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Trois ans

Série : Hawaii Five-0 (2010)
Création : 05.05.2013 à 19h33
Auteur : Sherwood 
Statut : Terminée

« Danny Williams va voir un psy. Pourquoi ? (J'écris seule, merci) » Sherwood 

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Trois ans et onze jours

-Williams ?

Danny se leva vivement et se dirigea vers sa psy. Ça faisait un moment qu’il n’avait pas eu de séance en raison du réveil inattendu de son partenaire. Il prit sa place habituelle sur le fauteuil en face du bureau et attendit. Lewis s’assit à son tour et sortit le dossier de son patient.

-Comment allez-vous depuis ?

-Heu…Mieux ! Mon partenaire s’est réveillé ! S’exclama-t-il avec un sourire.

-Je suis contente pour vous.

-Merci.

-Cependant, j’ai une question.

-Allez-y.

-Danny, vous êtes venu me voir car vous n’arriviez pas à gérer seul le coma de votre meilleur ami, n’est-ce pas ?

-Heu…Oui. Répondit-il ne comprenant pas.

-Si c’est exact, à présent que votre partenaire est réveillé, pourquoi continuez-vous à venir me voir ?

Il eu un long silence. Le détective n’avait pas de réponse car il ne s’était pas véritablement posé cette question. Durant ces trois dernières années, sa psy l’avait énormément aidé. C’était devenu normal. Maintenant, il continuait de la voir automatiquement, mais pourquoi ?

-Il y a quelque chose que vous ne me dîtes pas, Danny. Reprit-elle d’une voix grave.

Son patient leva lentement les yeux vers elle et poussa un profond soupire.

-Je…Je…

-Qu’est-ce qui vous hante ?

-Je n’arrête pas de me dire : Et si je l’avais débranché ?

-Pensez-vous que vous l’aurez tué ?

-Je n’en sais rien ! S’énerva-t-il en frappant un poing contre l’un des accoudoirs.

-Danny, vous aurez respecté sa volonté.

-Sa volonté était de vivre !

-Je vois. Mais votre partenaire est vivant, non ?

-Oui.

-Donc ça ne sert à rien de vous posez cette question encore et encore.

Il défie son regard d’elle afin d’essayer de lui cacher son malaise.

-Facile à dire…Marmonna-t-il.

-Sait-il que vous voyez un psy ?

-Steve ?

-Oui.

-Heu…non…Je ne lui ai pas dit. Il…Il doit d’abord guérir…

-Je comprends. Seulement, vous savez comme moi qu’il va falloir lui dire un jour ou l’autre.

-Ouais…Même si…

-Si quoi ?

-Même si j’arrête aujourd’hui ?

-Vous voulez arrêtez aujourd’hui, Danny ?

Il baissa la tête et prit un temps pour réfléchir. Que voulait-il vraiment ? Certes, le Dr Lewis l’avait aidé. Mais maintenant quoi ? En avait-il encore besoin ? Quelle était la situation ?

-Je ne sais pas…Finit-il par dire.

-Tout dépend de vous.

-Il est là, avec moi. Il est près de nous, il est vivant. Mais…Mais tout est tellement différent.

-Et ça va le rester, vous ne pourrez pas le changer.

-Alors…Alors…

-Danny ?

-Alors je crois que je n’ai plus rien à faire ici.

Elle lui fit un sourire encourageant.

-D’accord. On va en rester là. Mais, si vous exprimer le besoin de parler à quelqu’un, vous avez mon numéro.

-Merci, Dr Lewis.

Il se leva et s’apprêta à partir lorsqu’elle dit au dernier moment :

-Steve a de la chance de vous avoir comme meilleur ami.

 

De retour dans son petit appartement à LA, Mary put souffler. Peut-être que Steve ne se souvenait pas vraiment d’elle ? Peut-être que ce n’était que des bribes de souvenirs ? En tout cas, elle ne pouvait pas revenir. Elle ne pouvait se le permettre. Tout cela était de sa faute. Le coma de Steve, ses lésions neurologiques, son amnésie, son incapacité à marcher et à parler. Tout ça, à cause d’une nuit. Une nuit où elle était sortit de chez son petit-ami, en colère à cause de leur dispute. Une nuit où elle pleurait en marchant dans une rue sombre, sans vraiment savoir où elle allait. Une nuit où une main dégueulasse s’était emparée de sa taille. Une nuit de cauchemar où elle avait été violée. La police d’LA à par la suite, retrouvé Garrison. Elle a alors témoigné afin de le mettre en prison. Personne n’avait été au courant dans sa famille. Mais lorsqu’au cours d’une conversation avec son frère, lorsqu’il lui avait confié être sur un affaire de viole et de meurtre, lorsqu’il avait prononcé le nom de Garrison, elle n’a pas put s’empêcher de tout lui avouer. Puis, son équipe et lui ont pourchassé cette ordure. La suite, elle ne la connaissait que trop bien. Trois ans de coma. Donc non, elle ne pouvait se permettre de revenir. Il devra guérir sans elle.

Tard dans la nuit, le portable de Danny se mit à sonner. Il peina à ouvrir les yeux et tâtonna sa table de chevet afin d’en finir avec ce qui était l’objet de son réveil soudain. Ses doigts trouvèrent enfin ce qu’il cherchait. Il porta l’appareil à son oreille et fit :

-Allo ? D’une voix rauque.

-Danny, c’est Marissa.

-Marissa ? Tout va bien ? C’est Steve ? Qu’est-ce qu’il y a ? Il va bien ?

-Steve est en état de panique et on aimerait éviter d’en venir au sédatif.

-D’accord. J’arrive.

A peine venait-il de raccrocher qu’il sauta du lit, enfila un pantalon et un pull avant de sortir précipitamment de son appartement. Durant le trajet, il ne cessait de penser à son partenaire. Il s’en voulait de l’avoir laissé tout seul. Seulement, il avait tellement de travail à rattraper. Il enfonça l’accélérateur. Il devrait toujours être là pour lui, comme il l’avait fait. Et Mary ? Ou était-elle ? Son frère avait besoin d’elle ! Il pensa ensuite à Grace. Elle savait que son Oncle Steve était vivant mais qu’il était encore fragile. Tous les soirs, elle demandait à le voir. De plus, Joe fuyait la chambre de Steve. Ça se voyait gros comme une maison ! L’ancien Commandant avait juste peur d’annoncer à Steve que sa carrière dans la NAVY était terminée. Catherine n’avait pas non plus le courage de lui en parler. Et il sentait que cette dure tâche lui était attribuée. Il arriva à l’hôpital en quelques minutes. Il se précipita aussitôt à l’étage où se trouvait son partenaire. Julie était à l’accueil. Elle eu un visage soulagée à sa vue.

-Danny, vous êtes là. Merci.

-On m’a dit que Steve paniquait ?

-Pas vraiment…

-Comment ça « pas vraiment » ? Ça veut dire quoi ?

-Il est juste…

-Julie ! S’il-vous-plait !

-Disons qu’il est un peu hystérique. Je crois qu’il est surtout très perdu.

-Où est Marissa ?

-Elle est avec lui. Elle a tenté de le calmer mais elle a préféré vous appelez.

-D’accord.

Il se mit à courir dans les couloirs et s’arrêta devant la chambre de son meilleur ami. Marissa était dehors et soupira longuement quand elle le vit arriver.

-Marissa ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

-Je ne sais pas…

Il n’en pouvait plus de ne pas savoir. Il la poussa gentiment et entra. Il trouva Steve, assit sur le lit, les jambes basculant dans le vide. Son regard aussi était vide. Son visage s’éclaira néanmoins quand Danny s’avança vers lui. Le détective fronça les sourcils, inquiet. Steve ressemblait à petit enfant chétif. Tout son corps tremblait d’émotions et des larmes coulaient sur ses joues.

-Steve ? Qu’est-ce que tu as, mon pote ? Hey, tout va bien….Le rassura-t-il.

Il s’assit à ses côtés. Il était désespéré de le voir comme ça, si fragile.

-Steven ? Regarde-moi.

McGarrett tourna la tête vers lui. Quand, fébrilement, il entoura ses bras maigres autour de lui. Danny ferma les yeux et serra son meilleur ami contre lui. C’était comme consoler Grace quand elle faisait un cauchemar. Il sentit Steve enfouir sa tête dans le creux de son cou. Danny le serra alors encore plus fort. Qu’est-ce qui avait bien pu mettre son partenaire dans cet état ? Steve s’accrochait à lui comme si sa vie en dépendait, il empoignait son pull avec le peu de force qu’il avait. Danny se mordit la lèvre inférieure. Il sentait le SEAL trembler faiblement contre son corps. Brusquement, il comprit. Steve avait peur. Mais de quoi et surtout pourquoi ? Marissa entra sans faire de bruit. Le malade ne pouvait pas la voir. Celui-ci était prit de hoquets incontrôlés et se blottissait contre son meilleur ami tel un enfant apeuré.

-Qu’est-ce qu’il y a eu, Marissa ? Murmura le détective.

-Rien…Enfin, il a eu de la visite tout à l’heure.

-Qui ? S’exclama-t-il dans un souffle.

-Melle Kono Kalakaua.

TBC...

 


Sherwood  (15.05.2013 à 19:24)

 

Trois ans et douze jours

Précédemment

Steve resta stoïque devant la jeune femme qui s’approchait prudemment vers lui. Kono semblait avoir changée. Elle paraissait plus sur d’elle et plus mature. C’était désormais une nouvelle facette d’elle qu’il avait en face de lui. Tel, qu’il en était mal à l’aise.

-Je peux m’assoir ? Demanda-t-elle d’une voix creuse.

Il hocha lentement la tête. Elle s’assit donc au pied du lit. Il ne la détacha pas une seconde du regard. Il avait envi de lui demandé pourquoi elle n’était là que maintenant seulement, il n’arrivait pas encore à parler. Elle se racla difficilement la gorge. La tension régnait atrocement dans la pièce jusqu’à en donner la nausée au SEAL.

-Heu…Je vois que tu vas mieux depuis la dernière fois que je t’ai vu.

Steve haussa les sourcils. Elle le connaissait, elle voyait bien qu’il était visiblement contrarié. 

-Ecoute…Je…Je…Heu…Je voulais m’excuser.

Il s’enfonça dans ses oreillers et attendit ce qu’elle allait dire. Elle prit une grande respiration et commença :

-Ce jour là, une partie de moi est morte avec toi. Je ne pouvais pas supporter de te voir dans cet état. Tu étais si fragile…Je n’ai pas eu le courage d’être à tes côtés. La seule fois où je suis venue c’est quand on s’était mit d’accord pour…

Elle s’arrêta d’un coup. Il ne devait pas s’avoir, surtout pas !

-Enfin, tu t’es réveillé. Mais j’avais déjà fait mon deuil, Steve !

McGarrett se sentait déboussolé et confus. Ils s’étaient mit d’accord pour quoi ? Pourquoi Kono était venue ?

-Je t’en voulais, continua-t-elle, pour moi, tu nous avais abandonné.

Il se redressa vivement et voulut prendre sa main mais elle l’écarta d’un geste vif.

-Essaye de comprendre ! Trois ans de souffrance ! Trois ans à te voir dépérir, à espérer qu’un jour tu te réveils ! Ce n’était pas pour moi tout ça. Je n’y suis pas arrivé. Et…Et je suis désolé, tellement désolé pour tout ce qui t’es arrivé.

Les yeux du SEAL se remplissaient à présent de larmes.

-Je…Je voudrais juste comprendre. Comprendre pourquoi tu ne te réveils que maintenant !

Elle commençait sérieusement à se mettre en colère. Soudain, elle se leva brusquement du lit et se mit à arpenter la pièce de long en large.

-Tous les jours ! Tous les jours Steve ! Tous les jours, Danny venait et veillait sur toi. Tous les jours, il dormait sur ce canapé à attendre. Tous les jours, il s’occupait de toi, il te parlait, il te rasait, il te coupait les cheveux, il changeait tes draps et encore d’innombrables choses qu’il faisait pour toi ! Chin devait lui rappeler qu’il travaillait, qu’il devait se reposer, qu’il devait faire une pause. Et attend, Steve, tu ne sais pas ! Malgré tout ça, même s’il était épuisé, même s’il devait travailler et supporter cette souffrance, Danny prenait encore le temps pour tenter de me convaincre de te rendre visite !

Elle passa furtivement une main sur ses joues humides. Elle s’apprêtait à continuer quand elle le vit prendre le calepin. D’une main tremblante, il écrivit :

C’EST DE MA FAUTE ?

Le pire, c’était son regard de chien battu. Il se sentait coupable, et ça ne devrait pas être le cas.

-Non…Non, Steve…souffla-t-elle en s’approchant de lui, ce n’est pas ta faute. C’est la mienne ! C’est ce que j’essaye de te dire ! Mais…

Elle s’interrompit en le voyant écrire. Il tourna alors le calepin vers elle :

POURQUOI AU BOUT DE TROIS ANS ?

Elle cru que ses jambes allaient chanceler. Tout d’un coup, son visage se ferma et elle prit cette même expression froide et sur d’elle. Les traces de larmes avaient disparus et seul l’éclat de ses yeux témoignait qu’elle avait pleuré. Elle se rassit sur le lit et dit faiblement :

-Parce que…Parce qu’avant je ne pouvais pas franchir les portes de cet hôpital. Je t’imaginais…Je t’imaginais comme je t’ai vu : branché de toute part à des machines, blanc et froid, avec…Avec l’apparence d’un mort.

Il avait gardé des yeux qui lui lançaient la même interrogation.

-Steve, il ne faut pas m’en vouloir. Depuis ce jour, tout a changé. J’ai…J’ai rompu avec Adam. Je ne me sentais plus à ma place chez lui. Je me disais tout simplement que je n’avais pas le droit d’être heureuse alors que mon patron, mon ami, était dans le coma. C’était impossible.

Elle s’arrêta un instant, essayant de rassembler ses esprits. Seulement, Steve n’était pas dupe. Il voyait bien qu’elle détournait le sujet et qu’elle daignait à répondre à sa question. Il s’était passé quelque chose, c’était un fait. Mais quoi ?

-Patron…C’est toi qui m’a tout apprit. Tu m’as donné une chance de prouver ce que je valais. Tu as cru en moi comme Chin lorsque je me suis bousillée le genou. Tu m’as apprit à avoir confiance en moi, à suivre mon instinct, à trouver ma voie, à me battre et me défendre. Tout ça, je te l’ai dit. Mais tu ne pouvais pas m’entendre.

A ce moment, il hocha vivement la tête.

-Quoi ? Tu m’avais entendu ?

Il sourit timidement.

-Et est-ce que tu avais entendu que…Non, oublie !

Il fronça les sourcils. Qu’est-ce qu’elle ne voulait pas lui dire ? Qu’est-ce que tout le monde lui cachait ? Il était grand ! Il pouvait encaisser ! De quoi voulaient-ils le protéger ? Pourquoi Kono esquivait toujours ? Il réfléchit et écrivit :

ET LE 5-0 ?

-Oh, il n’est plus. Il ne pouvait être sans son chef. Chin, Danny et moi sommes aux HPD. Là-bas…Tout le monde pense que tu es mort. Le QG n’a pas bougé il me semble.

Il ferma les yeux. Il fallait qu’il imprègne toutes ces informations. Trois ans, il avait été dans le coma pendant trois putains d’années ! Il rouvrit les yeux sur une Kono adulte et pleine d’assurance. Elle avait tellement changée durant ces dernières années. Pourtant, il fallait qu’il sache. Même si la réponse allait le faire souffrir, même si c’était moche, même si elle allait faire du mal à quelqu’un, il fallait qu’il sache. Il récrivit donc la question. Quand Kono la lu, un changement se fit dans son regard et sur son visage. Elle poussa un long soupire. Il aurait dit un soupire de tristesse et de douleur.

-Trois ans, parce que…Commença-t-elle.

Elle hésita. Devait-elle le lui avouer ? Après tout, c’était Steve, il ne lâchera pas le morceau comme ça ! Elle se lança enfin :

-Trois ans. Je suis venue au bout de la troisième année car Danny m’avait appelé pour…Pour un jour particulier.

Le SEAL eu un visage d’inquiétude et d’incompréhension.

-Il m’a appelé pour me dire…Pour me dire qu’ils s’apprêtaient à te débrancher.

La réponse tomba avec le poids d’une sentence. La respiration de Steve se fit plus difficile et rapide. Danny avait voulut…le débrancher ? Il secoua la tête. Non, jamais il n’aurait pu…Soudain, il se rappela. Trois ans. Trois ans dans le coma. Il n’y avait plus d’espoir de réveil. Pourquoi ça s’était passé ? Comment ?

-Il avait donné son feu vert au médecin. D’ailleurs, c’était pour ça qu’il s’était frité avec Catherine il y a plusieurs mois. Elle avait voulut te débrancher plus tôt. Elle répétait que jamais tu n’aurais voulut finir comme un légume, qu’il fallait respecter ta volonté. Danny a évidemment refusé. Mais il y a cinq jours, c’était différent. Je suis venue…Je suis venue pour ta mort. Voilà Steve.

McGarrett ne se rendit même pas compte qu’il respirait de plus en plus vite. La réalité venait de le frapper d’un coup. Il avait faillit devenir un légume. Il avait faillit mourir. Danny allait le débrancher. Cath avait voulut le débrancher. Et Kono ? Il leva des yeux baignés de larmes vers elle. Il s’empara du stylo inconsciemment et écrivit sur le calepin parsemé de traces de larmes : ET TOI KONO ?

Elle se leva promptement, prit son sac et le regarda droit dans les yeux. Elle ne pouvait plus lui mentir. Toutes ces années, elle avait cru au mensonge. Elle avait tenté de se persuader de choses qui n’étaient pas vrai. Tout cela l’avait fait souffrir. Car au fond, elle connaissait la vérité. Mais elle ne voulait pas l’admettre. Maintenant, elle se retrouvait devant lui. Et tout ce faisait clair. Tout était tellement évident ! Elle était juste là, et ça suffisait. Il était frêle, fragile, maigre et pathétique devant elle. Et il attendait juste sa réponse. Cette même réponse qui lui avait fait peur pendant trois ans. A présent, la vérité devait sortir. Et toi Kono ? Et toi ? Et toi ? Et toi Kono ? La question résonnait en elle comme dans un puits sans fond. Elle lui devait la vérité. Ce fut d’une voix calme et posée, qu’elle lui répondit :

-Dès le jour où j’ai apprit que tu étais dans le coma, j’aurais préféré te savoir mort.

Steve eu un violent frisson qui fit trembler convulsivement son corps. Tout cela ne pouvait être vrai. C’était un cauchemar ! Où était Danny ? Il avait besoin de lui ! Il garda ses yeux posés sur Kono. Cette femme lui faisait désormais peur. Soudain, sans prévenir, l’hawaiienne tourna les talons et sortit de la chambre, le laissant seul. Ce n’était pas vrai ce qu’elle venait de dire ! Il avait sans doute mal entendu ! Puis, lentement, doucement, progressivement, la raison se fit : Il aurait dû mourir…. 

TBC...


Sherwood  (16.05.2013 à 13:48)

Trois ans et treize jours

 

Ainsi, Danny retrouva Steve dans un état lamentable. Prudemment, il tenta de défaire l’étreinte du SEAL.

-Hey, mon frère, lâche moi maintenant. Tout va bien.

Steve détacha fébrilement ses bras de Danny et les reposa sur ses jambes. Il tremblait toujours violement mais ses sanglots s’étaient arrêtés.

-Qu’est-ce qu’il s’est passé mon frère ?

Steve leva des yeux impuissants vers son meilleur ami qui déchira le cœur de celui-ci.

-Da-Da-ny…ny…

Le détective écarquilla les yeux. Il n’osait pas croire à ce qu’il venait d’entendre. Il prit le visage du SEAL entra ses mains et balbutia avec un sourire abasourdit :

-Tu…Tu viens de-de-de…De parler ?

Steve eu un sourire béat et heureux avant de hocher la tête d’un signe affirmatif.

-C’est-c’est génial ! S’écria Danny en passant un bras autour des épaules de McGarrett.

-Da-Danny…Je-je j’au-j’aurais d-dû…mour…mourrrr…

-Mourir ? Qu’est-ce que tu me raconte, crétin ?!

Il aperçut les larmes qui coulaient abondement sur ses joues. Il n’imaginait pas à quel point Steve était triste et brisé.

-Je vais te dire une chose, mon ami : Tu n’aurais pas dû mourir ! Tu ne devrais même pas te dire ça ! Pas une seconde ! D’accord ?

Steve lui serra la main pour un « oui » et ouvrit la bouche :

-A-Alors…Pour-pour…pour…pour qu...

-Pourquoi ? Pourquoi quoi ?

Steve montra du doigt le respirateur à côté du lit et Danny comprit. Il ferma les yeux. Il savait qu’un moment ou un autre, Steve allait le savoir. En revanche, il ne s’attendait pas aussi vite.

-Ecoute-moi attentivement, Steven. Heu…ça faisait trois ans. Trois ans que tu étais dans le coma. Je ne savais pas quoi, je ne savais ce que tu voulais, ce que les autres voulaient, ce qu’il fallait faire, je ne savais pas. Il y a des mois, Catherine est venue dans cette chambre. Elle m’a regardé et m’a dit qu’on devait te débrancher. Elle m’a dit que tu n’aurais pas souhaité rester dans un état végétatif. Mais pour moi c’était encore trop tôt ! Je te revoyais encore entrain d’aboyer des ordres, te tenir debout comme à l’armée…Ah oui, c’est vrai, la Marine. Bref, je ne pouvais tout simplement pas. Sauf, qu’il a cinq jours…Ce n’était plus pareil. Steve…J’ai cru que tu n’allais pas te réveiller !

-Et-et…Tu-tu a-a ape-appelé Ko-Kono…

Danny prit une profonde respiration avant de souffler un « oui » à peine audible. Et contre toute attente, le SEAL posa délicatement sa tête sur l’épaule de son meilleur ami et dit avec difficulté :

-C-C’est…pas-pas…gr-gr….grave…

Danny souffla intérieurement. Steve venait de lui pardonner et c’est tout ce qui comptait pour lui. Mais à présent qu’ils se disaient la vérité, il fallait aller jusqu’au bout.

-Steve. Dit le détective en tenant toujours le SEAL près de lui.

-Hum… ? Fit-il en fermant les yeux.

-J’ai…Je dois te dire quelque chose.

A ces paroles, McGarrett leva la tête de son appuie et rouvrit les yeux pour les braquer sur le gars du New Jersey. Il lui lança un regard du genre : « Quoi ? ».

-Lorsque tu étais dans le coma, continua Danny, j’avais besoin d’un peu de soutient.

Il se mordit la lèvre inférieure en voyant l’air perplexe sur le visage du blessé.

-Je voyais un psy. Lâcha-t-il enfin.

Il eu ensuite un regard ahurit quand il vit Steve afficher un sourire sur son visage.

-Tu te fou de moi ?

-N-Non…

-C’est ça ! Arrête de faire cette tête là ! Je t’ai dis d’arrêter !

Mais plus il s’exclamait dans tous les sens et plus le SEAL avait envie de rire. Ce qui arriva. D’abord un petit rire timide puis il s’esclaffait vraiment. Danny avait une mine complètement désemparé ce qui ne fit que redoubler le fou rire de McGarrett.

-Qu’est-ce qui t’arrive ? Oui, je sais. Moi, Danny Williams, je vois un psy. Et alors ?

Steve continua de rire à son aise et finit par emporter Danny avec lui. Les deux hommes tentèrent de reprendre leur sérieux mais en vint. Quand, Danny dit entre deux respirations :

-Maintenant je ne la vois plus. Maintenant que tu es réveillé….

Steve s’arrêta net et le regarda intensément.

-Non ! Non ! Arrête ça ! Tu es entrain de culpabilisé et je déteste quand tu fais ça ! Arrête !

Steve hocha donc la tête et lui serra la main. Même s’il pouvait parler, c’était un effort qui le fatiguait et parfois, il ne souvenait plus de quelques mots.

-Catherine ? D’accord. Je l’appelle et elle vient. Ne t’en fais pas, Roméo.

Danny sourit en se levant avant de sortir dans le couloir pour appeler la jeune femme. Pendant ce temps, Steve se rallongea et tira les draps sur lui. Il avait subitement froid et des frissons parcouraient sa peau. Où était-ce simplement l’émotion ?

 

-Oui ?

-Catherine, c’est Danny. Notre garçon veut te voir.

-D’accord. Est-ce qu’il va bien ?

-Je pense. Pourquoi ?

-Danny, il va falloir lui dire tôt ou tard pour la NAVY…

-Pas maintenant. Je t’assure Catherine, pas maintenant.

-Bien.

 

La jeune femme arriva rapidement à l’hôpital. Danny sourit en la voyant dans le couloir.

-Désolé, j’ai prit une douche avant de venir.

-Tu es pardonné. Répondit-il avec ironie.

-Il va bien ? On est au milieu de la nuit.

-Oui, les infirmières m’ont appelé pour une crise de panique mais maintenant, il est calmé. Il veut juste te voir. Je crois qu’on ne doit pas le laisser seul cette nuit.

-Qu’est-ce qui a déclencher la crise ?

-Heu…

-Danny !

-Kono est venue. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé mais il était dans un sal état quand je suis arrivé. Il m’a dit qu’il aurait dû mourir. Je pense qu’il déprime un peu…

-Ok, je vois. Rentre chez toi te reposer, Danny. Tu travailles demain.

-Ouais, merci.

Il l’embrassa et partit. Alors qu’il sortait du bâtiment, Cath entra dans la chambre. Elle trouva son Commandant, profondément endormit. Elle sourit, posa ses affaires et prit place à son chevet. Il dû sentir automatiquement sa présence car il ouvrit les yeux.

-Bonjour, matelot.

-Cath…

Elle écarquilla les yeux et se leva d’un coup.

-Tu-tu…Reparle ? Balbutia-t-elle.

-Sur-surprise…

Elle eu un rire de soulagement et l’embrassa sur le front.

-Je suis là. Je suis là….Souffla-t-elle.

Elle remarqua son teint livide, les cernes sous les yeux, le regard vide et ses tremblements. Danny avait raison, Steve était dans un sal état. Elle aura une petite discussion avec Kono le lendemain.

-Tu…Tu…étai-étais où ?

-A l’Enterprise.

-Tu…Tu as-as pré…pré-prrévenu la-la NA-NAVY de…de m-moon rrr-ré…ré…veil ?  

-Steve…

Il aperçut les larmes qui menaçaient de s’échapper de ses yeux. C’est alors qu’il comprit. C’était ça qu’elle et Joe voulait lui cacher. Il sentit brusquement une colère s’emparer de lui. Depuis ce jour, depuis l’explosion, sa vie était gâchée. A cause de lui, Danny voyait un psy, Kono n’était plus la même, Mary souffrait davantage et Cath devait supporter tout ça. Lui, il avait du mal à parler, à prendre des objets, il ne pouvait pas marcher ni avoir des pensées ordonnées, tout était flous, il se sentait horriblement faible et démunit. De plus, Garrison avait violé sa sœur. Il n’avait pas su la protéger. Elle lui manquait terriblement. Tout ce qu’il voulait à présent c’était de sortir de ce lit, attraper cette ordure et lui rendre toute la souffrance qui lui était dû. Catherine sentit sa colère et lui serra la main. Il s’y agrippa avec une telle force, qu’il commençait à la broyer. Mais Cath ne dit rien. A présent, elle pleurait. Elle s’approchait doucement de lui et l’étreignit. Il referma ses bras autour d’elle et pleura à son tour. Sauf que lui, ce n’était pas des larmes de tristesse, c’était des larmes de rage. Il eu cependant encore la force de lui dire :

-Ce-Ce n’est…Pas-pas…Pas grrrr-grave…

Même s’il savait que c’était un mensonge.


Sherwood  (18.05.2013 à 20:38)

Trois ans et quatorze jours

 

Lorsque Steve se réveilla ce matin, il se trouva face à Joe. L’ancien Commandant se leva vivement de son siège et s’approcha du blessé.

-Comment tu vas, fiston ? Fit-il en prenant place sur le lit.

Steve lui rendit son sourire et murmura :

-Ça…V-va…

-Il a quelque chose dont tu voudrais me parler ? Demanda le vieil homme en voyant l’air interrogateur du SEAL.

Il connaissait son ancien élève par cœur et il se doutait bien qu’un truc le tracassait. Soudain, il se figea net quand il entendit :

-Shel-shel-shelburrr-bur…burne…

Joe soupira longuement et Steve remarqua qu’il le fuyait du regard.

-Tu t’es souvenu de ça ?

McGarrett hocha la tête.

-Qu’est-ce dont tu te souviens exactement ?

-Co-Corée…du….N-Nooord…

-Ah. Je vois.

-C’est….qu-qui ?

-Je ne sais pas. Je ne peux rien te dire de plus, mon garçon. Je suis désolé.

-D’accord…

Steve sentit la colère monter en lui. Même amnésique, Joe refusait de lui dire la vérité.

-Je-je sais…pour….la-la…NA-NAVY…. Reprit le SEAL.

-Je suis vraiment navré, fils.

-Ouais…

 

Kono était entrain de relire quelques dossiers, installée dans son salon, quand on frappa fortement à la porte. Ne voulant parler à personne, elle ignora le bruit et se concentra sur sa paperasse. Seulement, les coups redoublèrent et une voix de femme se fit entendre au dehors. Agacée, Kono jeta ses affaires sur le canapé et se leva d’un coup.

-Qu’est-ce qu’il y a ? S’écria-t-elle en ouvrant la porte.

Elle fut bousculée par Catherine qui entra en trombe.

-Qu’est-ce qu’il y a ? Tu veux vraiment jouer à ça Kono ?

Le flic vit que le lieutenant était véritablement en colère.

-Je ne vois pas de quoi tu parles. Répondit Kono d’un ton froid.

-Sérieusement ?! Qu’est-ce qui te prend de faire du mal à Steve ?! Tu ne trouves pas qu’il souffre assez ?!

-Je lui ai juste dit la vérité ! Parce qu’à part moi, tout le monde lui ment !

-Mais nous, ON L’AIME !

Catherine était complètement sortie de ses gonds. Elle avait hurlé cette dernière phrase pour faire réagir la jeune femme en face d’elle.

-Tu…Tu pense que je ne l’aime pas ?

-Vue comment tu le traite, non. Alors maintenant, écoute-moi bien, Kono : Tu ne l’approche plus. On s’est bien comprise ?

Kono écarquilla les yeux. Elle avait devant elle un lieutenant de la marine qui donnait un ordre et non une civile. A ce moment, elle ressemblait tellement à Steve.

-Réponds ! S’écria Catherine.

-D’accord. Je ne le verrai pas.

Kono avait comprit la leçon. Pour oublier toute cette souffrance, elle devait en oublier l’origine. Et celle-ci n’était autre que Steve lui-même. Cath hocha la tête, lui lança un dernier et ultime regard, puis sortit par la porte qui était restée ouverte.

 

Danny sortit plus tôt du HPD ce jour-ci pour se rendre directement à l’hôpital. Il trouva Steve qui était assit dans un siège près de la fenêtre.

-On a décidé de sortir un peu du lit aujourd’hui ? Le taquina-t-il.

Steve tourna la tête et sourit à sa vue.

-Où est Catherine ?

-Elle…Elle a dit…Qu’elle…revenait…bientôt…

-Et tu as fais quoi cet après-midi ?

-L’ortho…orthophoniste…est passé…Il…Il m’a…fait…des exercices…

-Ça s’entend ! Tu parles un peu mieux ! C’est super, mon vieux !

-Ouais…

Danny s’assit en face de lui  et dit :

-Il a quelque chose ?

-Où…où…est…Joe ?

-Chin m’a dit qu’il a dû prendre un avion. Je ne sais pas où est-il partit en revanche.

-Il…fuit…encore…

-Comment ça ?

Il aperçut la douleur dans les yeux de Steve. Quelque chose n’allait pas.

-Steve, qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il dans un murmure.

-Je…J’ai…demandé…pour…Shelburne…Il…Il…ne…veut…pas…me…dire la…vérité…

-Steve, je suis désolé.

Soudain, le SEAL craqua. Il laissa les pleurs s’emparer de lui et secouer son corps de part et d’autre. Danny était à la fois décontenancé et à la fois soulagé. Les barrières de Steve s’étaient enfin écroulées.

-Je…n’en…peux…plus…Danno…

-Je sais, mon pote, je sais.

Danny s’approcha de son partenaire et le prit dans ses bras. Au moment où il en avait le plus besoin, les gens l’abandonnaient. D’abord Kono, puis Mary et maintenant Joe. Du coup, il se devait de lui faire s’avoir que lui, ne partait pas.

-Je suis là, moi. Je serais toujours là pour toi. Je ne t’abandonnerai jamais.

Et à cet instant, Steve lui dit une chose qui lui réchauffa le cœur, une chose qui le rassura, une chose qui le fit sourire de l’intérieur, une chose qui lui dit que son amitié avec son partenaire ne se brisera jamais.

-Je sais…Danno…Je sais…et…et moi non plus…Je ne t’abandonnerai jamais…

 

Le soir, Cath, Danny et Chin était auprès de Steve. Celui-ci était également avec Milo.

-Alors, Stevie, on va essayer de marcher ?

-Ouais…Je…veux…bien…Depuis…le temps !

Tout le monde sourit devant l’enthousiasme du SEAL. Ce dernier avait néanmoins un peu peur. Et si ça ne fonctionnait pas ? Et si…Et si tout allait bloquer à nouveau ? Il n’y avait qu’une seule façon de le savoir : s’y mettre. Steve mit un pied à terre, puis suivit de l’autre. Milo le prit par un bras afin de le soutenir tandis que Cath restait bien derrière lui. Il avança d’un pas, de deux, de trois…Il marchait. Il marchait enfin ! Danny l’attendait, les bras en l’air pour le rattraper si nécessaire.

-Danno…Détends…toi…Je ne…vais…pas tomber…

-Ferme-la et concentre-toi ! Répliqua son meilleur ami, l’inquiétude présente dans ses yeux.

Steve sourit. On aurait dit une véritable mère poule.

-On dirait un gosse entrain de faire ses premiers pas ! S’exclama une voix derrière eux.

Tout le monde se retourna, Steve en premier. Il avait reconnu cette voix, il l’aurait reconnu entre milles. Il avait attendu tous les jours une occasion de l’entendre à nouveau. A présent, elle était là. Danny avait gardé inconsciemment une main sur l’épaule de son partenaire. Il aurait put dire pour l’équilibre mais c’était peut-être pour le soutient.

-Mary…Souffla Steve, les larmes aux yeux.

Elle était revenue.

-Steve, il faut que je te parle.

Chacun comprit et tout le monde partit afin de laisser le frère et la sœur seul.  Quand la pièce finit de se vider, Mary se précipita vers Steve et l’étreignit avec force. Steve soupira de bonheur et lui rendit faiblement son étreinte.

-Mary ?

Elle se détacha de lui. Elle pleurait. Il voulait faire n’importe quoi pour la consoler, faire son rôle de grand frère, mais il ne pouvait pas. Peut-être à cause de sa colère.

-Steve, je suis désolée, je suis tellement désolé…Je t’aime grand frère. Cependant, j’ai l’impression d’être la cause de ton malheur ! Je suis responsable de ce qui t’arrive !

-Ne…Ne dis pas…ça ! Je-je…je devais…t’aider….Je…

-Non ! Tu ne comprends pas ! Je suis tellement désolé que tu ne comprennes pas…Mais ça ne devait pas se passer comme ça !

-Mary…Qu’est-ce que…tu…me…raconte ?! Commença-t-il à s’énerver.

-Tout ce que je voulais, c’était de pouvoir vivre normalement ! Est-ce trop demander ? Je suis désolé ! Ma vie est un gâchis ! Et j’ai gâché ta vie…

-MARY !

-JE SUIS ENCEINTE ! 


Sherwood  (19.05.2013 à 14:04)

Trois ans et quinze jours

 

Aujourd’hui, Steve était en forme. Il savait qu’il allait sortir de cet hôpital dès que Danny sera là. Il était donc devant la fenêtre et attendait. Seul avec lui-même, il pensait. Que devait-il faire ? Mary s’était installée chez lui, le temps de digérer l’information. Elle était enceinte. Sa petite-sœur était enceinte. Mais de qui ? Il n’avait pas su la protéger, comme il le devrait. Il n’a pas fait son rôle de grand-frère. Le pire, ce dont il n’arrivait toujours pas à s’y faire, c’était qu’il avait perdu trois ans de sa vie ! Il ne se souvenait de rien, absolument de rien ! Il n’y avait que l’explosion, les cris et puis le noir. Après, il s’est réveillé de trois ans de coma.

-A quoi tu penses ?

Il se retourna avec un sourire enfantin sur le visage en voyant son meilleur ami s’approcher de lui.

-Oh, tout et rien. Répondit-il.

Danny remarqua qu’il se tenait debout. Il était un peu chancelant mais ça allait.

-On rentre à la maison, mon pote. Lui dit-il en posant une main amicale sur son épaule.

-Ouais…

-C’est le grand jour alors ! S’exclama une voix jovial derrière les deux hommes.

Ce n’était autre que Mak, le médecin de Steve.

-Comme tu dis. Répondit Danny.

-Bon, Steve, vous devez être surveillé constamment. A cause de vos lésions neurologiques, le retour à la vie quotidienne s’avéra difficile. Par exemple, manger sans aide ou juste taper sur un clavier d’ordinateur ou même prendre une douche. C’est pour ça que je vais vous demander de vivre avec Danny. Est-ce que c’est bon pour vous deux ?

-Moi, je suis partant. Et toi Steve ?

-Heu…ça me va. Mais Catherine pourrait…

-Elle n’aura pas un congé éternellement, mon frère.

-Oui. Donc oui…c’est bon.

-Parfait. Commandant, il va falloir revenir régulièrement à l’hôpital pour vos rendez-vous avec votre neurologue ainsi qu’avec le Dr Sheppard.

-Dr Sheppard ? Firent en même temps les deux hommes.

-Ah oui. J’oublie toujours, il s’agit de Milo.

Le SEAL et le détective hochèrent la tête avec un sourire amusé. Steve pensa à Mary qui s’était installée chez lui. Il devrait lui rendre une visite dans la journée, il en avait besoin.

-Alors, c’est bon. Vous devez signer un peu de paperasse et vous pouvez partir.

-C’est…C’est tout ?

-En effet.

Mak s’apprêta à repartir quand il s’arrêta devant la porte et dit :

-Steve, ménagez Danny.

Ledit Danny se mit à rire alors que Steve fit un petit salut militaire au médecin. Mak pouffa et partit enfin.

-Je vais signer ton billet de sortie et je reviens. Dit son partenaire.

-D’accord. Répondit Steve en s’approchant de son lit pour prendre son sac.

Danny suivit donc les traces de Mak. Pendant ce temps, Steve avait la main en l’air et essayait de s’emparer de son sac. Chose impossible. Sa main refusait tout bonnement de se refermer sur la poignée en tissu. Steve jura et essaya de nouveau. Ses doigts tremblants arrivèrent sur le tissu et se serrèrent avec précaution. Puis, il tendit les muscles de son bras et souleva le sac de quelques centimètres. Il expira fortement en laissant sa main retomber mollement. Rien que ce geste, le fait de porter un stupide sac, était trop dur pour lui.

-Laisse, je vais le faire. Dit Danny qu’il n’avait pas vu arriver.

Son meilleur ami prit le sac et guida le SEAL jusqu’à la porte. A l’accueil, Marissa, Julie et Rebecca, ses infirmières, étaient là pour lui dire au revoir.

-J’ai envie de dire : Ne remettez pas les pieds dans notre service, Commandant ! S’exclama Marissa dans un éclat de rire.

-J’y…J’y veillerai. Répondit Steve, amusé.

Les jeunes femmes étreignirent leur ancien patient, puis le laissèrent partir.

-Veillez sur lui, Danny. Dit Julie

-Ne vous en faites pas pour ça.

 

La voiture de Danny s’arrêta devant l’immeuble de celui-ci. Le détective tourna la tête et soupira de découragement quand il vit Steve essayer d’ouvrir la portière.

-Attends, je vais t’aider…

-Je ne-ne veux…pas que tu…que tu-tu-tu m’aides ! Da-Danny ! S’énerva le SEAL.

Il frappa violemment la portière, qui ne s’ouvrait pas, de frustration. Les larmes montèrent aux yeux du gars du New Jersey. Ça lui faisait mal de voir son meilleur ami dans cet état, si faible et si dépendant des autres. Il avait remarqué que lorsque Steve était hors de lui, son bégaiement reprenait.

-D’accord. Dit-il enfin en reposant ses mains sur ses cuisses.

Steve avait raison, il devait apprendre à se débrouiller tout seul désormais. McGarrett ferma les yeux et se pinça l’arrête du nez.

-Je…Je suis désolé…Danno…

-Non, ce n’est pas grave.

Danny sortit du véhicule et ouvrit la portière du côté de Steve. Ce dernier le remercia d’un regard et tituba en s’extirpant de la Camaro. Tandis que Danny prenait le sac, Steve arriva devant la porte et se concentra. Il ne se souvenait plus comment on tournait une poignée de porte ! Soudain, sans qu’il ne s’y attende ou qu’il ne demande quoi que ce soit, Danny prit sa main et l’aida à tourner la poignée.

-Mahalo…Murmura-t-il comme un enfant.  

-A ton service, mon pote !

Steve sourit en voyant le bazar total dans lequel résidait son partenaire.

-Heu…oui, je sais ce que tu vas dire. Disons, qu’entre le HPD et l’hôpital, je n’ai pas eu vraiment le temps de faire le ménage.

Le sourire du SEAL s’effaça alors.

-Tu m’aideras à tout ranger comme ça ! S’écria-t-il avec une pointe d’ironie.

Il jeta le sac sur le canapé/lit et sortit une bière du frigo. Lorsqu’il vit l’air suppliant de Steve, il réprima un rire :

-Désolé mon ami, mais la bière et les médocs ne font pas bon ménage !

-Génial…Marmonna-t-il.

-Tu dormiras sur le lit et moi je me fabriquerai de quoi rendre le sol confortable !

-Pas question. Tu…Tu…dors dans…dans ton lit !

-T’es sérieux, Steven ? Et toi, tu te fais un hamac, c’est ça ? Bon, on prend tous les deux le lit ?

-D’accord…

Pendant que Danny dépliait le lit, Steve se retira dans la salle de bain et prit secrètement son portable. Il eu un peu de difficulté à appuyer sur les touches mais il finit par y arriver. Il composa ensuite le numéro qu’il voulait. Seulement ça sonnait dans le vide. Déçut, il raccrocha et tenta à nouveau. Quand il eu le même résultat, il abandonna.

-Ça va Steve ? Besoin d’aide à l’intérieur ?

-Non ! C’est bon…Merci !

Il rangea discrètement son portable et sortit avec une question en tête : Pourquoi Kono ne lui répondait pas ?  Quand il revint dans la chambre-salle-à-manger-pièce-à-vivre-cuisine-salon, il n’aperçut pas Danny.

-Danno ?!

Aucunement réponse. Comme à son habitude, il commença à stresser. Il se détendit légèrement en regardant par la fenêtre. Danny était dehors et accueillait Rachel qui amenait…Grace. Steve fit donc semblant d’être occupé quand la porte s’ouvrit. Il se retourna avec un grand sourire à la vue de la petite fille.

-Oncle Steve ! S’écria-t-elle.

Elle hésita cependant à courir vers lui. Steve s’agenouilla tant bien que mal, les bras grands ouverts. La fillette s’approcha prudemment et lui offrit une profonde étreinte.

-Tu es réveillé !

Steve leva la tête et vit Danny qui essayait de cacher les larmes qui lui venait. Il se détacha ensuite de Grace.

-Danno m’a dit que tu avais du mal à parler ou à faire tes lacets. Je peux t’aider ! Je fais de même avec le petit Charles !

Steve éclata de rire et hocha la tête.

-Avec plaisir, Melle Williams.

Grace l’étreignit une nouvelle fois. Quant à Steve, il ne pouvait supporter l’idée qu’il avait été absent dans la vie de sa nièce durant trois ans. McGarrett s’assit sur le lit avec Grace sur les genoux. Tel un moulin à parole, elle lui expliquait tout ce qu’il avait raté. Rien de bien passionnant comme la chute du concierge de l’école dans les escaliers. Pendant ce temps, Danny faisait la cuisine. Il jetait de temps en temps un regard aux deux personnes qui comptaient le plus dans sa vie. Ça faisait longtemps qu’il avait vu Steve si heureux. Ses pensées furent interrompues par la sonnerie de son portable.

-Williams.

-Danny, c’est Chin.

-Quoi de neuf ?

-Tu ne vas pas le croire. On a retrouvé la trace de Garrison…


Sherwood  (20.05.2013 à 16:55)

Trois ans et seize jours

 

Au dehors, on pouvait voir le HPD en pleine action. L’équipe était menée par le lieutenant Danny Williams. Tout le monde portait gilets par balles et était armé jusqu’aux dents. Ils entrèrent en trompe dans l’immeuble. Danny se jeta sur le réceptionniste.

-Où est Garrison ?

-Que…Qu’est-ce…Quoi ? Balbutia-t-il.

-Il est enregistré sous le nom de Tom Baynon. Expliqua calmement Kono.

L’homme regarda sur son registre.

-Etage 3, numéro 23. Dit-il.

-Très bien ! S’écria Danny.

Les cousins suivirent aveuglément leur lieutenant mais le Capitaine s’arrêta.

-Décidément, Williams, McGarrett a bien déteint sur vous ! Lança-t-il.

Danny s’arrêta dans son élan et se tourna vivement.

-Que voulez-vous dire, chef ? Il faut arrêter Garrison !

-Pas comme ça !

Le Capitaine se dirigea alors vers le réceptionniste et dit d’un ton autoritaire :

-Appelez-le.

-Vous êtes dingue ! Intervint cette fois l’agent Makolo.

-A la seconde où il va comprendre que c’est les flics, il va se tirer ! Renchérit son collègue Akelo.

-Je suis d’accord avec eux, rajouta Lukela, et le 5-0 à de l’instinct.

-Le 5-0 n’existe plus depuis que votre patron est mort ! S’énerva le Capitaine.

-Il n’est pas mort ! S’emporta Danny qui sentit son sang ne faire qu’un tour.

-Vraiment ? Après trois ans de coma, renvoyé de la NAVY, vous pensez réellement qu’il va revenir un jour sur le terrain ?! Il est bon pour la retraite !

Danny s’apprêtait à se jeter sur son chef quand Kono s’écria :

-Garrison !

Le HPD se retourna et aperçut la silhouette d’un homme s’enfuir dans la rue. Danny ne perdit pas une seconde de plus et sortit en trombe de l’immeuble.

 

Pendant ce temps, Chin était chez Danny et veillait sur Steve. Ils s’étaient regardé un match de football à la télévision et à présent, McGarrett se reposait sur le lit. Chin se leva et se dirigea vers la cuisine pour donner ses médocs au malade. Soudain, Steve se réveilla en sursaut. Le cauchemar de l’explosion lui revenait. Il entendait encore le cri de Mary résonner dans sa tête, lui demandant de lui venir en aide. Il se leva en titubant légèrement afin de rejoindre Chin dans la cuisine pour aller se prendre un verre d’eau. Il fit un pas en avant et chuta. Il se rattrapa de justesse à la table basse dans un cri étouffé. Ne voulant pas alerter Chin, il fit comme si de rien n’était et essaya de se relever. Seulement lorsqu’il voulut avancer sur ses jambes tremblantes, il tomba de nouveau. Cette fois, il jura.

-Steve ? Tout va bien ? S’exclama Chin en accourant vers lui.

Il l’aida à se relever après avoir posé l’eau et les médocs sur la table.

-Ouais…je crois.  

C’était la première fois qu’il tombait.

 

Danny ne perdit pas son objectif de vue. Il devait attraper le salop qui avait rendu son ami dans cet état. Soudain, il entendit dans l’oreillette un agent affirmé qu’il avait eu le complice de Garrison. Il courut aussi vite qu’il pouvait alors que le HPD essaya de l’intercepter en voiture. Brusquement, Garrison se retourna et tira sur Kono. La jeune femme s’écarta au dernier moment et prit refuge derrière un mur. Lukela riposta mais il dû à son tour se jeter à terre pour éviter d’être cribler de balle. Danny en avait assez. Il redoubla ses foulées et lorsqu’il fut à la hauteur de Garrison, tira.

 

Chin était au téléphone quand Steve alla à la salle de bain. Lorsqu’il en sortit, la tête lui tournait et il prit appuie sur le mur en face de lui. Les souvenirs du cauchemar lui revinrent. Il devait absolument voir Mary, savoir de qui était le bébé. Et puis il voulait être avec Danny. Il ne se sentait pas bien du tout, il avait besoin de lui.

-Où est Danny ? Demanda-t-il d’une voix rauque quand Chin raccrocha.

-Au HPD, il reviendra ce soir, ne t’en fais pas.

-Je ne m’en fais pas ! Rétorqua-t-il.

Il détestait avouer sa faiblesse et surtout qu’il avait besoin de son meilleur ami.

-Je sais. Répondit Chin d’un ton apaisant.

Steve voulut s’assoir sur le lit mais ses jambes chancelèrent et il s’écroula à terre.

C’était la deuxième fois qu’il tombait.

 

Danny s’approcha du cadavre de Garrison. Ça y est, c’était finit. Il était mort. Toute la souffrance qu’il avait endurée s’était envoler avec lui. Plus rien de comptait à présent. Il devait juste retourner auprès de Steve et s’assurer qu’il guérira bien.

-Tu vas bien, Danny ? S’écria Kono.

Le détective se tourna vers elle. Elle portait l’uniforme du HPD, tout comme lui. Ils étaient de la police d’Hawaii et plus du 5-0. Un rendez-vous avec le Gouverneur s’imposait.

 

-Je dois aller voir Mary, dit Steve en se relevant tant bien que mal, je dois lui parler.

-Hors de question, Steve ! Tu restes ici et j’appel le médecin. Ça fait plusieurs fois que tu tombes, ça en devient inquiétant.

McGarrett lui jeta un regard noir mais le débat fut interrompu par le portable du lieutenant. Steve l’observa pendant qu’il répondait. Soudain, il vit l’expression de visage de Chin changer. Il raccrocha. Il avait le teint livide.

-Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Un problème ?

-Steve…

McGarrett ne dit rien. Puis, Chin s’accroupit près de lui, afin d’être à sa hauteur. Steve attendit.

-Garrison est mort.

Dans un premier temps, le SEAL ne dit rien. Enfin, il soupira et dit dans un souffle :

-Génial…

Chin se releva et prit son portable à nouveau.

-J’appelle le médecin.

Mais alors qu’il avait le dos tourné, Steve se leva d’un bond et sortit de l’appartement. Tandis qu’il était sur le parking et qu’il prenait la clé de la voiture de Chin qu’il avait prit discrètement, il se rattrapa à temps à un poteau. Peine perdue, il s’écroula une nouvelle fois.

C’était la troisième fois qu’il tombait.

 

-Je pense savoir ce que c’est. Dit Mak à Chin au téléphone.

-Ah oui ? C’est quoi ?

-Je pense que Steve est sourd d’une oreille.

-Quoi ?

-Il n’a pas dû s’en rendre compte. Vous avez peut-être remarqué qu’il penchait la tête plus d’un côté que de l’autre.

-Heu…Oui…Peut-être bien…Mais Danny ne m’en avait jamais parlé.

-Il a dû penser que ce n’était pas important. Et toi, Chin, as-tu vu s’il tombait d’un côté ?

-Heu…il tombe plus du côté gauche.

-Donc il doit être sourd de l’oreille gauche. C’est surement à cause de l’explosion. On ne l’a pas vu car on n’a pas pratiqué ce genre d’examen sur un patient dans le coma.

-En effet. C’est plutôt logique.

-Quand il viendra pour son rendez-vous chez son neurologue, on en profitera pour l’examiner.

-D’accord.

-En attendant, son équilibre va être perturbé. Il va falloir l’aider. Combien fois est-il tombé ?

-Avant qu’il ne s’enfuit de chez Danny ? Deux fois.

-Il s’est enfuit ?

-Il m’a dit qu’il devait parler à sa sœur.

-Bon, ce n’est pas si grave. Il va revenir.

-Ouais….

 

Steve débarqua chez lui en trombe. Mary sursauta à sa venue.

-Steven ! Qu’est-ce que tu fais ici ! Tout va bien ?

-Mary, il faut que je te parle.

-Oui…Bien sur…

-Mary, de qui est le bébé ?

-Steve, je ne peux…

-MARY !

Elle vit qu’il avait du mal à tenir sur ses jambes.

-Viens t’assoir.

Il lui obéit et la rejoignit sur le canapé.

-Je dois savoir…Murmura-t-il.

-Il est…Il est de Garrison. C’était quand il m’a violé une seconde fois.

-Une seconde fois ? Qu’est-ce que tu raconte ?

-Après être sortit de prison à Los Angeles, il est venue sur l’île et il m’a retrouvé.

-Mais…Attend, je ne comprends pas ! Pourquoi étais-tu à Hawaii ?

Mary eu les larmes aux yeux. Elle devait lui dire…


Sherwood  (21.05.2013 à 20:24)

Trois ans et dix-sept jours

 

Steve sortit de l’hôpital. Il venait d’avoir son rendez-vous avec son neurologue qui par la suite, avait demandé un examen auditif. Mak avait malheureusement raison. Du coup, Steve devait porter un appareil très discret dans l’oreille gauche. Il venait d’enchaîner à l’instant avec une séance chez Milo. Ainsi, celle-ci l’avait aidé à marcher avec plus d’assurance. Mais surtout, ce que qui préoccupait Steve, c’était le bébé de Mary. Il devait le dire à quelqu’un. Il voulait parler à Danny, il en avait besoin. Le fait de devoir autant dépendre de son meilleur ami l’inquiétait mais Chin ne cessait de lui répondre qu’il n’y avait pas de quoi avoir honte. C’était normal de vouloir du soutient. Steve repensa avec un sourire le langage des signes particulier qu’il avait mit en place avec le détective. C’était vrai, ils avaient un lien. Chin lui avait dit que Danny travaillait en ce moment au HPD. Il prit donc le chemin vers la police d’Hawaii. Quand il arriva devant le bâtiment il eu une légère appréhension. Tous ces hommes l’avaient cru mort. Il prit une grande inspiration et est entré. L’agitation qui régnait dans la pièce s’arrêta soudainement.

-Non, ce n’est pas possible ! McGarrett ! Tu es l’air en forme ! S’exclama Duke en se dirigeant vers lui.

Tout le monde le regardait avec des yeux ronds, comme s’il revenait des morts. Le vieil homme l’étreignit avec ferveur tandis que quelques hommes venaient lui tapoter l’épaule amicalement.

-Pour un mec dans le coma depuis trois ans, tu t’en es bien remit !

-Merci…

Il essayait de mettre des mots courts et de ne pas faire des phrases trop longues afin de ne pas montrer son bégaiement, car celui-ci revenait toujours quand il était prit par de fortes émotions. Malheureusement, il ne pouvait cacher les tremblements dans sa main.

-Steve ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Fit une voix derrière lui.

Il vit avec un sourire, Danny se pointer.

-Danny. J’ai…Je-je dois te parler…

-D’accord, viens par là.

Steve le suivit jusqu’à son petit bureau qui était annexé avec celui de Lukela.

-Ça change de nos locaux. Plaisanta le détective.

McGarrett eu un petit rire.

-Alors, Steve ? De quoi voulais-tu me parler ?

-Heu…Mary est enceinte de Garrison.

-Quoi ? Elle en est sur ?

-Affirmatif.

-Qu’est-ce que…

-Il l’a violé une seconde fois à Hawaii.

-Pourquoi ta sœur était-elle à Hawaii ?

-Elle…

-Elle quoi, Steven ?!

-Elle avait trouvé une piste sur Shelburne.

-Quelle piste ?

-Il se pourrait…Que Shelburne soit au japon.

-Et qu’est-ce que tu vas faire ?

-Je ne sais pas…Il faut, il faut déjà que je guérisse. Et puis il y a le bébé de Mary dont il va falloir s’occuper. Et…Et…Et sur-sur…tout-tout…Je-j’ai…

Danny fronça les sourcils. Quand le bégaiement de Steve revenait, c’est que ce n’était pas bon.

-Tu peux me le dire, mon frère. Qu’est-ce qu’il y a ?

-J’ai…J’ai des cauchemars.

Danny poussa un soupire.

-Ecoute, dit-il, j’ai un numéro qui peut t’aider. Mais promets-moi d’abord d’accepter son aide.

-Promis.

-Bien, fit-il en sortant une carte, c’est le numéro du Dr Lewis. Ma psy.

McGarrett ne dit rien et se contenta de prendre la carte.

-Steve…

Le SEAL leva la tête vers son meilleur ami. Celui-ci avec les yeux embués. Puis, lentement, il porta une main fraternelle sur le biceps tendu de son ancien patron.

-On va t’aider.

Il avait comprit que tout ça, ce n’était rien. Steve demandait juste de l’aide, même s’il refusait de l’admettre. Le Commandant était totalement perdu, sauf que le 5-0 serait là pour lui. Enfin, presque…Les yeux de Steve se figèrent. Danny se retourna et vit qu’il fixait une personne en particulier.

-Va la voir.

McGarrett hocha la tête et s’avança vers elle. Elle ne l’avait pas encore vue. Elle fut donc prise de peur lorsqu’il posa une main sur son épaule.

-Kono…

Elle se tendit à son contact. A présent, elle pleurait.

-Ne parles pas, si tu veux...Juste…Juste…Ecoute-moi…Je...Je te veux dan-dans ma vie…Et…Et ce n’est-n’est p-pas négociable…Tu m’as com-compris ?

-Je ne peux pas. J’ai promis à Catherine que je te ferais plus de mal.

-Kono…Te perdre…Te-te perdre serait…serait la pl-plus grande…des-des souffrances…

La jeune femme n’en pouvait plus. Elle se retourna vivement et l’étreignit de toutes ses forces. Elle s’accrocha à lui comme si ça vie en dépendait.

-Je suis désolé…Dit-elle d’une voix brisée.

-Je te par-pardonne, Kono…

Il enfouit sa tête dans le cou de la jeune femme. Il savait que le HPD les observait mais il s’en foutait royalement ! Danny en était estomaqué. Steve n’avait jamais été très démonstrateur d’affection. A croire que toutes ces années l’avaient changé.

-Commandant McGarrett ! C’est un plaisir de vous revoir ! S’écria une voix tonitruante derrière eux.

Steve se détacha de Kono et se tourna vers le Capitaine.

-Plaisir non-partagé…Répliqua-t-il.

Le Chef se figea alors que tout le HPD souriait. Danny fit de son mieux pour ne pas éclater de rire. McGarrett revenait en force !

-Comment ça ?

-Oh, je disais juste ça comme ça !

-Vous pouvez prendre tous vos airs de supérieur en chef, ça ne prends pas sur moi ! Vous n’êtes rien ici ! Vous êtes un homme faible, Commandant.

-Je suis revenu au bout de trois ans de coma avec toutes mes capacités. Je ne trouve pas ça de la faiblesse !

-Vous mentez. Vous n’avez pas toutes vos capacités, sinon, vous serez encore dans la NAVY.

-On ne vous a pas dit ? C’est moi qui suit partit. Ma place est auprès du 5-0.

-Le 5-0 n’existe plus.

-Pour l’instant.

Sur ce, McGarrett fit un clin d’œil à Kono qui souriait de toutes ses dents et sortit du bâtiment d’un pas ferme. Danny était fier de son garçon ! Il avait remarqué que lorsque Steve prenait son ton habituel de Leader du 5-0, il ne bégayait plus.

 

Cette nuit fut agitée pour Steve. Il se tordait dans tous les sens, avait chaud et surtout, il était hanté par ses cauchemars.

-Steve ! Steven ! Réveille-toi, bon sang ! S’écria Danny à ses côtés.

McGarrett ouvrit brusquement les yeux. Sa respiration était saccadée et des gouttes de sueur perlaient sur son front.

-Tout va bien, vieux. Tu es avec moi. Détends-toi.

Steve se concentra sur la voix de Danny et reprit petit à petit une respiration normale. Soudain, il s’empara de la main du détective. Il la frôla légèrement mais ça suffisait pour faire passer le message. Danny se battit contre lui-même pour ne pas pleurer. Le SEAL venait de dire : J’ai peur. Le gars du New Jersey le prit alors dans ses bras jusqu’à ce qu’il arrête de trembler. Quand il sentit que Steve s’endormait à nouveau, il le reposa délicatement dans son lit. Il passa une main fraternelle dans ses cheveux, caressant son front et en murmurant de douces paroles. En réalité, dans toute cette histoire, il ne savait pas qui d’eux deux avait le plus souffert. Plus tard, dans la nuit, Steve se réveilla une nouvelle fois en sueur. Danny le rassura une nouvelle fois et une nouvelle fois Steve se détendit dans ses bras. McGarrett était couché sur le côté et regardait Danny qui le regardait en retour.

-Tu veux parler de quelque chose, Steven ?

-Danny…

-Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu peux me parler, mon pote ! Tu le sais très bien.

Son partenaire sourit bêtement. Ses yeux pétillaient d’un on-ne-savait-quoi, mais ils pétillaient.

-Danny…Répéta-t-il.

-Oui ?

-Je vais avoir un filleul. Laissa-t-il tomber enfin.

-C’est vrai ? Félicitation !

-Merci. Danny ?

-Ouais ?

-Mon dieu, je vais avoir un filleul !

Les deux hommes se mirent à rire, puis devenu serein, Steve se rendormit…


Sherwood  (22.05.2013 à 19:56)

Trois ans et dix-huit jours

 

-Steve, je dois vraiment partir là. Ria-t-elle en tentant de sortir de la maison par tous les moyens possibles.

Mais la puissante corpulence du SEAL l’empêchait de passer.

-Un dernier baiser et je te laisse partir !

-Steve, mon boss va me coller des heures en plus si j’arrive en retard. Je dois y aller. On se voit ce soir.

Apparemment, il ne l’entendait pas de cette oreille car il la prit par la taille.

-Steve ! Cria-t-elle avec néanmoins un grand sourire.

-Je te l’ai dit, un baiser et je te laisse.

Elle réussit à se tourner vers lui, le regard malicieux. Enfin, elle lui jeta :

-Oublie !

Elle courut jusqu’à la porte et cru pouvoir sortir quand deux mains fermes la plaqua contre le mur d’à côté. Elle sentit ses lèvres douces embrasser un endroit particulièrement sensible de son cou.

-Espèce de profiteur.

Elle l’entendit sourire bêtement.

-Le baiser attendra ce soir, d’accord. Je dois filer.

-Attends, pleurnicha-t-il comme un gosse à qui on venait de refuser quelque chose, je dois faire une descente chez notre suspect, Garrison. Si jamais ça s’éternise, je ne pourrais pas rentrer à la maison !

-Ça, c’est ton problème. Pas le mien !

Elle glissa sous ses bras musclés et sortit enfin de la maison. Elle s’apprêtait à monter dans sa voiture avant de jeter un dernier sourire à son compagnon. Ce dernier s’apprêtait de même à monter dans la sienne mais avant, il lui cria :

-Je t’aime !

Au début, elle cru avoir mal entendu. Abasourdit, elle se retourna complètement.

-Quoi ?! Cria-t-elle à son tour.

Il se mit à rire et forma à nouveau les mots : J-E-T’-A-I-M-E, sur ses lèvres. Puis à son tour avec à regard malicieux, entra dans sa voiture avant de disparaître…

 

Le souvenir de ce jour lui revint comme si c’était hier. Mais à présent tout était différent. L’aimait-elle seulement ? L’aimait-elle maintenant qu’il était handicapé ? Il n’avait pas eu de réponse et il espérait ne jamais en avoir. Tout était bien, tout était comme il le voulait. Et en aucun cas, il ne voulait que ça change. On frappa à la porte. Il se leva et alla ouvrir. Il était seul chez Danny étant donné que ce dernier travaillait, tout comme Chin et Kono. Lorsqu’il ouvrit la porte, un sourire se dessina sur son visage. C’était elle.

-Salut ! Comment va mon matelot ? Demanda-t-elle d’un ton éclatant.

-Mieux maintenant.

Il la laissa entrer. Elle remarqua alors que c’était incroyablement bien rangé.

-Tu t’ennuyais ? Je sens que Danny va être très surpris en rentrant chez lui.

-Ouais. Pouffa-t-il.

-Quelque chose te tracasse. Observa-t-elle après s’être assise sur le canapé.

-Heu…Non. Pourquoi dis-tu ça ?

-Je te connais, Steve.

-Je sais…

Il ne pouvait tourner autour du pot plus longtemps. Il s’assit à ses côtés et la regarda longuement.

-Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-elle dans un souffle.

-Je…Je…C’est compliqué.

-J’ai tout mon temps.

Il ferma les yeux et lâcha soudainement :

-Je t’aime.

Il attendit. Elle ne disait toujours rien. Il pouvait sentir son souffle contre sa nuque. Il savait qu’il avait prit un risque en le lui avouant. Il se risqua donc à ouvrir un œil. A sa grande surprise, elle lui souriait.

-Quoi ? Fit-il.

-Je t’aime aussi.

Un bond énorme se fit dans sa poitrine. Il cru que le sol allait se dérober sous ses pieds. D’abord, il ne cru pas tout de suite à ce qu’elle venait de dire. Puis, son visage s’assombrit. Elle n’avait pas compris. Elle s’aperçut que les larmes lui montaient aux yeux. Avait-elle dit quelque chose de mal ?

-Même si…Commença-t-il. Même si je suis comme ça ? Car pour l’instant, tu ne te rends pas compte. Mais quand tu en auras marre de vivre avec un handicapé, quelqu’un qui ne peux même pas faire une phrase correcte, quelqu’un qui a besoin d’aide pour aller aux toilettes, quelqu’un qui fait des cauchemars sans cesse la nuit, quelqu’un dont les mains tremblent lorsqu’il prend sa fourchette pour manger…quelqu’un qui vient de sortir du coma, tu m’abandonnera.

A présent, les larmes coulaient sur les joues de Catherine tandis que Steve avait refermé les yeux, refusant de revenir à la réalité. Sans qu’il ne s’y attende, il sentit des mains douces sur son visage. Il rouvrit les yeux et croisa son regard. Il était plein d’amour et surtout, de compréhension.

-Je ne t’abandonnerai jamais, mon marin. Souffla-t-elle comme dans une promesse.

Il battit des paupières, n’osant y croire.

-Et je t’aime, continua-t-elle, je t’aimerai toujours. Je t’aimerai comme tu es, comme ça ou comme tu veux être.

Steve n’y tint plus et la prit dans ses bras. Il enfouit sa tête dans ses longs cheveux bruns et respira son parfum. Elle était là, et elle le sera toujours.

 

Dans la journée, il fit ses adieux à Catherine. Elle avait été appelée sur une nouvelle mission et son avion décollait dans deux heures. Il ne voulait pas lui dire au revoir sur la piste, il ne le supporterait pas. Ce fut donc au dehors qu’il l’embrassa. Elle lui promit de revenir. Le comble, c’est que souvent la scène se passait autrement. Souvent, c’était lui qui lui promettait de revenir et elle qui pleurait dans ses bras. Là, elle embrassa le visage de l’homme qu’elle aimait et après un dernier baiser, partit. Se sentant seul et isolé, Steve prit sa voiture et se dirigea vers le HPD pour y retrouver Danny. Son meilleur ami était penché sur un gros dossier et ne le vit même pas arriver.

-Salut. Tu fais quoi ?

Le détective sursauta brusquement.

-Mon dieu, Steven, tu veux que je fasse une attaque ?!

Remit de ses émotions, le ton et le visage de Danny s’adoucit.

-Tu n’as pas rendez-vous avec Milo ? Reprit-il.

-On a reporté à demain. Répondit le SEAL.

-Pourquoi ?

-Heu…Je n’avais pas envi d’être à l’hôpital aujourd’hui. Et…

-Et ?

-Et Catherine est partie. Une mission.

-Ah. Désolé.

Steve hocha la tête puis il vit bien qu’il gênait alors il se dirigea vers la sortie.

-Attend !

Steve se retourna pour voir Danny accourir vers lui.

-Tu devrais aller voir ta sœur. Lui dit-il.

McGarrett hocha la tête avec un sourire et sortit.

 

Il trouva Mary sur la plage, derrière la maison. Elle était en maillot de bain, allongée sur une serviette. Derrière ses lunettes de soleil, il ne su pas tout de suite si elle avait remarqué sa présence.

-Je sais que tu es là…Marmonna-t-elle.

Steve sourit et s’assit sur le sable à ses côtés. Il s’aperçut alors que la jeune femme portait une main à son ventre.

-Leçon de morale, c’est ça, grand frère ? Lança-t-elle d’un ton ironique.

-Non. Pas exactement.

-Pourquoi tu es là alors ?

-Pour te dire que je t’aiderai avec le bébé. Que je serais là pour toi, que tu n’as pas à t’en faire, que je suis impatient de découvrir mon neveu.

Elle se redressa vivement et enleva ses lunettes de soleil.

-Même s’il est d’un violeur ? S’écria-t-elle.

-Mary, aujourd’hui une personne m’a dit qu’elle m’aimait comme j’étais, comme ça, ou comme je voulais être. Mary, je t’aime et j’aimerai ce bébé peut importe d’où il vient.

Sa sœur eu les larmes aux yeux et se jeta dans les bras de son frère.

-Merci…

 

Quand Danny rentra chez lui, la lumière était éteinte. Seul le faible éclat du couché du soleil, éclairait la pièce à travers la petite fenêtre. Ses yeux se posèrent sur une silhouette qui était à moitié allongé sur le canapé. Le détective eu un mince sourire et s’approcha de Steve. Doucement, ne voulant pas le réveiller, il lui enleva ses bottes de NAVY SEAL, ramena ses jambes droites afin de lui donner une meilleure position et l’enveloppa dans une couverture. Ensuite, il resta un instant à le regarder dormir. Il caressa les cheveux bruns et en bataille de son meilleur ami. Parfois, il avait encore du mal à se faire à l’idée que Steve était vivant, qu’il s’était réveillé.

-Dors bien, SuperSeal…

Enfin, il se leva et ferma les rideaux…

 


Sherwood  (23.05.2013 à 20:39)

Trois ans et dix-neuf jours

 

Ce matin là, Kono eu une drôle de sensation en se levant. Elle prit le temps de bien se réveiller et sourit. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que le message de Steve qu’elle avait reçut ce matin. Un message qui lui disait de se pointer au Palais pour un rendez-vous avec le Gouverneur. Un message adressé également à Chin et aussi à Danny. Pourquoi ? Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 avait une chance d’être réhabiliter. Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 allait retrouver son chef.

 

Ce matin là, Chin eu une drôle de sensation en se levant. Il prit le temps de bien se réveiller et sourit. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que le message de Steve qu’il avait reçut ce matin. Un message qui lui disait de se pointer au Palais pour un rendez-vous avec le Gouverneur. Un message adressé également à Kono et aussi à Danny. Pourquoi ? Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 avait une chance d’être réhabiliter. Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 allait retrouver son chef.

 

Ce matin là, Danny eu une drôle de sensation en se levant. Il prit le temps de bien se réveiller et sourit. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que le message de Steve qu’il avait reçut ce matin. Un message qui lui disait de se pointer au Palais pour un rendez-vous avec le Gouverneur. Un message adressé également à Chin, et aussi à Kono. Pourquoi ? Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 avait une chance d’être réhabiliter. Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 allait retrouver son chef.

 

Ce matin là, Steve eu une drôle de sensation en se levant. Il prit le temps de bien se réveiller et sourit. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que le message qu’il avait envoyé à Kono. Un message qui lui disait de se pointer au Palais pour un rendez-vous avec le Gouverneur. Un message adressé également à Chin et aussi à Danny. Pourquoi ? Parce que peut-être ce matin là, le 5-0 avait une chance d’être réhabiliter. Parce que peut-être ce matin là, il allait retrouver son équipe.

 

L’ancienne unité d’élite se retrouva dans le hall précédent le bureau du Gouverneur. La secrétaire les regarda avec un air hautain tandis qu’elle prévenait Denning. Steve se tourna vers ses amis avec un grand sourire. Ils n’avaient qu’une chance et pas deux. Danny se posta à ses côtés.

-Denning est d’accord pour nous recevoir ?

Mais McGarrett ne répondit pas et resta impassible. Danny poussa un long soupire et leva les yeux au ciel, puis il se déplaça de l’autre côté de son partenaire et lui tapota l’épaule. Steve se tourna vers lui :

-Quoi ?

-Tu as encore oublié de brancher ton appareil, Steven…

Les cousins pouffèrent de rire tandis que le SEAL brancha son appareil auditif dans son oreille.

-Désolé, j’oublie toujours.

Danny écarquilla les yeux. Steve avait un sourire timide ! Limite, il était embarrassé !

-Hey, ce n’est pas grave ! S’exclama-t-il d’un ton à la fois moqueur et apaisant.

-Ouais…

-Alors, Denning est d’accord pour nous recevoir ?

A ce moment, la secrétaire leur fit signe qu’ils pouvaient entrer.

-Le Gouverneur Denning est prêt à vous recevoir.

L’équipe entra avec appréhension dans le bureau. Denning les attendaient, assit sur son siège.

-D’abord, je suis ravi de vous savoir sur la voie de guérison, Commandant McGarrett.

-Merci monsieur.

-Je suppose ensuite que vous voulez me parler du 5-0.

-En effet, monsieur. Acquiesça Danny.

-Bon. A vrai, dire je ne sais pas s’il est bon de vous réhabiliter.

L’équipe ne répondit pas et attendit, stressée.

-Ce qui s’est passé il y a quelques années me laisse à penser que le 5-0 va trop loin.

-Ce n’était qu’un accident. Fit la voix de Kono à la grande surprise de tout le monde.

-Oui…Ceci est vrai aussi. Mais qui me prouve qu’il n’y avait pas une part de responsabilité ?

-Vous avez raison, monsieur. Et c’était ma faute. Dit Steve en s’avançant.

Le Gouverneur soupira. Il passa une main sur son visage et regarda longuement l’homme qui se plaçait devant lui.

-Puis-je vous faire confiance à nouveau, Commandant ?

-Le pensez-vous ?

-Je n’en sais rien.

-Moi, je lui fais confiance. S’exclama Kono.

Tout le monde se tourna vers elle.

-Moi aussi. Renchérit Chin.

Steve leur lança un regard reconnaissant puis, il se tourna vers Danny.

-Je te suis toujours, mon frère.

L’équipe interrogea le Gouverneur du regard.

-Bien…J’ai avant tout, une dernière question pour vous tous : Est-que vous êtes prêt ?

Steve hocha immédiatement la tête. Il voulait que tout redevienne à la normale. Les cousins et son meilleur ami hochèrent également la tête. Ils attendirent donc le verdict en silence. Enfin, Denning ouvrit la bouche :

-Alors soit. Je réhabilite le 5-0.

Un éclat passa dans les yeux de Steve. C’était si simple et pourtant si compliqué. En fait, il avait un peu peur. Et si…et si ça allait se reproduire ? Il sentit un contacte sur son épaule. Quand il tourna la tête, il vit Danny. Encore une fois, c’était lui.

-Merci beaucoup, monsieur. Fit Chin.

Steve était un peu sonné lorsqu’il sortit du bureau. Il n’arrivait pas bien à assimiler ce qu’il venait de se passer.

-Je crois qu’’une visite du QG s’impose. Dit Kono avec un mince sourire.

-Allons-y, cousine.

L’équipe ressuscitée débarqua dans le QG. Les bureaux étaient recouverts de draps blancs. Lentement, les doigts tremblants, McGarrett enleva le drap qui cachait la table tactile. Une impression de « déjà-vu » s’empara de lui. Danny revint avec quelques bières dans la main et les tendit à ses collègues. Alors qu’ils se réjouissaient pour le retour du 5-0, Danny repéra le doute dans les yeux de son partenaire.

-Tu vas bien ?

Steve sortit de ses pensées et le prit à part.

-J’ai peur, Danny.

-De quoi ? Vieux, tu peux tout me dire !

-J’ai peur que tout recommence.

-Il ne faut pas t’en faire pour ça, car je serais toujours derrière toi.

Emu, Steve sourit puis après une tape fraternelle dans le dos de son meilleur ami, rejoignit les cousins. Vers la fin de journée, Danny raccompagna Steve chez lui. Désormais, il allait vivre avec Mary. Steve profitai du soleil sur sa plage privée quand la porte s’ouvrit. C’était Danny qui revenait des courses. Il remplit le frigo avec Mary.

-Comment va-t-il ? Demanda la jeune femme.

-Mieux maintenant, je suppose.

Il soupira longuement et continua :

-Il a peur. Mais ça va aller.

Grace arriva dans la cuisine. Danny était allé la chercher chez les Edwards après les courses.

-Qu’est-ce qu’il y a, mon p’tit chat ?

-Rien. Je m’ennuie.

-Tu ne veux pas aller voir Oncle Steve ? Je crois qu’il se sent un peu seul sur la plage.

Elle hocha la tête et courut en direction de la plage. Elle trouva Steve entrain de se pencher.

-Qu’est-ce que tu fais ? S’exclama-t-elle.

Steve sursauta et sourit en voyant la petite fille.

-Rien.

Mais elle voyait bien qu’il était contrarié. De plus, de fines gouttes de sueur perlaient sur son front. McGarrett soupira puis il dit avec un petit sourire :

-J’essaye de refaire mes lacets. Ils…Ils sont défaits. Mais…Mais je n’y arrive pas.

La honte s’installa sur son visage. Il se retrouvait à avouer à une petite fille qu’il ne pouvait pas faire ses lacets ! A chaque fois, il n’arrivait jamais à terminer la boucle, il se mélangeait totalement les pinceaux ! Soudain, sans qu’il ne demande quoi que ce soit, la fillette s’accroupit et lui fit les lacets de ses bottes. Ses petits doigts firent une boucle en prenant soin de faire un nœud parfait. Lorsqu’elle eu finit, elle leva la tête vers lui avec un sourire satisfait.

-Merci, Grace. C’est parfait !

Elle eu un petit rire et l’étreignit de ses bras.

-Tu sais, c’est pas grave si tu as besoin d’aide.

-D’accord. Merci encore ma puce.

 


Sherwood  (24.05.2013 à 18:07)

Trois ans et vingt jours

 

Un homme en cargo militaire attendait dans la salle d’attente. Il semblait nerveux vue la façon dont il passait sa main dans ses cheveux et le fait que sa jambe se balançait frénétiquement depuis une bonne dizaine de minutes. Il n’était pas le seul d’ailleurs. Une femme se tordait les doigts dans tous les sens, un jeune homme très maigre n’arrêtait pas de tourner en rond dans la pièce, un vieillard passait sans relâche une main sur son visage et une adolescente mâchonnait son chewing gum comme si elle voulait le réduire en bouillit. La femme prit alors un magazine qu’elle reposa aussitôt. Quant au jeune homme, il s’empressa de faire le tour de la pièce mais dans l’autre sens cette fois. Au milieu de tout ça, le seul homme qui portait un treillis militaire dans sa vie de tous les jours changea de position. Il semblait las et fatigué. Il avait la mine grise et ébouriffait sans cesse ses cheveux bruns en batailles. Enfin, la porte s’ouvrit. C’était une jeune femme. D’un teint immaculé, elle avait ses longs cheveux bruns attachés en un chignon et portait des vêtements de la dernière mode. Il s’agissait du Dr Annabelle Lewis.

-McGarrett. Dit-elle avec un étrange sourire.

Le Commandant se leva avec hésitation et finit par entrer. Lewis s’assit derrière son bureau et commença déjà à prendre le dossier de son patient.

-Vous êtes donc le fameux partenaire du détective Williams ? Dit-elle avec un sourire.

Il essaya de s’assoir plus confortablement dans son siège avant de répondre :

-Fameux, je ne sais pas. Mais partenaire, oui.

-Alors Danny a finit par vous avouer qu’il voyait un psy ?

-Heu…Ouais, c’est à peu près ça.

-Il y a quelque chose que vous aimeriez me dire, Commandant ?

-Et bien…J’ai l’impression que tout ça, c’est de ma faute. J’ai fait souffrir mon meilleur ami.

-Pourtant, c’était un accident. Vous le savez.

-J’essaye de m’en convaincre en tout cas.

-Pourquoi êtes-vous venu me voir ?

-Parce que…Parce que…

Il avait du mal à le dire mais il fallait qu’il le dise. Il ne pouvait pas rester comme ça, il devait avancer ! Il devait le dire pour ses amis, pour sa sœur et surtout pour lui. Il passa une nouvelle fois sa main dans ses cheveux et souffla longuement. La psy attendit. Le détective Williams l’avait prévenu que Steve ne se confiait pratiquement jamais et que c’était la première fois qu’il voyait un psy avec son consentement. Bien sur, il avait eu de nombreuses évaluations psychologiques dans la NAVY, cependant là, c’était différent.

-Parce que j’ai besoin d’aide. Lâcha-t-il enfin.

-Et je suis là pour vous aidez, Commandant. Par où voulez-vous commencer ?

-J’ai des cauchemars.

-Et qu’est-ce que vous voyez ?

-Heu…Je revois l’explosion…puis, c’est l’obscurité. Soudain, l’explosion se répète encore et encore. J’entends Danny qui hurle dans l’oreillette de dégager d’ici. Et…

-Et ?

-Et soudain, il y a du sang. Beaucoup de sang. Je vois Garrison qui me ris à la figure, j’entends Mary qui m’appelle à l’aide…Kono me dit qu’elle aurait voulu me savoir mort, tout le monde m’abandonne…

Il fit une pause. C’était vraiment pénible pour lui d’en parler. Il n’en avait même pas fait part à Danny. La nuit, il voulait juste se rendormir dans ses bras et c’était tout.

-Il y a quelque chose qui vous fait peur, n’est-ce pas ?

C’est exact. Et il ne comprenait toujours pas pourquoi ni comment il arrivait à dire tout ça à une parfaite inconnue. Mais elle avait aidé Danny, alors elle pourra l’aider.

-Dans mes cauchemars, c’est le noir complet et là…

Des larmes tentaient de franchir la barrière de ses yeux. Cependant il tint bon et continua :

-Et là j’entends des voix. Elles me parlent. Elles me chuchotent des choses.

-C’est ce qui vous fait peur ?

-Pas vraiment. Elles sont plutôt rassurantes. Parfois…

Il était perdu, il ne savait plus où il en était. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Il leva les yeux vers la psy qui lui lançait un regard encourageant.

-Parfois j’ai l’impression d’entendre Danny. Et…Il me demande de me réveiller.

-Pensez-vous que c’est ce que vous entendiez lorsque vous étiez dans le coma ?

-Je ne sais pas. Peut-être.

-Qu’avez-vous entendu ?

-On me demande de me réveiller, puis on me hurle dessus comme si j’avais commis une faute, on me dit qu’on m’aime, que je dois ouvrir les yeux…

-De qui étaient les voix ?

-Souvent, c’était Danny qui me parlait. Je crois reconnaître Chin à un moment, et aussi Kono. Sa voix…Sa voix était brisée, comme si elle pleurait. Et bien sur, il y a Cath et…

Il ne savait plus trop ce qu’il avait entendu, il avait du mal à comprendre. Pourtant, il savait très bien de qui était la voix.

-Et il y a Joe.

-Qui est Joe ?

-C’est…C’est mon ancien Commandant. C’est lui qui m’a formé. Il était le meilleur ami de mon père. Il était…il était comme mon Oncle.

-J’ai l’impression que vous avez perdu toute confiance en lui.

-Oui. C’est à cause de Shelburne.

-Shelburne ?

-Je ne peux pas vous en parler, mais c’est une très longue histoire.

-D’accord.

Elle nota quelque chose sur son calepin en haussant un sourcil.

-En gros, il ne veut pas me dire qui est cette personne, pour mon bien, soit disant, mais je dois savoir.

-Et il ne vous l’a toujours pas dit ?

Il la regarda intensément de ses yeux océans et se massa le bas du visage La question lui avait creusé un poing dans l’estomac. Ses mains se mettaient à trembler de nouveau. A ce moment, le terrible besoin d’avoir son meilleur ami auprès de lui revint. Ce sentiment était à la fois étouffant et apaisant. En fait, il venait quand il avait peur. Et là, il avait peur de la réponse. Il ouvrit lentement la bouche et dit :

-Si.

A cet instant, elle le regarda avec un air surpris. Il précisa alors :

-Il me l’a chuchoté à l’oreille tandis que j’étais dans le coma. Je ne lui ai jamais dit que je savais.

-Donc qui est Shelburne ? 

S’il avait hésité à lui dire, c’était que ça devait l’atteindre personnellement, au plus profond de lui-même.

-C’est ma mère.

Elle attendit plus d’explication.

-Ma mère est morte il y a vingt ans.

Elle écrivit donc précipitamment sur son calepin, du genre « problèmes familiaux ».

-C’est le mensonge qui vous empêche d’avancer, Commandant ? Demanda-t-elle.

-Je crois…

-Est-ce que Danny vous a déjà mentit ?

-Non.

-Chin ?

-Non.

-Catherine ?

-Mais non !

-Kono ?

-Oh que non ! C’est même la personne la plus sincère que je connaisse !

-Alors, qu’est-ce qui vous tracasse ?

-Mon propre mensonge.

-Comment ça ? Interrogea-t-elle intrigué.

-J’ai dit à Danny que je rentrerai ce soir.

-Et vous ne rentrez pas, n’est-ce pas ?

-Non, en effet. Je pars au japon retrouver ma mère.

-Commandant, ne cherchez plus la vérité car c’est elle qui a faillit vous tuer.

-Le mensonge s’est déjà emparé de ma vie !!! S’emporta-t-il.

-Est-ce que vous serez soulagé de savoir la vérité ?

-Je serai libéré.

-Très bien. Dans ce cas, je vais vous dire la vérité.

Il attendit. Cette fois-ci, la psy avait un regard sévère.

-Vous avez peur. Voilà la vérité.

Il se leva promptement et dit :

-Je dois trouver Shelburne.

Et sans un regard en arrière, se dirigea vers la porte et mit fin au rendez-vous. Soudain, au dernier moment, Lewis l’interpela :

-Commandant !

Il s’arrêta mais garda une main sur la poignée. La jeune femme prit une grande respiration avant de lui dire enfin :

-Maintenant, vous êtes guérit.

 

 

 

FIN


Sherwood  (25.05.2013 à 23:27)

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