ouvrir les portes cette fois-ci, il enroula le harnais du câble autour de son torse et jeta un œil vers le bas. L’ascenseur se trouvait quelques mètres en dessous de lui. Heureusement que par ce froid il avait des gants, ils protégèrent un peu ses mains lorsqu’il se laissa glisser le long des câbles de l’ascenseur. La secousse qu’il produisit en atterrissant sur le toit de la cabine arracha un cri de terreur à la jeune femme.

Il ouvrit la trappe et se faufila dans la cabine où il retrouva Swan tétanisée par la peur mais vivante. 

Ce n’était plus qu’une question de secondes avant que les câbles et les freins qui retenaient l’ascenseur ne lâchent. 

Il eut la présence d’esprit de baisser le bonnet de Swan sur son visage afin qu’elle ne le reconnaisse pas, l’obscurité de la cabine protégeant son anonymat pour l’instant. Elle se laissa faire docilement, son protecteur de l’ombre était une fois de plus venu la sauver.

Il passa le harnais de secours autour d’elle et l’attacha solidement. Il enroula les bras de la jeune femme autour de son cou et la prit dans ses bras puis il se plaça pile sous la trappe d’accès, de sorte que lorsque les câbles de la cabine lâchèrent et que celle-ci tomba, ils passèrent à travers elle et quittèrent la cabine. Il actionna le sytème de remontée du câble de secours et emmena Swan sur le toit de l’immeuble.

La jeune femme titubait et tremblait de tous ses membres mais elle était en vie.

Il resta près d’elle le temps qu’elle reprenne un peu ses esprits et paniqua lorsqu’elle porta la main à son bonnet. Il était cuit, il ne pourrait échapper au face à face.

Elle arrêta cependant son geste, le surprenant une fois de plus.

 

- Vous avez failli mourir! Gronda-t-elle soudain. Vous êtes complètement dingue! Je sais que vous êtes payé pour ça, mais il y a des limites! 

 

- ...

 

Sa respiration était encore difficile. Elle attrapa sa boîte de pilules, mais n’en prit aucune. Son calme revint peu à peu.

 

- Merci de m’avoir sauvée... ajouta-t-elle d’un ton plus doux. Mais... Si on était tombé, on serait morts tous les deux! Vous seriez mort vous aussi! 

 

- ...

 

- Vous êtes toujours là? Demanda-t-elle en avançant la main.

 

Il recula, mais elle l’effleura tout de même.

 

- Vous êtes Storm, n’est-ce pas... dit-elle plus calmement. Je ne sais pas combien Jamie vous paye, mais... Je ne sais pas pourquoi vous avez pris autant de risques pour remplir votre mission et je ne pourrai sans doute pas vous payer, mais... Vous m’avez sauvé la vie... Merci... 

 

Il posa le sac de la jeune femme près d’elle et fit quelques pas pour repartir puis se ravisa et revint devant elle.
Elle n’avait pas bougé, respectant son désir d’anonymat. Il se pencha et souleva légèrement son bonnet pour venir poser ses lèvres contre les siennes.

Pour la première fois de toute sa vie, il se sentit parfaitement à sa place. Cet instant lui sembla durer une éternité, peut-être parce qu’il aurait voulu rester là pour toujours. Doucement, il s’éloigna d’elle à regret. Elle aurait voulu le retenir et tendit doucement la main, mais le laissa s’en aller à regret.

 

- Kathy! Kathy! Hurla la voix de Jamie derrière elle.

 

Le reporter arriva près d’elle fou d’inquiétude. Il lui ôta son bonnet pour s’assurer qu’elle allait bien.

 

- Parle moi! Ça va?

 

- ...

 

- Kathy ! Tu vas bien? Tu es blessée?

 

- Vous ... Vous m’avez dit de venir sur le toit... Bredouilla-t-elle perdue. Et l’ascenseur... est tombé en panne et il... Il m’a sauvée. Je n’ai pas vu son visage, mais... Mais je sais... C’était Storm...

 

- Tout va bien maintenant, dit Jamie en la serrant dans ses bras, soulagé qu’elle soit vivante.

 

- Il a failli mourir à cause de moi... Il a failli mourir! Lâcha-t-elle la voix tremblante d'émotions.

 

- Vous pouvez marcher? Demanda Jamie soucieux.

 

- ... Oui.

 

- Alors allons-y, ne restons pas là.

 

- Mon téléphone! s'écria-t-elle soudain.

 

- Quoi? 

 

- Il est resté dans l’ascenseur! Il faut que je le retrouve! Se rappela la jeune femme. C’est mon père qui me l’a offert pour mon anniversaire ! 

 

- Nous reviendrons le chercher un peu plus tard, promit Jamie, venez, ne restez pas là.

 

 

 

Lorsqu’ils furent partis, Storm quitta sa cachette et appela M.

 

- L’ascenseur a été trafiqué, c’est certain, annonça-t-il. Ce fumier a presque réussi son coup, il a fait tomber l’ascenseur alors qu’elle était dedans.

 

- Je vais vérifier les caméras de sécurité des alentours, répondit aussitôt M.

 

- Trouve également la trace de Jamie Bracken et où il va.

 

- Tu veux savoir où il l’emmène, n’est-ce pas? Ça ne posera pas de problème, j’ai caché mes petits chéris dans son téléphone. Mais toi? Qu’est-ce que tu vas faire?

 

- Euh... Il faut que je trouve quelque chose...

 

Il fit quelques pas et ses jambes se dérobèrent. 

 

- Qu’est-ce que c’était ? Demanda M.

 

- Euh... J’ai trébuché...

 

- Trébuché? Toi? Tu ne trébuches jamais! Même quand on te fait un croche-pied, tu ne trébuche pas. Dit M en jetant un œil à l'un de ses écrans. Ton rythme cardiaque s’emballe! Qu’est-ce qu’il t’arrive?

 

Storm enleva son oreillette. Il avait besoin de calme et de silence. Pour la première fois depuis bien longtemps, la carapace qu’il s’était forgée ne suffisait plus. La vie lui avait appris que les humains n’étaient pas fiables. Qu’il devait se méfier d’eux et vivre à l’écart pour ne pas souffrir. Il menait sa vie en se moquant éperdument de ce que les autres pouvaient bien penser et ça lui convenait.  Pour la première fois, il ne parvenait pas à prendre de la distance émotionnellement.


Minefuji  (07.05.2020 à 14:05)

Chapitre quarante-huit

 

Jamie Bracken emmena Swan chez lui. Il lui avait proposé de  l’emmener voir un médecin, mais elle avait refusé. Elle était juste choquée, pas blessée. Jamie, qui avait eu la peur de sa vie veillait sur elle comme si elle avait été en sucre et qu'elle pouvait s'écrouler à tout moment.
Malgré ce qu'il venait de lui arriver, Swan ne pensait qu’à leur affaire et à ce dernier rebondissement qui aurait pu les faire avancer.

Elle Demanda à Jamie s’il avait pu rencontrer cet informateur mystérieux au sujet de Davenport, ce qui le surprit.

 

- C'est ce que je vous ai dit au téléphone ? Que nous devions rencontrer un informateur pour notre affaire? Demanda-t-il.

 

Elle le regarda sans comprendre sa réaction. Elle n'était pas folle, elle avait bien reconnu sa voix au téléphone, pourquoi faisait-il comme s'il ignorait ce qu'il lui avait dit?

- Je vous en prie, dites-moi exactement ce que je vous ai dit au téléphone, insista-t-il.


Elle lui raconta la conversation qu’il était censé avoir eu avec elle une heure auparavant, bien qu'elle n'en voyait pas l'utilité. Il lui expliqua à son tour que le message n’était pas de lui. Quelqu’un avait imité sa voix dans le but de la piéger.

 

- Pourquoi? Ça n’a pas de sens... dit-elle. Pourquoi s'en prendrait-on à moi? Je ne suis pas une menace, je suis à des années lumières de résoudre cette affaire!

 

- C’était un avertissement pour moi, je suis désolé, avoua-t-il la gorge serrée.

 

- Pourquoi s’en prendrait-on à moi pour vous faire passer un message? Demanda Swan incrédule. C’est stupide. Et puis, pourquoi allons nous chez vous? Je ne suis pas à la rue, vous savez?

- Chez vous c’est dangereux, c'est une maison, n’importe qui peut y entrer, répondit machinalement Jamie.

 

- Comment savez-vous où je vis? Tiqua-t-elle aussitôt.

 

- Je vous l’ai dit, j’ai enquêté sur vous, répondit-il sans hésiter.

 

Elle sembla se contenter de cette expliquation et tourna son regard sur la route, laissant son esprit vagabonder vers son sauveur. Que faisait-il en ce moment? Veillait-il toujours sur elle? Elle jeta un regard dans le rétroviseur, aucun véhicule ne semblait les suivre, ce qui la déçut un peu.

 

L’appartement de Jamie Bracken était situé au dernier étage d’un immeuble très chic. Il était en effet plus difficile d'y pénétrer que chez elle. L'idée de prendre l'ascenseur l'inquiéta, mais elle prit sur elle et n'en montra rien.

La vue depuis le logement de Jamie était impressionnante. Décidément, ça payait bien d'être un grand journaliste de la télévision! Jamie prépara des boissons chaudes tandis qu’elle admirait les lumières de la ville qui apparaissaient au fur et à mesure que le jour diminuait. 

- Je peux vous poser une question ? Demanda-t-elle au bout d'un moment.

 

- Si vous voulez.

 

- Pourquoi quelqu’un voudrait vous envoyer un avertissement ? Et en quoi m’ont-ils utilisée pour y parvenir? Nous nous connaissons à peine, je ne suis rien pour vous...Et tout à l’heure... Vous m’avez appelée par un autre nom... 

 

- Ah bon?

 

- Oui... Vous m’avez appelée Kitty ou Ketty... Quelque chose comme ça...

 

- C’était Kathy. Katherine Beckett, c’était quelqu’un que je connaissais, avoua-t-il. J’étais stressé, c’est sorti comme ça... Tenez, buvez ça, ça vous aidera à dormir.

 

- Pourquoi ne me dites vous pas ce que vous savez? Insista-t-elle. J’ai failli mourir, j’ai besoin de savoir. J’ai le droit de savoir! 

 

- Plus tard, promit-il. Pour le moment vous devez dormir.

 

- Dans ce cas, je rentre chez moi, déclara-t-elle frustrée.

 

- Il est tard et je vous ai dit que c’était dangereux, rétorqua-t-il comme s'il était son père ou son grand frère.

 

- Ça ira. Je dors avec un flingue, répondit-elle déterminée. Et puis il y a Storm. Il me protègera. Il m’a sauvé la vie aujourd’hui.

 

- Si vous avez fait une enquête sur lui comme vous le dites, vous savez que c’est un mercenaire, dit Jamie en se plaçant en travers de sa route. Tout ce qui compte pour lui, c’est l’argent. Si quelqu’un lui propose plus d’argent demain, il changera de camp. Le bien ou le mal ne signifient rien pour lui.

 

- Mais ...

 

- Ne croyez pas en lui, dit-il.

 

- ...

 

Il posa la main sur son front.

- Vous êtes un peu fiévreuse, allez dormir. Je vous en prie, je ne partirai pas tranquille si vous ne dormez pas. 

 

- Vous partez?

 

- Oui, je dois m’absenter. Soyez raisonnable, je vous en prie.

 

Elle soupira et renonça à s'en aller. Rassuré, Jamie quitta son appartement et hésita au moment de prendre l’ascenseur. Était-il là? Il se rendit dans la cage d’escaliers où il remarqua une pierre sur le sol qui devait servir à empêcher la porte de se refermer.

 

- Si vous m’entendez, je voulais vous remercier de lui avoir sauvé la vie aujourd’hui, lança-t-il. Je vous ferai un virement important... Voyez ça comme une  sorte de prime de risque ou une marque de reconnaissance... Mais je voulais vous demander autre chose... Si vous recevez une offre de l’autre camp et que vous choisissiez d’être contre moi... Faites le moi savoir s’il vous plaît. Après tout, j’ai été un bon client, je trouve que ce n’est pas trop demandé...

Lorsque Jamie s'en alla, Storm sortit de sa cachette. Il ne connaissait pas tous les tenants et les aboutissants de cette histoire, mais si Jamie Bracken craignait que l'autre camp essaye de le recruter, cela ne laissait rien présager de bon...

 

Seule chez Jamie, Swan réfléchissait. Devait-elle se méfier de Storm comme le lui conseillait Jamie ? Il avait risqué sa vie pour elle dans cet ascenseur. Prenait-on autant de risques pour une mission? Elle était policière, le risque faisait partie de son métier, elle devait protéger la population, elle ne se posait pas de question face au danger, le risque faisait partie de métier, mais dans une telle situation, elle aurait certainement appelé les pompiers...

Un mercenaire prenait des risques certes, mais allait-il jusqu’à risquer sa vie pour cela? Elle en doutait sérieusement. S'il avait pris tous ces risques, c'était pour la sauver elle.

Faire confiance ou ne pas faire confiance?

Lorsqu’elle était petite, elle ne faisait confiance à personne et ne laissait personne l’approcher. Elle ne parlait à personne. Elle était la fillette sauvage que personne ne comprenait.

Et puis Royce était arrivé dans sa vie. Il avait été patient. Elle avait été récupérée par les services sociaux après un séjour calamiteux dans une famille d’accueil qui l’avait maltraitée. Royce, qui enquêtait sur ces gens à l’époque, était venu parler à la responsable du foyer qui l'avait recueillie.

 

- Elle ne laisse personne s’approcher d’elle, avait expliqué la femme. Elle passe tout son temps cachée dans ce bosquet. On lui dépose ses repas devant et elle mange quand on s’en va. Impossible de la faire dormir dans sa chambre, elle hurle de terreur à chaque fois qu’on essaye et trouve toujours le moyen de nous filer entre les pattes pour revenir ici.

- Elle dort dehors? Fit Royce effaré.

- On la couche dans son lit, mais c'est ici que nous la retrouvons chaque matin. Le problème, c’est que bientôt les nuits vont sérieusement se rafraîchir...

 

Touché par son histoire, Royce était venu la voir tous les jours, lui demandant de lui faire confiance ne serait-ce qu’une fois. Qu’ensuite, elle lui ferait confiance de plus en plus.
Il s’était installé près de sa cachette jour après jour, lui racontant des histoires et lui chantant de vieilles chansons country. Il lui avait expliqué qu’il était une sorte de robot qu’elle pouvait arrêter quand elle le souhaitait en appuyant sur le grain de beauté
 situé à la base de son cou.
Petit à petit, elle s’était habituée à ses visites, elle les attendait même. Elle avait finit par oser toucher son grain de beauté et avait sourit lorsqu'il s'était figé. Elle avait recommencé plusieurs fois, il avait continué à jouer les robots patiemment.
Et finalement, un jour, il lui avait proposé de venir vivre avec lui, lui promettant qu’elle pourrait toujours lui faire confiance et qu’il serait toujours là pour elle. 

Elle avait choisi de lui faire confiance et ne l’avait jamais regretté. Par la suite, d’autres personnes de confiance étaient entrées dans sa vie, comme L’ours, les amis louches de Royce, Lanie, le capitaine Montgomery, Ryan et Esposito. Bien sûr, il lui était arrivé de rencontrer des personnes indignes de sa confiance, mais elle était bien entourée désormais et cela atténuait la douleur de la trahison. Elle n’avait plus rien à craindre de ce côté là et pouvait choisir de lui faire confiance. Tant pis si elle devait être déçue par la suite, elle s’en remettrait toujours. 

 

Elle termina le chocolat chaud que Jamie lui avait préparé et quitta son appartement. Quoiqu’il en pense, elle serait en sécurité chez elle. Elle ne parvint pas à monter dans l’ascenseur et prit les escaliers. Storm y était toujours, quelques étages plus haut, si bien qu’elle ne le remarqua pas. Il la suivit discrètement.
Qui aurait pu dire qu’elle avait faillit mourir dans la chute d’un ascenseur à peine trois heures auparavant? Une fois de plus son courage forçait l’admiration du jeune homme.


Minefuji  (08.05.2020 à 18:41)

Chapitre quarante-neuf

 

 

De son côté, Jamie était arrivé chez son frère. Fou de rage, il attrapa monsieur Flynn, son homme à tout faire et son âme damnée, par le col et l’entraîna vers le bureau de son frère.

- Jamie! Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Johanna surprise par cet élan de colère lorsqu’elle les surprit dans le hall.

- Je dois parler à William, répondit-il aussi calmement que possible. Mais je ne veux pas que tu entendes, alors, s’il te plaît, reste loin de là. 

 

Johanna ne l’avait jamais vu comme ça. Les différents entre les frères étaient assez fréquents, mais rarement au point de mettre Jamie dans un tel état de fureur. Bien qu'elle fut très intriguée par ce qui aurait pu mettre Jamie, d'ordinaire sur calme et tranquille, dans un tel état d'énervement, elle respecta sa demande et poussa son fauteuil jusque dans la cuisine. Un bon dîner apaiserait peut-être ses tourments.

 

 

- Qu’est-ce que tu fais là? Demanda William lorsque son frère entra furibond dans son bureau en traînant monsieur Flynn derrière lui.

 

Jamie ferma la porte à clé et se précipita vers son frère.

 

- Qu’est-ce que tu as fais? Gronda Jamie sans lever la voix pour que Johanna ne puisse pas l’entendre.

 

- De quoi parles-tu ?

 

- Je croyais qu’il te restait un peu d’humanité, mais je me suis trompé, qu’est ce que tu es devenu? Regarde-moi dans les yeux et réponds moi!

 

- Mais enfin de quoi parles-tu ?

 

Jamie se tourna vers monsieur Flynn qui n’en menait pas large. Il l’attrapa de nouveau par le col et le plaqua joue contre le bureau de son frère.

 

- Tu lui as demandé de le faire une fois de plus? Tu n’aimes pas te salir les mains alors tu l’envoies faire tes basses besognes, c’est ça?

 

 - Vous savez de quoi il parle? Demanda William à monsieur Flynn qui demeurait impassible la tête collée contre le bureau.

 

- Tu n’aurais pas dû toucher à Kathy, dit Jamie surprenant son frère, tu l’as fait en pensant mettre un terme à toute cette affaire, n’est-ce pas? Très bien, finissons en maintenant. Allons dehors!

 

- Tu as dit... Kathy? Demanda doucement William.

 

Jamie envoya valser monsieur Flynn contre la bibliothèque.

 

- Que tu dises qu’elle était morte, passe encore, mais...

 

- Kathy est vivante? Répéta innocemment William. Tu l’as trouvée? C’est pour cela que tu t’es précipité ici? De quoi tu m’accuses? Tu crois que je lui ai fait quelque chose?

 

- Arrête ça! Tu me dégoûtes, grogna Jamie.

 

- Je ne savais pas, je t’assure! 

 

- Si ce n’était pas toi, alors c’est le chef pour qui tu travailles. Il a voulu me faire passer un message...

 

- Jamie... Je...

 

- Tu vas bien m’écouter. Si quelqu’un touche encore à un cheveux de Kathy, Johanna sera la première personne à le savoir. C’est ce qui te fait le plus peur, n’est-ce pas? Qu’elle apprenne la vérité.

 

- Tu dépasses les bornes, petit frère. Oser utiliser Johanna pour me menacer.

 

- Je n’ai pas le choix. Je l’aime moi aussi. Je ne peux pas la regarder vivre auprès de l’homme qui a blessé sa fille! 

 

Lorsque Jamie quitta le bureau de son frère, Johanna s’occupait dans la cuisine, elle l’attendait.

 

- Les deux frères se disputent encore? Demanda-t-elle d’un ton maternel. Regarde dans quel état tu es! Tu as diné?

 

- ...

 

- Tu as l’air de revenir d’une expédition dans le désert. Tiens, bois ça, dit-elle en lui tendant un verre. Je vais te réchauffer quelque chose. Allez, prends-le ! J’ai mal au bras.

 

Jamie sourit et prit le verre qu’elle lui tendait. Elle prenait un malin plaisir à utiliser son handicap pour l’obliger à boire ou à manger même quand il n’en avait pas le cœur.

Il l’arrêta dans son élan, s’accroupit devant elle et lui prit les mains.

 

- Je suis désolé Johanna.

 

- Pourquoi? C’est pas grave, lui dit elle comme elle l’avait toujours fait depuis son plus jeune âge. 

 

Depuis toujours, elle avait su trouver les mots pour apaiser ses tourments.

 

- Au contraire, soupira-t-il en posant son front sur ses genoux. C’est très grave.

 

- Je sais, dit-elle surprise de le voir si troublé, mais ne t’en fait pas, ça va s’arranger. Fais-moi confiance.

 

William, qui les avait observés depuis le seuil de son bureau referma la porte et se tourna vers monsieur Flynn, qui remettait de l’ordre sur son bureau comme si rien ne s’était passé.

 

- Dites moi ce qu’il se passe, monsieur Flynn.

 

- C’était un ordre de Loksat, monsieur.

 

- Dites-moi exactement quel était cet ordre, demanda William contenant difficilement ses émotions. Qu’est-ce qu’il vous a demandé de faire après avoir retrouvé cette fille? 

 

- ...

 

- Qu’est-ce que vous avez fait dans mon dos? Hurla William hors de lui.

 

L’écran derrière eux s’alluma soudain et un décompte s’afficha tandis qu’une voix aiguë digne d’un personnage de cartoon retentit.

 

« Ici le quartier général de Storm. Le délai pour livrer l’assassin de Jonas à la police sera bientôt échu. Si vous ne menez pas à bien cette mission, voici la vidéo compromettante qui passera sur toutes les chaînes principales de télévision ! »

 

- Monsieur Flynn, commença William, il faut que je parle au chef et vite.

 

- Oui monsieur!

 

« En plein milieu d’un grand programme de variété! Continua la voix cartoonesque. Bien sûr les gens seront fâchés de voir leur émission favorite interrompue, mais ça ne nous empêchera pas de le faire. On a même préparé une belle bande annonce! »

 

Son petit coup d’éclat achevé, M essaya de joindre Storm, qui avait chargé Haley de surveiller la maison de Kate. 

 

- Espèce de voyou! Je t’ai déjà dit de ne pas éteindre ta radio quoique tu fasses! 

- C’est moi! Répondit une voix familière.

 

- Miyagi? Vieux Schnock, qu’est ce que tu fais chez Rick?

 

- C’était ma maison au départ.

 

- Ça n’avait rien d’une maison, c’est une usine désaffectée. C’est Rick qui l’a aménagée pour en faire sa maison. 

 

- Tu parles! Il a mis tellement de serrures et de leurres que ça m’a pris la journée pour rentrer.

 

- Il est avec toi?

 

- Non, il n’est pas là! Le petit voyou, il sait que je n’aime pas attendre ! 

 

- Il ne laisse jamais personne entrer chez lui, même moi je n’ai jamais pu y entrer!

 

- Inspectrice...

 

- Arrête de m’appeler comme ça! 

 

- Si tu veux, M... J’ai un service à te demander...

 

- Je ne rends jamais service, par contre j’accepte des missions. Combien tu me payes?

 

- Tu as mis le téléphone de Jamie Bracken sur écoute, n’est-ce pas?

 

- Oui, pourquoi?

 

- Fouille dans ses e-mails. Je voudrais vérifier quelque chose... Il a fait des recherches ADN sur une fille, n’est-ce pas?

 

- Oui, une jeune femme dans la vingtaine.

 

- Une orpheline...

 

- Oui, c’est bien ça.

 

- Il n’y a qu’une seule personne qu’il pourrait rechercher comme ça... La fille de Jim et Johanna Beckett. Katherine Beckett, conclut le vieux Schnock.

 


Minefuji  (09.05.2020 à 21:23)

Chapitre cinquante

 

 

Bien loin d’imaginer tout ce qu’il se tramait autour de sa personne, Swan était en chemin pour rentrer chez elle. Jamie l’ayant emmenée jusqu’à chez lui, sa voiture était restée devant l’immeuble en rénovation, elle devait donc rentrer à pieds. 

Bien qu’elle ne puisse le voir, elle savait que Storm la suivait. Il veillait sur elle, elle en était persuadée, quoiqu’en dise Jamie.

Elle tenta de le surprendre plusieurs fois, mais il se méfiait désormais. 

Elle arriva devant une cabine téléphonique. Qui voulait-elle appeler à cette heure? Se demanda-t-il. Son père ? Un collègue?

Il eut la réponse lorsque son deuxième téléphone vibra dans sa poche.

 

- Allo? 

 

- Ah! Quelle mémoire! Se réjouit-elle. Je me suis rappelé ton numéro ! Impressionnant, non?

 

- Qu’est-ce qui est arrivé à ton portable? Demanda-t-il à voix basse.

 

- Je l’ai perdu, répondit elle d’une voix qu’elle espérait insouciante. J’essaye de voir de combien de numéros j’arrive à me rappeler.

 

- Et alors, tu en es à combien?

 

- Mhm... Je crois bien que tu es le dix-septième, dit-elle pour le taquiner.

 

- Wouah, je suis honoré d’être dans le top vingt, sourit Castle amusé.

 

- Je t’ai appelé il n’y a pas longtemps, alors je l’avais encore en tête. Bref... Tu as la voix endormie. Je t’ai réveillé? 

 

- Jette un coup d’œil à ta montre, il est minuit passé, Cendrillon. 

 

- Oh... C’est vrai... Pardon, je suis désolée de t’avoir réveillé. Retourne te coucher, répondit-elle en réalisant l’heure tardive.

 

- Oh! Ça  va, je suis bien réveillé maintenant, répondit Castle inquiet d’avoir gâché ce moment. Tu voulais me dire quelque chose? Je vais t’écouter toute la nuit.

 

- Tu es vraiment trop bizarre, rit-elle.

 

- Merci du compliment, répondit-il surpris.

 

- Tu changes sans arrêt de voix ou de ton, comme si tu avais peur de la réaction des gens à qui tu parles. C’est bizarre! N’aies pas peur d’être toi-même! 

- D’accord, sourit-il.

 

- C’est mieux! Mais continue quand même d’être gentil, la vie est plus jolie grâce aux gens gentils.

 

- Bien entendu et je vais commencer tout de suite en t’écoutant parler jusqu’au bout de la nuit.

 

- Parler de quoi? Demanda-t-elle.

 

- Eh bien... Tu n’as pas appelé pour parler à quelqu’un ?

 

- Tu es perspicace, sourit-elle. 

 

- Alors? Tu es dehors? Il ne fait pas trop froid?

 

- Si! Je suis gelée! Et en plus j’ai perdu mon téléphone !

 

- C’est un téléphone, pas une bouillotte, dit-il amusé.

 

- Pour moi si. Il contenait toutes mes photos. Les souvenirs, ça vous réchauffe le cœur. 

 

- Je croyais qu’il était neuf...

 

- La carte mémoire est toujours la même. 

 

- Ah... Je comprends mieux! Tu devrais rentrer chez toi, s’il fait si froid...

 

- Mon père va me poser un milliard de questions si je rentre maintenant et je n’ai pas l’énergie pour ça, souffla-t-elle.

 

- Tu ne te sens pas bien?

 

- C’est juste une excuse... En fait, j’attends quelqu’un...

 

- Tu attends... quelqu’un? Répéta-t-il intrigué.

 

- Mhm! Je pensais qu’il apparaîtrait derrière moi... Mais il n’est pas là...

 

- ...

 

- J’avais l’impression qu’il avait quelque chose à me dire... mais qu’il ne pouvait pas le faire...

 

- ...

 

- Je suis prête à l’écouter...

 

Il l’entendit pousser un énorme soupir avant de continuer.

 

- J’ai aussi beaucoup de choses à lui dire... Mais il ne vient pas... Je pense qu’il ne viendra plus...

 

- ...

 

- Bon... Je vais y aller, dit-elle finalement. Tu ferais bien de te rendormir, si tu veux savoir te lever à temps pour être sur l’enquête demain.

 

Il leva les yeux au ciel, désespéré d’être à la fois si proche et si loin d’elle, se sentant impuissant pour la réconforter. Elle lui souhaita bonne nuit et raccrocha. Il s’approcha de la cabine téléphonique lorsqu’elle fut partie. Pendant leur conversation, elle avait machinalement fabriqué une petite étoile en origami avec l’une des publicités qui trainaient là. Il la rangea dans sa poche avec les débris de son téléphone qu’il avait retrouvés dans ce qu’il restait de l’ascenseur. 

 

 

M venait de consulter les résultats d’ADN dans le portable de Jamie Bracken. Ce qu’elle venait de lire n’était pas une bonne nouvelle. 

 

- C’est pas possible! C’est la mouise! Grogna-t-elle.

 

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda le vieux Schnock toujours chez Storm.

 

- D’habitude j’adore ce genre de rebondissements mais là... Dit-elle en faisant les cent pas. Rahhh! 

 

- Tu regardes encore une de tes émissions de télé-réalité ? Demanda-t-il la bouche pleine de gâteau au chocolat. 

 

- Si seulement, soupira M. Miyagi...

 

- Oui?

 

- Le père de Rick a fait quelque chose de mal? Demanda-t-elle.

 

- Apparemment, répondit Miyagi en reprenant une bouchée de son gâteau.

 

- Il a tué son meilleur ami?

 

- C’est ce qui se dit en tout cas.

 

- Bon sang, soupira une fois de plus M, si ce que tu dis est vrai, alors le père de Rick a tué le père biologique de Swan.

 

- ... Wah... Fit Miyagi sidéré. Quand sa mère l’a envoyé dans un pensionnat, il en est venu à se méfier des femmes, mais là, il est enfin tombé sous le charme d’une fille, n’est-ce pas? Et cette fille.... c’est elle? C’est la fille de Jim?

 

- Oui... répondit sombrement M.

 

- Wahhhh... Soupira à son tour le vieux Schnock.

 

Lorsqu’il rentra chez lui, Storm repéra immédiatement que quelqu’un était parvenu à y entrer malgré toutes les sécurités qu’il avait mises en place. Il s’avança avec méfiance, près à un tête à tête musclé avec l’intrus. 

À la vue de l’emballage vide provenant d’une pâtisserie réputée, il comprit qui était l’intrus. 

Ce vieux Schnock n’en faisait décidément toujours qu’à sa tête! 

- Maître! Cria-t-il, je sais que vous êtes là! Montrez-vous! Il faut qu’on parle! Maître!

 

Il fouilla le moindre recoin de l’usine en vain, le vieux Schnock avait filé, le laissant fou de rage avec les questions qu’il aurait voulu lui poser. 

 

Quant à Jamie Bracken, il trouva à son retour chez lui, un message de Swan qui le remerciait et s’excusait d’être partie, car elle ne parvenait jamais à dormir ailleurs que dans son lit, chez elle. 

Il ne put empêcher son angoisse de remonter. En la recherchant, il l’avait exposée au danger. Sans lui, elle aurait pu continuer sa vie tranquillement. Johanna était persuadée que sa fille était morte des années auparavant et Kathy n’avait aucun souvenir de sa famille biologique. Elles avaient appris à vivre l’une sans l’autre depuis plus de dix-huit ans. Elles avaient retrouvé un certain équilibre et auraient pu continuer ainsi pendant des années. Pourquoi avait-il fallu qu’il s’en mêle? 

Et Storm? Pour l’instant le mercenaire avait toujours accompli les missions qu’il lui avait confiées et de manière très efficace. Mais s’il passait dans le camp adverse, cela risquait de devenir insoluble. Il valait peut être mieux prendre les devants.

 

Il prit son téléphone et composa le numéro d’un policier de la cybercriminalité qu’il savait être à la poursuite de Storm depuis dix ans. S’il lui disait que Storm rôdait autour de Swan, il y aurait toujours des policiers qui veilleraient sur elle au cas où Storm serait recruté par l’autre camp.

 


Minefuji  (10.05.2020 à 18:42)

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