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Trois ans

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 05.05.2013 à 19h33
Auteur : Sherwood 
Statut : Terminée

« Danny Williams va voir un psy. Pourquoi ? (J'écris seule, merci) » Sherwood 

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Trois ans et un jour

Un homme en chemise cravate attendait dans la salle d’attente. Il semblait nerveux vue la façon dont il passait sa main dans ses cheveux et le fait que sa jambe se balançait frénétiquement depuis une bonne dizaine de minutes. Il n’était pas le seul d’ailleurs. Une femme se tordait les doigts dans tous les sens, un jeune homme très maigre n’arrêtait pas de tourner en rond dans la pièce, un vieillard passait sans relâche une main sur son visage et une adolescente mâchonnait son chewing gum comme si elle voulait le réduire en bouillit. La femme prit alors un magazine qu’elle reposa aussitôt. Quant au jeune homme, il s’empressa de faire le tour de la pièce mais dans l’autre sens cette fois. Au milieu de tout ça, le seul homme qui portait une cravate à Hawaii changea de position. Il semblait las et fatigué. Il avait la mine grise et remettait sans cesse ses cheveux blonds en arrière. Enfin, la porte s’ouvrit. C’était une jeune femme. D’un teint immaculé, elle avait ses longs cheveux bruns attachés en un chignon et portait des vêtements de la dernière mode. Il s’agissait du Dr Annabelle Lewis.

-Williams. Dit-elle avec un étrange sourire.

L’homme à la cravate se leva avec hésitation et finit par entrer. Lewis s’assit derrière son bureau et commença déjà à prendre le dossier de son patient.

-Comment allez-vous aujourd’hui, Danny ? Fit-elle en tapotant le stylo sur le meuble en bois.

-Heu…Bien, je suppose…Bredouilla l’intéressé en essayant de se mettre le plus à l’aise possible sur le siège.

-Vous supposez ? Releva-t-elle en arquant un unique sourcil.

-Et bien…En fait…Je ne sais pas…Répondit-il avec toujours ce manque d’assurance.

-Quel a été votre sentiment en vous réveillant ce matin ?

-Déjà, je ne me suis pas « réveiller » à proprement parler.

-Vos nuits blanches ont reprises ? Questionna-t-elle en griffonnant quelque chose sur son calepin.

Danny tenait sa tête d’une main accoudée.

-Seulement cette nuit-ci…Soupira-t-il.

-J’ai remarqué que vous avez remit la cravate, pourquoi ?

-Comme ça.

Elle griffonna autre chose d’une écriture légère et rapide.

-Alors, que ressentez-vous aujourd’hui ?

Il ferma les yeux, réfléchissant longuement. La question était difficile car un tas d’émotions le bousculaient. Premièrement, il n’avait pas eu envie de venir ici. Mais il reconnaissait au fond que ces séances l’aidaient. Deuxièmement, il n’avait pas mangé. En réalité, il avait perdu l’appétit depuis ce jour tout comme le sommeil. Puis troisièmement, il se retrouvait assit sur cette chaise à se demander ce qu’il ressentait.

-De la colère je pense…Laissa-t-il tomber en relevant la tête.

-Danny, vous êtes en colère ? Insista-t-elle.

Elle cherchait délibérément à le faire réagir. Son patient n’était pas bien aujourd’hui et elle savait pourquoi. En revanche, il fallait que ça sorte de sa bouche.

-Bien sur que je suis en colère ! Comme tous les jours depuis ce jour ! Comme à chaque fois que je me rappelle pourquoi je viens ici ! Comme toutes ces nuits que je passe à me rappeler ce jour ! Ce jour qui a changé ma vie ! OUI, JE SUIS EN COLERE !

-Pourquoi ? Continua-t-elle en restant impassible malgré l’explosion du détective.

-Vous le savez très bien ! S’écria-t-il.

-Moi oui. Mais vous, le savez-vous ?

Il prit une profonde respiration, perdu dans ses pensées.

-Très bien, reprit-elle, on passe à autre chose, ok ?

Il hocha la tête d’un signe affirmatif.

-Comment va votre entourage ?

-Il se porte comme il peut…Répondit-il.

Il la fixa intensément. Tout ce qu’il voulait c’était partir d’ici, d’oublier. Malheureusement, ça ne se passait pas comme ça.

-A qui en voulez-vous, Danny ?

A cette question, il baissa les yeux. C’est avec un ton désemparé qu’il balbutia :

-A tout-tout le monde…A ccc-ces salops…A la-la police…A…A moi…Et puis…

Il s’arrêta. La réponse ne lui plaisait guère mais rien ne pouvait éviter la vérité.

-Puis ? Répéta Lewis à qui ça n’avait pas échappé.

-Et-et puis…à lui.

-Danny, regardez-moi.

Il leva la tête vers la jeune femme, sans savoir trop pourquoi il obéissait tel un automate.

-Votre entourage s’inquiète beaucoup pour vous, confia-t-elle, ne le repoussez pas.

-Comment voulez-vous que je réagisse ?! Est-ce qu’il y a seulement un remède à ça ?! Parce que moi, je ne sais plus quoi faire !!!

Il s’était levé, battant l’air des mains pour appuyer ses propos. Lewis voyait très bien qu’il était en colère et il ne devait pas l’intérioriser. Sinon les choses allaient empirer.

-L’avez-vous vu aujourd’hui ? Demanda-t-elle alors sans laisser paraitre quoi que ce soit.

-Non…Murmura-t-il d’une voix à peine audible en se rasseyant.

-Pourquoi ça ?

-Parce que…Je ne sais pas…Je ne peux pas…

-Il y a une raison, vous le savez très bien.

A la suite de ces mots, elle tapota sur son ordinateur portable. Danny la regarda faire, sans broncher. Il était comme dans un état second. Pourquoi n’est-il pas aller le voir aujourd’hui ?

-Vous lui rendez visite tous les jours, Danny. Pourquoi pas aujourd’hui ? Le questionna-t-elle.

Elle passa ensuite une main devant son visage pour ramener une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille. Les yeux du détective se perdirent soudainement dans le vague. Elle le laissa dans ses songes et tapota une nouvelle chose sur son clavier après avoir tourner une page de son calepin. Elle ne devait pas le bousculer car si jamais elle le faisait, il se braquait. Elle attendit donc. Enfin, Danny leva les yeux vers elle, se racla la gorge et dit :

-Parce qu’aujourd’hui ça va faire trois ans…

Des larmes coulaient à présent sur ses joues et rien ne pouvait les arrêter. Danny avait réussit à sortir ce qu’il avait en lui depuis ce matin. Lewis ferma lentement son calepin ainsi que son ordinateur. Elle se laissa aller contre son fauteuil, gardant toujours son regard posé sur son patient. Danny avait eu un long chemin. Jamais il n’aurait pensé avoir besoin d’un psy. Il avait mit du temps à reconnaitre ce fait. Parfois, il restait cloitré chez lui, ne répondant pas aux appels ni aux e-mails et se morfondait. Cependant, les jours passaient et ça ne pouvait continuer comme ça. Ainsi, on lui avait indiqué l’adresse du Dr Annabelle Lewis. Au début, il avait cru halluciner. Il s’était retrouvé devant une jeune étudiante tout droit sortit de la fac et avec qui, il devait se confier. Mais on lui assurait qu’elle était géniale. Et c’était vrai. Il avait fait un énorme progrès depuis le jour : il avait parlé.

-Qu’est-ce qu’il y a Danny ? Résonna la voix de Lewis dans la tête du détective.

Il aurait bien aimé avoir la réponse. Il avait l’impression qu’il n’y en avait pas. C’était juste une question toute simple. Il devrait logiquement y avoir une réponse simple ? Il jeta un regard autour de lui afin de voir si la réponse était sous son nez mais non. Tout simplement non. Il n’essaya même pas d’essuyer les larmes qui s’étalaient grossièrement sur son visage. Il n’essaya même pas de faire le moindre geste. Il se contenta juste d’être assis en face de sa psy et d’attendre. Cette attente elle-même lui faisait mal. A force d’attendre, il avait l’impression de ne plus pouvoir respirer. L’air lui manquait depuis ce jour. Depuis le jour où tout avait changé pour lui. Egalement depuis ce jour, il avait attendu. Il était condamné à attendre. Attendre quoi ? Tout.

-Danny ? L’appela-t-elle.

Des tas de choses se passaient dans la tête sauf l’essentiel. Il devait trouver la réponse mais c’était comme si elle lui posait une colle. Et il n’avait pas d’antisèche sur lui. Ses doigts commençaient à trembler et il croisa les mains afin de cacher ce geste de faiblesse. Il vit les lèvres de Lewis remuer. Malgré ça, il ne pouvait entendre ce qu’elle disait. Il supposait donc qu’elle le rappelait par son prénom. Que des suppositions. Il n’y avait que des suppositions. Faîtes par tout le monde. Pourtant, il ne méritait pas ça. Tout sauf ça. Sa bouche était sèche, sa gorge était nouée, sa mâchoire était crispée et tout son corps tremblait lorsqu’il décida de répondre. Il devait lui dire. Il ne pouvait plus se mentir, c’était impossible. Ça faisait trois ans, bordel ! Trois putains d’année qu’il se mentait, qu’il tentait d’oublier ce qu’il s’était passé, qu’il fuyait la réalité ! Il prononça enfin ces mots :

-Il me manque…

TBC...

 


Sherwood  (05.05.2013 à 19:36)

 

Trois ans et deux jours

Le lendemain de sa séance avec le Dr Lewis, Danny avait décidé de prendre son courage à deux mains. Il devait affronter cette nouvelle année comme les années précédentes. Même si c’était difficile. Il entra dans l’hôpital, les mains moites. Quand il arriva à la réception, il fut accueillit par Marissa.

-Danny ! Comment allez-vous aujourd’hui ? S’exclama-t-elle.

-Comme les autres jours. Et vous ?

-Ça peut aller. On a perdu l’un de nos patients ce matin. La famille avait décidé qu’il était temps de le débrancher.

-Oh. Répondit-il mal à l’aise.

-Vous n’êtes pas venu hier ? S’étonna l’infirmière en lui donnant le badge des visiteurs.

-Heu…Non…en effet. C’est que…ça va faire trois ans…Et…

-N’en dîtes pas plus, l’interrompit-elle, je comprends.

Il lui lança un sourire timide. La bonne femme avait toujours été là pour lui. Elle prenait autant soin des visiteurs que des patients. L’espagnole un peu forte contourna le bureau de la réception et dit :

-Je vais venir avec vous. Je n’ai pas encore prit ses constantes.

-Très bien.

Ils avancèrent ensemble dans les couloirs de l’hôpital et s’arrêtèrent devant la porte n°135. Danny avait la main sur la poignée et hésitait à la tourner.

-Ça va aller ? Demanda Marissa.

Il hocha la tête et ouvrit la porte. L’infirmière passa devant lui et se dirigea vers l’électrocardiogramme. Armé d’une feuille et d’un stylo, elle commença à écrire les signes vitaux du patient.

-Aucun changement ? Fit Danny d’une voix rauque.

-Malheureusement non, Danny. Tout comme ces dernières années. Répondit-elle en se tournant vers lui avec une moue désolée.

Elle contrôla la perfusion, changea les oreillers et posa une main apaisante sur l’épaule du détective.

-Je suis désolé. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à côté. Murmura-t-elle.

Et elle sortit en fermant la porte derrière elle. Danny s’approcha lentement du lit et s’assit sur son siège habituel. Il poussa un long soupire et croisa les jambes, appuyant sa tête contre sa main accoudée. Jamais, au combien jamais, il n’aurait cru en arriver là : être assit dans une chambre d’hôpital, à regarder son partenaire plongé dans le coma depuis trois ans. Il s’avança et prit doucement sa main dans la sienne. Elle était horriblement froide, comme un cadavre, ce qui lui donna des frissons. De son pouce, il caressa les doigts rigides de son meilleur ami. La poitrine de ce dernier se soulevait telle une machine, qui d’ailleurs, respirait grâce au ventilateur. Il se souvint de lorsqu’il avait vu Steve intubé pour la première fois. En fait depuis, les médecins ne le lui ont pas retiré. Le voir avec un tube dans la bouche relié à un respirateur artificiel avait quelque chose d’effrayant. Il ne cessait de se répéter que c’était pour le garder en vie, mais rien n’y faisait. Dans la chambre, les murs étaient décorés avec les dessins de Grace. Mary venait souvent à Hawaii pour déposer un bouquet de fleur au chevet de son frère. Chin venait de temps en temps également. Quant à Kono, elle avait renoncée. C’était trop dur pour elle. Depuis ce jour, le 5-0 a été démantelé. Chin, Kono et lui, sont retourné au HPD. Là-bas, il détestait la façon dont les flics les regardaient. Sauf Duke, peut-être. Hormis le vieil homme, il n’y avait que de la pitié et de la compassion dans leurs yeux. Car leur patron, leur Commandant, leur ami, leur frère, avait été déchu. Danny porta un coup d’œil au papier bleu qui dormait sur la table de chevet. Il détestait aussi ce papier. Comme le SEAL avait nommé Danny entant que son mandataire médical, il lui revenait le droit de prendre la terrible décision de…de le débrancher. De toute façon, Mary en aurait été incapable. Le détective avait cependant renoncé. Et les mois ont passés, puis un an, deux ans et maintenant c’était la troisième année que son partenaire était dans le coma !

-Hey…dit-il d’une voix tremblante…Trois ans, mon pote. Tu ne crois pas qu’il serait temps que tu te réveilles ? Pour moi…Aller, crétin ! Tu as assez dormi, non ?

Mais comme tous les jours, il n’eu aucune réponse. Il se souvint de la première année. Les médecins avaient quand même un peu plus d’espoir à cette époque. Steve avait des spasmes musculaires, des gémissements inconscients, des réflexes…ainsi de suite. La deuxième année, le peu d’espoir qu’ils avaient s’évanouit. Le SEAL demeurait inerte, ne répondait plus à rien et ne vivait seulement qu’avec le respirateur. Les larmes coulaient désormais sur les joues de Danny. Il porta son autre main à la tête de Steve et caressa ses cheveux avec des gestes lents et plein d’affection.

-Pourquoi ne veux-tu donc pas te réveiller ? Pourquoi me laisses-tu tout seul ? Pourquoi ? Dis-moi…

Seul le bruit infernal de la machine lui répondit. Brusquement, Danny se leva et fit les cent pas. Il ouvrit la bouche pour la refermer pratiquement aussitôt. Enfin, il la rouvrit et s’arrêta de marcher. Il se tourna alors vers son partenaire inconscient et prit appuie sur la balustrade du lit.

-Espèce de crétin ! Tu vas continuer longtemps comme ça, hein ? Tu veux vraiment me torturer ? Moi, mais aussi Chin, Kono, Mary, Joe et Grace ? Je veux juste que tu te réveille, bon sang ! Tu n’as pas le droit de m’abandonner, tu m’entends ? TU N’AS PAS LE DROIT !

Il avait hurlé ces derniers mots, à bout de force. Il n’allait pas pouvoir tenir éternellement. Il entendit soudain des bruits de pas de l’autre côté de la porte et Marissa entra précipitamment.

-Tout va bien Danny ? S’exclama-t-elle alarmée.

L’homme se laissa choir sur le canapé en face du lit et prit sa tête entre ses mains.

-Pourquoi ne veut-il pas se réveiller ? Se lamenta-t-il.

Le visage de Marissa s’affaissa. Elle le rejoignit et frotta son dos en lui soufflant des paroles rassurantes.

-Vous savez très bien que ce n’est pas parce qu’il ne veut pas. Mais il ne peut pas.

-Si, si. Notre SuperSeal peut toujours quand il veut…

-Danny.

Il leva la tête vers elle, les yeux embués de larmes.

-Non ! S’écria-t-il immédiatement.

Il savait parfaitement ce qu’elle allait dire. Et il ne pouvait le faire, il ne pouvait pas le débrancher. C’était impossible.

-Il est encore vivant, reprit-il, il est encore vivant…

-Branché à une machine ! Danny, je connais ça. Je travaille ici 24h/24. Au-delà d’une année, les patients ne se réveil jamais. Je suis déso…

-Ne dîtes pas ça ! J’ai vu des cas, sur internet, qui se réveil au bout de six ans !

-C’est de la pur fiction ! Un cas sur un million !

-Et si Steve faisait partit de ce cas ?!

-Je ne pense pas, Danny.

-Ecoutez Marissa, ce mec, c’est l’homme le plus combatif que je connaisse ! C’est un SEAL ! Je l’ai repêché en Corée du Nord où il a été torturé et il s’en est remit malgré tout ce qu’il avait vécut là-bas ! Il ne sourcille même pas quand il se prend une balle ! Il s’est toujours débrouillé seul ! Il donnerait sa vie pour nous, pour moi ! Et si…et donc s’il ne peut pas se réveiller, c’est qu’il ne veut pas. D’accord ?

Elle resta un moment à le déchiffrer du regard, puis sourit.

-D’accord.

Elle se leva et jeta un coup d’œil à sa montre.

-J’imagine que vous allez rester ici cette nuit ? Lança-t-elle au détective.

-Heu…Oui.

-Bien. Je reviens avec les couvertures.

 Pendant ce temps, Danny se mit à son aise sur le canapé. Il regarda son partenaire qui, durant tout l’échange, était resté exactement dans la même position.

-T’es rasoir, vieux…Bougonna Danny à l’adresse de Steve.

Marissa revint avec un oreiller supplémentaire et une paire de couverture qu’elle tandis à Danny. Il la remercia chaleureusement et s’installa alors qu’elle repartait. Le détective ferma les yeux et tenta d’oublier qu’il était dans une chambre d’hôpital dans laquelle reposait son partenaire. Il renifla bruyamment et essaya de dormir. Mais une chose le hantait. Les paroles de l’infirmières ne cessaient de le tourmenter. Sans s’en rendre compte, une larme se fraya un chemin parmi ses cils et vint s’écraser sur sa chemise. Il rouvrit les yeux et observa longuement le plafond. Il ne savait plus quoi faire. Il devait forcément y avoir une solution ?! Il tourna lentement son regard vers la table de chevet à l’autre bout de la pièce. Le papier bleu n’avait pas bougé. Et si…et si c’était ça la solution ? Un frisson d’horreur passa dans sa nuque. Il bascula ses jambes par-dessus le canapé et se mit debout tant bien que mal. Il s’avança vers la table de chevet pour s’empara du papier. Ce même papier qui n’avait cessé de le narguer durant toutes ces années. Sans attendre, il prit son portable et appuya sur le contacte tout en haut de sa liste. Un bip, un second bip, un troisième bip, un quatrième bip, un cinquiè…

-Dr Lewis ?

-Danny ? Tout va bien ?

-Je…J’ai peur de faire une connerie…

Il entendit une longue respiration à l’autre bout du fil. Puis, la psy répondit :

-Se rendre à l’évidence n’est pas une connerie.

Danny baissa alors les yeux sur le papier bleu…

TBC....

 


Sherwood  (06.05.2013 à 13:00)

 

Trois ans et trois jours

Danny se sentit ankylosé à son réveil. Dormir sur un canapé n’était pas forcément agréable mais il prenait petit à petit l’habitude. Il poussa un long bâillement et sourit à la vue de l’infirmière de nuit près de lui.

-Bien dormit Danny ? Demanda la jeune femme blonde et au teint rayonnant.

-Je dors toujours mieux près de lui. Répondit-il.

Il se leva et repassa sa chemise froissée avec ses mains.

-Rien de nouveau Julie ? Soupira-t-il.

-Non, désolé. 

Elle prit les couvertures et sortit de la pièce, laissant Danny seul avec son partenaire. Le détective regarda sa montre. Il était midi. « Mince », pensa-t-il. Son capitaine commençait sérieusement à en avoir marre de ses retards à répétitions. Il lui sortait souvent le discours : Je sais que ça doit être dur Williams, mais il ne faut pas négliger le travail et blablabla...

A ce moment, on toqua à la porte.

-Oui ? Fit-il en se retournant.

C’était Chin. Il entra avec un sac plastique dans une main et des assiettes cartonnées dans l’autre.

-J’ai apporté le déjeuner. Dit le lieutenant.

Danny le remercia tandis que Chin posa son sac sur une table.

-Rien avec lui ?

-Je crains que non. Chin…Si jamais il ne se réveillera pas…

-Dis pas ça. C’est le boss, il va se réveiller.

-Trois ans, putain ! Ça va faire trois ans ! S’exclama le gars du New Jersey.

-Je le sais aussi bien que toi, Danny ! S’écria à son tour Chin.

Danny baissa les yeux sur le corps inerte de son meilleur ami, puis il leva son regard sur le papier bleu. Chin le suivit et comprit.

-Ne me dis pas que…Que tu as pensé à…

-Si. Avoua Danny honteux.

Chin s’approcha de l’homme en détresse et mit un bras autour de ses épaules.

-Ce n’est pas grave mec. C’est normal. Je comprends tout à fait. A vrai dire, j’y ai pensé moi aussi.

-Vraiment ? S’étonna Danny.

Le lieutenant hocha la tête d’un signe affirmatif. Que s’était-il passé pour qu’ils en arrivent là ?

-Sérieux, Steven ?

-Bah quoi ?

-Ne viens pas t’immiscer dans ma vie privée, veux-tu ?

-Je dis juste que tu devrais tenter le coup pour de bon avec Gabby au lieu de vous tourner autour comme des abeilles avec un  pot de miel !

-Jolie la métaphore, tu fais des progrès mon pote.

-Merci !

McGarrett afficha un grand sourire en enfilant son gilet par balle. Danny secoua la tête dans le sens latéral tandis qu’il s’armait.

-Ok, s’exclama Steve en s’avançant vers son équipe et le SWAT, Garrison est un homme dangereux alors pas de quartier ! Est-ce que c’est clair ?

Chacun acquiesça et se prépara à intervenir. Deux membres du SWAT prirent un gourdin et défoncèrent la porte dans un grand fracas.

-Go ! Cria Steve.

Ils débarquèrent dans le bâtiment au moment où une silhouette passa par une des fenêtres.

-Je m’en occupe ! Lança Danny dans l’oreillette de McGarrett.

Ce dernier fit le tour de la maison pour tenter de l’intercepter.

-Chef, je vois un deuxième signal thermique ! S’écria Kono.

-Quoi ?

-Je confirme, fit Chin,  je le poursuis !

-Ça doit être son complice. Intervint Danny qui poursuivait toujours Garrison.

-Ce n’est pas possible ! S’énerva Kono.

-Je te tiens ! Résonna la voix du détective dans l’oreillette de chacun.

Danny se tenait devant Garrison qui s’arrêta de courir. Il se tourna alors vers le flic. Il arborait un sourire sadique.

-Qu’est-ce qui te fais rire ? T’es cuit !

-C’est ce que vous croyez…

-Comment ça ?

-Je serais vous, je courrai.

Les yeux de Danny s’agrandir d’effroi.

-Courez ! Ordonna-t-il à tout le monde.

-Pourquoi ? Demanda Chin qui menottait le complice.

-Dégagez !

Le SWAT accompagné du 5-0 sortir en courant de la planque. A peine le dernier agent passa la porte que la maison explosa. Toutes les personnes qui se trouvaient à proximité s’envolèrent et atterrir durement sur la route.

-Tout le monde va bien ? S’inquiéta Chin en se relevant tant bien que mal.

Il se dirigea vers sa cousine qui avait une vilaine entaille au front. Elle le rassura mais il gardait un œil septique. Danny accourut vers eux d’une démarche chancelante. Duke les rejoignit.

-J’ai un de mes agents qui ne respire plus. On a envoyé une ambulance. C’était quoi ce bordel ?

-Aucune idée, répondit Danny, mais c’était prévu.

-Ton agent va s’en sortir ? Demanda Kono dont le sang coulait sur son visage.

-Je ne sais pas. Il y a une dizaine de blessé environs.

-Où est McGarrett ? S’écria le détective en remarquant l’absence de son partenaire.

-Il doit être avec le SWAT. Répondit Duke.

Tout d’un coup, un flic du HPD appela à l’aide.

-S’il-vous-plait ! J’ai  besoin d’aide pour le dégager !

Danny se jeta auprès de Steve qui était coincé sur des tonnes de débris.

-Aller, Steven…Marmonna-t-il.

La tête de son meilleur ami étai terriblement ensanglanté et son visage était d’une étrange pâleur cadavérique. Duke porta un doigt contre sa carotide.

-Son pouls est rapide et filant, mais il est là.

-Dieu merci…

-Danny, l’appela Kono, l’ambulance arrive.

-Faut le tirer de là !

Les lèvres de Danny tremblaient quand il fut sortit de ses pensées par Chin.

-Tu disais quoi ?

-Je disais que tu devrais rentrer chez toi pour te reposer. T’en fais pas pour le capitaine, je lui ai dis que t’étais malade. Je me doutais bien que tu étais ici.

-Merci mec, mais je dois rester avec lui.

Sur ce, il s’installa sur le siège près du lit et caressa la main du Commandant Déchu.

-Ecoute Danny, ce n’est pas ta faute. Continua le lieutenant.

-Si, c’est ma faute. Si seulement j’étais resté avec lui, si…

-Rien ne pouvait prévoir que c’était un piège ! Rien ne pouvait prévoir l’explosion ! Rien ne pouvait prévoir son coma !

Chin commençait à s’énerver. Danny portait le poids de la culpabilité sur son dos depuis trop longtemps.

-J’aurais dû…J’aurais dû le sortir de là immédiatement, j’aurais dû m’apercevoir tout de suite qu’il n’était pas sortit de la maison !

-Non Danny, tu n’aurais pas dû. Ce n’était pas ta faute, mon frère.

Il lui offrir une brève étreinte fraternelle et frotta sa nuque.

-Ce n’était pas ta faute, continua-t-il de murmurer, ce n’était pas ta faute…

Voilà deux heures que le 5-0 attendait dans la salle d’attente des urgences.

-Excusez-moi, fit Danny à une infirmière, je suis le détective Williams. Mon partenaire à été amené pour…

-Oui, en ambulance. Je vois de qui vous voulez parler.

-Et…Avez-vous plus d’informations concernant…son état ?

-Il a fait un arrêt cardiaque quand il est arrivé en salle de trauma mais ils ont réussit à faire repartir son cœur, je crois.

-Vous croyez ? Répéta Danny en sentant la colère et l’angoisse prendre le dessus sur lui. Ecoutez-moi bien espèce de…

-Danny. L’interrompit Kono en se glissant près de lui.

Les yeux de l’homme étaient embués de larmes. Elle le prit affectueusement dans ses bras.

-Famille du Commandant McGarrett ?

Le 5-0 se tourna aussitôt vers le médecin.

-Comment va-t-il ? Demanda Chin à l’adresse de tout le monde.

Le médecin soupira et les invita à s’assoir. Lorsque l’équipe prit place sur un siège, il eut un long soupire et commença…

Embolie cérébrale. Le verdict était tombé. Depuis ce jour, son meilleur ami était plongé dans un coma profond et il n’avait plus aucune chance de se réveiller. Les années qui suivirent, Danny multiplia les allées retours entre l’hôpital et le HPD. Chin, Kono et lui se sont promit d’attraper Garrison et son complice afin qu’ils paient. A la fin de la journée, Chin partit rejoindre Malia qui l’attendait à la maison. Danny resta, comme il l’avait dit, au chevet de son partenaire. Soudain, on frappa à la porte. Il fut complètement dépourvu quand il vit Rachel et Grace entrer dans la chambre. Puis, son ex-épouse ouvrit la bouche :

-Elle voulait le voir…

 

TBC...

 

 


Sherwood  (07.05.2013 à 13:20)

 

Trois ans et quatre jours

Grace s’avança lentement vers le lit. Ce n’est pas qu’elle avait peur, mais elle ne voulait pas faire de mal à son Oncle Steve. Durant les années qui venaient de passer, Grace n’est venue que trois fois. Elle ne venait pas souvent à cause de Rachel qui ne souhaitait pas la traumatiser mais également parce que Grace aimerait garder un bon souvenir de lui. Pour elle, c’était toujours le meilleur ami de son père, celui qui lui apprenait le football, celui qui la gardait quand ni Danno ni sa mère et Stan ne pouvaient, celui avec qui elle regardait la télé blottit contre sa poitrine dans le canapé, celui qui la protégeait, celui qui l’aimait. Au début, sa mère l’avait prise dans ses bras et lui avait alors expliqué que son Oncle Steve s’était endormi pour très longtemps. Cependant, l’expression totale de détresse qu’elle avait aperçut dans le regard de son père lui avouait que c’était grave. La petite fille monta sur les genoux de son père et prit avec lui la main du SEAL.

-Danno, il est froid. Faut lui donner une couverture ! S’écria-t-elle aussitôt.

Les yeux pleins de larmes, Danny ne répondit pas et jeta un regard désespéré à son ex-femme.

-Ma chérie, répondit-elle alors, Steve ne peut pas sentir le froid. Ne t’en fais pas pour lui, les médecins veillent à ce qu’il est une température normale.

-Maman, pourquoi Oncle Steve dort toujours ?  

Ces mots finirent par détruire le détective. Pleurant silencieusement, il serra affectueusement sa fille dans ses bras.

-Mon p’tit chat, quelque chose retient notre SuperSeal…

-C’est quoi ?

-Je ne sais pas…

Elle se pencha par-dessus la balustrade du lit et embrassa McGarrett sur le front.

-Tu crois qu’il nous entend ? Demanda-t-elle innocemment.

On disait que les gens dans le coma pouvaient entendre néanmoins ce qu’il se passait autour d’eux. Mais Steve était plongé dans un coma si profond pendant tellement longtemps, qu’il n’y avait aucun espoir qu’il entende quoi que ce soit.

-Peut-être ma puce, répondit Rachel, peut-être.

La jeune femme vit l’air désemparé de son ex-mari et dit immédiatement :

-Chérie, tu vas chercher le cadeau pour Oncle Steve ? Il est dans le sac, dans le couloir.

-Oui ! S’écria-t-elle avec un sourire.

Elle sortit précipitamment, ignorant que sa mère tentait de consoler son père. Ce dernier craqua dans les bras de Rachel.

-Je ne-ne…tiens plus…Balbutia-t-il.

-Il le faut Daniel. Je sais que c’est dur. Mais tu dois être fort.

-On a dit ça à Kono et elle n’est pas venue une seule fois le voir ! S’exclama-t-il un tantinet en colère.

-Tu m’as dis qu’elle l’adorait, qu’elle idolâtrait cet homme. C’est comme son grand frère, c’est son mentor, celui qui lui a tout apprit. Tu ne peux pas lui en vouloir de ne pas supporter ça.

-Je sais bien.

-Daniel, je m’inquiète pour toi. Comment tu vas ?

-Je…Je…Rachel, je crois que je suis au bord du rouleau…

Elle l’étreignit et embrassa son cou.

-Si tu as besoin, je suis là. Lui dit-elle.

A ce moment, Grace entra dans la chambre.

-Je l’ai ! Fit-elle toute joyeuse.

Danny sourit quand il vit qu’elle tenait un phoque en peluche dans la main.

-C’est pour SuperSeal ? Demanda-t-il émut.

-Oui !

Elle posa la peluche sur la table de chevet, près des fleurs de Marie qui commençaient à faner.

-Il faut bien un autre SEAL pour l’aider à remonter à la surface ! Dit-elle avec un grand sourire.

Danny la souleva soudainement dans ses bras.

-Danno t’aime, ma puce. Dit-il sincèrement.

-Je t’aime aussi.

A présent, le jour déclinait et la famille Edwards dû rentrer.

-Tu peux m’appeler à tout moment. Confia Rachel à Danny.

Il la remercia d’un sourire et les raccompagna à l’entrée de l’hôpital. Lorsqu’il revint dans la chambre, il fut surprit d’y voir Mary.

-Désolé, s’excusa la jeune femme blonde, j’aurais dû prévenir.

-Non, il n’y a aucun mal.

Il l’étreignit vivement et garda une main rassurante dans son dos tandis qu’elle se tournait vers son grand frère. Il remarqua qu’elle avait changé les fleurs.

-Il est si pâle, Danny…Dit-elle.

-On ne peut rien y faire. Répondit-il mal à l’aise.

-Et le respirateur…C’est si effrayant de le voir comme ça.

Le détective se rassit sur le siège près du lit.

-J’ai eu la NAVY, reprit Mary en attirant l’attention de Danny, Steve n’en fait plus partie.

-Quoi ? Il n’est pas mort pourtant !

-Pas encore…

-Comment peux-tu dire une chose pareille ?! S’exclama-t-il ahurit.

-Tu dois ouvrir les yeux ! Et au combien même mon frère se réveillerait après toutes ces années, il aura de graves séquelles neurologiques donc, il sera exclu de la NAVY. Sa carrière de SEAL est terminée.

Sous le choc de cette annonce, Danny se laissa complètement aller sur son siège. Quant à Mary, elle embrassa son frère sur le front et se dirigea vers la porte.

-Tu repars déjà ? S’étonna Danny.

-Je dois repasser à mon hôtel. Je reviendrais demain.

-D’accord.

La jeune femme repartit essayant tant bien que mal de cacher ses larmes. Pendant ce temps, Danny se tourna vers son partenaire.

-Elle s’inquiète pour toi, mon pote. En fait, tout le monde s’inquiète pour toi. Pourquoi tu ne veux pas revenir… ? Pourquoi tu nous fais subir tout ça… ?

Comme d’habitude, il ne s’attendit pas à une réponse.

-Arrête, je déteste quand tu fais ça, tu le sais bien ! Bientôt je vais ouvrir un club : Je parle tout seul devant mon partenaire qui est dans le coma ! Ça sonne bien, non ?

Le silence se faisait à présent assourdissant. Alors Danny enchaîna :

-Je suis désolée si Kono n’est jamais venue te voir. Je crois qu’au fond, elle t’en veut. Tu devrais être réveillé à l’heure qu’il est. Mais monsieur a décidé de jouer le feignant ! On ne te demande pas la lune ?! Juste d’ouvrir tes beaux yeux bleus, pour nous. Je pense qu’il n’y a pas de mal à ça !

-Une tasse de café peut-être ? Fit une voix derrière lui, le faisant sursauter.

-Ah, Mak. C’est toi. Tu m’as fais peur.

Mak était le médecin qui s’occupait de McGarrett. C’était un gaillard robuste, type local et qui était notamment un ami proche de Malia. Très vite, il s’est familiarisé avec le 5-0 et en particulier avec Danny qui venait tous les jours ici. En réalité, il se nommait Makela Konaloko et on devrait dire : Dr Konaloko. Malgré ça, tout l’hôpital l’appelait Mak, surtout Danny qui n’arrivait jamais à prononcer son nom exact.

-Alors, une tasse ? Demanda le médecin en vérifiant les signes vitaux du patient.

-Heu…non merci Mak. Je vais bientôt rentrer. Je dois travailler demain et le Capitaine ne supportera pas une absence de plus.

-Evidemment. Je n’ai pas besoin de te rappeler qu’il te faut une vie aussi, Danny ?

-Non, en effet.

Mais Mak vit qu’il y avait un truc qui clochait chez le détective.

-Quelque chose ne va pas, n’est-ce pas ? Demanda-t-il enfin.

Danny leva les yeux vers lui et prit une longue respiration.

-Ça fait trois ans….

-Je sais. Et je ne veux pas t’encourager à quoi que ce soit mais j’en ai parlé avec Malia aujourd’hui. Chin lui a confié qu’il avait pensé la même chose que tout le monde et apparemment que toi aussi ?

-Je ne suis pas prêt, doc…

-Je comprends. En revanche, si tu réfléchis à la question, pense à Steve, pense à ce qu’il préférerait. Crois-tu sérieusement qu’il aurait aimé vivre comme un légume toute sa vie ?

Sur ces dernières paroles, après avoir tapoter amicalement l’épaule de Danny, Mak repartit. Le gars du New Jersey n’en pouvait plus de cette situation. Chaque jour c’était : est-ce qu’il va se réveiller ? Maintenant, c’était : est-ce qu’il va mourir ?

Danny se leva vivement, prit ses affaires et après un dernier regard à son meilleur ami, sortit de la chambre. Lorsqu’il arriva chez lui, la pièce était sombre. Il alluma la lumière de son bureau et jeta son sac sur le lit qui faisait office également de salle-à-manger-salon-chambre. Il se prépara ensuite un sandwich et s’attabla en prenant un dossier pour rattraper son travail en retard. Il remarqua que son téléphone fixe clignotait. Tout en mangeant, il enclencha le répondeur. Il n’avait qu’un seul message.

-Salut Danny, c’est Mary. En revenant à l’hôtel, j’ai réfléchi. Je ne voulais pas te le dire sur ton portable car tu serais encore avec Steve et je ne voulais pas que tu le sache dans cette condition. Bref, j’ai réfléchi et je crois qu’on doit penser avant tout à Steve. Et je sais que c’est toi qui a le droit de prendre une décision concernant son sujet. Je…Je…Je souhaite le débrancher.

Danny n’entendit pas la suite du message car il avait prit le téléphone et l’avait balancé de toutes ses forces à travers la pièce.    


TBC...


Sherwood  (08.05.2013 à 13:15)

 

Trois ans et cinq jours

Kono était à son bureau, entrain de relire les dossiers d’une enquête en cours, faîtes par le HPD. Son visage était fermé et concentré, un air que Danny reconnaissait. Il eu un sourire triste et baissa les yeux. Depuis l’accident de Steve, c’était tendu entre la jeune femme et lui. De plus, il ne savait pas comment l’aborder. Prenant son courage, il leva la tête et s’avança.

-Salut. Fit-il en mettant les mains sur le bureau de Kono.

Cette dernière ne répondit pas, complètement absorber parce qu’elle était entrain de faire.

-Heu…Je ne te dérange pas ?

-Danny ?! S’écria-t-elle surprise en le remarquant enfin.

-Salut. Répéta-t-il.

-Oh, heu…Salut.

Ils restèrent à se regarder, laissant la gêne s’installer entre eux deux. Puis, au bout d’un certain temps, elle replongea dans son travail et dit d’un ton froid :

-Ça fait longtemps qu’on ne t’a pas vu.

-Et bien…C’est que…Je rends visite à un ami. Il a besoin de moi, tu dois surement comprendre ? 

Elle se redressa subitement de sa chaise, vraiment en colère.

-Tu viens foutre quoi ici, Williams ?

-Heu…Je….Balbutia-t-il totalement impressionné par le charisme et l’assurance que son ancienne collègue avait prise durant ces années.

Il ne pouvait s’empêcher de pensé qu’elle commençait sérieusement à ressembler à McGarrett.

-C’est bien ce qu’il me semblait. Maintenant, débarrasses le plancher, je travail moi. Cracha-t-elle après s’être rassise.

-Je voulais juste te prévenir que…

Elle ne le regardait même pas. Un sentiment de honte s’empara du détective. Il n’avait pas su la protéger de tout ça. Chin l’avait aidé comme il avait pu mais lui, il n’avait rien fait. Il était trop occupé à prendre soin de son partenaire déchu. Il ne se rendit pas compte qu’il était au bord des larmes. Kono dû s’apercevoir que quelque chose n’allait pas car elle leva les yeux vers lui. Pendant une fraction de seconde, il crut voir de l’inquiétude dans son regard. Mais malheureusement, ce sentiment s’en alla aussi vite que le vent et l’interrogation prit sa place.

-Je voulais te prévenir qu’on allait…qu’on allait peut-être mettre fin à ce calvaire…Kono, on va le…

-Pourquoi tu me fais ça, Danny ? L’interrompit-elle.

Dans son regard, l’interrogation laissa ensuite place à une douleur terrible. Danny s’en voulait. Elle prit son dossier, se leva et murmura :

-Steve nous a abandonné.

Puis elle partit sans se retourner.

Après avoir résolu l’enquête du jour, Danny et Chin se dirigèrent vers l’hôpital. Ils y trouvèrent Marissa qui changeait les draps du lit.

-Bonjour vous deux ! Comment allez-vous ? S’écria-t-elle joyeusement.

-Bonjour Marissa. Répondit Chin.

Danny n’avait pas répondu. Ses yeux étaient captivés par la scène. Les draps étaient pratiquement tous retirés et le torse nu de Steve était exposé. Depuis le temps, les blessures du SEAL ont eu le temps de cicatrisées mais elles décoraient son corps par centaines.

-Vous voulez bien m’aider ? Demanda Marissa avec un sourire.

Danny hocha la tête. Il s’approcha du lit et jeta un regard à l’infirmière.

-J’ai juste besoin de vous pour lui soulever la tête pendant que je tire le dernier drap en-dessous de lui.

Doucement, délicatement, prenant le plus de précaution possible, dans des gestes lents, le détective passa ses mains sous la nuque de son partenaire et souleva sa tête. Dans un coin de la pièce, Chin observait, ému. Marissa tira sur le drap et autorisa à Danny de reposer la tête du SEAL. Avec la même douceur, comme s’il tenait un nouveau-né, il la reposa sur l’oreiller. L’infirmière revint quelques minutes plus tard et répéta le geste dans le sens inverse. Quand ce fut finit, elle partie en laissant les deux hommes près de leur ami. Soudain, on frappa à la porte. Chin ouvrit et tomba sur deux personnes dont l’une était en uniforme.

-Joe ! Catherine ! Entrez. Invita-t-il.

L’ancien Commandant et le lieutenant entrèrent dans la chambre. Danny les salua d’un signe de tête.

-J’ai…J’ai demandé une semaine de congé après que tu m’es appelé, Danny. Dit Catherine.

-C’est gentil.

Catherine et Danny s’étaient disputés il y a un an de cela. Car en réalité, Cath avait voulut débrancher Steve à la minute où les médecins leur ont fait savoir qu’il n’y avait plus d’espoir.

-Tu étais la seule qui voulait le bien de Steve dans cette pièce. Dit-il dans sa direction.

-Non, Non, Danny…Ne dis pas ça. Tu souffrais. Je comprends très bien. Maintenant, tu as enfin ouvert les yeux, c’est tout ce qui compte.

Elle s’avança et le prit amicalement dans ses bras. Durant l’échange, Joe s’était faufilé près du lit en toute discrétion. Il prit la main du SEAL dans la sienne et la serra avec force. En apercevant la scène, Chin vint à ses côtés. Joe avait du mal à cacher la tristesse sur son visage. Il se tourna lentement vers le lieutenant et dit d’une voix brisée :

-J’avais fait la promesse à John de protéger son fils. Et je ne l’ai pas tenue…

-Joe, ce n’était pas votre faute.

-Mais je m’en suis faite une : le libérer. Et celle-là, je vais tâcher de la tenir.

Sa main remonta jusqu’à l’épaule de Steve où il fit des cercles rassurants.

-Il est comme mon propre fils….

-Steve le sait, Joe.

-Je ne lui ai jamais dit…Tout ce que j’ai fait c’est de lui mentir.

-C’était pour son bien.

-Non. Non…Souffla-t-il en caressant la joue de McGarrett d’un geste paternel.

-Comment ça ?

-Danny a raison. Shelburne a fini par le tuer. Je…J’ai…

Il lança un regard douloureux à l’ancien partenaire de John.

-Joe, est-ce que vous…

-Je l’ai tué…J’ai tué mon fiston…Pleura-t-il.

-Non. Ce n’est pas vrai. Vous pouvez vous rattraper.

-Quoi ?

-Il parait que les gens dans le coma peuvent nous entendre. Dîtes-lui qui est Shelburne, faîte le.

Les yeux du vieil homme s’écarquillèrent avant de porter à nouveau son attention sur Steve. Alors, il se pencha légèrement en avant et lui souffla quelque chose à l’oreille. En revenant à sa place, il dit :

-Désormais, il sait.

-Oui.

De l’autre côté du lit, Catherine n’écoutait plus vraiment Danny. Ses yeux ne quittaient pas son compagnon un seul instant. Elle avait oublié le contact de ses lèvres sur les siennes, son corps contre le sien, sa chaleur l’entourant, son odeur l’imprégnant, ses yeux la cherchant. Cependant, elle résista à l’appel du baiser tant désiré. Elle ne devait pas se faire plus de mal.

-Steve, je dois vraiment partir là. Ria-t-elle en tentant de sortir de la maison par tous les moyens possibles.

Mais la puissante corpulence du SEAL l’empêchait de passer.

-Un dernier baiser et je te laisse partir !

-Steve, mon boss va me coller des heures en plus si j’arrive en retard. Je dois y aller. On se voit ce soir.

Apparemment, il ne l’entendait pas de cette oreille car il la prit par la taille.

-Steve ! Cria-t-elle avec néanmoins un grand sourire.

-Je te l’ai dit, un baiser et je te laisse.

Elle réussit à se tourner vers lui, le regard malicieux. Enfin, elle lui jeta :

-Oublie !

Elle courut jusqu’à la porte et cru pouvoir sortir quand deux mains fermes la plaqua contre le mur d’à côté. Elle sentit ses lèvres douces embrasser un endroit particulièrement sensible de son cou.

-Espèce de profiteur.

Elle l’entendit sourire bêtement.

-Le baiser attendra ce soir, d’accord. Je dois filer.

-Attends, pleurnicha-t-il comme un gosse à qui on venait de refuser quelque chose, je dois faire une descente chez notre suspect, Garrison. Si jamais ça s’éternise, je ne pourrais pas rentrer à la maison !

-Ça, c’est ton problème. Pas le mien !

Elle glissa sous ses bras musclés et sortit enfin de la maison. Elle s’apprêtait à monter dans sa voiture avant de jeter un dernier sourire à son compagnon. Ce dernier s’apprêtait de même à monter dans la sienne mais avant, il lui cria :

-Je t’aime !

Au début, elle cru avoir mal entendu. Abasourdit, elle se retourna complètement.

-Quoi ?! Cria-t-elle à son tour.

Il se mit à rire et forma à nouveau les mots : J-E-T’-A-I-M-E, sur ses lèvres. Puis à son tour avec à regard malicieux, entra dans sa voiture avant de disparaître…

Catherine chassa une larme. Un insupportable regret prit place au plus profond de son être. Elle aurait dû lui donner ce baiser… 

 

TBC...


Sherwood  (09.05.2013 à 13:59)

 

Trois ans et six jours

Les mains de Kono tremblaient tandis qu’elle attendait dans sa voiture. Elle ferma les yeux et s’enfonça dans son siège. Après avoir soufflé un bon coup, elle éteignit le contact et sortit du véhicule. Ses mains tremblaient toujours. Elle leva lentement les yeux vers l’hôpital qui se dressait à présent devant elle. Après avoir prit une grande respiration, elle s’arma de courage et se dirigea d’un pas hésitant vers la grande porte. Une fois à l’intérieur, l’ambiance étouffante des couloirs d’hôpitaux prirent possession d’elle et tout ce qu’elle voulait c’était sortir d’ici. Cependant, elle ignora son malaise et continua d’avancer. Dans l’ascenseur, elle semblait ailleurs, comme dans un état second. Un homme à ses côtés lui dit même :

-Vous allez bien ? Vous êtes très pâle.

-Je vais bien.

Sa voix était froide et étranglée. Elle sortit une fois que les portes s’ouvrirent et se dirigea vers la chambre 135 d’un pas automatique. Elle s’arrêta devant la porte et hésita une nouvelle fois. A présent, elle avait mal au ventre et le sentiment d’étouffement s’amplifia. Elle secoua la tête et ouvrit la porte. Ils étaient tous là. Joe avait les mains posées sur le pied du lit. Mary était recroquevillée sur un siège, dans un coin de la pièce. Chin était adossé contre un mur, la tête en arrière. Catherine se tenait juste debout, droite et ses yeux rouges montraient qu’elle avait pleuré. Enfin, Danny était sur le siège près du lit entrain de fixer le papier bleu qui reposait entre ses mains et qu’il venait de signer. Tous se levèrent ou relevèrent la tête en l’apercevant. Kono resta un moment sur le palier, silencieuse. Puis lentement, elle ferma la porte et s’avança vers le lit. C’était fait. Elle le voyait pour la première fois depuis l’accident. L’image était affreuse et écœurante. Son patron, celui qui lui avait tout apprit, son ami, celui qu’elle admirait par-dessus tout, était faible et branché à des tas de machine. C’était presque surréel. Jamais elle n’aurait cru un jour le voir dans cet état. Elle avala difficilement et s’approcha un peu plus. Elle pouvait maintenant le toucher. Sa peau étai glacée, sans vie. Elle passa une main dans ses cheveux bruns en bataille puis sur son menton que Danny prenait soin de rasé quand il était nécessaire. C’était comme dans un autre monde, ou un rêve. Plutôt en fait, un cauchemar. Elle garda une main posée sur son torse musclé qui s’élevait et redescendait au rythme du respirateur. Chin observait longuement sa cousine. Hormis ses doigts qui tremblaient, rien n’indiquait qu’elle était mal. Ses yeux étaient vides, dénués d’émotions, son visage restait stoïque et elle se tenait aussi rigide qu’un militaire. Il jeta un coup d’œil à Danny. Ce dernier regardait Kono avec douleur. Des larmes firent leur chemin sur ses joues. Quand, il se leva et prit place près de la jeune femme. Il voulait la prendre dans ses bras, la toucher, juste lui posée une main sur son épaule mais il ne le fit pas. Il avait peur qu’elle parte. Alors, il dit tout simplement :

-Merci d’être venue.

Kono ne répondit pas et garda ses yeux fixés sur le SEAL. Danny hocha la tête et fit signe aux autres de sortir. Ils laissèrent Kono seul avec Steve. Une fois que tout le monde soit partit, Kono mit la main de McGarrett dans la sienne.

-Hey, patron. C’est moi, Kono. Désolé de n’être pas venue avant. C’était trop dur.

Elle fit une pause et essuya une larme.

-Mais maintenant, je suis là. Je voulais…Je voulais…Je voulais te dire au revoir. Tu as été un véritable ami pour moi. Tu étais comme mon grand-frère. Tu as fais du 5-0 une famille. Alors que je venais tout juste de sortir de l’académie de Police, tu m’as prit sous ton aile, tu m’as donné une chance et…et je te remercierai toujours pour ça. Tu sais, je m’en veux. Je m’en veux tellement. Ça n’aurait jamais dû arriver. Les moments avec toi resteront inoubliables. Même tes disputes avec Danny. Dieu, on aurait dit vraiment un vieux couple marié !

Elle eu un petit rire étranglé à ces souvenirs. Puis, son sourire s’effaça et elle reprit :

-Tu vas nous manquer. Tu vas me manquer. Ça ne sera plus jamais pareil sans toi. A vrai dire, je t’en voulais pour ça. Je t’en voulais pour être partit et pour n’être jamais revenu. Je suis en colère contre toi, Steve. Tu aurais dû revenir. Revenir pour nous, juste pour nous. Danny était dans un état lamentable. Il n’était plus que l’ombre de lui-même. Chin était complètement effacé. Mary a terriblement souffert, Steve. Catherine…Catherine s’est fermée. Au début, elle ne voulait plus parler à personne. Il parait qu’elle a dû voir un psy de la NAVY pour reprendre son service. Quant à Joe, il ne montre rien mais on voit bien qu’il est tout autant touché que n’importe qui. Et moi…Et moi….J’étais…J’étais…C’était horrible. Je me réveillais avec un vide. Je m’endormais avec un vide.

Elle souffla difficilement et prit une longue respiration. Son pouce ne cessait de caresser la main du Commandant.

-Steve, ça n’aurait pas dû arriver. Répéta-t-elle.

A présent, elle pleurait vraiment et des longues larmes s’écoulaient de ses yeux pour terminer leurs courses dans son cou.

-Pourquoi faut-il toujours que tu sois le dernier après nous ? Pourquoi faut-il toujours que tu nous protège ? Pourquoi faut-il toujours que tu assures nous arrière ? Ne crois-tu pas qu’il faudrait qu’un jour, tu nous laisse nous occuper de toi ? Arrêtes de courir. Ça ne sert à rien de courir comme ça tout le temps.

Elle s’arrêta un moment puis serra la main du SEAL de toutes ses forces.

-Je sais que tu ne peux pas revenir. Je sais que…Oh, non. C’est stupide.

Elle renifla et jeta un regard dans la pièce. Il n’y avait personne. Elle porta à nouveau son regard sur Steve et caressa son front.

-Je sais que…Je sais que tu nous aimes….

Elle ferma les yeux un instant et mit son autre main sur la balustrade pour se soutenir. L’autre, tenant toujours fermement la main froide du blessé.

-Et…On t’aime aussi. Je…Je t’aime. Tu as fait de moi la femme que je suis devenue. Tu m’as apprit à suivre mon instinct, tu m’as apprit à avoir confiance en moi, tu as toujours eu confiance en moi. Tu étais mon ami, mon frère, le meilleur patron que j’ai pu avoir. Certes, tu avais ton caractère.

Elle sourit en se souvenant.

-Tu étais têtu, obstiné, autoritaire et tu ne fais jamais attention à ta vie. Mais tu es aussi très protecteur, tu prends soin des autres, tu es un homme de confiance, tu es droit et sincère, tu es…

Elle ne termina pas sa phrase car elle réprima un sanglot.

-Il faut que je le fasse…Steve, je suis désolé…Il faut que je te dise au revoir.

Elle embrassa le front du SEAL et posa le sien contre lui pendant quelques minutes. Quand elle se redressa, les autres rentrèrent. Ils formèrent un cercle autour du lit. Catherine pleurait dans les bras de Joe et Chin faisait de son mieux pour soutenir Danny qui semblait en totale léthargie. Quant à Mary, la souffrance tirait les traits de son visage. Kono ne les regarda pas un instant et continua à caresser affectueusement la main de Steve.

-Cousine…On doit…Commença Chin.

Elle hocha la tête dans le sens latérale, refusant tout bonnement.

-Très bien. Encore un moment. Répondit le lieutenant qui à son tour, avait les larmes aux yeux.

Kono ferma les yeux. Elle voulait échapper à tout prix à cette dure réalité. Elle voulait se réveiller, s’enfuir de ce cauchemar. Tout ça ne pouvait être vrai. Ces trois dernières années ne c’étaient pas passées. Les larmes gouttèrent de ces cils clos. Rien n’était vrai. C’était un songe, un mirage. Steve ne pouvait pas mourir, il ne pouvait pas juste mourir.

-Cousine…Tenta Chin une nouvelle fois.

Sa voix était brisée. Ça le tuait de voir Kono comme ça.      Elle laissait enfin aller toute la tristesse et toute la colère qu’elle avait accumulées durant tout ce temps. La jeune femme leva la tête sans pour autant rouvrir les yeux.

-Le médecin va venir. Dit Joe d’une voix calme.

Il tenait toujours Catherine dans ses bras qui avait enfouit sa tête dans son cou. Lui aussi semblait atteint par les évènements.

-Qu’est-ce...Qu’est-ce qu’il va se…se passer…après ? Demanda Danny qu’on n’avait pas entendu depuis la matinée.

-Et bien, expliqua tant bien que mal l’ancien Commandant, il va juste tout éteindre. Et puis tout ça sera finit.

Silencieusement, alors que les autres se faisaient plus de mal que de bien, Kono priait. Elle n’avait jamais été très croyante. En réalité, elle ne savait pas très bien que croire. Entant que flic, elle voyait souvent des gens mourir et ne c’était pas vraiment posé la question. Mais maintenant que tout était différent, il fallait juste un miracle pour que Steve se réveil. « Aller, je sais que tu peux le faire. Ne nous abandonne pas, Steve…Je sais que quelque part, tu es là. Il faut juste faire un signe. »

-Il ne va pas souffrir ? Fit la voix de Danny dernière elle.

-Non. Répondit Joe.

Pendant ce temps, Kono s’en voulait. Elle s’en voulait de n’être pas venue plus tôt. Elle s’en voulait de l’avoir laissé. Désormais, c’était normal qu’il la laisse. Dire qu’elle n’était venue que pour sa mort ! Des tas de choses se bousculèrent en elle. Elle ne pouvait plus respirer. Elle pensait à trop de chose en même temps. Soudain, tout ce fut clair. Steve n’allait pas partir. Il était déjà partit…

Ainsi, elle se rendit pas immédiatement compte, que des doigts effleuraient les siens et quand elle ouvrit les yeux, elle ne comprit pas tout de suite ce qu’elle voyait : la main de Steve serrait doucement la sienne.


TBC...


Sherwood  (10.05.2013 à 13:37)

 

Trois ans et sept jours

-Je suis désolé. Mais ça peut très bien n’être qu’un spasme musculaire.

-Doc, durant ces dernières années, il n’a plus eu aucun spasme ni réflexe de quoi que ce soit. Il était totalement inerte. Et là, il vient de serrer la main de Kono !

-Je ne veux pas paraître pessimiste, Danny. Tu le sais. Et son EEG ne présente rien d’anormal, aucun signe de réveil. Encore une fois, je suis navré.

-Aller, Mak ! On…On ne peut pas faire des tests en plus ? Juste pour vérifier ?

-On ne peut pas faire une IRM sur un patient qui est dans le coma depuis trois ans, enfin ?!

-Hey ! S’emporta Danny en se levant de son siège, face au bureau de Mak. Ce n’est pas un patient ! C’est Steve, c’est mon partenaire !

-Et ça pourrait être ton mari, se serait exactement la même chose ! Je suis désolé, Danny.

A ce moment, Chin entra dans le bureau. Il se présenta devant le médecin.

-Mak, je te le demande comme une faveur. Refais les tests.

L’homme soupira longuement puis dit :

-D’accord.

En attendant les résultats, tout le monde était rentré chez eux. Danny passa une dernière fois dans la chambre de Steve et s’arrêta. Kono était dans la même position que lorsqu’ils l’avaient laissée.

-Tu reste ici cette nuit ? Demanda-t-il d’une voix rauque.

Elle ne répondit pas. Il avait l’impression de se trouver devant une autre personne dans le coma !

-Bien. Julie te donnera des couvertures. Fit-il alors.

Puis il sortit. Au milieu de la nuit, il reçut un appel de l’hôpital.

-Mak ? Qu’est-ce qu’il y a ? C’est Steve ?

Il entendit un long souffle à l’autre bout du fil.

-Quoi ? Mak, que diable se passe-t-il ?!

-Je suis vraiment désolé Danny. Mais les tests sont revenus normaux. Il n’y a aucun changement. Steve est toujours dans un coma profond.

Danny n’en pouvait plus. Il eu soudain l’impression que tout s’écroulait autour de lui.

-Tu sais, dit la voix de Mak dans l’appareil, les doigts qui réagissent au contact est un réflexe fréquent. C’est même le premier réflexe chez les nouveau-nés.

-Mak. Ça fait trois ans que je tiens la main de Steve jour et nuit ! Et pas une seconde, je l’ai vu me serrer la main. Hier, Kono n’a pas halluciné. On l’a vu aussi ! Il lui serrait la main ! Faiblement, mais il la lui serrait !

-Danny…Je crois qu’il est vraiment temps que vous tourniez la page.

-Qu’est-ce….Qu’est-ce qu’on-on fait, doc ?

-Arrêtez de vous faire souffrir plus longtemps.

Une fois l’appel terminé, Danny essaya de se rendormir mais il n’y arriva pas. Il décida donc d’aller au seul endroit où il se sentait le mieux. C’est-à-dire auprès de Steve. Quand il entra dans la chambre, Kono était enfouie dans une couverture, à demi-allongé sur le siège à côté du lit. Sa tête était reposée contre l’accoudoir et elle tenait toujours la main du SEAL. Elle leva la tête vers lui lorsqu’il ferma la porte.

-Tu ne dors pas ? Demanda-t-il avec un sourire timide.

-Toi non plus apparemment. Répondit-elle en posant à nouveau ses yeux sur McGarrett.

-Je n’arrivais pas à trouver le sommeil.

-Il y a de quoi.

-Heu…Kono…Tenta-t-il en s’approchant doucement de la jeune femme.

-Hum ? Fit-elle à demi consciente.

-Heu…J’ai eu Mak. Je veux dire…le doc et…

-Steve ne se réveillera pas ? C’est ça ?

Il ne voulait pas lui faire plus de mal. Mais il devait dire la vérité.

-Non.

Brusquement, elle envoya la couverture par terre et se leva. Elle prit son sac d’un geste rapide et sans un regard en arrière, se dirigea vers la porte.

-Alors quoi ?! S’énerva le détective. Tu disparais une nouvelle fois ?! Steve va mourir et tu pars ?! Juste comme ça !

-Je lui ai dis au revoir, Danny. Répondit-elle d’un ton froid en gardant une main sur la poignée de la porte.

-Donc, tu lui a dis au revoir ! Bravo ! Tu veux que je te dise ? Dans cette histoire, ce n’est pas Steve qui nous a abandonné. C’est TOI !

A ces mots, elle se retourna aussitôt, le foudroyant du regard.

-Oui, Kono ! En fait, tu as déjà fait une croix sur lui depuis l’accident, depuis qu’il est dans le coma ! Parfois, je me demande même s’il a un jour compté pour toi….

-COMMENT OSES-TU DIRE CA ?! Hurla-t-elle dans la pièce.

-OUI ! J’OSE LE DIRE ! PARCE QUE C’EST LA VERITE !

-JE NE POUVAIS PAS, C’EST TOUT !

-ON EST TOUS VENU ! SAUF TOI ! ET TU DEBARQUE, LE JOUR OÙ ON VA LE DEBRANCHER !

-AH OUI ? ET POURQUOI SES DOIGTS SE SONT RESSERES AUTOUR DES MIENS ET NON DES TIENS ALORS QUE, COMME TU DIS, TU AS TOUJOURS ETE LÀ ?!!! HEIN ?!!!

Danny ne répondit pas. Les larmes coulaient sur ses joues et ses mains tremblaient. Kono prit alors conscience de ce qu’elle venait de dire. Elle s’apprêtait à s’excuser quand elle remarqua qu’il regardait derrière elle, comme hypnotisé. Elle fit volte-face et sentit tout d’un coup ses jambes se dérober. Les yeux de Steve frémissaient. C’était un mouvement juste imperceptible mais il était là. Il était là. Comme dans un film au ralentit, les yeux du SEAL s’ouvrirent…

Danny se précipita au chevet de Steve et lui serra la main si fort que ses doigts en devinrent blancs.

-Steve, mon grand, tu m’entends ?

Mais les yeux de son partenaire se refermèrent. Kono avait la main fermement posé sur l’épaule de Steve, de l’autre côté. Elle appuya sur le bouton pour appeler l’infirmière d’une main tremblante d’émotion.

-Steven ? Aller mon frère, ouvre tes beaux yeux bleus pour nous. S’il-te-plait.

McGarrett refit une tentative et rouvrit les yeux. D’abord, il regarda le plafond, puis il tourna son regard vers la provenance de la voix. Son regard croisa enfin celui de Danny qui pleurait de joie. Ensuite, il se tourna vers Kono qui lui lança un sourire plein d’amour. A ce moment, Julie entra dans la chambre.

-Oui ?

-Julie, appelez Mak ! Tout de suite ! Steve se réveil !

Elle sembla un instant sonnée et finit par s’élancer au dehors.

-Steve ? Est-ce que tu me comprends ?

McGarrett paraissait ailleurs pendant un instant. C’est alors qu’il tourna légèrement la tête vers Danny et lui serra la main en guise de réponse.

-C’est bien ! Oh, dieu, je suis tellement soulagé…Tu m’as manqué partenaire.

Une larme perla et s’écoula le long de la joue de Steve, comme s’il avait comprit la situation.

-Hey…Pleure pas, vieux.

Danny essuya la larme et s’attarda un instant sur la joue de son meilleur ami. Jamais il n’aurait cru que ce jour allait arriver. Sans prévenir, Mak débarqua.

-Combien de temps ?

-Ça doit faire quelques minutes qu’il est réveillé. Répondit Kono à la surprise de Danny.

Mak prit place au côté du détective et vérifia les pupilles de son patient.

-Elles sont réactives, tout va bien de ce côté. C’est vraiment étrange, les examens étaient pourtant normaux ! Tout indiquait qu’il…

Il s’arrête, se rendant compte que Steve le regardait.

-Heu…Il m’a dit qu’il comprenait. Répondit Danny à la question silencieuse du médecin.

-Il te l’a dit ? Releva Mak intrigué.

-Enfin…T’inquiète. Lui et moi, on a un langage particulier. Répondit Danny avec un clin d’œil.

-D’accord. Donc, Steve, je suis le Dr Makela Konaloko mais appelez moi Mak. N’essayez pas de parler, vous avez un tube dans la gorge pour vous aider à respirer.

Soudain, Steve bougea sa main dans celle de Danny et commença à dessiner quelque chose d’invisible d’un doigt fébrile dans la paume du détective.

-Trois ans, mon pote. Répondit Danny.

-Waouh, vous m’épatez vous deux. Plaisanta le doc.

Kono sourit. Elle serrait toujours le bras du SEAL avec autant de ferveur. Steve ferma les yeux quelques secondes.

-Ouais je sais, ça fait long. Dit Danny qui essuyait à présent ses larmes de joie.

-Bon, Steve je vais vous retirez le tube. Quand je vous le dirai, vous expirez fort. Comprit ?

McGarrett jeta un clin d’œil taquin entant que réponse ce qui fit rire les trois autres. Julie arriva pour assister le médecin. Comme lorsqu’il le lui indiqua, Steve souffla comme il pu tandis qu’on retirait le tube. Il fut prit d’une violente toux et grimaça en fermant les yeux.

-Doucement Steven, je suis là. Dit immédiatement Danny qui posa une main rassurante sur le torse de son partenaire.

Ce dernier n’avait pas lâché sa main et il s’y accrochait même encore plus fort.

-Tout va bien, mon pote. Je ne pars pas.

A ces mots, Kono ne tint plus. Elle se leva et sortit en prétextant appeler les autres. Elle jalousait Danny d’avoir une relation si fraternelle avec Steve. C’est vrai. Elle aurait dû être là. Mais on ne pouvait changer le court des choses. Pendant ce temps, Mak ausculta son patient. Comme il le craignait, les jambes de Steve ne répondaient pas. La seule force musculaire qu’il possédait encore se trouvait dans ses bras et sa nuque.

-Steve, essayez maintenant de dire quelque chose.

McGarrett leva les yeux au ciel.

-Je sais que c’est carrément stupide, mon frère, mais fais-le quand même. Et arrête de râler ! A peine réveillé, c’est McGarrett dans toute sa splendeur ! S’écria Danny avec un sourire moqueur.

Steve sourit puis ouvrit la bouche. Seulement, rien ne se passa. Il essaya à nouveau mais rien. Il n’arrivait plus à parler ! Dans sa tête, ce n’était que des pensées totalement incohérentes et confuses. Il essaya de se rassurer et se concentra sur un mot simple. Il voulut juste dire « Danno » mais rien ne sortit. Ses yeux se remplirent de terreur et il serra brusquement la main de Danny comme si sa vie en dépendait. Soudain, le moniteur cardiaque s’emballa. Steve entendit au loin la voix du médecin et de son meilleur ami. Il voulait rester avec eux à tout prix. Il entendit vaguement des mots comme « sédatif », « calme-toi », « crise de panique », « son cœur s’emballe », « rassures-le ». Et avant de perdre connaissance, il entendit clairement :

-C’est Danno, mon grand, je ne te lâche pas...

TBC...

 


Sherwood  (11.05.2013 à 16:47)

 

Trois ans et huit jours

Quand Steve se réveilla, il entendit tout d’abord des chuchotements venant du fond de la pièce. Ses yeux s’ouvrirent lentement. Il était encore un peu groggy à cause du sédatif et sa bouche était aussi sèche que le Sahara. Les silhouettes floues qu’il percevait faiblement commencèrent à devenir plus nettes. Il s’agissait de Danny, Joe et Cath. Apparemment, ils discutaient vivement tout en essayant de ne pas faire de bruit. Steve ouvrit la bouche et essaya une nouvelle fois de dire quelque chose mais ce fut encore le blocage total. Des larmes de frustration perlèrent. Il tenta de les chasser comme il pouvait. Il remarqua que Cath était en uniforme. Elle avait dû demander un congé pour venir ici. Joe semblait fatigué, tout comme Danny, il avait de profondes cernes sous les yeux et le teint gris. Soudain, son meilleur ami s’aperçut qu’il était réveillé. 

-Steve ! Hey, mon vieux, de retour parmi les vivants ?

Il se précipita auprès de lui alors que les deux autres se tournaient vers le lit.

-Oh, Steve ! S’écria Catherine qui se précipita à son tour vers lui.

Elle l’embrassa amoureusement sur la joue et parcourut ses cheveux en bataille de sa main. Il sourit et se détendit à ce contact.

-Comment tu te sens, mon garçon ? Demanda Joe dont les yeux brillaient de bonheur et de soulagement.

Steve serra la main de Danny.

-Il va bien, traduisit le détective, comme toujours. Il vient tout juste de sortir d’un coma de trois ans et il va bien !

Steve lui fit un clin d’œil qui amusa le gars du New Jersey. Puis, Steve dessina quelque chose dans la paume de Danny.

-Kono ? Et bien…Elle est partie se changer les idées, je crois…

Steve recommença son geste.

-Non, elle va bien. C’est juste qu’elle a été un peu secouée par les évènements.

Steve continue.

-Non, on ne part pas, Steve. On reste.  

-Et il t’a dit tout ça avec une main ? S’étonna Joe impressionné.

-Joe, je pari que Danny en est le premier surprit ! Répondit Cath avec malice.

Ledit Danny sourit et reconnu qu’il avait été choqué de voir à quel point il comprenait si bien son partenaire. On toqua alors à la porte. C’était Mak qui entrait.

-Tiens, je vois que notre SEAL est réveillé ? Comment allez-vous, Commandant ?

-Il va bien. Répondit Danny.

-Bien, bien. Steve, on va refaire les mêmes tests qu’hier, d’accord ?

McGarrett hocha la tête. Mak vérifia ses pupilles et le fit suivre son doigt. Le médecin soupira longuement. Ce n’était pas surprenant qu’un patient dans le coma depuis trois ans présentait des lésions neurologiques. Seulement, il ne savait pas comme il allait dire à ce NAVY SEAL et flic que rien ne serait plus comme avant. Il vérifia par la suite ses jambes. Il arrêta aussitôt le test quand il aperçut la mine désemparé de son patient.

-Commandant McGarrett, vous avez d’importantes lésions neurologiques. Je ne vous le cache pas. Il ne faut pas s’attendre à ce que vous remarchez tout de suite. Bien sur, pendant votre coma, les infirmières ont entretenu votre tonus musculaire. Même si vous vous sentez assez fort pour rester sur vos deux jambes durant quelques minutes, la coordination de vos membres restera en mauvais état. Il vous faudra plusieurs mois de rééducation.

Steve hocha lentement la tête pour montrer qu’il avait comprit. Il se tourna vers Danny avec un regard presque pathétique.

-Arrête ça tout de suite Steven ! Je déteste quand tu me regardes comme ça ! Le médecin vient de dire que tu vas pouvoir remarcher mais il faudra du temps. Je pense qu’on en a largement devant nous, non ?

Le SEAL arbora un sourire triste. Après avoir prit une profonde respiration afin de digérer tout ça, il porta une main à sa bouche.

-Et pour la parole, Mak ? Il va reparler ? Fit Danny.

-Et bien, comme je vous l’ai dit, vous avez eu d’importes lésions neurologiques, Commandant. Et pour le langage, ça va revenir tout doucement. Vous aurez des séances avec notre neurologue ainsi qu’un orthophoniste pour vous aider. Je sais que ce n’est pas grand-chose, mais c’est déjà incroyable que vous ne présentiez pas d’amnésie après ce que vous avez subit !

Steve hocha à nouveau la tête même s’il était totalement démuni.

-En attendant, tu pourras parler par langage des signes avec Danny !  Plaisanta Catherine.

Il eu un petit rire qui détendit tout le monde. Danny avait craint, un instant, que son meilleur ami commence à déprimer suite aux mauvaises nouvelles.

-Ce soir, si tout va bien, j’aimerai vous faire venir un kinésithérapeute pour voir en détail votre condition musculaire.

Steve fit un pouce en l’air qui amusa le médecin. Lorsqu’il sortit, Danny enchaîna :

-Je pense qu’on a tous la dalle ! Bon, désolé Steve, mais ton estomac est trop faible pour manger quoi que ce soit de consistant. Tu vas devoir te contenter de compote, Chéri !

Le détective réprima un rire en voyant l’air bougon de son meilleur ami.

-Arrête de bouder ! Joe et moi allons acheter de quoi nous remplir la pense. On te laisse avec cette belle demoiselle ! S’écria-t-il en montrant Catherine du doigt.

Les deux hommes sortir alors que le lieutenant s’assit sur le lit. Elle passa une main affectueuse sur le visage de l’homme qu’elle aimait. Car oui, elle l’aimait et elle ne lui avait jamais dit.

-Je pense qu’il est temps de te donner ce baiser…Souffla-t-elle.

Les yeux de Steve s’embuèrent quand son dernier souvenir avec Catherine remonta en lui. Il attrapa le poignet de la jeune femme avec autant de force que de faiblesse. Elle sourit et se pencha légèrement en avant. Enfin, elle goûta à ses lèvres. Ce baiser lui avait tant manqué. Il était doux et plein d’amour. Sans ouvrir les yeux, elle l’approfondit. Il répondit vivement à cet élan de passion. Cependant, elle savait que quelque chose n’allait pas car elle reconnu un goût salé. Steve pleurait. Voulant le consoler à tout prix, elle continua le baiser avec plus d’entrain. Doucement, les mains de Steve, qui jusqu’alors n’avaient pas bougé hormis le fait de s’être refermées autour de celles de Danny, fleurèrent délicatement le corps de sa compagne. Naturellement, comme si elles se souvenaient du chemin, elles caressèrent ses bras nus puis terminèrent leurs courses sur ses épaules. Il voulait mettre une main à son cou, s’emparer de son visage avec tendresse mais le « blocage » reprit et il abandonna. Il laissa retomber ses mains sur les hanches de la jeune femme, se laissant juste emporter par le baiser. Pourtant, ils devaient reprendre de l’oxygène. Ils se sont donc séparés, à bout de souffle. Avec autant de douceur que possible, elle essuya les traces de larmes sur son visage.

-Ste-Steve…Balbutia-t-elle.

Il rouvrit les yeux et prit maladroitement l’une des ses mains. Il la porta à ses lèvres et l’embrassa. Elle vit qu’il n’était plus le même. Tous ses gestes étaient faits dans l’hésitation, il était maladroit et gauche. Mais elle le connaissait par cœur Ce dont il avait peur, c’était de devenir handicapé.

-Quand…Quand on s’apprêtait à aller au travail chacun, ce jour là, juste avant que tu ne monte dans ta voiture…

Ses yeux s’agrandirent, comprenant où elle voulait en venir.

-Tu…Tu m’as dit que tu m’aimais…Et je n’ai pas eu l’occasion de te répondre…Maintenant, je le fais.

Il secoua vivement la tête. Il ne voulait pas entendre sa réponse.

-Quoi ? S’exclama-t-elle.

Il réclama de quoi écrire et elle lui tendit un calepin avec un stylo. Il écrivit alors : JE VEUX QUE TU ME LE DISE QUE LORSQUE CETTE EPREUVE SERA TERMINEE. JE VEUX QUE TU TE DEMANDE D’ABORD SI TU ES PRETE À VIVRE TOUTE TA VIE AVEC UN HANDICAPE.

-C’est ridicule, Steve ! S’emporta-t-elle, après avoir lu.

Il rajouta : S’IL-TE-PLAIT.

Elle resta dans un premier temps silencieuse. Puis, elle lui serra la main, acceptant sa demande. Vers la fin de journée, Mary se jeta dans la pièce. Danny la rattrapa de justesse et l’écarta du lit.

-Il dort. Le neurologue est passé tout à l’heure pour faire deux, trois tests neuro. Ça l’a épuisé.

-Mais il va bien ?

-Mary, il est très endommagé. Il ne peut pas parler, ni marcher. Il a du mal aussi à se concentrer parfois, il mélange tout et il est surtout perdu.

Elle regarda la salle. Catherine était au chevet de son frère et Chin était avec elle.

-Joe était là ce matin mais il a dû repartir à la base navale pour…Pour annoncer que Steve s’était réveillé.

-Danny, je t’ai déjà dit qu’il…

-Oui, je sais. Qu’il n’était plus un SEAL.

-Et Kono ?

-On ne l’a pas revu depuis.

Mary s’approcha du lit. Il paraissait tellement paisible quand il dormait. C’était son seul moment de répit. Danny s’excusa car il devait rattraper ses dossiers en retard et passer au HPD. Il dit au revoir à tout le monde et sortit. Chin enlaça amicalement la sœur de Steve qui avait du mal à retenir ses larmes. Elle s’apprêtait à dire quelque chose quand ils remarquèrent que McGarrett se réveillait petit à petit. La première personne qu’il vit fut Catherine. Il lui sourit et tourna sa tête vers Chin.

-Ça va, Steve ? Demanda le lieutenant.

Son ami hocha la tête. Il allait bien à présent. Malgré ça, il sentait une autre présence. Il se tourna vers la jeune femme blonde qui lui souriait. Il fronça les sourcils et prit le calepin d’un geste vif. Il écrivit précipitamment une question qui leur glaça le sang :

QUI ÊTES-VOUS ?  

TBC...

 


Sherwood  (12.05.2013 à 13:10)

 

Trois ans et neuf jours

Mary cru qu’elle allait défaillir. Elle sentit une sueur froide s’écouler le long de sa nuque. Sa poitrine se soulevait à des intervalles peu réguliers, ses mains commençaient à trembler, et elle s’apprêtait à pleurer. Chin s’en rendit compte et prit Mary par les épaules. Elle resta complètement vide puis brusquement, se défit de l’étreindre de Chin et s’enfuit de la chambre. Le lieutenant, totalement désemparé, la suivit. Steve ne comprit rien à ce qu’il venait de se passer. Il jeta un regard confus à Catherine.

-Heu…Steve…C’est Mary.

Même avec un nom posé un visage, la lumière ne fut pas. La situation empira quand il se mit à paniquer. Il savait au fond de lui qu’il devait connaître la jeune blonde qui venait de sortir en courant. Seulement, il n’avait aucuns souvenirs d’elle ! Il n’arrivait plus à respirer, l’air lui manquait, son cœur battait tellement fort qu’il pourrait sortir de sa poitrine ! Les alarmes s’enclenchèrent et il sentit une main sur lui.

-Steve, tout va bien. Ce n’est pas grave. Je suis là. Calme-toi.

Il essaya de prendre de grandes respirations mais il sentait que l’angoisse s’imprégnait en lui avec force. Il tâtonna le lit à la recherche du calepin. Catherine le lui tendit. Il s’en empara vivement et écrivit d’une écriture tremblante : DIS-MOI QUI EST-CE ?

-C’est…Mary, ta sœur.

Les yeux du SEAL s’exorbitèrent. Il voulait parler, dire quelque chose, n’importe quoi ! La frustration prit le dessus et en colère, il se redressa vivement.

-Steve ! Calme-toi ! Je t’en supplie !

Il voulut basculer ses jambes par-dessus le lit, seulement il n’y parvint pas. De rage, il frappa son point contre le matelas.

-Steve ! Arrête ! S’il-te…

Soudain, la porte d’ouvrit et Danny débarqua dans la chambre. Il se précipita aussitôt au côté de son partenaire.

-Hey ! Vieux ! Qu’est-ce qu’il y a ? Détend-toi.

Il empoigna fortement Steve par sa nuque dans un geste purement affectif. Il colla son front au sien et plaqua son autre main sur son épaule.

-Arrête, mon pote ! Arrête.

Steve, toujours énervé, tenta de se défaire de l’emprise de Danny mais le détective le tenait près de lui.

-Arrête ! Arrête…

Il sentit Steve se détendre dans ses bras. Brusquement, McGarrett prit l’une des mains de Danny et y dessina quatre lettres.

-Mary ? Oui, c’est ta sœur. Pourquoi ?

Il ne comprenait pas cette crise de panique et pourquoi Steve était si bouleversé.

-Il…Il ne se souvient pas d’elle…Il…Quand il l’a vu…Il ne l’a pas reconnue. Expliqua Catherine.

Danny se tourna subitement vers le SEAL paniqué.

-Hey ! Ce n’est pas grave, mon grand. Tu vas te souvenir. Calme-toi pour nous maintenant.

Steve ferma les yeux et se concentra sur le son de sa voix. Progressivement, il reprit contenance et s’affaissa contre son meilleur ami.

-Voilà, c’est bien, mon pote.

Délicatement, Danny le reposa contre l’oreiller en lui murmurant des mots rassurants. Steve prit sa main.

-Tes jambes ? On t’a dit de ne pas t’en faire pour ça. Le kiné passera tout à l’heure.

McGarrett hocha la tête et sa main retomba sur le lit avec un bruit sourd. Il n’avait plus de force.


 

A l’hôtel, Chin essayait de convaincre Mary de rester.

-Il a besoin de toi ! S’écria le lieutenant en regardant la jeune femme faire ses valises.

-Non ! Il n’a pas besoin de moi car il ne me reconnait même pas ! J’ai assez souffert comme ça.

-S’il-te-plait. Ne fais pas ça.

-J’ai déjà prit mon billet pour Los Angeles.

Elle prit ses affaires et passa devant l’ancien partenaire de son père. Avant de sortir, elle se retourna.

-Chin, dis-lui…Dis-lui que je suis désolé.

Et elle partie.

 

 

Pendant ce temps, à l’hôpital, Cath discutait avec Steve. En réalité, elle utilisait le moyen de communication de Danny.

-Non. J’ai demandé à prolonger mon congé. Dit-elle recroquevillée sur un siège.

Steve serra la main de son partenaire en y dessinant quelques lettres.

-Il demande combien de temps. Traduisit le détective.

-Deux mois. Mais je peux toujours demander plus.

Elle s’apprêtait à évoquer le sujet de la NAVY quand la porte s’ouvrit. Une femme aux cheveux roux flamboyant entra. Elle portait un buggy violet ainsi qu’un grand châle noir. On aurait dit un professeur de yoga ou une voyante. Elle semblait être dans la trentaine et elle tenait un sac de sport dans une main.

-Bonjour. Je m’appelle Milo.

-Heu…Enchanté…Milo. Répondit Danny en écarquillant les yeux.

-Je suis Catherine Rollins et celui qui bégaye c’est Danny Williams. Présenta Catherine en se levant.

-Ah très bien. Je suppose que vous êtes Steve ? Demanda la rousse en s’approchant du lit.

Steve, assommé par les médicaments, ne répondit pas.

-Oui, en effet. Fit Danny.

-Donc vous êtes le fameux patient qui a décidé de se réveiller au bout de trois longues années ?! Waouh, un cas fabuleux…

Elle posa son sac de sport à terre et s’assit en tailleur au bout du lit, ce qui étonna tout le monde. Décidément, cette femme était extravagante et complètement allumée.

-Donc…Milo…Vous êtes…Dit Danny d’une voix trainante.

-La kinésithérapeute de Steve. Répondit-elle avec un sourire.

-Ah !

-Bon, alors, qu’est-ce qu’il ne va pas ? Demanda-t-elle.

Steve lui lança un regard du genre « Vous vous foutez de moi ?! ».

-Ne sois pas insolent, Steven. Le réprimanda Danny avec un petit sourire amusé.

-Il ne peut pas marcher. Outre le fait bien sur qu’il ne peut pas non plus parler. Répondit Catherine.

-Je vois. Donc dans un premier temps, Stevie, on va masser vos jambes pour détendre les tissus. Puis nous allons pratiquer quelques exercices statiques et enfin, on va tenter quelques pas. Mais ça ne sera pas pour maintenant. Comprit ?

McGarrett hallucina. Cette femme venait vraiment de l’appeler « Stevie » ?

-Compris ? Répéta-t-elle.

Il hocha lentement la tête, toujours aussi ahurit.

-Bien.

Elle descendit du lit, enleva les draps et s’avança vers son patient.

-Vous voulez que Catherine et Danny reste ici ? Questionna-t-elle avec ce même sourire excentrique.

Il hocha à nouveau la tête. Pendant qu’elle le massait, elle le vit grimacer.

-Vous sentez quelque chose ?

Steve serra la main de Danny.

-Il a mal en bas du dos. Répondit le détective.

-C’est très bien. Les nerfs se décoincent. Vous m’expliquez ce moyen de communication assez peu orthodoxe ? Fit-elle en riant à moitié.

Cath sourit également, attendrie.

-Heu…A vrai dire…Milo, je ne serais vous l’expliquer.

Soudain, Steve se crispa.

-Je pense que les nerfs se détendent maintenant, dit Milo, essayez de respirer Stevie.

Il fit ce qu’elle dit en broyant la main de Danny qui lui murmurait de douces paroles.

-Steve, regarde-moi. Ordonna Cath de l’autre côté.

Il s’exécuta et la regarda avec une telle intensité qu’ils en oublièrent tout le reste.

-Bon, on va s’arrêter là. Juste, essayez de déplacer votre jambe droite, Stevie.

McGarrett ferma les yeux et se concentra sur le simple mouvement de bouger sa jambe. Il ressentit des piques fulgurants partant de son dos pour atteindre le bout de son pied. Cependant il continua. Des gouttes de sueur perlèrent sur son front mais il les ignora et persévéra. Et petit à petit, il vit son pied bouger, puis la hanche et enfin toute la jambe. Il vit les lèvres de Milo et de Cath remuer, seulement il n’entendait plus rien. Brusquement, un horrible mal de tête le prit.

Steve était assit sur la plage en serrant fermement les dents.

-Tu vas bien ? Demanda une voix près de lui.

-Oui, Mary. Je me suis juste foulé la cheville.

-Tu crois que tu vas pouvoir quand même jouer au match demain ?

-Je ne sais pas. Je pense que oui. Tu peux m’aider à me relever s’il-te-plait ?

Elle lui tendit la main et l’adolescent se releva en sifflant de douleur.

-Tu es sur que ça va aller ?

-Mais oui. Ne t’en fais pas, sœurette.

Steve agrippa la main de son meilleur ami avec force.

-Quoi ? Demanda celui-ci.

Il dessina dans sa paume mais Danny ne comprit pas. Il secoua la tête négativement. Steve prit alors le calepin et écrivit : JE VEUX MARY.

TBC...


Sherwood  (13.05.2013 à 08:54)

 

Trois ans et dix jours

Danny était dans le bureau de Mak. Ils discutaient de l’étrange amnésie de Steve.

-Je pense qu’il peut s’agir d’un certain traumatisme autour de sa sœur.

-Et bien…Ils ont perdu leur parent, jeunes. Heu…Ils ont été séparés après la mort de leur mère…

-Je pense que c’est bien plus compliqué que ça. Il faut demander à Steve.

-Mak, il ne se souvient pas de sa sœur hormis un souvenir de vacance !

-Je le sais. Demande-lui quand même.

Danny hocha la tête et sortit du bureau perplexe. Quand il entra dans la chambre, il vit Steve entrain de faire des exercices d’assouplissement avec Milo. Joe était près de lui, Cath était partie chercher le déjeuner. A présent, Steve pouvait manger des choses plus constantes. Tout le monde le salua tandis qu’il se dirigeait vers le lit.

-Salut, mon pote. Ça va aujourd’hui ?

Steve ne lui répondait pas. Il était évident qu’il tirait la tronche.

-Comme ça, tu boudes aujourd’hui ? Le taquina-t-il.

-Il veut voir Mary. Répondit Joe.

-Ah…Heu…Ouais. On t’a dit qu’elle était rentrée à Los Angeles ?

Steve hocha lentement la tête. La colère avait laissé place à la tristesse.

-Elle va revenir. Ne t’en fais pas mon frère.

-C’est donc pour ça que notre Stevie est si grognon ? S’amusa Milo qui ramena le genou de son patient contre son torse.

-Vous réagirez comment si vous ne vous souvenez plus de votre sœur ? Répliqua l’ancien Commandant.

-J’essaierai d’aller mieux.

Steve leva les yeux vers elle.

-Toi mon pote, t’es entrain de faire ta tête : « Elle a peut-être raison ». Je me trompe ? Fit Danny en mettant les mains dans les poches.

Steve fit la mine d’un enfant prit en faute, ce qui fit rire les trois autres.

-Steven, commença le détective en s’asseyant sur le lit, est-ce qu’il y aurait…Je ne sais pas…Un truc avec ta sœur ?

McGarrett fronça les sourcils et finit par secouer la tête d’un air négatif.

-D’accord. Heu…

Soudain, Steve lui prit la main.

-L’enquête ? Pourquoi tu veux savoir ça ?

En toute réponse, le SEAL lui serra la main.

-Bon. On travaillait sur le viol et le meurtre d’une jeune femme. On a réussit à remonter jusqu’à Anthony Garrison. Il avait déjà été condamné pour viol il y a des années. On…On le pourchassait quand…Quand la maison dans laquelle il s’était caché, a explosé. C’est comme ça que tu…Tu…Bref. Voilà.

McGarrett resta silencieux un moment quand, Danny remarqua quelque chose d’étrange. Il regardait dans le vague ou fixait un point invisible.

-Steve ? Allo la Terre ? Qu’est-ce qu’il se passe avec lui ?

-Je pense qu’il doit se souvenir. Dit Joe en s’approchant de Steve.

-Mon garçon, tu es avec nous ?

Milo arrêta ses exercices, prit une lampe-stylo et examina les yeux de son patient. Elle agita légèrement la lumière puis les yeux de Steve clignotèrent.

-Steve, t’es là ? Fit Danny inquiet.

Son partenaire lui serra la main en guise de réponse.

-Tu te souviens de quoi, fiston ?

McGarrett prit le calepin et écrivit : JE NE VOUS L’AI PAS DIT.

-De quoi ? Interrogea le détective de plus en plus intrigué.

Le SEAL continua : C’EST MARY QUI M’AVAIT MENE À GARRISON.

-Hein ? Elle connaissait Garrison ? Comment ?

-Steve…Souffla Joe.

Il écrivit alors une dernière phrase : MARY AVAIT ETE VIOLEE PAR GARRISON, C’EST ELLE QUI L’A MIT EN PRISON AVEC SON TEMOIGNAGE.

-Tu…Tu l’a apprit quand ?

Steve lui jeta un regard : « Comme vous ». Danny en était complètement estomaqué. Cette révélation lui fit froid dans le dos.

-Donc…Donc tu te souviens de Mary ? Hésita-t-il.

Son partenaire lui fit un sourire encourageant. 

-Il faut lui dire ! S’exclama aussitôt Joe.

 

-Mary ? C’est Chin.

-Non, je suis désolé mais je ne reviendrais pas.

-Il se souvient de toi !

-Quoi ?

-Il se souvient de toi ! Répéta-t-il.

-Chin…C’est de ma faute. S’il est dans le coma.

-Qu’est-ce que tu raconte ?

-Vraiment navré Chin.

Bip…Bip…Bip…

 

Danny dû partir travailler ainsi que Chin. Steve était donc avec Catherine et Joe qui s’occupaient bien de lui. Ces derniers ne voulaient pas aborder le sujet de la NAVY tout de suite pour laisser à Steve le temps de guérir. Le Dr Michaels, son neurologue, passa dans la journée. Il fit quelques exercices à Steve qui ne s’annonçaient pas très concluant. Quand il tenait un stylo que son patient devait prendre, McGarrett tendait toujours le bras à trois mètres du stylo et n’arrivait jamais à s’en emparer. Steve tremblait de rage. Il n’arrivait pas à prendre un stupide stylo !

-Commandant, pouvez vous mettre votre main droite sur votre cuisse gauche ? Demanda le Dr Michaels.

Steve leva les yeux au ciel même s’il avait une petite appréhension. Lorsqu’il fit ce que lui demandait le médecin, soit sa main droite atterrissait sur sa cuisse droite, soit sa main gauche atterrissait sur son genou et non sa cuisse. Le SEAL serra les dents, essayant tant bien que mal de contenir sa colère.

-Ça va venir, Commandant.

Steve lança un regard noir à son neurologue qui l’ignora. Le soir, Milo revint pour voir comment il allait. Il commençait sérieusement à bien l’apprécier. Elle ne portait pas un regard purement scientifique ou de pitié sur lui. Et puis, avec ses nombreux exercices, ils retrouvaient la sensation perdue de ses jambes. Ce soir là, il voulait marcher.

-Je suis au courant de votre réputation, Stevie. Vous êtes encore plus têtu qu’un âne ! Bon, on va voir si vous tenez debout, d’accord ?

Il hocha la tête, ravi. Catherine le soutenait pour sortir du lit. Danny et Chin était toujours au travail et Joe avait dû tenir le Gouverneur au courant de son état. En fait, Steve reconnaissait que son meilleur ami lui manquait. Il était sa bouée de sauvetage et là, il en avait besoin. Heureusement qu’il avait Catherine avec lui. Soutenue par les deux femmes, il mit les deux pieds à terre et se redressa. Il sourit, soulagé de voir qu’il tenait debout.

-Un pas ? Suggéra Milo.

Steve ne se le dit pas deux fois et tenta de mettre un pied devant l’autre. Seulement, même si son cerveau dictait l’ordre à suivre, ses jambes refusèrent d’obéir. Il essaya une nouvelle fois en vint.

-Trois ans, c’est long Stevie. Dit la rousse d’une voix douce.

McGarrett continua ses efforts et pleura presque de joie lorsqu’il vit sa jambe gauche se déplacer en avant. Il soulevait à peine le pied mais c’était déjà ça. Catherine l’embrassa sur la joue avec délicatesse et amour. Malgré tout ça, Milo vit rapidement que son patient était épuisé.

-Au lit maintenant !

Elle s’aperçut avec amusement que le SEAL se mit immédiatement à bouder. D’ailleurs, il venait de lui jeter un regard : « Encore un peu, s’il-te-plait ». Elle ne céda pas et l’installa dans son lit.

-Je sais que tu en as marre de rester alité mais c’est comme ça. Fit Cath gentiment.

Le soir, personne ne voulait laisser Steve seul mais il n’avait pas le choix. Danny devait rattraper son retard au HPD, Malia était en pleine garde, Chin était sur une affaire avec son Capitaine, Joe était toujours auprès de la NAVY et Catherine dû le rejoindre. McGarrett les soupçonnait de plus en plus sur leur va et vient avec la Marine. Ils devaient lui cacher quelque chose, c’était sur. Steve ferma les yeux et essaya d’évincer les questions de son cerveau endommagé. Seul dans la chambre, il essaya alors de prononcer quelques mots. Il tenta même de crier mais rien n’y faisait. Il se trouvait paralyser dans son propre corps. Même si Danny ne cessait de lui répéter que c’était un miracle qu’il soit en vie, il souffrait beaucoup de cette situation. Tout lui était refuser, marcher, manger, parler, toucher, tout ! Son neurologue lui avait conseillé de faire des choses faciles comme compter sur ses doigts. Facile, disait-il ! McGarrett se perdait au-delà du chiffre trois. Il était donc entrain de compter quand la porte s’ouvrit. Il leva la tête avec sourire, enchanté d’avoir un peu de compagnie dans cette chambre d’hôpital. Son sang ne fit qu’un tour lorsqu’il aperçut…Kono.

TBC...

 


Sherwood  (14.05.2013 à 17:04)

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