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Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre cinquante et un

 

Le lendemain matin, Martha Rodgers sortit de chez elle à l’aube. Elle aimait le calme relatif des rues à cette heure, mais ce n’était pas la raison de son expédition matinale. Non, ce qui l’avait fait quitter le confort de son loft pour affronter le froid piquant de l'aube naissante, c’était un message reçu quelques jours auparavant, message qu’elle recevait chaque année à la même époque ainsi que deux autres jours  dans l’année. Personne ne savait ce qu’elle faisait ces jours là, pas même son mari, Chet. Il connaissait bien l’importance sentimentale de ces trois jours pour elle et respectait son besoin de solitude sans poser de question. 

Sa marche matinale l’amena près d’une aire de jeux dans Central Parc. À cette heure, bien évidemment aucun enfant n’y était, mais elle se remémorait facilement le temps où son fils y jouait étant petit.

 

- Je suis trop grand maintenant pour monter sur ces cages à poule, tu sais? Dit une voix derrière elle.

Elle se retourna et sourit.

 

- Toi... Murmura-t-elle un sourire fleurissant sur ses lèvres. 

 

- Tu as l’air d’aller bien, sourit-il à son tour.

 

- Toi aussi, dit-elle en le prenant dans ses bras. Par contre, tu devrais porter un manteau beaucoup plus chaud par ce froid, tu vas attraper un bon rhume si tu ne te couvres pas mieux.

 

- Je ne suis pas venu pour t’entendre me parler comme lorsque j’avais dix ans!

 

- J’ai si peu l’occasion d’être ta mère, soupira-t-elle.

 

- Tu sais bien que c’est mieux comme ça...

 

- Je sais, je sais... Mais sans aller jusqu’à vouloir t’avoir en permanence à mes côtés à la maison, j’aurais aimé te voir plus que trois fois dans l’année!

 

- Allez, viens, allons manger des gaufres dégoulinantes de chocolat fondu et de crème chantilly, dit-il en la prenant par le bras pour couper court à la conversation.

 

Ils se rendirent dans petit restaurant ouvert à cette heure et prirent un copieux petit déjeuner en tête à tête, discutant de choses et d’autres comme si leur situation était des plus normales. 

- Comment se passe le retour de la grande Martha Rodgers? Demanda-t-il innocemment.

 

- Ça n’a pas été facile, dans les coulisses surtout. Une fois sur scène, ça allait, les projeteurs ont la capacité de faire disparaître tout ce qui est en dehors de la scène. Mais tu devrais le savoir, puisque tu étais là.

 

- Mon choix de fleurs m’a trahi, comprit-il.

 

- Merci d’avoir été là.

 

- C’est normal... Je peux te poser une question?

 

- Évidemment...

 

Il sortit la photo qu’il avait dans sa poche et la lui tendit.

 

- Cette photo... Ce sont les amis de papa, n’est-ce pas?

 

- Ouh là! Tu l’as encore ! 

 

- C’est tout ce que j’ai de lui, alors je la garde précieusement... 

 

- Qu’est-ce que tu veux savoir?

 

- Ces gens... Tu les connaissais bien?

 

- Pas vraiment... C’était les copains d’Université de ton père. Il avait fini ses études lorsque je l’ai connu et il a disparu presqu’aussitôt... Jusqu’à tes neuf ans, tu n’avais pas de père, je te rappelle...

 

- Je n’ai pas oublié... Et quand il est revenu pour être enfin avec nous, il est mort... Mais... s’ils étaient si proches, il les fréquentait toujours quand vous vous êtes retrouvés, non?

 

- Oui, c’est vrai... Ils étaient importants pour lui... reconnut Martha. Lui, surtout, il était avocat. Ton père et lui passaient beaucoup de temps ensemble, je crois qu’ils faisaient souvent équipe dans leur travail même si ton père n’était pas avocat. Il était marié avec elle, elle est avocate aussi je crois. 

 

- Tu sais ce qu’ils sont devenus?

 

- Non, ça fait si longtemps. Oh! Regarde comme ton père est beau sur cette photo! Il m’a eue avec ce sourire... Deux fois! Tu as son sourire, d’ailleurs. Ce que je lui en avais voulu d’avoir disparu comme ça! Et pourtant, quand il est revenu des années après, j’ai craqué et je lui ai pardonné à cause de ce sourire...

 

- Tu as gardé des affaires de papa? Demanda Rick.

 

- Non... Ça fait si longtemps... Mais je regarderai, promit-elle devant l’air déçu de son fils.

 

Dans un autre café, à l’autre bout de la ville, William Bracken, venait de s’installer au comptoir, quand le barman se tourna vers lui et lui tendit la boisson qu’il venait de préparer.

 

- Tenez, c’est efficace pour la gueule de bois. 

 

- Loksat... Dit Bracken en prenant le verre, cette fille...

 

- J’ai eu tord, reconnut l'homme derrière le comptoir. J’aurais dû vous en parler d’abord... Je n’aurais pas dû essayer de la blesser sans vous en parler.

 

- Je ne sais plus quoi dire... Bredouilla Bracken. Mais...

 

- Mais vous savez pourquoi j’ai dû agir ainsi, n’est-ce pas?

 

- À cause de Jamie...

 

- Cela fait dix ans que votre frère me court après. Dans nos récentes affaires, dès que nous bougions de petit doigt, il était derrière nous.

 

- Il n’a rien pu faire de plus que bafouiller quelques phrases au journal télévisé, rétorqua William pour rappeler que son frère n’était pas une grande menace. Il est seul, il ne peut rien contre vous.

 

- Cette vidéo que vous avez réussi à récupérer l’autre jour, il a essayé de l’intercepter, n’est-ce pas? Que se serait-il passé s’il avait réussi?

 

- C’est moi qui m’en suis occupé, répondit Bracken. Je n’aurais pas commis d’erreur.

 

- Vous êtes un élément précieux, monsieur Bracken, mais savez-vous pourquoi j’ai poussé Davenport au lieu de vous dans la course à la mairie? Demanda Loksat.

 

- Chef... je ...

 

- À cause de vos faiblesses, William. Vous en avez deux: votre compagne et votre frère. On ne peut pas se permettre que cette fille en devienne une troisième.

 

- J’ai bien conscience de mes faiblesses, elles sont fatales. Mais... Mort, je ne vous serai plus d’aucune utilité, alors, je vous en prie, laissez-moi m’occuper moi-même de mes problèmes. Je les réglerai à ma façon.

 

Le téléphone derrière le comptoir sonna. Loksat s’excusa et décrocha en mettant le haut parleur. 

 

- Passez moi le chef! Vite.

 

- Qui est à l’appareil? Demanda le chef d’une voix calme, qui contrastait avec celle de son interlocuteur.

 

- Treadwell ! Je sais que le chef est là, passez le moi et vite!

 

- Comment avez vous eu ce numéro?

 

- C’est que j’ai des relations, moi! Hurla Treadwell. Je suis dans la merde! J’ai reçu une convocation des flics! Il va falloir m’aider, parce que je ne plongerai pas tout seul, c’est moi qui vous le dis! Je ne sais pas tenir ma langue! Je suis quelqu’un de très bavard, surtout quand je suis en danger! Je connais beaucoup d’hommes au service du chef, vous savez. Il risque d’y avoir des fuites! Vous voyez où je veux en venir? Alors passez moi le chef, c’est urgent!

 

- Je comprends. Je vais transmettre votre message, assura Loksat. Ne bougez pas, il vous recontactera.

 

Il raccrocha et se tourna vers Bracken.

 

- Qui était l’homme auprès de qui vous avez récupéré la vidéo déjà? Celui qui est mort...

 

- Monsieur Jonas.

 

-  Et vous m’avez dit vouloir attraper son assassin, c’est bien ça? Demanda Loksat.

 


Minefuji  (11.05.2020 à 19:47)

Chapitre cinquante-deux 

 

Lorsque Castle arriva au poste avec ses deux cafés, Swan se précipita et lui prit un gobelet des mains.

- Hé bien, on peut dire que tu es en manques de caféine ce matin, constata-t-il surpris.

- Merci Castle, sourit-elle en lui collant un appareil photo dans les mains. 

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda-t-il.

- Une mission sous couverture! Annonça-t-elle. Ça te dit?

- Ça a l’air trop cool! Répondit-il. Enfin... C’est pas trop dangereux?

- Non, sourit-elle, et cette fois, c’est toi qui seras dans ton élément: nous allons nous faire passer pour des journalistes à une conférence de presse. 

- Une... Une conférence de presse? Répéta Castle surpris.

- Ne me dis pas que l’agoraphobie fait partie de tes nombreuses peurs...

- Non! Non! Ça va... Je ne raffole pas de la foule, concéda Castle, mais elle ne me fait pas peur non plus...

- Parfait! Alors allons-y !

Leur objectif était la conférence de presse du candidat à la mairie: Davenport, mais ils s’arrêtèrent avant dans un magasin spécialisé dans le relooking sur les conseils de Jamie. Ils allaient devoir ruser pour entrer à la conférence de presse. Le service d’ordre refoulant tous les journalistes qui n’étaient pas sur leur liste, ils allaient devoir se faire passer pour les invités d’une réception de fiançailles qui aurait lieu en même temps dans l’une des autres salles du bâtiment, pour pouvoir entrer.

Castle ronchonnait, l’idée d’être mesuré des pieds à la tête par des inconnus ne lui plaisait pas du tout.

- C’est parce que je t’ai réveillé la nuit dernière, que tu es si grincheux ? Demanda Swan. Tu manques de sommeil?

- Je manque de sommeil parce que j’ai passé la nuit à réfléchir, marmonna le jeune homme en gigotant à chaque fois que l’une des employées de la boutique le touchait pour prendre ses mesures.

- Tiens donc! Et à quoi as-tu bien pu réfléchir toute la nuit?

- Disons que je cherchais une excuse...

- Une excuse? Pourquoi?

- Euh... Pour nous revoir...

- Nous? De quoi tu parles? Demanda-t-elle.

Il n’eut pas l’occasion de lui répondre, ils furent emmenés dans deux salons différents par les employés de la boutique. La séance de coiffure et d'essayage fut une torture pour Castle, qui cherchait sans arrêt à échapper aux employés de la boutique.

Finalement, au bout d'un moment, il fut prêt et le résultat était, selon le propriétaire de la boutique,  une grande réussite, bien que Castle aie l'impression de ressembler à un pingouin.

Lorsqu’il vit Swan revenir, Castle resta bouche bée tant elle resplendissait.

- Wah! Castle! Dit-elle en arrivant près de lui. Quelle élégance! 

Elle appuya son compliment avec un sifflement admiratif, qui le fit rire. Il lui tendit le bras.

- Allons-y! Il est temps de faire tomber le masque de ce Davenport, dit-il.

 

Lorsqu'ils arrivèrent devant le service de sécurité, ils furent stoppés, comme ils s'y attendaient, par un agent de sécurité.

- Vous ne pouvez pas entrer!

- Nous sommes là pour les fiançailles, dit Castle. 

- Ah... Oui... Mais... Cet accès est interdit, vous ne pouvez pas passer.

- Je suis le cousin du fiancé, tenta Castle.

Devant l’inflexibilité de l’agent de sécurité, Swan intervint à son tour.

- Je vais finir par m’énerver, soupira-t-elle en se tournant vers Castle.

Ce dernier comprit le message et sortit son téléphone.

- J’appelle le père du fiancé? 

- Appelle plutôt le directeur de l’hôtel, demande  lui de venir tout de suite avant que je ne pique une crise, avec tous ces journalistes, ça fera la une des journaux, répondit Swan.

L’agent les arrêta tout de suite et s’empressa de les laisser passer. Le cameraman envoyé par Jamie, déguisé lui en serveur pour la reception, en profita pour passer en même temps qu'eux avant que l'agent de sécurité n'aie le temps de réagir. 

- Les toilettes sont là, annonça Swan.

- Ce sont les toilettes des dames! Protesta Castle. Je ne peux pas entrer là dedans! 

- Roh! Ce n’est pas le moment de faire ta chochotte! Râla Swan.

Il lui prit le bras autoritairement et l’entraîna dans les toilettes des hommes avec l'aide du cameraman. Là, ils préparèrent le matériel et Swan enfila un trench-coat par-dessus sa robe et plaça l’oreillette grâce à laquelle Jamie Bracken pourrait la guider.

- N’hésitez à poser des questions, n’attendez pas les réponses, nous, mes employés se chargent de diffuser les images filmées par Castle et Brett  en direct à la télé.

Pendant que Swan recevait ses instructions de Jamie, Storm reçu un appel de M et s’isola.

- Je ne peux pas te répondre là, je suis occupé, soupira-t-il.

- Occupé à quoi? Grogna M.

- Je suis journaliste, tu as oublié?

- Tu fais semblant d’être journaliste, nuance! Rappela M. Qu’est-ce que vous faites au juste? Où êtes-vous?

- À une conférence de presse...

- Quoi? Mais il doit y avoir des dizaines de caméras là! S’écria M.

- Ne t’en fais pas, j’évite les caméras comme un pro! Je te laisse, il faut que j’y aille.

- La police te recherche. 

- ...

- Haley m’a envoyé des photos. Ils vérifient tous ceux qui s’approchent de Swan.

- Je n’imagine pas les gars de la douzième me soupçonner...

- Il s’agit de la brigade de cybercriminalité. Tu as déjà été photographié et tu te dis un spécialiste de l’évitement des caméras? 

- Shhh... Ils vont vérifier les antécédents de Richard Castle?

- Je connais celui qui est à la tête de leur service... Will Sorenson... Je vais essayer de trouver ce qu’ils cherchent... J’ai un mauvais pressentiment... Dégage de là, dit M.

- Je ne peux pas...

- Pourquoi?

- J’ai une mission.

- Une mission? Sans que je sois au courant? Dit M surprise. De qui?

- ... De moi...Je dois rester avec Swan. Il faut que j’y aille. À plus... Dit-il en coupant l’appel.

 

M soupira et pianota sur son clavier pour passer un appel.

 

- M! Je suis occupé là... Dit le vieux Schnock en décrochant.

- Tout le monde commence à m’agacer sérieusement, les jeunes comme les vieux, râla-t-Elle.

- Qu’est-ce qu’il se passe encore?

- Ton apprenti a pété les plombs. Qu’est-ce que tu vas faire?

- ...

 

La conférence de presse commença, bien entendu seuls les journalistes prévus au programme avaient la parole, mais le plan de Jamie était assez simple, Swan devait y aller au culot et imposer ses questions sans attendre d’avoir la parole. Elle s’avança au milieu de l’allée, Castle et Brett avaient leur caméra et leur appareil photo braqués sur elle.
Swan interpella le candidat à la mairie.

- Monsieur Davenport! Vous connaissez Violet Henson, n’est-ce pas?

Davenport se figea. Il fut sauvé par l’un de ses assistants, qui passa le micro à un autre journaliste qui posa sa question, détournant aussitôt l’attention que Swan avait reçue.

Elle jeta un regard perdu vers Castle, mais se ressaisit très vite.  Elle prit un air déterminé et fit de nouveau quelques pas en avant avant d’enlever son trench-coat, dévoilant sa robe de soirée. Tous les regards se braquèrent de nouveau sur elle, il fallait dire qu’elle était hyper sexy dans cette tenue.

- Wah, vous auriez fait une journaliste exceptionnelle, dit Jamie admiratif dans son oreillette.


Minefuji  (12.05.2020 à 20:37)

Chapitre cinquante-trois

Les flash crépitaient de toutes parts, Swan avait réussi son objectif, attirer l'attention de tous pour pouvoir confronter Davenport.

- Monsieur Treadwell des entreprises Treadwell vous aurait présentés, lança-t-Elle  en s’avançant pour faire face à Davenport. Que voulait-il en échange?

- Qui est cette femme? S’énerva Davenport en se tournant vers son équipe.

- Vous faisiez partie de la commission lorsque les entreprises Treadwell ont remporté l’appel d’offre du réseau d’assainissement ! Continua Swan sans lui laisser le temps de parler. Peu après, vous avez acheté un appartement dans Greenwich village où vous aviez vos rendez-vous secrets avec Violet! 

Elle se tourna vers la caméra  et continua: 

- Je suis Lola Black reporter pour pour « Everyday news! » Je vais vous en dire plus sur cette affaire... Si vous faites une recherche sur « everyday news, le célèbre reporter Jamie Bracken... »

Dans la cacophonie qui suivit, un grand écran de la pièce s’alluma, diffusant les images envoyées par Jamie.

 

À quelques kilomètres de là, William Bracken assistait à la retransmission de la conférence de presse en compagnie du chef. 

- Elle a bien dit «  Everyday news »? Il s’agit du média en ligne racheté par votre frère? 

- Je vais passer quelques coups de fils, annonça William qui avait blémi. Les médias doivent étouffer ce...

Le chef fit un signe à monsieur Flynn, qui se tenait en retrait.

- Vous avez entendu? Occupez-vous en, ordonna-t-il avant de se tourner de nouveau vers William. Cette fille en robe de soirée... 

- Je vais m’en occuper, promit William.

- Vous en occuper? Comment? Une journaliste a posé une question lors d’une conférence de presse, en quoi est-ce un crime? 

- Je trouverai un moyen, c’est un crime, je vous le promets.

- La séquence a déjà été diffusée en direct à la télé et dans tout le pays par une belle et fougueuse journaliste. Si nous agissons contre elle, cela fera la une des médias... Votre frère vient de nous envoyer un avertissement en direct. «  Ne la touchez pas! » Voilà, le message qu’il vient de nous faire passer...

Jamie Bracken apparu à l’écran et annonça qu’ils avaient reçu de manière anonyme au siège de son journal, des vidéos montrant que le candidat Davenport et treize autres personnalités en vue avaient reçu des faveurs sexuelles par les filles de l'agence de Castng de Treadwell. Puis il diffusa le passage de l’enregistrement du témoignage de Violet, où elle expliquait de manière anonymée que Davenport lui avait dit qu’il serait bientôt le maire de NewYork et ensuite le prochain président des États Unis.

Monsieur Flynn revint et leur annonça que la nouvelle se répandait  comme une traînée de poudre, que toutes les chaînes de télé en parlaient, comme si elles s’étaient tenues prêtes à le faire dès que cela se produirait.

- Votre frère est vraiment très doué, dit le chef en éclatant de rire.

- Je vais m’en occuper, s’empressa de dire William Bracken.

- William, commença le chef redevenu plus sérieux, il va falloir nous débarrasser de Davenport. Que diriez vous de prendre sa place? 

L’émission de Jamie Bracken se termina, déclenchant une vague d’appels aux bureaux de son journal, ainsi qu’un déferlement de recherches en rapport avec Davenport et Treadwell sur internet.

Lorsqu’elle eut quitté la conférence de presse, Swan reçut un appel de Jamie. Bien que très agacé, Castle attendit patiemment la fin de son appel en compagnie de Brett le cameraman de Jamie, hors de question de lui laisser le champ libre à ce super reporter célèbre, riche et culotté!

- Vous croyez qu'elle s'intéresse à lui? Demanda Brett. Si ce n'est pas le cas je tenterais bien ma chance.

Castle le dévisagea sévèrement. 
- Je sais , c'est mort, il est trop bien, je ne peux pas lutter...

 

Lorsqu’il quitta la demeure du chef, William Bracken se rappela la première fois qu’il avait été amené ici, dix-huit ans auparavant. Après un séjour musclé entre les murs d’un commissariat, il était arrivé là, soutenu par deux hommes de mains, le visage tuméfié et la peur au ventre.

On l’avait laissé dans la pièce qu’il venait de quitter, face à l’homme que tous appelaient chef ou par son nom de code, Loksat. Il l’avait dévisagé avec fureur.

- Jeune homme, si tu regardes le monde de cette façon, avait commencé le chef, tu ne feras que pleurer. Ferme donc les yeux un instant, lorsque tu les ouvriras de nouveau, tu verras des choses que tu n’avais jamais vues avant... On appelle cela la maturité...

- Tromper le monde? Faire de faux témoignages? Trahir mes amis? C’est ça que vous appelez la maturité? S’était-il emporté.

- Exactement. C’est ainsi que l’on survit dans ce monde... C’est ainsi que tu permettras à cette femme à qui tu tiens tellement, de survivre également...

À l’évocation de Johanna, il avait relevé des yeux effrayés vers le chef.

- Pour la sauver, tu devras lui offrir les meilleurs soins dans les meilleurs hôpitaux... Ensuite, tu feras ce que tu voudras...

 

Lorsque Swan eut terminé son appel, Swan monta avec Castle dans la voiture de Brett. Celui-ci repéra rapidement la voiture qui les suivait. Il fit brusquement changer de direction à Brett. Lorsque la voiture fut hors de vue, il lui demanda de s'arrêter pour descendre avec Swan de la voiture en lui disant de rejoindre Jamie dans les locaux de son journal.

Brett obéit en ronchonnant, il était quelqu'un de sociable, il aurait pu aller fêter cet exploit avec eux, au lieu de ça, il devait ramener la voiture et leurs affaires au journal. 

- Qu'est-ce qu'il te prend? Demanda Swan alors que Castle l'entraînait dans le bâtiment le plus proche afin que ses poursuivants ne les retrouvent pas. Là, il jeta un œil par la fenêtre et fut soulagé de les voir suivre la voiture de Brett.

- Tu vas te décider à me dire ce qu'il se passe? Demanda Swan.

- Et si on allait faire la fête? 
- Quoi?

Castle lui proposa d’aller passer un moment de détente après toutes ces émotions, dans un endroit qu’il appréciait. Intriguée, elle accepta volontiers, après tout, leur journée de travail était terminée, il serait bien temps le lendemain de continuer.

Son angoisse grimpa en flèche lorsqu’elle se retrouva devant les portes ouvertes d’une cabine d’ascenseur: 

- Les meilleurs bars se trouvent au sous-sol en général... Commença -t-elle.

- Eh bien... Moi... Je préfère les endroits en hauteur... J’aime regarder les gens d’en haut... Cet endroit est vraiment exceptionnel, tu sais. C’est mon endroit préféré, j’y viens quand je suis crevé ou soucieux... Ça me remonte à chaque fois le moral, ça me détend...

- Tu aimes regarder les gens d’en haut? Sourit-elle amusée.

- Là-haut, je peux voir les gens, sans qu’eux ne me voient.

- Un endroit secret? Demanda-t-elle intriguée.

- Oui, c’est un endroit secret.

 

Elle prit une grande inspiration et pénétra dans la cabine. Il la suivit et lui prit la main pour la rassurer.

Il allait crocheter la serrure de la porte qui donnait sur la terrasse, quand il se rappela qu’il était censé être Castle et qu’il ne pouvait pas agir comme Storm. 

- Quoi? Tu n’as pas la clé? Demanda-t-elle.

- Elle est restée dans la veste que je portais tout à l’heure...

- Pousse-toi, dit elle en enlevant une barrette qu’elle avait dans les cheveux.

Elle crocheta la serrure avec une aisance surprenante.

- Wah! Les flics ne sont plus ce qu’ils étaient, constata Castle.

- Si tu parles de ça à quelqu’un, je te casse en deux, l’avertit-elle.

 

Lorsqu’ils arrivèrent sur le toit terrasse, elle y découvrit un espace spécialement conçu pour un moment paisible loin du tumulte de la ville. Un canapé était installé sous une tonnelle et face à un brasero.

- Wah! Dit-elle admirative en s’installant sur le canapé. 

Il sortit deux canettes d’une glacière, ouvrit la première avant de la lui donner.

- Ton père m’a fait promettre de ne pas te laisser ouvrir les canettes, il parait que tu te coupes facilement, dit-il devant son air interrogateur.

- Il exagère tout le temps ça a dû arriver deux fois tout au plus!  Allez, ne reste pas debout, viens t’installer près de moi.

Il ne se fit pas prier et vint s’assoir près d’elle.


Minefuji  (13.05.2020 à 15:44)

Chapitre cinquante-quatre

 

- C’est bien ici, dit-elle.

- Oui... Je me sens bien quand je viens ici, dit Castle.

- Parle moi de toi, Castle, demanda-t-elle. Tu passes ton temps à m’écouter sans jamais parler de toi... Je sais écouter, tu sais?

- Il est arrivé? Demanda-t-il.

- Qui ça? 

- Celui que tu attends.

- Tu parles encore de moi! Arrête! Aujourd’hui tu parles de toi!

- De moi?

- Exactement !

- Qu’est-ce que tu veux savoir? Demanda-t-il.

- Ce que tu aimes, ce que tu souhaites, ce que tu détestes, ce genre de choses...

Il sembla réfléchir quelques instants, à ce qu'il allait dire, puis se lança : 

- Plutôt que d’attendre quelqu’un qui ne vient pas... Pourquoi pas moi ?

- Quoi ?
- ...

- Arrête, tu ne sais vraiment pas faire les blagues! Rit-elle. C’est plus troublant que drôle! 

- Si tu veux, je peux être celui que tu désires, expliqua-t-il, je peux être là pour toi... Toujours...  Tout en étant  prudent bien sûr!

- Tu es en train de me dire que tu m’aimes? 

Il hocha la tête.

- Tu le penses vraiment?

Il hocha de nouveau la tête.

- Réfléchis bien avant de répondre! L’avertit-il alors qu’elle se redressait pour parler.

- Pas besoin de réfléchir, pour le moment, il n’y a pas de place pour toi dans mon cœur, pas comme ça en tout cas.

- C’est à cause de lui? Demanda Castle.

- Oui, c’est à cause de lui. Je suis désolée.

Wah... Se faire éconduire par celle que vous aimez parce qu’elle est amoureuse de votre autre identité, c’est pas banal, songea-t-il.

Il soupira et se réinstalla contre le dossier du canapé comme si rien ne s’était passé.

- Quoi? C’est tout? S'étonna-t-elle.

- Oui. C’est bon. J’abandonne. Terminé, dit-il comme si rien ne s'était passé.

- Wah! Tu n'es pas banal, toi! Enfin! On peut dire que tu m’as fait peur! Dit-elle en  se réinstallant à son tour contre le dossier du canapé. Dis, Castle...

- Oui? Quoi? 

- Tu étais vraiment bizarre il y a une minute... Comme si tu étais quelqu’un d’autre...

- Evidemment que j’étais quelqu’un d’autre! J’ai dis à une femme que je l’aimais et elle m’a repoussé en moins de trois secondes! 

- Essaye de ne pas trop souffrir, d’accord?

- Je vais essayer.

- C’est que la concurrence est féroce! 

- Tu aimes remuer le couteau dans la plaie, toi! 

- Désolée...

Il leva sa canette, elle l’imita et trinqua avec lui.

- Dis Castle...

- Quoi?

- Depuis quand tu m’aimes? Depuis la première fois où tu m’as vue? C’est le fameux coup de foudre?

  • Arhhh, souffla-t-il, arrête de parler...

 

Tout à leur tête à tête improvisé, ils étaient loin de s’imaginer ce qu’il se passait à quelques kilomètres de là.

Des membres de la police scientifique faisaient entrer un corps dans la morgue mobile de Lanie. 

- Où est Swan? Demanda-t-elle à Ryan et Esposito.

- Aucune idée, répondit Ryan. Elle est partie en mission sous couverture ce matin avec Castle...

- Vous devriez l’appeler, c’est un sacré rebondissement que nous avons là.

- On lui fera un rapport plus tard, déclara Esposito, elle n’a plus de portable depuis l’incident d’hier soir.

- L’incident d’hier soir? Répéta Lanie. Qu’est-ce qu’il s’est passé hier soir?

- Elle t’expliquera ça plus tard, dit Ryan, alors, quelles sont tes premières constatations ? C’est un suicide? 

- Apparemment. Il n’y a pas de trace de lutte sur le corps de monsieur Treadwell. Je pourrais vous en dire plus lorsque j’aurai fait l’autopsie. 

- Ça confirme ce qu’ont dit ses employés de maison. Personne n’est entré dans son bureau après la visite de l’inspecteur Sorenson, annonça Ryan.

- Sorenson? Répéta Esposito. De la cybercriminalité ? Qu’est-ce qu’il est venu faire chez Treadwell?

- Il est venu lui poser quelques questions au sujet des vidéos que Swan a reçu l’autre jour, expliqua Ryan. Apparemment il avait demandé à Treadwell de venir au poste de police demain afin d’en discuter... 

- En quoi ces vidéos pourraient bien intéresser Sorenson? Elles n’étaient pas sur le web...

- À cause du messager qui les a données à Swan. Storm. C’est un hacker Sorenson lui court après depuis dix ans, répondit Ryan. Bref, au départ de Sorenson, Treadwell allait bien et personne n’est entré dans son bureau depuis. La thèse du suicide est plus que probable... Surtout avec la lettre d’aveux qu’on a retrouvée près du corps. « Je m’excuse pour tout ce que j’ai fait ». Il n’a pas supporté l’idée de finir en prison...

- Lieutenant! On a retrouvé des fioles contenant le même poison que celui qui a tué Jonas, annonça un des membres de la scientifique, qui passaient le bureau de Treadwell au peigne fin.

- Ce n’est sûrement  pas un suicide, dit Sorenson en arrivant à son tour.

- Qu’est-ce que vous faites là? Demanda Esposito.

- J’interroge un témoin et quelques heures après mon départ, il se suicide, il est normal que l’on me prévienne.

- Pourquoi ça ne serait pas un suicide? Demanda Ryan. Vous l’avez convoqué au poste, il s’est senti acculé, il n’a pas supporté l’idée de finir en prison, il a mis fin à ses jours.

- J’ai parlé avec Treadwell, il s’aimait beaucoup trop pour se suicider. Il n’arrêtait pas de se vanter d’avoir des amis haut placés qui pourraient me mettre au placard sur un simple coup de fil. 

 

Ryan et Esposito restèrent avec lui sur les lieux et ne purent que reconnaître que l’endroit était une véritable île au trésor. Tout leur était amené sur un plateau d’argent pour résoudre leurs enquêtes en cours.

La lettre de suicide de Treadwell d’abord, dans laquelle il énumérait tous ses torts: L’exploitation des jeunes femmes de son « club » et même le meurtre de Jonas. Il l’avait croisé dans un café et le type l’ennuyait tellement, qu’il avait discrètement versé du poison dans son café et que ça l’avait tué. Il l’avait suivi à l’extérieur où il s'était traîné alors qu'il suffoquait et l’avait regardé agoniser avant d’aller jeter son corps du haut d’un pont pour faire croire à un suicide. Depuis, cette histoire hantait ses nuits, tout comme « l’accident » qu’il avait causé avec sa voiture, renversant une jeune femme, qui s’était littéralement jetée sous ses roues. Alors il avait pris le même poison que celui qu’il avait utilisé pour tuer Jonas, laissant généreusement le reçu du café où il l’avait rencontré.

- Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi généreux avec les forces de police, avait dit Sorenson. Qu’en pensez-vous messieurs ?

 

Lorsqu’il rentra chez lui, Storm était attendu par son vieux maître, qui lui souriait de cet air innocent qu’il lui avait toujours connu.

 Quand sa mère l’avait envoyé dans un pensionnat parce qu’elle n’arrivait plus à gérer la boule de colère qu’il était devenu après l’accident qui avait causé la mort de son père, il n’avait cessé d’échafauder des plans pour en sortir. 

Et enfin, ce soir là, il était parvenu à faire le mur. Il pensait avoir échappé à la vigilance des surveillants de l’établissement, quand il était tombé sur cet homme d’origine asiatique et au look plus que douteux, qui semblait l’attendre.


Minefuji  (14.05.2020 à 22:19)

Chapitre cinquante-cinq

 

- Salut Ricky, avait-il dit. Je suis Miyagi, un ami de ton père. Viens avec moi! 

Rick n’avait peut-être que treize ans à l’époque, il n’était pas naïf au point de suivre un inconnu sous prétexte qu’il se disait être un ami de son père. Il l’avait ignoré et passé son chemin. 

- Où as-tu l’intention d’aller comme ça tout seul? Si tu retournes chez ta mère, il ne lui faudra pas longtemps pour te réexpédier ici, surtout après tous les soucis que tu lui as causés.

- Je ne retournerai pas chez ma mère, grogna le jeune garçon. Je suis capable de me débrouiller tout seul.

- Ah oui? Et comment comptes-tu te nourrir? Demanda Miyagi. Je te rappelle que le vol est interdit. Crois-moi, si tu n'as pas supporté le pensionnat, tu supporteras encore moins le centre de détention des mineurs délinquants.

- Fichez-moi la paix!

- Et où comptes-tu dormir? Insista Miyagi. Sous un pont? Les nuits sont plus que fraîches en cette saison, tu sais?

- Je me débrouillerai.

- Ah oui? Comment? Hé! Ricky, tu m’écoutes? Je t'assures que tu n’as nulle part où aller!  J’ai vendu le mobilhome qui appartenait à ton père, ajouta Miyagi en sortant une enveloppe de sa poche.

Rick s’était arrêté et tourné vers lui.

- Donnez-le moi! 

- Quoi donc?

- Cet argent! Il est à moi, non? Alors donnez-le moi!

- Non.

- C’est mon argent! Donnez le moi! 

- Si tu le veux, il faudra me le prendre, avait ri Miyagi. Je ne te le donnerai pas, il te faudra me l’arracher des mains ou me voler ! Mais il te reste beaucoup de choses à apprendre, pour y parvenir !

 

Le jeune Rick avait essayé de lui prendre l’enveloppe, mais Miyagi esquivait chacune de ses tentatives en riant, le bougre. Il poussait même le vice en faisant des acrobaties dignes d'un gymnaste de haut niveau. C'était à se demander d'où venait ce type!
Ce fut en jouant au chat et à la souris pour attraper cette fichue enveloppe, que Miyagi avait entraîné le fils de son vieil ami jusqu’à cette usine désaffectée où il vivait depuis. Une vieille tente militaire dressée au milieu du bâtiment plein de courants d’air leur servant d’abri pour la nuit. Les premiers temps, l’unique objectif de Rick avait été de récupérer cette enveloppe, mais Miyagi était un véritable ninja, toujours sur ses gardes, même lorsqu’il semblait endormi. Peu à peu, le vieux Schnock avait apprivoisé ce gamin plein de rancoeur, lui donnant au passage des conseils culinaires douteux, tels que l'idée de mélanger de la guimauve avec de l'omelette et du chocolat.

L’usine était devenue leur terrain d’entraînement, où chaque jour, il apprenait les arts martiaux en tentant de récupérer cette fameuse enveloppe. Et puis, au fil des années, le jeune apprenti avait grandi, était devenu plus fort et plus rapide, jusqu’à égaler celui qui était devenu son maître.

Et puis un jour, Miyagi à son tour l’avait laissé tomber. Un matin, alors que Castle venait de préparer leur petit déjeuner, Miyagi lui avait demandé de choisir entre deux photographies de jeunes et jolies femmes originaires des îles, avant de boucler son sac.

- Où allez-vous? Avait demandé Rick.

- Dans les Antilles, c’est le meilleur endroit pour mater des filles en bikini à longueur d’année. 

Il lui avait tendu la fameuse enveloppe en lui disant: 

- Tiens, c’est à toi. À l’intérieur, il y a un numéro de téléphone. Ce sera ta source de revenus. Si tu appelles, une femme désagréable te répondra. Sois à la hauteur...

- Hé, maître...

- Tu es un adulte maintenant. Tu peux vivre seul, avait répondu Miyagi en prenant son sac. 

Une fois de plus, Rick s’était retrouvé seul, à cette différence que cette fois, il était adulte et n’avait plus besoin d’espérer quoique ce soit du genre humain.

Et voilà que Miyagi se tenait à nouveau devant lui, à se servir un café comme si rien ne s’était passé, comme s’ils s’étaient quittés la veille...

- Pourquoi êtes vous revenu après tout ce temps? Demanda Rick amer.

- Oh... Eh bien... J’ai trop de charme, vois-tu ? Les femmes se battaient pour moi, c’était devenu l’enfer...

- Vous n’avez jamais appelé. Pas une seule fois pendant toutes ces années... C’est parce que vous ne vouliez pas ou parce que vous m’aviez complètement oublié?

- J’ai un noeud à l’estomac... Expliqua le vieux Schnock à sa manière vraiment très particulière. Dès que je te vois, il se tord et je souffre...

- Pourquoi il n’y a que des gens qui souffrent autour de moi? Soupira Rick déçu.

- L’inspectrice M n’arrêtait pas de m’appeler et à chaque fois lorsque j’étais en charmante compagnie. Elle m’a dit que tu voulais en savoir plus sur cette photo. Je t’ai tout dit, que veux-tu savoir de plus? Demande, je suis venu répondre à tes questions...

Rick l'observa un instant en silence. Il avait le choix entre continuer à lui faire des reproches ou profiter de sa présence pour obtenir des réponses.

- Pourquoi mon père s’est-il suicidé? Demanda-t-il enfin,

- Tu le savais?

- Oui.

- Depuis quand?

- Depuis l’enfance... Les adultes indiscrets et maladroits ne manquaient pas, souffla Rick.

- Pourquoi tu poses la question maintenant? 

- J’ai voulu poser la question à ma mère, mais dès qu’elle me voyait, elle fondait en larmes, je n’ai pas eu le courage de le lui demander... J’ai renoncé et j’ai accepté. « Papa est mort dans un accident de voiture »... Mais regardez cette photo! Regardez comme il a l’air heureux sur cette photo avec ses amis. Pourquoi quelqu’un d’aussi heureux se suiciderait?J’aime cette photo, parce qu’elle me fait penser que jamais il ne se serait suicidé!

- Et c’est très bien! Continue de penser comme ça, petit!

- C’est ce que j’ai fait jusqu’à ce que je trouve cette photo chez cet enfoiré! Cette ordure, qui a voulu me coller un meurtre sur le dos! Regarde, dit-il énervé en désignant William Bracken. C’était chez lui et cette femme que j’ai trouvé cette photo. Pourquoi mon père s’est suicidé alors qu’il venait de nous retrouver ma mère et moi? 

- Le savoir ne changera rien...

- En ce cas, je trouverai la raison moi-même 

- La raison?

- Je n’ai rien, Maître, expliqua le jeune homme perdu. Aucune raison de vivre! J’ai peur de finir par faire la même chose que lui un jour! «  Je laisse tomber, j’abandonne! » Cette idée me fiche la trouille!  Mon père était-il comme ça à l’époque? Sans aucune raison de vivre?

- Ton père faisait partie de la CIA. Il a voulu arrêter lorsqu’il a rencontré ta mère, mais une mission importante et périlleuse l’a obligé à s’éloigner d’elle le lendemain. Ce n’est que neuf  ans plus tard, qu’il a pu quitter la CIA et qu’il a appris ton existence. Il a voulu commencer une vie normale auprès de vous deux et de ses meilleurs amis. Il est devenu détective privé. Il enquêtait sur une affaire avec Jim, son ami avocat et il aurait trouvé de l’argent... À cause de cet argent, il a tué quelqu’un.

- Mon père a tué quelqu’un ? Répéta Rick effaré.

- C’est ce qu’il y a dans les archives. J’ai vérifié dès que je suis rentré de mon périple en Asie.

- Mon père a tué quelqu’un ? Dit encore Rick bouleversé.

- Il se serait suicidé alors qu’il faisait l’objet d’une enquête. La culpabilité l’aurait tué. J’ai trouvé ça plus que louche...

- Alors... Mon père a tué quelqu’un...C’est pour ça, qu’il s’est tué ensuite.

- Reprends-toi, Ricky. C’est ce que les gens disaient, mais je n’y ai jamais cru.

- Arrêtez! Mon père était un assassin et je suis un voleur! 

Miyagi tenta de le calmer, mais Rick était fou de rage.

- Quelle vie merdique! Hurla le jeune homme. Pourquoi vous le l’avez dit, vieux Schnock ? Depuis quand vous répondez quand je vous pose une question? Hein? Pourquoi?

- Écoute, Rick... Ton père, Jackson, n’aurait jamais tué quelqu’un. Tu ne le sais peut être pas, mais moi j’en suis certain, c’est un fait. Alors, si tu réagi comme ça, commence par trouver qui a tué ton père.

- Quoi?

- J’ai abandonné à mi-chemin. Peut-être que toi, tu parviendras à faire éclater la vérité.

 


Minefuji  (15.05.2020 à 20:41)

Chapitre cinquante-six

 

Lorsque Storm se fut calmé, Miyagi lui expliqua qu’il n'y avait peut-être que cinq personnes sur la photo, mais qu’une sixième personne était présente au moment où elle avait été prise, le photographe. 

Lors de son enquête, Miyagi n’avait pas pu l’interroger sur ce qu’il s’était passé, parce qu’il n’était qu’un gamin à l’époque.

Sans doute avait-il voulu protéger celui que les cinq amis considéraient comme leur petit frère.

Suite à ces révélations, Storm s’était rendu chez Jamie Bracken pour fouiller. Grâce à son expérience de voleur, il n’avait pas tardé à trouver le coffre dans lequel Jamie cachait ses secrets. La fameuse photographie qu’il avait prise près de trente ans auparavant et une sorte de projet de  Bande dessinée, dont le titre aiguisa sa curiosité : « Storm: une tempête se lève pour dévoiler et soigner les maux de la société ».


Lorsqu’il quitta son bureau au journal, Jamie fit tomber le sac qu’avait ramené Brett, un de ses caméramen  qui avait accompagné Swan et Castle à la conférence de presse de Davenport pour filmer l’interview de Swan et la retransmettre en direct.

Il se baissa donc pour ramasser ce qu’il venait de faire tomber. Le sac contenait les affaires de Castle et Swan portaient avant leur séance de relooking. Un objet attira particulièrement son attention : que faisait le téléphone cassé de Swan dans la poche de Castle? Elle l’avait perdu dans l’incident de l’ascenseur. Lorsqu'il avait envoyé quelqu'un pour le retrouver, celui-ci était revenu les mains vides, le téléphone était introuvable.
Une seule personne pouvait l’avoir en sa possession désormais... Il rentra donc chez lui, ressassant les questions que soulevaient sa decouvert. Dès qu'il pénétra dans son appartement, il découvrit son coffre ouvert. Quelqu'un avait découvert son secret.
Son téléphone sonna presqu’aussitôt. Le numéro était masqué.

- Allo...

- Monsieur Jamie Bracken... Vous devez connaître Storm, n’est-ce pas? Dit une voix calme et modifiée électroniquement.

- En effet, mais vous ne communiquez jamais directement avec les clients normalement.

- C’est vrai, mais il s’agit là d’un cas de force majeure. Je devais vous poser une question... en personne...

Les lumières s’éteignirent alors que Jamie se tournait pour l’apercevoir.

- Vous serez dédommagé pour la gêne occasionnée, continua Storm. Un bon pour engager le meilleur mercenaire pour une mission gratuite...

- Posez d’abord votre question, répondit Jamie. On négociera ensuite.

- La photo qui se trouvait dans ce coffre... Vous connaissez les cinq personnes qui sont dessus, n’est-ce pas?

- Oui.

- Que leur est-il arrivé...en mars 1983?

- Je connais ce que j’ai vu, répondit Jamie.

- Quel est votre prix pour m’en parler?

- Montrez-moi votre visage.

- Désolé, mais...

Jamie leva la main pour montrer le téléphone cassé de Swan.

- Castle, dit-il, j’ai trouvé ce téléphone dans sa veste. Swan y avait gravé son numéro de plaque de police. Elle l’a perdu dans le crash de l’ascenseur. Les seules personnes présentes étaient celles qui on causé l’incident et Storm... Castle, j’ai besoin de voir votre visage... Ce sont mes conditions. Montrez-moi votre visage et je répondrai à vos questions.

Storm soupira et s’avança vers Jamie en allumant la lumière. Il ôta ses lunettes et dévoila son visage à Jamie.

- Pfff... Je m’étais attaché à la douzième brigade, souffla-t-il. Je vais devoir partir, c’est dommage... Enfin... C’est comme ça... On commence?

Jamie prit la photo.

- Sur qui voulez-vous des informations ?

- Celui sur la gauche. Avec le pull rouge.

- Jackson Hunt.

Castle approuva d’un signe de tête.

- Vous connaissez... L’île perdue? 

- Pardon? 

- L’île perdue... Personne ne connaît son nom, ni où elle se trouve...

Ces paroles ravivèrent de vagues souvenirs d’enfance à Castle, du temps où il jouait avec un garçon plus âgé, qui venait le garder de temps en temps lorsque sa mère était au théâtre.

- S’il vous plaît... Continuez, demanda Castle troublé. 

- L’autre jour, une de mes amies les plus chères m’a appelé parce qu’elle était bouleversée: un homme s’était introduit chez elle. Un homme qui ressemblait énormément à son très cher ami Jackson. Je suis sûr qu’elle se souvient mieux que moi, car pour elle, le temps s’est arrêté en 1983. Tu es un mercenaire dont la vie repose sur l’anonymat, il n’y a qu’une seule raison pour laquelle tu t’intéresserais à lui au point de montrer ton visage... Johanna a raison, je m’en rends compte maintenant, tu lui ressembles, Rick.

- ...

- Lorsqu’il a appris ton existence, ton père m’a demandé d’aider ta mère en te gardant de temps en temps pour qu’elle puisse faire son métier d’actrice. Il était sur une mission de haute importance et ne pouvait pas vous rejoindre tout de suite. Nous étions proches à cette époque.

Les souvenirs de Rick affluèrent. Jamie lui fabriquait des cabanes sous une table avec des couvertures... L’île perdue. Il y eu ensuite une petite fille, qui se mêla à ses souvenirs. Il l'entendait l'appeler "Ricky" et le suppliait de jouer avec elle. Jamie se tournait alors vers eux pour leur annoncer que l'île perdue se trouvait derrière lui et qu'ils pourraient y entrer s'ils se tenaient un peu tranquilles.

- Il y avait une petite fille, commença Rick.

- Jim a eu une fille quelques années après ta naissance. Kathy.

- Qu’est-ce qu’elle est devenue?

- Elle est morte en 1983.

- Pfff... Beaucoup de gens sont morts cette année là, souffla Castle.

- Que veux-tu savoir? Demanda Jamie.

- Qui mon père a-t-il tué?

- Personne ne te l’a dit?

- Non, je ne connais pas beaucoup de gens. Alors? Qui mon père a-t-il tué?

- ... Jim. Il s’agit de Jim Beckett.

- Son ami? Mon père a assassiné son ami?

- Il était seulement soupçonné de l’avoir tué, pas coupable, tu connais la différence...

- Évidemment, il m’est arrivé la même chose! 

- Il est mort avant d’avoir pu blanchir son nom, dit Jamie Depuis tout ce temps, ton père n’a été qu’un suspect. Tu veux l’innocenter? C’est pour ça que tu es venu?



Après son entrevue avec Jamie, Storm appela M et lui expliqua ce qu’il s’était passé. Lui d'ordinaire si calme et posé, si méfiant,  était surexcité désormais.

- On va travailler ensemble pour innocenter mon père, il va m’aider.

- Et alors? 

- Alors je vais pouvoir continuer à aller à la douzième tout en restant Castle . Quel meilleur endroit que la criminelle pour ça?

- Ça ne me plaît pas, marmonna M. Je n’aime pas Jaimie Bracken, il est capable d’inventer un mensonge crédible à tout moment. Ça ne me plaît pas non plus que tu lui aies montré ton visage...

- Il jouait avec moi quand j’étais petit. Je crois que je m’en souviens...

- Dis moi... Pourquoi tiens-tu soudainement autant à innocenter ton père? Tu crois qu’il va te dire merci de là où il est?

- C’est pour elle, avoua Storm. Je veux dire à Swan que je suis un voleur, mais certainement pas que mon père était un assassin.

- Tu veux dire quoi à qui?

- Je pense que je peux dire à Swan qui je suis et lui demander de venir avec moi sur mon île déserte. Au début, elle va me massacrer parce que je lui aurai menti, peut-être même qu’elle me frappera, mais je le supporterai. Je suis sûr qu’elle s’en remettra très vite.

 


Minefuji  (16.05.2020 à 20:21)

chapitre cinquante-sept

 

- M? Tu es toujours là? Demanda Storm.

- ...

- Wah... Je sais ce que tu te dis, "Storm est fichu, il faut que je lui trouve un remplaçant..." C’est juste le temps d’innocenter mon père. J’ai un mauvais pressentiment, quelque chose me tracasse... Alors s’il te plaît, surveille encore mes arrières, d’accord? Je serai prudent, d’accord?

- ...

- M?

 

M ne répondit pas. Un e-mail pour Storm venait d’arriver sur son ordinateur. Un nouveau client s’adressait à eux. Une cliente plutôt... Lola Swan. Elle lut le message et se demanda si elle devait en avertir son protégé. 

 

Lorsque Swan arriva au poste le lendemain matin, elle fit étonnée de voir Esposito et Ryan arriver aussi tôt qu’elle.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Vous êtes tombés du lit ce matin?

- Tu n’as pas reçu le message? Demanda Ryan.

- Je n’ai plus de téléphone, je vous rappelle et avec tout ça, je n’ai pas eu le temps d’aller m’en racheter un.

- Treadwell s’est suicidé, annonça Esposito.

- Treadwell ? Impossible que ce type se suicide! Affirma Swan.

- Pourtant c'est ce qu'il a fait apparemment, dit Ryan.

 

Plus surprenant encore, Castle était déjà là, avec Jamie Bracken, à qui il venait d’apporter le café qu’il achetait pour elle d’ordinaire. Elle essaya de lui parler, mais le jeune homme l’évitait ouvertement. Apparemment il était bien trop occupé avec son nouveau centre d’intérêt, Jamie Bracken, avec qui il projetait de partir en repérage pour un article.

- Castle, tu m’évites? Demanda Swan alors qu’il allait s’en aller. C’est à cause de ce que je t’ai dit hier soir? 

- Tu peux t’écarter, s’il te plaît? Demanda Castle. Tu t’appuies sur mes affaires et je dois m’en aller.

Elle s’écarta abasourdie par la réaction du jeune homme.

- Hé... Tu ne veux pas me parler?

- Non, répondit franchement Castle prenant un malin plaisir devant sa réaction.

Jamie le rejoignit et elle les regarda quitter le poste bras dessus, bras dessous comme s’ils avaient été les meilleurs amis du monde depuis toujours.

 

Dans la voiture, Jamie tenta de partager des souvenirs avec Rick. Il semblait heureux de l’avoir retrouvé même s’il ne l’avait jamais cherché.

- J’aurais dû le comprendre dès que je t’ai vu! Comment se fait-il que je n’ai pas vu ce qui aujourd’hui me saute aux yeux? Dit Jamie visiblement très heureux.

- Vous allez vraiment faire comme si nous étions proches? Demanda Castle.

- À une époque, tu m’appelais tonton Jamie, tu sais? Tu ne t’en souviens pas? 

- Écoutez , évitons de faire comme si nous étions des amis proches...

- J’ai revu ta mère une fois... Elle m’avait dit que tu étudiais à l’étranger... Et puis votre histoire a fait la une des journaux évidemment. Le fils de la grande Martha Rodgers qui disparaît. Elle sait que tu es en vie?

- Tant qu’elle reste dans l’ignorance de ce qu’il m’est arrivé, ma mère ne risque rien.

- Je vois...

 

 Jamie emmena Castle à la casse qui appartenait à sa famille jadis. Là où les cinq amis se réunissaient dans leurs jeunes années. Ils étaient plein d’idéaux et voulaient changer le monde.
Ils organisaient des émissions de radio pirate durant lesquelles ils dénonçaient les méfaits de ceux qui avaient du pouvoir. Jackson réparait toutes sortes d’appareils pour pouvoir diffuser leurs émissions, Jim et Johanna écrivaient les articles, Miyagi assurait leur protection et William les aidait comme il pouvait notamment en leur servant de chauffeur lorsqu’ils diffusaient leurs émissions depuis une des vieilles camionnettes qu’il avait récupérée dans sa casse. Jamie avait grandi au milieux d’eux. Ils s’entendaient  bien et s’entraidaient.

- Ça se passait à quelle époque tout ça? Demanda Castle.

- 1969.

- Ok tout ça je m’en fiche et si vous arrêtiez de tourner autour du pot et que vous passiez directement à 1983?

- Tu sais ce que ça fait de retrouver un vieil ami et de vouloir savoir comment il va?

- Je devrais?

- Tu as des amis? Quelqu’un à qui tu peux demander comment il va et qui s’inquiète aussi pour toi?

- Je n’ai toujours pas confiance en vous! rétorqua Storm sèchement. Vous avez engagé un mercenaire pour avoir des renseignements sur une personne et vous avez utilisé vos relations pour vous introduire dans l’endroit où elle travaille. Vous êtes toujours à ses côtés, vous êtes gentil avec elle, mais vous ne lui dites rien. Dans quel but la recherchiez vous? J’aimerais bien le savoir, mais je ne suis pas indiscret, alors je n’insiste pas. Vous devriez en faire autant. Pourquoi vous soucier de mes amis?

- Il n’existe plus aujourd’hui, expliqua Jamie, mais il y avait un bureau dans le fond là-bas. Mon frère y dirigeait la casse après en avoir hérité de nos parents. Ce jour-là, en 1983, Jim et ton père sont venus le voir. Jackson avait quitté la CIA et avait ouvert une agence de détective privé qui fonctionnait plutôt bien. Jim était devenu avocat dans un grand cabinet de la ville. Ils faisaient souvent équipe et avait déjà fait tombé quelques ripoux assez haut placés... Des policiers, un procureur et même un politicien. Ce jour là, ils  avaient eu une info au sujet du transfert d’une caisse noire. Leur plan était simple, prendre des photos pour avoir des preuves. Ils étaient venu demander une voiture à William et s’il voulait bien leur servir de chauffeur. Le passé de Jackson à la CIA le rendait sûr de lui. Il riait à l’idée qu’il y ait une course poursuite. Jim essayait de le tempérer, les preuves suffiraient. Inutile de prendre des risques en jouant les cowboys. Le lendemain matin, ils sont partis tous les trois dans la voiture que conduisait mon frère. Ce jour-là, Jim est mort et Jackson a été arrêté et accusé de l’avoir tué.

- Et votre frère?

- Il a été le témoin du meurtre... Il faut trouver le témoignage de Jackson. Il a dû dire à la police ce qu’il s’est passé et le répéter plusieurs fois même...

- Mais ?

- Mais c’est une impasse. J’ai cherché a plusieurs reprises ce qu’il s’est passé en utilisant différents moyens, mais le rapport d’autopsie a disparu et je n’ai pas pu avoir accès au témoignage de Jackson... dit Jamie en lui tendant une enveloppe. C’est tout ce que j’ai pu trouver. Sois prudent.

- Évidemment.

- Je me méfiais également, avoua Jamie. Les gens que j’engageais changeaient subitement de camp. Alors... J’ai parlé à la police... Le détective Sorenson...

- Ahhh ! Grogna Storm agacé.

- J’ai dit que Storm serait près de Swan... Ils vont la surveiller pour te trouver.

- J’ai vu, dit Rick. Ils suivent Swan partout. Elle aussi d’ailleurs ne devrait pas tarder à les repérer, si ce n’est pas déjà fait. Bon, il faut que j’y aille, j’ai du pain sur la planche.

 

La gorge nouée par l’émotion, Jamie regarda Rick s’éloigner. Il avait la même démarche et la même carrure que son vieil ami.  Il allait affronter le dragon avec le même courage que son père auparavant. Pourvu qu’il ne lui arrive rien de fâcheux à lui aussi.


Minefuji  (17.05.2020 à 16:48)

Chapitre cinquante-huit

 

- Salut Lanie! Dit Swan en arrivant à la morgue. 

- Salut.

- Oh! C’est un « salut » des mauvais jours. Qu’est-ce qu’il se passe?

- J’aimerais bien le savoir, soupira Lanie. Je m’apprêtais à faire l’autopsie de Treadwell, quand une équipe est venue chercher le corps. 

- Quoi? Pourquoi ils ont fait un truc pareil? Demanda Swan.

- Je ne sais pas. J’ai toujours fait mon travail consciencieusement, je ne vois pas pourquoi ils ont confié l’autopsie à un autre légiste.

- Peut-être parce que vous faites trop bien votre travail, justement, fit une voix masculine derrière elles.

Elles se tournèrent et dévisagèrent l’intrus.

- Will Sorenson, se présenta l’homme. Je suis à la cybercriminalité.

- En quoi la mort de Treadwell vous intéresserait? Demanda Swan suspicieuse.

- À cause de Storm, bien entendu, répondit Sorenson comme une évidence.

- Storm? 

- Un mercenaire et hacker très doué, que je poursuis depuis dix ans. Il était le principal suspect dans l’affaire Jonas et le voilà miraculeusement sauvé. Il a réussi à se faire des alliés très puissants, dit Sorenson, des amis qui ont facilement pu l’innocenter... Je sors d’un entretien avec l’équipe qui a récupéré le cas Treadwell. L’autopsie est déjà finie, elle confirme que Treadwell est bien mort à cause du même poison que celui qui a tué Jonas. Sa lettre de suicide implique Davenport et explique comment il recevait des faveurs sexuelles. Bref, comme pour un matin de Noël, les cadeaux étaient au pied du sapin, même pas besoin de chercher. Si ça n'est pas mâcher le travail des enquêteurs, ça! 

- Peut-être que Storm était vraiment innocent, rétorqua Swan. Quelqu’un a clairement cherché à l’incriminer dans le meurtre de Jonas. Là aussi, on a essayé de nous mâcher le travail.

- Innocent ou non, cette affaire est classée, dit Sorenson. 

- Si vous essayez d’attraper Storm depuis si longtemps, vous devez savoir qu’il ne blesse jamais personne, répliqua Swan.

- Ce n’est plus valable. Pour moi maintenant, il est soupçonné de deux meurtres! Les vidéos qui ont été diffusées à la télé ont été volées par Storm chez Treadwell peu avant. Et la lettre de suicide de Treadwell, qui innocente Storm!  Si ça n’est pas un coup de chance, ça! Il a très bien pu la lui dicter avant de le tuer, enfin c’est ma théorie, dit Sorenson avant de quitter les lieux.

- Pourquoi il est venu au juste? Demanda Lanie.

- Je ne sais pas... Vérifier avec qui j’étais peut-être, supposa Swan.

- Qu’est-ce que tu vas chercher là? Demanda Lanie.

- Les hommes de son équipe me suivent depuis peu. 

- Quoi? Pourquoi il te ferait suivre? 

- Ils espèrent sans doute l’attraper lui,

- Qui ça? 

- Storm. Ça fait plusieurs fois qu’il me vient en aide, ils espèrent peut-être le trouver en me faisant surveiller. Mais ils ne sont pas très discrets, s’ils pensent l’avoir comme ça...

- Non mais dis donc mademoiselle Swan, tu as un de ces succès en ce moment ! Deux journalistes et un mercenaire! Tu les fais tous craquer!

- Ne dis pas de bêtises!

- Tiens, ça me fait penser... Dis donc, où est Castle? 

- J’en sais rien. Il est parti faire un reportage avec Jamie Bracken.

- Oh! Il y a de l’eau dans le gaz? 

- Pas vraiment... Enfin je crois...

 

Leurs deux enquêtes en cours étant classées, le capitaine Montgomery laissa partir Swan et son équipe de bonne heure ce soir là, ce qui permit à la jeune femme de dire au revoir à Violet avant son départ. Pour éviter les représailles de Davenport, L’ours et Royce avaient décidé de l’envoyer chez l’un de leurs amis, qui leur était redevable et qui vivait à des kilomètres de là.

 

Chez lui, Storm examinait les documents donnés par Jamie quand M se manifesta.

- Storm... Tu as reçu un e-mail... Ça fait un petit moment déjà, mais je réfléchissais...

- Je ne peux rien accepter avant d’avoir fini ça... Sois compréhensive, s’il te plaît...

- C’est qu’il expire bientôt...

- Ok... Lis le moi, s’il te plaît. 

- Que je te le lise? 

- C’est toujours toi qui lis mes mails, pourquoi ça changerait?

- Ok. Objet : je suis Lola Swan.

- Wow ! Wow! Wow! Transfère moi le mail! Dit Storm en prenant son téléphone.

Il s’agissait bien d’elle. Elle voulait lui confier une mission. Elle lui proposait un rendez-vous, s’engageant à ne pas dire un mot et à se bander les yeux si c’était ce qu’il voulait. 

- Qu’est-ce que tu vas faire? Demanda M alors qu’il se préparait à y aller. Accepter ce rendez-vous ? Tu as dit que tu ne tenterais rien avec elle tant que tu n’aurais pas innocenté ton père.

- Elle a dit qu’elle se banderait les yeux et que je ne serais pas obligé de parler.

- C’est un rendez-vous, espèce d’idiot!

- Et alors?

- Ok, parlons franchement, Swan a beaucoup de qualités, super mignonne, un bon travail, pour lequel elle est douée et a un bel avenir tout tracé.

- Et alors?

- Alors, elle peut facilement se trouver un bon prétendant. Beau gosse, avec une bonne situation... Quelqu’un qui sera toujours là pour elle et qui l’adora et prendra soin d’elle jusqu’à la fin de sa vie. Quelqu’un avec un plan de retraite et une belle maison! Beaucoup d’hommes pourront faire ça pour elle. Elle n’a jamais vu ton visage. Tu ne peux pas lui dire ton nom, seulement lui demander de t’accompagner dans ta forteresse sur une île déserte. Pourquoi tu lui fais ça?

- ... Alors je lui montrerai mon visage.

- Espèce d’avorton! Grogna M. Si elle voit le visage de Storm et qu’elle ne le dit pas à la police, elle deviendra complice. Tu veux que je te récite le code pénal? En plus, elle est flic, c’est encore pire!

- ...

- ... Alors Storm... N’y va pas. Laisse la tranquille.

- ... Mais elle a demandé... Je devrais lui répondre, c’est le minimum, soupira Storm.

 

Au moment de sortir de chez elle, Swan se rappela de la présence des collègues de Sorenson, qui la surveillaient jour et nuit dans l’espoir d’attraper Storm. Elle s’était retenue d’aller leur dire deux mots et de les renvoyer chez eux depuis le moment où elle les avait remarqués. Après l’incident de l’ascenseur, elle s’était dit qu’elle pourrait avoir besoin de leur aide à un moment ou à un autre, mais là, il n’était pas question qu’ils la suivent. Elle avait confiance en Storm quoique puissent en dire Jamie ou Sorenson. Elle quitta donc sa maison discrètement en sortant par l’arrière et en prenant bien soin de ne pas être vue par qui que ce soit. 

 

Dans son message, Swan avait détaillé le rendez-vous tel qu’elle se l’imaginait, ils feraient une longue promenade sur les bords de l’Hudson, puis ils s’arrêteraient à un foodtruck pour y acheter de quoi grignoter et ils finiraient par un bon film lors de la dernière séance. Il n’était pas obligé de s’asseoir près d’elle. Le simple fait de le savoir présent la contenterait. 

Elle suivit à la lettre toutes ses indications, sans être sûre qu’il soit là et attendit devant le cinéma jusqu’à ce qu’il ferme. Elle fut déçue, il ne s’était pas manifesté. 


Minefuji  (18.05.2020 à 20:38)

Chapitre cinquante-neuf

 

Swan allait rentrer chez elle, quand les portes tambour du cinéma se mirent à tourner toutes seules. Elle sourit, il n’y avait qu’une explication possible. Elle entra dans le cinéma et suivit le chemin lumineux jusqu’à une salle, où une peluche et un téléphone l’attendaient. Le téléphone vibra.

- Mademoiselle Swan, quel film allez-vous choisir? Demanda une voix transformée façon cartoon. Une comédie? Un film d’action? Un drame? Une romance ?

- Voyons voir... Et si vous nous mettiez le film qui dure le plus longtemps? Suggera Swan.

Des pas résonnèrent derrière elle. Il était là. Elle ne se retourna pas, craignant de l'effrayer. Il vint s’installer dans un fauteuil derrière elle et le film commença. Elle savoura chaque minute de le savoir là tout près, même si elle ne pouvait pas lui parler, ni le toucher.

Lorsque les lumières se rallumèrent à la fin, elle l’entendit quitter la salle. Le moment magique était fini. 

Elle allait laisser le portable, quand un message s’afficha pour lui dire qu’il était pour elle. Elle emmena donc le téléphone et la peluche et se dirigea vers la sortie de la salle, où une main lui attrapa soudain le bras. Elle s’arrêta, mais ne se retourna pas. Il demeurait dans l’ombre, il avait ses raisons, mais il prenait le risque de lui faire confiance. Doucement, il glissa sa main dans la sienne. Ils entrelacèrent leurs doigts pour la poignée de mains la plus romantique de leurs vies.

Swan sourit. Il prenait le risque de lui faire confiance, cela signifiait beaucoup pour elle.

- Une voiture l’attend devant le cinéma, elle la ramènera chez elle, annonça M. Maintenant que tu as répondu à sa demande, tu es content?

Storm ne répondit pas, il se contenta de la regarder monter dans la voiture en soupirant.

 

Le lendemain matin, William Bracken reçu la visite chez lui de Davenport et de ses assistants. Ce dernier était très remonté contre lui, qu’il soupçonnait de l’avoir piégé pour prendre sa place. Monsieur Flynn appela leur service d’ordre et Davenport fut reconduit à l’extérieur.

- Nous avons reçu un message de Storm, annonça Monsieur Flynn. Il va détruire la vidéo.

- Ne devrait-il pas nous la renvoyer? S’étonna William.

- Il dit qu’il nous a montré tout ce qu’il avait, il s’excuse de nous avoir dupés. On ne saura pas si c’est vrai tant que nous n’aurons pas vérifié.

- Il faut que nous le recrutions, déclara William.

- Ça ne va pas être facile, on l’a piégé pour meurtre...répondit Monsieur Flynn. 

- Trouvez un moyen. Il a un contrat avec mon frère, n’est-ce pas?

- C’est ce que nous en avons déduit...

- Comme toujours, on fera tout pour qu’il nous rejoigne, s’il refuse, débarrassez vous de lui.

- Très bien, répondit monsieur Flynn, surpris mais ravi de retrouver son employeur dans d’aussi bonnes dispositions... Et votre compagne?

- Elle est allée voir la femme de Jackson.

- Vous ne craignez pas ce que cette femme peut lui dire?

- Johanna voulait la voir. C’est si rare qu’elle demande quelque chose, je ne pouvais pas le lui refuser.

 

Johanna avait retrouvé Martha dans un café en ville. Cette dernière, bien qu’elle ait accepté de la rencontrer, n’était pas à l’aise. Comment aurait elle pu l’être ?  Elle n’avait plus revue Johanna depuis son accident survenu au moment où Jackson avait été accusé d’avoir tué son mari.

- Allons, l’encourageait Johanna, regarde moi et sourit.

- Je ne peux pas. Comment le pourrais-je ? Demanda Martha. 

- J’ai toujours cette photo sur ma table de nuit, expliqua Johanna. Cette photo où nous sommes tous les cinq, je ne l’aurais plus si j’avais cru un seul instant que Jackson aie fait ce dont on l’a accusé.

- Je sais ce que tu penses et je t’en remercie, dit Martha sans la regarder. Mais ce n’est malheureusement pas ce que pensent les autres. Pour tout le monde, Jackson a tué ton mari. Comment peux-tu vouloir me voir après ça? Pourquoi m’as-tu demandé de venir ici?

- ... J’ai vu un jeune homme, commença doucement Johanna. Il ressemblait tellement à Jackson, que ça m’a fait pensé à toi. Je sais que tu as envoyé Ricky étudier à l’étranger pour son bien, tu ne voulais pas qu’il soit montré du doigt à cause de ce  dont on a accusé son père... Et il a disparu peu après... J’ai perdu un enfant, moi aussi. Je voulais te voir pour te parler te réconforter... Nous ne nous sommes connues que quelques mois, mais nous étions proches, non?

- Johanna...

- Oui? 

- Je ne voulais pas que l’on dise de Rick qu’il était le fils d’un assassin, mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle je l’ai éloigné de moi. À l’époque, j’ai fait tout ce que je pouvais pour prouver l’innocence de Jackson. Mais il est venu me dire de ne rien faire, si je ne voulais pas qu’il arrive malheur à Ricky.

- Qui? Qui t’as dit ça? Demanda Johanna effarée par ce qu'elle venait d'entendre.

- Mais... L’homme avec qui tu vis, je croyais que tu le savais, répondit Martha.

 

De son côté, Storm tentait de récupérer le dossier de son père aux archives de la police. Avec l’aide précieuse de M, il parvint à s’introduire là-bas et à trouver le dossier de son père. Malheureusement, comme Jamie le pensait, ils ne trouvèrent que des feuilles blanches à l’intérieur. Quelqu’un l’avait déjà retiré.

- Dans ce cas, je trouverai un autre moyen. Je vais faire ça bien, dit Rick en raccrochant avec Jamie pour basculer la communication vers  M.

- Qu’est-ce que tu comptes faire? Demanda-t-elle aussitôt. 

- Il donnent accès aux dossiers aux membres de la famille,  non?

- Tu as perdu la tête?

- Je suis de la famille directe, dit-il en sortant sa carte d’identité au nom de Richard Rodgers.

- C’est du délire, soupira M.

- Mon maître m’a dit un jour, que le meilleur appât quand on pêche, c’est soi-même.

- Ce vieux Schnock n’est jamais allé à la pêche! Il devait parler de drague comme il le fait toujours ce vieux pervers, grogna M.

 

Malgré les énormes réticences de M, Storm choisit une panoplie d’adolescent attardé, avec la casquette à l’envers vissée sur la tête, un casque audio autour du cou et un chewing-gum à la bouche.

Il arriva avec désinvolture à l’accueil des archives et déposa sa demande.

À peine l’employée avait elle enregistré sa demande, Monsieur Flynn recevait un appel l’informant que quelqu’un avait demandé à consulter le dossier de Jackson Hunt. Bien entendu, il en informa aussitôt William Bracken.

- Qui ça? Demanda Bracken.

- Son fils, Richard Rodgers.

- ...

- Comment procède-t-on? Demanda monsieur Flynn.


Minefuji  (19.05.2020 à 21:54)

Chapitre soixante 

 

Tandis que Castle provoquait le destin en reprenant sa véritable identité, Swan faisait une drôle de rencontre au Rez de chaussée du poste de police. En effet, alors qu’elle sortait pour déjeuner, elle tomba nez à nez avec monsieur Flynn et William Bracken. Ce dernier se présenta comme le frère de Jamie. 

Quelques instants plus tard, William l’observait alors qu’elle leur servait des cafés  dans la salle de pause en attendant le retour de Jamie. La petite fille dont il avait perdu la trace dix-huit ans auparavant avait bien grandi. Elle ressemblait à sa mère, cela le troubla.

Il l’avait laissée seule dans la voiture quelques minutes, le temps d’aller chercher des biscuits et des boissons. Il ne pouvait que supposer la suite en se basant sur ce que Finch avait découvert sur elle. Peut-être avait elle cru apercevoir sa mère et avait quitté la voiture pour la rejoindre.
Il l’avait cherchée quelque minutes avant de réaliser que désormais le dernier obstacle entre lui et Johanna venait de disparaître. Le destin avait décidé.

Jamie arriva au poste de police au pas de course. Il n’en avait pas cru ses oreilles, quand Swan l’avait appelé pour lui dire que son frère le cherchait et qu’il l’attendait au poste de police. Comment osait-il s’approcher d’elle après tous les malheurs qu’il avait provoqués?

- Vous étiez impressionnante à la télévision l’autre jour, dit William. Je croyais que vous étiez journaliste, quelle surprise de découvrir que vous êtes lieutenant de police... Vous auriez pu être actrice tant vous étiez convaincante.

- Ah... Sourit Kate. Parfois nous avons des missions sous couverture, nous devons être crédible, il y va de notre sécurité.

- Vous aviez l’air plus grande à la télévision, dit William en s’approchant d’elle.

- C’est parce que je portais des talons hauts, expliqua Swan. Aujourd’hui, j’ai mis des chaussures plates, je me suis tordu la cheville dans la cohue qui a suivi la conférence de presse.

- Vous faites la même taille, dit William en tendant le bras vers son épaule pour mieux jauger, peut-être un peu plus grande...

- Que qui? Demanda Swan.

Elle n’eut pas le temps d’avoir la réponse à sa question, Jamie entra furieux dans la pièce et se mit entre son frère et elle avant de lui demander de sortir.

Étonnée, Swan quitta la salle de pause, dont Jamie ferma la porte et les jalousies derrière elle avant que monsieur Flynn aie le temps de la suivre.

Ryan et Esposito, qui avaient suivi toute la scène s’approchèrent d’elle.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Ryan.

- Aucune idée, Jamie avait l’air furieux contre son frère.

- Ils savent que c’est un poste de police ici? Demanda Esposito. Ma parole, Jamie en a fait sa résidence secondaire ! Voilà que sa famille débarque ici maintenant !

 

- Tu l’as effrayée, dit William calmement.

- Comment oses-tu venir ici? 

- Jamie...

- Comment oses-tu venir la voir? Comment peux-tu ne pas tomber à genoux ou trembler de peur en la voyant?

- Tu te rends compte qu’elle est en danger maintenant? Demanda William dont le calme tranchait avec la fureur son frère. Et c’est à cause de toi.

- Elle est en danger si tu restes dans sa vie plutôt! Rétorqua Jamie en se retenant de le frapper.

- Tu as sans doute pensé que si tu la montrais à tout le monde grâce à la télévision, personne ne pourrait la toucher...

- Pourquoi? Ce n’était pas suffisant ? Je devrais le refaire?

- Grâce à toi, je vais être le nouveau candidat à la mairie de NewYork, annonça William. Vous avez tourné Davenport en ridicule dans cette émission, donc il me pousse à prendre sa place.

- Cette personne qui te pousse à prendre la place de Davenport, c’est celle que vous appelez tous « le chef » ou « Loksat »? Demanda Jamie.

- Oui, reconnut William. Il pense que Swan est ma faiblesse. Il pense qu’il doit éliminer mes faiblesses. Cette gamine est en danger Jamie... Donc je dois l’emmener avec moi. À mes côtés, elle sera en sécurité.

Jamie pouffa de rire nerveusement, tant son frère ne manquait pas d’air.

- Tu veux la mettre en sécurité ? Toi?

- Bien sûr. 

- Comment? Demanda Jamie effaré. Tu vas lui casser les jambes pour qu’elle ne s’enfuie pas? Tu vas l’enfermer dans une cage elle aussi ? C’est comme ça que tu veux la mettre en sécurité ?

- Fais attention à ce que tu dis, petit frère, sourit William.

- C’est comme ça que tu protèges les gens?

- Et toi, tu te sers des enfants innocents! As-tu fait venir Ricky ?  À quoi penses-tu en essayant de déterrer un affaire vieille de dix-huit ans?

- Ricky? Le fils de Jackson? Tu l’as trouvé aussi? Demanda calmement Jamie. Tu vas te débarrasser de lui comme tu as fait avec Kathy? Tu ne peux pas te permettre qu’il soit ta faiblesse et que ton passé soit révélé?

- Il n’y a pas longtemps, quelqu’un est venu chez moi, révéla William en souriant. J’ai pensé que c’était peut-être lui, mais je n’ai pas pu le lui demander... Il était pressé... 

 

Un peu plus tard, aux archives, dans la salle d’interrogatoire où on lui avait demandé d’attendre, Rick jouait toujours son rôle d’adolescent attardé et désinvolte depuis de longues heures, quand monsieur Flynn arriva enfin. Il lui demanda s'il était bien Richard Rodgers, question que tout le monde n'arrêtait pas de lui poser, et lui annonça que quelqu’un souhaitait le rencontrer.

Il l’emmena chez l’ami de son père et profita du trajet en voiture, pour lui demander pourquoi il avait l’air si fatigué. Rick expliqua tout en bâillant à plusieurs reprises, qu’il venait juste de débarquer à NewYork. 

Arrivés chez William Bracken, il joua les touristes en prenant des photos du jardin et de la maison ainsi que de  Monsieur Flynn comme si de rien était. Ce dernier l’amena dans le bureau où William l’attendait.

- Tu es Rick Rodgers? Demanda ce dernier?

- Sixième fois! Rigola Rick. C’est la sixième fois aujourd’hui qu’on me pose cette question ! 

- Bon sang Ricky! Ça fait si longtemps ! Tu ne te souviens pas de moi?

- Non. Pas du tout. 

William l’invita à s’asseoir dans le canapé tout en lui parlant du bon vieux temps, lui révélant qu’il était l’un des cinq amis de la photo. 

- Wah! Je décroche le jackpot à peine arrivé aux States! 

- Tu n’étais pas aux états Unis? Demanda William.

- Non, j’étais en Russie. Bon sang le décalage horaire est rude! J’ai fait mes études à l’étranger.

Monsieur Flynn les rejoignit en poussant le fauteuil de Johanna, surprise que William émette le souhait qu’elle rencontre leur invité.

- Vous devez être super riche, dit Rick. Quelle maison! Et haut placé en plus! Il faut avoir des sacrées relations pour me faire libérer de la salle d’interrogatoire où ils m’avaient enfermés. D’ailleurs, je me demande... Pourquoi on m’a enfermé et ... Comment vous avez su que j’étais enfermé?

- Toute personne qui demande des renseignements sur ton père doit être emmené là le temps qu’on me prévienne.

- Pourquoi?

- Je te l’ai dit, ton père et moi étions très proches.

- Wah! 

- Nous avons un invité? demanda Johanna.

Rick se figea en entendant la voix de la femme sur qui il était tombée lors de sa dernière visite en tant que Storm. Elle pouvait le reconnaître et ça en serait fini de lui...


Minefuji  (20.05.2020 à 16:42)

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