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Fix you

Série : Castle
Création : 22.03.2020 à 12h07
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une histoire qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous laisse découvrir où mon esprit un peu tordu est parti cette fois-ci. » Minefuji 

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Chapitre quatre-vingt-onze

 

- Bon! On a fini le tour du quartier, annonça Ryan en revenant près de sa collègue. 

- Ouais... Personne n’a rien vu, ni entendu, soupira Esposito. Et vous? Vous avez vu quelque chose? Vous étiez les premiers sur les lieux.

- On ne faisait que passer, dit Jamie. Quand on est arrivé, il était déjà au sol.

- Ça va Swan? Demanda Ryan, t’es toute pâle.

 

La jeune femme se précipita dans un coin à l’écart, où elle vomit ses tripes.

- Il vaut mieux que je la ramène chez elle, dit Jamie. 

- ... Ça va aller, dit Swan en revenant près d’eux. 

- Tu es sûre? Demandèrent ses collègues inquiets.

- Oui oui...

 

Peu après, à leur retour à la douzième, l’équipe de Swan n’eut aucun mal à découvrir l’identité de la victime. En tant qu’ancien flic, le nom de MacAlister était dans les dossiers de la police. Cependant il n’y trouvèrent pas autant de renseignements qu’ils s’y étaient attendus. 

- Tout ce qu’on sait, c’est qu’il a été viré de la police avec son équipier il y a dix-huit ans, par contre le motif de leur renvoi reste plus que flou, dit Esposito.

- De toute façon, il est peu probable que sa mort ait un lien avec son renvoi de la police, dit Ryan. Je parierai plutôt sur un trafic qui a mal tourné.

- T’as p’t’être raison. Qu’est ce que tu en penses, Swan? 

- Hm?

- Ça va? Demanda Esposito devant l’air absent de sa collègue.

- Euh... Oui, tu disais?

- Je disais à Espo que la mort de McAlister n’a certainement aucun rapport avec son renvoi de la police il y a dix-huit ans.

- Ah... Euh... Oui, peut-être... 

- Tu es sûre que ça va? Demanda Esposito.

- Mais oui...

- Tu étais la première sur les lieux, rappela Ryan. Tu as vu quelque chose?

- Non, mentit Swan, quand je suis arrivée, il était déjà au sol, baignant dans son sang...

- Il est tard, dit Esposito en voyant Jamie sortir du bureau du capitaine, on ne fera rien de bon ce soir, on ferait mieux de rentrer et de nous reposer.

- Je vous ramène chez vous, Swan? Proposa  Jamie.

- C’est vrai, vous êtes arrivés ensemble sur la scène de crime, se rappela Ryan. Tu fais encore ton enquête sous couverture avec lui?

- Comment ça se présente? Demanda Esposito.

- Ça avance, répondit Swan. J’espère que bientôt, je pourrais vous en parler.

- Tu devrais peut-être lever le pied quelques jours, tu as l’air épuisé, suggéra Ryan.

- Ryan a raison. Repose-toi demain, on va gérer le cas MacAlister sans toi.

- Les gars...

- Une journée! Laisse-nous faire une journée, on saura se débrouiller et quand tu reviendras, tu seras en pleine forme.

- Ça fait des jours que Castle est malade, si ça se trouve, tu as chopé son rhume.

Swan se laissa convaincre et quitta La douzième en compagnie de Jamie. Pour le moment, son esprit était entièrement tourné vers Castle, il fallait qu’elle lui parle.

 

Jamie la ramena chez elle, où L’ours et Royce venaient de saluer leurs derniers clients de la journée.

- Je vais envoyer les copains chercher Castle, dit L’ours en débarrassant la table. Je lui parlerai pendant que toi, tu parleras à Lola.

- Elle a dit qu’elle m’en parlerait lorsqu’elle serait prête, rappela Royce. 

- Quand? Demanda L’ours. Quand il pleuvra des ours polaires ?

- Les enfants sont comme ça, plus tu leur mets la pression, moins tu obtiens de réponse. Tu le saurais si...

La clochette de la porte tinta et L’ours lui donna un léger coup de coude pour le faire taire.

Royce se retourna et vit entrer Swan accompagnée de Jamie.

- Bonsoir, dit Jamie en arrivant devant eux.

- Mike, c’est ce journaliste qui passe à la télé... Commença L’ours peu discrètement jusqu’à ce que Royce le fasse taire d’un coup de coude.

- Bonsoir! Qu’est-ce qui vous amène?

- Euh... Voici mon père, commença Lola. Papa, voici le président d’Everyday news...

- Enchanté, je suis Jamie Bracken, dit ce dernier.

- Ah... Euh... Mike Royce... Le père de Lola...

- Tu ne lui as encore rien dit? Demanda Jamie en se tournant vers Swan.

Royce et L’ours se figèrent.

- Pas encore... murmura la jeune femme.

- On le fait maintenant? J’aimerais me présenter comme il se doit.

- Quoi? Comme il se doit? Répéta Royce hébété. C’est ce que je pense?

- Papa... soupira Swan.

- Attends, il faut que je reprenne mes esprits... Il y a Castle... Et... Mais lui, il veut se présenter comme il se doit?

- Je... Hésita Swan avant de se lancer. J’ai retrouvé ma mère biologique.

- ...

- Elle est vivante, continua-t-elle, mais elle est aussi très malade, c’est pour ça que je ne peux pas lui dire que je suis sa fille... C’est Jamie qui m’a trouvée.

- Je suis un ami des parents de Lola depuis que je suis enfant. J’étais même là le jour de sa naissance.

- Mon père biologique est mort, continua la jeune femme. Et... Je m’appelle Katherine Beckett. 

- ...

- Je l’ai découvert récemment. Je sais que j’aurais dû te le dire, mais je ne savais pas comment faire, avoua-t-elle émue aux larmes. Je te demande pardon, papa.

Royce secoua la tête et ouvrit les bras pour qu’elle vienne s’y blottir.

 

Un peu plus tard, alors que Swan se trouvait seule dans sa chambre, son téléphone sonna. Rick s’était enfin décidé à l’appeler, chose qu’elle n’était pas encore parvenue à faire.

Elle tenta de prendre une voix rassurante avant de décrocher. Lorsqu’elle se décida à appuyer sur la touche de son téléphone, Rick avait déjà raccroché.

- Oh! Non! Rappelle-moi! 

Après réflexion, elle effaça le nom de Rick et le remplaça par « lui », il valait mieux cacher certaines choses, songea-t-elle. 

Elle attendit qu’il la rappelle, mais il ne le fit pas. 

- Tu ne l’as pas tué, n’est-ce pas? Murmura-t-elle. Rick... Où es-tu? Est-ce que tu vas bien?

Elle soupira et souleva son téléphone, comme si le fait qu’il ne rappelait pas était lié à un problème de réseau.

 

De son côté, Rick avait posé son téléphone, attendant qu’elle le rappelle. Il fallait qu’elle lui demande tout ce qu’elle avait envie de demander, comment pourrait-il lui dire qu’il n’avait rien fait sinon? 

- Rappelle-moi, murmura-t-il, je répondrai à toutes tes questions. Si tu ne me demandes pas, je ne peux pas te répondre.

Il s’allongea sur son canapé, terriblement inquiet à l’idée de ce qu’elle pouvait penser. Après tout, il lui avait caché tellement de choses... Peut-être qu’elle n’avait plus confiance en lui... Il n'osait pas la rappeler de peur de découvrir qu'elle avait sciemment ignoré son premier appel.

Aucun d’eux ne passa une très bonne nuit, mais aucun d’eux n’appela l’autre, chacun redoutant la réaction de l’autre.

 


Minefuji  (20.06.2020 à 18:32)

Chapitre quatre-vingt-douze

 

Après cette fin de soirée chaotique, la journée du lendemain ne commença pas de manière plus tranquille pour beaucoup de personnes.

D’abord, alors qu’elle arrivait, comme à son habitude, à la première heure à la morgue pour travailler, Lanie eut la très désagréable surprise d’entendre son chef lui annoncer qu’une  autre équipe se chargerait de son affaire.

- Quoi? Mais pourquoi? S’énerva la légiste.

- Votre amie est un témoin dans cette affaire, vous êtes trop impliquée.

- Elle est flic, rappela Lanie, elle sait faire la part des choses et moi aussi! 

- Peut-être, mais certaines personnes ne veulent pas prendre le risque qu’elle interfère dans cette enquête.

- Vous rigolez? Elle est en charge de l’enquête avec ses collègues!

- J’imagine qu’eux aussi devront laisser une autre équipe s’en charger...

- Eh ben... Si on n’était dans une série télé, je dirais que cette histoire a tout du complot politique, marmonna Lanie.

 

Ensuite, ce fut au tour de Sorenson d’avoir une mauvaise surprise en arrivant au travail ce jour-là : Flynn était libéré. Aucun de ses arguments contre sa libération ne fut pris en compte.

Après avoir assisté impuissant à la libération de l’âme damnée qui servait de bras droit à William Bracken, Sorenson appela Jamie pour le lui annoncer.

- Il est sorti ce matin, malgré le mandat que nous avions, précisant qu’il y avait un risque qu’il fuie à l’étranger. Ceux qui le soutiennent sont vraiment très haut placés. Il a été libéré pour manque de preuves.

- Le policier qui a été arrêté n’a pas parlé? Demanda Jamie.

- Il exerce son droit de garder le silence. Ça ne va pas être simple, il sait comment ça fonctionne... déplora Sorenson. Là, j’aurais bien besoin de plus d’aide.

- ... De l'aide? Je suis journaliste, pas juge...

- Un homme est allé chez mon collègue. l’autre jour... Il a rassemblé des preuves et nous les a données... Présentez le moi.

- Je suis sûr que ça doit vous coûter de demander ça, répondit Jamie avec un sourire. Peu importe, on dira que je ne sais pas de quoi vous voulez parler.

- Il y a eu un meurtre hier soir. Un ancien flic, Gary MacAlister a été tué, annonça Sorenson. J’ai eu accès au dossier de mes collègues en charge de l’affaire. Votre nom apparaît comme témoin.

- Je ne faisais que passer par là, je n’ai rien vu. D’ailleurs, j’étais en compagnie de la détective qui est chargée de l’enquête, répondit Jamie.

- Le lieutenant Swan... Oui, j’ai vu... Mais l’enquête vient d’être retirée à son équipe. Je ne sais pas si elle le sait déjà, mais je ne pense pas que ça va lui plaire... Enfin... C’est une affaire très étrange. Apparemment quelqu’un recherchait MacAlister peu avant sa mort. Un jeune homme, dans la vingtaine, des lunettes et une casquette portée très bas. Ils ont dit qu’il était très habile au combat... C’est marrant, parce qu’on n’a rien demandé et pourtant les témoins continuent d’arriver pour nous raconter... Vous savez de qui il pourrait s’agir?

 

De son côté, Swan avait quitté son domicile de bonne heure. Lassée de tourner en rond, elle avait décidé d’agir.
Cependant, elle ne se rendit pas au poste, elle n’avait pas envie de revivre la scène à laquelle elle avait assisté la veille et encore moins que ses collègues lui posent des questions à ce sujet. Pour le moment, elle avait une chose plus importante à faire. Elle se rendit chez un fleuriste et choisit une à une avec le plus grand soin les fleurs qu’elle désirait acheter.

 

Rick non plus n’avait pas traîné, il avait quitté sa forteresse à la première heure et s’était rendu dans la chambre d’hôtel où vivait MacAlister, bien décidé à trouver l’enregistrement qu’il avait soit disant conservé pendant dix-huit ans.

 

- Wah... Ils ont déjà tout retourné! Constata-t-il. Ça veut dire qu’ils cherchent aussi la vidéo...

- Et s’ils la trouvent avant toi? Demanda M.

- M... Dix-huit ans, c’est long.

- C’est vrai.

- Penses-tu qu’il l’aurait gardée avec lui sans savoir qui viendrait la chercher? Ce type s’est beaucoup déplacé. Je te parie un dollar que cette vidéo n’est pas ici.

- Je te parie dix dollars qu’il a tout inventé, marmonna-t-elle.

- Je te parie vingt dollars que cette vidéo existe.

- Tu as des indices? 

- C’est l’enregistrement de la garde à vue de mon père. Il n’y a que deux choix possibles, soit il a avoué, soit il a nié.

- Et alors?

- Et alors, pourquoi en font-ils tout un plat? Demanda Rick. Quel est l’intérêt de ce qu’un type a dit il y a dix-huit ans ? Et pourtant regarde! Regarde tout ce bazar! Ils ont même tué un type pour ça! Pourquoi? 

- Tu n’es pas là pour chercher la vidéo, comprit M.

- Ce type est mort à cause de moi... soupira Storm. J’avais besoin de venir me recueillir quelque part...

M demeura silencieuse quelques instants pour lui laisser le temps de se recueillir, avant de déclarer :

- Demande lui donc ce que signifie 391! On est coincé parce qu’il est mort.

- Quand on est coincé... Commença Rick.

- Ne le fais pas! L’avertit M qui le connaissait suffisamment bien pour savoir qu’il s’apprêtait à commettre une imprudence.

- ... On doit escalader le mur et continuer, termina-t-il sans tenir compte de ses protestations. C’est comme ça qu’on avance.

- Ne fais pas ça! Hé! Storm! Tu m’écoutes, oui? Hé! Cria M.

 

Storm quitta l’hôtel, repéra rapidement plusieurs gars qui l’avaient pris en filature. Ils avaient beau être meilleurs que les hommes de Finch, ils avaient encore pas mal de choses à apprendre en terme de discrétion !

- Il y en a deux qui me suivent à pied, il y a une voiture aussi...

Qu’est-ce que je fais? J’en attrape un et je lui demande qui ils sont? Ou je laisse faire la filature?

- ...

- M? Tu es en train de manger? C’est pour ça que tu ne réponds pas?

- Rick... Attends...

- Quoi?

- Prends une grande inspiration. Inspire à fond et expire à fond.

- Pourquoi? S’inquiéta aussitôt Rick.

- Ils ont relâché monsieur Flynn. Manque de preuves apparemment...

- ... 

- Et... J’ai mis un traceur sur le portable de Swan et j’ai l’impression qu’un inconnu y a accès...

- ...

- J’ai pas fini! Ajouta M alors que Storm se précipitait déjà sur la route. Je crois qu’elle va chez William Bracken.

- Quoi?

- Et dans cette maison, il y a Monsieur Flynn qui vient d’arriver.

- Mince! Marmonna Rick en montant dans un taxi.

 

Les hommes qui le filaient furent pris de court et se précipitèrent pour le suivre.

 

 


Minefuji  (21.06.2020 à 17:19)

Chapitre quatre-vingt-treize

 

- Qu’est-ce qu’on fait? Demanda Ryan. On appelle Swan? 

- T’as vu dans quel état elle était hier? Rétorqua Esposito. Elle se repose, pas question qu’on l’embête avec ça. On le lui dira quand elle reviendra.

- Elle risque de ne pas apprécier...

- Ça m’est égal, l’important, c’est qu’elle se rétablisse. Et puis, à part ruer dans les brancards, qu’est-ce que tu veux qu’elle fasse? Et puis, elle est très occupée avec cette enquête sous couverture au journal de Jamie Bracken, avec un peu de chance, elle nous laissera mener l'enquête et ne saura pas qu'on nous l'a retirée.

- Elle finira par le savoir, parce que même si elle nous laisse enquêter, je te parie un dollar, qu'elle nous demandera régulièrement de lui faire un rapport sur notre avancée, rétorqua Ryan lucide.

- Ouais, t'as raison, souffla  Esposito.

- C’est quand même bizarre, qu’on nous retire l’enquête juste parce qu’elle était la première sur les lieux... Soupira Ryan.

- Je trouve aussi... Je pense qu’on devrait continuer à creuser un peu cette affaire...

- Mais on nous l’a retirée...

- On peut essayer d’en savoir plus sur MacAlister et trouver pourquoi il a été viré de la police...Et puis comme ça, quand Swan nous demandera des comptes, on saura quoi répondre.

 

C’est avec un joli bouquet de fleurs et bien décidée à aller de l’avant, que Swan se présenta chez William Bracken pour rencontrer Johanna. Elle suivit timidement l’employée qui lui avait ouvert la porte jusque dans la cuisine où Johanna s’affairait depuis un bon moment si on en jugeait à la quantité de pâtisseries multicolores qui se trouvaient déjà sur la table. On aurait pu croire qu’un goûter d’enfants était en préparation.

La jeune femme se rappela alors ce que Jamie lui avait raconté à son sujet. Johanna ne vivait que deux jours dans l’année: son anniversaire et celui de sa disparition. Cela faisait dix-neuf ans aujourd’hui que la vie les avait cruellement séparées.

Et puis soudain, Johanna apparut dans son champ de vision avec un plateau de coockies qu’elle venait de sortir du four. Swan fut submergée par l’émotion. 

Enfant, elle avait souvent essayé de se remémorer le visage de sa mère, avant de renoncer à l’idée qu’elle viendrait un jour la chercher, acceptant finalement celle d’avoir été lâchement  abandonnée dans un vieux boîtier électrique, derrière une poubelle.

L’employée de maison annonça la présence de la jeune femme à sa patronne et enfin leurs regards se croisèrent.

Un sourire illumina aussitôt le visage de Johanna. 

- Vous êtes la journaliste qui m’a appelée! Mademoiselle Swan, c’est ça?

 

La jeune femme demeura figée, incapable d’articuler la moindre syllabe. Avait-elle espéré que sa mère l’aurait reconnue? Sans doute un peu, mais elle était si jeune quand elles avaient été séparées... Elle avait certainement beaucoup changé.

Johanna poussa son fauteuil et vint se placer devant elle.

 

- ... Euh... Bonjour, bredouilla Swan.

- Ces fleurs sont pour moi?

- Euh... Oui, tenez!

- Merci, elles sont magnifiques, sourit encore Johanna en les prenant. 

- Avec plaisir... Dit Swan troublée. Vous êtes très jolie.

- C’est gentil. Vous, vous êtes vraiment magnifique, répondit Johanna. Encore plus en vrai! Je suis fan de vous, vous savez?

- Fan de moi? S’étonna la jeune femme.

- Je vous ai vue à la télévision, dit Johanna en lui tendant la main, c’est sans doute pour ça que je me sens si proche de vous.

Émue, Swan lui prit la main et ne put empêcher les larmes de dévaler le long de ses joues.

- Je suis désolée, dit Swan en essuyant ses larmes qui redoublaient de plus belle au fur et à mesure qu’elle les essuyait.

- Mademoiselle ? S’inquiéta Johanna.

- Je suis désolée, répéta Swan en faisant son possible pour se reprendre. J’ai beaucoup de soucis en ce moment. Oh c’est gênant.

Johanna ne fit aucun commentaire, se contentant de lui sourire gentiment. Peu à peu, Swan parvint à faire cesser le flot de larmes.

- Je suis désolée, dit-elle, je pleure facilement.

- Moi aussi, dit Johanna en lui tendant un mouchoir.

- Ah bon? 

- Oui.

 

Dans le couloir derrière elles, monsieur Flynn passa discrètement. Il marqua un petit temps d’arrêt, puis entra dans le bureau de William.

Là, il sortit son téléphone et passa un appel.

- C’est monsieur Flynn, il faut que je parle au chef immédiatement, c’est urgent.

 

Johanna emmena Lola dans sa chambre, tandis que celle-ci lui résumait ce qu’elle savait.

- Jamie m’a dit que vous étiez cinq à gérer cette radio clandestine. Ryô Miyagi, sur qui nous avons fait notre reportage en faisait partie.

- Venez ici, dit Johanna en lui prenant la main.

Lola s’assit face à elle sur le lit. Johanna lui montra la photo qui se trouvait sur sa table de chevet.

- Les voilà tous les cinq, expliqua Johanna. Lui, c’est Ryô...

- J’ai déjà vu cette photo quelque part ! Dit Swan. C’est William Bracken, qui me l’a montrée.

- Quand?

- Il n’y a pas très longtemps...

- ...

- Là, c’est vous, dit Lola en désignant la photo et là, c’est lui...

- Et là, c’était mon mari, déclara Johanna en montrant l’homme à sa droite sur la photo, Jim... Jim Beckett.

- ... J’ai... Hésita Swan. J’ai entendu dire qu’il était décédé...

- Oui... En 1983, répondit tristement Johanna.

- Est-ce que... Je peux vous poser des questions à ce sujet? Demanda Swan hésitante.

Johanna la regarda surprise par sa question.

- Si on en parle, expliqua la jeune femme, cela ne risque-t-il pas de vous faire vous sentir mal?... Jamie s’inquiète beaucoup pour vous à ce sujet...

Johanna attrapa un petit objet dans son fauteuil et le tendit à Swan.

- Si je me sens mal, appuyez sur ce bouton. L’infirmière est dans la pièce à côté. Elle arrivera très vite.

- Donc...

- Demandez-moi, insista Johanna comme si elle avait besoin qu’on lui pose enfin ces questions.

- Si j’ai bien compris, dit alors Swan, deux personnes parmi les cinq de la photo sont décédés en 1983. Savez-vous ce qu’il s’est passé?

Johanna sourit.

- Enfin, après dix-neuf ans, quelqu’un me demande ce qu’il s’est passé ce jour-là.

 

 

Au même moment, monsieur Flynn expliquait au chef ce qu’il se passait. 

- D’après ce que j’ai compris, Lola Swan est au courant du lien qu’elle a avec Johanna. Je ne sais ni quand ni comment elle compte en parler.

- Si la compagne de William découvre la vérité, elle risque de le quitter, dit Loksat calmement. Il sera dévasté. Si on doit encore trouver un autre candidat à la mairie, ça va ternir notre image, n’est-ce pas? 

- Que dois-je faire pour protéger monsieur William? Demanda monsieur Flynn.

 

Soudain, la sensation de ne pas être seul, incita Flynn à se retourner pour tomber nez à nez avec Storm.

Sans un mot, il n’en avait pas besoin, car il avait clairement l’ascendant physiquement sur Flynn, Storm lui prit son téléphone des mains et s’adressa directement à Loksat.

- Salut Chef! Alors comme ça, c’est vous qui ordonnez à Bracken et à ce nabot toutes ces atrocités?  Chef...

Loksat pouffa face à un tel toupet.

- J’ai quelque chose à vous demander, ajouta Storm, où est-ce que je peux vous trouver?

 


Minefuji  (22.06.2020 à 21:49)

Chapitre quatre-vingt-quatorze

 

Loksat mit fin à la conversation et ordonna à son employé qui se tenait face à lui de détruire le téléphone qu’il venait d’utiliser.

- Wah! Quel impolitesse ! murmura Storm tandis que Flynn reculait doucement. Mince... Je suis vexé, donc, je vais confisquer ce téléphone.

Il s’avança d’un pas vers Flynn et ajouta.

- Vous savez qui je suis, n’est-ce pas? Vous êtes venu me chercher une fois...

Flynn hocha la tête doucement.

- Et vous vous souvenez de mon maître, également? Ryô Miyagi! Il était Storm. C’est vous, qui l’avez fait empoisonner, n’est-ce pas? Et vous connaissez ma mère, également. Vous l’avez menacée dernièrement. Et je suis sûr qu’il y a plus encore. Si je vous laisse en vie, vous allez continuer vos atrocités.

Flynn déglutit difficilement, craignant ce que Storm allait faire de lui. 

- Vous allez de nouveau tuer, blesser et menacer des gens. Peu importe que vous soyez arrêté, d’ici quelques jours, vos puissants amis vous feront libérer, continua Rick d’un ton calme et menaçant.

Il attrapa la cravate de Flynn et en resserra le noeud d’un coup sec, faisant sursauter l’homme de main de Bracken.

 - Mais si je vous tue comme ça, simplement, je rendrai un fier service à la société.

 

Dans la pièce de l’autre côté du vaste hall, Johanna prit la main de Swan dans la sienne. Si elle n’avait pas reconnu la jeune femme qu’était devenue sa petite fille, son cœur lui, ne s’y trompait pas. Elle se sentait proche d’elle, plus que de n’importe qui d’autre depuis dix-neuf ans. C’est sans doute la raison pour laquelle, elle se sentait prête à affronter les fantômes de son passé.

- Pouvez-vous raconter notre histoire? Demanda-t-elle à Swan.

Comment lui dire qu’elle n’était pas journaliste, mais policière? Swan se sentit un peu gênée, mais décida finalement de faire la lumière sur ce qui était arrivé à ses parents et à leurs amis et traîner les responsables de leurs malheurs devant la justice, finalement, c’était encore mieux qu’un article dans un journal, dont Jamie s’occuperait certainement.

- Quand vous dites votre histoire... Vous parlez de celle des cinq amis de la photo?

- Je vais vous dire tout ce que je sais de ce qu’il s’est passé ce jour là en 1983, répondit Johanna sûre d’elle.

- D’accord... Je ferai une émission sur vous et vos amis, avec l’aide de Jamie, bien sûr.

- Mais ça risque d’être dangereux, annonça Johanna. Ces gens qui nous ont tués, sont toujours en vie.

- Quand vous dites nous...

- Mon mari, Jim Beckett, son ami Jackson Hunt, ma fille... Kathy, dit Johanna la voix étranglée par l’émotion, et moi... Ma vie s’est arrêtée ce jour là...

 

Pendant ce temps, Storm, fouillait la bibliothèque de Bracken, que son drôle d’assistant s’empressait de remettre en place à chaque fois qu’il mettait un livre par terre.

Finalement, il laissa Flynn à son rangement et s’éloigna un peu pour appeler son ange gardien.

- Merci, M.

- Merci pourquoi au juste? Demanda-t-elle. J’en ai déjà tellement fait pour toi.

- De m’avoir empêché de tuer quelqu’un comme lui. Je suis vraiment passé à deux doigts de devenir un meurtrier, soupira-t-il.

- Attends, il faut que tu vois ça, dit M en pianotant sur son clavier.

Il reçu un portrait robot de lui sur son téléphone.

- Qu’est-ce que tu en penses? Demanda-t-elle, c’est ressemblant, non? La chasse à l’homme est ouverte.

 

Rick poussa un nouveau soupir. L’étau se resserrait. Il attrapa machinalement une enveloppe posée sur le bureau de Bracken. Elle contenait des documents sur le columbarium que ce fumier avait réservé pour Miyagi. Comment osait il jouer l’ami éploré alors qu’il était responsable de son meurtre? Il reposa l’enveloppe, avant d’avoir une illumination et de la reprendre aussitôt.

- M... Mon père est dans un columbarium... Et chaque niche a un numéro, n’est-ce pas? Comme une adresse...

 

 

- J’étais chez moi avec ma fille de trois ans, expliqua Johanna. J’attendais mon mari, qui devait rentrer d’une enquête... Et puis, j’ai reçu un appel, c’était William. Il m’a dit de partir vite, qu’ils étaient en chemin. J’ai réveillé Kathy, je lui ai mis une veste...

Le cauchemar de Swan, celui qui hantait ses nuits depuis dix-neuf ans, lui fut raconté par sa mère.

Il fallait partir au plus vite, papa qui n’était pas encore rentré. La peur de cette menace inconnue.

Johanna attrapa un autre portrait sur sa table de chevet et la tendit à Swan. Une photo d’elle et de sa fille, dans un parc, heureuses.

- C’est ma fille... Kathy... Elle est jolie, n’est ce pas?

Swan effleura le visage de sa mère dix-neuf ans plus tôt, l’une des dernières fois où elles avaient été ensemble. 

- Sa mère aussi... murmura-t-elle émue.

- Ils se faisaient appeler les fermiers, expliqua Johanna.

- Les fermiers? ... Comme ceux qui cultivent la terre?

- Ils disaient qu’ils cultivaient cet État et bientôt l’union toute entière. Ils faisaient pousser de bonnes plantes, comme le blé ou le maïs et se débarrassaient des mauvaises, celles qui les gênaient. Et le moment venu, ils faisaient la récolte. C’est comme ça, qu’ils cultivaient le pays.

 

- On va où maman? Répétait la petite Kathy dans les bras de sa mère.

 

Une bande d’hommes étaient apparus au bout de la rue, leur criant de s’arrêter. Johanna était entrée dans une ruelle, Kathy tremblant dans ses bras. Elle avait alors fait la seule chose possible, elle avait caché son enfant dans un vieux boîtier électrique désaffecté, derrière une poubelle.

 

- Kathy, écoute moi, Kathy, ne fais pas de bruit du tout, je reviens, d’accord? Ne fais pas de bruit du tout! 

Morte de peur, la petite  Kathy pleurait.

- S’il te plaît, Kathy, avait supplié Johanna le coeur en miette. Pas de bruit.

Alors la petite Kathy avait posé ses petites mains contre sa bouche et avait courageusement étouffé ses larmes. Puis, elle s’était laissée enfermer dans le boîtier. Johanna était repartie en courant, les hommes la repérèrent et la poursuivirent. Il y eut des cris, des bruits de gens qui courent, puis un énorme bruit et plus rien d’autre que le silence et l’obscurité.

 

Arrivée à ce moment de son récit, le visage de Johanna se crispa. Une nouvelle crise arrivait. Kate attrapa le boîtier que sa mère lui avait confié et appela l’infirmière, puis elle prit sa mère dans ses bras pour tenter de l’apaiser. Johanna s’agrippa à elle. La jeune femme reconnut l’odeur de cerise des cheveux de sa mère, cette odeur qui la rassurait tant lorsqu’elle était enfant. 

- Ça va aller, il faut que vous vous calmiez, suppliait-elle en larmes.


Minefuji  (23.06.2020 à 20:25)

Chapitre quatre-vingt-quinze

 

L’infirmière arriva et Kate la regarda s’occuper de sa mère impuissante, priant pour ne pas avoir provoqué l’irréparable.

Finalement, la crise se calma et Swan dû quitter la pièce pour la laisser se reposer.

Le cœur lourd, elle erra jusqu’à la cuisine, où trônaient encore toutes les merveilleuses pâtisseries cuisinées par Johanna. Peut-être qu’elles auraient pu en déguster devant une tasse de thé, si elle ne lui avait pas demandé de lui raconter son histoire...

Délicatement, Swan prit un cookie, qu’elle enveloppa avec mille précautions dans une serviette en papier avant de le serrer contre son cœur. 

Pourrait-elle un jour lui avouer qu’elle était sa fille sans risquer de la plonger dans une nouvelle crise qui pourrait lui être fatale? Devrait-elle se contenter d’être son amie pour pouvoir la voir et lui parler régulièrement ? Serait-elle capable de se satisfaire d’une telle relation?

Elle quitta la maison et déambula comme sonnée sur le chemin vers l’arrêt de bus pour rentrer à Manhattan. Quelqu’un l’attendait près d’un arbre. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle ne l’avait pas revu depuis la mort de MacAlister. Elle stoppa sa marche.

Il fit quelques pas prudents vers elle et s’arrêta, redoutant sa réaction. 

- ... Ma mère biologique... Commença la jeune femme après un moment de silence. Ma mère... Bon sang, je ne sais même pas comment l’appeler... Elle a fait une crise... Elle dort maintenant.

- Je vois... murmura Rick.

- Mais elle m’a dit beaucoup de choses avant...Expliqua-t-elle les larmes aux yeux. Elle m’a dit qu’elle m’a perdue, qu’elle ne m’a pas abandonnée.

- Je savais qu’elle n’aurait jamais pu faire une chose pareille.

- Elle m’a cachée et ensuite elle a été renversée par une voiture en s’enfuyant. Elle s’est réveillée quelques jours plus tard à l’hôpital. Elle ne pouvait pas bouger, alors elle ne pouvait pas me chercher... La dernière chose qu’elle m’a dite avant de me cacher... Ça a été de ne pas faire de bruit, de ne pas dire un mot. C’est peut-être pour ça, que je ne parlais pas étant petite. J’étais une bonne petite, non?

- Tu as été parfaite, approuva doucement Rick. 

 Il mourrait d’envie de la prendre dans ses bras pour la réconforter tant elle avait l’air bouleversée par ses découvertes. Cependant il n’en fit rien, ne sachant toujours pas comment elle réagirait.

- J’ai toujours cru que j’avais été abandonnée... 

- Elle a dit que non... Rappela-t-il.

- Mhm. J’ai dû avoir peur... J’ai eu peur, j’en fais encore des cauchemars au bout de dix-neuf ans. Enfant, je ne faisais pas de bruit, je ne parlais pas, je ne faisais rien qui puisse déplaire aux gens, de peur qu’ils se lassent de moi et m’abandonnent. Je crois qu’aujourd’hui encore, c’est ma plus grande peur...

- Pas moi. Je ne t’abandonnerai pas, assura-t-il.

- Je sais... sourit-elle. 

Il répondit à son sourire.

- Donc... Je peux te poser une question ? Demanda-t-elle.

- Bien sur. 

- Rick...

- Oui?

- Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ?

- Non.

- Je le savais, sourit-elle soulagée.

 

Elle se remit en marche, il lui emboîta le pas avec un petit sourire.

- Il faut quand même que je te dise un truc, dit-il.

- Quoi?

- Je suis suspecté de meurtre.

- À cause d’hier soir? 

- Oui.

- C’est mon équipe qui s’occupe de l’affaire MacAlister, dit-elle.

- Ça risque de se compliquer alors, soupira Rick.

- Pourquoi?

- Ils ont un portrait robot.

- Et il te ressemble?

- Pas du tout!

- Qu’est-ce que tu vas faire? Demanda-t-elle. T’enfuir?

- Non, j’ai réalisé que ça ne servirait à rien.

- Qu’est-ce que tu vas faire alors?

- Trouver l’enregistrement de mon père d’abord.

- Je vais t’aider.

- Et trouver qui essaye de me faire porter le chapeau .

- Pour ça aussi, je t’aiderai, assura-t-elle.

- Et puis, il faut que j’aille voir ton père. 

- ... 

- C’est... C’est ce qui me fait le plus peur, avoua-t-il.

Elle sourit et se rapprocha doucement de lui pour lui prendre le bras.

- Je ne sais pas si je pourrais beaucoup t’aider pour ça...

- Tu pourrais me protéger...

- Mon père est plus petit que toi! Rit-elle.

- Oui, mais il y a le géant, là! Le Grizzly !

- L’ours? Il est inoffensif !

- Pour toi, sans doute!

- Non, je suis sérieuse! Il est comme John Kaffe dans la ligne verte! 

- Tu m’en diras tant... Dis...

- Mhm?

- Ton vrai nom... C’est Katherine Beckett alors...

- Oui, c’est vrai, j’ai enfin retrouvé mon vrai nom.

- Je peux t’appeler Kate?

- Pourquoi?

- Je trouve que ça te va drôlement bien, et puis comme tu m’appelles par mon vrai nom... Je me suis dit que...

- Mhm... Pourquoi pas, j’aime bien l’idée que tu sois le premier à pouvoir m’appeler par mon vrai nom qui doit encore rester secret pour le moment

- Moi aussi.

 

Pendant ce temps, chez Loksat, le chef avait fait venir William pour une petite discussion en tête à tête. 

- Sais-tu combien de personnes ont disparu aux États Unis ces six dernières années?

- ... Non...

- Trente mille! Si on ne les retrouve pas dans les cinq ans, on arrête de les chercher. Autrement dit, on  les considère comme morts, dit Loksat sur le ton de la conversation en poussant vers lui la tasse contenant les morceaux de sucre.

William prit un sucre, toujours silencieux.

- Si quelqu’un de célèbre comme Jamie Bracken disparaissait, penses-tu que ça ferait toute une histoire? Demanda Loksat.

William se figea.

- Certainement pas, continua le chef comme s’il parlait d’une chose aussi banale que la recette du bouillon de volaille. Au bout de deux ou trois jours, plus personne n’en parlerait. Les gens ne se rappellent pas des problèmes des autres aussi longtemps.

- Jamie est mon frère, rappela William. Je lui parlerai.

- Je ne changerai pas de candidat à la mairie une nouvelle fois, avertit Loksat. Cela ternirait notre image.

- Je sais monsieur.

- Notre nouveau projet est sur le point de démarrer!

- Ça devrait aller, Monsieur, assura William.

- Je ne voudrais pas que ce  qu’il s’est passé il y a dix-neuf ans te freine...

- Cela n’arrivera pas, promit William. Je m’en occupe.

 

 

Après cette entrevue, William Bracken rentra chez lui et retrouva monsieur Flynn dans son bureau. Ce dernier lui raconta bien évidement les derniers événements.

- Richard est venu?

- Et mademoiselle Swan aussi. Elle a rencontré madame Johanna, annonça Flynn. Par contre elle ne sait toujours pas qui elle est. Elles ont beaucoup parlé, mais je ne sais pas de quoi il s’agit.

- Ça ne doit pas être facile pour Johanna, dit William. Elle est si fragile... Commander un système d’écoute téléphonique et appeler Jamie en secret... Et dire qu’elle était terrorisée toute la nuit...

- Vous allez la laisser faire ce qu’elle veut? Demanda Flynn étonné. Vous savez ce qu’elle fait et vous la laissez faire?

- Ce n’est pas grave, elle reviendra, assura William. Elle est sur les nerfs parce qu’elle est excitée à l’idée d’avoir découvert un nouveau jeu. 

- ...

- J’aimerais juste qu’elle prenne soin d’elle, ajouta William dans un long soupir sous le regard médusé de Flynn.


Minefuji  (24.06.2020 à 16:52)

Chapitre quatre-vingt-seize

 

 

Dans le bus qui les ramenait à Manhattan, Rick Lança deux appels, l’un à Jamie et l’autre à M. Celle-ci s’occupa de les coupler pour en faire une sorte de conférence. Elle informa alors Rick, Kate et Jamie des résultats de ses dernières recherches.

- Tu avais raison, la niche de ton père au columbarium a le numéro 391.

- Donc la vidéo de la déposition de ton père est certainement dedans, dit Jamie.

- Il faut qu’on aille voir, dit Rick plein d’espoir.

- Les rats qui vous suivaient sont toujours à vos trousses? Demanda M.

- Oui, répondit Kate après avoir jeté un bref coup d’œil par la fenêtre arrière du bus.

- Tu devrais rester en dehors de ça, Swan, intervint Jamie. Tu ralentirais Rick.

- Ce n’est pas forcément vrai, dit M.

- M est la meilleure, se réjouit Kate.

- Il nous faut un plan d'action, ils ne vont certainement pas vous laisser tranquilles, dit M.

- J’ai fini de vider le téléphone de Swan, annonça Rick. Il faudrait maintenant savoir qui sont ces types qui me suivent.

- Ça fait trop longtemps que tu es recherché, soupira M. Tu en as tellement l’habitude, que tu es parfaitement détendu dans cette situation. Et s’ils appelaient la police?

- C’est moi, la police, rappela Swan.

- Exactement ! Dit Rick en se tournant vers elle. Si la police est prévenue, arrête-moi, comme ça, tu ne seras pas complice.

- Promis. J’utiliserai mes menottes spéciales pour les grands bandits! Rétorqua Swan avec un grand sourire.

- Ces gamins sont insupportables ! S’agaça M en retirant son casque. 

Leur plan d’action mis au point, Rick et Kate descendirent du bus bras dessus bras dessous. Discutant joyeusement, ils passèrent près de la voiture de leurs poursuivants. Kate fit semblant d’utiliser les vitres teintées pour se recoiffer, perturbant au passage ses occupants, tandis que Rick déposait soigneusement le contenu de deux boîtes de punaises derrière chacune des roues de la voiture.

Ils voulait bien accepter le fait qu’ils les suivent, pas qu’ils les empêchent de mener leur enquête. Ils auraient donc besoin d’un petit temps d’avance.

Lorsque cela fut fait, il se releva et dit à Swan de courir droit devant elle aussi vite qu’elle le pourrait, ce qu’elle fit sans discuter.

Sa fuite, fit bien entendu réagir les occupants de la voiture, mais Rick était prêt, il ouvrit la portière passager avant qu'ils ne sortent et photographia un à un tous les occupants de la voiture, grâce à ses lunettes. M s’occuperait de découvrir leurs identités. Il referma presqu’aussitôt la portière et courut rejoindre Swan, qui arrivait déjà au bout de la rue. Une voiture pila alors devant elle.

La portière s’ouvrit, et Haley, qui était au volant, l’invita à monter.

- Ah, mais je vous connais! Dit Kate reconnaissant celle qui était venue chercher Rick à l’hôpital..

Haley ne prit pas le temps de lui répondre et quitta aussitôt la voiture en courant, laissant les clés sur le contact. Rick arriva, prit sa place et démarra aussitôt, laissant leurs poursuivants en plan. Ceux-ci retournèrent à leur voiture au pas de course, où ils trouvèrent leur chauffeur occupé à ramasser les punaises dispersées par Rick.

- Tu devais démarrer la voiture! Râla l’un d’eux.

- Il y en a beaucoup trop! On ne peut pas démarrer dans ces conditions! Filez moi plutôt un coup de main pour les ramasser!

 

- Ça va être un peu long de trouver qui ils sont et pour qui ils travaillent, annonça M en découvrant les photos envoyées par Storm. ce sont de nouvelles têtes. 

 

La nouvelle équipe engagée par Bracken était dirigée par l’homme que Swan avait rencontré au bureau de William. Il avait dans son équipe des hackers expérimentés, qui utilisèrent les caméras de surveillance pour suivre la trace de Storm et Swan et ainsi permettre à leur équipe occupée avec les punaises de les retrouver.

 

Pendant ce temps, à la douzième, Ryan et Esposito étaient bien ennuyés. Ils venaient de recevoir le portrait robot de l’homme qui recherchait MacAlister peu avant sa mort.

 

- Mince, tu y crois à celle-là ? Dit Esposito. C’est Castle!

- Le portrait lui ressemble, c’est vrai, répliqua Ryan, mais ça ne veut pas dire que c’est lui... Swan a dit qu’il était malade...

- Ça, c’est peut-être ce qu’il lui a dit. Qu’est-ce qu’on sait de lui finalement? Rien. On a pris pour argent comptant ce qu’il nous a dit sans chercher plus loin. D’ailleurs, je n’avais jamais entendu parler de lui ou de ses articles avant ça. Pour un journaliste très connus dont le maire est soit-disant fan, c’est louche, non?

- Tu ne lis jamais le journal, rappela Ryan, c’est normal que tu ne le connaisses pas.

- Bah et toi? Tu le connais?

- Non, mais avec ma copine, on lit plutôt des magazines, alors...

- On devrait enquêter tout de même, suggéra Esposito.

- D’accord, mais pas un mot à Swan, avertit Ryan. Si elle l’apprend, elle va nous faire la tête au carré!

- Salut les garçons, comment ça va? Lança Lanie en arrivant près d’eux.

- Ola Chica!  sourit Esposito. Je te manquais?

- Je suis venue voir Lola, expliqua Lanie. Elle n’est pas encore venue me voir dans ma salle d’autopsie, ce qui est bizarre, étant donné qu’elle enquête sur la mort du type qui était allongé dans l’un de mes frigos, jusqu’à ce matin..

- Elle n’était pas très en forme, alors on lui a dit de se reposer aujourd’hui, on s’occupe de l’enquête.

- Elle est malade? S’étonna Lanie.

- Bah oui, pourquoi ça t’étonnes?

- Swan n’est jamais malade. Depuis que je la connais, elle n’a même pas attrapé ne serait-ce qu’un rhume.

- Il y a un début à tout, déclara Ryan. Elle a dû chopper le rhume de Castle.

- Pourquoi elle aurait attrapé le rhume de Castle? Tiqua Lanie.

- Swan aime bien Castle, dit Ryan, elle le laisse même dormir chez elle de temps en temps.

- Castle a dormi chez Swan... Sourit Lanie. Intéressant...

- Ne te réjouis pas trop, répliqua Esposito en lui tendant le portrait robot. Regarde ce qu’on a reçu ce matin...

- Mais... C’est... On dirait Castle! S’étouffa Lanie.

- C’est le portrait robot de l’homme qui recherchait MacAlister avant sa mort, expliqua Ryan. C'est donc notre principal suspect.

- Cette casquette... et ces lunettes... Dit pensivement Lanie.

- À quoi tu penses? Demanda Esposito.

- À l’homme qui a été tué à la brigade de Sorenson il y a quelques temps... Ce portrait pourrait lui correspondre aussi... Enfin au niveau de la tenue surtout, parce qu’il était plus âgé. Un portrait robot, ce n'est pas très précis.

- Oui, mais comme tu le dis, ce type est mort depuis quelques temps déjà. Mac Alister, lui, est mort hier soir, rappela Esposito. Il ne peut donc pas s'agir de lui.


Minefuji  (25.06.2020 à 19:47)

Chapitre quatre-vingt-dix-sept

 

- Ce que je veux dire, c’est que ça n’est pas forcément Castle! Rétorqua Lanie. Vous l’imaginez, lui, tuer quelqu’un ? Il n’arrive déjà pas à écraser une araignée avec sa chaussure! 

- De toute façon, il ne faut pas écraser les araignées, elles sont utiles, rétorqua Ryan.

- Tu as bien compris ce que je voulais dire,  j’imagine mal Castle tuer quelqu’un! Souffla Lanie.

- Ça n’empêche, qu’on va enquêter sur lui, déclara Esposito. J’ai comme l’impression qu’il ne nous a pas tout dit.

- À vous peut-être, rétorqua Lanie. Ça m’étonnerait qu’il ait pu cacher quoique ce soit à Swan. Elle a un radar, quand il s’agit de déceler les embrouilles.

- Tu sais ce qu’on dit, l’amour rend aveugle, fit Ryan.

- On devrait commencer par aller trouver Castle, annonça Esposito en se levant. Il doit bien y avoir son adresse dans les documents qu’il a signés quand il a demandé à suivre Swan.

- Attendez! Vous ne pouvez pas  vous lancer comme ça, vous devez la prévenir!

- Qui ça? Swan?

- Evidemment, Swan! Si vous enquêtez sur Castle, vous empiétez sur sa vie privée.

- On veut enquêter sur Castle, pas sur elle.

- Arrêtez, vous savez très bien que pour le moment, elle ne veut pas nous dire ce qu'il se passe entre elle et lui! 

- ...

 

Pendant ce temps, Jamie reçut la visite à son journal de Claire, l’une de ses  amies, qui travaillait encore pour l’empire médiatique de son frère. Il aimait beaucoup cette jeune femme, avec qui il était sorti quelques années auparavant, son seul défaut était de travailler encore pour Dailynews. 

Souvent il se demandait où en serait leur relation s’il n’était pas obnubilé par ce qu’il s’était passé en 1983.

Le témoignage de son frère, accréditant la thèse de la dispute qui avait mal tourné entre Jim et Jackson lui avait mis la puce à l’oreille. Il s’était alors promis de protéger Johanna, ce qui n’avait pas laissé beaucoup de place à sa relation avec Claire. Johanna avait pris toute la place dans ses priorités. 
Claire ne semblait pas avoir tourné la page malgré leur rupture ou alors elle avait tellement été déçue, qu'elle s'était finalement mariée à son travail.

- Je te sers un café? Proposa Jamie.

- Je suis responsable de l’interview de William Bracken, annonça Claire. J’ai entendu dire que tu préparais une contre émission.

- C’est exact, reconnut-il.

- Tu vas parler de la holding Global Investissement ?

- C’est l’argent de William...

- Tu sais mieux que personne que tu ne peux pas toucher à Global Investissement.

- Ça, c’était le cas chez Dailynews! Rétorqua Jamie.

- Ton émission ne sera pas diffusée.

- On s’est préparé. Si vous essayez de nous empêcher de diffuser, on le fera savoir et on aura des preuves de ce que vous aurez fait. Ça s'appelle faire entrave à la liberté de la presse, c'est très mal vu et très mauvais pour les élections. En fait, plus vous essayerez de nous empêcher, plus vous nous aiderez. C’est bien, non?

- Jamie... Tu prends trop de risques, soupira Claire. Qu'est-ce qu'il t'arrive? Jusqu'à maintenant, tu prenais soin de ne jamais aller trop loin pour éviter d'être blessé. Tu devrais être plus prudent et penser au long terme comme tu le faisais avant. La meilleure façon de lutter, c’est celle qui te permet de ne pas être en danger. Fais le doucement, Jamie, lentement, mais sûrement. Ça te prendra peut-être des années, mais tu resteras en vie.

 

- Je ne peux plus revenir en arrière. Je me suis réveillé et j’aime ce que je fais. Jusqu’à maintenant, chaque journée qui commençait était une épreuve à affronter. Désormais, j’ai un but dans la vie, une cause, et j’aime ça. Et toi? 

- Ils ont toujours une longueur d’avance sur nous, sais-tu pourquoi ? Nous on suit les règles, mais pas eux! Alors , comment veux-tu lutter? Tu ne peux pas les battre.

- Si je renonce parce que je ne peux pas les battre, j’aurais honte face aux générations à venir. Et je ne veux pas de ça.

 

Dans la voiture qui les emmenait au columbarium, Kate reçut un appel de ses collègues.

- Salut Ryan, tout va bien pour vous?

- Euh, oui, ne t’en fais pas. Je voulais prendre de tes nouvelles.  Tu vas mieux?

- Oui, ne t’inquiète pas.

- C’est que... Hier, tu n’avais vraiment pas l’air bien...

- Crache le morceau, qu’est-ce que tu veux, Ryan?

- Eh bien... On a longtemps hésité, on ne voulait pas t’ennuyer avec ça, mais Lanie a insisté pour que nous t’appelions...

- Evidemment que j’ai insisté! Lança la voix de Lanie, ces deux zigotos voulaient enquêter sur Castle sans t’en parler! Et comme il paraît que Castle a dormi chez toi...

- Lanie, c’est pas le moment de venir à la pêche aux informations, la coupa Swan. Pourquoi vous voulez enquêter sur Castle?

- À cause du portrait-robot qu’on a reçu, le portrait du type qui cherchait MacAlister avant qu’il ne se fasse tuer, expliqua Ryan. On dirait Castle. Espo te l’envoie, regarde.

Elle ouvrit le message qu’elle venait de recevoir examina la photo.

- Ce n’est pas du tout ressemblant! Dit-elle aussitôt. 

- Quand même, on croirait que c’est lui... 

- Moi, je dirais que c’est Nathan Fillion, rétorqua Swan.

- Qui ça? Demanda Ryan.

- L’acteur qui joue dans Firefly! Expliqua Swan. Bon, il faut que je vous laisse, j’ai à faire là.

- Comment ça, tu as à faire? Tu n’es pas chez toi en train de te reposer? Tiqua aussitôt Ryan avant de remarquer qu’elle avait raccroché.

- Qu’est-ce qu’il se passe? Demanda Esposito.

- Je ne sais pas, mais elle n’est pas tranquillement chez elle à se reposer. Elle nous cache quelque chose...

- C’est maintenant que tu le remarques? Ricana Esposito. Ça fait des semaines qu’elle trafique des trucs dans son coin avec ce Jamie Bracken et Castle...

- Il se passe des trucs bizarres ces temps-ci...

- Mhm, fit Lanie.

- On n’a pas le choix, déclara Esposito en prenant sa veste, il faut enquêter. Allons trouver Castle.

- Essayez de ne pas attraper son rhume, lança Lanie alors qu'ils s'en allaient.

 

Après le départ de Claire, Jamie reçut la visite de Haley dans son bureau. Ils discutèrent un moment, ses collaborateurs jasaient.

- Wah, tout à l’heure la journaliste de Dailynews... Maintenant cette jeune femme... murmurait Harry, le chef éditorialiste.

- C’est sûr, il sort avec les deux! Intervint le responsable de leur site internet.

- Wah... C’est compliqué la vie de célébrité...

Lorsque Jamie ressortit de son bureau, il annonça à son équipe, qu’ils allaient faire une émission pour révéler le manipulateur qui contrôlait William Bracken.

- Quand ferons-nous cette émission? Demanda Brett.

- Maintenant ! 

- Maintenant? Mais...

- Je viens d’avoir des informations, expliqua Jamie. Nous avons enfin une longueur d’avance sur eux, nous allons l’exploiter! J’ai préparé la vidéo d’une interview, on ajoute quelque chose avant et après et on se lance! Le plus important, c’est le nombre de téléspectateurs.

 

Au même moment, Rick et Kate arrivaient  au columbarium, suivis quelques instants plus tard par deux voitures noires. Dans le bâtiment, ils passèrent devant une caméra, Rick fit un petit signe de la main à M. Puis Kate, qui le suivait, ne put s’empêcher de lui faire un grand signe, le sourire jusqu’aux oreilles, cette affaire l’amusant au plus haut point.

- Ah, c’est beau la jeunesse, soupira M amusée.


Minefuji  (26.06.2020 à 22:07)

Chapitre quatre-vingt-dix-huit

 

- Je suis venu ici avec mon maître, il y a neuf ou dix ans, expliqua Rick. Et tu sais ce qu’il m’a dit?

- Qu’est-ce qu’il t’a dit?

- « De toute façon, ton père n’est pas là. On ne sait pas où il est, mais c’est important qu’il y ait un endroit où tu peux venir te recueillir et lui rendre hommage. Alors on va le faire ici. » Dit Rick en imitant le ton et la voix de Miyagi. 

Ils entrèrent dans la pièce où se trouvait l’urne de Jackson et  passèrent en revue les différentes niches.

- Je l’ai trouvé, dit finalement Rick devant la niche trois cent quatre-vingt-onze, dans laquelle il trouva quelques photos de son père et de sa famille. Papa, voici Swan. Tu l’as sûrement connue petite fille, sous le nom de Katherine Beckett. 

Rick ouvrit la niche et passa sa main derrière les photos. Il ne tarda pas à trouver une vieille cassette audio dissimulée derrière l’une d’elles. Puis il jeta un bref coup d’œil aux sbires de Bracken qui les surveillaient non loin de là. Il se tourna vers Swan et lui passa discrètement la cassette à Kate.

- Ça va aller? Demanda-t-il.

- Mais oui, ne t’inquiète pas, assura-t-elle en cachant la cassette dans la poche de son manteau. 

- On fait nos adieux et on y va, dit Rick en lui prenant la main.

Ils avaient à peine quitté la pièce, que les hommes de Bracken s’étaient mis en mouvement, prêts à tout pour récupérer la cassette.

- Coincez-les là où il n’y a pas de caméra, ordonna le chef des hommes de mains de Bracken.

 

M, qui veillait au grain depuis son antre, attrapa l’un de ses téléphones prépayés et passa un appel en modifiant sa voix pour qu’elle ressemble à celle d’une vieille dame:

- Oui, je vous ai appelé un peu plus tôt, ils sont en train de partir, ils se dirigent vers l’entrée. Ce sont des voyous, je les ai entendu dire qu’ils voulaient enlever cette fille! Faites vite! 

 

À peine furent-ils sortis, que Rick et Kate furent encerclés par les hommes envoyés par Bracken.

- Quoi? On se connaît? Demanda Rick innocemment.

- Donnez la nous! Ordonna l’un des hommes.

- Ah! Si je vous la donne, on peut partir? Tenta Rick innocemment 

- Je ne crois pas, non, ricana l’homme qui semblait être le chef de bande.

- Dans ce cas, dit alors Swan en sortant sa plaque. Je suis le lieutenant Swan, vous êtes en état d’arrestation pour tentative de racket! 

- Ouh! On a peur! Et tu crois que ta plaque va te protéger? Ricana l’un d’eux en lui attrapant le bras. 

- C’est l’heure de danser, déclara Rick alors qu’elle l’expédiait à terre d’une prise de self défense.

À son tour, il donna quelques coups de poings à leurs opposants.

- Ça va Kate? Demanda-t-il en esquivant un coup.

- Très bien, répondit-elle en envoyant un bon coup de pied dans le tibia de l’homme en face d’elle.

- Parfait, on va pouvoir y aller, annonça Rick.

 

Une voiture de police arriva, Kate lui lança la cassette, qu’il attrapa au vol avant de filer, entraînant à sa suite leurs poursuivants. 

- À plus tard! Lui cria-t-il alors que Swan rejoignait Ryan et Esposito, qui sortaient de la voiture de police.

- Vous avez fait vite, dit-elle.

- On était dans le coin, expliqua Ryan. 

- Allume la radio, dit-elle en s’installant dans la voiture.

Au même moment, Jamie commençait son émission, annonçant une nouvelle mort suspecte, celle de Gary MacAlister, un ancien policier, qui en 1983 avait entendu le témoignage d’un suspect dans sa salle d’interrogatoire. Vous

- Vous souvenez de Ryô Miyagi, le sujet de notre précédente émission ? Lui et Jackson Hunt, qui se trouvait dans cette salle d’interrogatoire faisaient partie de la même émission pirate. Tout comme Ryô Miyagi, Jackson Hunt a lui aussi été assassiné  dans une salle d’interrogatoire, déclara Jamie l'air grave.

 

De son côté, Rick fut rattrapé par ses poursuivants, qui l’encerclèrent.

- Donne nous la cassette, ordonna l’un d’eux après lui avoir donné un coup de poing.

- Ok, ok, la voilà, dit Rick en la leur tendant, on va discuter.

L’homme attrapa la boîte, et découvrit aussitôt qu’elle était vide.

Il asséna d’autres coups à Rick, qui gémit et supplia.

- Ah! Je saigne! Comment osez vous? Écoutez, écoutez, laissez moi rencontrer votre chef, dites-lui, que je lui donnerai la cassette et la vidéo de L.A aussi! Appelez le! Et dites lui aussi que Storm veut s’associer à Loksat! Je sais qu’il veut me rencontrer. Ah! Bon sang, vous avez frappé trop fort, je saigne, ça fait mal!

 

- Seul un bref article a parlé de cette affaire, continuait Jamie à l’écran, disant que Jackson Hunt s’était suicidé en cellule, parce qu’il ne supportait plus la culpabilité d’avoir tué son ami. Étrangement, les histoires de ces deux amis se ressemblent malgré les dix-neuf ans qui les séparent. Tous les deux ont été empoisonnés. Le premier a été qualifié de suicide, le second était un meurtre. Mais Gary MacAlister, qui a reçu le témoignage de Jackson Hunt, a dit tout autre chose. 

 

Ils diffusèrent la photo de MacAlister, ainsi que l’enregistrement de ses paroles à Storm « Le témoignage qu’on a reçu, était différent de celui qui a été déposé, ça a été inventé de toutes pièces. Qu’est ce qu’on a fait? On l’a dit aux affaires internes et qu’est-ce qu’il s’est passé? On a été licenciés. »

 

Rick fut emmené à la demeure de Loksat, une vaste demeure, à l’écart de la ville, gardée par une armée de gardes du corps et agents de sécurité. L’endroit où William Bracken avait été emmené dix-neuf ans plus tôt, lorsqu’il avait choisi de tourner le dos à ses amis pour se rallier au camp des plus puissants.

Il ne manqua pas de regarder chaque agent afin de les filmer avec ses lunettes.

 

Monsieur Flynn avertit William que son frère faisait une nouvelle émission. Ce dernier s’empressa d’allumer son ordinateur et assista alors à la conclusion de la première partie de l’émission.

- Gary MacAlister et ses collègues ont été licenciés pour avoir dit la vérité. Mais il a gardé une cassette pendant dix-neuf ans: l’enregistrement du témoignage de Jackson Hunt. Je pense que MacAlister a été assassiné par des gens qui ont essayé de détruire cette cassette. Parce que la cassette, qu’il nous a confiée juste avant de mourir, révèle d’incroyables histoires sur eux. 

Jamie dévoila alors la cassette qu’il avait en sa possession. Cassette que Haley avait récupérée juste avant le passage de Rick et Kate au columbarium. Leur diversion avait parfaitement fonctionné.

 


Minefuji  (27.06.2020 à 21:16)

Chapitre quatre-vingt-dix-neuf

 

- Mais qui sont ces gens dont il parle? Demanda alors Jamie. C'est ce que nous allons découvrir avec vous.

 

 

Rick fut amené Manu militari dans un salon joliment décoré.

- Wah! Quelle belle maison! Dit-il en ajustant ses lunettes pour mieux filmer l’endroit.

 

La main au-dessus de son clavier, M se tenait prête, attendant l’entrée de Loksat dans le champ de vision de Rick.

L’un des hommes de Loksat traversa le domaine en courant, un message urgent envoyé par Bracken à la main. 

Tout était prêt. L’heure de dévoiler en direct l’identité de celui, qui dans l’ombre manipulait entre autres personnes William Bracken et le sinistre monsieur Flynn, leur faisant commettre des atrocités, était enfin venue.

Quelques heures plus tôt, lorsque Haley avait laissé la voiture à Swan et Storm, elle avait pris sa moto et filé jusqu’au columbarium, où elle avait trouvé la cassette de l’enregistrement de la déposition de Jackson, dans un petit coffret derrière l’urne. Elle avait pris la cassette et tout remis en place, sans oublier de déposer le boîtier vide que Rick et Swan récupéreraient peu après. Les hommes de Bracken et Loksat, occupés à filer Rick et Swan n'y virent que du feu.

Elle avait ensuite repris sa moto filé au bureau de Jamie, à qui elle avait remis l’enregistrement. 

Jamie l’avait aussitôt écouté.

«  On va enregistrer votre déposition, nous sommes le 2 mars 1983. Nom du témoin, Jackson Hunt... »

Il avait ensuite appelé Rick, qui était alors en chemin pour le columbarium avec Swan, pour le prévenir.

- J’ai écouté l’enregistrement de la déposition de ton père, avait-il annoncé.

- Qu’est-ce que ça dit? Demanda Rick impatient.

- Ton père n’était même pas suspecté de meurtre! Il est allé au commissariat pour leur signaler un meurtre! Il a dit que des gens avaient tué son ami Jim Beckett. Il avait apporté des photos comme preuves. Il n’était pas suspect, mais témoin! Il a raconté comment ces enfoirés ont tué Jim et ce qu’ils faisaient  sur les lieux du crime.

 Castle qui s’était arrêté sur le bord de la route, se prit la tête dans les mains, soulagé d’un poids énorme.

Kate lui sourit tendrement. 

- Il est fier de toi, avait-elle assuré. Où qu’il soit, il est fier de toi.

- Rick, c’est du lourd, avait ajouté Jamie. Reviens, d’accord ? C’est suffisant pour l’émission !

Rick s’était alors tourné vers Kate.

- Qu’est-ce que tu en penses?

- Ce que je pense des salauds qui ont tué mon père, fait passer le tien pour un meurtrier et fichu nos vies en l’air?

- On fait comme prévu! Avait répondu Rick, on va jusqu’au bout! 

 

« - Nous sommes le 2 mars 1983, nous allons enregistrer votre déposition. Nom: Jackson Hunt. 

- Ces gens... Ils se font appeler les fermiers, ce qui est une insulte aux véritables fermiers. Johanna, Jim Beckett et moi, nous étions à la recherche de ces fermiers depuis plus d’un an. Nous avions appris qu’ils allaient déplacer un chargement en secret, nous pensions qu’il s’agissait de fonds secrets. C’est ce que font ces soit-disants fermiers, ils prennent notre pays pour un potager. Ils payent les politiciens pour les contrôler. Ils font passer des lois qui les arrangent pour leur profit. 

 

Leur plan s’était déroulé comme prévu et désormais, Rick se trouvait dans la pièce où ils allaient mettre la touche finale à leur plan.

- Il arrive, murmura Storm satisfait.

 

M appuya sur la touche entrée de son clavier, Jamie reçut le message qu’il attendait dans son oreillette.

 

- Notre envoyé spécial de chez Everyday News est parti enquêter sur eux. Leur chef se fait appeler Loksat.

 

Ils lancèrent la diffusion de ce que les lunettes de Storm filmaient. Deux gardes du corps entrèrent et enfin Loksat entra, dévoilant sans le savoir, son visage en direct sur internet et à la télévision. Un homme d'un certain âge, qui ressemblait plus à un gentil papi qu'au parrain.

- Bonjour, sourit Rick.

 

Un homme entra précipitamment pour cacher le visage de son chef.

- L’homme, que vous cachez, est Loksat, n’est-ce pas? Demanda Rick. Je suis de Everyday news! Je peux vous poser une question?

Loksat quitta la pièce sans dire un mot. 

- Dois-je comprendre que c’est non?

Les gardes du corps se précipitèrent sur Rick, qui cria pour que tous les spectateurs l’entendent:

- Ces hommes travaillent pour lui! Je vais leur demander, votre chef ne laisserait pas un journaliste prendre des coups en direct à la télévision! Encore moins se faire passer à tabac!

 

L’un d’eux attrapa ses lunettes et les examina, tandis que deux autres maintenaient Rick à genoux..

- Faites attention avec ça, leur dit Rick, je vais avoir de gros problèmes si vous les cassez! Ma chef est du genre radin.

 

Les lunettes de Rick entre leurs mains, ils prévinrent Loksat, qui revint dans la pièce.

- Son nom est Richard Castle, annonça le garde du corps. Il a une carte de presse de Everyday news.

- Vous n’avez pas prétendu être Storm? Demanda Loksat en s’avançant vers Rick.

- Je savais qu’en disant ça, vous accepteriez de me rencontrer, rit Castle.

- Si tu es Storm, je vais prendre du temps pour discuter avec toi... Sinon...

- Woah! Vous allez me tuer? S’affola Rick. Je ne veux vraiment pas du tout mourir, moi! Attendez! Vous êtes vraiment Loksat? Vous dirigez des tueurs comme monsieur Flynn? 

- Si tu étais juste curieux, tu n’avais qu’à me le demander... Pourquoi prendre ma photo?

- Ah... C’est que je n’avais pas le choix, répondit Rick. Si quelqu’un vous déplaît ou fait quelque chose qui vous déplaît, vous le tuez. Nous on ne peut pas faire une chose pareille, ce qui est profondément injuste. Il fallait que je prévienne les gens! Vous savez comme ces panneaux qu'on met sur les portails des maisons: attention chien méchant! 

- Est ce que les gens vont vous remercier pour ça? Demanda calmement Loksat.

- Je ne sais pas, rit Castle, je ne l’avais encore jamais fait.

 

Loksat s’approcha encore et se pencha pour mettre son visage à la hauteur de celui de Rick. 

- Mon garçon, qui es-tu ?

- Parmi les hommes que vous avez tués, il y avait un homme, qui s’appelait Jackson Hunt. Je suis son fils, Richard Rodgers. Alors, grand-père, quand vous tuez des gens, pensez à leurs fils et à leurs filles... J’ai comme l’impression que ça ne vous a jamais effleuré l’esprit... Je me trompe?

 

Lorsque Swan et Castle s’étaient séparés, celle-ci avait rejoint Ryan et Esposito que M avait prévenu anonymement. 

- Qu’est-ce qu’il se passe? Avait demandé Esposito.

- Merci les gars, d’être venus si vite, avait dit Swan essoufflée en montant dans la voiture. 

- Où est la vieille qui nous a appelé? Demanda Esposito.

- Oh! Elle n’est pas là, répondit Swan en réglant la radio sur la station qu’elle voulait écouter, il nous fallait juste un moyen pour vous faire venir.


Minefuji  (28.06.2020 à 11:50)

Chapitre cent

 

- Tu as un téléphone, pourquoi ne pas simplement nous appeler? Avait demandé Ryan, on serait venu aussi, tu sais?

- Je ne pouvais pas téléphoner, alors elle s’en est chargée pour moi, annonça Swan en ressortant de la voiture pour se rendre près d’une poubelle devant l’entrée du columbarium.  Comme prévu, elle y trouva un sac à dos, qu’elle ramena à la voiture, se demandant combien de personnes travaillaient pour le compte de M pour que tout soit aussi parfaitement réglé.

- Ok, si tu nous expliquait ce qu’il se passe... Demanda  Esposito perdu.

- Il va falloir que nous aidions Castle. 

- Castle? Il était avec toi?

- Il est sur un reportage, avait expliqué Swan. Et là, il est entre les mains de types très dangereux, il va avoir besoin d’aide.

- Fallait le dire tout de suite! S’écria Ryan. Comment on va le retrouver maintenant?

-  Pas de panique, dit-elle en montrant son téléphone. Il a un traceur.

- Mais qu’est-ce que vous trafiquez Castle et toi?

- C’est une très longue histoire, je vous expliquerai plus tard. Allez, en route! Ils l’emmènent! 

Swan et les gars se trouvaient maintenant devant la propriété de Loksat. Ils avaient écouté l’émission de Jamie à la radio et la jeune femme leur avait tracé les grandes lignes de l’enquête qu’elle menait avec Castle et Jamie sur William Bracken et Loksat, se gardant bien de leur avouer que cette histoire impliquait ses parents ainsi que le père de Rick.

- C’est à nous de jouer, maintenant, déclara Swan, on doit sortir Castle de là.

- Je veux bien, mais on n’a pas de mandat! Dit Esposito. On ne peut pas entrer comme ça chez ce type! 

- D’autant qu’il a l’air d’être très influent, ajouta Ryan. On risque  gros là! 

- Pff! Ça me rend dingue, dit Swan en attrapant la caméra qu’elle avait trouvée dans le sac à dos. 

- Qu’est-ce que tu fiches? T’es sérieuse? Demanda le latino.

- Aux grands maux, les grands remèdes.

- On va finir par se demander si elle est flic ou journaliste, souffla Ryan.

- Je suis sous couverture, rétorqua Swan. Allez, soyez bons, vous êtes filmés!

- Quoi? Hé! Sérieusement?

- Ça tourne ! Annonça Swan.

A l'antenne, Jamie meublait l'émission.

- On n’a toujours pas de nouvelles de notre journaliste dans la maison de Loksat, annonça Jamie, quand il reçut une information dans son oreillette. Ah! On me signale que nous avons de nouvelles images! Notre autre journaliste, qui filme à l’extérieur de la maison nous annonce l’arrivée de la police sur les lieux.

 

Face caméra, Ryan et Esposito chaussèrent leurs lunettes et sortirent de la voiture façon Starsky et Hutch.

L’information parvint aussitôt à Loksat, qui ordonna à ses hommes de lâcher Castle.

Puis il vint s’assoir face à Castle.

- Ça fait bien longtemps que cette maison n’a pas accueilli un jeune comme toi, dit-il.

- ...

- Assieds-toi, dit-il en servant un verre et en allumant un bâton d’encens. Tiens, bois ça.

- Je ne bois pas avec les salauds qui ont tué mon père, grogna Rick.

Loksat prit le verre et but.

- Tu te trompes, nous, nous ne tuons personne.

- Non, vos hommes font le sale boulot à votre place.

- Nous travaillons pour sauver tout le monde, déclara Loksat. Comment expliquer ça...?

- Vous dites « nous » à tout bout de champ... Ça me saoule, à force. Il y en a combien des salauds comme vous en tout?

- Il y a « nous », qui prenons soin des autres et il y a ceux qui nous obligent à prendre soin d’eux. Alors, dis-moi jeune homme, de quel côté veux-tu être?

- Vous parlez trop, répondit Rick. J’imaginais que vous étiez quelqu’un d’imposant... En fait, vous n’êtes qu’un vieillard qui veut parler...

La vue de Rick commença à se troubler, il dut redoubler d’efforts pour rester conscient.

- Je dois reconnaître que je commence à t’apprécier, sourit Loksat en prenant une nouvelle gorgée de sa boisson. 

Réfléchis bien, mais je n’attendrai pas très longtemps.

 

Luttant de plus en plus contre l’endormissement, Rick comprit que l’encens devait être la cause de son malaise. Il attrapa maladroitement le bâton et l’éteignit juste avant de sombrer.

Loksat sourit, se leva et quitta la pièce.

 

- Hey! Attends! On ne peut pas entrer là! S’écria Esposito. 

- T’as qu’à rester là si ça te chante, moi, j’entre, déclara Swan en se précipitant dans la propriété sa caméra toujours à la main.

- Pffff! Fit Esposito. On va se retrouver à la circulation.

- Je te l’avais dit qu’elle était dingue de Castle, rétorqua Ryan en la suivant.

La maison était vide, Loksat et ses hommes avaient filé. Elle trouva Rick endormi dans le salon. Il ouvrit légèrement les yeux et les referma aussitôt.

- Oh, bon sang, Rick, qu’est ce qu’il t’arrive? Demanda-t-elle en se pressant vers lui.

- J’arrive pas à me réveiller, marmonna-t-il.

- Pourquoi es-tu toujours endormi à chaque fois que je te retrouve? Soupira-t-elle.

- Tu me réveilles à chaque fois...

- Tu te prends pour la belle au bois dormant? Ils t’ont drogué? Tu veux aller à l’hôpital?

- Non, murmura-t-il en se blottissant contre elle.

- Tu l’as trouvé! Lança Ryan en arrivant à son tour dans la pièce. Il va bien?

- Oui, il a sommeil, répondit Swan à voix basse.

- Il va falloir que tu nous expliques, avertit Ryan avant de quitter la pièce. Espo! C’est bon, il va bien!

- Kate... Marmonna Rick.

- Oui? Tu veux quelque chose?

- Nos pères... Ils étaient très proches, non?

- Oui... Du début à la fin, ils étaient unis comme les doigts de la main. J’aurais aimé que tu voies l’émission.

- Tu n’as qu’à me raconter, murmura-t-il à moitié endormi.

- Tu sais, comme tu es un journaliste, tu devrais regarder les informations. 

- S’il te plaît... Raconte...

- Ok... Ce jour là en 1983, nos pères étaient partis enquêter. Ils suivaient un camion de ceux qui se faisaient appeler « les fermiers ». William Bracken conduisait leur voiture. Ton père prenait des photos... Raconta Kate.

 

 

- Fais bien attention, dit Jim, il ne faut que les photos soient floues! 

- Tu m’as déjà vu te donner une photo floue? Avait demandé Jackson.

- Hé! mais qu’est ce que tu as là? S’était écrié Jim en apercevant la nouvelle montre de son ami. Ça vaut cher ces petits bijoux! Fais voir, tu me laisses essayer?

- Hé! Fais gaffe! C’est fragile! 

 

 

- Ils chahutaient gaiement dans la voiture. Ils pensaient qu’ils allaient juste prendre quelques photos de personnes qui s’échangent de l’argent, continua Swan. Ils étaient insouciants.

 


Minefuji  (29.06.2020 à 21:21)

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