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Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre soixante et un

 

Rick n'osait pas bouger, si elle reconnaissait Storm et nul doute qu’elle le reconnaîtrait, il était fichu. Ce Bracken n’hésitait devant rien, il se servait de tout le monde, même d'une pauvre femme que le destin avait durement malmenée.

- Oui, dit Bracken tout sourire. Viens donc lui dire bonjour! 

- Bonjour jeune homme, dit Johanna avec un sourire bienveillant.

Rick se tourna vers elle et esquissa un timide sourire en répondant à son bonjour.

- Tu ne trouves pas qu’il ressemble à quelqu’un ? Demanda William.

- À qui? Fit Johanna apparemment surprise.

- Jackson! 

Johanna le regarda.

- Non, c’est impossible , répondit-elle calmement.

- C’est son fils, Ricky.

- Bonjour Madame! Je suis Richard Rodgers, dit Rick en s’approchant d’elle.

William eut peur d’avoir commis une erreur lorsqu’il vit l’émotion de Johanna, elle était si fragile, que cela pouvait lui causer une violente crise de tétanie, qui pouvait être fatale dans son état.

Les larmes aux yeux, elle tendit les mains vers le jeune homme. Elle lui demanda de s’asseoir près d’elle afin qu’elle puisse mieux voir son visage. Rick hésita mais accéda à sa demande, cette femme avait sa vie entre ses mains.

- Oh! Ricky, dit elle en pleurant. Tu as tellement grandi! Tu étais si petit! Tu es devenu un homme.

Avait-elle reconnu l’homme qui s’était introduit chez eux? Si tel était le cas, elle n’en laissa rien paraître en tout cas, du moins c’est ce qu’elle essayait de faire.

 

Pendant ce temps, dans son repère, M observait les photos que Castle venait de prendre avec son téléphone. Celle de Monsieur Flynn l’intriguait particulièrement, elle était persuadée d’avoir déjà vu ce visage quelque part, mais où? 

 

Au poste de police, Swan hésitait devant la porte du bureau du capitaine. Ce dernier y était en compagnie de Jamie Bracken, or il détestait qu’on l’interrompe dans ces cas-là.

Soudain Montgomery ouvrit la porte.

- Que se passe-t-il, Swan?

- Capitaine, je voudrais réouvrir le dossier de Treadwell! Dans le rapport, il est dit qu’il s’est suicidé et qu’il a laissé un lettre d’aveux.

- En effet, approuva le capitaine. Et alors?

- Et alors c’est trop facile! Comme si quelqu’un lui faisait porter le chapeau pour tous ses crimes et s’en sortait grâce  à ça...

- Treadwell vous dégoûtait et vous étiez coincée dans l’affaire Jonas, rappela Jamie derrière le capitaine. Vous devriez être satisfaite, non?

- Quelqu’un est mort, monsieur! Même s’il s’agissait d’une ordure, je ne peux pas m’en satisfaire. Encore moins si le véritable assassin de Jonas court toujours! La vérité est plus importante que mes émotions!

Jamie était impressionné, elle tenait le même discours que sa mère lorsqu’elle était plus jeune.

- Qu’est-ce que vous attendez de moi, Swan? Demanda le capitaine.

- J’ai noté tous les points que nous devrions réexaminer, dit elle en lui tendant une feuille.

- Quand les gens pleurent sur la vérité et la justice, il faut lire entre les lignes, déclara Jamie. Les mots ne sont pas nécessaires, sauf si on a des arrière-pensées. Que cherchez vous?

- L’inspecteur Sorenson de la cybercriminalité est venu me voir, il a des soupçons sur le suicide de Treadwell et sur le fait qu’il aurait tué Jonas. Il pense que Storm les a tués, déclara Swan.

- Cette affaire est un sac de nœuds, soupira le capitaine. C’est à se demander quand on va en avoir fini avec cette histoire.

- Alors? Je peux continuer de creuser? Demanda Swan.

- Tant que vous n’avez pas d’autre affaire, faites-le, répondit le capitaine. Lorsque vous en aurez une autre, celle-ci passera au second plan.

- Bien chef! 


Chez Bracken, Johanna s'était accaparé le jeune Rick et lui avait demandé de l'emmener hors du bureau de William, qui discutait avec monsieur Flynn.

- Ce jeune homme est vraiment Rick Rodgers, dit Monsieur Flynn en tendant les documents que Castle avait dû remplir pour faire sa demande aux archives. Nous vérifions s’il vient bien de rentrer aux États Unis. Nous aurons la réponse demain.

- Johanna est une piètre menteuse, soupira William. Les rares fois où elle ment, on le sait tout de suite. Ça a toujours été comme ça. 

- Alors vous le soupçonnez toujours? Demanda monsieur Flynn. Vous pensez qu’il s’agit de Storm?

- Eh bien... Souffla William, je pense qu’elle ment... Pourquoi Johanna me ment-elle?

 

Pendant ce temps, Johanna, qui espérait avoir réussi à dissiper les soupçons, avait demandé à Rick de pousser son fauteuil pour aller dans sa chambre. 

- Viens! Assieds-toi ici! lui dit elle en désignant son lit.

Bien que gêné, Rick obéit.

- Tu te souviens de ton père? Lui demanda-t-elle en lui prenant les mains.

- Ben... Euh...

- Il souriait tout le temps et n’arrêtait pas de dire des blagues, dit-elle.

 

Elle prit une photo sur sa table de nuit, celle où les cinq amis se tenaient bras dessus bras dessous en souriant.

- C’est ton père, dit elle en désignant l’homme sur la gauche.

- ...

- Quoi? Demanda-t-elle devant son air ennuyé.

- C’est que... Quelqu’un m’a dit quelque chose...

- Quoi? 

- Mon père aurait tué un de ses amis, dit Rick.

 

Les yeux de Johanna se remplirent de larmes. Il désigna du doigt d’autres personnes sur la photo.

- Il l’aurait tué lui, continua-t-il en montrant Jim. On m’a dit que ces deux personnes étaient mariées. Alors cette femme...

- C’est moi, dit Johanna.

- Alors mon père... a tué votre mari, répondit Rick.

 

Johanna se mit à pleurer, la douleur se lisait sur son visage. William, qui venait d’arriver et les avait entendus s’approcha d’elle en disant qu’il était temps d’arrêter là. Une nouvelle crise menaçait, il fallait absolument qu’elle se calme. Johanna l’arrêta.

- Non, Ricky, dit elle en sanglotant. Ton père n’a rien fait de tel. Tu es venu pour le savoir?

- Oui, reconnut Rick ennuyé de lui causer une telle souffrance.

- Je suis désolé, dit William, mais tu dois partir, elle ne va pas bien.

Une fois de plus Johanna l’arrêta et tendit la main vers Rick. Il la prit dans les siennes.

- Tu es courageux, dit-elle. Tu aurais pu enterrer cette histoire, personne ne savait je suis sure...

- Eh bien, répondit  Rick. J’aime quelqu’un maintenant, alors je dois découvrir qui était mon père, pour savoir si je suis digne d’elle.

- Je vois, c’est bien, dit-elle avant de se tourner vers la photo d’une petite fille, tu as vu Kathy comme notre Ricky est devenu grand et beau?

Castle tourna la tête vers la photo atterré se remémorant le nom par lequel Jamie affolé avait appelé Swan lorsqu’il l’avait retrouvée après l’incident de l’ascenseur, Kathy. 

Une image de son enfance lui revint en tête, lorsqu’enfant il jouait avec Jamie et une petite fille plus jeune que lui. Swan serait donc Kathy? La fille dont il était amoureux serait la fille de l’homme que son père aurait tué! Cela virait au cauchemar ! 

- Comment... Comment vous avez dit qu’elle s’appelait?

- Kathy... Ma petite Kathy, répondit difficilement Johanna en pleurs luttant contre la crise qui menaçait. Vous étiez copains étant petits... Tu jouais souvent avec elle...

Sa main se crispa, puis son bras se tétanisa et tout son corps ensuite.

- Dehors! ordonna William en la sortant de son fauteuil pour la mettre dans son lit en position latérale de sécurité.

Rick s’éloigna en titubant, assommé par ce qu’il venait de découvrir. Sur une des photos, la petite Kathy lui souriait. Dix-huit ans plus tard, elle avait toujours ce magnifique sourire.


Minefuji  (21.05.2020 à 12:19)

Chapitre soixante-deux

 

 

- Je sais où je l’ai déjà vu! Annonça M dans son oreillette. Storm? Tu m’entends?

Rick ne lui répondit pas. Il quittait la maison de William Bracken d’un pas furieux.

- Après l’incident de l’ascenseur, continua M sans attendre que son protégé réponde, tu te souviens que j’ai vérifié toutes les caméras alentours. J’ai regardé chaque passant encore et encore... Je n’avais rien remarqué de spécial... Il était l’un des passant. Je t’envoie la photo.

 

Toujours silencieux, Rick observa la photo. En effet, il s’agissait bien de monsieur Flynn, déguisé en ouvrier de chantier, un casque sur la tête et une caisse à outils à la main.

- Il était près de l’immeuble au moment de l’incident, annonça M. Soit il s’agit d’une incroyable coïncidence... Soit c’est lui qui a essayé de tuer Swan.

 

Les pièces du puzzle s’assemblaient peu à peu. Storm, qui voulait savoir qui dépensait tant d’argent pour retrouver Swan, venait d’avoir la réponse à ses questions. Il se précipita furieux jusqu’à l’immeuble où vivait Jamie. Il attendit dans le parking souterrain que celui-ci revienne et se précipita sur lui pour lui envoyer un magistral coup de poing dans la figure.

Jamie ne résista pas et encaissa sans broncher. Bien qu’il ait eu envie de le frapper de nouveau, Rick arrêta son geste et retrouva un semblant de calme pour lui demander: 

- Combien de temps encore vas-tu me mentir?

- Qu’as-tu découvert? Demanda Jamie.

- Pourquoi ne m’as tu pas dit qui était vraiment Swan? Pourquoi as-tu dit qu’elle était morte? Tu aurais dû me le dire!

- Kathy était en danger. Je vais t’expliquer...

- Tes explications je les connais bien! Tu mens! Tu inventes des histoires! Cracha Storm hors de lui.

- Rick...

- Tout le monde ment dans cette histoire ! S’écria Rick bouleversé. Alors même si tu me dis que mon père n’était pas un meurtrier je ne peux pas le croire!

- Je ne pouvais pas te parler de Kathy parce que je devais la protéger...

- Sa mère est en vie! Tu la vois tous les jours!  Et pourtant tu ne lui dis rien! C’est la protéger ça? S’énerva Castle.

- Si elle le découvre, dit Jamie la voix étranglée par l’émotion, et si sa mère le découvre... Alors elle va vraiment perdre sa mère! Tu comprends?

- ... Qu’avez-vous fait? Demanda Castle effaré. Qu’est-ce que vous nous avez fait?

- Je suis désolé, murmura Jamie.

- Laissez-nous tranquille, répondit Castle furieux. Swan et moi allions très bien sans vous! Nous irons de l’avant et nous nous protégerons très bien sans vous! Restez en dehors de nos vie.

- Ricky... Il y a beaucoup de choses que tu ignores, dit Jamie. Ces gens sont du genre...

- Je m’en fous complètement ! Tu n’as pas encore compris? Rétorqua Castle. Je me fiche de qui est impliqué. Garde ça pour toi!

- Et ton père? Que vas-tu faire au sujet de l’affaire de ton père?

- C’est un problème entre mon père et moi. Reste en dehors de ça! L’avertit Castle avant de partir.

 

Swan était rentrée chez elle et s’occupait de ranger le salon de thé de son père, lorsque Castle arriva tout penaud.

- Hé! Castle! Ça ne va pas? Demanda-t-elle. Tu es encore fâché à cause de l’autre soir? Ça m’a vraiment ennuyée, tu sais?

- Swan...

- Quoi? Qu’est-ce qu’il se passe?

- Je ne vais vraiment pas bien en ce moment... Tu veux bien m’aider?

- Évidemment! Qu’est-ce qu...

 

Il s’avança vers elle et la serra dans ses bras.

- Hé! Castle! S’inquiéta-t-elle. Qu’est-ce que tu as? Tu es gelé ! Pourquoi tu as si froid?

Il ne répondit pas, se contentant de resserrer son étreinte. Elle le serra dans ses bras à son tour, avant de le repousser doucement.

- Je pense que ça suffit là, non? Dit-elle.

- Non... Ça ne suffit pas, dit-il en la prenant de nouveau dans ses bras.

Elle se laissa faire quelques secondes, mais ne pouvait pas le laisser trop espérer. Elle lui donna un petit coup de genou, il recula en levant les bras pour lui signifier qu’il avait compris le message.

Elle lui sourit et lui prépara un bon chocolat chaud avec des marshmallow et de la chantilly pendant qu’il lui expliquait la raison de son mal être.

- Alors, dit-elle en posant la tasse fumante devant lui. Si j’ai bien compris, tu ne peux pas rentrer chez toi à cause d’une bande d’insectes?

- Il y en a partout! Expliqua-t-il en faisant de grands gestes. L’exterminateur a dit que ça prendrait quelques jours.

- C’est quel genre d’insectes déjà?

- Des criquets du chameau! Il y en a partout! Ils sont énormes! Et en plus ils se déplacent en bande! Comme ça! Ssssshhhhh!

- Oui, bref, tu as besoin d’un endroit où dormir, comprit Swan en hochant la tête peu crédule.

- C’est ça... Je me suis dit que je pourrais dormir sur le canapé ou même ici, pourquoi pas? Ça me dépannerait bien! J’ai juste besoin d’une couverture.

- Ta famille est riche, Castle, rappela-t-elle. Prends toi une chambre à l’hôtel! 

- Les hôtels me font peur, je ne peux pas y aller dormir tout seul...

- Et ta famille alors?

- Je vis seul, avoua Castle.

- Ta famille...

- Mon père est... Ma mère s’est remariée il y a quelques années et mon père est mort quand j’étais jeune... dit Castle en dégustant la chantilly de son chocolat chaud.

- Oh... 

Elle demeura silencieuse un instant.

- Approche, dit elle en tendant la main pour enlever la chantilly sur sa bouche.

Ce geste la troubla. Elle se ressaisit très vite.

- Ok, L’ours et mon père se sont absentés quelques temps. Je l’appellerai plus tard... Et au cas où tu aurais des idées saugrenues dans la tête, sache que je dors avec mon flingue! Quoi encore? Demanda-t-elle alors qu’il la regardait avec insistance.

- Tu as dit que tu aimais quelqu’un...

- Oui, en effet! Pourquoi cette question?

- Ça t’arrive souvent de prendre dans tes bras les hommes qui ont besoin d’être réconfortés et ne savent pas où aller?

Elle lui jeta à la figure la serviette en papier qu’elle tenait.

- Tu te prends pour un homme? Demanda-t-elle en lui jetant d’autres serviettes. Tu t’es accroché à moi en pleurant et en disant que tu étais pétrifié à cause de tes insectes! Et là, tout d’un coup, tu te prends pour un homme?

- Les criquets du chameau sont vraiment terrifiants! Se défendit Castle.

 - De toute façon, je compte bien te faire payer un loyer! compris?

- Compris! Répondit-il en évitant un nouveau projectile en papier.

Des clients entrèrent, elle se dirigea vers eux et les accueillit.

 


Minefuji  (22.05.2020 à 11:26)

Chapitre soixante-trois

 

Jamie était en chemin pour la maison de son frère. Il tentait d’appeler Johanna, mais tombait toujours sur son répondeur, ce qui l’inquiétait énormément. 

Son inquiétude grandit encore lorsqu’en arrivant devant chez son frère, il croisa son médecin.

- Docteur! Que se passe-t-il avec Johanna?

- Elle s’est calmée maintenant. J’ai dit à votre frère que si son état empirait, nous devrions l’hospitaliser.

 

Jamie se rendit à son chevet où se frère se tenait déjà. William se leva et s’avança vers lui.

- Rick Rodgers est venu tout à l’heure, expliqua-t-il. C’est le fils de Jackson. Ce gamin ne sait pas se taire. Regarde ce qu’il lui a fait! C’est toi qui lui a dit ce qu’il sait? C’est pour cette raison qu’il a décidé soudainement de venir ici? Qu’est-ce que tu as dit d’autre et à qui? Est-ce que Kathy sait quelque chose?

- J’ai toujours pensé que j’étais une meilleure personne que toi, murmura Jamie, mais... Tu étais le seul modèle que j’avais en grandissant... Voilà pourquoi je suis devenu quelqu’un comme toi finalement.

- Et alors? 

- Et alors? Si tu te sens sale lave-toi, grogna Jamie en toisant son frère d'un air mauvais.

- Allons discuter, dit William.

- C’est Johanna que je suis venu voir. Pas toi.

 

William laissa son frère et rejoignit son bureau suivi de monsieur Flynn.

- Si Rick est Storm et que Jamie est derrière lui, commença-t-il,  on peut supposer que Storm a la vidéo de Loksat en sa possession.

- J’ai envoyé un e-mail à Storm, mais il n’a pas répondu, dit monsieur Flynn. Il ne bougera  pas quelque soit ce que nous lui proposerons. Il n’y a aucun autre moyen de l’atteindre.

- Alors nous allons le faire venir, déclara William. Je ne voulais pas en arriver là, mais je n’ai pas le choix. C’est dommage.

Loin d'imaginer ce qu'il se tramait chez les Bracken, Rick et Swan préparaient leur dîner.

- Qu’est-ce qu’il se passe encore demanda Swan alors que Castle regardait les pommes de terre devant lui en grimaçant.

- Tu veux que...

- Que tu les épluches! Répéta Swan. Allez!

Castle remonta ses manches, se saisit de l’économe en tourna la pomme de terre dans sa main pour trouver un angle par où commencer. Swan l’observait faire médusée.

- Ok, oublie les pommes de terre, dit-elle en plaçant un oignon devant lui. Occupe-toi plutôt de peler et couper les oignons avec le petit couteau. Tu sais faire ça?

- Euh... Oui...

Il se mît docilement à la tâche, il fallait le voir pour le croire, Swan n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi mal dégourdi avec un couteau de cuisine. Les yeux de Castle commençaient à lui piquer, quand elle lui dit:

- Castle...

- Ouais? 

- Tu as une saleté dans l’œil...

- Quoi? 

- Dans l’œil gauche, précisa-t-elle.

 

Il tenta d’enlever la saleté avec son doigt et hurla aussitôt à cause de l’oignon.

Elle éclata de rire, c’était si facile de se payer sa tête.

Il se rinça l’œil à l’eau froide pendant qu’elle termina de préparer le repas.

Ils s’installèrent ensuite pour dîner en tête à tête. Castle grimaça a la première bouchée.

- Ça ne va pas? Demanda-t-elle inquiète en prenant une bouchée. Mhm... Non, c’est bon.

Il fit mine d’avoir un haut le cœur avant d’éclater de rire à son tour devant son air perdu.

Elle comprit la blague et rit également.

- T’es incroyable ! Dit-elle en prenant son assiette. Ne mange pas ça.

- Non! C’est bon! Répondit-il en lui reprenant son assiette pour la manger à toute vitesse.

 

Après dîner, Swan appela son père pour le prévenir, histoire qu’il ne démolisse pas Castle en le découvrant dans son canapé au milieu de la nuit. 

- Que je verrouille ma porte? Papa, c’est Castle! 

 

Apparemment, ce bon vieux Castle avait encore le statut de "sœur" dans l’esprit de la jeune femme. Ce dernier ne sût pas s'il devait s'en réjouir ou pleurer.

Elle lui apporta un pyjama de son père et quelques affaires de toilette, qu’elle fit tomber en arrivant près de lui. Ils se penchèrent en même temps pour les ramasser et leurs mains se frôlèrent. Ce contact rappela à la jeune femme celui qu’elle avait eu avec Storm peu avant. Non. C’était impossible.

Castle s’empressa d’attraper les affaires et de se relever pour dissiper ce moment de gêne.

- Bon...Je ...

- Attends! Dit elle en lui prenant la main pour la serrer dans la sienne.

Elle leva le regard vers lui avant de se ressaisir.

- Non... Je perds la tête, dit-elle en soufflant. Je suis désolée, bonne nuit !

 

Elle s’en alla aussitôt dans sa chambre. Castle resta silencieux un moment, puis appela M.

- Cette femme, Johanna, elle est mariée avec William Bracken maintenant ?

- Ils ne sont pas mariés, non, mais ils vivent ensemble, Répondit M.

- Tu peux obtenir ses dossiers médicaux? Je veux savoir ce qu’il peut lui arriver si elle découvrait que sa fille est vivante.

- C’est un ordre? Demanda M.

- Prends mon argent si tu veux. Tu gères les comptes de toute façon, alors tu peux prendre ce que tu veux.

- Ok, je vais te le faire gratuitement, mais laisse-moi te faire une analyse de la situation. Tu te rends compte que tu es devenu un robot avec une I.A. dysfonctionnelle, non?

- Ah... C’est pas vrai, tu recommences... Souffla Storm en levant les yeux au ciel. Tu as faim, c’est ça? Tu me fais toujours des reproches quand tu as faim.

- Tu perds la boule à cause d’une fille, tu commets des imprudences avec son téléphone et prends le risque que ton identité soit exposée. Dès qu’on parle de ton père, tu exposes ton identité et fonces direct dans le camp adverse. Tu passes tes journées dans un endroit plein de flic pour la protéger elle, qui est flic aussi je te rappelle.

- Ah la la... Tu dois être en train de vieillir, M. Tu parles beaucoup ces derniers temps... soupira Castle.

- Je t’ai déjà parlé de Superman, n’est-ce pas? Ce  gars qui s’est infiltré pour les beaux yeux d’une fille. Ce gars avait une faiblesse... Eh bien, ta kryptonite à toi, ce sont les gens!

- Je sais... Sourit Storm. Je sais que, secrètement, tu m’aimes vraiment, M.

- Quoi?

- Tu le savais, n’est-ce pas? Tu savais ce que mon père avait soit disant fait au père de Swan... C’est pour ça que tu essayes de me tenir à l’écart... Pour que je ne sois pas blessé.

- Tu as été blessé?

- Je n’ai que très peu de souvenirs de mon père. Ce qu’il a fait il y a dix-huit ans, ça n’a rien à voir avec moi, n’est-ce pas?... S’il n’a pas tué le père de la fille que j’aime... M...

- Quoi?

- J’aime Swan...

- Idiot! C’est maintenant que tu le réalises? 

- Alors je suis prêt. Peu importe qu’on me blesse, je dois rester à ses côtés, même si elle ne le sait pas. Ne me dis pas de m’enfuir parce que j’en suis incapable. 

 


Minefuji  (23.05.2020 à 16:38)

Chapitre soixante-quatre 

 

Le lendemain matin, Martha reçut un message de son fils, qui lui proposait de déjeuner ensemble. Cette nouvelle la ravit. C’était si rare, qu’il lui propose un rendez-vous surprise comme ça. Peut-être avait-il de nouvelles questions à propos de son père... Peu importait, il voulait la voir, c’était là l’essentiel.

Ravie, elle se hâta de se préparer et se mit en chemin. Elle s’arrêta dans un magasin de prêt à porter afin de lui acheter un manteau bien chaud, se rappelant leur dernière rencontre, puis se rendit au restaurant où devait avoir lieu le rendez-vous. Toute à sa joie, elle ne remarqua pas les personnes qui l’épiaient et la prenaient en photo.

 

Jamie était passé au poste de police afin de confier une clé USB, contenant tout ce qu’il avait rassemblé sur Treadwell et les gens qu’il avait soudoyé, à Swan. Ainsi, elle pourrait suivre l’argent et examiner les relations entre toutes ces personnes.

La détective le remercia et demanda à Castle s’il voulait l’accompagner.

- Où va-t-on? Demanda le jeune homme.

- Discuter avec le flic bizarre de la brigade cyber criminelle, Sorenson, annonça-t-elle en quittant la pièce.

- J’arrive!

Castle fit mine de la suivre et referma la porte pour revenir confronter Jamie Bracken.

- Tu as dit que Swan était en danger, alors pourquoi la lances-tu là dedans? Demanda Castle.

- Tu as dit que tu la protégeais.

- Pffff! Tu es incroyable...

- Il n’est plus temps de se cacher, rétorqua Jamie. Il faut contre-attaquer.

- Alors tu vas la laisser dans l’ignorance ?

- J’attends que Kathy vienne à moi par ses propres moyens. Je suis certain qu’elle commencera par me frapper pour lui avoir menti, dit Jamie en montrant sa lèvre blessée par la colère de Rick.

- Contrairement à moi, elle a un flingue, rétorqua Castle. Quelqu’un que je connais aurait dit « Même ses mensonges sont créatifs ».

Puis quitta la pièce en claquant la porte. 

 

En planque dans sa voiture, Sorenson reçut un message de Swan et sourit. Elle voulait le rencontrer pour discuter, ce qui signifiait qu’il avait réussi son coup, elle allait continuer de creuser l’affaire du meurtre de Jonas et du suicide de Treadwell. Soudain, une voiture sombre arriva derrière lui. Intrigué, il observa la scène et aperçut les hommes de Finch qui sortaient des locaux de leur agence. Il se tramait quelque chose qui ne laissait rien présager de bon.

 

M, qui dormait comme souvent dans le fauteuil de son bureau, les pieds posés sur celui-ci, fut réveillée par un signal d’alerte de son ordinateur. 

Elle vérifia aussitôt de quoi il s’agissait et découvrit avec effroi des photos de la mère de Rick qui venaient d’être prises.

Elle appela aussitôt Storm. Celui-ci était en voiture avec Swan. Il avait réussi à la convaincre de prendre sa voiture pour une fois. Elle devait encore se sentir coupable de l’avoir repoussé lorsqu’il lui avait ouvert son cœur, puisqu’elle avait assez facilement cédé à son air de chien battu. 

 

- Tu peux regarder tes mails? Demanda-t-elle, il faut absolument que tu voies quelque chose.

Castle attrapa une paire de lunettes qu’il gardait au-dessus du pare-soleil côté conducteur.

- Tu portes des lunettes? S’étonna Swan.

- Quelquefois... Quand je ne vois pas bien, à certains moment, dit-il évasif.

- C’est hyper dangereux quand on conduit! Je le savais, que je n’aurais pas dû accepter que nous prenions ta voiture!

- Il n’y a plus de danger, puisque j’ai mes lunettes, rétorqua Castle.

- N’empêche qu’on doit mettre le gilet de sauvetage avant de sauter à l’eau normalement ! Bougonna-t-elle. J’ai dit à Sorenson que nous le rejoignions, on y sera dans combien de temps?

 

- On reçoit un mail environ toutes les trente minutes, expliqua M.

Storm visionna le dernier e-mail grâce à ses lunettes connectées et se figea en voyant la photo de sa mère, qui sortait d’une boutique de prêt à porter.

Il se déporta aussitôt sur la voie de droite et pila.

- Hé! Protesta Swan.

- Où ça? Demanda-t-il.

- Tu n’as pas entendu ce que je t’ai dit? Demanda la jeune femme.

- Je trace le téléphone de ta mère, dit M, mais Storm, il s’agit sûrement d’un piège. 

- Alors, où c’est? Demanda Storm.

- Près de la gare de west42eme, un café restaurant sur trois étages, dit M.

- Le centre commercial ManhattanMall, répondit Swan au même moment.

Storm redémarra pied au plancher.

- Hé! Pas la peine de rouler si vite, on n’est pas si pressé, protesta Swan.

- Quel est le chemin le plus rapide?

- Je ne sais pas! 

- Ça doit être un piège de William Bracken, dit M en pianotant à toute vitesse sur son clavier. Si tu y vas, tu annonces à tout le monde que tu es Storm. J’appelle ton maître immédiatement, il doit regarder...

- Donne-moi l’itinéraire !

- Tourne à la prochaine à droite.

- Castle! Qu’est-ce que tu fais? Conduis prudemment! Cria Swan en s’agrippant à son siège.

 

Martha arriva au restaurant où elle pensait avoir rendez-vous avec son fils.

La serveuse lui indiqua sa table, tandis que Sorenson, qui avait suivi l’équipe de Finch jusque dans le parking souterrain du restaurant, allumait son ordinateur pour accéder aux caméras de surveillance des lieux.

- Tu as mis un traceur dans la voiture de l’assistant de Bracken,  monsieur Flynn, quand tu es allé chez lui? Demanda M alors qu’un signal s’allumait. Cette voiture se dirige vers ta mère. Elle est presque arrivée.

L'angoisse de Storm grimpa en flèche.

- Vous vous souvenez de moi? Demanda monsieur Flynn en arrivant près de la table de Martha.

- Maître Cooper! Se pétrifia celle-ci en reconnaissant l’homme qui l’avait menacée de s’en prendre a son fils dix-huit auparavant.

 

- On a reçu un autre e-mail, annonça M. C’est une autre photo.

La peur de Castle grimpa à nouveau lorsqu’il découvrit la photo de monsieur Flynn, l’âme damnée de Bracken, face à sa mère dans un restaurant. 

- C’est pour votre fils? Demanda Monsieur Flynn en montrant le manteau qu’elle avait dans un grand sac.

- ... Oui, il ne se couvre pas assez...

- De quel fils parlez-vous ? Demanda encore monsieur Flynn. Celui de votre mari? Ou le vôtre? Celui qui s’appelle Richard Rodgers? Vous le voyez souvent?

- ...

Martha le dévisageait apeurée. Cet homme était toujours aussi effrayant que la première fois qu'elle l'avait rencontré. 

- Apparemment, vous avez rencontré la compagne de mon patron récemment.

- ...

- De quoi avez-vous parlé? C'est à cause de votre fils, Richard, c’est ça? Vous a-t-il demandé de découvrir quelque chose? Demanda Monsieur Flynn.

Comprenant qu’elle avait été utilisée pour tendre un piège à son fils, Martha le regardait avec un mélange de peur et de fureur. Elle tentait de trouver un moyen de le sauver de ce mauvais pas.

- Je n’ai pas vu mon fils depuis plus de dix ans, il ne m’a pas appelée une seule fois. Il devait aller étudier à l’étranger, mais je ne sais pas où. Je l’ai abandonné quand je l’ai envoyé dans ce pensionnat, vous savez. Il ne me l’a jamais pardonné. Je suis même certaine qu’il m’a oubliée depuis longtemps.

- Et là? Vous attendez quelqu’un? Demanda Monsieur Flynn.

- Oui, un ami, mentit Martha.

- Moi aussi, j’attends un ami. Je vais attendre avec vous dans ce cas, sourit monsieur Flynn.

 

 


Minefuji  (24.05.2020 à 10:19)

Chapitre soixante-cinq 

 

- Il faut que j’aille aux toilettes, dit Martha en se levant.

- Je vous en prie, sourit monsieur Flynn.

 

Castle gara la voiture en toute hâte.

 

- Désolé, mais je dois aller quelque part, une urgence! Dit-il en attrapant son sac sur la banquette arrière.

- Qu’est-ce qu’il se passe, Castle? S'inquiéta Swan. Je peux peut-être t’aider...

 

Castle ne répondit pas et fila, laissant Swan avec ses questions. Cela ne ressemblait pas à Castle d'agir de la sorte. 

Castle entra dans le premier bâtiment accessible et se changea pour devenir Storm avant de filer vers l’endroit où sa mère se trouvait avec Monsieur Flynn.

Lorsqu'il  arriva, la salle était vide, monsieur Flynn et Martha n’étaient plus là. Pourtant, le sac contenant le manteau que sa mère avait acheté était toujours là.

Dans la voiture, Swan observait les alentours et repéra vite un homme suspect, qui prenait des photos.  Elle  tourna la tête pour voir ce qu'il photographiait et aperçu la silhouette de Storm  dans le restaurant de l’autre côté de la rue. Que faisait-il là? Bizarrement, lorsque Castle disparaissait, Storm apparaissait.

- Avez vous vu la personne qui était là? Demanda Storm à la serveuse.

- Ah! Cette dame! Elle est partie là-bas derrière...

Il se précipita dans la direction indiquée par elle, mais n’y trouva pas Martha. Il n'aimait vraiment pas ça.

- M! Trouve ma mère, elle n’est pas là!

- J'ai toujours le signal de son téléphone sur mon écran. Je pense qu'elle se dirige vers la voiture de monsieur Flynn, les deux signaux fusionnent...

Storm se prit la tête entre les mains, cette ordure était capable de tout.Il courut vers le parking.

- Vérifie le parking, dit M, je m'occupe des caméras de sécurité.

Au sous sol, il y avait un sacré comité d'accueil pour Storm:  Sorenson, qui depuis sa voiture, était occupé à pirater  le système pour accéder aux caméras de surveillance et les hommes de Finch prêts à en découdre avec le mercenaire..

Swan arriva dans le restaurant où elle fut accueillie par la serveuse, qui lui annonça que la personne qui l’attendait à la table près de laquelle elle se trouvait, était déjà partie. 
Où pouvait-il être? Que faisait-il dans un restaurant en plein jour, lui qui d'ordinaire travaillait de nuit?

Dans sa voiture, la connexion de l’ordinateur de Sorenson aux caméras de sécurité se brouilla, lui indiquant si ce n’était déjà fait, que quelque chose de louche se tramait.

- Je ne devrais pas faire ça, sourit-il, mais c’est un cas de force majeure, je n’ai pas le choix.

 

- Ta mère est dans la voiture de Flynn, annonça M.

- Vérifie le parking pour moi, demanda Storm avant d'y entrer. Vérifie s’il n’y a pas une embuscade.

- Je m’en occupe, dit M en pianotant fiévreusement sur son clavier.

 

Alors qu’elle vérifiait le parking, un hacker tenta de la localiser, elle tenta de lui échapper comme elle put, mais dû se résoudre à se précipiter sur son compteur électrique pour débrancher tout le système, abandonnant Storm par la même occasion.

Sorenson jura dans sa voiture lorsqu’il perdit la trace de celui qu’il cherchait à attraper depuis tout ce temps.

Storm arriva au parking, zooma avec ses lunettes pour apercevoir la voiture de monsieur Flynn, qui était gardée par trois hommes de Finch. Il réussit à voir Flynn sur le siège avant, mais les vitres arrières étaient teintées. Il n’avait pas le choix. Il se précipita, assommant les trois hommes au passage en profitant de l’effet de surprise, ouvrit la voiture de Flynn pour découvrir que seul le téléphone de sa mère se trouvait sur la banquette arrière. Leur piège avait parfaitement fonctionné. 

Lorsque Martha était passée devant lui pour soit-disant aller aux toilettes, Monsieur Flynn en avait profité pour lui subtiliser son téléphone portable au passage. Il l’avait laissée sortir par l’arrière du restaurant, sans téléphone, elle ne pourrait pas le joindre à temps pour le sauver. 

Réalisant que sa mère ne risquait rien, Storm allait devoir se sortir de ce guêpier. Les hommes de Finch n’étaient certainement pas que trois.

 

Une fléchette anesthésiante se ficha dans sa cuisse, alors qu’il s’apprêtait à partir.

Un quatrième homme sortit de sa cachette, un pistolet à fléchettes hypodermiques à la main.

- Et voilà, ce n’était pas si compliqué que ça, dit-il en appelant ses collègues. 

Lorsqu’il tourna la tête vers l’endroit où se trouvait Storm, ce dernier avait filé. 

- Il est où? Crièrent ses collègues en se lançant tous dans la même direction. 

- Qu’est ce que c’est que ce bordel? Murmura Sorenson en sortant de sa voiture.

 

Storm, qui avait roulé sous une voiture, retira la fléchette de sa cuisse et sortit de sa cachette en titubant pour se rendre dans les escaliers. Celui qui l’avait blessé, le bras droit de Finch l’y attendait de pied ferme, un yo-yo à la main. Le jeu auquel il avait l'intention de jouer n'avait rien de gentil et paisible.

Storm rassembla ses dernières forces pour se battre contre lui.

Il le repoussa en lui assenant quelques bons coups et monta quelques marches difficilement. Lui échapper serait difficile. Yo yo man revint à la charge, il le repoussa d’un coup de pied. Storm allait repartir lorsque son bras fut happé par le yo yo, qui s’enroula autour de son bras, lui déchirant la manche de sa veste et entaillant son bras au passage.

Yoyo man ricanait. Storm libéra son bras et attrapa un extincteur avec lequel il sonna son agresseur , ce qui lui donna quelques précieuses secondes pour tenter de fuir.

Il arriva difficilement tout en haut des escaliers et s’apprêtait à ouvrir la porte, lorsque quelqu’un surgit derrière lui. Il tenta de se défendre, mais il était trop faible. Son agresseur lui prit sa veste et sa casquette avant de le pousser de l’autre côté de la porte, sur le toit de l’immeuble.

Storm fit quelques pas en titubant, avant de s’écrouler dans un endroit à l’abris des regards.

Pour peaufiner les détails, l’homme s’entailla l’avant bras avec son canif. Il était prêt, le spectacle pouvait commencer.

Dans les escaliers, les hommes de Finch arrivèrent derrière l’homme vêtu du blouson et de la casquette de Storm.

- Quel dommage pour toi, la porte doit être verrouillée, ricana Yoyoman. Ravi de te rencontrer Storm, tu nous montres ton visage?

 

De son côté, M venait de rallumer son équipement lorsque l’alarme des signes vitaux de son protégé se déclencha.

- Storm... appela-t-elle. Où es-tu? ... Il y a un problème avec tes signes vitaux! Gamin! Réponds! 

 

De son côté, Swan sortait du restaurant l’ai perdu. Elle n’avait pas rêvé, elle avait bien vu Storm dans ce restaurant. Que faisait-il là? Pour qu’il prenne le risque de sortir en plein jour, il devait y avoir une raison et elle devait être grave. Son inquiétude monta en flèche. Elle devait le trouver et lui venir en aide à son tour. 

Son téléphone sonna.

- Allo?

- Lola Swan? Demanda une voix féminine.

- Oui, c’est moi.

- Vous connaissez Rick Castle, n’est-ce pas?

- Oui.

- Je voudrais que vous le trouviez pour moi, il est en grand danger...

Le sang de Swan se glaça.

 

 


Minefuji  (25.05.2020 à 19:31)

Chapitre soixante-six

 

- Quel dommage pour toi, la porte doit être verrouillée, ricana Yoyoman. Ravi de te rencontrer Storm, tu nous montres ton visage?

- Oh mince, je me suis fait pincer, dit Miyagi en se retournant mort de rire.

- Quoi? C'est ce vieux, Storm? Fit l'un des hommes de main de Finch.

- Un peu de respect, gamin! Ricana Miyagi ou je te colle un deuxième œil au beurre noir pour que ce soit symétrique.

 

Pendant ce temps, Swan fouillait l’immeuble à la recherche de Castle. Les mots de la femme qui l’avait appelée tournaient en boucle dans son esprit.

« Il doit être quelque part dans cet immeuble, on a été coupé. Je crois qu’il est blessé. Pouvez-vous le trouver? »

 

- Castle! Appela Swan en entrant dans les toilettes des hommes l’angoisse vissée au ventre.

Elle se rendit dans tous les endroits de l'immeuble où Castle aurait pu trouver refuge, en vain. Elle arriva dans le parking au sous-sol, où elle dû se cacher derrière un poteau, lorsqu'une demi-dizaine de voitures noires passa devant elle et prit la direction de la sortie. Elle entendit le lieutenant Sorenson courir vers sa voiture en criant au téléphone:

- Je t’ai donné la plaque d’immatriculation, alors localise-les ! Ils ont décampé, ils ont sûrement trouvé celui qu’ils cherchaient! Je veux que tu découvres qui c’est! Dépêche-toi!

 

L’inquiétude de Swan grimpa encore d’un niveau. Sorenson était obsédé par son souhait d'attraper Storm. Avaient-ils eu Storm? Et Castle? Que venait-il faire dans cette histoire? Pourquoi cette femme pensait qu'il était blessé? 
Elle remarqua de petites taches de sang sur le sol et les suivit tout en se posant un milliard de questions.
Qu’était-il arrivé à Castle? Pourquoi ne l’avait-elle pas suivi lorsqu’il l’avait quittée tout à l’heure? Elle avait remarqué que quelque chose n’allait pas. Son téléphone sonna encore et la femme qu’elle avait eu plus tôt au téléphone lui parla de nouveau.

- Vous n’avez pas retrouvé Castle?

- Non et une bande de types louches vient d’attraper quelqu’un et de partir. Il serait blessé? Il y a du sang par terre, ça veut dire que...? Répondit Swan affolée.

- Non, ce n’est pas ça, lui répondit M calmement. Oubliez ça.

- Quoi? Comment le savez-vous ? Questionna la jeune femme se demandant qui pouvait bien être cette femme.

- Il n’a pas bougé. Il doit être quelque part, allez le chercher s’il vous plaît.

- Qui êtes vous? Comment savez-vous ça?

- Je n’ai pas le temps de vous faire un exposé là maintenant, rétorqua M agacée.

 

Swan ravala ses questions et repartit à la recherche de Castle. Ses paroles lors de leur tête à tête lui revinrent en mémoire. « Je préfère les endroits en hauteur »

Elle se précipita dans les escaliers, qu’elle monta quatre à quatre jusqu’au toit. Là haut, elle remarqua une trace de sang sur le sol et sur le mur. Elle les suivit et découvrit Castle, inconscient, étendu sur le sol.

- Castle! Cria-t-elle en se précipitant vers lui. Castle!

Elle prit son pouls. Il était en vie. Elle retira son manteau et le plaça sur lui, puis elle appela les secours.

- ... Nous sommes sur le toit! Faites vite, il est gelé! Il est inconscient ! Il saigne beaucoup! Faites vite! 

 

Les secours furent vite sur place. Elle les accompagna jusqu’à l’hôpital folle d’inquiétude.

- Il est peut-être en hypothermie, expliqua l’ambulancier aux médecins qui le prit en charge à leur arrivée à l’hôpital. Sa blessure n’est pas profonde, mais il est inconscient.

- Sa température est de 35,5° annonça l’infirmière.

- Apportez une lampe chauffante et des compresses chaudes. 

- Tout de suite, docteur.

- Il ne sent pas l’alcool, il a prit de la drogue? Demanda le médecin en se tournant vers Swan.

- Non, c’est impossible, assura la jeune femme.

- On va recoudre la plaie! 

- Je vais chercher le kit de suture, répondit une infirmière.

- Il a beaucoup saigné, dit Swan inquiète.

- Il est très musclé, répondit le médecin, donc la plaie n’est pas profonde, rassurez-vous.

 

Castle? Très musclé? Comment n’avait-elle pas pu remarquer un tel détail?

Elle laissa les soignants s’occuper de lui et alla attendre dans le couloir.

Elle appela le lieutenant Sorenson qu’elle aurait dû rencontrer  un peu plus tôt.

- Non, ça va, je n’ai pas attendu trop longtemps. J’ai eu moi aussi un imprévu. Oui, rappelez-moi lorsque vous aurez un peu plus de temps.

Elle raccrocha et tenta de rappeler la femme qui l’avait appelée pour lui demander de trouver Castle. Elle tomba sur un message vocal, qui lui annonça que le numéro qu’elle demandait n’était pas attribué. Elle retourna auprès de Castle.

- Castle... reveille-toi, chuchota-t-elle. J’ai plein de questions à te poser. Qu’est-ce que tu faisais là haut à moitié gelé et blessé? Tu n’imagines pas la peur que j’ai eue! Et puis cette femme qui m’a appelée! Qui est-ce ? J’ai essayé de la rappeler et son numéro n’est pas attribué. Allez, Castle! Il est temps de se réveiller! Castle! 

Elle remonta la couverture sur lui. 

- Swan... Murmura-t-il en ouvrant légèrement les yeux.

- Oui! C’est moi ! Je suis là! 

Il leva la main, cherchant la sienne et murmurant de nouveau son nom. Elle lui prit la main et il sombra de nouveau dans l’inconscience.

- Wah... Il est vraiment sous l’effet de la drogue...

Elle voulut retirer sa main, il resserra sa poigne, balayant les quelques doutes qu’elle aurait encore pu avoir. Elle eu la même sensation qu’elle avait eu l’autre soir au cinéma quand il lui avait pris la main.

Depuis tout ce temps... Elle s’éloigna de lui comme si elle venait de se brûler. Depuis tout ce temps... L’homme qui veillait sur elle dans l’ombre et le gentil Castle devenu son ami fidèle et son confident... 

Elle se précipita hors de l’hôpital et remonta dans la voiture de Castle qu’elle avait amenée jusque là en suivant l’ambulance. Elle fouilla la boîte à gants et chaque rangement ou vide poches. Elle trouva une oreillette, des lunettes et tout un tas de bidules sans importance et finalement trouva une petite boîte, contenant la petite étoile en origami qu’elle avait machinalement fabriquée lorsqu’elle avait attendu son sauveur en discutant au téléphone avec le gentil Castle.

« Pourquoi pas moi ? Je peux être la personne que tu désires... Le plus longtemps possible, tout en étant prudent bien entendu... »

Encore sous le choc de sa découverte, elle revint dans la chambre de Castle, où elle découvrit le jeune homme enfin réveillé, assis sur son lit et en compagnie d’une autre jeune femme, qui venait de lui apporter des vêtements.

Il se tourna et l’aperçut.

Le moment de gêne passé, elle fit quelques pas vers eux.

- Tu vas mieux?

- Oui. Ça va, grâce à toi. On m’a dit que c’est toi, qui m’a amené ici.

- C’est ce qu’elle t’a dit? Demanda Swan en regardant Haley.

- Euh... oui...

- Je suis Lola Swan, la détective qu’il suit pour son article, se présenta-t-elle. 

- C’est Haley, une amie, expliqua Castle.

- Tiens, ce sont les clés de ta voiture, dit Swan en lui tendant ses clés.

- Je vais régler la note de l’hôpital et avancer la voiture, annonça Hayley en s’en emparant vivement profitant de l’occasion pour filer précipitamment de là.

- Euh... Swan... tenta d’expliquer Castle, je ne dormais pas bien ces derniers temps, alors j’ai pris quelques somnifères et... euh... Je crois que j’en ai trop pris... Oh! Et ça... Eh bien je me suis assoupi et je suis tombé...

- Tu pars? Demanda Swan.

- Oui.

- Avec ton amie?

- Oui.

- Comment elle a su que tu étais ici? Tu as dormi tout le temps...

- ...


Minefuji  (26.05.2020 à 19:57)

Chapitre soixante-sept

 

- Euh... Eh bien... Bafouilla Castle.

Mince, pensa-t-il, pourquoi fallait-il qu’elle soit si perspicace? Elle pouvait presque voir les rouages de son cerveau s’activer pour chercher un nouveau mensonge à lui dire. Pourquoi ne lui faisait-il pas confiance? Pourquoi rester près d’elle s’il ne voulait pas lui dire la vérité? Elle l’aurait bien torturé plus longtemps, mais elle n’en eut pas le cœur.

 

- Ah! C’est vrai! Lança-t-elle soudain. Une femme m’a appelée tout à l’heure. On aurait dit ta mère ou quelque chose comme ça. Elle s’inquiétait parce que vous aviez été coupés. J’aurais dû la rappeler, mais j’ai oublié avec tout ce qu’il s’est passé. J’imagine que ta mère a dû appeler tous les hôpitaux de la ville, non? 

- Sûrement... Bredouilla Castle surpris de s’en sortir à si bon compte.

- Vas-y, ton amie doit t’attendre, ajouta Swan comme si de rien n’était.

- Tu as dû avoir peur... Murmura-t-il gêné, à cause de moi...

- Ça, tu peux le dire! 

- Je suis désolé.

 

Il se dirigea vers la sortie, le cœur déchiré à l’idée de laisser derrière lui la seule personne capable de le réconforter. Mais que pouvait-il faire d’autre? Ils avaient été jusqu’à utiliser sa mère pour le piéger.

- Castle! Le rappela-t-elle.

Il se retourna.

- Tu vas venir au poste demain, n’est ce pas?

Il se contenta de lui sourire et de lever le pouce pour la rassurer avant de partir.

La jeune femme le regarda s’en aller le cœur en miettes, les larmes dévalant sur ses joues. 

 

- Ta mère est saine et sauve, annonça M lorsqu’il fut dans la voiture avec Hayley. Je regarde une caméra de surveillance en face de chez elle. 

- Où est maître Miyagi? Demanda-t-il.

- Il a été capturé par les hommes de Finch.

- Pfff! Ce vieux Schnock ! Pourquoi a-t-il fallu qu’il vienne...

- Il n’est pas encore mort, répondit M, donc on verra.

- On verra? Souffla Storm.

- Tu es sûr que ça va? Ce tranquillisant peut endormir un éléphant! Et selon le dosage, il peut même tuer! Quelle bande d’ignorants! 

- Donc, on va où? Demanda Hayley.

- Laisse Storm se reposer, dit M.

- Emmène-moi chez William Bracken, déclara Storm.

- Pourquoi? Demanda M.

- Il a fait suivre ma mère, il a fait suivre Swan aussi. Je dois l’arrêter.

- Qu’est-ce que tu vas faire? Demanda M agacée. Tu vas le tabasser comme tu l’as fait pour Treadwell ?

- Je vais le tuer.

- Imbécile, grogna M. Hayley, emmène-le à la planque, vous n’êtes pas loin.

- Range-toi sur le côté et descend de la voiture, ordonna Storm.

- Non! Fit Hayley en secouant frénétiquement la tête bien décidée à lui tenir tête.

Il la força à se garer et la fit descendre de la voiture. Elle tenta de l’en empêcher, mais elle n’était pas encore à son niveau. Il se mit au volant de la voiture en enrageant. Elle leva la main pour lui montrer les clés qu’elle détenait encore.

Il ressortit fou de rage près à lui faire mal s’il le fallait.

Elle tendit son téléphone pour en faire un bouclier entre eux.

 

- Tu vas te ressaisir, espèce de morveux! S’écria la voix de M. Tu vas faire quoi? Tuer quelqu’un ? Ok, admettons que tu y ailles et que tu le tues, puis tu innocentes ton père et si quelqu’un se mets en travers de ton chemin, tu le tues aussi! Essaie! Tu ne vas plus jamais la revoir? Ça te va de ne plus jamais revoir Swan?

Il la fusilla du regard puis attrapa la clé et remonta dans la voiture.

- Tuer William Bracken ne mettra pas un terme à cette histoire, l’avertit M connectée également à l’ordinateur de la voiture. Disons qu’il a fait suivre ta mère à cause de toi, tu ne veux pas savoir pourquoi il a fait suivre Swan?

- Je le lui demanderai moi-même. Si je le tabasse, je suis sûr qu’il parlera.

- La mère de Swan est aussi dans la maison, rétorqua M. La mère de la fille que tu aimes est là-bas.

Cet argument fit mouche. Il stoppa la voiture fou de rage.

 

Swan avait quitté l’hôpital en marchant comme un zombie. La réalité était cruelle pour elle. Elle s’était bercée d’illusions, il ne la laisserait jamais entrer dans sa vie. Leur relation était à sens unique, lui seul décidait de tout. Il décidait de leurs rencontres, il disparaissait quand cela lui chantait et là, elle avait l’amère impression, qu’il n’avait pas l’intention de revenir. Elle déambula en trainant les pieds jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche et rentra chez elle, elle attendrait le lendemain pour retourner au poste, elle ne se sentait pas capable de supporter l’absence de Castle pour le moment. 

Au café de son père adoptif, elle tenta de s’occuper pour éviter de penser, malheureusement pour elle, elle ne put échapper à sa tristesse. Elle bugga de longues minutes devant la chaîne hi-fi, incapable de choisir un disque. Un café! Elle avait besoin d’un bon coup de fouet de caféine. Elle attrapa une tasse et se figea de nouveau devant la machine à café, cette fois.

 

Lorsque Royce arriva dans la pièce, L’ours l’attrapa par le bras, inquiet.

- Swan est là, chuchota-t-il, elle a l’air bizarre.

- Qu’est-ce qu’il se passe?

- Elle n’a pas bu une goutte d’alcool, mais son regard est vide...

Royce s’avança vers elle.

- Ça ne va pas? Demanda-t-il inquiet.

Elle laissa tomber la tasse qu’elle tenait.

- Désolée, Je ramasserai plus tard, murmura-t-elle avant de s’en aller telle un zombie. 

- Royce! Elle pleure! Remarqua L’ours lorsqu’elle passa devant lui.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Royce de plus en plus inquiet en se précipitant vers elle.

- Papa...

- Oui? Qu’est-ce qu’il se passe?

- Cet imbécile... Il m’a menti depuis le début... Sanglota la jeune femme.

- Qui? 

- Tout ce qu’il m’a dit... C’était des mensonges. Et moi, pauvre imbécile, j’ai cru tout ce qu’il m’a dit! 

- Qui? Répéta Royce dont l’envie de meurtre grandissait à chaque minute.

- Ce gros imbécile s’est moqué de moi depuis le début! Mais papa... 

- Oui? 

-  Je n’ai pas pu lui dire parce que j’ai eu peur qu’il parte... si je lui disais que je savais... J’ai eu peur de ne plus jamais le revoir, alors je n’ai rien dit...

 

Royce la serra dans ses bras pour la consoler. Il savait que ce jour risquait d’arriver. Ce jour où un homme trahirait la confiance de sa petite qui avait eu tant de mal à prendre ce risque lorsqu’il l’avait rencontrée pour la première fois. Il avait beau le savoir, il se sentait tout de même désemparé.


Minefuji  (27.05.2020 à 17:38)

Chapitre soixante-huit

 

- Alors Swan a eu le coup de foudre pour deux hommes? Résuma L’ours un peu plus tard alors que Royce lui préparait un chocolat chaud pour la réconforter.

- Tu dis n’importe quoi, rétorqua Royce. Ce serait plutôt le contraire.

- C’est quoi le contraire d’un coup de foudre? Tiqua L’ours. La caresse d’une plume? Deux hommes ont osé la caresser avec leurs plumes?

- Qu’est-ce que tu vas inventer là? Grimaça Royce.

- Je n’invente pas, c’est elle qui me l’a dit. 

- Allez, pousse-toi au lieu de dire des âneries.

- Je ne pense pas que ces deux hommes soient le problème, tu sais?  Ajouta L'ours.

- Où veux-tu en venir?

- Tu te souviens de ce type qui la suivait dans son travail et qui est venu ici plusieurs fois?

- Castle? Se rappela Royce.

- Lui!

- Quoi lui?

- Tu sais bien que Swan ne parle jamais d’elle...

- Oui et ... Oh! Maintenant que tu le dis, c’est vrai qu’elle n’a pas beaucoup d’amis et qu’elle n’avait jamais ramené qui que ce soit à la maison...

- C’est parce qu’il y a toujours plein d’anciens tôlards à la maison, rétorqua L’ours. Bref, elle n’est pas du genre très bavarde notre Swan, mais à lui, elle lui dit tout!

- À Castle? S’étonna Royce.

- Je l’ai vu de mes yeux et entendu de mes propres oreilles! Elle a raconté à cet idiot ce qu’elle ne nous raconte même pas à nous! Donc, je suis sûr que c’est lui!

- Ce gringalet qui a peur des criquets? 

- Lui même! 

- Pourquoi a-t-il fallu qu’elle choisisse une telle chochotte? Se lamenta Royce.

- L’amour et ses mystères... rétorqua L’ours en haussant les épaules.

 

Royce apporta son chocolat chaud à Swan dans sa chambre. Il la trouva comme il s’y attendait dans son fauteuil près de la fenêtre grande ouverte, tenant fermement un coussin contre elle.

 

- Tiens, bois ça. Je ne te dirai pas de manger, ça donne mal au ventre de manger quand on est fâché. Alors, bois ça et repose-toi.

- Papa... Pourquoi moi?

- Mhm? De quoi tu parles? 

- C’est compliqué les gens comme moi... Dans cet orphelinat, il devait y avoir bien d’autres enfants, plus jeunes, plus mignons et surtout moins sauvages que moi... Tu disais que je ne parlais pas et que je n’écoutais rien...

- Oh! Et encore, ce n’est pas tout! Tu nous mordais quand on essayait de te faire prendre ton bain! Tu passais tes journées à te réfugier dans le garage! Tu étais toute sale et tes cheveux étaient dans un état! Se rappela Royce.

- Pourquoi tu es parti avec moi alors?

- Je ne suis pas parti avec toi! Je suis resté et j’ai attendu que ce soit toi, qui vienne avec moi. 

- Ah bon?

- J’ai attendu et tu t’es approchée. C’est toi qui a pris ma main en premier et on est parti ensemble.

- Tu as attendu? 

- Oui! Et j’aurais attendu plus longtemps encore s’il avait fallu. Mais tu es venue plus vite que je ne l’avais pensé. Tu n’es pas aussi butée qu’on le croit.

Elle pouffa et posa la tête contre son épaule.

- Ne pleure pas chérie, chuchota Royce, tu me brises le cœur quand tu pleures.

- J’ai presque fini de pleurer, ne t’en fais pas, plaisanta-t-elle avec un petit sourire.

 

M surveillait les abords l’agence de sécurité de Finch grâce aux caméras de sécurité, qui n’avaient aucun secret pour elle. Elle vit d’abord arriver les voitures des hommes de main de Finch, dans l’une desquelles devait se trouver Miyagi, puis celle de William Bracken et enfin celle d’un lieutenant de police qu’elle connaissait bien. 

Cela la réjouit grandement, il ne lâchait rien. Ils auraient plus de mal à se débarrasser de lui que d’un chewing-gum collé à la semelle de leur chaussure.

Dans le parking intérieur de l’agence, Bracken fut accueilli par Finch, qui arborait un magnifique coquard au coin de l’œil.

 

- J’ai voulu le mettre au sous-sol, mais il faisait un raffut pas possible, ça ne lui plaisait pas, alors je l’ai installé ici, expliqua Finch en désignant l’un des canapés  de son agence, où Miyagi l’attendait tout sourire.

- Alors c’est lui, Storm? Dit Bracken en s’avançant.

- Oui, cela ne fait aucun doute. Il dit qu’il est l’un de vos vieux amis, c’est pour cela qu’on vous a envoyé sa photo au cas où.

- Laissez-nous s’il vous plaît, demanda Bracken.

- Oh! Non, c’est dangereux, répondit Finch en désignant son œil.

- C’est un ami proche, dit Bracken. Ça ira, ne vous en faites pas.

- Bien Monsieur ! Attendez dehors vous autres, ordonna Finch à ses hommes.

Bracken sourit et s’avança vers Miyagi.

- Ça fait longtemps, dit- il en lui tendant la main.

- Ah! Ah! Désolé, mais je n’ai pas envie de te serrer la main, déclina Miyagi.

- Alors, comme ça, tu as dit à ces types que tu étais Storm ? Demanda Bracken en s’asseyant dans le fauteuil en face de son vieil ami.

- Ça a été tellement facile d’empocher ton argent, jusqu’à maintenant, sourit Miyagi. 

- C’est toi qui est entré chez moi par effraction ?

- Quoi? Tu ne veux plus que nous travaillions ensemble? Je te ferai la ristourne de dix pour-cent spéciale vieux amis. 

- Ce n’est pas toi, rit Bracken.

- Johanna dort toujours? Elle dort combien d’heures par jour maintenant, dis-moi? Le provoqua le vieux Schnock.

 

Cette pique de Miyagi raviva des souvenirs vieux de dix-huit ans, chez Bracken. 

À l’époque, il passait tout son temps libre au chevet de Johanna. Cela faisait des mois qu’elle était clouée dans ce lit.

Un jour, alors qu’il arrangeait les fleurs qu’il venait d’apporter, il eut une visite surprise.

 

- Miyagi! S’était-il exclamé en reconnaissant son vieil ami.

- Alors, comme ça tu es en vie William! Avait rétorqué Miyagi avec sa nonchalance habituelle.

- Tu es sorti quand? Je ne suis pas venu te voir, désolé, avait dit William en s’avançant vers lui.

- Et Johanna? Comment va-t-elle? Avait demandé Miyagi sans prendre la peine de lui répondre.

- Elle dort plus de vingt heures par jour.

- Sa petite fille et son mari sont morts, à quoi bon se réveiller? Avait soupiré Miyagi.

- Mais son état s’est stabilisé maintenant. Les tests...

- Je suis sorti de tôle depuis plusieurs mois maintenant, l’avait coupé Miyagi. Deux mois... Peut-être un peu plus...

- Pourquoi tu n’as pas appelé avant? 

- Parce que je me méfiait de toi, avait ri Miyagi. Willy, réfléchis. Un matin, trois ours s’en vont chasser, mais deux meurent et l’un reste en vie. Et celui qui reste en vie, vend sa casse familiale et devient chef de projet ou un truc dans le genre d’un étrange journal... 

- Ne dis pas n’importe quoi! Tu étais en prison!Tu ne sais pas à quel point le monde a changé ici depuis. Écoute plutôt ce que j’ai à te dire...

- Comment un ours peut devenir chef de projet? L'avait coupé Miyagi. C’est bizarre, non? Les ours vivent dans la forêt, d’habitude, n’est-ce pas ?

 


Minefuji  (28.05.2020 à 20:37)

Chapitre soixante-neuf 

 

Si ces souvenirs avaient remué William Bracken, il ne le montra pas. Il se contenta de sourire avant d’ajouter:

- Le fils de Jackson est passé me voir, l’autre jour. Il veut savoir ce qui est arrivé à son père...

- Quand les enfants demandent, les adultes se doivent de leur répondre, rétorqua Miyagi sagement.

- Les enfants ne comprennent pas les sacrifices que doivent faire les adultes pour créer le monde dans lequel nous vivons... rétorqua William.

- Wah! Le mot sacrifice est un peu fort! Répondit Miyagi mort de rire.

- Miyagi, je ne permettrai pas que le monde de paix que nous avons tant défendu soit détruit si facilement. Les gens qui font cela, je les appelle des parasites. C’est vraiment ce que tu souhaites? Vivre ta vie comme un parasite?

- C’est parce que je suis un ours, rit Miyagi en mimant une patte griffue avec sa main.

- Est-ce que tu travailles avec mon frère Jamie pour déterrer quelque chose qui s’est passé il y a dix-huit ans? C’est vous qui avez parlé de lui au fils de Jackson?

- Si deux papas ours meurent, il reste deux mamans ourses et deux bébés ours!

- Ce gamin a fait du mal à Johanna! Dit William en se levant. Je suis très remonté, Miyagi. Tu ferais bien de ne pas m’énerver.

- Willy, je peux te poser une question? Lança Miyagi  sans prêter attention à ce que William venait de lui dire.

- Quoi?

- C’était juste Jim et Jackson? Je pense ne pas me tromper imaginant que non. Tu as tué d’autres personnes, n'est ce pas? Demanda Miyagi soudain très sérieux.
- ...

- Tu n’as pas intérêt à toucher aux gamins, l'avertit Miyagi. Je les protégerai. Pourquoi? Eh bien parce que je suis l’ami des papas ours.

 

Une voiture de police arriva devant l’agence de Finch. Deux policiers en uniforme en sortirent et vinrent à la rencontre  de Sorenson et ses collègues.

- Qu’est-ce que vous faites ici? Demanda ce dernier.

- Nous venons pour la plainte, quelqu’un aurait été enlevé et serait séquestré ici, répondit l'un des flics en uniforme.

- D’accord! Se réjouit Sorenson, qui comprenant ce qui se tramait sous son nez depuis tout ce temps et qu'il avait enfin l'occasion d'intervenir. Allons-y !

 

Dans l’agence, Finch vint prévenir Bracken afin qu’il sorte par l’arrière du bâtiment. William salua son vieil ami et s’en alla. Miyagi éclata de rire et entonna une chanson enfantine parlant d’une famille d’ours. Les hommes de Finch tentèrent de le maîtriser en vain, il distribua les baffes et les coups de pied tout en continuant sa chanson et en sautillant gaiment.

Les policiers débarquèrent, amplifiant l’hilarité de Miyagi.

 

- Hé! il vous faut un mandat! Protesta l’un des hommes de Finch.

- Non, pas là, répondit calmement Sorenson avec un léger sourire, il s’agit d’une urgence.

Miyagi enfila la casquette et les lunettes de Storm, puis remonta son col roulé noir jusque sur son nez avant de faire face à Sorenson.

- Vous avez kidnappé quelqu’un au centre commercial, dit ce dernier en se tournant vers Finch qui grimaça. Quoi? Vous n’aimez pas ce mot? Vous préférez peut être « emmené de force? C’est mieux?

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, dit Finch.

- Monsieur l’inspecteur, intervint Miyagi en levant la main. Sauvez-moi, s’il vous plaît... Arghhh...

 

Pendant ce temps, Martha attendait devant l’immeuble où elle habitait folle d’inquiétude. Rick lui avait envoyé un message pour lui dire qu’il allait bien et qu’il arrivait, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de craindre le pire.

L’homme en planque dans la voiture de l’autre côté de la rue prit quelques clichés. 

Castle, qui avait revêtu la même tenue que lors de sa visite chez William Bracken et Johanna, arriva et la prit dans ses bras.

- Tu es surveillée, Maman. Joue la comédie comme tu sais si bien le faire. Tu es censée ne pas avoir vu ton fils depuis plus de dix ans. 

- Faire comme si j’étais contente de te revoir, répondit Martha tout sourire en lui caressant la joue, c’est facile. Pas besoin de jouer la comédie.

- Ne restons pas là, dit Rick en la prenant par les épaules. 

 

Il l’emmena dans l’un de leurs restaurants préférés non loin de là, ils s’installèrent à une table près de la fenêtre. Ils passèrent commande et la serveuse vint les servir rapidement.

- On peut commander davantage, tu dois avoir faim, dit Martha.

- Je n’ai pas beaucoup de temps, répondit Rick calmement.

-  Vraiment? Fit Martha déçue. Mais... Ça va, n’est-ce pas?

- Ça va, assura-t-il en souriant. Comment connaissais-tu ma taille? Demanda-t-il en lui montrant une photo de lui portant le manteau qu’il avait récupéré au restaurant du centre commercial.

 

Martha ne put s’empêcher de verser quelques larmes.

- Hé! Je t’ai dit que je ne viendrais pas si tu pleurais! rappela-t-il.

- Je ne pleure pas, tu vois? Dit Martha en ravalant ses larmes.

 

- Je suis désolé, murmura Rick. Je ne t’ai jamais donné mon numéro de téléphone. Rien de tout ça ne serait arrivé, si je l’avais fait. Je t’appelais pour ton anniversaire, Noël et la fête des mères et je te demandais de ne pas poser de questions...

- Ça va... Le rassura Martha. T’éloigner de moi et de toute cette histoire a été la seule chose que j’ai pu faire pour toi.

- Je ne vais pas pouvoir t’appeler avant quelques temps. C’est pour ta sécurité, même si c’est difficile à comprendre.

- Je comprends, ne t’en fais pas, répondit sombrement Martha.

 

Un homme entra dans le restaurant, mettant fin à leur moment d’intimité. Rick soupira avant d’annoncer à voix haute afin qu’il l’entende bien: 

- Je suis venu te voir une dernière fois, Mère! 

- Je comprends, murmura Martha entrant dans le jeu de son fils.

- Ne me demande pas mon numéro de téléphone!

- Oui, j’ai compris.

- Sois heureuse avec ton nouveau mari et ses enfants. Je préfère que tu m’oublies complètement. En m’abandonnant, tu m’as permis de trouver ma place. On est quittes maintenant.

- Je suis désolée, Richard... Dit Martha les larmes aux yeux.

- Je quitte le pays dès que j’ai fini, annonça Castle toujours à voix haute en faisant de légers signes de la tête pour faire comprendre à sa mère de ne pas s’inquiéter pour lui. Je ne reviendrai plus jamais, je ne suis plus ton fils.

 

Bien qu’elle sache qu’il jouait la comédie pour l’éloigner du danger, les mots de son fils lacérèrent le cœur de Martha. Lire la souffrance que ses mots lui causaient sur le visage de sa mère fut une torture pour Rick, mais c’était le prix de sa sécurité.

Il se leva, paya l’addition et quitta le restaurant sans se retourner, s’il l’avait fait, il n’aurait pas pu aller jusqu’au bout de son plan sans flancher.


Minefuji  (29.05.2020 à 19:19)

Chapitre soixante-dix

 

Martha n’eut pas besoin de jouer la comédie pour éclater en sanglots après le départ de son fils. Elle avait si peur pour lui.

Cette maudite histoire avait ruiné leur relation. Pour le protéger elle avait dû l’éloigner d’elle alors qu’elle était déjà anéantie par la perte de Jackson.

Rick l’avait retrouvée quelques années plus tard, lorsqu’il était finalement parvenu à s’enfuir du pensionnat où elle l’avait envoyé. Il était venu à sa rencontre, alors qu'elle se trouvait dans le jardin de la maison de banlieue où elle vivait avec son nouveau mari et ses enfants.

- Je t'ai retrouvé maman! Avait-il en s'approchant d'elle.

- Richard! S'était elle exclamée.

Les larmes l'avaient submergée aussitôt, si bien que le fils de Chet avait accouru et bousculé Rick.

- Ne fais pas pleurer ma maman! Avait crié le petit garçon.

- C'est ton fils? Avait demandé Rick abasourdi. Et là, c'est ta fille?

- Ce sont les enfants de mon mari, Chet, avait répondu Martha toujours en pleurs.

- Pourquoi peux-tu vivre avec eux et pas avec moi? Avait-il hurlé fou de rage.

Elle l'avait supplié de lui pardonner, mais comment  aurait-il pu comprendre? Il était reparti aussi vite qu’il était venu, la laissant anéantie par le chagrin. 

Elle n’avait appris que plus tard que Chet, qui avait assisté à la scène, avait rattrapé Rick avec le manteau qu’elle avait prévu de lui envoyer dans son prochain colis. Il avait expliqué au jeune garçon que tout était de sa faute à lui, que sa mère n’y était pour rien. 

Rick s'était arrêté et l'avait écouté. 
Chet lui avait expliqué, qu’il avait refusé qu’il revienne chez eux, quand, après leur mariage, Martha avait voulu reprendre son fils, persuadée qu’un modèle masculin apaiserait cet enfant que  la mort de son père avait rendu ingérable. 

Chet avait pris la responsabilité de cet abandon, lui expliquant que Martha pleurait chaque jour à cause de cette situation. 

Rick avait pris le manteau et demandé à Chet de faire en sorte qu’elle ne pleure plus, car il avait horreur de ça. Elle avait suffisamment pleuré à cause de lui, elle ne devait pas s’inquiéter, il irait bien.

Aujourd’hui, Rick comprenait à quel point cela avait dû être difficile pour sa mère de l’éloigner d’elle pour le protéger. Ce Bracken était décidément la pire des ordures. Il allait les faire tomber lui et toute sa bande de pourris pour tout le mal qu’ils leur avaient fait.

 

Le lendemain à la première heure, Rick se rendit chez Jamie afin de lui demander pourquoi son frère s’en était pris à Swan. Jamie avait l’air de croire que son frère n’était pas capable d’aller aussi loin dans ses manigances. Et pourtant il n’avait pas hésité à utiliser sa mère pour l'obliger à se dévoiler en tant que Storm.

- Réponds-moi s’il te plaît, demanda Rick. Pourquoi s’en est-il pris à Swan, si comme tu le dis, il n’est pas capable d’aller aussi loin?

- Ce n’était pas William, répondit Jamie, mais le type qu’ils appellent « chef » ou « Loksat ».

- Et c’est qui lui?

- Celui que nous devons combattre et faire tomber.

- « on »? Qui ça « on »? Tiqua Castle.

- Toi, moi et sûrement Swan également.

- Arrête de te moquer de moi, soupira Castle et dis-moi de qui il s’agit.

- Il se fait appeler « Chef » ou « Loksat ». Pas de nom ni de photo.

- Ok, donc monsieur le grand reporter, siffla Castle agacé, dis-moi ce que tu sais.

- Je sais comment et où le combattre.

- Ok, tu vas dire à la télé que c’est un méchant? Railla Castle.

- Exactement.

- Et après?

- Après, peut-être qu’il arrêtera.

- Je me fiche qu’il continue ou non ses magouilles, je ne suis pas du FBI. Voilà ce que je vais faire: découvrir qui il est, vérifier s’il a l’extrait de casier judiciaire de mon père, les pires ordures aiment compiler les dossiers des autres. Ensuite, je m’assurerai qu’il ne touche plus jamais à un cheveu de Swan.

- Ça ne servira à rien, rit Jamie. Si tu tues le chef, un autre prendra sa place.

- Oui et bien on verra ça plus tard.

 

On sonna à la porte. Jamie jeta un œil à sa montre.

- Elle est en avance.

- Qui ça? Demanda Castle

- La fille qui me plaît. Tu veux bien aller lui ouvrir s’il te plait?

- Sérieux? Grogna Rick.

Il alla ouvrir la porte en marmonnant et tomba nez à nez avec Swan. Il se figea.

- Castle?

- Swan?

- Euh... Salut, bredouilla-t-elle en passant devant lui pour rejoindre Jamie.

Brett, le journaliste à tout faire de Jamie arriva à son tour, marmonnant quelque chose qui ressemblait à « même le dimanche... C’est de l’esclavage » tout en suivant Swan.

Castle les observa de loin d’un œil mauvais. « La fille qui lui plaît? ». Qu’est ce qu’il espérait ce vieux? Et l’autre là, s’il avait accepté de venir un dimanche, ce n’était certainement pas pour les beaux yeux de Jamie...

 

- Qu’est-ce que vous venez faire ici, Swan? Demanda Jamie.

- J’enquête en secret, c’est pour ça que je suis ici un dimanche. Je recueille des témoignages.

- Et c’est par moi que vous commencez? Pourquoi?

- Vous êtes le plus facile.

- Pardon? 

- Ça va, ne vous vexez pas, je plaisantais, rit Swan.

Depuis quand elle plaisantait avec lui? Se demanda Rick agacé.

 

- Tiens, voilà tes médicaments, dit William Bracken en tendant des pilules et un verre d’eau à Johanna. Prends-les et dors.

- Je ne vais pas prendre mes médicaments aujourd’hui, décida Johanna. Je veux rester réveillée.

- Le docteur a dit que tu devais te reposer! Protesta William.

-  Arrête de vouloir me faire dormir! S’agaça Johanna.

- Mais tu es malade...

- Ça ne me gêne pas d’être malade, je veux juste réfléchir

- Réfléchir? À quoi? Demanda William en posant le verre d’eau et les médicaments sur la table de chevet.

- Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas réfléchi... Fit-elle en levant les yeux pour choisir ce qu’elle allait répondre. Voyons par où commencer ? Ma facture d’hôpital peut être?

- Quelle facture d’hôpital? Demanda William étonné.

- Je suis restée plus d’un an à l’hôpital après l’accident il y a dix-huit ans. J’ai subi plusieurs opérations aussi et j’ai toujours été dans une chambre individuelle.

 - Et alors? 

- Et alors? Où as-tu trouvé l’argent?  Demanda-t-elle.

- Eh bien je te l’ai dit, répondit William, j’ai vendu la casse.

- Combien as-tu pu en tirer? Suffisamment pour couvrir les frais? Ce n’est pas difficile à trouver la réponse à cette question, il suffit d’additionner et soustraire.

- Jo, tu as l’air d’être très inquiète depuis que tu as vu le fils de Jackson... 

 

Il voulut lui prendre la main comme il le faisait souvent pour la rassurer, elle la retira aussitôt. Il se figea surpris.

- Je te l’ai dit, je suis en train de faire le calcul, dit-elle froidement.


Minefuji  (30.05.2020 à 10:48)

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