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Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre quatre-vingt-un 

 

Après l’incinération, Rick, déguisé en employé des pompes funèbres, avait récupéré l’urne de son maître en la remplaçant par une urne remplie de sable, que Bracken récupéra sans se rendre compte de la supercherie. Lorsque toute cette histoire serait terminée, Rick trouverait un bel endroit dans le Pacifique Sud où les répandre, il s'en fit la promesse.

Ce jour là, Swan devait se rendre à la cybercriminalité, elle avait appelé Sorenson pour reprogrammer leur rencontre et ce dernier avait accepté.

Jamie, quant à lui, préparait un nouveau coup avec l’équipe de son journal pour la conférence de presse durant laquelle son frère allait annoncer sa candidature à la mairie de New-York. Grâce à son ami Brett, qui jouait les agents doubles, il avait obtenu les questions qui seraient posées durant l’interview. Il annonça à Swan, que la préparation de ce moment qui serait certainement mémorable nécessitait qu’il envoie un de ses nouveaux employés avec elle lors de son entrevue à la brigade de la  cybercriminalité avec le lieutenant Sorenson. 
- Euh... Et Castle? Demanda-t-elle.

- Il est sur une autre affaire, il va s'absenter quelques temps, expliqua Jamie. Mais rassurez-vous, celui qui va le remplacer est très prometteur.

Un peu déçue que Castle ne soit plus son journaliste attitré, Swan alla donc attendre ce fameux pigiste à l’endroit indiqué par Jamie. Il n'était pas très ponctuel, il n'était pas si prometteur que ça, songea-t-elle.
Elle attendait depuis plusieurs minutes déjà, quand elle le vit s’approcher d’elle.

- Lieutenant Swan?

- ...

Elle ne sut quoi dire, tant elle était surprise.

- Je suis Richard Rodgers, le pigiste qui a besoin de ton aide pour s’introduire dans les locaux de la brigade cybercrimielle où tu as rendez-vous, dit Storm.

- Tu peux me redire ton nom? Demanda-t-elle après quelques secondes de stupéfaction.

- Richard Rodgers. Je suis né un premier avril, tu veux savoir autre chose?

- Richard Rodgers... Répéta-t-elle... Rodgers... Attends! Comme Martha Rodgers?

- C’est ma mère, sourit Castle.

- Ta mère! Mais alors... Tu es le fils qu'elle a perdu? Comment ça se fait que tu la laisses croire un truc pareil? 

- Ça, c'est seulement pour la presse et le monde en général. Elle sait que je vais bien, si ça peut te rassurer, expliqua-t-il.

- Et... Je dois t’appeler Rodgers?... Ou... je peux t’appeler Rick ou même Ricky?

La voix de la petite Kathy l’appelant « Ricky » encore et encore pour qu’il joue avec elle résonna dans sa tête. Il sourit à l’idée que peut-être elle ne l’avait pas complètement oublié.

- Désolé pour les présentations tardives, dit-il.

- On se rencontre enfin...

- Oui.

- Enchantée, sourit-elle. Mais...

- Mais? 

- Tu mérites une raclée ! Dit-elle en lui donnant quelques coups de poing sur l’épaule.

- Aïeuh! Quelle violence! Tu frappes beaucoup trop fort! 

- C'est mérité! 

Il lui attrapa les poignets et l’immobilisa. Leurs regards se perdirent l’un dans l’autre. Il effleura ses lèvres du bout du pouce. Il s’apprêtait à l’embrasser, quand elle détourna la tête, annonçant qu’ils devaient se dépêcher car elle avait rendez-vous.

Il sourit et lui emboîta le pas, soulagé de lui avoir révélé sa véritable identité. Finalement, ça c’était plutôt bien passé.

 

- Attends! dit-elle lorsqu’ils arrivèrent devant les locaux où travaillait Sorenson. C’est quand même un commissariat, là! Il y a là dedans plein de gens qui te cherchent depuis des années. Tu ne devrais pas te déguiser ou cacher ton visage?

 

- Je ne le fais que quand c’est nécessaire,  répondit-il touché qu'elle s'inquiète pour lui. Tiens, dit-il en sortant une pince à cheveux de sa boîte à gants, la dernière trouvaille de ma patronne. Tu la mets là... Comme ça... Vas-y, dis quelque chose...

- Comme quoi? Demanda-t-elle.

- Encore, dit-il en appuyant sur son oreillette.

- Alors... Castle ne reviendra pas?

- C’est pas assez fort...

Elle attrapa la barrette et la porta devant sa bouche avant de s’écrier: 

- Castle me manque! 

- Ahhhh! Hé! Fais gaffe! C’est hyper sensible ce truc! Pas la peine de parler dedans! Oublie juste que tu le portes, dit-il en lui remettant la barrette. Si tu y fais attention ça va paraître suspect. J’évaluerai la situation quand nous serons à l’intérieur.

Swan se renfrogna et sortit de la voiture en soupirant :

- Castle...

- Bah quoi? 

- Castle... se contenta-t-elle de répéter en s'éloignant.

Un peu perdu devant sa réaction, il enfila sa casquette et la suivit. Elle présenta sa plaque à l’accueil et l’agent en uniforme lui indiqua où trouver le bureau de Sorenson. Rick lui emboîta le pas et ne put s’empêcher de lui faire des recommandations avant que leurs chemins se séparent. 

- Si tu sens le moindre danger...

- On est dans un commissariat ici! Lui rappela-t-elle. Il y a des flics partout! Et puis je suis flic! J’ai un flingue! 

- Ok. Sois prudente quand même! 

 

Ils se séparèrent. M se manifesta aussitôt.

- C’est bon? Tu as fini? On se met au travail?

- Où je vais?

- Au quatrième, puis à gauche.

 

- Désolé de vous avoir fait venir, dit Sorenson en accueillant Swan, mais nous sommes en alerte, nous ne pouvons quitter le poste sous aucun prétexte. Vous voulez boire quelque chose?

- Oh! Non, dit-elle, vous avez l’air très occupé, je vais faire vite.

- Bien, que voulez-vous savoir? Ah! C’est vrai! Échange d’informations.

- Exactement, vous me dites ce que vous savez sur la mort de Treadwell...

- Et vous me donnerez des informations sur Storm! Compléta-t-il.

- Exact!

- On réinitialise à 15h15! Annonça l’un des collègues de Sorenson. Tenez-vous prêts!

- Excusez-moi, dit ce dernier en se plaçant face à son ordinateur.

- Il y a un problème? Demanda Swan.

- Nous sommes en train d’isoler le serveur, désolé. 

Quelques étages au dessus, Rick avait bien sûr tout entendu.


- C’est quoi? Ça isoler le serveur? Répéta-t-il alors qu'il venait de revêtir un uniforme d’agent.

- Bon sang Sorenson! S’écria M dans son antre. Quelle tête de mule! Il a dû flipper quand il a vu la porte dérobée que j’avais installée. Ça veut dire qu’on ne peut pas accéder au serveur en dehors du commissariat ! C’est n’importe quoi! Les criminels sèment la pagaille dehors et les policiers doivent rentrer au poste pour chercher un dossier?

- Calme-toi, M, dit Storm. Nous ne sommes pas vraiment du côté de la police... Enfin Swan si, mais nous... Qu’est-ce qu’on fait? Inutile d’installer une nouvelle porte dérobée, si?

- Installe-toi devant un ordinateur, n’importe lequel, soupira M. Il faut s’en approprier un avant qu’il ne le réinitialisent.

Swan, qui entendait tout, riait sous cape. Cette femme qui aidait Storm avait du tempérament.

- Où en étions nous? Demanda Sorenson en revenant vers elle.

- Nous parlions de Treadwell et de Storm.

- C’est ça! Vous m’aviez laissé entendre que vous ne saviez que très peu de choses sur lui?

- Et vous avez cru ça? Rit Swan. Voyons, dans notre métier, il faut savoir bluffer.

 

Pendant ce temps, Storm avait réussi à s’installer face à un ordinateur, mais ne put que constater qu’il ne pouvait rien faire de là.

- Il coupent tous les accès en dehors de leur réseau, comprit M. Personne n’y entrera avant la réinitialisation.

- Alors, qu’est-ce qu’on fait?

 


Minefuji  (10.06.2020 à 21:19)

Chapitre quatre-vingt-deux

 

- Il doit y avoir au moins un ordinateur connecté à l’extérieur, supposa M. Et s’il y en a un, ça doit être celui de Sorenson.

- Je ne peux pas aller dans son bureau, répondit Storm en quittant la pièce où il était, Swan et Sorenson y sont.

- Il reste quatre minutes, dit M. Si on n’entre pas avant, ce sera fichu, on aura échoué.


De son côté, Sorenson se réinstallait face à Swan pour reprendre leur conversation. 

- Alors, dites-moi ce que vous savez sur Storm, demanda Sorenson.

- Eh bien... J’ai... J’ai déjà rencontré Storm, avoua Swan.

 

Storm, qui suivait leur conversation grâce à son oreillette, se figea, tout comme M, tandis que Swan continuait.

- Quand? Demanda Sorenson intrigué.

- Je l’ai rencontré environ trois fois... ces deux derniers mois.

- Comment? Décrivez-le, demanda Sorenson très intéressé.

- Il est... Oh! C’est lui! S’écria soudain Swan en pointant un endroit derrière Sorenson du doigt.

- Quoi? Où?

- Là-bas! Il vient de passer par là! 

- Quelqu’un est passé? 

Swan lança son bonnet sur son le bureau de Sorenson et se précipita hors de la pièce pour aller à la poursuite de celui qu’elle prétendait avoir vu passer.

- Eh! Attendez! Où allez-vous? S’écria Sorenson en la suivant.

 

Cette diversion permit à Storm d’avoir le champ libre. Décidément, cette jeune femme était extraordinaire, elle avait de la ressource! Elle prit même le temps, dans la cohue qu'elle avait créée, de se retourner et lui faire un signe pour lui indiquer que son bonnet lui indiquerait quel était l’ordinateur de Sorenson. 

Il se dépêcha d’y accéder pour permettre à M d’établir le contact.

- C’est bon! J’y suis! Se réjouit M. Il est à moi maintenant !

 

- Lieutenant Swan? Interrogea Sorenson lorsqu’elle s’arrêta sur le trottoir devant le commissariat.

- C’est bizarre, il était là! Soupira-t-elle.

- Qu’est-ce qu’il se passe?

- Mince... Je croyais que c’était lui...

- Qui donc? Demanda Sorenson perdu.

- Le type pour qui j’avais un faible... Répondit Swan. J’ai cru que c’était lui...

Sorenson la dévisagea un instant avant de se souvenir de la réinitialisation du serveur et de se précipiter à l’intérieur du bâtiment.

- Tu te rends compte de ce que tu viens de faire? Demanda Castle en s’approchant d’elle peu après.

- Je suis fichue... Se lamenta Swan.

- Entrave à la justice, complicité de fuite d’informations... énuméra Castle.

- Pourquoi est-ce que j’ai un petit ami pareil? Marmonna Swan.

- Écoute...

- C’était trop amusant! Se réjouit-elle avant de filer de nouveau à l’intérieur du commissariat.

- Son petit ami? Elle a dit que j’étais son petit ami... Réalisa Castle. Wah! Quelle belle journée! 

 

Pendant ce temps, Monsieur Flynn faisait son rapport à William Bracken. Après vérifications, il s’avérait que Richard Rodgers était bien revenu de Russie le six du mois. Cependant, leur espion dans la police, leur avait envoyé une photo où l’on voyait le jeune homme en compagnie de Swan, or le cliché datait d’avant le six!

- Il parait qu’il doit écrire un article sur la police de NewYork, expliqua monsieur Flynn. Il a commencé à la suivre avant cette date. Avant son retour de Russie...

William Bracken se mit à rire.

- Il peut fabriquer des registres de départ et d’arrivée, on peut donc supposer qu’il s’agit bien de lui sur la photo. C’est Storm.

- Il est entré à la douzième brigade sous le nom de Richard Castle.

- Et Jamie passe beaucoup de temps là-bas depuis qu’il a acheté son petit Journal... Kathy y est aussi... Quel est son nom maintenant? Lo... Lola Swan? Demanda William en se remémorant un détail.

Monsieur Flynn suivit sa pensée et ouvrit un autre dossier de son ordinateur portable.

- Voilà l’enregistrement de l’appel téléphonique reçu par Mme Johanna, que l’agence de monsieur Finch a pu obtenir: 

« Bonjour, madame! Je suis Lola Swan de Everyday News, puis-je parler à Johanna Beckett, s’il vous plaît? »

William se releva d’un bond en entendant la voix de Johanna répondre à Swan.

- Où est Richard ?

- Il a pris quelques jours de congé,  nous le recherchons, monsieur.

- Et Kathy?

- Elle suis sa routine. Elle travaille au poste de police la journée et rentre chez ce Royce le soir, répondit Flynn.

- Vous avez dit que Richard avait grandi sans parents? Demanda William... Et Kathy dans un café, au milieu d’anciens détenus... 

- Oui, Monsieur.

- Ils n’ont donc ni l’un ni l’autre appris à se conduire en société...

- Vous voulez leur donner une leçon? Comprit monsieur Flynn.

- Je devrais, sourit William.

Monsieur Flynn sourit. Il aimait quand son patron avait cet état d'esprit.

- Swan est restée là-bas, s’inquiétait Storm au volant de sa voiture. Elle continue à dire qu’elle y est en sécurité parce que c’est rempli de flics. Pourtant c’est là-bas que mon maître a été assassiné.... Je devrais retourner la chercher.

- Tu vas arrêter ça tout de suite et suivre le plan! S’énerva M. Tout se passe comme prévu! 

- Mais ....  

- Swan est une flic et une grande fille, le coupa M. Elle se débrouille parfaitement, alors ne va pas tout gâcher et suit le plan!

 

Swan avait repris son entretien avec Sorenson, décrivant les fois où elle avait rencontré Storm sans le voir, donnant à son collègue une multitude de détails qui ne lui permettraient certainement pas de trouver Storm.

De son côté, Storm suivit le plan qu'ils avaient élaboré. Il se rendit chez le policier de l’équipe de Sorenson que M avait aperçu en compagnie de monsieur Flynn le jour où Miyagi avait été assassiné.

Pour un flic de la cybercriminalité, il était plutôt vieux jeu. Il avait caché ses faux passeports dans la chasse d’eau des toilettes, Rick y trouva également ses relevés de comptes dans différentes banques.

Storm prit quelques photos de ses trouvailles, ainsi que de l’appartement, qu’il envoya à différents destinataires. Le flic en question, d’abord, histoire de le faire venir au plus vite, Jamie ensuite, afin qu’il puisse informer Sorenson et couvrir l’arrestation du suspect et M bien entendu, pour assurer leurs arrières.

Lorsque Sorenson eut reçu l’appel de Jamie, il comprit rapidement que son collègue était bien la taupe et laissa Swan en plant, pour aller l’arrêter.

Entre temps, la taupe était déjà revenue chez elle. Découvrant les traces du passage de Storm chez lui, le policier se jeta sur son téléphone fixe pour chercher de l’aide.

- Allô? Fit monsieur Flynn au bout du fil. Parlez moins vite, s’il vous plaît. ,.. Attendez, de quel téléphone appelez-vous? 

Monsieur Flynn se figea et raccrocha aussitôt.

Abandonné par son commanditaire, le flic corrompu fila dans sa chambre, attrapa une valise, qu’il commença à remplir en jurant, quand une voix s’éleva derrière lui en même temps qu’il recevait un coup à la tête.

- Je n’ai jamais compris qu’on puisse perdre du temps à faire une valise quand on doit fuir, dit Storm en le ligotant soigneusement. Mais tout le monde agit ainsi, intéressant, non?


Minefuji  (11.06.2020 à 21:03)

 

Chapitre quatre-vingt-trois

 

Lorsque Sorenson et son équipe arrivèrent chez leur collègue,  ils découvrirent toute une série de flèches inscrites sur des post-it collês un peu partout, sur les murs, les portes et meubles. Ces flèches les menèrent d’abord aux clés de l’appartement, puis aux différents passeports et relevés de comptes du suspect, ensuite au téléphone fixe d’où ce dernier avait passé un appel à ses commanditaires et enfin au suspect lui-même, ligoté dans le fond de son propre placard.

Sorenson éclata de rire. C’était ce qu’on pouvait appeler un coupable livré sur un plateau d’argent, un peu comme Treadwell, le meurtre maquillé en suicide en moins.

 

Swan, qui avait suivi Sorenson, le regarda embarquer le suspect dans sa voiture de police. Le cameraman de Jamie, Brett, filmant toute la scène.

Elle saluait Sorenson d’un mouvement de tête, quand un homme s’approcha derrière elle et lui murmura à l’oreille: 

- Vous attendez quelqu’un mademoiselle? 

Elle attrapa sa barrette et l'utilisa comme s’il s’était agit d’un talkie-walkie :

- Arrêtez de lui apprendre des phrases pareilles! c’est ringard! 

 

Il sourit, amusé et l’entraîna avec lui. La journée avait été longue, il était grand temps pour eux de se reposer.

Les voitures de police disparurent  au coin de la rue et Brett arrêta enfin de filmer.

- C’est dans la boîte, dit-il, on devrait rentrer maintenant.

Il se retourna et découvrit qu’il était seul. 

- Il m’ont encore laissé... soupira-t-il. 

 

La partie de la fameuse photo des cinq amis où apparaissait Miyagi apparut sur les millions d'écrans de télévision de NewYork. Il était jeune insouciant et tout sourire.

« Il était une fois, un jeune étudiant et ses amis, en 1971, qui diffusaient une émission de radio pirate pour dénoncer la corruption des puissants, commença Jamie face aux caméras de ses collaborateurs. »

Un enregistrement de l’une de ces émission fut diffusée après ce préambule. On y entendait les voix de Jim et Johanna, dénoncer le licenciement abusif de journalistes.

« Cette émission pirate a duré plus d’un an, expliqua Jamie à ses téléspectateurs. Elle parlait d’évènements que les médias officiels ne relataient pas. Les auditeurs qui parvenaient à les capter les enregistraient et les partageaient avec d’autres. L’émission s’est arrêtée avec l’arrestation de Ryô Miyagi, qui passa les onze années qui suivirent en prison pour avoir dénoncé les abus que des gens puissants voulaient cacher. La police l’a retrouvé plus tard, lors du signalement d’un enlèvement. »

Ils diffusèrent alors le témoignage de Sorenson :

- Au début, nous l’avons entendu en tant que témoin, puis les choses se sont compliquées, il a essayé de nous parler de missions illégales qu’il avait effectuées pour le compte d’hommes puissants.

«  Le treize de ce mois, continua Jamie, une mort suspecte est survenue dans les locaux de la brigade cybercriminelle. La mort suspecte d’un homme, dont aucun journal ne fit mention. Ryô Miyagi a été assassiné pendant son interrogatoire, le suspect arrêté aujourd’hui n’est autre que l’un des inspecteurs de cette brigade de police. Parmi les preuves retrouvées dans son appartement, se trouvait le poison qui avait servi à assassiner Ryô Miyagi, ainsi que des preuves que le suspect recevait chaque mois depuis deux ans des virements de plusieurs milliers de dollars sur des comptes ouverts sous de fausses identités. Qui versait tant d’argent à un policier et pourquoi? Le suspect a passé un appel juste avant son arrestation, en voici l’enregistrement »

- Allo!

- Allô?

- Monsieur Flynn, on a un problème. C’est l’inspecteur Greene. Quelqu’un est entré chez moi. Il a pris le disque dur et le reste. Il en a après moi! Vous devez m’aider!

- Parlez doucement s’il vous plaît...

- Je dois m’enfuir! Aidez-moi !

- Attendez inspecteur, de quel téléphone m’appelez-vous?

 

«  Voici une image de l’inspecteur Greene, qui rencontre monsieur Flynn, continua Jamie. Il se trouve que je connais personnellement monsieur Flynn. Il est l’assistant du candidat à la mairie, William Bracken, depuis dix-huit ans. William Bracken et monsieur Flynn ont été filmés alors qu’ils entraient dans le bâtiment le jour même et à l’heure où Ryô Miyagi a été enlevé. La police a obtenu ces preuves... »

 

William Bracken, qui assistait à l’émission se leva brusquement et se précipita dans la chambre de Johanna, qu’il trouva comme il le craignait avec son ordinateur portable sur les genoux en train de regarder l’émission de son frère.

- Tu regardais? Demanda-t-il avec hésitation.

- Ryô est... mort, dit Johanna. Tu le savais?

- Est-ce que ça va? Je ne t’ai rien dit parce que je craignais que tu ne sois bouleversée...

Elle s’approcha de lui.

- J’aimerais être seule, annonça-t-elle calmement.

- Johanna... Plaida-t-il soucieux.

- S’il te plaît.

Johanna était sa faiblesse, il n’avait jamais pu lui refuser quoi que ce soit. Il quitta la pièce à reculons et la regarda fermer la porte avec la désagréable impression qu’il s’agissait de celle de son cœur.

Elle releva l’écran de son ordinateur portable et écouta bouleversée la conclusion de l’émission de Jamie.

«  Il y a trop de personnes dont la mort est suspecte et injuste, mais leur mort est passée sous silence par les médias. Nous ne pouvons pas écouter toutes leurs histoires, mais nous voulions entendre au moins l’une d’elles. Nous avons fait cette émission pour dire cela. Nous ne vous oublions pas. »

 

Swan regardait l’émission dans les bras de Rick, chez lui. 

- Tu disais... qu’il était ton maître... Commença-t-elle. 

- Oui...

- Ça fait très Star Wars tout ça! C’est lui qui t’a aidé à devenir Storm?

- Oui. Il est devenu Storm quand il est sorti de prison et mon maître quelques années après. 

- Et c’était un ami de ton père?

- Oui.

- C’était un homme bien?

- Oh! Non... C’était un vieux pervers.

- Mais tu l’aimais, sourit-elle.

- Oui, avoua-t-il, il était comme un père pour moi.

- Tu es entouré de beaucoup de gens bien, constata-t-elle.

- Vraiment ?

- Oui, comme cette femme qui est venue me voir, ton maître et moi... Mais je suis la meilleure évidemment.

- Evidemment! Approuva-t-il en enfouissant son nez dans son cou.

Il se redressa soudain.

- Quoi?

- Elle est venue te voir?

- Qui ça? 

- La femme qui m’aide dans mes missions! Elle est venue te voir?

- Bah oui, elle n’avait plus de nouvelles de toi, elle s’inquiétait, elle s’est dit que j’étais la seule personne à qui tu ouvrirais... expliqua Swan.Pourquoi tu fais cette tête? 

- Elle n’a jamais voulu que je la rencontre... Soupira Rick. Je suis vexé...

- La première fois, quand je l’ai eue au téléphone, j’ai cru que c’était ta mère, rigola Swan.

- Qu’est-ce qui te fait rire là-dedans? S’étonna Castle. 

- Sa tête, quand elle est venue me voir et que je lui ai dit qu’elle était ta mère. Tu dois souvent la rendre chèvre...

- C’est elle, qui a un caractère épouvantable! Moi, je suis adorable.

- C’est vrai que tu es adorable, sourit-elle en l’embrassant.

 

Ils se blottirent encore plus l’un contre l’autre, savourant ce moment de bonheur qu’ils savaient mieux que personne combien il était précieux. 

 

 


Minefuji  (12.06.2020 à 15:25)

Chapitre quatre-vingt-quatre

 

Comme un sentiment de victoire et d’apaisement flottait dans les cœurs de  Rick, Jamie et Lola.
Bien sûr, il ne s’agissait pour le moment que d’une bataille, mais ils en tiraient un immense sentiment de satisfaction.

Ce sentiment ne dura cependant pas très longtemps pour Jamie, qui  reçut un appel de son frère ce soir-là.

- Monsieur Bracken le candidat à la mairie! Dit-il d’un ton faussement admiratif en décrochant.

- J’ai bien aimé ton émission, déclara William poliment. 

- Merci. Mais tu n’as encore rien vu, nous ne faisons que commencer.

- « nous »? Reprit William acerbe.

- Je sais que c’est un concept que tu as du mal à intégrer, grand frère, railla Jamie.. 

- Tu es toujours aussi puéril, se moqua William. Dans ce monde, seule la survie compte. Nous, nous restons ensemble, même si on a été trahis ou humiliés. Notre lien est indestructible. Et vous? Qu’est ce qui vous unit, dis moi? Oh! Je sais! Une cause!

- Je viens de recevoir un appel, annonça Jamie. Ton fidèle assistant, monsieur Flynn est arrivé au commissariat. Je suis sûr qu’il ne pourra pas s’arrêter de parler. Ça ira?

- Oh ! Ça ira! Répondit William avec assurance. Parce que je le ferai sortir très vite. Et toi? Ça ira?

- Je dors peu, mais je suis toujours en bonne santé. Ne t’en fais pas pour moi, sourit Jamie.

- Ces enfants te font confiance? Tu crois que tu peux les garder à tes côtés grâce à ta cause infondée ? Tu crois qu’il y aura toujours un « nous »? Dit William pour le provoquer.

- Je sais que tu es devenu pitoyable, mais tu n’aurais pas dû parler d’eux! Gronda Jamie.

- C’est toi, qui les as mêlés à ça en premier! Dit William en riant. Ils ont bien grandi. Pourquoi es-tu venu troubler leur tranquillité ? Sans toi, ils seraient toujours serins. Il paraît que tu fais toujours des cauchemars. Tu aurais dû endurer ça tout seul et les laisser tranquilles.

- William ! L’avertit Jamie bouillonnant de rage.

- Voilà ce qui arrive, quand on crée des camps! On se fait des ennemis ! Continua William ravi d’avoir touché un point sensible.

- Je dois prendre ça pour une déclaration de guerre? S’énerva Jamie.

- Ah! Ah! Mais mon vieux, la guerre, c’est toi, qui l’as déclarée! Répondit William en éclatant de rire.

Jamie raccrocha en se prenant la tête entre les mains. Ce n’était pas possible, son frère ne reculait devant rien! Comment avait-il pu devenir aussi monstrueux?

 

Swan rentra chez elle en fin de soirée, malgré les protestations de Rick. Elle ne voulait surtout pas éveiller les soupçons de son père et de L’ours. Tant qu’ils ne savaient rien de son histoire avec Rick, elle avait la paix.

 

- On se voit au poste demain? Demanda-t-elle en lui piquant un baiser sur les lèvres.

- Euh... Demain matin, j’ai quelque chose à faire avant. Je te rejoindrai après, avec ton café préféré, répondit-il.

- Tu as une nouvelle mission? Demanda-t-elle surprise.

- Euh... Oui. 

Elle le regarda fixement, mourant d’envie de lui poser un tas de questions à ce sujet. 

- Sois prudent, finit-elle par dire en l’embrassant avant de partir.

- C'est promis, sourit-il amèrement.

Encore une fois, il ne pouvait pas être totalement honnête avec elle et cette idée lui nouait l’estomac. Mais comment pouvait-il lui dire qu’il allait chercher la preuve de l’innocence de son père sans lui parler de son véritable père à elle? Comment réagirait-elle quand elle saurait? Comment lui avouer ce qu’il avait découvert à son sujet? Comment être sûr que la vérité ne tuerait pas sa mère? Toutes ces incertitudes allaient le rendre fou.

 

- Ça va? Demanda-t-elle en posant une main sur sa joue. Tu as l’air soucieux.

- Oui, ça va... C’est juste que je n’aime pas te voir partir...

- On s’appelle demain matin, promit-elle. 

- D’accord... Oh! Attends! Je vais te ramener chez toi. Ce n’est plus une heure pour prendre les transports en commun...

- Dis plutôt que ça te donne l’occasion de grappiller quelques instants avec moi, rit-elle.

- Et... Ça t’ennuie? 

- Absolument pas! En route, chauffeur! 

 

 

Le lendemain matin, Rick fut réveillé par les rayons du soleil, qui inondaient son logement. Il allait peut-être devoir investir dans des rideaux finalement. Il attrapa son téléphone et composa le numéro de Swan, dont il mourait d’envie d’entendre la voix. 

Au même moment, alors que Swan préparait ses affaires pour se rendre au poste de police, elle reçut un appel.

Celui de Rick tomba directement sur sa boîte vocale.

- Allo! 

- Bonjour, mademoiselle, c’est Johanna Beckett. Vous vous souvenez de moi?

- Bien sûr! Je suis ravie de vous entendre! Répondit la jeune détective.

- J’aimerais vous rencontrer, dit Johanna. Vous êtes libre ce matin ?

- Oui! Bien sûr! Je suis libre, se réjouit Swan. Où voulez-vous que nous nous rencontrions? 

- Le plus simple serait que vous veniez chez moi, proposa Johanna.

- Bien sûr! Pas de problème, je vais venir chez vous. 

- Voulez-vous que j’envoie quelqu’un vous chercher?

- Oh non! Ne vous donnez pas cette peine! Je viendrai seule! Se réjouit la jeune femme. Je ne m’attendais pas à ce que vous me contactiez! Merci! 

- À plus tard mademoiselle, répondit Johanna satisfaite. 

- Yes! Fit Swan en attrapant ses affaires ravie de la confiance que lui accordait la compagne de William Bracken. 

Elle avait à peine quitté le café de son père adoptif, que le chauffeur d’une luxueuse voiture noire l’appela. 

- Mademoiselle Swan?

- Oui? C’est moi...

- S’il vous plaît, dit le chauffeur en ouvrant la porte arrière de la voiture.

La jeune femme s’approcha à pas hésitants de la voiture pour rencontrer la personne qui souhaitait la voir et tomba nez à nez avec William Bracken. Ce qui était vraiment trop gros pour n'être qu'une coïncidence.

- Mademoiselle Swan, vous vous souvenez de moi? Demanda ce dernier avec un sourire digne du parrain.

- Évidemment, répondit la jeune femme méfiante.

- Ma femme vous a appelée ? Demanda encore Bracken.

- Euh... Oui, à l’instant...

Ce type était effrayant, soit il faisait surveiller sa femme et avait mis son téléphone sur écoute, soit elle lui avait parlé de ses intentions et il avait pris les devants pour être certain de tout maîtriser. Ce qui était certain, c’était que sa femme ne se doutait pas qu’il était là, puisqu’elle avait proposé d’envoyer une voiture...

- Venez, je vous emmène, dit Bracken devant le silence de Swan. 

- Oh! Ça ne sera pas la peine... refusa-t-elle poliment.

- Montez, insista-t-il fermement.

Elle hésita un instant avant de finalement monter dans le véhicule, tout en restant sur ses gardes.

- Vous craignez la voiture ? Demanda Bracken en remarquant son hésitation.

- Oh! Euh... Je ne conduis que ma voiture de fonction quand je travaille, explique-t-elle. Pour le reste, je suis plutôt une piétonne dans l’âme. J’ai dû être traumatisée dans mon enfance, parfois je fais des cauchemars impliquant des voitures qui foncent dans une rue sombre...

William parut troublé.

- On peut y aller? Demanda le chauffeur.

- Oui, répondit Bracken, mais roulez doucement, nous ne voudrions pas effrayer mademoiselle Swan.

- Bien Monsieur.


Minefuji  (13.06.2020 à 19:28)

Chapitre quatre-vingt-cinq

 

Ignorant totalement ce qui se passait pour Swan et vêtu du manteau offert par sa mère, de sa casquette noire et d’une paire de lunettes spéciales que lui avait fournie M, Storm arriva dans une petite épicerie où il entra sans rien demander alors que la propriétaire commençait tout juste à en préparer l’ouverture.

- On n’est pas encore ouvert! Protesta-t-elle.

- Est-ce que John Raglan est ici? Demanda-t-il sans écouter ses protestations.

Un homme était assis à une table dans un coin de la salle, il faisait une partie de solitaire avec un vieux jeu de cartes sans dire un mot. Ce devait être lui.

Storm sortit un papier de sa veste sur lequel le nom de Raglan était inscrit à côté de la mention responsable des enquêtes criminelles en 1982.

Castle vint s’asseoir devant lui.

- Monsieur Raglan, vous étiez à la criminelle en 1982... commença-t-il.

L’homme ne répondit pas et ne leva même pas un regard vers Rick.
Pour provoquer une réaction de sa part, Rick retira une carte du jeu et la remit dans la pioche. Sans un mot, Raglan replaça la carte et continua son jeu.

- Il passe ses journées dans sa chambre  à jouer aux cartes et ne parle jamais à personne, intervint la femme.

- Vous vous rappelez d’avoir été inspecteur? Demanda Storm. Monsieur?

- ...

Pour l’agacer, Storm retira cette fois plusieurs cartes et les jeta dans la pioche. Raglan les replaça aussitôt, toujours sans dire un mot.

Castle recommença et cette fois, Raglan lui attrapa le poignet pour l’en empêcher.

- Vous vous souvenez d’avoir interrogé un homme, Jackson Hunt, n’est-ce pas? Demanda Storm.

- ...

- Vous vous souvenez? Jackson Hunt! Insista Rick. C’était dans votre commissariat en 1982.

Raglan reprit son jeu sans un mot. Storm soupira. Il s’apprêtait à renoncer lorsque Raglan sortit de son mutisme.

- Hunt...

- Oui! Hunt, c’est ça! Vous vous souvenez?

- Jackson... Hunt... Marmonna Raglan. On a perdu nos badges à cause de lui...

- Qu’est-ce qu’il s’est passé? Demanda Rick.

- Jackson Hunt... Se contenta de répéter Raglan. J’ai perdu mon badge à cause de lui...

- Il veut dire qu’il a perdu son travail, intervint la femme. C’était quand? En 1982, vous dites? Ah oui! Ils ont tous été virés cette année là.

- Vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé en 1982? Tiqua Storm étant donné son jeune âge .

- Ma famille a été fichue à la porte parce qu’il s’est fait virer, alors oui, je m’en souviens ! Assura la femme.

- Votre père a dit « on », d’autres personnes ont également perdu leur plaque à cette époque? Demanda Storm.

 

En sortant de l’épicerie, quelques instants plus tard, Storm s’empressa d’appeler M.

- Raglan a perdu la boule, on en tirera rien, mais j'ai le nom de son collègue, expliqua Rick. Gary MacAlister, c’est le nom de l’autre flic qui a perdu sa plaque à cause de mon père.

- Il se souvenait de son nom? 

- C'est sa fille qui me l'a dit. Tu peux le trouver? Demanda Rick.

- Qu’est-ce que je suis pour toi? Une machine? Tu insères une pièce et je distribue? S’agaça M.

- Il paraît que Swan a vu le visage de cette machine. Bon sang je travaille avec toi depuis huit ans et tout ce que j’ai vu c’est ce fichu personnage de cartoon. J’étais furieux quand elle m’a dit que tu étais allée la voir.

M ne l’écoutait que d’une oreille distraite. Son attention était focalisée sur un point se déplaçant sur une carte. Quelque chose clochait encore une fois. Cependant, elle se garda d’en parler à Storm. Il avait un peu trop tendance à agir imprudemment ces derniers temps.

 

En arrivant à son journal, Jamie reçut un appel en provenance d’un numéro qu’il avait enregistré au nom de « femme anonyme ». Étant donné que cette femme lui avait annoncé le décès de Miyagi, il redouta ce qu’elle allait lui annoncer cette fois...

- Jamie Bracken, annonça -t-il en décrochant.

- Je surveille toujours le signal du téléphone de Lola Swan et elle vient d’arriver à un endroit qui ne m’inspire pas du tout. J’ai envisagé de prévenir Storm, mais il continue d’exposer son visage partout. Si je le préviens, il voudra encore courir la rejoindre et ça tournera encore au cauchemar, annonça M sans détour.

 

À quelques blocs de là, William Bracken venait d’entrer dans son bureau en riant, suivi de Swan.

- Vous êtes incroyable, mademoiselle Swan. Qui aurait pu croire que vous n’étiez pas une véritable journaliste, mais un flic infiltré. Remarquez pour enquêter, les journalistes et les policiers utilisent des méthodes qui se rapprochent, non? Vous avez de la ressource, vous feriez une grande journaliste. Vous êtes futée et vous passez mille fois mieux à la caméra que mon frère, expliqua William Bracken avec un sourire fier.

Il se dirigea vers son bureau en riant de ses dernières paroles et prit quelque chose dans l’un des tiroirs.

- Euh... Monsieur... Je suis en retard pour le rendez vous avec votre compagne... tenta Swan, qui ne comprenait pas ce qu’elle faisait là.

 

Au même moment,  Johanna, qui venait de sortir la fournée de cookies qu’elle avait préparée pour son entrevue avec Swan, lorsqu’une employée de la maison vint lui annoncer que son rendez-vous était annulé suite à un contretemps. 

 

- Ne vous en faites pas, répondit Bracken, je l’ai déjà fait prévenir. Je sais que vous êtes très occupée, alors j’irai droit au but.

- Ah... Euh... Merci, bredouilla-t-elle perdue.

- Je voudrais que vous ajourniez votre rencontre avec ma compagne, annonça Bracken. Je vous en prie, asseyez-vous.

- Puis je vous demander pourquoi? Demanda Swan soucieuse en s'installant sur la chaise qu'il venait de désigner .

- Il y aurait dans votre entourage une personne dangereuse, expliqua William en s'asseyant à son tour.

- Pardon? 

- Vous connaissez Richard Rodgers?

- Qui? Demanda-t-elle surprise. 

- Peut être pas finalement... Alors Jamie est le seul à le connaître...

- Si vous pouviez me donner un indice... suggéra-t-elle curieuse de savoir où il voulait en venir.

- J’avais un groupe d’amis très proches à l’université, dit William en lui tendant la photo des cinq amis qu’il avait prise dans son tiroir. Là, c’est moi et voici ma compagne... Et lui, c’est mon ami Jackson Hunt... C’est le père de Richard Rodgers. Lui, c’était le premier Storm, Ryô Miyagi. Il est mort récemment. Je l’ai vu un peu avant sa mort et il m’a dit qu’il avait fait du fils de Jackson, Richard Rodgers, le prochain Storm. Vous connaissez ces mercenaires qui se disent des « transporteurs »?

- Euh... Oui, vaguement...

- Ils font toutes sortes de tâches ingrates pour de l’argent. Le premier Storm, Miyagi, suivait des règles. Mais ce garçon, Richard, il a commencé à franchir les limites, expliqua William Bracken.

 - Que voulez-vous dire? 

William sourit et appela sa secrétaire pour qu’elle fasse venir l’un de ses collaborateurs. 

- Pourquoi suis-je ici? Demanda finalement Swan.


Minefuji  (14.06.2020 à 18:38)

Chapitre quatre-vingt-six

 

- Je crois que mon frère travaille avec Storm, expliqua Bracken. Il est prêt à enfreindre la loi pour se rebeller contre moi. Jamie est comme un fils pour moi, et j’ai cru comprendre que vous étiez proche de lui. S’il vous plaît, aidez moi avant que Jamie et Richard ne commettent des bavures. 

Le collaborateur de Bracken arriva. Ce dernier fit les présentations en expliquant qu’il devait convaincre la jeune femme de se rallier à leur cause.  
- Mais... Tenta Swan, vous aviez dit que vous seriez bref...

- Mon collaborateur ici présent, va vous exposer les données que nous avons recueillies  sur ce Storm, ça ne prendra pas longtemps, soyez sans crainte.

Swan suivit l’homme en se disant qu’ainsi, elle pourrait peut-être découvrir les dernières manigances de Bracken.

L’homme l’emmena dans une pièce où un tableau semblable à celui de ses enquêtes était installé. 

- Nous enquêtons sur Storm depuis quelques temps déjà, annonça le collaborateur de Bracken. Voici la problématique.

- La problématique? Tiqua Swan.

- On a découvert pas mal de choses, par exemple qu’il a volé des vidéos dans le coffre-fort de Treadwell et qu’il vous les a données, n’est-ce pas?

Swan fit mine de ne pas voir de quoi il parlait.

 

Peu de temps après, Jamie débarqua en trombe dans le bureau de son frère.

- Tiens! Ça faisait longtemps, sourit ce dernier. Tu es venu pour Kathy?

- Si tu veux jouer avec quelqu’un, fais le avec moi, déclara Jamie en colère.

- Je tiens à m’assurer que Kathy et Ricky aient des vies confortables, rétorqua William. Je vais faire de Kathy une grande reporter et je vais faire en sorte que Ricky se rende. Je vais lui trouver un excellent avocat et m’assurer qu’il ait une peine aussi légère que possible. Il doit se réintégrer dans la société.

- Pourquoi? Pourquoi ferais-tu quoi que ce soit pour eux? Siffla Jamie.

- Leurs pères étaient mes amis! Répondit William comme s'il s'agissait d'une évidence. Il n’y a pas grand chose que tu puisses faire pour eux. Sérieusement, à part journaliste sur internet ou continuer tes petits larcins... Quelle vie pourrais-tu leur offrir?

Jamie éclata d’un rire nerveux devant le toupet de son frère.

 

Non loin de là, Swan se retenait de bâiller d'ennui devant l'exposé qui lui était fait.

- Il y a deux mois, Storm a été engagé pour obtenir quelque chose de Monsieur Jonas. Le lendemain, il était retrouvé mort. Storm a été désigné par la police comme principal suspect. Plus tard il a volé des documents dans le coffre-fort de Treadwell, expliquait le collaborateur de Bracken en pointant les documents du tableau. Deux jours plus tard Treadwell était  retrouvé mort et on a conclu à un suicide. Pourtant il y avait de forts soupçons chez les policiers qu’il s’agissait en fait d’un meurtre et Storm était encore le principal suspect. 

Swan levait les yeux au ciel, qu’espérait-il? La convaincre qu’ils étaient les gentils? Ils pouvaient toujours courir. Elle avait confiance en Rick. 

 

- Le père du second Storm était Jackson Hunt, continua-t-il. Lui aussi était un meurtrier. Il a tué son meilleur ami, Jim Beckett en 1983...

Cette information mit Swan mal à l’aise, pourquoi remonter aussi loin, dans la vie du père de Rick, qui plus est! Les enfants ne sont pas responsables des actes de leurs parents! Il lui avait fallu des années pour comprendre qu’elle n’était en rien responsable dans le choix de ses parents de l’abandonner.

 

- Voilà, je vous ai tout dit, termina-t-il. Vous avez des questions?

Pourquoi se sentait-elle aussi mal? Elle n’aurait su le dire, mais il fallait qu’elle sorte de là, sa vue se brouillait et sa respiration s’accélérait. Il y avait quelque chose de malsain dans l’air.

 

Le téléphone sonna et l’une des employées non loin de là décrocha. 

- C’est de la part de?

- Bonjour, je suis la fille de John Raglan. On m’a dit d’appeler à ce numéro, si quelqu’un venait poser des questions sur Jackson Hunt. C’est pour cela que j’appelle.

- Vous avez fait ce qui était convenu? Demanda l’employée. 

- Oui! Bien sûr! Je lui ai parlé de Gary MacAlister! Quand allez vous envoyer l’argent? Je vous donne mon numéro de compte?

La femme raccrocha et annonça au collaborateur que leur cible avait mordu à l’hameçon. 

Ils quittèrent la pièce, laissant Swan seule. Elle s'approcha du tableau, où se trouvait les documents recueillis par les hommes de Bracken. Le nom du père de Rick se trouvait sur une feuille où était mentionné le nom de Jim Beckett, son ami.

Rick savait-il tout ça? Il était si secret, comment savoir?

Au bout de quelques minutes, elle quitta la pièce telle un automate et tomba sur Jamie dans le couloir, qui lui annonça qu’il était venu la chercher.

Elle le suivit sans dire un mot jusqu’au parking souterrain et s’arrêta devant la voiture de Jamie.

- Qu’est-ce qu’il y a? Demanda Jamie soucieux devant l’attitude étrange de la jeune femme.

- Votre frère pense que Rick est Storm, dit-elle finalement après quelques instants d’hésitation. Il pense aussi que vous faites équipe avec lui.

- C’est vrai, j’ai fait équipe avec lui, répondit Jamie.

- Votre frère a un poste très élevé et pourtant, il est venu personnellement me chercher chez moi... Et puis, il a dit toutes ces choses... 

 

Jamie pouvait presque voir les pièces du puzzle s’assembler dans la tête de sa protégée.

 

- Vous aussi vous avez un poste très élevé dans votre nouvelle rédaction, continua-t-elle, vous êtes le président de votre propre journal après tout... Et vous avez fait tout ce chemin pour venir me chercher moi, pendant vos heures de travail, alors que je ne travaille même pas pour vous... Pourquoi?

 

Jamie fit quelques pas vers elle, elle recula aussitôt. Il comprit le message et s’arrêta.

- Quand j’ai rencontré Storm... Ajouta-t-elle encore. Enfin... Quand j’ai rencontré Rick, il m’a volé une mèche de cheveux. Vous avez dit que vous l’aviez engagé pour le faire. Pourquoi?

- J’allais te le dire à un moment donné... hésita Jamie.

- Quand?

- Je suppose que le moment est venu, n’est-ce pas? Je n’avais jamais pensé que ce serait dans un parking souterrain...Soupira-t-il avant de se lancer. Swan, ta mère biologique est vivante.

La jeune femme pouffa.

- La compagne de mon frère, continua Jamie, la femme que tu as essayé de rencontrer aujourd’hui... Johanna est ta mère, et ton nom est Katherine Beckett.

L’annonce fit l’effet d’une bombe à Swan. 

- Qu’est-ce que vous racontez là, rit-elle à la recherche d’une échappatoire.

- Je suis désolé de ne pas te l’avoir dit plus tôt... J’avais une bonne raison, en fait je... J’avais peur et j’ai repoussé le moment...

Elle eut soudain très chaud et sa respiration s’accéléra.

- Ça va, Kathy ?

- Ça n’a pas de sens... suffoqua-t-elle.

- Kathy...

 


Minefuji  (15.06.2020 à 18:39)

Chapitre quatre vingt-sept

 

Pendant ce temps, Rick était arrivé au bar où était censé travailler Gary MacAlister. Ce n'était pas le genre d'endroit qui inspirait la confiance.

- Je l’ai trouvé, annonça-t-il à M, mais cet endroit a l’air louche.

- J’ai un mauvais pressentiment également, répondit-elle. On a trouvé un policier qui a été licencié il y a dix-huit ans et on a obtenu une réponse en quelques heures. C’est impossible. Je me sens très mal à l’aise avec tout ça.

- Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre de toute façon? On n’a pas le choix, alors faisons de ce piège une opportunité, dit Storm en entrant dans le bar d’un pas décidé.

Un employé était occupé à balayer et une autre se tenait derrière le comptoir.

- C’est pour quoi? Demanda celui qui balayait.

- Il paraît que Gary MacAlister est ici.

- Qui?

- Gary MacAlister. Vous êtes sourd? Mac-A-lis-ter! Articula Storm en levant la voix.

 

L’homme posa son balai et se dirigea vers sa collègue. Ils discutèrent à voix basse et elle passa un appel.

- Vous ne voulez pas me répondre? Intervint Rick. Dites-moi juste s’il est là où si vous ne le savez pas.

- Attendez un instant, répondit l’homme en ramassant son balai avant de quitter la pièce.

Storm s’avança vers sa collègue.

- Combien de temps je dois attendre? Non, parce que je déteste attendre.

Quelques temps après, trois hommes entrèrent dans le bar.

- Il paraît que vous cherchez MacAllister... Dit l'un d'eux.

- Désolé, mais celui que je cherche doit être bien plus âgé que vous, plaisanta Rick.

- On va vous emmener le voir, suivez-nous.

- C’est marrant, mais je ne vous crois pas du tout, dit Storm.

 

Ils s’approchèrent pour l’emmener manu militari, quand le téléphone de Storm sonna, c’était un appel de Swan.

- Oh! Je dois prendre cet appel, désolé. 

Les trois hommes échangèrent un regard et un sourire de connivence.

- Tu appelles tard, dis-moi, fit Storm tout en leur distribuant des baffes comme si de rien était. Tu étais occupée? J’ai essayé de t’appeler trois fois.

- J’ai rencontré William Bracken ce matin... dit Swan d’une voix éteinte.

- Quoi? Pourquoi tu as vu ce crétin? Demanda-t-il en continuant d’asséner des coups aux trois autres.

- Il sait que tu es Storm, murmura-t-elle.

- Ah... Ne t’inquiète pas pour ça...

- Tu es avec quelqu’un? 

- Ah... Non... Je fais le ménage, c’est tout. Alors? Qu’est-ce qu’il s’est passé?

- Il a dit que tu étais méchant et dangereux.

- Arf... Je suppose que ça signifie qu’il ne m’invitera pas pour Thanksgiving... Que faisait Jamie? Il ne l’a pas empêché? Demanda Rick en évitant un coup de point.

- Jamie s’est excusé... 

- ...

- Il m’a demandé pardon de ne pas m’avoir parlé de ma mère quand il l’a appris...

- ...

Déconcentré, Rick reçut un coup de poing en pleine figure.

- Swan... Je te rappelle, dit-il. 

Il raccrocha et envoya au tapis les trois guignols avant de demander à la fille au comptoir ce qu’elle savait sur MacAlister.

 

Une voiture se gara dans la rue et quelques hommes entrèrent dans le bar prêts à en découdre eux aussi. Heureusement, Rick était déjà sorti. Il plaça un émetteur à l’arrière de leur voiture et fila.

- C’était bien un piège, annonça-t-il, mais ce n’étaient pas les hommes de Finch. J’ai mis un traceur sur leur voiture, alors occupe-t-en.

- Eh! Tu es au courant que c'est moi la patronne? Marmonna M.

Cette affaire réglée, Rick rappela Swan, mais elle ne décrocha pas. Elle demeurait prostrée dans sa chambre, devant les photos d’elle petite fille en compagnie de sa mère.

Jamie les lui avait données lorsqu’ils étaient arrivés dans son bureau. Il lui avait expliqué qu’elle avait eu un très grave accident de voiture en 1983. La jeune femme avait lu des coupures de presse relatant l’état gravissime dans lequel Johanna se trouvait à l’époque. 

Il lui avait également montré les rapports médicaux de sa mère, concernant son état actuel. Elle avait besoin de repos absolu et souffrait d’épilepsie symptomatique, de lésions cérébrales et de dépression.

Jamie lui avait alors expliqué que si on la mettait sous pression, Johanna faisait des crises et qu’alors son cerveau risquait de manquer d’oxygène, ce qui pourrait entraîner d’autres lésions et une hémorragie cérébrale. Dans le pire des cas, elle pourrait tomber en état de mort cérébrale.  Toutes ces révélations lui avaient lacéré le cœur. À quoi bon retrouver sa mère, si le simple fait de le lui dire risquait de la tuer? 

- L’état de ta mère s’est amélioré, avait dit Jamie, mais elle fait des crises à chaque fois que ton nom est prononcé. Elle ne vit que deux jours par an, celui de ton anniversaire et le jour de ta mort.

- ...

- Tu ne te souviens de rien? Avait demandé Jamie en montrant une photo d’elle petite fille en compagnie de sa mère. Tu avais presque quatre ans à l’époque.

- Tout ce dont je me souviens, c’est d’une autoroute.

- Une autoroute?

- J’étais debout au bord d’une autoroute cette nuit là. Les voitures roulaient vite, un camion klaxonnait. J’avais peur et je pleurais... C’est tout ce dont je me souviens.

- ...

- Quelques photos et quelques notes d’un médecin, c’est tout ce qu’il y a? Demanda - t-elle en feuilletant le dossier que Jamie venait de lui donner.

- J’espère que tu comprends pourquoi je ne t’ai rien dit. J’essayais de garder ta mère en vie.

- Oh! C’est facile à comprendre. J’ai toujours une mère... Mais elle mourra si elle apprend que je suis en vie...

- Oui.

- Oui, mais pourquoi ne m’avoir rien dit? Demanda encore Swan. J’aurais pu faire semblant de ne pas savoir...

- ...

- Pourquoi m’a-t-elle abandonné ?

- Elle ne t’a pas abandonnée, elle t’a perdue, corrigea Jamie.

- Pourquoi ne m’a t elle pas cherchée dans ce cas?

- On lui a dit que tu étais morte. J’ai tellement de chose à te dire...

- Rick sait pour ma mère? 

- Je ne voulais pas qu’il te le dise, répondit Jamie ennuyé. Je lui ai demandé d’attendre.

- Pfff... Il n’était pas de mon côté depuis le début, dit-elle amère.

- Tu veux bien écouter ce que j’ai à te dire?

- Oublie ça, dit-elle en emportant les papiers. Je vais  étudier ça moi-même.

Il tenta de la retenir, mais elle l’esquiva.

- J’ai besoin d’être seule, dit-elle. 

- Tu ne me fais plus confiance ?

- Non. Désolée.

- Kathy...

- Je suis Lola Swan! Je ne suis pas Kathy ou je ne sais qui d’autre! Assena-t-elle avant de partir en claquant la porte. 

 

Depuis, elle était rentrée chez elle et demeurait prostrée dans sa chambre. L’ours et Royce n’avaient pu que constater son état et s’inquiéter pour elle, elle ne leur avait pas dit un mot depuis qu’elle était rentrée. Rick aussi avait essayé de la rappeler plusieurs fois, elle n’avait pas décroché.

 


Minefuji  (16.06.2020 à 17:44)

Chapitre quatre-vingt-huit

 

Au bout d'un long moment, Swan décida qu’elle devait se ressaisir. Après tout, elle était forte et saurait se remettre de ces révélations. Ce n’était pas la première fois qu’elle se sentait trahie, elle irait de l’avant malgré cette nouvelle épreuve. 

Elle ramassa les papiers et les photos que Jamie lui avait confiés et les rangea dans la grande enveloppe qui les contenait au départ. 

C’est alors qu’elle remarqua une feuille qui était restée à l’intérieur. Intriguée, elle la prit pour voir de quoi il s’agissait.

C’était un extrait de registre familial, mentionnant le nom de son père biologique, Jim Beckett.

Tout les éléments du tableau du collaborateur de William Bracken lui revinrent en mémoire aussitôt. Jim Beckett avait été assassiné en 1983 par son meilleur ami, Jackson Hunt. Et ce dernier n’était autre que le père de Rick.

Le père de Rick avait assassiné son père biologique. Elle lâcha la feuille et recula jusqu’au mur, choquée. Le père de Rick avait assassiné son père biologique ! On était en pleine tragédie grecque là! 

 

Pendant ce temps, Jamie reçut un appel de Johanna à son bureau.

- Je ne te dérange pas j’espère, dit elle. 

- Tu ne me déranges jamais, c’est moi, qui devrais t’appeler plus souvent, dit-il, désolé.

- Quand allais-tu me dire que tu étais devenu le directeur de ton propre journal? Demanda Johanna avant de se reprendre. Oh... Désolée, je t’embête déjà...

- Ne t’en fais pas pour ça...

- Une de tes journalistes, Lola Swan, devait m’interviewer ce matin, mais elle a eu un empêchement apparemment... L’interview est annulée?

- Je ne sais pas... Répondit Jamie en repensant à la tristesse qu'il avait pu lire sur le visage de la jeune femme quand elle avait quitté son bureau.

- Je peux te demander de te renseigner? 

- Tu n’aimes pas les interviews d’habitude.

- Je sais... Accorda Johanna. Je n’aurais peut-être pas dû accepter... Je me pose la question. Mais... 

- Jo...

- Oui?

- Swan... Commença Jamie. Elle traverse une mauvaise passe... Lui demander d’aller te rencontrer... Serait juste trop cruel...

- « Cruel »? Tiqua Johanna. Qu’est-ce qui pourrait être si cruel dans le fait de me rencontrer? Pourquoi les journalistes utilisent des mots aussi durs de nos jours? 

- Des mots durs? Rit Jamie la voix nouée par l’émotion.

 

L’ours était en train de nettoyer les tables du café, quand Rick entra et se dirigea directement vers la chambre de Swan.

- Castle? 

- Swan est en haut? Demanda le jeune homme sans s’arrêter .

Royce arriva à son tour.

- Il faut qu’on parle... Dit ce dernier en lui barrant le passage. L’ours s’approcha à son tour.

- D’abord je vais parler à Swan, rétorqua Castle en les poussant dans les bras l’un de l’autre.

- Hé! S’écrièrent les deux hommes en se séparant prestement lorsque leur moment de sidération fut passé.

Rick frappa à la porte de la chambre de la jeune femme.

- Swan! Tu es là? Je peux entrer?

 

Elle ne répondit pas, Rick entra alors dans sa chambre. La fenêtre était ouverte, des documents étaient étalés sur son lit, mais elle n’était pas là. Il savait qu'il aurait dû lui dire la vérité sur sa mère dès qu'il l'avait su, peu importait ce qu'en disait Jamie. Il fila à la fenêtre et la découvrit comme il le pensait sur l’échelle de secours.

- Swan! j’étais tellement inquiet! Soupira-t-il soulagé de la trouver en bonne santé.

- ...

- Tu es en colère? Demanda-t-il. C’est parce que je ne t’ai rien dit à propos de ta mère?

- Non...

- Tu peux l’être, je suis désolé de ne t’avoir rien dit.

- Ne le sois pas... Tu n’as rien fait de mal, murmura-t-elle la voix éteinte.

- Dans ce cas, pourquoi ne me regardes-tu pas? Demanda-t-il.

Elle baissa la tête et pleura doucement. 

- Alors comme ça Jamie a enfin eu le courage de tout te dire, dit-il ne sachant pas comment gérer la situation. Tu l’as enguirlandé, j’espère.

- Non, je l’ai juste écouté.

- Pas grave, je l’ai frappé pour toi quand je l'ai découvert. Mais tu sais, ce n’est pas un mauvais gars au final. Il n’a pas évité les coups et m’a laissé le frapper.

- ... 

- Tu sais à propos des problèmes de santé de ta mère?

- Oui...

- J’ai rencontré ta mère un jour. Elle avait l’air très gentille...

- Ça t’a fait quoi de la voir? Demanda-t-elle en levant enfin les yeux vers lui.

- Quoi?

- Rien... Laisse tomber, soupira-t-elle en détournant de nouveau le regard.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Swan, réponds moi! 

- Rien... C’est stupide.

- Ce qui t’empêche de me regarder n’a rien de stupide. Parle-moi, je t’en prie. Je sais que je n’ai pas été honnête avec toi, je t’ai caché trop longtemps ma véritable identité...

 

Il remarqua un papier à ses pieds. Il y jeta un œil et découvrit l’extrait du registre familial où figurait le nom de Jim Beckett et comprit. Elle savait.

- C’est à cause de ce qu’il s’est passé entre nos pères, c’est ça? Demanda-t-il angoissé à l’idée qu’elle puisse s’éloigner de lui à cause de ça. 

- De quoi tu parles?

- Mon père aurait tué le tien...

- Ça aussi tu le savais?

- Oui, je le savais, reconnut Rick ennuyé, mais je ne pouvais pas te le dire. Je craignais que tu réagisses comme ça.

- Ça n’a rien à voir avec nous...

- Si ça n’a rien à voir avec nous, pourquoi restes-tu perchée là-haut?

- Je sais c’est stupide, soupira-t-elle.

- Mon père était suspect, annonça Rick, il n’a pas été reconnu coupable. Il était peut-être innocent, c’est pour ça que j’ai cherché des preuves et que je continue à le faire! Je te l’aurais dit une fois que j’aurais trouvé. 

- ...

- D’accord, c’est ce que je ferai. Je reviendrai quand j’aurai trouvé, dit-il sombrement en quittant la pièce.

 

- Castle! Discutons! Lança Royce lorsqu’il repassa en trainant les pieds devant eux.

Rick ne s'arrêta pas, il avait l'air tellement perdu et triste que Royce douta qu'il l'ait entendu.

- Castle! Attends! Cria la voix de Swan derrière lui.

Rick se retourna, elle accourut pour venir se placer devant lui et l’attrapa par le col.

- Trouve une preuve, dit-elle les larmes aux yeux.

- Ok.

Elle posa tendrement ses mains sur les joues du jeune homme, accrochant son regard au sien. Il put y lire tout l'amour qu'elle lui portait et toute la confiance qu'elle avait en pour lui.


- Et reviens même si tu n’en trouves pas, ajouta-t-elle devant les regards médusés de Royce et de L’ours.

- Promis, sourit-il soulagé. 

- De mon côté, je vais voir ce que je peux faire, assura-t-elle. Mais... Tu dois revenir, même si tu ne trouves pas.

- Je vais trouver, promit-il.

- Tu n’es pas une mauvaise personne, dit Swan.

- Je sais.

Elle le prit dans ses bras et l’embrassa. Royce en lâcha la cuillère qu’il tenait.

 

Peu après, Castle s’en alla, laissant à Swan un mauvais pressentiment.

 


Minefuji  (17.06.2020 à 20:34)

Chapitre quatre-vingt-neuf

 

La nuit était tombée, mais les rues étaient encore assez animées. Gary MacAlister plaçait des tracts publicitaires sur les pare-brise des voitures. 

Un homme muni d’une oreillette passa près de lui le frôlant légèrement puis arriva au coin de la rue.

- Le traceur est dans sa poche, annonça-t-il dans son oreillette.

- Parfait, nous lui avons tendu plusieurs pièges, répondit son acolyte. L’employée du bar lui a donné l’adresse prévue pour le rendez-nous.

- Cible en vue, annonça une autre voix dans son oreillette alors que Rick remontait la rue.

- Cible confirmée, dit un autre homme après avoir croisé Rick.

Storm avança jusqu'au bout de la rue avant de jeter un œil à l'homme qui venait de le croiser.


- Allez tout le monde bouge, la cible c’est MacAlister ! Annonça l'un des hommes.

- Gardez la cible en vie, faites ce qui est convenu.

Rick croisa MacAlister devant une ruelle et d’un mouvement rapide l’entraîna avec lui.

Grâce au traceur dans la poche de MacAlister, les hommes de mains de William Bracken ne perdirent pas leur trace. 

Du moins, c’est ce qu’ils crurent, car lorsqu’ils arrivèrent armés jusqu’aux dents à l’endroit indiqué par le traceur, ils tombèrent nez à nez avec un de leurs collègues sur  le véhicule duquel ils trouvèrent un traceur.

Fière de son coup, M leva les bras au ciel devant son écran.

- Bande d’idiots, vous n’avez aucune chance! Je suis la meilleure. Bon sang, j’ai faim, dit-elle en enlevant son casque.

 

Rick ferma la porte de l’église où il avait emmené MacAlister et vint se placer face à lui.

- Vous êtes Gary MacAlister. J’ai quelques questions à vous poser.

- Vous êtes le fils de Jackson Hunt? Demanda celui-ci.

- Wah... Vous m’avez fait peur, dit Rick.

- Ils ont dit que vous viendriez me trouver pour poser des questions. Ils m’ont aussi promis cinq mille dollars si je les prévenais.

- Je suis Richard Rodgers, le fils de Jackson Hunt, dit Rick en enlevant sa casquette. Mais les gens qui vous ont...

MacAlister frappa sa poitrine à plusieurs reprises et toussa longuement avant de retrouver son calme et d'être à nouveau capable de parler.

- Vous savez quoi? Ma vie a été ruinée à cause de votre père. J’étais flic et regardez ce que je suis devenu.

 

 

Pendant ce temps, Swan arrivait au bureau de Jamie, des gâteaux de chez son père dans les mains.

- Je pensais que tu ne reviendrais jamais, sourit-il en la voyant entrer.

- Je réserve ma rancune uniquement pour ceux qui le méritent, répondit-elle avec un sourire. Et j’ai entendu dire que tu travaillais tard.

- Tu voulais me demander quelque chose?

- Oh... J’ai tellement de questions... Par où commencer? Euh... Quand j’étais petite, je te connaissais ?

- Oui.

- Et nous étions proches?

- Oui, très, sourit Jamie.

 


- Ça fait presque vingt ans... J’avais fini par oublier... Et puis ils sont venu me chercher... Sans doute à cause de vous, dit MacAlister. 

- J’imagine que oui, soupira Castle. Tout ce que je veux ce sont les quelques pages de la déclaration de mon père lors de sa garde à vue. Mais les gens réagissent tellement violemment...

- La déclaration de votre père...

- Oui, mais peu importe à quel point je cherche, elle est introuvable. Alors je me suis dit qu’il fallait que je trouve celui qui l’a rédigée... C’était vous n’est-ce pas?

MacAlister éclata de rire.

- Qu’est-ce qu’il y a de si drôle? Demanda Rick.

- Que vous la trouviez ou non, elle est inutile! Pouffa MacAlister.

- Pourquoi?

- Mais parce qu’elle a été fabriquée de toutes pièces et qu’il a été forcé de la signer!

- Fabriquée? Répéta Rick troublé. Alors... Même si je la trouve... Cette déclaration est fausse?

- La déclaration que nous avons reçue était totalement différente de celle que nous avions entendue, dit MacAlister. Tout avait été complètement inventé. Alors qu’est ce que nous avons fait? On l’a signalé aux affaires internes et ensuite, vous savez ce qu’il s’est passé?

- Vous avez été licencié, termina Rick.

- Exactement, répondit l’ancien flic en riant. Ma femme m’a quitté et regardez ce que je suis devenu. Je distribue des flyers le  jour et j’amène des filles au bar la nuit...

- Et tout ça c’est à cause de mon père? Demanda Rick.

- Exactement 

- Ok... Vous m’en voyez désolé... Mais la déclaration de mon père, vous avez dû l’entendre de vos propres oreilles, n’est-ce pas? A-t-il tué quelqu’un ?

- Vous... Vous ne savez vraiment rien? S’étonna MacAlister.

 

De son côté, Swan continuait d’apprendre ce qu’avait été sa petite enfance auprès de Jamie.

- Ton père et ta mère étaient avocats. Le père de Rick était un ancien de la CIA, il est devenu un privé et il aidait régulièrement ton père pour ses affaires. Ils étaient très amis.

- Alors, je connaissais Rick? 

- Vous étiez très proches. Bien qu’il soit plus âgé que toi, il jouait à chaque fois avec toi lorsque vous vous rencontriez. Et toi, tu n’avais que son nom à la bouche. Ton anniversaire, c’est le 17 novembre. Ta mère prépare des gâteaux chaque année pour l’occasion.

- Wah, Moi qui croyais que c’était en mai... 

- Autre question?

- Pourquoi es-tu en si mauvais termes avec ton frère?

- Tu t’inquiètes à ce sujet?

- Ton frère m’a dit que tu t’étais associé avec Rick... Et que vous aviez prévu de commettre un crime...

- ...

- Pourquoi a-t-il dit cela? 

 

Rick écoutait le récit de MacAlister, espérant obtenir ainsi la preuve de l’innocence de son père. 

- Il y a quelques jours, des hommes étranges sont venus... Ceux qui m’avaient dit d’appeler si le fils de Jackson Hunt venait... 

- Oui... La récompense de cinq mille dollars...

- Je leur ai dit que j’avais un enregistrement de l’audition de Jackson Hunt... Je leur ai demandé si ça les intéressait.

- Combien voulez-vous ? Demanda Rick en bondissant sur ses pieds.

- Ils m’ont promis un stand de loterie dans Central Parc...

- Quatre stands! Je vous en offre quatre stands! Rétorqua aussitôt le jeune homme.

- En tant que flic, j’avais le sens du devoir, j’étais un vrai flic

- Eh bien, dites moi votre prix! Insista Rick.

- J’ai vécu toute ma vie comme ça à cause de votre père, je pouvais bien profiter un peu de lui maintenant...

- Monsieur ! Combien? Je ne pense pas que vous compreniez, mais ce ne sont pas des gens avec qui vous pouvez jouer! 

- Je ne joue pas avec eux, j’ai attendu ce moment depuis si longtemps. Donc j’ai gardé cette cassette précieusement  depuis dix-huit ans. Et regardez, j’ai deux acheteurs maintenant ! Se réjouit MacAlister. Donnez-moi votre prix et je négocierai avec eux. 

Rick l’attrapa par le col.

- Vous ne comprenez pas! J’ai connu un homme comme vous, dans la même situation que vous. Un homme qui a passé un marché avec William Bracken. Et vous savez ce qui lui est arrivé? Il est mort le jour suivant. Il a été empoisonné et jeté d’un pont. Alors donnez moi votre prix et je vous paierai. Donnez moi l’enregistrement, c’est votre seule chance de survie!


Minefuji  (18.06.2020 à 21:31)

Chapitre quatre-vingt-dix 

 

Au même moment, William Bracken entrait dans la chambre de sa compagne. Comme il s’y attendait, il la trouva paisiblement endormie. Il remonta la couverture sur elle, puis se rendit dans son bureau rassuré, elle ne semblait pas perturbée par l’annulation de son interview.

Après tout, elle ne savait rien et ce qu’elle ignorait ne pouvait pas lui faire de la peine. Rassuré, il quitta la chambre.

Il venait à peine de s’asseoir à son bureau lorsque son téléphone sonna. Il mit le haut parleur sans se douter que dans la pièce de l’autre côté du couloir, Johanna, qui avait feint de dormir, écoutait également depuis sa chambre grâce à un mouchard dont elle avait fait l’achat par correspondance..

- Monsieur, la cible a activé son téléphone. Nous le suivons en ce moment même.

- MacAlister est-il seul ou sont ils ensemble? Demanda Bracken.

- On vérifie. On se rapproche de lui.

- Rassemblez tous les hommes disponibles. Si ce gamin est Storm comme je le pense, il saura se battre. 

- Mais monsieur, dans le pire des cas, quelle est notre priorité? Récupérer l’enregistrement de la garde à vue ou s’occuper de Richard Rodgers?

Dans son lit, Johanna blêmît en entendant ce nom. Ils en avaient après le fils de son ami.

- Si le chef apprend qu’un tel enregistrement existe, dit William Bracken, il deviendra fou. On doit s’assurer qu’elle ne voit jamais la lumière du jour.

 

Peu après, Jamie et Swan quittaient le bureau de ce dernier après leur petite discussion, quand il reçut un appel de Johanna.

- Hé! Jo ! Comment vas-tu ? Demanda-t-il en décrochant.

- Tu connais le fils de Jackson, Ricky, n’est-ce pas? Dit-elle. Je pense qu’il est en danger. Qu’est ce que je dois faire?

- Appelle Rick, dit Jamie en se tournant vers Swan avant de questionner Johanna. Sais-tu où il se trouve? Ont-ils mentionné un lieu?

Johanna lui expliqua ce qu’elle avait entendu, Jamie la remercia et raccrocha après lui avoir dit qu’il s’en chargeait.

Il s’empressa de quitter le bâtiment avec Swan.

 

- Il faut que tu te sauve de là, annonça Swan sans préambule lorsque Rick décrocha son téléphone. Ils se dirigent vers toi pour t’attraper. Ma mère a entendu William Bracken le dire au téléphone. Il faut que tu sortes de là! 

Rick se tourna vers MacAlister furieux.

De son côté, M fut réveillée par les alarmes de son PC. 

Elle appela Jamie.

 - Nous sommes en chemin, dit ce dernier.

- À cette allure vous y serez dans douze à treize minutes, dit-elle. garez vous à l’arrière de la voiture, j’enverrai la police au moment opportun.

- Je suis flic, rappela Swan.

Rick se précipita sur MacAlister et attrapa le téléphone qu’il cachait dans sa poche.

- Ils tracent ce téléphone? Demanda-t-il en retenant difficilement sa rage.

- Je vous l’ai dit, non? Rétorqua MacAlister. C’est ma dernière chance, je n’ai pas le choix.

Rick enleva la batterie du téléphone.

- L’enregistrement de la déclaration de mon père, vous l’avez vraiment ou c’est un mensonge?

- Bien sûr que je l’ai! Ça fait plus de dix-huit ans que je la garde! 

- Vous deviez la leur donner et moi aussi par la même occasion ? Tout ça pour un stand de loterie? 

- Ils me donneront un travail comme agent de sécurité! Se défendit MacAlister.

- Il est temps de partir, dit Rick en lui empoignant le bras.

- Attendez, voyez ça comme le remboursement de la dette de votre père!

- Ces gens vous tueront! Gronda Rick.

- Ils m’offrent aussi une assurance vie!

- Ok... Ecoutez, répondez au moins à ma question, mon père, n’a jamais tué personne, si?

- Je vous le dirais plus tard, quand ils seront là.

 

Des voitures arrivèrent devant l’église. Rick attrapa MacAlister et l’entraîna vers la porte arrière. 

Les hommes de main de Bracken arrivèrent et tentèrent de l’arrêter. 

MacAlister tenta d’en profiter pour s’enfuir, mais Rick parvint à le rattraper tout en échappant aux autres. Ils quittèrent l’église, poursuivis par les hommes de main de leurs ennemis. S’en suivit une belle bagarre. Bien que très désavantagé face au nombre de ses agresseurs, Rick ne se laissa pas faire et réussit même l’exploit de garder le dessus.

Une autre voiture arriva, la situation se corsait, MacAlister courut vers elle, sans doute voulait-il s’échapper. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que l’homme qui en sortirait armé d’une barre de fer s’en servirait pour le frapper violemment à la tête. L’ancien policier s’écroula.

Effaré, Rick se précipita pour l’aider, mais ne put empêcher MacAlister de se fracasser violemment le crâne contre la bordure du trottoir en tombant.

Les hommes de Bracken filèrent, laissant Rick seul, essayant désespérément d’obtenir des réponses de MacAlister agonisant. 

- Non! Pas ça! Supplia Rick en le prenant dans ses bras.

 

Swan arriva la première sur les lieux et trouva Rick tenant l’ancien flic agonisant dans ses bras, une barre de fer ensanglantée non loin d’eux.  Les sirènes des voitures de ses collègues retentissaient, annonçant leur arrivée prochaine.

Elle s’arrêta à quelques mètres d’eux et ne dit rien, elle était certainement trop choquée pour ça.

Elle se retourna pour voir Jamie et ses collègues arriver et Rick fila.

Elle se précipita sur MacAlister et ne put que constater son décès. Ryan et Esposito arrivèrent et l’aidèrent à dresser le périmètre. Lanie arriva à son tour avec l’équipe de la scientifique. 

Rick rentra chez lui après s’être arrêté dans des toilettes publiques pour enlever le sang qu’il avait sur les mains.

- Tu es rentré? Demanda M. 

- Il est mort? Tu es sûre?

- Il est mort sur les lieux du crime... Tu n’as rien pu savoir avant qu’il ne meure? Est-ce que l’enregistrement de la garde à vue de ton père existe vraiment? 

- Il a dit que oui.

- L’enfoiré, étant donné qu’il allait mourir de toute façon, il aurait pu te dire où il l’avait caché...

- Il a dit quelque chose de bizarre... se souvint Castle.

- Quoi?

- Au moment de mourir... Il a dit... trois,neuf, un.

- Quoi?

- Il a dit trois, neuf, un... répéta Rick.

- Qu’est-ce que c’est? Un nombre? Trois cent quatre-vingt-onze?

- Je ne sais pas.

- C’est tout? 

- Oui, c’est tout, répondit Rick l’esprit hanté par le souvenir de Swan quand elle était arrivée sur la scène de crime.

Avait-elle cru qu’il était le meurtrier de MacAlister ?  Sûrement, après tout, étant donné la position dans laquelle il se trouvait avec MacAlister gisant dans ses bras... Tout le désignait.

 

- Trois, neuf, un... Soupira M. Je viens de vérifier, l’hôtel où vivait McAlister n’a pas de chambre 391...

- C’est peut-être un casier ou un garde-meuble...

- Tu veux que je cherche chaque casier et chaque garde-meuble avec le numéro 391?

- ...

- Hé! Ça va?

- Quoi?

- Tu continues de rêvasser? 

- Hein?

- Tu penses à Swan? Tu crois qu’elle te soupçonne? Demanda M. Dis lui clairement tout ce qu’il s’est passé. Appelle la! Je me déconnecte.

Rick soupira. M avait raison. Il ne devait rien cacher à Swan. Elle lui avait déjà démontré à plusieurs reprises qu’il pouvait lui faire confiance. Il prit son téléphone.


Minefuji  (19.06.2020 à 19:43)

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